{"type":"phenix-version","format":1,"reference":"officielle-fr","officielle":true,"nom":"Phenix, version officielle","langue":"fr","version":"2026.09.30","date":"2026-09-30","empreinte":"c7aae7783293","licence":"CC BY-SA 4.0","source":"https://github.com/anthrophobicc/PhenixProject","nb_fiches":1510,"fiches":[{"id":"URG-HYPO-001","titre":"Hypothermie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","froid","secourisme","sante"],"sources":["Classification suisse de l'hypothermie — ICAR-MEDCOM (Durrer, Brugger, Syme)","Pasquier M., Blancher M., Hypothermie accidentelle, Ann. Fr. Med. Urgence, 2019","SNSM — Conduite à tenir face à une hypothermie","Recommandations Premiers Secours, édition 2018"],"corps":"::Rien ne brûle comme le froid. Appliquez ces instructions et vous survivrez.::\n\n## AGIR\n\n**Coupez le froid. Maintenant.**\n\n1. **Sortez du vent.** Le vent annule toute isolation. Un creux, un tronc, un mur : n'importe quoi qui fasse écran vaut mieux qu'un [[SURV-ABRI-001]] parfait à dix minutes de marche.\n2. **Retirez tout ce qui est mouillé.** Un vêtement humide vous vide de votre chaleur plus vite que l'air libre. Coupez-le si la personne est raide.\n3. **Isolez du sol.** Branchages, cartons, sacs, mousse, végétation morte. Le sol vous pompe autant que l'air, et personne n'y pense.\n4. **Enveloppez.** Tête et cou compris. Couverture de survie face argentée vers l'intérieur, avec une couche isolante entre le film et le corps.\n5. **Réchauffez le tronc. Jamais les membres.** Torse, aisselles, aine. Les bras et les jambes attendront.\n6. **Sucre et boisson chaude** si et seulement si la personne est pleinement consciente et avale sans difficulté. Pour chauffer la boisson, voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Manipulez avec une douceur extrême.** Pas de geste brusque, pas de mise debout, pas de secousse. Un cœur refroidi s'arrête sur un mouvement mal placé. Tout se fait à l'horizontale et lentement.\n\n**Ne donnez jamais d'alcool.** Il donne chaud et vous tue plus vite.\n\nS'il y a une plaie qui saigne, elle passe avant le froid : voir [[URG-HEMO-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul.** Vous ne pouvez compter que sur votre propre frisson. Bougez pour le nourrir, mangez ce que vous avez, abritez-vous avant l'épuisement et non après. Un homme seul au stade II ne se sauve plus lui-même : c'est la limite à ne pas franchir.\n\n**Vous êtes deux.** Le contact corporel direct, torse contre torse sous une isolation commune, fonctionne. Celui qui est valide reste habillé et sec : deux hypothermes ne se réchauffent pas mutuellement, ils se refroidissent ensemble.\n\n**En groupe.** Un seul décide et donne les ordres. Le reste exécute — sur la manière de tenir un groupe, voir [[SURV-TROC-001]]. Une hypothermie gérée par comité perd les minutes qui comptent.\n\n**En milieu urbain.** Cages d'escalier, parkings souterrains, locaux techniques : hors vent et au-dessus du gel. Les mêmes lieux servent aussi de réserve d'eau, voir [[URG-EAU-001]]. Le sol y est en béton, il faut toujours s'en isoler.\n\n**Sans matériel.** Le carton est un excellent isolant. Les sacs plastiques remplis de feuilles mortes ou de papier froissé, enfilés autour du torse et des jambes, font le travail. Ce qui compte n'est jamais la beauté du montage, c'est l'air immobile emprisonné.\n\n**En prévention, trois leviers dans l'ordre : restez sec, coupez le vent, mangez.** Une coupe-vent fine par-dessus vaut mieux qu'une grosse épaisseur seule. Et sachez ceci : le coton mouillé est le pire matériau que l'humanité ait produit contre le froid.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe froid ne demande ni neige ni gel. De l'eau, du vent et quelques heures suffisent. L'eau conduit la chaleur environ vingt-cinq fois plus vite que l'air : une immersion change complètement l'échelle de temps.\n\nLe corps lutte tant qu'il peut. Il ferme la périphérie pour protéger le centre, il accélère le cœur, il frissonne. Le frisson est le meilleur chauffage dont il dispose : c'est du muscle qui travaille sans produire de mouvement, donc de la chaleur pure.\n\n**Quand le frisson s'arrête, ce n'est pas que ça va mieux. C'est que la réserve est vide.**\n\nC'est le seul signe qui compte vraiment, et il vaut tous les thermomètres :\n\n| Stade | Ce que vous voyez | Température |\n|---|---|---|\n| I — légère | Conscient, frissons intenses, peau froide | 32–35 °C |\n| II — modérée | Somnolent, **frissons arrêtés**, parole confuse | 28–32 °C |\n| III — sévère | Inconscient, pouls à peine perceptible | 24–28 °C |\n| IV — profonde | Aucun signe de vie apparent | sous 24 °C |\n\nPourquoi ne jamais réchauffer les membres d'abord : le sang stagnant dans les bras et les jambes est plus froid que le sang central. Le renvoyer d'un coup vers le cœur fait chuter la température du centre au moment précis où l'on croyait sauver la personne. C'est un piège qui a tué des gens qui faisaient bien.\n\nPourquoi la douceur extrême : un myocarde refroidi devient électriquement instable. Une secousse, une mise debout, un choc peuvent déclencher une fibrillation. Le geste qui sauve ressemble à de la lenteur inutile. Il ne l'est pas.\n\nIl y a un piège de plus. Aux stades avancés, la personne peut ressentir une bouffée de chaleur et se déshabiller : c'est la {{vasodilatation|Ouverture des vaisseaux sanguins de la peau, qui donne une sensation de chaleur tout en accélérant la perte thermique.}} terminale, le corps qui lâche le contrôle de ses vaisseaux. **Une personne dévêtue dans le froid est une urgence absolue, pas quelqu'un qui a chaud.**\n\nEt il y a une règle que les secouristes de montagne répètent parce qu'elle sauve : on n'est pas mort de froid tant qu'on n'est pas réchauffé et toujours mort. Un corps profondément refroidi imite la mort — rigide, pupilles fixes, sans pouls trouvable — parce que le froid a mis le métabolisme en veille au lieu de l'éteindre. Des réanimations longues ont ramené des gens de là. **Ne concluez jamais au décès sur le terrain.**","langue":"fr"},{"id":"URG-HEMO-001","titre":"Hémorragie externe","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","sang","sante"],"sources":["Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Comité international de la Croix-Rouge — premiers secours en milieu isolé","Stop the Bleed — American College of Surgeons"],"corps":"::Un adulte a cinq litres de sang. Il peut en perdre deux avant de ne plus revenir. Vous avez le temps d'agir, mais pas celui d'hésiter.::\n\n## AGIR\n\n**Appuyez. Fort. Sans lâcher.**\n\n1. **Compression directe sur la plaie.** Paume, poing, deux mains si nécessaire. La force compte plus que la propreté du tissu. Un vêtement sale qui comprime vaut mieux qu'une compresse stérile qui attend.\n2. **N'enlevez pas ce qui est imbibé.** Ajoutez par-dessus. Retirer le premier pansement arrache le caillot qui commençait à se former.\n3. **Allongez la personne.** Debout, elle perdra connaissance et tombera. Au sol, elle est déjà en sécurité et son cerveau reçoit mieux.\n4. **Ne lâchez pas pour aller chercher du matériel.** Envoyez quelqu'un, ou attendez. Dix minutes de compression continue valent mieux que trois compressions interrompues.\n5. **Si un objet est planté dans la plaie, laissez-le.** Il bouche peut-être ce qu'il a percé. Comprimez autour, calez-le pour qu'il ne bouge pas.\n6. **Si la compression ne suffit pas sur un membre**, et seulement dans ce cas, posez un garrot en amont de la plaie, entre la plaie et le cœur. Serrez jusqu'à ce que le saignement s'arrête, pas moins. **Notez l'heure de pose.** Ne le desserrez jamais vous-même.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul et c'est vous qui saignez.** Comprimez d'une main, installez-vous au sol contre un appui. Un garrot improvisé se serre avec un bâton passé dans le lien et tourné : c'est le tourniquet, et il fonctionne à une main. Un lien large tient mieux qu'un lien fin, qui coupe sans comprimer.\n\n**La personne est agitée, pâle, grelottante, assoiffée.** Ce sont les signes de l'état de choc et ils apparaissent avant la perte de connaissance. Couvrez-la, isolez-la du sol, parlez-lui. Le froid aggrave l'hémorragie en empêchant le sang de coaguler : le blessé qui saigne et qui a froid est dans une spirale, et l'[[URG-HYPO-001]] devient alors le second problème à traiter.\n\n**Vous n'avez rien.** Une ceinture, une sangle de sac, une bande de tissu déchirée dans une manche. Le pansement compressif se fabrique avec n'importe quel textile roulé serré et maintenu par un lien.\n\n**Ce n'est pas artériel.** Le sang sombre qui suinte plutôt que de jaillir demande la même chose, avec moins d'urgence. Comprimez, surélevez le membre, laissez le temps faire.\n\n**Vous êtes très loin de tout secours.** Cela ne change pas les gestes. Cela change seulement ce que vous ferez ensuite : maintenir au chaud, hydrater avec une eau sûre — voir [[URG-EAU-001]] — si la personne est consciente et n'a pas de plaie abdominale, surveiller la conscience, et décider si vous appelez à l'aide en suivant [[SIG-COM-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLa coagulation est une réaction en chaîne qui a besoin de deux choses : du temps et de l'immobilité. Chaque fois qu'on décomprime pour regarder, on remet le compteur à zéro. C'est pour cela que la règle est de ne jamais regarder avant plusieurs minutes.\n\nElle a besoin aussi de chaleur. Sous 35 °C, les enzymes de la cascade de coagulation perdent leur efficacité. C'est pourquoi couvrir un blessé n'est pas du confort, c'est un geste hémostatique.\n\nLe garrot a longtemps été enseigné comme un dernier recours à éviter, par crainte de perdre le membre. La médecine de guerre des vingt dernières années a inversé ce jugement : posé correctement et laissé en place, il sauve des vies pour un risque tissulaire bien plus faible qu'on ne le croyait. Ce qui reste vrai, c'est qu'un garrot mal serré est pire que rien : il bloque le retour veineux sans bloquer l'arrivée artérielle, et il augmente le saignement.\n\nEnfin, un chiffre qui sert de repère mental. La perte devient critique autour du tiers du volume sanguin. Sur une artère de membre non comprimée, ce tiers part en quelques minutes. Sur un saignement veineux, en beaucoup plus longtemps. **La différence entre les deux ne se juge pas à la couleur, elle se juge au débit.**","langue":"fr"},{"id":"URG-EAU-001","titre":"Rendre une eau potable","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["eau","urgence","base","sante"],"sources":["OMS — Directives sur la qualité de l'eau de boisson, 4e édition","Institut Pasteur — FAQ Santé, eau de boisson","CDC — Backcountry Water Treatment","Santé Canada — Avis d'ébullition"],"corps":"::Une eau claire n'est pas une eau sûre. La soif tue en trois jours, l'eau mauvaise en un.::\n\n## AGIR\n\n1. **Choisissez avant de traiter.** Eau courante plutôt que stagnante. En amont des habitations et des troupeaux. Une source qui sort de terre plutôt qu'une rivière.\n2. **Clarifiez.** Filtrez à travers un tissu serré replié plusieurs fois, puis laissez décanter. Transvasez le clair, jetez le fond. Le montage d'un filtre plus complet est dans [[SURV-EAU-004]].\n3. **Faites bouillir à gros bouillons pendant une minute.** Trois minutes au-dessus de 2 000 mètres. C'est le seul geste qui ne rate jamais — encore faut-il tenir un feu, voir [[SURV-FEU-001]].\n\nSi vous n'avez pas de feu : filtre en milieu naturel peu fréquenté, filtre **plus** désinfectant en zone habitée.\n\nSi vous n'avez rien : bouteille transparente, eau claire, plein soleil, six heures, posée sur une surface qui réfléchit.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez du feu.** Faites bouillir, sans discussion. Mais comptez le combustible : un litre porté à ébullition demande du bois, trois fois par jour et par personne. Ce calcul décide de l'emplacement de votre camp autant que l'accès à l'eau, et il pèse sur le choix décrit dans [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Vous n'avez pas de feu.** Le filtre devient votre outil principal. Doublez-le d'un désinfectant dès que vous êtes près des hommes.\n\n**Vous êtes en ville.** Les ballons d'eau chaude contiennent plusieurs dizaines de litres d'eau propre, protégée, souvent oubliée : la vidange se fait par le robinet en bas de cuve. Les réservoirs de chasse d'eau aussi, à condition qu'aucun bloc désinfectant n'y ait été placé. Les canalisations d'un immeuble conservent de l'eau dans leurs parties basses, récupérable en ouvrant un robinet à l'étage haut pour casser le vide et un autre en bas pour collecter.\n\n**Il pleut.** Collectez : c'est la seule ressource qui vient à vous sans vous exposer. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n\n**Vous êtes en montagne.** Au-dessus de 2 000 mètres, trois minutes d'ébullition. La neige fondue est pauvre en minéraux et coûte énormément de combustible : fondez-la dans un fond d'eau liquide, jamais à sec, sinon la casserole brûle avant que la neige ne fonde.\n\n**Vous êtes plusieurs au même endroit.** Le traitement de l'eau ne suffit plus seul : la séparation des excreta et le lavage des mains pèsent davantage encore. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\n**Vous doutez.** Une eau que vous n'avez pas traitée n'est pas une réserve. C'est une décision reportée.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa transparence ne dit rien de ce qui vit dedans. Presque toutes les eaux de surface de la planète portent de quoi vous mettre à terre en vingt-quatre heures. Et une diarrhée n'est pas un désagrément : c'est une déshydratation accélérée dans un contexte où vous ne pouvez plus vous réhydrater. **C'est le premier tueur, avant le froid, avant la faim.**\n\nL'ébullition inactive tout ce qui est vivant, sans exception : bactéries, virus, protozoaires, vers. Aucun consommable, aucune date de péremption, aucun dosage à connaître. Ce n'est pas la durée qui tue les germes, c'est la température : à 100 °C l'inactivation est quasi immédiate, et la minute recommandée n'est qu'une marge de sécurité pour couvrir les erreurs d'appréciation. L'Institut Pasteur pousse à cinq minutes pour couvrir le virus de l'hépatite A, plus résistant à la chaleur que les autres germes hydriques.\n\nCe qu'elle ne fait pas : elle ne retire ni métaux lourds, ni nitrates, ni pesticides, ni hydrocarbures. Elle les concentre même très légèrement, puisqu'une part de l'eau part en vapeur et que les polluants restent. **Une eau chimiquement suspecte reste suspecte après ébullition.** Face à un doute chimique, on ne traite pas : on change de source.\n\nLa filtration a une limite que peu de gens connaissent. La grande majorité des filtres portatifs retient les bactéries et les protozoaires, mais **pas les virus** : ils sont dix à cent fois plus petits que le seuil de filtration. En pleine nature, le risque dominant est bactérien et parasitaire, un bon filtre suffit. En zone habitée, le risque viral d'origine fécale prend le dessus, et le filtre seul ne suffit plus.\n\nUn filtre s'encrasse, se rétro-lave, et surtout **il gèle**. Une cartouche prise en gel se fissure de l'intérieur sans que rien ne se voie : l'eau contenue dans les pores augmente de volume et écarte les parois. Elle continue de filtrer visuellement et ne retient plus rien. En saison froide, elle dort contre votre corps.\n\nPour le traitement chimique, une seule règle : **le dosage inscrit sur l'emballage fait foi, jamais une règle mémorisée.** Les concentrations varient d'un produit à l'autre et l'erreur va dans les deux sens. Retenez seulement que le temps de contact compte autant que la dose et qu'il double en eau froide, que l'eau trouble annule tout parce que les particules protègent physiquement les germes, et que l'argent seul conserve une eau déjà potable sans jamais la rendre potable.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-001","titre":"S'orienter sans instrument","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["orientation","terrain","base","nord"],"sources":["Institut géographique national — notions de navigation terrestre","Royal Institute of Navigation — natural navigation methods","Tristan Gooley, The Natural Navigator (méthodes documentées et reproductibles)"],"corps":"::Trouver le nord prend cinq minutes. Le garder pendant trois heures, c'est ça le vrai travail.::\n\n## AGIR\n\n### Trouver les quatre directions, de jour\n\n**La méthode de l'ombre portée. Elle fonctionne partout sur Terre, en toute saison, dans les deux hémisphères. C'est la seule dont on peut dire ça.**\n\nPlantez un bâton bien vertical. Marquez précisément le bout de son ombre avec une pierre. Attendez quinze à vingt minutes. Marquez à nouveau. Tracez la droite entre les deux marques : **elle est orientée est-ouest.** La première marque est du côté ouest, la seconde du côté est. Tenez-vous les pieds sur la ligne, première marque à gauche : vous faites face au nord dans l'hémisphère nord, au sud dans l'hémisphère sud.\n\nPourquoi ça marche : l'ombre se déplace toujours dans le même sens, d'ouest en est, parce que le soleil va d'est en ouest. Cela ne dépend ni de la saison ni de votre latitude.\n\n![La méthode de l'ombre portée](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMjM1IiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjIzNSI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIyMzUiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjxsaW5lIHgxPSI0MCIgeTE9IjE1MCIgeDI9IjUyMCIgeTI9IjE1MCIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxsaW5lIHgxPSIyODAiIHkxPSIxNTAiIHgyPSIyODAiIHkyPSI2MiIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iNTIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5iw6J0b24gdmVydGljYWw8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjI4MCIgeTE9IjE1MCIgeDI9IjE3MCIgeTI9IjE1MCIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiIHN0cm9rZS1kYXNoYXJyYXk9IjQgMyIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjE3MCIgY3k9IjE1MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIvPjx0ZXh0IHg9IjE3MCIgeT0iMTcyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMiIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+MTwvdGV4dD48bGluZSB4MT0iMjgwIiB5MT0iMTUwIiB4Mj0iMzkwIiB5Mj0iMTUwIiBzdHJva2U9IiMyQzZFNDkiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIgc3Ryb2tlLWRhc2hhcnJheT0iNCAzIi8+PGNpcmNsZSBjeD0iMzkwIiBjeT0iMTUwIiByPSI1IiBmaWxsPSIjMkM2RTQ5Ii8+PHRleHQgeD0iMzkwIiB5PSIxNzIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEyIiBmaWxsPSIjMkM2RTQ5IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj4yPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjE3MCIgeT0iMTkwIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+MXJlIG1hcnF1ZSDCtyBvdWVzdDwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIzOTAiIHk9IjE5MCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPjJlIG1hcnF1ZSDCtyBlc3Q8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjE1MCIgeTE9IjE1MCIgeDI9IjQxMCIgeTI9IjE1MCIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjgiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5RdWluemUgw6AgdmluZ3QgbWludXRlcyBlbnRyZSBsZXMgZGV1eCBtYXJxdWVzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjE4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5MYSBkcm9pdGUgZW50cmUgbGVzIGRldXggbWFycXVlcyBkb25uZSBsJ2F4ZSBlc3Qtb3Vlc3QsIHBhcnRvdXQgc3VyIFRlcnJlPC90ZXh0Pjwvc3ZnPg==)\n\n\n**Le midi solaire.** Le moment où l'ombre est la plus courte de la journée. Elle pointe alors le nord si vous êtes dans l'hémisphère nord, le sud si vous êtes dans l'hémisphère sud. Attention : le midi solaire n'est pas midi à la montre. Heure d'été, fuseau horaire et position dans le fuseau peuvent le décaler d'une à deux heures.\n\n**Le lever et le coucher.** Le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest — mais seulement aux équinoxes. Le reste de l'année, l'écart est réel : jusqu'à quarante degrés aux latitudes moyennes, davantage plus au nord. En été, il se lève au nord-est et se couche au nord-ouest. En hiver, au sud-est et au sud-ouest. **C'est une indication de secteur, jamais un cap.**\n\n### Trouver les quatre directions, de nuit\n\n**Hémisphère nord — l'étoile polaire.** Elle donne le nord vrai à un degré près, et elle ne bouge pas de la nuit. Repérez la Grande Ourse, prenez les deux étoiles qui forment le bord de la casserole opposé au manche, et prolongez cette ligne d'environ cinq fois sa longueur. Vous tombez sur une étoile isolée d'éclat moyen : c'est elle. Descendez sa verticale jusqu'au sol : c'est le nord. Bonus : sa hauteur au-dessus de l'horizon, en degrés, est votre latitude.\n\n**Hémisphère sud — la Croix du Sud.** Il n'y a pas d'étoile polaire visible. Prenez le grand axe de la croix et prolongez-le d'environ quatre fois et demie sa longueur. Descendez la verticale de ce point : c'est le sud.\n\n**La lune.** Reliez les deux pointes du croissant par une droite et prolongez-la jusqu'à l'horizon. Le point obtenu indique approximativement le sud dans l'hémisphère nord, le nord dans l'hémisphère sud. C'est grossier — comptez plusieurs dizaines de degrés d'erreur — mais utilisable quand rien d'autre n'est visible.\n\n**N'importe quelle étoile.** Suivez-la pendant dix minutes en la visant entre deux repères fixes. Elle monte : vous regardez vers l'est. Elle descend : vers l'ouest. Elle glisse à droite : vers le sud. À gauche : vers le nord.\n\n### Tenir la direction\n\nC'est ici que tout se joue, et c'est l'étape que tout le monde saute.\n\n**Le problème, d'abord.** Sans repère visuel lointain, un marcheur tourne. Ce n'est pas une légende : l'asymétrie de la foulée, le portage sur une épaule, la pente latérale du terrain courbent la trajectoire de manière constante et invisible. En forêt dense, dans le brouillard, de nuit, la boucle se referme en quelques kilomètres et vous repassez sur vos propres traces sans le savoir.\n\n**Le remède : la visée par jalonnement.** Trouvez le nord. Repérez dans cette direction un objet remarquable et lointain — un arbre isolé, un rocher, une échancrure de crête. Oubliez le nord. Marchez jusqu'à cet objet en regardant où vous mettez les pieds. Arrivé dessus, retrouvez le nord, choisissez le suivant, recommencez.\n\nLa direction n'est plus dans votre tête, elle est dans le paysage. Vous ne pouvez plus dériver, parce que chaque erreur est corrigée à chaque nouvel objet.\n\n**À deux, la méthode est encore meilleure.** Le premier marche devant, le second reste en arrière et le guide à la voix : « deux pas à gauche », « stop », « tout droit ». Le second aligne l'homme de devant avec un repère derrière lui — un arbre, un piquet, l'endroit d'où ils viennent. Deux points alignés définissent une droite ; l'homme de devant devient le troisième point à maintenir dessus. C'est le principe du jalonnement d'arpenteur, et c'est la méthode la plus précise possible sans boussole.\n\n**Comptez vos pas.** Un double pas — le compte à chaque fois que le même pied touche le sol — fait environ un mètre cinquante pour un adulte en terrain plat. Comptez par centaines et notez chaque centaine avec un caillou dans une poche. Vous saurez la distance parcourue, et une distance connue transforme un cap en position.\n\n## ADAPTER\n\n**Ni soleil, ni étoiles, ni ciel.** Naviguez par le terrain plutôt que par le cap. Les vallées, les cours d'eau et les lignes de crête ont une continuité que vous pouvez suivre sans jamais connaître le nord. Un ruisseau suivi vers l'aval rejoint un cours d'eau plus important, qui rejoint presque toujours une présence humaine — les hommes se sont installés le long de l'eau depuis dix mille ans, pour les raisons qu'expose [[MEM-AGR-001]]. Au passage, vous longez votre approvisionnement : voir [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous devez rejoindre un point précis situé sur une ligne** — un pont sur une rivière, une ferme sur une route. Ne visez pas le point : **visez volontairement à côté**, franchement à gauche ou à droite. Quand vous atteignez la ligne, vous savez de quel côté tourner. Viser juste et manquer de cinquante mètres vous laisse dans le doute et vous fait chercher dans les deux sens ; viser faux exprès supprime le doute. C'est contre-intuitif et c'est la technique la plus rentable de toute la navigation.\n\n**Vous avez un vélo.** C'est le moyen de déplacement le plus efficace qui existe : voir [[TEC-MEC-004]].\n\n**Vous marchez plusieurs jours.** Le cap n'est alors plus le problème principal : voir [[SURV-DEP-001]].\n\n**Vous avez une carte.** Sa lecture et le calcul d un itinéraire sont dans [[SURV-ORI-002]].\n\n**Vous voulez surtout ne pas vous perdre.** Suivez une main courante : route, clôture, ligne électrique, lisière de forêt, berge. Aucun cap à tenir, aucune dérive possible, aucune attention à dépenser. C'est plus long et c'est souvent le bon choix.\n\n### Les indices du paysage\n\nIls ne remplacent jamais le soleil ou les étoiles. Ils confirment, ou ils orientent quand vous n'avez rien d'autre. **Aucun ne se lit sur un seul exemplaire : il faut voir la même chose se répéter sur plusieurs dizaines de mètres pour y croire.**\n\n- **Les arbres façonnés par le vent.** En zone exposée — crête, littoral, plateau — les arbres poussent penchés et leurs branches se développent du côté abrité. La forme se lit à distance et elle donne la direction du vent dominant, pas le nord. Il faut donc savoir d'où vient le vent dominant dans la région où vous êtes. En Europe de l'Ouest, il est majoritairement d'ouest.\n- **La neige et le gel.** Sur un versant, la neige fond d'abord au sud dans l'hémisphère nord, au nord dans l'hémisphère sud, parce que ce versant reçoit le rayonnement le plus direct. Sur terrain plat, les congères s'allongent dans l'axe du vent dominant.\n- **Les antennes paraboliques.** En milieu habité, dans l'hémisphère nord, elles pointent globalement vers le sud, parce que les satellites de télévision sont en orbite au-dessus de l'équateur. Dans l'hémisphère sud, vers le nord. Une rue entière de paraboles alignées est un des indices urbains les plus fiables qui existent.\n- **Les églises chrétiennes anciennes.** Le chœur est traditionnellement orienté vers l'est, l'entrée principale vers l'ouest. L'usage a été largement suivi en Europe, moins systématiquement à l'époque moderne.\n- **Les rapaces qui tournent en spirale sans battre des ailes.** Ils exploitent une ascendance thermique, qui se forme au-dessus des surfaces qui chauffent le plus : rocher nu, sol labouré, versant ensoleillé. Ils ne vous donnent pas le nord, ils vous donnent la position d'un relief chaud et l'heure de la journée où il chauffe.\n\n### Ce qui ne marche pas\n\n**La mousse ne pousse pas au nord.** Elle pousse là où l'humidité persiste, ce qui dépend du relief local, du vent, de la pente et de l'ombre du feuillage. Sur un même tronc, elle occupe souvent trois côtés. C'est l'erreur qu'on garde le plus longtemps parce qu'elle a l'air naturelle et que personne ne la vérifie.\n\n**La méthode de la montre à aiguilles** — orienter l'aiguille des heures vers le soleil et bissecter — fonctionne mal hors des latitudes moyennes. L'erreur explose près des tropiques, et l'heure d'été la fausse d'une heure entière si l'on oublie de corriger. Elle ne remplace pas l'ombre portée, qui demande le même temps et ne se trompe pas.\n\n**Les fourmilières adossées au sud, les branches plus fournies au sud** : mêmes défauts que la mousse. Trop de facteurs locaux, trop d'exceptions, aucune fiabilité individuelle.\n\n## COMPRENDRE\n\nIl faut distinguer deux choses que le mot « s'orienter » confond.\n\n**Trouver le nord** est un problème d'astronomie. Le soleil et les étoiles se déplacent selon des lois régulières, et n'importe laquelle de ces régularités donne une direction. C'est facile, c'est rapide, et une fois su, ça ne s'oublie pas.\n\n**Tenir une direction** est un problème mécanique. Le corps humain n'est pas symétrique et ne marche pas droit. Des expériences de marche en terrain sans repère — forêt épaisse, désert, brouillard — montrent que les sujets décrivent des cercles dont ils n'ont aucune conscience, et qu'ils sont convaincus d'aller tout droit. C'est cette illusion qui perd les gens, pas l'ignorance du nord.\n\nD'où la hiérarchie qui gouverne toute cette fiche : **un cap approximatif tenu droit vaut infiniment mieux qu'un cap exact perdu au bout de deux kilomètres.** Un homme qui marche cinq degrés à côté du nord pendant vingt kilomètres arrive à deux kilomètres de l'objectif. Un homme qui connaît le nord au degré près mais tourne en rond n'arrive nulle part.\n\nIl y a une conséquence pratique que les scouts et les militaires enseignent partout : ne cherchez pas la précision, cherchez la reproductibilité. Une méthode grossière que vous appliquez toutes les dix minutes bat une méthode parfaite que vous appliquez une fois au départ.\n\nDernier point, et c'est peut-être le plus important. **Décidez de votre direction avant d'être fatigué.** C'est la même logique que pour [[SURV-ABRI-001]] : la décision se prend pendant qu'on en est encore capable. Le choix du cap est une décision de tête reposée. Après six heures de marche, la fatigue vous fera suivre la pente descendante, le sentier le plus facile, la direction du vent dans le dos — et aucune de ces choses ne va là où vous voulez aller.","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-001","titre":"Produire et tenir un feu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","chaleur","base"],"sources":[],"corps":"::Un feu se prépare entièrement avant la première étincelle. Celui qui allume d'abord et cherche du bois ensuite n'aura pas de feu.::\n\n## AGIR\n\n1. **Rassemblez tout avant de craquer quoi que ce soit.** Trois tas séparés, du plus fin au plus gros, à portée de main assis. Sans briquet ni allumettes, voir [[SURV-FEU-002]]. Un feu naissant meurt en trente secondes ; c'est moins que le temps d'aller chercher une brassée.\n2. **Isolez du sol détrempé.** Une plateforme de branches vertes posées côte à côte, ou de pierres sèches. Un sol mouillé absorbe la chaleur par le bas et éteint les braises — c'est le même mécanisme de conduction qui vous refroidit vous-même, décrit dans [[SURV-ABRI-001]].\n3. **Montez la structure autour de l'amadou**, pas dessus. En tipi ou en pyramide, avec une ouverture face au vent. Le combustible doit entourer la flamme sans l'écraser.\n4. **Allumez du côté d'où vient le vent.** La flamme est poussée dans le combustible au lieu d'être couchée dans le vide.\n5. **Nourrissez petit et souvent.** Doublez la taille du combustible seulement quand le précédent brûle franchement. L'erreur universelle est d'étouffer un feu naissant sous une bûche trop tôt.\n6. **Placez un réflecteur derrière le feu** — rondins empilés, rocher, mur — et installez-vous entre le feu et le réflecteur. Vous doublez la chaleur reçue pour la même quantité de bois.\n\nAttention aux pierres ramassées en bord de rivière ou dans un sol gorgé d'eau : l'humidité piégée dans la roche se vaporise à la chauffe et peut la faire éclater.\n\n## ADAPTER\n\n**Il pleut depuis des jours et tout est trempé.** Le bois mort sur pied est plus sec que le bois mort au sol, qui pompe l'humidité de la terre. Les branches basses encore accrochées à un tronc sont votre meilleure source. Et surtout : un tronc mort fendu est sec à cœur. Refendez, prélevez le cœur, débitez-le en éclisses de plus en plus fines jusqu'à obtenir des copeaux. Chez les résineux, les nœuds et la base des branches mortes concentrent la résine ; ce bois gras s'enflamme même humide et brûle longtemps.\n\n**Vous n'avez que du bois vert.** Il ne prendra pas seul. Il peut en revanche sécher au-dessus d'un feu déjà établi : la première heure de feu sert alors à préparer la deuxième.\n\n**Le feu échappe au foyer.** Voir [[URG-INC-001]] : en espace clos comme en végétation, la fumée précède les flammes.\n\n**Vous devez rester discret.** Ce qui vous trahit, dans l'ordre de portée : l'odeur d'abord, la fumée de jour, la lueur de nuit. La fumée trahit une combustion incomplète — bois humide ou manque d'air — donc un feu bien conduit fume peu. Le feu enterré, une fosse avec un conduit d'aération latéral, supprime presque toute la lueur, brûle plus chaud, consomme moins et se comble en quelques secondes. Le placement compte plus que la taille : creux de terrain, écran végétal, contre-pente.\n\n**Le feu a brûlé quelqu'un.** Refroidissez à l'eau vingt minutes avant toute autre chose : voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Vous voulez au contraire être vu.** Alors le feu change de fonction et devient un signal : [[SIG-COM-001]] traite du choix de la fumée, de l'emplacement et du moment.\n\n**Vous vous installez pour longtemps.** Le bois devient votre poste de dépense principal en temps et en déplacement, et le déplacement répété creuse des sentes visibles depuis loin. Un camp se choisit sur trois critères simultanés : l'eau — voir [[URG-EAU-001]] —, le bois, et la capacité à ne pas être vu. Deux sur trois ne tiennent pas longtemps.\n\n**Vous devez faire durer.** Une bûche épaisse posée sur un lit de braises et à demi recouverte de cendres tient plusieurs heures. Les cendres limitent l'arrivée d'air et ralentissent la combustion sans l'éteindre. C'est ce qui permet de retrouver des braises au réveil.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu échoue presque toujours pour la même raison : **on saute un étage.** Il y en a trois, chacun n'allume que le suivant, et aucun ne peut allumer celui d'après.\n\n**L'amadou** prend une étincelle. Fibres sèches et extrêmement fines : écorce de bouleau effilochée, herbes mortes froissées, filasse, charpie de tissu, duvet de chardon, fibres d'écorce de tilleul. C'est l'étage qui décide de tout, et celui qu'on prépare toujours en excès parce qu'il brûle en quelques secondes.\n\n**Le petit bois** prend une flamme d'amadou. De l'épaisseur d'une allumette à celle d'un crayon. Test infaillible : une brindille qui plie au lieu de casser net contient de l'eau. Elle ne prendra pas.\n\n**Le bois** prend un lit de braises. On ne l'ajoute jamais avant que le petit bois soit franchement établi.\n\n![Les trois étages du feu](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMTc1IiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjE3NSI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIxNzUiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjxkZWZzPjxtYXJrZXIgaWQ9ImYiIG1hcmtlcldpZHRoPSI5IiBtYXJrZXJIZWlnaHQ9IjkiIHJlZlg9IjgiIHJlZlk9IjMiIG9yaWVudD0iYXV0byI+PHBhdGggZD0iTTAgMCBMOCAzIEwwIDYgeiIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIvPjwvbWFya2VyPjwvZGVmcz48cmVjdCB4PSIzMCIgeT0iNTIiIHdpZHRoPSIxMzAiIGhlaWdodD0iNzYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiNBMzJFMjIiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iOTUiIHk9Ijc4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxNCIgZmlsbD0iI0EzMkUyMiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+QW1hZG91PC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9Ijk1IiB5PSI5NyIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPnByZW5kIHVuZSDDqXRpbmNlbGxlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9Ijk1IiB5PSIxMTQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEwLjUiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmZpYnJlcyB0csOocyBmaW5lczwvdGV4dD48cGF0aCBkPSJNMTY2IDkwIEwyMDkgOTAiIHN0cm9rZT0iIzhBODM3OCIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiIG1hcmtlci1lbmQ9InVybCgjZikiLz48cmVjdCB4PSIyMTUiIHk9IjUyIiB3aWR0aD0iMTMwIiBoZWlnaHQ9Ijc2IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iNzgiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjE0IiBmaWxsPSIjQTk2NjBGIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5QZXRpdCBib2lzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iOTciIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5wcmVuZCB1bmUgZmxhbW1lPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTE0IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5hbGx1bWV0dGUgw6AgY3JheW9uPC90ZXh0PjxwYXRoIGQ9Ik0zNTEgOTAgTDM5NCA5MCIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIgbWFya2VyLWVuZD0idXJsKCNmKSIvPjxyZWN0IHg9IjQwMCIgeT0iNTIiIHdpZHRoPSIxMzAiIGhlaWdodD0iNzYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiMyQzZFNDkiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iNDY1IiB5PSI3OCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTQiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkJvaXM8L3RleHQ+PHRleHQgeD0iNDY1IiB5PSI5NyIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPnByZW5kIHVuIGxpdCBkZSBicmFpc2VzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQ2NSIgeT0iMTE0IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5iw7tjaGVzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjgiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5DaGFxdWUgw6l0YWdlIG4nYWxsdW1lIHF1ZSBsZSBzdWl2YW50PC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTU4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5TYXV0ZXIgdW4gw6l0YWdlIGVzdCBsYSBjYXVzZSBkJ8OpY2hlYyBsYSBwbHVzIGZyw6lxdWVudGU8L3RleHQ+PC9zdmc+)\n\n\nCe qui gouverne cette progression, c'est une histoire de surface. Un matériau brûle par sa surface exposée à l'air, pas par sa masse. Une même quantité de bois divisée en copeaux offre des milliers de fois plus de surface qu'une bûche, donc s'enflamme à une température bien plus basse. Chaque étage sert à porter le suivant à sa propre température d'inflammation. Sauter un étage, c'est demander à une flamme de chauffer une masse qu'elle n'a pas l'énergie de chauffer.\n\nDeuxième principe, et il est contre-intuitif : **la grande flamme rassure et ne chauffe presque rien.** Elle est spectaculaire parce que le bois libère ses gaz d'un coup, mais l'essentiel de cette chaleur part vers le haut avec les fumées. C'est le lit de braises qui restitue la chaleur, par rayonnement, longtemps, sans consommation et sans lumière. Un feu utile est un feu bas.\n\nTroisième principe : il faut trois choses simultanément — du combustible, de la chaleur et de l'air. Un feu qui meurt manque toujours de l'une des trois, et dans la pratique c'est presque toujours l'air. Un tas trop serré étouffe. Un feu qui fume noir manque d'air. Écarter les bûches de deux centimètres suffit souvent à relancer un feu qu'on croyait perdu.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-001","titre":"Construire un abri d'urgence","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["abri","froid","habitat","base"],"sources":[],"corps":"::Un abri ne vous réchauffe pas. Il empêche seulement le monde de vous refroidir. Toute sa conception tient dans cette nuance.::\n\n## AGIR\n\n1. **Choisissez l'emplacement avant la technique.** Hors du vent, hors du fond de vallée où l'air froid s'accumule la nuit, hors du lit d'un torrent même à sec, à l'écart des arbres morts ou des branches suspendues.\n2. **Faites petit.** Un abri à la taille du corps, où l'on entre en rampant. Chaque litre de volume en trop est un litre à réchauffer.\n3. **Isolez le sol en premier.** Trente centimètres de matière sèche compressée sous vous — feuilles, fougères, herbe, aiguilles. C'est la moitié du travail thermique, c'est toujours la partie bâclée, et c'est ce qui fait la différence entre une nuit inconfortable et une [[URG-HYPO-001]].\n4. **Montez la structure.** Une perche maîtresse appuyée d'un bout sur un support, des branches en côtes de part et d'autre, puis un empilement épais de feuillage.\n5. **Épaississez la couverture.** Une épaisseur de main pour la pluie, une épaisseur de bras pour le froid.\n6. **Bouchez l'entrée** avec un sac de feuilles ou un fagot une fois à l'intérieur.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en forêt.** L'abri le plus rapide reste une perche appuyée sur une souche, des branches en épi, du feuillage par-dessus, et une litière épaisse dedans. Comptez une à deux heures. Ne le construisez pas plus grand pour être à l'aise : vous seriez à l'aise et vous auriez froid.\n\n**Il y a de la neige.** La neige est un excellent isolant parce qu'elle emprisonne de l'air. Un trou creusé sous un sapin dont les branches basses touchent le sol offre un espace protégé, presque prêt. Un abri creusé dans une congère fonctionne à condition de ménager un trou d'aération et de placer l'entrée en contrebas de la couche de couchage : l'air froid, plus lourd, descend et reste sous vous.\n\n**Vous êtes en zone urbaine.** Un abri existe déjà dans presque chaque bâtiment. Ce que vous cherchez, ce sont les mêmes propriétés : hors vent, au-dessus du gel, isolé du béton, petit et fermable. Une cage d'escalier, un local technique, un garage. Le carton est le meilleur matériau disponible : léger, isolant, gratuit, partout.\n\n**Vous n'avez qu'une bâche.** Tendue en appentis face au vent avec un feu et un réflecteur en face — le montage est décrit dans [[SURV-FEU-001]] —, elle vaut mieux qu'une construction fermée sans feu. La même bâche collecte l'eau pendant l'averse : voir [[SURV-PLUIE-001]]. En tente fermée, elle vous protège de la pluie mais condense énormément.\n\n**Vous êtes en zone chaude et sèche.** Le problème s'inverse : il s'agit de créer de l'ombre et de la ventilation, pas de la retenue. Un abri surélevé, à double toit espacé, dont l'air circule entre les deux couches, réduit fortement la température ressentie. Ne vous couchez pas directement sur un sol qui a chauffé toute la journée.\n\n**Vous êtes plusieurs.** Un abri commun est thermiquement bien plus efficace qu'un abri par personne : les corps se chauffent mutuellement et le volume par tête diminue. C'est un des rares cas où le groupe est un avantage physique direct.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps perd sa chaleur par quatre voies, et un abri agit sur chacune de manière différente.\n\n**La conduction** — le contact direct avec une matière plus froide. C'est le sol, et c'est la perte la plus sous-estimée. Un homme couché à même la terre perd sa chaleur bien plus vite qu'un homme debout dans le même froid. D'où la règle : la litière avant le toit.\n\n**La convection** — l'air en mouvement qui emporte la chaleur. C'est le vent. Un abri qui coupe simplement le vent, sans rien isoler, change déjà complètement la donne.\n\n**Le rayonnement** — la chaleur émise vers tout ce qui est plus froid, y compris le ciel nocturne dégagé. C'est pour cela qu'on a plus froid sous un ciel clair que sous les nuages, et qu'un toit, même mince, améliore les choses au-delà de sa valeur isolante.\n\n**L'évaporation** — la transpiration et l'humidité qui s'évaporent en prenant de la chaleur. C'est pour cela qu'on ne construit jamais un abri en transpirant sous ses couches : on retire une épaisseur pendant l'effort, on la remet à l'arrêt.\n\n![Les quatre voies de perte de chaleur](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMTgyIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjE4MiI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIxODIiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5VbiBhYnJpIG4nYWpvdXRlIHBhcyBkZSBjaGFsZXVyIDogaWwgZmVybWUgZGVzIHZvaWVzIGRlIGZ1aXRlPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjI2IiB5PSI0NiIgd2lkdGg9IjExOCIgaGVpZ2h0PSI5NiIgcng9IjgiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iI0EzMkUyMiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48dGV4dCB4PSI4NSIgeT0iNzAiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEyLjUiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkNvbmR1Y3Rpb248L3RleHQ+PHRleHQgeD0iODUiIHk9IjkyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGUgc29sPC90ZXh0PjxsaW5lIHgxPSI1NiIgeTE9IjEwNCIgeDI9IjExNCIgeTI9IjEwNCIgc3Ryb2tlPSIjQTMyRTIyIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEiIG9wYWNpdHk9Ii40Ii8+PHRleHQgeD0iODUiIHk9IjEyNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiMxRjFEMUEiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmlzb2xlciBkZXNzb3VzPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjE1OSIgeT0iNDYiIHdpZHRoPSIxMTgiIGhlaWdodD0iOTYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiMyODYwN0YiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iMjE4IiB5PSI3MCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIuNSIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+Q29udmVjdGlvbjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIyMTgiIHk9IjkyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGUgdmVudDwvdGV4dD48bGluZSB4MT0iMTg5IiB5MT0iMTA0IiB4Mj0iMjQ3IiB5Mj0iMTA0IiBzdHJva2U9IiMyODYwN0YiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMSIgb3BhY2l0eT0iLjQiLz48dGV4dCB4PSIyMTgiIHk9IjEyNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiMxRjFEMUEiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmNvdXBlciBsZSB2ZW50PC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjI5MiIgeT0iNDYiIHdpZHRoPSIxMTgiIGhlaWdodD0iOTYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiNBOTY2MEYiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iMzUxIiB5PSI3MCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIuNSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+UmF5b25uZW1lbnQ8L3RleHQ+PHRleHQgeD0iMzUxIiB5PSI5MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmxlIGNpZWwgY2xhaXI8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjMyMiIgeTE9IjEwNCIgeDI9IjM4MCIgeTI9IjEwNCIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEiIG9wYWNpdHk9Ii40Ii8+PHRleHQgeD0iMzUxIiB5PSIxMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj51biB0b2l0LCBtw6ptZSBtaW5jZTwvdGV4dD48cmVjdCB4PSI0MjUiIHk9IjQ2IiB3aWR0aD0iMTE4IiBoZWlnaHQ9Ijk2IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjMkM2RTQ5IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjQ4NCIgeT0iNzAiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEyLjUiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPsOJdmFwb3JhdGlvbjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI0ODQiIHk9IjkyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGEgc3VldXI8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjQ1NSIgeTE9IjEwNCIgeDI9IjUxMyIgeTI9IjEwNCIgc3Ryb2tlPSIjMkM2RTQ5IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEiIG9wYWNpdHk9Ii40Ii8+PHRleHQgeD0iNDg0IiB5PSIxMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5uZSBwYXMgdHJhbnNwaXJlcjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjE2OCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+Q2UgcXVpIGlzb2xlIG4nZXN0IHBhcyBsYSBtYXRpw6hyZSwgYydlc3QgbCdhaXIgaW1tb2JpbGUgcXUnZWxsZSBlbXByaXNvbm5lPC90ZXh0Pjwvc3ZnPg==)\n\n\nDe là découle le principe unique de tout abri : **ce qui isole, ce n'est pas la matière, c'est l'air immobile qu'elle emprisonne.** Le duvet, la laine, les feuilles mortes, la neige, le carton ondulé, les vêtements superposés fonctionnent tous exactement de la même façon. Comprimez-les et ils ne valent plus rien — c'est pourquoi le duvet écrasé sous votre corps n'isole plus et pourquoi la litière doit être épaisse avant d'être tassée par votre poids.\n\nUne dernière chose, et elle décide souvent de la nuit. **Un abri se construit avant d'en avoir besoin.** La construction demande une à deux heures de jour et d'énergie. Commencer à la tombée du soir, épuisé et transi, donne un abri raté que l'on quitte au milieu de la nuit. La décision de s'arrêter et de construire est presque toujours à prendre plus tôt qu'on ne le souhaite.","langue":"fr"},{"id":"SURV-PLUIE-001","titre":"Collecter et stocker l'eau de pluie","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau","habitat","base"],"sources":["OMS — Rainwater harvesting guidance","FAO — Water harvesting systems"],"corps":"::La pluie est la seule ressource qui vient à vous. Vous n'avez ni à marcher, ni à vous montrer.::\n\n## AGIR\n\n1. **Tendez la plus grande surface disponible**, inclinée vers un point bas.\n2. **Écartez la première eau.** Le début de l'averse lessive la surface et concentre l'essentiel de la saleté. Comptez un litre écarté par mètre carré de collecte. Ce volume sert au lavage, jamais à la boisson.\n3. **Stockez opaque, fermé, à l'ombre ou enterré.** La lumière fait pousser les algues. L'air libre attire les moustiques, qui pondent dans toute eau stagnante accessible en quelques jours.\n4. **Répartissez en plusieurs contenants.** Un stock unique est un point de rupture unique : une contamination, une casse ou une découverte vous coûte tout.\n5. **Traitez avant de boire.** L'eau de pluie n'est pas potable en l'état : elle passe par [[URG-EAU-001]] comme n'importe quelle autre.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en ville.** Les descentes de gouttière alimentent un volume considérable et ne demandent qu'un contenant sous la sortie. Mais la toiture est inconnue : c'est de l'eau de lavage et de traitement, pas de l'eau brute.\n\n**Vous êtes mobile.** Une bâche fait double emploi : [[SURV-ABRI-001]] la nuit, collecteur pendant l'averse. Un poncho tendu entre quatre points remplit une gourde en quelques minutes de pluie soutenue.\n\n**Il ne pleut pas.** Sur une nuit claire, un tissu propre étendu sur une végétation basse se charge de rosée et s'essore au matin. Le rendement est faible et il ne coûte que du sommeil. Les sacs de condensation sur branchage produisent des volumes réels mais modestes, et immobilisent la végétation utilisée. Ce sont des appoints, jamais une base.\n\n**Vous restez longtemps.** Enterrer un contenant à cinquante centimètres stabilise sa température mieux que n'importe quelle isolation de surface, et le soustrait au regard.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn millimètre de pluie sur un mètre carré donne un litre, moins les pertes. Comptez 0,8 litre en pratique : une partie mouille la surface et s'évapore.\n\nUne bâche de trois mètres sur quatre sous une averse de dix millimètres produit une centaine de litres. Plusieurs jours d'autonomie obtenus en une heure sans bouger. **La surface de collecte compte plus que l'intensité de la pluie** : doubler la surface double le rendement, alors qu'attendre une pluie deux fois plus forte relève du hasard.\n\nLa surface contamine l'eau, jamais l'inverse. Une bâche alimentaire propre est le meilleur support : neutre, lavable, pliable. Une toiture inconnue est un pari — plomb des couvertures anciennes, composés bitumineux des bardeaux, résidus de traitement des toitures agricoles. Et sur toute surface horizontale exposée, les fientes d'oiseaux sont la contamination microbienne dominante.\n\nL'eau de pluie elle-même est faiblement chargée à l'origine. C'est ce qui la rend intéressante : elle demande moins de traitement, donc moins de combustible, que n'importe quelle eau de surface. Tout le soin porte donc sur ce qu'elle touche entre le ciel et votre gorge.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-001","titre":"Se signaler et être retrouvé","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"flash","tags":["urgence","signal","secours"],"sources":["Signal de détresse alpin — commissions internationales de secours en montagne","Codes de détresse sol-air internationaux"],"corps":"::Vous signaler, c'est renoncer à la discrétion. Prenez la décision une fois, et tenez-la.::\n\n## AGIR\n\n1. **Montez.** Point haut, clairière, crête, banc de sable, surface d'eau dégagée. Un signal émis d'un fond de vallée est perdu.\n2. **Sifflez plutôt que crier.** Trois coups, pause, recommencez. La voix s'éteint en quelques minutes et porte peu ; un sifflet porte bien plus loin, indéfiniment, sans effort.\n3. **Tracez au sol.** Grand — plusieurs mètres par branche. **V** pour besoin d'assistance, **X** pour blessé incapable de se déplacer, **une flèche** pour la direction prise si vous partez. Ces trois symboles sont internationaux.\n4. **Le jour, faites de la fumée. La nuit, faites de la flamme.** La conduite du feu et le choix du combustible sont dans [[SURV-FEU-001]].\n5. **Restez sur place** si vous avez laissé un signal fixe. Un signal abandonné sans direction envoie les secours exactement là où vous n'êtes plus. Si vous partez malgré tout, tenez un cap : [[SURV-ORI-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez du soleil.** Le miroir porte à des dizaines de kilomètres et se voit d'un avion. Formez un V avec deux doigts tendus, encadrez la cible dedans, promenez la tache lumineuse à travers le V. Sans miroir : écran de téléphone, couvercle métallique, éclat de verre argenté.\n\n**Vous êtes sur neige ou sur sable.** Creusez plutôt que d'ajouter. Une tranchée peu profonde se lit parfaitement d'en haut, parce que c'est l'ombre portée en lumière rasante qui la révèle.\n\n**Vous voulez de la fumée blanche** : végétation verte et humide. **Noire** : caoutchouc, plastique, huile. Choisissez selon le fond — blanc sur forêt sombre, noir sur ciel clair ou sur neige.\n\n**Vous n'êtes pas sûr de vouloir être vu.** Alors ne le faites pas. Un signal ne se rappelle pas. Préparez-le complètement, gardez-le prêt, et déclenchez seulement quand vous avez tranché.\n\n**Vous êtes en groupe.** Répartissez les rôles avant d'émettre : un seul décide du déclenchement, un autre entretient le signal, un troisième surveille l'horizon pour ne pas rater une réponse. Un groupe qui signale à plusieurs voix produit des séquences irrégulières, et l'irrégularité est exactement ce qui fait passer un signal pour du bruit naturel.\n\n**Vous devez quitter les lieux.** Laissez une flèche au sol dans la direction prise, et laissez-la grande. Ajoutez, si vous pouvez écrire, la date et l'heure de départ : cela permet aux secours de calculer un rayon de recherche au lieu de fouiller au hasard. Marquez ensuite votre itinéraire à intervalles réguliers — pierres empilées, branches cassées à hauteur d'homme, entailles. Le repère régulier vaut mieux que le repère spectaculaire.\n\n**Vous entendez ou voyez quelque chose.** Répondez immédiatement, avec ce que vous avez, et continuez sans vous arrêter. Beaucoup de recherches échouent parce que la victime, croyant avoir été vue, cesse d'émettre au moment précis où les secours cherchent à confirmer sa position.\n\n**C'est la nuit.** C'est le meilleur moment pour un signal lumineux : une flamme, un éclat, une lampe portent des distances sans commune mesure avec le jour. Le déplacement, lui, devient dangereux — voir [[SURV-NUIT-001]]. Signalez de nuit, déplacez-vous de jour.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn signal efficace tient sur trois qualités, et il en faut trois sur trois.\n\nLe **contraste** : sombre sur clair ou clair sur sombre. La **répétition** régulière, parce qu'un observateur distrait rate toujours le premier. La **géométrie**, parce que la nature ne produit ni lignes droites, ni symétries, ni motifs réguliers — c'est ce qui fait lire un signal comme volontaire.\n\nLes codes reconnus sont peu nombreux. **Trois de n'importe quoi** — trois feux en triangle, trois coups, trois éclats — est le signal de détresse conventionnel en montagne et en milieu isolé. **SOS** en morse : trois brèves, trois longues, trois brèves — le code complet est dans [[SIG-COM-003]]. **Le signal alpin** : six signaux répartis sur une minute, une minute de pause, puis on recommence. La réponse est trois signaux par minute. Si vous la recevez, vous avez été vu : continuez d'émettre.\n\nUn signal au sol travaille pendant que vous dormez. C'est son avantage décisif sur tout le reste.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MOTH-001","titre":"Le moteur thermique — fonctionnement complet","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteur","mecanique","transport","energie"],"sources":[],"corps":"::Un moteur thermique fait une seule chose : il transforme une explosion en rotation. Tout le reste n'est que le prix à payer pour que ça dure.::\n\n## Le principe, en une image\n\nUn gaz qui brûle prend de l'expansion. Enfermez cette expansion dans un tube fermé d'un côté et mobile de l'autre, et vous obtenez une poussée. Reliez ce mobile à une manivelle, et la poussée devient une rotation. C'est tout. Un moteur de voiture, de tronçonneuse ou de cargo ne fait rien d'autre.\n\nLe tube est le **cylindre**. Le mobile est le **piston**. La manivelle est le **vilebrequin**, et la tige qui les relie est la **bielle**.\n\n## Les quatre temps\n\nLe cycle qui équipe la quasi-totalité des moteurs de voiture se déroule en quatre courses du piston, soit deux tours de vilebrequin.\n\n1. **Admission.** Le piston descend, une soupape s'ouvre, le mélange d'air et de carburant est aspiré.\n2. **Compression.** Les soupapes se ferment, le piston remonte et comprime le mélange. Comprimer chauffe et rapproche les molécules : la combustion sera plus rapide et plus violente.\n3. **Combustion.** Le mélange s'enflamme. Le gaz repousse violemment le piston vers le bas. **C'est le seul temps qui produit du travail.** Les trois autres le consomment.\n4. **Échappement.** Le piston remonte, l'autre soupape s'ouvre, les gaz brûlés sont chassés.\n\nUn moteur à un seul cylindre ne produirait donc de la force qu'un quart du temps, et vibrerait de façon insupportable.\n\n![Le cycle à quatre temps](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMjIyIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjIyMiI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIyMjIiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5VbiBzZXVsIHRlbXBzIHN1ciBxdWF0cmUgcHJvZHVpdCBkdSB0cmF2YWlsPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjMwIiB5PSI0NCIgd2lkdGg9Ijg2IiBoZWlnaHQ9IjEwNCIgcng9IjUiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48cmVjdCB4PSI0NiIgeT0iNzAiIHdpZHRoPSI1NCIgaGVpZ2h0PSIyMCIgcng9IjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii44NSIvPjxsaW5lIHgxPSI3MyIgeTE9IjkwIiB4Mj0iNzMiIHkyPSIxNDIiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIi8+PHRleHQgeD0iNzMiIHk9IjE2NiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkFkbWlzc2lvbjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI3MyIgeT0iMTgyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5sZSBwaXN0b24gZGVzY2VuZDwvdGV4dD48cmVjdCB4PSIxNjUiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iODYiIGhlaWdodD0iMTA0IiByeD0iNSIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxyZWN0IHg9IjE4MSIgeT0iMTA4IiB3aWR0aD0iNTQiIGhlaWdodD0iMjAiIHJ4PSIyIiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiBvcGFjaXR5PSIuODUiLz48bGluZSB4MT0iMjA4IiB5MT0iMTI4IiB4Mj0iMjA4IiB5Mj0iMTQyIiBzdHJva2U9IiM4QTgzNzgiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjx0ZXh0IHg9IjIwOCIgeT0iMTY2IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMiIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+Q29tcHJlc3Npb248L3RleHQ+PHRleHQgeD0iMjA4IiB5PSIxODIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEwLjUiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmxlIHBpc3RvbiBtb250ZTwvdGV4dD48cmVjdCB4PSIzMDAiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iODYiIGhlaWdodD0iMTA0IiByeD0iNSIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjQTMyRTIyIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxyZWN0IHg9IjMxNiIgeT0iNzMiIHdpZHRoPSI1NCIgaGVpZ2h0PSIyMCIgcng9IjIiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIG9wYWNpdHk9Ii44NSIvPjxsaW5lIHgxPSIzNDMiIHkxPSI5MyIgeDI9IjM0MyIgeTI9IjE0MiIgc3Ryb2tlPSIjQTMyRTIyIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiLz48dGV4dCB4PSIzNDMiIHk9IjE2NiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkNvbWJ1c3Rpb248L3RleHQ+PHRleHQgeD0iMzQzIiB5PSIxODIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEwLjUiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmTDqXRlbnRlIG1vdHJpY2U8L3RleHQ+PHJlY3QgeD0iNDM1IiB5PSI0NCIgd2lkdGg9Ijg2IiBoZWlnaHQ9IjEwNCIgcng9IjUiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iIzhBODM3OCIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48cmVjdCB4PSI0NTEiIHk9IjEwOCIgd2lkdGg9IjU0IiBoZWlnaHQ9IjIwIiByeD0iMiIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgb3BhY2l0eT0iLjg1Ii8+PGxpbmUgeDE9IjQ3OCIgeTE9IjEyOCIgeDI9IjQ3OCIgeTI9IjE0MiIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiLz48dGV4dCB4PSI0NzgiIHk9IjE2NiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPsOJY2hhcHBlbWVudDwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI0NzgiIHk9IjE4MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTAuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGUgcGlzdG9uIG1vbnRlPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjMwMCIgeT0iNDQiIHdpZHRoPSI4NiIgaGVpZ2h0PSIxMDQiIHJ4PSI1IiBmaWxsPSIjQTMyRTIyIiBvcGFjaXR5PSIuMDciLz48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjIwOCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPkxlcyBtb3RldXJzIMOgIHBsdXNpZXVycyBjeWxpbmRyZXMgZMOpY2FsZW50IGxlcyBjeWNsZXMgcG91ciBxdSd1biBwaXN0b24gcG91c3NlIGVuIHBlcm1hbmVuY2U8L3RleHQ+PC9zdmc+)\n C'est la seule raison d'être des moteurs à plusieurs cylindres : décaler les cycles pour qu'il y ait toujours un piston en train de pousser. Un quatre cylindres a une combustion tous les demi-tours. Un six, tous les tiers de tour. Plus il y a de cylindres, plus la rotation est lisse — et plus il y a de pièces à entretenir.\n\n## Ce qui allume le mélange\n\nC'est la seule différence de fond entre les deux grandes familles.\n\n**L'essence** utilise une étincelle. Une bougie produit un arc électrique à l'instant précis choisi. Le mélange doit donc être précis et ne doit surtout pas s'enflammer tout seul sous la compression — d'où un taux de compression modéré, et d'où l'indice d'octane, qui mesure la résistance d'un carburant à l'auto-inflammation.\n\n**Le diesel** n'a pas de bougie d'allumage. Il comprime de l'air seul, beaucoup plus fort, jusqu'à ce que cet air atteigne plusieurs centaines de degrés par le seul effet de la compression. Puis il injecte le gazole dedans, qui s'enflamme au contact. Conséquences en cascade : pas de circuit d'allumage à entretenir, un rendement supérieur parce que la compression est plus élevée, un couple bien plus important à bas régime, une construction plus lourde parce que les pressions sont énormes, et une intolérance totale à l'eau et aux impuretés dans le carburant, parce que l'injection travaille à des pressions où la moindre particule raye tout.\n\n## Le deux temps\n\nIl fait la même chose en deux courses au lieu de quatre : admission et compression pendant la montée, combustion et échappement pendant la descente. Une explosion à chaque tour au lieu d'un tour sur deux.\n\nIl n'a ni soupapes, ni arbre à cames, ni circuit d'huile séparé — l'huile est mélangée au carburant et brûle avec lui. Résultat : très peu de pièces mobiles, un rapport puissance sur poids excellent, et une réparabilité exceptionnelle avec peu d'outillage. En contrepartie, il consomme davantage, il fume, et il rejette une part d'huile imbrûlée, ce qui l'a fait disparaître des voitures pour des raisons d'émissions. **Dans un contexte où l'on répare soi-même avec ce qu'on trouve, cette simplicité redevient un argument décisif.**\n\n## Les organes annexes, et pourquoi chacun existe\n\n**La distribution.** L'arbre à cames ouvre et ferme les soupapes au bon moment, entraîné par le vilebrequin via une courroie ou une chaîne. Si ce lien casse ou saute d'un cran, les soupapes ouvrent pendant que le piston monte : elles se rencontrent, et le moteur est détruit en une fraction de seconde. C'est la panne la plus destructrice qui existe sur un quatre temps.\n\n**Le circuit d'huile.** Une pompe envoie l'huile en pression dans des canaux jusqu'aux coussinets du vilebrequin. L'huile ne sert pas seulement à réduire les frottements : elle forme un film qui empêche le métal de toucher le métal, elle évacue une partie de la chaleur, et elle emporte les particules d'usure vers le filtre. **Un moteur sans pression d'huile se détruit en quelques dizaines de secondes.**\n\n**Le refroidissement.** Un tiers environ de l'énergie du carburant part en chaleur pure. Un circuit d'eau glycolée la transporte du bloc vers le radiateur, où l'air l'emporte. Le thermostat maintient la température dans une plage étroite, parce qu'un moteur froid s'use vite et consomme trop, tandis qu'un moteur surchauffé déforme sa culasse.\n\n**L'alimentation en air.** Le moteur est une pompe à air : sa puissance est directement liée à la quantité d'air qu'il avale. Sur l'eau, cette contrainte change complètement, voir [[TEC-MOT-001]]. C'est toute la raison d'être du turbocompresseur, qui utilise l'énergie des gaz d'échappement pour comprimer l'air d'admission et faire entrer plus de mélange dans le même cylindre.\n\n**Le volant moteur.** Un disque lourd sur le vilebrequin qui stocke l'énergie du temps moteur pour la restituer pendant les trois autres. Sans lui, le moteur s'arrêterait entre deux combustions.\n\n**Le démarreur et l'alternateur.** Un moteur ne peut pas se lancer seul : il faut le faire tourner de l'extérieur pour amorcer le premier cycle. L'alternateur, ensuite, recharge la batterie et alimente tout le reste — c'est le point d'entrée de toute récupération électrique, traité dans [[TEC-ENE-001]]. Quand le démarreur tourne mais que le moteur ne part pas, le diagnostic se fait dans l'ordre : voir [[SURV-REC-019]].\n\n## Identifier un moteur inconnu\n\nDevant un moteur inconnu, l'ordre d'identification est toujours le même.\n\n1. **Cherchez les bougies.** Présentes : essence. Absentes : diesel. C'est la première question parce qu'elle détermine tout le reste.\n2. **Cherchez la jauge d'huile.** Présente : quatre temps. Absente, avec un carburant mélangé à l'huile : deux temps.\n3. **Comptez les cylindres** en suivant les fils de bougie ou les injecteurs.\n4. **Repérez la courroie ou la chaîne de distribution** et son état. Une courroie craquelée ou huileuse est une bombe à retardement.\n5. **Vérifiez les niveaux avant de tenter quoi que ce soit.** Huile et liquide de refroidissement. Une huile laiteuse signale de l'eau dans l'huile, donc un joint de culasse percé.\n6. **Relevez la plaque ou les numéros gravés sur le bloc.** C'est ce qui vous permettra de retrouver une pièce compatible sur un autre moteur.\n\n## Comparer les motorisations\n\n**Vous cherchez ce qui durera.** Un diesel atmosphérique ancien, à injection mécanique et sans électronique, est ce qui se rapproche le plus d'un moteur éternel : peu de capteurs, peu de choses à comprendre, et une tolérance mécanique élevée.\n\n**Vous devez conduire le véhicule.** Les commandes, l'embrayage et la conduite sont dans [[TEC-VOI-001]] ; le vol dans [[TEC-AER-001]].\n\n**Vous cherchez ce qui se répare avec rien.** Un deux temps. Une bougie, un carburateur, un joint, et vous avez couvert la majorité des pannes possibles.\n\n**Vous n'avez plus de carburant raffiné.** Le diesel accepte des huiles végétales filtrées, dans certaines limites de viscosité et de température, avec des adaptations. L'essence n'accepte à peu près rien d'autre qu'elle-même. C'est un critère de choix décisif dans une logique de long terme.\n\n**Vous cannibalisez.** Les pièces qui se réutilisent le plus facilement d'un moteur à l'autre sont l'alternateur, le démarreur, la pompe à eau et les durites. Le bloc et la culasse, eux, ne s'échangent qu'entre modèles identiques.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MOT-001","titre":"Les moteurs de bateau — typologie complète","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteur","bateau","mecanique","transport"],"sources":[],"corps":"::Un moteur marin ne se distingue pas d'un moteur terrestre par sa mécanique, mais par ce qu'il subit.::\n\nTrois contraintes définissent toute motorisation marine, et elles expliquent chaque choix technique qui suit.\n\n**La charge est permanente.** Un moteur de voiture passe l'essentiel de sa vie en charge partielle. Un moteur de bateau pousse une masse d'eau en continu, sans temps mort, sans descente. Il travaille près de son régime de couple maximal pendant des heures. C'est pourquoi un moteur de voiture transplanté sur un bateau casse : il n'a jamais été dimensionné pour ça. Le fonctionnement commun aux deux est décrit dans [[TEC-MOTH-001]].\n\n**Le refroidissement se fait par l'eau où l'on navigue.** C'est gratuit, illimité, et corrosif. Toute la conception marine tourne autour de ce compromis.\n\n**Une panne n'est pas un arrêt sur le bas-côté.** La redondance et la réparabilité ne sont pas du luxe.\n\n## Le classement par implantation\n\n**Hors-bord.** Bloc complet — moteur, transmission, hélice — accroché au tableau arrière. Il bascule pour relever l'hélice, il se démonte entièrement, il se remplace en quelques minutes. C'est la motorisation la plus réparable et la plus interchangeable qui existe sur l'eau. Sa faiblesse est la position du poids, haut et en arrière.\n\n**In-bord.** Moteur à l'intérieur de la coque, arbre traversant la coque via un presse-étoupe, hélice sous la carène. Poids bas et centré, donc bien meilleure tenue de mer. En contrepartie : un passage de coque à étancher en permanence, un arbre à aligner au dixième de millimètre, un accès contraint, et une ligne d'arbre qui impose l'inclinaison de l'hélice.\n\n**Semi-hors-bord, dit embase Z.** Moteur dedans, transmission dehors sur une embase orientable. Compromis entre les deux : rendement d'hélice d'un hors-bord, poids interne d'un in-bord. Complexité mécanique nettement supérieure, et un soufflet en caoutchouc traversant la coque dont la rupture coule le bateau.\n\n**Propulsion par jet.** Une pompe aspire l'eau et l'éjecte. Aucun appendice sous la coque, donc navigation en eau très peu profonde et absence de risque de blessure par hélice. Rendement médiocre à basse vitesse, sensibilité aux corps flottants aspirés.\n\n**Pod électrique.** Moteur électrique immergé dans une nacelle orientable à 360 degrés. Manœuvrabilité totale sans propulseur d'étrave. Sur les grandes unités, un groupe diesel produit l'électricité et les pods propulsent : cela découple production et propulsion, et permet de couper des générateurs quand la demande baisse.\n\n## Le classement par cycle\n\n**Deux temps.** Une explosion par tour. Puissance élevée pour un poids faible, très peu de pièces mobiles, réparabilité exceptionnelle. Il consomme davantage, il fume, et il rejette une part d'huile imbrûlée. Les réglementations d'émissions l'ont fait reculer partout, mais dans un contexte de réparation autonome, sa simplicité redevient décisive. Sur les modèles à injection directe, une grande partie du défaut de consommation disparaît.\n\n**Quatre temps.** Sobre, propre, silencieux, coupleux à bas régime. Circuit d'huile séparé donc vidanges, plus de pièces, davantage de choses à comprendre avant d'intervenir.\n\n**Diesel.** Couple énorme à bas régime, exactement ce que demande une hélice. Pas de circuit d'allumage à corroder — un avantage considérable en atmosphère saline. Durée de vie très supérieure. En contrepartie : masse importante, injection haute pression intolérante à l'eau, démarrage difficile par grand froid.\n\n**Électrique.** Couple maximal dès l'arrêt, silence total, aucune vibration, aucun échappement. La limite est l'énergie embarquée, et son calcul est dans [[TEC-ENE-001]]. En usage lent et court — pêche, canaux, annexes — c'est déjà supérieur à tout le reste.\n\n**Vapeur.** Marginal aujourd'hui, mais mentionné pour une raison précise : c'est le seul type qui accepte **n'importe quel combustible solide**. Bois, charbon, déchets. Dans une logique de rupture d'approvisionnement en carburant raffiné, c'est la seule motorisation qui reste alimentable indéfiniment.\n\n## Le refroidissement, là où tout se joue\n\n**Circuit ouvert.** L'eau de navigation traverse directement le moteur. Simple, léger, peu de pièces. Elle dépose du sel, elle corrode, elle entartre. Un moteur à circuit ouvert en mer se rince à l'eau douce après chaque sortie, sinon il se détruit lentement de l'intérieur.\n\n**Circuit fermé.** Un circuit interne de liquide de refroidissement cède sa chaleur à l'eau de mer dans un échangeur. L'eau salée ne touche jamais le moteur. Plus lourd, plus cher, incomparablement plus durable.\n\nDans les deux cas, **la turbine de pompe à eau en caoutchouc est la pièce d'usure critique**. Elle est détruite en quelques secondes si le moteur tourne hors de l'eau, parce qu'elle est lubrifiée et refroidie par l'eau qu'elle pompe. C'est la première pièce de rechange à posséder, avant toutes les autres.\n\n## L'hélice\n\nDeux nombres la définissent : le **diamètre**, qui détermine la surface d'eau brassée, et le **pas**, la distance théorique parcourue en un tour. Grand pas et petit diamètre pour la vitesse, petit pas et grand diamètre pour la poussée.\n\nUne hélice surdimensionnée empêche le moteur d'atteindre son régime maximal et le fait travailler en surcharge permanente : c'est la cause la plus fréquente de destruction lente d'un moteur marin. Une hélice sous-dimensionnée laisse le moteur s'emballer sans produire de poussée.\n\nLa **{{cavitation|Formation de bulles de vapeur par chute de pression sur les pales, qui érode le métal et fait perdre la poussée.}}** — formation de bulles de vapeur par chute de pression sur le dos des pales — érode physiquement le métal et fait perdre la poussée. Elle signale toujours un problème de géométrie, de profondeur d'immersion ou de régime.\n\n## Identifier une motorisation marine\n\n1. **Regardez où il est.** Dehors, dedans, ou mi-chemin : vous savez déjà comment y accéder et ce qu'il faut démonter.\n2. **Cherchez la bougie.** Présente : essence. Absente : diesel.\n3. **Cherchez la jauge d'huile.** Présente : quatre temps. Absente et carburant mélangé : deux temps.\n4. **Suivez le circuit d'eau depuis la prise sous la coque.** Directement au bloc : circuit ouvert. Par un échangeur : circuit fermé.\n5. **Trouvez le témoin d'eau à l'échappement.** Pas de filet d'eau au démarrage : coupez immédiatement, la turbine est en train de mourir.\n6. **Relevez la plaque.** Puissance, régime maximal, année, numéro de série.\n\n## Critères de choix\n\n**Vous devez choisir une motorisation à construire ou à récupérer.** Diesel in-bord si vous cherchez la durée et le couple. Hors-bord deux temps si vous cherchez la réparabilité et l'interchangeabilité. Électrique si vos trajets sont courts et votre production électrique existe.\n\n**Vous n'avez plus de carburant raffiné.** Le diesel accepte des huiles végétales filtrées avec des adaptations. La vapeur accepte tout ce qui brûle. L'essence n'accepte à peu près rien d'autre qu'elle-même.\n\n**Vous devez manœuvrer vous-même.** Les gestes, le balisage et les règles de barre sont dans [[TEC-NAV-001]].\n\n**Vous cannibalisez.** Un hors-bord se transporte entier, se monte sur n'importe quelle coque munie d'un tableau arrière, et s'échange comme une pièce. C'est la motorisation la plus proche d'un standard universel sur l'eau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-001","titre":"L’énergie électrique dans les objets","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","recuperation","materiel"],"sources":[],"corps":"::Une installation électrique se lit avec quatre valeurs et un seul calcul. Tout le reste en découle.::\n\n## Lire une installation\n\nTout commence par une plaque signalétique. Quatre valeurs, et rien d'autre n'est nécessaire pour décider.\n\n- **La tension**, en volts. C'est la valeur qui détruit. Alimenter un appareil sous une tension inadaptée le tue immédiatement, parfois violemment.\n- **Le courant**, en ampères. Ce que l'appareil appelle.\n- **La puissance**, en watts. Souvent inscrite ; en courant continu, c'est le produit de la tension par le courant.\n- **Le type de courant.** Une ligne droite pour le continu, une ligne ondulée pour l'alternatif. Ce ne sont pas des variantes de la même chose.\n\nLes relations entre tension, courant et résistance, ainsi que les branchements en série et en parallèle, sont détaillés dans [[TEC-ENE-002]].\n\nUn seul calcul sert tous les jours. Une puissance en watts multipliée par une durée en heures donne une énergie en wattheures. C'est la seule unité qui permette de comparer un besoin à une réserve. Une capacité en ampères-heures ne dit rien seule : multipliez-la par la tension nominale. C'est pour cela que deux batteries annoncées à la même capacité peuvent contenir des énergies très différentes.\n\nUne fois ce calcul acquis, le dimensionnement devient trivial : additionnez vos wattheures par jour, comparez à ce que vous stockez, vous savez combien de jours vous tenez. C'est ce même calcul qui décide si une propulsion électrique est envisageable, voir [[TEC-MOT-001]].\n\n## Règles de manipulation\n\n1. **Coupez et vérifiez l'absence de tension avant toute intervention.** Un appareil débranché n'est pas un appareil sûr.\n2. **Lisez la plaque avant de brancher quoi que ce soit.** Toujours.\n3. **Respectez la polarité en courant continu.** Il a un sens. Une inversion détruit l'électronique instantanément et sans avertissement.\n4. **Écartez toute cellule lithium déformée.** Gonflée, percée, écrasée : elle ne se répare pas, elle ne se teste pas. Elle peut partir en {{emballement thermique|Réaction en chaîne qui s'auto-entretient dans une cellule lithium endommagée, sans besoin d'oxygène extérieur.}}.\n5. **Ne touchez jamais les gros condensateurs d'une alimentation à découpage, d'un micro-ondes ou d'un flash.** Ils conservent une charge capable de tuer plusieurs minutes après le débranchement, parfois beaucoup plus.\n\n## Où trouver quoi\n\n**Vous cherchez du stockage.** Les cellules lithium cylindriques standard équipent une grande partie des blocs d'outillage portatif et d'ordinateurs. Un bloc mort l'est rarement en entier : c'est presque toujours une ou deux cellules qui font chuter l'ensemble, les autres restant bonnes.\n\n**Vous n'avez pas d'électronique de gestion.** Alors préférez le plomb. Les batteries d'onduleurs et d'alarmes gardent une charge résiduelle longtemps et se rechargent avec des moyens rudimentaires. C'est leur avantage décisif sur le lithium, qui exige une gestion précise sous peine d'incendie.\n\n**Vous cherchez de la production.** Les panneaux solaires de signalisation routière, d'éclairage de jardin et de mobilier urbain sont partout, peu surveillés, et produisent immédiatement. Le dimensionnement complet d'une installation est dans [[TEC-SOLR-001]].\n\n**Vous récupérez sur place.** Le tri de ce qui est encore utilisable est dans [[SURV-REC-002]], et la méthode de fouille dans [[SURV-REC-001]].\n\n**Vous voulez aller plus loin.** Le raccordement, la protection contre les surintensités, la mise à la terre et l'intervention sous tension relèvent de fiches distinctes. Ce sont les sujets où l'erreur est mortelle et non coûteuse : ils se traitent seuls, jamais en fin de fiche.","langue":"fr"},{"id":"MEM-AGR-001","titre":"Le surplus, la hiérarchie et la première dépendance","axe":1,"categorie":"Les révolutions agricoles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","societe","agriculture","organisation"],"sources":[],"corps":"::Le premier surplus stockable apparaît au Néolithique. Tout ce qui suit — l'écriture, la hiérarchie, la guerre pour la réserve — en découle.::\n\n## Le surplus et ce qu'il déclenche\n\nL'agriculture n'a pas seulement changé ce que les gens mangeaient. Elle a produit quelque chose de nouveau dans l'histoire humaine : **le surplus stockable**.\n\nUn groupe qui conserve sa nourriture peut nourrir des gens qui n'en produisent pas. C'est la condition matérielle de toute spécialisation. Le potier, le forgeron, le prêtre et le soldat n'existent que parce qu'un grenier existe.\n\nDe cette même condition découle tout le reste. Il faut compter les stocks, donc écrire. Il faut décider qui y accède, donc hiérarchiser. Il faut défendre un point fixe qu'on ne peut plus abandonner, donc s'organiser militairement. Et il devient rentable, pour la première fois, de prendre le stock d'un autre plutôt que de produire le sien.\n\nLes études paléopathologiques sur les premières populations agricoles montrent un tableau constant et contre-intuitif : taille en baisse, carences plus fréquentes, dentition dégradée, charge parasitaire supérieure à celle des chasseurs-cueilleurs qu'elles remplacent. Régime concentré sur quelques espèces au lieu de plusieurs dizaines. Dépendance totale à une récolte, donc à une saison. Promiscuité permanente avec des animaux domestiques, d'où viennent la plupart des grandes maladies infectieuses humaines.\n\n**L'agriculture n'a pas gagné parce qu'elle rendait la vie meilleure. Elle a gagné parce qu'elle nourrissait plus de monde sur la même surface.** Un groupe plus nombreux, même en moins bonne santé, l'emporte démographiquement et militairement sur un groupe plus sain mais moins nombreux. C'est une logique de volume, pas de qualité.\n\nLe prix réel est ailleurs. Le chasseur-cueilleur répond à une mauvaise année en se déplaçant. L'agriculteur ne le peut plus : son investissement est dans le sol, ses réserves dans un lieu, sa survie dans une infrastructure qu'il ne peut pas emporter. **Une société agricole ne peut pas fuir. Elle doit tenir, stocker davantage, ou s'effondrer sur place.**\n\n## Où et quand\n\nLa domestication n'a pas eu lieu une fois. Elle est apparue indépendamment dans au moins une dizaine de foyers, à des millénaires d'écart et sur des espèces différentes.\n\nAu **Proche-Orient**, à partir d'environ dix mille ans avant notre ère, sur le blé, l'orge, les pois, les lentilles, puis la chèvre, le mouton, le porc et le bœuf. En **Chine**, sur le millet au nord et le riz au sud. En **Mésoamérique**, sur le maïs, la courge et le haricot. Dans les **Andes**, sur la pomme de terre, le quinoa, le lama et l'alpaga. En **Nouvelle-Guinée**, sur la banane et le taro. En **Afrique de l'Ouest**, sur le sorgho, le mil et l'igname.\n\nChaque foyer a domestiqué ce qui poussait chez lui. Les espèces disponibles localement ont ainsi déterminé ce que chaque région pouvait devenir : peu de céréales à haut rendement et peu de grands animaux domesticables en certains endroits, beaucoup dans d'autres.\n\n## Ce que montrent les squelettes\n\nLes études paléopathologiques sur les premières populations agricoles donnent un tableau constant : taille moyenne en baisse par rapport aux chasseurs-cueilleurs de la même région, marqueurs de carence plus fréquents sur les os et les dents, caries en forte augmentation avec la consommation de céréales, charge parasitaire supérieure.\n\nLes causes identifiées sont un régime concentré sur quelques espèces au lieu de plusieurs dizaines, une dépendance à une récolte unique, une promiscuité permanente avec les animaux domestiques, et une densité de population qui rend contagieux ce qui ne l'était pas.\n\nLes populations agricoles ont pourtant remplacé les autres, parce qu'elles nourrissaient davantage de monde sur la même surface.\n\n## Ce qui apparaît ensuite\n\nLes traces archéologiques associent régulièrement l'agriculture à une série d'éléments qui n'existaient pas avant : le **grenier** et le silo, l'**écriture** comptable — voir [[MEM-CIT-001]] —, les **inégalités de sépulture**, qui signalent une différenciation sociale, les **fortifications**, et les premières **épidémies** liées à la densité, mécanisme décrit dans [[TEC-SAN-004]].\n\nL'ordre d'apparition est le même dans des foyers sans contact entre eux.","langue":"fr"},{"id":"URG-BRUL-001","titre":"Brûlures","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","feu","sante"],"sources":["Organisation mondiale de la santé — Burns, fiche d'information","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","British Burn Association — first aid guidance"],"corps":"::L'eau froide pendant vingt minutes fait plus pour une brûlure que tout ce que vous pourriez appliquer dessus.::\n\n## AGIR\n\n1. **Supprimez la cause.** Éloignez de la source, éteignez les flammes en couchant la personne et en étouffant le feu. Une personne qui court alimente ses propres flammes.\n2. **Refroidissez à l'eau tempérée, entre quinze et vingt-cinq degrés, pendant vingt minutes.** Ni glace, ni eau glacée : le froid extrême aggrave la lésion et fait chuter la température du corps. Vingt minutes est une durée, pas une estimation — comptez-la.\n3. **Retirez bagues, montres, bracelets et ceintures** avant que le gonflement ne les bloque. C'est urgent et c'est toujours oublié.\n4. **Ne retirez pas les vêtements collés à la peau.** Découpez autour.\n5. **Couvrez sans serrer** avec un tissu propre, non pelucheux. Un film alimentaire posé à plat, non enroulé, protège bien et n'adhère pas.\n6. **Réchauffez le reste du corps** pendant que vous refroidissez la zone. Une grande brûlure refroidie sur une personne nue en plein air produit une [[URG-HYPO-001]] en une demi-heure.\n\n**N'appliquez rien d'autre.** Ni beurre, ni huile, ni dentifrice, ni miel, ni plante. Tout corps gras emprisonne la chaleur dans le tissu et transforme une brûlure superficielle en brûlure profonde.\n\n**Ne percez jamais une cloque.** Elle est un pansement biologique stérile. Ouverte, elle devient une porte d'entrée.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas vingt minutes d'eau.** Refroidissez ce que vous pouvez, le plus tôt possible. Le bénéfice est maximal dans les trois premières minutes et reste réel jusqu'à trois heures après. Un linge humide changé en continu vaut mieux qu'un linge humide laissé en place, qui se réchauffe et ne refroidit plus rien.\n\n**C'est une noyade.** Voir [[URG-SEC-002]] : la séquence de réanimation y est différente.\n\n**Le produit a été avalé ou inhalé.** Voir [[URG-SEC-003]] : ne faites pas vomir.\n\n**C'est une brûlure chimique.** Rincez abondamment et longuement, bien plus longtemps que pour une brûlure thermique. Retirez les vêtements imprégnés en évitant de les faire passer par la tête. Ne cherchez pas à neutraliser un acide par une base ou l'inverse : la réaction produit de la chaleur et aggrave tout.\n\n**C'est une brûlure électrique.** Coupez le courant avant de toucher la personne. Ce que vous voyez à la peau ne dit rien de l'étendue réelle : le courant a brûlé sur tout son trajet interne. Une entrée et une sortie discrètes peuvent cacher des dégâts majeurs. Voir [[TEC-ENE-001]] pour les règles de coupure.\n\n**La brûlure est étendue, profonde, ou touche le visage, les mains, les articulations ou les parties génitales.** Ce sont les cas où l'évacuation prime sur tout le reste. Refroidissez, couvrez, et cherchez du secours : voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Vous êtes loin de tout.** Ce que vous pouvez faire se limite à trois choses : garder la plaie couverte et propre, faire boire par petites gorgées régulières si la personne est consciente — une eau sûre uniquement, voir [[URG-EAU-001]] — et surveiller les signes d'infection dans les jours suivants, c'est-à-dire l'odeur, la chaleur, le gonflement et la fièvre.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne brûlure ne s'arrête pas quand la source disparaît. La chaleur emmagasinée continue de détruire les tissus en profondeur pendant plusieurs minutes : c'est ce qu'on appelle l'approfondissement. **Refroidir, ce n'est pas soulager la douleur, c'est arrêter la brûlure qui continue.** Voilà pourquoi la durée compte plus que l'intensité du froid.\n\nLa gravité se juge sur deux axes, et le second est le plus important.\n\n**La profondeur.** Une rougeur douloureuse qui blanchit à la pression est superficielle et guérit seule. Une cloque avec une douleur vive touche le derme. Une peau blanche, brune ou cartonnée, et surtout **indolore**, est une brûlure profonde : les terminaisons nerveuses ont été détruites. L'absence de douleur est un signe de gravité, jamais de bonne nouvelle.\n\n**L'étendue.** C'est elle qui tue, pas la profondeur. La peau retient l'eau du corps ; détruite sur une grande surface, elle laisse fuir un volume de liquide considérable, et la personne meurt de déshydratation et de choc bien avant de mourir de la plaie. Pour estimer vite, la paume de la victime, doigts compris, représente environ un pour cent de sa surface corporelle.\n\nC'est aussi pourquoi la brûlure d'un enfant est plus grave que la même brûlure chez un adulte : à surface égale, la proportion du corps atteinte est bien supérieure.\n\nDernier point, souvent fatal et invisible. **Une personne brûlée dans un espace fermé a peut-être brûlé ses voies respiratoires.** Suie autour des narines, voix rauque, toux, poils du nez roussis : ce sont les signes d'une atteinte interne qui gonflera dans les heures suivantes. Il n'y a rien à faire sur le terrain, mais il faut le savoir pour ne pas se rassurer sur une peau intacte.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CONS-001","titre":"La conservation des aliments","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["alimentation","conservation","autonomie"],"sources":["FAO — Manual on simple methods of meat preservation","USDA — Complete Guide to Home Canning","Institut national de la recherche agronomique — principes de la conservation des aliments"],"corps":"::Conserver, c'est retirer aux micro-organismes une des quatre choses dont ils ont besoin : l'eau, la chaleur, l'oxygène ou un milieu peu acide.::\n\nCe qui dégrade un aliment, ce sont des bactéries, des levures, des moisissures et les enzymes de l'aliment lui-même. Tous ont besoin de quatre conditions : **de l'eau, de la chaleur, de l'oxygène et un milieu peu acide.** Chaque méthode de conservation en supprime au moins une. Comprendre laquelle vous permet d'improviser au lieu de suivre des recettes.\n\n## Retirer l'eau\n\nLe séchage est la méthode la plus ancienne et la plus économe. En dessous d'environ 15 % d'humidité résiduelle, presque plus rien ne se développe.\n\nCe qui compte n'est pas la chaleur mais **le mouvement d'air et la finesse des tranches**. Un séchage trop lent laisse le temps à la moisissure de s'installer au cœur, un séchage trop chaud durcit la surface et emprisonne l'humidité dedans. Trois à six millimètres d'épaisseur, à l'ombre, dans un courant d'air, est le compromis universel.\n\nLe **salage** retire l'eau autrement : le sel attire l'eau hors des cellules par osmose, y compris hors des cellules bactériennes, qui se déshydratent. Le **sucre** en concentration élevée fait exactement la même chose, ce qui explique les confitures.\n\n## Retirer la chaleur\n\nLe froid ne tue rien, il ralentit tout. Chaque abaissement de dix degrés divise environ par deux ou trois la vitesse de dégradation.\n\nSans électricité, trois sources gratuites : **le sol**, stable autour de dix à douze degrés à un mètre de profondeur sous nos latitudes ; **l'eau courante**, notablement plus froide qu'un abri en été ; et **l'évaporation**, un linge humide sur un récipient poreux dans un courant d'air abaissant la température de plusieurs degrés. Aucune ne conserve longtemps, toutes gagnent des jours.\n\n## Retirer l'oxygène\n\nLa graisse figée sur un pot, l'huile qui recouvre un légume, l'immersion en {{saumure|Solution d'eau salée dans laquelle on immerge des aliments pour les conserver.}} : tous suppriment le contact avec l'air et bloquent les moisissures.\n\n**Attention, c'est ici que se trouve le seul vrai danger de cette fiche**, développé dans [[TEC-ALI-005]]. Un milieu sans oxygène, peu acide, peu salé et à température ambiante est exactement ce que recherche la bactérie responsable du botulisme. Elle ne change ni le goût, ni l'odeur, ni l'aspect, et sa toxine est l'une des plus puissantes connues. C'est pourquoi les conserves de légumes, de viandes et de poissons en bocal ne s'improvisent pas : elles demandent une stérilisation sous pression que l'ébullition simple n'atteint pas.\n\n## Acidifier\n\nEn dessous d'un certain seuil d'acidité, la quasi-totalité des bactéries dangereuses cesse de se développer, y compris celle du botulisme. C'est ce qui rend le **vinaigre** et la **{{fermentation lactique|Transformation des sucres en acide lactique par des bactéries naturelles, qui acidifie le milieu et le protège.}}** aussi sûrs.\n\nLa fermentation est la plus élégante des méthodes : on n'élimine pas les micro-organismes, on favorise ceux qui nous arrangent. Les bactéries lactiques, naturellement présentes sur les légumes, tolèrent le sel et l'absence d'air mieux que leurs concurrentes. On les laisse gagner, elles produisent l'acide, et l'acide protège le reste.\n\n## Les procédés en pratique\n\n**Séchage.** Trancher fin et régulier. Suspendre ou étaler sur une claie, à l'ombre, dans un courant d'air, à l'abri des insectes. L'aliment est sec quand il casse ou craque au lieu de plier. Stocker à l'obscurité dans un contenant fermé, et vérifier après une semaine : une trace d'humidité résiduelle se voit à la condensation.\n\n**Fermentation lactique des légumes**, détaillée dans [[TEC-ALI-002]]. Émincer, mettre en bocal, couvrir de saumure, maintenir tout immergé sous un poids, laisser dégazer à température ambiante quelques jours puis stocker au frais. Le repère est simple : **tout ce qui dépasse de la saumure moisira.**\n\n**Conservation dans la graisse.** Cuire longuement dans sa propre graisse, mettre en pot, couvrir d'une couche de graisse figée qui scelle la surface. Tenir au frais et à l'obscurité.\n\n**Enfouissement.** Racines et tubercules se conservent des mois en silo : une fosse, un lit de paille ou de sable sec, les légumes non lavés, une couverture isolante, et un drainage pour que l'eau ne stagne pas. Voir [[SURV-PLUIE-001]] pour le principe du contenant enterré.\n\n## Selon le climat et les moyens\n\nLe choix de ce qu'on conserve en priorité découle des besoins réels, détaillés dans [[TEC-ALI-001]].\n\n**Vous n'avez pas de sel.** Vous perdez le salage et vous compliquez la fermentation. Restent le séchage et le froid. Le sel devient dans ce cas une des ressources d'échange les plus recherchées qui soient — voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Vous êtes en climat humide.** Le séchage à l'air échoue. Passez au fumage, qui sèche et dépose en même temps des composés antimicrobiens, ou à la fermentation, qui ne craint pas l'humidité. Le fumage demande un feu maîtrisé et durable : voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous êtes en climat chaud.** Tout va plus vite, dans les deux sens : le séchage réussit en un jour, la putréfaction aussi. Traitez le jour même, jamais le lendemain.\n\n**Vous devez juger un aliment douteux.** Fiez-vous d'abord à l'odeur et à l'aspect, mais sachez que l'absence de signe ne prouve rien pour les conserves en bocal. Un couvercle bombé, un contenu qui mousse ou qui gicle à l'ouverture : jetez sans goûter. **En conservation, le doute ne se teste pas, il se tranche.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-TROC-001","titre":"Échanger, négocier, tenir parole","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["social","troc","negociation","groupe"],"sources":[],"corps":"::Dans une situation dégradée, votre réputation circule plus vite que vous. Elle vaut plus que ce que vous portez.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn échange n'a lieu que si chacun valorise différemment la même chose. C'est la seule règle, et tout en découle : **la valeur n'est pas dans l'objet, elle est dans le besoin de celui d'en face.** Un briquet vaut une journée de travail auprès de quelqu'un qui n'a pas de feu, et rien auprès de quelqu'un qui en a trois.\n\nTrois propriétés font qu'un bien s'échange bien. Il doit être **divisible**, pour ajuster la valeur ; **durable**, pour ne pas perdre sa valeur en attendant ; et **désiré largement**, pour ne pas dépendre d'un seul acheteur. Le sel, les médicaments, les munitions, les piles, les lames, le carburant et l'alcool cochent les trois cases dans presque toutes les situations connues. Le sel doit une partie de sa valeur à ce qu'il permet : voir [[TEC-CONS-001]].\n\nMais le bien le plus échangeable n'est pas un objet : **c'est une compétence.** Elle ne s'épuise pas, ne se vole pas, ne se transporte pas, et elle vous rend précieux plutôt que riche. Quelqu'un qui sait soigner — voir [[URG-HEMO-001]] —, réparer ou cultiver n'a pas besoin d'être défendu par la force : il est protégé par son utilité.\n\nSur la négociation elle-même, deux mécanismes fonctionnent partout.\n\n**Celui qui a le moins besoin de conclure obtient le meilleur prix.** C'est mécanique et c'est indépendant de l'habileté. La conséquence pratique est déplaisante mais claire : ne laissez jamais votre besoin devenir visible, et ne négociez jamais votre eau le jour où vous n'en avez plus. Anticiper est un acte de négociation.\n\n**Le premier chiffre ancre toute la suite.** Une fois qu'un ordre de grandeur est posé, la discussion tourne autour, même si ce chiffre était absurde. Cela signifie qu'il faut réfléchir à ce que vous annoncez avant de l'annoncer, et se méfier de sa propre réaction quand l'autre annonce le premier.\n\nEt il y a un mécanisme plus profond que les deux précédents. Dans un groupe qui se croise plusieurs fois, **la coopération l'emporte sur la prédation**, parce que le prédateur perd tous ses échanges futurs. C'est la raison pour laquelle tenir parole n'est pas de la morale décorative : c'est la stratégie qui rapporte le plus dès qu'on est susceptible de se revoir. C'est aussi pourquoi un inconnu de passage est structurellement plus dangereux qu'un voisin — il n'a rien à perdre.\n\n## AGIR\n\n1. **Rencontrez en terrain ouvert, de jour, à distance de vos réserves.** On ne négocie jamais chez soi. Ce que l'autre voit, il s'en souviendra.\n2. **Montrez un objet, jamais un stock.** La quantité change la nature de la relation : elle transforme un partenaire en cible.\n3. **Écoutez avant de proposer.** Ce que l'autre cherche vous dit ce dont il manque, et ce dont il manque fixe le prix bien mieux que votre estimation.\n4. **Proposez un échange partiel d'abord.** Une transaction réussie en petit crée la confiance nécessaire à une grande. Une transaction ratée en petit coûte peu.\n5. **Concluez clairement et à voix haute.** Ce qui est échangé, contre quoi, et quand. Le malentendu est la première cause de conflit, avant la mauvaise foi.\n6. **Tenez ce que vous avez promis, même quand c'est devenu défavorable.** C'est le seul investissement dont le rendement augmente avec le temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul face à un groupe.** C'est la situation que décrit [[MEM-EFF-001]] à l'échelle des sociétés : sans marge, le moindre choc devient décisif. Le rapport de force est défavorable et tout le monde le sait. Ne cherchez pas à le masquer : réduisez l'enjeu. Un petit échange rapide, poli, sans exposer ce que vous transportez. Et convenez d'un prochain rendez-vous — une relation qui continue vous protège mieux qu'une négociation gagnée.\n\n**On vous propose beaucoup trop pour ce que vous donnez.** C'est le signal le plus fiable qu'il existe. Soit l'autre sait quelque chose que vous ignorez sur la valeur réelle, soit le paiement n'aura pas lieu.\n\n**Vous négociez pour un groupe.** Une seule personne parle, décidée à l'avance, avec une limite fixée à l'avance. Un groupe qui négocie à plusieurs voix montre ses désaccords, et un désaccord visible est une prise.\n\n**La confiance est rompue.** Passez à l'échange simultané : chacun pose, chacun prend, en même temps, à découvert. C'est plus lent, c'est moins agréable, et cela permet de commercer avec quelqu'un en qui on n'a pas confiance — ce qui est très souvent le seul choix.\n\n**Vous avez une compétence rare.** Ne la vendez pas à l'acte, échangez-la contre une place. Soigner une fois rapporte un repas ; être celui qui soigne rapporte un toit, une protection et une raison pour le groupe de vous garder.","langue":"fr"},{"id":"MEM-EFF-001","titre":"Comment les sociétés s'effondrent","axe":1,"categorie":"Ce qui se répète","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","societe","effondrement","organisation"],"sources":["Joseph Tainter, The Collapse of Complex Societies","Travaux archéologiques sur l'effondrement de l'âge du bronze récent","Recherches sur la chute des systèmes d'irrigation mésopotamiens"],"corps":"::Les effondrements documentés se ressemblent : une complexité qui coûte plus qu'elle ne rapporte, puis un choc ordinaire qui devient fatal.::\n\nL'image d'une civilisation détruite par un événement unique — une invasion, un séisme, une sécheresse — est presque toujours fausse. Les mêmes chocs frappent régulièrement des sociétés qui les absorbent sans difficulté. Ce qui distingue celles qui tombent, ce n'est pas la violence du choc : c'est ce qu'elles avaient encore comme marge.\n\n## Le mécanisme central\n\nUne société résout ses problèmes en ajoutant de la complexité : des administrations, des spécialistes, des infrastructures, des règles. Chaque ajout fonctionne, et chaque ajout coûte.\n\nLe problème est que **le rendement de la complexité diminue**. Le premier canal d'irrigation transforme une région. Le vingtième gagne quelques pourcents. Le premier échelon administratif rend la décision possible ; le cinquième la ralentit. Arrive un point où maintenir le système consomme davantage que ce qu'il rapporte, et où la société entière travaille à financer sa propre structure.\n\nÀ ce stade, elle n'est pas encore en danger. Elle est simplement **sans marge**. Un choc ordinaire — une mauvaise récolte, une épidémie, une révolte de frontière — devient alors un choc fatal, non pas parce qu'il est plus fort, mais parce qu'il n'y a plus rien pour l'absorber.\n\nC'est pourquoi l'effondrement, vu de l'intérieur, ressemble rarement à une catastrophe. Il ressemble à une succession de renoncements raisonnables : un service qu'on ne rétablit pas, une route qu'on ne répare plus, une garnison qu'on ne remplace pas.\n\n## Ce qui revient dans tous les cas documentés\n\n**L'interdépendance transmet le choc.** Le système commercial de la fin de l'âge du bronze reliait une dizaine de puissances par des flux de métaux, de céréales et d'artisans. Chacune était plus riche grâce aux autres, et chacune était devenue incapable de vivre sans elles. Quand quelques nœuds ont cédé, l'ensemble s'est défait en quelques décennies. Une chaîne d'approvisionnement est un gain d'efficacité en temps normal et un vecteur de propagation en temps de crise.\n\n**Le savoir disparaît plus vite que les bâtiments.** Il ne tient pas dans les pierres mais dans des gens qui le pratiquent et le transmettent. Rompez une génération de transmission, et une technique maîtrisée depuis des siècles est perdue, alors même que ses produits sont encore visibles partout. Des sociétés ont vécu au milieu de ruines qu'elles ne savaient plus construire.\n\n**L'écriture s'éteint la première.** Elle appartient à un petit groupe de spécialistes que seule une administration peut entretenir. Quand cette administration cesse de payer, l'écriture cesse — et c'est précisément pour cela que les périodes d'effondrement nous sont si peu connues : elles n'ont laissé personne pour les décrire.\n\n**Le local reprend la main.** L'échelle s'effondre avant que la vie ne s'arrête. Les grands ensembles se fragmentent en unités qui se nourrissent elles-mêmes. Ce n'est pas la fin de tout : c'est un changement d'échelle brutal, dans lequel la survie se joue à la portée d'une journée de marche.\n\n**Le déclin est plus lent qu'on ne le croit et plus rapide qu'on ne s'y prépare.** Il se compte en décennies, pas en jours. Assez lent pour que chaque génération croie que c'est normal ; assez rapide pour qu'aucune n'ait le temps de reconstruire ce que la précédente a perdu.\n\n## Trois cas documentés\n\n**L'effondrement de la fin de l'âge du bronze**, autour de 1200 avant notre ère en Méditerranée orientale. En quelques décennies, plusieurs puissances disparaissent ou se réduisent fortement, les palais brûlent, les réseaux d'échange cessent, l'écriture linéaire B disparaît de Grèce. Les causes avancées se combinent : sécheresse prolongée attestée par les carottages, mouvements de populations, rupture des circuits d'approvisionnement en étain — indispensable au bronze — et effondrement en chaîne d'économies palatiales interdépendantes.\n\n**Les cités mayas des basses terres**, entre le huitième et le dixième siècle. Abandon progressif des grands centres du sud, arrêt des constructions monumentales et des inscriptions datées. Les données paléoclimatiques indiquent plusieurs épisodes de sécheresse sévère, sur une région dépendant de réservoirs et d'une agriculture intensive.\n\n**L'Empire romain d'Occident**, du troisième au cinquième siècle. Il ne disparaît pas d'un coup : le monnayage se déprécie, les circuits commerciaux se rétractent, les villes se réduisent, les grandes constructions cessent, l'administration se retire province par province. Les analyses de carottes de glace montrent une chute nette de la pollution au plomb, indicateur de l'activité minière et métallurgique, bien avant la fin politique.\n\n## Ce que l'archéologie observe systématiquement\n\n**La complexité diminue avant la population.** Moins de niveaux administratifs, moins de spécialisation artisanale, moins d'échanges à longue distance, retour à des céramiques locales et plus simples.\n\n**L'écriture s'éteint tôt.** Elle dépend d'une administration qui entretient des scribes ; quand celle-ci cesse de payer, l'écriture cesse. C'est pourquoi ces périodes sont mal connues, comme le montre [[MEM-CIT-001]].\n\n**Les bâtiments survivent aux savoir-faire.** Des populations ont vécu au milieu de ruines qu'elles ne savaient plus construire, ni entretenir.\n\n**L'échelle se réduit avant que la vie ne s'arrête.** Les grands ensembles se fragmentent en unités locales autosuffisantes. Le même enchaînement, observé sur des réseaux techniques contemporains, est documenté dans [[MEM-ANT-002]].\n\n**Le déclin se compte en décennies**, parfois en siècles, jamais en jours. C'est ce que les récits contemporains ne perçoivent pas : chaque génération constate une situation qui lui paraît normale.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-001","titre":"L'imprimerie, ou la copie qui cesse de se dégrader","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","savoir","transmission","technique"],"sources":["Eisenstein E., The Printing Press as an Agent of Change","Febvre L., Martin H.-J., L'apparition du livre","Travaux sur la production manuscrite européenne avant 1450, Buringh & van Zanden"],"corps":"::Avant l'imprimerie, chaque copie manuscrite ajoutait ses propres erreurs à celles de la précédente. C'est cette dérive qui cesse au milieu du quinzième siècle.::\n\nOn retient de l'imprimerie qu'elle a rendu les livres nombreux et bon marché. C'est vrai, et c'est secondaire. L'effet décisif est ailleurs.\n\n## Le problème de la copie manuscrite\n\nUn manuscrit se recopie à la main. Chaque copiste introduit des erreurs : mots sautés, chiffres confondus, lignes répétées, abréviations mal résolues. Le copiste suivant recopie la copie, erreurs comprises, et en ajoute.\n\nCela produit une **dérive cumulative**. Au bout de plusieurs générations de copies, deux exemplaires du même texte ne disent plus la même chose, et personne ne peut savoir lequel est le plus proche de l'original.\n\nPour un poème, c'est ennuyeux. Pour un traité de médecine, une table astronomique ou une description de plante médicinale, c'est destructeur : **une erreur de copie dans un chiffre ou dans un dessin de plante rend le savoir non seulement inutile mais dangereux.** C'est une des raisons pour lesquelles les sciences d'observation ont stagné si longtemps : on ne pouvait pas faire confiance à ce qu'on lisait, donc on ne pouvait pas construire dessus.\n\n## Ce que change l'impression\n\nUne fois la forme composée, toutes les feuilles tirées sont identiques. L'erreur ne se propage plus en s'aggravant : elle est présente dans tout le {{tirage|Circulation d'air ascendante dans un conduit, créée par la différence de densité entre l'air chaud et l'air extérieur.}}, donc **repérable et corrigeable dans l'édition suivante**.\n\nTrois conséquences en découlent, dans cet ordre.\n\n**La référence commune devient possible.** Deux personnes éloignées peuvent discuter d'un texte en étant sûres de lire la même chose. La pagination, l'index, la note en bas de page, la citation précise — tous ces outils naissent là, et ils sont la condition matérielle du débat savant.\n\n**Le savoir devient cumulatif.** On peut corriger une édition, publier l'erreur trouvée, l'intégrer à la suivante. Le texte s'améliore avec le temps au lieu de se dégrader. C'est un renversement complet du sens de la flèche.\n\n**L'illustration technique devient fiable.** Une gravure se reproduit à l'identique, ce qu'un dessin recopié à la main ne fait pas. La botanique, l'anatomie et la mécanique reposent sur des images exactes : elles décollent au moment où l'image cesse de dériver.\n\n## Le prix payé\n\nL'imprimerie a aussi figé. Un texte imprimé en grand nombre devient difficile à corriger dans les esprits même quand l'erreur est établie, parce que les exemplaires fautifs continuent de circuler. Elle a diffusé des erreurs à une échelle et avec une autorité que le manuscrit n'atteignait pas.\n\nEt elle a créé une dépendance nouvelle : un atelier, des caractères, du papier, de l'encre, un réseau de distribution. Un savoir imprimé dépend d'une infrastructure industrielle que le manuscrit ne demandait pas. Copier un livre à la main est lent, mais peut se faire n'importe où, avec presque rien.\n\n## Les chiffres de la production\n\nLes estimations de production manuscrite en Europe occidentale portent sur quelques millions de volumes pour l'ensemble du Moyen Âge, avec une accélération à partir du treizième siècle liée à la diffusion du papier et à la demande universitaire.\n\nAprès l'apparition de la typographie à caractères mobiles au milieu du quinzième siècle, les ordres de grandeur changent complètement : les estimations situent la production européenne du seul seizième siècle à plusieurs centaines de millions d'exemplaires.\n\nLe coût suit la même courbe. Un manuscrit représentait des mois de travail d'un copiste et une quantité importante de parchemin, soit de nombreuses peaux pour un seul ouvrage. Le papier, puis l'impression, ramènent le livre dans une gamme de prix accessible à des catégories sociales qui n'en possédaient aucun.\n\n## Ce que la technique combine\n\nL'imprimerie de Gutenberg n'est pas une invention unique mais l'assemblage de plusieurs éléments préexistants : les **caractères mobiles** en alliage de plomb, d'étain et d'antimoine, coulés en série dans un moule à matrice ; une **presse** dérivée des pressoirs à vis ; une **encre grasse** adaptée au métal, tirée des techniques de peinture à l'huile ; et le **papier**, importé de Chine par le monde islamique et fabriqué en Europe depuis le douzième siècle.\n\nChacun existait avant. C'est leur combinaison qui produit l'effet — mécanisme de diffusion technique décrit dans [[MEM-ECH-001]].\n\n## Les effets observés\n\n**La stabilisation des textes.** Les éditions permettent la référence commune, la pagination, l'index et la citation précise. Les catalogues d'errata publiés d'une édition à l'autre attestent d'un processus de correction cumulative.\n\n**L'essor des sciences d'observation.** La botanique, l'anatomie et l'astronomie décollent au moment où l'image gravée cesse de dériver à la copie. Les grands atlas illustrés du seizième siècle sont contemporains de cette possibilité — et ils fournissent la base matérielle de ce que décrit [[MEM-ACC-003]].\n\n**La diffusion des langues vernaculaires.** L'impression en langue locale plutôt qu'en latin élargit le lectorat et fixe des normes orthographiques.\n\n**Une dépendance nouvelle.** Un atelier, des caractères, du papier, de l'encre, un réseau de distribution. Copier un livre à la main est lent et se fait n'importe où ; imprimer suppose une infrastructure.","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-001","titre":"L'écriture est née des comptes, pas des poèmes","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","ecriture","societe","organisation"],"sources":["Schmandt-Besserat D., Before Writing: From Counting to Cuneiform","Nissen H., Damerow P., Englund R., Archaic Bookkeeping","Corpus des tablettes proto-cunéiformes d'Uruk"],"corps":"::Les tablettes les plus anciennes d'Uruk, à la fin du quatrième millénaire avant notre ère, ne racontent rien. Elles comptent des sacs d'orge et des têtes de bétail.::\n\nIl y a une image tenace : l'écriture serait née du besoin de dire, de transmettre, de fixer des récits. Les documents disent l'inverse, et c'est beaucoup plus intéressant.\n\n## D'où viennent les premiers signes\n\nAvant l'écriture existaient de petits jetons d'argile de formes variées, utilisés au Proche-Orient pendant des millénaires. Chaque forme représentait une quantité d'une marchandise donnée. On les enfermait dans des enveloppes d'argile scellées pour garantir une livraison : le destinataire brisait l'enveloppe et comptait.\n\nPuis quelqu'un a eu l'idée d'imprimer la forme des jetons sur l'extérieur de l'enveloppe, pour savoir ce qu'elle contenait sans la casser. L'étape suivante était inévitable : si le dessin extérieur suffit, les jetons à l'intérieur ne servent plus à rien. **L'enveloppe pleine est devenue une tablette plate, et le dessin est devenu le signe.**\n\nLes tablettes les plus anciennes d'Uruk, autour de la fin du quatrième millénaire avant notre ère, sont massivement des documents de gestion : quantités de céréales, rations distribuées, cheptel, surfaces, listes de personnes. Pas de récit, pas de loi, pas de prière. De la comptabilité.\n\n## Pourquoi c'est la comptabilité qui déclenche tout\n\nParce que c'est le seul besoin qui dépasse absolument la mémoire d'un homme.\n\nUn récit se transmet oralement, et il se transmet même très bien : les traditions orales conservent des textes considérables avec une fidélité remarquable, parce que le rythme, la rime et la formule sont des outils de mémoire. Ce qui ne se transmet pas oralement, c'est **une liste arbitraire de nombres sans structure interne**. Personne ne retient de tête que le grenier trois a reçu quatre-vingt-sept mesures il y a deux mois, et que le sixième foyer du quartier nord en doit encore douze.\n\nOr c'est exactement ce que produit une société à surplus. Le mécanisme est décrit dans [[MEM-AGR-001]] : à partir du moment où l'on stocke, il faut compter, et à partir du moment où il faut compter, il faut écrire.\n\n## Ce qui suit, dans l'ordre\n\nL'écriture apparaît pour compter. Elle sert ensuite à **enregistrer les obligations** — qui doit quoi à qui, ce qui est déjà du droit. Puis à **fixer les règles** de ces obligations, ce qui donne les codes de lois. Puis, tardivement, à consigner des récits, des hymnes et des mythes qui existaient déjà oralement depuis longtemps.\n\nIl faut mesurer ce que cela implique. Pendant des siècles, l'écriture est une technique administrative maîtrisée par un très petit nombre de spécialistes formés, entretenus par le pouvoir qui a besoin d'eux. Elle n'est pas un bien commun. Elle est un instrument de gestion — et elle voyagera plus tard le long des routes décrites dans [[MEM-ECH-001]], comme n'importe quelle autre technique.\n\n**Cela explique pourquoi elle disparaît si facilement.** Quand l'administration qui paye les scribes s'effondre, l'écriture s'arrête — et c'est précisément ce que décrit [[MEM-EFF-001]]. Plusieurs systèmes d'écriture se sont éteints ainsi, non pas détruits, mais devenus sans emploi.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-001","titre":"Ce que les routes transportent vraiment","axe":1,"categorie":"Ce qui se répète","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","commerce","maladies","savoir"],"sources":["McNeill W., Plagues and Peoples","Frankopan P., The Silk Roads","Travaux sur la diffusion de la peste noire par les routes commerciales, Benedictow O."],"corps":"::Les grandes routes d'échange ont transporté trois choses simultanément : des marchandises, des techniques, et des maladies.::\n\nOn enseigne les grandes routes d'échange par leurs marchandises : la soie, les épices, le sel, l'argent. C'est la partie visible, et la moins déterminante.\n\n## Le premier chargement : les marchandises\n\nElles circulent parce que la valeur d'un bien dépend de sa rareté locale. Le poivre ne vaut rien là où il pousse et vaut une fortune à six mille kilomètres. C'est le mécanisme décrit dans [[SURV-TROC-001]] : la valeur n'est pas dans l'objet, elle est dans le besoin de celui d'en face.\n\nCe qui voyage loin doit être **dense en valeur et peu périssable** — c'est pourquoi les routes lointaines portent des épices, des métaux précieux, de la soie, et jamais des céréales. Les céréales circulent, mais par voie d'eau, parce que le transport terrestre de masse coûte davantage que la marchandise.\n\n## Le deuxième chargement : les techniques et les idées\n\nC'est celui qui change les sociétés durablement.\n\nLe papier, la boussole, la poudre, la numération décimale, les techniques de fonte, les plantes cultivées, les religions, les alphabets : tout cela s'est déplacé le long des mêmes routes que les marchandises, transporté par les mêmes personnes. La plus ancienne de ces techniques transmises, le feu, est décrite dans [[MEM-EVE-001]].\n\nEt ce transport-là a une propriété que les marchandises n'ont pas. **Une technique donnée n'est pas perdue par celui qui la transmet.** Un sac d'épices vendu ne vous appartient plus ; une méthode enseignée reste chez vous. C'est ce qui rend la circulation des savoirs cumulative, alors que la circulation des biens est un simple transfert.\n\nUn point à retenir, contre-intuitif : les techniques voyagent rarement complètes. Ce qui traverse d'abord, c'est **l'idée qu'une chose est possible**. Savoir qu'un peuple lointain fabrique un acier supérieur suffit à déclencher des décennies de tentatives locales. L'information « c'est faisable » est presque aussi précieuse que la méthode elle-même.\n\n## Le troisième chargement : les maladies\n\nC'est celui qu'on oublie, et il a tué plus que toutes les guerres de ces périodes.\n\nUne population isolée développe un équilibre avec ses propres agents infectieux. Ouvrez une route durable entre deux populations longtemps séparées, et chacune reçoit d'un coup des maladies contre lesquelles elle n'a aucune expérience collective. Les grandes pandémies documentées suivent les routes commerciales avec une précision qui ne laisse aucun doute : elles progressent à la vitesse des caravanes et des navires, s'arrêtent où le commerce s'arrête, et frappent d'abord les villes portuaires.\n\n**Ce n'est pas un accident du commerce, c'est sa conséquence mécanique.** Toute mise en relation crée simultanément de la richesse et de la vulnérabilité, et par les mêmes canaux.\n\n## La règle générale\n\nUn réseau d'échanges augmente la prospérité de chaque nœud et diminue son autonomie. Chaque participant produit ce qu'il fait le mieux et achète le reste : tout le monde y gagne, et plus personne ne sait tout faire.\n\nTant que le réseau tient, c'est un gain net évident. Quand il se rompt, chaque nœud découvre en même temps ce qu'il ne sait plus produire. C'est le mécanisme central de [[MEM-EFF-001]], et c'est ce qui a fait de l'effondrement de la fin de l'âge du bronze un événement en cascade plutôt qu'une série de crises locales.","langue":"fr"},{"id":"MEM-EVE-001","titre":"Le feu, la cuisson et ce qu'ils ont fait de nous","axe":1,"categorie":"L'Éveil","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","feu","alimentation","evolution"],"sources":["Wrangham R., Catching Fire: How Cooking Made Us Human","Travaux archéologiques sur les foyers de Wonderwerk et Gesher Benot Ya'aqov","Aiello L., Wheeler P., The Expensive-Tissue Hypothesis, Current Anthropology"],"corps":"::Aucune autre espèce ne cuit sa nourriture. Les premiers foyers maîtrisés attestés remontent à plusieurs centaines de milliers d'années.::\n\nLe feu n'est pas une commodité dans l'histoire humaine. C'est une bifurcation.\n\n## Ce que la cuisson change dans un aliment\n\nTrois effets se produisent en même temps, et chacun compte.\n\n**La cuisson pré-digère.** La chaleur casse les longues chaînes d'amidon et déplie les protéines. L'organisme dépense alors beaucoup moins d'énergie pour extraire la même quantité de calories. Un aliment cuit rend davantage que le même aliment cru, pour un travail intérieur bien moindre.\n\n**Elle rend comestible ce qui ne l'était pas.** Beaucoup de tubercules, de graines et de légumineuses contiennent des composés qui les rendent indigestes ou toxiques crus, et que la chaleur détruit. Cuire, c'est élargir d'un coup la liste de ce qu'on peut manger — et cette logique reste exactement la même aujourd'hui, comme le rappelle [[TEC-CONS-001]].\n\n**Elle tue ce qui vit dedans.** Parasites et bactéries. La même raison qui fait qu'on porte une eau douteuse à ébullition dans [[URG-EAU-001]].\n\n## La conséquence sur le corps\n\nMâcher et digérer coûtent cher. Les grands singes y consacrent plusieurs heures par jour et portent un appareil digestif volumineux. Chez l'humain, l'intestin est proportionnellement plus court, les mâchoires plus faibles, les dents plus petites — et le cerveau, lui, est démesuré et vorace en énergie.\n\nL'hypothèse dite du tissu coûteux relie les deux : un organisme ne peut pas entretenir simultanément un très gros système digestif et un très gros cerveau. En transférant une partie du travail digestif au feu, la cuisson a libéré le budget énergétique qui a permis l'autre. **Le feu a fait une partie de la digestion à notre place, et l'économie réalisée est allée au cerveau.**\n\nC'est une hypothèse, discutée, et les datations des premiers foyers maîtrisés le sont aussi. Ce qui n'est pas discuté, c'est le résultat : aucune population humaine connue ne vit d'une alimentation entièrement crue sans y perdre en masse et en fertilité.\n\n## La conséquence sociale, plus profonde encore\n\nLe feu impose des choses qu'aucune autre technique n'impose.\n\nIl faut **le garder**. Un foyer demande une surveillance continue, donc quelqu'un qui reste, donc un lieu où l'on revient. Le feu crée le camp avant que l'agriculture ne crée le village.\n\nIl faut **le partager**. On ne cuit pas une portion individuelle sur un grand feu : on cuit pour le groupe. Le repas cuit est le premier moment où la nourriture cesse d'être consommée là où elle est trouvée, pour être rapportée, transformée et répartie. C'est le début du partage différé, donc de l'obligation réciproque — le mécanisme même que décrit [[SURV-TROC-001]].\n\nEt il crée **la soirée**. Avant le feu, l'activité s'arrête avec le jour. Après, il existe plusieurs heures quotidiennes où l'on est ensemble, éveillés, sans pouvoir travailler ni chasser. Les observations menées chez des groupes de chasseurs-cueilleurs contemporains montrent que la conversation autour du feu de nuit change de nature par rapport à celle du jour : elle porte moins sur l'organisation immédiate et davantage sur les récits, les absents, les règles. **Le feu n'a pas seulement cuit la nourriture. Il a fabriqué le temps disponible pour raconter.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-GUE-001","titre":"Franchir un cours d'eau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["eau","franchissement","deplacement","danger"],"sources":["Swiftwater rescue — principes de sécurité en eau vive","Wilderness Medical Society — cold water immersion","US Army Field Manual — river crossing operations"],"corps":"::Un cours d'eau qui vous arrive aux genoux peut vous emporter. Ce n'est pas la profondeur qui décide, c'est le produit de la profondeur par la vitesse.::\n\n## AGIR\n\n**Avant tout : est-ce que vous devez vraiment traverser ?** Un détour d'une heure vers un pont, un gué connu ou un rétrécissement coûte moins cher qu'un franchissement raté. Ce calcul est la première étape et il est presque toujours sauté.\n\n**Si vous traversez :**\n\n1. **Choisissez l'endroit.** Là où le lit est **large**, donc peu profond et lent. Jamais dans un rétrécissement, jamais dans un coude — l'extérieur d'un virage est creusé et rapide. Repérez ce qu'il y a **en aval** : un arbre couché, un barrage, une chute ou un rapide transforment une glissade en accident mortel.\n2. **Détachez la ceinture ventrale de votre sac.** Vous devez pouvoir vous en débarrasser en une seconde. Un sac attaché vous maintient sous l'eau.\n3. **Gardez vos chaussures.** Les pieds nus sur des galets glissants et coupants sont une garantie de chute. Retirez les chaussettes pour les garder sèches si vous voulez.\n4. **Face à l'amont, de biais.** Vous progressez en diagonale vers l'aval, en gardant le corps de profil pour offrir le moins de prise au courant.\n5. **Trois appuis en permanence.** Un bâton solide planté en amont fait le troisième pied. On déplace un seul appui à la fois, jamais deux.\n6. **Faites glisser les pieds** sur le fond au lieu de les lever. Lever un pied, c'est perdre un appui et se laisser déséquilibrer.\n7. **Ne regardez pas l'eau qui défile** : cela provoque un vertige immédiat. Regardez la berge d'en face.\n\n**À plusieurs**, traversez ensemble, bras verrouillés autour des épaules ou de la ceinture, le plus lourd en amont pour casser le courant. Un groupe soudé est bien plus stable qu'un individu.\n\n**Si vous êtes emporté : sur le dos, pieds en avant, à la surface, orientés vers l'aval.** Les pieds servent d'amortisseurs contre les rochers. Ne cherchez pas à vous mettre debout tant que l'eau est vive — c'est ainsi qu'un pied se coince entre deux pierres et que le courant vous couche sous la surface. Nagez en diagonale vers une berge quand le courant ralentit.\n\n## ADAPTER\n\n**L'eau est froide.** C'est le danger principal, plus que la noyade. L'immersion brutale provoque un choc qui coupe le souffle et fait perdre la maîtrise des mouvements en quelques minutes. Traversez vite, séchez-vous immédiatement de l'autre côté, changez de vêtements et bougez. Voir [[URG-HYPO-001]] : à ce stade, c'est elle qui devient l'urgence.\n\n**Vous voulez garder des affaires sèches.** Un sac plastique fermé à l'intérieur du sac protège efficacement. L'air emprisonné aide aussi à la flottaison. Un sac étanche bien fermé peut même servir de flotteur.\n\n**Le courant est fort mais vous avez une corde.** Le franchissement encordé demande une technique précise, et **une corde mal utilisée en eau vive tue** : une personne encordée en travers du courant est plaquée sous l'eau par la pression. Ne l'improvisez pas si vous n'avez pas été formé.\n\n**Quelqu'un avale de l'eau et s'étouffe.** Voir [[URG-ETOU-001]].\n\n**Vous cherchez juste de l'eau à boire.** Ne traversez pas. Prélevez depuis la berge, et traitez selon [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous suivez un cours d'eau pour vous orienter.** C'est une excellente main courante, décrite dans [[SURV-ORI-001]], et elle ne demande aucune traversée. Suivre l'aval mène presque toujours à une présence humaine.\n\n**C'est la nuit.** Ne traversez pas. Vous ne pouvez évaluer ni le fond, ni la vitesse, ni ce qui vous attend en aval. Attendez le jour : voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLa force exercée par l'eau sur un corps augmente **avec le carré de la vitesse**. Doubler la vitesse du courant quadruple la poussée. C'est pourquoi un ruisseau rapide à mi-mollet emporte plus sûrement qu'une rivière lente à mi-cuisse, et pourquoi l'appréciation à l'œil se trompe systématiquement.\n\nUne règle de terrain circule dans les milieux de secours en eau vive : le produit de la profondeur en mètres par la vitesse en mètres par seconde ne devrait pas dépasser environ un. Un mètre de profondeur avec un courant d'un mètre par seconde est déjà à la limite. C'est un ordre de grandeur, pas une garantie.\n\nDeux mécanismes tuent, et ni l'un ni l'autre n'est la noyade au sens habituel.\n\n**Le piégeage de pied.** Un pied glissé entre deux rochers, et le courant fait basculer le corps vers l'avant. La tête passe sous l'eau et il devient impossible de se relever contre la pression. C'est la raison de la position pieds en avant à la surface.\n\n**Le siphon et l'arbre couché.** Un tronc en travers laisse passer l'eau et retient le corps. La pression plaque et maintient. **Un arbre couché en travers d'une rivière est l'obstacle le plus dangereux qui existe en eau vive**, bien plus qu'un rocher, précisément parce qu'il n'a pas l'air menaçant.\n\nEnfin, l'eau froide agit vite. L'immersion soudaine déclenche une inspiration réflexe — dangereuse si la tête est sous l'eau — puis une perte progressive de la force de préhension. Vous pouvez être parfaitement conscient et incapable de vous agripper à quoi que ce soit. La chaleur perdue dans l'eau est environ vingt-cinq fois plus rapide que dans l'air, comme le rappelle [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-NUIT-001","titre":"Se déplacer de nuit","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["nuit","deplacement","discretion","vision"],"sources":["US Army Field Manual — night operations and night vision","Travaux sur l'adaptation à l'obscurité, Hecht S. & Mandelbaum J.","Royal Institute of Navigation — night navigation"],"corps":"::La nuit ne se combat pas avec une lampe. Elle s'utilise, et il faut d'abord accepter de ne rien voir pendant une demi-heure.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Deux systèmes de vision, pas un\n\nL'œil dispose de deux types de capteurs, et ils ne font pas le même travail.\n\n**Les cônes**, concentrés au centre de la rétine, donnent la couleur et la finesse. Ils ont besoin de lumière et deviennent inutilisables dans l'obscurité.\n\n**Les bâtonnets**, répartis en périphérie, sont bien plus sensibles mais ne donnent ni couleur ni détail.\n\nCela produit un phénomène déroutant et parfaitement exploitable : **de nuit, le centre de votre champ visuel est aveugle.** Regarder directement un objet peu lumineux le fait disparaître. Il faut regarder légèrement à côté, environ dix à quinze degrés, pour le voir apparaître en vision périphérique. C'est la **vision décalée**, et c'est la technique la plus utile de cette fiche. Elle demande un effort constant, parce que l'instinct est de fixer ce qu'on veut examiner.\n\n### L'adaptation à l'obscurité\n\nElle est lente et fragile. L'essentiel se joue dans les vingt à trente premières minutes, et l'amélioration continue au-delà. **Une seule exposition à une lumière blanche vive détruit ce gain en une seconde**, et il faut tout recommencer.\n\nLa lumière rouge de faible intensité préserve en grande partie l'adaptation, parce que les bâtonnets y sont peu sensibles. C'est la raison de son usage universel dans les milieux où la vision nocturne compte.\n\nConséquence pratique majeure : **fermer un œil quand on doit allumer une lampe** conserve un œil adapté. C'est un vieux truc de marin et il fonctionne parfaitement.\n\n### Ce qui se voit et ce qui s'entend la nuit\n\nLe contraste remplace le détail. Une silhouette se détache sur le ciel, jamais sur un fond sombre : c'est pourquoi on ne franchit pas une crête debout, et pourquoi on se déplace au bas des pentes plutôt qu'en ligne de crête.\n\nLe son porte beaucoup plus loin la nuit, pour une raison physique précise : l'air proche du sol se refroidit plus vite que l'air en altitude, et cette inversion de température courbe les ondes sonores vers le sol au lieu de les laisser se disperser vers le haut. **Ce que vous entendez de nuit vient de bien plus loin que vous ne le croyez — et l'inverse est vrai aussi.**\n\n## AGIR\n\n1. **Laissez vos yeux s'adapter** vingt à trente minutes avant de partir, sans aucune lumière blanche.\n2. **Utilisez la vision décalée.** Balayez lentement, ne fixez rien directement, laissez le regard glisser.\n3. **Éteignez la lampe, ou passez au rouge et au minimum.** Une lampe vous rend aveugle au-delà de son faisceau et visible de très loin.\n4. **Ralentissez de moitié.** La nuit ne pardonne pas la vitesse : la quasi-totalité des accidents nocturnes sont des chutes et des torsions de cheville.\n5. **Sondez le sol** avec un bâton devant vous. Il détecte les trous, les racines et les changements de pente avant votre pied.\n6. **Marchez en posant le talon en dernier** : pied à plat ou pointe d'abord, poids transféré seulement quand l'appui est sûr. C'est plus lent, plus silencieux, et cela évite la cheville tordue.\n7. **Suivez une main courante** — chemin, lisière, cours d'eau, clôture. La navigation au cap est bien plus difficile de nuit, et la dérive décrite dans [[SURV-ORI-001]] s'aggrave nettement.\n8. **Restez groupé et en contact.** À deux, une distance fixe et un signal convenu valent mieux que la parole.\n\n## ADAPTER\n\n**Il y a de la lune.** Une pleine lune sur terrain découvert ou enneigé donne assez de lumière pour marcher confortablement. Elle vous rend aussi parfaitement visible. Elle donne également une direction approximative, méthode décrite dans [[SURV-ORI-001]].\n\n**Il fait totalement noir.** Sous couvert forestier par nuit couverte, la vision ne suffit plus. Le déplacement devient tactile : bâton, main libre devant le visage, progression très lente. Souvent, la bonne décision est de s'arrêter et d'attendre le jour — voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Vous croisez un animal.** Voir [[SURV-ANI-001]] : le bruit évite presque toutes les rencontres.\n\n**Vous devez rester discret.** La nuit est votre meilleur allié pour le déplacement et votre pire ennemi pour l'installation. On se déplace de nuit, on s'installe et on observe de jour. Un feu de nuit annule tout : voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous avez froid.** Le déplacement nocturne fatigue davantage et la température chute après minuit. Le risque d'[[URG-HYPO-001]] augmente précisément quand la vigilance baisse. Mangez avant, couvrez-vous à chaque arrêt, ne transpirez pas dans vos couches.\n\n**Vous devez franchir un cours d'eau.** Ne le faites pas de nuit : [[SURV-GUE-001]] explique pourquoi.\n\n**Vous voulez voir davantage.** Ce qui est réellement fabricable en matière de vision nocturne est décrit dans [[TEC-NUI-001]].\n\n**Vous cherchez à être vu.** Alors tout s'inverse : la nuit est le meilleur moment pour un signal lumineux, qui porte à des distances sans commune mesure avec le jour. Voir [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-001","titre":"Fouiller un bâtiment abandonné","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","batiment","securite","methode"],"sources":["INRS — risques liés aux espaces confinés","Agence qualité construction — pathologies du bâtiment et risques d'effondrement","Guides de sécurité des sapeurs-pompiers pour la reconnaissance en bâtiment"],"corps":"::La ressource la plus rare dans un bâtiment abandonné, ce n'est pas ce qu'on y trouve. C'est le temps qu'on y passe sans être vu ni blessé.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn bâtiment abandonné concentre trois choses en même temps : des ressources, des dangers physiques, et de l'exposition. La méthode consiste à maximiser la première en limitant les deux autres, et elle repose entièrement sur **l'ordre dans lequel on procède**.\n\n### Les dangers réels, par ordre de fréquence\n\n**Le sol.** Les planchers sont le premier danger, largement devant tout le reste. Un plancher bois pourrit aux appuis, là où l'humidité stagne — c'est-à-dire aux endroits qu'on ne voit pas. Un sol qui semble intact peut céder à un mètre du mur. L'analyse de [[TEC-CON-001]] s'applique directement ici.\n\n**L'air.** Une cave, un sous-sol, une cuve ou un local fermé depuis longtemps peut contenir un air appauvri en oxygène ou chargé de gaz plus lourds. On n'y descend pas sans ventiler d'abord et sans quelqu'un à l'extérieur.\n\n**L'électricité.** On considère toute installation comme sous tension tant qu'on n'a pas prouvé le contraire. Les condensateurs restent chargés longtemps après la coupure : voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Le verre et le métal.** Une coupure dans un environnement sale est une porte ouverte à l'infection, traitée dans [[TEC-SAN-001]].\n\n**Les autres personnes.** Un bâtiment intéressant pour vous l'est pour d'autres. Le risque n'est pas seulement la rencontre : c'est d'être surpris dans un lieu clos avec une seule issue.\n\n### Le principe de l'exposition\n\nCe qui vous trahit dans un bâtiment, dans l'ordre : le bruit d'abord, qui porte loin dans une structure vide et résonnante ; la lumière ensuite, visible de très loin la nuit à travers une ouverture ; les traces enfin, qui restent après votre départ et signalent votre passage.\n\nLe corollaire vaut la peine d'être retenu : **un bâtiment déjà visiblement fouillé est plus sûr qu'un bâtiment intact**, parce qu'il attire moins. Un bâtiment intact au milieu d'un quartier fouillé est un signal, dans un sens ou dans l'autre.\n\n## AGIR\n\n**Avant d'entrer.**\n\n1. **Observez à distance**, un moment. Traces récentes, fumée, bruits, animaux, chemins d'usure dans la végétation. Un lieu réellement abandonné a une immobilité particulière.\n2. **Faites le tour complet.** Repérez au moins deux issues, et l'état du toit et des façades.\n3. **Écoutez avant d'entrer**, à l'entrée, sans bouger, une minute entière. C'est le geste le plus rentable de toute la séquence.\n\n**À l'intérieur.**\n\n4. **Testez le sol devant vous** avant d'y porter votre poids, et **marchez près des murs** plutôt qu'au centre : les appuis y sont plus solides.\n5. **Ne montez pas d'emblée.** Le rez-de-chaussée et les annexes rendent souvent autant pour un risque bien moindre. Les escaliers et les planchers d'étage sont les points de rupture les plus fréquents.\n6. **Procédez par zones**, dans un ordre décidé à l'avance, sans revenir en arrière. Une fouille désordonnée fait perdre le double de temps et manquer la moitié.\n7. **Gardez toujours le chemin de sortie dégagé** et connu. Ne vous engagez pas dans une pièce sans savoir comment vous en sortez.\n8. **Fixez-vous une durée** avant d'entrer et respectez-la. Le temps passé est le principal facteur de risque, et l'envie de fouiller encore un peu est exactement ce qui fait dépasser.\n\n**Où chercher, par rendement décroissant.** Les locaux techniques et chaufferies, les garages et ateliers, les remises et abris de jardin, les caves — avec précaution —, les combles pour ce qui a été rangé et oublié. Les pièces de vie sont généralement les plus fouillées et les moins productives.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous cherchez de l'eau.** Ballon d'eau chaude, canalisations basses, réservoirs de chasse. Les emplacements et la méthode sont dans [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous cherchez de quoi vous chauffer ou vous abriter.** Le carton, les rideaux, les moquettes et les matériaux isolants sont partout et rarement pris. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Vous cherchez de l'électricité.** Batteries d'alarmes, d'onduleurs, d'éclairages de secours, panneaux d'éclairage extérieur. Voir [[TEC-ENE-001]] et [[TEC-SOLR-001]]. Pour remettre en état ce qui est coupé, voir [[SURV-REC-007]].\n\n**Vous cherchez des outils.** Ce sont les objets les plus utiles et les moins périssables. Voir [[SURV-REC-002]].\n\n**Il y a un véhicule.** C'est le gisement le plus dense qui existe : voir [[SURV-REC-003]].\n\n**Quelqu'un se blesse.** Une chute dans un bâtiment donne des fractures : voir [[URG-FRAC-001]].\n\n**Vous êtes seul.** Réduisez l'ambition : rez-de-chaussée uniquement, durée courte, aucun espace confiné, aucune descente. Le risque d'un accident sans témoin dépasse la valeur de presque tout ce que vous pourriez trouver en dessous.\n\n**Vous êtes à deux.** L'un fouille, l'autre surveille l'extérieur et l'accès. C'est le rapport le plus efficace entre sécurité et rendement, et il double la vitesse réelle.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-002","titre":"Reconnaître ce qui est encore utilisable","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","outils","materiel","evaluation"],"sources":[],"corps":"::Le tri est la compétence, pas la collecte. Ce que vous emportez à tort, vous le portez pour rien.::\n\n## COMPRENDRE\n\nTrois questions décident de tout objet ramassé, et elles se posent dans cet ordre.\n\n**Est-ce que ça fonctionne encore, ou est-ce réparable avec ce que je sais faire ?** Un objet cassé qu'on ne sait pas réparer n'est pas une ressource, c'est du poids.\n\n**Combien ça pèse par rapport à ce que ça rend ?** C'est le vrai critère et le plus souvent négligé. Un objet lourd doit rendre beaucoup, tout le temps, sinon il sera abandonné en route.\n\n**Est-ce que ça remplace plusieurs choses ?** Un objet polyvalent bat trois objets spécialisés.\n\n### Ce qui vieillit bien, ce qui vieillit mal\n\n**Le métal simple ne meurt presque jamais.** Une lame, une lime, une clé, une pince, un marteau se nettoient et redeviennent neufs. Même très rouillés, ils sont récupérables tant que la section n'est pas traversée — la méthode d'évaluation est dans [[TEC-COR-001]].\n\n**Le verre et la céramique** sont inertes et durent indéfiniment. Un bocal avec un joint intact vaut beaucoup pour [[TEC-CONS-001]].\n\n**Les textiles naturels épais** résistent longtemps s'ils sont restés secs. Une bâche, une couverture de laine, une corde ne s'usent que par l'humidité et les rongeurs.\n\n**Le caoutchouc et les plastiques souples vieillissent mal.** Ils durcissent, craquellent et cassent sous l'effet des ultraviolets et du temps. Un joint, une durite, un élastique, une chambre à air stockés dehors sont généralement morts. Un pli qui blanchit ou craque au test est le signe.\n\n**L'électronique meurt par ses condensateurs et ses batteries**, pas par ses puces. Un appareil qui a stocké une batterie gonflée pendant des années est souvent perdu par corrosion interne. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Les piles et batteries** coulent et détruisent ce qui les entoure. Le premier réflexe sur tout appareil trouvé est d'ouvrir le compartiment.\n\n### Le classement par valeur réelle\n\nPar ordre décroissant, à peu près indépendamment du contexte :\n\n**Les outils à main.** Ils ne consomment rien, ne tombent pas en panne, permettent de fabriquer et de réparer le reste, et se troquent extrêmement bien — voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Ce qui contient.** Bidons, seaux, bocaux, sacs étanches. Toujours sous-estimé et toujours manquant. Sans contenant, on ne stocke ni eau ni nourriture.\n\n**Ce qui lie.** Corde, sangle, fil de fer, fil à coudre, ruban adhésif. Poids faible, usages innombrables, et indispensable à tout ce qui relève de [[TEC-MAC-001]].\n\n**Ce qui coupe.** Lames, limes, scies. La lime mérite une mention : elle permet de refaire un tranchant, donc de régénérer tous les autres outils coupants — la méthode est dans [[TEC-MEC-005]].\n\n**Ce qui protège.** Bâche, gants épais, chaussures solides, lunettes.\n\n**Ce qui allume.** Voir [[SURV-FEU-001]].\n\n## AGIR\n\n**Évaluer un objet, en moins d'une minute.**\n\n1. **Prenez en main et pesez.** Trop lourd pour ce que ça fait : reposez, sauf usage précis identifié.\n2. **Testez la partie mobile.** Charnière, filetage, mécanisme. C'est là que ça meurt.\n3. **Pliez ce qui doit être souple.** Ça craque ou ça blanchit : c'est fini.\n4. **Grattez la corrosion** sur une petite zone pour voir s'il reste du métal sain.\n5. **Ouvrez le compartiment à piles** de tout appareil et regardez la corrosion.\n6. **Cherchez les marquages** : dimensions, filetage, tension, référence. C'est ce qui permettra de trouver une pièce compatible plus tard.\n\n**Trier avant de porter.** Faites trois tas sur place : ce que j'emporte maintenant, ce que je laisse en dépôt ici pour revenir, ce que j'abandonne. Le deuxième tas est celui qu'on oublie de faire, et c'est souvent le plus rentable — noter l'emplacement sur un calque de repères permet d'y revenir.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes à pied et loin.** Le poids devient le seul critère. Cordes, lames, contenants pliables, textile. Tout ce qui est lourd reste sur place, marqué pour un retour.\n\n**Vous avez un point fixe.** Le calcul s'inverse : ce qui est lourd et durable prend de la valeur, parce que vous n'aurez pas à le porter. Outils lourds, contenants rigides, pièces de rechange.\n\n**Vous voulez échanger.** Ce qui se troque le mieux est ce qui est petit, désiré largement, et divisible. Le sel, les lames, les piles, les médicaments, le fil. Le raisonnement complet est dans [[SURV-TROC-001]].\n\n**Vous fouillez un bâtiment entier.** La méthode et les dangers sont dans [[SURV-REC-001]].\n\n**Vous ne savez pas si ça servira.** Alors ça ne sert pas. La tentation d'emporter parce que ça pourrait être utile est la manière la plus sûre de se retrouver chargé, lent et visible.","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-001","titre":"Identifier une plante avec méthode","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botanique","plantes","identification","nature"],"sources":["Flore de France, Coste H.","Royal Botanic Gardens Kew — plant identification guidance","Centres antipoison français — rapports annuels sur les intoxications par plantes"],"corps":"::Une plante ne s'identifie pas à la ressemblance. Elle s'identifie à des caractères précis, un par un, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une possibilité.::\n\nL'identification par ressemblance est la méthode la plus naturelle et la plus dangereuse. Le cerveau reconnaît une silhouette générale et conclut ; or les confusions mortelles reposent précisément sur des silhouettes proches.\n\nLa méthode fiable consiste à **lire des caractères, pas des allures**. Un caractère est une observation qui ne se discute pas : soit les feuilles sont opposées, soit elles sont alternes. Il n'y a pas d'entre-deux.\n\n## Les caractères qui portent\n\nSix suffisent à écarter la quasi-totalité des confusions.\n\n**La disposition des feuilles sur la tige.** Opposées deux à deux, alternées, ou en rosette. C'est le caractère le plus rapide à voir et l'un des plus discriminants.\n\n**La forme du bord de la feuille.** Entier, denté, lobé, découpé. Et la nervation : parallèle, ou ramifiée en réseau.\n\n**La section de la tige.** Ronde, carrée, creuse ou pleine. Une tige carrée oriente immédiatement vers un petit nombre de familles.\n\n**La structure de la fleur.** Comptez les pétales, ou les groupes de pétales. Le nombre est un caractère de famille très stable.\n\n**L'odeur au froissement.** Elle est souvent décisive et immédiate. Attention toutefois : sentir une plante inconnue en la froissant est acceptable, la goûter ne l'est pas.\n\n**Le milieu.** Une plante pousse où elle peut. Le sol, l'humidité, l'ombre et l'altitude éliminent des dizaines de candidats sans que vous ayez à regarder la plante — c'est pourquoi [[TEC-SOL-001]] fait partie de l'identification autant que la botanique.\n\n## Le principe des confusions\n\nLes intoxications graves ne viennent presque jamais d'une plante rare et exotique. Elles viennent d'un **couple** : une plante comestible et une plante toxique de la même famille ou d'allure voisine, qui poussent aux mêmes endroits. Les registres des centres antipoison montrent que les mêmes confusions reviennent année après année.\n\nD'où la seule règle qui compte vraiment : **ne cherchez pas à reconnaître ce que vous croyez avoir trouvé, cherchez ce avec quoi cela pourrait être confondu.** Tant que vous n'avez pas identifié le sosie toxique et vérifié le caractère qui les sépare, vous n'avez pas identifié la plante.\n\nUne famille mérite une mention particulière, celle des ombellifères, reconnaissable à ses fleurs blanches en ombelle plate. Elle contient à la fois des plantes cultivées très communes et certaines des plantes les plus toxiques de la flore tempérée, d'aspect proche. C'est la famille où le débutant se trompe, et où l'erreur ne pardonne pas.\n\n## La méthode d'identification\n\n1. **Photographiez ou notez avant de cueillir**, sous plusieurs angles : plante entière, feuille dessus et dessous, tige, fleur, base au sol. Une identification se fait sur l'ensemble, jamais sur un fragment.\n2. **Décrivez les six caractères** l'un après l'autre, par écrit, avant de consulter quoi que ce soit. Décrire d'abord vous empêche de plier votre observation à l'hypothèse.\n3. **Cherchez la famille**, pas l'espèce. La famille se détermine sur des caractères robustes et réduit le champ de plusieurs milliers à quelques dizaines.\n4. **Cherchez ensuite les sosies toxiques** de votre hypothèse, et le caractère précis qui les distingue.\n5. **Vérifiez ce caractère sur votre échantillon.** S'il est absent, ambigu ou impossible à observer, l'identification n'est pas faite.\n6. **Dans le doute, on ne consomme pas.** Ce n'est pas de la prudence, c'est le rapport entre ce que vous gagnez — quelques centaines de calories — et ce que vous risquez.\n\n## Cas particuliers\n\n**Vous voulez une méthode d'ensemble.** Les familles et leurs caractères sont dans [[TEC-BOT-002]].\n\n**Vous voulez apprendre sérieusement.** Commencez par cinq plantes très communes de votre région et apprenez-les à fond, sosies compris, sur une année entière. Cinq plantes connues parfaitement valent mieux que cinquante reconnues approximativement. Une plante change beaucoup d'aspect selon la saison : celle que vous identifiez en fleur est méconnaissable deux mois plus tard.\n\n**Vous cherchez de quoi manger.** Sachez que le rendement est faible. La cueillette de végétaux sauvages fournit peu de calories pour beaucoup de temps de marche, et c'est un appoint en vitamines et en minéraux plutôt qu'une base alimentaire. L'eau et la chaleur passent avant : voir [[URG-EAU-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous voulez identifier une plante utile autrement.** Les fibres, les colorants, les bois de feu et les plantes tinctoriales se déterminent avec la même méthode et sans le risque de l'ingestion. C'est un bon terrain d'entraînement — l'écorce de bouleau évoquée dans [[SURV-FEU-001]] s'identifie de manière absolument sûre.\n\n**Vous manipulez des produits pour traiter ou nettoyer.** Les règles d'incompatibilité sont dans [[TEC-CHI-001]].\n\n**Vous conservez ce que vous récoltez.** Le séchage est le procédé qui convient à presque toutes les plantes, et [[TEC-CONS-001]] en donne les conditions.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-001","titre":"Acides, bases et pH — ce qu'il faut vraiment en retenir","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chimie","materiaux","securite","sante"],"sources":["IUPAC — définitions de l'acidité et de la basicité","INRS — fiches toxicologiques des acides et bases usuels","Institut national de recherche et de sécurité — guide des incompatibilités chimiques"],"corps":"::La question n'est presque jamais « est-ce un acide ». C'est « qu'est-ce que ça attaque, et que se passe-t-il si je le mélange ».::\n\nLe pH mesure une seule chose : la concentration en ions hydrogène libres dans une solution aqueuse. Sept est neutre, en dessous c'est acide, au-dessus c'est basique.\n\nUn point que presque tout le monde ignore et qui change tout : **l'échelle est logarithmique**. Chaque unité correspond à un facteur dix. Un pH de 3 est cent fois plus acide qu'un pH de 5. Cela signifie que diluer un acide fort d'un facteur dix ne le rend pas dix fois moins dangereux d'un point de vue pratique : il faut des dilutions considérables pour changer d'ordre de grandeur.\n\n## Fort ne veut pas dire concentré\n\nDeux notions distinctes qu'on confond constamment.\n\n**Fort ou faible** décrit à quel point une substance libère ses ions. Un acide fort se dissocie totalement, un acide faible partiellement.\n\n**Concentré ou dilué** décrit la quantité présente dans un volume donné.\n\nUn acide faible très concentré peut faire davantage de dégâts qu'un acide fort très dilué. Les deux paramètres se combinent, et c'est pourquoi lire une étiquette n'a de sens que si l'on regarde les deux.\n\n## Ce que fait un acide, ce que fait une base\n\nLes deux sont corrosifs, mais pas de la même manière, et cette différence a une conséquence médicale directe.\n\n**Un acide coagule les protéines de surface.** Il forme une croûte qui, en partie, freine sa propre pénétration. La douleur est immédiate et vive, ce qui alerte.\n\n**Une base saponifie les graisses.** Elle dissout les tissus et **continue de pénétrer en profondeur**. La douleur initiale est souvent plus sourde, ce qui retarde la réaction. C'est pour cela que les brûlures par base sont fréquemment plus graves que les brûlures par acide à concentration comparable, et pourquoi le rinçage doit être bien plus long — le protocole complet est dans [[URG-BRUL-001]].\n\nSur les métaux, les acides attaquent la plupart des métaux courants en dégageant de l'hydrogène. Les bases fortes attaquent l'aluminium et le zinc, mais épargnent le fer. C'est un critère de choix de contenant, et cela rejoint directement [[TEC-COR-001]].\n\n## La règle qui évite les accidents graves\n\n**On ne mélange jamais deux produits d'entretien sans savoir ce qu'ils contiennent.**\n\nLes mélanges dangereux ne sont pas exotiques : ils se produisent avec des produits ménagers ordinaires, et ils dégagent des gaz toxiques en quelques secondes, dans un espace souvent fermé et mal ventilé. Un produit chloré mélangé à un produit acide en fait partie, et c'est une cause récurrente d'intoxications domestiques.\n\nLa deuxième règle concerne la dilution : **on verse toujours l'acide dans l'eau, jamais l'eau dans l'acide.** La dilution d'un acide concentré dégage beaucoup de chaleur ; versée dans un petit volume d'acide, l'eau peut se vaporiser instantanément et projeter le liquide.\n\nLa troisième : **neutraliser n'est pas un geste de premier secours.** Faire réagir un acide avec une base dégage de la chaleur et ajoute une brûlure thermique à la brûlure chimique. Sur la peau ou dans les yeux, on rince à l'eau, longuement, et rien d'autre.\n\n## Manipuler sans accident\n\n1. **Identifiez avant d'ouvrir.** Étiquette, pictogrammes, mention de la concentration. Un contenant non identifié se traite comme le pire cas et ne se sent jamais.\n2. **Ventilez** avant de manipuler quoi que ce soit qui dégage des vapeurs.\n3. **Protégez les yeux en priorité.** C'est la lésion irréversible la plus fréquente et la plus rapide.\n4. **Versez l'acide dans l'eau**, lentement, jamais l'inverse.\n5. **En cas de projection sur la peau ou dans l'œil : rincez immédiatement à l'eau courante, très longuement.** Bien plus longtemps que pour une brûlure thermique, et davantage encore pour une base. Ne neutralisez pas.\n6. **Stockez séparément** ce qui est acide et ce qui est basique ou chloré, dans des contenants d'origine et fermés.\n\n## Usages courants\n\n**Vous voulez tester une acidité sans matériel.** Le jus de chou rouge est un indicateur coloré fiable et gratuit : rouge en milieu acide, violet au neutre, vert puis jaune en milieu basique. C'est une mesure grossière mais reproductible, suffisante pour distinguer les grandes zones.\n\n**Vous conservez des aliments.** L'acidité est votre meilleur allié : en dessous d'un certain seuil, les bactéries dangereuses ne se développent plus. C'est le principe entier du vinaigre et de la fermentation lactique, détaillé dans [[TEC-CONS-001]].\n\n**Vous nettoyez ou détartrez.** Le tartre et le calcaire sont attaqués par les acides doux ; les graisses le sont par les bases. Choisir la mauvaise famille ne fait rien du tout, ce qui pousse à en ajouter — et c'est ainsi qu'on finit par mélanger.\n\n**Vous évaluez un métal attaqué.** L'acidité n'est qu'un des mécanismes : voir [[TEC-COR-001]].\n\n**Vous manipulez des batteries.** Une batterie au plomb contient un acide fort, et son électrolyte projeté brûle la peau et détruit les vêtements. Une cellule lithium endommagée relâche des composés irritants et inflammables. Les précautions figurent dans [[TEC-ENE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-001","titre":"Charges, murs et humidité — comprendre un bâtiment","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["construction","habitat","structure","humidite"],"sources":["Eurocode 1 — Actions sur les structures","CSTB — Guide de la pathologie du bâtiment","Agence qualité construction — désordres liés à l'humidité"],"corps":"::Un bâtiment tient par le chemin que prennent les forces jusqu'au sol. Le comprendre, c'est savoir ce qu'on peut toucher et ce qu'on ne peut pas.::\n\n## Le chemin des charges\n\nToute charge — le poids du toit, celui de la neige, celui des étages, la poussée du vent — doit trouver un chemin continu jusqu'au sol. Ce chemin est la structure. Le reste est du remplissage.\n\nCe qui distingue les deux n'est ni l'épaisseur ni l'apparence. **Un mur porteur reçoit une charge venue d'en haut ; une cloison ne porte qu'elle-même.** Percer une cloison n'a aucune conséquence structurelle. Percer un mur porteur sans reprendre la charge par un linteau correctement appuyé de part et d'autre provoque une fissuration, puis un affaissement.\n\nComment reconnaître un mur porteur sans plan : il est généralement plus épais, il est continu d'un étage à l'autre et repose sur une fondation, il porte les extrémités des solives ou des poutres de plancher, et il sonne plein. Une cloison est mince, s'arrête au plafond, sonne creux et se trouve souvent décalée d'un étage à l'autre.\n\n## Les trois façons dont une matière travaille\n\n**La compression** — être écrasé. La pierre, la brique, le béton et la terre y résistent très bien.\n\n**La traction** — être tiré. Ces mêmes matériaux y résistent très mal. C'est toute la raison d'être de l'acier dans le béton armé : le béton encaisse la compression, l'acier encaisse la traction.\n\n**La flexion** — être plié, ce qui comprime une face et tire l'autre simultanément. C'est ce que subit toute poutre, et c'est pourquoi une poutre est toujours plus haute que large : la hauteur travaille bien plus que la largeur.\n\nDe là vient la logique des voûtes et des arcs. Ils transforment une charge verticale en compression le long de la courbe, ce qui permet de franchir une portée avec un matériau qui ne supporte pas la traction. En contrepartie, ils poussent latéralement à leur base — d'où les contreforts, qui ne sont pas décoratifs mais indispensables.\n\n## L'humidité, qui détruit plus que les charges\n\nLa plupart des bâtiments ruinés ne le sont pas par excès de charge. Ils le sont par l'eau, et elle arrive par quatre chemins.\n\n**Par le haut** — toiture percée, gouttière bouchée. C'est le plus rapide et le plus visible.\n\n**Par le bas** — remontée capillaire depuis le sol dans un mur poreux. L'eau monte dans les pores du matériau comme dans un buvard, parfois sur plus d'un mètre. Elle laisse une auréole horizontale et des dépôts de sel en surface.\n\n**Par les côtés** — infiltration à travers un mur exposé à la pluie battante, ou par un joint défaillant.\n\n**Par l'intérieur** — condensation. C'est le plus insidieux. L'air chaud contient plus d'eau que l'air froid ; en rencontrant une surface froide, il libère cette eau. Un logement occupé produit plusieurs litres de vapeur par jour, et sans ventilation, cette eau se dépose sur les points froids. C'est le même phénomène physique que la rosée décrite dans [[SURV-PLUIE-001]].\n\n**La conséquence à retenir : un mur humide n'isole plus.** L'eau remplit les pores qui contenaient de l'air immobile, et c'est l'air immobile qui isole — exactement le principe expliqué dans [[SURV-ABRI-001]]. Un mur trempé conduit la chaleur plusieurs fois mieux qu'un mur sec. Un bâtiment humide est donc froid, et le chauffer coûte davantage tout en aggravant la condensation.\n\n## Évaluer un bâtiment\n\n**Évaluer un bâtiment inconnu, du plus grave au moins grave.**\n\n1. **Regardez le toit depuis l'extérieur** et l'état des évacuations d'eau. Un toit percé rend tout le reste secondaire.\n2. **Repérez les fissures et lisez-les.** Une fissure fine, verticale, stable et localisée est généralement sans gravité. Une fissure en escalier suivant les joints, large en haut ou en bas, ou traversante, indique un mouvement de structure ou de fondation. Une fissure horizontale au milieu d'un mur est le signe le plus préoccupant.\n3. **Cherchez les traces d'eau** : auréoles, décollements, salpêtre blanc, moisissure noire dans les angles. La hauteur et la forme disent d'où vient l'eau.\n4. **Vérifiez les planchers** en marchant : élasticité, points mous, grincements localisés. Regardez les appuis des solives sur les murs, là où la pourriture commence — le mécanisme est expliqué dans [[TEC-MAT-001]].\n5. **Sentez.** Une odeur de moisi persistante signale une humidité structurelle qu'aucune ventilation ponctuelle ne réglera.\n\n**Rendre un bâtiment habitable, dans cet ordre.** Étancher le toit. Rétablir l'évacuation des eaux loin des fondations. Ventiler. Sécher. Isoler seulement en dernier — isoler un mur humide enferme l'eau et détruit le mur.\n\n## Cas fréquents\n\n**Vous vous abritez temporairement.** Choisissez l'étage plutôt que le rez-de-chaussée : moins d'humidité de sol, meilleure ventilation, et davantage de recul visuel. Évitez le dernier niveau sous un toit douteux.\n\n**Vous installez un moyen de chauffe.** Le tirage, les distances aux matériaux et le risque d'intoxication sont dans [[TEC-CON-007]].\n\n**Vous voulez isoler durablement.** L'ordre des interventions et les pièges sont dans [[TEC-CON-005]].\n\n**Vous n'avez pas de chauffage.** Réduisez le volume à chauffer plutôt que d'augmenter la puissance. Une seule pièce petite, fermée, isolée du sol, avec les autres ouvertures condamnées, est le seul calcul qui tienne — c'est la logique de [[SURV-ABRI-001]] appliquée à un bâtiment existant.\n\n**Vous ouvrez un mur.** Cherchez d'abord ce qui repose dessus à l'étage au-dessus. Si un plancher, une poutre ou un mur s'y appuie, il est porteur : l'ouverture demande un linteau dimensionné et des appuis solides de chaque côté. Dans le doute, on ne perce pas.\n\n**Le bâtiment est abandonné et vous le fouillez.** La méthode et l'ordre des risques sont dans [[SURV-REC-001]].\n\n**Vous constatez de la moisissure noire.** C'est un problème sanitaire autant que technique, et elle revient tant que la cause d'humidité n'est pas traitée. Nettoyer la surface sans ventiler ni supprimer la source ne fait que déplacer l'échéance de quelques semaines.","langue":"fr"},{"id":"TEC-COR-001","titre":"La corrosion des métaux","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["metaux","corrosion","materiaux","entretien"],"sources":["NACE International — Corrosion Basics","ASM International — Handbook of Corrosion","Centre technique des industries mécaniques — corrosion galvanique"],"corps":"::Un métal ne rouille pas parce qu'il est vieux. Il rouille parce qu'il retourne à l'état où on l'a trouvé.::\n\nPresque tous les métaux existent dans la nature sous forme d'oxydes — c'est-à-dire déjà combinés à l'oxygène. Les extraire demande une énorme quantité d'énergie. La corrosion est simplement le chemin inverse : **le métal rend l'énergie qu'on lui a donnée et redevient du minerai.** C'est spontané, et rien ne l'arrête définitivement. On ne fait que le ralentir.\n\n## Ce qu'il faut pour que ça corrode\n\nTrois ingrédients, et il faut les trois : un métal, de l'oxygène, et de l'eau. Retirez-en un et la corrosion s'arrête.\n\nC'est pourquoi un objet en fer conservé au sec ne rouille pas, et pourquoi un objet immergé dans une eau privée d'oxygène se conserve remarquablement bien — des épaves entières ont traversé les siècles ainsi.\n\nDeux facteurs accélèrent tout massivement.\n\n**Le sel.** Il rend l'eau conductrice et multiplie la vitesse de corrosion. C'est toute la difficulté du milieu marin, et cela explique les choix de conception décrits dans [[TEC-MOT-001]].\n\n**L'humidité alternée.** Un objet mouillé en permanence corrode moins vite qu'un objet qui sèche et se remouille sans cesse. L'alternance renouvelle l'oxygène à chaque cycle.\n\n## Pourquoi certains métaux résistent\n\nIls corrodent aussi, mais leur couche d'oxyde les protège au lieu de les trahir.\n\n**L'aluminium** forme instantanément une couche d'oxyde extrêmement mince, dense et adhérente, qui bloque l'accès à l'oxygène. Cette couche se reforme seule si on la raye. L'aluminium est en réalité un métal très réactif : il ne survit que grâce à son propre oxyde.\n\n**L'acier inoxydable** doit sa résistance au chrome qu'il contient, qui forme le même type de couche protectrice. Il n'est pas inoxydable en toute circonstance : privé d'oxygène — sous un joint, dans un interstice, sous un dépôt — il ne peut plus reformer sa couche et se corrode alors localement, en profondeur.\n\n**Le fer**, lui, forme une rouille poreuse, volumineuse et non adhérente. Elle se détache et expose du métal neuf. C'est la différence entière : une couche d'oxyde qui protège contre une couche d'oxyde qui écaille.\n\n## Le piège du contact entre deux métaux\n\nC'est la cause de panne la plus fréquente et la moins comprise en récupération.\n\nDeux métaux différents en contact, en présence d'humidité, forment une pile. L'un des deux devient l'{{anode|Électrode qui se dégrade dans un couple électrochimique, protégeant l'autre métal.}} et se dégrade rapidement, l'autre est protégé. **Ce n'est pas un phénomène marginal : la corrosion peut être plusieurs dizaines de fois plus rapide qu'en isolé.**\n\nL'ordre est constant. Le zinc et l'aluminium se sacrifient face à l'acier. L'acier se sacrifie face au laiton, au cuivre et à l'inox. Plus les deux métaux sont éloignés dans cet ordre, plus l'attaque est violente.\n\nD'où deux conséquences pratiques opposées et également utiles. **À éviter :** une vis en inox dans une tôle d'aluminium détruit l'aluminium autour d'elle. **À exploiter :** c'est exactement le principe de la galvanisation, où une couche de zinc protège l'acier en se dégradant à sa place, et celui des anodes sacrificielles montées sur les coques et les chauffe-eau.\n\n## Évaluer et protéger une pièce\n\n**Évaluer une pièce récupérée, dans cet ordre.**\n\n1. **Grattez.** Une rouille superficielle laisse du métal sain dessous. Si le grattage traverse, la pièce est perdue mécaniquement, quelle que soit son apparence.\n2. **Regardez les zones cachées** : sous les têtes de vis, dans les interstices, aux points de contact entre deux pièces, aux endroits où l'eau stagne. La corrosion commence toujours là, jamais sur la surface exposée qui sèche.\n3. **Tapez légèrement.** Un son clair indique du métal sain, un son mat une structure attaquée en profondeur.\n4. **Cherchez le contact entre métaux différents** et la présence d'un dépôt poudreux blanc — signe d'aluminium en train d'être sacrifié.\n\n**Protéger, dans l'ordre d'efficacité.**\n\n1. **Sécher et ventiler.** Le geste le plus efficace et le moins coûteux. Un local sec conserve indéfiniment.\n2. **Nettoyer avant de protéger.** Une protection appliquée sur de la rouille l'enferme avec son humidité et accélère les choses au lieu de les ralentir.\n3. **Barrière physique** : graisse, huile, cire, peinture. Toute couche continue qui exclut l'eau et l'air.\n4. **Isoler les métaux différents** par une rondelle, un joint, une peinture ou un ruban, dès qu'ils sont en contact et exposés.\n\n## Selon le milieu\n\n**Vous stockez du métal longtemps.** Nettoyez, huilez généreusement, emballez avec un absorbeur d'humidité, et stockez au-dessus du sol et à température stable. La condensation nocturne sur une pièce froide fait plus de dégâts que la pluie.\n\n**Vous récupérez en milieu salin.** Rincez à l'eau douce immédiatement et abondamment — c'est la règle qui gouverne aussi l'entretien des motorisations décrites dans [[TEC-MOT-001]]. Le sel qui reste continue de travailler des mois après. C'est la règle absolue de tout ce qui a touché la mer.\n\n**Vous n'avez rien pour protéger.** N'importe quel corps gras disponible vaut mieux que rien : huile de cuisine, graisse animale, suif. Ils s'oxydent avec le temps et doivent être renouvelés, mais ils excluent l'eau, ce qui est l'essentiel.\n\n**Vous évaluez une pièce trouvée sur place.** Le tri complet, au-delà de la seule corrosion, est dans [[SURV-REC-002]].\n\n**Vous choisissez un matériau pour durer.** L'inox pour ce qui est exposé et ventilé, le galvanisé pour ce qui est exposé et bon marché, l'aluminium pour ce qui doit être léger et ne touchera pas d'autre métal, le fer pour ce qui restera au sec ou sera entretenu régulièrement.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAC-001","titre":"Les machines simples","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["mecanique","levier","force","outils"],"sources":["Archimède, De l'équilibre des figures planes","Feynman R., The Feynman Lectures on Physics, chapitre sur le travail et l'énergie","US Army Field Manual — rigging and mechanical advantage"],"corps":"::Aucune machine ne crée de la force. Elles échangent toutes de la distance contre de la force, et rien d'autre.::\n\nC'est la seule idée à retenir, et elle explique les cinq machines simples d'un coup.\n\nLe **travail** est le produit d'une force par une distance. Une machine simple ne peut pas augmenter le travail fourni ; elle peut seulement le répartir autrement. Si vous multipliez la force par quatre, vous devez parcourir quatre fois plus de distance. **Il n'y a pas d'exception, et il n'y a pas de gain caché.**\n\nComprendre cela permet de calculer n'importe quel montage sans rien mémoriser.\n\n![Force contre distance : levier et palan](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMjIwIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjIyMCI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIyMjAiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjxkZWZzPjxtYXJrZXIgaWQ9ImciIG1hcmtlcldpZHRoPSI5IiBtYXJrZXJIZWlnaHQ9IjkiIHJlZlg9IjgiIHJlZlk9IjMiIG9yaWVudD0iYXV0byI+PHBhdGggZD0iTTAgMCBMOCAzIEwwIDYgeiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIvPjwvbWFya2VyPjwvZGVmcz48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjI2IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMyIgZmlsbD0iIzFGMUQxQSIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+QXVjdW5lIG1hY2hpbmUgbmUgY3LDqWUgZGUgZm9yY2UgOiBlbGxlIMOpY2hhbmdlIGRlIGxhIGRpc3RhbmNlPC90ZXh0PjxsaW5lIHgxPSI1NSIgeTE9IjEyOCIgeDI9IjI0NSIgeTI9Ijg4IiBzdHJva2U9IiMxRjFEMUEiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMyIvPjxwYXRoIGQ9Ik0xOTUgMTA4IEwxODIgMTMwIEwyMDggMTMwIHoiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiLz48cmVjdCB4PSI0NiIgeT0iMTE4IiB3aWR0aD0iMjIiIGhlaWdodD0iMjIiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iI0EzMkUyMiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIi8+PHRleHQgeD0iNTciIHk9IjE2MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmNoYXJnZTwvdGV4dD48cGF0aCBkPSJNMjQzIDc4IEwyNDMgNjIiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIiBtYXJrZXItZW5kPSJ1cmwoI2cpIi8+PHRleHQgeD0iMjQzIiB5PSI1NCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmVmZm9ydDwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIxNTAiIHk9IjE4MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+TGV2aWVyIDogYXBwdWkgcHJvY2hlIGRlIGxhIGNoYXJnZTwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIxNTAiIHk9IjE5OCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+PSBmb3JjZSBtdWx0aXBsacOpZSwgY291cnNlIHLDqWR1aXRlPC90ZXh0PjxsaW5lIHgxPSIzMzAiIHkxPSI2MCIgeDI9IjQ3MCIgeTI9IjYwIiBzdHJva2U9IiM4QTgzNzgiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjM2NSIgY3k9IjcyIiByPSIxMSIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0MjUiIGN5PSIxMTIiIHI9IjExIiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiMxRjFEMUEiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjxwYXRoIGQ9Ik0zNTQgNzIgTDM1NCAxMjgiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIi8+PHBhdGggZD0iTTM3NiA3MiBMNDE0IDExMiIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuOCIvPjxwYXRoIGQ9Ik00MzYgMTEyIEw0MzYgNjAiIHN0cm9rZT0iIzFGMUQxQSIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjgiLz48cmVjdCB4PSI0MTQiIHk9IjEzMCIgd2lkdGg9IjIyIiBoZWlnaHQ9IjIyIiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiNBMzJFMjIiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjx0ZXh0IHg9IjM1NCIgeT0iMTQ1IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+ZWZmb3J0PC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQyNSIgeT0iMTY4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iI0EzMkUyMiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+Y2hhcmdlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQxMCIgeT0iMTkwIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5EZXV4IGJyaW5zIHBvcnRlbnQgbGEgY2hhcmdlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQxMCIgeT0iMjA2IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj49IGZvcmNlIGRpdmlzw6llIHBhciBkZXV4LCBjb3JkZSBkb3VibMOpZTwvdGV4dD48L3N2Zz4=)\n\n\n## Le levier\n\nUne barre et un point d'appui. Le rapport entre les deux distances au point d'appui donne le facteur de multiplication : appui à un dixième de la charge, force multipliée par neuf environ, course divisée d'autant.\n\nTrois configurations existent selon la position relative de l'appui, de la charge et de l'effort. Elles couvrent aussi bien la pince coupante que la brouette et la pince à épiler, mais **la règle du rapport des distances les explique toutes les trois** : inutile de retenir la classification.\n\nUn levier long est le multiplicateur de force le plus efficace, le plus improvisable et le plus sous-utilisé. Une barre solide et une pierre déplacent des charges qu'aucun effort direct ne bougerait.\n\n## Le plan incliné\n\nMonter une charge par une pente longue demande moins de force que de la lever verticalement, dans le rapport exact entre la longueur de la pente et sa hauteur. Le travail total est identique — au frottement près, qui est ici le vrai ennemi.\n\nLa **vis** est un plan incliné enroulé, et le **coin** est un plan incliné qu'on déplace au lieu de gravir. Un coin très effilé fend avec peu de force mais avance très lentement : c'est le même échange, encore une fois.\n\n## La poulie et le palan\n\nUne poulie fixe ne multiplie rien : elle change la direction de l'effort, ce qui est déjà considérable puisqu'on peut tirer vers le bas en utilisant son poids.\n\nUne poulie mobile divise la force par deux et double la longueur de corde à tirer. On combine ensuite les deux dans un palan.\n\n**La méthode de calcul infaillible : comptez les brins de corde qui soutiennent effectivement la charge mobile.** Trois brins, force divisée par trois environ, trois fois plus de corde à tirer. Le brin sur lequel vous tirez ne compte que s'il remonte depuis la charge.\n\nLe frottement dans les poulies est loin d'être négligeable : un palan réel rend sensiblement moins que le calcul théorique, et l'écart augmente avec le nombre de poulies.\n\n## La roue et l'essieu\n\nElle ne multiplie pas la force au sens strict : elle **supprime le frottement de glissement** en le remplaçant par du roulement. Le gain est considérable, et c'est pourquoi la roue est plus utile qu'un levier pour déplacer une charge sur distance. Sur un sol mou, en revanche, elle s'enfonce et perd son avantage — d'où le traîneau, qui reste supérieur sur la neige et le sable.\n\n## Application : déplacer une charge\n\n**Déplacer une charge lourde, dans l'ordre à essayer.**\n\n1. **Faites rouler plutôt que glisser.** Des rondins ou des tubes placés sous la charge et repris à l'avant au fur et à mesure : c'est la méthode la plus ancienne et l'une des plus efficaces.\n2. **Utilisez un levier long** pour décoller, caler, et faire pivoter par petits mouvements. Une charge se déplace souvent mieux par rotations successives que par translation.\n3. **Réduisez la pente.** Doubler la longueur d'une rampe divise la force par deux.\n4. **Montez un palan** si vous avez de la corde et des points de renvoi. Comptez les brins avant de tirer, pour savoir ce que vous pouvez espérer.\n5. **Vérifiez les ancrages avant d'appliquer la force.** C'est ici que se produisent les accidents graves : la charge tient, l'ancrage cède.\n\n**Sécurité, non négociable.** Ne restez jamais sous une charge ni dans l'axe d'une corde tendue — une rupture projette la corde et tout ce qui y est attaché. Calez la charge à chaque étape au lieu de la maintenir par la force. Une charge qui repose sur une cale ne tombe pas quand vous lâchez.\n\n## Selon les moyens\n\n**Vous êtes seul.** Privilégiez le levier et le calage progressif : soulever de trois centimètres, caler, recommencer. C'est lent, sûr, et cela permet de déplacer seul des masses considérables.\n\n**Vous n'avez pas de poulie.** Une corde renvoyée sur une branche ou une barre lisse fonctionne, avec un frottement important qui mange une grande partie du gain. Une poulie improvisée avec un mousqueton ou un anneau rend déjà nettement mieux.\n\n**Vous devez fendre du bois.** C'est un coin, donc un plan incliné : un coin large fend en force, un coin étroit pénètre facilement. La technique du bois sec à cœur pour le feu est décrite dans [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous devez évacuer quelqu'un.** Le brancardage improvisé repose sur les mêmes principes, et l'immobilisation préalable est dans [[URG-FRAC-001]].\n\n**Vous devez fabriquer l'outil qui vous manque.** Voir [[SURV-OUT-001]].\n\n**Vous cherchez à comprendre un mécanisme inconnu.** Cherchez où la distance parcourue change, et vous trouverez où la force est multipliée. C'est la clé de lecture de toute transmission mécanique, y compris celles décrites dans [[TEC-MOTH-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-001","titre":"L’infection d’une plaie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sante","plaie","infection","secourisme"],"sources":["OMS — Prevention and management of wound infection","Haute Autorité de Santé — prise en charge des plaies aiguës","NICE — Wound care guidance"],"corps":"::Une plaie ne s'infecte pas au moment où elle se produit. Elle s'infecte dans les heures et les jours qui suivent, et c'est là que tout se joue.::\n\nUne infection s'installe quand trois conditions se réunissent : des micro-organismes présents, un tissu abîmé où ils peuvent se multiplier, et le temps. Retirer l'un des trois change tout.\n\n## Le nettoyage est le geste principal\n\nContrairement à ce que l'on croit, **ce n'est pas l'antiseptique qui protège une plaie : c'est le lavage mécanique.** Un rinçage abondant emporte physiquement les germes, les débris et les tissus morts. Un antiseptique appliqué sur une plaie sale n'atteint pas grand-chose.\n\nL'eau propre en grande quantité et le savon font l'essentiel du travail. La quantité et la durée comptent bien plus que le produit utilisé. Si la seule eau disponible est douteuse, elle se traite avant selon [[URG-EAU-001]] — une plaie lavée à l'eau contaminée est un problème créé, pas résolu.\n\n## Ce qui favorise une infection\n\n**Les corps étrangers.** Terre, gravier, échardes, fragments de tissu. Ils entretiennent l'infection tant qu'ils sont là, et aucun soin ne compense leur présence.\n\n**Les tissus morts.** Ils ne sont plus irrigués, donc plus défendus par l'organisme, et constituent un milieu de culture.\n\n**La profondeur avec une ouverture étroite.** Une plaie punctiforme profonde est bien plus à risque qu'une coupure large et propre : elle emporte les germes en profondeur et se referme en surface, créant un milieu sans oxygène favorable aux germes les plus dangereux.\n\n**Le retard.** Le risque augmente nettement avec le temps écoulé avant le premier nettoyage.\n\n**La morsure.** Toute morsure, animale ou humaine, est une plaie contaminée par définition et se traite comme telle.\n\n## Reconnaître une infection qui démarre\n\nQuatre signes classiques, qui apparaissent généralement entre le premier et le troisième jour : **rougeur** qui s'étend au lieu de régresser, **chaleur** locale, **gonflement**, et **douleur qui augmente** au lieu de diminuer. S'y ajoutent un écoulement trouble et une odeur.\n\nDeux signes imposent de considérer la situation comme grave : une **traînée rouge qui remonte** le long du membre depuis la plaie, et une **fièvre**. Ils indiquent que l'infection dépasse la plaie — voir [[TEC-SAN-002]].\n\n## Le protocole de nettoyage\n\n1. **Lavez-vous les mains** avant de toucher la plaie, ou couvrez-les de ce que vous avez de plus propre.\n2. **Arrêtez d'abord le saignement** s'il est actif. La priorité est vitale avant d'être infectieuse : voir [[URG-HEMO-001]].\n3. **Rincez abondamment à l'eau propre**, sous un flux si possible, pendant plusieurs minutes. C'est le geste qui compte le plus.\n4. **Lavez au savon** autour et dans la plaie, puis rincez à nouveau abondamment.\n5. **Retirez ce qui est visible et accessible.** Gravier, échardes, débris. Ce qui est profondément fiché ou ce qui saigne à la mobilisation reste en place.\n6. **Séchez les bords**, appliquez un antiseptique si vous en avez, et couvrez d'un pansement propre.\n7. **Renouvelez le pansement** dès qu'il est sale ou mouillé, et regardez la plaie à chaque fois.\n8. **Surveillez pendant plusieurs jours.** L'évolution renseigne plus que l'aspect initial.\n\n**Ce qu'il ne faut pas faire.** Ne refermez pas une plaie sale, mordue ou vue tardivement : une plaie fermée sur une contamination est bien plus dangereuse qu'une plaie laissée ouverte et propre. N'appliquez ni corps gras, ni terre, ni cendre, ni plante non identifiée. N'utilisez pas d'alcool fort directement dans une plaie ouverte : il détruit les tissus qui doivent cicatriser.\n\n## Situations particulières\n\n**Vous êtes loin de tout secours.** Le nettoyage devient encore plus déterminant, puisqu'il n'y aura pas de rattrapage. Lavez plus longtemps que vous ne le pensez nécessaire, couvrez, et inspectez deux fois par jour. Notez par écrit la date de la blessure et l'évolution : la mémoire déforme la chronologie, et c'est la chronologie qui permet de juger.\n\n**Vous n'avez pas de pansement.** Tout tissu propre, de préférence bouilli et séché, convient. Le tissu sec et propre bat largement un pansement souillé.\n\n**La plaie est large ou béante.** Le rapprochement des bords aide la cicatrisation, mais uniquement sur une plaie propre, récente et non mordue. Des bandes adhésives posées perpendiculairement aux bords suffisent souvent et sont bien plus sûres qu'une suture improvisée.\n\n**Il y a un doute sur le tétanos.** Toute plaie souillée par de la terre expose à ce risque, et il ne se traite pas sur le terrain. C'est un motif de recherche de secours, pas un motif de surveillance. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Il y a une fracture ouverte.** La plaie et l'os se traitent ensemble : voir [[URG-FRAC-001]].\n\n**La plaie est une brûlure.** Le protocole est différent et prioritaire : voir [[URG-BRUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-002","titre":"Ce que dit la fièvre","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sante","fievre","infection","surveillance"],"sources":["OMS — Integrated Management of Childhood Illness, signes de danger","Haute Autorité de Santé — fièvre de l'adulte","NICE — Fever in under 5s: assessment and initial management"],"corps":"::La fièvre n'est pas la maladie. C'est la réponse. La question utile n'est jamais « combien » mais « avec quoi ».::\n\nLa fièvre est une élévation volontaire du point de consigne thermique par l'organisme. Le corps ne subit pas la chaleur : il la produit délibérément, parce qu'elle gêne la multiplication de nombreux agents infectieux et accélère la réponse immunitaire.\n\nCela a une conséquence directe et contre-intuitive : **une personne fiévreuse a froid.** Son corps vise une température plus haute et se comporte comme s'il était en dessous — frissons, peau pâle, extrémités froides, recherche de couverture. Elle grelotte alors qu'elle est à 39 °C.\n\n## La différence fondamentale avec le coup de chaleur\n\nC'est la distinction la plus importante de cette fiche, parce qu'elle inverse la conduite à tenir.\n\n**Dans la fièvre**, le thermostat est réglé plus haut et le corps fonctionne normalement. La transpiration marche, la conscience est conservée.\n\n**Dans le coup de chaleur**, le thermostat est débordé et les mécanismes de refroidissement ont échoué. La peau devient sèche et brûlante, et la conscience se trouble.\n\nCe n'est pas une nuance : dans le premier cas on couvre et on hydrate, dans le second on refroidit d'urgence. Le protocole du coup de chaleur est dans [[URG-CHAL-001]], et **confondre les deux fait perdre les minutes décisives**.\n\n## Ce qui compte vraiment\n\nLe chiffre lui-même est un mauvais indicateur de gravité. Une fièvre à 40 °C chez une personne consciente, qui boit et répond normalement, est souvent moins inquiétante qu'une fièvre à 38 °C chez une personne confuse et prostrée.\n\n**Ce qui renseigne, ce sont les signes associés et l'évolution.**\n\nLes signes qui imposent de chercher du secours, quel que soit le chiffre : confusion ou somnolence anormale, raideur de la nuque, éruption cutanée qui ne s'efface pas à la pression, difficulté respiratoire, incapacité à boire ou vomissements répétés, absence d'urine depuis de nombreuses heures, douleur abdominale intense et localisée, ou traînée rouge remontant depuis une plaie — signe décrit dans [[TEC-SAN-001]].\n\nL'évolution renseigne autant : une fièvre qui dure au-delà de quelques jours, qui revient après être tombée, ou qui s'accompagne d'un état général qui se dégrade, change de nature.\n\n## La déshydratation, le vrai danger immédiat\n\nC'est le mécanisme par lequel une fièvre banale devient grave, surtout chez l'enfant et la personne âgée.\n\nChaque degré au-dessus de la normale augmente nettement les pertes en eau, par la respiration et la transpiration. Ajoutez des vomissements ou une diarrhée, et le déficit s'installe en quelques heures. **La plupart du temps, ce qui met en danger n'est pas l'infection mais le manque d'eau qu'elle provoque** — c'est le même mécanisme que celui exposé dans [[URG-EAU-001]].\n\n## Ce qui aide réellement\n\n1. **Faites boire, régulièrement et par petites quantités.** C'est le geste le plus utile. De grandes quantités d'un coup sont mal tolérées et ressortent.\n2. **Découvrez progressivement**, sans faire grelotter. Le frisson produit de la chaleur : couvrir quelqu'un qui frissonne puis découvrir quand le frisson cesse est plus efficace que de découvrir d'emblée.\n3. **Rafraîchissez l'air** plutôt que le corps. Ventilation, pièce fraîche, vêtements légers.\n4. **Ne plongez pas dans l'eau froide** une personne fiévreuse. Cela déclenche des frissons qui augmentent la production de chaleur — l'inverse du but recherché. La règle est opposée pour le coup de chaleur.\n5. **Surveillez la conscience et les urines.** Ce sont les deux indicateurs les plus fiables et les plus simples : une personne qui répond normalement et urine régulièrement va globalement bien.\n6. **Notez par écrit** l'heure, la température si vous pouvez la mesurer, ce qui a été bu, et les signes observés. Sur plusieurs jours, cette trace vaut mieux que n'importe quel souvenir.\n\n## Selon la personne\n\n**C'est un enfant en bas âge.** Les seuils d'inquiétude sont plus bas et la déshydratation plus rapide. Le comportement renseigne davantage que le thermomètre : un enfant qui joue, boit et réagit rassure ; un enfant inhabituellement calme, difficile à réveiller ou qui refuse de boire est une urgence.\n\n**C'est une personne âgée.** Elle peut avoir une infection sévère avec peu ou pas de fièvre. Une confusion inhabituelle, une chute, une perte d'appétit ou une aggravation soudaine de l'autonomie sont parfois les seuls signes.\n\n**Vous n'avez pas de thermomètre.** Comparez la peau du front et du tronc avec la vôtre, avec le dos de la main. Vous ne saurez pas le chiffre, mais vous suivrez l'évolution, et c'est elle qui compte.\n\n**Un aliment est en cause.** Une intoxication alimentaire ou une plante mal identifiée donnent le même tableau : voir [[TEC-BOT-001]].\n\n**Vous n'avez aucun médicament.** L'hydratation, le repos et la surveillance couvrent l'essentiel de ce qui est utile pour une infection bénigne. Ce que vous ne pouvez pas faire, c'est traiter une infection bactérienne sérieuse : cela relève d'une prise en charge médicale, et la reconnaître à temps pour chercher de l'aide est votre vraie mission.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SOL-001","titre":"Lire un sol","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sol","agriculture","botanique","eau"],"sources":["FAO — Guidelines for soil description, 4e édition","INRAE — Référentiel pédologique","USDA — Soil texture by feel analysis"],"corps":"::Un sol se lit avec les mains en trois minutes. Cette lecture décide de ce qui poussera, de ce qui tiendra debout, et de l'endroit où l'eau se trouve.::\n\nUn sol est un mélange de trois tailles de particules, et tout découle de leurs proportions.\n\n**Le sable** est grossier. L'eau le traverse vite, l'air y circule, il ne retient presque rien. Un sol sableux est sec, pauvre, se réchauffe tôt au printemps, et se travaille facilement.\n\n**L'argile** est extrêmement fine. Ses particules retiennent l'eau et les éléments nutritifs par attraction de surface. Un sol argileux est riche mais lourd : gorgé d'eau il devient collant et asphyxiant pour les racines, sec il durcit et se fend.\n\n**Le limon** est intermédiaire. Il donne du moelleux et une bonne rétention d'eau, mais forme facilement une croûte en surface sous l'effet de la pluie.\n\nLe bon sol agricole n'est aucun des trois à l'état pur : c'est un équilibre des trois, structuré par la matière organique.\n\n![Les trois tailles de particules](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMTkyIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjE5MiI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIxOTIiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5Ucm9pcyB0YWlsbGVzIGRlIHBhcnRpY3VsZXMsIGV0IHRvdXQgZW4gZMOpY291bGU8L3RleHQ+PHJlY3QgeD0iNDAiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iMTUwIiBoZWlnaHQ9Ijg4IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjU4IiBjeT0iNzAiIHI9IjkiIGZpbGw9IiNBOTY2MEYiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iODEiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIxMDUiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIxMjgiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIxNTIiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48dGV4dCB4PSIxMTUiIHk9IjEwNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTMiIGZpbGw9IiNBOTY2MEYiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPlNhYmxlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjExNSIgeT0iMTIyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5ncm9zc2llcjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIxMTUiIHk9IjE1MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmwnZWF1IHRyYXZlcnNlLCBuZSByZXRpZW50IHJpZW48L3RleHQ+PHJlY3QgeD0iMjA1IiB5PSI0NCIgd2lkdGg9IjE1MCIgaGVpZ2h0PSI4OCIgcng9IjgiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iIzJDNkU0OSIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyMjMiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyMzYiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyNDkiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyNjIiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyNzUiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyODgiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzMDEiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzMTQiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzMjciIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjEwNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTMiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkxpbW9uPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTIyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5pbnRlcm3DqWRpYWlyZTwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjE1MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPnJldGllbnQgbCdlYXUsIGZhaXQgY3Jvw7t0ZTwvdGV4dD48cmVjdCB4PSIzNzAiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iMTUwIiBoZWlnaHQ9Ijg4IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjMjg2MDdGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjM4OCIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iMzk0IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzOTkiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQwNSIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDExIiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0MTciIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQyMiIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDI4IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0MzQiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQzOSIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDQ1IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0NTEiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQ1NyIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDYyIiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0NjgiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQ3NCIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDgwIiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0ODUiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQ5MSIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDk3IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48dGV4dCB4PSI0NDUiIHk9IjEwNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTMiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkFyZ2lsZTwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI0NDUiIHk9IjEyMiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTAuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+dHLDqHMgZmluPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQ0NSIgeT0iMTUyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+cmV0aWVudCB0b3V0LCBhc3BoeXhpZSBldCBmZW5kPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTc4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+VW4gYm9uIHNvbCBuJ2VzdCBhdWN1biBkZXMgdHJvaXMgOiBjJ2VzdCBsZXVyIMOpcXVpbGlicmUsIHN0cnVjdHVyw6kgcGFyIGxhIG1hdGnDqHJlIG9yZ2FuaXF1ZTwvdGV4dD48L3N2Zz4=)\n\n\n## Le rôle décisif de la matière organique\n\nElle ne se contente pas de nourrir. Elle **colle les particules en petits agrégats**, ce qui crée simultanément des pores fins qui retiennent l'eau et des pores larges qui laissent passer l'air et les racines. C'est la même contradiction résolue que dans l'isolation thermique décrite dans [[SURV-ABRI-001]] : ce qui compte n'est pas la matière, mais la structure qu'elle crée.\n\nUn sol riche en matière organique se reconnaît à sa couleur foncée, son odeur de sous-bois et sa capacité à s'émietter au lieu de se briser en blocs.\n\n## Ce que le sol dit de l'eau\n\nC'est l'usage le plus immédiat et le moins connu.\n\nUn sol argileux retient l'eau en surface : les mares, les sources de versant et les zones humides s'y forment. Un sol sableux ou caillouteux la laisse filer en profondeur : la surface est sèche même après la pluie.\n\nEn pratique, cela signifie qu'**on ne cherche pas l'eau au même endroit selon le sol**, et que le point où un sol perméable repose sur une couche imperméable est très exactement l'endroit où sortent les sources. La règle complète le repérage décrit dans [[URG-EAU-001]] et le choix d'emplacement d'un stockage enterré dans [[SURV-PLUIE-001]].\n\n## Ce que les plantes disent du sol\n\nCertaines plantes ne poussent que dans des conditions précises et signalent donc le sol sans qu'on le touche : un sol acide, calcaire, tassé, gorgé d'eau ou riche en azote portent des cortèges végétaux différents. C'est une lecture rapide et fiable **à condition de raisonner sur un peuplement, jamais sur un individu isolé** — même précaution que pour l'identification décrite dans [[TEC-BOT-001]].\n\n## Les tests de terrain\n\n**Le test au toucher, trois minutes, sans matériel.**\n\n1. **Prélevez** une poignée à vingt centimètres de profondeur, pas en surface.\n2. **Retirez** cailloux et racines, humidifiez progressivement jusqu'à une consistance de pâte, sans excès d'eau.\n3. **Pressez dans la main.** La boule ne tient pas : sable dominant. Elle tient et se salit peu : équilibré. Elle tient et colle aux doigts : argile dominante.\n4. **Roulez un boudin** sur la paume. Impossible : sable. Court et cassant : équilibré. Long, fin et souple, pliable en anneau sans se rompre : argile dominante.\n5. **Frottez entre les doigts.** Ça crisse : sable. C'est doux comme de la farine : limon. C'est lisse et savonneux : argile.\n6. **Regardez la couleur et sentez.** Foncé et odorant : matière organique présente. Gris bleuté ou taches rouille : le sol est régulièrement gorgé d'eau et manque d'air.\n\n**La fosse, vingt minutes, décisive avant toute installation.** Creusez cinquante centimètres et regardez la coupe : l'épaisseur de la couche sombre de surface, la profondeur à laquelle la couleur change, la présence de cailloux ou d'une couche compacte. Cette coupe vous dit la profondeur exploitable par les racines et la profondeur de travail possible.\n\n## Selon l'usage prévu\n\n**Vous identifiez ce qui pousse là.** Le cortège végétal se lit avec la méthode de [[TEC-BOT-001]].\n\n**Vous semez.** Profondeur, température du sol et régularité de l'humidité décident de la levée : voir [[TEC-AGR-001]].\n\n**Vous élevez des animaux.** Le fumier restitue au sol ce que la récolte lui prend : voir [[TEC-ELE-001]].\n\n**Vous voulez cultiver.** Un sol trop sableux se corrige par apport de matière organique, qui lui donne de la rétention. Un sol trop argileux se corrige par la même chose, qui lui donne de la structure. C'est le seul amendement qui améliore les deux extrêmes, et sa fabrication relève de [[TEC-CONS-001]] par la même logique de fermentation.\n\n**Vous cherchez de l'eau.** Suivez les changements de végétation et de pente : une rupture nette dans le tapis végétal signale souvent un changement de sol, donc une possible venue d'eau.\n\n**Vous voulez construire.** Un sol argileux gonfle et se rétracte selon son humidité, ce qui fissure les fondations. Un sol sableux se tasse. Cette contrainte gouverne les choix décrits dans [[TEC-CON-001]].\n\n**Vous voulez enterrer quelque chose.** Un sol drainant préserve, un sol argileux gorgé d'eau détruit. Un contenant enterré dans une argile humide subit une pression et une corrosion bien supérieures à ce qu'on imagine.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SOLR-001","titre":"Le solaire photovoltaïque, du panneau à la prise","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","solaire","energie","autonomie"],"sources":["IEA Photovoltaic Power Systems Programme — technical reports","Sandia National Laboratories — Photovoltaic Systems Handbook","IEC 61215 — qualification des modules photovoltaïques"],"corps":"::Un panneau solaire ne produit pas de l'électricité quand il fait chaud. Il en produit quand il reçoit de la lumière, et il en produit moins quand il chauffe.::\n\n## La chaîne complète\n\nQuatre éléments, et chacun peut être le maillon qui limite tout.\n\n**Le panneau** transforme la lumière en courant continu. Sa puissance affichée en watts-crête correspond à des conditions de laboratoire qu'on n'atteint presque jamais en conditions réelles.\n\n**Le régulateur** est indispensable dès qu'il y a une batterie. Un panneau branché directement sur une batterie la détruit, soit par surcharge, soit par décharge nocturne dans le panneau. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse.\n\n**La batterie** stocke, parce que la production a lieu quand le soleil est là et la consommation quand il n'y est plus. C'est presque toujours l'élément le plus cher et le plus fragile de l'installation.\n\n**L'onduleur** convertit le continu en alternatif, uniquement si vous devez alimenter des appareils qui l'exigent. Chaque conversion coûte de l'énergie : un appareil qui fonctionne directement en continu doit y rester.\n\n## Ce qui détermine la production réelle\n\n**L'orientation et l'inclinaison.** Face à l'équateur, incliné approximativement de la valeur de votre latitude. Un écart modéré coûte peu ; une orientation franchement mauvaise coûte beaucoup.\n\n**L'ombre, et c'est ici que se trouve le piège majeur.** Dans un panneau classique, les cellules sont en série. Une seule cellule ombrée limite le courant de toute la chaîne, comme un tuyau pincé. **Une ombre portée sur un dixième de la surface peut faire chuter la production de bien plus qu'un dixième.** Une branche, un mât, un fil électrique, une cheminée suffisent. C'est le premier point à vérifier avant tout calcul.\n\n**La saleté.** Poussière, sable, fientes, pollen. Un nettoyage à l'eau claire restitue une part appréciable de la production perdue.\n\n**La température, à contre-courant de l'intuition.** Le rendement d'une cellule silicium **diminue quand elle chauffe**. Un panneau ventilé par l'arrière produit davantage qu'un panneau plaqué sur une surface qui accumule la chaleur. Une journée froide et lumineuse est meilleure qu'une journée caniculaire.\n\n**La saison.** Sous nos latitudes, l'écart entre production estivale et hivernale est considérable. Dimensionner sur la moyenne annuelle garantit de manquer d'énergie l'hiver, précisément quand les besoins d'éclairage et de chauffage augmentent. **On dimensionne sur le mois le plus défavorable.**\n\n## Le calcul qui décide de tout\n\nLe même que dans [[TEC-ENE-001]] : additionnez ce que vous consommez par jour en wattheures, comparez à ce que vous pouvez produire et stocker.\n\nDeux corrections indispensables. Les pertes de la chaîne complète — câbles, régulateur, rendement de charge et de décharge, conversion — sont loin d'être négligeables et se cumulent. Et une batterie ne se vide jamais entièrement : sa capacité réellement utilisable est nettement inférieure à sa capacité affichée, sauf à la détruire prématurément.\n\n## Dimensionner et installer\n\n1. **Mesurez avant d'acheter.** Listez vos usages réels, leur puissance et leur durée quotidienne. Presque toutes les installations décevantes viennent d'un besoin sous-estimé.\n2. **Réduisez le besoin avant d'augmenter la production.** Diviser une consommation par deux coûte toujours moins cher que doubler une production.\n3. **Vérifiez les ombres sur une journée entière**, pas à un seul moment. L'ombre de midi en juin n'a rien à voir avec celle de dix heures en décembre.\n4. **Installez le régulateur entre le panneau et la batterie**, jamais l'inverse, et respectez la polarité — une inversion détruit l'électronique instantanément.\n5. **Protégez chaque branche par un fusible adapté**, au plus près de la batterie. Une batterie court-circuitée délivre un courant énorme et provoque un incendie en quelques secondes.\n6. **Ventilez l'arrière des panneaux** et le local des batteries.\n\n**Sécurité.** Un panneau exposé à la lumière est sous tension en permanence : il n'y a pas d'interrupteur naturel. On le couvre d'un tissu opaque avant d'intervenir. Une batterie au plomb en charge dégage de l'hydrogène, inflammable et explosif en espace confiné : ventilation obligatoire, aucune flamme ni étincelle à proximité.\n\n## Selon le matériel disponible\n\n**Vous récupérez du matériel.** Les panneaux de signalisation routière, d'éclairage urbain et de mobilier de jardin sont partout et fonctionnent immédiatement. Vérifiez l'absence de fissure dans le verre : un panneau fissuré laisse entrer l'humidité et perd sa puissance progressivement, sans que rien ne se voie au premier essai.\n\n**Vous n'avez pas de régulateur.** Une charge très petite au regard de la capacité de la batterie peut être tolérée un temps sous surveillance, mais c'est un pis-aller. Le régulateur est la pièce à trouver en priorité, avant même un panneau supplémentaire.\n\n**Vous choisissez une batterie.** Le plomb pardonne l'absence d'électronique de gestion et se recharge avec des moyens rudimentaires. Le lithium stocke bien plus pour le même poids mais exige une gestion précise sous peine d'incendie. Ce compromis est détaillé dans [[TEC-ENE-001]].\n\n**Vous voulez le maximum avec le minimum.** Alimentez directement en courant continu, à la tension de votre batterie, des appareils prévus pour. Vous supprimez l'onduleur, ses pertes et sa panne possible.","langue":"fr"},{"id":"URG-CHAL-001","titre":"Coup de chaleur","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"flash","tags":["urgence","chaleur","sante","secourisme","eau"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Special Circumstances in Resuscitation","Santé publique France — Bulletin épidémiologique hebdomadaire, chaleur et performance sportive, avril 2025","Korey Stringer Institute — exertional heat stroke, cold water immersion","Secourisme.net — conduite à tenir face à la chaleur"],"corps":"::Refroidissez d'abord. Transportez ensuite. Dans cet ordre, et pas dans l'autre.::\n\n## AGIR\n\n**Le signe qui décide de tout : la conscience est altérée.** Confusion, propos incohérents, comportement bizarre, agressivité inhabituelle, démarche titubante, somnolence. Associé à une peau brûlante, c'est un coup de chaleur, et c'est une urgence vitale.\n\n1. **Sortez la personne de la chaleur.** Ombre, intérieur frais, courant d'air. Immédiatement.\n2. **Déshabillez-la.** Chaque couche retirée est de la chaleur qui peut enfin partir.\n3. **Refroidissez massivement, tout de suite, sur place.** L'immersion du corps entier dans l'eau la plus froide disponible, **tête maintenue hors de l'eau**, est la méthode de référence. Rivière, baignoire, bassine, abreuvoir, conteneur. **Remuez activement l'eau autour du corps** : l'eau qui stagne au contact de la peau se réchauffe et cesse de refroidir.\n4. **Si l'immersion est impossible**, combinez tout ce que vous avez : arrosage continu, linges mouillés changés sans arrêt, ventilation forte, poches froides sur le cou, les aisselles et l'aine. C'est nettement moins efficace, donc il faut en faire beaucoup plus.\n5. **Faites alerter les secours** pendant que vous refroidissez, jamais à la place.\n6. **Arrêtez le refroidissement actif** quand la personne redevient claire et que la peau est franchement rafraîchie, ou après une quinzaine de minutes si vous ne pouvez rien mesurer. L'objectif est de repasser sous 39 °C.\n7. **Faites boire uniquement si la conscience est parfaitement normale** et qu'il n'y a pas de vomissement. Sinon, rien par la bouche.\n\n**Ne transportez pas avant d'avoir refroidi**, sauf si le transport lui-même permet de continuer à refroidir. C'est le renversement majeur des recommandations récentes : le temps passé à se déplacer sans refroidir est du temps perdu, et c'est la durée passée au-dessus du seuil critique qui détermine les séquelles.\n\n**Deux exceptions à l'immersion :** un arrêt cardiaque, où la réanimation prime, et des convulsions, où l'immersion devient dangereuse.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un coup de chaleur d'effort.** Il touche des personnes jeunes et en bonne santé, à l'entraînement ou au travail, **y compris par temps modéré ou frais**. C'est la forme où l'immersion en eau froide a le meilleur niveau de preuve, et où la rapidité change tout : les données montrent des taux de survie excellents quand la température repasse sous le seuil critique dans la première demi-heure.\n\n**C'est une personne âgée pendant une canicule.** La forme la plus meurtrière, et la plus silencieuse. Elle transpire moins, ressent moins la soif, et peut basculer sans plainte préalable. Une confusion nouvelle est parfois le seul signe. La prévention passe par des visites régulières, pas par l'attente d'un appel.\n\n**Ce n'est pas encore un coup de chaleur.** Crampes, maux de tête, nausées, fatigue intense, transpiration abondante mais conscience normale : c'est un épuisement dû à la chaleur, sérieux mais pas encore critique. Repos à l'ombre, déshabillage, rafraîchissement, et boisson par petites gorgées régulières. **C'est le stade où l'on peut encore tout arrêter.** L'eau doit être sûre : voir [[URG-EAU-001]].\n\n**La personne perd connaissance.** Vous passez immédiatement sur [[URG-INCO-001]] : la respiration prime sur le refroidissement.\n\n**Vous n'avez presque pas d'eau.** Mouiller un vêtement et l'exposer au vent refroidit par évaporation avec très peu d'eau. Le rendement est faible mais non nul, et c'est ce qui est disponible.\n\n**Vous devez continuer à vous déplacer par forte chaleur.** Déplacez-vous à l'aube et au crépuscule, reposez-vous aux heures chaudes à l'ombre et surélevé du sol qui a chauffé, couvrez-vous de vêtements amples et clairs plutôt que de vous découvrir, buvez avant d'avoir soif. Ces choix relèvent de la même logique que [[SURV-NUIT-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps évacue sa chaleur essentiellement par l'évaporation de la sueur. Ce mécanisme a deux limites, et les deux se rencontrent vite.\n\n**L'humidité de l'air.** Quand l'air est déjà saturé, la sueur ne s'évapore plus : elle coule. Elle ne refroidit alors plus du tout, tout en continuant à vider l'organisme de son eau. C'est pourquoi une chaleur humide est bien plus dangereuse qu'une chaleur sèche à température égale.\n\n**L'eau disponible.** Sans réhydratation, la transpiration se réduit puis s'arrête. Une **peau devenue sèche et brûlante** au milieu d'une forte chaleur signale que le système de refroidissement a cessé de fonctionner. C'est un signe de gravité majeur.\n\nAu-delà d'un certain seuil, les protéines de l'organisme commencent à se dénaturer. Le cerveau est touché le premier, d'où les troubles de conscience — qui précèdent souvent la mesure de la température et constituent le meilleur signal d'alerte disponible sans thermomètre.\n\n**Ce qui détermine les séquelles n'est pas le pic atteint, mais le temps passé au-dessus du seuil.** Cela explique toute la fiche : ce n'est pas la puissance du refroidissement qui compte, c'est sa précocité. L'immersion domine largement les autres méthodes parce qu'elle refroidit plusieurs fois plus vite qu'un linge humide ou une poche de glace — l'eau conduit la chaleur environ vingt-cinq fois mieux que l'air, la même propriété physique qui rend l'immersion si dangereuse dans [[URG-HYPO-001]], utilisée cette fois dans le bon sens.","langue":"fr"},{"id":"URG-ETOU-001","titre":"Étouffement","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","respiration","sante"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Basic Life Support","Croix-Rouge française — l'étouffement","Sapeurs-pompiers de France — obstruction des voies aériennes","Manuel MSD — compressions abdominales et claques dans le dos"],"corps":"::Une personne qui tousse s'en sortira seule. Une personne qui ne fait aucun bruit a quelques minutes.::\n\n## AGIR\n\n**Posez d'abord la seule question qui compte : est-ce qu'elle tousse ?**\n\n**Elle tousse, elle parle, elle respire bruyamment.** L'obstruction est partielle et l'air passe encore. **N'intervenez pas.** La toux est la manœuvre la plus efficace qui existe, bien plus qu'une claque. Encouragez-la, restez à côté, ne tapez pas dans le dos — un geste mal placé peut déplacer le corps étranger et fermer complètement le passage.\n\n**Elle ne fait aucun bruit, ne peut ni parler ni tousser, s'agrippe la gorge, panique.** L'obstruction est totale. Agissez immédiatement.\n\n1. **Faites alerter les secours** par quelqu'un d'autre pendant que vous agissez. Si vous êtes seul, agissez d'abord.\n2. **Cinq claques dans le dos.** Placez-vous sur le côté et légèrement en arrière. Penchez la personne franchement vers l'avant en soutenant sa poitrine d'une main — c'est ce qui évite que l'objet ne s'enfonce davantage. De l'autre main, donnez jusqu'à cinq claques vigoureuses entre les omoplates, avec le talon de la main ouverte. **Vérifiez après chaque claque** : si l'objet sort ou si la toux reprend, arrêtez.\n3. **Cinq compressions abdominales**, si les claques n'ont rien donné. Placez-vous derrière, passez vos bras sous les siens, penchez-la vers l'avant. Poing fermé au creux de l'estomac, au-dessus du nombril et sous le sternum, l'autre main par-dessus. Tirez franchement vers vous et vers le haut. Relâchez entre chaque. Jusqu'à cinq.\n4. **Alternez cinq claques et cinq compressions**, sans interruption, jusqu'à ce que l'objet sorte ou que la respiration reprenne.\n5. **Si elle perd connaissance :** accompagnez-la au sol sans la laisser tomber, faites alerter les secours si ce n'est pas fait, et commencez une réanimation cardio-pulmonaire en débutant par les compressions thoraciques — la séquence complète est dans [[URG-INCO-001]]. Regardez dans la bouche à la fin de chaque cycle et retirez le corps étranger seulement s'il est visible et accessible.\n\n**Ne mettez jamais vos doigts à l'aveugle dans la bouche.** Vous enfoncerez l'objet.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une femme enceinte avancée, ou une personne obèse.** Les compressions abdominales sont impossibles ou contre-indiquées. La séquence reste la même — cinq claques, puis cinq compressions — mais les compressions se font **au niveau du thorax**, sur le sternum, et non sur l'abdomen.\n\n**C'est un nourrisson de moins d'un an.** La technique est différente et ne s'improvise pas à partir de celle de l'adulte : compressions thoraciques et non abdominales, sur un enfant maintenu tête en bas le long de l'avant-bras. C'est un geste qui s'apprend en formation, et cette fiche ne le remplace pas.\n\n**Vous êtes seul et c'est vous qui vous étouffez.** Vous pouvez pratiquer les compressions sur vous-même en vous penchant fermement sur le dossier d'une chaise, le bord d'une table ou un angle de mur, le creux de l'estomac au point de contact, en vous laissant tomber de tout votre poids. Répétez. C'est efficace et c'est documenté.\n\n**L'objet est sorti et tout semble normal.** Ce n'est pas terminé. Une personne ayant subi des compressions abdominales doit être examinée : ce geste peut léser des organes internes. Et une gêne persistante, une douleur, une difficulté à avaler ou à respirer après coup imposent un avis médical, même si tout paraît rentré dans l'ordre.\n\n**La personne a cessé de respirer après coup.** Vous passez sur [[URG-INCO-001]], sans délai.\n\n**Vous êtes très loin de tout secours.** Cela ne change rien aux gestes, qui restent les seuls disponibles. Cela renforce en revanche la prévention : manger lentement, couper petit, ne pas parler ni rire la bouche pleine, surveiller les personnes âgées et les jeunes enfants pendant les repas.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'air ne passe plus, et le corps dispose de quelques minutes de réserve d'oxygène avant que le cerveau ne souffre. C'est la raison pour laquelle l'étouffement est l'une des rares urgences où l'on agit avant d'appeler : personne n'arrivera dans ce délai.\n\nChaque geste a une logique mécanique précise.\n\n**La claque dans le dos** provoque une secousse et une expiration réflexe qui décollent l'objet. Le buste penché en avant est indispensable : sur une personne droite, la même claque pousse l'objet vers le bas au lieu de le chasser vers le haut.\n\n**La compression abdominale** refoule le diaphragme vers le haut. Le diaphragme comprime les poumons, et l'air chassé d'un coup se comporte comme une toux artificielle. C'est pour cela que le point d'appui est au creux de l'estomac et non sur les côtes : appuyer sur les côtes les casse sans rien chasser.\n\n**On alterne les deux** parce qu'ils agissent différemment et que l'un fonctionne parfois là où l'autre échoue. Aucune séquence n'a démontré une supériorité telle qu'il faudrait abandonner l'autre.\n\nUn dernier point, qui explique la règle d'abstention. Une obstruction partielle produit du bruit : c'est le signe que l'air circule autour de l'objet. Intervenir à ce moment risque de transformer une situation qui se résout seule en obstruction complète. **Le bruit est rassurant, le silence est l'urgence.** C'est exactement l'inverse de ce que l'intuition suggère, et c'est ce qui rend cette fiche utile.","langue":"fr"},{"id":"URG-FRAC-001","titre":"Fractures, entorses et immobilisation","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","os","immobilisation"],"sources":["Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines for Basic Wilderness First Aid","Croix-Rouge française — traumatismes des membres"],"corps":"::On n'immobilise pas pour soigner. On immobilise pour que rien n'empire pendant le transport.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne bougez pas le membre.** Immobilisez-le dans la position où vous le trouvez. Ne cherchez jamais à remettre un os en place ni à redresser une déformation : vous risquez de léser un vaisseau ou un nerf.\n2. **Cherchez une plaie.** Un os visible ou une plaie en regard du foyer change tout : le risque d'infection devient majeur. Couvrez d'un tissu propre sans comprimer, sans repousser l'os, et cherchez du secours. Voir [[TEC-SAN-001]].\n3. **Arrêtez un saignement actif** avant toute immobilisation. Voir [[URG-HEMO-001]].\n4. **Vérifiez ce qui se passe en aval**, c'est-à-dire au-delà de la blessure : la peau est-elle chaude et de couleur normale, la personne sent-elle vos doigts, peut-elle bouger les orteils ou les doigts ? **Notez la réponse et refaites ce contrôle après l'immobilisation.** Une extrémité froide, pâle, bleue ou insensible est une urgence : la circulation est compromise.\n5. **Immobilisez l'articulation au-dessus et celle en dessous** du foyer. C'est la règle qui rend une attelle efficace : bloquer seulement le point douloureux ne bloque rien.\n6. **Rembourrez** entre l'attelle et le membre, surtout aux reliefs osseux. Attachez de part et d'autre de la blessure, jamais dessus.\n7. **Serrez juste assez** pour que ça tienne. Vous devez pouvoir glisser un doigt. Un membre gonfle après un traumatisme : ce qui était correct au départ devient un garrot une heure plus tard. **Recontrôlez régulièrement.**\n8. **Surélevez** si possible, et appliquez du froid enveloppé dans un tissu, jamais directement sur la peau.\n\n**Ne faites pas boire ni manger** une personne susceptible d'être opérée.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de matériel.** Le corps sert d'attelle. Un bras se solidarise au thorax par une écharpe et une sangle. Une jambe se solidarise à l'autre jambe avec un rembourrage entre les deux. C'est efficace, immédiat, et cela ne demande rien.\n\n**Vous devez fabriquer une attelle.** Bâtons, planchettes, tiges rigides, carton plié, magazine roulé, sac de couchage enroulé. La rigidité compte moins que la longueur : une attelle trop courte ne bloque pas l'articulation d'à côté et ne sert à rien.\n\n**C'est le poignet, la cheville ou le genou, sans déformation.** Vous ne pourrez pas distinguer une entorse grave d'une fracture sans radiographie, et **c'est sans importance sur le terrain** : la conduite à tenir est la même. Immobilisez, surélevez, refroidissez, ne faites pas appuyer.\n\n**La personne doit absolument marcher pour rejoindre un abri.** Un membre inférieur immobilisé et soutenu peut parfois permettre quelques pas avec appui sur deux personnes ou une béquille improvisée. Mais faire marcher sur une fracture aggrave la lésion : ce choix ne se fait que si rester sur place est plus dangereux — le froid, par exemple, voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous suspectez la colonne, le bassin ou le crâne** — chute de hauteur, choc violent, douleur au dos avec fourmillements ou faiblesse dans les membres. **Ne mobilisez pas.** Laissez sur place, maintenez la tête dans l'axe, couvrez, et cherchez du secours : voir [[SIG-COM-001]]. Le déplacement ne s'envisage que si l'endroit lui-même est dangereux.\n\n**Vous êtes très loin de tout.** Une fracture correctement immobilisée peut attendre plusieurs heures sans dommage supplémentaire. Ce qui n'attend pas : une extrémité froide et insensible, une plaie ouverte sur l'os, une hémorragie. Ce sont ces trois signes qui transforment une situation gérable en urgence.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne fracture n'est pas dangereuse par elle-même. Elle l'est par ce qui l'entoure.\n\n**Les fragments osseux sont coupants.** Un mouvement peut leur faire léser une artère, une veine ou un nerf qui étaient intacts. C'est toute la raison de l'immobilisation : non pas soulager, mais empêcher que la situation ne se dégrade pendant le déplacement.\n\n**Un os saigne, et beaucoup.** Une fracture fermée de la cuisse ou du bassin peut faire perdre un volume de sang considérable à l'intérieur du corps, sans qu'une goutte ne soit visible. C'est pourquoi une personne avec une grosse fracture peut présenter des signes de choc — pâleur, agitation, soif, peau froide — sans saignement apparent.\n\n**Le gonflement est le vrai piège différé.** Les tissus s'infiltrent progressivement dans les heures qui suivent. Un bandage bien posé peut devenir compressif sans que personne ne s'en aperçoive, jusqu'à couper la circulation. D'où le contrôle répété des extrémités, qui est le geste de surveillance le plus important de cette fiche.\n\nSur la distinction entorse-fracture, il faut être clair : aucun signe n'est fiable sur le terrain. Un craquement entendu, une déformation, une impossibilité totale d'appuyer ou une douleur exquise sur un point osseux orientent vers la fracture, mais l'absence de tous ces signes ne l'écarte pas. **En l'absence d'imagerie, on traite comme une fracture.** C'est l'option qui ne coûte rien si l'on se trompe, alors que l'inverse coûte cher.","langue":"fr"},{"id":"URG-INCO-001","titre":"Personne inconsciente","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","inconscience","respiration"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Basic Life Support","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Croix-Rouge française — la perte de connaissance"],"corps":"::Une personne inconsciente meurt de sa propre langue et de son propre vomi bien avant de mourir de ce qui l'a fait tomber.::\n\n## AGIR\n\n**Trois questions, dans cet ordre. Ne sautez aucune étape.**\n\n1. **Est-ce qu'elle répond ?** Parlez fort, secouez doucement les épaules. Pas de réponse : elle est inconsciente.\n2. **Faites alerter les secours.** Désignez quelqu'un précisément — « vous, appelez le 112 » — et non le groupe en général.\n3. **Est-ce qu'elle respire ?** Basculez délicatement la tête en arrière, menton relevé : ce seul geste dégage la langue qui obstrue le fond de la gorge. Penchez-vous, oreille près de la bouche, regard vers la poitrine. **Regardez, écoutez, sentez pendant dix secondes.**\n\n**Elle respire normalement.** Mettez-la sur le côté, en position stable : la tête légèrement en arrière et basculée vers le sol, la bouche ouverte vers le bas. Cette position sert à une seule chose et elle est vitale : **permettre à un vomissement de s'écouler au lieu d'être inhalé.** Couvrez-la, ne la laissez pas seule, vérifiez la respiration régulièrement.\n\n**Elle ne respire pas, ou respire de façon anormale** — quelques gasps lents, bruyants, irréguliers. Ce n'est pas une respiration : c'est un signe d'arrêt cardiaque. Commencez immédiatement les compressions thoraciques : au centre de la poitrine, bras tendus, cinq à six centimètres d'enfoncement, environ deux par seconde, en laissant la poitrine remonter complètement entre chaque. **Ne vous arrêtez pas.**\n\n**Si un défibrillateur automatique est disponible**, faites-le apporter et allumez-le : il parle et guide pas à pas. Il n'envoie un choc que s'il est nécessaire.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous suspectez un traumatisme de la colonne** — chute de hauteur, accident. La respiration passe avant tout. Une personne qui ne respire pas mourra, une personne mal mobilisée risque une lésion. Retournez-la quand même, mais en maintenant la tête dans l'axe du corps, et à plusieurs si possible.\n\n**C'est un enfant.** La séquence est la même. Les compressions se font avec une seule main pour un enfant, deux doigts pour un nourrisson, avec un enfoncement adapté à sa taille — environ un tiers de l'épaisseur du thorax.\n\n**Vous êtes seul et sans téléphone.** Une seule exception à la règle « alertez d'abord » : chez l'adulte, l'arrêt est le plus souvent d'origine cardiaque et le défibrillateur est décisif, donc l'alerte prime. Chez l'enfant et en cas de noyade, la cause est presque toujours respiratoire : commencez par une minute de réanimation, puis allez chercher de l'aide.\n\n**Vous êtes épuisé.** Relayez-vous toutes les deux minutes si quelqu'un est présent. La qualité des compressions chute vite et le sauveteur ne s'en rend pas compte lui-même.\n\n**La personne se réveille.** Laissez-la allongée, ne la faites pas se lever, gardez-la au chaud et surveillez : une nouvelle perte de connaissance est possible. Cherchez ce qui l'a fait tomber — chaleur, saignement, froid — et reportez-vous aux fiches correspondantes : [[URG-CHAL-001]], [[URG-HEMO-001]], [[URG-HYPO-001]].\n\n**Elle est inconsciente dans le froid.** Manipulez avec une douceur extrême : un cœur refroidi est électriquement instable et un mouvement brusque peut l'arrêter. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nL'inconscience supprime deux protections en même temps.\n\n**Le tonus musculaire disparaît.** Sur le dos, la langue retombe vers l'arrière et obstrue le pharynx. C'est la cause d'asphyxie la plus fréquente chez une personne inconsciente, et le simple fait de basculer la tête en arrière la lève.\n\n**Les réflexes de protection disparaissent.** Une personne consciente qui vomit tousse et se penche. Inconsciente, elle inhale — ce qui provoque une atteinte pulmonaire souvent fatale, parfois plusieurs heures après. **La position latérale ne soigne rien : elle utilise simplement la gravité pour que ce qui remonte sorte.**\n\nSur la respiration anormale, il faut insister car c'est l'erreur la plus fréquente et la plus grave. Dans les premières minutes d'un arrêt cardiaque, beaucoup de victimes présentent des mouvements respiratoires lents, profonds, bruyants, espacés. Cela ressemble à une respiration et beaucoup de témoins concluent que la personne respire. **Ce n'en est pas une.** Dans le doute, commencez les compressions : les entreprendre sur quelqu'un qui respire cause peu de dommages, ne pas les entreprendre sur quelqu'un en arrêt est fatal à coup sûr.\n\nEnfin, sur les compressions elles-mêmes. Sans circulation, le cerveau subit des lésions irréversibles en quelques minutes. Les compressions ne redémarrent presque jamais le cœur : elles font circuler un sang encore oxygéné et **gagnent du temps** jusqu'au défibrillateur ou aux secours. Chaque interruption fait chuter la pression obtenue, et il faut plusieurs compressions pour la rétablir. C'est pourquoi la règle est de comprimer fort, vite, et de ne s'arrêter sous aucun prétexte.\n\nCette fiche décrit une conduite à tenir. Elle ne remplace pas une formation aux gestes de premiers secours, qui dure quelques heures et qui, elle, vous fait pratiquer.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-001","titre":"Marcher longtemps","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["deplacement","marche","pieds","endurance"],"sources":["US Army Research Institute of Environmental Medicine — load carriage studies","Wilderness Medical Society — practice guidelines, blister prevention","Institut national du sport — physiologie de la marche prolongée"],"corps":"::Ce qui arrête un marcheur n'est presque jamais la fatigue. C'est un pied, une articulation, ou une décision prise trop tard.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui use réellement\n\nUne marche longue échoue par trois causes, dans cet ordre de fréquence.\n\n**Les pieds.** Ampoules, échauffements, ongles noirs. Une ampoule bien placée immobilise un homme en parfaite condition physique. Elle naît d'un frottement répété entre la peau et une couche superficielle, amplifié par l'humidité qui ramollit la peau et augmente l'adhérence du tissu.\n\n**Les articulations.** Genoux et chevilles, surtout en descente, où l'impact est bien supérieur à la montée. La descente est la phase qui blesse, alors que la montée est celle qui fatigue.\n\n**La charge.** Elle ne se contente pas d'alourdir : elle modifie la posture, avance le centre de gravité, sollicite le dos et raccourcit la foulée. Les travaux sur le portage militaire montrent que le coût énergétique augmente plus vite que le poids ajouté, et qu'au-delà d'une fraction du poids de corps, l'efficacité s'effondre.\n\n### Le rythme\n\nUn marcheur régulier couvre bien plus de distance qu'un marcheur rapide qui s'arrête souvent. La raison est physiologique : les arrêts fréquents empêchent d'atteindre un régime stable, et le redémarrage coûte cher.\n\nLa règle utilisable est de marcher à une allure permettant de parler par phrases complètes. Au-dessus, on puise dans des réserves qui ne se reconstituent pas en marchant.\n\n**Le dénivelé compte plus que la distance.** Une estimation de terrain courante ajoute environ une heure par tranche de trois cents mètres de montée, en plus du temps de marche à plat. La descente ne fait pas gagner de temps proportionnellement, et elle abîme davantage.\n\n## AGIR\n\n1. **Traitez le pied avant qu'il ne soit blessé.** Une zone qui chauffe est une ampoule en formation. Arrêtez-vous, retirez la chaussure, séchez, protégez la zone. Cinq minutes maintenant valent trois jours d'immobilité plus tard.\n2. **Serrez le pied, pas la jambe.** Un laçage ferme à l'avant empêche le pied de glisser vers l'avant en descente — cause principale des ongles noirs et des ampoules aux orteils.\n3. **Séchez à chaque pause.** Retirez chaussures et chaussettes, exposez à l'air. L'humidité est le facteur qui multiplie tout le reste.\n4. **Faites une pause courte et régulière** plutôt que longue et rare. Cinq minutes par heure, sans s'asseoir lourdement ni se refroidir.\n5. **Mangez et buvez avant d'en ressentir le besoin.** La sensation arrive après le déficit, comme l'explique [[TEC-SAN-005]].\n6. **En descente, raccourcissez la foulée et pliez les genoux.** Une jambe tendue transmet l'impact directement à l'articulation.\n7. **Décidez de vous arrêter pendant que vous en êtes encore capable.** Le montage d'un abri demande de l'énergie et de la lumière : voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous portez une charge.** Placez le poids haut et près du dos, serrez la ceinture ventrale pour transférer la charge sur le bassin plutôt que sur les épaules, et arrimez tout pour que rien ne bouge. Une charge qui oscille coûte de l'énergie à chaque pas et déséquilibre.\n\n**Vous n'avez pas de bonnes chaussures.** Deux paires de chaussettes, la plus fine contre la peau, réduisent le frottement en le déplaçant entre les deux couches. Tout ce qui protège la plante — semelle improvisée, rembourrage — vaut mieux que rien.\n\n**Il fait froid.** Le risque n'est pas pendant la marche mais aux arrêts : on transpire en marchant, on se refroidit à l'arrêt dans des vêtements humides. Retirez une couche avant l'effort, remettez-la dès l'arrêt. C'est le mécanisme central de [[URG-HYPO-001]].\n\n**Il fait chaud.** Marchez tôt et tard, reposez-vous aux heures chaudes à l'ombre et surélevé du sol. Couvrez-vous plutôt que de vous découvrir. Voir [[URG-CHAL-001]].\n\n**Vous marchez de nuit.** Divisez l'allure par deux et sondez le sol. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Vous êtes blessé au pied.** Une ampoule ouverte se nettoie, se protège et se couvre. Une ampoule intacte de petite taille se laisse en place : la peau est le meilleur pansement disponible. Voir [[TEC-SAN-001]] pour éviter l'infection, qui est le vrai risque.\n\n**Vous devez estimer votre progression.** Comptez les doubles pas, un caillou par centaine. Une distance connue transforme une direction approximative en position, ce qui est le principe même de [[SURV-ORI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-002","titre":"Allumer sans briquet","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","allumage","technique","base"],"sources":[],"corps":"::Toutes les méthodes d'allumage produisent la même chose : un point chaud minuscule. Ce qui décide du résultat, c'est ce qu'on lui donne à manger.::\n\n## COMPRENDRE\n\nIl existe trois familles, et elles ne demandent ni le même matériel ni la même compétence.\n\n### L'étincelle\n\nUne étincelle est un fragment de métal arraché et porté à incandescence par le frottement. Elle est brève et minuscule : **elle ne peut allumer qu'un amadou d'une finesse extrême**, capable de retenir une braise plutôt que de s'enflammer.\n\nLe **firesteel** — un barreau d'alliage ferreux gratté par un dos de lame — produit des gerbes très chaudes et fonctionne mouillé, ce qui en fait le moyen le plus fiable qui existe. Le silex frappé contre de l'acier produit des étincelles bien plus froides : il exige un amadou préparé, typiquement un tissu carbonisé, et c'est ce qui rend la méthode réputée difficile.\n\nUne **pile et de la laine d'acier** fonctionnent immédiatement : le courant traverse les fibres fines qui rougissent puis brûlent. Une pile de neuf volts posée directement sur la laine suffit ; une pile de 1,5 volt fonctionne avec un contact serré. C'est la méthode la plus rapide en milieu urbain, et l'une des rares utilisables d'une seule main.\n\n### La chaleur concentrée\n\nUne **lentille** — loupe, verre de lunettes, fond de bouteille rempli d'eau, glace claire taillée — concentre le rayonnement solaire en un point. Il faut un soleil franc et un support sombre : un point noir absorbe, un point clair réfléchit.\n\nLe résultat est une **braise**, pas une flamme. Elle se forme lentement, produit un mince filet de fumée, et se transporte dans un nid de fibres sèches qu'on fait ensuite flamber en soufflant.\n\n### La friction\n\nElle repose sur un principe unique : produire de la poussière de bois par abrasion, et faire monter cette poussière en température jusqu'à ce qu'elle s'agglomère en braise.\n\n**Ce n'est pas la vitesse qui compte, c'est la pression combinée à la vitesse.** Frotter vite et léger polit le bois sans rien produire. Frotter fort et régulièrement crée de la poudre noire qui s'accumule dans une encoche jusqu'à s'auto-entretenir.\n\nDeux essences de bois tendre et sec, une planchette et un foret, une encoche taillée en V pour recueillir la poudre, et une surface froide pour la recevoir : c'est le montage commun à toutes les variantes. La méthode à l'archet permet une vitesse et une pression bien supérieures à la friction des mains, et c'est la seule accessible à un débutant.\n\n**C'est la famille la plus exigeante.** Elle demande un bois parfaitement sec, une essence adaptée, une technique acquise, et de la force. Elle ne s'improvise pas le soir où l'on en a besoin.\n\n## AGIR\n\n1. **Préparez tout avant de produire la moindre étincelle.** Le nid d'amadou, le petit bois, le bois, en trois tas séparés à portée de main assis. Voir [[SURV-FEU-001]] pour la progression des trois étages, qui gouverne tout le reste.\n2. **Fabriquez le nid.** Fibres sèches froissées, effilochées, ébouriffées, en forme de nid d'oiseau avec un cœur plus fin que le reste. Écorce de bouleau, herbes mortes, filasse, charpie de coton, duvet végétal, fibres de corde détressées.\n3. **Abritez du vent et isolez du sol.** Une braise naissante meurt d'un souffle latéral ou d'un contact humide.\n4. **Dirigez l'étincelle ou la braise au cœur du nid.**\n5. **Refermez le nid** en boule lâche autour de la braise et **soufflez long et régulier**, jamais par à-coups. La fumée s'épaissit, puis le nid s'enflamme d'un coup. Tenez-le à bout de bras, incliné, la flamme monte.\n6. **Posez le nid enflammé sous le petit bois**, jamais l'inverse.\n\n## ADAPTER\n\n**Tout est humide.** L'amadou est le seul élément qui doit être absolument sec. Il se transporte sur soi, dans une poche intérieure, préparé à l'avance. Un tronc mort fendu donne du bois sec à cœur, et les résineux concentrent la résine dans les nœuds.\n\n**Vous êtes en ville.** La laine d'acier et une pile se trouvent partout. Un briquet vide produit encore des étincelles : la molette fonctionne sans gaz. Un chargeur de téléphone court-circuité, un fil de batterie de voiture sur de la paille de fer, un désinfectant alcoolisé comme accélérant.\n\n**Vous avez une batterie de véhicule.** Elle délivre un courant considérable : deux fils et un contact bref suffisent à enflammer n'importe quelle fibre. Attention, une batterie en charge dégage de l'hydrogène inflammable — ventilez avant d'approcher une étincelle. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Vous n'avez que du soleil.** La lentille demande de la patience et un support noir. Du charbon de bois écrasé, de la suie ou une cendre foncée déposée sur l'amadou améliorent nettement l'absorption.\n\n**Vous devez rester discret.** L'allumage est le moment le plus visible et le plus odorant. Il se fait de préférence de jour, à couvert, dans une fosse, et le feu se conduit ensuite selon [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous préparez à l'avance.** Le meilleur amadou se fabrique tranquillement : tissu de coton chauffé sans oxygène dans une boîte fermée jusqu'à cesser de fumer donne un tissu carbonisé qui prend la moindre étincelle et se conserve des années.","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-002","titre":"Décider sous stress","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["psychologie","decision","stress","groupe"],"sources":["Leach J., Survival Psychology","Klein G., Sources of Power: How People Make Decisions","NASA — human performance under acute stress, technical reports"],"corps":"::Sous stress, ce n'est pas votre courage qui manque. C'est votre capacité à voir ce qui est devant vous.::\n\n## AGIR\n\n**Trois gestes, dans l'ordre, et ils prennent moins d'une minute.**\n\n1. **Arrêtez-vous.** Physiquement. Le premier mouvement sous stress est presque toujours mauvais, parce qu'il est produit avant l'évaluation. Une personne qui court a déjà choisi une direction sans l'avoir décidée.\n2. **Respirez lentement, quatre ou cinq cycles amples.** Ce n'est pas du confort : allonger l'expiration ralentit mesurablement le rythme cardiaque et restaure une partie du champ visuel et de la mémoire de travail.\n3. **Nommez à voix haute ce que vous voyez.** « Il fait nuit, il pleut, nous sommes trois, Marc saigne à la jambe, il nous reste une lampe. » Verbaliser force le passage par un circuit mental différent de la réaction, et fait apparaître des éléments que le regard avait sautés.\n\n**Puis décidez ainsi :**\n\n4. **Traitez d'abord ce qui tue le plus vite.** L'air, le sang, le froid ou la chaleur, dans cet ordre. C'est la logique complète de [[URG-SEC-001]], et elle remplace le jugement quand le jugement est indisponible.\n5. **Choisissez une action qui vous laisse le choix ensuite.** Sous incertitude, l'option réversible bat l'option optimale.\n6. **Fixez un point de contrôle.** « Dans vingt minutes, on refait le point. » Une décision avec une échéance de révision n'est pas un engagement irréversible, et cela suffit souvent à débloquer.\n7. **Faites quelque chose d'utile et de simple.** Monter un abri, faire du feu, préparer de l'eau. L'action structurée casse la sidération et redonne un sentiment de prise, y compris chez les autres.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en groupe.** Une seule personne décide et l'annonce clairement. Un groupe qui délibère sous stress produit des décisions tardives et personne ne se sent responsable de les exécuter. Les rôles se distribuent à froid, pas au moment de la crise — voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Quelqu'un panique.** Ne raisonnez pas, donnez une tâche précise, simple et immédiate. « Tiens cette lampe sur sa jambe. » L'ordre concret rétablit le fonctionnement bien mieux que le réconfort, et il rend la personne utile au lieu de la laisser subir.\n\n**Quelqu'un est sidéré, immobile, ne répond pas.** C'est fréquent et ce n'est pas de la lâcheté : c'est une réaction physiologique documentée qui touche une part importante des gens confrontés à un événement brutal. Parlez calmement, utilisez son prénom, donnez une consigne unique. Ne la laissez pas seule.\n\n**Vous êtes seul.** Vous n'avez personne pour corriger votre erreur, donc la verbalisation à voix haute devient plus importante, pas moins. Parlez seul, sans gêne : cela remplace en partie le regard extérieur qui vous manque.\n\n**La décision engage tout le monde et vous doutez.** Annoncez le doute et décidez quand même. Un groupe supporte une décision imparfaite assumée ; il ne supporte pas l'absence de décision.\n\n**Vous devez tenir plusieurs jours.** La décision se dégrade avec la fatigue et le manque de sommeil bien plus vite qu'avec l'émotion. Dormir devient une décision opérationnelle, pas un luxe — et la conduite sur la durée est dans [[SURV-PSY-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe stress aigu produit une réaction physiologique qui a été sélectionnée pour un danger bref et physique. Elle est parfaitement adaptée à la fuite devant un prédateur, et mal adaptée à une situation qui demande de réfléchir.\n\nTrois effets sont documentés et vous concernent directement.\n\n**Le champ perceptif se rétrécit.** La vision périphérique se réduit, l'audition se dégrade, et l'attention se fixe sur un seul élément — souvent le plus spectaculaire, rarement le plus important. C'est ce qui fait qu'on comprime une plaie visible pendant que la personne cesse de respirer.\n\n**La mémoire de travail s'effondre.** Le nombre d'éléments qu'on peut manipuler simultanément chute. Une procédure à sept étapes devient inapplicable ; une procédure à trois étapes reste exécutable. **C'est la raison pour laquelle les protocoles d'urgence sont courts, et pourquoi les allonger les rend inutiles.**\n\n**La perception du temps se déforme.** Les minutes paraissent des secondes ou l'inverse. Toute estimation de durée devient non fiable, ce qui impose de regarder une montre plutôt que de se fier à l'impression — c'est vrai pour les vingt minutes de refroidissement d'une brûlure comme pour la durée d'une compression.\n\nÀ cela s'ajoute un mécanisme plus lent et plus insidieux. Face à un événement inhabituel, la réaction majoritaire n'est ni la fuite ni l'action, mais **la normalisation** : on cherche une explication ordinaire, on attend de voir, on regarde ce que font les autres. Les études sur les évacuations montrent que le temps perdu avant de commencer à bouger dépasse souvent le temps de l'évacuation elle-même.\n\nLa conséquence pratique est directe. **Le facteur décisif n'est pas la vitesse d'exécution, c'est la vitesse de reconnaissance.** Ce qui s'entraîne n'est pas le geste, c'est le fait d'admettre tôt que la situation a changé.","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-001","titre":"Organiser un petit groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["groupe","organisation","social","decision"],"sources":["Ostrom E., Governing the Commons","Travaux sur les expéditions polaires et l'isolement prolongé, Antarctic research programmes","Leach J., Survival Psychology"],"corps":"::Un groupe ne se défait pas sur les grandes questions. Il se défait sur la vaisselle, les tours de garde et le sentiment que quelqu'un en fait moins.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui casse réellement un groupe\n\nLes études sur les équipages isolés — bases polaires, expéditions longues, équipages confinés — donnent un résultat constant : les conflits graves naissent rarement du danger. Ils naissent de **l'inégalité perçue dans l'effort quotidien**, du bruit, du sommeil et de l'absence de règles claires sur les petites choses.\n\nLe danger, lui, soude. C'est l'attente qui use.\n\n### Les trois choses à décider à froid\n\n**Qui décide quoi.** Un groupe sans autorité désignée improvise une hiérarchie au pire moment, et elle sera fondée sur le volume de la voix. Il ne s'agit pas d'un chef unique et permanent, mais de savoir à l'avance qui tranche sur quoi : les déplacements, les soins, la nourriture, l'accueil d'un inconnu.\n\n**Comment on répartit l'effort.** Un tour de rôle écrit est le seul dispositif qui résiste. La mémoire est systématiquement biaisée en faveur de son propre travail : chacun surestime honnêtement sa contribution, et la somme des estimations dépasse toujours cent pour cent. **Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est un biais de disponibilité** — on se souvient mieux de ce qu'on a fait que de ce qu'on n'a pas vu faire. D'où la trace écrite, qui n'accuse personne et supprime le débat.\n\n**Ce qui appartient à qui.** Les ressources communes non régulées se dégradent : chacun a intérêt à prélever un peu plus que sa part, et la somme des petits excès épuise le stock. Les travaux sur la gestion des biens communs montrent que les groupes qui réussissent partagent des traits précis : des règles définies par ceux qui les appliquent, des limites claires sur qui a droit à quoi, une surveillance mutuelle acceptée, et des sanctions graduelles plutôt qu'une exclusion immédiate.\n\n### Le rôle de la routine\n\nUne journée structurée est le meilleur outil de santé mentale connu en situation prolongée. Elle donne des repères temporels, des accomplissements visibles et une prévisibilité qui réduit l'anxiété.\n\nTrois éléments suffisent : un horaire de lever, des repas à heure fixe, et un moment quotidien où tout le monde est ensemble. Ce dernier point est le plus important et le plus souvent négligé — c'est le rôle qu'a joué le feu pendant des centaines de milliers d'années, comme le décrit [[MEM-EVE-001]].\n\n## AGIR\n\n1. **Écrivez les règles**, même sommairement, même pour trois personnes. Ce qui est écrit ne se rediscute pas chaque jour.\n2. **Distribuez les rôles selon les compétences réelles**, pas selon l'ancienneté ni le rapport de force. Celui qui sait soigner soigne, même s'il est le plus jeune.\n3. **Faites un tour de rôle écrit** pour les tâches ingrates. C'est le dispositif le plus rentable de toute cette fiche.\n4. **Tenez un point quotidien court.** Ce qui a été fait, ce qui reste, ce qui inquiète. Dix minutes, à heure fixe.\n5. **Réglez les désaccords tôt et en privé.** Un ressentiment qui macère devient un conflit public en quelques jours.\n6. **Protégez le sommeil.** Un groupe qui dort mal décide mal, et [[SURV-PSY-002]] explique pourquoi.\n7. **Prévoyez à l'avance la décision d'accueillir ou de refuser quelqu'un.** C'est la question la plus lourde et la plus urgente quand elle se pose ; l'improviser divise le groupe en deux camps.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes deux.** Il n'y a pas de majorité possible, donc pas d'arbitrage. Convenez à l'avance de qui tranche selon le domaine, et acceptez explicitement de suivre sans rediscuter une fois la décision prise.\n\n**Il y a un enfant ou une personne dépendante.** Sa charge doit être répartie et comptée comme un travail à part entière, sinon elle repose entièrement sur une personne qui s'épuisera en silence.\n\n**Quelqu'un ne tient plus.** Réduisez ses responsabilités sans le dire publiquement, donnez-lui des tâches simples et visibles, et surveillez le sommeil et l'alimentation avant de chercher une explication psychologique. La plupart des effondrements ont une cause physiologique.\n\n**Un conflit éclate.** Séparez, laissez passer une nuit, reprenez à froid avec un tiers présent. Cherchez le déséquilibre concret derrière le grief : il y en a presque toujours un, et il est presque toujours réparable.\n\n**Le groupe grandit.** Au-delà d'une poignée de personnes, la surveillance mutuelle informelle cesse de fonctionner et il faut des rôles explicites. Ce seuil arrive plus tôt qu'on ne le croit.\n\n**Vous négociez avec un autre groupe.** Une seule voix parle, avec une limite fixée à l'avance. Voir [[SURV-TROC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-001","titre":"Ce que le corps consomme","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alimentation","energie","nutrition","donnees"],"sources":["FAO/OMS/UNU — Human energy requirements, rapport technique","European Food Safety Authority — Dietary reference values","FAO — Protein and amino acid requirements in human nutrition"],"corps":"::Une ration se calcule, elle ne s'estime pas. L'erreur ne se voit qu'au bout de trois semaines, et elle ne se rattrape pas.::\n\n## L'énergie\n\nLe besoin énergétique se décompose en deux parties.\n\n**Le métabolisme de base** est ce que consomme un corps immobile pour se maintenir : respiration, circulation, température, renouvellement cellulaire. Il dépend surtout de la masse corporelle et représente, chez un adulte, l'essentiel de la dépense — de l'ordre de mille cinq cents à mille huit cents kilocalories par jour.\n\n**L'activité** s'ajoute par-dessus, et son effet est considérable. Une vie sédentaire ajoute peu. Un travail physique soutenu peut doubler la dépense totale. La marche avec charge, le portage, le travail du bois et le froid pèsent lourd — **le froid en particulier, parce que maintenir la température devient un poste de dépense à part entière**, ce qui explique l'insistance sur l'alimentation dans [[URG-HYPO-001]].\n\nLes valeurs de référence pour un adulte tournent autour de deux mille à deux mille cinq cents kilocalories par jour en activité modérée, et bien au-delà en effort prolongé. Ce sont des ordres de grandeur : la variation individuelle est réelle.\n\n## Les trois apports, et ce qu'ils font\n\n**Les glucides** fournissent l'énergie la plus rapidement mobilisable. Le corps en stocke une réserve limitée, épuisable en un ou deux jours d'effort. Ils apportent quatre kilocalories par gramme.\n\n**Les lipides** fournissent plus du double par gramme — environ neuf kilocalories — ce qui en fait le poste le plus dense en énergie et le plus intéressant quand le poids transporté compte. Ils sont aussi indispensables à l'absorption de plusieurs vitamines.\n\n**Les protéines** ne servent pas d'abord d'énergie : elles fournissent les acides aminés qui construisent et réparent. Le corps ne les stocke pas comme il stocke la graisse. **Un apport insuffisant prolongé fait fondre le muscle**, y compris le muscle cardiaque et respiratoire.\n\nNeuf acides aminés ne peuvent pas être fabriqués par l'organisme et doivent venir de l'alimentation. Les sources animales les contiennent tous en bonnes proportions. Les sources végétales sont individuellement déséquilibrées, mais **les céréales et les légumineuses se complètent précisément** : les manquants de l'une sont les abondants de l'autre. C'est la raison profonde pour laquelle presque toutes les cuisines traditionnelles du monde associent une céréale et une légumineuse.\n\n## Le piège des protéines seules\n\nUn apport composé presque exclusivement de viande très maigre, sans graisse ni glucides, provoque un trouble grave. L'organisme ne peut pas transformer les protéines en énergie au-delà d'un certain débit, limité par la capacité du foie à éliminer l'azote.\n\nLes symptômes — diarrhée, faiblesse, malaise — apparaissent en quelques jours, et la situation empire à mesure qu'on mange davantage de cette même viande. **C'est le seul cas documenté où manger plus aggrave la dénutrition.** Le remède est l'apport de graisse ou de glucides, en quantité même modeste.\n\nCela signifie que dans un contexte où l'on dépend du gibier maigre ou du poisson maigre, **la graisse devient la ressource critique**, avant la quantité totale.\n\n## Les carences qui arrivent en premier\n\nElles n'apparaissent pas toutes au même rythme, et connaître l'ordre permet de savoir ce qu'on peut négliger un temps.\n\n**L'eau**, en jours. Voir [[TEC-SAN-005]].\n\n**L'énergie**, en semaines. La perte de masse devient visible et la performance chute bien avant que la vie soit menacée.\n\n**La vitamine C**, en quelques semaines à quelques mois d'absence totale. Elle est nécessaire à la fabrication du collagène : sa carence produit le scorbut, qui rouvre les anciennes plaies, déchausse les dents et provoque des saignements. Elle est fragile à la chaleur, ce qui la détruit en partie à la cuisson, et elle se trouve dans les végétaux frais, y compris certaines aiguilles de conifères en infusion tiède.\n\n**Le fer et l'iode**, en mois. Fatigue, essoufflement, troubles thyroïdiens.\n\n**Les vitamines du groupe B**, en semaines à mois selon lesquelles. Une alimentation reposant sur une céréale unique, décortiquée et pauvre, expose à des carences neurologiques documentées.\n\n## Les cas particuliers\n\n**Une personne blessée ou infectée consomme davantage.** La réparation tissulaire et la fièvre augmentent nettement le besoin, au moment précis où l'appétit disparaît.\n\n**Le stockage de longue durée privilégie la densité.** Une denrée se juge en kilocalories par kilogramme et par jour de conservation, pas en volume. Les graisses, les céréales et les légumineuses sèches dominent tout le reste sur ce critère. Leur conservation relève de [[TEC-CONS-001]].\n\n**La cueillette sauvage est un appoint, pas une base.** Les végétaux sauvages apportent surtout des vitamines et des minéraux pour un rendement énergétique très faible au regard du temps de marche. Voir [[TEC-BOT-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-002","titre":"Lire un circuit électrique","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","circuit","mesure","donnees"],"sources":["IEC 60050 — Vocabulaire électrotechnique international","IEC 60364 — Installations électriques basse tension","INRS — Effets du courant électrique sur le corps humain"],"corps":"::Trois grandeurs, une relation entre elles, deux façons de brancher. Tout le reste de l'électricité en découle.::\n\n## Les trois grandeurs\n\n**La tension**, en volts, est une différence de potentiel entre deux points. Elle n'existe jamais en un seul point : parler de la tension d'un fil n'a de sens que par rapport à un autre. C'est ce qui pousse.\n\n**Le courant**, en ampères, est le débit de charges qui traverse une section. C'est ce qui circule, et c'est ce qui chauffe, travaille et blesse.\n\n**La résistance**, en ohms, est ce qui s'oppose au passage. Elle transforme une partie de l'énergie en chaleur.\n\nElles sont liées par une seule relation : **la tension est le produit du courant par la résistance.** Connaissant deux valeurs, on obtient la troisième — et cela suffit à résoudre la quasi-totalité des problèmes rencontrés.\n\nLa **puissance**, en watts, est le produit de la tension par le courant. Multipliée par une durée en heures, elle donne une énergie en wattheures, seule unité qui permette de comparer un besoin à une réserve, comme l'explique [[TEC-ENE-001]].\n\n## Série et parallèle\n\n**En série**, les éléments se suivent sur un chemin unique. Le même courant traverse tout le monde, et les tensions s'additionnent. Une rupture en un point coupe tout — c'est le principe de la guirlande d'ampoules anciennes, où une lampe grillée éteignait l'ensemble.\n\nLes résistances s'additionnent, et les tensions se répartissent proportionnellement à chacune. C'est ce qui permet d'abaisser une tension, et c'est aussi ce qui explique pourquoi une seule cellule faible dans une batterie limite l'ensemble : le courant qui la traverse est le courant de toute la chaîne.\n\n**En parallèle**, les éléments sont branchés entre les deux mêmes points. Ils reçoivent tous la même tension, et les courants s'additionnent. Une branche qui casse laisse les autres fonctionner : c'est ainsi que sont câblées toutes les installations domestiques.\n\nUne conséquence à retenir : **plus on ajoute de branches en parallèle, plus le courant total augmente**, alors que la résistance de l'ensemble diminue. C'est la cause la plus fréquente de surcharge : brancher davantage sur une même ligne ne partage pas le courant, il l'ajoute.\n\n## Ce qui chauffe et pourquoi\n\nL'échauffement d'un conducteur croît **avec le carré du courant**. Doubler le courant quadruple la chaleur produite pour une même résistance.\n\nC'est pourquoi la section des câbles compte autant. Un câble trop fin pour le courant qu'il transporte chauffe, son isolant vieillit, se fissure, puis fond. La plupart des incendies d'origine électrique viennent de là ou d'un mauvais contact.\n\n**Un mauvais contact est une résistance locale élevée traversée par tout le courant.** Une borne desserrée, une cosse oxydée, un domino mal vissé concentrent une puissance importante sur quelques millimètres. Une connexion tiède est un avertissement ; une connexion chaude est une urgence.\n\n## Continu et alternatif\n\nLe **courant continu** circule toujours dans le même sens. Il a une polarité, et l'inverser détruit l'électronique instantanément. C'est celui des batteries et des panneaux solaires.\n\nLe **courant alternatif** change de sens périodiquement. Il n'a pas de polarité au sens précédent, et surtout il se transforme facilement en une tension différente au moyen d'un transformateur — ce qui est la raison pour laquelle les réseaux de distribution l'utilisent.\n\nUne même valeur en volts ne représente pas la même chose dans les deux cas : la valeur affichée pour l'alternatif est une valeur efficace, et la tension de crête réellement atteinte est nettement supérieure.\n\n## Ce qui blesse\n\nCe n'est pas la tension, c'est **le courant qui traverse le corps**, et le trajet qu'il emprunte.\n\nLa résistance du corps humain varie énormément selon l'état de la peau : une peau sèche résiste considérablement plus qu'une peau mouillée. C'est pourquoi une tension inoffensive dans une situation devient dangereuse dans une autre — mains humides, pieds nus, sol conducteur.\n\nLe trajet décide de la gravité. Un courant qui passe d'une main à l'autre traverse la cage thoracique et le cœur. Un courant qui passe d'une main au pied du même côté suit un trajet moins critique. **D'où l'habitude, chez ceux qui travaillent sous tension, de garder une main dans le dos.**\n\nLes effets vont de la contraction musculaire qui empêche de lâcher la prise, à la fibrillation, à la brûlure profonde sur tout le trajet interne — dont l'étendue réelle n'a aucun rapport avec ce qui se voit à la peau, comme le rappelle [[URG-BRUL-001]].\n\n## Mesurer plutôt que deviner\n\nUn multimètre répond à trois questions, et elles couvrent presque toutes les pannes.\n\n**Y a-t-il une tension**, et de quel type. Mesure en parallèle, aux bornes.\n\n**Le circuit est-il continu**, c'est-à-dire le courant peut-il passer. Mesure hors tension, sur un élément isolé du reste : c'est ainsi qu'on trouve un fil coupé ou un fusible fondu.\n\n**Quelle résistance**, pour identifier un composant ou détecter une fuite. Toujours hors tension, et sur un élément déconnecté — sinon on mesure tout le circuit à la fois et le résultat n'a aucun sens.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-001","titre":"Le bois","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["bois","materiaux","construction","donnees"],"sources":["USDA Forest Products Laboratory — Wood Handbook","FCBA — Guide des essences de bois","FAO — Wood fuels handbook"],"corps":"::Le bois n'est pas une matière homogène. C'est un faisceau de tubes orientés, et tout son comportement découle de cette orientation.::\n\n## La structure\n\nUn tronc est fait de cellules allongées, orientées dans l'axe de l'arbre, qui conduisaient la sève. Cette organisation explique presque tout.\n\n**Le bois est très résistant dans le sens des fibres et faible en travers.** Il porte des charges considérables en compression axiale, se fend sans effort dans le fil, et casse net en flexion si le fil ne suit pas la pièce. C'est pourquoi une planche dont le fil sort du bord se rompt à cet endroit, et pourquoi un manche d'outil doit avoir son fil parallèle à sa longueur.\n\n**Le bois travaille avec l'humidité, et pas également dans toutes les directions.** Il ne bouge presque pas dans le sens de la longueur, un peu dans le sens des rayons, et notablement dans le sens des cernes. Ce retrait inégal est la cause de toutes les déformations : tuilage d'une planche, fentes d'un rondin qui sèche, jeu qui apparaît dans un assemblage.\n\n**Le cœur et l'{{aubier|Partie extérieure et claire du tronc, qui conduisait la sève ; tendre et peu durable.}} diffèrent.** La partie extérieure, l'aubier, contenait la sève : elle est claire, tendre et attaquée par les insectes et les champignons. Le cœur, le {{duramen|Bois de cœur, plus foncé et durable, imprégné de composés protecteurs.}}, est imprégné de composés qui le protègent : plus foncé, plus durable, c'est lui qu'on choisit pour ce qui doit durer.\n\n## Le séchage\n\nC'est l'opération qui décide de la qualité du résultat, et celle qu'on saute toujours.\n\nLe bois fraîchement coupé contient énormément d'eau. Cette eau part en deux temps : d'abord l'eau libre contenue dans les cavités, sans que le bois change de dimension ; puis l'eau liée aux parois, et **c'est à partir de ce moment que le bois retreint et se déforme**.\n\nUn séchage à l'air demande de longs mois, à raison d'un ordre de grandeur d'une année par centimètre d'épaisseur, sous abri ventilé et hors sol. Trop vite, la surface sèche et retreint pendant que le cœur est encore humide : la pièce se fend.\n\nLe bois n'atteint jamais un état sec définitif. Il s'équilibre avec l'humidité ambiante et continue de bouger avec les saisons. Toute construction en bois doit prévoir ce mouvement au lieu de le contrarier.\n\n## Tendres et durs\n\nLa distinction courante entre bois tendres et bois durs recoupe grossièrement celle entre résineux et feuillus, mais elle est trompeuse : certains feuillus sont très légers, certains résineux sont denses.\n\nCe qui compte réellement est la **densité**. Elle prédit la dureté, la résistance mécanique, le pouvoir calorifique et la difficulté de travail — presque tout, en somme.\n\nUn bois dense chauffe longtemps et donne de bonnes braises. Un bois léger prend vite et s'épuise vite : excellent pour démarrer, mauvais pour tenir. Les résineux contiennent de la résine, qui s'enflamme facilement mais encrasse les conduits et projette des escarbilles — ce qui pèse sur les choix de [[SURV-FEU-001]] et de conduit de fumée.\n\n**À masse égale, toutes les essences donnent à peu près la même énergie.** La différence tient à la densité : un stère de bois dense pèse plus lourd, donc chauffe plus longtemps, pour le même volume rangé. Ce qui change réellement l'énergie disponible, c'est l'humidité : un bois humide dépense une part importante de sa chaleur à évaporer sa propre eau.\n\n## La durabilité\n\nLe bois est attaqué par des champignons, qui ont besoin d'humidité et d'oxygène simultanément, et par des insectes.\n\nTrois conséquences directes. **Un bois maintenu sec ne pourrit pas**, et des charpentes traversent des siècles. **Un bois totalement immergé et privé d'oxygène ne pourrit pas non plus** — d'où les pilotis conservés sous l'eau. **La zone dangereuse est l'alternance**, à hauteur de sol, où l'humidité varie : c'est là que tout se dégrade, et c'est le point traité dans [[TEC-CON-001]].\n\nLes essences diffèrent fortement en durabilité naturelle, et cette résistance réside dans le duramen, jamais dans l'aubier.\n\n## Le travail\n\n**Fendre suit le fil** et demande peu d'énergie : c'est un coin, décrit dans [[TEC-MAC-001]]. **Scier coupe le fil** et demande beaucoup plus. Cette différence gouverne tout le débit manuel : on fend chaque fois qu'on peut, on scie quand on ne peut pas.\n\nLe bois vert se travaille bien plus facilement que le bois sec : il est plus tendre, se fend droit, se courbe. C'est la raison d'être des techniques traditionnelles de travail à l'état vert, où l'on façonne humide et où le séchage resserre l'assemblage.\n\nEnfin, **le bois s'assemble mieux qu'il ne se cloue**. Une entaille bien ajustée transmet les efforts par contact, sans concentrer les contraintes sur un point comme le fait un clou, qui fend en travaillant.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-005","titre":"Le tranchant","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["outils","affutage","acier","donnees"],"sources":["ASM International — Heat treating of steel","Verhoeven J., Metallurgy of Steel for Bladesmiths","US Forest Service — Axe and crosscut saw manual"],"corps":"::Un tranchant n'est pas une chose pointue. C'est la rencontre de deux surfaces planes, et sa qualité tient à la régularité de cette rencontre.::\n\n## Ce qu'est réellement un fil\n\nDeux plans qui se rejoignent forment une arête. Plus l'angle entre eux est fermé, plus l'arête pénètre facilement — et plus elle est fragile.\n\nTout l'art consiste à choisir cet angle en fonction de ce que l'outil doit couper.\n\nUn **rasoir** travaille à un angle très fermé, sur une matière molle, sans choc : il coupe admirablement et s'émousse au moindre contact dur. Un **couteau de cuisine** est légèrement plus ouvert. Un **couteau de travail** encore plus. Une **hache** est franchement ouverte, parce qu'elle percute du bois dur avec toute l'énergie d'un mouvement de bras : un fil trop fermé s'y écraserait ou s'y ébrécherait au premier coup.\n\n**Un outil mal affûté n'est pas un outil moins performant : c'est un outil dangereux.** Il exige davantage de force, glisse au lieu de mordre, et part dans une direction imprévue. La plupart des coupures graves se font avec des lames émoussées.\n\n## Ce qui se passe quand on affûte\n\nOn enlève de la matière des deux côtés jusqu'à ce que les deux plans se rejoignent réellement. Tant qu'ils ne se rejoignent pas, il reste une surface plate microscopique au sommet — c'est cette surface qui reflète la lumière et qui fait qu'un fil émoussé « brille ».\n\nQuand les deux plans finissent par se rencontrer, l'acier en excès ne disparaît pas : il se replie et forme un fil de bavure sur le côté opposé à celui qu'on travaille, le **{{morfil|Fine bavure de métal qui se replie du côté opposé quand l'affûtage atteint enfin le fil.}}**. Sa présence est le signal que l'affûtage a atteint le fil sur toute la longueur. Il se sent en passant la pulpe du doigt perpendiculairement à l'arête, jamais dans le sens de la coupe.\n\nLe morfil se retire ensuite en alternant des passes très légères de chaque côté, puis en polissant. **Un morfil laissé en place donne un tranchant qui semble excellent et qui s'effondre au premier usage** : il se replie et arrache l'arête avec lui.\n\n## La progression des abrasifs\n\nUn abrasif grossier enlève de la matière vite et laisse des rayures profondes. Un abrasif fin enlève peu et polit.\n\nLa règle est simple et souvent violée : **on ne passe à l'abrasif suivant que lorsque le précédent a fait tout son travail sur toute la longueur.** Commencer trop fin double le temps sans améliorer le résultat ; sauter des étapes laisse des rayures profondes qui affaiblissent l'arête.\n\nL'ordre habituel va de la lime ou de la pierre grossière pour reformer un profil abîmé, à la pierre moyenne pour établir le fil, puis à la pierre fine pour l'affiner, et enfin au cuir pour polir et redresser.\n\nLe **cuir** ne coupe pas : il aligne. Il redresse les micro-ondulations de l'arête, qui se replient à l'usage. C'est pourquoi passer une lame sur un cuir régulièrement restaure le tranchant sans jamais enlever de matière — et c'est le geste le plus rentable de tout l'entretien.\n\n## Le rôle de l'acier\n\nDeux propriétés s'opposent et tout choix est un compromis.\n\nLa **dureté** permet de tenir un fil fin longtemps. La **ténacité** permet d'encaisser un choc sans casser.\n\nUn acier très dur garde son tranchant et s'ébrèche. Un acier plus tendre s'émousse vite mais se rattrape en quelques passes et ne casse pas. C'est pourquoi une hache et un rasoir ne sont pas faits du même acier ni traités de la même façon.\n\nLe traitement thermique décide de tout : chauffer puis refroidir brutalement durcit l'acier mais le rend cassant ; le réchauffer ensuite modérément lui rend de la ténacité en lui retirant un peu de dureté. Un acier récupéré et affûté sans connaître son traitement donnera un résultat imprévisible — c'est la principale difficulté de la récupération, traitée dans [[SURV-REC-002]].\n\n## Reconnaître un outil récupérable\n\nUn fil émoussé se refait en quelques minutes. Un fil ébréché demande de reprendre le profil sur plusieurs millimètres. Un fil tordu se redresse. **Une lame fissurée ne se répare pas** : la fissure se propage sous la contrainte.\n\nLa corrosion superficielle disparaît au grattage ; une corrosion qui a mangé l'épaisseur au niveau du fil condamne la zone. Voir [[TEC-COR-001]].\n\n## Ce que l'affûtage change ailleurs\n\nUn outil coupant net produit une coupe franche qui cicatrise mieux sur un végétal, casse moins de fibres sur une corde, et demande moins d'effort — donc moins de fatigue et moins d'erreurs. La lime mérite une place particulière dans un équipement : **c'est le seul outil qui régénère tous les autres**, et elle ne dépend d'aucune énergie extérieure.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-004","titre":"Hygiène et transmission des maladies","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sante","hygiene","epidemie","donnees"],"sources":["OMS — Water, sanitation and hygiene, evidence base","OMS — Guidelines on hand hygiene in health care","Centres for Disease Control — Global WASH fast facts"],"corps":"::Dans tout regroupement humain, ce n'est pas la faim qui tue en premier. C'est ce qui circule entre les mains et la bouche.::\n\n## Les quatre voies de transmission\n\nToute mesure d'hygiène coupe une voie précise. Savoir laquelle permet de choisir l'effort utile plutôt que de tout faire à moitié.\n\n**La voie féco-orale.** Un micro-organisme quitte un intestin et entre dans un autre. Le trajet passe par les mains, l'eau, la nourriture, les mouches ou les surfaces. C'est la voie des diarrhées, du choléra, de la typhoïde, de l'hépatite A. **En situation dégradée, c'est de très loin la première cause de maladie et de décès.**\n\n**La voie respiratoire.** Gouttelettes émises en parlant, toussant, éternuant, et particules plus fines qui restent en suspension. C'est la voie des infections respiratoires, de la tuberculose, de la grippe. La densité et le confinement la favorisent.\n\n**La voie cutanée.** Contact direct, plaie, morsure, piqûre. Voir [[TEC-SAN-001]].\n\n**La voie vectorielle.** Un insecte transporte l'agent d'un hôte à l'autre. Moustiques, poux, tiques, puces.\n\n## Ce qui a le plus d'effet, mesuré\n\nLes données issues des programmes internationaux d'eau et d'assainissement donnent une hiérarchie claire, et elle surprend souvent.\n\n**Séparer les excreta de l'eau et des mains vient en premier.** C'est l'intervention la plus efficace qui existe, avant même le traitement de l'eau. Un point d'aisance correctement placé et utilisé réduit la charge de maladie d'un ordre de grandeur.\n\n**Le lavage des mains au savon vient juste après**, et son effet sur les diarrhées et les infections respiratoires est considérable pour un coût presque nul. Les moments qui comptent sont peu nombreux : après le point d'aisance, après avoir changé un enfant, avant de préparer la nourriture, avant de manger, avant de soigner une plaie.\n\n**Le traitement de l'eau vient ensuite**, et son effet, bien réel, est amoindri si les deux premiers points ne sont pas tenus : une eau parfaitement traitée reversée dans un contenant sale ou bue avec des mains sales ne protège plus. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n## Pourquoi le savon fonctionne\n\nCe n'est pas un désinfectant. Une molécule de savon possède une extrémité qui aime l'eau et une extrémité qui aime les graisses. Elle s'insère dans les corps gras, les fragmente en fines gouttelettes que l'eau peut emporter — et de nombreux virus possèdent une enveloppe faite de lipides, que le savon désorganise directement.\n\nDeux conséquences pratiques. **La durée et le frottement comptent plus que la quantité de savon**, parce que l'essentiel du travail est mécanique. Et **le rinçage fait partie du geste** : le savon décroche, l'eau emporte. Se savonner sans rincer correctement ne sert presque à rien.\n\nSans savon, la cendre de bois fine ou l'argile utilisées comme abrasif avec beaucoup d'eau donnent des résultats nettement supérieurs à l'eau seule. Sa fabrication est décrite dans [[TEC-CHI-002]].\n\n## L'organisation d'un lieu de vie\n\nTrois règles suffisent à couvrir l'essentiel, et elles sont géographiques avant d'être comportementales.\n\n**Le point d'aisance se place en aval et à distance du point d'eau**, jamais au-dessus ni à proximité, et jamais dans une zone où le ruissellement le rejoint après la pluie. La distance et la pente comptent plus que la profondeur — les dispositifs sont détaillés dans [[TEC-CON-006]].\n\n**Les circuits ne se croisent pas.** L'eau propre, la nourriture, les déchets et les excreta suivent des chemins séparés, avec des contenants qui ne servent jamais aux deux.\n\n**Les déchets alimentaires s'éloignent ou s'enterrent.** Ils attirent les rongeurs et les insectes, qui referment la boucle vectorielle — et les grands animaux, ce qui relève d'un autre problème.\n\n## Les signaux d'une épidémie qui démarre\n\nPlusieurs personnes présentant les mêmes symptômes dans un intervalle court, une diarrhée qui touche successivement les occupants d'un même lieu, une fièvre qui circule. Voir [[TEC-SAN-002]].\n\nLa réaction utile est peu spectaculaire : isoler ce qui peut l'être, renforcer les points d'eau et de lavage, séparer les contenants, et **ne pas attendre d'identifier l'agent** — les mesures qui coupent les voies de transmission sont les mêmes pour la plupart des germes, et elles fonctionnent sans diagnostic.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-005","titre":"Déshydratation","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sante","eau","physiologie","donnees"],"sources":["OMS — Oral rehydration salts, composition and use","OMS — The treatment of diarrhoea, a manual for physicians","European Food Safety Authority — Dietary reference values for water"],"corps":"::L'eau perdue ne se remplace pas par l'eau seule. C'est le sel qui décide de savoir si elle reste dans le corps.::\n\n## Les chiffres de base\n\nUn adulte contient environ soixante pour cent de son poids en eau. Un enfant davantage, une personne âgée moins, ce qui explique une partie de leur vulnérabilité respective.\n\nLes pertes quotidiennes au repos, en climat tempéré, se répartissent entre l'urine, la respiration, la transpiration insensible et les selles. Elles totalisent environ deux à deux litres et demi pour un adulte. L'alimentation en fournit une part non négligeable : un régime ordinaire apporte plusieurs centaines de millilitres par jour rien que par les aliments.\n\nCes valeurs explosent dans trois situations : l'effort, la chaleur, et la diarrhée. Un travail soutenu par forte chaleur peut faire perdre plus d'un litre de sueur par heure, et cette perte ne se ressent pas en proportion — la soif apparaît en retard sur le déficit réel.\n\n## Ce qui rend la déshydratation dangereuse\n\nCe n'est pas la sensation de soif, c'est la chute du volume sanguin circulant.\n\nQuand le volume baisse, le cœur accélère pour maintenir la pression, les vaisseaux périphériques se ferment, et le rein réduit drastiquement la production d'urine pour économiser. Ces compensations fonctionnent bien, longtemps, puis cèdent d'un coup. **La dégradation n'est pas linéaire : elle est stable puis brutale.**\n\nLes repères observables, par ordre d'apparition : soif, urines rares et foncées, bouche sèche, fatigue, maux de tête. Puis pouls rapide, peau qui garde le pli quand on la pince, extrémités froides, vertige au lever. Enfin confusion, somnolence, absence totale d'urine.\n\n**Deux indicateurs valent tous les autres et ne demandent aucun matériel : le volume des urines et l'état de conscience.** Une personne qui urine régulièrement et répond normalement va globalement bien, quel que soit ce qu'elle ressent.\n\n## Pourquoi le sel est indispensable\n\nC'est le point que presque tout le monde ignore, et il change le résultat.\n\nL'eau traverse les parois intestinales par osmose, en suivant les sels. De l'eau pure bue en grande quantité après des pertes importantes est en partie évacuée par le rein au lieu d'être retenue, et elle dilue les sels restants — ce qui peut provoquer une hyponatrémie, dangereuse en soi.\n\nLa découverte majeure de la médecine du vingtième siècle en la matière tient en une phrase : **le glucose et le sodium sont absorbés ensemble par un même transporteur intestinal, et l'eau suit.** C'est pourquoi une solution contenant à la fois du sucre et du sel est absorbée bien plus efficacement que de l'eau seule, et pourquoi cette découverte, très simple, a sauvé des millions de vies dans le traitement des diarrhées.\n\nLa composition de référence de l'OMS pour une solution de réhydratation orale associe du chlorure de sodium, du glucose, du chlorure de potassium et un citrate, dans des proportions précises et faiblement concentrées. Les sachets préparés sont peu coûteux, se conservent longtemps et pèsent presque rien : c'est l'un des meilleurs rapports poids-utilité d'une trousse.\n\n**Une règle vaut la peine d'être retenue : trop concentré est pire que rien.** Une solution trop salée ou trop sucrée tire l'eau du corps vers l'intestin au lieu de l'inverse, et aggrave la diarrhée. Dans le doute, on dilue.\n\n## Le rythme d'absorption\n\nL'estomac ne vide qu'une quantité limitée de liquide par unité de temps. Boire un litre d'un coup ne réhydrate pas plus vite : cela provoque une sensation de plénitude, parfois des vomissements, et une grande partie ressort.\n\n**Le fractionnement est la clé.** De petites quantités très rapprochées, y compris à la cuillère chez une personne qui vomit, font passer des volumes considérables sur une heure. C'est lent, c'est fastidieux, et c'est ce qui fonctionne.\n\n## Les cas particuliers\n\n**L'enfant en bas âge** se déshydrate beaucoup plus vite : sa surface corporelle est proportionnellement plus grande et ses réserves plus faibles. Quelques heures de diarrhée suffisent.\n\n**La personne âgée** ressent moins la soif et concentre moins bien ses urines. Elle peut se déshydrater sans jamais réclamer à boire, notamment pendant une canicule — c'est le mécanisme central décrit dans [[URG-CHAL-001]].\n\n**La fièvre** augmente les pertes de manière notable à chaque degré au-dessus de la normale, par la respiration et la transpiration. Voir [[TEC-SAN-002]].\n\n**L'eau disponible est douteuse.** Elle se traite avant d'être bue : une réhydratation faite avec une eau contaminée aggrave la diarrhée qu'elle prétend corriger. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n**L'alcool et les boissons très sucrées** augmentent les pertes, le premier en inhibant une hormone de rétention rénale, les secondes par appel osmotique intestinal.","langue":"fr"},{"id":"URG-INC-001","titre":"Incendie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","feu","fumee","evacuation"],"sources":["National Fire Protection Association — fire safety data","Sapeurs-pompiers de France — conduite à tenir en cas d'incendie","UK Fire Service — smoke inhalation and evacuation guidance"],"corps":"::Les flammes ne sont pas ce qui tue. La fumée arrive avant, monte, et fait perdre connaissance en quelques respirations.::\n\n## AGIR\n\n1. **Sortez. Immédiatement.** Ne rassemblez rien, ne cherchez pas d'objet. Le temps disponible dans un local en feu se compte en secondes, pas en minutes.\n2. **Baissez-vous.** L'air respirable et la visibilité se trouvent près du sol. Progressez à quatre pattes, une main au mur pour garder la direction.\n3. **Fermez chaque porte derrière vous.** Une porte fermée retarde la propagation de plusieurs minutes et bloque une grande partie de la fumée. C'est le geste le plus rentable de toute cette fiche.\n4. **Alertez** une fois dehors, jamais avant de sortir.\n5. **Ne remontez sous aucun prétexte.**\n\n**Si vous ne pouvez pas sortir :**\n\n- **Fermez-vous dans une pièce**, de préférence avec une fenêtre et un point d'eau.\n- **Bouchez le bas de la porte** avec des textiles, mouillés si possible.\n- **Signalez-vous à la fenêtre**, sans sauter. Un tissu agité se voit de loin.\n- **Ne cassez la fenêtre que si la fumée entre par la pièce** : une fenêtre ouverte crée un appel d'air qui peut accélérer le feu.\n\n**Si vos vêtements prennent feu :** arrêtez-vous, jetez-vous au sol, roulez. Courir alimente les flammes.\n\n**Ne combattez un départ de feu que s'il est plus petit que vous**, que vous avez une issue derrière vous, et que vous savez ce qui brûle. Dans le doute, sortez. Le bon geste avec un extincteur : [[URG-INC-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un feu de friture ou d'huile.** N'y jetez jamais d'eau : elle se vaporise instantanément et projette l'huile enflammée. Coupez la source de chaleur et étouffez avec un couvercle ou un linge épais mouillé essoré.\n\n**C'est un feu électrique.** Coupez le courant avant tout. L'eau conduit l'électricité, voir [[URG-RES-001]] pour la coupure.\n\n**C'est un feu de cheminée ou de conduit.** Ne l'alimentez plus, fermez les arrivées d'air, et éloignez ce qui touche le conduit dans les autres pièces. La chaleur traverse les murs et met le feu à l'étage.\n\n**Vous êtes en extérieur, végétation en feu.** Le feu remonte les pentes beaucoup plus vite qu'il ne descend, et suit le vent. Fuyez perpendiculairement au vent et vers le bas, pas devant le front. Une zone déjà brûlée est le refuge le plus sûr disponible.\n\n**Vous avez respiré de la fumée.** Sortez à l'air libre et restez sous surveillance plusieurs heures : une atteinte respiratoire peut se manifester avec retard. Suie autour des narines, voix rauque, toux persistante sont des signes. Voir [[URG-INCO-001]] si la conscience se trouble.\n\n**Il y a des brûlures.** Refroidissez à l'eau tempérée vingt minutes, puis voir [[URG-BRUL-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn incendie en espace clos suit une progression brutale. Après une phase de démarrage lente, la chaleur accumulée porte l'ensemble des matériaux de la pièce à leur température d'inflammation, et **tout s'enflamme d'un coup**, en quelques secondes. Ce basculement survient souvent en quelques minutes seulement après le début du feu. Après lui, la pièce n'est plus survivable.\n\nC'est pour cela que la seule stratégie valable est l'évacuation immédiate, et pourquoi le temps qu'on croit avoir n'existe pas.\n\n**Ce qui tue, dans l'ordre.** La fumée d'abord, et de très loin : elle contient du monoxyde de carbone, qui se fixe sur l'hémoglobine bien plus fortement que l'oxygène et prive les organes en quelques respirations, sans odeur ni signal. Elle contient aussi des composés irritants qui provoquent un gonflement des voies respiratoires. La chaleur ensuite, qui brûle les voies aériennes bien avant de brûler la peau. Les flammes en dernier.\n\nCela explique la position basse : les fumées chaudes montent et forment une couche sous le plafond qui descend progressivement. Les trente à cinquante centimètres au ras du sol restent respirables bien plus longtemps.\n\nCela explique aussi la porte fermée. Un feu a besoin d'air ; une porte fermée limite l'apport d'oxygène, ralentit la combustion et retient les fumées. Une porte pleine résiste plusieurs minutes, ce qui est exactement l'ordre de grandeur d'une évacuation.\n\nDernier point, souvent décisif. **Un détecteur de fumée vous réveille.** La majorité des décès par incendie domestique survient la nuit, chez des personnes qui dormaient : le sommeil supprime l'odorat, et la fumée endort avant de réveiller. C'est l'équipement au meilleur rapport coût-vies de tout l'habitat.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-001","titre":"Examiner une victime","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","bilan","methode"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Basic Life Support","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, patient assessment"],"corps":"::On ne soigne bien que ce qu'on a vu. Et on ne voit que ce qu'on cherche dans l'ordre.::\n\n## AGIR\n\n**Avant de toucher : regardez la scène.** Ce qui a blessé une personne peut vous blesser aussi. Chute de pierres, câble à terre, fumée, véhicule instable, animal. Un secouriste blessé fait deux victimes et plus aucun sauveteur.\n\n**Puis, dans cet ordre. Ne sautez jamais une étape pour aller voir la blessure la plus spectaculaire.**\n\n1. **Conscience.** Parlez fort, secouez doucement les épaules. Pas de réponse : voir [[URG-INCO-001]] immédiatement.\n2. **Respiration.** Tête basculée en arrière, menton relevé. Regardez la poitrine, écoutez, sentez, dix secondes. Absente ou anormale : compressions thoraciques sans délai.\n3. **Hémorragie.** Passez les mains sur tout le corps, y compris sous le dos et sous les vêtements sombres. Le sang ne se voit pas sur du tissu foncé, il se sent. Une hémorragie trouvée se comprime avant de continuer : voir [[URG-HEMO-001]].\n4. **Température.** Peau brûlante et conscience troublée : [[URG-CHAL-001]]. Peau froide, frissons ou absence de frissons : [[URG-HYPO-001]]. Dans les deux cas, c'est déjà une urgence.\n\n**Ensuite seulement, l'examen complet**, de la tête aux pieds, sur une personne stable. Les repères anatomiques utiles sont dans [[TEC-SAN-003]].\n\n5. **La tête.** Palpez le crâne, cherchez du sang dans les cheveux, regardez les pupilles, demandez si la vue est normale. Écoulement par l'oreille ou le nez : traumatisme grave.\n6. **Le cou et le dos.** Demandez s'il y a une douleur avant de mobiliser. Fourmillements, faiblesse ou perte de sensibilité dans un membre : ne bougez plus rien.\n7. **Le thorax.** Les deux côtés se soulèvent-ils ensemble ? Douleur à la respiration, difficulté à parler d'une traite.\n8. **L'abdomen.** Palpez les quatre quadrants. Un ventre dur comme une planche est un signe grave.\n**Selon ce que vous trouvez**, reportez-vous à [[URG-SEC-003]] pour une intoxication, [[URG-SEC-004]] pour un choc à la tête, [[URG-SEC-005]] pour une douleur thoracique.\n\n9. **Le bassin et les membres.** Déformation, gonflement, douleur à un point précis. Voir [[URG-FRAC-001]].\n10. **Les extrémités.** À chaque membre blessé : la peau est-elle chaude et colorée, la personne sent-elle vos doigts, peut-elle bouger les orteils ? **Notez la réponse, elle servira de comparaison plus tard.**\n\n**Interrogez, si la personne parle.** Que s'est-il passé, où avez-vous mal, depuis quand, avez-vous une maladie connue, prenez-vous un traitement, avez-vous mangé récemment, êtes-vous allergique à quelque chose.\n\n**Notez par écrit.** L'heure, ce que vous avez trouvé, ce que vous avez fait. Sur plusieurs heures, c'est l'évolution qui renseigne, et la mémoire déforme la chronologie.\n\n## ADAPTER\n\n**Il y a plusieurs blessés.** Faites un premier passage très rapide sur tout le monde avant de soigner qui que ce soit : conscience, respiration, hémorragie. Celui qui crie respire et n'est pas le plus urgent. **Le silencieux passe avant le bruyant.**\n\n**Vous êtes seul avec un blessé grave.** Les gestes qui tiennent sans vous — compression maintenue par un bandage, position stable, couverture — vous libèrent pour aller chercher de l'aide ou signaler. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n**La personne refuse d'être examinée.** Une personne consciente a le droit de refuser. Restez, observez, proposez à nouveau. Un refus qui devient une confusion est un signe médical en soi.\n\n**C'est un enfant.** L'examen est le même. Le comportement renseigne davantage que les mots : un enfant qui joue et réagit rassure ; un enfant inhabituellement calme, difficile à réveiller ou qui refuse de boire est une urgence.\n\n**Vous ne trouvez rien d'anormal.** Refaites le bilan vingt minutes plus tard. Beaucoup de lésions internes ne se manifestent qu'après un délai, et c'est la comparaison entre deux examens qui les révèle.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'ordre n'est pas une convention pédagogique : il suit la vitesse à laquelle chaque défaillance tue.\n\nSans **air**, le cerveau souffre en quelques minutes. Sans **circulation**, dans le même délai. Une **hémorragie** massive vide un corps en quelques minutes également. Une **hypothermie** ou un **coup de chaleur** tuent en dizaines de minutes. Une **fracture** attend des heures sans dommage supplémentaire.\n\nTraiter dans un autre ordre revient à soigner ce qui pouvait attendre pendant que le reste s'effondre. C'est l'erreur la plus fréquente des sauveteurs non formés, et elle est parfaitement compréhensible : une plaie ouverte attire l'œil, une respiration absente ne fait aucun bruit.\n\nDeuxième principe : **un bilan est une photographie, une surveillance est un film.** Un seul examen ne dit pas si la personne s'améliore ou se dégrade. C'est la répétition qui a une valeur diagnostique, et c'est pourquoi on note l'heure.\n\nTroisième principe, contre-intuitif : **le blessé qui parle beaucoup vous rassure à tort.** La parole prouve que l'air passe et que le cerveau est irrigué, ce qui est excellent — mais elle ne dit rien d'une hémorragie interne en cours. Une personne peut discuter normalement puis s'effondrer d'un coup lorsque les mécanismes de compensation lâchent. Chez les jeunes adultes en bonne santé, cette compensation est très efficace et masque longtemps la gravité.","langue":"fr"},{"id":"URG-EFF-001","titre":"Quand le système s'arrête","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","rupture","eau","methode","organisation"],"sources":["Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge — Public awareness and public education for disaster risk reduction","Sécurité civile — Se préparer aux situations d'urgence","OMS — Minimum water quantity needed for domestic use in emergencies"],"corps":"::Aucun protocole ne couvre toutes les ruptures. Mais les premières heures se ressemblent presque toujours, et elles décident du reste.::\n\nUne coupure longue, une eau qui s'arrête, une tempête, un accident industriel, un réseau qui tombe : les causes diffèrent, les premiers gestes non. Ce qui suit est cette part commune. Le reste dépend de ce qui se passe réellement et se décide ensuite.\n\n**Rien de ce qui suit ne demande de courir.** Ce sont des gestes ordinaires, faits tôt.\n\n## AGIR\n\n**1. Remplissez tout ce qui contient de l'eau.** C'est le seul geste qui devient impossible si vous attendez. Un réseau garde de la pression un moment après une coupure, puis n'en a plus. Baignoire, seaux, bouteilles, casseroles, bidons, sacs plastiques doublés. Ne triez pas, remplissez : vous trierez après. Fermez ensuite l'arrivée générale pour conserver ce qui reste dans les canalisations et le ballon. Le traitement se fera au moment de boire, pas maintenant : voir [[URG-EAU-001]].\n\n**2. Écoutez.** Radio à piles, autoradio, poste d'un voisin. Cherchez la nature de l'événement, son étendue, sa durée annoncée. Trois minutes d'information changent toutes les décisions qui suivent : on ne se prépare pas de la même façon à six heures et à six semaines. Sans récepteur, voir [[TEC-RAD-001]].\n\n**3. Faites l'inventaire par écrit.** Eau, nourriture, énergie, soins, moyens de chauffe, argent liquide. En quantités réelles, sur papier. Un inventaire écrit remplace une inquiétude par un chiffre, et un chiffre se raisonne.\n\n**4. Tenez le froid et le chaud.** N'ouvrez plus réfrigérateur ni congélateur : fermés, ils tiennent bien plus longtemps qu'on ne le croit. Mangez d'abord ce qui périt le plus vite. En saison froide, réduisez le volume à chauffer à une seule pièce et calfeutrez le reste — voir [[SURV-ABRI-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n\n**5. Comptez les gens.** Qui est là, qui manque, qui suit un traitement, qui est seul à proximité. Passez voir les voisins âgés ou isolés. C'est utile pour eux, et c'est ce qui vous donne un réseau plutôt qu'un voisinage.\n\n**6. Chargez ce qui se charge**, tant que le courant est là ou tant que la batterie d'un véhicule le permet. Lampes, téléphones, radios.\n\n**7. Décidez : rester ou partir.** Rester est le bon choix par défaut, sauf danger direct sur le lieu — feu, montée d'eau, effondrement, air irrespirable. Partir sans destination, sans itinéraire et sans eau transforme un problème gérable en errance.\n\n**Ce qu'il ne faut pas faire.** Vider un magasin dans la précipitation. Prendre la route sans savoir où. Appeler les secours pour s'informer plutôt que pour signaler une urgence vitale. Et surtout : faire fonctionner un moteur thermique, un groupe électrogène ou un brasero à l'intérieur, dans un garage ou sous un auvent fermé — c'est la première cause de décès évitable lors des coupures longues, et elle tue sans odeur ni signal. Voir [[URG-INC-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une coupure d'électricité seule.** L'eau reste disponible un temps, mais les stations de pompage fonctionnent à l'électricité : remplissez quand même.\n\n**C'est l'eau qui s'arrête ou devient douteuse.** Ce que vous avez rempli devient votre réserve. Rationnez tout de suite plutôt qu'après. L'OMS retient comme minimum vital de l'ordre de quelques litres par personne et par jour pour la boisson et la cuisine, davantage par forte chaleur — davantage encore pour l'hygiène, qui n'est pas un confort mais une protection, voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-SAN-005]].\n\n**C'est bref et localisé.** La plupart le sont. La bonne réponse est modeste : sécuriser, attendre, aider les voisins. Surdimensionner sa réaction à un incident de deux jours coûte des ressources et de la crédibilité.\n\n**Ça dure au-delà de quelques jours.** Trois choses passent au premier plan : l'hygiène, parce que c'est elle qui produit les épidémies dans les regroupements ; l'organisation, parce qu'un groupe sans règles se défait en une semaine, voir [[SURV-SOC-001]] ; et le moral, qui tient à la routine bien plus qu'aux réserves.\n\n**Vous êtes seul.** L'isolement est le facteur aggravant principal. Faites-vous connaître d'au moins une personne à proximité et convenez d'un signe montrant que tout va bien. Cela ne coûte rien et cela sauve des gens tous les hivers.\n\n**Vous devez évacuer.** Dans l'ordre : eau, papiers, traitements, lampe, couverture, argent liquide, chaussures. Laissez un mot indiquant où vous allez, quand, avec qui, et signalez-vous si nécessaire — voir [[SIG-COM-001]]. À pied, voir [[SURV-DEP-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi les premières heures comptent autant\n\nUn réseau technique ne s'arrête pas net : il se dégrade. L'eau garde une pression résiduelle, le réseau téléphonique tient sur batteries de secours, les commerces ont un stock, les routes restent praticables. **Cette fenêtre est courte et elle se referme progressivement.** Les gestes qui coûtent dix minutes maintenant deviennent impossibles ensuite.\n\nC'est la seule raison pour laquelle cette fiche est classée en urgence : non parce que le danger est immédiat, mais parce que l'occasion l'est.\n\n### Pourquoi le protocole est presque toujours le même\n\nQuelle que soit la cause, les besoins humains ne changent pas et s'ordonnent toujours pareil : **respirer, boire, ne pas geler ni cuire, se soigner, manger, s'organiser**. Les délais diffèrent, l'ordre non.\n\nIl est donc inutile de mémoriser un protocole par type d'événement. Un seul suffit, et l'adaptation se fait ensuite sur la fiche propre à l'événement : [[URG-INC-001]], [[URG-INO-001]], [[URG-TEM-001]].\n\n### La panique n'est pas ce qu'on croit\n\nLes travaux sur les comportements collectifs en catastrophe montrent l'inverse de l'image populaire. La panique généralisée est rare. Le comportement dominant est **l'attentisme** : on cherche une explication rassurante, on attend de voir, on regarde ce que font les autres. Le temps perdu avant de réagir dépasse souvent le temps de la réaction elle-même — c'est le mécanisme décrit dans [[SURV-PSY-002]]. L'entraide entre voisins est également la règle plutôt que l'exception, et elle apparaît bien avant les secours organisés.\n\nCe qu'il faut en retenir est plutôt rassurant, et opérationnel. **Le risque n'est pas que les autres deviennent dangereux : c'est que tout le monde, vous compris, attende trop longtemps avant d'admettre que la situation a changé.** Agir tôt et calmement n'est pas de l'alarmisme, c'est ce qui évite d'avoir à agir tard et mal.\n\n### Ce que cette fiche ne fait pas\n\nElle ne couvre pas tous les cas. Un séisme, une fuite chimique et une épidémie appellent des premiers gestes différents, parfois opposés — se confiner ou évacuer, par exemple. Ce qu'elle donne est le socle commun : ce que vous ferez de toute façon, et que vous pouvez commencer avant même de comprendre ce qui se passe.","langue":"fr"},{"id":"TEC-RAD-001","titre":"Construire un récepteur radio","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["radio","electricite","communication","recuperation"],"sources":["ARRL — The Radio Amateur's Handbook, récepteurs à détection","Terman F. E., Radio Engineers' Handbook","US Army Signal Corps — field expedient receivers, documentation historique"],"corps":"::Un récepteur qui ne demande aucune source d'énergie est possible. Il tire toute sa puissance de l'onde elle-même.::\n\n## Ce qu'une onde transporte\n\nUn émetteur fait osciller un courant dans une antenne, ce qui rayonne une onde. Cette onde fait osciller un courant, infiniment plus faible, dans toute autre antenne qu'elle rencontre.\n\nLe problème n'est donc jamais de capter : **toutes les stations arrivent en même temps sur votre fil**. Le problème est d'en isoler une et d'en extraire le son.\n\nUne onde seule ne porte rien. On lui fait porter un signal en faisant varier son amplitude au rythme du son : c'est la **modulation d'amplitude**, celle des ondes moyennes et des grandes ondes. C'est la seule que l'on puisse démoduler sans électronique active, et c'est ce qui rend ce montage possible.\n\nUn récepteur à détection comporte quatre parties, pas une de plus : une **antenne** qui capte, un **circuit accordé** qui sélectionne, un **détecteur** qui extrait le son, un **écouteur** qui le restitue.\n\n## Le circuit accordé\n\nUne bobine associée à un condensateur résonne à une fréquence précise, comme un diapason sur une note. À cette fréquence la réponse est maximale, ailleurs elle s'effondre. C'est ce qui sépare les stations.\n\nPlus la bobine ou le condensateur sont grands, plus la fréquence reçue est basse.\n\n**La bobine** s'obtient en enroulant du fil de cuivre isolé, jointif et régulier, sur un cylindre isolant : tube de carton, bouteille, manche de bois. De l'ordre de cent tours sur un diamètre de cinq à sept centimètres couvre les ondes moyennes. Le fil émaillé se récupère dans tout transformateur, moteur, relais ou haut-parleur.\n\n**L'accord** se règle de deux façons. Un condensateur variable pris sur un vieux poste est l'idéal. À défaut, on gratte l'émail sur une bande le long de la bobine et l'on fait glisser un contact le long des spires : on change le nombre de tours actifs, donc la fréquence. C'est plus grossier et cela fonctionne.\n\n**Un condensateur se fabrique** : deux surfaces conductrices séparées par un isolant. Deux feuilles d'aluminium enroulées avec du papier entre elles ; ou deux tubes recouverts d'aluminium et emboîtés coulissants, ce qui donne une valeur variable.\n\n## Le détecteur, la pièce décisive\n\nUn signal modulé en amplitude oscille symétriquement autour de zéro : sa moyenne est nulle, et un écouteur n'en tirerait rien. Il faut ne garder qu'une moitié de l'oscillation, ce qui fait apparaître l'enveloppe, c'est-à-dire le son. Il faut donc un composant qui laisse passer le courant dans un seul sens.\n\n**Une diode au germanium** est le meilleur choix : elle conduit dès une très faible tension, ce qui compte quand le signal est minuscule. Elle se récupère sur d'anciens appareils. Une diode au silicium fonctionne mais exige un signal plus fort, donc une meilleure antenne.\n\n**Sans diode, un contact ponctuel suffit.** C'est le principe historique du poste à galène : une pointe métallique posée sur un cristal semi-conducteur conduit mieux dans un sens que dans l'autre. Les montages de campagne utilisaient une lame d'acier bleui, oxydée, et une mine de crayon taillée en pointe appuyée dessus par un ressort souple. On déplace la pointe jusqu'à trouver le point sensible, et il faut le rechercher après chaque choc.\n\nLe contact doit rester **léger et exploratoire**. Trop appuyé, il conduit dans les deux sens et le son disparaît.\n\n## L'écouteur\n\nC'est le point qui fait échouer la plupart des tentatives. La puissance disponible est infime : un haut-parleur ordinaire, de basse impédance, ne produira rien.\n\nIl faut un **écouteur à haute impédance** — écouteur piézoélectrique, ou écouteur magnétique ancien. Ils se récupèrent sur d'anciens téléphones, appareils auditifs, appareils de mesure. À défaut, un écouteur ordinaire branché à travers un petit transformateur d'adaptation — bobine de relais, transformateur de récupération — améliore beaucoup les choses.\n\n## L'antenne et la terre\n\nC'est ici que la réception se gagne ou se perd, bien plus que dans le reste du montage.\n\n**L'antenne** doit être longue et haute : un fil isolé de dix à trente mètres, tendu le plus haut possible, à l'écart des murs et des masses métalliques. La longueur compte, la hauteur davantage.\n\n**La terre est indispensable et systématiquement négligée.** Le circuit doit se refermer. Un piquet métallique enfoncé dans un sol humide, une canalisation d'eau métallique, un radiateur relié à la terre. Sans terre correcte, un récepteur à détection ne fonctionne pratiquement pas.\n\nUne règle sans exception : **on n'installe jamais une antenne au-dessus, en travers ou près d'une ligne électrique**, et on ne la laisse pas en place par temps d'orage. Un long fil élevé capte aussi les décharges atmosphériques.\n\n## Le montage et le réglage\n\nL'antenne arrive à une extrémité de la bobine, l'autre extrémité va à la terre. Le condensateur d'accord se place aux bornes de la bobine. Le détecteur prélève le signal sur la bobine et l'envoie à l'écouteur, dont l'autre borne rejoint la terre. Un petit condensateur en parallèle sur l'écouteur lisse le résultat et améliore nettement le son.\n\nLe réglage se fait dans cet ordre : établir une bonne terre, tendre la plus longue antenne possible, chercher le point sensible du détecteur, puis seulement balayer l'accord lentement.\n\n## Ce que ce récepteur peut et ne peut pas\n\nIl reçoit les émissions en modulation d'amplitude, ondes moyennes et grandes ondes. Elles portent très loin, particulièrement la nuit, et couvrent d'immenses territoires depuis peu d'émetteurs. C'est le type de diffusion retenu pour l'information de sécurité, et c'est ce qui rend ce montage utile plutôt que pittoresque — voir [[URG-EFF-001]].\n\nIl ne reçoit pas la modulation de fréquence ni les émissions numériques : leur démodulation demande une électronique active, donc une alimentation.\n\nIl ne transmet rien. Recevoir est passif, silencieux et discret ; émettre demande de l'énergie, une antenne accordée, et occupe des fréquences dont d'autres ont besoin. Dans une situation dégradée, le rôle premier d'un poste est d'écouter — voir [[SIG-COM-001]].\n\n## Améliorer un poste existant\n\nSi vous avez un récepteur à piles, trois gestes valent mieux qu'un montage complet. Rallonger l'antenne, en reliant un long fil à l'antenne télescopique ou en l'enroulant autour. Relier le poste à une bonne terre. Et l'éloigner des structures métalliques et des appareils électroniques, qui produisent un bruit électrique important.\n\nUn poste consomme très peu et s'alimente depuis n'importe quelle source continue à la bonne tension : le calcul est dans [[TEC-ENE-001]], les branchements dans [[TEC-ENE-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-COM-001","titre":"Décider si quelque chose est comestible","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alimentation","plantes","toxique","decision"],"sources":["Centres antipoison français — rapports annuels d'intoxications par plantes","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, plant and mushroom poisoning","US Army Survival Manual FM 21-76 — et les critiques documentées du test de comestibilité universel","European Association of Poisons Centres — amatoxin poisoning"],"corps":"::Il n'existe aucun test qui rende un aliment inconnu sûr. Celui qu'on vous a appris ne fonctionne pas, et il tue précisément dans les cas où l'on comptait sur lui.::\n\n## AGIR\n\n**La seule méthode qui fonctionne : l'identification positive.**\n\n1. **Identifiez l'espèce**, pas une ressemblance. Nom précis, caractères vérifiés un par un, sosies toxiques écartés. La méthode est dans [[TEC-BOT-001]].\n2. **Vérifiez quelle partie est comestible et à quelle saison.** Beaucoup de plantes ont une partie sûre et une partie dangereuse, ou changent selon le stade. La feuille jeune d'une espèce peut être consommable et sa graine mûre toxique.\n3. **Vérifiez la préparation nécessaire.** Certaines plantes très courantes ne sont comestibles qu'après cuisson, trempage prolongé ou changements d'eau. Crues, elles rendent malade.\n4. **Si l'un de ces trois points reste incertain, vous ne mangez pas.**\n\n**Ce que vous mangez sans identification :** rien. Il n'y a pas d'exception raisonnable, pour la raison développée plus bas — le gain calorique est négligeable et le risque est absolu.\n\n**Ce qui est identifiable sans erreur possible**, et qui constitue votre vrai terrain de chasse : les plantes que vous connaissez déjà, les cultures abandonnées et les jardins, les arbres fruitiers, et les quelques espèces sauvages sans sosie dangereux dans votre région, apprises à l'avance et vérifiées en saison.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez faim depuis plusieurs jours.** C'est exactement la situation où l'on prend le risque, et exactement celle où il est le moins rationnel. Un être humain en bonne santé supporte une privation alimentaire prolongée bien mieux qu'une privation d'eau ou qu'une exposition au froid : la faim vous affaiblit, elle ne vous tue pas à l'échelle de quelques jours. Une intoxication, elle, vous met à terre en quelques heures et provoque des vomissements et une diarrhée qui vous déshydratent — voir [[TEC-SAN-005]]. **Vous transformez un problème lent en problème rapide.**\n\n**Vous cherchez des calories.** Regardez le rendement réel avant de dépenser du temps. La cueillette de feuilles et de pousses sauvages apporte des vitamines et des minéraux pour un apport énergétique très faible au regard des heures de marche. Les postes qui rendent vraiment sont les glucides et les graisses : tubercules, graines, fruits secs, noix, et tout ce qui reste dans les habitations et les cultures. Les besoins réels sont chiffrés dans [[TEC-ALI-001]].\n\n**C'est un champignon.** N'appliquez aucun raisonnement analogique. Certaines espèces mortelles sont d'aspect banal, de goût agréable, et **leurs premiers symptômes n'apparaissent souvent qu'après six à vingt-quatre heures**, quand les lésions du foie sont déjà installées. Il n'existe aucun test de terrain, aucune règle sur la couleur, l'anneau, le lait, l'argenterie ou les limaces qui distingue les espèces dangereuses. Sans identification certaine par quelqu'un de compétent, un champignon ne se mange pas.\n\n**C'est un animal.** Le muscle de la plupart des animaux terrestres est comestible une fois bien cuit. Les dangers viennent d'ailleurs : certains organes concentrent des toxines ou des vitamines à dose dangereuse, les parasites imposent une cuisson à cœur, et un animal trouvé mort sans savoir de quoi ne se mange pas. La cuisson complète est ici la règle absolue, comme le rappelle [[MEM-EVE-001]].\n\n**Vous voulez vous préparer sérieusement.** Apprenez cinq espèces de votre région, à fond, sur une année complète, sosies compris. Cinq espèces sues parfaitement valent mieux que cinquante reconnues approximativement — et c'est du travail à faire maintenant, pas le jour où vous aurez faim.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi le test de comestibilité universel ne marche pas\n\nVous connaissez probablement la méthode : frotter la plante sur la peau, attendre, la porter au poignet, puis à la lèvre, puis sur la langue, puis en avaler un fragment et attendre plusieurs heures. Elle figure dans d'anciens manuels militaires et circule partout.\n\n**Elle repose sur une hypothèse fausse : qu'une substance toxique se signale par une réaction locale ou par son goût.** Ce n'est pas le cas, et trois mécanismes le démontrent.\n\n**Beaucoup de poisons n'irritent pas.** Les alcaloïdes de la ciguë, l'aconitine, la ricine, les amatoxines des amanites mortelles ne provoquent ni rougeur au contact, ni brûlure sur la lèvre. Le test les déclare sûrs.\n\n**Certains tuent à dose infime.** Le protocole prévoit d'ingérer un fragment pour tester. Pour plusieurs espèces mortelles, un fragment suffit déjà à provoquer une atteinte irréversible. Le test lui-même est la dose létale.\n\n**Le délai d'attente est trop court.** Les intoxications les plus graves sont précisément celles à effet retardé : les amatoxines ne donnent des symptômes qu'après de nombreuses heures, parfois plus d'une journée. Une attente de huit heures ne prouve rien et donne une fausse assurance qui pousse à manger davantage.\n\nÀ cela s'ajoute un défaut pratique décisif : le protocole complet immobilise plus d'une journée et interdit de manger autre chose pendant ce temps. **Vous dépensez une journée d'énergie pour valider une plante qui, si elle est comestible, vous rendra bien moins que ce que vous avez dépensé.**\n\n### Ce que la statistique dit\n\nLes registres des centres antipoison montrent que les intoxications végétales graves ne viennent presque jamais d'espèces exotiques ou rares. Elles viennent d'un petit nombre de confusions récurrentes entre une plante comestible et une plante toxique d'aspect voisin, poussant au même endroit, à la même saison.\n\nCela signifie deux choses. Que le danger est concentré et donc apprenable : connaître les couples de confusion de sa région couvre l'essentiel du risque, ce que détaille [[TEC-BOT-003]]. Et que **la bonne question n'est jamais « est-ce comestible » mais « avec quoi cela peut-il être confondu »**.\n\n### La règle qui remplace tout le reste\n\nUn aliment est sûr quand vous savez ce que c'est. Il ne l'est jamais parce qu'un test l'a autorisé. C'est moins rassurant qu'une procédure, et c'est la seule chose qui soit vraie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AER-001","titre":"Comment vole un avion","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["avion","vol","mecanique","transport"],"sources":["FAA — Pilot's Handbook of Aeronautical Knowledge","FAA — Airplane Flying Handbook","Direction générale de l'aviation civile — bases théoriques du pilotage"],"corps":"::Un avion ne tient pas en l'air par la puissance de son moteur. Il tient par sa vitesse, et c'est une distinction qui sauve.::\n\n## Les quatre forces\n\n**La portance** soutient l'avion. Elle est produite par l'aile qui dévie l'air vers le bas ; en réaction, l'air pousse l'aile vers le haut. Elle croît avec le carré de la vitesse et avec l'angle que fait l'aile avec le flux d'air.\n\n**Le poids** s'y oppose.\n\n**La traction** propulse, fournie par l'hélice ou le réacteur.\n\n**La traînée** freine, et elle augmente elle aussi avec la vitesse.\n\nEn vol stable, ces forces s'équilibrent deux à deux. **La conséquence contre-intuitive à retenir : le moteur ne fait pas monter l'avion, il l'accélère. C'est l'aile qui le soutient.**\n\n## Les trois axes et les commandes\n\nUn avion pivote autour de trois axes, chacun commandé séparément.\n\n**Le tangage** — le nez monte ou descend. Commandé par le manche d'avant en arrière, qui agit sur la profondeur, à l'arrière.\n\n**Le roulis** — une aile monte, l'autre descend. Commandé par le manche à gauche ou à droite, qui agit sur les ailerons.\n\n**Le lacet** — le nez pivote horizontalement. Commandé par les palonniers, au pied, qui agissent sur la dérive.\n\n**La manette des gaz** contrôle la puissance.\n\nLe point que tout élève met du temps à intégrer : **le manche ne contrôle pas l'altitude, il contrôle la vitesse ; la puissance ne contrôle pas la vitesse, elle contrôle l'altitude.** Tirer sur le manche cabre l'avion, ce qui le ralentit ; il monte brièvement puis décroche si la puissance ne suit pas.\n\n## Le décrochage, ce qu'il faut absolument comprendre\n\nAu-delà d'un certain angle entre l'aile et le flux d'air, l'écoulement se détache et **la portance s'effondre brutalement**. L'avion cesse de voler et tombe, le nez haut.\n\nDeux idées fausses tuent régulièrement. La première est de croire que le décrochage dépend de la vitesse seule : il dépend de l'angle, et il peut donc se produire à n'importe quelle vitesse. La seconde est de réagir en tirant sur le manche parce que l'avion descend — ce qui augmente encore l'angle et aggrave tout.\n\n**La sortie de décrochage consiste à pousser le manche pour réduire l'angle, puis à ajouter de la puissance.** Rendre de l'altitude pour retrouver du vol. C'est contraire à l'instinct, et c'est la manœuvre la plus importante de tout le pilotage.\n\n## Le vol plané, si le moteur s'arrête\n\nUn avion sans moteur ne tombe pas : il plane. Chaque type possède une finesse, c'est-à-dire une distance parcourue horizontalement par unité d'altitude perdue, et un avion léger parcourt typiquement plusieurs kilomètres depuis mille mètres.\n\nLa règle est de **maintenir immédiatement la vitesse de meilleur plané en piquant légèrement**, puis de chercher un terrain devant soi, jamais derrière — un demi-tour à basse altitude consomme énormément de hauteur et provoque les accidents les plus fréquents de cette catégorie.\n\n## Les instruments essentiels\n\n**L'anémomètre** donne la vitesse relative à l'air, la seule qui compte pour voler. **L'altimètre** donne l'altitude, à partir de la pression, et doit être calé sur une référence connue. **L'horizon artificiel** donne l'assiette et l'inclinaison, indispensable dès qu'on perd la vue du sol. **Le compas** donne le cap.\n\nSans visibilité extérieure, l'oreille interne induit en erreur en quelques dizaines de secondes : la sensation d'être à plat alors qu'on est en virage engagé est une illusion documentée et mortelle. **Dans ce cas, on croit les instruments et non ses sensations.**\n\n## Si vous êtes passager et devez agir\n\nCette fiche ne remplace pas une formation, et il faut le dire nettement. Mais une situation existe où quelques principes valent mieux que rien : un passager seul aux commandes.\n\nL'ordre est toujours le même. **Voler d'abord** : garder les ailes à plat et le nez à l'horizon, sans gestes brusques. **Naviguer ensuite** : maintenir un cap stable. **Communiquer enfin** : chercher la radio, appeler à l'aide, décrire ce qu'on voit.\n\nNe touchez à rien tant que l'avion vole correctement. La quasi-totalité des aggravations vient de corrections excessives : les commandes d'un avion demandent des mouvements très faibles, et l'appareil est naturellement stable si on le laisse tranquille.\n\nLes principes moteurs communs à tous les engins sont dans [[TEC-MOTH-001]], et l'usage de la radio dans [[TEC-RAD-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-003","titre":"Les plantes toxiques","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botanique","toxique","plantes","sante","donnees"],"sources":["Centres antipoison et de toxicovigilance — bilans annuels, France","Bruneton J., Plantes toxiques : végétaux dangereux pour l'homme et les animaux","Royal Botanic Gardens Kew — poisonous plants database","European Association of Poisons Centres and Clinical Toxicologists"],"corps":"::On ne retient pas des milliers d'espèces. On retient une dizaine de familles, une poignée de confusions, et trois signaux qui imposent l'arrêt.::\n\n## Ce qui rend une plante toxique\n\nUne plante ne produit pas de poison par accident : c'est une défense contre ce qui la mange. Les molécules concernées se regroupent en quelques familles chimiques, et connaître la famille prédit le comportement.\n\n**Les alcaloïdes** agissent sur le système nerveux, souvent à très faible dose. Ils sont amers, mais l'amertume n'est pas fiable comme signal — certains ne le sont pas.\n\n**Les glycosides cardiotoxiques** agissent sur le cœur. Leur marge entre dose active et dose mortelle est extrêmement étroite, ce qui explique que plusieurs d'entre eux soient à la fois des médicaments et des poisons.\n\n**Les glycosides cyanogènes** libèrent du cyanure lorsque le tissu végétal est écrasé ou mâché. On les trouve dans les amandes de nombreux fruits à noyau. C'est pourquoi certaines préparations traditionnelles imposent trempage, changements d'eau et cuisson : ces traitements les éliminent.\n\n**Les toxines protéiques** sont parmi les plus puissantes connues et se trouvent dans les graines de quelques espèces ornementales très répandues.\n\n**Les substances irritantes** — oxalates, latex, huiles — provoquent brûlures, œdèmes ou réactions cutanées, parfois activées par la lumière du soleil après contact.\n\n## Les familles à connaître\n\n**Les apiacées**, à fleurs blanches groupées en ombelles plates. Cette famille contient à la fois des plantes cultivées parmi les plus communes et certaines des plantes les plus toxiques de la flore tempérée, d'aspect très proche. **C'est la famille où le débutant se trompe, et où l'erreur ne pardonne pas.** Aucune ombellifère sauvage ne se consomme sans identification formelle.\n\n**Les solanacées** comprennent des plantes alimentaires majeures et des espèces très toxiques. Chez les espèces alimentaires elles-mêmes, les parties vertes et les tubercules verdis contiennent des alcaloïdes : c'est la raison pour laquelle on retire les parties germées ou verdies.\n\n**Les renonculacées** et les **euphorbiacées** contiennent de nombreuses espèces irritantes ou cardiotoxiques, souvent reconnaissables au latex laiteux pour les secondes.\n\n**Les colchicacées et liliacées** posent le problème inverse du précédent : leurs feuilles ressemblent à celles d'espèces alimentaires bien connues, et la confusion se fait au printemps, avant la floraison, quand le caractère distinctif n'est pas encore visible.\n\n## Les trois signaux qui imposent l'arrêt\n\nAucun n'est une preuve de toxicité, et aucune de leur absence n'est une preuve d'innocuité. Ils sont un motif de refus, pas un test.\n\n**Le latex laiteux ou coloré** qui s'écoule à la cassure.\n\n**L'amertume marquée ou l'odeur désagréable persistante**, en particulier une odeur âcre au froissement.\n\n**Les baies groupées en grappes brillantes**, surtout blanches ou d'un rouge très vif, sur une plante que vous ne connaissez pas.\n\n## Le principe des confusions\n\nLes intoxications graves ne viennent pas d'espèces rares : elles viennent de **couples**. Une plante comestible et une plante toxique de la même famille ou d'allure voisine, poussant au même endroit, à la même saison, cueillies ensemble.\n\nCe sont toujours les mêmes qui reviennent dans les bilans des centres antipoison, année après année : des feuilles ressemblant à une plante aromatique connue, des racines ressemblant à un légume, des baies ressemblant à un fruit familier.\n\nCela a une conséquence méthodologique directe : **on n'identifie pas une plante, on écarte son sosie.** Tant que vous n'avez pas nommé la confusion possible et vérifié le caractère qui les sépare, votre identification n'est pas faite. La méthode complète est dans [[TEC-BOT-001]].\n\n## Ce que la cuisson change, et ce qu'elle ne change pas\n\nElle détruit une partie des glycosides cyanogènes et de certaines toxines protéiques, ce qui rend consommables plusieurs plantes qui ne le sont pas crues — c'est le mécanisme historique décrit dans [[MEM-EVE-001]].\n\nElle ne détruit ni les alcaloïdes, ni les glycosides cardiotoxiques, ni les amatoxines. **Une plante mortelle cuite reste mortelle**, et le séchage ne fait pas mieux.\n\nLe trempage prolongé avec plusieurs changements d'eau élimine les composés solubles et constitue le traitement traditionnel de plusieurs végétaux amers. Il ne s'improvise pas : la durée et le nombre de changements sont propres à chaque espèce.\n\n## Le contact et l'inhalation\n\nToutes les intoxications ne passent pas par la bouche.\n\nCertaines sèves provoquent des brûlures sévères activées par le soleil, avec des lésions qui apparaissent plusieurs heures après le contact et laissent des marques durables. Le réflexe utile est de laver abondamment à l'eau et de protéger de la lumière la zone touchée pendant plusieurs jours — voir [[URG-BRUL-001]] si la réaction est importante.\n\n**Ne brûlez jamais un végétal inconnu dans un espace clos.** La combustion de certaines espèces libère des composés irritants ou toxiques, et c'est un accident classique autour d'un feu mal alimenté — voir [[SURV-FEU-001]].\n\n## Comment travailler ce sujet\n\nApprenez d'abord les toxiques de votre région, avant les comestibles. C'est contre-intuitif et c'est le bon ordre : la liste est plus courte, elle est stable, et elle constitue le filtre par lequel passe tout le reste. La décision de manger ou non relève ensuite de [[SURV-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-001","titre":"Conduire un bateau","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["bateau","navigation","mer","transport"],"sources":["Règlement international pour prévenir les abordages en mer, COLREG","Service hydrographique et océanographique de la marine — signalisation maritime","Royal Yachting Association — boat handling"],"corps":"::Un bateau n'a pas de freins et le sol bouge. Toute la conduite consiste à anticiper ce qui, sur terre, se corrigerait à la dernière seconde.::\n\n## Ce qui différe fondamentalement d'un véhicule terrestre\n\n**Il n'y a pas d'adhérence.** Un bateau ne s'arrête pas : il s'arrête de pousser et continue sur son erre, parfois sur plusieurs longueurs. Inverser la propulsion freine, lentement.\n\n**Il pivote autour d'un point situé vers l'avant.** L'arrière chasse largement vers l'extérieur du virage. Une manœuvre serrée le long d'un quai envoie la poupe frotter si l'on ne l'anticipe pas.\n\n**Il ne va pas où il est pointé.** Le vent et le courant le déplacent en permanence. La route réellement suivie est la somme du cap et de la dérive, et cette différence peut être considérable.\n\n**La barre n'agit que s'il y a du flux sur le safran.** Sans vitesse, un gouvernail ne fait rien. C'est pourquoi on donne une brève impulsion de propulsion pour faire tourner un bateau presque immobile.\n\n## Les manœuvres de base\n\n**Partir** : larguer les amarres sous le vent en dernier, écarter l'avant à la main, embrayer doucement. Tout se fait au ralenti.\n\n**Accoster** : approcher **face au vent ou au courant**, celui des deux qui domine. Ils vous freinent au lieu de vous pousser, et l'on garde ainsi le contrôle jusqu'au contact. Angle d'approche faible, vitesse minimale permettant encore de barrer, pare-battages en place avant d'arriver.\n\n**S'arrêter** : anticiper plusieurs longueurs à l'avance. Une marche arrière brève et franche freine mieux qu'une longue et molle.\n\n**Mouiller** : choisir un fond tenant et abrité, mouiller une longueur de chaîne de plusieurs fois la profondeur, reculer doucement pour ancrer, puis vérifier que l'on ne dérape pas en prenant des repères à terre.\n\n## Lire l'eau et le balisage\n\n**La couleur et le relief de la surface renseignent sur le fond.** Une eau qui change brusquement de teinte, une zone où les vagues déferlent sans raison, un remous permanent signalent un haut-fond ou un obstacle.\n\n**Le balisage latéral** encadre un chenal. En Europe, en entrant dans un port ou en remontant un chenal, on laisse les marques rouges à bâbord — à gauche — et les vertes à tribord. En sortant, l'inverse. Cette convention est inversée dans une autre partie du monde, ce qui impose de savoir dans quelle région on navigue.\n\n**Les marques cardinales** indiquent de quel côté passer par rapport à un danger : elles disent où se trouve l'eau saine, au nord, au sud, à l'est ou à l'ouest de la marque.\n\n## La priorité, en une idée\n\nLe principe qui gouverne tout le règlement de barre est simple : **celui qui voit l'autre venir sur sa droite s'écarte**, et l'on manœuvre tôt, franchement, de façon visible.\n\nS'y ajoute une hiérarchie de manœuvrabilité : ce qui manœuvre difficilement passe avant ce qui manœuvre facilement. Un navire contraint par son tirant d'eau dans un chenal ne peut pas s'écarter, quoi qu'en dise la règle générale. Un petit bateau à moteur s'écarte de tout ce qui est plus lourd que lui.\n\nEt une règle qui prime sur toutes les autres : **on fait ce qu'il faut pour éviter la collision**, même si le règlement disait qu'on avait la priorité.\n\n## La météo et l'état de la mer\n\nLe vent lève la mer proportionnellement à sa force, à sa durée et à la distance sur laquelle il souffle. C'est cette dernière qui surprend : un vent modéré établi depuis longtemps sur une grande étendue lève une mer bien plus forte qu'un vent violent et bref.\n\n**Vent contre courant est la configuration qui creuse le plus la mer.** Les vagues deviennent courtes, hautes et cassantes, dans des zones qui peuvent être calmes une heure plus tard.\n\nUn abri se choisit avant d'en avoir besoin, et le demi-tour se décide toujours plus tôt qu'on ne le voudrait.\n\n## L'entretien qui évite les pannes\n\n**La turbine de pompe à eau** est la pièce d'usure critique, détruite en quelques secondes si le moteur tourne hors de l'eau. C'est la première pièce de rechange à posséder — le détail est dans [[TEC-MOT-001]].\n\n**Le filet d'eau à l'échappement** se vérifie à chaque démarrage. Son absence impose de couper immédiatement.\n\n**Le rinçage à l'eau douce** après chaque sortie en mer conditionne la durée de vie de tout ce qui est métallique, pour les raisons exposées dans [[TEC-COR-001]].\n\n**Le circuit de carburant** craint l'eau et les impuretés, et le décanteur se purge régulièrement. Une eau dans le gazole arrête un moteur sans prévenir.\n\n**Les passages de coque, presse-étoupe et colliers** se contrôlent visuellement : ce sont les seuls défauts qui font couler un bateau intact.\n\nEnfin, le contrôle avant départ qui compte réellement : niveau de carburant avec une marge de retour, présence et état des équipements de flottaison, et une personne à terre informée de la destination et de l'heure de retour prévue.","langue":"fr"},{"id":"TEC-NUI-001","titre":"Voir dans le noir","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["vision","nuit","optique","recuperation","donnees"],"sources":["Hecht S., Haig C., Chase A. — The influence of light adaptation on subsequent dark adaptation of the eye","Night Vision and Electronic Sensors Directorate — technical reports on image intensification","Documentation technique des capteurs CMOS et filtres infrarouges"],"corps":"::Trois choses différentes s'appellent « vision nocturne ». Une seule se fabrique avec de la récupération, et ce n'est pas celle qu'on imagine.::\n\n## Les trois familles, et ce qu'elles font\n\n**L'intensification de lumière** amplifie le peu de lumière disponible. Un photon frappe une photocathode, arrache un électron, qui est multiplié dans un tube sous très haute tension, puis reconverti en lumière sur un écran. C'est la technologie des jumelles vertes.\n\nElle **ne se fabrique pas**. Le tube exige un vide poussé, des matériaux photosensibles spécifiques et une alimentation de plusieurs milliers de volts. Aucune récupération courante ne permet de le reproduire, et il faut le dire clairement plutôt que de laisser espérer.\n\n**La thermographie** détecte le rayonnement infrarouge lointain émis par la chaleur des corps. Elle voit dans l'obscurité totale et à travers la fumée. Le capteur est un composant spécialisé qui ne s'improvise pas davantage.\n\n**L'imagerie proche infrarouge** utilise une lumière juste au-delà du visible, invisible à l'œil mais parfaitement captée par les capteurs photographiques ordinaires. **C'est la seule des trois qui soit à votre portée**, et elle demande deux choses : un capteur qui la voit, et une source qui l'éclaire.\n\n## Pourquoi un appareil photo voit l'infrarouge\n\nLes capteurs des appareils photo et des téléphones sont naturellement sensibles bien au-delà du rouge visible. Cette sensibilité fausserait les couleurs, donc les constructeurs placent devant le capteur un **filtre bloquant l'infrarouge**.\n\nRetirer ce filtre rend l'appareil sensible au proche infrarouge. C'est une opération de démontage délicate mais réelle, pratiquée couramment sur des webcams et de vieux appareils. Une fois le filtre ôté, on place à sa place un filtre inverse — qui bloque le visible et laisse passer l'infrarouge — et l'on obtient une caméra qui ne voit que l'infrarouge.\n\n**Un test immédiat**, sans rien démonter : pointez une télécommande vers l'objectif d'un téléphone et appuyez sur une touche. Si vous voyez la diode s'allumer en violet pâle à l'écran alors que vous ne voyez rien à l'œil nu, le capteur reçoit déjà de l'infrarouge. La plupart des caméras frontales, moins bien filtrées, réagissent mieux que les caméras arrière.\n\n## L'éclairage\n\nUne caméra infrarouge sans source infrarouge ne voit rien la nuit : elle a besoin d'être éclairée, exactement comme une caméra ordinaire.\n\nLes **diodes infrarouges** se récupèrent en quantité dans les télécommandes, les anciens systèmes de transmission et surtout les caméras de surveillance, qui en portent une couronne complète. Elles s'alimentent comme n'importe quelle diode, avec une résistance de limitation calculée selon [[TEC-ENE-002]].\n\nÀ défaut, une lampe ordinaire recouverte d'un **filtre qui bloque le visible** émet essentiellement dans l'infrarouge : plusieurs épaisseurs de film photographique développé et entièrement noirci font office de filtre passable. Le rendement est mauvais, cela chauffe, et cela fonctionne.\n\n**Une propriété décisive : cet éclairage est invisible à l'œil nu**, mais parfaitement visible pour quiconque possède un capteur non filtré. Un éclairage infrarouge n'est discret que face à des yeux, pas face à un appareil.\n\n## Ce qui améliore la vision sans électronique\n\nC'est la partie la plus rentable, et la moins connue.\n\n**L'adaptation à l'obscurité** est un gain considérable et gratuit. L'essentiel se joue dans les vingt à trente premières minutes et continue au-delà ; une seule exposition à une lumière blanche vive l'annule en une seconde. Une lumière rouge de faible intensité la préserve en grande partie. Ce mécanisme et la technique de vision décalée sont détaillés dans [[SURV-NUIT-001]].\n\n**L'ouverture optique** décide de la quantité de lumière recueillie. Ce qui compte dans une jumelle utilisée de nuit n'est pas le grossissement mais le **diamètre de la lentille rapporté au grossissement** : plus ce rapport est élevé, plus l'image est lumineuse. Une jumelle peu grossissante à grosses lentilles montre bien plus de choses la nuit qu'une forte grossissante compacte. Ce rapport ne sert à rien au-delà du diamètre de la pupille dilatée, qui plafonne autour de sept millimètres chez un jeune adulte et diminue avec l'âge.\n\n**Le contraste plutôt que l'intensité.** De nuit, on distingue des formes et des mouvements, pas des détails. Se placer bas pour détacher les silhouettes sur le ciel, éviter d'avoir une source lumineuse dans le champ, et laisser le regard balayer lentement rendent bien plus que n'importe quel appareil.\n\n## Ce qu'on peut réellement construire\n\nUn ensemble caméra infrarouge, éclairage infrarouge et petit écran donne une vision nocturne fonctionnelle sur quelques dizaines de mètres, à condition de disposer d'électricité — voir [[TEC-ENE-001]]. C'est encombrant, cela consomme, cela vous rend visible aux autres capteurs, et cela supprime votre adaptation naturelle dès que vous regardez l'écran.\n\nAutrement dit : c'est utile en poste fixe, pour surveiller un accès ou observer un animal. C'est un mauvais choix pour se déplacer, où l'œil adapté reste supérieur.","langue":"fr"},{"id":"TEC-VOI-001","titre":"Conduire une voiture","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["conduite","vehicule","mecanique","transport"],"sources":["Sécurité routière — référentiel de formation à la conduite","Bosch Automotive Handbook","IAM RoadSmart — advanced driving techniques"],"corps":"::Une voiture ne se conduit pas avec les mains. Elle se conduit avec le regard, et tout le reste suit.::\n\n## Les commandes\n\nTrois pédales sur une boîte manuelle, deux sur une automatique. De gauche à droite : embrayage, frein, accélérateur. Le pied gauche ne sert qu'à l'embrayage ; sur une automatique, il ne sert à rien.\n\n**L'embrayage** relie ou sépare le moteur des roues. Enfoncé, ils sont séparés. Relâché, ils sont solidaires. Entre les deux existe une zone où le disque frotte sans être complètement engagé : c'est le **point de patinage**, et c'est tout le secret du démarrage.\n\n**La boîte de vitesses** adapte le couple à la vitesse. Un rapport court démultiplie la force pour démarrer ou monter ; un rapport long permet la vitesse en économisant le régime. C'est exactement le compromis décrit dans [[TEC-MAC-001]] : on échange de la force contre de la distance.\n\n## Démarrer, sur une manuelle\n\nPoint mort, frein de stationnement serré, embrayage enfoncé, contact. Première engagée. Puis, et c'est la seule chose à comprendre :\n\n**Relâchez l'embrayage lentement jusqu'à sentir la voiture vouloir avancer.** Le régime moteur baisse légèrement, l'avant se soulève un peu. **Immobilisez le pied gauche à cet instant précis**, desserrez le frein, et accélérez doucement pendant que vous continuez de relâcher.\n\nL'erreur universelle est de relâcher l'embrayage trop vite : le moteur cale parce qu'on lui demande de déplacer la voiture sans lui donner assez de régime. L'erreur inverse — rester longtemps au point de patinage — use le disque et le fait chauffer.\n\n## Changer de rapport\n\nLâcher l'accélérateur, enfoncer l'embrayage à fond, passer le rapport, relâcher l'embrayage en réaccélérant progressivement. Le geste doit être coulé, jamais brutal.\n\nLe repère utile n'est pas un chiffre mais un son : on monte de rapport quand le moteur devient bruyant et tendu, on descend quand il devient sourd et peine. **Un moteur qui vibre à bas régime en prise longue est en souffrance** ; c'est un des rares abus qui l'abîme réellement.\n\n## Le regard, qui gouverne tout\n\nUn conducteur va où il regarde. C'est un réflexe involontaire et c'est la base de toute la conduite.\n\n**Regardez loin**, à la sortie du virage plutôt que devant le capot. Le tracé se corrige tout seul.\n\n**Regardez là où vous voulez passer**, jamais l'obstacle. Fixer un obstacle en situation d'urgence conduit droit dessus : c'est l'erreur qui transforme un évitement possible en collision.\n\n**Élargissez le champ.** Rétroviseurs toutes les quelques secondes, angles morts avant chaque changement de trajectoire.\n\n## Freiner et tenir la route\n\nUn pneu ne dispose que d'une quantité limitée d'adhérence, à répartir entre freiner, accélérer et tourner. **Utilisée pour l'un, elle n'est plus disponible pour l'autre.** Freiner fort dans un virage déjà à la limite fait perdre le train avant.\n\nD'où la règle : freiner en ligne droite, relâcher progressivement en entrant dans le virage, réaccélérer doucement à la sortie. Ce n'est pas de la conduite sportive, c'est ce qui garde la voiture stable.\n\nSur sol glissant, tout se dilate : distances doublées ou davantage, gestes deux fois plus lents, aucun mouvement brusque.\n\n## L'automatique\n\nLe levier propose une position de stationnement qui bloque la transmission, une marche arrière, un point mort et une position de conduite. La position de stationnement ne s'engage qu'à l'arrêt complet.\n\nDeux différences pratiques. La voiture avance seule au relâcher du frein, ce qui simplifie les manœuvres. Et l'appui franc sur l'accélérateur provoque un rétrogradage automatique pour reprendre — utile pour un dépassement.\n\nEn descente longue, sélectionnez un rapport plus court plutôt que de freiner en continu : **des freins sollicités longtemps chauffent et perdent leur efficacité**, ce qui arrive plus vite qu'on ne le croit.\n\n## Entretien minimal\n\nCinq vérifications couvrent l'essentiel des pannes évitables : pression des pneus, niveau d'huile, niveau de liquide de refroidissement, état des essuie-glaces, fonctionnement des feux.\n\nTrois signaux imposent l'arrêt immédiat : un voyant rouge, une température qui monte, une odeur de brûlé. Le fonctionnement du moteur lui-même est décrit dans [[TEC-MOTH-001]], et la coupure électrique dans [[TEC-ENE-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ANI-001","titre":"Animaux dangereux","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["animaux","danger","prevention","terrain"],"sources":["Office français de la biodiversité — conduite à tenir face à la faune sauvage","Interagency Grizzly Bear Committee — bear safety guidelines","Institut Pasteur — morsures et envenimations","Centres antipoison — envenimations par serpents en France"],"corps":"::La quasi-totalité des attaques est un accident de rencontre. Se faire entendre évite plus d'ennuis que n'importe quelle arme.::\n\n## AGIR\n\n**Le principe unique : ne surprenez rien.**\n\n1. **Faites du bruit** en progressant, surtout en terrain fermé, à l'aube, au crépuscule, ou avec du vent qui porte votre odeur ailleurs. Presque tous les animaux s'éloignent s'ils vous entendent venir.\n2. **Ne vous mettez jamais entre une femelle et ses petits.** C'est la circonstance de très loin la plus dangereuse, toutes espèces confondues.\n3. **Laissez une issue.** Un animal coincé attaque. Ne bouchez jamais le seul passage.\n4. **Face à un grand animal : ne courez pas.** La fuite déclenche la poursuite chez presque tous les prédateurs. Reculez lentement, en lui faisant face, sans le fixer dans les yeux — un regard soutenu est perçu comme une menace.\n5. **Paraissez grand et parlez d'une voix grave et calme.** Bras levés, veste ouverte, groupe rassemblé plutôt que dispersé.\n6. **Ne ramassez rien, ne touchez à rien**, et surtout pas à un jeune animal apparemment abandonné.\n\n**Le stockage de la nourriture décide de tout.** C'est ce qui attire, ce qui habitue, et ce qui transforme un animal indifférent en animal insistant. Nourriture et déchets se stockent fermés, à distance du couchage, et de préférence suspendus ou enterrés. Cuisiner et dormir au même endroit est l'erreur classique — voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un sanglier.** Il charge droit et bifurque rarement. Il suffit de s'écarter de son axe : montez sur un talus, mettez un arbre entre vous et lui. Une laie suitée est la seule qui charge délibérément.\n\n**Un chien.** Ne courez pas, ne criez pas dans les aigus, ne le fixez pas. Tournez-vous de trois quarts, restez immobile, laissez-le sentir. Mettez un objet entre vous — sac, veste enroulée sur l'avant-bras. S'il mord, offrez l'avant-bras protégé plutôt que le visage ou la gorge, et poussez vers l'intérieur de sa gueule au lieu de tirer.\n\n**Un serpent.** Presque toutes les morsures surviennent quand on tente de le tuer, de l'attraper ou de le déplacer. Écartez-vous, il partira. En cas de morsure : immobilisez le membre en position basse, retirez bagues et montre avant le gonflement, gardez la personne calme et allongée, et cherchez du secours. **N'incisez pas, n'aspirez pas, ne posez pas de garrot, ne refroidissez pas.** Tous ces gestes aggravent. Voir [[URG-SEC-001]] pour le bilan.\n\n**Un grand prédateur.** Les recommandations diffèrent selon l'espèce et la région, et il faut connaître celles de son territoire avant d'y aller. Ce qui vaut partout : ne pas courir, ne pas grimper, se regrouper, faire du bruit, et n'utiliser un moyen de dissuasion que si l'animal continue d'avancer.\n\n**Des insectes.** Ils causent bien plus de morts que tous les grands animaux réunis, par les maladies qu'ils transmettent — voir [[TEC-SAN-004]]. La protection mécanique, moustiquaire et vêtements couvrants, rend davantage que tout le reste. Une réaction allergique sévère après une piqûre est une urgence vitale immédiate.\n\n**Vous êtes en groupe.** Restez groupés et parlez. Un groupe bruyant ne rencontre presque jamais rien, ce qui est le résultat recherché.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn animal sauvage ne cherche pas le conflit : il y perd. Une blessure, même mineure, le condamne à terme. **Son comportement par défaut est l'évitement**, et il dispose de sens qui vous détectent bien avant que vous ne le voyiez.\n\nLes circonstances d'attaque se comptent sur les doigts d'une main : la surprise à courte distance, la défense des petits, la défense d'une carcasse ou d'une réserve, l'animal blessé ou malade, et l'animal habitué à la présence humaine par la nourriture.\n\nCette dernière mérite d'être soulignée. **Un animal nourri, même indirectement par des déchets, perd sa crainte et devient dangereux.** Ce n'est pas de l'agressivité : c'est un apprentissage. C'est pourquoi la gestion des déchets est le premier geste de sécurité en zone de faune, bien avant tout moyen de défense.\n\nDeux idées fausses valent d'être écartées. **Faire le mort ne fonctionne pas de façon générale** : c'est une réponse spécifique à certaines situations et à certaines espèces, et elle est contre-productive dans les autres. **Le feu ne repousse pas les animaux** de façon fiable ; il rassure les humains bien plus qu'il n'effraie la faune, et l'odeur de nourriture qui l'accompagne attire davantage qu'elle n'éloigne.\n\nEnfin, la hiérarchie réelle du risque n'est pas celle qu'on imagine. Les grands animaux sont impressionnants et rares. Les blessures les plus fréquentes viennent des **animaux domestiques et des insectes**, et la mortalité est très largement dominée par les maladies transmises. C'est là que porte l'effort utile.","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-004","titre":"Filtrer avec ce qu'on a","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau","filtration","improvisation","sante"],"sources":["OMS — Household water treatment and safe storage","CDC — Making water safe in an emergency","OMS — Evaluating household water treatment options"],"corps":"::Un filtre improvisé rend l'eau claire. Il ne la rend pas potable, et confondre les deux est ce qui tue.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn filtre de fortune agit par trois mécanismes, et il faut savoir ce que chacun retire.\n\n**Le tamisage** retient ce qui est plus gros que les interstices : sable, débris, insectes, particules. C'est l'effet dominant d'un tissu ou d'un lit de gravier.\n\n**L'adsorption** retient certaines molécules à la surface d'un matériau poreux. C'est ce que fait le **charbon actif**, dont l'énorme surface interne fixe une partie des composés organiques, des goûts et des odeurs. Le charbon de bois ordinaire en fait un peu, beaucoup moins bien.\n\n**La filtration biologique** apparaît dans un filtre à sable lent laissé en fonctionnement plusieurs semaines : une couche biologique se développe en surface et retire une part importante des micro-organismes. Elle demande du temps, un débit très lent et une alimentation continue — **elle ne s'improvise pas en une heure**.\n\n**Ce qu'un filtre improvisé ne fait pas :** il ne retire pas les virus, qui sont bien trop petits ; il ne retire pas de façon fiable les bactéries ; il ne retire ni métaux lourds, ni nitrates, ni produits chimiques dissous. Un charbon peut fixer une partie de certains composés organiques, et il saturera sans le montrer.\n\n**Sa vraie fonction est préparatoire.** Une eau claire permet à la désinfection de fonctionner : les particules en suspension protègent physiquement les germes et absorbent le rayonnement. Filtrer d'abord multiplie l'efficacité de ce qui suit.\n\n## AGIR\n\n1. **Prélevez au meilleur endroit.** Eau courante plutôt que stagnante, en amont des habitations et des troupeaux. Le choix de la source fait plus que tout traitement — voir [[URG-EAU-001]].\n2. **Laissez décanter** plusieurs heures dans un récipient au repos, puis transvasez le clair sans remuer le fond.\n3. **Passez à travers un tissu serré**, replié plusieurs fois. Rincez le tissu entre les passages.\n4. **Montez un filtre en couches** si l'eau reste trouble. De haut en bas : tissu, sable fin, charbon écrasé, sable grossier, gravier, puis un tissu à la sortie. L'eau entre par le haut, lentement. Un contenant percé au fond fait l'affaire.\n5. **Faites passer lentement.** Un filtre rapide ne filtre presque rien. Si l'eau traverse en quelques secondes, ralentissez le débit.\n6. **Jetez les premiers volumes**, qui emportent les fines poussières du filtre.\n7. **Désinfectez ensuite. Toujours.** Ébullition à gros bouillons une minute, trois au-dessus de deux mille mètres. C'est cette étape qui rend l'eau potable, pas le filtre.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de feu.** Le filtre devient plus important, sans devenir suffisant. Complétez par la désinfection solaire : bouteille transparente, eau déjà clarifiée, plein soleil, plusieurs heures, posée sur une surface réfléchissante. Cela ne marche pas sur eau trouble, ce qui est précisément la raison de filtrer d'abord.\n\n**Vous avez du charbon de bois.** Prenez-le au cœur des braises éteintes, écrasez-le grossièrement, rincez-le. Il améliore le goût et retire une part des composés organiques. Il se sature en quelques jours d'usage sans que rien ne se voie : changez-le régulièrement plutôt qu'au signe.\n\n**L'eau sent mauvais ou a un aspect huileux, irisé, mousseux.** Ne filtrez pas, ne traitez pas : **changez de source.** Aucun filtre improvisé ne retire une pollution chimique, et l'ébullition la concentre légèrement.\n\n**L'eau est boueuse.** Une décantation prolongée fait presque tout le travail. Certaines cendres et certaines argiles fines aident à agglomérer les particules, mais la patience reste le meilleur clarifiant.\n\n**Vous êtes en zone habitée.** Le risque viral d'origine fécale domine, et aucun filtre improvisé ne l'écarte. La désinfection devient obligatoire, et l'hygiène autour du point d'eau compte autant que le traitement — voir [[TEC-SAN-004]].\n\n**Vous installez un point d'eau durable.** Un filtre à sable lent, alimenté en continu et jamais mis à sec, développe en quelques semaines une efficacité réelle. C'est un ouvrage, pas un geste d'urgence, et il demande de la place et de la régularité.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-002","titre":"Lire une carte","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["carte","orientation","navigation","terrain"],"sources":["Institut géographique national — lecture de carte et notions de topographie","Royal Institute of Navigation — land navigation","US Army Field Manual — map reading and land navigation"],"corps":"::Une carte ne sert à rien si vous ne savez pas où vous êtes dessus. Toute la lecture consiste à faire coïncider deux choses : le papier et le paysage.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### L'échelle\n\nElle dit combien de terrain représente une unité de carte. Une échelle au vingt-cinq millième signifie qu'un centimètre vaut deux cent cinquante mètres ; au cinquantième, cinq cents mètres.\n\nPlus le second chiffre est petit, plus la carte est détaillée et plus elle couvre une petite surface. Une carte au vingt-cinq millième montre les chemins, les bâtiments isolés et les points d'eau : c'est l'échelle de la marche.\n\n### Les courbes de niveau\n\nCe sont les lignes qui joignent les points de même altitude. Elles sont l'information la plus riche d'une carte et la plus longue à savoir lire.\n\n**Serrées, la pente est raide. Espacées, elle est douce.** Cette seule règle donne déjà l'essentiel.\n\nL'{{équidistance|Différence d'altitude entre deux courbes de niveau voisines, indiquée en marge de la carte.}} — la différence d'altitude entre deux courbes voisines — est indiquée en marge. En la multipliant par le nombre de courbes traversées, on obtient le dénivelé exact d'un trajet.\n\nTrois formes se reconnaissent au dessin. Des courbes fermées concentriques dessinent un **sommet**. Des courbes en V dont la pointe remonte vers l'amont dessinent un **{{{{thalweg|Ligne de fond d'un vallon, là où les eaux se rassemblent.}}|Ligne de fond d'un vallon, là où les eaux se rassemblent.}}**, c'est-à-dire un vallon où l'eau s'écoule. Des courbes en U ou en V dont la pointe descend vers l'aval dessinent une **crête**. Distinguer ces deux dernières est le point difficile, et le repère est simple : **l'eau coule dans le V pointu vers le haut.**\n\n### La {{déclinaison|Écart angulaire entre le nord géographique et le nord magnétique, variable selon le lieu et l'époque.}}\n\nLe nord de la carte, le nord géographique et le nord magnétique ne coïncident pas exactement. L'écart est indiqué en marge et varie selon le lieu et l'époque.\n\nAux latitudes moyennes il reste modeste, mais il devient significatif sur une longue distance. Sur un trajet court, on peut l'ignorer ; sur vingt kilomètres, non.\n\n## AGIR\n\n1. **Orientez la carte.** Faites coïncider le nord de la carte avec le nord réel, trouvé selon [[SURV-ORI-001]]. La carte tourne, pas vous. Une fois orientée, ce qui est à votre droite sur le terrain est à droite sur le papier.\n2. **Situez-vous par les formes**, pas par les noms. Cherchez trois éléments visibles et identifiables : une ligne de crête, un confluent, un bâtiment isolé, un virage caractéristique. Leur position relative vous place.\n3. **Recoupez.** Deux directions vers deux points connus se croisent sur votre position. C'est le seul moyen fiable de se situer précisément sans instrument.\n4. **Choisissez un itinéraire par les lignes du terrain**, pas par la ligne droite. Suivre une crête, une lisière, un cours d'eau demande moins d'attention et moins d'énergie qu'un cap tenu à travers tout.\n5. **Découpez le trajet en segments** entre deux points remarquables. Chaque segment se valide en arrivant, ce qui évite de découvrir une erreur trois heures plus tard.\n6. **Estimez le temps, pas la distance.** Comptez une vitesse de marche moyenne à plat et **ajoutez environ une heure par tranche de trois cents mètres de montée**. Le dénivelé pèse davantage que les kilomètres — voir [[SURV-DEP-001]].\n7. **Mesurez la distance parcourue** en comptant les doubles pas, un caillou par centaine. Une distance connue transforme une direction approximative en position.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de boussole.** Orientez la carte par le terrain : alignez deux éléments visibles avec leur représentation. C'est suffisant et souvent plus rapide.\n\n**Vous êtes en forêt sans visibilité.** La carte devient difficile à recouper. Naviguez à la main courante — chemin, ruisseau, lisière — et comptez vos pas. Un point d'attaque connu, atteint avec certitude, vaut mieux qu'une position estimée.\n\n**Vous cherchez un point sur une ligne** — un pont, une ferme sur une route. Visez volontairement à côté. En touchant la ligne, vous saurez de quel côté tourner ; viser juste et manquer vous laisse dans le doute.\n\n**Vous êtes en ville.** Les repères changent de nature : la verticalité, les axes et les points de blocage comptent plus que le relief. Une carte urbaine se lit par les axes structurants et les coupures — voies ferrées, cours d'eau, grands axes — qui délimitent les zones.\n\n**Vous n'avez pas de carte.** Fabriquez-en une. Un croquis tenu à jour, avec les distances estimées, les points d'eau et les dangers, vaut infiniment mieux que la mémoire. Reporté sur un calque de repères, il devient partageable — c'est exactement ce que permet la partie cartographique de Phenix.\n\n**Vous marchez de nuit.** La lecture de carte devient très difficile et la dérive s'aggrave : voir [[SURV-NUIT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-OUT-001","titre":"Fabriquer un outil tranchant","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["outils","tranchant","fabrication","base"],"sources":[],"corps":"::Le premier outil que fabrique un humain est toujours le même, et c'est celui qui permet de fabriquer tous les autres.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn tranchant est la rencontre de deux surfaces. Sa qualité ne tient pas à la finesse de la pointe mais à la **régularité de cette rencontre** et à l'angle qu'elles forment.\n\nAngle fermé : pénètre facilement, s'abîme au premier choc. Angle ouvert : encaisse, coupe moins bien. Tout choix d'outil est ce compromis, détaillé dans [[TEC-MEC-005]].\n\nTrois matériaux permettent d'obtenir un tranchant sans forge.\n\n**La pierre.** Certaines roches à cassure conchoïdale — silex, obsidienne, quartz, verre volcanique — se brisent en écailles à bord extrêmement fin. Un éclat frais de ces matières est plus tranchant que la plupart des lames d'acier, et il s'émousse en quelques coupes.\n\n**Le verre et la céramique.** Même principe, disponibles partout en milieu habité. Un tesson de bouteille épaisse, une lame de faïence cassée donnent un tranchant immédiat.\n\n**Le métal récupéré.** Lame de scie, ressort plat, tôle épaisse, morceau de lime. Il faut lui donner un profil par abrasion plutôt que par percussion. Le comportement de l'acier selon son traitement est expliqué dans [[TEC-MEC-005]].\n\n**Le bois durci au feu** ne coupe pas mais perce. Une pointe taillée puis passée près des braises jusqu'à ce que la surface brunisse — sans jamais carboniser — perd son humidité, durcit et résiste bien mieux. C'est un outil de pénétration, pas de coupe.\n\n## AGIR\n\n**Obtenir un tranchant en pierre ou en verre.**\n\n1. **Choisissez une matière homogène**, sans fissure ni inclusion visible. Un éclat sonne clair.\n2. **Protégez la main d'appui** avec un tissu épais ou du cuir. Les éclats sont coupants et projetés.\n3. **Frappez en biais**, près du bord, avec un percuteur plus dur — un galet dense. Le coup doit être sec et tangentiel, jamais perpendiculaire.\n4. **Travaillez le tranchant par petits enlèvements alternés** plutôt qu'en cherchant le grand éclat.\n5. **Protégez les yeux.** Les esquilles volent.\n\n**Donner un profil à du métal récupéré.**\n\n1. **Reformez la géométrie** à la lime ou sur une pierre grossière, en gardant un angle constant tout au long de la lame.\n2. **Affinez** sur un abrasif plus fin, en ne passant à l'étape suivante que lorsque la précédente a atteint le fil sur toute la longueur.\n3. **Cherchez le morfil** — le fil de bavure qui apparaît du côté opposé. Sa présence prouve que les deux plans se rencontrent enfin.\n4. **Retirez-le** par passes très légères alternées, puis polissez sur du cuir.\n\n**Emmancher.**\n\n1. **Fendez le manche** dans le fil du bois et insérez la lame, ou creusez une gorge.\n2. **Ligaturez serré** en croisant les tours et en terminant par plusieurs tours perpendiculaires qui bloquent l'ensemble — les modes d'assemblage sont comparés dans [[TEC-MEC-001]]. La fabrication du lien est dans [[TEC-MAT-003]].\n3. **Serrez avec un matériau qui se rétracte** — cuir humide, tendon, fibre végétale mouillée. En séchant, il resserre l'assemblage tout seul.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en ville.** Le verre épais, la céramique, les lames de scie et les ressorts sont partout. La méthode d'évaluation d'un métal récupéré est dans [[SURV-REC-002]].\n\n**Vous n'avez rien pour affûter.** Une pierre plate à grain fin trouvée dans un lit de rivière fait une pierre à aiguiser correcte. Le fond d'une tasse ou d'un pot en céramique non émaillé fonctionne également. Le cuir d'une ceinture redresse un fil sans enlever de matière.\n\n**Vous devez percer plutôt que couper.** Une pointe de bois durcie au feu, une esquille d'os affûtée ou un clou aplati suffisent. L'os frais est difficile à travailler ; sec, il devient cassant. L'intermédiaire est le bon moment.\n\n**Vous devez lier ou attacher.** Les cinq nœuds à connaître sont dans [[SURV-NOE-001]].\n\n**Vous voulez que ça dure.** Le métal l'emporte sur tout le reste, à condition de le protéger de la corrosion — voir [[TEC-COR-001]]. Un tranchant de pierre est excellent et éphémère : il s'utilise et se refait.\n\n**Vous manipulez sans protection.** La coupure est la blessure la plus banale de cette activité et la plus sous-estimée en milieu sale : voir [[TEC-SAN-001]]. On coupe toujours en s'éloignant du corps, et jamais en direction de la main qui tient.","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-001","titre":"Tenir dans la durée","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["psychologie","moral","duree","sommeil"],"sources":["Leach J., Survival Psychology","Programmes de recherche en bases antarctiques — isolated, confined and extreme environments","NASA — behavioral health and performance in long-duration missions"],"corps":"::Ce n'est pas le danger qui casse les gens. C'est l'attente, l'absence de repères, et le sentiment que rien de ce qu'on fait ne change quoi que ce soit.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes travaux menés sur les équipages isolés — bases polaires, missions longues, confinements prolongés — donnent des résultats convergents et souvent contre-intuitifs.\n\n**La phase difficile n'est pas la première.** Au début, l'urgence mobilise et la nouveauté occupe. La dégradation apparaît plus tard, quand la situation cesse d'être exceptionnelle sans redevenir normale. C'est la période où l'on cesse de compter les jours et où l'on ne voit pas de fin.\n\n**Le sommeil se dégrade en premier, et il entraîne tout le reste.** Un manque de sommeil prolongé altère le jugement, l'humeur et la tolérance aux autres avant d'altérer la vigilance. La personne concernée est la dernière à s'en apercevoir, parce que la capacité d'auto-évaluation est précisément ce qui se dégrade.\n\n**Le corps mène l'esprit plus souvent que l'inverse.** Avant de chercher une explication psychologique à un effondrement, il faut vérifier le sommeil, l'hydratation, l'alimentation et la température. Une grande partie de ce qu'on prend pour du découragement est un déficit physiologique — voir [[TEC-SAN-005]] et [[TEC-ALI-001]].\n\n**Ce qui protège le mieux est la structure du temps.** Une journée découpée, avec des repères fixes et des tâches qui aboutissent, produit un effet mesurable sur le moral. Ce n'est pas du confort : c'est le principal outil disponible.\n\n## AGIR\n\n1. **Fixez un horaire.** Lever, repas, coucher, à heure constante. Le contenu importe moins que la régularité.\n2. **Protégez le sommeil comme une ressource.** Obscurité, silence, chaleur, et une durée suffisante. Un tour de garde qui découpe la nuit de tout le monde est une mauvaise organisation : mieux vaut que certains dorment entièrement.\n3. **Terminez au moins une chose par jour.** Une tâche visible, achevée, constatable. L'accumulation de travaux en cours démoralise ; un ouvrage fini restaure.\n4. **Gardez une trace écrite.** Ce qui a été fait, la météo, les décisions, les ressources. Un journal donne une mesure du temps qui passe et une preuve que quelque chose avance.\n5. **Réservez un moment collectif quotidien.** Un repas, une veillée, un point de dix minutes. C'est le rôle historique du feu, décrit dans [[MEM-EVE-001]], et il n'a pas d'équivalent.\n6. **Bougez et sortez**, même sans raison utile. L'immobilité et l'enfermement dégradent plus vite que l'effort.\n7. **Ne laissez personne seul trop longtemps**, et repérez celui qui parle moins qu'avant.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul.** L'isolement est le facteur aggravant principal, et il faut le compenser activement. Parlez à voix haute, tenez un journal, imposez-vous des horaires plus stricts que si vous étiez accompagné. Fixez-vous chaque matin trois objectifs atteignables et cochez-les.\n\n**Quelqu'un se replie.** Silence inhabituel, retrait des repas, négligence de l'hygiène, irritabilité soudaine. Ne demandez pas ce qui ne va pas : proposez une tâche à faire à deux. L'action partagée rouvre la parole bien mieux que la question directe.\n\n**Quelqu'un s'agite et veut partir.** L'impatience est une réaction normale à l'attente. Donnez-lui une mission concrète et bornée dans le temps. Un projet à trois jours vaut mieux qu'un discours sur la patience.\n\n**Il y a des enfants.** La routine, l'école improvisée et le jeu ne sont pas secondaires : ce sont les seuls repères dont ils disposent et ils absorbent l'inquiétude des adultes bien plus qu'ils ne comprennent la situation.\n\n**Il y a un deuil ou une perte.** Le travail continue et il faut qu'il continue, mais la personne a besoin de moments où elle n'a rien à faire. Réduisez ses responsabilités sans le dire publiquement — voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Vous devez décider dans l'urgence pendant cette période.** La fatigue accumulée dégrade la décision davantage que l'émotion du moment. Reportez-vous à [[SURV-PSY-002]], et considérez le sommeil comme une décision opérationnelle.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-003","titre":"Récupérer sur un véhicule","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","vehicule","materiel","electricite"],"sources":[],"corps":"::Un véhicule immobilisé est le gisement le plus dense qui existe : de l'énergie, du métal, du tissu, du verre et des liquides, dans un volume qu'on fouille en vingt minutes.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn véhicule concentre en quelques mètres cubes ce qu'il faudrait chercher dans plusieurs bâtiments. Il présente aussi trois dangers qu'il faut connaître avant d'ouvrir quoi que ce soit.\n\n**Les carburants et vapeurs.** L'essence s'évapore et ses vapeurs sont plus lourdes que l'air : elles s'accumulent au sol et dans les fosses. Aucune flamme, aucune étincelle, aucune coupe au métal près d'un réservoir.\n\n**Les dispositifs pyrotechniques.** Les airbags et les prétensionneurs de ceinture contiennent une charge qui peut se déclencher lors d'une manipulation ou d'un court-circuit, même véhicule éteint et parfois longtemps après.\n\n**L'électricité.** Sur un véhicule électrique ou hybride, la batterie de traction délivre une tension dangereuse et ses câbles sont repérables à leur couleur vive. On n'y touche pas. La batterie de servitude, elle, est de basse tension mais délivre un courant énorme en court-circuit : elle fait fondre un outil et provoque un incendie en quelques secondes.\n\n## AGIR\n\n1. **Vérifiez la stabilité avant d'entrer.** Un véhicule sur le flanc, en équilibre ou sur un terrain meuble se cale d'abord.\n2. **Débranchez la batterie**, borne négative en premier. Ce geste supprime la plupart des risques électriques et pyrotechniques.\n3. **Ouvrez et ventilez** avant de fouiller un habitacle fermé depuis longtemps.\n4. **Prélevez dans l'ordre d'utilité.**\n\n**Ce qui rend le plus, par priorité :**\n\n- **La batterie.** Une source d'énergie transportable, rechargeable, immédiatement utilisable pour l'éclairage, la charge d'appareils et l'allumage — voir [[TEC-ENE-004]] et [[SURV-FEU-002]].\n- **Les câbles.** Plusieurs dizaines de mètres de fil de cuivre souple, de sections variées, avec cosses et connecteurs. Voir [[TEC-ENE-002]].\n- **Les miroirs.** Rétroviseurs intérieur et extérieurs : signalisation à très longue distance, voir [[SIG-COM-001]].\n- **Les liquides.** Lave-glace, liquide de refroidissement, huile. Aucun n'est potable. Le lave-glace contient de l'alcool et brûle ; l'huile sert de lubrifiant et de protection contre la corrosion.\n- **Les textiles.** Housses de siège, moquettes, tapis, ceintures. Isolation, rembourrage, sangles — et les ceintures sont des sangles extrêmement résistantes.\n- **La mousse des sièges.** Un excellent isolant thermique, en volume important. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Les vitres latérales.** En verre trempé, elles éclatent en petits fragments peu coupants ; le pare-brise, feuilleté, se découpe et donne une plaque rigide transparente.\n- **Les fusibles, ampoules, relais, interrupteurs.** Petits, légers, irremplaçables.\n- **Les outils du coffre.** Cric, clé, triangle, trousse de secours, roue de secours.\n- **Les durites et joints.** Caoutchouc souple, étanche, difficile à improviser.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous cherchez de l'énergie électrique.** La batterie est le premier objet à prendre. Une batterie déchargée depuis longtemps est souvent sulfatée et irrécupérable, mais elle contient du plomb. Une batterie encore chargée est un trésor.\n\n**Vous cherchez du carburant.** Les réservoirs modernes sont conçus pour empêcher le siphonnage par le tube de remplissage. L'accès se fait plutôt par la pompe, sous la banquette arrière sur beaucoup de modèles. **Ne siphonnez jamais à la bouche** : l'inhalation d'hydrocarbure provoque une atteinte pulmonaire grave. Le stockage impose un contenant prévu, fermé, ventilé et à l'écart de toute source de chaleur.\n\n**Vous cherchez un abri.** Un habitacle coupe le vent et la pluie, mais c'est une boîte métallique non isolée : elle se refroidit très vite la nuit et surchauffe au soleil. Isolez du siège et du plancher, et ventilez légèrement pour éviter la condensation. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Le véhicule est électrique.** N'ouvrez pas le bloc de traction. Le reste — câbles basse tension, textiles, vitres, miroirs, batterie de servitude — se récupère normalement.\n\n**Vous voulez démonter proprement.** Photographiez avant, marquez les connecteurs, gardez la visserie avec la pièce. Le tri de ce qui est encore utilisable est dans [[SURV-REC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-002","titre":"Fabriquer du savon","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["savon","chimie","hygiene","fabrication"],"sources":["Bailey's Industrial Oil and Fat Products, chapitre sur la {{saponification|Réaction entre un corps gras et une base forte, qui produit du savon et de la glycérine.}}","OMS — Guidelines on hand hygiene","INRS — fiche toxicologique de l'hydroxyde de sodium"],"corps":"::Le savon est la seule molécule qui parle aux deux mondes : une extrémité aime l'eau, l'autre aime la graisse. C'est tout son secret, et c'est ce qui l'a rendu irremplaçable.::\n\n## Comment ça fonctionne\n\nUne molécule de savon possède une longue chaîne carbonée qui se mêle aux corps gras, et une extrémité ionique qui se mêle à l'eau.\n\nPlacée sur une salissure grasse, la chaîne s'y enfonce pendant que l'extrémité reste tournée vers l'eau. Les molécules s'organisent en sphères autour des gouttelettes de graisse, qui se retrouvent enveloppées et deviennent transportables par l'eau. **Le savon ne détruit pas la saleté : il la rend soluble.**\n\nDeux conséquences pratiques en découlent. **Le rinçage fait partie du geste** : sans lui, la saleté enveloppée reste sur place. Et **la durée et le frottement comptent plus que la quantité** de savon, parce que l'essentiel du travail est mécanique.\n\nContre les micro-organismes, l'effet est double. Le détachement mécanique emporte l'essentiel, et la structure enveloppée de nombreux virus, faite de lipides, est directement désorganisée. C'est ce qui explique le résultat mesuré du lavage des mains, rappelé dans [[TEC-SAN-004]].\n\n## La réaction\n\nOn fabrique du savon en faisant réagir un **corps gras** avec une **base forte**. La réaction s'appelle la saponification et produit deux choses : du savon et de la glycérine.\n\nLe corps gras peut être une graisse animale ou une huile végétale. Chacun donne un savon de caractère différent : les graisses solides donnent un savon dur et peu moussant, les huiles liquides un savon plus doux et plus soluble.\n\nLa base est classiquement l'hydroxyde de sodium, qui donne un savon solide, ou l'hydroxyde de potassium, qui donne un savon mou ou liquide.\n\n**Historiquement, cette base se produisait à partir de cendres.** Les cendres de bois dur, lessivées à l'eau, libèrent des carbonates de potassium : on obtient une solution alcaline appelée lessive de cendres. Elle est bien plus faible et plus variable qu'une base commerciale, et elle donne un savon mou, irrégulier, dont il est difficile de garantir la neutralité.\n\n## Le point critique : le dosage\n\nC'est là que tout se joue, et c'est ce qui rend la fabrication exigeante.\n\nChaque corps gras demande une quantité de base précise pour être entièrement transformé. **Trop de base, et il en reste dans le savon fini : il devient caustique et brûle la peau.** Trop peu, et le savon reste gras, mou, et ne lave pas.\n\nLes fabricants travaillent avec un léger excès de corps gras, précisément pour garantir qu'il ne reste aucune base libre. C'est une marge de sécurité, pas un détail de recette.\n\nAvec une lessive de cendres, dont la concentration est inconnue et variable, ce dosage ne peut pas être calculé : il se cherche par essais, et le résultat doit être testé avant tout usage sur la peau.\n\n## Manipuler la base sans accident\n\nUne base forte est **plus dangereuse qu'un acide de force comparable**, pour la raison expliquée dans [[TEC-CHI-001]] : elle dissout les graisses des tissus et continue de pénétrer en profondeur, avec une douleur initiale trompeusement sourde.\n\nTrois règles. **Protection des yeux avant tout**, car c'est la lésion irréversible la plus rapide. **On verse toujours la base dans l'eau, jamais l'inverse** : la dissolution dégage beaucoup de chaleur et peut projeter le liquide. **En cas de projection, on rince à l'eau très longuement et on ne neutralise pas** — voir [[URG-BRUL-001]].\n\nTravailler dehors ou en local ventilé, avec les mains et les bras couverts.\n\n## Le procédé, dans les grandes lignes\n\nLe corps gras est fondu et amené à une température modérée. La solution de base, refroidie après dissolution, y est incorporée en remuant continuellement.\n\nLe mélange s'épaissit progressivement jusqu'à un point où le mouvement de l'ustensile laisse une trace visible à la surface : c'est le signe que la réaction est engagée. On coule alors dans un moule.\n\nVient ensuite la **cure**, la phase la plus négligée : plusieurs semaines pendant lesquelles la réaction s'achève et l'eau s'évapore. Un savon utilisé trop tôt est mou, se consomme vite, et peut encore contenir de la base libre. **Le temps de cure n'est pas une finition, c'est une étape de sécurité.**\n\n## À défaut de savon\n\nRien ne remplace vraiment le savon, mais tout vaut mieux que l'eau seule.\n\nLes **cendres fines** et l'**argile** agissent comme abrasifs et adsorbants, et améliorent nettement le lavage mécanique. Certaines plantes contiennent des saponines, molécules naturellement moussantes, qui produisent un effet lavant réel quoique modeste. Le **sable** frotté sur une plaie ou une peau abîmée est en revanche à éviter.\n\nEt dans tous les cas, ce qui compte est la même chose : de l'eau en quantité, du frottement, et du temps.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-007","titre":"La combustion et l’évacuation des fumées","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["chauffage","fumee","monoxyde","habitat"],"sources":["Santé publique France — intoxications au monoxyde de carbone, bilans annuels","Centre scientifique et technique du bâtiment — conduits de fumée","NFPA 211 — Standard for Chimneys, Fireplaces, Vents"],"corps":"::Toute combustion consomme de l'oxygène et produit des gaz. L'un d'eux n'a ni odeur, ni couleur, ni goût, et il endort avant d'alerter.::\n\n## Ce qui produit le monoxyde\n\nToute combustion consomme de l'oxygène. Quand il y en a assez, le carbone du combustible s'oxyde complètement et donne du dioxyde de carbone, inoffensif à faible concentration.\n\nQuand l'oxygène manque, l'oxydation s'arrête à mi-chemin et produit du **monoxyde de carbone**. Cela se produit dans une pièce fermée, avec un appareil mal réglé, un conduit obstrué, ou simplement quand la combustion est trop importante pour le volume d'air disponible.\n\nLe danger tient à la chimie du sang : le monoxyde se fixe sur l'hémoglobine bien plus fortement que l'oxygène et prend sa place. Le sang circule normalement mais ne transporte plus rien. **La personne s'affaiblit, a mal à la tête, se sent nauséeuse, puis s'endort.** Les symptômes ressemblent à une grippe ou à une fatigue ordinaire, ce qui explique qu'on les attribue à autre chose jusqu'au moment où il est trop tard.\n\nUn signe collectif doit alerter immédiatement : **plusieurs personnes présentant les mêmes maux de tête au même endroit, qui disparaissent quand elles sortent.**\n\n## Les règles qui n'admettent aucune exception\n\n**Aucun appareil à combustion ne fonctionne à l'intérieur sans évacuation des fumées vers l'extérieur.** Cela vaut pour un groupe électrogène, un moteur, un brasero, un barbecue, un réchaud à gaz utilisé longuement, un chauffage d'appoint sans conduit.\n\n**Un garage, une véranda, une cave, une tente ou un auvent fermé comptent comme un intérieur.** L'intoxication survient aussi dans un local grand ouvert d'un côté quand l'appareil tourne assez longtemps.\n\n**Un conduit ne se bouche jamais**, même partiellement, même pour améliorer le tirage.\n\n**Un détecteur de monoxyde est la seule protection réelle**, parce que le gaz ne se perçoit pas. C'est un appareil peu coûteux, à piles, qui se pose là où l'on dort.\n\n## Le tirage, ou pourquoi la fumée monte\n\nUn conduit fonctionne par différence de densité : l'air chaud du foyer est plus léger que l'air extérieur, donc il monte et aspire de l'air neuf par le bas. C'est cette circulation qui évacue les fumées.\n\nQuatre facteurs la déterminent, et chacun peut la ruiner.\n\n**La hauteur.** Un conduit court tire mal. C'est le facteur principal.\n\n**La section.** Trop étroite, elle bride le débit. Trop large, les fumées refroidissent, ralentissent et se déposent.\n\n**La température.** Un conduit froid ne tire pas. C'est pourquoi un feu démarre mal dans une cheminée froide, et pourquoi un conduit isolé ou intérieur tire mieux qu'un conduit plaqué sur un mur extérieur.\n\n**L'arrivée d'air.** Un logement très étanche prive le foyer d'air neuf. Le conduit peut alors s'inverser et refouler dans la pièce. **Une amenée d'air dédiée n'est pas un détail, c'est ce qui rend l'installation sûre.**\n\n## Le feu de conduit\n\nUne combustion incomplète dépose sur les parois des résidus goudronneux, qui s'accumulent et finissent par s'enflammer. La température atteinte est très élevée et la chaleur traverse les murs : le feu se propage souvent dans une autre pièce, voire à l'étage.\n\nCe qui produit ces dépôts : le bois humide, le bois résineux, un feu conduit au ralenti trop longtemps, et un conduit trop froid. Ce qui les évite : du bois sec, un feu franc, et un ramonage régulier. La qualité du combustible est traitée dans [[TEC-MAT-001]].\n\nEn cas de feu de conduit : ne plus alimenter, fermer les arrivées d'air, éloigner ce qui touche le conduit dans toutes les pièces traversées, et évacuer si l'on n'est pas certain de maîtriser. Voir [[URG-INC-001]].\n\n## Les distances aux matériaux\n\nUn conduit chauffe fortement et transmet cette chaleur par rayonnement et par contact. Un bois maintenu longtemps à température modérée se dégrade et s'enflamme finalement à une température bien plus basse qu'un bois neuf. **C'est un mécanisme lent, qui produit des incendies plusieurs années après une installation qui semblait tenir.**\n\nToute traversée de paroi ou de plancher demande donc un écart et un isolant entre le conduit et la structure. C'est le point où les installations improvisées échouent le plus souvent.\n\n## Chauffer efficacement\n\nLe meilleur chauffage est celui qu'on n'a pas besoin de produire. Réduire le volume à chauffer à une seule pièce, calfeutrer les autres, isoler du sol et couper les courants d'air rend plus que n'importe quel appareil supplémentaire — c'est la logique de [[SURV-ABRI-001]] appliquée à un bâtiment.\n\nEt un rappel qui vaut pour tout foyer ouvert : une grande flamme rassure et chauffe peu, c'est la masse chaude qui restitue la chaleur, comme l'explique [[SURV-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-004","titre":"Les batteries","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["batterie","energie","stockage","donnees"],"sources":["IEC 62133 — Safety requirements for secondary cells","Battery University — technical documentation","Linden's Handbook of Batteries"],"corps":"::Une batterie ne contient pas de l'électricité. Elle contient une réaction chimique qu'on force à l'envers pour la recharger, et cette réaction s'use.::\n\n## Les grandeurs qui comptent\n\n**La tension nominale** dépend de la chimie et du nombre de cellules en série. Une cellule au plomb délivre environ deux volts, une cellule lithium-ion environ trois volts et demi à trois volts sept selon la variante.\n\n**La capacité**, en ampères-heures, indique combien de courant la batterie peut fournir pendant combien de temps. **Elle ne dit rien seule** : il faut la multiplier par la tension pour obtenir des wattheures, seule unité comparable. Deux batteries de même capacité affichée peuvent stocker des énergies très différentes — c'est le calcul central de [[TEC-ENE-001]].\n\n**Le courant maximal** que la batterie accepte de fournir ou de recevoir. Le dépasser la chauffe et l'abîme.\n\n**La {{profondeur de décharge|Fraction de la capacité d'une batterie réellement utilisée avant recharge ; plus elle est faible, plus la batterie dure.}}** est la fraction réellement utilisable. C'est le paramètre le plus souvent ignoré et celui qui décide de la durée de vie.\n\n## Les chimies, et leurs caractères\n\n**Le plomb-acide.** Lourd, encombrant, peu cher, très tolérant. Il accepte une charge rudimentaire et supporte une électronique de gestion approximative. En contrepartie, il n'aime pas être déchargé profondément : descendre régulièrement sous la moitié de sa capacité réduit fortement son espérance de vie. Laissé déchargé, il se sulfate et devient irrécupérable en quelques semaines. **C'est le meilleur choix quand on n'a pas d'électronique fiable**, et le pire quand le poids compte.\n\n**Le lithium-ion.** Bien plus dense en énergie pour le même poids, sans effet de mémoire, faible autodécharge. Mais il exige une gestion précise : une surcharge, une décharge trop profonde ou une charge par grand froid l'endommagent, parfois dangereusement. C'est le rôle du circuit de protection intégré aux blocs.\n\n**Le lithium-fer-phosphate**, une variante, stocke un peu moins mais tolère bien plus de cycles, se dégrade moins vite et présente un comportement thermique nettement plus sûr.\n\n**Le nickel-métal-hydrure**, celui des accumulateurs de format courant, est robuste, sans danger particulier, mais s'autodécharge notablement — sauf les versions dites à faible autodécharge.\n\n## Ce qui use une batterie\n\nTrois facteurs, et ils se cumulent.\n\n**Le nombre de cycles.** Chaque charge complète use un peu. Mais une décharge partielle use bien moins qu'une décharge profonde : **maintenir une batterie entre vingt et quatre-vingts pour cent multiplie considérablement sa durée de vie**, quelle que soit la chimie.\n\n**La température.** La chaleur accélère toutes les réactions de dégradation. Une batterie stockée au chaud vieillit vite même sans être utilisée. Le froid, lui, réduit temporairement la capacité disponible sans abîmer — sauf en charge, où charger une cellule lithium en dessous de zéro provoque des dépôts internes irréversibles.\n\n**Le repos à un état de charge extrême.** Stockée pleine ou vide pendant des mois, une batterie se dégrade davantage qu'à mi-charge. Pour un stockage long, la règle est de laisser environ la moitié.\n\n## Reconnaître une cellule dangereuse\n\n**Gonflée, percée, écrasée ou déformée : elle s'écarte.** Elle ne se répare pas et ne se teste pas. Une cellule lithium endommagée peut entrer en {{emballement thermique|Réaction en chaîne qui s'auto-entretient dans une cellule lithium endommagée, sans besoin d'oxygène extérieur.}}, réaction qui s'auto-entretient et qu'on n'éteint pas facilement.\n\nUne odeur douceâtre, une chaleur anormale en charge, une tension qui s'effondre sous charge légère sont autant de motifs de mise à l'écart.\n\nUn feu de batterie lithium n'a pas besoin d'oxygène extérieur pour se poursuivre : on refroidit massivement à l'eau et l'on éloigne le reste plutôt que de chercher à l'étouffer — voir [[URG-INC-001]].\n\n## En récupération\n\nLes cellules cylindriques standard équipent une grande partie des blocs d'outillage portatif et d'ordinateurs. **Un bloc mort l'est rarement en entier** : c'est presque toujours une ou deux cellules qui font chuter l'ensemble, parce qu'elles sont en série et que la plus faible limite tout le monde, comme l'explique [[TEC-ENE-002]].\n\nSéparer les cellules, mesurer chacune à vide puis sous charge, et écarter celles qui s'effondrent permet de reconstituer un ensemble utilisable. Cela demande de mesurer, jamais de deviner.\n\nLes batteries au plomb d'onduleurs, d'alarmes et d'éclairages de secours sont partout, gardent une charge résiduelle longtemps et se rechargent avec des moyens simples. Le tri d'un matériel trouvé relève de [[SURV-REC-002]].\n\n## Charger correctement\n\nUne charge se fait en deux temps : à courant constant tant que la tension monte, puis à tension constante pendant que le courant diminue. Couper trop tôt laisse la batterie partiellement chargée ; maintenir la tension trop longtemps la dégrade.\n\nUn régulateur est indispensable dès qu'une source variable est en jeu, comme un panneau solaire — voir [[TEC-SOLR-001]]. Sans lui, la batterie est détruite par surcharge le jour, ou déchargée dans le panneau la nuit.\n\nEnfin, une batterie au plomb en charge dégage de l'hydrogène, inflammable et explosif en espace confiné. **On ventile, et on n'approche aucune flamme ni étincelle.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-003","titre":"Fibres et cordages","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["corde","fibres","materiaux","donnees"],"sources":["Cordage Institute — fibre rope technical standards","USDA Forest Products Laboratory — natural fibres","Ashley C., The Ashley Book of Knots"],"corps":"::Sans lien, rien ne tient. La corde est l'objet le plus sous-estimé d'un équipement et le plus difficile à remplacer.::\n\n## Ce qui fait la résistance d'une corde\n\nUne fibre isolée casse facilement. Des milliers de fibres parallèles cassent aussi facilement, parce qu'elles glissent les unes sur les autres au lieu de partager l'effort.\n\n**La torsion résout ce problème.** En tordant les fibres, on les presse les unes contre les autres : le frottement les solidarise, et l'ensemble travaille comme un tout. Plus la traction augmente, plus la torsion serre — la corde se resserre sur elle-même.\n\nC'est pourquoi une corde traditionnelle est construite en torsions alternées : les fibres sont tordues dans un sens pour faire un fil, les fils tordus dans l'autre pour faire un toron, les torons retordus dans le premier sens. **Cette alternance empêche l'ensemble de se détordre**, et c'est la même idée à chaque étage.\n\n## Les fibres naturelles\n\nElles proviennent de trois origines : la tige de certaines plantes, les feuilles, ou les poils animaux.\n\nLes fibres de tige sont les plus longues et les plus résistantes. On les obtient par **{{rouissage|Décomposition contrôlée de la matière végétale dans l'eau ou sur sol humide, qui détruit les tissus tendres et libère les fibres.}}** — on laisse la matière végétale se décomposer partiellement dans l'eau ou sur le sol humide, ce qui détruit les tissus tendres et libère les fibres — puis par battage et peignage.\n\nLeurs limites communes : elles absorbent l'eau, perdent en résistance mouillées pour certaines, et surtout **elles pourrissent**. Une corde végétale stockée humide ne dure pas. Le tannage ou l'imprégnation de graisse ou de goudron prolonge nettement leur vie.\n\nLes fibres animales — crin, tendon, cuir découpé en lanières — sont très résistantes et se prêtent aux petits diamètres. Le tendon séché puis assoupli donne un lien extrêmement solide qui se resserre en séchant.\n\n## Les fibres synthétiques\n\nElles dominent partout et il faut connaître leurs différences, parce qu'elles ne sont pas interchangeables.\n\nCertaines sont **très élastiques** : elles encaissent les chocs en s'allongeant, ce qui est indispensable pour retenir une chute et inadapté quand on veut tendre quelque chose précisément.\n\nD'autres sont **très peu élastiques** : idéales pour hisser, tendre, remonter, mauvaises pour absorber un à-coup.\n\nD'autres encore **flottent** et résistent bien aux ultraviolets et à l'eau, mais glissent davantage et supportent mal l'abrasion.\n\nLe point commun de toutes : **elles fondent**. Un frottement rapide sur une corde synthétique la coupe par la chaleur, pas par l'usure. C'est un mode de rupture qui surprend, et c'est pourquoi une corde ne coulisse jamais rapidement sur une autre corde.\n\n## Ce qui affaiblit une corde\n\n**Le nœud**, toujours. Il réduit la résistance de façon notable, parfois de moitié, parce qu'il comprime et courbe les fibres à l'endroit du serrage. Un nœud bien choisi limite la perte, aucun ne l'annule.\n\n**L'angle vif.** Une corde tendue sur une arête concentre tout l'effort sur quelques fibres. On protège systématiquement le point de contact.\n\n**L'abrasion**, qui use l'extérieur et se voit.\n\n**Les ultraviolets**, qui dégradent l'intérieur et ne se voient pas. Une corde synthétique laissée des mois au soleil peut paraître neuve et avoir perdu l'essentiel de sa résistance.\n\n**Le choc**, qui abîme sans laisser de trace visible.\n\nD'où la règle : **une corde dont on ignore l'histoire ne se charge jamais au-dessus d'une personne.** C'est le critère de tri qu'applique aussi [[SURV-REC-002]].\n\n## Les nœuds qui suffisent\n\nQuelques nœuds couvrent la quasi-totalité des besoins, et il vaut mieux en maîtriser cinq que d'en connaître trente.\n\nUn nœud pour faire une **boucle fixe** qui ne se serre pas sous charge. Un nœud pour **joindre deux cordes**, en tenant compte du fait que joindre deux diamètres différents demande un nœud spécifique. Un nœud pour **tendre**, qui permet de bloquer sous tension. Un nœud pour **amarrer** rapidement à un point fixe. Et un **arrêt** en bout de corde.\n\nLe critère qui compte n'est pas la beauté : c'est qu'un nœud se défasse après avoir été chargé. Un nœud qui ne s'ouvre plus vous fait perdre la corde.\n\n## Fabriquer une corde\n\nLe procédé tient en une phrase : **tordre deux mèches dans le même sens, et les enrouler l'une autour de l'autre dans le sens inverse.** La tension résiduelle de chaque mèche les verrouille ensemble.\n\nOn allonge en incorporant de nouvelles fibres avant que les précédentes ne s'épuisent, en décalant les jonctions pour ne jamais avoir deux raccords au même endroit. Une corde bien faite n'a pas de point faible parce qu'aucune fibre ne la traverse entièrement.\n\nLes fibres utilisables sont plus nombreuses qu'on ne croit : écorce interne de certains arbres, tiges de plantes fibreuses, feuilles longues, racines fines, et tout textile récupéré détressé — voir [[TEC-MAT-001]] pour les essences.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-003","titre":"Anatomie fonctionnelle","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["anatomie","sante","corps","donnees"],"sources":["Gray's Anatomy for Students, Drake, Vogl, Mitchell","Netter F., Atlas d'anatomie humaine","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, patient assessment"],"corps":"::On ne soigne pas ce qu'on ne situe pas. Quelques repères osseux suffisent à savoir ce qui se trouve dessous.::\n\n## Les repères qui se palpent\n\nLe corps se lit par ses os, parce qu'ils sont les seuls éléments fixes et repérables au toucher à travers les vêtements.\n\nLa **clavicule** court de la base du cou à l'épaule ; elle casse souvent et se palpe sur toute sa longueur. Le **sternum** occupe le milieu du thorax ; sa moitié inférieure est le point d'appui des compressions thoraciques. Les **côtes** se comptent depuis le bas. La **crête iliaque**, en haut du bassin, se sent des deux côtés et sert de repère pour tout ce qui est abdominal.\n\nCes quatre repères permettent de décrire une douleur ou une blessure sans ambiguïté, ce qui est la moitié du travail d'un bilan — voir [[URG-SEC-001]].\n\n## Ce qu'il y a sous chaque zone\n\n**Le thorax** contient les poumons, qui occupent presque tout le volume, et le cœur, plutôt à gauche et en avant. Il est protégé par la cage costale, souple et déformable. Une plaie thoracique ouverte peut laisser entrer l'air entre le poumon et la paroi, ce qui l'empêche de se déployer : la respiration devient difficile et se dégrade progressivement.\n\n**L'abdomen supérieur** contient le foie à droite — volumineux, très vascularisé, saignant abondamment quand il est lésé — l'estomac et la rate à gauche. Ces organes dépassent en partie sous les dernières côtes, ce qui explique qu'un choc costal bas puisse produire un saignement interne sans plaie visible.\n\n**L'abdomen inférieur** contient l'intestin et, au fond, les gros vaisseaux qui descendent vers les jambes.\n\n**Le bassin** protège la vessie et les vaisseaux iliaques. Une fracture du bassin peut faire perdre un volume de sang considérable à l'intérieur du corps, sans qu'une goutte ne soit visible — c'est un des mécanismes évoqués dans [[URG-FRAC-001]].\n\n## La circulation, en trois idées\n\nLe cœur envoie le sang vers les organes par les **artères**, en pression et par à-coups, puis le récupère par les **veines**, à basse pression.\n\nCette différence explique l'aspect d'un saignement. Un sang rouge vif qui jaillit par saccades vient d'une artère ; un sang sombre qui s'écoule régulièrement vient d'une veine. **La distinction utile n'est pas la couleur mais le débit**, comme le rappelle [[URG-HEMO-001]].\n\nCertaines artères passent près de la surface et se compriment contre un os : au pli de l'aine, à la face interne du bras, au cou. Ce sont aussi les endroits où l'on perçoit un pouls.\n\nEnfin, le sang irrigue en priorité le cerveau. Quand le volume baisse, l'organisme ferme la périphérie pour préserver le centre : **c'est pourquoi une peau pâle, froide et moite est un signe de gravité**, avant même la chute de la tension.\n\n## La respiration\n\nL'air entre par le nez et la bouche, passe par le pharynx, puis la trachée, et se divise vers les deux poumons. Le **diaphragme**, muscle en dôme sous les poumons, fait l'essentiel du travail : il descend, le thorax s'agrandit, l'air entre.\n\nDeux conséquences pratiques. Une compression forte du creux de l'estomac refoule le diaphragme et chasse l'air des poumons, ce qui est exactement le mécanisme utilisé dans [[URG-ETOU-001]]. Et chez une personne inconsciente couchée sur le dos, la langue retombe et obstrue le pharynx : basculer la tête en arrière la dégage, geste central de [[URG-INCO-001]].\n\n## Le système nerveux\n\nLe cerveau commande, la moelle épinière transmet dans le canal vertébral, les nerfs distribuent.\n\nLa moelle est protégée par les vertèbres mais ne se répare pas. Une lésion interrompt commande et sensibilité en dessous du niveau atteint — d'où la prudence sur toute suspicion de traumatisme du rachis.\n\nLes signes qui doivent alerter sont simples et se testent sans matériel : **la personne sent-elle qu'on lui touche les pieds, peut-elle les bouger, a-t-elle des fourmillements**. Ce test, répété dans le temps, vaut mieux qu'un long examen unique.\n\n## Les os et les articulations\n\nUn os est vivant, irrigué, et il saigne quand il casse. Il se répare seul s'il est correctement immobilisé.\n\nUne articulation est maintenue par des ligaments. Ils s'étirent ou se déchirent — c'est l'entorse — sans que l'os soit atteint. Sur le terrain, la distinction avec une fracture est impossible sans imagerie, et c'est sans importance : la conduite à tenir est la même.\n\n## La peau, organe sous-estimé\n\nElle retient l'eau du corps, le protège des micro-organismes et régule la température. Détruite sur une grande surface, elle laisse fuir un volume de liquide considérable : c'est l'étendue, et non la profondeur, qui rend une brûlure mortelle, comme l'explique [[URG-BRUL-001]].\n\nElle sert aussi d'indicateur permanent : couleur, température, moiteur, retour du sang après pression d'un ongle. **C'est l'instrument de mesure toujours disponible.**","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-002","titre":"Noyade","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","noyade","eau","secourisme"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, drowning","International Life Saving Federation — rescue and resuscitation statements","SNSM — conduite à tenir face à une noyade"],"corps":"::Une personne qui se noie ne crie pas et ne bat pas des bras. Elle est verticale, silencieuse, et elle disparaît en moins d'une minute.::\n\n## AGIR\n\n**N'entrez pas dans l'eau si vous pouvez faire autrement.** Le sauveteur improvisé qui se noie est un scénario documenté et fréquent.\n\n1. **Parlez.** Beaucoup de personnes en difficulté peuvent encore agir si on leur indique quoi faire.\n2. **Tendez** une perche, une branche, un vêtement, en restant ancré au sol.\n3. **Lancez** ce qui flotte : bidon vide et fermé, glacière, planche, bouée, sac étanche gonflé d'air.\n4. **Allez en bateau** si vous en avez un.\n5. **Nagez en dernier recours seulement**, avec quelque chose de flottant devant vous pour ne jamais être saisi.\n\n**Une fois la personne sortie :**\n\n6. **Ne perdez pas de temps à évacuer l'eau des poumons.** Il n'y en a presque jamais assez pour gêner, et ce geste retarde ce qui compte.\n7. **Vérifiez la respiration.** Tête basculée en arrière, menton relevé, dix secondes.\n8. **Elle respire :** position latérale, couverte, surveillée sans interruption.\n9. **Elle ne respire pas ou respire anormalement :** commencez la réanimation. **Dans la noyade, on donne d'abord cinq insufflations**, avant les compressions, contrairement à l'arrêt cardiaque habituel. Puis on alterne compressions et insufflations. La séquence générale est dans [[URG-INCO-001]].\n10. **Faites alerter les secours** pendant que vous agissez.\n11. **Traitez le froid dès que la respiration est assurée.** Retirer le mouillé, isoler du sol, envelopper, manipuler avec douceur — voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Toute personne sortie de l'eau après une immersion doit être vue par un médecin**, même si elle semble parfaitement bien.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est en eau vive.** Ne descendez jamais dans le courant. Le danger n'est pas la profondeur mais la force, et les obstacles immergés — un arbre couché retient un corps et le maintient sous la surface. La conduite complète est dans [[SURV-GUE-001]].\n\n**C'est sous la glace.** Approchez à plat ventre pour répartir votre poids, tendez un objet, ne vous approchez pas debout du bord de la cassure. Une personne dans l'eau glacée perd la force de ses mains en quelques minutes : elle ne pourra bientôt plus s'agripper.\n\n**Vous êtes vous-même en train de couler.** Cessez de lutter, basculez sur le dos, remplissez vos poumons d'air et laissez-vous flotter. La flottaison dorsale demande très peu d'énergie et vous fait gagner un temps considérable. Puis appelez, ou nagez lentement vers le bord le plus proche.\n\n**Il fait froid et la personne est restée longtemps immergée.** Ne concluez jamais au décès. Une immersion en eau froide ralentit le métabolisme, et des réanimations très prolongées ont ramené des personnes après de longues immersions, particulièrement des enfants. On réanime, et on continue.\n\n**Il y a plusieurs victimes.** Sortez d'abord celles qui ne bougent plus et flottent face contre l'eau, pas celles qui s'agitent. Celui qui s'agite respire encore.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi on ne la voit pas\n\nL'image de la personne qui crie et bat des bras est fausse. Le réflexe de détresse aquatique est involontaire et silencieux : la bouche affleure la surface juste assez pour inspirer, jamais assez pour parler ; les bras s'écartent latéralement et poussent sur l'eau pour maintenir la tête hors de l'eau, ce qui les empêche de faire signe. Le corps reste vertical et n'avance pas.\n\nCette phase dure très peu de temps chez un adulte, moins encore chez un enfant. **Un enfant qui se noie fait moins de bruit qu'un enfant qui joue** — le silence soudain est le signal.\n\n### Ce qui tue\n\nCe n'est pas l'eau dans les poumons, ou très peu. C'est le **manque d'oxygène**. Le larynx se ferme par réflexe au contact de l'eau, ce qui empêche à la fois l'eau d'entrer et l'air de passer. La perte de connaissance survient, puis l'arrêt.\n\nC'est la raison pour laquelle la séquence de réanimation est inversée dans la noyade : le problème est respiratoire à l'origine, donc on redonne de l'air en premier, alors que dans un arrêt cardiaque d'origine cardiaque on privilégie la circulation.\n\n### Le choc thermique\n\nL'immersion soudaine en eau froide déclenche une inspiration réflexe incontrôlable — dangereuse si la tête est sous l'eau — puis une hyperventilation, puis une perte progressive de la force de préhension. On peut être parfaitement conscient et incapable de s'agripper à quoi que ce soit. **C'est ce qui explique les noyades de bons nageurs**, et c'est pourquoi la première minute est la plus dangereuse.\n\n### La noyade différée\n\nUne atteinte pulmonaire peut se manifester plusieurs heures après une immersion, chez quelqu'un qui semblait aller bien. Toux persistante, essoufflement, fatigue inhabituelle, confusion : ce sont des motifs de recherche de secours, même tardifs.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ANT-002","titre":"Les réseaux, la puissance et la fragilité","axe":1,"categorie":"L'anthropocène","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","reseaux","dependance","organisation"],"sources":["Perrow C., Normal Accidents: Living with High-Risk Technologies","Tainter J., The Collapse of Complex Societies","Rapports d'analyse sur les grandes pannes de réseaux électriques et logistiques"],"corps":"::Les grandes pannes de réseau documentées suivent le même déroulement : un incident local, un report de charge, une cascade en quelques minutes.::\n\n## Ce qu'un réseau fait gagner\n\nRelier des points permet à chacun de se spécialiser. Une région produit ce qu'elle produit le mieux, une autre autre chose, et l'échange rend tout le monde plus riche que l'autarcie. C'est le mécanisme décrit dans [[MEM-ECH-001]], et il fonctionne réellement.\n\nLe gain est double. Il y a le gain de spécialisation, et il y a le **gain de mutualisation** : un réseau électrique permet à une région excédentaire de couvrir une région déficitaire, ce qui réduit les capacités à installer partout. Un réseau logistique permet de tenir avec moins de stock, puisqu'on peut être réapprovisionné.\n\n**Le stock est remplacé par le flux.** C'est ce qui rend un système efficace, et c'est aussi ce qui le rend fragile : un stock absorbe une interruption, un flux non.\n\n## Comment une panne se propage\n\nUn réseau ne tombe presque jamais d'un coup. Il tombe par cascade, et le schéma se répète dans des domaines très différents.\n\nUn élément lâche. Sa charge se reporte sur les éléments voisins, qui n'avaient pas de marge, et qui lâchent à leur tour. **La défaillance se propage plus vite que la capacité à réagir.** Les analyses des grandes pannes de réseaux électriques montrent régulièrement ce déroulement : un incident local, un report de charge, une cascade en quelques minutes, et une remise en service qui prend des jours.\n\nDeux propriétés aggravent le phénomène.\n\n**Le couplage serré.** Quand les éléments dépendent les uns des autres sans délai ni tampon, il n'y a aucun temps pour intervenir. Plus un système est optimisé, plus il est couplé serré.\n\n**L'interdépendance croisée.** Les réseaux dépendent les uns des autres : le transport a besoin de carburant, le carburant a besoin d'électricité pour être pompé, l'électricité a besoin de télécommunications pour être pilotée, les télécommunications ont besoin d'électricité. **Une panne dans un réseau se manifeste comme une panne dans un autre**, ce qui rend le diagnostic difficile au moment où il compte.\n\n## Ce que l'histoire ajoute\n\nCette configuration n'est pas nouvelle. Le système d'échanges de la fin de l'âge du bronze reliait une dizaine de puissances par des flux de métaux, de céréales et d'artisans, chacune plus riche grâce aux autres et incapable de vivre sans elles. Quand quelques nœuds ont cédé, l'ensemble s'est défait en quelques décennies.\n\nCe qui a changé depuis n'est pas la nature du mécanisme mais **la vitesse et la profondeur du couplage**. Une caravane mettait des mois ; un ordre de paiement met une seconde. Le gain est immense et le délai de réaction a disparu avec lui.\n\nC'est le même arbitrage que celui décrit dans [[MEM-EFF-001]] : chaque gain d'efficacité consomme une marge, et la marge est précisément ce qui absorbe les chocs.\n\n## Les grandes pannes documentées\n\n**Le nord-est américain, 2003.** Une ligne à haute tension entre en contact avec un arbre en Ohio. Un défaut logiciel empêche l'alarme de se déclencher. La charge se reporte sur les lignes voisines, qui déclenchent à leur tour. En quelques minutes, plusieurs dizaines de millions de personnes sont privées d'électricité sur deux pays. Le rétablissement complet prend plusieurs jours.\n\n**L'Italie, la même année.** Un incident sur une ligne d'interconnexion en Suisse isole progressivement le pays du réseau européen. La quasi-totalité du territoire est privée d'électricité en moins d'une demi-heure.\n\n**L'Inde, 2012.** Deux effondrements successifs du réseau en deux jours privent de courant un nombre de personnes estimé à plusieurs centaines de millions.\n\nDans les trois cas, le rapport d'analyse retient le même enchaînement : un événement initial banal, une marge insuffisante, un report de charge, et une propagation plus rapide que la capacité humaine à intervenir.\n\n## L'interdépendance entre réseaux\n\nLes analyses de ces événements documentent des couplages qui n'apparaissent qu'en situation de panne.\n\nLes **stations de pompage** d'eau potable s'arrêtent sans électricité. Les **stations-service** ne peuvent plus pomper le carburant. Les **télécommunications** tiennent sur batteries pendant une durée limitée, puis s'arrêtent — ce qui empêche le pilotage des autres réseaux. Les **feux de circulation** éteints paralysent les axes, ce qui empêche l'acheminement des équipes de réparation.\n\nChaque réseau suppose le fonctionnement d'un autre, et le diagnostic devient difficile au moment précis où il compte le plus.\n\n## Le précédent ancien\n\nLe système d'échanges de la Méditerranée orientale à la fin de l'âge du bronze présentait la même structure : des puissances spécialisées, reliées par des flux de métaux, de céréales et d'artisans, chacune plus riche grâce aux autres et incapable de produire seule ce qu'elle consommait. Sa rupture est décrite dans [[MEM-EFF-001]].\n\nCe qui distingue les deux périodes n'est pas la nature du couplage mais sa vitesse : une caravane mettait des mois, une transaction met une seconde.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-002","titre":"La radio, sans jargon","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["radio","communication","information","signal"],"sources":["Union internationale des télécommunications — Règlement des radiocommunications","ARRL — The Radio Amateur's Handbook, propagation","Documentation technique sur la propagation ionosphérique"],"corps":"::Ce qui décide de la portée n'est pas la puissance de l'émetteur. C'est la fréquence, et c'est ce que presque personne ne sait.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne onde radio se comporte différemment selon sa fréquence, et cette différence est plus déterminante que tout le reste.\n\n**Les fréquences basses** suivent le sol et contournent les obstacles. Elles portent loin, franchissent les reliefs, traversent les bâtiments. C'est le domaine des grandes ondes et des ondes moyennes : quelques émetteurs couvrent un pays entier. C'est aussi pourquoi c'est le support retenu pour la diffusion d'information de sécurité, et ce que capte le récepteur décrit dans [[TEC-RAD-001]].\n\n**Les fréquences intermédiaires**, dites ondes courtes, ont une propriété unique : elles se réfléchissent sur les couches ionisées de la haute atmosphère et redescendent très loin. Une puissance modeste peut ainsi être entendue à des milliers de kilomètres, en sautant par-dessus le relief. La contrepartie est l'instabilité : la propagation change avec l'heure, la saison et l'activité solaire. **La nuit, elles portent bien plus loin que le jour.**\n\n**Les fréquences élevées** se propagent en ligne droite et ne contournent presque rien. Un relief, un bâtiment, la courbure de la Terre les arrêtent. C'est le domaine des talkies-walkies et des radios de véhicule : la portée réelle se compte en kilomètres, parfois en centaines de mètres en ville, quelle que soit la puissance annoncée.\n\n**La règle qui résume tout : plus la fréquence est basse, plus ça porte loin et plus ça contourne ; plus elle est élevée, plus il faut se voir.**\n\n## AGIR\n\n1. **Pour recevoir de l'information générale**, cherchez d'abord les ondes moyennes et grandes ondes. Elles fonctionnent quand tout le reste est coupé, et elles couvrent d'immenses territoires.\n2. **Écoutez à heures régulières** plutôt qu'en continu. Cela économise les piles et structure la journée.\n3. **Améliorez la réception avant d'augmenter la puissance.** Un long fil relié à l'antenne, une bonne terre, et de la hauteur rendent bien davantage qu'un appareil plus cher.\n4. **Éloignez-vous des masses métalliques et des appareils électroniques**, qui produisent un bruit électrique important.\n5. **Pour communiquer à courte distance**, montez : gagner de la hauteur augmente la portée bien plus que gagner de la puissance, puisque l'obstacle est l'horizon.\n6. **Notez ce que vous entendez**, avec l'heure et la fréquence. Une information isolée ne vaut rien ; recoupée sur plusieurs jours, elle dessine une situation — voir [[SIG-COM-006]].\n7. **Économisez les piles.** Volume au minimum, écoute par créneaux, et une réserve gardée pour un usage décidé.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez qu'un autoradio.** C'est un excellent récepteur, avec une antenne correcte et une alimentation confortable. Il consomme peu si le moteur est coupé, mais surveillez la batterie — voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Vous voulez écouter loin.** Les ondes courtes, la nuit, avec un long fil et une bonne terre. C'est le seul moyen simple d'entendre ce qui se dit à très grande distance.\n\n**Vous devez coordonner un petit groupe.** Les appareils de faible puissance suffisent si vous restez en vue ou à faible distance. Convenez à l'avance d'un canal, d'un canal de repli, d'horaires d'écoute et de messages courts. **Le protocole compte plus que le matériel.**\n\n**Vous voulez rester discret.** Recevoir est totalement passif et ne se détecte pas. Émettre vous localise. Cette asymétrie doit gouverner l'usage : on écoute beaucoup, on émet peu, court, et à heure convenue.\n\n**Vous n'avez aucun appareil.** Un récepteur se construit, et il ne demande aucune énergie : voir [[TEC-RAD-001]].\n\n**Les fréquences d'urgence.** Il existe des fréquences internationales réservées à la détresse, surveillées en permanence en mer et en aéronautique. Elles ne s'occupent pas pour autre chose : émettre dessus sans nécessité empêche quelqu'un d'autre d'être entendu. C'est la seule règle qui compte vraiment dans l'usage de la radio.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-006","titre":"Recueillir de l'information","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["information","rumeur","methode","decision"],"sources":["Allport G., Postman L., The Psychology of Rumor","Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge — information management in emergencies","OMS — infodemic management"],"corps":"::Dans une crise, l'information manquante est remplacée instantanément. Pas par du silence : par une histoire cohérente et fausse.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment une rumeur se forme\n\nLes travaux classiques sur la transmission de l'information montrent trois transformations systématiques, et elles se produisent sans mauvaise foi.\n\n**La réduction.** Le message se raccourcit à chaque transmission. Les nuances, les conditions et les incertitudes disparaissent en premier.\n\n**L'accentuation.** Quelques éléments frappants sont retenus et amplifiés. Un chiffre devient rond, un délai devient certain, une possibilité devient un fait.\n\n**L'assimilation.** Le récit se déforme pour coller à ce que les gens attendent ou craignent déjà. C'est ce qui le rend crédible, et c'est ce qui le rend faux.\n\nCes trois mécanismes expliquent pourquoi une rumeur est toujours **plus simple, plus nette et plus alarmante** que la réalité. La netteté du récit n'est pas un signe de fiabilité : c'est un signe de transmission.\n\n### Ce qui alimente la rumeur\n\nUne formule répandue en gestion de crise dit qu'une rumeur croît avec l'importance du sujet multipliée par l'ambiguïté de la situation. Si l'un des deux tombe à zéro, il n'y a pas de rumeur.\n\nOn ne peut pas réduire l'importance. **On peut réduire l'ambiguïté**, et c'est tout le travail : dire ce qu'on sait, dire ce qu'on ne sait pas, et dire quand on en saura plus.\n\n## AGIR\n\n1. **Notez la source, l'heure et le contenu exact**, séparément. La plupart des erreurs viennent de la fusion des trois : on retient l'information et on oublie d'où elle vient.\n2. **Distinguez trois niveaux.** Ce que vous avez constaté vous-même. Ce que quelqu'un a constaté et vous rapporte. Ce que quelqu'un a entendu dire. **Le troisième niveau ne fonde aucune décision.**\n3. **Recoupez.** Deux sources indépendantes valent bien plus que dix reprises de la même. Cherchez toujours d'où l'information vient à l'origine, pas combien de fois vous l'avez entendue.\n4. **Écoutez aux heures fixes** plutôt qu'en continu, et privilégiez les sources qui diffusent largement — voir [[SIG-COM-002]].\n5. **Tenez un journal daté.** Ce que vous avez appris, quand, par qui. Sur plusieurs jours, il révèle les contradictions que la mémoire efface.\n6. **Cherchez ce qui manque.** Une information qui répond trop bien à ce que vous espériez mérite une vérification supplémentaire, pas moins.\n7. **Rediffusez peu et prudemment.** Répétez ce que vous savez, précisez toujours d'où vous le tenez, et dites clairement quand vous ne savez pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous décidez pour un groupe.** Partagez ce que vous savez et ce que vous ignorez. Un groupe informé de l'incertitude la supporte ; un groupe qui découvre qu'on lui a caché quelque chose cesse de croire tout le reste, y compris ce qui était vrai. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**L'information est contradictoire.** C'est normal au début d'un événement, et cela ne signifie pas qu'on vous ment. Retenez ce qui est stable d'une source à l'autre, et attendez sur le reste.\n\n**Vous n'avez aucune source extérieure.** L'observation directe reprend toute sa valeur : l'état des routes, la présence de fumée, le comportement des gens, la circulation, ce qui est ouvert ou fermé. Ce sont des faits, et ils se recoupent aussi.\n\n**Quelqu'un rapporte une information alarmante.** Demandez trois choses : l'a-t-il vu lui-même, quand, et où exactement. Ces trois questions suffisent le plus souvent à situer le niveau réel, sans mettre personne en cause.\n\n**Vous devez agir sans information suffisante.** Choisissez une option réversible et fixez-vous un point de contrôle. C'est le raisonnement de [[SURV-PSY-002]] : sous incertitude, l'option qui laisse le choix ensuite bat l'option optimale.\n\n**Vous devez transmettre à quelqu'un qui n'est pas là.** Écrivez, datez, signez, et laissez le message là où il sera vu — voir [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-001","titre":"Semer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["agriculture","semis","graines","donnees"],"sources":["FAO — Seeds toolkit, quality seed production","INRAE — germination et levée, bases physiologiques","Royal Horticultural Society — sowing guidance"],"corps":"::Une graine ne pousse pas parce qu'on l'a mise en terre. Elle pousse parce que trois conditions sont réunies, et il suffit qu'une manque.::\n\n## Ce qu'il faut à une graine\n\n**De l'eau.** La première étape de la germination est l'absorption : la graine gonfle, ses enzymes se réactivent, ses réserves deviennent utilisables. Un sol qui sèche pendant cette phase tue l'embryon, et il ne redémarrera pas si on l'arrose ensuite. **La régularité de l'humidité compte plus que la quantité d'eau.**\n\n**De la chaleur.** Chaque espèce possède une plage de température de germination, avec un minimum en dessous duquel rien ne se passe et un optimum où c'est le plus rapide. Semer trop tôt ne fait pas gagner de temps : la graine attend, s'épuise, et pourrit souvent avant de lever. **C'est la température du sol qui compte, pas celle de l'air**, et elle est en retard de plusieurs semaines sur le printemps.\n\n**De l'oxygène.** La germination est un travail qui consomme. Un sol gorgé d'eau ou tassé prive la graine d'air et l'asphyxie. C'est pourquoi la structure du sol pèse autant que sa richesse — voir [[TEC-SOL-001]].\n\nLa lumière n'intervient qu'après, sauf pour quelques espèces à très petites graines qui ne germent qu'en surface, et quelques autres qui exigent l'obscurité.\n\n## La profondeur, la règle qui évite l'échec\n\nUne graine ne dispose que de ses propres réserves pour atteindre la lumière. Trop profonde, elle épuise ses réserves avant de sortir et meurt sans qu'on sache pourquoi. Trop en surface, elle sèche.\n\nLa règle générale : **on enterre une graine à environ deux à trois fois son épaisseur.** Une grosse graine se sème profond, une petite se sème presque en surface, une très fine se dépose et se plombe sans être recouverte.\n\nLe contact entre la graine et la terre est aussi important que la profondeur. Une graine posée dans une poche d'air ne s'humidifie pas. **On tasse légèrement après avoir semé**, c'est ce qui assure la reprise d'humidité.\n\n## Les dormances\n\nBeaucoup de graines sauvages ne germent pas immédiatement, même en conditions parfaites. C'est un mécanisme de protection qui évite de lever au mauvais moment.\n\n**La {{dormance|État de vie ralentie d'une graine, qui l'empêche de germer tant qu'un signal attendu n'est pas venu.}} par le froid** exige une période de basses températures avant de lever. On la lève en simulant l'hiver : plusieurs semaines au froid et à l'humidité. Cela concerne beaucoup d'arbres et de vivaces des régions tempérées.\n\n**La dormance par le tégument** vient d'une enveloppe imperméable qui empêche l'eau d'entrer. On la lève en abîmant légèrement cette enveloppe — frottement sur un abrasif, trempage prolongé — sans blesser l'embryon.\n\nLes plantes cultivées, elles, ont été sélectionnées depuis des millénaires pour germer sans dormance et de façon groupée. C'est un des effets de la domestication décrits dans [[MEM-AGR-001]].\n\n## Semer en place ou repiquer\n\n**En place** convient à ce qui supporte mal d'être déplacé, notamment tout ce qui produit une racine pivotante. On sème plus dense et on éclaircit ensuite — l'éclaircissage est douloureux et indispensable : des plants trop serrés se concurrencent et ne donnent rien. On appelle {{éclaircissage|Suppression volontaire d'une partie des jeunes plants pour laisser aux autres assez de place, de lumière et d'eau.}} cette opération.\n\n**{{Repiquer|Arracher un jeune plant semé en pépinière pour le replanter à son emplacement définitif.}}** permet de démarrer à l'abri, de gagner des semaines et de choisir les plants les plus vigoureux. Le repiquage coupe des racines et provoque un arrêt de croissance de quelques jours : on le fait par temps couvert, en arrosant, et on protège du soleil les premiers jours.\n\n## Pourquoi un semis rate\n\nPar ordre de fréquence : le sol a séché pendant la germination ; la graine était trop profonde ; le sol était trop froid ; le sol était tassé ou détrempé ; la graine était trop vieille ou mal conservée ; les plants n'ont pas été éclaircis.\n\n**Aucune de ces causes ne se voit après coup**, ce qui explique qu'on accuse presque toujours la graine. Tenir une trace écrite — date, profondeur, météo, résultat — vaut plus que n'importe quel conseil général, parce qu'elle est propre à votre terrain.\n\n## La conservation des semences\n\nUne graine est vivante et respire lentement. Trois ennemis la vieillissent : l'humidité, la chaleur et la lumière.\n\nBien séchée, conservée au frais, à l'obscurité et dans un contenant fermé, elle garde son {{pouvoir germinatif|Proportion de graines d'un lot encore capables de lever.}} plusieurs années — la durée varie fortement selon les espèces, de un ou deux ans pour certaines à une décennie pour d'autres.\n\nLa sélection, le séchage et le stockage sont détaillés dans [[TEC-AGR-002]].\n\n**Un test simple avant de semer une réserve ancienne :** faites germer une dizaine de graines entre deux papiers humides. La proportion qui lève vous dit s'il faut semer plus dense ou renoncer. Cela prend quelques jours et évite de perdre une saison. Les conditions de stockage rejoignent celles décrites dans [[TEC-CONS-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-005","titre":"Les conserves en bocal","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["conservation","botulisme","alimentation","securite"],"sources":["USDA — Complete Guide to Home Canning","National Center for Home Food Preservation — research-based recommendations","OMS — Botulism, fiche d'information","ANSES — avis sur les conserves familiales"],"corps":"::C'est la seule technique de conservation dont l'échec ne se voit pas, ne se sent pas et ne se goûte pas.::\n\n## Le problème, posé clairement\n\nUn bocal correctement fermé est un milieu **sans oxygène**. C'est ce qui empêche les moisissures et la plupart des bactéries de se développer, et c'est ce qui fait l'intérêt du procédé.\n\nMais c'est aussi exactement ce que recherche la bactérie responsable du botulisme. Ses spores sont extrêmement répandues dans le sol et sur les végétaux, elles résistent à l'ébullition, et elles germent dans un milieu **sans oxygène, peu acide, peu salé et à température ambiante**. En germant, elles produisent une toxine parmi les plus puissantes connues.\n\n**Cette toxine ne modifie ni le goût, ni l'odeur, ni l'aspect.** Un bocal contaminé peut être parfaitement appétissant. C'est ce qui rend cette technique différente de toutes les autres : ailleurs, ce qui a mal tourné se voit.\n\n## La ligne de partage : l'acidité\n\nTout tient à un seuil d'acidité. En dessous, la bactérie ne se développe pas ; au-dessus, elle le peut.\n\n**Les aliments naturellement acides** — la plupart des fruits, les préparations vinaigrées, les légumes lacto-fermentés — sont en dessous du seuil. Une stérilisation à l'eau bouillante suffit à les conserver, parce que l'acidité fait le reste du travail.\n\n**Les aliments peu acides** — la quasi-totalité des légumes, les viandes, les poissons, les champignons, les préparations mixtes — sont au-dessus du seuil. **L'ébullition simple ne suffit pas** : à cent degrés, les spores survivent indéfiniment. Il faut atteindre des températures nettement supérieures, ce qui n'est possible que sous pression.\n\nC'est la seule information réellement importante de cette fiche, et elle explique pourquoi les recommandations officielles sont si insistantes : **on ne met pas en conserve des légumes ou de la viande avec une simple casserole d'eau bouillante.**\n\n## Les procédés qui fonctionnent\n\n**Le bain d'eau bouillante**, réservé aux préparations acides. Bocaux immergés, eau maintenue en ébullition franche pendant une durée qui dépend du contenu et du volume.\n\n**L'autoclave**, indispensable pour tout ce qui est peu acide. La pression permet de dépasser la température d'ébullition ordinaire, ce qui détruit les spores. C'est un équipement, pas une improvisation.\n\n**L'acidification volontaire.** Ajouter suffisamment de vinaigre ou de jus acide pour faire passer une préparation sous le seuil la rend traitable au bain d'eau. C'est ce qui permet de conserver des légumes en bocal sans autoclave — à condition que l'acidification soit réelle et non symbolique.\n\n**La fermentation lactique** produit elle-même l'acide qui protège. C'est le procédé le plus sûr sans matériel, et il ne demande que du sel et de la patience : voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## Les erreurs qui reviennent\n\n**Ajouter des ingrédients peu acides à une préparation acide.** De l'ail, de l'oignon ou des herbes ajoutés à une conserve de fruits ou à un vinaigre peuvent faire remonter l'acidité au-dessus du seuil. Une recette éprouvée se suit sans ajout.\n\n**L'huile comme unique protection.** Recouvrir d'huile crée précisément un milieu sans oxygène. Sur un ingrédient peu acide non traité, c'est le contexte le plus favorable qui soit à la bactérie. Les préparations à l'huile se conservent au froid et se consomment vite, sauf si l'ingrédient a été acidifié ou séché au préalable.\n\n**Réduire le sel ou l'acidité pour le goût.** Dans ces recettes, ce ne sont pas des assaisonnements, ce sont les agents de conservation.\n\n**Se fier à l'aspect.** Un couvercle qui reste creux et ne bouge pas indique que le vide s'est fait, ce qui est nécessaire mais pas suffisant : le vide n'a jamais détruit une spore.\n\n## Ce qui impose de jeter\n\nUn couvercle bombé ou qui a perdu son vide. Un contenu qui mousse, gicle à l'ouverture, présente des bulles ou un liquide trouble. Une odeur anormale. Un joint suintant.\n\n**Et l'on ne goûte pas pour vérifier.** On jette sans ouvrir davantage, en évitant tout contact avec les mains blessées.\n\n## Faire simple et sûr\n\nSi vous n'avez pas d'autoclave, trois voies restent parfaitement fiables et couvrent l'essentiel des besoins : **le séchage**, **la fermentation lactique** et **la conservation au froid ou en cave**. Elles sont décrites dans [[TEC-CONS-001]], elles ne demandent presque rien, et aucune ne présente ce risque particulier.\n\nLa mise en bocal des aliments peu acides est le seul domaine de la conservation où l'improvisation ne se rattrape pas, et où l'erreur ne prévient pas.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-006","titre":"Assainissement et eaux usées","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["assainissement","hygiene","eau","habitat"],"sources":["OMS — Guidelines on sanitation and health","Sphere Handbook — Water supply, sanitation and hygiene promotion","OMS/UNICEF — Joint Monitoring Programme, sanitation ladder"],"corps":"::Séparer les excreta de l'eau et des mains est l'intervention sanitaire la plus efficace jamais mesurée. Elle passe avant le traitement de l'eau.::\n\n## Pourquoi c'est prioritaire\n\nLa voie féco-orale est le principal vecteur de maladie dans tout regroupement humain, et le mécanisme est simple : un agent quitte un intestin et entre dans un autre, en passant par les mains, l'eau, la nourriture, les mouches ou les surfaces.\n\nCouper cette voie au plus près de la source — c'est-à-dire dès l'excrétion — est plus efficace que d'essayer de la rattraper plus loin. Une eau parfaitement traitée reversée dans un environnement contaminé ne protège plus, ce que rappelle [[TEC-SAN-004]].\n\n**Les volumes en jeu.** Un adulte produit chaque jour de l'ordre d'un litre à un litre et demi d'urine et quelques centaines de grammes de matières fécales. Sur un groupe et sur plusieurs semaines, cela devient une quantité qu'on ne peut pas gérer par improvisation quotidienne.\n\n## L'implantation, qui décide de tout\n\nTrois règles de placement couvrent l'essentiel.\n\n**En aval et à distance de tout point d'eau.** Les recommandations humanitaires retiennent un ordre de grandeur de plusieurs dizaines de mètres entre une latrine et un puits ou une source, davantage si le sol est perméable ou la nappe proche. **La pente compte autant que la distance** : jamais en amont, jamais dans une zone où le ruissellement rejoint l'eau après la pluie.\n\n**Au-dessus du niveau de la nappe.** Une fosse qui atteint la nappe la contamine directement. En terrain humide ou en zone inondable, on construit au-dessus du sol plutôt qu'en dessous.\n\n**Accessible et éclairée.** Une latrine que l'on n'ose pas utiliser la nuit, ou trop éloignée, n'est pas utilisée — et une installation non utilisée ne protège de rien. C'est la cause d'échec la plus fréquente des programmes d'assainissement, et elle est comportementale, pas technique.\n\n## Les dispositifs, du plus simple au plus durable\n\n**La tranchée peu profonde**, pour un usage de quelques jours. Une tranchée étroite, chaque usage recouvert de terre. Elle se comble et se signale avant l'abandon.\n\n**La fosse simple**, pour un usage de plusieurs mois. Un trou profond et étroit, une dalle percée, un abri, et surtout un **couvercle** : c'est lui qui bloque les mouches et l'odeur. Le maintien de l'obscurité et la fermeture de l'orifice font la différence entre une installation saine et un foyer à mouches.\n\n**La fosse à deux compartiments**, pour un usage durable. On utilise l'un pendant que l'autre repose. Après un temps de repos suffisant, le contenu du compartiment fermé est très largement assaini et peut être retiré.\n\n**La toilette à séparation**, qui sépare urine et matières. C'est le procédé le plus efficace sans eau : l'essentiel des odeurs et des difficultés vient du mélange des deux. Les matières, recouvertes d'un matériau sec et carboné — sciure, cendre, terre sèche, feuilles broyées — se compostent lentement et sans odeur.\n\n## Ce qu'il faut savoir sur le compostage des matières\n\nIl fonctionne, il est documenté, et il demande du temps. Les agents pathogènes sont détruits par la combinaison de la température, du temps et de la compétition biologique.\n\n**Le facteur limitant est la durée**, et elle se compte en mois, pas en semaines. Certains œufs de parasites sont particulièrement résistants et survivent longtemps. C'est pourquoi un compost issu de matières humaines ne s'utilise jamais sur des cultures consommées crues, et pourquoi la règle de sécurité est le temps de repos plutôt que l'aspect du produit — logique déjà rencontrée dans [[TEC-CONS-001]].\n\n## Les eaux grises\n\nEaux de vaisselle, de lavage, de toilette. Elles sont beaucoup moins dangereuses que les eaux noires, mais elles attirent les insectes et créent des zones stagnantes.\n\nElles s'évacuent vers un puits d'infiltration — une fosse remplie de gravier — après passage par un simple bac dégraisseur qui retient les matières grasses. **Les graisses sont ce qui colmate tout** : un dégraisseur, même rudimentaire, double la durée de vie d'un système d'infiltration.\n\n## Les déchets et les eaux de pluie\n\nLes déchets alimentaires attirent rongeurs et insectes, qui referment la boucle. Ils s'éloignent, se brûlent ou s'enterrent, jamais à proximité du couchage.\n\nLes eaux de pluie se gèrent séparément : mélangées aux eaux usées, elles saturent tout système d'infiltration lors d'un orage. Leur collecte, elle, relève de [[SURV-PLUIE-001]], et il faut évidemment que ses surfaces de collecte n'aient rien à voir avec les zones d'assainissement.\n\n## L'erreur qui revient toujours\n\nConstruire une installation correcte et négliger le point de lavage des mains à côté. **Sans eau et sans savon à la sortie, la chaîne n'est pas coupée**, seulement déplacée. Un point de lavage simple — un bidon percé, une cheville en guise de robinet, un savon suspendu — coûte quelques minutes et rend autant que toute la fosse.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-003","titre":"Câbler et protéger une installation","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","cable","protection","donnees"],"sources":["IEC 60364 — Installations électriques basse tension","NF C 15-100 — Installations électriques basse tension, France","INRS — prévention du risque électrique"],"corps":"::Un câble ne protège rien. C'est ce qu'on met devant lui qui décide si une surcharge coupe le courant ou met le feu.::\n\n## Pourquoi la section compte\n\nUn conducteur possède une résistance, faible mais réelle. Le courant qui le traverse y dissipe de la chaleur, et cette chaleur croît **avec le carré du courant**. Doubler le courant quadruple l'échauffement, comme le rappelle [[TEC-ENE-002]].\n\nUn câble trop fin pour ce qu'il transporte chauffe donc en permanence. L'isolant vieillit, durcit, se fissure, puis fond. C'est un processus lent : l'installation fonctionne des mois avant de céder, ce qui rend le défaut invisible jusqu'au bout.\n\nTrois facteurs déterminent la section nécessaire : le courant à transporter, la longueur du câble, et les conditions de pose. Un câble enfermé dans une gaine ou groupé avec d'autres évacue moins bien sa chaleur et doit être surdimensionné.\n\n**La longueur intervient par un autre effet : la chute de tension.** Sur un long câble, une partie de la tension est perdue en route. En courant continu basse tension, ce phénomène devient rapidement critique : un appareil placé au bout d'un long câble sous-dimensionné ne reçoit plus assez de tension pour fonctionner, alors que tout semble correct.\n\n## Le rôle des protections\n\n**Le fusible et le disjoncteur protègent le câble, pas l'appareil.** C'est le point que presque tout le monde inverse.\n\nLeur fonction est de couper avant que le câble n'atteigne une température dangereuse. On les dimensionne donc en fonction de la section du câble qu'ils protègent, jamais en fonction de la consommation de ce qui est branché au bout.\n\nIl en découle une règle absolue : **on ne remplace jamais une protection par une plus forte.** Un fusible qui fond répète une information — quelque chose consomme trop, ou il y a un défaut. Le remplacer par un calibre supérieur ne résout rien : cela supprime seulement l'avertissement, et transfère la limite au câble, qui n'a aucun moyen de prévenir.\n\nDeux types de protection existent, et ils ne font pas le même travail.\n\n**La protection contre les surintensités** — fusible, disjoncteur — coupe quand le courant dépasse un seuil, que ce soit par surcharge progressive ou par court-circuit.\n\n**La protection différentielle** compare ce qui part et ce qui revient. Si une fraction du courant s'échappe ailleurs — par une personne, par une carcasse mouillée — l'écart est détecté et le circuit est coupé en quelques millisecondes. **C'est le dispositif qui protège les personnes**, et il ne remplace pas le premier ni l'inverse.\n\n## La terre\n\nSa fonction est mal comprise. Elle ne sert pas à évacuer l'électricité en général : elle sert à **donner au courant de défaut un chemin de retour de très faible résistance**, autre que le corps humain.\n\nSi la carcasse métallique d'un appareil devient accidentellement sous tension, une terre correcte permet à un courant important de circuler, ce qui déclenche immédiatement la protection. Sans terre, la carcasse reste sous tension en attendant que quelqu'un la touche.\n\nUne terre inefficace — piquet trop court, sol sec, connexion corrodée — donne une fausse sécurité. Elle se contrôle, elle ne se suppose pas.\n\n## Les connexions\n\nC'est là que la plupart des défauts naissent.\n\n**Un mauvais contact est une résistance élevée traversée par tout le courant.** Une borne desserrée, une cosse oxydée, un fil mal serré concentrent une puissance importante sur quelques millimètres. Une connexion tiède est un avertissement ; une connexion chaude est une urgence.\n\nTrois règles limitent le problème. **Serrer franchement**, et resserrer après quelques semaines, car le cuivre flue sous pression. **Ne jamais mélanger cuivre et aluminium** en contact direct : le couple galvanique corrode la jonction et augmente la résistance, mécanisme décrit dans [[TEC-COR-001]]. **Ne jamais étamer un fil destiné à être serré** dans une borne à vis : la soudure flue et le contact se desserre seul.\n\n## L'ordre d'intervention\n\n1. **Couper** au disjoncteur général, pas seulement à l'interrupteur local.\n2. **Vérifier l'absence de tension** sur place, avec un appareil, et non par déduction. Un circuit peut être alimenté par deux sources.\n3. **Condamner** ce qui a été coupé, pour que personne ne le rétablisse.\n4. **Travailler**, en respectant les sections et les protections existantes.\n5. **Vérifier avant de remettre sous tension** : absence de brins qui dépassent, serrage, isolation, continuité de la terre.\n\nLe contrôle se fait au multimètre : voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## En installation autonome\n\nLes mêmes règles s'appliquent, avec deux différences aggravantes.\n\n**Les courants sont plus élevés.** À puissance égale, une installation basse tension fait circuler des courants bien supérieurs à ceux d'un réseau domestique. Les sections nécessaires sont donc nettement plus fortes, et c'est l'erreur la plus fréquente.\n\n**Les batteries délivrent un courant de court-circuit énorme.** Une batterie court-circuitée fait rougir une clé en quelques secondes. **Toute batterie doit être protégée par un fusible placé au plus près de sa borne**, avant tout le reste du câblage. C'est la protection la plus importante d'une installation autonome, et la plus souvent omise — voir [[TEC-ENE-004]] et [[TEC-SOLR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-008","titre":"Mesurer avec un multimètre","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["mesure","electricite","diagnostic","donnees"],"sources":["IEC 61010 — Safety requirements for electrical measuring equipment","Fluke Corporation — technical documentation on measurement categories","INRS — mesurage en électricité"],"corps":"::Un multimètre ne répare rien. Il remplace les hypothèses par des faits, ce qui est presque toujours l'étape manquante.::\n\n## Les trois mesures qui suffisent\n\n**La tension.** On mesure entre deux points, l'appareil branché **en parallèle**, circuit sous tension. C'est la mesure la plus courante et la plus sûre. Elle répond à : y a-t-il quelque chose ici, et combien.\n\n**La continuité et la résistance.** L'appareil envoie lui-même un petit courant et mesure ce qui revient. Elle se fait **impérativement hors tension**, et sur un élément isolé du reste du circuit — sinon on mesure tout le montage en même temps et le résultat n'a aucun sens. Elle répond à : le courant peut-il passer par là.\n\n**Le courant.** L'appareil se branche **en série**, donc il faut ouvrir le circuit et l'insérer dedans. C'est la mesure la plus délicate et celle qui détruit le plus de multimètres : brancher en parallèle alors qu'on est en position ampèremètre crée un court-circuit franc. Elle répond à : combien consomme réellement cet appareil.\n\n## Ce que chaque mesure révèle\n\n**Une tension présente mais qui s'effondre dès qu'on branche une charge** signale une source faible ou une résistance en série quelque part — batterie fatiguée, mauvais contact, câble sous-dimensionné.\n\n**Une continuité absente là où elle devrait être** : fil coupé, fusible fondu, interrupteur défaillant, connexion oxydée. C'est le test qui trouve la panne la plus fréquente.\n\n**Une continuité présente là où elle ne devrait pas être** : court-circuit, isolant percé, humidité, brin qui touche la carcasse.\n\n**Une résistance qui augmente en chauffant** signale une connexion en train de mourir.\n\n## La méthode de recherche de panne\n\nElle vaut plus que la connaissance des appareils : elle s'applique à n'importe quel circuit inconnu.\n\n1. **Vérifiez qu'il y a une source.** Mesurez la tension à la source elle-même, avant tout le reste. Une grande partie des pannes s'arrête là.\n2. **Suivez le chemin.** Mesurez la tension de proche en proche, en avançant vers la charge. **Le point où elle disparaît est le point du défaut.** C'est la méthode la plus rapide et elle ne demande aucune connaissance du montage.\n3. **Vérifiez le retour.** Un circuit ne fonctionne que s'il est fermé : un défaut sur le conducteur de retour donne exactement les mêmes symptômes qu'un défaut sur l'aller.\n4. **Isolez avant de conclure.** Débranchez l'élément suspect et mesurez-le seul.\n\nUn principe résume tout : **une panne est presque toujours une interruption ou un contact, jamais un composant mystérieux.** Fils, connexions, fusibles et interrupteurs représentent la grande majorité des défauts.\n\n## Utiliser l'appareil sans le détruire\n\n**Vérifiez la position du sélecteur avant chaque mesure**, et l'emplacement des pointes de touche. La borne des courants forts est séparée : y laisser une pointe pour mesurer une tension provoque un court-circuit.\n\n**Commencez sur le calibre le plus élevé** si l'appareil n'est pas automatique, puis descendez.\n\n**Vérifiez l'appareil sur une source connue** avant de conclure qu'un circuit est hors tension. Une pile usée dans le multimètre, un fusible interne fondu ou un cordon coupé donnent une lecture de zéro parfaitement rassurante et parfaitement fausse. **Tester le testeur est la seule habitude qui protège vraiment.**\n\n**Respectez la catégorie de mesure** indiquée sur l'appareil et les cordons. Elle indique le niveau de surtension qu'il peut encaisser sans danger. Un appareil bon marché utilisé sur une installation qu'il n'est pas prévu pour peut se rompre violemment.\n\n## Ce qu'un multimètre ne dit pas\n\nIl ne dit pas si une batterie a de la capacité : une batterie morte affiche souvent une tension correcte à vide et s'effondre en charge. Il faut mesurer sous charge — voir [[TEC-ENE-004]].\n\nIl ne dit pas si un câble est correctement dimensionné : il ne détecte pas un échauffement futur, seulement une chute de tension actuelle. Voir [[TEC-ENE-003]].\n\nIl ne remplace pas un vérificateur d'absence de tension pour la sécurité. C'est un instrument de diagnostic, pas un dispositif de protection.","langue":"fr"},{"id":"URG-INO-001","titre":"Inondation","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","eau","inondation","evacuation"],"sources":["Ministère de la Transition écologique — comportements en cas d'inondation","National Weather Service — flood safety, Turn Around Don't Drown","OMS — Flooding and communicable diseases"],"corps":"::Trente centimètres d'eau courante emportent une voiture. Quinze centimètres suffisent à faire tomber un adulte. Ce n'est pas la hauteur qui décide, c'est le courant.::\n\n## AGIR\n\n1. **Montez.** À l'étage, jamais dans une cave ni un sous-sol, où l'eau arrive vite et où l'on se retrouve piégé.\n2. **Coupez l'électricité et le gaz** avant que l'eau n'atteigne les installations — voir [[TEC-ENE-001]].\n3. **Remplissez vos contenants d'eau potable** pendant que le réseau fonctionne encore. Une inondation coupe l'eau potable et la contamine, ce qui est le vrai problème des jours suivants — voir [[URG-EFF-001]].\n4. **Montez ce qui compte** : papiers, traitements, lampe, radio, couverture, chaussures, eau, nourriture.\n5. **Ne traversez jamais une eau courante**, ni à pied, ni en véhicule. C'est de très loin la première cause de décès en inondation, et presque toujours par choix délibéré.\n6. **Ne restez pas dans un véhicule** immobilisé par l'eau qui monte. Sortez immédiatement et rejoignez un point haut.\n7. **Écoutez** les consignes locales. Selon la situation, il peut être demandé de rester ou d'évacuer, et les deux sont justes selon le cas.\n8. **Signalez-vous** si vous êtes bloqué : à une fenêtre, avec un tissu, une lumière. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Ne remontez pas chercher quelque chose. Ne descendez pas voir.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en voiture et l'eau monte sur la route.** Faites demi-tour. Une chaussée inondée cache des trous, des regards ouverts et une chaussée parfois emportée. Un véhicule flotte et se déporte dans très peu d'eau, puis il est entraîné et le courant bloque les portières.\n\n**Vous êtes surpris à pied.** Ne tentez pas de traverser. Si vous devez absolument franchir un écoulement peu profond, sondez chaque appui avec un bâton, face à l'amont, de biais — les principes sont dans [[SURV-GUE-001]].\n\n**C'est une crue soudaine en terrain sec** — orage sur un relief, oued, ravine. Elle arrive sans pluie sur place, en quelques minutes, avec un front chargé de débris. Ne campez jamais dans un lit à sec, même large et confortable. Au moindre grondement ou changement de couleur de l'eau, montez immédiatement.\n\n**L'eau se retire.** Le danger n'est pas terminé. Les structures sont fragilisées, les sols creusés sous les revêtements, l'électricité mouillée. Et surtout, **toute eau ayant traversé une zone inondée est contaminée** : boues, égouts, hydrocarbures, produits agricoles. Aucune eau du réseau n'est potable tant que ce n'est pas annoncé — voir [[URG-EAU-001]] et [[TEC-SAN-004]].\n\n**Vous avez été en contact avec l'eau.** Lavez-vous soigneusement, désinfectez la moindre plaie et surveillez son évolution : le risque infectieux est élevé — voir [[TEC-SAN-001]].\n\n**Il fait froid.** Une immersion même brève, même partielle, engage rapidement une hypothermie : retirez le mouillé, isolez du sol, voir [[URG-HYPO-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi si peu d'eau suffit\n\nLa force exercée par un courant augmente **avec le carré de la vitesse**. Doubler la vitesse quadruple la poussée. C'est pourquoi une eau qui semble anodine à mi-mollet renverse un adulte dès qu'elle est rapide.\n\nSur un véhicule s'ajoute la flottaison. Une voiture déplace un volume d'eau qui devient rapidement comparable à son poids : elle perd son adhérence bien avant d'être submergée, se met en travers et part avec le courant.\n\n### Ce qu'on ne voit pas sous l'eau\n\nUne eau boueuse cache tout : plaques d'égout emportées, fossés, affaissements, barbelés, débris. La surface peut être calme au-dessus d'un trou de plusieurs mètres. **Une route inondée n'est plus une route, c'est un fond inconnu.**\n\n### La contamination, le vrai problème du lendemain\n\nL'inondation elle-même dure des heures. Ses conséquences sanitaires durent des semaines. L'eau mêle égouts, cuves, dépôts industriels et déjections animales, puis stagne.\n\nC'est pourquoi la phase la plus meurtrière d'une inondation, dans de nombreuses régions du monde, n'est pas la montée des eaux mais l'épidémie qui suit — mécanisme féco-oral décrit dans [[TEC-SAN-004]]. Les priorités du retour sont donc l'eau potable, la séparation des excreta et le lavage des mains, avant la remise en état.\n\n### Pourquoi les gens traversent quand même\n\nLes analyses de décès en inondation montrent une constante : la majorité des victimes ont pris la décision de s'engager dans l'eau, souvent en connaissant le risque. L'explication n'est pas l'imprudence mais l'habitude — on connaît la route, on l'a déjà prise, elle paraît familière.\n\n**Une route connue inondée est une route inconnue.** C'est le seul raisonnement qui protège.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-003","titre":"Intoxications","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","intoxication","poison","secourisme"],"sources":["Centres antipoison et de toxicovigilance — conduite à tenir, France","European Association of Poisons Centres and Clinical Toxicologists — position papers on gastric decontamination","OMS — Guidelines for poison control"],"corps":"::Le premier réflexe de tout le monde est de faire vomir. C'est presque toujours la mauvaise décision, et parfois la fatale.::\n\n## AGIR\n\n1. **Écartez la personne de la source** si elle est encore exposée. Vapeurs, gaz, produit renversé. Protégez-vous d'abord : un sauveteur intoxiqué fait deux victimes.\n2. **Vérifiez conscience et respiration.** Si l'une des deux manque, tout le reste attend : voir [[URG-INCO-001]].\n3. **Ne faites pas vomir.** Ni en provoquant le réflexe, ni avec du sel, ni avec quoi que ce soit d'autre.\n4. **Ne faites rien boire** — ni eau, ni lait, ni huile — sans avis d'un centre antipoison.\n5. **Ne donnez pas de charbon** de votre propre initiative.\n6. **Identifiez le toxique et gardez l'emballage.** Nom exact du produit, quantité estimée, heure de l'exposition, poids approximatif de la personne. Ces quatre éléments valent plus que tout ce que vous pouvez faire d'autre.\n7. **Appelez un centre antipoison ou les secours.** C'est le geste utile. Ils disposent de la conduite précise pour chaque substance, et elle varie complètement de l'une à l'autre.\n8. **Surveillez sans interruption**, en position latérale si la conscience se trouble.\n\n**En cas de projection sur la peau ou dans l'œil :** rincez à l'eau courante, très longuement, en retirant les vêtements imprégnés sans les faire passer par la tête. **Ne neutralisez pas** — voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**En cas d'inhalation :** sortez à l'air libre, desserrez ce qui gêne, position assise si la respiration est difficile.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un produit corrosif** — déboucheur, détartrant, soude, acide fort. **Faire vomir est ici catastrophique** : le produit brûle une deuxième fois l'œsophage en remontant, et peut être inhalé. On ne fait rien avaler et on appelle.\n\n**C'est un produit moussant** — lessive, liquide vaisselle, shampooing. La mousse remontée peut passer dans les poumons. Même règle : ne pas faire vomir.\n\n**C'est un hydrocarbure** — essence, pétrole, white-spirit, huile de lampe. Ce sont les plus dangereux à l'inhalation : quelques gouttes dans les poumons provoquent une atteinte grave. Ne jamais faire vomir, ne jamais siphonner à la bouche.\n\n**C'est un médicament.** La gravité dépend entièrement de la molécule et de la dose. Certains comprimés très banals sont mortels chez l'enfant à faible quantité, et plusieurs ne donnent aucun symptôme pendant de longues heures avant une atteinte grave du foie. **L'absence de symptôme ne rassure pas.** Gardez la boîte, comptez ce qui manque, appelez.\n\n**C'est du monoxyde de carbone** — plusieurs personnes avec les mêmes maux de tête au même endroit, qui vont mieux dehors. Sortez tout le monde immédiatement, ventilez, n'allumez rien. Voir [[TEC-CON-007]].\n\n**C'est un champignon ou une plante.** Conservez un exemplaire, y compris les restes de cuisine. Le délai d'apparition des symptômes est une information capitale : au-delà de six heures, on s'oriente vers les intoxications les plus graves. Voir [[SURV-COM-001]] et [[TEC-BOT-003]].\n\n**Vous êtes très loin de tout secours et sans téléphone.** Vous ne disposez d'aucun antidote et d'aucun geste sûr. Ce qui reste : ne rien ajouter, surveiller la conscience et la respiration, maintenir au chaud, et noter par écrit l'heure et l'évolution. Puis chercher de l'aide : voir [[SIG-COM-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi ne plus faire vomir\n\nC'était la conduite enseignée pendant des décennies. Les sociétés de toxicologie l'ont abandonnée, pour des raisons établies.\n\n**Le rendement est faible.** Le vomissement provoqué n'évacue qu'une fraction de ce qui a été avalé, et cette fraction diminue très vite avec le temps écoulé. Au-delà de quelques dizaines de minutes, l'essentiel est déjà absorbé.\n\n**Le risque est réel.** Le contenu remonté peut passer dans les voies respiratoires, ce qui produit une atteinte pulmonaire souvent plus grave que l'intoxication elle-même. Sur un produit corrosif, il inflige une seconde brûlure. Sur un moussant ou un hydrocarbure, il provoque directement l'inhalation.\n\n**Il retarde ce qui compte.** Le temps passé à faire vomir est du temps qui n'est pas passé à appeler et à surveiller.\n\nLa même logique vaut pour le **lait**, longtemps recommandé : il ne neutralise rien, accélère l'absorption de certaines substances, et remplit un estomac qu'il faudra peut-être vider en milieu médical.\n\n### Ce qui compte réellement\n\nLe pronostic dépend de la substance, de la dose et du délai. Ces trois informations orientent toute la prise en charge, et **vous êtes le seul à pouvoir les fournir**. Chercher l'emballage vaut mieux que n'importe quel geste.\n\nCertaines intoxications disposent d'antidotes spécifiques, administrés en milieu hospitalier. D'autres non. Dans tous les cas, la décision appartient à un service qui dispose de la documentation à jour pour chaque produit — et c'est précisément ce qu'un centre antipoison fournit en quelques minutes au téléphone.\n\n### Le piège du délai\n\nBeaucoup d'intoxications graves sont silencieuses au début. Certaines molécules très courantes n'entraînent aucun signe pendant des heures, alors que les lésions sont déjà en cours. **Une personne qui va bien deux heures après n'est pas hors de danger**, et c'est la raison pour laquelle on appelle même en l'absence de symptôme.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-004","titre":"Traumatisme crânien","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","tete","secourisme","surveillance"],"sources":["NICE — Head injury: assessment and early management","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, head injury"],"corps":"::Ce qui tue dans un traumatisme crânien n'arrive presque jamais au moment du choc. Cela arrive dans les heures qui suivent, pendant qu'on croit que c'est passé.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne bougez pas la personne** tant que vous n'avez pas écarté une atteinte du cou. Tout choc capable de blesser la tête peut avoir blessé le rachis : maintenez la tête dans l'axe du corps.\n2. **Vérifiez conscience et respiration.** Inconsciente : [[URG-INCO-001]], en gardant l'axe tête-cou-tronc pendant la mise sur le côté.\n3. **Arrêtez un saignement du cuir chevelu** par compression. Il saigne beaucoup et impressionne, mais c'est rarement le problème principal — voir [[URG-HEMO-001]].\n4. **Notez l'heure du choc et ce qui s'est passé.** Hauteur de chute, vitesse, présence d'un casque, perte de connaissance et sa durée.\n5. **Posez trois questions simples** : où sommes-nous, quel jour, que s'est-il passé. Recommencez toutes les demi-heures. **C'est la comparaison entre deux examens qui renseigne, pas un examen isolé.**\n6. **Gardez la personne au repos, allongée, tête légèrement surélevée**, sans la laisser seule.\n7. **Ne donnez rien à boire ni à manger**, en cas d'intervention nécessaire.\n\n**Cherchez du secours sans attendre si l'un de ces signes apparaît :**\n\n- perte de connaissance, même brève\n- vomissements répétés\n- somnolence croissante, difficulté à réveiller la personne\n- confusion, propos incohérents, comportement inhabituel\n- maux de tête qui augmentent au lieu de diminuer\n- une pupille plus grande que l'autre\n- faiblesse ou fourmillements dans un membre\n- convulsion\n- écoulement de sang ou de liquide clair par l'oreille ou le nez\n- vision double, troubles de l'équilibre ou de la parole\n\n## ADAPTER\n\n**Il n'y a aucun signe et la personne semble bien.** C'est le cas le plus fréquent et il ne dispense pas de surveiller. **Vingt-quatre heures de surveillance rapprochée** avec quelqu'un à proximité, y compris la nuit. Il n'est pas nécessaire d'empêcher de dormir, mais il faut pouvoir réveiller la personne et vérifier qu'elle répond normalement.\n\n**C'est un enfant.** Les seuils d'inquiétude sont plus bas. Un enfant qui pleure, réclame et joue rassure. Un enfant inhabituellement calme, difficile à réveiller, ou qui vomit à répétition est une urgence.\n\n**C'est une personne âgée, ou sous traitement anticoagulant.** Le risque de saignement intracrânien est nettement supérieur, et il peut se manifester plusieurs jours après un choc en apparence bénin. Tout traumatisme crânien dans ce contexte justifie un avis médical, même sans symptôme.\n\n**La personne a repris connaissance et veut reprendre son activité.** C'est fréquent et c'est à refuser. Un second choc survenant avant récupération complète est nettement plus grave que le premier. **Au moindre doute, on arrête pour la journée.**\n\n**Vous êtes loin de tout secours.** Vous ne pouvez rien traiter, seulement observer et transporter. Ce qui change la décision : l'apparition d'un des signes de la liste impose de déclencher l'évacuation, y compris de nuit — voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Il y a une plaie ouverte du crâne ou un enfoncement palpable.** Ne comprimez pas directement dessus, ne retirez rien, couvrez sans appuyer et cherchez du secours.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi l'aggravation est différée\n\nLe cerveau est enfermé dans une boîte rigide et sans place libre. Un choc peut rompre un vaisseau ; le sang s'accumule alors lentement entre le crâne et le cerveau, et **il n'y a nulle part où aller**. La pression monte progressivement et comprime le cerveau.\n\nCe processus prend du temps — parfois quelques heures, parfois beaucoup plus chez une personne âgée ou sous anticoagulant. C'est ce qui produit le tableau caractéristique : un choc, une période où tout semble normal, puis une dégradation.\n\n**C'est exactement la raison d'être de la surveillance.** Sans elle, l'aggravation est découverte trop tard.\n\n### Ce que signalent les pupilles\n\nUne pupille qui se dilate d'un seul côté indique une compression du nerf de ce côté, donc une pression qui monte. C'est un signe tardif et grave. Son absence ne prouve rien, sa présence impose une évacuation immédiate.\n\n### La commotion\n\nUn choc peut altérer le fonctionnement du cerveau sans lésion visible : confusion brève, perte de mémoire des instants précédant le choc, maux de tête, sensibilité à la lumière, lenteur. La récupération demande du repos, physique et mental, et elle est progressive.\n\nLe point important est le suivant : **la vulnérabilité persiste pendant la récupération**. Un second traumatisme survenant dans cette période produit des conséquences sans commune mesure avec sa violence propre. C'est la raison pour laquelle on ne reprend pas une activité à risque tant que tout signe n'a pas disparu.\n\n### Le casque\n\nIl ne supprime pas le traumatisme, il réduit l'énergie transmise et évite la fracture. C'est déjà considérable. Un casque ayant subi un choc a absorbé de l'énergie en se déformant, parfois de façon invisible : il ne protège plus et se remplace.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-005","titre":"Malaise et douleur thoracique","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","coeur","malaise","secourisme"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025","European Society of Cardiology — acute coronary syndromes guidelines","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France"],"corps":"::Une douleur dans la poitrine qui dure plus de quelques minutes et ne cède pas au repos se traite comme un problème cardiaque jusqu'à preuve du contraire.::\n\n## AGIR\n\n1. **Faites asseoir ou allonger**, dans la position où la personne respire le mieux. Souvent assise, dos calé, jambes fléchies. **Ne la faites pas marcher** et ne la laissez pas conduire.\n2. **Faites alerter les secours immédiatement.** C'est la seule action qui change réellement l'issue : le temps est du muscle cardiaque.\n3. **Desserrez ce qui serre** : col, ceinture, cravate.\n4. **Demandez si la personne suit un traitement pour le cœur** et si elle a un médicament prescrit pour ce type de crise. Aidez-la à le prendre si elle en a un, ne proposez jamais un médicament qui n'est pas le sien.\n5. **Restez auprès d'elle et parlez calmement.** L'angoisse aggrave la demande en oxygène du cœur.\n6. **Surveillez la conscience et la respiration sans interruption.** Si elles disparaissent, commencez immédiatement les compressions : voir [[URG-INCO-001]].\n7. **Repérez un défibrillateur** s'il y en a un à proximité et faites-le apporter.\n\n**Ne donnez rien à boire ni à manger.** Ne massez pas la poitrine d'une personne consciente.\n\n## ADAPTER\n\n**La douleur est typique** : serrement ou pesanteur au milieu de la poitrine, comme un étau, qui peut s'étendre au bras gauche, aux deux bras, à la mâchoire, au dos ou à l'estomac. Elle dure, elle ne change pas avec la respiration ni avec la position. Sueurs, pâleur, nausée, angoisse l'accompagnent souvent.\n\n**La douleur est atypique**, et c'est fréquent. Chez la femme, chez la personne âgée et chez la personne diabétique, l'infarctus se manifeste souvent sans douleur caractéristique : essoufflement inhabituel, fatigue brutale, malaise, douleur au creux de l'estomac, nausées. **Ces présentations sont sous-diagnostiquées précisément parce qu'elles ne ressemblent pas à l'image attendue.**\n\n**C'est un simple malaise.** Pâleur, sueurs, vue qui se trouble, sensation de partir. Allongez la personne et surélevez les jambes ; le retour à la normale est rapide. Si elle ne revient pas en quelques minutes, traitez-la comme un cas grave.\n\n**La douleur augmente à l'inspiration profonde ou change avec la position.** Cela oriente plutôt vers une cause respiratoire ou pariétale, souvent moins grave — mais un essoufflement soudain et intense, surtout après une immobilisation prolongée, est également une urgence.\n\n**Il fait très chaud ou très froid.** Un coup de chaleur et une hypothermie donnent aussi des malaises, avec des conduites opposées : voir [[URG-CHAL-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n\n**La personne refuse d'appeler les secours.** C'est extrêmement fréquent, par gêne ou par déni. Appelez quand même. Une alerte inutile ne coûte rien ; une alerte tardive coûte du muscle cardiaque irrécupérable.\n\n**Vous êtes très loin de tout.** Repos strict, aucune marche, position confortable, réchauffement modéré, surveillance permanente et préparation à une réanimation. Voir [[URG-SEC-001]] pour la surveillance et [[SIG-COM-001]] pour l'alerte.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe cœur est un muscle, et comme tout muscle il a besoin d'être irrigué. Ses propres artères, les coronaires, l'alimentent en sang. Lorsqu'une de ces artères se bouche, la partie du muscle qu'elle alimente cesse de recevoir de l'oxygène et commence à mourir.\n\n**C'est un processus qui se compte en minutes.** Chaque minute sans irrigation détruit du muscle qui ne se régénérera pas. Toute la logique de la prise en charge tient là : plus le vaisseau est rouvert tôt, plus il reste de cœur.\n\nDeux conséquences pratiques en découlent.\n\n**L'effort aggrave.** Un muscle qui travaille demande plus d'oxygène. Faire marcher quelqu'un jusqu'à une voiture, lui faire monter un escalier, le laisser conduire augmente directement l'étendue des dégâts. C'est pourquoi on l'immobilise.\n\n**L'arrêt cardiaque peut survenir sans prévenir.** La zone lésée perturbe l'activité électrique du cœur, et une fibrillation peut apparaître à tout moment, y compris chez quelqu'un qui parle encore. C'est la raison de la surveillance continue et de la recherche d'un défibrillateur avant même qu'il ne serve.\n\nSur le diagnostic, une chose doit être claire : **vous ne pouvez pas distinguer sur le terrain un infarctus d'une douleur bénigne.** Beaucoup de douleurs thoraciques ne sont pas cardiaques, et beaucoup d'infarctus ne ressemblent pas à un infarctus. La bonne règle est asymétrique : le coût d'une alerte pour rien est nul, celui d'une alerte tardive est définitif.","langue":"fr"},{"id":"URG-TEM-001","titre":"Tempête et vent violent","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","vent","tempete","abri"],"sources":["Météo-France — vigilance et comportements en cas de tempête","National Weather Service — tornado and severe wind safety","OMS — Health impacts of storms"],"corps":"::Le vent ne blesse presque personne directement. Ce sont les objets qu'il transporte et les structures qu'il arrache.::\n\n## AGIR\n\n**Avant, si vous avez le temps :**\n\n1. **Rentrez ou arrimez tout ce qui peut voler.** Mobilier de jardin, poubelles, panneaux, matériaux, outils. C'est le geste le plus efficace, et il protège aussi les voisins.\n2. **Fermez et verrouillez volets et fenêtres.** Un volet fermé empêche le vent d'entrer et de mettre le bâtiment en pression.\n3. **Remplissez de l'eau et chargez ce qui se charge** — les coupures suivent presque toujours. Voir [[URG-EFF-001]].\n\n**Pendant :**\n\n4. **Restez à l'intérieur, éloigné des fenêtres.** Le verre est le principal pourvoyeur de blessures.\n5. **Placez-vous dans une pièce sans ouverture sur l'extérieur**, au niveau le plus bas : couloir, salle d'eau, dessous d'escalier.\n6. **N'ouvrez rien pour équilibrer la pression.** Cette idée est fausse et dangereuse : ouvrir laisse entrer le vent, qui soulève la toiture de l'intérieur.\n7. **Ne sortez pas pendant une accalmie.** Le passage d'un centre de dépression donne un calme trompeur, suivi d'un vent qui reprend dans l'autre sens.\n\n**Après :**\n\n8. **Attendez avant de sortir**, et méfiez-vous des câbles à terre, des arbres en équilibre et des tuiles instables. **Tout câble tombé est considéré sous tension.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes dehors sans abri.** Éloignez-vous des arbres, des lignes électriques, des murs isolés et des structures légères. Cherchez un creux de terrain, un fossé, un talus côté sous le vent, et couchez-vous. **Le sol est l'endroit le plus sûr en terrain ouvert**, parce que la vitesse du vent y est nettement plus faible et que les projectiles passent au-dessus.\n\n**Vous êtes en véhicule.** Arrêtez-vous à l'écart des arbres et des lignes, restez à l'intérieur, ceinture bouclée, tête sous le niveau des vitres. Ne vous abritez pas sous un pont : le passage étroit accélère le vent au lieu de le freiner.\n\n**C'est un phénomène tourbillonnaire.** Le délai est très court. La règle est la même, en plus urgent : niveau le plus bas, pièce centrale sans fenêtre, se protéger la tête et le cou, se couvrir de ce qui est disponible — matelas, couverture, table. En terrain ouvert, se coucher dans un creux et se couvrir la tête.\n\n**Vous êtes en montagne ou sur l'eau.** Le vent y est plus fort et plus tourbillonnant. En mer, une tempête se décide à terre : le demi-tour se prend toujours plus tôt qu'on ne le voudrait — voir [[TEC-NAV-001]].\n\n**Il y a des blessés.** La très grande majorité des blessures de tempête sont des plaies par projection de verre ou de débris, et des traumatismes par chute d'objet. Voir [[URG-HEMO-001]], [[TEC-SAN-001]] et [[URG-FRAC-001]].\n\n**Vous êtes en camp ou sous toile.** Une tente ne résiste pas à un vent fort. Démontez avant plutôt que de la voir se déchirer, mettez-vous à l'abri d'un relief, et rappelez-vous que le danger principal reste les arbres — voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce que fait le vent sur une structure\n\nLa pression exercée par le vent augmente **avec le carré de sa vitesse**. Un vent deux fois plus rapide pousse quatre fois plus fort. C'est pourquoi le passage d'un vent fort à un vent très fort change tout, alors que l'écart de vitesse paraît modeste.\n\nLe mécanisme qui détruit un bâtiment n'est pas la poussée frontale mais **la dépression**. L'air qui accélère au-dessus d'une toiture crée une aspiration vers le haut — le même effet qui porte une aile d'avion, décrit dans [[TEC-AER-001]]. Une toiture est arrachée par le haut, pas poussée par le côté.\n\nSi le vent entre par une ouverture, il met l'intérieur en surpression pendant que l'extérieur du toit est en dépression. Les deux s'additionnent. **C'est exactement pour cela qu'on ferme tout et qu'on n'ouvre rien.**\n\n### Ce qui blesse réellement\n\nLes analyses des victimes de tempête donnent toujours le même classement : projectiles et débris d'abord, chutes d'arbres et de structures ensuite, verre en très grande quantité, et enfin les accidents survenant pendant le nettoyage — souvent plusieurs jours après.\n\nLe vent lui-même ne renverse un adulte qu'à des vitesses très élevées. Un objet de quelques centaines de grammes emporté à cette vitesse, lui, blesse gravement.\n\n### Les arbres\n\nIls tombent principalement pour trois raisons : un sol détrempé qui ne retient plus les racines, un enracinement déjà affaibli, et une prise au vent importante quand ils sont en feuilles. **Une tempête sur sol gorgé d'eau abat bien plus d'arbres qu'une tempête plus violente sur sol sec.**\n\nUn arbre resté debout mais penché après le coup de vent est instable et peut tomber sans nouveau vent, parfois des jours plus tard.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-003","titre":"Apprendre à se corriger","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","science","methode","savoir"],"sources":["Shapin S., The Scientific Revolution","Wootton D., The Invention of Science","Travaux historiques sur l'expérience de Semmelweis et l'acceptation des découvertes médicales"],"corps":"::Entre le seizième et le dix-neuvième siècle se met en place un ensemble de procédés destinés à détecter l'erreur : observation notée, comparaison, reproductibilité, publication.::\n\n## Le problème que rien ne résolvait\n\nPendant l'essentiel de l'histoire, une affirmation se validait par l'autorité de celui qui l'énonçait, par son ancienneté, ou par sa cohérence avec ce qu'on croyait déjà.\n\nAucun de ces critères ne permet de détecter une erreur. Un savoir faux transmis avec autorité se transmet aussi bien qu'un savoir vrai — parfois mieux, s'il est plus simple ou plus rassurant.\n\nIl manquait un mécanisme capable de **trancher entre deux affirmations concurrentes autrement que par le prestige**. C'est ce mécanisme qui apparaît progressivement, et il tient en quelques éléments dont aucun n'est spectaculaire.\n\n## Les éléments du mécanisme\n\n**L'observation systématique**, notée, datée, quantifiée. Cela paraît banal ; c'est la condition de tout le reste. Un souvenir se déforme, une note ne bouge pas.\n\n**La comparaison.** On ne juge pas un traitement en observant ceux qui l'ont reçu, mais en les comparant à ceux qui ne l'ont pas reçu. Sans groupe de comparaison, on attribue à l'intervention ce qui serait arrivé de toute façon. **C'est probablement l'idée la plus puissante de toute la méthode**, et l'une des plus tardives.\n\n**La reproductibilité.** Un résultat que personne d'autre n'obtient n'est pas un résultat. C'est ce qui rend nécessaire la description exacte du protocole, et ce qui suppose une transmission fidèle — donc l'imprimerie, comme le montre [[MEM-ACC-001]].\n\n**La publication de la méthode et pas seulement de la conclusion.** C'est ce qui permet à un autre de refaire, donc de contredire.\n\n**La réfutabilité.** Une affirmation qui ne peut être contredite par aucune observation ne dit rien sur le monde. Elle peut être belle, cohérente et parfaitement inutile.\n\n## Pourquoi c'est difficile\n\nLe mécanisme est simple à énoncer et pénible à appliquer, pour des raisons qui tiennent au fonctionnement de l'esprit.\n\n**On voit ce qu'on cherche.** Confronté à une hypothèse, on remarque les cas qui la confirment et on oublie les autres. C'est involontaire et systématique.\n\n**On confond succession et cause.** Deux choses qui se suivent paraissent liées. C'est l'origine de la plupart des remèdes inefficaces : la maladie guérit seule, et le remède reçoit le crédit.\n\n**On juge sur les survivants.** On étudie ceux qui ont réussi, jamais ceux qui ont disparu — et l'on tire des conclusions à partir d'un échantillon qui exclut précisément les échecs.\n\n**Une correction est socialement coûteuse.** L'histoire des sciences abonde en découvertes justes rejetées pendant des décennies parce qu'elles mettaient en cause une pratique établie et ceux qui l'exerçaient. La démonstration que le lavage des mains réduisait massivement la mortalité en maternité a été refusée longtemps, malgré des chiffres clairs — mécanisme sanitaire décrit dans [[TEC-SAN-004]].\n\n## Quelques jalons\n\n**Les expériences sur le vide et la pression atmosphérique**, au milieu du dix-septième siècle, établissent un modèle : une hypothèse, un dispositif reproductible, une mesure, une publication détaillée du montage permettant à d'autres de refaire.\n\n**Les premières sociétés savantes et leurs revues**, à partir des années 1660, instituent la publication comme lieu de la validation. Un résultat non publié, donc non soumis à contradiction, cesse progressivement de compter.\n\n**L'essai comparatif sur le scorbut**, mené en 1747 par un chirurgien de la marine britannique, est l'un des premiers essais cliniques comparatifs documentés : douze marins atteints, répartis en groupes recevant des traitements différents, et un résultat net en faveur des agrumes. Son adoption officielle prendra plusieurs décennies.\n\n**Les statistiques de mortalité en maternité**, dans les années 1840 à Vienne, montrent qu'un service où les médecins pratiquent des autopsies avant les accouchements présente une mortalité plusieurs fois supérieure à un service voisin. L'imposition du lavage des mains fait chuter les chiffres immédiatement. La démonstration est rejetée pendant des années par la communauté médicale — sujet traité dans [[TEC-SAN-004]].\n\n**La théorie microbienne**, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, s'impose par une série d'expériences décisives sur la fermentation, la génération spontanée et l'atténuation des agents infectieux.\n\n## Ce que les biais documentés font au raisonnement\n\n**Le biais de confirmation** : on remarque les cas conformes à l'hypothèse et on oublie les autres. Il est mesuré et involontaire.\n\n**La confusion entre succession et cause** : deux événements qui se suivent paraissent liés. C'est l'origine de la plupart des remèdes inefficaces, la maladie guérissant seule.\n\n**Le biais du survivant** : on étudie ce qui a réussi, jamais ce qui a disparu, et l'échantillon exclut donc précisément les échecs.\n\n**La régression vers la moyenne** : un état extrême tend naturellement à revenir vers l'ordinaire, ce qui crédite toute intervention appliquée au pire moment.\n\nC'est contre ces mécanismes que le groupe de comparaison a été introduit, puis le tirage au sort, puis la procédure en aveugle — chacun répondant à un biais identifié.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-007","titre":"Réparer un câble, une prise, un contact","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","reparation","cable","recuperation"],"sources":[],"corps":"::La grande majorité des pannes électriques ne sont pas des composants morts. Ce sont des fils coupés et des contacts sales.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn circuit ne fonctionne que s'il est **fermé** : le courant part, traverse la charge, et revient. Une interruption n'importe où produit exactement le même symptôme — rien ne marche — que le défaut soit à l'aller ou au retour.\n\nLes points de rupture sont toujours les mêmes, et cette liste couvre presque tout : **là où le câble bouge**, c'est-à-dire à la sortie d'une prise ou d'un appareil ; **là où deux métaux se touchent**, c'est-à-dire aux connexions ; **là où l'humidité stagne**.\n\nUn contact dégradé n'est pas une coupure franche : c'est une résistance qui apparaît. Elle chauffe, s'oxyde davantage, chauffe plus. **Un contact tiède est un contact en train de mourir** — mécanisme détaillé dans [[TEC-ENE-003]].\n\n## AGIR\n\n**Trouver le défaut avant de réparer.**\n\n1. **Coupez et vérifiez l'absence de tension.** Toujours, et avec un appareil, jamais par déduction.\n2. **Regardez et pliez.** Un câble se casse près des embouts : pliez doucement sur toute la longueur, une gaine dure, craquelée, molle ou déformée localement signale l'endroit.\n3. **Testez la continuité** d'un bout à l'autre, conducteur par conducteur, câble débranché des deux côtés — voir [[TEC-ENE-008]]. Faites bouger le câble pendant la mesure : un défaut intermittent se révèle ainsi.\n4. **Vérifiez les deux conducteurs.** Le retour casse aussi souvent que l'aller.\n\n**Réparer une coupure.**\n\n5. **Coupez franchement de part et d'autre** de la zone douteuse. Ne réparez pas au ras du défaut : le câble est fatigué sur plusieurs centimètres.\n6. **Dénudez sans entailler le cuivre.** Une entaille crée un point faible qui cassera au premier mouvement. Faites tourner la lame autour de l'isolant plutôt que de trancher dedans.\n7. **Décalez les jonctions.** Ne raccordez jamais les deux conducteurs au même endroit : un décalage de quelques centimètres évite qu'ils ne se touchent si l'isolation cède.\n8. **Assemblez mécaniquement avant tout.** Torsadez serré dans le sens du toron, ou mieux, entourez un fil autour de l'autre en spires jointives. **La jonction doit tenir toute seule à la traction avant d'être isolée.**\n9. **Soudez si vous pouvez.** Une soudure descend la résistance de contact à presque rien. Sinon, un domino ou un connecteur serti fait l'affaire.\n10. **Isolez chaque conducteur séparément**, puis l'ensemble. Plusieurs tours croisés, en débordant largement de chaque côté.\n11. **Ajoutez une décharge de traction.** Une boucle, un nœud ou un collier qui reprend l'effort avant la jonction : sans cela, votre réparation cassera au même endroit.\n\n**Nettoyer un contact.**\n\n12. **Grattez l'oxydation** au papier abrasif fin, à la lame ou à la gomme. Un contact terne conduit mal.\n13. **Resserrez.** Le cuivre flue sous pression et une borne se desserre seule avec le temps.\n14. **Protégez** d'une trace de graisse une fois le contact propre et serré, si l'ambiance est humide — voir [[TEC-COR-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Le câble est intermittent.** C'est presque toujours un brin cassé sous l'isolant, à un point de flexion. Il faut couper généreusement de part et d'autre : réparer trop court laisse la partie fatiguée en place.\n\n**Vous n'avez pas de ruban isolant.** Une gaine thermorétractable est meilleure ; à défaut, du ruban adhésif épais, du caoutchouc de chambre à air découpé en bande et étiré en spires serrées, ou une immersion dans une matière plastique fondue.\n\n**Vous n'avez aucun outil.** Grattez avec ce que vous avez : une clé de maison, le bord d'une pièce, une pierre, du sable sur un chiffon. Une cosse de batterie desserrée s'enfonce sur une borne conique : poussez-la à fond, tapez-la avec une pierre, puis tournez-la pour la bloquer. En dernier recours, une bande d'aluminium (papier de chewing-gum, canette découpée) glissée entre la cosse et la borne rattrape le jeu, le temps de repartir. **Ne reliez jamais les deux bornes avec un objet en métal** : une batterie de voiture débite des centaines d'ampères et le métal devient brûlant.\n\n**Vous n'avez rien pour souder.** Une jonction mécanique bien faite fonctionne des années. Ce qui compte est le serrage, la surface de contact et la protection contre l'humidité, pas la soudure elle-même.\n\n**Les fils ne sont pas du même métal.** Cuivre et aluminium en contact direct se corrodent — voir [[TEC-COR-001]]. Utilisez un connecteur prévu, ou intercalez une pièce adaptée.\n\n**C'est un câble d'un appareil que vous voulez alimenter autrement.** Vérifiez tension, polarité et puissance avant tout branchement. Une inversion de polarité en courant continu détruit instantanément — voir [[TEC-ENE-001]] et [[TEC-ENE-002]].\n\n**C'est sur un véhicule.** Les câbles y sont abondants, souples et de sections variées : c'est le meilleur gisement de matière première — voir [[SURV-REC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-001","titre":"Se nourrir en milieu naturel","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alimentation","rendement","cueillette","calories"],"sources":["FAO/OMS/UNU — Human energy requirements","Études ethnographiques sur les rendements de subsistance des chasseurs-cueilleurs","Kelly R., The Lifeways of Hunter-Gatherers"],"corps":"::La question n'est pas de trouver à manger. C'est de trouver plus de calories que vous n'en dépensez à les chercher.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le calcul que personne ne fait\n\nToute recherche de nourriture est un investissement énergétique. On dépense pour marcher, chercher, prélever, transporter et préparer. Le rendement net est ce qui reste.\n\nUne journée de marche et de cueillette coûte facilement un millier de kilocalories. Beaucoup de ressources sauvages n'en rendent pas la moitié. **Il est parfaitement possible de s'affamer en cherchant à manger**, et c'est ce qui arrive quand on choisit les mauvaises cibles.\n\nLes besoins réels sont chiffrés dans [[TEC-ALI-001]] : de l'ordre de deux mille kilocalories par jour, davantage en effort ou par temps froid.\n\n### Le classement par densité énergétique\n\nCe classement est stable et il devrait gouverner toutes les décisions.\n\n**Les graisses** dominent tout, avec plus du double d'énergie par gramme que le reste. C'est pourquoi, dans un contexte de gibier maigre, la graisse devient la ressource critique — et pourquoi une alimentation de viande très maigre seule provoque un trouble grave, expliqué dans [[TEC-ALI-001]].\n\n**Les glucides concentrés** viennent ensuite : graines, céréales, tubercules, fruits secs, noix. Denses, transportables, conservables.\n\n**Les protéines animales** rendent bien mais coûtent cher à obtenir.\n\n**Les feuilles, pousses et végétaux verts** rendent presque rien. Ils apportent des vitamines et des minéraux, qui comptent sur la durée, mais **ils ne nourrissent pas**. C'est l'erreur la plus répandue : on ramasse ce qui est facile à identifier et abondant, et c'est précisément ce qui rend le moins.\n\n### Ce que rendent les grandes catégories\n\n**Les noix et fruits à coque** sont la meilleure cible en saison : très denses, faciles à récolter en quantité, conservables plusieurs mois. Quelques heures de récolte peuvent couvrir plusieurs jours.\n\n**Les tubercules et racines** rendent bien mais demandent de creuser, donc de l'énergie, et souvent une préparation.\n\n**Le poisson et les invertébrés aquatiques** offrent le meilleur rapport rendement sur effort dans la plupart des milieux, parce que les techniques passives fonctionnent pendant que vous faites autre chose — voir [[SURV-RES-002]].\n\n**Les insectes** sont riches en protéines et en graisses, abondants et faciles à collecter en masse dans certains milieux. C'est une ressource sérieuse, largement consommée dans le monde, et largement ignorée par réticence culturelle.\n\n**Le grand gibier** offre un rendement énorme en cas de succès et un rendement nul le reste du temps. C'est un pari coûteux, et c'est pourquoi les sociétés de chasse-cueillette tirent en réalité l'essentiel de leurs calories de la collecte, pas de la chasse.\n\n### Le facteur saison\n\nC'est le paramètre dominant, et il écrase tous les autres. Un milieu généreux en fin d'été est un milieu vide en fin d'hiver. **La disponibilité varie d'un facteur considérable au cours de l'année**, et l'écart entre ce qu'un lieu peut nourrir en août et en mars est ce qui a rendu le stockage indispensable — mécanisme décrit dans [[MEM-AGR-001]].\n\n## AGIR\n\n1. **Traitez l'eau et la chaleur d'abord.** La faim n'est pas l'urgence : voir [[URG-EAU-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n2. **Cherchez d'abord ce qui est déjà concentré.** Cultures abandonnées, jardins, vergers, silos, habitations. En milieu habité, cela rend cent fois plus que la cueillette sauvage — voir [[SURV-REC-001]].\n3. **Choisissez les cibles denses.** Noix, graines, tubercules, poisson, insectes. Ignorez les feuilles tant que l'énergie manque.\n4. **Privilégiez les techniques passives.** Un dispositif qui travaille pendant que vous dormez rend infiniment mieux qu'une recherche active.\n5. **Ne mangez que ce que vous identifiez formellement** — voir [[SURV-COM-001]].\n6. **Cuisez.** La cuisson augmente l'énergie réellement extraite, rend comestible ce qui ne l'est pas cru et tue les parasites : voir [[MEM-EVE-001]] et [[SURV-FEU-001]].\n7. **Conservez le surplus immédiatement.** Une ressource abondante un jour ne l'est plus le lendemain — voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en déplacement.** Ne cherchez pas activement. Prélevez ce qui se trouve sur votre trajet et concentrez l'énergie sur la marche et l'abri. La recherche de nourriture en mouvement a un rendement négatif.\n\n**Vous êtes fixé quelque part.** Tout change : les pièges, les lignes dormantes et un début de culture deviennent rentables parce qu'ils travaillent en votre absence. C'est le basculement décrit dans [[MEM-AGR-001]].\n\n**C'est l'hiver.** La cueillette ne donne presque rien. Les ressources restantes sont les réserves constituées, ce qui est stocké par d'autres — y compris les animaux —, les racines et l'écorce interne de quelques arbres, et la pêche. **La bonne stratégie hivernale est de réduire la dépense**, pas d'augmenter la recherche.\n\n**Vous avez plusieurs jours sans manger.** Le corps s'adapte : il puise dans ses réserves et la sensation de faim diminue après quelques jours. Les capacités physiques et le jugement se dégradent bien avant la survie — voir [[SURV-PSY-002]]. La priorité reste l'eau, la chaleur et le repos.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-002","titre":"Pièges et pêche","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["peche","pieges","alimentation","rendement"],"sources":["FAO — Fishing gear and methods, technical documentation","Études ethnographiques sur les techniques de piégeage traditionnelles","Kelly R., The Lifeways of Hunter-Gatherers"],"corps":"::Un dispositif qui travaille pendant que vous dormez rend plus que n'importe quelle poursuite. C'est toute la logique.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa chasse active dépense beaucoup pour un résultat incertain. Un dispositif passif ne dépense rien après sa pose, et il travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre.\n\nD'où le principe qui gouverne tout : **beaucoup de dispositifs simples valent mieux qu'un dispositif élaboré**. La probabilité de succès de chacun est faible, mais elle s'additionne. Vingt lignes ou vingt pièges relevés chaque matin donnent un rendement régulier ; un seul dispositif parfait ne donne rien la plupart des nuits.\n\nDeuxième principe : **l'emplacement compte plus que le dispositif**. Un piège médiocre sur un passage fréquenté rend davantage qu'un piège excellent au mauvais endroit. On lit d'abord le terrain, on pose ensuite.\n\nTroisième principe : **ce qui est petit et nombreux bat ce qui est gros et rare**. Poissons, invertébrés, petits animaux se prennent régulièrement ; le gros gibier est un pari.\n\n## AGIR\n\n### Lire le terrain avant de poser\n\n1. **Cherchez les passages obligés.** Une coulée entre deux zones de végétation, un passage sous une clôture, un rétrécissement entre deux obstacles, un pont naturel sur un cours d'eau.\n2. **Cherchez les concentrations.** Les points d'eau, les zones de nourriture, les abris. Les animaux se déplacent entre ces trois choses selon des trajets réguliers.\n3. **Cherchez les traces récentes.** Empreintes, crottes, poils, végétation couchée, terriers actifs. Un passage sans trace fraîche ne sert à rien.\n4. **Posez à l'aube ou au crépuscule**, quand vous dérangez le moins.\n\n### La pêche, meilleur rendement dans la plupart des milieux\n\n**La ligne dormante** est le dispositif le plus rentable : une ligne appâtée, fixée à une branche souple ou à un piquet, laissée en place et relevée le matin. Multipliez-en le nombre plutôt que la sophistication.\n\n**Le filet ou la nasse** capturent en continu. Une nasse est un entonnoir qui laisse entrer et empêche de ressortir : c'est un principe universel, réalisable en osier, en branchages ou avec un contenant plastique dont on retourne le goulot vers l'intérieur.\n\n**Le barrage à poissons** exploite le rétrécissement d'un cours d'eau pour guider le poisson vers un piège. C'est un ouvrage, pas un geste, mais il rend pendant des semaines.\n\n**Les meilleurs moments** sont l'aube et le crépuscule, la montée des eaux après une pluie, et les zones de transition — confluents, fosses, sous-berges, obstacles immergés.\n\n**Les invertébrés aquatiques** — écrevisses, moules, larves sous les pierres — se collectent sans matériel et rendent bien. Ils se cuisent systématiquement.\n\n### Les pièges terrestres, principes communs\n\nTous reposent sur trois idées. **Un déclencheur** que l'animal actionne. **Une énergie stockée**, par un ressort de bois plié, un contrepoids ou la gravité. **Un guidage** qui l'oblige à passer là où il faut — quelques branches plantées suffisent à canaliser un animal sur un chemin choisi.\n\nLe guidage est la partie qu'on néglige et celle qui fait la différence.\n\n**Neutralisez l'odeur.** Manipulez le moins possible, frottez de terre ou passez à la fumée, et posez sans piétiner tout autour.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en déplacement.** Les pièges terrestres n'ont pas de sens : ils demandent d'être relevés. Les lignes dormantes posées le soir et relevées au matin restent compatibles avec une progression.\n\n**Vous êtes fixé.** Tout devient rentable. Un réseau de dispositifs relevés chaque matin donne un apport régulier pour une heure de travail quotidien. C'est le basculement expliqué dans [[SURV-RES-001]].\n\n**Vous n'avez ni fil ni hameçon.** Le fil se fabrique — voir [[TEC-MAT-003]]. Un hameçon se taille dans une épine, un os, du bois dur ou une languette de métal. La **gorge**, un bâtonnet effilé aux deux bouts pris dans l'appât et qui se met en travers quand le poisson tire, est plus ancienne que l'hameçon et fonctionne parfaitement.\n\n**Vous avez pris un animal.** Traitez-le immédiatement : le sang et les viscères se dégradent vite et attirent. Éloignez les déchets du campement — voir [[SURV-ANI-001]]. Cuisez à cœur systématiquement.\n\n**Vous voulez conserver.** Le séchage et le fumage transforment une prise ponctuelle en réserve : voir [[TEC-CONS-001]].\n\n**Attention à ce que vous laissez.** Un dispositif abandonné continue de capturer sans profit pour personne. On relève et on démonte ce qu'on ne relèvera plus. C'est aussi ce qui évite de signaler votre présence à distance.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-002","titre":"Conserver ses semences","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["semences","agriculture","autonomie","donnees"],"sources":["FAO — Seeds toolkit, seed quality and storage","Svalbard Global Seed Vault — protocoles de conservation","Kew Millennium Seed Bank — seed storage behaviour"],"corps":"::Une récolte nourrit une saison. Une semence conservée nourrit toutes les suivantes. C'est la seule différence entre dépendre et durer.::\n\n## Une graine est vivante\n\nElle respire lentement, consomme ses réserves et vieillit. Toute la conservation consiste à **ralentir ce métabolisme sans le tuer**.\n\nTrois facteurs le gouvernent, et deux dominent largement.\n\n**L'humidité** est le premier. Une graine trop humide respire fort, chauffe, moisit ou germe. Une graine correctement sèche entre en dormance profonde.\n\n**La température** est le second. Le froid ralentit tout. Les banques de semences combinent les deux : séchage poussé puis congélation, ce qui permet des durées de conservation exceptionnelles.\n\n**La lumière et l'oxygène** viennent après, et se traitent avec un contenant opaque et fermé.\n\nUne règle empirique circule chez les conservateurs et résume l'essentiel : **chaque réduction notable de l'humidité, et chaque baisse notable de la température, double approximativement la durée de vie.** Les deux se cumulent.\n\n## Sécher correctement\n\nC'est l'étape décisive et la plus bâclée.\n\nLe séchage se fait **à l'air, à l'ombre, dans un courant d'air**, jamais au soleil direct ni près d'une source de chaleur. Au-delà d'une température modérée, l'embryon est endommagé sans que rien ne se voie : les graines paraissent parfaites et ne lèvent pas.\n\nLe repère pratique : une graine bien sèche **casse net** au lieu de se plier ou de s'écraser. Une grosse graine se fend, un haricot claque.\n\nUn {{dessiccant|Matière qui absorbe l'humidité de l'air ambiant : riz sec, cendre sèche, silice.}} améliore beaucoup le résultat : riz sec, cendre parfaitement sèche, silice récupérée, placés dans le contenant fermé mais sans contact direct prolongé.\n\n## Sélectionner\n\nC'est ce qui distingue une réserve d'une collection.\n\n**Prenez la semence sur les meilleurs plants**, pas sur les fruits restants. Vigueur, santé, précocité, résistance : ce sont ces caractères que vous transmettez.\n\n**Prenez sur plusieurs plants**, jamais sur un seul. Une population issue d'un individu unique perd sa diversité et sa résistance en quelques générations.\n\n**Laissez mûrir complètement.** Une graine récoltée avant maturité n'a pas achevé sa constitution : elle lève mal ou pas du tout. Cela impose souvent de sacrifier le produit — un légume mangé au bon stade gustatif n'a pas encore de graine mûre.\n\n## Le piège des hybrides\n\nBeaucoup de semences commerciales sont des hybrides de première génération. Elles sont vigoureuses et homogènes, et **leur descendance ne l'est pas** : la génération suivante est irrégulière et souvent décevante.\n\nLes variétés dites de population ou anciennes, elles, se reproduisent fidèlement. **Ce sont les seules qui permettent une autonomie réelle**, et c'est un critère de choix bien plus important que le rendement affiché.\n\n## Éviter les croisements\n\nUne plante pollinisée par une variété voisine donne une descendance mélangée.\n\nDeux solutions. **La distance** : séparer les variétés d'une même espèce. **L'isolement** : ensacher les fleurs, ou décaler les floraisons dans le temps.\n\nLes espèces qui s'autofécondent posent peu de problème ; celles qui dépendent du vent ou des insectes en posent beaucoup, et demandent des distances importantes.\n\n## Stocker\n\nSec, froid, obscur, fermé, et **stable**. Les variations d'humidité et de température usent davantage qu'un niveau moyen défavorable constant.\n\n**Étiquetez systématiquement** : espèce, variété, année, provenance. Une réserve non étiquetée devient inutilisable en deux saisons, et c'est l'erreur la plus fréquente.\n\n**Répartissez en plusieurs lots, en plusieurs endroits.** Un stock unique est un point de rupture unique — même raisonnement que pour l'eau dans [[SURV-PLUIE-001]] et pour les réserves dans [[MEM-AGR-001]].\n\n## Vérifier avant de compter dessus\n\nLe pouvoir germinatif décline avec les années, et il décline différemment selon les espèces : certaines perdent l'essentiel en un ou deux ans, d'autres restent viables une décennie.\n\n**Testez avant chaque saison.** Une dizaine de graines entre deux papiers humides, au chaud, pendant quelques jours. La proportion qui germe vous dit s'il faut semer plus dense ou renouveler le lot. Cela prend une semaine et évite de perdre une année entière — voir [[TEC-AGR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-002","titre":"La fermentation lactique","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fermentation","conservation","alimentation","donnees"],"sources":["FAO — Fermented fruits and vegetables, a global perspective","Katz S., The Art of Fermentation","USDA — Complete Guide to Home Canning, chapitre sur les fermentations"],"corps":"::On n'élimine pas les micro-organismes : on choisit lesquels gagnent. C'est le procédé de conservation le plus sûr sans matériel.::\n\n## Le mécanisme\n\nLes bactéries lactiques sont naturellement présentes sur les végétaux. Elles ont deux propriétés qui font tout : elles **tolèrent le sel** mieux que leurs concurrentes, et elles **se développent sans oxygène**.\n\nPlacez des légumes dans une saumure, à l'abri de l'air : les bactéries lactiques prennent l'avantage. Elles consomment les sucres et produisent de l'acide lactique. L'acidité monte, et **en dessous d'un certain seuil, plus aucune bactérie dangereuse ne peut se développer** — y compris celle du botulisme, ce qui distingue radicalement ce procédé de la mise en bocal décrite dans [[TEC-ALI-005]].\n\nC'est un système qui se protège lui-même : plus il avance, plus il est sûr.\n\n## Ce qu'il faut, et rien d'autre\n\n**Du sel**, qui donne l'avantage initial aux bonnes bactéries et tire l'eau des végétaux. La proportion habituelle se situe autour de deux à trois pour cent du poids total. Trop peu, la fermentation part de travers ; trop, elle s'arrête.\n\n**L'absence d'air.** Tout ce qui dépasse de la saumure moisit. C'est la règle la plus importante et la plus simple à vérifier.\n\n**Une température modérée.** Trop froid, rien ne démarre ; trop chaud, le résultat est mou et les mauvaises bactéries prennent le dessus.\n\n**Du temps.** Quelques jours pour démarrer, quelques semaines pour aboutir.\n\nAucun matériel spécifique n'est nécessaire : un contenant, un poids pour maintenir immergé, et de quoi laisser sortir les gaz.\n\n## Le déroulement\n\nLes premiers jours, plusieurs populations coexistent et produisent du gaz — le mélange bouillonne, la saumure se trouble. C'est normal.\n\nPuis l'acidité monte et sélectionne. Le bouillonnement cesse, le liquide s'éclaircit, l'odeur devient franchement acide et agréable.\n\n**Les repères de réussite** : odeur acide et fraîche, saumure trouble puis claire, légumes fermes, goût franchement acide.\n\n**Les repères d'échec** : odeur putride ou de moisi, texture visqueuse ou gluante, légumes mous et délités, moisissure duveteuse installée dans la masse.\n\nUn voile blanc en surface, plat, est fréquent : c'est une levure de surface, sans danger, qui s'enlève. Une moisissure colorée et duveteuse, en revanche, impose de jeter.\n\n## Les erreurs habituelles\n\n**Ne pas maintenir immergé.** C'est de loin la première cause d'échec. Un poids, une feuille pliée par-dessus, un sac d'eau : n'importe quoi qui garde tout sous la saumure.\n\n**Fermer hermétiquement.** La fermentation produit du gaz. Un contenant totalement étanche monte en pression et peut éclater. Il faut laisser échapper les gaz sans laisser entrer l'air.\n\n**Utiliser une eau chlorée.** Le chlore inhibe précisément les bactéries dont on a besoin. Une eau de réseau se laisse reposer quelques heures à l'air, ou se traite selon [[URG-EAU-001]] si sa qualité est douteuse.\n\n**Doser le sel au jugé.** C'est le seul paramètre à mesurer sérieusement, parce qu'il décide de qui l'emporte.\n\n## Ce que la fermentation apporte en plus\n\nElle ne fait pas que conserver.\n\nElle **prédigère** : les bactéries dégradent une partie des composés difficiles, ce qui améliore la disponibilité de certains nutriments.\n\nElle **augmente la teneur en certaines vitamines**, notamment du groupe B et la vitamine C selon les préparations — ce qui a une importance historique considérable, puisque c'est ainsi que des populations entières ont traversé des hivers sans végétaux frais, évitant les carences décrites dans [[TEC-ALI-001]].\n\nElle **réduit certains composés antinutritionnels** présents dans les céréales et les légumineuses.\n\n## Au-delà des légumes\n\nLe même principe s'applique au lait, où les bactéries lactiques acidifient et font cailler, et aux céréales, où une fermentation acide précède la cuisson dans de très nombreuses traditions — c'est le principe du levain.\n\nDans tous les cas, la logique reste identique : **créer les conditions où les micro-organismes utiles l'emportent, et les laisser produire eux-mêmes la protection.** C'est le seul procédé de conservation qui devienne plus sûr avec le temps, et le seul qui ne demande ni énergie, ni équipement, ni consommable — voir [[TEC-CONS-001]] pour sa place parmi les autres méthodes.","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-002","titre":"Les grandes familles botaniques","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botanique","familles","identification","donnees"],"sources":["Angiosperm Phylogeny Group — classification APG IV","Spichiger R. et al., Botanique systématique des plantes à fleurs","Royal Botanic Gardens Kew — plant families"],"corps":"::On ne retient pas des milliers d'espèces. On retient une dizaine de familles, et chacune vous dit d'avance ce que la plante risque d'être.::\n\n## Pourquoi raisonner par famille\n\nUne famille regroupe des plantes qui partagent une structure florale et, très souvent, une chimie. Reconnaître la famille réduit le champ de plusieurs milliers d'espèces à quelques dizaines, et **elle prédit le comportement** : comestibilité fréquente, toxicité fréquente, usage textile, capacité à fixer l'azote.\n\nLes caractères de famille sont aussi les plus stables : ils ne dépendent ni du sol, ni de la saison, ni de l'état de la plante, contrairement à la taille ou à la couleur. C'est ce qui en fait la première étape de la méthode décrite dans [[TEC-BOT-001]].\n\n## Les familles à connaître\n\n**Les poacées**, les graminées. Tiges creuses et cylindriques à nœuds pleins, feuilles étroites à nervures parallèles engainant la tige, fleurs discrètes en épis. **Aucune n'est toxique de façon notable, et cette famille nourrit l'humanité** : toutes les céréales en font partie. Les jeunes pousses et les graines sont la ressource énergétique la plus importante du monde végétal.\n\n**Les fabacées**, les légumineuses. Fleur en forme de papillon, fruit en gousse, feuilles souvent composées. Elles fixent l'azote de l'air grâce à des bactéries logées dans leurs racines, ce qui enrichit le sol — d'où leur rôle central dans les rotations de culture, et voir [[TEC-SOL-001]]. Beaucoup sont des aliments majeurs, riches en protéines et complémentaires des céréales, comme l'explique [[TEC-ALI-001]]. **Attention toutefois : plusieurs espèces sauvages de cette famille sont toxiques**, et beaucoup de graines exigent une cuisson.\n\n**Les apiacées**, les ombellifères. Fleurs blanches minuscules groupées en ombelles plates, tige souvent creuse et cannelée, feuilles très découpées, odeur marquée au froissement. Elle contient à la fois des plantes cultivées très communes et **certaines des plantes les plus toxiques de la flore tempérée, d'aspect proche**. C'est la famille où le débutant se trompe : voir [[TEC-BOT-003]].\n\n**Les brassicacées**, les crucifères. Quatre pétales en croix, six étamines dont deux plus courtes, fruit en silique allongée, saveur souvent piquante. **Aucune n'est mortellement toxique**, ce qui en fait l'une des familles les plus sûres à reconnaître, et elle contient un très grand nombre de plantes cultivées.\n\n**Les astéracées**, les composées. Ce qui ressemble à une fleur est en réalité un capitule, c'est-à-dire des centaines de fleurs minuscules serrées. C'est la plus grande famille de plantes à fleurs. Très variée, comprenant des comestibles, des médicinales et des amères.\n\n**Les lamiacées.** Tige à **section carrée**, feuilles opposées deux à deux, odeur aromatique forte au froissement. Ces trois caractères ensemble sont presque une signature. La quasi-totalité des aromatiques classiques en font partie, et la famille ne contient pas de plante gravement toxique dans nos régions.\n\n**Les solanacées.** Fleurs à cinq pétales soudés en étoile ou en clochette, baies ou capsules. Elle contient des plantes alimentaires majeures et des espèces très toxiques. **Chez les alimentaires elles-mêmes, les parties vertes contiennent des alcaloïdes** : d'où la règle de retirer ce qui est verdi ou germé.\n\n**Les rosacées.** Cinq pétales libres, nombreuses étamines. Presque tous les fruits charnus des régions tempérées en font partie. Les chairs sont comestibles ; **les amandes des noyaux contiennent des composés cyanogènes**, mécanisme expliqué dans [[TEC-BOT-003]].\n\n**Les cucurbitacées.** Plantes rampantes à vrilles, grosses fleurs jaunes, fruits charnus. Des cultures importantes, et une amertume prononcée qui signale la présence de composés toxiques : **un fruit de cette famille anormalement amer ne se mange pas**.\n\n**Les euphorbiacées.** Latex blanc qui s'écoule à la cassure. Ce latex est irritant, parfois sévèrement, et la famille est à considérer comme dangereuse par défaut.\n\n## Ce que la famille ne dit pas\n\nElle oriente, elle ne conclut jamais. Une famille globalement comestible contient des exceptions, et une famille dangereuse contient des plantes cultivées.\n\n**La famille réduit le champ ; l'espèce décide.** C'est la raison pour laquelle l'identification s'arrête toujours sur un caractère précis et sur l'écartement du sosie, jamais sur l'appartenance à un groupe — logique complète dans [[TEC-BOT-001]] et [[SURV-COM-001]].\n\n## Comment apprendre\n\nPrenez une famille, apprenez ses trois caractères, et cherchez-la partout pendant une semaine. Vous la verrez ensuite sans y penser. Trois ou quatre familles apprises ainsi couvrent la majorité de ce que vous croiserez, et elles s'apprennent en une saison.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-004","titre":"Toitures et étanchéité","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toiture","etancheite","habitat","construction"],"sources":["CSTB — règles professionnelles de couverture","USDA Forest Products Laboratory — roof design and moisture","Agence qualité construction — désordres liés aux infiltrations"],"corps":"::Une toiture n'est pas étanche. Elle est conçue pour que l'eau glisse plus vite qu'elle ne pénètre, ce qui n'est pas la même chose.::\n\n## Le principe du recouvrement\n\nLa plupart des couvertures traditionnelles ne sont pas étanches élément par élément. Tuiles, ardoises, bardeaux, planches : chacun laisse passer l'eau à ses joints.\n\nCe qui protège est **la superposition et la pente**. Chaque élément recouvre celui du dessous, et l'eau, guidée par la gravité, est renvoyée vers l'extérieur avant d'atteindre un joint.\n\nDe là découle la relation la plus importante de la couverture : **plus la pente est faible, plus le recouvrement doit être important.** Une pente forte évacue vite et tolère un recouvrement court. Une pente faible laisse l'eau stagner, remonter par {{capillarité|Montée spontanée d'un liquide dans les pores fins d'un matériau, contre la gravité.}} et s'infiltrer sous l'effet du vent, ce qui impose un recouvrement bien supérieur — ou un matériau réellement étanche.\n\nC'est pourquoi le même matériau est parfait sur un toit pentu et fuit sur un toit plat.\n\n## Les points qui fuient\n\nUne toiture ne fuit presque jamais au milieu d'une pente. Elle fuit aux **discontinuités**.\n\n**Les jonctions** entre deux pans, en creux, où l'eau se concentre et où le débit est le plus fort.\n\n**Les pénétrations** : conduits de fumée, ventilations, fixations. Chacune est un trou qu'il faut refermer avec une pièce qui glisse sous les éléments supérieurs et par-dessus les inférieurs. **L'ordre de recouvrement est tout** : une pièce posée par-dessus l'élément amont conduit l'eau à l'intérieur.\n\n**Les rives et les bas de pente**, où l'eau quitte le toit et où le vent la reprend.\n\n**Les évacuations obstruées.** Une gouttière bouchée fait déborder l'eau sous la couverture. C'est la première cause de dégât et la plus facile à éviter — vérifier les évacuations vaut mieux que n'importe quelle réparation.\n\n## Le rôle du vent\n\nIl fait deux choses, et les deux nuisent.\n\nIl **soulève**. L'air qui accélère au-dessus d'une toiture crée une aspiration — le mécanisme d'aile décrit dans [[TEC-AER-001]]. Les éléments non fixés partent, surtout en rive et en angle, où la dépression est la plus forte.\n\nIl **pousse l'eau vers le haut**. La pluie battante remonte sous les recouvrements, contre la gravité. C'est pourquoi une toiture qui ne fuit jamais peut fuir lors d'une tempête venant d'une direction inhabituelle — voir [[URG-TEM-001]].\n\n## La condensation, l'ennemi intérieur\n\nUne toiture parfaitement étanche à la pluie peut être détruite par l'eau venue de l'intérieur.\n\nL'air chaud d'un logement contient de la vapeur. En montant, il rencontre la sous-face froide de la couverture, et cette vapeur se condense. L'eau coule alors comme une fuite, sans qu'aucune fuite n'existe.\n\nDeux dispositifs le préviennent. Une **barrière** côté chaud, qui empêche la vapeur de monter. Une **ventilation** entre l'isolant et la couverture, qui évacue ce qui est passé quand même. **Isoler sans ventiler transforme une toiture saine en toiture pourrie en quelques saisons** — c'est l'erreur centrale décrite dans [[TEC-CON-001]].\n\n## Réparer et improviser\n\n**Réparer une couverture existante** commence par trouver l'entrée d'eau, qui est presque toujours **en amont de la trace visible** : l'eau circule sur la charpente avant de tomber. On cherche donc plus haut que la tache.\n\n**Une bâche** posée sur un toit percé doit couvrir largement, remonter au-dessus du faîtage si possible, et être lestée plutôt que percée. Toute fixation traversante crée un nouveau trou.\n\n**Une couverture improvisée** suit les mêmes lois : de la pente, du recouvrement généreux, et des éléments plus larges que le pas de la charpente. Végétation en couches épaisses, écorces, planchettes, tôles, tuiles récupérées — tout fonctionne à condition de superposer du bas vers le haut, chaque rang recouvrant le précédent.\n\n**Le bas de pente déborde toujours** : prévoir une avancée qui écarte l'eau du mur, sinon on protège le toit et on détruit la façade et les fondations — voir [[TEC-CON-006]] pour l'évacuation, et [[SURV-PLUIE-001]] si l'on veut au contraire collecter cette eau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-005","titre":"Isoler un bâtiment","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["isolation","chaleur","habitat","donnees"],"sources":["CSTB — réglementation thermique et pathologies de l'isolation","USDA Forest Products Laboratory — moisture control in buildings","Passive House Institute — principes de conception thermique"],"corps":"::Ce qui isole n'est pas la matière, c'est l'air immobile qu'elle emprisonne. Toute l'isolation découle de cette phrase.::\n\n## Le principe unique\n\nL'air est un mauvais conducteur de chaleur — donc un bon isolant — à condition qu'il ne circule pas. Dès qu'il bouge, il transporte la chaleur par convection et l'isolation disparaît.\n\nUn matériau isolant n'est donc qu'une structure qui **découpe l'air en cellules assez petites pour qu'il ne puisse pas circuler**. Laine, duvet, paille, liège, mousse, carton ondulé, feuilles mortes : tous fonctionnent exactement de la même manière, et c'est aussi le principe de [[SURV-ABRI-001]].\n\nDeux conséquences immédiates.\n\n**Comprimer un isolant le détruit.** Un matériau tassé perd son air et donc sa fonction. Un isolant doit être posé en épaisseur libre, non écrasé.\n\n**Mouiller un isolant le détruit.** L'eau remplace l'air dans les cellules, et l'eau conduit la chaleur bien mieux que l'air. Un isolant humide peut perdre l'essentiel de sa performance, et il ne la retrouve qu'en séchant complètement.\n\n## Les trois voies de perte, et où agir\n\n**La conduction** à travers les parois. C'est ce que traite l'isolant.\n\n**La convection** par les fuites d'air. C'est ce que traite l'étanchéité à l'air, et **c'est très souvent la perte dominante dans un bâtiment ancien**. Un courant d'air froid traversant une pièce annule l'effet d'une isolation coûteuse.\n\n**Le rayonnement** vers les surfaces froides et vers le ciel.\n\nD'où l'ordre d'intervention, qui n'est pas celui qu'on croit. **Coupez d'abord les fuites d'air** — bas de portes, jonctions de menuiseries, trappes, passages de gaines, cheminée inutilisée. C'est presque gratuit et l'effet est immédiat. **Isolez ensuite**, en commençant par le haut, puisque l'air chaud monte et que la toiture est la plus grande surface en contact avec l'extérieur.\n\n## Le {{pont thermique|Endroit où un matériau conducteur traverse l'isolation de part en part, créant une fuite de chaleur et une surface froide.}}\n\nUn endroit où un matériau conducteur traverse l'isolation de part en part : un élément de structure, un balcon, un encadrement métallique.\n\nLa chaleur y passe préférentiellement, comme l'eau par une fuite. Deux effets s'ensuivent : une perte disproportionnée par rapport à la surface concernée, et surtout **une surface intérieure froide où la vapeur d'eau se condense**. C'est là qu'apparaissent les moisissures, et c'est pourquoi elles se forment toujours aux mêmes endroits — angles, dessus de fenêtres, plinthes.\n\n## Le point qui détruit les bâtiments\n\nIsoler déplace le point froid. Avant isolation, un mur était tiède et sec ; après, sa partie extérieure est froide, et la vapeur venue de l'intérieur s'y condense.\n\nDeux règles évitent le désastre.\n\n**Une barrière côté chaud, une ventilation côté froid.** La vapeur ne doit pas entrer dans l'isolant, et ce qui entre malgré tout doit pouvoir ressortir vers l'extérieur.\n\n**On n'isole jamais un mur humide.** L'isolation enferme l'eau, empêche le séchage, et détruit le mur en quelques saisons. On traite d'abord la cause — infiltration, remontée, condensation — puis on isole. Le diagnostic est dans [[TEC-CON-001]] et la toiture dans [[TEC-CON-004]].\n\n## Ventiler et isoler ne s'opposent pas\n\nC'est l'erreur la plus répandue. Un logement occupé produit plusieurs litres de vapeur par jour. Rendre un bâtiment étanche sans prévoir de renouvellement d'air concentre cette humidité, qui se dépose sur tous les points froids.\n\n**Un bâtiment bien isolé doit être ventilé davantage, pas moins** — de façon contrôlée, par une entrée et une sortie choisies, plutôt que par des fuites subies.\n\n## Ce qui isole, en récupération\n\nPresque tout ce qui est sec, léger et fibreux ou alvéolaire.\n\n**Le carton ondulé** est excellent, gratuit et partout : ses cannelures sont exactement des cellules d'air immobile. **Les textiles** entassés sans être tassés. **La paille et les feuilles mortes sèches**, à condition de rester sèches et hors d'atteinte des rongeurs. **Les mousses de sièges**, en volume important — voir [[SURV-REC-003]]. Le **papier froissé**, très efficace, très inflammable.\n\nDeux avertissements. **La plupart des isolants improvisés brûlent bien**, et il faut les éloigner de toute source de chaleur, notamment des conduits — voir [[TEC-CON-007]]. Et **un isolant mouillé une fois est perdu** s'il ne peut pas sécher entièrement.\n\n## Réduire avant d'isoler\n\nLe calcul le plus rentable reste celui du volume. Chauffer une seule pièce fermée, isolée du sol, avec les autres condamnées, coûte une fraction de ce que coûte un logement entier — et cela ne demande aucun matériau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-001","titre":"Assembler","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["assemblage","mecanique","outils","donnees"],"sources":["Machinery's Handbook — fasteners and joining","American Welding Society — welding fundamentals","USDA Forest Products Laboratory — Wood Handbook, chapitre sur les assemblages"],"corps":"::Un assemblage se choisit sur une seule question : est-ce que je veux pouvoir le défaire ?::\n\n## Les deux familles\n\n**Démontable** — vis, boulon, goupille, ligature, emboîtement. On peut revenir en arrière, remplacer une pièce, ajuster. En contrepartie, l'assemblage garde du jeu et peut se desserrer.\n\n**Définitif** — rivet, soudure, collage, clou. Plus résistant, plus rigide, plus compact. Mais démonter détruit, et réparer demande de refaire.\n\nEn récupération, la question est décisive : **un assemblage démontable rend la pièce réutilisable ailleurs**, ce qui vaut souvent plus que la résistance gagnée.\n\n## La vis et le boulon\n\nUne vis est un plan incliné enroulé : elle transforme un couple de rotation en une force axiale considérable, selon le principe exposé dans [[TEC-MAC-001]].\n\n**Ce qui tient un assemblage boulonné n'est pas la vis, c'est le serrage.** La tension dans la vis presse les pièces l'une contre l'autre, et c'est le frottement entre elles qui reprend les efforts. Une vis correctement serrée ne travaille presque pas en cisaillement.\n\nD'où la conséquence pratique : **un boulon desserré ne tient plus grand-chose**, même s'il est en place. Le desserrage vient des vibrations, de la dilatation, et du fluage des matériaux tendres. On le combat par un contre-écrou, une rondelle élastique, un frein filet, ou un simple fil de freinage — et surtout par un resserrage périodique.\n\nUne vis pour le bois travaille autrement : elle s'ancre en déformant les fibres. Un avant-trou évite de fendre et augmente la tenue, contrairement à l'intuition.\n\n## Le rivet\n\nDeux pièces percées, une tige insérée, une extrémité écrasée. L'assemblage est définitif, résistant en cisaillement, insensible aux vibrations, et il ne se desserre jamais.\n\nC'est le mode d'assemblage des structures avant la soudure, et il reste excellent en récupération : un clou coupé à longueur et maté sur une rondelle fait un rivet parfaitement fonctionnel.\n\n## La soudure\n\nElle fond localement les deux pièces pour n'en faire qu'une. C'est l'assemblage le plus résistant et le plus étanche.\n\nTrois choses à savoir avant d'y compter.\n\n**Elle demande une source d'énergie importante**, ce qui la rend peu accessible sans réseau. Un poste à souder rudimentaire peut se faire à partir de batteries en série, avec toutes les précautions de [[TEC-ENE-004]].\n\n**Elle modifie le métal autour du cordon.** La zone chauffée puis refroidie change de dureté et peut devenir fragile — c'est le même mécanisme que le traitement thermique décrit dans [[TEC-MEC-005]].\n\n**Elle ne s'applique pas à tout.** Chaque métal demande un procédé adapté, et l'on ne soude pas ensemble n'importe quels métaux.\n\nLe **{{brasage|Assemblage où seul le métal d'apport fond, sans faire fondre les pièces.}}**, où seul l'apport fond, demande beaucoup moins d'énergie et convient bien aux petites pièces et à l'étanchéité.\n\n## La ligature\n\nSous-estimée, et pourtant l'un des assemblages les plus efficaces sans outillage.\n\nElle fonctionne par frottement et par serrage. Trois règles la rendent solide : **des tours nombreux et jointifs**, une **{{{{frette|Tours de lien passés perpendiculairement entre les pièces ligaturées, qui serrent l'ensemble.}}|Tours de lien passés perpendiculairement entre les pièces, qui serrent la ligature.}}** — des tours perpendiculaires passés entre les pièces qui viennent serrer l'ensemble — et un **matériau qui se rétracte** en séchant, comme le cuir humide, le tendon ou la fibre végétale mouillée.\n\nBien faite, une ligature reprend des efforts considérables et se répare sur place. La fabrication du lien est dans [[TEC-MAT-003]].\n\n## L'assemblage bois\n\nLe bois s'assemble mieux qu'il ne se cloue. Une entaille ajustée transmet l'effort par contact sur une grande surface, alors qu'un clou concentre tout sur un point et fend en travaillant.\n\nDeux principes gouvernent tout : **travailler dans le sens des fibres**, parce que le bois est faible en travers ; et **laisser le bois bouger**, parce qu'il gonfle et retreint avec l'humidité. Un assemblage bloqué de toutes parts se fend au premier changement de saison — mécanisme expliqué dans [[TEC-MAT-001]].\n\n## Choisir, en pratique\n\n**Effort important et permanent** : boulonné serré, ou soudé.\n**Effort avec vibrations** : rivet, ou boulon freiné.\n**Assemblage à démonter** : vis et écrou, goupille.\n**Sans outillage** : ligature, emboîtement, coin.\n**Étanchéité** : soudure, brasage, ou joint comprimé par serrage.\n\nEt une règle qui vaut partout : **un assemblage casse presque toujours à sa jonction avec le reste**, pas en son milieu. C'est la reprise d'effort aux extrémités qu'il faut soigner, jamais le centre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-004","titre":"Le vélo","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo","transport","mecanique","energie"],"sources":["Wilson D., Bicycling Science, MIT Press","Whitt F., Wilson D., Bicycling Science, chapitre sur le rendement énergétique","Documentation technique des fabricants de transmission"],"corps":"::Aucune machine construite par l'humanité ne convertit l'énergie en déplacement aussi efficacement. Rien ne s'en approche, et cela ne dépend d'aucun carburant.::\n\n## Pourquoi c'est si efficace\n\nUn être humain qui marche dépense une grande part de son énergie à se soulever à chaque pas et à absorber l'impact du suivant. Le mouvement est fait d'accélérations et de décélérations permanentes.\n\nUn vélo supprime les deux. Le corps reste à hauteur constante, assis, et le mouvement des jambes est continu. L'énergie sert presque exclusivement à avancer.\n\nRésultat mesuré : **un cycliste parcourt une distance donnée pour une fraction de l'énergie qu'exigerait la marche**, à vitesse bien supérieure, et en transportant une charge qui repose sur la machine plutôt que sur le dos. C'est cette combinaison qui n'a aucun équivalent.\n\n## Ce qui vous freine réellement\n\nTrois résistances s'opposent au mouvement, et leur importance relative change complètement avec la vitesse.\n\n**La résistance de l'air** croît avec le carré de la vitesse, et la puissance nécessaire pour la vaincre avec son cube. À faible allure elle est négligeable ; au-delà d'une vitesse modérée, elle devient la dépense dominante. **C'est pourquoi la position compte plus que le poids du vélo dès qu'on roule vite**, et pourquoi rouler derrière quelqu'un économise beaucoup.\n\n**La résistance au roulement** dépend surtout de la pression des pneus et de la nature du sol. Un pneu sous-gonflé se déforme à chaque tour et dissipe cette énergie en chaleur. **Gonfler correctement est le geste le plus rentable de tout l'entretien**, avant n'importe quelle amélioration.\n\n**La pente**, qui domine tout le reste dès qu'elle apparaît. Monter, c'est soulever la masse totale, et le poids redevient alors le paramètre principal.\n\n## La transmission\n\nLe pédalier entraîne la roue par une chaîne, avec un rapport entre le nombre de dents à l'avant et à l'arrière. Ce rapport échange, comme toujours, de la force contre de la distance — principe de [[TEC-MAC-001]].\n\nLe point important est physiologique : **un muscle a un régime de rendement optimal**. Trop lent et en force, il fatigue et abîme les genoux ; trop rapide, il gaspille. La bonne pratique est de garder une cadence de pédalage à peu près constante et de changer de rapport pour la maintenir, plutôt que de forcer.\n\n## L'entretien qui compte\n\nCinq points couvrent l'essentiel, et ils prennent quelques minutes.\n\n**La pression des pneus**, à vérifier régulièrement — c'est le premier poste de perte d'énergie et de crevaison.\n\n**La chaîne**, nettoyée et lubrifiée. Une chaîne sèche et sale use tout le reste et perd du rendement. Une chaîne trop lubrifiée retient la poussière et fait pire.\n\n**Les freins** : usure des patins ou plaquettes, tension du câble, et absence de contact permanent qui freine en continu.\n\n**Le jeu** dans les roues, la direction et le pédalier. Un roulement qui prend du jeu se détruit vite, et il use l'axe avec lui.\n\n**Le serrage** des roues, de la selle et du guidon avant chaque sortie.\n\n## Les réparations sur place\n\n**La crevaison** est de très loin la panne la plus fréquente. La réparer demande de démonter la roue, sortir la chambre, **trouver le corps étranger dans le pneu** — sinon la réparation crève à nouveau immédiatement —, poncer, coller, remonter. C'est la compétence de base.\n\n**La chaîne cassée** se répare avec un dérive-chaîne et un maillon. Sans outil, on peut rouler avec une chaîne raccourcie et un seul rapport.\n\n**Le rayon cassé** se retire et se remplace ; en attendant, on détend les rayons voisins pour limiter le voilage.\n\nUn vélo peut rouler avec beaucoup de choses cassées : sans dérailleur, sans un frein, avec une roue légèrement voilée. **C'est une machine qui dégrade progressivement au lieu de s'arrêter net** — qualité rare et précieuse.\n\n## En transport de charge\n\nC'est l'usage le plus sous-estimé. Un vélo poussé à la main, chargé de plusieurs dizaines de kilos, transporte bien plus qu'un porteur à dos, sur des chemins impraticables en véhicule, sans carburant et sans bruit.\n\nDeux règles : **charge basse et répartie de part et d'autre de l'axe des roues**, et **rien qui dépasse ni ne balance**. Une charge haute rend l'ensemble instable et fatigue plus qu'elle ne soulage — le même principe que le portage décrit dans [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-NOE-001","titre":"Les nœuds qui servent","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["noeuds","corde","technique","base"],"sources":["Ashley C., The Ashley Book of Knots","Cordage Institute — knot efficiency data","International Guild of Knot Tyers — technical notes"],"corps":"::Cinq nœuds sus par cœur valent mieux que trente reconnus dans un livre. Le critère n'est pas la solidité : c'est de pouvoir le défaire après.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qu'un nœud fait à une corde\n\nTout nœud affaiblit la corde. Il la courbe et la comprime, ce qui concentre l'effort sur les fibres extérieures de la boucle. Selon le nœud, **la corde perd couramment entre le quart et la moitié de sa résistance**, et elle casse toujours à l'entrée du nœud, jamais ailleurs.\n\nUn nœud bien choisi limite cette perte en répartissant la courbure sur un plus grand rayon. Aucun ne l'annule. C'est pourquoi, sur une charge lourde, on préfère une boucle épissée ou un anneau à un nœud.\n\n### Les trois choses qui font tenir un nœud\n\n**Le frottement** entre les brins. **La compression** exercée par la charge, qui serre le nœud sur lui-même. **La géométrie**, qui empêche les brins de glisser les uns par rapport aux autres.\n\nC'est pourquoi un nœud correct **se serre sous la charge au lieu de se défaire**, et pourquoi un nœud mal orienté peut se retourner et lâcher d'un coup.\n\n### Le critère décisif\n\nBeaucoup de nœuds tiennent. Peu se défont après avoir été chargés.\n\nUn nœud qui se bloque définitivement vous fait perdre la corde, qu'il faudra couper. Sur une ressource aussi difficile à remplacer que le cordage — voir [[TEC-MAT-003]] — c'est une perte réelle. **Le bon nœud est celui qui tient sous charge et s'ouvre quand on veut.**\n\n## AGIR\n\n### Les cinq familles à connaître\n\n**Une boucle fixe qui ne se serre pas.** C'est le nœud le plus utile de tous. Il fait une boucle d'une taille choisie, qui ne se resserre pas sur ce qu'elle entoure — donc utilisable autour d'un poignet, d'un poteau, d'un point d'amarrage. Il se défait facilement après charge, ce qui est sa vraie qualité.\n\n**Un nœud pour joindre deux cordes.** Attention : **joindre deux diamètres différents demande un nœud différent** de celui qui joint deux cordes égales. C'est la cause d'accident la plus fréquente en jonction, parce que le brin fin glisse hors du gros.\n\n**Un nœud pour tendre.** Il permet de mettre en tension et de bloquer, avec un système de démultiplication par renvoi qui exploite le principe décrit dans [[TEC-MAC-001]]. Un tendeur bien fait remplace un palan pour les petites charges.\n\n**Un nœud d'amarrage rapide.** Pour fixer une corde à un poteau, une barre ou un anneau, tenir sous tension, et se dénouer instantanément une fois la tension relâchée.\n\n**Un arrêt en bout de corde.** Il empêche le brin de filer à travers un anneau, un mousqueton ou une poulie. Toujours le mettre : c'est ce qui évite de tout perdre au mauvais moment.\n\nÀ ces cinq s'ajoutent deux techniques qui ne sont pas des nœuds mais qui rendent davantage : la **ligature**, pour assembler deux pièces rigides — voir [[TEC-MEC-001]] — et le **surliage**, qui empêche un bout de corde de s'effilocher.\n\n### Les règles qui évitent les accidents\n\n1. **Laissez un brin libre long.** Un nœud se resserre en travaillant et consomme du brin. Un brin court sort du nœud et le nœud disparaît.\n2. **Serrez le nœud à la main avant de charger.** Un nœud lâche se déforme sous charge de manière imprévisible.\n3. **Regardez la forme, pas la mémoire du geste.** Un nœud correct a une géométrie reconnaissable ; un nœud presque correct ressemble beaucoup au bon et tient beaucoup moins.\n4. **Protégez les angles vifs.** Une corde tendue sur une arête casse là, quel que soit le nœud.\n5. **Ne chargez jamais au-dessus de quelqu'un**, ni ne restez dans l'axe d'une corde tendue.\n\n## ADAPTER\n\n**La corde est raide, gelée ou mouillée.** Les nœuds se serrent davantage et deviennent très difficiles à défaire. Prévoyez large sur le brin libre et privilégiez les nœuds réputés faciles à ouvrir.\n\n**La corde est synthétique et glissante.** Elle a tendance à faire filer les nœuds. Un tour supplémentaire, ou un nœud d'arrêt sur le brin libre, résout le problème.\n\n**Vous devez pouvoir libérer sous tension.** Certains nœuds se défont d'une traction sur le brin libre, même chargés. C'est très utile pour attacher un animal ou une embarcation, et à éviter partout où un dénouage accidentel serait grave.\n\n**Vous n'avez qu'un bout court.** Rallongez par une jonction plutôt que de forcer un nœud à la limite. Une jonction correcte est plus sûre qu'un nœud fait sans marge.\n\n**Vous devez retenir une chute ou hisser une personne.** Cela dépasse le cadre de cette fiche. Les cordes, les nœuds et les techniques employés dans ce cas relèvent d'une formation spécifique, et une improvisation y produit des accidents graves.\n\n**Vous apprenez.** Prenez un seul nœud, faites-le cinquante fois, les yeux fermés, avec des cordes différentes. Puis passez au suivant. **Un nœud qu'on hésite à faire est un nœud qu'on ne fera pas au moment utile**, et c'est exactement le raisonnement de [[SURV-PSY-002]] sur la dégradation du geste sous stress.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-001","titre":"L'élevage","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["elevage","animaux","agriculture","autonomie"],"sources":["FAO — Livestock production systems, technical guidelines","FAO — Small-scale poultry production, technical guide","INRAE — bases de la reproduction et de l'alimentation des ruminants"],"sommaire":"oui","parcours":"Lisez cette introduction, puis le chapitre sur le choix de l'espèce : les deux décident de tout le reste. Nourrir et Loger se lisent avant de recevoir le premier animal. Reproduire, Santé et Abattre se consultent ensuite, au fil des saisons, dans l'ordre où les questions se posent.","corps":"::Un animal ne se garde pas, il s'entretient. Ce qu'on met dedans chaque jour décide de ce qu'on en tire, et cela ne se rattrape pas.::\n\nCe sujet est trop vaste pour une seule fiche et trop lié pour être éparpillé. Il est découpé en six chapitres qui se lisent dans l'ordre la première fois, et se consultent séparément ensuite. Le premier, [[TEC-ELE-002]], conditionne tous les autres.\n\n## Ce qu'un élevage apporte vraiment\n\nUn animal domestique n'est pas d'abord de la viande. C'est un **convertisseur** : il transforme ce que l'humain ne peut pas digérer — herbe, feuilles, déchets, insectes — en choses qu'il peut utiliser.\n\nCette conversion produit, par ordre de régularité :\n\n**Du travail.** Traction, portage, labour. C'est historiquement l'usage le plus précieux, et celui qu'on oublie aujourd'hui.\n\n**Des produits renouvelables** : lait, œufs, laine, fumier. Ils reviennent chaque jour ou chaque saison sans que l'animal disparaisse. **C'est ce qui rend un élevage soutenable**, là où l'abattage est un événement unique.\n\n**Du fumier**, dont la valeur agronomique est considérable : il restitue au sol ce que la récolte lui a pris, et c'est ce qui a permis à l'agriculture de durer sur les mêmes parcelles pendant des siècles — voir [[TEC-SOL-001]].\n\n**De la viande et de la graisse**, en fin de parcours. La graisse mérite d'être soulignée : c'est souvent la ressource la plus rare et la plus recherchée, comme l'explique [[TEC-ALI-001]].\n\n**Un stockage vivant.** Un animal se conserve sans installation. Il transporte sa propre réserve, se déplace seul, et se prélève au moment voulu.\n\n## Ce qu'il faut accepter avant de commencer\n\nUn élevage ne se met pas en pause. Il faut être là tous les jours, y compris le jour où l'on voudrait faire autre chose, et **l'eau ne peut jamais manquer une seule journée**.\n\nIl impose aussi une contrainte de lieu. Un troupeau attache à un endroit, comme un grenier — c'est le mécanisme que décrit [[MEM-AGR-001]] à propos de l'agriculture, et il s'applique à l'identique.\n\nEnfin, il expose à des maladies transmissibles. La promiscuité avec les animaux domestiques est l'origine documentée d'une grande partie des maladies infectieuses humaines, et les précautions relèvent de [[TEC-SAN-004]].\n\n## Par où commencer\n\nSi vous partez de rien : des volailles, un enclos correct, de l'eau propre en permanence, et une saison entière d'observation avant d'ajouter quoi que ce soit.\n\nL'erreur classique est de prendre trop d'animaux trop vite. **Un élevage se juge sur ce qu'on peut nourrir en février, pas sur ce que le pâturage porte en juin.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-002","titre":"Choisir une espèce","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["elevage","animaux","choix"],"sources":["FAO — Livestock production systems, technical guidelines","FAO — Small-scale poultry production"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":1,"corps":"::Le critère décisif n'est ni la taille ni le rendement. C'est ce que l'animal mange, et ce que vous avez à lui donner.::\n\n## Le critère qui décide\n\nUn animal qui mange ce que vous mangez entre en concurrence avec vous. Un animal qui mange ce que vous ne pouvez pas digérer vous enrichit.\n\nC'est la première question à poser, avant le rendement, avant la taille, avant le prix. En période de pénurie, elle devient la seule qui compte.\n\n## Les volailles\n\nLe meilleur point de départ. Elles se contentent de déchets, d'insectes et de graines, occupent peu de place, produisent des œufs presque quotidiennement, se reproduisent vite, et **une erreur ne coûte pas grand-chose** — ce qui est décisif quand on apprend.\n\nLeur faiblesse est la prédation : rapaces, renards, chiens errants, rongeurs sur les œufs. L'enclos, et surtout sa fermeture nocturne, décident de tout.\n\n## Les lapins\n\nIls convertissent l'herbe et les végétaux avec une efficacité remarquable et se reproduisent extrêmement vite. Peu de place, peu de bruit, peu d'attention.\n\nLeur limite est nutritionnelle : leur viande est très maigre. Une alimentation reposant uniquement dessus expose au trouble décrit dans [[TEC-ALI-001]], où manger davantage aggrave la situation. Il faut une autre source de graisse à côté.\n\n## Les chèvres\n\nElles valorisent des terrains que rien d'autre ne valorise : broussailles, pentes, végétation ligneuse. Elles donnent du lait, elles sont robustes, elles supportent la sécheresse.\n\n**Elles s'échappent de tout.** La clôture est le problème central, et il ne se résout pas par la hauteur seule : une chèvre passe dessous, escalade ce qui dépasse, et teste chaque point faible tous les jours.\n\n## Les moutons\n\nIls tondent l'herbe rase, se gardent facilement en groupe, produisent laine, lait et viande. Plus dociles que les chèvres.\n\nIls sont en revanche nettement plus sensibles aux parasites internes, ce qui rend la rotation des parcelles indispensable — voir [[TEC-ELE-004]].\n\n## Les porcs\n\nIls convertissent presque tout, y compris les déchets de cuisine, avec le meilleur rendement en graisse de tous les animaux domestiques. C'est un argument considérable là où la graisse manque.\n\nIls demandent de l'eau, de l'ombre — ils ne transpirent pas et supportent mal la chaleur — et une clôture solide. Ils retournent le sol, ce qui est un défaut ou un outil selon ce qu'on veut en faire.\n\n## Les grands ruminants\n\nLait, travail et fumier en quantité. Un seul animal transforme une exploitation.\n\nMais ils exigent beaucoup de fourrage, un abri, un savoir-faire qui ne s'improvise pas, et leur perte est une catastrophe économique. **C'est le dernier animal à acquérir, jamais le premier.**\n\n## Comment trancher\n\nPosez les questions dans cet ordre : qu'est-ce qui pousse chez moi et que je ne peux pas manger ; combien de temps puis-je consacrer chaque jour ; quelle clôture puis-je réellement tenir ; que se passe-t-il si l'animal meurt.\n\nLa dernière question est la plus utile. **Commencez par une espèce dont la perte ne vous met pas en difficulté**, et montez ensuite. Le reste du parcours suppose ce choix fait : voir [[TEC-ELE-003]] pour l'alimentation.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-003","titre":"Nourrir un animal","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["elevage","alimentation","fourrage"],"sources":["INRAE — bases de l'alimentation des ruminants","FAO — Feeding systems for smallholder livestock"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":2,"corps":"::L'eau est le premier facteur limitant, avant l'aliment. Une privation d'une seule journée fait chuter la production, et c'est l'erreur la plus fréquente.::\n\n## Les quatre besoins\n\n**L'eau**, en premier et sans exception. Les besoins varient énormément selon l'espèce, la température et la production : une femelle en lactation en consomme plusieurs fois plus qu'un animal au repos. Une eau sale suffit à propager une maladie à tout un troupeau — voir [[TEC-SAN-004]].\n\n**L'énergie**, fournie par les glucides et les graisses, qui couvre l'entretien puis la production.\n\n**Les protéines**, nécessaires à la croissance, à la gestation et à la production laitière.\n\n**Les minéraux**, souvent négligés. Le sel en particulier : les herbivores en manquent naturellement et le recherchent activement. Une pierre à sel ou un apport régulier change l'état d'un troupeau. Le sel est aussi une ressource d'échange, voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## Ruminants et monogastriques\n\nC'est la distinction qui gouverne tout le reste.\n\nLes **ruminants** — bovins, ovins, caprins — possèdent un estomac à compartiments où des micro-organismes digèrent la cellulose à leur place. Ils vivent donc d'herbe, de feuilles et de paille, que l'humain ne peut pas utiliser. C'est ce qui en fait des convertisseurs si intéressants.\n\nMais cette flore est vivante et lente à s'adapter. **On ne change jamais brutalement la ration d'un ruminant.** Un passage soudain d'un fourrage pauvre à un aliment riche provoque une acidose, parfois mortelle. Toute transition se fait sur une à deux semaines, progressivement.\n\nLes **monogastriques** — volailles, porcs, lapins dans une certaine mesure — ne digèrent pas la cellulose. Ils ont besoin d'aliments concentrés, donc ils entrent en concurrence directe avec l'alimentation humaine. C'est leur principale limite en période difficile.\n\n## Le fourrage conservé\n\nC'est ce qui permet de passer l'hiver, et donc de garder les animaux d'une année sur l'autre.\n\nLe **foin** est de l'herbe fauchée, séchée puis stockée. La règle est absolue : **il doit être parfaitement sec avant d'être rentré**. Un foin humide moisit, devient toxique, et peut s'échauffer jusqu'à s'enflammer spontanément — c'est une cause documentée d'incendie de bâtiment agricole, voir [[URG-INC-001]].\n\nLa **paille** nourrit peu mais elle occupe le rumen et sert de litière. Les **feuillages séchés** ont longtemps constitué une ressource hivernale majeure, récoltés en été sur les arbres taillés.\n\nLe calcul à faire avant l'hiver est simple et rarement fait : combien d'animaux, combien de jours, quelle ration quotidienne. **Un élevage se dimensionne sur le fourrage disponible en février**, pas sur l'herbe de juin.\n\n## Quand il n'y a pas assez\n\nTrois leviers, dans cet ordre.\n\n**Réduire l'effectif** avant l'hiver plutôt que pendant. C'est ce que faisaient traditionnellement les éleveurs, et c'est pour cela que l'abattage était saisonnier.\n\n**Élargir la ressource** : déchets de cuisine pour les monogastriques, feuillages, racines, épluchures, drêches, tout ce qui n'est pas consommable par l'humain.\n\n**Accepter la baisse de production.** Un animal sous-alimenté cesse de produire avant de dépérir. Maintenir l'entretien sans chercher la production permet de passer une mauvaise saison.\n\nLe chapitre suivant traite du logement et de la clôture : voir [[TEC-ELE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-004","titre":"Loger et clôturer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["elevage","abri","cloture","parasites"],"sources":["FAO — Housing for smallholder livestock","INRAE — gestion du pâturage et parasitisme"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":3,"corps":"::L'abri ne sert pas à réchauffer. Il sert à couper la pluie, le vent et les prédateurs, et il doit rester ventilé.::\n\n## Ce qu'un abri doit faire\n\n**Couper la pluie et le vent.** L'humidité est bien plus nuisible que le froid : un animal sec supporte des températures très basses, un animal mouillé non.\n\n**Rester ventilé.** C'est le point que tout le monde rate. Les déjections dégagent de l'ammoniac, qui attaque les voies respiratoires. Un bâtiment fermé pour « garder la chaleur » rend les animaux malades en quelques semaines. **Un abri doit toujours avoir une entrée et une sortie d'air.**\n\n**Rester sec au sol.** Une litière humide est la première cause de problèmes de pieds et de parasites. Elle se renouvelle régulièrement, et le fumier récupéré retourne au jardin — voir [[TEC-SOL-001]].\n\n**Protéger des prédateurs**, y compris par le dessous et par le dessus. Les pertes en volaille viennent presque toujours d'un point faible du bas ou du toit, pas de la porte — voir [[SURV-ANI-001]].\n\n## La clôture, par espèce\n\nElle se dimensionne sur le comportement, pas sur la taille.\n\n**Les volailles** volent et se font emporter par le haut. Il faut un couvert, et un enterrement du grillage pour empêcher de creuser.\n\n**Les chèvres** sautent, escaladent, passent la tête partout et testent chaque point faible quotidiennement. Aucune clôture improvisée ne les retient longtemps : c'est le facteur limitant de leur élevage.\n\n**Les porcs** poussent et creusent. La clôture doit être solide en bas, et non en haut.\n\n**Les moutons** suivent le groupe : une clôture modeste suffit tant qu'ils sont ensemble et qu'il n'y a rien de mieux ailleurs.\n\n**Les bovins** respectent une barrière visible tant qu'ils ne sont pas paniqués.\n\n## Le pâturage tournant\n\nC'est la technique qui change le plus de choses pour le moins d'effort.\n\nElle consiste à déplacer régulièrement les animaux d'une parcelle à l'autre au lieu de les laisser au même endroit. Trois effets se cumulent.\n\n**L'herbe repousse.** Une parcelle pâturée en continu s'épuise, parce que la plante n'a jamais le temps de reconstituer ses réserves.\n\n**Le fumier se répartit** au lieu de se concentrer.\n\n**Le cycle des parasites se casse.** C'est l'effet le plus important. Les larves de parasites internes sont déposées avec les excréments, se développent dans l'herbe, et sont réingérées quelques semaines plus tard. Déplacer les animaux avant la fin de ce cycle interrompt la contamination sans aucun traitement. **C'est de très loin le meilleur outil sanitaire d'un élevage extensif.**\n\n## Quand on n'a presque rien\n\nUn abri se fait avec ce qui coupe la pluie et laisse passer l'air : branchages, tôles récupérées, bâche tendue en appentis. Le principe est le même que pour un abri humain, décrit dans [[SURV-ABRI-001]], sauf qu'on ne cherche pas l'étanchéité à l'air.\n\nUne clôture s'improvise avec des piquets et n'importe quel lien tendu — voir [[TEC-MAT-003]] — ou par des obstacles naturels : haie, talus, cours d'eau. Une clôture imparfaite mais complétée par une surveillance vaut mieux qu'une clôture parfaite sur un seul côté.\n\nLa reproduction du troupeau est traitée dans [[TEC-ELE-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-005","titre":"Reproduire un troupeau","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["elevage","reproduction","selection"],"sources":["INRAE — bases de la reproduction des ruminants","FAO — Animal genetic resources and breeding"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":4,"corps":"::C'est ce qui distingue un élevage d'une réserve qui s'épuise. Sans reproduction maîtrisée, un troupeau n'est qu'un stock qui décroît.::\n\n## Les trois notions à connaître\n\n**Le cycle.** La femelle n'est réceptive qu'à certains moments. Chez plusieurs espèces, cette réceptivité est saisonnière et déclenchée par la durée du jour, ce qui fait naître les jeunes au moment où l'herbe repousse. Ce n'est pas un hasard : c'est ce qui a permis à ces espèces de survivre avant nous.\n\n**La gestation**, dont la durée est propre à chaque espèce et qu'il faut connaître pour anticiper. Elle détermine la date de mise bas, donc la disponibilité de fourrage à ce moment, donc la survie des jeunes.\n\n**Le sevrage**, passage du lait à l'alimentation solide. C'est la période la plus fragile de toute la vie de l'animal, et celle où les pertes sont les plus fréquentes. Il se fait progressivement — voir [[TEC-ELE-003]] pour la transition alimentaire, qui obéit à la même logique chez le jeune que chez l'adulte.\n\n## Garder la diversité\n\nUn troupeau issu d'un seul mâle sur plusieurs générations perd en vigueur, en fertilité et en résistance. Le phénomène est mesuré et il s'installe plus vite qu'on ne le croit sur un petit effectif.\n\nIl n'y a que deux remèdes. **Garder plusieurs lignées** si l'effectif le permet, ce qui est rarement le cas dans un petit élevage. Ou **échanger des reproducteurs** avec d'autres éleveurs.\n\nLa seconde solution est la plus réaliste, et elle a une conséquence : **un élevage durable est une activité sociale autant que technique.** On ne tient pas seul sur plusieurs générations. C'est un cas concret de ce que décrit [[SURV-TROC-001]] — et une raison de plus d'entretenir un réseau avant d'en avoir besoin.\n\n## Sélectionner sur ce qui compte\n\nLa tentation est de garder les plus productifs. C'est une erreur dans un contexte où l'on ne maîtrise pas l'alimentation.\n\nLes critères qui tiennent sur la durée sont la **santé**, la **docilité** — un animal difficile coûte du temps et provoque des accidents —, l'**aptitude maternelle**, c'est-à-dire la capacité à mener ses petits jusqu'au sevrage, et la **capacité à valoriser un aliment pauvre**.\n\nLe rendement pur vient après. **Un animal très productif et fragile ne survit pas à une mauvaise année**, et c'est la mauvaise année qui décide de tout.\n\n## Tenir un registre\n\nC'est ce qui sépare un élevage d'un troupeau subi.\n\nNotez les naissances avec leur date, la mère, le père, le nombre de petits, ceux qui ont survécu au sevrage. En deux ou trois saisons, ce registre vous dit quelles femelles élèvent bien, lesquelles perdent leurs jeunes, et quelles lignées se croisent déjà trop.\n\nSans écrit, la mémoire attribue les qualités au hasard des impressions — c'est exactement le mécanisme décrit dans [[MEM-CIT-001]] à propos de la naissance de l'écriture comptable, et il n'a pas changé.\n\nLe chapitre suivant traite de la santé et des pertes : voir [[TEC-ELE-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-006","titre":"Santé et pertes du troupeau","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["elevage","sante","parasites","prevention"],"sources":["FAO — Animal health, smallholder guidelines","OMS — Zoonoses and the human-animal interface","INRAE — parasitisme des ruminants au pâturage"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":5,"corps":"::L'essentiel des pertes ne vient pas de maladies spectaculaires. Elles viennent de trois causes ordinaires, et les trois se préviennent par les conditions.::\n\n## Les trois causes réelles\n\n**Les parasites**, internes et externes. Ce sont les premiers responsables des pertes en élevage extensif, et ils agissent lentement : l'animal maigrit, produit moins, résiste moins bien à tout le reste. La prévention passe presque entièrement par le pâturage tournant décrit dans [[TEC-ELE-004]].\n\n**Les troubles digestifs**, presque toujours liés à un changement d'alimentation trop rapide chez un ruminant, ou à une eau souillée — voir [[TEC-ELE-003]].\n\n**Les prédateurs**, y compris et surtout les chiens errants, qui causent bien plus de dégâts que la faune sauvage — voir [[SURV-ANI-001]].\n\nAucune des trois ne demande de médicament pour être évitée. **Toutes trois demandent des conditions correctes**, ce qui est une bonne nouvelle et une contrainte quotidienne.\n\n## Ce qu'il faut observer chaque jour\n\nUn éleveur voit ses animaux tous les jours, et c'est là que se fait l'essentiel du travail sanitaire. Quatre signes valent tous les examens.\n\n**L'animal mange-t-il ?** L'arrêt de l'alimentation est le premier signe, quelle que soit la cause.\n\n**Rumine-t-il ?** Chez un ruminant, l'arrêt de la rumination est un signal fort et précoce.\n\n**Reste-t-il avec le groupe ?** Un animal qui s'isole est malade. C'est un comportement instinctif, et il est très fiable.\n\n**Comment sont ses déjections ?** Consistance, couleur, présence de sang ou de parasites visibles.\n\n**Un animal qui présente l'un de ces signes se sépare avant qu'on ait compris pourquoi.** L'isolement coûte peu et évite une contamination du troupeau.\n\n## Les maladies transmissibles à l'humain\n\nC'est un point à connaître, sans dramatiser. La promiscuité avec les animaux domestiques est l'origine documentée d'une grande partie des maladies infectieuses humaines — mécanisme historique décrit dans [[MEM-AGR-001]].\n\nTrois précautions couvrent l'essentiel du risque. **Ne pas dormir avec les animaux.** **Se laver les mains** après les avoir manipulés, et avant de manger — voir [[TEC-SAN-004]]. **Traiter le lait** avant consommation, par chauffage ou par fermentation.\n\nS'y ajoute une règle qui vaut toujours : **un animal trouvé mort sans qu'on sache de quoi ne se mange pas**, et sa dépouille s'éloigne ou s'enterre profondément.\n\n## Sans médicament\n\nC'est la situation par défaut dans un élevage autonome, et elle est parfaitement tenable si la prévention est correcte.\n\nCe qui reste possible : isoler, réhydrater, réduire la charge parasitaire par la rotation, améliorer la litière et la ventilation, et soigner les plaies selon [[TEC-SAN-001]].\n\nCe qui ne l'est pas : traiter une infection installée. Il faut le savoir, parce que cela change les décisions. **Face à un animal gravement atteint et sans traitement disponible, la décision d'abattre tôt vaut mieux que d'attendre** : elle épargne la souffrance et permet de récupérer la carcasse pendant qu'elle est encore utilisable.\n\nL'abattage et la transformation sont traités dans [[TEC-ELE-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-007","titre":"Abattre et transformer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["elevage","abattage","transformation","conservation"],"sources":["FAO — Manual on simple methods of meat preservation","FAO — Guidelines for humane handling and slaughter","USDA — Meat handling and cooling"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":6,"corps":"::Un animal abattu et non transformé dans la journée est en grande partie perdu. C'est pourquoi l'abattage se prépare avant de se faire.::\n\n## Se préparer\n\nTout doit être prêt avant, parce qu'après il n'y aura plus de temps.\n\n**De l'eau propre en quantité**, bien plus qu'on ne l'imagine. **Un couteau réellement affûté** — voir [[TEC-MEC-005]] : un couteau émoussé rallonge tout et provoque les accidents. **Une surface propre et surélevée.** **Un moyen de suspendre** la carcasse : la gravité fait la moitié du travail. **De quoi refroidir**, et **de quoi traiter les déchets** immédiatement.\n\nLe moment se choisit : **par temps froid**, et le matin, pour avoir la journée entière devant soi.\n\n## Les trois principes\n\n**La saignée doit être rapide et complète.** Le sang est ce qui se dégrade le plus vite et attire le plus. Une carcasse mal saignée se conserve mal, quelle que soit la suite.\n\n**Les viscères se retirent immédiatement.** Ils fermentent et contaminent la viande en quelques heures. C'est l'étape à ne jamais reporter, et il faut éviter de percer le tube digestif.\n\n**Le refroidissement rapide conditionne toute la conservation ultérieure.** Une carcasse laissée tiède se dégrade de l'intérieur. On l'ouvre, on la suspend, on la met à l'air frais et ventilé, à l'abri des insectes.\n\n## Tout se transforme\n\nC'est ici que la valeur réelle apparaît. Un animal ne se limite pas à sa viande.\n\n**La viande** se conserve par séchage, fumage ou salaison, procédés détaillés dans [[TEC-CONS-001]]. Le choix dépend du climat : le séchage à l'air demande un air sec, le fumage fonctionne partout.\n\n**La graisse** est la ressource la plus précieuse et la plus systématiquement gaspillée. Elle sert en cuisine, où elle apporte l'énergie dense qui manque le plus — voir [[TEC-ALI-001]] —, à l'éclairage, à la protection du métal contre la corrosion, et au savon décrit dans [[TEC-CHI-002]].\n\n**La peau** se tanne et devient cuir : lien, chaussure, contenant, courroie.\n\n**Les os** donnent des outils, des aiguilles, et par cuisson prolongée une colle. La moelle est un aliment très dense.\n\n**Les tendons** fournissent le lien le plus résistant disponible sans industrie, et il se resserre en séchant — voir [[TEC-MAT-003]].\n\n**Les abats** se consomment rapidement et sont riches en éléments qui manquent ailleurs, notamment le fer et plusieurs vitamines.\n\n## Ce qu'il faut éviter\n\nNe jamais consommer un animal trouvé mort sans savoir de quoi. Ne jamais laisser les déchets à proximité du campement ou de l'habitation — voir [[SURV-ANI-001]]. Ne jamais reporter le traitement au lendemain.\n\nEt cuire à cœur systématiquement, en particulier le porc et le gibier, pour les raisons exposées dans [[SURV-COM-001]].\n\n## L'organisation\n\nÀ plusieurs, c'est beaucoup plus rapide et plus propre : un qui abat, un qui suspend et ouvre, un qui traite les morceaux au fur et à mesure, un qui gère l'eau et les déchets.\n\nC'est aussi ce qui explique que l'abattage ait été traditionnellement un moment collectif, et souvent l'occasion d'un partage : **une bête abattue produit plus de viande fraîche qu'une famille ne peut en consommer avant qu'elle ne se dégrade.** Partager aujourd'hui, c'est recevoir plus tard — mécanisme décrit dans [[SURV-TROC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-TUN-001","titre":"Creuser un tunnel","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["souterrain","discretion","habitat","chantier","bois","beton","securite"],"sources":["OSHA — 29 CFR 1926 Subpart P, Excavations","INRS — documentation sur le blindage des tranchées","NIOSH — Working in Confined Spaces, criteria document"],"corps":"::La terre ne prévient pas. Elle tient, elle tient, puis elle tombe d'un coup.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn tunnel n'est pas un trou allongé. **C'est un plafond qu'on retient.** Tant que vous retenez le plafond, vous travaillez tranquillement. Dès que vous ne le retenez plus, vous avez une seconde.\n\n### Les mots, une fois pour toutes\n\n- **Galerie** — le couloir creusé.\n- **Ciel** — le plafond de la galerie. C'est lui qui tombe.\n- **Front de taille** — le bout de la galerie, l'endroit où vous creusez.\n- **Couverture** — l'épaisseur de terre entre le ciel et la surface.\n- **Soutènement** — tout ce qui retient le terrain : bois, acier, béton, pierre.\n- **Cadre** — un assemblage de bois en forme de porte, planté tous les mètres.\n- **Blindage** — les planches plaquées contre la terre, entre les cadres.\n- **Portée libre** — la longueur de galerie qui n'est retenue par rien. C'est le seul chiffre qui compte vraiment.\n- **Déblais** — la terre que vous sortez.\n\n### Ce qui tue\n\n**Un mètre cube de terre humide pèse entre 1,5 et 2 tonnes.** Une tranche de cinquante centimètres qui se décroche au-dessus de vous, c'est le poids d'une petite voiture, et ça arrive sans bruit.\n\nOn ne meurt pas écrasé. **On meurt asphyxié.** Enterré jusqu'à la poitrine, votre cage thoracique ne peut plus se soulever contre la charge. Vous êtes conscient, vous parlez, et vous suffoquez en quelques minutes. Dégager quelqu'un à la pelle sans faire tomber le reste demande beaucoup plus de temps que ça.\n\n**Ce n'est pas la profondeur qui tue, c'est la portée libre.** Une galerie étroite sans soutènement est plus dangereuse qu'une galerie large correctement cadrée.\n\n### Lire son terrain\n\n| Terrain | Ce qu'il fait | Verdict |\n|---|---|---|\n| Roche saine | Tient tout seul | Le meilleur, le plus lent à creuser |\n| Argile compacte, marne | Colle, tient un moment, prévient parfois | Praticable avec soutènement |\n| Limon, terre de jardin | Tient à sec, s'effondre à l'humidité | Soutènement partout |\n| Sable, gravier | Coule comme un liquide | À refuser |\n| Remblai, ancien terrassement | Vides, poches, gravats, imprévisible | À refuser |\n\n**Le test du boudin.** Prenez une poignée de terre humide, roulez-la entre vos paumes. Si vous obtenez un boudin qui tient sans se casser, la terre est *collante* : elle a de la cohésion, elle tiendra un peu toute seule. Si elle s'effrite, elle ne tiendra rien du tout.\n\n### L'eau est l'ennemi numéro un\n\nElle alourdit la terre, elle la fait glisser, elle détruit ce qui la faisait coller. **Un terrain parfaitement stable en août s'effondre en novembre.** Une arrivée d'eau dans une galerie n'est pas un désagrément, c'est un ordre d'évacuation.\n\nLa **nappe phréatique** — le niveau sous lequel le sol est saturé d'eau — est une limite absolue. En dessous, il n'y a plus de creusement possible sans pompage permanent, c'est-à-dire sans chantier professionnel.\n\n### L'air est l'ennemi numéro deux\n\nUne galerie fermée au bout n'a aucune circulation d'air. Vous consommez l'oxygène, vous produisez du gaz carbonique, qui est plus lourd que l'air et qui s'accumule au point bas. **Sous terre, on perd le jugement avant de comprendre qu'on est en train de le perdre.** Les victimes sont presque toujours retrouvées à quelques mètres de la sortie.\n\nTrois chiffres : l'air normal contient 21 % d'oxygène ; en dessous de **19,5 %**, l'atmosphère est officiellement dangereuse ; en dessous de 16 %, une bougie s'éteint. Le gaz carbonique devient gravement toxique vers **5 %**.\n\n**La bougie est un indicateur, pas un détecteur.** Elle vous dit que l'oxygène baisse. Elle ne dit rien du monoxyde de carbone, qui n'a ni odeur ni goût, qui tue avant tout symptôme, et qu'un moteur thermique posé près de l'entrée envoie directement au fond.\n\n### La forme compte\n\nUne **voûte** — un plafond courbe — pousse la charge vers les côtés. La terre, la pierre et le béton encaissent très bien d'être écrasés, et très mal d'être pliés. Un plafond plat, lui, plie. **Chaque fois que vous avez le choix, courbez.**\n\n### Les déblais vous trahiront avant le tunnel\n\nUn mètre de galerie de 0,90 m sur 1,60 m, c'est environ 1,5 m³ de terre à sortir. Et la terre remuée **foisonne** : elle occupe 20 à 30 % de volume en plus qu'en place, jusqu'à 50 % pour une argile. Vous ne pourrez jamais tout remettre dans le trou.\n\nDix mètres de galerie, c'est vingt mètres cubes de terre fraîche à faire disparaître. Personne n'a jamais repéré un tunnel. **On repère toujours le tas.**\n\n## AGIR\n\n### 1. Sondez avant de creuser\n\nUne barre à mine ou une tarière, tous les deux mètres sur tout le tracé, jusqu'à la profondeur visée. Vous cherchez trois choses : du sable, du remblai, de l'eau. **Une seule des trois sur le tracé, et vous changez de tracé.** Sonder coûte une journée. Se tromper coûte le reste.\n\n### 2. Choisissez la bonne méthode\n\n![P2 — Trois façons d'ouvrir le sol : tranchée couverte, galerie, entrée par talus](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 692" width="900" height="692"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="692" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="692" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">TROIS FAÇONS D'OUVRIR LE SOL</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 02 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="666" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="683" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">MÉTHODES DE CREUSEMENT · COMPARATIF · VALIDITÉ : CONFIRMÉ</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#4A7A4A"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">A</text>
<rect x="52" y="78" width="196" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">TRANCHÉE COUVERTE</text><rect x="22" y="78" width="256" height="452" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="34" y="130" width="232" height="200" fill="url(#terre)"/><rect x="34" y="130" width="232" height="200" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><path d="M92 130 L122 230 L182 230 L212 130 z" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.3" stroke-dasharray="4 3"/><rect x="122" y="230" width="60" height="60" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="120" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="135" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="150" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="165" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><path d="M92 130 L122 216 L182 216 L212 130 z" fill="url(#remblai)" opacity=".8"/><text x="152" y="178" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">on rebouche</text><rect x="149" y="219" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M152 222 L52 330" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="59" y="333.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">COUVERTURE</text><path d="M122 306 L182 306" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="152.0" y="300.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">0,90 m</text><text x="152" y="358" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">on ne travaille jamais sous une masse</text><rect x="32" y="392" width="236" height="24" fill="#4A7A4A"/><text x="150" y="408" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.4">MÉTHODE RECOMMANDÉE</text><text x="32" y="440" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">On creuse à ciel ouvert, on pose un</text><text x="32" y="457" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">couvercle (poutres, rails, dalles),</text><text x="32" y="474" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">on remblaie par-dessus.</text><text x="32" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Air naturel pendant tout le chantier.</text><text x="32" y="508" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Limite : il faut pouvoir ouvrir le dessus.</text><rect x="320" y="78" width="30" height="21" fill="#A33A30"/>
<text x="335" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">B</text>
<rect x="350" y="78" width="196" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="359" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">GALERIE EN TAUPE</text><rect x="320" y="78" width="256" height="452" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="332" y="130" width="232" height="200" fill="url(#terre)"/><rect x="332" y="130" width="232" height="200" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><rect x="350" y="240" width="190" height="52" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="356" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="388" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="420" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="452" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="484" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="516" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="526" y="240" width="14" height="52" fill="url(#remblai)"/><path d="M332 240 L350 240 L350 292 L332 292" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><path d="M440 226 L440 132" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="434.0" y="179.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">couverture 1 m mini</text><rect x="532" y="263" width="6.5" height="6.5" fill="#141210"/>
<path d="M535 266 L416 330" stroke="#141210" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="423" y="333.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">FRONT</text><text x="450" y="358" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">tout le poids repose sur vos cadres</text><rect x="330" y="392" width="236" height="24" fill="#8C2B2B"/><text x="448" y="408" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.4">RÉSERVÉ AUX CAS FORCÉS</text><text x="330" y="440" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">On creuse horizontalement sans jamais</text><text x="330" y="457" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">ouvrir le dessus.</text><text x="330" y="474" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Discret, mais c'est vous qui portez</text><text x="330" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">la montagne.</text><text x="330" y="508" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Air à forcer dès le 3e mètre.</text><rect x="618" y="78" width="30" height="21" fill="#3F6E9E"/>
<text x="633" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">C</text>
<rect x="648" y="78" width="196" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="657" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">ENTRÉE PAR UN TALUS</text><rect x="618" y="78" width="256" height="452" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><path d="M630 330 L630 190 L738 150 L862 144 L862 330 z" fill="url(#terre)"/><path d="M630 330 L630 190 L738 150 L862 144 L862 330 z" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.3"/><rect x="630" y="250" width="200" height="50" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="636" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="669" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="702" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="735" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="768" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="801" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="626" y="242" width="16" height="66" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="631" y="272" width="6.5" height="6.5" fill="#D9B35C"/>
<path d="M634 275 L678 340" stroke="#D9B35C" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="685" y="343.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">L'ENTRÉE EST LE POINT FAIBLE</text><path d="M768 242 L768 164" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="762.0" y="203.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">couverture qui augmente</text><rect x="628" y="392" width="236" height="24" fill="#4A7A4A"/><text x="746" y="408" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.4">LE MEILLEUR DÉPART</text><text x="628" y="440" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">On attaque à flanc de pente ou depuis</text><text x="628" y="457" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">une cave existante.</text><text x="628" y="474" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Accès de plain-pied, couverture qui</text><text x="628" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">grandit toute seule, déblais évacués</text><text x="628" y="508" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">en descendant. Renforcer l'entrée.</text><rect x="22" y="552" width="856" height="74" fill="#00000008" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="31" y="568" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.3">COMMENT CHOISIR</text><text x="31" y="586" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Vous pouvez ouvrir le dessus (jardin, bois, friche) : faites une TRANCHÉE COUVERTE, toujours. Aucune raison de faire autrement.</text><text x="31" y="604" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Vous avez une pente, un talus, une cave : entrez par LÀ. C'est la configuration la plus sûre et la plus discrète.</text><text x="31" y="622" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Vous ne pouvez ni ouvrir le dessus ni partir d'un flanc : la GALERIE est le seul choix, et c'est celui qui tue.</text></svg>)\n\nLe réflexe est de creuser en taupe. C'est presque toujours le mauvais choix. **Si vous pouvez ouvrir le dessus, ouvrez le dessus.**\n\n### 3. Posez le cadre\n\n![P1 — Le cadre : chapeau, montants, semelle, blindage](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 700" width="900" height="700"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="700" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="700" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">LE CADRE</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 01 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="674" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="691" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">SOUTÈNEMENT PROVISOIRE · FICHE MAÎTRESSE · VALIDITÉ : CONFIRMÉ</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P1</text>
<rect x="52" y="78" width="344.8" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">VUE DE FACE — CE QU'ON VOIT EN ENTRANT</text><rect x="500" y="78" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="515" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P2</text>
<rect x="530" y="78" width="293.2" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="539" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">VUE DE CÔTÉ — ON AVANCE, ON POSE</text><rect x="30" y="128" width="380" height="380" fill="url(#terre)"/><rect x="30" y="128" width="380" height="380" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.4"/><text x="38" y="144" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="1.4">TERRAIN EN PLACE</text><rect x="130" y="200" width="180" height="250" fill="#E9E4D9"/><rect x="116" y="208" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="208" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="242" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="242" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="276" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="276" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="310" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="310" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="344" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="344" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="378" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="378" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="412" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="412" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="132" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="168" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="204" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="240" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="276" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="106" y="200" width="228" height="22" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><rect x="106" y="222" width="24" height="228" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><rect x="310" y="222" width="24" height="228" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><rect x="90" y="450" width="260" height="20" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><path d="M106 222 l24 0 l-24 15 z" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><path d="M334 222 l-24 0 l24 15 z" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><g stroke="#141210" stroke-width="2.2" fill="none" stroke-linecap="round"><circle cx="220.0" cy="310" r="11" fill="#E9E4D9"/><path d="M220.0 321 L220.0 376 M201.0 340 L239.0 338 M220.0 376 L203.0 450 M220.0 376 L237.0 450"/></g><rect x="157" y="208" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M160 211 L418 162" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="165.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">CHAPEAU</text><rect x="319" y="327" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M322 330 L418 296" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="299.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">MONTANT</text><rect x="314" y="239" width="6.5" height="6.5" fill="#3F6E9E"/>
<path d="M317 242 L418 230" stroke="#3F6E9E" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="233.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">BLINDAGE</text><rect x="321" y="227" width="6.5" height="6.5" fill="#D9B35C"/>
<path d="M324 230 L418 360" stroke="#D9B35C" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="363.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">COIN</text><rect x="257.0" y="457" width="6.5" height="6.5" fill="#D9B35C"/>
<path d="M260.0 460 L418 468" stroke="#D9B35C" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="471.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">SEMELLE</text><path d="M130 512 L310 512" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="220.0" y="506.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">0,90 m mini</text><path d="M60 200 L60 450" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="54.0" y="325.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">1,60 m</text><rect x="22" y="528" width="452" height="92" fill="#00000008" stroke="#A33A30" stroke-width="1.2"/><text x="31" y="544" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#A33A30" letter-spacing="1.3">LE CHEMIN DE LA CHARGE</text><text x="31" y="562" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Le CHAPEAU reçoit tout le poids du ciel.</text><text x="31" y="580" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Les MONTANTS le descendent jusqu'au sol.</text><text x="31" y="598" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">La SEMELLE empêche les montants de s'enfoncer.</text><text x="31" y="616" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Sans semelle, le cadre descend — et le ciel suit.</text><rect x="500" y="142" width="378" height="58" fill="url(#terre)"/><rect x="500" y="142" width="378" height="58" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><rect x="500" y="200" width="378" height="150" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="500" y="350" width="378" height="46" fill="url(#terre)"/><rect x="500" y="350" width="378" height="46" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><rect x="520" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="580" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="640" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="700" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="760" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="830" y="200" width="48" height="150" fill="url(#remblai)" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><path d="M520 418 L580 418" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="550.0" y="412.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">0,80 à 1,20 m</text><rect x="523" y="237" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M526 240 L620 114" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="627" y="117.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">UN CADRE TOUS LES MÈTRES</text><rect x="849" y="267" width="6.5" height="6.5" fill="#141210"/>
<path d="M852 270 L750 462" stroke="#141210" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="757" y="465.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">FRONT DE TAILLE</text><text x="757" y="478" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85">on creuse un cadre,</text><text x="757" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85">on pose, puis on recreuse</text><rect x="500" y="508" width="378" height="56" fill="#00000008" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.2"/><text x="509" y="524" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.3">RÈGLE UNIQUE</text><text x="509" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Jamais un mètre de galerie sans cadre.</text><text x="509" y="560" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Même cinq minutes. Même « le temps de voir ».</text><rect x="500" y="578" width="196" height="78" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="509" y="594" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.6">LÉGENDE COULEURS</text><rect x="509" y="601" width="16" height="8" fill="#A33A30"/><text x="531" y="608" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">STRUCTURE PORTEUSE</text><rect x="509" y="613" width="16" height="8" fill="#3F6E9E"/><text x="531" y="620" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">BLINDAGE / PAROI</text><rect x="509" y="625" width="16" height="8" fill="#D9B35C"/><text x="531" y="632" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">POINT CRITIQUE</text><rect x="509" y="637" width="16" height="8" fill="#4A7A4A"/><text x="531" y="644" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">ACCESSOIRE</text><text x="712" y="600" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210">Bois rond Ø 12–15 cm</text><text x="712" y="616" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">ou madrier 8 x 15 cm</text><text x="712" y="634" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">jamais de palette en montant</text></svg>)\n\nLe cadre, c'est quatre pièces de bois :\n\n- le **chapeau**, à plat au-dessus, qui reçoit le poids du ciel ;\n- deux **montants**, verticaux, qui descendent ce poids jusqu'au sol ;\n- la **semelle**, à plat en bas, qui empêche les montants de s'enfoncer dans la terre molle.\n\n**La semelle est la pièce qu'on oublie et c'est celle qui tue.** Un montant posé directement sur une terre humide s'enfonce de dix centimètres, le cadre descend, et le ciel descend avec lui.\n\nEntre les cadres, vous plaquez des planches contre la terre : c'est le **blindage**. Vous les coincez avec des **coins** en bois tapés au maillet. **Tout vide laissé derrière une planche deviendra un effondrement**, tôt ou tard.\n\nLes chiffres :\n\n- section utile **0,90 m de large sur 1,60 m de haut**. Plus étroit, vous ne pourrez pas sortir un blessé.\n- cadres tous les **0,80 à 1,20 m** en terrain correct. **Jusqu'au contact** en terrain douteux.\n- bois rond de **12 à 15 cm de diamètre** écorcé, ou madrier de 8 x 15 cm.\n- couverture d'au moins **1 mètre** au-dessus du ciel.\n\nEt une seule règle absolue : **on avance d'un cadre, on pose le cadre, et seulement ensuite on recreuse.** Jamais un mètre de galerie sans soutènement, même cinq minutes, même « le temps de voir ».\n\n### 4. Bois, acier, maçonnerie ou béton\n\n![P3 — Avec quoi on soutient : bois, acier, maçonnerie, béton](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 640" width="900" height="640"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="640" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="640" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">AVEC QUOI ON SOUTIENT</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 03 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="614" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="631" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">MATÉRIAUX DE SOUTÈNEMENT · BOIS · ACIER · MAÇONNERIE · BÉTON</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P1</text>
<rect x="52" y="78" width="396.4" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">L'ORDRE DES CHOSES — ON NE SAUTE PAS D'ÉTAPE</text><rect x="22" y="116" width="856" height="74" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><circle cx="58" cy="146" r="14" fill="#8E8D85"/><text x="58" y="151" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">1</text><text x="82" y="144" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="17" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.4">CREUSER</text><text x="82" y="162" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">un cadre d'avance,</text><text x="82" y="176" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">pas plus</text><path d="M284 146 L312 146" stroke="#141210" stroke-width="1.6" marker-end="url(#ar)"/><circle cx="342" cy="146" r="14" fill="#A33A30"/><text x="342" y="151" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">2</text><text x="366" y="144" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="17" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.4">SOUTENIR</text><text x="366" y="162" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">BOIS ou ACIER</text><text x="366" y="176" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">immédiatement</text><path d="M568 146 L596 146" stroke="#141210" stroke-width="1.6" marker-end="url(#ar)"/><circle cx="626" cy="146" r="14" fill="#3F6E9E"/><text x="626" y="151" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">3</text><text x="650" y="144" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="17" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.4">REVÊTIR</text><text x="650" y="162" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">MAÇONNERIE ou BÉTON</text><text x="650" y="176" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">plus tard, si ça doit durer</text><text x="450" y="210" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle">LE BÉTON NE SOUTIENT RIEN PENDANT QU'IL DURCIT — IL NE REMPLACE JAMAIS L'ÉTAPE 2</text><rect x="22" y="226" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="37" y="241" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P2</text>
<rect x="52" y="226" width="190.0" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="241" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">LES QUATRE MATÉRIAUX</text><rect x="22" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="22" y="264" width="206" height="26" fill="#A33A30"/><text x="125" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">BOIS</text><g stroke="#141210" stroke-width="1.4">
<rect x="70" y="304" width="84" height="12" fill="#A33A30"/>
<rect x="70" y="316" width="12" height="54" fill="#A33A30"/>
<rect x="142" y="316" width="12" height="54" fill="#A33A30"/>
<rect x="60" y="370" width="104" height="10" fill="#D9B35C"/></g><rect x="34" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.6"/><text x="125" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">PROVISOIRE</text><text x="34" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="34" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Il prévient : il craque,</text><text x="34" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">il fend, il ploie avant</text><text x="34" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">de rompre.</text><text x="34" y="479" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Se coupe sur place.</text><text x="34" y="499" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="34" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Pourrit dans l'humide.</text><text x="34" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Se refend si le bois</text><text x="34" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">est trop tendre.</text><text x="34" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : 2 à 8 ans</text><rect x="238" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="238" y="264" width="206" height="26" fill="#3F6E9E"/><text x="341" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">ACIER</text><g stroke="#141210" stroke-width="1.4" fill="#8E8D85">
<path d="M310 372 L310 334 A44 44 0 0 1 398 334 L398 372"
 fill="none" stroke="#3F6E9E" stroke-width="9"/>
<rect x="302" y="370" width="20" height="10" fill="#D9B35C"/>
<rect x="386" y="370" width="20" height="10" fill="#D9B35C"/></g><rect x="250" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.6"/><text x="341" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">PROVISOIRE</text><text x="250" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="250" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Très résistant pour</text><text x="250" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">un faible encombrement.</text><text x="250" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Le cintre courbe reprend</text><text x="250" y="479" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">la charge en voûte.</text><text x="250" y="499" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="250" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Lourd, introuvable.</text><text x="250" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Cède sans prévenir.</text><text x="250" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Rouille en eau salée.</text><text x="250" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : 20 ans et plus</text><rect x="454" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="454" y="264" width="206" height="26" fill="#8E8D85"/><text x="557" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">MAÇONNERIE</text><rect x="472" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="501" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="530" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="559" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="588" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="617" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="486" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="515" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="544" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="573" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="602" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="631" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="472" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="501" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="530" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="559" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="588" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="617" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="486" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="515" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="544" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="573" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="602" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="631" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><path d="M472 304 Q544 282 624 304" fill="none" stroke="#D9B35C" stroke-width="4" stroke-dasharray="5 4"/><text x="557" y="280" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#D9B35C" text-anchor="middle">cintre provisoire</text><rect x="466" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#3F6E9E" stroke-width="1.6"/><text x="557" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#3F6E9E" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">DÉFINITIF</text><text x="466" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="466" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Dure des siècles.</text><text x="466" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Pierre, brique ou agglo.</text><text x="466" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Se monte à la main,</text><text x="466" y="479" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">sans machine.</text><text x="466" y="499" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="466" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Très lent.</text><text x="466" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Exige un cintre en bois</text><text x="466" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">pendant tout le montage.</text><text x="466" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : un siècle</text><rect x="670" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="670" y="264" width="206" height="26" fill="#141210"/><text x="773" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">BÉTON</text><rect x="688" y="304" width="170" height="14" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/>
<rect x="688" y="318" width="18" height="56" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/>
<rect x="840" y="318" width="18" height="56" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/>
<g stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.6" fill="none">
<path d="M696 311 L850 311 M697 322 L697 370 M849 322 L849 370"/></g>
<text x="773" y="344" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle">armature obligatoire</text><rect x="682" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#3F6E9E" stroke-width="1.6"/><text x="773" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#3F6E9E" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">DÉFINITIF</text><text x="682" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="682" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Étanche, imputrescible.</text><text x="682" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Excellent en compression.</text><text x="682" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Épouse toutes les formes.</text><text x="682" y="485" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="682" y="500" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Ne porte rien avant 24 h,</text><text x="682" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">sa vraie force à 28 jours.</text><text x="682" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Sans fer, il casse net</text><text x="682" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">en flexion.</text><text x="682" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : un siècle</text><text x="450" y="608" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">Un IPN d'acier posé en chapeau sur deux montants bois : le meilleur compromis quand on en trouve un.</text></svg>)\n\nC'est la question qu'on pose toujours, et la réponse tient en une phrase : **le béton ne soutient rien pendant qu'il durcit.** Il faut 24 à 48 heures avant de pouvoir enlever le coffrage, et 28 jours pour qu'il atteigne sa vraie résistance. Pendant tout ce temps, c'est autre chose qui tient le ciel.\n\nIl y a donc deux rôles différents, et il ne faut jamais les confondre :\n\n- **Le soutènement provisoire** — bois ou acier — se pose *immédiatement*, au fur et à mesure du creusement. C'est lui qui vous garde en vie.\n- **Le revêtement définitif** — maçonnerie ou béton — se monte *après*, une fois la galerie percée, si l'ouvrage doit durer des années.\n\nLe **bois** a un avantage qu'aucun autre matériau n'a : **il prévient**. Il craque, il fend, il ploie visiblement avant de rompre. L'acier et le béton cèdent d'un coup et en silence. C'est la raison pour laquelle le bois reste le soutènement de référence en creusement artisanal, même quand on a mieux sous la main.\n\nSi vous coulez du béton, **il faut du fer dedans**. Le béton résiste très bien à l'écrasement et très mal à la flexion. Une dalle plate non armée au-dessus de votre tête est une plaque de verre. En voûte, avec de la compression pure, il peut s'en passer — mais il faut savoir faire une voûte.\n\n### 5. Ventilez dès le premier mètre\n\nDeux ouvertures à des hauteurs différentes créent un courant d'air naturel, par simple différence de température. **C'est la solution à chercher en priorité :** un puits d'aération au bout vaut mieux que n'importe quel ventilateur.\n\nSi vous n'avez qu'une entrée, il faut une ventilation forcée : une gaine souple poussée jusqu'au front de taille, alimentée par un ventilateur à l'entrée. Sans deuxième ouverture et sans gaine, **ne dépassez pas quelques mètres**.\n\nAucun moteur thermique à moins de dix mètres d'une entrée, et jamais du côté d'où vient le vent.\n\n### 6. Donnez de la pente\n\nUn à deux centimètres par mètre, vers la sortie. Prévoyez un point bas près de l'entrée, où l'eau se rassemble et d'où on peut la sortir. **Une galerie plate devient une baignoire.**\n\n### 7. Jamais moins de trois\n\nUn au front, un à l'évacuation des déblais, **un dehors qui ne creuse pas et qui surveille**. Une corde entre le front et l'extérieur, un code de signaux convenu à l'avance, des relais courts. Celui qui reste dehors a autorité pour ordonner la sortie, et personne ne discute son ordre.\n\n### 8. Écoutez le terrain\n\nCraquements, petites chutes de terre fine, planches qui gémissent, cadre qui travaille : ce sont des avertissements, et ils sont rares. **Un soutènement qui parle est un soutènement qui va céder.** On sort, on renforce depuis l'arrière, et on ne retourne jamais au front « juste pour voir ».\n\n## ADAPTER\n\n![P4 — Ce qu'il y a au-dessus de vous : milieu urbain et forêt](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 680" width="900" height="680"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="680" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="680" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">CE QU'IL Y A AU-DESSUS DE VOUS</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 04 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="654" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="671" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">MILIEUX · VILLE ET FORÊT · ZONES INTERDITES</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#8C2B2B"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P1</text>
<rect x="52" y="78" width="200" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">EN VILLE, SOUS LE BÂTI</text><rect x="470" y="78" width="30" height="21" fill="#4A7A4A"/>
<text x="485" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P2</text>
<rect x="500" y="78" width="200" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="509" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">EN FORÊT</text><rect x="22" y="116" width="418" height="376" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="23" y="208" width="416" height="283" fill="url(#terre)"/><path d="M82 208 L82 156 L146 124 L210 156 L210 208 z" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.8"/><rect x="132" y="174" width="28" height="34" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="72" y="208" width="148" height="26" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><text x="146" y="226" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">FONDATION</text><path d="M72 234 L-46 352 L338 352 L220 234 z" fill="url(#interdit)" opacity=".75" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.6" stroke-dasharray="6 4"/><text x="146" y="304" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="16" font-weight="700" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle" letter-spacing="1.8">ZONE INTERDITE</text><text x="146" y="322" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle">le sol qui porte la maison</text><path d="M72 234 L-46 352" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.4"/><text x="-10" y="270" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">45°</text><circle cx="374" cy="234" r="7" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="238" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">GAZ</text><circle cx="374" cy="250" r="7" fill="#3F6E9E" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="254" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">EAU</text><circle cx="374" cy="266" r="7" fill="#8C2B2B" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="270" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">ÉLEC</text><circle cx="374" cy="288" r="7" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="292" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">ÉGOUT</text><text x="352" y="312" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">0,50 à 1,20 m</text><text x="352" y="324" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">sous la voirie</text><rect x="23" y="208" width="416" height="22" fill="url(#remblai)" opacity=".9"/><text x="32" y="246" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#8E8D85">REMBLAI : caves comblées, gravats, puits</text><rect x="32" y="504" width="398" height="92" fill="#00000008" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.2"/><text x="41" y="520" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.3">TROIS RÈGLES ET UNE MORT</text><text x="41" y="538" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Restez à une distance de la fondation au moins</text><text x="41" y="556" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">égale à votre profondeur sous elle.</text><text x="41" y="574" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Sous une ville, le sol n'est jamais naturel.</text><text x="41" y="592" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Une conduite de gaz percée en sous-sol : explosion.</text><rect x="470" y="116" width="408" height="376" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="471" y="224" width="406" height="267" fill="url(#terre)"/><path d="M580 224 L580 162" stroke="#141210" stroke-width="11" stroke-linecap="butt"/><path d="M580 128 m-52 26 q52 -62 104 0 q-22 16 -52 16 q-30 0 -52 -16 z" fill="#4A7A4A" opacity=".8" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><path d="M534 128 q46 -56 92 0" fill="#4A7A4A" opacity=".55" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="471" y="224" width="406" height="14" fill="#4A7A4A" opacity=".45"/><text x="478" y="235" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#141210">HUMUS</text><path d="M580 230 Q548.8 241.0 528 258" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q529.6 252.0 496 280" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q562.0 255.0 550 286" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q611.2 241.0 632 258" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q630.4 252.0 664 280" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q598.0 255.0 610 286" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M471 294 L877 294" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.6" stroke-dasharray="7 5"/><text x="868" y="288" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#4A7A4A" text-anchor="end">MATELAS DE RACINES — 0,50 à 0,80 m</text><text x="868" y="310" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85" text-anchor="end">il tient le sol : ne le percez pas, passez dessous</text><rect x="680" y="334" width="150" height="40" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="686" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="718" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="750" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="782" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="814" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="679" y="351" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M682 354 L566 388" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="573" y="391.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">galerie</text><path d="M471 410 L877 410" stroke="#3F6E9E" stroke-width="2.4"/><rect x="471" y="410" width="406" height="81" fill="#3F6E9E" opacity=".18"/><text x="480" y="426" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#3F6E9E">NAPPE — LIMITE ABSOLUE, ON NE DESCEND PAS DESSOUS</text><rect x="577" y="181" width="6.5" height="6.5" fill="#4A7A4A"/>
<path d="M580 184 L652 142" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="868" y="145.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">un gros arbre au vent fait travailler ses racines</text><rect x="480" y="504" width="388" height="92" fill="#00000008" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.2"/><text x="489" y="520" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#4A7A4A" letter-spacing="1.3">CE QUI CHANGE</text><text x="489" y="538" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Pas de réseaux, déblais faciles à cacher</text><text x="489" y="556" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">sous la litière : c'est le terrain le plus simple.</text><text x="489" y="574" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Mais l'eau y circule, et le sol change tous</text><text x="489" y="592" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">les dix mètres. Sondez sur tout le tracé.</text><text x="450" y="622" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">DANS LES DEUX CAS : LE MEILLEUR DÉPART RESTE UN TALUS OU UNE CAVE — ON ENTRE À PLAT, LA COUVERTURE VIENT TOUTE SEULE</text></svg>)\n\n**Vous êtes en ville, sous du bâti.** Une maison ne repose pas sur ses fondations : elle repose sur le sol *sous* ses fondations, qui répartit la charge en s'élargissant vers le bas, grossièrement à 45°. Creusez dans ce cône et vous retirez le sol qui porte le bâtiment : tassement, fissures, et effondrement dans les cas graves. **Règle simple : restez à une distance horizontale de la fondation au moins égale à votre profondeur sous elle.**\n\nDeuxième problème urbain : **les réseaux**. Gaz, eau, électricité, égouts, télécom. L'ordre de grandeur est de 0,50 à 1,20 m sous la voirie, mais il varie énormément d'une commune et d'une époque à l'autre — ne comptez jamais dessus. **Une conduite de gaz percée en sous-sol, c'est une explosion, pas une fuite.**\n\nTroisième problème : sous une ville, **le sol n'est presque jamais naturel**. Anciennes caves comblées, puits oubliés, gravats de démolition. C'est exactement le terrain qu'il fallait refuser.\n\n**Vous êtes en forêt.** C'est le terrain le plus simple : pas de réseaux, pas de bâti, et des déblais qu'on cache sous la litière ou dans un dénivelé. Deux particularités :\n\n- **Le matelas de racines** occupe les cinquante à quatre-vingts premiers centimètres et tient le sol remarquablement bien. Passez **dessous**, ne le traversez pas. Et évitez de creuser sous un gros arbre isolé : au vent, ses racines travaillent et font bouger tout ce qui est autour.\n- **L'eau circule.** Les forêts poussent rarement sur des terrains secs, et le sol change tous les dix mètres. Sondez sur tout le tracé, pas seulement au départ.\n\n**Vous avez un talus, un coteau ou une cave.** Prenez-le. C'est la meilleure configuration amateur qui existe : vous entrez de plain-pied, la couverture augmente toute seule à mesure que vous avancez, les déblais sortent en descendant. **Renforcez l'entrée plus que le reste** : c'est le point où la voûte naturelle du terrain s'interrompt, donc le point le plus fragile de tout l'ouvrage.\n\n**Le terrain est sableux.** Abandonnez la galerie. Le sable ne s'effondre pas, il *coule* : il remplit instantanément tout espace disponible et aucun blindage improvisé ne le retient. Seule reste la tranchée couverte à talus très ouverts — autant de largeur en pente que de profondeur, de chaque côté.\n\n**Vous n'avez pas de bois d'œuvre.** Une palette démontée donne des planches de blindage correctes, mais **jamais de montants** : ses bastaings sont trop courts et trop tendres pour porter une charge verticale. Cherchez des rondins de 12 à 15 cm, écorcés. Et ne faites jamais l'impasse sur la semelle, même si c'est une simple planche épaisse posée à plat.\n\n**Vous devez faire disparaître les déblais.** Étalez, n'entassez jamais : quelques centimètres sur une grande surface ne se voient pas, un tas de deux mètres se voit d'un kilomètre. Donnez-leur un usage qui justifie leur présence — butte, remblai, couche de culture. Et rappelez-vous que **la terre fraîche est plus sombre et plus grumeleuse** que la terre en place : elle se repère à la couleur bien avant de se repérer au volume.\n\n**Vous restez longtemps sous terre.** La température souterraine est stable, généralement entre 10 et 14 °C sous nos latitudes, avec une humidité proche de la saturation. On s'y refroidit sans s'en apercevoir, surtout à l'arrêt après un effort. Isolez-vous du sol, changez les vêtements mouillés. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous voulez du feu ou une lampe à flamme.** Toute combustion consomme l'oxygène que vous respirez et produit du monoxyde. Dans une galerie correctement ventilée, une bougie reste acceptable comme indicateur. Dans un cul-de-sac, aucune flamme. Voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Un effondrement vient de se produire.** Ne creusez pas dans la masse qui vient de tomber : le terrain au-dessus n'est plus retenu par rien et le second effondrement tue les sauveteurs. On travaille depuis l'arrière, en reposant le soutènement mètre par mètre avant d'avancer. Si quelqu'un est localisé, **dégagez d'abord la tête et la poitrine**, avant toute autre chose : c'est la compression du thorax qui tue, pas la position des jambes.\n\n**Vous hésitez encore.** Un tunnel est l'ouvrage le plus meurtrier qu'on puisse entreprendre avec des moyens artisanaux, et le seul dont l'échec ne laisse pas de deuxième essai. La vraie question n'est pas de savoir si vous en êtes capable. C'est de savoir si le problème que vous cherchez à résoudre n'a pas, en surface, une solution que vous n'avez pas encore regardée.","langue":"fr"},{"id":"URG-AIR-001","titre":"Air contaminé","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","air","toxique","fumee","confinement","masque","monoxyde"],"sources":["INRS ED 6106 — Les appareils de protection respiratoire","NIOSH — Respirator Selection Logic","HHS CHEMM — Patient Decontamination Recommendations","Sécurité civile — Consignes de mise à l'abri lors d'un accident chimique"],"corps":"::Un filtre ne fabrique pas d'oxygène. C'est la phrase qui tue le plus de monde dans les caves, les silos et les cuves.::\n\n## AGIR\n\n**1. Sortez du nuage avant de faire quoi que ce soit d'autre.** Perpendiculairement au vent, jamais dans son axe. Un nuage suit le vent : en courant devant lui, vous restez dedans.\n\n**2. Montez.** Presque tous les gaz industriels dangereux sont plus lourds que l'air : chlore, dioxyde de soufre, gaz de fermentation, butane, sulfure d'hydrogène. Ils coulent et remplissent les points bas. Une cave, un fossé, un silo, le fond d'une cuve : c'est là qu'on meurt. L'ammoniac fait exception et monte.\n\n**3. Ne descendez jamais chercher quelqu'un.** C'est le point où cette fiche compte vraiment. **Dans les accidents en espace confiné, les sauveteurs improvisés représentent la majorité des morts.** Celui qui est tombé est tombé en quelques secondes ; vous tomberez à côté de lui pour la même raison. On appelle, on ventile, on tire de l'extérieur avec une corde, on n'entre pas.\n\n**4. Si vous ne pouvez pas sortir, confinez-vous.** Une seule pièce, plutôt en hauteur, peu d'ouvertures. Coupez la ventilation mécanique, la climatisation, la hotte. Fermez portes et fenêtres, bouchez les bas de porte avec du textile mouillé, scotchez ce qui se scotche. **N'allumez rien** : ni flamme, ni briquet, ni interrupteur si vous soupçonnez du gaz combustible.\n\n**5. Écoutez.** Radio, téléphone, haut-parleurs. Une consigne officielle en cas d'accident chimique dit presque toujours de se confiner et d'attendre, et elle a raison : un nuage passe, une évacuation à pied le traverse. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**6. Déshabillez-vous avant de toucher quoi que ce soit de propre.** Retirer les vêtements élimine l'essentiel du produit déposé sur vous. Coupez-les plutôt que de les passer par la tête. Ensuite : eau tiède et savon, longuement, cheveux compris. Ne frottez pas une poudre à sec, vous la faites pénétrer.\n\n**7. Surveillez les gens pendant plusieurs heures.** Certains produits — phosgène, oxydes d'azote, chlore en faible dose — laissent un intervalle libre de quelques heures avant un œdème pulmonaire. Une personne qui va bien puis se met à tousser, à s'essouffler ou à cracher mousseux relève de l'urgence absolue. Voir [[URG-SEC-003]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une fumée d'incendie.** Le plus fréquent et le plus meurtrier. La fumée n'est pas un gaz unique : c'est du monoxyde de carbone, du cyanure d'hydrogène, des suies brûlantes, et surtout un air dont l'oxygène a déjà été consommé. **Aucun masque à cartouche ne protège là-dedans**, parce qu'il n'y a plus assez d'oxygène à filtrer. On sort au ras du sol, on ferme les portes derrière soi, on ne remonte pas chercher un objet. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**C'est du monoxyde de carbone.** Groupe électrogène, brasero, poêle, moteur, chauffe-eau mal tiré. Inodore, incolore, il ne prévient pas. Maux de tête, nausées, confusion, plusieurs personnes malades en même temps dans la même pièce : sortez tout le monde, ouvrez tout, n'allumez rien, ne rentrez pas. Un filtre ordinaire ne l'arrête pas — il faut une cartouche spéciale. Voir [[TEC-CON-007]].\n\n**C'est une cave, un puits, une fosse, une cuve, un silo.** Le danger n'est presque jamais celui qu'on imagine : c'est l'absence d'oxygène, consommé par la fermentation ou la rouille, ou du sulfure d'hydrogène. **Le sulfure d'hydrogène sent l'œuf pourri à faible dose et ne sent plus rien à forte dose**, parce qu'il paralyse l'odorat. Une odeur qui disparaît n'est pas une bonne nouvelle. On ventile longuement avant, on descend encordé, avec quelqu'un dehors qui ne descend pas. Voir [[SURV-TUN-001]].\n\n**Ce sont des poussières après un effondrement ou une démolition.** Amiante, silice, plâtre, fibres. Le risque n'est pas immédiat, il est différé de vingt ans, et c'est précisément pourquoi on l'ignore. Un masque à particules correct suffit ici, contrairement aux gaz. Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-EFF-001]].\n\n**Vous n'avez aucun masque.** Un textile mouillé plaqué sur le nez et la bouche retient une partie des poussières et des suies. **Contre un gaz, il ne fait rien du tout.** Ne lui accordez aucune confiance : il sert à traverser trois mètres de fumée froide, pas à rester.\n\n**Vous devez traverser une zone contaminée.** Une seule fois, vite, en connaissant le point de sortie, vent dans le dos, en respirant peu et sans courir si vous pouvez l'éviter — l'effort multiplie la dose inhalée. Ce qui compte n'est pas la concentration seule mais la concentration multipliée par le temps.\n\n**Il y a des animaux morts, des oiseaux au sol, des insectes immobiles.** Prenez-les au sérieux immédiatement. Ils sont plus petits, ils respirent plus vite, ils tombent avant vous.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Quatre dangers différents, et un seul mot pour les dire\n\nOn parle d'« air irrespirable » comme si c'était une seule chose. Il y en a quatre, et elles n'appellent pas la même réponse :\n\n| Le danger | Ce qui se passe | Ce qui protège |\n|---|---|---|\n| Manque d'oxygène | L'air a été consommé ou chassé par un autre gaz | **Rien de filtrant.** Sortir, ventiler, ou appareil isolant |\n| Gaz ou vapeur toxique | Le poison est dans l'air qu'on respire | Cartouche adaptée **à ce gaz-là** |\n| Particules, fumées, aérosols | Des solides ou des gouttelettes en suspension | Filtre à particules |\n| Atmosphère explosive | Le gaz n'est pas toxique, il est inflammable | Ne rien allumer, ventiler, s'éloigner |\n\nUn même événement en combine souvent plusieurs. Un incendie, c'est les quatre à la fois.\n\n### Ce qu'un filtre fait, et ce qu'il ne fera jamais\n\nUn appareil filtrant nettoie l'air qui l'entoure. Il ne le remplace pas. **S'il n'y a pas assez d'oxygène autour de vous, le meilleur masque du monde vous laissera mourir avec le visage propre.** En dessous d'environ 17 % d'oxygène, les règles européennes interdisent tout appareil filtrant : il faut un appareil isolant, qui apporte son propre air.\n\nDeuxième limite : un filtre est spécifique. Le charbon actif retient les vapeurs organiques, pas le monoxyde de carbone, qui passe au travers sans s'arrêter. Une cartouche « toutes situations » n'existe pas.\n\nTroisième limite : un filtre se sature. Il ne prévient pas, il ne change pas de couleur, il ne siffle pas. Le détail de tout cela — lettres, couleurs, classes, durées, ajustement — est dans [[TEC-SAN-006]].\n\n### Pourquoi l'odorat ne sert à rien\n\nL'odorat est un mauvais détecteur et un très mauvais dosimètre. Le monoxyde de carbone n'a aucune odeur. Le sulfure d'hydrogène anesthésie le nerf olfactif à forte concentration. Certains solvants sentent fort bien en dessous du seuil dangereux, d'autres ne sentent qu'au-delà. **Ne jamais raisonner en « ça ne sent plus rien, c'est bon ».**\n\n### Pourquoi les sauveteurs meurent\n\nC'est le mécanisme le plus régulier de tous les accidents en atmosphère confinée, et il se répète depuis toujours. Quelqu'un tombe. Un deuxième descend le chercher et tombe. Un troisième descend et tombe. Le cerveau refuse d'admettre qu'un endroit où l'on voit clair, où il n'y a ni feu ni eau, puisse tuer en dix secondes.\n\nIl n'existe qu'une parade, et elle est mentale : **décider à l'avance, à froid, qu'on n'entrera pas.** C'est le même mécanisme que celui décrit dans [[SURV-PSY-002]], et c'est la seule décision de cette fiche qu'il faut avoir prise avant d'en avoir besoin.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-006","titre":"Masques, filtres et tenues de protection","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["masque","filtre","respiration","toxique","protection","decontamination","materiel"],"sources":["EN 14387 — Filtres anti-gaz et filtres combinés","EN 143 / EN 149 — Filtres à particules et demi-masques filtrants","INRS ED 6106 — Les appareils de protection respiratoire","NIOSH — Respirator Selection Logic","EN 943 / EN 14605 / EN ISO 13982 — Vêtements de protection chimique, types 1 à 6"],"corps":"::Un masque ne protège pas parce qu'il est sur votre visage. Il protège parce qu'il est étanche, adapté au produit, et pas encore saturé. Trois conditions, et il en manque presque toujours une.::\n\n### Deux familles, et elles ne se remplacent pas\n\n**Les appareils filtrants** nettoient l'air ambiant et le laissent passer. Ils sont légers, bon marché, réutilisables. Ils supposent qu'il y a de l'air respirable autour de vous.\n\n**Les appareils isolants** apportent leur propre air : bouteille sur le dos, ou tuyau depuis une zone saine. Ce sont les seuls utilisables quand l'oxygène manque, quand le produit est inconnu, ou quand la concentration est forte.\n\nLa frontière est nette et elle n'est pas négociable : **en dessous d'environ 17 % d'oxygène, tout appareil filtrant est interdit.** Les règles américaines placent le seuil à 19,5 %. Dans une cave, une cuve, un silo, une galerie mal ventilée, on est dans ce cas et on ne le sait pas.\n\n### Particules et gaz : deux problèmes sans rapport\n\nUn filtre à particules est un tamis très fin. Il arrête des solides et des gouttelettes : poussières, fibres, suies, aérosols, gouttelettes biologiques. Il ne retient aucun gaz.\n\nUn filtre anti-gaz est une cartouche de charbon actif, souvent imprégné d'un réactif chimique. Il fixe des molécules par adsorption. Il ne retient pas les poussières.\n\nD'où les **filtres combinés**, notés par exemple **A2-P3**, qui font les deux.\n\n### Lire une cartouche\n\nLes filtres à particules se classent par efficacité : **P1** faible, **P2** moyenne, **P3** haute. Les demi-masques jetables portent la notation équivalente FFP1, FFP2, FFP3 — un FFP2 correspond en gros au N95 américain.\n\nLes filtres anti-gaz portent une lettre et une couleur normalisées :\n\n| Lettre | Couleur | Contre quoi |\n|---|---|---|\n| **A** | Brun | Vapeurs organiques à point d'ébullition supérieur à 65 °C : solvants, essence, peintures, colles |\n| **AX** | Brun | Vapeurs organiques à bas point d'ébullition. **Usage unique**, jamais réutilisé |\n| **B** | Gris | Gaz inorganiques : chlore, sulfure d'hydrogène, cyanure d'hydrogène |\n| **E** | Jaune | Gaz acides : dioxyde de soufre, chlorure d'hydrogène |\n| **K** | Vert | Ammoniac et amines organiques |\n| **Hg** | Rouge | Vapeurs de mercure. **Cinquante heures maximum**, quoi qu'il arrive |\n| **CO** | Noir | Monoxyde de carbone. Cartouche particulière, rare, à durée courte |\n| **P** | Blanc | Particules — seul ou combiné aux précédents |\n\nUn **ABEK-P3** couvre les quatre familles de gaz et les particules. C'est le choix par défaut quand on ne peut pas savoir à l'avance. Ce n'est pas pour autant un filtre universel : il ne fait rien contre le monoxyde de carbone, et rien contre le manque d'oxygène.\n\nLe chiffre qui suit la lettre — A1, A2, A3 — n'est pas une qualité, c'est une **capacité** : combien de produit la cartouche peut absorber avant d'être pleine.\n\n### La fuite compte plus que le filtre\n\nUn filtre P3 laisse passer moins de 0,05 % des particules. Un masque mal ajusté laisse passer plusieurs pour cent par les bords. **L'étanchéité au visage détermine la protection réelle, pas la performance du filtre.**\n\nCe qui casse l'étanchéité : la barbe, y compris un jour de repousse ; les branches de lunettes qui passent sous le joint ; les cheveux pris dans le bord ; une sangle trop lâche ; un masque de la mauvaise taille. Une barbe rend le masque décoratif — c'est mesuré, constant, et sans solution autre que le rasage ou un appareil isolant à casque.\n\n### Un filtre vieillit, même sans servir\n\nScellé dans son emballage d'origine, un filtre anti-gaz se garde des années — cinq à dix selon les modèles. **Ouvert, il commence à mourir**, parce que le charbon actif fixe l'humidité de l'air en permanence. Quelques semaines à quelques mois d'usage intermittent, et il faut le changer.\n\nUn filtre à particules, lui, ne se sature pas chimiquement : il se colmate. Quand respirer devient pénible, il est fini. C'est le seul cas où l'appareil prévient.\n\nUn filtre anti-gaz, lui, **ne prévient pas**. Le jour où le produit traverse, vous le sentez ou vous ne le sentez pas — et s'il s'agit d'un gaz sans odeur, vous ne le saurez jamais.\n\n### Choisir un filtre\n\n**Le choix se fait d'après le produit, pas d'après l'inquiétude.** Poussières et fibres : P3. Solvants, peinture, carburant : A2 ou A2-P3. Produit inconnu en milieu ouvert : ABEK-P3. Produit inconnu en milieu fermé : rien de filtrant, on ne rentre pas.\n\n**Vérifiez avant de mettre.** Date sur la cartouche, emballage intact, joint souple et non craquelé, sangles élastiques et non détendues, soupapes propres et mobiles.\n\n**Ajustez, puis testez.** Sangles du bas d'abord, du haut ensuite, jamais serrées à fond. Test d'étanchéité : bouchez l'entrée du filtre avec la paume et inspirez doucement. Le masque doit se plaquer et rester plaqué. S'il revient, il fuit. **Ce test se refait à chaque port**, il prend cinq secondes.\n\n**Notez la date de première ouverture** directement sur la cartouche, au marqueur. Sans cette date, vous ne saurez plus, et vous lui ferez confiance à tort.\n\n**Sortez dès que quelque chose change.** Odeur, goût, irritation de la gorge, picotement des yeux, respiration devenue difficile, vertige. On ne « vérifie » pas en soulevant le masque.\n\n**Rangez à l'abri.** Cartouche dévissée, refermée dans un sac étanche ; masque dans une boîte fermée, à l'abri de la lumière, du chaud et des solvants. Un masque qui traîne dans un atelier respire les vapeurs de l'atelier toute l'année.\n\n### Les tenues\n\nLe classement européen va du plus étanche au moins étanche, et les numéros s'utilisent tels quels :\n\n- **Type 1** — étanche aux gaz, combinaison complète avec appareil isolant. Matériel de spécialiste.\n- **Type 3** — étanche aux liquides sous pression, tenue « jet ».\n- **Type 4** — étanche aux aérosols, tenue « pulvérisation ».\n- **Type 5** — étanche aux particules solides. C'est la combinaison blanche jetable la plus courante.\n- **Type 6** — projections légères, protection limitée.\n\nUne combinaison ne vaut que par ses jonctions : poignets et chevilles rubanés, capuche par-dessus le harnais du masque, gants sous la manche pour le liquide qui coule, par-dessus pour la poussière qui retombe. Prévoyez la chaleur : sous une combinaison étanche, on s'épuise en vingt minutes, et le coup de chaleur devient le risque principal. Voir [[URG-CHAL-001]].\n\n**Le déshabillage est le moment dangereux.** C'est là qu'on se contamine, en touchant l'extérieur de ce qu'on retire. On retire en roulant vers l'extérieur, de haut en bas, gants en dernier, masque en tout dernier. On se lave ensuite. **Le simple fait de retirer les vêtements élimine la grande majorité du produit déposé** — c'est le geste qui compte le plus, avant tout lavage.\n\n### Les cas particuliers\n\n**Vous n'avez rien et vous devez quand même faire quelque chose.** Un textile serré et mouillé retient une partie des poussières et des suies. Contre un gaz, il ne fait rien. Contre le manque d'oxygène, il ne fait rien. Un masque chirurgical protège les autres de vous, pas vous des poussières fines.\n\n**Vous travaillez dans des gravats, de la démolition, un bâtiment effondré.** P3 systématique, et lavage des cheveux le soir. Le danger est différé de vingt ans : amiante, silice. C'est exactement pour cela qu'on ne le prend pas au sérieux.\n\n**Vous peignez, décapez, collez, traitez du bois.** A2 au minimum, A2-P3 si vous pulvérisez — une peinture pulvérisée est à la fois vapeur et aérosol. Ventilez en plus : le masque est le dernier rempart, pas le premier.\n\n**Vous manipulez des produits phytosanitaires.** A2-P3, gants nitrile longs, combinaison type 4 ou 5, et lavage complet après. Le principal mode de contamination n'est pas la respiration, c'est la peau.\n\n**Il y a de la fumée d'incendie.** Aucun appareil filtrant ordinaire ne convient : l'oxygène manque et le monoxyde passe. Il existe des cagoules d'évacuation à filtre spécial, prévues pour une quinzaine de minutes et pour sortir — pas pour rester. Voir [[URG-INC-001]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous stockez du matériel pour longtemps.** Achetez les filtres scellés et ne les ouvrez pas. Notez les dates de péremption sur une liste, pas seulement sur les boîtes. Prévoyez deux tailles de masque si le groupe compte des morphologies différentes : un masque trop grand pour un visage fin ne s'étanche pas, quelle que soit la tension des sangles.\n\n**Vous soignez quelqu'un qui a été exposé.** Protégez-vous d'abord, déshabillez-le ensuite, lavez enfin. Un blessé contaminé contamine le sauveteur et le véhicule. Voir [[URG-SEC-003]] et [[TEC-SAN-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ZOM-001","titre":"Invasion zombie — exercice de pensée","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["exercice","epidemie","quarantaine","siege","mobilite","abri","groupe"],"sources":["OMS — Managing epidemics, key facts about major deadly diseases","Quarantelli E.L. — Sociology of panic, Disaster Research Center","CDC — Preparedness 101: Zombie Pandemic (support pédagogique)","HCR/UNHCR — Handbook for Emergencies, standards d'eau et d'assainissement en regroupement"],"corps":"::Il n'y a pas de zombies. Il y a des épidémies, des foules, des quarantaines et des sièges — et cet exercice sert à les raisonner ensemble, une bonne fois.::\n\nCette fiche est un exercice, et elle le dit. On pose une hypothèse fausse pour raisonner proprement sur des mécanismes vrais : une maladie qui se transmet au contact, une population qui se déplace, des secours qui saturent, un groupe qui doit tenir dans un lieu fermé. Les services de santé publique utilisent ce procédé depuis longtemps pour la même raison : **on retient mieux une doctrine quand on l'a appliquée une fois dans un décor qui ne fait peur à personne.**\n\nL'hypothèse retenue ici est la plus intéressante : des infectés **lents**, contagieux par morsure et par fluides, individuellement faibles, dangereux par le nombre et par la durée. Tout ce qui suit découle de ces quatre mots.\n\n## AGIR\n\n**1. Tant qu'il y a des consignes officielles, suivez-les.** C'est contre-intuitif et c'est pourtant ce que montre chaque catastrophe réelle : la doctrine publique — se confiner, se signaler, ne pas prendre la route — est presque toujours meilleure que l'improvisation individuelle, parce qu'elle voit l'ensemble du terrain. Voir [[URG-EFF-001]] et [[SIG-COM-006]].\n\n**2. Partez tôt ou ne partez pas.** Le mauvais moment pour prendre la route est celui où tout le monde la prend. Soit vous avez décidé avant que l'information soit publique, soit vous restez et vous tenez. L'entre-deux — partir en même temps que la foule, sans destination — est la manière la plus régulière de mourir dans toutes les catastrophes réelles.\n\n**3. Ne touchez pas le contaminé, ne touchez pas ses fluides.** Une transmission par contact se coupe par des gestes ennuyeux et efficaces : peau couverte, gants, mains lavées, une plaie protégée tout de suite. **Toute blessure devient une urgence**, pas parce qu'elle fait mal, mais parce qu'elle est une porte. Voir [[TEC-SAN-001]] et [[TEC-SAN-004]].\n\n**4. Habillez-vous contre la morsure, pas contre le froid.** Vêtements épais et lisses, manches longues, col montant, gants solides, chaussures montantes. Rien de flottant, rien de saisissable, pas de cheveux longs libres, pas de bretelles de sac qui traînent. **Ce qui pend sur vous est une poignée.**\n\n**5. Choisissez la distance plutôt que la force.** Contre une menace lente, l'allonge décide de tout : un outil long tient à distance ce qu'un outil court oblige à laisser approcher. Le bruit, lui, se paie — il appelle, il rassemble, et le rassemblement est le seul vrai danger de cette hypothèse. **Tout ce qui est bruyant vous coûte plus qu'il ne vous rapporte**, et tout ce qui dépend d'une munition finit par s'arrêter.\n\n**6. Bougez avant de vous installer.** La première phase se gagne par la mobilité : on observe, on évite, on collecte, on ne s'engage jamais dans un couloir sans savoir par où on en sort. **Deux issues ou on n'entre pas.** Déplacements de nuit, aux heures creuses, hors des axes : voir [[SURV-NUIT-001]] et [[SURV-REC-001]].\n\n**7. Ne vous installez qu'ensuite, et sur des critères.** Le lieu se choisit sur l'eau, l'assainissement, le nombre d'entrées, la vue, l'issue de secours, la réserve alimentaire, et la capacité à ne pas attirer l'attention. Dans cet ordre. Un endroit magnifique sans eau est un endroit qu'on quittera à pied, au pire moment.\n\n**8. Organisez le groupe le premier jour, pas le dixième.** Qui décide de quoi, qui garde, qui soigne, qui cuisine, qui tient le registre, comment on tranche un désaccord. Un groupe sans règles se défait en une semaine, et il se défait toujours plus vite qu'il ne se reconstitue. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**9. Tenez une quarantaine interne.** Tout nouvel arrivant, toute personne exposée : à l'écart, surveillée, soignée, nourrie, pendant la durée d'incubation que vous aurez fixée. C'est la mesure la plus efficace de toute la fiche et la plus difficile à appliquer, parce qu'elle s'applique à des gens qu'on aime. **Décidez la règle avant d'avoir un cas, jamais pendant.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous envisagez de vous enfermer dans une université.** L'intuition est bonne et mérite d'être examinée, parce qu'elle est fausse pour une raison instructive. Sur le papier, tout y est : laboratoires, gymnase, cantines, réserves, locaux techniques, groupes électrogènes, couloirs étroits faciles à tenir, eau chaude, infirmerie. Dans les faits, un campus est **un lieu de rassemblement connu de toute la ville**, largement vitré, très étendu, impossible à tenir à peu, et ses stocks de nourriture sont ceux d'une cantine : trois jours, pas trois mois.\n\nRetenez le raisonnement plutôt que la réponse. Les mêmes avantages se retrouvent, sans les inconvénients, dans des bâtiments que personne ne vise : **un lycée technique ou agricole de périphérie, un centre de secours, une station d'épuration, une exploitation agricole, un entrepôt logistique en zone d'activité.** Peu d'ouvertures, un point d'eau, un atelier, un stock, et surtout aucune raison pour les autres d'y penser.\n\n**Vous pensez qu'une forteresse règle le problème.** Un siège ne se perd pas sur les murs, il se perd sur l'eau, les déchets et le moral. Historiquement, les places assiégées tombent bien plus souvent par la maladie et la soif que par l'assaut. Si vous vous enfermez, la première question n'est pas « comment tenir la porte », c'est **« où part ce qui sort de nous »** — les latrines décident de la durée. Voir [[TEC-CON-006]] et [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous êtes en hauteur.** Excellent contre une menace lente et mauvais pour tout le reste. Un étage se tient avec très peu de monde, mais il faut monter l'eau, descendre les déchets, et il n'y a qu'un escalier. La hauteur est une bonne position temporaire et un mauvais domicile.\n\n**Vous êtes seul.** L'exercice devient beaucoup plus dur, et c'est fidèle à la réalité : l'isolement est le facteur aggravant principal de toutes les situations longues. Seul, vous ne pouvez pas dormir en sécurité, ni monter la garde, ni vous soigner, ni porter. La priorité n'est pas de vous fortifier, elle est de **trouver deux ou trois personnes fiables**. Voir [[SURV-PSY-001]] et [[SURV-TROC-001]].\n\n**Quelqu'un du groupe a été mordu.** C'est le cœur de l'exercice, et c'est pour cette question qu'il existe. La réponse humaine est l'isolement et les soins, pas autre chose. La règle doit être écrite à l'avance, connue de tous, appliquée à tous sans exception de rang ni d'affection, et discutée à froid. **Une règle qu'on invente devant le cas n'est pas une règle, c'est une panique qui a l'air d'en être une.** Ce que l'exercice enseigne vraiment, c'est qu'un groupe se casse sur la première exception, pas sur la première perte.\n\n**Vous croisez d'autres vivants.** C'est le vrai sujet, et toute la fiction du genre le dit à sa façon. Annoncez-vous de loin, restez à distance, ne montrez ni vos réserves ni votre itinéraire, ne suivez personne dans un endroit fermé. La méfiance n'est pas de l'hostilité et elle s'explique calmement : proposez l'échange plutôt que le contact. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Ça dure des mois.** L'exercice bascule alors dans un autre problème, plus ordinaire et plus exigeant : produire. Semer, conserver, réparer, soigner, tenir un calendrier. C'est là que la bibliothèque entière devient utile, et c'est là que la plupart des scénarios de fiction s'arrêtent — parce que la partie difficile commence exactement au moment où la partie spectaculaire finit.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi « lent » est plus dangereux que « rapide »\n\nUne menace rapide se règle par un événement : on fuit, on affronte, c'est fini. Une menace lente ne se règle jamais. Elle n'a ni fatigue, ni sommeil, ni moral, ni besoin de manger. Elle occupe, elle use, elle revient. **Vous, vous dormez.**\n\nC'est exactement le profil d'un risque épidémique réel, et c'est pour cela que l'hypothèse est pédagogiquement bonne. On ne gagne pas contre une attrition : on s'organise pour vivre avec, en réduisant le contact et en tenant la durée.\n\n### Le nombre, et pourquoi le bruit est l'ennemi\n\nUn individu lent n'est presque rien. Trente sont un mur. La seule variable que vous contrôlez est **l'agrégation** : tout ce qui rassemble travaille contre vous. Le bruit, la lumière, la fumée, l'odeur, les allées et venues répétées au même endroit.\n\nC'est la même logique que la discrétion en milieu hostile, et la même que la gestion d'une foule : on ne combat pas une masse, on évite de la créer. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n### Ce qui tue réellement dans ce scénario\n\nRangés par fréquence, en s'appuyant sur ce que l'on observe dans les crises réelles :\n\n1. **L'eau et l'assainissement.** Les regroupements humains sans latrines produisent des épidémies digestives en quelques jours. C'est le premier tueur de tous les camps, de toutes les guerres, de toutes les catastrophes.\n2. **Les blessures banales infectées**, faute de soins et d'hygiène.\n3. **Les accidents** : chutes, outils, incendies domestiques, intoxication au monoxyde des chauffages improvisés. Voir [[URG-AIR-001]].\n4. **Le froid et la faim**, qui ne tuent pas vite mais qui décident de tout le reste.\n5. **Les autres vivants**, très loin derrière ce que la fiction laisse croire, et presque toujours par peur réciproque plutôt que par prédation.\n6. **La menace elle-même**, en dernier.\n\nC'est la leçon centrale de l'exercice, et elle est vérifiable sans zombies : **le monstre n'est jamais la première cause de décès.** Les gens meurent de plomberie.\n\n### Ce que l'exercice vaut réellement\n\nRetirez les infectés et relisez : il reste une doctrine complète et utilisable. Décider tôt. Éviter la foule. Couvrir la peau et se laver les mains. Choisir un lieu sur l'eau et les issues plutôt que sur l'allure. Écrire les règles avant d'en avoir besoin. Isoler plutôt qu'exclure. Préférer la discrétion à la force. Tenir la durée plutôt que gagner une journée.\n\nC'est exactement la doctrine d'une épidémie, d'un effondrement de réseau, d'une inondation longue ou d'un déplacement de population. **L'hypothèse est fausse, la méthode ne l'est pas** — et c'est tout ce qu'on lui demande.","langue":"fr"},{"id":"URG-EFF-002","titre":"Les premières semaines","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rupture","duree","eau","assainissement","organisation","ration","moral"],"sources":["Sphere Association — Manuel Sphère, standards humanitaires minimums","HCR/UNHCR — Handbook for Emergencies","OMS — Minimum water quantity needed for domestic use in emergencies","MSF — Public health engineering in precarious situations"],"corps":"::Les premières heures se jouent sur les réflexes. Les premières semaines se jouent sur les latrines, le calendrier et la manière dont on se parle.::\n\n[[URG-EFF-001]] couvre le premier jour : remplir, écouter, compter, décider. Cette fiche commence là où l'autre s'arrête, au moment précis où il devient clair que ça ne redémarre pas demain. **C'est le moment le plus mal géré de toutes les crises longues**, parce qu'on continue à attendre alors qu'il faut commencer à produire.\n\n## AGIR\n\n**1. Fixez une date, à voix haute.** Le basculement ne se fait pas tout seul : il se décide. Réunissez qui est là et dites-le franchement — à partir d'aujourd'hui, on ne gère plus une panne, on organise une durée. Tant que ce mot n'est pas prononcé, chacun économise mollement en attendant le retour, et on perd deux semaines à ne rien construire.\n\n**2. Passez du stock au flux.** Un stock se vide, toujours, et la seule question est la date. Ce qui vous fait tenir n'est pas ce que vous avez : c'est ce qui entre chaque jour. Pour chaque besoin, posez la même question — **d'où viendra le prochain ?** Eau, chaleur, nourriture, lumière, soins. Tout ce à quoi vous ne savez pas répondre est votre prochain problème, dans l'ordre.\n\n**3. Creusez les latrines avant d'en avoir besoin.** C'est le geste le plus rentable de toute la fiche, et le moins spontané. Une fosse étroite et profonde, **à trente mètres au moins de tout point d'eau et en contrebas de lui**, jamais en amont. Un couvercle, de la terre ou de la cendre après chaque usage, un point de lavage des mains à côté, et personne qui ne s'y rende sans savoir où c'est. Séparez l'urine des matières si vous pouvez : ça réduit l'odeur, les mouches et le volume. Voir [[TEC-CON-006]] et [[TEC-SAN-004]].\n\n**4. Séparez l'eau propre de l'eau sale, physiquement.** Deux jeux de contenants, marqués, qui ne se croisent jamais. Un pour le transport et la réserve brute, un pour l'eau traitée et prête à boire. La contamination ne vient presque jamais de la source : elle vient du seau, de la louche et des mains. Traitez au moment de boire, pas au moment de puiser. Voir [[URG-EAU-001]] et [[SURV-EAU-004]].\n\n**5. Calculez la ration au lieu de l'estimer.** Pesez ou comptez ce qui reste, divisez par le nombre de personnes, puis par le nombre de jours que vous décidez de couvrir. **Le chiffre obtenu est votre ration, et il tombe toujours plus bas qu'on ne l'espérait.** Rationner tôt et largement vaut mieux que rationner tard et brutalement : un rationnement décidé d'avance se supporte, un rationnement subi casse le groupe. Voir [[TEC-ALI-001]].\n\n**6. Semez, même si c'est absurde.** Le premier jour où vous avez le temps. Même hors saison, même sur trois mètres carrés, même sans y croire. Une récolte demande des mois : si vous attendez d'en avoir besoin pour commencer, vous avez déjà perdu la saison. Voir [[TEC-AGR-001]] et [[TEC-SOL-001]].\n\n**7. Vérifiez les traitements en cours.** Faites le tour, personne par personne, de ce que chacun prend. Insuline, anticoagulant, antiépileptique, traitement du cœur ou de la tension, corticoïdes : **l'arrêt brutal de certains traitements tue plus sûrement, et plus vite, que la pénurie alimentaire.** Comptez les jours restants, cherchez des équivalents, réduisez si un médecin l'a dit — jamais de vous-même. C'est l'urgence la plus silencieuse de toutes les crises longues.\n\n**8. Donnez un rôle à chacun, et un registre au groupe.** Qui va à l'eau, qui cuisine, qui garde, qui soigne, qui répare, qui écrit. Une réunion courte chaque jour, à heure fixe, dix minutes debout : ce qui a été fait, ce qui manque, ce qui se décide. Un cahier tenu par une seule personne où l'on note les stocks, les décisions et les malades. **Ce qui n'est pas écrit se discute deux fois.** Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**9. Reliez-vous au voisinage avant d'en avoir besoin.** Trois maisons qui se parlent valent mieux qu'une maison fortifiée. C'est vrai pour la garde, pour les outils, pour les compétences, pour les soins, et c'est ce qui se met en place spontanément dans toutes les catastrophes réelles. Voir [[SURV-DEF-001]] et [[SURV-TROC-001]].\n\n**10. Tenez le calendrier.** Une date affichée, des repas à heure fixe, un jour de repos par semaine, une toilette quotidienne même sommaire. Ça paraît secondaire et c'est structurel : le temps qui se désorganise désorganise les gens. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en ville.** L'eau et l'assainissement deviennent le problème central en quelques jours, parce que la densité est forte et la surface nulle. Repérez immédiatement les points d'eau ouverts — fontaines, ballons d'eau chaude des immeubles, chasses d'eau, bâches de toiture, piscines pour le lavage. Le chauffage et la cuisson se font en dehors des logements ou avec un conduit vers l'extérieur, jamais un brasero en intérieur. Voir [[TEC-CON-007]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous êtes à la campagne.** L'eau est plus facile, l'isolement est le risque. Votre avantage réel n'est pas l'espace : c'est la présence d'outils, de bois, d'animaux, de semences et de gens qui savent s'en servir. Allez les voir tôt, pendant que les échanges sont encore faciles.\n\n**C'est l'hiver.** Tout change d'ordre. Une seule pièce chauffée, calfeutrée, où tout le monde dort. La consommation de bois est très supérieure à ce qu'on imagine — comptez large, ramassez tous les jours, et faites sécher d'avance pour la saison suivante. Le monoxyde de carbone tue plus que le froid pendant les coupures longues. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Il y a des enfants.** Ils déshydratent vite, ils supportent mal le rationnement, et ce sont eux qui propagent les maladies digestives dans un groupe. Ils ont besoin d'une routine et de tâches réelles, pas d'être protégés de l'information : un enfant à qui on n'explique rien invente pire que la réalité.\n\n**Vous êtes seul.** Votre problème n'est pas le stock, c'est qu'il n'y a personne pour prendre le relais le jour où vous serez malade. La priorité absolue est de vous relier à deux ou trois personnes fiables, même à distance, même imparfaites. L'autonomie individuelle complète n'existe pas et n'a jamais existé.\n\n**Quelqu'un tombe malade.** Isolez précocement, lavez plus, séparez la vaisselle, et ne laissez pas la personne s'occuper de l'eau ou de la cuisine. Une gastro-entérite dans un groupe de dix sans eau courante devient une affaire grave en trois jours. Voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-SAN-005]].\n\n**Ça redémarre partiellement.** C'est le cas le plus fréquent et le plus déroutant : le courant revient quatre heures par jour, l'eau une fois sur deux. **Ne démontez pas votre organisation au premier signe de retour.** Utilisez les fenêtres de fonctionnement pour recharger, pomper, laver, cuire en grande quantité — et gardez le reste en place jusqu'à ce que ce soit stable depuis longtemps.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui tue dans la durée n'est pas ce qui fait peur\n\nDans toutes les crises longues documentées, guerres, camps, catastrophes, sièges, l'ordre est remarquablement stable :\n\n1. **L'eau souillée et l'absence de latrines.** Les maladies digestives font plus de morts que tout le reste réuni, et elles frappent en quelques jours, pas en quelques mois.\n2. **L'arrêt des traitements chroniques.** Invisible, silencieux, massif.\n3. **Les infections banales** à partir de plaies ordinaires.\n4. **Les accidents domestiques** : incendies, intoxications au monoxyde, chutes, outils mal utilisés par des gens fatigués.\n5. **Le froid**, qui tue les plus fragiles sans jamais être la cause déclarée.\n6. **La faim**, bien plus tard qu'on ne le croit.\n\nLa violence figure dans la liste, mais bien plus bas que dans l'imaginaire, et elle monte surtout quand l'organisation a déjà échoué.\n\n### Pourquoi le stock est une illusion utile\n\nUn stock ne sert pas à tenir : il sert à **acheter le temps de mettre en place un flux**. Un mois de vivres n'est pas un mois de sécurité, c'est un mois pour trouver l'eau pérenne, creuser les latrines, semer, se relier aux voisins et apprendre ce qu'on ne sait pas faire.\n\nLes gens qui échouent ne sont pas ceux qui avaient peu de stock : ce sont ceux qui ont consommé leur stock en attendant, et qui se retrouvent à devoir tout organiser au moment où ils n'ont plus de marge. **La ressource qu'on dépense vraiment pendant ces semaines, c'est du temps disponible.**\n\n### Le creux du dixième jour\n\nIl est prévisible et il est documenté. Les premiers jours sont portés par l'adrénaline et l'entraide spontanée. Puis l'événement cesse d'être exceptionnel sans avoir cessé d'être pénible : la fatigue s'installe, les secours annoncés n'arrivent pas, les premières disputes portent sur des riens, et quelqu'un propose de partir.\n\nIl n'y a rien d'anormal là-dedans, et savoir que ça vient suffit à en désamorcer la moitié. Ce qui aide : des tâches concrètes et visibles, des résultats quotidiens même petits, un repas pris ensemble, et le fait d'avoir écrit les règles avant. Voir [[SURV-PSY-001]] et [[SURV-PSY-002]].\n\n### La compétence vaut plus que le matériel\n\nPassé deux semaines, ce qui distingue les groupes qui tiennent n'est presque jamais leur équipement de départ. C'est de savoir traiter une eau, poser un pansement propre, réparer un vélo, souder deux fils, faire lever des graines, tuer et vider un animal, calculer une ration, et trancher un désaccord sans casser le groupe.\n\nTout cela s'apprend avant, et ne s'improvise pas après. **C'est exactement la raison d'être de cette bibliothèque.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-004","titre":"Récupérer sur une épave militaire","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","epave","danger","pyrotechnie","munition","aeronef","blindage"],"sources":["CIMIC / UNMAS — Explosive Ordnance Risk Education, principes généraux","US Air Force Technical Order 00-105E-9 — Aerospace Emergency Rescue and Mishap Response, dispositifs pyrotechniques de bord","NFPA 422 — Aircraft Accident Response Guide","AIEA — Sécurité des sources radioactives de faible activité"],"corps":"::Un véhicule civil transporte des gens. Un engin militaire transporte de l'énergie destructrice, et il est conçu pour qu'elle survive à l'accident. Tout le reste découle de ça.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn engin militaire détruit reste un gisement dense — métal, câblage, tissu, outillage, optiques. Mais il porte quatre familles de dangers qui n'existent pas sur une épave civile, et trois d'entre elles ne se voient pas. La méthode générale de [[SURV-REC-003]] s'applique ; ce qui suit s'y ajoute et prime sur elle.\n\n### Ce qui est armé le reste\n\nC'est le point central, et il est contre-intuitif : **beaucoup de dispositifs militaires restent armés des années après l'abandon de l'engin**, sans courant, sans entretien, sans personne aux commandes.\n\n**Les munitions.** Obus, roquettes, cartouches de gros calibre, grenades y compris fumigènes et éclairantes. On ne les touche pas, on ne les déplace pas, on ne les ouvre pas, on ne tape pas dessus, on ne les met pas au feu. Une munition ayant déjà subi un incendie ou un choc est bien plus instable qu'une munition neuve, et rien ne le montre extérieurement. On note l'emplacement, on s'éloigne, on prévient si quelqu'un peut être prévenu.\n\n**La pyrotechnie de sécurité, sur les aéronefs.** C'est la spécificité la plus meurtrière et la plus ignorée. Un avion de combat contient des charges explosives destinées à sauver le pilote, et elles ne savent pas que la guerre est finie :\n\n- **Le siège éjectable** est une fusée assise dans un cockpit. Cartouches propulsives, percuteur, séquenceur, et un système qui peut partir sur une simple traction de poignée, un choc, ou la manipulation d'un connecteur. Il tue celui qui est assis dessus comme celui qui est penché au-dessus.\n- **Le cordon de découpe de verrière** est un explosif souple noyé dans le plexiglas de la bulle, prévu pour la fragmenter au départ du siège. **Casser une verrière de chasseur à coups d'outil est une très mauvaise idée**, et c'est pourtant le premier réflexe de tout le monde.\n- **Les extincteurs et déclencheurs à cartouche**, les ouvertures de parachute, les largages de bidons, les systèmes de largage d'emport : tous fonctionnent sur le même principe.\n\n**Ce qui est sous pression.** Bouteilles d'oxygène, d'azote ou d'hélium à deux ou trois cents bars, accumulateurs hydrauliques, vérins. Une bouteille dont le robinet casse devient un projectile capable de traverser un mur. Les circuits hydrauliques restent sous pression longtemps : un jet invisible de fluide à haute pression traverse la peau et provoque une lésion grave sans douleur immédiate.\n\n### Ce qui est toxique\n\n**Les fluides.** Certains avions de combat embarquent de l'hydrazine comme source d'énergie de secours : très toxique, inflammable, odeur d'ammoniac, et son réservoir n'est pas identifiable par un non-spécialiste. Les fluides hydrauliques aéronautiques sont irritants et toxiques à l'inhalation quand ils ont chauffé. L'oxygène liquide s'enflamme violemment au contact d'une graisse ou d'un hydrocarbure.\n\n**Les composites brûlés.** Une cellule d'aéronef moderne, une pale d'hélicoptère, un carénage : après incendie, la fibre de carbone se libère en aiguilles microscopiques, irritantes pour la peau et les poumons, et suffisamment conductrices pour détruire un appareil électrique. **On ne remue pas des débris composites brûlés sans masque à particules et sans gants.** Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Les matières denses et les sources.** Certains blindages et certaines munitions perforantes contiennent de l'uranium appauvri : peu dangereux intact, problématique en poussière après incendie. Les instruments anciens portent des cadrans au radium ou au tritium, et quelques équipements embarquent des sources radioactives de faible activité. Rien de tout cela n'irradie le paysage ; tout cela se respire ou s'avale si on gratte, on ponce ou on découpe.\n\n### Le danger qui n'est pas technique\n\nUne épave récente est un point d'intérêt. Elle sera cherchée, par ceux qui l'ont perdue comme par d'autres. Elle est visible de loin, souvent en terrain dégagé, et elle attire précisément les gens qu'on préfère éviter. **Le temps passé dessus est le facteur de risque numéro un**, devant tout ce qui précède.\n\n## AGIR\n\n**1. Observez à distance et longtemps.** Fumée, chaleur résiduelle, écoulements, munitions dispersées, traces de passage, corps. Faites le tour large avant d'approcher, vent dans le dos.\n\n**2. Décidez du périmètre avant d'entrer dedans.** Si vous voyez des munitions, de l'explosif, ou que vous ne savez pas identifier quelque chose de cylindrique et peint : vous n'entrez pas, vous notez, vous repartez. Le rendement de la récupération ne justifie jamais ce pari.\n\n**3. Ne montez jamais dans un cockpit.** Aucune exception utile. Ce qui s'y trouve ne vaut pas le siège éjectable, et le siège ne se neutralise pas avec du bon sens.\n\n**4. Coupez ce qui peut l'être, par l'extérieur.** Batteries débranchées borne négative en premier, comme sur tout véhicule. Ne sectionnez jamais un faisceau sans savoir ce qu'il alimente.\n\n**5. Prenez ce qui est inerte, laissez ce qui est conçu pour fonctionner.** C'est la règle simple qui remplace toutes les autres : **le métal, le fil, le tissu, le verre et l'outil sont à vous ; tout ce qui a un percuteur, une cartouche, un robinet ou une étiquette de danger reste où il est.**\n\n**6. Travaillez couvert.** Gants épais, manches longues, chaussures montantes, masque à particules dès qu'il y a des débris brûlés. Les bords de tôle d'aéronef coupent comme des lames.\n\n**7. Ne découpez rien à chaud.** Pas de disqueuse, pas de chalumeau, pas de meule sur une épave dont vous ne connaissez pas le contenu. Scie, cisaille, clé.\n\n### Ce qui se prend sans drame\n\n- **Le câblage.** Qualité aéronautique : fin, très souple, gainé, résistant à la chaleur, avec des dizaines de mètres disponibles et des connecteurs de bonne facture. C'est le meilleur rendement de toute l'épave. Voir [[TEC-ENE-002]] et [[SURV-REC-007]].\n- **Les tubes et profilés d'aluminium**, légers, droits, faciles à travailler.\n- **Les tissus et sangles.** Toile de siège, harnais, filets, sangles d'arrimage, soie et suspentes de parachute : les suspentes sont l'un des meilleurs cordages disponibles. Voir [[TEC-MAT-003]] et [[SURV-NOE-001]].\n- **Les trousses de survie de bord**, quand elles existent et sont accessibles sans passer par le cockpit : miroir de signalisation, allume-feu, filin, poche à eau, pansements. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **L'outillage de bord** : clés, cric, pelle, masse, barre, chaînes, élingues. Sur un blindé, il est fixé à l'extérieur de la caisse et il est excellent.\n- **Les optiques.** Épiscopes, périscopes, blocs de verre et de prismes, lunettes : verre de qualité, quasi indestructible, et introuvable autrement.\n- **Le caoutchouc** : patins de chenille, durites, joints, pneumatiques de train.\n- **Les bidons, jerricans et contenants** fixés à l'extérieur. Toujours manquants, toujours utiles.\n- **Les huiles et graisses** pour le graissage et la protection contre la corrosion, jamais pour brûler à l'intérieur. Voir [[TEC-COR-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un blindé ou un char.** Le plus dangereux est à l'intérieur — le stockage de munitions — et le plus utile est à l'extérieur : outillage, chaînes, bidons, patins caoutchouc, périscopes, batteries de grande capacité, groupe auxiliaire. Le blindage lui-même n'est pas exploitable sans moyens industriels : il est trop dur pour être coupé et trop lourd pour être déplacé. N'espérez rien de ce côté.\n\n**C'est un hélicoptère.** Les pales composites sont longues, souples, tranchantes et fragiles une fois fissurées. La boîte de transmission principale contient plusieurs dizaines de litres d'huile de bonne qualité — c'est l'un des meilleurs prélèvements de l'appareil. Les réservoirs souples auto-obturants sont une matière imperméable remarquable. Attention aux dispositifs de largage de porte et aux cartouches d'extincteur.\n\n**C'est un avion de combat.** Considérez le cockpit comme définitivement interdit : siège, verrière et cordon de découpe font de ce volume un piège permanent. Tout le reste — voilure, câblage, tubulure, train, pneus, tôles, optiques — se récupère depuis l'extérieur. Les emports sous les ailes, quels qu'ils soient et même vides d'apparence, ne se touchent pas.\n\n**C'est un véhicule logistique, un camion, un ambulancier.** C'est le meilleur rapport rendement-risque de toute la famille, et de très loin. Peu ou pas de pyrotechnie, beaucoup de volume, souvent des vivres, de l'eau, des pièces, du carburant, du matériel médical et des textiles. Commencez par ceux-là, toujours.\n\n**L'épave est ancienne et végétalisée.** Le temps n'a désarmé aucune munition et a fragilisé toutes les structures. En revanche il a vidé les fluides et les batteries. Le danger change de nature, il ne diminue pas.\n\n**L'épave est immergée.** N'y touchez pas. La visibilité est faible, l'engin est instable, les tôles retiennent, et les munitions immergées sont réputées imprévisibles. Aucun prélèvement ne vaut ce risque-là.\n\n**Il y a des restes humains.** Arrêtez la récupération à cet endroit. Il y a une question de dignité, il y a une question sanitaire, et il y a le fait que quelqu'un cherchera peut-être ces gens. Notez le lieu avec précision sur un calque de repères, laissez ce qui est personnel et identifiant, signalez dès que c'est possible. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**Vous n'êtes pas sûr.** C'est la situation normale, et la bonne réponse est toujours la même : ce qui n'est pas identifié n'est pas touché. Une épave ne se sauve pas, elle attendra. **Il n'existe aucun objet sur un engin militaire dont la valeur justifie de tester une hypothèse.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-005","titre":"Fouiller un commerce","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","commerce","stock","alimentation","priorite","hygiene"],"sources":["FDA / USDA — Food Safety During Power Outage, règle des quatre heures","ANSES — Conduite à tenir en cas de rupture de la chaîne du froid","OMS — Five keys to safer food","INRS — Risques liés au stockage en rayonnages et aux installations frigorifiques à l'ammoniac"],"corps":"::Tout le monde entre par le même rayon et repart avec la même chose. Ce qui compte est derrière la porte marquée « réserve », et personne n'y va.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Un magasin n'est pas un stock, c'est une vitrine\n\nUn point de vente présente en rayon une fraction de ce qu'il détient. Le reste est en réserve, sur les quais, dans les chambres froides, dans les bureaux et dans les locaux techniques. **La foule fouille la surface de vente, se sert d'abord en produits prêts à consommer, et laisse presque intact tout ce qui demande de la cuisson, du travail ou une clé.**\n\nLe corollaire est constant : un commerce déjà « vidé » ne l'est presque jamais. Il a été écrémé selon un ordre de priorité qui n'est pas le vôtre.\n\n### L'ordre de priorité réel\n\nPar valeur décroissante en situation de rupture, indépendamment de ce que vaut chaque chose en temps normal :\n\n1. **Les contenants et l'eau.** Bidons, jerricans, seaux, bonbonnes, bouteilles vides. Sans contenant, ni l'eau ni rien d'autre ne se transporte ni ne se stocke. Systématiquement sous-estimé.\n2. **Le sel, le sucre, l'huile, les féculents secs.** Riz, pâtes, légumineuses, farine. Densité énergétique élevée, conservation longue, poids raisonnable. Le sel mérite une place à part : il conserve, il assaisonne, il se troque, et il ne se fabrique pas. Voir [[TEC-CONS-001]].\n3. **L'hygiène et les soins.** Savon, eau de Javel, alcool, pansements, compresses, antiseptique, préservatifs, protections périodiques, dentifrice. C'est le rayon qui décide de la santé d'un groupe sur trois mois. Voir [[TEC-SAN-004]].\n4. **Le feu et la lumière.** Briquets, allumettes, bougies, piles, lampes, chargeurs. Les briquets sont en caisse, pas en rayon.\n5. **Les conserves et les bocaux**, dont les contenants resservent indéfiniment.\n6. **L'outillage et la quincaillerie.** Cordage, ruban adhésif, colle, fil de fer, visserie, bâches, gants, sacs-poubelle. Voir [[SURV-REC-002]].\n7. **Les semences et le rayon jardin.** Presque jamais pris, et c'est ce qui vaudra le plus dans six mois. Voir [[TEC-AGR-002]].\n8. **L'alimentation animale.** Croquettes, granulés, graines. Calories denses, très longue conservation, ignorées de tous.\n9. **Le textile et la chaussure**, dans cet ordre : chaussures solides, chaussettes, sous-vêtements, vêtements chauds.\n\n### Ce qui est déjà perdu\n\nSavoir ce qu'il ne faut pas emporter évite d'en mourir et de porter pour rien.\n\n**Le frais et le décongelé.** Sans froid, la viande, le poisson, les produits laitiers frais et les plats préparés sont hors d'usage après quelques heures au-dessus de dix degrés. La règle utilisée par les services sanitaires est simple : **au-delà de quatre heures sans froid, on jette.** Un congélateur resté fermé tient plus longtemps, et des aliments encore couverts de cristaux de glace sont récupérables ; mous et tièdes, non.\n\n**Les conserves douteuses.** Une boîte bombée, fuyante, rouillée sur la couture ou qui siffle à l'ouverture se jette sans discussion et sans y goûter — le botulisme ne se sent pas, ne se voit pas, et ne pardonne pas. Un bocal dont le couvercle ne fait plus le vide, idem. Une boîte cabossée mais saine et étanche est bonne. Voir [[TEC-ALI-005]] et [[SURV-COM-001]].\n\n**Les médicaments inconnus.** Ce qui vient d'une officine dévastée, sans boîte, sans notice, à moitié fondu, n'est pas une ressource. Voir [[URG-SEC-003]].\n\n### Les dangers du lieu\n\n**Les rayonnages.** Une travée métallique est stabilisée par sa charge et par son croisillonnage. **Vidée d'un seul côté, elle bascule**, et c'est un accident classique et mortel. Ne grimpez pas dessus, ne videz pas une travée par le bas, ne travaillez pas sous une charge en hauteur.\n\n**Le sol.** Verre, liquides, huile renversée, gerbes. Chaussures fermées obligatoires.\n\n**Les chambres froides.** Deux pièges : on s'y enferme, parce que beaucoup ne s'ouvrent pas de l'intérieur sans électricité ; et les grandes installations utilisent parfois **l'ammoniac** comme fluide frigorigène — une fuite dans un local fermé est mortelle et l'odeur, très piquante, est le seul avertissement. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n**L'air.** Un local fermé depuis longtemps, une réserve en sous-sol, un bac de matières en décomposition : on ventile d'abord, on entre après.\n\n**Les autres.** Un commerce est le lieu le plus prévisible de toute la ville. Tout le monde sait où il est, tout le monde y pense, et tout le monde y arrive au même moment.\n\n### La question qu'il faut se poser franchement\n\nTant qu'il existe un propriétaire, un ordre public et des secours, se servir dans un magasin est un vol, quelle que soit la situation ressentie — et ça se paie, y compris longtemps après. Quand il n'y a plus ni propriétaire ni ordre, la même ressource se perd si personne ne la sauve.\n\nEntre les deux, une règle qui tient dans les deux mondes : **prenez ce dont vous avez besoin, laissez le reste utilisable, ne détruisez rien.** Ce qui est cassé, renversé ou souillé n'est récupéré par personne, ni par vous, ni par le suivant, ni par celui qui reviendra ouvrir. La destruction gratuite est ce qui distingue le pillage de la récupération, et c'est aussi ce qui décide de la façon dont on vous traitera ensuite. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## AGIR\n\n**1. Observez avant.** Parking, accès, traces, véhicules, présence. Un commerce occupé se repère de loin. La méthode générale est celle de [[SURV-REC-001]] et elle s'applique entièrement.\n\n**2. Entrez par l'arrière.** Quais de livraison, porte de réserve, local poubelles, accès personnel. C'est là que le stock se trouve, c'est là qu'il y a le moins de monde, et c'est le seul côté du bâtiment que personne ne surveille.\n\n**3. Fixez une durée avant d'entrer, et une liste.** Dix minutes, quinze, avec ce que vous cherchez, écrit. **La liste est ce qui vous empêche de repartir avec trois kilos d'inutile** parce que le rayon était intéressant.\n\n**4. Faites la réserve avant la surface de vente.** Puis, dans l'ordre : local d'entretien, bureaux, pharmacie et parapharmacie, rayon entretien, animalerie, bébé, jardin, caisses, et seulement ensuite l'alimentaire en rayon.\n\n**5. Remplissez d'abord les contenants.** Prenez les bidons et les sacs en premier, remplissez ensuite. L'inverse fait perdre la moitié de ce qu'on a trouvé.\n\n**6. Regardez en hauteur et derrière.** Les palettes du dessus, le fond des rayonnages, l'arrière des piles : c'est là que reste ce que les mains pressées n'ont pas atteint.\n\n**7. Ressortez par où vous êtes entré**, avant la fin du délai, et sans repasser par la surface de vente si vous pouvez l'éviter.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une pharmacie.** Le stock est derrière, classé, et le réfrigérateur contient ce qui compte le plus — vaccins, insuline —, hors d'usage sans froid depuis longtemps. Ce qui reste utile et durable : antiseptiques, pansements, compresses, sérum physiologique, attelles, thermomètres, paracétamol. Ne prenez pas ce que vous ne savez pas utiliser.\n\n**C'est une quincaillerie ou un magasin de bricolage.** Meilleur rendement durable de toute la ville, et l'un des moins convoités les premiers jours. Outils à main, cordage, bâches, visserie, gants, masques à particules, clous, scies, limes, ruban, tuyaux, bidons. Voir [[SURV-OUT-001]] et [[TEC-MEC-005]].\n\n**C'est un magasin de sport ou de pêche.** Vêtements techniques, sacs, réchauds, lampes, filins, hameçons, bidons, chaussures. Voir [[SURV-RES-002]].\n\n**C'est une animalerie ou une coopérative agricole.** Sous-estimé au point d'en être ridicule : granulés, graines, sel en bloc, cordage, seaux, clôture, produits vétérinaires, et parfois du grain en sacs de vingt-cinq kilos. Voir [[TEC-ELE-003]].\n\n**C'est un restaurant, une cantine, une boulangerie.** Grosses réserves de farine, de riz, d'huile, de sel et de conserves, en formats professionnels, dans des locaux que personne n'associe à de la nourriture stockée. Les gros contenants sont un avantage et un problème : prévoyez de quoi diviser et refermer.\n\n**Il y a du monde et de la tension.** Repartez. Un magasin est le pire endroit possible pour une confrontation : espace clos, issues encombrées, visibilité nulle, tout le monde pressé et tout le monde effrayé. Aucune ressource ne vaut ça, et il y a toujours un autre bâtiment. Voir [[SURV-DEF-001]].\n\n**Vous y retournerez.** Alors ne videz pas, et ne laissez pas de traces d'effraction visibles depuis la rue. Un lieu qui a l'air déjà fouillé attire moins que le même lieu à moitié ouvert, et un dépôt constitué dans un coin discret vaut mieux qu'un chargement porté d'un coup. Notez l'emplacement sur un calque de repères.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-001","titre":"Tenir un lieu","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["defense","surete","alerte","dissuasion","garde","groupe","confrontation"],"sources":["CPTED — Crime Prevention Through Environmental Design, principes de prévention situationnelle","Doctrine de sûreté physique — dissuader, détecter, retarder, répondre","Cromwell & Olson — Breaking and Entering, entretiens de cambrioleurs sur le choix des cibles","CICR / UNMAS — Victim-activated devices, données sur les victimes civiles des dispositifs laissés en place","Katko v. Briney (Iowa, 1971) — jurisprudence de référence sur les dispositifs de défense automatiques"],"corps":"::Un lieu ne se tient pas avec un mur. Il se tient avec quatre choses enchaînées : ne pas donner envie, s'apercevoir à temps, gagner des minutes, et avoir décidé d'avance de ce qu'on fait de ces minutes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les quatre couches, et pourquoi aucune ne suffit seule\n\nC'est la structure de toute sûreté physique, du coffre de banque au campement, et elle se retient en quatre mots.\n\n**Dissuader** — faire que votre lieu ne vaille pas l'effort. C'est la couche la plus efficace et la moins coûteuse, et c'est celle qu'on néglige au profit des trois autres.\n\n**Détecter** — savoir que quelqu'un approche, avant qu'il soit dedans. Sans détection, tout le reste arrive trop tard.\n\n**Retarder** — gagner du temps. Un obstacle ne bloque jamais : il coûte des minutes. Ces minutes n'ont de valeur que si quelqu'un s'en sert.\n\n**Répondre** — faire quelque chose de ces minutes. C'est la couche qui demande d'avoir décidé à froid, parce que sur le moment on ne décide pas, on exécute ce qu'on a prévu ou on improvise mal.\n\n**Une porte blindée sans personne pour l'entendre céder ne sert à rien. Une alarme sans obstacle non plus.** La chaîne vaut son maillon le plus faible, et le maillon faible est presque toujours la détection.\n\n### Ce qui décide vraiment : l'intérêt\n\nLes entretiens menés avec des cambrioleurs disent tous la même chose, et ça vaut bien au-delà du cambriolage : **on choisit une cible facile, discrète et rentable, et on renonce dès qu'une des trois disparaît.** Presque personne ne cherche l'affrontement. L'immense majorité des intrusions sont opportunistes et s'arrêtent au premier signe que le lieu est occupé, réveillé et organisé.\n\nD'où le paradoxe le plus utile de cette fiche : **une maison visiblement fortifiée est une maison qui annonce qu'il y a quelque chose dedans.** Des barreaux neufs, une palissade montée à la hâte, un projecteur braqué sur une porte, un chien qu'on ne voit jamais mais qu'on entend tout le temps : tout cela dit « il y a un stock ici ». La discrétion protège mieux que l'apparat, et elle coûte moins cher.\n\n### Le temps est la seule monnaie\n\nUn obstacle se mesure en minutes, pas en oui ou non. Une porte tient deux minutes, une grille en tient cinq, une chaîne trente secondes. La question n'est jamais « est-ce que ça résiste », c'est **« combien de temps, et pour faire quoi pendant ce temps »**.\n\nEt une chose que tout le monde ignore : sur une porte de maison, ce n'est presque jamais la porte qui cède. C'est le chambranle, aux vis de gâche, longues de deux centimètres dans du bois tendre. Remplacer quatre vis par des vis de huit centimètres qui atteignent le mur multiplie la résistance d'une porte ordinaire pour le prix de rien.\n\n## AGIR\n\n### 1. Dissuader\n\n- **N'exposez rien.** Ni stock, ni matériel, ni routine visible depuis la rue ou le chemin. Ce qui se voit se raconte, et ce qui se raconte se transmet à des gens que vous ne verrez qu'une fois.\n- **Ayez l'air occupé, pas l'air riche.** Un lieu manifestement habité, entretenu, éclairé et bruyant aux heures normales est évité. Un lieu barricadé et silencieux est examiné.\n- **Variez vos horaires** de sortie, de corvée d'eau, de garde. Une routine se lit en deux jours et se planifie en trois.\n- **Soyez plusieurs, et que ça se sache.** Le nombre est la dissuasion la plus efficace qui existe, très loin devant le matériel.\n\n### 2. Détecter\n\nC'est la couche où l'ingéniosité rend le plus, et elle ne coûte presque rien.\n\n- **Dégagez les abords.** Tailler une haie, couper une branche, enlever un abri de jardin : vous n'ajoutez pas une défense, vous supprimez les endroits d'où l'on vous observe sans être vu. C'est le meilleur investissement en temps de toute la fiche.\n- **Rendez le sol bavard.** Gravier, gravats concassés, branchages secs, tôle, plaque de bois sur les chemins d'approche. On entend quelqu'un marcher sur du gravier bien avant de le voir.\n- **Tendez des fils déclencheurs sonores.** Un fil fin en travers d'un passage, à quinze ou vingt centimètres du sol, relié à un paquet de boîtes de conserve lestées de cailloux, à des clochettes, à un couvercle en équilibre. **C'est le dispositif le plus rentable de toute la défense d'un lieu :** il coûte trois francs, il ne blesse personne, il ne se retourne pas contre vous, et il fait exactement ce dont vous avez besoin — vous réveiller.\n- **Utilisez les animaux.** Un chien reste le meilleur détecteur connu, de jour comme de nuit, et il détecte bien avant d'aboyer. Des oies sont bruyantes et fiables. Voir [[TEC-ELE-002]].\n- **Organisez la garde.** Un tour de veille, court, à deux si possible, avec un point d'observation qui voit sans être vu, un signal convenu pour réveiller, et une relève écrite. Une garde de six heures ne veille pas ; une garde de deux heures, oui. Voir [[SURV-NUIT-001]] et [[SURV-SOC-001]].\n\n### 3. Retarder\n\n- **Réduisez le nombre d'ouvertures praticables** à une seule, et fermez solidement le reste de l'intérieur : vis longues, barres transversales, panneaux, grillage vissé, meubles lourds. Une ouverture qu'on ne peut plus utiliser n'est plus à surveiller.\n- **Gardez toujours deux issues pour vous.** C'est la règle qui ne se négocie jamais, et c'est celle qu'on sacrifie en premier quand on se barricade. Un lieu dont vous ne pouvez plus sortir n'est pas une défense, c'est un piège dont vous êtes l'occupant.\n- **Renforcez le cadre, pas le panneau.** Vis longues dans les gâches et les paumelles, barre en travers prenant appui sur les deux montants, deux points de fermeture plutôt qu'un.\n- **Canalisez.** Une clôture n'empêche pas de passer, elle décide de l'endroit où l'on passera. Rendez un chemin évident et les autres pénibles, et vous saurez où regarder.\n- **Éclairez ce que vous voulez voir, pas ce que vous voulez cacher.** Une lumière braquée vers l'extérieur vous aveugle et dessine votre silhouette. Une lumière rasante sur le sol d'approche montre les jambes sans montrer les vôtres.\n\n### 4. Répondre\n\n- **Décidez à froid, écrivez-le, répétez-le une fois.** Qui réveille qui, où l'on se regroupe, qui parle, qui reste en retrait, qui va aux enfants, ce qu'on emporte si on doit partir. **Un plan médiocre connu de tous bat un bon plan que personne n'a en tête.**\n- **Annoncez-vous tôt, de loin, et à l'abri.** La voix est l'outil le plus efficace et le plus sous-estimé. Une phrase courte, ferme, depuis une position couverte : on sait que vous êtes là, réveillé, nombreux, et que la surprise a échoué. Dans la grande majorité des cas, ça termine l'affaire.\n- **Laissez toujours une porte de sortie.** C'est une règle tactique, pas une règle morale. **Quelqu'un qui peut partir part ; quelqu'un d'acculé se bat.** Ne fermez jamais le seul chemin par lequel votre problème peut s'en aller tout seul.\n- **Ne poursuivez pas, ne sortez pas, ne récupérez rien dans l'instant.** La poursuite est le geste qui transforme un vol en drame, et elle vous fait quitter le seul terrain que vous connaissez mieux que l'autre.\n- **Gardez l'obstacle entre vous et l'autre**, restez à distance, ne vous laissez pas encercler, ne tournez pas le dos, et ne laissez personne entrer « pour discuter ».\n- **Après, réparez tout de suite et changez vos habitudes.** Un lieu attaqué une fois est réévalué par les autres. Ce qui a cédé est connu, et l'information circule vite.\n\n## ADAPTER\n\n**Sur la question des pièges.** Elle revient toujours, et elle mérite une réponse technique plutôt qu'un silence gêné.\n\nL'idée de base est juste : **le déclenchement automatique est un excellent principe**, parce qu'il travaille quand vous dormez. C'est exactement ce que fait un fil relié à des boîtes de conserve, et c'est pourquoi c'est le meilleur dispositif de cette fiche.\n\nCe qui ne marche pas, c'est d'y accrocher quelque chose qui blesse. Pas pour une raison de délicatesse, mais parce que **c'est militairement mauvais**, et pour quatre raisons qui tiennent toutes :\n\n- **Un dispositif à déclenchement ne distingue rien.** Il ne sait pas séparer un intrus d'un enfant, d'un voisin, d'un chien, d'un secouriste, ou de vous-même à trois heures du matin en allant pisser. Les données humanitaires sur les engins laissés en place sont sans ambiguïté : **les victimes sont massivement des gens du lieu, et longtemps après que le conflit est fini.** Un piège n'a pas de camp, il a un rayon.\n- **Il ne dissuade pas.** Un piège efficace est un piège invisible ; invisible, il n'empêche personne d'entrer. Vous payez le prix d'un dispositif dangereux sans obtenir le seul bénéfice qui compte, qui est que l'autre renonce avant.\n- **Il supprime la décision.** C'est le vrai défaut. La défense d'un lieu consiste à garder le choix le plus longtemps possible — parler, montrer, laisser partir, ou agir. Un dispositif automatique tranche tout seul, sans savoir, à un moment que vous n'avez pas choisi et pour une situation qu'il n'a pas vue.\n- **Il ne se désarme pas quand il faut.** Le jour où vous partez en courant, où vous revenez avec des blessés, où vous accueillez quelqu'un, il faudrait tout neutraliser dans le noir et sans erreur. Personne n'y arrive.\n\nEt il faut le dire franchement : partout, en tout temps, **un dispositif de défense automatique fait de celui qui l'a posé un agresseur et non un défenseur**, y compris quand la victime était bien un voleur. C'est une jurisprudence stable et ancienne, et elle a été écrite précisément parce que des gens ont essayé.\n\n**Ce qu'il faut garder de l'idée, donc :** tout ce qui déclenche, alerte, éclaire, bruit, marque ou ralentit — et rien de ce qui blesse. Un fil qui réveille vaut mieux qu'un fil qui coupe, parce qu'il vous rend la seule chose qui gagne réellement une confrontation : du temps, et un humain pour décider quoi en faire.\n\n**Vous êtes seul.** Vous ne pouvez pas tenir un lieu seul, et il ne faut pas essayer. Seul, on ne dort pas, on ne garde pas, on ne se soigne pas. La bonne réponse n'est pas de se durcir, c'est de se relier : deux maisons qui se veillent mutuellement valent mieux que deux maisons fortifiées séparément. Voir [[URG-EFF-002]].\n\n**Vous êtes en immeuble.** L'entrée commune est votre meilleur atout — un seul point à tenir, collectivement — et votre pire faiblesse si les voisins ne se parlent pas. Commencez par la cage d'escalier et par les gens, pas par votre porte.\n\n**Vous êtes isolé, loin de tout.** Votre défense est la distance et l'anonymat. Personne ne fait dix kilomètres pour un lieu dont il ne sait rien. Ne créez pas de traces d'usage visibles de loin : chemin battu, fumée aux mêmes heures, lumière régulière, déblais, déchets. Voir [[SURV-NUIT-001]] et [[SURV-TUN-001]].\n\n**Il y a des enfants.** Ils doivent connaître le signal, le point de regroupement et une consigne unique et simple, répétée jusqu'à être automatique. Ne leur donnez pas de rôle dans la réponse : donnez-leur un endroit et une tâche.\n\n**Ça devient répétitif.** Trois visites en deux semaines ne se règlent pas en renforçant une troisième fois la même porte. **C'est un signal, pas un incident :** votre lieu est devenu connu et considéré comme rentable. Les vraies options sont de vous relier à d'autres, de rendre le lieu manifestement moins intéressant, de déplacer ce qui attire, ou de partir. Se durcir seul face à une pression qui monte est la manière la plus régulière de perdre.\n\n**Quelqu'un demande de l'aide.** C'est la situation la plus fréquente, très loin devant l'intrusion, et c'est celle sur laquelle les groupes se déchirent. Décidez la règle avant : à quelle distance on parle, ce qu'on donne, qui décide, et ce qu'on ne fait jamais — comme laisser entrer avant d'avoir décidé collectivement. Une règle connue permet de refuser sans se haïr et d'accepter sans se diviser. Voir [[SURV-TROC-001]] et [[SURV-SOC-001]].\n\n**Vous devez quand même partir.** Alors partez tôt, de nuit, préparé, et sans l'annoncer. Un lieu n'est pas une valeur en soi : c'est de l'eau, un toit, du stock et des gens. Trois de ces quatre choses se déplacent. Voir [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-EVE-002","titre":"Sortir d'Afrique","axe":1,"categorie":"L'Éveil","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","prehistoire","migration","genetique","sapiens"],"sources":["Hublin J.-J. et al., New fossils from Jebel Irhoud, Nature, 2017","Green R., Pääbo S. et al., A Draft Sequence of the Neandertal Genome, Science, 2010","Clarkson C. et al., Human occupation of northern Australia by 65,000 years ago, Nature, 2017","Reich D., Who We Are and How We Got Here"],"corps":"::Notre espèce a près de trois cent mille ans. L'essentiel de son histoire s'est déroulé en Afrique, et tous les humains vivant hors d'Afrique descendent d'un seul départ réussi.::\n\n## Les dates établies\n\n**Environ 315 000 ans** — Jebel Irhoud, au Maroc. Les plus anciens restes actuellement attribués à notre espèce. Le visage est déjà le nôtre, la boîte crânienne pas encore tout à fait.\n\n**Environ 230 000 ans** — Omo Kibish, en Éthiopie. Anatomie pleinement moderne.\n\n**Entre 200 000 et 100 000 ans** — plusieurs sorties hors d'Afrique sont attestées : Misliya en Israël vers 185 000 ans, Skhul et Qafzeh vers 120 000 à 90 000 ans. **Aucune n'a laissé de descendance chez les humains actuels.** Ce sont des rameaux qui se sont éteints.\n\n**Environ 60 000 à 50 000 ans** — la sortie qui a tenu. Tous les humains vivant aujourd'hui hors d'Afrique en descendent.\n\n**Environ 65 000 à 50 000 ans** — Australie. Le site de Madjedbebe donne les dates les plus hautes, et elles restent discutées. L'arrivée suppose une traversée maritime de plusieurs dizaines de kilomètres, jamais franchissable à pied même au plus bas niveau des mers.\n\n**Environ 45 000 ans** — Europe, avec le site de Bacho Kiro en Bulgarie, puis l'ouest du continent en quelques millénaires.\n\n**Environ 40 000 ans** — disparition des derniers Néandertaliens.\n\n## Ce que dit la génétique\n\nLe séquençage de l'ADN ancien, à partir de 2010, a tranché des débats qui duraient depuis un siècle.\n\n**Il y a eu métissage.** Les génomes des humains non africains actuels contiennent **1 à 2 % d'ADN néandertalien**. Ceux des populations de Papouasie et d'Australie contiennent en plus **4 à 6 % d'ADN dénisovien**, venu d'un groupe qu'on ne connaissait au moment de sa découverte que par une phalange et deux dents.\n\n**Il y a eu un goulot d'étranglement.** La diversité génétique de l'ensemble des humains non africains est plus faible que celle d'une seule région d'Afrique. Autrement dit : les milliards d'humains d'Europe, d'Asie, d'Océanie et des Amériques descendent d'un groupe fondateur très réduit.\n\n**Les mouvements n'ont pas été à sens unique.** Des retours vers l'Afrique sont documentés, et les populations africaines actuelles restent les plus diverses du monde — ce qui est attendu pour la région où l'espèce a passé les deux tiers de son existence.\n\n## Ce qui a été emporté\n\nLe départ n'est pas celui d'une espèce nue. Vers 60 000 ans, le bagage technique est déjà considérable : le feu maîtrisé depuis très longtemps — voir [[MEM-EVE-001]] —, l'outil composite emmanché, la couture, la corde, le vêtement ajusté, la navigation sur des distances qui supposent une embarcation, et la capacité de vivre du froid extrême au désert.\n\n**C'est cette adaptabilité qui distingue le mieux notre espèce dans le registre fossile**, bien plus que la force ou l'endurance. Aucun autre grand mammifère n'occupe simultanément la toundra, la forêt équatoriale, le désert et la haute montagne.\n\n## Ce qui reste discuté\n\nLes dates les plus anciennes sont régulièrement révisées, presque toujours vers le haut, et plusieurs sites font l'objet de désaccords méthodologiques sérieux, notamment sur la datation des couches et sur l'attribution des outils.\n\nLe schéma général, lui, est stable depuis une quinzaine d'années : **origine africaine ancienne, plusieurs tentatives de sortie, une seule expansion tardive qui a peuplé le reste du monde, avec des métissages locaux.** Voir [[MEM-EVE-003]] pour ce que la glaciation a rendu possible.","langue":"fr"},{"id":"MEM-EVE-003","titre":"La dernière glaciation et le peuplement du monde","axe":1,"categorie":"L'Éveil","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","prehistoire","climat","glaciation","migration","mer"],"sources":["Clark P.U. et al., The Last Glacial Maximum, Science, 2009","Dillehay T., Monte Verde: A Late Pleistocene Settlement in Chile","Bennett M. et al., Evidence of humans in North America during the Last Glacial Maximum, Science, 2021","Gaffney V. et al., Europe's Lost World: The Rediscovery of Doggerland"],"corps":"::Au plus fort de la dernière glaciation, la mer était cent vingt mètres plus bas qu'aujourd'hui. Des continents se touchaient, et des pays entiers étaient à sec là où il y a aujourd'hui de l'eau.::\n\n## Les chiffres de base\n\nLe **dernier maximum glaciaire** se situe entre environ **26 500 et 19 000 ans avant le présent**. Les calottes couvrent le Canada, la Scandinavie, le nord des îles britanniques et une grande partie du nord de la Russie, sur des épaisseurs atteignant trois kilomètres.\n\nToute cette eau vient de la mer. **Le niveau marin est inférieur d'environ 120 à 130 mètres au niveau actuel.** C'est la conséquence la plus lourde et la moins intuitive : elle redessine la carte du monde.\n\nLa glaciation s'achève vite à l'échelle géologique. Vers 11 700 ans avant le présent, après un dernier sursaut froid de plus de mille ans — le Dryas récent —, le climat bascule dans l'Holocène, la période chaude et stable dans laquelle nous vivons encore.\n\n## Les terres qui ont disparu\n\n**La Béringie.** L'Alaska et la Sibérie ne sont pas séparés : ils forment une plaine continue, large de plus de mille kilomètres, froide, sèche et habitable. Ce n'est pas un pont qu'on traverse, c'est un pays où l'on vit.\n\n**Le Sahul.** L'Australie, la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie forment un seul continent.\n\n**Le Sunda.** La péninsule malaise, Sumatra, Java et Bornéo sont reliés à l'Asie.\n\n**Le Doggerland.** Entre l'Angleterre et le Danemark, la mer du Nord actuelle est une plaine giboyeuse, avec des rivières et des zones humides. Les chaluts y remontent encore des outils, des ossements et de la tourbe. Elle est submergée entre 8 000 et 6 000 avant notre ère.\n\nLa conséquence générale tient en une phrase : **une très grande partie des sites côtiers habités pendant la glaciation est aujourd'hui sous l'eau.** Ce que nous connaissons de cette période est donc structurellement biaisé vers l'intérieur des terres.\n\n## Le peuplement des Amériques\n\nC'est le dossier le plus discuté de la préhistoire récente, et il a beaucoup bougé.\n\nLe schéma classique faisait entrer les premiers Américains par la Béringie vers 13 000 ans, associés aux pointes de Clovis. Il ne tient plus tel quel.\n\n- **Monte Verde**, au Chili, est daté d'environ 14 500 ans — bien avant Clovis, et à l'autre bout du continent.\n- Des sites plus anciens sont proposés, et les **empreintes de pas de White Sands**, au Nouveau-Mexique, ont été datées entre 23 000 et 21 000 ans. La datation est contestée, le débat n'est pas clos.\n- Une **route côtière** par le Pacifique, longeant la lisière des glaces en embarcation, est aujourd'hui jugée au moins aussi probable que le corridor intérieur entre les deux calottes, lequel n'a sans doute été praticable que tardivement.\n\nCe qu'il faut retenir : **l'arrivée est plus ancienne et plus maritime que ne le disait le modèle du vingtième siècle.**\n\n## La mégafaune\n\nEntre 50 000 et 10 000 ans, la plupart des très grands mammifères disparaissent : mammouths, rhinocéros laineux, paresseux géants, marsupiaux géants d'Australie, chevaux et chameaux d'Amérique du Nord.\n\nDeux causes sont invoquées et elles ne s'excluent pas : le changement climatique rapide de la fin de la glaciation, et la chasse humaine. Un argument revient dans le débat : **les extinctions suivent souvent l'arrivée des humains plus fidèlement qu'elles ne suivent le climat**, et elles épargnent largement l'Afrique, où la faune avait évolué en présence d'hominidés depuis des millions d'années.\n\n## Pourquoi cela compte encore\n\nDeux choses.\n\nD'abord, **l'Holocène est une anomalie de stabilité.** Les onze mille dernières années sont climatiquement bien plus calmes que les cent mille qui précèdent. Toute l'agriculture, toutes les villes et toute l'histoire écrite tiennent dans cette fenêtre. Voir [[MEM-AGR-001]].\n\nEnsuite, l'ordre de grandeur : **cent vingt mètres de niveau marin séparent un monde glaciaire d'un monde chaud.** C'est la mesure de ce qu'un climat fait à une géographie, et c'est le genre de chiffre qu'on a intérêt à avoir en tête. Voir [[MEM-ANT-003]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-AGR-002","titre":"Les foyers de domestication","axe":1,"categorie":"Les révolutions agricoles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","agriculture","domestication","plantes","elevage","neolithique"],"sources":["Zeder M., Core questions in domestication research, PNAS, 2015","Fuller D. et al., Convergent evolution and parallelism in plant domestication, Annals of Botany","Larson G. et al., Current perspectives and the future of domestication studies, PNAS, 2014","Librado P. et al., The origins and spread of domestic horses, Nature, 2021"],"corps":"::L'agriculture n'a pas été inventée une fois puis diffusée. Elle a été inventée au moins une dizaine de fois, séparément, sur quatre continents, en quelques milliers d'années.::\n\nC'est le fait le plus important de la période et le moins connu. Des populations qui ne se sont jamais rencontrées ont résolu le même problème à peu près au même moment de l'Holocène, avec des espèces entièrement différentes.\n\n## Les foyers indépendants\n\n**Le Croissant fertile** — à partir d'environ 11 500 ans avant le présent. Engrain et amidonnier, orge, lentille, pois, pois chiche, fève, lin. Côté animal : la chèvre et le mouton vers 10 500 ans, puis le porc et le bovin issu de l'aurochs. C'est le foyer le mieux documenté, ce qui explique qu'on l'ait longtemps cru unique.\n\n**La Chine** — deux foyers distincts. Le riz dans la vallée du Yangzi vers 9 000 ans, les millets dans le bassin du fleuve Jaune vers 8 000 ans. Puis le soja et le porc.\n\n**La Mésoamérique** — la courge vers 10 000 ans, le maïs à partir d'une graminée sauvage, la téosinte, dans la vallée du Balsas vers 9 000 ans, le haricot ensuite. **Aucun animal de trait**, et cette absence explique une grande partie de ce qui suivra.\n\n**Les Andes** — la pomme de terre vers 8 000 ans, le quinoa, puis le lama, l'alpaga et le cochon d'Inde.\n\n**La Nouvelle-Guinée** — taro et banane vers 7 000 ans, avec des systèmes de drainage attestés sur le site de Kuk.\n\n**L'Afrique sahélienne** — sorgho et mil vers 5 000 à 4 000 ans, dans un Sahara qui s'assèche.\n\n**L'est de l'Amérique du Nord** — courge, tournesol et plusieurs plantes aujourd'hui oubliées, vers 5 000 à 4 000 ans.\n\n**La steppe pontique** — le cheval domestique dont descendent tous les chevaux actuels apparaît vers 4 200 ans avant le présent, beaucoup plus tard qu'on ne le croyait.\n\n## Ce qu'une plante domestiquée a perdu\n\nUne espèce cultivée n'est pas une espèce sauvage qu'on récolte. Elle a été modifiée, et toujours dans le même sens, parce que la récolte sélectionne toujours les mêmes caractères.\n\n**Le rachis ne se casse plus.** Une céréale sauvage disperse ses graines dès qu'elles sont mûres : c'est sa manière de se reproduire. Les plantes qu'on récolte à la faucille sont préférentiellement celles dont l'épi tient. En quelques siècles, la plante ne sait plus se semer seule. **Le blé dépend de nous exactement autant que nous dépendons de lui.**\n\n**Les graines grossissent** et germent toutes en même temps, au lieu d'étaler leur germination sur plusieurs années comme le fait une plante sauvage prudente.\n\n**L'amertume et la toxicité reculent**, parce qu'on resème ce qu'on a aimé manger.\n\nChez les animaux, le schéma est comparable : réduction de la taille, du cerveau et de l'agressivité, avancée de la maturité sexuelle, tolérance à la promiscuité.\n\n## Ce que cela a demandé de temps\n\n**La domestication n'est pas un événement, c'est un processus de plusieurs millénaires.** Les sites du Croissant fertile montrent des populations qui récoltent du blé encore sauvage pendant plus de mille ans avant que les caractères domestiques se fixent. Personne, à aucun moment, n'a décidé d'inventer l'agriculture.\n\nCe qui rend cette période intelligible, c'est plutôt une conjonction : un climat devenu stable, des populations déjà sédentaires par endroits, et des plantes localement abondantes qu'on a commencé par simplement protéger.\n\n## Ce qui en reste d'utilisable\n\nDeux choses, directement.\n\n**La diversité des foyers est une leçon de fond** : il n'existe pas une agriculture, mais des agricultures adaptées à un sol, un climat et une main-d'œuvre. Voir [[TEC-SOL-001]].\n\n**La dépendance est réciproque et elle est totale.** Les plantes qui nous nourrissent ne survivent pas sans nous, et c'est pourquoi la conservation des semences est une compétence et non un détail. Voir [[TEC-AGR-002]] et [[MEM-AGR-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-AGR-003","titre":"Ce que l'agriculture a fait aux corps","axe":1,"categorie":"Les révolutions agricoles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","agriculture","sante","demographie","paleopathologie","maladie"],"sources":["Cohen M.N., Armelagos G., Paleopathology at the Origins of Agriculture","Larsen C.S., Bioarchaeology: Interpreting Behavior from the Human Skeleton","Mummert A. et al., Stature and robusticity during the agricultural transition, Economics and Human Biology, 2011","Wolfe N. et al., Origins of major human infectious diseases, Nature, 2007"],"corps":"::Les squelettes sont formels et le résultat est contre-intuitif : l'agriculture a produit beaucoup plus d'humains, en moins bonne santé que ceux qui l'ont précédée.::\n\nCe n'est pas une opinion sur le progrès. C'est ce que montrent, région après région, les séries de squelettes qui encadrent le passage à l'agriculture.\n\n## Ce que les os enregistrent\n\n**La taille diminue.** Le phénomène est observé sur la majorité des séries étudiées dans le monde, avec une perte de plusieurs centimètres en moyenne au moment de la transition, et une récupération qui prendra parfois des millénaires. La taille adulte est un bon indicateur de l'alimentation reçue pendant la croissance.\n\n**Les caries explosent.** Une alimentation riche en glucides fermentescibles — céréales, bouillies — nourrit les bactéries de la bouche. Les populations de chasseurs-cueilleurs présentent des taux de caries très bas ; les populations agricoles, des taux élevés, et cela dès les premières générations.\n\n**Les carences deviennent visibles.** Deux marqueurs reviennent partout : la **cribra orbitalia**, porosité du toit de l'orbite associée aux anémies, et l'**hypoplasie de l'émail**, sillons horizontaux sur les dents qui enregistrent un arrêt de croissance pendant l'enfance — une maladie, une disette. Sur les dents d'un adulte, on lit les famines de ses six ans.\n\n**Les articulations s'usent autrement.** Les insertions musculaires et les arthroses se déplacent vers le bas du dos, les genoux et les épaules : des gestes répétitifs, longs, avec des charges. Moudre du grain à la main laisse des traces reconnaissables chez les femmes de nombreuses populations néolithiques.\n\n## Pourquoi le régime s'appauvrit\n\nUn chasseur-cueilleur mange un grand nombre d'espèces différentes au fil de l'année. Un agriculteur mange essentiellement sa récolte.\n\n**La diversité alimentaire chute et la dépendance monte.** Trois ou quatre espèces fournissent l'essentiel des calories. Quand l'une échoue, il n'y a pas de substitut, et il n'y a plus le savoir ni le territoire pour aller chercher ailleurs. **La famine, au sens strict, est une invention agricole** : elle suppose qu'on dépende d'une récolte. Voir [[SURV-RES-001]].\n\n## Les maladies qui apparaissent\n\nLa plupart des grandes maladies infectieuses humaines sont d'origine animale, et leur installation demande deux conditions que seule l'agriculture réunit.\n\n**La proximité durable avec des animaux.** La rougeole est apparentée à la peste bovine, la variole à des poxvirus animaux, la grippe circule entre oiseaux, porcs et humains, la tuberculose et la brucellose viennent du bétail.\n\n**Une population assez dense pour entretenir la chaîne.** Un virus qui immunise ses survivants a besoin d'un flux permanent de nouveaux hôtes. En dessous d'un certain nombre d'habitants en contact, il s'éteint. La rougeole, par exemple, demande une population importante pour se maintenir durablement.\n\nS'y ajoute ce qui vient de la sédentarité elle-même : l'eau souillée par les déjections, les rongeurs attirés par les greniers, les parasites intestinaux, et le fait de vivre toute l'année au même endroit que ses propres déchets. Voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-CON-006]].\n\n## Et pourtant, elle gagne\n\nC'est le point qui rend le dossier intéressant. Si l'agriculture rend la vie plus dure, pourquoi s'impose-t-elle partout ?\n\nParce que **la sélection ne porte pas sur le confort, elle porte sur le nombre.** Une femme sédentaire peut avoir des enfants plus rapprochés qu'une femme qui se déplace à pied avec eux, et les bouillies de céréales permettent un sevrage plus précoce. La mortalité infantile augmente, mais la natalité augmente davantage.\n\nLe résultat est une croissance démographique lente et irrésistible. **Un groupe agricole en moins bonne santé qu'un groupe de chasseurs finit par occuper son territoire, simplement parce qu'il est dix fois plus nombreux.** Voir [[MEM-AGR-001]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\nDeux choses, qui valent encore.\n\n**La densité et l'hygiène décident de la santé d'un groupe**, davantage que l'abondance alimentaire. C'est vrai au Néolithique, c'est vrai dans un camp, c'est vrai dans un immeuble sans eau courante. Voir [[URG-EFF-002]].\n\n**La spécialisation nourrit plus et protège moins.** Plus un système alimentaire repose sur peu d'espèces, plus il produit — et plus il tombe entièrement quand il tombe. Voir [[MEM-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-002","titre":"Les premières villes et l'irrigation","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","ville","irrigation","mesopotamie","indus","sel","administration"],"sources":["Jacobsen T., Adams R., Salt and Silt in Ancient Mesopotamian Agriculture, Science, 1958","Algaze G., Ancient Mesopotamia at the Dawn of Civilization","Kenoyer J.M., Ancient Cities of the Indus Valley Civilization","Hodder I., The Leopard's Tale: Revealing the Mysteries of Çatalhöyük"],"corps":"::Une ville n'est pas un gros village. C'est une population qui ne produit pas sa nourriture, et qui doit donc organiser le fait que d'autres la produisent pour elle.::\n\n## Les dates et les lieux\n\n**Çatal Höyük**, en Anatolie, entre environ 7 100 et 5 700 avant notre ère. Plusieurs milliers d'habitants, des maisons accolées sans rues, où l'on entre par le toit. Pas de temple central, pas de palais, pas de bâtiment administratif : c'est une très grande agglomération, pas encore une ville au sens politique.\n\n**Uruk**, en basse Mésopotamie, à partir d'environ 4 000 avant notre ère. Vers 3 000 avant notre ère, la population est estimée entre quarante et quatre-vingt mille habitants. On y trouve tout ce qui manquait à Çatal Höyük : un centre monumental, des greniers, une administration, et l'écriture — voir [[MEM-CIT-001]].\n\n**Mohenjo-daro et Harappa**, dans la vallée de l'Indus, entre environ 2 600 et 1 900 avant notre ère. Plan en damier, briques cuites aux dimensions standardisées sur des centaines de kilomètres, puits, salles d'eau, et un réseau d'évacuation couvert dans les rues. **Un niveau d'assainissement urbain que l'Europe ne retrouvera qu'au dix-neuvième siècle.**\n\n## L'eau, et le prix qu'elle coûte\n\nLa basse Mésopotamie reçoit trop peu de pluie pour l'agriculture sèche. Tout y dépend du Tigre et de l'Euphrate, donc de canaux.\n\nUn réseau de canaux a trois propriétés qui déterminent la suite.\n\n**Il produit énormément.** Une terre irriguée en climat chaud donne des rendements sans commune mesure avec ceux de l'agriculture pluviale, et permet parfois deux récoltes.\n\n**Il s'envase.** Un canal se comble en permanence, et son curage est un travail collectif obligatoire, répété, qui ne peut pas être décidé par une famille isolée. **C'est là que naît une bonne partie de l'administration** : il faut compter les journées de travail, répartir l'eau, arbitrer entre l'amont et l'aval.\n\n**Il concentre le pouvoir.** Celui qui contrôle une vanne contrôle des récoltes en aval. L'irrigation ne crée pas mécaniquement l'État, mais elle en facilite beaucoup l'apparition.\n\n## Le sel\n\nC'est le cas documenté le plus instructif de toute la période.\n\nIrriguer en climat chaud fait remonter l'eau par capillarité, et l'évaporation laisse en surface les sels qu'elle contenait. Sans drainage suffisant et sans jachère, **le sol se sale, lentement, irréversiblement à l'échelle humaine.**\n\nLes archives cunéiformes permettent de le mesurer, parce que le blé supporte mal le sel et l'orge nettement mieux. En basse Mésopotamie, la part du blé dans les récoltes passe d'environ un sixième vers 2 400 avant notre ère à quelques pour cent vers 2 100, puis à presque rien vers 1 700. Les rendements déclarés chutent dans le même temps.\n\nLes causes de l'effacement des cités sumériennes sont multiples et débattues, mais **le déplacement du centre de gravité politique vers le nord, à Babylone, suit la dégradation des terres du sud.** On voit rarement aussi bien, et sur des sources écrites, une société consommer la ressource qui la porte.\n\n## Ce qu'une ville exige\n\nTrois conditions permanentes, valables d'Uruk à aujourd'hui :\n\n- **Un surplus agricole régulier**, produit par d'autres, et acheminé.\n- **Un moyen de le compter**, donc l'écriture, la mesure et le stockage.\n- **Une solution pour les déchets et l'eau usée**, faute de quoi la densité se paie en épidémies.\n\nLa troisième est celle qu'on oublie, et c'est celle qui tue. La vallée de l'Indus l'avait résolue avant tout le monde ; beaucoup de villes postérieures, non.\n\n## Ce qui en reste\n\nDeux idées qui traversent tout le corpus.\n\n**La ville est une machine à dépendances.** Elle est le lieu le plus productif et le plus vulnérable, parce que rien de ce qu'elle consomme n'y est produit. Voir [[MEM-ANT-002]].\n\n**L'assainissement précède la médecine.** Ce qui a permis les fortes densités, ce sont des rigoles et des puits, pas des soins. Voir [[MEM-ACC-004]] et [[TEC-CON-006]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-003","titre":"Cuivre, bronze, fer","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","metallurgie","bronze","fer","etain","commerce","outil"],"sources":["Roberts B., Thornton C., Archaeometallurgy in Global Perspective","Radivojević M. et al., On the origins of extractive metallurgy, Journal of Archaeological Science","Pigott V., The Archaeometallurgy of the Asian Old World","Tylecote R.F., A History of Metallurgy"],"corps":"::Le bronze fait de meilleurs outils que le fer. C'est pourtant le fer qui a tout changé, parce que son minerai est partout et que celui du bronze ne l'était nulle part.::\n\n## Le cuivre\n\nLe cuivre existe à l'état natif, en pépites métalliques qu'on peut marteler à froid. C'est le premier métal travaillé, dès le neuvième millénaire avant notre ère en Anatolie.\n\nLe saut n'est pas là. Il est dans la **réduction** : chauffer un minerai vert ou bleu, qui ne ressemble pas du tout à du métal, en présence de charbon de bois, et en faire sortir du cuivre liquide. Cela suppose une température de l'ordre de mille degrés, un four capable de la tenir, et une atmosphère pauvre en oxygène. C'est attesté vers le cinquième millénaire avant notre ère, dans les Balkans et au Proche-Orient.\n\nLe cuivre pur a un défaut : il est mou. Une lame en cuivre plie.\n\n## Le bronze\n\nLe bronze est un alliage de cuivre et d'environ un dixième d'étain. Il apparaît vers 3 300 à 3 000 avant notre ère et il est très supérieur au cuivre : plus dur, il coule mieux, et il se coule en moule, donc il se reproduit à l'identique.\n\nIl a un défaut, et ce défaut fait l'histoire de deux millénaires. **L'étain est rare et il n'est presque jamais là où se trouve le cuivre.** Les gisements exploités à l'âge du bronze sont lointains : Afghanistan, Anatolie, plus tard Cornouailles et Bretagne.\n\nFabriquer une épée de bronze à Mycènes suppose donc un réseau commercial continu de plusieurs milliers de kilomètres, des intermédiaires, des palais qui financent, des scribes qui comptent, des routes protégées. **L'âge du bronze est structurellement un âge de réseaux longs**, et un métal qui ne tolère pas leur rupture. Voir [[MEM-CIT-004]].\n\nConséquence sociale directe : le bronze est cher. L'armement de bronze équipe des élites, pas des populations.\n\n## Le fer\n\nLe minerai de fer, lui, est banal. Presque toutes les régions en ont, jusqu'aux oxydes qu'on ramasse dans les marais.\n\nLe problème est thermique. Le fer pur fond à 1 538 degrés, température hors de portée des fours anciens. La solution trouvée contourne l'obstacle : on ne fond pas le fer, on le **réduit à l'état pâteux** vers 1 100 à 1 200 degrés, ce qui donne une masse spongieuse mêlée de scories, la loupe, qu'il faut ensuite marteler longuement, à chaud, pour en chasser les impuretés.\n\nC'est un procédé long, exigeant, et qui demande un savoir-faire réel. Le fer météoritique est travaillé bien avant, et des objets en fer existent dès le troisième millénaire, mais **l'usage courant ne s'installe qu'entre 1 200 et 1 000 avant notre ère**, c'est-à-dire juste après l'effondrement des réseaux de l'étain.\n\n## Ce que le fer change\n\n**Il démocratise l'outil.** Une hache, une faux, un soc, une pointe : avec du minerai local, du charbon de bois et un forgeron, un village produit son propre métal. Il ne dépend plus d'un palais ni d'une route commerciale.\n\n**Il transforme l'agriculture** avant de transformer la guerre. Un soc capable de retourner une terre lourde ouvre des sols que le bois et le bronze ne pouvaient pas travailler.\n\n**Il déplace la rareté**, du métal vers la compétence. Ce qui devient précieux, ce n'est plus le lingot, c'est le forgeron.\n\n## L'acier, en une phrase\n\nL'acier est du fer contenant une faible proportion de carbone, de l'ordre de quelques dixièmes à deux pour cent. En dessous, c'est du fer doux, ductile et peu dur. Au-dessus, c'est de la fonte, dure et cassante.\n\nToute la métallurgie du tranchant consiste à placer et à traiter ce carbone au bon endroit : un cœur tenace, un fil dur. Les procédés anciens y parviennent empiriquement, par cémentation et par forgeage répété, longtemps avant qu'on en comprenne la chimie. Voir [[TEC-MEC-005]] et [[SURV-OUT-001]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Ce n'est pas la performance d'un matériau qui décide, c'est sa disponibilité.** Le bronze est meilleur que le premier fer sur presque tous les critères, et c'est le fer qui l'emporte parce qu'il ne dépend de personne.\n\nC'est un principe qui s'applique encore, et qui vaut pour tout le corpus : **une solution médiocre et locale bat une solution excellente qui dépend d'une chaîne longue.** Voir [[SURV-REC-002]] et [[TEC-COR-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-004","titre":"L'effondrement de l'âge du bronze","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","effondrement","bronze","secheresse","reseau","ecriture"],"sources":["Cline E., 1177 B.C.: The Year Civilization Collapsed","Kaniewski D. et al., Environmental Roots of the Late Bronze Age Crisis, PLOS ONE, 2013","Drews R., The End of the Bronze Age","Archives d'Ougarit et correspondance d'Amarna, corpus épigraphique"],"corps":"::En moins d'un siècle, autour de 1 200 avant notre ère, presque toutes les grandes puissances de la Méditerranée orientale disparaissent en même temps. C'est le mieux documenté des effondrements anciens.::\n\n## Ce qui est établi\n\nEntre environ 1 200 et 1 150 avant notre ère, les destructions et les abandons se succèdent sur une aire immense.\n\n- **L'empire hittite** disparaît. Sa capitale, Hattusa, est abandonnée et en partie brûlée.\n- **Les palais mycéniens** — Mycènes, Pylos, Tirynthe — sont détruits ou désertés.\n- **Ougarit**, port syrien majeur, est détruite et n'est jamais réoccupée. Ses archives s'arrêtent net, et les dernières tablettes, retrouvées dans un four de cuisson, parlent de navires ennemis et de demandes de secours restées sans réponse.\n- **Les cités cananéennes** et chypriotes subissent des destructions comparables.\n- **L'Égypte** survit, mais affaiblie et rétrécie. Les inscriptions de Ramsès III à Médinet Habou décrivent, vers 1 177 avant notre ère, la bataille livrée à une coalition venue de la mer.\n- **L'Assyrie** survit également, à l'intérieur des terres.\n\nAprès : la Grèce perd l'usage de l'écriture linéaire B, et n'écrit plus pendant environ quatre siècles. Les échanges à longue distance se contractent. Les populations urbaines chutent.\n\n## Ce qui est débattu\n\nLes causes. Elles sont nombreuses, elles se recoupent, et aucune ne suffit seule.\n\n**La sécheresse.** Les analyses de pollens et d'isotopes, notamment dans des carottes prélevées à Chypre et sur la côte levantine, indiquent une période sèche prolongée à partir de la fin du treizième siècle avant notre ère. Des correspondances de l'époque mentionnent des envois de grain en urgence entre royaumes.\n\n**Les mouvements de populations.** Les textes égyptiens désignent des groupes venus par mer et par terre. Ce que ces groupes étaient — envahisseurs organisés, migrants poussés par la famine, populations locales révoltées, ou un peu de tout cela — reste une question ouverte.\n\n**Les séismes.** Une série de tremblements de terre est attestée dans la région sur cette période. Elle explique certaines destructions, pas leur simultanéité générale.\n\n**La rupture des réseaux.** C'est l'explication la plus moderne et la plus convaincante. Tout le système reposait sur la circulation à longue distance de l'étain, indispensable au bronze — voir [[MEM-CIT-003]]. Chaque palais dépendait des autres pour le métal, le grain et le luxe. **Une économie de ce type est très performante tant qu'elle fonctionne, et très mauvaise pour amortir un choc**, parce que la défaillance d'un nœud se propage à tous les autres.\n\n## Le mécanisme, plutôt que la cause\n\nC'est ce que ce cas apporte au reste du corpus, et il le montre mieux que n'importe quel autre.\n\nAucun des chocs pris isolément — une sécheresse, un séisme, une razzia — n'était inédit. Ces sociétés en avaient traversé d'autres. **Ce qui change, c'est qu'ils surviennent ensemble sur un système devenu étroitement couplé**, où chaque acteur avait optimisé sa dépendance aux autres.\n\nLa reprise est lente, mais elle emporte une nouveauté décisive : **le fer, qui ne dépend d'aucune route commerciale, s'impose dans les siècles qui suivent.** L'effondrement d'un système fondé sur un métal rare accouche d'un monde fondé sur un métal banal.\n\n## Ce qu'il faut en garder\n\nTrois observations, transposables.\n\n**Un système optimisé est un système fragile.** L'efficacité s'obtient en supprimant les marges, et les marges sont exactement ce qui absorbe les chocs.\n\n**Les effondrements ne se voient pas venir de l'intérieur.** Les archives d'Ougarit montrent une administration qui fonctionne normalement jusqu'aux dernières semaines.\n\n**Ce qui repart n'est jamais ce qui est tombé.** La reconstruction se fait sur d'autres bases techniques, avec d'autres matériaux et d'autres acteurs.\n\nCes mécanismes sont repris et généralisés dans [[MEM-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-005","titre":"La monnaie frappée","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","monnaie","echange","confiance","etat","inflation"],"sources":["Schaps D., The Invention of Coinage and the Monetization of Ancient Greece","Graeber D., Debt: The First 5000 Years","Von Reden S., Money in Classical Antiquity","Butcher K., Ponting M., The Metallurgy of Roman Silver Coinage"],"corps":"::Frapper une monnaie, ce n'est pas inventer l'échange. C'est déplacer la confiance : au lieu de vérifier le métal, on vérifie qui l'a marqué.::\n\n## Avant la pièce\n\nL'échange marchand est bien plus ancien que la monnaie, et il fonctionne sans elle.\n\n**On paie au poids.** Des anneaux, des lingots et des fragments d'argent circulent en Mésopotamie depuis le troisième millénaire avant notre ère, pesés à chaque transaction. L'orge sert d'unité de compte pour les salaires et les loyers.\n\n**On paie par écriture.** Une grande partie de l'économie des palais et des temples fonctionne par créances inscrites sur tablette, compensées entre parties. **La comptabilité précède la monnaie de plusieurs millénaires** — voir [[MEM-CIT-001]].\n\nLe problème n'est donc pas l'absence de moyen de paiement. Le problème est que peser et titrer du métal à chaque transaction est lent, et suppose de faire confiance à une balance.\n\n## L'invention\n\n**Lydie, Asie Mineure, vers 610 à 560 avant notre ère.** Les premières pièces frappées connues sont en électrum, un alliage naturel d'or et d'argent. Elles portent une empreinte : le poids et le titre sont désormais garantis par l'autorité qui frappe.\n\nVers 560 avant notre ère, sous Crésus, on sépare les émissions d'or et d'argent, ce qui rend la valeur beaucoup plus lisible.\n\nL'invention se diffuse vite dans le monde grec, où chaque cité frappe bientôt la sienne.\n\nDeux autres foyers apparaissent presque en même temps, indépendamment :\n\n- **La Chine**, aux sixième et cinquième siècles avant notre ère, avec des monnaies de bronze en forme de bêche et de couteau, puis la pièce ronde percée d'un trou carré. L'unification monétaire par Qin, vers 221 avant notre ère, en fait un instrument d'État.\n- **L'Inde**, au sixième siècle avant notre ère, avec des monnaies d'argent poinçonnées.\n\n## Ce que cela change réellement\n\n**On compte au lieu de peser.** Un paiement devient une opération de quelques secondes, faisable par n'importe qui, sans balance et sans expertise.\n\n**Le petit échange devient possible.** Les pièces divisionnaires permettent la transaction quotidienne, celle d'un artisan ou d'un soldat. C'est la vraie rupture : la monnaie descend jusqu'au marché.\n\n**L'État se dote d'un levier.** Frapper permet de payer une armée, de lever un impôt dans la même unité, et d'exiger que l'impôt soit payé dans sa propre monnaie — ce qui oblige toute la population à s'en procurer, donc à vendre. Beaucoup de premières monnayages sont d'abord des monnaies de solde.\n\n## Le revers, immédiat et permanent\n\nDès lors que la valeur repose sur une garantie et non sur le métal, **celui qui garantit peut tricher.**\n\nLe cas romain est le mieux mesuré. Le denier contient environ quatre-vingt-dix-sept pour cent d'argent sous Auguste. Il tombe à environ cinquante pour cent au début du troisième siècle, puis à quelques pour cent d'argent en surface sur un cœur de bronze dans les décennies suivantes. Les prix, eux, montent.\n\nC'est le premier mécanisme d'inflation documenté, et il ne demande aucune théorie économique : **il suffit d'avoir besoin de payer plus de gens qu'on ne lève d'impôt.**\n\n## Ce qu'il en reste d'utile\n\n**Une monnaie n'a de valeur que tant qu'on croit à son émetteur.** Une pièce d'argent garde une valeur de métal ; un billet, une écriture ou un solde n'en ont aucune si la confiance tombe. C'est la seule raison pour laquelle les périodes de rupture voient réapparaître le troc, le métal pesé et les monnaies de fait — sel, munitions, cigarettes, carburant.\n\n**Ce qui fait monnaie dans ces périodes obéit toujours aux mêmes critères** : divisible, durable, transportable, reconnaissable sans expertise, et désiré par quelqu'un d'autre que vous. Le reste du raisonnement est dans [[SURV-TROC-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-002","titre":"Les routes de la soie","axe":1,"categorie":"Ère des échanges et grands pôles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","commerce","asie","technique","transmission","papier"],"sources":["Hansen V., The Silk Road: A New History","Frankopan P., The Silk Roads: A New History of the World","Liu X., The Silk Road in World History","Han shu, récit de la mission de Zhang Qian"],"corps":"::Il n'y a jamais eu de route de la soie. Il y a eu un réseau de relais courts, et le nom lui-même a été inventé en 1877 par un géographe allemand.::\n\n## Ce que le nom cache\n\nLe terme est de Ferdinand von Richthofen, qui l'emploie en 1877. Aucun marchand d'aucune époque ne s'est jamais dit qu'il prenait la route de la soie.\n\nCe qui existait est différent et plus intéressant : **un chapelet d'itinéraires reliant des oasis, où les marchandises changeaient de main un grand nombre de fois.** Un marchand sogdien couvrait un segment, revendait, repartait. Presque personne ne faisait le trajet complet, et la marchandise, elle, le faisait sans que quiconque l'accompagne d'un bout à l'autre.\n\nLa conséquence compte : **les extrémités du réseau ne se connaissaient pas.** Rome avait une idée très vague de la Chine, et réciproquement.\n\n## Les dates\n\nL'ouverture documentée date de la mission de **Zhang Qian**, envoyé par l'empereur Han vers l'ouest entre environ 138 et 126 avant notre ère. Il partait chercher une alliance militaire ; il revient avec la description de royaumes, de marchés et de chevaux.\n\nLe réseau fonctionne ensuite par périodes, au gré de ce qui le rend possible : la stabilité des empires aux deux bouts, et la sécurité des traversées. Il est particulièrement actif sous les Han, sous les Tang, puis sous l'empire mongol au treizième siècle, qui unifie politiquement presque tout le trajet.\n\n**Il faut ajouter une correction d'échelle** : les routes maritimes, par l'océan Indien et la mer de Chine, ont transporté bien plus de volume que les pistes terrestres. Un navire porte ce que porteraient des centaines de chameaux.\n\n## Ce qui circulait vraiment\n\nLa soie, oui, et elle valait très cher. Mais l'inventaire réel est plus large et moins glorieux : chevaux de Ferghana, laque, céramique, verre romain et syrien, ambre, pierres semi-précieuses, épices, papier, métaux, tissus de laine et de coton, esclaves, et beaucoup d'argent métal.\n\n**Ce qui a compté davantage que les marchandises, ce sont les choses qui voyagent gratuitement avec elles.**\n\n**Les techniques.** La fabrication du papier, secret chinois, se diffuse vers l'ouest à partir du huitième siècle ; la tradition en situe la transmission après la bataille de Talas, en 751, où des artisans chinois passent à Samarcande. De là, Bagdad, puis l'Espagne, puis l'Europe — quatre siècles pour traverser le continent. Sans papier, pas d'imprimerie : voir [[MEM-ACC-001]].\n\n**Les religions.** Le bouddhisme entre en Chine par ces routes. Le manichéisme, le christianisme nestorien et plus tard l'islam suivent les mêmes pistes. Les grandes bibliothèques de manuscrits du désert, comme celle de Dunhuang, sont les archives de ce transit.\n\n**Les plantes.** Vigne, luzerne, noyer, pêcher, agrumes, coton : les espèces cultivées se déplacent avec les caravanes, et transforment durablement les agricultures locales.\n\n**Les maladies.** Le même réseau transporte des agents infectieux à des vitesses inédites. La peste noire du quatorzième siècle emprunte ces routes — voir [[MEM-ECH-003]].\n\n## Ce que ça démontre\n\nDeux choses, qui dépassent largement la période.\n\n**Un réseau d'échange transporte toujours plus que sa marchandise.** Techniques, idées, langues, maladies : tout circule par le même canal, sans qu'aucun marchand l'ait voulu ni même su.\n\n**Les relais l'emportent sur les routes directes.** Ce réseau n'a jamais eu de maître d'ouvrage, pas de tracé unique, pas de propriétaire. Il fonctionnait parce qu'il était fait de segments courts, redondants et remplaçables. **Il a duré quinze siècles pour cette raison précise** — c'est l'exact inverse des réseaux longs et rigides de l'âge du bronze, qui se sont effondrés d'un coup. Voir [[MEM-CIT-004]] et [[MEM-ECH-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-003","titre":"La peste noire","axe":1,"categorie":"Ère des échanges et grands pôles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","epidemie","peste","demographie","quarantaine","salaire"],"sources":["Bos K. et al., A draft genome of Yersinia pestis from victims of the Black Death, Nature, 2011","Benedictow O., The Black Death 1346-1353: The Complete History","Herlihy D., The Black Death and the Transformation of the West","Statutes of Dubrovnik, 1377, première quarantaine documentée"],"corps":"::Entre 1347 et 1352, l'Europe perd entre un tiers et la moitié de sa population. Aucun autre événement documenté n'a fait cela aussi vite.::\n\n## Les faits\n\n**L'agent** est identifié avec certitude depuis 2011 : l'ADN de *Yersinia pestis* a été extrait de dents de victimes du cimetière d'East Smithfield, à Londres, ouvert spécialement pour l'épidémie. Le débat qui durait depuis un siècle sur la nature de la maladie est clos.\n\n**La chronologie** est serrée. La maladie circule en Asie centrale dans les années 1330 et 1340. Elle atteint le port de Caffa, en Crimée, en 1346. Elle entre en Europe par Messine en octobre 1347, avec des navires génois. Elle couvre l'Italie et la France en 1348, l'Angleterre et l'Allemagne en 1349, la Scandinavie et la Russie en 1350 et 1351.\n\n**La mortalité** est estimée entre trente et soixante pour cent selon les régions, avec une valeur souvent retenue autour de la moitié. La population européenne passe d'environ quatre-vingts millions à environ cinquante millions. Certaines villes perdent les deux tiers de leurs habitants ; des villages disparaissent définitivement.\n\n**Ce n'est pas un événement unique.** La peste revient par vagues pendant quatre siècles : Londres en 1665, Marseille en 1720. La population européenne ne retrouve son niveau de 1340 qu'au seizième siècle.\n\n## Ce que les contemporains ont compris et fait\n\nIls n'avaient aucune théorie correcte de la maladie. Ils ont pourtant tiré la bonne conclusion opérationnelle, par observation : **ce qui arrive par les navires et par les voyageurs se propage, donc il faut l'arrêter.**\n\n**Raguse, l'actuelle Dubrovnik, impose en 1377 un isolement de trente jours aux arrivants**, porté ensuite à quarante. Le mot quarantaine vient de là. Venise et Marseille suivent, avec des lazarets où les navires et les équipages attendent avant d'entrer.\n\nC'est l'un des rares cas où une mesure de santé publique efficace précède de cinq siècles la compréhension du mécanisme qu'elle interrompt. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\nÀ côté de cela, la réponse comporte tout ce qu'on attend d'une société qui ne comprend pas : processions, fuites qui dispersent la maladie, et massacres de communautés juives accusées d'empoisonner les puits, particulièrement en Rhénanie en 1349.\n\n## Les conséquences économiques\n\nElles sont massives et bien documentées, parce qu'elles laissent des traces dans les comptes.\n\n**La main-d'œuvre devient rare.** Les salaires réels des journaliers et des artisans montent fortement dans les décennies qui suivent, et le rapport de force entre paysans et propriétaires se déplace.\n\n**Les autorités tentent de bloquer le mouvement.** L'Angleterre promulgue l'Ordonnance puis le Statut des travailleurs, en 1349 et 1351, qui interdit de payer au-dessus des tarifs d'avant l'épidémie. La mesure échoue largement.\n\n**Les révoltes suivent.** La Jacquerie en France en 1358, la révolte des travailleurs anglais en 1381, les Ciompi à Florence en 1378. Le servage recule à l'ouest de l'Europe.\n\n**Les terres marginales sont abandonnées** et les meilleures conservées, ce qui augmente mécaniquement le rendement moyen.\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Une épidémie n'est pas seulement un événement sanitaire, c'est un choc économique et politique de longue durée.** Les effets démographiques durent deux siècles, les effets sociaux davantage.\n\n**La mesure qui a marché est la plus simple de toutes** : séparer les gens dans le temps et dans l'espace, sans rien savoir de la cause. C'est exactement ce que fait une quarantaine aujourd'hui, et c'est ce qui rend l'exercice de [[SURV-ZOM-001]] moins absurde qu'il n'en a l'air.\n\n**Une voie commerciale est aussi une voie de transmission.** La peste a voyagé sur les mêmes routes que la soie et le papier, à la même vitesse. Voir [[MEM-ECH-002]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-004","titre":"L'échange colombien","axe":1,"categorie":"Ère des échanges et grands pôles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","ameriques","plantes","maladie","demographie","alimentation"],"sources":["Crosby A., The Columbian Exchange: Biological and Cultural Consequences of 1492","Koch A. et al., Earth system impacts of the European arrival and Great Dying in the Americas, Quaternary Science Reviews, 2019","Mann C., 1493: Uncovering the New World Columbus Created","Trans-Atlantic Slave Trade Database, Université Emory"],"corps":"::Après 1492, deux mondes vivants séparés depuis des millions d'années entrent en contact. L'échange de plantes a nourri des milliards de gens. L'échange de microbes en a tué des dizaines de millions.::\n\n## Ce qui part d'Amérique\n\nLa liste est courte et elle a changé l'alimentation du reste du monde.\n\n**Le maïs et la pomme de terre** d'abord, qui rendent beaucoup de calories à l'hectare et poussent là où les céréales de l'Ancien Monde peinent — la pomme de terre en sol froid et pauvre, le maïs en climat chaud. Ils deviennent des aliments de base en Europe, en Chine et en Afrique.\n\n**Le manioc**, qui supporte des sols très pauvres et devient central en Afrique de l'Ouest et centrale.\n\nPuis la tomate, le haricot, la courge, le piment, le cacao, l'arachide, l'ananas, la vanille, le tabac, et le quinquina, dont on tire la quinine, premier traitement du paludisme.\n\n**L'effet démographique est considérable et rarement attribué.** Une partie importante de la croissance de la population européenne et chinoise aux dix-huitième et dix-neuvième siècles repose sur des plantes américaines.\n\n## Ce qui part d'Europe et d'Afrique\n\n**Les céréales et les plantes de rente** : blé, orge, riz, canne à sucre, café, banane, agrumes, oignon.\n\n**Les animaux**, et c'est là que l'effet est le plus spectaculaire. Les Amériques n'avaient ni bovin, ni cheval, ni porc, ni mouton, ni poule, ni chèvre. Leur introduction transforme des continents entiers en quelques générations : **le cheval fait apparaître, dans les grandes plaines d'Amérique du Nord, des sociétés équestres entières qui n'existaient pas un siècle plus tôt.**\n\n**Et les maladies.** Variole, rougeole, typhus, grippe, coqueluche, paludisme, fièvre jaune — toutes issues, directement ou non, de la longue cohabitation de l'Ancien Monde avec ses animaux domestiques, décrite dans [[MEM-AGR-003]].\n\n## L'effondrement démographique\n\nC'est le fait le plus lourd de la période, et il est chiffrable.\n\nLa population des Amériques en 1492 est estimée, selon les travaux, entre quarante et soixante millions de personnes. Un siècle plus tard, elle est réduite à quelques millions. **Les estimations de perte tournent autour de quatre-vingt-dix pour cent sur un à deux siècles**, avec des variations régionales fortes.\n\nLa violence, la guerre, le travail forcé et les famines y contribuent, mais **la part principale revient aux maladies**, souvent arrivées avant les colons eux-mêmes, portées de proche en proche par les réseaux d'échange amérindiens.\n\nLe mécanisme est celui d'une population sans immunité acquise rencontrant plusieurs agents en même temps, avec des épidémies qui frappent simultanément toutes les classes d'âge, y compris les adultes qui nourrissent et soignent. Une épidémie où plus personne n'est en état de puiser l'eau tue bien au-delà de sa létalité propre.\n\nUn travail de 2019 a même proposé que l'abandon massif des terres cultivées qui s'ensuit ait entraîné une reprise de la végétation assez vaste pour contribuer à la baisse de dioxyde de carbone observée dans les carottes de glace au début du dix-septième siècle. L'hypothèse est discutée, mais elle donne l'ordre de grandeur.\n\n## Le sucre et la traite\n\nL'échange a un troisième volet, économique et humain.\n\nLa canne à sucre, plantée aux Caraïbes et au Brésil, demande une main-d'œuvre nombreuse dans des conditions meurtrières, sur des terres dont la population a été décimée. **La traite atlantique déporte environ douze millions et demi de personnes depuis l'Afrique entre le seizième et le dix-neuvième siècle**, selon les bases de données de navires les plus complètes ; environ dix millions et demi arrivent vivantes.\n\nLe sucre, le café, le cacao et le tabac — tous des produits de cet échange — financent ce système et structurent une économie atlantique entière.\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Le contact entre deux systèmes vivants isolés est toujours asymétrique.** Ce n'est pas une question de valeur des cultures en présence : c'est une question d'histoire biologique. Les sociétés qui avaient vécu quatre mille ans avec des porcs et des bovins portaient des maladies que les autres n'avaient jamais rencontrées, et l'inverse n'était pas vrai.\n\n**Les plantes voyagent mieux que les gens qui les cultivent.** La pomme de terre nourrit l'Irlande, le maïs nourrit le nord de la Chine, le manioc nourrit l'Afrique — sans que personne, à aucun moment, ait planifié cela. Voir [[TEC-AGR-001]] et [[MEM-ECH-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-002","titre":"Le charbon et la machine à vapeur","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","energie","vapeur","charbon","industrie","rendement"],"sources":["Smil V., Energy and Civilization: A History","Wrigley E.A., Energy and the English Industrial Revolution","Hills R.L., Power from Steam: A History of the Stationary Steam Engine","Brevet de James Watt, 1769, condenseur séparé"],"corps":"::Pendant toute l'histoire humaine, la puissance disponible était celle des muscles, du vent et de l'eau qui tombe. En un siècle, elle cesse de l'être.::\n\n## Le verrou que rien ne levait\n\nAvant le dix-huitième siècle, toute l'énergie mécanique disponible a une limite physique et géographique.\n\n**Le muscle.** Un humain soutient environ 75 à 100 watts sur une journée de travail. Un cheval, autour de 700 watts. Ces chiffres n'ont jamais bougé.\n\n**L'eau et le vent.** Un moulin donne davantage, mais il est là où est la chute d'eau, il s'arrête quand la rivière gèle ou baisse, et on ne le déplace pas.\n\n**Le bois.** C'est le combustible universel, et il entre en concurrence directe avec l'agriculture : une forêt occupe un sol qui pourrait nourrir. Une économie qui se chauffe et fond son métal au bois se heurte à la surface de son territoire. L'Angleterre du dix-septième siècle est déjà largement déboisée.\n\n**La contrainte est donc foncière avant d'être technique** : l'énergie pousse sur un sol, et le sol est fini.\n\n## Les dates\n\n**1698** — Thomas Savery brevette une pompe à vapeur sans piston, peu efficace et dangereuse.\n\n**1712** — Thomas Newcomen met en service la première machine réellement utilisable, dite atmosphérique, pour pomper l'eau des mines. Elle fonctionne, elle est énorme, et son rendement est inférieur à un pour cent. Elle est pourtant installée par centaines, pour une raison décisive : **elle brûle du charbon au bord d'une mine de charbon**, là où le combustible ne coûte presque rien.\n\n**1769** — James Watt brevette le condenseur séparé. Au lieu de refroidir le cylindre à chaque cycle, on condense la vapeur ailleurs. Le rendement est multiplié par plusieurs fois.\n\n**1781 et après** — Watt et ses associés produisent le mouvement rotatif, ce qui fait sortir la machine de la mine pour entrer dans les filatures, puis dans les navires et sur les rails.\n\n**Dix-neuvième siècle** — la haute pression, les machines compound et la turbine portent les rendements de quelques pour cent à dix ou vingt pour cent.\n\n## Pourquoi le charbon\n\nDeux raisons, et la seconde compte plus que la première.\n\n**La densité.** Le charbon rend autour de 30 mégajoules par kilo, le bois sec autour de 15, et le charbon de bois coûte du bois. À masse égale, on transporte deux fois plus d'énergie.\n\n**Le sol.** Le charbon ne pousse pas. Il ne prend aucune surface agricole, ne se replante pas, ne demande pas de saison. **C'est la première source d'énergie de l'histoire qui ne soit pas en compétition avec la nourriture.** C'est cela, et non le rendement, qui lève le verrou.\n\n## La boucle\n\nCe qui rend cette séquence remarquable, c'est qu'elle se referme sur elle-même.\n\nOn extrait du charbon. Les mines s'enfoncent et se noient. Il faut pomper. On invente une machine qui pompe, alimentée par le charbon qu'elle permet d'extraire. Plus on extrait, plus on peut pomper, plus on peut extraire.\n\n**Une source d'énergie qui finance sa propre extraction n'avait jamais existé.** Toutes les précédentes — bois, eau, muscle — avaient un plafond fixé par la surface disponible.\n\n## Ce que cela déplace\n\n**L'usine quitte la rivière.** Elle s'installe près du charbon, près du port, près de la main-d'œuvre. La géographie industrielle se redessine entièrement, et les populations avec elle.\n\n**Le transport change d'échelle.** Locomotive, navire à vapeur : les marchandises lourdes circulent à l'intérieur des terres pour la première fois à bas coût.\n\n**Le travail humain cesse d'être la mesure.** On dispose de plus de puissance qu'il n'y a de bras, et c'est un fait entièrement nouveau dans l'histoire de l'espèce.\n\n## Ce qu'il en reste\n\n**Toute la question de l'énergie tient dans deux nombres : combien un combustible rend, et ce qu'il faut dépenser pour l'obtenir.** Un combustible qui rend moins que ce qu'il coûte à produire n'est pas une source, c'est un stockage.\n\nLe fonctionnement interne de ces machines, du piston au cycle thermodynamique, est décrit dans [[TEC-MOTH-001]]. L'usage moderne de la même logique est dans [[TEC-ENE-001]] et [[MEM-ANT-002]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-004","titre":"L'eau propre, l'antisepsie et les vaccins","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","sante","hygiene","vaccin","eau","mortalite","assainissement"],"sources":["Snow J., On the Mode of Communication of Cholera, 1855","Semmelweis I., Die Ätiologie, der Begriff und die Prophylaxis des Kindbettfiebers, 1861","Cutler D., Miller G., The Role of Public Health Improvements in Health Advances, Demography, 2005","Jenner E., An Inquiry into the Causes and Effects of the Variolae Vaccinae, 1798"],"corps":"::L'espérance de vie a doublé en deux siècles. L'essentiel de ce gain vient de canalisations et de savon, pas de médicaments.::\n\nC'est le résultat le plus contre-intuitif de l'histoire de la santé, et il est solidement établi. Les grandes molécules arrivent tard, bien après que la mortalité a commencé à s'effondrer.\n\n## La chronologie\n\n**1796** — Edward Jenner inocule le virus de la vaccine et démontre la protection contre la variole. Le principe était connu ailleurs sous une forme plus risquée : la variolisation se pratiquait depuis longtemps en Chine, en Inde et dans l'Empire ottoman, d'où elle est rapportée en Angleterre dès 1721. La variole sera déclarée éradiquée en 1980 — **la seule maladie humaine éliminée à ce jour.**\n\n**1847** — Ignace Semmelweis, à Vienne, observe que la mortalité par fièvre puerpérale est plusieurs fois plus élevée dans le service où les médecins passent des autopsies aux accouchements que dans celui des sages-femmes. Il impose le lavage des mains à l'eau chlorée. La mortalité du service s'effondre. **Il est raillé, écarté, et meurt interné.** Personne n'a de théorie pour expliquer son résultat, et un résultat sans explication ne convainc pas.\n\n**1854** — John Snow cartographie les cas de choléra du quartier de Soho à Londres et les rattache à une pompe à eau de Broad Street. Il fait retirer le bras de la pompe. La même année, Filippo Pacini observe le bacille, sans être entendu ; Robert Koch l'identifiera formellement en 1883.\n\n**Années 1860** — Louis Pasteur établit le rôle des micro-organismes. La théorie manquante arrive enfin.\n\n**1867** — Joseph Lister applique le phénol aux plaies et aux instruments chirurgicaux. La mortalité opératoire chute. L'antisepsie devient une pratique.\n\n**1908** — première chloration systématique d'une eau de distribution municipale, à Jersey City. La filtration sur sable était déjà pratiquée à Londres depuis 1829.\n\n**1928 et 1942** — découverte de la pénicilline, puis premier usage clinique à grande échelle. **Les antibiotiques arrivent donc un siècle après le début de la baisse de la mortalité.**\n\n## Ce qui a fait le gros du travail\n\nLes travaux de démographie historique convergent : **l'essentiel de la chute de la mortalité entre 1850 et 1950 s'explique par l'eau potable, l'évacuation des eaux usées, le lavage, la pasteurisation du lait et le logement — pas par la médecine curative.**\n\nLa raison est arithmétique. Jusqu'au vingtième siècle, la mortalité est dominée par les infections, et les infections sont dominées par les enfants. Une population où un enfant sur quatre ou cinq meurt avant cinq ans a une espérance de vie à la naissance effondrée, même si les adultes vivent longtemps. **Supprimer la diarrhée infantile change l'espérance de vie moyenne plus que n'importe quel traitement pour adultes.**\n\nLes ordres de grandeur, en Europe occidentale : espérance de vie à la naissance d'environ trente-cinq à quarante ans vers 1800, autour de cinquante en 1900, environ quatre-vingts aujourd'hui. Mortalité infantile de l'ordre de deux cents pour mille au début du dix-neuvième siècle, contre quelques unités pour mille aujourd'hui.\n\n## Le cas Semmelweis, et ce qu'il enseigne\n\nSemmelweis avait raison, il avait des chiffres, et il n'a convaincu personne de son vivant. Trois raisons, toutes instructives.\n\n**Il n'avait pas de mécanisme.** Un fait sans explication est reçu comme une coïncidence.\n\n**Sa conclusion accusait ses pairs.** Elle revenait à dire que les médecins tuaient leurs patientes. C'est une chose qu'un groupe professionnel n'entend pas facilement.\n\n**Il l'a mal défendue**, avec véhémence et sans publier clairement pendant quatorze ans.\n\nLe mécanisme complet de ce type d'aveuglement est décrit dans [[MEM-ACC-003]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Les gestes les plus efficaces de toute l'histoire de la santé sont les moins spectaculaires** : séparer l'eau propre de l'eau sale, se laver les mains, évacuer les excréments loin des puits, faire bouillir. Ils ne demandent ni industrie, ni diagnostic, ni ordonnance.\n\n**C'est exactement ce qui reste disponible quand le reste s'arrête.** C'est pourquoi ces gestes occupent une place centrale dans [[TEC-SAN-004]], [[URG-EAU-001]] et [[URG-EFF-002]] — et pourquoi l'absence de latrines est le premier tueur de toutes les crises longues.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-005","titre":"L'électricité et le réseau","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","electricite","reseau","courant","norme","dependance"],"sources":["Hughes T.P., Networks of Power: Electrification in Western Society 1880-1930","Nye D., Electrifying America: Social Meanings of a New Technology","Smil V., Creating the Twentieth Century","Rapports de la Commission de régulation de l'énergie sur la structure des réseaux"],"corps":"::L'électricité n'est pas une source d'énergie. C'est un moyen de la transporter, et c'est en cela qu'elle a tout changé.::\n\n## Les dates\n\n**1800** — Volta construit la première pile, qui donne un courant continu durable.\n\n**1831** — Faraday établit l'induction électromagnétique : un aimant en mouvement dans une bobine produit du courant. C'est le principe de toutes les centrales, encore aujourd'hui.\n\n**1879 à 1882** — Edison met au point une lampe à incandescence durable et, surtout, ouvre en 1882 la centrale de Pearl Street à New York : un système complet, avec production, distribution, compteurs et facturation. **L'invention n'est pas l'ampoule, c'est le système.**\n\n**Années 1880 et 1890** — le courant alternatif l'emporte, sur les travaux de Tesla, Westinghouse et Ferranti. La raison est simple et décisive : **seul l'alternatif se transforme facilement en haute tension.**\n\n**1891** — la démonstration de Lauffen à Francfort transporte du courant sur environ 175 kilomètres, prouvant qu'on peut produire loin de l'endroit où l'on consomme.\n\n**Vingtième siècle** — interconnexion progressive des réseaux régionaux, puis nationaux, puis continentaux.\n\n## Pourquoi la haute tension décide de tout\n\nC'est le point technique qui explique la forme du monde moderne.\n\nDans un câble, la perte est proportionnelle au carré du courant. Pour transporter une même puissance, on peut jouer sur deux termes : beaucoup de courant sous faible tension, ou peu de courant sous forte tension. **Multiplier la tension par dix divise les pertes par cent.**\n\nLe transformateur ne fonctionne qu'en alternatif. C'est pourquoi l'alternatif gagne, malgré le fait que la plupart des usages modernes consomment en réalité du continu, reconstitué localement.\n\nLa conséquence est géographique : la production peut être très loin de la consommation. Un barrage en montagne, une centrale au bord d'un fleuve, un champ d'éoliennes en mer alimentent des villes à des centaines de kilomètres. **L'énergie cesse d'être locale.** Voir [[MEM-ACC-002]].\n\n## Ce que l'électricité a apporté d'unique\n\n**Elle se divise.** Un moulin fournit une seule puissance à un seul endroit. Un réseau alimente simultanément une lampe de quelques watts et un four de plusieurs kilowatts, chacun selon son besoin.\n\n**Elle se transforme dans les deux sens.** Mouvement, chaleur, lumière, son, information, réaction chimique : tout se convertit en électricité et inversement, avec de bons rendements.\n\n**Elle est immédiate.** Pas de stock à charrier, pas de préparation, pas de délai.\n\nEt un défaut unique, qui n'a jamais été résolu : **elle ne se stocke pas.** Ce qui est produit doit être consommé dans l'instant. Tout le réseau mondial est construit autour de cette contrainte — l'équilibre permanent entre production et consommation, ajusté à la seconde. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n## La normalisation\n\nCe qui n'apparaît dans aucun récit d'invention et qui pèse pourtant autant : la mise en commun des normes.\n\nFréquence, tension, filetage des douilles, section des câbles, calibre des protections, couleur des fils. Sans cette uniformisation, aucun appareil ne serait interchangeable et aucun réseau ne pourrait être interconnecté.\n\n**L'interconnexion est ce qui a rendu le service fiable** — une centrale en panne est compensée par les autres — **et c'est aussi ce qui permet aux grandes pannes de se propager.** Un incident local mal amorti bascule de proche en proche, comme l'ont montré plusieurs grands effacements régionaux. C'est le même mécanisme de couplage que celui décrit dans [[MEM-CIT-004]] et [[MEM-EFF-001]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Une prise murale est l'extrémité visible d'une chaîne de plusieurs centaines de kilomètres**, qui suppose un combustible ou une rivière, une centrale, des transformateurs, des lignes, un équilibrage permanent et des gens de garde.\n\nC'est pour cette raison que l'électricité est à la fois la dépendance la plus commode et la plus fragile de la vie ordinaire. La manière de s'en passer, de la produire localement et de la stocker est traitée dans [[TEC-ENE-001]], [[TEC-SOLR-001]] et [[URG-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ANT-001","titre":"L'azote de synthèse","axe":1,"categorie":"L'anthropocène","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","azote","engrais","agriculture","population","chimie"],"sources":["Smil V., Enriching the Earth: Fritz Haber, Carl Bosch and the Transformation of World Food Production","Erisman J.W. et al., How a century of ammonia synthesis changed the world, Nature Geoscience, 2008","Crookes W., Address to the British Association, 1898","Brevet BASF, procédé Haber-Bosch, mise en service d'Oppau, 1913"],"corps":"::Près de quatre cinquièmes de l'air que vous respirez sont de l'azote, et presque aucune plante ne sait s'en servir. Résoudre ce paradoxe a été l'acte technique le plus lourd de conséquences du vingtième siècle.::\n\n## Le problème\n\nL'azote est indispensable à toute vie : il entre dans les protéines et dans l'ADN. Il est aussi extrêmement abondant, puisqu'il constitue environ **78 % de l'atmosphère**.\n\nMais il s'y trouve sous forme de diazote, deux atomes liés par une triple liaison d'une solidité exceptionnelle. **Pratiquement aucun organisme ne sait la casser.** Seules certaines bactéries y parviennent, notamment celles qui vivent en symbiose dans les nodosités des légumineuses, et accessoirement la foudre.\n\nPour une agriculture, l'azote est donc la ressource limitante. On en a longtemps disposé de trois façons, toutes plafonnées :\n\n- **Le fumier**, qui ne fait que recycler l'azote déjà présent dans le système.\n- **La rotation avec des légumineuses** — trèfle, luzerne, pois, fève —, qui en ajoute réellement, mais lentement et au prix d'une année sans récolte vendable.\n- **Les gisements** : guano du Pérou, puis nitrate du Chili, exploités intensivement au dix-neuvième siècle, et transportés dans le monde entier.\n\nEn 1898, William Crookes déclare devant l'association britannique pour l'avancement des sciences que les gisements s'épuiseront et que **le monde manquera de pain**, à moins de savoir fixer l'azote de l'air. Ce n'est pas une prophétie : c'est un calcul de rendement contre population.\n\n## La solution\n\n**1909** — Fritz Haber réalise la synthèse de l'ammoniac en laboratoire, sur un appareil de la taille d'une table.\n\n**1913** — Carl Bosch en fait un procédé industriel, à l'usine d'Oppau. Le passage de la paillasse à l'usine est le véritable exploit : il faut tenir des pressions et des températures qu'aucune industrie ne pratiquait.\n\nLe procédé combine l'azote de l'air avec de l'hydrogène, vers **400 à 500 degrés et 150 à 300 bars**, sur un catalyseur au fer. L'hydrogène, lui, vient du gaz naturel ou du charbon.\n\nC'est brutal, c'est simple, et c'est resté fondamentalement le même depuis un siècle.\n\n## Ce que ça pèse\n\nLes ordres de grandeur sont difficiles à croire et ils sont bien établis.\n\n**Le procédé consomme environ 1 à 2 % de l'énergie primaire mondiale**, à lui seul.\n\n**Il permet de nourrir environ la moitié de l'humanité.** Les travaux de référence estiment qu'environ **la moitié de l'azote contenu dans le corps d'un être humain vivant aujourd'hui est passée par une usine d'ammoniac.** Sans engrais de synthèse, la population que la Terre peut nourrir avec les surfaces actuelles est de l'ordre de la moitié de la population actuelle.\n\n**Il a aussi fait la guerre.** Le même procédé fournit les nitrates nécessaires aux explosifs. L'Allemagne, coupée du nitrate chilien par le blocus dès 1914, a pu poursuivre la guerre grâce à lui. C'est le même homme, Haber, qui dirige ensuite les premiers emplois de gaz de combat.\n\n## Le revers\n\n**L'azote appliqué ne reste pas où on le met.** Une partie importante est lessivée vers les nappes et les rivières sous forme de nitrates, où elle provoque des proliférations d'algues, puis des zones privées d'oxygène — l'eutrophisation, visible à l'embouchure de tous les grands fleuves agricoles du monde.\n\nUne autre partie repart en **protoxyde d'azote**, un gaz à effet de serre bien plus puissant que le dioxyde de carbone à masse égale.\n\n**Le cycle de l'azote est aujourd'hui plus modifié par l'activité humaine que le cycle du carbone**, en proportion. C'est simplement moins connu.\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Une ressource limitante, une fois levée, ne disparaît pas : elle se déplace.** L'azote n'est plus la limite de l'agriculture ; l'énergie nécessaire à le produire, et les conséquences de son excès, le sont devenues.\n\nEt une dépendance qu'il faut avoir en tête : **la production alimentaire mondiale repose sur quelques centaines d'usines, alimentées au gaz naturel.** Les manières de fertiliser sans elles — légumineuses, rotation, fumier, compost — n'ont pas changé depuis deux mille ans et sont décrites dans [[TEC-AGR-001]] et [[TEC-SOL-001]]. Elles fonctionnent. Elles ne nourrissent simplement pas autant de monde.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ANT-003","titre":"Les ordres de grandeur du monde actuel","axe":1,"categorie":"L'anthropocène","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","chiffres","population","energie","reference","anthropocene"],"sources":["Our World in Data, séries historiques de population, énergie et santé","Bar-On Y. et al., The biomass distribution on Earth, PNAS, 2018","Smil V., Energy Transitions: Global and National Perspectives","NOAA Global Monitoring Laboratory, série de concentration de dioxyde de carbone"],"corps":"::Presque tout ce qui définit une vie ordinaire aujourd'hui a moins de deux siècles. Voici les chiffres qui le montrent, et qu'il vaut mieux avoir en tête qu'à portée de réseau.::\n\nCette fiche n'explique rien. Elle sert de règle graduée : quand on lit le reste de l'axe, ce sont ces ordres de grandeur qui donnent leur poids aux événements.\n\n## La population\n\n| Année | Population mondiale |\n|---|---|\n| 10 000 av. J.-C. | quelques millions |\n| An 1 | environ 200 à 300 millions |\n| 1500 | environ 450 à 500 millions |\n| 1800 | environ 1 milliard |\n| 1900 | environ 1,6 milliard |\n| 1950 | environ 2,5 milliards |\n| 2000 | environ 6,1 milliards |\n| Aujourd'hui | environ 8,1 milliards |\n\n**Il a fallu toute l'histoire humaine pour atteindre le premier milliard, et un peu plus d'un siècle pour en ajouter sept.** La croissance ralentit depuis les années 1960 : le pic de croissance relative est derrière nous.\n\n## L'espérance de vie et l'enfance\n\n- Espérance de vie à la naissance vers 1800 : **environ 30 ans en moyenne mondiale**, 35 à 40 dans les pays les plus favorisés.\n- Aujourd'hui : **environ 73 ans en moyenne mondiale.**\n- Mortalité avant cinq ans vers 1800 : **de l'ordre de 40 %** des enfants nés.\n- Aujourd'hui : **environ 4 %** en moyenne mondiale.\n\nL'essentiel de ce gain vient de l'eau propre et de l'assainissement, pas des médicaments. Voir [[MEM-ACC-004]].\n\n## L'énergie\n\n- Consommation d'énergie primaire mondiale : **multipliée par environ 25 depuis 1800.**\n- Puissance mécanique d'un humain au travail : **75 à 100 watts.** D'un cheval : **environ 700 watts.**\n- Une petite voiture développe l'équivalent d'une **centaine de chevaux**, soit près de mille personnes qui poussent.\n- Énergie contenue dans un litre d'essence : environ **32 mégajoules**, soit à peu près ce qu'un humain fournit en **plusieurs journées de travail physique.**\n\nC'est le rapport qu'il faut garder : **un plein de carburant représente des mois de travail humain.** Voir [[MEM-ACC-002]].\n\n## La nourriture et le sol\n\n- Part de la population active employée dans l'agriculture vers 1800 : **de l'ordre de 80 %.**\n- Aujourd'hui, dans un pays industrialisé : **quelques pour cent.**\n- Environ **la moitié de l'azote** qui compose un corps humain vivant aujourd'hui provient d'une usine d'ammoniac. Voir [[MEM-ANT-001]].\n- Environ **la moitié des terres habitables** du globe est consacrée à l'agriculture.\n\n## Les villes\n\n- Population urbaine mondiale vers 1800 : **environ 7 %.**\n- En 1950 : **environ 30 %.**\n- Franchissement des 50 % : **autour de 2007.**\n- Aujourd'hui : **environ 57 %.**\n\n**La majorité des humains vit en ville depuis moins de vingt ans.** C'est une nouveauté absolue à l'échelle de l'espèce, et c'est ce qui rend [[MEM-CIT-002]] et [[MEM-ANT-002]] directement actuels.\n\n## Le vivant\n\nLe chiffre le plus frappant de toute la fiche, issu d'un inventaire de la biomasse publié en 2018 :\n\n- **Les humains et leurs animaux d'élevage représentent environ 96 % de la masse de tous les mammifères terrestres.** Les mammifères sauvages, tous confondus, en représentent environ 4 %.\n- Chez les oiseaux, la volaille domestique pèse environ **70 %** de la masse totale.\n\n## L'atmosphère\n\n- Concentration de dioxyde de carbone avant l'industrialisation : **environ 280 parties par million.**\n- Aujourd'hui : **autour de 420 parties par million**, en hausse continue.\n- Réchauffement moyen constaté depuis la période préindustrielle : **de l'ordre de 1,2 à 1,3 degré.**\n\nPour donner l'échelle de ce que le climat peut faire à une géographie, rappelons le chiffre de [[MEM-EVE-003]] : entre un monde glaciaire et un monde chaud, il y a **120 mètres de niveau marin** et environ **5 degrés de moyenne globale.** Quelques degrés ne sont pas une petite quantité.\n\n## Ce que cette liste dit\n\nTrois choses, et elles ne demandent aucune interprétation.\n\n**L'exception est le présent, pas le passé.** L'abondance d'énergie, la ville, la longévité et la sécurité alimentaire sont des états très récents et historiquement inhabituels.\n\n**Ces états reposent sur des chaînes longues.** Le carburant, l'engrais, l'électricité et l'eau potable viennent tous de systèmes continus que personne ne voit fonctionner.\n\n**Les ordres de grandeur se retiennent mieux que les dates.** Un humain fait cent watts, un litre d'essence vaut des journées de travail, la moitié de notre azote sort d'une usine. Ces trois phrases suffisent à raisonner juste dans beaucoup de situations où l'on n'aura ni réseau, ni calculatrice, ni temps.","langue":"fr"},{"id":"SURV-LUM-001","titre":"Fabriquer une lampe","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lumiere","led","pile","batterie","fabrication","recuperation","nuit"],"sources":["Fiches techniques constructeurs de LED, caractéristiques directes courantes","INRS — Risques liés aux accumulateurs lithium-ion","Documentation Leroy Merlin et ADEME sur l'éclairage LED","Pratiques documentées d'éclairage de secours en milieu isolé"],"corps":"::Une lampe, c'est trois choses : quelque chose qui brille, quelque chose qui pousse le courant, et quelque chose qui coupe. Le reste est de la carrosserie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### La LED a changé la donne\n\nUne ampoule à filament transforme en lumière environ cinq pour cent de ce qu'elle consomme ; le reste part en chaleur. Une LED blanche fait dix à vingt fois mieux.\n\nEn pratique, cela veut dire qu'**une LED éclaire une nuit entière sur deux piles bâtons là où une ampoule les vide en une heure.** Quand l'énergie ne se recharge plus, c'est toute la différence.\n\nTrois choses à savoir avant de brancher quoi que ce soit.\n\n**Elle est polarisée.** Elle ne s'allume que dans un sens. La patte longue est le plus, le côté aplati du boîtier est le moins. Branchée à l'envers, elle ne fait rien — elle ne casse pas pour autant à basse tension.\n\n**Elle veut une tension précise.** Environ 1,8 à 2,2 volts pour une rouge, 3 à 3,4 volts pour une blanche ou une bleue.\n\n**Elle ne limite pas son courant toute seule.** C'est le point qui tue les LED des débutants : au-dessus de sa tension, une LED tire tout ce qu'on lui donne, chauffe et meurt en quelques secondes. **Il faut une résistance en série**, sauf dans un cas particulier expliqué plus bas.\n\n### Le calcul, une seule formule\n\nLa résistance vaut la tension en trop divisée par le courant voulu.\n\n**R = (tension de la pile − tension de la LED) ÷ courant**\n\nExemple concret. Trois piles bâtons font 4,5 volts, une LED blanche en consomme 3,2, il reste 1,3 volt à absorber. Pour vingt milliampères, soit 0,02 ampère : 1,3 ÷ 0,02 = **65 ohms**. On prend la valeur du dessus qu'on a sous la main, 68 ou 100 ohms. Plus la résistance est forte, moins ça éclaire, plus ça dure.\n\nEn dessous de dix milliampères une LED éclaire encore utilement pour lire ou se déplacer. **Pour une lampe qui doit tenir, visez bas.**\n\n### Le cas sans résistance\n\nUne pile bouton au lithium, du type de celles des montres et des cartes mères, a une résistance interne élevée : elle ne peut physiquement pas débiter assez pour détruire une LED. **Une LED blanche posée directement sur une pile bouton de trois volts fonctionne et tient plusieurs heures.** C'est la lampe la plus simple qui existe, et elle tient dans une poche de chemise.\n\n## AGIR\n\n**1. Trouvez la LED.** Guirlande électrique, lampe de vélo, éclairage de secours, plafonnier de voiture, feu arrière, lampe frontale morte, panneau publicitaire, rétroéclairage d'écran. Les télécommandes en contiennent aussi, mais elles émettent en infrarouge : invisibles à l'œil, inutiles ici.\n\n**2. Trouvez l'énergie.** Piles bâtons, piles boutons, batterie de téléphone, batterie d'outil électroportatif, batterie de voiture. Le tri de ce qui est encore vivant est dans [[TEC-ENE-004]].\n\n**3. Testez le sens.** Touchez brièvement les deux pattes sur une pile bouton. Ça s'allume ou pas. Notez le plus.\n\n**4. Assemblez.** LED, résistance en série sur l'une des deux pattes, interrupteur ou simple lame de métal qu'on plie, et les fils. À souder si vous avez de quoi, sinon torsadé serré et serré dans du ruban adhésif — la méthode propre est dans [[SURV-REC-007]].\n\n**5. Faites un porte-piles.** Deux vis dans une planchette, un ressort de stylo comme contact arrière, une bande de métal découpée dans une boîte de conserve. Le contact est ce qui lâche en premier : serrez-le et protégez-le de l'humidité.\n\n**6. Ajoutez un réflecteur et un diffuseur.** Une boîte de conserve polie ou doublée d'aluminium concentre le faisceau. À l'inverse, **une bouteille en plastique remplie d'eau, posée sur la lampe, transforme un point aveuglant en lumière douce qui éclaire toute une pièce.** C'est le meilleur rapport effort-résultat de la fiche.\n\n**7. Fermez le tout.** Un tube de PVC, une boîte de conserve, un bidon coupé. Prévoyez que ça tombe, que ça prenne l'eau, et que la pile devra se changer dans le noir.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de résistance.** Prenez-en une sur n'importe quelle carte électronique morte, ou remplacez-la par une deuxième LED en série, qui absorbera la tension en trop en éclairant elle aussi. Un bout de fil très fin et long fait office de résistance de fortune, mais c'est imprécis.\n\n**Vous n'avez que des ampoules à filament.** Elles tolèrent tout, ne demandent aucune résistance et se moquent du sens. Une ampoule de voiture sur une batterie de voiture éclaire fort et vide la batterie vite. Réservez-les aux besoins courts et intenses.\n\n**Vous avez une batterie de voiture.** C'est une réserve d'énergie énorme, et **un court-circuit y fait fondre un outil et démarre un incendie en quelques secondes.** Mettez un fusible dès la borne, isolez tout, et ne posez jamais un objet métallique en travers des deux bornes. Voir [[SURV-REC-003]] et [[TEC-ENE-003]].\n\n**Vous récupérez des cellules d'ordinateur portable.** Les cellules cylindriques qu'on y trouve font 3,7 volts et une belle capacité, mais le lithium-ion ne pardonne pas : **une cellule percée, écrasée, gonflée ou court-circuitée peut s'emballer thermiquement, cracher des gaz toxiques et prendre feu toute seule.** Une cellule gonflée se met dehors, à l'écart, et ne se récupère pas. Ne chargez jamais sans un circuit prévu pour.\n\n**Vous voulez préserver votre vision de nuit.** Utilisez une LED rouge, ou peignez la vôtre au marqueur rouge. L'œil adapté à l'obscurité met vingt à trente minutes à le redevenir après une lumière blanche, et quelques secondes après une rouge. Voir [[TEC-NUI-001]] et [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Vous devez rester discret.** Une lampe se voit de très loin la nuit, bien plus loin qu'on ne l'imagine. Baissez le courant, filtrez en rouge, éclairez vers le bas, et masquez tout sauf un trou de la taille d'une pièce.\n\n**Vous n'avez aucune électricité.** Une mèche de coton dans un bocal d'huile végétale, posée sur une rondelle de métal percée, brûle des heures avec une flamme stable. Toute combustion consomme l'oxygène de la pièce et produit du monoxyde : ventilez. Voir [[SURV-FEU-001]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous voulez recharger.** Un petit panneau solaire de jardin, une dynamo de vélo, un chargeur de voiture : le raccordement et les précautions sont dans [[TEC-SOLR-001]] et [[TEC-ENE-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-006","titre":"Récupérer sur un char","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","blinde","char","inventaire","optique","batterie","acier","filtre","munition"],"sources":["Manuels d'entretien de véhicules blindés, chapitres dépose et dépannage","UNMAS — Explosive Ordnance Risk Education, principes généraux","NATO STANAG, principes des systèmes de surpression et de filtration collective","Documentation technique sur les optiques infrarouges au germanium","Nations unies — IATG, Directives techniques internationales sur les munitions, divisions de risque"],"corps":"::Un char, c'est trente à soixante tonnes d'acier, d'optique, de cuivre et de mécanique lourde, garées pour toujours à l'endroit où elles sont tombées. Presque tout est récupérable. Une seule chose ne l'est pas.::\n\nLes dangers généraux sont dans [[SURV-REC-004]] et [[SURV-REC-010]], qui priment sur cette fiche. Ce qui suit est l'inventaire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### La seule chose qu'on ne prend pas\n\nTout ce qui explose : les obus en soute et en panier de tourelle, les grenades, les pots lance-fumigènes en grappes sur la tourelle, les extincteurs à cartouche du compartiment moteur, les cordons de coupure — tout ce qui porte une fusée ou une charge. On ne touche pas, on ne déplace pas, on marque, on s'éloigne — le détail est dans [[SURV-REC-010]]. **Et l'âge de l'épave n'y change rien, sinon en pire** : un explosif vieilli devient plus sensible, pas moins.\n\n**Les cartouches d'armes légères sont un autre sujet.** Les bandes de la mitrailleuse, et parfois des cartouches de 9 mm pour les armes de l'équipage, sont rangées dans des caisses métalliques étanches. Ce ne sont pas des engins explosifs : de la poudre et une amorce, qui hors d'une arme brûlent et claquent sans projeter d'éclats comme un obus. Elles se récupèrent, à quatre conditions : **le char n'a pas brûlé**, la caisse est restée fermée et sèche, les cartouches ne portent ni dépôt vert ou blanc ni bosse, et la balle ne bouge pas dans l'étui. Dans une caisse restée fermée, une cartouche militaire se conserve des décennies ; une caisse ouverte, rouillée ou noyée, on la laisse. Et **« 9 mm » n'est pas un calibre unique** : le 9 × 19 et le 9 × 18 se ressemblent et ne se mélangent jamais. Lisez le marquage de la caisse et du culot, rangez chaque calibre à part, au sec, loin de toute source de chaleur — voir [[SURV-ARM-001]].\n\n**Sur l'armement lui-même** : l'arme principale et la mitrailleuse coaxiale sont là. Cette fiche décrit tout ce qui les entoure — affût, berceau, tourillons, goulottes, caisses, sacs à douilles, commandes de tourelle, circuit de mise à feu. Elle ne décrit pas la dépose ni la remise en service de l'arme. C'est une limite assumée, énoncée une fois, et le reste de l'inventaire n'en souffre pas.\n\nUne remarque qui, elle, sert directement : **une épave portant encore son armement est un point de rendez-vous.** D'autres le savent, d'autres reviendront, et ils seront armés en arrivant. Cela ne change pas ce que vous prenez, cela change le temps que vous passez sur place — court, et pas deux fois au même moment de la journée. Voir [[SURV-DEF-001]].\n\nLe blindage, lui, n'est pas exploitable : trop dur à couper, trop lourd à déplacer, et sa poussière après incendie ne se respire pas. Ne poncez rien.\n\n### Ce qui rend un char unique comme gisement\n\nTrois choses qu'on ne trouve nulle part ailleurs au même endroit.\n\n**Du matériel de dépannage lourd, dehors et accessible**, parce que l'engin est conçu pour se sortir seul d'un fossé loin de tout atelier.\n\n**De l'optique de très haute qualité**, protégée dans des blocs blindés qui ont souvent survécu à ce qui a tué l'engin.\n\n**De l'acier ressort de dimensions industrielles**, dans la suspension, qu'aucun autre véhicule ne porte.\n\n## AGIR — l'inventaire, du plus utile au moins utile\n\n### 1. Énergie et motricité\n\n- **Le groupe auxiliaire.** Beaucoup de blindés modernes en portent un : petit moteur diesel couplé à un générateur, prévu pour tourner moteur principal éteint, monté sur silentblocs et conçu pour être déposé. **C'est la pièce la plus précieuse de tout l'engin.** Voir [[TEC-MOTH-001]].\n- **Les batteries.** Quatre à huit accumulateurs au plomb de très forte capacité, câblés en vingt-quatre volts. La plus grosse réserve d'énergie transportable à des kilomètres à la ronde. Voir [[TEC-ENE-004]] et [[SURV-LUM-001]].\n- **Le démarreur et l'alternateur**, de très forte puissance. Un alternateur entraîné par n'importe quoi devient une source de courant.\n- **Le gazole.** Souvent plus de mille litres. Contenant fermé, à l'écart, jamais de siphonnage à la bouche.\n- **Les filtres à air, à huile et à gazole**, neufs dans les caisses de rechange.\n\n### 2. Optique et communication\n\n- **Les périscopes et épiscopes.** Blocs de verre blindé et de prismes, quasi indestructibles. Ils permettent de regarder par-dessus un mur ou hors d'un abri **sans y mettre la tête**. Aucun équivalent récupérable ailleurs.\n- **Le télémètre laser et le viseur de tir.** Boîtiers pleins de lentilles, de prismes, de filtres et de miroirs de qualité optique.\n- **Le viseur thermique.** Ses lentilles sont en **germanium**, un matériau transparent à l'infrarouge et introuvable autrement. Le capteur lui-même est souvent inutilisable sans son électronique, l'optique non. Voir [[TEC-NUI-001]].\n- **Les blocs de vision du pilote**, les rétroviseurs, les caméras de recul.\n\n- **Les postes radio.** Sur un blindé, ils sont modulaires, montés sur berceaux, et se déposent à la main. VHF, parfois HF longue portée. Voir [[SIG-COM-002]] et [[TEC-RAD-001]].\n- **L'interphone de bord, les casques et les boîtiers de commande.** Un casque d'équipage, c'est une protection antibruit, des écouteurs et un micro, dans un seul objet robuste. **Pour parler à deux dans le vacarme ou à travers une cloison, c'est irremplaçable.**\n- **Les antennes.** Brins souples de plusieurs mètres, ressort de base, embase isolante, et les câbles coaxiaux qui vont avec.\n\n### 3. Air respirable, outillage et levage\n\n- **Les filtres du système de surpression.** Un blindé maintient son intérieur en légère surpression à travers un filtre à particules et un filtre à charbon actif de grande capacité. Prélevés intacts et non saturés, c'est du matériel de protection respiratoire de premier ordre. Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n- **Le groupe de ventilation et ses gaines**, en vingt-quatre volts.\n- **Les masques et tuyaux** du système individuel, quand il y en a.\n\n- **L'outillage de caisse** : masse, pioche, pelle, barre à mine, hache, scie, fixés sur les flancs. Robuste, immédiat, gratuit.\n- **Le câble de remorquage, les manilles et les cosses.** Plusieurs mètres de câble acier de très forte section. Tirer, lever, haubaner, traverser. Voir [[SURV-NOE-001]] et [[TEC-MAC-001]].\n- **Le cric, les vérins, les palans** embarqués.\n- **Les chaînes et les élingues.**\n\n### 4. Acier, mécanique et tourelle\n\n- **Les barres de torsion de suspension.** Des barres d'acier ressort de plusieurs mètres et de forte section, une par galet. **C'est probablement le meilleur acier brut disponible sur le terrain** : ressorts, leviers, pointes, outils forgés, armatures. Voir [[SURV-OUT-001]] et [[TEC-MEC-005]].\n- **Les galets, les poulies et les roulements.** Roulements à billes et à rouleaux de très grande taille, souvent intacts.\n- **Les maillons et axes de chenille.** Acier trempé, en centaines d'exemplaires.\n- **Les patins de chenille** : blocs de caoutchouc épais boulonnés. Semelle, isolant, amortisseur, joint, dalle.\n- **Les amortisseurs**, les ressorts, la boulonnerie de forte section.\n\nC'est l'un des plus beaux ensembles mécaniques de l'engin, et il n'intéresse personne, donc il est toujours là.\n\n- **Le mécanisme de pointage.** Couronne d'orientation de très grand diamètre à billes ou à rouleaux, vis sans fin, réducteurs, secteurs dentés, volants avec démultiplication fine. **De l'engrenage de qualité industrielle, en grande taille** : treuil, tour, meule, moulin, élévateur. Voir [[TEC-MAC-001]] et [[TEC-MEC-001]].\n- **Les moteurs et vérins électriques** de traverse et d'élévation, en vingt-quatre volts, avec leurs freins et leurs fins de course.\n- **Les berceaux, tourillons, paliers et contrepoids** : pièces forgées et usinées, axes rectifiés, bronze de palier.\n- **Les goulottes d'alimentation**, bandes métalliques souples articulées, et les **caisses à munitions** de l'arme — vidées, ce sont des contenants en acier étanches parmi les meilleurs. Voir [[SURV-REC-010]].\n- **Les sacs et bacs à douilles**, en toile épaisse et en tôle.\n- **Le circuit de mise à feu** : câblage blindé, relais, contacteurs, solénoïdes. Les solénoïdes sont des électroaimants puissants, réutilisables pour actionner n'importe quoi à distance.\n- **Le joint tournant électrique** entre caisse et tourelle : une pièce qui transmet le courant à un organe qui tourne sans fin. Rare, précieuse, irremplaçable pour une éolienne ou un treuil motorisé.\n\n### 5. Habitat, textile et petit matériel\n\n- **Les sièges et leur mousse**, excellente isolation thermique en gros volume. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Le chauffage de compartiment** et ses ventilateurs.\n- **Les filets de camouflage, bâches, housses, sangles d'arrimage.**\n- **Les caisses de rangement extérieures**, métalliques et étanches, et leur contenu : rations, couvertures, pièces, bidons.\n\nCâblage en très grande longueur et gainé haute température, connecteurs étanches, fusibles, relais, contacteurs, ampoules, phares et feux avec leurs verres, joints, durites, tôles, grilles de moteur, trousse de bord, extincteurs portatifs à main, jerricans, chiffons, graisse, peinture.\n\n## Comment déposer\n\n### L'outillage minimal\n\nClés plates et à pipe en jeu métrique et en pouces, clé à molette, pince-étau, pinces coupantes, tournevis plat et cruciforme, clé à six pans, marteau, burin, barre à mine, scie à métaux avec lames de rechange, cisaille, cutter, et un bidon de gazole ou d'huile comme dégrippant. Une sangle, une poulie et une corde pour tout ce qui pèse.\n\n### Les six règles qui évitent de tout gâcher\n\n**Photographiez ou dessinez avant de toucher.** Un assemblage se remonte avec l'image, pas avec la mémoire.\n\n**Marquez les connecteurs et les tuyaux par paires** au marqueur ou au ruban avant de les séparer. C'est deux minutes qui en économisent trois heures.\n\n**Gardez la visserie avec sa pièce**, dans un sachet scotché dessus.\n\n**Dégrippez au lieu de forcer.** Gazole ou huile fine dans le filetage, on laisse agir, et on frappe des **coups secs répétés** sur la tête du boulon plutôt que d'appuyer en continu : la vibration casse la rouille, la force casse le boulon. Pas de chauffe au chalumeau sur une épave.\n\n**Un boulon récalcitrant se contourne.** Scie, burin, ou coupez la tôle à côté. La pièce vaut mieux que le boulon.\n\n**Soutenez avant de desserrer le dernier point de fixation.** Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle touche et ce qui la tenait.\n\n### Sur un blindé\n\n**Les batteries** se déposent en premier : coupez au négatif, isolez les deux bornes au ruban, et sortez-les à deux. Elles pèsent trente kilos pièce.\n\n**Le groupe auxiliaire** est monté sur silentblocs, avec quelques boulons, une arrivée de gazole, un échappement et un faisceau. Débranchez et bouchez le carburant, déconnectez le faisceau connecteur par connecteur, puis sanglez avant les derniers boulons. Il se sort par la trappe prévue, pas en force.\n\n**Les périscopes et blocs optiques** se déposent entiers, avec leur logement. **N'ouvrez jamais un bloc optique scellé** : vous y ferez entrer l'humidité et il s'embuera définitivement. Rangez-les dans du tissu, pas en vrac.\n\n**Les radios** sortent de leur berceau par des verrous quart de tour ou un levier d'extraction. Déconnectez avant de tirer : une prise arrachée rend le poste inutilisable.\n\n**Les filtres de surpression** sont dans un caisson avec couvercle boulonné et joint. Prenez le joint aussi. Rebouchez les deux orifices du filtre dès qu'il est sorti, sinon il travaille à vide et se sature d'humidité.\n\n**Les barres de torsion** sont sous contrainte tant que l'engin porte sur ses galets. **Levez la caisse ou déposez le galet d'abord**, sinon la barre part en se détendant. Elles s'extraient par le côté après dépose du levier de suspension.\n\n**Les patins de chenille** se dévissent deux boulons par patin, chenille détendue. Détendez par le tendeur avant, pas en coupant.\n\n**L'outillage extérieur** est sur colliers à oreilles ou sur crochets à ressort, souvent peints dans la masse. Un coup de burin sur le collier suffit.\n\n## ADAPTER\n\n**Le char a brûlé.** L'intérieur est perdu et dangereux : munitions instables, poussières, batteries éventrées, optique fissurée. L'extérieur reste entièrement exploitable — c'est-à-dire l'outillage, le câble, les patins, les barres de torsion et les bidons. Masque à particules et gants.\n\n**Le char est intact.** Faites tout l'extérieur d'abord. Le meilleur rendement est dehors et ne demande aucune prise de risque. L'intérieur ne se justifie que pour le groupe auxiliaire, les batteries, les radios, l'optique et les filtres — et seulement si rien ne dit qu'il y a eu feu.\n\n**Vous cherchez de quoi communiquer.** Radios, casques, interphone, antennes, coaxial. C'est le poste où un blindé bat n'importe quel autre véhicule, et de loin.\n\n**Vous cherchez à forger.** Les barres de torsion, les axes de chenille et les maillons sont de l'acier de qualité en quantité. Voir [[SURV-OUT-001]].\n\n**Vous pensez y dormir.** Une nuit, faute de mieux, et en isolant du métal. Une caisse d'acier non isolée est glaciale la nuit, un four le jour, elle condense, et elle est visible de très loin. Elle coupe le vent, c'est tout.\n\n**L'engin est en terrain militaire.** Il ne se trouve jamais seul ni en terrain propre. Restez sur les surfaces dures et les traces existantes, ne coupez pas à travers champ. Voir [[SURV-REC-010]].\n\n**Il y a des restes humains.** On arrête à cet endroit. Notez le lieu, laissez ce qui est personnel, signalez si c'est possible.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-008","titre":"Récupérer sur un avion de chasse","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","avion","inventaire","radar","oxygene","titane","eolienne","siege ejectable"],"sources":["US Air Force Technical Order 00-105E-9 — Aerospace Emergency Rescue and Mishap Response","NFPA 422 — Aircraft Accident Response Guide","Documentation technique sur les turbines à air dynamique de secours","Fiches de sécurité hydrazine et oxygène liquide, INRS"],"corps":"::Un chasseur, c'est un cockpit piégé par conception, entouré de ce qu'une civilisation industrielle sait faire de mieux en alliages, en optique et en électronique.::\n\nLes dangers généraux sont dans [[SURV-REC-004]] et [[SURV-REC-010]]. Ce qui suit est l'inventaire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les trois zones interdites\n\n**Le cockpit.** Le siège éjectable est une fusée assise dans l'habitacle : cartouches propulsives, percuteur mécanique, séquenceur, parfois moteur-fusée sous l'assise. Il part sur une traction de poignée, un choc, un connecteur manipulé, et il reste armé des années. **Le cordon de découpe de verrière** est un explosif souple noyé dans le plexiglas de la bulle. Casser une verrière à coups d'outil est le premier réflexe de tout le monde. On ne monte pas, on ne s'accoude pas, on ne passe pas le bras.\n\n**Les emports.** Tout ce qui pend sous la voilure, quelle que soit son apparence, y compris les rails et les pylônes, qui gardent leurs cartouches d'éjection. Les bidons largables aussi.\n\n**Les lanceurs de leurres**, à l'arrière du fuselage.\n\n### Les leurres : la bonne réponse n'est pas celle qu'on croit\n\nL'idée revient toujours, et elle mérite une réponse précise plutôt qu'un refus.\n\n**La cartouche de leurre infrarouge est un mauvais objet de signalisation.** Composition au magnésium et au téflon, elle brûle trois à cinq secondes à plus de deux mille degrés **en rayonnant surtout hors du spectre visible** : peu visible à l'œil, très visible pour une caméra thermique. Elle ne se tient pas, ne s'oriente pas, met le feu à tout dans un large rayon et ne s'éteint pas. L'éjection se fait par cartouche explosive et le lanceur reste armé. Ce n'est pas une fusée de détresse, c'est une torche incontrôlable.\n\nMais l'intuition derrière la question est bonne, et **ce qu'elle cherche existe à bord, ailleurs et sans danger** :\n\n- **Le magnésium.** C'est lui qu'on veut, et il n'est pas dans la cartouche : il est dans les **jantes de train et certains carters**, coulés en alliage de magnésium. Un bloc limé donne un tas de copeaux qui s'enflamment sous étincelle et brûlent à très haute température. C'est l'allume-feu par temps humide le plus fiable qui existe, et il se prépare sans rien ouvrir. Voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Les paillettes.** Les cartouches de brouillage — à distinguer des leurres thermiques — contiennent des fibres de verre métallisées, **inertes**. Un paquet de paillettes est un réflecteur radar : suspendu dans un arbre ou à un mât, il fait apparaître votre position sur un radar de navigation ou de recherche. C'est exactement l'objet de signalisation que vous cherchiez, et il ne brûle rien. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Le lanceur lui-même**, vidé : bloc d'aluminium usiné percé de tubes, plaques de culasse, séquenceur, relais, faisceau. Bonne mécanique et bonne électronique.\n\nEt pour la signalisation vraie, l'appareil emporte mieux : voir le kit de survie ci-dessous.\n\n### Ce que vous cherchez vraiment : le kit de survie\n\nUn avion de combat emporte un équipement de survie prévu pour un humain isolé : **fusées de détresse conçues pour être tenues en main, miroir de signalisation, balise radio de détresse avec sa propre batterie, poche à eau, filin, allume-feu, couverture, trousse de secours, boussole.**\n\nUne partie est dans le siège, donc inaccessible. Une partie est en gilet et en soute, donc accessible. **C'est le premier objectif de la fouille**, avant le métal. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n### Ce qui est toxique\n\nHydrazine sur certains monomoteurs, très toxique, odeur d'ammoniac, réservoir non identifiable sans documentation. Oxygène concentré, qui s'enflamme violemment au contact d'une graisse. Hydraulique à deux ou trois cents bars, dont le jet invisible traverse la peau. Composites brûlés, qui libèrent des fibres irritantes et conductrices. Masque à particules dès qu'on remue du noirci — voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n\n## AGIR — l'inventaire, du plus utile au moins utile\n\n### 1. La turbine de secours, et le reste de l’énergie\n\nBeaucoup de chasseurs portent une **turbine à air dynamique** : une petite hélice qui se déploie dans le flux pour entraîner un générateur et une pompe quand tout le reste est mort.\n\nDéposée, c'est **une éolienne complète avec son générateur, son réducteur et sa régulation**, dans un volume qu'un homme porte. Sur toute la liste, c'est l'objet qui change le plus une situation longue. Voir [[TEC-ENE-001]] et [[TEC-SOLR-001]].\n\n### 2. Communication, radar et électronique\n\n- **Les postes radio** VHF et UHF, en boîtiers modulaires extractibles, avec leurs berceaux et leurs connecteurs.\n- **Le transpondeur**, les balises, l'électronique de navigation.\n- **Le câble coaxial**, en bonne longueur et de qualité, avec connecteurs — difficile à improviser. Voir [[TEC-RAD-001]].\n- **Les antennes** et leurs embases.\n- **Le casque de vol**, s'il est accessible hors cockpit : coque, antibruit, écouteurs, micro, visière. Objet remarquable.\n\n- **Le radôme**, coque composite légère, étanche, transparente aux ondes. Telle quelle : coque de bateau, abri, cuve, réflecteur.\n- **Les guides d'ondes**, tubes rectangulaires en aluminium de très belle qualité, aux parois précises.\n- **L'antenne plate et son mécanisme**, moteurs, réducteurs, paliers, servocommandes.\n\n### 3. Oxygène, textiles et matière\n\n- **Les bouteilles**, haute pression, à manipuler vides de préférence.\n- **Les détendeurs et les masques.** Un masque à oxygène à la demande avec son détendeur est un objet précis et robuste.\n- **Le convertisseur d'oxygène liquide**, quand il y en a : dangereux plein, excellent vase isolant vide.\n\n- **Les tôles d'alliage léger.** Les panneaux d'inspection donnent des plaques planes, fines, rigides, imputrescibles. Gouttière, bardeau, réflecteur, plaque de cuisson, porte.\n- **Les panneaux en nid d'abeille**, sandwich collé extrêmement léger et rigide, isolant thermique et acoustique. Cloison, table, plancher.\n- **La tubulure d'aluminium et de titane.** Le titane est léger, très résistant et **totalement inoxydable** : c'est la meilleure matière première de l'épave pour un outil qui restera dehors.\n- **Les longerons et cadres**, profilés usinés.\n\n### 4. Commandes, instruments et optique\n\n- **Le manche et le palonnier** : leviers en alliage usiné, tringlerie, rotules, paliers, ressorts, et une poignée couverte de contacteurs de qualité.\n- **Les vérins et servocommandes**, une fois certains qu'ils sont détendus : tiges d'acier rectifié, corps, joints, ressorts.\n- **Les gyroscopes et centrales inertielles**, pour leurs roulements de très haute précision.\n- **Les instruments** : cadrans, verres, aiguilles, altimètres et anémomètres, qui sont des baromètres utilisables.\n- **Le collimateur de visée**, combineur en verre traité et optiques.\n\n### 5. Train, freins et petit matériel\n\n- **Les pneus** : caoutchouc très épais, plusieurs nappes, avec chambres. Semelle, joint, sandow, protection.\n- **Les jantes**, en alliage, légères et solides.\n- **Les amortisseurs oléopneumatiques**, tiges chromées et ressorts.\n- **Les disques de frein en carbone.** Réfractaires, ils supportent des températures extrêmes sans se déformer. Plaque de foyer, sole, support de creuset.\n\nBatterie, alternateurs, boîtiers de relais, accumulateurs hydrauliques une fois détendus, huiles et graisses pour la lubrification et la protection contre la corrosion — jamais pour brûler en intérieur. Voir [[TEC-COR-001]].\n\nParachute de freinage quand l'appareil en a un : toile solide et suspentes, parmi les meilleurs cordages disponibles. Harnais, sangles, housses. Voir [[TEC-MAT-003]] et [[SURV-NOE-001]].\n\nCâblage aéronautique en grande longueur — fin, souple, résistant à la chaleur et aux hydrocarbures, avec d'excellents connecteurs. Boulonnerie aviation, colliers, joints toriques, isolants, fusibles, ampoules, trappes, charnières, verrous quart de tour.\n\n## Comment déposer\n\n### L'outillage minimal\n\nClés plates et à pipe en jeu métrique et en pouces, clé à molette, pince-étau, pinces coupantes, tournevis plat et cruciforme, clé à six pans, marteau, burin, barre à mine, scie à métaux avec lames de rechange, cisaille, cutter, et un bidon de gazole ou d'huile comme dégrippant. Une sangle, une poulie et une corde pour tout ce qui pèse.\n\n### Les six règles qui évitent de tout gâcher\n\n**Photographiez ou dessinez avant de toucher.** Un assemblage se remonte avec l'image, pas avec la mémoire.\n\n**Marquez les connecteurs et les tuyaux par paires** au marqueur ou au ruban avant de les séparer. C'est deux minutes qui en économisent trois heures.\n\n**Gardez la visserie avec sa pièce**, dans un sachet scotché dessus.\n\n**Dégrippez au lieu de forcer.** Gazole ou huile fine dans le filetage, on laisse agir, et on frappe des **coups secs répétés** sur la tête du boulon plutôt que d'appuyer en continu : la vibration casse la rouille, la force casse le boulon. Pas de chauffe au chalumeau sur une épave.\n\n**Un boulon récalcitrant se contourne.** Scie, burin, ou coupez la tôle à côté. La pièce vaut mieux que le boulon.\n\n**Soutenez avant de desserrer le dernier point de fixation.** Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle touche et ce qui la tenait.\n\n### Sur un avion\n\n**Tout se fait depuis l'extérieur.** Rien de ce qui suit ne demande d'entrer dans le cockpit.\n\n**Les panneaux d'inspection** s'ouvrent par des verrous quart de tour qu'on tourne avec un tournevis plat ou une pièce de monnaie. C'est par là qu'on accède à presque tout.\n\n**La turbine de secours** est dans un logement à trappe, tenue par un bras articulé et quelques boulons, avec un faisceau et parfois une conduite hydraulique. Bloquez le bras déployé avant de desserrer : il est monté sur un vérin ou un ressort de déploiement.\n\n**Le câblage** ne se coupe pas court. **Coupez le plus loin possible des deux côtés de la section qui vous intéresse** : vous gagnez plusieurs mètres gratuitement, et les connecteurs restent utilisables.\n\n**Le radôme** est fixé par une couronne de vis sur le cadre de nez. Dévissez en étoile, pas en tournant, pour ne pas le voiler.\n\n**Les guides d'ondes** se déposent bride par bride ; gardez les joints.\n\n**Les pneus** : dégonflez complètement avant de déjanter, par le bouchon de valve, et attendez que ça siffle jusqu'au bout. Un pneu d'avion est à très haute pression et déjanté sous pression il tue.\n\n**Les disques de frein** sortent après dépose de la roue. Manipulez-les à plat, ils sont friables sur la tranche.\n\n**Les tôles** se découpent à la scie à métaux ou à la cisaille, jamais à la meule — étincelles, carburant, fibres. Ébavurez tout de suite : un bord de tôle d'avion coupe comme une lame.\n\n## ADAPTER\n\n**L'épave est fraîche.** Chaude, elle coule, elle fume, et elle sera cherchée. Le temps passé dessus est votre premier risque. Prenez le kit de survie, les radios et le câblage accessibles, et partez.\n\n**L'épave est ancienne.** Le temps n'a désarmé aucune charge, a vidé les fluides et les batteries, et a fragilisé la structure. Le danger change de nature, il ne diminue pas.\n\n**C'est un appareil d'entraînement, de transport ou un civil.** Beaucoup plus sûr et souvent plus rentable. Pas d'emports, parfois pas de siège éjectable — vérifiez quand même. Un transport apporte en plus des sièges, de l'eau, des toilettes, des trousses de secours, des toboggans d'évacuation en tissu caoutchouté et des gilets de sauvetage.\n\n**L'épave est immergée.** N'y touchez pas. Visibilité faible, structure instable, tôles qui retiennent.\n\n**Il y a des restes humains.** On s'arrête. Notez le lieu, laissez ce qui est personnel, signalez dès que possible. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**Vous n'êtes pas sûr d'un objet.** C'est la situation normale ici. **Une épave ne se sauve pas, elle attendra** — et il n'existe rien à bord dont la valeur justifie de tester une hypothèse.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-009","titre":"Récupérer sur un hélicoptère","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","helicoptere","inventaire","rotor","huile","treuil","radio","balise"],"sources":["NFPA 422 — Aircraft Accident Response Guide, chapitre voilures tournantes","US Army TM 1-1500-204, maintenance des aéronefs à voilure tournante","Manuels constructeurs, sécurisation au sol des portes et trappes largables","Documentation technique sur les réservoirs souples auto-obturants et les balises 406 MHz"],"corps":"::C'est l'épave aéronautique la plus rentable et la moins piégée. Pas de siège éjectable, pas de verrière explosive, une cabine qui s'ouvre, et des composants lourds à hauteur d'homme.::\n\nLes dangers généraux sont dans [[SURV-REC-004]] et [[SURV-REC-010]]. Ce qui suit est l'inventaire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les quatre dangers, et ils sont peu nombreux\n\n**Les pales.** Longues, tranchantes au bord d'attaque, et surtout **sous contrainte** : une pale coincée, pliée ou appuyée emmagasine une énergie considérable et fouette dès qu'on la libère. Le rotor peut aussi tourner seul au vent si le frein a lâché, et une pale à hauteur de tête tourne sans bruit. **Bloquez le rotor avant toute chose.**\n\n**La pyrotechnie.** Moins abondante que sur un chasseur mais présente : cartouches de largage des portes et issues de secours, extincteurs à cartouche du compartiment moteur, bouteilles de gonflage des flotteurs de secours, lance-leurres sur les appareils militaires. Poignée rouge ou pictogramme jaune et noir : on ne touche pas.\n\n**Le carburant.** Beaucoup, et bas, sous le plancher cabine. Les réservoirs souples auto-obturants sont conçus pour ne pas fuir même percés : un réservoir d'apparence intacte peut être plein.\n\n**La turbine.** Brûlante très longtemps après l'arrêt, et son échappement davantage.\n\n**Sur l'armement**, quand il y en a : affûts, tourelles de sabord, goulottes, caisses et circuits de mise à feu sont dans l'inventaire ci-dessous. La dépose et la remise en service des armes elles-mêmes n'y sont pas. Limite énoncée une fois, le reste est complet.\n\n## AGIR — l'inventaire, du plus utile au moins utile\n\n### 1. Le trio de tête\n\n- **L'huile de boîte de transmission principale.** Vingt à soixante litres d'huile de très haute qualité, dans un carter conçu pour être vidangé, avec un bouchon et parfois un robinet. Lubrification, protection contre la corrosion, étanchéité, graissage de tout ce que vous construirez ensuite. Voir [[TEC-COR-001]].\n- **Le treuil de sauvetage et son câble.** Plusieurs dizaines de mètres de câble acier fin et très résistant, un tambour, un moteur, un réducteur, un crochet, un mousqueton à sécurité. Tirer, lever, haubaner, descendre dans un puits. Voir [[SURV-NOE-001]] et [[TEC-MAC-001]].\n- **Les réservoirs souples.** Toile caoutchoutée épaisse, souple, parfaitement étanche, en grande surface. Citerne à eau, bâche, toiture, bassin, contenant. Vidangés et rincés, ils valent des semaines de travail. **C'est la matière la plus rare de toute l'épave.**\n\n### 2. Communication, signalisation et énergie\n\n- **Les postes radio.** Un hélicoptère en porte deux à quatre : VHF, UHF, souvent HF longue portée. Boîtiers modulaires, extractibles avec leurs berceaux. Voir [[SIG-COM-002]] et [[TEC-RAD-001]].\n- **La balise de détresse.** Boîtier autonome avec sa propre batterie et son antenne, conçu pour émettre pendant des jours et être entendu depuis l'espace. **C'est l'un des objets de survie les plus précieux qui existent.** Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Le transpondeur**, l'intercom, les boîtiers de commande audio.\n- **Les casques de vol.** Coque, antibruit, écouteurs, micro à tige, visière escamotable. Un des meilleurs objets récupérables tous véhicules confondus.\n- **Les antennes** de fuselage et les câbles coaxiaux.\n- **Le radar météo et son radôme de nez** : coque composite légère et étanche, antenne orientable avec ses moteurs et ses réducteurs, guides d'ondes en aluminium.\n- **Les projecteurs orientables**, très puissants, avec leur mécanisme et leur commande.\n\n- **Le démarreur-générateur.** Sur turbine, c'est une seule machine qui démarre le moteur puis produit le courant. Déposée, **c'est un moteur électrique puissant et un générateur en un seul objet**, avec ses roulements. Voir [[TEC-ENE-001]].\n- **Les batteries**, souvent au nickel-cadmium : forte capacité, tolérantes au froid et à la décharge profonde, increvables comparées au plomb. Voir [[TEC-ENE-004]].\n- **Les convertisseurs, régulateurs, boîtes de relais et disjoncteurs.**\n- **Le kérosène.** Grand volume. Il brûle en lampe à mèche avec beaucoup de suie, il dégraisse, il alimente un diesel en dépannage. Contenant fermé, à l'écart, jamais siphonné à la bouche.\n\n### 3. Mécanique noble et pales\n\n- **La tête de rotor.** Roulements de très grande taille, pièces forgées, biellettes, rotules élastomères, plateau cyclique avec ses paliers et ses tringles. De la mécanique de précision en grande dimension, introuvable autrement.\n- **La boîte de transmission elle-même** : engrenages en acier cémenté, arbres, roulements, cannelures.\n- **Les arbres de transmission** vers le rotor arrière : tubes longs, équilibrés, avec accouplements souples.\n- **Les servocommandes hydrauliques** : vérins de précision, tiges chromées, corps usinés, joints.\n- **Le rotor arrière** et son renvoi d'angle.\n\nEt les pales, qui ne sont pas un déchet contrairement à ce qu'on croit :\n\n- **Le longeron**, tube métallique ou composite de très grande longueur, droit et rigide : poutre, mât, tuyau, axe.\n- **La peau en alliage léger**, en grandes feuilles minces déjà galbées.\n- **Le nid d'abeille**, remplissage alvéolaire extrêmement léger : isolant, panneau, flottaison.\n- **Les masselottes d'équilibrage en plomb** logées en bout de pale. **Du plomb pur, en morceaux, prêt à fondre** — voir [[TEC-MAT-001]] pour les usages, et rappelez-vous que ses vapeurs sont toxiques.\n\n### 4. Commandes, instruments et respiration\n\n- **Le cyclique et le collectif.** Poignées usinées couvertes de contacteurs et de gâchettes de bonne facture, leviers, tringlerie, rotules, paliers, ressorts de rappel.\n- **Le palonnier**, ses pédales et ses câbles.\n- **Les instruments** : altimètres et anémomètres utilisables comme baromètres, variomètres, compas magnétique — un vrai compas, dans son bain de liquide, avec compensation. Voir [[SURV-ORI-001]].\n- **Les gyroscopes**, pour leurs roulements de très haute précision.\n\n- **Les masques à oxygène**, leurs détendeurs à la demande et leurs bouteilles, sur les appareils militaires et haute altitude.\n- **Les plaques de blindage de siège**, sur les appareils militaires : panneaux céramique et aramide, très durs et relativement légers. Plan de travail, enclume de fortune, protection d'abri.\n- **Les extincteurs portatifs à main** de cabine — pas ceux à cartouche du compartiment moteur.\n\n### 5. Habitat, structure, mission et petit matériel\n\n- **Les portes coulissantes et les panneaux**, plaques d'alliage planes ou galbées, avec charnières, rails, galets et verrous.\n- **Les vitrages en acrylique épais**, découpables, transparents, imputrescibles : châssis, serre, abri.\n- **Les sièges et leur mousse**, les harnais à cinq points, les sangles d'arrimage à cliquet, les filets de soute.\n- **Le train.** Patins : deux tubes d'acier ou d'alliage de plusieurs mètres, droits, solides, immédiatement utilisables en charpente. Roues : pneus, jantes, amortisseurs.\n- **Les flotteurs de secours** non gonflés : tissu caoutchouté en grande surface. Attention aux bouteilles de gonflage.\n- **Le crochet de charge externe et ses élingues.**\n\nSelon l'appareil, et c'est souvent le meilleur : **brancards et civières, trousses médicales, bouteilles d'oxygène médical, réchauds, jerricans, cordes de descente, harnais, gilets de sauvetage, radeau, couvertures de survie, rations.** Un appareil sanitaire ou de secours en montagne est un entrepôt volant. Voir [[URG-SEC-001]].\n\nCâblage en grande longueur, connecteurs étanches, colliers, boulonnerie aviation, joints toriques, durites souples, filtres neufs, ampoules, fusibles, trappes, charnières, verrous quart de tour, silentblocs, plaques de mousse, ruban aluminium.\n\n## Comment déposer\n\n### L'outillage minimal\n\nClés plates et à pipe en jeu métrique et en pouces, clé à molette, pince-étau, pinces coupantes, tournevis plat et cruciforme, clé à six pans, marteau, burin, barre à mine, scie à métaux avec lames de rechange, cisaille, cutter, et un bidon de gazole ou d'huile comme dégrippant. Une sangle, une poulie et une corde pour tout ce qui pèse.\n\n### Les six règles qui évitent de tout gâcher\n\n**Photographiez ou dessinez avant de toucher.** Un assemblage se remonte avec l'image, pas avec la mémoire.\n\n**Marquez les connecteurs et les tuyaux par paires** au marqueur ou au ruban avant de les séparer. C'est deux minutes qui en économisent trois heures.\n\n**Gardez la visserie avec sa pièce**, dans un sachet scotché dessus.\n\n**Dégrippez au lieu de forcer.** Gazole ou huile fine dans le filetage, on laisse agir, et on frappe des **coups secs répétés** sur la tête du boulon plutôt que d'appuyer en continu : la vibration casse la rouille, la force casse le boulon. Pas de chauffe au chalumeau sur une épave.\n\n**Un boulon récalcitrant se contourne.** Scie, burin, ou coupez la tôle à côté. La pièce vaut mieux que le boulon.\n\n**Soutenez avant de desserrer le dernier point de fixation.** Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle touche et ce qui la tenait.\n\n### Sur un hélicoptère\n\n**Bloquez le rotor avant tout le reste**, avec une sangle ou une corde entre une pale et le train. Tant que ce n'est pas fait, on ne travaille pas dessous.\n\n**L'huile de transmission** se prend par le bouchon de vidange, en bas du carter. Prévoyez le contenant **avant** d'ouvrir — il en sort plusieurs dizaines de litres d'un coup. Filtrez au tissu en transvasant, et refermez le bidon : cette huile absorbe l'humidité.\n\n**Le câble du treuil** se déroule entièrement à la main avant de couper ou de déposer le tambour. Portez des gants : un câble acier ébarbé lacère. Lovez-le en couronne large, jamais en huit serré, sinon il vrille.\n\n**Les réservoirs souples** se libèrent en coupant les colliers et les sangles, **jamais le tissu**. Videz d'abord, complètement, puis sortez par la trappe de plancher. Rincez à l'eau et faites sécher à plat, pas plié.\n\n**Le démarreur-générateur** est en bout de boîte d'accessoires : un collier de serrage circulaire, un faisceau, et il vient. C'est la dépose la plus rapide et la plus rentable de l'épave.\n\n**Les radios et la balise** sortent de leurs berceaux par verrous quart de tour. Déconnectez avant de tirer. La balise a sa propre batterie : ne la déclenchez pas par manipulation si vous ne voulez pas être localisé, et sachez que vous le pouvez si vous le voulez.\n\n**Les portes coulissantes** se déposent en butée arrière : il y a une goupille ou un arrêt de rail à retirer, et elles sortent de leurs galets.\n\n**Les pales** ne se découpent pas sous contrainte. Soutenez, sanglez, puis sciez. Les masselottes de plomb sont en bout, sous un capuchon vissé.\n\n**La boîte de transmission** pèse plusieurs centaines de kilos. Ne tentez pas de la sortir entière sans palan : vidangez sur place, et prenez ce qui se démonte dessus.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un appareil civil ou sanitaire.** Le meilleur cas de toute la famille : peu ou pas de pyrotechnie, beaucoup de volume, et souvent tout le matériel de mission ci-dessus. Commencez par celui-là si vous avez le choix.\n\n**C'est un appareil militaire.** Ajoutez les lance-leurres, les affûts, les emports et les blindages. Pour les leurres, la réponse utile est dans [[SURV-REC-008]] : ce n'est pas la cartouche qu'on veut, c'est le magnésium des carters et les paillettes inertes.\n\n**L'appareil est sur le flanc.** Calez-le avant d'y entrer. Une cabine sur le côté se referme mal et la structure travaille dès qu'on y monte.\n\n**L'appareil est dans l'eau ou en marécage.** Abstenez-vous. Instable, tôles qui retiennent, visibilité nulle, carburant en surface.\n\n**L'appareil a brûlé.** La boîte de transmission, le train, les patins et les pièces d'acier restent exploitables. Les composites, les réservoirs, les textiles et la cabine sont perdus, et les fibres de carbone brûlées ne se remuent pas sans masque. Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous n'avez qu'un seul voyage.** Dans l'ordre : la balise, une radio et son casque, l'huile de transmission dans un bidon, le câble du treuil, un réservoir souple vidé, le démarreur-générateur. Le reste attendra, et il attendra bien.\n\n**Il y a des restes humains.** On arrête à cet endroit. Un hélicoptère accidenté est souvent un appareil de secours, avec à bord des gens qui venaient aider et qu'on cherche. Notez le lieu, laissez ce qui est personnel, signalez. Voir [[SIG-COM-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-010","titre":"Munitions et engins non explosés","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["munition","explosif","danger","marquage","laiton","caisse","terrain"],"sources":["UNMAS / IMAS 12.10 — Explosive Ordnance Risk Education, normes internationales","CICR — Restes explosifs de guerre, études sur les victimes civiles","Handicap International — Sous-munitions, rapports d'observatoire","US Army TM 60A-1-1-31, familles de munitions et distances d'évacuation"],"corps":"::Une munition qui n'a pas explosé n'est pas une munition ratée. C'est une munition armée qui attend, et c'est pour ça qu'elle est plus dangereuse que celle qui a fonctionné.::\n\nCette fiche complète [[SURV-REC-004]], [[SURV-REC-006]], [[SURV-REC-008]] et [[SURV-REC-009]], qui disent tous la même chose en une ligne : on ne touche pas. Voici pourquoi, ce qu'il faut savoir reconnaître, comment vivre à côté — et ce qui se récupère réellement, parce qu'il y a beaucoup à prendre.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment c'est fait\n\nToute munition explosive se ramène à quatre parties. Savoir les nommer permet de raisonner au lieu de deviner.\n\n- **Le corps**, en acier ou en alliage, qui donne les éclats.\n- **La charge**, l'explosif proprement dit, chimiquement stable tant qu'on ne l'initie pas.\n- **La fusée**, le détonateur et sa mécanique. **C'est la seule partie réellement sensible, et c'est elle qui décide de tout.**\n- **Le propulseur**, poudre ou moteur-fusée, qui a servi à l'envoyer.\n\nLa charge d'un obus est difficile à faire partir : on peut la brûler, la frapper, la percer sans qu'elle détone. La fusée, elle, est conçue pour être sensible, et elle **s'arme pendant le trajet** — par l'accélération du départ et la rotation.\n\nD'où le fait central : **un engin tiré qui n'a pas explosé a une fusée armée dont le fonctionnement s'est interrompu quelque part.** Il ne manque rien pour qu'elle reprenne, et personne ne peut savoir de l'extérieur à quel point elle en est. C'est exactement l'inverse de l'intuition : le projectile tombé au sol sans bruit est plus dangereux que celui resté dans sa caisse.\n\n### Ce qui aggrave avec le temps\n\nLes explosifs vieillissent, et ils vieillissent mal.\n\n**Le TNT sue.** En vieillissant et sous la chaleur, il exsude des composés qui migrent et cristallisent.\n\n**L'acide picrique, utilisé dans les munitions anciennes, attaque le métal** et forme des picrates, bien plus sensibles au choc et à la friction que l'explosif d'origine. Une munition de la Grande Guerre est plus dangereuse aujourd'hui qu'à sa fabrication. C'est pour cela qu'on en ramasse encore des tonnes chaque année dans certaines régions et qu'on n'y touche jamais.\n\n**Les poudres perdent leur stabilisant.** La nitrocellulose se décompose lentement, et cette décomposition s'accélère elle-même. Une poudre trop vieille peut s'enflammer seule. C'est pourquoi les stocks douteux sont stockés sous eau.\n\n**Le phosphore blanc se rallume en séchant.** Un fragment enterré, humide, inerte en apparence, reprend feu dès qu'il sèche à l'air, et il brûle à travers la chair sans s'éteindre.\n\n### Ce qui tue les civils, en pratique\n\nLes statistiques des organismes de déminage sont constantes d'un conflit à l'autre, et elles ne ressemblent pas à ce qu'on imagine.\n\n**Les sous-munitions sont le premier tueur.** Petites, de la taille d'une boîte de conserve ou d'une balle, parfois de couleur vive, dispersées par centaines, avec un fort taux de non-fonctionnement. Elles ressemblent à un objet, pas à une arme. **Les enfants les ramassent.**\n\n**Les victimes sont majoritairement des gens du lieu**, adultes au travail ou enfants qui jouent, et elles tombent **longtemps après la fin des combats** — des décennies. Le champ, la source, le bois de chauffage : les accidents ont lieu là où les gens doivent aller, pas là où on s'est battu.\n\n**La deuxième cause est la manipulation volontaire** : ramasser pour déplacer, pour vendre le métal, pour récupérer l'explosif. C'est le geste que cette fiche vous demande de ne pas faire.\n\n## AGIR\n\n**1. Reconnaître, à distance.** Tout objet métallique usiné, cylindrique ou ovoïde, avec un nez pointu, un culot, des ceintures de cuivre, des ailettes, un filetage en bout, une couleur militaire ou des bandes peintes. **Dans le doute, c'en est un.**\n\n**2. Ne pas toucher, ne pas déplacer, ne pas retourner, ne pas gratter, ne pas nettoyer, ne pas jeter à l'eau, ne pas mettre au feu.** Un engin dans un feu part en cookoff et envoie des fragments à plusieurs centaines de mètres.\n\n**3. S'éloigner en revenant sur ses propres pas**, exactement, sans élargir.\n\n**4. Marquer sans s'approcher.** Un repère visible de loin, posé du côté sûr : pierres peintes, branche, tissu, bidon. La convention humanitaire est simple et bonne à reprendre — **rouge du côté du danger, blanc du côté sûr.** Un marquage qu'on ne comprend pas ne protège personne.\n\n**5. Noter et transmettre.** Position précise sur un calque de repères, description, photo de loin. C'est ce qui permettra un jour le déminage, et en attendant ça protège le suivant. Voir [[SIG-COM-006]] et [[SURV-ORI-002]].\n\n**6. Prévenir les gens, et d'abord les enfants.** Expliquer, montrer des images, répéter. C'est la seule mesure qui réduit réellement les accidents en zone contaminée, et elle ne coûte rien.\n\n### Distances, en ordres de grandeur\n\nCe ne sont pas des seuils de sécurité, ce sont des rappels d'échelle. Les services spécialisés évacuent, pour un obus d'artillerie ordinaire, **plusieurs centaines de mètres**, et bien davantage pour une bombe d'aviation. Une grenade projette des éclats largement au-delà de ce qu'un mur de jardin arrête.\n\n**Retenez le principe plutôt que le chiffre : la distance de sécurité est toujours plus grande que ce dont vous avez envie.**\n\n## Ce qui se récupère vraiment\n\nC'est le point que l'on saute d'habitude, et il n'est pas vide. Autour des munitions, il y a beaucoup de matériel inerte, et il compte parmi le meilleur du terrain.\n\n**Les caisses métalliques à munitions.** Acier, joint caoutchouc, fermeture à levier, poignée. **Étanches à l'eau et à l'air, empilables, quasi indestructibles.** C'est le meilleur contenant que vous trouverez, tous terrains confondus : réserve de graines, papiers, outils, allumettes, électronique, cache enterrée. Prenez-en autant que vous pouvez en porter — voir [[TEC-AGR-002]] et [[SURV-REC-002]].\n\n**Les caisses en bois.** Bois épais, propre, cloué ou vissé, avec poignées de corde. Charpente, mobilier, coffrage, bois d'allumage.\n\n**Les douilles vides déjà tirées.** Le laiton de douille est un alliage de cuivre et de zinc remarquable : il se plie, se martèle, s'emboutit à froid, et ne rouille pas. Gobelet, entonnoir, douille de protection, rondelle, bague, brasure. Une douille d'artillerie vide est un contenant étanche de belle taille. **Vide veut dire vide : pas d'amorce intacte au culot, rien dedans.**\n\n**Le cuivre des ceintures**, sur les corps d'obus déjà éclatés et inertes — à ne jamais prélever sur un engin entier.\n\n**Les sangles, bretelles, housses, filets, bouchons de transport, bandes de tissu.**\n\n**Les sachets déshydratants** présents dans presque tous les emballages militaires : silice réutilisable indéfiniment après passage au four, pour garder des semences, des papiers ou une radio au sec.\n\n**Les clips, maillons et bandes de chargement**, en acier ressort : attaches, ressorts, agrafes, fil.\n\n**Et l'information.** Les marquages sur les caisses et les corps disent la nature, le calibre et l'année. Notez-les avant de partir : ils renseignent ceux qui viendront dépolluer, et ils vous disent ce qu'il y a autour de vous.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous vivez dans une zone contaminée.** N'improvisez pas de sentiers. Restez sur les surfaces dures, les routes goudronnées et les chemins déjà utilisés par d'autres, tous les jours. Ne coupez jamais à travers champ, ne suivez pas une berge, n'entrez pas dans une friche pour du bois. Le risque est saisonnier : le labour, la crue, le gel et l'érosion font remonter des engins enfouis depuis des années.\n\n**Vous devez cultiver là.** Faites-le à la main sur une parcelle déjà travaillée sans incident, jamais au motoculteur sur une terre neuve, et jamais en brûlant les chaumes.\n\n**Il y a eu un incendie sur un dépôt ou une épave.** Le périmètre est à considérer comme bien plus large que la zone brûlée, et les engins présents sont devenus imprévisibles. On n'y retourne pas pour récupérer quoi que ce soit.\n\n**Quelqu'un a été blessé par un engin.** Le second engin est la règle, pas l'exception. On n'accourt pas en ligne droite : on approche par le chemin exact d'où la personne est venue, on traite l'hémorragie en priorité absolue, puis on évacue par le même chemin. Voir [[URG-HEMO-001]] et [[URG-SEC-001]].\n\n**Vous voulez ouvrir une munition, en extraire l'explosif ou la poudre, ou vous en servir.** C'est la seule chose de tout le corpus que je n'écrirai pas, et l'argument n'est pas moral, il est statistique : **dans toutes les zones où ça se pratique, ce geste tue et mutile plus de récupérateurs que les engins laissés en place n'en tuent de passants.** Un explosif vieilli est plus sensible que neuf, une fusée partiellement fonctionnée n'a pas d'état lisible, et l'accident se produit dans les mains, à distance nulle, sans seconde chance. Ceux qui font ce travail portent une tenue lourde, travaillent à distance et détruisent sur place sans jamais démonter.\n\n**Vous trouvez un engin chez vous, dans un jardin, un grenier, un mur.** C'est fréquent et c'est exactement le même sujet. On ne le sort pas, on ne le met pas dans la voiture, on ne le pose pas sur le rebord. On laisse où c'est, on éloigne les gens, on signale.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-001","titre":"Une arme à feu trouvée","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arme","securite","entretien","munition","calibre","stockage","accident"],"sources":["Règles de sécurité des quatre points, doctrine commune aux fédérations de tir et de chasse","Manuels d'armurerie, procédures de mise en sécurité et de vérification de chambre","Documentation sur les amorces corrosives et le nettoyage à l'eau des armes anciennes","Rapports d'accidents domestiques par arme à feu, services de santé publique"],"corps":"::Personne ne décide de trouver une arme. Mais tout le monde en ramasse une, en temps de crise, et c'est de ne pas savoir s'en servir qui tue — presque toujours quelqu'un du même côté.::\n\nCette fiche ne traite pas de l'emploi d'une arme contre quelqu'un. Elle traite de ce qui se passe avant : reconnaître ce qu'on a en main, le rendre inerte, juger s'il est dangereux, l'entretenir et le ranger. **C'est là que se produisent les accidents, et ils sont évitables.**\n\n## AGIR — la mise en sécurité, dans l'ordre\n\nCes gestes se font sur toute arme trouvée, toujours, y compris si quelqu'un vous jure qu'elle est vide.\n\n**1. Tenez-la comme si elle était chargée.** Sans exception, sans « je viens de vérifier ». La quasi-totalité des accidents commence par cette phrase.\n\n**2. Ne dirigez jamais la bouche vers ce que vous n'êtes pas prêt à détruire.** Pas vers un mur mitoyen, pas vers le sol entre vos pieds, pas vers le ciel non plus — une balle qui monte redescend.\n\n**3. Doigt en dehors du pontet**, posé le long de la carcasse, tant que vous ne tirez pas.\n\n**4. Retirez la source d'alimentation avant d'ouvrir.** Chargeur, bande, barillet. Dans cet ordre : si vous ouvrez d'abord, vous chambrez une cartouche neuve en refermant.\n\n**5. Ouvrez et regardez la chambre.** Puis **passez le doigt ou un bout de bois dedans**. Dans le noir, ou avec une cartouche coincée, l'œil se trompe et le doigt non.\n\n**6. Laissez ouvert.** Une arme dont la culasse est en arrière est visiblement inerte, pour vous et pour les autres. C'est la seule manière de poser une arme dans une pièce où il y a du monde.\n\n**7. Ne démontez pas ce que vous ne savez pas remonter.** Retirer le chargeur, ouvrir la culasse, sortir le verrou : oui. Chasser des goupilles pour ouvrir un mécanisme : seulement si vous savez ce qui va sauter et où, car il y a des ressorts sous contrainte dedans.\n\n## Reconnaître ce qu'on a\n\n### Canon lisse ou canon rayé\n\nC'est la première chose à regarder, et elle décide de tout le reste. Regardez dans le canon, du côté de la culasse, vers la lumière.\n\n**Lisse** : l'intérieur est poli, uniforme. C'est un fusil de chasse. Il tire une gerbe de plombs, ou une balle unique. Sa portée utile est courte — quelques dizaines de mètres —, sa munition est volumineuse, et il est extrêmement polyvalent.\n\n**Rayé** : l'intérieur porte des rainures en spirale, qui font tourner la balle et la stabilisent. C'est une carabine ou un fusil. Portée bien plus longue, précision supérieure, munition plus petite et plus chère.\n\n### Comment elle se recharge\n\n- **Basculante** : le canon casse en deux pour charger. Deux coups au plus. Simple, robuste, presque indestructible.\n- **À verrou** : on manœuvre un levier à la main entre chaque coup. Lent, précis, très fiable.\n- **À pompe** : on fait coulisser l'avant-bois d'avant en arrière. Un coup par mouvement, mécanisme simple, tolérant à la saleté.\n- **Semi-automatique** : un coup par pression sur la détente, le rechargement se fait seul. Plus rapide, plus sensible à l'entretien et à la qualité de la munition.\n- **Automatique** : tire en rafale tant que la détente est enfoncée. Reconnaissable à un sélecteur portant plusieurs positions.\n- **Alimentée par bande** : une bande métallique ou souple de cartouches entre par le côté. C'est une arme d'équipage, lourde, prévue pour un bipied ou un affût.\n\n### Arme de poing\n\n**Revolver** : un barillet tournant, visible, qu'on bascule ou qu'on ouvre par une portière. Très simple, pas de chargeur. **Pistolet** : le chargeur se loge dans la crosse, une culasse coulisse sur le dessus.\n\n### Ce qui décide de l'utilité réelle\n\nPas l'arme. **La munition.**\n\nUne arme dont vous n'avez pas le calibre est un bâton. Une arme rustique dans un calibre répandu localement vaut infiniment mieux qu'une arme performante dans un calibre introuvable. C'est exactement le raisonnement du fer contre le bronze dans [[MEM-CIT-003]] : **une solution médiocre et réapprovisionnable bat une solution excellente qui dépend d'une chaîne longue.**\n\nLe calibre est marqué sur le canon ou sur la carcasse. Notez-le, et ne chambrez jamais autre chose.\n\n## Juger si elle est dangereuse à utiliser\n\nQuatre vérifications, dans cet ordre. Arme vide et ouverte.\n\n**Le canon est-il obstrué ?** Regardez au travers, vers la lumière. Terre, neige, graisse figée, un plomb resté coincé, un nid d'insecte. **C'est le premier tueur : un canon obstrué éclate au premier coup, dans les mains.** Un canon propre laisse voir un cercle de lumière net.\n\n**Y a-t-il de la corrosion dans le canon ?** Une piqûre isolée n'empêche rien. Un canon spongieux, écaillé, ou dont on ne distingue plus les rayures, ne se tire pas.\n\n**La fermeture est-elle franche ?** Refermez à vide. Si la culasse ne verrouille pas complètement, si le canon bouge dans sa fermeture, si quelque chose a du jeu, c'est fini.\n\n**Y a-t-il des fissures ?** Sur la carcasse, autour de la chambre, sur la crosse.\n\n**Dans le doute, on ne tire pas.** Une arme qui éclate détruit une main et un visage. Contrairement à presque tout le reste dans ce corpus, il n'existe pas de version dégradée acceptable.\n\n## Entretenir\n\nC'est simple et ça change tout, parce qu'une arme abandonnée se dégrade d'abord par l'humidité.\n\n**Nettoyer le canon.** Un chiffon serré sur une baguette, une cordelette lestée passée d'un bout à l'autre, une brosse improvisée. On pousse toujours **de la chambre vers la bouche**, jamais l'inverse, pour ne pas ramener les saletés dans le mécanisme.\n\n**Les munitions anciennes laissent des résidus corrosifs.** Les amorces d'avant les années cinquante, et beaucoup de munitions militaires de surplus, déposent des sels qui attirent l'eau et rongent l'acier en quelques jours. Ces résidus ne partent pas à l'huile : **ils partent à l'eau chaude savonneuse.** On rince, on sèche complètement, on huile ensuite. C'est contre-intuitif et c'est ce qui sauve un canon.\n\n**Huiler légèrement.** Un film mince partout sur l'acier extérieur, très peu dans le mécanisme, presque rien dans le canon — et on l'essuie avant de tirer. L'excès d'huile fige au froid et colle la poussière. Toute huile mécanique fait l'affaire ; voir [[TEC-COR-001]].\n\n**La crosse en bois** se protège à l'huile de lin ou à n'importe quel corps gras.\n\n**Ranger sec, déchargé, séparé des munitions.** Jamais dans un étui fermé en cuir ou en tissu, qui retient l'humidité contre l'acier. Une caisse métallique avec un sachet déshydratant est idéale — voir [[SURV-REC-010]].\n\n## ADAPTER\n\n**Elle a été enterrée, immergée, ou elle sort d'un incendie.** Considérez-la comme inutilisable jusqu'à preuve du contraire, et la preuve demande un démontage complet. L'acier chauffé a perdu sa trempe sans que rien ne le montre.\n\n**Vous n'avez pas la bonne munition.** N'improvisez pas. Beaucoup de calibres se ressemblent et certains entrent dans la mauvaise chambre : c'est un des accidents les plus fréquents et il est toujours grave. **Si ça entre difficilement, ce n'est pas le bon.**\n\n**Le coup ne part pas.** Gardez l'arme pointée dans une direction sûre et **attendez une minute avant d'ouvrir.** Un départ retardé existe, et il se produit au moment exact où l'on ouvre la culasse devant son visage.\n\n**Il y a des enfants.** Déchargée, ouverte, hors de portée, et séparée des munitions — les deux séparations, pas une seule. Et expliquez plutôt que d'interdire : un objet interdit et caché est un objet qu'on va chercher.\n\n**C'est une arme d'équipage sur une épave.** Mise en sécurité identique : retirer la bande, ouvrir, vérifier la chambre, laisser ouvert. Pour tout ce qui est autour — affût, goulottes, caisses, circuits —, voir [[SURV-REC-006]] et [[SURV-REC-009]]. La remise en service de ce type d'arme hors de son affût n'est pas traitée dans ce corpus.\n\n**Vous pensez que ça règle un problème.** Deux choses, factuelles. **Le bruit voyage** : un coup tiré s'entend à des kilomètres et attire exactement ce que vous vouliez éviter — c'est tout le raisonnement de [[SURV-DEF-001]] et de [[SURV-NUIT-001]]. Et **la munition ne se fabrique pas** : pour presque tout le monde, c'est une ressource strictement finie, qui s'épuise sans se remplacer. Une arme est un outil de dernier recours, pas un plan.\n\n**Il y a un cadre légal, et il ne disparaît pas.** Détenir, transporter et utiliser une arme est réglementé partout, y compris pendant les crises, et les situations exceptionnelles se terminent. Ce qui a été fait pendant se juge après.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-002","titre":"Pris dans une fusillade","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","tir","couvert","ricochet","evacuation","secourisme","batiment"],"sources":["Doctrine publique de réaction à une tuerie de masse — échapper, se cacher, se défendre (ministères de l'Intérieur, DHS, Home Office)","CICR — Conseils de sécurité aux civils en zone de conflit","Études balistiques sur la pénétration des matériaux de construction courants","Retours d'expérience des services de secours sur la prise en charge en zone d'exclusion"],"corps":"::Personne ne choisit d'être là. Mais les dix premières secondes se jouent sur trois choses qu'on peut savoir à l'avance : d'où ça vient, ce qui arrête une balle, et par où on sort.::\n\n## AGIR\n\n**1. Baissez-vous immédiatement.** Avant de comprendre, avant de chercher, avant de regarder. Vous divisez par trois la surface que vous présentez, et vous sortez de la ligne de tir la plus probable, qui est à hauteur de poitrine.\n\n**2. Cherchez la direction, sans vous relever.** En ville, l'écho ment : le son rebondit entre les façades et semble venir de partout. Ne vous fiez pas à vos oreilles. Fiez-vous à ce que vous voyez — **dans quelle direction les gens fuient, où partent les impacts, la poussière de mur, les éclats de verre, la fumée.**\n\n**3. Mettez quelque chose de dense entre vous et ça.** Et là, la distinction qui décide de tout :\n\n- **Un masque vous cache. Un couvert vous protège.** Ce n'est pas la même chose et on confond les deux sous le stress.\n- **Ne protègent pas, quoi qu'on en pense** : une portière de voiture, une cloison de plâtre ou de placo, une porte intérieure, une haie, un buisson, un rideau, un comptoir en bois, une vitrine, une tôle.\n- **Protègent réellement** : un bloc moteur, une roue avec sa jante, un mur porteur en pierre ou en béton, un pilier, un talus de terre, une bordure de trottoir en granit, une machine, un transformateur, un arbre de gros diamètre, un tas de livres ou de papier compacté.\n\n**En cas de doute, la masse décide.** Ce qui est lourd et épais arrête, ce qui est léger ne fait que cacher. Se cacher vaut mieux que rien — mais sachez laquelle des deux choses vous faites.\n\n**4. Déplacez-vous par bonds courts, perpendiculairement.** D'un couvert au suivant, bas, rapide, en changeant de rythme. Jamais en ligne droite dans un espace ouvert, jamais en vous découpant dans une porte ou une fenêtre éclairée, jamais sur une crête ou un talus à contre-jour. Si vous devez traverser, traversez **une fois**, sans hésiter au milieu.\n\n**5. Sortez de la zone et continuez de sortir.** Les gens s'arrêtent trop tôt, au premier angle de rue. Éloignez-vous vraiment.\n\n**6. Ne retournez chercher personne tant que ça tire.** C'est le même mécanisme que dans [[URG-AIR-001]] : le deuxième à entrer est celui qui meurt le plus souvent.\n\n**7. À l'abri, comptez et examinez.** L'adrénaline masque les blessures : on ne sent pas un impact, on ne voit pas son propre sang. Passez les mains sur chacun, sous les vêtements, y compris sur vous. **L'hémorragie prime sur tout le reste** — voir [[URG-HEMO-001]] et [[URG-SEC-001]].\n\n**8. Quand les secours ou les forces de l'ordre arrivent.** Mains vides, ouvertes, visibles, bras écartés. Aucun objet en main, pas même un téléphone. Vous obéissez sans discuter et vous ne courez pas vers eux. **Pour quelqu'un qui arrive, vous êtes indiscernable de ce qu'il vient chercher.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes dans un bâtiment.** Éloignez-vous des ouvertures et des couloirs en enfilade, qui sont des lignes de tir toutes faites. Une pièce intérieure, sans fenêtre, avec un mur porteur entre vous et l'extérieur. Verrouillez, bloquez avec du lourd, éteignez la lumière, coupez les sonneries, silence. **Ne vous asseyez pas contre la porte ni dans son axe.** Si vous pouvez sortir par un autre côté sans traverser la zone, sortez : partir vaut mieux que se cacher, et se cacher vaut mieux que le reste.\n\n**Vous êtes dehors, en ville.** Le trottoir n'est pas un couvert. Cherchez l'angle de bâtiment, le pilier, le muret de pierre, le véhicule — **côté moteur, pas côté portières**. Mettez de la distance et de la maçonnerie, pas de la tôle.\n\n**Vous êtes en véhicule.** Une carrosserie n'arrête rien. Deux options et pas de troisième : **rouler**, même sur un trottoir, même en accrochant — un véhicule en mouvement est une cible difficile ; ou **sortir** du côté opposé et vous mettre derrière le bloc moteur. Rester immobile derrière une portière est la pire des trois.\n\n**Vous êtes en terrain ouvert.** Le sol a des plis : fossé, sillon, contre-pente, souche, dépression. Un creux de vingt centimètres change tout quand on est allongé. Ne franchissez jamais une crête debout.\n\n**C'est la nuit.** Toute lumière est une cible. Éteignez tout, y compris l'écran du téléphone, et rappelez-vous que vous voyez mieux en restant dans le noir qu'en éclairant — voir [[SURV-NUIT-001]] et [[TEC-NUI-001]].\n\n**Il y a des enfants.** Un adulte par enfant, physiquement, une main sur eux. Une consigne unique répétée d'avance — un mot, un endroit. N'expliquez pas pendant, expliquez après.\n\n**Vous êtes blessé.** Comprimez et continuez de bouger si vous le pouvez. Une compression tenue avec la main vaut mieux qu'un garrot mal posé, et un abri atteint vaut mieux qu'un pansement parfait en terrain découvert.\n\n**Ce n'est pas du tir direct.** Si ce sont des explosions — mortier, roquette, artillerie —, **la logique s'inverse** : les éclats viennent d'en haut et de partout, donc on cherche à être *sous* quelque chose et *dans* le sol, pas derrière. Cave, tranchée, pied de mur porteur côté opposé, loin des fenêtres, des toits et des véhicules. Entre deux salves, on se déplace ; pendant, on reste. Et on ne ressort pas tout de suite : **le deuxième coup vise souvent ceux qui sont sortis après le premier.**\n\n**Vous êtes armé et vous envisagez de tirer.** Trois faits avant la décision. **Ce qui est derrière la cible reçoit ce qui manque** — et la plupart des cloisons d'habitation ne retiennent rien, donc vous tirez à travers deux pièces. **Le tir pour blesser n'existe pas** : on manque sous stress, et une jambe touchée tue en quelques minutes par l'artère fémorale. Et **dès la première détonation, vous devenez pour tout le monde — voisins, témoins, secours, forces de l'ordre — quelqu'un qui tire.** L'arithmétique complète est dans [[SURV-DEF-001]] : la quasi-totalité des situations se terminent par la distance, la voix et une sortie laissée à l'autre.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui arrête un projectile\n\nPas la solidité apparente : **la masse traversée**. Une plaque d'acier de deux millimètres ne fait presque rien, trente centimètres de terre tassée font tout. Les matériaux d'un bâtiment ordinaire — plâtre, brique creuse, bois, isolant, verre — sont transparents pour une balle de fusil, et une cloison intérieure n'existe pas de son point de vue.\n\nD'où un principe qui ne trompe pas : **cherchez ce que vous ne pourriez pas soulever.**\n\n### La surpénétration et le ricochet\n\nUn projectile qui traverse continue. Les gens tués dans une fusillade ne sont pas tous ceux qu'on visait, et beaucoup étaient dans la pièce d'à côté.\n\nLe ricochet, lui, suit les surfaces dures : une balle qui frappe un mur ou un sol de béton à angle faible ne rebondit pas dans n'importe quelle direction, **elle file le long de la surface**, à quelques dizaines de centimètres. C'est pourquoi on ne se colle pas au pied d'un mur dur : on s'en écarte un peu, ou on se met derrière quelque chose qui a de l'épaisseur.\n\n### Ce que le corps vous fait\n\nVision en tunnel, perte de l'audition fine, perception du temps déformée, tremblement, et surtout **anesthésie** : les blessures ne se sentent pas sur le moment. C'est le même mécanisme que dans [[SURV-PSY-002]], et il a une conséquence pratique unique : **après, on se palpe, on ne se fie pas à ce qu'on ressent.**\n\n### Pourquoi cette fiche existe\n\nParce que la réaction spontanée est presque toujours la mauvaise : rester debout pour comprendre, courir en ligne droite, s'abriter derrière ce qui cache, s'arrêter trop tôt, repartir trop vite. Aucun de ces gestes ne demande du courage pour être corrigé — il suffit de les avoir lus une fois.","langue":"fr"},{"id":"TEC-BAL-001","titre":"La balistique","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["balistique","energie","penetration","ricochet","materiaux","protection","physique"],"sources":["Normes NIJ 0101.06 et 0108.01 — essais de résistance balistique des matériaux et des blindages","Études de pénétration des matériaux de construction courants, laboratoires de police scientifique","Manuels de physique appliquée, trajectoire et traînée aérodynamique","Travaux sur le ricochet à angle faible sur surfaces dures"],"corps":"::Une balle n'est pas magique. C'est une masse lancée vite, et tout ce qu'elle fait s'explique avec trois grandeurs : sa masse, sa vitesse, et ce qu'elle rencontre.::\n\nCette fiche explique le phénomène. Son application pratique — où se mettre, quoi mettre entre soi et le tir — est dans [[SURV-DEF-002]].\n\n## L'énergie\n\nUn projectile porte une énergie cinétique qui vaut **la moitié de la masse multipliée par le carré de la vitesse**.\n\nLe carré change tout. **Doubler la masse double l'énergie ; doubler la vitesse la multiplie par quatre.** C'est pourquoi un petit projectile très rapide frappe beaucoup plus fort qu'un gros projectile lent, et pourquoi les armes se sont développées dans le sens de la vitesse.\n\nOrdres de grandeur utiles, en joules :\n\n| | Énergie approximative |\n|---|---|\n| Flèche d'arc | 50 à 100 J |\n| Balle d'arme de poing courante | 400 à 700 J |\n| Chevrotine de fusil de chasse | 2 000 à 3 000 J |\n| Balle de fusil | 3 000 à 4 000 J |\n\nUn coup de poing bien porté, à titre de comparaison, tourne autour de 100 à 200 J — mais réparti sur toute la surface du poing. **C'est la concentration qui fait la différence**, pas seulement l'énergie : la même énergie sur un centimètre carré ou sur cent ne fait pas le même effet. Voir [[TEC-MAC-001]] pour le même principe appliqué aux outils.\n\n## La trajectoire\n\nDeux choses agissent en permanence sur un projectile en vol.\n\n**La gravité**, qui le fait tomber. Elle agit dès la sortie, indépendamment de la vitesse : une balle tirée à l'horizontale et une balle lâchée de la main touchent le sol en même temps. La vitesse ne réduit pas la chute, elle réduit seulement le temps pendant lequel elle s'exerce — donc la distance parcourue avant de toucher.\n\n**La traînée de l'air**, qui le ralentit. Elle augmente avec le carré de la vitesse, donc elle est très forte au départ et faiblit ensuite. Un projectile lourd et allongé perd sa vitesse plus lentement qu'un projectile léger : c'est pour cela qu'un plomb de chasse est dangereux sur cent mètres et qu'une balle de fusil l'est sur plusieurs kilomètres.\n\n**Un tir en l'air retombe.** Le projectile perd sa vitesse en montant, s'arrête, puis redescend — et il redescend assez vite pour tuer. Les tirs de joie font des morts chaque année, souvent à plusieurs centaines de mètres de celui qui a tiré.\n\n## Ce qui arrête un projectile\n\nC'est la question la plus utile de la fiche, et la réponse est contre-intuitive.\n\n**Ce n'est pas la dureté, c'est la masse par unité de surface** — la quantité de matière que le projectile doit traverser sur son chemin. Une plaque d'acier fine se perce ; trente centimètres de terre tassée arrêtent presque tout.\n\nOrdres de grandeur, pour une balle de fusil :\n\n| Matériau | Ce qu'il faut, approximativement |\n|---|---|\n| Terre tassée ou sable | 30 à 50 cm |\n| Béton | 10 à 20 cm |\n| Brique pleine | 20 à 30 cm |\n| Bois plein | 40 à 60 cm |\n| Livres ou papier serré | 40 à 60 cm |\n| Acier | 1 à 2 cm |\n\nEt ce qui n'arrête rien du tout, quelle que soit l'épaisseur raisonnable : plâtre, brique creuse, parpaing creux, cloison sèche, verre, tôle de carrosserie, plastique, isolant.\n\n**Le sable et la terre sont les meilleurs matériaux disponibles partout**, parce qu'ils dissipent l'énergie par frottement et ne renvoient rien. C'est pourquoi tous les stands de tir du monde ont une butte de terre derrière les cibles et pas un mur.\n\n## La surpénétration\n\nUn projectile qui traverse continue avec l'énergie qui lui reste, et il en reste beaucoup.\n\nUne balle de fusil traverse plusieurs cloisons d'habitation d'affilée. Dans un immeuble, cela veut dire que **le danger ne s'arrête pas à la pièce concernée** — ni au-dessus, ni au-dessous. C'est vrai pour celui qui subit comme pour celui qui tire, et c'est une des raisons pour lesquelles l'arme à feu est un mauvais outil en milieu habité.\n\n## Le ricochet\n\nUn projectile qui frappe une surface dure à angle faible ne repart pas dans une direction aléatoire : **il est dévié et file le long de la surface**, à faible hauteur, en conservant une part importante de son énergie.\n\nTrois conséquences pratiques.\n\n- **On ne se couche pas collé au pied d'un mur dur ni au ras d'un sol dur** : c'est exactement la zone où circulent les projectiles déviés. On s'en écarte, ou on met de l'épaisseur devant soi.\n- **L'eau ricoche aussi**, et très bien. Une surface d'eau à angle faible renvoie les projectiles loin.\n- **Plus l'angle d'arrivée est rasant, plus le ricochet est probable.** Une surface frappée de face est traversée ou arrête ; frappée en biais, elle renvoie.\n\n## Le bruit\n\nLe son d'une détonation porte à des kilomètres, davantage la nuit, par temps froid et en terrain dégagé, et il se réfléchit sur les façades au point de rendre la localisation à l'oreille peu fiable en ville.\n\nUn projectile supersonique produit en plus un claquement le long de tout son trajet, indépendant de l'arme : c'est une onde de choc, et elle s'entend même quand la détonation est atténuée. **Il n'existe pas de tir silencieux.**\n\n## Ce qu'il faut en retenir\n\n**La masse traversée décide, pas l'apparence.** Le réflexe utile tient en une phrase : cherchez ce que vous ne pourriez pas soulever.\n\n**Ce qui est derrière compte autant que ce qui est devant.** Surpénétration et ricochet font que la zone dangereuse est bien plus large que la ligne de tir.\n\n**Rien de tout cela ne dépend de l'arme.** Ce sont des lois de la matière, et elles s'appliquent de la même façon à une flèche, à une pierre de fronde et à une balle. Voir [[SURV-DEF-002]] et [[SURV-ARM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-004","titre":"Le gilet pare-balles et la protection du corps","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["protection","gilet","plaque","entretien","stockage","ceramique","aramide"],"sources":["NIJ Standard 0101.06 — Ballistic Resistance of Body Armor, niveaux et protocoles","Notices constructeurs, inspection et durée de vie des panneaux souples et des plaques","Études sur le traumatisme contondant derrière blindage","Retours d'expérience sur le vieillissement de l'aramide à l'humidité et aux ultraviolets"],"corps":"::Oui, ça s'entretient — et mal entretenu, ça ne protège plus sans que rien ne le montre. C'est toute la traîtrise de l'objet.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Deux familles, et elles ne font pas le même travail\n\n**Le panneau souple.** Un empilement de dizaines de couches de fibre tissée — aramide ou polyéthylène. Il arrête des projectiles d'arme de poing en les attrapant dans le tissage et en répartissant l'énergie. **Il n'arrête aucune balle de fusil**, et c'est le malentendu le plus répandu et le plus coûteux.\n\n**La plaque rigide.** Céramique, acier ou polyéthylène compressé, glissée dans une poche du porte-plaques. La céramique casse le projectile et se détruit en le faisant. C'est ce qui arrête un tir de fusil — mais seulement sur la surface qu'elle couvre.\n\n### La couverture, qui est le vrai sujet\n\nUne plaque standard fait environ 25 sur 30 centimètres. Elle couvre le cœur, les gros vaisseaux et une partie des poumons. **Elle ne couvre pas** : le cou, les épaules, les aisselles, l'abdomen bas, le bassin, les cuisses — où passe l'artère fémorale —, ni le dos si vous n'avez qu'une plaque avant.\n\nUn gilet ne rend pas invulnérable. **Il déplace la probabilité, il ne la supprime pas**, et il la déplace sur une fraction de la silhouette.\n\n### Le traumatisme derrière la plaque\n\nUne plaque qui arrête un projectile ne fait pas disparaître l'énergie : elle la répartit. Le choc transmis casse des côtes, contusionne le poumon et le cœur, et peut assommer. **Arrêté ne veut pas dire indemne** : on examine toujours quelqu'un dont le gilet a pris un impact, même s'il se relève et marche.\n\n### Ce que ça coûte\n\nTrois à dix kilos, portés haut sur le torse. Chaleur, transpiration, fatigue, mobilité réduite, et un coup de chaleur qui devient le premier risque par temps doux — voir [[URG-CHAL-001]]. Sur une longue marche ou un travail physique, le gilet coûte plus souvent qu'il ne rapporte.\n\n## AGIR — entretenir et vérifier\n\n### Les panneaux souples\n\n**Ne les lavez jamais en machine et ne les trempez pas.** L'aramide perd ses propriétés à l'humidité prolongée, et le tissage se déforme. On lave la **housse** séparément ; le panneau lui-même s'essuie à l'éponge humide et sèche à plat, à l'ombre.\n\n**Tenez-les à l'abri des ultraviolets.** Le soleil dégrade la fibre, de façon invisible et irréversible.\n\n**Rangez à plat, jamais plié, jamais roulé, jamais sous une charge.** Une pliure permanente crée une ligne faible qu'aucune inspection ne révèle.\n\n**Pas de chaleur.** Coffre de voiture en été, grenier, près d'un poêle : c'est ce qui tue le plus de panneaux, et personne n'y pense.\n\n**Les dates de péremption sont réelles**, généralement cinq ans. Elles ne signifient pas que le panneau devient inutile du jour au lendemain, mais qu'au-delà le fabricant ne garantit plus rien et que la dégradation s'accélère.\n\n### Les plaques\n\n**La céramique casse en tombant.** Une plaque lâchée sur un sol dur peut être fissurée à l'intérieur en gardant un aspect parfait. Elle ne protégera plus, et rien ne le dira.\n\n**Inspectez au toucher et à l'oreille.** Palpez toute la surface à travers la housse, à la recherche d'un creux, d'un craquement, d'une zone qui bouge ou qui sonne différemment. Une plaque saine est uniforme et muette.\n\n**Cherchez le décollement.** La céramique est collée sur un support composite. Un bord qui se sépare, une housse qui gonfle, une entrée d'eau : la plaque est finie.\n\n**Une plaque ayant reçu un impact est à remplacer**, même si elle a l'air intacte et même si elle a fait son travail. Elle ne le fera pas deux fois.\n\n### Le porte-plaques\n\nC'est lui qui lâche en premier, et c'est le plus facile à réparer. Vérifiez les sangles, les boucles, le velcro — qui s'encrasse de poussière et de fibres et perd sa tenue —, les coutures aux points d'ancrage et les poches. Le velcro se nettoie en le peignant avec une pointe ou une brosse dure.\n\n**Un gilet mal ajusté protège mal.** Trop bas, il ne couvre plus le cœur et empêche de s'asseoir ; trop haut, il gêne la respiration et monte sur le cou. Le haut de la plaque avant se place à peu près au niveau du creux entre les clavicules.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous en trouvez un sur une épave ou dans un local.** Regardez l'étiquette : niveau de protection, date de fabrication, numéro de lot. Sans étiquette, vous ne savez pas ce que vous avez. Inspectez comme ci-dessus, et méfiez-vous surtout d'un panneau souple qui a passé des années dans un véhicule ou un sous-sol humide. Sur les blindés et hélicoptères, les **plaques de blindage de siège** en céramique et aramide se récupèrent aussi — voir [[SURV-REC-006]] et [[SURV-REC-009]].\n\n**Vous n'avez rien et vous voulez improviser.** Les chiffres de [[TEC-BAL-001]] s'appliquent, et ils sont décourageants : il faut de la masse. Des livres serrés, du sable dans des sacs, de la terre, de l'acier épais. **Ça se construit, ça ne se porte pas.** Une plaque de tôle ou un livre dans une veste ne fait rien contre un projectile et ajoute du poids — l'idée revient sans cesse et elle est fausse.\n\n**Ce que vous voulez vraiment protéger, la plupart du temps.** Dans la vie réelle d'une crise, les blessures viennent des outils, des chutes, du verre, du feu et des gravats — pas des balles. **Des gants épais, des chaussures montantes, des lunettes, un casque de chantier et des vêtements solides** vous sauveront cent fois plus souvent qu'un gilet, pour un dixième du poids. Voir [[SURV-REC-005]] et [[TEC-SAN-006]].\n\n**Vous le portez en permanence.** N'essayez pas. Chaleur, usure, fatigue et dos en souffrance : le gilet se porte pour un déplacement identifié comme risqué, et se retire le reste du temps. Un équipement qui épuise celui qui le porte finit par le mettre en danger.\n\n**Quelqu'un a pris un impact dans son gilet.** Il est arrêté, pas indemne. Allongez, découvrez, cherchez la déformation de la cage thoracique, la douleur à la respiration, le crachat sanglant, le malaise différé. Voir [[URG-SEC-001]] et [[URG-SEC-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-003","titre":"Grenades et engins à main","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["grenade","fumigene","incendiaire","reconnaissance","danger","marquage"],"sources":["UNMAS / IMAS 12.10 — Explosive Ordnance Risk Education","CICR — Restes explosifs de guerre, reconnaissance et conduite à tenir","Manuels techniques de familles de munitions, marquages et codes couleur","Fiches de sécurité phosphore blanc et compositions incendiaires"],"corps":"::La goupille n'est pas la sécurité. C'est la cuiller. Tant qu'elle est maintenue, rien ne se passe ; dès qu'elle part, le compte a commencé et il ne s'arrête plus.::\n\nCette fiche sert à **reconnaître** ce qu'on a sous les yeux et à savoir quoi en faire quand on en trouve. L'emploi n'y est pas traité.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment c'est fait\n\nQuatre pièces, toujours les mêmes.\n\n- **Le corps**, qui contient la charge et qui, selon le modèle, fournit ou non les éclats.\n- **La composition**, explosive, fumigène ou incendiaire.\n- **La cuiller**, ce levier métallique plaqué le long du corps et tenu par la main.\n- **La goupille et son anneau**, qui empêchent la cuiller de se lever.\n\nLe fonctionnement se retient en une phrase : **goupille retirée mais cuiller tenue, il ne se passe rien ; cuiller relâchée, un percuteur frappe l'amorce et un retard de quelques secondes s'écoule.** Ce retard ne se rattrape pas, ne s'annule pas, et ne se remet pas.\n\nD'où la règle de reconnaissance la plus importante : **un engin dont la cuiller manque, ou qui gît avec sa goupille arrachée, est dans un état inconnu et potentiellement en cours de fonctionnement.** On s'en éloigne sans rien tenter.\n\n### Les familles, et à quoi on les reconnaît\n\n**Fragmentation, dite défensive.** Corps lourd, en acier, souvent quadrillé ou à rainures internes. Elle projette des éclats sur un large rayon : **la zone létale se compte en mètres, la zone dangereuse en centaines de mètres.** C'est l'engin dont le rayon dépasse de très loin la distance à laquelle un humain peut lancer.\n\n**Souffle, dite offensive.** Corps léger, plastique ou tôle mince. Elle agit par pression, avec un rayon bien plus court et peu d'éclats.\n\n**Fumigène.** Corps cylindrique plus gros, souvent avec des orifices ou des bouchons sur le dessus, et une couleur de bande indiquant la teinte de la fumée. Elle ne détone pas : elle brûle en dégageant beaucoup de fumée, **et elle brûle très chaud.** Elle met le feu à ce qu'elle touche, elle consomme l'oxygène, et **elle ne s'utilise jamais dans un local fermé** — voir [[URG-AIR-001]].\n\n**Incendiaire.** Thermite ou phosphore. La thermite brûle à plusieurs milliers de degrés et **l'eau l'aggrave**. Le phosphore blanc s'enflamme à l'air, traverse la chair sans s'éteindre, et **se rallume en séchant** : un fragment enterré et humide reprend feu des jours plus tard.\n\n**Lacrymogène.** Irritant respiratoire et oculaire, corps souvent gris ou bleu, orifices de diffusion. Dangereuse en local fermé et pour les asthmatiques.\n\n**Assourdissante.** Effet de lumière et de pression, sans éclats, mais elle brûle et elle blesse à contact.\n\n**À charge creuse.** Corps conique ou en forme de bouteille, parfois avec une traîne en tissu. Destinée au blindage.\n\n### Ce que les marquages disent\n\nLes bandes de couleur et les inscriptions indiquent la nature et l'année, selon des conventions qui varient d'un pays et d'une époque à l'autre. Une règle générale utile : **un engin entièrement peint en bleu, en blanc ou en vert clair est souvent un modèle d'instruction, inerte** — souvent, pas toujours. On ne parie pas là-dessus, mais on note l'information et on la transmet.\n\n## AGIR — quand on en trouve un\n\n**1. On ne touche pas, on ne ramasse pas, on ne retourne pas.** Y compris ce qui a l'air rouillé, cassé, vieux ou factice. Un engin ancien est plus dangereux qu'un engin neuf, pour les raisons de [[SURV-REC-010]].\n\n**2. On regarde de loin l'état de la cuiller et de la goupille**, sans s'approcher pour mieux voir.\n\n**3. On s'éloigne en revenant sur ses propres pas**, exactement, sans élargir.\n\n**4. On marque**, du côté sûr, visible de loin : rouge du côté du danger, blanc du côté sûr.\n\n**5. On note et on transmet** : position précise sur un calque de repères, photo de loin, description, marquages lisibles. Voir [[SIG-COM-006]] et [[SURV-ORI-002]].\n\n**6. On prévient les gens, et d'abord les enfants.** C'est la mesure qui réduit réellement les accidents, et elle ne coûte rien.\n\n## ADAPTER\n\n**Il y en a plusieurs, ou une caisse entière.** Ne comptez pas, ne triez pas, ne déplacez pas. Marquez la zone entière, pas chaque objet.\n\n**Il y a eu un incendie.** Tout ce qui se trouvait là est devenu imprévisible, et le périmètre à considérer est bien plus large que la zone brûlée.\n\n**Un engin incendiaire a brûlé quelqu'un.** Thermite et phosphore ne s'éteignent pas comme un feu ordinaire. On **immerge** ou on couvre de terre humide pour priver d'air, on retire les vêtements contaminés, et on garde la zone mouillée — le phosphore se rallume en séchant. Voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Un fumigène brûle près de vous.** Éloignez-vous perpendiculairement au vent, comme pour tout nuage — voir [[URG-AIR-001]]. En local fermé, sortez immédiatement : le risque n'est pas la fumée seule, c'est l'oxygène consommé.\n\n**Ce qui se récupère autour.** Comme pour toute munition : **les caisses métalliques à joint, les caisses bois, les sachets déshydratants, les emballages et les clips**. Ce sont d'excellents contenants et ils sont inertes. Le détail est dans [[SURV-REC-010]].\n\n**Vous vivez dans une zone où il y en a.** Restez sur les chemins durs et déjà fréquentés, ne coupez jamais à travers friche ou champ, méfiez-vous après un labour, une crue ou un gel — ils font remonter ce qui était enfoui.\n\n**Un enfant vous en rapporte un.** Ne criez pas et ne tirez pas dessus. Faites-le poser lentement, au sol, à l'endroit où il est, puis éloignez tout le monde. Ensuite seulement, marquez et signalez.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-003","titre":"Se protéger selon le terrain","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["terrain","couvert","deplacement","batiment","ville","foret","contenir"],"sources":["CICR — Conseils de sécurité aux civils en zone de conflit","Doctrine publique de protection des populations en zone urbaine","Études de pénétration des matériaux de construction","Retours d'expérience des organisations humanitaires sur les déplacements en zone contestée"],"corps":"::Le terrain décide avant vous. Il dit où passent les tirs, où la terre protège, et par où on sort. Le lire prend trente secondes et ça se lit de la même façon partout.::\n\nCe que fait un projectile est dans [[TEC-BAL-001]], la réaction immédiate dans [[SURV-DEF-002]]. Cette fiche est la lecture du lieu.\n\n## COMPRENDRE — les trois questions, partout\n\nElles se posent dans cet ordre, quel que soit l'endroit.\n\n**Où sont les lignes de tir ?** Ce sont les axes dégagés : une rue droite, un couloir en enfilade, une allée, une ligne de crête, une berge, une clairière, l'axe d'une porte. **Tout ce qui est droit et dégagé est une ligne de tir**, même si personne n'y est.\n\n**Où est la masse ?** Le sol qui monte, la maçonnerie pleine, le béton, la machine, le tas de matière. Pas ce qui est solide à l'œil : ce qui est lourd.\n\n**Par où je sors ?** Avant d'entrer, avant de s'installer, avant de traverser. Deux issues ou on n'entre pas — c'est la même règle que [[SURV-REC-001]] et [[SURV-DEF-001]].\n\n## AGIR — selon le lieu\n\n### En ville\n\nLa rue est une ligne de tir et le trottoir n'est pas un abri. Ce qui protège, ce sont **les angles de bâtiment, les piliers, les murs porteurs, les murets de pierre, les bacs à fleurs pleins de terre, les bordures de granit, les containers, les transformateurs**.\n\nTraversez aux endroits où la rue est interrompue — un décrochement, un porche, un véhicule en travers —, en une fois, sans hésiter au milieu. Longez en restant décalé du mur plutôt que collé, à cause du ricochet rasant.\n\n**Le danger vient aussi d'en haut.** Dans une rue étroite, les étages et les toits voient tout. Restez sous les avancées, les balcons, les arcades, les arbres.\n\n### En bâtiment\n\n**Les pièces intérieures**, sans fenêtre, avec de la maçonnerie entre vous et l'extérieur. Les cages d'escalier et les couloirs sont des lignes de tir et des pièges : longs, droits, sans issue latérale.\n\nNe vous tenez pas dans l'axe d'une porte, ni devant une fenêtre, même fermée, même de nuit — surtout de nuit si vous avez de la lumière derrière vous. **Les cloisons intérieures n'arrêtent rien** : ce qui traverse une pièce traverse la suivante.\n\nLes caves protègent du tir direct et des éclats, et elles piègent en cas d'incendie ou d'effondrement. Il faut une deuxième issue ou un soupirail utilisable.\n\n### En terrain ouvert\n\nLe sol n'est jamais plat. Fossés, sillons, ornières, dépressions, souches, tas de pierres, contre-pentes : **vingt centimètres de creux changent tout quand on est allongé.**\n\nNe franchissez pas une crête debout : on s'y découpe sur le ciel et on se voit à des kilomètres. On passe en contrebas, ou en rampant, ou ailleurs.\n\nLa distance protège : au-delà de quelques centaines de mètres, une cible humaine mobile devient très difficile à atteindre pour quelqu'un qui n'est pas entraîné.\n\n### En forêt\n\nElle **masque bien et protège mal.** Un tronc de gros diamètre arrête ; un taillis ne fait que cacher, et cacher a une vraie valeur — mais ne confondez pas.\n\nSuivez les plis du terrain plutôt que les layons, qui sont des lignes de tir rectilignes. Méfiez-vous du bruit : les branches sèches et les feuilles mortes trahissent bien plus que la silhouette. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n### En véhicule\n\nLa carrosserie n'arrête rien. Seuls le bloc moteur et l'ensemble roue-jante protègent. **Rouler vaut mieux que s'arrêter**, sortir vaut mieux que rester derrière une portière. Si vous devez abandonner le véhicule, sortez du côté opposé et éloignez-vous : un véhicule immobile est un point fixe que tout le monde regarde.\n\n### Au franchissement d'un cours d'eau ou d'un pont\n\nCe sont les points obligés du terrain, donc ceux que l'on surveille. Observez longuement avant, franchissez au moment le plus creux de la journée, un par un et non en groupe, et convenez d'un point de regroupement de l'autre côté. Voir [[SURV-GUE-001]].\n\n## Le bâtiment tenu par quelqu'un : contenir plutôt qu'entrer\n\nC'est la situation où l'intuition est la plus mauvaise, alors elle mérite d'être traitée pour elle-même.\n\n**Entrer dans une structure où quelqu'un attend est, dans tous les retours publiés, l'activité la plus coûteuse en vies du combat urbain** — et ce chiffre est établi pour des équipes entraînées, nombreuses, équipées et en liaison. Celui qui attend voit arriver, connaît les lieux, et tire en premier. Le rapport est structurellement défavorable à celui qui entre, quels que soient son matériel et sa détermination.\n\nLa réponse qui fonctionne ne consiste donc pas à mieux entrer. Elle consiste à ne pas avoir à le faire :\n\n- **Fermer les issues** et établir une distance de sécurité en dehors des lignes de tir.\n- **Faire sortir tout le monde** des locaux adjacents, des étages au-dessus et au-dessous — la surpénétration ne respecte pas les murs.\n- **Couper ce qui rend l'attente supportable** : eau, électricité, gaz si c'est faisable sans risque.\n- **Parler.** De loin, à couvert, calmement, en laissant toujours une sortie possible. La très grande majorité de ces situations se terminent par là, et c'est le sujet de [[SURV-DEF-001]].\n- **Laisser le temps travailler.** Celui qui attend dans un bâtiment se fatigue, a soif, doit dormir, et finit par vouloir en sortir. Vous, dehors, pouvez vous relayer.\n- **Et accepter de partir**, si l'enjeu ne vaut pas la probabilité. C'est souvent la décision juste et c'est la plus difficile.\n\nLe seul cas qui justifie d'entrer est celui où quelqu'un à l'intérieur va mourir si personne ne le fait — et alors le facteur qui décide n'est ni la technique ni l'arme, c'est **le nombre et le fait d'être vu en train d'arriver**.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous devez traverser une zone tenue.** Observez d'abord, longtemps. Repérez les axes dégagés, les points obligés, les abris intermédiaires. Passez aux heures creuses, espacés, jamais tout le groupe ensemble, avec un point de regroupement convenu au-delà.\n\n**Vous croisez un poste de contrôle.** Ralentissez tôt et de loin, mains visibles, rien en main, pas de mouvement vif, un seul qui parle. Annoncez avant de faire. Ne reculez pas, ne faites pas demi-tour brusquement : c'est le geste qui déclenche.\n\n**Il y a des tirs indirects.** La logique s'inverse : on cherche à être **sous** et **dans** le sol, pas derrière. Loin des fenêtres, des toits, des véhicules et des arbres. Voir [[SURV-DEF-002]].\n\n**Vous restez plusieurs jours au même endroit.** Alors c'est [[SURV-DEF-001]] qui s'applique : dissuader, détecter, retarder, répondre. Et le terrain se travaille — dégager les vues, rendre le sol bavard, canaliser les approches.\n\n**Vous êtes avec des gens qui ne savent pas.** Donnez une seule consigne, la même pour tous, répétée : où se regrouper, quel mot signifie quoi, et qu'on ne court jamais vers le bruit. Une consigne simple appliquée par tous bat trois bonnes idées appliquées par personne.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-002","titre":"Les armes qui se renouvellent","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arc","fronde","epieu","allonge","tranchant","chasse","fabrication","silence"],"sources":["Comstock P., Ancient European Bowstaves, Traditional Bowyer's Bible","Études archéologiques sur les arcs de Holmegaard et de Mary Rose","Travaux expérimentaux sur les frondes et leur portée effective","Documentation ethnographique sur les épieux et armes d'hast"],"corps":"::Une cartouche se tire une fois. Une flèche se ramasse. C'est toute la différence, et elle décide de ce qui compte à un an.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### L'argument central\n\nPour presque tout le monde, la munition d'arme à feu est **une ressource strictement finie**. Elle ne se fabrique pas sans industrie : il faut de l'étui, de l'amorce, de la poudre et un projectile, plus l'outillage et le savoir-faire. Chaque coup tiré est définitivement perdu.\n\nUne flèche, un carreau, un projectile de fronde, un épieu : **ça se fabrique avec ce qui pousse et ce qui traîne, ça se répare, et ça se récupère après usage.**\n\nC'est exactement le raisonnement du fer contre le bronze dans [[MEM-CIT-003]], appliqué à un autre siècle : **une solution médiocre et renouvelable bat une solution excellente qui s'épuise.** Sur un horizon long, la question n'est pas de trouver des armes, c'est d'en produire.\n\nDeuxième avantage, aussi important : **le silence.** Un coup de feu s'entend à des kilomètres et attire exactement ce qu'on voulait éviter. Une corde d'arc s'entend à vingt mètres.\n\nTroisième : **ce sont des outils.** Un épieu est un bâton, une hache est une hache, un couteau coupe du pain. Rien de tout cela ne vous désigne, ne se réglemente de la même façon, ni ne vous transforme en menace aux yeux d'un inconnu.\n\n### Ce que ça ne remplace pas\n\nSoyons exacts : en énergie, ce n'est pas comparable. Une flèche d'arc porte cinquante à cent joules, une balle de fusil trois à quatre mille — voir [[TEC-BAL-001]]. Ces outils servent à **chasser, à tenir à distance et à travailler**, pas à faire ce que fait une arme à feu.\n\n## AGIR\n\n### L'allonge, d'abord\n\nC'est le principe le plus simple et le plus efficace de toute la fiche : **la distance décide, pas la force.** Un objet long tient à l'écart ce qu'un objet court oblige à laisser approcher, et il le fait sans contact.\n\n**L'épieu** est l'arme la plus facile à fabriquer correctement et la plus sous-estimée. Une perche droite de deux mètres, en frêne, noisetier ou châtaignier, séchée quelques semaines, pointe durcie au feu ou ferrée avec une lame, un clou forgé, une pointe de tôle. Une traverse en arrière de la pointe évite qu'elle pénètre trop loin — c'est ce qui distingue un épieu de chasse d'un simple pieu, et ça vaut pour le gros gibier.\n\nMême logique pour **la perche, le croc et la gaffe**, qui écartent, accrochent et maintiennent sans qu'on ait à approcher.\n\n### La fronde\n\nL'arme la plus rentable au monde en rapport effort-résultat, et elle tient dans une poche.\n\nDeux cordelettes de soixante à quatre-vingts centimètres, une poche de cuir ou de tissu épais au milieu, une boucle pour le majeur d'un côté, un nœud à lâcher de l'autre. Projectiles : galets ronds et réguliers, ou boules d'argile séchée que l'on fabrique par dizaines.\n\nElle demande **beaucoup d'entraînement** — c'est son seul défaut, et il est réel. Comptez des semaines avant de toucher quelque chose volontairement. En échange, ses munitions sont littéralement par terre. Voir [[SURV-RES-002]].\n\n### L'arc\n\nLe meilleur compromis entre puissance, silence et renouvelabilité, et il se fabrique.\n\n**Le bois.** If, orme, frêne, érable, noisetier, robinier. Une branche ou un quartier de tronc fendu, de un mètre cinquante à un mètre quatre-vingts, sans nœud ni torsion, **séché lentement plusieurs mois** — c'est l'étape qu'on saute et qui fait casser les arcs.\n\n**La forme.** On travaille la face ventrale, jamais le dos : le dos doit suivre une seule fibre continue d'un bout à l'autre, sinon l'arc rompt. On amincit progressivement vers les extrémités, en vérifiant sans cesse que les deux branches plient également — c'est le cœur du travail, et il se fait en dizaines de petites passes, jamais en une.\n\n**La corde.** Lin, chanvre, ortie, tendon, ou une cordelette synthétique récupérée. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\n**Les flèches comptent autant que l'arc.** Elles doivent être droites, de même longueur, de même masse, et empennées de trois plumes. Une flèche mal droite part n'importe où, quel que soit l'arc. Fût en noisetier, cornouiller, roseau ; pointe en silex, en os, en tôle, en clou aplati. **Prévoyez d'en perdre**, donc d'en faire beaucoup.\n\n**L'arbalète** est plus lente mais elle se tient armée, vise plus facilement et demande beaucoup moins d'entraînement. Le mécanisme — noix, détente, étrier — est à la portée d'un atelier sommaire.\n\n### Le tranchant\n\nUne hache, une serpe, une machette et un bon couteau font quatre-vingt-dix pour cent du travail réel, et se défendent seuls par leur seule présence. Leur entretien décide de tout : voir [[TEC-MEC-005]], [[SURV-OUT-001]] et [[SURV-REC-002]].\n\n**La lime est l'outil-clé** : elle régénère le tranchant de tous les autres, donc elle vaut plus que n'importe lequel d'entre eux.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez manger.** C'est l'usage principal et il domine tout le reste. Arc et fronde servent au petit gibier et aux oiseaux ; pour le rendement réel, les pièges et la pêche battent la chasse dans presque tous les cas — voir [[SURV-RES-002]]. Un piège travaille pendant que vous dormez.\n\n**Vous n'avez ni bois sec ni temps.** Commencez par l'épieu et la fronde : jours contre mois. L'arc est un projet, pas une solution d'urgence.\n\n**Votre bois casse.** C'est presque toujours l'une de trois causes : séché trop vite, dos entamé, ou branches qui ne plient pas également. Reprenez au tillage, pas à l'essence de bois.\n\n**Vous êtes en ville.** L'allonge s'improvise partout : barre, manche d'outil, tube, pied-de-biche. Un tube d'acier de deux mètres est plus dissuasif que n'importe quoi de dramatique, et personne ne vous regarde le porter.\n\n**Vous pensez à la dissuasion.** Relisez [[SURV-DEF-001]] : dans l'immense majorité des cas, ce qui fait partir quelqu'un n'est pas ce que vous tenez, c'est le fait d'être vu, nombreux, éveillé, et de laisser une sortie.\n\n**Vous avez aussi une arme à feu.** Alors traitez-la comme la réserve stratégique qu'elle est : finie, bruyante, et qui vous désigne. Ce que vous utilisez tous les jours doit être ce qui se remplace. Voir [[SURV-ARM-001]] et [[SURV-MUN-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MUN-001","titre":"Munitions — état, stockage, valeur","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["munition","stockage","corrosion","calibre","troc","incendie","humidite"],"sources":["Manuels de stockage des munitions, conditions de température et d'hygrométrie","Documentation sur les amorces corrosives et leur effet sur l'acier","Rapports de sapeurs-pompiers sur les incendies impliquant des stocks de munitions","Études sur le vieillissement des poudres à base de nitrocellulose"],"corps":"::Une munition bien rangée dure des décennies. La même, dans un grenier, est morte en cinq ans — et on ne le voit qu'au moment où on en a besoin.::\n\nCette fiche traite de l'objet en état, manufacturé et intact. **Les engins non explosés et tout ce qui a été tiré relèvent de [[SURV-REC-010]] et ne se manipulent pas.**\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce que c'est\n\nQuatre éléments : **l'étui**, généralement en laiton, parfois en acier ; **l'amorce** au culot ; **la poudre** ; **le projectile**. La poudre ne détone pas, elle brûle vite en produisant du gaz — c'est la pression qui fait tout.\n\nConséquence utile : **une cartouche hors d'une arme est peu dangereuse.** Chauffée ou frappée, elle peut partir, mais sans canon pour contenir la pression, c'est l'étui qui éclate et le projectile part faiblement. Ce n'est pas anodin, ce n'est pas une explosion.\n\n### Ce qui la tue\n\n**L'humidité**, de très loin. Elle corrode l'étui, migre vers l'amorce et la poudre, et produit des ratés. Une cartouche qui a pris l'eau ne se récupère pas.\n\n**Les cycles de température.** Pire que la chaleur seule : chaud le jour, froid la nuit, et l'air respire dans le contenant en y déposant de l'eau à chaque cycle. **Un coffre de voiture et un grenier sont les deux pires endroits possibles.**\n\n**Le temps, pour la poudre.** La nitrocellulose se décompose lentement et sa décomposition s'accélère elle-même. Bien stockée, elle tient des décennies ; mal stockée, beaucoup moins. Une odeur aigre ou piquante dans une caisse ouverte est un signal d'alarme.\n\n## AGIR — juger\n\nUne par une, à la lumière, en quelques secondes.\n\n**L'étui.** Cherchez le vert-de-gris — ces cristaux verdâtres du laiton corrodé. Une trace en surface se nettoie ; une zone rugueuse et piquée signifie un étui aminci, qui peut céder dans la chambre. **Une fissure, même capillaire, surtout au collet ou près du culot : mise de côté.**\n\n**La forme.** Un étui gonflé, ovalisé, cabossé au collet, ou dont le projectile bouge quand on le tourne : mise de côté.\n\n**L'amorce.** Elle doit être lisse, à ras ou très légèrement en retrait. Enfoncée, percutée, bombée, verdâtre ou absente : mise de côté.\n\n**Le projectile.** Corrosion verte ou blanche, déformation, plomb qui s'effrite : rendement médiocre, à réserver à l'entraînement s'il y en a.\n\n**Le marquage.** Calibre et année sont gravés au culot ou imprimés sur la boîte. **Notez-les.** C'est ce qui vous dira ce que vous avez et ce qui vous manque.\n\n**Le doute se tranche dans un sens.** Une munition douteuse ne vaut pas un canon éclaté ni une main perdue. On la met de côté, on ne la jette pas au feu, on ne la démonte pas.\n\n## AGIR — stocker\n\n**Sec, frais, stable, scellé.** Une caisse métallique à joint caoutchouc est l'idéal absolu, et c'est exactement ce qu'on récupère sur les épaves et autour des dépôts — voir [[SURV-REC-010]].\n\n**Un sachet déshydratant** dans chaque caisse, régénéré au four une heure quand il est saturé.\n\n**Sur une étagère, jamais au sol.** Le sol d'une cave ou d'un garage remonte l'humidité en permanence.\n\n**Séparées des armes.** Deux rangements distincts, et pas seulement deux compartiments. C'est la règle qui protège les enfants, et c'est aussi ce qui limite la perte si un endroit est découvert.\n\n**Étiquetez.** Calibre, quantité, date d'entrée, provenance. Un stock qu'on ne connaît pas n'est pas un stock.\n\n**Ne mélangez jamais deux calibres dans un même contenant.** C'est ainsi qu'on finit par chambrer ce qu'il ne fallait pas — le plus fréquent des accidents graves, et le plus évitable.\n\n## ADAPTER\n\n**Un incendie touche un stock.** Les cartouches partent une par une en projetant surtout des fragments d'étui, sans détoner en masse. C'est peu spectaculaire et ça blesse quand même, notamment aux yeux. **On ne s'approche pas, on ne tente pas de sauver la caisse**, et on prévient les secours de ce qu'il y a dedans : c'est l'information qui change leur façon d'intervenir. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**Vous choisissez quoi garder.** Le calibre disponible localement bat le calibre performant. Regardez ce que les gens autour de vous utilisent pour chasser : c'est cela qui se trouvera, s'échangera et se dépannera. Même argument que [[MEM-CIT-003]] et que [[SURV-ARM-002]].\n\n**Vous envisagez d'en faire une monnaie d'échange.** C'est une des monnaies classiques des périodes de rupture, pour de bonnes raisons : divisible, durable, compacte, universellement désirée — les critères de [[SURV-TROC-001]]. Avec deux revers qui ne se rattrapent pas. **Être connu pour en avoir fait de vous une cible**, sans exception. Et ce que vous échangez peut vous revenir. Si vous échangez, échangez peu, rarement, et pas avec quelqu'un dont vous ignorez où il dort.\n\n**Vous pensez en fabriquer.** Le rechargement demande des outils spécifiques, des composants qu'on ne trouve pas et une mesure précise ; improvisé, il fait éclater les armes et les mains. Ce corpus n'en traite pas. **La réponse au problème de la munition finie n'est pas d'en fabriquer, c'est [[SURV-ARM-002]]** — ce qui se ramasse après usage.\n\n**Vous n'avez rien à quoi elles correspondent.** Elles gardent une valeur d'échange, et leurs composants inertes une valeur de matière : le laiton d'étui se travaille remarquablement bien à froid. Mais cela suppose des étuis **déjà tirés et vides**, pas des cartouches qu'on démonte.\n\n**Le cadre légal existe et il survit aux crises.** La détention et la cession de munitions sont réglementées partout, indépendamment des circonstances, et les situations exceptionnelles se terminent toujours. Ce qui a été fait pendant se juge après.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-011","titre":"Démonter, déplacer, rapporter","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["outillage","demontage","levier","palan","portage","charge","methode"],"sources":["Manuels d'atelier et de dépannage, procédures de dépose et de manutention","INRS — Manutention manuelle, limites de charge et lésions dorsales","Traités de mécanique appliquée, levier, plan incliné et mouflage","Documentation ethnographique sur le travois et les moyens de portage sans roue"],"corps":"::Détacher une pièce, c'est le problème facile. La sortir du bâtiment, c'est le deuxième. La ramener chez soi, c'est celui qui fait échouer la moitié des récupérations.::\n\nToutes les fiches de récupération renvoient ici pour la méthode. Ce qu'il y a à prendre est dans [[SURV-REC-001]], [[SURV-REC-003]], [[SURV-REC-005]], [[SURV-REC-006]], [[SURV-REC-008]] et [[SURV-REC-009]]. Ce qui suit, c'est comment on l'enlève et comment on le rapporte.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Trois problèmes qu'on confond\n\n**Détacher.** Défaire ce qui tient la pièce. C'est une affaire d'outils et de patience.\n\n**Déplacer.** La sortir de là où elle est : par une trappe, un escalier, une fenêtre, un terrain meuble. C'est une affaire de leviers et de cordes, pas de force.\n\n**Rapporter.** Lui faire franchir les kilomètres qui vous séparent de chez vous. C'est une affaire de poids, et c'est là que tout se joue.\n\n**Le facteur qui décide n'est presque jamais l'outil, c'est ce que vous pouvez porter.** Un dos entraîné porte vingt à vingt-cinq kilos sur plusieurs kilomètres, une quarantaine sur deux cents mètres. Au-delà, ce n'est pas une question de volonté : c'est le dos qui lâche, et un dos bloqué vous coûte trois semaines.\n\n### Le calcul qu'on ne fait jamais\n\nAvant de desserrer quoi que ce soit : **combien ça pèse, et combien de trajets ça représente ?**\n\nUne pièce de trente kilos à trois kilomètres, c'est une journée entière, un dos douloureux, et une exposition longue à répétition. La même pièce à trois cents mètres, c'est vingt minutes. **La distance compte plus que la valeur de l'objet**, et c'est le calcul que l'enthousiasme fait oublier.\n\n## AGIR — l'outillage, et ce que c'est\n\nSi vous savez déjà ce que sont ces outils, sautez. Sinon, c'est la partie qui manque à tout le monde.\n\n**La clé plate.** Une barre avec une fourche à chaque extrémité, de deux tailles différentes, gravées dessus en millimètres — 10, 13, 17, 19 sont les plus courantes. On l'enfile sur l'écrou par le côté et on tire. Elle ne prend que sur **deux faces** de l'écrou : sur une tête abîmée ou grippée, elle ripe et arrondit ce qui restait. C'est l'outil le plus répandu et le moins efficace.\n\n**La clé à œil, ou clé polygonale.** Même barre, mais l'extrémité est une bague fermée qui entoure l'écrou sur ses **six faces**. Elle ne ripe pratiquement pas. Il faut pouvoir l'enfiler par le bout du boulon, ce qui n'est pas toujours possible. Quand vous avez le choix, c'est elle.\n\n**La douille et le cliquet.** Une bague sur six faces, montée sur une poignée à rochet qui permet de tourner sans reprendre à chaque fois. C'est la meilleure solution pour un travail long, mais il faut la bonne taille dans le jeu.\n\n**La clé à molette.** Une mâchoire réglable par une vis sans fin. Elle remplace tout le jeu de clés dans un sac et c'est son seul avantage : elle prend sur deux faces, elle a du jeu, et elle ripe. **Serrez la molette à fond avant chaque effort, et tirez toujours du côté de la mâchoire mobile** — dans l'autre sens elle s'ouvre toute seule.\n\n**La pince-étau.** Une pince qui se verrouille sur la pièce et y reste seule, avec une force considérable. C'est l'outil qui sauve les situations : écrou arrondi, axe lisse, tube, tige cassée, tôle à maintenir. Si vous n'en avez qu'une, prenez celle-là.\n\n**Le tournevis.** Plat ou cruciforme. La règle unique : **la lame doit remplir l'empreinte**. Un tournevis trop petit détruit la vis en trois secondes et vous n'aurez plus rien à prendre.\n\n**La clé six pans, dite Allen.** Une tige hexagonale coudée, pour les vis à trou hexagonal. Courante sur tout ce qui est récent.\n\n**Le burin et la massette.** Un coin d'acier trempé qu'on frappe. Il coupe une tête de boulon, ouvre un collier, chasse un axe, fend une tôle. Brutal, lent, et il marche quand plus rien ne marche.\n\n**La scie à métaux.** Un cadre en U et une lame fine tendue dedans. **La lame coupe en poussant**, alors montez-la dents vers l'avant. Ce qui compte, ce n'est pas la scie, ce sont les **lames de rechange** : prenez-en dix.\n\n**La cisaille et la pince coupante.** Tôle mince, fil, petit câble. Une cisaille à tôle fait des découpes propres qu'aucune scie ne rattrape en vitesse.\n\n**La barre à mine ou le pied-de-biche.** Une barre d'acier, plate ou pointue. **C'est l'outil le plus puissant de la liste**, et le raisonnement est dans [[TEC-MAC-001]] : la force que vous appliquez est multipliée par le rapport entre la longueur de la barre et la distance au point d'appui. Un mètre de barre sur une cale placée à dix centimètres de la charge multiplie votre effort par dix.\n\n**Le dégrippant.** Gazole, pétrole, huile fine, mélange huile-solvant. Il n'y a pas de produit magique : ce qui pénètre, c'est un liquide fluide **et du temps**. Mettez-en, allez faire autre chose, revenez.\n\n**Les sangles, cordes, poulies et manilles.** Pour tout ce qui pèse plus que vous.\n\n## AGIR — la dépose\n\n**1. Regardez avant de toucher.** Comptez les fixations, et surtout trouvez **celles qui tiennent réellement** : il y a souvent quatre vis visibles et deux boulons cachés qui font tout le travail. Cherchez les traces d'usure, les rondelles, les surfaces propres.\n\n**2. Photographiez ou dessinez.** Un assemblage se remonte avec l'image, jamais avec la mémoire.\n\n**3. Marquez par paires.** Ruban ou marqueur sur les deux moitiés de chaque connecteur, de chaque tuyau, de chaque faisceau, **avant** de les séparer. Deux minutes ici, trois heures économisées plus tard.\n\n**4. Dégrippez et attendez.** Le liquide dans le filetage, et on laisse agir. Recommencez une fois. La patience remplace la force et casse moins de boulons.\n\n**5. Desserrez dans le bon sens.** Antihoraire pour ouvrir, dans l'immense majorité des cas. Les filetages à gauche existent — écrous de roue de certains côtés, arbres tournants — et se repèrent à un marquage ou à un « L ». Si ça résiste anormalement, envisagez-le avant de forcer.\n\n**6. Frappez, ne poussez pas.** Des **coups secs et répétés** sur la clé ou sur la tête du boulon valent mieux qu'un effort continu : la vibration casse la liaison de rouille, la force continue casse le boulon. Une rallonge sur la clé multiplie le bras de levier, mais elle multiplie aussi le risque de tout arracher.\n\n**7. Un boulon cassé n'est pas un échec, c'est un détour.** Sciez-le, burinez la tête, ou coupez la tôle à côté. **La pièce vaut plus que la fixation.**\n\n**8. Soutenez avant de défaire le dernier point.** Sangle, cale, cric, ou quelqu'un qui tient. Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle heurte, ce qui la tenait, et parfois ce qui est dessous.\n\n**9. Gardez la visserie avec sa pièce.** Dans un sachet ou un chiffon noué, scotché dessus. Une pièce sans ses boulons est une pièce à moitié perdue.\n\n## AGIR — déplacer ce qui est lourd\n\nC'est la partie que les gens improvisent et où ils se blessent. Tout ce qui suit est vieux de cinq mille ans et fonctionne toujours.\n\n**Le levier.** Une barre, une cale, et vous soulevez ce que vous ne pouvez pas porter. Rapprochez la cale de la charge pour plus de force, éloignez-la pour plus de course. **On lève par petits coups en glissant une cale à chaque fois**, jamais d'un seul geste.\n\n**Les rouleaux.** Trois tubes ou trois rondins sous la charge. On pousse ; le rouleau qui sort à l'arrière revient devant. Sur sol dur, une personne déplace ainsi plusieurs centaines de kilos. C'est la méthode qui a bâti l'Antiquité et elle n'a jamais été améliorée pour ce cas.\n\n**Le plan incliné.** Deux planches en rampe, et on tire au lieu de lever. Une pente à un sur quatre divise l'effort par quatre — vous tirez plus longtemps, mais vous y arrivez.\n\n**Le palan, ou mouflage.** Chaque brin de corde qui porte la charge divise l'effort d'autant : trois brins, trois fois moins de force, trois fois plus de corde à tirer. Avec deux poulies et une corde, un homme lève ce que quatre ne portent pas.\n\n**L'ancrage.** Ce qui casse, dans un mouflage, ce n'est presque jamais la corde : **c'est le point sur lequel on s'est amarré.** Un arbre vivant de bon diamètre, un pilier, un essieu. Pas une gouttière, pas un poteau de clôture, pas une rambarde.\n\n**La glisse.** Une tôle, une bâche, une planche savonnée ou graissée sous la charge, et ce qui refusait de bouger glisse. Sur herbe mouillée, sur neige, sur boue, ça vaut mieux que des roues.\n\n**Et la règle de sécurité qui compte :** ne vous mettez jamais dans l'axe d'une corde sous tension, ni sous une charge levée, ni entre la charge et un mur.\n\n## AGIR — rapporter\n\n**Les chiffres réels.** Vingt à vingt-cinq kilos sur plusieurs kilomètres. Quarante sur deux cents mètres. Un sac à dos bien réglé porte mieux que n'importe quoi tenu à la main, parce que **les mains doivent rester libres pour se rattraper.**\n\n**La charge se place haut et près du dos.** Une masse basse et éloignée triple la contrainte sur les lombaires à poids égal.\n\n**À deux, sur une barre.** Une perche entre deux épaules, la charge suspendue au milieu avec une sangle. C'est simple, c'est efficace, et ça répartit vraiment.\n\n**Le travois.** Deux perches en V, pointes traînant au sol, une traverse et un filet au milieu, les extrémités sur vos épaules ou sur un harnais. **Pas besoin de roue, pas besoin de chemin.** Sur terrain meuble ou en forêt, il bat la brouette. C'est le moyen de transport le plus rentable qu'on puisse fabriquer en une heure.\n\n**Le vélo poussé.** Pas monté : poussé, chargé sur le cadre et le porte-bagages. Un vélo poussé transporte quatre-vingts kilos sur une piste. C'est un des meilleurs usages du vélo en récupération, et c'est documenté par toutes les logistiques improvisées du vingtième siècle. Voir [[TEC-MEC-004]].\n\n**Le traîneau**, sur neige, sur herbe mouillée, sur sable humide.\n\n**Le diable, le caddie, la brouette**, quand le terrain est dur et que vous en trouvez un — et vous en trouverez : voir [[SURV-REC-005]].\n\n**Et la solution qui n'est pas un transport : le dépôt.** Sortez tout, cachez-le à cent mètres du bâtiment dans un endroit que vous savez retrouver, et revenez avec le bon moyen. Notez l'emplacement sur un calque de repères. **Un dépôt bien caché vaut mieux qu'un chargement porté d'un coup**, qui vous épuise et vous rend visible.\n\n## ADAPTER\n\n**La pièce est trop lourde pour vous.** Démontez-la sur place. Un moteur devient un bloc, un alternateur, un démarreur, une culasse, un faisceau. Trois voyages de vingt kilos battent un voyage de soixante qu'on ne fera pas.\n\n**Vous êtes seul.** Leviers, rouleaux, plan incliné et mouflage sont exactement faits pour ça. Rien de ce qui précède ne demande d'être deux, sauf le portage sur barre. Mais prévenez quelqu'un de l'endroit et de l'heure : seul sous une charge, un accident bénin devient grave.\n\n**L'objet est fragile.** Optique, électronique, instruments : emballez dans du textile, portez à part, ne les mettez jamais sous quelque chose. Une optique déposée entière et rangée dans un chiffon arrive ; la même en vrac dans un sac arrive en morceaux.\n\n**Il pleut, ou c'est la nuit.** Tout devient glissant, les cordes se raidissent, les mains gèlent, et la charge que vous teniez vous échappe. Reportez le lourd, prenez le léger, revenez.\n\n**Vous devez passer inaperçu.** Le bruit d'une scie à métaux porte loin dans un bâtiment vide, et un chargement visible se raconte. Travaillez court, sortez le matériel par l'arrière, et ne repassez pas deux fois au même moment de la journée. Voir [[SURV-REC-001]] et [[SURV-DEF-003]].\n\n**Vous reviendrez.** Alors laissez le lieu praticable : ne bloquez pas l'accès, ne cassez pas ce que vous ne prenez pas, refermez. Et notez ce que vous avez vu et laissé — c'est la moitié de la valeur d'une sortie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-RES-001","titre":"Les réseaux, de la source à la prise","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["reseau","electricite","eau","telecom","gaz","egout","infrastructure"],"sources":["RTE — Bilans électriques et documentation sur l'équilibre offre-demande","Enedis — Architecture de la distribution publique HTA et BT","ARCEP — Rapports sur la résilience des réseaux de communication","Agences de l'eau — Schémas d'alimentation et de distribution"],"corps":"::Tout ce qui sort d'un robinet, d'une prise ou d'une antenne a voyagé le long d'une chaîne que personne ne regarde. Elle a une forme, des goulots, et des endroits précis où elle casse.::\n\nCette fiche décrit les mécanismes. Ce qu'on fait quand ça s'arrête est dans [[URG-EFF-001]] et [[URG-EFF-002]].\n\n## L'électricité\n\n### Le fait qui gouverne tout : elle ne se stocke pas\n\nÀ chaque instant, la production doit égaler la consommation. Il n'y a pas de réservoir dans le système. Cet équilibre se lit dans **la fréquence** du courant alternatif : cinquante hertz en Europe.\n\n**Si la consommation dépasse la production, les alternateurs ralentissent et la fréquence descend.** À 49,8 Hz les mécanismes de secours s'enclenchent ; vers 49 Hz on coupe automatiquement des portions de réseau pour sauver le reste. C'est un indicateur public, mesurable, et c'est **le véritable tableau de bord du réseau** — bien plus parlant que n'importe quelle annonce.\n\n### La chaîne\n\n**Production** — centrale, barrage, parc éolien ou solaire.\n\n**Transport** — lignes à très haute tension, de 225 000 à 400 000 volts. On monte la tension parce que les pertes dépendent du carré du courant : à puissance égale, plus de tension, c'est moins de courant, donc beaucoup moins de pertes. Voir [[MEM-ACC-005]].\n\n**Postes sources** — on redescend en HTA, autour de 20 000 volts.\n\n**Postes de distribution** — ces petits locaux en béton ou ces armoires au coin des rues, tous les quelques centaines de mètres. Ils redescendent à 400 volts entre phases, 230 entre phase et neutre. **C'est le dernier maillon partagé : un poste dessert un quartier.**\n\n**Le branchement** — du poste à votre compteur, puis au tableau.\n\n### Ce qu'il faut en retenir\n\n**Le délestage n'est pas aléatoire.** On coupe des départs entiers depuis les postes sources, par rotation. Un hôpital ou un central téléphonique se trouve souvent sur un départ qu'on ne coupe pas — et les habitations branchées sur le même départ sont épargnées par accident. C'est une géographie qui se connaît.\n\n**Le réseau se remonte par le haut.** Au retour, on réalimente le transport, puis les postes, puis les quartiers. C'est pourquoi le courant revient par zones et pas partout en même temps.\n\n**Une centrale a besoin de courant pour démarrer.** Le redémarrage complet d'un réseau effondré — le démarrage en autonomie — est une manœuvre longue et délicate, qui se compte en heures ou en jours, pas en minutes.\n\n## L'eau\n\n### La pression vient de la hauteur, pas d'une pompe\n\nC'est le point que presque personne ne sait, et il a des conséquences directes.\n\nUn château d'eau ou un réservoir de colline est rempli par pompage, puis **il distribue par gravité**. Chaque dix mètres de dénivelé donne environ un bar de pression.\n\nD'où trois conséquences :\n\n- **Après une coupure d'électricité, il reste de l'eau** — le contenu du réservoir, soit quelques heures à un jour de consommation. **C'est exactement la fenêtre dont parle [[URG-EFF-001]] quand il dit de remplir tout de suite.**\n- **Les étages hauts perdent la pression en premier**, parce qu'ils sont les plus proches du niveau du réservoir.\n- **Le réseau garde une pression résiduelle** dans les canalisations basses même après. Un robinet au point le plus bas d'un immeuble coule encore quand ceux du haut sont secs.\n\n### La chaîne\n\nCaptage — nappe, source ou rivière —, traitement, pompage vers le réservoir, distribution gravitaire, branchements. Les **postes de relevage** intermédiaires, dans les zones plates, sont les points faibles : ils sont électriques.\n\nL'assainissement fonctionne à l'inverse et par gravité aussi : tout descend vers la station, avec des postes de relevage pour remonter quand le terrain ne suit pas. **Une coupure longue fait déborder les relevages avant de faire quoi que ce soit d'autre** — voir [[TEC-CON-006]].\n\n## Les télécommunications\n\n**Le cœur du réseau tient quelques heures.** Les centraux et les nœuds ont des batteries, puis des groupes électrogènes avec une réserve de carburant, dimensionnée en heures ou en jours selon l'importance du site.\n\n**Les antennes mobiles tiennent beaucoup moins.** Une antenne ordinaire a une batterie de secours de l'ordre de la demi-heure à quelques heures. C'est la raison pour laquelle le téléphone mobile tombe bien avant le reste lors d'une coupure étendue.\n\n**Le réseau fixe cuivre historique était alimenté depuis le central**, donc un téléphone filaire simple fonctionnait sans électricité chez vous. Ce n'est plus vrai avec la fibre et les box, qui dépendent de votre propre prise.\n\n**Ce qui résiste le mieux est ce qui ne dépend de personne** : la radio en réception, puis la radio en émission. Voir [[SIG-COM-002]] et [[TEC-RAD-001]].\n\n## Le gaz\n\nLe réseau est sous pression et **ne dépend pas de l'électricité pour distribuer** — c'est le seul dans ce cas. Il continue souvent de fonctionner quand tout le reste s'arrête.\n\nDeux choses à savoir. **Le gaz naturel est inodore** : l'odeur caractéristique est un composé soufré ajouté exprès pour qu'une fuite se sente. Et la pression descend par paliers, de la conduite de transport aux détenteurs de quartier puis au branchement.\n\n## Ce que cette architecture apprend\n\n**Tout converge vers des points peu nombreux.** Un poste de distribution pour un quartier, un réservoir pour une commune, une antenne pour un secteur. La redondance existe en amont, presque jamais en aval. **Le dernier kilomètre est le maillon fragile de tous les réseaux à la fois.**\n\n**Les dépendances sont croisées.** L'eau dépend de l'électricité pour pomper. Les télécoms dépendent de l'électricité pour tenir. L'électricité dépend des télécoms pour se piloter et du carburant pour ses secours. Aucun de ces réseaux n'est autonome, et c'est ce qui rend les pannes longues plus larges qu'on ne l'imagine — le mécanisme est celui de [[MEM-EFF-001]] et de [[MEM-ANT-002]].\n\n**Et la conséquence pratique :** connaître la chaîne permet de savoir combien de temps il reste à chaque étage, et donc quoi faire en premier. C'est tout l'objet de [[URG-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-URB-001","titre":"Lire une friche","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["friche","batiment","amiante","plomb","structure","datation","industrie"],"sources":["INRS — Amiante, repérage avant travaux et matériaux concernés","ANSES — Expositions au plomb dans l'habitat ancien","Guides de diagnostic de pathologie du bâtiment, carbonatation et corrosion des armatures","Code pénal et code civil français, dispositions sur la propriété privée et la violation de domicile"],"corps":"::Un bâtiment abandonné raconte tout : ce qu'il était, quand il a été bâti, comment il meurt, et ce qui vous tuera dedans. Il suffit de savoir où regarder.::\n\nLa méthode de fouille est dans [[SURV-REC-001]], la dépose dans [[SURV-REC-011]]. Cette fiche apprend à **lire** le lieu — ce qui rend tout le reste plus sûr et beaucoup plus rentable.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Dater le bâtiment en trente secondes\n\nL'époque détermine les matériaux, donc les dangers, donc ce qu'il y a à prendre.\n\n**La structure.** Murs porteurs en pierre ou brique pleine jusqu'aux années 1920. Béton armé à partir de l'entre-deux-guerres, massivement après 1945. Parpaing creux et ossature métallique à partir des années 1950-60. Panneaux préfabriqués et voiles béton dans les années 1960-70.\n\n**Les menuiseries.** Bois jusqu'aux années 1950. Acier dans l'industrie de 1930 à 1970. Aluminium à partir des années 1970. PVC à partir des années 1980.\n\n**L'électricité.** Fils sous tissu et porcelaine jusqu'aux années 1950 ; gaine plomb dans l'industrie ancienne ; PVC ensuite. Prises sans terre avant les années 1970. **Un tableau à fusibles à broche porcelaine date l'installation d'avant 1965.**\n\n**Le sol.** Carreaux de ciment et tomettes jusqu'aux années 1940, dalles vinyle-amiante des années 1950 aux années 1980, moquette et stratifié ensuite.\n\n### Les trois poisons, par époque\n\n**L'amiante.** C'est le danger majeur et il est invisible. En France, usage massif de 1950 à son interdiction en **1997** ; tout bâtiment antérieur est suspect. On le trouve en flocage sur structures métalliques, en calorifugeage autour des tuyauteries et des chaudières, en plaques de fibrociment pour toitures et conduits, en dalles de sol et dans leur colle noire, en joints et tresses de portes de four.\n\n**Ce qui est dangereux, c'est ce qui est friable et remué.** Une plaque de fibrociment intacte ne relâche presque rien ; la même cassée à coups de pied, ou un flocage dégradé qu'on frôle, libère des fibres invisibles qui restent en suspension des heures. **On ne casse rien, on ne balaie rien à sec, on ne perce rien.** Masque à particules P3 et vêtements qu'on laisse dehors — voir [[TEC-SAN-006]].\n\n**Le plomb.** Peintures d'avant 1949 dans l'habitat, canalisations d'eau anciennes, plomb de toiture. Le danger vient des écailles et de la poussière, pas du contact. Ne mangez pas, ne fumez pas, ne portez pas les mains à la bouche, lavez-vous après.\n\n**La silice.** Poussière de béton, de brique, de plâtre, remuée par le passage ou la découpe. Effet différé, exactement comme l'amiante, et pour la même raison on l'ignore.\n\n### Comment un bâtiment meurt\n\nSavoir ça, c'est savoir où poser le pied.\n\n**Le bois pourrit aux appuis** — là où la poutre entre dans le mur, là où l'humidité stagne, c'est-à-dire précisément là où on ne voit pas. Un plancher d'aspect sain cède à un mètre du mur.\n\n**Le béton armé se carbonate.** Le dioxyde de carbone de l'air pénètre lentement et fait perdre au béton sa capacité à protéger l'acier. L'acier rouille, et **la rouille occupe plusieurs fois le volume du métal d'origine** : elle fait éclater le béton de l'intérieur. Les traces rousses avec éclatement, les aciers apparents, le béton qui sonne creux sous le manche : la pièce a perdu une part inconnue de sa résistance.\n\n**L'acier rouille au pied des poteaux** et aux jonctions, là où l'eau s'accumule.\n\n**L'eau décide de tout.** Un toit percé condamne un bâtiment en quelques hivers ; un bâtiment clos et sec tient des décennies. **La première chose à regarder depuis l'extérieur est la toiture** : elle prédit l'état de tout le reste.\n\n### Lire ce que le lieu était\n\nC'est la partie satisfaisante, et elle rend directement : savoir ce qu'était un site dit où chercher.\n\n- **Les scellements au sol.** Des boulons d'ancrage en rectangle disent la taille et le type de machine qui était là. Les traces d'huile disent qu'elle tournait.\n- **Le pont roulant et son chemin de roulement** : on manipulait lourd, donc il y a des palans, des élingues, des crochets.\n- **Les réseaux aériens.** Le diamètre et la couleur des conduites disent la fonction : air comprimé, vapeur, eau, gaz. Les conduites d'air comprimé mènent à un compresseur, qui est une belle pièce.\n- **Le local électrique.** C'est l'endroit le plus informatif du bâtiment : schémas affichés, étiquettes de départs, noms des ateliers, dates d'intervention. **Commencez par là quand vous cherchez à comprendre.**\n- **Les bureaux.** Plans, inventaires, registres, annuaires internes. L'information vaut souvent plus que le métal.\n- **Les quais et la cour.** Ils disent ce qui entrait et ce qui sortait.\n\n## AGIR\n\n**1. Faites le tour complet avant d'entrer.** Toiture, façades, traces de passage, végétation écrasée, véhicules. Un lieu vraiment abandonné a une immobilité particulière.\n\n**2. Entrez par où c'est déjà ouvert**, sans rien forcer. Repérez deux issues avant de vous engager.\n\n**3. Testez le sol devant vous et marchez près des murs.** Les appuis y sont meilleurs. Le sol est le premier danger, loin devant tout le reste.\n\n**4. Cherchez les trous que les gravats cachent.** Trémies, gaines techniques, fosses, cuves, regards ouverts, verrières au sol. C'est l'accident classique des friches : un plancher intact avec un trou d'un mètre sous trente centimètres de débris.\n\n**5. Ne descendez pas sans ventiler.** Sous-sols, fosses, cuves, vides sanitaires : atmosphère appauvrie ou chargée. On ventile longuement, on descend encordé, quelqu'un reste dehors. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n**6. Masque P3 dès qu'il y a de la poussière**, et dans tout bâtiment d'avant 1997 dont les matériaux sont dégradés.\n\n**7. Fixez une durée avant d'entrer et tenez-la.** Le temps passé est le facteur de risque principal.\n\n**8. Ne laissez pas de traces d'effraction visibles de la rue.** Un lieu qui a l'air fermé reste tranquille ; un lieu manifestement ouvert attire tout le monde, et finit muré.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un site industriel.** Le meilleur rendement du genre : atelier, local électrique, compresseur, stock de matière, outillage. Mais aussi les cuves de produits, les bacs de rétention, les transformateurs anciens — certains contenaient des huiles au pyralène, à ne pas manipuler. Voir [[SURV-REC-005]] pour la méthode de fouille par zones.\n\n**C'est un hôpital ou un laboratoire.** Beaucoup de matériel et deux risques particuliers : les déchets biologiques, et les sources radioactives de faible activité dans certains appareils anciens. Tout ce qui porte un trèfle jaune et noir se laisse en place et se signale.\n\n**C'est un bâtiment agricole.** Fibrociment partout en toiture, fosses à lisier — atmosphère mortelle —, et un outillage souvent excellent.\n\n**C'est une carrière ou un souterrain.** Autre sujet, autres règles : voir [[SURV-TUN-001]]. Le plafond, la ventilation et le fait de prévenir quelqu'un priment sur tout.\n\n**C'est l'hiver, ou il pleut.** Tout devient glissant, la visibilité baisse, et les sols gorgés d'eau cèdent plus. Les friches se lisent mieux en fin d'été.\n\n**Vous êtes seul.** C'est le facteur aggravant principal : une jambe cassée au troisième étage d'un bâtiment que personne ne sait que vous visitez, c'est une nuit dehors au mieux. Prévenez quelqu'un du lieu et de l'heure de retour, systématiquement.\n\n**Le cadre légal.** Une friche appartient à quelqu'un. Y entrer sans autorisation est une intrusion, et les dommages, les accidents et les vols engagent votre responsabilité. Cela ne disparaît pas parce que le lieu est à l'abandon. L'autorisation du propriétaire change tout, y compris votre capacité à revenir et à y travailler tranquillement — et elle s'obtient plus souvent qu'on ne le croit en demandant.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-007","titre":"Se retirer du système","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["vie privee","donnees","compartimentation","disparition","effacement","telephone"],"sources":["de Montjoye Y.-A. et al., Unique in the Crowd, Scientific Reports, 2013","Greenwood F., Missing persons investigations — retours des services de recherche sur les modes de localisation","CNIL — Droit à l'effacement, droit d'accès et opposition","Affaire Darwin (Royaume-Uni, 2002-2007), dossier public de fraude par mise en scène de décès"],"corps":"::Se retirer marche, et ce n'est pas une affaire de technique. Ceux qui échouent échouent presque tous pour la même raison, et elle est humaine.::\n\nLe mécanisme de l'identification est dans [[TEC-IDE-001]]. Cette fiche traite de ce qu'on peut en faire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui décide n'est pas ce qu'on croit\n\nLa question n'est pas « quelles techniques utiliser ». C'est **qui vous cherche, avec quels moyens, et pendant combien de temps.**\n\nLes mêmes précautions suffisent largement face à un démarcheur, à un profilage publicitaire, à un ex-conjoint ou à un curieux — c'est-à-dire face à la quasi-totalité de ce que rencontre une personne réelle. Elles ne tiennent pas face à un appareil d'État qui a décidé de chercher, parce que celui-là dispose de réquisitions, de bases croisées et de temps. **Entre les deux, il y a tout un espace où ça marche**, et beaucoup de gens y vivent très bien.\n\nRefuser de le dire est malhonnête. Le prétendre absolu l'est tout autant.\n\n### Pourquoi les tentatives échouent, dans l'ordre\n\nC'est la partie utile, et elle est remarquablement stable d'un cas à l'autre.\n\n**Le lien humain, très loin devant.** La grande majorité des gens qui se retirent sont retrouvés parce qu'ils ont repris contact — un anniversaire, un décès, une mère malade, une rupture de solitude au bout de dix-huit mois. Ce n'est pas une défaillance technique, c'est que **personne n'a prévu à quel point ce serait insupportable.**\n\n**L'argent.** Un compte, une carte, une prestation, une pension, un salaire déclaré, un virement à quelqu'un. Le flux financier est la piste la plus complète qui existe, et il est conservé des années.\n\n**L'habitude.** On refait ailleurs exactement ce qu'on faisait : le même sport, les mêmes forums, le même métier, le même pseudonyme légèrement modifié, le même horaire. Le comportement voyage avec la personne.\n\n**Le frottement administratif.** Se soigner, travailler, louer, conduire, scolariser un enfant : chacun demande une identité. La reconstruire légalement est possible et lent ; la contrefaire est un délit qui crée un risque permanent bien plus grand que celui qu'on fuyait.\n\n**Et l'erreur unique.** Une seule photo identifiée, un seul appel, une seule connexion depuis le mauvais endroit. **Une compartimentation tenue à quatre-vingt-quinze pour cent ne vaut rien** : c'est le reste qui fait la jonction.\n\n### Le cas de la mise en scène de décès\n\nElle revient toujours dans la conversation, alors autant dire ce qu'elle est.\n\nTechniquement, elle échoue presque toujours, pour des raisons structurelles : **sans corps, la plupart des États ne délivrent pas d'acte de décès** mais une déclaration d'absence, qui demande des années et déclenche une enquête. L'assurance, quand il y en a une, enquête aussi — c'est son métier. Et l'échec final est presque toujours relationnel : le cas britannique le plus documenté, resté cinq ans, s'est terminé par l'intéressé se présentant de lui-même à un commissariat, après qu'une photo de lui vivant a été retrouvée.\n\nJuridiquement, c'est une fraude : faux, usage de faux, et escroquerie quand il y a une assurance. **Ce corpus ne décrit pas comment la conduire.** Ce qui précède est l'analyse de pourquoi ça casse, et elle suffit largement à comprendre pourquoi ce n'est pas la bonne porte.\n\n## AGIR\n\n### La compartimentation, qui est la vraie compétence\n\n**Une identité par usage, et elles ne se croisent jamais.** Administratif, professionnel, marchand, public, personnel. Chacune avec sa propre adresse de courrier, idéalement son propre appareil, au minimum son propre navigateur.\n\n**Jamais deux identités depuis la même connexion au même moment.** C'est là que la jonction se fait, presque jamais ailleurs.\n\n### Réduire à la source\n\nCe qui n'a pas été collecté ne fuite pas, ne se revend pas et n'a pas à être effacé. C'est le levier le plus rentable et il est ennuyeux : donner moins, refuser les champs facultatifs, décliner les cartes de fidélité, refuser les traceurs, ne pas remplir ce qui n'est pas obligatoire.\n\n### Utiliser le droit, qui marche mieux qu'on ne croit\n\nEn Europe, vous pouvez exiger de tout organisme qu'il vous dise **ce qu'il détient** sur vous, et qu'il l'**efface**. C'est gratuit, ça se fait par courrier, le délai est d'un mois. C'est particulièrement efficace contre les courtiers en données — ces sociétés qui agrègent et revendent des profils sans que vous ayez jamais eu affaire à elles. La démarche est fastidieuse et elle aboutit.\n\n### Traiter le téléphone comme ce qu'il est\n\nL'objet le plus bavard que vous possédez. Coupez les permissions de position, de micro et de contacts à tout ce qui n'en a pas besoin. Désactivez la recherche de réseaux : un appareil qui cherche annonce les lieux où il est allé. Et acceptez que **le carnet d'adresses vous expose sans vous** — ce sont vos proches qui le donnent.\n\n### Casser la régularité\n\nChanger d'horaires, de tournures, d'appareil, de connexion. **Écrire différemment.** C'est le point le plus difficile parce qu'aucun logiciel ne le fait à votre place, et c'est celui qui fait la différence entre une séparation réelle et une séparation décorative.\n\n### L'argent\n\nL'espèce est le seul moyen de paiement qui ne produit pas de métadonnée. C'est sa seule propriété remarquable, et c'est une propriété considérable.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez juste réduire le bruit.** Trois gestes font l'essentiel : une adresse de courrier par service, un bloqueur de traceurs, les permissions de position coupées. Une heure de travail.\n\n**Vous voulez repartir ailleurs pour de bon.** C'est faisable, c'est légal, et ça se prépare : déménager loin, couper les liens qui vous relient à l'ancienne vie, changer de métier ou de cercle, éventuellement changer de nom par la voie légale — qui existe, qui est longue, et qui donne un état civil réel plutôt qu'une bombe à retardement. **Ce qui rate, ce n'est jamais la logistique. C'est la solitude au dix-huitième mois.** Prévoyez-la, ou ne partez pas.\n\n**Vous fuyez quelqu'un de dangereux.** Cas différent et traité différemment : il existe des dispositifs légaux de protection, d'adresse de domiciliation et de confidentialité, et ils sont bien plus efficaces qu'une disparition improvisée — parce qu'ils vous laissent travailler, vous soigner et scolariser vos enfants. Cherchez-les d'abord.\n\n**Vous avez des dettes ou des obligations.** Se retirer ne les efface pas et aggrave presque toujours la situation : les délais courent, les décisions tombent par défaut, et la régularisation ultérieure devient bien plus coûteuse que la négociation initiale.\n\n**Vous êtes exposé par d'autres.** Photos, identifications, carnets d'adresses. La seule action possible est de demander, personne par personne. C'est partiel et c'est comme ça.\n\n**Et le prolongement hors ligne.** Un lieu, un trajet, un horaire fixe sont des données qui s'agrègent exactement comme les autres. C'est le fond commun avec [[SURV-DEF-001]] et [[SURV-NUIT-001]] : **la régularité rend prévisible, et la prévisibilité expose** — dans les deux mondes, avec les mêmes conséquences.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ENE-001","titre":"Alimenter un circuit sans le réseau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","groupe","batterie","inverseur","retroalimentation","terre","priorite"],"sources":["NF C 15-100 — Installations électriques à basse tension, dispositions sur les sources de remplacement","Enedis — Consignes de sécurité sur le raccordement de groupes électrogènes","Rapports de sécurité électrique sur les accidents de rétro-alimentation","Documentation constructeurs d'inverseurs de source et d'onduleurs"],"corps":"::Une seule règle tue dans ce domaine, et elle tue quelqu'un d'autre que vous : on isole avant d'injecter. Tout le reste n'est que dimensionnement.::\n\nLe fonctionnement du réseau est dans [[TEC-RES-001]], le raisonnement sur le courant dans [[TEC-ENE-002]] et [[TEC-ENE-003]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### La rétro-alimentation, et pourquoi c'est la première chose\n\nSi vous injectez du courant dans une installation encore reliée au réseau, ce courant remonte : jusqu'au tableau, jusqu'au branchement, jusqu'au transformateur du quartier. **Et là il fait l'inverse de ce que fait un transformateur en temps normal : il monte la tension.** Quelques centaines de volts deviennent plusieurs milliers sur la ligne.\n\nDeux conséquences, et elles sont toutes les deux graves. **Un agent qui travaille sur une ligne qu'il a consignée comme hors tension se fait électrocuter par votre installation.** Et au retour du courant, votre source et le réseau se retrouvent en opposition : tout ce qui est branché est détruit, souvent avec un incendie.\n\n**C'est pour cela que l'isolement précède toujours l'alimentation.** Ce n'est pas une formalité administrative, c'est le point entier.\n\n### Comment on isole correctement\n\n**L'inverseur de source** est un organe mécanique à deux positions exclusives : réseau, ou source de secours. Il ne peut physiquement pas être dans les deux à la fois. C'est la seule solution propre, et elle existe en version manuelle, simple et peu coûteuse.\n\n**Le disjoncteur de branchement ouvert** est le minimum absolu si vous n'avez pas d'inverseur : on coupe l'arrivée générale, franchement, avant toute chose.\n\n**Et la solution qui évite tout le problème : ne rien injecter dans l'installation du tout.** Une rallonge depuis le groupe ou l'onduleur jusqu'à l'appareil, directement. C'est moins confortable, c'est totalement sûr, et c'est ce qu'il faut faire tant qu'on n'a pas d'inverseur.\n\n### La terre\n\nUne source autonome doit avoir une référence de terre, sinon les protections différentielles ne détectent rien et un défaut ne coupe pas. Beaucoup de groupes portables ont un régime particulier où les deux conducteurs sont isolés de la terre : c'est sûr pour un appareil branché directement, et ça ne l'est plus dès qu'on alimente une installation. **Lisez la plaque du groupe, elle le dit.**\n\n### Le dimensionnement, en deux chiffres\n\n**La puissance de régime**, celle que l'appareil consomme en fonctionnement.\n\n**La puissance de démarrage**, celle qu'il appelle pendant une seconde à l'allumage. Tout ce qui a un moteur — réfrigérateur, congélateur, pompe, compresseur — appelle **trois à huit fois sa puissance nominale** au démarrage. Un réfrigérateur de 150 W peut demander 900 W pendant une seconde.\n\nC'est la cause numéro un des pannes de groupes sous-dimensionnés, et elle ne se voit pas sur l'étiquette.\n\n## AGIR\n\n**1. Faites la liste de ce qui doit vraiment être alimenté**, et dans cet ordre : le froid alimentaire, l'eau si elle demande une pompe, la lumière, la communication, la recharge. Le chauffage électrique est hors de portée de toute source autonome raisonnable.\n\n**2. Additionnez les puissances de régime, et ajoutez la plus grosse puissance de démarrage du lot.** C'est votre besoin réel.\n\n**3. Choisissez où vous branchez.**\n- Un ou deux appareils : rallonge directe depuis la source. Rien d'autre à faire.\n- Toute l'installation : inverseur de source, et rien d'autre.\n- Jamais : une prise mâle-mâle branchée dans une prise murale. Ce montage est ce qui tue les agents et ce qui brûle les maisons, et il n'a aucune excuse.\n\n**4. Mettez le groupe dehors, toujours.** Un moteur thermique produit du monoxyde de carbone, inodore, et il tue dans un garage ouvert, sous un auvent, dans une cave ventilée. Dix mètres d'une ouverture, échappement au vent. Voir [[URG-AIR-001]] et [[TEC-CON-007]].\n\n**5. Soignez les rallonges.** Une section trop faible sur une grande longueur fait chuter la tension et chauffer le câble : l'appareil peine, la rallonge fond. Déroulez complètement un enrouleur avant de tirer dessus — enroulé, il chauffe comme une bobine de chauffage.\n\n**6. Protégez.** Un fusible ou un disjoncteur au départ de la source, toujours. Une batterie de voiture qui se court-circuite fait fondre un outil en quelques secondes et démarre un incendie.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez une batterie de voiture et rien d'autre.** C'est déjà beaucoup. Éclairage en 12 V direct — voir [[SURV-LUM-001]] —, recharge d'appareils, petit ventilateur, radio. Avec un convertisseur, du 230 V pour les petites puissances. Surveillez la décharge : une batterie de démarrage descendue trop bas ne remonte pas. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Vous avez un panneau solaire.** Panneau, régulateur, batterie, puis les usages. **Le régulateur n'est pas optionnel** : sans lui, le panneau détruit la batterie. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n**Vous voulez alimenter le réfrigérateur.** C'est le meilleur usage d'une source limitée, et il y a une astuce : un congélateur plein tient très longtemps fermé. Alimentez-le par périodes de quelques heures, deux fois par jour, plutôt qu'en continu — vous divisez la consommation par trois sans rien perdre.\n\n**Vous alimentez une pompe.** Regardez la puissance de démarrage avant tout : c'est l'appareil qui fait le plus souvent caler un groupe.\n\n**Vous n'avez qu'un vélo, une perceuse ou un moteur.** Un alternateur de voiture entraîné mécaniquement produit du courant. Le rendement humain est modeste — une centaine de watts soutenus, voir [[MEM-ANT-003]] — mais c'est suffisant pour recharger. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Vous êtes tenté de vous raccorder ailleurs qu'à votre propre installation.** Deux faits, sans commentaire moral. C'est un vol, qui se constate à distance par les compteurs du poste. Et c'est, dans tous les pays où c'est pratiqué, **la première cause d'électrocution et d'incendie du travail électrique informel** — les raccordements sauvages tuent surtout ceux qui les font et leurs voisins de palier. Ce corpus n'en traite pas.\n\n**Le courant revient.** Coupez votre source, basculez l'inverseur, et rebranchez progressivement. Tout rallumer d'un coup après une coupure longue fait redisjoncter, chez vous comme sur le quartier.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-001","titre":"L'identification","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["identite","donnees","biometrie","recoupement","empreinte","reseau","tracage"],"sources":["de Montjoye Y.-A. et al., Unique in the Crowd, Scientific Reports, 2013","Sweeney L., Simple Demographics Often Identify People Uniquely, Carnegie Mellon, 2000","Narayanan A., Shmatikov V., Robust De-anonymization of Large Sparse Datasets, IEEE S&P, 2008","Eckersley P., How Unique Is Your Web Browser?, EFF Panopticlick, 2010"],"corps":"::Une trace ne désigne personne. Deux traces qui se recoupent désignent quelqu'un. C'est tout le sujet, et l'écart entre les deux est beaucoup plus court qu'on ne l'imagine.::\n\nCette fiche explique le mécanisme. Ce qu'on en fait est dans [[SIG-COM-007]].\n\n## Les cinq familles d'identifiants\n\n**Ce qu'on vous a attribué.** Numéro national, état civil, immatriculation, numéro de compte, adresse de courrier. Stable, unique, universellement reconnu — et c'est ce qui en fait la clé de jointure entre toutes les bases qui vous concernent.\n\n**Ce que vous êtes.** Empreintes, visage, iris, voix, démarche, ADN. Non révocable : une donnée biométrique compromise l'est définitivement, contrairement à un mot de passe.\n\n**Ce que vous portez.** Téléphone, carte de transport, badge, clé de voiture, montre. Chacun émet et chacun se relie à un compte.\n\n**Ce que vous faites.** Horaires, trajets, achats, fréquentations, façon d'écrire. C'est la famille la plus sous-estimée et la plus révélatrice.\n\n**Ce que d'autres disent de vous.** Carnets d'adresses, photos identifiées, témoignages, registres, listes d'appels de vos correspondants. **Vous n'en avez aucun contrôle**, et c'est la porte par laquelle se reconstituent les profils de gens qui n'ont eux-mêmes rien publié.\n\n## Le mécanisme central : la ré-identification\n\nC'est le résultat qui a fondé toute la discipline, et il est contre-intuitif.\n\nUne base « anonymisée », dont on a retiré les noms, ne l'est presque jamais. Il suffit de la croiser avec une autre base qui partage quelques attributs pour retrouver les identités.\n\nLes ordres de grandeur, tirés de travaux devenus classiques :\n\n- **Code postal, date de naissance et sexe suffisent à identifier de manière unique environ 87 % de la population** des États-Unis. Trois champs qu'on donne partout sans y penser.\n- **Quatre points de position dans le temps** — quatre fois « vous étiez là, à peu près à cette heure » — ré-identifient plus de 90 % des individus dans une base de déplacements.\n- Des jeux de données de notations de films, publiés anonymisés, ont été ré-identifiés en les croisant avec des avis publics signés.\n\nLe principe général : **plus un comportement est riche, plus il est unique.** L'anonymat d'un individu dans une foule vient de la pauvreté de ce qu'on sait de lui, pas d'une propriété de la foule.\n\n## Ce qui identifie sans identifiant\n\n**L'empreinte de navigateur.** La combinaison de la résolution, des polices installées, du fuseau horaire, de la langue, des extensions et de la façon dont la carte graphique dessine un texte suffit à distinguer un navigateur parmi des millions — **sans aucun cookie et sans compte.**\n\n**Les réseaux sans fil connus.** Un appareil qui cherche ses réseaux favoris annonce en clair la liste des endroits où il est allé.\n\n**Le style.** L'analyse stylométrique identifie un auteur à partir de la fréquence des mots courants, de la ponctuation et des fautes récurrentes, sur des textes de quelques milliers de mots. Ce n'est pas du vocabulaire rare : ce sont les mots qu'on ne choisit pas.\n\n**Le rythme.** Heures de connexion, de sommeil, de déplacement. Un emploi du temps est une signature.\n\n## La métadonnée contre le contenu\n\nLe contenu d'un message est une phrase : il faut le lire et le comprendre. La métadonnée — qui, à qui, quand, d'où, combien de temps — est **structurée**, donc triable, croisable et analysable en masse.\n\nC'est pourquoi les systèmes d'analyse s'y intéressent d'abord. Savoir qu'un numéro a appelé un cabinet d'oncologie, puis un proche, puis un employeur, dans cette séquence, est plus informatif que la transcription des trois conversations. **Le chiffrement protège le contenu et laisse la métadonnée entièrement lisible.**\n\n## La rétention : qui garde quoi, et combien de temps\n\nC'est la partie qu'on ignore et qui décide de tout.\n\n- **L'opérateur** conserve les données de connexion — pas le contenu — pendant une durée fixée par la loi, de l'ordre de l'année dans l'Union européenne.\n- **La banque** conserve les mouvements pendant des années au titre des obligations comptables et de lutte contre le blanchiment.\n- **L'administration** conserve à peu près indéfiniment.\n- **Les services en ligne** conservent selon leur politique, c'est-à-dire souvent au-delà de ce qu'ils annoncent, et les sauvegardes survivent aux suppressions.\n- **Les courtiers en données** agrègent et revendent des profils constitués de sources publiques, de fuites et d'achats. Vous n'avez jamais eu de relation avec eux.\n\nD'où une asymétrie qui gouverne tout le sujet : **la collecte est instantanée, l'effacement est lent, partiel et révocable.** Une donnée qui n'a pas été produite est le seul cas propre.\n\n## Le facteur qui décide vraiment\n\nPas la technique. **L'intensité de la recherche.**\n\nRetrouver quelqu'un coûte du temps, de l'accès à des bases et des réquisitions. Personne ne dépense ça pour quelqu'un que personne ne cherche. Les mêmes traces, exactement les mêmes, sont invisibles dans un cas et décisives dans l'autre.\n\nC'est la variable que les discussions sur le sujet oublient systématiquement, et c'est celle qui explique pourquoi deux personnes aux pratiques identiques ont des résultats opposés.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un identifiant seul ne vaut rien ; c'est la jointure qui identifie.** Protéger une donnée isolée n'a donc pas beaucoup de sens : ce qu'on protège, ce sont les points de recoupement.\n\n**Le comportement identifie mieux que les papiers.** Un faux nom ne change ni vos horaires, ni votre façon d'écrire, ni les gens que vous appelez.\n\n**La biométrie ne se change pas.** C'est la seule catégorie d'identifiant qui n'a pas de version révocable, et elle se répand.\n\n**Et la dissymétrie fondamentale :** il est facile de produire une trace, très difficile de la retirer, et impossible de retirer ses copies. Voir [[SIG-COM-007]] pour les conséquences pratiques.","langue":"fr"},{"id":"URG-CARD-001","titre":"Arrêt cardiaque","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","coeur","reanimation","massage","defibrillateur","secourisme"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2021, Basic Life Support","American Heart Association — Guidelines for CPR and ECC","Registres nationaux d'arrêt cardiaque extrahospitalier, taux de survie selon le délai","Recommandations Premiers Secours, édition en vigueur"],"corps":"::Le cœur s'arrête, le cerveau tient quelques minutes. Chaque minute sans massage retire environ dix pour cent de chances. C'est le geste le plus rentable qu'un humain puisse apprendre.::\n\n## AGIR\n\n**1. Vérifiez en dix secondes.** Secouez les épaules, parlez fort. Pas de réponse ? Basculez la tête en arrière, menton soulevé, et regardez le thorax pendant dix secondes.\n\n**Le piège qui tue : les gasps.** Dans les premières minutes d'un arrêt, beaucoup de gens émettent des respirations bruyantes, irrégulières, spasmodiques — on dirait qu'ils respirent. **Ce n'est pas une respiration, c'est un signe d'arrêt cardiaque.** Un dormeur respire calmement et régulièrement ; ça, non.\n\nInconscient et respiration absente ou anormale : c'est un arrêt. Ne cherchez pas le pouls, même les professionnels s'y trompent.\n\n**2. Faites appeler et faites chercher un défibrillateur.** Désignez quelqu'un du doigt et donnez-lui un ordre précis. Seul, appelez en haut-parleur et commencez.\n\n**3. Massez, et ne vous arrêtez plus.**\n\n- Talon de la main au **centre du thorax**, deuxième main par-dessus, doigts croisés.\n- **Bras tendus, épaules à l'aplomb**, vous poussez avec le poids du buste, pas avec les bras.\n- **Cinq à six centimètres** de profondeur chez l'adulte. C'est beaucoup plus fort qu'on ne croit.\n- **Cent à cent vingt par minute.**\n- **Relâchez complètement entre chaque compression** sans décoller les mains. Le cœur doit se remplir. C'est l'erreur la plus fréquente et elle annule la moitié du bénéfice.\n\n**4. Ventilez seulement si vous savez le faire.** Trente compressions, deux insufflations d'une seconde chacune, tête basculée, nez pincé. **Si vous ne savez pas, si vous hésitez, si le cœur vous manque : massez sans interruption.** Le massage seul est très supérieur à un massage haché par des insufflations ratées.\n\n**5. Le défibrillateur dès qu'il arrive.** Allumez-le et **faites ce qu'il dit**. Il parle, il est conçu pour quelqu'un qui n'a jamais vu l'objet, et **il ne choquera jamais un cœur qui bat.** On ne peut pas se tromper avec. Électrodes sur peau nue et sèche, l'une sous la clavicule droite, l'autre sous l'aisselle gauche. Pendant l'analyse, personne ne touche. Après le choc, **on reprend le massage immédiatement.**\n\n**6. Relayez-vous toutes les deux minutes.** La qualité du massage chute après deux minutes, bien avant que vous vous sentiez fatigué. Le changement se fait en moins de cinq secondes.\n\n**7. On s'arrête quand les secours prennent le relais, quand la personne respire normalement, ou quand vous êtes physiquement incapable de continuer.** Pas avant.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un enfant ou un nourrisson.** L'arrêt est presque toujours dû à un manque d'oxygène, pas au cœur. **Commencez par cinq insufflations**, puis massez. Profondeur : un tiers de l'épaisseur du thorax. Un enfant : le talon d'une main. Un nourrisson : deux doigts, ou les deux pouces mains enveloppantes. Rythme identique. Un défibrillateur s'utilise aussi, avec les électrodes pédiatriques si elles existent, sinon celles d'adulte en les plaçant devant et derrière.\n\n**C'est une noyade.** Même logique : **cinq insufflations d'abord**, parce que la cause est l'asphyxie. Voir [[URG-SEC-002]].\n\n**C'est une électrisation.** Coupez le courant avant de toucher, sans exception. Ensuite protocole normal.\n\n**C'est une hypothermie profonde.** Massez, et **ne concluez pas trop vite.** Un corps très froid peut paraître mort et repartir. La formule des secouristes de montagne est littérale : personne n'est mort tant qu'il n'est pas réchauffé et mort. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous êtes seul, sans secours joignables.** Massez quand même. Sans défibrillateur ni renfort, les chances sont faibles, et elles ne sont pas nulles — certains rythmes repartent. Continuez tant que vous tenez.\n\n**La personne repart.** Mettez-la sur le côté, couvrez-la, surveillez la respiration en continu. **Un arrêt peut se reproduire dans les minutes qui suivent.** Voir [[URG-INCO-001]].\n\n**Vous craignez de casser des côtes.** Vous allez probablement en casser, surtout chez une personne âgée. Ce n'est pas une complication, c'est le signe que vous appuyez assez. Des côtes se réparent, un cerveau non.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi les minutes comptent autant\n\nLe cerveau ne stocke ni oxygène ni sucre. Dès l'arrêt de la circulation, ses réserves durent quelques secondes ; les lésions commencent vers quatre à cinq minutes et deviennent irréversibles rapidement.\n\nLes registres nationaux donnent tous le même ordre de grandeur : **chaque minute perdue coûte environ dix pour cent de chances de survie.** Sans témoin qui masse, la survie est de quelques pour cent. Avec un massage immédiat et un défibrillateur en quelques minutes, elle dépasse quarante pour cent dans les meilleures configurations.\n\nCe qui fait la différence n'est donc pas la médecine : **c'est ce que fait la personne qui est là.**\n\n### Ce que fait le massage\n\nIl ne redémarre pas le cœur. **Il remplace la pompe** : il maintient une circulation faible mais suffisante pour garder le cerveau et le cœur viables jusqu'à ce qu'un choc électrique puisse remettre un rythme.\n\nD'où l'importance du relâchement complet : pendant la remontée, le cœur se remplit. Un massage qui reste appuyé pompe du vide.\n\n### Ce que fait le défibrillateur\n\nLa plupart des arrêts commencent par une **fibrillation** : le muscle cardiaque se contracte de façon anarchique et n'éjecte rien. Le choc ne relance pas le cœur, il **l'arrête complètement pendant un instant**, pour que le rythme normal puisse reprendre.\n\nCette fibrillation se dégrade avec le temps en un tracé plat, que plus aucun choc ne corrige. **Le massage ralentit cette dégradation** : c'est pour cela qu'il faut masser même en attendant l'appareil.\n\n### La seule vraie erreur\n\nNe rien faire, par peur de mal faire. Un massage imparfait vaut infiniment mieux que pas de massage, et **une personne en arrêt cardiaque ne peut pas être aggravée.** Voir [[URG-SEC-001]] pour l'examen général et [[SURV-PSY-002]] pour ce qui bloque au moment d'agir.","langue":"fr"},{"id":"URG-ANA-001","titre":"Anaphylaxie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"flash","tags":["urgence","allergie","adrenaline","piqure","aliment","choc"],"sources":["European Academy of Allergy and Clinical Immunology — Anaphylaxis Guidelines 2021","World Allergy Organization — Anaphylaxis Guidance","Resuscitation Council UK — Emergency treatment of anaphylactic reactions","Études sur les réactions biphasiques et la durée de surveillance"],"corps":"::Une allergie grave tue en minutes, et il n'existe qu'un seul traitement. Tout le reste — antihistaminiques, cortisone, attendre de voir — fait partie des causes de décès.::\n\n## AGIR\n\n**1. Reconnaissez.** Après un contact — aliment, piqûre d'insecte, médicament —, **deux choses en même temps** et qui s'installent vite :\n\n- **La peau** : urticaire, plaques, gonflement du visage, des lèvres, des paupières, démangeaison des paumes et du cuir chevelu.\n- **et** l'un des deux suivants :\n  - **La respiration** : gorge serrée, voix rauque, difficulté à avaler, sifflement, toux, essoufflement.\n  - **ou la circulation** : pâleur, sueurs froides, malaise, vertige, perte de connaissance.\n\nUn gonflement de la gorge ou une chute de tension **sans** boutons reste une anaphylaxie. La peau peut manquer.\n\n**2. Injectez l'adrénaline immédiatement.** S'il y a un auto-injecteur — le sien, celui de quelqu'un d'autre, celui d'une trousse —, on l'utilise **sans attendre de voir si ça s'aggrave.**\n\n**Face externe de la cuisse, à mi-hauteur**, à travers les vêtements si besoin. On maintient quelques secondes selon le modèle, puis on masse brièvement. C'est sans danger : injecter de l'adrénaline à quelqu'un qui n'en avait pas besoin ne tue personne, ne pas l'injecter à quelqu'un qui en avait besoin, si.\n\n**3. Allongez la personne, jambes surélevées.** Et c'est un geste vital, pas un confort.\n\n**Ne la faites jamais s'asseoir ni se lever**, même si elle le demande, même si elle respire mieux assise. Des décès sont documentés chez des gens qui se sont redressés ou levés pour aller aux toilettes après amélioration : le cœur se vide d'un coup. Si elle ne supporte pas d'être à plat à cause de la respiration, position demi-assise, mais **les jambes restent hautes et on ne se met pas debout.**\n\nInconsciente et respirant : sur le côté.\n\n**4. Appelez les secours.** Toujours, même si ça va mieux.\n\n**5. Deuxième dose à cinq minutes** si rien ne s'améliore, dans l'autre cuisse. La plupart des trousses en contiennent deux pour cette raison.\n\n**6. Surveillez pendant des heures.** Une réaction sur cinq environ est **biphasique** : elle repart une à douze heures après, parfois sans nouveau contact, et parfois plus violemment. Ne laissez pas la personne seule et gardez l'adrénaline à portée.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas d'adrénaline.** Allongez jambes hautes, appelez, retirez la cause si c'est possible — un dard de guêpe se racle avec un ongle ou une carte, on ne le pince pas —, et refroidissez la zone. **Les antihistaminiques et la cortisone ne traitent pas une anaphylaxie** : ils agissent en dizaines de minutes sur les boutons et rien sur la gorge ni sur la tension. Donnez-les si vous en avez, mais ne comptez pas dessus et ne les considérez jamais comme une réponse.\n\n**C'est une piqûre dans la bouche ou la gorge.** Même sans allergie, le gonflement local peut fermer les voies aériennes. Glace à sucer, position assise, secours immédiats.\n\n**C'est un enfant.** Mêmes gestes, auto-injecteur dosé pour l'enfant si disponible. Dans le doute entre deux dosages, celui de l'adulte reste préférable à rien.\n\n**La personne est asthmatique.** Risque nettement plus élevé de forme grave et mortelle. L'adrénaline passe avant l'inhalateur ; l'inhalateur vient après, pas à la place.\n\n**C'est une allergie connue.** Alors le vrai travail est fait avant : deux auto-injecteurs, toujours, à jour de date, et des proches qui savent où ils sont **et comment s'en servir**. Un auto-injecteur dans un tiroir que personne ne sait utiliser ne sert à rien. Faites une démonstration à froid avec le dispositif d'entraînement.\n\n**Vous doutez que ce soit une anaphylaxie.** Injectez. Le rapport bénéfice-risque n'est pas ambigu : l'hésitation est le principal facteur de décès dans toutes les séries publiées.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui se passe\n\nLe système immunitaire reconnaît une substance qu'il a décidé de considérer comme un ennemi et déclenche une libération massive de médiateurs, l'histamine en tête, dans tout l'organisme.\n\nTrois effets simultanés, et chacun peut tuer :\n\n- **Les vaisseaux se dilatent et deviennent poreux.** Le plasma fuit dans les tissus, le volume circulant s'effondre : c'est le choc.\n- **Les tissus gonflent**, y compris la langue, le larynx et les bronches : c'est l'asphyxie.\n- **Les bronches se resserrent.**\n\n### Pourquoi l'adrénaline et rien d'autre\n\nElle agit sur les trois mécanismes en même temps et en quelques minutes : elle **resserre les vaisseaux** (remonte la tension, réduit le gonflement), **dilate les bronches**, et **freine la libération des médiateurs**.\n\nAucun autre produit accessible ne fait cela. Les antihistaminiques bloquent un seul médiateur, sur un seul effet, avec un délai long. La cortisone agit en plusieurs heures et sert à limiter la rechute, pas la crise.\n\nEt le point qui décide : **injectée dans le muscle de la cuisse**, elle est absorbée beaucoup plus vite que dans le bras ou sous la peau. Ce n'est pas un détail de protocole, c'est la différence entre agir en cinq minutes et agir en vingt.\n\n### Pourquoi la position\n\nEn anaphylaxie, le sang stagne en périphérie et le cœur se remplit mal. Debout ou assis, la gravité aggrave ce déficit de remplissage ; allongé jambes hautes, on lui rend du volume.\n\nC'est un mécanisme simple, il est gratuit, et il figure dans toutes les recommandations pour une raison : **des gens meurent d'avoir changé de position au mauvais moment.**\n\nPour l'examen général d'une victime, voir [[URG-SEC-001]] ; pour les intoxications qui ressemblent parfois à une allergie, [[URG-SEC-003]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-006","titre":"Transporter un blessé","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["secourisme","brancard","portage","rachis","degagement","evacuation"],"sources":["Recommandations Premiers Secours — dégagements d'urgence et relevage","Prehospital Trauma Life Support, chapitres sur la mobilisation et l'immobilisation rachidienne","Manuels de secours en montagne, techniques de portage improvisé","INRS — Manutention manuelle, limites de charge"],"corps":"::La première question n'est pas comment transporter. C'est s'il faut le faire. Presque toujours, on fait venir les secours au blessé — et déplacer quelqu'un aggrave plus souvent que ça ne sauve.::\n\n## AGIR\n\n### D'abord, décidez\n\n**On ne déplace pas un blessé**, sauf pour trois raisons :\n\n- **Un danger immédiat sur place** : feu, fumée, eau qui monte, effondrement, circulation, électricité.\n- **Un geste vital impossible là où il est** : on ne masse pas quelqu'un coincé dans un fauteuil ou couché sur un lit mou.\n- **Aucun secours ne viendra**, et il faut l'amener vers de l'aide.\n\nDans tous les autres cas, on stabilise sur place, on couvre, on surveille. Voir [[URG-SEC-001]].\n\n### L'ordre des gestes, avant de bouger quoi que ce soit\n\n1. **L'hémorragie.** Une compression qui tient. Voir [[URG-HEMO-001]].\n2. **Les voies aériennes.** Voir [[URG-INCO-001]].\n3. **L'immobilisation** de ce qui est cassé. Voir [[URG-FRAC-001]].\n4. **Le froid.** Isolez du sol avant le transport, pas après.\n5. **Et seulement ensuite**, le déplacement.\n\n### Le dégagement d'urgence, quand il faut faire vite et seul\n\n**Par les vêtements.** On saisit le col ou les vêtements aux épaules, avant-bras de chaque côté de la tête pour la caler, et on traîne en reculant, dans l'axe du corps. C'est rustique, c'est rapide, et **ça maintient à peu près l'alignement tête-cou-tronc**, ce qui est l'essentiel.\n\n**Par les chevilles**, si le sol est lisse et qu'il faut sortir de quelques mètres. La tête n'est pas tenue : à réserver au danger immédiat.\n\n**On traîne, on ne porte pas**, et on traîne **dans l'axe du corps**, jamais en travers.\n\n### Porter, quand on est plusieurs\n\n**À deux, en chaise.** Chacun saisit son propre poignet et celui de l'autre pour former un siège. Le blessé doit être conscient et pouvoir se tenir. Pour des distances courtes.\n\n**À deux, avant-arrière.** L'un passe les bras sous les aisselles et croise sur le thorax, l'autre prend sous les genoux. Celui de la tête commande le mouvement, toujours.\n\n**Le brancard improvisé.** Deux perches solides de deux mètres, et deux ou trois vestes : on ferme les vestes, on rentre les manches à l'intérieur, on passe les perches dans les manches. C'est solide, ça se monte en deux minutes, et ça supporte un adulte. À défaut : une bâche, une couverture roulée sur ses bords, une porte, une échelle garnie.\n\n**Le travois**, pour un terrain long et meuble : deux perches en V, traverse, le blessé au milieu, les pointes traînant au sol. Voir [[SURV-REC-011]].\n\n### Les règles qui valent pour tout portage\n\n- **Quatre porteurs valent mieux que deux**, et deux relais valent mieux qu'un effort continu.\n- **Celui qui tient la tête dirige.** Il annonce, les autres exécutent. On se met d'accord sur le mot avant de soulever : « prêts, soulevez ».\n- **En pente, la tête reste en haut** — on monte tête la première, on descend pieds les premiers.\n- **Jamais en travers de l'épaule** quand on soupçonne une atteinte du dos ou du cou.\n- **On porte avec les jambes**, dos droit, charge près du corps. Un sauveteur qui se bloque le dos devient un deuxième blessé.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous soupçonnez une atteinte du rachis.** Chute de hauteur, accident violent, douleur à la nuque ou au dos, fourmillements, faiblesse dans un membre. **On ne déplace pas**, sauf danger immédiat. Si on n'a pas le choix : une main de chaque côté de la tête pour la maintenir dans l'axe, une traction très douce, et on fait tourner le corps **d'un seul bloc**, à trois ou quatre, au commandement de celui qui tient la tête. Voir [[URG-SEC-004]].\n\n**La personne est inconsciente mais respire.** Position sur le côté pendant tout le transport, pour que la langue et les vomissements ne ferment pas les voies aériennes.\n\n**Il y a une fracture ouverte ou un membre déformé.** Immobilisez avant de bouger, en englobant l'articulation au-dessus et celle en dessous. Ne réalignez pas, ne rentrez pas ce qui sort.\n\n**Il fait froid.** Le sol vide un corps immobile très vite. Isolez **dessous** avant tout, puis couvrez dessus. Un blessé refroidi saigne davantage et récupère moins bien. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Le trajet est long.** Faites des pauses avant l'épuisement, pas après. Surveillez la conscience et la respiration à chaque pause, parlez-lui en continu. Notez l'heure des gestes et l'évolution : ce qui sera transmis vaut autant que le transport.\n\n**Vous êtes seul avec quelqu'un de lourd.** N'essayez pas de porter. Traînez, ou installez-le au sec, au chaud, en position stable, et allez chercher de l'aide en notant précisément l'endroit. **Un sauveteur épuisé ou blessé transforme un problème en deux.**\n\n**C'est un enfant.** Il se porte, mais il se refroidit très vite et il paniquera moins si quelqu'un reste à hauteur de son visage et lui parle sans arrêt.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi l'immobilité est le choix par défaut\n\nUn corps blessé se stabilise. Le caillot qui s'est formé, l'os qui a trouvé une position, la colonne qui n'a pas bougé : chaque déplacement rouvre ces équilibres. Le transport est un geste qui coûte, et il ne se justifie que quand rester coûte davantage.\n\nC'est la même logique que dans [[URG-AIR-001]] et [[SURV-REC-004]] : **l'action par défaut est celle qui ne crée pas un deuxième problème.**\n\n### Ce qui fait vraiment la différence\n\nPas la technique de portage — elles se valent à peu près. **Ce qui change le résultat, c'est ce qui a été fait avant de soulever** : l'hémorragie arrêtée, les voies aériennes libres, le corps isolé du sol, et quelqu'un qui commande.\n\nUn brancard parfait derrière une hémorragie non comprimée n'apporte rien.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-007","titre":"Accoucher sans médecin","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["accouchement","naissance","nouveau-ne","hemorragie","cordon","urgence"],"sources":["OMS — Prise en charge des complications de la grossesse et de l'accouchement, guide pour sages-femmes et médecins","OMS — Recommandations sur les soins intrapartum pour une expérience positive de l'accouchement","WHO Essential Newborn Care, séchage, contact peau à peau et clampage du cordon","Recommandations sur la prévention de l'hémorragie du post-partum"],"corps":"::Un accouchement n'est pas une opération, c'est un processus qui se déroule seul dans la très grande majorité des cas. Votre rôle est d'accompagner, de réchauffer l'enfant, et de ne pas nuire.::\n\n## AGIR\n\n### Avant\n\n**Appelez, même si la naissance est imminente** : on peut vous guider par téléphone, et les suites peuvent nécessiter des secours.\n\n**Lavez-vous les mains**, longuement. Gants s'il y en a. Rassemblez : linges propres et secs, une couverture, deux liens propres — lacets, bandes de tissu bouilli —, des ciseaux ou une lame passés à la flamme ou à l'eau bouillante, un récipient.\n\n**Laissez-la choisir sa position.** Sur le côté, à quatre pattes, semi-assise, accroupie : celle où elle est le mieux est la bonne. Ne l'allongez pas à plat sur le dos par principe.\n\n**Ne la faites pas pousser tant qu'elle n'en a pas l'envie irrépressible.** Cette envie arrive d'elle-même quand le moment est venu.\n\n### La naissance\n\n**1. Laissez la tête sortir lentement.** Vous posez une main à plat dessus pour freiner, sans serrer, sans tirer. Une sortie trop rapide déchire. Demandez-lui de haleter plutôt que de pousser à ce moment précis.\n\n**2. Une fois la tête dehors, passez un doigt autour du cou.** S'il y a le cordon, faites-le glisser doucement par-dessus la tête. S'il est trop serré, laissez : le corps sortira quand même dans la seconde qui suit.\n\n**3. Le corps vient seul.** L'enfant est extrêmement glissant. Soutenez, **ne tirez jamais.** Une épaule bloquée se débloque en faisant changer la mère de position — à quatre pattes, ou cuisses ramenées fort contre le ventre —, jamais en tirant sur l'enfant.\n\n**4. Posez-le immédiatement sur le ventre de sa mère, peau contre peau, et séchez-le vigoureusement** avec un linge sec. Changez de linge dès qu'il est mouillé, couvrez-le, et **couvrez-lui la tête** — c'est par là qu'il perd le plus.\n\n**Le séchage est aussi le geste qui le fait crier.** Un nouveau-né qui crie respire.\n\n**5. Le cordon attend.** Ne le coupez pas tout de suite : laissez passer une à trois minutes, ou attendez qu'il cesse de battre. Ensuite, deux liens serrés — un à environ dix centimètres du nombril, l'autre cinq centimètres plus loin — et coupez entre les deux. **Il n'y a aucune urgence à couper**, et rien de grave ne se produit si vous ne coupez pas du tout avant l'arrivée des secours.\n\n**6. Ne tirez jamais sur le cordon** pour faire venir le placenta.\n\n### Après — et c'est là que se joue le danger\n\n**Le placenta sort seul**, généralement dans les trente minutes. Gardez-le, il sera examiné.\n\n**Puis massez le ventre.** Une main à plat juste sous le nombril, vous cherchez une masse dure comme un pamplemousse : c'est l'utérus contracté. S'il est mou, **massez fermement en rond jusqu'à ce qu'il durcisse**, et recommencez toutes les quinze minutes pendant deux heures.\n\n**Mettez le bébé au sein.** La succion déclenche les contractions qui ferment les vaisseaux.\n\n**Ces deux gestes sont ce qui empêche l'hémorragie du post-partum, première cause mondiale de mort maternelle.** Ils sont gratuits, ils prennent deux minutes, et ils sauvent.\n\n**Surveillez le saignement.** Un saignement modéré est normal. Un saignement qui imbibe un linge en quelques minutes, une pâleur, un malaise : urgence absolue, jambes surélevées, massage utérin continu, secours immédiats. Voir [[URG-HEMO-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**L'enfant ne crie pas et reste mou.** Séchez plus fort, frottez le dos et la plante des pieds, dégagez la bouche et le nez. S'il ne respire toujours pas au bout d'une minute : **cinq insufflations douces** — juste le volume de vos joues, jamais celui de vos poumons — puis le protocole de [[URG-CARD-001]], version nourrisson. La quasi-totalité des nouveau-nés repartent avec le séchage et la stimulation.\n\n**Ce n'est pas la tête qui se présente.** Un pied, un siège, une main, ou un bout de cordon qui sort. **N'essayez rien.** Mettez-la à genoux, tête contre le sol, fesses en l'air — cette position réduit la pression. Secours en urgence absolue. Si c'est le cordon qui sort, ne le touchez pas et ne le repoussez pas.\n\n**Le travail dure et rien ne progresse.** Hydratez, laissez-la bouger et changer de position, ne faites pas pousser. Un travail long est fréquent ; ce qui inquiète, c'est le saignement, la fièvre, ou une douleur violente et permanente entre les contractions.\n\n**Il y a des saignements avant la naissance.** Ce n'est pas normal. Allongée sur le côté gauche, rien dans le vagin, secours immédiats.\n\n**Elle a des convulsions, des maux de tête violents, des troubles de la vue, un gonflement brutal du visage.** Ce sont les signes d'une complication grave de la grossesse. Protégez-la pendant la crise, couchez-la sur le côté, pénombre et calme, secours en urgence absolue.\n\n**Il fait froid.** C'est le premier danger pour l'enfant, et il est sous-estimé : un nouveau-né mouillé se refroidit en quelques minutes et n'a aucun moyen de se réchauffer. Peau à peau, linge sec, bonnet, couverture par-dessus les deux. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Ils sont deux.** Le second arrive généralement dans la demi-heure. Même conduite, et surveillance renforcée du saignement, qui est plus fréquent.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi si peu de gestes\n\nParce que l'essentiel est fait par le corps. Les interventions improvisées — tirer, appuyer sur le ventre, couper vite, aspirer systématiquement — **sont responsables de la plupart des dégâts évitables.** Ne rien faire de trop est une compétence ici.\n\nCe qui reste à votre charge tient en quatre choses : **du chaud et du sec pour l'enfant, un utérus qui se contracte, des mains propres, et une surveillance du saignement.**\n\n### Les trois causes de mort, et ce qui les prévient\n\n**L'hémorragie de la mère**, de loin la première : prévenue par le massage utérin et la mise au sein.\n\n**L'hypothermie du nouveau-né** : prévenue par le séchage immédiat, le peau à peau et le bonnet.\n\n**L'infection**, qui vient plus tard : prévenue par les mains lavées, le matériel propre, et le fait de ne rien introduire.\n\nTrois mécanismes, trois gestes simples, et aucun n'exige de matériel. C'est la même logique que dans [[MEM-ACC-004]] : **ce qui a fait chuter la mortalité n'est presque jamais la technique savante.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-003","titre":"La violence dans le groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["groupe","conflit","regles","sanction","vol","exclusion","arbitrage"],"sources":["Ostrom E., Governing the Commons, règles d'usage et sanctions graduées","Études sur les bases polaires et les équipages isolés, conflits en confinement prolongé","HCR — Protection dans les sites de déplacés, violences intracommunautaires","Travaux de criminologie sur la médiation et la justice réparatrice"],"corps":"::Ce qui défait un groupe ne vient presque jamais de l'extérieur. Ça vient d'une ration mal partagée, d'un outil disparu, et d'une décision que personne n'avait prévu de devoir prendre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les trois sources, toujours les mêmes\n\nDans les groupes isolés observés sur longue durée — bases polaires, équipages, camps, expéditions —, les conflits graves se répartissent de façon remarquablement stable.\n\n**La ressource.** Qui mange combien, qui a la meilleure place, qui utilise l'outil, qui a pris la dernière part. **L'objet compte moins que le sentiment d'injustice** : un groupe supporte très bien de manquer, et très mal de manquer inégalement.\n\n**Le statut.** Qui décide, qui travaille le plus, qui en fait moins et le sait. Un déséquilibre d'effort non reconnu produit plus de rancune qu'une privation partagée.\n\n**Les liens.** Couples qui se font et se défont, jalousies, exclusions affectives. C'est la source dont personne ne veut parler et c'est l'une des plus explosives.\n\n### Le vol interne est un cas à part\n\nIl détruit hors de proportion avec ce qu'il retire, parce qu'il ne coûte pas un objet : **il coûte la confiance, qui est le vrai capital du groupe.**\n\nAprès un vol non résolu, tout le monde surveille tout le monde, chacun se constitue une réserve privée, et l'entraide s'arrête. Le groupe continue d'exister et cesse de fonctionner.\n\n### Pourquoi ça dégénère\n\nRarement parce que les gens sont mauvais. Presque toujours parce que **personne n'a décidé à l'avance qui tranche et comment**, si bien que le premier conflit sérieux se règle dans l'urgence, sous le coup de la colère, devant témoins, et crée un précédent que personne n'assume.\n\nLe deuxième facteur est l'épuisement : la fatigue, la faim et le manque de sommeil abaissent le seuil de déclenchement de tout le monde en même temps. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## AGIR\n\n### Avant qu'il ne se passe quoi que ce soit\n\n**1. Écrivez les règles.** Même pour quatre personnes, même sommairement. Ce qui appartient à qui, ce qui est commun, comment on répartit, qui décide de quoi, et **comment on tranche un désaccord**. Ce qui est écrit ne se rediscute pas chaque jour.\n\n**2. Décidez qui arbitre, et comment.** Une personne désignée, ou un petit comité, ou le groupe entier. Peu importe le système : ce qui compte est qu'il existe **avant** le premier cas.\n\n**3. Prévoyez l'échelle des réponses.** C'est le point que tout le monde saute, et c'est le plus important : entre « on ne fait rien » et « on l'exclut », il doit exister trois ou quatre marches. Réparer, restituer, prendre les corvées ingrates, perdre un avantage, être écarté temporairement d'une fonction.\n\n**Un groupe qui n'a que deux réponses possibles choisit toujours la mauvaise** : il laisse passer parce que l'exclusion est disproportionnée, jusqu'au jour où il exclut pour un motif qui ne le justifiait pas.\n\n**4. Rendez les comptes visibles.** Stocks, tours de corvée, tours de garde, affichés et tenus par écrit. **La transparence prévient plus de conflits que n'importe quelle sanction**, parce que l'essentiel des soupçons naît de l'ignorance.\n\n### Quand ça arrive\n\n**1. Séparez d'abord, parlez ensuite.** Physiquement, calmement, sans commentaire. On ne discute pas pendant que les gens sont debout face à face.\n\n**2. Écoutez chacun séparément et en entier.** Sans interruption, sans public. La moitié des conflits s'effondrent à ce stade parce qu'il s'agissait d'un malentendu que personne n'avait vérifié.\n\n**3. Décidez à plusieurs, jamais seul.** Même si quelqu'un a autorité, une décision prise à trois tient et une décision prise seul se conteste.\n\n**4. Annoncez la décision au groupe, avec le motif.** Pas la punition seule : le raisonnement. C'est ce qui en fait une règle plutôt qu'un acte de pouvoir.\n\n**5. Écrivez-la.** Date, faits, décision. Ce registre devient votre jurisprudence, et il évite que le cas suivant soit jugé à l'humeur du jour.\n\n**6. Et refermez.** Une fois la sanction exécutée, l'affaire est close et on ne la ressort plus. Un groupe qui ne referme jamais accumule jusqu'à la rupture.\n\n## ADAPTER\n\n**Quelqu'un vole.** Traitez-le comme un problème de groupe, pas comme un procès. Restitution, réparation par le travail, et remise à plat de ce qui est commun et de ce qui est privé — souvent, le flou sur ce point est la moitié de la cause. Et regardez la faim : **quelqu'un qui vole de la nourriture a peut-être surtout faim.**\n\n**Quelqu'un ne travaille pas.** Avant de sanctionner, cherchez pourquoi. Maladie, douleur, épuisement, dépression, tâche inadaptée. La réponse est très souvent une réaffectation, pas une punition. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Quelqu'un devient dangereux.** Violence physique, menaces, armes. Les règles ordinaires ne s'appliquent plus : **mettez les plus vulnérables à l'abri en premier**, ne laissez personne le gérer seul, retirez l'accès aux outils dangereux, et décidez à plusieurs. Ne le laissez pas non plus sans surveillance ni sans soins — une crise a souvent une cause médicale, un manque, ou un traitement interrompu, et ça se traite.\n\n**Il y a de l'alcool.** Il précède une très grande part des violences dans tous les contextes documentés. Décidez de son statut en même temps que le reste des règles, pas après le premier incident.\n\n**Quelqu'un doit partir.** En situation dégradée, l'exclusion est très lourde de conséquences et il faut le dire franchement : elle peut équivaloir à une condamnation. Elle ne se décide donc qu'à plusieurs, après les marches intermédiaires, et **on ne renvoie personne sans eau, sans vivres et sans de quoi passer la nuit.** Ce qu'on fait à cet instant est ce que le groupe apprend sur lui-même.\n\n**Vous êtes deux ou trois.** Vous n'avez pas de tiers pour arbitrer, donc la seule protection est la règle écrite d'avance et l'habitude de se parler tôt. Les petits groupes ne se cassent pas sur un incident : ils se cassent sur six mois de non-dits.\n\n**Il y a des enfants.** Ils entendent tout, comprennent plus qu'on ne croit, et se construisent sur ce qu'ils voient traiter. Les disputes d'adultes devant eux coûtent plus cher que les adultes ne l'imaginent.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La règle écrite avant le cas vaut mieux que la meilleure décision prise après.** C'est le même principe que dans [[SURV-DEF-001]] pour la garde et dans [[SURV-ZOM-001]] pour la quarantaine : ce qui se décide à chaud ne se décide pas, il s'improvise.\n\nEt le fait qui devrait rassurer : **la coopération est la règle et le conflit l'exception**, dans toutes les catastrophes étudiées. Les groupes qui se défont sont ceux qui n'avaient rien prévu, pas ceux qui étaient composés de mauvaises personnes.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-003","titre":"Le séchage","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sechage","conservation","eau","moisissure","viande","fruit","air"],"sources":["FAO — Manual for the preparation and sale of dried fruits and vegetables","Beuchat L., Water activity and microbial stability, Journal of Food Protection","Institut Pasteur / ANSES — Seuils d'activité de l'eau et croissance microbienne","USDA — Complete Guide to Home Canning and Drying"],"corps":"::Ce qui conserve, ce n'est pas l'absence d'eau. C'est l'absence d'eau *disponible* — et la nuance explique pourquoi le miel ne moisit jamais alors qu'il en contient.::\n\n## L'activité de l'eau\n\nUn aliment contient de l'eau sous deux formes. L'eau **liée**, retenue par le sucre, le sel ou les protéines, et l'eau **libre**, que les micro-organismes peuvent utiliser.\n\nOn mesure la seconde par un nombre entre 0 et 1 : **l'activité de l'eau**. L'eau pure vaut 1. C'est ce nombre, et non la teneur en eau, qui décide si quelque chose se conserve.\n\nD'où le paradoxe du miel : il contient près de vingt pour cent d'eau, et son activité tourne autour de 0,6 — toute cette eau est accaparée par le sucre. Il ne moisit pas.\n\n## Les seuils, et ils sont nets\n\n| Ce qui pousse | S'arrête en dessous de |\n|---|---|\n| La plupart des bactéries | environ **0,91** |\n| Les bactéries du sel, dont le staphylocoque | environ **0,86** |\n| La plupart des levures | environ **0,88** |\n| **Les moisissures** | environ **0,80** |\n| Les moisissures et levures les plus résistantes | environ **0,60** |\n\n**Viser 0,91 ne suffit donc pas.** C'est l'erreur classique : un aliment « sec au toucher » a stoppé les bactéries et laisse tout l'espace aux moisissures, qui sont précisément ce qu'on voit apparaître sur un fruit mal séché.\n\nPour une conservation longue et sûre à température ambiante, la cible est **en dessous de 0,70**, ce qui correspond à un produit franchement cassant ou coriace, pas simplement ressuyé.\n\n## Les trois facteurs du séchage\n\nL'eau part d'un aliment quand trois conditions sont réunies, et il suffit qu'une manque pour que rien ne se passe.\n\n**La chaleur**, qui donne à l'eau l'énergie de s'évaporer.\n\n**L'air sec**, qui a de la place pour la recevoir. C'est le facteur oublié : par temps humide, on peut chauffer autant qu'on veut, l'air est déjà plein.\n\n**Le mouvement de l'air**, qui emporte l'air saturé au contact de l'aliment et le remplace. Sans circulation, une couche humide stagne à la surface et le séchage s'arrête.\n\nC'est pourquoi un séchoir est d'abord une affaire de **ventilation**, et pourquoi un vent sec et frais sèche mieux qu'un air chaud et immobile.\n\n## Le croûtage, l'échec le plus fréquent\n\nChauffer trop fort au début durcit la surface avant que le cœur n'ait eu le temps de se vider. **L'eau reste enfermée à l'intérieur derrière une croûte imperméable.**\n\nLe produit paraît sec, se stocke, et pourrit de l'intérieur — ou développe des moisissures invisibles pendant des semaines.\n\nLa parade est simple : **commencer doux, finir plus chaud.** Basse température et forte ventilation tant que l'aliment est gorgé d'eau, puis on peut monter quand la majeure partie est partie.\n\n## Juger que c'est fini\n\nSans instrument, deux méthodes.\n\n**La perte de masse.** On pèse avant, on pèse pendant. La plupart des fruits et légumes perdent **quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent** de leur poids, la viande maigre **soixante à soixante-dix**. Quand la masse ne bouge plus sur plusieurs heures, c'est terminé.\n\n**Le comportement mécanique.** Un fruit fini est souple mais ne rend rien quand on le presse, et ne colle pas. Une viande finie est dure et casse ou se plie sans exsuder. Une herbe finie s'effrite entre les doigts. **Si ça marque l'ongle ou laisse un doigt humide, ce n'est pas fini.**\n\n## Ce que le séchage ne fait pas\n\n**Il ne stérilise pas.** Il met en sommeil. Spores, œufs de parasites et toxines déjà formées survivent au séchage, et la réhydratation les réveille.\n\nD'où deux conséquences pratiques. **On sèche un produit sain**, jamais un produit douteux qu'on espère rattraper. Et **la première étape de la réhydratation est une cuisson**, pas un simple trempage à l'eau froide, surtout pour la viande et le poisson.\n\n**Il ne protège pas indéfiniment.** Un produit sec repompe l'humidité de l'air. La conservation dépend autant du **contenant fermé** que du séchage lui-même — voir [[TEC-CONS-001]]. Un déshydratant dans le bocal double la durée.\n\n## Ce qui se combine\n\nLe séchage s'associe très bien aux autres procédés, parce qu'ils agissent sur des leviers différents : le sel abaisse l'activité de l'eau avant même le séchage, ce qui accélère tout et protège pendant la phase la plus risquée — voir [[TEC-ALI-004]] ; la fumée ajoute des composés qui freinent les moisissures en surface — voir [[TEC-ALI-006]] ; l'acidité complète le tableau, comme dans [[TEC-ALI-002]].\n\nC'est la logique générale de la conservation : **on ne cherche pas une barrière parfaite, on en empile plusieurs imparfaites.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-004","titre":"Le salage et la saumure","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sel","saumure","osmose","conservation","viande","nitrite","botulisme"],"sources":["FAO — Salting and drying of fish, principes et concentrations","Beuchat L., Water activity and microbial stability, Journal of Food Protection","ANSES — Avis sur les nitrites et nitrates dans les produits carnés","USDA — Principles of Meat Curing"],"corps":"::Le sel ne tue presque rien. Il déshydrate, et il choisit qui survit. Toute la conservation par le sel tient dans cette distinction.::\n\n## Le mécanisme : l'osmose\n\nUne membrane vivante laisse passer l'eau mais pas le sel. Quand la concentration en sel est plus forte dehors que dedans, **l'eau sort de la cellule pour rétablir l'équilibre.**\n\nUne bactérie plongée dans le sel se vide, se rétracte et cesse de se multiplier. Elle ne meurt pas forcément — elle est mise en sommeil, exactement comme dans [[TEC-ALI-003]].\n\nLe sel agit donc sur le même levier que le séchage : il **abaisse l'activité de l'eau**, cette mesure de l'eau réellement disponible. Un aliment salé est un aliment sec de l'intérieur.\n\n## Les concentrations qui comptent\n\nEn pourcentage de sel dans la phase aqueuse de l'aliment :\n\n- **Environ 3 %** : ralentit, ne conserve pas. C'est l'assaisonnement.\n- **Environ 6 à 10 %** : arrête la plupart des bactéries de putréfaction. C'est le domaine des salaisons douces, qui demandent du froid en complément.\n- **Environ 15 à 20 %** : arrête presque tout, y compris les germes pathogènes courants.\n- **Saturation**, soit environ **36 grammes de sel pour 100 ml d'eau à 20 °C** : plus rien ne pousse, sauf quelques micro-organismes spécialisés qui ne rendent pas malade.\n\n**Il existe une bactérie qui tolère bien le sel et qui est dangereuse** : le staphylocoque supporte jusqu'à environ 10 %. C'est la raison pour laquelle les salaisons traditionnelles vont franchement au-delà, au lieu de s'arrêter au seuil qui suffirait pour le reste.\n\n## Les deux méthodes\n\n**Le salage à sec.** On frotte et on couvre de sel, l'eau tirée s'écoule. On obtient une concentration très élevée en surface, une pénétration lente, et un produit qui perd beaucoup de masse. C'est ce qui convient aux pièces épaisses destinées à sécher ensuite — jambon, morue, poisson plat.\n\n**La saumure.** On immerge dans de l'eau salée. La pénétration est plus régulière et plus rapide, le produit reste moelleux, mais **la saumure se dilue au fur et à mesure** qu'elle tire l'eau de l'aliment : sa concentration baisse, donc sa protection aussi. Il faut la contrôler, la renforcer ou la changer.\n\nUn moyen ancien et fiable de juger une saumure sans instrument : **un œuf frais y flotte** en montrant une surface de la taille d'une pièce quand elle approche de la saturation. Il coule dans une saumure faible.\n\n## La vitesse de pénétration\n\nOrdre de grandeur utile : le sel progresse d'environ **un centimètre par jour** dans une chair immergée en saumure forte, moitié moins en salage à sec.\n\nD'où la règle qui évite l'accident : **c'est l'épaisseur qui commande le temps, pas le poids.** Une pièce de deux kilos aplatie sale plus vite qu'une pièce d'un kilo en boule. Et une pièce épaisse dont le cœur n'a pas été atteint pourrit de l'intérieur pendant que l'extérieur paraît parfait — le même piège que le croûtage au séchage.\n\n## Les nitrites, en une section\n\nLes salaisons traditionnelles utilisent du sel additionné de **nitrite**, souvent vendu coloré en rose pour éviter les confusions.\n\n**Ce qu'il fait** : il bloque spécifiquement *Clostridium botulinum*, que le sel seul ne maîtrise pas de façon fiable en milieu peu acide et privé d'air — c'est-à-dire exactement les conditions d'une charcuterie. Il donne accessoirement la couleur rouge et le goût caractéristiques.\n\n**Ce qu'il coûte** : à haute température, les nitrites forment des composés dont la consommation régulière est associée à un risque accru de cancer colorectal. Les agences sanitaires recommandent d'en réduire l'usage, pas de l'abandonner.\n\n**Ce qu'il faut en retenir** : sans nitrite, on reste sur des procédés où l'air circule et où le produit sèche — jambon sec, poisson salé séché —, et on évite les produits fermés, humides et peu acides. **Le botulisme ne se sent pas, ne se voit pas, ne se goûte pas** ; c'est le même avertissement que dans [[TEC-ALI-005]].\n\n## Ce que le sel ne fait pas\n\n**Il ne détruit pas les toxines déjà produites.** Un aliment déjà altéré ne se rattrape pas au sel.\n\n**Il ne tue pas les parasites** de façon fiable : seule la congélation prolongée ou la cuisson le font.\n\n**Il ne dispense pas du reste.** Comme partout en conservation, on empile des barrières imparfaites : sel, séchage, fumée, acidité, froid, absence d'air. Aucune ne suffit seule, et leur combinaison est ce qui a nourri les populations avant l'électricité — voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## Où trouver le sel\n\nC'est la ressource limitante de toute cette famille de techniques, et elle ne se fabrique pas : elle se récolte. Évaporation d'eau de mer, sources salées, dépôts, ou roche. Historiquement, sa rareté a structuré des routes commerciales entières — voir [[MEM-ECH-002]] — et c'est pour cette raison qu'il figure en tête des priorités de [[SURV-REC-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-006","titre":"Le fumage","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fumage","conservation","phenols","bois","viande","poisson","hydrocarbures"],"sources":["FAO — Fish smoking, principes et technologies","Études sur les composés phénoliques de la fumée de bois et leur effet antimicrobien","ANSES — Hydrocarbures aromatiques polycycliques dans les produits fumés","USDA — Meat Smoking Guidelines"],"corps":"::La fumée n'est pas un parfum, c'est un dépôt chimique. Elle apporte des conservateurs, une barrière de surface, et un groupe de molécules qu'on préfère éviter.::\n\n## Ce que la fumée dépose\n\nLe bois qui se consume lentement et incomplètement libère plusieurs centaines de composés. Trois familles comptent.\n\n**Les phénols.** Ce sont eux qui donnent le goût et l'essentiel de l'effet conservateur : ils sont **antimicrobiens et antioxydants**, ce dernier point empêchant la graisse de rancir — une cause de perte au moins aussi fréquente que la putréfaction.\n\n**Les acides organiques**, qui abaissent le pH de la surface et contribuent à durcir la pellicule extérieure.\n\n**Les carbonyles**, responsables de la couleur brune et du brillant.\n\nCes composés se déposent **en surface et pénètrent peu**. Le fumage protège donc une croûte, pas un cœur — d'où le fait qu'il ne se pratique jamais seul.\n\n## Pourquoi jamais seul\n\nLe fumage agit sur un seul levier, et faiblement. Il se combine avec deux autres qui font le gros du travail :\n\n- **Le sel**, qui a déjà abaissé l'activité de l'eau et raffermi la chair. Voir [[TEC-ALI-004]].\n- **Le séchage**, que le fumage accompagne puisqu'un courant d'air tiède et sec circule de toute façon. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\nL'ordre est presque toujours le même : **saler, ressuyer, fumer.** Le ressuyage — laisser sécher la surface quelques heures avant d'exposer à la fumée — n'est pas facultatif : la fumée adhère mal à une surface mouillée et le résultat est terne et amer.\n\n## Fumage à froid et à chaud\n\n**À froid, en dessous d'environ 30 °C.** L'aliment ne cuit pas. La fumée conserve et parfume, le séchage continue. C'est ce qui produit les produits qui se gardent longtemps, et **c'est aussi le plus exigeant** : rien n'est cuit, donc rien n'est assaini par la chaleur. Le sel doit avoir fait son travail avant, et le produit de départ doit être irréprochable.\n\n**À chaud, entre 60 et 90 °C.** L'aliment cuit en même temps qu'il fume. C'est plus sûr, parce que la chaleur détruit les germes et les parasites, mais le produit obtenu est **cuit et non conservé** : il se garde quelques jours, pas des mois.\n\nEntre les deux, une zone tiède où l'aliment n'est ni assaini ni sec : c'est la plage à éviter, car elle correspond exactement à la température de croissance optimale des bactéries.\n\n## Le bois, et ce qu'on n'y met pas\n\n**Bois durs et fruitiers** : hêtre, chêne, aulne, pommier, cerisier, noyer. Combustion lente, fumée douce.\n\n**Jamais de résineux** — pin, sapin, épicéa. Leur résine dépose une suie amère et beaucoup plus de composés indésirables.\n\n**Jamais de bois traité, peint, verni, collé, ni de panneaux de particules.** Les produits de traitement se retrouvent intégralement dans l'aliment. C'est l'erreur la plus grave du domaine, et elle est commise chaque année par des gens qui récupèrent des chutes de chantier.\n\nOn cherche une **combustion lente et étouffée**, qui fume sans flamber : sciure, copeaux humides, braises couvertes. Une flamme vive produit peu de fumée utile et beaucoup de chaleur.\n\n## Le revers : les hydrocarbures\n\nLa combustion incomplète produit aussi des **hydrocarbures aromatiques polycycliques**, dont certains sont cancérogènes. Ils se déposent avec le reste, et leur quantité dépend de trois choses :\n\n- **La température de combustion** : plus elle est haute, plus il s'en forme.\n- **Le contact direct entre flamme, graisse et aliment** : la graisse qui tombe sur la braise et remonte en fumée est la principale source.\n- **La durée d'exposition.**\n\nD'où les trois parades, qui sont techniques et non morales : **éloigner le foyer de l'aliment** — un conduit d'un ou deux mètres refroidit la fumée et laisse déposer les plus lourds en route —, **éviter que la graisse tombe sur la source**, et **ne pas prolonger inutilement.** Un fumoir avec générateur déporté produit un aliment très différent d'un aliment suspendu au-dessus des braises.\n\n## Le fumoir, en une phrase\n\nUn foyer qui couve, un conduit qui refroidit, une chambre où l'aliment est suspendu, une sortie réglable en haut. Un tonneau, une armoire, une cabane de planches, une carcasse de réfrigérateur : la forme importe peu, **c'est le tirage qui fait la qualité** — la fumée doit circuler lentement et sortir, pas stagner.\n\nLe principe du tirage est le même que celui de [[TEC-CON-007]], et il se règle de la même façon : par la section de l'entrée d'air et celle de la sortie.\n\n## Ce que le fumage ne fait pas\n\n**Il ne rattrape rien.** Un produit douteux fumé reste un produit douteux, avec un goût qui masque les signaux d'alerte — c'est ce qui le rend plus dangereux que le séchage seul.\n\n**Il ne détruit ni les parasites ni les spores** à froid. Contre eux, seule la cuisson à cœur ou la congélation prolongée fonctionnent.\n\n**Et il ne remplace pas le contenant.** Une fois fumé, le produit continue de repomper l'humidité de l'air ambiant. Voir [[TEC-CONS-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-002","titre":"Les fondations","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fondation","sol","tassement","gel","argile","drainage","charge"],"sources":["Eurocode 7 — Calcul géotechnique, principes de portance et de tassement","BRGM — Retrait-gonflement des sols argileux, cartographie de l'aléa","DTU 13.11 et 13.12 — Fondations superficielles","Agence Qualité Construction — Pathologies des fondations"],"corps":"::Un mur ne s'enfonce pas parce qu'il est lourd. Il s'enfonce parce que le sol sous une partie porte moins que sous l'autre — et c'est la différence, pas le tassement, qui fissure.::\n\n## À quoi ça sert\n\nUn mur concentre une charge sur une surface étroite. Le sol, lui, supporte une pression bien plus faible que la maçonnerie.\n\nUne fondation fait une seule chose : **elle élargit la surface d'appui** pour ramener la pression sous le seuil que le sol accepte. Tout le reste en découle.\n\nOrdres de grandeur de ce qu'un terrain supporte, en kilos par centimètre carré :\n\n| Terrain | Portance approximative |\n|---|---|\n| Roche saine | plusieurs dizaines |\n| Gravier compact | 3 à 6 |\n| Sable dense | 2 à 4 |\n| Argile ferme | 1 à 3 |\n| Argile molle, vase, remblai récent | **moins de 1, ou rien** |\n\nUn remblai non compacté ne porte pas, quel que soit son aspect. C'est le premier point à vérifier, et il est traité dans [[TEC-SOL-001]].\n\n## Le tassement différentiel, et pourquoi c'est lui qui casse\n\nTout bâtiment tasse. Un tassement **uniforme** de deux centimètres ne fait aucun dégât : la maison descend entière et rien ne travaille.\n\nCe qui fissure, c'est le tassement **différentiel** : un coin descend de trois centimètres, l'autre de un. La structure se déforme et se rompt là où elle est la plus raide.\n\nD'où une conséquence contre-intuitive : **mélanger deux systèmes de fondation sous un même bâtiment est pire que d'en choisir un mauvais.** Une extension sur semelle accolée à une maison sur pieux se fissurera à la jonction, toujours.\n\nLes fissures le disent : verticales et régulières, c'est du retrait de matériau ; **en escalier le long des joints, ou en diagonale partant d'un angle d'ouverture, c'est du mouvement de fondation.**\n\n## Le hors-gel\n\nL'eau contenue dans le sol gèle et gonfle, puis dégèle et se rétracte. Un appui posé au-dessus de la profondeur de gel monte et descend à chaque hiver, jusqu'à rompre.\n\nLa fondation doit donc descendre **sous la profondeur de gel de la région** : de l'ordre de 50 cm en plaine tempérée, 80 à 90 cm en zone froide ou en altitude, davantage en montagne. C'est une règle locale, elle se demande sur place.\n\nUne dalle de terrasse, un plot de cabane ou un pilier de portail posés à 20 cm subiront ce cycle. C'est la cause la plus fréquente des ouvrages secondaires qui se déchaussent.\n\n## L'argile, la pathologie dominante\n\nC'est le premier poste de sinistre sur les maisons individuelles en France, et le mécanisme est simple : **certaines argiles gonflent en absorbant l'eau et se rétractent en séchant.** Le sol lui-même change de volume au fil des saisons.\n\nTrois aggravants :\n\n- **Les épisodes secs prolongés**, qui rétractent le sol en profondeur.\n- **Les arbres proches.** Un arbre adulte extrait plusieurs centaines de litres d'eau par jour en été. Règle courante : **planter à une distance au moins égale à la hauteur adulte de l'arbre**, et se méfier d'un abattage près d'une maison — le sol se regorge et gonfle.\n- **Les fuites** de canalisation, qui humidifient un côté seulement.\n\nLa parade est la profondeur — descendre sous la zone qui varie, souvent 80 cm à 1,20 m — et **l'uniformité** : ce qu'on cherche, c'est que tout le bâtiment subisse la même chose.\n\n## Les quatre types, et quand on les emploie\n\n**La semelle filante.** Une bande de béton sous toute la longueur du mur porteur. C'est le cas ordinaire de l'habitat.\n\n**Le plot isolé.** Un massif sous chaque poteau. Pour les structures à ossature, les appentis, les passerelles. Attention : chaque plot tasse indépendamment, donc ils doivent reposer sur le même terrain.\n\n**Le radier.** Une dalle épaisse et armée sous tout le bâtiment, qui répartit la charge sur la totalité de l'emprise. C'est la solution pour les sols médiocres et homogènes — le bâtiment flotte sur sa semelle.\n\n**Les pieux.** On descend chercher une couche portante en profondeur, quand la couche de surface ne porte pas. Coûteux, et hors de portée sans moyens mécaniques.\n\n## Ce qui les détruit\n\n**L'eau, toujours.** Elle ramollit l'argile, emporte les fines du sable — l'affouillement —, gonfle en gelant, et fait rouiller les armatures. **Un drain périphérique et une évacuation correcte des eaux de toiture protègent plus efficacement qu'une fondation surdimensionnée.** Voir [[TEC-CON-004]] et [[TEC-CON-006]].\n\n**Les excavations voisines.** Creuser à côté et plus bas qu'une fondation existante retire le sol qui la soutenait latéralement. C'est exactement le cône de répartition à 45° décrit dans [[SURV-TUN-001]], et c'est la raison pour laquelle on ne creuse pas contre un mur sans reprendre son appui.\n\n**Les charges ajoutées.** Un étage de plus, une toiture plus lourde, un remblai contre un mur : la fondation avait été dimensionnée pour autre chose.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le sol décide, pas le béton.** Une semelle énorme sur un remblai ne tient pas ; une semelle modeste sur un bon terrain tient un siècle.\n\n**L'uniformité vaut mieux que la performance.** Un bâtiment entier qui bouge pareil ne se fissure pas.\n\n**Et l'eau est l'ennemi principal**, ici comme dans tout le reste de la construction — c'est le même constat que dans [[TEC-CON-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-008","titre":"Trier plusieurs blessés","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["triage","urgence","hemorragie","priorite","secours","catastrophe"],"sources":["Méthode START — Simple Triage and Rapid Treatment, Newport Beach Fire Department","OTAN / doctrine MARCH pour la prise en charge de multiples blessés","Recommandations sur le triage préhospitalier en situation de victimes multiples","Sécurité civile — organisation des secours en nombre"],"corps":"::Quand il y a plus de blessés que de mains, sauver le plus de monde impose d'abandonner temporairement certains. C'est le geste le plus dur du secourisme, et ne pas le faire tue davantage.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le renversement\n\nFace à un seul blessé, on donne tout à cette personne. Face à dix blessés et deux sauveteurs, ce réflexe **tue les neuf autres** pendant qu'on s'acharne sur le premier trouvé — qui est rarement le plus urgent.\n\nLe triage inverse la logique : **on ne soigne pas encore, on classe.** Un premier passage rapide sur tout le monde, deux gestes vitaux seulement, une étiquette mentale par blessé. Le soin vient après, dans l'ordre qu'on a établi.\n\n### Pourquoi ça marche\n\nDeux faits sauvent le plus de vies en situation de masse, et ils sont contre-intuitifs.\n\n**Celui qui crie n'est pas le plus grave.** Pour crier, il faut respirer et avoir de la tension. Le blessé silencieux est souvent le prioritaire.\n\n**Deux causes de mort sont réversibles en quelques secondes** : une hémorragie qu'on comprime, et des voies aériennes qu'on ouvre. Ce sont les deux seuls gestes qu'on fait pendant le tri. Tout le reste attend.\n\n### Les quatre catégories\n\n- **Urgence absolue** — vit encore, mais mourra sans geste rapide. Hémorragie, détresse respiratoire, inconscience. C'est là qu'on met les moyens.\n- **Urgence relative** — blessé mais stable. Peut attendre sans mourir : fracture fermée, plaie sans saignement massif.\n- **Léger** — se déplace seul. On l'écarte, il peut même aider.\n- **Dépassé** — ne respire plus malgré une ouverture des voies aériennes. En masse et sans moyens, on passe. C'est la décision insupportable, et c'est celle qui libère les mains pour ceux qu'on peut sauver.\n\n## AGIR\n\n### 1. Sécuriser et compter\n\nUn coup d'œil sur la scène : y a-t-il encore un danger — feu, effondrement, fumée, électricité, tir ? **On n'entre pas dans une zone qui va faire de vous le blessé suivant.** Puis on estime le nombre de victimes et on appelle en le donnant : le nombre change tout ce qu'on enverra.\n\n### 2. Faire lever ceux qui peuvent\n\nUne phrase forte : « Tous ceux qui m'entendent et peuvent marcher, venez vers moi. » Ceux qui se lèvent sont les **légers** : d'un mot, vous venez de les trier et de les regrouper. Il en reste moins à examiner.\n\n### 3. Passer sur chaque blessé restant, dans l'ordre où on les atteint\n\nDix secondes par personne, pas plus. Trois questions, dans cet ordre :\n\n**Respire-t-il ?**\n- Non : on bascule la tête, menton soulevé. Toujours pas ? **Dépassé**, on passe.\n- Oui, mais très vite — au-delà d'une trentaine par minute — ou très lentement : **urgence absolue**.\n\n**A-t-il une circulation ?** Peau pâle et froide, sueurs, une hémorragie qui coule : **urgence absolue**, et là on s'arrête juste le temps de **comprimer le saignement** — c'est le seul soin du tri.\n\n**Répond-il à une question simple ?**\n- Non, confus ou inconscient : **urgence absolue**.\n- Oui, cohérent : **urgence relative**, on passe.\n\n### 4. Ne faire que deux gestes pendant le passage\n\n**Ouvrir les voies aériennes** d'un inconscient qui ne respire pas. **Comprimer une hémorragie** — la main du blessé lui-même, un témoin léger à qui on confie la pression, un garrot si l'on en a. Voir [[URG-HEMO-001]].\n\nRien d'autre. Pas de pansement soigné, pas d'attelle, pas de réconfort prolongé. **Chaque minute passée sur un blessé stable est une minute volée à un mourant.**\n\n### 5. Ensuite seulement, soigner dans l'ordre\n\nAbsolus d'abord, relatifs ensuite, et on **réévalue** régulièrement : un relatif peut basculer en absolu, un dépassé n'est jamais rouvert tant qu'il reste des vivants à traiter. Quand les secours arrivent, on transmet le compte par catégorie — c'est ce qui leur fait gagner le plus de temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul face à plusieurs blessés.** Le tri devient encore plus vital, pas moins. Faites lever les valides, passez sur les autres, comprimez et ouvrez, et acceptez que vous ne pourrez pas tout tenir. Confier une compression à un léger multiplie vos mains.\n\n**Il y a des enfants.** Ils comptent parmi les absolus plus vite — ils se dégradent brutalement et compensent longtemps avant de s'effondrer d'un coup. Un enfant silencieux et amorphe est un signal grave. Mais la règle de tri ne change pas : on ne sacrifie pas trois adultes sauvables pour un enfant dépassé.\n\n**Un blessé hurle et en cache un autre.** Le silencieux passe avant le bruyant. Répétez-vous-le, parce que l'instinct fait l'inverse.\n\n**La scène est un attentat, un tir, un carnage.** Le danger n'est pas fini et peut viser les secours. On ne trie que ce qu'on peut atteindre à couvert, on tire les blessés vers l'abri avant de soigner. Voir [[SURV-DEF-002]] et [[URG-SEC-006]].\n\n**Vous connaissez une des victimes.** C'est le piège émotionnel du tri : on s'acharne sur un proche dépassé pendant que des inconnus sauvables meurent. La règle existe précisément pour vous décharger de ce choix — suivez-la, elle a été écrite à froid pour ça.\n\n**Le tableau change.** Réévaluez tout le monde à chaque tour. Un tri n'est pas une photo, c'est un film : l'urgence relative qui saigne lentement finit par basculer, et il faut le voir avant.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**On classe avant de soigner.** Le premier passage ne sauve personne directement, et c'est lui qui sauve le plus de monde.\n\n**Deux gestes, pas plus, pendant le tri** : ouvrir, comprimer. Ce sont les deux morts réversibles.\n\n**Le plus dur est autorisé.** Passer un dépassé pour sauver trois absolus n'est pas un abandon, c'est l'arithmétique qui fait qu'il y a des survivants. C'est la même logique, poussée à l'extrême, que [[SURV-PSY-002]] : décider vite et juste sous une charge qui pousse à faire l'inverse.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-003","titre":"Le puits","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["puits","nappe","eau","cuvelage","effondrement","pompage","gaz"],"sources":["OMS — Guide de mise en œuvre des puits protégés en milieu rural","BRGM — Nappes phréatiques et niveaux piézométriques","Manuels d'hydraulique villageoise, creusement et cuvelage manuels","Documentation sur les accidents en espace confiné, atmosphères de fond de puits"],"corps":"::Creuser un puits, c'est aller chercher une nappe qui existe déjà. On ne crée pas l'eau, on descend jusqu'à elle et on empêche le trou de se refermer.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### D'où vient l'eau d'un puits\n\nLa pluie s'infiltre et descend jusqu'à rencontrer une couche imperméable — argile, roche. Au-dessus s'accumule l'eau qui remplit les vides du sol : c'est la **nappe**. Sa surface, le **niveau piézométrique**, monte l'hiver et descend l'été.\n\nUn puits est un trou qui descend **sous** ce niveau. L'eau y entre par le fond et les parois basses, et s'y stabilise à la hauteur de la nappe. On ne pompe pas l'eau *vers* le puits ; elle vient seule tant qu'on reste sous la surface de la nappe.\n\n### La conséquence qui décide de la profondeur\n\nIl faut creuser **assez bas sous le niveau d'étiage** — le niveau le plus bas de fin d'été. Un puits calé sur le niveau d'hiver est à sec en août, quand on en a le plus besoin. On vise plusieurs mètres sous l'étiage, jamais juste sous la surface trouvée le jour du creusement.\n\n### Les trois dangers du creusement\n\nIls tuent chaque année, et deux sur trois ne se voient pas.\n\n**L'effondrement des parois.** Un trou vertical dans un sol meuble se referme, et un mètre cube de terre humide pèse près de deux tonnes. C'est le même mécanisme qu'en galerie — voir [[SURV-TUN-001]] — et il impose un **cuvelage** qui progresse avec le creusement.\n\n**L'asphyxie de fond.** Un puits est un espace confiné. Du gaz carbonique, plus lourd que l'air, peut s'y accumuler et remplir le fond sans odeur ni signe. On y descend inconscient en quelques respirations. C'est le danger de [[URG-AIR-001]], et il est majeur ici.\n\n**La noyade et la chute.** Une paroi qui cède noie celui qui est au fond avant qu'on ait le temps de le remonter.\n\n## AGIR\n\n### 1. Trouver où creuser\n\n- **Suivre les indices du terrain.** Végétation qui reste verte en été, joncs, roseaux, saules, un creux de terrain, une remontée de brume au petit matin. Voir [[TEC-SOL-001]].\n- **Demander aux anciens puits voisins** leur profondeur : la nappe est souvent continue, ils donnent la cote à atteindre.\n- **Creuser en fin d'été.** On travaille alors au niveau le plus bas, donc on ne se fait pas piéger par une nappe haute et temporaire.\n- **Rester loin des sources de pollution** : au moins trente mètres et **en amont** d'une fosse, d'un enclos, d'un dépôt. Voir [[TEC-CON-006]].\n\n### 2. Creuser en cuvelant au fur et à mesure\n\nLa règle unique, et elle ne souffre aucune exception : **on ne descend jamais sous une paroi non soutenue.**\n\n- Creuser un diamètre d'au moins **un mètre**, sinon on ne peut ni travailler ni remonter quelqu'un.\n- **Descendre le cuvelage à mesure.** Deux méthodes éprouvées : monter un anneau de maçonnerie ou de béton au fond et creuser dessous pour le faire descendre par son propre poids (le puits « foncé »), ou poser des buses préfabriquées qui s'enfoncent l'une sous l'autre. Le cuvelage retient la terre et empêche l'effondrement.\n- **Laisser le fond et le bas des parois perméables** — c'est par là que l'eau entre. On étanche le haut, on ouvre le bas.\n\n### 3. Ventiler et sécuriser chaque descente\n\n- **Le test de la bougie ou de la lampe.** On descend une flamme au fond avant d'y aller. Si elle s'éteint ou faiblit, l'air ne porte pas la vie non plus : **on ne descend pas.** On ventile d'abord.\n- **Ventiler** en descendant un sac qu'on ouvre et ferme, ou en soufflant de l'air avec un soufflet et une gaine jusqu'au fond.\n- **Toujours un harnais et une corde**, tenus par deux personnes en haut, plus une troisième qui surveille. **Jamais seul.** C'est le trio de [[SURV-TUN-001]], et il n'est pas négociable.\n- **Un signal convenu** entre le fond et la surface. Celui d'en haut a autorité pour ordonner la remontée.\n\n### 4. Aménager la tête du puits\n\nC'est ce qui décide si l'eau reste potable.\n\n- **Une margelle surélevée** de trente à cinquante centimètres : elle empêche les eaux de surface, les plus sales, de couler dedans.\n- **Une dalle en pente autour**, qui évacue l'eau renversée loin du puits.\n- **Un couvercle**, contre les chutes — d'enfants, d'animaux — et contre les feuilles et la poussière.\n- **Un seul point de puisage** : une pompe scellée, ou un seau attitré qui ne touche jamais le sol. Le seau posé par terre entre deux usages est la première cause de contamination d'un puits sain.\n\n## ADAPTER\n\n**Le sol est rocheux.** Le creusement manuel devient très lent, mais la roche fissurée porte l'eau et tient les parois seule. On suit les fissures ; le cuvelage devient inutile en roche saine.\n\n**Le sol est sableux ou gorgé d'eau.** Le plus dangereux. Le sable coule et remplit tout — voir [[SURV-TUN-001]]. Le fonçage par buses lestées est alors la seule méthode raisonnable : on ne creuse pas un trou ouvert dans du sable.\n\n**Vous cherchez juste de l'eau, pas un ouvrage durable.** Un puits « pointe » — un tube métallique à pointe filtrante enfoncé jusqu'à la nappe, sur laquelle on pompe — donne de l'eau sans creuser, dans un sol meuble et une nappe peu profonde. Rapide, mais réservé aux petites profondeurs.\n\n**L'eau est trouble à la mise en service.** Normal les premiers jours : on pompe et on jette jusqu'à ce qu'elle s'éclaircisse, le temps que le fond se purge des fines du creusement.\n\n**Vous voulez la boire.** Un puits n'est pas une garantie de potabilité — il capte ce que le sol contient, y compris les nitrates et les bactéries d'un élevage en amont. Toute eau de puits nouvellement ouvert se traite avant consommation. Voir [[URG-EAU-001]] et [[SURV-EAU-004]].\n\n**Le puits baisse ou tarit.** La nappe descend en saison sèche, ou une pompe voisine la rabat. On approfondit, ou on espace les prélèvements pour laisser le niveau se rétablir.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**On descend jusqu'à une eau qui existe** ; le puits est un contenant, pas une source.\n\n**Le cuvelage progresse avec le trou**, jamais après. Une paroi non soutenue est un piège mortel.\n\n**Le fond d'un puits est un espace confiné** : la flamme d'abord, la corde toujours, seul jamais. Et la tête du puits décide de la potabilité autant que la nappe elle-même.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-003","titre":"La chaux","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["chaux","calcaire","mortier","desinfection","cycle","brulure","carbonatation"],"sources":["Boynton R., Chemistry and Technology of Lime and Limestone","OMS — Usage de la chaux pour l'assainissement et la désinfection","Documentation sur les fours à chaux traditionnels et la calcination","RILEM — Mortiers de chaux, prise et carbonatation"],"corps":"::La chaux est le produit chimique le plus utile qu'on puisse fabriquer avec une pierre et du feu. Elle lie, elle assainit, elle blanchit — et elle boucle un cycle qui la ramène à la pierre d'origine.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le cycle, qui explique tout le reste\n\nTrois états, un aller-retour complet. Le comprendre, c'est comprendre tous les usages.\n\n**1. La pierre.** Le calcaire — carbonate de calcium — est le point de départ. Coquilles, craie, marbre, calcaire dur : tous conviennent.\n\n**2. La cuisson.** Chauffé au-delà d'environ **900 °C**, le calcaire perd son gaz carbonique et devient la **chaux vive** (oxyde de calcium). C'est un solide avide d'eau, chimiquement agressif.\n\n**3. L'extinction.** Mouillée, la chaux vive réagit violemment — elle chauffe, gonfle, fume — et devient la **chaux éteinte** (hydroxyde de calcium), une pâte ou une poudre douce à manipuler.\n\n**4. La prise.** Étalée et exposée à l'air, la chaux éteinte **réabsorbe lentement le gaz carbonique** de l'atmosphère et redevient du carbonate de calcium — c'est-à-dire de la pierre. La boucle est fermée.\n\n**Le point capital : la chaux aérienne durcit en captant le CO₂ de l'air, donc de l'extérieur vers l'intérieur, et lentement.** Un enduit de chaux épais reste tendre à cœur pendant des semaines. Ce n'est pas un ciment, qui prend par l'eau et en masse.\n\n### Les deux chaux\n\n**La chaux aérienne**, celle du cycle ci-dessus, prend uniquement à l'air. Souple, réversible, elle laisse respirer les murs — idéale sur la terre, la pierre, le bâti ancien.\n\n**La chaux hydraulique** contient des impuretés argileuses qui lui permettent de prendre aussi **sous l'eau et sans air**, plus vite et plus dur. Entre la chaux pure et le ciment. C'est celle des fondations humides et des ouvrages exposés.\n\n## AGIR\n\n### Fabriquer\n\n**1. Le four.** Une fosse ou une cheminée de pierre où l'on alterne couches de calcaire concassé et de combustible, ou un foyer séparé dont les gaz chauds traversent la charge. Il faut **tenir 900 °C et plus pendant de longues heures** — c'est le vrai défi, plus que la chimie.\n\n**2. Reconnaître la cuisson.** La pierre cuite est plus légère, sonne mat, et **crépite et fume au contact de l'eau.** Une pierre qui ne réagit pas à l'eau n'a pas atteint la température : elle est « incuite » et inutile.\n\n**3. Éteindre.** On ajoute la chaux vive à l'eau — jamais l'inverse — dans un bac, à distance, protégé. Ça bout, ça projette, ça dégage une vapeur caustique. On obtient une pâte qu'on laisse mûrir : **plus une chaux aérienne repose longtemps sous l'eau, meilleure elle est**, parfois des mois.\n\n### Les quatre usages\n\n**Lier — le mortier et l'enduit.** Une part de chaux éteinte pour deux à trois parts de sable. Monte les murs, enduit, rejointoie. Prend lentement, se reprend, se répare, et **laisse le mur évacuer son humidité** au lieu de la piéger comme le ciment. Voir [[TEC-CON-001]].\n\n**Assainir.** La chaux éteinte est fortement basique et **détruit la plupart des germes.** On en badigeonne les murs des étables, on en saupoudre les latrines et les fosses pour couper les odeurs et l'infection, on en met une couche sur un cadavre animal avant enfouissement. C'est l'un des désinfectants les plus accessibles sans industrie — voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-CON-006]].\n\n**Blanchir et protéger — le lait de chaux.** Chaux éteinte très diluée, passée au balai ou à la brosse. Elle blanchit, réfléchit la lumière, et son caractère basique **empêche les moisissures et les insectes.** On en badigeonne les troncs d'arbres fruitiers contre le gel et les parasites, les plafonds, les murs de cave.\n\n**Traiter un sol.** Mélangée à une terre argileuse, la chaux l'assèche, la stabilise et la rend portante — c'est ainsi qu'on durcit un chemin ou une aire de battage.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de calcaire.** Les coquilles — huîtres, moules, escargots — et les coquilles d'œufs sont du carbonate de calcium presque pur. Calcinées de la même façon, elles donnent une excellente chaux. C'est la source des régions sans pierre calcaire.\n\n**Vous voulez un mortier qui prend vite ou sous l'eau.** Chaux aérienne seule ne convient pas. On ajoute un matériau **pouzzolanique** — cendre volcanique, tuile ou brique pilée, cendre de balle de riz — qui lui donne une prise hydraulique. C'est le secret des mortiers romains qui tiennent sous la mer depuis deux mille ans.\n\n**Il fait gel.** Un enduit de chaux qui n'a pas encore fait sa prise gèle et se détruit. On n'enduit pas à la chaux en dessous de quelques degrés, et on protège les jours suivants.\n\n**L'enduit poudre ou ne durcit pas.** Il n'a pas capté assez de CO₂ : soit il est trop épais et l'air n'atteint pas le cœur — on applique en couches minces successives —, soit l'air est trop confiné. La chaux a besoin de respirer pour prendre.\n\n**Vous manipulez de la chaux vive.** C'est un produit dangereux, à traiter comme tel : il **brûle la peau et surtout les yeux** par réaction avec leur humidité, et la réaction s'aggrave si on rince mal. Gants, lunettes fermées, manches longues, et en cas de projection, rinçage prolongé et abondant. Voir [[TEC-CHI-001]] pour la logique des produits caustiques.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un cycle : pierre → feu → eau → air → pierre.** Chaque état a son usage, et la prise finale se fait à l'air, lentement.\n\n**Deux chaux** : l'aérienne qui respire et se répare, l'hydraulique qui prend dur et sous l'eau.\n\n**Quatre métiers dans un seul sac** : lier, assainir, protéger, stabiliser. Peu de matériaux fabricables à la main rendent autant — c'est pour ça qu'elle a bâti et désinfecté les villes bien avant la chimie moderne, comme le rappelle [[MEM-ACC-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-002","titre":"Décider à plusieurs","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["decision","groupe","consensus","vote","urgence","biais","organisation"],"sources":["Janis I., Groupthink — Psychological Studies of Policy Decisions","Ostrom E., Governing the Commons, règles de décision collective durables","Surowiecki J., The Wisdom of Crowds, conditions de la décision collective","Retours d'expérience des expéditions et équipages sur la conduite en situation critique"],"corps":"::Un groupe ne décide pas mieux qu'un individu par magie. Il décide mieux à trois conditions précises — et sans elles, il décide bien plus mal, avec l'assurance tranquille du nombre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le nombre n'améliore rien tout seul\n\nL'idée qu'un groupe est « plus sage » est fausse par défaut. Une réunion produit régulièrement des décisions qu'aucun de ses membres n'aurait prises seul, parce que trois mécanismes tirent vers le bas.\n\n**Le conformisme.** Dès que deux ou trois personnes ont exprimé un avis, les suivants s'y rangent — non par conviction, mais parce que contredire coûte. L'avis majoritaire se renforce sans être meilleur.\n\n**La pensée de groupe.** Un groupe soudé, sous pression, cherche l'accord plus que la justesse. Les doutes se taisent, les objections passent pour de la déloyauté, et l'illusion d'unanimité se prend pour une preuve.\n\n**La dilution de la responsabilité.** Quand tout le monde décide, personne ne décide. La mauvaise option passe parce que chacun suppose qu'un autre a vérifié.\n\n### Les trois conditions qui inversent la tendance\n\nUn groupe décide réellement mieux qu'un individu **quand, et seulement quand** :\n\n1. **Les avis sont indépendants** — chacun se forge le sien avant d'entendre les autres.\n2. **Les points de vue sont divers** — des gens qui savent des choses différentes.\n3. **Il existe un moyen d'agréger** — une règle décidée d'avance pour trancher.\n\nRetenir ces trois-là, c'est savoir quand faire confiance au groupe et quand se méfier de lui.\n\n## AGIR\n\n### Avant toute décision importante\n\n**1. Poser la question clairement, une seule.** La moitié des désaccords viennent de ce que les gens répondent à des questions différentes sans le savoir.\n\n**2. Recueillir les avis avant la discussion, pas pendant.** Chacun écrit ou dit son avis initial **avant** d'entendre les autres. C'est le geste le plus rentable : il casse le conformisme à la racine. Un tour de table où le plus timide parle en premier et le chef en dernier vaut mieux que l'inverse.\n\n**3. Faire parler le désaccord.** Désigner quelqu'un dont le rôle explicite est de défendre l'option contraire — même s'il n'y croit pas. Un groupe sans objection formalisée n'a pas examiné sa décision, il l'a subie.\n\n**4. Distinguer les faits des préférences.** « L'eau baisse » est un fait, ça se vérifie. « Il faut partir » est une préférence, ça se débat. Trancher d'abord ce qui se vérifie.\n\n### Choisir la bonne règle de décision\n\nIl n'y en a pas une bonne : il y en a une par type de situation, et **on la choisit avant, pas pendant.**\n\n- **Le consensus** — tout le monde peut vivre avec la décision, même sans l'adorer. Le plus solide pour ce qui engage la durée : règles de vie, accueil, exclusion. Lent, donc réservé à ce qui n'est pas urgent.\n- **Le vote majoritaire** — rapide, clair, mais il crée une minorité perdante qui n'appliquera qu'à contrecœur. Bon pour les choix réversibles et de faible enjeu.\n- **La décision déléguée** — une personne compétente tranche seule, et le groupe l'a mandatée pour ça. **C'est la seule qui marche dans l'urgence.**\n\n### Dans l'urgence, on ne délibère pas\n\nQuand il faut décider en secondes — un danger, un blessé, un départ immédiat —, la discussion tue. **Une personne décide, les autres exécutent, on débriefe après.** C'est pour ça que le chef d'urgence se désigne à froid, comme la garde dans [[SURV-DEF-001]] : on ne choisit pas qui commande pendant que le feu monte.\n\nLa règle qui tient les deux mondes : **délibérer sur ce qui peut attendre, obéir sur ce qui ne peut pas, et avoir décidé d'avance dans quel monde on est.**\n\n## ADAPTER\n\n**Le groupe est bloqué, chacun campe.** Cherchez ce sur quoi tout le monde est d'accord et partez de là — souvent, le désaccord porte sur les moyens, pas sur le but. Sinon, appliquez la règle prévue : un vote, ou la personne déléguée tranche. Un blocage qui dure coûte plus qu'une décision imparfaite.\n\n**Une personne domine tout.** Le recueil d'avis à l'écrit ou le tour de table du plus faible au plus fort neutralise sa capacité à imposer le ton. Si elle décide toujours, ce n'est plus un groupe, c'est un chef non déclaré — mieux vaut le déclarer et pouvoir le contester.\n\n**Vous décidez à deux.** Pas de majorité possible : soit on trouve un accord, soit on répartit les domaines — « tu décides pour ça, je décide pour ça ». Les couples et binômes qui durent en situation dure sont ceux qui ont partagé les territoires de décision au lieu de tout arbitrer ensemble.\n\n**La décision engage la vie de gens.** Alors le consensus prime sur la vitesse, et on écrit ce qu'on a décidé et pourquoi. C'est ce qui distingue une décision d'un mouvement d'humeur, et ça protège le groupe du remords qui divise. Voir [[SURV-PSY-003]].\n\n**Il y a des enfants ou des vulnérables.** Ils ne votent pas, mais leur intérêt doit avoir une voix explicite — quelqu'un chargé de le porter dans la discussion, sinon il disparaît des arbitrages.\n\n**Après coup, la décision s'avère mauvaise.** On la corrige sans chercher un coupable. Un groupe qui punit les décisions ratées apprend à ne plus décider, ce qui est pire. On juge le processus — a-t-on recueilli les avis, écouté l'objection, choisi la bonne règle —, pas le résultat seul.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le nombre ne rend pas sage** : il le devient sous trois conditions — indépendance, diversité, règle d'agrégation.\n\n**Recueillir les avis avant la discussion** est le geste unique qui améliore le plus les décisions de groupe.\n\n**Une règle par situation, choisie d'avance** : consensus pour ce qui engage, vote pour le réversible, délégation pour l'urgence. Et le fil commun avec tout l'axe social : ce qui se décide à froid tient, ce qui s'improvise à chaud casse.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-008","titre":"Écrire pour durer","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["archive","support","papier","gravure","redondance","transmission","memoire"],"sources":["Bibliothèque nationale de France — conservation des supports, normes de permanence du papier","ISO 9706 — Papier permanent, exigences","National Archives — Preservation of records, supports et environnements","Études sur la longévité comparée des supports numériques et analogiques"],"corps":"::Le savoir ne se perd pas quand personne ne le sait. Il se perd quand personne ne peut plus le lire. Le support décide de ce qui traverse le temps, pas le contenu.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le paradoxe des supports modernes\n\nPlus un support stocke, moins il dure. C'est contre-intuitif et c'est la clé de tout.\n\n| Support | Durée réaliste | Lisible sans machine ? |\n|---|---|---|\n| Pierre gravée, terre cuite | millénaires | oui |\n| Papier permanent, encre stable | plusieurs siècles | oui |\n| Papier ordinaire, acide | quelques décennies | oui |\n| Photo argentique | un à deux siècles | à l'œil |\n| Disque dur, clé USB | 5 à 20 ans, souvent moins | **non** |\n| Disque optique gravé | 10 à 50 ans selon qualité | **non** |\n\n**Le numérique meurt deux fois.** Le support se dégrade — une clé USB oubliée cinq ans peut être illisible —, et surtout **la machine pour le lire disparaît.** Une disquette intacte aujourd'hui est un objet muet : plus de lecteur, plus de logiciel, plus de format. Le papier n'a jamais ce problème : l'œil est le seul lecteur, et il ne change pas.\n\n### Les trois ennemis de tout support\n\n**L'eau et l'humidité** — pourriture, moisissure, encre qui bave, métal qui rouille, colle qui lâche.\n\n**La lumière** — le soleil efface les encres et jaunit le papier. Ce qui est exposé s'efface, ce qui est rangé dure.\n\n**Les variations** — chaud-froid, sec-humide qui alternent. Un grenier qui gèle l'hiver et cuit l'été détruit plus vite qu'une cave stable et fraîche, même un peu humide.\n\nUn support tient longtemps quand il est **au sec, au noir, au frais et au stable.** C'est la même logique que la conservation des aliments : on retire aux agents de destruction ce dont ils ont besoin.\n\n## AGIR\n\n### Choisir le support selon l'horizon\n\n**Pour transmettre à la génération suivante** — quelques décennies : du papier de qualité, une encre stable, rangé à l'abri. Suffisant, simple, et déjà mieux que n'importe quel disque dur.\n\n**Pour transmettre au-delà d'une vie** — un siècle et plus : papier permanent (sans acide), encre pigmentaire ou de Chine, reliure cousue et non collée. Ou la gravure : métal, pierre, terre cuite.\n\n**Pour l'essentiel qui ne doit jamais se perdre** : on grave. Un message poinçonné sur une plaque de métal, gravé dans la pierre, ou imprimé en creux dans l'argile cuite traverse les millénaires — c'est par là que nous connaissons les civilisations anciennes, pas par leurs supports fragiles.\n\n### Fabriquer une encre qui tient\n\nL'encre de Chine — noir de fumée mélangé à une colle — est la plus durable qu'on puisse faire à la main et elle **ne s'efface pas à la lumière.** On récupère la suie sous un récipient tenu au-dessus d'une flamme, on la mélange à un liant (gomme, colle animale, voir [[TEC-MAT-003]]). Fluide, elle s'écrit ; épaisse, elle s'imprime.\n\nÉviter les encres ferrogalliques trop concentrées, qui rongent le papier avec le temps, et tout ce qui est feutre ou stylo à bille bon marché : ça pâlit en une décennie.\n\n### La règle qui bat toutes les autres : la redondance\n\nUn support unique, même parfait, se perd — feu, eau, vol, oubli. **Le savoir qui a traversé les âges est celui qui existait en plusieurs exemplaires, en plusieurs lieux.**\n\n- **Copier.** Plusieurs exemplaires valent mieux qu'un exemplaire parfait. C'est ce qui a sauvé les textes anciens : la copie, pas la conservation de l'original.\n- **Disperser.** Trois copies dans le même bâtiment brûlent ensemble. Trois copies en trois lieux traversent presque tout.\n- **Mélanger les supports.** Un exemplaire papier pour la consultation courante, un exemplaire gravé pour la survie longue.\n\nC'est exactement le principe des dépôts multiples de [[SURV-DEF-001]] : un point unique est un point de défaillance.\n\n### Écrire pour être compris plus tard\n\nUn support lisible ne suffit pas s'il est **incompréhensible.** Ce qui traverse le temps doit être écrit pour quelqu'un qui n'a pas votre contexte.\n\n- **Dater et situer.** Une note sans date ni lieu perd la moitié de sa valeur.\n- **Écrire les évidences.** Ce qui va de soi aujourd'hui sera perdu demain. Les unités, les abréviations, les noms de lieux courants.\n- **Faire des schémas.** Un dessin franchit les langues et les siècles mieux qu'un texte. C'est le principe même des planches de Phenix.\n- **Nommer les sources.** Une affirmation sans source ne peut pas être vérifiée par celui qui la relira, et perd sa valeur — c'est la règle du corpus.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez sauvegarder Phenix lui-même.** C'est précisément le principe du projet : les fiches sont des fichiers texte lisibles par n'importe quoi, et le logiciel n'est qu'un lecteur. **Imprimez les fiches qui comptent le plus pour vous** — le papier survit à la disparition de tout appareil. Une fiche imprimée et rangée au sec est plus pérenne que la meilleure sauvegarde numérique.\n\n**Vous n'avez que du numérique.** Alors appliquez la seule règle qui le sauve : **copier régulièrement d'un support vers un neuf**, tous les quelques années, avant que l'ancien meure. Le numérique ne se conserve pas, il se recopie en boucle. Un fichier qu'on ne recopie jamais est un fichier condamné. Et gardez les formats les plus simples et les plus répandus — un texte brut se relira toujours, un format propriétaire non.\n\n**Vous devez laisser un message sur place.** Gravé vaut mieux qu'écrit, en hauteur vaut mieux qu'au sol, à l'abri de la pluie vaut mieux qu'exposé. Un message peint sur un mur intérieur dure des décennies ; le même à l'extérieur, quelques saisons.\n\n**Le papier que vous avez jaunit et casse.** Il est acide. Le photographier ou le recopier sur un meilleur support est le seul moyen de sauver le contenu — le support d'origine est perdu, on sauve ce qu'il porte.\n\n**Vous transmettez un savoir-faire, pas un texte.** L'écrit ne suffit pas pour un geste. Doublez-le d'un schéma, et surtout **transmettez-le à quelqu'un** : un savoir vivant dans une tête et écrit sur un support résiste mieux que l'un ou l'autre seul. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le support décide.** Ce qui dure n'est pas ce qui est important, c'est ce qui est écrit sur ce qui tient.\n\n**Le numérique meurt deux fois** — le support et le lecteur — et ne se conserve que par recopie perpétuelle. Le papier et la gravure se lisent à l'œil, pour toujours.\n\n**La redondance bat la perfection.** Plusieurs copies ordinaires, en plusieurs lieux, traversent le temps mieux qu'un exemplaire parfait et unique. C'est le principe qui a sauvé tout le savoir ancien que nous possédons — et c'est la raison d'être de la forme même de Phenix.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-012","titre":"Récupérer dans une gare","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["gare","rail","caténaire","isolateur","cuivre","céramique","infrastructure","récupération"],"sources":["SNCF Réseau — Architecture et composants de l'infrastructure ferroviaire","Documentation sur l'alimentation électrique des lignes ferroviaires, caténaire et sous-stations","Retours d'expérience sur la maintenance et les composants des gares"],"corps":"::Une gare est un entrepôt qui s'ignore. Des kilomètres de cuivre au-dessus des voies, des tonnes d'acier dans les rails, de l'énergie stockée dans les armoires techniques, et des isolateurs en céramique que personne ne regarde — jusqu'au jour où chaque composant compte.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi une gare est un site majeur\n\nUne gare concentre quatre systèmes qu'on ne retrouve nulle part ailleurs en un seul lieu : une infrastructure électrique haute tension, un réseau de communication autonome, des kilomètres de métal de qualité, et des locaux techniques équipés. Tout cela dans un bâtiment ouvert, conçu pour être accessible.\n\nLa gare de triage est encore plus riche : ateliers de maintenance, outillage lourd, réserves de lubrifiants et de pièces. Une gare rurale est plus modeste en stock commercial mais riche en infrastructure.\n\n## AGIR\n\n### Les voies et la caténaire — le gros lot\n\n**Les rails.** Acier de haute qualité, profilé en I. Difficile à couper sans outillage, mais les éclisses — plaques de jonction boulonnées entre deux rails — se démontent à la clé. Chaque éclisse est une plaque d'acier percée, réutilisable comme enclume, plaque de cuisson, renfort de structure.\n\n**Tire-fonds et boulonnerie.** Des centaines par kilomètre. Acier traité, filetage solide. Récupérables avec un arrache-tire-fond ou une clé à douille. Les traverses en bois (chêne créosoté) brûlent longtemps mais la créosote est toxique à la combustion.\n\n**Le fil de contact.** C'est le câble que le pantographe touche : cuivre pur ou alliage cuivre-argent, section d'environ cent cinquante millimètres carrés. Un kilomètre de voie, c'est un kilomètre de fil et des dizaines de kilos de cuivre. Le câble porteur au-dessus est en bronze. **Sous tension — 25 000 volts en alternatif, 1 500 en continu selon les lignes — c'est la mort immédiate.** Vérifier l'absence de tension est un préalable absolu, et le doute vaut refus.\n\n**Les isolateurs en céramique.** Les disques ou cloches en porcelaine — souvent blanc-gris, parfois bleu ou brun — qui séparent le fil de contact des pylônes. Ils résistent à des températures extrêmes, ne conduisent pas l'électricité, ne pourrissent pas. Leur surface dure sert d'abrasif fin, de support de cuisson réfractaire, ou de matériau de construction inerte. Les chaînes d'isolateurs des postes de sectionnement sont en céramique haute densité, parfois cinq ou six éléments empilés — chacun est un objet quasi indestructible. On les trouve aussi sur les poteaux électriques le long des voies.\n\n**Le ballast.** Gravier concassé calibré — pas du sable. Utile en drainage, en remblai, en fondation de construction. Voir [[TEC-CON-002]].\n\n### Les locaux techniques\n\n**Armoires électriques.** Disjoncteurs, relais, contacteurs, câblage cuivre calibré et isolé, barres de cuivre. Les batteries de secours — plomb-acide ou nickel-cadmium — alimentent la signalisation en cas de coupure : elles se reconditionnent, et leur acide est un réactif chimique. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Postes de signalisation.** Outillage de maintenance (clés, pinces, tournevis calibrés), huiles, graisses, lampes, fusibles. Les vieux postes mécaniques contiennent des leviers, des câbles de traction, des contrepoids en fonte — du métal de qualité en grande quantité.\n\n**Locaux de maintenance.** Compresseurs, vérins, chalumeaux, établis, étaux. Les gares de triage en ont de véritables ateliers avec tours, perceuses à colonne, postes de soudure.\n\n### Le bâtiment voyageurs\n\n**Sanitaires.** Tuyauterie cuivre ou PVC, robinetterie, réservoirs. L'eau peut être coupée mais les ballons et chasses d'eau contiennent des litres utilisables.\n\n**Commerces et distributeurs.** Les distributeurs automatiques contiennent un compresseur, un circuit frigorifique, un monnayeur en métal, et de l'électronique récupérable. Les stocks alimentaires ne durent pas, mais les emballages et contenants restent.\n\n**Vitrage.** Le verre des abris de quai est trempé — il se brise en cubes non coupants. Le verre feuilleté du bâtiment principal est plus intéressant : grandes plaques utilisables comme panneau de serre, protection, surface plane. Voir [[TEC-CON-005]].\n\n**Toiture et gouttières.** Zinc, cuivre ou aluminium selon l'époque. Les gouttières en zinc se découpent, se plient, se soudent à basse température.\n\n**Sécurité.** Extincteurs (poudre, CO2, eau — voir [[URG-INC-001]]), bornes incendie (eau sous pression si le réseau tient), haches dans les coffrets rouges, plans d'évacuation plastifiés.\n\n### Communications\n\n**Haut-parleurs.** Aimants permanents à l'intérieur — en néodyme pour les récents, en ferrite pour les anciens. Le câblage de sonorisation parcourt la gare entière et c'est du cuivre utilisable.\n\n**Caméras de surveillance.** Petites caméras étanches avec optique de qualité, câble coaxial ou Ethernet, alimentation PoE. L'optique seule vaut la récupération : lentilles de verre poli, utilisables comme loupe ou pour concentrer la lumière. Voir [[TEC-SAN-007]].\n\n## ADAPTER\n\n**La gare est encore sous tension.** On n'y touche pas. L'électrification ferroviaire est mortelle et les automatismes de réenclenchement peuvent remettre le courant sans prévenir. Si le réseau est durablement mort — et seulement alors —, l'absence de tension se vérifie avec un détecteur, pas à l'oeil. Voir [[TEC-ENE-003]].\n\n**C'est une gare de triage ou un dépôt.** Le vrai trésor : ateliers complets, pièces de rechange, wagons-citernes (fioul, produits chimiques — lire l'étiquetage avant de toucher), grues, ponts roulants.\n\n**C'est un petit arrêt rural.** Moins de stock, mais un abri de quai, un local technique même petit, et la voie elle-même avec tout ce qu'elle porte.\n\n**Vous ne savez pas si quelque chose est dangereux.** L'infrastructure ferroviaire contient de l'amiante (anciennes isolations), des PCB (vieux transformateurs), du plomb (peintures). La règle : ce qu'on ne sait pas identifier, on ne le manipule pas. Les étiquettes et pictogrammes existent pour une raison. Voir [[TEC-CHI-001]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La caténaire est le gros lot** — des kilomètres de cuivre pur, mais mortelle sous tension. Vérifier d'abord, récupérer ensuite.\n\n**Les isolateurs en céramique** ne valent rien pour qui ne sait pas quoi en faire — et tout pour qui le sait : réfractaire, isolant, indestructible, gratuit.\n\n**Les locaux techniques** contiennent l'outillage et les batteries que le bâtiment voyageurs ne montre pas. Chercher les portes marquées « interdit au public » — c'est derrière qu'on trouve l'utile.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-013","titre":"Récupérer dans un commissariat","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["commissariat","police","gilet","arme","radio","munitions","récupération"],"sources":["Ministère de l'Intérieur — Dotation des services de police nationale","Documentation sur les équipements des forces de sécurité intérieure","Retours d'expérience sur l'organisation matérielle des commissariats et brigades"],"corps":"::Un commissariat est un arsenal, un poste de communication et une infirmerie dans le même bâtiment. En temps normal, c'est un lieu interdit. Quand l'ordre s'effondre, c'est un des premiers sites à connaître — et un des premiers à être vidé.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce que contient un commissariat\n\nUn commissariat concentre des moyens qu'aucun autre bâtiment civil ne rassemble : des armes et des protections, un système de communication autonome, des véhicules entretenus, et un accès à l'énergie de secours. La quantité varie : un commissariat de quartier est modeste, un hôtel de police départemental est un site majeur, et une caserne de gendarmerie combine logement, stockage et moyens lourds.\n\n## AGIR\n\n### Armement et munitions\n\n**Armes de poing.** Le Sig Sauer SP2022 en 9x19 mm est l'arme de dotation standard en France. Les armureries contiennent les armes de réserve, les armes saisies en attente de destruction, et les lots d'entraînement. Voir [[SURV-ARM-001]] pour l'identification et les règles de manipulation.\n\n**Armes longues.** Les services d'intervention (BAC, RAID, BRI) disposent de fusils d'assaut (HK G36 ou HK416 en 5,56 mm), de fusils à pompe (Remington 870 en calibre 12), parfois de fusils de précision. Stockés dans un coffre-fort ou une armoire forte, souvent au sous-sol ou dans un local dédié et verrouillé.\n\n**Lanceurs de balles de défense.** Le LBD 40, ses munitions en caoutchouc, et les anciennes cartouches Flash-Ball. Munitions spécifiques et non interchangeables.\n\n**Munitions.** Stockées séparément des armes dans la plupart des cas. Cartouches 9 mm en majorité, calibre 12 pour les pompes, 5,56 mm pour les HK, grenades lacrymogènes et assourdissantes pour les unités d'intervention. Une cartouche corrodée est un danger, pas une ressource — vérifier l'état. Voir [[SURV-MUN-001]].\n\n### Protection corporelle\n\n**Gilets pare-balles.** Niveau IIIA (norme NIJ) : arrête les calibres de poing (9 mm, .44 Magnum) mais **pas** les calibres de fusil. Chaque fonctionnaire en a un, plus des réserves. Durée de vie : cinq ans en utilisation, au-delà les fibres aramides (Kevlar) se dégradent. Un gilet périmé protège encore partiellement mais ne garantit plus rien. Voir [[SURV-ARM-004]].\n\n**Casques balistiques.** Protection contre les éclats et certains calibres de poing. Plus lourds qu'un casque de chantier, bien plus protecteurs. Visières en polycarbonate transparentes.\n\n**Boucliers.** Polycarbonate transparent, résistant aux impacts et aux flammes. Utilisable comme protection, brancard rigide, ou panneau de cloisonnement.\n\n**Tonfas et bâtons de défense.** Polycarbonate ou aluminium, robustes. Les menottes sont en acier avec une clé standard — utiles comme attache, pas seulement comme contrainte.\n\n### Communication\n\n**Talkies-walkies.** Réseau TETRAPOL ou TETRA, chiffré, nécessitant l'infrastructure réseau pour fonctionner à longue distance. En mode direct (sans relais), portée de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres selon le terrain.\n\n**Chargeurs et batteries.** Les râteliers de charge contiennent les alimentations et les batteries de rechange. Accumulateurs lithium-ion de qualité — la cellule lithium-ion se récupère même si le format est propriétaire. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Antenne-relais.** Souvent sur le toit : antenne, câble coaxial, alimentation. Un relais local peut maintenir un réseau radio de proximité si on dispose de l'énergie.\n\n### Véhicules\n\nVéhicules de patrouille (Peugeot, Renault — diesel en majorité), véhicules banalisés, parfois fourgons blindés légers. Chacun contient : trousse de secours, triangle, gilet haute visibilité, extincteur, lampe torche, clé de menottes. Les véhicules de police sont entretenus régulièrement, batteries récentes, pneus en bon état. Voir [[TEC-VOI-001]].\n\n### Premiers secours et infrastructure\n\n**Trousses de secours.** A l'accueil, dans chaque véhicule, parfois un défibrillateur (DAE). Pansements, compresses, ciseaux, couvertures de survie.\n\n**Groupe électrogène.** Les commissariats importants en ont un — diesel, démarrage automatique, avec du carburant stocké à proximité.\n\n**Mobilier métallique.** Coffres, armoires fortes — les meubles d'un commissariat sont en acier, pas en aggloméré. Matériel informatique : onduleurs (batteries), câbles, alimentations.\n\n**Bombes lacrymogènes.** CS ou OC, en aérosol individuel et parfois en grenades. Le CS est un irritant puissant qui se dégrade avec le temps — une bombe périmée est moins efficace, pas plus dangereuse.\n\n## ADAPTER\n\n**Le commissariat a déjà été pillé.** C'est probable : c'est un des premiers lieux visés. Ce qui reste, c'est ce que les pillards n'ont pas cherché — l'antenne sur le toit, les batteries dans le sous-sol, l'outillage, les extincteurs. Et les armes dans le coffre-fort, si personne n'a pu l'ouvrir.\n\n**C'est une gendarmerie.** Les casernes de gendarmerie sont plus grandes, souvent en zone rurale, avec des logements (cuisines, réserves alimentaires), des garages, et parfois un stand de tir. Plus de stock, mais aussi plus de surface à sécuriser.\n\n**Vous ne connaissez pas les armes trouvées.** Ne manipuler aucune arme sans avoir lu [[SURV-ARM-001]]. La première règle avant toute manipulation : vérifier chambre et chargeur. Une arme trouvée chargée est un accident en attente.\n\n**Le coffre-fort est fermé.** Les coffres de commissariat sont des armoires fortes classe IV ou V. Sans la clé ou le code, il faut un outil de découpe thermique (chalumeau, disqueuse) et du temps. Le bruit attire l'attention.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un commissariat est un concentré de moyens** : armes, protection, communication, véhicules, énergie. C'est ce qui en fait une cible précoce et un site rarement intact.\n\n**Les gilets pare-balles arrêtent les calibres de poing, pas de fusil.** Et ils périment : un gilet de dix ans est un gilet incertain.\n\n**Les radios sans le réseau portent peu** — quelques kilomètres en mode direct. Ce qui vaut souvent plus que la radio elle-même, c'est la batterie qu'elle contient et le chargeur qui l'accompagne.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-004","titre":"Le vêtement","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["textile","coton","laine","lin","tissu","tissage","jean","confection","patron"],"sources":["Barber E., Prehistoric Textiles — The Development of Cloth","Documentation sur les fibres textiles et les méthodes de tissage","Histoire du jean et de la confection industrielle"],"corps":"::Le vêtement est la première technologie. Avant l'outil en pierre polie, les peaux cousues ont permis aux humains de survivre là où leur corps nu ne le pouvait pas. Fabriquer un vêtement, c'est transformer une matière en protection — et chaque matière dicte ses règles.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les matières et ce qu'elles font\n\nChaque fibre a un caractère, et le choisir mal ruine le vêtement.\n\n**Le coton.** Fibre végétale, douce, absorbante, facile à teindre et à coudre. Défaut majeur : il absorbe l'eau et sèche lentement — mouillé, il ne protège plus du froid et peut provoquer l'hypothermie. C'est le tissu du climat tempéré sec.\n\n**Le lin.** Fibre végétale, plus solide que le coton, sèche vite, frais au toucher. Froisse facilement, casse si on le plie toujours au même endroit. Le tissu d'été par excellence.\n\n**La laine.** Fibre animale. La seule qui isole encore mouillée — elle retient l'air entre ses fibres et repousse une partie de l'eau. Chaude, élastique, autonettoyante. Gratte si la fibre est épaisse. La fibre de survie par excellence.\n\n**La soie.** Fibre animale (ver à soie). Légère, résistante pour sa finesse, isolante. Historiquement utilisée sous les armures car elle ne se perce pas facilement — elle s'enfonce avec la pointe et facilite l'extraction.\n\n**Les synthétiques.** Le polyester résiste à l'eau, sèche vite, ne pourrit pas — mais fond au feu et colle à la peau. Le nylon est élastique et solide mais fond aussi. Le Gore-Tex bloque l'eau liquide mais laisse passer la vapeur. Aucun synthétique ne se fabrique sans industrie.\n\n### Du fil au tissu\n\n**Le tissage.** Deux séries de fils perpendiculaires — la chaîne (tendue sur le métier) et la trame (passée entre les fils de chaîne). Résultat : un tissu stable, peu élastique, qui ne se défait pas facilement. Le sergé (fils croisés en diagonale) donne le jean. Le satin (longs flottés de chaîne) donne la surface lisse. Voir [[TEC-MAT-006]] pour la fabrication du fil.\n\n**Le tricotage.** Un seul fil bouclé en mailles imbriquées. Tissu élastique, adaptable au corps. Se défait si une maille casse.\n\n**Le feutre.** Fibres compressées sans fil ni trame. Fonctionne avec la laine (les écailles des fibres s'accrochent sous chaleur et pression). Etanche, isolant, rigide. Voir [[TEC-MAT-003]] pour la fibre brute.\n\n### Le jean — un cas d'école\n\nLe jean réunit tout : du coton filé serré en sergé, teint à l'indigo, renforcé de rivets en cuivre aux points de tension — poches, entrejambe. Il a été conçu pour les mineurs de la ruée vers l'or. Un vêtement de travail devenu universel parce que sa construction est la bonne réponse à la contrainte mécanique.\n\n## AGIR\n\n### Construire un vêtement\n\n**1. Le patron.** Mesures du corps (tour de poitrine, tour de taille, longueur de bras), aisance ajoutée (quelques centimètres pour bouger), pièces dessinées à plat. Un T-shirt : deux rectangles et deux manches. Un pantalon : quatre pièces et une ceinture.\n\n**2. La coupe.** Tissu à plat, patron posé dessus, un centimètre de marge autour pour la couture. Couper net — un ciseau de couture coupe proprement, un ciseau ordinaire déchire. Sans ciseau : un cutter, une lame de rasoir, ou un tranchant bien affûté sur une surface dure.\n\n**3. L'assemblage.** Endroit contre endroit (les faces visibles ensemble), on coud le long de la marge, puis on retourne. Les coutures apparaissent à l'intérieur. Voir [[TEC-MAT-005]].\n\n**4. Les finitions.** Ourlets (bords repliés et cousus pour ne pas s'effilocher), boutons ou lacets de fermeture, renforts aux points de tension — genoux, coudes, entrejambe, aisselles.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez que de la récupération.** Défaire un vêtement trop abîmé pour récupérer le tissu. Les coutures se décousent, les morceaux se repatronent en pièces plus petites. Un manteau d'adulte donne un vêtement d'enfant.\n\n**Le tissu s'effiloche.** C'est un tissu chaîne-trame coupé à vif. Replier le bord et coudre (ourlet). Pour un synthétique, le bord se cautérise à la flamme — courte, sans faire fondre.\n\n**Laine contre coton pour le froid.** La laine, toujours. Le coton mouillé vole la chaleur corporelle. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous n'avez pas de fermeture éclair.** Boutons en bois, os, coquillage ou métal récupéré. Boutonnières : une fente renforcée de points serrés. Les fermetures éclair ne se fabriquent pas à la main — quand la dernière casse, on revient au bouton.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La matière décide.** Chaque fibre a ses propriétés : la laine isole mouillée, le coton non ; le synthétique fond au feu, le naturel brûle mais ne colle pas.\n\n**Du fil au tissu : tisser, tricoter ou feutrer.** Chacun produit un résultat différent, et le tissage demande un métier que le tricotage n'exige pas.\n\n**Le patron transforme un rectangle en vêtement.** Sans patron, on obtient une tunique — ce qui vaut mieux que rien.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-005","titre":"La couture","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["couture","aiguille","fil","machine","point","ourlet","poche","réparation","bouton"],"sources":["Documentation sur la couture à la main et les points de base","Manuels d'utilisation des machines à coudre mécaniques Singer et Pfaff","Guides de réparation textile et de retouche"],"corps":"::Coudre, c'est assembler. Deux morceaux de tissu, une aiguille et un fil — le reste n'est que variation. La machine accélère, mais la main fait tout ce que la machine fait, en plus lent et souvent en plus solide.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le principe unique\n\nUne aiguille perce le tissu et tire un fil à travers. Le fil, tendu et noué, maintient les pièces ensemble. Tout le reste — points, machines, techniques — n'est que des manières de rendre cette liaison plus solide, plus rapide ou plus propre.\n\n### Les points de base\n\n**Le point droit.** L'aiguille entre et sort à intervalles réguliers. Simple, rapide, mais chaque point est indépendant — si le fil casse, tout se défait.\n\n**Le point arrière.** L'aiguille revient en arrière d'un demi-point à chaque passage, créant une ligne continue où chaque point chevauche le précédent. **C'est le point le plus solide à la main** — celui qu'il faut connaître si on n'en connaît qu'un.\n\n**Le point de surjet.** Le fil passe par-dessus le bord du tissu en diagonale. Empêche l'effilochement. C'est la finition des bords coupés.\n\n**Le point invisible.** Petit point qui ne traverse qu'une fraction de l'épaisseur du tissu visible, puis plonge dans le repli de l'ourlet. Ne se voit pas à l'extérieur. C'est le point des ourlets propres.\n\n### La machine à coudre mécanique\n\nLa machine fait un point que la main ne peut pas faire : le **point noué**. Deux fils — un dessus (bobine), un dessous (canette) — se croisent dans l'épaisseur du tissu à chaque passage. Le résultat est solide, régulier, et rapide.\n\n**Anatomie.** Le volant entraîne l'aiguille et le mécanisme de canette. Le pied presseur maintient le tissu. Les griffes d'entraînement le font avancer. Le sélecteur de point choisit le motif. La molette de tension règle la force sur le fil supérieur.\n\n**Une machine mécanique fonctionne sans électricité.** Les anciennes machines à pédale ou à manivelle sont des technologies complètes et autonomes. Voir [[TEC-MEC-001]].\n\n## AGIR\n\n### Coudre à la main\n\n**1. Enfiler l'aiguille.** Couper le fil en biais pour une pointe nette. Passer à travers le chas. Si le chas est trop petit : mouiller la pointe du fil ou utiliser un enfile-aiguille.\n\n**2. Nouer.** Enrouler le bout du fil autour du doigt, rouler pour former une boucle, tirer. Le noeud empêche le fil de traverser le tissu.\n\n**3. Piquer.** Point arrière pour les assemblages solides. Points réguliers, espacés de deux à trois millimètres pour le fin, quatre à cinq pour le gros. Tirer fermement sans froncer.\n\n**4. Arrêter.** Trois petits points superposés au même endroit, puis couper. Ou passer l'aiguille sous les derniers points pour nouer.\n\n### Coudre à la machine\n\n**1. Installer la canette.** Bobiner le fil inférieur, insérer dans le boîtier sous la plaque à aiguille.\n\n**2. Enfiler le fil supérieur.** Suivre le chemin : porte-bobine, guide-fil, disques de tension, releveur de fil, guide d'aiguille, chas. Un enfilage incorrect donne des bourrages.\n\n**3. Régler la tension.** Trop serrée : le tissu fronce. Trop lâche : des boucles en dessous. On ajuste et on teste sur une chute.\n\n**4. Piquer.** Poser le tissu, abaisser le pied, guider sans tirer — la machine avance seule. Au début et à la fin, un aller-retour de quelques points verrouille la couture.\n\n### Opérations courantes\n\n**Ourler.** Replier le bord de cinq millimètres, puis encore de dix à quinze. Epingler. Coudre au point invisible (main) ou au point droit (machine), près du premier pli.\n\n**Poser un bouton.** Placer le bouton, passer le fil à travers les trous et le tissu — six passages par paire de trous. Enrouler le fil autour de la tige entre bouton et tissu pour laisser de l'aisance. Arrêter derrière.\n\n**Ajouter une poche.** Découper la poche (rectangle avec marges). Replier et coudre le bord supérieur (ouverture). Replier les trois autres bords, épingler sur le vêtement, coudre en U. **Renforcer les coins supérieurs** par un triangle de points ou un aller-retour — c'est là que la poche arrache.\n\n**Réparer un accroc.** Rapprocher les bords, coudre au point arrière serré. Si le trou est grand : poser une pièce de tissu en renfort, coudre tout autour.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas d'aiguille.** Une épingle de sûreté, une épine d'acacia, un clou fin limé, un os taillé. Le chas se perce ou on attache le fil derrière la tête.\n\n**Pas de fil.** Fil de pêche, fil électrique fin dénudé, fibres végétales torsadées (lin, ortie — voir [[TEC-MAT-003]] et [[TEC-MAT-006]]), tendons animaux séchés.\n\n**La machine bourre ou casse le fil.** Nettoyer la canette et les griffes, réenfiler entièrement, vérifier que l'aiguille est droite et du bon calibre. Tissu épais = grosse aiguille. Tissu fin = aiguille fine.\n\n**Coudre du cuir.** L'aiguille ordinaire ne perce pas. Il faut une alène (pointe qui perce un trou) puis l'aiguille passe dans le trou. Ou une aiguille à cuir avec pointe triangulaire qui coupe au lieu de pousser.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le point arrière est le point universel.** Solide, continu, il suffit pour assembler n'importe quoi.\n\n**Une machine mécanique n'a pas besoin d'électricité** et se répare avec un tournevis. C'est une technologie complète qui dure des décennies.\n\n**Renforcer les points de tension** — coins de poches, entrejambe, aisselles, boutonnières — c'est la différence entre un vêtement qui tient et un vêtement qui s'ouvre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-006","titre":"Le fil","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["fil","filage","fuseau","rouet","torsion","fibre","laine","coton","lin"],"sources":["Barber E., Prehistoric Textiles — fibres et techniques de filage","Documentation sur le filage au fuseau et au rouet","Manuels de transformation des fibres textiles brutes"],"corps":"::Des fibres courtes et faibles, torsadées ensemble, deviennent un fil long et solide. C'est le principe du filage, et il n'a pas changé depuis dix mille ans. Ce qui a changé, c'est la vitesse — pas la physique.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### La torsion fait tout\n\nUne fibre de coton mesure deux à trois centimètres. Une fibre de laine, cinq à quinze. Aucune n'est assez longue pour coudre ou tisser quoi que ce soit. Mais si on les aligne et qu'on les tord ensemble, les frottements entre fibres les verrouillent : plus on tire, plus elles serrent. C'est une corde à l'échelle microscopique.\n\n### Sens de torsion\n\nOn tord dans un sens — S ou Z, selon que la spirale monte vers la gauche ou vers la droite. Deux fils S tordus ensemble en sens Z donnent un fil retors : plus solide, plus rond, moins enclin à se détordre. C'est le fil des machines à coudre et des cordages. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\n### Préparer la fibre\n\n**Le cardage.** On peigne la fibre brute (laine, coton) entre deux surfaces garnies de pointes pour la démêler et aligner grossièrement les fibres. Le résultat est un ruban léger et aéré.\n\n**Le peignage.** On tire le ruban cardé à travers des peignes fins qui retirent les fibres courtes et alignent les longues. Le fil peigné est plus fin, plus lisse, plus résistant.\n\n**Le teillage (lin).** On casse la tige sèche pour séparer l'écorce fibreuse du bois intérieur. Puis on peigne. Le lin non teillé donne de la filasse grossière ; le lin peigné donne un fil fin.\n\n## AGIR\n\n### Filer au fuseau\n\nLe fuseau est l'outil le plus ancien et le plus simple. C'est une tige lestée d'un poids (la fusaiole) qui tourne sur elle-même comme une toupie.\n\n**1.** Attacher un brin de fil existant (l'amorce) au fuseau.\n\n**2.** Accrocher quelques fibres du ruban cardé à l'amorce en les torsadant avec les doigts.\n\n**3.** Lancer le fuseau en rotation. La torsion remonte le long des fibres et les verrouille.\n\n**4.** Laisser filer des fibres du ruban au fur et à mesure que la torsion prend, en contrôlant l'épaisseur avec les doigts — c'est le geste clé, celui qui s'apprend par la pratique.\n\n**5.** Quand le fuseau touche le sol, enrouler le fil produit autour de la tige et recommencer.\n\nLe fuseau produit un fil lent mais de bonne qualité. Un fileur débutant fait quelques mètres par heure ; un fileur expérimenté, quelques centaines.\n\n### Filer au rouet\n\nLe rouet mécanise la rotation : une pédale entraîne une roue qui fait tourner la broche par une courroie. Les mains contrôlent le débit de fibre — la machine fournit la torsion.\n\nPlus rapide que le fuseau, mais nécessite un appareil construit. Les rouets anciens sont en bois, entièrement réparables. Les rouets modernes ajoutent des roulements à billes.\n\n### Obtenir un fil pour machine à coudre\n\nUn fil de machine doit être fin, régulier, bien tordu et lisse. C'est le fil le plus exigeant à produire à la main. Il faut :\n\n- Une fibre longue et fine (lin peigné, coton longue soie, laine mérinos peignée).\n- Un filage fin au fuseau léger ou au rouet à rapport élevé (beaucoup de torsion).\n- Un retordage : deux fils fins tordus ensemble en sens inverse.\n- Un passage à la cire pour lisser la surface et réduire le frottement dans le chas et la canette.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez que des fibres grossières.** Un fil grossier ne passe pas dans une machine mais se coud à la main et se tisse. Le fuseau accepte n'importe quelle fibre assez longue pour s'accrocher.\n\n**Vous n'avez pas de fuseau.** N'importe quelle tige lestée tourne : un bâton droit avec une rondelle de bois ou un caillou percé. Les premiers fuseaux étaient cela — rien de plus.\n\n**Les fibres synthétiques ne se filent pas.** Le polyester et le nylon sont des filaments continus fabriqués par extrusion industrielle. On ne peut pas les filer à la main. On peut en revanche retordre des fils synthétiques récupérés pour les renforcer.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La torsion transforme le faible en solide.** C'est le principe unique, des fibres brutes au cordage.\n\n**Le fuseau suffit pour tout.** Il est lent, mais il ne demande qu'un bâton, un poids et des mains. Dix mille ans de textile humain l'attestent.\n\n**Le fil de machine est le plus exigeant** : fin, retors, ciré. Sans industrie, on y arrive mais lentement — et le fil à la main se coud d'abord à la main.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-007","titre":"Le sac","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sac","dos","bretelle","couture","charge","transport","répartition"],"sources":["Documentation sur la conception des sacs à dos de randonnée et militaires","Manuels de maroquinerie et de sellerie","Principes ergonomiques de répartition des charges portées"],"corps":"::Un sac est un contenant souple qui transfère une charge du sol au corps. La différence entre un bon sac et un mauvais, c'est la répartition — pas le volume.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le problème de la charge portée\n\nUn humain porte confortablement un cinquième de son poids, péniblement un tiers, et se blesse au-delà. La clé n'est pas de porter moins mais de porter mieux : descendre la charge des épaules vers les hanches, plaquer le poids contre le dos, et empêcher le contenu de ballotter.\n\n### Les trois familles\n\n**Le sac à main / besace.** Un rectangle cousu avec une anse. Charge sur une épaule, déséquilibre le corps. Bon pour le léger et le court.\n\n**Le sac à dos.** Deux bretelles répartissent la charge sur les deux épaules. La ceinture de hanches transfère le poids des épaules aux hanches — c'est elle qui permet de porter lourd longtemps. Le dos rigide (armature ou plaque) plaque la charge et empêche les objets durs de s'enfoncer dans le dos.\n\n**Le sac de transport / barda.** Sans armature, en toile résistante, avec des points d'attache. Le duffle bag, le sac marin, la musette. Polyvalent, roulable, mais sans confort de portage.\n\n## AGIR\n\n### Construire un sac à dos simple\n\n**Matériaux.** Toile de coton épaisse (canvas), bâche, cordura récupéré, cuir épais. Le tissu doit résister à l'abrasion et au poids sans se déchirer aux coutures.\n\n**1. Le corps.** Un rectangle de tissu plié en deux et cousu sur les côtés. Le fond peut être renforcé d'une double épaisseur ou d'un rectangle de matériau rigide (carton fort, plastique, contreplaqué fin).\n\n**2. La fermeture.** Rabat supérieur (la méthode la plus simple : un volet qui se replie et se ferme par boucle, sangle ou bouton), ou cordon coulissant dans un ourlet.\n\n**3. Les bretelles.** Deux bandes de tissu épais ou de sangle, cousues au sommet du dos et à la base. Largeur minimale de cinq centimètres pour ne pas couper la circulation. Un rembourrage (tissu plié, mousse récupérée) augmente le confort. Voir [[TEC-MAT-005]] pour les coutures.\n\n**4. Les renforts.** Coudre double ou triple aux attaches des bretelles — c'est le point de rupture. Un rivet ou un boulon traversant complété d'une rondelle est plus solide qu'une couture seule. Le fond cousu en croix résiste mieux au poids.\n\n**5. La ceinture de hanches.** Une sangle large cousue à la base du sac, avec une boucle de fermeture. Elle transfère jusqu'à la moitié du poids sur les hanches — c'est ce qui transforme un sac inconfortable en sac portable.\n\n### Charger correctement\n\n**Le lourd au centre et contre le dos.** Le léger et le volumineux autour et au-dessus. Le poids loin du dos fait basculer en arrière et force le porteur à se pencher en avant.\n\n**Le fréquent en haut ou dans les poches.** Ce qu'on sort souvent ne doit pas obliger à vider le sac.\n\n**Comprimer.** Des sangles de compression plaquent le contenu et empêchent le ballottement qui fatigue et déséquilibre.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de tissu résistant.** Plusieurs couches de tissu léger cousues ensemble. Un jean découpé. Un rideau. Une bâche de chantier. La doublure augmente la résistance plus que l'épaisseur du fil.\n\n**Le sac doit être étanche.** Doubler l'intérieur d'un sac-poubelle. Enduire l'extérieur de cire fondue (paraffine, cire d'abeille). Utiliser une bâche plastique comme matériau de base.\n\n**Vous devez tout porter sur une longue distance.** La ceinture de hanches n'est pas optionnelle. Et le poids total ne doit pas dépasser un quart du poids du corps pour marcher longtemps. Au-delà, on tranche sur ce qu'on emporte.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La ceinture de hanches fait le sac à dos.** Sans elle, les épaules portent tout et lâchent vite. Avec, les hanches prennent la moitié et le porteur tient des heures.\n\n**Renforcez les attaches des bretelles** : c'est le point de rupture de tout sac artisanal, et la couture y subit une force continue.\n\n**Charger lourd contre le dos, léger autour** — cette règle seule divise par deux la fatigue du portage.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-007","titre":"La vision et les verres correcteurs","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vision","lunettes","myopie","presbytie","lentille","pinhole","loupe","oeil"],"sources":["Cours d'optique physiologique — fonctionnement de l'oeil et amétropies","OMS — Déficiences visuelles non corrigées dans le monde","Documentation sur les lunettes sténopéiques et la correction par trou d'épingle"],"corps":"::La moitié de l'humanité voit mal sans correction. Quand les lunettes cassent et que l'opticien n'existe plus, comprendre pourquoi on voit flou est le premier pas pour y remédier — et un carton percé d'un trou remplace toutes les lentilles du monde.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment l'oeil voit\n\nL'oeil est un appareil photo biologique. La cornée et le cristallin (deux lentilles convergentes) projettent une image sur la rétine (le capteur). Le cristallin change de forme pour faire la mise au point — c'est l'accommodation. Quand l'image tombe pile sur la rétine, on voit net.\n\n### Les quatre défauts\n\n**La myopie.** L'oeil est trop long. L'image se forme avant la rétine. On voit net de près, flou de loin. Se corrige par un verre divergent (concave, plus mince au centre) qui recule l'image.\n\n**L'hypermétropie.** L'oeil est trop court. L'image se forme derrière la rétine. Fatigue visuelle, effort permanent pour compenser. Se corrige par un verre convergent (convexe, plus épais au centre).\n\n**L'astigmatisme.** La cornée est ovale au lieu d'être ronde. L'image est déformée dans un axe. Se corrige par un verre cylindrique orienté.\n\n**La presbytie.** Le cristallin durcit avec l'âge et perd sa capacité d'accommodation. Touche tout le monde après quarante-cinq ans environ. La vision de près se brouille. Se corrige par un verre convergent pour la lecture — c'est le principe des lunettes de lecture.\n\n### Le trou d'épingle — la correction universelle\n\nUn petit trou dans un matériau opaque ne laisse passer que les rayons lumineux centraux, qui n'ont pas besoin de lentille pour converger. Résultat : l'image est nette quelle que soit l'amétropie — myopie, hypermétropie, presbytie, astigmatisme léger. La contrepartie : le champ est réduit et la luminosité baisse. C'est le principe des lunettes sténopéiques.\n\n## AGIR\n\n### Fabriquer des lunettes sténopéiques (pinhole)\n\n**1.** Prendre un matériau opaque et léger : carton, plastique, aluminium de canette, cuir.\n\n**2.** Découper la forme de lunettes : deux rectangles reliés par un pont de nez, avec des branches (ficelle, fil de fer).\n\n**3.** Percer un trou de un à deux millimètres au centre de chaque oeil. Un clou, une aiguille, une épingle. Trop petit : trop sombre. Trop grand : flou.\n\n**4.** Tester. Si la vision est nette mais le champ trop étroit, percer plusieurs trous espacés de trois à quatre millimètres en grille.\n\nCes lunettes corrigent la vue de lecture et la vision de loin. Elles ne remplacent pas des lunettes de correction optique pour le confort, mais **elles permettent de lire, de coudre, de viser et de travailler** quand les vraies lunettes ont disparu.\n\n### Entretenir ses lunettes\n\n**La vis qui tombe.** C'est la panne la plus fréquente. Un fil de fer fin, un trombone, une épingle de sûreté. Enrouler pour bloquer.\n\n**Le verre qui sort.** Le cercle de la monture se resserre à la vis de charnière ou au point de fermeture du cercle. Chauffer légèrement une monture en plastique (eau chaude, pas de flamme) pour l'assouplir et remettre le verre.\n\n**La branche cassée.** Fil de fer, attelle de bois, ruban adhésif. Ou remplacer les deux branches par un tour de tête en élastique ou en ficelle.\n\n### Récupérer des lentilles\n\n**Loupes.** Toute lentille convergente (convexe) grossit et concentre la lumière : objectifs de caméra, de jumelles, de projecteur, de phare. La lentille d'un phare de voiture peut allumer un feu en concentrant le soleil.\n\n**Verres correcteurs.** Les verres de lunettes trouvés se testent en regardant un objet à travers à bout de bras : s'il paraît plus petit, c'est un verre de myope (divergent) ; plus gros, c'est un verre de presbyte (convergent). On peut les réutiliser en les montant dans une autre monture ou en les maintenant à la main.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous portez des lentilles de contact et n'en avez plus.** Les lentilles jetables ne se réutilisent pas longtemps — risque d'infection cornéenne. Passer aux lunettes sténopéiques dès que possible. Voir [[TEC-SAN-001]] pour les risques infectieux.\n\n**Un enfant voit mal.** La myopie de l'enfant évolue. Les lunettes sténopéiques permettent de compenser en attendant, mais la vision non corrigée chez l'enfant peut devenir permanente (amblyopie) — surveiller et corriger aussi tôt que possible.\n\n**Vous avez besoin d'un grossissement fort.** Empiler deux lentilles convergentes augmente le grossissement. Un microscope est deux lentilles convergentes alignées ; une loupe est une seule. Les lentilles d'appareil photo ont un grossissement fixe gravé dessus.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un trou d'épingle corrige presque toutes les vues.** Un carton, un trou, et on lit de nouveau. C'est la correction la plus rustique et la plus universelle qui existe.\n\n**La moitié de l'humanité a besoin de lunettes.** Quand la chaîne d'approvisionnement s'arrête, c'est un problème immédiat — et les lunettes sténopéiques sont la réponse d'urgence.\n\n**Chaque lentille convergente récupérée est un outil** : loupe, allume-feu solaire, correction de lecture. Les chercher dans chaque appareil optique trouvé.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-006","titre":"Le drone","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["drone","multiroteur","moteur","brushless","batterie","lipo","GPS","caméra","militaire"],"sources":["Documentation technique sur l'architecture des multiroteurs civils","Études sur les drones militaires — catégories, systèmes et emploi","Manuels de pilotage et d'entretien des drones civils"],"corps":"::Un drone est un robot volant avec des yeux. Quatre hélices, une batterie, un ordinateur qui tient l'équilibre mille fois par seconde, et une caméra qui voit ce que le pilote ne peut pas voir. Comprendre ce qu'il y a dedans, c'est comprendre ce qu'il peut et ce qu'il ne peut pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Architecture d'un multiroteur\n\n**Le châssis.** Carbone ou aluminium, en X ou en H. Les bras portent les moteurs ; le centre porte l'électronique et la batterie.\n\n**Les moteurs brushless.** Sans balai, sans frottement mécanique, haute vitesse. Chaque moteur contient des bobines de cuivre (stator) et des aimants permanents en néodyme (rotor). C'est le même moteur qu'on retrouve dans les disques durs, les ventilateurs d'ordinateur et les véhicules électriques — en plus puissant.\n\n**Les ESC (variateurs).** Un par moteur. Ils convertissent le courant continu de la batterie en signal triphasé qui fait tourner le moteur à la vitesse commandée. Sans eux, le moteur ne tourne pas.\n\n**La batterie LiPo.** Lithium polymère — énergie dense, légère, dangereuse si percée ou surchargée (emballement thermique, feu chimique). Tension : 3,7 volts par cellule, assemblées en série (3S = 11,1 V, 4S = 14,8 V, 6S = 22,2 V). Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Le contrôleur de vol.** Le cerveau. Il contient un accéléromètre, un gyroscope, un magnétomètre (boussole), un baromètre, et souvent un GPS. Il lit les capteurs mille fois par seconde et ajuste la vitesse de chaque moteur pour maintenir la stabilité. Sans lui, un multiroteur est incontrôlable par un humain — le temps de réaction est trop court.\n\n**Le récepteur radio.** Reçoit les ordres du pilote. Portée : quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres selon la puissance et les antennes.\n\n**La caméra.** De la simple caméra HD au capteur thermique ou multispectral. Stabilisée sur une nacelle motorisée (gimbal) qui compense les vibrations.\n\n### Physique du vol\n\nQuatre hélices, dont deux tournent dans un sens et deux dans l'autre — cela annule le couple de rotation. Pour monter : toutes accélèrent. Pour avancer : les hélices arrière accélèrent, les avant ralentissent — le drone s'incline et la poussée le tire en avant. Pour tourner : on accélère les paires qui tournent dans le même sens. Tout cela est calculé par le contrôleur, pas par le pilote.\n\n### Les types de drones\n\n**Multiroteur (civil).** Quatre à huit hélices. Maniable, décollage vertical, vol stationnaire. Autonomie courte : vingt à quarante minutes. C'est le drone de loisir, de photo, d'inspection.\n\n**Aile fixe.** Comme un avion miniature. Longue endurance (une heure et plus), grande vitesse, couverture de surface. Ne peut pas faire de vol stationnaire. Nécessite un lancement (à la main, par catapulte) et un atterrissage (ventre, filet, parachute).\n\n**VTOL.** Hybride — décollage vertical comme un multiroteur, puis transition en vol d'avion. Combine les avantages mais la mécanique est complexe.\n\n**Drones militaires.** Les petits (quelques kilos) sont des multiroteurs de reconnaissance avec caméra thermique. Les moyens (Switchblade, Lancet) sont des munitions rôdeuses — ils volent, repèrent, et frappent une cible. Les grands (Reaper, Bayraktar TB2) sont des avions sans pilote de plusieurs tonnes, motorisés, armés, opérés depuis une station sol à des milliers de kilomètres. Voir [[SURV-REC-014]] et [[SURV-REC-015]].\n\n### Autonomie et automatismes\n\nUn drone civil moderne suit des waypoints GPS, revient au point de décollage si le signal est perdu (return-to-home), évite les obstacles par capteurs. Il n'est pas « autonome » au sens d'une intelligence — il suit un programme. La batterie est le facteur limitant : plus de charge utile = moins d'autonomie, et l'autonomie ne dépasse jamais la capacité de la batterie à fournir du courant.\n\n## AGIR\n\n### Principes de pilotage\n\nLe pilotage se fait à deux sticks. Le stick gauche contrôle l'altitude (monter/descendre) et la rotation (tourner sur place). Le stick droit contrôle l'inclinaison : avant/arrière et gauche/droite. Le contrôleur de vol fait le reste — le pilote indique une intention, l'ordinateur la traduit en commandes moteur.\n\nEn mode FPV (First Person View), le pilote porte un masque qui affiche l'image de la caméra embarquée. Il vole comme s'il était à bord. La latence du signal (quelques dizaines de millisecondes) et la portée radio sont les limites.\n\n### Entretien\n\n**Hélices.** Vérifier avant chaque vol. Une hélice ébréchée vibre et fatigue les moteurs. Remplacer par des hélices du même diamètre et pas (angle).\n\n**Moteurs.** Ecouter : un moteur qui gratte a un roulement usé ou un corps étranger. Vérifier que chaque moteur tourne librement et à la même vitesse.\n\n**Batterie.** Ne jamais stocker chargée à fond ou vide — stocker à demi-charge. Ne jamais charger sans surveillance. Une LiPo gonflée est dangereuse : ne plus l'utiliser.\n\n**Calibration.** L'IMU et le compas se dérivent. Recalibrer régulièrement (la procédure est dans le contrôleur de vol).\n\n## ADAPTER\n\n**Le signal GPS est brouillé ou absent.** Le drone perd la stabilisation de position et dérive au vent. Certains contrôleurs passent en mode altitude seule (baromètre) ou en mode manuel. Sans GPS, pas de return-to-home — le perdre de vue, c'est le perdre.\n\n**Vous voulez utiliser un drone trouvé.** Il faut la radiocommande appairée ou pouvoir en appairer une compatible. Sans radiocommande, le drone est inutilisable. En revanche, ses composants se récupèrent : voir [[SURV-REC-014]].\n\n**Le vent est fort.** Un multiroteur se bat contre le vent en s'inclinant — il perd de l'altitude et de l'autonomie. Au-delà de quarante à cinquante kilomètres par heure, la plupart des drones civils sont cloués au sol.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le contrôleur de vol est le coeur** : sans lui, un multiroteur est une toupie incontrôlable. C'est un ordinateur à capteurs multiples qui fait le travail qu'aucun réflexe humain ne pourrait faire.\n\n**La batterie est le facteur limitant.** Tout se ramène à elle : autonomie, charge utile, portée. Et une LiPo mal traitée prend feu.\n\n**Un drone militaire et un drone civil partagent les mêmes principes** — moteurs, batteries, contrôleur, GPS. Ce qui change, c'est la charge utile, la portée et le prix.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-007","titre":"L'impression 3D","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["impression3d","FDM","PLA","ABS","fabrication","couche","modèle","buse"],"sources":["Documentation technique sur l'impression FDM et SLA","RepRap Project — imprimantes auto-réplicables","Guides de paramétrage et de maintenance des imprimantes grand public"],"corps":"::Une imprimante 3D construit un objet en empilant des couches de matière fondue, une par une, du bas vers le haut. C'est lent, limité et révolutionnaire — parce que la seule machine qui fabrique n'importe quelle forme sans moule, sans outil de coupe et sans savoir-faire manuel.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le principe : la fabrication additive\n\nAu lieu de tailler dans un bloc (soustraire) ou de couler dans un moule (former), on ajoute de la matière couche par couche. Chaque couche est une tranche horizontale de l'objet. Empilées, elles donnent la forme complète. Pas de déchet, pas de moule, mais un objet dont la résistance dépend de l'adhérence entre les couches.\n\n### Les deux procédés courants\n\n**FDM (dépôt de fil fondu).** Un fil plastique (le filament) passe dans une buse chauffée qui le fond et le dépose sur un plateau, ligne par ligne, couche par couche. C'est le procédé le plus répandu, le moins cher, le plus réparable. Les imprimantes grand public (Creality, Prusa, Bambu) sont toutes FDM.\n\n**SLA (stéréolithographie).** Une résine liquide dans un bac est durcie point par point par un laser UV ou un écran. Plus précis que le FDM, meilleur état de surface, mais les pièces sont plus fragiles, la résine est toxique avant durcissement, et le post-traitement est obligatoire (lavage, cure UV). Plus adapté aux petites pièces de détail.\n\n### Les matériaux FDM\n\n**PLA.** Le plus facile. Biodégradable (issu de l'amidon de maïs), imprime à basse température (190 à 210 degrés), peu de retrait, bonne précision. Faiblesse : ramollit vers 60 degrés, fragile aux chocs, ne tient pas à l'extérieur longtemps.\n\n**ABS.** Plus résistant mécaniquement et thermiquement. Imprime plus chaud (230 à 250 degrés), dégage des fumées toxiques (ventiler), se rétracte en refroidissant (nécessite un plateau chauffant et un caisson fermé).\n\n**PETG.** Bon compromis entre PLA et ABS. Résistant, flexible, imprime sans fumées excessives, bonne tenue thermique. Le matériau par défaut pour les pièces fonctionnelles.\n\n**Nylon.** Très solide, flexible, résistant à l'usure. Absorbe l'humidité (il faut le sécher avant usage) et nécessite des températures élevées. Pour les pièces mécaniques sollicitées — engrenages, charnières, attaches.\n\n### Le flux de travail\n\n**1. Le modèle 3D.** Un fichier numérique (STL, 3MF) qui décrit la forme. On le dessine (logiciel de CAO : FreeCAD, Fusion 360, TinkerCAD), on le télécharge (Thingiverse, Printables), ou on scanne un objet existant (photogrammétrie, scanner 3D).\n\n**2. Le trancheur (slicer).** Un logiciel (Cura, PrusaSlicer, OrcaSlicer) découpe le modèle en couches et génère le G-code — les instructions de déplacement de la buse et du plateau, ligne par ligne.\n\n**3. L'impression.** Le G-code est envoyé à l'imprimante (carte SD, USB, réseau). L'impression d'une pièce simple prend de quelques minutes à plusieurs heures. Une pièce grande et détaillée peut prendre une journée.\n\n## AGIR\n\n### Paramètres essentiels\n\n**Hauteur de couche.** Plus fin (0,1 mm) = plus lisse mais plus lent. Plus épais (0,3 mm) = plus rapide mais plus rugueux. 0,2 mm est le compromis standard.\n\n**Remplissage.** L'intérieur de la pièce n'est pas plein — il est rempli d'une structure en grille ou en nid d'abeille. 15 a 20 pour cent suffisent pour la plupart des usages. 100 pour cent donne une pièce pleine et lourde — rarement nécessaire.\n\n**Support.** Les surplombs au-delà de 45 degrés ne tiennent pas en l'air sans support. Le slicer génère des structures de soutien temporaires qu'on casse après impression. L'orientation de la pièce sur le plateau peut éliminer ou réduire le besoin de support.\n\n**Température.** Buse trop froide : le filament colle mal. Trop chaude : filament trop fluide, bavures. Chaque matériau a sa plage.\n\n**Adhérence au plateau.** La première couche doit coller. Plateau chauffant, laque, bâton de colle ou ruban de peintre selon le matériau.\n\n### Maintenance\n\n**Calibrer le plateau.** La distance entre la buse et le plateau doit être constante partout — une feuille de papier doit glisser avec une légère résistance. Un plateau mal calibré donne une première couche ratée et tout le reste avec.\n\n**Nettoyer la buse.** Le filament résiduel carbonise et bouche. Un fil d'acupuncture ou une aiguille de nettoyage dégage le trou. Chauffer la buse d'abord.\n\n**Tendre les courroies.** Les axes X et Y sont entraînés par des courroies crantées. Une courroie détendue donne des décalages de couche — des couches qui glissent visiblement sur le côté.\n\n**Sécher le filament.** Le PETG et le nylon absorbent l'humidité de l'air. Un filament humide crépite à l'impression et donne des surfaces bulleuses. Un passage au four (50 degrés, quelques heures) ou un boîtier étanche avec dessiccant règle le problème.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous imprimez une pièce mécanique.** Orientez-la pour que les couches soient perpendiculaires à la force principale. Les couches sont le point faible : une pièce se casse entre les couches, pas à travers.\n\n**L'imprimante est dans un lieu sans électricité stable.** Une coupure en cours d'impression ruine la pièce. Certaines imprimantes reprennent après coupure (power recovery), mais le résultat est souvent fragile à la jonction. Un onduleur résout le problème.\n\n**Vous voulez dupliquer un objet cassé.** Mesurer les dimensions, modéliser en CAO, imprimer. C'est l'usage le plus concret de l'impression 3D : recréer une pièce de rechange qui n'existe plus nulle part.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**L'impression 3D est lente et limitée en résistance** — mais c'est la seule machine qui fabrique n'importe quelle forme à partir d'un fichier, sans moule et sans outil.\n\n**La résistance entre les couches est le point faible.** L'orientation de la pièce, le matériau et le remplissage décident de la solidité.\n\n**Une imprimante FDM se calibre, se nettoie et se répare** — c'est une machine mécanique simple, pas une boîte noire. Les pièces d'usure (buse, courroie, plateau) se remplacent pour quelques euros.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-002","titre":"Le fait religieux","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["religion","croyance","rituel","cognition","sacré","groupe","transmission"],"sources":["Boyer P., Et l'homme créa les dieux — le mécanisme cognitif de la croyance","Durkheim E., Les formes élémentaires de la vie religieuse","Atran S., In Gods We Trust — bases évolutionnaires de la religion","Norenzayan A., Big Gods — rôle des religions dans la coopération à grande échelle"],"corps":"::Les religions ne sont pas un accident de l'histoire. Elles sont un produit de la cognition humaine — le résultat de la façon dont le cerveau détecte des agents, cherche des causes et construit des groupes. Comprendre le mécanisme, c'est comprendre pourquoi toutes les sociétés humaines en ont produit, indépendamment les unes des autres.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le cerveau fabrique la croyance\n\nTrois biais cognitifs, sélectionnés par l'évolution, suffisent à expliquer l'universalité des croyances.\n\n**La détection d'agents.** Le cerveau cherche des intentions partout. Un bruit dans la nuit, c'est « quelqu'un », pas « le vent ». La sélection naturelle favorise les faux positifs : mieux vaut fuir un fantôme que ne pas fuir un prédateur. Résultat : le cerveau attribue des intentions à des phénomènes naturels (la foudre punit, la pluie récompense) sans effort conscient.\n\n**Le dualisme intuitif.** La sensation que l'esprit et le corps sont séparés. On « sent » que la pensée n'est pas un organe. De là l'idée que l'esprit survit au corps — les ancêtres qui veillent, l'âme qui s'envole, la vie après la mort. Ce n'est pas une conclusion philosophique, c'est une intuition native que chaque enfant développe spontanément.\n\n**La pensée téléologique.** La tendance à voir un but dans chaque chose. « La rivière coule pour donner de l'eau. » « Les montagnes existent pour protéger la vallée. » L'enfant pense ainsi naturellement ; l'adulte aussi, sous pression. De là l'idée qu'un monde aussi organisé a un concepteur.\n\n### Ce que les religions font dans un groupe\n\nLes biais cognitifs produisent les croyances ; c'est la fonction sociale qui les organise en religions.\n\n**Cohésion.** Un rituel partagé crée un lien qui dépasse les liens de parenté. Chanter ensemble, prier ensemble, jeûner ensemble — ces actes synchronisés produisent un sentiment d'appartenance que les mots seuls ne produisent pas. Les groupes avec rituels coopèrent plus efficacement que ceux sans.\n\n**Cadre moral.** Un dieu qui voit tout est un régulateur invisible. Les sociétés dont le dieu surveille et punit les tricheurs coopèrent mieux à grande échelle — c'est la thèse de Norenzayan, et les données la soutiennent : les « grands dieux » moralisateurs apparaissent quand les sociétés dépassent la taille où tout le monde se connaît.\n\n**Autorité sacrée.** Le sacré est ce qu'on ne négocie pas. Rendre une règle sacrée la soustrait au débat : c'est une technologie de stabilisation. Les constitutions, les lois fondamentales et les droits de l'homme remplissent la même fonction dans les sociétés séculières.\n\n**Gestion de l'angoisse.** La mort, le hasard, l'injustice sont insupportables sans récit. Les religions fournissent un récit — un cadre qui donne du sens à ce qui n'en a pas. Le récit n'a pas besoin d'être vrai pour fonctionner : il suffit qu'il soit partagé.\n\n### Ce qui survit : la mémétique des croyances\n\nLes croyances qui traversent les siècles ne sont pas les plus vraies mais les plus transmissibles. Une croyance se transmet bien quand elle est :\n\n- **Contre-intuitive mais pas trop.** Un homme qui marche sur l'eau (violation d'une attente physique) se retient mieux qu'un homme qui marche normalement. Mais une croyance trop bizarre ne s'ancre pas — elle doit violer une intuition tout en respectant les autres.\n- **Emotionnellement chargée.** La peur et l'espoir fixent les souvenirs. Les récits religieux sont construits sur des émotions fortes — menace, salut, sacrifice, rédemption.\n- **Liée à un rituel.** Ce qui se répète se transmet. Un geste quotidien ancre une croyance mieux qu'un texte lu une fois.\n- **Sanctionnant la non-transmission.** Les religions qui punissent l'abandon ou récompensent le prosélytisme se reproduisent plus vite que celles qui ne le font pas.\n\n### Les patterns universels\n\nToutes les religions humaines, indépendamment de leur géographie, contiennent un ou plusieurs de ces éléments : un récit de création, un héros fondateur, une vie après la mort, des règles alimentaires, la sacralisation d'un lieu, et un clergé qui interprète les règles. Ce n'est pas une coïncidence — ce sont les mêmes mécanismes cognitifs et sociaux qui produisent les mêmes structures.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez comprendre une religion que vous ne connaissez pas.** Cherchez les fonctions : quel groupe tient-elle ensemble ? quel comportement sanctionne-t-elle ? quel récit fondateur raconte-t-elle ? Les réponses varient, la grille ne change pas.\n\n**Vous vivez dans un groupe plurireligieux en crise.** Le rituel est le terrain commun le plus solide. Un repas partagé, un moment de silence collectif, une règle commune acceptée par tous — ces gestes remplissent la fonction de cohésion sans exiger l'accord sur le contenu. Voir [[SURV-SOC-002]].\n\n**Quelqu'un propose un « nouveau prophète ».** En situation de crise et de peur, les prophètes auto-déclarés apparaissent toujours — parce que les conditions cognitives sont réunies : angoisse, recherche de sens, besoin de cadre. C'est un pattern historique constant, pas un événement exceptionnel. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La religion est un produit de la cognition humaine**, pas une invention culturelle arbitraire. Détection d'agents, dualisme intuitif et pensée téléologique sont les trois sources, et elles fonctionnent chez tout le monde.\n\n**La fonction sociale organise la croyance en religion** : cohésion, cadre moral, autorité sacrée, gestion de l'angoisse. C'est ce qui fait que les religions tiennent les groupes ensemble — et que les groupes sans équivalent fonctionnel sont plus fragiles.\n\n**Les croyances qui survivent sont celles qui se transmettent bien**, pas celles qui sont vraies. C'est une loi de sélection culturelle, et la comprendre protège contre les récits qui exploitent ces mêmes mécanismes.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-014","titre":"Récupérer sur un drone civil","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["drone","batterie","lipo","moteur","brushless","caméra","récupération","aimant"],"sources":["Documentation technique sur les composants des multiroteurs civils DJI, Parrot et assimilés","Manuels de démontage et de réparation de drones grand public"],"corps":"::Un drone civil au sol est une batterie, quatre moteurs, une caméra et un ordinateur — le tout dans un kilo ou deux. Chaque composant a une seconde vie, et certains n'existent nulle part ailleurs aussi concentrés.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qu'il y a dans un drone civil\n\nUn multiroteur grand public (DJI, Parrot, FPV) est un assemblage de composants de haute qualité, légers et compacts. Voir [[TEC-MEC-006]] pour le fonctionnement.\n\n## AGIR\n\n### Inventaire par composant\n\n**Batterie LiPo.** C'est le composant le plus précieux. Lithium polymère, haute densité d'énergie, rechargeable. Tension de 11,1 a 22,2 volts selon le modèle. Utilisable pour alimenter des appareils basse tension (lampes LED, radios, chargeurs de téléphone via un convertisseur). **Danger** : une LiPo percée, gonflée ou déformée peut s'enflammer spontanément. Ne pas percer, écraser ou court-circuiter. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Moteurs brushless.** Quatre à huit par drone. Bobines de cuivre, aimants permanents en néodyme. Les aimants de néodyme sont les aimants les plus puissants disponibles — récupérables pour fabriquer des générateurs, des capteurs, des fermetures magnétiques, ou simplement pour accrocher du métal. Le cuivre des bobines se récupère en démontant le stator. En faisant tourner un moteur brushless (à la main, par le vent, par l'eau), il produit du courant : c'est un générateur. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Hélices.** Carbone ou plastique renforcé. Les pales en carbone sont des lames rigides et légères — utilisables comme spatule, racloir, attelle de doigt. Les pales en plastique sont plus souples mais tranchantes au bout.\n\n**Caméra et nacelle.** La caméra contient une lentille de verre de qualité (loupe, concentration de lumière — voir [[TEC-SAN-007]]), un capteur CMOS (inutile sans circuit), et un moteur de nacelle (petit brushless de précision, récupérable). Le câble de la caméra contient du cuivre fin.\n\n**ESC (variateurs).** Circuits imprimés contenant des MOSFET de puissance, des condensateurs et des régulateurs de tension. Les composants individuels se dessoudent pour d'autres projets electroniques.\n\n**Contrôleur de vol.** Circuit imprimé miniature. Contient un accéléromètre, un gyroscope et un baromètre MEMS — composants trop petits pour être récupérés individuellement, mais le circuit entier peut servir de plateforme de capteurs si on sait le reprogrammer. Le module GPS, lui, est récupérable si compatible avec d'autres systèmes.\n\n**Châssis.** Les bras en carbone sont des tiges rigides et légères, utilisables comme attelle, structure, renfort. Le carbone ne se plie pas — il casse net, et les éclats coupent.\n\n**Câblage et connecteurs.** Connecteurs XT60 ou XT30 soudés sur fil de cuivre de fort calibre — réutilisables tels quels pour tout circuit de puissance.\n\n### Réparer un drone trouvé\n\n**Hélice cassée.** Remplacer par une hélice de même diamètre et même pas. Le sens de rotation (CW ou CCW) est marqué — l'inverser fait chuter le drone.\n\n**Moteur bloqué.** Roulement grippé ou débris coincé. Démonter la cloche (les aimants sont collés dedans), nettoyer, remonter.\n\n**Batterie morte.** Mesurer la tension de chaque cellule. En dessous de 3,0 V par cellule, la LiPo est souvent irrécupérable — les cellules au lithium se dégradent irréversiblement quand elles se vident complètement.\n\n**Pas de radiocommande.** Sans la radiocommande appairée, le drone est inopérable. Certains contrôleurs de vol open source (Betaflight, ArduPilot) acceptent n'importe quel récepteur compatible — mais il faut le savoir et le matériel pour rebinder.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez plusieurs drones endommagés.** Cannibaliser : prendre les pièces fonctionnelles de chacun pour en assembler un qui vole. C'est la logique de [[SURV-REC-001]] appliquée à l'électronique.\n\n**Vous voulez juste l'énergie.** La batterie LiPo + un petit convertisseur DC-DC (récupérable dans un chargeur USB de voiture) donne une alimentation portable pour téléphone, lampe, radio.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La batterie est le trésor.** Rechargeable, dense en énergie, compatible avec beaucoup d'usages via un convertisseur.\n\n**Les moteurs sont des générateurs.** Faites-les tourner et ils produisent du courant. Plus les aimants sont gros, plus le courant est fort.\n\n**Les aimants en néodyme ne se trouvent pas ailleurs aussi facilement.** Quatre moteurs, huit aimants au minimum — c'est un stock d'aimants puissants dans un objet d'un kilo.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-015","titre":"Récupérer sur un drone militaire","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["drone","militaire","caméra","thermique","batterie","composite","récupération"],"sources":["Documentation technique sur les systèmes de drones militaires de reconnaissance et de frappe","Retours d'expérience sur la récupération de composants sur des drones abattus ou crashés"],"corps":"::Un drone militaire au sol peut contenir une caméra thermique, des batteries de qualité industrielle, des matériaux composites avancés — ou de l'explosif non détonné. La première question n'est pas ce qu'on récupère, mais si l'objet est sûr.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les catégories de drones militaires\n\n**Les petits (moins de dix kilos).** Multiroteurs de reconnaissance ou drones FPV modifiés. Caméra visible ou thermique, batterie LiPo, électronique grand public modifiée. Ce sont les plus fréquents et les moins dangereux — mais certains portent une charge explosive (grenades, roquettes modifiées). Voir [[SURV-MUN-001]].\n\n**Les moyens (dix à cinquante kilos).** Aile fixe de reconnaissance (type Orbiter, RQ-11 Raven) ou munitions rôdeuses (Switchblade, Lancet, Shahed). Les munitions rôdeuses **sont des bombes volantes** — si elles n'ont pas détoné, elles contiennent leur charge. Ne pas manipuler.\n\n**Les grands (centaines de kilos à tonnes).** Bayraktar TB2, MQ-9 Reaper, Global Hawk. Motorisés (essence, diesel, turbine), armés de missiles ou bombes guidées. Un crash de grand drone laisse un champ de débris comparable à un accident d'avion léger. Les réservoirs de carburant, les munitions non tirées et les systèmes pyrotechniques rendent le site dangereux.\n\n## AGIR\n\n### Avant tout : vérifier la sécurité\n\n**1. Identifier le type.** Un multiroteur est reconnaissable. Une aile fixe aussi. Si l'objet porte une ogive, une charge cylindrique fixée sous le fuselage, ou un compartiment non identifié à l'avant — c'est une munition rôdeuse ou un drone armé. **Ne pas toucher.** Marquer la zone et s'éloigner.\n\n**2. Attendre.** Certaines charges ont un retardateur ou un système d'autodestruction. Un drone crashé depuis moins de vingt-quatre heures est suspect. Un drone qui dégage une odeur chimique forte est suspect.\n\n**3. Si le drone est identifié comme sûr** — multiroteur de reconnaissance sans charge, aile fixe sans armement — procéder au démontage.\n\n### Composants récupérables\n\n**Caméra thermique (FLIR).** C'est le composant le plus précieux d'un drone militaire de reconnaissance. Une caméra thermique voit la chaleur, pas la lumière — elle fonctionne de nuit, dans le brouillard, et détecte les êtres vivants à travers la végétation. L'optique est en germanium (transparent aux infrarouges, opaque à la lumière visible). Si la caméra est intacte et qu'on dispose de l'alimentation correcte, elle fonctionne.\n\n**Batteries.** Les drones militaires utilisent des batteries lithium-ion de qualité industrielle ou des piles à combustible (hydrogène) pour les gros modèles. Les batteries Li-ion sont récupérables avec les mêmes précautions que les LiPo civiles. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Moteurs et hélices.** Les moteurs brushless militaires sont plus puissants que les civils mais fonctionnent sur le même principe. Les hélices repliables en carbone sont des pièces de qualité.\n\n**Antennes et systèmes de communication.** Antennes directionnelles, antennes omnidirectionnelles, récepteurs GPS de qualité militaire (plus précis et plus résistants au brouillage). Les câbles coaxiaux et les connecteurs sont de qualité supérieure.\n\n**Matériaux composites.** Fibre de carbone, kevlar, parfois fibre de verre. Les panneaux de fuselage en carbone-kevlar sont des plaques légères, rigides et résistantes aux impacts — utilisables comme bouclier, panneau de protection, support de construction.\n\n**Systèmes de navigation.** IMU (centrale inertielle) de qualité militaire, GPS, compas. Plus précis et plus robustes que les versions civiles.\n\n**Moteur à combustion (grands drones).** Les drones aile fixe de taille moyenne à grande ont un moteur à essence deux temps ou un petit turbopropulseur. Le moteur à essence est récupérable et réparable — c'est un moteur de modélisme ou de tronçonneuse surdimensionné.\n\n## ADAPTER\n\n**Le drone est d'origine inconnue.** Ne pas présumer qu'il est inoffensif. Un drone de reconnaissance peut avoir été modifié pour porter une charge. Chercher des signes de modification artisanale : sangles, fils électriques ajoutés, compartiment scotché ou attaché par des colliers.\n\n**La caméra thermique ne s'allume pas.** Vérifier la tension d'alimentation (souvent 12 ou 24 volts). Les connecteurs militaires ne sont pas standard — il faudra peut-être souder directement sur les fils d'alimentation.\n\n**Le drone porte des marques de brouillage.** Un drone dont le GPS a été brouillé peut avoir crashé à cause d'une perte de signal — il est probablement intact mécaniquement. Un drone abattu par un projectile peut avoir des composants endommagés par l'impact.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Vérifier la sécurité d'abord.** Un drone de frappe non détoné est une bombe. Si le moindre doute existe sur la présence d'une charge, marquer et s'éloigner.\n\n**La caméra thermique est l'objet le plus précieux** — elle voit ce que l'oeil ne voit pas, de nuit comme de jour, et aucun autre équipement récupérable ne fait cela.\n\n**Les matériaux composites militaires** — carbone-kevlar — sont les plaques les plus légères et les plus résistantes qu'on puisse trouver. Un panneau de fuselage de drone est un bouclier, un plateau, une armature.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-016","titre":"Récupérer sur n'importe quelle épave","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["épave","verre","caoutchouc","roulement","ressort","cuivre","aluminium","récupération"],"sources":["Documentation sur la composition matérielle des véhicules et machines","Manuels de démontage et de récupération de pièces automobiles","Guides de recyclage des métaux et matériaux courants"],"corps":"::Chaque épave — voiture, camion, machine agricole, bateau, avion — contient les mêmes familles de matériaux. Connaître ces familles, c'est savoir quoi chercher sur n'importe quelle carcasse sans avoir besoin de connaître le modèle.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les matériaux communs à toutes les épaves\n\nChaque véhicule ou machine combine les mêmes composants de base, dans des proportions et des qualités différentes. Les fiches spécifiques ([[SURV-REC-004]] à [[SURV-REC-011]]) couvrent les épaves par type. Celle-ci couvre ce qu'on trouve partout.\n\n## AGIR\n\n### Les métaux\n\n**L'acier.** Le matériau principal de toute épave. Châssis, carrosserie, boulonnerie, ressorts, arbres de transmission. Pas tout l'acier ne se vaut : l'acier de carrosserie est doux et facile à travailler ; l'acier de ressort est dur, élastique et résistant — c'est un des meilleurs aciers récupérables pour fabriquer des outils et des lames. Voir [[TEC-MEC-005]].\n\n**Le cuivre.** Dans tout le câblage électrique, les moteurs, les alternateurs, les radiateurs anciens. Le cuivre se fond à environ 1 085 degrés et se recycle indéfiniment sans perdre ses propriétés. Un alternateur de voiture contient plusieurs centaines de grammes de cuivre dans ses bobines. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**L'aluminium.** Jantes, carters moteur, radiateurs modernes, carrosseries récentes, pièces aéronautiques. Fond à environ 660 degrés — moulable dans un feu de forge. Léger, résistant à la corrosion, facile à travailler. Voir [[TEC-COR-001]].\n\n**Le plomb.** Batteries au plomb (chaque batterie de voiture en contient cinq à dix kilos), contrepoids, vieilles soudures. Toxique — ne pas fondre en espace fermé, se laver les mains après manipulation. Fond à 327 degrés, facile à mouler pour des projectiles, des plombs de pêche, des lests.\n\n### Les roulements à billes\n\nPrésents dans toute pièce tournante : roues, moteurs, alternateurs, pompes, arbres de transmission. Billes en acier trempé, cage en acier ou en laiton. Les roulements sont des objets de précision, difficiles à fabriquer et faciles à récupérer. Usages : remplacer un roulement usé, billes comme projectiles de fronde, billes comme acier de haute qualité pour des outils.\n\n### Les ressorts\n\nRessorts de suspension (gros, acier à haute résistance), ressorts de soupapes (petits, très durs), ressorts de retour (partout dans les mécanismes). Le métal de ressort est un acier à haute teneur en carbone, trempé et revenu — c'est le meilleur matériau pour fabriquer des lames, des poinçons, des aiguilles. Il se travaille à la forge. Voir [[TEC-MEC-005]].\n\n### Le verre\n\n**Pare-brise.** Verre feuilleté (deux couches de verre avec un film plastique entre les deux). Ne se brise pas en éclats tranchants — il se fissure et reste en place. Le verre feuilleté se découpe et se réutilise comme vitre de serre, panneau de protection, surface plane.\n\n**Vitres latérales.** Verre trempé. Se brise en milliers de petits cubes non coupants. Inutilisable comme vitre mais les cubes servent d'abrasif.\n\n**Miroirs.** Surface réfléchissante : signalisation (voir [[SIG-COM-001]]), concentration de lumière solaire, rétroviseur récupérable tel quel.\n\n### Le caoutchouc\n\nPneus, joints, durites, silent-blocs, courroies. Le caoutchouc ne se recycle pas facilement à la main. Les pneus se découpent au couteau ou à la scie et servent de semelles, de rondelles, de joints, de protection, de combustible de dernier recours (fumée noire toxique — en extérieur uniquement). Les durites sont des tuyaux souples utilisables pour transférer des liquides.\n\n### Les fluides\n\n**Huile moteur.** Lubrification, imperméabilisation du bois et du cuir, lampe à huile (mèche de tissu, récipient, flamme — voir [[SURV-LUM-001]]).\n\n**Liquide de refroidissement.** Eau + antigel (éthylène glycol, toxique). L'antigel est un solvant, un dégivreur et un poison violent — ne jamais boire, ne jamais confondre avec de l'eau.\n\n**Carburant résiduel.** Essence, diesel, kérosène. Un réservoir « vide » contient souvent plusieurs litres. Le diesel se conserve mieux que l'essence et sert de combustible, de solvant, de dégraissant.\n\n**Liquide de frein.** Hygroscopique, inflammable, corrosif pour la peinture. Utilisable comme accélérant de feu en quantité contrôlée.\n\n### L'électronique et l'électrique\n\n**Alternateur / génératrice.** Produit du courant quand on le fait tourner. C'est un générateur récupérable tel quel avec une courroie et un moteur thermique. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Démarreur.** Moteur électrique puissant, alimenté par la batterie. Réutilisable comme moteur (treuil, tour, pompe) avec une alimentation adéquate.\n\n**Faisceau électrique.** Des dizaines de mètres de fil de cuivre isolé, calibré par section. Récupérable pour tout câblage.\n\n## ADAPTER\n\n**L'épave est en mer ou en eau.** Le sel corrode rapidement l'acier mais l'aluminium et le cuivre résistent mieux. Rincer les composants récupérés à l'eau douce. L'huile et le carburant flottent et se récupèrent en surface.\n\n**L'épave a brûlé.** Les métaux survivent (déformés mais récupérables), le verre fond ou éclate, le caoutchouc et le plastique disparaissent. Les roulements à billes et les ressorts perdent leur trempe (la chaleur détruit le traitement thermique) — ils deviennent de l'acier ordinaire.\n\n**Vous ne savez pas ce que contient un fluide.** L'étiquette, l'emplacement dans le véhicule et la couleur informent. Huile moteur : noire ou ambrée, au carter inférieur. Liquide de refroidissement : vert, rose ou orange, dans le circuit fermé du radiateur. Liquide de frein : clair, dans un petit réservoir sur le maître-cylindre. En cas de doute, ne pas goûter et ne pas inhaler.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Ressorts et roulements sont les trésors cachés** de toute épave : acier de qualité supérieure, précision mécanique, introuvables autrement.\n\n**Le cuivre est partout** — câblage, moteurs, alternateurs — et se recycle sans perte. Le chercher systématiquement.\n\n**Les fluides sont des ressources et des dangers.** L'huile lubrifie et éclaire, l'antigel tue, le carburant brûle. Les identifier avant de les manipuler.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-017","titre":"Récupérer sur un satellite","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["satellite","panneau solaire","néodyme","hydrazine","espace","MLI","récupération"],"sources":["ESA — Composition et architecture des satellites en orbite basse","NASA — Guide de sécurité pour la récupération de débris spatiaux","Documentation sur les matériaux et systèmes embarqués des satellites de communication et d'observation"],"corps":"::Un satellite tombé est un objet d'exception : panneaux solaires de qualité aérospatiale, aimants de précision, métaux rares — et parfois un réservoir d'hydrazine qui tue au contact. La valeur est immense, le danger aussi.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi un satellite est au sol\n\nLes satellites en orbite basse (moins de mille kilomètres d'altitude) redescendent quand leur orbite se dégrade — freinage atmosphérique résiduel, fin de carburant, dysfonctionnement. La rentrée atmosphérique détruit la majorité de la structure, mais les pièces les plus denses et les plus résistantes survivent et touchent le sol. Les grands satellites (plusieurs tonnes) laissent un champ de débris de plusieurs kilomètres.\n\n### Ce qui survit à la rentrée\n\nLes pièces en titane, en acier inoxydable, les réservoirs sous pression, les roues de réaction, les optiques protégées et les batteries résistantes. L'aluminium fond souvent, le carbone brûle, l'électronique légère se désintègre. Ce qui arrive au sol est déformé mais pas détruit.\n\n## AGIR\n\n### DANGER PREMIER : l'hydrazine\n\nBeaucoup de satellites utilisent l'hydrazine comme propergol. C'est un liquide incolore à l'odeur forte d'ammoniac, **extrêmement toxique** — mortel par inhalation, par contact cutané et par ingestion. Cancérigène avéré. Il corrode les métaux et les tissus biologiques.\n\n**Tout réservoir de satellite est suspect.** Les réservoirs de propulsion sont des sphères ou cylindres en titane, souvent enveloppés de MLI dorée. **Ne jamais ouvrir, percer ou chauffer un réservoir de satellite.** S'il fuit (odeur d'ammoniac intense), s'éloigner immédiatement et rester au vent. Marquer la zone.\n\n### Composants récupérables (hors zone de propulsion)\n\n**Panneaux solaires.** Cellules photovoltaïques en arséniure de gallium — rendement supérieur aux panneaux terrestres en silicium (environ trente pour cent contre vingt). Si les panneaux ont survécu à la rentrée (ce qui est rare — ils sont légers et brûlent), ils fonctionnent sous le soleil. Plus probablement, on récupère les cellules individuelles, fragiles mais fonctionnelles si intactes. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n**Roues de réaction.** Des gyroscopes motorisés qui orientent le satellite. Chaque roue contient un moteur brushless de haute précision, des roulements à billes parfaits et des aimants en néodyme de qualité supérieure. C'est le composant mécanique le plus précieux — les roulements spatiaux sont les meilleurs qu'on puisse trouver.\n\n**MLI (isolation multi-couche).** Les « couvertures dorées » des satellites : des dizaines de feuilles alternées d'aluminium, de mylar et de Dacron. L'aluminium réfléchit le rayonnement thermique (utilisable comme réflecteur solaire, couverture de survie, écran thermique). Le mylar est étanche, léger et résistant.\n\n**Antennes.** Paraboles en aluminium ou en composite, guides d'ondes en cuivre ou en aluminium, connecteurs plaqués or. La parabole elle-même est une surface réfléchissante et un contenant.\n\n**Structure.** Les cadres en aluminium aérospatial (alliage 7075) ou en titane sont des métaux de qualité supérieure — plus légers et plus résistants que tout ce qu'on trouve dans l'industrie courante.\n\n**Câblage.** Cuivre de haute pureté, isolé en PTFE (résistant à la chaleur et aux produits chimiques). Les connecteurs sont plaqués or — le placage se récupère chimiquement si on dispose d'acide nitrique, mais la quantité est infime.\n\n**Optiques.** Les satellites d'observation portent des miroirs et des lentilles de précision extrême. Si l'optique a survécu, c'est un outil de valeur — télescope, loupe de haute qualité, concentration lumineuse.\n\n### Et l'ISS ?\n\nLa Station spatiale internationale pèse quatre cent vingt tonnes. Un retour non contrôlé laisserait un champ de débris considérable. Les mêmes composants s'y trouvent, en bien plus grand : panneaux solaires géants, dizaines de batteries lithium-ion, modules pressurisés en aluminium épais (habitat réutilisable), scaphandres (combinaison étanche, casque en polycarbonate, système de survie autonome), réservoirs d'eau, oxygène stocké. Les propergols (MMH et NTO, aussi toxiques que l'hydrazine) rendent les modules de propulsion tout aussi dangereux.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous trouvez un débris que vous ne pouvez pas identifier.** Tout objet métallique tombé du ciel qui porte des traces de brûlure de rentrée (surface noircie, métal déformé par la chaleur) est potentiellement spatial. Photographier, marquer, ne pas toucher les parties tubulaires ou sphériques (réservoirs).\n\n**Le débris est radioactif.** Certains vieux satellites (surtout soviétiques, séries Cosmos) utilisaient des générateurs thermoélectriques à radio-isotopes (RTG). Un boîtier dense, anormalement chaud, ou qui déclenche un compteur Geiger est un RTG — extrêmement dangereux. S'éloigner immédiatement.\n\n**Vous voulez les panneaux solaires mais ils sont brisés.** Les cellules GaAs individuelles sont petites (quelques centimètres carrés) et fragiles. Même brisées, certaines produisent encore du courant sous le soleil. Tester avec un multimètre. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**L'hydrazine tue.** Tout réservoir de satellite est suspect. Ne jamais ouvrir, percer ou chauffer. Si une odeur d'ammoniac se dégage, fuir.\n\n**Les roues de réaction contiennent les meilleurs roulements et aimants au monde.** Ce sont des composants de précision introuvables ailleurs.\n\n**Le MLI est une couverture de survie spatiale** — légère, réfléchissante, étanche — et il y en a des mètres carrés sur chaque satellite.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-018","titre":"Choisir un véhicule","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["véhicule","diesel","toyota","pickup","mécanique","carburant","autonomie"],"sources":["Documentation sur la fiabilité comparée des véhicules diesel mécaniques","Retours d'expérience sur l'utilisation de véhicules civils en zone de conflit","Manuels d'entretien des Toyota Hilux, Land Cruiser et Land Rover Defender"],"corps":"::Le meilleur véhicule de crise n'est pas le plus récent ni le plus puissant. C'est celui qui roule avec n'importe quoi, se répare avec peu, et porte ce qu'on lui met dessus. Ce véhicule existe, et il a un profil précis.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi diesel et pourquoi ancien\n\n**Le diesel accepte presque tout.** Un moteur diesel à injection mécanique (sans électronique) fonctionne au diesel, au fioul domestique, au kérosène, et à l'huile végétale filtrée et préchauffée. Un moteur essence exige de l'essence — et l'essence se dégrade plus vite, s'évapore plus facilement et s'enflamme à la moindre étincelle.\n\n**L'ancien se répare.** Un diesel à injection mécanique (avant les années 2000 pour la plupart des marques) n'a pas de calculateur moteur, pas d'immobiliseur électronique complexe, pas de capteurs dont la panne immobilise. Le démarreur tourne, le gasoil coule, la pompe injecte, le moteur tourne. Pas d'ordinateur entre le conducteur et la mécanique. Voir [[TEC-MOT-001]].\n\n**Le couple du diesel.** Plus de force à bas régime, ce qui tire mieux en tout-terrain et en charge. Consommation plus faible à puissance égale.\n\n### Le profil du véhicule de crise\n\n- Diesel à injection mécanique.\n- Châssis séparé (échelle) — pas monocoque. Le châssis se redresse, le monocoque se froisse et ne se répare pas.\n- Pont arrière rigide — plus solide que la suspension indépendante en tout-terrain dur.\n- Plateau arrière ouvert (pickup) ou benne — polyvalence maximale : transport, montage d'équipement, couchage, travail.\n- Pièces répandues — un véhicule dont les pièces existent partout dans le monde se répare partout dans le monde.\n\n## AGIR\n\n### Les véhicules de référence\n\n**Toyota Hilux (pré-2005).** Le véhicule des zones de conflit dans le monde entier. Diesel 2.4 L ou 3.0 L, injection mécanique, châssis échelle, pont rigide arrière. Quasiment indestructible — la BBC a tenté de détruire un Hilux (submersion, incendie, chute d'immeuble, collision) et il a redémarré à chaque fois. Pièces disponibles sur tous les continents. C'est le standard.\n\n**Toyota Land Cruiser série 70.** Le Hilux en plus gros. Encore produit dans certains pays. Même philosophie : diesel atmosphérique, mécanique simple, tout se démonte à la clé.\n\n**Land Rover Defender (pré-Td5, avant 1998).** Tout-terrain exceptionnel, mécanique simple, pièces universelles dans le monde anglophone. Défauts : rouille, fuites d'huile, confort spartiate. Mais il passe partout et se répare avec du fil de fer.\n\n**Mercedes G-Class (W460/461).** Diesel OM602 ou OM603, conception militaire à la base. Construit pour durer, solide, lourd. Moins répandu que le Toyota mais plus robuste structurellement.\n\n**Unimog.** Le véhicule de l'impossible. Garde au sol démesurée, portails inversés (les essieux sont au-dessus du centre des roues), prise de force avant et arrière, diesel increvable. Lent, encombrant, cher, mais il passe là où rien d'autre ne passe et il tire tout.\n\n### Ce qu'il faut monter dessus\n\n**Galerie de toit.** Stockage, point d'observation, support d'antenne ou de panneau solaire. En tube d'acier soudé ou boulonné.\n\n**Treuil avant.** Se sortir seul d'un trou, d'une boue, d'un obstacle. Electrique (batterie du véhicule) ou mécanique (manivelle). Un véhicule sans treuil en tout-terrain est un véhicule qui attend de l'aide.\n\n**Snorkel.** Prise d'air haute qui permet de traverser un gué sans noyer le moteur. Indispensable si le terrain comprend des rivières ou des inondations.\n\n**Réservoir agrandi ou jerricans fixés.** L'autonomie est la liberté. Un réservoir de cent litres donne mille kilomètres en diesel économique.\n\n**Pneus tout-terrain.** Pas de pneus route, pas de profil bas. Des pneus à crampons, taille standard et disponibles. Le pneu est le consommable critique — en emporter un de rechange monté, pas seulement la roue de secours d'origine.\n\n### Entretien minimum en crise\n\nTout ce qu'un diesel mécanique ancien demande :\n\n- **Vidange huile moteur et filtre.** Tous les dix mille kilomètres ou une fois par an. L'huile usagée se filtre et se réutilise en dépannage.\n- **Filtre à carburant.** Le diesel sale bouche les injecteurs. Filtrer le carburant avant de le mettre dans le réservoir — un chiffon propre en entonnoir suffit en urgence.\n- **Courroie de distribution.** Si c'est une courroie (pas une chaîne), elle casse sans prévenir et détruit le moteur. La vérifier, en avoir une de rechange.\n- **Liquide de refroidissement.** Vérifier le niveau, les durites, le radiateur. Une surchauffe détruit un moteur en minutes.\n- **Freins.** Plaquettes et liquide. Un véhicule qui ne freine pas est plus dangereux qu'un véhicule qui ne démarre pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez que des véhicules modernes.** Un diesel moderne (common rail, électronique) roule très bien tant que rien ne casse. Mais quand le calculateur, un capteur ou la pompe haute pression lâche, c'est l'arrêt total sans atelier. Garder le véhicule moderne tant qu'il marche, chercher un ancien en parallèle.\n\n**Le diesel gèle.** En dessous de moins dix à moins vingt degrés, le gazole fige (les paraffines cristallisent et bouchent les filtres). Le fioul domestique contient un additif antigel. Le kérosène ne gèle pas à ces températures.\n\n**Vous roulez à l'huile végétale.** L'huile doit être filtrée (pas de particules alimentaires) et préchauffée (elle est trop visqueuse à froid). Le montage classique : un réservoir secondaire avec un échangeur de chaleur sur le circuit de refroidissement. Démarrer au diesel, basculer sur l'huile une fois le moteur chaud, repasser au diesel avant de couper pour purger les injecteurs.\n\n**Le plateau arrière est un espace de travail.** Montage d'antenne de communication, plateforme d'observation, support pour panneau solaire, poste de tir défensif, atelier mobile. C'est la polyvalence du pickup — et la raison pour laquelle les forces armées et les groupes du monde entier l'utilisent.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Diesel mécanique ancien = autonomie maximale.** Il roule avec ce qu'il trouve, se répare avec ce qu'on a, et ne dépend d'aucun ordinateur.\n\n**Le Toyota Hilux est le standard mondial** — pas par marketing, mais parce que chaque zone de conflit depuis quarante ans l'a prouvé. Il tourne, il tire, il dure.\n\n**L'entretien en crise tient en cinq gestes** : huile, filtre carburant, courroie, refroidissement, freins. Un véhicule entretenu dure des centaines de milliers de kilomètres. Un véhicule négligé meurt en quelques mois.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-003","titre":"Connaître les lieux stratégiques","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["lieux","réserve","semences","datacentre","silo","carburant","hôpital","stratégique"],"sources":["FAO — Reserves mondiales de semences et banques de gènes","Documentation sur les réserves stratégiques de pétrole et de céréales","Retours d'expérience sur les sites critiques en situation de crise prolongée"],"corps":"::Certains lieux fixes, répartis dans le monde, concentrent des ressources qui n'existent nulle part ailleurs en telle quantité. Les connaître avant la crise, c'est savoir où aller quand la chaîne d'approvisionnement s'arrête.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi ces lieux comptent\n\nLa civilisation moderne fonctionne par flux — le blé circule, l'énergie circule, les médicaments circulent. Quand les flux s'arrêtent, ce qui reste, ce sont les stocks fixes. Certains de ces stocks sont immenses, protégés, et conçus pour durer. Les connaître à l'avance est un avantage stratégique.\n\n## AGIR\n\n### Les réserves de semences\n\n**Le Svalbard (Norvège, 78° Nord).** La Réserve mondiale de semences. Plus d'un million d'échantillons de semences du monde entier, dans une mine reconvertie creusée dans le permafrost. Conçue pour survivre à tout, y compris à une panne d'électricité (le permafrost maintient le froid). C'est la sauvegarde ultime de l'agriculture mondiale.\n\n**Les banques de semences nationales.** Chaque pays en a au moins une. En France : l'INRAE conserve des collections de semences à Clermont-Ferrand et ailleurs. Plus accessibles que le Svalbard, moins protégées. Chaque banque contient des variétés adaptées au climat local — plus utiles que des semences exotiques. Voir [[TEC-AGR-002]].\n\n**Les coopératives agricoles.** En zone rurale, les coopératives stockent les semences de la saison suivante. Moins protégées, plus proches, et souvent les premières à être pertinentes en crise locale.\n\n### Les silos à grains\n\nLes ports céréaliers et les silos de coopératives stockent des milliers à des centaines de milliers de tonnes de blé, maïs, orge, colza. En France : Rouen, La Rochelle, Dunkerque pour les ports ; chaque zone agricole a ses silos coopératifs. Un seul silo de campagne contient assez de grain pour nourrir une ville pendant des semaines. Le grain sec se conserve des mois en conditions sèches. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\n### Les data centers\n\nUn data center est un bâtiment anodin qui contient : des générateurs diesel avec du carburant pour vingt-quatre à soixante-douze heures de fonctionnement autonome, des batteries lithium-ion massives (onduleurs), des centaines de kilomètres de câblage cuivre, des systèmes de climatisation industrielle (eau, compresseurs), et parfois un raccordement à un réseau d'eau de refroidissement. Le carburant diesel est la ressource immédiate. Les batteries et le cuivre sont la ressource de récupération.\n\n### Les réserves stratégiques de pétrole\n\nChaque pays membre de l'AIE maintient un stock stratégique de pétrole — en France, quatre-vingt-dix jours de consommation, répartis dans des cavités salines souterraines (Manosque, Viriat) et des cuves de surface (Donges, Fos-sur-Mer). Ce sont des sites sécurisés mais pas militaires. En crise prolongée, ce sont les plus grands stocks de carburant accessibles.\n\n### Les centrales nucléaires\n\nUne centrale nucléaire contient : des générateurs diesel de secours avec du carburant pour des jours à des semaines, des ateliers de maintenance complets, de l'eau du circuit de refroidissement, et des compétences techniques concentrées. **DANGER** : si la centrale est endommagée ou non contrôlée, la radioactivité rend le site et ses environs inhabitables. Ne s'approcher d'une centrale que si le risque radiologique est exclu — un compteur Geiger est le minimum.\n\n### Les hôpitaux\n\nPharmacie (médicaments, désinfectants, matériel chirurgical, anesthésiants), groupes électrogènes (diesel), oxygène médical en bouteilles, eau osmosée, blocs opératoires équipés. Un hôpital est un site médical complet — et en crise, une des premières cibles de pillage. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\n### Les bases militaires\n\nMunitions, véhicules, carburant, rations, matériel de communication, médicaments, outillage lourd. Les bases militaires sont les sites les mieux protégés et les premiers à être sécurisés par les forces restantes. Ce sont aussi les derniers à être abandonnés.\n\n### Les mines de sel\n\nEnvironnement naturellement sec, stable en température, utilisé depuis des siècles pour stocker des archives, des oeuvres d'art, et des denrées. Le sel lui-même est un conservateur alimentaire essentiel et un produit d'échange. Voir [[TEC-ALI-004]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en zone urbaine.** Les data centers, les hôpitaux et les dépôts de carburant sont les sites urbains les plus riches en ressources. Les data centers sont souvent identifiables à leurs groupes de climatisation extérieurs massifs.\n\n**Vous êtes en zone rurale.** Les silos à grains et les coopératives agricoles sont les premiers lieux. Chaque village a son silo visible de loin.\n\n**Vous devez choisir une direction.** Aller vers les ressources, pas vers les villes. Une zone agricole avec des silos nourrit ; une ville sans approvisionnement affame. La carte des silos est plus utile que la carte des villes.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Les stocks fixes survivent à l'arrêt des flux.** Quand plus rien ne circule, ce qui reste, c'est ce qui est stocké — et certains stocks durent des mois ou des années.\n\n**Les semences sont le long terme**, le grain est le moyen terme, le carburant est le court terme. Les trois comptent, dans cet ordre de priorité pour la survie d'un groupe.\n\n**Connaître ces lieux avant la crise est gratuit.** Les repérer, noter leurs coordonnées, estimer leur accessibilité — c'est un exercice de cartographie qui ne coûte rien et qui peut tout changer. Voir [[SURV-ORI-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-003","titre":"La fiche Phenix","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["phenix","fiche","documentation","format","contribuer","écrire","méthode"],"sources":["Documentation interne du projet Phenix — format de fiche et règles de rédaction"],"corps":"::Phenix n'est pas un livre fermé. C'est un corpus ouvert, et chaque fiche est un fichier texte lisible par n'importe quoi. Si vous savez lire une fiche, vous savez en écrire une — et le corpus grandit.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qu'est une fiche\n\nUne fiche Phenix est un fichier texte structuré qui traite **un seul sujet** — une action, un mécanisme, un événement. Pas un cours, pas un chapitre de livre. Un sujet, une fiche, autosuffisante.\n\nChaque fiche a trois parties : un en-tête (les métadonnées), une accroche (une phrase qui résume l'essentiel en une image), et le corps (le contenu structuré).\n\n### Les trois axes\n\n**Axe 1 — Mémoire.** Ce qui s'est passé. Le titre est un événement ou un fait historique. La fiche raconte un épisode et tire un enseignement.\n\n**Axe 2 — Technique.** Comment les choses fonctionnent. Le titre est un **nom** (mécanisme). La fiche explique un phénomène, un matériau, un processus. Pas de procédure d'urgence — c'est du savoir, pas de l'action.\n\n**Axe 3 — Survie.** Ce qu'il faut faire. Le titre est un **verbe** (action). La fiche donne des gestes, des protocoles, des procédures. La structure COMPRENDRE / AGIR / ADAPTER s'applique.\n\n### L'en-tête\n\nL'en-tête est en YAML entre deux lignes de trois tirets. Chaque champ est obligatoire sauf mention contraire.\n\n- **id** : identifiant unique (ex: TEC-MAT-004). Préfixe par catégorie (TEC, SURV, URG, SIG, MEM), suffixe par sous-domaine et numéro.\n- **titre** : le nom de la fiche. Nom pour l'Axe 2, verbe pour l'Axe 3.\n- **axe** : 1, 2 ou 3.\n- **categorie** : une des catégories existantes. En créer une nouvelle est exceptionnel.\n- **temps** : Flash (urgence immédiate), Court, Long.\n- **contexte** : 1 (seul), 2 (binôme), 2+ (groupe).\n- **risque** : Discret, Exposé.\n- **materiel** : Rien, Récupération, Technique.\n- **priorite** : flash, haute, normale.\n- **origine** : officielle (sources vérifiables), terrain (retour d'expérience).\n- **tags** : mots-clés entre crochets.\n- **sources** : liste de références entre crochets et guillemets.\n\n### L'accroche\n\nUne phrase entre doubles deux-points : celle qu'on retient quand on a oublié le reste. Assertive, visuelle, pas une définition de dictionnaire.\n\n### Le corps\n\n**Axe 3 :** trois sections obligatoires.\n- **COMPRENDRE** : pourquoi ce sujet compte, la mécanique sous-jacente.\n- **AGIR** : les gestes, numérotés, concrets, dans l'ordre.\n- **ADAPTER** : les variantes — quand les conditions changent, quand le matériel manque, quand ça ne se passe pas comme prévu.\n- **Ce qu'il faut retenir** : trois phrases maximum qui résument l'essentiel.\n\n**Axes 1 et 2 :** chapitres libres nommés selon le contenu. COMPRENDRE et AGIR sont fréquents mais pas obligatoires — c'est le sujet qui décide de la structure.\n\n### Les règles d'écriture\n\n- **Vouvoiement.** Toujours.\n- **Ton assertif.** Pas de « il est possible que » ni de « certains pensent que ». On affirme ou on ne dit pas.\n- **Pas de remplissage.** Chaque phrase apporte une information. Si une phrase ne dit rien de nouveau, elle n'a pas sa place.\n- **Cross-links.** Quand un sujet est traité dans une autre fiche, on y renvoie entre doubles crochets : un renvoi vers la fiche TEC-SAN-001 s'écrit en entourant son identifiant de doubles crochets. Le logiciel crée le lien automatiquement.\n- **Sources obligatoires.** Toute affirmation vérifiable doit être traçable.\n- **Pas de backticks ni de dollar-accolade dans le corps.** C'est une contrainte technique du format d'injection.\n\n## AGIR\n\n### Écrire votre première fiche\n\n**1.** Choisir un sujet que vous connaissez ou que vous pouvez documenter. Un sujet, pas un thème.\n\n**2.** Décider de l'axe. Si le sujet est « comment faire X » : Axe 3. Si c'est « comment X fonctionne » : Axe 2. Si c'est « ce qui s'est passé quand X » : Axe 1.\n\n**3.** Copier l'en-tête d'une fiche existante du même axe. Modifier les champs.\n\n**4.** Écrire l'accroche — la phrase qui reste.\n\n**5.** Rédiger le corps en suivant la structure de l'axe. Commencer par COMPRENDRE (pourquoi ce sujet compte), puis AGIR (quoi faire), puis ADAPTER (les variantes).\n\n**6.** Ajouter les sources. Au moins deux sources vérifiables.\n\n**7.** Relire en se demandant : « Si je n'avais que cette fiche et rien d'autre, pourrais-je agir ? » Si non, il manque quelque chose.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne trouvez pas de source.** Si le savoir vient de votre expérience directe, indiquer « origine: terrain » et décrire le contexte. Un retour d'expérience vaut une source quand il est honnête sur ses limites.\n\n**Le sujet est trop gros pour une fiche.** Le découper. La couture est une fiche, le vêtement en est une autre, le fil une troisième. Chacune se tient seule et renvoie aux autres.\n\n**Vous voulez proposer une fiche au projet.** Écrire le fichier au format décrit ci-dessus et le soumettre. Le corpus est ouvert aux contributions qui respectent le format et le ton.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Une fiche = un sujet, autosuffisant.** C'est la règle qui empêche le corpus de devenir un livre illisible.\n\n**L'axe décide de la structure, le sujet décide du contenu.** Axe 2 explique, Axe 3 fait agir, Axe 1 raconte pour transmettre.\n\n**Écrire une fiche, c'est contribuer au corpus.** Phenix est conçu pour grandir — chaque fiche ajoutée renforce le réseau des renvois et comble un trou.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-003","titre":"Cartographier un lieu","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cartographie","observation","repérage","exercice","terrain","gare","calque","caméra"],"sources":["Manuels d'observation tactique et de reconnaissance de terrain","Documentation sur la cartographie de terrain à main levée","Retours d'expérience sur la préparation et la connaissance des environnements urbains"],"corps":"::Celui qui connaît le terrain a un avantage sur celui qui le découvre. Et connaître le terrain, ce n'est pas y être passé — c'est l'avoir regardé en se demandant : si je devais revenir ici en crise, qu'est-ce que je chercherais ?::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi cartographier\n\nLa mémoire ne suffit pas. On passe dans une gare cent fois sans savoir où sont les armoires électriques, les sorties de secours, les locaux techniques, les caméras. En situation normale, c'est sans importance. En crise — panne de courant, évacuation, recherche de ressources — cette connaissance fait la différence entre celui qui cherche et celui qui sait.\n\nUn calque est un plan simplifié, dessiné à la main, avec des repères que vous avez choisis pour les questions que vous pourriez vous poser un jour. Ce n'est pas un plan d'architecte — c'est une carte de ce qui compte.\n\n### Ce qu'on repère\n\nCinq catégories, chacune avec un repère visuel simple :\n\n- **Eau (bleu).** Points d'eau : fontaines, sanitaires, bornes incendie, rivière, puits. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Énergie (jaune).** Tableaux électriques, transformateurs, panneaux solaires, groupes électrogènes, armoires techniques. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Accès et sorties (vert).** Entrées principales, sorties de secours, issues de service, accès aux toits, escaliers de secours, passages entre bâtiments.\n- **Danger (rouge).** Caméras de surveillance, zones exposées (sans couvert), points hauts qui dominent, zones potentiellement toxiques ou électriques.\n- **Stock et ressources (orange).** Locaux techniques, réserves commerciales, pharmacies, distributeurs, locaux de maintenance, extincteurs.\n\n## AGIR\n\n### Exercice 1 — La gare\n\nVous êtes en gare et vous attendez un train. Vous avez vingt à quarante minutes.\n\n**1.** Prendre une feuille et un stylo. Dessiner le plan vu d'en haut : les quais, les voies, le bâtiment voyageurs, les accès.\n\n**2.** Marcher dans la gare en observant. Noter :\n- Où sont les portes marquées « interdit au public » ou « local technique » ? Ce sont les locaux qui contiennent l'outillage et les batteries. Voir [[SURV-REC-012]].\n- Où sont les extincteurs et les bornes incendie ?\n- Où sont les caméras ? (Regarder aux angles des murs, sous les auvents, au-dessus des portes.)\n- Où sont les sorties de secours, les escaliers de service ?\n- Où sont les sanitaires (eau) ?\n- Y a-t-il des distributeurs automatiques, des commerces, une pharmacie ?\n- Les isolateurs sur les poteaux caténaires — de quel côté de la voie, à quelle hauteur ?\n\n**3.** Reporter sur le calque avec les repères de couleur. Un point suffit — pas besoin de dessiner l'objet, juste sa position et sa catégorie.\n\n**4.** Se poser la question : « Si je reviens ici dans le noir, sans électricité, et que je dois trouver de l'eau, de l'énergie ou une sortie, est-ce que mon calque me guide ? » Si non, il manque quelque chose.\n\n### Exercice 2 — Le centre commercial\n\nMêmes principes, en ajoutant :\n- Les issues de secours (souvent les seules portes utilisables quand les rideaux de fer sont baissés).\n- Les réserves derrière les magasins (les portes de service donnent sur les couloirs de livraison).\n- Les locaux techniques (au sous-sol le plus souvent : transformateur, chaufferie, local poubelles).\n- Les parkings souterrains (accès aux niveaux inférieurs, véhicules, carburant).\n\n### Exercice 3 — Votre quartier\n\nLe plus utile de tous. Sur un plan imprimé ou dessiné à la main :\n- Chaque point d'eau accessible (fontaine publique, borne incendie, rivière, puits, château d'eau).\n- Chaque source d'énergie visible (transformateur EDF — le boîtier vert sur les trottoirs — panneau solaire, éolienne).\n- Les bâtiments solides (béton, pierre) qui pourraient servir d'abri.\n- Les axes de circulation principaux et secondaires.\n- Les commerces avec stock (supermarché, pharmacie, quincaillerie).\n- Les angles morts — les endroits non visibles depuis les axes principaux.\n\n### Comment conserver le calque\n\nLe calque sur papier est le format le plus durable. Le photographier avec un téléphone donne une copie numérique facile à partager. Voir [[SIG-COM-008]] sur la durée des supports. Un calque plié dans un portefeuille ne pèse rien et peut tout changer.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez ni papier ni stylo.** Observer quand même. Nommer mentalement ce que vous voyez : « trois extincteurs côté est, local technique porte bleue sous l'escalier B, deux caméras au-dessus de la sortie nord. » La mémoire structurée retient mieux que le regard passif.\n\n**Vous voulez aller plus loin.** Chronométrer les distances (combien de secondes entre la sortie A et le local technique ?), compter les étages, estimer les stocks visibles. Plus le calque est précis, plus il est utile.\n\n**Quelqu'un vous demande ce que vous faites.** Vous dessinez. Vous passez le temps. Vous attendez votre train. L'observation n'est pas un délit, et un calque n'est pas un plan d'attaque — c'est un exercice de connaissance de votre environnement. Les militaires, les pompiers et les secouristes le font professionnellement. Voir [[SURV-DEF-001]].\n\n**Vous voulez impliquer des enfants.** C'est un jeu d'observation parfait pour les enfants : « Trouve tous les extincteurs de la gare. » « Compte les sorties. » « Dessine le plan de la maison avec les fenêtres et les portes. » Ils apprennent à observer, et le calque qu'ils produisent est une vraie contribution.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Observer activement un lieu qu'on traverse passivement** : c'est gratuit, c'est un exercice, et ça transforme un passant en quelqu'un qui connaît le terrain.\n\n**Cinq catégories suffisent** : eau, énergie, accès, danger, stock. Un point de couleur sur un plan à la main vaut mieux qu'aucune information.\n\n**Le calque de votre quartier est le plus important.** C'est le lieu où vous serez en cas de crise, et c'est celui que personne ne cartographie — parce que tout le monde croit le connaître.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-003","titre":"Le morse","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["morse","signal","communication","code","lumiere","radio","sos"],"sources":["UIT-R M.1677-1 — Code Morse international","Code international des signaux — signalisation lumineuse","COLREG, annexe IV — signaux de détresse","ARRL — apprentissage du morse, méthodes Koch et Farnsworth"],"corps":"::Le morse tient sur une page et s'apprend en une soirée. Il passe par tout ce qui s'allume, s'éteint, sonne ou se tape : une lampe, un miroir, un sifflet, un tuyau, un talkie-walkie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Deux signes, et des silences\n\nTout le code repose sur deux signes : le **point**, bref, et le **trait**, long. Le reste est une affaire de rythme, qui se compte en unités :\n\n- un point dure **une** unité, un trait **trois** ;\n- entre deux signes d'une même lettre : **une** unité de silence ;\n- entre deux lettres : **trois** unités ;\n- entre deux mots : **sept** unités.\n\n**Les silences portent autant de sens que les signaux.** Un message aux silences irréguliers devient illisible même quand chaque signe est juste. C'est la première chose à soigner, avant la vitesse.\n\nLe code a été pensé pour aller vite : les lettres les plus fréquentes ont reçu les codes les plus courts. E est un seul point, T un seul trait ; les lettres rares comme Q ou Y en demandent quatre.\n\n### Le code complet\n\n| Lettre | Code | Lettre | Code |\n|---|---|---|---|\n| A | • — | N | — • |\n| B | — • • • | O | — — — |\n| C | — • — • | P | • — — • |\n| D | — • • | Q | — — • — |\n| E | • | R | • — • |\n| F | • • — • | S | • • • |\n| G | — — • | T | — |\n| H | • • • • | U | • • — |\n| I | • • | V | • • • — |\n| J | • — — — | W | • — — |\n| K | — • — | X | — • • — |\n| L | • — • • | Y | — • — — |\n| M | — — | Z | — — • • |\n\n| Chiffre | Code | Chiffre | Code |\n|---|---|---|---|\n| 1 | • — — — — | 6 | — • • • • |\n| 2 | • • — — — | 7 | — — • • • |\n| 3 | • • • — — | 8 | — — — • • |\n| 4 | • • • • — | 9 | — — — — • |\n| 5 | • • • • • | 0 | — — — — — |\n\n### Décoder avec l'arbre\n\nPartez du haut. Chaque point vous envoie à gauche, chaque trait à droite. Là où le signal s'arrête, vous tenez votre lettre. C'est plus rapide que de chercher dans un tableau, et c'est ce que les débutants retiennent le plus vite.\n\n![L'arbre de décodage du morse](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 560 318" width="560" height="318">
<rect width="560" height="318" rx="10" fill="#F4F2EC"/>
<rect x="242" y="14" width="76" height="26" rx="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/>
<text x="280" y="31.5" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" letter-spacing="1.2" fill="#1F1D1A">DÉPART</text>
<line x1="280.0" y1="40" x2="140.0" y2="69" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="280.0" y1="40" x2="420.0" y2="69" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="140.0" y1="99" x2="70.0" y2="128" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="140.0" y1="99" x2="210.0" y2="128" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="420.0" y1="99" x2="350.0" y2="128" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="420.0" y1="99" x2="490.0" y2="128" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="70.0" y1="156" x2="35.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="70.0" y1="156" x2="105.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="210.0" y1="156" x2="175.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="210.0" y1="156" x2="245.0" y2="187" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="350.0" y1="156" x2="315.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="350.0" y1="156" x2="385.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="490.0" y1="156" x2="455.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="490.0" y1="156" x2="525.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="35.0" y1="213" x2="17.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="35.0" y1="213" x2="52.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="105.0" y1="213" x2="87.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="175.0" y1="213" x2="157.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="245.0" y1="213" x2="227.5" y2="247" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="245.0" y1="213" x2="262.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="315.0" y1="213" x2="297.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="315.0" y1="213" x2="332.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="385.0" y1="213" x2="367.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="385.0" y1="213" x2="402.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="455.0" y1="213" x2="437.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="455.0" y1="213" x2="472.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><circle cx="140.0" cy="84" r="15" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="140.0" y="89.4" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="16" font-weight="700" fill="#FFFFFF">E</text><circle cx="420.0" cy="84" r="15" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="420.0" y="89.4" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="16" font-weight="700" fill="#1F1D1A">T</text><circle cx="70.0" cy="142" r="14" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="70.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#1F1D1A">I</text><circle cx="210.0" cy="142" r="14" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="210.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#FFFFFF">A</text><circle cx="350.0" cy="142" r="14" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="350.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#1F1D1A">N</text><circle cx="490.0" cy="142" r="14" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="490.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#1F1D1A">M</text><circle cx="35.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="35.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">S</text><circle cx="105.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="105.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">U</text><circle cx="175.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="175.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">R</text><circle cx="245.0" cy="200" r="13" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="245.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#FFFFFF">W</text><circle cx="315.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="315.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">D</text><circle cx="385.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="385.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">K</text><circle cx="455.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="455.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">G</text><circle cx="525.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="525.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">O</text><circle cx="17.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="17.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">H</text><circle cx="52.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="52.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">V</text><circle cx="87.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="87.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">F</text><circle cx="157.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="157.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">L</text><circle cx="227.5" cy="258" r="11" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="227.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#FFFFFF">P</text><circle cx="262.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="262.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">J</text><circle cx="297.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="297.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">B</text><circle cx="332.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="332.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">X</text><circle cx="367.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="367.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">C</text><circle cx="402.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="402.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">Y</text><circle cx="437.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="437.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">Z</text><circle cx="472.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="472.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">Q</text>
<line x1="22" y1="294" x2="52" y2="294" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/>
<text x="60" y="298" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11.5" fill="#1F1D1A">point = à gauche</text>
<line x1="180" y1="294" x2="210" y2="294" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/>
<text x="218" y="298" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11.5" fill="#1F1D1A">trait = à droite</text>
<text x="538" y="298" text-anchor="end" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#A9660F">exemple : • — — • = P</text>
</svg>)\n\n### Les signaux qui servent vraiment\n\n- **SOS** : • • • — — — • • •, envoyé **d'un bloc, sans silence entre les lettres**, puis répété. C'est le signal de détresse international, par radio comme par tout autre moyen.\n- **R** (• — •) : reçu, compris.\n- **K** (— • —) : à vous, j'attends votre réponse.\n- **AR** (• — • — •, d'un bloc) : fin du message.\n- **Le point d'interrogation** (• • — — • •) : répétez, je n'ai pas compris.\n- **Huit points** (• • • • • • • •) : erreur, je reprends le mot.\n\n## AGIR\n\n### Envoyer\n\n1. **Écrivez le message d'abord**, le plus court possible. Chaque lettre coûte du temps et de l'attention, des deux côtés.\n2. **Appelez** : une suite de A (• —) jusqu'à ce que l'autre réponde par des T (—). C'est la procédure des signaux lumineux en mer, et elle se comprend partout.\n3. **Allez lentement.** Cinq mots par minute suffisent. Un signe net vaut mieux que dix signes brouillés.\n4. **Tenez le rythme** : un, trois, un, trois, sept. Comptez dans votre tête au début.\n5. **Terminez par AR**, et attendez **R**. Sans réponse, recommencez le message entier.\n\n### Recevoir\n\n1. **Notez tout, tout de suite**, en points et en traits, sans essayer de décoder pendant l'écoute. Un espace entre les lettres, une barre entre les mots.\n2. **Décodez ensuite**, au calme, avec l'arbre ou le tableau.\n3. **Une lettre illisible ne bloque pas le mot.** Laissez un blanc : le sens se reconstruit souvent tout seul.\n4. **Répondez R** si tout est clair, **le point d'interrogation** pour faire répéter.\n\n### Apprendre en une soirée\n\n- **Apprenez par l'oreille, pas par les yeux.** A se dit « ti-taa », B « taa-ti-ti-ti ». Une lettre se reconnaît à son air, d'un bloc ; compter les points ne marche plus dès que ça va un peu vite.\n- **Commencez par les lettres courtes** : E et T, puis I A N M, puis S U R W D K G O. En une heure, vous tenez la moitié de l'alphabet.\n- **Des lettres rapides, de longs silences.** Chaque lettre à sa vitesse normale, mais beaucoup d'espace entre elles au début : c'est la méthode Farnsworth, et elle évite de prendre un mauvais rythme qu'il faudrait désapprendre.\n- **Dix minutes par jour valent mieux qu'une heure par semaine.**\n\n## ADAPTER\n\n**Avec une lampe.** Lampe de poche, phares, bougie masquée par la main. De nuit, une lampe se voit à plusieurs kilomètres. Visez l'autre et gardez la lampe immobile. **Émettre de la lumière, c'est se montrer** : la décision se prend comme dans [[SIG-COM-001]].\n\n**Avec le soleil.** Un miroir envoie des éclats visibles de très loin par temps clair. Masquez et démasquez avec la main plutôt que de bouger le miroir : la visée reste en place. La technique de visée est dans [[SIG-COM-001]].\n\n**Avec un son.** Sifflet, klaxon, cloche. Un son porte moins loin qu'une lumière de nuit, mais il contourne les obstacles et ne demande pas de se voir.\n\n**En tapant.** Sur un tuyau, une cloison, une coque de bateau : le métal porte le son très loin dans un bâtiment. Un trait est difficile à taper ; remplacez-le par deux coups rapprochés ou par un grattement, **à condition d'en convenir avant**.\n\n**Avec un talkie-walkie.** Appuyez sur l'alternat bref et long sans parler : l'autre entend le canal s'ouvrir et se fermer. Cela passe parfois quand la voix ne passe plus, dans le bruit ou en limite de portée — voir [[SIG-COM-002]].\n\n**Vous voulez rester discret.** Une lumière vue par celui à qui elle est destinée l'est aussi par tous ceux qui se trouvent dans l'axe. Masquez la lampe par l'arrière et les côtés, émettez court, changez d'emplacement — voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Vous êtes plusieurs à l'apprendre.** Convenez d'abréviations pour ce qui revient souvent : lieux, heures, prénoms. Un code privé raccourcit le morse, il ne le remplace pas.\n\n**Vous avez tout oublié.** Il reste SOS, que tout le monde connaît : trois brèves, trois longues, trois brèves, d'un bloc, et on recommence.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-019","titre":"Un moteur qui ne démarre pas","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteur","mecanique","panne","vehicule","reparation"],"sources":["Robert Bosch GmbH — Automotive Handbook","US Army TM 9-8000 — Principles of Automotive Vehicles"],"corps":"::Un moteur à essence ne démarre que s'il réunit quatre choses : du carburant, de l'air, une étincelle et de la compression. Quand il refuse, il en manque une. Cherchez laquelle, dans l'ordre.::\n\n## AGIR\n\n**Écoutez d'abord ce qui se passe quand vous lancez le moteur.** C'est le tri le plus rapide, et il ne demande aucun outil.\n\n1. **Rien, ou un seul clic sec.** Le démarreur ne tourne pas : le problème est électrique. Voyants très faibles ou qui s'éteignent : batterie vide. Voyants normaux mais un clic : cosse desserrée ou oxydée, relais ou démarreur. **Nettoyez et resserrez les deux cosses de la batterie avant toute autre chose**, c'est la panne la plus fréquente — voir [[SURV-REC-007]].\n2. **Le moteur tourne, mais de plus en plus lentement.** Batterie faible, souvent à cause du froid. Laissez-la reposer une minute entre deux essais, ou démarrez avec des câbles (voir ADAPTER).\n3. **Le moteur tourne à vitesse normale mais ne part pas.** La batterie et le démarreur vont bien. Il manque du carburant, une étincelle ou de l'air : continuez.\n4. **Le moteur tourne plus vite et plus facilement que d'habitude, avec un bruit régulier.** Arrêtez tout de suite. C'est le signe classique d'une courroie de distribution cassée : sur beaucoup de moteurs, chaque nouvel essai peut tordre les soupapes.\n\n**Carburant.**\n\n5. **Vérifiez le niveau réel, pas la jauge.** Une jauge peut mentir, surtout après une longue immobilisation.\n6. **Écoutez la pompe.** Sur la plupart des moteurs à injection, une pompe électrique bourdonne une ou deux secondes quand on met le contact. Silence complet : fusible, relais ou pompe.\n7. **Regardez une bougie.** Après quelques tentatives, dévissez-en une. **Humide et qui sent l'essence** : le carburant arrive, cherchez du côté de l'étincelle, ou le moteur est noyé. **Sèche** : le carburant n'arrive pas.\n\n**Étincelle.**\n\n8. **Testez l'allumage avec un testeur d'étincelle** branché entre le fil et la bougie, s'il y en a un sous la main : il doit clignoter franchement pendant que le moteur tourne. Pas d'éclair : bobine, fil, capteur ou alimentation de l'allumage. Sans testeur, une bougie noire, grasse ou dont les électrodes sont rongées se change avant de chercher plus loin.\n\n**Air.**\n\n9. **Suivez le chemin de l'air**, de l'entrée du filtre jusqu'au pot d'échappement. Un filtre gorgé d'eau, une durite d'admission débranchée ou un pot bouché par de la boue, de la neige ou un chiffon suffisent à empêcher un démarrage.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn moteur thermique brûle un mélange d'air et de carburant dans un cylindre fermé, et transforme cette poussée en rotation — le fonctionnement complet est dans [[TEC-MOTH-001]]. Pour que ça démarre, les quatre conditions doivent être réunies **en même temps** : le bon mélange, comprimé, et enflammé au bon moment.\n\nLe démarreur ne fait que lancer ce cycle. Tant qu'il tourne normalement, la batterie et le démarreur sont hors de cause, et le problème se trouve dans l'une des quatre conditions. C'est pour cela que l'ordre compte : on élimine d'abord ce qui est simple et fréquent, et on garde pour la fin ce qui demande de démonter.\n\n**Le diesel est différent.** Il n'a pas de bougies d'allumage : c'est la chaleur de l'air fortement comprimé qui enflamme le gazole. Ses pannes de démarrage viennent donc du froid (préchauffage), d'air entré dans le circuit de carburant, ou d'un gazole figé par le gel qui bouche le filtre.\n\n## ADAPTER\n\n**Le moteur est noyé.** Forte odeur d'essence, bougies mouillées. Attendez dix à quinze minutes que l'excès s'évapore. Sur beaucoup de voitures à injection, relancer le moteur **accélérateur enfoncé à fond** coupe l'injection pendant le démarrage et aide à le dénoyer.\n\n**C'est un diesel.** Attendez que le voyant de préchauffage s'éteigne avant de lancer le moteur, et recommencez deux ou trois fois par temps froid. Après une panne sèche, il faut chasser l'air du circuit : beaucoup de filtres ont une petite pompe d'amorçage manuelle à actionner jusqu'à ce qu'elle devienne dure.\n\n**Il fait très froid.** Une batterie perd une grande partie de sa puissance par grand froid et l'huile épaissit. Ramener la batterie au chaud pour la nuit suffit souvent pour le démarrage du matin.\n\n**C'est un petit moteur** (tondeuse, groupe électrogène, tronçonneuse). Les mêmes quatre conditions s'appliquent. Le coupable le plus courant est une **essence restée plusieurs mois** dans le réservoir : elle perd ses composants les plus volatils et encrasse le carburateur. Vidangez-la et remplacez-la par de l'essence fraîche.\n\n**Vous avez une batterie de secours.** Branchez les câbles dans cet ordre : rouge sur le + de la batterie à plat, rouge sur le + de la batterie saine, noir sur le − de la batterie saine, et enfin noir sur une **partie métallique nue du moteur en panne**, loin de sa batterie. Démarrez le véhicule qui fonctionne, puis l'autre. Débranchez dans l'ordre inverse.\n\n**Vous n'avez rien de tout ça, et une boîte manuelle.** Démarrez en poussant : contact mis, deuxième vitesse engagée, embrayage enfoncé. À la vitesse d'un pas de course, relâchez l'embrayage d'un coup, puis débrayez dès que le moteur prend. Cela ne marche pas avec une boîte automatique.","langue":"fr"},{"id":"URG-INC-002","titre":"Se servir d'un extincteur","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"flash","tags":["urgence","feu","extincteur","recuperation"],"sources":["NFPA 10 — Standard for Portable Fire Extinguishers","Normes EN 2 et EN 3 — classes de feux et extincteurs portatifs","OSHA — Portable fire extinguishers, méthode PASS","INRS — Prévention des incendies sur le lieu de travail"],"corps":"::Un extincteur se vide en une dizaine de secondes. Il éteint un départ de feu, pas un incendie : tout se joue dans les premières minutes, et sur le bon geste du premier coup.::\n\n## AGIR\n\n1. **Décidez en deux secondes.** Vous n'attaquez que si le feu est plus petit que vous, que la fumée reste au-dessus de votre tête et que la sortie est **dans votre dos**. Sinon, sortez et fermez la porte : voir [[URG-INC-001]]. Dans tous les cas, faites appeler les secours.\n2. **Lisez la lettre.** Sur l'étiquette : **A** solides (bois, papier, tissu), **B** liquides (essence, solvants), **C** gaz, **F** huiles de cuisson. L'extincteur à poudre **ABC**, le plus courant, couvre presque tout sauf la friteuse.\n3. **Dégoupillez.** Tirez la goupille, en la tournant si un plomb la retient. **Si l'extincteur a une tête ronde sur le dessus** (modèle à cartouche), frappez-la d'un coup sec du plat de la main et attendez deux secondes qu'il se mette en pression. Sans ce geste, la gâchette ne donne rien.\n4. **Faites un essai d'une demi-seconde** vers le sol, avant d'approcher. Vous saurez qu'il marche et jusqu'où il porte.\n5. **Visez la base des flammes**, pas les flammes. À deux ou trois mètres pour la poudre et l'eau, à un mètre pour le CO₂.\n6. **Balayez** de gauche à droite, par petites pressions, en avançant à mesure que le feu recule. En extérieur, le vent dans le dos.\n7. **Reculez sans tourner le dos** une fois le feu éteint, et surveillez : ça peut repartir. S'il est vide et que le feu brûle encore, **sortez et fermez la porte**.\n\n**CO₂ : tenez la poignée, jamais le diffuseur.** Le gaz sort à −78 °C et gèle la peau au contact.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une friteuse ou une poêle.** Jamais d'eau, jamais d'extincteur à eau sans la lettre F. Coupez le feu, couvrez avec un couvercle ou une couverture anti-feu, et laissez couvert une demi-heure : l'huile se rallume si on regarde trop tôt.\n\n**C'est électrique.** Coupez le courant d'abord ([[URG-RES-001]]). Ensuite CO₂ ou poudre. Le CO₂ ne laisse rien ; la poudre sauve le bâtiment mais ronge les circuits.\n\n**C'est du gaz.** On ferme la vanne ([[URG-RES-001]]), on n'éteint pas la flamme. Une flamme de gaz éteinte avec la fuite ouverte remplit la pièce, et la moindre étincelle fait tout exploser. Si la vanne est hors d'atteinte : sortez.\n\n**C'est une voiture.** N'ouvrez pas le capot en grand : l'air frais relance le feu. Visez par l'entrebâillement, la calandre ou les passages de roue, puis éloignez-vous. Voiture électrique ou batterie lithium : un extincteur ne l'arrête pas, reculez loin.\n\n**Une personne brûle.** Faites-la se coucher et rouler, étouffez avec une couverture ou un manteau. Jamais de CO₂ sur quelqu'un. Puis refroidissez les brûlures, voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Petite pièce, poudre.** Le nuage aveugle et irrite en quelques secondes. Gardez la sortie en vue, et aérez avant d'y revenir.\n\n**Vous n'avez pas d'extincteur.** Un couvercle, une couverture, un manteau en laine mouillé et essoré pour étouffer. Du bicarbonate de soude ou du sel sur un petit feu de graisse. **Jamais de farine** : en nuage, elle s'enflamme. Du sable ou de la terre sur un liquide renversé dehors. Le seau d'eau, seulement sur du bois, du papier ou du tissu.\n\n**Vous trouvez un extincteur** dans une épave ou un bâtiment abandonné. L'aiguille du manomètre doit être dans le vert. Sans manomètre, comparez son poids à celui marqué sur l'étiquette. Goupille et plomb en place, tuyau souple et non fendu, pas de rouille au fond : un corps rouillé sous pression peut céder. **Retournez-le et secouez-le** : la poudre doit bouger ; tassée, elle ne sortira pas. Un extincteur qui a déjà servi, même une seconde, perd lentement sa pression : considérez-le vide.\n\n**C'est un vieux modèle en laiton à pompe, ou une boule de verre.** Ne l'utilisez pas en intérieur. Beaucoup contiennent du tétrachlorure de carbone, toxique, qui forme du phosgène au contact d'une surface chaude.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu tient sur quatre choses : un combustible, de la chaleur, de l'oxygène, et une réaction en chaîne qui s'entretient dans les flammes. Chaque extincteur en retire une, et c'est ce qui décide où l'utiliser.\n\n**L'eau refroidit.** Elle pénètre le bois et le tissu, et fait passer le combustible sous sa température d'inflammation. Sur de l'huile chaude, elle se vaporise d'un coup, prend environ 1 700 fois plus de place, et projette l'huile en feu dans la pièce.\n\n**Le CO₂ chasse l'oxygène** autour des flammes. Il ne laisse aucune trace, ce qui en fait l'ami de l'électronique, mais il se disperse vite : ce qui était brûlant peut se rallumer dès qu'il est parti. Il porte à un mètre, pas plus.\n\n**La poudre casse la réaction en chaîne.** C'est pour ça qu'elle éteint presque tout, et vite. La poudre ABC fond en plus sur les braises et forme une croûte qui empêche l'air de revenir. Le prix : un nuage qui aveugle, et un résidu qui devient acide avec l'humidité. Nettoyez vite l'électronique.\n\n**L'agent F**, pour les huiles, réagit avec l'huile chaude et forme une couche savonneuse qui l'isole de l'air.\n\n**Pourquoi la base.** Ce qui brûle, ce sont les gaz qui s'échappent du combustible chauffé. Les flammes n'en sont que la partie visible ; les viser, c'est arroser l'air. À la base, on frappe la surface qui fabrique ces gaz.\n\n**Pourquoi si peu de temps.** Un extincteur de 6 kg de poudre se vide en une dizaine de secondes, un 2 kg de CO₂ encore plus vite. Il est fait pour la corbeille qui s'enflamme, la friteuse, le moteur qui se met à fumer : un départ de feu. Après quelques minutes, un feu de pièce dépasse ce qu'un extincteur peut absorber, et la seule réponse est celle de [[URG-INC-001]].\n\n**Les lettres changent selon le pays.** En Europe, C veut dire gaz. Aux États-Unis, C veut dire électrique, et les huiles de cuisson sont K au lieu de F.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-020","titre":"Ouvrir une conserve sans ouvre-boîte","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["conserve","alimentation","recuperation","outil"],"sources":["USDA Food Safety and Inspection Service — Shelf-stable food safety, dented and swollen cans","OMS — Botulisme, fiche d'information","Brevet britannique de Peter Durand (1810) et brevet américain d'Ezra Warner (1858)"],"corps":"::Une boîte de conserve a un point faible : son serti, la bordure repliée du couvercle. Usez-le, et le couvercle se soulève tout seul, sans couteau et sans éclat de métal dans la nourriture.::\n\n## AGIR\n\n**Regardez d'abord la boîte** : bombée, fuyante ou rouillée en profondeur, elle ne s'ouvre pas, elle se jette. Voir ADAPTER.\n\n**La méthode du béton, la plus sûre.**\n\n1. **Trouvez une surface plate et rugueuse** : dalle de béton, trottoir, pierre, parpaing, brique.\n2. **Retournez la boîte**, couvercle contre la pierre.\n3. **Frottez en rond ou en huit** en appuyant fermement, trente secondes à une minute. Vous usez le bourrelet du serti, pas le couvercle.\n4. **Regardez souvent** : dès qu'un peu de liquide apparaît sur la pierre, arrêtez. Le serti est traversé.\n5. **Pressez les flancs de la boîte** : le couvercle se décolle. Soulevez-le avec la pointe d'un couteau ou d'une cuillère, jamais avec les doigts : le bord coupe.\n6. **Essuyez le haut de la boîte** avant de servir : il reste de la poussière de pierre.\n\n**Avec une cuillère en métal.** Tenez-la par le manche, la pointe du cuilleron contre le couvercle, juste à l'intérieur du rebord. Frottez vite, en va-et-vient, toujours au même endroit : le métal s'amincit puis cède. Agrandissez le trou en suivant le bord, puis soulevez.\n\n**Avec un couteau, en dernier recours.** C'est la méthode qui blesse le plus. Lame courte et solide, jamais un couteau fin. Posez la pointe à l'intérieur du rebord et enfoncez-la en tapant le manche avec une pierre ou un objet dur, **jamais avec la paume** : la main glisse sur la lame. Puis avancez par petits leviers autour du couvercle, l'autre main loin de la trajectoire.\n\n## ADAPTER\n\n**La boîte est bombée, ou gicle à l'ouverture.** Ne goûtez pas, même pour vérifier. Une boîte gonflée peut contenir la toxine du botulisme, mortelle à dose infime, sans goût ni odeur. Jetez-la fermée, hors de portée des animaux. Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n**Elle est cabossée.** Une petite bosse sur le corps, ça passe. Une bosse sur le serti du haut ou du bas, ou un pli net, non : l'étanchéité a pu céder.\n\n**Elle est rouillée.** Une rouille de surface qui s'essuie, ça passe. Une rouille qui creuse ou qui a percé, non.\n\n**Elle est vieille.** Une boîte intacte, stockée au sec et à l'abri du gel et de la chaleur, reste sûre bien après sa date : c'est surtout le goût et les vitamines qui baissent. Les aliments acides (tomates, fruits) s'abîment plus vite que les légumes et la viande. C'est l'état de la boîte qui décide, pas la date.\n\n**La languette a cassé.** Repartez du trou qu'elle a amorcé et continuez à la cuillère, le long du bord.\n\n**Vous voulez chauffer dans la boîte.** Ouvrez-la d'abord, ou au moins percez le couvercle : une boîte fermée posée sur le feu peut éclater et projeter son contenu brûlant. Retirez l'étiquette en papier et chauffez au bord des braises, pas dans la flamme.\n\n**La boîte vide sert encore.** Un bord bien écrasé contre la pierre ne coupe plus : elle devient gobelet, casserole ou lanterne. Voir [[SURV-FEU-001]] pour le feu.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi le béton marche.** Un couvercle de conserve n'est pas soudé : il est serti. Le bord du couvercle et celui du corps sont repliés l'un dans l'autre, puis écrasés, avec un joint à l'intérieur. Ce bourrelet dépasse du couvercle de quelques millimètres. En frottant la boîte retournée sur une surface abrasive, vous usez ce bourrelet et lui seul, jusqu'à ouvrir le repli. Le couvercle ne tient alors plus à rien.\n\n**Pourquoi c'est plus sûr qu'un couteau.** La lame dérape sur un métal lisse et courbe, et la main qui tient la boîte est exactement sur son chemin. Le frottement ne pousse rien vers la main, et ne laisse ni éclats ni bords en dents de scie.\n\n**Une histoire à l'envers.** La boîte en fer a été brevetée en 1810, en Angleterre. Le premier ouvre-boîte, en 1858, aux États-Unis. Pendant près de cinquante ans, soldats et marins ont ouvert leurs rations au marteau et au burin, à la baïonnette ou à la pierre ; certaines boîtes portaient même la consigne de s'y prendre ainsi. Il a fallu que le métal s'amincisse pour qu'un outil de poche devienne possible.\n\n**Ce que dit une boîte bombée.** Une conserve est stérilisée et fermée sans air. Si des bactéries ont survécu, ou sont entrées par un défaut du serti, elles se multiplient et produisent du gaz : c'est lui qui pousse le couvercle. Le danger n'est pas le gaz, c'est ce qui l'a fabriqué. Le botulisme est rare parce que la stérilisation industrielle est très sûre ; quand il survient, il reste grave.","langue":"fr"},{"id":"URG-RES-001","titre":"Couper l'eau, le gaz et l'électricité","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","maison","gaz","eau","electricite","fuite"],"sources":["FEMA, Ready.gov — Utility shut-off and safety","GRDF — Que faire en cas d'odeur de gaz","Protection civile — Se préparer aux inondations et aux séismes"],"corps":"::Trois gestes arrêtent la plupart des catastrophes domestiques : fermer une vanne, basculer un levier, tourner un robinet. Encore faut-il savoir où ils sont avant d'en avoir besoin.::\n\n## AGIR\n\n**Ça sent le gaz.**\n\n1. **Ne touchez à aucun interrupteur**, ni pour allumer ni pour éteindre. Pas de flamme, pas de sonnette, pas d'appel à l'intérieur.\n2. **Ouvrez les fenêtres** en passant, sans vous attarder.\n3. **Fermez la vanne de gaz** si elle est sur votre chemin : près du compteur, un quart de tour. **Poignée en travers du tuyau : fermé.**\n4. **Sortez tout le monde**, laissez la porte ouverte.\n5. **Appelez depuis dehors**, loin de la maison : le numéro d'urgence gaz, ou les pompiers.\n\n**L'eau coule et ne s'arrête pas.** Fermez le robinet d'arrêt général, souvent près du compteur : cave, sous l'évier, placard technique, ou regard au sol dehors. Tournez **dans le sens des aiguilles d'une montre**. Puis coupez l'électricité si l'eau approche des prises ou du tableau.\n\n**Il faut couper le courant.** Au tableau, basculez l'interrupteur général ou le disjoncteur de branchement, souvent près du compteur. **Mains sèches, pieds au sec.** Si le tableau est déjà dans l'eau : n'y allez pas, sortez et appelez.\n\n**Avant tout, aujourd'hui :** trouvez les trois. Étiquetez-les, laissez une clé à molette près de la vanne de gaz si elle en demande une, et notez l'emplacement dans une fiche à vous, avec une photo.\n\n## ADAPTER\n\n**Après avoir coupé le gaz**, ne le rouvrez pas vous-même. Chaque appareil doit être vérifié et rallumé : c'est le travail d'un professionnel, et la règle dans beaucoup de pays.\n\n**Séisme.** Ne coupez le gaz que si vous le sentez ou l'entendez siffler. Une coupure « par précaution » vous laisse sans chauffage jusqu'au passage d'un technicien, qui aura mille autres maisons à voir.\n\n**Inondation qui arrive.** Coupez l'électricité **avant** que l'eau n'entre, tant que le tableau est au sec. Ensuite, ne rétablissez rien tant qu'un électricien n'a pas vu l'installation.\n\n**Incendie.** Coupez le courant si c'est sur votre chemin de sortie, jamais en remontant. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**Le robinet d'eau est grippé.** Un robinet jamais manœuvré se bloque avec le calcaire. Forcez doucement, par petits allers-retours, sans rallonge sur la clé : un vieux robinet qui casse, c'est une fuite qu'on ne peut plus arrêter. En dernier recours, le robinet du compteur côté rue, ou le service des eaux.\n\n**Vous videz les tuyaux ou le ballon d'eau chaude.** Coupez d'abord l'alimentation du chauffe-eau : une résistance électrique à sec grille en quelques minutes.\n\n**Vous êtes en appartement.** Le compteur et la vanne de gaz sont souvent sur le palier ou dans une gaine technique, parfois communs à l'immeuble. Repérez aussi ceux de l'immeuble, et qui en a la clé.\n\n**Remettre le courant.** Rallumez l'interrupteur général, puis les disjoncteurs un par un. Si l'un d'eux saute aussitôt, laissez-le coupé : le défaut est sur ce circuit.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi aucun interrupteur.** Un interrupteur fait une petite étincelle à chaque fois que ses contacts s'ouvrent ou se ferment, même pour éteindre. Le gaz naturel s'enflamme quand il fait entre 5 et 15 % de l'air environ : une pièce qui sent fort peut être en plein dans cette zone. Une sonnette, un téléphone, un moteur de frigo qui démarre font la même étincelle.\n\n**Pourquoi ça sent.** Le gaz naturel n'a aucune odeur. On y ajoute un produit soufré, à l'odeur d'œuf pourri, exprès pour qu'une fuite se remarque à des doses bien plus faibles que celles qui explosent.\n\n**Pourquoi un quart de tour.** La vanne de gaz est une boule percée d'un trou. La poignée est toujours alignée sur le trou : dans l'axe du tuyau, le gaz passe ; en travers, il est bloqué. Pas besoin de lire une étiquette, ni de lumière.\n\n**Pourquoi l'eau et le courant ensemble.** L'eau conduit l'électricité. Un tableau ou une multiprise qui baigne peut mettre toute l'eau de la pièce sous tension, sans rien qui se voie. C'est pour ça qu'on coupe le courant avant d'entrer dans une cave inondée, et jamais en marchant dans l'eau.\n\n**Pourquoi les repérer maintenant.** Une fuite d'eau d'un gros tuyau lâche des dizaines de litres par minute. Le temps de chercher la vanne à la lampe de poche, le plafond du dessous est tombé. Les trois emplacements tiennent en trois lignes : c'est la fiche la plus courte et la plus rentable que vous écrirez.","langue":"fr"},{"id":"URG-VEH-001","titre":"Sortir d'une voiture qui coule","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","voiture","eau","noyade"],"sources":["Gordon Giesbrecht, Université du Manitoba — recherches sur les véhicules immergés, méthode SWOC","Lifesaving Society Canada — Vehicle submersion","National Weather Service — Turn Around Don't Drown"],"corps":"::Une voiture qui tombe à l'eau flotte environ une minute. C'est la seule minute où l'on sort facilement : par la fenêtre, pas par la porte, et sans appeler personne avant.::\n\n## AGIR\n\nRetenez quatre mots, dans l'ordre : **ceinture, fenêtre, enfants, dehors.**\n\n1. **Ceinture.** Détachez la vôtre tout de suite. Pas de téléphone : l'appel attendra d'être dehors.\n2. **Fenêtre.** Ouvrez la vitre latérale **immédiatement**, pendant que la voiture flotte : les vitres électriques marchent souvent encore. Si elle ne s'ouvre pas, cassez-la, jamais le pare-brise (voir ADAPTER).\n3. **Enfants.** Détachez-les, **le plus grand d'abord** : il pourra aider et sortir seul. Faites-les passer par la fenêtre, devant vous.\n4. **Dehors.** Sortez par la fenêtre, montez sur le toit si le courant l'impose, puis rejoignez la rive. Appelez les secours une fois hors de l'eau.\n\n**N'essayez pas la porte.** Dès que l'eau touche le bas des vitres, la pression la plaque fermée. On y perd les secondes qui comptent.\n\n## ADAPTER\n\n**La vitre ne s'ouvre pas.** Frappez un coin de la vitre latérale, pas le centre, avec un brise-vitre : marteau à pointe ou poinçon à ressort, rangé à portée de main du conducteur, pas au fond de la boîte à gants. Le verre trempé éclate d'un coup en petits morceaux.\n\n**Vos vitres latérales sont en verre feuilleté.** De plus en plus de voitures en ont : elles ne se brisent pas, même au brise-vitre. Regardez aujourd'hui l'inscription gravée dans le coin de chaque vitre. Si elles sont feuilletées, la seule issue est d'ouvrir la vitre tant qu'elle marche : pas une seconde à perdre.\n\n**La voiture est déjà sous l'eau, vitres fermées.** Dernier recours. Attendez que l'eau monte presque au plafond : la pression s'égalise. Prenez une grande inspiration, ouvrez la porte ou la vitre, et sortez en vous tirant vers le haut. Chacun garde une main sur quelqu'un.\n\n**Vous êtes témoin.** N'entrez pas dans l'eau si vous ne pouvez pas atteindre la voiture sans risque. Appelez les secours, donnez l'endroit exact, et guidez les gens vers la rive à la voix. Voir [[URG-INO-001]] pour l'eau courante.\n\n**La personne sortie de l'eau ne respire pas.** Commencez la réanimation tout de suite, voir [[URG-CARD-001]]. Une personne noyée en eau froide peut être réanimée bien plus longtemps qu'on ne le croit. Ensuite, réchauffez-la : [[URG-HYPO-001]].\n\n**La route est inondée.** Le meilleur moyen de ne pas couler, c'est de ne pas y entrer. Trente centimètres d'eau qui coule suffisent à emporter une voiture : faites demi-tour.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi la porte ne s'ouvre pas.** L'eau pousse sur toute la surface de la portière, et d'autant plus fort qu'elle est profonde. Quand elle arrive au bas des vitres, elle pèse déjà deux à trois cents kilos sur la porte, alors que l'intérieur est encore plein d'air. Une fois la voiture sous l'eau, c'est plus d'une tonne. La vitre, elle, n'a qu'à descendre ou céder.\n\n**Pourquoi une minute.** Une voiture est une boîte remplie d'air : elle flotte, le temps que l'eau entre par les joints, les grilles et le plancher. Selon le véhicule, cette phase dure de trente secondes à deux minutes environ. Pendant ce temps, les vitres sont encore hors de l'eau. C'est la fenêtre de sortie, au sens propre.\n\n**Pourquoi pas le téléphone.** Composer, attendre, expliquer : c'est une minute entière. Lors des essais en conditions réelles, ceux qui appellent d'abord ratent la phase de flottaison. Dehors, on appelle ; dedans, on sort.\n\n**Pourquoi pas le pare-brise.** Il est toujours en verre feuilleté : deux couches de verre collées sur un film plastique, faites pour ne pas s'ouvrir lors d'un choc. Il se fissure, il ne cède pas.\n\n**Pourquoi le plus grand des enfants d'abord.** Un enfant plus âgé peut se tenir à la fenêtre ou au toit pendant qu'on détache le suivant. Un bébé détaché en premier doit être tenu, et on perd une main.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-021","titre":"Récupérer sur un ordinateur portable","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","electronique","batterie","lithium","signal"],"sources":["Battery University — cellules lithium-ion : décharge profonde, stockage, sécurité","INRS — Batteries au lithium : risques d'incendie","iFixit — guides de démontage d'ordinateurs portables"],"corps":"::Un ordinateur portable mort contient une batterie, des aimants parmi les plus puissants qui existent, un miroir parfait et un écran. À condition de savoir quoi garder, et quoi ne jamais percer.::\n\n## AGIR\n\n1. **Essayez-le d'abord.** Un portable qui démarre, avec son chargeur, vaut bien plus entier : il lit des cartes hors ligne, des documents, une bibliothèque comme Phenix. Ne démontez que ce qui est vraiment mort.\n2. **Débranchez la batterie avant tout.** Elle se trouve sous le clavier ou sous la coque du dessous. Déclipsez son connecteur **avant** de toucher quoi que ce soit d'autre.\n3. **Regardez-la.** Gonflée, percée, chaude, ou qui sent le solvant : ne l'ouvrez pas, ne la pliez pas. Posez-la dehors, loin de tout ce qui brûle, sur de la terre ou du sable.\n4. **Gardez, dans l'ordre :**\n   - **la batterie** saine : des cellules lithium pour une lampe ou une batterie de secours (voir ADAPTER) ;\n   - **le chargeur** : une alimentation propre de 19 à 20 volts ;\n   - **le disque dur**, s'il en a un : deux aimants au néodyme et des plateaux qui font des miroirs ;\n   - **les ventilateurs, haut-parleurs, la webcam, la petite pile ronde** de la carte mère ;\n   - **les vis, les fils fins, la coque** en aluminium s'il y en a.\n5. **Rangez les cellules isolées**, bornes recouvertes de ruban, jamais en vrac dans une poche avec des pièces ou des clés.\n\n## ADAPTER\n\n**Faire un miroir de signalisation.** Ouvrez le disque dur (vis Torx, souvent une cachée sous l'étiquette). Le plateau est un miroir presque parfait. Dans les portables, il est souvent en verre : ne le percez pas, visez avec la main tendue, voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Les aimants.** Ils se collent l'un à l'autre avec assez de force pour pincer la peau jusqu'au sang. Tenez-les loin d'un stimulateur cardiaque, des cartes bancaires et des boussoles. Collés sur une aiguille aimantée ou un tournevis, ils servent toute une vie.\n\n**Faire une batterie de secours.** Les vieux portables ont des cellules cylindriques, les récents des poches plates. Une cellule seule se recharge avec un petit module de charge USB prévu pour le lithium, jamais branchée directement sur une alimentation. Associées à un module élévateur USB, elles rechargent un téléphone.\n\n**La cellule est presque vide.** Mesurez sa tension au multimètre : en dessous de 2,5 volts environ, elle a été trop déchargée. Ne la rechargez pas, elle peut chauffer et prendre feu pendant la charge.\n\n**L'écran.** Il ne marche pas seul, mais avec une petite carte contrôleur adaptée à sa référence (étiquette au dos), il devient un moniteur. Même cassé, sa dalle arrière diffuse la lumière : derrière elle, une bande de LED fait un éclairage doux et uniforme.\n\n**Un feu de batterie.** Ne vous penchez pas au-dessus. Éloignez tout ce qui brûle, et noyez-le sous beaucoup d'eau ou recouvrez-le de sable s'il est dehors : un extincteur à poudre éteint les flammes mais la cellule repart souvent. Voir [[URG-INC-002]].\n\n**Les données.** Le disque contient la vie de quelqu'un. Ce qui est utile à tous, cartes, livres, notices, peut se garder. Le reste ne vous regarde pas.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi le lithium est si dangereux abîmé.** Une cellule lithium est un sandwich très fin de deux électrodes séparées par une membrane de quelques millièmes de millimètre. Percée, écrasée ou trop chauffée, la membrane cède : les électrodes se touchent, la cellule chauffe, décompose son propre électrolyte et libère de quoi entretenir le feu. C'est l'emballement thermique, et il se propage d'une cellule à la voisine.\n\n**Pourquoi 2,5 volts.** Une cellule « vide » s'arrête normalement vers 3 volts : son circuit de protection la coupe avant. Restée des mois sans ce circuit, elle peut descendre bien plus bas. Le cuivre d'une électrode commence alors à se dissoudre, puis se redépose en aiguilles pendant la recharge suivante. Ces aiguilles peuvent traverser la membrane : court-circuit interne, sans prévenir. Le seuil de 2,5 volts garde une marge.\n\n**Pourquoi un plateau de disque dur est un si bon miroir.** Les têtes de lecture volent à quelques nanomètres de sa surface : elle doit être polie presque à l'atome près, bien au-delà d'un miroir de salle de bains.\n\n**Pourquoi des aimants si forts dans si peu de place.** Le bras qui déplace les têtes doit sauter d'une piste à l'autre en quelques millisecondes. Les aimants au néodyme donnent cette force dans quelques grammes, et c'est pour ça qu'on les récupère.","langue":"fr"},{"id":"URG-MER-001","titre":"Pris dans un courant d'arrachement","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["mer","plage","baignade","courant","noyade","baïne","vagues"],"sources":["NOAA, National Weather Service : Rip Currents, conseils de sécurité","RNLI (Royal National Lifeboat Institution) : Float to Live","SNSM et Météo-France : les baïnes et les courants de retour"],"corps":"::Le courant ne vous tire pas vers le fond. Il vous emmène au large. Ce qui noie, c'est de lutter contre lui.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne nagez pas contre le courant.** Même un nageur de compétition ne le remonte pas : il peut dépasser deux mètres par seconde. Vous vous épuiseriez en quelques minutes, pour rien.\n2. **Flottez d'abord.** Sur le dos, bras et jambes écartés, tête en arrière, oreilles dans l'eau. Respirez lentement. Le choc du froid et la panique passent en une à deux minutes, et ce courant ne vous emporte pas sous l'eau.\n3. **Levez un bras et criez.** C'est le signal que reconnaissent les sauveteurs. Faites-le en flottant.\n4. **Nagez parallèlement à la plage.** Un courant de retour est un couloir étroit, de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de large. Une trentaine de mètres de nage le long du rivage suffisent souvent à en sortir.\n5. **Revenez en biais,** en vous aidant des vagues qui déferlent : ce sont elles qui poussent vers la plage.\n6. **Si vous n'en sortez pas, laissez-vous porter.** Beaucoup de ces courants tournent et relâchent le nageur un peu au-delà de la barre des vagues, parfois en le ramenant vers le bord. Flottez, gardez vos forces, faites signe.\n\n## ADAPTER\n\n**Quelqu'un d'autre est pris.** N'y allez pas à la nage : beaucoup de noyés dans ces courants étaient partis secourir quelqu'un. Prévenez les secours (112, ou le poste de secours), gardez la personne en vue sans la quitter des yeux, criez-lui de nager le long de la plage, lancez-lui tout ce qui flotte : une planche, une glacière vide, un ballon, un bidon fermé.\n\n**Vous avez une planche ou un bodyboard.** Gardez-le. Il vous porte, vous rend visible, et vous permet de pagayer en travers du courant.\n\n**Vous êtes avec un enfant.** Tenez-le contre vous, sur le dos, sa tête hors de l'eau. Ne nagez pas avec lui contre le courant : flottez, criez, et dérivez ensemble jusqu'à ce que le courant faiblisse.\n\n**L'eau est froide.** Le choc thermique fait haleter pendant la première minute. Ne nagez pas pendant ce temps : calmez votre respiration en flottant, puis agissez. Une fois sorti, voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Avant d'entrer dans l'eau : repérez-les.** Un courant de retour se voit souvent depuis la plage, surtout d'un point en hauteur :\n- une zone où **les vagues ne déferlent pas**, alors qu'elles déferlent de chaque côté ;\n- une eau **plus sombre**, plus profonde, ou au contraire **brunie par le sable** en suspension ;\n- une surface **agitée et clapoteuse** dans un couloir ;\n- de l'écume, des algues ou des débris **qui partent vers le large**.\nBaignez-vous entre les drapeaux des plages surveillées. Sur la côte atlantique française, ces courants s'appellent des baïnes, et ils sont souvent les plus violents quand la mer descend.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes vagues apportent sans cesse de l'eau sur la plage. Cette eau doit repartir, et elle prend les chemins les plus faciles : un creux dans le sable, une passe entre deux bancs, le long d'une jetée ou de rochers. Le reflux se concentre dans ces couloirs et forme un courant étroit et rapide, dirigé vers le large. Il reste en surface et s'épuise au-delà de la zone où les vagues se brisent.\n\nC'est pour ça que la solution est sur le côté. Le courant est fort mais étroit : on ne le bat pas en longueur, on le quitte par le travers. Et c'est pour ça que flotter marche : un corps qui flotte ne coule pas, et le courant finit toujours par ralentir.\n\nLa noyade, elle, vient de l'épuisement et de l'eau avalée dans la panique. Pour aider quelqu'un qui a bu la tasse, voir [[URG-SEC-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-004","titre":"Mesurer avec sa main","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mesure","distance","angle","hauteur","coucher du soleil","orage","terrain","main"],"sources":["NASA, Jet Propulsion Laboratory : mesurer le ciel avec la main (ressources d'astronomie pour l'enseignement)","Manuels de topographie et de scoutisme : méthode du bâton pour les hauteurs, visée à la visière pour les largeurs","Météo-France : estimer la distance d'un orage"],"corps":"::Votre main tendue est un rapporteur, votre bras une règle, vos yeux un télémètre. Personne ne vous les confisquera.::\n\n## COMPRENDRE\n\nTout repose sur deux idées. La première : un même angle couvre un objet d'autant plus grand qu'il est loin. Connaître l'angle, grâce à la main, et l'une des deux grandeurs, la taille ou la distance, donne l'autre. La seconde : les triangles semblables. Le bâton tenu à une longueur de bras forme avec votre bras un triangle à 45 degrés ; l'arbre et la distance jusqu'à son pied forment le même triangle, en grand. La visière fait la même chose : elle garde l'angle quand vous tournez la tête.\n\nLe saut du pouce est une parallaxe : vos deux yeux voient le pouce depuis deux points écartés d'environ six centimètres et demi, et votre bras est à peu près dix fois plus long que cet écart. Le saut observé au loin est donc dix fois plus petit que la distance.\n\nLe son parcourt environ 340 mètres par seconde, un kilomètre en trois secondes, alors que la lumière de l'éclair vous arrive instantanément. L'écart entre les deux est le temps de trajet du son.\n\nLe soleil tourne de quinze degrés par heure dans le ciel, mais il ne descend pas à la verticale : aux latitudes de la France, il perd huit à dix degrés de hauteur par heure en fin de journée, à peu près la largeur de quatre doigts. D'où la règle du quart d'heure par doigt, et d'où son erreur loin au nord, où il descend encore plus en biais.\n\n## AGIR\n\n### Les angles : la main à bout de bras\n\nTendez le bras complètement, la main face à vous. À cette distance, et quelle que soit votre taille (les grands ont des mains plus grandes, mais aussi des bras plus longs) :\n- **le petit doigt** couvre environ **1 degré** ;\n- **trois doigts serrés** (index, majeur, annulaire), environ **5 degrés** ;\n- **le poing fermé**, environ **10 degrés** ;\n- **la main grande ouverte**, du pouce au petit doigt, **20 à 25 degrés**.\nVérifiez une fois pour toutes : de l'horizon au point juste au-dessus de votre tête, il y a 90 degrés, soit neuf poings.\n\n### Combien de temps avant la nuit\n\nTendez le bras, posez le bas de la main sur l'horizon et comptez les doigts jusqu'au bas du soleil. **Chaque doigt vaut environ un quart d'heure** aux latitudes de la France. Quatre doigts : à peu près une heure de jour. Ajoutez une vingtaine de minutes de crépuscule encore utilisable. C'est une estimation : comptez large, surtout en montagne où l'horizon est plus haut.\n\n### La distance d'un objet : le saut du pouce\n\n1. Bras tendu, pouce levé, fermez l'œil gauche et posez le pouce sur l'objet.\n2. Sans bouger, fermez l'œil droit et ouvrez le gauche. Le pouce semble sauter de côté.\n3. Estimez la longueur de ce saut **dans le paysage**, à l'endroit de l'objet : la largeur d'une voiture, d'une maison, d'un arbre.\n4. **Multipliez par dix.** Le pouce saute de la largeur d'une voiture, environ quatre mètres : l'objet est à une quarantaine de mètres.\n\n### La hauteur d'un arbre, d'un mur, d'une antenne\n\n1. Prenez un bâton. Tenez-le verticalement, bras tendu, de façon que la partie qui dépasse au-dessus de votre poing soit aussi longue que la distance entre votre poing et votre œil.\n2. Avancez ou reculez jusqu'à ce que le bâton couvre exactement l'objet : votre poing sur son pied, le bout du bâton sur son sommet.\n3. **La distance qui vous sépare du pied de l'objet est égale à sa hauteur.** Comptez vos pas.\n\n### La largeur d'une rivière sans la traverser\n\n1. Debout sur la berge, abaissez la visière d'une casquette, ou le bord de votre main à plat sur le front, jusqu'à ce qu'elle touche exactement la berge d'en face.\n2. Sans bouger la tête ni la visière, tournez-vous d'un quart de tour vers un terrain plat de votre côté.\n3. Repérez le point du sol que touche maintenant le bord de la visière. **La distance jusqu'à ce point est la largeur de la rivière.** Allez-y en comptant vos pas.\n\n### La distance d'un orage\n\nComptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre et **divisez par trois : vous avez la distance en kilomètres.** Moins de dix secondes, l'orage est à moins de trois kilomètres : mettez-vous à l'abri, et attendez trente minutes après le dernier tonnerre avant de ressortir.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de bâton.** Pour une hauteur, utilisez les ombres : mesurez en pas votre ombre et celle de l'objet. Hauteur de l'objet = votre taille × (ombre de l'objet ÷ votre ombre).\n\n**Vous avez une carte.** Les distances mesurées au pas et les angles pris à la main suffisent pour vous placer dessus : voir [[SURV-ORI-002]].\n\n**Vous devez tenir un cap.** La main sert aussi à décaler une visée : un poing à droite du soleil, c'est dix degrés. Trouver et garder le nord : [[SURV-ORI-001]].\n\n**La nuit.** L'étoile polaire est à une hauteur au-dessus de l'horizon égale à votre latitude : à Paris, un peu moins de cinq poings. Le ciel qui annonce l'orage se lit dans [[SURV-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MET-001","titre":"Prévoir le temps en lisant le ciel","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["météo","nuages","orage","vent","pluie","ciel","prévision","halo"],"sources":["Organisation météorologique mondiale : Atlas international des nuages","Met Office (Royaume-Uni) : identifier les nuages et les fronts","Météo-France : les orages et la sécurité en montagne"],"corps":"::Le mauvais temps s'annonce presque toujours dans le ciel des heures avant d'arriver. Il suffit de savoir quoi regarder, et dans quel ordre.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne perturbation, c'est de l'air chaud et humide qui glisse par-dessus l'air froid, sur une pente très douce. Il atteint d'abord les couches les plus hautes du ciel, à des centaines de kilomètres en avant de la pluie : c'est pour ça que les premiers signes sont des nuages de glace, très hauts. Le halo, c'est la lumière du soleil déviée par ces cristaux de glace, toujours sous le même angle, 22 degrés. Puis la pente amène la vapeur de plus en plus bas, et les nuages s'épaississent jusqu'à la pluie. Tout cela prend en général une journée : d'où le délai de douze à vingt-quatre heures.\n\nL'orage d'après-midi est une affaire de chaleur. Le sol chauffé réchauffe l'air, qui monte. Si l'air d'altitude est assez froid, la bulle d'air chaud continue de monter et le nuage grandit en hauteur. L'enclume se forme quand il touche le plafond de l'atmosphère où se font les nuages, et s'étale.\n\nDans l'hémisphère nord, le vent tourne autour des dépressions dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en entrant un peu vers leur centre. D'où la règle du dos au vent, énoncée au XIXe siècle par le météorologue néerlandais Buys-Ballot, et d'où le sens dans lequel le vent tourne quand une dépression passe.\n\nLa rosée se forme quand le sol se refroidit fort pendant la nuit. Il faut pour cela un ciel dégagé et pas de vent, les deux conditions d'un temps stable.\n\nAucun de ces signes n'est une certitude. Plusieurs signes qui vont dans le même sens, en revanche, se trompent rarement.\n\n## AGIR\n\n### Regardez d'où vient le temps\n\nEn France, le temps arrive le plus souvent de l'ouest. Regardez de ce côté, et regardez haut : les premiers signes sont les nuages les plus élevés.\n\n### La pluie qui arrive dans les douze à vingt-quatre heures\n\nLes nuages d'une perturbation arrivent toujours dans le même ordre. Quand vous le voyez se dérouler, la pluie approche :\n1. **des filaments blancs très hauts**, étirés en virgules, en « queues de chat » ;\n2. **un voile blanc laiteux** qui couvre le ciel, souvent avec **un halo** autour du soleil ou de la lune : un grand cercle lumineux ;\n3. **un voile gris plus épais** : le soleil n'est plus qu'une tache pâle, comme derrière un verre dépoli, et les objets ne font plus d'ombre ;\n4. **des nuages bas, gris sombre, uniformes** : la pluie, continue, pour des heures.\nPlus les nuages s'épaississent et descendent, plus la pluie est proche.\n\n### L'orage de l'après-midi\n\nLe matin, de petits nuages blancs et plats, les cumulus de beau temps : rien à craindre. S'ils **grossissent en hauteur avant midi** et prennent l'allure de choux-fleurs de plus en plus hauts, l'orage est probable dans l'après-midi. **Un sommet qui s'étale en enclume** : l'orage est là. En montagne, soyez redescendu des crêtes avant le début de l'après-midi. Pour savoir à quelle distance il est, comptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre et divisez par trois : vous avez des kilomètres (voir [[SURV-ORI-004]]).\n\n### Le vent qui tourne\n\n**Dos au vent, dans l'hémisphère nord, la dépression est sur votre gauche,** un peu en avant. Si le vent forcit en tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du sud-ouest vers le sud par exemple, une dépression approche. S'il tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, vers le nord-ouest puis le nord, elle s'éloigne : souvent un dernier passage d'averses, puis le ciel se dégage et l'air se rafraîchit.\n\n### Les petits signes du matin et du soir\n\n- **Rosée ou gelée blanche au lever** : la nuit a été claire et calme. La journée restera sèche, le plus souvent.\n- **Pas de rosée après une nuit claire** : le vent ou les nuages sont arrivés. Le temps change.\n- **Ciel rouge le soir** : le ciel est dégagé vers l'ouest, d'où vient le temps. Plutôt bon signe pour le lendemain.\n- **Ciel rouge le matin** : le ciel est dégagé à l'est, mais les nuages arrivent de l'ouest. Méfiance.\n- **Des traînées d'avion qui persistent et s'étalent** : l'air est humide en altitude, souvent en avant d'une perturbation. **Des traînées qui disparaissent vite** : air sec, temps stable.\n- **La fumée d'un feu qui monte droit** : air calme et stable.\n\n## ADAPTER\n\n**Hémisphère sud.** Les règles de rotation s'inversent : dos au vent, la dépression est sur votre droite, et le vent tourne dans l'autre sens.\n\n**En montagne.** Les orages y sont plus fréquents, se forment plus vite, et la foudre frappe les points hauts. Au premier grondement, quittez crêtes et sommets, éloignez-vous des objets métalliques, ne vous abritez pas sous un arbre isolé, et écartez-vous les uns des autres. Surpris à découvert, accroupissez-vous pieds joints, sur votre sac si vous pouvez : ce n'est qu'un moindre mal, le vrai remède est d'être redescendu avant.\n\n**Au bord de l'eau.** Une houle qui grossit sans vent et une visibilité qui baisse annoncent aussi un changement. Les astuces des marins sont dans [[SURV-MAR-001]].\n\n**Une tempête arrive vraiment.** Se préparer et se protéger du vent : [[URG-TEM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MAR-001","titre":"Les astuces de marin","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mer","bateau","navigation","collision","horizon","marée","vitesse","terre","île"],"sources":["Règlement international pour prévenir les abordages en mer (COLREG), règle 7","SHOM (Service hydrographique et océanographique de la Marine) : marées, marnage et règle des douzièmes","David Lewis, We, the Navigators : la navigation traditionnelle du Pacifique"],"corps":"::Les marins ont appris à tout mesurer avec presque rien : un repère sur le bord, une montre, un bout de bois qui flotte. Ces astuces marchent aussi à terre.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe relèvement constant est de la géométrie pure. Deux mobiles qui vont se rencontrer se voient toujours sous le même angle, jusqu'au choc. Si l'angle change, ils n'arrivent pas au même point au même moment. Ce qui trompe, c'est que rien ne semble bouger : un navire sur une route de collision paraît immobile, il grossit seulement. Le règlement maritime international le dit en une phrase : si le relèvement d'un navire qui s'approche ne change pas de façon appréciable, le risque d'abordage existe.\n\nL'horizon est proche parce que la Terre est ronde : la ligne de votre regard frôle la surface à une distance qui ne grandit qu'avec la racine carrée de votre hauteur. Doubler la hauteur n'allonge l'horizon que de 40 %. L'air courbe un peu la lumière et repousse l'horizon de quelques pour cent de plus.\n\nLa marée suit à peu près une courbe en vague : lente près de la basse mer et de la pleine mer, rapide au milieu. La règle des douzièmes est l'approximation qu'on fait de tête. Elle devient fausse là où la côte déforme la marée (Méditerranée, estuaires, certains passages) : fiez-vous alors aux annuaires locaux.\n\nLes indices de terre reposent sur trois faits : une île chauffe plus vite que la mer, d'où le nuage qui s'y accroche ; les oiseaux côtiers ne dorment pas en mer ; une terre arrête ou renvoie la houle.\n\n## AGIR\n\n### Savoir si l'on va se percuter : le relèvement constant\n\nUn bateau, une voiture, un cycliste s'approchent en biais. Allez-vous vous croiser ou vous heurter ?\n1. Gardez votre cap et votre vitesse.\n2. Alignez l'autre avec un repère fixe de votre côté : un montant, un hauban, le coin du pare-brise, une branche si vous êtes à pied.\n3. Observez pendant une minute.\n- **Il glisse vers l'avant par rapport au repère** : il passera devant vous.\n- **Il glisse vers l'arrière** : il passera derrière.\n- **Il reste collé au repère et grossit : vous allez vous percuter.** Changez de cap ou de vitesse tôt et franchement, pour que l'autre comprenne votre manœuvre.\n\n### La distance jusqu'à l'horizon\n\nPrenez la racine carrée de la hauteur de vos yeux, en mètres, et **multipliez-la par 3,6** : vous avez la distance de l'horizon en kilomètres.\n- debout sur une plage, les yeux à 1,7 mètre : environ **4,7 km** ;\n- sur un toit ou un rocher à 10 mètres : environ **11 km** ;\n- en haut d'une falaise à 30 mètres : environ **20 km**.\nUn phare, une île, un navire se voient de plus loin, parce qu'ils ont leur propre hauteur : additionnez leur horizon au vôtre. Une colline de 100 mètres (36 km) vue depuis vos 1,7 mètre (4,7 km) peut apparaître à une quarantaine de kilomètres.\n\n### La vitesse avec un bout de bois\n\n1. Jetez à l'eau, à l'avant, quelque chose qui flotte et qui se voit bien.\n2. Comptez les secondes qu'il met à passer de l'avant à l'arrière du bateau.\n3. **Longueur du bateau en mètres ÷ secondes × 3,6 = vitesse en km/h.** Un bateau de 8 mètres parcouru en 4 secondes : 7,2 km/h, environ 4 nœuds.\nC'est le « loch hollandais » des anciens navigateurs. À terre, la même idée donne la vitesse d'une rivière : un bâton, deux repères sur la berge, un chronomètre.\n\n### La hauteur de l'eau heure par heure : la règle des douzièmes\n\nSur les côtes où la mer monte et descend deux fois par jour, comme l'Atlantique et la Manche, elle ne monte pas régulièrement. Coupez le marnage, l'écart entre la basse mer et la pleine mer, en douze parts :\n- 1re heure : **1/12** ;\n- 2e heure : **2/12** ;\n- 3e heure : **3/12** ;\n- 4e heure : **3/12** ;\n- 5e heure : **2/12** ;\n- 6e heure : **1/12**.\nAu milieu de la marée, la mer monte trois fois plus vite qu'au début. C'est là que les promeneurs se font piéger sur un banc de sable ou au pied d'une falaise.\nLes pleines mers reviennent environ **cinquante minutes plus tard chaque jour**. Les plus fortes marées, les vives-eaux, arrivent un à deux jours après la pleine lune et la nouvelle lune.\n\n### Savoir que la terre est proche\n\nSans instrument, les navigateurs du Pacifique trouvaient des îles qu'ils ne voyaient pas encore :\n- **un nuage immobile**, alors que les autres défilent : il se forme au-dessus d'une île que le soleil chauffe ;\n- **le dessous d'un nuage teinté de vert** : il reflète un lagon peu profond ;\n- **des oiseaux marins** qui partent vers le large le matin et, le soir, repartent tous dans la même direction : ils rentrent dormir à terre, suivez-les ;\n- **des débris végétaux frais**, des feuilles, des noix, et une houle qui se déforme : un obstacle la dévie.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes à pied au bord de la mer.** Avant de partir sur l'estran, notez l'heure de la basse mer, et sachez que l'eau remontera vite à partir de la deuxième heure. Gardez toujours un chemin de retour vers le haut de la plage. Si l'eau vous emporte : [[URG-MER-001]].\n\n**Vous êtes à terre.** Le relèvement constant marche pour traverser une route, croiser un cycliste, un animal qui charge, une voiture à un carrefour sans visibilité.\n\n**Vous conduisez un bateau.** Les bases de la conduite et des moteurs sont dans [[TEC-NAV-001]] et [[TEC-MOT-001]]. Garder un cap sans instrument, avec le soleil et les étoiles : [[SURV-ORI-001]].\n\n**Le ciel se charge.** Lire l'arrivée du mauvais temps avant qu'il soit là : [[SURV-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-005","titre":"Savoir l'heure sans montre","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["heure","temps","soleil","ombre","étoiles","grande ourse","lune","nuit"],"sources":["Observatoire de Paris et Institut de mécanique céleste (IMCCE) : temps solaire, midi vrai, lever et coucher des astres","NASA : les phases de la Lune et leurs heures de lever et de coucher","US Army, FM 3-05.70 Survival : se repérer sans instrument"],"corps":"::Le ciel est une horloge qui ne s'arrête jamais. Le jour, on lit l'ombre ; la nuit, on lit les étoiles et la Lune.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa Terre tourne sur elle-même en vingt-quatre heures. Vu d'ici, tout le ciel tourne : le Soleil traverse le ciel à raison de quinze degrés par heure, et culmine au midi solaire, plein sud dans l'hémisphère nord. À cet instant, les ombres sont les plus courtes de la journée.\n\nLa nuit, les étoiles tournent autour de l'étoile polaire, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre quand on regarde vers le nord. Elles font un tour complet en un peu moins de vingt-quatre heures : un quart de tour toutes les six heures.\n\nLa Lune, elle, prend du retard : elle se lève environ cinquante minutes plus tard chaque jour. Son aspect dit donc où elle en est de son trajet par rapport au Soleil, et donc l'heure qu'il est.\n\n## AGIR\n\n### De jour : l'ombre d'un bâton\n\n1. Plantez un bâton bien droit sur un sol plat. Marquez le bout de l'ombre de temps en temps.\n2. **L'ombre la plus courte, c'est le midi solaire.** Dans l'hémisphère nord, elle pointe alors vers le nord.\n3. Ensuite, l'ombre tourne dans le sens des aiguilles d'une montre (hémisphère nord), d'environ quinze degrés par heure en moyenne : un peu plus vite autour de midi, un peu moins le matin et le soir. Une fois midi marqué, vous avez un cadran solaire approximatif : un quart de tour de l'ombre, à peu près six heures.\n\n### En fin de journée : la main\n\nBras tendu, comptez les doigts entre le bas du soleil et l'horizon : **chaque doigt vaut environ un quart d'heure** de jour aux latitudes de la France. Voir [[SURV-ORI-004]].\n\n### La nuit : la Grande Ourse fait l'aiguille\n\n1. Trouvez l'étoile polaire grâce à la Grande Ourse (méthode dans [[SURV-ORI-001]]).\n2. Au crépuscule, notez la position de la Grande Ourse autour de la polaire, comme une aiguille sur un cadran.\n3. Elle tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, **d'un quart de tour toutes les six heures**. Un huitième de tour : trois heures ont passé.\nVous ne lisez pas l'heure exacte, mais le temps écoulé : assez pour savoir s'il est minuit ou si l'aube approche.\n\n### La nuit : la Lune\n\n- **Pleine lune** : elle se lève au coucher du soleil, est au plus haut vers minuit (heure solaire), se couche à l'aube.\n- **Premier quartier** (la partie éclairée à droite, dans l'hémisphère nord) : au plus haut au coucher du soleil, elle se couche vers minuit.\n- **Dernier quartier** (éclairée à gauche) : elle se lève vers minuit, est au plus haut à l'aube.\n- **Un fin croissant le soir, près de l'horizon ouest** : la nuit commence. **Un fin croissant le matin à l'est** : l'aube est proche.\n\n## ADAPTER\n\n**Le midi de la montre n'est pas le midi du soleil.** En France, le midi solaire tombe vers 13 h 30 à 14 h 30 à l'heure d'été, vers 12 h 30 à 13 h 30 en hiver, plus tard à l'ouest du pays qu'à l'est.\n\n**Hémisphère sud.** À midi, l'ombre pointe vers le sud et tourne dans l'autre sens. La nuit, la Croix du Sud tourne autour du pôle sud céleste dans le sens des aiguilles d'une montre quand on regarde vers le sud.\n\n**Sous un ciel couvert.** Même derrière les nuages, le soleil éclaire un peu plus fort le côté du ciel où il se trouve : cherchez la zone la plus claire, et une ombre légère sous un bâton posé sur votre ongle.\n\n**Vous devez surtout savoir combien de temps il reste avant la nuit.** Les doigts suffisent. Pour la suite, se déplacer de nuit : [[SURV-NUIT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-005","titre":"Trouver de l'eau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["eau","source","rivière","plage","rosée","oiseaux","puits","terrain"],"sources":["US Army, FM 3-05.70 Survival : se procurer de l'eau (lit de rivière à sec, puits de plage, rosée, sac de transpiration)","OMS : traitement et conservation de l'eau à domicile","Observations naturalistes sur l'abreuvement des oiseaux granivores (pigeons, tourterelles, gangas)"],"corps":"::L'eau descend, s'accumule en bas et se cache sous ce qui pousse. Cherchez-la avec les yeux de ceux qui en boivent tous les jours : les plantes et les bêtes.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'eau suit la pente. Elle se rassemble dans les creux, les vallons, le pied des falaises, l'extérieur des virages d'une rivière, et elle continue de couler sous le sol bien après que la surface s'est asséchée. Un lit de rivière à sec n'est souvent sec qu'en surface.\n\nLes plantes gourmandes en eau ne poussent que là où elle est proche : leur présence est un signal lisible de loin, souvent à des kilomètres. Et tous les animaux boivent. Beaucoup d'oiseaux granivores et d'insectes vont à l'eau chaque jour, aux mêmes heures, par les mêmes chemins.\n\nAu bord de la mer, l'eau de pluie infiltrée dans le sable flotte au-dessus de l'eau salée, parce qu'elle est plus légère. Une mince lentille d'eau douce se forme sous les dunes.\n\nEnfin, l'air contient de l'eau. La nuit, quand le sol se refroidit, elle se dépose en rosée sur tout ce qui est froid et découvert.\n\n## AGIR\n\n### Descendre et regarder ce qui pousse\n\n1. **Allez vers le bas** : vallons, ravines, pied des pentes, creux entre deux collines.\n2. **Cherchez les lignes plus vertes** dans un paysage sec. Saules, roseaux, joncs, massettes, peupliers, aulnes, platanes, fougères : ils ne poussent que les pieds dans l'eau ou juste au-dessus.\n3. **Suivez les sentiers d'animaux qui convergent** en descendant. Ils mènent presque toujours à un point d'eau.\n\n### Creuser un lit de rivière à sec\n\n1. Choisissez **l'extérieur d'un virage**, là où le courant creusait le plus, ou le point le plus bas du lit.\n2. Creusez un trou d'une quarantaine de centimètres. **Le sable devient humide** : continuez.\n3. Attendez. L'eau suinte dans le trou en quelques minutes à quelques heures. Laissez-la se décanter avant de la puiser.\n\n### À la plage : derrière la première dune\n\nCreusez **derrière la première dune**, dans un creux, jusqu'à ce que l'eau apparaisse. Ne creusez pas plus profond que nécessaire : plus bas, c'est l'eau salée. Goûtez une goutte. Salée, reculez vers l'intérieur des terres et recommencez.\n\n### Regarder les bêtes à l'aube et au crépuscule\n\n- **Les pigeons, les tourterelles, les petits oiseaux granivores** volent vers l'eau le matin et le soir, bas et en ligne droite. Au retour, alourdis, ils se posent plus souvent.\n- **Les abeilles** ne s'éloignent en général pas à plus de quelques kilomètres de l'eau. **Les moustiques** signalent une eau stagnante tout près.\n- **Des traces fraîches, des crottes, des sentiers bien marqués** qui descendent : l'eau est au bout.\n\n### Récolter ce qui ne coule pas\n\n- **La rosée** : à l'aube, passez un tissu propre sur l'herbe haute et essorez-le dans un récipient. Une nuit claire et calme peut en donner beaucoup.\n- **Les creux de rochers** gardent l'eau de pluie des jours, surtout à l'ombre.\n- **Le sac de transpiration** : un sac en plastique transparent fermé sur une branche feuillue, au soleil. En quelques heures, de l'eau se condense au fond. Jamais sur une plante toxique : voir [[TEC-BOT-003]].\n\n## ADAPTER\n\n**Toute eau trouvée se traite avant d'être bue**, même claire, même de source : [[URG-EAU-001]]. Sans rien pour la faire bouillir, filtrez d'abord : [[SURV-EAU-004]].\n\n**En ville.** Les réserves sont dans les bâtiments : le réservoir des chasses d'eau (le réservoir, pas la cuvette), le ballon d'eau chaude (le robinet de vidange est en bas), les canalisations, qu'on vide par le robinet le plus bas de l'immeuble. Les piscines et les fontaines servent à se laver et à la chasse d'eau, ou à boire après un vrai traitement.\n\n**En hiver.** Faites fondre la neige ou la glace avant de la boire : la manger refroidit le corps et coûte de l'énergie. La glace donne plus d'eau que la neige pour le même volume.\n\n**Vous restez plusieurs jours.** Récupérez l'eau de pluie plutôt que de la chercher : [[SURV-PLUIE-001]].\n\n**Vous êtes perdu.** Descendre vers l'eau vous rapproche aussi des humains, installés au bord de l'eau depuis toujours : [[SURV-ORI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-022","titre":"Fabriquer un vélo","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["velo","recuperation","mecanique","transport","pieces","reparation"],"sources":["Brown S., Sheldon Brown's Bicycle Technical Info, tableaux de compatibilité des pièces","Norme ISO 5775, désignation des pneus et jantes de cycles","Park Tool, Big Blue Book of Bicycle Repair"],"corps":"::On ne fabrique presque jamais un vélo. On en fait un bon avec trois mauvais. Toute la compétence, c'est de savoir quelles pièces vont ensemble.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn vélo, c'est un cadre et une fourche, deux roues, une transmission, des freins, une selle et un guidon. Le cadre est la seule pièce difficile à fabriquer ; tout le reste se récupère et se remplace.\n\nIl y a des vélos abandonnés partout : caves, déchetteries, cours d'immeubles, garages. Un vélo rouillé dont une roue est voilée a souvent un cadre parfait. **Récupérez-en plusieurs** et montez le meilleur de chacun.\n\nLe vrai piège, ce sont **les standards** : des pièces qui ont l'air pareilles et ne se montent pas. Ce sont eux qu'il faut connaître avant de démonter.\n\nLe fonctionnement et l'entretien sont dans [[TEC-MEC-004]].\n\n## AGIR\n\n### 1. Les outils\n\nLe strict nécessaire : clés plates de 8 à 17 mm, clés Allen de 4, 5 et 6 mm, un tournevis, deux démonte-pneus (ou deux manches de cuillère), une pompe, un dérive-chaîne. Utiles ensuite : un extracteur de manivelles, une clé à rayons, de la graisse.\n\n### 2. Choisir le cadre\n\nC'est la pièce qui décide. Vérifiez :\n\n- **Les soudures et la direction** : pas de fissure, surtout autour du tube de direction et du boîtier de pédalier. Une fissure fine sous la peinture qui s'écaille en ligne est une fissure de métal.\n- **L'alignement** : regardez le vélo de dos, les deux roues doivent être dans le même plan. Un cadre tordu ne se redresse pas proprement.\n- **La rouille** : en surface, elle se brosse. Si elle a percé ou gonflé le tube, abandonnez.\n- **La taille** : debout au-dessus du tube horizontal, il faut quelques centimètres entre lui et vous.\n\nUn cadre en acier se répare, se soude, pardonne. L'aluminium et le carbone fissurés se jettent.\n\n### 3. Les compatibilités à vérifier\n\n| Pièce | Ce qui doit correspondre | Où lire |\n|---|---|---|\n| Roue et pneu | Le diamètre de jante en mm : 622 (700C ou 29 pouces), 584 (650B ou 27,5), 559 (26 pouces), 406 (20 pouces) | Sur le flanc du pneu, par exemple 37-622 |\n| Roue et cadre | L'écartement des pattes : 100 mm à l'avant, 130 ou 135 mm à l'arrière | Mesurez entre les pattes |\n| Tige de selle | Le diamètre, au dixième de millimètre près (27,2 est le plus courant) | Gravé sur la tige |\n| Jeu de direction | 1 pouce (vieux vélos) ou 1 1/8 pouce | Mesurez le pivot de fourche |\n| Boîtier de pédalier | Le filetage, anglais sur l'immense majorité | Marqué sur les cuvettes |\n| Chaîne | La largeur selon le nombre de pignons | Une chaîne large ne rentre pas sur une cassette fine |\n| Freins | Leur type et leur portée : étriers, cantilevers, V-brakes, disques | Regardez les tétons ou les pattes sur le cadre |\n\n**Règle simple** : prenez de préférence les roues, la fourche et les freins sur le même vélo donneur. Ils vont ensemble d'origine.\n\n### 4. Monter dans l'ordre\n\n1. **Fourche et direction.** Graissez les roulements, serrez jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de jeu mais que la fourche tourne librement.\n2. **Pédalier.** Graisse sur les filets, sens de serrage : le côté droit se visse souvent à l'envers.\n3. **Roues.** Faites-les tourner : un voile léger se corrige en retendant les rayons du côté opposé au voile, un quart de tour à la fois. Changez tout pneu craquelé.\n4. **Freins d'abord, avant la transmission.** Un vélo sans vitesses roule ; un vélo sans freins tue. Les patins doivent toucher la jante bien à plat, jamais le pneu.\n5. **Transmission.** Chaîne à la bonne longueur, dérailleurs réglés, ou montage à une seule vitesse.\n6. **Selle et guidon.** Hauteur de selle : jambe presque tendue, talon sur la pédale en bas.\n\n### 5. Le plus simple : une seule vitesse\n\nSi les dérailleurs sont fichus, supprimez-les. Gardez un plateau devant, un pignon derrière, alignés, et une chaîne tendue. Sur un cadre à pattes verticales, un tendeur ou un vieux dérailleur bloqué tient la chaîne. **Un vélo à une vitesse ne se dérègle jamais.** Choisissez un petit rapport : on monte les côtes, on accepte d'aller moins vite à plat.\n\n### 6. Essayer\n\nFreinez fort à l'arrêt, puis à basse vitesse. Secouez le guidon, la selle, les roues : rien ne doit bouger. Roulez cent mètres, puis resserrez tout. Refaites un tour de contrôle après la première journée.\n\n## ADAPTER\n\n**Plus de chambre à air.** Bourrez le pneu de corde, de mousse, de tuyau d'arrosage enroulé. C'est lourd et dur, mais ça roule pour dépanner.\n\n**Crevaisons à répétition.** Il reste une épine ou un éclat dans le pneu : passez les doigts à l'intérieur, doucement, sur tout le tour.\n\n**Pas de cadre du tout.** Un cadre en bambou se construit : tubes de bambou secs de 3 à 5 cm, raccords en fibres (chanvre, lin) imprégnées de résine, récupérant la direction, le boîtier et les pattes d'un vieux cadre scié. C'est un projet de plusieurs semaines, pas un dépannage.\n\n**Transporter.** Une remorque à deux roues faite avec deux roues avant et un cadre de bois ou de tube porte 30 à 50 kg. Accrochez-la à la tige de selle ou à l'axe arrière, jamais au porte-bagages seul. Voir [[SURV-REC-011]].\n\n**Vous montez un vélo pour un autre.** Prenez sa taille avant, pas après : un vélo trop grand est dangereux, un vélo trop petit use les genoux.\n\n**Rien ne se démonte.** Dégrippant, attente, puis chaleur. Voir [[SURV-REC-003]] pour tirer le meilleur d'un véhicule entier.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-005","titre":"Construire un arc","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arc","fleche","bois","tillage","corde","chasse","fabrication"],"sources":["Hamm J. et al., The Traditional Bowyer's Bible, volumes 1 à 4","Comstock P., The Bent Stick: making and using wooden hunting bows","Hickman C., Nagler F., Klopsteg P., Archery: The Technical Side"],"corps":"::Un arc, c'est un bâton qu'on apprend à plier sans le casser. Tout le métier tient dans cette phrase, et dans la patience qu'elle demande.::\n\n## COMPRENDRE\n\nQuand on tire la corde, le dos de l'arc (la face tournée vers la cible) **s'étire** et le ventre (la face tournée vers vous) **s'écrase**. Un arc casse presque toujours pour l'une de deux raisons : une fibre du dos coupée qui cède en traction, ou un endroit du ventre trop mince qui s'écrase et se plisse.\n\nD'où les deux règles qui gouvernent tout le reste :\n\n**Le dos ne se touche pas.** Il doit suivre une seule fibre, d'une extrémité à l'autre. On retire l'écorce, rien de plus.\n\n**Tout le travail se fait sur le ventre**, par petites passes, en vérifiant sans cesse que les deux branches plient pareil. C'est ce qu'on appelle le **tillage**.\n\nUn arc correct demande quelques jours de travail et du bois sec. Si vous n'avez ni l'un ni l'autre, commencez par la fronde et l'épieu de [[SURV-ARM-002]].\n\n## AGIR\n\n### 1. Trouver le bois\n\n**Les meilleurs** : if, orme, frêne, érable, robinier (faux acacia), noisetier, cornouiller, chêne blanc, hickory. Ce qui compte n'est pas l'essence mais le **fil droit**.\n\n**Un tronc ou une branche** de 10 à 15 cm de diamètre, droit sur 1,80 m, sans nœud ni torsion. Fendez-le en deux ou en quatre avec des coins : la fente suit les fibres et vous donne un dos intact.\n\n**En ville**, une planche de magasin de bricolage fait un très bon arc si les fibres courent d'un bout à l'autre sans sortir sur les côtés. Regardez les chants : les lignes doivent être parallèles sur toute la longueur. C'est l'arc « planche », le plus rapide à faire.\n\n### 2. Le sécher\n\nUn bois vert se plie mais ne revient pas. Écorcez, peignez les extrémités (colle, cire, peinture) pour éviter les fentes, puis stockez à l'abri, au sec, **jamais près d'un feu**.\n\nPour gagner du temps : dégrossissez l'arc aux trois quarts **tant qu'il est vert**, puis laissez sécher cette forme mince. Deux à quatre semaines suffisent alors, au lieu de mois pour un quartier entier.\n\n### 3. Tracer\n\nPour un arc droit et plat, facile et pardonnant :\n\n- **Longueur** : 1,70 à 1,80 m, soit à peu près votre taille.\n- **Poignée** au centre, 10 cm, non travaillée.\n- **Largeur** : 4 à 5 cm au départ des branches, rétrécissant en ligne droite jusqu'à 1,2 cm aux pointes.\n- **Épaisseur** : autour de 2 cm près de la poignée, 1 cm aux pointes, en retirant du ventre uniquement.\n\nTracez au crayon sur le dos, taillez à la hache ou au couteau, finissez à la râpe ou à la plane. Arrêtez-vous avant d'atteindre les cotes : le tillage fera le reste.\n\n### 4. Le tillage\n\nC'est l'étape qui fait ou casse l'arc.\n\n1. Taillez deux **encoches** peu profondes à chaque pointe, sur les côtés, sans entamer le dos.\n2. Posez une **corde longue**, plus longue que l'arc, qui ne le plie presque pas.\n3. Fixez un **bâton de tillage** au mur : une planche avec des crans tous les 5 cm. Posez la poignée en haut, tirez la corde jusqu'au premier cran.\n4. Reculez et **regardez**. Les deux branches doivent former deux arcs réguliers, symétriques. Un endroit qui reste droit est trop épais : grattez-le, au ventre. Un endroit qui plie plus que le reste est trop mince : ne le touchez plus, travaillez autour.\n5. Montez d'un cran. Recommencez. **Des dizaines de fois.**\n\nNe tirez jamais plus loin que la longueur à laquelle vous tirerez vraiment, et ne tenez jamais l'arc tendu longtemps : chaque seconde de trop le fatigue.\n\nQuand l'arc plie joliment à mi-course, posez la vraie corde : la distance entre la corde et la poignée (le **band**) doit faire environ **15 cm**, un poing et le pouce levé. Continuez le tillage jusqu'à votre allonge complète.\n\n### 5. La corde\n\nUne bonne corde doit être plus solide que l'arc ne le demande, et ne pas s'étirer.\n\n- **Synthétique récupérée** : ficelle de paracorde (les brins intérieurs), fil de nylon tressé, ligne de pêche tressée, en plusieurs brins.\n- **Naturelle** : lin, chanvre, ortie, tendon, en torsion flamande à deux faisceaux. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\nUne boucle à une extrémité, un nœud de bowyer (nœud d'arc) à l'autre, qui permet de régler la longueur.\n\n### 6. Les flèches\n\n**Elles comptent plus que l'arc.** Un bon arc et de mauvaises flèches ne touchent rien.\n\n- **Fût** : pousses droites de noisetier, cornouiller, viorne, roseau, ou tourillon de bricolage. Diamètre 8 à 9 mm. Redressez-les en chauffant doucement au-dessus des braises et en pliant à la main.\n- **Longueur** : votre allonge plus 3 à 5 cm. L'allonge se mesure bras tendu, du creux de la gorge au bout des doigts.\n- **Encoche** à l'arrière, sciée ou taillée, alignée avec le fil du bois.\n- **Empennage** : trois demi-plumes de la même aile, collées et ligaturées, à 120 degrés.\n- **Pointe** : clou aplati, tôle, os, pierre taillée, ou simplement le bois durci au feu pour le petit gibier.\n\nFaites-les **toutes pareilles** : même longueur, même masse, même rigidité. Pesez-les, triez-les.\n\n### 7. Finir\n\nPoncez, arrondissez les angles du dos (un angle vif concentre les efforts), graissez le bois ou cirez-le contre l'humidité. **Détendez l'arc après chaque séance** : laissé tendu, il prend une courbure définitive et perd sa force.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez qu'un tube PVC.** Un tube de 2 cm chauffé et aplati aux extrémités fait un arc d'entraînement en une heure. Il est faible et vieillit mal, mais il apprend le geste.\n\n**Votre arc casse.** Dos entamé, bois pas assez sec, ou une zone qui pliait trop et qu'on n'a pas vue au tillage. Recommencez avec un bois plus large et moins épais : un arc large et plat pardonne presque tout.\n\n**Votre arc est trop dur.** Grattez uniformément le ventre des deux branches, puis refaites un tillage complet. **Trop faible** : raccourcir de quelques centimètres aux deux pointes le durcit.\n\n**Vous voulez chasser.** Il faut au moins 18 à 20 kg de tension à votre allonge, des flèches lourdes et une pointe tranchante. Tirez à moins de 20 m, sur un animal immobile, et apprenez d'abord à grouper sur une cible. Voir [[TEC-MEC-008]] et [[SURV-RES-002]].\n\n**L'arc est-il légal ?** En France, l'arc est en vente libre mais sa chasse suppose un permis et une formation spécifique. Tirer se fait sur un terrain où la flèche ne peut pas sortir.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-008","titre":"Le tir à l'arc","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["arc","fleche","tir","energie","precision","sport"],"sources":["Klopsteg P., Physics of Bows and Arrows, American Journal of Physics","Kooi B. W., On the mechanics of the bow and arrow, Journal of Engineering Mathematics","World Archery, Coach's Manual, niveaux 1 et 2"],"corps":"::Un arc ne lance rien. Il stocke la force de vos bras pendant deux secondes, puis la rend en un centième de seconde. Tout le reste en découle.::\n\n## Ce qui se passe quand on tire\n\nEn tirant la corde, vous pliez les branches : elles emmagasinent votre effort comme un ressort. À l'ouverture des doigts, elles reviennent, la corde pousse la flèche, et l'énergie passe en mouvement.\n\nTout ne passe pas dans la flèche. Une partie reste dans les branches et la corde, qui continuent de bouger et vibrer : c'est le bruit et la secousse dans la main. **Un arc droit en bois rend environ 70 % de l'énergie stockée**, un arc moderne un peu plus.\n\nCe que cela donne en chiffres, pour un arc de chasse simple : une flèche de 25 g partant à 55 m/s porte environ **38 joules**. C'est mille fois moins qu'une balle de fusil, voir [[TEC-BAL-001]], mais bien assez pour traverser un gibier à courte distance quand la pointe coupe.\n\n**La masse de la flèche compte.** Une flèche légère part plus vite ; une lourde récupère une plus grande part de l'énergie, et elle frappe plus fort. Tirer à vide, sans flèche, est l'erreur qui casse les arcs : toute l'énergie reste dans le bois.\n\n## Les trois familles d'arcs\n\n**L'arc droit (longbow)** : une seule pièce, les branches plient régulièrement. Simple, silencieux, fabriquable, voir [[SURV-ARM-005]].\n\n**L'arc à double courbure (recurve)** : les pointes se recourbent vers l'avant. Elles se déroulent à l'ouverture, ce qui stocke plus d'énergie pour la même longueur et donne une flèche plus rapide. C'est l'arc olympique.\n\n**L'arc à poulies (compound)** : des cames aux extrémités changent le bras de levier pendant la traction. **Le plus dur est au milieu du tir, puis la force chute de 65 à 85 %** en position armée. On peut viser longtemps sans trembler. En échange, il est lourd, mécanique et difficile à réparer loin d'un atelier.\n\n## Le paradoxe de l'archer\n\nSur un arc simple, la flèche est posée à côté du bois, pas au centre. Pourtant elle vole droit. La raison : au départ, la flèche **ploie** en S sous la poussée de la corde, contourne la poignée, puis se redresse en vol.\n\nC'est pour cela que la rigidité de la flèche (le **spine**) doit correspondre à la puissance de l'arc. Trop souple, elle part à gauche (pour un droitier) ; trop raide, elle part à droite. **La moitié des tirs ratés viennent de flèches mal assorties**, pas de l'archer.\n\n## Tirer : le geste\n\nLe tir se construit toujours dans le même ordre. La régularité compte plus que la force.\n\n1. **Position** : de profil, pieds écartés de la largeur des épaules, perpendiculaires à la cible.\n2. **Encocher** : la flèche sur l'appui, l'encoche sur la corde, la plume de couleur vers l'extérieur.\n3. **Les doigts** : trois doigts sur la corde, index au-dessus de la flèche, les deux autres dessous, la corde dans le pli de la première phalange.\n4. **Lever et tirer** : bras d'arc tendu mais pas verrouillé, coude légèrement tourné vers l'extérieur. On tire avec **le dos**, en rapprochant les omoplates, pas avec le biceps.\n5. **L'ancrage** : la main de corde vient toujours au même endroit du visage, sous la mâchoire ou au coin de la bouche. C'est ce qui rend chaque tir identique.\n6. **Viser** : l'œil directeur au-dessus de la flèche. Pour trouver l'œil directeur, visez un point à travers un rond formé avec les deux mains, puis fermez un œil : celui qui voit encore le point est le bon.\n7. **Lâcher** : on détend les doigts, sans ouvrir la main. La main de corde recule d'elle-même le long du cou.\n8. **Tenir** : rester en position jusqu'à ce que la flèche touche. Bouger au lâcher dévie le tir.\n\n## Progresser\n\nCommencez à **5 mètres**, sur une grande cible, avec un arc léger. Le but n'est pas de toucher le centre mais de **grouper** : que les flèches tombent ensemble. Un groupe serré mal placé se corrige en visant ailleurs ; un tir dispersé ne se corrige pas.\n\nReculez quand vos flèches groupent. Un archer entraîné place ses flèches dans une main à 20 m avec un arc simple. Au-delà de 30 m, la trajectoire devient fortement courbe et l'estimation de la distance devient le vrai problème.\n\n## La sécurité\n\n- Personne devant la ligne de tir, jamais.\n- Derrière la cible : un talus, une butte, ou un filet. Une flèche qui rate peut voler plus de 100 m.\n- Vérifiez chaque flèche : une flèche fendue peut se briser au départ et traverser la main.\n- **Jamais de tir à vide.**\n- Une palette de cuir pour les doigts et un protège-bras évitent les ampoules et les bleus au poignet.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-006","titre":"Le terminal de paiement","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tpe","carte bancaire","paiement","sans contact","puce","banque","coupure"],"sources":["EMVCo, EMV Integrated Circuit Card Specifications for Payment Systems, livres 1 à 4","Groupement des Cartes Bancaires CB, règles de fonctionnement du paiement sans contact","Banque de France, Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rapport annuel","ISO/IEC 14443, cartes sans contact de proximité"],"corps":"::Une carte bancaire ne contient pas d'argent. Elle contient une clé qui prouve que c'est bien elle. Le terminal ne paie rien : il pose une question à la banque, et attend la réponse.::\n\n## Ce qu'il y a dans la carte\n\nLa puce est un vrai petit ordinateur, avec une mémoire protégée. Elle garde une **clé secrète** qu'elle ne révèle jamais, même à celui qui la lit. À chaque paiement, elle s'en sert pour calculer un **cryptogramme** : un code unique, valable pour cette opération, ce montant, ce jour.\n\nC'est ce qui rend une carte à puce difficile à copier. On peut lire son numéro, pas sa clé ; et un cryptogramme volé ne sert qu'une fois.\n\n**La piste magnétique**, au dos, contient seulement le numéro et la date. Elle se copie facilement : c'est pour cela qu'elle ne sert presque plus en Europe.\n\n## Ce qui se passe en deux secondes\n\n1. **Lecture.** Le terminal parle à la puce, par contact ou par radio.\n2. **Le code.** Vous tapez votre code. En Europe, c'est le plus souvent **la puce elle-même qui le vérifie** : le code ne part pas vers la banque. Trois erreurs et elle se bloque.\n3. **La demande.** Le terminal envoie le montant et le cryptogramme à la banque du commerçant (**l'acquéreur**).\n4. **Le réseau.** L'acquéreur transmet par le réseau de la carte (CB, Visa, Mastercard) à **votre banque**, l'émetteur.\n5. **La décision.** Votre banque vérifie le cryptogramme, le solde ou le plafond, les signes de fraude, et répond oui ou non.\n6. **Le ticket.** La réponse revient par le même chemin. Tout cela dure une à trois secondes.\n\n**L'argent, lui, ne bouge pas encore.** Le soir, le terminal envoie toutes les opérations de la journée en un lot (la **télécollecte**). Les banques compensent entre elles, et le commerçant est crédité un ou deux jours plus tard, moins une commission.\n\n## Le sans contact\n\nLa carte contient une petite antenne. Le terminal émet un champ radio à **13,56 MHz** qui alimente la puce à quelques centimètres, sans pile. Les terminaux de paiement sont conçus pour lire à moins de 4 cm environ.\n\nPour aller vite, on saute le code sous un certain montant, **50 euros en France**. Pour limiter les risques en cas de vol, la carte compte les paiements sans code : passé un montant cumulé ou un nombre d'opérations, elle demande le code au paiement suivant.\n\n**Le téléphone** fonctionne de la même façon, mais le numéro de carte est remplacé par un numéro de substitution, et c'est votre empreinte ou votre visage qui remplace le code.\n\n## Pourquoi ça peut dire non\n\n- Plafond de paiement atteint (souvent sur 7 ou 30 jours glissants).\n- Carte bloquée, expirée, ou puce usée : essayez le sans contact, ou l'inverse.\n- Soupçon de fraude : achat inhabituel, pays inhabituel. Votre application bancaire le signale souvent.\n- **Pas de réseau.**\n\n## Quand le réseau tombe\n\nUn terminal a besoin de deux choses : **du courant et une liaison** (ligne fixe, internet, ou carte SIM pour les terminaux mobiles).\n\nCertains terminaux savent accepter un paiement **hors ligne** sous un petit montant fixé par la banque (le plafond de sol) : la puce vérifie le code et la carte seule, l'opération est stockée et envoyée plus tard. C'est un risque pour le commerçant, qui le limite ou le refuse.\n\nLors d'une coupure étendue, comme en Espagne et au Portugal le 28 avril 2025, les terminaux s'arrêtent avec le reste : les magasins encore ouverts n'acceptent plus que **les espèces**. Gardez-en un peu chez vous, en petites coupures. Voir [[TEC-RES-001]].\n\n## Se protéger\n\n- **Cachez le clavier** quand vous tapez le code : une caméra ou un regard suffit à le voler, et la carte se vole ensuite.\n- **Regardez le terminal** d'un distributeur ou d'une pompe à essence : une façade qui bouge, un lecteur épais, un clavier en relief peuvent cacher un copieur.\n- **Le montant affiché** est celui que vous acceptez : lisez-le avant de présenter la carte.\n- **Une carte perdue** se fait opposer tout de suite, par l'application ou par le numéro de votre banque. En France, le numéro interbancaire d'opposition est le 0 892 705 705.\n- Le sans contact volé est limité par le compteur de la carte ; le paiement en ligne avec vos numéros est le vrai risque. Surveillez vos relevés.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-005","titre":"La vidéosurveillance publique","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["camera","videoprotection","ville","droit","surveillance","vie privee"],"sources":["Code de la sécurité intérieure, articles L251-1 à L255-1","Cour des comptes, Les polices municipales, rapport public thématique, octobre 2020","Piza E., Welsh B., Farrington D., Thomas A., CCTV surveillance for crime prevention, Criminology & Public Policy, 2019","Loi n° 2023-380 du 19 mai 2023 relative aux Jeux olympiques et paralympiques, article 10","Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle, article 5"],"corps":"::Une caméra de rue n'est presque jamais regardée en direct. Elle sert surtout après coup, à condition que quelqu'un demande les images à temps.::\n\n## Comment fonctionne un réseau de ville\n\nLes caméras d'une commune sont reliées par fibre ou par radio à un **centre de supervision urbain** : une salle, un mur d'écrans, quelques opérateurs. En France, la loi parle de **vidéoprotection** pour la voie publique, et de vidéosurveillance pour les lieux privés.\n\nUn opérateur ne peut suivre vraiment que quelques écrans à la fois. Dans une ville qui a des centaines de caméras, **l'immense majorité des images n'est vue par personne**. Elle est enregistrée, puis effacée.\n\nTrois usages dominent :\n\n- **Le direct** : suivre une manifestation, un match, un incident signalé par radio.\n- **L'après-coup** : la police ou la justice demande les images d'un endroit et d'une heure précis. C'est de loin l'usage principal.\n- **La lecture de plaques** (LAPI) : des caméras dédiées lisent les immatriculations et les comparent à des fichiers de véhicules recherchés.\n\nLe fonctionnement technique d'une caméra est détaillé dans [[TEC-IDE-004]].\n\n## Ce que dit la loi en France\n\n- Chaque caméra de voie publique demande une **autorisation du préfet**, après avis d'une commission départementale.\n- Elle ne doit pas filmer l'intérieur des habitations, ni de façon précise leurs entrées.\n- **Des panneaux** doivent signaler la zone filmée et dire à qui s'adresser.\n- Les images se gardent **30 jours au plus**, souvent moins. Ensuite elles sont effacées, sauf si une enquête les a réclamées.\n- Toute personne peut demander à voir les images où elle figure, auprès du responsable indiqué sur le panneau. Le refus est possible pour des raisons de sécurité ou d'enquête ; il se conteste devant la commission départementale.\n\n**La reconnaissance faciale en temps réel dans la rue n'est pas autorisée en France.** À l'échelle européenne, le règlement sur l'intelligence artificielle de 2024 l'interdit aux forces de l'ordre, sauf exceptions étroites (recherche d'une victime, menace terroriste imminente) encadrées par un juge.\n\n**L'analyse automatique des images**, sans reconnaissance des visages, a été expérimentée pour les Jeux de 2024 : repérer un objet abandonné, un mouvement de foule, une personne au sol. Son avenir fait l'objet de débats et de lois successives : vérifiez l'état du droit au moment où vous lisez.\n\n## Est-ce que ça marche ?\n\nLa réponse la plus solide vient de l'analyse de 76 études menées sur quarante ans (Piza et collègues, 2019) :\n\n- une **baisse modeste** de la délinquance là où sont les caméras, de l'ordre de 13 % en moyenne ;\n- un effet net sur **les parkings** et les vols liés aux véhicules ;\n- **pas d'effet mesurable sur les violences** : on ne réfléchit pas à la caméra au moment d'une bagarre.\n\nEn France, la Cour des comptes a relevé en 2020 qu'aucune corrélation globale n'était établie entre l'équipement d'une ville en caméras et son niveau de délinquance. Une étude commandée par la gendarmerie en 2021 a trouvé que les images n'avaient contribué qu'à une petite fraction des enquêtes élucidées.\n\nCe que les caméras font bien : **retracer un trajet après coup**, confirmer un horaire, retrouver un véhicule. Ce qu'elles font mal : empêcher.\n\n## Ce qui vous sert concrètement\n\n**Vous êtes victime ou témoin.** Portez plainte **dans les jours qui suivent** en donnant le lieu exact et l'heure. C'est la plainte qui permet à la police de réquisitionner les images avant leur effacement. Passé un mois, elles n'existent plus. Notez aussi les commerces du coin : leurs caméras privées ont souvent une meilleure vue que celles de la ville.\n\n**Vous voulez savoir où sont les caméras.** Les panneaux, les délibérations du conseil municipal (l'installation se vote et se finance en public), les données ouvertes de certaines villes, et les cartes collaboratives comme OpenStreetMap, où les caméras sont recensées par des bénévoles.\n\n**Vous voulez voir vos images.** Écrivez au responsable indiqué sur le panneau, dans le délai de conservation, en précisant lieu, date, heure et une description de vous.\n\n**Vous tenez à votre vie privée.** Une caméra de rue est un maillon parmi d'autres ; le téléphone, les paiements et les badges en disent bien plus. Voir [[SIG-COM-007]].\n\n**Pendant une coupure longue.** Un réseau de caméras dépend du courant et des liaisons. Sans eux, il s'éteint comme le reste, voir [[TEC-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-004","titre":"Les caméras de surveillance","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["camera","surveillance","video","infrarouge","securite","reseau"],"sources":["Norme EN 62676-4, systèmes de vidéosurveillance, lignes directrices d'application","CNIL, fiches pratiques sur la vidéoprotection et la vidéosurveillance","Documentation technique des codecs H.264 et H.265 (ITU-T)"],"corps":"::Une caméra ne voit pas mieux que vous. Elle voit plus longtemps, sans cligner, et elle garde tout. C'est sa seule force, et ses faiblesses viennent de la même place.::\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\nUne caméra de surveillance est un appareil photo qui prend 15 à 30 images par seconde, sans arrêt.\n\n**L'objectif** concentre la lumière. Sa focale décide de tout : courte, elle voit large mais les détails sont petits ; longue, elle voit loin mais étroit. Une caméra ne peut pas tout voir en détail à la fois.\n\n**Le capteur** transforme la lumière en pixels. Plus il y en a, plus on peut agrandir l'image, mais seulement si l'objectif et la lumière suivent.\n\n**Le filtre infrarouge.** Le jour, un petit filtre bloque l'infrarouge pour garder des couleurs justes. La nuit, il s'escamote avec un petit clic, la caméra passe en noir et blanc et s'éclaire elle-même avec des **LED infrarouges**.\n\n**Le processeur** compresse l'image et l'envoie. Il fait souvent aussi la détection de mouvement, parfois la reconnaissance de personnes ou de véhicules.\n\n## La vision de nuit\n\nLes LED infrarouges à **850 nm** donnent une lueur rouge sombre, visible à l'œil quand on regarde la caméra dans le noir. Celles à **940 nm** sont invisibles, mais portent moins loin.\n\nCet éclairage a une portée limitée, souvent 20 à 30 m. Au-delà, l'image est noire. Voir [[TEC-NUI-001]] pour la vision nocturne en général.\n\n**Un appareil photo de téléphone voit l'infrarouge** : filmez la caméra dans le noir, ses LED apparaissent comme des points violets ou blancs.\n\n## Analogique ou IP\n\n**Les caméras analogiques** (et leurs versions modernes HD sur câble coaxial) envoient un signal vidéo brut à un enregistreur, le **DVR**. Tout reste dans le bâtiment.\n\n**Les caméras IP** sont de petits ordinateurs sur le réseau. Elles envoient un flux numérique vers un enregistreur réseau (**NVR**), un serveur ou un cloud. Beaucoup sont alimentées par le câble réseau lui-même (**PoE**, Power over Ethernet).\n\n**Les caméras WiFi grand public** envoient presque toujours leurs images vers les serveurs du fabricant. Sans internet, beaucoup ne font plus rien, ou seulement enregistrer sur leur carte mémoire.\n\n## Pourquoi la compression compte\n\nUne vidéo brute remplirait un disque en quelques heures. Les codecs **H.264** et **H.265** ne gardent que ce qui change d'une image à l'autre. Un parking vide ne coûte presque rien ; une rue sous la pluie ou un arbre au vent coûte beaucoup, parce que tout bouge.\n\nConséquence pratique : un enregistreur garde souvent **une à quatre semaines**, puis écrase les images les plus anciennes. **Si vous avez besoin d'une image, demandez-la vite.**\n\n## Détecter, reconnaître, identifier\n\nLa norme européenne EN 62676-4 fixe ce qu'on peut attendre d'une image selon le nombre de pixels qui couvrent un mètre de scène :\n\n| Objectif | Pixels par mètre | Ce qu'on peut dire |\n|---|---|---|\n| Détecter | 25 | Il y a quelqu'un |\n| Observer | 62 | Ce qu'il fait, ses vêtements |\n| Reconnaître | 125 | C'est une personne qu'on connaît |\n| Identifier | 250 | On peut établir qui c'est |\n\nUne caméra 4K qui filme un parking de 40 m de large donne environ 100 pixels par mètre : elle reconnaît peut-être, elle n'identifie pas. **C'est pour cela que les images de journaux télévisés sont si floues.**\n\n## Ce qui trompe une caméra\n\n- **Le contre-jour** : une silhouette devant une porte vitrée ou des phares devient noire. Les caméras dites WDR compensent en partie.\n- **Les reflets de vitre** : une caméra derrière une fenêtre, la nuit, ne voit que le reflet de ses propres LED.\n- **La pluie, la neige, les toiles d'araignée** devant l'objectif déclenchent la détection de mouvement sans fin, ou aveuglent l'image la nuit.\n- **L'angle** : une caméra placée trop haut ne voit que des sommets de crânes et des visières de casquettes.\n- **Le réseau** : une caméra IP mal protégée, avec son mot de passe d'usine, est accessible depuis internet. Des sites entiers recensent des caméras ouvertes.\n\n## Installer la sienne\n\n1. Décidez **ce que vous voulez voir** : l'entrée, une allée, une boîte aux lettres. Une caméra par besoin, pas une caméra pour tout.\n2. Placez-la entre **2,5 et 3 m de haut**, assez basse pour voir les visages, assez haute pour ne pas être arrachée.\n3. Évitez le contre-jour : pas face à l'est ou l'ouest, pas face à une lampe.\n4. **Changez le mot de passe** dès l'installation, mettez à jour, et si possible gardez-la sur un réseau séparé.\n5. Préférez un enregistrement **local** (carte, NVR) : il marche sans internet.\n\n**Le droit.** En France, un particulier ne peut filmer que chez lui. La voie publique, le jardin ou les fenêtres du voisin sont interdits. Un salarié doit être informé, et les images ne se gardent pas plus d'un mois. Les caméras de la ville suivent d'autres règles, voir [[TEC-IDE-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-004","titre":"La soupe au caillou et la soupe de chaussure","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["soupe","famine","siege","cuir","conte","partage","nutrition","mythe"],"sources":["Conte populaire européen de la soupe au caillou, recueilli sous de nombreuses variantes (France, Portugal, Scandinavie)","Stewart G., Ordeal by Hunger: The Story of the Donner Party","Salisbury H., Les 900 jours, le siège de Leningrad","Chaplin C., La Ruée vers l'or, 1925"],"corps":"::Un caillou ne nourrit personne. Une chaussure presque pas. Mais les deux soupes racontent quelque chose de vrai : l'une sur la faim, l'autre sur ce que les gens se donnent quand on leur en donne l'occasion.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le conte\n\nUn voyageur affamé arrive dans un village. Personne ne veut rien lui donner. Il pose une marmite d'eau sur le feu, y jette un caillou bien lavé, et annonce qu'il prépare une soupe délicieuse. Les villageois, curieux, s'approchent. « Elle serait meilleure avec un oignon », dit-il. Quelqu'un en apporte un. Puis une carotte, un bout de lard, du sel, des pommes de terre. À la fin, tout le village mange une vraie soupe. Le caillou, lui, n'a rien donné.\n\nLe conte existe dans toute l'Europe, avec un clou, un bouton ou une hache à la place du caillou.\n\n### Ce qui est vrai dedans\n\n**Le caillou ne nourrit pas.** Il n'apporte aucune calorie. Tout au plus une pierre calcaire libère-t-elle un peu de minéraux dans un bouillon acide.\n\n**Mais le mécanisme est réel.** Chacun a un peu, personne n'a assez, et personne ne veut être le premier à donner. Il suffit que quelqu'un pose la marmite et rende le partage facile, visible et joyeux. Les cuisines collectives des crises, les soupes populaires, les repas de quartier après une catastrophe fonctionnent exactement comme ça. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n### La soupe de chaussure\n\nL'image vient du cinéma : dans *La Ruée vers l'or* (1925), Charlot, affamé et coincé dans une cabane pendant une tempête de neige, fait bouillir sa chaussure et la mange comme un rôti, lacets compris en guise de spaghettis.\n\nLa réalité a précédé le film :\n\n- **L'expédition Donner**, bloquée par la neige dans la Sierra Nevada en 1846, a fait bouillir des peaux de bœuf pour en tirer une gelée.\n- **Pendant le siège de Leningrad** (1941 à 1944), les habitants ont fait bouillir des ceintures, des sacs et des reliures de livres en cuir, et gratté la colle de papier peint, faite de farine.\n- Des marins, des soldats encerclés et des explorateurs polaires ont mangé leurs harnais et leurs bottes.\n\n### Ce que vaut vraiment le cuir\n\nLe cuir est de la peau, donc surtout du **collagène** : une protéine. Bouillie longtemps, la peau brute donne une gelée, comme la gélatine d'un pied de porc. Il y a donc un peu de nourriture dedans.\n\n**Mais :**\n\n- le collagène est une protéine incomplète : il manque des acides aminés essentiels, il ne suffit pas seul ;\n- **le cuir moderne est tanné au chrome** dans la grande majorité des cas. Le chrome, les colles, les teintures et les semelles synthétiques n'ont rien à faire dans un estomac ;\n- une chaussure d'aujourd'hui contient souvent plus de plastique que de cuir.\n\n**Verdict** : une peau fraîche ou séchée, ou un cuir tanné aux végétaux (brut, beige, sans teinture), bouillis longtemps, donnent un peu de protéines. Une basket, rien du tout.\n\n## AGIR\n\n### Faire une vraie soupe avec presque rien\n\nLa soupe est la meilleure façon de nourrir beaucoup de monde avec peu : rien ne se perd, tout le gras et les minéraux restent dans l'eau, et un liquide chaud remonte le moral autant que le corps.\n\n1. **Le gras d'abord.** Un morceau de lard, de l'huile, une couenne. C'est ce qui manque le plus en disette. Voir [[TEC-ALI-001]].\n2. **Un féculent** pour les calories : pommes de terre, pain rassis, riz, pâtes, farine délayée, flocons d'avoine.\n3. **Tout ce qui est vert et comestible** : fanes de carottes et de radis, orties, pissenlits, feuilles de chou. Voir [[SURV-RES-001]].\n4. **Les os**, même déjà rongés, cassés et bouillis longtemps : moelle, gras, calcium.\n5. **Le sel**, qui rend tout mangeable.\n\n### Faire la soupe au caillou pour de vrai\n\nDans un groupe, un camp, une rue après une catastrophe : **mettez la marmite au milieu, bien en vue**, et annoncez qu'on fait une soupe pour tout le monde. Demandez à chacun une seule chose, petite. Ça marche mieux que de demander à une personne beaucoup.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez vraiment que du cuir.** Choisissez une peau brute ou un cuir non teint. Grattez, coupez en lanières, faites bouillir des heures, jetez la première eau. Mangez la gelée, pas les lanières.\n\n**La faim dure depuis longtemps.** Recommencez à manger très doucement, en petites quantités, sinon le corps peut s'effondrer : c'est le syndrome de renutrition.\n\n**Il y a des enfants.** Ils passent en premier dans la marmite, et ce sont eux qu'on peut envoyer demander un oignon : personne ne refuse.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-023","titre":"Récupérer dans un hôpital","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["hopital","medicaments","oxygene","chariot d'urgence","sterilisation","groupe electrogene","dasri"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 23e édition","Lyon R. et al., Stability profiles of drug products extended beyond labeled expiration dates, Journal of Pharmaceutical Sciences, 2006 (programme SLEP)","AIEA, The Radiological Accident in Goiânia, 1988","Ministère de la Santé, guide des déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI)"],"corps":"::Tout le monde court à la pharmacie de l'hôpital. Elle est fermée à clé, au sous-sol, et vidée la première. Ce qui a de la valeur est ailleurs, dans les étages, et personne n'y pense.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn hôpital est une ville verticale, organisée pour ne jamais s'arrêter. Tout y est doublé et stocké près de l'endroit où il sert : un soignant ne descend pas au sous-sol chercher une seringue. C'est pour cela que **la vraie réserve est répartie dans les services**, et que la pharmacie centrale n'est qu'une partie du stock.\n\nC'est aussi un lieu où l'on trouve des malades, des morts et des gens qui ont besoin d'aide. Si des soignants y sont encore, ce qu'ils savent vaut plus que tout ce qu'il y a dans les armoires.\n\n## AGIR\n\n### Où chercher, dans l'ordre\n\n**1. Les chariots d'urgence.** Un par service, rouge ou jaune, dans le couloir ou près du poste de soins, souvent fermé par un simple scellé en plastique. Chacun contient la même chose partout : adrénaline, atropine, amiodarone, solutés, seringues, cathéters, matériel d'intubation, ballon d'insufflation, parfois un défibrillateur posé dessus. **C'est la réanimation complète, en kit, rangée dans le même ordre d'un hôpital à l'autre.**\n\n**2. Les armoires de service.** Dans chaque service, une pièce de stock (la « réserve » ou « pharmacie de service ») : pansements, antiseptiques, gants, compresses, perfusions, antalgiques courants, antibiotiques d'usage fréquent. Les stupéfiants sont dans un coffre à part, les autres médicaments en libre accès pour les soignants.\n\n**3. La stérilisation centrale.** Souvent au sous-sol ou près du bloc opératoire. Des boîtes métalliques scellées, étiquetées par intervention : pinces, ciseaux, porte-aiguilles, écarteurs, **déjà stériles et datés**. Un kit de suture complet pèse quelques centaines de grammes. Voir [[TEC-SAN-001]].\n\n**4. Le bloc opératoire.** Fils de suture, champs stériles, lampes frontales, aspirateurs de mucosités manuels, blouses.\n\n**5. La maternité.** Lait infantile en poudre et prêt à boire, biberons, tétines, couches, matériel d'accouchement. C'est ce qui manque le plus vite dans une ville en crise. Voir [[URG-SEC-007]].\n\n**6. La cuisine et la lingerie.** Réserves alimentaires pour des centaines de repas, grands contenants, draps, couvertures, blouses propres.\n\n**7. Les locaux techniques.** Le groupe électrogène et sa cuve de fioul (les hôpitaux gardent plusieurs jours d'autonomie), les batteries des onduleurs, l'outillage des services techniques, les pompes.\n\n### L'oxygène\n\nLes grands hôpitaux ont une **cuve d'oxygène liquide** à l'extérieur, et des **bouteilles** dans les services et dans un local de stockage. En Europe, une bouteille d'oxygène médical a **l'ogive blanche**.\n\n- Une bouteille de 5 litres pleine à 200 bars donne environ 1 000 litres d'oxygène, soit **plus de 8 heures à 2 litres par minute**.\n- Les bouteilles modernes ont un détendeur intégré avec un manomètre : on lit ce qui reste.\n- **Jamais de graisse ni d'huile** sur un robinet d'oxygène, jamais de flamme à côté : l'oxygène pur fait brûler violemment ce qui est gras.\n\n## ADAPTER\n\n### Ce qu'il ne faut pas toucher\n\n- **Les conteneurs jaunes** (en France, les DASRI) : aiguilles usagées, pansements souillés, déchets infectieux. Ce ne sont pas des réserves.\n- **Les produits de chimiothérapie**, souvent marqués d'une étiquette violette ou d'un symbole spécifique : toxiques au contact.\n- **Tout ce qui porte le trèfle radioactif**, en médecine nucléaire et en radiothérapie. En 1987, à Goiânia au Brésil, des récupérateurs ont ouvert une vieille source de césium d'un appareil de radiothérapie abandonné. La poudre brillait en bleu dans le noir ; ils l'ont montrée à leurs proches. Quatre personnes sont mortes, des centaines ont été contaminées. **Un conteneur en plomb très lourd, avec ce symbole, ne s'ouvre jamais.**\n- **Les réfrigérateurs à vaccins et à insuline** sans courant depuis longtemps : l'insuline tient environ un mois à température ambiante, les vaccins beaucoup moins.\n\n### Les médicaments périmés\n\nL'armée américaine a fait tester ses stocks périmés pendant des années (programme SLEP) : **la grande majorité des médicaments solides (comprimés, gélules) gardaient leur efficacité des années après leur date**, s'ils avaient été stockés au frais et au sec. Les exceptions à connaître : les liquides, l'insuline, l'adrénaline, les collyres et certains antibiotiques en suspension perdent vite leur efficacité. Voir [[TEC-SAN-001]].\n\n### Les astuces qu'on ne trouve dans aucun manuel\n\n- **Les étages de consultation** (dermatologie, ophtalmologie, ORL, dentaire) sont ignorés par tout le monde et pleins de matériel : lampes, loupes, instruments fins, anesthésiques locaux.\n- **Les cliniques vétérinaires** ont les mêmes antibiotiques, antiparasitaires et fils de suture, en plus gros conditionnements, et personne n'y va.\n- **Le service de dialyse** a un système de traitement d'eau : filtres, osmoseur, réserves d'eau purifiée.\n- **Les tabliers de plomb** de la radiologie pèsent lourd mais arrêtent les rayons X et une partie des rayons gamma faibles.\n- **Les chariots, fauteuils roulants et brancards** sont les meilleurs outils pour transporter ce que vous trouvez. Voir [[SURV-REC-011]].\n- **Les bouteilles de solution hydroalcoolique**, par palettes, sont un désinfectant, un combustible pour réchaud et un allume-feu.\n- **Allez-y à deux, de jour, en connaissant la sortie.** Un hôpital est un labyrinthe de couloirs identiques, et sans électricité, beaucoup de portes coupe-feu se ferment seules. Voir [[SURV-REC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-009","titre":"Conduire un métro","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["metro","train","rail","troisieme rail","signalisation","conduite","tunnel","transport"],"sources":["RATP, dossiers de presse sur l'automatisation des lignes 1, 4 et 14","Pyrgidis C., Railway Transportation Systems: Design, Construction and Operation, CRC Press","Transport for London, documentation publique sur le réseau et l'alimentation électrique","UITP, Observatoire mondial des métros automatiques"],"corps":"::Un métro se conduit avec une seule manette. Tout le reste, l'électricité, les signaux, le poste de commande, se trouve autour de la rame, et c'est ce reste qui la fait rouler.::\n\n## Ce qui fait avancer une rame\n\n**L'électricité arrive par la voie.** Sur la plupart des métros, un **troisième rail** posé à côté des rails de roulement est sous tension continue, **750 volts** à Paris, 630 à Londres. Un frotteur métallique sous la rame glisse dessus. D'autres réseaux utilisent une caténaire au-dessus de la voie, en 1 500 volts.\n\n**Des sous-stations** réparties le long des lignes transforment le courant du réseau national en courant continu. **Si elles tombent, tout s'arrête** : une rame de métro n'a pas de moteur autonome, seulement des batteries pour l'éclairage de secours, les portes et la radio.\n\n**Les moteurs** électriques sont répartis sous plusieurs voitures. Au freinage, ils deviennent des génératrices et renvoient du courant dans le rail : c'est le freinage électrique. Les freins mécaniques prennent le relais à basse vitesse et à l'arrêt.\n\n## La cabine\n\nUn conducteur de métro a devant lui beaucoup moins de commandes qu'on ne l'imagine :\n\n- **Le manipulateur**, une seule manette : poussée, la rame accélère ; au neutre, elle roule sur son élan ; tirée, elle freine ; tout au bout, **freinage d'urgence**.\n- **Le dispositif de veille** : le conducteur doit garder un appui constant ou le relâcher et le reprendre à intervalles réguliers. S'il ne le fait pas, parce qu'il a fait un malaise, la rame freine seule. En France, c'est la **VACMA**.\n- **Les commandes des portes**, côté gauche et côté droit, et l'ouverture ne se fait qu'à l'arrêt, à quai.\n- **La clé ou le badge de cabine**, qui met la cabine en service. Une rame a une cabine à chaque bout ; une seule est active à la fois.\n- **La radio sol-train** avec le poste de commande.\n- **Les écrans** qui affichent la vitesse autorisée, les défauts, l'état des portes.\n\n## La signalisation : pourquoi on ne peut pas foncer\n\nDeux rames ne doivent jamais se trouver sur le même tronçon. La voie est découpée en **cantons**, et un canton occupé est protégé par des signaux et, surtout, par un **système de contrôle automatique** qui freine la rame si elle dépasse la vitesse autorisée ou un signal fermé.\n\nSur les lignes modernes, ce système est continu (**CBTC**) : la rame connaît en permanence la position de celle qui la précède et adapte sa vitesse au mètre près. C'est ce qui permet une rame toutes les 85 à 90 secondes aux heures de pointe.\n\nSur les **lignes automatiques** (1, 4 et 14 à Paris, Lille, Copenhague, Dubaï, Singapour), il n'y a plus de conducteur du tout. Le poste de commande centralisé pilote chaque rame, et des portes palières ferment le quai.\n\n## Le poste de commande\n\nUn métro se pilote d'abord depuis un **poste de commande centralisé** : une grande salle avec le tracé des lignes, la position de chaque rame, l'état des sous-stations, des aiguillages, de la ventilation des tunnels et des pompes. Les régulateurs y décident des départs, des coupures de courant pour les interventions, de l'évacuation d'une rame. Le conducteur exécute.\n\n## Les astuces de ceux qui connaissent les tunnels\n\n- **Le troisième rail est toujours sous tension, jusqu'à preuve du contraire.** Même quand les rames ne roulent plus. Il est souvent protégé par un capot en bois ou en plastique, mais pas partout. Un contact tue. On ne marche jamais dessus, ni sur ses supports.\n- **Les tunnels ont des issues de secours** à intervalles réguliers, reliées à la surface par des escaliers et des puits de ventilation. Elles sont signalées par des panneaux lumineux et des flèches peintes sur les parois, qui indiquent la direction et la distance de la station ou de l'issue la plus proche.\n- **Une rame évacuée en tunnel** s'évacue par l'avant ou l'arrière, sur ordre, une fois le courant coupé. Les portes latérales donnent souvent sur la paroi ou sur le rail électrifié.\n- **Les pompes** évacuent en permanence l'eau des tunnels. Sans électricité pendant des jours, les parties basses d'un réseau se noient, surtout près d'un fleuve.\n- **Les tunnels ont servi d'abris.** À Londres pendant le Blitz, jusqu'à 177 000 personnes y ont dormi certaines nuits de 1940. Ils protègent du souffle et des éclats, pas de l'eau ni de l'air vicié quand la ventilation s'arrête. Voir [[TEC-CON-009]].\n- **Une rame sans courant pèse plusieurs centaines de tonnes.** Sans le réseau, on ne la déplace pas. Les draisines de maintenance, petits véhicules autonomes au diesel ou sur batterie, et les chariots manuels circulent en revanche sur les rails.\n\nLa conduite d'une voiture et d'un bateau est dans [[TEC-VOI-001]] et [[TEC-NAV-001]]. Le fonctionnement d'une gare, et ce qu'on y trouve, est dans [[SURV-REC-012]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-007","titre":"Le fond vert","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["fond vert","incrustation","chroma key","video","cinema","eclairage","montage"],"sources":["Foster J., The Green Screen Handbook: Real-World Production Techniques, Sybex","Documentation OBS Studio et DaVinci Resolve, filtres d'incrustation","Brinkmann R., The Art and Science of Digital Compositing, Morgan Kaufmann"],"corps":"::Le fond vert ne remplace pas le décor. Il remplace une couleur. Tout le travail consiste à ce que cette couleur n'existe que derrière vous.::\n\n## Le principe\n\nLa caméra filme une personne devant un fond d'une seule couleur, uniforme. Le logiciel repère tous les pixels de cette couleur et les rend transparents. On glisse une autre image derrière. C'est l'**incrustation**, ou *chroma key*.\n\nC'est la même idée que la météo à la télévision, les effets spéciaux au cinéma, ou le fond de n'importe quel créateur de vidéo.\n\n## Pourquoi vert, et pourquoi parfois bleu\n\n**Le vert** est la couleur la plus éloignée de la peau humaine, quelle que soit sa teinte. Et les capteurs des caméras ont deux fois plus de pixels verts que de rouges ou de bleus : le vert est la couleur la plus détaillée, donc la plus facile à découper proprement.\n\n**Le bleu** sert quand le sujet porte du vert, pour les scènes de nuit, et donne moins de reflets colorés sur la peau. Mais il demande plus de lumière.\n\nRègle absolue : **pas de vêtement, d'accessoire ou d'objet de la couleur du fond.** Il deviendrait transparent. Attention aussi aux objets brillants, lunettes, montres, bijoux : ils reflètent le fond.\n\n## Les trois lois de l'éclairage\n\nC'est l'éclairage qui fait 80 % du résultat. Un logiciel ne rattrape pas un fond mal éclairé.\n\n1. **Le fond doit être uniforme.** Pas de zone plus sombre dans les coins, pas de pli, pas de reflet. Deux lampes diffuses, à 45 degrés de chaque côté du fond, au lieu d'une seule en face.\n2. **Le sujet s'éclaire à part**, avec ses propres lampes, comme pour n'importe quelle vidéo.\n3. **Éloignez le sujet du fond : 1,5 à 2 mètres au moins.** Trop près, le vert se reflète sur les épaules et les cheveux, c'est le *débordement*, et l'ombre du sujet tombe sur le fond.\n\n## Les réglages de la caméra\n\n- **Vitesse d'obturation élevée** (1/100 s ou plus) : le flou de mouvement mélange le sujet et le vert, et le détourage bave.\n- **Mise au point sur le sujet.** Un fond légèrement flou se découpe même mieux.\n- **Pas trop d'exposition** : un vert brûlé devient presque blanc.\n- **La meilleure définition possible**, et un format peu compressé si la caméra le propose.\n\n## Le logiciel\n\nLes logiciels gratuits suffisent : OBS pour le direct, DaVinci Resolve, CapCut ou Shotcut pour le montage. Le réglage suit toujours le même ordre :\n\n1. choisir la couleur à retirer avec la pipette, sur une zone moyenne du fond ;\n2. monter la tolérance jusqu'à ce que tout le fond disparaisse, pas plus ;\n3. adoucir un peu les bords ;\n4. activer la **suppression du débordement** (*spill suppression*), qui retire le reflet vert sur les contours.\n\n## Les astuces de ceux qui en font tous les jours\n\n- **Un tissu se repasse**, ou se tend sur un cadre. Chaque pli fait une ombre, et chaque ombre est une autre teinte de vert. Un mur peint en vert mat vaut mieux qu'un tissu froissé.\n- **Découpez large, recadrez après.** Si le sujet sort du fond, même d'un doigt, il est perdu. Faites le cadre, puis masquez tout ce qui dépasse du fond avec un masque grossier (*garbage matte*).\n- **Les cheveux fins** sont l'épreuve de vérité. Une lumière placée derrière le sujet, vers le haut de sa tête, sépare les cheveux du fond et rend le détourage beaucoup plus propre.\n- **Le décor d'arrivée décide de la lumière.** Si le fond final est un coucher de soleil, éclairez le sujet chaud et de côté. Un sujet éclairé comme dans un bureau posé sur une plage ne trompe personne.\n- **Pas de fond vert ?** Un drap bleu, un mur uni, un ciel dégagé derrière vous. Le logiciel accepte n'importe quelle couleur, pourvu qu'elle soit uniforme et absente du sujet.\n- **Les nouveaux outils d'intelligence artificielle** détourent sans fond vert. Ils se trompent sur les mains et les cheveux en mouvement : le fond vert reste plus fiable dès qu'on bouge.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-009","titre":"L'éolienne industrielle","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["eolienne","vent","energie","rotor","nacelle","reseau","electricite","betz"],"sources":["Burton T. et al., Wind Energy Handbook, Wiley, 3e édition","Agence internationale de l'énergie (IEA Wind), rapports annuels","Manwell J., McGowan J., Rogers A., Wind Energy Explained, Wiley","RTE, Bilan électrique annuel"],"corps":"::Une éolienne n'est pas un moulin agrandi. C'est une centrale électrique de 150 mètres qui tourne lentement, qui se pilote seule, et qui a besoin du réseau pour exister.::\n\n## Les dimensions\n\nUne éolienne terrestre récente mesure **100 à 200 mètres** en bout de pale, avec un rotor de **100 à 170 mètres** de diamètre. Sa puissance : **2 à 6 mégawatts**. En mer, les plus grandes dépassent 15 MW, avec des pales de plus de 110 mètres.\n\nUne pale pèse plusieurs dizaines de tonnes, la nacelle plusieurs centaines. La fondation d'une éolienne terrestre est un massif de béton armé de plusieurs centaines de mètres cubes, enterré.\n\n## Comment elle marche\n\n**Les pales** ne sont pas poussées par le vent comme une voile. Elles ont un profil d'aile d'avion : l'air qui les contourne crée une portance qui les fait tourner. Voir [[TEC-AER-001]].\n\n**Le rotor** tourne lentement, 5 à 15 tours par minute. Le bout des pales, lui, file à plus de 250 km/h.\n\n**La nacelle**, en haut du mât, contient :\n\n- **un multiplicateur** (une boîte d'engrenages) qui fait passer de 10 à 1 500 tours par minute pour la génératrice ; ou, sur les modèles « à entraînement direct », une génératrice géante à aimants permanents, sans multiplicateur ;\n- **la génératrice** ;\n- **le système de freinage** ;\n- **l'électronique de puissance** qui adapte le courant à celui du réseau ;\n- **un anémomètre et une girouette** sur le toit.\n\n**Deux moteurs la pilotent en permanence** :\n\n- **l'orientation** (*yaw*) tourne toute la nacelle face au vent ;\n- **le calage des pales** (*pitch*) fait pivoter chaque pale sur elle-même pour prendre plus ou moins de vent, comme on règle une hélice.\n\n## La courbe de puissance\n\n- En dessous d'environ **3 m/s** (11 km/h), elle ne produit rien.\n- Entre 3 et **12 m/s** environ, la puissance augmente très vite : **elle varie comme le cube de la vitesse du vent**. Deux fois plus de vent, huit fois plus d'énergie.\n- Au-dessus de 12 m/s, elle plafonne à sa puissance nominale : les pales se mettent en drapeau pour ne pas dépasser.\n- Vers **25 m/s** (90 km/h), elle s'arrête et se met en sécurité.\n\n**La limite de Betz** dit qu'aucune éolienne ne peut capter plus de 59,3 % de l'énergie du vent qui la traverse : il faut bien que l'air continue de s'écouler derrière. Les meilleures machines atteignent environ 45 à 50 %.\n\nSur une année, une éolienne terrestre produit en moyenne **20 à 30 % de sa puissance maximale** (son facteur de charge), une éolienne en mer 35 à 50 %.\n\n## Ce qu'on ne dit pas souvent\n\n**Elle a besoin du réseau.** La plupart des éoliennes ne peuvent pas démarrer seules ni alimenter une maison isolée : leur électronique se cale sur la fréquence du réseau existant, et elles consomment un peu de courant pour tourner, orienter et chauffer. **Pendant un black-out, une éolienne s'arrête**, même en plein vent. Seules des installations spécialement conçues savent fonctionner en îlot.\n\n**Elle se pilote de loin.** Chaque éolienne est surveillée à distance par son constructeur, qui peut l'arrêter, la redémarrer et lire ses capteurs.\n\n**Elle vit 20 à 30 ans.** Les pales en fibre de verre et résine se recyclent mal ; le mât, le cuivre et l'acier se recyclent bien.\n\n## Les astuces de ceux qui y travaillent\n\n- **La glace se projette.** Par temps de givre, des blocs de glace peuvent se détacher des pales et tomber à des dizaines, voire des centaines de mètres. Des panneaux le signalent au pied des machines. Ne restez pas sous une éolienne givrée.\n- **On monte à pied.** Beaucoup d'éoliennes n'ont qu'une échelle intérieure avec un rail anti-chute, ou un petit monte-charge. Cent mètres d'échelle : les techniciens sont formés au sauvetage en hauteur et travaillent toujours à deux.\n- **La foudre adore les éoliennes.** Les pales ont des récepteurs métalliques et un câble qui descend jusqu'à la terre. Par orage, on s'éloigne.\n- **Le bruit** vient surtout des pales, un souffle régulier, et du multiplicateur. À 500 mètres, il se confond avec le vent.\n- **Une nacelle contient des centaines de litres d'huile** (multiplicateur, hydraulique), du cuivre en quantité et, sur les machines à entraînement direct, des aimants aux terres rares. C'est aussi une plate-forme d'observation à plus de 100 mètres. Voir [[SURV-REC-016]] pour ce qu'on tire d'une grosse machine immobile.\n\nLe petit éolien, pour une maison ou un bateau, fonctionne sur les mêmes principes mais sans réseau : voir [[TEC-SOLR-001]] pour le stockage sur batteries.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-001","titre":"Les instruments de musique","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["musique","instrument","son","corde","vent","percussion","accord","fabrication"],"sources":["Hornbostel E., Sachs C., Systematik der Musikinstrumente, 1914 (classification de référence)","Fletcher N., Rossing T., The Physics of Musical Instruments, Springer","Conard N. et al., New flutes document the earliest musical tradition in southwestern Germany, Nature, 2009","Musée de la musique, Philharmonie de Paris, collections en ligne"],"corps":"::On a trouvé des flûtes vieilles de 40 000 ans, taillées dans des os de vautour. Avant l'écriture, avant l'agriculture, les humains faisaient déjà de la musique. Ce n'est pas un luxe : c'est l'une des plus vieilles choses que nous faisons ensemble.::\n\n## D'où vient un son\n\nUn son, c'est une vibration qui fait bouger l'air. Un instrument a toujours deux parties : **quelque chose qui vibre** et **quelque chose qui amplifie** (une caisse, un tuyau, une peau).\n\nLa **hauteur** d'une note dépend de la vitesse de vibration, en vibrations par seconde (hertz). Le la du diapason vibre à 440 Hz. **Doubler la fréquence donne la même note, une octave plus haut.**\n\nPour une corde, trois choses font monter la note :\n\n- **la raccourcir** (c'est ce que fait le doigt sur le manche d'une guitare) ;\n- **la tendre** davantage ;\n- **l'alléger** (une corde fine sonne plus aigu qu'une grosse).\n\nPour un tuyau, c'est sa **longueur** qui fixe la note : plus il est court, plus c'est aigu. Les trous d'une flûte raccourcissent le tuyau.\n\n## Les cinq familles\n\nLes musées classent tous les instruments du monde en cinq familles, selon ce qui vibre.\n\n| Famille | Ce qui vibre | Exemples |\n|---|---|---|\n| Idiophones | L'instrument lui-même | Xylophone, balafon, cloche, triangle, steel drum, maracas |\n| Membranophones | Une peau tendue | Tambour, djembé, timbales, tabla |\n| Cordophones | Une corde | Guitare, violon, harpe, piano, sitar, kora, oud |\n| Aérophones | Une colonne d'air | Flûte, trompette, saxophone, cornemuse, orgue, harmonica, didgeridoo |\n| Électrophones | Un circuit électrique | Synthétiseur, orgue électronique, thérémine |\n\n## Les instruments qui ont marqué l'histoire\n\n- **La flûte en os**, 40 000 ans, Allemagne : le plus ancien instrument connu.\n- **La lyre et la harpe**, Mésopotamie, il y a environ 4 500 ans (les lyres d'Ur).\n- **Le tambour**, présent sur tous les continents, depuis des milliers d'années.\n- **L'orgue**, né en Grèce avec l'hydraulis au IIIe siècle avant notre ère, roi des églises d'Europe au Moyen Âge.\n- **Le oud**, Moyen-Orient, ancêtre du luth et donc de la guitare.\n- **Le sitar**, Inde, avec ses cordes qui résonnent seules par sympathie.\n- **La kora**, Afrique de l'Ouest, 21 cordes, instrument des griots.\n- **Le violon**, Italie, XVIe siècle ; les luthiers de Crémone (Stradivari, Guarneri) le fixent pour toujours.\n- **Le piano**, Bartolomeo Cristofori, Florence, vers 1700 : le premier clavier qui joue fort ou doux selon la force du doigt.\n- **L'accordéon et l'harmonica**, XIXe siècle : des anches métalliques, un instrument complet dans une poche.\n- **Le saxophone**, Adolphe Sax, Belgique, 1846.\n- **Le steel drum**, Trinidad, années 1930 et 1940 : fabriqué dans des bidons de pétrole abandonnés.\n- **La guitare électrique**, années 1930 à 1950 : un micro magnétique capte la corde, un amplificateur fait le reste.\n- **Le synthétiseur**, Robert Moog, 1964 : le son fabriqué entièrement par des circuits.\n\n## Fabriquer avec ce qu'on a\n\nLe steel drum est né de bidons, le blues de guitares à une corde clouée sur une planche. **Presque tout peut sonner.**\n\n- **Un sifflet** : un bout de roseau ou de sureau vidé, une encoche en biseau, un bouchon de bois qui laisse une fente. Chaque trou percé ajoute une note.\n- **Une basse à une corde** : une bassine retournée, un manche de balai appuyé sur son bord, une corde tendue du manche au centre de la bassine. On pousse le manche pour tendre la corde et changer la note.\n- **Une guitare boîte** : une boîte en bois ou un bidon pour la caisse, un manche en planche, des cordes de fil de pêche, de frein de vélo ou de fil de fer fin.\n- **Des percussions** : bidons, casseroles, bouteilles remplies d'eau à différents niveaux (plus il y a d'eau, plus c'est aigu quand on les tape).\n- **Un tambour** : une peau ou une chambre à air tendue sur un seau, serrée avec une corde.\n\n## Les astuces de musiciens\n\n- **Accorder sans accordeur** : une note de référence suffit (un sifflet, une bouteille, en France, la tonalité du téléphone fixe est un la à 440 Hz). Les autres cordes s'accordent entre elles à l'oreille, en comparant deux cordes qui doivent jouer la même note : quand le son « bat » (ondule), elles sont fausses ; quand il devient lisse, c'est juste.\n- **Les cordes s'usent et sonnent de plus en plus sourd.** Elles se nettoient avec un chiffon sec après chaque usage, et se ravivent un peu en les bouillant, un vieux truc de bassiste.\n- **Le bois bouge avec l'humidité.** Un instrument en bois se range loin d'un poêle et d'un mur humide. Une guitare qui se fend, c'est presque toujours un chauffage trop proche.\n- **Un seul instrument par groupe suffit** pour chanter ensemble. La musique fait passer le temps, calme les enfants, marque les fêtes et les deuils. Voir [[SURV-PSY-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-009","titre":"L'abri antiatomique","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["abri","bunker","nucleaire","retombees","radiation","ventilation","suisse","beton"],"sources":["Kearny C., Nuclear War Survival Skills, Oak Ridge National Laboratory, 1987","Office fédéral suisse de la protection de la population (OFPP), Instructions techniques pour la construction d'abris","Glasstone S., Dolan P., The Effects of Nuclear Weapons, US Department of Defense, 1977","FEMA, Planning Guidance for Response to a Nuclear Detonation, 2022"],"corps":"::Un abri antiatomique ne protège pas d'une bombe qui tombe dessus. Il protège de ce qui tombe du ciel pendant les deux semaines d'après. C'est beaucoup moins spectaculaire, et beaucoup plus utile.::\n\n## Ce contre quoi on se protège\n\nUne explosion nucléaire agit en quatre temps, et un abri ne répond pas à tous de la même façon.\n\n1. **L'éclair et la chaleur**, en une seconde. N'importe quel mur arrête l'éclair ; c'est l'incendie qui suit qui tue.\n2. **Le souffle**, quelques secondes plus tard. Près du point d'impact, rien ne résiste. Plus loin, c'est un vent de plusieurs centaines de kilomètres par heure et une pluie de verre.\n3. **Le rayonnement initial**, dans la première minute, surtout près de l'explosion.\n4. **Les retombées**, pendant des jours : la poussière soulevée et rendue radioactive par une explosion au sol retombe sur des dizaines ou centaines de kilomètres sous le vent. **C'est là que la plupart des vies se sauvent ou se perdent**, et c'est pour ça qu'on construit des abris.\n\n## Ce qui arrête le rayonnement : la masse\n\nLes rayons gamma des retombées traversent la matière, mais chaque épaisseur en arrête une partie. On mesure cela en **épaisseur de demi-atténuation** : l'épaisseur qui divise le rayonnement par deux.\n\n| Matériau | Divise par 2 | Divise par 1 000 (10 épaisseurs) |\n|---|---|---|\n| Acier | 1,8 cm | 18 cm |\n| Béton | 5,6 cm | 56 cm |\n| Terre tassée | 8,4 cm | 84 cm |\n| Eau | 12 cm | 1,2 m |\n| Bois | 22 cm | 2,2 m |\n\nCe qui compte, c'est **la masse totale** entre vous et la poussière, dessus et sur les côtés. C'est pourquoi une cave au centre d'un immeuble, sous plusieurs étages, protège déjà beaucoup mieux qu'une maison de plain-pied.\n\n## Le temps joue pour vous : la règle de 7 et 10\n\nLa radioactivité des retombées décroît très vite. **Chaque fois que le temps écoulé est multiplié par 7, le rayonnement est divisé par 10.**\n\n- 7 heures après l'explosion : dix fois moins qu'au bout d'une heure ;\n- 2 jours (49 heures) : cent fois moins ;\n- 2 semaines : mille fois moins.\n\nD'où la consigne : **les premières 24 à 48 heures sont celles qui comptent le plus.** Et d'où la durée de séjour visée par les abris : environ deux semaines.\n\n## Comment est fait un vrai abri\n\nLes abris construits selon les normes, comme en Suisse, ont tous les mêmes éléments :\n\n- **une enveloppe en béton armé** épaisse, souvent enterrée, qui résiste au souffle à distance et arrête le rayonnement ;\n- **une porte blindée étanche** et un sas, avec des chicanes : le rayonnement se propage en ligne droite, un coude dans un couloir le coupe ;\n- **une ventilation filtrée** : un ventilateur, souvent à manivelle en secours, aspire l'air par un préfiltre à poussière puis un filtre à charbon actif, et **met l'abri en légère surpression**. La poussière ne rentre pas, même par les fentes ;\n- **des soupapes anti-souffle** sur les entrées et sorties d'air, qui se ferment d'un coup quand l'onde de pression arrive ;\n- **de l'eau** pour deux semaines, des toilettes sèches, des couchettes superposées, de l'éclairage sur batterie, une radio ;\n- **une sortie de secours** qui ne passe pas par l'escalier principal, souvent un tunnel ou une trappe qui débouche plus loin, hors de la zone des gravats.\n\n**La Suisse** est le seul pays qui garantit par la loi, depuis 1963, une place d'abri à chaque habitant : il y en a plus que d'habitants. La Finlande, la Suède et Israël ont aussi de grands réseaux. En France, il n'existe pas de réseau d'abris pour la population.\n\n## Improviser un abri\n\nDes études de l'armée américaine l'ont montré : **un abri de fortune bien fait protège presque aussi bien** qu'un abri construit, pour les retombées.\n\n- **Une cave** : le coin le plus enterré, loin des soupiraux. Empilez tout ce qui est lourd contre les murs et sur le plafond au-dessus de vous : sacs de terre, livres, bidons d'eau, meubles pleins.\n- **Une tranchée couverte** : une tranchée d'un mètre de large, profonde comme vous, couverte de portes ou de planches puis de 60 à 90 cm de terre. C'est l'abri de Kearny, construit en 48 heures par des familles ordinaires lors des essais.\n- **Un immeuble** : le milieu du bâtiment, à mi-hauteur ou au sous-sol, loin du toit (où la poussière se dépose) et loin des murs extérieurs.\n\n## Les astuces de ceux qui ont étudié la question\n\n- **La poussière est la vraie ennemie.** En entrant, retirez les vêtements extérieurs, mettez-les dans un sac loin de vous, lavez-vous ou essuyez-vous, cheveux compris. Cela retire la plus grande partie de la contamination.\n- **La chaleur tue avant la radiation** dans un abri bondé sans ventilation. Kearny a conçu un éventail de fortune, la « pompe à air de Kearny », un simple cadre de bois avec des volets en plastique qu'on balance à la main.\n- **Un appareil de mesure change tout.** Sans dosimètre, on sort trop tôt ou trop tard. Kearny a publié les plans d'un électromètre fabriqué avec une boîte de conserve et une feuille d'aluminium.\n- **L'iode** ne protège que la thyroïde, et seulement contre l'iode radioactif. Ce n'est pas un antiradiation. On le prend quand les autorités le disent.\n- **L'eau des tuyaux et des chasses d'eau**, celle d'un chauffe-eau, est protégée des retombées : elle se boit.\n- **Écoutez la radio**, à piles ou à manivelle. Voir [[SIG-COM-002]].\n\nL'air contaminé et les filtres sont dans [[URG-AIR-001]] et [[TEC-SAN-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-008","titre":"Le dessalement","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["dessalement","eau de mer","osmose inverse","distillation","eau potable","saumure"],"sources":["International Desalination Association, IDA Water Security Handbook","Organisation mondiale de la santé, Safe drinking-water from desalination, 2011","Elimelech M., Phillip W., The Future of Seawater Desalination, Science, 2011","Jones E. et al., The state of desalination and brine production, Science of the Total Environment, 2019"],"corps":"::La mer contient 97 % de l'eau de la planète, et on ne peut pas en boire un verre. Le dessalement, c'est payer en énergie ce que la nature fait gratuitement avec le soleil et la pluie.::\n\n## Pourquoi on ne boit pas l'eau de mer\n\nL'eau de mer contient environ **35 grammes de sel par litre**. Une eau potable en contient moins de 0,5 à 1 gramme.\n\nLes reins ne savent pas fabriquer une urine aussi salée que la mer. Pour éliminer le sel d'un litre d'eau de mer, il leur faut plus d'un litre d'eau. **Boire de l'eau de mer déshydrate plus vite que ne rien boire.** C'est la raison pour laquelle les naufragés qui en boivent meurent avant les autres, et ce qui rend le dessalement indispensable en mer. Voir [[TEC-SAN-005]].\n\n## Les deux grandes méthodes\n\n### Chauffer : la distillation\n\nOn fait bouillir l'eau, la vapeur part sans le sel, on la condense. C'est ce que fait le soleil au-dessus des océans.\n\nLes usines modernes ne font pas bêtement bouillir : elles enchaînent des chambres à pression de plus en plus basse, où l'eau bout à des températures de plus en plus faibles, et récupèrent la chaleur de chaque étape pour chauffer la suivante. Ce sont les procédés **à détentes successives** (MSF) et **à multiples effets** (MED). Ils consomment beaucoup d'énergie, et on les trouve surtout dans le Golfe, souvent couplés à des centrales électriques dont ils récupèrent la chaleur perdue.\n\n### Filtrer : l'osmose inverse\n\nUne membrane très fine laisse passer les molécules d'eau et retient les sels. Naturellement, l'eau irait du côté le plus salé (c'est l'osmose). **En poussant l'eau de mer contre la membrane à 55 à 80 bars**, on force le passage dans l'autre sens.\n\nC'est aujourd'hui la méthode dominante : **près de 70 % des capacités du monde**. Une usine moderne dépense environ **3 à 4 kWh par mètre cube** d'eau douce, grâce à des récupérateurs qui réutilisent la pression de la saumure qui sort.\n\nLe procédé demande :\n\n- **un prétraitement** sérieux : filtration, parfois floculation, pour que le sable, les algues et les bactéries ne bouchent pas les membranes ;\n- **un post-traitement** : l'eau osmosée est trop pure, agressive pour les tuyaux et pauvre en minéraux. On lui rajoute du calcium et on corrige son pH.\n\n## Les chiffres\n\n- Le monde dessale **environ 95 millions de mètres cubes par jour** (fin des années 2010), dans plus de 15 000 usines.\n- Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord en produisent près de la moitié. L'Arabie saoudite, les Émirats et Israël en dépendent pour une grande part de leur eau potable.\n- La plus grande usine d'osmose inverse du monde, à Sorek en Israël, produit plus de 600 000 m³ par jour.\n- Sur 100 litres d'eau de mer, une usine d'osmose en rend **environ 40 à 50 d'eau douce**. Le reste repart en **saumure**, deux fois plus salée que la mer.\n\n## Ce qui coince\n\n**L'énergie.** Même efficace, une usine consomme dix fois plus qu'un pompage d'eau douce. Une coupure de courant l'arrête, et l'eau du robinet avec.\n\n**La saumure.** Rejetée à la mer, elle coule au fond et peut étouffer la vie locale si elle est mal diffusée. Elle contient aussi les produits du prétraitement.\n\n**Les membranes** s'encrassent et se remplacent tous les cinq à dix ans. Elles sont fabriquées par une poignée d'industriels.\n\n**La cible.** Une usine de dessalement est une infrastructure unique qui alimente une ville entière. Les pays du Golfe la protègent comme une centrale.\n\n## À petite échelle\n\n- **Le dessalinisateur manuel** des radeaux de survie : une petite pompe d'osmose inverse qu'on actionne à la main, qui produit quelques litres par heure. C'est le seul équipement qui change vraiment la survie en mer.\n- **Les dessalinisateurs de bateau** : électriques, de 20 à plusieurs centaines de litres par heure. Ils vivent sur les batteries et les panneaux solaires du bord.\n- **Le distillateur solaire** : une cuve noire sous une vitre inclinée. Il produit de l'ordre de **2 à 5 litres par mètre carré et par jour** en plein soleil. Lent, mais sans aucune pièce mobile.\n- **La glace de mer ancienne** est presque douce : en gelant, l'eau chasse le sel. Une glace bleutée, arrondie, âgée de plus d'un an, peut se boire fondue. La glace jeune, grise et opaque, reste salée.\n\n## Les astuces qu'on apprend en mer\n\n- **Ne jetez jamais la première eau** d'un dessalinisateur après un arrêt : elle est salée. Goûtez avant de remplir la réserve.\n- **Une membrane qui sèche meurt.** À l'arrêt, on la conserve humide avec une solution prévue pour, ou on la fait tourner régulièrement.\n- **Près d'un port ou d'une embouchure**, l'eau de mer est polluée par les hydrocarbures et les rejets : ils abîment les membranes et ne sont pas tous retenus. On dessale au large.\n- **La pluie reste la meilleure eau douce en mer.** Une bâche tendue en entonnoir rend plus qu'un distillateur. Voir [[SURV-PLUIE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-004","titre":"Les explosifs","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["explosif","detonation","dynamite","tnt","anfo","mine","carriere","demolition","poudre noire"],"sources":["Meyer R., Köhler J., Homburg A., Explosives, Wiley-VCH, 7e édition","Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS), fiches sur les explosifs à usage civil","US National Counterterrorism Center, Bomb Threat Stand-Off Distances","Akhavan J., The Chemistry of Explosives, Royal Society of Chemistry"],"corps":"::Un explosif n'est pas une chose qui brûle fort. C'est une réaction qui va plus vite que le son dans la matière elle-même. Toute la différence entre une carrière et un accident tient dans cette phrase.::\n\n## Brûler, déflagrer, détoner\n\n**Une combustion** a besoin de l'oxygène de l'air. Elle avance aussi vite que l'air arrive : un feu de bois.\n\n**Une déflagration** emporte son propre oxygène. La réaction se propage de proche en proche, par la chaleur, à quelques mètres ou centaines de mètres par seconde. Enfermée, elle fait monter la pression jusqu'à rompre l'enveloppe. C'est la poudre noire, la poudre d'une cartouche.\n\n**Une détonation** se propage par une onde de choc à travers la matière, entre 2 000 et 9 000 mètres par seconde. Elle n'a pas besoin d'être enfermée : elle brise ce qu'elle touche. C'est la dynamite, le TNT, les explosifs militaires.\n\n## Les familles\n\n**Les explosifs primaires** détonent au moindre choc, frottement, étincelle ou chaleur. On les utilise en quantités minuscules, dans les détonateurs, pour amorcer. Ce sont aussi les plus dangereux à manipuler, et ceux qui tuent le plus souvent leurs fabricants amateurs.\n\n**Les explosifs secondaires** sont stables : on peut souvent les brûler sans qu'ils détonent. Il leur faut le choc d'un détonateur. Presque tout ce qui sert réellement en fait partie.\n\nD'où la **chaîne pyrotechnique**, la même partout : un détonateur (primaire, quelques dixièmes de gramme), parfois un relais, puis la charge principale (secondaire). Chaque étage réveille le suivant. Sans détonateur, un bloc d'explosif militaire est une matière inerte qu'on peut poser, couper, ou même brûler, ce qui ne veut pas dire qu'il faut le faire.\n\n## Les explosifs qui ont compté\n\n| Nom | Époque | Famille | Ce qu'il faut savoir |\n|---|---|---|---|\n| Poudre noire | Chine, IXe siècle | Déflagrant | Charbon, soufre, salpêtre. A fait les canons et les mines pendant 800 ans. |\n| Nitroglycérine | 1847 | Secondaire, très sensible | Liquide instable au choc. Inutilisable telle quelle. |\n| Dynamite | Nobel, 1867 | Secondaire | Nitroglycérine absorbée dans une terre poreuse. A permis les tunnels et les chemins de fer. |\n| TNT | 1863, militaire dès 1902 | Secondaire, très stable | Fond sans détoner, se coule dans les obus. Sert d'unité de mesure. |\n| ANFO | Années 1950 | Secondaire | Nitrate d'ammonium et fioul. L'explosif civil le plus consommé au monde, dans les mines et carrières. |\n| Émulsions | Années 1960 | Secondaire | Pâtes à base de nitrate, résistantes à l'eau. Ont remplacé la dynamite. |\n| RDX, PETN | Seconde Guerre mondiale | Secondaire, puissant | Bases des explosifs plastiques militaires (C-4, Semtex) et du cordeau détonant. |\n\n**Le nitrate d'ammonium** mérite une ligne à part : c'est d'abord un engrais, stocké par milliers de tonnes. Mal stocké, il a causé les catastrophes de Toulouse (usine AZF, 2001, 31 morts) et de Beyrouth (port, 2020, plus de 200 morts).\n\n## À quoi ils servent\n\n- **Mines et carrières** : de très loin le premier usage. Chaque jour, des milliers de tonnes d'explosif abattent la roche.\n- **Tunnels et routes de montagne.**\n- **Démolition** de bâtiments et d'ouvrages : on coupe les poteaux porteurs dans le bon ordre, et le bâtiment tombe sur lui-même.\n- **Déclenchement préventif des avalanches**, dans les stations de ski.\n- **Sismique** : de petites charges envoient des ondes dans le sol pour chercher du pétrole ou étudier le sous-sol.\n- **Airbags, sièges éjectables, boulons explosifs** des fusées : de minuscules charges qui agissent en millisecondes.\n- **La guerre**, évidemment.\n\nLes personnes qui les mettent en œuvre, les **boutefeux** ou artificiers, sont formées et habilitées. En France comme presque partout, fabriquer, détenir ou transporter un explosif sans autorisation est un délit grave.\n\n## Les effets\n\nUne explosion blesse de trois façons :\n\n- **L'onde de pression**, qui déchire les poumons, les tympans et les intestins. Elle décroît très vite avec la distance.\n- **Les éclats**, qui portent beaucoup plus loin que l'onde. C'est eux qui fixent les distances de sécurité.\n- **La chaleur et les chutes** : brûlures, projections, effondrements.\n\nLe centre antiterroriste américain publie des distances d'évacuation indicatives, qui donnent l'ordre de grandeur :\n\n| Charge | Quantité | Évacuer le bâtiment dans un rayon de | À l'extérieur, s'éloigner à |\n|---|---|---|---|\n| Engin tuyau | 2 kg | 21 m | 366 m |\n| Sac, valise | 23 kg | 46 m | 564 m |\n| Voiture | 230 kg | 98 m | 457 m |\n| Camionnette | 450 kg | 122 m | 732 m |\n\n**Ce que retiennent ceux qui ont vu :** ce ne sont pas les mètres qui protègent, c'est ce qu'il y a entre vous et la charge. Un mur épais, un talus, un coin de bâtiment. Et **les vitres** : la plupart des blessés d'une explosion urbaine le sont par du verre, parfois à des centaines de mètres. Loin des fenêtres.\n\n## Les astuces de terrain\n\n- **Un explosif ancien est plus dangereux qu'un neuf.** Une vieille dynamite « sue » : la nitroglycérine suinte et forme des cristaux ou des gouttes huileuses sur les bâtons ou le carton. À ce stade, un choc suffit. On ne touche plus, on appelle le déminage.\n- **Les panneaux « Coupez vos émetteurs radio »** près des chantiers de tir ne sont pas une blague. Certains détonateurs électriques peuvent être déclenchés par un émetteur puissant tout proche. Talkie-walkie et téléphone éteints à proximité d'un tir.\n- **Une odeur d'amande, de solvant ou un mal de tête** près d'un stock ancien : certains explosifs à base de nitrates s'absorbent par la peau et donnent de violentes migraines, le « mal de tête de la dynamite » bien connu des mineurs.\n- **Un fil qui dépasse, une boîte neuve dans un lieu abandonné, un objet qui n'a rien à faire là** : vous ne savez pas, donc vous ne touchez pas. Vous marquez l'endroit, vous vous éloignez par le chemin par lequel vous êtes venu.\n- **Les restes de guerre** tuent encore chaque année des agriculteurs et des promeneurs, en France comme ailleurs. Voir [[SURV-REC-010]].\n\n## Si vous en trouvez\n\n1. Ne touchez pas, ne déplacez pas, ne coupez rien.\n2. Éloignez-vous par où vous êtes venu, et éloignez les autres.\n3. Marquez l'endroit de loin, avec quelque chose de visible.\n4. Prévenez la police, la gendarmerie ou les pompiers (17, 18 ou 112). Les démineurs se déplacent gratuitement.\n5. Pas de radio ni de téléphone à côté de l'objet : appelez une fois à distance.\n\nLa balistique des armes à feu est dans [[TEC-BAL-001]] et [[TEC-BAL-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BAL-002","titre":"Les munitions et les calibres","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["munition","calibre","cartouche","9mm","22lr","762","556","balistique","chasse","douille"],"sources":["C.I.P., Commission internationale permanente pour l'épreuve des armes à feu portatives, tables des dimensions de cartouches","SAAMI, Voluntary Industry Performance Standards for Pistol, Revolver and Centerfire Rifle Ammunition","Hornady et Sierra, manuels de rechargement (données de vitesse et de masse)","Barnes F., Cartridges of the World, 16e édition"],"corps":"::Une cartouche, c'est quatre pièces et un nom. Le nom dit presque tout, à condition de savoir le lire, et c'est lui qui évite l'accident.::\n\n## Ce qu'il y a dans une cartouche\n\n**L'étui** (ou douille), en laiton le plus souvent, parfois en acier laqué ou en aluminium. Il tient l'ensemble, et au tir il se dilate contre la chambre pour faire joint.\n\n**L'amorce**, au culot. Une petite charge sensible au choc, frappée par le percuteur, qui envoie une flamme dans la poudre.\n\n**La poudre**, aujourd'hui sans fumée, à base de nitrocellulose. Elle ne détone pas : elle brûle très vite et produit des gaz qui poussent.\n\n**Le projectile**, la balle. Plomb nu, plomb chemisé de cuivre, cuivre massif, parfois avec un noyau d'acier.\n\nDeux grandes familles d'amorçage :\n\n- **Percussion annulaire** : l'amorce est dans le bourrelet du culot. Le percuteur écrase le bord. C'est le .22 LR. Ces cartouches ne se rechargent pas.\n- **Percussion centrale** : une amorce ronde au centre du culot. Presque toutes les autres. L'étui se recharge.\n\n## Lire un nom de calibre\n\n**Le système métrique** donne deux nombres : le diamètre de la balle puis la longueur de l'étui, en millimètres. 9 × 19 mm, 7,62 × 39 mm, 5,56 × 45 mm.\n\n**Le système anglo-saxon** donne le diamètre en centièmes ou millièmes de pouce, suivi d'un nom : .22 Long Rifle, .45 ACP, .308 Winchester.\n\n**Le même calibre porte souvent plusieurs noms.** Le 9 × 19 mm s'appelle aussi 9 mm Parabellum, 9 mm Luger ou 9 mm OTAN. Le .380 ACP est le 9 × 17 mm, aussi appelé 9 mm Court ou 9 mm Kurz.\n\n**Et deux calibres différents portent parfois le même chiffre.** Le 9 mm Makarov (9 × 18 mm) n'est pas un 9 × 19. Le 7,62 × 39 (Kalachnikov) n'a rien à voir avec le 7,62 × 51 (OTAN) ni avec le 7,62 × 54R (Mosin-Nagant, Dragounov). **Lisez toujours le marquage complet, jamais le seul chiffre.**\n\nLe marquage est frappé sur le culot de l'étui : fabricant, calibre, parfois année. Sur l'arme, le calibre est gravé sur le canon ou la culasse. **Les deux doivent correspondre exactement.**\n\n## Les calibres courants\n\nValeurs typiques, qui varient selon la charge et la longueur du canon.\n\n| Calibre | Autres noms | Usage | Balle | Vitesse | Énergie |\n|---|---|---|---|---|---|\n| .22 LR | 22 long rifle, 5,6 mm | Tir, petit gibier | 2,6 g | 330 m/s | 140 J |\n| .380 ACP | 9 × 17, 9 mm Court | Pistolet de poche | 6,2 g | 290 m/s | 260 J |\n| 9 × 18 Makarov | 9 mm PM | Pistolets de l'ex-bloc de l'Est | 6,1 g | 315 m/s | 300 J |\n| 9 × 19 | 9 mm Parabellum, Luger, OTAN | Pistolet et pistolet-mitrailleur, le plus répandu au monde | 8 g | 360 m/s | 500 J |\n| .38 Special | 38 Spl | Revolver | 10,2 g | 270 m/s | 370 J |\n| .357 Magnum | 357 Mag | Revolver, tire aussi le .38 Special | 10,2 g | 400 m/s | 800 J |\n| .40 S&W | 10 × 22 | Pistolet de police (États-Unis) | 11,7 g | 330 m/s | 640 J |\n| .45 ACP | 11,43 × 23 | Pistolet | 15 g | 255 m/s | 490 J |\n| 5,56 × 45 OTAN | .223 Remington (proche) | Fusil d'assaut occidental | 4 g | 940 m/s | 1 750 J |\n| 7,62 × 39 | 7,62 soviétique, M43 | Kalachnikov, SKS | 8 g | 715 m/s | 2 050 J |\n| 7,62 × 51 OTAN | .308 Winchester (proche) | Fusil de précision, mitrailleuse, chasse | 9,5 g | 850 m/s | 3 400 J |\n| 7,62 × 54R | 7,62 russe | Mosin-Nagant, Dragounov, PKM | 9,6 g | 830 m/s | 3 300 J |\n| .30-06 Springfield | 7,62 × 63 | Chasse, fusils anciens | 11,7 g | 820 m/s | 3 900 J |\n| 12,7 × 99 OTAN | .50 BMG | Mitrailleuse lourde, anti-matériel | 42 g | 900 m/s | 17 000 J |\n| Calibre 12, balle | 12 gauge slug | Fusil de chasse, grand gibier | 28 g | 450 m/s | 2 800 J |\n\nPour comparer ces énergies et comprendre ce qu'elles font sur une cible, voir [[TEC-BAL-001]].\n\n## Le fusil de chasse : le calibre à l'envers\n\nPour les fusils à canon lisse, le « calibre » est un nombre de boules de plomb : un calibre 12 est un canon dont le diamètre est celui d'une boule de plomb pesant un douzième de livre. **Plus le nombre est grand, plus le canon est petit.** Le 12 fait environ 18,5 mm, le 20 environ 15,6 mm. Le .410 fait exception : c'est un vrai diamètre en pouces.\n\nTrois grandes charges :\n\n- **La grenaille fine** (plomb n° 6 à 9) : oiseaux, petit gibier. Elle perd son énergie en quelques dizaines de mètres.\n- **La chevrotine** : une dizaine de grosses billes. Gros gibier à courte distance, défense.\n- **La balle unique** (slug) : un seul projectile lourd, pour le gros gibier.\n\nLa longueur de la cartouche compte aussi : 65, 70 ou 76 mm. Une cartouche trop longue pour la chambre fait monter la pression dangereusement.\n\n## Les types de balles\n\n- **Blindée (FMJ)** : noyau de plomb entièrement recouvert de cuivre. Elle traverse et se déforme peu. Munition militaire standard.\n- **Pointe creuse (JHP)** : une cavité à l'avant. Elle s'ouvre à l'impact, transmet son énergie, traverse moins. Munition de police et de défense.\n- **Pointe molle (SP)** : plomb apparent à l'avant, qui s'écrase de façon contrôlée. La munition de chasse classique.\n- **Traçante** : une composition au culot brûle en vol et montre la trajectoire. Elle peut allumer un feu dans l'herbe sèche.\n- **Perforante** : noyau d'acier dur ou de tungstène, pour traverser les protections.\n- **Subsonique** : moins de 340 m/s, donc pas de claquement supersonique. Utile avec un modérateur de son.\n\n## Ce qui ne se remplace pas\n\n**Une cartouche ne se tire que dans l'arme prévue pour elle.** Les exceptions sont connues et limitées :\n\n- un revolver .357 Magnum tire le .38 Special, pas l'inverse ;\n- une arme chambrée en 5,56 OTAN tire le .223 Remington ; l'inverse est déconseillé, la pression du 5,56 est plus élevée ;\n- une arme en 7,62 × 51 tire en général le .308 Winchester.\n\nTout le reste est un pari sur la solidité de l'arme et de vos mains. **Un 9 × 18 dans une arme en 9 × 19 peut partir mal ; un 7,62 × 39 ne rentre pas dans un 7,62 × 51 et inversement.**\n\n## Les astuces de ceux qui en ont manipulé\n\n- **Le culot ne ment pas.** Une amorce frappée mais non partie (un « long feu ») : gardez l'arme pointée dans une direction sûre au moins 30 secondes avant d'ouvrir. La cartouche peut encore partir.\n- **Une amorce verte ou un étui piqué de vert-de-gris** : ne la tirez pas, elle a pris l'humidité.\n- **Les cartouches militaires de l'Est** ont souvent une amorce corrosive (au chlorate de potassium) : après le tir, nettoyez le canon à l'eau chaude, sinon il rouille en quelques jours.\n- **Stocker** : frais, sec, à l'abri des variations de température. Une boîte de munitions militaire en métal avec joint, et un sachet déshydratant. Bien stockée, une munition moderne dure des décennies. Voir [[SURV-MUN-001]].\n- **Le poids** : un millier de cartouches de 9 mm pèse environ 12 kg ; de .22 LR, environ 3,5 kg. C'est pour cela que le .22 LR reste la monnaie d'échange la plus pratique du genre.\n- **Une cartouche jetée au feu** n'est pas une balle tirée : sans canon, l'étui éclate et projette des éclats, mais la balle part à faible vitesse. Dangereux pour les yeux, rarement plus.\n\n## Le droit\n\nEn France, les munitions suivent la catégorie de l'arme : leur achat demande en général le même titre que l'arme (licence de tir, permis de chasser, autorisation). Les règles changent beaucoup d'un pays à l'autre. Une arme ou des munitions trouvées se signalent à la police ou à la gendarmerie : voir [[SURV-ARM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ENE-002","titre":"Fabriquer une pile","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pile","citron","volta","aluminium","sel","vinaigre","electricite","led","sans reseau"],"sources":["Volta A., On the Electricity excited by the mere Contact of conducting Substances of different kinds, Philosophical Transactions of the Royal Society, 1800","Linden D., Reddy T., Handbook of Batteries, McGraw-Hill (couples électrochimiques et potentiels standard)","Royal Society of Chemistry, Education : aluminium-air cell et piles à fruits (fiches expérimentales)"],"corps":"::Deux métaux différents et un peu de vinaigre font de l'électricité. Pas assez pour charger un téléphone, mais assez pour allumer une lumière dans le noir, et ça, avec rien, c'est déjà beaucoup.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne pile, c'est **deux métaux différents** qui ne se touchent pas, et **un électrolyte** entre eux : un liquide ou une pâte qui conduit les charges, eau salée, vinaigre, jus de citron. Le métal le plus « pressé » de se dissoudre (le zinc, l'aluminium, le magnésium) cède des électrons, qui passent par le fil pour rejoindre l'autre côté. Voir [[TEC-ENE-012]].\n\n**La tension dépend du couple de métaux**, pas de la taille :\n\n| Couple | Tension par cellule, environ |\n|---|---|\n| Zinc et cuivre | 0,8 à 1 V |\n| Aluminium et charbon de bois (pile aluminium-air) | 0,7 à 1,2 V |\n| Magnésium et cuivre | 1,5 à 2 V |\n| Fer et cuivre | 0,3 à 0,5 V |\n\n**Le courant dépend de la surface** des métaux et de la qualité de l'électrolyte. Plus c'est grand, plus ça débite.\n\n**Pour plus de tension**, on met plusieurs cellules en série : le cuivre de l'une relié au zinc de la suivante. C'est exactement ce qu'a fait Volta en 1800 avec sa « pile » de disques empilés, qui a donné son nom à toutes les autres.\n\n**La réalité, à connaître avant de commencer :** un citron donne environ 0,9 volt et **moins d'un milliampère**. Un téléphone demande 5 volts et environ un ampère pour se recharger. Il faudrait des milliers de citrons. Une pile de fortune sert à **une LED, une calculatrice, une horloge, un petit signal**, pas à recharger un appareil.\n\n## AGIR\n\n### La pile de pièces (la plus pratique)\n\nIl vous faut : des pièces de cuivre ou cuivrées (les pièces de 1, 2 et 5 centimes d'euro sont de l'acier recouvert de cuivre, ça marche), des rondelles **galvanisées** (grises, en zinc, au rayon visserie), du carton, du sel ou du vinaigre.\n\n1. Découpez des ronds de carton ou de papier absorbant un peu plus petits que les pièces.\n2. Trempez-les dans de l'eau très salée ou du vinaigre, et égouttez-les : **humides, pas dégoulinants**, sinon le liquide relie les cellules entre elles et tout s'arrête.\n3. Empilez : pièce, carton, rondelle, pièce, carton, rondelle… Chaque trio donne environ 0,5 à 0,8 V.\n4. Six à huit étages suffisent pour une LED rouge ; dix à douze pour une blanche.\n5. Le fil du bas touche la première pièce (le plus), celui du haut la dernière rondelle (le moins). La LED se branche **dans le bon sens** : patte longue vers le cuivre. Voir [[TEC-ELN-004]].\n6. Serrez la pile avec un élastique ou dans un morceau de tuyau.\n\n### La pile aluminium-air (celle qui débite le plus)\n\n1. Une feuille de **papier aluminium** à plat.\n2. Par-dessus, un papier absorbant trempé dans de l'eau **saturée de sel**.\n3. Par-dessus, une couche de **charbon de bois écrasé en poudre**, humidifiée de la même eau salée (le charbon actif d'un filtre est le meilleur).\n4. Appuyez un fil de cuivre, une mine de crayon ou une plaque de métal sur le charbon, sans toucher l'aluminium : c'est le plus. L'aluminium est le moins.\n\nUne seule cellule de la taille d'une main peut donner environ un volt et quelques dizaines de milliampères. Deux ou trois en série allument une LED plusieurs heures, jusqu'à ce que l'aluminium soit rongé.\n\n### La pile à fruits ou à légumes\n\nUn clou galvanisé et une pièce ou un fil de cuivre plantés dans un citron, une pomme de terre ou un pot de choucroute, à deux ou trois centimètres l'un de l'autre. Trois ou quatre en série font briller faiblement une LED rouge. Bouillir la pomme de terre avant améliore nettement le résultat.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de multimètre.** Testez chaque cellule sur la langue, comme les électriciens d'autrefois testaient une pile 9 V : un léger picotement dit qu'il y a de la tension. Seulement sur ces petites piles de fortune, jamais sur autre chose. Mieux : voir [[TEC-ENE-008]].\n\n**La LED ne s'allume pas.** Retournez-la. Puis vérifiez qu'aucun liquide ne coule d'une cellule à l'autre. Puis ajoutez des cellules.\n\n**Vous voulez vraiment de l'énergie.** Les piles de fortune ne sont pas la solution. Récupérez des cellules de batterie sur un ordinateur portable ([[SURV-REC-021]]), une trottinette ou un outil sans fil, et rechargez-les au soleil ou avec une dynamo : voir [[SURV-ENE-001]].\n\n**Vous voulez écouter la radio.** Un poste à galène n'a besoin d'aucune pile : l'énergie vient de l'onde elle-même. Voir [[TEC-RAD-001]].\n\n**Les piles de fortune s'épuisent** quand le zinc ou l'aluminium est rongé : remplacez la rondelle ou la feuille, et retrempez les cartons. Elles se reconstruisent à l'infini, tant qu'il y a du métal.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-009","titre":"Les appareils Phenix","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["phenix","appareil","esp32","borne","wifi","carte sd","prototype","documentation","fabrication"],"sources":["Dépôt du projet Phenix : materiel/phenix-001-v0/LISEZMOI.md, borne-sans-sd.ino, borne.ino, ecran.ino","Espressif Systems, ESP32-C3 Series Datasheet et documentation arduino-esp32","Andy Brown, Generic Nokia LCD hacking board (brochage des écrans de téléphones Nokia)"],"corps":"::Un appareil Phenix doit pouvoir se construire avec des pièces qu'on trouve partout, se réparer avec un fer à souder, et tenir la bibliothèque entière dans la poche. Tout est ouvert : les plans, le code, les erreurs.::\n\n**Tout ce qui suit est au stade de prototype.** Rien n'est vendu. Les rendus 3D des appareils sont des concepts ; seule la borne WiFi a déjà fonctionné sur un vrai téléphone.\n\n## Les deux appareils\n\n**Phenix 001, le petit.** Un lecteur de poche, pas plus gros qu'une petite télécommande, qui contient toute la bibliothèque sur une carte mémoire et l'affiche sur un petit écran économe. Pièces courantes, boîtier qu'on ouvre avec un tournevis, batterie remplaçable.\n\n**Phenix 002, le grand.** Un appareil plus grand, avec un écran couleur assez large pour lire des cartes. Deux fentes pour cartes mémoire sous une trappe en caoutchouc : il peut **lire la carte d'un Phenix 001, vérifier sa bibliothèque et réparer les fiches abîmées**. Des modules s'y branchent sur des broches : panneau solaire, dynamo, lampe. Et un Phenix cassé doit pouvoir repartir sur un écran de récupération, même celui d'un vieux terminal de paiement.\n\n## Ce qui existe déjà : la borne Phenix\n\nC'est le premier prototype qui marche. Une carte électronique de quelques euros ouvre un réseau WiFi nommé **Phenix**, sans mot de passe. **N'importe quel téléphone qui s'y connecte ouvre toute la bibliothèque**, sans internet, sans rien installer : la page s'affiche d'elle-même, comme le portail WiFi d'un hôtel.\n\n**Les pièces**\n\n| Pièce | Rôle | Prix indicatif |\n|---|---|---|\n| ESP32-C3 « Super Mini » | Le cerveau et le WiFi | 3 à 5 € |\n| Câble USB-C | Alimentation et programmation | déjà chez vous |\n| Batterie externe (powerbank) | Autonomie | déjà chez vous |\n| Module carte micro SD (facultatif) | Pour une bibliothèque plus grosse | 1 à 2 € |\n\n**Deux versions**\n\n- **Sans carte SD** : l'application complète, compressée (moins d'un mégaoctet), est écrite directement dans la mémoire de la carte. Rien à souder. C'est la version qui a fonctionné.\n- **Avec carte SD** : la bibliothèque est sur une carte micro SD en FAT32, préparée sur l'ordinateur. Branchements : CS sur GPIO7, MOSI sur GPIO6, SCK sur GPIO4, MISO sur GPIO5, plus 3,3 V et masse.\n\n**La fabriquer**\n\n1. Installer **Arduino IDE 2**, ajouter les cartes ESP32 d'Espressif, choisir la carte **ESP32C3 Dev Module**.\n2. Dans le menu Outils : **Partition Scheme : Huge APP**, et **USB CDC On Boot : Enabled**.\n3. Ouvrir le programme de la borne, dans le dossier **materiel/phenix-001-v0** du dépôt, et téléverser.\n4. Si le téléversement ne démarre pas : débrancher, **garder le bouton BOOT appuyé**, rebrancher, relâcher, recommencer.\n5. Sur le téléphone : réglages WiFi, réseau **Phenix**. Si la page ne s'ouvre pas seule, taper **192.168.4.1** dans le navigateur.\n\n## Ce qui a été essayé, et ce qu'on en a appris\n\n**L'écran d'un vieux téléphone Nokia** : l'idée était de réutiliser l'écran couleur d'un téléphone mort. Deux obstacles l'ont arrêtée : un connecteur de 24 broches espacées de 0,4 mm, presque impossible à souder sans matériel fin, et un rétroéclairage qui demande environ 13 volts. **Leçon** : pour un appareil que tout le monde doit pouvoir refaire, un module d'écran vendu pour les microcontrôleurs, déjà monté sur sa petite carte, vaut mieux qu'une pièce de récupération exotique. Voir [[TEC-ELN-001]].\n\n**La suite prévue** : un écran couleur de 2,8 pouces avec lecteur de carte SD intégré, ou un écran à **encre électronique** de 2,9 pouces, qui garde sa page sans courant et se lit en plein soleil, voir [[TEC-ELN-003]].\n\n## Les principes qui guident la conception\n\n- **Des pièces qu'on trouve partout**, en ligne comme dans les magasins d'électronique, et qu'on peut remplacer une par une.\n- **Tout est documenté** : schémas, code, liste des pièces, dans le dépôt public. Un appareil dont personne ne connaît l'intérieur ne se répare pas.\n- **La bibliothèque reste lisible sans l'appareil** : ce sont les mêmes fichiers texte que partout ailleurs. Une carte SD sortie d'un Phenix cassé se lit sur n'importe quel ordinateur.\n- **L'énergie d'abord** : un appareil qui doit tenir loin des prises choisit ses composants pour leur consommation avant leur puissance.\n\nLe projet dans son ensemble est présenté dans [[TEC-IDE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-008","titre":"Le projet Phenix","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["phenix","projet","bibliotheque","hors ligne","communaute","licence","contribuer"],"sources":["Dépôt du projet Phenix : README, LICENSE (MIT) et LICENSE-CORPUS (CC BY-SA 4.0)","Creative Commons, Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International","Site du projet : anthrophobicc.github.io/PhenixProject"],"corps":"::Phenix est une bibliothèque du savoir pratique qui marche sans internet, que tout le monde peut lire, corriger et agrandir. Elle ne parie pas sur la fin du monde. Elle parie sur le fait que le savoir doit être là le jour où on en a besoin.::\n\n## Ce que c'est\n\nPhenix rassemble des **fiches** : comment trouver de l'eau, réparer un pneu, soigner une brûlure, lire un disjoncteur, faire une soupe pour vingt avec presque rien. Chaque fiche est un simple **fichier texte**. Le logiciel les range, les relie et les filtre, mais **si Phenix disparaît, les fiches restent lisibles** avec n'importe quel éditeur de texte. C'est le principe qui gouverne tout le reste. Le format d'une fiche est décrit dans [[TEC-IDE-003]].\n\n## Les trois axes\n\n- **Axe 1, la Mémoire** : ce qui s'est passé, et ce que ça nous apprend.\n- **Axe 2, la Technique** : comment une chose fonctionne, avec les chiffres, les plans et les tableaux qui vont avec.\n- **Axe 3, la Survie** : quoi faire, maintenant, quand la situation se dégrade.\n\nQuand un sujet relève de deux axes, on écrit les deux fiches et on les relie. On n'écrit jamais deux fois la même chose.\n\n## Les trois briques\n\n- **Phenix Base**, l'application : sur téléphone, sur ordinateur, ou dans un simple navigateur. Elle fonctionne entièrement hors ligne : fiches, recherche, cartes enregistrées, repères, listes de lecture, inventaire, notes. Vos données restent chez vous.\n- **Phenix Lab**, quand il y a du réseau : proposer une idée ou une fiche entière, voter pour ce qui est utile, commenter, partager une carte ou un calque de repères.\n- **Phenix Hub** : toutes les versions de la bibliothèque. L'officielle, et celles que les communautés publient pour leur langue, leur région ou leur groupe. On choisit celle qu'on lit, on compose la sienne en cochant des axes, des catégories, des fiches, des cartes et des calques, et on la partage.\n\n## Ce qui le distingue\n\n- **Ouvert** : tout le monde peut écrire une fiche, sur n'importe quel sujet utile. Les limites viennent après, pas avant.\n- **Participatif** : on propose, on vote, on corrige, on discute. Sur les sujets pointus, ceux qui savent débattent jusqu'à un consensus.\n- **Pratique** : un savoir qui dit comment **faire** et comment **réparer**, pas seulement comment une chose fonctionne.\n- **Sans compte, sans serveur obligatoire, sans publicité.** La connexion ne sert qu'aux fonctions de partage.\n\n## Les licences\n\n- **Les fiches** sont sous licence **Creative Commons BY-SA 4.0** : vous pouvez les copier, les imprimer, les traduire, les modifier et les redistribuer, même pour vendre un livre, à condition de citer Phenix et de laisser vos modifications sous la même licence.\n- **Le code** de l'application est sous licence **MIT**.\n\n## Contribuer, concrètement\n\n1. **Écrire une fiche** : bouton « + Fiche » dans l'application, puis « Proposer au corpus ». Sans réseau, exportez-la en .md et déposez-la plus tard sur Phenix Lab.\n2. **Voter et commenter** les propositions des autres sur Phenix Lab : c'est ce qui fait remonter les meilleures.\n3. **Traduire** : une fiche traduite garde le même identifiant et devient lisible dans une autre langue.\n4. **Cartographier** : un calque de repères (sources, abris, points de passage) sur votre région, partagé sur Phenix Hub.\n5. **Construire un appareil** : les plans et le code des prototypes sont ouverts, voir [[TEC-IDE-009]].\n\n## Ce qui n'est pas encore là\n\nLe projet est jeune et le dit. Le corpus compte quelques centaines de fiches là où il en vise des milliers. Les fonctions en ligne sont récentes. Les fiches ne sont pas encore signées numériquement. Les appareils sont des prototypes. Tout cela avance fiche après fiche, et plus vite quand on est nombreux.\n\n## Où le trouver\n\n- Le site, l'application en ligne et les téléchargements : **anthrophobicc.github.io/PhenixProject**\n- Le code et les fiches : le dépôt GitHub **PhenixProject**\n- Les nouvelles fiches, au fil des semaines : **@phenixprjct** sur Instagram\n\nLe savoir ne s'éteint pas tant que quelqu'un le garde.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-012","titre":"Les piles","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pile","alcaline","lithium","pile bouton","accumulateur","stockage","fuite","energie"],"sources":["Linden D., Reddy T., Handbook of Batteries, McGraw-Hill, 4e édition","Energizer et Duracell, fiches techniques des piles alcalines et lithium (capacité selon la décharge, température, durée de stockage)","Commission électrotechnique internationale, norme CEI 60086 (formats et désignations)","National Capital Poison Center, recommandations sur l'ingestion de piles bouton"],"corps":"::Une pile, c'est une réaction chimique qu'on a mise en pause dans une boîte. On la relance en fermant le circuit, et elle s'arrête quand un des deux ingrédients est épuisé.::\n\n## Pile ou batterie\n\n**Une pile** (on dit aussi pile primaire) se vide une fois. **Un accumulateur**, qu'on appelle couramment batterie, se recharge des centaines de fois. Les batteries ont leur fiche : [[TEC-ENE-004]].\n\nÀ l'intérieur d'une pile, deux matériaux différents et un électrolyte entre les deux. L'un cède des électrons, l'autre les accepte : les électrons font le tour par le circuit extérieur, et c'est ce courant qu'on utilise. Le principe est si simple qu'on peut en fabriquer une avec deux métaux et du vinaigre, voir [[SURV-ENE-002]].\n\n## Les familles\n\n| Type | Tension | Points forts | Points faibles |\n|---|---|---|---|\n| Saline (zinc-carbone) | 1,5 V | Très bon marché | Faible capacité, fuit facilement |\n| Alcaline | 1,5 V | Le standard, bonne capacité à faible consommation | Perd beaucoup sous forte consommation et au froid, peut fuir |\n| Lithium 1,5 V (format AA, AAA) | 1,5 V | Légère, fonctionne jusqu'à −40 °C, se garde 20 ans | Plus chère |\n| Lithium 3 V (CR2032, CR123A) | 3 V | Longue durée, montres, clés, lampes tactiques | Tension différente : ne remplace pas deux piles de 1,5 V n'importe où |\n| Oxyde d'argent (piles bouton) | 1,55 V | Tension très stable, montres | Petite capacité |\n| Zinc-air (appareils auditifs) | 1,4 V | Très grande capacité pour sa taille | S'active en retirant l'autocollant et s'épuise en quelques semaines ensuite |\n\n## Les formats\n\n| Nom courant | Désignation | Taille |\n|---|---|---|\n| AAA | LR03 | 10,5 × 44,5 mm |\n| AA | LR6 | 14,5 × 50,5 mm |\n| C | LR14 | 26,2 × 50 mm |\n| D | LR20 | 34,2 × 61,5 mm |\n| 9 V | 6LR61 | six petites cellules en série dans un boîtier |\n\n**La capacité n'est pas fixe.** Une pile alcaline AA donne environ 2 500 à 3 000 mAh dans une horloge ou une télécommande, mais moins de la moitié dans un appareil gourmand comme un flash photo ou un jouet à moteur. Pour ces usages, le lithium ou les accumulateurs font beaucoup mieux.\n\n## Garder des piles\n\n- **Durée** : 5 à 10 ans pour une alcaline, 10 à 20 ans pour une lithium, dans de bonnes conditions. La date de péremption est imprimée sur la pile.\n- **Où** : au frais, au sec, à température stable. Le réfrigérateur n'apporte presque rien aux alcalines modernes et la condensation à la sortie peut les abîmer.\n- **Comment** : dans leur emballage ou dans une boîte, les pôles protégés. Une pile 9 V en vrac dans un tiroir peut toucher un objet métallique, chauffer et mettre le feu.\n- **Pas dans les appareils rangés** : une alcaline oubliée dans une lampe finit par fuir et ronger les contacts.\n\n## Les astuces de ceux qui en consomment beaucoup\n\n- **La fuite blanche** sur une pile alcaline est de l'hydroxyde de potassium, une base corrosive. On la nettoie avec un coton-tige trempé dans du **vinaigre ou du jus de citron** (l'acide neutralise la base), puis on frotte les contacts avec une gomme ou une lime fine. Gants et lunettes si c'est beaucoup.\n- **Le test du rebond** : lâchée debout sur une table dure, d'une dizaine de centimètres, une alcaline neuve tombe avec un bruit sourd, une alcaline usée rebondit. C'est approximatif, mais réel : en se déchargeant, l'intérieur de la pile change de consistance.\n- **Ne mélangez jamais** piles neuves et usées, ni deux marques ou deux types dans le même appareil : la plus faible se fait « inverser » par les autres et fuit.\n- **Recharger une alcaline ordinaire** est déconseillé : elle chauffe, fuit ou gonfle. Pour recharger, prenez des accumulateurs NiMH (1,2 V) à faible autodécharge : ils gardent la majeure partie de leur charge pendant des années, et remplacent les alcalines presque partout.\n- **Le froid** vide une alcaline : gardez les piles de rechange dans une poche intérieure, et réchauffez une pile froide contre vous avant de conclure qu'elle est morte.\n- **Une pile bouton avalée par un enfant est une urgence absolue.** En quelques heures, elle brûle l'œsophage. Direction les urgences immédiatement, sans faire vomir. Gardez-les hors de portée, et faites de même avec les télécommandes dont le couvercle s'ouvre facilement.\n\nLes piles usagées se rapportent en magasin : elles contiennent des métaux qui se recyclent.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-011","titre":"Le disjoncteur","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["disjoncteur","differentiel","fusible","tableau electrique","court-circuit","surcharge","securite"],"sources":["Norme NF C 15-100, installations électriques à basse tension","Norme NF EN 60898-1, disjoncteurs pour installations domestiques","Norme NF EN 61008 et 61009, interrupteurs et disjoncteurs différentiels","Promotelec, guides de l'installation électrique"],"corps":"::Un disjoncteur ne protège pas vos appareils. Il protège vos fils contre le feu, et le différentiel protège votre corps. Quand il saute, il vous dit quelque chose : il faut comprendre quoi avant de le remonter.::\n\n## Ce qu'il surveille\n\nUn fil électrique chauffe quand le courant le traverse. Trop de courant, et il chauffe au point de faire fondre sa gaine et de mettre le feu dans le mur. **Le disjoncteur coupe avant.** Il surveille deux dangers différents, avec deux mécanismes :\n\n- **La surcharge** : trop d'appareils sur le même circuit. Le courant est un peu trop fort, longtemps. Une **lame bimétallique** (deux métaux collés qui ne se dilatent pas pareil) chauffe, se courbe et déclenche la coupure au bout de quelques secondes à quelques minutes.\n- **Le court-circuit** : deux fils qui se touchent. Le courant devient énorme d'un coup. Une **bobine** crée un champ magnétique qui ouvre le contact en quelques millisecondes.\n\n## Lire un disjoncteur\n\n**Le calibre**, en ampères, est inscrit dessus : c'est le courant qu'il laisse passer en permanence. En France, la norme lie le calibre à la section du fil qu'il protège :\n\n| Circuit | Fil | Calibre |\n|---|---|---|\n| Éclairage | 1,5 mm² | 10 A (16 A admis) |\n| Prises ordinaires | 1,5 mm² ou 2,5 mm² | 16 A ou 20 A |\n| Lave-linge, lave-vaisselle, four | 2,5 mm² | 20 A |\n| Plaque de cuisson | 6 mm² | 32 A |\n\n**Jamais un calibre plus fort que ce que le fil supporte.** Remplacer un disjoncteur de 16 A qui saute par un 32 A, c'est retirer la protection : le fil chauffera jusqu'à ce que quelque chose brûle.\n\n**La lettre** devant le calibre (B, C ou D) dit à partir de quand il coupe instantanément : C pour les usages domestiques courants, B pour les longues lignes, D pour les moteurs qui démarrent fort.\n\n## Le différentiel : celui qui sauve les vies\n\nLe courant qui part par la phase doit revenir par le neutre. S'il en manque, c'est qu'il s'échappe ailleurs : par un appareil mouillé, par un fil abîmé, **ou par quelqu'un**. Le **différentiel** compare les deux et coupe dès que la différence atteint son seuil : **30 milliampères** pour ceux qui protègent les personnes, en quelques dizaines de millisecondes. C'est assez rapide pour qu'une électrisation ne devienne pas une électrocution.\n\n- Il a un **bouton de test** : appuyez dessus une fois par mois, il doit couper net.\n- Il existe en **type AC** et **type A** : le type A est obligatoire pour les circuits de plaque de cuisson et de lave-linge, dont l'électronique produit des fuites que le type AC ne voit pas toujours.\n\n**Le disjoncteur de branchement**, près du compteur, coupe toute la maison. Il est souvent aussi différentiel, avec un seuil plus élevé et un léger retard, pour laisser les différentiels de 30 mA agir d'abord.\n\n## Il a sauté : lire le message\n\n- **Il ressaute immédiatement** quand on le remonte : un **court-circuit**. Débranchez tout sur ce circuit, remontez, puis rebranchez un appareil à la fois. Le coupable fait sauter au rebranchement.\n- **Il saute au bout de quelques minutes**, quand tout tourne en même temps : une **surcharge**. Répartissez les appareils sur d'autres circuits.\n- **C'est le différentiel qui saute** : une **fuite**. Cherchez l'eau : une prise extérieure, une salle de bain, un appareil qui a pris l'humidité, un chauffe-eau. Même méthode : tout débrancher, remonter, rebrancher un par un.\n- **Il saute par temps d'orage** : une surtension, ou de l'eau qui s'infiltre quelque part.\n\n## Les astuces d'électricien\n\n- **Ne tenez jamais le levier levé** pour empêcher un disjoncteur de sauter. Les modernes coupent quand même, les anciens non, et c'est comme ça que les incendies commencent.\n- **Un disjoncteur tiède ou qui sent le chaud** a presque toujours une vis de raccordement desserrée. Un mauvais contact chauffe, voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Étiquetez votre tableau** le jour où tout va bien. Le jour où il faut couper la cuisine dans le noir, vous n'aurez pas le temps de chercher.\n- **Les vieux fusibles** se remplacent par un fusible du même calibre, jamais par un fil de cuivre ou du papier d'aluminium.\n- **Avant le retour du courant après une longue coupure**, abaissez les circuits des appareils fragiles ou dangereux (radiateurs, four, pompes), et remontez-les un par un : le réseau revient souvent avec des à-coups.\n- **Un groupe électrogène ne se branche jamais sur une prise murale** avec un câble à deux fiches mâles. Il renverrait le courant dans le réseau et peut tuer un technicien qui travaille sur la ligne, à des centaines de mètres. Il faut un inverseur de source, installé par un électricien. Voir [[URG-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-010","titre":"Les lampadaires","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["lampadaire","eclairage public","sodium","led","cellule photoelectrique","solaire","ville","nuit"],"sources":["Association française de l'éclairage (AFE), Recommandations relatives à l'éclairage des voies publiques","Règlement (CE) n° 245/2009 sur l'écoconception des lampes à décharge (fin des lampes à vapeur de mercure en 2015)","CEREMA, L'éclairage public : guide pour les collectivités","Arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses"],"corps":"::Un lampadaire ne décide rien. Une cellule lui dit qu'il fait nuit, une armoire au coin de la rue lui envoie le courant, et quelqu'un à la mairie a choisi l'heure où il s'éteint.::\n\n## Comment une rue s'allume\n\n**L'armoire de commande.** Les lampadaires ne sont pas branchés un par un sur le réseau. Ils forment des circuits de quelques dizaines de points lumineux, alimentés par une **armoire** métallique grise, souvent posée au pied d'un mur ou d'un transformateur. Elle contient les protections, le compteur et la commande d'allumage.\n\n**La commande** allume et éteint tout le circuit d'un coup :\n\n- soit par une **cellule photoélectrique**, un petit capteur de lumière sur l'armoire ou sur un candélabre, qui déclenche l'allumage quand la lumière du jour tombe sous un seuil ;\n- soit par une **horloge astronomique**, qui calcule chaque jour l'heure du coucher et du lever du soleil pour la commune ;\n- de plus en plus, par une **télégestion** : chaque lampadaire reçoit ses ordres à distance et peut baisser son intensité au milieu de la nuit.\n\n**L'extinction nocturne.** Des milliers de communes en France éteignent une partie de leur éclairage au cœur de la nuit, souvent entre minuit et 5 h, pour économiser l'énergie et limiter la pollution lumineuse. La loi encadre aussi l'orientation et la couleur de la lumière.\n\n## Le poteau\n\nUn candélabre mesure de **4 à 12 mètres** selon la voie : bas dans les rues piétonnes, haut sur les routes. Le mât est un tube d'acier galvanisé ou d'aluminium, creux. **Au pied, une petite trappe** donne accès au boîtier de raccordement et au fusible de ce point lumineux.\n\n## Les lampes, de la plus ancienne à la plus récente\n\n| Lampe | Lumière | Ce qu'il faut savoir |\n|---|---|---|\n| Gaz | Jaune doux | L'éclairage des villes au XIXe siècle. Un allumeur passait chaque soir avec sa perche. |\n| Vapeur de mercure | Blanc bleuté | Interdite à la vente dans l'Union européenne depuis 2015, encore en place dans des coins oubliés. |\n| Sodium basse pression | Orange pur | Très efficace, mais une seule couleur : sous sa lumière, on ne distingue plus le rouge du vert. |\n| Sodium haute pression | Orange doré | La lumière des routes et des villes pendant quarante ans. Met plusieurs minutes à atteindre sa pleine puissance. |\n| Iodures métalliques | Blanc | Places, stades, monuments. |\n| LED | Blanc, plus ou moins chaud | La norme aujourd'hui. Moitié moins d'énergie que le sodium, s'allume instantanément, se règle. |\n\n## Le lampadaire solaire\n\nSur les parkings, les pistes cyclables et les arrêts isolés, de plus en plus de lampadaires sont **autonomes** : un panneau solaire en haut du mât, une batterie (souvent au lithium fer phosphate) dans le mât ou sous le panneau, un régulateur, une tête LED et un détecteur de présence. Aucun câble ne les relie au réseau. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## Ce que savent ceux qui les entretiennent\n\n- **La lumière orange cache les couleurs.** Sous un éclairage au sodium, une carte, un câblage coloré ou une plaie se lisent mal. Une lampe frontale blanche change tout.\n- **Pendant une coupure générale, les lampadaires solaires restent allumés.** C'est souvent le seul point lumineux d'un quartier. Et c'est un ensemble complet et autonome : panneau, batterie, régulateur, lumière LED, qui peut éclairer une pièce ou recharger une petite batterie une fois démonté. Voir [[SURV-ENE-001]].\n- **La trappe au pied du mât est sous tension.** Le câble d'arrivée y est raccordé en 230 volts, parfois plus. Une trappe arrachée après un accident se signale, elle ne s'explore pas.\n- **Une cellule photoélectrique qu'on masque** croit qu'il fait nuit : c'est ainsi que les techniciens testent l'allumage en plein jour. Une cellule couverte de fientes ou mal orientée explique une rue éclairée à midi.\n- **Un lampadaire qui clignote** en fin de vie est presque toujours une lampe au sodium qui s'éteint en chauffant puis se rallume en refroidissant.\n- **L'éclairage attire les insectes**, surtout sous les lumières blanches et bleues. C'est l'une des raisons du passage à des LED plus chaudes, orangées, près des zones naturelles.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-004","titre":"Les LED","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["led","diode","eclairage","resistance","oled","ampoule","electronique"],"sources":["Schubert E. F., Light-Emitting Diodes, Cambridge University Press, 2e édition","Fondation Nobel, Prix Nobel de physique 2014 : diodes électroluminescentes bleues efficaces (Akasaki, Amano, Nakamura)","US Department of Energy, LED Lighting Facts et rapports sur la durée de vie des lampes LED"],"corps":"::Une LED, c'est un morceau de cristal qui s'illumine quand le courant le traverse dans le bon sens. Elle a remplacé l'ampoule à filament en quinze ans, parce qu'elle fait la même lumière avec dix fois moins d'énergie.::\n\n## Ce qui se passe dedans\n\nUne LED (diode électroluminescente) est une **diode** : un composant qui ne laisse passer le courant que dans un sens. Au cœur, deux couches de semi-conducteur se touchent. Quand le courant passe, des électrons tombent d'un niveau d'énergie à un autre en libérant chacun un grain de lumière.\n\n**La couleur dépend du matériau**, pas d'un filtre : le rouge et l'infrarouge sont connus depuis les années 1960, le bleu efficace n'est arrivé que dans les années 1990, ce qui a valu le prix Nobel de physique 2014 à ses inventeurs. **La LED blanche** est une LED bleue recouverte d'une poudre jaune (un phosphore) : le mélange bleu et jaune donne du blanc.\n\n## Les chiffres utiles\n\n**Chaque couleur demande sa tension**, appelée tension de seuil :\n\n| Couleur | Tension de seuil typique |\n|---|---|\n| Infrarouge | 1,2 à 1,5 V |\n| Rouge, orange, jaune | 1,8 à 2,2 V |\n| Verte, bleue, blanche | 2,8 à 3,4 V |\n\n**Une petite LED témoin** de 3 ou 5 mm supporte environ **20 milliampères**. Au-delà, elle chauffe et meurt.\n\n**Le sens compte.** La patte la plus longue est le plus (l'anode). Le côté plat du bord de la LED est le moins (la cathode). Branchée à l'envers, elle ne s'allume pas, et au-delà de quelques volts à l'envers, elle peut griller.\n\n## La règle d'or : toujours limiter le courant\n\nUne LED branchée directement sur une pile trop forte grille en une fraction de seconde : dès qu'elle dépasse sa tension de seuil, elle laisse passer autant de courant qu'on lui en donne. On met donc **une résistance en série**, calculée ainsi :\n\n**R = (tension de la source − tension de la LED) ÷ courant voulu**\n\nExemple : une LED blanche (3 V) sur une alimentation USB de 5 V, à 20 mA : (5 − 3) ÷ 0,02 = **100 ohms**. En cas de doute, prenez la valeur au-dessus : la LED éclairera un peu moins, et vivra plus longtemps. Voir [[TEC-ENE-002]].\n\n## L'éclairage\n\n- **Rendement** : une ampoule LED produit environ 100 lumens par watt ou plus, contre 10 à 15 pour une ampoule à filament. Pour la même lumière, **dix fois moins d'énergie** : c'est ce qui rend l'éclairage possible sur une petite batterie ou un panneau solaire.\n- **Durée de vie** : les LED elles-mêmes durent des dizaines de milliers d'heures. Dans une ampoule, c'est presque toujours **l'électronique d'alimentation qui lâche d'abord**, à cause de la chaleur. Une ampoule LED enfermée dans un plafonnier étanche vit beaucoup moins longtemps.\n- **La chaleur** est l'ennemie : une LED de puissance doit être collée sur un radiateur métallique.\n\n## Les écrans\n\n- **LCD** : les LED servent de lampe arrière, voir [[TEC-ELN-002]].\n- **OLED** : chaque sous-pixel est une minuscule LED organique qui fait sa propre lumière. Noirs parfaits et contraste infini, mais les pixels s'usent à la longue et une image fixe laissée des mois peut rester marquée.\n- **Écrans géants** des stades et des façades : une mosaïque de LED classiques, visibles en plein soleil.\n\n## Les astuces de bricoleur\n\n- **Tester une LED** : un multimètre en position diode l'allume faiblement. Ou une pile bouton de 3 V, pattes pincées dessus : une LED rouge, verte ou blanche s'allume sans résistance, car la pile ne peut pas fournir assez de courant pour la griller.\n- **Voir l'infrarouge** : la LED d'une télécommande est invisible à l'œil, mais l'appareil photo d'un téléphone la voit clignoter en violet. C'est le test de télécommande le plus rapide qui existe.\n- **Une ampoule LED qui ne s'allume plus** n'a souvent qu'une seule LED morte sur une chaîne montée en série : un point noir brûlé à sa surface la trahit. Ponter cette LED avec un fil suffit parfois à faire repartir les autres. **Attention : ces ampoules fonctionnent directement sur le 230 volts, on n'y touche que débranchées et condensateurs déchargés.**\n- **Tirer la dernière goutte d'une pile usée** : un petit montage appelé « voleur de joules » (un transistor, une résistance, une bobine enroulée sur une petite ferrite) élève la tension d'une pile de 1,5 V à moitié morte pour allumer une LED blanche des heures durant.\n- **Les bandes de LED en 12 V** se coupent tous les trois LED environ, aux marques prévues. Elles se branchent directement sur une batterie de voiture ou de moto, sans résistance à ajouter : elle est déjà sur la bande.\n\nPour allumer une LED sans réseau, voir [[SURV-ENE-001]] et [[SURV-ENE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-003","titre":"L'écran à encre électronique","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["encre electronique","e-ink","liseuse","ecran","electrophorese","basse consommation"],"sources":["Comiskey B., Albert J., Yoshizawa H., Jacobson J., An electrophoretic ink for all-printed reflective electronic displays, Nature, 1998","E Ink Holdings, fiches techniques des afficheurs Carta, Kaleido et Spectra","Heikenfeld J. et al., Review Paper: A critical review of the present and future prospects for electronic paper, Journal of the SID, 2011"],"parent":"TEC-ELN-001","chapitre":2,"corps":"::Une liseuse dont la batterie est morte affiche encore sa dernière page. Un écran qui garde son image sans courant, c'est exactement ce qu'il faut à un appareil qui doit durer.::\n\n## Le principe\n\nL'écran est rempli de **microcapsules** plus fines qu'un cheveu. Chacune contient un liquide transparent et des milliers de **particules de pigment** : des blanches, chargées dans un sens, des noires, chargées dans l'autre.\n\nDes électrodes au-dessus et au-dessous de chaque point créent un champ électrique. Selon son sens, il attire les particules blanches ou les noires vers la surface. Le point devient blanc ou noir. C'est l'**électrophorèse**, le déplacement de particules chargées dans un liquide.\n\nL'invention vient du MIT, à la fin des années 1990 ; la société E Ink l'a industrialisée, et la première liseuse grand public l'a utilisée en 2004.\n\n## Ce qui la rend unique\n\n**Elle est bistable.** Une fois déplacées, les particules restent là où elles sont, sans courant. L'écran ne consomme de l'énergie **que pendant le changement d'image**. Une page affichée pendant une semaine ne coûte rien.\n\n**Elle est réfléchissante.** Comme le papier, elle renvoie la lumière ambiante. Elle se lit parfaitement en plein soleil, sous tous les angles, et fatigue moins les yeux qu'un écran éclairé. Dans le noir, il faut une lumière frontale : une rangée de LED sur le bord qui éclaire la surface par-dessus.\n\n## Ses limites\n\n- **Lente** : une image se change en quelques dixièmes de seconde. Pas de vidéo, des animations saccadées.\n- **Les fantômes** : l'image précédente laisse une trace légère. L'écran se « nettoie » régulièrement en clignotant tout noir puis tout blanc : ce flash est normal.\n- **Le froid** : en dessous de 0 °C environ, le liquide épaissit et les changements d'image deviennent lents ou incomplets. Beaucoup d'afficheurs sont prévus pour fonctionner entre 0 et 50 °C. **L'image déjà affichée, elle, reste.**\n- **La couleur** existe, en deux versions : avec des filtres colorés devant l'écran noir et blanc (couleurs pâles, rapide), ou avec des pigments de plusieurs couleurs dans chaque capsule (couleurs franches, mais un changement d'image prend plusieurs secondes).\n- **Le prix** : à taille égale, plus cher qu'un LCD.\n\n## Où on la trouve\n\n- Les liseuses et certaines tablettes d'écriture.\n- **Les étiquettes de prix électroniques** des supermarchés : chacune est un petit afficheur à encre électronique avec une pile bouton qui dure des années, mis à jour par radio.\n- Les panneaux d'horaires de certains arrêts de bus alimentés par panneau solaire.\n- Les montres et les badges à très longue autonomie.\n\n## Pourquoi c'est l'écran de la survie\n\nUn appareil de lecture qui doit fonctionner des semaines loin de toute prise a trois besoins : consommer presque rien, se lire en plein jour, et **montrer quelque chose même quand sa batterie est vide**. L'encre électronique est la seule technologie qui coche les trois. C'est pour cela qu'elle est envisagée pour les appareils de lecture hors ligne, voir [[TEC-IDE-009]].\n\n## Les astuces\n\n- **Une liseuse morte garde sa dernière page** : si vous y laissez une carte, une liste de fréquences ou une fiche d'urgence avant qu'elle s'éteigne, l'information reste lisible.\n- **Un écran figé à moitié** après un choc de froid se récupère souvent en le réchauffant contre soi, puis en forçant un rafraîchissement complet.\n- **Pour un montage**, les modules à encre électronique de 1,5 à 7,5 pouces pilotés en SPI se trouvent pour une dizaine à quelques dizaines d'euros. Ils demandent d'envoyer l'image entière, puis de laisser l'écran se rafraîchir, souvent 2 à 15 secondes selon le modèle.\n- **Ne laissez pas un écran à encre électronique en plein soleil derrière une vitre** : la chaleur et les ultraviolets finissent par jaunir et abîmer les capsules.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-002","titre":"L'écran à cristaux liquides (LCD)","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["lcd","cristaux liquides","ecran","polariseur","retroeclairage","tft","ips"],"sources":["Yang D.-K., Wu S.-T., Fundamentals of Liquid Crystal Devices, Wiley, 2e édition","Chen J., Cranton W., Fihn M. (dir.), Handbook of Visual Display Technology, Springer","Castellano J., Liquid Gold: The Story of Liquid Crystal Displays and the Creation of an Industry, World Scientific"],"parent":"TEC-ELN-001","chapitre":1,"corps":"::Un écran LCD ne fait pas de lumière. C'est une lampe, et devant elle, des millions de volets qui s'ouvrent et se ferment. Tout ce qu'on voit, on le voit à travers.::\n\n## Le principe en trois couches\n\n**La lumière d'une lampe** traverse d'abord un **polariseur** : un filtre qui ne laisse passer que la lumière qui vibre dans une seule direction.\n\n**Les cristaux liquides**, pris en sandwich entre deux plaques de verre, ont une propriété étrange : leurs molécules en bâtonnets s'alignent d'elles-mêmes, et en s'alignant en spirale, elles font **tourner** la direction de la lumière qui les traverse. Quand on applique une petite tension, les molécules se redressent et ne la font plus tourner.\n\n**Un second polariseur**, croisé par rapport au premier, ne laisse passer que la lumière qui a tourné.\n\nRésultat : sans tension, la lumière tourne et passe, le point est clair. Avec tension, elle ne tourne plus et bute sur le second filtre, le point est sombre. En réglant la tension, on obtient tous les gris.\n\n**La couleur** vient de minuscules filtres rouges, verts et bleus devant chaque sous-pixel. Un écran LCD couleur laisse passer, au mieux, environ un dixième de la lumière de sa lampe : le reste est absorbé par les filtres et les polariseurs.\n\n## Les familles\n\n- **LCD à segments** : les chiffres d'une calculatrice, d'une montre, d'un thermostat. Pas de lampe, un miroir derrière : ils sont réfléchissants et consomment quelques millionièmes de watt.\n- **Matrice passive** : les vieux écrans monochromes de téléphones et d'appareils. Simples, lents, peu contrastés.\n- **Matrice active (TFT)** : un transistor derrière chaque sous-pixel garde sa tension entre deux passages. C'est l'écran de presque tous les ordinateurs, télévisions et téléphones non OLED.\n- **TN, VA, IPS** : trois façons d'orienter les cristaux. Le TN est rapide et bon marché mais change de couleur dès qu'on le regarde de côté ; l'IPS garde ses couleurs sous tous les angles ; le VA donne les meilleurs noirs.\n\n## La lampe arrière\n\nLes écrans récents sont éclairés par des **LED**, souvent posées sur un bord : une plaque de plastique guide la lumière et la répartit sur toute la surface. Les écrans d'avant 2010 environ utilisaient des **tubes fluorescents** fins (CCFL), qui contiennent un peu de mercure et demandent une haute tension pour s'allumer.\n\n## Ce qui l'abîme\n\n- **La pression** : appuyer fort écrase les cristaux et fait des taches, parfois définitives.\n- **Le froid** : en dessous de −20 °C environ, les cristaux deviennent visqueux, l'image traîne. Ça revient en se réchauffant.\n- **La forte chaleur** : un écran de tableau de bord en plein soleil peut devenir noir. Au-delà d'une certaine température, les cristaux deviennent un liquide ordinaire et perdent leur effet. Ça revient aussi en refroidissant.\n- **Les pixels morts ou bloqués** : un transistor défaillant laisse un point toujours noir ou toujours allumé.\n\n## Les astuces de ceux qui en ont démonté\n\n- **Écran noir, appareil allumé ?** Éclairez l'écran de biais avec une torche, tout près. Si l'image apparaît, faiblement, seule la lampe arrière est morte : l'appareil reste utilisable pour récupérer des données ou lire un réglage.\n- **La lumière d'un LCD est polarisée.** Avec des lunettes de soleil polarisantes, un écran peut devenir noir quand on penche la tête de 90 degrés. Ce n'est pas une panne.\n- **La dalle arrière d'un écran de portable cassé** (le guide de lumière et ses LED) fait un panneau lumineux plat et régulier, idéal pour éclairer une pièce, un plan de travail, ou pour décalquer. Ses LED se branchent souvent en série : il faut leur donner la tension prévue, voir [[TEC-ELN-004]].\n- **Les feuilles de polariseur** se décollent d'un écran mort. Deux feuilles croisées montrent les tensions dans le plastique transparent sous forme d'arcs-en-ciel, et une seule sert de filtre polarisant pour la photo.\n- **Un vieil écran à tubes fluorescents cassé** : ne respirez pas la poussière des tubes brisés, aérez, ramassez sans aspirateur.\n- **Pour un montage**, les petits modules LCD couleur de 2 à 3 pouces pilotés en SPI (contrôleurs ILI9341, ST7789) coûtent quelques euros et sont documentés partout.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-001","titre":"Les écrans","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["ecran","pixel","affichage","resolution","lcd","oled","encre electronique","electronique"],"sources":["Chen J., Cranton W., Fihn M. (dir.), Handbook of Visual Display Technology, Springer, 2e édition","Society for Information Display, Display Technology Guide","E Ink Holdings, documentation technique des afficheurs électrophorétiques"],"sommaire":"oui","parcours":"Lisez d'abord cette fiche, qui explique ce qu'ont en commun tous les écrans. Le chapitre sur l'écran à cristaux liquides couvre presque tout ce que vous avez sous la main ; celui sur l'encre électronique explique pourquoi c'est l'écran des appareils qui doivent tenir des semaines sur une pile.","corps":"::Un écran ne montre pas une image. Il allume, éteint ou masque des millions de petits points assez vite pour que l'œil les prenne pour une image.::\n\nCe sujet se lit en trois temps : cette fiche, qui explique ce que tous les écrans ont en commun, puis deux chapitres, [[TEC-ELN-002]] sur les cristaux liquides et [[TEC-ELN-003]] sur l'encre électronique. Les LED, qui éclairent la plupart des écrans et en forment certains à elles seules, ont leur propre fiche : [[TEC-ELN-004]].\n\n## Le pixel\n\nTout écran est une grille de **pixels**. Sur un écran couleur, chaque pixel est fait de trois **sous-pixels**, rouge, vert et bleu. En réglant l'intensité de chacun, on obtient toutes les couleurs : les trois à fond donnent du blanc, les trois éteints du noir.\n\n**La définition** est le nombre de pixels : 1920 × 1080 pour la « Full HD », 3840 × 2160 pour la 4K. **La densité** est le nombre de pixels par pouce (ppp, ou ppi en anglais) : au-delà d'environ 300 ppp à la distance de lecture d'un téléphone, l'œil ne distingue plus les points.\n\nUn même nombre de pixels donne une image fine sur un téléphone et grossière sur un grand téléviseur : c'est la densité qui compte pour la netteté, pas la définition seule.\n\n## Trois façons de faire de la lumière\n\nTous les écrans se rangent dans l'une de ces familles.\n\n| Famille | Principe | Exemples | Au soleil | Dans le noir |\n|---|---|---|---|---|\n| Émissifs | Chaque point produit sa propre lumière | OLED, LED géantes, anciens tubes cathodiques, plasma | Moyen | Parfait |\n| Transmissifs | Une lampe derrière, des volets devant | Écran LCD d'ordinateur, de télévision, de téléphone | Moyen à mauvais | Bon |\n| Réfléchissants | Pas de lampe : ils renvoient la lumière ambiante, comme le papier | Encre électronique, LCD de calculatrice et de montre | Parfait | Illisible sans éclairage |\n\n**Ce tableau décide de la consommation.** Un écran émissif ou transmissif dépense de l'énergie à chaque seconde où il est allumé, et la lampe arrière est souvent le premier poste de consommation d'un téléphone ou d'un ordinateur. Un écran réfléchissant ne dépense presque rien : une calculatrice à cristaux liquides tourne des années sur une pile bouton, une liseuse des semaines.\n\n## Rafraîchir l'image\n\nUn écran d'ordinateur redessine son image 60 fois par seconde ou plus (60 Hz, 120 Hz). C'est ce qui rend le mouvement fluide. Un écran à encre électronique, lui, ne change l'image que quand on le lui demande, et met une fraction de seconde à le faire : parfait pour une page, inutilisable pour une vidéo.\n\n## Comment un écran reçoit l'image\n\n- **Les grands écrans** reçoivent l'image par un câble vidéo : HDMI, DisplayPort, et plus anciennement VGA (analogique, encore très répandu sur les vieux écrans et projecteurs).\n- **Les petits écrans** des appareils électroniques sont pilotés directement par un petit contrôleur, par une liaison série à quelques fils (SPI, I2C) ou par un bus parallèle. C'est ce qu'on utilise pour construire un appareil soi-même, avec un microcontrôleur, voir [[TEC-IDE-009]].\n- **Le contrôleur** est une puce collée derrière la dalle, qui garde l'image en mémoire et la redessine seule. Chaque modèle a ses commandes : sans sa documentation, un écran récupéré est très difficile à faire fonctionner.\n\n## Ce qu'on apprend en démontant\n\n- **Les écrans de vieux téléphones se réutilisent mal.** Leurs connecteurs ont des broches au pas de 0,4 mm ou moins, leur contrôleur est souvent sans documentation publique, et leur rétroéclairage demande parfois plus de 10 volts. Pour un montage, un module d'écran vendu pour les microcontrôleurs, déjà monté sur une petite carte, coûte quelques euros et fait gagner des jours.\n- **Un écran de portable cassé** contient une dalle lumineuse diffusante, derrière les cristaux liquides : un excellent panneau d'éclairage plat, une fois alimenté. Voir [[TEC-ELN-002]].\n- **Un écran qui reste noir** n'est pas forcément mort : souvent, c'est seulement la lampe arrière qui ne s'allume plus. Éclairez l'écran de biais avec une lampe torche, l'image apparaît.\n- **Les écrans tactiles** sont une couche de plus, collée devant la dalle : on peut casser la vitre tactile d'un téléphone sans toucher l'écran, et inversement.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-024","titre":"Réparer un pneu","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pneu","crevaison","meche","rustine","roue de secours","velo","voiture","reparation"],"sources":["Michelin et Continental, guides d'entretien et de réparation des pneumatiques","Norme NF T 47-006 et recommandations des professionnels sur les zones réparables d'un pneu","Park Tool, Big Blue Book of Bicycle Repair (réparation des chambres à air)"],"corps":"::Un pneu crevé n'est presque jamais un pneu perdu. Un clou dans la bande de roulement se répare en dix minutes au bord de la route. Rouler dessus à plat, en revanche, le tue en quelques centaines de mètres.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Ce qui se répare** : un trou dans la **bande de roulement**, la partie qui touche le sol, d'au plus 6 mm environ. Un clou, une vis, un éclat.\n\n**Ce qui ne se répare pas** : le **flanc** (le côté), l'épaule (l'arrondi entre flanc et bande), une coupure longue, un pneu qui a roulé à plat. Le flanc travaille à chaque tour : une réparation n'y tient pas.\n\n**Rouler à plat** écrase le flanc entre la jante et le sol : il chauffe, se déchire à l'intérieur, et le pneu est bon à jeter, même s'il a l'air intact dehors. **Arrêtez-vous dès que vous sentez que ça tire ou que ça tape.** La construction du pneu est expliquée dans [[TEC-MEC-010]].\n\n## AGIR\n\n### Trouver la fuite\n\n- **Regardez** la bande de roulement en faisant rouler la voiture de quelques centimètres : un clou, une tête de vis, un éclat brillant.\n- **Écoutez** : un sifflement.\n- **De l'eau savonneuse** passée au pinceau ou versée : des bulles là où ça fuit. Vérifiez aussi la valve et le bord de la jante.\n\n### Réparer un pneu de voiture sans chambre (tubeless) : la mèche\n\nLe kit à mèches, quelques euros en magasin, fait la réparation la plus solide qu'on puisse faire soi-même.\n\n1. **Laissez le clou en place** tant que vous n'êtes pas prêt : il bouche le trou.\n2. Arrachez-le à la pince.\n3. **Alésez le trou** avec la râpe du kit, en l'enfonçant et en la tournant plusieurs fois : ça nettoie le trou et le calibre.\n4. Enfilez une mèche gommée dans le chas de l'aiguille, à moitié.\n5. Enfoncez l'aiguille jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un à deux centimètres de mèche dehors.\n6. **Retirez l'aiguille d'un coup sec**, sans la tourner : la mèche reste dans le trou.\n7. Coupez ce qui dépasse au ras, regonflez, vérifiez à l'eau savonneuse.\n\nC'est une réparation de dépannage : faites contrôler le pneu dès que possible par un professionnel, qui posera une pièce par l'intérieur.\n\n### La bombe anti-crevaison\n\nElle regonfle et bouche les petits trous en quelques minutes. Elle dépanne, mais elle encrasse la valve et le capteur de pression, et beaucoup de garages refusent ensuite de réparer le pneu. Roulez doucement jusqu'au garage.\n\n### Changer la roue\n\n1. Voiture sur du plat, frein à main serré, une vitesse enclenchée, les autres occupants à l'écart de la route.\n2. **Desserrez les écrous d'un quart de tour roue au sol**, avant de lever : sinon la roue tourne dans le vide.\n3. Placez le cric sur le point prévu (une encoche sous le bas de caisse, indiquée dans le manuel), levez jusqu'à ce que la roue décolle.\n4. Dévissez, changez la roue, revissez à la main, **puis serrez en étoile** (un écrou, celui d'en face, et ainsi de suite).\n5. Reposez la voiture, serrez à fond. **Resserrez après 50 km.**\n\nUne roue de secours étroite (une « galette ») se limite à 80 km/h et à un usage de dépannage.\n\n### Réparer une chambre à air (vélo, brouette, vieux deux-roues)\n\n1. Sortez la chambre, gonflez-la un peu, trouvez le trou (dans l'eau, des bulles ; sinon, à l'oreille et contre la joue).\n2. Poncez autour du trou avec le papier de verre du kit.\n3. Étalez la colle, un peu plus large que la rustine, et **attendez qu'elle soit sèche au toucher**, trois à cinq minutes. C'est l'erreur de tout le monde : une rustine posée sur de la colle humide ne tient pas.\n4. Posez la rustine, appuyez fort une minute.\n5. **Avant de remonter, cherchez la cause** : passez les doigts doucement à l'intérieur du pneu. Une épine oubliée recrève la chambre neuve dans le kilomètre.\n\n## ADAPTER\n\n**Le pneu est sorti de la jante (déjanté).** Pour le regonfler, il faut que les talons touchent la jante. Serrez une **sangle à cliquet** autour de la bande de roulement : elle écrase le pneu et pousse les talons vers l'extérieur. Mouillez les bords à l'eau savonneuse, gonflez, puis desserrez la sangle dès que les talons claquent en place. Le truc de l'essence ou du spray enflammé dans le pneu existe : il brûle des mains et fait éclater des pneus, n'y touchez pas.\n\n**Une entaille dans le flanc d'un pneu de vélo.** Glissez à l'intérieur, entre le pneu et la chambre, un morceau de vieux pneu, un emballage de barre de céréales plié ou un billet de banque : ça empêche la chambre de hernier par la fente, le temps de rentrer.\n\n**Plus de rustine.** Pour un vélo : coupez la chambre au niveau du trou et **faites un nœud** avec les deux bouts. La chambre, plus courte, se remonte et tient. Pour tout le reste : du ruban adhésif très serré, plusieurs tours, pour quelques kilomètres.\n\n**Plus de chambre, plus rien.** Bourrez le pneu de corde, d'herbe sèche tassée, de mousse, de vieux vêtements : lourd et dur, mais ça roule, doucement, pour sortir d'une mauvaise passe. Voir [[SURV-REC-022]].\n\n**Pas de compresseur.** Une pompe de vélo à pied gonfle un pneu de voiture, avec quelques centaines de coups. Un petit compresseur 12 V se branche sur l'allume-cigare. Une cartouche de CO2 regonfle un pneu de vélo en deux secondes.\n\n**Un pneu d'occasion trouvé sur une épave** : lisez sa date (quatre chiffres après DOT, semaine et année) et cherchez les craquelures sur les flancs. Voir [[SURV-REC-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-013","titre":"La voie ferrée","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["voie ferree","rail","ballast","traverse","ecartement","aiguillage","catenaire","chemin de fer"],"sources":["Esveld C., Modern Railway Track, MRT Productions, 2e édition","SNCF Réseau, Référentiel technique de la voie (documentation publique)","UIC, fiches sur les rails, les traverses et les longs rails soudés","Lichtberger B., Track Compendium, Eurailpress"],"corps":"::Une voie ferrée a l'air d'être deux barres de fer posées sur des cailloux. C'est en réalité une construction en couches, calculée pour porter des trains de plusieurs milliers de tonnes au millimètre près, sous la pluie, le gel et la canicule.::\n\n## Les couches, de bas en haut\n\n1. **La plateforme** : le terrain nivelé, compacté, drainé. Une voie commence par du terrassement : remblais, déblais, fossés.\n2. **La sous-couche** : une couche de grave compactée qui répartit les charges et empêche le sol de remonter.\n3. **Le ballast** : des pierres concassées, dures et anguleuses, de 25 à 50 mm environ, sur une trentaine de centimètres. Ses angles s'emboîtent et bloquent les traverses ; ses vides laissent passer l'eau. **Des galets ronds ne tiendraient rien.**\n4. **Les traverses** : en béton aujourd'hui, en bois traité à la créosote sur les lignes anciennes, parfois en acier. Environ **1 666 traverses par kilomètre**, espacées de 60 cm.\n5. **Les attaches** : des agrafes élastiques en acier qui plaquent le rail sur la traverse, avec une semelle en caoutchouc entre les deux. Sur le bois, de grosses vis appelées tire-fonds.\n6. **Les rails** : de l'acier très dur. Les grandes lignes utilisent des rails de **60 kg par mètre**.\n\n## L'écartement\n\nLa distance entre les faces intérieures des deux rails :\n\n| Écartement | Nom | Où |\n|---|---|---|\n| 1 435 mm | Voie normale | Europe de l'Ouest, Amérique du Nord, Chine, lignes à grande vitesse |\n| 1 520 mm | Voie large russe | Russie, Ukraine, pays baltes, Finlande (1 524) |\n| 1 668 mm | Voie ibérique | Espagne et Portugal (hors grande vitesse) |\n| 1 000 mm | Voie métrique | Lignes de montagne, Afrique, Asie du Sud-Est |\n\nAux frontières où l'écartement change, on change les bogies, on transborde, ou on utilise des essieux à écartement variable. Voir [[TEC-MEC-012]].\n\n## Le long rail soudé\n\nLes rails modernes ne sont plus posés par tronçons avec des joints : ils sont **soudés bout à bout sur des kilomètres**, par soudure électrique en usine et par **soudure aluminothermique** sur place (une réaction de poudre d'aluminium et d'oxyde de fer qui produit de l'acier liquide coulé dans un moule entre les deux rails).\n\nUn rail d'un kilomètre voudrait s'allonger de près de 50 cm entre l'hiver et l'été. **On l'en empêche** : il est posé tendu, à une température choisie, et le ballast et les attaches le retiennent. En canicule, si la voie est mal entretenue, il peut se déformer brutalement sur le côté : c'est le **flambage**, l'une des causes de ralentissement en été.\n\n## Ce qu'on trouve autour\n\n- **Le dévers** : dans les courbes, le rail extérieur est surélevé, jusqu'à 16 à 18 cm, pour incliner le train comme un virage relevé.\n- **Les aiguillages** : deux lames mobiles qui dirigent les roues, et un **cœur** où les rails se croisent. Des contre-rails tiennent l'essieu pendant qu'il franchit le trou du cœur. Les lames sont déplacées par un moteur et verrouillées.\n- **La signalisation** : la voie est découpée en cantons ; des circuits électriques dans les rails détectent la présence d'un train par ses essieux, qui court-circuitent les deux rails.\n- **L'électrification** : en France, **1 500 volts continus** sur une partie du réseau ancien, **25 000 volts alternatifs** sur les lignes plus récentes et à grande vitesse, par caténaire.\n\n## L'entretien\n\nLes **bourreuses** sont des machines qui soulèvent la voie, tassent le ballast sous chaque traverse à l'aide de pioches vibrantes, et remettent la voie à niveau au millimètre. Des trains de mesure parcourent le réseau pour détecter les défauts de géométrie et les fissures dans les rails.\n\n## Ce que savent les cheminots\n\n- **Un train ne s'arrête pas.** Un train de marchandises à 100 km/h a besoin d'environ un kilomètre pour s'arrêter ; un TGV à 300 km/h, de plus de trois kilomètres. Quand le conducteur vous voit, il est déjà trop tard.\n- **La caténaire tue sans contact.** À 25 000 volts, un arc électrique peut frapper sans contact, simplement parce qu'on s'en approche. Chaque année, des jeunes meurent en montant sur des wagons à l'arrêt. On ne monte jamais sur un wagon sous une caténaire, même si le train est arrêté depuis des jours.\n- **Un rail est glissant**, surtout mouillé ou gelé : on l'enjambe, on ne marche pas dessus.\n- **Un morceau de rail est la meilleure enclume de fortune** qui existe : un acier dur, lourd, avec une table plate. Les forgerons amateurs du monde entier commencent ainsi. Voir [[TEC-MEC-005]].\n- **Une voie abandonnée** reste un itinéraire : pente douce, ponts, tunnels, et une ligne droite qui mène toujours à une gare, donc à une ville. Mais **une voie qui semble abandonnée ne l'est pas toujours** : écoutez, regardez l'état des rails (brillants sur le dessus, ils servent encore).","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-012","titre":"Le bogie","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["bogie","train","essieu","roue","rail","suspension","ferroviaire","courbe"],"sources":["Iwnicki S. (dir.), Handbook of Railway Vehicle Dynamics, CRC Press, 2e édition","Esveld C., Modern Railway Track, MRT Productions","UIC, fiches techniques sur les essieux, les roues et le profil de roulement"],"corps":"::Un train n'a pas de volant. Il tourne parce que ses roues sont légèrement coniques, et il passe les courbes parce que ses roues sont montées sur des chariots qui pivotent sous la caisse : les bogies.::\n\n## Ce que c'est\n\nUn **bogie** est un chariot à deux essieux, parfois trois, placé sous chaque extrémité d'une voiture ou d'une locomotive. La caisse repose dessus par un pivot : **le bogie peut tourner sous elle**. C'est ce qui permet à un véhicule de vingt mètres de long de suivre une courbe, alors que ses roues, elles, restent parallèles aux rails.\n\nUn wagon de marchandises ou une voiture de voyageurs a deux bogies, donc quatre essieux et huit roues. Un bogie pèse plusieurs tonnes.\n\n## L'essieu : pourquoi un train tourne sans volant\n\n**Les deux roues d'un essieu sont soudées au même axe.** Elles tournent toujours ensemble, à la même vitesse. En courbe, la roue extérieure a plus de chemin à parcourir : comment fait-elle ?\n\n**La bande de roulement est conique.** Quand l'essieu se décale vers l'extérieur de la courbe, la roue extérieure roule sur un plus grand diamètre et la roue intérieure sur un plus petit. La roue extérieure parcourt alors plus de chemin à chaque tour, et l'essieu se recentre de lui-même. **C'est ce qui guide le train**, bien plus que les rebords.\n\n**Le boudin**, le rebord à l'intérieur de chaque roue, n'est qu'une sécurité : il ne devrait toucher le rail que dans les courbes serrées et les aiguillages. Quand il frotte, on entend le crissement aigu des trains en courbe.\n\n## Les suspensions\n\n- **La suspension primaire**, entre les boîtes d'essieu et le cadre du bogie : ressorts métalliques ou blocs de caoutchouc. Elle encaisse les défauts de la voie.\n- **La suspension secondaire**, entre le bogie et la caisse : souvent des coussins d'air, sur les trains de voyageurs. C'est elle qui fait le confort.\n\n## Ce qu'on met sur un bogie\n\n- **Les freins** : disques sur l'essieu, ou sabots qui frottent sur la bande de roulement.\n- **Les moteurs de traction**, sur les bogies moteurs des locomotives et des rames. Les autres sont dits porteurs.\n- **Les capteurs** de vitesse, de température des boîtes d'essieu, et les balises du contrôle de vitesse.\n\n## Les variantes\n\n- **Le bogie Jacobs** est partagé entre deux voitures, à leur jonction. C'est le principe des rames articulées comme le TGV : moins de bogies, une rame plus stable et plus légère.\n- **Les bogies à écartement variable** changent la distance entre leurs roues en roulant lentement dans une installation spéciale, pour passer d'un réseau à un autre, entre l'Espagne et la France par exemple.\n- **Le tramway et le métro** ont des bogies plus petits, pour des courbes beaucoup plus serrées.\n\n## Les astuces de ceux qui les entretiennent\n\n- **Le lacet** : au-delà d'une certaine vitesse, un essieu conique oscille de gauche à droite de plus en plus fort. Toute la conception d'un bogie rapide vise à l'amortir. Un bogie usé qui « lace » se sent dans la caisse comme un balancement régulier.\n- **Les roues se reprofilent** sans être démontées : le train passe au-dessus d'un tour en fosse qui rabote la bande de roulement pour lui rendre son profil conique.\n- **Un « plat » sur une roue**, créé par un freinage où la roue a glissé bloquée, fait un bruit de marteau régulier : le fameux « tac-tac-tac » d'un train qui arrive avec une roue abîmée.\n- **Les boîtes d'essieu** chauffent quand leur roulement meurt. Des détecteurs au bord des voies mesurent leur température au passage, et arrêtent le train avant que l'essieu ne casse.\n\nLa voie sur laquelle roule tout cela est décrite dans [[TEC-MEC-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-011","titre":"La bougie d'allumage","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["bougie","allumage","moteur","essence","etincelle","diagnostic","tondeuse","tronconneuse"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook, 10e édition (chapitre allumage)","NGK Spark Plugs, Spark Plug Technical Information et guide de lecture des bougies","Heywood J., Internal Combustion Engine Fundamentals, McGraw-Hill"],"corps":"::Dans un moteur à essence, tout commence par une étincelle de quelques millièmes de seconde. La bougie qui la fait raconte aussi, par sa couleur, comment le moteur se porte.::\n\n## Son rôle\n\nUn moteur à essence aspire un mélange d'air et d'essence, le comprime, puis **l'enflamme au bon moment** : c'est la bougie qui le fait, des dizaines de fois par seconde. Le fonctionnement complet du moteur est dans [[TEC-MOTH-001]].\n\n**Un moteur diesel n'a pas de bougies d'allumage.** Le gazole s'enflamme seul sous l'effet de la compression. Ses « bougies de préchauffage » sont de petites résistances qui chauffent la chambre pour aider le démarrage à froid : un tout autre objet.\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\n- **La borne**, en haut, où arrive le fil ou la bobine.\n- **L'isolant**, en céramique blanche : il empêche le courant de s'échapper avant le bout.\n- **Le culot** métallique, avec son filetage et son hexagone : il se visse dans la culasse et fait la masse.\n- **L'électrode centrale** et **l'électrode de masse**, séparées par un petit espace, **l'écartement**, de 0,6 à 1,1 mm environ selon les moteurs.\n\nLa **bobine d'allumage** transforme les 12 volts de la batterie en **20 000 à 40 000 volts**. À cette tension, le courant saute l'écartement sous forme d'étincelle, et enflamme le mélange.\n\n**Les matériaux** décident de la durée : une bougie classique à électrode en nickel dure environ 20 000 à 30 000 km ; une bougie à pointe en platine ou en iridium, 60 000 à 100 000 km.\n\n**L'indice thermique** dit si la bougie évacue vite sa chaleur (bougie « froide », pour les moteurs poussés) ou lentement (bougie « chaude »). **On met toujours celle que prévoit le constructeur** : une bougie trop chaude peut faire fondre un piston.\n\n## Lire une bougie\n\nDévissée, une bougie montre comment brûle le moteur.\n\n| Aspect du bout | Ce que ça dit |\n|---|---|\n| Gris clair à beige | Tout va bien |\n| Noir, sec, poudreux (suie) | Mélange trop riche, filtre à air bouché, étincelle faible, trop de ralenti |\n| Noir, humide et gras | De l'huile passe dans la chambre : segments ou joints usés |\n| Mouillée d'essence | Moteur noyé : trop d'essence et pas d'étincelle au démarrage |\n| Blanche, cloquée, électrodes rongées | Surchauffe : mélange trop pauvre ou bougie trop chaude. À corriger vite |\n| Dépôts jaunes ou verts vitreux | Additifs ou carburant de mauvaise qualité |\n\n## Les astuces de mécanicien\n\n- **Vérifier l'étincelle** : dévissez la bougie, rebranchez-la sur son fil, posez son culot contre une partie métallique du moteur, et faites tourner le démarreur. Une étincelle **bleue et franche** : l'allumage est bon. Jaune et faible, ou rien : bobine, fil ou bougie. **Tenez le fil par sa gaine isolante**, jamais la bougie à main nue : la décharge est douloureuse.\n- **Moteur noyé** (odeur d'essence, il tousse sans partir) : sur une voiture récente, pied au plancher pendant le démarrage, l'injection coupe l'essence pour évacuer l'excès. Sur une tondeuse ou une tronçonneuse, dévissez la bougie, séchez-la, tirez plusieurs fois le lanceur bougie dévissée pour chasser l'essence, remontez.\n- **Serrer** : à la main jusqu'au contact, puis environ un demi-tour de clé pour une bougie neuve à joint. Trop serré, on arrache le filetage de la culasse en aluminium ; pas assez, elle chauffe et se desserre.\n- **Visser à la main d'abord**, sur plusieurs tours, pour ne pas fausser le filetage. Un bout de tuyau en caoutchouc enfilé sur la bougie aide à la présenter droite au fond d'un puits de bougie.\n- **Une bougie de rechange** et sa clé font partie de la trousse de toute tronçonneuse, débroussailleuse ou moto de brousse. Sur un moteur deux-temps, elles s'encrassent beaucoup plus vite.\n- **L'écartement se règle** en pliant doucement l'électrode de masse, et se mesure avec une cale d'épaisseur. En dépannage, l'épaisseur d'une carte bancaire fait environ 0,76 mm.\n\nUn moteur qui ne démarre pas se diagnostique pas à pas dans [[SURV-REC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-010","titre":"Le pneu","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pneu","caoutchouc","vulcanisation","radial","flanc","pression","usure","voiture"],"sources":["Gent A., Walter J. (dir.), The Pneumatic Tire, US Department of Transportation (NHTSA), 2006","ETRTO, European Tyre and Rim Technical Organisation, Standards Manual","Michelin, Le pneu : l'adhérence, la mécanique du pneu (guides techniques)","Règlement ONU n° 30 et n° 54 sur l'homologation des pneumatiques"],"corps":"::Un pneu tient une voiture d'une tonne et demie sur quatre surfaces de la taille d'une carte postale. Tout ce qui le compose sert à garder ces quatre cartes postales collées à la route.::\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\nUn pneu n'est pas un bloc de caoutchouc. C'est un assemblage de couches, chacune avec son rôle.\n\n- **La bande de roulement** : la gomme qui touche le sol, avec ses sculptures qui évacuent l'eau.\n- **La ceinture** : deux nappes de fils d'acier croisés sous la bande de roulement. Elles la rigidifient et la tiennent à plat.\n- **La carcasse** : des fils textiles (polyester, rayonne) noyés dans le caoutchouc, qui vont d'un bord à l'autre. C'est la structure du pneu.\n- **Les flancs** : les côtés, souples, qui absorbent les chocs. Ils sont fins : c'est la partie fragile.\n- **Les talons** : deux anneaux de fils d'acier tressés qui plaquent le pneu sur la jante et l'empêchent de sauter.\n- **La gomme intérieure** : une couche de caoutchouc butyle, presque étanche à l'air. C'est elle qui remplace la chambre à air dans un pneu « tubeless ».\n\n## Radial ou diagonal\n\nDans un **pneu radial**, les fils de la carcasse vont droit d'un talon à l'autre, comme des rayons, et la ceinture d'acier tient la bande de roulement. Le flanc travaille, la bande reste à plat : meilleure adhérence, moins d'échauffement, plus de durée. Michelin l'a breveté en 1946 et commercialisé à la fin des années 1940 ; il équipe aujourd'hui presque toutes les voitures.\n\nDans un **pneu diagonal**, plus ancien, les fils se croisent en biais. Il reste utilisé sur certains engins agricoles, remorques et motos anciennes.\n\n## La gomme\n\n- **Le caoutchouc naturel**, récolté sur l'hévéa, et des caoutchoucs synthétiques issus du pétrole.\n- **Le noir de carbone** : c'est lui qui rend les pneus noirs. Il les renforce et les protège des ultraviolets.\n- **La silice**, dans les pneus récents, qui améliore l'adhérence sur le mouillé et réduit la résistance au roulement.\n- **Le soufre** : chauffé avec le caoutchouc, il relie ses molécules entre elles. C'est la **vulcanisation**, découverte par Charles Goodyear en 1839. Sans elle, le caoutchouc colle quand il fait chaud et casse quand il fait froid.\n\n## La fabrication\n\nLes couches sont assemblées à plat sur un tambour, formant un pneu « cru », mou. Il passe ensuite dans une presse chauffée, autour de 150 à 180 °C : un moule lui imprime ses sculptures et ses inscriptions pendant que le caoutchouc se vulcanise, en une dizaine de minutes pour un pneu de voiture.\n\n## Lire un flanc\n\nExemple : **205/55 R16 91V**\n\n| Inscription | Signification |\n|---|---|\n| 205 | Largeur, en millimètres |\n| 55 | Hauteur du flanc, en pourcentage de la largeur |\n| R | Radial |\n| 16 | Diamètre de la jante, en pouces |\n| 91 | Indice de charge : 615 kg par pneu |\n| V | Indice de vitesse : 240 km/h maximum |\n\n**La date de fabrication** : un code à quatre chiffres dans un ovale, après les lettres DOT. **2319** veut dire 23e semaine de 2019.\n\n**Les pneus hiver** portent le symbole d'une montagne à trois pics avec un flocon (3PMSF). Le marquage M+S seul dit « boue et neige », sans garantir de vraies performances sur la neige.\n\n## Ce qui l'use et ce qui le tue\n\n- **Le sous-gonflage** : le flanc se plie trop à chaque tour, chauffe, et finit par éclater. C'est la première cause de destruction des pneus. La pression recommandée est inscrite sur une étiquette dans la portière ou la trappe à carburant, et se mesure **à froid**.\n- **L'âge** : même peu roulé, le caoutchouc durcit et se fendille. Des craquelures sur les flancs, entre les sculptures : il est temps de le changer, quelle que soit sa profondeur. On compte en général 6 à 10 ans au plus.\n- **L'usure** : la loi européenne impose au moins **1,6 mm** de profondeur. Des témoins d'usure, de petites barrettes au fond des rainures, affleurent à ce niveau.\n- **Rouler à plat**, même sur quelques centaines de mètres, détruit l'intérieur du flanc. Voir [[SURV-REC-024]].\n\n## Les astuces de ceux qui en montent tous les jours\n\n- **Une pièce d'un euro** glissée dans une rainure : si son bord doré dépasse, il reste plus de 3 mm environ. Moins, le pneu est fatigué sur le mouillé.\n- **Un pneu qui perd un peu d'air chaque semaine** a souvent un clou dans la bande de roulement, ou une jante oxydée qui fuit au talon. De l'eau savonneuse fait des bulles là où ça fuit.\n- **Les pneus d'avion** sont gonflés à l'azote : pas d'humidité, pas d'oxygène, pas de feu en cas d'échauffement.\n- **Un vieux pneu est une ressource** : semelles de sandales (les soldats vietnamiens marchaient ainsi), murs de soutènement remplis de terre, protections, tampons de pare-chocs. **Brûlé, il dégage une fumée noire toxique** et des huiles qui polluent le sol : jamais comme combustible.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-001","titre":"Les métiers qui comptent","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["metiers","competences","savoir-faire","groupe","artisan","apprentissage","organisation"],"sources":["Organisation internationale du travail, Classification internationale type des professions (CITP-08)","Dartnell L., The Knowledge: How to Rebuild Our World from Scratch, Bodley Head, 2014","Sennett R., Ce que sait la main : la culture de l'artisanat, Albin Michel"],"corps":"::Un outil se trouve, un livre se lit, mais un geste appris pendant vingt ans ne se remplace pas. Dans une crise, ce qui manque le plus vite, ce n'est pas le matériel. Ce sont les gens qui savent s'en servir.::\n\n## Pourquoi les métiers comptent\n\nUne société moderne répartit le savoir entre des milliers de métiers. Chacun ne sait faire qu'une petite partie de ce qui le fait vivre, et tout fonctionne parce que les autres savent le reste. Quand les échanges s'arrêtent, un groupe ne vaut que **ce que ses membres savent faire de leurs mains**.\n\nCe qui suit dit, métier par métier, **ce qu'ils savent que vous ne savez pas**. Chaque métier aura sa propre fiche au fil du temps.\n\n## Soigner\n\n- **Infirmier, infirmière** : injections, perfusions, pansements, surveillance d'un malade jour et nuit, repérer quand ça s'aggrave. **Le métier le plus utile au quotidien** dans un groupe, plus encore que le médecin, parce que la plupart des soins sont des soins qui durent.\n- **Médecin** : le diagnostic, le choix du traitement, les gestes techniques.\n- **Sage-femme** : grossesses, accouchements, nouveau-nés. Un savoir qui sauve deux vies à la fois. Voir [[URG-SEC-007]].\n- **Pharmacien** : quel médicament remplace quel autre, les doses, les interactions, ce qui se garde et ce qui se périme.\n- **Vétérinaire** : chirurgie, anesthésie, antibiotiques, sur des patients qui ne parlent pas. Il sait beaucoup de ce que sait un médecin, et il a l'habitude de faire avec peu.\n- **Dentiste** : une rage de dents rend un adulte inutile en deux jours.\n- **Kinésithérapeute** : immobiliser, rééduquer, soulager un dos.\n- **Pompier, secouriste, ambulancier** : les premières minutes, les blessés, le feu, le transport.\n\n## Construire et entretenir\n\n- **Plombier** : l'eau qui arrive et l'eau qui repart. Sans eux, les maladies arrivent vite. Voir [[TEC-CON-006]].\n- **Électricien** : câbler sans tuer personne, brancher un groupe ou des panneaux solaires correctement. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Chauffagiste** : poêles, conduits, gaz, et le monoxyde de carbone qui tue les gens qui se chauffent mal.\n- **Maçon, charpentier, couvreur** : un toit étanche avant l'hiver, un mur qui tient. Le couvreur est celui dont on se rend compte qu'il manque à la première pluie.\n- **Mécanicien** : moteurs, pompes, groupes, véhicules. Il est aussi le plus débrouillard avec des pièces qui ne sont pas les bonnes.\n- **Soudeur, métallier, forgeron** : réparer ce qui a cassé, fabriquer ce qu'on ne trouve plus.\n- **Électronicien, réparateur de téléphones et de radios** : faire revivre les appareils, communiquer. Voir [[SIG-COM-002]].\n\n## Nourrir\n\n- **Agriculteur, maraîcher, éleveur** : produire à manger saison après saison. Le savoir le plus long à acquérir, et celui qu'on regrette le plus de ne pas avoir. Voir [[TEC-AGR-001]] et [[TEC-ELE-001]].\n- **Boulanger** : le levain, le four à bois, du pain pour cent personnes.\n- **Boucher, charcutier** : abattre, découper, saler, fumer, ne rien perdre d'un animal. Voir [[TEC-ELE-007]].\n- **Meunier, apiculteur, pêcheur, chasseur, cueilleur** : chacun un pan entier de l'alimentation.\n- **Cuisinier de cantine ou d'armée** : nourrir beaucoup de monde, tous les jours, avec ce qu'il y a, sans intoxiquer personne.\n\n## Fabriquer\n\n- **Couturière, tailleur, cordonnier** : des vêtements et des chaussures qui durent. Voir [[TEC-MAT-005]].\n- **Menuisier, ébéniste** : meubles, outils, manches, charrettes.\n- **Potier, vannier, tanneur, savonnier, brasseur** : des métiers oubliés qui redeviennent précieux dès que les rayons se vident.\n\n## Organiser et transmettre\n\n- **Enseignant** : que les enfants continuent d'apprendre, et que les savoirs se transmettent.\n- **Gestionnaire de stock, logisticien, comptable** : savoir ce qu'on a, ce qu'on consomme, et combien de temps ça tiendra.\n- **Radioamateur** : parler loin sans réseau.\n- **Militaire, gendarme, agent de sécurité** : la garde, la discipline, les situations tendues.\n- **Psychologue, travailleur social, médiateur** : tenir un groupe ensemble quand tout le monde est à bout. Voir [[SURV-PSY-003]].\n\n## Faire l'inventaire des savoir-faire d'un groupe\n\n1. **Ne demandez pas « quel est ton métier ? », demandez « qu'est-ce que tu sais faire de tes mains ? »** Un comptable peut être un jardinier passionné, une infirmière à la retraite peut être la meilleure couturière du quartier.\n2. **Comptez les loisirs** : chasse, pêche, jardinage, bricolage, couture, radio, randonnée, secourisme associatif.\n3. **Notez les outils** que chacun possède, et **ce qu'il accepte d'enseigner**.\n4. **Associez un apprenti à chaque personne qui sait** : un savoir porté par une seule personne disparaît avec elle.\n\n## Ce que savent ceux qui ont reconstruit\n\n- **Les retraités sont une mine.** Beaucoup ont appris leur métier sans ordinateur, avec des outils à main, et savent réparer ce que les jeunes remplacent.\n- **Les métiers de l'entretien manquent avant les métiers prestigieux.** Une ville tient plus longtemps sans banquier que sans plombier.\n- **Un savoir-faire vaut monnaie.** Dans un échange, une heure de couvreur ou de dentiste vaut plus que bien des objets. Voir [[SURV-TROC-001]].\n- **Le geste s'apprend en regardant faire, puis en faisant sous l'œil de quelqu'un**, pas dans un livre. Les fiches Phenix donnent la carte ; l'apprentissage, c'est le terrain. Voir [[SURV-SOC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-008","titre":"Les cintres","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cintre","fil de fer","voute","arc","maconnerie","cintrage","tube","theatre","recuperation"],"sources":["US Patent 822,981 (Albert J. Parkhouse, fil métallique pour vêtements, déposé en 1904) et brevet de O. A. North, 1869","Adam J.-P., La construction romaine : matériaux et techniques, Picard","Heyman J., The Stone Skeleton: Structural Engineering of Masonry Architecture, Cambridge University Press","Manuels de plomberie et de chaudronnerie (cintrage des tubes)"],"corps":"::Le même mot désigne le bout de fil de fer de votre penderie, la charpente en bois qui a porté toutes les voûtes du monde pendant leur construction, et le geste du plombier qui plie un tube sans l'écraser. Les trois sont utiles.::\n\n## Le cintre à vêtements\n\n**Son histoire.** Des supports en bois pour vêtements existent depuis longtemps ; un premier brevet américain de crochet en fil métallique date de 1869. La forme moderne, un triangle de fil de fer avec un crochet, est attribuée à **Albert Parkhouse**, un ouvrier du Michigan qui, selon l'histoire, tordit un fil pour y suspendre son manteau en 1903, faute de patère libre.\n\n**Ses matières**\n\n- **Le fil d'acier**, d'environ 2 à 3 mm, souvent galvanisé, peint ou plastifié : celui des pressings. Un cintre donne un peu plus d'un mètre de fil une fois déplié.\n- **Le bois**, pour les costumes et les manteaux, parce qu'il garde la forme des épaules.\n- **Le plastique**, léger et bon marché, qui casse au froid.\n\n## Le cintre en fil de fer : une ressource\n\nUn mètre de fil d'acier rigide, qui se plie à la main et garde sa forme. Ceux qui en ont dans les poches en font :\n\n- **un crochet** pour suspendre une gamelle au-dessus du feu, un sac hors de portée des rongeurs, une lampe au plafond d'une tente ;\n- **une pique à griller** : brûlez d'abord la peinture ou le plastique dans les flammes, jusqu'au métal nu, avant d'y mettre de la nourriture ;\n- **un furet** pour déboucher un siphon : un crochet au bout, et on tire les cheveux au lieu de les pousser ;\n- **une antenne de fortune** pour une radio FM ou une télévision, branchée sur l'entrée d'antenne : un fil déplié et dressé capte bien mieux que rien, voir [[TEC-RAD-001]] ;\n- **une attelle de renfort** pour un doigt ou un poignet, bien rembourrée, voir [[URG-FRAC-001]] ;\n- **une « troisième main »** pour tenir deux fils pendant une soudure à l'étain, ou une lampe braquée sur un moteur ;\n- **une ligature** pour serrer un manche fendu, un tuyau, un pot d'échappement qui pend.\n\n**Ce qu'il ne fait pas bien** : les hameçons (trop gros et trop mous pour tenir un poisson moyen) et les collets (trop raides pour se refermer). Pour ça, le fil fin de laiton ou d'acier recuit est bien meilleur.\n\n## Le cintre de maçon : comment on construit une voûte\n\nUne voûte ou un arc en pierre **ne tient que lorsqu'il est fini** : tant que la pierre du sommet, la **clé**, n'est pas posée, les pierres tombent vers l'intérieur. Pendant la construction, elles reposent donc sur un **cintre** : une charpente provisoire en bois, découpée exactement à la forme de la voûte.\n\n1. On dresse le cintre sur des étais, avec des **cales** ou des coins en dessous.\n2. On pose les pierres (les **voussoirs**) de chaque côté, en montant symétriquement.\n3. On pose la clé au sommet. Toutes les pierres se serrent les unes contre les autres.\n4. On **décintre** : on retire doucement les cales, le cintre descend de quelques centimètres, et la voûte se met à porter seule.\n\nPonts romains, cathédrales, caves voûtées : tous ont été montés sur des cintres. Une voûte bien faite ne travaille qu'en compression, et c'est pour cela que des ponts en pierre sans ciment tiennent depuis deux mille ans. Voir [[TEC-CON-001]].\n\n## Cintrer un tube : plier sans écraser\n\nPlier un tube de cuivre ou d'acier à la main l'aplatit au pli, et l'eau ne passe plus. Les plombiers le **cintrent** :\n\n- avec une **cintreuse**, une roue à gorge autour de laquelle on enroule le tube ;\n- avec un **ressort à cintrer**, glissé à l'intérieur ou autour du tube, qui l'empêche de s'écraser ;\n- et, sans rien, **avec du sable** : bouchez une extrémité, remplissez le tube de sable sec bien tassé, bouchez l'autre, puis pliez lentement autour d'un poteau ou d'une bûche ronde. Le sable soutient la paroi. Un cuivre recuit (chauffé au rouge sombre puis refroidi) se plie encore plus facilement.\n\n## Le cintre de théâtre\n\nAu-dessus d'une scène, les **cintres** sont la partie haute de la cage de scène, où l'on remonte les décors, les rideaux et les projecteurs, suspendus à des perches et des contrepoids. Les machinistes qui y travaillent, les cintriers, héritent directement des gréements de marine : ce sont souvent d'anciens marins qui ont inventé ce métier, et leurs nœuds sont ceux des voiliers. Voir [[SURV-NOE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-005","titre":"La combustion spontanée","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["combustion spontanee","auto-inflammation","chiffon huile de lin","foin","incendie","combustion humaine","effet meche"],"sources":["Babrauskas V., Ignition Handbook, Fire Science Publishers, 2003","NFPA, Fire Protection Handbook (auto-échauffement des matériaux)","INRS, fiches sur les risques d'auto-inflammation des chiffons imprégnés et des stockages","DeHaan J., Campbell S., Nurbakhsh S., Combustion of animal fat and its implications for the consumption of human bodies in fires, Science & Justice, 1999"],"corps":"::Rien n'a pris feu, personne n'a fumé, pas une étincelle. Et pourtant, le tas de chiffons du garage brûle à trois heures du matin. La combustion spontanée n'a rien de magique : c'est une chaleur qui s'accumule plus vite qu'elle ne s'échappe.::\n\n## Le mécanisme\n\nCertaines matières **chauffent toutes seules**, lentement : elles s'oxydent au contact de l'air, ou des bactéries les font fermenter. Dans un petit volume bien aéré, cette chaleur s'échappe et rien ne se passe.\n\nMais dans **un tas**, un sac, une botte serrée, **la chaleur reste piégée au centre**. Plus il fait chaud, plus la réaction s'accélère, donc plus il fait chaud. Au bout de quelques heures ou de quelques semaines, le cœur atteint sa température d'**auto-inflammation**, et le feu démarre de l'intérieur, sans flamme extérieure.\n\nTrois conditions, toujours les mêmes : **une matière qui s'échauffe, un volume assez gros pour garder la chaleur, et juste assez d'air.**\n\n## Les cas réels, du plus fréquent au plus rare\n\n**Les chiffons imbibés d'huile siccative.** L'huile de lin, l'huile de teck, certaines lasures et vernis gras sèchent en absorbant l'oxygène de l'air, et cette réaction chauffe. Un chiffon roulé en boule dans une poubelle peut s'enflammer en quelques heures. C'est l'une des causes d'incendie les plus connues des pompiers dans les ateliers, les chantiers et les garages.\n\n**Le foin rentré trop humide.** Au-delà d'environ 20 % d'humidité, les bactéries du foin fermentent et chauffent la botte ou le fenil. La température monte pendant des jours, puis des réactions chimiques prennent le relais. Des granges brûlent ainsi une à six semaines après la fenaison.\n\n**Les tas de compost, de fumier, de sciure, de copeaux et de charbon.** Les grands tas industriels sont surveillés à la sonde de température.\n\n**Certaines poudres métalliques et certains résidus chimiques** s'enflamment à l'air dès qu'on les sort de leur emballage : on les dit **pyrophoriques**. C'est le cas des dépôts de sulfure de fer dans les vieilles cuves de pétrole, qu'on ouvre avec précaution.\n\n**Les batteries au lithium** abîmées : un court-circuit interne les fait chauffer jusqu'à l'emballement. Ce n'est pas une combustion spontanée au sens strict, mais le résultat est le même, sans aucune cause visible.\n\n## La combustion humaine spontanée : mythe et réalité\n\nL'histoire revient depuis le XVIIIe siècle : on retrouve une personne presque entièrement réduite en cendres dans une pièce à peine noircie, les pieds ou les mains intacts. On a longtemps parlé de combustion humaine spontanée.\n\n**L'explication retenue aujourd'hui est l'effet mèche.** Une source de chaleur ordinaire (une cigarette, un radiateur, une bougie) enflamme les vêtements d'une personne qui ne peut plus réagir : endormie, ivre, malade, déjà morte. La graisse du corps fond, imbibe les vêtements comme la mèche d'une bougie, et brûle lentement pendant des heures, avec une petite flamme qui ne se propage presque pas autour. Des expériences sur des carcasses de porc habillées l'ont reproduit. **Aucun cas n'a montré un corps qui prend feu sans source extérieure.**\n\n## Quelques températures à connaître\n\n| Matière | S'enflamme seule vers |\n|---|---|\n| Papier | 230 °C environ (le fameux 451 °F de Ray Bradbury) |\n| Bois | 250 à 300 °C selon l'essence et la durée |\n| Gazole | 210 à 250 °C |\n| Essence | 250 à 300 °C |\n\n**Le gazole s'enflamme à plus basse température que l'essence**, alors qu'il est bien moins volatil. C'est ce qui fait marcher le moteur diesel, qui l'enflamme par la seule chaleur de la compression.\n\n## Les astuces des pompiers\n\n- **Un chiffon gras** ne va jamais en boule dans une poubelle. Étendez-le à plat, dehors, jusqu'à ce qu'il soit sec et raide, ou plongez-le dans un bidon métallique fermé rempli d'eau.\n- **Un tas de foin qui fume ou sent le caramel, le tabac ou le brûlé** : ne l'ouvrez pas, ne le déplacez pas. L'air frais qui entrerait ferait exploser le feu qui couve au cœur. Enfoncez une barre métallique au centre, laissez-la quelques minutes : si elle est trop chaude pour la tenir, appelez les pompiers.\n- **Un compost qui fume l'hiver** est normal. Un compost qui noircit au centre et sent le brûlé est trop gros et trop sec : étalez-le.\n- **Le soleil à travers une bouteille d'eau, un bocal ou un miroir de maquillage** peut concentrer la lumière sur un rideau, un tas de papiers ou une haie sèche : ce n'est pas spontané, mais ça y ressemble, et ça surprend chaque été. C'est aussi une façon d'allumer un feu, voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Une batterie de téléphone ou de trottinette gonflée** se sort du logement et se pose sur une surface non inflammable, dehors si possible.\n\nQue faire face à un feu déclaré : [[URG-INC-001]] et [[URG-INC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-007","titre":"Ce que contiennent les fruits","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fruit","vitamine c","sucre","fibre","pectine","noyau","murissement","ethylene","nutrition"],"sources":["USDA, FoodData Central (compositions nutritionnelles de référence)","ANSES, table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual","EFSA, avis scientifique sur les glycosides cyanogènes des noyaux d'abricot, 2016","Kader A. (dir.), Postharvest Technology of Horticultural Crops, University of California"],"corps":"::Un fruit, c'est de l'eau sucrée dans une peau, avec juste assez de vitamines pour qu'un animal ait envie de le manger et d'en semer les graines plus loin. Nous sommes cet animal.::\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\n**De l'eau, surtout** : 80 à 90 % du poids d'un fruit frais. La pastèque et la fraise dépassent 90 %, la pomme en contient environ 86 %, la banane 75 %.\n\n**Des sucres** : fructose, glucose et saccharose, selon les fruits. C'est l'essentiel de leur énergie.\n\n**Des fibres**, dont la **pectine**, qui fait prendre les confitures.\n\n**Des acides** : citrique (agrumes), malique (pomme), tartrique (raisin). C'est ce qui les rend acides, et ce qui permet de les mettre en bocal sans risque de botulisme, voir [[TEC-ALI-005]].\n\n**Des vitamines et minéraux** : vitamine C surtout, potassium, et, dans les fruits orange, des pigments que le corps transforme en vitamine A.\n\n**Très peu de protéines et presque pas de gras**, sauf exceptions : l'avocat, l'olive, la noix de coco.\n\n## Les chiffres utiles (pour 100 g de fruit frais)\n\n| Fruit | Énergie | Vitamine C | Ce qui le distingue |\n|---|---|---|---|\n| Pomme | 52 kcal | 5 mg | Se garde des mois au frais |\n| Banane | 89 kcal | 9 mg | Riche en potassium (358 mg) |\n| Orange | 47 kcal | 53 mg | Se transporte bien |\n| Kiwi | 61 kcal | 93 mg | Une des meilleures sources de vitamine C |\n| Fraise | 32 kcal | 59 mg | Très peu de pectine |\n| Cassis | 63 kcal | 181 mg | Champion des fruits d'Europe |\n| Goyave | 68 kcal | 228 mg | Champion des tropiques |\n| Raisin | 69 kcal | 3 mg | Beaucoup de sucre, peu de vitamines |\n| Avocat | 160 kcal | 10 mg | 15 g de gras : le plus nourrissant |\n| Datte séchée | 282 kcal | 0 mg | Énergie concentrée, se garde des années |\n| Abricot sec | 241 kcal | 1 mg | Fer et potassium concentrés |\n\n**La vitamine C** est la raison d'être des fruits en période difficile. Environ **10 mg par jour** suffisent à éviter le scorbut ; les recommandations pour une bonne santé tournent autour de 100 mg. Elle est **détruite par la chaleur, l'air et le temps** : un fruit cuit ou séché en perd une grande partie.\n\n## Ce qui est toxique\n\n- **Les amandes des noyaux** d'abricot, de pêche, de prune, de cerise, et les pépins de pomme contiennent de l'**amygdaline**, qui libère du cyanure quand on les écrase ou les mâche. Avalés entiers par accident, ils passent. **Les amandes d'abricot amères**, vendues parfois comme « remède », empoisonnent à quelques unités chez un enfant.\n- **Le sureau noir** : les baies crues, les feuilles et les tiges donnent des nausées. Les baies bien mûres se mangent **cuites** (confiture, sirop).\n- **Les feuilles de rhubarbe** sont riches en acide oxalique. Seules les tiges se mangent.\n- **Le pamplemousse** perturbe l'élimination de nombreux médicaments (certains contre le cholestérol, l'hypertension, l'anxiété) et peut en faire monter la dose dans le sang. Si vous prenez un traitement, vérifiez la notice.\n- **Un fruit sauvage inconnu** ne se goûte pas : voir [[SURV-COM-001]].\n\n## Le mûrissement\n\nCertains fruits continuent de mûrir après la cueillette, parce qu'ils produisent un gaz, l'**éthylène**, qui accélère leur propre mûrissement et celui de leurs voisins : **banane, pomme, poire, avocat, tomate, mangue, kiwi**. D'autres ne mûrissent plus une fois cueillis : **agrumes, raisin, fraise, cerise, ananas**.\n\n## Les astuces de ceux qui en stockent\n\n- **Pour faire mûrir un avocat ou un kiwi dur**, enfermez-le dans un sac en papier avec une banane ou une pomme mûre : l'éthylène fait le travail en un ou deux jours.\n- **Pour garder des pommes des mois**, choisissez-les saines, sans choc, cueillies à la main. Rangez-les une par une, sans qu'elles se touchent, au frais (1 à 5 °C), dans une cave humide. **Retirez chaque semaine celle qui commence à pourrir** : une seule pomme gâtée accélère toutes les autres. Et gardez-les loin des pommes de terre et des carottes, que l'éthylène fait germer ou rend amères.\n- **Le cynorrhodon**, le fruit rouge de l'églantier, reste sur les haies tout l'hiver et contient plusieurs centaines de milligrammes de vitamine C pour 100 g. C'était la réserve de vitamine C de l'Angleterre pendant la guerre. Il se mange en sirop ou en confiture, sans les poils des graines, très irritants.\n- **Sécher un fruit** concentre son sucre et son énergie : il faut environ 5 à 7 kg d'abricots frais pour 1 kg d'abricots secs. Voir [[TEC-ALI-003]].\n- **Les fruits riches en pectine** (pomme, coing, groseille, zeste d'agrume) font prendre les confitures de ceux qui en manquent (fraise, cerise) : quelques pommes coupées dans la marmite suffisent.\n\n## Un peu de botanique\n\nPour le botaniste, un fruit est ce qui contient les graines. La tomate, le poivron, le concombre et l'aubergine sont donc des fruits ; la banane et l'avocat sont des baies. Et la fraise n'en est pas vraiment un : sa chair est le réceptacle de la fleur, et ses vrais fruits sont les petits grains à sa surface.","langue":"fr"},{"id":"URG-FEU-001","titre":"Feu de forêt, se défendre et s'en sortir","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["feu de foret","incendie","urgence","maison","voiture","fumee","evacuation","debroussaillement"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, Sécurité civile : consignes en cas de feu de forêt (gouvernement.fr, risques)","Prométhée et Entente pour la forêt méditerranéenne, guides de prévention pour les habitants","Country Fire Authority (Victoria, Australie), Your guide to survive bushfires","National Wildfire Coordinating Group, principes de sécurité des équipes au sol"],"corps":"::Face à un feu de forêt, on ne gagne pas en courant. On gagne en décidant tôt, en se mettant derrière quelque chose de solide pendant les quelques minutes où le front passe, puis en éteignant les braises qu'il laisse derrière lui.::\n\n## AGIR\n\n### 1. Donner l'alerte, tout de suite\n\n**18 ou 112**, même pour un départ de feu qui paraît minuscule. Donnez le lieu le plus précis possible : route, lieu-dit, repère visible, direction de la fumée. Un feu signalé dans les premières minutes est presque toujours arrêté.\n\n### 2. Un départ de feu, petit, à vos pieds\n\nVous pouvez l'attaquer **si les flammes restent plus basses que vos genoux et si vous avez une sortie derrière vous** :\n\n- attaquez-le **par l'arrière ou par les flancs**, jamais par devant ;\n- **gardez un pied dans le noir** : restez du côté déjà brûlé, qui ne peut plus reprendre ;\n- étouffez les flammes avec une branche verte feuillue, une pelle, une couverture, un sac mouillé, ou jetez de la terre à la pelle ;\n- **si les flammes dépassent vos genoux, ou si le feu avance plus vite que vous ne marchez, vous n'éteignez plus : vous partez.**\n\n### 3. Le feu approche de votre maison\n\n**En France, la consigne officielle est claire : une maison solide et débroussaillée est le meilleur abri. Ne partez pas au dernier moment sur la route.** Si vous devez partir, partez tôt, avant que la fumée ne soit sur vous, ou quand les autorités le demandent.\n\nSi vous restez :\n\n1. **Ouvrez le portail** pour les pompiers. Rentrez les voitures, ou garez-les dans une zone dégagée.\n2. **Rentrez ce qui brûle** : salon de jardin, coussins, parasols, bois, bidons. Éloignez les bouteilles de gaz de la maison.\n3. **Fermez tout** : volets, fenêtres, portes, trappes. **Bouchez les aérations et le bas des portes avec des linges mouillés.**\n4. **Remplissez** baignoires, seaux, poubelles : de l'eau pour après. Le réseau peut couper.\n5. **Habillez-vous en coton ou en laine**, manches longues, chaussures fermées. Pas de synthétique, qui fond sur la peau.\n6. **Quand le front passe, restez à l'intérieur**, loin des fenêtres, dans une pièce qui donne de l'autre côté. Il fait très chaud, c'est bruyant, ça dure quelques minutes. **Les murs arrêtent la chaleur rayonnante qui tue dehors.**\n7. **Dès qu'il est passé, sortez et faites le tour** : braises sur le toit, dans les gouttières, sous la terrasse, dans les haies. **La plupart des maisons brûlent après le passage du front, à cause des braises.** C'est le moment où votre eau et votre pelle sauvent la maison.\n\n### 4. Vous êtes en voiture\n\n- **N'entrez pas dans la fumée.** Faites demi-tour tant que vous voyez.\n- Si le feu vous rattrape : garez-vous **sur une zone sans végétation** (parking, champ labouré, large bas-côté), **feux allumés**, fenêtres et aérations fermées.\n- **Restez dans la voiture**, allongé sous les vitres, sous une couverture en laine ou en coton. La voiture ne va pas exploser. Il fera très chaud pendant quelques minutes.\n- Sortez quand le front est passé, et rejoignez la zone brûlée.\n\n### 5. Vous êtes à pied\n\n- **Ne fuyez jamais vers le haut d'une pente** : le feu monte plus vite que vous.\n- Partez **sur le côté** de la direction du feu, vers une **zone déjà brûlée**, une route large, un champ labouré, un plan d'eau, un éboulis rocheux.\n- **Évitez les ravins, les goulets et les cols** : le feu y accélère comme dans une cheminée.\n- Pris au piège : **allongez-vous dans un creux ou derrière un rocher**, face au sol, recouvrez-vous de terre ou d'une couverture en laine, protégez le nez et la bouche avec un tissu en coton, humide si vous avez de l'eau.\n\n## ADAPTER\n\n**Le vent tourne.** Un flanc calme devient une tête de feu en quelques minutes. Réévaluez votre sortie en permanence, surtout en début d'après-midi.\n\n**Il y a de la fumée mais pas de flamme visible.** La fumée voyage loin et vite. Fermez tout, mettez un masque filtrant si vous en avez, et écoutez la radio locale pour savoir où est le feu. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n**Des animaux.** Ouvrez les enclos et les portes des prés : un animal libre fuit mieux qu'un animal enfermé. Rentrez les chiens et les chats dans la maison avec vous.\n\n**Des enfants, des personnes âgées.** Partez tôt avec eux, dès la première alerte. On n'évacue pas une personne fragile dans la fumée.\n\n**Des brûlures.** Refroidissez à l'eau tiède pendant vingt minutes, voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Après.** Ne rentrez pas dans une zone brûlée sans y être autorisé : arbres qui tombent, souches qui couvent, sols qui s'effondrent sur des racines consumées. Et surveillez chez vous les points chauds pendant 48 heures.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Ce qui tue dans un feu de forêt, c'est d'abord la chaleur rayonnante.** Elle brûle à des dizaines de mètres des flammes, à travers l'air. Tout ce qui fait écran, un mur, une carrosserie, un rocher, un talus de terre, réduit ce rayonnement de façon spectaculaire. D'où la règle : **s'abriter derrière quelque chose de solide plutôt que courir à découvert.**\n\n**Le front passe vite.** Dans un endroit donné, les grandes flammes ne durent que quelques minutes, un peu plus en forêt dense. Tenir pendant ce temps derrière un abri suffit à survivre dans la grande majorité des cas.\n\n**La plupart des victimes meurent sur la route**, en fuyant trop tard, dans une fumée où elles ne voient plus rien. D'où l'autre règle : **partir tôt, ou ne pas partir.**\n\n**Une maison débroussaillée résiste** : sans végétation continue jusqu'aux murs, le feu passe à côté et ne laisse que des braises à éteindre. C'est pourquoi le débroussaillement autour des maisons est obligatoire dans les zones à risque. Le phénomène complet est décrit dans [[TEC-TER-001]], et le travail des pompiers dans [[TEC-TER-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-002","titre":"La lutte contre les feux de forêt","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["feu de foret","pompiers","canadair","contre-feu","pare-feu","attaque","lisiere","secours"],"sources":["Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises, guide de doctrine opérationnelle « Feux de forêts et d'espaces naturels »","National Wildfire Coordinating Group (États-Unis), Incident Response Pocket Guide et principes LACES","Sécurité civile, présentation publique des moyens aériens (Canadair CL-415, Dash 8)","Entente pour la forêt méditerranéenne, Valabre, documentation de formation"],"corps":"::Un Canadair n'éteint pas un incendie. Il ralentit une tête de feu pour que les équipes au sol puissent la tenir. Un feu de forêt se gagne au sol, à la lance, à la pelle et au bulldozer, souvent la nuit.::\n\n## La doctrine française : frapper vite\n\nLa stratégie française repose sur **l'attaque massive des feux naissants** : pendant la saison à risque, des moyens sont prépositionnés et des avions patrouillent chargés d'eau, pour frapper chaque départ de feu dans les minutes qui suivent. **La grande majorité des feux est ainsi arrêtée avant d'avoir parcouru un hectare.** Un feu qui échappe à cette première attaque peut en revanche durer des jours.\n\n## Qui intervient\n\n- **Les sapeurs-pompiers** des services départementaux, en camions-citernes feux de forêt (CCF), groupés en colonnes.\n- **Les formations militaires de la Sécurité civile**, spécialisées dans les grands feux et les renforts.\n- **Les forestiers** (ONF, forestiers-sapeurs), qui connaissent le terrain, les pistes et les points d'eau.\n- **Les moyens aériens** : les **Canadair**, qui écopent environ 6 tonnes d'eau en une douzaine de secondes en rasant la mer ou un lac, les avions **Dash 8**, qui larguent un retardant rouge, et des hélicoptères bombardiers d'eau.\n\n## L'attaque directe\n\nQuand le feu est encore petit ou calme, on l'attaque **sur sa lisière**, là où les flammes touchent la végétation : eau des lances, battes à feu, pelles, terre jetée. **Toujours en partant d'un point sûr**, une route, un rocher, une zone déjà brûlée, qu'on appelle **le point d'ancrage**, et en remontant les **flancs** vers la tête. On n'attaque jamais une tête de feu violente de face.\n\n## L'attaque indirecte\n\nQuand le feu est trop fort, on travaille **devant lui**, à distance :\n\n- **La ligne d'appui** : une bande où l'on retire tout le combustible jusqu'au sol, au bulldozer ou à l'outil à main, en s'appuyant sur une route ou une piste.\n- **Le retardant** largué par avion : un produit à base de sels d'ammonium qui imprègne la végétation et ralentit la combustion, même après que l'eau s'est évaporée.\n- **Le feu tactique**, ou contre-feu : allumer volontairement, depuis une ligne d'appui, un feu qui brûle la végétation **vers** l'incendie. Quand le front arrive, il ne trouve plus rien à brûler. C'est une technique puissante et dangereuse, réservée à des personnels formés et à des conditions précises de vent.\n\n## La nuit et le « noyage »\n\n- **La nuit, le feu se calme** : l'air se rafraîchit et s'humidifie, le vent tombe souvent. C'est là que les équipes au sol gagnent le plus de terrain, pendant que les avions ne volent pas.\n- **Un feu fixé n'est pas éteint.** Il faut **noyer la lisière** : creuser, retourner, arroser chaque souche et chaque racine qui fume, sur des dizaines de mètres à l'intérieur de la zone brûlée. Un feu mal noyé repart le lendemain, avec le vent de l'après-midi.\n\n## La sécurité des équipes\n\nLes pompiers forestiers du monde entier appliquent la même règle, résumée aux États-Unis par l'acronyme **LACES** :\n\n- **Lookouts** : des guetteurs qui voient le feu évoluer ;\n- **Anchor points** : un point d'ancrage sûr ;\n- **Communications** : une radio qui marche ;\n- **Escape routes** : des itinéraires de fuite repérés ;\n- **Safety zones** : des zones de sécurité où se réfugier, souvent une zone déjà brûlée.\n\nLa consigne la plus ancienne des équipes au sol tient en une image : **garder un pied dans le noir**, c'est-à-dire rester au bord de la zone déjà brûlée, où le feu ne peut plus revenir.\n\n## Ce que savent les anciens\n\n- **Le feu change en début d'après-midi** : c'est l'heure la plus chaude, la plus sèche, souvent la plus venteuse. Beaucoup de drames arrivent entre 14 h et 17 h.\n- **Une accalmie soudaine est suspecte** : le vent peut tourner et transformer un flanc tranquille en tête de feu.\n- **Les goulets, les ravins étroits et les cols** agissent comme des cheminées : le feu y accélère brutalement. On ne s'y engage pas au-dessus d'un feu.\n- **Les avions ne volent ni la nuit ni dans une fumée trop dense**, et un vent trop fort les cloue au sol : les jours les plus dangereux sont souvent ceux où ils aident le moins.\n\nPour le phénomène lui-même : [[TEC-TER-001]]. Pour ce que peut faire un particulier : [[URG-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-001","titre":"Les feux de forêt","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["feu de foret","incendie","vent","pente","secheresse","debroussaillement","climat","fumee"],"sources":["European Forest Fire Information System (EFFIS), rapports annuels","Ministère de l'Agriculture, base de données Prométhée et BDIFF sur les incendies de forêt en France","Pyne S., Fire: A Brief History, University of Washington Press","Rothermel R., How to Predict the Spread and Intensity of Forest and Range Fires, US Forest Service, 1983","Code forestier, articles L131-10 et L134-6 (obligations légales de débroussaillement)"],"corps":"::Un feu de forêt n'est pas un grand feu de camp. C'est un phénomène météorologique qui marche au rythme du vent, monte les pentes en courant, et lance ses braises des centaines de mètres devant lui.::\n\n## Les trois ingrédients, puis les trois accélérateurs\n\nTout feu a besoin de **combustible, de chaleur et d'oxygène**. Un feu de forêt ajoute trois facteurs qui décident de sa vitesse et de sa violence :\n\n- **Le combustible** : sa quantité, sa sécheresse, sa continuité. Herbes sèches, aiguilles de pin, broussailles, écorces, et les pins résineux qui brûlent comme des torches.\n- **La météo** : le vent pousse les flammes et apporte l'oxygène ; la chaleur et la sécheresse de l'air assèchent tout. Dans le sud de la France, les pompiers parlent de la **règle des trois 30** : plus de 30 °C, moins de 30 % d'humidité, plus de 30 km/h de vent, et le risque devient extrême.\n- **Le relief** : **un feu monte une pente beaucoup plus vite qu'il ne la descend**, parce que les flammes préchauffent la végétation au-dessus d'elles. On retient souvent que sa vitesse double à chaque dizaine de degrés de pente.\n\n## Les trois étages du feu\n\n- **Le feu de sol** couve dans l'humus et la tourbe, sans flamme visible, parfois pendant des semaines, et ressort plus loin.\n- **Le feu de surface** court dans les herbes, les aiguilles et les broussailles. C'est le plus fréquent.\n- **Le feu de cimes** saute d'arbre en arbre par le haut. C'est le plus rapide et le plus violent, et on ne l'arrête plus par le sol.\n\n## L'anatomie d'un incendie\n\n- **La tête**, qui avance dans le sens du vent : la partie la plus dangereuse.\n- **Les flancs**, sur les côtés, plus calmes.\n- **L'arrière**, qui progresse lentement contre le vent.\n- **Les sautes de feu** : des braises et des écorces enflammées, portées par le vent et les colonnes de fumée, allument de nouveaux foyers loin devant. Par grand vent, des centaines de mètres, parfois plusieurs kilomètres.\n\nUn feu d'herbes poussé par un vent fort peut avancer à plus de 10 km/h, plus vite qu'un homme qui court sur un terrain accidenté. Un très gros incendie peut créer **son propre nuage d'orage**, un pyrocumulonimbus, qui lance des éclairs et des vents imprévisibles.\n\n## D'où ils viennent\n\nEn France, **environ neuf feux sur dix sont d'origine humaine** : imprudences (mégots, barbecues, travaux, brûlages de jardin), accidents (lignes électriques, étincelles de machines, de trains), et malveillance. La foudre en allume une petite part, souvent dans les zones de montagne.\n\n## Ce qu'ils représentent\n\n- La France brûle en moyenne quelques dizaines de milliers d'hectares par an ; **plus de 70 000 hectares en 2022**, dont environ 30 000 en Gironde, loin des zones méditerranéennes où on les attendait.\n- L'Australie a perdu environ **20 millions d'hectares** pendant l'été 2019-2020.\n- Le Canada a battu son record en 2023, avec **plus de 15 millions d'hectares** brûlés.\n\nLe climat plus chaud allonge la saison des feux, et les feux montent vers le nord et en altitude.\n\n## La forêt et le feu\n\nCertaines forêts ont besoin du feu : des pins ne libèrent leurs graines que dans la chaleur d'un incendie, et le feu naturel nettoie les sous-bois. Le problème vient de la combinaison moderne : **forêts denses et non entretenues, maisons construites au milieu, sécheresses plus longues**.\n\n## Ce qui protège vraiment\n\n- **Le débroussaillement** : en France, dans les zones à risque, la loi oblige les propriétaires à débroussailler **50 mètres autour des constructions**, et 10 mètres de part et d'autre des chemins d'accès. Une maison entourée d'un espace débroussaillé est défendable ; une maison noyée dans les pins ne l'est pas.\n- **Les coupures de combustible** : pare-feu, vignes, champs, pistes, qui cassent la continuité de la végétation.\n- **Les pistes d'accès** pour les secours, avec des points d'eau.\n\n## La fumée\n\nLa fumée des incendies contient des particules fines qui descendent profondément dans les poumons. Elle voyage sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Les jours de fumée, un masque filtrant de type FFP2 protège bien mieux qu'un masque chirurgical, voir [[TEC-SAN-006]].\n\nQue font les pompiers : [[TEC-TER-002]]. Que faire soi-même face au feu : [[URG-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-GAZ-001","titre":"Fuite de gaz","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["gaz","fuite","odeur","explosion","butane","propane","gaz naturel","urgence"],"sources":["GRDF, consignes en cas d'odeur de gaz et numéro Urgence Sécurité Gaz","Ministère de la Transition écologique, sécurité des installations de gaz domestique","INRS, fiches sur le propane, le butane et le méthane"],"corps":"::Une odeur de gaz dans une maison ne tue presque jamais par elle-même. C'est l'étincelle d'un interrupteur qui tue. Tout le protocole tient en une idée : ne rien allumer, ne rien éteindre, sortir.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne touchez à aucun interrupteur**, ni pour allumer ni pour éteindre. Pas de sonnette, pas d'interphone, pas de volet électrique, pas de briquet, pas de cigarette.\n2. **Ouvrez les fenêtres et les portes** en grand, en passant.\n3. **Fermez le robinet de gaz** : au compteur pour le gaz de ville, sur la bouteille ou la citerne pour le butane et le propane.\n4. **Sortez**, faites sortir tout le monde, et ne prenez pas l'ascenseur.\n5. **Appelez une fois dehors**, à distance : les secours (18 ou 112) et, en France, le numéro Urgence Sécurité Gaz de GRDF, **0 800 47 33 33**, gratuit, jour et nuit.\n6. **N'y retournez pas** avant le feu vert des secours.\n\n## ADAPTER\n\n**L'odeur est faible, près de la cuisinière** : un bouton de brûleur mal fermé, une flamme soufflée par un courant d'air ou une casserole qui a débordé. Fermez le bouton, aérez largement, attendez que l'odeur disparaisse avant de rallumer quoi que ce soit.\n\n**Butane et propane (bouteilles, citernes)** : ils sont **plus lourds que l'air**. Ils coulent au sol et s'accumulent dans les caves, les sous-sols, les fosses de garage. Aérez par le bas, et ne descendez pas dans une cave qui sent le gaz.\n\n**Gaz de ville (méthane)** : plus léger que l'air, il monte. Aérez par le haut.\n\n**Dans un immeuble** : prévenez les voisins en frappant aux portes, pas en sonnant.\n\n**Chercher une petite fuite sur un raccord** : de l'eau savonneuse au pinceau, robinet ouvert. Des bulles, c'est là. **Jamais une flamme pour chercher une fuite.**\n\n**Quelqu'un est inconscient dans la pièce** : aérez d'abord, sortez-le vite en retenant votre respiration, puis voir [[URG-INCO-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe gaz naturel et le propane n'ont presque pas d'odeur. On leur ajoute un produit soufré qui sent fort pour qu'une fuite se remarque bien avant d'être dangereuse. **Si ça sent, il est encore temps.**\n\nLe gaz n'explose que mélangé à l'air dans une proportion précise, entre environ 5 et 15 % pour le méthane, 2 et 10 % pour le propane. Il faut ensuite une étincelle : un interrupteur, le relais d'un frigo, la sonnette. D'où la règle de ne toucher à rien d'électrique.\n\n**Le tuyau souple en caoutchouc** qui relie une bouteille à une cuisinière porte une date de péremption imprimée : passé cette date, il se fendille et fuit. Changez-le.\n\nÀ ne pas confondre avec le **monoxyde de carbone**, qui n'a aucune odeur et vient d'un appareil qui brûle mal, pas d'une fuite : voir [[TEC-CON-010]]. Pour couper le gaz, l'eau et l'électricité : [[URG-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-FOU-001","titre":"Foudre et orage","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["foudre","orage","eclair","montagne","randonnee","voiture","arret cardiaque"],"sources":["Météo-France, conseils de comportement en cas d'orage","National Weather Service (États-Unis), Lightning Safety","Cooper M. A., Holle R., Reducing Lightning Injuries Worldwide, Springer, 2019"],"corps":"::Si vous entendez le tonnerre, vous êtes à portée de la foudre. Pas besoin qu'il pleuve sur vous : un éclair peut frapper à plus de dix kilomètres de l'orage.::\n\n## AGIR\n\n1. **Mettez-vous à l'abri dans un bâtiment en dur ou dans une voiture fermée**, dès le premier coup de tonnerre.\n2. **Restez-y 30 minutes après le dernier tonnerre.** Beaucoup de foudroyés sont frappés à la fin de l'orage, en ressortant trop tôt.\n3. **À l'intérieur** : éloignez-vous des fenêtres, n'utilisez pas le téléphone fixe, évitez douche et bain pendant l'orage (la foudre voyage par les tuyaux et les fils).\n\n### Personne foudroyée\n\n- **On peut la toucher tout de suite** : un corps foudroyé ne garde aucune charge électrique.\n- **Elle ne respire pas : massage cardiaque immédiat**, défibrillateur. Voir [[URG-CARD-001]]. La foudre arrête souvent le cœur et la respiration, et les réanimations réussissent plus souvent qu'ailleurs, même quand la victime paraît morte.\n- **Plusieurs victimes** : occupez-vous d'abord de celles qui ne bougent pas et ne respirent pas. Celles qui crient respirent.\n\n## ADAPTER\n\n**Pris dehors, sans abri** :\n\n- quittez les sommets, les crêtes, les arêtes, les pylônes, les arbres isolés ;\n- éloignez-vous de l'eau, des clôtures métalliques, des remontées mécaniques ;\n- dans un groupe, **écartez-vous de plusieurs mètres les uns des autres** : un seul éclair ne touchera pas tout le monde ;\n- dans une forêt, restez sous des arbres bas au milieu d'arbres de même hauteur, jamais sous le plus grand ;\n- **accroupissez-vous pieds joints**, sur un sac ou une corde enroulée, en dernier recours. Ne vous allongez pas : le courant se propage dans le sol.\n\n**En montagne**, les orages d'été éclatent souvent l'après-midi : partez tôt, soyez redescendu des crêtes avant midi. Des cheveux qui se dressent, un bourdonnement sur les bâtons ou les pierres : la foudre est imminente, quittez l'endroit immédiatement.\n\n**En bateau** : descendez dans la cabine, éloignez-vous du mât et des parties métalliques.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Compter les secondes** entre l'éclair et le tonnerre, puis diviser par trois, donne la distance de l'orage en kilomètres. Moins de 30 secondes, soit 10 km : vous êtes en danger.\n\n**La voiture protège** grâce à sa carrosserie métallique, qui conduit le courant autour de l'habitacle jusqu'au sol, et non grâce aux pneus. Une voiture décapotable ou à carrosserie plastique ne protège pas.\n\n**La foudre ne tombe pas qu'une fois au même endroit** : elle frappe de préférence ce qui dépasse, et un point haut peut être touché plusieurs fois dans le même orage.\n\nLa plupart des personnes foudroyées survivent, souvent avec des brûlures, des troubles de l'audition ou de la mémoire qui demandent un suivi médical. Pour l'électricité du réseau, voir [[URG-ELEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-ELEC-001","titre":"Électrocution","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["electrocution","electrisation","courant","ligne electrique","secourisme","arret cardiaque","brulure"],"sources":["Croix-Rouge française et Protection civile, référentiel PSC1 (électrisation)","European Resuscitation Council Guidelines 2021, special circumstances : électrisation","Enedis, consignes de sécurité à proximité des lignes électriques tombées"],"corps":"::Le premier réflexe tue le sauveteur : attraper la victime. Avant de la toucher, on coupe le courant. Toujours.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne touchez pas la victime tant qu'elle est en contact avec le courant.**\n2. **Coupez le courant** : disjoncteur général, prise débranchée, interrupteur de l'appareil.\n3. **Impossible de couper ?** Mettez-vous sur quelque chose de sec et isolant (planche, tapis en caoutchouc, pile de journaux), puis **écartez la victime ou le fil avec un objet sec et non métallique** : manche à balai en bois, chaise en bois, bâton sec. Jamais les mains, jamais un objet mouillé.\n4. **Appelez le 15 ou le 112.**\n5. **Elle ne respire pas** : massage cardiaque tout de suite, défibrillateur dès qu'il arrive. Voir [[URG-CARD-001]].\n6. **Elle respire** : mettez-la en position latérale de sécurité si elle est inconsciente, voir [[URG-INCO-001]]. Refroidissez les brûlures à l'eau, voir [[URG-BRUL-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Une ligne électrique est tombée au sol** : restez à **au moins dix mètres**, et empêchez les autres d'approcher. Le sol autour du câble est sous tension : deux pieds écartés peuvent suffire à faire passer le courant par les jambes. Pour vous éloigner, **marchez à tout petits pas, les pieds joints**, sans les écarter. Aucune tentative de sauvetage sur une ligne haute tension : seuls les techniciens du réseau peuvent la couper.\n\n**Vous êtes dans une voiture et un câble est tombé dessus** : restez à l'intérieur, appelez, attendez. Si la voiture brûle, **sautez dehors pieds joints** sans jamais toucher en même temps la voiture et le sol, puis éloignez-vous à petits pas.\n\n**Dans l'eau** (piscine, baignoire, inondation avec du courant) : coupez d'abord, entrez ensuite.\n\n**La victime dit que ça va** après une électrisation : elle doit quand même voir un médecin si elle a perdu connaissance, si elle a une brûlure, si le courant a traversé le thorax (d'une main à l'autre, ou d'une main aux pieds), si elle est enceinte, ou si c'était de la haute tension. Un trouble du rythme cardiaque peut apparaître dans les heures qui suivent.\n\n## COMPRENDRE\n\nCe n'est pas la tension qui tue, c'est le courant qui traverse le corps et le chemin qu'il prend. Quelques dizaines de milliampères qui passent par le cœur suffisent à le faire fibriller. C'est pourquoi le **différentiel 30 mA** du tableau électrique sauve des vies : il coupe avant ce seuil. Voir [[TEC-ENE-011]].\n\nLe courant alternatif du secteur contracte les muscles : la victime qui tient un fil **ne peut souvent pas le lâcher**. Elle a besoin qu'on coupe pour elle.\n\nLes brûlures électriques sont trompeuses : un petit point noir à l'entrée et à la sortie, et des dégâts profonds entre les deux, dans les muscles.\n\nLa foudre est un cas à part : voir [[URG-FOU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-002","titre":"Le sac","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sac a dos","poids","reglage","evacuation","marche","charge","sac d'urgence"],"sources":["Fédération française de randonnée pédestre, préparer son sac","US Army, FM 21-18 Foot Marches (charges et portage)","Ministère de l'Intérieur, kit d'urgence familial"],"corps":"::Un sac trop lourd ne vous emmène nulle part. Au-delà d'un quart de votre poids, vous ne marchez plus : vous portez. Le bon sac est celui qu'on peut porter une journée entière.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Le poids.** Pour marcher longtemps, visez **au plus 20 à 25 % de votre poids** (15 à 20 kg pour un adulte de 75 kg), et moins pour une journée de marche rapide. Chaque kilo en trop se paie en ampoules, en genoux et en kilomètres perdus.\n\n**Les hanches portent, pas les épaules.** Un sac bien réglé met environ les trois quarts de sa charge sur les hanches, par la ceinture. Les bretelles ne font que le tenir contre le dos.\n\n## AGIR\n\n### Le remplir\n\n- **Le lourd au centre, contre le dos**, entre les omoplates : eau, nourriture, outils. Un sac qui tire en arrière épuise.\n- **Le léger et encombrant en bas** : sac de couchage, vêtements.\n- **Ce qui sert souvent en haut et dans les poches** : lampe, trousse de secours, carte, veste de pluie, en-cas.\n- **Tout en sacs étanches** : un sac à dos n'est jamais étanche, un sac poubelle à l'intérieur fait l'affaire.\n\n### Le régler\n\n1. Desserrez toutes les sangles, enfilez le sac.\n2. **La ceinture sur les os des hanches** (le haut du bassin), serrée franchement.\n3. **Les bretelles** ensuite, jusqu'à ce qu'elles épousent les épaules sans porter.\n4. **Les rappels de charge** (petites sangles en haut des bretelles) tirés à environ 45 degrés, pour plaquer le haut du sac.\n5. **La sangle de poitrine** à hauteur des aisselles, sans gêner la respiration.\n\n### Le contenu de base\n\n- **Eau** : deux litres, et de quoi en trouver et la rendre potable. Voir [[URG-EAU-001]].\n- **Manger** : de quoi tenir deux ou trois jours, dense et sans cuisson.\n- **Se protéger** : veste de pluie, couche chaude, bonnet, couverture de survie, change de chaussettes.\n- **Voir et être vu** : lampe frontale et piles, sifflet.\n- **Soigner** : trousse de secours, médicaments personnels.\n- **Faire** : couteau, briquet et allumettes, cordelette, ruban adhésif.\n- **S'orienter et communiquer** : carte papier, téléphone, batterie externe, un peu d'espèces, copie des papiers.\n\n## ADAPTER\n\n**Le sac est trop lourd** : sortez tout sur le sol et retirez tout ce qui n'a pas servi lors de votre dernière sortie, sauf la trousse de secours et la couche chaude. Les « au cas où » font la moitié du poids.\n\n**Pas de sac à dos** : un sac de sport porté en travers, une valise à roulettes sur route, un chariot ou une poussette pour le lourd. Les roues portent mieux que le dos sur un sol plat.\n\n**Avec des enfants** : chaque enfant qui marche porte son petit sac avec son eau, son doudou et un vêtement chaud. Un adulte ne peut pas tout porter.\n\n**Discrétion** : un sac militaire neuf et bourré attire l'œil ; un vieux sac de randonnée ou de sport passe partout. Voir [[SURV-DEP-001]] pour marcher longtemps avec.","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-007","titre":"Tsunami","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["tsunami","raz-de-maree","seisme","cote","vague","evacuation","hauteur"],"sources":["UNESCO, Commission océanographique intergouvernementale, Tsunami Glossary et consignes au public","CENALT (Centre national d'alerte aux tsunamis, France)","Retours d'expérience des tsunamis de 2004 (océan Indien) et 2011 (Tōhoku)"],"corps":"::En 2004, une petite fille de dix ans a sauvé une plage entière en Thaïlande parce qu'elle avait appris à l'école que la mer qui se retire d'un coup annonce la vague. Le savoir, ici, c'est littéralement des minutes de vie.::\n\n## AGIR\n\n**Trois signaux suffisent. Un seul, et vous partez tout de suite, sans attendre d'alerte :**\n\n- **un séisme fort ou long** ressenti sur la côte (difficile de tenir debout, ou plus de 20 secondes) ;\n- **la mer qui se retire** anormalement, découvrant les fonds ;\n- **un grondement** venant de la mer, comme un train ou un avion.\n\n1. **Montez.** Le plus haut possible, le plus vite possible : colline, falaise, étages d'un immeuble solide en béton (troisième étage au moins).\n2. **À pied**, sauf si la route vers la hauteur est dégagée. Les voitures bouchent les routes et les gens meurent dedans.\n3. **Ne descendez pas voir.** La première vague n'est souvent pas la plus haute.\n4. **Restez en hauteur** plusieurs heures, jusqu'à la fin d'alerte officielle. Les vagues arrivent en séries, espacées de 10 minutes à plus d'une heure.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas de hauteur à portée** : partez **à l'intérieur des terres**, le plus loin possible de la côte et des embouchures, perpendiculairement au rivage.\n\n**Emporté par l'eau** : accrochez-vous à ce qui flotte (arbre, porte, planche), protégez votre tête. L'eau charrie des voitures, du bois, des débris : c'est eux qui blessent.\n\n**En bateau au port** : si le temps le permet, sortir vers le large, où la vague est basse ; au port, elle déferle. Sinon, abandonnez le bateau et montez.\n\n**Une alerte officielle** (sirène, message sur le téléphone, radio) : partez même si la mer paraît calme.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn tsunami n'est pas une grosse vague de tempête. C'est **toute la colonne d'eau** de l'océan soulevée par un séisme sous-marin, un glissement de terrain ou une éruption. Au large, la vague fait à peine un mètre et file à la vitesse d'un avion ; près des côtes, elle ralentit et monte, et l'eau continue d'arriver pendant de longues minutes, comme une marée qui ne s'arrête pas.\n\n**La mer qui se retire** avant la vague est le creux de l'onde qui arrive en premier. Les gens qui vont ramasser les poissons sur le sable découvert sont ceux qui meurent.\n\n**En France**, les côtes méditerranéennes, les Antilles et la Polynésie sont exposées. Le séisme d'origine peut être lointain : on ne le sent alors pas, et seule l'alerte ou le retrait de la mer préviennent.\n\nLa fiche sur les séismes : [[SURV-CRI-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-006","titre":"Accident chimique industriel","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["chimique","seveso","nuage toxique","confinement","sirene","usine","gaz","decontamination"],"sources":["Ministère de la Transition écologique, georisques.gouv.fr : consignes en cas d'accident industriel","INERIS, dossiers sur les accidents industriels majeurs et les nuages toxiques","Plans particuliers d'intervention (PPI) des sites Seveso seuil haut"],"corps":"::Un nuage toxique passe en quelques dizaines de minutes. Ceux qui s'en sortent le mieux sont ceux qui se sont enfermés vite et bien. Ceux qui prennent la voiture pour fuir roulent souvent dedans.::\n\n## AGIR\n\n1. **À la sirène** (son montant et descendant, trois fois une minute) ou au message FR-Alert : **entrez dans le bâtiment le plus proche**.\n2. **Fermez et calfeutrez** : portes, fenêtres, aérations. Bas de porte et bouches d'aération bouchés avec des serviettes mouillées ou du ruban adhésif.\n3. **Arrêtez la ventilation**, la climatisation, la hotte, le chauffage à air pulsé.\n4. **Ni flamme ni cigarette** : certains gaz brûlent ou explosent.\n5. **Ne téléphonez pas** sauf urgence, n'allez pas chercher les enfants à l'école, écoutez la radio.\n6. **À la fin de l'alerte** (son continu de 30 secondes) : aérez largement.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes dehors, face au nuage** : éloignez-vous **perpendiculairement au vent**, jamais dans son sens ni à contre-sens. Couvrez nez et bouche avec un tissu, humide si possible. Entrez dans le premier bâtiment.\n\n**Quelle pièce choisir** : une pièce sans fenêtre ou avec peu d'ouvertures, avec un point d'eau si possible. Pour le chlore et la plupart des gaz toxiques, plus lourds que l'air, **montez aux étages**. Pour l'ammoniac, plus léger, restez plutôt bas. Sans information, une pièce intérieure au premier étage est un bon compromis.\n\n**Vous avez été touché par le produit** (peau qui brûle, yeux qui piquent, vêtements imprégnés) : retirez les vêtements en les coupant plutôt qu'en les passant par la tête, **rincez la peau et les yeux à l'eau pendant 15 minutes**, et appelez le 15.\n\n**Vous êtes en voiture** : fermez les vitres, coupez la ventilation, sortez de la zone si la route est dégagée **perpendiculairement au vent**, sinon entrez dans un bâtiment.\n\n## COMPRENDRE\n\n**L'odeur ne dit rien de fiable.** Certains gaz dangereux ne sentent rien, d'autres sentent fort à des doses inoffensives, et le sulfure d'hydrogène anesthésie l'odorat à forte dose : quand l'odeur d'œuf pourri disparaît, ce n'est pas bon signe.\n\n**Le confinement fonctionne parce que le nuage passe.** Une maison fermée laisse entrer l'air extérieur lentement : pendant le temps où le nuage traverse le quartier, l'air intérieur reste bien moins concentré. Après son passage, on aère pour évacuer ce qui est entré.\n\n**Autour de chaque site Seveso seuil haut**, les habitants reçoivent une plaquette avec les consignes et le type de produits en cause. Si vous habitez près d'une usine, d'un dépôt ou d'un port, lisez-la : elle vous dit dans quelle direction partir et quoi faire.\n\nL'air contaminé en général et les masques : [[URG-AIR-001]], [[TEC-SAN-006]]. Les explosifs et le nitrate d'ammonium : [[TEC-CHI-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-005","titre":"Accident nucléaire","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["nucleaire","centrale","iode","confinement","evacuation","radioactivite","sirene"],"sources":["Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), consignes en cas d'accident nucléaire","Campagnes nationales de distribution de comprimés d'iode stable, posologie officielle","Organisation mondiale de la santé, Iodine thyroid blocking: guidelines for use in planning and responding to radiological and nuclear emergencies, 2017"],"corps":"::En cas d'accident de centrale, le premier geste qui protège n'est ni l'iode ni la fuite. C'est rentrer dans un bâtiment et fermer. Tout le reste attend les consignes.::\n\n## AGIR\n\n1. **À l'alerte** (sirène au son montant et descendant, message FR-Alert sur le téléphone, radio) : **rentrez dans le bâtiment en dur le plus proche.** Pas de voiture, qui ne protège presque pas.\n2. **Fermez** portes et fenêtres, **arrêtez la ventilation** et la climatisation.\n3. **N'allez pas chercher vos enfants à l'école** : l'école les met à l'abri, et vous vous exposeriez dehors.\n4. **Écoutez la radio**, et ne téléphonez que pour une urgence : les lignes servent aux secours.\n5. **Prenez l'iode seulement quand le préfet le demande**, à la dose de votre âge (tableau ci-dessous).\n6. **Évacuez si l'ordre est donné**, par les itinéraires indiqués.\n\n## L'iode stable\n\nLes comprimés d'iodure de potassium dosés à 65 mg sont distribués autour des centrales et disponibles en pharmacie.\n\n| Âge | Dose |\n|---|---|\n| Adultes et plus de 12 ans, femmes enceintes | 2 comprimés (130 mg) |\n| 3 à 12 ans | 1 comprimé (65 mg) |\n| 1 mois à 3 ans | ½ comprimé (32,5 mg) |\n| Moins d'un mois | ¼ de comprimé (16,25 mg) |\n\nDissous dans un peu d'eau, de lait ou de jus. **Une seule prise**, sauf consigne contraire. Les femmes enceintes, les enfants et les jeunes sont prioritaires.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous étiez dehors pendant le passage du nuage** : en rentrant, retirez les vêtements extérieurs, mettez-les dans un sac fermé, douchez-vous, cheveux compris. Cela enlève l'essentiel de la contamination.\n\n**Les aliments** : ne mangez pas les légumes du jardin, les fruits cueillis, le lait des bêtes du coin tant que les autorités ne l'ont pas autorisé. Les conserves et ce qui était à l'intérieur ne craignent rien.\n\n**Vous êtes loin de la centrale** : restez chez vous. Les routes bouchées par ceux qui fuient sans consigne sont un danger en soi.\n\n## COMPRENDRE\n\n**L'iode ne protège que la thyroïde**, et seulement contre l'iode radioactif, l'un des produits rejetés par un réacteur accidenté. La thyroïde saturée d'iode stable n'absorbe plus l'iode radioactif. Ce n'est pas un « comprimé anti-radiation » : il ne protège d'aucune autre substance, et pris sans raison il peut dérégler la thyroïde. Il est le plus efficace pris juste avant l'exposition ou dans les premières heures.\n\n**Le confinement réduit fortement la dose** reçue : les murs arrêtent une grande partie du rayonnement, et les fenêtres fermées empêchent la poussière d'entrer. C'est la raison pour laquelle c'est le premier réflexe.\n\n**Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011)** ont montré que l'essentiel des cancers de la thyroïde chez les enfants venait du lait contaminé bu dans les semaines suivantes. D'où la consigne sur les aliments, aussi importante que l'iode.\n\nLes retombées d'une arme nucléaire et les abris sont traités dans [[TEC-CON-009]]. L'air contaminé en général : [[URG-AIR-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-004","titre":"Évacuer en dix minutes","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["evacuation","sac d'urgence","papiers","medicaments","depart","famille","animaux"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, Je me protège en famille : le kit d'urgence","FEMA, Ready.gov : Make a Plan et Build a Kit","Croix-Rouge française, préparer son sac d'évacuation"],"corps":"::Quand les pompiers frappent à la porte, on n'a jamais le temps qu'on croyait. Ce qui part avec vous est ce qui était prêt, ou ce qui est sur cette liste.::\n\n## AGIR\n\n**Dans l'ordre, et on arrête là où le temps s'arrête**\n\n1. **Les personnes et les animaux.** Qui est là, qui manque, qui doit être aidé.\n2. **Les médicaments** : le traitement de chacun pour une semaine au moins, et les ordonnances.\n3. **Les lunettes, les appareils** (auditifs, respiratoires), le lait et les couches pour un bébé.\n4. **Le téléphone, son chargeur, une batterie externe.**\n5. **Les papiers** : pièces d'identité, carte vitale, assurance, et l'argent liquide.\n6. **Les clés** de la maison et de la voiture.\n7. **De l'eau** (au moins deux litres par personne) et de quoi grignoter.\n8. **Des vêtements chauds et de pluie**, de bonnes chaussures, même en été.\n9. **Une lampe, une radio**, si elles sont à portée de main.\n10. **Le doudou de l'enfant.** Ça paraît futile, ça ne l'est pas : un enfant calme est un enfant qu'on peut évacuer.\n\n**Avant de fermer la porte** : coupez le gaz, l'eau et l'électricité si les secours le demandent ou si vous avez le temps ([[URG-RES-001]]). Fermez à clé.\n\n## ADAPTER\n\n**Préparer un sac à l'avance** évite tout le reste. Un sac à dos par personne, près de la porte, avec : copie des papiers, une semaine de médicaments, eau, barres énergétiques, lampe frontale, piles, radio, batterie externe chargée, vêtements de rechange, couverture de survie, trousse de secours, un peu d'espèces. Vérifiez-le à chaque changement d'heure.\n\n**Photographiez tous vos papiers** et gardez les photos dans le téléphone et sur un stockage en ligne. Un passeport brûlé se refait bien plus vite quand on en a une copie.\n\n**Convenez d'un point de rendez-vous** et d'un contact hors de la région que tout le monde appelle en cas de séparation. Les réseaux locaux saturent, les appels vers loin passent souvent mieux.\n\n**Animaux** : cage de transport, laisse, croquettes pour trois jours. Beaucoup de gens refusent de partir sans leur animal et restent en danger : prévoyez-le.\n\n**Vous partez en voiture** : réservoir jamais sous la moitié en période de risque, et suivez les itinéraires indiqués, pas le GPS, qui peut vous envoyer vers le danger.\n\nLe détail de ce qu'un sac doit contenir et comment le porter : [[SURV-DEP-002]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUne évacuation se décide en quelques minutes : inondation, feu de forêt, fuite industrielle, digue qui menace. Dans la panique, les gens prennent n'importe quoi et oublient l'essentiel : les médicaments, les lunettes, le chargeur, les papiers. **L'ordre compte plus que la quantité.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-003","titre":"Canicule","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["canicule","chaleur","deshydratation","personnes agees","ventilateur","nuit","coup de chaleur"],"sources":["Santé publique France, Plan national canicule et recommandations au grand public","Organisation mondiale de la santé, Heat and health, fiche d'information","Morris N. et al., Electric fan use for cooling during hot weather, The Lancet Planetary Health, 2021"],"corps":"::En août 2003, la canicule a tué environ 15 000 personnes en France, presque toutes âgées, seules, dans des appartements fermés. La chaleur ne tue pas d'un coup : elle use pendant des jours ceux qu'on oublie.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps se refroidit en transpirant : la sueur qui s'évapore emporte la chaleur. Quand l'air est trop chaud et trop humide, ou que le corps manque d'eau, ce système sature. La température interne monte, jour après jour, surtout si les nuits ne rafraîchissent plus.\n\n**Les plus exposés** : les personnes âgées (elles ont moins soif et transpirent moins), les bébés, les malades du cœur ou des reins, ceux qui prennent certains médicaments (diurétiques, certains traitements de la tension ou psychiatriques), ceux qui travaillent dehors, et tous ceux qui vivent seuls.\n\n## AGIR\n\n**La maison**\n\n- **Fermez tout le jour** : fenêtres, volets, rideaux, côté soleil surtout. **Ouvrez tout la nuit** et au petit matin, pour faire des courants d'air.\n- **Un drap mouillé** tendu devant une fenêtre ouverte ou devant un ventilateur rafraîchit l'air qui passe.\n- **Vivez dans la pièce la plus fraîche**, souvent en bas et au nord. Dormez-y aussi.\n\n**Le corps**\n\n- **Buvez régulièrement sans attendre la soif**, et mangez normalement (le sel de la nourriture compte). Pas d'alcool, qui déshydrate.\n- **Mouillez-vous la peau** (brumisateur, gant humide, douche fraîche) et mettez-vous devant un ventilateur. C'est l'évaporation qui refroidit.\n- **Les pieds dans une bassine d'eau fraîche**, un linge humide sur la nuque : simple et efficace.\n- **Évitez de sortir et de faire des efforts** aux heures les plus chaudes, en général de 11 h à 21 h.\n\n**Les autres**\n\n- **Appelez ou passez voir chaque jour** les personnes âgées ou isolées que vous connaissez. En 2003, beaucoup de victimes sont mortes chez elles sans que personne ne passe.\n- Les mairies tiennent un registre des personnes vulnérables : signalez-y quelqu'un qui vit seul.\n\n## ADAPTER\n\n**Au-delà de 35 °C environ**, un ventilateur qui souffle de l'air brûlant sur une peau sèche peut réchauffer au lieu de rafraîchir. Mouillez toujours la peau avant.\n\n**Une voiture au soleil** : sa température intérieure gagne une vingtaine de degrés en une heure. **Jamais un enfant ni un animal dedans**, même « cinq minutes ».\n\n**Signes d'alerte** : confusion, propos bizarres, peau brûlante, maux de tête violents, vomissements, arrêt de la transpiration. C'est un coup de chaleur, une urgence vitale : voir [[URG-CHAL-001]] et appelez le 15.\n\n**Une canicule avec une coupure de courant** : plus de ventilateur ni de frigo. Les linges humides, l'ombre et l'eau deviennent tout. Voir [[SURV-CRI-001]].\n\n**Un bébé** : le déshabiller, lui proposer à boire souvent, le rafraîchir avec un linge humide, jamais de couverture sur la poussette (elle devient une étuve).","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-002","titre":"Séisme","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["seisme","tremblement de terre","repliques","decombres","tsunami","gaz","urgence"],"sources":["Ministère de l'Intérieur et BRGM, consignes en cas de séisme (georisques.gouv.fr)","Earthquake Country Alliance et US Geological Survey, Drop, Cover and Hold On","Croix-Rouge américaine, recommandations sur le « triangle de vie » et les encadrements de porte"],"corps":"::Pendant la secousse, on ne court pas. On se baisse, on s'abrite, on s'accroche. Ce qui tue dans un séisme, c'est surtout ce qui tombe.::\n\n## AGIR\n\n### Pendant la secousse\n\n1. **Baissez-vous** tout de suite, avant d'être jeté au sol.\n2. **Abritez-vous** sous une table ou un bureau solide. Rien de solide à proximité : accroupi contre un mur intérieur, les bras sur la tête et la nuque.\n3. **Accrochez-vous** au pied de la table et bougez avec elle jusqu'à la fin de la secousse.\n4. **Restez à l'intérieur.** On se fait tuer en sortant sous les chutes de tuiles, de vitres et de façades. Loin des fenêtres, des étagères, des lustres.\n\n### Juste après\n\n1. **Mettez des chaussures** : le sol est couvert de verre.\n2. **Sentez le gaz.** Une odeur : fermez le robinet, ouvrez, sortez, rien d'électrique. Voir [[URG-GAZ-001]].\n3. **Sortez par l'escalier, jamais par l'ascenseur**, et éloignez-vous des bâtiments, des murs, des lignes électriques.\n4. **Attendez-vous aux répliques**, parfois presque aussi fortes que le choc principal. Ne rentrez pas dans un bâtiment fissuré.\n5. **Envoyez des SMS plutôt que d'appeler** : les réseaux saturent, un SMS passe là où un appel échoue.\n\n## ADAPTER\n\n**Au lit** : restez-y, couvrez-vous la tête avec l'oreiller, sauf si un lustre ou une étagère lourde est juste au-dessus.\n\n**Dehors** : allez au milieu d'un espace dégagé, loin des façades, des murs, des arbres et des câbles.\n\n**En voiture** : arrêtez-vous loin des ponts, des tunnels, des immeubles et des lignes électriques, et restez dans la voiture pendant la secousse.\n\n**Près de la mer** : une secousse forte ou longue (plus de 20 secondes), ou la mer qui se retire d'un coup, et vous montez immédiatement en hauteur ou à l'intérieur des terres, **sans attendre d'alerte**. Voir [[SURV-CRI-007]].\n\n**Coincé sous des décombres** : protégez votre bouche et votre nez de la poussière avec un tissu, ne criez pas en continu (vous avalez la poussière et vous vous épuisez), **tapez sur un tuyau ou un mur** par séries régulières, ou sifflez. Les sauveteurs écoutent les bruits répétés.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Les encadrements de porte ne protègent pas** dans une maison moderne : ils ne sont pas plus solides que le reste, et la porte vous bat dessus. C'est un souvenir des maisons en adobe d'autrefois.\n\n**Le « triangle de vie »**, qui conseille de s'allonger à côté d'un meuble plutôt que dessous, a été démenti par les organismes de secours : sous une table solide, on est protégé de ce qui tombe, qui est la vraie cause des blessures.\n\n**La magnitude** mesure l'énergie libérée à la source. **L'intensité** mesure ce qu'on ressent à un endroit donné : elle dépend de la distance, du sol et des bâtiments. Un séisme modéré sous un sol meuble peut faire plus de dégâts qu'un fort séisme sous du rocher.\n\n**Préparer en dix minutes** : fixer au mur les meubles hauts et le chauffe-eau, ranger le lourd en bas, une paire de chaussures et une lampe au pied du lit, savoir couper le gaz et l'eau ([[URG-RES-001]]).","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-001","titre":"Coupure d'électricité de plusieurs jours","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["coupure","electricite","black-out","frigo","eau","chauffage","eclairage","telephone"],"sources":["USDA Food Safety and Inspection Service, Keeping Food Safe During an Emergency","Ministère de l'Intérieur, Je me protège en famille (guide de préparation aux situations d'urgence)","Retours d'expérience de la panne ibérique du 28 avril 2025 et de la tempête de 1999 en France"],"corps":"::Les deux premières heures, tout le monde attend que ça revienne. Ceux qui s'en sortent bien sont ceux qui ont agi pendant ces deux heures-là.::\n\n## COMPRENDRE\n\nSans électricité, tout ce qui en dépend s'arrête en cascade, pas en même temps :\n\n- **Tout de suite** : lumière, frigo, box internet, pompes de chaudière, plaques, portails, ascenseurs, terminaux de paiement.\n- **En quelques heures** : les antennes de téléphone, qui tiennent sur batterie de une à quelques heures. Puis les stations-service, dont les pompes sont électriques.\n- **En un à deux jours** : l'eau au robinet dans beaucoup de communes, quand les réservoirs se vident sans pompes pour les remplir. Les étages élevés perdent la pression en premier. Les stations de relevage des eaux usées s'arrêtent aussi.\n\n## AGIR\n\n**Dans la première heure**\n\n1. **Remplissez tout ce qui tient l'eau** tant qu'il y a de la pression : baignoire (pour les toilettes et le lavage), casseroles, bouteilles (pour boire).\n2. **Ne rouvrez plus le frigo ni le congélateur.** Fermé, un frigo garde le froid environ 4 heures ; un congélateur plein, environ 48 heures, 24 s'il est à moitié vide.\n3. **Débranchez** les appareils fragiles (ordinateur, télé, box) pour les protéger du retour du courant.\n4. **Faites le plein de ce qui s'épuise** : retrait d'espèces si un distributeur marche encore, carburant, piles.\n5. **Mettez les téléphones en économie d'énergie**, un seul allumé par foyer à la fois.\n\n**Les jours suivants**\n\n- **Mangez dans l'ordre** : le frigo d'abord, le congélateur ensuite, les conserves en dernier.\n- **Chauffez une seule pièce**, la plus petite et la mieux isolée, et vivez-y. Voir [[TEC-CON-012]].\n- **Éclairez à la lampe frontale ou LED**. Une bougie par pièce au maximum, jamais sans surveillance.\n- **Informez-vous par la radio** à piles ou à manivelle : la radio locale du service public donne les consignes.\n- **Rechargez sur la voiture**, moteur tournant dehors, jamais dans un garage fermé. Voir [[TEC-ENE-014]].\n\n## ADAPTER\n\n**Groupe électrogène, barbecue, réchaud** : toujours dehors, loin des fenêtres. Le monoxyde de carbone tue chaque hiver des familles entières pendant les coupures. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Quelqu'un dépend d'un appareil** (concentrateur d'oxygène, pompe, dialyse) : c'est la priorité absolue. Prévenez tout de suite les secours ou le fournisseur de l'appareil, avant que sa batterie ne soit vide.\n\n**L'eau du robinet revient trouble ou marron** : laissez couler, puis faites-la bouillir tant que la mairie n'a pas levé l'alerte. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n**Les toilettes ne se vident plus** : un seau d'eau versé d'un coup dans la cuvette suffit à chasser. En rez-de-chaussée ou en sous-sol, si les eaux usées remontent, fermez les couvercles et bouchez les siphons de sol.\n\n**Le courant revient** : ne rebranchez pas tout d'un coup. Pour le congélateur : un aliment qui contient encore des cristaux de glace se recongèle ; ce qui est resté plus de deux heures au-dessus de 4 °C (viande, poisson, laitages, plats cuisinés) se jette.\n\n**Astuces de ceux qui ont déjà vécu une panne longue**\n\n- Des bouteilles d'eau congelées dans le congélateur avant l'hiver : du froid en réserve, puis de l'eau potable.\n- Un réservoir de voiture jamais sous la moitié.\n- Un peu d'espèces en petites coupures à la maison : le 28 avril 2025, en Espagne et au Portugal, seuls ceux qui en avaient ont pu acheter quelque chose.\n- Une lampe frontale par personne, rangée au même endroit. Chercher une lampe dans le noir avec la lampe du téléphone vide la batterie qu'on voudrait garder.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-014","titre":"Recharger un téléphone sans réseau électrique","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["telephone","recharge","batterie externe","usb","voiture","solaire","dynamo","coupure"],"sources":["USB Implementers Forum, spécifications USB 2.0 et USB Power Delivery (tensions et courants)","Fiches techniques de batteries externes et de panneaux solaires USB","Retours d'expérience des coupures longues (tempêtes, séismes)"],"corps":"::Un téléphone plein tient des jours si on le traite bien, et quelques heures si on le laisse chercher un réseau mort. Avant de chercher une prise, on arrête de gaspiller.::\n\n## D'abord, faire durer\n\n- **Mode avion** dès que le réseau est coupé : un téléphone qui cherche une antenne vide sa batterie deux à trois fois plus vite.\n- **Mode économie d'énergie**, luminosité au minimum, localisation et Bluetooth coupés.\n- **Un seul téléphone allumé par foyer**, les autres éteints, rallumés à heures fixes.\n- **Éteint, un téléphone ne consomme presque rien** : c'est la meilleure réserve.\n\n## Les sources, de la meilleure à la pire\n\n**La batterie externe.** Une batterie de 10 000 mAh recharge un téléphone deux fois environ, une de 20 000 mAh quatre fois. Rechargez-les dès que le courant revient, même brièvement.\n\n**La voiture.** Un chargeur USB sur la prise allume-cigare charge aussi vite qu'une prise murale. **Moteur tournant et à l'extérieur** : moteur coupé, une recharge de téléphone pompe peu sur une batterie de voiture en bon état, mais plusieurs recharges d'affilée peuvent empêcher de redémarrer. Jamais moteur tournant dans un garage.\n\n**Le panneau solaire USB.** Un panneau pliant de 20 à 30 watts charge un téléphone en plein soleil en quelques heures. Par temps couvert, le courant chute fortement : chargez plutôt une batterie externe avec le panneau, et le téléphone avec la batterie. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n**La dynamo à manivelle** (lampes et radios de secours). Utile pour un appel d'urgence : quelques minutes de manivelle donnent quelques minutes de communication. Pas pour une recharge complète.\n\n**Les ordinateurs portables, les onduleurs, les trottinettes et vélos électriques, les outils sans fil.** Tous contiennent des batteries. Un portable allumé charge un téléphone par sa prise USB. Une batterie d'outil sans fil, avec un adaptateur USB vendu pour la marque, devient une batterie externe.\n\n**Les piles.** Un boîtier à piles AA avec sortie USB dépanne : quatre piles alcalines donnent environ une demi-recharge.\n\n## Ce qui ne marche pas\n\n- **Le citron, la pomme de terre, la pile maison** : quelques milliampères, là où un téléphone en demande mille. Voir [[SURV-ENE-002]].\n- **Brancher un fil USB coupé directement sur une batterie de 12 volts** : un téléphone attend 5 volts. Il faut un convertisseur 12 V vers USB.\n\n## Les astuces\n\n- **Un câble court et de bonne qualité** charge plus vite et chauffe moins.\n- **Charger jusqu'à 80 %** suffit en crise, et c'est deux fois plus rapide que les derniers 20 %.\n- **Le froid vide une batterie** : un téléphone gardé dans une poche intérieure tient plus longtemps qu'au fond d'un sac.\n- **Rechargez en premier ce qui sert à tout le monde** : la radio, la lampe, le téléphone qui a du réseau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-013","titre":"Le groupe électrogène","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["groupe electrogene","generateur","essence","inverter","puissance","carburant","monoxyde"],"sources":["INRS, utilisation des groupes électrogènes portables","Consumer Product Safety Commission (États-Unis), Portable Generator Safety","Notices techniques des fabricants de groupes à onduleur (inverter)"],"corps":"::Un groupe électrogène transforme de l'essence en électricité avec un rendement médiocre, beaucoup de bruit et un gaz mortel. Bien utilisé, il sauve un congélateur, une pompe ou une maison entière. Mal utilisé, il tue une famille dans son garage.::\n\n## Comment il marche\n\nUn petit moteur thermique fait tourner un **alternateur**, qui produit du courant alternatif en 230 volts. Deux familles :\n\n- **Le groupe classique** : moteur à régime fixe, courant de qualité moyenne. Bon pour les outils, les pompes, l'éclairage, les radiateurs.\n- **Le groupe à onduleur (inverter)** : le courant est redressé puis refabriqué proprement par une électronique. Plus silencieux, plus économe (le moteur ralentit quand on consomme peu), et sans danger pour les ordinateurs, les box, les chargeurs et les chaudières électroniques.\n\n## Choisir la puissance\n\nAdditionnez la puissance de ce que vous voulez faire tourner **en même temps**, et regardez les moteurs : un frigo, un congélateur, une pompe ou un compresseur demandent **deux à trois fois leur puissance** pendant une seconde au démarrage.\n\n| Appareil | Puissance typique |\n|---|---|\n| Frigo ou congélateur | 100 à 200 W (pointe 600 W au démarrage) |\n| Box internet et téléphone | 20 W |\n| Éclairage LED de la maison | 50 à 100 W |\n| Pompe de puits | 500 à 1 000 W |\n| Circulateur de chaudière | 50 à 100 W |\n| Radiateur électrique | 1 000 à 2 000 W |\n| Bouilloire, four, plaque | 2 000 W et plus |\n\nUn groupe de **2 à 3 kW** fait tourner frigo, congélateur, éclairage et petits appareils. Le chauffage électrique et la cuisine électrique demandent bien plus, et vident le réservoir en quelques heures.\n\n## Le carburant\n\n- Un groupe de 2 à 3 kW consomme environ **un litre d'essence par heure** à mi-charge.\n- **L'essence vieillit** : en quelques mois, elle s'oxyde et encrasse le carburateur. Ajoutez un stabilisant pour la stocker, et vidangez le carburateur (ou laissez tourner jusqu'à la panne sèche) avant de ranger le groupe.\n- **Stockez le carburant** dans des jerricans homologués, dehors ou dans un abri ventilé, loin de toute flamme.\n- **Faites le plein moteur arrêté et froid** : une goutte d'essence sur le pot d'échappement chaud suffit à enflammer le groupe.\n\n## Les règles qui sauvent\n\n- **Toujours dehors, à au moins cinq mètres des ouvertures**, échappement orienté loin de la maison. Jamais dans un garage, une cave, un abri de jardin, même porte ouverte. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Jamais branché sur une prise murale** avec un câble à deux fiches mâles : il renverrait du courant dans le réseau, tuerait un technicien sur la ligne et grillerait le groupe au retour du courant. Pour alimenter l'installation, il faut un **inverseur de source** posé par un électricien. Voir [[TEC-ENE-011]].\n- **Rallonges** adaptées à la puissance, entièrement déroulées (un enrouleur plein chauffe), protégées de la pluie.\n- **Mise à la terre** selon la notice, surtout si le groupe alimente plusieurs appareils.\n\n## Les astuces de ceux qui en vivent\n\n- **Faites-le tourner deux heures, arrêtez deux heures** : un congélateur fermé tient très bien, et vous divisez la consommation par deux.\n- **Démarrez-le une fois par mois** hors saison, quelques minutes en charge : un groupe qui dort deux ans ne démarre pas le jour J.\n- **Le bruit porte loin** : de nuit, un groupe signale une maison habitée et approvisionnée à des centaines de mètres. Pensez-y quand la situation se tend.\n- **Pour une coupure de quelques jours**, une batterie nomade (une grosse batterie lithium avec prises et panneau solaire) fait moins, mais en silence, sans carburant et à l'intérieur. Voir [[TEC-SOLR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-012","titre":"Chauffer une seule pièce","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chauffage","froid","piece","isolation","hiver","coupure","economie"],"sources":["ADEME, conseils pour réduire ses besoins de chauffage","Retours d'expérience des hivers sans chauffage (Ukraine 2022-2023, Texas février 2021)","Kearny C., Nuclear War Survival Skills, chapitre sur le maintien au chaud"],"corps":"::Chauffer une maison entière sans réseau est impossible. Chauffer une pièce bien choisie, avec tout le monde dedans, est facile. Tout l'art est de rétrécir l'espace à défendre.::\n\n## Choisir la pièce\n\n- **Petite**, au centre de la maison, avec peu de murs donnant dehors.\n- **Peu ou pas de fenêtres**, et pas de baie vitrée.\n- **Pas au dernier étage** sous un toit mal isolé, ni au sol d'une maison sans isolation par-dessous.\n- **Avec une source de chaleur possible** et sûre : un poêle, ou assez d'espace pour la chaleur des corps.\n\n## La fermer\n\n1. **Fermez les portes** des autres pièces, et calfeutrez le bas de celle de la pièce choisie avec un boudin, une couverture roulée, des vêtements.\n2. **Doublez les fenêtres** : rideaux épais, couvertures, cartons, papier bulle collé sur la vitre (le côté bulles contre le verre), film plastique tendu.\n3. **Isolez le sol** avec des tapis, des couvertures, des cartons.\n4. **Baissez le plafond** si la pièce est haute : une bâche ou des draps tendus au-dessus de l'espace de vie gardent la chaleur à hauteur des corps.\n\n## La chauffer\n\n- **Les corps humains** produisent chacun environ 100 watts, autant qu'une vieille ampoule. Quatre personnes dans une petite pièce bien fermée gagnent plusieurs degrés.\n- **Une tente dans la pièce** : monter une tente ou un abri de couvertures sur le lit, et y dormir à plusieurs. C'est la plus petite pièce possible.\n- **Des bouillottes** (ou des bouteilles en plastique épais remplies d'eau chaude, enveloppées), dans les lits une demi-heure avant de se coucher.\n- **Un poêle ou un chauffage à combustion** : seulement s'il a un conduit ou une aération prévue, avec un détecteur de monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]] et [[TEC-CON-011]].\n- **Des bougies** chauffent très peu et font brûler des maisons chaque hiver. Elles éclairent, elles ne chauffent pas.\n\n## Garder la chaleur sur soi\n\n- **Des couches** plutôt qu'un seul gros vêtement : laine ou synthétique près du corps, jamais de coton mouillé.\n- **Bonnet, chaussettes et gants** à l'intérieur : la tête, les mains et les pieds perdent beaucoup.\n- **Manger et boire chaud** : le corps a besoin de calories pour produire sa chaleur. Voir [[TEC-ALI-001]].\n- **Bouger un peu** plusieurs fois par jour.\n\n## Les pièges\n\n- **La condensation** : une pièce fermée où l'on vit et respire se remplit d'humidité. Aérez cinq minutes, deux fois par jour, en grand : on perd moins de chaleur qu'à laisser une fenêtre entrouverte en permanence, et l'air sec se réchauffe plus vite.\n- **Le groupe électrogène ou le barbecue à l'intérieur** pour chauffer : c'est la première cause de décès pendant les coupures d'hiver.\n- **Les tuyaux d'eau** des pièces non chauffées peuvent geler et éclater : fermez l'eau et vidangez si le gel dure. Voir [[URG-RES-001]].\n\nL'hypothermie et ses signes : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-011","titre":"Le poêle à bois","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["poele a bois","chauffage","bois","ramonage","conduit","allumage","rendement"],"sources":["ADEME, Se chauffer au bois (guide pratique)","DTU 24.1, travaux de fumisterie (conduits de fumée)","Flamme Verte, recommandations d'installation et d'utilisation des appareils de chauffage au bois"],"corps":"::Un poêle chauffe avec du bois sec, un bon tirage et un feu vif. Il encrasse, enfume et intoxique avec du bois humide et un feu qui couve la nuit. La différence, c'est la façon de le conduire.::\n\n## Comment il chauffe\n\nUn poêle brûle le bois dans une chambre fermée et renvoie la chaleur de deux façons : par **rayonnement** (la fonte ou l'acier chaud, la vitre) et par **convection** (l'air qui circule autour). Un poêle moderne rend 70 à 85 % de l'énergie du bois, contre 10 à 15 % pour une cheminée ouverte, qui aspire surtout l'air chaud de la maison vers le ciel.\n\n## Le bois\n\n- **Sec avant tout** : moins de 20 % d'humidité, soit **deux ans de séchage** à l'abri de la pluie, sous un toit, avec de l'air sur les côtés. Un bois humide dépense son énergie à évaporer son eau, chauffe mal et encrasse le conduit.\n- **Test de terrain** : deux bûches sèches cognées l'une contre l'autre sonnent clair ; les bouts sont fendillés et grisés.\n- **Feuillus durs** (chêne, hêtre, charme, frêne) pour durer ; **résineux** et bois tendres pour allumer et relancer.\n- **Jamais** de bois traité, peint, d'aggloméré, de palettes traitées, de plastique : fumées toxiques et conduit abîmé.\n\n## Allumer par le haut\n\nLa méthode qui fume le moins et prend le mieux :\n\n1. Les grosses bûches en bas, croisées.\n2. Des bûches moyennes au-dessus, puis du petit bois.\n3. Le papier ou l'allume-feu **tout en haut**.\n4. Toutes les arrivées d'air ouvertes, et on allume.\n\nLe feu descend de lui-même, le conduit chauffe vite et tire dès le début.\n\n## Conduire le feu\n\n- **Recharger sur des braises vives**, peu de bûches à la fois, et laisser l'air ouvert quelques minutes après chaque charge.\n- **Ne pas étouffer le feu la nuit** en fermant tout l'air : il couve, fait de la fumée froide, du goudron dans le conduit (le bistre) et du monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Une vitre qui noircit** dit que le bois est humide ou que l'air est trop fermé.\n\n## La sécurité\n\n- **Ramonage** du conduit deux fois par an, dont une pendant la saison de chauffe, par un professionnel. C'est obligatoire en France, et les assureurs le demandent après un incendie.\n- **Un feu de cheminée** (grondement, flammes ou étincelles en haut du conduit) : fermez les arrivées d'air, n'y jetez jamais d'eau, appelez le 18.\n- **Distances** : respectez celles de la notice entre le poêle, le conduit et tout ce qui brûle (murs en bois, meubles, rideaux). Une plaque de sol non combustible devant la porte.\n- **Un détecteur de fumée et un détecteur de monoxyde de carbone** dans la maison.\n- **Les cendres** gardent des braises plusieurs jours : dans un seau métallique avec couvercle, dehors, jamais dans un sac ou une poubelle en plastique.\n\n## Les astuces des anciens\n\n- **Une bûche de ramonage** ne remplace pas le ramoneur ; elle sert entre deux passages.\n- **Une bouilloire ou une casserole d'eau** posée sur le poêle humidifie l'air sec de l'hiver, et fournit de l'eau chaude gratuite.\n- **Le dessus d'un poêle** cuit, mijote et fait chauffer l'eau : en cas de coupure de courant, c'est la cuisine de la maison. Voir [[SURV-CRI-001]].\n- **Des briques ou des pierres** posées sur ou autour du poêle stockent la chaleur et la rendent des heures après l'extinction.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-010","titre":"Le monoxyde de carbone","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["monoxyde de carbone","intoxication","chauffage","groupe electrogene","detecteur","combustion"],"sources":["Santé publique France, surveillance des intoxications au monoxyde de carbone","INRS, fiche toxicologique n° 47 : monoxyde de carbone","Ministère de la Santé, campagnes de prévention des intoxications au CO"],"corps":"::Il n'a ni odeur, ni couleur, ni goût. Il donne mal à la tête, puis envie de dormir, et on s'endort. Chaque hiver, en France, il tue une centaine de personnes et en intoxique des milliers.::\n\n## D'où il vient\n\nLe monoxyde de carbone (CO) naît de toute **combustion qui manque d'air** : poêle, cheminée, chaudière, chauffe-eau, gazinière, brasero, barbecue, groupe électrogène, moteur. Une flamme bien alimentée produit surtout du gaz carbonique, inoffensif ; une flamme étouffée produit du monoxyde. Voir [[TEC-CON-007]].\n\n**Les situations qui tuent**\n\n- un groupe électrogène ou un barbecue utilisé dans une maison, un garage ou une cave, même porte ouverte ;\n- un chauffage d'appoint à combustion (pétrole, gaz) dans une pièce fermée ;\n- un conduit de cheminée bouché (nid d'oiseau, suie) ou une chaudière mal entretenue ;\n- une voiture qui tourne dans un garage, ou à l'arrêt dans la neige avec le pot d'échappement bouché ;\n- les aérations bouchées pour garder la chaleur.\n\n## Ce qu'il fait\n\nIl prend la place de l'oxygène dans le sang, en s'y fixant plus de deux cents fois plus fort. Les organes s'asphyxient lentement.\n\n**Les signes** : maux de tête, fatigue, nausées, vertiges, puis confusion, somnolence, perte de connaissance. **Signe qui trompe** : plusieurs personnes du même foyer malades en même temps, ou qui vont mieux quand elles sortent, et les animaux touchés aussi. Ce n'est pas une gastro.\n\n## Que faire\n\n1. **Aérez immédiatement** : portes et fenêtres grandes ouvertes.\n2. **Arrêtez l'appareil** si c'est possible sans rester dans la pièce.\n3. **Sortez tout le monde.**\n4. **Appelez le 15, le 18 ou le 112**, même si les symptômes passent : le traitement se fait à l'oxygène, parfois en caisson hyperbare, et des séquelles peuvent apparaître des semaines plus tard.\n5. **Ne rentrez pas** avant qu'un professionnel ait vérifié l'installation.\n\n## Se protéger\n\n- **Un détecteur de monoxyde de carbone** par étage où se trouve un appareil à combustion, surtout près des chambres. Il coûte le prix d'un repas.\n- **Ramonage** des conduits une ou deux fois par an, entretien annuel de la chaudière.\n- **Ne jamais boucher** une grille d'aération.\n- **Groupe électrogène à plus de cinq mètres de la maison**, échappement orienté loin des fenêtres. Voir [[TEC-ENE-013]].\n- **Voiture bloquée dans la neige** : dégagez le pot d'échappement avant de faire tourner le moteur pour chauffer, et entrouvrez une fenêtre.\n\n**Ce que savent les pompiers** : une flamme de gazinière bleue et nette brûle bien ; jaune, orange ou qui fait de la suie, elle manque d'air et produit du monoxyde. Des traces noires au-dessus d'un appareil, de la buée anormale sur les vitres, une odeur de brûlé : faites vérifier.","langue":"fr"},{"id":"URG-SERP-001","titre":"Morsure de serpent","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["serpent","vipere","morsure","venin","immobilisation","antivenin","urgence"],"sources":["Centres antipoison de France, envenimations par les vipères","Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the management of snakebites, 2e édition, 2016","de Haro L., Vipères de France : envenimations et prise en charge, Presse médicale"],"corps":"::On ne coupe pas, on n'aspire pas, on ne pose pas de garrot. Tout ce qu'on voit dans les films aggrave une morsure. On immobilise, on calme, on transporte.::\n\n## AGIR\n\n1. **Éloignez-vous du serpent**, ne cherchez pas à l'attraper. Une photo de loin si c'est sans risque.\n2. **Allongez la victime et calmez-la** : l'agitation accélère la diffusion du venin.\n3. **Retirez bagues, bracelets, montre et chaussure** du membre mordu avant qu'il gonfle.\n4. **Immobilisez le membre** avec une attelle ou une écharpe, comme pour une fracture ([[URG-FRAC-001]]), à hauteur du cœur.\n5. **Appelez le 15.** Notez l'heure de la morsure.\n6. **Transportez-la** sans la faire marcher si possible.\n\n**À ne pas faire** : inciser, aspirer (à la bouche ou avec un appareil), garrot, glace, alcool, produits sur la plaie.\n\n## ADAPTER\n\n**En Europe (vipères)** : la moitié des morsures sont « sèches », sans venin. Une envenimation se reconnaît en une à deux heures : douleur forte, gonflement qui s'étend, ecchymoses, puis parfois malaise, vomissements, chute de tension. Le sérum antivenimeux existe dans les hôpitaux et fonctionne très bien : les décès sont rarissimes.\n\n**En Australie et pour certains serpents tropicaux** (cobras, mambas, serpents de mer) : un **bandage compressif** de tout le membre, des doigts vers le haut, avec une attelle, est recommandé. Pas pour les vipères, dont le venin abîme les tissus sur place.\n\n**Un enfant** ou une personne âgée : le venin est plus dangereux pour un petit poids ; appel immédiat, même si la morsure paraît banale.\n\n**Loin de tout secours** : immobilisation stricte, repos, eau en petites quantités, et surveillance du gonflement (marquez-en le bord au stylo toutes les heures). Évacuez si les signes progressent.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes vipères d'Europe n'attaquent pas : elles mordent quand on marche dessus ou qu'on met la main là où elles se cachent (tas de bois, pierres, hautes herbes). **Chaussures montantes, pantalon long, un bâton qui tape le sol devant soi, et regarder où l'on pose les mains** évitent l'essentiel des morsures.\n\nAspirer ou inciser ne retire pas le venin, qui se diffuse en quelques secondes, et ajoute une infection. Le garrot concentre le venin dans le membre et peut le faire perdre. Le seul traitement réel est le sérum, à l'hôpital.\n\nLes autres animaux dangereux : [[SURV-ANI-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-ROUT-001","titre":"Accident de la route, les premières minutes","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["accident","route","voiture","moto","casque","balisage","alerte","secours"],"sources":["Référentiel PSC1, protection et alerte sur un accident de la route","Code de la route, article R416-19 (signalisation d'un véhicule immobilisé)","Sécurité routière, conduite à tenir sur autoroute"],"corps":"::Sur une autoroute, une bonne partie des morts après un accident sont des gens qui étaient sortis indemnes de leur voiture et sont restés à côté. Avant de secourir, on se protège, sinon on fait une victime de plus.::\n\n## AGIR\n\n**1. Protéger**\n\n- Garez-vous **après** l'accident, feux de détresse allumés.\n- **Gilet jaune enfilé avant de sortir.**\n- Faites passer tout le monde **derrière la glissière de sécurité**, jamais à côté des voitures.\n- Balisez : triangle **à au moins 30 mètres en amont**, s'il peut être posé sans danger. Sur autoroute, n'allez pas le poser si c'est risqué.\n- Coupez le contact des véhicules accidentés. Personne ne fume.\n\n**2. Alerter**\n\n- **15, 18 ou 112**, ou une borne d'appel orange sur autoroute (tous les deux kilomètres, elle localise automatiquement).\n- Dites : où (route, sens, point kilométrique, repère), combien de véhicules, combien de victimes, leur état apparent, les dangers (feu, fuite, véhicule instable).\n\n**3. Secourir**\n\n- **Ne déplacez pas un blessé**, sauf danger immédiat (feu, noyade, second accident imminent).\n- **Parlez-lui**, demandez-lui de ne pas bouger la tête.\n- Il saigne abondamment : appuyez fort sur la plaie, voir [[URG-HEMO-001]].\n- Il ne respire pas : massage cardiaque, voir [[URG-CARD-001]].\n- Il est inconscient et respire : laissez-le tel quel si vous pouvez surveiller sa respiration ; sinon, position latérale en maintenant la tête dans l'axe, voir [[URG-INCO-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Motard** : **on ne retire pas le casque**, sauf s'il ne respire pas et qu'il faut le réanimer, et alors à deux, en tenant la tête dans l'axe.\n\n**Véhicule électrique ou hybride** : ne touchez à aucun câble orange (haute tension). Les batteries peuvent prendre feu des heures plus tard.\n\n**Feu dans le moteur** : si les occupants peuvent sortir, faites-les sortir et éloignez tout le monde. Un extincteur n'attaque qu'un début de feu, voir [[URG-INC-002]].\n\n**Voiture dans l'eau** : voir [[URG-VEH-001]].\n\n**Beaucoup de blessés** : voir [[URG-SEC-008]] pour trier.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes gestes sont toujours dans le même ordre, **Protéger, Alerter, Secourir**, parce qu'un sauveteur renversé ne sauve personne et qu'un appel passé tôt fait arriver les pompiers plus vite que n'importe quel geste.\n\nNe pas bouger un blessé protège sa colonne vertébrale : une lésion de la moelle aggravée par une mauvaise manipulation laisse paralysé. Les exceptions (feu, eau, danger de suraccident) sont celles où rester tue plus sûrement que bouger. Pour transporter un blessé quand il le faut vraiment : [[URG-SEC-006]].","langue":"fr"},{"id":"URG-PERDU-001","titre":"Perdu en forêt ou en montagne","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["perdu","foret","montagne","randonnee","signal de detresse","112","nuit","abri"],"sources":["Pelotons de gendarmerie de haute montagne, conseils de sécurité en montagne","Koester R., Lost Person Behavior, dbS Productions, 2008","Club alpin, signal de détresse alpin (six signaux par minute)"],"corps":"::La plupart des gens se perdent vraiment en cherchant à se retrouver. Celui qui s'arrête, réfléchit et reste visible est retrouvé. Celui qui marche au hasard jusqu'à la nuit s'éloigne des secours.::\n\n## AGIR\n\n**S.T.O.P.**\n\n- **S'arrêter.** Tout de suite, dès le doute. Asseyez-vous, buvez, mangez quelque chose.\n- **Réfléchir.** Où étais-je sûr de ma position pour la dernière fois ? Combien de temps depuis ?\n- **Observer.** Le relief, le soleil, les bruits (route, rivière, cloches), les traces.\n- **Planifier.** Soit revenir par où vous êtes venu, soit rester.\n\n**Appelez le 112** : il fonctionne avec n'importe quel opérateur qui capte, même sans votre réseau. Donnez ce que vous voyez. Dans les réglages, le téléphone peut afficher vos coordonnées GPS : lisez-les. **Pas de réseau pour appeler : un SMS passe parfois.**\n\n**Économisez la batterie** : mode avion entre deux tentatives, luminosité au minimum.\n\n## ADAPTER\n\n**Quelqu'un sait où vous êtes et que vous devez rentrer** : **restez sur place**, dans un endroit dégagé et visible. Les secours cherchent d'abord autour du dernier point connu.\n\n**Personne ne sait** : revenez sur vos pas vers le dernier endroit connu, ou rejoignez une **main courante** (chemin, piste, ligne électrique, clôture). Voir [[SURV-ORI-001]].\n\n**Suivre un cours d'eau** : en plaine, il mène vers des habitations ; **en montagne, il mène aussi à des gorges et des cascades**. Ne le suivez pas dans un terrain qui devient raide.\n\n**La nuit tombe** : arrêtez-vous une heure avant, et préparez l'abri tant que vous voyez clair. Isolez-vous du sol, coupez le vent. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Se signaler** :\n\n- **Signal de détresse alpin : six coups de sifflet (ou éclats de lampe) par minute**, une minute de pause, et on recommence. La réponse : trois signaux par minute.\n- Trois feux, trois tas de pierres, trois de n'importe quoi : le signal universel.\n- Vêtements de couleur étalés, couverture de survie côté brillant vers le ciel. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn randonneur égaré a tendance à descendre, à suivre la facilité du terrain et à accélérer en s'inquiétant : il s'éloigne de la zone où on le cherche. Les secours travaillent à partir du dernier point connu : **plus vous restez près de lui, plus vite on vous trouve.**\n\n**Avant de partir** : dire à quelqu'un où l'on va et quand on rentre, une lampe frontale, une couche chaude, de l'eau, un sifflet et une batterie chargée. Ces cinq choses transforment une nuit dehors en mauvais souvenir au lieu d'un drame.","langue":"fr"},{"id":"URG-HYPOG-001","titre":"Hypoglycémie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["hypoglycemie","diabete","sucre","insuline","malaise","glucagon","urgence"],"sources":["Fédération française des diabétiques, conduite à tenir en cas d'hypoglycémie","American Diabetes Association, Standards of Care : hypoglycemia (règle des 15 g)","Référentiel PSC1, malaise et aggravation d'une maladie"],"corps":"::Un diabétique en hypoglycémie peut ressembler à un homme ivre : il transpire, tremble, dit n'importe quoi, s'énerve. Quinze grammes de sucre le ramènent en quinze minutes. L'erreur, c'est de le laisser dormir.::\n\n## AGIR\n\n**La personne est consciente et peut avaler** : donnez **15 grammes de sucre rapide**, tout de suite :\n\n- 3 morceaux de sucre, ou\n- 150 ml de jus de fruit ou de soda **non light**, ou\n- une cuillère à soupe de miel ou de confiture.\n\n1. **Attendez 15 minutes**, au repos.\n2. **Pas mieux** : redonnez 15 g.\n3. **Mieux** : donnez un sucre lent (pain, biscuits, fruit, un repas) pour éviter la rechute.\n\n**Elle est inconsciente ou ne peut pas avaler** : **rien par la bouche**. Position latérale de sécurité ([[URG-INCO-001]]), **appelez le 15**. Si elle a du **glucagon** (stylo injectable ou spray nasal, souvent dans son sac), un proche formé peut l'administrer selon la notice.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne savez pas si c'est une hypoglycémie ou une hyperglycémie** : chez un diabétique conscient, donnez du sucre quand même. Il corrige vite une hypoglycémie, et ne change presque rien à une hyperglycémie.\n\n**Elle a un lecteur de glycémie** : moins de 0,70 g/l (3,9 mmol/l), c'est une hypoglycémie ; moins de 0,54 g/l (3 mmol/l), elle est sérieuse.\n\n**La nuit** : cauchemars, sueurs, réveil en nage, maux de tête le matin peuvent signaler des hypoglycémies nocturnes. À signaler au médecin.\n\n**Après un effort, de l'alcool ou un repas sauté**, le risque monte chez tous ceux qui prennent de l'insuline ou certains comprimés.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe cerveau ne fonctionne qu'au sucre. Quand la glycémie chute, il le signale d'abord par des signes d'alerte (sueurs, tremblements, faim, palpitations, pâleur), puis il fonctionne mal (confusion, troubles du comportement, de la vision, de la parole), et finit par s'éteindre (convulsions, coma).\n\nLes hypoglycémies touchent surtout les personnes traitées par **insuline** ou par certains comprimés contre le diabète. Chez elles, **tout comportement bizarre est une hypoglycémie jusqu'à preuve du contraire**. Le diabète sans traitement disponible est une autre histoire, traitée dans sa propre fiche.","langue":"fr"},{"id":"URG-GLACE-001","titre":"Chute dans l'eau glacée","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["eau froide","glace","choc thermique","noyade","hypothermie","sauvetage","lac gele"],"sources":["Giesbrecht G., Cold Water Boot Camp et principe 1-10-1, Université du Manitoba","RNLI (Royal National Lifeboat Institution), Float to Live","Tipton M., Cold water immersion: sudden death and prolonged survival, The Lancet, 2003"],"corps":"::Dans l'eau glacée, on ne meurt presque jamais de froid dans la première minute. On meurt noyé, parce qu'on a paniqué et avalé l'eau. La règle 1-10-1 dit exactement ce qu'on a comme temps.::\n\n## AGIR\n\n**La règle 1-10-1**\n\n- **1 minute** pour reprendre sa respiration. Le choc du froid fait haleter : on avale de l'eau si on s'agite. **Ne nagez pas, ne criez pas. Flottez, la tête hors de l'eau, et respirez.**\n- **10 minutes** de mouvements utiles avant que les muscles des bras et des jambes ne refusent de répondre. C'est maintenant qu'il faut sortir.\n- **1 heure** environ avant de perdre connaissance par hypothermie. Si vous ne pouvez pas sortir, gardez cette heure pour être secouru.\n\n**Sortir d'un trou dans la glace**\n\n1. Retournez-vous **vers le côté d'où vous venez** : cette glace-là vous a porté.\n2. Posez les bras à plat sur la glace, **battez des jambes pour mettre le corps à l'horizontale**, et glissez-vous dessus comme un phoque, en vous tirant avec les bras.\n3. **Ne vous relevez pas.** Roulez sur vous-même pour vous éloigner du trou, et rampez jusqu'au bord.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne pouvez pas sortir** : les bras sur la glace, sans bouger, pour qu'ils y gèlent et vous retiennent si vous perdez connaissance. Économisez la chaleur : les jambes serrées, pas de nage.\n\n**Quelqu'un d'autre est tombé** : **ne courez pas vers lui.** Tendez depuis la berge une perche, une branche, une corde, une écharpe, une échelle posée à plat. Si vous devez avancer sur la glace, allongez-vous pour répartir votre poids. Appelez le 112.\n\n**Après la sortie** : à l'abri du vent, retirez les vêtements mouillés, séchez, couvrez (couverture, vêtements secs, couverture de survie), boisson chaude et sucrée si la personne est bien consciente. Réchauffez doucement le tronc, pas en frottant les membres. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**En eau libre froide** (mer, rivière) sans glace : même règle. Flottez sur le dos, bras et jambes écartés, le temps de calmer la respiration, puis décidez.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe **choc thermique** de l'eau en dessous de 15 °C provoque un halètement réflexe et une accélération du cœur pendant une à trois minutes. C'est lui qui noie, pas l'hypothermie, qui arrive bien plus tard.\n\n**Une glace sûre** se juge à l'épaisseur et à la couleur : une glace bleue ou transparente est la plus solide, une glace blanche, grise ou poreuse l'est beaucoup moins. Moins de 10 cm de glace bleue, on ne marche pas dessus. Les bords, les courants, les arrivées d'eau et les roseaux affaiblissent la glace. Voir aussi [[URG-SEC-002]] pour la noyade.","langue":"fr"},{"id":"URG-FOULE-001","titre":"Mouvement de foule","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["foule","bousculade","ecrasement","concert","stade","evacuation","panique"],"sources":["Still G. K., Introduction to Crowd Science, CRC Press, 2014","Fruin J., The causes and prevention of crowd disasters, 1993","Retours d'expérience des drames de Hillsborough (1989), Love Parade (2010) et Itaewon (2022)"],"corps":"::Dans une foule, on ne meurt presque jamais piétiné. On meurt debout, écrasé, parce qu'on ne peut plus gonfler ses poumons. Tout ce qu'il faut faire, c'est garder de l'air et rester sur ses pieds.::\n\n## AGIR\n\n1. **Les bras devant la poitrine**, coudes pliés et poings serrés, comme un boxeur : ils gardent un espace pour respirer.\n2. **Restez debout, coûte que coûte.** Pieds écartés, genoux souples, on suit le mouvement.\n3. **Ne luttez pas contre la poussée.** Entre deux vagues, avancez **en diagonale** vers les bords de la foule, là où la pression baisse.\n4. **Éloignez-vous des murs, des barrières, des grilles et des portes** : c'est contre eux que les gens sont écrasés.\n5. **Gardez votre souffle** : on ne crie pas, on respire.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous tombez** : relevez-vous immédiatement, en vous aidant des gens autour. Impossible : **roulez sur le côté en boule**, les bras protégeant la tête et la nuque, pas sur le dos ni sur le ventre, pour garder la poitrine libre.\n\n**Quelqu'un tombe à côté de vous** : aidez-le à se relever tout de suite, et prévenez les autres en criant « quelqu'un est tombé » pour qu'ils poussent vers l'arrière.\n\n**Avec un enfant** : portez-le sur les épaules ou contre vous, au-dessus du niveau des poitrines.\n\n**Vous sentez la foule se densifier** (on ne voit plus ses pieds, on est touché de tous côtés, on est déplacé sans le vouloir) : **partez maintenant**, pas dans dix minutes.\n\n## COMPRENDRE\n\nAu-delà d'environ **cinq personnes par mètre carré**, une foule se comporte comme un fluide : des ondes de poussée la traversent, et chacun est déplacé sans pouvoir résister. Les forces qui s'additionnent dans une masse compacte peuvent tordre des barrières métalliques et empêcher toute respiration. C'est l'**asphyxie par compression** qui tue.\n\nCe n'est pas de la « panique » : la plupart des victimes des grands drames étaient calmes, bloquées dans une foule trop dense, sans savoir ce qui se passait à dix mètres devant.\n\n**La prévention tient en trois gestes** : repérer les sorties en arrivant (y compris celles derrière vous), se tenir au bord plutôt qu'au centre, et partir dès que la densité monte, avant la fin du concert ou du match.","langue":"fr"},{"id":"URG-EPI-001","titre":"Crise d'épilepsie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["epilepsie","convulsions","crise","secourisme","position laterale","urgence"],"sources":["Fondation française pour la recherche sur l'épilepsie, que faire face à une crise","Epilepsy Foundation (États-Unis), Seizure First Aid","Référentiel PSC1, convulsions"],"corps":"::On ne retient pas une personne qui convulse, et on ne lui met rien dans la bouche. Elle ne peut pas avaler sa langue. On protège, on chronomètre, on attend.::\n\n## AGIR\n\n1. **Regardez l'heure.**\n2. **Écartez ce qui peut blesser** : meubles, objets durs, et éloignez-la d'un escalier, d'une route, de l'eau.\n3. **Protégez sa tête** avec quelque chose de souple (veste pliée, coussin, vos mains).\n4. **Ne la retenez pas**, ne la maintenez pas au sol, **ne mettez rien dans sa bouche**.\n5. **Desserrez** col, cravate, ceinture ; retirez ses lunettes.\n6. **Quand les secousses s'arrêtent** : mettez-la sur le côté, en position latérale de sécurité, voir [[URG-INCO-001]]. Restez jusqu'à ce qu'elle soit bien réveillée.\n\n**Appelez le 15 si** : la crise dure plus de **5 minutes**, une deuxième crise suit, la personne ne se réveille pas, respire mal, s'est blessée, est enceinte, diabétique, a convulsé dans l'eau, ou si c'est **sa première crise**.\n\n## ADAPTER\n\n**Au réveil**, elle est souvent confuse, épuisée, parfois agressive sans le vouloir : parlez calmement, ne la brusquez pas, laissez-la dormir sur le côté.\n\n**Dans l'eau** : tenez-lui la tête hors de l'eau, sortez-la dès que les secousses s'arrêtent, et appelez les secours même si elle semble aller bien.\n\n**Chez un enfant qui a de la fièvre** : une convulsion fébrile est impressionnante et le plus souvent sans gravité. Mêmes gestes, découvrez l'enfant, et appelez le 15.\n\n**Elle a un traitement d'urgence prescrit** (comme un médicament à mettre dans la joue) : son entourage sait souvent où il est ; suivez l'ordonnance.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne crise d'épilepsie est un orage électrique dans le cerveau. La plupart s'arrêtent seules en une à trois minutes. La langue ne peut pas être avalée ; les objets glissés entre les dents cassent des dents et blessent des doigts. La position sur le côté, après la crise, sert à laisser s'écouler la salive et à garder les voies respiratoires libres.\n\nUne crise peut aussi venir d'autre chose que l'épilepsie : hypoglycémie ([[URG-HYPOG-001]]), traumatisme crânien ([[URG-SEC-004]]), sevrage d'alcool, intoxication.","langue":"fr"},{"id":"URG-ENF-001","titre":"Un enfant perdu","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["enfant perdu","disparition","foule","plage","magasin","alerte","recherche"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, conduite à tenir en cas de disparition d'enfant","National Center for Missing and Exploited Children, If your child is missing","Recommandations des postes de secours de plage (SNSM, CRS maîtres-nageurs)"],"corps":"::Un enfant perdu est presque toujours retrouvé en quelques minutes. Ces minutes se gagnent en alertant tout de suite, pas après avoir cherché seul pendant une demi-heure.::\n\n## AGIR\n\n1. **Laissez quelqu'un à l'endroit exact** où l'enfant a été vu pour la dernière fois : il y revient souvent.\n2. **Cherchez vite autour** : quelques minutes, dans un rayon proche, en appelant son prénom fort.\n3. **Alertez immédiatement** le personnel (magasin, parc, plage, gare, stade) : ils savent fermer les sorties et diffuser un message. Sur une plage, le **poste de secours**.\n4. **Appelez le 17 ou le 112** sans tarder si l'enfant n'est pas retrouvé en quelques minutes, ou tout de suite s'il est très jeune, près de l'eau, ou s'il y a le moindre doute d'enlèvement.\n5. **Donnez une description précise** : âge, taille, vêtements (couleurs), coiffure, signe particulier, et une **photo récente**.\n6. **Quelqu'un reste à la maison** ou près du téléphone, au cas où l'enfant y retourne ou quelqu'un appelle.\n\n## ADAPTER\n\n**Près de l'eau** (plage, lac, piscine, rivière) : l'eau d'abord. Prévenez les sauveteurs immédiatement.\n\n**En forêt ou à la campagne** : un jeune enfant se cache souvent quand il a peur ou quand il fait nuit, et ne répond pas aux appels. Les secours ont l'habitude : alertez-les tôt, ne laissez pas la nuit tomber.\n\n**L'enfant est retrouvé** : ne le grondez pas. Il retiendra qu'on peut se faire gronder en se montrant, et se cachera la prochaine fois.\n\n## Préparer, avant\n\n- **Une photo de l'enfant le matin même**, avant un lieu très fréquenté : elle montre ses vêtements du jour.\n- **Votre numéro de téléphone écrit au feutre** sur son bras, ou sur un bracelet, pour les petits.\n- **Apprenez-lui trois règles** : si tu es perdu, tu restes où tu es ; tu demandes à une maman avec des enfants ou à quelqu'un qui travaille là ; tu ne suis jamais personne hors du lieu, même gentil.\n- **Un point de rendez-vous** convenu en arrivant, visible et facile (l'entrée, le poste de secours, une grande enseigne).\n- **Des vêtements voyants** dans la foule : un enfant en jaune se retrouve plus vite qu'un enfant en gris.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes jeunes enfants ne se perdent pas comme les adultes : ils suivent quelque chose qui les attire, ou se cachent quand ils ont peur. Ils vont rarement loin, mais ils ne répondent pas toujours. Le temps joue surtout à cause de l'eau, du froid, de la nuit et, rarement, de la malveillance. D'où la règle : **alerter tôt ne coûte rien, alerter tard peut tout coûter.**","langue":"fr"},{"id":"URG-AVC-001","titre":"AVC","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["avc","accident vasculaire cerebral","paralysie","parole","visage","urgence","15"],"sources":["Haute Autorité de santé et Société française neurovasculaire, reconnaître l'AVC (campagne VITE)","American Stroke Association, BE FAST","Saver J., Time is brain, quantified, Stroke, 2006"],"corps":"::Pendant un AVC, le cerveau perd environ deux millions de neurones par minute. Il n'y a rien à attendre, rien à vérifier deux fois : on appelle.::\n\n## AGIR\n\n**Reconnaître : VITE**\n\n- **V**isage paralysé : la bouche tombe d'un côté quand la personne sourit.\n- **I**nertie d'un membre : un bras ou une jambe qui ne se lève pas, ou retombe.\n- **T**rouble de la parole : mots mal articulés, incompréhensibles, ou incapacité à parler.\n- **E**n urgence : **appelez le 15** (ou le 112), même si les signes disparaissent.\n\nAutres signes brutaux : perte de la vue d'un œil, vertige avec perte d'équilibre, mal de tête violent et inhabituel.\n\n1. **Notez l'heure exacte** du début des signes, ou l'heure où la personne a été vue normale pour la dernière fois. C'est l'information qui décide du traitement.\n2. **Allongez-la**, la tête légèrement relevée. Inconsciente mais respirant : position latérale de sécurité, voir [[URG-INCO-001]].\n3. **Rien à boire, rien à manger, aucun médicament**, pas même de l'aspirine : si l'AVC est une hémorragie, l'aspirine l'aggrave, et la déglutition est souvent atteinte.\n4. **Restez avec elle**, rassurez-la, surveillez sa respiration.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes disparaissent en quelques minutes** : c'est souvent un accident ischémique transitoire, un avertissement. Le risque d'un vrai AVC dans les jours qui suivent est élevé : appelez quand même le 15.\n\n**Sans secours disponible** : faites-la allonger au calme, surveillez la respiration, ne lui donnez rien par la bouche, et notez tout (heure, signes, évolution) pour qui prendra le relais.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn AVC, c'est une partie du cerveau privée de sang : par un caillot qui bouche une artère (huit fois sur dix), ou par une artère qui se rompt. Les neurones privés d'oxygène meurent en quelques minutes.\n\nÀ l'hôpital, un caillot peut être dissous par un médicament dans les premières heures, ou retiré par un cathéter passé dans l'artère. **Plus c'est tôt, plus la personne récupère** : c'est pourquoi l'heure de début compte autant que l'appel lui-même.","langue":"fr"},{"id":"URG-ATT-001","titre":"Attaque armée, s'échapper, se cacher, alerter","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["attentat","attaque","tireur","fuite","cachette","alerte","police"],"sources":["Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Réagir en cas d'attaque terroriste (consignes « s'échapper, se cacher, alerter »)","UK National Counter Terrorism Security Office, Run Hide Tell","FBI, Active Shooter Event Quick Reference Guide"],"corps":"::Les consignes officielles tiennent en trois verbes, dans l'ordre : s'échapper, se cacher, alerter. La seconde qui compte est celle où l'on décide de partir au lieu de regarder.::\n\n## AGIR\n\n**1. S'échapper, si c'est possible sans danger**\n\n- **Partez tout de suite** dans la direction opposée au bruit ou au danger. Ne filmez pas, ne regardez pas.\n- **Laissez vos affaires.**\n- Aidez les autres à partir si vous le pouvez, sans vous exposer, et empêchez les gens d'entrer dans la zone.\n- Une fois dehors, **éloignez-vous** le plus loin possible, à couvert.\n\n**2. Se cacher, si l'on ne peut pas fuir**\n\n- **Enfermez-vous**, verrouillez, **barricadez** la porte avec des meubles lourds.\n- **Éteignez la lumière, coupez la sonnerie et le vibreur** du téléphone.\n- **Éloignez-vous des portes et des fenêtres**, allongez-vous derrière quelque chose d'épais (mur porteur, meuble plein, voiture pour le moteur).\n- **Silence.** Restez caché jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre.\n\n**3. Alerter, dès que vous êtes en sécurité**\n\n- **17 ou 112.** Donnez : le lieu exact, le nombre d'assaillants, leur description, leurs armes, la direction qu'ils prennent, le nombre de victimes.\n- **Vous ne pouvez pas parler** : en France, le **114** reçoit les **SMS** d'urgence.\n\n## ADAPTER\n\n**Quand la police arrive** : **les mains vides et visibles**, pas de geste brusque, pas de course vers eux, obéissez à leurs ordres. Ils ne savent pas encore qui est qui.\n\n**Une personne blessée près de vous, en sécurité** : appuyez fort sur les plaies qui saignent, voir [[URG-HEMO-001]]. Les blessures par balle se traitent dans [[SURV-DEF-002]].\n\n**Plusieurs sorties** : prenez celle qui s'éloigne le plus du danger, même si ce n'est pas la plus proche, et jamais une sortie qui vous fait passer devant l'assaillant.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'ordre des consignes vient de l'analyse des attaques passées : ceux qui partent tôt survivent le plus souvent, ceux qui attendent de comprendre ce qui se passe perdent les secondes qui comptent. Se cacher ne vient qu'ensuite, parce qu'un assaillant fouille. Alerter vient après parce qu'un appel passé au milieu du danger vous expose.\n\n**Repérer les sorties en entrant** dans un lieu (salle de concert, restaurant, gare) prend deux secondes et c'est ce qui permet de partir sans réfléchir. Pour les tirs et la protection selon le terrain : [[SURV-DEF-003]].","langue":"fr"},{"id":"URG-ASTH-001","titre":"Crise d'asthme","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["asthme","crise","inhalateur","ventoline","respiration","chambre d'inhalation","urgence"],"sources":["Global Initiative for Asthma (GINA), rapport 2024 : prise en charge des exacerbations","Asthma + Lung UK, what to do in an asthma attack","Rodriguez C. et al., Comparison of a home-made spacer with a commercial spacer, Pediatric Pulmonology, 2008"],"corps":"::Une crise d'asthme se joue sur la position, le calme et le bon inhalateur utilisé correctement. Un inhalateur mal pris, c'est la moitié du produit sur la langue.::\n\n## AGIR\n\n1. **Asseyez la personne**, penchée légèrement en avant, les bras appuyés. Jamais allongée.\n2. **Son inhalateur de secours** (le bleu, un bronchodilatateur comme le salbutamol) : **une bouffée toutes les 30 à 60 secondes, jusqu'à 10 bouffées**, de préférence avec une chambre d'inhalation.\n3. **Calmez-la**, faites-la respirer lentement. La panique serre les bronches autant que l'asthme.\n4. **Appelez le 15** si elle ne va pas mieux après 10 bouffées, si elle ne peut pas finir une phrase, si ses lèvres bleuissent, si elle s'épuise ou devient somnolente. Continuez les bouffées en attendant.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas de chambre d'inhalation** : une bouteille en plastique de 500 ml, fond découpé en rond à la taille de l'embout de l'inhalateur, goulot en bouche. On appuie une fois, puis 4 à 6 respirations lentes dans la bouteille. Des études ont montré qu'elle fonctionne presque aussi bien qu'une chambre du commerce.\n\n**Pas d'inhalateur du tout** : assise, penchée en avant, respiration lente lèvres pincées (on souffle doucement comme dans une paille), air frais, loin de la fumée et de la poussière, et le 15.\n\n**Un enfant** : même inhalateur, même règle, avec une chambre et un masque s'il en a un.\n\n**« Poitrine silencieuse »** : quand une personne en crise sévère ne siffle plus, ce n'est pas qu'elle va mieux. C'est que l'air ne passe presque plus. Urgence absolue.\n\n## COMPRENDRE\n\nPendant une crise, les bronches se contractent, gonflent et se remplissent de mucus : l'air entre encore, mais sort mal. Le bronchodilatateur relâche les muscles des bronches en quelques minutes.\n\nLe bon geste : expirer à fond, embout en bouche, appuyer **au début d'une inspiration lente et profonde**, retenir sa respiration dix secondes. Avec une chambre, on appuie une fois dans la chambre, puis on respire dedans calmement.\n\nCe qui déclenche les crises : fumée (feu de bois, incendie, tabac), froid, effort, poussière, pollens, infections. En situation de crise, l'asthme de quelqu'un du groupe se gère d'abord en l'éloignant de la fumée. Pour la réaction allergique grave, voir [[URG-ANA-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-012","titre":"Réanimer un enfant ou un bébé","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["reanimation","enfant","bebe","nourrisson","massage cardiaque","insufflations","arret cardiaque"],"sources":["European Resuscitation Council, Paediatric Life Support Guidelines 2021","Référentiel PSC1, arrêt cardiaque chez l'enfant et le nourrisson","American Heart Association, Pediatric Basic Life Support 2020"],"corps":"::Chez l'enfant, le cœur s'arrête presque toujours parce que la respiration s'est arrêtée d'abord. C'est pourquoi on commence par souffler, avant de masser.::\n\n## AGIR\n\n**L'enfant ne réagit pas et ne respire pas (ou respire mal, par à-coups)**\n\n1. **Appelez à l'aide.** Téléphone en haut-parleur posé à côté de vous, **15 ou 112**. Seul et sans téléphone : faites une minute de réanimation, puis allez appeler.\n2. **Basculez la tête en arrière** doucement, menton relevé. Chez le **bébé**, la tête reste en position neutre, à plat.\n3. **Cinq insufflations** :\n   - **enfant** : bouche à bouche, nez pincé ;\n   - **bébé** : votre bouche couvre **sa bouche et son nez** en même temps.\n   Soufflez juste assez pour voir la poitrine se soulever, une seconde par souffle.\n4. **Massage cardiaque**, au milieu de la poitrine, sur la moitié inférieure du sternum :\n   - **bébé** (moins d'un an) : **deux doigts**, ou les deux pouces en encerclant le thorax, **4 cm** de profondeur ;\n   - **enfant** : **une main**, ou deux pour un grand enfant, **5 cm** de profondeur, un tiers de l'épaisseur du thorax.\n   Rythme : **100 à 120 par minute**.\n5. **30 compressions, 2 insufflations**, sans vous arrêter, jusqu'à l'arrivée des secours ou la reprise d'une respiration normale.\n6. **Un défibrillateur** : utilisez-le dès qu'il arrive. Il fonctionne chez l'enfant, avec des électrodes pédiatriques si elles existent, sinon adultes, l'une devant et l'autre dans le dos pour un petit.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne voulez ou ne pouvez pas faire le bouche-à-bouche** : massez quand même, sans vous arrêter. C'est toujours mieux que rien.\n\n**Il a avalé quelque chose et s'étouffe** : c'est une autre conduite, voir [[URG-ETOU-001]].\n\n**Noyade** : les insufflations sont encore plus importantes, commencez par elles. Voir [[URG-SEC-002]].\n\n**Il reprend une respiration normale** : position latérale de sécurité (un bébé se tient dans les bras, sur le côté, tête plus basse que le corps), et surveillance continue.\n\n## COMPRENDRE\n\nChez l'adulte, l'arrêt cardiaque vient souvent du cœur lui-même, et le sang contient encore de l'oxygène : on masse d'abord. Chez l'enfant, il vient le plus souvent d'un manque d'oxygène (noyade, étouffement, infection respiratoire) : **le sang est déjà vide d'oxygène**, et masser sans souffler ne fait circuler que du sang inutile. D'où les cinq insufflations du départ.\n\nLa réanimation d'un adulte : [[URG-CARD-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-011","titre":"Blessure à la colonne vertébrale","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["colonne","nuque","dos","moelle epiniere","paralysie","maintien tete","chute"],"sources":["Référentiel PSC1 et PSE1, traumatisme du dos et du cou","European Resuscitation Council, First Aid Guidelines 2021 (restriction des mouvements du rachis)","Wilderness Medical Society, Spinal Cord Protection in the Austere Environment, 2014"],"corps":"::Une colonne cassée se soigne. Une moelle écrasée ne se répare pas. Entre les deux, il y a la façon dont on bouge le blessé dans les premières minutes.::\n\n## AGIR\n\n**Y penser** après toute chute de plus que sa hauteur, un plongeon en eau peu profonde, un accident de voiture ou de moto, un choc violent à la tête, un écrasement, ou quand la victime se plaint du cou ou du dos, de fourmillements, de faiblesse ou de perte de sensibilité dans les bras ou les jambes.\n\n1. **Dites-lui de ne pas bouger**, surtout pas la tête.\n2. **Tenez sa tête** à deux mains, de chaque côté, dans l'axe du corps, sans tirer, dans la position où vous la trouvez. Mettez-vous à genoux, bien calé : vous tiendrez peut-être longtemps.\n3. **Appelez le 15** et gardez la tête jusqu'à l'arrivée des secours.\n4. **Couvrez-la** contre le froid sans la bouger.\n\n## ADAPTER\n\n**Elle ne respire pas** : la réanimation passe avant la colonne. Mettez-la sur le dos en la tournant d'un bloc, puis massage cardiaque, voir [[URG-CARD-001]].\n\n**Elle est inconsciente, respire, et vous devez la laisser ou elle vomit** : tournez-la sur le côté **d'un seul bloc**, tête, épaules et bassin ensemble, à plusieurs si possible (une personne tient la tête et donne le signal). Voir [[URG-INCO-001]].\n\n**Danger immédiat** (feu, eau, route) : dégagez-la en la tirant **dans l'axe du corps**, par les vêtements des épaules, la tête calée entre vos avant-bras. Voir [[URG-SEC-006]].\n\n**Dans l'eau après un plongeon** : maintenez-la face vers le haut, la tête dans l'axe, et sortez-la sur une planche ou en flottant, sans plier la nuque.\n\n**Loin de tout secours**, s'il faut transporter : immobilisez sur une surface rigide (porte, planche, brancard improvisé), la tête calée de chaque côté (vêtements roulés, sacs), attachée au niveau du front, des épaules, du bassin et des jambes. Des fourmillements ou une faiblesse qui apparaissent pendant le transport imposent de s'arrêter et de réaligner.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa moelle épinière passe dans un canal à l'intérieur des vertèbres. Une vertèbre fracturée peut rester stable, sans dégât, tant qu'on ne la déplace pas. Un mouvement de flexion ou de rotation mal placé peut pincer ou sectionner la moelle et laisser la personne paralysée pour toujours.\n\nC'est pourquoi on garde **la tête, le cou et le tronc alignés**, comme une seule pièce. Un blessé conscient qui bouge ses bras et ses jambes normalement et n'a mal nulle part est rassurant, mais l'alcool, la douleur ailleurs et la peur masquent souvent les signes.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-010","titre":"L'état de choc","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["choc","hemorragie","paleur","pouls","jambes surelevees","couverture","urgence"],"sources":["Référentiel PSC1 et PSE1, détresse circulatoire","European Resuscitation Council, First Aid Guidelines 2021 (position des victimes en état de choc)","American Red Cross, First Aid : shock"],"corps":"::Le blessé qui dit qu'il va bien, pâle, en sueur, qui a soif et parle un peu trop vite, est peut-être en train de se vider. Le choc se voit avant de devenir grave, si on sait regarder.::\n\n## AGIR\n\n**Reconnaître**\n\n- Peau **pâle, froide, moite** ; lèvres grisâtres.\n- **Pouls rapide et faible**, respiration rapide.\n- **Soif**, angoisse, agitation, puis somnolence, confusion.\n- Malaise quand on le redresse.\n\n**Faire**\n\n1. **Traitez la cause** : arrêtez le saignement, voir [[URG-HEMO-001]].\n2. **Allongez la victime** à plat, et **surélevez ses jambes** d'environ 30 cm si elle n'a ni fracture des jambes ni douleur du dos ou du bassin.\n3. **Couvrez-la**, dessous et dessus : elle perd sa chaleur vite, et le froid aggrave le choc. Isolez-la du sol.\n4. **Appelez le 15.**\n5. **Rien à boire ni à manger**, même si elle a soif : elle pourrait devoir être opérée. Mouillez-lui les lèvres.\n6. **Parlez-lui, rassurez-la**, restez avec elle, surveillez la respiration.\n\n## ADAPTER\n\n**Elle a du mal à respirer** : laissez-la dans la position où elle respire le mieux, souvent assise.\n\n**Elle perd connaissance et respire** : position latérale de sécurité, voir [[URG-INCO-001]]. **Elle ne respire plus** : [[URG-CARD-001]].\n\n**Allergie grave** (gonflement, plaques, difficulté à respirer) : c'est un choc anaphylactique, l'adrénaline passe avant tout, voir [[URG-ANA-001]].\n\n**Loin de tout secours pendant des heures** : si la personne est consciente, avale bien et qu'aucune opération n'est envisageable rapidement, de petites gorgées d'une solution de réhydratation valent mieux que rien. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe choc, c'est un corps qui ne reçoit plus assez de sang oxygéné : parce qu'il en a perdu (hémorragie, brûlures étendues, déshydratation), parce que les vaisseaux se sont dilatés d'un coup (allergie, infection grave) ou parce que le cœur pompe mal.\n\nLe corps se défend d'abord en serrant les vaisseaux de la peau (d'où la pâleur et le froid) et en accélérant le cœur. Ces signes apparaissent **avant** la chute de tension. C'est le moment où l'on peut encore agir. Surélever les jambes renvoie un peu de sang vers le cœur et le cerveau ; couvrir évite que le corps épuise ses dernières réserves à se réchauffer.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-009","titre":"Les plaies, nettoyer, fermer, surveiller","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["plaie","coupure","nettoyage","suture","strips","infection","pansement"],"sources":["Référentiel PSC1, les plaies","Fernandez R., Griffiths R., Water for wound cleansing, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2012","Wilderness Medical Society, Practice Guidelines for Wound Management in Austere Environments, 2014"],"corps":"::Une plaie mal nettoyée s'infecte, même bien fermée. Une plaie bien nettoyée guérit, même mal fermée. Le nettoyage fait les trois quarts du travail.::\n\n## AGIR\n\n1. **Arrêtez le saignement** : compresse ou tissu propre, pression ferme et continue pendant 10 minutes, sans regarder toutes les 30 secondes. Saignement abondant : [[URG-HEMO-001]].\n2. **Lavez-vous les mains**, ou mettez des gants.\n3. **Rincez la plaie à grande eau**, longtemps. L'eau du robinet potable convient aussi bien que le sérum. **C'est le volume et la pression qui nettoient** : une bouteille d'eau percée d'un petit trou dans le bouchon fait un jet parfait.\n4. **Retirez** la terre, les graviers, les échardes visibles, à la pince propre.\n5. **Savonnez autour** de la plaie, pas dedans, puis rincez.\n6. **Désinfectez** avec un antiseptique incolore (chlorhexidine). L'alcool et l'eau oxygénée abîment les tissus : pas dans une plaie ouverte.\n7. **Couvrez** : compresse propre, maintenue par un pansement ou une bande.\n\n## ADAPTER\n\n**Fermer ou laisser ouvert ?**\n\n- **On rapproche** une plaie **propre, nette, récente** (moins de 6 à 8 heures), dont les bords s'écartent : avec des **bandelettes adhésives** (Steri-Strip), posées en travers, sans tension, à quelques millimètres les unes des autres. À défaut, du ruban adhésif découpé en papillon.\n- **On ne ferme jamais** une plaie sale, une morsure, une plaie par écrasement, une plaie vieille de plus d'une journée ou une perforation profonde : couvrez-la, changez le pansement chaque jour, elle se refermera d'elle-même par le fond, plus lentement mais sans abcès.\n\n**Voir un soignant** : plaie profonde qui laisse voir la graisse, un muscle ou un os ; plaie au visage, à la main, sur une articulation ; saignement qui ne s'arrête pas ; corps étranger enfoncé (ne le retirez pas) ; morsure ([[TEC-SAN-013]]) ; tétanos pas à jour ([[TEC-SAN-012]]).\n\n**Surveiller les jours suivants** : rougeur qui s'étend, chaleur, gonflement, douleur qui augmente au lieu de diminuer, pus, traînée rouge qui remonte le membre, fièvre. C'est une infection : voir [[TEC-SAN-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLes bactéries d'une plaie viennent surtout de ce qui l'a faite et de la saleté qui y est restée. Diluer et chasser cette charge par un rinçage abondant réduit le risque d'infection plus que n'importe quel produit.\n\nUne plaie guérit en gardant un peu d'humidité sous un pansement : la croûte n'est pas obligatoire. Changer le pansement quand il est mouillé ou sale, et à chaque fois regarder l'aspect de la plaie : c'est ce suivi qui repère l'infection à temps.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-014","titre":"Mal aux dents","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["dent","douleur","abces","clou de girofle","plombage","dent cassee","dentiste"],"sources":["Union française pour la santé bucco-dentaire, urgences dentaires","International Association of Dental Traumatology, guidelines 2020 : avulsion des dents permanentes","Moore P., Hersh E., Combining ibuprofen and acetaminophen for acute pain management, Journal of the American Dental Association, 2013"],"corps":"::Une rage de dents met un adulte hors service en deux jours. Loin d'un dentiste, on ne répare pas une dent : on calme la douleur, on empêche l'infection de s'étendre, et on protège ce qui reste.::\n\n## Calmer la douleur\n\n- **Ibuprofène et paracétamol ensemble** : pour une douleur dentaire, cette association fait souvent mieux que bien des antidouleurs forts. Doses : [[TEC-SAN-009]].\n- **L'huile essentielle de clou de girofle** (eugénol), une goutte sur un coton posé contre la dent, anesthésie localement. À défaut, un clou de girofle entier coincé contre la dent. Jamais sur la gencive en grande quantité : ça brûle.\n- **Bains de bouche à l'eau tiède salée** (une cuillère à café de sel dans un verre), plusieurs fois par jour.\n- **Tête surélevée pour dormir** : la douleur d'une dent infectée augmente allongé.\n- **Pas de chaud** sur la joue d'un abcès : ça l'aide à s'étendre. Du froid, par l'extérieur, soulage.\n\n## L'abcès : l'urgence\n\nUne joue qui gonfle, une gencive avec une bosse de pus, de la fièvre, un mauvais goût : l'infection est sortie de la dent.\n\n- Un **antibiotique** est souvent nécessaire (sur prescription), et le vrai traitement est de drainer l'abcès ou de soigner ou retirer la dent.\n- **Gonflement qui descend dans le cou, sous la langue, ou gêne pour avaler ou respirer : urgence vitale**, hôpital immédiatement.\n\n## Les accidents\n\n- **Plombage perdu** : nettoyez, et bouchez le trou avec un **pansement dentaire provisoire** de pharmacie, ou de la cire. En dépannage, un chewing-gum sans sucre évite que la nourriture s'y tasse.\n- **Dent cassée** : gardez le morceau, rincez à l'eau, protégez l'arête coupante avec de la cire.\n- **Dent définitive arrachée d'un coup** (chute, choc) : tenez-la **par la couronne**, jamais par la racine, rincez-la quelques secondes sans frotter, et **remettez-la dans son trou** tout de suite, en mordant doucement sur un linge. Impossible : conservez-la dans du **lait** ou dans la bouche, contre la joue, et allez chez un dentiste **dans l'heure**. Une dent de lait, on ne la remet pas.\n\n## Extraire, en tout dernier recours\n\nSeulement une dent **déjà très mobile**, qui bouge franchement au doigt : saisie au plus près de la gencive, doigts propres ou pince désinfectée, on la **fait basculer doucement** d'avant en arrière jusqu'à ce qu'elle cède. Puis mordre sur une compresse **30 minutes**, ne pas rincer ni fumer pendant 24 heures. **Jamais sur une dent solide** : on la casse, la racine reste et s'infecte.\n\n## Prévenir\n\nBrossage deux fois par jour, fil ou bâtonnet entre les dents, peu de sucre entre les repas. Sans dentifrice : brosse humide, un peu de bicarbonate ou de sel. Et **un contrôle chez le dentiste avant une période où il sera loin**.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-013","titre":"Les morsures et la rage","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["morsure","chien","chat","chauve-souris","rage","infection","vaccin","lavage"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Rabies vaccines: WHO position paper, 2018","Institut Pasteur, centres antirabiques et conduite à tenir après une morsure","Santé publique France, surveillance de la rage humaine et des lyssavirus des chauves-souris"],"corps":"::La rage déclarée tue presque à coup sûr. Mais entre la morsure et les premiers signes, il y a des semaines, et pendant ce temps un lavage et un vaccin la stoppent. Le geste qui sauve est le plus simple : laver longtemps.::\n\n## Toute morsure\n\n1. **Lavez tout de suite** à l'eau courante et au savon, **pendant 15 minutes**, en faisant couler l'eau dans la plaie. C'est le geste qui élimine le plus de virus et de bactéries.\n2. **Désinfectez** ensuite (chlorhexidine, povidone iodée).\n3. **Ne refermez pas** une morsure profonde : couvrez-la d'un pansement. Une plaie fermée sur des bactéries s'infecte.\n4. **Consultez** : les morsures s'infectent souvent, surtout celles de **chat** (dents fines qui injectent les bactéries en profondeur, notamment à la main), et demandent souvent un antibiotique. Vérifiez le **tétanos**, voir [[TEC-SAN-012]].\n\n## La rage\n\nUn virus présent dans la salive des mammifères infectés. Il remonte lentement les nerfs jusqu'au cerveau : **des semaines, parfois des mois**. Une fois les premiers signes apparus (fièvre, angoisse, peur de l'eau, agitation, paralysie), elle est mortelle dans la quasi-totalité des cas.\n\n**Le traitement après exposition**, fait à temps (vaccin, parfois des anticorps), la stoppe presque toujours.\n\n**Quand y penser :**\n\n- **Toute morsure ou griffure de chauve-souris**, partout, y compris en France : elles portent des virus proches de la rage. Une chauve-souris trouvée dans une chambre où quelqu'un dormait compte aussi.\n- **Toute morsure d'un mammifère à l'étranger**, surtout en Afrique, en Asie, en Amérique latine : chien errant, singe, chat, renard.\n- **Un animal au comportement anormal**, un animal importé illégalement.\n\nEn France métropolitaine, la rage des animaux terrestres a disparu depuis 2001, mais des cas arrivent chaque année par des animaux ramenés de l'étranger.\n\n## Le chien qui a mordu\n\nEn France, un chien ou un chat mordeur est placé sous **surveillance vétérinaire pendant 15 jours**. S'il reste en bonne santé, il n'avait pas la rage au moment de la morsure. Notez les coordonnées du propriétaire.\n\n## Les astuces de terrain\n\n- **Ne tuez pas l'animal** s'il n'est pas dangereux : vivant et surveillé, il répond à la question. S'il est mort, la tête sert à l'analyse : ne l'abîmez pas.\n- **En voyage dans une zone à risque**, un vaccin préventif avant le départ simplifie beaucoup le traitement après une morsure. À demander si l'on part longtemps ou loin de tout.\n- **Les enfants** se font mordre au visage et ne disent pas toujours qu'ils ont été griffés : interrogez-les après un contact avec un animal inconnu.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-012","titre":"Le tétanos","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tetanos","vaccin","rappel","plaie","clou","terre","contracture"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Tetanus vaccines: WHO position paper, 2017","Haute Autorité de santé et calendrier des vaccinations en France","Centers for Disease Control and Prevention, Tetanus : clinical overview"],"corps":"::Le tétanos ne vient pas de la rouille. Il vient de la terre. Et il ne se soigne presque pas : il se prévient, avec un vaccin qu'on oublie de faire rappeler.::\n\n## D'où il vient\n\nUne bactérie, *Clostridium tetani*, vit sous forme de spores **dans la terre, la poussière, le fumier et les excréments d'animaux**, partout dans le monde. Elle entre par une plaie, surtout **profonde et sale** : clou, écharde, épine, morsure, plaie souillée de terre, brûlure, blessure de jardinage. Le clou rouillé est célèbre parce qu'il traîne souvent dans la terre et fait des plaies profondes, pas à cause de la rouille.\n\n## Ce qu'il fait\n\nLa bactérie produit une toxine qui bloque les nerfs chargés de relâcher les muscles. En 3 à 21 jours apparaissent :\n\n- une **mâchoire bloquée**, impossible à ouvrir (le trismus) ;\n- une raideur de la nuque et du dos ;\n- des **contractures douloureuses**, déclenchées par un bruit ou un contact, qui peuvent bloquer la respiration.\n\nMême en réanimation, une partie des malades meurt. **Sans soins modernes, la majorité.**\n\n## La prévention\n\n- **La vaccination**, complète dans l'enfance, puis **des rappels**. En France : à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans. Ailleurs, un rappel tous les 10 ans est la règle la plus courante.\n- **Après une plaie à risque** chez quelqu'un dont le dernier rappel date de plus de 5 à 10 ans : consulter pour un rappel, et parfois des anticorps (immunoglobulines).\n- **Nettoyer toute plaie** longuement à l'eau et au savon, retirer la terre et les corps étrangers, ne pas refermer une plaie sale. Voir [[URG-SEC-009]].\n\n## Ce qu'il faut savoir en situation difficile\n\n- **Faites vos rappels maintenant.** Quand les pharmacies sont fermées et les hôpitaux débordés, il est trop tard.\n- **Notez la date de votre dernier rappel** avec vos papiers ; la plupart des gens l'ignorent.\n- **Les jardiniers, les agriculteurs, les éleveurs, les personnes âgées** (les rappels oubliés s'accumulent) sont les plus touchés.\n- **Le tétanos ne se transmet pas** d'une personne à l'autre : un malade n'est pas contagieux.\n- **Chez le nouveau-né**, il vient d'un cordon coupé avec un instrument sale ou recouvert de terre : un accouchement propre et une mère vaccinée le préviennent. Voir [[URG-SEC-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-011","titre":"Les diarrhées et le choléra","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["diarrhee","cholera","rehydratation","sro","sel","sucre","hygiene","eau"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, The treatment of diarrhoea: a manual for physicians and other senior health workers, 2005","OMS et UNICEF, sels de réhydratation orale et zinc","Organisation mondiale de la santé, aide-mémoire sur le choléra"],"corps":"::La diarrhée tue encore des centaines de milliers d'enfants chaque année dans le monde, presque tous par déshydratation. Le remède qui les sauve coûte quelques centimes : de l'eau, du sucre et du sel, dans les bonnes proportions.::\n\n## Ce qui tue : l'eau qu'on perd\n\nUne diarrhée fait perdre de l'eau et des sels. Chez un bébé, une personne âgée ou un malade, la déshydratation s'installe en quelques heures. **Le danger n'est pas le microbe, c'est le liquide qui part.** Voir [[TEC-SAN-005]].\n\n## La solution de réhydratation\n\n**Les sachets de sels de réhydratation orale** (SRO) du commerce sont les meilleurs : un sachet dans le volume d'eau indiqué.\n\n**Sans sachet, la recette de l'OMS :**\n\n- **1 litre d'eau potable**\n- **6 cuillères à café rases de sucre**\n- **½ cuillère à café rase de sel**\n\nBien mélanger. **Trop de sucre ou de sel aggrave la diarrhée** : mieux vaut une solution un peu trop diluée que trop concentrée. Elle doit avoir un goût à peine salé, comme des larmes.\n\n**Comment la donner** : par petites gorgées, souvent, à la cuillère pour un enfant. Après chaque selle liquide : un demi à un verre pour un enfant, un à deux verres pour un adulte. S'il vomit, attendre dix minutes et reprendre plus lentement.\n\n**Continuer à manger** : le riz, les pâtes, la banane, les carottes cuites, les compotes, et **l'allaitement sans l'interrompre**. Le zinc (10 à 20 mg par jour pendant 10 à 14 jours) raccourcit la diarrhée de l'enfant là où il est disponible.\n\n## Le choléra\n\nUne bactérie qui se transmet par l'eau et les aliments souillés par des selles, surtout quand l'eau potable et les égouts ont lâché : camps, inondations, guerres, séismes.\n\n- **Des selles abondantes comme de l'eau de riz**, sans douleur, parfois des vomissements.\n- **Un adulte peut perdre plusieurs litres par jour** et mourir en quelques heures sans réhydratation.\n- **Avec la réhydratation, presque tous survivent.** Les formes graves reçoivent des perfusions et un antibiotique.\n\n## Quand s'inquiéter\n\n- **Signes de déshydratation grave** : yeux creux, bouche sèche, plus d'urine depuis des heures, pli de la peau qui reste, somnolence, bébé sans larmes ou fontanelle creusée.\n- **Du sang dans les selles**, une fièvre forte, des douleurs violentes.\n- **Un nourrisson**, une personne âgée ou fragile.\n\nDans ces cas, soins médicaux en urgence.\n\n## Couper la transmission\n\n- **Se laver les mains au savon** après les toilettes et avant de cuisiner ou de manger. C'est le geste qui sauve le plus de vies au monde.\n- **Eau bouillie ou traitée**, voir [[URG-EAU-001]].\n- **Toilettes loin et en aval des points d'eau**, voir [[TEC-CON-006]].\n- **Désinfecter** le linge et les surfaces souillés avec de l'eau de Javel diluée.\n\nLes médicaments contre la diarrhée et leurs limites : [[TEC-SAN-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-010","titre":"Les médicaments périmés","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["medicaments","peremption","date","stockage","efficacite","stabilite","reserve"],"sources":["Lyon R. et al., Stability profiles of drug products extended beyond labeled expiration dates, Journal of Pharmaceutical Sciences, 2006 (programme SLEP de l'armée américaine)","Cantrell L. et al., Stability of active ingredients in long-expired prescription medications, Archives of Internal Medicine, 2012","FDA, Expiration Dating Extension (Shelf Life Extension Program)"],"corps":"::La date de péremption n'est pas le jour où un comprimé devient poison. C'est la date jusqu'à laquelle le fabricant garantit toute son efficacité. Après, tout dépend de la forme et du rangement.::\n\n## Ce que dit la science\n\nL'armée américaine a fait tester pendant des années ses stocks de médicaments arrivés à péremption, pour savoir si elle pouvait les garder. Résultat : **la grande majorité des lots de comprimés et de gélules restaient efficaces bien après leur date**, parfois de nombreuses années, à condition d'avoir été stockés correctement. Une étude sur des médicaments périmés depuis plus de vingt ans a retrouvé la plupart des principes actifs à des niveaux proches de l'étiquette.\n\n## Ce qui tient\n\n- **Les comprimés et gélules** secs, dans leur emballage d'origine fermé : paracétamol, ibuprofène, la plupart des antibiotiques en comprimés, des antihistaminiques, beaucoup de traitements chroniques.\n- **Les poudres** gardées au sec.\n\nIls perdent lentement un peu d'efficacité ; on les garde en dernier recours, plutôt que rien.\n\n## Ce qui ne tient pas\n\n- **Les liquides** : sirops, suspensions d'antibiotiques pour enfants (une fois reconstituées, quelques jours au frigo), gouttes.\n- **L'insuline** : environ un mois hors du frigo, et elle ne supporte ni le gel ni la chaleur.\n- **L'adrénaline** des stylos auto-injectables : elle s'oxyde. Un liquide bruni ou trouble ne vaut plus rien. Un stylo simplement périmé et limpide vaut mieux que rien en cas d'anaphylaxie.\n- **La trinitrine** sous la langue, les **collyres** ouverts (risque d'infection après un mois), les **vaccins**.\n- **Les anciennes tétracyclines** dégradées ont causé des atteintes des reins : on ne les utilise pas périmées.\n\n## Ce qui les tue\n\n- **La chaleur** : une voiture en été, une cuisine près du four.\n- **L'humidité** : **la salle de bain est le pire endroit** pour ranger des médicaments.\n- **La lumière** et l'air : un flacon ouvert, une plaquette découpée.\n\nRangez-les **au frais, au sec, à l'abri de la lumière**, dans leur boîte d'origine avec la notice.\n\n## Les règles pratiques\n\n- **Un comprimé qui a changé** de couleur, d'odeur (odeur de vinaigre pour l'aspirine), qui s'effrite ou colle : on le jette.\n- **Un traitement vital** (épilepsie, cœur, diabète, greffe) : on ne joue pas avec l'efficacité. On renouvelle son stock en priorité et on garde de l'avance.\n- **En crise, triez** : ce qui est encore dans sa date d'abord, les comprimés périmés bien conservés ensuite, les liquides périmés jamais.\n\nLes doses de base : [[TEC-SAN-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-009","titre":"Les médicaments de base et leurs doses","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["medicaments","paracetamol","ibuprofene","doses","antidouleur","fievre","diarrhee","allergie"],"sources":["ANSM, recommandations sur le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens en automédication","Organisation mondiale de la santé, WHO Model Formulary et liste des médicaments essentiels","Vidal, monographies (posologies de référence adulte et enfant)"],"corps":"::Cinq ou six molécules couvrent l'essentiel des besoins d'un foyer : douleur, fièvre, diarrhée, allergie. Il faut connaître leurs doses, et surtout ce qu'il ne faut pas faire avec.::\n\nDoses pour un adulte de poids normal, sans maladie du foie ou des reins, hors grossesse. Chez l'enfant, la dose se calcule **au poids**, jamais à l'âge. En cas de doute, la notice et le pharmacien font foi.\n\n## Le paracétamol (douleur, fièvre)\n\n- **Adulte** : 500 mg à 1 g par prise, **au moins 4 heures entre deux prises**, au plus **3 g par jour** sans avis médical.\n- **Enfant** : 15 mg par kilo et par prise, toutes les 6 heures, au plus 60 mg par kilo et par jour.\n- **Danger** : le surdosage détruit le foie, sans signe les premiers jours. Attention aux médicaments qui en contiennent déjà (contre le rhume, la grippe) : on les additionne sans le savoir. Alcool, dénutrition et petit poids abaissent la dose dangereuse.\n\n## L'ibuprofène (douleur, inflammation, fièvre)\n\n- **Adulte** : 200 à 400 mg par prise, toutes les 6 à 8 heures, au plus **1 200 mg par jour** sans avis médical, **au cours d'un repas**.\n- **Enfant** : 10 mg par kilo et par prise, toutes les 8 heures.\n- **Jamais** : pendant la grossesse (dangereux pour le bébé, surtout à partir du sixième mois), en cas d'ulcère, de maladie des reins, de déshydratation, de varicelle, ou si l'on prend un anticoagulant.\n- **Astuce** : paracétamol et ibuprofène se prennent en alternance ou ensemble contre une douleur forte (dents, entorse) : leurs effets s'ajoutent, leurs risques non.\n\n## L'aspirine\n\n- **Adulte** : 500 mg à 1 g par prise, au plus 3 g par jour.\n- **Pas chez l'enfant et l'adolescent** qui a une infection virale (risque de syndrome de Reye), pas avec un anticoagulant, pas avec un ulcère.\n- **Douleur dans la poitrine évocatrice d'infarctus** : ne la donnez que sur l'avis du 15, qui peut la demander.\n\n## Le lopéramide (diarrhée)\n\n- **Adulte** : 2 comprimés de 2 mg, puis 1 après chaque selle liquide, au plus 8 mg par jour sans avis médical.\n- **Jamais** en cas de fièvre, de sang dans les selles, ni chez le jeune enfant : il garde les germes à l'intérieur.\n- **Le vrai traitement** d'une diarrhée, c'est de boire une solution de réhydratation. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## Les antihistaminiques (allergie, démangeaisons, piqûres)\n\n- **Cétirizine ou loratadine** : 10 mg une fois par jour chez l'adulte.\n- Ils calment le nez qui coule, les yeux qui pleurent, l'urticaire. **Ils ne traitent pas une réaction allergique grave**, qui demande de l'adrénaline : voir [[URG-ANA-001]].\n\n## Les règles qui évitent les accidents\n\n- **Notez l'heure et la dose** de chaque prise, surtout la nuit et quand plusieurs personnes s'occupent d'un malade.\n- **Une seule molécule à la fois** : lisez les compositions, beaucoup de médicaments en contiennent plusieurs.\n- **Gardez les boîtes et les notices** : c'est là que sont les doses exactes quand la mémoire flanche.\n- **Les médicaments périmés** ne sont pas forcément inutilisables : voir [[TEC-SAN-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-008","titre":"La trousse de soins","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["trousse de secours","pharmacie","pansements","compresses","antiseptique","garrot","materiel"],"sources":["Croix-Rouge française, composition d'une trousse de secours","Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 23e édition","Tactical Combat Casualty Care (TCCC), recommandations sur le garrot et les pansements hémostatiques"],"corps":"::Une trousse sert à trois choses : arrêter un saignement, protéger une plaie, soulager. Tout ce qui ne sert pas à l'une des trois prend de la place pour rien.::\n\n## Les trois étages\n\n**Ce qui sauve dans les minutes** (en haut, accessible sans chercher)\n\n- **Garrot tourniquet** du commerce (un vrai, à tige de serrage). Voir [[URG-HEMO-001]].\n- **Pansement compressif** type « israélien », ou deux bandes et des compresses épaisses.\n- **Gants** jetables, plusieurs paires.\n- **Couverture de survie**.\n- **Ciseaux** à bouts ronds, capables de couper un vêtement.\n\n**Ce qui soigne dans les jours**\n\n- **Compresses stériles** de plusieurs tailles, en quantité.\n- **Bandes** élastiques et de crêpe, sparadrap, **bandelettes de suture adhésives** (type Steri-Strip).\n- **Pansements** de toutes tailles, dont des pansements pour ampoules.\n- **Antiseptique** incolore (chlorhexidine), et **sérum physiologique** en dosettes (yeux, plaies).\n- **Pince à écharde**, tire-tique, épingles de sûreté.\n- **Thermomètre**.\n\n**Ce qui soulage**\n\n- Antidouleur et antifièvre (paracétamol), anti-inflammatoire (ibuprofène), antidiarrhéique, antihistaminique, **sachets de réhydratation orale**. Doses et précautions : [[TEC-SAN-009]].\n- **Traitements personnels** de chacun, pour au moins deux semaines d'avance.\n- Crème pour les brûlures, gel ou crème pour les coups de soleil.\n\n## Selon le contexte\n\n- **Voiture** : ajouter un gilet, une lampe, une seconde couverture.\n- **Randonnée** : léger ; garrot, compresses, bande, strips, pansements ampoules, antidouleur, couverture de survie, sifflet.\n- **Maison en période difficile** : multiplier les consommables (compresses, bandes, gants) : ce sont eux qui manquent en premier, pas les médicaments.\n\n## Les astuces des soignants\n\n- **Rangez par usage**, pas par taille, dans des sachets transparents étiquetés : « saignement », « plaie », « douleur ». Dans le stress, on cherche une fonction, pas un objet.\n- **Vérifiez les dates** deux fois par an (au changement d'heure) : compresses stériles et médicaments. La plupart des médicaments solides gardent longtemps leur efficacité, voir [[TEC-SAN-010]].\n- **Une serviette hygiénique** est une compresse très absorbante, emballée individuellement. **Un tampon** ne s'utilise que pour un saignement de nez, jamais enfoncé dans une plaie.\n- **Le ruban adhésif américain** tient une attelle, un pansement sur une peau mouillée, une ampoule.\n- **Du sucre** (morceaux ou gel) dans la trousse : pour un diabétique en hypoglycémie, voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Savoir se servir** de ce qu'on emporte compte plus que ce qu'on emporte : une formation aux premiers secours de quelques heures vaut toutes les trousses. Voir [[URG-SEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-005","titre":"Vider et dépecer un animal","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["gibier","lapin","vider","depecer","viande","tularemie","poisson","volaille"],"sources":["Office français de la biodiversité, hygiène de la venaison et examen initial du gibier","Centers for Disease Control and Prevention, Tularemia : prevention for hunters","FAO, Manual on meat inspection and slaughter hygiene"],"corps":"::Un animal mal vidé gâte sa viande en quelques heures. Un intestin percé, et tout le travail est bon pour les mouches. La règle : vite, proprement, sans rien percer.::\n\n## COMPRENDRE\n\nDès la mort, la chaleur du corps et les bactéries de l'intestin commencent à abîmer la viande. Trois gestes la sauvent : **retirer les viscères vite**, **ne pas percer l'intestin ni la vessie**, **refroidir la carcasse**.\n\n**Ne mangez jamais un animal trouvé mort** sans savoir de quoi il est mort.\n\n## AGIR\n\n### Un lapin ou un lièvre\n\n1. **Gants** si possible : les lapins et surtout les lièvres peuvent transmettre la **tularémie** par le sang et les organes.\n2. **Pincez la peau du dos**, entaillez-la en travers, glissez deux doigts de chaque côté et tirez en sens opposé : la peau vient comme un gant, vers la tête et vers les pattes. Coupez tête et pattes.\n3. **Ouvrez le ventre** en soulevant la peau et la paroi entre deux doigts, la lame tournée vers l'extérieur, du bassin jusqu'aux côtes, sans enfoncer.\n4. **Videz** d'un geste : retournez l'animal et faites sortir intestins et estomac ensemble. Gardez le **cœur**, les **rognons** et le **foie**.\n5. **Regardez le foie** : lisse et d'un rouge uniforme, il se mange. **Couvert de petits points blancs ou jaunes**, jetez tout l'animal et lavez-vous les mains : maladie ou parasites.\n6. **Rincez** à l'eau propre, **séchez**, suspendez à l'ombre et à l'air, à l'abri des mouches.\n\n### Un grand animal (chevreuil, sanglier, mouton)\n\n1. Couchez-le sur le dos, calé, pattes écartées.\n2. Ouvrez la peau du bassin au sternum, **deux doigts sous la lame** pour écarter la paroi des intestins.\n3. **Dégagez l'anus** en coupant tout autour, et ligaturez-le avec une ficelle pour qu'il ne se vide pas.\n4. Coupez le diaphragme, puis la trachée le plus haut possible, et **sortez tout le paquet** vers le bas.\n5. **Refroidissez vite** : ventre ouvert, calé avec un bâton, suspendu à l'ombre. Par temps chaud, découpez et mettez au frais dans les heures qui suivent.\n\n### Poisson et volaille\n\n- **Poisson** : entaille du trou d'évacuation aux ouïes, on retire les viscères et les branchies, on rince. Vidé tout de suite, il se garde bien mieux.\n- **Volaille** : on plume à chaud (un bain d'eau à 60-70 °C décolle les plumes) ou on écorche, on vide par une ouverture sous le bréchet.\n\n## ADAPTER\n\n**Un intestin percé** : coupez la viande souillée largement, rincez, et cuisez le reste à cœur.\n\n**Pas de couteau** : un éclat de verre, une boîte de conserve ouverte, une pierre taillée. Voir [[SURV-OUT-001]].\n\n**La peau** se garde : salée ou séchée à plat, elle se tanne ensuite. Les boyaux nettoyés servent de ficelle, le gras se fond.\n\n**Conserver** : séchage, salage et fumage, voir [[TEC-ALI-003]], [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]]. Le gros abattage et la découpe : [[TEC-ELE-007]]. Cuisson : toujours **à cœur** pour le gibier, le sanglier en particulier (trichine).","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-004","titre":"Les déchets quand plus personne ne les ramasse","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["dechets","ordures","rats","mouches","compost","brulage","tri","greve","hygiene"],"sources":["Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : gestion des déchets solides","Organisation mondiale de la santé, Rodents and vector control in emergencies","Retours d'expérience des grèves de ramassage (Naples 2008, Paris 2023)"],"corps":"::Deux semaines sans ramassage, et une rue se remplit de rats. Les déchets ne sont pas qu'une question d'odeur : c'est la cantine des bêtes qui transmettent les maladies. Il faut les trier, les fermer, les éloigner.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes ordures attirent **les rats, les mouches et les chiens errants**, qui transportent diarrhées, leptospirose et autres maladies. Ce sont les **restes de nourriture** qui attirent ; le reste encombre, mais ne nourrit personne.\n\n## AGIR\n\n**Trier tout de suite, en trois**\n\n1. **Ce qui se mange ou pourrit** (épluchures, restes, os) : c'est le plus dangereux, et le plus facile à faire disparaître.\n2. **Ce qui brûle proprement** : papier, carton, bois non traité.\n3. **Le reste** : plastiques, verre, métal, textiles, piles, produits chimiques.\n\n**Faire disparaître l'organique**\n\n- **Composter** épluchures et restes végétaux, en tas couvert ou en bac. Voir [[TEC-AGR-003]].\n- **Enterrer** les restes de viande, de poisson et les os, **à au moins 50 cm** de profondeur, loin de l'eau, et recouverts : sinon les chiens et les renards les déterrent.\n- **Donner** aux poules et aux cochons ce qu'ils mangent.\n\n**Fermer et éloigner le reste**\n\n- **Sacs fermés dans des poubelles à couvercle**, loin des pièces de vie et des points d'eau, à l'ombre.\n- Un point de collecte commun, **à distance** des maisons ou des tentes, sur un sol dur.\n- **Le carton et le papier** : brûlés en petite quantité dans un foyer extérieur, ou gardés secs, ils allument les feux.\n\n**Garder ce qui sert** : bouteilles, bocaux, boîtes de conserve, bidons, bâches, fils et cordes. Dans une crise longue, la poubelle d'hier est l'atelier de demain. Voir [[SURV-REC-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**Ne brûlez pas le plastique** à côté des habitations : sa fumée est toxique, surtout pour les enfants et les asthmatiques. Pneus, caoutchouc et objets peints, jamais.\n\n**Les piles, les batteries, les médicaments, les produits chimiques** : à part, dans un bac fermé, au sec, jusqu'à ce qu'une collecte reprenne.\n\n**Les déchets de soins** (aiguilles, pansements souillés) : aiguilles dans une bouteille en plastique rigide fermée, pansements dans un sac double.\n\n**Les rats sont déjà là** : supprimez la nourriture et les cachettes d'abord, les pièges ensuite. Un rat qui ne trouve plus rien à manger part.\n\nLes excréments ont leur propre règle : [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-003","titre":"Les règles sans protections du commerce","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["regles","menstruations","serviettes lavables","coupe menstruelle","hygiene","tissu"],"sources":["UNICEF, Guidance on Menstrual Health and Hygiene, 2019","Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : gestion de l'hygiène menstruelle","van Eijk A. et al., Menstrual cup use, leakage, acceptability, safety, and availability, The Lancet Public Health, 2019"],"corps":"::Dans chaque crise, les protections périodiques disparaissent des rayons parmi les premiers produits. La solution est vieille comme le monde et elle marche : du tissu propre, bien lavé, bien séché.::\n\n## COMPRENDRE\n\nIl faut deux choses : **absorber** et **rester propre**, pour éviter les irritations et les infections. Tout matériau propre, absorbant et doux fait l'affaire, à condition d'être changé assez souvent et lavé correctement.\n\n## AGIR\n\n**Des serviettes lavables en tissu**\n\n- **Du coton** : vieux t-shirts, draps, serviettes éponge, flanelle. Pas de synthétique contre la peau.\n- **Plusieurs épaisseurs** pliées en rectangle (une serviette éponge coupée au milieu, entourée de coton doux), ou cousues. Une couche extérieure imperméable (morceau de bâche fine, de nappe cirée) coupe les fuites.\n- **Tenues** par une culotte bien ajustée, ou par deux ailettes qu'on replie et fixe avec un bouton ou une épingle.\n\n**Changer** toutes les 4 à 6 heures, plus souvent si le flux est abondant.\n\n**Laver**\n\n1. **Rincer d'abord à l'eau froide** : l'eau chaude fixe le sang.\n2. Laver au savon, frotter, rincer.\n3. **Sécher au soleil** si possible : les ultraviolets désinfectent. À l'intérieur, en entier, jamais roulées humides.\n4. Ranger dans un sac propre.\n\n**Une coupe menstruelle**, si vous en avez une : elle se vide, se rince et se remet, jusqu'à 12 heures. On la stérilise entre deux cycles **en la faisant bouillir 5 minutes**. C'est la solution la plus durable sans magasin.\n\n## ADAPTER\n\n**Un tampon** se garde au plus 8 heures, jamais la nuit entière s'il y a mieux : au-delà, le risque de choc toxique augmente. Pas de tampon improvisé en tissu.\n\n**Pas d'eau pour laver** : des compresses, de la gaze pliée ou du papier absorbant en plusieurs couches dépannent, jetées dans un sac fermé.\n\n**Les douleurs** : ibuprofène au repas, une bouillotte sur le ventre. Voir [[TEC-SAN-009]].\n\n**L'intimité** : dans un abri collectif ou un camp, prévoir un endroit fermé pour se changer et faire sécher le linge sans être regardé compte autant que le matériel.\n\n**Des règles très abondantes** (une protection pleine en moins d'une heure pendant plusieurs heures), des vertiges, une grande fatigue : il faut un avis médical.","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-002","titre":"Les toilettes sans eau courante","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toilettes","latrines","excrements","seau","sciure","hygiene","maladies"],"sources":["Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : gestion des excréments","Leave No Trace Center for Outdoor Ethics, Dispose of Waste Properly","Organisation mondiale de la santé, Guidelines on Sanitation and Health, 2018"],"corps":"::Dans tous les camps, toutes les guerres, toutes les catastrophes, les excréments mal gérés ont tué plus que les armes. Des toilettes de fortune bien faites, c'est de la médecine.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes selles transportent les microbes des diarrhées, du choléra, de la typhoïde, de l'hépatite A. Ils reviennent vers la bouche par l'eau, les mains, les mouches et la nourriture. Trois barrières suffisent : **éloigner, couvrir, se laver les mains**.\n\n## AGIR\n\n**Seul, en nature : le trou de chat**\n\n- À au moins **60 mètres** (70 grands pas) de toute eau, de tout chemin, de tout campement.\n- Un trou de **15 à 20 cm** de profondeur, là où la terre est vivante.\n- On le rebouche, et on le marque d'un bâton planté pour que personne ne creuse au même endroit.\n\n**À plusieurs : la tranchée**\n\n- Une tranchée de 30 cm de large, 1 m de profondeur, **en aval** et loin des points d'eau, loin des tentes et de la cuisine.\n- **Après chaque passage, une pelletée de terre**, de cendre ou de sciure : ça coupe l'odeur et les mouches.\n- Rebouchée quand elle est remplie aux deux tiers, et on en creuse une autre.\n- **Un point de lavage des mains** juste à côté, avec du savon ou de la cendre. Voir [[SURV-HYG-001]].\n\n**En ville, sans eau (coupure, immeuble)**\n\n1. **Un seau** avec un couvercle, garni d'un **sac poubelle solide**, ou la cuvette des toilettes vidée et garnie d'un sac.\n2. **Après chaque usage** : une poignée de **sciure, de litière pour chat, de terre sèche ou de cendre**.\n3. **Les urines à part** si possible (un autre seau, une bouteille) : elles sont peu dangereuses, et sans elles le seau sent beaucoup moins et se remplit moins vite.\n4. Le sac se ferme serré, se double, et se stocke dehors, dans une poubelle fermée, jusqu'à ce qu'on puisse l'évacuer.\n\n## ADAPTER\n\n**Il reste un peu d'eau** : un seau d'eau versé d'un coup dans la cuvette suffit à chasser, même sans chasse d'eau. Utilisez l'eau de la baignoire ou de lavage, pas l'eau potable.\n\n**Les égouts refoulent** (inondation, coupure des pompes) : ne tirez plus la chasse, bouchez les évacuations en rez-de-chaussée, passez au seau.\n\n**Les mouches** sont le vecteur : un couvercle sur tout, et rien ne reste à l'air.\n\n**La chaux** vive ou éteinte jetée sur les excréments assainit et sèche, avec des gants et sans en respirer la poussière. Voir [[TEC-CHI-003]].\n\nPour une installation durable et un compost des excréments sans danger : [[TEC-CON-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-001","titre":"Se laver avec un litre d'eau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["hygiene","toilette","lavage des mains","savon","peau","infection","eau rare"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Hygiène des mains et prévention des infections","Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : promotion de l'hygiène","Centers for Disease Control and Prevention, Handwashing in emergencies"],"corps":"::Quand l'eau manque, on arrête la douche mais pas l'hygiène. Les mains, les aisselles, l'entrejambe et les pieds : se laver ces quatre endroits chaque jour évite l'essentiel des infections, et un litre suffit.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa saleté ne rend pas malade par elle-même. Ce qui rend malade, ce sont les microbes transmis par les **mains** (diarrhées, infections respiratoires) et ceux qui prolifèrent dans les zones **chaudes et humides** de la peau (mycoses, irritations, infections). C'est là qu'on met l'eau.\n\n## AGIR\n\n**Les mains, avant tout**\n\n- **Au savon**, 20 secondes, avant de manger ou de cuisiner, après les toilettes, après avoir soigné quelqu'un.\n- **Un robinet à pédale** fait de rien (un bidon percé d'un petit trou près du bouchon, suspendu à une branche, qu'on bascule avec une ficelle reliée à une pédale au sol) lave les mains avec quelques gouttes et sans toucher le bidon sale.\n- **La cendre de bois** frottée sur les mains mouillées remplace le savon quand il n'y en a plus.\n\n**La toilette au gant, dans l'ordre**\n\n1. Un gant ou un linge, une bassine d'environ un litre, un peu de savon.\n2. **Du plus propre au plus sale** : visage, cou, bras, aisselles, torse, puis entrejambe, puis pieds.\n3. Savonnez peu, rincez avec le linge trempé dans l'eau claire (un deuxième récipient si possible).\n4. **Séchez bien les plis** : entre les orteils, sous les seins, à l'aine. L'humidité qui reste fait les mycoses.\n\n**Les pieds** : lavés, séchés, chaussettes sèches chaque jour. Des pieds en mauvais état empêchent de marcher. Voir [[SURV-DEP-001]].\n\n**Les dents** : brosse humide, un peu de bicarbonate ou de sel si le dentifrice manque. Voir [[TEC-SAN-014]].\n\n**Les cheveux** : une fois par semaine suffit. Entre deux, un peu de fécule de maïs ou de talc démêlé à la brosse absorbe le gras.\n\n## ADAPTER\n\n**Presque pas d'eau** : lingettes, ou un linge humide et un peu d'alcool ou de gel hydroalcoolique pour les mains. L'eau réservée à la boisson n'est jamais sacrifiée à la toilette.\n\n**Eau de mer ou eau non potable** : bonnes pour se laver le corps, à rincer si possible à l'eau douce pour éviter les irritations. Pas pour les plaies ni les yeux.\n\n**Le linge** : sous-vêtements et chaussettes d'abord. Lavés à l'eau froide savonnée, rincés, séchés au soleil, qui désinfecte aussi.\n\nLes toilettes sans eau courante : [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-003","titre":"Cuisiner sur un feu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","cuisine","braises","marmite","trepied","galets","papillote","combustible"],"sources":["Kephart H., Camping and Woodcraft, 1916 (cuisine au feu de bois)","Aprovecho Research Center, principes des foyers améliorés (rocket stove)","Scouts et Guides de France, techniques de cuisine au feu de bois"],"corps":"::On ne cuisine pas sur les flammes, on cuisine sur les braises. Les flammes noircissent la casserole et brûlent le dessus ; les braises cuisent régulièrement, et on peut s'en approcher.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu de cuisine sert trois usages, qui demandent trois feux différents :\n\n- **faire bouillir** : une flamme vive et concentrée sous le récipient ;\n- **mijoter et griller** : un lit de braises épais et régulier ;\n- **cuire au four** : des braises sous et sur un récipient fermé, ou de la chaleur piégée dans des pierres.\n\n## AGIR\n\n**Le feu en trou de serrure** : un cercle de pierres avec un couloir sur le côté. Le feu brûle dans le cercle ; on tire les braises dans le couloir pour cuisiner. On a en même temps un feu qui produit et un coin qui cuit.\n\n**Poser le récipient**\n\n- **Deux bûches parallèles** ou deux rangées de pierres, le feu entre les deux, la casserole posée dessus.\n- **Un trépied** de trois branches liées en haut, avec une chaîne ou un crochet (un cintre plié, voir [[TEC-MAT-008]]) pour suspendre la marmite et régler la hauteur.\n- **Une grille** de four ou de frigo récupérée, calée sur des pierres.\n\n**Économiser le combustible**\n\n- **Un couvercle, toujours** : l'eau bout beaucoup plus vite et on brûle moitié moins de bois.\n- **Un pare-vent** : trois pierres ou une tôle autour du feu.\n- **Un foyer fusée** (rocket stove), fait de boîtes de conserve ou de briques en L : il brûle des brindilles avec une flamme très chaude et très économe.\n- **La marmite norvégienne** : porter à ébullition, puis enfermer la marmite couverte dans une caisse remplie de couvertures ou de paille ; elle finit de cuire seule pendant des heures, sans feu.\n\n**Cuire sans ustensile**\n\n- **En papillote** dans du papier aluminium, ou dans des feuilles (vigne, chou, bananier) : directement dans les braises.\n- **Sur un bâton** : pain torsadé enroulé, viande et poisson embrochés au-dessus des braises.\n- **Dans la cendre chaude** : pommes de terre, oignons, galettes de pâte posées directement sur les braises tassées, puis brossées.\n- **Sur une pierre plate** chauffée au bord du feu.\n\n## ADAPTER\n\n**Les galets de rivière explosent** : ils contiennent de l'eau qui se vaporise. Choisissez des pierres sèches, prises loin de l'eau, et jamais de silex ni d'ardoise au cœur du feu.\n\n**Le bois résineux** (pin, sapin) donne une fumée noire et un goût de résine : pour la cuisine, du feuillu sec.\n\n**La viande et le poisson** se cuisent **à cœur**, surtout le gibier et le porc : les parasites ne meurent qu'à la chaleur. Voir [[SURV-RES-005]].\n\n**En intérieur** sans cheminée, jamais de feu ni de braises : le monoxyde de carbone tue. Voir [[TEC-CON-010]].\n\nFaire le feu lui-même : [[SURV-FEU-001]] et [[SURV-FEU-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-007","titre":"Stocker l'eau longtemps","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau","stockage","jerrican","chlore","javel","chauffe-eau","reserve","bouteilles"],"sources":["FEMA et Croix-Rouge américaine, Food and Water in an Emergency","Centers for Disease Control and Prevention, Making water safe in an emergency (désinfection au chlore)","Organisation mondiale de la santé, Guidelines for Drinking-water Quality, 4e édition"],"corps":"::De l'eau propre, dans un récipient propre et fermé, à l'abri de la lumière, se garde des mois. Ce qui la gâche, c'est un bidon sale, un bouchon ouvert, le soleil.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'eau elle-même ne « périme » pas. Ce qui se développe, ce sont les microbes et les algues qu'on y a laissés entrer, nourris par la lumière et la chaleur. Et le plastique laisse passer lentement les odeurs et les vapeurs de ce qui est stocké à côté.\n\n## AGIR\n\n**Combien** : au moins **6 litres par personne et par jour**, pour trois jours au minimum, idéalement deux semaines. Voir [[SURV-EAU-006]].\n\n**Dans quoi**\n\n- **Bouteilles du commerce** scellées : la solution la plus simple, qui se garde des années.\n- **Jerricans alimentaires** (souvent bleus), propres, avec bouchon étanche.\n- **Pas de bouteilles de lait** ni de jus : elles se nettoient mal et le plastique se dégrade.\n- **Jamais un bidon qui a contenu** un produit chimique, du carburant ou de la lessive.\n\n**Remplir**\n\n1. Lavez le récipient à l'eau savonneuse, rincez, puis désinfectez : une cuillère à café d'eau de Javel dans un litre d'eau, agitée partout, puis rincée.\n2. Remplissez à l'eau du robinet traitée (déjà chlorée).\n3. Pour une conservation longue, ajoutez **2 gouttes d'eau de Javel ordinaire (sans parfum) par litre**, attendez 30 minutes : une légère odeur de chlore doit rester.\n4. Fermez, **étiquetez avec la date**.\n\n**Où** : au frais, dans le noir, loin des carburants, des produits ménagers et des pesticides. Pas en plein soleil.\n\n**Renouvelez** l'eau du robinet stockée tous les 6 mois ; les bouteilles scellées, selon la date.\n\n## ADAPTER\n\n**Les réserves cachées de la maison**, quand l'eau coupe :\n\n- **Le ballon d'eau chaude** : 100 à 300 litres. Coupez d'abord l'électricité ou le gaz de l'appareil, fermez l'arrivée d'eau froide, ouvrez un robinet d'eau chaude à l'étage pour faire entrer l'air, puis vidangez par le robinet du bas. Laissez tomber les premiers litres chargés de dépôts.\n- **Les canalisations** : ouvrez le robinet le plus haut de la maison, puis récupérez l'eau au robinet le plus bas.\n- **Le réservoir des toilettes**, pas la cuvette, s'il n'y a pas de produit dedans : pour se laver, ou à boire après traitement.\n- **Les glaçons** et le liquide des conserves de légumes.\n\n**Au premier signe de coupure**, remplissez la baignoire : pour les toilettes et la lessive.\n\n**Une eau stockée qui sent ou a un goût** : traitez-la (ébullition ou chlore) avant de la boire, voir [[URG-EAU-001]]. Une eau verte ou gluante ne sert qu'aux toilettes.","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-006","titre":"Combien d'eau il faut, et comment la gérer","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["eau","besoins","rationnement","deshydratation","chaleur","urine","reserve"],"sources":["Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : normes minimales en approvisionnement en eau","Institute of Medicine, Dietary Reference Intakes for Water, 2005","US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur l'eau"],"corps":"::On retrouve régulièrement dans les déserts des corps avec de l'eau dans leur gourde. Ils l'économisaient. On ne rationne pas l'eau qu'on boit : on rationne la sueur.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Ce qu'un adulte boit** : 2 à 3 litres par jour au repos par temps tempéré, **4 à 6 litres et plus** à l'effort ou à la chaleur. La nourriture en apporte une partie ; les aliments secs n'en apportent pas.\n\n**Ce qu'il faut en tout** : les organisations humanitaires comptent **15 litres par personne et par jour** pour boire, cuisiner et se laver dans un camp. 7 à 8 litres permettent de tenir quelques jours en réduisant la toilette au strict minimum.\n\n**Sans boire**, on tient environ trois jours dans des conditions normales, beaucoup moins en pleine chaleur. Les capacités baissent bien avant : à 2 % de perte d'eau, on réfléchit et on marche moins bien.\n\n## AGIR\n\n**Mesurer, pas deviner**\n\n- **La couleur des urines** : jaune clair, ça va ; foncé, il faut boire ; très foncé et rare, c'est urgent.\n- **La soif arrive tard**, surtout chez les personnes âgées et les enfants : proposez à boire régulièrement.\n\n**Réduire les pertes au lieu de réduire les gorgées**\n\n- **Restez à l'ombre** aux heures chaudes, travaillez et marchez tôt le matin, le soir ou la nuit.\n- **Couvrez-vous** : manches longues légères, chapeau. La peau nue au soleil perd plus d'eau.\n- **Respirez par le nez**, parlez peu à l'effort.\n- **Ne mangez pas beaucoup quand l'eau manque**, surtout de la viande et des aliments salés : les digérer demande de l'eau.\n- **Pas d'alcool, pas de café en quantité.**\n\n**Quand l'eau est comptée**\n\n- **Buvez quand vous avez soif**, par petites quantités régulières plutôt que tout d'un coup.\n- **Gardez une réserve** pour la fin, mais ne tombez pas d'épuisement avec une gourde pleine.\n- **Priorité** : les enfants, les malades, ceux qui travaillent dur.\n\n## ADAPTER\n\n**Diarrhée, vomissements, fièvre** : les besoins explosent. Réhydratation salée et sucrée, voir [[TEC-SAN-011]].\n\n**Grand froid** : on a moins soif, mais on se déshydrate quand même (air sec, effort). Faire fondre de la neige coûte beaucoup de combustible : ne la mangez pas telle quelle, elle refroidit le corps.\n\n**Jamais d'eau de mer, jamais d'urine** : leur sel déshydrate plus qu'il n'hydrate. Voir [[TEC-CON-008]].\n\n**Trouver et rendre potable** : [[SURV-EAU-005]] et [[URG-EAU-001]]. **Stocker** : [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-002","titre":"Dormir au chaud avec peu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["couchage","froid","isolation","sol","sac de couchage","nuit","abri"],"sources":["Norme EN ISO 23537 (températures de confort et limite des sacs de couchage)","Forgey W., Wilderness Medicine, chapitre sur le froid et la perte de chaleur","US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual"],"corps":"::La nuit, on perd sa chaleur par le sol bien plus que par l'air. Un bon sac de couchage posé à même la terre gèle son occupant. Dix centimètres de feuilles sèches dessous changent tout.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps perd sa chaleur de quatre façons : **par contact** avec le sol froid (le plus important quand on est allongé), par le **vent**, par le **rayonnement** vers le ciel dégagé, et par l'**humidité** (vêtements mouillés, sueur, condensation).\n\nUn duvet écrasé sous le poids du corps n'isole plus rien : **c'est ce qu'il y a sous vous qui compte le plus**.\n\n## AGIR\n\n**Sous soi, d'abord**\n\n- **Un matelas en mousse** ou gonflable isolant.\n- **À défaut** : 20 à 30 cm de **feuilles mortes, d'aiguilles, de branches de sapin, de paille ou de fougères sèches**, qui se tasseront à une dizaine de centimètres. Des cartons empilés, des journaux, un sac à dos vide, des vêtements.\n- **Jamais directement** sur la pierre, le béton ou la terre gelée.\n\n**Autour de soi**\n\n- **Coupez le vent** : dormez derrière un mur, un rocher, une bâche tendue, dans une tente ou un abri. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Un toit bas**, même une bâche, arrête le rayonnement vers le ciel : les nuits claires sont les plus froides.\n- **Un petit volume** se réchauffe : un abri juste assez grand pour s'allonger.\n\n**Sur soi**\n\n- **Des vêtements secs pour dormir**, toujours. Gardez un change sec au fond du sac pour la nuit.\n- **Un bonnet** et des chaussettes sèches.\n- **Ne vous couvrez pas le visage** dans le sac : l'humidité de la respiration mouille l'isolant.\n\n**Avant de dormir**\n\n- **Mangez**, surtout du gras et du sucre : le corps a besoin de carburant pour chauffer la nuit.\n- **Bougez** quelques minutes pour être chaud en entrant dans le sac. On ne réchauffe pas un sac en y entrant froid.\n- **Une gourde d'eau chaude**, bien fermée, dans le sac, contre le ventre ou entre les cuisses.\n- **Allez aux toilettes** : se réveiller pour sortir dans le froid coûte cher.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas de sac de couchage** : empilez tout ce qui est sec et gonflant (couvertures, vêtements, feuilles sèches dans un grand sac poubelle), et dormez à plusieurs, serrés : c'est la plus vieille technique du monde.\n\n**La couverture de survie** coupe le vent et renvoie une partie de la chaleur, mais elle retient l'humidité : placez-la au-dessus d'une couche isolante, pas collée à la peau toute la nuit.\n\n**Réveil glacé à 4 heures** : mangez quelque chose, faites quelques flexions dans le sac, rajoutez une couche sous vous plutôt que dessus.\n\n**Les températures des sacs** : la température de confort est celle où l'on dort bien ; la limite est celle où l'on tient en boule sans dormir. Choisissez sur le confort.\n\nChauffer une pièce entière : [[TEC-CON-012]]. Le froid qui devient dangereux : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-003","titre":"Le compost","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["compost","dechets","sol","fertilite","jardin","carbone","azote","humus"],"sources":["ADEME, Le compostage domestique (guide pratique)","Cornell Waste Management Institute, Composting Fact Sheets","Jenkins J., The Humanure Handbook, 4e édition"],"corps":"::Un tas de compost, c'est une usine qui transforme les déchets en terre fertile, gratuitement, avec des milliards d'ouvriers invisibles. Il ne demande que deux choses : le bon mélange, et de l'air.::\n\n## Le principe\n\nDes bactéries, des champignons, des vers et des insectes mangent la matière organique et la transforment en **humus**, une terre sombre qui nourrit les plantes et retient l'eau. Ils ont besoin de trois choses :\n\n- **un mélange de « brun » et de « vert »** ;\n- **de l'humidité**, comme une éponge essorée ;\n- **de l'air**, sinon tout pourrit et sent mauvais.\n\n## Le mélange\n\n| Les « verts », riches en azote | Les « bruns », riches en carbone |\n|---|---|\n| Épluchures, restes de légumes et de fruits | Feuilles mortes, paille, foin sec |\n| Tontes de gazon fraîches | Carton brun et papier journal déchirés |\n| Marc de café, sachets de thé | Petites branches broyées, copeaux, sciure non traitée |\n| Fumier, fientes de poules | Tiges sèches, coquilles de noix |\n\n**La règle simple : à peu près autant de bruns que de verts en volume**, et toujours une couche de bruns par-dessus les restes de cuisine.\n\n**Pas dans le compost** : viande, poisson, os, produits laitiers (ils attirent les rats), plantes malades, mauvaises herbes montées en graines, cendres de charbon, litières de chats et de chiens, bois traité.\n\n## Le faire\n\n1. **Un tas d'au moins un mètre cube**, ou un bac en palettes : assez gros pour chauffer.\n2. **Des couches alternées**, bruns et verts, en commençant par des branches au sol pour l'aération.\n3. **Arrosez** si c'est sec, **ajoutez des bruns** si c'est mouillé et que ça sent.\n4. **Retournez** le tas toutes les quelques semaines : l'air relance le travail.\n5. **Couvrez** d'une bâche ou d'un carton contre la pluie battante.\n\nUn tas bien fait chauffe à 50 ou 60 °C au cœur en quelques jours, ce qui tue beaucoup de graines et de germes. Le compost est **mûr en 6 à 12 mois** : sombre, grumeleux, il sent la terre de forêt, et on n'y reconnaît plus rien.\n\n## Diagnostiquer\n\n- **Ça sent l'œuf pourri ou l'ammoniac** : trop de verts, trop d'eau, pas assez d'air. Ajoutez des bruns, retournez.\n- **Rien ne se passe** : trop sec ou trop de bruns. Arrosez, ajoutez des verts.\n- **Des rats** : il y a de la viande ou du pain, ou les restes ne sont pas couverts.\n- **Des mouches** : couvrez chaque apport de cuisine d'une couche de bruns.\n\n## Les astuces des jardiniers\n\n- **Un tas qui fume en hiver** est un tas qui marche.\n- **Les vers de compost** (petits vers rouges) arrivent seuls dans un tas posé sur la terre : ne le posez pas sur du béton.\n- **Le compost se met en surface**, au pied des plantes, en quelques centimètres : il n'a pas besoin d'être enfoui. Voir [[TEC-SOL-001]].\n- **L'urine** diluée (un volume pour dix d'eau) est un excellent activateur, riche en azote, et parfaitement sûre sur un tas.\n- **Les excréments humains** se compostent aussi, mais à part, pendant au moins un an, et le compost qui en sort va aux arbres, pas aux légumes. Voir [[TEC-CON-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-016","titre":"Manger assez avec peu","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ration","calories","proteines","gras","rationnement","pauvrete","cereales","legumineuses"],"sources":["PAM, HCR et OMS, Food and Nutrition Needs in Emergencies, 2002 (2 100 kcal par personne et par jour)","FAO, Human energy requirements, 2004","FAO et OMS, Protein and amino acid requirements in human nutrition, 2007"],"corps":"::Nourrir un groupe avec peu, c'est un problème de calories d'abord, de protéines ensuite, et de vitamines toujours. Le reste, c'est du goût, et le goût compte aussi.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Environ 2 100 kcal par personne et par jour** : c'est le chiffre qu'utilisent les organisations humanitaires pour planifier une ration de survie. Plus pour un travail physique dur ou par grand froid (3 000 et plus), moins pour un enfant.\n- **Des protéines** : environ 10 à 12 % de l'énergie, soit 50 à 70 g par jour pour un adulte.\n- **Du gras** : au moins 15 à 20 % de l'énergie. Il apporte 9 kcal par gramme, deux fois plus que le sucre et l'amidon, et les vitamines A, D, E, K ne passent qu'avec lui.\n\n## Les calories les moins chères\n\n| Aliment | Énergie pour 100 g |\n|---|---|\n| Huile | 900 kcal |\n| Beurre, saindoux | 720 à 900 kcal |\n| Arachides, noix | 550 à 650 kcal |\n| Sucre | 400 kcal |\n| Farine, riz, pâtes, flocons d'avoine (secs) | 350 à 380 kcal |\n| Lentilles, pois, haricots (secs) | 330 à 350 kcal |\n| Pommes de terre | 80 kcal |\n\nRiz, farine, huile et sucre sont presque partout les calories les moins chères au monde. Les légumineuses sont **la protéine la moins chère**.\n\n## Les combinaisons qui marchent\n\n- **Céréale et légumineuse** ensemble : riz et lentilles, maïs et haricots, pain et pois chiches. Elles se complètent et donnent des protéines presque aussi bonnes que la viande.\n- **Un peu de gras dans chaque plat** : il rend la ration rassasiante et nourrissante.\n- **Des légumes ou des fruits, même peu**, pour les vitamines. Voir [[TEC-ALI-013]].\n- **Les abats et les os** : foie, cœur, bouillon d'os. Nutritifs et souvent dédaignés.\n\n## Répartir quand il n'y a pas assez\n\n- **Les enfants, les femmes enceintes ou qui allaitent, les malades** d'abord : ils sont les premiers touchés et les plus fragiles.\n- **Ceux qui travaillent dur** ont besoin de plus : c'est aussi l'intérêt du groupe.\n- **Moins d'effort, moins de froid** : chaque degré de chaleur conservé et chaque effort évité économise de la nourriture.\n- **Partager de façon visible et juste**, à heures fixes : la faim ronge d'abord la confiance. Voir [[SURV-SOC-002]].\n\n## Ce que le corps encaisse\n\nUn adulte en bonne santé a des réserves pour plusieurs semaines : un kilo de graisse corporelle, c'est environ 7 700 kcal. Manger moins pendant quelque temps affaiblit mais ne tue pas ; **manquer d'eau**, en revanche, tue en quelques jours. Voir [[SURV-EAU-006]]. Après une longue période de privation, on ne reprend pas n'importe comment : [[TEC-ALI-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-015","titre":"Protéger ses réserves des rongeurs et des insectes","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["reserves","rongeurs","souris","rats","charancons","mites alimentaires","stockage","congelation"],"sources":["FAO, Manuel de manutention et de stockage des grains dans les petites exploitations","Kansas State University, Stored Product Insects : control in the home","Organisation mondiale de la santé, Rodent control in emergencies"],"corps":"::Une souris passe par un trou de la taille d'un crayon. Un sac de riz en papier dans un placard, c'est un restaurant ouvert. Les réserves se protègent par le contenant, pas par l'espoir.::\n\n## Les rongeurs\n\n- **Une souris passe par un trou de 6 à 7 mm**, un jeune rat par 12 mm. S'ils y passent la tête, ils y passent le corps.\n- **Ils rongent** le carton, le plastique fin, le bois, les sacs. Ils ne rongent pas le **verre**, le **métal**, le plastique épais et dur.\n- **Contenants** : bocaux en verre, boîtes métalliques, fûts et seaux alimentaires épais à couvercle serré.\n- **Rangement** : sur des étagères, **pas contre le sol ni contre les murs**, avec un espace pour voir les crottes et passer le balai.\n- **Propreté** : pas de miettes ni de grains renversés, pas de nourriture pour animaux ouverte à côté.\n- **Pièges** le long des murs, là où ils circulent : ils longent toujours les parois.\n\n## Les insectes\n\n**Charançons, mites alimentaires (petits papillons, toiles dans la farine), vers de farine** : ils arrivent souvent déjà dans le sac, sous forme d'œufs.\n\n- **Congelez les nouveaux achats** de farine, riz, semoule, légumineuses : **4 jours à −18 °C** tuent les œufs. Sans congélateur, un passage au four doux (60 °C pendant une demi-heure) pour de petites quantités.\n- **Bocaux et boîtes hermétiques** : un insecte qui éclot dans un bocal fermé ne contamine pas le reste.\n- **Inspectez** : toiles, grains collés, petits trous dans les grains, poudre au fond du sac.\n- **Un stock infesté** se trie : au tamis, on retire les insectes et les grains attaqués, et on congèle le reste. Quelques charançons ne rendent pas le riz dangereux ; le goût change, pas la sécurité.\n\n## Le stockage long\n\n- **Sacs aluminisés et absorbeurs d'oxygène** dans des seaux : sans oxygène, les insectes meurent et les graisses rancissent moins. Riz et pâtes se gardent ainsi des décennies.\n- **La terre de diatomée alimentaire**, mélangée au grain, abîme la carapace des insectes. Elle se retire au rinçage.\n- **Au sec** : au-dessus de 60 à 70 % d'humidité, les moisissures et les insectes prospèrent. Un bon grenier est sec et aéré.\n\n## Les astuces de meunier\n\n- **Les feuilles de laurier** dans la farine sont surtout une tradition : elles gênent un peu les insectes, sans les empêcher.\n- **Un chat** reste le meilleur piège à souris autonome de l'histoire.\n- **Tournez les stocks** : premier entré, premier sorti. Un stock qui bouge se surveille. Voir [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-014","titre":"Renourrir après une famine","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["famine","renutrition","syndrome de renutrition","jeune","denutrition","thiamine"],"sources":["NICE, Nutrition support for adults, clinical guideline CG32 (syndrome de renutrition)","Organisation mondiale de la santé, Management of severe malnutrition: a manual for physicians, 1999","Keys A. et al., The Biology of Human Starvation (expérience du Minnesota), 1950"],"corps":"::En 1945, dans les camps libérés, des soldats ont donné toute leur nourriture aux survivants affamés. Beaucoup en sont morts dans les jours qui ont suivi. Un corps qui a eu faim longtemps doit être renourri lentement, sinon c'est la nourriture qui le tue.::\n\n## Le danger : le syndrome de renutrition\n\nAprès une longue période sans manger ou presque (plus de cinq jours, et surtout des semaines), le corps a vidé ses réserves de certains minéraux (phosphore, potassium, magnésium) et de vitamine B1. Quand on lui redonne brusquement beaucoup de nourriture, surtout du sucre, il les consomme d'un coup pour relancer sa machine. Leur taux dans le sang s'effondre : **le cœur peut lâcher, les muscles, la respiration, le cerveau aussi**, dans les jours qui suivent.\n\n**Les plus à risque** : ceux qui n'ont presque rien mangé depuis plus de 10 jours, ceux qui ont perdu beaucoup de poids, les personnes très maigres, les alcooliques, les personnes âgées.\n\n## Renourrir lentement\n\n- **Commencer petit** : environ **un quart à la moitié** des besoins normaux les premiers jours (de l'ordre de 500 à 1 000 kcal par jour pour un adulte), puis augmenter progressivement sur **une semaine**.\n- **Des petits repas fréquents**, cinq ou six par jour, plutôt que deux gros.\n- **Pas trop de sucre au début** : des bouillons, des soupes de légumes et de légumineuses, des céréales, un peu de lait, d'œufs, de viande.\n- **De la vitamine B1** (thiamine) avant et pendant la reprise si elle est disponible, et des aliments riches en minéraux : légumes, légumineuses, lait, viande.\n- **Boire**, mais sans excès soudain.\n\n## Les signes d'alerte\n\nGonflement des jambes, essoufflement, cœur qui s'emballe, grande faiblesse, confusion, convulsions dans les jours qui suivent la reprise : **arrêter d'augmenter, revenir à de petites quantités, et chercher un soignant**.\n\n## Ce que la faim fait à la tête\n\nUne expérience menée en 1944 sur des volontaires affamés pendant six mois l'a montré : la faim rend obsédé par la nourriture, irritable, apathique, méfiant. Les capacités de décision baissent. **Ces effets durent des semaines après la reprise**. En groupe, il faut en tenir compte : on ne prend pas de décision importante le ventre vide, et on partage de façon visible et juste. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## Les enfants\n\nChez un enfant très amaigri, la renutrition se fait avec des laits thérapeutiques spéciaux et un suivi médical : c'est l'un des traitements les plus délicats de la médecine humanitaire. En attendant, petites quantités, souvent, et l'allaitement continué.\n\nCe que le corps consomme : [[TEC-ALI-001]]. Les carences qui accompagnent la faim : [[TEC-ALI-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-013","titre":"Les carences","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["carences","scorbut","beriberi","pellagre","vitamine c","vitamine a","iode","nutrition"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Scurvy and its prevention and control in major emergencies, 1999","Organisation mondiale de la santé, Pellagra and its prevention and control in major emergencies, 2000","Organisation mondiale de la santé, Thiamine deficiency and its prevention and control in major emergencies, 1999"],"corps":"::On peut manger à sa faim et tomber malade quand même. Les marins du XVIIIe siècle mouraient du scorbut avec des cales pleines de biscuits. Une ration qui tient au ventre n'est pas forcément une ration qui tient en vie.::\n\n## Pourquoi ça arrive\n\nQuand on mange des mois durant les mêmes aliments secs (céréales blanches, farine, riz, maïs, conserves), il manque ce que seuls apportent les aliments frais et variés. Les carences arrivent en quelques semaines ou mois, lentement, et se confondent au début avec la fatigue.\n\n## Les grandes carences\n\n| Carence | Qui | Signes | Ce qui la prévient |\n|---|---|---|---|\n| **Vitamine C : le scorbut** | Régimes sans produits frais, 1 à 3 mois | Fatigue, gencives qui saignent, bleus, plaies qui ne guérissent pas, douleurs | Fruits, légumes frais, pommes de terre, graines germées, aiguilles de pin en infusion |\n| **Vitamine B1 : le béribéri** | Riz blanc presque seul, alcoolisme | Fourmillements, faiblesse des jambes, œdèmes, cœur qui lâche | Céréales complètes, légumineuses, porc |\n| **Vitamine B3 : la pellagre** | Maïs presque seul | Les « 4 D » : dermatite au soleil, diarrhée, démence, décès | Légumineuses, arachides, viande, poisson, et maïs nixtamalisé |\n| **Vitamine A** | Enfants, régimes sans légumes colorés | Mal à voir la nuit, yeux secs, infections | Carottes, courges, feuilles vertes, foie, lait |\n| **Iode** | Loin de la mer, sans sel iodé | Goitre, fatigue, retards chez l'enfant | Sel iodé, poisson, algues |\n| **Fer** | Femmes, enfants, végétariens stricts | Pâleur, essoufflement, fatigue | Viande, foie, légumineuses, feuilles vertes |\n| **Vitamine D** | Enfants sans soleil | Rachitisme, os mous | Soleil sur la peau, poisson gras, foie de morue |\n\n## Les astuces qui sauvent\n\n- **Faire germer des graines** : lentilles, pois, blé, luzerne, radis. Trempées une nuit, rincées deux fois par jour, elles donnent en trois à cinq jours des pousses **riches en vitamine C**, là où il n'y en avait pas. C'est le potager de l'hiver et des caves.\n- **Les aiguilles d'épicéa ou de pin** en infusion (pas celles de l'if, toxique) apportent de la vitamine C : les bûcherons et les marins canadiens buvaient de la bière d'épinette contre le scorbut.\n- **Le cynorrhodon**, fruit de l'églantier, en contient énormément. Voir [[TEC-ALI-007]].\n- **Nixtamaliser le maïs** : le cuire avec de la chaux ou de la cendre de bois, comme les peuples d'Amérique centrale, libère la vitamine B3 qu'il contient. C'est ce qui a manqué aux paysans européens qui ont adopté le maïs sans la recette, et qui ont souffert de pellagre pendant deux siècles.\n- **Manger tout l'animal** : le foie apporte vitamines A, B, fer ; les os mijotés du calcium.\n- **Mélanger céréales et légumineuses** : riz et lentilles, maïs et haricots. Les deux se complètent pour les protéines.\n\n## Soigner une carence\n\nLe traitement, c'est l'aliment ou la vitamine qui manque. Le scorbut se corrige en quelques jours de vitamine C ; les carences nerveuses (B1, B3) plus lentement, et laissent parfois des séquelles. C'est pourquoi on les prévient, au lieu de les soigner.\n\nCe que le corps consomme en général : [[TEC-ALI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-012","titre":"Le pain au levain, sans levure du commerce","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pain","levain","farine","fermentation","four","cocotte","galette"],"sources":["Calvel R., Le goût du pain, Éditions Jérôme Villette","Gänzle M., Enzymatic and bacterial conversions during sourdough fermentation, Food Microbiology, 2014","Hamelman J., Bread: A Baker's Book of Techniques and Recipes, Wiley"],"corps":"::Le levain, c'est de la farine et de l'eau qu'on laisse vivre. Les levures sauvages qui sont déjà dans la farine et dans l'air font le reste. Avec lui, on fait du pain pour toujours sans jamais acheter de levure.::\n\n## Faire naître un levain (5 à 7 jours)\n\n1. **Jour 1** : 50 g de farine (complète ou de seigle, c'est plus rapide) et 50 g d'eau tiède non chlorée, dans un bocal. Mélangez, couvrez d'un linge, laissez à 20-25 °C.\n2. **Jours 2 à 7** : chaque jour, **jetez la moitié** et ajoutez 50 g de farine et 50 g d'eau.\n3. Au bout de quelques jours, il **double de volume** en 4 à 8 heures après le repas, fait des bulles et sent **l'acidulé, la pomme ou le yaourt**. Il est prêt.\n\nAu début, il peut sentir fort (acétone, fromage) : continuez, les bonnes levures prennent le dessus.\n\n## Le pain de base\n\n- **500 g de farine**\n- **330 à 350 g d'eau**\n- **100 à 150 g de levain actif** (au moment où il a doublé)\n- **10 g de sel**\n\n1. Mélangez farine et eau, laissez reposer 30 minutes (la pâte devient plus souple toute seule).\n2. Ajoutez le levain et le sel, pétrissez 10 minutes, ou faites 4 séries de rabats (étirer la pâte et la replier sur elle-même) espacées de 30 minutes.\n3. **Laissez pousser** : 4 à 6 heures à 24 °C, 8 à 12 heures au frais. La pâte gonfle d'environ la moitié.\n4. **Façonnez** une boule serrée, posez-la dans un saladier fariné, laissez encore 1 à 3 heures.\n5. **Cuisez** à four très chaud, 240 °C, 40 à 45 minutes, avec de la vapeur au début (un bol d'eau dans le four). Il est cuit quand le dessous sonne creux.\n\n## Sans four\n\n- **Une cocotte en fonte** avec couvercle, posée dans les braises, avec des braises sur le couvercle : le meilleur four de fortune. Voir [[SURV-FEU-003]].\n- **Des galettes** de la même pâte, étalées fines, cuites à la poêle ou sur une pierre chaude.\n\n## Garder son levain\n\n- **À température ambiante**, on le nourrit chaque jour. **Au frais**, une fois par semaine.\n- **Le chef** : gardez toujours un morceau de la pâte ou du levain pour la fournée suivante.\n- **Séché** : étalé en couche fine sur un papier, séché à l'air, puis émietté, il se garde des mois dans un bocal. Réhydraté avec un peu d'eau et de farine, il repart en quelques jours. C'est la meilleure assurance, et ça se donne aux voisins.\n\n## Les astuces de boulanger\n\n- **Le pain au levain se garde** une semaine et plus, bien plus longtemps qu'un pain à la levure : l'acidité ralentit les moisissures.\n- **Il se digère mieux** : la longue fermentation prédigère une partie de l'amidon et du gluten.\n- **Pas de farine de blé** : le seigle, l'épeautre, le sarrasin (en mélange) et même le maïs donnent des pains plus denses mais nourrissants.\n- **L'eau chlorée** du robinet ralentit le démarrage : laissez-la reposer une nuit à l'air libre, ou faites-la bouillir.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-011","titre":"Le froid sans frigo","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["froid","frigo","evaporation","cave","silo","conservation","zeer","oeufs"],"sources":["Practical Action, Evaporative cooling : zeer pot et chambres de refroidissement","Kader A. (dir.), Postharvest Technology of Horticultural Crops, University of California","USDA, stockage des légumes racines en cave et en silo"],"corps":"::Pendant des millénaires, on a gardé la nourriture au frais sans électricité : la terre, l'eau qui s'évapore, la nuit et l'hiver. Ces techniques marchent encore, et certaines font baisser la température de dix degrés avec un pot en terre et du sable.::\n\n## Ce qui n'a pas besoin de froid\n\nOn range d'abord au frais seulement ce qui en a vraiment besoin.\n\n- **Œufs non lavés** (ceux d'Europe ne sont pas lavés) : plusieurs semaines à température fraîche.\n- **Beurre** : quelques jours à couvert, plus s'il est salé ou clarifié.\n- **Fromages à pâte dure**, saucissons secs, légumes racines, pommes de terre, oignons, courges, pommes, agrumes.\n- **Tout ce qui est en conserve, séché, salé ou fumé.** Voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## L'évaporation : le frigo du désert\n\nQuand de l'eau s'évapore, elle emporte de la chaleur.\n\n**Le pot dans le pot (zeer)**\n\n1. Un grand pot en terre cuite non vernie, un plus petit à l'intérieur.\n2. Du **sable mouillé** entre les deux.\n3. Les aliments dans le petit pot, **un linge mouillé** par-dessus.\n4. À l'ombre, dans un courant d'air. On remouille le sable une ou deux fois par jour.\n\nPar temps sec, l'intérieur descend de **10 °C ou plus** sous la température de l'air. Des légumes qui tiennent deux jours au soleil tiennent deux semaines. En climat humide, l'effet est bien plus faible.\n\n**Plus simple** : une bouteille enveloppée d'un linge mouillé, suspendue au vent, refroidit son contenu de plusieurs degrés.\n\n## La terre : le frigo qui ne coupe jamais\n\nÀ un ou deux mètres sous terre, la température reste à peu près celle de la moyenne annuelle du lieu : **10 à 13 °C en France**, été comme hiver.\n\n- **La cave** : légumes racines dans du sable humide, pommes sur des claies, à l'obscurité.\n- **Le silo de jardin** : un trou garni de paille, les légumes racines en tas, recouverts de paille puis de terre, avec une cheminée de paille pour l'aération. Ils passent l'hiver.\n- **Un seau enterré** jusqu'au couvercle, à l'ombre, garde au frais le beurre ou les boissons.\n\n## L'eau courante\n\nUne source ou un ruisseau reste frais toute l'année. Les anciennes maisons de source gardaient le lait dans des bacs traversés par l'eau froide. Un sac étanche lesté dans un ruisseau à l'ombre fait pareil pour quelques bouteilles.\n\n## L'hiver et la nuit\n\n- **Dehors en hiver**, une caisse fermée, à l'abri des animaux, à l'ombre, sur le rebord nord d'une fenêtre, fait un réfrigérateur.\n- **La neige et la glace** stockées dans un trou isolé de paille ou de sciure tenaient jusqu'à l'été dans les glacières d'autrefois.\n- **L'air de la nuit** : une caisse sortie le soir et rentrée à l'aube, bien isolée, garde une partie de la fraîcheur.\n\nUne coupure de courant avec un frigo plein : [[SURV-CRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-010","titre":"Reconnaître un aliment gâté","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["aliment gate","moisissure","viande","poisson","oeufs","conserves","intoxication","regle des deux heures"],"sources":["USDA Food Safety and Inspection Service, Leftovers and Food Safety et The Danger Zone","ANSES, fiches sur les dangers microbiologiques des aliments","Agence européenne de sécurité des aliments, Bacillus cereus et intoxications liées au riz"],"corps":"::Le nez détecte les aliments pourris, pas les aliments dangereux. La salmonelle, la listeria et le staphylocoque ne sentent rien. Il faut juger sur le temps et la température, pas seulement sur l'odeur.::\n\n## La règle qui compte le plus : le temps chaud\n\nLes bactéries dangereuses se multiplient vite **entre 4 et 60 °C**. Un aliment périssable (viande, poisson, lait, œufs, plats cuisinés, riz et pâtes cuits) resté **plus de deux heures** à température ambiante, **une heure** au-dessus de 32 °C, **se jette**, même s'il a l'air parfait.\n\n## Aliment par aliment\n\n- **Viande** : odeur aigre ou soufrée, surface gluante, couleur grise ou verdâtre. La viande hachée s'abîme bien plus vite qu'un morceau entier.\n- **Poisson** : odeur d'ammoniac, chair molle qui garde l'empreinte du doigt, yeux ternes et creux, ouïes brunes. Frais, il sent la mer, pas le poisson.\n- **Œufs** : cassez-les un par un dans un bol avant de les mélanger ; une odeur de soufre ne trompe pas. Un œuf qui flotte dans l'eau est vieux (sa poche d'air a grandi), pas forcément mauvais : on le casse et on le sent.\n- **Lait et laitages** : caillé aigre, gonflement du pot, goût amer.\n- **Pain, fruits, fromages frais, confitures** : **une moisissure visible, on jette tout** ; ses filaments ont déjà envahi l'intérieur. Sur un **fromage à pâte dure** ou un salami sec, on peut couper largement, 2 à 3 cm autour.\n- **Riz et pâtes cuits** : une bactérie du riz survit à la cuisson et fabrique une toxine que le réchauffage ne détruit pas. **Refroidissez vite et mangez dans la journée**, ou jetez.\n- **Conserves** : boîte bombée, fuyante, rouillée au niveau des soudures, cabossée sur le joint, ou qui gicle à l'ouverture : on jette sans goûter. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## Ce qui ne marche pas\n\n- **Goûter pour voir** : quelques bouchées suffisent pour certaines intoxications.\n- **Cuire plus fort un plat douteux** : certaines toxines résistent à la chaleur.\n- **Se fier à la date seule** : une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au ») sur la viande ou le poisson se respecte ; une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant ») sur les pâtes, le riz ou les conserves, beaucoup moins.\n\n## Les astuces de cuisine collective\n\n- **Les restes** vont au frais dans les deux heures, en petites boîtes peu profondes qui refroidissent vite, et se mangent dans les trois jours.\n- **Réchauffer à cœur**, jusqu'à ce que ça fume, une seule fois.\n- **Des planches et des couteaux séparés** pour la viande crue et ce qui se mange cru.\n- **Quand plusieurs personnes tombent malades en même temps**, pensez au dernier repas commun, et gardez-en un échantillon au froid si possible.\n\nUne diarrhée qui suit : [[TEC-SAN-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-009","titre":"Le botulisme","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botulisme","conserves","toxine","bocaux","paralysie","miel","sterilisation"],"sources":["Santé publique France, botulisme : données et recommandations","Centers for Disease Control and Prevention, Botulism : home-canned foods","USDA, Complete Guide to Home Canning, 2015"],"corps":"::Le botulisme est rare, mais c'est l'intoxication alimentaire qui tue le plus sûrement. Sa toxine n'a souvent ni odeur, ni goût, ni aspect. Le seul moyen de s'en protéger, c'est de faire les conserves correctement.::\n\n## Ce que c'est\n\nUne bactérie du sol, *Clostridium botulinum*, forme des **spores** très résistantes, présentes sur les légumes, la terre, la poussière. Placées dans un milieu **sans oxygène, peu acide, humide, à température ambiante**, elles germent et fabriquent une **toxine** qui paralyse les nerfs. C'est le poison le plus puissant connu.\n\n**Les situations à risque**\n\n- **Les conserves maison de légumes peu acides** (haricots verts, asperges, petits pois, champignons), de viande, de poisson, stérilisées à la casserole au lieu d'une vraie stérilisation.\n- **L'ail, les herbes ou les légumes dans l'huile**, gardés à température ambiante.\n- **Le jambon et les salaisons** artisanales mal salés.\n- **Le poisson fermenté, séché ou fumé** de façon artisanale.\n- **Le miel chez les bébés de moins d'un an** : jamais de miel avant un an, les spores peuvent germer dans leur intestin.\n\n## Les signes\n\nEntre 12 et 72 heures après le repas, sans fièvre : **vision double ou floue**, **paupières qui tombent**, **bouche sèche**, difficulté à **avaler et à parler**, puis une paralysie qui descend vers les bras, le thorax et la respiration. **C'est une urgence absolue : le 15.** Un antidote existe à l'hôpital, et une assistance respiratoire.\n\n## Se protéger\n\n- **Les aliments acides** (fruits, tomates avec du citron, confitures, cornichons au vinaigre) se stérilisent sans risque au bain-marie : l'acidité empêche les spores de germer.\n- **Les aliments peu acides** demandent **une stérilisation sous pression** (autoclave), à 115-121 °C : l'eau bouillante ne tue pas les spores. Voir [[TEC-ALI-005]].\n- **La toxine, elle, est détruite par la chaleur** : faire bouillir 10 minutes un contenu douteux avant de le goûter la neutralise. C'est la règle de sécurité des conserves maison de légumes.\n\n## Jeter sans goûter\n\n- **Couvercle bombé**, bocal qui a perdu son vide, boîte gonflée.\n- Contenu qui **gicle** ou mousse à l'ouverture.\n- Odeur anormale, liquide trouble, moisissure.\n\nJetez **sans goûter**, sans faire goûter aux animaux, dans un sac fermé, et lavez à l'eau de Javel ce qui a touché le contenu. **Mais un bocal normal peut aussi contenir la toxine** : d'où la stérilisation correcte et l'ébullition avant consommation des conserves maison peu acides.\n\nLes autres signes d'aliments gâtés : [[TEC-ALI-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-008","titre":"Les réserves alimentaires","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["reserves","stock","riz","legumineuses","conserves","huile","rotation","duree de conservation"],"sources":["FEMA et Croix-Rouge américaine, Food and Water in an Emergency","Utah State University Extension, Food Storage : shelf life of long-term storage foods","USDA Food Safety and Inspection Service, Shelf-Stable Food Safety"],"corps":"::Une réserve qui sert, c'est une réserve qu'on mange et qu'on remplace. Des sacs oubliés dix ans au fond d'une cave, c'est une réserve de charançons.::\n\n## Combien\n\nUn adulte a besoin d'environ **2 000 à 2 500 kcal par jour**, soit à peu près **un demi-kilo d'aliments secs** (céréales, légumineuses, sucre, huile). Visez d'abord **deux semaines** pour tout le foyer, puis un mois, puis plus si vous en avez les moyens et la place.\n\n**Deux semaines pour un adulte**, par exemple :\n\n| Aliment | Quantité |\n|---|---|\n| Riz, pâtes, semoule | 5 kg |\n| Lentilles, pois chiches, haricots secs | 2 kg |\n| Flocons d'avoine | 1 kg |\n| Huile | 1 litre |\n| Sucre, miel | 1 kg |\n| Conserves de légumes, de poisson, de viande | 14 boîtes |\n| Lait en poudre, fruits secs, noix, chocolat | 1 à 2 kg |\n| Sel, épices, café ou thé | selon habitudes |\n\n## Ce qui se garde, et combien de temps\n\n| Aliment | Conservation au sec, au frais |\n|---|---|\n| Sel, sucre, miel | Presque sans limite |\n| Riz blanc, pâtes | Plusieurs années ; des décennies en sac scellé sans oxygène |\n| Légumineuses sèches | Plusieurs années (vieilles, elles cuisent de plus en plus mal) |\n| Flocons d'avoine | 1 à 2 ans, plus sous vide |\n| Farine blanche | Environ un an ; complète, quelques mois (elle rancit) |\n| Conserves | Des années au-delà de la date, si la boîte est intacte |\n| Huile | 1 à 2 ans, fermée, à l'abri de la lumière |\n| Noix, graines, riz complet | Quelques mois : leurs graisses rancissent |\n\n## Les règles\n\n- **Stockez ce que vous mangez déjà.** Un changement brutal de nourriture en pleine crise fatigue le ventre et le moral.\n- **Premier entré, premier sorti** : les nouveaux achats derrière, on consomme devant. Une étiquette avec la date d'achat.\n- **Au frais, au sec, dans le noir.** Chaleur et humidité divisent les durées.\n- **Des contenants fermés** contre les rongeurs et les insectes. Voir [[TEC-ALI-015]].\n- **De quoi cuire** : un réchaud et son combustible, un ouvre-boîte manuel. Des lentilles sans feu ne nourrissent personne. Voir [[SURV-REC-020]].\n\n## Les astuces de ceux qui stockent depuis longtemps\n\n- **Les légumineuses** cuisent deux fois plus vite après une nuit de trempage : c'est aussi deux fois moins de combustible.\n- **Les graines à germer** (lentilles, luzerne, radis) donnent en trois jours des pousses fraîches riches en vitamine C, là où il n'y a plus de légumes. Voir [[TEC-ALI-013]].\n- **Le gras est la ressource la plus rare** en crise longue : huile, beurre clarifié, conserves de poisson gras. Voir [[TEC-ALI-001]].\n- **Un peu de réconfort** (chocolat, café, bonbons pour les enfants) pèse peu et vaut beaucoup les jours difficiles.\n- **L'eau d'abord** : une réserve de nourriture sans eau ne sert à rien. Voir [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-020","titre":"L'entretien d'une voiture qui compte","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["entretien","voiture","huile","liquide de refroidissement","courroie de distribution","pneus","freins"],"sources":["Carnets d'entretien constructeurs (intervalles de vidange et de distribution)","Bosch, Automotive Handbook","Automobile Club, fiches de contrôle avant départ"],"corps":"::Une voiture ne tombe presque jamais en panne sans prévenir. Cinq minutes de contrôle par mois voient venir la plupart des pannes, et une seule pièce, la courroie de distribution, peut détruire un moteur si on l'oublie.::\n\n## Chaque mois, cinq minutes\n\n1. **Le niveau d'huile**, moteur froid, voiture à plat : la jauge sortie, essuyée, replongée, ressortie. Le niveau entre les deux repères. Un moteur qui boit de l'huile s'use ou fuit.\n2. **Le liquide de refroidissement**, dans le vase d'expansion, **moteur froid uniquement**, entre mini et maxi.\n3. **Le liquide de frein** : un niveau qui baisse signale une fuite ou des plaquettes très usées.\n4. **La pression des pneus**, à froid, et un coup d'œil à l'usure et aux flancs. Voir [[TEC-MEC-010]].\n5. **L'éclairage et les essuie-glaces.**\n\n## Ce qui a un intervalle\n\n| Élément | Intervalle courant |\n|---|---|\n| Vidange de l'huile et filtre | 10 000 à 30 000 km ou 1 à 2 ans, selon le carnet |\n| Filtre à air | À chaque vidange ou deux |\n| Plaquettes de frein | 30 000 à 60 000 km, selon la conduite |\n| Liquide de frein | Tous les 2 ans (il absorbe l'humidité) |\n| Courroie de distribution | 60 000 à 240 000 km, ou un nombre d'années, **selon le moteur** |\n| Batterie | 4 à 6 ans |\n\n## La courroie de distribution\n\nElle synchronise les pistons et les soupapes. Sur beaucoup de moteurs, **si elle casse, les pistons frappent les soupapes et le moteur est détruit**. Elle ne prévient pas. Son remplacement se fait au kilométrage ou à l'âge indiqué dans le carnet, **le premier atteint**. Sur une voiture d'occasion sans facture de distribution, on la change.\n\nCertains moteurs ont une **chaîne** à la place, prévue pour durer beaucoup plus longtemps : le carnet le dit.\n\n## Les signes qui préviennent\n\n- **Freins qui grincent ou sifflent** : témoins d'usure des plaquettes. **Bruit de métal contre métal** : il n'y a plus de garniture.\n- **La voiture tire d'un côté** : pression des pneus, géométrie, ou frein qui colle.\n- **Fumée bleue** : le moteur brûle de l'huile. **Blanche et épaisse, sucrée** : il brûle du liquide de refroidissement, joint de culasse probable. **Noire** : trop de carburant.\n- **Sifflement au démarrage** : courroie d'accessoires qui patine.\n\n## Les astuces de garagiste\n\n- **Notez tout** dans un carnet (date, kilométrage, ce qui a été fait). C'est ce qui permet de savoir où on en est quand plus aucun garage n'est ouvert.\n- **Gardez de quoi faire l'appoint** : un litre de la bonne huile, du liquide de refroidissement, du liquide lave-glace.\n- **Une voiture qui dort longtemps** : réservoir plein (moins de condensation), batterie débranchée ou sur mainteneur de charge, pneus un peu surgonflés.\n- **Les voyants et leur sens** : [[TEC-MEC-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-019","titre":"Conduire sur la neige et le verglas","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["neige","verglas","conduite","hiver","freinage","derapage","chaines","pneus hiver"],"sources":["Sécurité routière, conduire en hiver","Code de la route et obligations d'équipement hivernal en zones de montagne (loi Montagne II)","Automobile Club, techniques de conduite sur routes glissantes"],"corps":"::Sur le verglas, une voiture freine sur une distance jusqu'à dix fois plus longue qu'au sec. Tout ce qu'on fait brusquement, on le paie. On conduit comme s'il y avait un œuf entre le pied et la pédale.::\n\n## Avant de partir\n\n- **Pneus hiver** ou toutes saisons marqués du flocon, dès que la température descend sous 7 °C : leur gomme reste souple. **Des chaînes** dans le coffre en montagne, montées une fois à la maison pour savoir faire.\n- **Déneigez tout** : toit, vitres, phares. La neige du toit glisse sur le pare-brise au premier freinage.\n- **Dans la voiture** : couverture, pelle, gants, lampe, eau, de quoi grignoter, téléphone chargé.\n\n## Rouler\n\n- **Doucement et en douceur** : démarrer, tourner, freiner, accélérer, tout avec progressivité.\n- **Démarrer en seconde** (boîte manuelle) : les roues patinent moins.\n- **Multiplier les distances** : au moins trois fois plus qu'au sec sur la neige, bien plus sur le verglas.\n- **Anticiper le freinage**, freiner en ligne droite avant le virage, jamais dedans.\n- **Les ponts et les zones à l'ombre** gèlent en premier, avant la route autour.\n- **Verglas noir** : une route qui paraît simplement mouillée par grand froid, sans bruit d'eau sous les pneus, est peut-être gelée.\n\n## Si ça glisse\n\n- **Avec ABS** : freinez fort et tenez la pédale, en regardant et en dirigeant là où vous voulez aller. La pédale vibre, c'est normal.\n- **Sans ABS** : freinez par petites pressions répétées pour que les roues ne se bloquent pas.\n- **L'arrière chasse** : regardez là où vous voulez aller et tournez le volant **dans ce sens**, sans excès, pied levé.\n- **L'avant glisse tout droit en virage** : relâchez l'accélérateur, réduisez un peu l'angle du volant pour que les roues retrouvent de l'adhérence.\n\n## Bloqué dans la neige\n\n- **Restez dans la voiture** : elle abrite et se voit. On se perd à quelques mètres dans une tempête de neige.\n- **Dégagez le pot d'échappement** avant de faire tourner le moteur, et faites-le tourner **environ dix minutes par heure**, une fenêtre entrouverte, pour vous chauffer. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Un tissu voyant** à l'antenne ou à la vitre, les feux la nuit quand le moteur tourne.\n- **Bougez** dans l'habitacle pour garder la chaleur, et buvez.\n\nSortir d'une ornière : [[TEC-MEC-016]]. Le froid qui devient dangereux : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-018","titre":"Lever et déplacer une charge lourde","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["levier","rouleaux","calage","palan","cric","charge","manutention","sauvetage"],"sources":["INRS, manutention manuelle de charges (ED 6161)","FEMA, Urban Search and Rescue : techniques de levage et de calage","Newton et Archimède, lois du levier (voir la fiche des machines simples)"],"corps":"::Les pyramides ont été montées sans moteur. Un levier, des rouleaux, un plan incliné et des cales permettent à deux personnes de déplacer ce qu'aucune ne soulèverait. La seule règle absolue : on ne met jamais une partie de son corps sous une charge qui n'est pas calée.::\n\n## Le levier\n\nUn levier multiplie la force par le rapport de ses longueurs : avec une barre de 2 m et un appui à 20 cm de la charge, la force est multipliée par environ 9. Une barre à mine, une poutre, un tube d'acier, sur un appui solide (pierre, bille de bois). Voir [[TEC-MAC-001]].\n\n## Lever et caler : la méthode des sauveteurs\n\nC'est ainsi qu'on soulève une dalle, une voiture ou une machine, même pour dégager quelqu'un :\n\n1. **Soulevez un peu**, avec un levier ou un cric.\n2. **Calez tout de suite** : glissez une cale (planche, morceau de bois dur) sous la charge.\n3. **Reposez sur la cale**, reprenez l'appui plus haut, soulevez encore, calez encore.\n4. **Les cales s'empilent en croisillons**, comme un feu de bois en cabane, deux par deux, jamais en pile instable.\n\n**Tout ce qui monte descend sur des cales**, jamais dans le vide. Un cric glisse, un levier dérape : la cale est là pour ça.\n\n## Déplacer\n\n- **Les rouleaux** : trois tubes ou rondins sous la charge, et on reprend celui qui sort à l'arrière pour le remettre devant. Une personne pousse, une autre replace les rouleaux.\n- **Le plan incliné** : une rampe de planches pour monter une charge dans un camion ou sur un mur. Plus elle est longue, moins il faut de force.\n- **Glisser** : une charge sur une plaque de métal, une porte, une bâche épaisse, tirée sur un sol lisse ou mouillé.\n- **Le palan** : chaque brin de corde supplémentaire qui porte la charge divise l'effort. Deux poulies bien montées font déjà un rapport de 2 à 4.\n\n## Porter sans se casser le dos\n\n- **La charge contre le corps**, jambes pliées, dos droit, on se relève avec les jambes.\n- **On ne tourne pas le dos en portant** : on déplace les pieds.\n- **À plusieurs, une seule personne compte** et donne le signal : « à trois, on lève ».\n- **Au-delà de 25 kg** par personne, on cherche un outil, un chariot, un autre porteur.\n\n## Les astuces de ceux qui manipulent du lourd\n\n- **Jamais sous une voiture tenue par un cric** : des chandelles, des cales de bois dur, ou des roues posées à plat sous le bas de caisse.\n- **Un sac de sable, une bouteille d'eau** ou une chambre à air gonflée peuvent servir de coussin de levage de fortune, pour les premiers centimètres.\n- **Une corde enroulée plusieurs fois autour d'un arbre** freine une charge qui descend : la friction retient bien plus que les bras.\n- **Sortir quelqu'un de sous une charge** : lever, caler, dégager, sans jamais retirer les cales avant qu'il soit sorti. Voir [[URG-SEC-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-017","titre":"La tronçonneuse","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tronconneuse","abattage","chaine","affutage","rebond","securite","bois","melange deux-temps"],"sources":["INRS, travaux d'abattage et utilisation de la tronçonneuse (ED 6231)","Stihl et Husqvarna, manuels d'utilisation et guides de l'affûtage","Office national des forêts, règles d'abattage directionnel"],"corps":"::La tronçonneuse est l'outil le plus utile après une tempête, et l'un des plus dangereux qui existent. Presque tous les accidents graves viennent d'un seul phénomène : le rebond. Qui le connaît évite l'essentiel.::\n\n## Le rebond\n\nQuand **le quart supérieur du bout du guide** touche le bois, la chaîne s'y accroche et projette la tronçonneuse **vers le haut et vers l'arrière**, vers le visage et le cou, plus vite qu'aucun réflexe.\n\n- **Ne coupez jamais avec le bout du guide.**\n- **Les deux mains** sur les poignées, pouces refermés, toujours.\n- **Jamais au-dessus des épaules.**\n- **Le frein de chaîne** (la garde devant la poignée) doit fonctionner : testez-le à chaque démarrage.\n\n## La tenue\n\nPantalon ou jambières **anti-coupure** (leurs fibres bloquent la chaîne), casque avec visière et protection auditive, gants, chaussures de sécurité. **Un pantalon ordinaire ne protège de rien.**\n\n## Faire marcher la machine\n\n- **Le mélange** d'un moteur deux-temps : essence et huile deux-temps, en général **2 %** (50 pour 1, soit 20 ml d'huile par litre). Sans huile, le moteur casse en minutes. Le mélange se garde quelques semaines ; le mélange alkylate du commerce, des années.\n- **L'huile de chaîne**, à chaque plein : une chaîne sèche chauffe, s'use et casse.\n- **Démarrer posée au sol**, frein de chaîne serré, le pied dans la poignée arrière. Jamais en la lançant en l'air.\n- **La tension de chaîne** : elle doit tourner à la main (gants) et revenir contre le guide, sans pendre sous le guide. Se retend moteur arrêté, à froid.\n\n## Affûter\n\nUne chaîne qui fait de la sciure fine au lieu de copeaux est émoussée. On affûte avec une **lime ronde du diamètre adapté à la chaîne** (4 à 5,5 mm selon les chaînes), à environ **30 degrés**, chaque dent le même nombre de passes, en poussant vers l'extérieur. Une chaîne bien affûtée tire toute seule dans le bois ; une chaîne émoussée oblige à forcer, et forcer provoque les accidents. Voir [[TEC-MEC-005]].\n\n## Abattre un arbre, le principe\n\n1. **Regardez** : penchant naturel, branches mortes au-dessus (elles tombent pendant la coupe), vent, obstacles.\n2. **Préparez deux chemins de fuite**, à 45 degrés en arrière de la direction de chute.\n3. **L'entaille de direction**, du côté où l'arbre doit tomber : environ un quart à un tiers du diamètre.\n4. **Le trait d'abattage**, de l'autre côté, un peu plus haut que la base de l'entaille, **en laissant une charnière** d'environ un dixième du diamètre. C'est elle qui guide l'arbre.\n5. Quand il part : **retirez-vous par le chemin de fuite**, sans lui tourner le dos.\n\n## Ce que savent les bûcherons\n\n- **Le bois sous tension** (arbre plié par la tempête, branche coincée sous un tronc) peut se détendre d'un coup et frapper à la vitesse d'un coup de batte. On le libère par petites entailles, du côté comprimé d'abord, en se tenant hors de sa trajectoire.\n- **Jamais seul**, et quelqu'un qui sait faire un garrot. Une coupure de tronçonneuse saigne énormément. Voir [[URG-HEMO-001]].\n- **Un arbre mort debout** lâche ses branches à la moindre vibration : on ne s'en approche pas avec une tronçonneuse sans expérience.\n- **La fatigue tue** : on s'arrête avant d'être épuisé, et on ne coupe pas quand on a froid aux mains.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-016","titre":"Sortir d'un enlisement","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["enlisement","boue","sable","neige","pneus","degonfler","tractage","4x4"],"sources":["Manuels de franchissement tout-terrain (Land Rover Experience, Toyota Land Cruiser Owner's Guide)","US Army, FM 21-305 Manual for the Wheeled Vehicle Driver","Retours d'expérience des guides sahariens et des clubs de franchissement"],"corps":"::La première chose qui enlise une voiture, c'est le conducteur qui accélère. Une roue qui patine creuse son propre trou. On lâche l'accélérateur, on sort, on regarde.::\n\n## D'abord : arrêter de creuser\n\n- **Dès que les roues patinent, lâchez l'accélérateur.** Chaque seconde de plus enfonce la voiture.\n- **Redressez les roues** : des roues braquées poussent la boue ou le sable au lieu de rouler dessus.\n- **Sortez regarder** : qu'est-ce qui bloque ? Une roue qui patine dans le vide, le bas de caisse posé, une ornière trop profonde ?\n\n## Les gestes qui sortent de presque tout\n\n1. **Dégagez devant les roues motrices**, sur la longueur d'une roue au moins, dans le sens où vous voulez partir, et sous le bas de caisse s'il touche.\n2. **Donnez de l'accroche** sous les roues : tapis de sol, branches, cartons, planches, pierres plates, sable ou gravier, et en hiver de la litière pour chat.\n3. **Dégonflez les pneus** dans le sable ou la boue molle : autour de **1 à 1,2 bar**, la surface de contact s'allonge et la voiture flotte. **Regonflez avant de reprendre la route**, et roulez doucement tant que ce n'est pas fait.\n4. **Repartez en douceur**, en seconde sur une boîte manuelle, pour que les roues tournent lentement.\n5. **Le balancement** : avant, arrière, avant, en douceur, pour profiter de l'élan et agrandir la trace. Pas de coups d'accélérateur.\n\n## Se faire tirer\n\n- **Accrochez aux anneaux de remorquage** prévus (souvent vissés, rangés avec la roue de secours), jamais au pare-chocs ni à la suspension.\n- **Une sangle** plutôt qu'une chaîne ; une sangle dynamique (qui s'étire) pour un vrai arrachage.\n- **Personne près de la sangle** : une sangle ou un crochet qui cède part comme une fronde. Posez un blouson ou un sac lesté sur le milieu de la sangle pour amortir si elle casse.\n- La voiture tirée **aide en roulant doucement**, au signal convenu.\n\n## Les astuces de piste\n\n- **Dans le sable**, on s'arrête toujours dans une descente ou sur le plat dur, jamais en montée : on repart plus facilement.\n- **Dans la neige**, les chaînes se montent **avant** d'être bloqué. Entraînez-vous une fois à la maison, au sec.\n- **Un cric et une planche** : on soulève la roue, on comble le trou dessous avec des pierres et des branches, on repose. Lent, mais ça sort de tout. Jamais le corps sous une voiture sur cric. Voir [[TEC-MEC-018]].\n- **Un tapis de désensablement** (plaques rigides) vaut tous les efforts : c'est l'équipement qui sort le plus de voitures au monde.\n- **Seul et bloqué loin de tout** : restez avec la voiture, qui se voit de loin et vous abrite. Voir [[URG-PERDU-001]].\n\nRouler sur la neige et le verglas sans se retrouver bloqué : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-015","titre":"Les voyants du tableau de bord","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["voyant","tableau de bord","huile","temperature","batterie","freins","moteur","panne"],"sources":["Norme ISO 2575, symboles des commandes et indicateurs des véhicules routiers","Manuels constructeurs, signification des témoins","Automobile Club, guides de dépannage"],"corps":"::Un voyant rouge veut dire : arrêtez-vous maintenant. Orange : faites vérifier bientôt. Vert ou bleu : c'est juste une information. Un voyant rouge ignoré dix minutes coûte parfois un moteur.::\n\n## Rouge : on s'arrête\n\n| Voyant | Ce que c'est | Que faire |\n|---|---|---|\n| **Burette d'huile** | Pression d'huile trop basse | **Coupez le moteur tout de suite.** Il peut serrer en quelques minutes. Vérifiez le niveau d'huile moteur froid. |\n| **Thermomètre dans l'eau** | Moteur en surchauffe | Arrêtez-vous, coupez le moteur. **N'ouvrez jamais le bouchon du radiateur chaud** : le liquide bouillant jaillit. |\n| **Batterie** | L'alternateur ne charge plus | Coupez tout ce qui consomme (clim, radio, chauffage de lunette), roulez jusqu'à un lieu sûr : il reste environ une demi-heure à une heure de batterie. |\n| **Point d'exclamation dans un cercle** | Frein à main serré, ou liquide de frein trop bas | Frein desserré et le voyant reste : n'utilisez plus la voiture avant vérification. |\n| **Volant** | Direction assistée en panne | Le volant devient très dur, surtout à l'arrêt. Roulez prudemment jusqu'à l'arrêt. |\n\n## Orange : on fait vérifier\n\n- **Moteur (contour de bloc)** : défaut du moteur ou de la dépollution. **S'il clignote**, ralentissez et évitez d'accélérer fort : un cylindre ne brûle plus, et l'essence non brûlée détruit le catalyseur.\n- **ABS** : les freins marchent, mais les roues peuvent se bloquer en freinage d'urgence.\n- **Airbag** : les coussins ne se déclencheront peut-être pas.\n- **Pression des pneus** : un pneu se dégonfle. Arrêtez-vous et regardez. Voir [[SURV-REC-024]].\n- **Spirale (diesel)** : préchauffage. Attendez qu'il s'éteigne avant de démarrer à froid ; s'il clignote en roulant, défaut à faire vérifier.\n\n## Les astuces de mécanicien\n\n- **Surchauffe en roulant, sans pouvoir s'arrêter tout de suite** : mettez **le chauffage au maximum**, ventilation à fond, fenêtres ouvertes. Le radiateur de chauffage évacue une partie de la chaleur du moteur. Ça gagne quelques kilomètres.\n- **Au démarrage, tous les voyants s'allument** une ou deux secondes : c'est un test. Un voyant qui ne s'allume jamais au démarrage peut avoir une ampoule grillée qui cache une panne.\n- **Une flaque sous la voiture** dit d'où vient la panne : vert, rose ou orange au goût sucré, c'est le liquide de refroidissement (toxique pour les animaux) ; brun ou noir, l'huile ; rouge, la boîte ou la direction ; **clair et un peu huileux près d'une roue, le liquide de frein : on ne roule plus**.\n- **Une odeur** aide aussi : brûlé sucré (liquide de refroidissement), huile chaude, caoutchouc (courroie qui patine), œuf pourri (catalyseur).\n\nLes niveaux à vérifier régulièrement : [[TEC-MEC-020]]. Une voiture qui ne démarre pas : [[TEC-MEC-014]] et [[SURV-REC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-014","titre":"La batterie de voiture et le démarrage","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["batterie","voiture","demarrage","cables","pinces","alternateur","poussette","12 volts"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (batteries de démarrage)","Battery Council International, Battery Service Manual","Manuels constructeurs : démarrage avec une batterie auxiliaire"],"corps":"::Une voiture qui ne démarre pas le matin a presque toujours une batterie faible. Deux câbles, une autre voiture et le bon ordre des pinces règlent l'affaire en cinq minutes. Le mauvais ordre fait sauter une batterie au visage.::\n\n## Lire la batterie\n\nUne batterie au plomb de 12 volts se lit au multimètre, moteur arrêté depuis quelques heures :\n\n| Tension | État |\n|---|---|\n| 12,6 V et plus | Pleine |\n| 12,4 V | Environ 75 % |\n| 12,2 V | Environ la moitié |\n| Moins de 12 V | Déchargée |\n\n**Moteur tournant**, on doit lire **13,8 à 14,5 V** : c'est l'alternateur qui recharge. Moins de 13 V, il ne charge plus. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Ce que le démarreur vous dit\n\n- **Clic-clic-clic**, voyants qui faiblissent : batterie trop faible.\n- **Rien du tout**, pas même les voyants : cosse desserrée ou oxydée, ou batterie à plat complètement.\n- **Le démarreur tourne mais le moteur ne part pas** : ce n'est pas la batterie. Voir [[SURV-REC-019]].\n\n## Démarrer avec des câbles\n\n1. Les deux voitures moteur coupé, sans se toucher.\n2. **Rouge sur le + de la batterie à plat.**\n3. **Rouge sur le + de la batterie qui aide.**\n4. **Noir sur le − de la batterie qui aide.**\n5. **Noir sur une partie métallique nue du moteur en panne**, loin de la batterie (un support, un boulon) : une batterie peut dégager de l'hydrogène, et l'étincelle du dernier branchement ne doit pas se faire à côté.\n6. Démarrez la voiture qui aide, laissez-la tourner deux à trois minutes, puis démarrez l'autre.\n7. **Débranchez dans l'ordre inverse**, sans laisser les pinces se toucher, et laissez tourner la voiture réparée au moins vingt minutes.\n\n## Démarrer en poussant\n\nSeulement pour une **boîte manuelle** : contact mis, **deuxième vitesse**, embrayage enfoncé, on pousse jusqu'à 10 km/h environ, puis on **relâche l'embrayage d'un coup**. Le moteur part, on réembraye aussitôt. Impossible avec une boîte automatique et la plupart des hybrides.\n\n## Les astuces de dépanneur\n\n- **Des cosses blanches ou vertes** (oxydation) : un mélange d'eau et de bicarbonate de soude les nettoie en moussant, puis on rince, on sèche, on resserre. Beaucoup de « batteries mortes » n'étaient que des cosses sales.\n- **Le froid** fait perdre une grande partie de sa puissance à une batterie. Une batterie rentrée au chaud la nuit démarre mieux le matin, par grand froid.\n- **Une batterie dure 4 à 6 ans.** Au-delà, elle lâche sans prévenir au premier gel.\n- **Une batterie de voiture est une réserve d'énergie** : avec un convertisseur, elle alimente des lampes LED, recharge des téléphones et une radio. Ne la videz pas sous la moitié si vous voulez encore démarrer. Voir [[TEC-ENE-014]].\n- **L'électrolyte est de l'acide sulfurique** : gants et lunettes pour manipuler une batterie abîmée, et rinçage à grande eau en cas de projection.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-030","titre":"Réparer sans pièce détachée","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["reparation","fil de fer","ruban adhesif","collier","colle","epoxy","bricolage","depannage"],"sources":["Retours de terrain des mécaniciens de brousse et des équipages de rallye-raid","Fiches techniques des adhésifs cyanoacrylates et des pâtes époxy bicomposant","Lipson H., Kurman M., Fabricated (réparation et fabrication locales)"],"corps":"::Les réparations de fortune qui tiennent ont trois ingrédients : du fil de fer, du ruban adhésif et des colliers. Le reste, c'est comprendre pourquoi la pièce a cassé, pour que la réparation ne casse pas au même endroit.::\n\n## COMPRENDRE\n\nAvant de réparer, **trouvez la cause** : une durite qui fuit parce qu'un collier s'est desserré, un fil coupé parce qu'il frottait, une pièce cassée parce qu'elle vibrait. Réparer sans supprimer la cause, c'est réparer deux fois.\n\n## AGIR\n\n**Le kit qui répare presque tout**\n\n- **Fil de fer** recuit, souple, en rouleau : ligaturer, attacher, suspendre, fixer un pot d'échappement.\n- **Ruban adhésif renforcé** (le gris toilé) : boucher, maintenir, protéger, isoler. Il tient mal au froid et sur une surface grasse : nettoyez et chauffez un peu avant de le poser.\n- **Colliers de serrage** en plastique (serre-câbles) et **colliers métalliques à vis** : ils serrent plus fort qu'aucune main.\n- **Pâte époxy bicomposant** : on malaxe, on bouche un trou dans un réservoir, un carter, un tuyau ; elle durcit en une heure comme du métal.\n- **Colle cyanoacrylate** (colle forte) **et bicarbonate de soude** : une goutte de colle, une pincée de bicarbonate, encore une goutte : ça durcit en quelques secondes en un plastique dur qu'on peut limer. On reconstruit un bout de plastique cassé, un clip, une dent d'engrenage.\n- **Chambre à air découpée** : des élastiques géants, un joint, un manchon.\n\n**Quelques réparations classiques**\n\n- **Durite qui fuit** : ruban adhésif serré en spirale, bien au-delà du trou, puis deux colliers par-dessus. Laissez le bouchon du circuit légèrement desserré pour faire baisser la pression, et roulez doucement.\n- **Fil électrique coupé** : dénuder, torsader, isoler au ruban. Mieux : souder. Voir [[SURV-REC-007]].\n- **Pièce métallique fendue** : une attelle, un bout de tôle ou de fer plat de chaque côté, serré avec du fil de fer ou des colliers.\n- **Boulon arraché** : un boulon plus long avec un écrou derrière, ou du fil de fer à travers le trou.\n- **Filetage abîmé** : du ruban de plombier (téflon) ou un fil de cuivre enroulé dans le filetage redonne de la prise pour quelque temps.\n- **Cale** : une tôle de canette découpée rattrape un jeu dans un collier, un palier, un axe.\n\n## ADAPTER\n\n**Une courroie cassée** : un collant noué serré, sur un moteur simple, fait parfois quelques kilomètres pour rejoindre un abri. C'est un dépannage de légende qui marche mal sur les voitures modernes, et jamais pour une courroie de distribution.\n\n**Plus de ruban adhésif** : du tissu enroulé et imprégné de colle, de la résine de pin chauffée, de la chambre à air tendue et ligaturée.\n\n**Réparation qui chauffe** (échappement, moteur) : pas de plastique, pas de ruban : fil de fer, colliers métalliques, tôle, pâte réfractaire.\n\n**Faire durer la réparation** : notez-la, surveillez-la chaque jour, et remplacez par une vraie pièce dès que possible. Le fil de fer de brousse finit toujours par casser au pire moment.\n\nAssembler proprement : [[TEC-MEC-001]]. Démonter ce qui est grippé : [[SURV-REC-011]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-029","titre":"Récupérer dans une casse ou un garage","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["casse","garage","pieces auto","batterie","fusibles","durites","airbag","ceinture"],"sources":["INRS, démontage des véhicules hors d'usage et risques associés","Manuels de désincarcération des sapeurs-pompiers (airbags, véhicules hybrides et électriques)","Guides de mécanique automobile (standards de fusibles, filetages de bougies, courroies)"],"corps":"::Une casse, c'est un magasin de pièces détachées dont personne ne tient la caisse. Certaines pièces se montent sur presque tout ce qui roule ; d'autres ne vont que sur un seul modèle. Savoir lesquelles, c'est gagner des heures.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes pièces d'une voiture se classent en deux familles :\n\n- **Les pièces universelles**, standardisées entre marques : fusibles, ampoules, batteries, durites et colliers, visserie, pneus d'une même taille, bougies d'un même filetage, huile, liquides.\n- **Les pièces spécifiques** : alternateurs, démarreurs, pompes, calculateurs, courroies de distribution. Elles ne vont que sur le même moteur ou la même famille de moteurs.\n\n## AGIR\n\n**Ce qui se monte sur presque tout**\n\n- **Les batteries de 12 volts** (vérifiez la taille et le sens des bornes). Voir [[TEC-MEC-014]].\n- **Les fusibles à lame** et les ampoules, identiques d'une marque à l'autre.\n- **Les durites, les colliers de serrage, le fil électrique, les cosses.**\n- **Les pneus** de même dimension. Voir [[TEC-MEC-010]].\n- **Les liquides** : huile, liquide de refroidissement, lave-glace, liquide de frein.\n\n**Ce qui sert ailleurs qu'en voiture**\n\n- **Les ceintures de sécurité** : une sangle qui tient plus d'une tonne, pour tirer, lever, attacher.\n- **Les sièges** : mousse pour s'isoler du sol ou rembourrer.\n- **Les rétroviseurs** : pour signaler. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Les ventilateurs, pompes et lampes en 12 V**, les autoradios, les prises allume-cigare : tout un réseau électrique à remonter sur une batterie. Voir [[SURV-ENE-001]].\n- **Le câblage** : du cuivre, des connecteurs, des relais.\n- **Les vitres** : une serre, un distillateur solaire.\n\n**Les outils à emporter** : clés plates et à douilles de 8 à 19 mm, tournevis, pince, cutter, dégrippant, lampe frontale, gants.\n\n## ADAPTER\n\n**Les airbags non déclenchés** peuvent se déclencher pendant un démontage. Débranchez la batterie et **attendez plusieurs minutes** avant de toucher au volant, au tableau de bord, aux sièges ou aux montants : ne coupez jamais près d'un module d'airbag (volant, montants marqués « airbag » ou « SRS »).\n\n**Les véhicules hybrides et électriques** : **jamais toucher aux câbles orange**, en haute tension, ni ouvrir une batterie de traction.\n\n**Les réservoirs** : vidangez avant de découper quoi que ce soit, jamais de meuleuse ou de chalumeau près d'un réservoir, même vide : les vapeurs explosent.\n\n**Les voitures empilées** : on ne monte pas dessus, on ne travaille pas sous une voiture qui n'est pas calée. Voir [[TEC-MEC-018]].\n\n**Commencez par les épaves les plus récentes** : pièces moins usées, liquides encore bons.\n\nCe qu'on démonte sur un véhicule entier : [[SURV-REC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-028","titre":"Récupérer dans une ferme","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ferme","atelier","gazole non routier","semences","medicaments veterinaires","silo","fosse a lisier","animaux"],"sources":["MSA (Mutualité sociale agricole), prévention des risques en exploitation agricole : silos, fosses, gaz","INRS, espaces confinés et risques d'asphyxie","Guides de bonnes pratiques vétérinaires en élevage"],"corps":"::Une ferme est une petite ville autonome : du carburant, un atelier, du grain, des semences, des médicaments, de l'eau, des animaux. Elle a aussi deux pièges qui tuent chaque année des agriculteurs : le silo et la fosse à lisier.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne exploitation agricole garde des stocks pour des mois : c'est sa façon de fonctionner. Elle est aussi pleine de machines lourdes, de produits chimiques et d'animaux qu'on ne connaît pas.\n\n## AGIR\n\n**Ce qu'on y trouve**\n\n- **Le carburant** : une cuve de gazole non routier (souvent teinté en rouge), parfois des milliers de litres. Il fait tourner les diesels et les groupes. Voir [[SURV-REC-026]].\n- **L'atelier** : poste à souder, meuleuse, perceuse à colonne, étau, clés de toutes tailles, graisse, huile, fil de fer, boulonnerie. Souvent le meilleur atelier à des kilomètres. Voir [[TEC-MEC-001]].\n- **Le grain** : blé, orge, avoine, maïs pour les bêtes, c'est aussi de la farine pour les humains, une fois trié, lavé et moulu.\n- **Les semences** de la prochaine saison, en sacs : l'avenir en graines. Voir [[TEC-AGR-002]].\n- **Les médicaments vétérinaires** : antibiotiques, antiparasitaires, désinfectants, seringues, aiguilles, fils de suture, bandes, en grands conditionnements.\n- **L'eau** : puits, forage, citernes, abreuvoirs, pompes.\n- **Le foin et la paille** : isolant, litière, couchage, combustible d'allumage.\n- **Le matériel de clôture** : piquets, fil barbelé, grillage, électrificateurs de clôture à batterie ou solaires.\n\n## ADAPTER\n\n**Ne descendez jamais dans une fosse à lisier**, ni dans une cuve, un puits ou une cave à fumier : les gaz qui s'en dégagent (dont le sulfure d'hydrogène) tuent en quelques respirations, et tuent aussi celui qui descend chercher le premier. Chaque année, des sauveteurs improvisés meurent ainsi.\n\n**N'entrez jamais dans un silo à grain** qui contient du grain : le grain se dérobe comme du sable mouvant et ensevelit en quelques secondes. Et un silo fermé peut manquer d'oxygène.\n\n**Les produits phytosanitaires** (pesticides, herbicides) : fermés dans leur local, on n'y touche pas sans savoir. Les engrais se stockent au sec, loin de tout carburant et de toute source de chaleur.\n\n**Les animaux abandonnés** : les vaches à traire souffrent terriblement si personne ne les trait, les bêtes enfermées meurent de soif. Ouvrir les barrières vers un pré avec de l'eau, ou s'en occuper, c'est aussi garder une ressource vivante. Voir [[TEC-ELE-001]].\n\n**Le taureau, le verrat, la vache qui vient de mettre bas** : dangereux. On n'entre pas dans leur enclos.\n\n**Une ferme encore exploitée** : l'agriculteur est la ressource. Son savoir, ses machines et ses terres nourriront plus de monde qu'un pillage. Voir [[TEC-MET-001]] et [[SURV-TROC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-027","titre":"Récupérer dans une maison","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["maison","fouille","grenier","garage","reserves cachees","piles","eau","livres"],"sources":["FEMA, Urban Search and Rescue : méthodes de recherche systématique","Retours d'expérience des sinistres et des zones évacuées (après séismes et inondations)"],"corps":"::Une maison contient bien plus que ce qu'on voit en ouvrant les placards de la cuisine. Les vraies ressources sont dans le chauffe-eau, dans les jouets des enfants, au fond du garage et sur l'étagère des livres.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes gens rangent les choses selon leur usage quotidien, pas selon leur valeur en crise. Ce qui vaut le plus en situation difficile (eau, énergie, outillage, savoir) est souvent **rangé loin**, oublié, ou caché dans des objets.\n\nAvant tout : la sécurité du bâtiment, le gaz, les occupants éventuels. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Méthode** : une pièce après l'autre, de haut en bas, de gauche à droite, en marquant les pièces faites (une croix à la craie sur la porte).\n\n**Là où personne ne regarde**\n\n- **Le chauffe-eau** : 100 à 300 litres d'eau. Le **réservoir des toilettes** aussi. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **Le tiroir à bazar** de la cuisine ou de l'entrée : piles, bougies, briquets, ficelle, ruban adhésif, lampe de poche, élastiques.\n- **Les chambres d'enfants** : piles dans les jouets, **talkies-walkies**, lampes, petites batteries, jeux de société pour tenir le moral.\n- **Les détecteurs de fumée** : une pile 9 V chacun.\n- **Le grenier** : matériel de camping (tente, duvets, réchaud), vieux vêtements chauds, couvertures, valises, outils anciens.\n- **Le garage et l'abri de jardin** : outils, bâches, cordes, jerricans, essence de la tondeuse, huile, pompe à vélo, chambres à air, brouette, semences, engrais, batterie de voiture.\n- **Sous l'évier** : seaux, gants, eau de Javel (désinfection de l'eau), sacs poubelle.\n- **L'armoire de toilette** : médicaments, pansements, thermomètre. Voir [[TEC-SAN-009]].\n- **Le fond du cellier et du congélateur coffre** : conserves oubliées, sucre, sel, farine.\n- **Les vieux téléphones et ordinateurs** dans les tiroirs : chargeurs, câbles, batteries. Voir [[SURV-REC-021]].\n\n**La bibliothèque**\n\n**Les livres pratiques** (bricolage, jardinage, cuisine, secourisme, guides de plantes et de champignons, cartes routières, atlas) sont une ressource de premier ordre quand plus rien n'est en ligne. Prenez-les avant les objets lourds.\n\n## ADAPTER\n\n**Transporter** : un sac de sport, une valise à roulettes, une brouette, un caddie. Voir [[SURV-REC-011]].\n\n**Ce qui ne se prend pas** : ce qui n'a pas d'usage ni de valeur d'échange, et tout ce qui est trop lourd pour ce que ça rapporte.\n\n**Une maison encore habitée ou dont les propriétaires reviendront** : ce n'est pas une ressource, c'est une maison. On frappe, on demande, on échange.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-026","titre":"Récupérer dans une station-service","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["station-service","carburant","cuve enterree","pompe manuelle","essence","gazole","electricite statique"],"sources":["INRS, stockage et manipulation des liquides inflammables (ED 6135)","Arrêté du 18 avril 2008 relatif aux réservoirs enterrés de liquides inflammables","API RP 2003, Protection Against Ignitions Arising Out of Static, Lightning, and Stray Currents"],"corps":"::Sans électricité, les pompes d'une station ne donnent plus une goutte. Mais sous le béton, il reste souvent des dizaines de milliers de litres, dans des cuves qu'on peut atteindre par une trappe et vider à la main.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe carburant d'une station est stocké dans des **cuves enterrées** de plusieurs dizaines de mètres cubes, sous la piste. Chaque cuve a :\n\n- **une trappe de remplissage** (dépotage), sous une plaque métallique au sol, où le camion-citerne se branche ;\n- **un tube d'évent** qui monte en hauteur ;\n- **une trappe de visite** au-dessus de la cuve.\n\nLe carburant est à 2 à 4 mètres sous la surface. **Une pompe manuelle à main**, à piston ou rotative, peut le remonter : l'aspiration à la main fonctionne jusqu'à environ 7 mètres.\n\n## AGIR\n\n1. **Aucune flamme, aucune cigarette, pas de téléphone près des trappes.** Les vapeurs d'essence s'enflamment avec une étincelle.\n2. **Repérez les trappes** : plaques rondes ou carrées sur la piste, souvent de couleur ou marquées du nom du carburant.\n3. **Mesurez** : une perche ou un tube propre descendu jusqu'au fond montre la hauteur de carburant. Le fond de la cuve contient souvent **de l'eau et des dépôts** : pompez au-dessus, pas au fond.\n4. **Pompez** dans des jerricans métalliques ou homologués, **posés au sol**, jamais dans un coffre ou sur un plateau en plastique : le frottement du carburant crée de l'électricité statique.\n5. **Refermez** les trappes : l'eau de pluie ruine le reste de la cuve.\n\n## ADAPTER\n\n**Essence ou gazole ?** L'essence sent fort et s'évapore vite ; le gazole est plus gras, plus lourd, sent moins. **Une essence dans un diesel, ou l'inverse, casse le moteur.** Au moindre doute, une goutte sur un papier : l'essence s'évapore en quelques secondes, le gazole laisse une tache grasse.\n\n**Le carburant vieillit** : l'essence sans stabilisant perd ses qualités en 3 à 6 mois, le gazole en 6 à 12 mois (eau, bactéries, dépôts). Un carburant récupéré se filtre à travers un tissu fin avant de passer dans un réservoir.\n\n**Le reste de la station** vaut aussi le détour :\n\n- **Bouteilles de gaz** dans les cages grillagées : butane, propane, pour cuisiner et chauffer. Voir [[URG-GAZ-001]].\n- **Huiles moteur**, liquide de refroidissement, lave-glace, ampoules, fusibles, **cartes routières**.\n- **Le compresseur à air** et ses tuyaux, la réserve d'eau de la station de lavage.\n- **La boutique** : eau, nourriture, piles, lampes.\n\n**Station encore tenue ou quartier habité** : le carburant est la ressource la plus convoitée d'une crise. Là où il y a des gens, on négocie, on ne se sert pas. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\nFaire tourner un moteur ou un groupe avec : [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-025","titre":"Récupérer dans une pharmacie","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pharmacie","medicaments","dci","generiques","perimes","stock","reserve","frigo"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 23e édition","ANSM, répertoire des médicaments génériques et dénominations communes internationales","Lyon R. et al., programme SLEP (stabilité des médicaments périmés), Journal of Pharmaceutical Sciences, 2006"],"corps":"::Dans une pharmacie abandonnée, tout le monde vide les rayons de devant : crèmes, vitamines, shampoings. Ce qui soigne vraiment est derrière le comptoir, dans les tiroirs, rangé par ordre alphabétique de molécule. Il faut savoir lire ce qu'on prend.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne pharmacie a trois zones :\n\n- **Devant, en libre accès** (parapharmacie) : cosmétiques, compléments, un peu de matériel. Peu de valeur, sauf les pansements, les sels de réhydratation, les thermomètres et les antiseptiques.\n- **Derrière le comptoir** : les médicaments, dans des tiroirs coulissants, souvent classés par **nom de molécule** (la DCI) ou de marque.\n- **La réserve et le frigo** : les stocks en vrac, les commandes du jour, les produits froids (insulines, vaccins, certains collyres).\n\nLes stupéfiants sont dans un coffre à part : ce ne sont pas eux qui vous sauveront.\n\n## AGIR\n\n**Ce qui vaut le plus, dans l'ordre**\n\n1. **Les traitements des gens de votre groupe** : ceux qu'on ne remplace pas (épilepsie, cœur, diabète, thyroïde, asthme). Notez leurs noms de molécule avant d'y aller.\n2. **Antibiotiques** courants, en comprimés : ils se gardent bien. Voir [[TEC-SAN-010]].\n3. **Antidouleurs et antifièvre** : paracétamol, ibuprofène. Voir [[TEC-SAN-009]].\n4. **Sels de réhydratation orale**, antidiarrhéiques.\n5. **Pansements, compresses, bandes, antiseptiques, gants, sérum physiologique, fils et strips de suture.**\n6. **Un livre de référence** : le dictionnaire des médicaments ou tout ouvrage de posologie du comptoir. Il vaut plus que la moitié des boîtes.\n\n**Lire une boîte** : le **nom de la molécule** (écrit en plus petit sous le nom commercial) et le **dosage** comptent, pas la marque. Le même paracétamol se vend sous dix noms. Prenez la notice avec la boîte.\n\n## ADAPTER\n\n**Le frigo est coupé depuis longtemps** : l'insuline tient environ un mois à température ambiante (pas au-dessus de 30 °C), les vaccins beaucoup moins. Prenez l'insuline si quelqu'un en a besoin, et gardez-la au plus frais possible. Voir [[TEC-ALI-011]].\n\n**Les confusions dangereuses**\n\n- **Plusieurs boîtes contiennent la même molécule** : attention aux surdosages de paracétamol en particulier.\n- **Même nom, dosage différent** : un comprimé de 1 g n'est pas un comprimé de 500 mg.\n- **Les formes pour enfants** (sirops, suppositoires dosés au poids) : utiles, mais fragiles et vite périmées une fois ouvertes.\n- **Les médicaments vétérinaires** contiennent souvent les mêmes molécules, à d'autres dosages : on ne les utilise qu'en sachant convertir.\n\n**D'autres ont besoin de ce stock** : dans un quartier, la pharmacie est souvent le seul endroit où se trouvent les traitements vitaux de dizaines de personnes. Prendre ce qu'il faut et laisser le reste, ou organiser un partage, sauve plus de monde que tout vider.\n\n**Une pharmacie encore tenue** par un pharmacien : c'est lui, la ressource. Il sait ce qui remplace quoi. Voir [[TEC-MET-001]].\n\nLe même raisonnement, à l'échelle d'un hôpital : [[SURV-REC-023]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-TROC-002","titre":"Ce qui vaut quelque chose quand l'argent ne vaut plus rien","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["troc","monnaie","hyperinflation","valeur","echange","cafe","piles","medicaments","savoir-faire"],"sources":["Retours d'expérience du siège de Sarajevo (1992-1996) : économie de siège et monnaies de fait","Hanke S., Krus N., World Hyperinflations, Cato Institute, 2012","Radford R. A., The Economic Organisation of a P.O.W. Camp, Economica, 1945"],"corps":"::Dans les camps de prisonniers de la Seconde Guerre mondiale, la monnaie, c'était la cigarette. Pendant le siège de Sarajevo, c'étaient les cigarettes, le café et les bougies. Quand l'argent s'effondre, ce qui vaut, c'est ce qui se consomme, se divise et se reconnaît au premier coup d'œil.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne bonne monnaie de troc a quatre qualités :\n\n- **tout le monde en veut**, même ceux qui ne l'utilisent pas eux-mêmes (ils pourront l'échanger) ;\n- **elle se divise** en petites quantités ;\n- **elle se garde** sans s'abîmer ;\n- **elle se reconnaît** sans expertise : on voit tout de suite si c'est du vrai.\n\n**L'or et les bijoux** ont de la valeur, mais valent trop pour acheter du pain, et il faut quelqu'un pour les peser et les vérifier. Ils servent aux grosses transactions, pas au quotidien.\n\n## AGIR\n\n**Ce qui s'échange le mieux, selon les crises passées**\n\n- **Café, thé, sucre, sel, épices**\n- **Alcool et tabac**, même pour les non-fumeurs\n- **Briquets, allumettes, bougies**\n- **Piles**, surtout AA et AAA\n- **Médicaments** courants : antidouleurs, antibiotiques, antidiarrhéiques\n- **Hygiène** : savon, dentifrice, papier toilette, protections périodiques\n- **Carburant** et bouteilles de gaz\n- **Semences** et graines à germer\n- **Petit matériel** : ruban adhésif, fil de fer, ficelle, clous, aiguilles et fil\n\n**Ce qui vaut le plus : les savoir-faire.** Soigner, réparer un moteur, souder, couper des cheveux, coudre, arracher une dent, faire du pain. **Une compétence ne se vole pas**, ne s'épuise pas, et se revend chaque jour. Voir [[TEC-MET-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Échanger sans se mettre en danger**\n\n- **Ne montrez jamais tout votre stock**, ni où il est. Amenez seulement ce que vous voulez échanger.\n- **Échangez dans un lieu public**, de jour, jamais seul, et convenez d'avance du « prix ».\n- **La réputation est tout** : tenez parole, vous serez servi en premier la fois suivante. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Ce qu'on n'échange pas avec des inconnus** : les armes et les munitions (elles peuvent revenir contre vous), ce dont votre groupe a un besoin vital, et l'information sur votre groupe.\n\n**Gardez de la monnaie** : dans les premières semaines d'une crise, l'argent liquide en petites coupures fonctionne encore quand les cartes ne passent plus. Ce n'est qu'avec l'inflation qu'il perd sa valeur, et on passe alors aux objets. Voir [[TEC-IDE-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-003","titre":"Désamorcer un conflit dans le groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["conflit","groupe","mediation","negociation","colere","regles","partage"],"sources":["Fisher R., Ury W., Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In, Penguin","Palinkas L., Suedfeld P., Psychological effects of polar expeditions, The Lancet, 2008","Kanas N., Manzey D., Space Psychology and Psychiatry, Springer"],"corps":"::Dans les expéditions polaires comme dans les caves des villes assiégées, les groupes ne se déchirent pas d'abord pour de grandes raisons. Ils se déchirent pour une cuillère de sucre, un tour de garde, un bruit la nuit. Un conflit se désamorce petit, ou il ne se désamorce plus.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn groupe sous pression est fatigué, affamé, inquiet, entassé. Chacun a moins de patience. Les tensions viennent presque toujours de trois sources :\n\n- **le partage** (nourriture, eau, place, confort) ;\n- **le travail** (qui fait quoi, qui en fait moins) ;\n- **les décisions** (qui décide, et comment).\n\n## AGIR\n\n1. **Réglez avant la crise ce qui fâchera pendant** : les règles de partage, les tours de corvée, la façon de décider, écrites et affichées. Voir [[SURV-SOC-002]].\n2. **Au premier accrochage, séparez** les deux personnes quelques minutes. On ne discute pas en colère.\n3. **Nourrissez et faites dormir** : une grande partie des disputes disparaît après un repas chaud et une nuit de sommeil.\n4. **Écoutez chaque côté séparément, puis ensemble**, avec un tiers calme qui ne prend pas parti. Chacun redit ce qu'il a compris de l'autre avant de répondre.\n5. **Cherchez le besoin derrière la position** : « Je veux la place près du poêle » cache souvent « j'ai froid la nuit » ; un autre arrangement peut satisfaire ce besoin.\n6. **Décidez, et tenez la décision**, de façon visible et égale pour tous.\n\n## ADAPTER\n\n**La même personne est toujours au centre** : parlez-lui seul à seul, calmement, de ce qui se passe et de ce qu'on attend d'elle. Donnez-lui un rôle où elle excelle.\n\n**Une menace ou un geste violent** : ce n'est plus un conflit, c'est un danger. Voir [[SURV-PSY-003]].\n\n**Le partage est vraiment injuste** (par manque, pas par triche) : le dire franchement et expliquer la règle vaut mieux que de le cacher. **La transparence apaise, le soupçon empoisonne.**\n\n**Les petites choses** : des moments seul pour chacun, un coin à soi même minuscule, des activités ensemble qui ne sont pas du travail (un jeu, une chanson, un repas un peu différent le dimanche). Voir [[TEC-CUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-004","titre":"Les enfants dans une crise","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["enfants","crise","peur","routine","jeu","trauma","parents","regression"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, War Trauma Foundation et World Vision, Premiers secours psychologiques : guide pour les acteurs de terrain, 2011","UNICEF, soutien psychosocial des enfants en situation d'urgence","National Child Traumatic Stress Network, Psychological First Aid Field Operations Guide"],"corps":"::Un enfant lit la situation sur le visage des adultes. Il supporte beaucoup de choses difficiles si les grands autour de lui restent calmes, lui disent la vérité avec des mots simples, et que certaines choses de la journée ne changent pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes enfants réagissent à une crise selon leur âge, et souvent **pas comme on l'attend** :\n\n- **Les petits** : pleurs, colères, peur d'être séparés, retour de comportements qu'ils avaient dépassés (pipi au lit, sucer son pouce, parler bébé).\n- **Les enfants d'âge scolaire** : questions répétées, peurs précises, maux de ventre ou de tête, jeux qui rejouent la catastrophe.\n- **Les adolescents** : repli, irritabilité, prise de risques, ou au contraire envie d'aider comme un adulte.\n\nCes réactions sont **normales** et passent le plus souvent en quelques semaines, si l'enfant se sent en sécurité.\n\n## AGIR\n\n1. **Restez ensemble.** La séparation d'avec ses parents est ce qui marque le plus un enfant. Si on doit se séparer, il sait où, avec qui, et quand on se retrouve.\n2. **Dites la vérité, simplement**, adaptée à l'âge : « Il y a eu une grosse tempête, la maison est abîmée, on va dormir chez tata, on est tous ensemble. » Les silences font imaginer pire.\n3. **Gardez des routines** : heures des repas, du coucher, une histoire le soir, même dans un abri. La routine dit au corps que le monde tient encore.\n4. **Donnez-lui un rôle** : porter l'eau, s'occuper du petit frère, compter les bougies. Se sentir utile calme la peur.\n5. **Laissez-le jouer**, y compris à des jeux qui rejouent ce qui s'est passé : c'est sa façon de digérer.\n6. **Limitez les images** : pas d'écrans de catastrophe en boucle, pas de conversations d'adultes angoissées à portée d'oreille.\n\n## ADAPTER\n\n**Il pose sans arrêt la même question** : répondez chaque fois, calmement, la même chose. Il vérifie que la réponse tient.\n\n**Il ne parle pas, ne pleure pas** : ce n'est pas forcément qu'il va bien. Proposez-lui de dessiner, de jouer, restez disponible, sans forcer.\n\n**Signes qui demandent de l'aide** au-delà de quelques semaines : cauchemars toutes les nuits, refus de manger, repli total, agressivité qui ne passe pas, idées noires chez un adolescent.\n\n**Prenez soin de vous** : un adulte épuisé transmet son angoisse. Relayez-vous entre adultes. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\nUn enfant perdu dans la foule : [[URG-ENF-001]]. Tenir un groupe soudé : [[SURV-SOC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-006","titre":"La boussole","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["boussole","azimut","declinaison","carte","orientation","aiguille aimantee","cap"],"sources":["IGN, Lire une carte et utiliser une boussole","Kjellström B., Be Expert with Map and Compass, Wiley","NOAA, World Magnetic Model (déclinaison magnétique)"],"corps":"::Une boussole ne dit pas où vous êtes. Elle dit dans quelle direction vous regardez. Avec une carte, c'est suffisant pour aller n'importe où ; sans méthode, c'est un gadget.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'aiguille pointe vers le **nord magnétique**, qui n'est pas exactement le nord des cartes. L'écart s'appelle la **déclinaison** : **faible en France aujourd'hui** (quelques degrés au plus), mais importante dans d'autres régions du monde. Elle est indiquée dans la marge des cartes.\n\nUne **boussole à plaque** a :\n\n- une **flèche de direction** gravée sur la plaque, qui indique où marcher ;\n- un **cadran** tournant gradué de 0 à 360 degrés, avec une **flèche d'orientation** et des **lignes** parallèles au fond ;\n- une **aiguille** dont le bout rouge montre le nord.\n\n## AGIR\n\n**Prendre un cap sur la carte**\n\n1. Posez le **bord de la boussole** sur la carte, reliant votre position à votre destination, **flèche de direction vers la destination**.\n2. **Tournez le cadran** jusqu'à ce que ses lignes soient parallèles aux lignes nord-sud de la carte, flèche d'orientation vers le haut de la carte.\n3. **Relevez la boussole**, tenue à plat devant vous.\n4. **Tournez-vous sur vous-même** jusqu'à ce que l'aiguille rouge soit exactement dans la flèche d'orientation.\n5. **La flèche de direction montre votre chemin.** Visez un repère lointain dans cette direction, marchez jusqu'à lui, recommencez. Voir [[SURV-ORI-001]].\n\n**Prendre un cap sur le terrain**\n\nPointez la flèche de direction vers un objet (sommet, clocher), tournez le cadran pour mettre la flèche d'orientation sous l'aiguille rouge : le chiffre lu est l'azimut. Reporté sur la carte, il aide à se situer.\n\n**Revenir en arrière** : ajoutez ou retirez 180 degrés au cap.\n\n## ADAPTER\n\n**Le métal fausse tout** : téléphone, couteau, voiture, boucle de ceinture, pylône, ligne électrique. Éloignez-vous de quelques mètres, rangez le téléphone.\n\n**Boussole improvisée** : frottez une aiguille ou un trombone déplié plusieurs fois, **toujours dans le même sens**, avec un aimant (haut-parleur, aimant de frigo) ou un tissu de soie. Posez-la sur une feuille ou un morceau de bouchon flottant dans un bol d'eau, à l'abri du vent : elle s'aligne nord-sud. Le soleil ou les étoiles disent quel bout est le nord.\n\n**Viser à côté exprès** pour rejoindre un point sur une ligne (pont, route) : [[SURV-ORI-001]]. **Lire la carte** : [[SURV-ORI-002]].\n\n**Une boussole qui s'est inversée** (le rouge montre le sud, ça arrive après un séjour près d'un aimant fort) : vérifiez-la au soleil ou à l'étoile polaire avant de vous y fier.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-004","titre":"Quitter une ville","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["evacuation","ville","depart","itineraire","voiture","velo","marche","point de chute"],"sources":["FEMA, Evacuation planning guidance","Retours d'expérience des exodes (France 1940, ouragan Katrina 2005, Ukraine 2022)","Ministère de l'Intérieur, plans communaux de sauvegarde et évacuation"],"corps":"::En 1940, huit millions de personnes ont pris la route en même temps. Les routes sont devenues des pièges. Quitter une ville se décide tôt, se prépare avant, et vers un endroit précis, ou ne se fait pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Rester est souvent le meilleur choix** : chez soi, on a un toit, des réserves, des voisins. Sur la route, on n'a que ce qu'on porte, et on devient vulnérable.\n\n**Partir se justifie** quand :\n\n- les autorités ordonnent l'évacuation ;\n- un danger précis arrive (inondation, feu, nuage toxique, combats) ;\n- l'eau, la nourriture ou la sécurité ne sont plus tenables sur place, et ne le redeviendront pas vite.\n\n## AGIR\n\n**Décider tôt.** Les premiers partis roulent ; les derniers sont bloqués. Fixez-vous à l'avance des **seuils** : « si l'eau ne revient pas en trois jours, on part », « si la digue est menacée, on part ».\n\n**Savoir où aller.** Un **point de chute** précis, chez des proches, hors de la zone, qui savent que vous pouvez arriver. Partir « vers la campagne » sans adresse, c'est devenir un réfugié.\n\n**Préparer trois itinéraires**, sur une **carte papier** :\n\n- l'itinéraire principal ;\n- un itinéraire par de petites routes ;\n- un itinéraire à pied ou à vélo (chemins, voies vertes, berges, voies ferrées abandonnées).\n\n**Éviter les goulets** : ponts, tunnels, péages, sorties de ville uniques, où tout le monde se retrouve bloqué.\n\n**Le moyen de transport**\n\n- **Voiture** : réservoir plein, jerrican, sortie **très tôt le matin**. Les routes saturent en quelques heures.\n- **Vélo** : passe partout, 50 à 80 km par jour sur route, porte des charges. Voir [[TEC-MEC-004]].\n- **À pied** : 20 à 30 km par jour avec un sac, moins avec des enfants. Voir [[SURV-DEP-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un groupe** part ensemble, avec un point de ralliement en cas de séparation, et un rythme calé sur le plus lent.\n\n**Discrétion** : un sac de randonnée usé et une voiture ordinaire attirent moins l'attention que du matériel neuf. On ne dit pas où l'on va à des inconnus.\n\n**Les animaux et les personnes dépendantes** se prévoient avant : ce sont eux qui font rester les gens trop longtemps.\n\n**On laisse un message** sur place (où l'on va, quand on est parti) pour les proches qui passeraient.\n\nCe qu'on emporte : [[SURV-CRI-004]] et [[SURV-DEP-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-003","titre":"Les pieds","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pieds","ampoules","chaussettes","chaussures","marche","laçage","soins"],"sources":["US Army, FM 21-18 Foot Marches (soins des pieds)","Vonhof J., Fixing Your Feet, Wilderness Press, 7e édition","Worthing R. et al., Blister prevention in the military, Military Medicine"],"corps":"::Une armée marche sur ses pieds, et une ampoule négligée au premier jour immobilise un homme au troisième. Les pieds se soignent avant d'avoir mal.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne ampoule naît de trois choses : **le frottement, l'humidité et la chaleur**. La peau glisse contre la chaussette, la couche superficielle se décolle, la poche se remplit de liquide. Supprimez l'une des trois, et elle ne se forme pas.\n\n## AGIR\n\n**Avant de partir**\n\n- **Des chaussures déjà faites** : jamais une paire neuve pour une longue marche.\n- **Des chaussettes en laine ou en synthétique**, sans coutures épaisses. **Jamais de coton** : il garde l'eau et frotte.\n- **Ongles coupés droit**, pas trop courts.\n- **Le laçage** : serré sur le cou-de-pied pour tenir le talon, plus lâche sur l'avant. En descente, un **nœud de blocage** sur les derniers crochets empêche le pied de glisser vers l'avant et d'écraser les orteils.\n\n**Pendant la marche**\n\n- **Au premier point chaud, on s'arrête.** Pas à la pause suivante : maintenant. Un bout de **ruban adhésif** ou un pansement lisse posé sur une peau rougie évite l'ampoule.\n- **À chaque grande pause**, chaussures et chaussettes enlevées, pieds à l'air dix minutes, séchés.\n- **Chaussettes changées à mi-journée** si elles sont humides. Les mouillées sèchent accrochées au sac.\n\n**Soigner une ampoule**\n\n- **Petite et intacte** : on la protège (pansement spécial, ou compresse découpée en anneau autour), on ne la perce pas.\n- **Grosse, tendue, qui gêne** : aiguille désinfectée (à la flamme puis à l'antiseptique), on perce **sur le bord**, on vide en appuyant, **on garde la peau** qui protège, on couvre.\n- **Déchirée** : on nettoie, on couvre, on surveille l'infection. Voir [[URG-SEC-009]].\n\n## ADAPTER\n\n**Pieds toujours mouillés** (marais, pluie, tranchée) : après quelques jours, la peau blanchit, gonfle et s'abîme en profondeur : c'est le **pied de tranchée**. Séchez-les chaque soir, dormez pieds secs et au chaud, changez de chaussettes, et laissez-les à l'air dès que possible.\n\n**Pas de chaussures de marche** : des baskets souples et déjà faites valent mieux que des chaussures neuves rigides.\n\n**Une personne âgée ou diabétique** : ses pieds se blessent sans qu'elle le sente. Regardez-les chaque soir.\n\n**Talc, fécule de maïs, ou déodorant** sur les pieds le matin réduisent la transpiration. Marcher longtemps sans casse : [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-005","titre":"Sécuriser une porte et une fenêtre","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["porte","fenetre","serrure","gache","cambriolage","barricade","securite","maison"],"sources":["Centre national de prévention et de protection (CNPP), recommandations anti-effraction","Gendarmerie nationale, conseils de prévention des cambriolages","Retours d'expérience des serruriers et des forces de l'ordre sur les modes d'effraction"],"corps":"::Une porte blindée tenue par une gâche vissée avec des vis de deux centimètres cède au premier coup d'épaule. La faiblesse d'une porte, ce n'est presque jamais la serrure : c'est ce qui la tient au mur.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn cambrioleur passe **là où c'est rapide et discret** : une porte-fenêtre, une fenêtre de rez-de-chaussée, une porte de garage, une porte arrière. S'il faut plus de quelques minutes et du bruit, la plupart renoncent.\n\nUne porte fermée à clé cède presque toujours au même endroit : **la gâche** (la pièce du cadre où entre le pêne), arrachée avec le bois du chambranle.\n\n## AGIR\n\n**La porte**\n\n- **Revissez la gâche avec des vis longues**, 7 à 9 cm, qui traversent le chambranle et vont dans le mur ou le montant. C'est le renforcement le moins cher et le plus efficace qui existe.\n- **Faites de même avec les charnières.**\n- **Un verrou supplémentaire**, en haut ou en bas, aussi solidement vissé.\n- **Une barre de porte** (une barre métallique ou un madrier posé dans deux supports vissés de chaque côté) rend une porte presque impossible à enfoncer de l'extérieur.\n- **Une cale de porte** en caoutchouc glissée sous le battant, de l'intérieur, bloque une porte qui s'ouvre vers l'intérieur.\n\n**Les fenêtres et portes-fenêtres**\n\n- **Des volets fermés** la nuit et en absence.\n- **Un film de sécurité** sur les vitres : le verre se fend sans tomber.\n- **Une barre ou un tasseau** dans le rail d'une baie coulissante empêche de la faire glisser.\n- **Des barreaux** sur les fenêtres de cave et de rez-de-chaussée isolées.\n\n**Autour**\n\n- **La lumière** : un détecteur de mouvement à l'extérieur.\n- **Rien qui aide à grimper** : échelles rangées, poubelles loin des fenêtres.\n- **Une maison qui a l'air habitée** : les voisins qui passent, le courrier relevé.\n\n## ADAPTER\n\n**En période troublée, barricader** : meubles lourds contre les portes qu'on n'utilise pas, planches vissées sur les fenêtres de rez-de-chaussée. **Mais gardez toujours une sortie de secours** qui s'ouvre de l'intérieur en quelques secondes : une maison barricadée qui prend feu est un piège.\n\n**Une alarme de fortune** : des boîtes de conserve suspendues à un fil derrière une porte, une clochette, des graviers devant une entrée. Le bruit réveille et fait fuir.\n\n**Un chien** qui aboie dissuade plus qu'une serrure.\n\nTenir un lieu à plusieurs : [[SURV-DEF-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-004","titre":"Éviter la confrontation","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["confrontation","desescalade","agression","vigilance","distance","fuite","self-defense"],"sources":["Cooper J., Principles of Personal Defense (échelle de vigilance), 1989","Tueller D., How Close Is Too Close?, SWAT Magazine, 1983","Guides de désescalade des services de police et de santé (communication en situation de crise)"],"corps":"::Le meilleur combat est celui qui n'a pas lieu. Ceux qui savent se battre le disent tous : on gagne en voyant venir, en gardant ses distances, et en laissant à l'autre une sortie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Les niveaux de vigilance** (l'échelle de Cooper) :\n\n- **Blanc** : absent, dans son téléphone. C'est là qu'on se fait surprendre.\n- **Jaune** : détendu mais attentif à ce qui se passe autour. L'état normal dehors.\n- **Orange** : quelque chose cloche, on l'observe, on prépare une sortie.\n- **Rouge** : on agit, on part.\n\n**Les signes qui précèdent une agression**\n\n- quelqu'un qui **réduit la distance** sans raison, ou vous suit ;\n- des **regards vers les côtés** (il cherche des témoins) ou vers une cible (votre sac, votre poche) ;\n- les **mains cachées**, les poings serrés, le corps de profil ;\n- un changement brusque de ton, ou au contraire un calme soudain ;\n- un groupe qui se sépare pour vous entourer.\n\n## AGIR\n\n1. **Mettez de la distance.** Deux longueurs de bras au moins. Contre un couteau, beaucoup plus : un homme franchit sept mètres en moins de deux secondes.\n2. **Partez tôt**, vers du monde, de la lumière, une porte.\n3. **Si on vous parle agressivement** : voix calme et basse, phrases courtes, **mains ouvertes et visibles**, devant vous, à hauteur de poitrine (elles apaisent et protègent). Pas de sarcasme, pas de fixation du regard.\n4. **Laissez-lui une sortie**, et une façon de s'en aller sans perdre la face : « C'est bon, on en reste là ».\n5. **On veut vos affaires** : donnez-les. Rien de ce qu'il y a dans un portefeuille ne vaut une vie. Lancez-les à côté de lui et partez dans l'autre sens.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes plusieurs** : ne formez pas un mur face à lui, ne l'encerclez pas. Un seul parle.\n\n**Une personne ivre, droguée ou en crise** : la raison ne passe pas. Distance, calme, et on attend que ça passe ou que l'aide arrive.\n\n**Plus de fuite possible et une attaque réelle** : se défendre de toutes ses forces, frapper ce qui est vulnérable (yeux, gorge, genoux), et partir dès que l'ouverture existe. Le but est de s'échapper, pas de gagner.\n\n**Prévenir plutôt que guérir** : les itinéraires éclairés, les groupes, les horaires changeants, un téléphone chargé, et une réputation de quelqu'un qui n'a rien d'intéressant. Voir [[SURV-DEF-001]] et [[URG-ATT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-012","titre":"Les alertes officielles","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alerte","sirene","fr-alert","radio","confinement","consignes","prefecture"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, Système d'alerte et d'information des populations (SAIP)","Ministère de l'Intérieur, dispositif FR-Alert (diffusion cellulaire depuis 2022)","Arrêté du 23 mars 2007 relatif aux caractéristiques techniques du signal national d'alerte"],"corps":"::La sirène du premier mercredi du mois à midi, tout le monde la connaît. Le jour où elle sonne un autre jour, beaucoup sortent pour voir ce qui se passe. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire.::\n\n## COMPRENDRE\n\nEn France, l'alerte passe par trois canaux :\n\n- **Les sirènes** du réseau national.\n- **FR-Alert** : une notification sur tous les téléphones présents dans la zone, avec un son particulier, **même en mode silencieux**, sans inscription.\n- **La radio et la télévision**, qui relaient les consignes des préfectures, ainsi que les messages de la mairie (haut-parleurs, porte-à-porte).\n\n## AGIR\n\n**Le signal national d'alerte**\n\n- **Un son montant et descendant**, trois fois **1 minute 41 secondes**, séparées de 5 secondes.\n- **Le test** : une seule séquence de 1 minute 41 secondes, **le premier mercredi du mois à midi**.\n- **La fin d'alerte** : un **son continu de 30 secondes**.\n\n**À la sirène, sauf consigne contraire**\n\n1. **Mettez-vous à l'abri** dans le bâtiment le plus proche, fermez portes et fenêtres.\n2. **Écoutez la radio** ou regardez votre téléphone pour savoir quel danger et quelle consigne.\n3. **N'allez pas chercher vos enfants à l'école** : l'école les met à l'abri.\n4. **Ne téléphonez pas**, sauf urgence : les lignes servent aux secours.\n5. **Ne sortez qu'à la fin de l'alerte** ou sur consigne.\n\n## ADAPTER\n\n**Selon le danger**, la consigne change : confinement pour un nuage toxique ou radioactif ([[SURV-CRI-006]], [[SURV-CRI-005]]), évacuation pour une inondation ou un feu ([[SURV-CRI-004]]), mise en hauteur pour un tsunami ([[SURV-CRI-007]]). C'est pourquoi on écoute avant d'agir.\n\n**Pas de sirène près de chez vous** : beaucoup de communes n'en ont pas. FR-Alert et la radio restent les canaux fiables : gardez une radio à piles.\n\n**Ailleurs** : la plupart des pays européens ont un système de notification sur téléphone équivalent, et leurs propres signaux de sirène. Renseignez-vous en arrivant quelque part.\n\n**Une rumeur sur les réseaux sociaux** n'est pas une alerte. Voir [[SIG-COM-006]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-011","titre":"Se faire comprendre d'un avion ou d'un hélicoptère","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["signaux sol-air","helicoptere","avion","recherche","sauvetage","zone d'atterrissage","signaux corporels"],"sources":["OACI, Annexe 12 : Recherches et sauvetage, signaux visuels sol-air","International Aeronautical and Maritime Search and Rescue Manual (IAMSAR), volume III","US Air Force, AFH 10-644 Survival, Evasion, Resistance, Escape (signaux corporels)"],"corps":"::Vu d'un avion, un homme qui fait des grands gestes ressemble à un homme qui dit bonjour. Une lettre de trois mètres en pierres, une ligne droite dans la nature, deux bras levés en Y : ça, un pilote le comprend.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa nature ne fait pas de lignes droites ni d'angles nets. **Tout ce qui est géométrique, grand et contrasté** attire l'œil d'un pilote. Et les secours du monde entier connaissent le même code de signaux au sol.\n\n## AGIR\n\n**Le code sol-air**\n\n| Signe | Sens |\n|---|---|\n| **V** | Nous avons besoin d'aide |\n| **X** | Nous avons besoin d'une aide médicale |\n| **N** | Non |\n| **Y** | Oui |\n| **→** (flèche) | Nous partons dans cette direction |\n\n- **Grand** : au moins **3 mètres** par lettre, idéalement plus, avec des traits d'au moins 50 cm de large.\n- **Contrasté** : pierres sombres sur l'herbe, branches vertes sur la neige, vêtements de couleur, tranchée creusée dans la neige (l'ombre fait le trait), bâche.\n- **Dans un endroit dégagé**, visible de plusieurs côtés.\n\n**Les signaux du corps**\n\n- **Les deux bras levés en Y** : « **oui, nous avons besoin d'aide** ».\n- **Un bras levé, l'autre le long du corps** : « **non, tout va bien** ». Ne le faites pas par politesse.\n\n**Le pilote a compris** s'il **balance les ailes** de jour, ou fait clignoter ses feux de nuit.\n\n**Attirer l'œil** : un miroir renvoyant le soleil, visible à des kilomètres ; trois feux en triangle ; une fumée épaisse (feuillage vert jeté sur un feu vif) de jour, une flamme vive de nuit. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un hélicoptère va se poser**\n\n- **Une zone plate et dégagée** d'au moins 30 × 30 mètres, sans câbles, arbres ni objets qui s'envolent (bâches, vêtements, tentes).\n- **Placez-vous en bordure, dos au vent, les bras tendus vers la zone** : le pilote se pose face au vent.\n- **Protégez vos yeux** du souffle, tenez vos affaires.\n- **N'approchez qu'à son signal**, **par l'avant**, dans le champ de vision du pilote, penché. **Jamais par l'arrière** : le rotor de queue est invisible quand il tourne et tue. En pente, jamais par le côté amont.\n\n**Pas d'avion en vue** : préparez les signaux quand même, tant que vous en avez la force. Les recherches aériennes passent souvent sans qu'on les entende, et un signal déjà en place travaille pour vous.\n\nÊtre perdu et le rester le moins longtemps possible : [[URG-PERDU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-010","titre":"Le talkie-walkie","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["talkie-walkie","pmr446","portee","antenne","canal","sous-code","procedure radio","batteries"],"sources":["ETSI EN 303 405, équipements PMR446","ANFR, conditions d'utilisation des PMR446","Guides de procédure radio des secours et des clubs de radioamateurs"],"corps":"::La boîte dit 10 kilomètres. En ville, entre les immeubles, ce sera 500 mètres. Du haut d'une colline, en face d'une autre colline, ce sera 20 kilomètres. Un talkie-walkie ne porte pas loin : il porte haut.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes talkies-walkies grand public (PMR446) émettent à **0,5 watt**, sans licence, sur 16 canaux. Leurs ondes vont **en ligne droite** : tout ce qui est entre les deux postes (bâtiments, colline, forêt dense, carrosserie) les arrête.\n\n**Portée réelle**\n\n| Situation | Portée |\n|---|---|\n| En ville, entre immeubles | Quelques centaines de mètres à 1 km |\n| En campagne dégagée | 1 à 3 km |\n| En forêt, en vallée | Moins d'un kilomètre |\n| D'un point haut à un autre, à vue | 10 à 20 km, parfois plus |\n\n**Les sous-codes** (CTCSS, DCS) ne rendent pas la conversation privée : ils filtrent seulement ce que **votre** poste fait entendre. N'importe qui sur le même canal vous entend.\n\n## AGIR\n\n**Parler à la radio**\n\n1. **Écoutez** avant de parler : le canal est-il libre ?\n2. **Appuyez, attendez une seconde**, puis parlez : sinon le début du message est coupé.\n3. **Qui appelle qui** : « Paul de Marie ».\n4. **Court et clair**, puis « **à toi** » pour passer la parole.\n5. **Relâchez** : tant que vous appuyez, vous n'entendez rien.\n\n**Porter plus loin**\n\n- **Montez** : un étage, une butte, un toit. C'est le réglage le plus puissant.\n- **Tenez le poste antenne verticale**, loin du corps et du métal.\n- **Sortez de la voiture** pour émettre.\n- **Un relais humain** : quelqu'un placé sur un point haut entre les deux groupes répète les messages.\n\n**Économiser les batteries**\n\n- **Des vacations** : on n'allume qu'à heures fixes, par exemple **cinq minutes à chaque heure pile**. Tout le monde écoute en même temps, et les batteries durent des jours.\n- **Des postes qui prennent des piles AA** : on les recharge ou on les remplace partout. Voir [[TEC-ENE-012]].\n\n## ADAPTER\n\n**Convenez à l'avance** d'un canal principal, d'un canal de repli, et des horaires d'écoute. Écrivez-les.\n\n**Discrétion** : tout le monde peut écouter. Pas de noms complets, pas d'adresses, pas de liste de ce que vous avez. Un code simple convenu à l'avance pour les lieux (« chez la tante » pour la maison).\n\n**Les autres radios** : la CB porte plus loin (4 W, antenne plus grande) ; les radios amateur encore plus, avec une licence. Voir [[SIG-COM-002]] et [[SIG-COM-009]].\n\n**Les postes « LPD » ou numériques** ne parlent pas avec les PMR analogiques ordinaires : même marque et même type pour tout le groupe.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-009","titre":"Les fréquences et numéros à connaître","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["frequences","radio","pmr446","cb","vhf marine","121.5","radioamateur","numeros d'urgence"],"sources":["ANFR, tableau national de répartition des bandes de fréquences et conditions d'utilisation des PMR446 et de la CB","IARU Région 1, plans de bandes et fréquences de trafic d'urgence","Règlement des radiocommunications de l'UIT, fréquences de détresse maritimes et aéronautiques"],"corps":"::Le jour où le téléphone ne passe plus, savoir sur quelle fréquence écouter vaut plus qu'une radio puissante. Cette fiche tient sur une carte à garder dans le portefeuille.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Écouter est libre partout.** **Émettre** demande, selon la bande, soit rien (PMR446, CB), soit une licence (radioamateur), soit un équipement agréé (marine, aviation). En cas de détresse réelle, tous les moyens sont permis pour appeler à l'aide.\n\n## AGIR\n\n**Les numéros d'urgence (France)**\n\n| Numéro | Pour |\n|---|---|\n| **112** | Urgence, partout en Europe, depuis n'importe quel réseau qui capte |\n| 15 | SAMU, urgence médicale |\n| 17 | Police, gendarmerie |\n| 18 | Pompiers |\n| **114** | Urgences **par SMS** (quand on ne peut pas parler) |\n| 196 | Secours en mer |\n\n**Les fréquences**\n\n| Fréquence | Usage |\n|---|---|\n| **PMR446**, 446,000 à 446,200 MHz, 16 canaux | Talkies-walkies grand public, sans licence, 0,5 W. Voir [[SIG-COM-010]] |\n| **CB, 27 MHz, canal 9** | Appel d'urgence sur la citizen band |\n| CB, canal 19 | Les routiers, informations routières |\n| **VHF marine, canal 16** (156,800 MHz) | Détresse et appel en mer, écouté par les sauveteurs et les navires |\n| **121,5 MHz** | Détresse aéronautique, écoutée par les avions et les secours |\n| **145,500 MHz** (FM) | Appel des radioamateurs en bande 2 mètres, en Europe |\n| 433,500 MHz (FM) | Appel des radioamateurs en bande 70 cm |\n| 3,760 · 7,110 · 14,300 MHz | Fréquences de trafic d'urgence des radioamateurs en ondes courtes |\n| **406 MHz** | Balises de détresse satellitaires (bateaux, avions, balises personnelles) |\n\n**Pour s'informer**\n\n- **La radio FM locale du service public** et les radios locales, qui relaient les consignes des préfectures.\n- **Les ondes courtes** captent des radios internationales à des milliers de kilomètres, sans aucun réseau local.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez qu'un récepteur FM** : c'est déjà l'essentiel pour les consignes. Voir [[SIG-COM-002]].\n\n**Un scanner ou une radio multibande** (quelques dizaines d'euros) écoute la CB, la marine, l'aviation, les radioamateurs et les PMR : c'est la meilleure oreille en crise, sans rien émettre.\n\n**Pas de réseau pour un appel, mais un peu de signal** : un SMS passe souvent quand un appel échoue. Voir [[URG-PERDU-001]].\n\n**Écrivez cette liste** sur une carte plastifiée, dans le portefeuille et la trousse de secours. Le téléphone qui la contient est souvent déchargé le jour où on en a besoin.","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-004","titre":"La ville en ruines","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ruines","decombres","poussiere","batiment instable","gaz","cables","deplacement","ville"],"sources":["INSARAG (Nations unies), Guidelines : évaluation des structures et marquage des bâtiments","FEMA, National Urban Search and Rescue Response System : structures endommagées","Retours d'expérience des séismes d'Haïti (2010), de Turquie (2023) et des villes détruites par la guerre"],"corps":"::Une ville détruite est un terrain où tout peut tomber, couper, brûler ou électrocuter. On s'y déplace comme en montagne : en regardant où l'on met les pieds, et plus encore au-dessus de sa tête.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes dangers d'une ville en ruines, du plus fréquent au plus grave :\n\n- **La poussière** : béton, plâtre, parfois amiante. Elle ronge les poumons en quelques jours.\n- **Les coupures** : verre, tôle, ferrailles, clous.\n- **Ce qui tombe** : morceaux de façade, balcons, vitres, cheminées, surtout après une réplique ou par vent fort.\n- **Les effondrements** : planchers et escaliers qui cèdent sous le poids.\n- **Le gaz et l'électricité** : fuites, câbles tombés.\n- **L'eau et les égouts** : caves inondées, eaux souillées, maladies.\n\n## AGIR\n\n**S'équiper** : masque filtrant (FFP2, ou tissu humide à défaut), lunettes, gants épais, chaussures à semelle dure, pantalon long, casque ou bonnet épais, lampe frontale, sifflet.\n\n**Se déplacer**\n\n- **Au milieu des rues larges**, loin des façades. Les débris tombent jusqu'à une distance égale à la moitié de la hauteur du bâtiment.\n- **Pas sous les balcons, les corniches, les murs penchés.**\n- **Testez chaque pas** sur les tas de gravats, avec un bâton.\n- **Jamais en marchant sur des câbles**, même tombés depuis longtemps : ils peuvent être remis sous tension.\n- **Une odeur de gaz** : on s'éloigne, sans allumer quoi que ce soit.\n\n**Juger un bâtiment avant d'y entrer**\n\n- **N'entrez pas** si : fissures en X ou en diagonale dans les murs porteurs, murs qui bombent ou penchent, étages décalés, poutres fendues, bruits de craquement, portes qui ne ferment plus.\n- **Regardez les marques** laissées par les secours : les équipes de sauvetage peignent sur les façades l'état du bâtiment et ce qu'elles y ont trouvé.\n\nVoir [[SURV-REC-001]] pour la fouille d'un bâtiment.\n\n## ADAPTER\n\n**Se repérer** : les repères habituels ont disparu. Suivez les grands axes, les voies ferrées, la rivière, et notez les repères qui restent (un clocher, une antenne).\n\n**La nuit** : on ne se déplace pas dans les décombres sans lumière, et une lumière vous signale à tout le monde. Mieux vaut s'arrêter avant la tombée du jour.\n\n**Les corps** : on ne les manipule pas sans gants. On les couvre, on note le lieu, on les signale : les secours et les familles en auront besoin.\n\n**Les chiens abandonnés** se regroupent et deviennent dangereux : bâton, sans courir.\n\n**L'eau** : jamais celle qui stagne dans les caves et les rues. Voir [[URG-EAU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-003","titre":"Naufrage et radeau de survie","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["naufrage","radeau","mer","gilet","balise","ancre flottante","eau douce","signaux"],"sources":["Organisation maritime internationale, Recueil LSA (engins de sauvetage) et IAMSAR volume III","Robertson D., Sea Survival, Paul Elek, 1973","Callahan S., Adrift: Seventy-Six Days Lost at Sea, 1986","SNSM, conseils de sécurité en mer"],"corps":"::On ne quitte pas un bateau pour monter dans un radeau : on monte dans le radeau quand le bateau quitte la surface. Beaucoup de naufragés sont morts dans des radeaux, alors que leur bateau abandonné flottait encore.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn bateau, même abîmé, se voit mieux, protège mieux et contient plus de ressources qu'un radeau. **On le garde tant qu'il flotte**. Ce qui tue ensuite, dans l'ordre : le froid et la noyade dans les premières heures, puis la soif en quelques jours, bien avant la faim.\n\n## AGIR\n\n**Avant d'abandonner le bord**\n\n1. **Gilets de sauvetage** sur tout le monde, capuche et vêtements chauds par-dessous.\n2. **Appel de détresse** : VHF canal 16 (« Mayday »), balise de détresse déclenchée. Voir [[SIG-COM-009]].\n3. **Le sac de survie** : eau, dessalinisateur manuel, fusées, miroir, lampe, trousse, médicaments contre le mal de mer, couteau.\n4. **Montez dans le radeau à sec** si possible, sans sauter dedans.\n\n**Dans le radeau**\n\n1. **Coupez l'amarre** seulement quand le bateau coule, puis éloignez-vous de lui.\n2. **Mettez l'ancre flottante** (un cône de toile tiré au bout d'une corde) : le radeau se stabilise, ne se retourne pas et dérive moins vite loin de la zone où l'on vous cherche.\n3. **Écopez, séchez**, gonflez le plancher : le froid vient de l'eau dans le fond.\n4. **Médicament contre le mal de mer tout de suite**, pour tout le monde : vomir, c'est perdre de l'eau.\n5. **Organisez** : quarts de veille, rationnement de l'eau, inventaire.\n\n**L'eau**\n\n- **Jamais d'eau de mer**, jamais d'urine. Voir [[TEC-CON-008]].\n- Les manuels de sauvetage conseillent de ne rien boire les premières 24 heures, sauf les blessés, puis environ un demi-litre par personne et par jour, en petites gorgées.\n- **Recueillez la pluie** par tous les moyens : bâche, toile du toit rincée, vêtements. Le dessalinisateur manuel donne quelques litres par jour à la force des bras.\n\n## ADAPTER\n\n**Des signaux** : les fusées et le miroir seulement quand un navire ou un avion est **en vue**. Voir [[SIG-COM-011]].\n\n**Le soleil** brûle et déshydrate : couvrez-vous, restez à l'ombre du toit du radeau, mouillez vos vêtements à l'eau de mer pour vous rafraîchir (sans en boire).\n\n**Pêcher** : poissons, oiseaux, algues. Le poisson apporte un peu d'eau et de nourriture, mais digérer des protéines demande de l'eau : on ne mange beaucoup que si l'eau le permet.\n\n**Le moral** : des naufragés ont tenu plus de deux mois en radeau. Ils avaient un but, une routine et des tâches.\n\nTomber à l'eau froide : [[URG-GLACE-001]]. Le courant qui entraîne vers le large : [[URG-MER-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-002","titre":"Le désert et la grosse chaleur","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["desert","chaleur","eau","ombre","nuit","crue eclair","vehicule","scorpion"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur le désert","Adolph E. F., Physiology of Man in the Desert, Interscience, 1947","Bureau of Land Management et National Park Service, Desert Safety"],"corps":"::Dans le désert, l'eau qu'on transporte compte moins que l'eau qu'on ne perd pas. On marche la nuit, on se tait le jour, on reste à l'ombre, et surtout on reste près de la voiture.::\n\n## COMPRENDRE\n\nEn plein soleil, par 40 °C, un homme qui marche perd **un litre de sueur par heure** ou plus. À l'ombre et au repos, beaucoup moins. **Le désert tue par déshydratation**, et beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine : un ou deux jours sans eau en plein été suffisent.\n\nLa nuit, à l'inverse, il peut faire très froid : le sable et l'air sec perdent leur chaleur vers le ciel.\n\n## AGIR\n\n1. **Restez près du véhicule** en panne : il se voit de loin, il fait de l'ombre, il contient de l'eau et du matériel. On retrouve les voitures ; on retrouve rarement les gens partis à pied.\n2. **À l'ombre aux heures chaudes**, de 10 h à 17 h environ : sous une bâche tendue à 30-40 cm au-dessus du sol, pas directement sur le sable brûlant.\n3. **Bougez la nuit, à l'aube et au crépuscule** si vous devez bouger.\n4. **Couvrez-vous** : vêtements amples, clairs, manches longues, chapeau à large bord, tissu sur la nuque. La peau nue au soleil perd plus d'eau qu'elle n'en garde.\n5. **Buvez ce qu'il faut**, sans attendre et sans « économiser » jusqu'à tomber. Voir [[SURV-EAU-006]].\n6. **Respirez par le nez, parlez peu, ne mangez que si vous avez de l'eau.**\n\n## ADAPTER\n\n**Les lits de rivière à sec (oueds)** : on n'y campe jamais. Un orage à des dizaines de kilomètres peut y envoyer une crue éclair en quelques minutes, sous un ciel bleu.\n\n**Les tempêtes de sable** : tissu humide sur le nez et la bouche, lunettes, dos au vent, et on ne bouge pas.\n\n**Scorpions et serpents** : secouez chaussures et vêtements le matin, ne mettez pas les mains sous les pierres. Voir [[URG-SERP-001]].\n\n**Trouver de l'eau** : au pied des falaises côté ombre, dans les creux de rochers après la pluie, là où pousse une végétation plus verte. Voir [[SURV-EAU-005]]. Le distillateur solaire donne peu, mais c'est toujours ça.\n\n**Se signaler** : un miroir, une fumée, des signaux au sol visibles de loin. Voir [[SIG-COM-011]].\n\n**Les signes du coup de chaleur** (confusion, arrêt de la sueur, peau brûlante) : [[URG-CHAL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-001","titre":"Le grand froid","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["froid","hiver","gelures","couches","neige","vent","abri","montagne"],"sources":["US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual et TC 21-3 Soldier's Handbook for Individual Operations in Cold Weather","Wilderness Medical Society, Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Frostbite, 2019","Giesbrecht G., Wilkerson J., Hypothermia, Frostbite and Other Cold Injuries, Mountaineers Books"],"corps":"::Dans le grand froid, on ne meurt pas d'avoir froid. On meurt d'avoir transpiré, puis de s'être arrêté mouillé. Toute la règle tient en un mot : sec.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps perd sa chaleur par le **vent**, par l'**humidité** (la sueur et la neige fondue sur les vêtements), par le **contact** avec le sol et le métal, et par la **respiration**. Un vêtement mouillé isole jusqu'à vingt fois moins qu'un vêtement sec.\n\n**Le vent** multiplie le froid ressenti : −10 °C avec un vent de 40 km/h donnent sur la peau l'effet de −20 °C.\n\n## AGIR\n\n**S'habiller en couches**\n\n1. **Contre la peau** : laine mérinos ou synthétique, qui évacue la sueur. **Jamais de coton**, qui la garde.\n2. **Au milieu** : polaire, laine épaisse, doudoune : l'isolation.\n3. **Dessus** : une veste coupe-vent et imperméable.\n4. **Les extrémités** : bonnet, cagoule ou tour de cou, moufles (plus chaudes que les gants), deux paires de chaussettes pas trop serrées.\n\n**Gérer la sueur** : **on enlève une couche avant d'avoir chaud**, pas après. On marche « un peu frais ». On ouvre les aérations dans l'effort, on referme à l'arrêt.\n\n**À l'arrêt** : on remet la couche chaude **tout de suite**, avant d'avoir froid.\n\n**Manger et boire** : le corps brûle ses réserves pour se chauffer. Du gras, du sucre, souvent. Boire chaud si possible ; faire fondre la neige plutôt que la manger.\n\n**Surveillez-vous à deux** : une tache blanche et cireuse sur le nez, les joues, les oreilles, c'est une gelure qui commence. Elle ne fait pas mal : c'est l'autre qui la voit.\n\n## ADAPTER\n\n**Une gelure** : ne frottez pas, surtout pas avec de la neige. Réchauffez contre la peau d'un autre (la main sous l'aisselle, le pied contre le ventre). Le réchauffement dans l'eau à 37-39 °C est le traitement, **seulement si l'on ne risque pas de regeler ensuite** : une gelure qui dégèle puis regèle est bien plus grave. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Le métal et l'essence** à très basse température brûlent la peau au contact : gants fins pour les manipuler.\n\n**Les yeux** : lunettes de soleil sur la neige, sinon l'ophtalmie des neiges aveugle douloureusement en quelques heures. En dépannage, une fente fine dans un carton ou un morceau d'écorce.\n\n**S'abriter** : la neige est un excellent isolant. Une tranchée creusée dans la neige, couverte de branches et d'une bâche, reste autour de 0 °C à l'intérieur quand il fait −20 °C dehors. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n\n**Dans une maison sans chauffage** : [[TEC-CON-012]]. **En voiture** : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-010","titre":"Pénurie de nourriture","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["penurie","nourriture","rationnement","potager","cueillette","conservation","famine","entraide"],"sources":["FAO, rapports sur la sécurité alimentaire en situation de crise","Retours d'expérience de l'hiver de la faim aux Pays-Bas (1944-1945) et du siège de Leningrad","Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : sécurité alimentaire et nutrition"],"corps":"::Quand les rayons se vident, ceux qui s'en sortent ne sont pas ceux qui ont rempli trois caddies de pâtes le premier jour. Ce sont ceux qui produisent, conservent, partagent, et ne gaspillent plus rien.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne pénurie arrive rarement d'un coup. Elle commence par des ruptures sur quelques produits, des prix qui montent, des rationnements. Les semaines qui suivent décident de tout : ce qu'on plante, ce qu'on garde, comment on s'organise avec les autres.\n\n## AGIR\n\n**Tout de suite**\n\n- **Ne gaspillez plus rien** : épluchures dans la soupe, restes réutilisés, pain rassis en chapelure ou en soupe.\n- **Achetez des bases, pas du superflu** : farine, riz, légumineuses, huile, sucre, sel. Voir [[TEC-ALI-008]].\n- **Faites l'inventaire** de ce que vous avez, et comptez combien de jours ça tient. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\n**Les semaines suivantes**\n\n- **Plantez** tout ce qui peut l'être, même sur un balcon : pommes de terre, courges, haricots, salades, radis (prêts en un mois).\n- **Faites germer des graines** pour les vitamines. Voir [[TEC-ALI-013]].\n- **Conservez les surplus** : séchage, salage, lacto-fermentation, bocaux. Voir [[TEC-CONS-001]].\n- **Élevez de petits animaux** si possible : poules, lapins. Voir [[TEC-ELE-001]].\n- **Cueillez** ce que vous connaissez avec certitude. Voir [[SURV-RES-001]].\n\n**Ensemble**\n\n- **Mettez en commun** : jardins partagés, cuisines collectives, achats groupés. Une marmite pour vingt coûte bien moins que vingt repas. Voir [[SURV-RES-004]].\n- **Priorité** aux enfants, aux femmes enceintes, aux malades et aux personnes âgées.\n\n## ADAPTER\n\n**Les aliments de disette** que l'histoire a connus : bulbes de tulipes aux Pays-Bas en 1944, orties, glands (à dessaler longuement dans l'eau pour retirer leurs tanins), pain allongé de son ou de sciure. Certains sauvent, d'autres rendent malade : ne mangez que ce qui est identifié et préparé correctement.\n\n**La faim change les comportements** : irritabilité, méfiance, obsession de la nourriture. Partagez de façon visible et juste. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n**Après une longue privation**, on renourrit lentement : [[TEC-ALI-014]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-009","titre":"Épidémie","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["epidemie","pandemie","contagion","masque","lavage des mains","isolement","malade","aeration"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Non-pharmaceutical public health measures for mitigating the risk and impact of epidemic and pandemic influenza, 2019","Santé publique France, gestes barrières","Centers for Disease Control and Prevention, Caring for someone sick at home"],"corps":"::Face à une épidémie, les gestes qui marchent sont ennuyeux : se laver les mains, aérer, isoler le malade, porter un masque. Ils ont arrêté des épidémies bien avant les vaccins.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes maladies contagieuses passent d'une personne à l'autre par trois chemins :\n\n- **l'air** : gouttelettes et fines particules émises en parlant, toussant, respirant, surtout dans les pièces fermées ;\n- **les mains** : on touche une surface ou une personne, puis sa bouche, son nez, ses yeux ;\n- **l'eau et la nourriture** souillées. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\nChaque geste qui coupe un chemin réduit la contagion. Ensemble, ils la réduisent beaucoup.\n\n## AGIR\n\n**Pour tous**\n\n1. **Lavage des mains** au savon, souvent, 20 secondes. Voir [[SURV-HYG-001]].\n2. **Aérer** : ouvrir grand les fenêtres plusieurs fois par jour. Dehors, on se contamine beaucoup moins qu'enfermé.\n3. **Masque** dans les lieux fermés et bondés, et près des malades. Un masque filtrant (FFP2) bien ajusté protège mieux qu'un masque en tissu. Voir [[TEC-SAN-006]].\n4. **Tousser dans son coude**, mouchoir jeté tout de suite.\n5. **Moins de contacts** : pas de réunions inutiles en intérieur, un seul membre de la famille pour les courses.\n\n**Un malade à la maison**\n\n1. **Une pièce pour lui seul**, aérée, porte fermée, et si possible des toilettes à part.\n2. **Une seule personne s'en occupe**, masquée, et se lave les mains en sortant.\n3. **Sa vaisselle, son linge** lavés à part, à chaud. Les surfaces qu'il touche, nettoyées à l'eau de Javel diluée.\n4. **Le soigner** : boire beaucoup, faire baisser la fièvre, surveiller. Voir [[TEC-SAN-002]] et [[TEC-SAN-009]].\n\n**Les signes qui imposent un soignant** : difficulté à respirer, lèvres bleues, confusion, fièvre qui ne baisse pas, déshydratation, et chez les plus fragiles (bébés, personnes âgées, malades chroniques), dès le début.\n\n## ADAPTER\n\n**Les antibiotiques ne soignent pas les virus** (grippe, Covid, rhume). Les garder pour les infections bactériennes qui en ont besoin.\n\n**Informez-vous aux sources officielles**, pas aux rumeurs : les fausses nouvelles se répandent plus vite que les virus. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**Les vaccins**, quand ils existent, restent la meilleure protection. Voir le chapitre sur l'hygiène et la transmission : [[TEC-SAN-004]].\n\n**Le moral** : l'isolement pèse. Appels réguliers aux proches isolés, routines, activités. Voir [[SURV-PSY-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-008","titre":"Cyclone et ouragan","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cyclone","ouragan","typhon","vent","submersion","confinement","oeil du cyclone","vigilance"],"sources":["Météo-France, dispositif de vigilance cyclonique en outre-mer","National Hurricane Center (NOAA), Hurricane Preparedness et échelle de Saffir-Simpson","Ministère des Outre-mer, consignes en cas de cyclone"],"corps":"::Dans un cyclone, ce n'est presque jamais le vent qui tue le plus. C'est l'eau : la mer qui monte sur la côte, et les pluies qui transforment les ravines en torrents.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn cyclone (ouragan dans l'Atlantique, typhon dans le Pacifique) est une énorme dépression tropicale. Il apporte trois dangers :\n\n- **La marée de tempête (submersion)** : la mer monte de plusieurs mètres sur la côte, poussée par le vent. C'est elle qui fait le plus de morts.\n- **Les pluies** : des centaines de millimètres en quelques heures, inondations et glissements de terrain.\n- **Le vent** : jusqu'à plus de 250 km/h, qui arrache les toits et transforme tout objet en projectile.\n\n## AGIR\n\n**Avant (dès la vigilance orange)**\n\n- **Si vous habitez en zone de submersion** (bord de mer bas) : **partez** vers un abri désigné ou en hauteur quand les autorités le demandent.\n- **Rentrez ou attachez tout ce qui peut s'envoler** : mobilier de jardin, poubelles, tôles.\n- **Volets fermés**, fenêtres protégées par des panneaux de bois.\n- **Réserves** : eau (au moins 3 jours), nourriture, piles, radio, médicaments, lampes, batteries chargées, espèces, réservoir plein.\n\n**Pendant (vigilance rouge et violette)**\n\n1. **Restez à l'intérieur**, dans la pièce la plus solide, **sans fenêtre**, au centre de la maison (salle de bain, couloir, placard sous escalier).\n2. **Loin des fenêtres et des baies vitrées.**\n3. **Écoutez la radio.**\n4. **Si le toit s'arrache** : réfugiez-vous sous un meuble solide, un matelas sur vous.\n\n**L'œil du cyclone** : le vent tombe d'un coup, parfois le ciel se dégage. **Ce n'est pas la fin.** L'autre moitié du cyclone arrive, avec des vents aussi forts dans l'autre sens. Ne sortez pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Après**\n\n- **Attendez la fin d'alerte** avant de sortir.\n- **Câbles tombés, arbres, poteaux** : on ne s'en approche pas. Voir [[URG-ELEC-001]].\n- **Groupe électrogène dehors**, jamais dedans. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **L'eau du robinet** : bouillie ou traitée jusqu'à avis contraire. Voir [[URG-EAU-001]].\n- **Les moustiques** prolifèrent dans l'eau stagnante : dengue, chikungunya. Videz tout ce qui retient l'eau autour de la maison.\n\n**En mer ou au bord de l'eau** : on ne va pas regarder les vagues. Chaque cyclone emporte des curieux.\n\nL'inondation et ses gestes : [[URG-INO-001]]. Une tempête en métropole : [[URG-TEM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-016","titre":"Le 12 volts à la maison","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["12 volts","batterie","solaire","fusible","section de cable","convertisseur","eclairage led","autonomie"],"sources":["Norme NF C 15-100, installations en très basse tension","Victron Energy, Wiring Unlimited (dimensionnement des câbles et fusibles en courant continu)","Guides d'installation électrique des camping-cars et des bateaux"],"corps":"::Le 12 volts, c'est l'électricité des voitures, des bateaux et des camping-cars. Sans danger pour le corps, simple, compatible avec les batteries et les panneaux solaires. Mais il a un piège : il met le feu aux fils trop fins.::\n\n## Pourquoi le 12 volts\n\n- **Il ne tue pas** au toucher : on peut câbler sans électricien.\n- **Il se stocke directement** dans une batterie, sans conversion.\n- **Tout ce qui sert en crise existe en 12 V** : lampes LED, chargeurs USB, radios, ventilateurs, pompes à eau, réfrigérateurs de camping.\n\n## Les éléments\n\n1. **Une batterie** : plomb (AGM, gel) ou lithium fer phosphate (LiFePO4), plus légère et qui supporte d'être vidée presque entièrement. Voir [[TEC-ENE-004]].\n2. **De quoi la charger** : panneau solaire avec régulateur, chargeur sur secteur, alternateur de voiture, groupe. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n3. **Un fusible au plus près de la batterie**, sur le fil positif.\n4. **Des câbles de bonne section.**\n5. **Un petit tableau** de fusibles pour chaque circuit : éclairage, prises USB, pompe.\n\n## Le piège : les fils\n\nÀ tension basse, pour la même puissance, **le courant est vingt fois plus fort** qu'en 230 V. Un fil trop fin chauffe et perd de la tension.\n\n| Courant | Longueur (aller et retour compris) | Section conseillée |\n|---|---|---|\n| 5 A (éclairage) | jusqu'à 10 m | 1,5 à 2,5 mm² |\n| 10 A (pompe, frigo) | jusqu'à 10 m | 4 mm² |\n| 20 A | jusqu'à 10 m | 6 à 10 mm² |\n| Convertisseur 1 000 W | moins de 2 m | 25 mm² et plus |\n\n**Dans le doute, plus gros.** Un fil de lampe de salon sur une batterie de voiture peut prendre feu en quelques secondes en cas de court-circuit.\n\n## Le fusible qui sauve\n\n**Une batterie en court-circuit** peut débiter des centaines d'ampères : les fils rougissent et l'isolant brûle. **Le fusible doit être à moins de 20 cm de la borne positive**, calibré pour protéger le fil. C'est la règle la plus importante de toute installation 12 V.\n\n## Le convertisseur (onduleur)\n\nIl fabrique du 230 V à partir du 12 V, pour les appareils qui n'existent pas en 12 V. Mais il **consomme même à vide**, perd 10 à 15 % de l'énergie, et un appareil de 1 000 W tire près de 100 A sur la batterie. **Tout ce qui peut rester en 12 V ou en USB y reste.**\n\n## Ce qu'on alimente avec quoi\n\nUne batterie de 100 Ah en 12 V stocke environ **1 200 Wh**, dont 600 utilisables en plomb, presque tout en lithium. Cela fait par exemple : cinq lampes LED de 5 W pendant 10 heures, quatre recharges de téléphone, une radio toute la journée, et il en reste. Voir [[TEC-ENE-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-015","titre":"Les bouteilles de gaz","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["gaz","butane","propane","bouteille","detendeur","flexible","fuite","camping"],"sources":["Comité français du butane et du propane (CFBP), règles d'utilisation des bouteilles","INRS, fiches toxicologiques du butane et du propane","Arrêté du 2 août 1977 relatif aux installations de gaz dans les bâtiments d'habitation"],"corps":"::Une bouteille de gaz fait la cuisine et le chauffage pendant des semaines sans réseau. Elle ne pose problème que mal choisie, mal raccordée, couchée, ou rangée à la cave.::\n\n## Butane ou propane\n\n| | Butane | Propane |\n|---|---|---|\n| Usage | **À l'intérieur** : cuisinière, chauffage d'appoint | **À l'extérieur** : citerne, barbecue, chauffage de la maison depuis dehors |\n| Froid | **Ne se vaporise plus vers 0 °C** : inutilisable dehors en hiver | Fonctionne jusqu'à −40 °C |\n| Stockage | Jamais au soleil ni près d'une source de chaleur | Toujours dehors, jamais dans un sous-sol |\n\n**Tous deux sont plus lourds que l'air** : une fuite coule au sol et remplit les caves, les vides sanitaires, les fosses. On ne stocke jamais une bouteille en sous-sol. Voir [[URG-GAZ-001]].\n\n## Raccorder\n\n- **Un détendeur adapté au gaz** : en France, environ 28-30 millibars pour le butane, 37 millibars pour le propane. Un détendeur de butane sur du propane donne des flammes trop fortes.\n- **Un tuyau ou flexible en bon état et dans sa date** : la date limite est imprimée dessus. Un tuyau caoutchouc périmé se fendille.\n- **Des colliers de serrage** sur les tuyaux souples.\n- **Vérifiez chaque raccordement** à l'eau savonneuse, robinet ouvert : pas de bulles, pas de fuite.\n\n## Utiliser\n\n- **Bouteille debout, toujours.** Couchée, le gaz liquide passe dans le détendeur et l'appareil : grandes flammes incontrôlées.\n- **Fermez le robinet de la bouteille** après usage, et avant de la changer.\n- **Une pièce aérée** : un chauffage d'appoint au gaz consomme l'oxygène et produit de la vapeur d'eau et parfois du monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Jamais chauffer une bouteille**, même pour « en tirer plus » par grand froid.\n\n## Les astuces\n\n- **Savoir ce qui reste** : versez un filet d'eau chaude le long de la bouteille, puis passez la main. **La partie froide** est celle qui contient encore du liquide. Ou pesez-la : la tare (poids à vide) est gravée sur le col.\n- **Une bouteille qui givre** en fonctionnement donne plus qu'elle ne peut vaporiser : baissez l'appareil, ou passez au propane par grand froid.\n- **Les cartouches de camping** (butane, ou mélange butane-propane pour le froid) font le même travail en petit. Une cartouche de 450 g fait environ une heure et demie de réchaud à pleine flamme.\n- **Réserve de crise** : deux bouteilles, une en service, une pleine. Une bouteille de 13 kg cuisine plusieurs semaines pour une famille.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-015","titre":"La plomberie de base et les fuites","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["plomberie","fuite","robinet","joint","siphon","bouchon","canalisation","gel","vanne"],"sources":["DTU 60.1, plomberie sanitaire pour bâtiments","Guides pratiques de plomberie des enseignes de bricolage et des fabricants de robinetterie","Retours d'expérience des plombiers sur les dégâts des eaux les plus fréquents"],"corps":"::Neuf dégâts des eaux sur dix commencent par une petite fuite qu'on a laissée « pour plus tard ». Savoir où couper l'eau et changer un joint évite la moitié des factures et toutes les nuits à éponger.::\n\n## Couper l'eau\n\n- **La vanne générale**, près du compteur (souvent dans un regard dehors, au sous-sol ou sous l'évier). **Repérez-la aujourd'hui**, testez-la : une vanne qui n'a pas tourné depuis dix ans est parfois grippée.\n- **Les robinets d'arrêt** sous les lavabos, derrière les toilettes, sur l'arrivée du chauffe-eau et de la machine à laver : ils coupent un seul appareil.\n\nVoir aussi [[URG-RES-001]].\n\n## Les tuyaux\n\n- **Cuivre** : rigide, soudé ou raccordé par écrous.\n- **PER** (tubes souples de couleur, rouge pour le chaud, bleu pour le froid) et **multicouche** : raccords à sertir ou à visser.\n- **PVC gris** : les évacuations, collées.\n- **Les flexibles** qui relient les robinets aux tuyaux : ils vieillissent et éclatent. **Changez-les tous les dix ans environ.**\n\n## Les fuites courantes\n\n- **Un robinet qui goutte** : le joint ou la cartouche est usé. Coupez l'eau, démontez la tête, emportez l'ancienne pièce au magasin pour la même.\n- **Les toilettes qui coulent** en continu dans la cuvette : le joint du clapet de chasse est usé ou entartré. Un nettoyage au vinaigre ou un joint neuf.\n- **Un raccord qui suinte** : resserrez d'un quart de tour, pas plus. Si ça continue, refaites l'étanchéité : ruban de téflon sur un filetage, ou filasse et pâte.\n- **Un siphon qui fuit** : dévissez-le au-dessus d'une bassine, nettoyez, vérifiez le joint, revissez à la main.\n\n## Les dépannages de fortune\n\n- **Un trou d'épingle dans un tuyau** : un morceau de chambre à air serré par deux colliers de serrage, en attendant mieux. Une pâte époxy de réparation sur un tuyau sec. Voir [[SURV-REC-030]].\n- **Un tuyau gelé** : dégelez-le au sèche-cheveux ou avec des chiffons chauds, en partant du robinet ouvert vers le gel. **Jamais de flamme** : le tuyau éclate ou brûle ce qu'il y a derrière.\n- **Un évier bouché** : ventouse d'abord (en bouchant le trop-plein), puis démontage du siphon, puis furet. Les déboucheurs chimiques en dernier, jamais mélangés. Voir [[TEC-CHI-006]].\n\n## Les astuces de plombier\n\n- **Relevez le compteur le soir et le matin**, sans avoir tiré d'eau : s'il a tourné, il y a une fuite quelque part.\n- **Une tache qui s'agrandit au plafond** : coupez l'eau de l'étage au-dessus tout de suite, puis cherchez.\n- **Avant un départ long**, coupez la vanne générale.\n- **Dans une maison froide en hiver**, vidangez les tuyaux (vanne fermée, robinets ouverts, en bas) pour qu'ils ne gèlent pas. Voir [[TEC-CON-012]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-014","titre":"Les toilettes sèches","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toilettes seches","compost","sciure","urine","assainissement","eau","jardin"],"sources":["Jenkins J., The Humanure Handbook, 4e édition","Arrêté du 7 septembre 2009 relatif aux prescriptions techniques des installations d'assainissement non collectif (toilettes sèches)","Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the safe use of wastewater, excreta and greywater, volume 4, 2006"],"corps":"::Une chasse d'eau envoie chaque jour dix à trente litres d'eau potable dans les égouts pour emporter un demi-litre de déchets. Les toilettes sèches font la même chose avec une poignée de sciure, sans odeur, et rendent de la terre au bout de deux ans.::\n\n## Le principe\n\nAprès chaque passage, on recouvre les matières d'une **matière sèche riche en carbone** : sciure, copeaux de bois, feuilles broyées, paille hachée. Elle absorbe l'humidité, bloque les odeurs et les mouches, et prépare le compostage.\n\n## Le modèle le plus simple\n\n1. **Une caisse en bois** avec un abattant de toilettes, et un **seau** de 20 litres dessous.\n2. **Un bac de sciure** à côté, avec une louche ou un gobelet.\n3. **Après chaque passage**, une louche de sciure, sur les selles et sur le papier.\n4. **Le seau plein** (tous les quelques jours pour une famille) se vide sur un **tas de compost dédié**, se rince, et repart.\n\n**Séparer l'urine** (un urinoir, ou un séparateur à l'avant de la cuvette) rend le seau beaucoup moins lourd et presque sans odeur. L'urine diluée est un excellent engrais, et un activateur de compost.\n\n## Composter sans danger\n\n- **Un tas à part**, pas celui du potager, en bac fermé, sur la terre, loin des points d'eau.\n- **Couvert de paille** à chaque apport.\n- **Un tas bien fait chauffe** à 50 ou 60 °C, ce qui tue la plupart des germes.\n- **On laisse reposer au moins un an** après le dernier apport, deux ans pour plus de sûreté. Deux bacs : un qui se remplit, un qui mûrit.\n- **Le compost obtenu** va d'abord aux arbres fruitiers, aux haies, aux fleurs ; pour les légumes qui se mangent crus, seulement un compost bien mûr, et jamais directement sur les feuilles.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Pas d'odeur** si la sciure couvre bien : une odeur signale un manque de matière sèche.\n- **L'hiver**, le tas chauffe moins : on laisse simplement le temps faire.\n- **Les médicaments** passent en partie dans les selles : ce n'est pas un problème à l'échelle d'un jardin, si le compost a eu le temps de mûrir.\n- **En France, les toilettes sèches sont autorisées** dans une maison, à condition de ne pas créer de nuisance ni de pollution, et d'avoir de quoi traiter les eaux de la cuisine et de la salle de bain.\n\nVersion d'urgence avec un seau et des sacs : [[SURV-HYG-002]]. Le compost en général : [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-013","titre":"Rafraîchir une maison sans climatisation","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chaleur","rafraichir","volets","ventilation nocturne","ombre","canicule","maison","evaporation"],"sources":["ADEME, Garder son logement frais en été","CEREMA, confort d'été des bâtiments : protections solaires et ventilation nocturne","Givoni B., Passive and Low Energy Cooling of Buildings, Wiley"],"corps":"::Une maison se rafraîchit la nuit et se défend le jour. Un volet extérieur fermé arrête la chaleur avant qu'elle entre ; un rideau intérieur la laisse entrer, puis la garde.::\n\n## Le principe\n\nLa chaleur entre de trois façons : **le soleil par les vitres**, **l'air chaud par les ouvertures**, **la chaleur des murs et du toit** chauffés toute la journée. On bloque les trois le jour, et on évacue la nuit.\n\n## Le jour : se défendre\n\n- **Protections extérieures d'abord** : volets, stores extérieurs, toiles tendues devant les fenêtres. Elles arrêtent le soleil **avant** la vitre, et sont plusieurs fois plus efficaces qu'un rideau intérieur, qui chauffe derrière la vitre.\n- **Fenêtres fermées** tant que l'air dehors est plus chaud que dedans.\n- **Moins de chaleur à l'intérieur** : pas de four, peu de plaques, lampes LED, appareils débranchés (chargeurs, box, télé en veille chauffent aussi).\n- **Côté sud et ouest** en priorité : c'est là que le soleil tape le plus fort et le plus tard.\n\n## La nuit : évacuer\n\n- **Tout ouvrir dès que l'air dehors est plus frais**, souvent à partir de 22 h jusqu'au petit matin.\n- **Créer un courant d'air** : fenêtres ouvertes sur deux façades opposées, portes intérieures ouvertes. Un ventilateur posé dans une fenêtre, soufflant **vers l'extérieur** dans une pièce et une autre fenêtre ouverte ailleurs, aspire l'air frais à travers toute la maison.\n- **Les murs épais** (pierre, béton) stockent la fraîcheur de la nuit et la rendent le jour : c'est pourquoi les vieilles maisons restent fraîches.\n\n## Rafraîchir par l'eau\n\n- **Un linge humide** tendu devant une fenêtre ouverte ou devant un ventilateur rafraîchit l'air qui passe, surtout par temps sec.\n- **Des bassines d'eau** et des serpillières mouillées au sol, en climat sec.\n- **Le corps d'abord** : c'est souvent plus efficace de rafraîchir les gens que la pièce. Voir [[SURV-CRI-003]].\n\n## À plus long terme\n\n- **Planter** des arbres à feuilles caduques côté sud et ouest : ombre l'été, soleil l'hiver. Une vigne sur une pergola fait pareil en deux ou trois ans.\n- **Peindre le toit ou les murs en clair** renvoie une grande partie du soleil.\n- **Isoler le toit** : l'isolation qui garde la chaleur l'hiver garde la fraîcheur l'été. Voir [[TEC-CON-005]].\n\n**Le piège** : une pièce sous un toit non isolé devient invivable l'après-midi. On y dort la nuit seulement si on a pu l'aérer, et on vit en bas le jour.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-010","titre":"Le béton et le mortier","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["beton","mortier","ciment","sable","gravier","dosage","cure","maconnerie"],"sources":["Norme NF EN 206, béton : spécification, performances, production et conformité","Cimbéton, guides pratiques du béton","Portland Cement Association, Design and Control of Concrete Mixtures, 17e édition"],"corps":"::Le béton ne sèche pas : il durcit en fixant l'eau dans une réaction chimique. Laissé à sécher au soleil, il devient poussiéreux et fragile. Gardé humide une semaine, il devient de la pierre.::\n\n## Les ingrédients\n\n- **Le ciment** : une poudre grise qui, avec l'eau, forme une colle minérale qui durcit en quelques heures et continue de durcir pendant des semaines.\n- **Le sable** et **le gravier** : le squelette. Le ciment colle les grains entre eux.\n- **L'eau** : juste ce qu'il faut. **Trop d'eau rend le béton plus facile à couler et beaucoup plus faible.**\n\n## Les dosages de chantier (en volumes, au seau)\n\n| Mélange | Ciment | Sable | Gravier | Usage |\n|---|---|---|---|---|\n| Mortier de montage | 1 | 3 à 4 | - | Monter des briques, des parpaings, des pierres |\n| Mortier d'enduit | 1 | 3 | - | Enduire un mur |\n| Béton courant | 1 | 2 | 3 | Dalles, fondations, poteaux |\n| Béton maigre | 1 | 3 | 5 | Remplissage, propreté, calage |\n\nUn sac de 35 kg de ciment donne environ 0,1 m³ de béton courant.\n\n## Gâcher à la main\n\n1. **Mélangez à sec** ciment, sable et gravier sur une planche ou dans une brouette, jusqu'à une couleur uniforme.\n2. **Faites un cratère** au milieu, versez une partie de l'eau.\n3. **Ramenez les bords** vers le centre avec la pelle, ajoutez l'eau petit à petit.\n4. **Le bon béton** tient en tas sans couler, et une trace de truelle y reste nette.\n\n## La cure : ce qui fait la différence\n\n- **Gardez le béton humide** au moins **7 jours** : arrosage, bâche plastique, toile de jute mouillée.\n- **Protégez-le du soleil et du vent** qui le sèchent trop vite, et du **gel** les premiers jours, qui le fait éclater.\n- **Il atteint sa résistance au bout de 28 jours.** On ne charge pas une dalle la première semaine.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Le béton résiste à l'écrasement, pas à la traction** : une dalle ou une poutre sans armatures d'acier (fers à béton, treillis) casse en travers. L'acier doit être noyé avec quelques centimètres de béton autour, sinon il rouille.\n- **Le ciment brûle la peau** : il est très alcalin. Gants, manches longues, lunettes. Une brûlure au ciment ne fait pas mal tout de suite.\n- **Les vieux murs en pierre** se montent et se réparent au **mortier de chaux**, qui laisse respirer le mur ; le ciment les fait pourrir d'humidité. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **Sans ciment** : la chaux, la terre crue (pisé, torchis), la pierre sèche, bien plus anciennes et encore debout. Voir [[TEC-CON-001]].\n\nLes fondations : [[TEC-CON-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-009","titre":"L'eau de Javel","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["eau de javel","hypochlorite","chlore","desinfection","dilution","eau potable","surfaces"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Guidelines for Drinking-water Quality, 4e édition (chloration)","Centers for Disease Control and Prevention, Making water safe in an emergency","Organisation mondiale de la santé, Infection prevention and control : solutions chlorées à 0,1 % et 0,5 %"],"corps":"::Une bouteille d'eau de Javel désinfecte l'eau de boisson d'une famille pendant des mois, nettoie une pièce de malade, et coûte un euro. Mal dosée ou mal mélangée, elle empoisonne.::\n\n## Ce que c'est\n\nUne solution d'**hypochlorite de sodium** dans l'eau. Son pouvoir se mesure en **pourcentage de chlore actif**, écrit sur l'étiquette :\n\n- **2,6 %** : l'eau de Javel française prête à l'emploi en bouteille ;\n- **9,6 %** : les berlingots concentrés, à diluer ;\n- **5 à 6 %** : la concentration courante aux États-Unis et dans beaucoup de pays.\n\n**Toujours sans parfum ni additif** pour l'eau de boisson.\n\n## Les dosages utiles\n\n| Usage | Dosage |\n|---|---|\n| Désinfecter l'eau de boisson (claire) | **4 à 5 gouttes de Javel 2,6 % par litre**, ou 2 gouttes de Javel à 5-6 %. Attendre 30 minutes. |\n| Eau trouble | Filtrer d'abord à travers un tissu, puis doubler la dose |\n| Surfaces, vaisselle, linge d'un malade (0,1 %) | **Un verre (250 ml) de Javel 2,6 % dans 6 litres d'eau** |\n| Sang, vomissements, selles (0,5 %) | **1 volume de Javel 2,6 % pour 4 volumes d'eau** |\n\n**Le bon dosage pour l'eau de boisson** laisse une **légère odeur de chlore** après 30 minutes. Pas d'odeur : recommencez la dose et attendez encore. Trop fort : laissez reposer à l'air libre, le chlore s'évapore. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n## Les règles\n\n- **Jamais mélangée** avec un autre produit : avec un acide (vinaigre, détartrant, nettoyant WC), elle dégage du **chlore gazeux** ; avec de l'ammoniaque ou de l'urine concentrée, des **chloramines**. Les deux brûlent les poumons. Voir [[TEC-CHI-006]].\n- **Diluée dans de l'eau froide**, jamais chaude.\n- **Les solutions diluées se préparent chaque jour** : elles perdent leur force en quelques heures à quelques jours.\n- **La bouteille elle-même s'affaiblit** avec le temps, la chaleur et la lumière : au frais et dans le noir, elle garde l'essentiel de sa force quelques mois. Une vieille Javel se dose plus fort.\n- **Gants et aération** ; rincer à l'eau abondante en cas de projection dans les yeux.\n\n## En fabriquer sans magasin\n\nLe courant électrique qui traverse de l'**eau très salée** entre deux électrodes en graphite (mines de crayon, électrodes de piles usagées) produit de l'hypochlorite : c'est le principe des petits électrochlorateurs utilisés dans les villages sans approvisionnement. Avec une batterie de 12 volts, quelques heures, en plein air (il se dégage un peu de chlore gazeux), on obtient une solution faible, qu'on dose plus fort et qu'on utilise dans la journée. Sans moyen de mesure, l'odeur de chlore après 30 minutes reste le repère.\n\n## Ce qu'elle ne fait pas\n\nElle ne tue pas tout : certains parasites de l'eau (cryptosporidium) lui résistent, et elle ne retire aucun produit chimique. Pour une eau douteuse, l'ébullition reste la référence. Voir [[URG-EAU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-008","titre":"L'alcool et les désinfectants","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alcool","desinfectant","gel hydroalcoolique","antiseptique","chlorhexidine","70 degres","methanol"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Guide to Local Production: WHO-recommended Handrub Formulations, 2010","Centers for Disease Control and Prevention, Guideline for Disinfection and Sterilization in Healthcare Facilities, 2008","ANSM, antiseptiques et désinfectants : bon usage"],"corps":"::L'alcool pur désinfecte moins bien que l'alcool à 70 %. L'eau aide l'alcool à pénétrer les microbes au lieu de les sécher en surface. Bien des idées reçues sur les désinfectants tombent ainsi à la lecture des faits.::\n\n## Antiseptique ou désinfectant\n\n- **Un antiseptique** s'applique sur la peau et les plaies : chlorhexidine, povidone iodée, alcool sur peau saine.\n- **Un désinfectant** s'applique sur les surfaces et les objets : eau de Javel, alcool, produits professionnels.\n\n## L'alcool\n\n- **Le plus efficace est à 70 %** (entre 60 et 80 %) d'éthanol ou d'isopropanol. Pur, il s'évapore trop vite et agit moins bien.\n- **Il tue** la plupart des bactéries et beaucoup de virus en quelques secondes.\n- **Il tue mal** certains virus des gastro-entérites (norovirus) et **pas du tout** les spores. Pour ceux-là : eau de Javel et lavage au savon.\n- **Il brûle** : pas de flamme, de cigarette ni de poêle à côté d'un gel frais sur les mains.\n\n**Le gel hydroalcoolique de l'OMS**, préparé partout dans le monde : environ 80 % d'éthanol (ou 75 % d'isopropanol), un peu de glycérol pour protéger la peau, un peu d'eau oxygénée contre les contaminations, et de l'eau.\n\n## Les autres\n\n- **Chlorhexidine** : l'antiseptique des plaies, incolore, peu irritant. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Povidone iodée** : antiseptique large, colore la peau en brun. Pas chez les nouveau-nés ni en cas de problème de thyroïde.\n- **Eau de Javel** : le désinfectant des surfaces, du linge et de l'eau. Voir [[TEC-CHI-009]].\n- **Eau oxygénée** : mousse beaucoup, mais abîme les tissus d'une plaie. À éviter dans les plaies ouvertes.\n- **Vinaigre** : nettoie et détartre, **mais ne désinfecte presque pas**.\n\n## Sans rien de tout ça\n\n- **Le savon et l'eau** retirent les microbes des mains aussi bien que le gel, et mieux quand les mains sont sales.\n- **L'ébullition** stérilise les instruments : 10 minutes dans l'eau bouillante.\n- **Le soleil** : le linge séché en plein soleil, et l'eau claire exposée six heures en bouteille transparente au soleil, sont en partie désinfectés par les ultraviolets.\n\n## Les pièges\n\n- **L'alcool à brûler, le lave-glace et l'alcool ménager** ne se boivent jamais : ils peuvent contenir du méthanol, qui rend aveugle et tue. Un alcool désinfectant non identifié ne va pas dans une boisson.\n- **Désinfecter une surface sale ne sert à rien** : on nettoie d'abord, on désinfecte ensuite.\n- **Le temps de contact compte** : un désinfectant essuyé tout de suite n'a pas agi.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-007","titre":"Lire une étiquette de danger","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pictogrammes","clp","fiche de securite","plaque orange","adr","numero onu","danger chimique"],"sources":["Règlement (CE) n° 1272/2008 (CLP) : classification, étiquetage et emballage","Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR)","INRS, ED 6150 : étiquetage des produits chimiques"],"corps":"::Un losange rouge sur un bidon, une plaque orange sur un camion : ce sont des phrases complètes pour qui sait les lire. Elles disent ce qui brûle, ce qui ronge, ce qui empoisonne, et ce qu'il ne faut pas faire.::\n\n## Les neuf pictogrammes\n\nUn losange à bord rouge, un symbole noir :\n\n| Symbole | Danger |\n|---|---|\n| Bombe qui explose | Explosif |\n| Flamme | Inflammable |\n| Flamme au-dessus d'un cercle | Comburant : fait brûler plus fort ce qui brûle |\n| Bouteille de gaz | Gaz sous pression |\n| Liquide qui ronge une main et une surface | Corrosif : brûle la peau, les yeux, le métal |\n| Tête de mort | Toxique : peut tuer à faible dose |\n| Point d'exclamation | Irritant, nocif, ou dangereux pour la couche d'ozone |\n| Silhouette avec une étoile sur la poitrine | Danger grave pour la santé : cancer, malformations, allergie respiratoire |\n| Arbre mort et poisson | Dangereux pour l'environnement |\n\n**Le mot d'avertissement** : **« Danger »** pour les produits les plus dangereux, **« Attention »** pour les autres.\n\n**Les phrases** : les **mentions H** décrivent le danger (H2 pour les dangers physiques, H3 pour la santé, H4 pour l'environnement) ; les **conseils P** disent comment se protéger et quoi faire en cas d'accident.\n\n## La fiche de données de sécurité\n\nTout produit professionnel a une fiche de 16 rubriques. Les plus utiles en urgence :\n\n- **Rubrique 2** : les dangers ;\n- **Rubrique 4** : les premiers secours ;\n- **Rubrique 5** : comment éteindre un feu de ce produit ;\n- **Rubrique 7** : comment le stocker ;\n- **Rubrique 8** : quelles protections porter.\n\n## La plaque orange des camions et des citernes\n\nDeux nombres, l'un au-dessus de l'autre :\n\n- **en haut, le code danger** : le premier chiffre dit le danger principal (2 gaz, 3 liquide inflammable, 4 solide inflammable, 5 comburant, 6 toxique, 8 corrosif). Un chiffre doublé renforce le danger (33 : très inflammable). **Un X devant : ne jamais mettre d'eau.**\n- **en bas, le numéro ONU** de la matière.\n\nQuelques numéros courants : **1203** essence, **1202** gazole, **1965** gaz de pétrole liquéfié, **1005** ammoniac, **1017** chlore.\n\n**Un accident de camion avec plaque orange** : on s'éloigne, contre le vent, et on donne les deux nombres aux pompiers au téléphone. Ils savent immédiatement ce qu'il y a dedans. Voir [[SURV-CRI-006]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n- **Pas de pictogramme ne veut pas dire sans danger** : l'eau de Javel, l'essence et les médicaments tuent aussi.\n- **Deux pictogrammes différents** sur deux produits : on ne les mélange pas. Voir [[TEC-CHI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-006","titre":"Les produits dangereux de la maison","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["produits menagers","intoxication","melanges","javel","ammoniaque","deboucheur","enfants","centre antipoison"],"sources":["Centres antipoison et de toxicovigilance de France, données sur les intoxications domestiques","ANSES, fiches sur les mélanges de produits ménagers","American Association of Poison Control Centers, Household chemical safety"],"corps":"::Sous l'évier d'une cuisine ordinaire, il y a de quoi fabriquer un gaz toxique en versant deux produits dans le même seau. Chaque année, des gens s'intoxiquent en voulant « nettoyer plus fort ».::\n\n## Les mélanges interdits\n\n| Mélange | Ce qui se forme | Effet |\n|---|---|---|\n| **Javel + acide** (vinaigre, détartrant, nettoyant WC, anticalcaire) | Chlore gazeux | Brûle les yeux et les poumons |\n| **Javel + ammoniaque** (certains nettoyants vitres) | Chloramines | Toux, œdème pulmonaire |\n| **Javel + alcool** | Chloroforme et dérivés | Malaise, toxicité |\n| **Eau oxygénée + vinaigre** | Acide peracétique | Corrosif |\n| **Deux déboucheurs différents** (un acide et un basique) | Réaction violente, projections bouillantes | Brûlures |\n\n**La règle** : **un produit à la fois**, rincer entre deux, aérer.\n\n## Les plus dangereux\n\n- **Déboucheurs de canalisations** : soude caustique ou acide sulfurique concentrés. Brûlures graves de la peau, des yeux, de la bouche.\n- **Pastilles de lave-vaisselle et capsules de lessive** : caustiques, et attirantes pour un enfant.\n- **Antigel** (éthylène glycol) : il a un goût sucré, et quelques gorgées tuent un enfant, et un chien.\n- **Lave-glace, alcool à brûler** : contiennent souvent du méthanol, qui rend aveugle et tue.\n- **Pétrole lampant, huile de lampe, white-spirit** : avalés, ils passent dans les poumons et provoquent une pneumonie grave.\n- **Piles bouton** : voir [[TEC-ENE-012]].\n- **Médicaments** : la première cause d'intoxication des enfants.\n\n## Ranger\n\n- **Dans le contenant d'origine**, jamais dans une bouteille d'eau ou de soda : c'est la cause classique des intoxications d'enfants et d'adultes distraits.\n- **En hauteur, fermé à clé** s'il y a des enfants.\n- **Loin de la nourriture.**\n\n## En cas d'accident\n\n- **Avalé** : **ne faites pas vomir**, ne donnez **ni lait ni eau**, gardez l'emballage. Appelez le **centre antipoison** de votre région ou le **15**.\n- **Dans les yeux** : rincez à l'eau courante **15 minutes**, paupières écartées.\n- **Sur la peau** : retirez les vêtements touchés, rincez 15 minutes.\n- **Respiré** : sortez à l'air frais, aérez, et appelez si ça ne passe pas.\n\nLire les étiquettes et les pictogrammes : [[TEC-CHI-007]]. Les intoxications en général : [[URG-SEC-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-008","titre":"Les poules, pour commencer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["poules","oeufs","poulailler","renard","alimentation","ponte","basse-cour","compost"],"sources":["ITAVI (Institut technique de l'aviculture), élevage de poules pondeuses en petits effectifs","FAO, Small-scale poultry production, technical guide","Ministère de l'Agriculture, déclaration et biosécurité des basses-cours de particuliers"],"corps":"::Trois poules dans un jardin, c'est des œufs presque tous les jours, les restes de cuisine qui disparaissent, les limaces mangées, et du fumier pour le potager. C'est l'animal le plus simple pour commencer un élevage.::\n\n## Commencer\n\n- **Trois à cinq poules** pour une famille. Pas besoin de coq pour avoir des œufs ; il en faut un seulement pour avoir des poussins.\n- **Des races rustiques** qui pondent bien et supportent le froid, ou des poules de réforme d'élevage, adoptées pour leur donner une seconde vie.\n- **En France, on déclare sa basse-cour à la mairie**, même pour quelques poules.\n\n## Le poulailler\n\n- **À l'intérieur** : environ un mètre carré pour trois poules, sec, aéré sans courant d'air.\n- **Des perchoirs** en bois, à 50 cm du sol : elles dorment perchées.\n- **Un pondoir** (une caisse avec de la paille) pour quatre ou cinq poules.\n- **Un parcours** extérieur, le plus grand possible : **plusieurs mètres carrés par poule**, avec de l'herbe, de l'ombre, un bac de sable ou de terre sèche pour leurs bains de poussière.\n\n## Le renard\n\n**C'est lui qui décide de tout.** Il tue souvent toutes les poules d'un coup, de nuit.\n\n- **On ferme le poulailler chaque soir**, sans exception.\n- **Grillage solide** (pas du grillage à poules fin), **enterré de 30 cm** ou replié vers l'extérieur au sol : il creuse.\n- **Un toit ou un filet** sur le parcours là où les rapaces chassent.\n\n## Nourrir\n\n- **Environ 120 à 150 g de grain ou d'aliment par poule et par jour**, plus les restes de cuisine (légumes, pain, riz) et ce qu'elles trouvent dehors.\n- **De l'eau propre** toujours, changée chaque jour ; elle gèle l'hiver.\n- **Des coquilles d'huîtres broyées** ou des coquilles d'œufs séchées et écrasées : le calcium des coquilles.\n- **Pas d'avocat, ni d'aliments moisis ou pourris.**\n\n## Ce qu'elles donnent\n\n- **Des œufs** : 200 à 300 par an pour une bonne pondeuse les premières années, moins ensuite. **Elles pondent peu l'hiver** : la ponte dépend de la durée du jour.\n- **Du fumier**, excellent pour le compost. Voir [[TEC-AGR-003]].\n- **Un désherbage et une chasse aux insectes** gratuits, dans les allées et après la récolte. Voir [[TEC-AGR-010]].\n\n## Les soins\n\n- **Le pou rouge** : de minuscules acariens qui se cachent dans les perchoirs et piquent la nuit. Inspectez les fentes des perchoirs, nettoyez, saupoudrez de terre de diatomée.\n- **Une poule qui se tient en boule, plumes ébouriffées, ne mange plus** : isolez-la.\n- **Grippe aviaire** : en période d'alerte, les poules doivent être protégées des oiseaux sauvages (filet, abri). Voir [[TEC-ELE-006]].\n\nPour aller plus loin dans l'élevage : [[TEC-ELE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-005","titre":"Les champignons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["champignons","cueillette","amanite phalloide","intoxication","pharmacien","confusion","mythes"],"sources":["ANSES et centres antipoison, bilans annuels des intoxications par les champignons","Courtecuisse R., Duhem B., Guide des champignons de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé","Société mycologique de France, règles de cueillette"],"corps":"::Chaque automne, en France, plus d'un millier de personnes s'intoxiquent avec des champignons, et quelques-unes en meurent. Presque toutes pensaient connaître ce qu'elles avaient cueilli. La règle est brutale : on ne mange que ce qu'on connaît à coup sûr.::\n\n## La règle\n\n**Un champignon se mange seulement s'il est identifié avec certitude, par vous ou par un connaisseur.** « Je crois que c'est » veut dire « non ».\n\n**En France, les pharmaciens** et les sociétés mycologiques identifient gratuitement les cueillettes. Beaucoup d'intoxications ont été évitées au comptoir d'une pharmacie.\n\n## Le tueur : l'amanite phalloïde\n\n- Chapeau vert olive à jaunâtre, parfois presque blanc ; **lames blanches** ; un **anneau** sur le pied ; une **volve** (un sac blanc) à la base, souvent enterrée : **il faut arracher le pied entier pour la voir**.\n- **La moitié d'un chapeau peut tuer un adulte.**\n- **Le piège** : les premiers signes arrivent **6 à 24 heures après le repas** (vomissements, diarrhée violente), puis tout semble aller mieux, pendant que le foie se détruit. **Une intoxication qui commence tard est une intoxication grave.**\n\n**Les confusions classiques** : amanites blanches contre rosé des prés (dont les lames sont roses puis brunes, jamais blanches), amanite panthère contre golmotte, cortinaire contre girolle ou chanterelle (le cortinaire attaque les reins plusieurs jours après).\n\n## Les mythes qui tuent\n\nAucun de ces « tests » ne marche :\n\n- la cuillère en argent ou l'oignon qui noircit ;\n- le champignon mangé par les limaces ou les écureuils ;\n- le chapeau qui se pèle ;\n- la cuisson ou le séchage qui « enlèvent le poison » (les toxines de l'amanite résistent à la chaleur) ;\n- l'odeur agréable ou le goût doux.\n\n**Les applications de reconnaissance** sur téléphone se trompent régulièrement : elles ne remplacent pas un connaisseur.\n\n## Cueillir et manger\n\n- **Cueillez le champignon entier**, pied et base compris, un panier à part pour chaque espèce douteuse.\n- **Loin des routes et des sites pollués** : les champignons concentrent les métaux lourds.\n- **Mangez-les cuits**, frais, en quantité raisonnable ; **gardez un exemplaire cru** au frais jusqu'au lendemain.\n- **Au moindre trouble** après un repas de champignons : **centre antipoison ou 15**, avec l'exemplaire gardé et l'heure du repas.\n\nLes plantes sauvages sûres : [[TEC-BOT-004]]. Les champignons se cultivent aussi, sur de la paille ou du bois, sans aucun risque de confusion.","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-004","titre":"Les plantes sauvages comestibles les plus sûres","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["plantes sauvages","cueillette","ortie","pissenlit","ail des ours","mures","chataignes","confusion"],"sources":["Couplan F., Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé","Centres antipoison de France, confusions entre ail des ours, muguet et colchique","ANSES, intoxications liées aux plantes sauvages"],"corps":"::On apprend dix plantes impossibles à confondre avant d'en apprendre cent. La cueillette ne tue pas les débutants prudents : elle tue ceux qui mangent une plante « qui ressemble ».::\n\n## Les règles avant tout\n\n- **Identification à 100 %**, plante entière (feuilles, tiges, fleurs, odeur, lieu). Au moindre doute, on ne mange pas. Voir [[TEC-BOT-001]].\n- **Aucune ombellifère** (famille de la carotte, fleurs en parasol) pour un débutant : la ciguë y tue chaque année des gens qui croyaient cueillir du persil ou de la carotte sauvage.\n- **Loin des routes, des champs traités, des chemins à chiens** et des terrains pollués.\n- **Petite quantité la première fois**, une seule plante nouvelle à la fois.\n\nLes plantes toxiques à connaître : [[TEC-BOT-003]].\n\n## Dix plantes sûres et répandues en Europe\n\n| Plante | Où | Ce qu'on mange | Le piège |\n|---|---|---|---|\n| **Ortie** | Partout, près des habitations | Jeunes pousses cuites (soupe), très riches en protéines et en fer | Aucun sérieux : elle pique, c'est sa signature. Cueillez avec des gants |\n| **Pissenlit** | Prés, bords de chemins | Feuilles jeunes en salade, fleurs, racines | Peu de confusion dangereuse |\n| **Plantain** | Pelouses, chemins | Jeunes feuilles cuites | Aucun sérieux |\n| **Ronce (mûres)** | Haies, friches | Fruits, jeunes pousses | Aucun |\n| **Noisetier** | Haies, sous-bois | Noisettes à l'automne | Aucun |\n| **Châtaignier** | Forêts acides | Châtaignes cuites | **Le marronnier d'Inde** : son fruit est toxique. La châtaigne est dans une bogue couverte de piquants fins et serrés, souvent à deux ou trois fruits aplatis ; le marron d'Inde a une coque à quelques grosses pointes, et un seul fruit rond |\n| **Ail des ours** | Sous-bois humides, au printemps | Feuilles crues ou cuites | **Le muguet et le colchique**, mortels, poussent au même endroit. **Froissez chaque feuille** : elle doit sentir l'ail. Mais l'odeur reste sur les doigts : sentez-les une par une, pas le bouquet |\n| **Pourpier** | Jardins, sols nus en été | Feuilles et tiges crues | L'euphorbe, qui a un latex blanc : le pourpier n'en a pas |\n| **Églantier (cynorrhodons)** | Haies | Fruits en sirop, riches en vitamine C | Les poils des graines irritent : on les retire |\n| **Chénopode blanc** | Sols riches, jardins | Feuilles cuites comme des épinards | À cuire, comme les épinards |\n\n## Les astuces des cueilleurs\n\n- **Apprenez une plante par saison**, dans votre coin, avec quelqu'un qui la connaît. C'est ainsi qu'on apprenait autrefois.\n- **Les jeunes feuilles** sont les plus tendres et les moins amères, au printemps.\n- **Les glands** se mangent, une fois décortiqués, broyés et rincés à l'eau pendant des jours jusqu'à perdre leur amertume.\n- **Les champignons** obéissent à des règles encore plus strictes : [[TEC-BOT-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-010","titre":"Les ravageurs du potager","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ravageurs","limaces","pucerons","chenilles","doryphores","auxiliaires","savon noir","filets"],"sources":["INRAE, Ephytia : identification des ravageurs et des maladies des plantes","Institut technique de l'agriculture biologique (ITAB), protection des cultures","Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), insectes auxiliaires du jardin"],"corps":"::Au potager, on ne gagne pas une guerre contre les insectes : on penche la balance. Des oiseaux, des coccinelles et des hérissons font l'essentiel du travail, à condition de ne pas les empoisonner avec le reste.::\n\n## Les principaux, et ce qui marche\n\n| Ravageur | Dégâts | Parades |\n|---|---|---|\n| **Limaces et escargots** | Semis et salades dévorés en une nuit | Ramassage à la lampe le soir après la pluie ; pièges à bière enterrés ; planches posées au sol (on relève dessous le matin) ; canards, hérissons, crapauds |\n| **Pucerons** | Pousses tordues et collantes | Jet d'eau ; solution de **savon noir** (une cuillère à soupe par litre) pulvérisée ; les coccinelles et leurs larves en mangent des dizaines par jour |\n| **Chenilles de la piéride** (papillon blanc) | Choux troués jusqu'aux côtes | **Filet anti-insectes** sur les choux ; ramassage des œufs jaunes sous les feuilles |\n| **Doryphore** | Feuilles de pommes de terre rasées | Ramassage quotidien des adultes rayés et des larves rouges, dans un seau d'eau savonneuse |\n| **Mouche de la carotte** | Galeries dans les racines | Voile anti-insectes, semis clair, carottes associées aux poireaux ou oignons |\n| **Oiseaux** | Semis et fruits mangés | Filets, épouvantails qu'on déplace souvent (ils s'habituent) |\n| **Rongeurs** (mulots, campagnols) | Racines, tubercules, bulbes | Chat, pièges, grillage enterré sous les planches de culture |\n\n## Faire travailler les alliés\n\n- **Des fleurs** au milieu du potager (phacélie, bourrache, souci, capucine, fenouil en fleurs) : elles nourrissent les syrphes et les guêpes minuscules qui pondent dans les pucerons.\n- **Un tas de bois, de pierres ou de feuilles** dans un coin : un abri pour les hérissons, les carabes et les crapauds, grands mangeurs de limaces.\n- **Des nichoirs** : une famille de mésanges mange des milliers de chenilles au printemps.\n- **Une mare**, même petite : grenouilles et crapauds.\n\n## Les règles de fond\n\n- **Observez chaque jour** : dix pucerons se gèrent à la main, dix mille non.\n- **Des plantes vigoureuses** résistent mieux : bon sol, bon arrosage, bonne rotation. Voir [[TEC-AGR-007]] et [[TEC-AGR-008]].\n- **Des variétés locales et résistantes**, et plusieurs variétés de chaque légume.\n- **Les insecticides tuent aussi les alliés** : après un traitement, les ravageurs reviennent plus vite que leurs prédateurs. Même les produits « naturels » (pyrèthre, roténone) sont toxiques pour les abeilles et les poissons.\n\nLes poules sont d'excellentes chasseuses de limaces et d'insectes, dans les allées et après la récolte : [[TEC-ELE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-009","titre":"Du blé au pain","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ble","cereales","moisson","battage","vannage","stockage","mouture","meule","farine"],"sources":["Arvalis Institut du végétal, fiches techniques du blé tendre","FAO, Manuel de manutention et de stockage des grains dans les petites exploitations","Logsdon G., Small-Scale Grain Raising, Chelsea Green, 2e édition"],"corps":"::Entre un champ de blé et une miche de pain, il y a sept gestes : semer, moissonner, sécher, battre, vanner, stocker, moudre. Tous se font à la main, et l'humanité les a faits ainsi pendant dix mille ans.::\n\n## Semer\n\n- **Le blé d'hiver** se sème en octobre-novembre : il germe, passe l'hiver en herbe, et se récolte en juillet. C'est le plus productif.\n- **Le blé de printemps** se sème en mars et se récolte un peu plus tard.\n- **Au jardin**, environ **15 à 20 g de grains par mètre carré**, en lignes espacées de 15 à 20 cm, sur un sol travaillé et désherbé.\n- **Rendement** : de l'ordre de **300 à 500 g de grain par mètre carré** en bonne culture ; moins sans engrais. Cent mètres carrés donnent donc 30 à 50 kg de grain, soit une bonne centaine de pains.\n\n## Moissonner\n\n- **Le bon moment** : les épis sont dorés et penchés, le grain est dur et **ne se raye plus à l'ongle**.\n- **Coupez** à la faucille ou à la faux, par temps sec, liez en **gerbes** et dressez-les en tas, épis en haut, pour finir de sécher une à deux semaines.\n\n## Battre et vanner\n\n- **Battre** : séparer le grain de l'épi. On frappe les gerbes avec un **fléau** (deux bâtons reliés par une courroie), ou on les bat contre un tonneau, ou on les piétine sur une bâche. En petite quantité, les épis dans un sac, frappés au bâton.\n- **Vanner** : séparer le grain de la paille et de la balle (les enveloppes légères). Par un jour de vent, on laisse tomber le mélange d'une certaine hauteur au-dessus d'une bâche : **le vent emporte la balle, le grain lourd tombe**. Un ventilateur fait le vent quand il n'y en a pas.\n\n## Stocker\n\n- **Sec, sec, sec** : le grain se garde bien en dessous de 13 à 14 % d'humidité. Il doit craquer sous la dent, pas s'écraser.\n- **En fûts ou seaux fermés**, à l'abri des rongeurs et des insectes, au frais. Voir [[TEC-ALI-015]].\n- **Le grain entier se garde des années**, bien plus que la farine, qui rancit en quelques mois : on moud au fur et à mesure.\n\n## Moudre sans moulin électrique\n\n- **La meule à main** (deux pierres, celle du dessus tourne) : la plus ancienne machine agricole du monde. Un moulin à céréales manuel à meules ou à disques d'acier se trouve encore dans le commerce.\n- **Un moulin à café manuel**, un mortier et son pilon, par petites quantités.\n- **Tamisez** : la farine grossière pour les bouillies et les galettes, la fine pour le pain.\n\nFaire le pain : [[TEC-ALI-012]]. Garder ses propres semences : [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-008","titre":"Arroser peu et bien","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arrosage","eau","paillage","binage","oyas","goutte a goutte","secheresse","potager"],"sources":["FAO, Crop water requirements (Irrigation and Drainage Paper 24)","Bainbridge D., Buried clay pot irrigation: a little known but very efficient traditional method, Agricultural Water Management, 2001","Société nationale d'horticulture de France, économiser l'eau au jardin"],"corps":"::Arroser un peu tous les soirs fait des racines paresseuses qui restent en surface et meurent à la première canicule. Arroser beaucoup, rarement, au pied, force les racines à descendre chercher l'eau.::\n\n## Les règles\n\n- **Rarement mais en profondeur** : une ou deux fois par semaine, **10 à 20 litres par mètre carré**, plutôt qu'un peu chaque jour. L'eau doit descendre à 20 ou 30 cm.\n- **Au pied, pas sur les feuilles** : l'eau sur les feuilles s'évapore et favorise les maladies (mildiou, oïdium).\n- **Le matin tôt ou le soir** : moins d'évaporation. Le soir attire les limaces ; le matin est le meilleur compromis.\n- **Vérifiez avec le doigt** : si la terre est humide à deux phalanges de profondeur, on n'arrose pas.\n- **Les semis et les jeunes plants** font exception : arrosages légers et fréquents, en pluie fine, tant que les racines sont courtes.\n\n## Garder l'eau dans le sol\n\n- **Pailler** : 5 à 10 cm de paille, tontes sèches, feuilles, carton, entre les plants. Le paillage garde l'humidité, empêche les mauvaises herbes, et nourrit le sol en se décomposant.\n- **Biner** : casser la croûte qui se forme en surface après la pluie ou l'arrosage. Le vieux dicton des jardiniers le résume : **un binage vaut deux arrosages**.\n- **Enrichir en compost** : un sol riche en humus retient l'eau comme une éponge. Voir [[TEC-AGR-003]].\n\n## Arroser sans y passer ses journées\n\n- **Les oyas** : des pots en terre cuite non vernis, enterrés jusqu'au col près des plantes et remplis d'eau. L'eau suinte lentement à travers la terre cuite, exactement là où sont les racines. Une méthode vieille de deux mille ans, parmi les plus économes qui existent. Un pot de fleurs en terre, trou bouché, fait l'affaire.\n- **La bouteille percée** : une bouteille en plastique percée de petits trous, enterrée à côté d'un plant, goulot vers le haut.\n- **Le goutte-à-goutte** : un tuyau percé posé sous le paillage, alimenté par un bidon surélevé ou une récupération d'eau de pluie. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n\n## En sécheresse\n\n- **Priorité** aux légumes en fruits et aux jeunes plants ; les plantes installées et les arbres tiennent plus longtemps.\n- **L'eau de vaisselle** sans produit, l'eau de cuisson refroidie, l'eau de rinçage des légumes : pour les plantes.\n- **L'ombre** : un voile ou une vieille toile tendue au-dessus des salades aux heures chaudes.\n- **Récoltez tôt le matin**, quand les légumes sont pleins d'eau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-007","titre":"Rotation et associations de cultures","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rotation","associations","familles de plantes","trois soeurs","maladies","sol","potager"],"sources":["Coleman E., The New Organic Grower, Chelsea Green","Institut technique de l'agriculture biologique (ITAB), guides de rotation en maraîchage","Mt. Pleasant J., The science behind the Three Sisters mound system, dans Histories of Maize, Academic Press, 2006"],"corps":"::Planter la même chose au même endroit chaque année, c'est offrir aux maladies et aux parasites un buffet qui revient tous les ans. Tourner les cultures, c'est la plus vieille technique de protection des plantes, et elle ne coûte rien.::\n\n## Pourquoi tourner\n\n- **Chaque famille de plantes a ses maladies et ses parasites**, qui restent dans le sol d'une année sur l'autre.\n- **Chaque famille puise dans le sol à sa façon** : certaines sont gourmandes, d'autres enrichissent la terre.\n\nOn change donc chaque année de famille sur une même parcelle, et on ne revient à la même famille qu'après **trois ou quatre ans**.\n\n## Les grandes familles du potager\n\n| Famille | Légumes |\n|---|---|\n| Légumineuses | Haricots, pois, fèves, lentilles |\n| Crucifères | Choux, radis, navets, roquette |\n| Solanacées | Tomates, pommes de terre, poivrons, aubergines |\n| Cucurbitacées | Courges, courgettes, concombres, melons |\n| Alliacées | Oignons, ail, poireaux, échalotes |\n| Ombellifères | Carottes, céleri, persil, panais |\n| Chénopodiacées | Betteraves, blettes, épinards |\n\n## Une rotation simple sur quatre parcelles\n\n1. **Légumineuses** : elles enrichissent le sol en azote.\n2. **Légumes-feuilles gourmands** (choux, salades) : ils profitent de cet azote.\n3. **Légumes-fruits** (tomates, courges) : on y ajoute du compost.\n4. **Légumes-racines et bulbes** (carottes, oignons, betteraves) : ils se contentent d'un sol moins riche.\n\nChaque année, tout décale d'une parcelle.\n\n## Les associations qui ont fait leurs preuves\n\n- **Les trois sœurs** des peuples d'Amérique : **maïs, haricot grimpant et courge** dans la même butte. Le maïs sert de tuteur, le haricot enrichit le sol, la courge couvre le sol et garde l'humidité.\n- **Carottes et poireaux ou oignons** en rangs alternés : leurs odeurs gênent la mouche de l'une et de l'autre.\n- **Œillets d'Inde** (tagètes) au potager : ils limitent certains vers du sol et attirent les insectes utiles.\n- **Des fleurs au milieu des légumes** (bourrache, capucines, phacélie) : elles attirent les pollinisateurs et les prédateurs des pucerons. Voir [[TEC-AGR-010]].\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Notez chaque année** ce qui a poussé où, sur un plan du jardin. On ne s'en souvient jamais trois ans après.\n- **Les engrais verts** (moutarde, phacélie, trèfle) semés entre deux cultures protègent et nourrissent le sol l'hiver.\n- **La pomme de terre et la tomate** sont de la même famille et partagent le mildiou : jamais l'une après l'autre. Voir [[TEC-AGR-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-006","titre":"Haricots, pois et lentilles","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["legumineuses","haricots","pois","lentilles","azote","proteines","graines seches","trempage"],"sources":["FAO, Les légumineuses : des graines nutritives pour un avenir durable, 2016","Terres Inovia, fiches techniques des légumineuses à graines","Food Standards Agency (Royaume-Uni), phytohémagglutinine des haricots rouges crus"],"corps":"::Les légumineuses sont les seules plantes qui fertilisent la terre au lieu de l'épuiser, et leurs graines sèches sont la protéine la moins chère du monde. Un rang de haricots, c'est de la viande pour l'hiver.::\n\n## Pourquoi elles sont à part\n\nSur leurs racines vivent des bactéries dans de petites **nodosités** : elles captent l'azote de l'air et le rendent à la plante. Après une culture de légumineuses, le sol est plus riche en azote. C'est pourquoi elles ouvrent les rotations. Voir [[TEC-AGR-007]].\n\nLeurs graines sèches contiennent **20 à 25 % de protéines**, se gardent des années, et associées à une céréale donnent des protéines presque complètes. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\n## Les cultiver\n\n| Plante | Semis | Particularité |\n|---|---|---|\n| **Pois** | Tôt au printemps (février à avril), supportent le froid | Grimpants : un grillage ou des branchages |\n| **Haricots** | Quand la terre dépasse 12 °C (mai) | Craignent le gel. Nains ou à rames (grimpants, plus productifs) |\n| **Fèves** | Automne ou fin d'hiver | Très rustiques, aiment le frais |\n| **Lentilles, pois chiches** | Printemps | Aiment les climats secs et chauds, sols pauvres |\n\n- **Pas d'engrais azoté** : elles le fabriquent.\n- **Semis en poquets** (quelques graines dans un même trou) tous les 30 à 40 cm pour les haricots.\n- **Arrosez au pied** pendant la floraison.\n\n## Récolter en grains secs\n\n1. **Laissez les gousses sécher sur pied** jusqu'à ce qu'elles soient brunes, cassantes, et que les graines **fassent du bruit** quand on les secoue.\n2. **Arrachez les pieds** par temps sec, finissez de les sécher à l'abri.\n3. **Écossez** à la main, ou battez les pieds dans un sac avec un bâton, puis vannez au vent. Voir [[TEC-AGR-009]].\n4. **Séchez encore** quelques jours, puis **mettez au congélateur 4 jours** contre les bruches (petits insectes dans les graines), et stockez en bocaux. Voir [[TEC-ALI-015]].\n\n## Les cuisiner sans danger\n\n- **Les haricots crus sont toxiques** : les haricots rouges surtout contiennent une substance qui provoque de violents vomissements. **Faites-les bouillir franchement au moins 10 minutes** ; une cuisson douce à la mijoteuse ne suffit pas.\n- **Le trempage** d'une nuit divise le temps de cuisson par deux : autant de combustible économisé. Jetez l'eau de trempage.\n- **Les lentilles** n'ont pas besoin de trempage et cuisent en 20 à 30 minutes : les plus pratiques quand le combustible manque.\n\n**Gardez les meilleures graines** pour les ressemer : les légumineuses se reproduisent facilement à l'identique. Voir [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-005","titre":"La pomme de terre","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pomme de terre","plantation","buttage","mildiou","stockage","solanine","rendement","famine"],"sources":["Arvalis Institut du végétal, fiches culturales de la pomme de terre","Centre international de la pomme de terre (CIP), guides de production","Ó Gráda C., Black '47 and Beyond: The Great Irish Famine, Princeton University Press"],"corps":"::La pomme de terre a nourri l'Europe pendant deux siècles : elle donne plus de calories par mètre carré que le blé, pousse presque partout, et se garde tout l'hiver. Sa seule leçon cruelle : ne jamais tout miser sur une seule variété.::\n\n## Pourquoi elle compte\n\n- **Rendement** : un kilo de plants en donne souvent **5 à 10 kilos**, parfois plus.\n- **Énergie** : environ 80 kcal pour 100 g, de la vitamine C, du potassium. Une surface de pommes de terre nourrit plus de gens qu'une même surface de céréales.\n- **Simple** : elle se plante, se butte, se récolte à la main, et se conserve sans transformation.\n\n## Planter\n\n1. **Les plants** : des pommes de terre de semence, ou de consommation saines, pas traitées contre la germination.\n2. **Les faire germer** (prégermer) trois à quatre semaines avant, à la lumière et au frais : de petits germes verts et trapus. Elles lèvent plus vite.\n3. **Planter après les gelées**, quand la terre atteint 8 à 10 °C : en avril ou mai en France.\n4. **À 10 cm de profondeur, tous les 30 à 40 cm**, en rangs espacés de 60 à 70 cm.\n\n## Cultiver\n\n- **Butter** : quand les tiges font 20 cm, ramener la terre au pied en formant une butte. Les tubercules se forment dans la butte, et ceux qui voient la lumière verdissent.\n- **Arroser** pendant la floraison si c'est sec : c'est là que les tubercules grossissent.\n- **Le doryphore** (un scarabée rayé jaune et noir) et ses larves rouges mangent les feuilles : on les ramasse à la main chaque jour. Voir [[TEC-AGR-010]].\n- **Le mildiou** : taches brunes sur les feuilles, qui noircissent en quelques jours par temps chaud et humide. On coupe et on sort les fanes atteintes du jardin, on ne les composte pas.\n\n## Récolter et garder\n\n- **Récoltez quand les fanes sont sèches**, par temps sec, à la fourche-bêche en commençant loin des pieds.\n- **Laissez-les ressuyer** quelques heures au sol, puis une à deux semaines à l'ombre : la peau durcit.\n- **Stockez dans le noir, au frais (4 à 8 °C), un peu humide** : une cave, une caisse de bois couverte, un silo de jardin. Voir [[TEC-ALI-011]]. Elles tiennent jusqu'au printemps.\n- **Loin des pommes**, dont le gaz les fait germer.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Les parties vertes et les germes sont toxiques** (solanine) : on les coupe largement. Une pomme de terre très verte, amère, se jette.\n- **La famine irlandaise de 1845** a tué environ un million de personnes quand le mildiou a détruit une récolte faite presque d'une seule variété. **Plantez plusieurs variétés**, précoces et tardives, et gardez des plants de chacune.\n- **Pas plus d'une année sur quatre au même endroit** : les maladies s'accumulent dans le sol. Voir [[TEC-AGR-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-004","titre":"Un potager sur une petite surface","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["potager","carre potager","balcon","bac","semis","salades","radis","rendement"],"sources":["Bartholomew M., All New Square Foot Gardening, Cool Springs Press","Jeavons J., How to Grow More Vegetables, Ten Speed Press","Société nationale d'horticulture de France, fiches pratiques du potager"],"corps":"::Un carré de 1,20 mètre de côté bien cultivé donne des salades tout l'été. Six carrés nourrissent une famille en légumes frais une bonne partie de l'année. On ne commence pas grand : on commence bien.::\n\n## Où\n\n- **Du soleil** : au moins **6 heures par jour** pour les légumes-fruits (tomates, courgettes, haricots), 4 heures suffisent aux salades et aux légumes-feuilles.\n- **Près du point d'eau** : on arrose ce qui est à portée de main.\n- **Près de la maison** : un potager qu'on voit tous les jours est un potager qu'on soigne.\n\n## Le carré potager\n\n1. **Un cadre de 1,20 m sur 1,20 m** (en planches, briques, palettes), qu'on atteint partout sans marcher dedans.\n2. **Rempli de terre mélangée à du compost** sur 20 à 30 cm. Voir [[TEC-AGR-003]].\n3. **Divisé en 9 ou 16 cases** : une culture par case, semée à mesure qu'une autre est récoltée.\n4. **Paillé** entre les plants (paille, tontes sèches, feuilles) : moins d'arrosage, moins de désherbage.\n\n## Que planter pour commencer\n\n| Culture | Récolte après le semis | Pourquoi |\n|---|---|---|\n| Radis | 25 à 30 jours | Le plus rapide ; on voit tout de suite le résultat |\n| Salades, roquette, épinards | 6 à 8 semaines | On coupe les feuilles, elles repoussent |\n| Blettes | 8 à 10 semaines | Récoltes de l'été jusqu'aux gelées |\n| Haricots à rames | 10 semaines | Poussent en hauteur, beaucoup sur peu de place |\n| Courgette | 8 à 10 semaines | Un pied nourrit une famille, mais prend 1 m² |\n| Tomates (en tuteur) | 3 mois | Productives au soleil, en bac ou au pied d'un mur |\n| Aromatiques | Toute l'année | Persil, ciboulette, thym : peu de place, beaucoup d'usage |\n\n## En bac ou sur un balcon\n\n- **Des bacs de 20 à 30 litres au moins** pour une tomate ou une courgette ; les salades et les radis se contentent de 15 cm de profondeur.\n- **Des trous au fond** et une couche de graviers : les racines pourrissent dans l'eau stagnante.\n- **Le poids** : un bac de terre mouillée pèse lourd. Sur un balcon, les bacs contre le mur, pas au milieu.\n- **Les pommes de terre en sac** : un grand sac de toile ou un pneu empilé, qu'on remplit de terre au fur et à mesure que les tiges montent. Voir [[TEC-AGR-005]].\n\n## Les astuces des jardiniers\n\n- **Semez peu mais souvent** : quelques salades toutes les deux semaines plutôt que trente d'un coup, qui montent toutes en même temps.\n- **Cultivez en hauteur** : haricots, pois, concombres sur un grillage ou des ficelles.\n- **Un binage vaut deux arrosages** : casser la croûte de terre en surface garde l'humidité. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Gardez les graines** de vos meilleurs légumes pour l'an prochain : [[TEC-AGR-002]].\n- **Commencez par ce que vous mangez** : un potager de légumes qu'on n'aime pas est vite abandonné.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-014","titre":"Soigner sans matériel","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["improvisation","attelle","echarpe","brancard","garrot","compresse","serum physiologique","secourisme"],"sources":["Référentiel PSC1 et PSE1, matériels de fortune","Wilderness Medical Society, Practice Guidelines for Improvised Equipment","Tactical Combat Casualty Care (TCCC), garrots improvisés"],"corps":"::Les secouristes de montagne, les médecins de guerre et les soignants des catastrophes font tous la même chose : ils regardent autour d'eux et transforment ce qu'ils voient. Un tee-shirt, deux bâtons et un magazine valent une trousse.::\n\n## AGIR\n\n| Il faut | On improvise avec |\n|---|---|\n| **Une compresse** | Un linge propre, une serviette hygiénique (stérile et très absorbante), un tissu repassé au fer chaud (la chaleur désinfecte la surface) |\n| **Une bande** | Des bandes découpées dans un tee-shirt, un drap, un collant |\n| **Une attelle** | Un magazine roulé, un carton plié, deux bâtons, un oreiller, une planche ; on immobilise l'articulation au-dessus et au-dessous de la fracture. Voir [[URG-FRAC-001]] |\n| **Une écharpe** | Le pan d'une chemise relevé et épinglé, une veste boutonnée, un foulard triangulaire |\n| **Un brancard** | Deux perches glissées dans deux ou trois vestes fermées, ou une couverture roulée autour de deux perches. Voir [[URG-SEC-006]] |\n| **Du froid** | Un sachet de légumes surgelés, un linge mouillé au vent, de l'eau froide ; jamais la glace directement sur la peau |\n| **Du sérum physiologique** | Une cuillère à café rase de sel dans un demi-litre d'eau bouillie refroidie |\n| **Une solution de réhydratation** | Un litre d'eau, six cuillères à café de sucre, une demi de sel. Voir [[TEC-SAN-011]] |\n| **Un film pour une brûlure** | Du film alimentaire, posé en couches sans serrer, après refroidissement. Voir [[URG-BRUL-001]] |\n\n### Le garrot improvisé\n\n**Seulement pour un saignement massif d'un bras ou d'une jambe** que la compression ne peut pas arrêter. Voir [[URG-HEMO-001]].\n\n1. **Une bande de tissu large**, au moins 4 à 5 cm (cravate, ceinture de tissu, écharpe pliée), jamais un fil ou une ficelle qui coupe.\n2. **Quelques centimètres au-dessus de la plaie**, entre la plaie et le cœur, jamais sur une articulation.\n3. **Un nœud**, un bâton glissé dans le nœud, qu'on tourne jusqu'à ce que **le saignement s'arrête**.\n4. **On bloque le bâton**, et on **note l'heure** sur la peau ou le front du blessé.\n5. **On ne le desserre plus**, et on évacue.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas d'eau propre pour rincer une plaie** : de l'eau du robinet ou de l'eau bouillie refroidie ; l'eau d'une bouteille neuve ; en dernier recours, une eau claire, mieux que rien pour chasser la terre. Voir [[URG-SEC-009]].\n\n**Pas de thermomètre** : le dos de la main sur la nuque ou le ventre, et surtout les autres signes. Voir [[TEC-SAN-016]].\n\n**Pas de gants** : des sacs plastiques propres sur les mains.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe matériel de secours ne fait que remplacer quelques fonctions simples : absorber, comprimer, immobiliser, protéger, transporter. Quand on pense en fonctions plutôt qu'en objets, on trouve toujours quelque chose autour de soi. La trousse de référence : [[TEC-SAN-008]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-013","titre":"Un corps étranger dans l'œil","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["oeil","poussiere","projection","produit chimique","rincage","meulage","secourisme"],"sources":["Référentiel PSC1, atteintes de l'œil","American Academy of Ophthalmology, Eye injuries : first aid","INRS, accidents oculaires au travail (projections et meulage)"],"corps":"::On ne frotte jamais un œil qui a quelque chose dedans : on transforme une poussière en rayure. On rince, longtemps, et on sait quand il faut arrêter de bricoler.::\n\n## AGIR\n\n**Une poussière, un moucheron, un grain de sable**\n\n1. **Ne frottez pas.** Retirez les lentilles de contact s'il y en a.\n2. **Clignez** plusieurs fois : les larmes font souvent le travail.\n3. **Rincez** à l'eau propre ou au sérum physiologique : la tête penchée sur le côté de l'œil touché, un filet d'eau du coin intérieur vers l'extérieur, plusieurs minutes.\n4. **Sous la paupière supérieure** : tirez-la doucement vers le bas par-dessus la paupière inférieure, puis relâchez : les cils du bas balaient le dessous.\n5. **Visible sur le blanc de l'œil** : le coin d'un linge propre humide ou un coton-tige mouillé l'enlève en effleurant, sans jamais toucher la partie colorée.\n\n**Un produit chimique**\n\n**Rincez immédiatement, à grande eau, pendant 15 à 20 minutes**, paupières bien écartées, même si ça fait mal. Chaque seconde compte, surtout pour les produits basiques (soude, ciment, chaux, déboucheurs) qui continuent de ronger. Puis le 15. Voir [[TEC-CHI-006]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un objet planté dans l'œil** : **ne le retirez pas.** Couvrez l'œil avec un gobelet ou un cône en carton sans appuyer, **et couvrez aussi l'autre œil** : les deux yeux bougent ensemble, et fermer l'œil sain empêche l'œil blessé de bouger. Hôpital tout de suite.\n\n**Un éclat de métal de meulage** : il s'incruste et fait une tache de rouille en quelques heures. Consultation le jour même.\n\n**Le coup d'arc** (soudure sans masque) : la douleur arrive quelques heures après, comme du sable dans les yeux. Compresses froides, obscurité, et consultation.\n\n**Ça fait toujours mal après avoir tout enlevé**, la vue baisse, l'œil rougit de plus en plus : il y a peut-être une rayure ou un corps étranger resté. Consultez.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa surface de l'œil (la cornée) est très sensible et cicatrise vite quand elle est simplement éraflée, mais un frottement sur un grain dur la raye en profondeur, et une infection peut s'y installer. Le rinçage est le seul geste sans risque ; tout le reste se fait doucement, et on s'arrête dès que ce n'est pas simple.\n\n**La prévention** : des lunettes de protection pour meuler, tronçonner, débroussailler, manipuler des produits ménagers forts. Elles coûtent moins qu'un œil.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-019","titre":"La santé mentale dans l'épreuve","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sante mentale","stress","depression","trauma","suicide","anxiete","crise de panique","soutien"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Premiers secours psychologiques : guide pour les acteurs de terrain, 2011","Organisation mondiale de la santé, mhGAP Intervention Guide 2.0","Ministère de la Santé, numéro national de prévention du suicide 3114"],"corps":"::Après une catastrophe, la plupart des gens vont mal pendant quelques semaines, et la plupart vont mieux ensuite. Ce qui aide n'est pas compliqué : sécurité, sommeil, liens, un peu d'utilité. Ce qu'il faut savoir repérer, c'est quand ça ne passe pas.::\n\n## Ce qui est normal\n\nAprès un choc, pendant des jours ou des semaines : sommeil difficile, cauchemars, pensées qui reviennent sans cesse, irritabilité, fatigue, sursauts au moindre bruit, pleurs, sentiment d'irréalité, culpabilité d'avoir survécu. **Ce sont des réactions normales à une situation anormale**, pas une maladie.\n\n## Ce qui aide, pour soi et pour les autres\n\n- **Sécurité d'abord** : un abri, de l'eau, de la nourriture, des nouvelles des proches.\n- **Le sommeil** : des heures régulières, un coin calme, pas d'écrans de catastrophe avant de dormir.\n- **Les liens** : parler à quelqu'un de confiance, ne pas rester seul.\n- **L'utilité** : avoir une tâche, aider les autres, redonne prise sur les choses.\n- **Le corps** : marcher, bouger, respirer lentement. **Moins d'alcool** : il endort mais abîme le sommeil et aggrave l'angoisse.\n\n**Aider quelqu'un qui va mal** : **regarder** (qui a besoin d'aide), **écouter** sans forcer à raconter, **orienter** vers ce dont il a besoin (proches, soins, aide concrète). On ne force jamais quelqu'un à « tout raconter » juste après un choc.\n\n## Une crise de panique\n\nCœur qui s'emballe, souffle court, impression de mourir ou de devenir fou, pendant quelques minutes. **Elle n'est pas dangereuse et passe toujours.**\n\n- **Respirer lentement** : inspirer par le nez sur 4 secondes, **expirer plus longtemps**, sur 6 à 8 secondes, lèvres pincées.\n- **Se ramener au présent** : nommer 5 choses qu'on voit, 4 qu'on touche, 3 qu'on entend, 2 qu'on sent, 1 qu'on goûte.\n\n## Quand il faut plus\n\n- **Dépression** : plus de deux semaines de tristesse ou de vide, perte d'intérêt pour tout, plus d'énergie, idées de mort.\n- **Stress post-traumatique** : au-delà d'un mois, des souvenirs qui s'imposent comme si on y était, l'évitement de tout ce qui rappelle l'événement, une vigilance permanente.\n- **Le risque suicidaire** : quelqu'un qui parle de mourir, se sent un fardeau, donne ses affaires, dit adieu. **Posez-lui la question directement** : « Est-ce que tu penses à te tuer ? ». La poser ne donne pas l'idée : elle soulage souvent. Restez avec lui, éloignez les moyens (armes, médicaments), et faites appel à l'aide. **En France, le 3114**, jour et nuit.\n\nTenir dans la durée : [[SURV-PSY-001]]. Les enfants : [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-018","titre":"Soigner un nouveau-né","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["nouveau-ne","bebe","allaitement","cordon","chaleur","signes de danger","sommeil","biberon"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Soins essentiels au nouveau-né et prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME)","Organisation mondiale de la santé et UNICEF, recommandations sur l'allaitement","Santé publique France, prévention de la mort inattendue du nourrisson"],"corps":"::Un nouveau-né a besoin de quatre choses : chaleur, lait, propreté, et des adultes qui savent reconnaître quand ça ne va pas. Presque tout le reste est secondaire.::\n\n## La chaleur\n\n- **Peau contre peau** avec sa mère ou son père, sur la poitrine, couverts ensemble : c'est la meilleure couveuse qui existe, surtout pour les petits poids.\n- **Un bonnet** : un nouveau-né perd beaucoup de chaleur par la tête.\n- **Ni trop chaud ni trop froid** : la nuque doit être tiède. Des mains et des pieds un peu frais sont normaux.\n\n## Le lait\n\n- **L'allaitement** dès la première heure, puis **à la demande**, 8 à 12 fois par 24 heures. Le premier lait (le colostrum), jaune et épais, est précieux.\n- **Pas d'eau, pas de tisane, pas de miel** avant 6 mois pour un bébé allaité : le lait suffit, même quand il fait chaud. Le miel peut donner le botulisme avant un an. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Au biberon** : eau bouillie puis refroidie vers 70 °C pour préparer, biberons et tétines bouillis, lait préparé juste avant. Une eau douteuse fait des diarrhées mortelles chez le nourrisson.\n- **Il mange assez** s'il mouille au moins **6 couches par jour** après la première semaine et reprend son poids de naissance vers deux semaines.\n\n## Le cordon et la propreté\n\n- **Gardez le cordon propre et sec**, à l'air, sans rien dessus. Il tombe entre 5 et 15 jours.\n- **Mains lavées** avant de s'occuper de lui.\n- **Le bain** n'est pas urgent : une toilette au linge tiède suffit.\n\n## Le sommeil\n\n**Sur le dos**, sur un matelas ferme, sans oreiller, couverture ni peluche, dans une gigoteuse. C'est ce qui prévient la mort inattendue du nourrisson.\n\n## Les signes de danger\n\n**Il faut un soignant tout de suite si le bébé** :\n\n- **ne tète plus** ou tète très mal ;\n- **convulse** ;\n- **respire vite** (60 fois par minute ou plus) ou en creusant la poitrine ;\n- a **plus de 37,5 °C ou moins de 35,5 °C** ;\n- **ne bouge que si on le stimule**, reste mou ;\n- devient **jaune dans les 24 premières heures**, ou jusqu'aux paumes et plantes des pieds ;\n- a un **cordon rouge, gonflé, qui sent mauvais** ;\n- a les yeux qui coulent de pus.\n\nAccoucher sans médecin : [[URG-SEC-007]]. Réanimer un bébé : [[URG-SEC-012]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-017","titre":"Le diabète sans pharmacie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["diabete","insuline","conservation","acidocetose","alimentation","glycemie","crise","pieds"],"sources":["Fédération internationale du diabète (IDF), Diabetes and disasters, guide de préparation","American Diabetes Association, Standards of Care in Diabetes (acidocétose, hypoglycémie)","Fabricants d'insuline, conditions de conservation hors réfrigérateur"],"corps":"::Pour un diabétique qui dépend de l'insuline, une crise qui coupe l'approvisionnement est une question de semaines. Tout se joue sur trois choses : la réserve, la conservation au frais, et l'alimentation.::\n\n## Les deux diabètes\n\n- **Type 1** : le pancréas ne fabrique plus d'insuline. **Sans insuline, la personne tombe en acidocétose en quelques jours**, et en meurt. Rien ne la remplace.\n- **Type 2** : l'insuline est fabriquée mais agit mal. L'alimentation, l'activité et le poids peuvent beaucoup ; certains se passent de médicaments s'ils changent de mode de vie.\n\n## Avant la crise\n\n- **Une réserve d'avance** : insuline, aiguilles, bandelettes, lecteur et piles, comprimés, glucagon, sucre. Au moins un mois, plus si possible.\n- **Une ordonnance papier** et la liste exacte des traitements et des doses.\n\n## Garder l'insuline sans frigo\n\n- **Un flacon ou un stylo entamé se garde environ un mois** à température ambiante, **en dessous de 25 à 30 °C**, à l'abri de la lumière.\n- **La chaleur et le gel la détruisent** : jamais au soleil, jamais dans une voiture en été, jamais congelée.\n- **Rafraîchir sans électricité** : un pot en terre cuite dans un pot plus grand avec du sable mouillé, un linge humide dans le courant d'air, une cave, l'eau d'une source. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Une insuline trouble** (quand elle devrait être claire), avec des grumeaux ou décolorée ne vaut plus rien.\n\n## Manger pour réduire les besoins\n\n- **Moins de sucres rapides et de féculents** : moins de glucides, c'est moins d'insuline nécessaire et une glycémie plus stable. Légumes, légumineuses, protéines, graisses.\n- **Des repas réguliers** : sauter un repas sous insuline ou sous certains comprimés provoque des hypoglycémies. Voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Marcher 15 à 20 minutes après les repas** fait baisser la glycémie.\n\n## Les signes de danger\n\n- **Hyperglycémie qui dérape vers l'acidocétose** (surtout type 1) : soif intense, urines abondantes, fatigue, nausées, vomissements, douleurs de ventre, **haleine qui sent la pomme ou l'acétone**, respiration profonde. **Urgence** : insuline, beaucoup d'eau, et un soignant.\n- **Hypoglycémie** : sueurs, tremblements, confusion. Sucre tout de suite. Voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Les pieds** : un diabétique sent mal ses pieds. Une petite plaie non vue s'infecte et peut mener à l'amputation. **Regardez-les chaque soir.** Voir [[SURV-DEP-003]].\n\n**Dans un groupe**, tout le monde doit savoir qui est diabétique, où est son sucre et son glucagon, et reconnaître une hypoglycémie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-016","titre":"Prendre les constantes","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["constantes","pouls","respiration","temperature","saturation","conscience","surveillance","malade"],"sources":["Référentiel PSE1 et PSE2, bilans et surveillance des victimes","Royal College of Physicians, National Early Warning Score 2 (NEWS2), 2017","Organisation mondiale de la santé, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (repères de fréquence respiratoire)"],"corps":"::Un malade qui se dégrade le montre souvent par ses chiffres avant de le montrer par ses mots. Compter un pouls et une respiration, noter l'heure, recommencer une heure plus tard : c'est ce que fait une infirmière, et ça ne demande presque aucun matériel.::\n\n## Ce qu'on mesure, et les valeurs normales (adulte au repos)\n\n| Constante | Comment | Normal | Inquiétant |\n|---|---|---|---|\n| **Pouls** | Deux doigts sur le poignet (côté pouce) ou le côté du cou ; compter 30 secondes, multiplier par 2 | 60 à 100 par minute | Plus de 120, moins de 50, irrégulier, faible |\n| **Respiration** | Regarder la poitrine se soulever, compter une minute, sans prévenir la personne | 12 à 20 par minute | Plus de 25, moins de 10, bruyante, pénible |\n| **Température** | Thermomètre ; à défaut, la main sur la nuque ou le tronc | 36,5 à 37,5 °C | 38 °C et plus, 35 °C et moins |\n| **Conscience** | Éveillé ? Répond à la voix ? Seulement à la douleur ? Ne répond pas ? | Éveillé et orienté | Confus, somnolent, agité |\n| **Recoloration** | Appuyer 5 secondes sur un ongle ou le front, relâcher | Revient en moins de 2 secondes | Plus de 2 secondes |\n| **Saturation** (oxymètre au doigt) | Lecture directe | 95 % et plus | Moins de 92 % |\n| **Tension** (tensiomètre) | Brassard au bras, au repos | Autour de 12/8 | Moins de 9 en haut, ou plus de 18 |\n\n**Chez l'enfant**, les normales sont plus élevées : un nourrisson respire 30 à 60 fois par minute, son cœur bat 100 à 160 fois.\n\n## Surveiller\n\n- **Notez tout, avec l'heure.** Une feuille, une colonne par heure. **C'est la tendance qui compte** : un pouls qui passe de 80 à 110 en trois heures dit plus qu'un chiffre isolé.\n- **Les urines** : une personne qui n'urine plus depuis 8 heures, ou très foncé, se déshydrate ou fait un choc.\n- **Les signes qui s'additionnent** (pouls rapide, respiration rapide, confusion, fièvre ou froid) signalent une aggravation sérieuse, souvent une infection grave. Voir [[URG-SEC-010]].\n\n## Les astuces de soignant\n\n- **Comptez la respiration pendant que vous faites semblant de prendre le pouls** : quelqu'un qui sait qu'on compte sa respiration la modifie.\n- **Un oxymètre de doigt** coûte le prix d'un repas, fonctionne sur piles et donne pouls et saturation : un des meilleurs achats pour une trousse. Il se trompe sur des doigts froids ou vernis.\n- **Transmettez** : quand vous passez le relais, donnez la feuille. Le soignant suivant sait tout de suite où en est le malade.\n\nLa fièvre en détail : [[TEC-SAN-002]]. Examiner une victime : [[URG-SEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-015","titre":"Les antibiotiques","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["antibiotiques","infection","bacterie","virus","resistance","amoxicilline","doses","allergie"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, WHO Model Formulary et The WHO AWaRe Antibiotic Book, 2022","Haute Autorité de santé, choix et durées d'antibiothérapie dans les infections courantes, 2021","Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), recommandations"],"corps":"::Un antibiotique tue des bactéries. Il ne fait rien contre un rhume, une grippe ou la plupart des maux de gorge, qui sont des virus. Bien choisi, il sauve une vie ; pris au hasard, il use une arme qu'on n'a pas en double.::\n\n## Quand ils servent\n\n**Les infections bactériennes** qui s'aggravent :\n\n- **plaie infectée** dont la rougeur s'étend, avec chaleur, pus, fièvre ;\n- **pneumonie** : fièvre, toux, essoufflement, douleur thoracique ;\n- **infection urinaire** : brûlures, envies fréquentes, parfois fièvre et douleur des reins ;\n- **abcès dentaire** qui gonfle ;\n- **angine bactérienne**, certaines otites et sinusites qui durent ;\n- **morsures** d'animal ;\n- **maladie de Lyme** après une morsure de tique (plaque rouge qui s'étend) ;\n- **septicémie** : fièvre, frissons, confusion, tension basse. **Urgence absolue.**\n\n**Quand ils ne servent à rien** : rhume, grippe, Covid, la plupart des bronchites et des maux de gorge, la plupart des diarrhées.\n\n## Les antibiotiques courants\n\nDoses habituelles chez l'adulte, à titre de repère : en temps normal, c'est au médecin de choisir, de doser et de fixer la durée.\n\n| Antibiotique | Usages principaux | Dose adulte habituelle |\n|---|---|---|\n| **Amoxicilline** | Angine, otite, sinusite, pneumonie, abcès dentaire | 1 g trois fois par jour |\n| **Amoxicilline + acide clavulanique** | Morsures, sinusites qui résistent, plaies infectées | 1 g trois fois par jour (souvent en association 1 g/125 mg) |\n| **Doxycycline** | Maladie de Lyme, certaines pneumonies, infections après morsure de tique | 100 mg deux fois par jour |\n| **Azithromycine** | Pneumonies atypiques, alternative en cas d'allergie à la pénicilline | 500 mg le premier jour, puis 250 mg quatre jours |\n| **Fosfomycine** | Cystite simple de la femme | 3 g en une seule prise |\n| **Métronidazole** | Infections dentaires, diarrhées à parasites (giardia, amibes) | 500 mg trois fois par jour, **sans alcool** |\n\n**Chez l'enfant**, tout se calcule au poids ; la doxycycline est évitée avant 8 ans ; beaucoup sont déconseillés pendant la grossesse.\n\n## Les règles\n\n- **L'allergie à la pénicilline** : demandez toujours avant. Une réaction allergique grave peut tuer, voir [[URG-ANA-001]].\n- **La durée prescrite, jusqu'au bout** : arrêter dès qu'on va mieux laisse survivre les bactéries les plus résistantes.\n- **Pas de partage, pas de reste** : un antibiotique qui n'est pas le bon, ou à la mauvaise dose, fabrique des résistances.\n- **Ils se gardent bien** en comprimés, au sec, même après la date. Voir [[TEC-SAN-010]].\n\n## La résistance\n\nChaque traitement inutile sélectionne des bactéries qui résistent. Des infections autrefois banales redeviennent mortelles faute d'antibiotique efficace. **C'est pourquoi on les garde pour les vraies infections bactériennes.**\n\nL'infection d'une plaie : [[TEC-SAN-001]]. La fièvre : [[TEC-SAN-002]]. Les morsures : [[TEC-SAN-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-011","titre":"Les unités et les conversions","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["unites","conversions","pouce","livre","gallon","fahrenheit","psi","calories","mesures"],"sources":["Bureau international des poids et mesures, Le Système international d'unités (SI), 9e édition","NIST, Special Publication 811 : Guide for the Use of the International System of Units","NIST Handbook 44 (unités usuelles américaines)"],"corps":"::Un manuel américain, une notice de pompe, une carte marine, une recette anglaise : le monde n'utilise pas les mêmes unités. Une erreur de conversion a détruit une sonde spatiale en 1999. Voici les chiffres qui évitent les vôtres.::\n\n## Longueurs\n\n| Unité | Équivalent |\n|---|---|\n| 1 pouce (in, ″) | 2,54 cm |\n| 1 pied (ft, ′) | 30,48 cm (12 pouces) |\n| 1 yard | 91,44 cm |\n| 1 mile | 1,609 km |\n| 1 mille marin | 1,852 km |\n\n## Masses\n\n| Unité | Équivalent |\n|---|---|\n| 1 once (oz) | 28,35 g |\n| 1 livre (lb) | 453,6 g (16 onces) |\n| 1 tonne américaine (short ton) | 907 kg |\n\n## Volumes\n\n| Unité | Équivalent |\n|---|---|\n| 1 cuillère à café | 5 ml |\n| 1 cuillère à soupe | 15 ml |\n| 1 tasse (cup américaine) | 240 ml environ |\n| 1 once liquide américaine (fl oz) | 29,6 ml |\n| 1 gallon américain | 3,785 litres |\n| 1 gallon britannique | 4,546 litres |\n| 1 baril de pétrole | 159 litres |\n\n## Températures\n\n- **°F = °C × 1,8 + 32** ; **°C = (°F − 32) ÷ 1,8**.\n- Repères : 0 °C = 32 °F ; 37 °C = 98,6 °F ; 100 °C = 212 °F ; −40 °C = −40 °F.\n- De tête : doublez les °C et ajoutez 30 pour une approximation des °F.\n\n## Pressions\n\n- **1 bar = 100 kPa = 14,5 psi.** Un pneu à 2,5 bars est à 36 psi.\n- 1 atmosphère = 1,013 bar.\n\n## Énergie, puissance, vitesse\n\n- **1 kWh = 3,6 MJ.** 1 kcal (la « calorie » des étiquettes) = 4,184 kJ.\n- **1 cheval-vapeur** = 736 W (cheval métrique) ; 1 horsepower anglo-saxon = 746 W.\n- **1 nœud** = 1,852 km/h. **m/s × 3,6 = km/h.**\n- **1 Ah à 12 V = 12 Wh.** Voir [[TEC-ENE-016]].\n\n## Surfaces\n\n- 1 hectare = 10 000 m² = 2,47 acres ; 1 acre = 4 047 m².\n\n## Les astuces\n\n- **Vérifiez l'ordre de grandeur** après chaque conversion : une dose, une pression ou une distance qui paraît dix fois trop grande l'est sans doute.\n- **En médecine, jamais de conversion de tête** : écrivez le calcul, faites-le vérifier. Voir [[TEC-SAN-009]].\n- **Le corps mesure aussi** : empan, pas, pouce. Voir [[SURV-ORI-004]]. Tracer et mesurer à l'atelier : [[TEC-ATE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-010","titre":"Reconnaître une fausse information","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fausse information","rumeur","verification","source","image","reseaux sociaux","crise"],"sources":["Caulfield M., méthode SIFT (Stop, Investigate, Find, Trace), 2019","Vosoughi S., Roy D., Aral S., The spread of true and false news online, Science, 2018","AFP Factuel et Les Décodeurs (Le Monde), guides de vérification"],"corps":"::Une étude sur des millions de messages l'a mesuré : les fausses nouvelles se diffusent plus loin et plus vite que les vraies, parce qu'elles sont plus surprenantes et plus émouvantes. En crise, une rumeur peut faire plus de dégâts que l'événement lui-même.::\n\n## Quatre gestes (la méthode SIFT)\n\n1. **S'arrêter.** Le message vous met en colère, vous fait peur, confirme exactement ce que vous pensiez ? C'est précisément le moment de ne pas partager tout de suite.\n2. **Vérifier la source.** Qui dit ça ? Un média connu, une administration, un inconnu, un compte créé la semaine dernière ? Cherchez le nom de la source avec le mot « fiable » ou « fake ».\n3. **Chercher d'autres sources.** Une information importante est reprise par plusieurs médias sérieux. Si personne d'autre n'en parle, prudence.\n4. **Remonter à l'origine.** La citation, l'étude, la vidéo : d'où viennent-elles vraiment ? Souvent, l'original dit autre chose.\n\n## Les pièges classiques\n\n- **La vieille image** d'une autre catastrophe présentée comme d'aujourd'hui. Une **recherche d'image inversée** (dans les moteurs de recherche, en déposant l'image) retrouve sa première apparition.\n- **La capture d'écran** d'un faux article ou d'un faux tweet : on cherche l'original sur le site lui-même.\n- **Le « transférez à tous vos contacts »**, le « les médias vous le cachent », l'urgence sans source.\n- **La vraie information sortie de son contexte** : un chiffre juste, mais d'une autre année ou d'un autre pays.\n- **L'image ou la voix fabriquée** par intelligence artificielle : mains étranges, textes illisibles, voix sans respiration naturelle. En cas de doute, on attend une confirmation.\n\n## En crise\n\n- **Les consignes officielles** passent par les alertes, la radio publique et les comptes vérifiés des autorités. Voir [[SIG-COM-012]].\n- **Une rumeur de pénurie** crée la pénurie : chacun court acheter, et les rayons se vident vraiment.\n- **Avant de transmettre**, demandez-vous : est-ce que je sais d'où ça vient ? Si non, on ne transmet pas, ou on le dit clairement.\n\nRecueillir et recouper l'information sur le terrain : [[SIG-COM-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-008","titre":"Mots de passe et sécurité de base","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mot de passe","securite","double authentification","hameconnage","gestionnaire","mises a jour","piratage"],"sources":["ANSSI et Cybermalveillance.gouv.fr, recommandations sur les mots de passe","NIST, SP 800-63B Digital Identity Guidelines","Cybermalveillance.gouv.fr, reconnaître l'hameçonnage"],"corps":"::La plupart des comptes piratés ne le sont pas par un génie : ils le sont parce que le même mot de passe court servait partout, et qu'un site l'a laissé fuir. Trois habitudes suffisent à se mettre hors de portée de la grande majorité des attaques.::\n\n## Les trois habitudes\n\n**1. Un mot de passe long et unique par compte important**\n\n- **La longueur compte plus que la complexité** : quatre ou cinq mots au hasard (« cheval-lampe-orage-tulipe ») sont plus solides et plus faciles à retenir que « P@ssw0rd! ».\n- **Jamais le même** pour la messagerie, la banque et les autres sites : quand un site fuit, les pirates essaient le même mot de passe partout.\n- **Un gestionnaire de mots de passe** retient tout pour vous derrière un seul mot de passe maître très long.\n\n**2. La double authentification**\n\nUn deuxième code en plus du mot de passe, envoyé sur le téléphone ou généré par une application. **Activez-la sur la messagerie en premier** : c'est elle qui permet de réinitialiser tous les autres comptes. Une application de codes vaut mieux qu'un SMS.\n\n**3. Les mises à jour**\n\nTéléphone, ordinateur, navigateur, box : les mises à jour bouchent les failles connues. Un appareil jamais mis à jour est une porte ouverte.\n\n## Reconnaître l'hameçonnage\n\nUn message qui vous demande d'agir **vite**, de **cliquer**, de **payer** ou de **donner un code** :\n\n- un colis bloqué, une amende à régler, un compte « suspendu », un remboursement ;\n- un lien dont l'adresse ne correspond pas exactement au site officiel ;\n- un proche qui écrit d'un nouveau numéro et demande de l'argent en urgence.\n\n**La règle** : on ne clique pas, on va soi-même sur le site ou l'application officielle, ou on rappelle le proche sur son numéro habituel. **Aucun service sérieux ne demande un code reçu par SMS.**\n\n## Les astuces\n\n- **Les codes de récupération** des comptes principaux, imprimés et gardés avec vos papiers. Voir [[TEC-ELN-007]].\n- **Le verrouillage** du téléphone par code, pas seulement par dessin.\n- **Les réseaux WiFi publics** : pas d'opérations bancaires dessus sans précaution.\n- **En cas de piratage** : changez le mot de passe de la messagerie depuis un autre appareil, déconnectez toutes les sessions, prévenez vos contacts, et en France signalez sur cybermalveillance.gouv.fr.\n\nSe rendre moins visible en général : [[SIG-COM-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-007","titre":"Sauvegarder ses données","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["sauvegarde","donnees","3-2-1","cle usb","disque dur","cloud","papier","photos","documents"],"sources":["ANSSI, recommandations de sauvegarde pour les particuliers et les TPE","US-CERT (CISA), Data Backup Options","Backblaze, études de fiabilité des disques durs"],"corps":"::Une donnée qui n'existe qu'à un seul endroit n'existe pas vraiment : elle attend de disparaître. Un téléphone volé, un disque qui lâche, un incendie, et dix ans de photos et de papiers s'en vont.::\n\n## La règle du 3-2-1\n\n- **3 copies** de ce qui compte ;\n- sur **2 supports** différents (disque, clé, cloud, papier) ;\n- dont **1 ailleurs** que chez vous (chez un proche, au travail, en ligne).\n\n## Ce qui mérite d'être sauvegardé\n\n- **Les papiers** : pièces d'identité, permis, titres de propriété, contrats, diplômes, ordonnances, dossiers médicaux. Photographiés ou scannés.\n- **Les photos et vidéos** de famille.\n- **Les contacts** : numéros de téléphone et adresses.\n- **Les accès** : codes de récupération des comptes, liste des comptes importants.\n- **Ce qui fait votre travail**, et votre bibliothèque de connaissances hors ligne, comme celle de Phenix.\n\n## Les supports et leur durée\n\n| Support | Pour | Méfiance |\n|---|---|---|\n| Disque dur externe | Grosses sauvegardes à la maison | Mécanique fragile : une chute le tue |\n| Disque SSD, clé USB, carte SD | Transport, petites copies | Débranchés des années, ils peuvent perdre des données : on les rebranche une fois par an |\n| Stockage en ligne | La copie « ailleurs » | Dépend d'internet et d'une entreprise ; chiffrez ce qui est sensible |\n| **Papier** | L'essentiel vital | Le seul support lisible sans électricité ni appareil |\n\n## Le minimum papier\n\nUne enveloppe étanche, chez vous et une copie chez un proche :\n\n- **les numéros** de la famille, des proches, du médecin, de l'assurance ;\n- **les traitements** de chacun, leurs doses, les allergies, les groupes sanguins ;\n- **les photocopies** des pièces d'identité ;\n- **les codes de récupération** de vos comptes principaux (messagerie, banque) ;\n- **les adresses** des points de rendez-vous convenus en cas de crise. Voir [[SURV-CRI-004]].\n\n## Les astuces\n\n- **Programmez une sauvegarde automatique** : celles qu'on fait « quand on y pense » ne se font pas.\n- **Testez une restauration** une fois par an : une sauvegarde qu'on ne sait pas relire ne vaut rien.\n- **Une clé USB dans le sac d'évacuation**, chiffrée, avec les papiers scannés.\n- **Les mots de passe** de tout cela : [[TEC-ELN-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-006","titre":"Un appareil qui ne s'allume plus","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["panne","depannage","appareil","alimentation","fusible","condensateur","telephone mouille","reparation"],"sources":["iFixit, guides de réparation et méthode de diagnostic","Repair Café (fondation), fiches de diagnostic des petits appareils","INRS, risques électriques liés aux condensateurs des appareils secteur"],"corps":"::La moitié des appareils « morts » apportés dans les ateliers de réparation ont une panne bête : une prise, un câble, un fusible, une pile qui a coulé. On commence toujours par le plus simple, et on finit rarement par le plus compliqué.::\n\n## Dans l'ordre\n\n1. **L'alimentation** : la prise marche-t-elle (testez-la avec une lampe) ? Le câble est-il abîmé, le chargeur chaud et silencieux ou froid et mort ? Essayez un autre chargeur, un autre câble.\n2. **Les piles ou la batterie** : vides, mal posées, oxydées ? **Une coulure blanche** sur les contacts se nettoie au vinaigre ou au jus de citron, puis on frotte à la gomme. Voir [[TEC-ENE-012]].\n3. **La réinitialisation** : batterie retirée si possible, bouton marche appuyé 30 secondes, puis on remet tout. Beaucoup d'appareils bloqués repartent.\n4. **Le fusible** : dans la fiche, dans l'appareil, sur la carte. Un fusible grillé se voit (fil coupé, verre noirci) ou se teste au multimètre. Remplacez-le **par le même calibre**. S'il regrille aussitôt, il y a un court-circuit derrière. Voir [[TEC-ENE-011]].\n5. **Les yeux et le nez** : ouvrez (appareil débranché), regardez. **Un condensateur gonflé** (dessus bombé, fendu, ou qui a fui) est la panne la plus courante des alimentations et des écrans. Une odeur de brûlé, un composant noirci, une piste coupée.\n6. **Les connecteurs** : une nappe mal enfoncée, une prise de charge desserrée ou encrassée (une aiguille en bois pour retirer la poussière tassée).\n\n## L'appareil a pris l'eau\n\n- **Éteignez-le tout de suite**, ne le rallumez pas pour « voir s'il marche ».\n- **Retirez la batterie** si possible, la carte SIM, les cartes.\n- **Séchez à l'air**, dans un endroit sec et tiède, ouvert si possible, **48 heures au moins**.\n- **Le riz ne sert à rien** : il n'absorbe pas mieux que l'air, et ses poussières entrent dans les prises.\n- **L'eau de mer ou sucrée** corrode vite : un nettoyage des cartes à l'alcool isopropylique, au pinceau, sauve souvent l'appareil.\n\n## Le danger\n\n**Les appareils branchés sur le secteur** (alimentations, micro-ondes, vieux téléviseurs, écrans) contiennent des **condensateurs qui gardent une charge mortelle** longtemps après avoir été débranchés. Le micro-ondes en particulier : on ne l'ouvre pas sans savoir décharger son condensateur haute tension. Les petits appareils à piles, les téléphones et les ordinateurs portables sont sans danger électrique.\n\n## Les astuces des réparateurs\n\n- **Photographiez chaque étape** du démontage : c'est le mode d'emploi du remontage.\n- **Rangez les vis** dans l'ordre, dans une boîte à œufs ou sur un papier où l'on dessine leur emplacement.\n- **Un appareil sans panne visible** se répare souvent en remplaçant la pièce la plus sollicitée : batterie, prise de charge, alimentation.\n- **Récupérez** ce qui peut servir sur l'appareil irréparable : voir [[SURV-REC-021]].\n\nSouder un composant : [[TEC-ELN-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-005","titre":"Souder en électronique","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["soudure","fer a souder","etain","flux","electronique","reparation","dessoudage","cable"],"sources":["IPC-A-610, Acceptability of Electronic Assemblies (aspect des soudures)","Adafruit Learning System, Adafruit Guide to Excellent Soldering","INRS, fumées de soudage à l'étain et flux"],"corps":"::Une bonne soudure se fait en trois secondes : on chauffe les deux pièces, on apporte l'étain sur elles, pas sur le fer, et il coule tout seul. La plupart des soudures ratées l'ont été parce qu'on a fait fondre l'étain sur la panne.::\n\n## Le matériel\n\n- **Un fer à souder** de 25 à 60 watts, idéalement à température réglable (320 à 370 °C selon l'étain).\n- **De l'étain à âme décapante** (le flux est à l'intérieur du fil) : l'étain au plomb (60/40) fond plus bas et se travaille plus facilement ; l'étain sans plomb demande un peu plus de chaleur.\n- **Une éponge humide** ou de la laine de laiton pour nettoyer la panne.\n- **De la tresse à dessouder** ou une pompe à dessouder.\n- **De la gaine thermorétractable** pour isoler les raccords de fils.\n\n## Le geste\n\n1. **Nettoyez et étamez la panne** : une fine couche d'étain brillant dessus aide la chaleur à passer.\n2. **Posez la panne contre les deux pièces à la fois** (la patte du composant et la pastille du circuit, ou les deux fils).\n3. **Après une à deux secondes, apportez l'étain sur les pièces**, de l'autre côté de la panne : il fond au contact des pièces chaudes et coule autour.\n4. **Retirez l'étain, puis le fer**, sans bouger la pièce pendant que ça refroidit.\n\n**Une bonne soudure** est brillante, lisse, en forme de petit cône ou de volcan, qui épouse la patte. **Une mauvaise** est terne, granuleuse, en boule posée dessus : c'est une soudure froide, qui lâchera.\n\n## Relier deux fils\n\n1. Dénudez 1 cm, enfilez d'abord la gaine thermorétractable sur l'un des fils.\n2. **Étamez chaque fil** séparément.\n3. Torsadez-les ou mettez-les côte à côte, chauffez, ajoutez un peu d'étain.\n4. Faites glisser la gaine sur la soudure et chauffez-la pour qu'elle se resserre.\n\n## Dessouder\n\nLa tresse posée sur la soudure, la panne par-dessus : l'étain fondu remonte dans la tresse par capillarité. Coupez la partie pleine et recommencez.\n\n## Les astuces\n\n- **Aérez** : les fumées de flux irritent les poumons. Travaillez près d'une fenêtre ou avec un petit ventilateur qui les éloigne.\n- **Lavez-vous les mains** après avoir manipulé de l'étain au plomb.\n- **Posez toujours le fer sur son support** : il brûle la main, la table et les câbles.\n- **Sans fer électrique** : une grosse tige de cuivre ou un clou épais chauffé sur un réchaud permet quelques soudures de dépannage sur de gros fils.\n- **Récupérer des composants** sur une carte : chauffez chaque patte et tirez doucement, ou chauffez toute la zone à l'air chaud.\n\nRéparer un câble sans souder : [[SURV-REC-007]]. Le multimètre pour vérifier : [[TEC-ENE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-005","titre":"Reconnaître les métaux","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["metaux","acier","fer","aluminium","cuivre","laiton","inox","aimant","etincelles","recuperation"],"sources":["ASM International, Metals Handbook, Desk Edition","Guides des ferrailleurs et récupérateurs de métaux (identification des métaux)","Weygers A., The Complete Modern Blacksmith, Ten Speed Press"],"corps":"::Un aimant, une meuleuse et une lime suffisent à reconnaître la plupart des métaux de récupération. Et savoir que le vieux ressort de lame de camion est en acier à outil, c'est avoir la matière d'un bon couteau.::\n\n## Les tests\n\n**L'aimant**\n\n- **Il colle franchement** : fer, acier, fonte.\n- **Il ne colle pas ou à peine** : aluminium, cuivre, laiton, bronze, plomb, zinc, et la plupart des **inox** de cuisine.\n\n**La couleur et le poids**\n\n- **Cuivre** : rouge orangé, lourd, devient brun puis vert en vieillissant.\n- **Laiton** : jaune doré (robinets, raccords, douilles).\n- **Bronze** : brun doré, plus sombre.\n- **Aluminium** : gris clair, **très léger**, ne rouille pas (il blanchit).\n- **Plomb** : gris terne, **très lourd, mou**, se raye à l'ongle.\n- **Zinc et acier galvanisé** : gris mat, cristallin sur les surfaces neuves.\n\n**Les étincelles à la meuleuse** (sur l'acier)\n\n- **Acier doux** : longues étincelles jaunes, peu d'éclatements.\n- **Acier à forte teneur en carbone** (outils, ressorts) : étincelles courtes et **éclatant en petites étoiles**. Plus il y a d'étoiles, plus il y a de carbone.\n- **Fonte** : étincelles courtes, rouges, peu nombreuses.\n- **Inox** : étincelles orangées, courtes, peu d'éclats.\n\n**La lime**\n\nUne lime qui **glisse sans mordre** : acier trempé (outil, ressort, roulement). Une lime qui mord facilement : acier doux ou métal tendre.\n\n## Où trouver les bons aciers\n\n- **Lames de ressort** de voitures et de camions, **limes usées**, **lames de scie** : acier à outil, excellent pour faire des couteaux, des burins, des ciseaux. Voir [[SURV-OUT-001]].\n- **Barres d'armature, cornières, tubes** : acier doux, pour souder et construire.\n- **Rails** : acier dur, enclume de fortune. Voir [[TEC-MEC-013]].\n- **Roulements à billes** : acier très dur, cassant.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Ne chauffez ni ne soudez l'acier galvanisé** sans aération : les fumées de zinc donnent la « fièvre des fondeurs », des frissons et de la fièvre pendant une journée.\n- **Le plomb** est toxique : jamais pour la vaisselle, ni pour ce qui touche l'eau de boisson, et on se lave les mains après l'avoir manipulé.\n- **Le cuivre** est le métal qui a le plus de valeur en récupération : câbles électriques, tuyaux, bobinages de moteurs.\n- **L'aluminium fond vers 660 °C** : un feu de charbon de bois bien ventilé suffit pour le couler dans un moule en sable. Aucune humidité dans le moule ni dans la ferraille : l'eau piégée sous le métal liquide provoque des projections.\n\nLa corrosion des métaux : [[TEC-COR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-004","titre":"Affûter tous les outils","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["affutage","pierre a aiguiser","morfil","couteau","ciseau a bois","hache","scie","angle"],"sources":["Lee L., The Complete Guide to Sharpening, Taunton Press","Guides des couteliers de Thiers, affûtage des lames","Guides des bûcherons, affûtage des haches et des scies"],"corps":"::Un outil émoussé est plus dangereux qu'un outil tranchant : il glisse, on force, et c'est la main qui prend. Affûter, c'est trois règles : le bon angle, toujours le même, et du plus gros grain au plus fin.::\n\n## Le principe\n\nAffûter, c'est **user deux faces jusqu'à ce qu'elles se rejoignent en une arête fine**.\n\n1. **Tenez un angle constant** sur toute la longueur de la lame, à chaque passe.\n2. **Travaillez jusqu'au morfil** : une petite bavure de métal qui se forme de l'autre côté du tranchant, qu'on sent au doigt en glissant du dos vers le fil (jamais le long du fil). Tant qu'il n'y a pas de morfil, l'arête n'est pas formée.\n3. **Passez aux grains plus fins**, puis **retirez le morfil** par quelques passes légères alternées de chaque côté, et sur un cuir ou du papier journal.\n\n**Les pierres** : grosse (autour de 200 à 400) pour une lame abîmée, moyenne (1 000) pour l'affûtage courant, fine (3 000 à 6 000) pour le poli. Avec de l'eau ou de l'huile selon la pierre, jamais à sec.\n\n## Les angles\n\n| Outil | Angle par face (environ) |\n|---|---|\n| Couteau de cuisine | 15 à 20° |\n| Couteau de poche, de travail | 20 à 25° |\n| Ciseau à bois, rabot | 25 à 30° (un seul biseau) |\n| Hache, serpe | 25 à 30°, fil légèrement bombé |\n| Outils de jardin (bêche, binette) | 30 à 45°, à la lime |\n\n**Un repère simple** : deux pièces de monnaie empilées sous le dos d'un couteau posé à plat sur la pierre donnent à peu près 15°.\n\n## Chaque outil\n\n- **Couteau** : passes régulières de la base à la pointe, comme pour trancher une fine couche de la pierre.\n- **Ciseau à bois** : un seul biseau, le dos parfaitement plat et poli.\n- **Hache** : à la lime puis à la pierre ronde, en mouvements circulaires. Le fil reste un peu bombé pour ne pas s'ébrécher.\n- **Scie** : une lime triangulaire, dent par dent, puis **l'avoyage** (écarter légèrement les dents alternativement) pour que la lame ne coince pas.\n- **Tronçonneuse** : lime ronde du bon diamètre, voir [[TEC-MEC-017]].\n- **Ciseaux** : seulement le biseau extérieur de chaque lame, à la pierre fine.\n\n## Sans pierre\n\n- **Le cul d'une tasse en céramique** : l'anneau non émaillé dessous est une pierre fine parfaite.\n- **Le haut d'une vitre de voiture**, légèrement baissée.\n- **Un galet de rivière** à grain fin, une brique, le bord d'une marche en béton pour dégrossir.\n- **Une ceinture en cuir** pour finir.\n\n**Tester** : une lame bien affûtée tranche une feuille de papier tenue en l'air sans l'accrocher. La théorie du tranchant : [[TEC-MEC-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-003","titre":"Scier, percer, limer","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["scier","percer","limer","scie a metaux","foret","pointeau","lime","atelier"],"sources":["INRS, travail du bois et des métaux : risques et bonnes pratiques","Machinery's Handbook, Industrial Press (vitesses de perçage et lubrification)","Guides de l'artisan : ajustage et limage"],"corps":"::Scier, percer et limer sont les trois gestes de base de tout atelier. Aucun ne demande de force : ils demandent de laisser l'outil travailler.::\n\n## Scier\n\n**Le bois**\n\n- **Amorcez** par quelques petits coups tirés, la lame guidée par le pouce contre le trait (le pouce au-dessus des dents).\n- **De longs mouvements** sur toute la longueur de la lame, sans appuyer : c'est la lame qui coupe.\n- **La pièce bien tenue** et le trait **à côté** de la chute, pas dessus.\n- **En fin de coupe**, soutenez la chute pour qu'elle n'arrache pas un éclat.\n\n**Le métal (scie à métaux)**\n\n- **Les dents vers l'avant** : la scie coupe en poussant.\n- **Au moins trois dents dans l'épaisseur** : denture fine pour les tubes et tôles minces, grosse pour les pièces épaisses.\n- **Un rythme lent**, une cinquantaine d'allers-retours par minute, toute la longueur de la lame, en soulageant au retour.\n- **Une goutte d'huile** sur l'acier épais.\n\n## Percer\n\n- **Le métal** : marquez le centre au **pointeau** (un coup de marteau) pour que le foret ne glisse pas. Commencez par un petit foret, puis le bon diamètre.\n- **Vitesse lente pour les gros forets et le métal**, rapide pour les petits et le bois. Un foret qui fume ou bleuit tourne trop vite ou manque d'huile.\n- **Huile de coupe** sur l'acier : elle refroidit et fait durer le foret. Rien sur l'aluminium ou un peu d'alcool, rien sur le laiton.\n- **Une planche martyre dessous** : le bois ne s'éclate pas à la sortie.\n- **Jamais une petite pièce tenue à la main** : un foret qui accroche la fait tourner comme une lame. Étau ou serre-joint.\n- **Cheveux attachés, pas de gants** près d'une perceuse qui tourne : le gant s'enroule et la main suit.\n\n## Limer\n\n- **La lime coupe en poussant**, jamais en tirant : on soulage au retour.\n- **Tenue à deux mains**, bien à plat, en croisant les passes pour voir où l'on enlève de la matière.\n- **Une carde** (brosse métallique) nettoie les dents encrassées. Un peu de craie frottée sur la lime évite qu'elle s'encrasse sur l'aluminium.\n- **Une lime ne se jette jamais en vrac** avec d'autres outils : ses dents s'ébrèchent.\n\n## Les astuces d'atelier\n\n- **Une scie qui dévie** : elle est mal affûtée ou mal avoyée (ses dents ne sont plus écartées également). Voir [[TEC-ATE-004]].\n- **Un trou trop petit** s'agrandit à la lime ronde, pas en forçant un foret plus gros de travers.\n- **Couper un boulon rouillé** : dégrippant la veille, puis scie à métaux entre l'écrou et la pièce.\n\nLes outils de base : [[TEC-ATE-001]]. Tracer avant de couper : [[TEC-ATE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-002","titre":"Mesurer et tracer","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["mesurer","tracer","equerre","niveau","3-4-5","fil a plomb","niveau a eau","cordeau"],"sources":["Guides des compagnons du devoir : traçage en menuiserie et en maçonnerie","Wood Magazine, Measuring and marking fundamentals","Pythagore et la corde à nœuds des bâtisseurs (principe du triangle 3-4-5)"],"corps":"::Mesurer deux fois, couper une fois. Le proverbe est vieux parce qu'il a raison : la plupart des pièces ratées l'ont été au crayon, pas à la scie.::\n\n## Mesurer juste\n\n- **Le crochet du mètre ruban bouge** exprès : il avance de son épaisseur pour une mesure extérieure (accroché au bout) et recule pour une mesure intérieure (poussé contre un mur). S'il est tordu, toutes vos mesures sont fausses.\n- **Mesurez depuis la même référence** pour toutes les pièces d'un même ouvrage.\n- **Pour une longue pièce**, marquez au crayon, puis vérifiez depuis l'autre bout.\n- **Un pied à coulisse** mesure au dixième de millimètre : diamètres de tuyaux, de vis, épaisseurs.\n\n## Tracer net\n\n- **Un crayon bien taillé** pour le bois, une **pointe à tracer** pour le métal (un clou affûté fait l'affaire).\n- **Un trait, puis un « V »** qui montre de quel côté du trait on coupe : la lame enlève quelques millimètres.\n- **Le cordeau à tracer** (une ficelle passée dans de la craie, tendue et pincée) trace une ligne droite de plusieurs mètres en une seconde.\n\n## L'angle droit sans équerre : le 3-4-5\n\nUn triangle dont les côtés mesurent **3, 4 et 5** (mètres, pieds, ou n'importe quelle unité) a **toujours un angle droit** entre les côtés de 3 et de 4.\n\n1. Mesurez 3 m sur un côté depuis le coin, 4 m sur l'autre.\n2. Ajustez l'angle jusqu'à ce que la diagonale entre les deux marques fasse exactement 5 m.\n\nC'est ainsi qu'on implante une maison, une terrasse, un potager bien carré. Doublez (6-8-10) pour plus de précision.\n\n**Vérifier un rectangle** : ses deux diagonales doivent être égales.\n\n## Horizontal et vertical\n\n- **Le niveau à bulle** : la bulle entre les deux traits. Retournez-le bout pour bout sur la même surface : s'il ne donne pas la même lecture, c'est lui qui est faux.\n- **Le fil à plomb** : un poids au bout d'une ficelle donne la verticale parfaite.\n- **Le niveau à eau** : un long tuyau transparent rempli d'eau, sans bulle. L'eau est au même niveau aux deux bouts, même à vingt mètres de distance ou autour d'un obstacle. C'est l'outil des maçons pour reporter une hauteur d'un bout à l'autre d'un terrain.\n\n## Sans instrument\n\nLa main, le pas et le pouce mesurent aussi : [[SURV-ORI-004]]. Les conversions entre unités : [[TEC-IDE-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-001","titre":"Les outils à main indispensables","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["outils","atelier","marteau","tournevis","pince","cles","scie","trousse"],"sources":["Jackson A., Day D., Collins Complete DIY Manual, HarperCollins","Guides des compagnons du devoir sur l'outillage de base","Normes ISO des empreintes de vis (Phillips, Pozidriv, Torx)"],"corps":"::Une vingtaine d'outils à main réparent presque tout ce qu'il y a dans une maison, une voiture ou un jardin. Ils ne tombent jamais en panne de batterie, et un bon outil acheté une fois dure une vie.::\n\n## La base, dans l'ordre d'utilité\n\n| Outil | À quoi il sert | Ce qu'il faut savoir |\n|---|---|---|\n| **Tournevis** plats et cruciformes | Visser, faire levier léger | Cruciforme Phillips et Pozidriv sont différents : le mauvais abîme la vis |\n| **Pince universelle** | Tenir, tordre, couper du fil | La plus polyvalente |\n| **Pince-étau** (type grip) | Bloquer, tenir comme un étau, dévisser une tête abîmée | Remplace à elle seule plusieurs outils |\n| **Pince coupante** | Couper fils et câbles | Pas sur l'acier trempé |\n| **Clés plates ou mixtes**, 8 à 19 mm | Boulons de voiture, de vélo, de machines | Le jeu 8-10-13-17-19 couvre l'essentiel |\n| **Clé à molette** | Dépanner toutes les tailles | Abîme les écrous serrés : en dernier recours |\n| **Clés Allen** (hexagonales) | Vélos, meubles, machines | En jeu, 2 à 10 mm |\n| **Marteau** à arrache-clou | Clouer, déclouer, frapper | 300 à 500 g pour commencer |\n| **Mètre ruban** et crayon | Mesurer, marquer | Voir [[TEC-ATE-002]] |\n| **Cutter** | Couper carton, plastique, isolant | Lames de rechange |\n| **Scie égoïne** et **scie à métaux** | Bois et métal | Voir [[TEC-ATE-003]] |\n| **Lime** et **pierre à affûter** | Ébavurer, ajuster, affûter | Voir [[TEC-ATE-004]] |\n| **Pied-de-biche** | Démonter, faire levier, ouvrir | L'outil des récupérateurs. Voir [[SURV-REC-011]] |\n| **Serre-joints** et petit **étau** | Tenir la pièce pour avoir les deux mains libres | La moitié de la sécurité en atelier |\n| **Perceuse à main** (chignole) | Percer sans électricité | Lente mais inusable |\n\n**À ajouter** : niveau à bulle, équerre, burin, chasse-goupille, pistolet à colle ou colle forte, ruban adhésif, fil de fer, dégrippant.\n\n## Les règles de ceux qui en vivent\n\n- **Le bon outil, à la bonne taille** : un tournevis trop petit ou une clé qui a du jeu arrondit la tête, et on ne dévisse plus jamais la pièce.\n- **Tirer plutôt que pousser** une clé : si elle glisse, on ne se fracasse pas la main contre le métal.\n- **La pièce tenue**, pas la main : un étau ou un serre-joint, surtout pour percer ou scier.\n- **Ranger au sec**, un chiffon huilé dessus de temps en temps : un outil rouillé coupe mal et glisse.\n- **Acheter moins mais mieux** : un bon outil d'occasion vaut mieux qu'un neuf bas de gamme qui plie au premier effort. Les vide-greniers en regorgent.\n\nAssembler proprement : [[TEC-MEC-001]]. Réparer quand on n'a pas la pièce : [[SURV-REC-030]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-004","titre":"Les inondations et les crues","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["inondation","crue","crue eclair","submersion","vigicrues","ruissellement","nappe","eau"],"sources":["Ministère de la Transition écologique, Vigicrues et georisques.gouv.fr : le risque inondation","Météo-France, épisodes méditerranéens (cévenols)","National Weather Service (États-Unis), Turn Around Don't Drown"],"corps":"::L'inondation est la catastrophe naturelle la plus fréquente en France, et la plupart de ses victimes meurent dans leur voiture. Trente centimètres d'eau qui coule suffisent à emporter un véhicule.::\n\n## Les types d'inondations\n\n- **La crue lente de plaine** : un grand fleuve qui monte sur des jours, comme la Seine en 1910. On la voit venir ; elle dure longtemps et abîme tout.\n- **La crue éclair** (torrentielle) : un orage violent sur des pentes, et une petite rivière devient un torrent en une heure, parfois sous un ciel redevenu bleu. C'est la plus meurtrière. Les épisodes méditerranéens (cévenols) d'automne en sont la forme française : **Vaison-la-Romaine en 1992**, des dizaines de morts.\n- **La submersion marine** : une tempête et une grande marée poussent la mer sur les côtes basses. **Xynthia, en 2010**, a noyé des gens dans leur maison la nuit en Vendée.\n- **Le ruissellement urbain** : sur le béton, la pluie ne s'infiltre pas ; elle dévale les rues et remplit les sous-sols et les parkings en quelques minutes.\n- **La remontée de nappe** : l'eau monte par le sol, lentement, dans les caves.\n\n## Ce que fait l'eau\n\n- **15 cm d'eau qui coule** peuvent faire tomber un adulte.\n- **30 cm** peuvent soulever et emporter une voiture.\n- **L'eau de crue est sale** : égouts, carburant, produits chimiques, débris.\n- **L'eau trouble cache** les regards ouverts, les trous, la route effondrée.\n\n## Suivre et anticiper\n\n- **Vigicrues** (le service de vigilance des crues) et la vigilance de Météo-France donnent le niveau de risque par secteur : vert, jaune, orange, rouge.\n- **Les repères de crues** sur les murs et les ponts montent les hauteurs atteintes autrefois : l'eau est déjà venue là, elle reviendra.\n- **Savoir si l'on est en zone inondable** : les plans de prévention des risques en mairie, et georisques.gouv.fr.\n\n## Les leçons de chaque inondation\n\n- **Ne jamais s'engager en voiture sur une route inondée**, même peu profonde, même connue.\n- **Ne pas descendre au sous-sol** ni au parking chercher sa voiture quand l'eau monte.\n- **Monter à l'étage**, pas partir en pleine nuit sous l'orage.\n- **Après**, l'eau laisse la boue, la moisissure et les installations électriques noyées : on ne remet pas le courant avant vérification.\n\nQue faire face à l'inondation : [[URG-INO-001]]. Évacuer : [[SURV-CRI-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-003","titre":"Les séismes","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["seisme","plaques tectoniques","faille","magnitude","ondes","repliques","construction parasismique"],"sources":["US Geological Survey, Earthquake Hazards Program : notions de base","BRGM et Plan séisme, zonage sismique de la France","Bolt B., Earthquakes, W. H. Freeman, 5e édition"],"corps":"::La Terre bouge de quelques centimètres par an, à peu près à la vitesse où poussent les ongles. Le long des failles, ce mouvement se bloque pendant des siècles, puis se rattrape en quelques secondes : c'est un séisme.::\n\n## D'où ils viennent\n\nLa surface de la Terre est découpée en **plaques** qui glissent lentement les unes contre les autres. Là où elles se touchent, les roches accrochent, accumulent de l'énergie comme un ressort qu'on tend, puis **cèdent d'un coup** le long d'une **faille**. L'énergie part en ondes dans toutes les directions.\n\n## Les ondes\n\n- **Les ondes P** arrivent en premier : elles compriment et étirent le sol, comme un choc sourd.\n- **Les ondes S** arrivent ensuite : elles secouent de côté, plus fort.\n- **Les ondes de surface** arrivent en dernier et font le plus de dégâts.\n\n**Le temps entre les deux premières secousses** donne la distance : environ **8 km par seconde d'écart**. Trois secondes entre le premier choc et la grosse secousse : le foyer est à environ 25 km.\n\n## Magnitude et intensité\n\n- **La magnitude** mesure l'énergie libérée à la source. **Chaque degré de plus libère environ 32 fois plus d'énergie** : un séisme de magnitude 7 libère environ mille fois plus qu'un séisme de magnitude 5.\n- **L'intensité** décrit ce qu'on ressent et les dégâts à un endroit donné (de I, imperceptible, à XII, destruction totale). Elle dépend de la distance, de la profondeur, du sol et des bâtiments.\n\n**Un sol meuble** (remblais, alluvions, anciens marais) **amplifie** les secousses ; gorgé d'eau, il peut se **liquéfier** et les immeubles s'y enfoncent.\n\n## Ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas\n\n- **On sait où** les séismes arriveront : le long des failles actives connues.\n- **On ne sait pas quand.** Aucune méthode ne prédit un séisme à la date près.\n- **Les répliques** suivent presque toujours un gros séisme, pendant des jours à des mois, de moins en moins fréquentes.\n- **L'alerte précoce** existe dans certains pays : des capteurs détectent les premières ondes et préviennent quelques secondes avant l'arrivée des plus fortes. Quelques secondes suffisent pour se mettre à l'abri ou arrêter un train.\n\n## En France\n\nLe risque est **fort aux Antilles**, **modéré** dans les Alpes, les Pyrénées, le fossé rhénan et la Provence, faible ailleurs. Le séisme de Lambesc, en Provence, a tué 46 personnes en 1909.\n\n## Ce qui sauve\n\n**Les bâtiments construits selon les règles parasismiques** : ils peuvent être abîmés, mais ne s'effondrent pas sur leurs occupants. Dans les grands séismes, ce ne sont pas les secousses qui tuent, ce sont les bâtiments qui tombent.\n\nQue faire pendant et après : [[SURV-CRI-002]]. Le tsunami qui peut suivre : [[SURV-CRI-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-006","titre":"Le métier de maraîcher","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["maraicher","legumes","potager","calendrier","sol","semences","recolte","metier"],"sources":["Fortier J.-M., Le jardinier-maraîcher, Écosociété","Coleman E., The New Organic Grower, Chelsea Green","Chambres d'agriculture, fiches techniques du maraîchage diversifié"],"corps":"::Un jardinier fait pousser des légumes. Un maraîcher en fait pousser toute l'année, pour d'autres que lui, sur la même terre, sans l'épuiser. C'est la différence entre un loisir et un métier qui nourrit un village.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Le calendrier** : quoi semer, quand, pour récolter en continu et pas tout en même temps. Les semis échelonnés toutes les deux à trois semaines.\n- **Le sol** : le lire, le nourrir, ne pas le tasser, le couvrir. Voir [[TEC-SOL-001]] et [[TEC-AGR-003]].\n- **Les plants** : semis en godets, repiquage, protection du froid (tunnels, voiles).\n- **La rotation** des cultures sur des années. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **L'eau** : combien, quand, comment, avec le moins possible. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Les ravageurs et les maladies**, et comment les tenir sans tout empoisonner. Voir [[TEC-AGR-010]].\n- **La récolte et la conservation** : quand cueillir, comment garder. Voir [[TEC-ALI-011]].\n\n## Les chiffres du métier\n\n- Une **planche de culture** fait souvent 75 cm de large sur 10 à 30 m de long, séparée par des passe-pieds de 45 cm.\n- Des fermes maraîchères de moins d'un hectare, bien menées, nourrissent en légumes plusieurs centaines de familles.\n- Un potager familial de **100 à 200 m²** bien conduit couvre une grande partie des besoins en légumes d'une famille à la belle saison.\n\n## Ce qu'un non-maraîcher peut apprendre\n\nTout, avec du temps : c'est un métier de gestes et d'observation plus que de diplômes. Commencez petit, notez tout (dates, variétés, récoltes, échecs), et gardez vos semences. Voir [[TEC-AGR-004]] et [[TEC-AGR-002]].\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nParce qu'un légume frais ne se stocke pas des années et que les vitamines ne se conservent pas en boîte. Le maraîcher du coin, ses serres et ses semences valent plus que n'importe quelle réserve quand la crise dure. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-005","titre":"Le métier de mécanicien","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["mecanicien","moteur","diagnostic","reparation","vehicule","groupe","metier"],"sources":["Référentiels du CAP et du bac pro Maintenance des véhicules","Bosch, Automotive Handbook","Retours d'expérience des mécaniciens de brousse et des ateliers de réparation"],"corps":"::Un bon mécanicien ne connaît pas toutes les pièces par cœur. Il sait écouter un moteur, trouver pourquoi il tousse, et faire marcher ensemble des pièces qui n'étaient pas faites l'une pour l'autre.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Comment marche un moteur**, et donc ce qui l'empêche de marcher : il lui faut du carburant, de l'air, de la compression, et une étincelle (essence) ou de la chaleur (diesel). Voir [[TEC-MOTH-001]].\n- **Diagnostiquer** par élimination, en commençant par le plus simple. Voir [[SURV-REC-019]].\n- **L'entretien** qui évite les pannes. Voir [[TEC-MEC-020]].\n- **Les transmissions, les freins, les suspensions, l'électricité** d'un véhicule.\n- **Faire avec ce qu'il y a** : adapter une pièce, fabriquer un support, réparer au lieu de remplacer. Voir [[SURV-REC-030]].\n\n## Ce qu'un non-mécanicien peut apprendre\n\n- Vérifier les niveaux, la pression des pneus, les courroies.\n- Changer une roue, une batterie, une ampoule, une bougie. Voir [[TEC-MEC-011]].\n- Démarrer avec des câbles. Voir [[TEC-MEC-014]].\n- Réparer un pneu. Voir [[SURV-REC-024]].\n- Entretenir une tronçonneuse, une tondeuse, un groupe électrogène.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nOuvrir un moteur, toucher aux freins et à la direction sans savoir les remonter et les purger, intervenir sur les batteries haute tension d'une voiture électrique ou hybride.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nQuand rien ne se livre plus, tout ce qui roule, pompe, scie et produit de l'électricité repose sur quelqu'un qui sait le faire durer. Un mécanicien fait tourner le groupe du quartier, la pompe du puits, la tronçonneuse de l'hiver et le seul véhicule qui reste.\n\n## Ses outils\n\nJeu de clés et de douilles, tournevis, pinces, cric et chandelles, multimètre, jauge d'épaisseur, dégrippant, et surtout un endroit sec et éclairé pour travailler.\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-004","titre":"Le métier d'électricien","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricien","installation","securite","tableau electrique","solaire","groupe","metier"],"sources":["Norme NF C 15-100 et NF C 18-510 (habilitation électrique)","Référentiels du CAP et du bac pro Métiers de l'électricité","INRS, prévention du risque électrique"],"corps":"::Un électricien, c'est quelqu'un qui sait où va le courant et comment l'empêcher d'aller là où il tue. En crise, c'est lui qui branche les panneaux solaires et le groupe sans électrocuter personne ni mettre le feu à la maison.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Lire et câbler une installation** : tableaux, circuits, sections de câbles, protections. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Les protections** : disjoncteurs, différentiels, mise à la terre. Voir [[TEC-ENE-011]].\n- **Mesurer** : tension, continuité, isolement, et vérifier l'absence de tension avant de toucher. Voir [[TEC-ENE-008]].\n- **Diagnostiquer** une panne : pourquoi ça saute, pourquoi ça ne marche plus.\n- **Les installations autonomes** : batteries, panneaux solaires, régulateurs, onduleurs, groupes électrogènes. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## Ce qu'un non-électricien peut apprendre\n\n- Couper au tableau, réarmer un disjoncteur, comprendre pourquoi il a sauté.\n- Changer une prise, un interrupteur, une ampoule, une fiche, **courant coupé et vérifié**.\n- Câbler une petite installation en 12 volts. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- Utiliser un multimètre.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nTravailler sous tension, modifier un tableau, brancher un groupe électrogène sur l'installation d'une maison (il faut un inverseur de source), toucher à tout ce qui est en amont du compteur.\n\n## La règle d'or du métier\n\n**Couper, condamner, vérifier.** On coupe au tableau, on empêche que quelqu'un remette le courant (un mot, un cadenas, un morceau de ruban sur le disjoncteur), et **on vérifie avec un appareil** qu'il n'y a plus de tension. Seulement ensuite, on touche.\n\n## Ses outils\n\nTournevis isolés, pince à dénuder, pince coupante, multimètre ou vérificateur d'absence de tension, testeur de prises, gaine, dominos et bornes, fer à souder.\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-003","titre":"Le métier de plombier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["plombier","eau","canalisations","evacuations","soudure","fuite","assainissement","metier"],"sources":["DTU 60.1 et 60.11, plomberie sanitaire","Référentiels du CAP Monteur en installations sanitaires","Organisation mondiale de la santé, Water, sanitation and hygiene (liens entre assainissement et maladies)"],"corps":"::La plomberie a sauvé plus de vies que la médecine : l'eau propre qui arrive, l'eau sale qui repart. Le plombier est celui qui empêche les deux de se rencontrer.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Où passe l'eau** dans un bâtiment, et comment la couper partout. Voir [[TEC-CON-015]].\n- **Assembler les tuyaux** : cuivre soudé, raccords à visser, PER et multicouche sertis, PVC collé.\n- **Les pentes** : une évacuation qui ne descend pas d'au moins 1 à 3 cm par mètre se bouche.\n- **L'étanchéité** : joints, filasse, téflon, et ce qui tient à chaud, à froid, sous pression.\n- **Les appareils** : chauffe-eau, chasses d'eau, pompes, robinets, et leurs pièces d'usure.\n- **L'assainissement** : fosses, puisards, filtres, ventilation des évacuations. Voir [[TEC-CON-006]].\n\n## Ce qu'un non-plombier peut apprendre\n\n- Repérer et fermer la vanne générale et les robinets d'arrêt.\n- Changer un joint de robinet, un flexible, un mécanisme de chasse.\n- Démonter et nettoyer un siphon.\n- Dégeler un tuyau sans le faire éclater.\n- Réparer provisoirement une fuite. Voir [[SURV-REC-030]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nLe gaz (jamais sans professionnel habilité), la soudure au chalumeau dans une maison habitée, les modifications qui touchent les évacuations d'un immeuble.\n\n## Ses outils\n\nClés à molette et à griffe, pince multiprise, coupe-tube, cintreuse, chalumeau et brasure, pâte et filasse, ventouse et furet, niveau.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nSans eau courante ni évacuation, les diarrhées et les épidémies arrivent en quelques jours. Quelqu'un qui sait installer une citerne, une pompe manuelle, des toilettes sèches, un point de lavage des mains, protège la santé de tout le groupe. Voir [[TEC-CON-014]] et [[SURV-HYG-002]].\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-002","titre":"Le métier d'infirmier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["infirmier","soins","surveillance","pansements","injections","hygiene","metier"],"sources":["Code de la santé publique, articles R4311-1 et suivants (actes infirmiers)","Organisation mondiale de la santé, State of the World's Nursing 2020","Référentiels de formation en soins infirmiers (IFSI)"],"corps":"::Le médecin passe cinq minutes, l'infirmière reste huit heures. Dans un groupe coupé des hôpitaux, c'est son savoir qui fait la différence entre un blessé qui guérit et un blessé qui s'infecte.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Surveiller** : prendre les constantes, voir qu'un malade se dégrade avant que ça se voie, savoir quand appeler. Voir [[TEC-SAN-016]].\n- **Soigner les plaies** : nettoyer, panser, repérer l'infection, gérer une plaie qui ne guérit pas. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Les gestes techniques** : injections, prises de sang, perfusions, sondes.\n- **Les médicaments** : les préparer, les doser, les donner à heure fixe, repérer les effets indésirables. Voir [[TEC-SAN-009]].\n- **L'hygiène** : empêcher qu'une infection passe d'un malade à l'autre. Voir [[TEC-SAN-004]].\n- **Le confort** : installer, retourner, nourrir, laver un malade alité sans l'abîmer.\n\n## Ce qu'un non-soignant peut apprendre\n\n- Laver ses mains et mettre des gants correctement.\n- Prendre un pouls, une respiration, une température, les noter avec l'heure.\n- Nettoyer et panser une plaie simple.\n- Retourner un malade toutes les deux à trois heures pour éviter les escarres.\n- Faire boire, repérer la déshydratation.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans formation\n\nLes injections intraveineuses, les perfusions, les sondes, les calculs de doses pour enfants, les médicaments à marge étroite. Une erreur ici ne se rattrape pas.\n\n## Le carnet du soignant\n\n- **Une feuille par malade** : ses constantes, ses médicaments, ses soins, avec l'heure. C'est la mémoire du groupe quand les soignants se relaient.\n- **Le stock** : compresses, gants, antiseptique, médicaments, compté chaque jour.\n\n## Apprendre\n\nLes formations aux premiers secours (quelques heures), puis de secourisme en équipe, sont le premier pas. Accompagner un soignant, un proche malade à domicile, apprend plus que les livres. Les autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-002","titre":"Faire l'école sans école","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ecole","enfants","education","lecture","calcul","apprentissage","crise","groupe"],"sources":["UNESCO et INEE, Normes minimales pour l'éducation : préparation, interventions, relèvement","UNICEF, l'éducation dans les situations d'urgence","Mitra S., expériences d'apprentissage autonome (Hole in the Wall), 1999-2010"],"corps":"::Une école qui ferme des mois, c'est une génération qui prend du retard pour des années. Il ne faut ni diplôme ni bâtiment pour que des enfants continuent d'apprendre : une heure par jour, un adulte, du papier, et la vie autour comme manuel.::\n\n## L'essentiel, chaque jour\n\n- **Lire, écrire, compter** : c'est ce qui se perd le plus vite et ce qui ouvre tout le reste.\n- **Une à deux heures par jour**, le matin, à heure fixe. La régularité compte plus que la durée.\n- **Un cahier par enfant**, qui garde la trace de ce qu'il a appris : il voit qu'il avance.\n\n## La vie comme manuel\n\n- **Les mathématiques** : doser la farine du pain, compter les réserves, mesurer un potager, calculer combien de jours tiendra l'eau, convertir des unités. Voir [[TEC-IDE-011]].\n- **Les sciences** : faire germer des graines, observer le ciel, fabriquer une pile, comprendre pourquoi l'eau bout. Voir [[SURV-ENE-002]].\n- **La géographie** : lire une carte, s'orienter au soleil et aux étoiles. Voir [[SURV-ORI-001]].\n- **L'écriture** : tenir le journal du groupe, écrire des lettres aux proches éloignés, recopier des fiches utiles.\n- **La lecture** : à voix haute, le soir, pour tous. Les livres de la maison, de la bibliothèque, les fiches Phenix.\n\n## Enseigner en groupe\n\n- **Les grands apprennent aux petits** : en expliquant, ils apprennent deux fois. C'était la règle des écoles de village à classe unique.\n- **Par niveau, pas par âge** : chacun avance à son rythme.\n- **Chaque adulte enseigne ce qu'il sait** : un mécanicien, une couturière, un ancien instituteur, un jardinier. Voir [[TEC-MET-001]].\n- **Des questions plutôt que des réponses** : « Pourquoi à ton avis ? » fait plus travailler que « c'est comme ça ».\n\n## Garder l'envie\n\n- **Des jeux** : jeux de calcul, de mots, d'observation, de mémoire. Voir [[TEC-CUL-001]].\n- **Des projets concrets** : construire un four, un cadran solaire, une carte du quartier.\n- **Du dehors** : une grande partie de ce qui s'apprend se fait en marchant.\n- **De la reconnaissance** : on montre, on félicite, on affiche le travail.\n\nApprendre, c'est aussi une façon pour un enfant de tenir dans une période dure : ça donne un but, une routine, et l'idée qu'il y a un après. Voir [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-036","titre":"Récupérer sur un réfrigérateur et un congélateur","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["refrigerateur","congelateur","isolation","glaciere","recuperation","joint","grilles","cellier"],"sources":["ADEME et éco-organismes, filière de recyclage des équipements frigorifiques (gaz et mousses)","Practical Action, techniques de conservation au frais sans électricité","Guides de récupération et de réemploi des équipements ménagers"],"corps":"::Un frigo mort, c'est une boîte parfaitement isolée, étanche, qui ferme bien et que les souris ne traversent pas. Sans électricité, elle ne refroidit plus rien, mais elle garde très bien le froid ou le chaud qu'on y met.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn réfrigérateur est une **caisse isolée** (plusieurs centimètres de mousse entre deux parois) avec une **machine** qui pompe la chaleur de l'intérieur vers l'extérieur (compresseur, grille noire à l'arrière, gaz frigorigène). Sans courant, la machine ne sert plus ; la caisse, si.\n\n## AGIR\n\n**La caisse**\n\n- **Une glacière géante** : posée à l'ombre, remplie de bouteilles d'eau congelées la nuit en hiver, de glace ou de neige, elle garde le frais plusieurs jours. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Un coffre de rangement** étanche aux rongeurs et à l'humidité pour le grain, la farine, les semences. Voir [[TEC-ALI-015]].\n- **Couché et enterré à moitié** dans le sol à l'ombre, porte vers le haut : un cellier qui profite de la fraîcheur de la terre.\n- **Une caisse de marmite norvégienne** : une marmite portée à ébullition, enfermée dedans avec des couvertures, finit de cuire seule.\n\n**Les pièces**\n\n- **Les grilles** : grilles de barbecue, de fumoir, de séchoir.\n- **Les bacs en plastique** : semis, rangement.\n- **Le joint aimanté** de la porte : de petits aimants souples.\n- **Le ventilateur** et la lampe (sur les modèles récents).\n- **Le thermostat** : un interrupteur réglable par la température.\n\n## ADAPTER\n\n**Le circuit de gaz** (tuyaux, compresseur, grille arrière) contient un gaz frigorigène et de l'huile : on ne le coupe pas, on ne le perce pas. Les anciens appareils contiennent des gaz qui abîment la couche d'ozone ; les récents, parfois de l'isobutane, un gaz inflammable.\n\n**Un enfant peut s'enfermer** dans un vieux frigo et y mourir étouffé, car la porte ne s'ouvre pas de l'intérieur. **Retirez la porte ou le joint**, ou couchez-le porte contre le sol, s'il reste dehors.\n\n**Un frigo qui marche encore** : sur un groupe électrogène ou un petit système solaire, il suffit de quelques heures de courant par jour, porte fermée. Voir [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-035","titre":"Fabriquer un réchaud avec des canettes ou un bidon","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["rechaud","canette","alcool","bidon","poele","fut","cuisine","combustible","rocket stove"],"sources":["Aprovecho Research Center, conception des foyers améliorés (rocket stove)","US Chemical Safety Board, accidents lors de la découpe de fûts ayant contenu des liquides inflammables","Guides de randonnée légère sur les réchauds à alcool de fabrication maison"],"corps":"::Deux canettes et un cutter font un réchaud qui fait bouillir un demi-litre d'eau en quelques minutes. Un fût de 200 litres fait un poêle, un four ou un fumoir. Il faut juste savoir qu'un fût vide d'essence explose plus facilement qu'un fût plein.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le réchaud à alcool** brûle de l'alcool à brûler (éthanol dénaturé) ou de l'alcool à 90 degrés : sans pression, sans pièce mobile, sans bruit. Peu puissant, très léger.\n- **Le poêle en fût** brûle du bois dans un grand volume d'acier : chauffage et cuisson.\n- **Le foyer fusée** (rocket stove) brûle des brindilles dans un conduit en L isolé : flamme très chaude, très peu de bois, très peu de fumée.\n\n## AGIR\n\n**Le réchaud en canettes**\n\n1. Coupez **le fond de deux canettes** vides, à 3 cm de hauteur environ.\n2. Percez **une couronne de petits trous** (une punaise ou une aiguille) sur le pourtour du fond d'une des deux, près du bord.\n3. Emboîtez l'une dans l'autre (celle percée dessus).\n4. Versez un peu d'alcool (deux à trois cuillères à soupe), allumez : au bout d'une minute, l'alcool chauffe et sort en jets de flammes par les trous.\n5. Posez la casserole sur trois pierres ou un petit support grillagé au-dessus.\n\n**Le foyer fusée en boîtes de conserve** : une grande boîte, une boîte plus petite percée sur le côté pour former un L avec une troisième, et le vide entre les deux rempli de cendre, de sable ou de terre pour isoler. On alimente par le bas du L, la flamme monte dans le conduit.\n\n**Le poêle en fût**\n\n1. **Un fût qui a contenu un liquide inflammable (essence, huile, solvant) peut exploser à la découpe**, même vide depuis longtemps : ce sont les vapeurs qui explosent, pas le liquide. **On le remplit d'eau à ras bord avant de le découper**, ou on le lave abondamment et on le laisse aérer longtemps.\n2. Découpez une porte, fixez un conduit de sortie de fumée (tuyau de poêle) en haut, calez-le sur des briques.\n3. **Brûlez d'abord la peinture et les résidus dehors**, longtemps, avant de le faire entrer dans un abri : les fumées de peinture sont toxiques.\n\n## ADAPTER\n\n**Le réchaud à alcool** : sa flamme est presque invisible en plein jour. On ne remplit jamais un réchaud encore chaud ou allumé : une coulée d'alcool enflammé sur la main ou le sol. Voir [[TEC-CHI-008]].\n\n**À l'intérieur**, aucun de ces foyers sans conduit de fumée : monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Les fûts** qui ont contenu des produits toxiques (pesticides, produits chimiques) ne servent jamais pour la cuisine ni pour l'eau.\n\nCuisiner sur le feu : [[SURV-FEU-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-034","titre":"Récupérer des palettes","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["palettes","bois","ippc","traitement thermique","bromure de methyle","construction","compost","chauffage"],"sources":["FAO, NIMP 15 (Norme internationale pour les mesures phytosanitaires) : réglementation des matériaux d'emballage en bois","European Pallet Association (EPAL), marquages des palettes","ADEME, bois de palette et combustion"],"corps":"::Une palette, c'est une dizaine de planches et trois traverses gratuites, qu'on trouve derrière chaque magasin. Mais avant d'en faire un lit, un potager ou du bois de chauffage, on lit le tampon : certaines ont été traitées avec un poison.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes palettes qui voyagent entre pays sont traitées contre les insectes du bois, et portent un **tampon** avec le logo de l'épi de blé et un code :\n\n- **HT** (heat treatment) : **traitement par la chaleur**. Sans produit chimique : utilisable pour presque tout.\n- **KD** (kiln dried) : séché au four, sans produit.\n- **MB** (methyl bromide) : traité au **bromure de méthyle**, un pesticide toxique. **Ni pour cuisiner, ni pour le potager, ni pour se chauffer.** Ce traitement est interdit dans l'Union européenne, mais des palettes anciennes ou importées circulent encore.\n- **Pas de tampon** : palette d'usage local, souvent non traitée, mais on ne sait pas ce qu'elle a transporté.\n\n**Les palettes de couleur** (bleues, rouges, marron) sont des palettes de location, souvent traitées ou peintes, qui appartiennent à une entreprise.\n\n## AGIR\n\n**Démonter sans tout casser**\n\n- **Un pied-de-biche** et un marteau, en soulevant chaque planche petit à petit près des clous, de chaque côté.\n- **Plus rapide** : scier les planches au ras des traverses, si l'on n'a pas besoin de toute la longueur.\n- **Les clous** se chassent au chasse-clou et se récupèrent.\n\n**Ce qu'on en fait**\n\n- **Des bacs de potager** et des composteurs (palettes HT ou non traitées seulement). Voir [[TEC-AGR-003]].\n- **Des étagères, des établis, des caisses** de rangement.\n- **Un plancher** surélevé, une cabane, un abri. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Du petit bois d'allumage** : le bois de palette, sec et tendre, part très vite.\n\n## ADAPTER\n\n**Une palette qui a transporté des produits chimiques**, tachée, grasse, qui sent : on la laisse.\n\n**Pour se chauffer**, le bois de palette HT brûle vite et chaud : bon pour démarrer, mauvais pour tenir la nuit. Les clous restent dans les cendres. Voir [[TEC-CON-011]].\n\n**Pour la nourriture** (planche à découper, fumoir), on n'utilise pas de bois de palette : on ne sait jamais tout ce qui a coulé dessus.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-033","titre":"Faire une batterie avec des cellules récupérées","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["batterie","18650","lithium","cellules","bms","recuperation","portable","powerbank","securite"],"sources":["Battery University, BU-302 et BU-808 (assemblage en série et parallèle, vieillissement)","Fiches techniques des cellules lithium-ion 18650 (Samsung, LG, Panasonic)","INERIS, emballement thermique des batteries lithium-ion"],"corps":"::Un vieil ordinateur portable contient six à neuf cellules lithium qui marchent souvent encore. Assemblées avec soin, elles font une batterie de secours. Assemblées n'importe comment, elles font un incendie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**La cellule 18650** : un cylindre de 18 mm sur 65 mm, **3,6 à 3,7 V** nominal, **4,2 V** chargée, à ne pas descendre sous **2,5 à 3 V**. Capacité : 1 500 à 3 500 mAh selon le modèle et l'usure.\n\nOn les trouve dans les batteries d'ordinateurs portables, de trottinettes, d'outils sans fil, de lampes puissantes et de batteries externes.\n\n**En parallèle**, on additionne les capacités (même tension). **En série**, on additionne les tensions : 3 cellules en série font environ 11 à 12,6 V, **4 en série** font environ 13 à 16,8 V.\n\n## AGIR\n\n**Trier les cellules**\n\n1. **Écartez sans discuter** toute cellule cabossée, percée, gonflée, rouillée, qui a fui, ou dont l'enveloppe plastique est déchirée.\n2. **Mesurez la tension** au multimètre : moins de 2 V, elle a trop souffert ; on la jette (au recyclage).\n3. **Chargez-les une par une** avec un chargeur de cellules lithium, puis laissez-les reposer quelques jours : **une cellule qui perd sa tension toute seule** est défaillante. **Une cellule qui chauffe en charge** aussi.\n4. **Mesurez la capacité** si le chargeur le permet, et **regroupez les cellules de capacités proches**.\n\n**Assembler**\n\n- **Une carte de protection (BMS)** adaptée au nombre de cellules en série est **obligatoire** : elle coupe en cas de surcharge, de décharge profonde et de court-circuit.\n- **Un fusible** sur la sortie positive.\n- **Des cellules de même état** dans un même pack.\n- **Les liaisons** se font par soudure par points (idéal) ou avec des supports de piles du commerce. **Souder directement sur une cellule** la chauffe et l'abîme : si on n'a pas le choix, on le fait très vite, avec un gros fer très chaud et beaucoup de flux, pour chauffer le moins longtemps possible.\n- **Isolez tout** : papier isolant, gaine thermorétractable. Un court-circuit libère une énergie énorme.\n\n## ADAPTER\n\n**Le plus simple et le plus sûr** : des **boîtiers de batterie externe** vendus vides, avec leur électronique de charge et leur protection, dans lesquels on insère des cellules triées. Aucune soudure.\n\n**Pour du 12 V**, quatre cellules en série de lithium fer phosphate (LiFePO4, 3,2 V chacune) donnent une tension très proche d'une batterie de voiture et sont bien plus sûres ; les cellules d'ordinateur portable (lithium-ion) font environ 11 à 16 V en 4 séries, et demandent un régulateur.\n\n**Stockez et chargez** sur une surface non inflammable, jamais la nuit sans surveillance, jamais au soleil. Une cellule qui gonfle sort de la maison. Voir [[SURV-REC-032]].\n\nRécupérer les cellules d'un ordinateur : [[SURV-REC-021]]. Les batteries en général : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-032","titre":"Récupérer sur une trottinette ou un vélo électrique","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["trottinette","velo electrique","batterie lithium","18650","moteur","chargeur","incendie","energie"],"sources":["INERIS, risques d'incendie des batteries lithium-ion des engins de déplacement personnel","Battery University, BU-808 et BU-304 (vieillissement et sécurité des cellules lithium-ion)","Pompiers de Paris et de Londres, statistiques et consignes sur les incendies de trottinettes"],"corps":"::Une trottinette électrique abandonnée, c'est une batterie de 300 à 600 wattheures, un moteur, un chargeur et un contrôleur. De quoi éclairer une maison des jours. C'est aussi l'objet qui provoque le plus d'incendies de logement dans les grandes villes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La batterie** : des dizaines de cellules lithium-ion (souvent au format 18650 ou 21700) assemblées en un pack de **36 ou 48 volts**, avec une carte de gestion (BMS) qui la protège de la surcharge et de la décharge profonde.\n- **Le moteur** : dans le moyeu de la roue, sans balais, avec aimants.\n- **Le contrôleur** : l'électronique qui commande le moteur.\n- **Le chargeur** : il fournit la bonne tension au pack.\n\n## AGIR\n\n**La batterie entière, c'est le trésor**\n\n- **Gardez le pack entier avec sa carte de gestion** et son chargeur : c'est la façon la plus sûre de l'utiliser.\n- **Branchée sur un convertisseur** 36/48 V vers USB ou vers 12 V (qui se trouvent dans le commerce), elle recharge téléphones, radios et lampes pendant des jours. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Rechargée au soleil** avec un panneau et un régulateur adaptés à sa tension.\n\n**Le reste**\n\n- **Le moteur** tourné à la main produit du courant : un générateur de fortune, pas très efficace sans électronique.\n- **Les phares LED**, les câbles épais, les connecteurs, la visserie, le cadre en aluminium.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes d'une batterie dangereuse** : gonflée, déformée, chaude sans raison, qui sent le solvant ou le plastique, qui a pris l'eau ou un choc. **Elle sort de la maison** et se pose sur du sable ou de la terre, loin de tout.\n\n**Un feu de batterie lithium** ne s'éteint presque pas : il se ralimente seul en oxygène. On sort, on laisse brûler loin de tout, on refroidit à grande eau les environs, et on appelle les pompiers.\n\n**Démonter le pack en cellules** pour en faire autre chose est possible, mais c'est là que les incendies et les brûlures arrivent : court-circuit d'un tournevis, cellule percée, soudure qui surchauffe. Voir [[SURV-REC-033]].\n\n**Ne rechargez jamais** une batterie la nuit, sans surveillance, ou avec un chargeur qui n'est pas le sien.\n\nLes batteries en général : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-031","titre":"Récupérer sur un micro-ondes","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["micro-ondes","condensateur","haute tension","transformateur","magnetron","recuperation","danger"],"sources":["INRS, risques électriques des équipements contenant des condensateurs haute tension","Fiches de service des fabricants de fours à micro-ondes (décharge du condensateur haute tension)","Agence américaine de protection de l'environnement, oxyde de béryllium dans les isolants de magnétrons"],"corps":"::Un micro-ondes débranché depuis une semaine peut encore tuer. Son condensateur garde plus de 2 000 volts. C'est l'appareil ménager le plus dangereux à démonter, et l'un des plus intéressants une fois qu'on sait le faire.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn four à micro-ondes fabrique une très haute tension pour alimenter son **magnétron**, le tube qui produit les ondes. Pour ça il contient :\n\n- **un transformateur haute tension**, lourd, avec de gros enroulements de cuivre ;\n- **un condensateur haute tension** (un cylindre ou un boîtier ovale), qui **reste chargé** après débranchement ;\n- **une diode haute tension**.\n\nLe courant de ce circuit, avec cette tension, est mortel. Beaucoup de bricoleurs sont morts en le touchant « juste pour voir ».\n\n## AGIR\n\n**Avant de toucher quoi que ce soit à l'intérieur**\n\n1. **Débranchez**, et attendez au moins quelques minutes.\n2. **Déchargez le condensateur** : avec un tournevis à manche bien isolé (ou deux, un par main), **reliez les deux bornes du condensateur entre elles, puis chaque borne au châssis métallique**. Une étincelle et un claquement peuvent se produire : c'est la charge qui part. Recommencez.\n3. **Une seule main** dans l'appareil, l'autre derrière le dos, tant que vous n'êtes pas sûr.\n\n**Ce qui vaut la peine**\n\n- **Le moteur du plateau tournant** : un petit moteur lent, parfait pour un tournebroche, un mobile, un mécanisme lent.\n- **Le ventilateur** et son moteur.\n- **La lampe**, les **micro-interrupteurs**, les fils, les cosses.\n- **Le plateau en verre** : un plateau de four solaire ou de cuisson.\n- **La tôle et le boîtier** : de l'acier en feuille, et une boîte métallique fermée.\n- **Le cuivre** du transformateur.\n\n## ADAPTER\n\n**Le magnétron** : ne le cassez pas. Certains contiennent des isolants en **céramique à l'oxyde de béryllium** (souvent rose ou blanche), dont la poussière est très toxique. On le laisse entier, ou on le jette entier.\n\n**Le transformateur** : on voit sur internet des soudeurs et des « jouets » haute tension faits avec. C'est une des façons les plus sûres de se tuer en bricolant : sa tension de sortie, à courant élevé, ne pardonne pas le moindre contact. On récupère son cuivre ou sa tôle, pas sa fonction.\n\n**Un micro-ondes qui marche encore** : gardez-le entier. Branché sur un groupe électrogène, il réchauffe un repas avec très peu d'énergie, et **sa cage métallique fermée, appareil débranché, arrête une partie des ondes radio** : un rangement pour un téléphone qu'on veut couper du monde, pas un abri contre tout.\n\nLes autres appareils à démonter : [[TEC-ELN-006]]. Récupérer sur un ordinateur portable : [[SURV-REC-021]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-008","titre":"Coquillages et algues du bord de mer","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["coquillages","moules","algues","peche a pied","maree","toxines","bord de mer"],"sources":["IFREMER, surveillance de la qualité des coquillages (REPHY) et zones de pêche à pied","Agences régionales de santé, recommandations pour la pêche à pied de loisir","Mouritsen O., Seaweeds: Edible, Available and Sustainable, University of Chicago Press"],"corps":"::À marée basse, le bord de mer est un garde-manger : moules, bigorneaux, palourdes, algues. Mais les coquillages filtrent l'eau et gardent tout ce qu'elle contient, y compris des toxines invisibles qui paralysent.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes coquillages filtrent des litres d'eau par heure. Ils concentrent :\n\n- **les microalgues toxiques** qui fleurissent parfois (les « eaux colorées ») : certaines donnent des diarrhées violentes, d'autres des **paralysies** qui peuvent tuer. **La cuisson ne détruit pas ces toxines.**\n- **les bactéries et virus** des eaux usées (gastro, hépatite A), près des ports, des égouts, des embouchures ;\n- **les métaux lourds** près des zones industrielles.\n\n## AGIR\n\n**Avant de ramasser**\n\n- **Les zones et les interdictions** : en France, les mairies et les agences de santé affichent l'état sanitaire des sites de pêche à pied. Un panneau d'interdiction a une raison.\n- **Loin des ports, des sorties d'égouts, des embouchures** et des eaux stagnantes.\n- **Les marées** : on part à marée descendante, on remonte avant la marée montante, en connaissant l'heure. La mer remonte plus vite qu'on ne marche sur certaines plages. Voir [[SURV-MAR-001]].\n\n**Ce qu'on ramasse**\n\n- **Moules, huîtres, palourdes, coques** : vivantes, fermées ou qui se ferment quand on les touche. Une coquille ouverte qui ne se ferme pas : animal mort, on jette.\n- **Bigorneaux, patelles** : sur les rochers.\n- **Crabes** : sous les pierres ; on remet la pierre en place.\n- **Les algues** : en Europe, **aucune algue marine n'est connue pour tuer** ; seule la desmarestie, fine et très ramifiée, contient de l'acide et donne mal au ventre. La laitue de mer, les dulses, la nori (porphyre), le wakame, les fucus se mangent en petite quantité, crues ou cuites. Ramassez-les **vivantes, fixées au rocher**, jamais celles qui pourrissent sur la plage.\n\n**Préparer** : laisser dégorger les coquillages quelques heures dans de l'eau de mer propre, les cuire jusqu'à ce qu'ils s'ouvrent, jeter ceux qui restent fermés.\n\n## ADAPTER\n\n**Des picotements dans la bouche, les lèvres, les doigts**, des engourdissements après un repas de coquillages : urgence, le 15. C'est le signe des toxines paralysantes.\n\n**Les algues** sont très riches en iode : surtout les laminaires (kombu) ; en manger beaucoup, tous les jours, dérègle la thyroïde. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\n**Les oursins, les poissons de roche** se mangent aussi ; la vive, un petit poisson enfoui dans le sable, pique douloureusement : l'eau très chaude (sans brûler) calme la douleur.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-007","titre":"Manger des insectes et des vers","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["insectes","vers de terre","sauterelles","grillons","larves","proteines","cuisson","entomophagie"],"sources":["FAO, Edible insects: future prospects for food and feed security, 2013","EFSA, avis sur les nouveaux aliments à base d'insectes (ver de farine, criquet migrateur, grillon)","US Army, FM 21-76 Survival, insectes comestibles"],"corps":"::Deux milliards de personnes mangent des insectes chaque jour, par choix. Un kilo de grillons contient autant de protéines qu'un kilo de bœuf. Le dégoût est culturel ; la faim, non.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes insectes sont riches en **protéines** (souvent 40 à 60 % de leur poids sec), en graisses et en minéraux. Ils se trouvent partout, se ramassent sans outil, et se multiplient vite.\n\n## AGIR\n\n**Les plus sûrs**\n\n- **Sauterelles, criquets, grillons** : retirez les pattes arrière (épineuses) et les ailes, cuisez.\n- **Larves de coléoptères** (vers blancs dans le bois mort et les souches, vers de farine) : les plus grasses et les plus nourrissantes.\n- **Fourmis** (surtout les œufs et larves) : acidulées, en grande quantité dans les fourmilières.\n- **Vers de terre** : laissez-les **dégorger** quelques heures dans de l'eau propre ou de l'herbe humide pour vider la terre, puis cuisez.\n- **Termites** dans les pays où il y en a.\n\n**Toujours cuits** : grillés, bouillis, frits. La cuisson tue les parasites et les bactéries. **Grillés puis broyés en poudre**, ils s'ajoutent à une soupe ou une galette sans qu'on les voie : c'est la meilleure façon de les faire accepter.\n\n## ADAPTER\n\n**À éviter**\n\n- les insectes **aux couleurs vives** (rouge, orange, jaune et noir) : souvent toxiques ;\n- ceux qui **sentent fort** ou **piquent** ;\n- les **chenilles poilues** : leurs poils irritent la bouche et la gorge ;\n- les **mouches, moustiques, tiques** : porteurs de maladies ;\n- **les insectes trouvés morts**.\n\n**Les allergiques aux crustacés** (crevettes, crabes) peuvent aussi réagir aux insectes, qui leur sont apparentés. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n**Élever** : les vers de farine se multiplient dans un bac de son et de flocons d'avoine avec quelques morceaux de pomme de terre ; les grillons dans une caisse chaude et aérée. Une petite production de protéines sans pâturage.\n\nDécider si quelque chose se mange : [[SURV-COM-001]]. Se nourrir en milieu naturel : [[SURV-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-006","titre":"Pêcher sans canne","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["peche","ligne","hamecon","nasse","bouteille","piege a poissons","lignes de fond"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur la pêche","FAO, Fishing gear types, fiches techniques (lignes de fond, nasses)","Fédération nationale de la pêche en France, réglementation de la pêche de loisir"],"corps":"::Une ligne qu'on tient à la main pêche pendant qu'on la tient. Dix lignes posées le soir pêchent toute la nuit pendant qu'on dort. En survie, on ne pêche pas : on pose des pièges à poissons.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes poissons se trouvent là où il y a **de l'abri et de la nourriture** : sous les berges creusées, derrière les rochers, les souches, à l'entrée des herbiers, dans les remous calmes à côté du courant, aux confluents. **Tôt le matin et au crépuscule**, ils mangent le plus.\n\n## AGIR\n\n**La ligne à main**\n\n- **Du fil** : fil de pêche, fil dentaire, brins intérieurs de paracorde, fil de couture épais.\n- **Un hameçon** : une épingle de sûreté pliée, un clou fin limé, une épine de ronce, un os taillé, un bout de canette découpé en crochet.\n- **Un appât** : vers de terre, insectes, larves sous les pierres, morceaux de poisson, de viande.\n- **Un plomb** : un petit caillou attaché, un écrou.\n\n**Les lignes de fond (lignes dormantes)**\n\nPlusieurs hameçons appâtés attachés à une ligne tendue entre la berge et un piquet ou un arbre, posés le soir, relevés le matin. **C'est le meilleur rendement pour le moins d'effort.**\n\n**La nasse en bouteille**\n\n1. Coupez une grande bouteille en plastique au premier tiers, côté goulot.\n2. Retournez le goulot et enfoncez-le dans la bouteille, bouchon retiré : un entonnoir.\n3. Percez des petits trous pour que l'eau passe, mettez un appât, lestez avec une pierre.\n4. Posez-la au fond, goulot vers l'aval, attachée à la berge.\n\nLes petits poissons entrent et ne trouvent plus la sortie.\n\n**Le barrage à poissons** : dans un petit ruisseau peu profond, deux murets de pierres en V pointé vers l'aval, qui mènent dans un enclos. En remontant le ruisseau en frappant l'eau, on rabat les poissons dedans.\n\n## ADAPTER\n\n**Vider le poisson** tout de suite et le cuire à cœur. Voir [[SURV-RES-005]].\n\n**Loin de tout, sans hameçon ni fil** : les mains, dans les petits ruisseaux sous les berges, en remontant doucement vers le poisson par l'arrière ; ou une lance fourchue taillée dans une branche, en visant plus bas qu'on ne voit (la réfraction trompe).\n\n**En temps normal**, la pêche est encadrée : permis, tailles minimales, périodes, et les lignes de fond et les nasses sont souvent interdites aux amateurs. Ces techniques sont pour les situations où il faut manger.\n\nPièges et pêche en général : [[SURV-RES-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-005","titre":"Laver le linge sans machine","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["linge","lessive","cendre","lierre","poux de corps","typhus","seau","sechage"],"sources":["Raoult D. et al., Evidence for louse-transmitted diseases in soldiers of Napoleon's Grand Army in Vilnius, Journal of Infectious Diseases, 2006","CDC, Body lice : traitement et lavage des vêtements","Sphere Handbook, 2018, standards d'hygiène (savon de lessive par personne et par mois)"],"corps":"::En 2001, on a ouvert à Vilnius une fosse commune de soldats de Napoléon, morts pendant la retraite de Russie. Dans leurs dents, l'ADN du typhus et de la fièvre des tranchées, deux maladies des poux de corps. Laver le linge, ce n'est pas du confort : c'est de la médecine.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn vêtement sale **tient moins chaud** (la sueur et le gras collent les fibres), irrite la peau, et abrite les **poux de corps**, qui vivent dans les coutures et non sur la peau. Eux transmettent le typhus.\n\nIl faut environ **200 g de savon de lessive par personne et par mois**, selon les standards humanitaires. Une réserve de pains de savon, c'est aussi un bon objet de troc.\n\n## AGIR\n\n1. **Trier** : chaussettes et sous-vêtements le plus souvent ; le reste peut attendre.\n2. **Tremper** une nuit dans l'eau savonneuse : le trempage fait la moitié du travail.\n3. **Frotter** les endroits sales (cols, poignets, aisselles) tissu contre tissu, ou sur une planche.\n4. **Le seau à piston** : un seau avec un couvercle percé, et une ventouse de débouchage neuve comme piston. Deux ou trois minutes de pompage valent un cycle de machine.\n5. **Rincer deux fois** : le savon qui reste irrite la peau.\n6. **Essorer** en tordant le linge autour d'un poteau ou d'une branche, ou roulé dans une serviette.\n7. **Sécher au soleil** : les ultraviolets tuent une partie des microbes et blanchissent le linge. Les couleurs à l'envers.\n\n## ADAPTER\n\n**Sans savon**\n\n- **L'eau de cendre** : un seau de cendre de bois dur, de l'eau, on laisse reposer, on utilise l'eau claire du dessus. Le mot « lessive » vient de là : pendant des siècles, on a lavé le linge à la cendre. **Elle est caustique** : gants si elle est forte, et jamais sur la laine ni la soie, qu'elle abîme.\n- **Le lierre** : une cinquantaine de feuilles bouillies un quart d'heure dans un litre d'eau donnent une lessive qui mousse un peu. **Toxique à avaler** : bidon étiqueté, hors de portée des enfants.\n- **La saponaire**, plante des bords de chemins, mousse aussi.\n\n**Les poux de corps** : lavage à 60 °C, ou coutures repassées au fer très chaud, ou vêtements enfermés deux semaines dans un sac fermé.\n\n**La laine** : eau froide ou tiède, pas de frottement (elle feutre), séchée à plat.\n\n**L'hiver** : par grand froid sec, le linge gèle sur le fil et sèche quand même, la glace s'évapore sans fondre. Plus lent, mais ça marche.\n\nSe laver avec peu d'eau : [[SURV-HYG-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-006","titre":"Faire du charbon de bois","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["charbon de bois","pyrolyse","fut","cornue","forge","filtre","combustible"],"sources":["FAO, Simple technologies for charcoal making (Forestry Paper 41), 1987","Antal M., Grønli M., The art, science, and technology of charcoal production, Industrial & Engineering Chemistry Research, 2003"],"corps":"::Le charbon de bois, c'est du bois qu'on a cuit sans le laisser brûler. Il chauffe plus fort, ne fume presque pas, et c'est lui qui fait tourner une forge, filtre l'eau et désodorise. Un fût et une journée suffisent.::\n\n## COMPRENDRE\n\nChauffé **sans assez d'air pour brûler**, le bois perd son eau puis ses gaz (qui s'échappent en fumée épaisse et inflammable). Il reste presque du carbone pur : le charbon. C'est la **pyrolyse**.\n\nIl pèse environ **un quart** du bois de départ, mais donne une chaleur **plus forte et plus régulière**, sans flamme ni fumée. C'était le combustible des forgerons, des fondeurs et des cuisines d'Europe pendant des siècles.\n\n## AGIR\n\n**La méthode du fût (cornue)**\n\n1. **Un fût métallique** avec un couvercle, percé d'un ou deux petits trous dans le fond. Nettoyé de tout ce qu'il a contenu (voir les précautions de [[SURV-REC-035]]).\n2. **Remplissez-le de morceaux de bois sec**, de la taille d'un poing ou d'un avant-bras, bien tassés.\n3. **Fermez le couvercle** et posez le fût **sur un grand feu**, ou faites un feu tout autour.\n4. **La fumée sort par les trous**, épaisse et blanche puis jaunâtre ; elle prend feu en longues flammes à la sortie : c'est le gaz du bois qui brûle.\n5. **Quand il ne sort plus de fumée ni de flamme** (après quelques heures), retirez le fût du feu, **bouchez les trous** avec de la terre.\n6. **Laissez refroidir complètement**, jusqu'au lendemain, **sans ouvrir** : ouvert chaud, le charbon s'enflamme au contact de l'air.\n\n**La méthode de la fosse** : une fosse remplie de bois, allumée par-dessus, puis recouverte de tôles et de terre quand le feu a bien pris, en laissant un petit évent. Plus rustique, moins de rendement.\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **La forge** : le charbon de bois monte le fer au rouge blanc, ce que le bois brut fait mal. Voir [[TEC-ATE-005]].\n- **La cuisine** sans fumée, sur un brasero ou un barbecue.\n- **Le filtre à eau** : broyé en grains, lavé, il retient les goûts, les odeurs et une partie des produits chimiques. Il ne tue pas les microbes. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **La pile aluminium-air** : [[SURV-ENE-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**Le charbon de bois dégage du monoxyde de carbone** en brûlant, sans fumée pour prévenir : jamais un brasero ou un barbecue à l'intérieur. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Le charbon activé** des filtres est un charbon traité pour avoir encore plus de surface ; le charbon de bois ordinaire en fait une partie du travail.","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-005","titre":"Garder la braise et transporter le feu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["braise","feu","amadou","cendres","transporter le feu","economiser","allumage"],"sources":["Gowlett J., The discovery of fire by humans: a long and convoluted process, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2016","Musée archéologique du Haut-Adige (Bolzano), l'équipement d'Ötzi : récipient à braises en écorce de bouleau, amadou","US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur le feu"],"corps":"::Pendant des dizaines de milliers d'années, les humains n'ont pas allumé le feu chaque soir : ils l'ont gardé. Couvrir la braise le soir et la retrouver vivante le matin économise les allumettes, le bois et beaucoup d'énervement.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne braise sans air ne brûle presque plus, mais ne s'éteint pas tout de suite : elle **couve**. Couverte de cendre, elle peut rester vivante **toute une nuit**, parfois une journée. C'est ce que faisaient toutes les maisons avant les allumettes.\n\nÖtzi, l'homme retrouvé dans un glacier des Alpes après 5 300 ans, portait un étui en écorce de bouleau avec des braises de charbon enveloppées dans des feuilles d'érable, et un morceau d'amadou. Le briquet de l'âge du cuivre, c'était ça.\n\n## AGIR\n\n**Couvrir le feu pour la nuit**\n\n1. Le soir, rassemblez les **plus grosses braises** au centre, en tas.\n2. **Couvrez-les d'une couche épaisse de cendres**, quelques centimètres, sans trou.\n3. Le matin, **découvrez**, soufflez doucement, ajoutez du **petit bois très sec** : la flamme repart en quelques secondes.\n\nUne bûche de bois dur à moitié consumée, enterrée dans la cendre, garde des braises encore plus longtemps.\n\n**Transporter le feu**\n\n- **L'amadou** : la chair d'un champignon qui pousse sur les hêtres et les bouleaux (l'amadouvier), séchée, prend une étincelle et **couve des heures** sans flamme. Un morceau allumé dans une boîte en métal percée de trous suit la marche d'une journée.\n- **Une boîte de conserve** avec quelques trous d'aération, remplie de braises de bois dur et de cendre, garde le feu pendant un déplacement de quelques heures. On la tient par une anse en fil de fer, loin du corps.\n- **Une corde de chanvre ou de coton** tressée serrée, allumée au bout, couve lentement comme une mèche d'amadou.\n\n## ADAPTER\n\n**Un poêle** se garde pareil : les braises couvertes de cendre, l'arrivée d'air presque fermée, puis rouverte le matin. Voir [[TEC-CON-011]].\n\n**Sous la pluie**, gardez les braises sous un abri, et le petit bois de relance dans un sac étanche, près du corps.\n\n**Attention** : des braises couvertes restent brûlantes des heures après avoir semblé éteintes. On ne vide jamais des cendres « froides » dans un sac ou une poubelle en plastique.\n\nAllumer sans briquet : [[SURV-FEU-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-004","titre":"Le feu discret","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["feu","discretion","fumee","dakota","trou","nuit","lumiere","bois sec"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival (feux de campagne et feu dakota)","Kephart H., Camping and Woodcraft, 1916"],"corps":"::Un feu se voit de loin la nuit, se sent à des centaines de mètres par vent favorable, et sa fumée se lit en plein jour à des kilomètres. Un feu discret, c'est un feu petit, chaud, sec, et enterré.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu se trahit de trois façons :\n\n- **la fumée**, surtout le jour : elle vient du bois humide, vert ou mal brûlé, et d'un feu étouffé ;\n- **la lumière**, surtout la nuit : les flammes hautes et les reflets sur les arbres ;\n- **l'odeur**, portée par le vent bien plus loin qu'on ne croit.\n\nUn feu **chaud et vif** fait peu de fumée ; un feu qui couve en fait beaucoup. La grosse fumée blanche de bois vert, c'est pour se faire retrouver ([[SIG-COM-001]]), pas pour dormir tranquille.\n\n## AGIR\n\n**Le feu en trou (dit « dakota »)**\n\n1. Creusez un trou de 30 cm de profondeur et de large.\n2. À 30 cm de là, **du côté d'où vient le vent**, creusez un second trou plus étroit, en biais, qui rejoint le fond du premier : c'est l'arrivée d'air.\n3. Faites le feu au fond du premier trou.\n\nL'air arrive par le conduit, le feu tire fort, brûle chaud et presque sans fumée. Les flammes restent sous le niveau du sol, invisibles de côté. On pose la casserole en travers du trou sur deux bâtons verts.\n\n**Le bois**\n\n- **Sec, mort, sur pied** (branches mortes encore sur l'arbre), de feuillus : il fume le moins.\n- **Du petit diamètre**, pas plus gros que le poignet : il brûle complètement.\n- **Jamais de bois vert, de feuilles, d'aiguilles de résineux ni de plastique.**\n\n**Où et quand**\n\n- **Sous le couvert** d'un arbre au feuillage dense, qui disperse la fumée.\n- **Au creux d'un terrain**, derrière un talus, une roche.\n- **Au crépuscule ou à l'aube**, quand la fumée se confond avec la brume, plutôt qu'en pleine nuit (lumière) ou en plein midi (fumée visible).\n\n## ADAPTER\n\n**Éteindre sans laisser de trace** : noyez, remuez, noyez encore, **jusqu'à ce que tout soit froid au toucher**, puis rebouchez le trou et remettez la couche de surface (herbes, feuilles) par-dessus.\n\n**Un réchaud** fait moins de lumière, pas de fumée, et presque pas d'odeur. Voir [[SURV-REC-035]].\n\n**En forêt sèche**, le feu en trou est aussi le plus sûr contre les incendies. Mais en été, dans une région à risque, **aucun feu**. Voir [[TEC-TER-001]].\n\nAllumer et tenir un feu : [[SURV-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-008","titre":"Distiller l'eau au soleil","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["distillateur solaire","eau de mer","dessaler","sac de transpiration","condensation","bache"],"sources":["Jackson R.D., van Bavel C.H.M., Solar distillation of water from soil and plant materials: a simple desert survival technique, Science, 1965","US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur l'eau (distillateur et sac de transpiration)","Tiwari G.N., Solar Energy: Fundamentals, Design, Modelling and Applications (distillateurs à bac)"],"corps":"::Le distillateur en trou des manuels de survie donne un demi-litre par jour quand tout va bien, souvent moins que ce qu'on transpire en le creusant. Bien choisi, un distillateur fait pourtant ce qu'aucun filtre ne sait faire : rendre l'eau de mer buvable.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe soleil évapore l'eau. La vapeur se condense sur une surface plus froide et coule dans un récipient. **Le sel, les métaux et presque tous les microbes restent au fond.**\n\nNi le filtre ni l'ébullition ne retirent le sel. La distillation, si.\n\n## AGIR\n\n**Le sac de transpiration (le plus rentable)**\n\n1. Enfilez un sac plastique transparent sur une branche bien feuillue, en plein soleil.\n2. Fermez-le serré autour de la branche.\n3. Mettez un petit caillou dans un coin, qui pend plus bas : l'eau s'y rassemble.\n4. Le soir, récupérez l'eau ; le lendemain, changez de branche.\n\nLes feuilles transpirent l'eau que les racines puisent en profondeur. Un bon sac donne un verre ou deux par jour, sans creuser. **Jamais sur une plante toxique.**\n\n**Le bac (pour l'eau de mer ou l'eau sale)**\n\n1. Un récipient large et **sombre** (peint en noir, ou tapissé d'une bâche noire), avec quelques centimètres d'eau.\n2. Couvert d'une **vitre ou d'un plastique transparent incliné**, bien fermé sur les bords.\n3. En bas de la pente, une **gouttière** (demi-tuyau, bouteille coupée en long) qui mène les gouttes vers un récipient propre.\n4. Plein soleil toute la journée.\n\nBien construit, il donne **2 à 4 litres par mètre carré et par jour** en été ensoleillé. Plusieurs petits valent mieux qu'un grand.\n\n**Le trou (seulement si le sol est humide)**\n\nUn trou d'un mètre de large et 60 cm de profondeur, un récipient au centre, des plantes vertes écrasées ou de l'eau sale autour, une bâche tendue par-dessus et bordée de terre, un caillou au milieu pour qu'elle pointe au-dessus du récipient. Creusé à l'aube, pas en plein midi.\n\n## ADAPTER\n\n**L'urine et l'eau de mer** ne se boivent jamais telles quelles. Versées dans le bac ou le trou, elles donnent de l'eau propre.\n\n**L'essence et les solvants** passent en partie avec la vapeur : une eau polluée par des hydrocarbures reste dangereuse, même distillée.\n\n**L'eau distillée** manque de minéraux : sans danger si on mange, fade au goût. Une pincée de sel ou un peu d'eau de source corrige le goût.\n\nTrouver de l'eau : [[SURV-EAU-005]]. Filtrer : [[SURV-EAU-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-005","titre":"Vivre dans une voiture","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["voiture","dormir","sans domicile","monoxyde","condensation","froid","chaleur","discretion","domiciliation"],"sources":["Code de la route, article R417-12 (stationnement abusif au-delà de 7 jours)","Service-public.fr, domiciliation des personnes sans domicile stable (CCAS et associations agréées)","US National Weather Service, Winter Storm Safety : bloqué dans un véhicule","Santé publique France, intoxications au monoxyde de carbone"],"corps":"::Une voiture, c'est une tente en métal qui ferme à clé, avec un moteur pour partir si le quartier déplaît. Des milliers de gens y vivent des semaines ou des années. Ceux qui tiennent connaissent trois choses : l'air, la température et la discrétion.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne voiture fermée n'isole presque pas : la nuit, elle prend la température extérieure en une heure ou deux. L'été, au soleil, l'intérieur dépasse 50 °C.\n\nUne personne qui dort respire et transpire près d'un demi-litre d'eau par nuit : sans aération, **tout ruisselle** le matin, et les duvets mouillés ne tiennent plus chaud.\n\n## AGIR\n\n**L'air**\n\n- **Deux vitres entrouvertes d'un ou deux centimètres**, en diagonale, toute la nuit, même l'hiver.\n- **Jamais le moteur allumé pendant le sommeil.** Le monoxyde de carbone tue sans odeur ni réveil, surtout quand la neige bouche le pot d'échappement. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Jamais de réchaud ni de chauffage à flamme à l'intérieur.**\n\n**Le froid**\n\n- Un bon **sac de couchage** (ou deux emboîtés) vaut plus que tout le reste.\n- **Des couvertures ou des panneaux isolants** découpés aux formes des vitres.\n- Un bonnet la nuit, des bouteilles d'eau chaude dans le sac.\n- **Bloqué dans la neige** et obligé de chauffer : pot d'échappement dégagé, dix minutes de moteur par heure, une vitre entrouverte côté opposé au vent.\n\n**La chaleur** : garé à l'ombre, pare-soleil réfléchissant, vitres entrouvertes, jamais un enfant ou un animal laissé seul dedans. Voir [[URG-CHAL-001]].\n\n**La discrétion**\n\n- **Arriver tard, partir tôt**, et ne pas cuisiner, ni s'installer, là où on dort.\n- **Des rideaux sombres** derrière les vitres arrière et un pare-soleil devant : de l'extérieur, une voiture vide.\n- Se garer là où des voitures passent normalement la nuit ; **changer d'endroit** régulièrement.\n- Garé en marche avant pour sortir, siège conducteur libre, clés toujours au même endroit : on peut partir en dix secondes.\n\n## ADAPTER\n\n**Ce que la ville offre** : les bains-douches municipaux (gratuits dans plusieurs villes), les salles de sport, les laveries, les bibliothèques pour la chaleur, les prises et internet.\n\n**Une adresse** : en France, le CCAS de la commune ou une association agréée donne une **domiciliation** gratuite, pour recevoir son courrier et faire valoir ses droits.\n\n**La loi** : dormir dans sa voiture n'est pas interdit en soi, mais une voiture qui ne bouge pas pendant plus de sept jours peut être enlevée, et certaines communes interdisent le camping en ville.\n\n**La batterie** : lumière et chargeurs sur une batterie externe, pas sur celle de la voiture, qui ne supporte pas d'être vidée.\n\nSe laver : [[SURV-HYG-001]]. Laver ses vêtements : [[SURV-HYG-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-026","titre":"L'hypertension","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["hypertension","tension arterielle","tensiometre","sel","avc","infarctus","automesure","grossesse"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Hypertension, principaux repères, 2023","Santé publique France, étude Esteban : l'hypertension artérielle en France, 2018","Haute Autorité de santé, Prise en charge de l'hypertension artérielle de l'adulte, 2016"],"corps":"::Un adulte sur trois en France a trop de tension, et la moitié l'ignore : elle ne fait pas mal. Elle abîme en silence les artères, le cœur, les reins et le cerveau, jusqu'au jour de l'AVC. Un tensiomètre à 30 euros et moins de sel changent la fin de l'histoire.::\n\n## Mesurer\n\nUn **tensiomètre électronique au bras** (ceux du poignet sont moins fiables).\n\n**La règle des trois** : 3 mesures le matin, 3 le soir, pendant 3 jours, assis, au calme depuis cinq minutes, le bras posé à hauteur du cœur, sans avoir fumé ni bu de café juste avant.\n\nÀ la maison, la tension est **trop haute au-delà de 135/85** en moyenne. Le premier chiffre est la pression quand le cœur pousse, le second quand il se relâche.\n\n## Baisser sans médicament\n\nChaque mesure fait gagner quelques points ; ensemble, autant qu'un médicament.\n\n- **Le sel** : moins de 5 g par jour. Le sel caché est dans le pain, la charcuterie, le fromage, les plats préparés, les bouillons cubes.\n- **Marcher** 30 minutes par jour.\n- **Perdre du poids** si on en a trop.\n- **Moins d'alcool.**\n- **Des fruits et des légumes** à chaque repas : leur potassium fait baisser la tension.\n\n## Les médicaments\n\n- **Ne jamais les arrêter d'un coup** : certains provoquent un rebond dangereux.\n- Pour une crise qui s'annonce, demander au médecin une **ordonnance de trois mois** et garder une réserve.\n- Un médicament qui manque : voir avec un pharmacien ce qui peut le remplacer, plutôt que de ne rien prendre.\n\n## Les signes d'urgence\n\n**Mal de tête violent**, douleur dans la poitrine, essoufflement, troubles de la vue, confusion, faiblesse d'un côté du corps : le 15. Voir [[URG-AVC-001]].\n\n**Enceinte** : une tension haute avec maux de tête, gonflement brutal du visage et des mains, taches devant les yeux, c'est une **pré-éclampsie**, une urgence pour la mère et l'enfant.\n\nPrendre les autres constantes : [[TEC-SAN-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-025","titre":"S'occuper d'une personne âgée","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["personne agee","chute","deshydratation","canicule","confusion","escarres","medicaments","memoire"],"sources":["INSERM, Surmortalité liée à la canicule d'août 2003, rapport, 2004","Haute Autorité de santé, Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées, 2009","Santé publique France, canicule et personnes âgées"],"corps":"::En août 2003, la canicule a tué près de 15 000 personnes en France, surtout des personnes âgées, souvent seules, souvent sans avoir eu soif. Ce qui les aurait sauvées tenait en trois gestes : un verre d'eau, un linge mouillé, une visite par jour.::\n\n## Les quatre dangers\n\n**La soif qui disparaît** : avec l'âge, on ne sent plus qu'on a besoin de boire. Un verre plein **toujours visible**, environ un litre et demi par jour sauf avis médical contraire, des soupes, des fruits. Une urine foncée, une bouche sèche, une confusion : il manque de l'eau.\n\n**La chute** : la première cause d'accident grave. Retirer les tapis, éclairer la nuit le chemin des toilettes, des chaussures qui tiennent le pied, une chaise dans la douche.\n\n**La confusion brutale** : une personne qui perd la tête en quelques heures ou quelques jours n'est pas « devenue sénile ». C'est souvent une **infection urinaire**, un manque d'eau, un médicament : ça se soigne, il faut consulter vite.\n\n**Les médicaments** : une liste écrite de tout ce qu'elle prend, un pilulier rempli pour la semaine, et **jamais d'arrêt brutal** sans avis.\n\n## Après une chute\n\n1. **Ne pas la relever tout de suite** : demander où elle a mal, regarder si une jambe est raccourcie ou tournée (fracture du col du fémur).\n2. Si rien de grave : la faire rouler sur le côté, puis à quatre pattes, puis se hisser sur une chaise placée devant elle.\n3. **Rester au sol plus d'une heure** est dangereux (froid, muscles abîmés) : couvrir, appeler.\n\n## Alitée\n\nChanger sa position **toutes les deux à trois heures**, surveiller les talons, les fesses et le bas du dos : une rougeur qui ne disparaît pas quand on appuie, c'est le début d'une escarre. Un coussin sous les mollets pour que les talons ne touchent pas.\n\n## Chaleur et froid\n\n- **Canicule** : volets fermés le jour, linge mouillé sur la peau, ventilateur, une visite ou un appel chaque jour. Voir [[URG-CHAL-001]].\n- **Froid** : une pièce chauffée plutôt qu'une maison tiède, des couches de vêtements, une boisson chaude. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n## Ce qu'elle sait\n\nUne personne âgée est souvent la dernière à savoir faire certaines choses : le pain sans levure, la lessive à la cendre, réparer une chaise, soigner une bête. **Faites-la parler, notez tout.** C'est bon pour elle, et c'est exactement ce que Phenix essaie de ne pas perdre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-024","titre":"Prendre soin d'un mort","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Moyen","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["deces","mort","corps","rigidite","identification","inhumation","catastrophe","deuil"],"sources":["OPS, OMS, CICR, FICR, La gestion des dépouilles mortelles lors de catastrophes : manuel pratique pour les premiers intervenants, 2e édition, 2016","Code général des collectivités territoriales, article R2213-33 (délais d'inhumation)","Service-public.fr, démarches après un décès"],"corps":"::Après une catastrophe, la peur des épidémies pousse à enterrer vite, en masse, sans noter qui est qui. C'est une erreur : les morts d'un séisme ou d'une inondation ne donnent pas d'épidémie. Les familles qui ne savent jamais où est leur mort, elles, en souffrent toute leur vie.::\n\n## Constater\n\nPas de respiration, pas de pouls, pas de réaction, les pupilles larges et fixes. En cas de doute, **on commence la réanimation** : voir [[URG-CARD-001]].\n\nLes signes qui ne trompent pas arrivent ensuite : la **rigidité** (qui commence par la mâchoire en deux à six heures et disparaît après un ou deux jours), les **taches violacées** du côté posé au sol.\n\n## En temps normal\n\n- Un **médecin** constate le décès et signe le certificat.\n- La **déclaration** se fait à la mairie dans les 24 heures, souvent par les pompes funèbres.\n- En France, l'inhumation ou la crémation a lieu **entre 24 heures et 6 jours** après le décès.\n\n## Quand personne ne viendra\n\n**Préparer le corps**, avec des gants, avant que la rigidité ne s'installe :\n\n1. Fermer les yeux, fermer la bouche avec une bande nouée autour de la tête.\n2. Allonger le corps sur le dos, bras le long du corps, jambes droites.\n3. Le laver si on le souhaite, l'habiller, le couvrir d'un drap.\n4. Le garder **au frais**, à l'écart du soleil.\n\n**Identifier**, toujours : nom, date, lieu, circonstances, notés sur une étiquette attachée au corps **et** sur un registre. Une photo du visage, les objets personnels gardés dans un sac étiqueté.\n\n**Inhumer**\n\n- Une tombe par personne, repérée par une marque durable et reportée sur un plan.\n- Au moins **un mètre et demi de profondeur**, loin des puits, des sources et des cours d'eau.\n- **Jamais de crémation de masse** improvisée : elle empêche toute identification.\n\n## Les exceptions\n\nLes personnes mortes du **choléra**, d'**Ebola** ou d'une autre maladie contagieuse : pas de lavage, pas de contact, gants, eau de Javel, et enterrement rapide. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## Ceux qui restent\n\nLaisser la famille voir le corps, dire au revoir, faire un rite, même simple. Ce moment compte des années plus tard. Voir [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-023","titre":"Le sommeil","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sommeil","fatigue","sieste","cafeine","insomnie","tours de garde","privation de sommeil"],"sources":["Williamson A., Feyer A.M., Moderate sleep deprivation produces impairments equivalent to legally prescribed levels of alcohol intoxication, Occupational and Environmental Medicine, 2000","Rupp T.L. et al., Banking sleep: realization of benefits during subsequent sleep restriction and recovery, Sleep, 2009","Reyner L.A., Horne J.A., Suppression of sleepiness in drivers: combination of caffeine with a short nap, Psychophysiology, 1997"],"corps":"::Après 17 à 19 heures sans dormir, on conduit et on décide comme avec 0,5 g d'alcool par litre de sang. Personne ne s'y habitue : on s'habitue seulement à ne plus s'en rendre compte. Dans une crise, le sommeil n'est pas une faiblesse, c'est du matériel.::\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- Un adulte a besoin de **7 à 9 heures**. En dessous pendant des jours, les erreurs, les accidents et les disputes grimpent.\n- **Le manque de sommeil ne se voit pas de l'intérieur** : les gens privés de sommeil se jugent en forme.\n- Les **micro-sommeils**, quelques secondes les yeux ouverts, arrivent sans prévenir. Au volant, ça tue.\n\n## Les techniques qui marchent\n\n**La sieste courte** : 10 à 20 minutes. Plus long, on se réveille dans le brouillard.\n\n**La sieste café** : boire un café, puis dormir tout de suite 20 minutes. La caféine agit au réveil. Testé sur des conducteurs : plus efficace que l'un ou l'autre seul.\n\n**Faire des réserves** : dormir plus longtemps les nuits d'avant une période difficile connue aide vraiment à tenir pendant, et à récupérer après.\n\n**Les tours de garde** : à deux, quatre heures chacun ; à trois, on dort deux tiers de la nuit. Toujours les mêmes créneaux pour les mêmes personnes : le corps s'y cale.\n\n## Dormir quand c'est dur\n\n- **Le bruit et la lumière** : bouchons d'oreilles, bandeau (un bonnet rabattu fait l'affaire).\n- **Le froid** : manger avant de dormir, vêtements secs réservés à la nuit, vider sa vessie avant de se glisser dans le duvet, pour ne pas avoir à en sortir.\n- **L'esprit qui tourne** : noter ce qui inquiète sur un papier, pour le poser. Puis relâcher un à un le visage, la mâchoire, les épaules, les bras, les jambes, en respirant lentement.\n\n## L'insomnie qui dure\n\n- **Se lever à la même heure chaque jour**, même après une mauvaise nuit : c'est le réglage le plus puissant.\n- Pas endormi au bout de 20 minutes : se lever, faire quelque chose de calme sous une lumière faible, se recoucher quand le sommeil vient.\n- **Pas de café après 14 h** : la moitié de la caféine est encore dans le sang cinq heures plus tard.\n- La lumière du jour le matin, pas d'écran au lit.\n\nQuand le stress empêche de dormir des semaines : [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-022","titre":"Le soleil, les coups de soleil et les yeux","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["soleil","coup de soleil","uv","creme solaire","ophtalmie des neiges","lunettes a fente","altitude"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Global Solar UV Index: a practical guide, 2002","Institut national du cancer, prévention des risques solaires","Organisation mondiale de la santé, Ultraviolet radiation, principaux repères"],"corps":"::Les nuages laissent passer jusqu'à 80 % des ultraviolets, la neige en renvoie autant, et chaque millier de mètres d'altitude en ajoute environ 10 %. Le soleil brûle surtout ceux qui pensent qu'il ne tape pas aujourd'hui.::\n\n## Se protéger\n\n- **Entre 12 h et 16 h**, l'ombre. L'ombre de son propre corps plus courte que soi : le soleil est dangereux.\n- **Les vêtements** protègent mieux que n'importe quelle crème : manches longues, tissu serré, **chapeau à large bord**.\n- **La crème** : il en faut beaucoup, environ six cuillères à café pour un corps adulte, **renouvelée toutes les deux heures** et après la baignade. Une crème étalée fine ne protège qu'à moitié.\n\n## Soigner un coup de soleil\n\n1. De l'eau fraîche, pas glacée, en douche ou en linge mouillé.\n2. **Boire** : un coup de soleil déshydrate.\n3. Une crème hydratante ou du gel d'aloe vera ; du paracétamol contre la douleur.\n4. **Ne pas percer les cloques**.\n5. Rester à l'ombre les jours suivants.\n\n**Des cloques sur une grande surface**, de la fièvre, des frissons, des maux de tête, des nausées : c'est une brûlure grave ou un coup de chaleur. Voir [[URG-BRUL-001]] et [[URG-CHAL-001]].\n\n## Les yeux et la neige\n\nSur la neige, l'eau ou le sable, les ultraviolets brûlent **la cornée** : c'est l'ophtalmie des neiges. La douleur arrive **six à douze heures plus tard**, comme du sable dans les yeux, avec larmes et impossibilité d'ouvrir.\n\n- **Soigner** : obscurité, compresses froides, ne pas frotter. Ça guérit en un à trois jours.\n- **Sans lunettes de soleil** : un morceau de carton, d'écorce ou de cuir **percé de deux fentes fines**, attaché derrière la tête. Les Inuits taillaient ces lunettes dans l'os et le bois il y a des siècles ; elles marchent encore.\n\n## Bon à savoir\n\n- Les coups de soleil de l'enfance comptent dans le risque de cancer de la peau des décennies plus tard.\n- **Un grain de beauté qui change** (taille, couleur, bords irréguliers, saignement) se montre à un médecin.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-021","titre":"Poux, gale, puces et punaises de lit","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["poux","gale","puces","punaises de lit","demangeaisons","parasites","typhus","soufre","lavage 60"],"sources":["CDC, Head lice, Body lice, Scabies : pages cliniques","Haute Autorité de santé, Société française de dermatologie, prise en charge de la gale","ANSES, punaises de lit : avis et recommandations, 2023"],"corps":"::Dans un camp, un squat ou un dortoir, les parasites arrivent avant la faim. Aucun n'est une honte, tous se soignent, et presque tous meurent à 60 °C. La règle d'or : on traite tout le monde en même temps, sinon ça tourne en rond.::\n\n## Les poux de tête\n\n- **Ils ne sautent pas** : ils passent de tête à tête, par contact.\n- **Le peigne fin** sur cheveux mouillés et démêlés à l'après-shampoing, mèche par mèche, tous les deux ou trois jours pendant deux semaines : ça marche, sans produit.\n- Les lotions à la **diméticone** les étouffent ; on refait une application **7 à 10 jours** après, pour les poux sortis des lentes entre-temps.\n- La tondeuse règle la question en cinq minutes : les armées l'ont compris depuis longtemps.\n\n## Les poux de corps\n\nIls vivent **dans les coutures des vêtements**, pas sur la peau, et transmettent le **typhus**. On les traite en traitant le linge : lavage à 60 °C, coutures repassées au fer très chaud, ou vêtements enfermés deux semaines dans un sac. Voir [[SURV-HYG-005]].\n\n## La gale\n\n**Ce que c'est** : un acarien minuscule qui creuse des galeries sous la peau.\n\n**Les signes** : des démangeaisons féroces, **pires la nuit**, entre les doigts, aux poignets, aux coudes, à la ceinture, aux parties génitales. D'autres gens autour qui se grattent.\n\n**Le traitement** : une crème à la **perméthrine** sur tout le corps sauf le visage, laissée une nuit, **refaite une semaine après**, ou des comprimés d'**ivermectine**, sur ordonnance. **Toute la maisonnée le même jour**, même ceux qui ne se grattent pas.\n\n**Le linge et la literie** : lavés à 60 °C, ou enfermés **trois jours** dans un sac fermé.\n\n**Sans pharmacie** : la pommade au **soufre**, vieux remède, marche aussi (plusieurs jours de suite), même chez les bébés.\n\nÇa gratte encore **deux à quatre semaines** après un traitement réussi : ce n'est pas un échec.\n\n## Les puces\n\nElles viennent des chats, des chiens, des rats. **Traiter les animaux**, passer l'aspirateur chaque jour (les œufs sont dans les tapis), laver les couchages. **Piège** : une assiette d'eau savonneuse sous une lampe allumée la nuit, les puces sautent vers la chaleur et se noient.\n\nLes puces de rat ont porté la peste pendant des siècles : des rats morts près des maisons, c'est un signal.\n\n## Les punaises de lit\n\n- Elles piquent la nuit, souvent **en ligne de trois** : petit-déjeuner, déjeuner, dîner.\n- Elles vivent dans les coutures du matelas, les fentes du lit, derrière les plinthes. Elles ne transmettent pas de maladie.\n- **Lavage à 60 °C**, sèche-linge chaud, ou congélateur à **-20 °C pendant trois jours** pour les objets.\n- On ne récupère **jamais un matelas** dans la rue.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-020","titre":"Les tiques et la maladie de Lyme","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tiques","lyme","erytheme migrant","tire-tique","encephalite","prevention","foret"],"sources":["Haute Autorité de santé, Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques, recommandations, 2018","Santé publique France, prévention des piqûres de tiques","Réseau Sentinelles, surveillance de la maladie de Lyme en France"],"corps":"::La tique qui transmet le plus souvent Lyme n'est pas celle qu'on voit : c'est la nymphe, grosse comme une graine de pavot. Environ 50 000 personnes par an l'attrapent en France. Une inspection de deux minutes chaque soir en évite presque toutes.::\n\n## Comment ça marche\n\nLa tique attend au bout des herbes hautes et des fougères, et s'accroche au passage. Elle cherche ensuite un endroit chaud et fin : **derrière les genoux, l'aine, les aisselles, la ceinture, le cuir chevelu et derrière les oreilles** chez les enfants.\n\nElle transmet la bactérie de Lyme en se nourrissant, et **plus elle reste accrochée, plus le risque monte**. Retirée dans les premières heures, elle transmet rarement.\n\n## Éviter les piqûres\n\n- Pantalon long **rentré dans les chaussettes**, vêtements clairs pour les voir.\n- Un répulsif sur la peau (DEET, IR3535, icaridine), et sur les vêtements pour les longues sorties.\n- **Chaque soir**, inspection complète du corps, enfants compris, avec un miroir ou l'aide d'un autre.\n\n## Retirer une tique\n\n1. **Un tire-tique** (vendu en pharmacie, quelques euros) ou une pince fine, au plus près de la peau.\n2. Avec le tire-tique, **tourner doucement** sans tirer ; avec une pince, tirer droit, lentement, sans écraser.\n3. Désinfecter, se laver les mains, **noter la date et l'endroit**.\n\n**Rien avant** : ni éther, ni alcool, ni huile, ni flamme. La tique agressée régurgite dans la plaie.\n\n## Surveiller un mois\n\n**Une plaque rouge qui s'étend** autour de la piqûre, de 3 à 30 jours après, souvent de plus de 5 cm, parfois plus claire au centre : c'est **l'érythème migrant**, le début de Lyme. Il faut consulter : deux semaines d'antibiotiques la guérissent très bien à ce stade. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\n**Fièvre, fatigue, douleurs**, ou plus tard une paralysie d'un côté du visage, des douleurs articulaires : consulter aussi, en disant qu'on a été piqué.\n\n## Les autres risques\n\n- **L'encéphalite à tiques**, dans l'Est de la France et en Europe centrale : un vaccin existe, pour ceux qui vivent ou travaillent en forêt là-bas.\n- Une tique retirée **ne se rapporte pas à la maison vivante** : on la noie dans l'alcool ou on la scotche sur un papier daté, utile si des symptômes apparaissent.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-014","titre":"Se faire comprendre sans parler la langue","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["langue","gestes","dessin","traduction","pictogrammes","etranger","refugies","communication"],"sources":["Morris D. et al., Gestures: their origins and distribution, 1979","Axtell R., Gestures: The Do's and Taboos of Body Language Around the World, 1991","Wong-Baker FACES Foundation, échelle de la douleur par visages"],"corps":"::Parler plus fort n'a jamais appris une langue à personne. Un carnet, un crayon, les chiffres et une vingtaine de mots suffisent pour manger, se soigner, trouver un chemin et ne pas vexer tout le monde en trois gestes.::\n\n## Les outils qui marchent partout\n\n- **Le dessin** : un carnet et un crayon toujours sur soi. Une maison, un bus, une dent, une carte grossière : tout le monde comprend.\n- **Les chiffres** s'écrivent presque partout pareil. Prix, heures, dates : on les écrit, on ne les dit pas.\n- **Montrer** : l'objet, la photo, la plaque de la rue, l'adresse écrite par quelqu'un du pays.\n- **Les applications de traduction** fonctionnent **sans réseau** si on a téléchargé la langue avant. Certaines traduisent un panneau en le photographiant.\n\n## Parler\n\n- **Lentement**, des phrases courtes, des mots simples, sans expressions toutes faites.\n- **Un mot, un geste** : « eau » en mimant de boire.\n- **Les vingt premiers mots à apprendre** : bonjour, merci, pardon, oui, non, eau, manger, docteur, aide, combien, où, toilettes, et les chiffres de un à dix.\n\n## Les gestes qui piègent\n\n- **Le pouce levé** est une insulte dans une partie du Moyen-Orient et de l'Afrique de l'Ouest.\n- **Le cercle pouce-index** (« OK ») est grossier au Brésil.\n- **Hocher la tête** veut dire non en Bulgarie.\n- **La main gauche** est considérée comme impure dans une grande partie du monde arabe, de l'Inde et de l'Afrique : on donne et on mange de la main droite.\n- **Appeler quelqu'un** paume vers le haut en repliant le doigt est insultant dans une partie de l'Asie : on appelle paume vers le bas.\n- **Compter sur ses doigts** : en France, trois, c'est le pouce, l'index et le majeur ; dans le monde anglophone, l'index, le majeur et l'annulaire. Dans un film de Tarantino, un espion se trahit exactement comme ça.\n\n## Pour soigner\n\n- Un **dessin du corps** pour montrer où ça fait mal.\n- **L'échelle des visages**, du sourire aux larmes, pour dire combien ça fait mal : comprise par les enfants et par toutes les langues.\n\nSe signaler sans parler : [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-013","titre":"Calculer de tête","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calcul mental","pourcentages","regle de trois","multiplication","preuve par neuf","estimation"],"sources":["Benjamin A., Shermer M., Secrets of Mental Math, 2006","Dehaene S., La bosse des maths, Odile Jacob, 1997"],"corps":"::Sans calculatrice, la plupart des gens ne savent plus rendre la monnaie, doser un médicament ou partager une réserve. Ce n'est pas une question de don : c'est une douzaine d'astuces, que les commerçants et les artisans utilisaient tous les jours.::\n\n## Additionner et soustraire\n\n- **Arrondir puis corriger** : 47 + 38 = 47 + 40 - 2 = 85.\n- **Compter vers le haut**, comme un caissier qui rend la monnaie : 100 - 63 ? De 63 à 70, 7 ; de 70 à 100, 30. Réponse : 37.\n\n## Multiplier\n\n- **Par 5** : multiplier par 10, puis diviser par 2. 48 × 5 = 480 / 2 = 240.\n- **Par 25** : multiplier par 100, diviser par 4.\n- **Par 9** : multiplier par 10, enlever le nombre. 9 × 34 = 340 - 34 = 306.\n- **Par 11** (nombre à deux chiffres) : écarter les chiffres et mettre leur somme au milieu. 43 × 11 = 4 (4+3) 3 = 473.\n- **Doubler et diviser par deux** : 16 × 25 = 8 × 50 = 4 × 100 = 400.\n- **La table de 9 sur les doigts** : les dix doigts tendus, pour 9 × 4 on baisse le quatrième doigt ; à gauche 3 doigts, à droite 6 : 36.\n\n## Les pourcentages\n\n- **10 %** : on décale la virgule. **5 %** : la moitié de 10 %. **15 %** = 10 % + 5 %.\n- **L'astuce qui retourne tout** : 8 % de 50, c'est pareil que 50 % de 8, donc 4.\n\n## La règle de trois\n\nPour les recettes, les doses, le carburant : si 4 personnes mangent 1,2 kg, combien pour 7 ? On passe par l'unité : 1,2 / 4 = 0,3 kg par personne, fois 7 = 2,1 kg.\n\n## Vérifier\n\n- **Estimer d'abord** : 48 × 21, c'est à peu près 50 × 20 = 1 000. Un résultat de 10 080 est faux.\n- **Divisible par 3 ou par 9** quand la somme des chiffres l'est.\n- **La preuve par neuf**, qu'on apprenait à l'école avant les calculatrices : on réduit chaque nombre à la somme de ses chiffres jusqu'à un seul chiffre (en retirant les 9), on fait la même opération avec ces restes, et on compare avec le reste du résultat. Si ça ne colle pas, il y a une erreur.\n\nLes unités : [[TEC-IDE-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-012","titre":"L'argent, comment ça marche","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["argent","monnaie","banque","inflation","credit","epargne","especes","regle de 72","arnaques"],"sources":["McLeay M., Radia A., Thomas R., Money creation in the modern economy, Bank of England Quarterly Bulletin, 2014","Fonds de garantie des dépôts et de résolution, garantie des dépôts bancaires jusqu'à 100 000 euros","Fergusson A., When Money Dies: the nightmare of the Weimar hyperinflation, 1975"],"corps":"::En novembre 1923, à Berlin, un pain coûtait 200 milliards de marks. L'argent n'a de valeur que parce que tout le monde croit qu'il en a. Comprendre ça, c'est comprendre pourquoi il faut en avoir un peu, mais jamais seulement de l'argent.::\n\n## Ce que c'est\n\nL'argent sert à trois choses : **échanger** sans troquer, **compter** (donner un prix à tout), et **mettre de côté** pour plus tard.\n\nLes billets et les pièces n'en sont qu'une petite part. L'essentiel n'existe que sous forme de **chiffres sur des comptes**, et il est créé par les banques **quand elles prêtent** : un crédit accordé, c'est de l'argent nouveau qui apparaît.\n\n## L'inflation\n\nQuand les prix montent, chaque euro achète moins. À 3 % par an, un billet perd la moitié de sa valeur en 24 ans. Quand un État imprime pour payer ses dettes, les prix peuvent s'envoler : l'Allemagne en 1923, le Zimbabwe en 2008 (qui a fini par imprimer des billets de 100 000 milliards de dollars), le Venezuela plus récemment.\n\n## La règle de 72\n\nDivisez 72 par un taux annuel : vous obtenez le nombre d'années pour **doubler**.\n\n- Épargne à 4 % : double en 18 ans.\n- Dette à 18 % : double en 4 ans.\n- Inflation à 6 % : l'argent qui dort perd la moitié de sa valeur en 12 ans.\n\nC'est le calcul le plus utile de toute une vie financière.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Les dépôts** sont garantis jusqu'à **100 000 euros** par personne et par banque en France et dans l'Union européenne.\n- **Les crédits renouvelables et les découverts** sont parmi les plus chers qui existent : à rembourser en premier.\n- **Noter chaque dépense pendant un mois** : la plupart des gens découvrent où part leur argent.\n\n## Les arnaques\n\nPersonne de sérieux ne demande de payer en **cartes cadeaux**, en **cryptomonnaie** ou par **virement urgent**. Un rendement garanti très élevé est un mensonge. La banque ne demande jamais ses codes par téléphone : on raccroche et on rappelle le numéro écrit sur sa carte.\n\n## Dans une crise\n\n- **Quand le courant ou le réseau tombe**, les cartes ne marchent plus. Plusieurs pays européens recommandent désormais de garder un peu de liquide chez soi, **en petites coupures** : personne ne rend la monnaie sur 50 euros quand tout est en panne.\n- **Quand la monnaie s'effondre**, ce qui compte, ce sont les biens, les savoir-faire et la confiance. Voir [[SURV-TROC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-012","titre":"Wikipédia et les cartes hors ligne","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["hors ligne","wikipedia","kiwix","cartes","openstreetmap","organic maps","osmand","carte sd","telechargement"],"sources":["Kiwix, catalogue des contenus hors ligne (library.kiwix.org)","Fondation OpenStreetMap, wiki OpenStreetMap","Organic Maps et OsmAnd, documentation"],"corps":"::Toute la Wikipédia anglaise, texte seul, tient sur une carte mémoire de la taille d'un ongle. Le jour où le réseau tombe, il sera trop tard pour la télécharger. C'est une soirée de travail, aujourd'hui, pour une bibliothèque de poche à vie.::\n\n## L'encyclopédie\n\n**Kiwix**, application gratuite (téléphone, ordinateur), lit des fichiers qui contiennent des sites entiers :\n\n- **Wikipédia** en français ou en anglais : avec ou sans images, de quelques Go à une centaine.\n- **Une Wikipédia médicale** de quelques Go, idéale sur un vieux téléphone.\n- **Wikivoyage, le Wiktionnaire**, des milliers de livres du domaine public, des cours.\n\nOn choisit selon la place : la version sans images garde l'essentiel pour une fraction du poids.\n\n## Les cartes\n\n**Organic Maps** ou **OsmAnd**, gratuites, utilisent les cartes d'OpenStreetMap, faites par des bénévoles et souvent plus détaillées que les cartes commerciales hors des villes : sentiers, sources, abris.\n\n- On télécharge **région par région** : quelques centaines de Mo pour une région, quelques Go pour un pays.\n- Le GPS du téléphone marche sans réseau : la position s'affiche sur la carte. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- On peut enregistrer des points (points d'eau, maisons amies) et calculer des itinéraires à pied.\n\n## Le faire bien\n\n1. **Télécharger maintenant**, sur le WiFi.\n2. Copier sur **une carte mémoire ou une clé USB**, en double. Voir [[TEC-ELN-007]].\n3. Un **vieux téléphone** dédié, en mode avion, chargé : une bibliothèque qui ne sert qu'à ça.\n4. **Mettre à jour** une ou deux fois par an.\n\n## Et le papier\n\nLes écrans meurent, les batteries se vident. Les cartes de la région et les fiches vitales **imprimées** restent la dernière sauvegarde. Voir [[SURV-ORI-002]].\n\nPartager tout ça à plusieurs sur un réseau local : [[TEC-ELN-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-011","titre":"Un réseau local sans internet","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["wifi","reseau local","routeur","kiwix","meshtastic","briar","antenne","raspberry pi","hors ligne"],"sources":["Kiwix, documentation de kiwix-serve","Internet-in-a-Box, documentation","Meshtastic, documentation","Briar Project, fonctionnement hors ligne"],"corps":"::Un routeur WiFi marche très bien sans internet. Il crée un réseau local : tout le monde dans un rayon d'une centaine de mètres peut lire la même encyclopédie, s'envoyer des messages et partager des fichiers. Pour un quartier, un camp ou une école, c'est l'internet qui reste.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Un routeur WiFi** ordinaire, ou un téléphone en point d'accès (sans données, il partage quand même le réseau local).\n- **Un serveur** : un vieil ordinateur portable ou une petite carte comme un Raspberry Pi.\n- **Du courant** : un routeur consomme 5 à 10 W, souvent en 12 V (voir l'étiquette). Une batterie et un petit panneau solaire suffisent.\n\n## Ce qu'on peut y mettre\n\n- **Wikipédia, des livres, des cours** avec Kiwix : le serveur les rend lisibles dans le navigateur de chaque téléphone connecté. Des projets comme Internet-in-a-Box ou RACHEL en font des bibliothèques clés en main pour les écoles sans connexion.\n- **Des cartes**, des vidéos de formation, des fiches Phenix.\n- **Un partage de fichiers** et une messagerie locale.\n\n## Sans routeur du tout\n\n- **Briar** : une messagerie qui passe par le Bluetooth et le WiFi de téléphone à téléphone, sans serveur ni internet.\n- **Meshtastic** : de petits modules radio LoRa, à quelques dizaines d'euros, qui relaient des messages texte de proche en proche sur plusieurs kilomètres, sans licence.\n\n## Aller plus loin\n\n- Un routeur **en hauteur**, au centre de la zone, couvre bien mieux.\n- **Une antenne directionnelle** (même bricolée dans une boîte de conserve) relie deux bâtiments à plusieurs kilomètres, en vue directe.\n- **Plusieurs routeurs en relais** couvrent un village.\n\n## Précautions\n\n- Un **mot de passe** sur le réseau, et pas d'informations sensibles sur le serveur partagé. Voir [[TEC-ELN-008]].\n- Les radios longue portée restent soumises à la réglementation : puissance et fréquences autorisées.\n\nTélécharger les contenus avant : [[TEC-ELN-012]]. Les talkies-walkies : [[SIG-COM-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-010","titre":"Le GPS","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["gps","galileo","satellites","coordonnees","relativite","brouillage","carte hors ligne","telephone"],"sources":["GPS.gov, US Space Force, fonctionnement et précision du GPS","Ashby N., Relativity in the Global Positioning System, Living Reviews in Relativity, 2003","EUSPA, Agence de l'Union européenne pour le programme spatial, Galileo"],"corps":"::Le GPS de votre téléphone marche sans réseau et sans forfait. Ce qui manque en pleine forêt, ce n'est pas le GPS : c'est la carte, qu'on n'a pas téléchargée.::\n\n## Comment ça marche\n\nUne trentaine de satellites tournent à 20 000 km d'altitude. Chacun porte des **horloges atomiques** et envoie en continu l'heure exacte et sa position.\n\nLe récepteur mesure **combien de temps chaque signal a mis** pour arriver. Avec quatre satellites, il calcule sa position en trois dimensions et corrige sa propre horloge.\n\n**La précision** : environ 5 mètres pour un téléphone, à ciel ouvert. Moins bonne en ville entre les immeubles, en forêt dense, en fond de vallée.\n\n## Einstein dans votre poche\n\nLà-haut, les horloges avancent d'environ **38 millionièmes de seconde par jour** par rapport au sol : la relativité, pour de vrai. Sans correction, la position dériverait d'une dizaine de kilomètres chaque jour.\n\n## Les autres systèmes\n\nGalileo (Europe), GLONASS (Russie), BeiDou (Chine). Les téléphones récents les écoutent tous à la fois : plus rapide, plus précis.\n\n## Bien s'en servir\n\n- **Télécharger la carte avant** de partir. Voir [[TEC-ELN-012]].\n- **Économiser la batterie** : mode avion, localisation activée. Le GPS reçoit sans émettre.\n- **Noter ses coordonnées** pour les secours : latitude (Nord ou Sud) puis longitude (Est ou Ouest). Paris est vers 48,86 N et 2,35 E.\n- **Le premier calcul** peut prendre quelques minutes sans réseau : à l'arrêt, à découvert, patience.\n\n## Ses limites\n\n- **Le brouillage et le leurrage** sont devenus courants près des zones de conflit : des avions de ligne perdent leur GPS chaque jour au-dessus de la Baltique et du Moyen-Orient.\n- **Une batterie vide** et il n'y a plus rien.\n\nToujours une carte papier et une boussole : [[SURV-ORI-002]], [[SURV-ORI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-009","titre":"Internet, comment ça marche","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["internet","cables sous-marins","paquets","adresse ip","dns","antennes","fibre","panne","sms"],"sources":["TeleGeography, Submarine Cable Map","International Cable Protection Committee, causes des dommages aux câbles sous-marins","Arcep, rapports sur l'état de l'internet en France"],"corps":"::Internet ne passe pas par les satellites : presque tout le trafic entre continents voyage dans quelques centaines de câbles posés au fond de la mer, pas plus épais qu'un tuyau d'arrosage. Ils sont coupés plus de cent fois par an, surtout par des ancres et des chaluts.::\n\n## Le principe\n\nInternet, c'est **un réseau de réseaux** : ceux des opérateurs, des entreprises, des universités, reliés entre eux.\n\n1. Un message, une photo, une page sont **découpés en petits paquets**.\n2. Chaque paquet porte une **adresse** (l'adresse IP) et part de routeur en routeur, parfois par des chemins différents.\n3. À l'arrivée, les paquets sont **remis dans l'ordre**. Si un chemin est coupé, les suivants en prennent un autre.\n\n**Le DNS**, c'est l'annuaire : il traduit « wikipedia.org » en adresse chiffrée.\n\n## Le chemin jusqu'à chez vous\n\nUn serveur dans un centre de données, des câbles terrestres et sous-marins, un nœud de l'opérateur près de chez vous, puis **la fibre, le cuivre ou une antenne 4G ou 5G**. Voir [[TEC-RES-001]].\n\n## Pourquoi ça tombe\n\n- **Le courant** : les antennes relais et les équipements de quartier ne tiennent que **quelques heures sur batterie**.\n- **La saturation** : après une catastrophe, tout le monde appelle en même temps.\n- **Les câbles** coupés par un chantier, une tempête, une ancre, ou volontairement.\n\n## Ce qui passe quand ça coince\n\n- **Les SMS** passent souvent quand les appels et les données ne passent plus : courts, envoyés quand le réseau a un trou.\n- **Le 112** passe par n'importe quel réseau mobile disponible, même celui d'un autre opérateur.\n- **Ce qui est déjà téléchargé** reste lisible : cartes, encyclopédie, fiches. Voir [[TEC-ELN-012]].\n\nLes numéros et fréquences utiles : [[SIG-COM-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-022","titre":"Remorquer une voiture","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["remorquage","sangle","barre de remorquage","anneau","panne","boite automatique","voiture electrique"],"sources":["Sécurité routière (France), conduite à tenir en cas de panne","Manuels des constructeurs automobiles (anneau de remorquage, boîtes automatiques, véhicules électriques)"],"corps":"::La voiture tirée n'a plus de direction assistée ni de freinage assisté : le volant devient lourd et il faut appuyer trois fois plus fort sur la pédale. Celui qui ne le sait pas le découvre en arrivant sur le pare-chocs de devant.::\n\n## Avant de partir\n\n- **Attacher aux anneaux de remorquage** : un anneau se visse dans le pare-chocs, il est rangé avec la roue de secours ou le cric. **Jamais** au pare-chocs, à la suspension ou à un essieu.\n- **Une barre rigide** est ce qu'il y a de plus sûr. Sinon une sangle de 4 à 5 mètres, avec un chiffon voyant au milieu.\n- **Dans la voiture tirée** : un conducteur, le contact mis (direction débloquée, feux stop qui marchent), point mort, feux de détresse.\n- **Se mettre d'accord sur les signaux** : un appel de phares pour ralentir, le klaxon pour s'arrêter.\n\n## Rouler\n\n- **Lentement**, 20 à 30 km/h, sur un itinéraire simple.\n- Celui qui tire **démarre en douceur** pour tendre la sangle, freine tôt et progressivement.\n- Celui qui est tiré **garde la sangle tendue** en freinant légèrement, pour éviter les à-coups, et suit la trajectoire de celui de devant.\n\n## Ceux qu'on ne tire pas les roues au sol\n\n- **Les boîtes automatiques** : beaucoup ne supportent que quelques kilomètres, lentement, voire rien du tout. Voir le manuel.\n- **Les voitures électriques** et beaucoup de 4x4 : sur un plateau, roues motrices soulevées.\n\n## La loi\n\nEn France, **sur autoroute**, seul un dépanneur agréé peut remorquer. Sur route, on remorque sur une courte distance, jusqu'à un lieu sûr ou un garage.\n\n## Le danger\n\nUne sangle qui casse, surtout avec un crochet ou une manille en métal au bout, devient un **projectile**. Personne à côté ou dans l'axe pendant la traction ; une veste ou une couverture posée sur le milieu de la sangle amortit le fouet.\n\nSortir une voiture embourbée : [[TEC-MEC-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-021","titre":"Le moteur deux-temps","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["deux-temps","melange","huile 2t","carburateur","starter","tronconneuse","debroussailleuse","noye","essence alkylate"],"sources":["Blair G.P., Design and Simulation of Two-Stroke Engines, SAE International, 1996","Heywood J.B., Internal Combustion Engine Fundamentals, McGraw-Hill","Manuels d'utilisation des fabricants de matériel à moteur (mélange, démarrage, remisage)"],"corps":"::Trois pièces mobiles principales : un piston, une bielle, un vilebrequin. Pas de soupapes, pas de carter d'huile. C'est pour ça que tronçonneuses, débroussailleuses et vieux scooters se réparent au bord d'un champ avec un tournevis et une clé à bougie.::\n\n## Comment il marche\n\nLe piston fait tout le travail : en montant, il comprime le mélange au-dessus et aspire le suivant en dessous ; en descendant, il découvre des **lumières** (des trous dans le cylindre) qui laissent sortir les gaz brûlés et entrer le mélange frais. **Une explosion à chaque tour**, contre un tour sur deux pour un moteur de voiture. Voir [[TEC-MOTH-001]].\n\nIl n'a pas d'huile à lui : **l'huile est mélangée à l'essence** et graisse le moteur en passant.\n\n## Le mélange\n\n- **À 2 % (50 pour 1)** : 20 ml d'huile deux-temps par litre d'essence. Le plus courant aujourd'hui.\n- **À 4 % (25 pour 1)** : 40 ml par litre, pour les moteurs anciens. Le taux est écrit sur le bouchon ou dans le manuel.\n- **De l'huile spéciale deux-temps**, pas de l'huile de voiture.\n- **Jamais d'essence pure** : sans huile, le moteur serre en quelques minutes.\n\n## Démarrer\n\n1. À froid : **starter fermé**, quelques pressions sur la poire d'amorçage.\n2. Tirer la corde doucement jusqu'à sentir la résistance, puis **un coup sec**.\n3. Quand il tousse, starter à moitié ou ouvert, et on retire.\n\n## Il ne démarre pas\n\n- **Le carburant est vieux** : c'est la cause numéro un. Le mélange se dégrade en un ou deux mois et encrasse le carburateur. On vide, on remet du frais.\n- **Il est noyé** (odeur d'essence, bougie mouillée) : starter ouvert, accélérateur à fond, on tire plusieurs fois ; ou on sort la bougie, on la sèche, on tire pour aérer.\n- **La bougie** : voir [[TEC-MEC-011]].\n- **Le filtre à air** bouché : on le nettoie.\n\n## Le remisage\n\nAvant l'hiver, **vider le réservoir** puis laisser tourner le moteur jusqu'à ce qu'il cale : le carburateur reste sec. L'**essence alkylate**, vendue prête à mélanger, se garde plusieurs années et pollue moins.\n\nLa tronçonneuse : [[TEC-MEC-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-021","titre":"Économiser l'énergie à la maison","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["economies d'energie","chauffage","eau chaude","veille","frigo","ecowatt","isolation","wattmetre"],"sources":["ADEME, guides pratiques Réduire sa facture d'électricité et Se chauffer mieux et moins cher","RTE, dispositif EcoWatt"],"corps":"::Un degré de moins sur le thermostat, c'est environ 7 % de chauffage en moins. On chauffe les gens, pas l'air : un pull, une bouillotte et une porte fermée font plus d'économies que la plupart des gadgets.::\n\n## Le chauffage, le plus gros poste\n\n- **19 °C** dans les pièces de vie, **16 à 17 °C** dans les chambres.\n- **Volets et rideaux fermés la nuit**, ouverts au soleil le jour.\n- **Les courants d'air** : un boudin sous la porte, du joint autour des fenêtres.\n- **En crise** : on chauffe **une seule pièce**, on y vit, on y dort. Voir [[TEC-CON-012]].\n\n## L'eau chaude\n\n- Le chauffe-eau réglé **entre 55 et 60 °C** : moins, les légionelles se développent ; plus, on gaspille.\n- **Une douche de cinq minutes** consomme deux à trois fois moins qu'un bain.\n\n## La cuisine\n\n- **Un couvercle** sur la casserole, toujours.\n- **Faire bouillir juste ce qu'il faut** d'eau.\n- **La cuisson à l'étouffée** : porter à ébullition, puis enfermer la marmite dans une caisse isolée, qui finit la cuisson toute seule.\n\n## Le reste\n\n- **Le frigo** à 4 ou 5 °C, le congélateur à -18 °C, dégivrés dès qu'il y a quelques millimètres de glace.\n- **Les veilles** : jusqu'à un dixième de la facture d'électricité hors chauffage. Une multiprise à interrupteur.\n- **Les LED** consomment environ huit fois moins qu'une ampoule à incandescence.\n- **Le lave-linge à 30 °C**, le sèche-linge remplacé par un fil.\n- **Un wattmètre** à brancher sur la prise (une quinzaine d'euros) montre ce que chaque appareil consomme vraiment. On a des surprises.\n\n## Quand le réseau est tendu\n\nEn France, le signal **EcoWatt** de RTE prévient à l'avance quand l'électricité risque de manquer. Réduire sa consommation le matin et en début de soirée ces jours-là aide à éviter les coupures pour tout le monde.\n\nVivre avec du 12 volts : [[TEC-ENE-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-020","titre":"Stocker et reconnaître les carburants","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["carburant","essence","gazole","stockage","jerrican","stabilisant","huile vegetale","gazogene","siphonner"],"sources":["INRS, fiches toxicologiques essence et gazole","NFPA 30, Flammable and Combustible Liquids Code (stockage et remplissage des bidons)","Knothe G., Historical perspectives on vegetable oil-based diesel fuels, INFORM, 2001"],"corps":"::En 1900, à l'Exposition universelle de Paris, un moteur Diesel tournait à l'huile d'arachide. Le carburant n'est pas qu'une affaire de station-service : encore faut-il savoir le garder, le reconnaître, et ne pas se brûler avec.::\n\n## Combien de temps ça se garde\n\n- **L'essence** : trois à six mois, moins pour le SP95-E10 qui attire l'humidité. Avec un stabilisant, un à deux ans. L'essence alkylate, plusieurs années.\n- **Le gazole** : six mois à un an. Le biodiesel qu'il contient favorise des bactéries qui forment une boue au fond du bidon ; un additif biocide la prévient.\n- **Le pétrole lampant**, le fioul : plus stables.\n\n**Le principe** : on stocke et **on tourne**. Le bidon le plus ancien va dans le réservoir, le neuf prend sa place.\n\n## Stocker sans danger\n\n- **Des bidons homologués**, pleins aux neuf dixièmes, bien fermés, étiquetés avec la date.\n- **Jamais dans la maison** ni dans un garage qui communique avec elle : dans un abri aéré, à l'ombre, loin de toute flamme et de la chaudière.\n- **Les vapeurs d'essence sont plus lourdes que l'air** : elles rampent au sol jusqu'à une veilleuse et s'enflamment à plusieurs mètres.\n- **Remplir un bidon posé au sol**, jamais dans un coffre ou sur un plateau en plastique : l'électricité statique suffit à tout enflammer.\n\n## Reconnaître\n\n- **Essence** : odeur piquante, s'évapore en quelques secondes sur la peau.\n- **Gazole** : odeur grasse, reste huileux sur les doigts.\n- **Mélange deux-temps** : souvent coloré. Voir [[TEC-MEC-021]].\n\n**De l'essence dans une voiture diesel** : ne pas démarrer, ne même pas mettre le contact. On fait vidanger le réservoir.\n\n## Siphonner\n\n**Jamais à la bouche** : quelques gorgées d'essence dans les poumons donnent une pneumonie grave. Une pompe à main à poire, ou un tuyau à clapet qu'on secoue, coûte quelques euros.\n\n## Quand il n'y en a plus\n\n- **Les vieux diesels** à injection indirecte tolèrent un mélange d'huile végétale filtrée ; les moteurs récents, beaucoup moins.\n- **Le gazogène** : pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de véhicules en Europe roulaient au bois ou au charbon de bois. Voir [[SURV-FEU-006]].\n\nLe groupe électrogène : [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-019","titre":"Le bois de chauffage","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["bois de chauffage","stere","sechage","humidite","creosote","ramonage","essences","palettes","fendre"],"sources":["ADEME, Se chauffer au bois, guide pratique","Règlement sanitaire départemental type, article 31 (ramonage)","Convention internationale pour la protection des végétaux, norme NIMP 15 (marquage des palettes)"],"corps":"::Un bois fraîchement coupé contient à moitié de l'eau. Brûlé vert, il chauffe à peine, fume, et tapisse le conduit d'un goudron qui finit en feu de cheminée. Le bon bois de chauffage se prépare deux ans à l'avance.::\n\n## Sec ou pas sec\n\n- **Sec** (moins de 20 % d'humidité) : environ **4 kWh par kilo**, flamme claire, peu de fumée.\n- **Humide** : une grande partie de l'énergie part à évaporer l'eau, la fumée est épaisse, le conduit s'encrasse.\n\n**Les signes du bois sec** : des fentes aux extrémités, l'écorce qui se détache, un poids léger, et deux bûches frappées l'une contre l'autre qui **sonnent clair** au lieu d'un bruit sourd. Un humidimètre coûte une vingtaine d'euros.\n\n## Faire sécher\n\n1. **Fendre** tôt : une bûche fendue sèche bien plus vite qu'un rondin entier.\n2. **Empiler** sous un toit, côtés ouverts au vent, **au-dessus du sol** (palettes, chevrons).\n3. **Attendre** : environ deux ans pour le chêne, un an et demi pour les autres feuillus durs, un an pour les bois tendres.\n\n## Les essences\n\n- **Chêne, hêtre, charme, frêne** : denses, longue braise. Les meilleurs.\n- **Bouleau, arbres fruitiers** : très bons, le bouleau s'allume facilement.\n- **Résineux** : ils brûlent vite et chaud, encrassent davantage. Bien pour allumer.\n- **Jamais** : bois peint, verni, traité, aggloméré, contreplaqué. Les **palettes** marquées « HT » (traitées à la chaleur) se brûlent ; marquées « MB » (traitées chimiquement), jamais. Voir [[SURV-REC-034]].\n\n## Le stère, ou comment se faire avoir\n\nUn stère, c'est un mètre cube de bûches **d'un mètre** empilées. Recoupées en 33 cm, elles se tassent et ne font plus que 0,7 m³ environ. On compare les prix à la même longueur. Une maison chauffée au bois brûle souvent **5 à 10 stères par an**.\n\n## La sécurité\n\n- **Ramonage** : en France, deux fois par an pour un conduit utilisé, dont une pendant la saison de chauffe, et c'est souvent exigé par l'assurance.\n- **Les cendres** gardent des braises des jours : seau métallique, dehors.\n\nLe poêle : [[TEC-CON-011]]. La tronçonneuse : [[TEC-MEC-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-018","titre":"Le vélo générateur et la force humaine","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo generateur","pedale","force humaine","watts","home trainer","moulin","pompe","bicimaquinas"],"sources":["Wilson D.G., Bicycling Science, MIT Press, 3e édition, 2004","Maya Pedal (Guatemala), machines à pédales","Low-tech Magazine, Pedal powered machines"],"corps":"::Une heure de pédalage bien soutenu produit à peine plus d'un centime d'électricité au prix du réseau. Ça recharge trois téléphones, ça n'alimente pas un radiateur. Le vélo générateur est utile, à condition de savoir ce qu'on lui demande.::\n\n## Ce que produit un humain\n\n- Un adulte en forme tient **50 à 100 W** pendant une heure ; un cycliste entraîné, 200 à 300 W.\n- Après les pertes de la génératrice et de la batterie, **une heure de pédalage donne environ 40 à 60 Wh**.\n\n**Ce que ça fait marcher** : un téléphone (une quinzaine de Wh la charge), des lampes LED pendant une soirée, une radio, un petit ordinateur un moment.\n\n**Ce que ça ne fait pas marcher** : un frigo (environ 1 000 Wh par jour), un chauffage, une bouilloire, un four.\n\n## Le montage\n\n1. **Le vélo** sur un home-trainer ou un support qui soulève la roue arrière.\n2. **La roue arrière entraîne une génératrice** : un moteur à aimants permanents de trottinette ou de vélo électrique, par un galet contre le pneu ou une courroie. Voir [[TEC-ENE-017]].\n3. **Une diode et un régulateur de charge**, puis une **batterie 12 V**. Voir [[TEC-ENE-016]].\n4. Les appareils se branchent sur la batterie, jamais directement sur la génératrice : la tension varie avec le coup de pédale.\n\n## Mieux que l'électricité\n\nTransformer l'effort en électricité puis l'électricité en travail fait perdre une bonne partie de l'énergie. **Brancher la pédale directement sur la machine** est bien plus efficace : moudre du grain, pomper de l'eau, battre le linge, affûter une lame. Au Guatemala, l'association Maya Pedal construit depuis des années des « bicimachines » à partir de vieux vélos pour ces travaux.\n\n## Pour tenir\n\nÀ plusieurs, par tours de 20 minutes. Boire, et compter : un pédaleur mange plus, et la nourriture coûte aussi.\n\nRecharger un téléphone sans réseau : [[TEC-ENE-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-017","titre":"La dynamo et l'alternateur","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["dynamo","alternateur","generatrice","aimant","bobine","faraday","moteur recupere","eolienne","diode"],"sources":["Faraday M., Experimental Researches in Electricity, 1831-1832","Piggott H., A Wind Turbine Recipe Book, 2014","Hughes E., Electrical and Electronic Technology, Pearson"],"corps":"::Un aimant qui tourne près d'une bobine de fil, et le courant apparaît. Faraday l'a montré en 1831 ; presque toute l'électricité du monde, nucléaire compris, sort encore de ce principe. Et presque tout moteur électrique récupéré, qu'on fait tourner à la main, devient une génératrice.::\n\n## Le principe\n\nQuand un aimant bouge près d'un fil enroulé, il y fait circuler du courant. **Plus il tourne vite, plus la tension monte.** Une centrale, une éolienne, un alternateur de voiture et une dynamo de vélo font la même chose, à des échelles différentes.\n\n- **La dynamo** donne du courant continu.\n- **L'alternateur** donne du courant alternatif, souvent redressé ensuite : celui d'une voiture charge la batterie en 12 à 14 V.\n\n## Les génératrices qu'on trouve partout\n\n- **La dynamo de moyeu** d'un vélo : 6 V, 3 W, faite pour tourner lentement. Avec un petit régulateur USB, elle recharge un téléphone en roulant.\n- **Les moteurs à aimants permanents** : moteurs de tapis de course, de trottinette, de visseuse, de lave-linge récents à entraînement direct. Tournés, ils produisent du courant. Ce sont eux qu'on utilise pour les petites éoliennes et les turbines bricolées.\n- **L'alternateur de voiture** : robuste, mais il doit tourner vite (plus de mille tours par minute) et a besoin de courant pour s'exciter. Bien sur un moteur, mauvais sur une éolienne lente.\n\n## Brancher sans casser\n\n1. **Une diode** entre la génératrice et la batterie : sans elle, quand on arrête de tourner, la batterie fait tourner la génératrice comme un moteur et se vide.\n2. **Un régulateur de charge** : sans lui, une rafale ou un coup de pédale surcharge la batterie.\n3. **Mesurer** la tension à vide et en charge avec un multimètre. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Bon à savoir\n\nUn ministre aurait demandé à Faraday à quoi servait sa découverte ; il aurait répondu qu'un jour, on pourrait la taxer. L'anecdote est sans doute inventée, mais elle s'est vérifiée.\n\nLe vélo générateur : [[TEC-ENE-018]]. Les batteries : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-020","titre":"Rats, souris et nuisibles","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["rats","souris","nuisibles","leptospirose","hantavirus","tapette","paille de fer","rodenticide","blattes"],"sources":["Institut Pasteur, Centre national de référence de la leptospirose","CDC, Hantavirus : nettoyer les déjections de rongeurs en sécurité","ANSES, produits rodenticides : recommandations d'usage"],"corps":"::Une souris passe par un trou de six millimètres, un rat par un trou de la taille d'une pièce de monnaie. Là où il y a à manger, ils trouvent le trou. Contre eux, on gagne d'abord en fermant la cuisine, pas en empoisonnant la maison.::\n\n## Pourquoi c'est sérieux\n\n- **La leptospirose** : l'urine de rat contamine l'eau, la boue, les caves inondées. Elle entre par une plaie ou les muqueuses et peut atteindre le foie et les reins. Gants, bottes, plaies couvertes quand on nettoie après une inondation.\n- **Le hantavirus** : dans la poussière de crottes de rongeurs séchées, dans les cabanes et greniers fermés. **Ne jamais balayer à sec** : on aère, on vaporise de l'eau javellisée, on attend, on essuie avec des gants.\n- **Les réserves** : ils mangent, et ils souillent ce qu'ils ne mangent pas. Voir [[TEC-ALI-015]].\n\n## Fermer\n\n- **La nourriture** en boîtes de métal ou de verre, jamais en sac ni en carton.\n- **Les poubelles** fermées, le compost sans viande ni poisson.\n- **Les trous** bouchés avec de la **paille de fer** tassée, puis du mortier ou du mastic : ils rongent le plâtre et la mousse, pas l'acier.\n- **Les bas de portes** avec une plaque ou un balai-brosse.\n\n## Piéger\n\n- **La tapette** reste le meilleur outil. Appât : beurre de cacahuète, graisse, noisette.\n- **Contre les murs** : les rongeurs longent toujours les murs. Tapette perpendiculaire au mur, détente côté mur.\n- **Plusieurs pièges d'un coup** la première nuit : on attrape le plus possible avant qu'ils deviennent méfiants.\n- **Le seau piège** : un seau à moitié plein d'eau, une rampe, et une canette qui tourne sur un axe au-dessus, garnie d'appât.\n\n## Le poison\n\n- **Uniquement en boîte d'appât fermée**, hors de portée des enfants et des animaux, jamais près de la nourriture.\n- Les rongeurs empoisonnés sont mangés par les chats, les chouettes, les rapaces, qui meurent à leur tour. On ramasse les cadavres avec des gants.\n- **Un enfant ou un animal qui en a avalé** : centre antipoison ou vétérinaire, même sans symptômes. Il existe un antidote.\n\n## Les autres\n\n- **Les blattes** : propreté, joints bouchés, gels appâts du commerce.\n- **Les fourmis** : suivre la file, boucher l'entrée, enlever ce qui les attire.\n- **Le chat** : excellent contre les souris, moyen contre les gros rats.\n\nLes parasites sur le corps : [[TEC-SAN-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-019","titre":"La toiture et les fuites","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toiture","fuite","bache","tuiles","gouttieres","tole","echelle","tempete","travaux en hauteur"],"sources":["US Army Corps of Engineers, Operation Blue Roof, pose des bâches d'urgence","INRS, travaux en hauteur et utilisation des échelles","DTU série 40, couvertures"],"corps":"::L'eau qui goutte au plafond est rarement sous le trou : elle coule le long d'un chevron ou d'une latte avant de tomber, parfois un mètre plus loin. On cherche la fuite par en dessous, dans le grenier, avant de monter.::\n\n## Monter sans tomber\n\nLes chutes de hauteur sont l'une des premières causes d'accident mortel au travail. Sur un toit :\n\n- **Jamais** mouillé, gelé, par grand vent ou seul.\n- **L'échelle** : un pied d'écart au sol pour quatre de hauteur, dépassant d'un mètre au-dessus du bord, attachée en haut.\n- **Trois points d'appui** en permanence, un harnais attaché au faîtage ou à une cheminée solide.\n- **Marcher sur les tuiles au niveau des lattes**, là où elles sont soutenues, jamais au milieu.\n\n## Trouver la fuite\n\n1. Dans le grenier, **par temps de pluie**, avec une lampe : taches, bois noirci, lumière qui passe.\n2. **Remonter** la trace vers le haut de la pente.\n3. Planter un clou ou un fil de fer à travers, qui servira de repère dehors.\n\n## La bâche d'urgence\n\nAprès une tempête, la technique utilisée à grande échelle aux États-Unis :\n\n1. La bâche doit **passer par-dessus le faîtage** et descendre de l'autre côté, sinon l'eau coule dessous.\n2. **Les bords roulés autour de lattes de bois**, les lattes vissées ou clouées dans la toiture : jamais de clous plantés dans la bâche seule, le vent l'arrache.\n3. Le bas de la bâche dépasse la gouttière.\n\n## Réparer\n\n- **Une tuile cassée** : on soulève les tuiles du dessus, on glisse la nouvelle, on les rabat.\n- **La tôle ondulée** se visse **sur le sommet des ondes**, jamais au creux où l'eau coule.\n- **Le mastic bitumineux** bouche une fissure ou un solin en attendant mieux.\n\n## L'entretien qui évite tout\n\n- **Les gouttières** nettoyées deux fois par an : une gouttière qui déborde pourrit la charpente et mouille les murs.\n- **La mousse** se brosse et se traite ; pas de nettoyeur haute pression, qui abîme les tuiles.\n\nL'humidité dans la maison : [[TEC-CON-017]]. Les tempêtes et inondations : [[TEC-TER-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-018","titre":"Pomper l'eau d'un puits","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pompe","puits","aspiration","amorcer","pompe a corde","belier hydraulique","pompe solaire","forage","montgolfier"],"sources":["Fraenkel P., Thake J., Water Lifting Devices, FAO et Practical Action, 2006","Middleton W.E.K., The History of the Barometer, 1964","Code général des collectivités territoriales, article L2224-9 (déclaration des puits et forages domestiques)"],"corps":"::Les fontainiers de Florence n'arrivaient pas à aspirer l'eau à plus de dix mètres. En cherchant pourquoi, Torricelli a découvert la pression de l'air en 1643. Cette limite tient toujours : c'est la première chose à savoir avant d'acheter une pompe.::\n\n## La règle des sept mètres\n\nUne pompe posée en surface **aspire** : c'est le poids de l'air qui pousse l'eau dans le tuyau. En théorie jusqu'à 10 m, en pratique **7 mètres au maximum**.\n\n- **Eau à moins de 7 m** : pompe de surface, à main ou électrique.\n- **Eau plus profonde** : il faut une pompe **dans le puits**, qui pousse l'eau vers le haut au lieu de l'aspirer.\n\n## Les pompes à main\n\n- **La pompe à balancier** de jardin : simple, pour les puits peu profonds. **L'amorcer** en versant de l'eau par le haut. Toujours garder une bouteille d'eau à côté pour la réamorcer.\n- **Les pompes de puits profond**, avec le piston au fond et une longue tige, remontent l'eau de plusieurs dizaines de mètres. C'est le modèle des villages du monde entier.\n- **La pompe à corde** : une corde sans fin munie de rondelles remonte l'eau dans un tuyau en plastique. Fabriquée avec des matériaux de quincaillerie, elle équipe des dizaines de milliers de puits au Nicaragua.\n- **Le seau et le treuil** : le plus simple. Un seau réservé au puits, un couvercle sur le puits.\n\n## Le bélier hydraulique\n\nInventé par Joseph de Montgolfier, celui des ballons, en 1796. Il utilise l'élan de l'eau d'un ruisseau qui descend pour en faire monter une partie beaucoup plus haut, **sans moteur ni électricité**, jour et nuit. Environ un dixième de l'eau monte à une hauteur jusqu'à dix fois plus grande que la chute.\n\n## La pompe solaire\n\nUne pompe immergée en 12 ou 24 V branchée directement sur un panneau solaire, sans batterie : elle pompe quand il y a du soleil et remplit un **réservoir en hauteur**. Le réservoir est la batterie, et il descend tout seul jusqu'au robinet. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## L'eau elle-même\n\n- **Une eau de puits se fait analyser** : claire et fraîche ne veut pas dire potable. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **En France**, un puits ou un forage domestique se **déclare en mairie**.\n- Loin des fosses septiques, du fumier, des cuves de fioul.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-017","titre":"L'humidité et les moisissures","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["humidite","moisissures","condensation","aerer","vmc","remontees capillaires","chaux","test aluminium","hygrometre"],"sources":["ANSES, Moisissures dans le bâti : avis et rapport d'expertise, 2016","Organisation mondiale de la santé, WHO guidelines for indoor air quality: dampness and mould, 2009","Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI)"],"corps":"::Une famille qui cuisine, se douche, fait sécher son linge et respire met chaque jour une dizaine de litres d'eau dans l'air de la maison. Si elle ne ressort pas, elle se pose sur le mur le plus froid, et les moisissures suivent. Avant de traiter, il faut savoir d'où vient l'eau.::\n\n## Le test du papier aluminium\n\nScotchez un carré de papier aluminium bien fermé sur le mur humide, deux jours.\n\n- **L'eau est côté pièce** : c'est de la **condensation**, l'air intérieur est trop humide.\n- **L'eau est côté mur**, sous l'aluminium : elle vient **du mur**, par une infiltration ou des remontées du sol.\n\n## La condensation (le plus fréquent)\n\n- **Aérer** cinq à dix minutes, deux fois par jour, **même l'hiver**. L'air froid du dehors, une fois réchauffé, sèche la maison.\n- **Ne jamais boucher** les grilles d'aération ni la ventilation.\n- Un couvercle sur les casseroles, le linge séché dehors ou dans une pièce aérée.\n- **Chauffer un peu partout** plutôt que beaucoup une pièce : un mur froid condense.\n- Les meubles décollés des murs de quelques centimètres.\n- **Un hygromètre** à dix euros : entre 40 et 60 % d'humidité, tout va bien.\n\n## L'eau qui vient du mur\n\n- **Infiltration** : toiture, gouttière qui déborde, fissure, joint de fenêtre. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Remontées du sol** dans les vieux murs : le sol autour trop haut, une terrasse collée au mur, un drain bouché.\n- **Le piège des vieux murs** : un mur en pierre qui respirait, enduit au ciment ou peint avec une peinture étanche, garde l'eau à l'intérieur et se dégrade. Les vieux murs s'enduisent **à la chaux**.\n\n## Nettoyer les moisissures\n\n- **Petites taches** : gants, masque, eau et savon, puis sécher. L'eau de Javel sur les surfaces lisses seulement.\n- **Plaques de plâtre, moquettes, papiers peints moisis en profondeur** : on les retire, on ne les sauve pas.\n- **Au-delà d'un mètre carré environ**, ou après une inondation, c'est un chantier : masque FFP2 minimum, souvent un professionnel. Voir [[TEC-TER-004]].\n\n**Santé** : asthme, allergies, infections chez les fragiles. Les enfants et les asthmatiques ne dorment pas dans une chambre moisie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-016","titre":"Le poêle de masse","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["poele de masse","poele de masse finlandais","rocket stove","accumulation","kachelofen","poele russe","kang","ondol"],"sources":["Lyle D., The Book of Masonry Stoves: Rediscovering an Old Way of Warming, 1984","Evans I., Jackson L., Rocket Mass Heaters, Cob Cottage Company, 2006"],"corps":"::Un poêle ordinaire chauffe tant qu'il brûle. Un poêle de masse brûle deux heures, très fort, puis rend sa chaleur pendant une journée entière grâce à une ou deux tonnes de briques. Les Russes, les Finlandais, les Autrichiens, les Chinois et les Coréens chauffent comme ça depuis des siècles, avec deux fois moins de bois.::\n\n## Le principe\n\n1. **Une flambée courte et très chaude** : le bois brûle complètement, sans fumée ni goudron.\n2. **Les fumées serpentent** dans des conduits à l'intérieur d'une masse de briques, de pierre ou de terre, et lui cèdent leur chaleur.\n3. **La masse rend la chaleur** doucement, par rayonnement, pendant 12 à 24 heures.\n\nUne ou deux flambées par jour suffisent, même en hiver.\n\n## Les grandes familles\n\n- **Le poêle finlandais**, le **kachelofen** autrichien en faïence, le **poêle russe** où l'on dormait dessus.\n- **Le kang** chinois et **l'ondol** coréen : la fumée de la cuisine passe sous le lit ou sous le sol avant de sortir.\n- **Le poêle rocket à accumulation**, version moderne et bricolable : un foyer en L très isolé qui brûle des petites branches, un fût métallique, puis un conduit noyé dans un banc en terre et paille qui reste tiède toute la nuit.\n\n## Ce qu'il faut savoir avant\n\n- **Le poids** : une à trois tonnes. Il faut un sol ou une dalle qui le supporte.\n- **La construction** : des briques réfractaires pour le foyer, un maçon qui connaît le métier, ou un stage pour le rocket.\n- **La lenteur** : il met des heures à chauffer une maison froide. C'est un chauffage de fond, pas d'appoint.\n- **Les règles** : les poêles rocket faits maison sont rarement certifiés. On se renseigne auprès de l'assurance, et le conduit de fumée doit respecter les normes.\n\n## Pourquoi c'est malin\n\nMoins de bois, moins de corvées, moins de fumée pour les voisins, et une chaleur douce qui ne dessèche pas l'air. Les brindilles et les branches d'élagage, inutiles dans un poêle ordinaire, font tourner un rocket.\n\nLe poêle à bois ordinaire : [[TEC-CON-011]]. Le bois : [[TEC-ENE-019]]. Le monoxyde : [[TEC-CON-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-008","titre":"La soudure à l'arc","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["soudure","arc","electrode","poste inverter","laitier","masque","coup d'arc","batteries","fumees"],"sources":["INRS, soudage et coupage à l'arc : prévention des risques","Lincoln Electric, The Procedure Handbook of Arc Welding, 14e édition","Norme EN 169, filtres de protection pour le soudage"],"corps":"::Un poste à souder inverter coûte aujourd'hui le prix d'une perceuse et se branche sur une prise ordinaire. Avec quelques paquets d'électrodes, on répare une remorque, un portail, une charrue. Une soudure moche qui tient vaut toujours mieux qu'une jolie qui casse.::\n\n## Le principe\n\nUn courant fort saute de l'électrode au métal en formant un **arc** à plusieurs milliers de degrés. Le métal fond, l'électrode aussi et remplit le joint. Son enrobage brûle et protège la soudure de l'air, puis forme une croûte, le **laitier**, qu'on casse ensuite.\n\n## Régler\n\n- **L'intensité** : environ **30 à 40 ampères par millimètre** d'électrode. Une électrode de 2,5 mm : 60 à 90 A. Une de 3,2 mm : 90 à 130 A.\n- **Des électrodes sèches** : humides, elles collent et font des trous.\n- **La pince de masse** sur du métal propre, près de la soudure.\n\n## Souder\n\n1. **Nettoyer** le métal : rouille, peinture et graisse à la brosse métallique ou à la meuleuse.\n2. **Amorcer** en grattant l'électrode comme une allumette.\n3. **Tenir l'arc court**, à peu près l'épaisseur de l'électrode, électrode inclinée vers l'avant.\n4. **Avancer régulièrement.** Le bon bruit, c'est celui d'une poêle de lardons qui grésille ; un sifflement ou des claquements, l'arc est trop long.\n5. **Casser le laitier** au marteau à piquer, brosser, contrôler.\n\nS'entraîner sur des chutes, cordon après cordon, avant de souder quelque chose qui porte une charge.\n\n## Se protéger\n\n- **Le masque** (teinte 10 à 12) : l'arc brûle les yeux en une seconde. Le coup d'arc fait mal quelques heures plus tard, comme du sable sous les paupières. Voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Gants en cuir, manches longues en coton** : les ultraviolets brûlent la peau comme un coup de soleil.\n- **Les fumées** : dehors ou avec aspiration, jamais sur du galvanisé ou de la peinture.\n- **Le feu** : les étincelles volent à dix mètres. Rien d'inflammable autour, un extincteur.\n- **Jamais sur un réservoir ou un bidon** qui a contenu du carburant : les vapeurs restantes explosent.\n- **Au sec** : pas de soudure les pieds dans l'eau ni avec des gants mouillés.\n\n## Sans poste\n\nDeux ou trois **batteries de voiture en série** (24 à 36 V), des câbles de démarrage et une pince porte-électrode font un poste de fortune pour une réparation d'urgence. Les batteries chauffent et dégagent de l'hydrogène : par courtes séances, loin des étincelles de l'arc.\n\nLe groupe électrogène : [[TEC-ENE-013]]. Reconnaître les métaux : [[TEC-ATE-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-007","titre":"La trempe et le revenu","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["trempe","revenu","recuit","acier","lime","lame de ressort","aimant","couleurs de revenu","couteau"],"sources":["Verhoeven J.D., Steel Metallurgy for the Non-Metallurgist, ASM International, 2007","ASM Handbook, volume 4, Heat Treating","Andrews J., The New Edge of the Anvil, Skipjack Press, 1994"],"corps":"::Un couteau, un ciseau, un ressort : même acier, trois duretés différentes. Toute la différence tient à deux gestes, chauffer puis plonger, puis réchauffer doucement. Les forgerons le faisaient à l'œil ; un aimant et un four de cuisine suffisent aujourd'hui.::\n\n## Quel acier\n\nSeul un acier **assez chargé en carbone** durcit à la trempe. Les meilleures sources gratuites :\n\n- **les vieilles limes** et râpes ;\n- **les lames de ressort** de voiture ou de camion, les gros ressorts ;\n- **les disques de scie**, les bagues de roulement.\n\nL'acier doux (fer à béton, cornières, tôles) ne durcit presque pas. Voir [[TEC-ATE-005]].\n\n## Le recuit (pour travailler)\n\nChauffer au rouge, puis **refroidir très lentement** dans la cendre chaude, toute une nuit. L'acier devient tendre : on peut le limer, le percer, le mettre en forme.\n\n## La trempe (pour durcir)\n\n1. Chauffer jusqu'à ce que **l'aimant ne colle plus** (vers 770 °C), puis encore un peu, rouge cerise uniforme.\n2. **Plonger d'un coup** dans l'huile (huile de colza ou de tournesol tiédie), en remuant.\n3. **Test** : une lime glisse sur l'acier trempé sans mordre.\n\nL'eau refroidit plus vite mais fissure souvent les pièces fines ; l'huile est plus sûre. Un récipient métallique avec son couvercle à côté : l'huile peut s'enflammer.\n\n## Le revenu (pour qu'il ne casse pas)\n\nTrempé, l'acier est dur **et cassant comme du verre**. On le réchauffe doucement pour lui rendre de la souplesse.\n\n- **Au four de cuisine** : deux fois une heure à 200 °C pour une lame de couteau.\n- **À la couleur** : on polit une face, on chauffe lentement le dos de la pièce, et on regarde les couleurs qui défilent sur la partie polie. On plonge dans l'eau dès la bonne couleur.\n  - **Paille claire** (vers 220 °C) : rasoirs, outils de coupe très durs.\n  - **Paille foncée à brun** (240 à 260 °C) : couteaux, ciseaux à bois, forets.\n  - **Pourpre** (270 à 280 °C) : haches, burins.\n  - **Bleu** (290 à 300 °C) : ressorts, tournevis, lames de scie.\n\n## En résumé\n\nRecuit pour façonner, trempe pour durcir, revenu pour ne pas casser. Dans cet ordre, à chaque fois.\n\nLa forge : [[TEC-ATE-006]]. Affûter : [[TEC-ATE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-006","titre":"La forge","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["forge","enclume","charbon de bois","soufflet","couleurs du metal","etirer","souder a chaud","rail"],"sources":["Andrews J., The New Edge of the Anvil, Skipjack Press, 1994","Bealer A.W., The Art of Blacksmithing, 1969","INRS, fièvre des fondeurs et fumées d'oxyde de zinc"],"corps":"::Un morceau de rail posé debout sur un billot fait une enclume très honorable. Un tambour de frein, un sèche-cheveux et du charbon de bois font une forge. Avec ça, on redresse, on pointe, on forge des crochets, des charnières, des outils : le premier atelier de tout village.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Le foyer** : un tambour de frein de camion posé sur un pied, avec un tuyau d'air qui arrive par le fond. Ou un simple trou dans le sol, garni de terre argileuse.\n- **Le combustible** : charbon de bois ou charbon de forge. Le bois brut chauffe mal. Voir [[SURV-FEU-006]].\n- **L'air** : un soufflet, un ventilateur, un sèche-cheveux, un aspirateur branché en soufflerie. L'air fait monter la chaleur de plusieurs centaines de degrés.\n- **L'enclume** : un bloc d'acier lourd, un rail, une masse. Plus c'est lourd, moins ça rebondit.\n- **Un marteau** d'un kilo à un kilo et demi, **des pinces** pour tenir la pièce.\n\n## Lire la couleur\n\nDans la pénombre, la couleur donne la température :\n\n- **Rouge sombre** : 650 °C environ, trop froid pour frapper l'acier.\n- **Rouge cerise** : 750 à 800 °C.\n- **Orange** : 900 à 1 000 °C, la bonne chaleur pour forger.\n- **Jaune** : 1 100 °C, pour les gros travaux.\n- **Blanc**, avec des étincelles : 1 250 °C et plus, la chaleur de soudure.\n\n## Forger\n\n- **Frapper chaud**, arrêter quand la couleur retombe au rouge : frapper un acier trop froid le fissure.\n- **Étirer** : frapper sur la corne ou avec la panne du marteau pour allonger.\n- **Refouler** : frapper en bout pour épaissir.\n- **Plier** sur le bord de l'enclume, **pointer** en frappant sur quatre faces en tournant.\n- **Souder à chaud** : deux pièces chauffées au blanc, saupoudrées de borax, frappées ensemble à petits coups. C'est ainsi qu'on soudait avant l'électricité.\n\n## Sécurité\n\n- **Jamais d'acier galvanisé** (couvert de zinc, gris mat et tacheté) : ses fumées donnent la fièvre des fondeurs, une grippe violente qui peut être grave.\n- **Lunettes, vêtements en coton ou en laine** (le synthétique fond et colle), chaussures fermées.\n- **Dehors ou sous un abri très aéré** : le charbon dégage du monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- Un seau d'eau à portée de main.\n\nReconnaître les métaux : [[TEC-ATE-005]]. Durcir un outil : [[TEC-ATE-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-009","titre":"Le lapin","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lapin","clapier","elevage","foin","myxomatose","vhd","reproduction","viande","fumier"],"sources":["Lebas F. et al., The rabbit: husbandry, health and production, FAO, 1997","ITAVI, Institut technique de l'aviculture, fiches cunicoles"],"corps":"::Une lapine donne une trentaine de petits par an, nourris d'herbe, de foin et d'épluchures, dans un clapier de deux mètres carrés. Pendant les guerres et les pénuries, le lapin de clapier a nourri les villes et les banlieues. La FAO le conseille encore aux petits éleveurs du monde entier.::\n\n## Le logement\n\n- **Un clapier au sec, à l'ombre, aéré sans courant d'air.** Le lapin supporte le froid, **pas la chaleur** : au-dessus de 30 °C, il peut mourir.\n- Une case par adulte, un coin nid pour la lapine.\n- **Nettoyer souvent** : la saleté et l'humidité donnent la plupart des maladies.\n\n## La nourriture\n\n- **Du foin à volonté** : c'est la base, pour la digestion et les dents qui poussent sans arrêt.\n- **De l'herbe et des feuilles** variées, cueillies **sèches** : l'herbe mouillée ou tassée qui fermente fait gonfler le ventre et tue.\n- Des épluchures, du pain sec en petite quantité, des granulés si on en a.\n- **De l'eau propre** toujours.\n- **Jamais** : if, laurier-rose, rhododendron, feuilles de pomme de terre ou de tomate. Dans le doute, on ne donne pas.\n\n## La reproduction\n\n- **On amène la lapine chez le mâle**, jamais l'inverse : la femelle défend son territoire.\n- **Gestation de 31 jours.** Quelques jours avant, elle s'arrache des poils pour faire le nid.\n- On ne touche pas au nid les premiers jours ; sevrage vers 5 à 6 semaines.\n- Les jeunes sont prêts vers **10 à 12 semaines**, autour de 2,5 kg.\n\n## La santé\n\n- **La myxomatose** (transmise par les moustiques et les puces) et la **maladie hémorragique virale** tuent des élevages entiers. **Des vaccins existent** ; en crise, moustiquaire sur le clapier et aucun contact avec les lapins sauvages.\n- **Diarrhée, ventre gonflé, lapin qui ne mange plus** : urgence, isoler, foin et eau seulement.\n\n## Tout se garde\n\nLa viande, la peau (tannée, elle fait des doublures chaudes), et les crottes, un **fumier qui s'épand directement** au potager sans brûler les plantes.\n\nAbattre et transformer : [[TEC-ELE-007]]. Les poules : [[TEC-ELE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-006","titre":"Les plantes médicinales qui marchent","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["plantes medicinales","infusion","decoction","thym","saule","souci","gingembre","miel","millepertuis","artemisinine"],"sources":["Agence européenne des médicaments, comité HMPC, monographies des plantes médicinales","Organisation mondiale de la santé, WHO monographs on selected medicinal plants","Tu Y., The discovery of artemisinin and gifts from Chinese medicine, Nature Medicine, 2011"],"corps":"::Le mot aspirine vient de la reine-des-prés, dont on avait tiré l'acide salicylique ; la morphine vient du pavot, la quinine d'une écorce, et le meilleur remède du paludisme d'une armoise, prix Nobel 2015. Les plantes soignent vraiment. Certaines, et pas de tout.::\n\n## Celles qui ont fait leurs preuves\n\n- **Le thym** : toux et rhume, en infusion. Il désinfecte aussi en bain de bouche.\n- **L'écorce de saule** : douleurs et fièvre, comme l'aspirine, avec les **mêmes interdits** (enfants, ulcère, traitement anticoagulant, allergie à l'aspirine).\n- **Le gingembre** : nausées, mal des transports.\n- **La menthe poivrée** : digestion, ballonnements.\n- **Le souci** (calendula) : en pommade ou en huile, petites plaies et irritations de la peau.\n- **Le miel** : la toux des enfants, et en pansement sur une plaie propre. **Jamais avant un an** (botulisme). Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **La valériane, la camomille** : un sommeil un peu meilleur, sans miracle.\n- **Le millepertuis** : les déprimes légères à modérées, mais il **annule l'effet de la pilule** et de nombreux médicaments.\n\n## Préparer\n\n- **Infusion** (feuilles, fleurs) : eau bouillante versée dessus, **couvert**, 5 à 10 minutes.\n- **Décoction** (racines, écorces) : on fait bouillir 10 à 15 minutes.\n- **Macération dans l'huile** (souci) : fleurs sèches dans l'huile, trois semaines au soleil, filtrer.\n- **Cataplasme** : plante écrasée posée sur la peau, sous un linge.\n\n## Les règles\n\n- **Identifier à coup sûr** : la digitale, mortelle, a des feuilles qui ressemblent à celles de la consoude. Voir [[TEC-BOT-001]] et [[TEC-BOT-003]].\n- **Enceinte, allaitante, petit enfant, traitement en cours** : prudence, beaucoup de plantes sont déconseillées.\n- **Naturel ne veut pas dire sans danger** : les plantes contiennent des molécules actives, c'est bien pour ça qu'elles marchent.\n- **Aucune plante ne remplace un antibiotique** dans une infection grave. Voir [[TEC-SAN-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-014","titre":"Les maladies des plantes","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["maladies","mildiou","oidium","rouille","pourriture grise","cloque","bouillie bordelaise","lait","prevention"],"sources":["INRAE, Ephytia : identification des maladies des plantes cultivées","Bettiol W., Effectiveness of cow's milk against zucchini squash powdery mildew in greenhouse conditions, Crop Protection, 1999","Agrios G.N., Plant Pathology, 5e édition, Elsevier, 2005"],"corps":"::En 1845, un champignon venu d'Amérique, le mildiou, a pourri les pommes de terre d'Irlande. Un million de morts, un million d'exilés. Au potager, on ne soigne presque jamais une plante malade : on empêche la maladie d'arriver.::\n\n## Prévenir, c'est 90 % du travail\n\n- **Arroser au pied, le matin**, jamais sur les feuilles le soir.\n- **Espacer** les plantes : l'air qui circule sèche les feuilles.\n- **La rotation** : pas la même famille au même endroit deux ans de suite. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **Des variétés résistantes**, souvent indiquées sur les sachets.\n- **Enlever tout de suite** les feuilles et les plantes malades ; pas au compost, sauf un compost très chaud.\n- **Nettoyer les outils** entre deux plantes malades.\n\n## Les plus courantes\n\n**Le mildiou** (tomates, pommes de terre, vigne)\n- Taches brunes qui s'étendent, duvet blanc sous les feuilles, par temps chaud et humide.\n- Un abri contre la pluie pour les tomates, les feuilles du bas retirées.\n- **La bouillie bordelaise** (cuivre et chaux), inventée vers 1885 près de Bordeaux : en prévention, avec modération, car le cuivre s'accumule dans le sol.\n\n**L'oïdium** (courgettes, concombres, rosiers, pommiers)\n- Une poudre blanche sur les feuilles.\n- **Du lait** dilué, une part pour neuf d'eau, pulvérisé chaque semaine : testé et efficace sur les courgettes. Ou le soufre.\n\n**La pourriture grise** (fraises, tomates, salades) : un feutrage gris. Aérer, enlever les parties touchées.\n\n**La rouille** : des pustules orange sous les feuilles. Enlever les feuilles, espacer.\n\n**La cloque du pêcher** : feuilles boursouflées et rouges au printemps. Se traite **avant**, quand les bourgeons gonflent en fin d'hiver.\n\n**La fonte des semis** : les jeunes plants se couchent, la tige pincée au ras du sol. Terreau propre, moins d'eau, plus d'air.\n\n**Les virus** (feuilles marbrées, déformées) : rien ne les soigne. On arrache la plante.\n\nLes ravageurs : [[TEC-AGR-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-013","titre":"La greffe","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["greffe","greffon","porte-greffe","cambium","fente","ecusson","anglaise","varietes anciennes","clonage"],"sources":["Garner R.J., The Grafter's Handbook, rééditions depuis 1947","Les Croqueurs de pommes, fiches techniques de greffage"],"corps":"::Toutes les pommes Golden du monde viennent d'un seul arbre, né par hasard dans une ferme de Virginie-Occidentale il y a plus d'un siècle. Chaque pommier Golden en est une greffe, de greffe en greffe. La greffe, c'est cloner un arbre avec un couteau et un bout de raphia.::\n\n## Le principe\n\nOn pose un morceau de la variété qu'on veut (le **greffon**) sur un jeune arbre qui donnera les racines (le **porte-greffe**). S'ils se soudent, l'arbre donnera exactement les fruits du greffon.\n\n**Le secret** : sous l'écorce, une fine couche verte, le **cambium**, fabrique le bois et l'écorce. Les cambiums des deux morceaux doivent **se toucher**. Tout le reste est du détail.\n\n**Ce qui se greffe ensemble** : pommier sur pommier, poirier sur poirier ou sur cognassier, prunier, abricotier et pêcher entre eux. Des espèces trop éloignées ne se soudent pas.\n\n## La greffe en fente (fin d'hiver)\n\n1. **En janvier**, couper des rameaux d'un an sur l'arbre à reproduire ; les garder au frigo ou dans du sable humide.\n2. **En mars**, quand la sève du porte-greffe remonte : scier sa tête net, fendre au couteau sur quelques centimètres.\n3. Tailler le bas du greffon **en biseau**, sur deux faces, avec deux ou trois bourgeons au-dessus.\n4. L'enfoncer dans la fente **sur le côté**, écorce contre écorce.\n5. **Ligaturer** serré, couvrir de mastic toutes les plaies et le haut du greffon.\n\n## La greffe en écusson (été)\n\nEn juillet-août, on prélève **un seul bourgeon** avec un lambeau d'écorce, on le glisse sous l'écorce du porte-greffe fendue en T, on ligature. Rapide, économe en greffons.\n\n## Savoir si ça a pris\n\n- **Fente** : les bourgeons gonflent et s'ouvrent au bout de quelques semaines.\n- **Écusson** : le bout de pétiole laissé à côté du bourgeon **tombe tout seul quand on le touche**. S'il reste collé et sèche, c'est raté.\n\n## Les outils\n\nUn couteau à greffer **très affûté** (une coupe écrasée ne soude pas), du raphia ou de la bande à greffer, du mastic. Des mains propres, et on ne touche pas les coupes.\n\nPlanter l'arbre : [[TEC-AGR-012]]. Les associations locales de sauvegarde des variétés anciennes échangent des greffons chaque hiver.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-012","titre":"Planter et tailler un arbre fruitier","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["arbre fruitier","plantation","taille","pommier","poirier","cerisier","porte-greffe","pollinisation","eclaircissage"],"sources":["Brickell C., Joyce D., RHS Pruning and Training, Dorling Kindersley","Société nationale d'horticulture de France, fiches d'arboriculture fruitière"],"corps":"::« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. » Le 25 novembre, les jardiniers plantaient. Un pommier planté cet hiver donne ses premiers fruits dans trois à cinq ans, puis pendant cinquante. C'est l'investissement le plus rentable d'un jardin.::\n\n## Choisir\n\n- **Le porte-greffe** décide de la taille de l'arbre : nain (deux mètres, fruits rapides), ou vigoureux (grand arbre, longue vie, fruits plus tardifs).\n- **La pollinisation** : beaucoup de pommiers, de poiriers et de cerisiers ont besoin d'**une autre variété** qui fleurit en même temps à proximité. Pruniers et pêchers se débrouillent souvent seuls.\n- **Des variétés locales**, adaptées au climat et résistantes aux maladies.\n\n**Un pépin de pomme** donne un pommier, mais presque jamais la même pomme. C'est pour ça qu'on greffe. Voir [[TEC-AGR-013]].\n\n## Planter\n\n1. **De novembre à mars**, hors gel. Les arbres **à racines nues** sont moins chers et reprennent très bien.\n2. Un trou **large**, pas trop profond. La terre ameublie autour.\n3. **Le bourrelet de greffe** (la bosse en bas du tronc) reste **au-dessus du sol** : enterré, le greffon fait ses propres racines et l'arbre change de nature.\n4. Un tuteur côté vent dominant, un lien souple.\n5. **Arroser copieusement**, même s'il pleut, pour plaquer la terre contre les racines.\n\n## Tailler\n\n- **Pommiers et poiriers** : en hiver, hors gel.\n- **Cerisiers, pruniers, abricotiers** : en été ou juste après la récolte. Taillés en hiver, ils attrapent des maladies par les plaies.\n- **Toujours enlever** : le bois mort, le bois malade, les branches qui se croisent ou partent vers le centre.\n- **Le but** : un arbre ouvert, où la lumière et l'air entrent partout.\n- **Couper net**, juste au-dessus d'un bourgeon tourné vers l'extérieur, avec un outil bien affûté.\n\n## Éclaircir\n\nQuand un arbre porte trop, on enlève une partie des jeunes fruits en juin : les autres grossissent mieux, et l'arbre ne s'épuise pas au point de ne rien donner l'année suivante.\n\nLes maladies : [[TEC-AGR-014]]. Affûter le sécateur : [[TEC-ATE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-011","titre":"Serre, châssis et couche chaude","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["serre","chassis","voile d'hivernage","couche chaude","fumier de cheval","saison","tunnel","gel"],"sources":["Moreau J.-G., Daverne J.-J., Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris, 1845","Coleman E., The Winter Harvest Handbook, Chelsea Green, 2009","Kropotkine P., Champs, usines et ateliers, 1899"],"corps":"::Au XIXe siècle, les maraîchers de Paris récoltaient salades et melons en plein hiver, sous des cloches de verre posées sur du fumier de cheval, et en vendaient jusqu'à Londres. Pas d'électricité, pas de chauffage : du verre, du fumier et du savoir-faire.::\n\n## Ce qu'on gagne\n\nUne serre ou un châssis sans chauffage gagne **un à deux mois** au printemps et autant à l'automne. Des salades, des épinards, de la mâche se récoltent tout l'hiver sous abri dans une grande partie de la France.\n\n## Les abris, du plus simple au plus grand\n\n- **Le voile d'hivernage** posé sur les cultures : quelques degrés de gagnés, et les petites gelées passent.\n- **La cloche** : une bouteille d'eau de 5 litres coupée, posée sur un jeune plant.\n- **Le châssis** : **une vieille fenêtre** posée en pente sur un cadre en planches, orienté au sud. Le meilleur rapport effort-résultat.\n- **Le tunnel** en plastique sur des arceaux : le plastique traité anti-UV dure quatre à cinq ans.\n- **La serre** vitrée ou en polycarbonate.\n\n## La couche chaude\n\n1. Un tas de **fumier de cheval frais**, pailleux, de 50 cm, arrosé et tassé.\n2. Par-dessus, 15 à 20 cm de **terreau**.\n3. Le châssis sur le tout.\n\nLe fumier fermente et chauffe le sol **pendant plusieurs semaines**. On attend que la première grosse chaleur retombe avant de semer. Au bout de la saison, il est devenu un excellent terreau.\n\n## Les pièges\n\n- **La surchauffe** : un jour de soleil de mars, une serre fermée monte à 40 ou 50 °C et cuit les plants. On ouvre dès que ça dépasse 25 °C.\n- **L'humidité** : mildiou et pourriture adorent l'air confiné. On aère, on arrose le matin, au pied. Voir [[TEC-AGR-014]].\n- **Le froid de la nuit** : des bidons d'eau peints en noir stockent la chaleur du jour et la rendent la nuit.\n\nSemer : [[TEC-AGR-001]]. Un potager sur une petite surface : [[TEC-AGR-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-010","titre":"Les abeilles","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["abeilles","ruche","miel","cire","essaim","varroa","frelon asiatique","pollinisation","piqure"],"sources":["IPBES, Assessment report on pollinators, pollination and food production, 2016","Ministère de l'Agriculture, déclaration annuelle des ruchers","ITSAP, Institut de l'abeille, fiches techniques"],"corps":"::Plus d'un tiers de ce que l'humanité mange dépend des pollinisateurs. Une ruche, c'est du miel, de la cire, et des récoltes doublées au verger d'à côté. Un essaim accroché à une branche au printemps n'est pas une menace : gavées de miel pour le voyage, les abeilles n'ont jamais été aussi calmes.::\n\n## Ce que donne une ruche\n\n- **Du miel** : de 10 à 30 kilos par an selon les fleurs et la météo, après avoir laissé aux abeilles de quoi passer l'hiver (15 à 20 kilos).\n- **De la cire** : bougies, cirage, imperméabilisant pour le bois et le tissu.\n- **La pollinisation** des arbres fruitiers, des courges, des fraises, des haricots.\n\n## Commencer\n\n- **Un rucher-école** ou une association locale : quelques séances de formation évitent la plupart des erreurs.\n- **Un essaim ou une colonie** achetée au printemps, une ruche (en France, surtout le modèle Dadant), une combinaison, un voile, un enfumoir, un lève-cadre.\n- **En France**, toute ruche se **déclare chaque année**, dès la première. Des distances avec les voisins sont fixées par arrêté dans chaque département.\n\n## Travailler avec elles\n\n- **Par beau temps**, en milieu de journée, quand les butineuses sont dehors.\n- **L'enfumoir** : quelques bouffées à l'entrée. La fumée masque l'odeur d'alarme et calme la colonie.\n- **Gestes lents**, pas de parfum, vêtements clairs.\n- **Récolter** seulement les cadres operculés (fermés de cire), en laissant les réserves d'hiver.\n\n## Les menaces\n\n- **Le varroa**, un acarien parasite, tue les colonies non traitées en deux ou trois ans. Le traitement est indispensable.\n- **Le frelon asiatique**, arrivé en France en 2004, chasse devant les ruches à la fin de l'été.\n- **Les pesticides** et le manque de fleurs.\n\n## Les piqûres\n\n**Retirer le dard vite**, en grattant avec un ongle. Gonflement et douleur sont normaux. **Gêne pour respirer, malaise, gonflement du visage ou urticaire sur tout le corps** : allergie grave, le 15. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n## Le miel\n\nBien fermé, il se garde des années. Il cristallise, c'est normal : on le réchauffe doucement au bain-marie. **Jamais aux enfants de moins d'un an.** Voir [[TEC-ALI-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-020","titre":"Les dates sur les emballages","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["date de peremption","dlc","ddm","gaspillage","conserves","congelation","riz cuit","bacillus cereus"],"sources":["Règlement (UE) n° 1169/2011, information des consommateurs sur les denrées alimentaires","Commission européenne, Market study on date marking and other information provided on food labels and food waste prevention, 2018","ANSES, Bacillus cereus, fiche de description de danger biologique"],"corps":"::Jusqu'à un dixième du gaspillage alimentaire en Europe vient d'une mauvaise lecture des dates. Il y a deux dates, et elles ne disent pas du tout la même chose : l'une parle de sécurité, l'autre de goût.::\n\n## Les deux dates\n\n**« À consommer jusqu'au »** (date limite de consommation)\n- Sur les produits qui se gâtent vite : **viande, poisson, charcuterie à la coupe, plats préparés, laitages frais**.\n- C'est une **limite de sécurité**. Passé la date, des bactéries dangereuses ont pu se développer **sans odeur ni changement visible**.\n- On la respecte, surtout pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou malades.\n\n**« À consommer de préférence avant »** (date de durabilité minimale)\n- Sur les produits secs et les conserves : pâtes, riz, farine, biscuits, café, conserves, bocaux.\n- C'est une **date de qualité**. Après, le goût ou le croquant peuvent baisser, mais l'aliment reste sûr si l'emballage est intact.\n\n## Ce qui se garde bien après la date\n\n- **Presque pour toujours** : sel, sucre, miel, vinaigre, riz blanc, alcools forts.\n- **Des années** : pâtes, légumes secs (ils cuisent plus lentement en vieillissant), conserves en bon état.\n- **Des mois** : biscuits, céréales, chocolat (le voile blanc est du beurre de cacao, sans danger), café.\n\n**Une conserve bombée, qui fuit, rouillée en profondeur ou qui gicle à l'ouverture** : on jette sans goûter. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## La congélation\n\nElle **arrête l'horloge** : congelé avant la date limite, un aliment reste sûr. La qualité baisse avec les mois. On décongèle au frigo, et on ne recongèle pas un aliment cru décongelé.\n\n## Le piège du riz\n\n**Le riz cuit** laissé à température ambiante peut héberger une bactérie dont la toxine **résiste à la cuisson**. On le refroidit vite, on le garde au frigo, on le mange dans la journée ou le lendemain.\n\nReconnaître un aliment gâté : [[TEC-ALI-010]]. Les médicaments périmés : [[TEC-SAN-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-019","titre":"Le sel","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sel","eau de mer","evaporation","saline","marais salants","iode","gabelle","conservation","troc"],"sources":["Kurlansky M., Salt: A World History, 2002","Organisation mondiale de la santé, réduction de la consommation de sel, principaux repères","UNESCO, De la grande saline de Salins-les-Bains à la saline royale d'Arc-et-Senans"],"corps":"::Pendant des siècles, le sel a valu de l'or : il conservait la viande et le poisson, sans lui pas d'hiver. La gabelle, l'impôt sur le sel, faisait partie des colères de 1789. Aujourd'hui il coûte moins d'un euro le kilo, ce qui en fait la meilleure réserve à constituer.::\n\n## À quoi il sert\n\n- **Au corps** : quelques grammes par jour suffisent, un peu plus quand on transpire beaucoup.\n- **À conserver** : salaisons, saumures, lactofermentation. Là, il en faut des kilos. Voir [[TEC-ALI-004]].\n- **Aux bêtes** : les animaux d'élevage ont besoin d'une pierre à sel.\n\nIl ne se périme jamais, s'il reste au sec. Une réserve de sel est aussi une monnaie d'échange. Voir [[SURV-TROC-002]].\n\n## Le tirer de la mer\n\nL'eau de mer contient environ **35 grammes de sels par litre**, dont la plus grande partie est du sel de cuisine. Dix litres donnent environ 300 grammes.\n\n1. **Une eau propre**, loin des ports, des égouts et des embouchures. Voir [[SURV-RES-008]].\n2. **Filtrer** à travers un tissu pour retirer sable et débris.\n3. **Évaporer** :\n   - **au soleil**, dans des bacs larges et peu profonds, sombres de préférence : c'est le principe des marais salants, gratuit mais lent ;\n   - **au feu**, dans une grande casserole large : rapide mais très gourmand en bois.\n4. **S'arrêter avant la fin** : quand il reste un fond de liquide épais, on retire les cristaux de sel. Le dernier liquide contient des sels amers (magnésium) qui donnent mauvais goût et dérangent l'estomac.\n5. **Sécher** le sel au soleil ou près du feu.\n\n## Les sources salées\n\nDans l'intérieur des terres, certaines sources sortent chargées de sel. En Franche-Comté, on a fait bouillir cette eau pendant des siècles : la saline royale d'Arc-et-Senans, aujourd'hui classée par l'UNESCO, en est née.\n\n## L'iode\n\nLe sel de mer contient très peu d'iode. Sans iode, la thyroïde gonfle (le goitre) et les enfants se développent mal. **Le sel iodé du commerce** est donc la meilleure réserve ; les algues et les poissons de mer en apportent aussi. Voir [[TEC-ALI-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-018","titre":"Beurre, crème et fromage frais","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["beurre","creme","fromage frais","lait cru","presure","cardon","petit-lait","pasteuriser","babeurre"],"sources":["Kindstedt P., American Farmstead Cheese, Chelsea Green, 2005","FAO, The technology of traditional milk products in developing countries, Animal Production and Health Paper 85, 1990","ANSES, lait cru et populations sensibles"],"corps":"::Du lait, un bocal et dix minutes à secouer : c'est du beurre. Du lait, un citron et un torchon : c'est du fromage. Au Portugal, on fait cailler certains des meilleurs fromages du pays avec des fleurs de chardon. Le lait se garde deux jours ; transformé, des semaines.::\n\n## La crème\n\nUn lait **cru, non homogénéisé**, laissé 12 à 24 heures au frais : la crème monte. On l'écrème à la louche. Le lait du commerce homogénéisé ne remonte pas.\n\n## Le beurre\n\n1. **La crème** un peu fraîche, pas glacée, dans un bocal rempli à moitié.\n2. **Secouer** 10 à 20 minutes (ou fouetter). Elle devient chantilly, puis d'un coup **se sépare** : grains jaunes de beurre et liquide blanc, le **babeurre**.\n3. Égoutter, puis **laver le beurre à l'eau froide** en le pétrissant, jusqu'à ce que l'eau reste claire : le babeurre oublié le fait rancir.\n4. **Saler** à 1 ou 2 % pour le garder plus longtemps.\n\nLe babeurre se boit, ou fait lever des galettes et des pains.\n\n## Le fromage frais\n\n**Au citron ou au vinaigre** (le plus simple)\n1. Chauffer le lait presque jusqu'à frémir.\n2. Ajouter le jus d'un citron ou deux cuillères de vinaigre par litre, remuer doucement : **le lait tranche**.\n3. Verser dans un torchon propre, suspendre, égoutter une heure ou plus. Saler, herbes.\n\n**À la présure** (plus doux, plus proche des vrais fromages)\n1. Lait tiède, vers 30 à 35 °C, quelques gouttes de présure par litre.\n2. Laisser prendre au calme une à deux heures : un caillé qui se tient.\n3. Découper, égoutter dans un torchon ou des faisselles.\n\nLa présure vient traditionnellement de l'estomac du veau ; **les fleurs de cardon** ou de chardon font le même travail.\n\n## Le petit-lait\n\nLe liquide qui s'égoutte : pour le pain, les soupes, les cochons et les poules, ou pour lancer une lactofermentation. Voir [[TEC-ALI-002]].\n\n## Le lait cru\n\nIl peut porter la listeria, la brucellose, des E. coli dangereux. **Femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées ou fragiles** : on chauffe le lait avant, à 72 °C quelques secondes ou 63 °C une demi-heure, ou on le fait bouillir.\n\nLe fromage à pâte dure demande en plus du pressage et une cave : environ **10 litres de lait pour 1 kilo** de fromage.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-017","titre":"La marmite norvégienne","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["marmite norvegienne","cuisson a l'etouffee","chaleur retenue","economie de combustible","caisse isolante","haricots rouges"],"sources":["Low-tech Lab, tutoriel de la marmite norvégienne","US FDA, Bad Bug Book, phytohémagglutinine (lectine du haricot rouge)","Food Standards Agency (Royaume-Uni), cuisson des haricots rouges secs"],"corps":"::Dix minutes de feu au lieu de trois heures. On porte la marmite à ébullition, on l'enferme dans une caisse bien isolée, et elle finit de cuire toute seule. Présentée à l'Exposition universelle de Paris en 1867, utilisée pendant les deux guerres, elle économise la moitié du combustible, souvent bien plus.::\n\n## Fabriquer la caisse\n\n- **Une caisse, un carton épais, une glacière**, ou un grand panier.\n- **Un isolant épais** tout autour : couvertures, coussins, polystyrène, foin, paille, vieux duvet. Au moins 5 à 10 cm de chaque côté, dessus compris.\n- **Un creux à la taille de la marmite**, pour qu'il reste le moins d'air possible.\n\n## Cuire\n\n1. **Faire bouillir** le plat quelques minutes, couvercle fermé.\n2. **Mettre la marmite dans la caisse tout de suite**, sans ouvrir, couvrir d'isolant.\n3. **Attendre**, sans ouvrir.\n\nUne marmite **bien pleine** garde mieux la chaleur qu'une marmite à moitié vide.\n\n## Les temps\n\n| Aliment | Ébullition | Dans la caisse |\n|---|---|---|\n| Riz | 5 min | 1 h |\n| Pommes de terre | 5 min | 1 h 30 |\n| Lentilles | 10 min | 2 h |\n| Pois chiches et haricots trempés | 10 à 15 min | 3 à 4 h |\n| Ragoût, pot-au-feu | 15 à 20 min | 4 à 6 h |\n\n## Les règles de sécurité\n\n- **Les haricots rouges secs** : trempés, puis **au moins 10 minutes à gros bouillons** avant la caisse. Mal cuits à basse température, leur lectine donne de violents vomissements, pire que crus.\n- **Le plat doit rester chaud** : au-delà de 6 à 8 heures, il tiédit et les bactéries se réveillent. On le refait bouillir avant de servir.\n- **Le riz cuit** ne se laisse pas tiédir des heures : il héberge une bactérie dont la toxine résiste à la cuisson.\n\n## Aller plus loin\n\n- **La bouteille isotherme** : flocons d'avoine et eau bouillante le soir, porridge le matin.\n- **Le même principe** que la couche de cendres sur les braises : garder la chaleur plutôt que la refaire. Voir [[SURV-FEU-005]].\n\nÉconomiser l'énergie : [[TEC-ENE-021]]. Les réchauds de fortune : [[SURV-REC-035]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-007","titre":"Estimer une distance, une hauteur, une largeur","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["distance","pas","estimation","hauteur d'arbre","largeur de riviere","pouce","orage","temps de marche"],"sources":["US Army, FM 3-25.26 Map Reading and Land Navigation (compte des pas, estimation des distances)","Naismith W.W., règle de temps de marche en montagne, 1892","Fédération française de randonnée pédestre, calcul des temps de marche"],"corps":"::Un soldat entraîné sait à peu près à quelle distance se trouve une silhouette, rien qu'en regardant ce qu'il en distingue. Une rivière se mesure avec une casquette, un arbre avec un bâton, un orage avec une montre. Aucun instrument, juste des repères appris une fois.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'œil se trompe de façon prévisible :\n\n- **Tout paraît plus proche** par temps clair, en plein soleil, au-dessus de l'eau ou de la neige, en regardant vers le haut.\n- **Tout paraît plus loin** dans la brume, au crépuscule, sur un fond sombre, en regardant vers le bas.\n\n## AGIR\n\n**Compter ses pas**\nSur 100 m connus (un terrain de sport), comptez vos **doubles pas** (chaque fois que le pied droit touche le sol). La plupart des adultes en font 60 à 65 à plat. Recomptez en montée et en forêt : davantage. Un nœud sur une ficelle à chaque centaine de mètres évite de perdre le compte.\n\n**Le temps de marche**\nÀ plat, **4 km/h** avec un sac. On ajoute **une heure par 300 m de montée**, une heure par 500 m de descente.\n\n**Ce qu'on voit d'une personne**\n- **100 m** : visage net, tous les détails.\n- **200 m** : visage flou, couleur des vêtements et du matériel.\n- **300 m** : silhouette nette, visage indistinct.\n- **500 m** : la tête devient un point, le corps s'affine.\n\n**Le saut du pouce**\nBras tendu, pouce levé, un œil fermé : alignez le pouce sur l'objet, puis changez d'œil. Le pouce **saute** de côté. Estimez ce saut sur le terrain (une voiture fait 4 à 5 m), multipliez par 10 : c'est la distance.\n\n**L'orage**\nComptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre, **divisez par 3** : c'est la distance en kilomètres. Moins de 10 secondes, il est sur vous.\n\n**La hauteur d'un arbre**\nUn bâton tenu à bout de bras, de la même longueur que votre bras. Reculez jusqu'à ce que le bâton, tenu droit, couvre l'arbre du pied à la cime. **La distance jusqu'au pied de l'arbre est sa hauteur.**\n\n**La largeur d'une rivière**\nDebout sur la berge, baissez la visière de votre casquette jusqu'à ce qu'elle touche **l'autre rive**. Sans bouger la tête, tournez-vous vers votre rive et repérez le point que touche maintenant la visière. Mesurez ce point en pas : c'est la largeur. L'astuce est attribuée à un officier du génie de Napoléon.\n\n## ADAPTER\n\nMesurer avec sa main et ses doigts : [[SURV-ORI-004]]. Lire les distances sur une carte : [[SURV-ORI-002]]. Traverser la rivière qu'on vient de mesurer : [[SURV-DEP-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-008","titre":"Marais, vase et sables mouvants","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sables mouvants","vase","marais","maree","baie du mont-saint-michel","sangsues","tourbiere"],"sources":["Khaldoun A., Eiser E., Wegdam G.H., Bonn D., Liquefaction of quicksand under stress, Nature, 2005","SHOM, Service hydrographique et océanographique de la Marine, prévisions de marée","Préfecture de la Manche, consignes de sécurité pour la traversée de la baie du Mont-Saint-Michel"],"corps":"::Les sables mouvants n'avalent personne : ils sont deux fois plus denses que le corps humain, on s'y enfonce au pire jusqu'à la taille. Ce qui tue, c'est d'y rester coincé pendant que la marée remonte, ou que le froid et l'épuisement font leur travail.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les sables mouvants** sont du sable gorgé d'eau qui se liquéfie quand on l'agite. Plus on se débat, plus il se liquéfie autour des jambes, puis il se tasse et serre comme du béton.\n- **La vase** des estuaires colle et aspire les bottes, épuise en quelques centaines de mètres.\n- **Dans les baies à grande marée**, comme celle du Mont-Saint-Michel, la mer remonte vite. Le dicton parle d'un cheval au galop ; en vérité, plutôt la vitesse d'un bon marcheur, ce qui suffit largement à piéger ceux qui sont loin ou enlisés.\n\n## AGIR\n\n**Enlisé**\n\n1. **Ne pas se débattre**, ne pas tirer d'un coup sur une jambe.\n2. **Retirer le sac**, se pencher en arrière pour répartir son poids, comme sur un matelas.\n3. **Remuer doucement les jambes** en petits cercles : l'eau s'infiltre autour et relâche la prise.\n4. **Sortir une jambe, puis l'autre**, lentement, et ramper à plat vers le sol ferme.\n5. Un bâton glissé sous les hanches ou un compagnon qui tend une branche, **sans venir dans la zone**.\n\n**Traverser une vasière ou un marais**\n\n- **Un bâton** pour sonder devant soi.\n- **Marcher sur les touffes d'herbe** et les racines, à grandes enjambées, sans s'arrêter.\n- **Les roseaux** signalent l'eau ; les aulnes et les saules, un sol gorgé.\n- **Les chenaux** qui paraissent vides se remplissent les premiers à la marée montante.\n\n**Les grandes baies à marée** : jamais sans guide, jamais sans connaître l'heure de la marée, demi-tour au premier doute.\n\n## ADAPTER\n\n**Les sangsues** : glisser un ongle sous la ventouse et la détacher. Ni sel, ni flamme, ni arrachage : la plaie saigne un moment, c'est normal. Désinfecter.\n\n**L'eau des marais** : à traiter comme la plus sale. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**Les moustiques** : manches longues, répulsif, moustiquaire la nuit.\n\nTraverser une rivière : [[SURV-DEP-006]]. Les courants de la mer : [[URG-MER-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-007","titre":"La neige et les avalanches","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["avalanche","neige","bera","pente","plaque a vent","dva","pelle","sonde","ensevelissement"],"sources":["ANENA, Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches","Météo-France, bulletin d'estimation du risque d'avalanche (BERA)","Falk M., Brugger H., Adler-Kastner L., Avalanche survival chances, Nature, 1994"],"corps":"::Neuf fois sur dix, l'avalanche qui tue a été déclenchée par la victime ou par quelqu'un de son groupe. Et près de la moitié des morts arrivent un jour de risque 3 sur 5, pas 5 : les jours de risque maximal, tout le monde reste en bas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La pente** : presque toutes les avalanches partent entre **30 et 45°**. En dessous de 30°, rarement ; mais une petite pente sous une grande pente reste exposée.\n- **Les plaques à vent** : la neige soufflée s'accumule en plaques compactes sur les versants à l'abri du vent. Elles cassent d'un bloc sous le poids d'un skieur.\n- **Les signaux d'alarme** : beaucoup de neige fraîche, vent fort, redoux rapide, fissures qui partent sous les pieds, **un bruit sourd** (la neige qui s'effondre), avalanches récentes à côté.\n\n## AGIR\n\n**Avant de partir**\n\n- **Le bulletin d'avalanche** du jour, sur 5 niveaux. À partir de 3, on choisit des pentes douces.\n- **Chacun son détecteur de victimes (DVA), sa pelle et sa sonde**, et on s'est entraîné à s'en servir.\n\n**Sur le terrain**\n\n- **Un par un** dans les pentes suspectes, les autres à l'abri.\n- **Pas d'arrêt** au milieu d'une pente ou au pied d'une pente raide.\n\n**Pris dans une avalanche**\n\n1. **Fuir sur le côté** si c'est encore possible.\n2. **Se débarrasser** des bâtons, **nager** pour rester en surface.\n3. Quand ça ralentit, **un bras devant le visage** pour garder une poche d'air, l'autre tendu vers le haut.\n\n**Un compagnon enseveli**\n\n**On ne part pas chercher des secours** : c'est vous, maintenant, sa meilleure chance. Plus de 9 personnes sur 10 survivent si elles sont dégagées **dans le quart d'heure** ; ensuite, les chances s'effondrent.\n\n1. Repérer le point où on l'a vu disparaître.\n2. Tous les DVA en recherche, fouiller en aval de ce point.\n3. Sonder, puis **pelleter en V** en commençant un peu en aval, pour dégager la tête d'abord.\n4. Appeler le 112 dès qu'une personne est libre pour le faire.\n\n## ADAPTER\n\n**Sans matériel**, la seule protection est de **ne pas y aller** : pentes douces, forêts denses, crêtes larges.\n\n**Bloqué dans la neige**, une tranchée ou une grotte de neige protège mieux du vent qu'une tente. Voir [[SURV-MIL-001]].\n\nLa montagne : [[SURV-MIL-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-006","titre":"Le mal des montagnes","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["altitude","mal aigu des montagnes","oedeme cerebral","oedeme pulmonaire","acclimatation","descendre","himalaya"],"sources":["Luks A.M. et al., Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Acute Altitude Illness, Wilderness & Environmental Medicine, 2019","Roach R.C. et al., The 2018 Lake Louise Acute Mountain Sickness Score, High Altitude Medicine & Biology, 2018"],"corps":"::Au sommet de l'Everest, chaque respiration apporte trois fois moins d'oxygène qu'au bord de la mer. Le corps s'adapte, mais lentement. Ceux qui meurent du mal des montagnes sont souvent des gens en forme, pressés, qui ont continué à monter avec un mal de tête.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe mal des montagnes peut commencer **dès 2 500 m**. Il ne dépend pas de la forme physique : un sportif peut être malade, un sédentaire non.\n\n**Le mal aigu** : mal de tête, avec nausées, fatigue, vertiges ou mauvais sommeil, quelques heures après être monté. Désagréable, sans danger s'il est pris au sérieux.\n\n**Les deux formes graves**, qui tuent en quelques heures :\n\n- **L'œdème cérébral** : confusion, comportement bizarre, **démarche d'ivrogne**. Test : marcher en ligne droite en posant le talon contre les orteils. S'il n'y arrive pas, c'est grave.\n- **L'œdème pulmonaire** : essoufflement **au repos**, toux, gargouillement dans la poitrine, parfois des crachats roses et mousseux.\n\n## AGIR\n\n**Monter lentement**\n\n- Au-dessus de 3 000 m, ne pas dormir **plus de 300 à 500 m plus haut** que la nuit précédente.\n- **Une journée de repos** tous les trois ou quatre jours.\n- **Monter haut, dormir bas** : on peut grimper plus haut dans la journée, et redescendre dormir.\n- Boire normalement, **pas d'alcool ni de somnifères**.\n\n**Les trois règles**\n\n1. **Malade en altitude, c'est le mal des montagnes** jusqu'à preuve du contraire.\n2. **On ne monte jamais plus haut avec des symptômes.**\n3. **Si ça empire, on descend.** Tout de suite, même de nuit. **Et jamais seul** : un malade laissé seul ne redescend pas toujours.\n\n**Le mal aigu** : repos à la même altitude, paracétamol ou ibuprofène. Mieux en un ou deux jours, on peut repartir doucement. Pas mieux, on descend.\n\n**Les formes graves** : **descendre immédiatement** d'au moins 300 à 1 000 m, oxygène si on en a, secours.\n\n## ADAPTER\n\n**Des médicaments existent** pour prévenir et traiter (sur ordonnance) ; ils ne remplacent jamais la descente.\n\n**Les enfants** ne savent pas toujours dire qu'ils ont mal à la tête : un enfant grognon, qui ne mange plus et ne joue plus en altitude est malade.\n\nLa montagne : [[SURV-MIL-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-005","titre":"La montagne","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["montagne","randonnee","meteo","orage","nevé","secours","signal de detresse","heure de demi-tour"],"sources":["Système national d'observation de la sécurité en montagne (SNOSM), bilans annuels","Commission internationale de sauvetage alpin (ICAR), signal de détresse alpin et signes à l'hélicoptère","Météo-France, bulletins montagne"],"corps":"::En France, ce ne sont pas les alpinistes qui déclenchent le plus de secours en montagne : ce sont les randonneurs. Une glissade sur un névé en baskets, un orage à 15 heures sur une crête, une nuit imprévue en tee-shirt. La montagne pardonne peu, mais elle prévient presque toujours.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La température baisse d'environ 6 °C tous les 1 000 m.** Il fait 25 °C au parking et 10 °C au col, plus le vent.\n- **Les orages d'été** se forment souvent l'après-midi. Le matin est calme, pas la journée.\n- **Les névés**, ces plaques de neige dure qui restent l'été, se dévalent comme un toboggan vers les rochers.\n- **Le brouillard** peut tomber en quelques minutes et effacer le sentier.\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **La météo montagne** de la veille et du matin. Un orage annoncé, on change de programme.\n- **Dire où l'on va** et quand on rentre.\n- **Une heure de demi-tour** fixée au départ : à cette heure, on fait demi-tour, sommet atteint ou pas.\n- Dans le sac : **veste imperméable, polaire, bonnet, gants**, eau, nourriture, lampe, couverture de survie, carte, téléphone chargé.\n\n**Pendant**\n\n- **Partir tôt**, être redescendu des crêtes en début d'après-midi.\n- **Jamais sur un névé raide** sans crampons ni piolet : on le contourne.\n- **Orage** : quitter les crêtes et les sommets, s'éloigner des arbres isolés, des pylônes et des câbles, s'accroupir pieds joints sur son sac, les membres du groupe écartés de quelques dizaines de mètres.\n\n**Appeler les secours**\n\n- **Le 112**. En France, le secours en montagne est **gratuit**, hors domaines skiables.\n- **Le signal de détresse alpin** : six coups de sifflet ou de lampe par minute, une minute de pause, et on recommence. La réponse : trois signaux par minute.\n- **À l'hélicoptère** : les deux bras levés en Y, « oui, besoin d'aide » ; un bras levé et un bras baissé, « non ». Voir [[SIG-COM-011]].\n\n## ADAPTER\n\n**Bloqué pour la nuit** : sous le vent, assis sur son sac, tous les vêtements, la couverture de survie, serrés les uns contre les autres. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n\nL'altitude : [[SURV-MIL-006]]. La neige et les avalanches : [[SURV-MIL-007]]. Le froid : [[SURV-MIL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-006","titre":"Traverser une rivière","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["riviere","gue","courant","crue","traversee","baton","eau vive","emporte"],"sources":["US National Weather Service, Turn Around Don't Drown","The Mountaineers, Mountaineering: The Freedom of the Hills, 9e édition, traversée des cours d'eau","American Whitewater, code de sécurité en eau vive"],"corps":"::Quinze centimètres d'eau rapide suffisent à faire tomber un adulte, trente à faire flotter une voiture. Une rivière ne se traverse pas là où elle est étroite, mais là où elle est large, calme et peu profonde. Et souvent, la meilleure traversée est celle qu'on attend demain.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La force du courant** augmente très vite avec la vitesse : une eau deux fois plus rapide pousse quatre fois plus fort.\n- **Au-dessus du genou**, dans un courant vif, on ne tient plus debout longtemps.\n- **Une rivière en crue** charrie des branches et des pierres invisibles. Elle baisse souvent aussi vite qu'elle est montée.\n- **Les torrents de glacier et de fonte** sont au plus bas **tôt le matin** et grossissent tout l'après-midi.\n\n## AGIR\n\n**Choisir l'endroit**\n\n- **La partie large**, où l'eau s'étale et ralentit, souvent en plusieurs bras.\n- **Pas à l'extérieur d'un virage** (profond et rapide), **jamais juste au-dessus** d'une chute, d'un rapide ou d'un tronc en travers.\n- **Une sortie** facile sur l'autre rive, et une zone calme en aval au cas où.\n\n**Traverser seul**\n\n1. **Détacher la ceinture et la sangle de poitrine** du sac : si on tombe, on doit pouvoir s'en débarrasser.\n2. **Garder ses chaussures** : les pierres coupent et roulent.\n3. **Face au courant**, un bâton solide planté en amont comme troisième appui, pas chassés, un seul appui qui bouge à la fois.\n4. Avancer **en biais vers l'aval**, avec le courant plutôt que contre lui.\n\n**Traverser à plusieurs**\n\nCôte à côte, bras dessus bras dessous, face au courant, **le plus solide en amont** : il casse le courant pour les autres. On avance ensemble, au rythme du plus lent.\n\n**Emporté**\n\n- **Sur le dos, pieds devant**, en surface, pour repousser les rochers.\n- **Ne jamais essayer de se mettre debout** dans le courant : un pied coincé entre deux pierres, et l'eau vous plie en avant.\n- Nager en diagonale vers la rive, vers une zone calme.\n\n## ADAPTER\n\n**Après la traversée** : se sécher, se changer, manger. L'eau froide épuise en quelques minutes. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Une voiture** ne traverse jamais une route inondée. Voir [[TEC-TER-004]].\n\n**Dans le doute**, on remonte ou on descend la rivière pour chercher un pont, un gué, ou on attend que l'eau baisse. Mesurer la rivière : [[SURV-ORI-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-013","titre":"Le radioamateur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["radioamateur","radio","ondes courtes","antenne","dipole","morse","adrasec","licence","secours"],"sources":["ANFR, certificat d'opérateur du service d'amateur","FNRASEC, Fédération nationale des radioamateurs au service de la sécurité civile","ARRL, réponse des radioamateurs à l'ouragan Maria à Porto Rico, 2017"],"corps":"::En 2017, après l'ouragan Maria, Porto Rico n'avait plus de téléphone ni d'internet. Pendant des semaines, une partie des messages des hôpitaux et des familles est passée par des radioamateurs. Un fil tendu entre deux arbres, une batterie, un poste : et on parle à un autre continent.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **La propagation** : les ondes courtes rebondissent sur la haute atmosphère et font le tour de la Terre ; les ondes plus courtes restent locales. Il sait quelle bande utiliser selon l'heure et la distance.\n- **Les antennes** : les calculer, les construire, les régler.\n- **Le morse et les modes numériques**, qui passent là où la voix ne passe plus.\n- **Les procédures** : s'identifier, relayer un message sans le déformer.\n\n## Ce qu'un non-radioamateur peut apprendre\n\n- **Écouter** : un simple récepteur ondes courtes capte le monde entier. Voir [[TEC-RAD-001]].\n- **Les radios sans licence** (talkies-walkies PMR446, CB) pour parler localement. Voir [[SIG-COM-010]].\n- **L'antenne dipôle** : deux fils égaux alimentés au centre, d'une longueur totale d'environ **143 divisé par la fréquence en mégahertz**, en mètres. Pour 7,1 MHz, une vingtaine de mètres.\n- **Le morse**, qui se lit aussi avec une lampe. Voir [[SIG-COM-003]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nÉmettre sur les bandes amateurs sans licence est interdit. En France, un **examen** (technique et réglementation) donne un indicatif. On émet ensuite avec de la puissance, sur tout le globe.\n\n## Ses outils\n\nUn émetteur-récepteur, des antennes souvent faites maison, un appareil qui mesure si l'antenne est bien accordée, une batterie, un manipulateur morse, un carnet.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nIl ne dépend **d'aucune infrastructure** : ni antenne relais, ni câble, ni satellite. En France, les ADRASEC, associations de radioamateurs, appuient la sécurité civile et cherchent les balises de détresse des avions tombés.\n\nLes fréquences à connaître : [[SIG-COM-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-012","titre":"Le métier de boucher","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["boucher","viande","decoupe","carcasse","chaine du froid","trichine","sanglier","abats","metier"],"sources":["Règlement (CE) n° 853/2004, règles d'hygiène applicables aux denrées d'origine animale","ANSES, trichinellose et viande de sanglier","Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs, référentiels du métier"],"corps":"::Une vache de 600 kilos donne environ 250 kilos de viande. Le boucher sait en tirer chaque morceau, les nobles comme les autres, et ce qui reste fait les bouillons, les pâtés et les saucisses. « Dans le cochon, tout est bon » : à condition de savoir le découper.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **L'anatomie** : où passent les muscles, les os, les nerfs. Il découpe en suivant les séparations naturelles entre les muscles, sans les trancher au hasard.\n- **La chaîne du froid** : une carcasse doit descendre vite sous 7 °C, les abats sous 3 °C.\n- **La maturation** : laisser la viande rassir quelques jours au froid pour qu'elle devienne tendre.\n- **Désosser, parer, ficeler**, transformer (hachés, saucisses, salaisons).\n- **Repérer une viande suspecte** : couleur, odeur, lésions, parasites.\n\n## Ce qu'un non-boucher peut apprendre\n\n- Abattre proprement un petit animal, saigner, vider, découper les morceaux principaux. Voir [[TEC-ELE-007]] et [[SURV-RES-005]].\n- Refroidir vite, suspendre au frais, conserver par le sel ou la fumée. Voir [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]].\n- Utiliser les abats, les os et le gras : rien ne se jette.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nDécouper un gros animal (bœuf, cheval), juger l'état sanitaire d'une carcasse. **La viande de sanglier** et de porc élevé dehors peut porter la **trichine**, un ver invisible : en France, le gibier vendu est contrôlé, et en autoconsommation on cuit à cœur, sans exception.\n\n## Ses outils\n\nCouteaux à désosser, à trancher, feuille, scie, fusil pour l'affûtage, crochets, et un gant en cotte de mailles.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nUn animal abattu sans savoir-faire, c'est de la viande perdue en quelques jours. Le boucher tire le maximum d'une bête, la conserve, et évite les intoxications. Voir [[TEC-ATE-004]] pour garder les couteaux affûtés.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-011","titre":"Le métier de boulanger","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["boulanger","pain","levain","farine","four a bois","fermentation","mitron","metier"],"sources":["Loi n° 98-405 du 25 mai 1998 déterminant les conditions juridiques de l'exercice de la profession d'artisan boulanger","Calvel R., Le goût du pain, 1990","Denzer K., Build Your Own Earth Oven, 2007"],"corps":"::En octobre 1789, la foule ramène Louis XVI, la reine et leur fils de Versailles à Paris en criant qu'elle ramène « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Le pain était alors une affaire d'État. Il l'est redevenu chaque fois que la farine a manqué.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Les farines** : force, taux de cendres, ce que chacune supporte.\n- **La fermentation** : levain ou levure, température, durée. Tout le goût du pain se joue là.\n- **Pétrir, façonner, lamer**, cuire, et surtout le faire **en quantité**, chaque nuit, au même moment.\n- **Le four** : lire sa chaleur, enfourner au bon moment, gérer la vapeur.\n\nEn France, le titre de boulanger est protégé : il faut pétrir, façonner et cuire le pain sur place.\n\n## Ce qu'un non-boulanger peut apprendre\n\n- **Entretenir un levain** et faire un bon pain à la maison. Voir [[TEC-ALI-012]].\n- **Construire un four en terre** : de l'argile, du sable, de la paille, des briques, un week-end de travail.\n- **Moudre** son grain. Voir [[TEC-AGR-009]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nNourrir un village chaque jour. Passer d'un pain à des centaines demande une organisation, un four et un rythme qui s'apprennent en années.\n\n## Ses outils\n\nLe pétrin, les bannetons, la corne, la lame, la pelle à enfourner, le four, et une horloge intérieure réglée sur la pâte.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nLe pain est la calorie la moins chère : environ **1,3 kg de pain pour 1 kg de farine**. Une farine se stocke, un four se construit, mais celui qui sait faire lever cent pains dans une nuit est rare. Les émeutes de la faim, dans l'histoire, ont souvent commencé devant une boulangerie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-010","titre":"Le métier de forgeron","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["forgeron","forge","fer","outils","trempe","marechal-ferrant","ferronnier","metier"],"sources":["Bealer A.W., The Art of Blacksmithing, 1969","Dauzat A., Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France","Compagnons du Devoir, métiers de ferronnier et de forgeron"],"corps":"::Lefèvre, Lefebvre, Fabre, Faure, Favre : tous ces noms de famille viennent du latin faber, l'artisan qui travaille le fer. Smith en anglais, Schmidt en allemand, Kovač en slave. Pendant des siècles, il n'y avait pas de village sans forgeron, et tout le monde le connaissait.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Chauffer, frapper, plier, étirer, percer** le fer à chaud.\n- **Souder à la forge**, sans électricité.\n- **Tremper et revenir** pour donner à chaque outil sa dureté. Voir [[TEC-ATE-007]].\n- **Fabriquer et réparer** les outils du village : haches, socs, pioches, crochets, charnières, clous, chaînes.\n- **Reconnaître les aciers** à l'étincelle et au comportement. Voir [[TEC-ATE-005]].\n\n## Ce qu'un non-forgeron peut apprendre\n\nMonter une forge simple, lire la couleur du métal, faire un crochet, une pointe, redresser une pièce tordue, durcir un burin. Quelques week-ends suffisent pour les bases. Voir [[TEC-ATE-006]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nLes soudures à la forge solides, les grosses pièces, les outils qui doivent couper et durer, les pièces de sécurité (attelages, crochets de levage). Le ferrage des chevaux est un métier à part, le maréchal-ferrant, qui soigne aussi le pied.\n\n## Ses outils\n\nL'enclume, la forge et son soufflet, les marteaux, les pinces de toutes formes, l'étau à pied qui encaisse les coups, les tranches et les poinçons. Une bonne partie, il l'a forgée lui-même.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nTout outil finit par casser, et l'industrie qui les remplace peut s'arrêter. Le forgeron transforme de la ferraille de récupération en outils, et du charbon de bois en chaleur. Voir [[SURV-FEU-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-009","titre":"Le métier de couvreur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["couvreur","zingueur","toiture","tuiles","ardoises","zinc","solins","travail en hauteur","metier"],"sources":["UNESCO, Savoir-faire des couvreurs-zingueurs parisiens et des ornemanistes, patrimoine culturel immatériel, 2024","DTU série 40, couvertures","INRS, travaux en hauteur"],"corps":"::Une maison sans toit est perdue en un hiver : l'eau pourrit la charpente, les planchers, les murs. Après une tempête, le couvreur est l'artisan que tout le monde appelle en même temps. Le savoir-faire des couvreurs-zingueurs de Paris est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2024.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Faire couler l'eau** : chaque matériau a sa pente minimale, chaque recouvrement sa longueur.\n- **Poser** tuiles, ardoises, zinc, tôles, bardeaux.\n- **Les points faibles** : autour des cheminées, des fenêtres de toit, dans les noues (les creux entre deux pentes). C'est là que presque toutes les fuites commencent.\n- **Souder le zinc** à l'étain, façonner les gouttières.\n- **Ventiler** la toiture pour que la charpente reste sèche.\n- **Travailler en hauteur** sans tomber.\n\n## Ce qu'un non-couvreur peut apprendre\n\n- Chercher une fuite depuis le grenier, poser une **bâche d'urgence**, remplacer une tuile, nettoyer une gouttière. Voir [[TEC-CON-019]].\n- Monter une échelle correctement et s'attacher.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nRefaire une toiture, reprendre des solins autour d'une cheminée, poser de l'ardoise, travailler sur une pente raide ou haute. Les chutes de toit sont parmi les accidents du travail les plus mortels.\n\n## Ses outils\n\nUn harnais, des échelles et un échafaudage, le marteau de couvreur avec sa pointe à ardoise, la tranche, les cisailles et la plieuse à zinc, le fer à souder, les crochets et les chevilles.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nUn toit qui tient, c'est une maison habitable, des réserves au sec et des gens en bonne santé. Après une tempête ou une guerre, les villes se reconstruisent d'abord par les toits.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-008","titre":"Le métier de pharmacien","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pharmacien","medicaments","dci","interactions","paracetamol","preparations","pharmacie","metier"],"sources":["Ordre national des pharmaciens, missions du pharmacien d'officine","Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 2023","ANSM, surdosage en paracétamol et risque pour le foie"],"corps":"::Quand les rayons se vident, le pharmacien est celui qui sait par quoi remplacer ce qui manque. Et c'est lui qui repère que votre sirop contre le rhume contient déjà du paracétamol, alors que vous en prenez à côté : l'erreur qui fait le plus d'insuffisances du foie.::\n\n## Ce qu'il sait\n\nLes médicaments de A à Z : ce qu'ils font, à quelle dose, ce qui ne se mélange pas, qui ne doit pas les prendre, comment les conserver. Il prépare aussi des médicaments lui-même (pommades, gélules, sirops) et, en France, il vaccine.\n\n## Ce qu'un non-pharmacien peut apprendre\n\n- **Lire la DCI** : le nom de la molécule, écrit en petit sous la marque. Il est le même partout dans le monde, alors que les marques changent d'un pays à l'autre.\n- **Ne jamais doubler le paracétamol** : il se cache dans de nombreux médicaments contre le rhume et la douleur. Pas plus de 3 à 4 grammes par jour pour un adulte, moins en cas de fragilité du foie ou d'alcool.\n- **Les mélanges dangereux les plus courants** : anticoagulant avec aspirine ou ibuprofène, somnifères avec alcool.\n- **Les doses des enfants** se calculent selon le poids, pas l'âge.\n- **Garder une liste écrite** de ses traitements, avec les doses. Voir [[TEC-SAN-010]] pour les médicaments périmés.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nRemplacer un traitement vital (insuline, anticoagulant, antiépileptique) par un autre, préparer des injections stériles, manipuler les stupéfiants, calculer une dose délicate pour un nourrisson ou une personne âgée.\n\n## Ses outils\n\nUn dictionnaire des médicaments, une balance de précision, un mortier et un pilon, une gélulière, des flacons propres, et une mémoire des équivalences.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nIl est souvent le **premier professionnel de santé** qu'on trouve ouvert dans un village. En pénurie, il sait quels médicaments sont indispensables (l'OMS en tient la liste) et lesquels peuvent attendre. Il y a un siècle, il fabriquait presque tout lui-même dans son arrière-boutique.\n\nLes antibiotiques : [[TEC-SAN-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-007","titre":"Le métier de sage-femme","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["sage-femme","accouchement","grossesse","nouveau-ne","hemorragie","semmelweis","allaitement","metier"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Mortalité maternelle, principaux repères","UNFPA, OMS, ICM, The State of the World's Midwifery, 2021","Semmelweis I., Die Ätiologie, der Begriff und die Prophylaxis des Kindbettfiebers, 1861"],"corps":"::À Vienne, en 1847, les mères mouraient deux à trois fois plus dans le service des médecins que dans celui des sages-femmes. Les médecins venaient des autopsies sans se laver les mains. Aujourd'hui encore, selon l'ONU, des sages-femmes partout où il en manque éviteraient deux tiers des morts de mères et de nouveau-nés.::\n\n## Ce qu'elle sait\n\nSuivre une grossesse, repérer ce qui dévie de la normale, **mener un accouchement normal** de bout en bout, s'occuper du nouveau-né et de la mère après, accompagner l'allaitement, la contraception, le suivi gynécologique. En France, le métier est ouvert aux hommes depuis 1982, et ils portent le même nom.\n\n## Ce qu'un non-spécialiste peut apprendre\n\n- **Reconnaître le travail** et accompagner un accouchement qui se passe bien : ne pas tirer, protéger, attendre. Voir [[URG-SEC-007]].\n- **Les signes de danger** : saignement abondant, maux de tête avec vision trouble, fièvre, bébé qui ne respire pas.\n- **Le peau à peau** : le nouveau-né nu sur le ventre de sa mère, couvert, garde sa chaleur. Voir [[TEC-SAN-018]].\n- **Masser le ventre** après la délivrance pour que l'utérus se contracte et saigne moins.\n- **Aider à la mise au sein** dans la première heure.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans elle\n\nUn bébé qui se présente par le siège, des jumeaux, une hémorragie qui ne s'arrête pas, une naissance très prématurée, une mère qui convulse. Ces situations demandent des gestes appris sur des centaines de naissances.\n\n## Ses outils\n\nLe stéthoscope obstétrical de Pinard, un simple cornet de bois pour écouter le cœur du bébé, toujours utilisé dans le monde entier. Un tensiomètre, des gants, des clamps, des ciseaux stériles, et quelques médicaments qui arrêtent les hémorragies.\n\n## Pourquoi elle compte en crise\n\nLes naissances ne s'arrêtent pas : en France, environ **1 800 bébés** naissent chaque jour, guerre, panne ou épidémie. Dans le monde, une femme meurt de sa grossesse ou de son accouchement toutes les deux minutes, presque toujours de causes évitables.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-006","titre":"Les armes à feu, familles et fonctionnement","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["armes a feu","cartouche","pistolet","revolver","carabine","fusil de chasse","securite","portee","categories"],"sources":["Code de la sécurité intérieure, classification des armes en catégories A, B, C et D","Fédération française de tir, règles de sécurité","Cooper J., les quatre règles de sécurité du maniement des armes"],"corps":"::Une balle de carabine reste mortelle à plusieurs kilomètres, et traverse les cloisons d'une maison comme du carton. La plupart des accidents viennent d'armes « déchargées ». Connaître les armes à feu, c'est d'abord savoir pourquoi on les respecte.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**La cartouche** : une douille qui contient la poudre, fermée par le projectile, avec une amorce au culot. Le percuteur frappe l'amorce, la poudre brûle d'un coup, les gaz poussent le projectile dans le canon. **Chaque arme n'accepte que son calibre** ; une mauvaise cartouche peut faire exploser l'arme. Voir [[SURV-MUN-001]].\n\n**Les grandes familles**\n\n- **Le pistolet** : arme de poing, le plus souvent semi-automatique (un tir à chaque pression, l'arme se recharge seule avec un chargeur).\n- **Le revolver** : arme de poing à barillet, qui tourne à chaque coup.\n- **La carabine** (arme d'épaule à canon rayé) : à verrou (on réarme à la main), à levier, ou semi-automatique. Précise et à longue portée.\n- **Le fusil de chasse** (canon lisse) : tire des plombs ou une balle unique, à un ou deux canons, ou à pompe.\n- **Les armes automatiques** (qui tirent en rafale tant qu'on appuie) : militaires, interdites aux particuliers.\n\n**Les portées dangereuses**\n\n- **Plombs de chasse** : quelques centaines de mètres.\n- **Petit calibre (22 Long Rifle)** : plus d'un kilomètre.\n- **Balles de carabine** : plusieurs kilomètres.\n\n**Ce qui arrête une balle** : le bloc moteur d'une voiture, un mur épais en pierre, en béton ou en terre, un gros tronc. **Ce qui ne l'arrête pas** : une portière, une cloison, une porte, un buisson. Se cacher n'est pas s'abriter.\n\n## AGIR\n\n**Les quatre règles**, appliquées dans les armées, les stands et les chasses du monde entier :\n\n1. **Toute arme est considérée comme chargée**, toujours.\n2. **Ne jamais pointer** l'arme vers ce qu'on n'accepte pas de détruire.\n3. **L'index hors de la détente** tant qu'on n'est pas prêt à tirer.\n4. **Connaître sa cible et ce qu'il y a derrière.**\n\n**Une arme trouvée** : on ne la ramasse pas, on la signale. Voir [[SURV-ARM-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**En France**, les armes sont classées en quatre catégories : A (interdites), B (soumises à autorisation), C (à déclarer, la plupart des armes de chasse et de tir), D. La détention demande un permis de chasser ou une licence de tir, et un rangement sous clé.\n\n**À la maison** : arme déchargée, **dans un coffre fermé**, munitions rangées à part. Les accidents d'enfants arrivent presque tous avec une arme laissée accessible.\n\n**L'oreille** : un coup de feu dépasse 140 décibels, assez pour abîmer l'audition en une fois. Protections auditives au stand et à la chasse.","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-010","titre":"Les marées","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["marees","lune","coefficient","vives-eaux","mortes-eaux","regle des douziemes","peche a pied","gois"],"sources":["SHOM, Service hydrographique et océanographique de la Marine, annuaire et prédictions de marée","NOAA, Tides and Water Levels, ressources pédagogiques"],"corps":"::Deux fois par jour, sur la route du Gois vers l'île de Noirmoutier, la mer recouvre la chaussée. Chaque année, des voitures s'y font prendre, et les conducteurs finissent sur les balises refuges. La marée ne prévient pas, mais elle se calcule.::\n\n## Pourquoi la mer monte\n\nLa **Lune** attire l'eau des océans, et le **Soleil** un peu aussi. La Terre tourne sous deux bourrelets d'eau : d'où **deux marées hautes par jour**, environ toutes les 12 h 25. Chaque jour, la marée arrive **à peu près 50 minutes plus tard** que la veille.\n\n## Vives-eaux et mortes-eaux\n\n- **Pleine lune et nouvelle lune** : Lune et Soleil tirent ensemble, les marées sont fortes (**vives-eaux**).\n- **Premier et dernier quartier** : ils tirent en travers, les marées sont faibles (**mortes-eaux**).\n\nEn France, le **coefficient** mesure la force de la marée, de 20 à 120. Au-dessus de 100, c'est une grande marée : la mer descend très loin, et remonte très vite.\n\n## La règle des douzièmes\n\nEntre la basse mer et la pleine mer, il y a environ six heures. La mer monte de :\n\n- **1 douzième** la première heure,\n- **2** la deuxième,\n- **3** la troisième,\n- **3** la quatrième,\n- **2** la cinquième,\n- **1** la sixième.\n\n**Au milieu de la marée, la mer monte trois fois plus vite qu'au début.** C'est là qu'on se fait piéger.\n\n## Selon les côtes\n\n- **La Manche et l'Atlantique** : fortes marées. Dans la baie du Mont-Saint-Michel, jusqu'à 14 mètres entre basse et pleine mer, parmi les plus fortes d'Europe.\n- **La Méditerranée** : quelques dizaines de centimètres. On ne la remarque presque pas.\n\n## En pratique\n\n- **Les horaires de marée** du lieu exact (le SHOM, les capitaineries, les offices de tourisme), et on compte à partir de la basse mer.\n- **La pêche à pied** : partir deux heures avant la basse mer, revenir au plus tard à son heure. Voir [[SURV-RES-008]].\n- **Les baies et les vasières** : jamais sans connaître l'heure. Voir [[SURV-MIL-008]].\n\nLes astuces de marin : [[SURV-MAR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-009","titre":"Canicules et sécheresses","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["canicule","secheresse","chaleur","ilot de chaleur","nuits tropicales","restrictions d'eau","paillage","vigieau"],"sources":["Ballester J. et al., Heat-related mortality in Europe during the summer of 2022, Nature Medicine, 2023","Santé publique France et Météo-France, système d'alerte canicule et santé","VigiEau, restrictions d'eau en vigueur (ministère de la Transition écologique)"],"corps":"::L'été 2022 a tué plus de 60 000 personnes en Europe par la chaleur. Ce ne sont pas les après-midi à 40 °C qui tuent le plus, ce sont les nuits qui ne descendent plus sous 20 °C : le corps n'a plus le temps de récupérer.::\n\n## La canicule\n\nEn France, on parle de canicule quand il fait très chaud **le jour et la nuit pendant au moins trois jours**, selon des seuils propres à chaque département (à Paris, 31 °C le jour et 21 °C la nuit).\n\n- **Les villes** sont plusieurs degrés plus chaudes que la campagne la nuit, parfois près de dix : le béton et le bitume rendent la chaleur accumulée.\n- **Les plus fragiles** : personnes âgées, bébés, malades, travailleurs dehors, gens seuls. Voir [[TEC-SAN-025]].\n\n**Tenir** : volets fermés le jour, fenêtres ouvertes la nuit, boire, se mouiller la peau, une visite ou un appel par jour aux personnes seules. Voir [[TEC-CON-013]] et [[URG-CHAL-001]].\n\n## Les trois sécheresses\n\n1. **Météorologique** : il ne pleut pas assez.\n2. **Des sols** : la terre s'assèche, les cultures souffrent.\n3. **Des rivières et des nappes** : les sources baissent, les puits aussi. Elle arrive plus tard et dure plus longtemps. Voir [[TEC-TER-007]].\n\n**Les restrictions d'eau** sont décidées par la préfecture et consultables en ligne (VigiEau) : arrosage, lavage des voitures, remplissage des piscines.\n\n## Faire avec moins d'eau\n\n- **Pailler** le potager : la paille ou les feuilles réduisent énormément l'évaporation. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Arroser le soir ou tôt le matin**, au pied, moins souvent mais en profondeur.\n- **Récupérer l'eau de pluie** en hiver pour l'été. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Réutiliser** l'eau de cuisson des légumes et de rinçage pour les plantes.\n\n## Le feu\n\nSécheresse et canicule ensemble, avec du vent : c'est la météo des grands feux. Voir [[TEC-TER-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-008","titre":"Les cyclones et les tempêtes","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cyclone","ouragan","typhon","tempete","oeil","maree de tempete","saffir-simpson","xynthia","lothar"],"sources":["NOAA, National Hurricane Center, échelle de Saffir-Simpson et marée de tempête","NOAA, Hurricane Research Division, questions fréquentes","Météo-France, tempêtes Lothar et Martin (1999) et Xynthia (2010)"],"corps":"::Un cyclone tropical libère chaque jour environ deux cents fois l'électricité produite par toute l'humanité. Pourtant, ce n'est pas le vent qui tue le plus : c'est la mer qui monte avec lui.::\n\n## Ouragan, typhon, cyclone\n\nLe même phénomène, trois noms selon l'océan : **ouragan** dans l'Atlantique, **typhon** dans le Pacifique Ouest, **cyclone** dans l'océan Indien et le Pacifique Sud.\n\n## Comment il naît\n\n- **Une mer très chaude**, au moins 26 °C sur une bonne épaisseur, fournit l'énergie : l'eau évaporée libère sa chaleur en se condensant dans les nuages.\n- **La rotation de la Terre** fait tourner le tout, en sens inverse des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Nord. C'est pour ça qu'il n'y en a jamais sur l'équateur.\n- Sur terre, privé d'eau chaude, il s'affaiblit, mais peut encore déverser des pluies énormes.\n\n## L'œil\n\nAu centre, un cercle de **calme** et parfois de ciel bleu. Autour, le **mur de l'œil**, où les vents sont les plus forts. **Le piège** : quand l'œil passe, on croit que c'est fini. Une demi-heure plus tard, le vent revient aussi fort, **dans l'autre sens**. On ne sort pas.\n\n## L'échelle\n\nL'échelle de **Saffir-Simpson** classe les ouragans de 1 (vents de 119 km/h) à 5 (plus de 250 km/h). Mais la catégorie ne dit rien de la pluie ni de la mer.\n\n## Ce qui tue\n\n- **La marée de tempête** : le vent et la basse pression soulèvent la mer de plusieurs mètres, qui envahit les côtes basses. C'est historiquement la première cause de mort.\n- **Les inondations** de l'intérieur, par les pluies. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Les objets projetés**, les chutes d'arbres, les lignes électriques.\n\n## En France\n\nLes Antilles, La Réunion, Mayotte et la Polynésie vivent avec les cyclones. En métropole, ce sont les **tempêtes d'hiver** : **Lothar et Martin**, en décembre 1999, ont couché des forêts entières et privé des millions de foyers d'électricité ; **Xynthia**, en 2010, a noyé des maisons construites en zone basse derrière des digues, en Vendée.\n\nSe protéger pendant la tempête : [[URG-TEM-001]]. La toiture après : [[TEC-CON-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-007","titre":"Le cycle de l'eau","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cycle de l'eau","evaporation","pluie","nappes","sources","transpiration","eau douce","empreinte eau"],"sources":["USGS, The Water Cycle et répartition de l'eau sur Terre","Gleick P.H., Water in Crisis: A Guide to the World's Fresh Water Resources, Oxford University Press, 1993","Mekonnen M.M., Hoekstra A.Y., A global assessment of the water footprint of farm animal products, Ecosystems, 2012"],"corps":"::La quantité d'eau sur Terre ne change presque pas : elle tourne, depuis des milliards d'années. Celle de votre verre est peut-être passée par un nuage la semaine dernière, et par une nappe souterraine pendant mille ans avant ça.::\n\n## Où est l'eau\n\n- **97,5 %** de l'eau de la Terre est salée.\n- Des 2,5 % d'eau douce, plus des deux tiers sont **gelés** dans les glaciers et les calottes, presque un tiers est **sous terre**.\n- **Les lacs et les rivières** en représentent moins de 1 %. Toute l'eau qu'on voit n'est qu'une goutte.\n\n## Le cycle\n\n1. **Le soleil évapore** l'eau des océans surtout, des lacs, des sols.\n2. **Les plantes transpirent** : un grand arbre rend à l'air plusieurs centaines de litres par jour en été.\n3. **La vapeur monte, refroidit, se condense** en nuages. Elle y reste en moyenne une dizaine de jours.\n4. **Elle retombe** en pluie ou en neige.\n5. **Une partie ruisselle** vers les rivières, **une partie s'infiltre** et remplit les nappes, qu'elle traverse pendant des années, des siècles, parfois des millénaires.\n\n## Ce qu'on en tire en pratique\n\n- **La pluie** est de l'eau évaporée puis condensée : presque pure en tombant. C'est le toit et le récipient qui la salissent. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Les sources coulent en été** parce qu'elles vidangent lentement les nappes remplies en hiver.\n- **Pour trouver de l'eau** : le bas des pentes, les creux, la végétation plus verte qu'ailleurs. Voir [[SURV-EAU-005]].\n- **Un sol couvert** (paillage, herbe, forêt) garde l'eau et la laisse s'infiltrer ; **un sol nu** la laisse ruisseler et s'évaporer. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Le béton et le bitume** envoient la pluie directement aux égouts : les villes inondent vite et s'assèchent vite.\n\n## L'eau cachée\n\nIl faut environ **15 000 litres d'eau** (pluie comprise) pour produire un kilo de bœuf, quelques centaines pour un kilo de céréales. L'eau qu'on consomme le plus ne sort pas du robinet : elle est dans l'assiette.\n\nDistiller l'eau comme le fait le soleil : [[SURV-EAU-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-006","titre":"Le climat et son changement","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["climat","rechauffement","effet de serre","co2","giec","canicule","niveau de la mer","adaptation"],"sources":["GIEC, Sixième rapport d'évaluation, 2021-2023","Organisation météorologique mondiale, État du climat mondial 2024","Météo-France, le changement climatique en France"],"corps":"::L'effet de serre a été décrit par Fourier en 1824, mesuré par Tyndall en 1859, et Arrhenius a calculé en 1896 ce que doublerait le gaz carbonique. Ce n'est pas une idée neuve : c'est de la physique vieille de deux siècles, qu'on voit maintenant sur les thermomètres.::\n\n## Météo et climat\n\n- **La météo**, c'est le temps qu'il fait aujourd'hui.\n- **Le climat**, c'est la moyenne sur trente ans. Un hiver froid ne dit rien du climat ; trente étés chauds, si.\n\n## L'effet de serre\n\nCertains gaz de l'air (vapeur d'eau, gaz carbonique, méthane) laissent entrer la lumière du soleil mais retiennent une partie de la chaleur que la Terre renvoie. **Sans eux, la Terre serait à -18 °C en moyenne** au lieu de 15 °C. En ajoutant du gaz carbonique, on épaissit la couverture.\n\n## Ce qui a changé\n\n- **Le gaz carbonique** est passé d'environ 280 parties par million avant l'industrie à **plus de 420** aujourd'hui, en brûlant charbon, pétrole et gaz.\n- **La Terre s'est réchauffée** d'environ 1,2 °C en moyenne ; 2024 a été la première année au-dessus de 1,5 °C. **La France**, comme tous les continents, se réchauffe plus vite que la moyenne : environ 1,7 °C depuis 1900.\n- **La mer** est montée d'environ 20 cm depuis 1900, et monte plus vite.\n- **Chaque degré** permet à l'air de contenir environ 7 % d'eau en plus : des pluies plus violentes quand il pleut, des sécheresses plus sévères entre deux.\n\n## Ce que ça change en pratique\n\n- **Plus de canicules** et de nuits chaudes. Voir [[TEC-TER-009]] et [[TEC-CON-013]].\n- **Plus de sécheresses** et de feux de forêt. Voir [[TEC-TER-001]].\n- **Des pluies plus violentes** et des crues. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Au jardin** : semer plus tôt, pailler, garder l'eau, choisir des variétés qui supportent la chaleur. Voir [[TEC-AGR-008]].\n\n## Ce qui est sûr et ce qui ne l'est pas\n\n**Sûr** : le réchauffement est réel, il vient des activités humaines, il continuera tant que les émissions continuent. **Incertain** : sa vitesse exacte, et ce que chaque région vivra précisément. Le climat a toujours changé, mais jamais aussi vite depuis que les humains cultivent la terre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-005","titre":"Les volcans","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["volcans","eruption","nuee ardente","lahar","cendres","montagne pelee","piton de la fournaise","chaine des puys"],"sources":["USGS, Volcano Hazards Program","Institut de physique du globe de Paris, observatoires volcanologiques de Martinique, de Guadeloupe et de La Réunion","Brown S.K. et al., Global volcanic hazard and risk, Cambridge University Press, 2015"],"corps":"::Le 8 mai 1902, la montagne Pelée a tué presque toute la ville de Saint-Pierre, en Martinique, environ 28 000 personnes, en quelques minutes. L'un des rares survivants était un prisonnier, protégé par les murs épais de son cachot. Environ 800 millions de personnes vivent aujourd'hui à moins de 100 km d'un volcan actif.::\n\n## Deux familles\n\n- **Les volcans effusifs** laissent couler la lave : spectaculaires, lents, rarement meurtriers. Le Piton de la Fournaise, à La Réunion, est l'un des plus actifs du monde.\n- **Les volcans explosifs** accumulent la pression puis explosent : Vésuve, montagne Pelée, Pinatubo. Ce sont eux qui tuent.\n\n## Ce qui tue\n\n- **Les nuées ardentes** : un nuage de gaz et de cendres à plusieurs centaines de degrés qui dévale les pentes à plus de 100 km/h. On ne les fuit pas, on part avant.\n- **Les lahars** : des coulées de boue de cendres et d'eau qui suivent les vallées, parfois des heures après l'éruption. En 1985, en Colombie, un lahar a enseveli la ville d'Armero : plus de 20 000 morts.\n- **Les cendres** : du verre broyé. Elles abîment les poumons, les yeux, les moteurs, et **effondrent les toits** quand elles s'accumulent mouillées.\n- **Les gaz** : le gaz carbonique, plus lourd que l'air, s'accumule dans les creux et étouffe sans odeur.\n\n## Si ça arrive\n\n- **Suivre les ordres d'évacuation** sans discuter : les observatoires surveillent les volcans et préviennent souvent des jours à l'avance.\n- **Sous les cendres** : rester à l'intérieur, fenêtres fermées, masque FFP2 ou linge humide, lunettes. Dégager les toits plats avant que la couche ne s'épaississe, avec prudence.\n- **Pas de voiture** : les cendres glissent comme du verglas et bouchent les filtres.\n- **Loin des vallées** et des lits de rivière, à cause des lahars.\n\n## En France\n\nLes volcans d'Auvergne dorment : le dernier réveil, celui du lac Pavin, date d'il y a près de 7 000 ans. Les volcans actifs sont outre-mer : Piton de la Fournaise, montagne Pelée, Soufrière de Guadeloupe, tous surveillés en permanence.\n\n## Le paradoxe\n\nLes cendres donnent parmi les sols les plus fertiles du monde. C'est pour ça qu'on vit au pied des volcans. Voir [[TEC-SOL-001]].\n\nLes séismes, qui les accompagnent souvent : [[TEC-TER-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-004","titre":"L'abri en ville","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["abri","ville","rue","115","carton","hebergement d'urgence","securite","sans-abri","seisme"],"sources":["Samu social, 115 : hébergement d'urgence","Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre), rapport annuel sur l'état du mal-logement","Croix-Rouge française, maraudes et conseils par grand froid"],"corps":"::Dormir dehors en ville, ce n'est pas le froid qui fait le plus peur à ceux qui l'ont vécu : c'est d'être seul, visible et endormi. Les gens de la rue qui tiennent des années le disent tous : on choisit son coin pour la sécurité d'abord, pour le confort ensuite.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le froid** en ville vient surtout du sol (béton, pavés) et du vent qui s'engouffre dans les rues.\n- **Les dangers** sont humains : vols, agressions, surtout la nuit et pour ceux qui dorment seuls.\n- **Après une catastrophe** (séisme, explosion), le danger vient aussi des bâtiments abîmés.\n\n## AGIR\n\n**Trouver une place**\n\n- **Le 115**, gratuit, jour et nuit, cherche une place d'hébergement d'urgence. Souvent saturé l'hiver : appeler tôt, rappeler.\n- **Le jour** : bibliothèques, gares, accueils de jour, lieux de culte, centres commerciaux pour la chaleur, les toilettes, les prises.\n- **La nuit** : un recoin abrité du vent et de la pluie, où l'on n'est pas seul (près d'autres personnes, d'un lieu éclairé ou filmé), avec une sortie.\n\n**Se tenir chaud**\n\n- **Le carton** est un excellent isolant : plusieurs couches **sous** soi, c'est là que part la chaleur.\n- **Le papier journal** froissé sous les vêtements ou dans le duvet.\n- **Une couverture de survie** entre deux couches, un bonnet, des chaussettes sèches pour la nuit.\n\n**Protéger ses affaires**\n\n- Le sac **sous la tête** ou attaché au poignet, les chaussures dans le duvet ou attachées.\n- Les papiers et l'argent **sur soi**, dans une poche intérieure.\n\n## ADAPTER\n\n**Après un séisme** : jamais retourner dormir dans un bâtiment fissuré. On dort dehors, dans les parcs et les espaces dégagés, loin des façades. Voir [[SURV-CRI-002]].\n\n**Occuper un logement vide** qui appartient à quelqu'un est un délit en France. Les squats font partie de la réalité, mais on connaît le risque.\n\n**Une voiture** fait un meilleur abri qu'un trottoir. Voir [[SURV-DEP-005]]. La ville en ruines : [[SURV-MIL-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-003","titre":"L'abri pour l'hiver","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["abri","hiver","hutte de debris","grotte de neige","quinzee","isolation du sol","tente dans une piece","piege a froid"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur les abris","Brown T., Tom Brown's Field Guide to Wilderness Survival, 1983"],"corps":"::Dans un igloo, l'entrée est plus basse que la plate-forme où l'on dort : l'air froid, plus lourd, reste coincé dans le tunnel. Par -30 °C dehors, il fait autour de 0 °C dedans, chauffé par les corps et une lampe. Un bon abri d'hiver, c'est trois idées : petit, isolé du sol, protégé du vent.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le sol vole la chaleur** bien plus vite que l'air. Dormir directement sur la terre gelée, c'est se vider de sa chaleur toute la nuit.\n- **Le volume** : chaque mètre cube en trop est de l'air à réchauffer. L'abri est à peine plus grand que ceux qui dorment dedans.\n- **Le vent** emporte la chaleur et transperce tout. L'entrée tourne le dos au vent.\n- **L'air chaud monte, le froid descend** : on dort en hauteur, l'entrée en bas.\n\n## AGIR\n\n**La hutte de débris** (forêt, sans matériel)\n1. Une longue perche posée sur une souche ou une fourche, à hauteur de hanche, l'autre bout au sol.\n2. Des branches en travers le long des deux côtés, comme des côtes.\n3. **Une épaisse couche de feuilles, d'aiguilles, d'herbes sèches** par-dessus : **au moins l'épaisseur d'un avant-bras tendu**, plus s'il gèle fort.\n4. Dedans, un matelas de feuilles de 30 cm tassées, **plus épais que ce qui paraît raisonnable**.\n5. Un tas de feuilles à tirer devant l'entrée une fois à l'intérieur.\n\nDeux heures de travail, et on dort au chaud sans feu.\n\n**Dans la neige**\n- **La tranchée** : une tranchée de la taille du corps, couverte de branches ou d'une bâche, puis de neige.\n- **La grotte de neige ou le quinzee** (un gros tas de neige tassé, laissé durcir une à deux heures, puis évidé) : parois d'au moins 30 cm, voûte lisse pour que les gouttes glissent, **un trou d'aération** au sommet, entrée plus basse que le couchage.\n- **Une bougie** suffit à gagner plusieurs degrés dans un petit abri de neige.\n\n**Dans un bâtiment sans chauffage**\n- La **plus petite pièce**, au centre du bâtiment, loin des murs extérieurs.\n- **Une tente montée dans la pièce** : elle gagne plusieurs degrés avec la seule chaleur des corps.\n- Fenêtres couvertes de couvertures, de cartons, de bâches.\n\n## ADAPTER\n\n**Toujours aérer** un abri où brûle une flamme : monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**L'humidité** : le souffle mouille l'abri et le duvet. Une aération en haut, et on sèche ses affaires dès qu'il y a du soleil.\n\nDormir au chaud avec peu : [[SURV-ABRI-002]]. L'abri d'urgence : [[SURV-ABRI-001]]. Le grand froid : [[SURV-MIL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-029","titre":"La douleur et les antalgiques","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["douleur","antalgiques","paracetamol","ibuprofene","aspirine","doses","enfant","grossesse","froid","attelle"],"sources":["ANSM, bon usage du paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens","Haute Autorité de santé, prise en charge médicamenteuse de la douleur aiguë chez l'enfant, 2016","Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 2023"],"corps":"::Une attelle bien posée sur une jambe cassée soulage plus que n'importe quel comprimé. Contre la douleur, les médicaments ne sont qu'une partie de la réponse, et le plus banal d'entre eux, le paracétamol, est aussi, en France, la première cause de greffe du foie due à un médicament, quand on dépasse la dose.::\n\n## Sans médicament\n\n- **Immobiliser** ce qui est cassé ou foulé. Voir [[URG-FRAC-001]].\n- **Le froid** sur un coup, une entorse, une brûlure récente (les deux premiers jours), jamais la glace directement sur la peau.\n- **Le chaud** sur une contracture, un mal de dos, des règles douloureuses.\n- **Surélever** un membre qui gonfle.\n- **Rassurer, expliquer, respirer lentement** : la peur augmente la douleur, c'est mesuré.\n\n## Le paracétamol\n\n- **Adulte** : 500 mg à 1 g par prise, **au moins 4 heures entre deux prises**, **3 g par jour** en usage courant (4 g au maximum, sur avis).\n- **Enfant** : 15 mg par kilo par prise, toutes les 6 heures. Pour 20 kg : 300 mg.\n- **Moins** chez les personnes de moins de 50 kg, dénutries, qui boivent de l'alcool, ou malades du foie.\n- **Le piège** : il se cache dans beaucoup de médicaments contre le rhume. On lit les boîtes.\n\n## L'ibuprofène\n\n- **Adulte** : 200 à 400 mg par prise, 1 200 mg par jour au maximum sans avis médical, **pendant le repas**.\n- **Enfant** (à partir de 3 mois) : 20 à 30 mg par kilo et par jour, en 3 ou 4 prises.\n- **Interdit** : à partir du 6e mois de grossesse, en cas d'ulcère, d'insuffisance rénale, de déshydratation, avec un anticoagulant, pendant la varicelle.\n- Il peut masquer et aggraver une infection : en cas de fièvre avec infection, le paracétamol d'abord.\n\n## L'aspirine\n\nEfficace, mais **jamais chez l'enfant**, jamais avec un anticoagulant, jamais avant une opération ou avec un saignement.\n\n## Les antidouleurs forts\n\nCodéine, tramadol, morphine : sur ordonnance. Ils endorment, constipent, et à forte dose **arrêtent la respiration**, surtout avec l'alcool ou des somnifères. La codéine est interdite avant 12 ans.\n\n## La douleur qui prévient\n\n**Une douleur brutale et violente** dans la poitrine, le ventre, la tête (la pire de sa vie) : on ne la cache pas sous un comprimé, on appelle le 15. Voir [[URG-SEC-005]].\n\nMesurer la douleur d'un enfant ou d'un étranger : l'échelle des visages, [[TEC-IDE-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-028","titre":"Pansements et bandages","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pansement","bandage","plaie","cicatrisation humide","echarpe","entorse","infection","film alimentaire"],"sources":["Winter G.D., Formation of the scab and the rate of epithelization of superficial wounds in the skin of the young domestic pig, Nature, 1962","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours","NHS, Burns and scalds (film alimentaire après refroidissement)"],"corps":"::En 1962, un chercheur a montré qu'une plaie gardée humide sous un pansement cicatrise environ deux fois plus vite qu'une plaie laissée sécher à l'air. La croûte n'est pas un signe de bonne guérison : c'est un obstacle.::\n\n## Le principe\n\n1. **Laver** la plaie à l'eau propre en abondance, savon autour. Voir [[URG-SEC-009]].\n2. **Couvrir** : le pansement protège des microbes et garde l'humidité.\n3. **Surveiller et changer** : quand il est traversé, sale, ou tous les un à trois jours.\n\n## Avec ce qu'on a\n\n- **Un tissu en coton propre**, bouilli ou repassé au fer très chaud, fait une compresse.\n- **Les serviettes hygiéniques** : très absorbantes, emballées propres, parfaites sur une plaie qui saigne.\n- **Le film alimentaire** sur une brûlure, **après** l'avoir refroidie à l'eau : il protège sans coller. Voir [[URG-BRUL-001]].\n- **Un peu de vaseline ou de miel** sous la compresse empêche qu'elle colle. Voir [[TEC-BOT-006]].\n- **Du ruban adhésif** découpé en papillons rapproche les bords d'une petite coupure.\n\n**À éviter** : le coton hydrophile directement sur la plaie (ses fibres s'y collent), l'alcool dans la plaie (il abîme la chair), un bandage serré en rond autour d'un membre qui gonfle.\n\n## Les bandages\n\n- **L'entorse** : bande en huit autour de la cheville ou du poignet, ferme sans serrer.\n- **Le test** : les doigts ou les orteils doivent rester roses et chauds ; en appuyant sur un ongle, la couleur revient en moins de deux secondes. Sinon, on desserre.\n- **L'écharpe** : un grand triangle de tissu noué derrière le cou soutient un bras blessé.\n- **Le pansement compressif** pour arrêter un saignement : voir [[URG-HEMO-001]].\n\n## L'infection\n\n**Rougeur qui s'étend, chaleur, gonflement, pus, douleur qui augmente au lieu de diminuer, traînée rouge qui remonte le long du membre, fièvre** : la plaie s'infecte. Il faut un avis médical, souvent des antibiotiques. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\nLa trousse de soins : [[TEC-SAN-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-027","titre":"Gelures, engelures et pied de tranchée","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["gelures","engelures","pied de tranchee","froid","rechauffer","chaussettes","pieds","1914-1918"],"sources":["McIntosh S.E. et al., Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Frostbite, 2019","Atenstaedt R.L., Trench foot: the medical response in the early trench warfare period, 1914-15, Wilderness & Environmental Medicine, 2006"],"corps":"::Pendant la Grande Guerre, des dizaines de milliers de soldats ont perdu l'usage de leurs pieds sans qu'il gèle : juste de l'eau froide dans les bottes, pendant des jours. Les officiers britanniques ont fini par inspecter les pieds de leurs hommes chaque jour. Les pieds, c'est ce qui vous ramène à la maison.::\n\n## Trois choses différentes\n\n- **Les engelures** : des plaques rouges ou violacées, gonflées, qui démangent et brûlent, sur les orteils, les doigts, les oreilles, après du froid humide. Bénignes, elles guérissent en une à trois semaines.\n- **Le pied de tranchée** : des pieds **mouillés et froids** pendant des heures ou des jours, même à 10 °C. Ils deviennent pâles, gonflés, engourdis, puis rouges et très douloureux, parfois avec des cloques et des plaies.\n- **Les gelures** : la peau et la chair **gèlent**. D'abord blanches, dures, insensibles ; au réchauffement, rouges, violacées, avec des cloques, parfois noires les jours suivants.\n\n## Prévenir\n\n- **Pieds secs** : changer de chaussettes chaque jour, en garder une paire en train de sécher contre le corps.\n- **Aérer et masser** ses pieds le soir, les sécher, un peu de talc si on en a.\n- **Jamais dormir** chaussures mouillées aux pieds.\n- **Rien de serré** : chaussures, chaussettes, gants trop justes coupent la circulation.\n- **Se surveiller à deux** : les joues, le nez, les oreilles qui blanchissent se voient mieux chez l'autre.\n\n## Soigner une gelure\n\n1. **À l'abri d'abord.** **Ne jamais réchauffer s'il y a un risque de regeler** : un membre qui regèle s'abîme bien plus que s'il était resté gelé.\n2. **Réchauffer dans l'eau à 37-39 °C**, pas plus (tester avec le coude), 15 à 30 minutes, jusqu'à ce que la peau redevienne souple et rouge.\n3. **Ça fait très mal** : ibuprofène si possible.\n4. **Ne jamais frotter**, ni avec de la neige, ni avec les mains. Ne pas percer les cloques.\n5. Pansements secs et lâches, une compresse entre les orteils, le membre surélevé.\n6. **Consulter**. Les parties noires se délimitent en semaines : les chirurgiens disent « gelé en janvier, amputé en juillet ». On ne coupe jamais trop tôt.\n\n## Soigner le pied de tranchée\n\nSécher, réchauffer **doucement** à l'air, surélever, ne plus marcher dessus si possible. Il reste souvent des douleurs et une sensibilité au froid pendant des mois.\n\nLe froid en général : [[SURV-MIL-001]] et [[URG-HYPO-001]]. Les pieds en marche : [[SURV-DEP-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-023","titre":"Changer une roue","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["roue","crevaison","cric","roue de secours","galette","ecrou antivol","kit anti-crevaison","securite routiere"],"sources":["Sécurité routière (France), conduite à tenir en cas de panne ou de crevaison","Manuels des constructeurs automobiles (points de levage, roue de secours temporaire, kit anti-crevaison)"],"corps":"::Le plus souvent, ce n'est pas la roue qui pose problème : c'est l'écrou antivol dont personne ne sait où est la clé, ou une roue de secours à plat depuis cinq ans. Changer une roue prend vingt minutes, à condition de l'avoir préparé le jour où il ne pleut pas.::\n\n## D'abord, la sécurité\n\n- Se garer **le plus loin possible de la circulation**, sur un sol plat et dur.\n- **Feux de détresse**, **gilet** enfilé avant de sortir, **triangle** à 30 m au moins derrière la voiture.\n- **Sur autoroute** : tout le monde derrière la glissière. Si poser le triangle est dangereux, on ne le pose pas, et on appelle la borne orange ou le 112.\n\n## Changer la roue\n\n1. **Frein à main serré**, une vitesse engagée (ou P), une cale (pierre, bois) contre la roue opposée.\n2. **Desserrer les écrous d'un quart de tour**, voiture encore au sol, sinon la roue tourne dans le vide. Appui du pied sur la clé si c'est dur.\n3. **Placer le cric au point de levage** : une encoche ou un repère sous le bas de caisse, près de la roue. Ailleurs, on plie la tôle ou la voiture tombe.\n4. **Lever** juste assez pour que la roue décolle, puis un peu plus (la roue gonflée est plus haute que la crevée).\n5. **Retirer les écrous et la roue.** Jamais une main ou une jambe sous la voiture.\n6. **Poser la roue de secours**, visser les écrous **à la main**, en étoile.\n7. **Redescendre**, puis serrer fort, **en étoile**.\n8. **Resserrer** au bout d'une cinquantaine de kilomètres.\n\n## La galette et le kit\n\n- **La roue galette** (roue de secours étroite) : **80 km/h au maximum**, le temps d'aller au garage.\n- **Le kit anti-crevaison** (mousse et compresseur) : injecter, gonfler, rouler doucement quelques kilomètres pour répartir la mousse, puis garage. Il ne répare pas un flanc coupé.\n\n## À faire aujourd'hui\n\n- **Trouver la clé de l'écrou antivol** et la ranger avec le cric.\n- **Vérifier la pression de la roue de secours** tous les quelques mois.\n- **Essayer une fois**, à la maison, sans stress.\n\nLe pneu : [[TEC-MEC-010]]. Réparer un pneu : [[SURV-REC-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-021","titre":"Choisir où s'installer","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["s'installer","terrain","inondation","georisques","adret","ubac","gel","debroussaillement","toponymie"],"sources":["Géorisques, ministère de la Transition écologique : les risques près de chez soi","Code forestier, obligations légales de débroussaillement","Dauzat A., Rostaing C., Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France"],"corps":"::Regardez où les anciens ont construit : les fermes de plus de cent ans sont rarement dans le lit de la rivière, rarement au fond du vallon, rarement sur la crête. Les lotissements récents, eux, le sont parfois. Les noms de lieux gardent la mémoire que les cartes ont oubliée.::\n\n## L'eau, ni trop ni trop peu\n\n- **Près d'une eau** sûre : source, puits, rivière, ou un toit pour la pluie.\n- **Pas dans une zone inondable** : en France, le site **Géorisques** montre pour chaque adresse les inondations, les mouvements de terrain, les sites industriels dangereux, le radon, les argiles qui gonflent. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Les noms qui parlent d'eau** : la Noue, les Mouilles, le Marais, la Palud, les Aulnes, les Saules. Ces mots signalent un sol humide ou inondable.\n\n## Le relief\n\n- **À mi-pente** : au-dessus des brouillards et des gelées du fond de vallée, où l'air froid s'accumule la nuit ; en dessous des crêtes battues par le vent et la foudre.\n- **Le versant au soleil** : dans les Alpes, on appelle **adret** le versant ensoleillé, où sont les villages, et **ubac** le versant à l'ombre, laissé à la forêt. En France, une pente tournée vers le sud.\n- **Pas sous une falaise** (chutes de pierres), **pas sur une pente instable** (sol qui glisse, arbres penchés en sabre).\n\n## Le vent et le feu\n\n- **Abrité des vents dominants** par une haie, un bois, un relief.\n- **En zone de forêt sèche** : une bande débroussaillée autour de la maison (en France, souvent 50 m obligatoires), pas d'arbres collés au toit. Voir [[TEC-TER-001]].\n\n## Le sol\n\n- **Un sol ferme et drainé** pour bâtir, une terre fertile à côté pour cultiver. Voir [[TEC-SOL-001]].\n- Les **argiles** gonflent l'hiver et se rétractent l'été : les murs fissurent.\n\n## Les autres\n\n- Des **voisins** : on ne survit pas seul longtemps. Voir [[SURV-SOC-001]].\n- Du **bois**, de la **pierre**, des matériaux à portée.\n- Une **route** praticable l'hiver, mais pas un axe de passage.\n\nConstruire un abri : [[SURV-ABRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-022","titre":"Garder les récoltes en cave, en silo et en terre","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cave","silo","stockage","pommes de terre","racines","courges","grain","sac hermetique","ethylene"],"sources":["Bubel M., Bubel N., Root Cellaring, Storey Publishing, 1991","Purdue University, programme PICS de stockage hermétique des grains","FAO, pertes après récolte et stockage à la ferme"],"corps":"::Une pomme pourrie dans un cageot, et c'est tout le cageot en deux semaines : le proverbe est exact. Les pommes dégagent aussi un gaz qui fait germer les pommes de terre et rend les carottes amères. Garder une récolte tout l'hiver, c'est une affaire de froid, d'humidité, et de voisinage.::\n\n## Qui aime quoi\n\n| Récolte | Température | Air |\n|---|---|---|\n| Carottes, betteraves, navets, panais | 0 à 4 °C | très humide |\n| Pommes de terre | 4 à 8 °C, dans le noir | humide |\n| Pommes, poires | 0 à 4 °C, à part | humide |\n| Choux | 0 à 4 °C | humide |\n| Courges | 10 à 15 °C | sec |\n| Oignons, ail, échalotes | frais | sec, aéré |\n| Grain, haricots secs | frais | très sec, fermé |\n\n## La cave\n\n- **Sous terre, la température bouge peu** : à un ou deux mètres, elle reste proche de la moyenne de l'année.\n- **Les racines dans du sable humide**, en caisses, sans se toucher.\n- **Les pommes de terre dans le noir** : à la lumière, elles verdissent et deviennent toxiques. On retire le vert.\n- **Les fruits dans une autre pièce** ou au moins loin des légumes.\n- **Une visite par semaine** : on retire tout ce qui s'abîme.\n\n## Le silo en terre\n\nSans cave, la vieille méthode :\n\n1. Un lit de paille sur un sol bien drainé.\n2. Les pommes de terre ou les racines en tas conique.\n3. **20 à 30 cm de paille** par-dessus, puis **15 à 20 cm de terre**.\n4. Une **cheminée de paille** au sommet pour laisser sortir l'humidité, protégée de la pluie.\n\nIl tient par des gelées sérieuses. On l'ouvre par un côté, on prend ce qu'il faut, on referme.\n\n## Laisser en terre\n\nPoireaux, carottes, panais, topinambours, choux passent l'hiver dans le potager sous un paillis épais. On récolte au fur et à mesure.\n\n## Le grain\n\n- **Sec** (il casse sous la dent sans s'écraser), dans des récipients **fermés hermétiquement**.\n- **Les sacs hermétiques à triple épaisseur**, utilisés en Afrique pour le niébé et le maïs : privés d'oxygène, les charançons meurent sans produit chimique.\n- Rongeurs et insectes : voir [[TEC-ALI-015]].\n\nLe froid sans frigo : [[TEC-ALI-011]]. Les réserves : [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-021","titre":"Nourrir un bébé et un jeune enfant","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["bebe","allaitement","lait infantile","diversification","relactation","denutrition","perimetre brachial","fausse route"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Alimentation du nourrisson et du jeune enfant, principaux repères","OMS, FAO, Préparation, conservation et manipulation des préparations en poudre pour nourrissons, 2007","OMS, Relactation: review of experience and recommendations for practice, 1998"],"corps":"::Dans une crise, le lait maternel est l'aliment le plus sûr qui existe : toujours à la bonne température, stérile, gratuit, sans eau à faire bouillir. Et une mère qui a arrêté d'allaiter peut souvent recommencer : ça s'appelle la relactation, et l'OMS a écrit un guide dessus.::\n\n## Jusqu'à 6 mois\n\n- **L'allaitement seul** : ni eau, ni tisane, ni autre chose. À la demande, jour et nuit.\n- **La relactation** : en remettant le bébé au sein très souvent, beaucoup de femmes retrouvent du lait en quelques jours ou semaines. Une autre femme qui allaite peut aussi nourrir le bébé.\n- **Le lait infantile**, si pas d'autre choix :\n  - **eau bouillie**, puis refroidie mais encore au-dessus de 70 °C au moment du mélange (la poudre n'est pas stérile) ;\n  - **la dose exacte** indiquée : trop concentré, il déshydrate ; trop dilué, le bébé maigrit ;\n  - biberon lavé et bouilli, lait bu dans les deux heures, le reste jeté.\n- **Jamais de lait de vache** comme boisson principale avant un an, **jamais de miel** avant un an. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## De 6 mois à 2 ans\n\n- **L'allaitement continue**, et on ajoute des aliments.\n- **Du fer** dès le début : viande, foie, jaune d'œuf, lentilles écrasées. C'est ce qui manque le plus.\n- **Épais plutôt que liquide** : une purée nourrit, une soupe claire remplit l'estomac d'eau. Un peu d'huile ou de beurre ajoute l'énergie qui manque.\n- **Deux à trois repas** par jour vers 6-8 mois, **trois à quatre** ensuite, plus des collations.\n\n## Les dangers\n\n- **La fausse route** : raisins entiers, noix, cacahuètes, pop-corn, rondelles de saucisse avant 4 ou 5 ans. Les raisins se coupent en quatre dans la longueur. Voir [[URG-AIR-001]].\n- **La déshydratation** : moins de couches mouillées, fontanelle creuse, pas de larmes, bébé mou. Solution de réhydratation, et consulter. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## Repérer la dénutrition\n\n**Le tour du bras** : à mi-hauteur entre l'épaule et le coude, entre 6 mois et 5 ans. **Moins de 11,5 cm, c'est une dénutrition grave** ; entre 11,5 et 12,5 cm, modérée. Une bande de papier marquée à 11,5 et 12,5 cm suffit pour dépister tout un groupe d'enfants.\n\nSoigner un nouveau-né : [[TEC-SAN-018]]. Renourrir après une famine : [[TEC-ALI-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-017","titre":"Le fumier et les excréments humains, sans danger","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fumier","engrais","urine","excrements","compost","toilettes seches","parasites","humanure","azote"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the safe use of wastewater, excreta and greywater, volume 4, 2006","Jenkins J., The Humanure Handbook, 4e édition, 2019","Hanley S., Urban sanitation in preindustrial Japan, Journal of Interdisciplinary History, 1987"],"corps":"::À Edo, l'ancienne Tokyo, au XVIIIe siècle, les excréments se vendaient aux paysans, et ceux des quartiers riches valaient plus cher, parce que leurs habitants mangeaient mieux. Ce que nous tirons à la chasse d'eau, c'est de l'engrais. Mal traité, c'est aussi des vers et le choléra.::\n\n## Le fumier des animaux\n\n- **Frais, il brûle** les plantes et sent l'ammoniac : on le **composte** quelques mois avant de l'étaler, ou on l'épand à l'automne pour le printemps.\n- **Vache, cheval, mouton, chèvre** : les classiques, riches et équilibrés.\n- **Poules** : très riche, à composter ou à mettre en petite quantité.\n- **Lapin** : s'épand presque directement. Voir [[TEC-ELE-009]].\n- **Chien, chat, cochon** : leurs parasites peuvent passer à l'homme. Jamais sur les légumes, sauf après un long compostage très chaud.\n\n## L'urine\n\nL'urine d'une personne en bonne santé contient peu de microbes, et presque tout l'**azote** qu'elle rejette : chaque année, de quoi fertiliser une bonne partie d'un potager.\n\n- **Diluée** dans 5 à 10 fois son volume d'eau, versée **au pied** des plantes, jamais sur les feuilles.\n- **Pour sa propre famille**, on peut l'utiliser directement ; on arrête un mois avant de récolter ce qui se mange cru.\n- Stockée, elle sent fort : on l'utilise vite ou on la garde fermée.\n\n## Les matières fécales\n\nElles portent les vrais dangers : vers (leurs œufs survivent des mois dans le sol), bactéries des diarrhées, hépatite A. Deux façons de les rendre sûres :\n\n1. **Le compost chaud** : mêlées à beaucoup de matière sèche (sciure, paille, feuilles), elles chauffent **au-dessus de 55 °C** plusieurs jours ; puis on laisse mûrir au moins un an.\n2. **Le temps** : stockées **un an et demi à deux ans**, la plupart des microbes meurent.\n\n**Ensuite**, on les met de préférence au pied des arbres fruitiers et des cultures qui ne se mangent pas crues, plutôt que sur les salades et les carottes.\n\n## Les règles\n\n- **Des toilettes sèches bien faites** : un seau, de la sciure après chaque passage, un composteur dédié. Voir [[TEC-CON-014]] et [[SURV-HYG-002]].\n- **Loin des puits et des sources**, à l'abri des chiens et des rats.\n- **Gants et lavage des mains** à chaque manipulation.\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-016","titre":"Les cultures qui nourrissent le plus","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calories","rendement","pomme de terre","topinambour","courges","cereales","surface par personne","autonomie alimentaire"],"sources":["Jeavons J., How to Grow More Vegetables, Ten Speed Press, 9e édition, 2017","USDA, FoodData Central (valeurs nutritionnelles)","Imperial War Museums, Dig for Victory"],"corps":"::Un potager plein de salades et de radis est joli, mais il ne nourrit personne : une salade, c'est presque de l'eau. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques ont retourné pelouses et parcs pour cultiver ; le secret des jardins qui nourrissent, c'est de viser les calories.::\n\n## Les champions des calories\n\nPar mètre carré, sous un climat tempéré, dans un sol correct :\n\n- **La pomme de terre** : 2 à 4 kg, soit 1 500 à 3 000 kcal. La reine incontestée. Voir [[TEC-AGR-005]].\n- **Le topinambour** : très productif, pousse presque seul, repousse chaque année. Il nourrit bien, et prévient tout le monde qu'il a été mangé.\n- **La patate douce**, dans les régions chaudes.\n- **Les courges d'hiver** : lourdes, se gardent des mois.\n- **Le panais, la betterave, l'oignon, l'ail, le poireau.**\n- **Les céréales** (blé, maïs, seigle) : moins de kilos par mètre carré, mais secs, denses, stockables des années. Il leur faut de la surface. Voir [[TEC-AGR-009]].\n\n## Les protéines\n\n**Haricots secs, pois, lentilles, fèves** : ils rapportent peu en poids, mais ce sont des protéines, et ils enrichissent le sol. Voir [[TEC-AGR-006]].\n\n## Les vitamines\n\nIl en faut peu de place : **choux et chou kale** (vitamine C, tout l'hiver), **épinards, blettes**, **carottes** (vitamine A), **tomates, poivrons**. Quelques mètres carrés suffisent pour une famille. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\n## Combien de surface par personne\n\n- Les méthodes les plus intensives, bien maîtrisées, annoncent **environ 400 m²** pour nourrir une personne, avec un régime surtout végétal.\n- En pratique, pour un débutant, un sol moyen et une année ordinaire, il faut **beaucoup plus**, souvent plusieurs fois ça.\n- **Un petit jardin de 50 m²** ne nourrit pas une personne, mais il fournit les légumes frais, et quelques centaines de kilos de pommes de terre changent déjà une année.\n\n## Planifier\n\n1. **D'abord les calories** : pommes de terre, courges, et ce qui se stocke.\n2. **Ensuite les protéines** : légumineuses.\n3. **Enfin les vitamines** : légumes-feuilles, en petites planches successives.\n4. **Des arbres** : noyers, châtaigniers, pommiers nourrissent pendant des décennies avec presque aucun travail.\n\nUn potager sur une petite surface : [[TEC-AGR-004]]. Le calendrier : [[TEC-AGR-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-015","titre":"Le calendrier du potager","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calendrier","semis","recoltes","saints de glace","gel","temperature du sol","potager","saisons"],"sources":["Société nationale d'horticulture de France, calendrier du jardin potager","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Les vieux jardiniers testaient la terre en s'y asseyant fesses nues : si on ne frissonnait pas, on pouvait semer les haricots. Le calendrier qui compte, ce n'est pas celui de la lune, c'est la température du sol et la date des dernières gelées.::\n\n## Les deux dates à connaître\n\n- **Les dernières gelées** : en France, on attend traditionnellement **les saints de glace** (11 au 13 mai) pour mettre dehors tomates, courgettes, haricots. Plus tôt dans le Sud et près de la mer, plus tard en montagne.\n- **Les premières gelées** d'automne, qui arrêtent tout ce qui craint le froid.\n\nEntre les deux, la saison. Avant et après, on sème sous abri ou des légumes qui aiment le froid. Voir [[TEC-AGR-011]].\n\n## Mois par mois (France, climat tempéré)\n\n**Janvier, février**\nSous abri et au chaud : tomates, poivrons, aubergines (fin février). Dehors : fèves, ail, échalotes, et on prépare le sol.\n\n**Mars**\nPois, radis, épinards, salades, oignons, carottes précoces. Fin mars, les premières pommes de terre si le sol se réchauffe.\n\n**Avril**\nPommes de terre, carottes, betteraves, poireaux et choux en pépinière, persil.\n\n**Mai** (après les gelées)\nPlantation des tomates, courgettes, courges, concombres. Semis de haricots, maïs, dès que la terre est tiède.\n\n**Juin**\nRepiquage des poireaux et des choux d'hiver, haricots encore, carottes de garde.\n\n**Juillet, août**\nCarottes et navets d'automne, radis d'hiver, salades et chicorées d'automne, mâche et épinards en fin d'été.\n\n**Septembre, octobre**\nMâche, épinards, oignons blancs, engrais verts sur les planches libres. Ail et fèves en octobre-novembre dans les régions douces.\n\n**Novembre, décembre**\nOn récolte ce qui reste en terre (poireaux, choux, carottes, panais, topinambours), on paille, on plante les arbres. Voir [[TEC-AGR-012]].\n\n## Les températures du sol\n\n- **Pois, fèves, épinards, radis** : germent dans un sol froid, dès 5 °C.\n- **Carottes, betteraves, salades** : vers 8 à 10 °C.\n- **Haricots, maïs** : au moins 12 °C, sinon les graines pourrissent.\n- **Courges, concombres, melons** : 15 °C et plus.\n\n## La lune\n\nAucune étude sérieuse n'a montré d'effet des phases de la lune sur les cultures. Si ça aide à s'organiser, pourquoi pas ; mais un sol froid reste un sol froid, même en lune montante.\n\nSemer : [[TEC-AGR-001]]. Ailleurs dans le monde, on cale le calendrier sur la saison des pluies, pas sur les mois.","langue":"fr"},{"id":"URG-SURD-001","titre":"Surdose","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["surdose","overdose","opioides","naloxone","coma ethylique","paracetamol","antipoison","position laterale"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Community management of opioid overdose, 2014","ANSM, naloxone, antidote des surdosages aux opioïdes","Centres antipoison de France"],"corps":"::Une personne qui ronfle bruyamment après avoir pris des médicaments, de l'héroïne ou beaucoup d'alcool n'est pas forcément en train de dormir : elle est peut-être en train d'arrêter de respirer. La naloxone, en spray nasal, ramène à la vie une surdose d'opioïdes en quelques minutes. Elle se trouve en pharmacie.::\n\n## AGIR\n\n1. **Appeler, crier son nom, pincer l'épaule.** Pas de réponse : **le 15**.\n2. **Regarder la respiration** :\n   - **elle respire** : **sur le côté** (position latérale de sécurité), pour qu'elle ne s'étouffe pas si elle vomit. Voir [[URG-SEC-001]] ;\n   - **elle ne respire pas ou très mal** (lèvres bleues, gargouillis, moins de huit respirations par minute) : **massage cardiaque**. Voir [[URG-CARD-001]].\n3. **La naloxone**, si on en a et qu'on suspecte un opioïde (héroïne, morphine, méthadone, fentanyl, tramadol, codéine) : une pulvérisation dans une narine, une seconde au bout de 2 à 3 minutes si rien ne change.\n4. **Rester avec elle** jusqu'aux secours, **même si elle se réveille** : la naloxone agit moins longtemps que beaucoup d'opioïdes, la personne peut replonger.\n5. **Garder les boîtes, les emballages**, ce qui reste : les secours en ont besoin.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'alcool** : sur le côté, au chaud, jamais seul. Pas de café, pas de douche froide, pas « laisser cuver » dans un coin : on meurt de ses vomissements ou de froid.\n- **Le paracétamol** : une surdose ne donne **aucun symptôme les premières heures**, puis détruit le foie en deux ou trois jours. Un antidote existe, efficace s'il est donné tôt : **hôpital tout de suite**, même si la personne se sent bien.\n- **Les stimulants** (cocaïne, amphétamines) : douleur dans la poitrine, agitation, corps brûlant, convulsions. Le 15, rafraîchir, calmer, rien dans la bouche.\n- **Un doute sur ce qui a été avalé** : le **centre antipoison** répond jour et nuit et dit quoi faire.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes opioïdes, l'alcool, les somnifères et les anxiolytiques ralentissent tous la respiration. **Mélangés, leurs effets s'additionnent** : la plupart des surdoses mortelles viennent d'un mélange.\n\nAppeler est toujours la bonne décision : les secours sont là pour soigner. La honte a tué plus de gens que les produits.","langue":"fr"},{"id":"URG-PIQ-001","titre":"Piqûres d'insectes et de méduses","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["piqures","guepe","abeille","frelon","meduse","chenille processionnaire","moustique tigre","allergie","eau chaude"],"sources":["Centres antipoison de France, piqûres d'hyménoptères et envenimations marines","Santé publique France, moustique tigre et maladies transmises","Wilcox C.L., Yanagihara A.A., Heated debates: hot-water immersion or ice packs as first aid for cnidarian envenomations?, Toxins, 2016"],"corps":"::Une piqûre de guêpe fait mal et passe. Une seule piqûre peut pourtant tuer, si elle est dans la gorge ou chez un allergique. Tout l'art est de reconnaître les rares cas graves au milieu des centaines de piqûres banales d'un été.::\n\n## AGIR\n\n**Guêpe, abeille, frelon**\n\n1. **Retirer le dard** de l'abeille en grattant avec un ongle ou une carte.\n2. **Froid** sur la piqûre, un antihistaminique si on en a.\n3. **Le 15 tout de suite** si :\n   - **gêne pour respirer ou avaler**, gonflement du visage, des lèvres, de la langue ;\n   - **plaques qui apparaissent sur tout le corps**, malaise, vomissements ;\n   - piqûre **dans la bouche ou la gorge** (sucer de la glace en attendant) ;\n   - **des dizaines de piqûres** d'un coup.\n\nAllergie grave : [[URG-ANA-001]].\n\n**Méduse**\n\n1. **Sortir de l'eau**, ne pas frotter.\n2. **Rincer à l'eau de mer**, jamais à l'eau douce qui fait éclater les filaments restés collés.\n3. **Retirer les filaments** avec une pince ou le bord d'une carte.\n4. **Eau chaude**, aussi chaude que supportable sans brûler, une vingtaine de minutes : elle soulage souvent mieux que la glace.\n\nLe vinaigre est réservé à certaines méduses tropicales, selon les consignes locales.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les chenilles processionnaires** (en file sur le sol, nids blancs dans les pins et les chênes) : leurs poils provoquent des brûlures de la peau et des yeux. Ne pas toucher, rincer à l'eau, changer de vêtements, consulter pour les yeux. Les chiens qui en lèchent : vétérinaire en urgence.\n- **Le moustique tigre** vit maintenant dans la plus grande partie de la France. Il pique le jour et peut transmettre la dengue : vider toutes les eaux stagnantes (soucoupes, pneus, gouttières).\n- **Araignées et scorpions** de France : douloureux, rarement dangereux. Surveiller une plaie qui noircit.\n- **La vive**, poisson du sable : eau très chaude. Voir [[SURV-RES-008]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe venin de guêpe fait mal à tout le monde, mais tue par l'**allergie** : chez l'allergique, le corps entier réagit en quelques minutes. Les personnes qui ont déjà fait une réaction sérieuse doivent avoir **un stylo d'adrénaline** sur elles, et ceux qui les entourent savoir s'en servir.\n\nLes tiques : [[TEC-SAN-020]].","langue":"fr"},{"id":"URG-ASC-001","titre":"Coincé dans un ascenseur","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["ascenseur","bloque","panne","claustrophobie","alarme","pompiers","frein de securite","otis"],"sources":["Loi n° 2003-590 du 2 juillet 2003 et décret de 2004 sur la sécurité des ascenseurs existants","Fédération des ascenseurs, conduite à tenir en cas de blocage","Otis Elevator Company, histoire du frein de sécurité (1853)"],"corps":"::En 1854, à New York, Elisha Otis monte sur une plate-forme d'ascenseur devant la foule et fait couper le câble. La cabine tombe de quelques centimètres et s'arrête : « Tout va bien, messieurs. » Depuis, les ascenseurs ont plusieurs câbles et un frein qui bloque la cabine. On n'y tombe pas, et on n'y manque pas d'air.::\n\n## AGIR\n\n1. **Appuyer sur le bouton d'alarme** et le garder enfoncé quelques secondes. En France, il relie à un centre d'assistance qui répond jour et nuit.\n2. **Parler** dans l'interphone : adresse, étage approximatif, nombre de personnes, quelqu'un de malade ou non.\n3. **Téléphoner au 112** si l'alarme ne répond pas et qu'il y a du réseau.\n4. **Attendre**. Le technicien ou les pompiers arrivent, souvent en moins d'une heure.\n\n**Ne jamais** forcer les portes, ni sortir par la trappe du plafond, ni sauter d'une cabine arrêtée entre deux étages. La plupart des accidents graves arrivent à des gens qui ont voulu sortir seuls.\n\n## ADAPTER\n\n- **La peur** : s'asseoir, respirer lentement (inspirer sur quatre temps, expirer sur six), parler aux autres. L'air se renouvelle : une cabine n'est pas étanche.\n- **Un malade** (diabétique, cardiaque, femme enceinte) : le dire à l'interphone, les secours se pressent.\n- **Une coupure de courant** : l'éclairage de secours s'allume ; certains ascenseurs descendent seuls au palier le plus proche et ouvrent.\n- **En cas d'incendie**, on ne prend jamais l'ascenseur : l'escalier. Voir [[URG-INC-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn ascenseur tient à plusieurs câbles d'acier, chacun capable de porter la cabine pleine. Si la vitesse devient anormale, un **parachute** mécanique pince les rails et bloque la cabine. Les pannes arrêtent l'ascenseur, elles ne le font pas tomber.","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-014","titre":"Pénurie de carburant","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["penurie","carburant","essence","gazole","station","eco-conduite","velo","covoiturage","choc petrolier"],"sources":["Ministère de l'Économie, prix-carburants.gouv.fr (prix et disponibilité en station)","ADEME, l'éco-conduite","Agence internationale de l'énergie, histoire des chocs pétroliers de 1973 et 1979"],"corps":"::En 1973, pendant le choc pétrolier, les Pays-Bas et l'Allemagne ont interdit la voiture le dimanche ; on a vu des gens patiner et pique-niquer sur les autoroutes vides. En octobre 2022, un tiers des stations françaises ont manqué de carburant en quelques jours. La pénurie arrive vite, surtout parce que tout le monde fait le plein en même temps.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne station ne garde que quelques jours de ventes. Une grève dans les raffineries, un blocage des dépôts, une crise internationale, et **la panique fait le reste** : chacun remplit son réservoir et des bidons, les cuves se vident en une journée. L'État peut alors réserver certaines stations aux véhicules prioritaires (secours, santé, alimentation).\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **Le réservoir au-dessus de la moitié**, en permanence : une habitude qui ne coûte rien.\n- **Un vélo en état de marche**, une remorque ou des sacoches. Voir [[TEC-MEC-004]].\n- **Connaître les alternatives** : transports en commun, covoiturage, voisins qui vont au même endroit.\n\n**Pendant**\n\n- **Les sites officiels** de prix des carburants indiquent aussi les stations en rupture : on évite de tourner pour rien.\n- **Rouler moins et plus doucement** : à 110 au lieu de 130 sur autoroute, on consomme environ un cinquième de moins. Accélérations douces, pas de clim inutile, pneus bien gonflés.\n- **Grouper les trajets**, partager les voitures.\n- **Pas de stockage improvisé** en bouteilles ou en jerricans dans la maison. Voir [[TEC-ENE-020]].\n\n## ADAPTER\n\n**Si ça dure des semaines** : la vie se relocalise. Les commerces de proximité, le télétravail, le vélo, la marche redeviennent la norme. Les tracteurs, les ambulances et les camions de nourriture passent en premier.\n\n**Un groupe électrogène** consomme aussi : on le réserve à l'essentiel (frigo, pompe, recharge). Voir [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-013","titre":"Panne d'internet et des paiements","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["panne","paiement","carte bancaire","especes","internet","radio","blackout","espagne 2025","cyberattaque"],"sources":["ENTSO-E, rapport sur la panne électrique du 28 avril 2025 en Espagne et au Portugal","Commission européenne, stratégie de l'Union de la préparation, 2025","Radio France, réseau ici (ex-France Bleu), information en situation de crise"],"corps":"::Le 28 avril 2025, l'Espagne et le Portugal ont perdu presque toute leur électricité pendant une dizaine d'heures. Plus de cartes, plus de distributeurs, des réseaux saturés. Ceux qui avaient du liquide pouvaient acheter, ceux qui avaient une radio à piles savaient ce qui se passait. Les autres attendaient.::\n\n## COMPRENDRE\n\nPresque tout paiement passe aujourd'hui par un réseau : carte, téléphone, virement, et même les caisses des magasins. **Une panne d'électricité, une cyberattaque, une mise à jour ratée** suffisent à tout arrêter, parfois pour des heures, parfois pour des jours. En juillet 2024, une seule mise à jour informatique défectueuse a cloué des avions au sol et bloqué des hôpitaux dans le monde entier.\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **Du liquide à la maison**, en **petites coupures** : de quoi tenir une semaine (nourriture, carburant, pharmacie). Personne ne rend la monnaie sur un billet de 50 quand les caisses sont en panne.\n- **Une radio à piles ou à dynamo**, et des piles de rechange.\n- **Sur papier** : numéros de téléphone importants, ordonnances, copies des papiers d'identité, coordonnées de la banque et de l'assurance.\n- **Le réservoir** jamais en dessous de la moitié.\n- **Des cartes et des fiches hors ligne**. Voir [[TEC-ELN-012]].\n\n**Pendant**\n\n- **Écouter la radio** : les stations publiques (France Inter, le réseau ici) sont prévues pour diffuser les consignes.\n- **Envoyer des SMS** plutôt qu'appeler. Voir [[TEC-ELN-009]].\n- **Ne pas se ruer** sur les magasins ni vider son compte : la plupart des pannes durent des heures, pas des semaines.\n- **S'entraider** entre voisins : celui qui a du liquide, celui qui a un réchaud, celui qui a une radio.\n\n## ADAPTER\n\n**Si ça dure** : les commerçants de quartier font souvent crédit à ceux qu'ils connaissent, on note sur un carnet. Le troc revient vite. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**L'Union européenne** recommande désormais à chaque foyer de pouvoir tenir **72 heures** seul : eau, nourriture, lumière, radio, liquide, médicaments.\n\nL'argent et ses crises : [[TEC-IDE-012]]. La coupure d'électricité : [[SURV-CRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-012","titre":"Glissement de terrain et coulée de boue","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["glissement de terrain","coulee de boue","lave torrentielle","eboulement","fissures","vajont","georisques"],"sources":["Géorisques, mouvements de terrain","BRGM, base de données nationale des mouvements de terrain","USGS, Landslide Hazards Program"],"corps":"::En 1963, dans les Alpes italiennes, un pan de montagne a glissé dans le lac du barrage du Vajont. Le barrage a tenu ; la vague qui l'a franchi a tué près de 2 000 personnes dans la vallée. Les signes étaient là depuis des mois. Un terrain qui bouge prévient presque toujours.::\n\n## AGIR\n\n**Le terrain part**\n\n1. **Fuir sur le côté**, perpendiculairement à la pente, jamais dans le sens de la coulée : on ne la distance pas en courant vers le bas.\n2. **Gagner un point haut et stable**, un rocher, un sol qui n'a pas bougé.\n3. **Pris dans un bâtiment** : l'étage le plus haut, du côté opposé à la pente.\n\n**Pendant de très fortes pluies en montagne**\n\n- **Loin des torrents** et des ravines : une **lave torrentielle** (boue, pierres, troncs) descend en quelques minutes, avec un grondement.\n- **Ne pas traverser** un torrent qui charrie de la boue, ni une route barrée.\n\n## ADAPTER\n\n**Après** : ne pas retourner dans la zone, un second glissement suit souvent. Attention aux conduites de gaz et d'eau rompues, aux lignes tombées.\n\n**Chez soi**, les signes qui doivent alerter :\n\n- **des fissures nouvelles** dans les murs, le sol, la route ;\n- **des portes et fenêtres qui coincent** d'un coup ;\n- **des arbres, poteaux, clôtures qui penchent** ;\n- **des sources qui apparaissent ou disparaissent**, une eau qui devient boueuse ;\n- des craquements, des pierres qui tombent.\n\nOn prévient la mairie, et on part si ça s'accélère.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn versant tient par le frottement. **L'eau** (pluies longues, fonte des neiges) l'alourdit et le rend glissant ; **un séisme**, **une route taillée au pied**, **une forêt rasée** peuvent le déstabiliser. En France, des milliers de communes sont exposées ; Géorisques indique le risque adresse par adresse. Voir [[TEC-CON-021]].\n\nLes séismes : [[SURV-CRI-002]]. Les inondations : [[TEC-TER-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-011","titre":"Tornade","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["tornade","trombe","orage","abri","piece interieure","fosse","montville","grele"],"sources":["NOAA, National Weather Service, Tornado Safety","Keraunos, Observatoire français des tornades et orages violents","European Severe Storms Laboratory, base de données européenne des phénomènes violents"],"corps":"::Les tornades ne sont pas qu'américaines. En août 1845, une tornade a rasé les filatures de Montville, en Normandie, et tué des dizaines d'ouvriers. La France en connaît plusieurs dizaines par an, la plupart faibles. Face à une tornade, on a souvent moins d'une minute : il faut savoir d'avance où aller.::\n\n## AGIR\n\n**Dans un bâtiment**\n\n1. **Descendre au niveau le plus bas** : cave, sous-sol, rez-de-chaussée.\n2. **Une pièce intérieure sans fenêtre** : salle de bains, couloir, placard, au centre du bâtiment.\n3. **Se protéger la tête et la nuque** : sous une table solide, sous un matelas, avec un casque (vélo, moto) si on en a.\n4. **Loin des fenêtres**, qu'on n'ouvre pas.\n\n**En voiture ou en mobil-home**\n\nCe sont les pires abris : **les quitter** pour un bâtiment solide si on a le temps. Sinon, sortir et s'allonger dans un fossé.\n\n**Dehors**\n\n**S'allonger à plat** dans un creux, un fossé, les mains sur la nuque, loin des arbres et des voitures. **Jamais sous un pont** : le vent s'y engouffre et accélère, avec les débris.\n\n## ADAPTER\n\n**Après** : fils électriques tombés, odeur de gaz, bâtiments fragilisés. On ne rentre pas dans une maison abîmée. Voir [[TEC-CON-010]] et [[URG-GAZ-001]].\n\n**Les idées fausses** : ouvrir les fenêtres pour « équilibrer la pression » ne sert à rien et fait perdre de précieuses secondes.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne tornade naît sous un gros orage : un tourbillon d'air descend du nuage jusqu'au sol. Elle peut dépasser 300 km/h sur une bande de quelques dizaines à quelques centaines de mètres.\n\n**Les signes** : un ciel très sombre, parfois verdâtre, une **grosse grêle**, puis un **grondement continu comme un train de marchandises**, un nuage qui tourne et descend, des débris qui tourbillonnent au sol. Les vigilances orages de Météo-France préviennent des situations favorables, pas de la tornade elle-même.\n\nLes tempêtes et cyclones : [[TEC-TER-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-036","titre":"Le paludisme","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["paludisme","malaria","moustique","anophele","moustiquaire","fievre","voyage","artemisinine","quinine"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, World Malaria Report 2024","Centre national de référence du paludisme (France), rapports annuels","Pryce J., Richardson M., Lengeler C., Insecticide-treated nets for preventing malaria, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018"],"corps":"::Le paludisme tue encore environ 600 000 personnes par an, surtout des enfants africains de moins de cinq ans. En France, environ 5 000 voyageurs le rapportent chaque année. La règle qui sauve : toute fièvre dans les trois mois qui suivent un séjour en zone à risque, c'est le paludisme jusqu'à preuve du contraire.::\n\n## Comment on l'attrape\n\nUn parasite transmis par la piqûre d'un moustique, **l'anophèle**, qui pique **du coucher au lever du soleil**. Il vit en Afrique surtout, en Asie, en Amérique du Sud, en Guyane et à Mayotte pour les territoires français.\n\n## Les signes\n\n- **Fièvre**, frissons, sueurs, maux de tête, douleurs, parfois nausées ou diarrhée : ça ressemble à une grippe.\n- Ils apparaissent **une semaine à plusieurs mois** après la piqûre.\n- **Signes graves** : confusion, somnolence, convulsions, respiration difficile, urines foncées, jaunisse. **Urgence absolue** : le paludisme grave tue en un ou deux jours.\n\n**Une fièvre au retour d'un pays à risque** : consulter **le jour même** en le disant. Un test rapide ou une prise de sang donnent la réponse en une heure.\n\n## Se protéger\n\n1. **La moustiquaire imprégnée** d'insecticide, bien bordée sous le matelas : dans les pays touchés, elle réduit d'environ un sixième la mortalité des enfants.\n2. **Les répulsifs** sur la peau, les **manches longues** le soir.\n3. **Les médicaments préventifs** pour les voyageurs, prescrits avant le départ selon la destination, et pris **jusqu'au bout**, même après le retour.\n4. **Les vaccins** recommandés depuis peu pour les jeunes enfants des zones les plus touchées.\n\n## Soigner\n\nLes traitements actuels combinent plusieurs médicaments autour de l'**artémisinine**, tirée d'une armoise chinoise. Voir [[TEC-BOT-006]].\n\n**La quinine**, tirée de l'écorce du quinquina, a été pendant trois siècles le seul remède. Les Britanniques des colonies la buvaient dans l'eau tonique, et y ont ajouté du gin : le gin tonic serait né ainsi. Le tonic d'aujourd'hui en contient bien trop peu pour protéger de quoi que ce soit.\n\nLe moustique tigre et les autres piqûres : [[URG-PIQ-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-035","titre":"Les maladies transmises par les animaux","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["zoonoses","toxoplasmose","echinococcose","leptospirose","salmonelle","grippe aviaire","rage","brucellose","hygiene"],"sources":["Taylor L.H., Latham S.M., Woolhouse M.E., Risk factors for human disease emergence, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2001","Organisation mondiale de la santé animale, One Health et zoonoses","Santé publique France, échinococcose alvéolaire, leptospirose, toxoplasmose"],"corps":"::Plus de la moitié des maladies infectieuses connues de l'homme viennent des animaux, et près des trois quarts des maladies nouvelles. Vivre plus près des bêtes, pour les élever, les chasser ou les manger, c'est aussi vivre plus près de leurs microbes. Quelques règles simples font presque toute la différence.::\n\n## Les principales, et d'où elles viennent\n\n- **La rage** : morsure ou griffure d'un mammifère, surtout chien, chauve-souris, renard. Mortelle une fois déclarée, évitable par un vaccin après la morsure. Voir [[TEC-SAN-013]].\n- **La leptospirose** : urine de rat dans l'eau et la boue. Voir [[TEC-CON-020]].\n- **La toxoplasmose** : crottes de chat, viande peu cuite. Grave pour le bébé si la mère l'attrape enceinte.\n- **L'échinococcose** : un minuscule ver du renard et du chien, dont les œufs collent aux baies et aux plantes cueillies près du sol. Rare mais grave pour le foie. **La cuisson tue les œufs** ; la congélation ordinaire, non.\n- **Les salmonelles** : œufs, volailles, et aussi reptiles et poussins qu'on manipule.\n- **La brucellose, la fièvre Q** : lait cru, placentas et mises bas des chèvres et des moutons.\n- **La grippe aviaire** : oiseaux malades ou morts.\n- **Les maladies des tiques** : voir [[TEC-SAN-020]].\n- **La teigne** : plaques rondes sur la peau, attrapées en caressant chats, chiens, veaux.\n\n## Les règles\n\n1. **Se laver les mains** après avoir touché des animaux, leur litière, leur fumier, et avant de manger.\n2. **Des gants** pour les carcasses, les mises bas, le nettoyage des cages et des poulaillers.\n3. **Cuire** la viande à cœur, surtout le gibier et le porc. Voir [[TEC-MET-012]].\n4. **Laver** les baies et les plantes sauvages, ou les cuire.\n5. **Ne pas toucher** un animal sauvage malade, blessé ou mort, ni un oiseau mort.\n6. **Vermifuger et vacciner** les animaux de la maison.\n7. **Enceinte** : pas de litière de chat, pas de mise bas d'agneaux ou de chevreaux.\n\n## Quand consulter\n\nFièvre, fatigue, douleurs après une morsure, un contact avec du bétail, du gibier, de l'eau de crue ou des rongeurs : consulter **en disant ce contact**, ça oriente tout de suite le diagnostic.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-034","titre":"Les addictions et le sevrage","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["addiction","sevrage","alcool","delirium tremens","benzodiazepines","opioides","tabac","tolerance","rechute"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Clinical guidelines for withdrawal management and treatment of drug dependence in closed settings, 2009","Société française d'alcoologie, Mésusage de l'alcool : dépistage, diagnostic et traitement, recommandations, 2015","Santé publique France, Drogues Info Service, Alcool Info Service, Tabac Info Service"],"corps":"::Le sevrage le plus dangereux n'est pas celui de l'héroïne, c'est celui de l'alcool : un gros buveur qui arrête d'un coup peut convulser et mourir en quelques jours. Et le moment le plus dangereux pour un ancien héroïnomane, c'est la rechute, avec la dose d'avant.::\n\n## Les sevrages qui peuvent tuer\n\n**L'alcool** (et les somnifères ou anxiolytiques de la famille des benzodiazépines)\n- De quelques heures à deux jours après l'arrêt : tremblements, sueurs, angoisse, nausées.\n- Puis parfois **convulsions**, **hallucinations**, **confusion** : le délire, une urgence qui peut tuer sans soins.\n- **Un gros buveur ne s'arrête pas seul d'un coup**. Avec un médecin, le sevrage se fait sans danger, avec des médicaments. Sans médecin, on **diminue progressivement** sur plusieurs jours, et on surveille.\n- Tremblements forts, hallucinations, fièvre, confusion, convulsion : **le 15**.\n\n## Les sevrages durs mais rarement mortels\n\n**Les opioïdes** (héroïne, morphine, méthadone)\n- Douleurs, diarrhée, vomissements, frissons, insomnie, angoisse, pendant une semaine environ. Très pénible, rarement mortel ; boire beaucoup contre la déshydratation.\n- **Le vrai danger vient après** : en quelques jours d'arrêt, le corps perd sa tolérance. **La dose habituelle peut alors tuer.** Voir [[URG-SURD-001]].\n- Un traitement de substitution (méthadone, buprénorphine) ne s'arrête jamais brutalement : on garde une réserve.\n\n**Le tabac** : irritabilité, faim, nervosité, pire les premiers jours, qui s'estompent en quelques semaines. Les substituts nicotiniques doublent les chances de réussir.\n\n## En crise\n\n- **Quand l'approvisionnement s'arrête** (pharmacies fermées, guerre, prison), les sevrages forcés arrivent en masse. Repérer les gros buveurs et les personnes sous traitement dans le groupe, pour les surveiller.\n- **Le stress** fait replonger : routine, sommeil, soutien. Voir [[TEC-SAN-019]].\n\n## Se faire aider\n\nEn France, gratuits et anonymes : **Drogues Info Service** (0 800 23 13 13), **Alcool Info Service** (0 980 980 930), **Tabac Info Service** (39 89).","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-033","titre":"La contraception","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["contraception","preservatif","pilule","sterilet","implant","contraception d'urgence","allaitement","efficacite"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Planification familiale : un manuel à l'intention des prestataires de services du monde entier, 2022","Trussell J., Contraceptive failure in the United States, Contraception, 2011","Ministère de la Santé, contraception d'urgence gratuite en pharmacie, 2023"],"corps":"::Sur cent femmes qui prennent la pilule pendant un an, environ sept tombent enceintes : pas parce que la pilule ne marche pas, mais parce qu'on l'oublie. Un implant ou un stérilet, on ne l'oublie jamais. En temps de crise, quand les pharmacies ferment, c'est ce qui compte.::\n\n## Combien ça marche vraiment\n\nGrossesses sur cent femmes pendant un an, **en usage réel** :\n\n| Méthode | Grossesses |\n|---|---|\n| Implant | moins de 1 |\n| Stérilet hormonal ou au cuivre | moins de 1 |\n| Pilule, patch, anneau | environ 7 |\n| Préservatif masculin | environ 13 |\n| Retrait | environ 20 |\n| Méthodes des jours « sûrs » | 2 à 23 selon la rigueur |\n| Rien | environ 85 |\n\n## Les points forts de chacun\n\n- **L'implant** dure trois ans, **le stérilet au cuivre** jusqu'à cinq ou dix ans, sans rien avoir à racheter. Il faut un soignant pour les poser et les retirer.\n- **La pilule** : efficace si elle est prise chaque jour. Garder une réserve de plusieurs mois.\n- **Le préservatif** est **le seul** qui protège aussi des infections sexuelles. Il se garde des années dans un endroit frais, pas dans un portefeuille.\n- **L'allaitement** protège s'il est **exclusif** (jour et nuit, rien d'autre), que **les règles ne sont pas revenues**, et **pendant les six premiers mois** seulement.\n\n## La contraception d'urgence\n\nAprès un rapport non protégé, un préservatif qui a craqué, un oubli de pilule :\n\n- **Le comprimé** : jusqu'à 3 ou 5 jours selon le produit, **d'autant plus efficace qu'il est pris tôt**. En France, gratuit en pharmacie, sans ordonnance, pour toutes.\n- **Le stérilet au cuivre**, posé dans les 5 jours : la méthode d'urgence la plus efficace.\n\n## Bon à savoir\n\n- **Un oubli de pilule** : la prendre dès qu'on s'en rend compte, préservatif pendant sept jours, et contraception d'urgence s'il y a eu un rapport les jours d'avant. La notice précise les délais selon la pilule.\n- **Vomissements ou diarrhée forte** dans les heures après la pilule : comme un oubli.\n\nLa grossesse : [[TEC-SAN-032]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-032","titre":"La grossesse, mois par mois","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["grossesse","trimestres","acide folique","toxoplasmose","listeria","alcool","pre-eclampsie","signes d'alerte"],"sources":["Haute Autorité de santé, Suivi et orientation des femmes enceintes, 2016","Organisation mondiale de la santé, recommandations sur les soins prénatals pour une expérience positive de la grossesse, 2016","Santé publique France, alcool et grossesse"],"corps":"::Une grossesse dure environ 40 semaines, comptées à partir des dernières règles. La plupart se passent bien, même loin d'un hôpital. Ce qu'il faut savoir tient en peu de choses : ce qu'on évite, ce qu'on mange, et les signes qui ne doivent jamais attendre.::\n\n## Les trois trimestres\n\n**Jusqu'à 3 mois**\n- Nausées, fatigue, seins sensibles. Manger peu et souvent aide.\n- **L'acide folique**, idéalement dès le projet de grossesse : il évite de graves malformations de la colonne du bébé.\n- Environ **une grossesse sur huit** s'arrête d'elle-même à ce stade. Ce n'est presque jamais la faute de la mère.\n\n**De 3 à 6 mois**\n- Souvent la période la plus facile.\n- Le bébé bouge : on le sent vers le cinquième mois, parfois plus tôt.\n\n**De 6 à 9 mois**\n- Ventre lourd, essoufflement, mal de dos, sommeil difficile.\n- **Dormir sur le côté**, surtout le gauche : sur le dos, l'utérus comprime une grosse veine.\n- Le bébé bouge moins fort, mais **il bouge tous les jours**.\n\n## Ce qu'on évite\n\n- **L'alcool, totalement** : il n'y a pas de dose sûre. C'est la première cause non génétique de handicap mental de l'enfant en France.\n- **Le tabac.**\n- **La viande crue ou peu cuite**, les légumes mal lavés, la litière du chat, si on n'est pas immunisée contre la **toxoplasmose**.\n- **Le lait cru**, les fromages au lait cru, la charcuterie à la coupe, le poisson fumé : la **listeria**. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Certains médicaments**, dont l'ibuprofène à partir du sixième mois. Voir [[TEC-SAN-029]].\n\n## Manger\n\nUn peu plus au deuxième et au troisième trimestre, pas « pour deux ». Du fer (viande, lentilles), de l'iode (sel iodé, poisson), du calcium.\n\n## Les signes qui n'attendent pas\n\nÀ tout moment, **consulter en urgence** :\n\n- **saignement** ;\n- **perte de liquide** par le vagin ;\n- **fièvre** ;\n- **maux de tête violents**, troubles de la vue, gonflement brutal du visage et des mains : la pré-éclampsie. Voir [[TEC-SAN-026]] ;\n- **bébé qui bouge moins ou plus du tout** ;\n- **contractions régulières avant 8 mois et demi**, douleur forte au ventre.\n\nL'accouchement : [[URG-SEC-007]]. La sage-femme : [[TEC-MET-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-031","titre":"Les dents sans dentifrice","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["dents","hygiene dentaire","caries","miswak","brosse","bicarbonate","fil dentaire","sucre","gencives"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Santé bucco-dentaire, principaux repères","Gustafsson B.E. et al., The Vipeholm dental caries study, Acta Odontologica Scandinavica, 1954","Haque M.M., Alsareii S.A., A review of the therapeutic effects of using miswak (Salvadora persica) on oral health, Saudi Medical Journal, 2015"],"corps":"::Ce qui protège les dents, c'est surtout la brosse, pas la pâte : c'est le frottement qui décolle la plaque. Des centaines de millions de personnes se brossent encore les dents avec une simple brindille mâchée, le miswak, et l'OMS en reconnaît l'efficacité.::\n\n## Ce qui fait les caries\n\nLes bactéries de la plaque mangent le sucre et fabriquent de l'acide, qui ronge l'émail. **Ce qui compte, c'est la fréquence** plus que la quantité : dans les années 1940, une étude suédoise (contestable sur le plan éthique) a montré que les sucreries grignotées entre les repas donnaient bien plus de caries que la même quantité de sucre prise pendant les repas.\n\n## Se brosser sans rien\n\n- **La brindille** : un bout de bois tendre et frais (noisetier, saule, réglisse), écorcé, mâché au bout jusqu'à ce qu'il s'effiloche en brosse. On frotte, puis on recoupe le bout le lendemain.\n- **Un tissu propre** enroulé sur le doigt.\n- **Deux fois par jour, deux minutes**, sans oublier le bord des gencives.\n\n## Sans dentifrice\n\n- **Rien du tout** : le brossage seul fait déjà l'essentiel.\n- **Le bicarbonate de soude** : un peu sur la brosse mouillée, de temps en temps.\n- **L'eau salée** en bain de bouche pour les gencives qui saignent.\n- **Pas de charbon** tous les jours : trop abrasif.\n\n## Le reste\n\n- **Le fil** : un fil fin (dentaire, de couture en coton) passé entre les dents, là où aucune brosse n'entre.\n- **Le fluor** des dentifrices renforce l'émail : quand on en retrouve, on le reprend, en petite quantité pour les enfants.\n- **Les enfants** : brossés dès la première dent, jamais de biberon de jus ou de lait sucré pour s'endormir.\n- **Du fromage ou un chewing-gum sans sucre** après un repas aident la salive à neutraliser l'acide.\n\n## Quand ça ne suffit plus\n\nGencive gonflée, douleur qui lance, joue qui gonfle, fièvre : un abcès. Voir [[TEC-SAN-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-030","titre":"Les vaccins, comment ils marchent","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["vaccins","immunite","variole","jenner","rougeole","tetanos","chaine du froid","calendrier vaccinal"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Vaccins et vaccination, principaux repères","Shattock A.J. et al., Contribution of vaccination to improved survival and health: modelling 50 years of the Expanded Programme on Immunization, The Lancet, 2024","Ministère de la Santé, calendrier des vaccinations"],"corps":"::La variole a tué environ 300 millions de personnes au seul XXe siècle. En 1796, Edward Jenner remarque que les vachères qui ont attrapé la vaccine, une maladie bénigne des vaches, ne l'attrapent pas ; le mot vaccin vient de là. En 1980, la variole était éradiquée. En cinquante ans, les vaccins ont sauvé environ 150 millions de vies.::\n\n## Comment ça marche\n\nLe corps apprend à reconnaître un microbe en le rencontrant. Le vaccin lui présente **une version inoffensive** : microbe affaibli, microbe tué, un morceau de microbe, ou la notice pour en fabriquer un morceau. Le système immunitaire fabrique ses défenses et **garde la mémoire**. Au vrai contact, il réagit en quelques heures au lieu de quelques jours.\n\n## Les familles\n\n- **Vivants atténués** : rougeole-oreillons-rubéole, fièvre jaune, BCG. Très efficaces, déconseillés aux femmes enceintes et aux personnes très immunodéprimées.\n- **Inactivés ou en morceaux** : tétanos, diphtérie, coqueluche, polio injectable, hépatites. Souvent plusieurs doses et des rappels.\n- **À ARN messager** : ils donnent aux cellules la recette d'un morceau du virus, puis cette recette se dégrade.\n\n## L'immunité de groupe\n\nQuand assez de gens sont protégés, le microbe ne circule plus, et protège ceux qui ne peuvent pas être vaccinés (nourrissons, malades). Pour la rougeole, très contagieuse, il faut environ **95 %** de vaccinés ; en dessous, les épidémies reviennent.\n\n## Les effets indésirables\n\nBras douloureux, fièvre, fatigue un ou deux jours : c'est le signe que le corps travaille. Les réactions graves existent mais sont rares, bien plus rares que les complications des maladies qu'ils évitent.\n\n## En pratique\n\n- **Le tétanos** : un rappel à 25, 45 et 65 ans, puis tous les dix ans. Une plaie souillée sans rappel à jour, c'est un vaccin tout de suite. Voir [[TEC-SAN-012]].\n- **Le carnet de vaccination** photographié et gardé avec les papiers.\n- **La chaîne du froid** : la plupart des vaccins se gardent entre 2 et 8 °C. Congelés ou chauffés, ils ne protègent plus.\n- **En France**, onze vaccins sont obligatoires pour les enfants nés depuis 2018.\n\nL'hygiène et les maladies : [[TEC-SAN-004]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-020","titre":"Veiller un blessé pendant des jours","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["surveillance","blesse","constantes","fiche de surveillance","urines","escarres","infection","evacuation impossible"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, CICR, Basic Emergency Care: approach to the acutely ill and injured, 2018","Giannou C., Baldan M., La chirurgie de guerre, volume 1, CICR, 2010","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe"],"corps":"::Quand l'hôpital est à trois jours, ou qu'il n'y en a plus, le secouriste devient infirmier. Ce qui sauve alors n'est pas un geste héroïque : c'est une feuille de papier où l'on note, toutes les quelques heures, le pouls, la respiration et les urines. Un blessé qui s'aggrave le dit toujours d'abord par les chiffres.::\n\n## AGIR\n\n**La feuille de surveillance**\n\nUne feuille par blessé, avec l'heure, et toutes les deux à quatre heures (plus souvent au début) :\n\n- **La conscience** : éveillé, répond à la voix, répond à la douleur, ne répond pas.\n- **La respiration** par minute.\n- **Le pouls** par minute. Voir [[TEC-SAN-016]].\n- **La température**, la couleur et la chaleur de la peau.\n- **Les urines** : combien de fois, quelle couleur.\n- **La douleur**, de 0 à 10.\n- **Ce qu'il a bu, mangé**, et les médicaments donnés.\n\n**Les signes qui doivent alarmer**\n\n- respiration ou pouls **qui accélèrent** d'une fois sur l'autre ;\n- **confusion** nouvelle, somnolence ;\n- mains et pieds **froids**, peau marbrée ;\n- **urines rares et foncées** ;\n- **fièvre**, plaie qui rougit, sent mauvais ou coule ;\n- douleur qui **augmente** au lieu de diminuer.\n\nOn cherche alors par tous les moyens une évacuation.\n\n## ADAPTER\n\n- **Boire** : par petites gorgées régulières, s'il est conscient et n'a pas de plaie au ventre. Une solution de réhydratation si on en a. Voir [[TEC-SAN-011]].\n- **Bouger** : le tourner toutes les deux ou trois heures, bouger ses jambes, le faire asseoir dès que possible. Voir [[TEC-SAN-025]] pour les escarres.\n- **Les plaies** : regardées et nettoyées chaque jour. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **L'hygiène** : bassin, toilette, bouche nettoyée, mains lavées avant et après chaque soin.\n- **La douleur** : soulagée à heures fixes plutôt qu'à la demande. Voir [[TEC-SAN-029]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLes blessés meurent rarement de ce qu'on voit. Ils meurent d'un saignement qui continue lentement, d'une infection qui s'installe, d'une déshydratation, d'un caillot. Tout cela se lit dans les tendances des chiffres avant de se voir sur le visage. **Le moral compte aussi** : parler au blessé, lui expliquer, ne pas le laisser seul.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-019","titre":"Blessures par balle et par éclat","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["balle","eclat","explosion","garrot","compression","packing","march","hypothermie","gestes qui sauvent"],"sources":["Committee on Tactical Combat Casualty Care, TCCC Guidelines","American College of Surgeons, Stop the Bleed","Ministère de l'Intérieur, formation Gestes qui sauvent"],"corps":"::Dans les attentats et les guerres, la première cause de mort évitable est simple : le saignement d'un membre, qu'un garrot aurait arrêté. Après les attentats de 2015, la France a créé une formation gratuite de deux heures, les Gestes qui sauvent. Ce qui suit en est l'essentiel.::\n\n## AGIR\n\n**La sécurité avant tout** : on ne soigne pas sous le feu. S'abriter, fuir, alerter. Voir [[URG-ATT-001]].\n\nPuis, dans l'ordre que suivent les secouristes militaires :\n\n1. **Le saignement massif** : c'est lui qui tue en quelques minutes.\n   - **Bras ou jambe** : garrot haut et serré, ou compression très forte. Voir [[URG-HEMO-001]].\n   - **Aine, aisselle, cou**, où le garrot ne tient pas : **bourrer la plaie** de tissu ou de compresses, tout au fond, puis **appuyer de tout son poids** au moins trois minutes, sans relâcher pour regarder.\n2. **Les voies aériennes** : une personne inconsciente qui respire, sur le côté.\n3. **La respiration** : une plaie de la poitrine, voir [[URG-SEC-015]].\n4. **Le choc** : allongé, jambes surélevées si possible. Voir [[URG-SEC-010]].\n5. **Le froid** : couvrir, isoler du sol, même en été. Un blessé qui se refroidit saigne davantage.\n\n**Chercher toutes les plaies** : une balle peut ressortir loin de son entrée. On retourne le blessé avec précaution pour regarder le dos, les aisselles, l'entrejambe.\n\n## ADAPTER\n\n**Après une explosion**\n\n- **Les oreilles** : surdité, sifflements. Il faut parler fort et face au blessé.\n- **Les poumons** : le souffle peut les abîmer sans plaie visible. Un essoufflement qui apparaît **des heures plus tard** est une urgence.\n- **Les éclats** : nombreux, petits, parfois profonds. On ne les extrait pas.\n- **Les brûlures** : voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Beaucoup de blessés** : trier. Voir [[URG-SEC-008]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUne balle ne fait pas un trou propre : elle déchire, tourne, casse les os qui deviennent à leur tour des projectiles. Une petite entrée peut cacher de gros dégâts. Tout blessé par balle doit être opéré ou au moins vu par un chirurgien, même s'il marche.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-018","titre":"Un membre ou un doigt arraché","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["amputation","doigt coupe","garrot","reimplantation","glace","sac","sos mains"],"sources":["Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe, section de membre","FESUM, Fédération européenne des services d'urgence de la main, conduite à tenir devant une amputation digitale","American College of Surgeons, Stop the Bleed"],"corps":"::Un doigt coupé, bien conservé au froid, peut souvent être recousu des heures plus tard par un chirurgien de la main. Ce qui compte, c'est de sauver d'abord la personne, puis le morceau : dans cet ordre, et avec un sac, de l'eau et de la glace.::\n\n## AGIR\n\n**Sauver la personne**\n\n1. **Le 15.**\n2. **Arrêter le saignement** : appuyer fort sur la plaie. Si ça ne suffit pas pour un bras ou une jambe, **garrot** quelques centimètres au-dessus, serré jusqu'à l'arrêt du saignement, **heure notée**. Voir [[URG-HEMO-001]].\n3. **Couvrir le moignon** d'un pansement propre.\n4. **Allonger**, couvrir, surveiller le choc. Voir [[URG-SEC-010]].\n\n**Sauver le morceau**\n\n1. Le ramasser, **sans le laver ni le frotter**.\n2. L'envelopper dans une **compresse ou un tissu propre légèrement humide**.\n3. Le mettre dans un **sac plastique fermé**.\n4. Poser ce sac dans **un deuxième sac ou un récipient avec de l'eau et de la glace**.\n5. **Jamais** directement sur la glace, ni dans l'eau : le gel et l'eau abîment les tissus.\n6. Écrire le nom et l'heure, et le faire partir **avec le blessé**.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une partie encore attachée** par un lambeau : ne pas couper, remettre en position, pansement, et froid autour sans contact direct.\n- **Doigt ou main** : les centres spécialisés (SOS Mains) prennent en charge nuit et jour. Les secours savent où aller.\n- **Sans évacuation possible** : arrêter le saignement, nettoyer, panser, surveiller l'infection. Le morceau est perdu, la personne ne l'est pas. Voir [[URG-SEC-020]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn doigt refroidi peut souvent être réimplanté jusqu'à douze heures après, parfois plus ; un membre entier, beaucoup moins longtemps, car les muscles meurent vite. Sans froid, les délais fondent. Le froid est donc le meilleur allié, à condition de ne pas geler.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-017","titre":"Les écrasements","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["ecrasement","crush syndrome","decombres","seisme","membre coince","reins","potassium","urines foncees"],"sources":["Bywaters E.G.L., Beall D., Crush injuries with impairment of renal function, British Medical Journal, 1941","Sever M.S., Vanholder R. et al., Recommendations for the management of crush victims in mass disasters, Nephrology Dialysis Transplantation, 2012","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe"],"corps":"::Pendant le Blitz de Londres, en 1941, des médecins remarquent que des gens sortis vivants des décombres, apparemment en bon état, meurent quelques heures ou quelques jours plus tard. Le muscle écrasé longtemps libère ses poisons d'un coup quand on le dégage. On appelle ça le syndrome d'écrasement.::\n\n## AGIR\n\n1. **La sécurité d'abord** : un bâtiment effondré peut s'effondrer encore. Voir [[SURV-CRI-002]].\n2. **Le 15** ou le 112, en précisant qu'une personne est coincée et depuis combien de temps.\n3. **Coincée depuis moins d'un quart d'heure** : dégager tout de suite.\n4. **Coincée depuis plus longtemps** :\n   - **si les secours arrivent**, les attendre pour dégager ensemble : ils préparent une perfusion et surveillent le cœur au moment où la pression se libère ;\n   - **si personne ne viendra**, dégager quand même. Faire boire beaucoup, par petites gorgées, si la personne est consciente et avale bien.\n5. **Arrêter les saignements**, couvrir, garder au chaud. Voir [[URG-HEMO-001]].\n6. **Noter l'heure** de l'écrasement et de la libération.\n\n## ADAPTER\n\n**Après la libération, surveiller** :\n\n- **Les urines** : peu abondantes, **foncées comme du coca**, c'est le muscle détruit qui passe dans les reins. Il faut un hôpital, souvent une dialyse.\n- **Le cœur** : malaise, pouls irrégulier, perte de connaissance. Voir [[URG-CARD-001]].\n- **Le membre** : douleur énorme, membre dur, tendu, froid ou insensible. Les muscles gonflent dans leur gaine et s'étouffent : ça s'opère.\n\n**Dans une catastrophe**, les écrasés font partie des blessés qu'on trie en priorité pour l'évacuation vers un hôpital équipé. Voir [[URG-SEC-008]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn muscle écrasé meurt et accumule du potassium et des débris de muscle. Tant que la pression dure, ils restent sur place. **Dès qu'on la relâche**, ils partent dans le sang : le potassium peut arrêter le cœur, les débris bouchent les reins. Boire beaucoup, ou mieux une perfusion, dilue le poison et protège les reins.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-016","titre":"Les yeux blessés","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["oeil","brulure chimique","rincage","chaux","ciment","coup","objet plante","vision"],"sources":["European Resuscitation Council Guidelines 2021: First aid (brûlures chimiques de l'œil)","Société française d'ophtalmologie, urgences oculaires","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours"],"corps":"::Une giclée de ciment ou de chaux dans l'œil est plus grave qu'une giclée d'acide : les produits basiques continuent de ronger longtemps après le contact. Dans les deux cas, les premières secondes comptent plus que tout ce qui suivra. On rince, on rince, et on rince encore.::\n\n## AGIR\n\n**Un produit chimique** (ciment, chaux, soude, eau de Javel, acide, produit ménager)\n\n1. **Rincer tout de suite**, à l'eau du robinet, d'une bouteille, d'un tuyau, **au moins 15 à 20 minutes**, en maintenant les paupières ouvertes.\n2. Tête penchée **du côté de l'œil touché**, pour que l'eau ne coule pas dans l'autre.\n3. **Retirer les lentilles** si possible.\n4. **Urgences ou ophtalmologiste** ensuite, avec le nom du produit.\n\n**Un coup** (poing, balle, branche)\n\n- Une compresse **froide**, posée sans appuyer.\n- **Consulter vite** si : vue qui baisse, vision double, sang visible dans l'œil, douleur forte, œil qui ne bouge plus normalement.\n\n**Un objet planté dans l'œil**\n\n1. **Ne rien retirer**, ne pas appuyer.\n2. Poser un **gobelet** ou le fond d'une bouteille coupée autour de l'œil, sans toucher l'objet, fixé avec du ruban adhésif.\n3. **Couvrir aussi l'autre œil** : les deux yeux bougent ensemble, fermer l'œil sain empêche l'œil blessé de bouger.\n4. Urgence, allongé.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une poussière, un moucheron** : voir [[URG-SEC-013]].\n- **Les brûlures par la lumière** (soudure, neige) : voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Ne jamais frotter**, ni mettre de collyre au hasard.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa cornée, la vitre transparente de l'œil, n'a pas de vaisseaux : elle cicatrise vite quand elle est égratignée, mais une brûlure chimique ou une plaie profonde peuvent la rendre opaque pour toujours. Protéger ses yeux coûte deux euros : **des lunettes de protection** pour meuler, bricoler, manier la chaux et les produits ménagers.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-015","titre":"Blessures au ventre et à la poitrine","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["thorax","abdomen","plaie soufflante","objet plante","eviscération","cotes cassees","hemorragie interne"],"sources":["European Resuscitation Council Guidelines 2021: First aid","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe","Committee on Tactical Combat Casualty Care, TCCC Guidelines (plaies thoraciques)"],"corps":"::Un couteau planté dans le ventre ne se retire pas : il bouche peut-être le vaisseau qu'il a coupé. Et un pansement parfaitement étanche sur une plaie de poitrine peut tuer, en piégeant l'air autour du poumon. Les bons gestes sont souvent contre-intuitifs.::\n\n## AGIR\n\n**Toujours d'abord** : le 15, arrêter les saignements visibles, surveiller l'état de choc. Voir [[URG-HEMO-001]] et [[URG-SEC-010]].\n\n**Un objet planté** (couteau, morceau de verre, branche)\n- **Ne jamais le retirer.**\n- Le **caler** avec des tissus roulés tout autour, pour qu'il ne bouge plus, et bander par-dessus.\n\n**Une plaie de la poitrine**\n- **Laisser la plaie à l'air**, ou la couvrir d'une compresse **non collée sur tous les bords** : l'air doit pouvoir ressortir.\n- Personne consciente : **demi-assise**, c'est là qu'elle respire le mieux.\n- **Essoufflement qui s'aggrave**, lèvres bleues, veines du cou gonflées : l'air s'accumule autour du poumon. Si un pansement a été posé, le décoller d'un côté.\n\n**Une plaie du ventre**\n- **Allongé sur le dos, jambes pliées** (un sac ou une couverture sous les genoux) : le ventre se détend.\n- **Des organes sortent** : **ne pas les rentrer**. Les couvrir d'un linge propre **humide**, puis d'un plastique, et garder au chaud.\n- **Rien à manger ni à boire** : il faudra peut-être opérer.\n\n## ADAPTER\n\n**Côtes cassées** : douleur vive à la respiration, à la toux. On ne serre pas la poitrine avec un bandage (le poumon doit se déplier), on soulage la douleur, on fait respirer profondément de temps en temps. Voir [[TEC-SAN-029]].\n\n**Le choc sans plaie visible** (chute, accident, coup violent) : pâleur, sueurs froides, pouls rapide, soif, ventre dur ou qui gonfle, **douleur dans l'épaule gauche** (la rate) : on saigne à l'intérieur. Urgence absolue, allongé, jambes surélevées, au chaud.\n\n## COMPRENDRE\n\nCe qui tue dans ces blessures, c'est **le saignement caché** et **l'air qui comprime le poumon**. Ni l'un ni l'autre ne se soignent sur place : le rôle du secouriste est de ne rien aggraver, de garder la personne au chaud, et de la faire évacuer vite.\n\nExaminer une victime : [[URG-SEC-001]]. Les blessures par balle : [[URG-SEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-TROC-003","titre":"Les savoir-faire qui se monnaient","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["savoir-faire","troc","services","cigarettes","camp de prisonniers","sel","banque de temps","reputation"],"sources":["Radford R.A., The economic organisation of a P.O.W. camp, Economica, 1945","SEL'idaire, réseau des systèmes d'échange local en France","Cahn E., No More Throw-Away People: The Co-Production Imperative, 2000"],"corps":"::En 1945, un économiste britannique qui sortait d'un camp de prisonniers a décrit comment les cigarettes y étaient devenues la monnaie, avec des prix, des marchés et même de l'inflation. Mais ceux qui s'en sortaient le mieux n'étaient pas ceux qui avaient des cigarettes : c'étaient ceux qui savaient faire quelque chose que les autres ne savaient pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn objet s'échange une fois. **Un savoir-faire s'échange tous les jours**, ne se vole pas, et ne pèse rien dans le sac. Quand l'argent perd sa valeur, c'est le capital le plus sûr. Voir [[SURV-TROC-002]].\n\n## Les plus demandés\n\n- **Soigner** : infirmière, sage-femme, dentiste, pharmacien. Voir [[TEC-MET-001]].\n- **Réparer** : vélos, moteurs, appareils électriques, chaussures, vêtements.\n- **Nourrir** : faire le pain, conserver, abattre et découper, cultiver.\n- **L'eau et l'énergie** : puits, pompes, panneaux solaires, installations électriques.\n- **Construire** : toits, poêles, murs.\n- **Communiquer** : radio, traduction, écriture.\n- **Les services du quotidien** : couper les cheveux, garder les enfants, enseigner, affûter.\n\n## AGIR\n\n- **Choisir un ou deux savoir-faire** et les apprendre vraiment, aujourd'hui, pendant que les cours, les livres et les maîtres existent.\n- **Les outils** qui vont avec sont un capital : une trousse de couture, une caisse à outils, un fer à souder.\n- **Fixer un prix clair** avant de commencer : une heure contre une heure, un service contre un bien, une part de récolte.\n- **La réputation** est tout : un travail bien fait, une parole tenue, et le bouche-à-oreille fait le reste. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Échanger du temps** : en France, les **systèmes d'échange local** (SEL) existent depuis les années 1990 : chacun offre des services, comptés en temps ou en unités locales, sans argent. Les **banques de temps** fonctionnent pareil. Ce sont des monnaies de crise déjà rodées.\n\n**Former un apprenti** : c'est ce qui fait durer un savoir-faire, et c'est une aide en plus. Voir [[SURV-SOC-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-007","titre":"Accueillir quelqu'un qu'on ne connaît pas","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["accueil","hospitalite","inconnu","refugies","quarantaine","confiance","parrain","securite"],"sources":["HCR, Emergency Handbook, accueil et protection des personnes déplacées","Sphere Handbook, 2018","Mauss M., Essai sur le don, 1925"],"corps":"::Dans la tradition bédouine, l'étranger qui se présente sous la tente est nourri et protégé pendant trois jours, sans qu'on lui demande qui il est. Ensuite, on lui demande. Accueillir sans être naïf, c'est un vieux savoir : ouvrir la porte, et garder les yeux ouverts.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un nouveau venu** peut être une bouche de plus, un danger, ou exactement la personne qui manquait : une infirmière, un mécanicien, des bras.\n- **Refuser tout le monde** isole un groupe ; **accueillir sans règles** l'expose.\n- **Le don appelle le retour** : celui qu'on a bien accueilli se sent en dette, et le rend.\n\n## AGIR\n\n1. **Recevoir à l'entrée**, à deux, dans un endroit visible, sans le faire entrer tout de suite au cœur du camp.\n2. **Donner d'abord de l'eau et à manger** : ça calme, et ça montre les intentions.\n3. **Poser des questions simples** : d'où il vient, ce qu'il a vu en chemin, ce dont il a besoin, **ce qu'il sait faire**.\n4. **Observer** : ses mains, son équipement, sa santé, sa cohérence d'un jour à l'autre.\n5. **Les armes restent à l'entrée**, comme partout et de tout temps chez celui qui reçoit.\n6. **Sa santé** : fièvre, toux, diarrhée, poux, plaies. En période d'épidémie, quelques jours à part, avec de quoi vivre. Voir [[SURV-CRI-009]].\n7. **Un parrain** : quelqu'un du groupe qui l'accompagne, lui explique les règles, répond de lui.\n8. **Une période d'essai** annoncée clairement.\n\n## ADAPTER\n\n**Refuser** : dire non clairement, sans humilier, avec de l'eau, un peu de nourriture et des indications si possible. Un homme humilié revient parfois, et pas seul.\n\n**Une famille, des enfants** : on les accueille plus vite, mais les mêmes règles s'appliquent aux adultes.\n\n**Ce qu'il sait faire** compte plus que ce qu'il possède. Voir [[SURV-TROC-003]].\n\nReconstruire une communauté : [[SURV-SOC-005]]. Éviter la confrontation : [[SURV-DEF-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-006","titre":"Enseigner à d'autres","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["enseigner","transmettre","apprendre","demonstration","pratique","tutorat","memoire","ecole mutuelle"],"sources":["Training Within Industry Service, Job Instruction, US War Manpower Commission, 1944","Roediger H.L., Karpicke J.D., Test-enhanced learning, Psychological Science, 2006","Dunlosky J. et al., Improving students' learning with effective learning techniques, Psychological Science in the Public Interest, 2013"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines américaines ont dû former en quelques semaines des millions d'ouvriers qui n'avaient jamais touché une machine. La méthode tenait sur une carte de poche : préparer, montrer, faire faire, suivre. Elle marche toujours, pour une greffe, un garrot ou une soudure.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On retient ce qu'on fait**, bien plus que ce qu'on entend.\n- **Se tester** (essayer de se rappeler, refaire sans aide) fixe mieux que relire.\n- **Répéter en espaçant** (aujourd'hui, demain, dans une semaine) vaut mieux que tout en une fois.\n- **Enseigner fait apprendre** : celui qui explique comprend mieux que celui qui écoute.\n\n## AGIR\n\n**La méthode en quatre temps**\n\n1. **Préparer** : mettre l'élève à l'aise, voir ce qu'il sait déjà, dire à quoi ça sert.\n2. **Montrer** : faire le geste lentement, une étape à la fois, en disant **ce qu'on fait et pourquoi**, en insistant sur les points clés.\n3. **Faire faire** : l'élève fait, en expliquant à voix haute. On corrige tout de suite, sans humilier. Il recommence jusqu'à ce que ce soit juste.\n4. **Suivre** : on le laisse travailler seul, on repasse, on vérifie les jours suivants.\n\n**Les astuces**\n\n- **Une seule chose à la fois**, des séances courtes.\n- **Demander de réexpliquer** avec ses mots : on voit tout de suite ce qui n'est pas compris.\n- **Laisser se tromper** là où l'erreur ne coûte rien, jamais là où elle blesse.\n- **Écrire une fiche** de ce qu'on a appris : c'est exactement ce que fait Phenix. Voir [[TEC-IDE-003]].\n\n## ADAPTER\n\n**Beaucoup d'élèves, peu de maîtres** : au XIXe siècle, les écoles mutuelles faisaient enseigner les plus avancés aux plus jeunes, sous la direction d'un seul maître. Ça marche pour tout savoir-faire : chaque élève formé en forme un autre.\n\n**Les enfants** : voir [[TEC-CUL-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-005","titre":"Reconstruire une communauté","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["communaute","reconstruction","entraide","capital social","communs","ostrom","recensement","reunion"],"sources":["Aldrich D.P., Building Resilience: Social Capital in Post-Disaster Recovery, University of Chicago Press, 2012","Ostrom E., Governing the Commons, Cambridge University Press, 1990","Solnit R., A Paradise Built in Hell, 2009"],"corps":"::Après le séisme de Kobé ou le tsunami de 2004, ce ne sont pas les quartiers les plus riches ni les moins touchés qui se sont relevés le plus vite : ce sont ceux où les gens se connaissaient. Les liens entre voisins valent plus que l'argent et les murs. Ils se construisent, pas à pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Après une catastrophe**, il y a presque toujours un élan d'entraide. Il retombe en quelques semaines si rien ne l'organise.\n- **Les biens communs** (puits, forêt, champ, stock) peuvent être très bien gérés par un groupe, à condition de règles claires. Elinor Ostrom a reçu le prix Nobel d'économie en 2009 pour l'avoir montré.\n\n## AGIR\n\n1. **Recenser** : qui est là, qui manque, qui est blessé, malade, âgé, seul, enfant sans parents. **Qui sait faire quoi.** Voir [[TEC-MET-001]].\n2. **Un lieu et une heure** de réunion chaque jour, courts, ouverts à tous.\n3. **Un tableau** : besoins, offres, informations, décisions. Voir [[SURV-SOC-004]].\n4. **Les urgences d'abord** : eau, abri, soins, nourriture, sécurité.\n5. **Des tâches partagées**, en rotation : corvée d'eau, cuisine, veille, soins, enfants.\n6. **Des règles simples**, écrites, décidées ensemble, avec ce qui se passe si on ne les respecte pas. Voir [[SURV-SOC-002]].\n7. **L'école** pour les enfants, même quelques heures. Voir [[TEC-CUL-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les règles qui font durer un bien commun**, selon Ostrom :\n\n- on sait **qui** y a droit et **combien** ;\n- ceux qui l'utilisent **décident** des règles ;\n- quelqu'un **surveille**, et c'est connu ;\n- les sanctions sont **progressives**, d'abord légères ;\n- il existe un moyen **simple et rapide** de régler les disputes. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n**Ne laisser personne dehors** : les personnes âgées, handicapées, étrangères, nouvelles venues sont les premières oubliées, et souvent celles qui ont des savoirs précieux. Voir [[SURV-SOC-007]].\n\n**Fêter** : une naissance, une récolte, un toit refait. Les communautés tiennent aussi par la joie.\n\nOrganiser un petit groupe : [[SURV-SOC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-004","titre":"Les rumeurs et la panique","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rumeurs","panique","information","crise","confiance","achats de panique","tableau d'affichage"],"sources":["Quarantelli E.L., The nature and conditions of panic, American Journal of Sociology, 1954","Allport G.W., Postman L., The Psychology of Rumor, 1947","Clarke L., Chess C., Elites and panic: more to fear than fear itself, Social Forces, 2008"],"corps":"::La panique collective est rare. Dans les catastrophes, la plupart des gens restent calmes et s'entraident : les sociologues l'observent depuis soixante-dix ans. Ce qui se répand vraiment, ce sont les rumeurs, et elles poussent là où l'information manque.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Une rumeur grossit** quand le sujet est **important** et que l'information est **floue**. Supprimez l'un des deux, elle s'éteint.\n- **Les gens ne paniquent pas au hasard** : ils fuient quand ils croient qu'une sortie va se fermer, ils achètent tout quand ils croient que les rayons seront vides demain. C'est souvent logique de leur point de vue.\n- **Le vrai danger dans une foule** n'est pas la panique mais la **densité** : trop de monde dans un espace qui se resserre. Voir [[URG-FOULE-001]].\n- **Les responsables** ont souvent plus peur de la panique que la population, et cachent l'information pour l'éviter, ce qui nourrit les rumeurs.\n\n## AGIR\n\n**Pour ceux qui organisent un groupe**\n\n1. **Informer tôt**, même quand on ne sait pas tout : « Voilà ce qu'on sait, voilà ce qu'on ne sait pas, prochaine information à 18 h. »\n2. **Tenir l'heure promise**, même pour dire qu'il n'y a rien de nouveau.\n3. **Une seule source** reconnue, un seul **tableau d'affichage**, écrit, daté.\n4. **Donner quelque chose à faire** : les gens occupés paniquent moins.\n\n**Pour chacun**\n\n- **Avant de relayer** : qui l'a dit ? l'a-t-il vu lui-même ? quand ? Voir [[TEC-IDE-010]].\n- Dire « je ne sais pas » plutôt que combler le vide.\n- **Ne pas acheter en panique** : les pénuries de papier toilette de 2020 venaient des achats, pas des usines.\n\n## ADAPTER\n\n**Une rumeur dangereuse** (un puits empoisonné, un groupe accusé) : la vérifier vite, sur place, avec des témoins, et annoncer publiquement le résultat. Les rumeurs contre des boucs émissaires ont souvent fini en violences.\n\n**Désamorcer un conflit** né d'une rumeur : [[SURV-SOC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-006","titre":"S'occuper l'esprit","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["moral","routine","ennui","jeux","lecture","apprendre","shackleton","isolement","informations"],"sources":["Shackleton E., South, 1919","Palinkas L.A., Suedfeld P., Psychological effects of polar expeditions, The Lancet, 2008","Frankl V., Découvrir un sens à sa vie, 1946"],"corps":"::En 1915, l'Endurance de Shackleton est broyée par la glace de l'Antarctique. Vingt-huit hommes bloqués pendant des mois. Shackleton impose des horaires, des tâches, des matchs de football sur la banquise, des soirées de chansons. Tous rentreront vivants. Dans l'attente, le moral est une ressource qu'on gère comme l'eau.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **L'ennui et l'incertitude** usent plus que l'effort. Les expéditions polaires, les sous-marins, les prisonniers de guerre l'ont tous appris.\n- **Une routine** donne des repères quand tout le reste a disparu.\n- **Se sentir utile** protège. Avoir un rôle, même petit, change tout.\n- **Les mauvaises nouvelles en boucle** entretiennent l'angoisse sans rien changer à la situation.\n\n## AGIR\n\n**Tenir une journée**\n\n- **Se lever à heure fixe**, s'habiller, se laver, même sans raison apparente.\n- **Des tâches** chaque jour, réparties : eau, bois, cuisine, veille, soins.\n- **Bouger** : marche, exercices, travail physique. Voir [[TEC-SAN-023]] pour le sommeil.\n- **Les informations deux fois par jour**, pas en continu.\n\n**Occuper la tête**\n\n- **Apprendre** quelque chose : une langue, un savoir-faire, une fiche par jour. Dans le camp de prisonniers de Changi, à Singapour, les prisonniers avaient monté une véritable université.\n- **Enseigner** ce qu'on sait. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Jouer** : cartes, dés, échecs dessinés sur une planche, devinettes, jeux de groupe.\n- **Lire, raconter, chanter**, faire de la musique avec ce qu'on a. Voir [[TEC-CUL-001]].\n- **Écrire** un journal : il vide la tête et garde une mémoire.\n\n**Les rituels** : un repas commun, un jour différent des autres, une fête pour une naissance, un anniversaire. Ils marquent le temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Seul** : parler à voix haute, se fixer des objectifs chaque jour, écrire des lettres même sans pouvoir les envoyer.\n\n**Les enfants** ont besoin de jeu comme de nourriture. Voir [[SURV-PSY-004]].\n\n**Quand plus rien n'a de sens**, se raccrocher à ce qui compte pour soi : quelqu'un à retrouver, une tâche à finir. Viktor Frankl, rescapé des camps, en a tiré un livre. Voir aussi [[SURV-PSY-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-005","titre":"Le deuil","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["deuil","perte","chagrin","enfants","rituels","resilience","deuil prolonge","soutien"],"sources":["Bonanno G.A., Loss, trauma, and human resilience, American Psychologist, 2004","Stroebe M., Schut H., The dual process model of coping with bereavement, Death Studies, 1999","Organisation mondiale de la santé, CIM-11, trouble du deuil prolongé"],"corps":"::Les fameuses « cinq étapes du deuil » ont été décrites pour des mourants, pas pour ceux qui restent, et personne ne les traverse dans l'ordre. Ce que montrent les études, c'est plus rassurant : la plupart des gens endeuillés souffrent, puis continuent à vivre, en faisant des allers-retours entre le chagrin et la vie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le deuil n'est pas une ligne droite** : on passe d'un moment à l'autre du chagrin à la vie quotidienne, et c'est sain. Rire le jour de l'enterrement n'est pas trahir.\n- **La plupart des gens s'en sortent** sans aide spécialisée, avec du temps et des proches.\n- **Le corps aussi** : fatigue, perte d'appétit, insomnie, douleurs, les premières semaines.\n- **Le deuil prolongé** existe : au-delà de six mois à un an, une douleur qui empêche de vivre, de travailler, de s'occuper des siens, mérite de l'aide.\n\n## AGIR\n\n**Pour celui qui a perdu quelqu'un**\n\n- Laisser venir le chagrin **et** laisser venir le reste : manger, dormir, marcher.\n- Un **rite**, même simple : dire adieu, garder un objet, écrire. Voir [[TEC-SAN-024]].\n- **Les dates** (anniversaires, fêtes) sont difficiles : les prévoir, ne pas les passer seul.\n\n**Pour aider**\n\n- **Être là** vaut mieux que bien parler. Une présence, un repas apporté, les enfants gardés, les papiers remplis.\n- **Dire le nom** du mort, raconter des souvenirs : les endeuillés souffrent souvent du silence des autres.\n- **À éviter** : « je sais ce que tu ressens », « il est mieux là où il est », « il faut tourner la page ».\n- **Revenir** des semaines après, quand tout le monde est reparti.\n\n## ADAPTER\n\n**Les enfants**\n\n- **Dire la vérité** avec des mots simples : « il est mort », pas « il est parti » ni « il dort », qui font peur au coucher.\n- Répondre à leurs questions, même répétées.\n- Les laisser participer aux rites **s'ils le veulent**.\n- Leur chagrin vient par vagues, entre deux jeux. C'est normal.\n\n**En crise**, les deuils s'empilent et les rites manquent. Prendre quand même un moment pour chaque mort, même court, aide tout le groupe à tenir.\n\n**Idées de mort, envie de rejoindre le disparu** : on en parle, on ne reste pas seul. En France, le **3114**, jour et nuit. Voir [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-012","titre":"Le vélo pour partir","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo","evacuation","sacoches","remorque","crevaison","charge","piste ho chi minh","autonomie"],"sources":["Wilson D.G., Bicycling Science, MIT Press, 3e édition, 2004","Prados J., The Blood Road: The Ho Chi Minh Trail and the Vietnam War, 1999"],"corps":"::Pendant la guerre du Vietnam, des porteurs poussaient sur la piste Hô Chi Minh des vélos chargés de plus de cent kilos de ravitaillement, à travers la jungle et les bombardements. Aucune armée n'a réussi à couper cette route. Un vélo, c'est trois fois la distance de la marche, et un porte-bagages pour ce qu'on ne pourrait pas porter.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **À pied** avec un sac : 20 à 30 km par jour. **À vélo** chargé : 50 à 100 km, pour la même fatigue.\n- Le vélo est **le moyen de transport le plus efficace** jamais inventé : moins d'énergie par kilomètre que la marche.\n- Quand les routes sont bloquées par les voitures, **le vélo passe** : entre les files, sur les trottoirs, les chemins, les pistes.\n- **Poussé à la main**, un vélo porte bien plus lourd qu'un dos.\n\n## AGIR\n\n**Le vélo prêt**\n\n- **Des pneus increvables** ou renforcés, bien gonflés.\n- **Une chambre à air de rechange**, des rustines, une pompe, des démonte-pneus, un multi-outil, de l'huile pour la chaîne.\n- **Des freins** qui freinent. Voir [[TEC-MEC-004]].\n- **Un antivol** solide.\n\n**La charge**\n\n- **Bas et sur le vélo**, pas dans le dos : des sacoches à l'arrière (et à l'avant pour les grosses charges), bien réparties à gauche et à droite.\n- **Une remorque** pour les enfants ou le matériel lourd.\n- **Pas plus que ce qu'on peut pousser en montée.**\n\n**Rouler**\n\n- **Des étapes courtes** les premiers jours, pauses toutes les heures, boire.\n- **Descendre et pousser** dans les montées raides : on va presque aussi vite et on ne s'épuise pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Avec des enfants** : siège, remorque, ou vélo à eux s'ils sont assez grands. Leur rythme décide.\n\n**Un vélo électrique** va plus loin et plus lourd, tant que la batterie tient. Voir [[TEC-ENE-014]] pour recharger.\n\n**Réparer en route** : une crevaison se répare en un quart d'heure. On s'entraîne avant, à la maison. Fabriquer un vélo : [[SURV-REC-022]].\n\nQuitter une ville : [[SURV-DEP-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-011","titre":"Se déplacer en groupe","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["groupe","marche","serre-file","point de ralliement","rythme","pauses","enfants","comptage"],"sources":["US Army, FM 21-18 Foot Marches (haltes horaires)","Fédération française de randonnée pédestre, encadrer un groupe"],"corps":"::Un groupe avance à la vitesse de son membre le plus lent. Le mettre devant évite qu'il s'épuise à rattraper les autres et que le groupe s'étire sur un kilomètre. Et à l'arrière, il y a toujours quelqu'un qui ne laisse personne derrière lui : le serre-file.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un groupe qui s'étire** se perd : ceux de derrière ratent un croisement, ceux de devant ne s'en rendent pas compte.\n- **Le plus lent** donne le rythme de toute façon. Mieux vaut le décider que le subir.\n- **Les pauses régulières** évitent l'épuisement : les armées marchent environ cinquante minutes et s'arrêtent dix.\n\n## AGIR\n\n**Les rôles**\n\n- **Devant** : celui qui connaît la route, avec **le plus lent juste derrière** lui.\n- **Derrière** : **le serre-file**, qui ne dépasse jamais personne et prévient si quelqu'un ralentit.\n- **Les charges** : les plus forts portent plus, on tourne.\n\n**Compter**\n\n- **Compter les membres** à chaque départ, chaque pause, chaque passage délicat. Chacun a un numéro, on l'annonce dans l'ordre.\n\n**Se retrouver**\n\n- **Un point de ralliement** annoncé à chaque étape : si on se perd, on y retourne et on attend.\n- **La règle en cas de séparation** : on s'arrête, on siffle, on ne part pas chercher seul.\n- **Les signaux** : trois coups de sifflet, c'est l'appel à l'aide.\n\n**Les passages difficiles** (rivière, route, rochers) : un par un, avec quelqu'un qui aide de chaque côté. Voir [[SURV-DEP-006]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les enfants** : un vêtement voyant, **nom et numéro de téléphone** écrits sur eux, main tenue dans la foule, et la consigne apprise d'avance s'ils se perdent. Voir [[URG-ENF-001]].\n\n**Dans une foule** : se tenir par la main ou par le sac, se donner un point de rendez-vous visible. Voir [[URG-FOULE-001]].\n\n**En terrain dangereux**, espacer davantage : un seul accident, pas deux. Choisir un itinéraire : [[SURV-DEP-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-010","titre":"Nager tout habillé","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["nager","vetements","flotter","choc thermique","eau froide","pantalon flotteur","noyade","sauvetage"],"sources":["RNLI (Royal National Lifeboat Institution), Float to Live","Giesbrecht G.G., Cold water immersion: the 1-10-1 principle","US Navy, techniques de survie en mer (flotteur avec le pantalon)"],"corps":"::Tomber à l'eau froide tout habillé, c'est d'abord un réflexe : on inspire d'un coup, puis on halète pendant une minute. C'est là qu'on se noie, en avalant l'eau. Les sauveteurs britanniques résument la survie en trois mots : flotter pour vivre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**La règle 1-10-1** en eau froide :\n\n- **1 minute** pour reprendre son souffle après le choc. Ne pas nager, ne pas se débattre.\n- **10 minutes** de mouvements efficaces avant que les muscles des bras ne lâchent.\n- **1 heure** environ avant de perdre connaissance par le froid.\n\n**Les vêtements** gardent de l'air les premières minutes et aident à flotter. Ils gardent aussi un peu de chaleur.\n\n## AGIR\n\n1. **Flotter sur le dos**, tête en arrière, bras et jambes écartés, jusqu'à ce que le souffle se calme.\n2. **Garder ses vêtements**. N'enlever les bottes ou un manteau lourd que s'ils tirent vraiment vers le fond.\n3. **Se diriger** vers le bord le plus proche, sur le dos ou en brasse lente. Dans un courant, nager **parallèlement** à la rive. Voir [[URG-MER-001]].\n4. **Ne pas lâcher un objet qui flotte** : bidon, glacière, planche, sac étanche, ballon.\n\n**Le pantalon flotteur** (pour qui sait déjà nager)\n1. Enlever le pantalon en flottant, nouer les deux jambes ensemble au bout.\n2. Le lancer d'un coup au-dessus de la tête pour remplir les jambes d'air, fermer la taille sous l'eau.\n3. Passer la tête entre les jambes nouées : une bouée, à regonfler de temps en temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Aider quelqu'un qui se noie** : **ne pas plonger**. D'abord **tendre** (une branche, un vêtement, en restant allongé au sol), puis **lancer** quelque chose qui flotte, puis appeler. Un nageur qui panique noie son sauveteur.\n\n**Hors de l'eau** : se sécher, se changer, bouger, manger. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Sous la glace** : voir [[URG-GLACE-001]]. Une voiture qui coule : [[URG-VEH-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-009","titre":"Le camouflage","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camouflage","se cacher","silhouette","mouvement","reflet","ombre","lumiere","odeur","observation"],"sources":["US Army, FM 20-3 Camouflage, Concealment, and Decoys, 1999","British Army, Why things are seen (forme, ombre, silhouette, surface, espacement, mouvement)","Stevens M., Merilaita S., Animal camouflage: current issues and new perspectives, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2009"],"corps":"::Un soldat parfaitement camouflé qui bouge se voit ; un randonneur en tee-shirt rouge qui ne bouge pas passe souvent inaperçu. Le mouvement trahit avant la couleur. Les armées l'apprennent avec une liste de choses qui font qu'on est vu, et les chasseurs comme les photographes animaliers l'utilisent tous les jours.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe qui fait qu'on est vu, dans l'ordre :\n\n1. **Le mouvement** : l'œil humain le repère avant tout.\n2. **La forme** : la silhouette humaine, la tête et les épaules, les lignes droites qui n'existent pas dans la nature.\n3. **La silhouette** sur le ciel : un homme debout sur une crête se voit à des kilomètres.\n4. **Le reflet** : visage, lunettes, montre, écran, gamelle.\n5. **L'ombre** : la sienne, qui dépasse d'un buisson.\n6. **La couleur et la surface** : un aplat uni au milieu d'un fouillis de feuilles.\n7. **Le son et l'odeur** : le savon, le parfum, la cigarette, le feu se sentent de loin.\n\n## AGIR\n\n- **S'immobiliser** dès qu'on se sent observé, plutôt que de courir se cacher.\n- **Bouger lentement**, par bonds courts, d'abri en abri, en regardant avant.\n- **Casser la forme** : des branches, des herbes du lieu accrochées au sac et aux épaules, un chapeau.\n- **Rester sous la crête**, jamais dessus ; passer derrière les haies, pas devant.\n- **Rester dans l'ombre**, et regarder de derrière un obstacle, par le côté, pas par-dessus.\n- **Éteindre les reflets** : boue sur le visage et les mains, montre retournée, écran éteint.\n- **Les couleurs** : brun, vert, gris mêlés. Le noir franc se voit en forêt, plus sombre que les ombres.\n\n## ADAPTER\n\n**La nuit** : la lumière est l'ennemi. Une cigarette, une lampe, un écran se voient de très loin. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Le feu** : voir [[SURV-FEU-004]].\n\n**Observer les animaux** : les mêmes règles, et le vent de face pour qu'ils ne vous sentent pas.\n\nTraverser une ville sans se faire remarquer : [[SURV-DEP-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-008","titre":"Traverser une ville sans se faire remarquer","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ville","discretion","homme gris","vigilance","code des couleurs","controle","foule","nuit"],"sources":["Cooper J., Principles of Personal Defense, 1972 (code des couleurs de la vigilance)","de Becker G., The Gift of Fear, 1997","Ministère de l'Intérieur, conseils de prévention des vols et des agressions"],"corps":"::Dans une ville en crise, celui qui porte un sac militaire, un couteau à la ceinture et une tenue de combat se fait remarquer par tout le monde, y compris par ceux qu'il voudrait éviter. Le vétéran, lui, ressemble à quelqu'un qui rentre du travail. On appelle ça être l'homme gris.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On attire les regards** par ce qui dépasse : tenue, matériel voyant, comportement pressé ou perdu, téléphone ou bijoux à la main.\n- **Les agresseurs choisissent** des proies qui ont l'air distraites, isolées, chargées, ou riches.\n- **Le code des couleurs** de la vigilance : **blanc**, dans la lune ; **jaune**, détendu mais attentif à ce qui se passe autour ; **orange**, quelque chose cloche, on se prépare ; **rouge**, on agit. En ville en crise, on vit en jaune.\n\n## AGIR\n\n**L'apparence**\n\n- **Des vêtements ordinaires**, de couleurs neutres, adaptés au quartier.\n- **Un sac banal** (sac à dos d'étudiant, sac de sport), pas de matériel accroché dehors.\n- **Rien de précieux visible** : montre, téléphone, argent rangés.\n\n**Le déplacement**\n\n- **Marcher d'un pas décidé**, comme quelqu'un qui sait où il va, même quand on vérifie son chemin (on le fait à l'arrêt, à l'abri, pas au milieu du trottoir).\n- **Le jour** : les rues passantes, avec des témoins.\n- **Éviter** les impasses, les passages souterrains, les groupes qui stationnent, les attroupements et les manifestations. Voir [[URG-FOULE-001]].\n- **Repérer les sorties** : rues transversales, magasins ouverts, lieux publics.\n- **Bouger aux heures où tout le monde bouge**, pas au milieu d'une rue déserte à minuit.\n\n## ADAPTER\n\n**Un contrôle** (police, armée, barrage) : papiers prêts, mains visibles, calme, réponses courtes et vraies. Pas de photos.\n\n**Quelqu'un vous suit** : changer de trottoir, s'arrêter devant une vitrine pour voir, entrer dans un lieu public, appeler.\n\n**Un couvre-feu** se respecte : dehors, on devient suspect pour tout le monde.\n\nÉviter la confrontation : [[SURV-DEF-004]]. La ville en ruines : [[SURV-MIL-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-007","titre":"Choisir un itinéraire","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["itineraire","carte","main courante","point d'arret","visee decalee","plan pace","goulots","etapes"],"sources":["Fédération française de course d'orientation, techniques de navigation (main courante, point d'arrêt, visée décalée)","US Army, FM 3-25.26 Map Reading and Land Navigation","Doctrine militaire de planification PACE (principal, alternatif, de secours, d'urgence)"],"corps":"::Le plus court n'est presque jamais le plus rapide : contourner une colline fait souvent gagner une heure sur la traverser. Et dans une crise, tout le monde prend la même route. Les militaires prévoient toujours quatre plans ; les coureurs d'orientation, eux, ne visent jamais pile leur cible.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le relief coûte** : une heure de plus par 300 m de montée. Voir [[SURV-ORI-007]].\n- **Les goulets** (ponts, tunnels, échangeurs, cols, gares) sont les premiers bloqués quand tout le monde part.\n- **Une ligne continue** (rivière, route, ligne électrique, crête, lisière) se suit sans boussole, même de nuit ou dans le brouillard.\n\n## AGIR\n\n**Tracer sur la carte**\n\n1. **Le point de départ, l'arrivée**, puis les **étapes** : un point d'eau, un abri, un endroit sûr, tous les 15 à 20 km à pied.\n2. **Suivre des mains courantes** : les lignes continues qu'on longe sans se perdre.\n3. **Prévoir des points d'arrêt** : un élément impossible à manquer juste **après** l'endroit visé (une route, une rivière). Si on l'atteint, on a dépassé.\n4. **La visée décalée** : pour rejoindre un pont sur une rivière, on vise volontairement **à gauche** du pont. En arrivant à la rivière, on sait qu'il faut tourner à droite.\n5. **Compter le temps**, pas seulement les kilomètres.\n\n**Les quatre plans**\n\n- **Principal** : la route prévue.\n- **Alternatif** : une autre route vers le même but.\n- **De secours** : un autre but plus proche (un ami, un village).\n- **D'urgence** : où l'on se replie si tout tombe.\n\n**Avant de partir** : laisser son itinéraire et son heure d'arrivée à quelqu'un, avec ce qu'il doit faire si on n'arrive pas.\n\n## ADAPTER\n\n**En crise** : éviter les grands axes et les heures où tout le monde part. Voir [[SURV-DEP-004]].\n\n**À pied avec un groupe** : se caler sur le plus lent. Voir [[SURV-DEP-011]].\n\nLire une carte : [[SURV-ORI-002]]. La boussole : [[SURV-ORI-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-006","titre":"Les chiens, éviter, calmer, se défendre","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chiens","morsure","meute","chiens errants","langage du chien","se proteger","enfants","rage"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Morsures animales, principaux repères","Doggone Safe, programme Be a Tree de prévention des morsures chez l'enfant","American Veterinary Medical Association, prévention des morsures de chien"],"corps":"::Face à un chien menaçant, le réflexe de courir est le pire : il déclenche la poursuite, et aucun humain ne distance un chien. Les programmes de prévention apprennent aux enfants à « faire l'arbre » : immobile, bras le long du corps, regard sur ses pieds. Ça marche aussi très bien pour les adultes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Un chien prévient presque toujours** avant de mordre :\n\n- **Menace** : corps raide, regard fixe, poils du dos hérissés, babines retroussées, grognement, queue haute et raide.\n- **Stress** : bâillements, léchage des babines, tête détournée, queue basse. Il veut qu'on le laisse.\n\nLa plupart des morsures viennent d'un chien **connu**, souvent chez lui, et touchent souvent des enfants.\n\n## AGIR\n\n**Un chien menaçant**\n\n1. **S'arrêter.** Ne pas courir, ne pas crier.\n2. **Ne pas le fixer dans les yeux**, se tourner de profil, bras près du corps.\n3. **Parler calmement**, d'une voix grave : « Non. Assis. Rentre. »\n4. **Reculer lentement** quand il se calme, sans lui tourner le dos.\n\n**Il attaque**\n\n- **Mettre quelque chose entre lui et soi** : un sac, une veste enroulée sur l'avant-bras, un bâton, un vélo.\n- **Protéger le visage, le cou, la gorge.**\n- **Au sol** : en boule, genoux repliés, mains croisées sur la nuque.\n- **Ne pas tirer brusquement** une partie mordue : ça déchire.\n\n## ADAPTER\n\n**Les meutes de chiens errants**, fréquentes après une catastrophe ou dans les pays en guerre : un bâton, des pierres qu'on fait mine de lancer, un dos contre un mur, et on ne se laisse pas encercler. Passer loin des décharges et des lieux où ils mangent.\n\n**Une morsure** : laver **15 minutes** à l'eau et au savon, désinfecter, consulter pour la rage et le tétanos. Voir [[TEC-SAN-013]].\n\n**Un chien à soi** reste le meilleur système d'alarme qui existe, et un compagnon pour le moral. Il faut pouvoir le nourrir.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-030","titre":"La moto, entretien et dépannage","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moto","chaine","pneus","coupe-circuit","demarrage a la poussette","carburateur","equipement","entretien"],"sources":["Revue Moto Technique (ETAI) et manuels d'atelier des constructeurs","Sécurité routière, équipement obligatoire du motard (casque et gants)"],"corps":"::La panne la plus fréquente d'une moto qui refuse de démarrer, c'est le bouton rouge sur le guidon, le coupe-circuit, resté sur arrêt. Tout motard s'est fait avoir au moins une fois, souvent devant du monde. Juste après viennent la béquille latérale dépliée et la batterie à plat.::\n\n## Avant de démonter quoi que ce soit\n\n- **Le coupe-circuit** sur marche.\n- **La béquille latérale** repliée, **le point mort** engagé (ou l'embrayage tiré).\n- **Le robinet d'essence** ouvert, sur réserve si besoin, sur les motos anciennes.\n- **De l'essence** dans le réservoir. On a vu des mécaniciens chercher une heure.\n\n## Démarrer à la poussette\n\nBatterie faible, mais pas complètement vide :\n\n1. Contact mis, **deuxième vitesse**, embrayage tiré.\n2. Pousser la moto (ou descendre une pente) jusqu'à une allure de course.\n3. **Lâcher l'embrayage d'un coup** en se laissant tomber sur la selle : le moteur tourne et démarre.\n4. Tirer l'embrayage aussitôt, et rouler un moment pour recharger.\n\n## L'entretien qui compte\n\n- **La chaîne** : graissée tous les 500 km environ et après la pluie, tendue selon le manuel (souvent 2 à 3 cm de débattement au milieu). Une chaîne usée use les pignons. Voir [[TEC-MEC-027]].\n- **Les pneus** : pression vérifiée chaque semaine, usure et coupures. Ce sont les deux seuls contacts avec la route.\n- **Les freins** : plaquettes et liquide. Voir [[TEC-MEC-024]].\n- **L'huile** : niveau au hublot, vidange selon le manuel.\n- **Le remisage** : réservoir plein ou carburateur vidé, batterie sur un chargeur d'entretien. Voir [[TEC-MEC-021]].\n\n## Les pannes classiques\n\n- **Bougie encrassée** : voir [[TEC-MEC-011]].\n- **Carburateur bouché** après un hiver : essence vieille, gicleurs à nettoyer.\n- **Batterie** : les petites batteries de moto se vident vite si la moto ne roule pas.\n\n## L'équipement\n\nEn France, **casque et gants homologués sont obligatoires**. Blouson, pantalon et bottes renforcés font la différence entre une glissade et un séjour à l'hôpital.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-029","titre":"Le treuil et le palan","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["treuil","palan","poulies","mouflage","tire-fort","sangle d'arbre","cable","securite","archimede"],"sources":["Plutarque, Vie de Marcellus (Archimède et les poulies)","Tractel, histoire du Tirfor (1941)","Manuels de sauvetage technique, mouflages de traction"],"corps":"::Plutarque raconte qu'Archimède, assis sur la plage, a tiré seul un navire chargé grâce à un jeu de poulies. Deux mille ans plus tard, en 1941, un Français invente un treuil à main qui tire trois tonnes avec un bras : le tire-fort. Multiplier sa force, c'est le métier de la corde et de la poulie.::\n\n## Le principe du palan\n\n- **Une poulie fixe** change seulement la direction de la traction.\n- **Une poulie mobile**, accrochée à la charge, **divise la force par deux** : on tire deux fois plus de corde, deux fois moins fort.\n- **Plusieurs poulies mobiles** multiplient l'effet. Un palan à quatre brins soulève 100 kg avec un peu plus de 25 kg de traction.\n- **Le frottement** mange une partie du gain : une corde passée dans un simple mousqueton perd près de la moitié de l'effort.\n\n## Le mouflage des sauveteurs\n\nAvec une corde, deux poulies (ou deux mousquetons) et un nœud autobloquant, on monte un **mouflage en Z** qui multiplie la force par trois. Les secouristes en montagne et en rivière l'utilisent pour sortir une personne ou une barque.\n\n## Le treuil\n\n- **Le tire-fort** : un câble qui passe dans un boîtier à mâchoires, actionné par un levier. Il tire, retient, et fonctionne dans n'importe quelle position.\n- **Le treuil électrique** de 4x4, branché sur la batterie.\n- **Le treuil de fortune** : une roue de voiture attachée à un moyeu, une corde enroulée autour, et on tourne.\n\n## La sécurité\n\n- **Ancrer sur un arbre solide** avec une **sangle large**, jamais avec le câble directement (il scie l'écorce et l'arbre).\n- **Personne dans l'axe** du câble ou de la corde, ni derrière la charge.\n- **Une couverture ou une veste** posée sur le milieu du câble tendu : s'il casse, elle l'amortit.\n- **Des gants**, et jamais le câble qui glisse dans les mains.\n- **Une corde ne travaille qu'à une fraction de sa résistance** : environ le cinquième de sa charge de rupture.\n\nLever et déplacer une charge : [[TEC-MEC-018]]. Sortir d'un enlisement : [[TEC-MEC-016]]. Les nœuds : [[SURV-NOE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-028","titre":"Engrenages, poulies et courroies","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["engrenages","poulies","courroies","chaine","rapport","couple","vitesse","anticythere","transmission"],"sources":["Freeth T. et al., Decoding the ancient Greek astronomical calculator known as the Antikythera Mechanism, Nature, 2006","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press","Wilson D.G., Bicycling Science, MIT Press, 2004"],"corps":"::En 1901, des pêcheurs d'éponges remontent d'une épave grecque un bloc de bronze corrodé. On y découvrira une trentaine de roues dentées qui calculaient la position du Soleil, de la Lune et les éclipses, il y a plus de deux mille ans. Les engrenages sont une très vieille idée, et elle tient en une phrase.::\n\n## La règle d'or\n\n**Ce qu'on gagne en force, on le perd en vitesse**, et inversement.\n\n- **Une petite roue qui entraîne une grande** : la grande tourne plus lentement, mais avec plus de force. C'est ce qu'on veut pour soulever, broyer, grimper.\n- **Une grande roue qui entraîne une petite** : la petite tourne vite, avec moins de force. C'est ce qu'on veut pour une génératrice, une meule, un ventilateur.\n- **Le rapport** se calcule en comptant les dents (ou en mesurant les diamètres des poulies) : 40 dents contre 10, c'est quatre fois plus de force, quatre fois moins de vitesse.\n\n## Le vélo, pour comprendre\n\nPetit plateau devant et grand pignon derrière : on monte les côtes en pédalant vite sans forcer. Grand plateau et petit pignon : on file sur le plat en appuyant fort.\n\n## Les courroies\n\n- **Plates ou trapézoïdales** : elles transmettent en glissant un peu, ce qui protège la machine en cas de blocage.\n- **La tension** : sous un appui du pouce, elle doit s'enfoncer d'un ou deux centimètres, pas plus.\n- **Usée** : craquelée, lisse et brillante, effilochée, ou qui siffle. On la change avant qu'elle casse.\n\n## Les chaînes\n\n- Elles ne glissent pas, et s'allongent en s'usant.\n- **Chaîne de vélo** : mesurée sur 24 maillons, elle doit faire 30,5 cm ; au-delà d'un ou deux millimètres de plus, elle abîme les pignons. On la change.\n\n## Récupérer\n\nLes vieux vélos, les machines à laver, les imprimantes, les perceuses et les boîtes de vitesses regorgent de roues dentées, de poulies, de courroies et de roulements. Avec eux, on construit des moulins, des pompes, des génératrices. Voir [[TEC-ENE-018]].\n\nGraisser : [[TEC-MEC-027]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-027","titre":"Graisser et lubrifier","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lubrifier","graisse","huile","degrippant","roulements","chaine","serrure","graphite","wd-40","suif"],"sources":["SKF, manuel de lubrification des roulements","WD-40 Company, histoire du produit (1953)","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press"],"corps":"::WD-40 veut dire « Water Displacement, 40e essai » : c'est un chasse-eau et un dégrippant léger, inventé en 1953, pas un vrai lubrifiant. Sur une chaîne ou une serrure, il ne dure pas. Graisser, c'est choisir le bon produit au bon endroit, et souvent en mettre moins.::\n\n## Pourquoi\n\nDeux pièces qui frottent s'usent, chauffent et grippent. Un film d'huile ou de graisse les sépare. La plupart des pannes mécaniques commencent par un graissage oublié.\n\n## Quel produit où\n\n- **L'huile** coule et pénètre : moteurs, boîtes de vitesses, mécanismes fermés, machines à coudre, outils.\n- **La graisse** reste en place : roulements, rotules, axes, charnières exposées, filetages.\n- **Le lubrifiant pour chaîne** : sur une chaîne propre, une goutte par maillon, puis on essuie l'excès, qui colle la poussière.\n- **La poudre de graphite** pour les serrures et les cadenas : l'huile y colle la poussière et finit par tout bloquer.\n- **Le silicone** en spray pour le caoutchouc, le plastique, les joints de portières.\n- **Le savon ou la cire de bougie** pour les tiroirs en bois, les fermetures éclair, et les vis à bois qu'on enfonce plus facilement.\n\n## Débloquer ce qui est grippé\n\n1. **Nettoyer** la rouille à la brosse métallique.\n2. **Imbiber** de dégrippant, et **attendre**, plusieurs heures s'il le faut, en recommençant.\n3. **Taper** quelques coups secs sur la tête du boulon pour casser la rouille.\n4. **Chauffer** l'écrou (pas le boulon) si on peut, loin de tout ce qui brûle.\n5. Une clé bien ajustée, un bras de levier, un effort progressif : un boulon arrondi est bien plus dur à sortir.\n\n## Sans produit du commerce\n\n- **L'huile végétale** dépanne, mais elle rancit et devient collante avec le temps.\n- **Le suif** (graisse animale) a graissé les essieux des charrettes pendant des siècles.\n- **L'huile de vidange usagée** filtrée sert pour les outils de jardin et les chaînes de tronçonneuse de fortune, jamais sur la peau.\n\n## Les roulements\n\nUn roulement qui **grince, gronde, chauffe ou a du jeu** est en fin de vie. Graisser ne le sauvera pas ; on le change avant qu'il ne casse l'axe.\n\nLe vélo : [[TEC-MEC-004]]. L'entretien de la voiture : [[TEC-MEC-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-026","titre":"La voiture électrique","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["voiture electrique","batterie","autonomie","recharge","prise domestique","v2l","freinage regeneratif","incendie","inondation"],"sources":["Agence internationale de l'énergie, Global EV Outlook","ADEME, la voiture électrique, guide et avis","NTSB, Safety risks to emergency responders from lithium-ion battery fires in electric vehicles, 2020"],"corps":"::Un moteur à essence transforme environ un quart de l'énergie de son carburant en mouvement ; le reste part en chaleur. Un moteur électrique en transforme plus de 90 %. Et certaines voitures électriques ont une prise 230 V sur le côté : pendant une coupure de courant, elles font tourner un frigo pendant des jours.::\n\n## Comment elle marche\n\n- **Une grosse batterie** au lithium sous le plancher, de 40 à 100 kWh.\n- **Un ou deux moteurs électriques**, presque sans entretien.\n- **Le freinage régénératif** : en ralentissant, le moteur devient générateur et recharge la batterie.\n- **Une petite batterie de 12 V**, comme sur toutes les voitures : si elle est vide, la voiture ne s'allume pas, même avec la grosse batterie pleine.\n\n## L'autonomie\n\nUne voiture électrique consomme environ **15 à 20 kWh aux 100 km**. L'autonomie baisse avec :\n\n- **le froid** : 20 à 30 % en moins en hiver ;\n- **la vitesse** : sur autoroute, elle fond ;\n- **le chauffage**, la charge, le relief.\n\n## Recharger\n\n- **Une prise domestique** : 10 à 15 km gagnés par heure. Lent, mais une nuit suffit pour un usage quotidien.\n- **Une borne murale** à la maison : trois à cinq fois plus vite.\n- **Les bornes rapides** : de quoi faire plusieurs centaines de kilomètres en une demi-heure.\n\n## En crise\n\n- **La prise 230 V** (fonction appelée V2L) de certains modèles alimente frigo, lampes, ordinateurs, outils : une batterie de voiture pleine, c'est plusieurs jours de besoins essentiels d'une maison.\n- **Avec des panneaux solaires** à la maison, elle se recharge sans réseau. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n- **Sans électricité** et sans soleil, elle s'arrête.\n\n## Les précautions\n\n- **Remorquer** : sur un plateau. Voir [[TEC-MEC-022]].\n- **Après une inondation**, surtout d'eau de mer : la batterie peut prendre feu des jours plus tard. On la gare loin des maisons et on prévient.\n- **Un feu de batterie** est très difficile à éteindre et se rallume : on s'éloigne et on appelle les pompiers en précisant que c'est une électrique.\n\nLe 12 volts à la maison : [[TEC-ENE-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-025","titre":"Le moteur qui chauffe","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["surchauffe","liquide de refroidissement","radiateur","durite","ventilateur","joint de culasse","vase d'expansion"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (circuit de refroidissement)","Manuels des constructeurs automobiles (liquide de refroidissement, vase d'expansion)"],"corps":"::Un bouchon de radiateur ouvert sur un moteur chaud projette du liquide bouillant au visage : c'est l'accident classique du bord de route. Et continuer à rouler avec l'aiguille dans le rouge, c'est souvent transformer une durite à vingt euros en moteur à changer.::\n\n## Les signes\n\n- **L'aiguille de température** qui monte, le voyant rouge.\n- **De la vapeur** sous le capot, une odeur sucrée (le liquide de refroidissement).\n- Le moteur qui perd de la puissance, qui cogne.\n\n## Que faire\n\n1. **S'arrêter** dès que possible, **couper le moteur**.\n2. **Dans un bouchon**, avant de pouvoir s'arrêter : **chauffage à fond**, ventilation au maximum, fenêtres ouvertes. Le chauffage est un petit radiateur : il évacue une partie de la chaleur du moteur.\n3. **Ouvrir le capot** et attendre **au moins une demi-heure**.\n4. **Ne jamais ouvrir le bouchon** du radiateur ou du vase d'expansion moteur chaud : le circuit est sous pression.\n\n## Chercher la cause\n\n- **Le niveau** dans le vase d'expansion, moteur froid.\n- **Une fuite** : flaque sous la voiture, traces sur les durites, le radiateur, la pompe.\n- **Le ventilateur** : il doit se mettre en route quand le moteur est chaud à l'arrêt.\n- **La courroie** qui entraîne la pompe à eau.\n- **Le joint de culasse** : fumée blanche abondante à l'échappement, dépôt crémeux sous le bouchon d'huile, bulles dans le vase d'expansion. Réparation lourde.\n\n## Dépanner\n\n- **Refaire le niveau** moteur froid, avec du liquide de refroidissement, ou **de l'eau** en dépannage (à remplacer ensuite : l'eau gèle l'hiver et laisse rouiller).\n- **Une durite qui fuit** : ruban adhésif en silicone ou chambre à air découpée, serrée avec des colliers, en attendant le garage.\n- **Une petite fuite du radiateur** : les produits colmatants du commerce. Les anciens y versaient du poivre moulu ou un blanc d'œuf : ça dépanne parfois jusqu'au garage, au risque de boucher aussi le radiateur.\n\nLes voyants : [[TEC-MEC-015]]. L'entretien : [[TEC-MEC-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-024","titre":"Les freins","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["freins","plaquettes","disques","liquide de frein","frein moteur","descente","panne de freins","velo"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (freinage hydraulique)","Sécurité routière, conduire en montagne (frein moteur)","Normes DOT 3 et DOT 4, liquide de frein : points d'ébullition sec et humide"],"corps":"::Le liquide de frein boit l'humidité de l'air. Au bout de quelques années, il contient assez d'eau pour bouillir dans une longue descente : des bulles de vapeur se forment, et la pédale s'enfonce jusqu'au plancher. C'est pour ça qu'on le change, et qu'on descend une montagne en utilisant le moteur.::\n\n## Comment ça marche\n\nLe pied pousse un petit piston ; le liquide, qui ne se comprime pas, transmet la pression à de plus gros pistons près des roues, qui serrent les **plaquettes** contre les **disques** (ou les **garnitures** contre des **tambours**). Le freinage transforme la vitesse en chaleur.\n\n## Les signes d'usure\n\n- **Un sifflement** en freinant : le témoin d'usure des plaquettes. On change bientôt.\n- **Un grincement métallique** : les plaquettes sont finies, le métal frotte le disque. **On change tout de suite.**\n- **La voiture tire d'un côté**, des vibrations dans la pédale ou le volant.\n- **Une pédale molle**, spongieuse, ou qui descend plus bas qu'avant : de l'air ou une fuite. **On ne roule plus.**\n- **Le voyant rouge** des freins : niveau de liquide bas. Voir [[TEC-MEC-015]].\n\n## Descendre une montagne\n\n- **Le frein moteur** : on descend dans la vitesse qu'on utiliserait pour monter.\n- **Freiner fort et brièvement**, puis relâcher, plutôt que de laisser le pied appuyé en continu.\n- Des freins qui sentent le brûlé et faiblissent : on s'arrête et on les laisse refroidir.\n\n## Si les freins lâchent\n\n1. **Pomper** sur la pédale, vite et fort : ça peut redonner de la pression.\n2. **Rétrograder** une vitesse après l'autre.\n3. **Le frein à main**, progressivement, sans l'arracher.\n4. **Feux de détresse, klaxon.**\n5. Chercher une sortie : une montée, un chemin de gravier, un **lit d'arrêt** en montagne. En dernier recours, frotter contre une glissière.\n\n## L'entretien\n\n- **Le liquide de frein** : tous les deux ans environ.\n- **Les plaquettes** : vérifiées à chaque révision.\n\n## Le vélo\n\nPatins ou plaquettes usés, câble détendu, jante grasse ou mouillée : un vélo qui ne freine pas bien se règle en cinq minutes avec une clé. Voir [[TEC-MEC-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-012","titre":"Réparer ses chaussures","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chaussures","semelle","recoller","coudre","alene","point sellier","graisse pour cuir","sandales en pneu","secher"],"sources":["Garsault F.-A. de, L'Art du cordonnier, Descriptions des arts et métiers, 1767","Compagnons du Devoir, métier de cordonnier-bottier"],"corps":"::Une chaussure cousue à trépointe, la technique des bons artisans depuis le XIXe siècle, se ressemelle plusieurs fois et dure dix ans ou plus. Une chaussure collée bon marché dure une saison. Dans une crise, les pieds font tout le travail : des chaussures qui tiennent valent de l'or.::\n\n## Recoller une semelle\n\n1. **Nettoyer** et **poncer** les deux surfaces, dégraisser à l'alcool.\n2. **Colle contact** (néoprène) en couche fine **sur les deux faces**.\n3. **Attendre** 10 à 15 minutes, jusqu'à ce qu'elle ne colle plus au doigt.\n4. **Presser très fort** d'un coup : marteau, pierre, sur une forme ou le pied d'un tabouret.\n5. **Serrer** une nuit (ficelle, serre-joint, poids).\n\nVoir [[TEC-CHI-011]].\n\n## Coudre\n\n- **Une alène** (un poinçon à manche, ou un clou affûté) pour percer, **du fil ciré** solide (fil de lin, fil de pêche, dentaire).\n- **Le point sellier** : deux aiguilles, une à chaque bout du fil, qui passent dans chaque trou en sens opposé. Si un point casse, la couture ne se défait pas.\n- **Un trou dans le dessus** : une pièce de cuir à l'intérieur, collée puis cousue.\n\n## Talons et semelles usés\n\nDes morceaux de **pneu** ou de chambre à air, découpés, collés et cloués avec de petites pointes. Le caoutchouc de pneu s'use lentement.\n\n## Imperméabiliser et entretenir\n\n- **Une graisse pour cuir** : suif ou graisse, huile et cire d'abeille fondus ensemble, massés dans le cuir propre et sec.\n- **Deux paires qu'on alterne** : une chaussure a besoin d'un jour pour sécher de l'intérieur.\n- **Des lacets de rechange**, ou de la cordelette.\n\n## Sécher des chaussures mouillées\n\n**Du papier journal** froissé dedans, changé toutes les quelques heures, **loin du feu** : trop de chaleur fait craquer le cuir et lâcher la colle.\n\n## Fabriquer\n\n**Les sandales en pneu** : une semelle découpée dans la bande de roulement, des lanières en chambre à air ou en cuir passées dans des fentes. Portées par des millions de gens en Afrique et en Asie, elles durent des années.\n\nLes pieds : [[SURV-DEP-003]]. Tanner le cuir : [[TEC-MAT-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-011","titre":"Caoutchouc et plastiques","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["plastiques","caoutchouc","codes de recyclage","souder le plastique","chambre a air","vulcanisation","pvc","recuperation"],"sources":["Goodyear C., Gum-Elastic and its Varieties, 1853","ASTM D7611, codes d'identification des résines plastiques","Precious Plastic, machines libres de recyclage du plastique"],"corps":"::Avant 1839, le caoutchouc collait en été et cassait en hiver. Charles Goodyear, à force d'essais qui l'ont ruiné, a découvert qu'en le chauffant avec du soufre, il devenait stable : la vulcanisation. Sans elle, pas de pneus, pas de joints, pas de bottes. Et chaque plastique qu'on jette a un code qui dit comment le réparer.::\n\n## Lire le code\n\nDans le petit triangle sous les objets :\n\n| Code | Plastique | Exemples | Réparation |\n|---|---|---|---|\n| 1 | PET | bouteilles d'eau | se découpe bien, supporte mal la chaleur |\n| 2 | PEHD | bidons, cuves, jerricans | se soude à chaud, ne se colle pas |\n| 3 | PVC | tuyaux, gaines | se colle à la colle PVC ; **ne jamais le brûler** |\n| 4 | PEBD | sacs, films, bâches | se soude à chaud |\n| 5 | PP | bouchons, boîtes, seaux | se soude à chaud, ne se colle pas |\n| 6 | PS | pots de yaourt, polystyrène | se colle, cassant |\n| 7 | autres | mélanges, ABS, polycarbonate | selon le cas |\n\n## Souder un plastique\n\nUn fer à souder ou un décapeur thermique, et des baguettes **du même plastique** (découpées dans un objet de même code) : on chauffe les deux bords et la baguette, on fait fondre ensemble, on lisse. Ça répare un bidon fendu, une caisse, un seau.\n\n## Récupérer le caoutchouc\n\n- **Les chambres à air** : bandes élastiques, tendeurs, liens, joints, rustines, sangles, semelles. Voir [[SURV-REC-024]].\n- **Les pneus** : semelles de sandales inusables, protections, bacs de culture.\n- **Les gants et les bottes** percés : pièces, joints, élastiques.\n\nLe caoutchouc vieillit au **soleil**, à la **chaleur** et à l'**ozone** : on le range à l'ombre.\n\n## Recycler soi-même\n\nDes plans libres permettent de construire des broyeurs, des presses et des extrudeuses pour transformer les déchets plastiques en planches, en pièces et en objets. Des ateliers en construisent partout dans le monde.\n\n## Les dangers\n\n- **Ne jamais brûler de plastique**, surtout le PVC : ses fumées sont corrosives et toxiques. Voir [[TEC-ENE-019]].\n- Ne pas chauffer d'aliments dans un plastique qui n'est pas prévu pour ça.\n- Les réservoirs d'eau : en plastique de qualité alimentaire seulement. Voir [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-010","titre":"Tanner une peau","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tannage","cuir","peau","ecorce de chene","cervelle","fumage","alun","charbon","megisserie"],"sources":["Richards M., Deerskins into Buckskins: How to Tan with Brains, Soap or Eggs, 2e édition, 2004","Reed R., Ancient Skins, Parchments and Leathers, Seminar Press, 1972","Organisation mondiale de la santé, maladie du charbon : risques liés aux peaux et aux laines"],"corps":"::Les tanneurs du Moyen Âge travaillaient avec de la chaux, de l'urine et des excréments de chien ou de pigeon. On les installait donc hors des murs, en aval de la rivière. Une peau crue pourrit en quelques jours ; tannée, elle dure des siècles. Entre les deux, beaucoup de travail et un peu d'odeur.::\n\n## Avant le tannage\n\n1. **Écharner** : racler toute la graisse et la chair côté intérieur, avec une lame émoussée, la peau tendue sur un rondin.\n2. **Conserver** si on ne tanne pas tout de suite : saler abondamment côté chair, ou sécher la peau tendue à l'ombre.\n3. **Épiler** si on veut du cuir sans poils : tremper quelques jours dans de l'eau de cendre ou de chaux, jusqu'à ce que les poils s'arrachent facilement, puis racler et rincer. **Gants** : c'est caustique.\n\n## Trois façons de tanner\n\n**Aux écorces** (le vrai cuir)\n- Écorces de chêne, de châtaignier ou de sumac broyées, trempées dans l'eau : le jus brun est riche en **tanins**.\n- La peau passe dans des bains **de plus en plus forts**, pendant des semaines à des mois selon l'épaisseur.\n- Résultat : un cuir ferme, qui résiste à l'eau. Semelles, ceintures, harnais, étuis.\n\n**À la cervelle et à la fumée** (la peau souple des peuples chasseurs)\n- La cervelle de l'animal, écrasée dans l'eau chaude, fait une émulsion grasse. On dit que chaque animal a assez de cervelle pour tanner sa propre peau.\n- La peau y trempe, puis on la **tire et on l'assouplit sans arrêt pendant qu'elle sèche** : c'est ce travail qui la rend souple.\n- On la **fume** ensuite au-dessus d'un feu de bois pourri : elle restera souple même après avoir été mouillée.\n\n**À l'alun et au sel** (mégisserie)\n- Bains d'alun et de sel : une peau blanche et souple, idéale avec les poils (fourrures).\n- Ce n'est pas un vrai tannage : mouillée longtemps, elle se défait.\n\n## Finir\n\nGraisser le cuir avec un mélange de suif, d'huile et de cire : il reste souple et repousse l'eau. Voir [[TEC-MAT-012]].\n\n## Précautions\n\n- **Uniquement les peaux d'animaux sains** : le charbon (une maladie grave) se transmet par les peaux et les laines de bêtes mortes de maladie.\n- **Gants** pour la chaux et la cendre, **lavage des mains**.\n- Le tannage industriel au chrome est toxique : il ne se fait pas à la maison.\n\nVider et dépecer un animal : [[SURV-RES-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-009","titre":"L'argile et la céramique","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["argile","poterie","ceramique","cuisson","colombins","degraissant","terre cuite","filtre ceramique","plomb"],"sources":["Wu X. et al., Early pottery at 20,000 years ago in Xianrendong Cave, China, Science, 2012","Rice P.M., Pottery Analysis: A Sourcebook, University of Chicago Press, 2e édition, 2015","Potters for Peace, filtres céramiques pour l'eau"],"corps":"::Les plus vieux pots connus ont environ 20 000 ans, trouvés dans une grotte de Chine, bien avant l'agriculture. De la terre, de l'eau et un feu : c'est tout ce qu'il faut pour des marmites, des jarres, des briques, un four à pain et même un filtre à eau.::\n\n## Trouver l'argile\n\nOn la trouve dans les berges de rivière, sous la terre végétale, dans les talus coupés.\n\n**Le test du boudin** : rouler un boudin de la grosseur d'un crayon et le plier en anneau. S'il se ferme sans se fissurer beaucoup, l'argile est assez plastique pour le modelage.\n\n## La préparer\n\n1. **Sécher** et **écraser** la terre, retirer cailloux et racines.\n2. **Tremper** dans l'eau, remuer, **tamiser**, laisser décanter.\n3. **Égoutter** jusqu'à une pâte qui ne colle plus aux mains.\n4. **Ajouter un dégraissant** : du sable fin, de la terre cuite pilée, des coquilles broyées. Il limite les fissures au séchage et à la cuisson, et aide les marmites à supporter le feu.\n5. **Pétrir** longuement pour chasser les bulles d'air, qui font éclater les pièces.\n\n## Façonner\n\n- **Au pincement** : une boule creusée entre les doigts, pour les petits bols.\n- **Aux colombins** : des boudins empilés en spirale puis lissés. On fait ainsi de grandes jarres.\n- **À la plaque** : des galettes découpées et assemblées.\n\n## Sécher\n\n**Lentement, à l'ombre**, plusieurs jours à plusieurs semaines, retourné de temps en temps. Un séchage inégal fissure.\n\n## Cuire\n\n- **Chauffer doucement d'abord**, près du feu, pour chasser la dernière eau : une pièce humide explose.\n- **Au feu de bois ou en fosse** : on entoure les pièces de bois et de bouses sèches, on monte lentement. On atteint 600 à 900 °C : une **terre cuite** poreuse.\n- **Au four**, au-dessus de 1 200 °C : le **grès**, dur et étanche.\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **Marmites, jarres, gourdes** ; une jarre poreuse garde l'eau fraîche en transpirant. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Briques** crues ou cuites, **four à pain**. Voir [[TEC-MET-011]].\n- **Filtres à eau** : une argile mêlée de sciure, cuite, devient un pot poreux qui retient la plupart des bactéries. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## Attention au plomb\n\nLes vieilles poteries à **glaçure au plomb** (émail brillant, souvent jaune, vert ou brun, artisanal) relâchent du plomb dans les aliments acides. On ne s'en sert pas pour le vinaigre, les fruits, le vin.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-011","titre":"Les colles","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["colle","epoxy","cyanoacrylate","colle contact","colle a bois","caseine","brai de bouleau","resine","preparation des surfaces"],"sources":["Mazza P.P.A. et al., A new Palaeolithic discovery: tar-hafted stone tools in a European Mid-Pleistocene bone-bearing bed, Journal of Archaeological Science, 2006","Pizzi A., Mittal K.L., Handbook of Adhesive Technology, CRC Press","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook, chapitre sur le collage"],"corps":"::Il y a environ 200 000 ans, en Italie, des Néandertaliens chauffaient de l'écorce de bouleau pour en tirer un goudron et coller leurs pointes de silex sur des manches. La colle est l'une des plus vieilles technologies humaines. Et aujourd'hui comme alors, une colle tient d'abord grâce à la surface qu'on a préparée.::\n\n## Préparer, c'est 90 % du travail\n\n1. **Nettoyer** : poussière, graisse, peinture qui s'écaille.\n2. **Dégraisser** à l'alcool ou à l'acétone.\n3. **Poncer** pour rendre la surface rugueuse.\n4. **Sec** avant de coller.\n5. **Serrer** pendant le séchage : serre-joints, pinces, poids, ficelle, ruban adhésif.\n\n## Quelle colle pour quoi\n\n- **Colle à bois blanche (vinylique)** : bois, papier, carton. Un assemblage bien collé et serré casse souvent à côté du joint.\n- **Époxy à deux composants** : métal, céramique, pierre, bois, plastiques durs. Elle comble les trous. Bien doser et bien mélanger.\n- **Cyanoacrylate** (superglue) : petites pièces parfaitement jointives, en quelques secondes. Cassante, mauvaise pour combler. Elle colle aussi les doigts : on les décolle à l'eau tiède savonneuse, sans tirer.\n- **Colle contact** (néoprène) : caoutchouc, cuir, semelles, stratifié. Sur les deux faces, on attend qu'elle ne colle plus au doigt, puis on presse fort. Pas de repositionnement possible.\n- **Mastic colle** de construction : gros travaux, matériaux différents, extérieur.\n- **Le silicone** étanche, mais colle mal.\n\n**Le polyéthylène et le polypropylène** (bidons, cuves, bouchons) ne se collent presque pas : ils se soudent à chaud. Voir [[TEC-MAT-011]].\n\n## Les colles qu'on fabrique\n\n- **La colle de farine** : farine et eau cuites en bouillie. Papier, carton, papier peint.\n- **La colle de caséine** : du lait écrémé tranché au vinaigre, les grumeaux lavés, mélangés à un peu de chaux ou de bicarbonate. La colle des menuisiers d'autrefois, et celle des premiers avions en bois.\n- **La colle de peau** : tirée des peaux et des os bouillis, utilisée à chaud. Les luthiers l'emploient encore, car on peut la redécoller à la vapeur pour réparer.\n- **La colle de résine** : résine de pin fondue avec un peu de charbon de bois en poudre et de cire. Elle emmanche une lame, étanchéifie une couture.\n\n## Sécurité\n\nAérer avec les colles à solvant. L'époxy peut provoquer des allergies de la peau : gants. De la superglue dans l'œil : rincer à l'eau, ne pas forcer l'ouverture, consulter.\n\nAssemblages en bois et en métal : [[TEC-MEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-010","titre":"Les outils électriques et leurs dangers","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["meuleuse","disqueuse","scie circulaire","perceuse","rebond","protections","poussieres","silice","differentiel"],"sources":["INRS, meuleuses portatives et scies : prévention des risques","Centre international de recherche sur le cancer, poussières de bois : cancérogène avéré","INRS, silice cristalline"],"corps":"::La meuleuse d'angle est l'outil le plus dangereux de l'atelier de bricolage : un disque qui tourne à plus de 10 000 tours par minute, qui peut éclater ou faire bondir la machine. Ceux qui en retirent le carter de protection « pour mieux voir » finissent souvent aux urgences. Ceux qui y montent une lame de scie à bois, parfois à la morgue.::\n\n## La meuleuse\n\n- **Toujours le carter**, toujours **les deux mains**, la poignée latérale vissée.\n- **Un disque adapté** au matériau, dont la vitesse maximale est au moins celle de la machine, jamais fêlé, jamais tombé.\n- **Jamais de lame de scie à bois** ni de disque bricolé : c'est l'accident mortel classique.\n- **Se placer de côté** au démarrage, laisser tourner quelques secondes : un disque défectueux éclate là.\n- Les étincelles volent loin : rien d'inflammable autour.\n\n## La scie circulaire\n\n- **Le rebond** : la lame se pince dans le bois et la scie saute vers l'arrière. On garde le couteau diviseur, la lame dépasse à peine du bois, et **on ne se met jamais dans l'axe** de la lame.\n- La pièce **bien calée**, jamais tenue à la main près de la coupe.\n\n## La perceuse\n\n- **Brider la pièce** : une mèche qui accroche fait tourner la pièce ou tord le poignet. Poignée latérale sur les grosses perceuses.\n- **Pas de gants, de manches larges, de cheveux libres** près d'une perceuse à colonne ou d'un tour : ils s'enroulent.\n\n## Les protections\n\n- **Lunettes, toujours.**\n- **Protection auditive** : meuleuse, scie, perforateur abîment l'audition pour de bon.\n- **Masque filtrant** (FFP2 au minimum) : les poussières de bois dur sont cancérogènes ; couper du béton ou de la pierre dégage de la **silice**, qui détruit les poumons. On arrose ou on aspire.\n\n## L'électricité\n\n- **Débrancher** avant de changer une lame, un disque, un foret.\n- **Dérouler complètement** une rallonge enroulée : elle chauffe et peut fondre.\n- **Une prise protégée par un différentiel** 30 mA. Voir [[TEC-ENE-011]].\n- **Les batteries au lithium** se chargent loin de ce qui brûle, pas la nuit sans surveillance.\n\nSans électricité : [[TEC-ATE-003]]. La tronçonneuse : [[TEC-MEC-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-009","titre":"Visser, boulonner, fileter","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["vis","boulons","ecrous","cles","filetage","taraud","filiere","cheville","pozidriv","avant-trou"],"sources":["Normes ISO 272 et ISO 4032 (dimensions des écrous et des clés)","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press (filetages)","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook (fixations)"],"corps":"::Une empreinte de vis abîmée vient presque toujours d'un tournevis cruciforme ordinaire enfoncé dans une vis Pozidriv, qui porte quatre petits traits en plus. Et la pédale gauche d'un vélo se dévisse dans le sens inverse des autres. En mécanique, la moitié des galères viennent de détails que personne n'a expliqués.::\n\n## Les vis\n\n- **Les empreintes** : fente, cruciforme (Phillips), **Pozidriv** (quatre petits traits en plus), Torx (étoile), six pans creux. Le bon embout, à la bonne taille, et **on appuie fort** en tournant.\n- **Dans le bois** : un **avant-trou** du diamètre du corps de la vis (sans le filet) évite de fendre le bois, surtout près des bords. Un peu de savon ou de cire sur le filet, et elle entre toute seule.\n- **La longueur** : environ deux fois et demie à trois fois l'épaisseur de la pièce qu'on fixe.\n- **Dans un mur** : une cheville adaptée au mur (plein, creux, plaque de plâtre).\n\n## Les boulons\n\n- **Une rondelle** sous l'écrou, un **contre-écrou** ou du frein-filet contre les vibrations.\n- **Serrer en étoile** les pièces à plusieurs boulons (roues, couvercles).\n- **Ne pas trop serrer** : un filetage arraché ne se serre plus jamais.\n\n**Les clés** pour les boulons métriques courants :\n\n| Boulon | Clé |\n|---|---|\n| M6 | 10 mm |\n| M8 | 13 mm |\n| M10 | 17 mm |\n| M12 | 19 mm |\n\n## Le sens\n\nOn visse dans le sens des aiguilles d'une montre. **Les exceptions** : la pédale gauche du vélo, certains raccords de gaz, certains écrous de meuleuse. Un écrou qui refuse de bouger : on vérifie le sens avant de forcer.\n\n## Faire un filetage\n\n- **Le taraud** creuse un filetage dans un trou ; **la filière** en fait un sur une tige.\n- **La règle** pour le trou à percer avant de tarauder : **diamètre moins le pas**. Pour du M8 (pas de 1,25 mm) : un foret de 6,8 mm.\n- Huiler, tourner d'un demi-tour, revenir d'un quart pour casser le copeau, et ainsi de suite.\n\n## Une vis cassée ou foirée\n\nUn extracteur, une fente sciée pour un tournevis plat, une goutte de colle pour que l'embout accroche, ou percer et retarauder plus gros. Débloquer ce qui est rouillé : [[TEC-MEC-027]].\n\nLes outils à main : [[TEC-ATE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-025","titre":"Le gel des canalisations","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["gel","canalisations","tuyaux","degel","vidanger","hors-gel","fuite","maison inoccupee","robinet exterieur"],"sources":["France Assureurs, prévenir les dégâts des eaux dus au gel","DTU 60.1, plomberie sanitaire","Ministère de la Santé et Météo-France, conseils grand froid"],"corps":"::En gelant, l'eau prend environ 9 % de volume en plus, assez pour fendre un tuyau de cuivre. Et c'est souvent au dégel qu'on découvre la fuite : tant que c'est gelé, la glace bouche le trou. Une maison de campagne mal fermée pour l'hiver, c'est un plafond effondré au printemps.::\n\n## Prévenir\n\n- **Isoler** les tuyaux qui passent dans des endroits froids (garage, cave, vide sanitaire, combles) avec des manchons en mousse.\n- **Les robinets extérieurs** : fermer leur vanne à l'intérieur avant l'hiver, puis ouvrir le robinet dehors pour le vider.\n- **Garder un peu de chauffage** partout, même en position hors-gel.\n- **Par grand froid** : ouvrir les portes des placards sous les éviers contre les murs extérieurs, et laisser **couler un mince filet** d'eau la nuit sur le robinet le plus exposé.\n\n## Une maison qu'on quitte l'hiver\n\n1. **Fermer le robinet général.**\n2. **Ouvrir tous les robinets**, en bas de l'installation en dernier, pour vider les tuyaux.\n3. **Vider le chauffe-eau** et le circuit de chauffage si la maison ne sera pas chauffée, ou utiliser un antigel adapté.\n4. **Tirer la chasse** et mettre de l'antigel non toxique (celui des camping-cars) ou du sel dans les siphons et la cuvette.\n\n## Un tuyau gelé\n\n- **Plus d'eau** au robinet par grand froid : le tuyau est gelé quelque part.\n- **Ouvrir le robinet**, puis **réchauffer doucement** le tuyau en partant du robinet et en remontant : sèche-cheveux, serviettes chaudes, bouillotte, radiateur d'appoint.\n- **Jamais de flamme** : risque d'incendie, et la vapeur coincée peut faire éclater le tuyau.\n\n## Un tuyau éclaté\n\n1. **Couper l'eau** au robinet général (savoir où il est avant d'en avoir besoin). Voir [[URG-RES-001]].\n2. **Couper l'électricité** si l'eau coule près des prises ou du tableau.\n3. **Un collier de réparation**, ou un morceau de chambre à air serré par des colliers, en attendant la réparation. Voir [[TEC-CON-015]].\n\nLe grand froid : [[SURV-MIL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-024","titre":"Étayer et surveiller un mur fissuré","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fissures","etaiement","etais","temoin en platre","mur porteur","seisme","linteau","batiment endommage"],"sources":["Direction générale de la sécurité civile, guide national de référence sauvetage-déblaiement (étaiement d'urgence)","INSARAG, Guidelines (marquage des bâtiments après séisme)","US Army Corps of Engineers, Shoring Operations Guide (FEMA US&R)"],"corps":"::Les maçons d'autrefois collaient une galette de plâtre en travers d'une fissure et y écrivaient la date. Si le plâtre casse dans les semaines suivantes, la fissure bouge : le mur travaille. Si le témoin reste intact, elle dort. Le moyen le plus simple de savoir si un mur est dangereux.::\n\n## Les fissures qui inquiètent\n\n- **En diagonale**, partant des angles des portes et des fenêtres.\n- **Larges** de plus de quelques millimètres, ou qui laissent voir le jour.\n- **Qui s'agrandissent** : témoin en plâtre ou trait de crayon daté à chaque extrémité.\n- **Un mur qui penche ou qui gonfle**, un plancher qui s'affaisse, un linteau qui fléchit, des portes et fenêtres qui coincent d'un coup.\n\nLes fines fissures d'enduit, verticales et stables, sont en général sans gravité.\n\n## Étayer en urgence\n\n**Le but** : soulager et retenir, **pas soulever**.\n\n- **Sous un plancher ou une poutre qui fléchit** : des étais verticaux (étais métalliques ou bastaings), posés sur une **semelle** en planche épaisse qui répartit la charge, avec une autre planche en tête. On serre juste au contact, avec des cales, sans forcer vers le haut.\n- **Contre un mur qui gonfle** : des étais obliques appuyés au sol sur un sabot calé, qui poussent le mur à mi-hauteur.\n- **Une porte ou une fenêtre** dans un mur fissuré : un cadre de bois en croix, bien calé.\n\n## Le mur porteur\n\nUn mur est porteur quand un plancher, une charpente ou un autre mur reposent dessus. **Ouvrir une porte dans un mur porteur** demande de le soutenir d'abord, par des poutres qui le traversent posées sur des étais, puis de poser un linteau. C'est un travail de maçon, avec un calcul.\n\n## Après un séisme ou une explosion\n\n- **Ne pas entrer** dans un bâtiment qui penche, qui a perdu un mur, dont les escaliers sont fissurés.\n- **Les répliques** achèvent des bâtiments déjà blessés. Voir [[SURV-CRI-002]].\n- Les équipes de secours marquent les bâtiments inspectés de signes peints sur la façade : on les respecte.\n\nLes séismes : [[TEC-TER-003]]. La ville en ruines : [[SURV-MIL-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-023","titre":"La pierre sèche","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pierre seche","muret","terrasses","restanques","boutisses","fruit","bories","drainage","erosion"],"sources":["UNESCO, L'art de la construction en pierre sèche : savoir-faire et techniques, patrimoine culturel immatériel, 2018","Règles professionnelles de construction en pierre sèche (France)","Dry Stone Walling Association of Great Britain, Dry Stone Walling: A Practical Handbook"],"corps":"::Sans un gramme de mortier, des murs de pierres empilées tiennent depuis des siècles sur les pentes des Cévennes, de Provence et de Corse. Ils retiennent la terre des cultures en terrasses, laissent passer l'eau, abritent les lézards. Depuis 2018, leur savoir-faire est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO.::\n\n## Pourquoi ça tient\n\n- **Le poids et le frottement** : chaque pierre est posée pour être coincée par ses voisines, pas collée.\n- **L'eau passe** entre les pierres : pas de pression derrière le mur, qui ne se fait pas pousser comme un mur en béton sans drainage.\n- **Il bouge un peu** et se tasse sans casser.\n\n## Les règles du murailler\n\n1. **Une fondation** : une tranchée jusqu'au sol dur, les plus grosses pierres au fond.\n2. **Le fruit** : le mur s'amincit en montant, ses faces légèrement penchées vers l'intérieur. Il se tient tout seul.\n3. **Une sur deux, deux sur une** : chaque pierre chevauche le joint des deux pierres du dessous. Jamais de joint vertical continu.\n4. **La longueur dans le mur** : les pierres sont posées en profondeur, pas à plat le long de la face.\n5. **Les boutisses** : de longues pierres qui traversent le mur d'une face à l'autre, régulièrement, pour lier le tout.\n6. **Le remplissage** : les petites pierres calées à la main au cœur du mur, jamais jetées en vrac.\n7. **Le couronnement** : une rangée de pierres posées sur champ, qui ferme le haut.\n\n**Toujours manipuler** avec des gants et des chaussures de sécurité, soulever avec les jambes. Voir [[TEC-MEC-018]].\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **Les terrasses** (restanques, faïsses, bancels) : sur une pente, elles retiennent la terre, freinent l'eau et créent des champs plats. Contre l'érosion, rien de mieux.\n- **Les murets** de clôture et de soutènement.\n- **Les abris** : les bories et capitelles du Midi sont des cabanes entières en pierre sèche, voûtées sans cintre.\n- **Les drains et les puits.**\n\n## Commencer\n\nUn petit muret d'un mètre de haut est à la portée de tous, en quelques jours. Au-delà, ou pour soutenir une route ou une maison, on fait appel à un murailler.\n\nChoisir où s'installer : [[TEC-CON-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-022","titre":"Construire en terre crue","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["terre crue","adobe","pise","bauge","torchis","test du bocal","soubassement","chaux","shibam"],"sources":["Houben H., Guillaud H., CRAterre, Traité de construction en terre, 1989","Minke G., Building with Earth, Birkhäuser, 2006","UNESCO, ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte"],"corps":"::Au Yémen, la ville de Shibam dresse depuis le XVIe siècle des tours d'habitation en briques de terre crue de cinq à onze étages. Une grande partie de l'humanité vit encore dans des maisons en terre, et autour de Lyon, des fermes en pisé tiennent depuis des siècles. La terre est gratuite, sous nos pieds, et se remet en terre quand on démolit.::\n\n## Tester sa terre\n\n**Le test du bocal** : un bocal à moitié de terre, complété d'eau et d'une pincée de sel, bien secoué, puis laissé reposer un jour. Les couches se déposent : graviers, sable, limon, et l'argile en haut. Pour construire, il faut assez d'argile pour lier, mais pas trop, sinon la terre fissure en séchant. Le mieux est de faire quelques briques d'essai.\n\n## Quatre techniques\n\n- **L'adobe** : de la terre, de l'eau et de la paille, moulées en briques dans un cadre en bois, séchées au soleil deux à quatre semaines, puis maçonnées avec un mortier de terre.\n- **Le pisé** : de la terre à peine humide, **tassée** couche par couche dans un coffrage en bois qu'on déplace au fur et à mesure. Des murs épais et très durs.\n- **La bauge** : de la terre et beaucoup de paille, montées à la main en couches, puis taillées droites.\n- **Le torchis** : de la terre et de la paille plaquées sur un clayonnage de baguettes tressées entre les poteaux d'une ossature en bois. Les maisons à colombages.\n\n## La règle d'or : de bonnes bottes et un bon chapeau\n\n- **Les bottes** : un **soubassement** en pierre ou en brique cuite d'au moins 30 à 50 cm, pour que l'eau du sol et les éclaboussures de pluie ne touchent jamais la terre.\n- **Le chapeau** : un **toit large** qui déborde bien des murs.\n- **Les enduits** : à la terre ou à la chaux, **jamais au ciment**, qui enferme l'humidité et fait pourrir le mur. Voir [[TEC-CON-017]].\n\n## Points forts, points faibles\n\n- **Forts** : gratuit, bon régulateur de chaleur et d'humidité, recyclable, sain.\n- **Faibles** : craint l'eau, demande beaucoup de travail, et **résiste mal aux séismes** sans renforts (chaînages en bois ou en béton). En 2003, le séisme de Bam, en Iran, a effondré la ville en terre et tué plus de 26 000 personnes. Voir [[TEC-TER-003]].\n\nChoisir où construire : [[TEC-CON-021]]. La chaux : [[TEC-CHI-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-013","titre":"Fendre, équarrir, emmancher","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fendre","coins","merlin","equarrir","doloire","manche","frene","plane","emmancher","fil du bois"],"sources":["Bealer A.W., Old Ways of Working Wood, 1972","Langsner D., Country Woodcraft, 1978"],"corps":"::Un manche fendu dans un tronc suit le fil du bois de bout en bout : il est bien plus solide qu'un manche scié, où la scie a coupé les fibres en biais. Tremper une hache dans l'eau pour resserrer le fer est un vieux réflexe, et une fausse bonne idée : le bois gonfle, s'écrase, et le fer ballotte encore plus une fois sec.::\n\n## Fendre\n\n- **Lire le bois** : on attaque dans les fentes qui existent déjà au bout de la bûche, en évitant les nœuds.\n- **Un billot** à hauteur de genou, pieds écartés, **jamais une main près du billot**.\n- **Le merlin** pour les bûches, **les coins** et la masse pour les gros troncs : on enfonce un premier coin, puis un second dans la fente qui s'ouvre.\n- **Le bois vert** de beaucoup d'espèces fend mieux que le sec ; le bois gelé, en plein hiver, éclate encore mieux.\n\n## Équarrir\n\nTransformer un tronc rond en poutre carrée, comme les charpentiers d'autrefois :\n\n1. Tracer au cordeau les lignes de la poutre sur le tronc calé.\n2. **Entailler** à la hache tous les quinze à vingt centimètres jusqu'au trait, sur toute la longueur.\n3. **Faire sauter** les morceaux entre les entailles.\n4. **Dresser** la face à la doloire (une hache large à un seul biseau).\n5. Retourner, recommencer sur les autres faces.\n\n## Faire un manche\n\n- **Le bois** : le **frêne**, souple et résistant aux chocs, est le bois des manches depuis toujours. Sinon acacia, charme, érable. Fil droit, sans nœud.\n- **Fendre** une section, la laisser sécher quelques mois, puis la **mettre en forme** à la plane (une lame à deux poignées qu'on tire vers soi), sur un chevalet à serrer au pied, et finir au racloir.\n- **L'huile de lin** en plusieurs couches : elle protège sans rendre glissant.\n\n## Emmancher un outil\n\n1. Le bout du manche ajusté pour entrer **à force** dans l'œil du fer.\n2. Une **fente** sciée dans le bout du manche.\n3. Un **coin de bois dur** encollé enfoncé dans la fente, puis un **petit coin d'acier** en travers.\n4. Couper ce qui dépasse.\n\nUn fer qui a du jeu est dangereux : il peut s'envoler au premier coup.\n\nLes assemblages : [[TEC-ATE-012]]. Affûter : [[TEC-ATE-004]]. Le bois de chauffage : [[TEC-ENE-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-012","titre":"Les assemblages en bois","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["assemblages","tenon","mortaise","mi-bois","queue d'aronde","cheville","charpente","fil du bois","notre-dame"],"sources":["Établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, restitution de la charpente médiévale","Compagnons du Devoir, charpente et menuiserie","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook"],"corps":"::Pour reconstruire la charpente de Notre-Dame de Paris après l'incendie de 2019, les charpentiers ont équarri des chênes à la hache, comme au XIIIe siècle, et les ont assemblés par tenons, mortaises et chevilles de bois. Sans une vis. Un bon assemblage tient des siècles parce que le bois porte le bois.::\n\n## Le bois bouge\n\n- **Il gonfle et se rétracte** avec l'humidité, surtout **en travers** du fil, presque pas en longueur. Un assemblage qui ignore ça se fend.\n- **La colle tient sur le fil**, les faces en longueur, très mal sur le bois de bout.\n- **Le fil** décide de la solidité : une pièce se fend le long du fil, casse en travers.\n\n## Les assemblages de base\n\n- **Bout à bout, vissé et collé** : le plus simple, le plus faible. Une équerre ou un tasseau le renforce.\n- **À mi-bois** : on retire la moitié de l'épaisseur de chaque pièce, elles s'emboîtent à fleur. Cadres, croisillons, étagères.\n- **Tenon et mortaise** : un tenon taillé au bout d'une pièce entre dans un trou rectangulaire de l'autre. **Chevillé** (une cheville de bois traversante), il tient sans colle. C'est l'assemblage des charpentes, des tables, des portes.\n- **Queue d'aronde** : des tenons en forme de queue d'hirondelle qui ne peuvent pas s'arracher. Tiroirs, coffres.\n- **Tourillons** : des chevilles collées dans des trous en face l'un de l'autre. Rapide avec un gabarit.\n\n## La cheville de bois\n\nTaillée dans un bois dur et **sec**, légèrement plus grosse que le trou, enfoncée au maillet. Dans une charpente, on **décale un peu** les trous du tenon et de la mortaise : la cheville tire les pièces l'une contre l'autre en entrant.\n\n## Les outils\n\nScie, ciseaux à bois, maillet, équerre, trusquin (pour tracer une ligne parallèle au bord), un crayon bien taillé. **On trace tout avant de couper**, et on coupe à côté du trait, du côté des chutes. Voir [[TEC-ATE-002]].\n\nLe bois : [[TEC-MAT-001]]. Scier et percer : [[TEC-ATE-003]]. Fendre et équarrir : [[TEC-ATE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-011","titre":"Le brasage et l'étain","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["brasage","etain","soudure a l'etain","cuivre","chalumeau","flux","capillarite","retameur","plomb"],"sources":["American Welding Society, Brazing Handbook","DTU 60.1, plomberie sanitaire (assemblages brasés sur cuivre)","Directive européenne sur l'eau destinée à la consommation humaine (plomb dans les canalisations)"],"corps":"::Jusqu'au milieu du XXe siècle, des rétameurs passaient de village en village réparer les casseroles et regarnir d'étain l'intérieur des marmites en cuivre. Braser, c'est coller du métal avec un autre métal qui fond plus bas. Ça répare un tuyau, un bidon, une gouttière, avec un chalumeau et un bâton d'étain.::\n\n## Le principe\n\nContrairement à la soudure, **les pièces ne fondent pas**. On les chauffe, et un métal d'apport qui fond plus bas s'infiltre entre elles par **capillarité**, comme l'eau dans un sucre. Il faut donc un **jeu très fin** entre les pièces et des surfaces **parfaitement propres**.\n\n- **Le brasage tendre** (moins de 450 °C), à l'étain : électronique, tuyaux de cuivre, zinc, fer-blanc. Voir [[TEC-ELN-005]].\n- **Le brasage fort** (au-dessus de 450 °C), au laiton ou à l'argent : acier, cuivre sous pression, outils. Plus solide, il demande un chalumeau plus chaud.\n\n## Braser un tuyau de cuivre\n\n1. **Couper d'équerre**, ébavurer l'intérieur et l'extérieur.\n2. **Poncer** le tuyau et l'intérieur du raccord jusqu'à ce qu'ils brillent.\n3. **Le flux** (la pâte décapante) sur les deux.\n4. **Emboîter**, chauffer **le raccord**, pas l'étain.\n5. **Toucher le joint avec l'étain** : quand la température est bonne, il fond et **est aspiré** tout autour. On ne le fait pas fondre à la flamme.\n6. **Laisser refroidir** sans bouger, essuyer.\n\nUne fuite après : on vide, on dessoude, on nettoie, on recommence. On ne brase pas un tuyau qui contient encore de l'eau.\n\n## Réparer un bidon, une gouttière\n\nPoncer autour du trou, flux, une pièce du même métal, et l'étain au fer à souder chauffé ou au chalumeau. Le zinc des toitures se brase ainsi depuis deux siècles. Voir [[TEC-MET-009]].\n\n## Précautions\n\n- **Le plomb** : les vieilles soudures en contenaient. Sur l'eau potable, **étain sans plomb** uniquement.\n- **Le feu** : une plaque métallique ou un tissu ignifugé derrière la flamme, près du bois ou de l'isolant. Un seau d'eau à côté.\n- **Les fumées** de flux : aérer.\n- **Jamais** sur un réservoir qui a contenu du carburant.\n\nLa soudure à l'arc : [[TEC-ATE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-025","titre":"Onduleurs et convertisseurs","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["onduleur","convertisseur","12 v","230 v","sinus pur","pic de demarrage","fusible","retour de tension","usb"],"sources":["Victron Energy, Wiring Unlimited (câbles, fusibles et convertisseurs)","NF C 15-100, installations électriques à basse tension","Enedis, danger du retour de tension sur le réseau"],"corps":"::Un convertisseur de 1 000 W branché sur une batterie de 12 V tire près de 90 ampères : de quoi faire fondre un câble trop fin et mettre le feu au coffre. La plupart des incendies d'installations de fortune viennent de là, pas de la batterie elle-même.::\n\n## À quoi ça sert\n\nLes batteries et les panneaux solaires donnent du **courant continu** (12, 24, 48 V). La maison fonctionne en **230 V alternatif**. Le **convertisseur** (souvent appelé onduleur) fait le passage. Voir [[TEC-ENE-016]].\n\n## Choisir\n\n- **Sinus pur** : un courant aussi propre que celui du réseau. Indispensable pour les moteurs (frigo, pompe), les appareils médicaux, certains chargeurs.\n- **Quasi-sinus** : moins cher, il fait chauffer ou grogner les moteurs et abîme certains appareils. Pour des lampes et des outils simples seulement.\n- **La puissance** : la somme de ce qu'on branchera en même temps, plus **le pic de démarrage** des moteurs (un frigo demande trois à sept fois sa puissance pendant une seconde).\n\n## Brancher sans danger\n\n- **Des câbles gros et courts** entre la batterie et le convertisseur : la section dépend de l'intensité, pas de la tension.\n- **Un fusible** au plus près de la batterie, sur le fil positif.\n- **Serrer fort** les cosses : un mauvais contact chauffe.\n- **Aérer** : le convertisseur chauffe.\n- **L'éteindre** quand il ne sert pas : à vide, il consomme quand même.\n\n## Mieux que le convertisseur\n\nChaque conversion perd de l'énergie. Tout ce qui peut fonctionner **directement en 12 V** (lampes, chargeurs USB, ventilateurs, frigos de camping-car) gaspille moins. Un chargeur USB branché sur 12 V vaut mieux qu'un chargeur 230 V branché sur un convertisseur.\n\n## Deux pièges\n\n- **L'onduleur d'ordinateur** tient quelques minutes, le temps d'éteindre proprement. Pas des heures.\n- **Ne jamais brancher un groupe ou un convertisseur sur une prise de la maison** avec un câble mâle-mâle pour « alimenter le tableau ». Le courant repart sur le réseau et peut électrocuter les techniciens qui réparent la ligne, ou vous. On passe par un inverseur de source posé par un électricien. Voir [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-024","titre":"La micro-hydraulique","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["micro-hydraulique","turbine","pelton","moulin","debit","chute","conduite forcee","droit d'eau","electricite"],"sources":["Harvey A., Micro-Hydro Design Manual: A Guide to Small-Scale Water Power Schemes, Practical Action, 1993","Holt R., The Mills of Medieval England, 1988","Code de l'environnement, loi sur l'eau et droits d'eau fondés en titre"],"corps":"::En 1086, le grand recensement de l'Angleterre comptait déjà environ 5 600 moulins à eau. Un ruisseau qui descend produit jour et nuit, qu'il y ait du soleil ou du vent. Là où il y a de l'eau et de la pente, c'est la meilleure source d'électricité qui soit pour une maison ou un hameau.::\n\n## Combien ça donne\n\n**La formule de terrain** : puissance en watts ≈ **5 × débit (litres par seconde) × chute (mètres)**.\n\n- 10 litres par seconde qui tombent de 10 mètres : environ **500 W**, en continu.\n- 500 W jour et nuit, c'est **12 kWh par jour** : plus que la consommation d'électricité d'un foyer économe.\n\nLa chute compte autant que le débit : un filet d'eau qui tombe de haut vaut une grosse rivière qui coule à plat.\n\n## Mesurer\n\n- **Le débit** d'un petit ruisseau : le temps pour remplir un seau de 10 litres sous une cascade ou un tuyau. Mesurer en été, à l'étiage, pas après la pluie.\n- **La chute** : avec un tuyau transparent plein d'eau (niveau à eau) de proche en proche, ou un altimètre.\n\n## Le montage\n\n1. **Une prise d'eau** avec une grille qui arrête feuilles et cailloux, et un petit bassin de décantation.\n2. **Une conduite forcée** : un tuyau qui descend vers la turbine. Plus il est gros, moins il perd d'énergie par frottement.\n3. **La turbine** : une **Pelton** (des augets frappés par un jet) pour une forte chute et peu d'eau ; une **turbine à flux traversant** pour une chute moyenne ; une hélice ou une roue à aubes pour une faible chute et beaucoup d'eau.\n4. **Une génératrice**, et un **régulateur de charge** qui envoie le surplus vers une résistance (un chauffe-eau par exemple). Voir [[TEC-ENE-017]].\n5. **L'eau retourne** à la rivière, intacte.\n\n## La loi et la rivière\n\nEn France, utiliser l'eau d'un cours d'eau demande une **autorisation**, sauf pour les anciens moulins qui ont un droit d'eau historique. La continuité pour les poissons et un débit minimal dans la rivière sont obligatoires. On se renseigne avant de creuser.\n\n## Les vieux moulins\n\nBeaucoup de moulins abandonnés ont encore leur bief, leur canal et leur chute. C'est souvent le meilleur point de départ.\n\nPomper l'eau avec la rivière elle-même : le bélier, voir [[TEC-CON-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-023","titre":"La petite éolienne","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["eolienne","petit eolien","vent","mat","turbulence","aimants permanents","piggott","tempete","regulateur"],"sources":["Piggott H., A Wind Turbine Recipe Book, 2014","Encraft, Warwick Wind Trials Project, rapport final, 2009","Code de l'urbanisme, éoliennes domestiques et hauteur du mât"],"corps":"::Un vent deux fois plus fort donne huit fois plus d'énergie. C'est toute la loi du petit éolien, et c'est pour ça que les éoliennes posées sur les toits des villes, dans un vent faible et tourbillonnant, ne produisent presque rien : une grande étude britannique l'a mesuré. Une éolienne, ça se met haut et loin des obstacles, ou ça ne se met pas.::\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **La puissance grimpe comme le cube de la vitesse du vent** : à 10 m/s, il y a huit fois plus d'énergie qu'à 5 m/s.\n- **Elle grimpe comme le carré du diamètre** : une hélice deux fois plus grande capte quatre fois plus.\n- **Aucune éolienne** ne peut récupérer plus de 59 % de l'énergie du vent qui la traverse ; les petites en récupèrent bien moins.\n- **Il faut un vent moyen** d'au moins 4 à 5 m/s sur le site pour que ça vaille la peine.\n\n## Le site décide de tout\n\n- **Au-dessus des obstacles** : le rotor au moins **dix mètres plus haut** que tout arbre ou bâtiment à cent mètres à la ronde.\n- **Loin de la turbulence** : un toit, une maison, une haie créent des tourbillons qui usent la machine et effondrent la production.\n- **Les bons endroits** : côtes, crêtes dégagées, plaines ouvertes.\n\nDans la plupart des jardins, **des panneaux solaires rapportent plus** pour le même prix. L'éolienne complète bien le solaire l'hiver et la nuit, quand le site est bon. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## La construire\n\nDes plans libres, répandus dans le monde entier, décrivent une éolienne de 1 à 4 m de diamètre à **aimants permanents** et pales taillées dans le bois, construite en atelier. Voir [[TEC-ENE-017]].\n\n## Les indispensables\n\n- **Un système de mise en drapeau** (la queue qui pivote et sort l'hélice du vent) ou un frein, pour les tempêtes.\n- **Un régulateur** avec une résistance de délestage : quand la batterie est pleine, le courant part en chaleur au lieu de laisser l'éolienne s'emballer.\n- **Un mât basculant** haubané, qu'on descend au sol pour l'entretien. **On ne grimpe jamais** à un mât d'éolienne par vent.\n\n## La loi\n\nEn France, un mât de moins de 12 m ne demande en général pas de permis de construire, sauf en secteur protégé. La mairie et les voisins, eux, ont leur mot à dire sur le bruit.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-022","titre":"Le chauffe-eau solaire","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chauffe-eau solaire","thermosiphon","douche solaire","capteur","eau chaude","gel","legionelle","israel","chypre"],"sources":["ADEME, le chauffe-eau solaire individuel, guide pratique","Agence internationale de l'énergie, Solar Heating and Cooling Programme, Solar Heat Worldwide","Loi israélienne de 1980 sur le chauffe-eau solaire dans les logements neufs"],"corps":"::En Israël, depuis 1980, la loi impose un chauffe-eau solaire sur les logements neufs ; à Chypre, presque chaque toit en porte un. Chauffer de l'eau au soleil est la façon la plus simple et la plus rentable d'utiliser son énergie : bien plus efficace, pour cet usage, qu'un panneau électrique. Un tuyau noir au soleil fait déjà l'essentiel.::\n\n## Le principe\n\nUne surface **noire** absorbe le soleil et chauffe l'eau qui circule dedans. Une **vitre** par-dessus garde la chaleur, un **ballon isolé** la stocke. En France, un chauffe-eau solaire couvre souvent **la moitié aux deux tiers** des besoins en eau chaude d'une famille sur l'année, davantage dans le Sud.\n\n## Du plus simple au plus complet\n\n- **La douche solaire** : un sac ou un bidon noir de 20 litres posé au soleil le matin donne une eau à 35-45 °C l'après-midi.\n- **Le serpentin** : un tuyau d'arrosage noir enroulé au soleil, qui se remplit d'eau chaude en quelques heures.\n- **Le ballon au soleil** : un réservoir peint en noir dans une caisse isolée fermée par une vitre. Il chauffe et garde l'eau dans le même objet.\n- **Le thermosiphon** : le capteur en bas, le ballon **plus haut** que lui. L'eau chauffée monte seule vers le ballon, la froide redescend : **aucune pompe, aucune électricité**. C'est le modèle des toits méditerranéens.\n- **La circulation forcée** : une petite pompe (qui peut marcher sur un panneau photovoltaïque) fait circuler le liquide ; le ballon peut être à la cave.\n\n## Les pièges\n\n- **Le gel** : l'eau gèle dans les capteurs et les fait éclater. On met un antigel dans le circuit, ou on vide les capteurs l'hiver. Voir [[TEC-CON-025]].\n- **La surchauffe** l'été : ballon trop petit, capteurs trop grands, l'eau bout. On couvre une partie des capteurs.\n- **Les brûlures** : l'eau peut dépasser 60 °C ; un mitigeur à la sortie.\n- **Les légionelles** : l'eau stockée doit monter de temps en temps au-dessus de 55-60 °C, avec un appoint si le soleil manque. Voir [[TEC-ENE-021]].\n\n## Orienter\n\nAu sud, incliné à peu près à la latitude du lieu (45° en France), sans ombre entre 10 h et 16 h.\n\nLe solaire électrique : [[TEC-SOLR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-015","titre":"Les moteurs électriques","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteurs electriques","courant continu","balais","sans balais","pas a pas","servomoteur","asynchrone","condensateur de demarrage"],"sources":["Hughes A., Drury B., Electric Motors and Drives, 5e édition, Newnes, 2019","Platt C., Make: Electronics, 3e édition, 2021"],"corps":"::Un moteur de pompe ou de ventilateur qui ronronne sans tourner a, une fois sur deux, un condensateur de démarrage mort : une pièce à quelques euros, deux fils à changer. Savoir quel moteur on a devant soi, c'est savoir comment le réparer, le commander ou le réutiliser.::\n\n## Les familles\n\n- **À courant continu, à balais** : jouets, essuie-glaces, perceuses sans fil, petits ventilateurs. On inverse les fils, il tourne dans l'autre sens ; on baisse la tension, il ralentit. Ses **balais** en carbone s'usent : étincelles et perte de puissance.\n- **Sans balais** : drones, vélos électriques, ventilateurs d'ordinateur. Plus durables, ils ont besoin d'une petite carte de commande.\n- **Pas à pas** : imprimantes, imprimantes 3D, scanners. Ils tournent par petits crans précis, commandés par une carte.\n- **Servomoteurs** de modélisme : ils vont à une position donnée et la tiennent. Pratiques pour ouvrir une trappe, une vanne.\n- **Asynchrones** (à induction), en 230 V : pompes, ventilateurs, compresseurs, vieux lave-linge. Increvables. En monophasé, ils démarrent grâce à un **condensateur**.\n- **Universels** : aspirateurs, mixeurs, perceuses filaires, meuleuses. Rapides et bruyants, à balais.\n\n## Diagnostiquer\n\n- **Il ronronne sans tourner** : condensateur de démarrage (moteur 230 V) ou roulement bloqué. On essaie de lancer l'axe à la main, **débranché**.\n- **Odeur de brûlé, fumée** : bobinage grillé. On change de moteur.\n- **Beaucoup d'étincelles, perte de puissance** : balais usés.\n- **Il chauffe vite** : surcharge, ventilation bouchée, roulement fatigué.\n\n## Réutiliser\n\n- **En génératrice** : un moteur à aimants qu'on fait tourner produit du courant. Voir [[TEC-ENE-017]].\n- **Moteurs de tapis de course, de lave-linge** : touret à meuler, petit tour, broyeur.\n- **Un moteur d'essuie-glace** : très lent, très fort, en 12 V. Parfait pour une porte de poulailler ou un tournebroche.\n\nRécupérer : [[TEC-ELN-014]]. Engrenages et courroies : [[TEC-MEC-028]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-014","titre":"Récupérer des composants électroniques","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","composants","dessouder","alimentation atx","moteurs pas a pas","condensateurs","detecteur de fumee","laser"],"sources":["Platt C., Make: Electronics, 3e édition, 2021","The Restart Project, guides de réparation","INRS, risques électriques et condensateurs"],"corps":"::Une imprimante jetée contient des moteurs de précision, des rails, des courroies, des engrenages et une alimentation. Une vieille alimentation de PC devient une alimentation d'atelier 12 V et 5 V avec un bout de fil. Les poubelles électroniques sont les magasins de pièces de ceux qui savent démonter.::\n\n## Où trouver quoi\n\n- **Alimentation de PC** : 12 V et 5 V costauds. Pour la démarrer hors du PC, on relie le fil vert du gros connecteur à un fil noir.\n- **Imprimantes, scanners, lecteurs de disques** : moteurs pas à pas, rails, courroies, ressorts, engrenages.\n- **Chargeurs et blocs secteur** : de petites alimentations prêtes à l'emploi, étiquette lue.\n- **Ordinateurs portables** : cellules lithium, ventilateurs, écran. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **Haut-parleurs** : aimants puissants.\n- **Jouets, perceuses, brosses à dents** : petits moteurs, piles rechargeables, engrenages.\n- **Ampoules LED** : LED et petites alimentations.\n- **Téléphones** : vibreurs, micros, petits écrans.\n\n## Dessouder\n\n- **La pompe à dessouder** : on chauffe la soudure, on aspire.\n- **La tresse** : posée sur la soudure et chauffée, elle boit l'étain.\n- **La coupe** : pour un composant à pattes, couper au ras de la carte est souvent plus rapide.\n- **Le décapeur thermique** chauffe toute une zone : les composants tombent. Aérer, loin du plastique.\n\nTester chaque pièce au multimètre avant de la réutiliser. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Les dangers\n\n- **Les gros condensateurs** (alimentations, micro-ondes, flashs d'appareil photo, téléviseurs) restent chargés : les décharger avec une résistance tenue par des pinces isolées, jamais les doigts. Voir [[SURV-REC-031]].\n- **Les vieux téléviseurs à tube** gardent une très haute tension dans le tube : on ne les ouvre pas.\n- **Les lasers** des lecteurs de disques abîment les yeux : jamais regarder dedans.\n- **Les détecteurs de fumée ioniques** contiennent une petite source radioactive : on ne les démonte pas, on les rapporte.\n- **Les cellules lithium** percées prennent feu. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **L'étain au plomb** des vieilles cartes : se laver les mains.\n\nLes composants : [[TEC-ELN-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-013","titre":"Les composants électroniques de base","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["composants","resistance","condensateur","diode","led","transistor","regulateur","loi d'ohm","circuit"],"sources":["Horowitz P., Hill W., The Art of Electronics, 3e édition, Cambridge University Press, 2015","Platt C., Make: Electronics, 3e édition, 2021"],"corps":"::Le premier transistor, en 1947, tenait dans une main. La puce d'un téléphone récent en contient une vingtaine de milliards. Mais une carte électronique de radio, de chargeur ou de lampe se lit avec une poignée de composants seulement, et une seule loi.::\n\n## La loi d'Ohm\n\n**Tension = résistance × intensité** (U = R × I). Tout le reste en découle.\n\n**Exemple** : une LED qui demande 2 V et 20 mA, sur une alimentation de 5 V. Il reste 3 V à « perdre » : 3 / 0,02 = **150 ohms**. Sans cette résistance, la LED grille. Voir [[TEC-ELN-004]].\n\n## Les composants\n\n- **La résistance** : freine le courant. Un petit cylindre à bandes de couleur, sans sens de branchement.\n- **Le condensateur** : stocke un peu d'électricité et la rend, lisse les tensions. Les gros **chimiques** (cylindres) ont un sens : la bande marquée « - » va au moins. Branchés à l'envers, ils gonflent ou éclatent. **Les gros condensateurs restent chargés** longtemps après débranchement. Voir [[SURV-REC-031]].\n- **La diode** : laisse passer le courant dans un seul sens (la bague marque la sortie). Quatre diodes en pont transforment l'alternatif en continu.\n- **La LED** : une diode qui éclaire.\n- **Le transistor** : un interrupteur commandé ; un petit courant en commande un gros. La base de toute l'électronique.\n- **Le régulateur de tension** : sort une tension fixe (5 V, 3,3 V) à partir d'une tension plus haute. Trois pattes, très utile pour alimenter un appareil USB.\n- **Le relais** : un interrupteur mécanique commandé par un électroaimant. On l'entend claquer.\n- **Le fusible** : un fil qui fond pour protéger le reste.\n- **Le transformateur** : change la tension de l'alternatif (230 V en 12 V par exemple).\n\n## Tester\n\nUn multimètre mesure tension, résistance et continuité, et teste les diodes. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Pour aller plus loin\n\nRécupérer des composants : [[TEC-ELN-014]]. Souder : [[TEC-ELN-005]]. Lire un circuit : [[TEC-ENE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-018","titre":"Lire un plan technique","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["plan","dessin technique","vues","coupe","echelle","cotes","projection","geometrie descriptive","monge"],"sources":["Monge G., Géométrie descriptive, 1799","Norme ISO 128, dessins techniques : principes généraux de représentation","Norme ISO 5456-2, projections orthogonales"],"corps":"::À la fin du XVIIIe siècle, Gaspard Monge invente une méthode pour dessiner exactement un objet en trois dimensions sur une feuille plate, d'abord pour les fortifications. Elle est restée un temps un secret militaire. Tous les plans du monde, d'une vis à une cathédrale, s'écrivent encore dans cette langue.::\n\n## Les vues\n\nUn objet est dessiné comme si on le regardait **de face, de dessus et de côté**, chaque vue alignée avec les autres.\n\n- En Europe, la vue de dessus se place **sous** la vue de face. Aux États-Unis, **au-dessus**. Un petit symbole de cône dans le cartouche indique la convention utilisée.\n- **La coupe** : on imagine l'objet scié, et on dessine l'intérieur. Les parties coupées sont **hachurées**.\n\n## Les traits\n\n- **Trait continu épais** : les arêtes qu'on voit.\n- **Trait interrompu** (tirets) : les arêtes cachées derrière.\n- **Trait mixte** (trait-point) : les axes, les centres des trous.\n\n## Les cotes\n\n- Les dimensions, avec des flèches. **En mécanique, toujours en millimètres**, même quand l'unité n'est pas écrite.\n- **Les tolérances** (± 0,1) disent de combien on a le droit de s'écarter.\n- **On ne mesure pas un plan à la règle** quand la cote est écrite : c'est la cote qui fait foi.\n\n## L'échelle\n\n- **1:1** grandeur réelle ; **2:1** agrandi deux fois ; **1:50** : 1 cm sur le plan vaut 50 cm en vrai.\n- Les plans de bâtiment sont souvent au **1:100** ou au **1:50**.\n\n## Les plans de bâtiment\n\n- **La vue en plan** : le bâtiment coupé à environ un mètre de hauteur, vu de dessus.\n- **Les portes** : un arc qui montre le sens d'ouverture. **Les fenêtres** : des traits fins dans l'épaisseur des murs.\n- **La flèche du nord**, les symboles électriques (prises, interrupteurs, points lumineux) et de plomberie.\n\n## Le cartouche\n\nLe petit tableau en bas à droite : titre, échelle, unité, auteur, date, version. On le lit **en premier**.\n\nMesurer et tracer : [[TEC-ATE-002]]. Lire un circuit électrique : [[TEC-ENE-002]]. Lire une carte : [[SURV-ORI-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-017","titre":"Les statistiques qui trompent","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["statistiques","correlation","causalite","risque relatif","faux positifs","biais du survivant","moyenne","mediane","graphiques"],"sources":["Huff D., How to Lie with Statistics, 1954","Gigerenzer G., Reckoning with Risk, 2002","Wald A., A Method of Estimating Plane Vulnerability Based on Damage of Survivors, 1943, réédité par le Center for Naval Analyses, 1980"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, on voulait blinder les bombardiers là où ceux qui rentraient avaient le plus d'impacts. Le statisticien Abraham Wald a dit l'inverse : il faut blinder là où ils n'en ont pas, parce que les avions touchés à ces endroits-là ne sont jamais rentrés. Les chiffres disent vrai ; c'est la façon de les lire qui ment.::\n\n## Six pièges\n\n**1. Ce qui va ensemble n'est pas cause l'un de l'autre**\nLes ventes de glaces et les noyades montent ensemble. Les glaces ne noient personne : c'est l'été. Chercher toujours la troisième cause.\n\n**2. « Double le risque »**\nPasser de 1 sur 10 000 à 2 sur 10 000, c'est « doubler le risque », et c'est aussi « un cas de plus sur 10 000 ». On demande toujours **le risque de départ**, en nombre de personnes.\n\n**3. Le test fiable à 99 %**\nUne maladie touche 1 personne sur 1 000. On teste 1 000 personnes avec un test qui se trompe 1 fois sur 100 chez les bien portants. Il trouve le malade, et environ **10 faux positifs**. Sur 11 tests positifs, **un seul** est malade. Pour une maladie rare, un test positif doit être vérifié.\n\n**4. Le biais du survivant**\nOn ne voit que ceux qui ont réussi, survécu, sont rentrés. Les entreprises qui ont coulé ne donnent pas de conférences.\n\n**5. Moyenne ou médiane**\nDix personnes gagnent 2 000 euros ; un milliardaire entre dans la pièce, la moyenne explose. **La médiane** (la valeur du milieu) ne bouge pas : elle dit mieux ce que vit la personne ordinaire.\n\n**6. Les graphiques**\nUn axe qui ne commence pas à zéro transforme une petite hausse en falaise. Une période choisie avec soin fait monter ou descendre n'importe quelle courbe.\n\n## Les bonnes questions\n\n- **Sur combien** de personnes ou de cas ?\n- **Comparé à quoi**, à quelle période ?\n- **Qui a payé** l'étude, qui la cite, et pourquoi maintenant ?\n- **En nombres réels**, ça fait combien ?\n\nReconnaître une fausse information : [[TEC-IDE-010]]. Calculer de tête : [[TEC-IDE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-016","titre":"Les réseaux sociaux, comment ils choisissent ce qu'on voit","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["reseaux sociaux","algorithme","attention","fausses nouvelles","colere","bulle","notifications","publicite"],"sources":["Vosoughi S., Roy D., Aral S., The spread of true and false news online, Science, 2018","Brady W.J. et al., Emotion shapes the diffusion of moralized content in social networks, PNAS, 2017","Commission européenne, règlement sur les services numériques (DSA), 2022"],"corps":"::Une grande étude sur Twitter a montré que les fausses nouvelles se répandaient plus loin, plus vite et plus largement que les vraies. Pas à cause des robots : à cause de nous, parce qu'elles sont plus surprenantes. Un réseau social ne vous montre pas le monde ; il vous montre ce qui vous fera rester.::\n\n## Le principe\n\n- **Le produit, c'est votre attention.** Le réseau gagne de l'argent avec la publicité, donc avec le temps que vous passez.\n- **L'algorithme** choisit, parmi des milliers de messages, ceux qui ont le plus de chances de vous faire réagir : cliquer, commenter, partager, rester.\n- **Ce qui fait réagir le plus** : la surprise, la peur, et surtout **la colère**. Chaque mot d'indignation morale dans un message augmente ses partages.\n- **Il apprend de vous** : ce que vous regardez longtemps, vous en verrez plus. Peu à peu, chacun voit un monde différent.\n\n## Ce que ça change\n\n- Les **opinions extrêmes** paraissent plus répandues qu'elles ne le sont.\n- Les **rumeurs** vont plus vite que leurs démentis. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Le temps** file : les applications sont conçues pour qu'on ne s'arrête pas.\n\n## Reprendre la main\n\n- **Couper les notifications**, sauf celles des vraies personnes.\n- **Un fil chronologique** quand l'application le propose, plutôt que les « recommandations ».\n- **Suivre des sources variées**, y compris celles avec lesquelles on n'est pas d'accord.\n- **Avant de partager**, vérifier. Voir [[TEC-IDE-010]].\n- **Des limites de temps**, et le téléphone hors de la chambre la nuit. Voir [[TEC-SAN-023]].\n- **Les réglages de confidentialité** : qui voit quoi, ce que le réseau garde.\n\n## En crise\n\nLes réseaux peuvent sauver : informations locales, entraide, « je suis en sécurité ». Ils propagent aussi la panique et les fausses alertes. **Les sources officielles** (préfecture, secours, radio publique) passent en premier. Voir [[SIG-COM-012]].\n\n## Les enfants\n\nLeur cerveau résiste encore moins bien à ces mécanismes : un âge minimum, des règles claires, et en parler avec eux plutôt que tout interdire en secret. Voir [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-015","titre":"Les banques et les distributeurs","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["banque","distributeur","panique bancaire","garantie des depots","controle des capitaux","carte bancaire","opposition","especes"],"sources":["Banque de France, les moyens de paiement et leur fonctionnement","Federal Reserve, Review of the Federal Reserve's Supervision and Regulation of Silicon Valley Bank, 2023","Fonds de garantie des dépôts et de résolution"],"corps":"::En mars 2023, les clients de la Silicon Valley Bank ont demandé à retirer 42 milliards de dollars en une seule journée, depuis leur téléphone. La banque a fermé le lendemain. Une banque n'a jamais dans ses coffres l'argent de tous ses clients : elle l'a prêté. Tant que tout le monde ne le réclame pas en même temps, ça marche.::\n\n## Comment une banque fonctionne\n\n- **Votre dépôt** est en réalité un prêt que vous faites à la banque.\n- **Elle en prête la plus grande partie** à d'autres (crédits, entreprises) et n'en garde qu'une petite part disponible.\n- **Si trop de clients retirent en même temps**, elle ne peut pas payer : c'est la **panique bancaire**. Voir [[TEC-IDE-012]].\n- **La garantie** : en France et dans l'Union européenne, **100 000 euros par personne et par banque** sont remboursés si la banque fait faillite.\n\n## Quand ça coince\n\n- **Les distributeurs** ont besoin de courant, de réseau et de camions de convoyage. Dans une crise, ils se vident en quelques heures.\n- **Le contrôle des capitaux** : en 2015, les Grecs ne pouvaient plus retirer que 60 euros par jour et par carte pendant des semaines.\n- **Les paiements par carte** s'arrêtent avec le réseau. Voir [[SURV-CRI-013]].\n\n## Se préparer\n\n- **Un peu de liquide** chez soi, en petites coupures.\n- **Deux comptes dans deux banques différentes**, et deux cartes.\n- **Sur papier** : son IBAN, le numéro de sa banque, le numéro pour faire opposition sur sa carte.\n- **Au-delà de 100 000 euros**, répartir entre plusieurs banques.\n\n## Les arnaques\n\n- **Le faux conseiller** : un appel qui affiche le vrai numéro de la banque, une voix qui connaît votre nom et vous demande de valider une opération « pour la bloquer ». C'est une arnaque. On raccroche et **on rappelle soi-même** le numéro écrit sur sa carte.\n- **Aucune banque** ne demande de codes, de mot de passe ou de validation de paiement par téléphone, SMS ou e-mail.\n\nCe qui vaut quelque chose quand l'argent ne vaut plus rien : [[SURV-TROC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-018","titre":"Réparer un écran, une batterie, un connecteur","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["reparation","telephone","batterie gonflee","ecran casse","port de charge","degat des eaux","riz","repair cafe","indice de reparabilite"],"sources":["iFixit, guides de réparation","Ministère de la Transition écologique, indice de réparabilité et indice de durabilité","Repair Café International Foundation"],"corps":"::Un téléphone qui ne charge plus a le plus souvent un port bourré de peluches de poche, tassées au fond par la prise. Un cure-dent en bois, téléphone éteint, et le voilà réparé. Et le riz pour sécher un téléphone mouillé ? Les fabricants eux-mêmes le déconseillent.::\n\n## Avant tout\n\n- **Éteindre** l'appareil.\n- **Débrancher la batterie** dès qu'on l'a ouvert, avant de toucher à quoi que ce soit.\n- **Chercher le guide** du modèle exact : des sites spécialisés les publient pas à pas, gratuitement. En France, l'**indice de réparabilité** affiché en magasin dit si l'appareil se répare facilement.\n\n## Les outils\n\nTournevis de précision (cruciforme, Torx, et les vis spéciales de certains téléphones), médiators et spatules en plastique, pince fine, ventouse, sèche-cheveux, alcool isopropylique.\n\n## Le port de charge\n\nÉteindre, éclairer, et gratter doucement le fond avec **un cure-dent en bois**, jamais une aiguille en métal. Souvent, c'est tout.\n\n## La batterie\n\n- **Gonflée** (écran qui se soulève, dos bombé) : **on ne s'en sert plus**, on ne la perce pas, on ne la charge pas. Risque d'incendie.\n- **La changer** : chauffer pour ramollir la colle, tirer lentement les languettes adhésives, ou quelques gouttes d'alcool isopropylique sous la batterie. **Jamais d'outil métallique** pour faire levier dessus.\n- Les batteries usées se rapportent en magasin : jamais à la poubelle.\n\n## L'écran\n\n- **La vitre fêlée** mais l'affichage intact : un film de protection limite les dégâts en attendant.\n- **Le remplacement** : on chauffe les bords, on décolle à la ventouse et au médiator, on débranche les **nappes** (des rubans très fragiles) avec délicatesse, en notant tout. On se photographie les étapes.\n\n## Tombé dans l'eau\n\n1. **Éteindre** tout de suite, **ne pas charger**.\n2. Retirer la coque, la carte SIM, essuyer, secouer doucement.\n3. **Laisser sécher** à l'air, ports vers le bas, un ou deux jours, dans un endroit sec et aéré. Pas de riz : il sèche mal et laisse des poussières.\n4. Eau de mer ou sucrée : ouvrir et nettoyer la carte à l'alcool isopropylique, sinon la corrosion finit le travail.\n\n## Se faire aider\n\nLes **Repair Cafés**, nés à Amsterdam en 2009, existent aujourd'hui dans des milliers de villes : des bénévoles réparent avec vous, gratuitement.\n\nUn appareil qui ne s'allume plus : [[TEC-ELN-006]]. Souder : [[TEC-ELN-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-017","titre":"Comment marche un téléphone portable","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["telephone portable","antenne relais","batterie","mode avion","boussole","fiche medicale","hors ligne","sms"],"sources":["Cooper M., Cutting the Cord: The Cell Phone Has Transformed Humanity, 2021","ANFR, fonctionnement des réseaux mobiles et des antennes relais","Battery University, charge et conservation des batteries lithium-ion"],"corps":"::En 1973, Martin Cooper passe le premier appel d'un téléphone portable dans une rue de New York. L'appareil pesait plus d'un kilo et tenait une demi-heure de conversation. Le vôtre est une radio, une lampe, une boussole, un GPS, un appareil photo et une bibliothèque : même sans réseau, il reste l'outil le plus complet de votre poche.::\n\n## Comment il marche\n\nLe téléphone est **une radio** qui parle à l'antenne relais la plus proche, à quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres. Quand on bouge, le réseau passe l'appel d'une antenne à l'autre. Les **SMS** voyagent dans un canal de service et passent souvent quand les appels saturent. Voir [[TEC-ELN-009]].\n\n## Tenir la batterie\n\n- **Sans réseau, mode avion** : un téléphone qui cherche une antenne vide sa batterie en quelques heures.\n- **Luminosité au minimum**, économie d'énergie activée, applications en arrière-plan coupées.\n- **Le froid** vide la batterie : le téléphone dans une poche intérieure, contre le corps.\n- **Pour qu'elle dure des années** : éviter de la laisser à 0 % ou à 100 % longtemps, et de la chauffer.\n- **La recharger sans prise** : [[TEC-ENE-014]].\n\n## Ce qui marche sans réseau\n\n- **La boussole** et **le GPS**, avec des cartes téléchargées. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- **La lampe**, l'**appareil photo** (photographier ses papiers, une carte, une ordonnance), la **loupe**.\n- **Les livres et encyclopédies** téléchargés. Voir [[TEC-ELN-012]].\n- **Le dictaphone**, les notes, les traductions hors ligne. Voir [[TEC-IDE-014]].\n\n## À régler aujourd'hui\n\n- **La fiche médicale d'urgence**, lisible sans déverrouiller : groupe sanguin, allergies, traitements, personne à prévenir. Les secours la cherchent.\n- **Les contacts importants** aussi sur papier : le jour où le téléphone meurt, on ne connaît plus aucun numéro.\n- **Le code PIN et le code de déverrouillage** notés en lieu sûr.\n\n## Ce qu'il dit de vous\n\nUn téléphone allumé est localisable par l'opérateur et par les applications autorisées. Le mode avion et la localisation coupée limitent ce qu'il révèle.\n\nRéparer un téléphone : [[TEC-ELN-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-016","titre":"Comment marche un ordinateur","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ordinateur","processeur","memoire","stockage","binaire","systeme d'exploitation","linux","ssd","apollo"],"sources":["Petzold C., Code: The Hidden Language of Computer Hardware and Software, 2e édition, 2022","NASA, Apollo Guidance Computer, caractéristiques techniques"],"corps":"::L'ordinateur qui a posé Apollo 11 sur la Lune avait environ 4 kilo-octets de mémoire vive. Un téléphone d'aujourd'hui en a des millions de fois plus. Pourtant, tous les deux font la même chose : suivre une liste d'instructions très simples, très vite, avec des interrupteurs qui ne connaissent que deux positions.::\n\n## Tout est 0 et 1\n\nUn ordinateur est fait de milliards de **transistors**, des interrupteurs qui laissent passer le courant (1) ou non (0). Un **bit** vaut 0 ou 1 ; huit bits font un **octet**, de quoi écrire une lettre. Une photo pèse quelques millions d'octets (Mo), un film quelques milliards (Go). Voir [[TEC-ELN-013]].\n\n## Les organes\n\n- **Le processeur** : il exécute les instructions, des milliards par seconde.\n- **La mémoire vive** : le plan de travail, rapide, **vidé à l'extinction**.\n- **Le stockage** (disque dur ou SSD) : l'armoire, qui garde tout quand c'est éteint.\n- **La carte mère** relie tout ; **l'alimentation** fournit le courant.\n- **Le système d'exploitation** (Windows, macOS, Linux) fait le lien entre l'appareil, les programmes et vous.\n\n## Les pannes courantes\n\n- **Il est devenu lent** : trop de programmes au démarrage, disque plein, ou vieux disque dur. **Remplacer le disque dur par un SSD** rend une seconde jeunesse à la plupart des vieux ordinateurs.\n- **Il chauffe et souffle fort** : poussière dans le ventilateur. Débrancher, ouvrir, souffler.\n- **Il ne démarre plus** : chargeur, batterie, barrettes de mémoire mal enfoncées. Voir [[TEC-ELN-006]].\n\n## Un vieil ordinateur a encore de la valeur\n\n- **Linux**, gratuit, avec une version légère, rend utilisable un ordinateur trop lent sous Windows.\n- Il peut servir de **bibliothèque hors ligne** pour tout un groupe. Voir [[TEC-ELN-011]] et [[TEC-ELN-012]].\n- **La consommation** : un portable consomme 15 à 60 W, une petite carte comme le Raspberry Pi moins de 10 W. Sur un panneau solaire, ça change tout.\n\n## Protéger ce qu'il contient\n\nSauvegarder : [[TEC-ELN-007]]. Les mots de passe : [[TEC-ELN-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-010","titre":"Les gaz lacrymogènes","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["gaz lacrymogene","lacrymogene","gaz poivre","yeux","rincer","manifestation","asthme","lentilles"],"sources":["Haar R.J. et al., Health impacts of chemical irritants used for crowd control: a systematic review, BMJ Open, 2017","Physicians for Human Rights, INCLO, Lethal in Disguise: the health consequences of crowd-control weapons, 2016"],"corps":"::Le gaz lacrymogène brûle les yeux, la gorge et la peau, fait pleurer et tousser, et donne l'impression d'étouffer. Presque toujours, les effets passent en une demi-heure une fois à l'air libre. Ce qui fait les vrais blessés, c'est la panique, la bousculade, et les remèdes de grand-mère dans les yeux.::\n\n## AGIR\n\n1. **S'éloigner** du nuage, **dos au vent**, vers un endroit dégagé et si possible plus haut. Ne pas courir dans la foule. Voir [[URG-FOULE-001]].\n2. **Ne pas se frotter les yeux.** Cligner, laisser couler les larmes : elles lavent.\n3. **Rincer les yeux à l'eau propre**, en abondance, tête penchée pour que l'eau coule vers l'extérieur.\n4. **Retirer les lentilles** de contact, et les jeter.\n5. **Respirer lentement**, par le nez si possible. La sensation d'étouffement est impressionnante mais passe.\n6. **Plus tard** : enlever les vêtements contaminés, les mettre dans un sac fermé, se doucher **à l'eau froide** d'abord, puis au savon.\n\n## ADAPTER\n\n- **Pas de citron, de vinaigre ou de lait dans les yeux** : l'eau propre fait aussi bien, sans risque d'infection.\n- **Le gaz poivre** (en bombe, à base de piment) : mêmes gestes, il colle davantage à la peau ; laver au savon.\n- **Les personnes fragiles** (asthmatiques, enfants, personnes âgées, cardiaques, femmes enceintes) : s'éloigner les premières, **appeler les secours** si la gêne respiratoire ne passe pas ou s'aggrave. Voir [[URG-ASTH-001]].\n- **En espace clos**, le gaz est bien plus dangereux : sortir à l'air libre au plus vite.\n- **Se protéger** : des lunettes étanches (de piscine) protègent les yeux ; un foulard aide à peine.\n\n## COMPRENDRE\n\nCes gaz ne sont pas des poisons au sens habituel : ils irritent les terminaisons nerveuses de la douleur. Mais à forte dose, en milieu fermé, ou tirés en grenade à bout portant, ils blessent et peuvent tuer. En France, les petites bombes lacrymogènes sont en vente libre aux adultes, mais leur **port** demande, comme pour un couteau, un motif légitime. Voir [[SURV-DEF-009]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-009","titre":"Le couteau, choisir, entretenir, porter","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["couteau","opinel","lame fixe","pliant","acier carbone","inox","affutage","port","motif legitime","securite"],"sources":["Code de la sécurité intérieure, armes de catégorie D et port d'arme sans motif légitime","Opinel, histoire de l'entreprise (1890)","Scouts et Guides de France, règles d'usage du couteau"],"corps":"::Depuis 1890, un petit couteau savoyard à manche de hêtre, l'Opinel, accompagne les paysans, les bergers et les randonneurs. Pas besoin d'une lame de commando : un bon couteau de dix centimètres, bien affûté et bien entretenu, fait presque tout ce qu'on lui demandera dans une vie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Lame fixe** : solide, facile à nettoyer, pour le bois, le feu, la cuisine de camp. **Pliant** : discret, dans la poche tous les jours. Un pliant doit avoir un **cran de sûreté** qui bloque la lame ouverte.\n- **Acier carbone** : s'affûte facilement et coupe très fin, mais rouille. **Inox** : ne rouille presque pas, s'affûte un peu moins bien.\n- **Une lame de 8 à 12 cm** couvre presque tous les usages.\n- **La loi** en France : un couteau est une arme de catégorie D. On peut l'acheter et l'avoir chez soi, mais **le porter sur soi demande un motif légitime** (travail, pique-nique, randonnée, pêche). Sans motif, c'est une infraction.\n\n## AGIR\n\n**Utiliser**\n\n- **Couper en éloignant la lame du corps**, jamais vers la main qui tient.\n- **Le cercle de sécurité** : le bras tendu avec le couteau, personne à l'intérieur de ce cercle.\n- **Passer un couteau** par le manche, lame fermée si c'est un pliant.\n- **Refermer** un pliant en tenant les doigts hors du chemin de la lame.\n- **Ne jamais rattraper** un couteau qui tombe.\n\n**Entretenir**\n\n- **Affûter souvent**, un peu : un couteau émoussé glisse et blesse plus qu'un couteau tranchant. Voir [[TEC-ATE-004]].\n- **Nettoyer, sécher, huiler** la lame en acier carbone.\n- **Le manche en bois** : le tremper une fois dans l'huile de lin pour qu'il ne gonfle pas à l'humidité et que la lame ne se bloque pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Les usages de survie** : tailler des copeaux pour allumer le feu, couper la corde, préparer le gibier, tailler un piquet, une cuillère, un manche. Voir [[SURV-FEU-001]] et [[SURV-RES-005]].\n\n**Fabriquer une lame** quand on n'en a plus : [[SURV-OUT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-008","titre":"L'alarme sans électricité","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["alarme","fil tendu","canettes","gravier","oies","chien","haie","tours de garde","voisins vigilants"],"sources":["Tite-Live, Histoire romaine, livre V (les oies du Capitole)","Crowe T., Crime Prevention Through Environmental Design, 3e édition, 2013","Ministère de l'Intérieur, dispositif Participation citoyenne"],"corps":"::En 390 avant notre ère, selon Tite-Live, les Gaulois escaladent de nuit le Capitole de Rome. Les chiens dorment ; ce sont les oies sacrées qui donnent l'alerte et réveillent les défenseurs. Des distilleries écossaises gardaient encore leurs stocks avec des oies au XXe siècle. Une alarme n'a pas besoin de courant : elle a besoin de faire du bruit au bon moment.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne alarme sert à **réveiller et prévenir** assez tôt pour réagir, et à **décourager** : un rôdeur qui déclenche un bruit préfère souvent partir. Elle doit être **impossible à rater pour vous** et **sans danger pour les autres**.\n\n## AGIR\n\n**Les bruits**\n\n- **Des canettes** avec quelques cailloux, suspendues à un fil tendu en travers d'un passage, à hauteur de cheville.\n- **Des clochettes** ou des casseroles accrochées à une porte, un portail, une fenêtre.\n- **Une bouteille en verre** posée en équilibre contre une porte qui s'ouvre vers l'intérieur.\n- **Du gravier** sous les fenêtres et dans les allées : on ne marche pas dessus en silence.\n- **Des feuilles sèches**, des branches cassantes sur le chemin d'accès.\n\n**Les vivants**\n\n- **Un chien** entend et sent bien avant vous. Voir [[SURV-DEF-006]].\n- **Des oies** crient au moindre inconnu, et donnent des œufs.\n\n**Le terrain**\n\n- **Des haies épineuses** (houx, aubépine, pyracantha) sous les fenêtres du rez-de-chaussée.\n- **Un espace dégagé** et éclairé si possible autour de la maison : on ne s'approche pas sans être vu.\n\n**Les gens**\n\n- **Des tours de garde** la nuit quand la situation l'exige. Voir [[SURV-SOC-001]].\n- **Les voisins** : un signal convenu (sifflet, casserole, lampe) pour s'alerter entre maisons.\n\n## ADAPTER\n\n**Aucun piège qui blesse** : pointes, lames, chutes, charges. C'est interdit, et ce sont souvent des enfants, des secouristes ou des voisins qui s'y prennent.\n\n**Tester** chaque dispositif : de l'intérieur, avec la porte fermée, l'entend-on vraiment ?\n\nSécuriser une porte et une fenêtre : [[SURV-DEF-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-007","titre":"Se défendre à mains nues, l'essentiel","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["self-defense","agression","legitime defense","fuir","garde","stress","adrenaline","cibles","se relever"],"sources":["Code pénal, article 122-5 (légitime défense)","Grossman D., Christensen L., On Combat, 2004","Thompson G., Dead or Alive: The Choice Is Yours, 1997"],"corps":"::Dans une vraie agression, le but n'est pas de gagner, c'est de partir. Tout ce que vous avez dans les poches se remplace ; vous, non. Les instructeurs sérieux le répètent : la meilleure technique de combat, c'est de ne pas être là, et la deuxième, c'est de courir.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La plupart des agressions** commencent par des mots, une approche, une demande. Il y a presque toujours un moment pour partir. Voir [[SURV-DEF-004]].\n- **Le stress** change le corps : vision en tunnel, mains qui tremblent, gestes fins impossibles, temps qui paraît ralentir. Seuls les gestes simples et répétés à l'entraînement restent.\n- **Le sol est dangereux** : d'autres peuvent arriver, les coups de pied au sol tuent.\n- **La loi** : en France, la légitime défense doit être **immédiate, nécessaire et proportionnée** à l'attaque, contre soi ou quelqu'un d'autre.\n\n## AGIR\n\n**Avant le contact**\n\n- **Donner** le portefeuille, le téléphone, les clés : les jeter à côté de l'agresseur, et partir de l'autre côté.\n- **Garder la distance**, les **mains ouvertes levées devant soi** à hauteur de poitrine, comme pour calmer : « Je ne veux pas de problème. » Cette posture protège le visage sans provoquer.\n- **Parler fort**, attirer l'attention des témoins.\n\n**S'il faut se dégager**\n\n- **Viser pour s'enfuir**, pas pour punir : les yeux, le nez, la gorge, l'entrejambe, les genoux. Un seul geste qui crée une ouverture, puis **fuir**.\n- **Crier** en frappant : ça donne de la force et alerte.\n- **Protéger sa tête** avec les avant-bras si les coups pleuvent.\n\n**Au sol**\n\n- Se protéger la tête, garder les pieds entre soi et l'agresseur, et **se relever le plus vite possible**, en appui sur une main, en reculant.\n\n## ADAPTER\n\n- **Plusieurs agresseurs, une arme** : on ne se bat pas, on donne, on fuit dès qu'on peut.\n- **Après** : se mettre en sécurité, appeler le 17 ou le 112, se faire soigner, porter plainte, noter tout ce dont on se souvient.\n- **S'entraîner** : quelques mois de boxe, de krav-maga ou un stage d'autodéfense valent plus que toutes les lectures.\n\nDésamorcer un conflit : [[SURV-SOC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-015","titre":"L'antenne, fabriquer et placer","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["antenne","portee","hauteur","horizon radio","longueur d'onde","dipole","fil long","polarisation","lignes electriques"],"sources":["ARRL, The ARRL Antenna Book, 24e édition","ANFR, réglementation des fréquences et des émissions","REF, Réseau des émetteurs français, fiches techniques"],"corps":"::Deux talkies-walkies tenus à hauteur d'homme se parlent sur quelques kilomètres. Montez l'un d'eux au sommet d'une colline de cent mètres, et la portée théorique passe à une quarantaine de kilomètres. En radio, la hauteur vaut plus que la puissance.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les ondes des talkies-walkies** (VHF, UHF) vont en ligne droite, comme la lumière. Ce qui arrête la vue arrête la radio : collines, immeubles, et la courbure de la Terre.\n- **L'horizon radio**, en kilomètres : environ **4 × (√hauteur de l'un + √hauteur de l'autre)**, hauteurs en mètres. Deux personnes à 2 m : une douzaine de kilomètres au mieux. L'une à 100 m : plus de quarante.\n- **Les ondes courtes** rebondissent sur la haute atmosphère et font le tour du monde : là, c'est la longueur de l'antenne qui compte. Voir [[TEC-MET-013]].\n- **La longueur d'onde** en mètres : **300 divisé par la fréquence en mégahertz**. Une bonne antenne mesure souvent le quart ou la moitié de cette longueur.\n\n## AGIR\n\n**Monter**\n- Parler depuis un point haut, un étage élevé, un toit, une colline, un arbre dégagé.\n- Sortir du véhicule, s'éloigner des murs de béton.\n\n**Tenir l'antenne droite**\nLes antennes des talkies sont **verticales** : les deux doivent l'être. Une radio tenue à plat perd beaucoup.\n\n**Pour mieux écouter** (radio AM, ondes courtes)\nUn **fil long** de 10 à 30 m, tendu le plus haut possible et relié à la prise d'antenne du récepteur : la réception change du tout au tout.\n\n**Fabriquer**\n- **Le dipôle** : deux fils égaux, alimentés au centre par un câble, d'une longueur totale d'environ **143 divisé par la fréquence en MHz**.\n- **Le plan de sol** pour un talkie ou un poste fixe : un brin vertical d'un quart d'onde, et trois ou quatre brins inclinés vers le bas.\n- **Une antenne directive** (à éléments en peigne, ou une boîte de conserve pour le WiFi) concentre le signal dans une direction. Voir [[TEC-ELN-011]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Jamais près d'une ligne électrique** : chaque année, des gens meurent en dressant un mât ou une antenne qui touche un câble.\n- **L'orage** : débrancher l'antenne du poste et la relier à la terre.\n- **Émettre** n'est permis que sur les fréquences autorisées ; écouter est libre. Voir [[SIG-COM-009]].\n\nLe talkie-walkie : [[SIG-COM-010]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-014","titre":"Laisser un message que les bons trouveront","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["message","famille","evacuation","point de rendez-vous","cache","balisage","cairn","croix-rouge","liens familiaux"],"sources":["CICR, Rétablissement des liens familiaux","INSARAG et FEMA, marquage des bâtiments par les équipes de recherche","US Army, FM 21-76 Survival, balisage d'itinéraire"],"corps":"::Après chaque grande catastrophe, les murs se couvrent de messages : « Tous vivants, partis chez Marie, 14 h. » Ceux qui s'en sortent le mieux sont les familles qui avaient convenu d'avance où laisser ce message, et où se retrouver si tout tombe. Un message n'est utile que si la bonne personne sait où le chercher.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les réseaux tombent**, les familles sont dispersées : au travail, à l'école, en route.\n- **Un message visible de tous** renseigne aussi les voleurs sur une maison vide.\n- **Le Comité international de la Croix-Rouge** et les sociétés nationales aident à retrouver des proches après une guerre ou une catastrophe : c'est le rétablissement des liens familiaux.\n\n## AGIR\n\n**Avant : le plan de famille**\n\n- **Deux points de rendez-vous** : un près de la maison, un hors du quartier.\n- **Une cachette à message** connue de la famille seulement : sous une pierre précise, derrière un volet, dans la boîte aux lettres d'un voisin.\n- **Un contact loin** (un parent dans une autre région) à qui chacun donne des nouvelles : les appels longue distance passent parfois mieux que les locaux.\n\n**Le message**\n\n- **Date et heure**, **qui**, **état** (tous vivants, un blessé), **où l'on va**, **par où**.\n- Au crayon à papier, au marqueur, gravé : l'encre de stylo coule sous la pluie.\n- Dans une bouteille en plastique ou un sac fermé si c'est dehors.\n\n**Dans la nature**\n\n- **Des flèches** de pierres ou de branches au sol, des cairns (petits tas de pierres) aux croisements.\n- **Des branches cassées** dans le sens de la marche, un morceau de tissu voyant attaché.\n- **Au point d'arrivée ou de départ** : un message complet, protégé.\n\n## ADAPTER\n\n**Les marques des secours** : après un séisme ou une inondation, les équipes peignent des signes sur les façades (date, équipe, dangers, victimes). On ne les efface pas, on ne les imite pas.\n\n**Un message codé** pour la famille : des mots convenus d'avance (« chez la tante » veut dire tel endroit) protègent des curieux.\n\nSe signaler et être retrouvé : [[SIG-COM-001]]. Un enfant perdu : [[URG-ENF-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-013","titre":"Le miroir de signalisation","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["miroir","signal","eclat","soleil","cd","viser","avion","helicoptere","secours"],"sources":["US Air Force, AFH 10-644, Survival Evasion Resistance Escape Operations (miroir de signalisation)","US Army, FM 21-76 Survival, techniques de signalisation"],"corps":"::L'éclat d'un miroir au soleil se voit à des dizaines de kilomètres par temps clair : c'est souvent le premier signal qu'un pilote repère, bien avant un feu ou un vêtement. Un CD, un téléphone ou un couvercle de boîte font l'affaire. Encore faut-il savoir viser.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Il faut du soleil.** Par temps couvert, le miroir ne sert presque à rien : on passe à la fumée, aux couleurs, au sifflet. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **L'éclat voyage en ligne droite** : il faut l'envoyer exactement vers l'avion, le bateau ou le sauveteur.\n- **Un éclat intermittent** attire l'œil bien mieux qu'une lumière fixe.\n\n## AGIR\n\n**Avec un miroir à trou de visée (ou un CD)**\n\n1. Regarder la cible à travers le trou.\n2. Un point lumineux apparaît sur son visage ou sa main : orienter le miroir pour **amener ce point sur la cible**, vue à travers le trou.\n3. Balancer légèrement le miroir pour faire clignoter l'éclat.\n\n**Avec un miroir sans trou : la méthode du V**\n\n1. Tendre un bras, **deux doigts en V** encadrant la cible.\n2. Tenir le miroir près de l'œil avec l'autre main et envoyer la tache de lumière **sur les doigts**.\n3. Quand la tache éclaire le V, elle atteint la cible au-delà. Faire clignoter en passant du V à la cible.\n\n## ADAPTER\n\n- **Balayer l'horizon** régulièrement, même sans rien voir : un pilote peut voir l'éclat avant que vous l'entendiez.\n- **Une fois repéré**, arrêter d'éblouir le cockpit : quelques éclats de temps en temps suffisent.\n- **Miroirs de fortune** : CD ou DVD (le trou central sert de visée), écran de téléphone éteint, rétroviseur, couvercle de conserve poli, lame de couteau, vitre.\n- **La nuit** : une lampe, en clignotant, joue le même rôle. Trois éclats, c'est l'appel à l'aide. Voir [[SIG-COM-003]].\n\nSe faire comprendre d'un avion ou d'un hélicoptère : [[SIG-COM-011]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-010","titre":"La côte et la plage","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cote","plage","drapeaux","courant","falaise","vague","bois flotte","eau douce","dune"],"sources":["SNSM, conseils de sécurité à la plage et au bord de mer","Norme ISO 20712, signalisation de sécurité des plages","US Army, FM 21-76 Survival, eau douce sur la côte"],"corps":"::Au bord de la mer, l'eau salée est partout et l'eau douce nulle part, sauf pour ceux qui savent qu'elle flotte : derrière la première dune, en creusant, la pluie accumulée dans le sable forme une lentille d'eau douce posée sur l'eau de mer. La côte nourrit bien ; elle noie et écrase aussi ceux qui la regardent de trop près.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les courants** qui partent vers le large, entre les bancs de sable, emportent les baigneurs. Voir [[URG-MER-001]].\n- **La marée** remonte vite et coupe les retours au pied des falaises et sur les îlots. Voir [[TEC-TER-010]].\n- **Les vagues** sur les rochers : une série plus grosse arrive toujours sans prévenir.\n- **Les falaises** s'éboulent, surtout après la pluie et le gel.\n\n## AGIR\n\n**Se baigner**\n\n- **Les drapeaux** : vert, baignade surveillée sans danger particulier ; jaune ou orange, dangereuse mais surveillée ; rouge, interdite. Les drapeaux rouge et jaune délimitent la zone surveillée ; un drapeau violet signale une pollution ou des animaux dangereux.\n- **Pris dans un courant** : ne pas nager contre, se laisser porter, nager parallèlement à la plage, faire signe.\n\n**Marcher le long de la côte**\n\n- **Connaître l'heure de la marée** avant de partir sous les falaises.\n- **Ne pas s'asseoir au pied d'une falaise**, ni marcher au bord du haut.\n- **Tourner le dos à la mer** le moins possible sur les rochers.\n\n**Vivre de la côte**\n\n- **L'eau douce** : creuser derrière la première dune, au-dessus de la limite des hautes eaux, et recueillir **la première eau** qui suinte, la plus douce. Goûter : trop salée, on creuse plus loin de la mer. Puis la traiter. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Le bois flotté** : feu et abri. Il brûle bien une fois sec, mais le bois gorgé de sel crépite.\n- **Coquillages et algues** : [[SURV-RES-008]]. **La pêche** : [[SURV-RES-006]]. **Le sel** : [[TEC-ALI-019]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le soleil** tape double, renvoyé par l'eau et le sable. Voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Les méduses, la vive** : [[URG-PIQ-001]].\n- **Tempête et submersion** : on quitte les côtes basses. Voir [[TEC-TER-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-009","titre":"La forêt tempérée","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["foret","bois mort","chasse","orange","branches","se perdre","ressources","tiques","champignons"],"sources":["Office national des forêts, sécurité en forêt","Office français de la biodiversité, bilan annuel des accidents de chasse","IGN, inventaire forestier national"],"corps":"::La forêt couvre près d'un tiers de la France. C'est le milieu le plus généreux qui soit : bois, eau, abri, nourriture. Mais on s'y perd en cent mètres, une branche morte peut tomber sans un bruit, et de septembre à février, on y croise des chasseurs qui ne vous attendent pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On perd ses repères** très vite : pas d'horizon, tout se ressemble, on tourne en rond sans s'en rendre compte.\n- **Les branches mortes** et les arbres morts debout tombent par grand vent, et parfois sans vent du tout.\n- **La chasse** : les battues sont signalées par des panneaux sur les chemins, mais pas toujours.\n- **Les ressources** : bois sec (les branches mortes encore sur l'arbre), eau des ruisseaux, noix, châtaignes, baies, champignons, gibier.\n\n## AGIR\n\n**Se repérer**\n\n- **Une carte et une boussole**, et on vérifie sa direction souvent. Voir [[SURV-ORI-006]].\n- **Suivre les mains courantes** : chemins, ruisseaux, lisières, lignes électriques. Voir [[SURV-DEP-007]].\n- **Perdu** : on s'arrête. Voir [[URG-PERDU-001]].\n\n**Se protéger**\n\n- **Une couleur vive** (orange, jaune) en saison de chasse, et on parle fort en approchant d'une battue.\n- **Ne jamais camper ni s'arrêter sous un arbre mort** ou une grosse branche morte.\n- **Les tiques** : inspection le soir. Voir [[TEC-SAN-020]].\n- **Le feu** : seulement là où c'est permis, jamais en été sec. Voir [[TEC-TER-001]].\n\n**Se nourrir et s'abriter**\n\n- **Les plantes sûres** : [[TEC-BOT-004]]. **Les champignons**, jamais sans certitude : [[TEC-BOT-005]].\n- **La hutte de débris** : [[SURV-ABRI-003]].\n- **L'eau** des ruisseaux se traite toujours. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Descendre un ruisseau** mène souvent vers une vallée habitée, mais pas toujours : attention aux gorges et aux cascades.\n- **La nuit tombe plus tôt** sous les arbres : on s'arrête et on s'installe avant la pénombre.\n- **L'orage** : loin des arbres isolés et des lisières, au cœur d'un peuplement bas et régulier. Voir [[URG-FOU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-018","titre":"Vivre dans un camp de réfugiés","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camp de refugies","deplaces","enregistrement","hcr","normes sphere","latrines","eau","protection","enfants"],"sources":["Sphere Handbook, 2018 (normes minimales de l'action humanitaire)","HCR, Emergency Handbook","CICR, Rétablissement des liens familiaux"],"corps":"::Le camp de Dadaab, au Kenya, a ouvert en 1991 comme une solution temporaire. Plus de trente ans après, des centaines de milliers de personnes y vivent encore ; des enfants y sont nés et y ont eu à leur tour des enfants. Un camp n'est jamais prévu pour durer, et il dure presque toujours.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes organisations humanitaires se sont fixé des **normes minimales**, les normes Sphère, utiles pour savoir ce qu'on est en droit de demander :\n\n- **15 litres d'eau** par personne et par jour, au minimum, pour boire, cuisiner et se laver ;\n- **3,5 m² d'espace couvert** par personne ;\n- **une latrine pour 20 personnes** au plus, à au moins 30 m des points d'eau ;\n- une **distribution de nourriture** qui couvre environ 2 100 kilocalories par personne et par jour.\n\n## AGIR\n\n**En arrivant**\n\n- **Se faire enregistrer** auprès du HCR ou de l'organisation qui gère le camp : sans enregistrement, pas de distributions, pas de protection, pas de suivi des familles.\n- **Garder ses papiers**, et en faire photographier des copies.\n- **Signaler** les personnes disparues et les enfants séparés : les services de rétablissement des liens familiaux recherchent les proches. Voir [[SIG-COM-014]].\n\n**Vivre au quotidien**\n\n- **L'eau** : la traiter si on a un doute. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Se laver les mains** au savon après les latrines et avant de manger : c'est ce qui évite les épidémies de diarrhée. Voir [[TEC-SAN-011]].\n- **Les vaccins** proposés, surtout la rougeole des enfants. Voir [[TEC-SAN-030]].\n- **Le feu** : les abris sont serrés et brûlent vite. On cuisine dehors, jamais de flamme sans surveillance.\n\n**Se protéger**\n\n- **La nuit**, aller aux latrines à plusieurs, avec une lampe.\n- **Les enfants** ne restent jamais seuls avec des inconnus ; on signale tout abus aux équipes de protection.\n\n## ADAPTER\n\n- **S'organiser** : comités de quartier, école, sport, cultes, marchés. Voir [[SURV-SOC-005]].\n- **Apprendre et enseigner** : un camp compte toujours des enseignants, des infirmiers, des artisans. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Le moral** : [[SURV-PSY-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-017","titre":"La guerre, ce qui change au quotidien","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["guerre","siege","sarajevo","ukraine","alertes","abri","regle des deux murs","couvre-feu","propagande"],"sources":["FAMA, Sarajevo Survival Guide, 1993","Comité international de la Croix-Rouge, droit international humanitaire et protection des civils","HCR, protection des civils en zone de conflit"],"corps":"::Le siège de Sarajevo a duré 1 425 jours, le plus long siège d'une capitale de l'histoire moderne. Les habitants ont appris à cultiver sur les balcons, à cuisiner avec des meubles, à traverser les carrefours en courant sous les tirs, et en ont même tiré un guide de survie ironique. La guerre, pour les civils, c'est d'abord une vie quotidienne à réinventer.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les réseaux tombent** par intermittence : électricité, eau, chauffage, téléphone, paiements. Voir [[SURV-CRI-001]] et [[SURV-CRI-013]].\n- **Les alertes** rythment les jours et les nuits : sirènes, applications, radio.\n- **La propagande** vient de tous les côtés, les rumeurs aussi. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Les civils sont protégés** par le droit international humanitaire, mais il faut souvent se protéger soi-même.\n\n## AGIR\n\n**Se mettre à l'abri**\n\n- **Au signal d'alerte** : l'abri, la cave, le métro, ou à défaut le couloir intérieur.\n- **La règle des deux murs** : au moins deux murs entre soi et la rue. Loin des fenêtres, que les éclats de verre transforment en lames.\n- **Un sac prêt** près de la porte : papiers, argent, médicaments, eau, lampe, chargeur, vêtements chauds. Voir [[SURV-CRI-004]].\n\n**Vivre avec**\n\n- **L'eau** : remplir tous les récipients dès qu'elle coule. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **La lumière** : rideaux épais le soir si l'occultation est demandée.\n- **Chauffer une seule pièce**. Voir [[TEC-CON-012]].\n- **Les papiers** et leurs copies sur soi, pour les contrôles et les évacuations.\n- **Ne jamais filmer ni publier** les positions militaires, les impacts, les défenses : ces images servent à viser.\n\n**Les enfants** : routines, école même improvisée, parler de ce qui arrive avec des mots simples. Voir [[SURV-PSY-004]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Partir ou rester** : les couloirs d'évacuation sont annoncés par les autorités et les organisations humanitaires ; on part tôt plutôt que tard, avec un itinéraire et un point de chute. Voir [[SURV-DEP-004]].\n- **Les engins non explosés** restent des années après : [[SURV-ARM-007]].\n- **Tenir moralement** : [[SURV-PSY-006]]. Vivre dans un camp : [[SURV-CRI-018]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-016","titre":"Effondrement de la monnaie et hyperinflation","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["hyperinflation","monnaie","devises","troc","argentine","corralito","venezuela","prix","epargne"],"sources":["Fergusson A., When Money Dies: the nightmare of the Weimar hyperinflation, 1975","Hanke S.H., Krus N., World Hyperinflations, Cato Institute, 2012","North P., Money and Liberation: The Micropolitics of Alternative Currency Movements, University of Minnesota Press, 2007"],"corps":"::En 2001, l'Argentine a gelé les comptes bancaires de tout le pays. En quelques mois, des millions d'Argentins se sont mis à échanger dans des clubs de troc, avec leurs propres billets. Quand la monnaie s'effondre, la vie continue : ce sont les règles du jeu qui changent, et ceux qui les comprennent vite s'en sortent le mieux.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Les signes** : les prix changent chaque semaine puis chaque jour, les commerçants préfèrent être payés en devises ou en nature, un marché noir de l'euro ou du dollar apparaît, les retraits sont limités, les salaires perdent leur valeur avant d'être dépensés.\n\n**Ce qui se passe** : garder de l'argent devient une perte. Les dettes en monnaie locale fondent, l'épargne aussi. Les produits importés deviennent hors de prix. Voir [[TEC-IDE-012]].\n\n## AGIR\n\n- **Dépenser vite** le salaire le jour où on le touche, en biens utiles.\n- **Transformer l'épargne en choses qui gardent leur valeur** : nourriture qui se conserve, outils, pièces détachées, médicaments courants, semences. Voir [[SURV-TROC-002]].\n- **Les devises stables**, en petites coupures, si c'est légal et possible.\n- **Ne pas s'endetter en devises étrangères** : la dette grossit à mesure que la monnaie locale s'effondre.\n- **Les savoir-faire** deviennent le vrai revenu : réparer, soigner, produire. Voir [[SURV-TROC-003]].\n- **Produire soi-même** une partie de sa nourriture. Voir [[TEC-AGR-016]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le troc et les monnaies locales** reviennent : clubs d'échange, systèmes d'échange local, crédit chez le commerçant du quartier. Voir [[SURV-TROC-001]].\n- **Les familles et les réseaux** qui s'entraident tiennent mieux que les individus seuls.\n- **L'argent envoyé par la famille à l'étranger** a fait vivre une grande partie du Venezuela ou du Liban dans leurs pires années.\n- **Méfiance** envers ceux qui promettent de protéger votre épargne avec des placements miracles : les crises sont la saison des escrocs.\n\nLa panne des paiements : [[SURV-CRI-013]]. Les banques : [[TEC-IDE-015]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-015","titre":"Explosion nucléaire, les premières heures","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["bombe nucleaire","eclair","souffle","retombees","abri","regle 7-10","decontamination","iode","rester a l'abri"],"sources":["FEMA et Ready.gov, Nuclear explosion : Get inside, stay inside, stay tuned","CDC, Radiation emergencies : se décontaminer","Glasstone S., Dolan P.J., The Effects of Nuclear Weapons, 3e édition, US Department of Defense, 1977"],"corps":"::Sept heures après une explosion nucléaire, la radioactivité des retombées a déjà été divisée par dix ; deux jours après, par cent. C'est pour ça que la consigne tient en trois mots : rentrer, rester, écouter. Dans les premières heures, un bon abri sauve plus de vies que n'importe quelle fuite en voiture.::\n\n## AGIR\n\n**L'éclair**\n\n- **Ne pas regarder** vers la lumière. Se jeter à plat ventre derrière quelque chose de solide, **mains sous le corps**, tête protégée, bouche entrouverte.\n- **Le souffle** arrive quelques secondes plus tard, parfois plus d'une minute si c'est loin : rester au sol jusqu'à ce qu'il soit passé, loin des fenêtres.\n\n**Rentrer**\n\n- Dans les **dix à vingt minutes**, avant que les retombées (une poussière, parfois une pluie noire) n'arrivent : **dans le bâtiment solide le plus proche**.\n- **Au sous-sol**, ou **au centre** du bâtiment, loin du toit et des murs extérieurs. Plus il y a de béton, de terre et de murs entre vous et l'extérieur, mieux c'est. Une voiture ne protège presque pas.\n\n**Se décontaminer**\n\n- **Enlever la couche de vêtements extérieure** : elle emporte la plus grande partie de la poussière. La mettre dans un sac fermé, loin des gens.\n- **Se laver** à l'eau et au savon, les cheveux au shampoing **sans après-shampoing** (il fixe les poussières). Sinon, essuyer la peau avec un linge humide.\n- Se moucher, nettoyer les oreilles, les paupières.\n\n**Rester**\n\n- **Au moins 24 heures**, sauf ordre contraire des autorités. Plus longtemps si on le demande.\n- **Écouter** une radio à piles : les autorités indiquent quand et par où partir.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'eau et la nourriture** en bouteilles, en boîtes, dans des emballages fermés restent consommables : on essuie l'emballage.\n- **Les comprimés d'iode** ne protègent que la thyroïde, et seulement pris au bon moment : **uniquement sur consigne**. Voir [[SURV-CRI-005]].\n- **Les blessés** : les soigner à l'intérieur ; les brûlures et les plaies passent avant la contamination. Voir [[URG-BRUL-001]].\n- **Les animaux** rentrent aussi.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne explosion nucléaire tue par **la chaleur de l'éclair**, **le souffle**, **les rayonnements immédiats** et, plus loin et plus tard, **les retombées** : des poussières radioactives soulevées par l'explosion, qui retombent sur des dizaines ou des centaines de kilomètres sous le vent. Leur danger décroît très vite. C'est là, loin du centre, que les bons gestes sauvent le plus de monde.\n\nL'abri : [[TEC-CON-009]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-007","titre":"Mines et engins non explosés, les reconnaître","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["mines","engins non explosés","obus","sous-munitions","deminage","zone rouge","ne pas toucher","signaler"],"sources":["UNMAS, Service de l'action antimines des Nations unies, éducation au risque des mines","Sécurité civile, service du déminage (France)","GICHD, Normes internationales de l'action contre les mines"],"corps":"::Plus d'un siècle après la Grande Guerre, les démineurs de la Sécurité civile ramassent encore chaque année des centaines de tonnes d'obus dans les champs du nord et de l'est de la France. Depuis 1945, plus de six cents démineurs français sont morts en service. Un engin rouillé de cent ans peut toujours exploser.::\n\n## AGIR\n\n**Un objet suspect** (obus, grenade, cylindre métallique, objet militaire inconnu)\n\n1. **Ne pas toucher**, ne pas déplacer, ne pas donner de coup de pied, ne pas photographier en s'approchant.\n2. **S'éloigner** calmement, **par le chemin par lequel on est venu**.\n3. **Marquer l'endroit** de loin, sans toucher l'objet : un bâton planté, un tissu noué à une branche, un tas de pierres au bord du chemin.\n4. **Signaler** : le 17 ou le 112, avec l'endroit précis.\n\n**Dans une zone minée**\n\n- **S'arrêter immédiatement.** Ne plus bouger.\n- **Appeler** à l'aide et attendre.\n- **S'il faut absolument bouger** : revenir en arrière **exactement dans ses propres traces**, en regardant chaque pas.\n- **Ne jamais aller chercher** un blessé dans un champ de mines : on attend les démineurs.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes d'une zone dangereuse**\n\n- **Les panneaux** : triangles ou pancartes rouges, tête de mort, « Mines » ; des pierres peintes en rouge.\n- **Des champs abandonnés** alors que la terre est bonne, des chemins que les habitants évitent.\n- **Des carcasses d'animaux**, des cratères, des fils tendus au ras du sol.\n- **Demander aux gens du coin** : ils savent où l'on ne va pas.\n\n**Les sous-munitions** : de petits objets de la taille d'une canette ou d'une balle, souvent colorés, parfois accrochés aux arbres. Les enfants les ramassent pour jouer : leur apprendre à ne jamais toucher un objet inconnu.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes mines et les munitions non explosées ne font pas la différence entre un soldat et un enfant, ni entre la guerre et la paix : elles tuent des décennies après la fin des combats. Autour de Verdun, des zones entières restent interdites depuis 1918.\n\nUne arme trouvée : [[SURV-ARM-001]]. Grenades et engins : [[SURV-ARM-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-043","titre":"Récupérer sur une machine à laver","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["machine a laver","lave-linge","tambour inox","moteur","pompe de vidange","electrovanne","contrepoids","brasero","generatrice"],"sources":["Piggott H., A Wind Turbine Recipe Book, 2014 (génératrices à aimants permanents)","The Restart Project, démontage et réparation de l'électroménager","ADEME, filière des déchets d'équipements électriques et électroniques"],"corps":"::Le tambour en inox d'une machine à laver, percé de centaines de trous, fait un brasero qui tire parfaitement. Son moteur, sur les modèles à entraînement direct, fait une génératrice d'éolienne que des bricoleurs du monde entier utilisent. Une machine morte au bord du trottoir, c'est une journée de démontage et un coffre de pièces.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne machine à laver contient **un moteur**, **une pompe**, **des électrovannes**, **un tambour en inox**, **des blocs de béton** comme contrepoids, des ressorts, des amortisseurs, des courroies, des tuyaux et une carte électronique.\n\n## AGIR\n\n1. **Débrancher**, fermer l'arrivée d'eau, vider l'eau restante par le petit filtre en bas.\n2. **Ôter le dessus** (deux vis à l'arrière), puis la façade.\n3. Photographier chaque étape, ranger les vis par pièce.\n\n**Ce qu'on garde**\n\n- **Le tambour inox** : brasero, fumoir, composteur rotatif, bac, grille. Voir [[SURV-REC-035]].\n- **Le moteur** : un moteur universel à balais sur les modèles anciens ; un **moteur à aimants** sur les modèles à entraînement direct, excellent en génératrice lente. Voir [[TEC-ENE-017]] et [[TEC-ELN-015]].\n- **La pompe de vidange** : une petite pompe 230 V pour vider, transvaser, arroser.\n- **Les électrovannes** : des robinets commandés électriquement, pour un arrosage automatique.\n- **Les blocs de béton** : lests, ancrages, contrepoids.\n- **Les courroies, poulies, ressorts, amortisseurs, tuyaux et colliers.** Voir [[TEC-MEC-028]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le condensateur** du moteur peut garder une charge : ne pas toucher ses bornes. Voir [[TEC-ELN-014]].\n- **Le poids** : une machine pèse 60 à 80 kg, un bloc de béton une vingtaine. Soulever avec les jambes, à deux. Voir [[TEC-MEC-018]].\n- **Le lave-vaisselle** donne une cuve inox, des pompes, une résistance chauffante et des paniers.\n- **Le reste** part en déchetterie, dans la filière des appareils électriques.\n\nLe frigo : [[SURV-REC-036]]. Le micro-ondes : [[SURV-REC-031]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-042","titre":"Récupérer sur un camping-car","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camping-car","caravane","batterie cellule","panneau solaire","frigo trimixte","gaz","reservoir d'eau","chauffage","abri"],"sources":["Norme EN 1646, véhicules habitables de loisirs : camping-cars","Norme EN 1949, installations de gaz de pétrole liquéfié dans les véhicules habitables","Fédération française de camping et de caravaning, guides techniques"],"corps":"::Un camping-car est une petite maison autonome : batterie et panneau solaire, réserve d'eau, gaz, chauffage, cuisine, lits. Et son frigo fonctionne souvent au gaz : il garde les aliments au froid sans une goutte d'électricité. En crise, c'est un abri tout équipé, ou une mine de pièces.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La batterie cellule** (souvent 100 à 200 Ah en 12 V), séparée de celle du moteur, rechargée par le **panneau solaire** du toit, par l'alternateur en roulant ou par le secteur.\n- **Le frigo à absorption** « trimixte » : il marche au 12 V, au 230 V **ou au gaz**.\n- **Le réservoir d'eau propre** de 100 à 150 litres, et les réservoirs d'eaux usées.\n- **Le chauffage** au gaz ou au gazole, avec sa propre évacuation.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**L'utiliser comme abri**\n\n- **Garé à plat**, à l'abri du vent, pas dans une zone inondable.\n- **Le chauffage et le frigo au gaz** : la cheminée d'évacuation doit rester dégagée (neige, feuilles), sinon monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Aérer** : les aérations ne se bouchent jamais, même par grand froid.\n- **L'eau** : désinfecter le réservoir s'il a stagné. Voir [[SURV-EAU-007]].\n\n**Le démonter pour ses pièces**\n\n- **Panneau solaire, régulateur, batterie, convertisseur** : une petite installation électrique complète. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Le frigo au gaz**, le réchaud, les bouteilles, le chauffage.\n- **La pompe à eau 12 V**, les réservoirs, les robinets.\n- **Les matelas**, la toile du store, les porte-vélos.\n- **Les toilettes chimiques** : à vider loin des points d'eau, et à remplacer par des toilettes sèches. Voir [[TEC-CON-014]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les bouteilles de gaz** : robinets fermés pour rouler et pendant la nuit si on n'en a pas besoin, jamais à l'intérieur de l'habitacle. Voir [[TEC-ENE-015]].\n- **Une caravane** contient presque tout cela, sans le moteur.\n- **Vivre dans une voiture**, en plus rustique : [[SURV-DEP-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-041","titre":"Récupérer sur un camion et un semi-remorque","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camion","semi-remorque","gazole","batteries 24 v","air comprime","bache","sangles","camion frigorifique","plaque orange"],"sources":["Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR)","Manuels des constructeurs de poids lourds (circuit d'air, freins à ressort)"],"corps":"::Un camion porte souvent plusieurs centaines de litres de gazole dans ses réservoirs, deux grosses batteries, un compresseur d'air, des dizaines de mètres de sangles et une bâche immense. Et la remorque frigorifique a son propre moteur : c'est une chambre froide mobile, avec son carburant.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les réservoirs** de gazole d'un tracteur routier contiennent couramment 400 à 800 litres.\n- **Le circuit électrique** est en **24 V** : deux batteries de 12 V en série, très puissantes.\n- **Les freins** fonctionnent à l'air comprimé. Sans air, des ressorts **bloquent** les roues ; un camion dont on relâche les freins par erreur peut se mettre à rouler.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Lire la plaque orange** à l'avant et à l'arrière :\n- **en haut**, le code du danger (33 : très inflammable, 60 : toxique, 80 : corrosif, et ainsi de suite) ;\n- **en bas**, le numéro de la matière.\nUne plaque orange, c'est une cargaison dangereuse : on s'éloigne et on ne touche à rien. Voir [[TEC-CHI-007]].\n\n**Ce qu'on récupère**\n\n- **Le gazole** : pour un groupe électrogène, un tracteur, un poêle. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les batteries 24 V** : avec un convertisseur adapté, elles alimentent lumière, radio et petits appareils des jours durant. Voir [[TEC-ENE-025]].\n- **L'air comprimé** des réservoirs : gonfler des pneus, souffler la poussière.\n- **La bâche** de la remorque : un toit, un récupérateur d'eau de pluie, un abri pour tout un groupe.\n- **Les sangles à cliquet**, les chaînes, les cales, le cric, les outils, la roue de secours.\n- **La radio CB**, que beaucoup de routiers écoutent encore. Voir [[SIG-COM-010]].\n\n**La remorque frigorifique**\n\nSon groupe froid tourne au gazole, indépendamment du camion : de quoi garder nourriture et médicaments au frais pour une communauté.\n\n## ADAPTER\n\n- **Caler les roues** avant toute intervention, ne jamais passer sous un camion ni sous une cabine basculée non verrouillée.\n- **Les batteries** dégagent de l'hydrogène en charge : pas de flamme, pas d'étincelle.\n- **La cargaison** peut être n'importe quoi : lire les papiers de transport dans la cabine.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-040","titre":"Récupérer dans une école","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ecole","cantine","infirmerie","laboratoire","bibliotheque","gymnase","defibrillateur","atelier","lycee professionnel"],"sources":["Ministère de l'Éducation nationale, plan particulier de mise en sûreté (PPMS)","Décret n° 2018-1186 relatif aux défibrillateurs dans les établissements recevant du public","INRS, stockage des produits chimiques de laboratoire"],"corps":"::Dans une école, la cantine nourrit pour une semaine, l'infirmerie soigne, le gymnase abrite, le laboratoire fournit des produits et du verre. Mais sur la durée, la pièce la plus précieuse est celle qu'on pille en dernier : la bibliothèque.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne école appartient à la communauté : ce qu'elle contient doit d'abord **servir à tous**, et d'abord aux enfants, qui auront besoin d'une école dans la crise. Les gymnases sont d'ailleurs souvent prévus comme centres d'hébergement d'urgence.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**La cantine**\n- **De grandes marmites**, des fourneaux souvent au gaz, des chambres froides.\n- **Des stocks** : farine, pâtes, riz, conserves, huile, sucre, pour des centaines de repas.\n\n**L'infirmerie**\n- La trousse de soins, les **trousses individuelles des élèves** malades (inhalateurs pour l'asthme, stylos d'adrénaline), une civière.\n- **Le défibrillateur**, obligatoire dans la plupart des établissements recevant du public.\n\n**Le laboratoire de sciences** (collège, lycée)\n- Verrerie, balances, thermomètres, microscopes, loupes.\n- **Des produits chimiques** : acides, bases, alcool, eau oxygénée. **Lire chaque étiquette**, ne rien mélanger, ne rien sentir de près. Voir [[TEC-CHI-007]].\n\n**La bibliothèque**\n- Manuels, atlas, cartes, encyclopédies, livres de sciences, de médecine, d'histoire : **le savoir de toute une scolarité**. Voir [[TEC-CUL-002]].\n\n**Le gymnase**\n- **Les tapis** : isolants pour dormir. Cordes, filets, poteaux.\n- **Un grand espace couvert** pour un dortoir ou une salle commune.\n\n**L'atelier des lycées professionnels**\n- Outillage, postes à souder, machines-outils, matériel électrique : le meilleur atelier de la ville.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le papier, les crayons, les craies, les tableaux** : pour tenir l'école, noter les stocks, afficher les informations. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Les produits du laboratoire** mal conservés peuvent être dangereux : on les laisse fermés s'ils sont inconnus.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-039","titre":"Récupérer dans une caserne de pompiers","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["caserne","pompiers","motopompe","lances","desincarceration","defibrillateur","oxygene","ari","volontaires"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, statistiques des services d'incendie et de secours","Direction générale de la sécurité civile, guides de techniques opérationnelles","INRS, bouteilles de gaz comprimé et oxygène"],"corps":"::En France, près de quatre pompiers sur cinq sont des volontaires : des voisins, des boulangers, des infirmières, formés et équipés. Une caserne, c'est d'abord des gens. Dans une crise, c'est le dernier endroit qu'on abandonne et le premier où l'on devrait aller proposer ses bras, pas se servir.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne caserne est pensée pour faire face à tout : feu, inondation, accident, effondrement, secours aux personnes. **Si elle est encore active, on ne récupère rien : on l'aide.** Si elle est abandonnée, son matériel sert toute une communauté.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**L'eau et le feu**\n\n- **Les motopompes** : elles déplacent de grandes quantités d'eau, pour vider une cave inondée, remplir une citerne, arroser.\n- **Les tuyaux**, les **lances**, les raccords, les échelles.\n\n**Le secours**\n\n- **Le défibrillateur**, les **bouteilles d'oxygène**, les attelles, les colliers cervicaux, les civières, les couvertures, les sacs de secours complets. Voir [[TEC-SAN-008]].\n- **L'outillage de désincarcération** (écarteurs, cisailles), les tronçonneuses, les groupes électrogènes, les projecteurs.\n- **Les cordes**, harnais, poulies du sauvetage en hauteur. Voir [[TEC-MEC-029]].\n\n**La protection**\n\n- Casques, vestes et pantalons résistants au feu, bottes, gants, lunettes.\n- **Les appareils respiratoires** à bouteille d'air comprimé : ils donnent une demi-heure d'air dans la fumée, **uniquement** pour qui a été formé à s'en servir.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'oxygène** fait flamber tout ce qu'il touche : jamais de graisse, d'huile ou de flamme près d'une bouteille ou d'un détendeur.\n- **Les bouteilles sous pression** se transportent calées, robinet protégé.\n- **Les radios** de la caserne fonctionnent sur des fréquences réservées : on écoute, on n'émet pas sans y être autorisé.\n- **Devenir pompier volontaire**, avant toute crise, est la meilleure façon d'apprendre tout cela.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-038","titre":"Récupérer dans un port","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["port","conteneurs","cordages","bateaux","dessalinisateur","fusees de detresse","shipchandler","vhf","chaines"],"sources":["Organisation maritime internationale, convention SOLAS (engins de sauvetage et signaux)","SNSM, sécurité à bord et au port","Norme ISO 668, conteneurs de la série 1"],"corps":"::Beaucoup de voiliers de croisière embarquent un dessalinisateur qui transforme l'eau de mer en eau douce, des panneaux solaires, des batteries, une radio longue portée et des mois de vivres. Un port de plaisance, c'est une flotte de petites maisons autonomes. Un port de commerce, c'est des kilomètres de cordage, d'acier et de conteneurs.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn port concentre ce qu'il faut pour vivre sur l'eau : de l'énergie autonome, de l'eau, des cordages, du matériel de sécurité. **Les dangers** aussi : tomber entre un bateau et le quai, glisser sur les pontons, les grues, les cargaisons dangereuses.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Sur les bateaux**\n\n- **Les dessalinisateurs** des grands voiliers et des bateaux à moteur.\n- **Batteries, panneaux solaires, éoliennes** de bord, régulateurs, convertisseurs.\n- **Les réservoirs** d'eau douce et de carburant.\n- **Les radeaux et gilets de sauvetage**, les **balises de détresse**, les **radios VHF** (le canal 16 est celui de la détresse). Voir [[SIG-COM-009]].\n- **Les fusées de détresse** : signaux visibles de loin. **Elles brûlent très chaud** : ne jamais les allumer à la main sans la poignée, ni les pointer vers quelqu'un.\n\n**Sur les quais**\n\n- **Les cordages** et amarres de toutes tailles, les chaînes, les manilles, les défenses en caoutchouc.\n- **Les filets** de pêche : pêche, camouflage, protection des cultures.\n- **Les conteneurs** : des boîtes d'acier de 6 ou 12 m, étanches. Abri, entrepôt, atelier. Voir [[TEC-CON-009]].\n- **La glace** des criées, **les chambres froides**.\n\n**Chez le shipchandler** (le magasin des marins)\n\nVisserie en inox qui ne rouille pas, résine époxy, toile, outils, cartes marines, lampes étanches, bidons, pompes à main.\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais sauter** entre un bateau et un quai : on tombe, et la coque écrase. Voir [[SURV-DEP-010]].\n- **Un bateau** est aussi un moyen de partir. Voir [[TEC-NAV-001]].\n- **Les produits dangereux** des conteneurs portent des étiquettes : les lire avant d'ouvrir. Voir [[TEC-CHI-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-037","titre":"Récupérer dans un supermarché et un entrepôt","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["supermarche","entrepot","reserve","flux tendu","nourriture","rayons","groupe electrogene","cartons","film etirable"],"sources":["Les Greniers d'Abondance, Vers la résilience alimentaire, 2020","FEMA, Food and water in an emergency"],"corps":"::Un supermarché ne garde que quelques jours de stock : tout arrive en flux tendu, chaque nuit, par camion. En cas de panique, les rayons se vident en quelques heures. Mais le magasin ne s'arrête pas aux rayons : la réserve, le quai de livraison et le local technique contiennent souvent plus que ce qui était en vente.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les premiers produits à partir** : eau, pâtes, riz, conserves, papier toilette, piles. Les derniers : ce qui demande à cuisiner longtemps, les produits d'hygiène, les graines du rayon jardin.\n- **Le frais et le surgelé** se perdent en un ou deux jours sans courant : à manger en premier ou à laisser.\n- **La foule** est le vrai danger : bousculades, disputes, pillages violents. Voir [[URG-FOULE-001]].\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Les priorités**\n\n- **Eau** en bouteilles, **calories qui se gardent** : riz, pâtes, farine, huile, sucre, légumes secs, conserves.\n- **Sel**, levure, épices qui rendent mangeable le reste. Voir [[TEC-ALI-019]].\n- **Lait infantile** et petits pots s'il y a des bébés. Voir [[TEC-ALI-021]].\n- **Hygiène** : savon, eau de Javel, protections périodiques, couches.\n- **Le rayon pharmacie**, **les piles**, briquets, bougies, lampes.\n- **Le rayon jardin** : graines, outils, tuyaux, bâches.\n\n**Ce que personne ne prend**\n\n- **Les caddies** : le meilleur moyen de transport à pied en ville.\n- **Le film étirable** des palettes : bâcher, isoler, réparer une fenêtre.\n- **Les cartons** : isolant sous le couchage. Voir [[SURV-ABRI-004]].\n- **Les palettes**. Voir [[SURV-REC-034]].\n- **Le groupe électrogène** et sa cuve de gazole, dans le local technique des grandes surfaces.\n- **Les camions frigorifiques** au quai, avec leur propre moteur. Voir [[SURV-REC-041]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Dans une crise organisée**, les magasins sont souvent réquisitionnés ou distribuent eux-mêmes. On se range dans l'organisation plutôt que de la contourner.\n- **Prendre ce qu'il faut**, noter ce qu'on a pris, et rembourser ou rendre quand la situation revient. Voir [[SURV-TROC-001]].\n- **Les produits d'entretien** mal rangés peuvent réagir ensemble. Voir [[TEC-CHI-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-009","titre":"Manger ce que les autres jettent","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["glanage","gaspillage","invendus","marches","anti-gaspillage","arbres fruitiers publics","loi garot","poubelles"],"sources":["FAO, Global food losses and food waste, 2011","Loi n° 2016-138 du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire","Varda A., Les Glaneurs et la Glaneuse, 2000 (sur le droit de glanage issu d'un édit de 1554)"],"corps":"::Environ un tiers de la nourriture produite dans le monde est perdu ou jeté. En France, glaner dans les champs après la récolte est une vieille tolérance, qu'on fait remonter à un édit d'Henri II en 1554. Avant de chercher des racines dans les bois, il y a des tonnes de nourriture parfaitement bonne qui attendent au bout des rangs et à la fin des marchés.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le glanage** : ramasser ce qui reste au champ **après la récolte** (pommes de terre, légumes, fruits tombés), de jour, sans outils mécaniques. Il reste souvent beaucoup, parce que les machines et les normes de calibre laissent tout ce qui n'est pas parfait.\n- **La loi française** interdit depuis 2016 aux grandes surfaces de détruire les invendus encore mangeables : elles doivent les proposer à des associations.\n- **La plupart des dates dépassées** ne rendent pas un aliment dangereux. Voir [[TEC-ALI-020]].\n\n## AGIR\n\n- **Les fins de marché** : les maraîchers donnent ou bradent ce qu'ils ne rapporteront pas.\n- **Les boulangeries** le soir, les **restaurants** et les **cantines** : beaucoup donnent leurs invendus si on demande poliment et qu'on revient régulièrement.\n- **Les applications anti-gaspillage** et les associations d'aide alimentaire.\n- **Le glanage** : demander l'accord de l'agriculteur, c'est souvent oui, et souvent avec un conseil sur la parcelle.\n- **Les arbres fruitiers** des parcs, des bords de route, des jardins abandonnés : pommes, noix, châtaignes, figues, prunes, mûres. Des cartes collaboratives en recensent des milliers.\n\n## ADAPTER\n\n**Les poubelles** : une pratique répandue, sur un terrain juridique flou (le conteneur est souvent sur une propriété privée). Si on le fait :\n\n- **pas de viande, de poisson ni de produits laitiers** trouvés dans une poubelle, sauf froid garanti ;\n- des **emballages intacts**, des fruits et légumes qu'on lave et qu'on épluche ou qu'on cuit ;\n- sentir, regarder, et **dans le doute, jeter**. Voir [[TEC-ALI-010]].\n\n**Transformer vite** ce qu'on récupère en grande quantité : confitures, conserves, séchage. Voir [[TEC-ALI-003]] et [[TEC-ALI-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-049","titre":"Fabriquer une charrette ou une remorque","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["charrette","brouette","remorque velo","roues de velo","essieu","charge","transport","brouette chinoise"],"sources":["Needham J., Science and Civilisation in China, volume 4, partie 2 (la brouette chinoise)","Practical Action, moyens de transport intermédiaires"],"corps":"::En Chine, il y a près de deux mille ans, on a inventé une brouette dont la grande roue est au milieu, sous la charge : l'homme ne porte presque rien, il se contente de tenir l'équilibre et de pousser. Une charrette, c'est la même idée : faire porter la charge par les roues, pas par le dos. Avec deux roues de vélo et quelques planches, on déplace cinq fois plus que sur son dos.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La charge doit reposer sur l'essieu**, un peu en avant pour une charrette à bras : les mains ne font que guider et tirer. Une charge trop en avant écrase les bras, trop en arrière soulève le timon.\n- **Les roues de vélo** portent bien le poids vers le bas, mais **supportent mal les efforts de côté** : pas de virages serrés chargé, et une charge raisonnable, de l'ordre de 50 à 100 kg par roue.\n- **Les roues gonflées** roulent bien mieux sur les chemins que les roues pleines, mais crèvent.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**La charrette à bras**\n\n1. **Deux roues de vélo** (les roues avant, plus simples, avec leur axe), ou deux roues de poussette, de brouette, de tondeuse.\n2. **Un cadre** en bois (palettes, chevrons) ou en tubes, assez large pour la stabilité.\n3. **Les axes** des roues fixés sous le cadre avec des pattes percées, serrés par leurs écrous.\n4. **Un timon** ou deux bras pour tirer, à hauteur de hanche.\n5. **Des ridelles** (petits côtés) et des points d'attache pour les sangles.\n\n**La remorque de vélo**\n\nMême principe, avec un timon qui s'attache sous la selle ou à l'axe de la roue arrière par une articulation souple (un morceau de pneu, une rotule). Pour les enfants, un siège et une ceinture ; pour le matériel, une caisse fermée. Voir [[SURV-DEP-012]].\n\n**La brouette** : une roue devant, deux bras, deux pieds. Pour le jardin et les chantiers.\n\n## ADAPTER\n\n- **Graisser** les axes et vérifier les écrous à chaque étape. Voir [[TEC-MEC-027]].\n- **Une chambre à air de rechange** et des rustines.\n- **En descente**, retenir la charrette par l'arrière, ou y attacher une corde.\n- **Transporter un blessé** : [[URG-SEC-006]].\n\nLes palettes : [[SURV-REC-034]]. Fabriquer un vélo : [[SURV-REC-022]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-048","titre":"Bouteilles et bidons en plastique","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["bouteilles plastique","bidons","sodis","desinfection solaire","lampe bouteille","goutte a goutte","entonnoir","corde","jerrican"],"sources":["EAWAG, SODIS : désinfection solaire de l'eau, guide","Organisation mondiale de la santé, traitement de l'eau à domicile","Liter of Light, éclairage solaire par bouteilles"],"corps":"::Au Brésil, en 2002, un mécanicien a eu l'idée d'enfoncer dans son toit de tôle une bouteille pleine d'eau, avec un peu d'eau de Javel : en plein jour, elle diffuse la lumière du soleil dans la pièce comme une ampoule. Des centaines de milliers de maisons sans électricité en sont aujourd'hui équipées. Une bouteille vide est rarement un déchet.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les bouteilles d'eau en PET** (code 1) sont transparentes, légères et assez solides ; elles supportent mal la chaleur.\n- **Les bidons en PEHD** (code 2) sont épais, opaques, résistants : les meilleurs pour stocker. Voir [[TEC-MAT-011]].\n- **Un bidon qui a contenu un produit chimique ou du carburant** ne contiendra plus jamais d'eau à boire.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Désinfecter l'eau au soleil (méthode SODIS)**\n\n1. Une bouteille **transparente** en PET, propre, de 2 litres au plus, sans étiquette.\n2. La remplir d'une eau **claire** (filtrer d'abord si elle est trouble).\n3. La poser couchée **au plein soleil**, sur une tôle ou un toit, **six heures**, ou deux jours s'il fait nuageux.\n\nLes ultraviolets et la chaleur tuent la plupart des microbes. Ça ne retire ni la boue ni les produits chimiques. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**La lampe bouteille**\n\nUne bouteille pleine d'eau et d'un bouchon d'eau de Javel, enfoncée à mi-hauteur dans un trou du toit et étanchéifiée : de jour, elle éclaire la pièce.\n\n**Au jardin**\n\n- **Une cloche** sur un jeune plant : la bouteille coupée en deux. Voir [[TEC-AGR-011]].\n- **Le goutte-à-goutte** : une bouteille percée de petits trous, enterrée près d'une plante et remplie d'eau. Voir [[TEC-AGR-008]].\n\n**Autres usages**\n\n- **Un entonnoir**, une **pelle**, une **écope** : le haut d'un bidon découpé.\n- **Une nasse à poissons** : [[SURV-RES-006]].\n- **Un flotteur** : plusieurs bouteilles fermées, attachées ensemble. Voir [[SURV-DEP-010]].\n- **De la corde** : une bouteille découpée en spirale donne une bande de plastique solide, qui se resserre en chauffant.\n\n## ADAPTER\n\n- **Stocker de l'eau** : bidons alimentaires propres, à l'ombre, étiquetés. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **Les bidons de carburant** : couleur à part et étiquette, pour ne jamais les confondre. Voir [[TEC-ENE-020]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-047","titre":"Récupérer sur des pneus","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pneus","caoutchouc","sandales","murs en pneus","earthship","moustique tigre","incendie de pneus","jardinieres"],"sources":["Reynolds M., Earthship, volume 1: How to Build Your Own, 1990","Ministère de l'Environnement de l'Ontario, incendie de pneus de Hagersville, 1990","Santé publique France, moustique tigre et gîtes larvaires"],"corps":"::Au Nouveau-Mexique, depuis les années 1970, des maisons entières sont bâties avec des murs de vieux pneus remplis de terre damée : épais, lourds, ils gardent la chaleur du jour pour la nuit. Un pneu met des siècles à disparaître. Autant qu'il serve.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un pneu** : du caoutchouc très résistant à l'usure, des nappes de fils d'acier et de textile. Une voiture en porte cinq, un camion une dizaine et plus.\n- **Il ne se décompose pas**, et **brûle très mal** : fumée noire, toxique, impossible à éteindre. En 1990, au Canada, un dépôt de pneus a brûlé dix-sept jours.\n- **Il retient l'eau de pluie**, où les moustiques pondent : le commerce mondial des pneus usagés a répandu le moustique tigre sur plusieurs continents.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Découper** : un couteau très affûté, mouillé à l'eau savonneuse, et de la patience. Une scie à métaux pour les parties avec fils d'acier.\n\n**Ce qu'on en fait**\n\n- **Des semelles et des sandales** inusables, découpées dans la bande de roulement. Voir [[TEC-MAT-012]].\n- **Des bandes de caoutchouc** : charnières de portillon, joints, patins anti-vibrations, butées, protections de quai.\n- **Des murs et des soutènements** : pneus posés en quinconce, remplis de terre tassée à la masse. Solides, mais il faut les couvrir pour les protéger du soleil.\n- **Des bacs** pour les fleurs, le compost, l'eau des animaux.\n- **Des poids** et des contrepoids, lestés de terre ou de béton.\n- **Les chambres à air** : [[TEC-MAT-011]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Percer** les pneus stockés dehors pour que l'eau s'écoule : pas d'eau, pas de moustiques. Voir [[URG-PIQ-001]].\n- **Les cultures qu'on mange** : un pneu peut relâcher du zinc et d'autres polluants dans la terre. On préfère un vrai bac pour les légumes.\n- **Jamais de pneu dans le feu**, même pour l'allumer.\n- **Réparer un pneu** en service : [[SURV-REC-024]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-046","titre":"Récupérer sur des câbles","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cables","cuivre","fil electrique","cable d'acier","coaxial","ethernet","ligature","antenne","vol de cables","electrocution"],"sources":["NF C 15-100, sections des conducteurs","SNCF Réseau, vols de câbles et risques d'électrocution","ADEME, brûlage des déchets et émissions de dioxines"],"corps":"::Chaque année, des voleurs de cuivre meurent électrocutés en coupant un câble qu'ils croyaient mort, le long d'une voie ferrée ou d'une ligne électrique. Un câble tombé ou abandonné peut toujours être sous tension. Mais un câble sûr, récupéré dans une maison démolie ou un appareil jeté, sert à cent choses.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le fil électrique en cuivre** : rigide (un seul brin) pour les installations, souple (plein de brins fins) pour les rallonges et les appareils. En maison, 1,5 mm² pour l'éclairage, 2,5 mm² pour les prises. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Le câble d'acier** (haubans, câbles de frein de vélo, élingues) : très résistant à la traction.\n- **Le câble coaxial** (antenne de télévision) : pour les antennes radio.\n- **Le câble réseau** : huit petits fils de cuivre, parfaits pour les petites réparations.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Ne couper que ce qui est sûr**\n\n- Uniquement des câbles **débranchés de leurs deux côtés**, et qu'on a vérifiés au testeur.\n- **Jamais** une ligne aérienne, un câble enterré, un câble de voie ferrée, un câble dans un bâtiment dont on ne connaît pas le tableau électrique.\n\n**Ce qu'on en fait**\n\n- **Du fil de ligature** : attacher, réparer, fixer, tendre une clôture, ligaturer un manche.\n- **Des antennes** radio : un long fil de cuivre tendu en hauteur. Voir [[SIG-COM-015]].\n- **Des électroaimants**, des bobines, une petite génératrice.\n- **Des câbles de frein de vélo** : poulies, commandes à distance, haubans légers.\n- **Des câbles d'acier** : haubans de mât, tyroliennes de charge (jamais pour des personnes sans matériel certifié).\n\n**Dénuder** au couteau ou à la pince à dénuder. Pour de grosses quantités de cuivre, on retire la gaine à la lame.\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais brûler** les gaines pour récupérer le cuivre : c'est interdit, et la fumée du PVC est toxique. Voir [[TEC-MAT-011]].\n- **Un câble électrique récupéré** pour une installation doit être en bon état, de la bonne section, sans entaille dans l'isolant.\n- **Réparer un câble, une prise** : [[SURV-REC-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-045","titre":"Récupérer sur un onduleur et une batterie de secours","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["onduleur","batterie plomb","agm","batterie externe","booster","eclairage de securite","baes","tension","recharge"],"sources":["Battery University, batteries au plomb et au lithium","Norme NF C 71-800, blocs autonomes d'éclairage de sécurité","INRS, charge des batteries au plomb : risques"],"corps":"::Derrière presque chaque ordinateur de bureau et chaque caisse de magasin se cache un onduleur avec une ou plusieurs batteries au plomb de 12 V. Et au-dessus de chaque porte de sortie d'un bâtiment public, un petit boîtier vert contient des accus et des LED : l'éclairage de secours. Des centaines de petites batteries attendent qu'on les recharge.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les onduleurs de bureau** contiennent des batteries au plomb étanches (souvent 12 V, 7 à 9 Ah), faciles à recharger avec un chargeur de voiture ou un régulateur solaire.\n- **L'onduleur lui-même** est un petit convertisseur fait pour tenir quelques minutes : il chauffe s'il travaille longtemps. Voir [[TEC-ENE-025]].\n- **Les batteries externes** de téléphone contiennent des cellules lithium et un circuit qui sort du 5 V : on s'en sert telles quelles.\n- **Les boosters de démarrage** au lithium sortent du 12 V : lampes, pompe, radio.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Tester une batterie au plomb de 12 V** au multimètre, au repos :\n\n| Tension | État |\n|---|---|\n| 12,6 V et plus | pleine |\n| 12,2 V | à moitié |\n| 11,8 V | vide |\n| moins de 10,5 V | probablement morte |\n\nUne batterie à plat depuis longtemps se **sulfate** ; une charge lente sur plusieurs jours la ramène parfois.\n\n**Les assembler**\n\n- **En parallèle** (plus avec plus, moins avec moins), des batteries **de même type et même âge** : plus d'autonomie, toujours 12 V.\n- **Un fusible** sur chaque batterie, près de la borne. Voir [[TEC-ENE-016]].\n\n**L'éclairage de secours** des bâtiments : accus et LED, à récupérer pour de petites lampes rechargeables.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le plomb** : acide, lourd, et de l'hydrogène en charge. Charger dehors ou dans un lieu aéré, sans flamme.\n- **Le lithium** gonflé, percé ou chaud : on ne l'utilise plus. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **Les batteries mortes** se rapportent en déchetterie : le plomb et le lithium empoisonnent les sols.\n\nLes batteries en général : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-044","titre":"Récupérer sur un vieux téléphone","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vieux telephone","smartphone","hors ligne","gps","bibliotheque","batterie","module de charge","macro","chargeurs"],"sources":["The Restart Project, guides de réparation et de réemploi","iFixit, guides de démontage","Sénat, rapport d'information sur l'inventaire et le devenir des téléphones usagés"],"corps":"::Des dizaines de millions de vieux téléphones dorment dans les tiroirs, en France seulement. Sans carte SIM, un smartphone reste une lampe, un appareil photo, un GPS, une bibliothèque, un dictaphone et une radio. Avant de le démonter, on le rallume.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le GPS** fonctionne sans carte SIM ni forfait. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- **Le WiFi** fonctionne sans carte SIM : le téléphone peut lire une bibliothèque sur un réseau local. Voir [[TEC-ELN-011]].\n- **Une batterie fatiguée** tient encore des heures si l'appareil reste en mode avion.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Le garder entier**\n\n- **Une bibliothèque de poche** : encyclopédie, fiches, livres, cartes hors ligne. Voir [[TEC-ELN-012]].\n- **Un GPS de secours** dans le sac, chargé, éteint.\n- **Un appareil photo** pour documenter : papiers, blessures, dégâts, stocks.\n- **Un dictaphone**, un réveil, une calculatrice, une lampe, une loupe.\n- **Une caméra de surveillance** : des applications transforment un vieux téléphone en caméra sur le WiFi.\n\n**Le démonter**\n\n- **La batterie** : 10 à 15 Wh. Avec un petit module de charge et de protection à quelques euros, elle alimente une lampe LED ou un petit montage. Jamais utilisée nue, jamais percée. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **L'objectif de l'appareil photo** : posé devant l'objectif d'un autre téléphone, il fait une loupe très puissante, presque un microscope.\n- **Le vibreur**, le haut-parleur, le micro, les aimants, les petites vis.\n\n**Les vrais trésors** : **les chargeurs et les câbles**. Le jour où l'on n'en trouve plus, ce sont eux qui manquent.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les données** : récupérer ses photos, puis effacer le téléphone avant de le donner.\n- **Les métaux précieux** qu'il contient sont en quantités infimes : les extraire demande des acides dangereux. Ça ne vaut pas le coup.\n- **Réparer** plutôt que jeter : [[TEC-ELN-018]]. Comment il marche : [[TEC-ELN-017]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-010","titre":"Les animaux qu'on ne mange pas, et pourquoi","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["animaux","toxiques","foie d'ours polaire","crapaud","trichine","cervelle","prions","especes protegees","animaux morts"],"sources":["Rodahl K., Moore T., The vitamin A content and toxicity of bear and seal liver, Biochemical Journal, 1943","Organisation mondiale de la santé, zoonoses et viande de brousse","Code de l'environnement, protection des espèces"],"corps":"::En 1913, en Antarctique, l'explorateur Xavier Mertz meurt pendant le retour de l'expédition, après des semaines à manger ses chiens de traîneau ; on soupçonne leur foie, si riche en vitamine A qu'il en devient un poison. Le foie d'ours polaire a rendu malades bien des explorateurs avant lui. Tout ce qui bouge ne se mange pas, et pas en entier.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn animal peut être dangereux à manger parce qu'il est **toxique**, **malade**, **porteur de parasites**, ou parce que **certains organes** concentrent un poison.\n\n## AGIR\n\n**On ne mange pas**\n\n- **Un animal trouvé mort**, dont on ignore la cause : maladie, poison, décomposition.\n- **Un animal qui avait l'air malade** : maigre, qui titube, qui ne fuit pas.\n- **Les crapauds** : leur peau contient des toxines qui peuvent tuer. Les salamandres et les tritons aussi sont à éviter.\n- **Le foie** des grands carnivores et de certains phoques, ours, chiens de traîneau : trop de vitamine A.\n- **La cervelle et la moelle épinière** des grands animaux : elles peuvent porter des maladies à prions, incurables.\n- **Les poissons-globes** et les poissons tropicaux inconnus, **les coquillages** des eaux douteuses. Voir [[SURV-RES-008]].\n\n**On mange avec précaution**\n\n- **Les carnivores et omnivores** (sanglier, ours, renard, blaireau, rat) : ils portent la **trichine** et d'autres parasites. **Cuire à cœur**, toujours. Voir [[TEC-MET-012]].\n- **Les grenouilles** : les cuisses, bien cuites.\n- **Le petit gibier** : gants pour le dépecer, à cause de la tularémie. Voir [[SURV-RES-005]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les espèces protégées** (hérisson, la plupart des oiseaux, certains reptiles et amphibiens) : les tuer est un délit, sauf péril réel. Et beaucoup rendent service au jardin.\n- **La viande de brousse** des pays tropicaux (singes, chauves-souris) a transmis Ebola et d'autres virus à l'homme en la manipulant crue. Voir [[TEC-SAN-035]].\n- **Décider si quelque chose se mange** : [[SURV-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-009","titre":"Les eaux contaminées, chimique, agricole, radioactive","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau contaminee","nitrates","pesticides","metaux lourds","hydrocarbures","retombees","charbon actif","osmose inverse","puits profond"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Directives de qualité pour l'eau de boisson, 4e édition, 2017","Kearny C.H., Nuclear War Survival Skills, Oak Ridge National Laboratory, 1987","ANSES, nitrates et nitrites dans l'eau destinée à la consommation humaine"],"corps":"::Faire bouillir une eau polluée aux nitrates ou aux métaux ne la purifie pas : ça la concentre, puisque l'eau s'évapore et que le poison reste. L'ébullition et les filtres tuent les microbes. Contre la chimie, il faut d'abord choisir la bonne source.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les microbes** : ébullition, javel, filtres, soleil. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **La chimie** (nitrates, pesticides, métaux, carburants, solvants) : l'ébullition et la plupart des filtres de randonnée **ne la retirent pas**.\n- **La radioactivité** des retombées : ce sont des poussières. Elles se déposent sur l'eau à découvert.\n\n## AGIR\n\n**Reconnaître une eau suspecte**\n\n- **Irisations** grasses à la surface, **odeur** de carburant ou de produit chimique, **mousse**, couleur anormale (orange, laiteuse, verte).\n- **Poissons morts**, absence de toute vie dans l'eau.\n- **La proximité** : usine, décharge, mine, champs traités, station-service, eaux de crue qui ont tout mélangé.\n\n**Choisir la source** (de la meilleure à la pire)\n\n1. **L'eau déjà stockée** avant l'accident, en récipients fermés. Voir [[SURV-EAU-007]].\n2. **Les puits profonds et les sources** protégées : le sol filtre beaucoup.\n3. **L'eau du chauffe-eau** et des tuyaux de la maison.\n4. **Les eaux de surface** (rivière, étang) en dernier.\n\n**Réduire la chimie**\n\n- **Le charbon actif**, ou du charbon de bois broyé et lavé : il retient une partie des pesticides, des carburants, des goûts. Voir [[SURV-FEU-006]].\n- **L'osmose inverse**, sur les filtres de maison ou les dessalinisateurs : elle retire la plupart des sels, des nitrates et des métaux.\n- **La distillation** retire sels et métaux, mais laisse passer une partie des carburants et des solvants. Voir [[SURV-EAU-008]].\n\n**Après des retombées radioactives**\n\n- L'eau des puits profonds et des récipients fermés est sûre.\n- Une eau de surface peut être **filtrée à travers la terre** : de l'argile ou de la terre sous la surface retient la plus grande partie des poussières radioactives. On laisse ensuite décanter et on prend l'eau claire du dessus.\n- Voir [[SURV-CRI-015]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les nitrates** sont surtout dangereux pour les **nourrissons** : une eau de puits agricole ne sert jamais à préparer les biberons sans analyse.\n- **Dans le doute**, une eau suspecte sert à se laver ou à arroser, pas à boire.","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-011","titre":"La météo, pourquoi il pleut, pourquoi il vente","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["meteo","pression","barometre","vent","fronts","nuages","pluie","brise","fitzroy","buys-ballot"],"sources":["Météo-France, comprendre la météo","FitzRoy R., The Weather Book: A Manual of Practical Meteorology, 1863","Buys Ballot C.H.D., loi sur la relation entre vent et pression, 1857"],"corps":"::En 1859, une tempête coule le Royal Charter au large du pays de Galles, avec environ 450 personnes à bord. L'amiral FitzRoy, l'ancien capitaine du Beagle de Darwin, en tire le premier service d'avis de tempête et invente un mot : forecast, la prévision. La météo n'est pas de la magie : de l'air qui chauffe, monte, refroidit, et va des hautes pressions vers les basses.::\n\n## Le vent\n\n- Le soleil chauffe la Terre **inégalement**. L'air chaud monte, la pression baisse ; l'air froid descend, elle monte.\n- **L'air va des hautes pressions vers les basses**, et la rotation de la Terre le fait tourner : dans l'hémisphère Nord, il tourne dans le sens des aiguilles d'une montre autour des anticyclones, et dans l'autre sens autour des dépressions.\n- **La règle du dos au vent** : dans l'hémisphère Nord, dos au vent, la dépression (le mauvais temps) est **à gauche**, un peu en avant.\n\n**Les vents locaux**\n\n- **La brise de mer** souffle de la mer vers la terre l'après-midi, **la brise de terre** dans l'autre sens la nuit.\n- **En montagne**, l'air monte les vallées le jour et les descend la nuit.\n\n## La pluie\n\n1. **L'air humide monte** : chauffé par le sol, poussé contre une montagne, ou soulevé par de l'air froid.\n2. **En montant, il refroidit.** Quand il atteint sa température de rosée, la vapeur se condense : un nuage.\n3. **Les gouttelettes grossissent** en se rencontrant, jusqu'à tomber.\n\n## Les fronts\n\n- **Front chaud** : l'air chaud glisse lentement sur l'air froid. Des nuages en filaments très hauts, puis un voile gris qui s'épaissit, puis une pluie fine et longue.\n- **Front froid** : l'air froid pousse l'air chaud vers le haut d'un coup. Averses violentes, orages, rafales, puis ciel dégagé et air plus frais.\n\n## Le baromètre\n\n- La pression moyenne au niveau de la mer est d'environ **1 013 hPa**.\n- **Elle baisse** : le temps se dégrade. **Elle baisse vite** (plus de 3 hPa en trois heures) : coup de vent ou tempête en approche.\n- **Elle monte** : le temps s'améliore.\n\nCe qui compte, c'est **la tendance**, pas le chiffre.\n\nLire le ciel : [[SURV-MET-001]]. L'orage : [[URG-FOU-001]]. Les tempêtes : [[TEC-TER-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-003","titre":"Le bateau à voile","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["voile","voilier","allures","pres","virement de bord","empannage","bome","beaufort","homme a la mer"],"sources":["Les Glénans, Le Cours des Glénans, dernière édition","Fédération française de voile, programmes de formation","Met Office, échelle de Beaufort (1805)"],"corps":"::Un voilier remonte contre le vent. Pas droit dedans, mais en zigzag, à environ 45 degrés de chaque côté : la voile travaille comme une aile d'avion, et la quille empêche le bateau de glisser de côté. Aucun carburant, une autonomie limitée seulement par l'eau et les vivres : des compagnies françaises transportent à nouveau du café et du vin à la voile à travers l'Atlantique.::\n\n## Comment ça avance\n\n- **Vent arrière**, la voile pousse, tout simplement.\n- **Vent de travers ou de face**, la voile gonflée crée une force comme l'aile d'un avion. La **quille** ou la **dérive**, sous le bateau, empêche de dériver et transforme cette force en marche avant.\n- **Face au vent**, dans un angle d'environ 45° de chaque côté, on ne peut pas avancer : on **louvoie**, en zigzag.\n\n## Les allures\n\n- **Le près** : on remonte au plus près du vent, voiles bordées serré.\n- **Le travers** : vent sur le côté, souvent l'allure la plus rapide.\n- **Le largue** : vent de trois quarts arrière.\n- **Le vent arrière** : vent dans le dos.\n\n## Les manœuvres\n\n- **Le virement de bord** : on passe l'avant du bateau dans le vent pour changer de côté.\n- **L'empannage** : on passe l'arrière dans le vent. **La bôme** (la barre horizontale de la grand-voile) traverse le bateau d'un coup : **tout le monde baisse la tête**. Elle assomme chaque année des équipiers.\n\n## La sécurité\n\n- **Le gilet**, toujours, et un harnais attaché la nuit et par gros temps.\n- **La météo marine** avant de partir. **L'échelle de Beaufort** (de 0 à 12) mesure le vent : un débutant reste sous force 3 ou 4.\n- **Un homme à la mer** : crier, lancer la bouée, **quelqu'un ne le quitte jamais des yeux et le montre du doigt**, et on revient tout de suite vers lui.\n- **Réduire la voilure** (prendre un ris) avant que le vent forcisse, pas après.\n\n## Apprendre\n\nQuelques stages dans une école de voile suffisent pour mener un petit voilier par beau temps. La mer, elle, s'apprend toute une vie.\n\nConduire un bateau à moteur : [[TEC-NAV-001]]. Les marées : [[TEC-TER-010]]. Les astuces de marin : [[SURV-MAR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-002","titre":"Le kayak et le canoë","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["kayak","canoe","pagaie","riviere","gilet","dessalage","seuil","arbre couche","portage","voyageurs"],"sources":["Fédération française de canoë-kayak, sécurité en eau vive","American Whitewater, échelle de difficulté des rivières","Nute G.L., The Voyageur, 1931"],"corps":"::Au XVIIIe siècle, les voyageurs canadiens transportaient des tonnes de fourrures à travers le continent dans des canots d'écorce de bouleau d'une dizaine de mètres. Un canoë emmène deux personnes et leur matériel là où aucune route ne va. Mais sur une rivière, ce ne sont pas les grands rapides qui tuent le plus : ce sont les petits seuils et les arbres couchés.::\n\n## Kayak ou canoë\n\n- **Le kayak** : on est assis, on pagaie avec une pagaie double. Rapide, maniable.\n- **Le canoë** (canadien) : à genoux ou assis, une pagaie simple. Il porte beaucoup : deux personnes et plus de cent kilos de matériel.\n\n## Les dangers de la rivière\n\n- **Les seuils et petits barrages** : sous la chute, l'eau forme un rouleau qui tourne sur lui-même et retient tout ce qui y tombe, bateau et nageur. On ne passe jamais un seuil qu'on ne connaît pas : on débarque avant et on porte.\n- **Les arbres couchés** dans le courant : l'eau passe à travers les branches, pas le bateau ni le nageur. On les évite de loin.\n- **L'eau froide** : voir [[SURV-DEP-010]].\n- **Les crues** : une rivière calme devient violente en quelques heures.\n\nLes rivières sont classées de I (facile) à VI (infranchissable). Un débutant reste en classe I et II, accompagné.\n\n## Les règles\n\n- **Le gilet** toujours fermé, même en eau calme.\n- **Jamais seul** sur une rivière qu'on ne connaît pas.\n- **Repérer à pied** les passages douteux, et **porter** le bateau en les contournant.\n- **Le sac étanche** attaché au bateau : vêtements secs, téléphone, trousse de secours.\n\n## Dessaler (chavirer)\n\n1. **Rester du côté amont** du bateau, jamais entre le bateau et un obstacle.\n2. **Sur le dos, pieds devant**, en surface. Ne jamais se mettre debout dans le courant.\n3. Nager vers le bord, avec ou sans le bateau selon le courant.\n\n## Pagayer\n\n- **Le kayak** : on pousse avec tout le haut du corps en tournant le buste, pas seulement avec les bras.\n- **Le canoë** : celui de derrière dirige, en finissant chaque coup de pagaie par un petit crochet vers l'extérieur pour aller droit.\n\nTraverser une rivière à pied : [[SURV-DEP-006]]. Conduire un bateau : [[TEC-NAV-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-004","titre":"Les jeux de groupe sans matériel","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["jeux de groupe","loup-garou","devinettes","qui suis-je","jeu de kim","chansons","cache-cache","un deux trois soleil","moral"],"sources":["Opie I., Opie P., Children's Games in Street and Playground, 1969","Kipling R., Kim, 1901 (le jeu de Kim)","Davidoff D., jeu de la Mafia, Moscou, 1986"],"corps":"::Le jeu du Loup-garou, auquel on joue aujourd'hui dans le monde entier, vient d'un jeu inventé en 1986 par un étudiant en psychologie à Moscou. Il ne demande rien : des gens, un meneur, et des yeux qu'on ferme. Les meilleurs jeux de groupe se jouent avec ce qu'on a toujours sur soi : sa voix, sa mémoire et ses jambes.::\n\n## Assis, sans bruit\n\n- **Qui suis-je ?** Chacun pense à un personnage ; les autres ont vingt questions fermées (oui ou non) pour trouver.\n- **Le portrait chinois** : « Si c'était un animal, ce serait… »\n- **Ni oui ni non** : répondre à toutes les questions sans jamais dire oui ni non.\n- **L'histoire à plusieurs** : chacun ajoute une phrase à l'histoire du précédent.\n- **Les devinettes et charades.**\n- **Le Loup-garou** : le meneur désigne en secret des loups ; chaque nuit (yeux fermés), ils choisissent une victime ; chaque jour, le village discute et vote pour éliminer un suspect.\n- **Le roi du silence** : le premier qui parle ou rit a perdu. Utile quand il faut que les enfants se taisent.\n\n## Mémoire et observation\n\n- **Le jeu de Kim** : montrer une vingtaine d'objets une minute, les cacher, et chacun écrit ce dont il se souvient. Les scouts s'en servent depuis plus d'un siècle pour entraîner l'observation.\n- **« Je pars en voyage et j'emporte… »** : chacun répète la liste et ajoute un objet.\n\n## Dehors, pour bouger\n\n- **Le chat** (le loup), **cache-cache**, **l'épervier**.\n- **Un, deux, trois, soleil** : celui qui bouge quand on se retourne recule.\n- **Les courses de relais**, le tir à la corde, les jeux de ballon.\n\n## Chanter\n\n- **Les canons** (Frère Jacques), les chansons à répondre, les chants de marche : ils rassemblent, rythment l'effort, et chassent la peur dans le noir.\n\n## À quoi ça sert\n\nRire ensemble fait baisser la tension d'un groupe, fait oublier la faim une heure, et rend aux enfants ce que la crise leur a pris. Voir [[SURV-PSY-004]] et [[SURV-PSY-006]].\n\nLes jeux qu'on fabrique : [[TEC-CUL-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-003","titre":"Les jeux qu'on fabrique avec rien","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["jeux","osselets","des","cartes","awale","dames","echecs","jeu du moulin","go","cerf-volant","billes"],"sources":["Bell R.C., Board and Table Games from Many Civilizations, Dover, 1979","Parlett D., The Oxford History of Board Games, Oxford University Press, 1999"],"corps":"::Les enfants grecs et romains jouaient aux osselets avec de vrais os de mouton. On a trouvé des plateaux du jeu du moulin gravés sur les marches de bâtiments romains, et l'awalé se joue depuis des siècles dans toute l'Afrique avec des trous creusés dans la terre et des graines. Jouer n'a jamais eu besoin d'un magasin.::\n\n## Avec des cailloux, des graines, des capsules\n\n- **L'awalé** (ou mancala) : deux rangées de six trous dans le sable ou sur une planche, quatre graines par trou. On sème, on récolte, on calcule. Un jeu de stratégie redoutable.\n- **Le jeu du moulin** : trois carrés emboîtés tracés au sol, neuf pions chacun. Aligner trois pions pour prendre.\n- **Les dames et les échecs** : un damier dessiné sur une planche, des capsules de deux couleurs, des pions taillés dans le bois ou modelés dans l'argile.\n- **Le go** : une grille tracée, des cailloux blancs et noirs. Des règles simples, une profondeur infinie.\n- **Le morpion**, dans la poussière avec un bâton.\n\n## Avec du bois, de l'os, du carton\n\n- **Des dés** : de petits cubes de bois poncés, les points brûlés au clou chauffé.\n- **Des osselets** : cinq petits os ou cailloux ronds.\n- **Des cartes** : découpées dans du carton, dessinées au crayon. Avec un jeu de 52 cartes, des centaines de jeux.\n- **Des dominos** : des plaquettes de bois marquées.\n\n## Pour les enfants, dehors\n\n- **Les billes**, en argile cuite ou en glands.\n- **La toupie** : un gland ou un bouchon traversé d'une allumette.\n- **Le cerf-volant** : deux baguettes en croix, un sac plastique tendu, une ficelle, une queue de chiffons.\n- **La marelle** à la craie ou au bâton, la **corde à sauter**, le **ballon** de chiffons serrés.\n\n## Pourquoi c'est sérieux\n\nDans les caves, les camps, les hivers longs, les jeux tiennent le moral, occupent les enfants, apaisent les tensions et entraînent la tête. Voir [[SURV-PSY-006]].\n\nLes jeux sans matériel : [[TEC-CUL-004]]. La musique : [[TEC-CUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-011","titre":"Marcher et vivre dans la neige","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["neige","raquettes","faire la trace","glace","lac gele","corniche","transpiration","eau de neige","voile blanc"],"sources":["US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual","Minnesota Department of Natural Resources, épaisseur de glace et sécurité","ANENA, sécurité en montagne l'hiver"],"corps":"::Dans la neige profonde, sans raquettes, chaque pas enfonce jusqu'au genou : on dépense deux à trois fois plus d'énergie qu'en marchant sur un chemin, et on transpire, ce qui est le vrai piège. Les vieux trappeurs le disaient : partir en ayant un peu froid, jamais en ayant chaud.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La sueur** mouille les vêtements, et un vêtement mouillé ne tient plus chaud. Au premier arrêt, on gèle.\n- **La neige** isole, mais sa fonte coûte beaucoup d'énergie au corps : manger de la neige refroidit.\n- **Les pièges** : corniches de neige au bord des crêtes, lacs et rivières gelés, avalanches, voile blanc où l'on ne distingue plus le sol du ciel.\n\n## AGIR\n\n**Avancer**\n\n- **Des raquettes**, même improvisées : un cadre ovale de branches souples, un treillis de branches de sapin ou de cordelette, attaché sous la chaussure. On enfonce beaucoup moins.\n- **Faire la trace à tour de rôle** : celui de devant s'épuise, on change toutes les dix ou quinze minutes. Les autres marchent dans ses pas.\n- **Enlever une couche avant la montée**, la remettre à l'arrêt. Marcher juste en dessous de la transpiration.\n\n**Les dangers**\n\n- **La glace** : moins de 10 cm de glace claire, on ne marche pas dessus. Glace grise, fondante, près des arrivées d'eau et des roseaux : jamais. Voir [[URG-GLACE-001]].\n- **Les corniches** : on reste loin du bord d'une crête enneigée, côté où le vent a soufflé.\n- **Les pentes chargées** : voir [[SURV-MIL-007]].\n- **Le voile blanc** : on s'arrête, on s'abrite, on attend.\n- **Les yeux** : lunettes, ou fente de fortune. Voir [[TEC-SAN-022]].\n\n**Boire**\n\n- **Faire fondre** la neige plutôt que la manger : dans une casserole, on met d'abord **un fond d'eau**, puis la neige peu à peu, sinon elle brûle et prend un goût de brûlé.\n- **La glace** donne plus d'eau que la neige pour le même combustible.\n- **Un sac noir** au soleil fait fondre la neige sans feu.\n\n## ADAPTER\n\n- **S'abriter** : tranchée, grotte de neige. Voir [[SURV-ABRI-003]].\n- **Le froid** : [[SURV-MIL-001]]. **Les gelures** : [[TEC-SAN-027]].\n- **Conduire** sur la neige : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-013","titre":"Passer une frontière quand on fuit","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["frontiere","asile","refugie","protection temporaire","documents","passeurs","hcr","enfants","non-refoulement"],"sources":["Convention de Genève relative au statut des réfugiés, 1951","HCR, informations pratiques pour les demandeurs d'asile","Organisation internationale pour les migrations, projet Missing Migrants","Directive 2001/55/CE relative à la protection temporaire, activée en 2022"],"corps":"::En 2022, pour la première fois, l'Union européenne a activé une protection temporaire pour des millions d'Ukrainiens : ils ont passé les frontières à pied, en train, en voiture, avec leurs papiers, et ont été accueillis légalement. Ailleurs, en Méditerranée, des dizaines de milliers de personnes sont mortes depuis 2014 en payant des passeurs. La route légale est presque toujours la plus sûre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Demander l'asile est un droit** reconnu par la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Convention de Genève.\n- **Le non-refoulement** : un pays ne doit pas renvoyer une personne vers un endroit où elle risque la persécution ou la mort.\n- **Les passeurs** vendent des places sur des bateaux surchargés, des camions fermés, des chemins de montagne l'hiver. Beaucoup n'arrivent jamais.\n\n## AGIR\n\n**Avant de partir**\n\n- **Les papiers** : passeport, carte d'identité, actes de naissance, livret de famille, diplômes, dossiers médicaux, carnets de vaccination. **Photographiés**, envoyés à soi-même et à un proche, et une copie papier.\n- **Sur soi**, dans une poche intérieure étanche : papiers, argent en petites coupures (et un peu en devises), numéros de téléphone écrits.\n- **Les médicaments** avec leurs ordonnances.\n- **Les enfants** : nom, date de naissance, nom des parents et un numéro de téléphone écrits sur eux, dans un vêtement. Voir [[URG-ENF-001]].\n\n**À la frontière**\n\n- **Dire clairement** qu'on demande l'asile ou la protection, dans la langue qu'on peut. Voir [[TEC-IDE-014]].\n- **Se faire enregistrer** auprès des autorités et du HCR quand il est présent.\n- **Garder tous les papiers** qu'on vous remet.\n- **Rester en famille**, et si l'on est séparé, le signaler tout de suite. Voir [[SIG-COM-014]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les mineurs seuls** ont droit à une protection particulière : le dire, et ne jamais suivre un adulte inconnu qui promet un travail ou un passage.\n- **Refuser** les offres qui demandent de l'argent pour un passage, des papiers « arrangés » ou une dette à rembourser en travaillant : c'est souvent la traite.\n- **Arrivé** : [[SURV-CRI-018]] pour les camps, [[SURV-SOC-007]] pour l'accueil.\n\nÉvacuer en dix minutes : [[SURV-CRI-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-038","titre":"Les allergies du quotidien","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["allergies","pollen","rhume des foins","urticaire","antihistaminiques","allergies alimentaires","penicilline","eczema","ferme"],"sources":["Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA)","Stein M.M. et al., Innate immunity and asthma risk in Amish and Hutterite farm children, New England Journal of Medicine, 2016","CDC, Is it really a penicillin allergy?"],"corps":"::Les enfants amish, qui grandissent dans les étables au milieu des animaux, font beaucoup moins d'asthme et d'allergies que des enfants de fermes voisines plus modernes : la poussière de la ferme entraîne leur système immunitaire. Et neuf personnes sur dix qui se croient allergiques à la pénicilline ne le sont pas.::\n\n## Les plus courantes\n\n- **Le rhume des foins** : éternuements, nez qui coule, yeux qui piquent au printemps et en été, à cause des pollens.\n- **Les acariens et les animaux** : les mêmes signes toute l'année, pires la nuit ou au contact.\n- **L'urticaire** : des plaques rouges en relief qui démangent et se déplacent.\n- **L'eczéma de contact** : nickel des bijoux et des boucles de ceinture, latex, ciment, certains parfums.\n- **Les aliments** : arachide, fruits à coque, lait, œuf, poisson, crustacés, blé, soja, sésame. En Europe, quatorze allergènes doivent être signalés sur les étiquettes.\n\n## Soulager\n\n- **Éviter ce qui déclenche** : c'est le traitement le plus efficace.\n- **Les antihistaminiques** modernes (cétirizine, loratadine) : un comprimé par jour, peu d'effet sur la vigilance.\n- **Le lavage du nez** à l'eau salée pour les pollens et les poussières.\n- **En saison des pollens** : fenêtres fermées aux heures chaudes, douche et changement de vêtements le soir, linge séché à l'intérieur. Les bulletins polliniques annoncent les pics.\n\n## Les signes de gravité\n\n**Gonflement du visage, des lèvres, de la langue, gêne pour respirer ou avaler, malaise, vomissements, plaques sur tout le corps après un aliment, une piqûre ou un médicament** : c'est une anaphylaxie. Adrénaline si on en a, le 15. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n## Les fausses allergies\n\n- **La pénicilline** : beaucoup d'étiquettes « allergique » datent d'une éruption d'enfance due au virus, pas au médicament. Un test en allergologie permet souvent de retrouver ces antibiotiques précieux. Voir [[TEC-SAN-015]].\n- **L'intolérance** (lactose par exemple) n'est pas une allergie : inconfortable, jamais mortelle.\n\n## En crise\n\nNoter ses allergies graves **sur soi** et dans la fiche médicale du téléphone. Voir [[TEC-ELN-017]]. Les piqûres : [[URG-PIQ-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-037","titre":"Les infections sexuellement transmissibles","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ist","chlamydia","syphilis","gonorrhee","vih","hpv","hepatite b","preservatif","depistage","traitement d'urgence"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Infections sexuellement transmissibles, principaux repères","ECDC, rapports épidémiologiques annuels sur la syphilis et la gonococcie","Rodger A.J. et al., Risk of HIV transmission through condomless sex in serodifferent gay couples (étude PARTNER), The Lancet, 2019"],"corps":"::L'infection sexuelle la plus fréquente, la chlamydia, ne donne le plus souvent aucun symptôme, et peut rendre stérile sans prévenir. La syphilis, qu'on croyait d'un autre siècle, a plus que doublé en Europe en dix ans. Ce qui protège tient en trois mots : préservatif, vaccins, dépistage.::\n\n## Les principales\n\n- **Chlamydia, gonocoque** : écoulement, brûlure en urinant, douleurs du bas-ventre, ou rien du tout. Des antibiotiques les guérissent. Non soignées, elles bouchent les trompes.\n- **Syphilis** : d'abord une petite plaie indolore, puis des plaques sur la peau, puis des années de silence avant d'attaquer le cœur, le cerveau. Un traitement simple la guérit à tous les stades précoces.\n- **Papillomavirus** : très répandu, responsable du cancer du col de l'utérus et d'autres cancers. **Un vaccin** existe, pour les filles et les garçons.\n- **Hépatite B** : attaque le foie. **Un vaccin** existe.\n- **Herpès** : des poussées de petites cloques douloureuses. Il ne se guérit pas, mais se soigne.\n- **VIH** : sans traitement, il détruit l'immunité. Avec un traitement bien suivi, on vit normalement, et une personne dont le virus est indétectable **ne le transmet pas**.\n\n## Se protéger\n\n- **Le préservatif**, masculin ou féminin, est la seule contraception qui protège aussi des infections. Voir [[TEC-SAN-033]].\n- **Les vaccins** contre le papillomavirus et l'hépatite B. Voir [[TEC-SAN-030]].\n- **Le traitement préventif** du VIH, pour les personnes très exposées.\n- **Le dépistage** régulier en cas de nouveaux partenaires : en France, il est gratuit dans les centres de dépistage, et possible sans ordonnance en laboratoire pour plusieurs infections.\n\n## L'urgence : les 48 heures\n\nAprès un rapport à risque, un préservatif qui a craqué, une agression : **aux urgences dans les 48 heures** (72 au plus) pour un traitement qui empêche le VIH de s'installer, la contraception d'urgence, et un dépistage. Voir [[TEC-SAN-033]].\n\n## Les règles\n\n- **Des symptômes** : consulter, et ne pas avoir de rapports en attendant.\n- **Traiter aussi le ou les partenaires**, sinon l'infection revient.\n- **En crise**, les violences sexuelles augmentent : les centres de santé et les équipes humanitaires ont des kits de soins pour les victimes, gratuits et confidentiels.","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-004","titre":"Construire un radeau","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["radeau","flottabilite","rondins","bidons","futs","brelage","pagaie","kon-tiki","riviere"],"sources":["Heyerdahl T., L'Expédition du Kon-Tiki, 1948","US Army, FM 21-76 Survival, radeaux et flotteurs","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook (masse volumique des bois)"],"corps":"::En 1947, Thor Heyerdahl et cinq compagnons traversent le Pacifique sur un radeau de rondins de balsa liés par des cordes, sans un clou : environ 7 000 km en 101 jours. Un radeau, c'est une question simple : combien de poids l'eau peut-elle porter ? La réponse se calcule avant de mettre à l'eau.::\n\n## La flottabilité\n\nUn objet flotte si l'eau qu'il déplace pèse plus lourd que lui.\n\n- **Un fût fermé de 200 litres** porte environ **180 kg** (200 kg d'eau déplacée, moins son propre poids).\n- **Un jerrican vide de 20 litres** bien fermé : près de 20 kg.\n- **Une bouteille d'un litre et demi** : un kilo et demi. Il en faut beaucoup.\n- **Le bois sec et léger** (peuplier, pin, sapin, bois mort bien sec) : chaque mètre cube porte plusieurs centaines de kilos en plus de son poids. **Le bois vert** et les bois durs (chêne) flottent à peine.\n\n**La règle** : prévoir au moins **deux fois** le poids total (personnes et chargement).\n\n## Construire\n\n1. **Les flotteurs** : rondins secs de même longueur, ou bidons et fûts fermés, bouchons collés ou scotchés.\n2. **Le cadre** : des traverses **dessus et dessous**, en sandwich, qui serrent les flotteurs entre elles.\n3. **Les liens** : brelages serrés à chaque croisement, avec de la corde, du fil de fer, des sangles. Voir [[SURV-NOE-001]].\n4. **Le pont** : planches ou palettes par-dessus, pour ne pas marcher sur les flotteurs. Voir [[SURV-REC-034]].\n5. **Pagayer** avec des planches taillées, ou **pousser à la perche** en eau peu profonde.\n\n**Essayer** au bord, en eau calme, avant de charger.\n\n## Les dangers\n\n- **Les rivières rapides**, les seuils et les arbres couchés : un radeau ne se dirige presque pas. Voir [[TEC-NAV-002]].\n- **L'eau froide** : gilet, vêtements de rechange au sec. Voir [[SURV-DEP-010]].\n- **La surcharge** : un radeau qui s'enfonce à ras de l'eau ne pardonne aucune vague.\n\n## En mer\n\nVoir [[SURV-MIL-003]] pour le radeau de survie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-027","titre":"La maison à ossature bois","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["ossature bois","montants","contreventement","pare-vapeur","pare-pluie","bardage","isolation","balloon frame","chicago"],"sources":["DTU 31.2, construction de maisons et bâtiments à ossature en bois","Cronon W., Nature's Metropolis: Chicago and the Great West, 1991","FCBA, Institut technologique forêt cellulose bois-construction ameublement, guides techniques"],"corps":"::Dans les années 1830, à Chicago, on invente une façon de bâtir avec de simples planches clouées plutôt qu'avec des poutres taillées par des charpentiers : c'est grâce à elle que les villes de l'Ouest américain ont poussé en quelques années. La maison à ossature bois descend directement de cette idée : légère, rapide, et très bien isolée si l'eau reste dehors.::\n\n## Le principe\n\n- **Des montants** en bois (souvent 45 × 145 mm), posés **tous les 60 cm** environ, entre une lisse basse et une lisse haute : les murs.\n- **Des panneaux** cloués ou vissés dessus (souvent de l'OSB) : ils empêchent le mur de se déformer, c'est le **contreventement**.\n- **L'isolant** entre les montants : laine de bois, de roche, de verre, ouate de cellulose, paille.\n- **Les murs** sont souvent montés à plat au sol, puis levés.\n\n## Le mur, de l'intérieur vers l'extérieur\n\n1. **Le parement** intérieur (plaque de plâtre, lambris).\n2. **Le pare-vapeur** : il empêche l'humidité de la maison d'entrer dans le mur et d'y condenser.\n3. **L'ossature et l'isolant.**\n4. **Le panneau** de contreventement.\n5. **Le pare-pluie** : il laisse sortir la vapeur mais arrête l'eau et le vent.\n6. **Une lame d'air ventilée**, puis **le bardage** (planches, tuiles de bois, enduit sur panneau).\n\n## Les ennemis\n\n- **L'eau** : le bois ne pourrit que s'il reste mouillé. Une lisse basse **au moins 20 cm au-dessus du sol**, posée sur un soubassement, de larges débords de toit, des détails soignés autour des fenêtres.\n- **Les termites** et les insectes dans certaines régions : bois traité ou naturellement durable en bas des murs, grilles, surveillance.\n- **Le feu** : une poutre bien dimensionnée brûle en surface et garde longtemps sa solidité, mais les isolants et les parements comptent. Un détecteur de fumée par étage.\n\n## Pour qui construit soi-même\n\nLa construction bois est l'une des plus accessibles aux autoconstructeurs : outils simples, pièces légères, chantier sec. Les normes existent pour une raison : on les lit, et on se fait accompagner pour la structure et le toit.\n\nLes assemblages : [[TEC-ATE-012]]. Choisir où construire : [[TEC-CON-021]]. L'humidité : [[TEC-CON-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-026","titre":"La yourte et la tente durable","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["yourte","ger","tente","toile de coton","feutre","poele","condensation","habitat leger","oulan-bator"],"sources":["Kemery B., Yurts: Living in the Round, Gibbs Smith, 2006","Loi n° 2014-366 (ALUR), résidences démontables constituant l'habitat permanent","Banque mondiale, études sur les quartiers de yourtes d'Oulan-Bator"],"corps":"::Les nomades de Mongolie vivent dans des yourtes depuis des millénaires, par -40 °C l'hiver. Une famille la monte en deux ou trois heures et la transporte sur quelques bêtes. Aujourd'hui encore, une grande partie des habitants de la capitale, Oulan-Bator, vit dans des quartiers de yourtes. Une habitation n'a pas besoin de fondations pour tenir.::\n\n## La yourte\n\n- **Des murs en treillis** de bois qui se déplient en accordéon, en cercle.\n- **Des perches de toit** qui montent vers une **couronne** centrale, ouverte pour la lumière et le tuyau du poêle.\n- **Du feutre de laine** en plusieurs couches, puis une toile imperméable par-dessus.\n- **Un poêle au centre**, qui chauffe tout l'espace de façon égale.\n\n**Pourquoi ronde** : le vent la contourne, la neige glisse, le volume est le plus grand pour le moins de surface de murs à chauffer.\n\n## La tente durable\n\nPour vivre des mois sous toile, pas pour une nuit :\n\n- **La toile de coton** épaisse : elle respire, limite la condensation, résiste aux étincelles mieux que le nylon, et se répare à l'aiguille.\n- **Un plancher surélevé** (palettes, planches) : sec, isolé du sol froid. Voir [[SURV-REC-034]].\n- **Un poêle à bois** avec une traversée de toit ignifugée et un pare-étincelles. Voir [[TEC-CON-011]].\n- **Des haubans** bien tendus et des piquets profonds contre le vent ; **dégager la neige** du toit.\n\n## L'entretien\n\n- **Sécher avant de plier** : une toile rangée humide moisit en quelques jours.\n- **Le soleil** use les toiles synthétiques : une toile de protection par-dessus, ou de l'ombre.\n- **Le feu** : jamais de flamme libre dedans, le poêle loin des parois, un seau d'eau ou de sable à côté, et une aération pour le monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n## En France\n\nLa loi reconnaît depuis 2014 l'habitat léger et démontable comme résidence possible, sous conditions. La mairie décide selon le plan d'urbanisme : on se renseigne avant de s'installer. Voir [[TEC-CON-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-024","titre":"Faire ses plants et les repiquer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["plants","semis en godets","repiquage","endurcissement","mottes pressees","lumiere","fonte des semis","pepiniere"],"sources":["Coleman E., The New Organic Grower, Chelsea Green, édition révisée 2018","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Un plant de tomate acheté en jardinerie coûte le prix d'un sachet de cent graines. Faire ses plants, c'est choisir ses variétés, garder ses graines, et ne plus dépendre de personne pour démarrer la saison. Il faut de la lumière, un peu de chaleur, et apprendre à endurcir ses plants avant de les sortir.::\n\n## Ce qu'on sème en godets, ce qu'on sème en place\n\n- **En godets ou en caissette, puis repiqués** : tomates, poivrons, aubergines, choux, poireaux, salades, céleri, courges et concombres (en godets individuels, sans abîmer les racines).\n- **En place directement** : carottes, radis, navets, betteraves, panais, haricots, pois, épinards. Voir [[TEC-AGR-022]].\n\n## Semer\n\n1. **Des contenants** : pots de yaourt percés, rouleaux de papier toilette, briques de lait coupées, caissettes. Ou des **mottes pressées** de terreau, sans pot du tout.\n2. **Un terreau fin**, léger, propre (pas de terre de jardin pleine de graines d'herbes).\n3. **Semer peu profond** : environ deux fois l'épaisseur de la graine.\n4. **Humide, jamais trempé.**\n5. **La lumière** : derrière une fenêtre au sud, ou sous une lampe. Sans assez de lumière, les plants s'allongent et se couchent.\n6. **La chaleur** selon l'espèce : 20 °C pour les tomates, moins pour les choux et les salades.\n\n## Repiquer\n\n- **Quand les premières vraies feuilles** apparaissent (après les deux feuilles rondes du début), on sépare les plants et on les met chacun dans un godet plus grand, en les tenant par une feuille, jamais par la tige.\n\n## Endurcir\n\n**Une à deux semaines avant la plantation**, on sort les plants dehors quelques heures par jour, à l'abri du vent et du plein soleil, puis de plus en plus longtemps. Sortis d'un coup, ils brûlent et stagnent.\n\n## Planter\n\nPar temps couvert ou le soir, dans une terre humide, bien arrosés, et un peu d'ombre les premiers jours s'il fait chaud.\n\n## Les ennuis\n\n**La fonte des semis** : les plantules se couchent d'un coup, la tige pincée. Trop d'eau, pas assez d'air, un terreau sale. On aère, on arrose moins, on recommence dans du propre. Voir [[TEC-AGR-014]].\n\nSemer : [[TEC-AGR-001]]. La serre et le châssis : [[TEC-AGR-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-023","titre":"Pailler","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["paillage","paille","feuilles mortes","tonte","bois rameal fragmente","carton","humidite","vie du sol","limaces"],"sources":["Stout R., How to Have a Green Thumb Without an Aching Back, 1955","Lemieux G., travaux sur le bois raméal fragmenté, Université Laval","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Dans une forêt, personne ne bêche, ne désherbe ni n'arrose, et le sol est toujours couvert de feuilles. Dans les années 1950, une jardinière américaine, Ruth Stout, a cessé de bêcher et couvert son potager d'une épaisse couche de foin toute l'année : moins de travail, moins d'arrosage, plus de récoltes. Un sol nu, c'est un sol qui s'assèche, s'érode et se couvre d'herbes.::\n\n## Ce que fait le paillis\n\n- **Il garde l'humidité** : beaucoup moins d'évaporation, beaucoup moins d'arrosage. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Il étouffe les herbes** indésirables.\n- **Il nourrit la vie du sol** : les vers de terre le tirent sous terre et le transforment en humus.\n- **Il protège** la terre de la pluie battante, du soleil brûlant et du gel.\n\n## Avec quoi\n\n- **La paille** et **le foin** : les classiques.\n- **Les feuilles mortes** : gratuites à l'automne, parfaites pour l'hiver.\n- **La tonte de gazon** : en couches fines, séchée un jour avant, sinon elle pourrit en croûte.\n- **Le carton brun**, sans encre ni plastique, recouvert d'une autre matière : il étouffe une prairie pour en faire un potager.\n- **Le compost** mi-mûr.\n- **Le bois raméal fragmenté** (petites branches broyées) et les copeaux : très bien pour les allées, les arbres et les arbustes.\n\n## Comment\n\n- **Sur une terre humide** et déjà réchauffée : un paillis posé trop tôt au printemps garde la terre froide.\n- **5 à 10 cm** d'épaisseur pour les matières fines, plus pour la paille.\n- **Ne pas coller** le paillis contre les tiges.\n- **Rajouter** au fil de la saison, à mesure qu'il se décompose.\n\n## Les inconvénients\n\n- **Les limaces** adorent s'y cacher : les ramasser le soir, pas de paillis au pied des semis fragiles.\n- **Les copeaux frais** mélangés à la terre lui volent de l'azote : on les laisse en surface.\n- **Les graines de foin** : un foin plein de graines resème des herbes.\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]]. Les sécheresses : [[TEC-TER-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-022","titre":"Carottes, betteraves et autres racines","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["carottes","betteraves","navets","radis","panais","eclaircir","mouche de la carotte","semis direct","conservation"],"sources":["Banga O., Origin of the European cultivated carrot, Euphytica, 1957","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Pendant des siècles, les carottes cultivées étaient surtout violettes ou jaunes. La carotte orange s'est imposée aux Pays-Bas au XVIIe siècle. La mouche de la carotte, elle, vole au ras du sol : une simple barrière de voile de soixante centimètres de haut autour du rang suffit souvent à la tenir dehors.::\n\n## Les règles des racines\n\n- **Semer en place** : la plupart des racines ne supportent pas le repiquage (la racine se tord et fourche).\n- **Une terre fine, profonde, sans cailloux**, ni fumier frais (qui fait fourcher les carottes).\n- **Éclaircir** : quand les plantules ont quelques feuilles, on en retire pour laisser de la place aux autres. Sans ça, rien ne grossit.\n- **Garder humide** pendant la levée, qui peut être longue.\n\n## Racine par racine\n\n- **La carotte** : semée de mars à juillet, éclaircie à 3 à 5 cm. Levée lente (deux à trois semaines). Contre la mouche : barrière de voile, semis après mai, rotation.\n- **La betterave** : semée d'avril à juin, éclaircie à 10 cm. Chaque « graine » en contient plusieurs. Ses feuilles se mangent comme des blettes.\n- **Le navet** : prêt en six à huit semaines, semé au printemps ou en fin d'été.\n- **Le radis** : trois à quatre semaines. Les radis d'hiver (noirs, roses) se sèment en juillet-août et se gardent.\n- **Le panais** : levée très lente, récolte d'automne et d'hiver ; il devient plus sucré après les gelées.\n- **Le topinambour** : se plante une fois, revient chaque année, envahissant. Voir [[TEC-AGR-016]].\n\n## Garder\n\n- **En terre**, sous un paillis épais, pour les carottes, les panais, les topinambours. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **En cave** dans du sable légèrement humide, ou en silo. Voir [[TEC-ALI-022]].\n- **Couper les fanes** à un centimètre avant de stocker : elles vident la racine de son eau.\n\n## Pourquoi elles comptent\n\nLes racines apportent des calories, du sucre, de la vitamine A (carottes) et se gardent tout l'hiver sans rien d'autre que de la terre et du froid.\n\nLe calendrier : [[TEC-AGR-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-021","titre":"Oignons, ail, poireaux","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["oignons","ail","poireaux","echalotes","bulbilles","habillage","sechage","tresses","conservation"],"sources":["Hérodote, Histoires, livre II, 125","Brewster J.L., Onions and Other Vegetable Alliums, 2e édition, CABI, 2008"],"corps":"::Hérodote raconte qu'une inscription sur la grande pyramide indiquait la somme dépensée en radis, en oignons et en ail pour nourrir les ouvriers. Oignons et ail donnent du goût à tout, se gardent des mois dans un grenier, et presque aucun animal ne vient les manger au jardin.::\n\n## L'ail\n\n- **Planter les gousses** en octobre-novembre (ou en février), pointe en haut, à 2 ou 3 cm de profondeur, tous les 10 cm.\n- **Récolter** en juin-juillet quand les feuilles jaunissent aux deux tiers.\n- **Sécher** quelques jours au soleil puis à l'ombre, en bottes ou en tresses. Il se garde six mois à un an.\n- **Replanter les plus belles gousses** de sa récolte : l'ail se reproduit ainsi indéfiniment.\n\n## L'oignon et l'échalote\n\n- **Les bulbilles** (petits oignons) se plantent en mars, à peine enterrés. **Les graines** se sèment en février-mars.\n- **Récolter** quand les tiges se couchent d'elles-mêmes, par temps sec.\n- **Sécher** au soleil, puis garder au sec et au frais, en tresses ou en cagettes. Les oignons de garde tiennent tout l'hiver.\n\n## Le poireau\n\n- **Semer** en mars-avril en pépinière.\n- **Repiquer** en juin quand ils ont la grosseur d'un crayon : on raccourcit racines et feuilles (l'habillage), et on les descend dans des trous profonds faits au plantoir, qu'on remplit simplement d'eau.\n- **Butter** ou planter profond pour allonger le blanc.\n- **Récolter** de l'automne à la fin de l'hiver : il supporte le gel et se garde en terre.\n\n## Les ennuis\n\n- **La mouche de l'oignon** et **la teigne du poireau** : un voile anti-insectes, la rotation. Voir [[TEC-AGR-010]].\n- **La rouille** (taches orange) : espacer, ne pas mouiller le feuillage.\n- **La pourriture** : terre trop lourde et humide. Butter ou planter sur des buttes.\n\n## Bon à savoir\n\nOignons, ail et poireaux sont **toxiques pour les chiens et les chats**. Et leurs rangs alternés avec les carottes gêneraient les mouches de l'une et de l'autre, selon un vieux conseil de jardinier. Voir [[TEC-AGR-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-020","titre":"Choux et légumes-feuilles","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["choux","chou kale","brocoli","blettes","epinards","salades","mache","pieride","semis echelonnes","vitamine c"],"sources":["Maggioni L. et al., Origin and domestication of cole crops (Brassica oleracea L.), Economic Botany, 2010","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Chou pommé, chou kale, chou-fleur, brocoli, chou de Bruxelles, chou-rave : ce sont tous la même espèce, tirée d'un chou sauvage des falaises de l'Atlantique et sélectionnée pendant des siècles. Le chou kale supporte des gelées sévères et se récolte tout l'hiver, feuille après feuille : de la vitamine C fraîche quand plus rien d'autre ne pousse.::\n\n## Les choux\n\n- **Semer** en pépinière au printemps (choux d'été et d'automne) ou en juin-juillet (choux d'hiver), repiquer quand les plants ont quatre à six feuilles. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Une terre riche et ferme**, bien tassée autour du pied.\n- **Les chenilles** de la piéride (le papillon blanc) : un voile anti-insectes, ou retirer les œufs jaunes sous les feuilles.\n- **Les altises** (petits insectes sauteurs qui criblent les jeunes feuilles de trous) : arroser souvent, elles détestent l'humidité.\n- **La hernie** (racines déformées en boules) : terre trop acide, on chaule, et on ne remet pas de choux au même endroit pendant des années. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **Le chou kale et le chou frisé** : les plus rustiques, on cueille les feuilles du bas au fur et à mesure.\n\n## Les légumes-feuilles\n\n- **Les blettes** : productives, faciles, elles repoussent après la coupe pendant des mois.\n- **Les épinards** : au printemps et à l'automne ; ils montent en graines quand les jours s'allongent.\n- **Les salades** : semées toutes les deux ou trois semaines pour en avoir tout le temps. En été, les variétés qui supportent la chaleur, à mi-ombre.\n- **La mâche** : semée en août-septembre, récoltée tout l'hiver.\n- **La roquette**, le pourpier (été), le cresson.\n\n## Le principe des semis échelonnés\n\nUn petit rang **toutes les deux ou trois semaines** plutôt qu'un grand rang une fois : sinon, tout arrive en même temps et monte en graines ensemble.\n\n## Pourquoi ils comptent\n\nLa vitamine C et les folates des légumes-feuilles et des choux évitent les carences l'hiver. Lactofermentés en choucroute, les choux se gardent des mois : les navires de James Cook en embarquaient contre le scorbut. Voir [[TEC-ALI-002]] et [[TEC-ALI-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-019","titre":"Courges et potirons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["courges","potirons","courgettes","butternut","trois soeurs","pollinisation","oidium","conservation","graines"],"sources":["Smith B.D., The initial domestication of Cucurbita pepo in the Americas 10,000 years ago, Science, 1997","Mt. Pleasant J., The science behind the Three Sisters mound system, 2006","Ashworth S., Seed to Seed, Seed Savers Exchange, 2002"],"corps":"::La courge est l'une des toutes premières plantes cultivées d'Amérique, il y a environ 10 000 ans. Les peuples d'Amérique du Nord la plantaient avec le maïs et le haricot : les trois sœurs. Le maïs sert de tuteur au haricot, le haricot enrichit la terre, et les grandes feuilles de la courge couvrent le sol. Une courge d'hiver bien mûre se garde six mois dans une chambre.::\n\n## Semer et planter\n\n- **En mai**, quand la terre est **bien chaude** (au moins 15 °C), en poquets de deux ou trois graines, ou en godets trois semaines avant au chaud.\n- **Une terre très riche** : un trou rempli de compost ou de fumier bien décomposé. Les courges poussent même sur le tas de compost.\n- **De la place** : un à deux mètres carrés par plante pour les coureuses.\n\n## La pollinisation\n\nChaque plante porte des **fleurs mâles** et des **fleurs femelles** (celles-ci ont un petit fruit à leur base). Les insectes font le travail. S'ils manquent, **on cueille une fleur mâle** le matin et on frotte son pollen sur le cœur de la fleur femelle.\n\n## Soigner\n\n- **Arroser au pied**, pailler. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **L'oïdium** (feutrage blanc sur les feuilles) arrive en fin d'été : du lait dilué, et on ne s'inquiète pas trop s'il vient tard. Voir [[TEC-AGR-014]].\n- **Les courgettes** se cueillent petites, tous les deux jours : oubliées, elles deviennent des massues.\n\n## Récolter et garder\n\n- **Les courges d'hiver** (potiron, butternut, potimarron) : avant les gelées, quand la tige sèche et que la peau ne se raye plus à l'ongle. On garde un bout de tige.\n- **Les laisser durcir** au soleil ou au chaud une dizaine de jours.\n- **Les stocker** au sec, entre 10 et 15 °C : plusieurs mois, parfois toute l'année pour les butternuts. Voir [[TEC-ALI-022]].\n\n## Tout se mange\n\nLes fleurs (en beignets), les graines grillées, la chair, et les jeunes pousses de certaines variétés.\n\n## Les graines\n\nLes courges d'une même espèce se croisent entre elles : pour garder une variété pure, on isole les fleurs femelles dans un sac après une pollinisation à la main. Voir [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-018","titre":"Tomates, poivrons, aubergines","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tomates","poivrons","aubergines","solanacees","semis au chaud","gourmands","tuteur","mildiou","graines"],"sources":["Smith A.F., The Tomato in America: Early History, Culture, and Cookery, 1994","Ashworth S., Seed to Seed, Seed Savers Exchange, 2002","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Arrivée d'Amérique au XVIe siècle, la tomate est longtemps restée une plante d'ornement dans le nord de l'Europe : cousine de la belladone, on la croyait vénéneuse. Ses feuilles le sont un peu, ses fruits non. Aujourd'hui, c'est le légume le plus cultivé des potagers, et celui dont on garde le plus facilement les graines.::\n\n## Semer au chaud\n\n- **Fin février à mars**, à l'intérieur, **au chaud** (20 à 25 °C) et **à la lumière** : sinon les plants filent, longs et fragiles.\n- **Repiquer** en godets quand apparaissent les premières vraies feuilles. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Poivrons et aubergines** : un mois plus tôt, et encore plus de chaleur.\n\n## Planter\n\n- **Après les dernières gelées**, à la mi-mai en général. Voir [[TEC-AGR-015]].\n- **Enterrer la tomate profondément**, jusqu'aux premières feuilles : la tige enterrée fait des racines.\n- **Un tuteur** solide ou une cage, planté en même temps.\n- **Au soleil**, à l'abri du vent, dans une terre riche en compost. Voir [[TEC-AGR-003]].\n\n## Conduire\n\n- **Les gourmands** : les pousses qui naissent entre la tige et une feuille. On les pince sur les tomates à grande croissance pour garder une ou deux tiges.\n- **Arroser au pied**, régulièrement, jamais sur les feuilles ; **pailler**. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **Le mildiou** : un abri contre la pluie, les feuilles du bas retirées. Voir [[TEC-AGR-014]].\n\n## Récolter et garder\n\n- **Fin de saison** : les tomates vertes mûrissent à l'intérieur, dans un carton avec une pomme ou une banane.\n- **Sécher, faire des coulis, des conserves.** Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n## Garder ses graines\n\n- Des **variétés anciennes** (pas des hybrides marqués F1, dont les graines donnent des plantes différentes).\n- **Tomate** : la pulpe et les graines dans un verre d'eau, deux ou trois jours à fermenter, puis rincer et sécher. **Poivron** : les graines sèches directement. Voir [[TEC-AGR-002]].\n\n## Attention\n\nLes **feuilles et tiges** ne se mangent pas, ni les parties vertes des pommes de terre, de la même famille.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-011","titre":"La chèvre","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chevre","lait","fromage","cloture","broussailles","parage des onglons","chevreau","identification","troupeau"],"sources":["Zeder M.A., Hesse B., The initial domestication of goats (Capra hircus) in the Zagros mountains 10,000 years ago, Science, 2000","Institut de l'élevage (Idele), fiches techniques caprines","FAO, élevage caprin et petits producteurs"],"corps":"::On l'a appelée la vache du pauvre : elle mange ce que la vache refuse, ronces, broussailles, feuillages, tient sur un terrain en pente et donne plusieurs litres de lait par jour. La chèvre a été domestiquée il y a environ 10 000 ans dans les montagnes du Zagros. Depuis, elle s'échappe de tous les enclos que l'homme a construits.::\n\n## Ce qu'elle donne\n\n- **Du lait** : deux à quatre litres par jour pour une bonne laitière, pendant une dizaine de mois après la mise bas. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Des chevreaux**, pour la viande ou pour agrandir le troupeau.\n- **Un débroussaillage** gratuit.\n- **Du fumier.** Voir [[TEC-AGR-017]].\n\n## Les besoins\n\n- **Jamais une chèvre seule** : c'est un animal de troupeau. Au moins deux.\n- **Un abri** sec, sans courant d'air : elle déteste la pluie plus que le froid.\n- **À manger** : broussailles, feuillages, herbe, et du **foin** l'hiver. Une **pierre à sel** et de l'eau propre en permanence.\n- **Une clôture sérieuse** : 1,20 m au moins, grillage tendu ou fil électrique. Elle saute, grimpe, se faufile.\n\n## Les soins\n\n- **Parer les onglons** (les sabots) toutes les quelques semaines avec un sécateur : trop longs, ils la font boiter.\n- **Les parasites** : surveiller l'état, les crottes, les muqueuses de l'œil (pâles, c'est une anémie).\n- **La mise bas** : le plus souvent seule, au printemps. On surveille, on aide seulement si ça traîne.\n- **Pour avoir du lait**, il faut qu'elle mette bas : chaque année, une saillie à l'automne.\n\n## Les pièges\n\n- **Les plantes toxiques** : if, laurier-rose, rhododendron, feuilles de laurier-cerise. Voir [[TEC-BOT-003]].\n- **Les arbres fruitiers** : elle les écorce et les tue. On protège les troncs.\n- **Le lait cru** : attention à la brucellose et aux autres maladies transmises. Voir [[TEC-SAN-035]].\n\n## La loi\n\nEn France, chaque chèvre doit être **identifiée** et déclarée auprès de l'établissement de l'élevage du département, même pour une ou deux bêtes.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. Choisir une espèce : [[TEC-ELE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-030","titre":"Les arbres qui nourrissent","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chataignier","noyer","noisetier","chene","glands","arbre a pain","farine de chataigne","fruitiers","foret nourriciere"],"sources":["Pitte J.-R., Terres de Castanide : hommes et paysages du châtaignier de l'Antiquité à nos jours, Fayard, 1986","Crawford M., Creating a Forest Garden, Green Books, 2010","Bainbridge D.A., The use of acorns for food in California: past, present, future, 1986"],"corps":"::Dans les Cévennes, en Ardèche, en Corse, le châtaignier a nourri des vallées entières pendant des siècles : on l'appelait l'arbre à pain. Une fois planté, un arbre nourricier donne pendant des décennies sans labour, sans semis, presque sans travail. On plante pour soi, et surtout pour ceux qui viendront après.::\n\n## Les grands arbres\n\n- **Le châtaignier** : des dizaines de kilos de châtaignes par arbre adulte, farineuses, riches en amidon. Séchées, elles se gardent et se moulent en farine. Il veut une **terre acide**. Voir [[TEC-AGR-029]].\n- **Le noyer** : des noix riches en graisses et en protéines, de l'huile. Lent à produire. Ses feuilles et ses racines gênent les plantes qui poussent dessous.\n- **Le chêne** : les glands se mangent une fois **débarrassés de leurs tanins**. On les casse, on les broie, et on les fait tremper dans de l'eau changée chaque jour jusqu'à ce qu'ils ne soient plus amers. Les peuples de Californie en faisaient leur aliment de base.\n\n## Les arbustes rapides\n\n- **Le noisetier** : produit en trois ou quatre ans, fait une haie, des noisettes grasses et des perches souples.\n- **Le sureau** : fleurs en beignets et en sirop, baies **cuites** en confiture (crues, elles rendent malade).\n- **Le figuier**, **le mûrier**, **l'amandier** dans le Sud.\n\n## Les fruitiers\n\nPommiers, poiriers, pruniers, cerisiers : voir [[TEC-AGR-012]] pour planter et tailler, [[TEC-AGR-013]] pour greffer.\n\n## Planter\n\n- **À l'automne ou en hiver**, hors gel.\n- **Des variétés adaptées** au climat et au sol, de préférence locales.\n- **Des plants greffés** produisent plus tôt ; **des arbres de semis** (une noix, une châtaigne mise en terre) sont plus rustiques et vivent plus longtemps.\n- **Protéger** les jeunes arbres des chevreuils et des lapins avec un grillage.\n\n## La forêt nourricière\n\nGrands arbres, arbustes, plantes grimpantes, vivaces et légumes, étagés comme dans une lisière : une fois installée, elle produit beaucoup pour peu de travail.\n\nLes calories au jardin : [[TEC-AGR-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-029","titre":"Corriger un sol acide ou calcaire","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ph","sol acide","sol calcaire","chaulage","cendre","plantes indicatrices","chlorose","matiere organique","vinaigre"],"sources":["GIS Sol, Réseau de mesures de la qualité des sols","COMIFER, guide du chaulage","Rameau J.-C. et al., Flore forestière française (plantes indicatrices)"],"corps":"::Là où poussent spontanément la bruyère, la fougère aigle, le genêt et le châtaignier, la terre est acide. Là où poussent le buis et la clématite sauvage, elle est calcaire. Les plantes sauvages disent la nature du sol avant tout laboratoire. La plupart des légumes aiment une terre au milieu : ni trop acide, ni trop calcaire.::\n\n## Savoir ce qu'on a\n\n- **Un test de pH** de jardinerie, quelques euros : entre 6 et 7, la plupart des légumes sont contents.\n- **Le test du vinaigre** : une poignée de terre sèche, quelques gouttes de vinaigre. **Elle mousse** : la terre est calcaire.\n- **Les plantes du coin**, sauvages ou dans les jardins voisins.\n\n## Une terre trop acide\n\n- **Les signes** : mousses, prêles, mauvaise croissance des choux, des haricots, des betteraves.\n- **Le chaulage** : de la chaux agricole ou du calcaire broyé, épandu à l'automne ou en hiver, en surface. Les doses sont indiquées sur le sac ; on corrige sur plusieurs années plutôt qu'en une fois. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **La cendre de bois** : elle adoucit aussi l'acidité et apporte de la potasse. Avec modération.\n- **Jamais chaux et fumier en même temps** : l'azote s'envole en ammoniac. Quelques semaines d'écart.\n\n## Une terre trop calcaire\n\n- **Les signes** : feuilles jaunes aux nervures vertes (la chlorose) sur les fraisiers, les framboisiers, les arbres fruitiers ; les rhododendrons et les myrtilles meurent.\n- **La matière organique** : compost, terreau de feuilles, paillis, année après année. C'est le seul remède durable.\n- **Choisir des plantes** qui aiment le calcaire, et cultiver en bacs ce qui ne le supporte pas.\n\n## Le plus important\n\n**Le compost** améliore toutes les terres : il rend les terres lourdes plus légères, les terres sableuses plus fraîches, et tamponne les excès d'acidité. Voir [[TEC-AGR-003]]. Lire un sol : [[TEC-SOL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-028","titre":"Les engrais verts","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["engrais verts","couverts vegetaux","legumineuses","azote","nodosites","phacelie","moutarde","seigle","feverole"],"sources":["Columelle, De re rustica, livre II (les lupins comme engrais)","SARE, Managing Cover Crops Profitably, 3e édition, 2007","Arvalis et Terres Inovia, fiches sur les couverts végétaux"],"corps":"::Il y a deux mille ans, l'agronome romain Columelle conseillait déjà de semer des lupins et de les enfouir pour engraisser les champs. Arrachez aujourd'hui un pied de trèfle ou de fève : les petites boules roses sur ses racines sont des usines qui tirent l'azote de l'air. Un engrais vert, c'est de l'engrais qui pousse tout seul.::\n\n## À quoi ça sert\n\n- **Couvrir le sol** entre deux cultures, au lieu de le laisser nu à la pluie et aux herbes.\n- **Nourrir la terre** : une fois coupées, les plantes deviennent de l'humus.\n- **Fixer l'azote** de l'air, pour les légumineuses (trèfle, vesce, fèves, pois, lupin).\n- **Ameublir** la terre avec leurs racines.\n- **Nourrir les abeilles** en fleurs.\n\n## Lesquels\n\n- **Phacélie** : pousse très vite, fleurs bleues adorées des abeilles, gèle l'hiver.\n- **Moutarde** : très rapide, couvre en un mois. De la famille des choux : on évite avant des choux, radis, navets. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **Trèfle, vesce, féverole** : fixent l'azote, avant des cultures gourmandes (tomates, courges, choux).\n- **Seigle** : semé à l'automne, tient tout l'hiver, étouffe les herbes.\n- **Sarrasin** : en été, pousse vite et étouffe les herbes.\n\n## Comment\n\n1. **Semer à la volée**, dès qu'une planche se libère (fin d'été et automne surtout), et ratisser.\n2. **Couper avant les graines**, au début de la floraison, sinon il se ressème partout.\n3. **Laisser en surface** comme paillis, ou **incorporer** légèrement dans les premiers centimètres.\n4. **Attendre deux à trois semaines** avant de planter : la décomposition gêne les jeunes semis.\n\n## En pratique\n\nUne planche vide en septembre qu'on sème de phacélie ou de féverole, c'est une planche plus riche et moins envahie d'herbes au printemps, pour quelques grammes de graines. Voir [[TEC-AGR-023]].\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-027","titre":"Le maïs","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["mais","teosinte","nixtamalisation","chaux","pellagre","farine","polenta","pollinisation","trois soeurs"],"sources":["Matsuoka Y. et al., A single domestication for maize shown by multilocus microsatellite genotyping, PNAS, 2002","Organisation mondiale de la santé, Pellagra and its prevention and control in major emergencies, 2000","FAO, Le maïs dans la nutrition humaine, 1993"],"corps":"::Le maïs a été tiré, il y a environ 9 000 ans au Mexique, d'une herbe sauvage aux épis minuscules. Les peuples d'Amérique le cuisaient avec de la chaux ou de la cendre. Quand l'Europe l'a adopté sans cette recette, les paysans qui ne mangeaient presque que de la polenta ont été ravagés par la pellagre. Le secret était dans la marmite, pas dans le champ.::\n\n## Cultiver\n\n- **Semer en mai**, dans une terre **réchauffée** (au moins 12 °C), à 3-4 cm de profondeur.\n- **En carré, pas en ligne** : le pollen tombe des panaches du haut sur les soies des épis voisins, portée par le vent. Un seul long rang donne des épis à moitié vides.\n- **Une terre riche** et de l'eau au moment de la floraison.\n- **Butter** le pied quand il fait 30 cm, pour le tenir contre le vent.\n- **Avec des haricots et des courges** : les trois sœurs. Voir [[TEC-AGR-019]].\n\n## Les sortes\n\n- **Le maïs doux** : se mange frais, en été, grillé ou bouilli.\n- **Le maïs à farine ou à polenta** (grain dur ou denté) : il sèche sur pied, se garde des années, se moud.\n- **Le maïs à éclater** (pop-corn).\n\n## Récolter le grain\n\n1. **Laisser sécher sur pied** jusqu'à ce que les feuilles de l'épi soient sèches et les grains durs.\n2. **Finir de sécher** suspendu en tresses, à l'abri.\n3. **Égrener** et stocker très sec, fermé. Voir [[TEC-ALI-022]].\n\n## La nixtamalisation\n\nLa méthode des peuples d'Amérique, qui rend disponible la vitamine du maïs (la niacine) et le rend plus digeste :\n\n1. Environ **1 kg de grains secs**, **2 à 3 litres d'eau**, et **une cuillère à soupe de chaux éteinte alimentaire** (environ 10 g), ou de la cendre de bois tamisée à défaut.\n2. **Mijoter** 30 à 45 minutes, puis **laisser tremper** une nuit.\n3. **Rincer** en frottant pour enlever les peaux.\n4. **Moudre** humide : c'est la pâte des tortillas et des tamales.\n\n**Sans elle**, un régime presque entièrement fait de maïs mène à la **pellagre** : peau abîmée au soleil, diarrhée, troubles de l'esprit, et parfois la mort. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\n## Les graines\n\nLes variétés différentes se croisent à des centaines de mètres : pour garder une variété pure, on la sème seule ou à un autre moment. Voir [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-026","titre":"Les graines germées et les jeunes pousses","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["graines germees","germination","lentilles","haricot mungo","vitamine c","scorbut","bocal","jeunes pousses","hygiene"],"sources":["Chick H., Hume E.M., The distribution among foodstuffs of the substances required for the prevention of beri-beri and scurvy, Journal of the Royal Army Medical Corps, 1917","Institut Robert Koch, rapport sur l'épidémie d'E. coli O104:H4 en Allemagne, 2011","ANSES, graines germées : recommandations d'hygiène"],"corps":"::Une lentille sèche ne contient presque pas de vitamine C. Mise à germer trois jours dans un bocal, elle en fabrique. Pendant la Première Guerre mondiale, des médecins britanniques ont recommandé les légumineuses germées contre le scorbut des troupes qui manquaient de légumes frais. Un bocal, de l'eau, et on a des légumes frais en plein hiver, sans jardin.::\n\n## Faire germer\n\n1. **Un bocal** propre, un morceau de moustiquaire ou de tissu fin tenu par un élastique.\n2. **Tremper** une à deux cuillères de graines 8 à 12 heures dans l'eau.\n3. **Égoutter**, et poser le bocal **incliné, ouverture vers le bas**, à l'abri du soleil direct.\n4. **Rincer deux à trois fois par jour** à l'eau potable.\n5. **Prêt en 2 à 5 jours** selon la graine, quand le germe fait la longueur de la graine ou un peu plus.\n\n## Quelles graines\n\n- **Lentilles, haricots mungo, pois chiches** : faciles, nourrissants, à cuire rapidement ou à manger crus selon le cas.\n- **Luzerne, radis, fenugrec, brocoli** : petites, au goût marqué.\n- **Blé, sarrasin, tournesol** décortiqué.\n- **Des graines vendues pour germer**, ou des graines alimentaires non traitées. **Jamais des semences de jardin**, souvent enrobées de produits.\n- **Jamais de graines de haricot rouge** crues germées : toxiques sans cuisson longue. Voir [[TEC-ALI-017]].\n\n## Les jeunes pousses\n\nSemées serrées sur une fine couche de terreau dans un plateau, près d'une fenêtre : **pois, tournesol, radis, roquette**, coupées au ciseau au bout d'une à trois semaines. Plus de goût et de volume que les graines germées.\n\n## L'hygiène, sans compromis\n\nLa chaleur et l'humidité qui font germer font aussi pousser les bactéries. En 2011, en Allemagne, des graines germées contaminées ont causé une épidémie qui a tué plus de cinquante personnes.\n\n- **Rincer souvent**, à l'eau potable, bocal propre à chaque fois.\n- **Jeter** ce qui sent mauvais ou devient visqueux.\n- **Pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou malades** : les graines germées se mangent **cuites**.\n\nLes carences : [[TEC-ALI-013]]. Les légumineuses : [[TEC-AGR-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-025","titre":"Cultiver sur un balcon ou un toit","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["balcon","toit","bacs","pots","poids","charge","reserve d'eau","agriculture urbaine","herbes aromatiques"],"sources":["Norme NF P06-001, charges d'exploitation des bâtiments","FAO, Growing greener cities (agriculture urbaine)","Nature Urbaine, ferme urbaine du parc des expositions de Paris, 2020"],"corps":"::À Paris, sur le toit du parc des expositions, une ferme urbaine de plus d'un hectare produit fruits et légumes au milieu des immeubles. Un balcon ne nourrira pas une famille, mais il fournit herbes, salades, tomates cerises et haricots tout l'été. La première question n'est pourtant pas « quoi planter », c'est « combien ça pèse ».::\n\n## Le poids d'abord\n\n- **La terre mouillée** pèse lourd : **un bac de 20 cm de profondeur sur un mètre carré dépasse souvent 300 kg** une fois arrosé.\n- Un balcon d'habitation est prévu, en général, pour environ 350 kg par mètre carré, **personnes comprises**.\n- **Les gros bacs contre le mur** et près des appuis, jamais tous au bout du balcon. Un **terreau léger**, pas de la terre de jardin. Dans le doute, demander au syndic ou à un professionnel, surtout pour un toit.\n\n## La lumière et le vent\n\n- **Six heures de soleil** pour les tomates, poivrons, fraises, haricots.\n- **Balcon à l'ombre** : salades, blettes, épinards, persil, menthe, ciboulette.\n- **Le vent** dessèche et casse : un filet ou un canisse comme brise-vent, des tuteurs solides.\n\n## Les contenants\n\n- **Grands** : au moins 20 à 30 litres pour une tomate. Plus il y a de terre, moins on arrose.\n- **Percés** au fond, avec une couche drainante.\n- **Le bac à réserve d'eau** : deux seaux emboîtés, le terreau dans celui du haut, l'eau dans celui du bas, une mèche ou un pot de terreau qui plonge dans la réserve. Arrosage divisé par trois.\n- **Des sacs** pour les pommes de terre, qu'on remplit au fur et à mesure que les tiges montent.\n\n## Ce qui marche le mieux\n\nHerbes aromatiques, salades à couper, radis, blettes, tomates cerises, piments, haricots à rames sur un treillis, fraisiers, petits pois.\n\n## L'eau\n\n- **Arroser le matin**, pailler la surface des bacs. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **Récupérer la pluie** si c'est permis, et l'eau de rinçage des légumes.\n\nUn potager sur une petite surface : [[TEC-AGR-004]]. Faire ses plants : [[TEC-AGR-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-028","titre":"Le sucre et les confitures","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["confiture","sucre","pectine","gelee","betterave","sirop d'erable","pates de fruits","moisissure","bocaux"],"sources":["USDA National Center for Home Food Preservation, confitures et gelées","Mintz S., Sweetness and Power: The Place of Sugar in Modern History, 1985","Delessert B., fabrication industrielle du sucre de betterave, 1812"],"corps":"::En 1806, le blocus continental prive la France du sucre de canne des colonies. Napoléon encourage alors le sucre de betterave, et en 1812 Benjamin Delessert en produit à l'échelle industrielle près de Paris. Le sucre n'est pas qu'un plaisir : à forte dose, c'est un conservateur, qui garde les fruits de l'été jusqu'au printemps.::\n\n## Pourquoi ça conserve\n\nÀ forte concentration, le sucre **retient l'eau** : les microbes n'en trouvent plus assez pour se multiplier. Une confiture classique contient environ **autant de sucre que de fruit**.\n\n## La confiture\n\n1. **Des fruits** mûrs et sains, coupés.\n2. **Le sucre** : en général, le même poids que les fruits. Moins de sucre, c'est moins de conservation : on la garde alors au frais une fois ouverte.\n3. **Macérer** quelques heures, puis **cuire à gros bouillons** en remuant.\n4. **La prise** : une goutte sur une assiette froide doit se figer et se rider quand on pousse du doigt (vers 105 °C).\n5. **En pots** bien propres, ébouillantés, remplis à ras bord, fermés tout de suite.\n\n**La pectine** fait prendre : les pommes, les coings et la peau des agrumes en sont riches. Un sachet de peaux et de trognons de pommes dans la marmite fait prendre les fraises ou les cerises.\n\n**Une moisissure** sur une confiture : on jette le pot, on ne se contente pas de gratter.\n\n## Sans confiture\n\n- **Les gelées** : le jus seul, filtré, cuit avec le sucre.\n- **Les pâtes de fruits** : une purée très réduite, séchée en plaques.\n- **Les fruits séchés** : sans sucre du tout. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\n## Faire son sucre\n\n- **Le miel** : [[TEC-ELE-010]].\n- **La betterave sucrière** : râpée, cuite dans un peu d'eau, pressée ; le jus réduit longuement donne un sirop brun.\n- **La sève d'érable** (ou de bouleau) au printemps : environ 40 litres de sève réduite pour un litre de sirop.\n\n## Le sucre dans le corps\n\nDes calories rapides, sans vitamines ni protéines : utile pour l'effort et le moral, pas pour nourrir. Et les dents : [[TEC-SAN-031]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-027","titre":"Le confit et la graisse","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["confit","graisse","saindoux","suif","pemmican","rillettes","famine du lapin","conservation","botulisme"],"sources":["Stefansson V., Not by Bread Alone, 1946 (la famine du lapin)","Toussaint-Samat M., Histoire naturelle et morale de la nourriture, 1987","ANSES, botulisme et conserves de viande"],"corps":"::Les trappeurs du Grand Nord qui ne mangeaient que du lapin maigre dépérissaient, le ventre plein : on l'appelait la famine du lapin. Le corps ne sait pas vivre de protéines seules, il lui faut de la graisse. Les Amérindiens des plaines en mêlaient à la viande séchée pour faire le pemmican, qui se gardait des années. En Gascogne, on garde le canard dans sa propre graisse.::\n\n## Pourquoi la graisse compte\n\n- **9 calories par gramme**, plus du double des sucres et des protéines : l'énergie la plus concentrée qui soit.\n- **Indispensable par grand froid** et dans les régimes pauvres.\n- **Elle conserve** : couverte de graisse, la viande est à l'abri de l'air.\n\n## Fondre la graisse\n\n1. **Couper** la graisse crue (porc, canard, oie, bœuf, mouton) en petits morceaux.\n2. **La faire fondre à feu très doux** avec un fond d'eau, en remuant, une à deux heures.\n3. **Filtrer** dans un linge, verser dans des pots propres.\n4. **Garder au frais et à l'abri de la lumière** : le saindoux se conserve des mois. Les **grattons** qui restent se mangent.\n\n**Le suif** (bœuf, mouton) est plus dur : bougies, savon, graisse pour le cuir et les outils. Voir [[TEC-MAT-010]].\n\n## Le confit\n\n1. **Saler** les morceaux de viande une nuit, puis les rincer et les sécher.\n2. **Les cuire très doucement** deux à trois heures dans la graisse, sans bouillir, jusqu'à ce qu'ils soient tendres.\n3. **Les ranger** dans un pot propre et les **recouvrir entièrement** de graisse chaude.\n4. **Garder au froid.** Pour une longue conservation, mettre en bocaux et stériliser. Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n**Attention** : sous la graisse, sans air, le botulisme peut se développer si la conservation est tiède. Froid ou stérilisation, sans exception. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## Le pemmican\n\nViande maigre **séchée** jusqu'à casser, **pilée** en poudre, mélangée à autant de graisse fondue, avec des baies séchées si on en a. Moulé en pains, il se garde très longtemps au sec et au frais, et nourrit une journée de marche avec quelques poignées. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\nLes rillettes, les pâtés et le jambon : [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-026","titre":"Préparer les légumineuses","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["legumineuses","trempage","cuisson","haricots","lentilles","pois chiches","feves","favisme","gesse","eau calcaire"],"sources":["FAO, Légumineuses : des graines nutritives pour un avenir durable, 2016","Organisation mondiale de la santé, déficit en G6PD et favisme","Goya F., Les Désastres de la guerre, planche « Gracias a la almorta », vers 1812"],"corps":"::Pendant la famine de Madrid de 1811-1812, Goya grave des gens affamés qui se partagent une bouillie de gesse, une légumineuse bon marché. Mangée seule pendant des semaines, elle paralyse les jambes : c'est le lathyrisme. Les légumineuses sont la meilleure réserve de protéines qui soit, à condition de savoir les préparer, et de ne jamais n'en manger qu'une seule.::\n\n## Tremper\n\n- **Haricots, pois chiches, fèves** : 8 à 12 heures dans beaucoup d'eau froide, puis **jeter l'eau de trempage**. Elles cuisent plus vite et se digèrent mieux.\n- **Lentilles, pois cassés** : pas besoin.\n\n## Cuire\n\n| Légumineuse | Cuisson à l'eau | Autocuiseur |\n|---|---|---|\n| Lentilles | 20 à 30 min | 5 à 10 min |\n| Pois cassés | 30 à 45 min | 10 min |\n| Haricots secs trempés | 1 à 2 h | 15 à 25 min |\n| Pois chiches trempés | 1 h 30 à 2 h | 20 à 30 min |\n\n- **Les haricots rouges** : 10 minutes à gros bouillons au début, obligatoirement. Voir [[TEC-ALI-017]].\n- **Le sel ne les durcit pas**, contrairement à la légende. Ce qui les empêche de cuire, c'est **l'âge** (des haricots de plusieurs années ne ramollissent parfois jamais) et **l'eau très calcaire**. Une pincée de bicarbonate dans l'eau de cuisson aide.\n- **Économiser le combustible** : la marmite norvégienne fait des merveilles. Voir [[TEC-ALI-017]].\n\n## Les digérer\n\n- **Commencer par de petites quantités** si on n'en mange pas d'habitude : l'intestin s'habitue en quelques semaines.\n- **Bien cuire**, jeter l'eau de trempage.\n- Les cuisines du monde y ajoutent **cumin, fenouil, laurier** ou un morceau d'algue.\n\n## Les précautions\n\n- **Les fèves** peuvent provoquer une grave destruction des globules rouges chez les personnes atteintes d'un déficit héréditaire fréquent autour de la Méditerranée et en Afrique : **le favisme**. Urines foncées, jaunisse, fatigue brutale après un plat de fèves : urgence.\n- **La gesse** ne doit jamais être l'aliment principal pendant des semaines.\n- **Associer aux céréales** : [[TEC-ALI-024]].\n\nLes cultiver : [[TEC-AGR-006]]. Les germer : [[TEC-AGR-026]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-025","titre":"Le four à bois et le four solaire","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["four a bois","four en terre","four banal","cuisson en cascade","four solaire","cuiseur solaire","pasteuriser l'eau"],"sources":["Denzer K., Build Your Own Earth Oven, Hand Print Press, 2007","Solar Cookers International, guides et retours d'expérience","Toussaint-Samat M., Histoire naturelle et morale de la nourriture, 1987"],"corps":"::Au Moyen Âge, chaque village avait son four banal, où l'on cuisait le pain de tous et payait une redevance au seigneur. Un four en terre se construit en un week-end avec de l'argile, du sable et de la paille. Un four solaire se fabrique avec un carton et du papier d'aluminium. Tous deux font la même chose : garder la chaleur autour des aliments.::\n\n## Le four en terre\n\n**Construire**\n1. **Un socle** solide à hauteur de travail (pierres, briques, parpaings), une couche isolante dessus (bouteilles en verre noyées dans l'argile, ou mélange argile et sciure), puis une sole en briques.\n2. **Un moule** en sable humide en forme de dôme, recouvert de papier journal mouillé.\n3. **Une première couche** d'argile et de sable, épaisse d'une main, bien tassée ; une porte en arche.\n4. **Une couche isolante** d'argile mêlée de paille, puis un enduit.\n5. **Sécher** plusieurs jours, vider le sable par la porte, faire de petits feux de séchage. **Un toit** au-dessus, sinon la pluie le détruit.\n\n**Cuire en cascade**\n1. **Un grand feu dedans** pendant une à deux heures, jusqu'à ce que la voûte noircie redevienne claire.\n2. **Retirer les braises**, passer un chiffon humide sur la sole.\n3. **Le pain d'abord** (le four est au plus chaud), puis les plats mijotés et les gratins, puis les gâteaux, et **toute la nuit**, le séchage des fruits. Une seule flambée pour une journée de cuisine.\n\n**Le test de la main** : on tient la main à l'entrée du four ; si on ne tient que quelques secondes, c'est la chaleur du pain. Voir [[TEC-ALI-012]].\n\n## Le four solaire\n\n- **Le four boîte** : une caisse isolée, noire à l'intérieur, un couvercle vitré, des réflecteurs en aluminium. Il monte à 100-150 °C par beau temps.\n- **Le cuiseur en panneaux** : un carton plié et couvert d'aluminium, une casserole noire dans un sac plastique résistant à la chaleur. Utilisé dans des camps de réfugiés d'Afrique.\n- **Le cuiseur parabolique** : concentre le soleil sur un point, et peut frire. Dangereux pour les yeux.\n\n**Ce qu'il fait** : riz, légumineuses, ragoûts, pain, en cuisant lentement, sans surveiller ni brûler. Il **pasteurise l'eau** : maintenue quelques minutes au-dessus de 65 °C, la plupart des microbes meurent. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\nÉconomiser le bois : [[TEC-ALI-017]] et [[TEC-ENE-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-024","titre":"Les protéines sans viande","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["proteines","legumineuses","cereales","complementarite","tofu","seitan","oeufs","vitamine b12","besoins"],"sources":["OMS, FAO, UNU, Protein and amino acid requirements in human nutrition, WHO Technical Report Series 935, 2007","Lappé F.M., Diet for a Small Planet, 1971","ANSES, références nutritionnelles pour la population (protéines, vitamine B12)"],"corps":"::Riz et haricots rouges, lentilles et pain, pois chiches et galette, maïs et haricots : partout dans le monde, les cuisines pauvres ont trouvé seules le même accord. Les céréales et les légumineuses se complètent, et ensemble valent presque une viande. Pas besoin d'un élevage pour manger assez de protéines.::\n\n## Combien il en faut\n\nEnviron **0,8 g de protéines par kilo de poids et par jour** pour un adulte, soit une soixantaine de grammes pour 70 kg. Un peu plus pour les enfants qui grandissent, les femmes enceintes, les personnes âgées, les blessés qui cicatrisent.\n\n## Où les trouver\n\n| Aliment | Protéines |\n|---|---|\n| 100 g de lentilles sèches | environ 25 g |\n| 100 g de cacahuètes | environ 25 g |\n| 100 g de pois chiches secs | environ 20 g |\n| 100 g de farine de blé | environ 10 g |\n| 1 œuf | environ 6 g |\n| 1 verre de lait | environ 8 g |\n\n## La complémentarité\n\n- **Les légumineuses** manquent un peu d'un acide aminé que les **céréales** ont, et inversement. **Ensemble**, dans la même journée, elles fournissent tout ce qu'il faut.\n- **Les œufs et le lait** sont complets à eux seuls, et complètent tout.\n- **Les graines** (tournesol, courge, sésame) et **les noix** ajoutent protéines et graisses.\n- **Les insectes** : [[SURV-RES-007]].\n\n## Les fabriquer\n\n- **Le tofu** : faire tremper puis mixer des graines de soja avec de l'eau, filtrer, faire bouillir ce « lait », puis le faire cailler avec un peu de chlorure de magnésium, de vinaigre ou de jus de citron. Égoutter et presser dans un linge.\n- **Le seitan** : pétrir une pâte de farine de blé et d'eau, puis la laver sous l'eau jusqu'à ne garder que le gluten, élastique et riche en protéines. Cuire dans un bouillon.\n\n## Les points d'attention\n\n- **La vitamine B12** ne se trouve que dans les produits animaux : sans œufs, lait ni viande pendant des mois, il faut un complément.\n- **Le fer** des végétaux s'absorbe mieux avec un peu de vitamine C (un fruit, un légume cru dans le repas).\n\nPréparer les légumineuses : [[TEC-ALI-026]]. Les cultiver : [[TEC-AGR-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-023","titre":"Le jeûne et la famine, ce qui se passe dans le corps","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["famine","jeune","faim","reserves","cetose","minnesota","oedeme","economiser l'energie","enfants"],"sources":["Keys A. et al., The Biology of Human Starvation, University of Minnesota Press, 1950","Cahill G.F., Fuel metabolism in starvation, Annual Review of Nutrition, 2006","Organisation mondiale de la santé, Management of severe malnutrition: a manual for physicians, 1999"],"corps":"::En 1944, trente-six volontaires américains acceptent de manger la moitié de ce qu'il leur faut pendant six mois, pour aider à préparer la fin de la guerre en Europe. Ils perdent un quart de leur poids, deviennent obsédés par la nourriture, irritables, déprimés, incapables de se concentrer. Le corps humain tient étonnamment longtemps sans manger ; l'esprit, beaucoup moins bien.::\n\n## Ce qui se passe\n\n1. **Le premier jour** : le corps vide ses petites réserves de sucre, dans le foie et les muscles.\n2. **Les jours suivants** : il fabrique du sucre à partir des muscles, et commence à brûler les graisses.\n3. **Après trois jours environ** : le cerveau s'adapte et tire une grande partie de son énergie de substances fabriquées à partir des graisses. Les muscles sont un peu épargnés.\n4. **Les semaines suivantes** : les graisses fondent, puis les muscles, y compris le cœur. Un adulte en bonne santé, qui boit, peut survivre plusieurs semaines sans rien manger ; les enfants, les malades, les personnes âgées, beaucoup moins.\n\n**Sans eau**, en revanche, on meurt en quelques jours. Voir [[SURV-EAU-006]].\n\n## Les signes\n\n- **Faiblesse, froid permanent**, pouls lent, vertiges en se levant.\n- **L'humeur** : apathie, irritabilité, obsession de la nourriture, disputes.\n- **Des gonflements** des jambes et du visage malgré la maigreur : l'œdème de la faim, signe grave.\n- **Les infections** qui s'installent, les plaies qui ne guérissent plus.\n- **Chez l'enfant** : il cesse de grandir, puis de jouer. Voir [[TEC-ALI-021]] pour le tour de bras.\n\n## Tenir quand on mange trop peu\n\n- **Économiser l'énergie** : se reposer aux heures chaudes, se tenir au chaud, ne pas se dépenser pour rien.\n- **Manger un peu, régulièrement**, plutôt que tout d'un coup.\n- **Boire**, et saler un peu.\n- **Les priorités** : les enfants, les femmes enceintes et qui allaitent, les malades.\n- **Les vitamines** : un peu de vert, de fruit, de germé fait beaucoup. Voir [[TEC-ALI-013]] et [[TEC-AGR-026]].\n- **Pas d'alcool** : il affame le foie et refroidit.\n\n## Le piège de la fin\n\nAprès une longue privation, **on ne remange pas d'un coup** : le corps peut ne pas le supporter et le cœur lâcher. Voir [[TEC-ALI-014]].\n\nManger assez avec peu : [[TEC-ALI-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-031","titre":"Protéger ses cultures des animaux","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["oiseaux","filets","chevreuils","lapins","sangliers","cloture electrique","campagnols","limaces","canards coureurs"],"sources":["Office français de la biodiversité, dégâts de gibier et protection des cultures","Chambres d'agriculture, clôtures électriques contre les sangliers","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Un épouvantail marche quelques jours : les oiseaux comprennent vite qu'il ne bouge jamais. Les chevreuils sautent plus d'un mètre et demi, les lapins creusent sous les grillages, les sangliers retournent un champ de pommes de terre en une nuit. Contre les animaux, il faut une barrière adaptée à chacun, pas un gadget.::\n\n## Les oiseaux\n\n- **Des filets** sur les fraisiers, les cerisiers, les semis de pois et de haricots.\n- **Les effaroucheurs** (épouvantails, CD, rubans brillants) : à **déplacer souvent**, sinon ils ne servent plus à rien.\n- **Des tunnels de grillage** sur les semis.\n\n## Les chevreuils et les cerfs\n\n- **Une clôture haute**, 1,80 m à 2 m.\n- **Des protections individuelles** autour des jeunes arbres : ils mangent les pousses et frottent leurs bois sur les troncs.\n\n## Les lapins et les lièvres\n\nUn grillage à petites mailles d'un mètre de haut, **enterré de 20 à 30 cm** et replié vers l'extérieur, sinon ils passent dessous.\n\n## Les sangliers\n\n**Une clôture électrique** à deux ou trois fils bas (vers 20, 40 et 60 cm), bien entretenue sous le fil. Aucune autre barrière ne les arrête vraiment.\n\n## Sous terre\n\n- **Les campagnols** mangent racines, bulbes et jeunes arbres : plantation dans des paniers de grillage, pièges, et un chat.\n- **Les taupes** abîment plus qu'elles ne mangent : elles mangent des vers et des larves.\n\n## Les limaces et les escargots\n\n- **Les ramasser le soir**, à la lampe, après la pluie.\n- **Des pièges** : une planche posée au sol, retournée le matin ; un pot de bière enterré.\n- **Des canards coureurs** : ils en raffolent et épargnent la plupart des légumes.\n- **La cendre ou le sable** autour des plants, efficaces tant qu'ils restent secs.\n\n## Les autres\n\n- **Les poules** du voisin ou les siennes : grillage autour des planches fraîchement semées. Voir [[TEC-ELE-008]].\n- **Les vols** en période difficile : haie épineuse, chien, voisinage attentif. Voir [[SURV-DEF-008]].\n\nLes insectes et les maladies : [[TEC-AGR-010]] et [[TEC-AGR-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-014","titre":"Le métier de soudeur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["soudeur","soudure","mig","tig","arc","chanfrein","fonte","inox","aluminium","liberty ships","metier"],"sources":["American Welding Society, Welding Handbook","Référentiel du CAP Réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage","US Maritime Commission, programme des Liberty ships, 1941-1945"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, les chantiers américains ont soudé leurs cargos au lieu de les riveter : l'un d'eux, le Robert E. Peary, a été assemblé en moins de cinq jours. Quelques-uns se sont aussi cassés en deux dans l'eau glacée, parce qu'une soudure et un acier mal maîtrisés deviennent cassants comme du verre. Toute la différence entre un bricoleur et un soudeur est là.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Plusieurs procédés** : à l'arc avec électrodes, au fil (MIG et MAG), au tungstène (TIG, le plus précis), au chalumeau, et le brasage. Voir [[TEC-ATE-008]] et [[TEC-ATE-011]].\n- **Les métaux** : l'acier ordinaire, l'inox, l'aluminium, la fonte (qu'il faut préchauffer et souder avec des électrodes spéciales), chacun avec ses réglages.\n- **Préparer** : chanfreiner les bords épais, pointer, brider pour que la pièce ne se déforme pas en refroidissant.\n- **Souder dans toutes les positions** : à plat, à la verticale, au plafond.\n- **Contrôler** : repérer les manques, les soufflures, les fissures.\n\n## Ce qu'un non-soudeur peut apprendre\n\nSouder à l'arc de l'acier épais sur un travail sans danger, braser un tuyau de cuivre, reconnaître une soudure mal faite. Voir [[TEC-ATE-008]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nTout ce dont une vie dépend : un attelage de remorque, une pièce de levage, une réparation de châssis, un réservoir sous pression, une structure qui porte. Et les métaux difficiles : tôle fine, inox, aluminium, fonte.\n\n## Ses outils\n\nPostes à souder, meuleuse, serre-joints et aimants, marteau à piquer, brosse, masque automatique, gants, veste en cuir, aspiration des fumées.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nTout ce qui est en métal finit par casser : charrues, portails, poêles, remorques, cadres de vélo. Le soudeur répare, et fabrique à partir de la ferraille ce qu'on ne peut plus acheter. Avec un groupe électrogène ou des batteries, son atelier redémarre partout.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]]. Le forgeron : [[TEC-MET-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-012","titre":"La potasse et la soude","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["potasse","soude","cendre","lessive de cendre","soude caustique","cristaux de soude","bicarbonate","savon","verre"],"sources":["Brevet américain n° 1, Samuel Hopkins, amélioration de la fabrication de la potasse, 1790","INRS, fiche toxicologique de l'hydroxyde de sodium","Aftalion F., A History of the International Chemical Industry, 1991"],"corps":"::Le tout premier brevet des États-Unis, signé en 1790 par George Washington, protégeait une meilleure façon de fabriquer de la potasse à partir de cendres. Son nom le dit : de la cendre bouillie dans des pots. Avec elle, on fait du savon, de la lessive, du verre et de l'engrais. Et on se brûle, si on la manipule sans respect.::\n\n## Ce que c'est\n\n- **La potasse** : tirée de la **cendre de bois**. Mise à tremper dans l'eau, la cendre donne une eau glissante et caustique, la lessive de cendre. Réduite à sec, elle laisse la potasse.\n- **La soude** : autrefois tirée de la cendre de plantes des marais salants, aujourd'hui fabriquée par l'industrie. On en trouve trois formes :\n  - **le bicarbonate de soude** : doux, cuisine, ménage, pâte à dents ;\n  - **les cristaux de soude** : lessive, dégraissage, plus agressifs ;\n  - **la soude caustique** : très corrosive, pour le savon et les canalisations bouchées.\n\n## Faire une lessive de cendre\n\n1. **De la cendre de bois dur**, bien blanche, tamisée. Jamais de cendre de bois peint, traité ou de plastique.\n2. **De l'eau de pluie** chaude par-dessus, on laisse reposer un jour ou deux en remuant.\n3. **Filtrer** à travers un tissu, ou verser l'eau lentement à travers la cendre dans un seau percé garni de paille.\n4. **La force** : un œuf frais ou une pomme de terre qui flotte en montrant une petite surface, c'est une lessive assez forte pour le savon.\n\n## À quoi ça sert\n\n- **Le savon** : [[TEC-CHI-002]].\n- **Laver le linge** : [[SURV-HYG-005]].\n- **La nixtamalisation du maïs** : [[TEC-AGR-027]].\n- **L'engrais** : la cendre apporte de la potasse au jardin et adoucit les sols acides. Voir [[TEC-AGR-029]].\n\n## La sécurité\n\n- **Gants et lunettes**, toujours. La soude caustique et la lessive forte brûlent la peau et **rendent aveugle** en quelques secondes.\n- **Verser la soude dans l'eau**, jamais l'eau sur la soude : le mélange chauffe violemment et gicle.\n- **Récipients en inox, en verre ou en plastique**, jamais en aluminium, qu'elle attaque en dégageant de l'hydrogène.\n- **Une projection** : rincer à l'eau, abondamment et longtemps. Dans l'œil : voir [[URG-SEC-016]].\n- **Étiqueter** et ranger hors de portée des enfants. Voir [[TEC-CHI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-029","titre":"Le yaourt","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["yaourt","fermentation","ferments","lait","labneh","kefir","metchnikoff","conservation","sans yaourtiere"],"sources":["Metchnikoff E., Essais optimistes, 1907","Tamime A.Y., Robinson R.K., Yoghurt: Science and Technology, 3e édition, 2007","FAO, The technology of traditional milk products in developing countries, 1990"],"corps":"::Au début du XXe siècle, le biologiste Élie Metchnikoff, prix Nobel et chercheur à l'Institut Pasteur, attribue la longévité des paysans bulgares à leur lait fermenté : le yaourt part à la conquête de l'Europe. Il suffit d'une cuillère de yaourt de la veille, de lait et de chaleur pour en refaire à l'infini, sans yaourtière ni électricité.::\n\n## Le principe\n\nDeux bactéries transforment le sucre du lait en acide : le lait épaissit, devient acidulé, et se garde bien plus longtemps. Elles travaillent entre **40 et 45 °C**.\n\n## Faire du yaourt\n\n1. **Chauffer le lait** presque jusqu'à frémir (vers 85-90 °C), quelques minutes : le yaourt sera plus ferme.\n2. **Laisser refroidir** jusqu'à ce qu'il soit **chaud au doigt sans brûler** (environ 45 °C).\n3. **Ajouter une à deux cuillères de yaourt** nature (du commerce ou de la fournée précédente) par litre, bien mélanger.\n4. **Garder au chaud** 6 à 8 heures, sans bouger :\n   - dans une bouteille isotherme ;\n   - dans une casserole enveloppée de couvertures ;\n   - dans une caisse isolée comme la marmite norvégienne ; voir [[TEC-ALI-017]] ;\n   - près d'un poêle tiède.\n5. **Mettre au frais** : il se garde une à deux semaines.\n\n**Garder une cuillère** du nouveau yaourt pour le suivant. Au bout de nombreuses fournées, le ferment faiblit : on repart d'un yaourt du commerce ou d'un voisin.\n\n## Le labneh, pour garder des semaines\n\nUn yaourt **salé**, égoutté une nuit dans un linge : une pâte épaisse. Roulée en boulettes et **recouverte d'huile d'olive** dans un bocal, elle se garde des semaines au frais. C'est la conserve du Proche-Orient.\n\n## Et le kéfir\n\nDes « grains » vivants (des bactéries et des levures en grappes) qu'on met dans le lait à température ambiante un jour, puis qu'on filtre et remet dans du lait frais. Pas besoin de chaleur.\n\n## Les règles\n\n- **Des récipients propres**, ébouillantés.\n- **Un yaourt qui sent mauvais, change de couleur ou moisit** : on jette, et on repart d'un ferment neuf.\n- **Le lait cru** : voir [[TEC-ALI-018]].\n\nLa lactofermentation des légumes : [[TEC-ALI-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-035","titre":"Gérer un bois pour le chauffage","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["taillis","bois de chauffage","cepee","rotation","abattage","chataignier","charme","biodiversite","arbres morts"],"sources":["Centre national de la propriété forestière, gestion des taillis","Rackham O., Woodlands, Collins New Naturalist, 2006","INRS, abattage et travaux forestiers"],"corps":"::Un châtaignier ou un charme qu'on coupe au ras du sol ne meurt pas : il repart de sa souche en plusieurs tiges, et vingt ans plus tard, on peut recouper. Des bois gérés ainsi en taillis ont chauffé les villages d'Europe pendant plus de mille ans, sans jamais disparaître. Un bois bien géré est une réserve de chaleur qui se renouvelle.::\n\n## Le taillis\n\n- **On coupe les feuillus au pied** tous les quinze à trente ans selon l'espèce et l'usage.\n- **La souche rejette** en plusieurs tiges : la cépée.\n- **On divise le bois en parcelles** et on en coupe une chaque année : le bois ne se vide jamais, il vieillit par morceaux.\n- **Les résineux** ne repoussent pas de leur souche : on les replante.\n\n## Combien il en faut\n\nUne maison chauffée au bois brûle souvent 5 à 10 stères par an. Selon la terre et les essences, il faut compter **un à plusieurs hectares** de taillis pour produire ce bois durablement. Voir [[TEC-ENE-019]].\n\n## Les bonnes essences\n\nChâtaignier, charme, chêne, frêne, noisetier, aulne, érable rejettent bien de souche. Le châtaignier donne aussi des piquets imputrescibles, le noisetier des perches.\n\n## Abattre sans mourir\n\nL'abattage est **le travail le plus dangereux** de la forêt.\n\n- **Une formation** avant de couper de gros arbres, et **tout l'équipement** de la tronçonneuse. Voir [[TEC-MEC-017]].\n- **Jamais seul.**\n- **Une entaille de direction** du côté où l'arbre doit tomber, puis le trait d'abattage de l'autre côté, un peu plus haut, en laissant une charnière.\n- **Un chemin de fuite** dégagé, en biais vers l'arrière, choisi avant de couper.\n- **Les arbres morts, penchés, pris dans d'autres** sont un travail de professionnel.\n\n## Garder la vie du bois\n\n- **Laisser quelques arbres morts** et de vieux arbres : ils abritent les oiseaux, les chauves-souris et les insectes qui mangent les ravageurs.\n- **Ne pas couper au printemps**, quand les oiseaux nichent.\n- **Laisser les petites branches** au sol ou en tas : elles nourrissent la terre.\n\n## En France\n\nCouper du bois chez soi est libre en général, mais certains bois sont protégés et les grandes forêts privées doivent avoir un plan de gestion. On se renseigne auprès du centre régional de la propriété forestière.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-034","titre":"Orge, seigle, avoine, sarrasin, riz","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["orge","seigle","avoine","sarrasin","millet","riz","ergot du seigle","mal des ardents","cereales rustiques"],"sources":["FAO, fiches et statistiques des cultures céréalières","Autorité européenne de sécurité des aliments, alcaloïdes de l'ergot dans l'alimentation","Arvalis, fiches orge, seigle, avoine et sarrasin"],"corps":"::Au Moyen Âge, des villages entiers sont frappés d'un mal terrible : convulsions, hallucinations, membres qui noircissent et tombent. On l'appelle le mal des ardents. La cause était un champignon du seigle, l'ergot, qu'on moulait avec le grain. Le blé n'est pas la seule céréale ; les autres poussent là où il échoue, à condition de les connaître.::\n\n## Les céréales rustiques\n\n- **L'orge** : la plus rapide et la plus rustique, elle mûrit là où le blé n'a pas le temps. Galettes, soupes, bouillies, bière. Certaines variétés « nues » se décortiquent au battage.\n- **Le seigle** : pousse sur des terres pauvres, acides et froides, résiste à l'hiver. Pain noir et dense, qui se garde longtemps.\n- **L'avoine** : aime les climats frais et humides. Flocons, bouillies. Sa balle colle au grain : on préfère les variétés nues.\n- **Le sarrasin** : ce n'est pas une céréale mais il s'utilise comme telle. Dix à douze semaines de la graine au grain, sur les sols les plus pauvres, et il étouffe les mauvaises herbes. La galette bretonne, et un régal pour les abeilles.\n- **Le millet** : supporte la sécheresse et pousse vite.\n- **Le riz** : il lui faut chaleur et eau. En France, on le cultive en Camargue.\n\n## Le danger de l'ergot\n\n- **Il se voit** : des grains noirs, allongés, en forme d'ergot de coq, qui dépassent de l'épi, surtout sur le seigle et après un printemps humide.\n- **On trie** le grain avant de moudre et on jette tous les ergots. Il en suffit de peu pour empoisonner une famille.\n- **Le tamisage et la rotation** des cultures en réduisent le risque.\n\n## Du champ au grain\n\nBattre, vanner, stocker et moudre : les mêmes gestes que pour le blé. Voir [[TEC-AGR-009]]. Garder le grain : [[TEC-ALI-022]].\n\n## Pourquoi en cultiver plusieurs\n\nUne seule céréale, c'est tout perdre en une mauvaise année. Plusieurs céréales, semées à des moments différents, sur des sols différents, c'est l'assurance paysanne depuis toujours.\n\nLe maïs : [[TEC-AGR-027]]. Les cultures qui nourrissent le plus : [[TEC-AGR-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-033","titre":"Les plantes à fibre","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lin","chanvre","ortie","fibres","rouissage","teillage","filer","fuseau","corde","textile"],"sources":["Confédération européenne du lin et du chanvre, production mondiale de lin textile","Règlement (UE) 2021/2115, teneur en THC du chanvre cultivé","Vogl C.R., Hartl A., Production and processing of organically grown fiber nettle: a review, American Journal of Alternative Agriculture, 2003"],"corps":"::La France, surtout la Normandie, produit l'essentiel du lin textile du monde. Pendant la Première Guerre mondiale, privée de coton, l'Allemagne a fait tisser des uniformes en fibre d'ortie. Les cordes, les draps, les voiles et les vêtements ont été tirés des plantes pendant des millénaires, avec des gestes simples et beaucoup de patience.::\n\n## Les plantes\n\n- **Le lin** : semé au printemps, arraché (pas fauché) en juillet, pour garder toute la longueur des fibres. Il donne la toile de lin et l'huile de ses graines.\n- **Le chanvre** : pousse vite, haut, sans traitement. Des fibres longues et très solides : cordages, toiles, sacs. En Europe, seules les variétés autorisées, pauvres en substance psychoactive, peuvent être cultivées.\n- **L'ortie** : partout, gratuite. Ses fibres sont fines et solides.\n- **La laine** des moutons et le **coton** des pays chauds, pour mémoire.\n\n## Des tiges aux fibres\n\n1. **Le rouissage** : on laisse les tiges au sol, sous la rosée, trois à six semaines, en les retournant. Des microbes décomposent la colle qui tient les fibres. On peut aussi les faire tremper dans une mare ou un bac.\n2. **Le séchage.**\n3. **Le broyage** : on casse la partie ligneuse de la tige avec une broie (deux planches à mâchoires) ou un maillet.\n4. **Le teillage** : on fait tomber les morceaux de bois en frappant les poignées de fibres avec une lame de bois.\n5. **Le peignage** : on passe les fibres dans un peigne à pointes pour les démêler et séparer les longues des courtes.\n\n## Filer et tordre\n\n- **Le fuseau** : un bâton lesté d'un disque, qu'on fait tourner en tirant les fibres. Il suffit à filer tout le fil d'une famille.\n- **La corde** : deux brins tordus chacun dans un sens, puis tordus ensemble dans l'autre. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\n## L'ortie, tout de suite\n\nDes tiges d'ortie séchées, fendues, dont on détache l'écorce fibreuse : roulées sur la cuisse, elles donnent en quelques minutes une ficelle très solide.\n\nLe vêtement : [[TEC-MAT-004]]. Le fil : [[TEC-MAT-006]]. La couture : [[TEC-MAT-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-032","titre":"Les plantes à huile","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["huile","tournesol","colza","olive","noix","lin","cameline","presse a vis","rancissement","chiffons huiles"],"sources":["Terres Inovia, fiches techniques tournesol et colza","Conseil oléicole international, rendements en huile","Toussaint-Samat M., Histoire naturelle et morale de la nourriture, 1987"],"corps":"::Dix mètres carrés de tournesols donnent, avec une petite presse à main, de l'ordre d'un litre d'huile. Ce n'est pas beaucoup, et c'est justement ce qui dit la valeur de l'huile : la matière grasse est la chose la plus difficile à produire soi-même. Il faut cinq à six kilos d'olives pour un litre d'huile d'olive.::\n\n## Les plantes\n\n- **Le tournesol** : facile partout en France, graines riches en huile, et les abeilles adorent. Semé en avril-mai, récolté quand le dos de la fleur jaunit et que les oiseaux commencent à picorer : on protège les têtes d'un filet.\n- **Le colza** : semé à la fin de l'été, récolté en juillet. Il demande une vraie culture.\n- **L'olivier** : dans le Midi. Un arbre peut vivre des siècles.\n- **Le noyer et le noisetier** : une huile précieuse, à partir des fruits secs. Voir [[TEC-AGR-030]].\n- **La cameline**, vieille plante oléagineuse européenne, rustique et rapide.\n- **Le lin** et **le pavot** (l'œillette, huile traditionnelle du nord de la France).\n- **Les pépins de courge.** Voir [[TEC-AGR-019]].\n\n## Extraire\n\n- **La presse à vis** manuelle : on la charge de graines sèches et propres, on tourne, l'huile coule, le tourteau sort. C'est de l'huile vierge, pressée à froid.\n- **Laisser reposer** quelques jours pour que le dépôt tombe au fond, puis transvaser.\n- **Le tourteau** (ce qui reste) nourrit les poules et les lapins.\n- **La méthode ancienne** pour les olives et les noix : broyer en pâte, malaxer, presser dans des scourtins (des disques tressés).\n\n## Conserver\n\n- **À l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'air** : bouteilles sombres, bien pleines, au frais.\n- **Les huiles riches en oméga-3** (lin, noix, cameline) rancissent vite : quelques semaines à quelques mois.\n- **Une huile rance** (odeur de peinture, goût âcre) ne se mange plus.\n\n## Attention aux chiffons\n\n**Les chiffons imbibés d'huile de lin** (celle qui sert à protéger le bois) peuvent **prendre feu tout seuls** en séchant en boule. On les étale à plat dehors ou on les noie dans l'eau. Voir [[TEC-CHI-005]].\n\nLes graisses animales : [[TEC-ALI-027]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-008","titre":"Reconnaître les arbres en hiver","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["arbres","hiver","bourgeons","ecorce","rameaux opposes","resineux","if","bois de chauffage","identification"],"sources":["Rameau J.-C. et al., Flore forestière française, Institut pour le développement forestier","Johnson O., More D., Guide Delachaux des arbres d'Europe, Delachaux et Niestlé"],"corps":"::L'hiver, quand les feuilles sont tombées, un bûcheron reconnaît encore chaque arbre : à l'écorce, aux bourgeons, à la façon dont les rameaux se répartissent. C'est justement l'hiver qu'on coupe le bois, qu'on taille les manches, qu'on cherche les noisetiers. Savoir lire un arbre nu évite de brûler du résineux qui encrasse, ou de toucher à un if mortel.::\n\n## Première question : opposés ou alternés ?\n\nRegarder comment les bourgeons sont disposés le long d'un rameau.\n\n**Opposés** (deux bourgeons face à face) : il y en a peu, c'est déjà une grande partie de la réponse.\n- **Le frêne** : gros bourgeons **noirs** comme du velours.\n- **L'érable** : bourgeons verts ou rougeâtres, pointus.\n- **Le marronnier** : gros bourgeons **collants**, brillants.\n- **Le sureau** : rameaux à moelle blanche épaisse, écorce à petites verrues.\n- **Le cornouiller.**\n\n**Alternés** (un bourgeon, puis un autre plus loin de l'autre côté) : la plupart des arbres.\n- **Le chêne** : bourgeons **groupés en bouquet** au bout des rameaux.\n- **Le hêtre** : bourgeons **longs et pointus comme des cigares**, écorce grise et lisse.\n- **Le charme** : écorce grise lisse **comme un muscle tendu**, avec des cannelures.\n- **Le bouleau** : écorce **blanche** qui se détache en lanières (un allume-feu, même humide).\n- **Le châtaignier** : écorce creusée de sillons qui tournent en spirale.\n- **Le cerisier** : écorce lisse brillante barrée de traits horizontaux.\n- **Le platane** : écorce qui se détache en plaques, comme un puzzle.\n- **Le noisetier** : en buisson, avec ses chatons jaunes dès la fin de l'hiver.\n\n## Les résineux, qui gardent leurs aiguilles\n\n- **Le pin** : aiguilles longues, **groupées par deux**, trois ou cinq.\n- **Le sapin** : aiguilles plates avec **deux lignes blanches** dessous, cônes dressés vers le ciel.\n- **L'épicéa** : aiguilles piquantes tout autour du rameau, cônes pendants.\n- **L'if** : aiguilles plates vert sombre, sans lignes blanches nettes, petites baies rouges. **Toute la plante est mortelle**, sauf la chair rouge du fruit, et même les bêtes en meurent. Voir [[TEC-BOT-003]].\n\n## À quoi ça sert\n\nChoisir le bon bois de chauffage ([[TEC-ENE-019]]), le bois des manches ([[TEC-ATE-013]]), l'écorce qui allume le feu ([[SURV-FEU-001]]), et repérer les arbres nourriciers ([[TEC-AGR-030]]).","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-007","titre":"Les plantes tinctoriales","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["teinture","pastel","garance","gaude","brou de noix","alun","mordant","laine","indigo","pays de cocagne"],"sources":["Cardon D., Le monde des teintures naturelles, Belin, 2003","Balfour-Paul J., Indigo, British Museum Press, 1998"],"corps":"::Au XVe et au XVIe siècle, le pastel, une plante qui donne le bleu, a fait la fortune de Toulouse et du Lauragais : on le vendait en boules, les « cocagnes », et la région est restée dans la langue comme le pays de Cocagne. Le rouge garance, lui, a coloré le pantalon des soldats français jusqu'en 1915. Toutes les couleurs du monde ont longtemps poussé dans les champs.::\n\n## Les plantes\n\n- **Le bleu** : le **pastel** (ou guède) en Europe, l'**indigo** sous les tropiques. La teinture sort du bain **verte**, et devient bleue sous vos yeux au contact de l'air.\n- **Le rouge** : les racines de **garance**, séchées et broyées.\n- **Le jaune** : la **gaude** (réséda des teinturiers), les **pelures d'oignon** (jaune à orangé), les fleurs de genêt, de camomille.\n- **Le brun** : le **brou de noix** (l'écorce verte des noix), qui teint sans rien ajouter, et les mains aussi.\n- **Les verts** : un jaune teint par-dessus un bleu.\n\n## Le mordant\n\nLa plupart des teintures ne tiennent pas seules : il faut d'abord baigner la fibre dans un **mordant** qui accroche la couleur.\n\n- **L'alun** : le mordant de base, peu toxique, vendu en pharmacie et en droguerie, environ un dixième du poids de la laine.\n- **Le fer** (une pincée de sulfate de fer, ou des clous rouillés dans du vinaigre) : il assombrit et ternit les couleurs.\n- **La laine et la soie** prennent très bien les teintures ; **le coton et le lin** demandent un bain de tanin (écorce de chêne) avant l'alun.\n\n## Teindre de la laine\n\n1. **Laver** la laine à l'eau savonneuse tiède.\n2. **Mordancer** : une heure dans un bain d'alun chaud, sans bouillir.\n3. **Préparer le bain de teinture** : les plantes mises à tremper puis chauffées doucement une heure, filtrées.\n4. **Teindre** : la laine mouillée dans le bain, une heure à feu doux, sans bouillir (la laine feutre), puis refroidir dedans.\n5. **Rincer** jusqu'à ce que l'eau soit claire, sécher à l'ombre.\n\n## Précautions\n\n- **Des casseroles réservées** à la teinture, jamais pour la cuisine.\n- **Éviter** les mordants anciens au chrome, au cuivre ou à l'étain : toxiques.\n- **Aérer**, porter des gants.\n\nLes fibres : [[TEC-AGR-033]]. Le vêtement : [[TEC-MAT-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-031","titre":"Le cidre, la bière et le vin","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cidre","biere","vin","fermentation","levures","malt","houblon","barboteur","distillation interdite","methanol"],"sources":["Douanes françaises, statut de bouilleur de cru et interdiction de distiller sans autorisation","Palmer J., How to Brew, 4e édition, Brewers Publications, 2017","Nelson M., The Barbarian's Beverage: A History of Beer in Ancient Europe, Routledge, 2005"],"corps":"::On répète qu'au Moyen Âge, on buvait de la bière parce que l'eau était dangereuse. C'est surtout une légende : on buvait de l'eau, et la bière était une nourriture, des calories liquides tirées du grain. Faire son cidre ou sa bière est permis en France pour sa consommation ; distiller, non, sauf autorisation.::\n\n## Le principe\n\n**Des levures** mangent le sucre et produisent de l'alcool et du gaz carbonique. Elles sont partout : sur la peau des fruits, dans l'air, dans un sachet de levure. Tout le reste, c'est de la propreté et de la patience.\n\n## Le cidre, le plus simple\n\n1. **Broyer des pommes** (un mélange de douces et d'acides), **presser** le jus.\n2. **Le mettre dans une bonbonne** propre, fermée par un **barboteur** (un petit bouchon à eau qui laisse sortir le gaz sans laisser entrer l'air).\n3. **Laisser fermenter** au frais, deux à quatre semaines, jusqu'à ce que ça ne bulle plus.\n4. **Mettre en bouteilles** : sans ajout, il reste plat. Pour qu'il pétille, une cuillère à café de sucre par litre, dans des **bouteilles faites pour la pression** : une bouteille ordinaire peut exploser.\n\n## La bière, en bref\n\n1. **Le malt** : de l'orge qu'on a fait germer puis sécher. Broyé, trempé une heure vers 65 °C, il transforme son amidon en sucre.\n2. **Filtrer**, faire **bouillir** le jus avec du **houblon** (amertume et conservation).\n3. **Refroidir vite**, ajouter la levure, fermenter une à deux semaines, mettre en bouteilles.\n\n## Le vin\n\nDes raisins écrasés qui fermentent avec leurs levures, sur leurs peaux pour le rouge, sans peaux pour le blanc, puis pressés et gardés à l'abri de l'air.\n\n## Les règles\n\n- **La propreté** de tout le matériel : une contamination donne du vinaigre ou pire. Voir [[TEC-ALI-030]].\n- **La distillation est interdite** sans autorisation. Elle concentre aussi le méthanol, qui rend aveugle et tue : c'est la cause des empoisonnements par l'alcool frelaté.\n- **Ni la bière ni le vin ne désinfectent** : il faut un alcool à 60-70 % au moins. Voir [[TEC-CHI-008]].\n- **Avec modération** : l'alcool ne réchauffe pas (il fait perdre la chaleur), aggrave la déshydratation et les décisions. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\nLe troc : un bon cidre est une excellente monnaie d'échange. Voir [[SURV-TROC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-030","titre":"Le vinaigre","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vinaigre","mere de vinaigre","acetification","orleans","pickles","acidite","nettoyage","javel","conservation"],"sources":["USDA National Center for Home Food Preservation, conserves au vinaigre","Solieri L., Giudici P., Vinegars of the World, Springer, 2009","Corporation des vinaigriers d'Orléans (1394), histoire du procédé orléanais"],"corps":"::À Orléans, les vinaigriers se sont organisés en corporation dès 1394 : les tonneaux de vin arrivés par la Loire et tournés en route devenaient leur matière première. Le vinaigre, c'est du vin, du cidre ou de la bière qu'on laisse respirer. Il conserve, il assaisonne, il détartre, et il ne coûte que du temps.::\n\n## Comment ça marche\n\n1. D'abord, **des levures** transforment le sucre en alcool (le vin, le cidre).\n2. Ensuite, **des bactéries** qui ont besoin d'air transforment l'alcool en acide acétique : le vinaigre.\n3. Elles forment à la surface une pellicule gélatineuse, **la mère de vinaigre**, qui sert à lancer la fournée suivante.\n\n## Faire son vinaigre\n\n1. **Un vin, un cidre, une bière** entamés, ou des épluchures et trognons de pommes dans de l'eau sucrée qu'on laisse d'abord fermenter.\n2. **Un bocal ou un pot large**, rempli aux trois quarts, **couvert d'un tissu** (l'air doit entrer, les mouches du vinaigre non).\n3. **Au chaud** (20 à 30 °C), à l'abri de la lumière, **quelques semaines**.\n4. **Goûter** : quand l'alcool a disparu et que c'est bien acide, on filtre et on met en bouteille. On garde la mère et un peu de vinaigre pour la suite.\n\n## À quoi il sert\n\n- **Les conserves au vinaigre** (cornichons, oignons, légumes) : l'acidité empêche les microbes de se développer.\n- **La cuisine** : sauces, marinades, et il attendrit la viande.\n- **Le ménage** : il dissout le calcaire des bouilloires, des robinets, des pommeaux de douche.\n\n## Les limites\n\n- **Un vinaigre fait maison** n'a pas une acidité connue. Pour les conserves qui doivent se garder longtemps hors du frigo, on utilise un vinaigre du commerce à au moins 5 % d'acidité, sinon le risque de botulisme existe. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Ce n'est pas un vrai désinfectant** : pour l'eau et les plaies, voir [[TEC-CHI-008]] et [[TEC-CHI-009]].\n- **Jamais de vinaigre avec de l'eau de Javel** : le mélange dégage un gaz toxique. Voir [[TEC-CHI-006]].\n\nLe cidre et la bière : [[TEC-ALI-031]]. La lactofermentation : [[TEC-ALI-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-038","titre":"L'érosion et comment l'arrêter","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["erosion","sol","dust bowl","courbes de niveau","niveau en a","haies","baissieres","terrasses","couverture du sol"],"sources":["FAO, Soil erosion: the greatest challenge for sustainable soil management, 2019","Département de l'Agriculture des États-Unis, le Dust Bowl et la création du Soil Conservation Service, 1935","Mollison B., Permaculture: A Designers' Manual, 1988"],"corps":"::Il faut parfois mille ans pour former un centimètre de terre fertile, et un seul orage pour l'emporter. Dans les années 1930, les grandes plaines américaines labourées à nu ont séché, et le vent a soulevé des tempêtes de poussière qui obscurcissaient le ciel jusqu'à Washington : le Dust Bowl. Protéger son sol, c'est protéger ce qui nourrit pour des siècles.::\n\n## Ce qui emporte la terre\n\n- **Un sol nu** sous la pluie ou le vent.\n- **Les pentes labourées dans le sens de la pente** : chaque sillon devient un ruisseau.\n- **Le surpâturage**, les forêts rasées, les haies arrachées.\n\n**Les signes** : eau boueuse qui ruisselle, rigoles puis ravines, cailloux qui apparaissent, terre accumulée en bas des champs, racines déchaussées.\n\n## Les remèdes\n\n- **Couvrir le sol** en permanence : paillis, engrais verts, prairie. Voir [[TEC-AGR-023]] et [[TEC-AGR-028]].\n- **Travailler en suivant les courbes de niveau**, jamais dans le sens de la pente : chaque rang retient l'eau au lieu de la conduire.\n- **Des haies et des bandes d'herbe** en travers de la pente : elles freinent l'eau et le vent, et retiennent la terre.\n- **Des baissières** : des fossés peu profonds creusés à niveau, avec un bourrelet de terre en aval. L'eau s'y arrête et s'infiltre au lieu de ruisseler.\n- **Des terrasses** sur les fortes pentes. Voir [[TEC-CON-023]].\n- **Dans les ravines** : des petits barrages de pierres ou de branchages qui ralentissent l'eau et se remplissent de terre.\n\n## Trouver les courbes de niveau sans instrument\n\n**Le niveau en A** : trois perches attachées en forme de A, un fil à plomb pendu au sommet. On marque sur la traverse l'endroit où tombe le fil quand les deux pieds sont au même niveau (on le vérifie en retournant le A). On avance ensuite pied après pied sur la pente, en plantant un piquet chaque fois que le fil tombe sur la marque : la ligne de piquets suit la courbe de niveau.\n\n## Le vent\n\nDes haies brise-vent perpendiculaires au vent dominant protègent sur une distance d'environ dix fois leur hauteur.\n\nLire un sol : [[TEC-SOL-001]]. Le cycle de l'eau : [[TEC-TER-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-037","titre":"Le lombricompost","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lombricompost","vers","eisenia","epluchures","appartement","compost","engrais liquide","darwin"],"sources":["Darwin C., The Formation of Vegetable Mould through the Action of Worms, 1881","ADEME, le lombricompostage, guide pratique","Edwards C.A., Arancon N.Q., Sherman R., Vermiculture Technology, CRC Press, 2011"],"corps":"::Le dernier livre de Charles Darwin, publié en 1881, ne parle ni d'évolution ni de singes, mais des vers de terre : il y calcule qu'ils retournent toute la couche fertile du sol en quelques décennies. Il s'est d'abord vendu plus vite que L'Origine des espèces. Dans un appartement, une caisse de vers transforme les épluchures en l'un des meilleurs engrais qui soient.::\n\n## Les bons vers\n\nPas les vers de terre du jardin, qui vivent en profondeur, mais **des vers de fumier** (les Eisenia, rouges, petits, très actifs), qui vivent en surface dans la matière qui pourrit. On les trouve dans un vieux tas de fumier ou de compost, ou chez un voisin qui en a.\n\n## Le lombricomposteur\n\n1. **Des bacs empilés**, percés au fond, pour que les vers montent vers la nourriture fraîche. Ou une simple caisse avec un couvercle aéré.\n2. **Une litière** : carton brun et papier journal déchirés, humides comme une éponge essorée.\n3. **Les vers**, quelques centaines au départ.\n4. **Un robinet** ou un bac en bas pour récupérer le liquide.\n\nIl se garde **à l'intérieur ou à l'abri**, entre 15 et 25 °C : les vers n'aiment ni le gel ni la canicule.\n\n## Les nourrir\n\n- **Oui** : épluchures de légumes et de fruits, marc de café, sachets de thé, coquilles d'œufs broyées, carton.\n- **Peu** : agrumes, ail, oignon.\n- **Non** : viande, poisson, laitages, huile, restes cuisinés gras.\n- **En petits morceaux**, en petites quantités au début, enfouis sous la litière.\n\nBien tenu, **il ne sent pas mauvais**. Une odeur, c'est trop de nourriture ou trop d'humidité : on ajoute du carton sec et on attend.\n\n## Ce qu'il donne\n\n- **Le lombricompost** : une terre fine, noire, très riche, à mélanger au terreau des semis et des bacs. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Le liquide** qui s'écoule : dilué dans dix fois son volume d'eau, un engrais pour les plantes.\n\nLe compost classique, au jardin : [[TEC-AGR-003]]. Cultiver sur un balcon : [[TEC-AGR-025]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-036","titre":"Faire pousser des champignons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["champignons","pleurotes","shiitake","mycelium","marc de cafe","paille","buches","champignonniere","carrieres"],"sources":["Stamets P., Growing Gourmet and Medicinal Mushrooms, 3e édition, Ten Speed Press, 2000","Chang S.T., Miles P.G., Mushrooms: Cultivation, Nutritional Value, Medicinal Effect, CRC Press, 2004"],"corps":"::Au XIXe siècle, le champignon de Paris poussait vraiment sous Paris, dans les anciennes carrières d'où l'on avait tiré la pierre de la ville : noir, frais, humide, parfait. Pas besoin de soleil pour cultiver des champignons. Une cave, du marc de café ou de la paille, et quelques semaines suffisent pour des pleurotes.::\n\n## Le principe\n\nLe champignon qu'on mange n'est que le fruit. La plante elle-même, **le mycélium**, est un réseau de filaments blancs qui mange du bois, de la paille ou d'autres restes végétaux. On achète ce mycélium (le « blanc ») et on lui donne à manger.\n\n## Les pleurotes, les plus faciles\n\n**Sur marc de café**\n1. **Du marc frais**, de la veille au plus (le passage à l'eau chaude l'a presque stérilisé).\n2. **Mélanger avec le blanc** de pleurote, dans un sac plastique propre percé de quelques trous, ou un seau.\n3. **Au noir**, à température ambiante, **deux à quatre semaines** : le mélange devient tout blanc.\n4. **À la lumière** (pas le soleil direct) et **à l'humidité** : on ouvre des fentes, on vaporise de l'eau deux fois par jour. Les pleurotes sortent en une à deux semaines.\n\n**Sur paille**\n- **Pasteuriser** la paille hachée : une heure dans de l'eau à 70 °C, ou une journée dans un bain d'eau de chaux. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- Égoutter, mélanger au blanc, ensacher, puis même méthode.\n\n## Le shiitake, sur bûches\n\nDes bûches de chêne ou de hêtre fraîchement coupées, percées de trous où l'on enfonce des chevilles de mycélium, bouchés à la cire. Posées à l'ombre dans un sous-bois, elles produisent **six mois à un an plus tard**, puis pendant plusieurs années.\n\n## Les règles\n\n- **La propreté** : une moisissure verte ou noire, et le sac est perdu. On le jette loin des autres.\n- **L'humidité sans eau stagnante.**\n- **Ne jamais mélanger** culture et cueillette sauvage : on ne mange que ce qu'on a semé ou identifié à coup sûr. Voir [[TEC-BOT-005]].\n\n## Pourquoi c'est malin\n\nLes champignons transforment des déchets (paille, marc, bois) en nourriture riche en protéines, dans une cave, en quelques semaines, et le substrat épuisé part au compost. Voir [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-019","titre":"Tempête solaire","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tempete solaire","eruption solaire","carrington","aurores","reseau electrique","satellites","gps","radio","quebec 1989"],"sources":["NOAA, Space Weather Prediction Center, échelles de météo spatiale","Hydro-Québec, panne générale du 13 mars 1989","Cliver E.W., Svalgaard L., The 1859 solar-terrestrial disturbance and the current limits of extreme space weather activity, Solar Physics, 2004"],"corps":"::En septembre 1859, après une éruption solaire géante, des aurores sont vues jusque dans les Caraïbes, et les lignes de télégraphe crépitent au point que des opérateurs reçoivent des décharges. En mars 1989, une tempête bien plus faible fait tomber en 90 secondes le réseau électrique du Québec. En mai 2024, des aurores boréales ont illuminé le ciel de toute la France.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le Soleil projette parfois** d'énormes nuages de particules chargées. Quand ils frappent le champ magnétique de la Terre, ils provoquent des **aurores** et des courants électriques dans le sol et les longues lignes.\n- **Ce qui souffre** : les grands transformateurs du réseau électrique (qui peuvent griller et mettre des mois à être remplacés), les satellites, le GPS (moins précis ou coupé), les radios à ondes courtes.\n- **Ce qui ne craint presque rien** : les gens, et les petits appareils de la maison. Le danger, c'est la panne, pas le rayonnement.\n- **Les agences de météo spatiale** surveillent le Soleil et préviennent en général **un à trois jours** avant l'arrivée d'un nuage.\n\n## AGIR\n\n**Si une forte tempête est annoncée**\n\n- **Se préparer comme pour une grande coupure de courant** : eau, lumière, radio à piles, nourriture, liquide. Voir [[SURV-CRI-001]] et [[SURV-CRI-013]].\n- **Charger** téléphones, batteries, lampes.\n- **Ne pas compter sur le GPS** : carte papier et boussole. Voir [[TEC-ELN-010]].\n\n**Pendant**\n\n- **Regarder le ciel** la nuit : les aurores peuvent être visibles très au sud.\n- **La radio** en ondes moyennes et FM locales marche en général mieux que les ondes courtes.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une panne longue** du réseau électrique après une tempête extrême est le vrai scénario à préparer : semaines plutôt que jours, dans les pires hypothèses.\n- **Le solaire et les batteries** d'une maison continuent de fonctionner. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Les rumeurs** : une tempête solaire ne fait pas « exploser » les téléphones ni les voitures. Voir [[SURV-SOC-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-040","titre":"La tuberculose","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tuberculose","toux","bacille de koch","aeration","bcg","traitement de six mois","resistance","camps","prisons"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Global Tuberculosis Report 2024","Koch R., Die Aetiologie der Tuberculose, 1882","Santé publique France, la tuberculose en France"],"corps":"::Le 24 mars 1882, Robert Koch annonce qu'il a trouvé le microbe de la tuberculose ; c'est depuis la journée mondiale de la maladie. Pourtant, elle est redevenue la maladie infectieuse la plus meurtrière du monde : plus d'un million de morts par an. Elle aime les endroits bondés et mal aérés, exactement ceux que crée une crise.::\n\n## Comment elle se transmet\n\n- **Par l'air** : un malade qui tousse, parle, chante projette des gouttelettes que d'autres respirent.\n- **Surtout dans les lieux fermés, bondés, mal aérés** : dortoirs, prisons, camps, abris, logements surpeuplés.\n- Environ **un quart de l'humanité** porte le microbe en sommeil, sans être malade ni contagieux. Il se réveille quand les défenses baissent : faim, VIH, diabète, vieillesse, alcool.\n\n## Les signes\n\n- **Une toux qui dure plus de deux à trois semaines**, parfois avec du sang.\n- **De la fièvre le soir, des sueurs la nuit.**\n- **Un amaigrissement**, une grande fatigue.\n\nCes signes méritent un dépistage : une radio des poumons et une analyse des crachats.\n\n## Le traitement\n\n- **Six mois d'antibiotiques** au minimum, plusieurs à la fois, **tous les jours, jusqu'au bout**.\n- **Arrêter trop tôt** parce qu'on se sent mieux, c'est fabriquer une tuberculose résistante, bien plus longue et plus difficile à soigner, qu'on transmet ensuite aux autres.\n- Après deux semaines de traitement bien suivi, le malade devient en général beaucoup moins contagieux.\n\n## Se protéger\n\n- **Aérer**, ouvrir les fenêtres, laisser entrer le soleil : les anciens sanatoriums misaient sur l'air et la lumière, et ils n'avaient pas tort.\n- **Le malade qui tousse** porte un masque et tousse dans son coude, dort à part si possible.\n- **Le vaccin BCG** protège surtout les jeunes enfants des formes graves.\n- **Manger à sa faim** : la dénutrition réveille la maladie. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\nLes antibiotiques : [[TEC-SAN-015]]. Vivre dans un camp : [[SURV-CRI-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-039","titre":"Accompagner une fin de vie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fin de vie","soins palliatifs","confort","douleur","soins de bouche","respiration","presence","directives anticipees"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Soins palliatifs, principaux repères","Saunders C., fondation du St Christopher's Hospice, Londres, 1967","Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie"],"corps":"::En 1967, à Londres, une infirmière devenue médecin, Cicely Saunders, ouvre le premier établissement moderne de soins palliatifs, avec une idée simple : quand on ne peut plus guérir, on peut encore soulager, presque toujours. Accompagner quelqu'un qui meurt, à la maison ou loin d'un hôpital, s'apprend.::\n\n## Les signes que la fin approche\n\n- **Il dort de plus en plus**, se réveille moins, parle moins.\n- **Il mange et boit de moins en moins.** C'est normal : le corps n'en a plus besoin. Forcer à manger ou à boire peut gêner ou faire tousser.\n- **La respiration change** : des pauses, puis des respirations profondes, parfois un bruit de gorge (les sécrétions). Ce bruit impressionne l'entourage bien plus qu'il ne gêne le malade.\n- **Les mains et les pieds refroidissent**, la peau se marbre.\n- **Une confusion**, une agitation, ou au contraire un grand calme.\n\n## Soulager\n\n- **La douleur** : à heures fixes, sans attendre qu'elle revienne. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **La bouche** : humidifier les lèvres et la bouche avec un linge ou une compresse mouillée, un peu de corps gras sur les lèvres. C'est souvent ce qui soulage le plus.\n- **La position** : changer de côté toutes les quelques heures, un oreiller entre les genoux ; tourné sur le côté, le bruit des sécrétions diminue.\n- **Le calme** : une lumière douce, peu de monde à la fois.\n\n## Être là\n\n- **Parler au malade**, même s'il ne répond plus : l'ouïe semble persister très tard.\n- **Tenir la main**, lire, mettre sa musique, dire ce qu'on a à dire.\n- **Se relayer** : les proches épuisés ont besoin de dormir. Voir [[TEC-SAN-023]].\n\n## Avant, si c'est possible\n\nEn France, chacun peut écrire des **directives anticipées** (ce qu'il veut ou refuse comme soins) et désigner une **personne de confiance**. Les équipes de soins palliatifs et l'hospitalisation à domicile aident les familles qui veulent garder leur proche chez elles.\n\n## Après\n\nVoir [[TEC-SAN-024]] pour le corps, et [[SURV-PSY-005]] pour le deuil.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-016","titre":"Le métier d'enseignant","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["enseignant","ecole","lire","ecrire","compter","education en urgence","routine","enfants","metier"],"sources":["INEE, Normes minimales pour l'éducation : préparation, interventions, relèvement, 2010","UNICEF, l'éducation dans les situations d'urgence","Loi Guizot du 28 juin 1833 sur l'instruction primaire"],"corps":"::Pendant le siège de Sarajevo, des écoles ont continué dans les caves et les appartements, sous les obus. Les organisations humanitaires l'ont appris partout : dans une crise, l'école n'est pas un luxe qu'on reporte, c'est ce qui protège les enfants, leur rend une routine et un avenir. L'enseignant est souvent le premier à la rouvrir.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Comment on apprend** : par étapes, en pratiquant, en se trompant, en répétant.\n- **Apprendre à lire, écrire, compter** à des enfants de niveaux très différents en même temps.\n- **Tenir un groupe** : des règles claires, un rythme, de l'attention à chacun.\n- **Repérer** l'enfant qui ne voit pas bien, qui n'entend pas, qui a faim, qui est maltraité ou traumatisé.\n- **Adapter** : enseigner avec un tableau, un bâton dans le sable ou un livre pour trente.\n\n## Ce qu'un non-enseignant peut apprendre\n\n- **Faire la classe** à quelques enfants avec presque rien. Voir [[TEC-CUL-002]].\n- **Transmettre un savoir-faire** à un adulte. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Apprendre à lire** avec la méthode syllabique : les lettres, les sons, puis les syllabes, puis les mots.\n- **Le calcul** avec des cailloux, des bâtonnets, des objets du quotidien. Voir [[TEC-IDE-013]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nUn programme complet sur des années, l'accompagnement des enfants en grande difficulté ou handicapés, l'organisation d'une école entière et de ses examens.\n\n## Ses outils\n\nUn tableau et de la craie, des ardoises, des livres, du papier, et surtout de la patience et de la voix.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\n- **La routine** de l'école rassure les enfants et libère les parents pour les autres tâches.\n- **L'école protège** : un enfant scolarisé est moins exposé au travail forcé, aux violences, au recrutement.\n- **Le savoir** survit aux crises seulement s'il est transmis.\n\nLes enfants dans une crise : [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-015","titre":"Le métier de vétérinaire","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["veterinaire","betail","zoonoses","peste bovine","epidemies","velage","inspection des viandes","metier"],"sources":["FAO et OMSA, déclaration de l'éradication mondiale de la peste bovine, 2011","Ordre national des vétérinaires, missions de la profession","DEFRA, Origin of the UK Foot and Mouth Disease epidemic in 2001, 2002"],"corps":"::La peste bovine a tué des millions de bêtes et affamé des peuples entiers pendant des siècles. En 2011, elle a été déclarée éradiquée dans le monde : la deuxième maladie de l'histoire à disparaître, après la variole, et ce sont des vétérinaires qui l'ont vaincue. Soigner les bêtes, c'est protéger la nourriture et la santé des hommes.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Soigner** toutes les espèces : chiens, chats, bétail, volailles, chevaux.\n- **Opérer**, faire naître (vêlages, agnelages difficiles, césariennes).\n- **Reconnaître une épidémie** avant qu'elle ne ravage un élevage ou un pays : en 2001, la fièvre aphteuse a conduit le Royaume-Uni à abattre des millions d'animaux.\n- **Les maladies qui passent à l'homme** : rage, brucellose, tuberculose bovine, grippes aviaires. Voir [[TEC-SAN-035]].\n- **Inspecter les viandes** : en France, les vétérinaires contrôlent les abattoirs.\n- **Doser les médicaments** selon l'espèce et le poids.\n\n## Ce qu'un non-vétérinaire peut apprendre\n\n- **Reconnaître un animal malade** : il s'isole, ne mange plus, a de la fièvre, respire vite, a le poil terne.\n- **Prendre une température** au thermomètre rectal.\n- **Les soins courants** : plaies, parage des sabots et des onglons, vermifuges, aide à une mise bas simple. Voir [[TEC-ELE-006]].\n- **Les premiers secours** d'un chien ou d'un chat : [[TEC-ELE-012]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nLa chirurgie, la césarienne, le diagnostic d'une maladie contagieuse, les médicaments réglementés, et la décision d'abattre un troupeau malade.\n\n## Ses outils\n\nStéthoscope, thermomètre, seringues, chaînes de vêlage, instruments de chirurgie, et une connaissance fine de dizaines d'espèces différentes.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nQuand on dépend de ses poules, de ses chèvres et de ses lapins pour manger, une épidémie dans l'élevage, c'est une famine. Le vétérinaire protège le troupeau, et à travers lui, les gens.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. Les métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-026","titre":"Le biogaz","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["biogaz","methane","digesteur","fumier","digestat","cuisson","hydrogene sulfure","fosse","securite"],"sources":["FAO, Biogas technology: a training manual for extension, 1996","SNV, programmes de biogaz domestique en Asie et en Afrique","INRS, méthane et hydrogène sulfuré dans les fosses et espaces confinés"],"corps":"::En Chine et en Inde, des millions de familles cuisinent avec le gaz de leur propre fumier : une cuve enterrée, les bouses des vaches et les restes de cuisine dedans, un tuyau jusqu'au réchaud. Ce qui sort de la cuve, en plus du gaz, est un excellent engrais. Mais une fosse à fumier peut aussi tuer en quelques secondes ceux qui y descendent.::\n\n## Le principe\n\nSans air, des bactéries décomposent la matière organique et produisent un gaz : environ **deux tiers de méthane**, le reste surtout du gaz carbonique. Il brûle comme le gaz de ville, avec une flamme bleue.\n\n- **Ce qu'on met** : bouses, lisier, fumier de porc, restes de cuisine, herbe, mélangés à de l'eau.\n- **Ce qui sort** : le gaz, et le **digestat**, un liquide riche qui fertilise les champs. Voir [[TEC-AGR-017]].\n\n## Le digesteur familial\n\n- **Une cuve étanche** enterrée (pour garder la chaleur), une entrée pour la matière, une sortie pour le digestat, une sortie de gaz en haut.\n- **Une réserve de gaz** : un dôme fixe, ou une cloche qui monte et descend sur l'eau, ou un grand sac.\n- **Un tuyau** vers le réchaud, avec un piège à eau.\n\nUne cuve de quelques mètres cubes, nourrie chaque jour avec le fumier de deux ou trois vaches, donne de quoi cuisiner une bonne partie des repas d'une famille.\n\n## Ce qu'il lui faut\n\n- **La chaleur** : les bactéries travaillent le mieux entre 30 et 40 °C. **Sous 15 °C**, la production s'effondre : dans les régions froides, il faut isoler, enterrer ou chauffer.\n- **Une alimentation régulière**, tous les jours, sans produits chimiques ni antibiotiques qui tuent les bactéries.\n\n## Les dangers\n\n- **Ne jamais descendre** dans une fosse à fumier, une cuve ou un digesteur, même vide : le gaz carbonique et l'**hydrogène sulfuré** (odeur d'œuf pourri, qui disparaît à forte dose) y tuent en quelques respirations. Ceux qui descendent chercher un collègue tombé meurent souvent à leur tour.\n- **Le méthane explose** mélangé à l'air : pas de flamme près de la cuve, des tuyaux étanches, un endroit aéré pour le réchaud.\n\nLe gazogène au bois : [[TEC-ENE-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-012","titre":"Soigner un chien ou un chat","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chien","chat","toxiques","chocolat","raisin","paracetamol","premiers secours","dilatation de l'estomac","museler","identification"],"sources":["CNITV, Centre national d'informations toxicologiques vétérinaires, toxiques courants","Ordre national des vétérinaires, conseils aux propriétaires","Ministère de l'Agriculture, identification obligatoire des chiens et des chats"],"corps":"::Un seul comprimé de paracétamol peut tuer un chat. Le chocolat, le raisin, l'oignon, l'édulcorant des chewing-gums empoisonnent les chiens. La plupart des urgences des animaux de maison viennent de ce qu'on leur donne en croyant bien faire. Et même le chien le plus doux mord quand il a très mal.::\n\n## Ce qu'on ne donne jamais\n\n- **Aucun médicament humain** sans avis vétérinaire : **paracétamol** (mortel pour le chat), ibuprofène, aspirine.\n- **Chocolat**, surtout noir.\n- **Raisin et raisins secs** : ils détruisent les reins de certains chiens.\n- **Oignon, ail, poireau.** Voir [[TEC-AGR-021]].\n- **Le xylitol** (édulcorant des chewing-gums et de certains bonbons) : chute du sucre dans le sang chez le chien.\n- **Les os cuits**, qui éclatent en échardes.\n- **L'alcool**, les produits ménagers, l'antigel (sucré, il attire les animaux et tue).\n\nUn doute : un **centre antipoison vétérinaire** répond, ou le vétérinaire de garde.\n\n## Les urgences\n\n- **Un gros chien au ventre gonflé et dur**, qui essaie de vomir sans y arriver : l'estomac s'est peut-être retourné. **Vétérinaire dans l'heure.**\n- **Un chat mâle qui pousse dans sa litière sans uriner** : urètre bouché, il peut mourir en un à deux jours.\n- **Un coup de chaleur** : jamais un animal dans une voiture au soleil. Le mouiller, le mettre à l'ombre, vétérinaire. Voir [[URG-CHAL-001]].\n- **Un empoisonnement, une convulsion, une respiration difficile, un saignement** qui ne s'arrête pas.\n\n## Manipuler un animal blessé\n\n- **Le museler** avant de le toucher : une bande de tissu nouée autour du museau puis derrière les oreilles (pas pour un chat ni un chien qui vomit ou respire mal).\n- **Le chat** : l'envelopper dans une serviette.\n- **Le porter** sur une planche ou une couverture tendue s'il ne peut pas marcher.\n\n## La base\n\n- **Vaccins, vermifuges**, traitement contre les puces et les tiques. Voir [[TEC-SAN-021]].\n- **L'identification** (puce ou tatouage) est obligatoire en France pour les chiens et les chats : elle permet de les retrouver.\n- **En cas d'évacuation**, on prend l'animal, sa laisse, sa nourriture et ses papiers. Voir [[SURV-CRI-004]].\n\nLe vétérinaire : [[TEC-MET-015]]. Les chiens menaçants : [[SURV-DEF-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-020","titre":"Couvre-feu, état d'urgence, état de siège","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["couvre-feu","etat d'urgence","etat de siege","confinement","attestation","controle","droits","juge"],"sources":["Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence","Constitution du 4 octobre 1958, articles 16 et 36","Loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19"],"corps":"::En France, l'état d'urgence a été déclaré après les attentats de novembre 2015 et prolongé près de deux ans. En 2020 et 2021, des millions de gens ont vécu sous couvre-feu et confinement, attestation en poche. Ces régimes d'exception ne sont pas de la fiction : ils changent ce qu'on a le droit de faire, du jour au lendemain. Mieux vaut savoir ce qu'ils permettent, et ce qu'ils ne permettent pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **L'état d'urgence** (loi de 1955) : décrété en cas de péril grave (attentats, troubles), il permet au gouvernement et aux préfets d'interdire des rassemblements, d'imposer des couvre-feux, d'assigner des personnes à résidence, de faire des perquisitions administratives.\n- **L'état d'urgence sanitaire** (2020) : confinements, couvre-feux, fermetures, attestations de déplacement.\n- **L'état de siège** (article 36 de la Constitution) : en cas de guerre ou d'insurrection armée, une partie des pouvoirs de police passe à l'autorité militaire.\n- **Les pleins pouvoirs** (article 16) : le président peut prendre toutes les mesures exigées par les circonstances.\n- **Ces régimes sont limités dans le temps** et contrôlés par le Parlement et les juges.\n\n## AGIR\n\n- **S'informer** des règles exactes : horaires, zones, motifs autorisés, documents exigés, sur les sites officiels, la préfecture, la radio publique. Voir [[SIG-COM-012]].\n- **Avoir sur soi** sa pièce d'identité et, si demandée, l'attestation ou le justificatif (travail, santé, famille).\n- **Aux contrôles** : calme, mains visibles, réponses courtes et vraies. On discute plus tard, pas au barrage. Voir [[SURV-DEP-008]].\n- **Les urgences** (santé, secours à une personne) restent toujours un motif pour sortir.\n- **S'organiser** : courses, médicaments, garde des enfants avant l'heure du couvre-feu.\n\n## ADAPTER\n\n- **Contester une mesure** : même sous état d'urgence, on peut saisir le juge administratif en urgence (référé-liberté) ou se faire aider par un avocat ou une association de défense des droits.\n- **Garder une trace** de ce qu'on subit (dates, lieux, témoins) si une mesure semble abusive.\n- **Rumeurs** sur des mesures imaginaires : on vérifie aux sources officielles. Voir [[SURV-SOC-004]].\n\nLa guerre au quotidien : [[SURV-CRI-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-013","titre":"Fabriquer du papier","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["papier","pate a papier","recyclage","forme","tamis","fibres vegetales","ortie","papier mache","cai lun"],"sources":["Hunter D., Papermaking: The History and Technique of an Ancient Craft, Dover, 1978","Tsien T.H., Paper and Printing, Science and Civilisation in China, volume 5, partie 1, 1985"],"corps":"::Vers l'an 105, un fonctionnaire de la cour de Chine, Cai Lun, présente à l'empereur une feuille faite d'écorce, de chanvre et de vieux chiffons écrasés dans l'eau. Le procédé mettra plus de mille ans à atteindre l'Europe par le monde arabe. Il n'a presque pas changé : des fibres dans l'eau, un tamis, et du soleil pour sécher.::\n\n## Recycler du vieux papier\n\n1. **Déchirer** du papier (journaux, cartons fins, cahiers) en petits morceaux, **faire tremper** une nuit.\n2. **Réduire en pâte** : au mixeur, ou en pilant longuement au bâton dans un seau.\n3. **Diluer** la pâte dans un grand bac d'eau : une soupe claire.\n4. **La forme** : un cadre en bois tendu d'une moustiquaire ou d'un grillage fin, et un second cadre vide posé dessus pour délimiter la feuille.\n5. **Plonger la forme** au fond du bac, la remonter bien à plat en la secouant doucement : une couche de fibres reste sur le tamis.\n6. **Égoutter**, retirer le cadre du dessus, puis **retourner** la feuille sur un linge humide.\n7. **Presser** entre deux planches pour chasser l'eau, puis **sécher** à plat.\n\n## À partir de plantes\n\n**Les fibres** : ortie, roseaux, massettes, paille, feuilles de maïs, écorce intérieure de mûrier.\n1. **Couper** en morceaux, **cuire deux à trois heures** dans une eau de cendre, qui défait ce qui tient les fibres. Voir [[TEC-CHI-012]].\n2. **Rincer** abondamment, **battre** au maillet jusqu'à une bouillie de fibres.\n3. Puis comme pour le papier recyclé.\n\n## Pour écrire dessus\n\nUn papier fait main boit l'encre. Un bain dans de l'eau d'amidon (eau de cuisson du riz, colle de farine très diluée) une fois sec le rend moins buvard.\n\n## Le papier mâché\n\nDes bandes de papier trempées dans une colle de farine, superposées sur une forme : bols, boîtes, masques, attelles légères. Voir [[TEC-CHI-011]].\n\n## Ce qui dure\n\nUn papier de chiffons ou de fibres longues, sans acide, se garde des siècles ; le papier journal jaunit et casse en quelques décennies. Pour écrire ce qui doit durer : [[SIG-COM-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-006","titre":"Rester en forme sans équipement","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sport","forme","exercices au poids du corps","methode naturelle","hebert","marche","souplesse","moral"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité, 2020","Hébert G., L'éducation physique ou l'entraînement complet par la méthode naturelle, 1912"],"corps":"::Au début du XXe siècle, un officier de marine français, Georges Hébert, observe que les peuples qui vivent dehors sont plus forts et plus agiles que les athlètes des stades. Il en tire une méthode sans aucun appareil : marcher, courir, sauter, grimper, se tenir en équilibre, lever, lancer, nager, se défendre. Elle a inspiré les parcours du combattant et le parkour.::\n\n## Combien\n\nL'OMS conseille aux adultes **au moins deux heures et demie par semaine** d'activité modérée (marche rapide, vélo, travail physique), plus deux séances de renforcement des muscles. Moins que ça, on perd de la force et du souffle ; en crise, on en a besoin plus que jamais.\n\n## Une séance sans rien\n\nDeux à trois tours, une minute de pause entre les exercices :\n\n- **Les squats** : descendre comme pour s'asseoir, dos droit, talons au sol. 10 à 20.\n- **Les pompes** : sur les genoux ou contre un mur pour commencer. 5 à 20.\n- **La planche** : sur les avant-bras, le corps gainé et droit. 20 à 60 secondes.\n- **Les fentes** : un grand pas en avant, genou arrière vers le sol. 10 par jambe.\n- **Les tractions** à une branche, ou le **tirage** allongé sous une table solide.\n- **Monter des marches**, une colline, en portant un sac.\n\n## La méthode naturelle\n\n- **Marcher** longtemps, **courir** un peu, **sauter** un fossé, **grimper** à un arbre ou un mur bas, **ramper**, **porter** un camarade, **se tenir en équilibre** sur un tronc.\n- Sur un parcours dans la nature, en variant, à plusieurs si possible.\n\n## Les règles\n\n- **Commencer doucement** et augmenter peu à peu : la blessure arrête tout.\n- **S'échauffer** quelques minutes avant, s'étirer doucement après.\n- **Économiser l'énergie** quand on mange trop peu : alors, on marche et on s'étire, on ne s'épuise pas. Voir [[TEC-ALI-023]].\n- **Porter lourd** : jambes fléchies, dos droit. Voir [[TEC-MEC-018]].\n\n## Pourquoi c'est vital\n\nLe corps entraîné porte, marche, résiste au froid et aux maladies. Et l'effort physique est l'un des meilleurs remèdes contre l'angoisse et l'insomnie. Voir [[TEC-SAN-019]] et [[TEC-SAN-023]].\n\nMarcher longtemps : [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-005","titre":"Raconter une histoire","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["conte","raconter","tradition orale","griot","memoire","enfants","veillee","transmettre","hampate ba"],"sources":["Hampâté Bâ A., intervention à l'UNESCO, 1960","Propp V., Morphologie du conte, 1928","Lord A.B., The Singer of Tales, Harvard University Press, 1960"],"corps":"::« En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle. » L'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ l'a dit à l'UNESCO en 1960. Avant l'écriture, et longtemps après, tout ce que l'humanité savait se transmettait en histoires racontées le soir, à des gens qui les racontaient à leur tour. Phenix n'a pas d'autre ambition.::\n\n## Pourquoi raconter\n\n- **Transmettre** : un savoir raconté dans une histoire se retient bien mieux qu'une liste. Les peuples d'Australie encodent dans leurs chants les chemins et les points d'eau de leur territoire.\n- **Tenir** : une veillée d'histoires fait oublier le froid, la faim, la peur. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Endormir les enfants**, les rassurer, leur apprendre ce qui est bien et ce qui est dangereux.\n\n## La forme d'un conte\n\nLes contes du monde entier suivent souvent le même chemin :\n\n1. **Un début** : « Il était une fois… », un héros ordinaire dans son monde ordinaire.\n2. **Un manque ou un danger** : on part, on est chassé, on cherche quelque chose.\n3. **Des épreuves**, souvent **trois**, de plus en plus difficiles, avec des aides inattendues.\n4. **La résolution**, et le retour transformé.\n\n## Les techniques des conteurs\n\n- **Les formules** qui reviennent (« et il marcha, marcha, marcha… ») : elles aident le conteur à se souvenir et les enfants à participer.\n- **La voix** : lente, avec des silences avant les moments forts. Chuchoter fait plus d'effet que crier.\n- **Les gestes et le regard** vers chacun.\n- **Faire participer** : une question à l'auditoire, un refrain à répéter.\n- **Adapter** à l'âge : plus court, plus drôle, moins effrayant pour les petits.\n\n## Garder les histoires\n\n- **Faire raconter les anciens** : leurs histoires de vie contiennent des savoir-faire qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Voir [[TEC-SAN-025]].\n- **Les écrire** ou les enregistrer. Voir [[SIG-COM-008]].\n- **Les raconter à nouveau** : une histoire qu'on ne raconte plus est perdue.\n\nLes jeux de groupe : [[TEC-CUL-004]]. Faire l'école : [[TEC-CUL-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-029","titre":"Construire en paille","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["paille","bottes de paille","maison feuillette","isolation","ossature bois","enduit terre","enduit chaux","nebraska"],"sources":["Réseau français de la construction en paille, Règles professionnelles de construction en paille CP 2012","Minke G., Mahlke F., Building with Straw, Birkhäuser, 2005","Maison Feuillette, Montargis (1920), première maison en paille connue d'Europe"],"corps":"::À Montargis, la maison Feuillette, construite en 1920 avec des bottes de paille dans une ossature de bois, est toujours habitée : c'est la plus ancienne maison en paille connue d'Europe. Dans les plaines du Nebraska, où il n'y avait pas d'arbres, les pionniers bâtissaient déjà avec des bottes à la fin du XIXe siècle. La paille est un déchet de la moisson, et l'un des meilleurs isolants qui soient.::\n\n## Pourquoi ça marche\n\n- **Une botte de paille** bien pressée isole très bien : un mur de 40 cm fait mieux que la plupart des murs modernes.\n- **Elle ne brûle presque pas** une fois enduite : trop dense pour que l'air circule, elle charbonne en surface. Les essais au feu le confirment.\n- **Elle est bon marché**, locale, et retourne à la terre à la fin.\n\n## Deux façons de construire\n\n- **En remplissage** : une ossature en bois porte le toit, et les bottes remplissent les murs. C'est la méthode la plus courante en France, encadrée par des règles professionnelles. Voir [[TEC-CON-027]].\n- **Porteuse** : les bottes empilées portent elles-mêmes le toit, à la manière du Nebraska. Pour de petits bâtiments.\n\n## Les règles d'or\n\n- **Des bottes sèches** et bien serrées, stockées à l'abri avant le chantier. Une botte humide pourrit.\n- **Au-dessus du sol** : un soubassement en pierre ou en béton, au moins 20 à 30 cm, pour que l'eau ne remonte pas. Voir [[TEC-CON-022]].\n- **Un grand toit** qui déborde largement.\n- **Des enduits qui respirent** : terre à l'intérieur, chaux à l'extérieur. **Jamais de ciment** : il enferme l'humidité. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Pas de trous** : chaque interstice bouché, sinon souris et courants d'air s'installent.\n\n## Pour qui\n\nC'est une construction très accessible aux chantiers participatifs : des bottes qu'on porte à deux, des outils simples, et beaucoup de mains le jour des enduits. On se forme avant, on respecte les règles de l'art, et on fait vérifier la structure.\n\nChoisir où construire : [[TEC-CON-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-028","titre":"La phytoépuration","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["phytoepuration","eaux grises","filtre plante","roseaux","assainissement","bac degraisseur","spanc","eaux usees"],"sources":["Irstea (ex-Cemagref), filtres plantés de roseaux pour le traitement des eaux usées, guides techniques","Ministère de la Transition écologique, assainissement non collectif et SPANC","Ludwig A., Create an Oasis with Greywater, 2006"],"corps":"::Des milliers de villages français traitent leurs eaux usées sans usine : l'eau traverse des bassins de graviers plantés de roseaux, et en ressort assez propre pour rejoindre la rivière. Ce ne sont pas les roseaux qui nettoient, mais les milliards de bactéries qui vivent autour de leurs racines. À l'échelle d'une maison, le même principe traite les eaux de la douche et de la vaisselle.::\n\n## Le principe\n\n1. L'eau sale arrive sur un **lit de sable et de graviers**.\n2. Des **bactéries** accrochées aux grains et aux racines mangent la pollution.\n3. **Les roseaux** empêchent le filtre de se colmater (leurs tiges bougent au vent et ouvrent le sable) et apportent de l'oxygène.\n4. L'eau ressort claire, en bas, et s'infiltre ou rejoint un fossé.\n\n## Les eaux grises d'une maison\n\nLes eaux de la douche, du lavabo, de la vaisselle et du linge, **sans les toilettes** :\n\n1. **Un bac dégraisseur** : un bidon où la graisse remonte et les particules tombent, à vider régulièrement.\n2. **Un filtre planté vertical** : l'eau est répartie en surface sur une couche de gravier, puis de sable, puis de gravier au fond, avec un drain. Planté de roseaux, d'iris des marais, de massettes.\n3. **Une zone d'infiltration** ou un petit bassin planté en sortie.\n\nCompter de l'ordre de **deux à trois mètres carrés de filtre par personne**.\n\n## Les règles\n\n- **Des savons doux** et peu de produits chimiques : ce qui tue les microbes du ménage tue aussi ceux du filtre.\n- **Pas d'eau des toilettes** dans un système bricolé : elle demande une installation agréée, ou des toilettes sèches. Voir [[TEC-CON-014]].\n- **Pas d'arrosage** avec ces eaux sur les légumes qui se mangent crus. Les arbres fruitiers, oui.\n- **En France**, tout assainissement individuel se déclare et se contrôle par le service de la commune (SPANC). Plusieurs systèmes de filtres plantés sont agréés.\n\n## Pourquoi c'est utile\n\nSans réseau d'égout, une eau usée qui stagne attire les moustiques et les maladies, et pollue les puits. La traiter sur place, c'est protéger l'eau qu'on boit. Voir [[SURV-HYG-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-013","titre":"Le plâtre","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["platre","gypse","platre de paris","moulage","platre medical","attelle","protection incendie","cuisson"],"sources":["Mathijsen A., Nieuwe wijze van aanwending van het gips-verband bij beenbreuken, 1852","BRGM, le gypse et les carrières d'Île-de-France","INRS, poussières de plâtre"],"corps":"::Paris est bâti au-dessus de carrières de gypse, la pierre dont on tire le plâtre : on l'appelle dans le monde entier le plâtre de Paris. En 1851, un chirurgien militaire néerlandais, Antonius Mathijsen, a l'idée d'imprégner des bandes de tissu de plâtre pour immobiliser les fractures. Le plâtre durcit en quelques minutes, avec de l'eau pour seul outil.::\n\n## Comment ça marche\n\n- **Le gypse** est une pierre qui contient de l'eau dans ses cristaux.\n- **Chauffé** vers 120 à 180 °C, il la perd et devient une poudre : le plâtre.\n- **Mélangé à l'eau**, il la reprend, chauffe un peu, et redevient une pierre en quelques minutes.\n\n## Faire son plâtre\n\nLà où il y a du gypse (pierre tendre, blanche ou grise, qui se raye à l'ongle) : le cuire quelques heures dans un four ou sur un feu doux, le broyer en poudre fine, et le garder **au sec** dans un récipient fermé, car il boit l'humidité de l'air.\n\n## Gâcher\n\n1. **L'eau d'abord**, dans un récipient souple.\n2. **Saupoudrer le plâtre** dessus jusqu'à ce qu'il affleure, sans remuer.\n3. **Attendre une minute**, puis mélanger.\n4. **Travailler vite** : on a une dizaine de minutes avant qu'il ne prenne.\n\n## À quoi il sert\n\n- **Immobiliser une fracture** : des bandes de coton trempées dans du plâtre délayé, posées **sur un rembourrage** épais (coton, tissu), jamais serrées, en laissant les doigts ou les orteils visibles. On vérifie ensuite leur couleur et leur chaleur plusieurs fois par jour : douleur qui augmente, doigts froids ou bleus, on ouvre le plâtre. Voir [[URG-FRAC-001]].\n- **Mouler** : un moule de pièce, un modèle, une empreinte.\n- **Boucher et lisser** les murs et plafonds intérieurs.\n- **Protéger du feu** : chauffé, le plâtre libère son eau et freine l'incendie. Les plaques de plâtre protègent les charpentes.\n\n## Ses limites\n\n- **À l'extérieur**, la pluie le dissout : dehors, on enduit à la chaux. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **La poussière** irrite les poumons et les yeux : masque et aération.\n- **Ne jamais noyer une main** entière dans du plâtre qui prend : il chauffe et peut brûler, et on ne peut plus la retirer.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-018","titre":"Le téléphone satellite et le SOS par satellite","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["telephone satellite","iridium","inmarsat","sos satellite","balise","messager satellite","ciel degage","pays interdits"],"sources":["Iridium Communications, architecture du réseau de satellites","Apple, SOS d'urgence par satellite, disponibilité par pays","Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, conseils aux voyageurs"],"corps":"::Au sommet d'une montagne, en pleine mer ou au milieu d'un désert, un téléphone satellite appelle n'importe où dans le monde. Depuis quelques années, certains smartphones ordinaires envoient même un message de secours par satellite quand il n'y a plus aucun réseau. Mais dans certains pays, entrer avec un téléphone satellite peut mener en prison.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les téléphones satellites** parlent directement aux satellites, sans antenne relais. Certains réseaux couvrent **toute la Terre**, pôles compris ; d'autres, en orbite fixe au-dessus de l'équateur, couvrent le monde sauf les régions polaires.\n- **Les messagers satellites** : de petits boîtiers qui envoient des textos et un **SOS** relayé vers un centre de secours, avec la position GPS.\n- **Les smartphones récents** proposent, dans certains pays dont la France, un **SOS par satellite** : on suit les indications de l'écran pour viser le satellite, et un message court part vers les secours.\n- **Il faut voir le ciel** : pas dans une maison, pas sous des arbres denses, pas au fond d'une gorge étroite.\n\n## AGIR\n\n- **Tester avant** de partir : allumer, faire un appel ou un message d'essai, en plein air.\n- **Charger** et emporter une batterie de secours.\n- **Garder les numéros** des secours du pays et d'un contact à prévenir.\n- **En cas de détresse** : sortir à découvert, envoyer le SOS, **rester sur place** et garder l'appareil allumé si possible pour qu'on suive la position.\n- **Les messages** partent parfois après un délai : patience, et on ne répète pas en boucle.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les balises de détresse** (en mer, en montagne, en avion) ne servent qu'à appeler au secours, mais partout et longtemps. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Certains pays interdisent** ou encadrent strictement les téléphones satellites : se renseigner auprès des conseils aux voyageurs avant de partir. Des voyageurs ont été arrêtés pour en avoir un dans leurs bagages.\n- **Le prix** : l'appareil et les minutes coûtent cher. Un messager avec abonnement mensuel suffit à la plupart des usages.\n\nLa montagne : [[SURV-MIL-005]]. Le GPS : [[TEC-ELN-010]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-017","titre":"La CB, la radio des routiers","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["cb","citizen band","27 mhz","canal 9","routiers","sans licence","antenne","portee","radio"],"sources":["ANFR, conditions d'utilisation des postes CB (27 MHz)","Décision ECC/DEC/(11)03 sur l'harmonisation de la CB en Europe","FCC, histoire du Citizens Band Radio Service"],"corps":"::Dans les années 1970, la CB a été une folie aux États-Unis : des millions de camionneurs et d'automobilistes se parlaient en code (« 10-4 », bien reçu), et une chanson sur un convoi de routiers en a fait un phénomène mondial. Elle n'a jamais disparu : sans licence, sans abonnement, sans antenne relais, c'est toujours la radio qui marche quand le reste est tombé.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La CB** (citizen band) utilise **40 canaux** autour de **27 MHz**, libres d'utilisation en France et dans la plupart des pays d'Europe, **sans licence**, avec un poste homologué.\n- **La portée** : de quelques kilomètres en ville à une vingtaine en terrain dégagé, avec une bonne antenne. Certains jours, la propagation porte les signaux à des centaines de kilomètres.\n- **Le canal 9** est celui des **appels d'urgence**. Les routiers ont leurs canaux d'habitude, selon les pays.\n\n## AGIR\n\n**S'équiper**\n\n- **Un poste CB** fixe (voiture, maison) ou portable, homologué.\n- **Une antenne** : c'est elle qui fait la portée. Sur une voiture, la plus longue possible, au milieu du toit. À la maison, en hauteur, dégagée. Voir [[SIG-COM-015]].\n- **Le régler** : un réglage d'antenne mal fait réduit la portée et peut abîmer le poste. Les revendeurs le font.\n\n**Parler**\n\n- **Écouter d'abord** : on ne coupe pas une conversation.\n- **Des messages courts**, et on lâche le bouton pour laisser répondre.\n- **S'annoncer** par un pseudo, dire à qui on parle, et « à toi » pour passer la parole.\n- **En cas d'urgence** : canal 9, dire où l'on est, ce qui se passe, ce dont on a besoin.\n\n## ADAPTER\n\n- **Dans une crise**, un réseau de voisins, de fermes, de véhicules équipés de CB se parle sans rien d'autre. Convenir à l'avance d'un canal et d'heures d'écoute.\n- **Plus loin** : la radio amateur, avec licence. Voir [[TEC-MET-013]].\n- **Plus près** : les talkies-walkies. Voir [[SIG-COM-010]].\n- Les fréquences à connaître : [[SIG-COM-009]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-016","titre":"Les codes et le chiffrement simple","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chiffrement","code cesar","analyse de frequences","masque jetable","mot de passe familial","arnaque","voix clonee","cryptologie"],"sources":["Singh S., Histoire des codes secrets, Lattès, 1999","Shannon C.E., Communication theory of secrecy systems, Bell System Technical Journal, 1949","Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (liberté de la cryptologie)"],"corps":"::Jules César décalait chaque lettre de trois rangs dans l'alphabet pour écrire à ses généraux. Au IXe siècle, le savant arabe Al-Kindi a montré comment casser ce genre de code en comptant les lettres les plus fréquentes. Mais il existe un code que personne ne peut casser, prouvé mathématiquement en 1949 : le masque jetable. Et le code le plus utile aujourd'hui tient en un seul mot, connu de votre famille.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le code de César** et tous les codes où une lettre est toujours remplacée par la même se cassent en quelques minutes : en français, le **E** est de loin la lettre la plus fréquente, on le repère, puis le reste suit.\n- **Le masque jetable** : une clé faite de lettres **tirées au hasard**, **aussi longue que le message**, utilisée **une seule fois** et connue seulement des deux correspondants. Bien utilisé, il est incassable : les espions et la ligne directe entre Moscou et Washington s'en sont servis.\n- **En France**, utiliser le chiffrement est libre.\n\n## AGIR\n\n**Le mot de passe familial**\n\nDes escrocs imitent désormais la voix d'un proche avec quelques secondes d'enregistrement : « Maman, j'ai eu un accident, envoie de l'argent. »\n\n- **Choisir un mot secret** connu seulement de la famille, jamais écrit en ligne.\n- **Au moindre appel urgent** qui demande de l'argent ou une information : « Quel est notre mot ? » Pas de mot, on raccroche et on rappelle le proche sur son numéro habituel.\n\n**Les mots convenus**\n\nPour les messages visibles de tous : des phrases anodines dont le sens est convenu à l'avance (« la tante va bien » = on part au point de rendez-vous B). Voir [[SIG-COM-014]].\n\n**Le masque jetable, à la main**\n1. Numéroter les lettres de A = 0 à Z = 25.\n2. Pour chaque lettre du message, **ajouter** la lettre correspondante de la clé, et retrancher 26 si on dépasse 25.\n3. Le destinataire **soustrait** la même clé.\n4. **Détruire** la clé après usage.\n\n## ADAPTER\n\n- **Sur les réseaux**, les messageries chiffrées de bout en bout protègent mieux que tous les codes faits main. Voir [[TEC-ELN-008]].\n- **Le morse** n'est pas un code secret : tout le monde peut le lire. Voir [[SIG-COM-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-014","titre":"Le verre","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["verre","obsidienne","couper une bouteille","verre trempe","vitre","mastic","loupe","recuperation"],"sources":["Macfarlane A., Martin G., Glass: A World History, University of Chicago Press, 2002","Buck B.A., Ancient technology in contemporary surgery, Western Journal of Medicine, 1982","Corning Museum of Glass, histoire et fabrication du verre"],"corps":"::L'obsidienne, un verre naturel né des volcans, se taille en lames plus fines que le meilleur scalpel d'acier : quelques chirurgiens s'en sont servis pour des incisions très précises. Le verre se fabrique avec du sable, de la soude et de la chaux fondus vers 1 500 °C, hors de portée d'un atelier ordinaire. Mais les bouteilles, les bocaux et les vitres récupérés ne manquent jamais.::\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Le verre ordinaire** (bouteilles, bocaux, vitres) se coupe, se ponce et se récupère.\n- **Le verre trempé** (vitres latérales des voitures, portes de four, certaines tables) éclate d'un coup en petits cubes : il ne se coupe pas.\n- **Le pare-brise** est feuilleté : deux verres collés sur un film, il se fend sans tomber.\n- **Le verre dure** : des verres romains ont traversé deux mille ans.\n\n## Couper une bouteille\n\n1. **Rayer** une ligne continue tout autour avec un coupe-verre (un gabarit aide à rester droit).\n2. **Chauffer** la rayure (eau bouillante versée dessus, ou flamme de bougie en tournant), puis **refroidir** d'un coup à l'eau froide. Recommencer : elle se sépare net.\n3. **Poncer** longuement le bord sur du papier de verre mouillé ou une pierre, jusqu'à ce qu'il ne coupe plus.\n\nOn en fait des verres, des pots, des lampes, des cloches pour le jardin. Voir [[TEC-AGR-011]].\n\n## Remplacer une vitre\n\n1. Retirer les morceaux, **avec des gants épais** et des lunettes.\n2. Gratter le vieux mastic, poser une nouvelle vitre coupée **2 à 3 mm plus petite** que la feuillure.\n3. La caler par de petites pointes, puis étaler le mastic en biseau au couteau.\n\n## Le verre utile\n\n- **Une loupe** ou le fond d'une bouteille pleine d'eau concentre le soleil et allume un feu. Voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Les bocaux** pour les conserves. Voir [[TEC-ALI-005]].\n- **Les murs en bouteilles** noyées dans la terre ou le mortier laissent passer la lumière.\n\n## La sécurité\n\n- **Gants et lunettes**, toujours.\n- **Le verre cassé** se ramasse avec un pain de mie ou du ruban adhésif pour les éclats fins, et part dans un carton fermé et marqué : les éboueurs se coupent sur les sacs.\n- **Une coupure profonde** : voir [[URG-HEMO-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-019","titre":"Le code-barres et le QR code","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["code-barres","ean-13","qr code","prefixe pays","faux qr code","arnaque","denso wave","stockage hors ligne"],"sources":["GS1, standard EAN-13 et préfixes des organisations nationales","Denso Wave, histoire du QR code (1994)","Cybermalveillance.gouv.fr, arnaques aux faux QR codes"],"corps":"::Le 26 juin 1974, dans un supermarché de l'Ohio, la première caisse scanne le premier code-barres : un paquet de chewing-gums. Vingt ans plus tard, au Japon, une filiale de Toyota invente le QR code pour suivre ses pièces détachées. Aujourd'hui, ces petits dessins disent beaucoup de choses, et certains mentent.::\n\n## Le code-barres\n\n- **Les 13 chiffres** écrits sous les barres disent tout : le lecteur ne fait que les lire plus vite.\n- **Les premiers chiffres** indiquent le pays **où l'entreprise a enregistré son code**, pas celui où le produit est fabriqué. Un code qui commence par 3 (France) peut très bien désigner un produit fabriqué ailleurs.\n- **Le dernier chiffre** est une clé de contrôle : une erreur de lecture est détectée.\n\n## Le QR code\n\n- Un carré de points noirs et blancs qui peut contenir **un lien, un texte, un numéro, des coordonnées GPS**, jusqu'à quelques milliers de caractères.\n- Il reste lisible même **abîmé ou en partie caché** (jusqu'à environ un tiers) : c'est pour ça qu'on peut mettre un logo au milieu.\n- **Il ne contient pas forcément un lien** : un QR code peut porter un texte entier, lisible sans internet. Pratique pour afficher une consigne, une fiche, un plan.\n\n## Les arnaques\n\n- **Les faux QR codes** collés par-dessus les vrais, sur les horodateurs, les bornes de recharge, les affiches, les avis de passage : ils envoient vers un faux site de paiement.\n- **Avant de payer** : regarder l'adresse du site qui s'ouvre, vérifier qu'aucun autocollant n'a été posé sur le code, et **payer plutôt par l'application officielle** ou le terminal.\n- **Un QR code reçu par courrier ou par message** qui demande de « régulariser » un paiement ou de « mettre à jour » un compte : arnaque presque à coup sûr. Voir [[TEC-IDE-015]].\n\n## En crise\n\nUne imprimante et un générateur de QR code hors ligne permettent d'afficher des textes, des coordonnées ou des contacts que chacun lit avec son téléphone, sans réseau. Voir [[TEC-ELN-017]].\n\nReconnaître une fausse information : [[TEC-IDE-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-014","titre":"Peintures et vernis naturels","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["peinture","badigeon de chaux","ocres","peinture de falun","huile de lin","cire","gomme-laque","plomb","ceruse"],"sources":["Falu Rödfärg, histoire et composition de la peinture de Falun","Loi du 20 juillet 1909 interdisant l'emploi de la céruse dans les travaux de peinture","Mayer R., The Artist's Handbook of Materials and Techniques, 5e édition, Viking, 1991"],"corps":"::Si tant de maisons de Scandinavie sont rouges, c'est grâce à une mine de cuivre : les résidus de la mine de Falun, en Suède, donnaient un pigment rouge qu'on cuisait avec de la farine de seigle et de l'huile de lin. Une peinture bon marché, qui protège le bois pendant des décennies. De la chaux, de la terre, du lait ou de l'huile : les peintures ont été faites maison pendant des millénaires.::\n\n## Les pigments\n\n- **Les ocres** : des terres jaunes, rouges, brunes, broyées fin. En France, celles du Roussillon, dans le Vaucluse, sont célèbres.\n- **Le blanc** : la chaux, la craie.\n- **Le noir** : le charbon de bois broyé, la suie.\n- **Jamais de pigments toxiques** de récupération inconnue.\n\n## Les peintures\n\n**Le badigeon de chaux**\nDe la chaux éteinte délayée dans l'eau, à la consistance d'un lait, plus un pigment si on veut. On l'applique en plusieurs couches fines sur un mur humidifié. Il laisse respirer les murs et désinfecte : c'est pour ça qu'on blanchissait les étables. Voir [[TEC-CHI-003]].\n\n**La peinture au lait (caséine)**\nDu lait écrémé tranché au vinaigre, le caillé lavé, mélangé à un peu de chaux et de pigment. Mate, solide à l'intérieur. Voir [[TEC-CHI-011]].\n\n**La peinture à l'huile de lin**\nHuile de lin cuite et pigments, pour le bois extérieur, les volets, les portes. Lente à sécher, très durable.\n\n**La peinture de Falun**\nEau, farine de seigle cuite en bouillie, pigment rouge ou ocre, un peu d'huile de lin et de sulfate de fer. Pour les bardages en bois brut.\n\n## Les vernis et les cires\n\n- **L'huile de lin** en couches fines : manches d'outils, plans de travail. Voir [[TEC-ATE-013]].\n- **La cire d'abeille** fondue avec un peu d'essence de térébenthine : une encaustique pour les meubles.\n- **La gomme-laque** dissoute dans l'alcool : un vernis qui sèche vite.\n\n## Attention\n\n- **Les chiffons à l'huile de lin** peuvent **s'enflammer seuls** en séchant en boule. Voir [[TEC-CHI-005]].\n- **Les vieilles peintures au plomb** (la céruse, interdite dans le bâtiment en France depuis 1909, mais présente dans les vieux logements) : ne jamais les poncer à sec ni les brûler. Leur poussière empoisonne, surtout les enfants.\n- **La chaux** brûle la peau et les yeux : gants et lunettes. Voir [[URG-SEC-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-014","titre":"Fondre et couler l'aluminium","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["fonderie","aluminium","creuset","four a charbon","moule en sable","lingot","vapeur","securite","heroult"],"sources":["Héroult P., brevet du procédé d'électrolyse de l'aluminium, 1886","Ammen C.W., Metalcasting, McGraw-Hill, 2000","American Foundry Society, sécurité en fonderie"],"corps":"::Au milieu du XIXe siècle, l'aluminium valait plus cher que l'or, et Napoléon III, raconte-t-on, en faisait servir les couverts à ses invités les plus prestigieux. En 1886, un jeune Français, Paul Héroult, et un Américain, Charles Hall, trouvent chacun de leur côté comment le produire par électricité : il devient le métal le plus banal du monde. Il fond à 660 °C, à la portée d'un four à charbon de bois.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Un four** : un seau métallique garni d'un réfractaire (ciment réfractaire du commerce, ou mélange de plâtre et de sable pour un four d'essai), avec un tuyau d'air sur le côté.\n- **Du charbon de bois** et **un souffleur** (sèche-cheveux, soufflet). Voir [[SURV-FEU-006]].\n- **Un creuset** : un pot en acier épais ou en graphite, et une **pince** qui le tient solidement.\n- **Des moules** : sable de fonderie (sable fin mêlé d'argile, à peine humide), plâtre **parfaitement sec et cuit**, ou moule en acier préchauffé.\n- **De la ferraille d'aluminium** : pièces moulées, profilés, vieux ustensiles. Les canettes donnent surtout des scories.\n\n## Couler\n\n1. **Tout doit être sec** : outils, ferraille, moules, creuset. On préchauffe tout ce qui touchera le métal.\n2. **Fondre** : le charbon rouge vif, le souffleur à fond, le métal fond en quelques dizaines de minutes.\n3. **Écumer** la crasse en surface avec un outil sec et chaud.\n4. **Couler d'un geste régulier**, sans s'arrêter, dans le moule posé sur du sable.\n5. **Laisser refroidir** longuement avant de démouler.\n\n## Le danger numéro un : l'eau\n\n**Une goutte d'eau sous du métal en fusion se transforme en vapeur d'un coup et projette le métal** : c'est l'accident des fondeurs. Pas de moule humide, pas de ferraille qui contient de l'eau (tubes fermés, canettes pas vides), jamais de coulée au-dessus du béton (il éclate) ni sous la pluie.\n\n## L'équipement\n\nChaussures montantes en cuir, **pantalon par-dessus** les chaussures, vêtements en coton ou en laine, gants épais, **visière**, et dehors, pour les fumées des peintures et vernis qui brûlent. Un seau de sable sec à côté, jamais d'eau.\n\n## Ce qu'on en fait\n\nDes **lingots** pour le troc ou pour plus tard, des pièces moulées simples (poignées, poulies, supports), des réparations. Voir [[TEC-MEC-028]].\n\nLa forge, pour le fer : [[TEC-ATE-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-011","titre":"Suivre une piste","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pistage","traces","empreintes","animaux","personne perdue","lumiere rasante","sentiers d'animaux","eau"],"sources":["Liebenberg L., The Art of Tracking: The Origin of Science, 1990","Brown T., Tom Brown's Field Guide to Nature Observation and Tracking, 1983"],"corps":"::Les pisteurs san du Kalahari suivent une antilope sur un sol dur pendant des heures, et savent dire si elle est blessée, fatiguée, depuis combien de temps elle est passée. Pour un chercheur sud-africain, c'est peut-être la plus vieille forme de raisonnement scientifique : observer, supposer, vérifier. Suivre une piste sert à retrouver un enfant perdu, une bête, ou de l'eau.::\n\n## COMPRENDRE\n\nTout ce qui passe laisse une trace : une empreinte, une herbe couchée, une brindille cassée, une pierre retournée, de la boue déposée sur un rocher sec. Le pisteur ne cherche pas une trace parfaite, mais **une suite de petits signes**.\n\n## AGIR\n\n**Voir**\n\n- **La lumière rasante**, tôt le matin et en fin d'après-midi, fait ressortir les creux. En plein midi, on s'accroupit et on regarde à contre-jour.\n- **Regarder devant**, à quelques mètres, pas seulement à ses pieds : la ligne de passage se voit mieux de loin.\n- **Marquer la dernière trace sûre** avec un bâton, pour y revenir si on perd la piste.\n\n**Lire**\n\n- **Une brindille cassée** : claire à la cassure si c'est frais, grisâtre si c'est ancien.\n- **Une pierre retournée** : la face humide et sombre en dessus, c'est récent.\n- **L'herbe couchée** se relève en quelques heures.\n- **L'âge d'une empreinte** : faire sa propre empreinte à côté et comparer. Bords nets et humides, c'est frais ; bords effrités, feuilles ou toiles d'araignée dedans, c'est ancien.\n- **La direction** : la pointe du pied, la terre projetée vers l'arrière, les herbes couchées dans le sens de la marche.\n\n**Chercher une personne perdue**\n\n- **Partir du dernier endroit où elle a été vue**, et ne pas piétiner autour.\n- **Un enfant** se cache souvent et ne répond pas ; il descend plutôt qu'il ne monte. Voir [[URG-ENF-001]] et [[URG-PERDU-001]].\n- **Prévenir les secours** tôt : leurs chiens suivent une piste bien mieux que nous, si on ne l'a pas brouillée.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les sentiers d'animaux** qui convergent en descendant mènent souvent à **l'eau**. Voir [[SURV-EAU-005]].\n- **Les traces d'animaux** renseignent sur ce qui vit autour : gibier, sangliers, chiens errants. Voir [[SURV-DEF-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-007","titre":"La foi et le sens dans l'épreuve","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["foi","sens","spiritualite","croyances","rites","priere","meditation","respect","communaute","frankl"],"sources":["Frankl V., Découvrir un sens à sa vie, 1946","Pargament K.I., The Psychology of Religion and Coping, Guilford Press, 1997","Organisation mondiale de la santé, Premiers secours psychologiques, 2011 (respect des croyances)"],"corps":"::Viktor Frankl, psychiatre déporté à Auschwitz, a observé que ceux qui tenaient le mieux n'étaient pas toujours les plus forts, mais ceux qui avaient une raison de tenir : quelqu'un à retrouver, une œuvre à finir, une foi. Croyant ou non, chacun a besoin d'un sens quand tout s'écroule. Et dans un groupe, les croyances de chacun peuvent unir ou diviser.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Pour beaucoup de gens**, la foi est la première ressource dans l'épreuve : elle donne un sens, des gestes pour traverser (la prière, les rites), et une communauté qui soutient.\n- **Pour d'autres**, le sens vient d'ailleurs : les proches, la nature, la transmission, l'engagement pour les autres.\n- **Les études** sur les personnes qui traversent des drames montrent que trouver un sens aide à tenir et à se reconstruire, quelle que soit sa source.\n\n## AGIR\n\n**Pour soi**\n\n- **Garder ses gestes** : prière, méditation, lecture, silence, marche. Ils structurent le temps et apaisent. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Se relier** : à une communauté de foi, à des proches, à un groupe.\n- **Se donner une raison** concrète de tenir : une personne, une tâche, une promesse.\n\n**Pour le groupe**\n\n- **Respecter les croyances** de chacun, et l'absence de croyance. On ne convertit pas quelqu'un qui souffre.\n- **Faire de la place aux rites** : un coin calme pour prier, le respect des jours et des interdits alimentaires quand c'est possible, un moment pour les morts. Voir [[TEC-SAN-024]].\n- **Les responsables religieux** sont souvent des relais précieux : écoutés, présents, organisés.\n- **Ne pas laisser les différences** devenir un motif de conflit ou d'exclusion. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n## ADAPTER\n\n- **La foi ébranlée** : la colère, le doute, la question « pourquoi » sont fréquents après un drame, chez les croyants comme chez les autres. On peut en parler sans être jugé.\n- **Les promesses de salut** contre de l'argent, de l'obéissance ou l'isolement des proches, dans une crise : prudence, ce sont souvent des emprises.\n- **Le deuil** : [[SURV-PSY-005]]. **La santé mentale** : [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-015","titre":"Le métro et les souterrains des villes","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["metro","rail electrifie","evacuation","tunnel","incendie","abri","egouts","gaz","catacombes","blitz"],"sources":["RATP, consignes de sécurité et d'évacuation","Fennell D., Investigation into the King's Cross Underground Fire, 1988","Imperial War Museums, le métro de Londres pendant le Blitz"],"corps":"::Pendant le Blitz, en 1940, jusqu'à cent soixante-dix mille Londoniens dormaient certaines nuits sur les quais du métro. En 2022, les habitants de Kiev ont fait de même. Le métro protège des bombes ; il peut aussi tuer par le feu, la fumée et le courant qui court le long des voies.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le rail d'alimentation** de beaucoup de métros porte plusieurs centaines de volts. Le toucher tue.\n- **Le feu et la fumée** sous terre sont les pires dangers : en 1987, à la station King's Cross de Londres, un incendie d'escalier mécanique a tué 31 personnes.\n- **Les égouts** : gaz toxiques sans odeur à forte dose, montée brutale des eaux quand il pleut, maladies. Voir [[TEC-CON-020]].\n\n## AGIR\n\n**Dans le métro**\n\n- **Ne jamais descendre sur les voies**, même pour récupérer un objet tombé : on prévient un agent.\n- **Train arrêté en tunnel** : on reste dans la rame, sauf ordre ou danger immédiat (feu, fumée). Les poignées d'urgence servent au danger, pas au retard.\n- **Évacuation** : on suit les agents, dans le calme, sans courir. On ne marche dans un tunnel que si on l'ordonne, le courant coupé.\n- **La fumée** : se baisser, se couvrir la bouche d'un tissu, se diriger vers l'air frais et la lumière, contre le sens de la fumée. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**Comme abri**\n\n- En cas d'alerte aérienne, les stations profondes sont des abris désignés dans beaucoup de villes. Voir [[SURV-CRI-017]].\n- Prendre de l'eau, des vêtements chauds, une lampe, de quoi s'asseoir et s'occuper.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les égouts, les collecteurs, les réseaux techniques** : on n'y entre jamais sans formation, détecteur de gaz et équipe dehors.\n- **Les carrières et catacombes** : interdites au-delà des parties ouvertes. Voir [[SURV-MIL-013]].\n- **Une inondation** : l'eau entre par les bouches de métro ; on remonte, on ne descend pas s'abriter. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Coincé dans un ascenseur de station** : [[URG-ASC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-014","titre":"Survivre sur une île","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ile","naufrage","tromelin","selkirk","noix de coco","eau de pluie","signal","corail","ciguatera"],"sources":["Guérout M., Romon T., Tromelin, l'île aux esclaves oubliés, CNRS Éditions, 2010","Cooke E., A Voyage to the South Sea, 1712 (récit d'Alexander Selkirk)","Organisation mondiale de la santé, ciguatera"],"corps":"::En 1761, un navire français fait naufrage sur Tromelin, un îlot plat d'un kilomètre carré au milieu de l'océan Indien. L'équipage repart sur un radeau en promettant de revenir chercher les esclaves malgaches abandonnés sur place. Quinze ans plus tard, on retrouve sept femmes et un bébé : ils ont survécu en gardant un feu allumé pendant quinze ans, en mangeant tortues, oiseaux et coquillages, et en buvant l'eau d'un puits qu'ils avaient creusé.::\n\n## COMPRENDRE\n\nSur une île, l'eau douce décide de tout ; la nourriture vient de la mer ; et le salut vient de l'horizon, à condition d'être vu.\n\n## AGIR\n\n**L'eau d'abord**\n- **La pluie** : tout ce qui peut la recueillir (bâches, feuilles, coquillages, récipients). Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Creuser** : sur les îles basses, l'eau douce de pluie flotte sur l'eau salée dans le sable. Un puits peu profond, loin du rivage. Voir [[SURV-MIL-010]].\n- **Les noix de coco vertes** : leur eau se boit, sans excès (elle fait courir aux toilettes).\n- **Le distillateur solaire** : [[SURV-EAU-008]].\n\n**Un abri** au-dessus de la limite des plus hautes vagues, à l'ombre, à l'abri du vent dominant.\n\n**Le feu**, jour et nuit si on peut : pour cuire, purifier l'eau, se signaler, et pour le moral. Voir [[SURV-FEU-005]].\n\n**Se faire voir**\n- **De grands signaux** au sol sur la plage : SOS en pierres, en branches, en algues, contrastés avec le sable. Voir [[SIG-COM-011]].\n- **Un tas de bois prêt** à allumer avec des feuilles vertes pour la fumée blanche. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Le miroir** : [[SIG-COM-013]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Manger** : coquillages, poissons, crabes, œufs d'oiseaux, tortues, noix de coco. Voir [[SURV-RES-008]] et [[SURV-RES-006]].\n- **La ciguatera** : certains gros poissons des récifs tropicaux (barracuda, mérou) accumulent une toxine que la cuisson ne détruit pas. On préfère les petits poissons.\n- **Le corail** coupe et les plaies s'infectent vite : chaussures, et chaque coupure soignée. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **Le soleil** : [[TEC-SAN-022]].\n\nAlexander Selkirk, marin écossais abandonné quatre ans sur une île du Pacifique au début du XVIIIe siècle, a inspiré Robinson Crusoé. Comme les naufragés de Tromelin, il a tenu par la routine et le travail. Voir [[SURV-PSY-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-013","titre":"La grotte et le souterrain","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["grotte","speleologie","trois sources de lumiere","crue souterraine","air vicie","carrieres","mines","chauves-souris","tham luang"],"sources":["Fédération française de spéléologie, règles de sécurité","Spéléo Secours Français","Gouvernement thaïlandais, opération de sauvetage de la grotte de Tham Luang, 2018"],"corps":"::En juin 2018, en Thaïlande, douze jeunes footballeurs et leur entraîneur entrent dans la grotte de Tham Luang ; la pluie de mousson noie la sortie derrière eux. Il faudra dix-sept jours et des plongeurs venus du monde entier pour les sortir tous vivants ; un sauveteur y perdra la vie. Une grotte est un abri parfait, et un piège parfait.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La température** reste presque constante toute l'année, proche de la moyenne annuelle du lieu : fraîche l'été, douce l'hiver.\n- **Le noir est total** : sans lumière, on ne ressort pas.\n- **L'eau monte** : une pluie à l'extérieur, même loin, peut noyer des galeries en quelques heures.\n- **L'air peut manquer** dans les parties basses et les cavités fermées : le gaz carbonique s'y accumule.\n- **Les anciennes mines et carrières** s'effondrent, cachent des puits, retiennent des gaz.\n\n## AGIR\n\n**Avant d'entrer**\n\n- **Jamais seul**, et **quelqu'un dehors sait** où l'on va et à quelle heure on ressort.\n- **Trois sources de lumière** par personne, c'est la règle des spéléologues. Et un casque.\n- **La météo** : pas de sortie sous terre quand de fortes pluies sont annoncées.\n- **Marquer son chemin** aux croisements (flèches, cairns), et se retourner souvent pour voir le chemin du retour, qui paraît différent.\n\n**Dedans**\n\n- **Une flamme qui baisse**, une respiration qui s'accélère, un mal de tête : l'air est vicié. On remonte.\n- **Ne pas toucher les chauves-souris** (rage) ni soulever la poussière de leurs déjections.\n\n**Bloqué ou perdu**\n\n- **Rester sur place**, sur un point haut au-dessus du niveau des crues.\n- **Économiser la lumière** : une seule lampe à la fois, et le moins possible.\n- **Se tenir au chaud** : couverture de survie, serrés les uns contre les autres. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n- **Taper** régulièrement sur la roche, siffler : les sons portent loin sous terre.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les carrières et catacombes** des villes (comme sous Paris) sont interdites d'accès au-delà des parties ouvertes au public : effondrements, égarements, amendes.\n- **Comme abri** (chaleur, bombardements) : près de l'entrée, jamais au fond, avec de l'air et une sortie.\n- **Un secours souterrain** est long et difficile : en France, il est assuré par des spéléologues volontaires spécialisés, qu'on alerte par le 112.\n\nLe métro et les souterrains des villes : [[SURV-MIL-015]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-012","titre":"La forêt tropicale","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["foret tropicale","jungle","guyane","suivre l'eau","lianes a eau","humidite","infections","hamac","bambou"],"sources":["Koepcke J., Quand je suis tombée du ciel, 2011","US Army, FM 21-76 Survival, milieux tropicaux","Armée de terre, Centre d'entraînement en forêt équatoriale (CEFE), Guyane"],"corps":"::Le 24 décembre 1971, un avion se désintègre au-dessus de l'Amazonie péruvienne. Juliane Koepcke, 17 ans, tombe attachée à son siège et survit. Seule, blessée, elle se souvient d'un conseil de son père biologiste : suivre l'eau vers l'aval. Onze jours plus tard, elle atteint une cabane de bûcherons. En France, c'est en Guyane que l'armée apprend à vivre dans ce milieu.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Tout est mouillé**, tout le temps : vêtements, bois, pieds. Les petites plaies s'infectent en un ou deux jours.\n- **On ne voit rien** : la voûte des arbres cache le soleil et l'horizon, on se perd en quelques dizaines de mètres.\n- **L'eau est partout**, mais rarement propre.\n- **Les dangers** viennent surtout du petit : moustiques (paludisme, dengue), sangsues, fourmis, infections, champignons de la peau. Les grands animaux fuient l'homme.\n\n## AGIR\n\n**Se diriger** : **suivre les cours d'eau vers l'aval**. Les ruisseaux mènent aux rivières, les rivières aux villages, aux routes, aux pistes d'orpailleurs et de bûcherons. Attention aux crues soudaines après la pluie.\n\n**L'eau**\n- **La pluie**, recueillie sur de grandes feuilles ou une bâche : la plus sûre.\n- **Certaines lianes** donnent une eau claire quand on les coupe (d'abord en haut, puis en bas). Une sève laiteuse, amère ou colorée : on ne boit pas.\n- **Les ruisseaux** : toujours traiter. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**Dormir** : **au-dessus du sol**, dans un hamac avec moustiquaire, ou sur une plate-forme de branches. Au sol, l'eau, les fourmis et les serpents viennent à vous.\n\n**Le corps**\n- **Chaque égratignure** nettoyée et couverte. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **Les pieds** séchés et aérés chaque soir. Voir [[TEC-SAN-027]].\n- **Des vêtements secs** réservés à la nuit, les mouillés remis le matin.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le feu** : le bois mort encore debout, l'intérieur des branches mortes, les résines. **Le bambou** coupé en tronçons fermés **explose** dans le feu : on le fend avant.\n- **La nourriture** : fruits connus, cœur de palmier, poissons, insectes. Dans le doute : [[SURV-COM-001]].\n- **Les serpents** : [[URG-SERP-001]]. **Le paludisme** : [[TEC-SAN-036]]. **Se signaler** depuis une rivière ou une clairière : [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-011","titre":"Enlèvement et prise d'otage","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["otage","enlevement","kidnapping","syndrome de stockholm","assaut","captivite","fil d'ariane","voyage"],"sources":["Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Fil d'Ariane et conseils aux voyageurs","Nations unies, département de la sûreté et de la sécurité, conduite à tenir en cas de prise d'otage","Bejerot N., analyse de la prise d'otages de Norrmalmstorg, Stockholm, 1973"],"corps":"::En 1973, à Stockholm, des employés de banque retenus six jours par des braqueurs finissent par prendre leur défense face à la police : un psychiatre invente l'expression « syndrome de Stockholm ». Ce que tous les anciens otages racontent, c'est que les premières minutes sont les plus dangereuses, et que tenir ensuite est une affaire de routine, de calme et de dignité.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les premières minutes** : les ravisseurs sont nerveux, armés, sous adrénaline. C'est là que les gestes brusques tuent.\n- **Un otage vivant a de la valeur** pour ses ravisseurs : le but est de rester une personne, calme et utile, pas un problème.\n- **Les libérations** se négocient le plus souvent sur des semaines ou des mois.\n\n## AGIR\n\n**Au début**\n\n- **Obéir calmement**, sans geste brusque, mains visibles. Pas d'héroïsme, sauf fuite certaine.\n- **Ne pas les fixer**, ne pas les provoquer, ne pas mentir sur des choses vérifiables.\n- **Observer en silence** : voix, nombre, armes, trajet, bruits, durées. Ça servira plus tard, et ça occupe l'esprit.\n\n**En captivité**\n\n- **Se rendre humain** à leurs yeux : parler de sa famille, de son métier, simplement. Il est plus difficile de maltraiter quelqu'un qu'on connaît.\n- **Éviter** la politique, la religion, les promesses qu'on ne peut tenir.\n- **Tenir une routine** : se laver, bouger, faire des exercices, compter les jours, prier ou méditer, se réciter des textes. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Manger et boire** ce qu'on donne.\n- **Garder espoir** : la plupart des otages sont libérés.\n\n**Pendant un assaut**\n\n- **Se jeter au sol**, mains sur la tête et bien visibles, ne plus bouger.\n- **Ne pas courir** vers les forces d'intervention : elles ne savent pas encore qui est qui. On peut être menotté un moment, le temps d'être identifié.\n- **Suivre exactement** leurs ordres.\n\n## ADAPTER\n\n- **En voyage** dans un pays à risque, les Français peuvent s'inscrire sur le service **Fil d'Ariane** du ministère des Affaires étrangères, pour être contactés en cas de crise. On varie ses trajets et ses horaires, on reste discret. Voir [[SURV-DEP-008]].\n- **Après la libération** : les réactions (cauchemars, peur, colère, culpabilité) sont normales, et une aide existe. Voir [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-033","titre":"L'hydraulique et le pneumatique","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["hydraulique","pneumatique","pascal","verin","cric","compresseur","air comprime","injection sous la peau","flexibles"],"sources":["Pascal B., Traité de l'équilibre des liqueurs, 1663","Hogan C.J., Ruland R.T., High-pressure injection injuries to the upper extremity: a review, Journal of Orthopaedic Trauma, 2006","INRS, risques des installations hydrauliques et pneumatiques"],"corps":"::Une fuite d'huile hydraulique grosse comme une tête d'épingle peut injecter de l'huile sous la peau d'une main posée dessus pour « sentir d'où ça vient ». Sur le moment, une petite piqûre. Quelques heures plus tard, la main gonfle et il faut opérer en urgence pour la sauver. La force qui soulève une pelleteuse ne pardonne pas.::\n\n## Le principe\n\nAu XVIIe siècle, Blaise Pascal montre qu'un liquide enfermé transmet la pression partout également. **Un petit piston poussé doucement fait monter un gros piston avec une force énorme** : c'est le cric hydraulique, la presse, les freins, le bras de la pelleteuse, le relevage du tracteur.\n\n## L'hydraulique (avec de l'huile)\n\n- **L'huile ne se comprime pas** : les mouvements sont puissants et précis.\n- **Les pressions** montent à plusieurs centaines de bars.\n- **Un cric hydraulique** soulève une voiture avec une main. **Mais on ne travaille jamais sous une charge tenue seulement par un cric** : chandelles ou cales solides. Voir [[TEC-MEC-023]].\n\n**Entretien** : une huile propre, les filtres, des flexibles sans craquelure ni gonflement, pas d'air dans le circuit.\n\n## Le pneumatique (avec de l'air)\n\n- **L'air se comprime** : il fait ressort. Les outils à air (clés à chocs, cloueuses, soufflettes), les freins des camions, les pneus.\n- **Le compresseur** remplit une cuve à 6 à 10 bars.\n- **Purger la cuve** régulièrement : l'eau de condensation la rouille de l'intérieur, et une cuve rongée peut éclater.\n\n## Les dangers\n\n- **Jamais la main** pour chercher une fuite sous pression : un morceau de carton qu'on passe devant.\n- **Une injection sous la peau**, même minuscule : **urgences tout de suite**, en disant ce qui s'est passé.\n- **Jamais d'air comprimé** dirigé vers la peau, un orifice du corps ou le visage, même pour se dépoussiérer.\n- **Décompresser** un circuit avant de le démonter : un raccord sous pression devient un projectile.\n- **Les flexibles** qui fouettent en cassant : on les attache, on se tient à distance.\n\nLe treuil et le palan : [[TEC-MEC-029]]. Les freins : [[TEC-MEC-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-032","titre":"Le train, comment il marche","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["train","rail","roues coniques","freinage","catenaire","cantons","signalisation","voies","securite"],"sources":["Wickens A.H., Fundamentals of Rail Vehicle Dynamics, Swets & Zeitlinger, 2003","SNCF Réseau, principes de la signalisation ferroviaire","SNCF, sécurité aux abords des voies et des caténaires"],"corps":"::Une roue d'acier sur un rail d'acier roule presque sans frotter : au XVIIIe siècle déjà, un cheval tirait sur des rails de bois ou de fer bien plus de charbon que sur une route. C'est ce qui rend le train si économe. Et c'est aussi pourquoi il ne peut pas s'arrêter : un train lancé à pleine vitesse a besoin de plusieurs kilomètres.::\n\n## Pourquoi il roule si bien\n\n- **Acier sur acier** : très peu de résistance. À charge égale, un train dépense bien moins d'énergie qu'un camion.\n- **Les roues sont légèrement coniques** : dans une courbe, la roue extérieure roule sur un plus grand diamètre que l'intérieure, et l'essieu tourne sans patiner, sans différentiel. C'est aussi ce qui le recentre sur la voie. Voir [[TEC-MEC-012]].\n- **Les bogies** portent les roues et suivent les courbes. Voir [[TEC-MEC-013]] pour la voie.\n\n## Le courant\n\n- **La caténaire**, le fil au-dessus des voies, porte en France 25 000 volts sur les lignes à grande vitesse, 1 500 volts sur d'autres.\n- **L'arc électrique** peut sauter vers une personne **sans qu'elle touche le fil**. Chaque année, des jeunes meurent en montant sur des wagons à l'arrêt.\n\n## La signalisation\n\nLa voie est découpée en **cantons**. Un seul train à la fois par canton : des feux et des systèmes automatiques empêchent un train d'entrer dans un canton occupé. C'est ce qui permet aux trains de se suivre à grande vitesse sans se voir.\n\n## Les distances d'arrêt\n\n- **Un train de fret** à 100 km/h : environ un kilomètre, parfois plus.\n- **Un train à grande vitesse** à 300 km/h : plus de trois kilomètres.\n\nLe conducteur qui voit quelqu'un sur la voie ne peut que klaxonner.\n\n## Les règles\n\n- **On ne traverse les voies** qu'aux passages prévus, barrières levées. Un train peut en cacher un autre, et un train électrique arrive presque sans bruit.\n- **On ne marche jamais** le long des voies ni dans les tunnels.\n- **On ne monte jamais** sur un wagon ni sur un pylône près d'une caténaire.\n\nConduire un métro : [[TEC-MEC-009]]. Le métro et les souterrains : [[SURV-MIL-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-031","titre":"Le tracteur","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tracteur","prise de force","attelage trois points","retournement","arceau","generatrice","graissage","vieux tracteurs"],"sources":["MSA, prévention des risques liés aux tracteurs (retournement, prise de force)","Ferguson H., brevet du système d'attelage trois points, 1926","Norme ISO 500, prises de force des tracteurs agricoles"],"corps":"::Dans les années 1920, un mécanicien irlandais, Harry Ferguson, invente l'attelage trois points qui relie la charrue au tracteur et la soulève par hydraulique : tous les tracteurs du monde l'utilisent encore. Un vieux tracteur sans électronique, oublié vingt ans dans une grange, redémarre souvent avec du gazole propre, une batterie et de la patience. C'est aussi la machine qui tue le plus de paysans.::\n\n## Ce qu'il sait faire\n\n- **Tirer** : charrue, herse, remorque, grumes.\n- **Porter** à l'arrière grâce à l'**attelage trois points** et au relevage hydraulique : outils de travail du sol, broyeur, fendeuse.\n- **Entraîner** grâce à la **prise de force**, un arbre tournant à l'arrière (540 ou 1 000 tours par minute) : faucheuse, pompe, scie, et même une **génératrice électrique**, précieuse en crise. Voir [[TEC-ENE-013]].\n\n## L'entretien qui le fait durer\n\n- **Graisser** chaque jour de travail tous les graisseurs (articulations, attelage, direction).\n- **Le filtre à air** : le tracteur respire de la poussière. On le nettoie souvent.\n- **Les filtres à gazole** et un carburant propre, sans eau. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les niveaux** : huile moteur, huile hydraulique, liquide de refroidissement. Voir [[TEC-MEC-020]].\n\n## Ce qui tue\n\n- **Le retournement** : en pente, en bord de fossé, ou en tirant une charge accrochée trop haut, le tracteur se cabre et bascule en arrière en une seconde. **Un arceau de sécurité** et **la ceinture** sauvent la vie ; sans arceau, on ne travaille pas en pente.\n- **La prise de force** : un vêtement, une ficelle, une manche happés par l'arbre qui tourne, et c'est l'enroulement. **Toujours le protecteur**, jamais d'intervention moteur tournant.\n- **Les passagers** sur l'aile ou l'attelage, **les enfants** autour de la cour.\n- **Descendre tracteur en marche**, ou le démarrer depuis le sol : il avance et écrase.\n\n## Atteler sans se blesser\n\nOn recule doucement, frein prêt, **personne entre le tracteur et l'outil** pendant la manœuvre. On descend, on coupe le moteur, on serre le frein, puis on attelle.\n\nLever et déplacer une charge : [[TEC-MEC-018]]. Le métier de maraîcher : [[TEC-MET-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-020","titre":"Les formats normalisés","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["normes","palette europe","conteneur","fut 200 litres","cuve 1000 litres","format a4","piles","dimensions"],"sources":["Levinson M., The Box: How the Shipping Container Made the World Smaller and the World Economy Bigger, Princeton University Press, 2006","Norme ISO 216, formats de papier","EPAL, spécifications de la palette européenne","Norme ISO 668, conteneurs de la série 1"],"corps":"::En 1956, un transporteur américain, Malcom McLean, charge 58 caisses métalliques de même taille sur un vieux pétrolier : c'est le premier porte-conteneurs. Le coût du chargement s'effondre, et le commerce mondial change d'échelle. Connaître les formats standards, c'est savoir d'avance ce qui rentre, ce qui s'empile et ce qui se remplace.::\n\n## Les grands formats\n\n| Objet | Dimensions | À savoir |\n|---|---|---|\n| Palette europe | 120 × 80 cm | environ 25 kg, porte une tonne et plus |\n| Conteneur 20 pieds | 6,06 × 2,44 × 2,59 m | environ 33 m³ |\n| Conteneur 40 pieds | 12,19 × 2,44 × 2,59 m | environ 67 m³ |\n| Fût | 200 litres | acier ou plastique |\n| Cuve sur palette | 1 000 litres | cube en plastique dans une cage métallique |\n| Jerrican | 20 litres | environ 20 kg plein d'eau |\n\n## Pourquoi c'est utile\n\n- **Stocker** : une palette europe au sol, c'est un peu moins d'un mètre carré ; un conteneur de 20 pieds, un petit entrepôt ou un abri. Voir [[SURV-REC-034]] et [[SURV-REC-038]].\n- **L'eau de pluie** : une cuve de 1 000 litres, c'est un mois d'eau de boisson pour une famille. Seulement si elle a contenu un produit alimentaire. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Transporter** : ce qui tient sur une palette tient dans un camion, sur un chariot, dans un conteneur.\n\n## Les petits formats\n\n- **Le papier A4** (21 × 29,7 cm) : plié en deux, il donne un A5 aux mêmes proportions. C'est la raison de ses dimensions un peu bizarres, calculées pour ça.\n- **Les piles** : AA et AAA, les plus courantes ; les accus rechargeables ont les mêmes formats. Voir [[TEC-ENE-012]].\n- **Les prises USB** : un câble et un chargeur communs alimentent presque tous les petits appareils.\n- **Les boulons métriques** et leurs clés. Voir [[TEC-ATE-009]].\n- **Les bouteilles de gaz** et leurs détendeurs. Voir [[TEC-ENE-015]].\n\n## En crise\n\nChoisir des objets aux formats les plus répandus, c'est pouvoir les réparer, les recharger et les échanger. Une lampe à piles AA vaut mieux qu'une lampe à batterie spéciale.\n\nLes unités : [[TEC-IDE-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-020","titre":"Les capteurs","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["capteurs","flotteur","thermostat","temperature","humidite","niveau d'eau","mouvement","detecteur de monoxyde","regulation"],"sources":["Vitruve, De l'architecture, livre IX (l'horloge à eau à flotteur de Ctésibios)","Fraden J., Handbook of Modern Sensors, 5e édition, Springer, 2016","Norme NF EN 50291, détecteurs de monoxyde de carbone à usage domestique"],"corps":"::Le flotteur de votre chasse d'eau est un capteur : il mesure le niveau et ferme le robinet tout seul. Le même principe réglait déjà les horloges à eau de l'ingénieur grec Ctésibios, il y a plus de deux mille ans. Mesurer, comparer, agir : c'est l'idée de tous les automatismes, du thermostat au pilote automatique.::\n\n## Le principe\n\n1. **Un capteur** transforme une grandeur (chaleur, humidité, niveau, mouvement) en un signal : un mouvement, une tension, un contact.\n2. **On compare** à ce qu'on veut.\n3. **On agit** : on ouvre, on ferme, on chauffe, on alerte.\n\n## Les capteurs sans électronique\n\n- **Le flotteur** : niveau d'une citerne, d'un abreuvoir, d'une chasse d'eau.\n- **Le bilame** des thermostats : deux métaux collés qui se courbent avec la chaleur et ouvrent un contact.\n- **La girouette et le manche à air** : direction du vent.\n- **Le pluviomètre** : une bouteille graduée.\n\n## Les capteurs électroniques courants\n\n- **Température** : sonde étanche, pour l'eau, le sol, la serre, le congélateur.\n- **Humidité de l'air**, **humidité du sol** : préférer les capteurs dits capacitifs, qui ne rouillent pas dans la terre.\n- **Niveau d'eau** : interrupteur à flotteur, ou capteur à ultrasons au-dessus de la citerne.\n- **Mouvement** : détecteur infrarouge, pour une lampe ou une alarme. Voir [[SURV-DEF-008]].\n- **Lumière**, **courant** consommé, **position** (GPS), **inclinaison**.\n\nOn les branche sur un microcontrôleur, qui lit et décide. Voir [[TEC-ELN-019]].\n\n## Ce qu'on ne bricole pas\n\nLes **détecteurs de fumée** et de **monoxyde de carbone** qui protègent des vies : on achète des appareils certifiés et on teste leurs piles. Les petits capteurs de gaz des kits électroniques ne sont pas fiables pour ça. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n## Bien mesurer\n\n- **Placer le capteur** au bon endroit : une sonde de température au soleil mesure le soleil, pas l'air.\n- **Vérifier** de temps en temps avec un thermomètre, un niveau à l'œil, une mesure à la main.\n\nLes composants : [[TEC-ELN-013]]. Mesurer avec un multimètre : [[TEC-ENE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-019","titre":"Les microcontrôleurs","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["microcontroleur","arduino","esp32","programmation","arrosage automatique","capteurs","relais","lora","basse consommation"],"sources":["Banzi M., Shiloh M., Getting Started with Arduino, 4e édition, Make Community, 2022","Espressif Systems, documentation de l'ESP32","Meshtastic, documentation"],"corps":"::En 2005, dans une école de design d'Ivrea, en Italie, des enseignants créent une petite carte électronique bon marché pour que leurs étudiants, qui n'étaient pas ingénieurs, puissent faire clignoter une lampe ou tourner un moteur : l'Arduino. Aujourd'hui, pour le prix d'un café, une carte avec WiFi mesure, décide et commande, en consommant presque rien.::\n\n## Ce que c'est\n\nUn **microcontrôleur** est un tout petit ordinateur sur une seule puce, qui fait **une seule chose, en boucle, pour toujours** :\n\n1. **Lire** des capteurs (température, humidité, niveau d'eau, lumière). Voir [[TEC-ELN-020]].\n2. **Décider** selon un petit programme.\n3. **Agir** : allumer une lampe, ouvrir une vanne, lancer une pompe, envoyer un message.\n\nIl consomme **quelques milliwatts** à un watt : une petite batterie et un panneau solaire suffisent.\n\n## Les cartes courantes\n\n- **Arduino** : la plus simple pour apprendre, des milliers d'exemples.\n- **ESP32** : quelques euros, avec **WiFi et Bluetooth**.\n- **Les cartes LoRa** : elles envoient de petits messages à plusieurs kilomètres. Voir [[TEC-ELN-011]].\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **L'arrosage automatique** : un capteur d'humidité du sol commande une électrovanne ou une pompe. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **La serre** : alarme de gel ou de surchauffe, ouverture d'un aérateur. Voir [[TEC-AGR-011]].\n- **La citerne** : niveau d'eau affiché ou envoyé au téléphone.\n- **La batterie** : surveillance de la tension, coupure avant qu'elle ne se vide trop. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Le poulailler** : une porte qui s'ouvre au lever du jour et se ferme à la nuit.\n- **Une station météo** simple.\n\n## Apprendre\n\n- **Le logiciel** pour programmer est gratuit ; les exemples fournis montrent presque tout.\n- **Commencer en basse tension** (5 V, 12 V). Pour commander du 230 V, uniquement des modules relais sous boîtier, avec protection. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Télécharger** la documentation et les exemples pendant qu'on a internet. Voir [[TEC-ELN-012]].\n\nLes composants : [[TEC-ELN-013]]. Souder : [[TEC-ELN-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AER-002","titre":"L'hélicoptère, comment il vole","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["helicoptere","rotor","autorotation","rotor de queue","sikorsky","approcher un helicoptere","zone de poser","treuil","electricite statique"],"sources":["Federal Aviation Administration, Helicopter Flying Handbook, 2019","Sikorsky I., premier vol du VS-300, 1939","Sécurité civile, consignes d'approche des hélicoptères de secours"],"corps":"::Léonard de Vinci a dessiné une vis aérienne vers 1480 ; il a fallu attendre 1939 et Igor Sikorsky pour qu'un hélicoptère à un seul rotor vole vraiment. Contrairement à une idée reçue, un hélicoptère dont le moteur lâche ne tombe pas comme une pierre : ses pales continuent de tourner dans l'air et le pilote peut se poser. Mais au sol, c'est son rotor de queue qui tue.::\n\n## Comment il vole\n\n- **Les pales du rotor** sont des ailes qui tournent. En changeant leur angle toutes ensemble, le pilote monte ou descend ; en inclinant le rotor, il avance, recule, part de côté.\n- **Le rotor de queue** empêche la carlingue de tourner sur elle-même dans l'autre sens.\n- **L'autorotation** : moteur coupé, l'air qui remonte à travers le rotor le fait tourner, comme une graine d'érable qui tombe. Juste avant le sol, le pilote utilise cette énergie pour freiner et se poser.\n\n## Approcher un hélicoptère\n\n- **Attendre le signe** du pilote ou de l'équipage.\n- **Par l'avant**, dans le champ de vision du pilote, **jamais par l'arrière** : le rotor de queue tourne si vite qu'on ne le voit pas.\n- **Se baisser**, tenir son chapeau et ses objets : le souffle du rotor arrache tout.\n- **En pente**, arriver et repartir **par le côté bas** : côté haut, les pales passent plus près du sol.\n- **Ne jamais lever** les bras, un bâton, une antenne.\n\n## Préparer une zone de poser\n\n- **Un terrain plat**, dégagé d'environ 30 m sur 30, sans câbles ni arbres autour.\n- **Rien qui s'envole** : bâches, tôles, vêtements.\n- **Une personne** dos au vent, bras levés en Y, pour indiquer le lieu. Voir [[SIG-COM-011]].\n\n## Le treuil\n\n**Laisser le crochet toucher le sol ou l'eau** avant de le saisir : il est chargé d'électricité statique et peut donner une décharge violente. Puis suivre exactement les consignes du sauveteur.\n\nL'avion : [[TEC-AER-001]]. Se signaler : [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-056","titre":"Un abri de protection, filtres et ventilation","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["abri","bunker","filtres","ventilation manuelle","surpression","protection civile","suisse","charbon actif","bunkers militaires"],"sources":["Office fédéral de la protection de la population (Suisse), abris de protection civile","Kearny C.H., Nuclear War Survival Skills, Oak Ridge National Laboratory, 1987","Direction générale de la sécurité civile, confinement et mise à l'abri"],"corps":"::La Suisse oblige depuis les années 1960 à prévoir une place d'abri protégé pour chaque habitant, dans les caves des immeubles et des maisons. Un abri ne tient pas grâce à ses murs épais seulement, mais grâce à son air : des filtres, un ventilateur qu'on peut tourner à la main, une légère surpression qui empêche les poussières d'entrer.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La ventilation** : un ventilateur, électrique et à manivelle, fait entrer l'air par des **filtres** : un filtre à particules pour les poussières (radioactives ou autres), puis du **charbon actif** pour certains gaz.\n- **La surpression** : l'abri est légèrement gonflé d'air filtré, l'air sort par des clapets, et l'air sale ne rentre pas par les fissures.\n- **Les réserves** : eau, nourriture, toilettes sèches, lumière, radio, couchettes.\n\nVoir [[TEC-CON-009]] pour l'abri lui-même.\n\n## AGIR\n\n**Utiliser un abri existant**\n\n- **Vérifier la ventilation** avant d'en avoir besoin : elle tourne, les filtres sont en place, les clapets bougent.\n- **Les filtres ont une durée** : dates notées, stockés fermés. Un filtre à charbon exposé à un gaz toxique doit être remplacé.\n- **Ne jamais boucher** les entrées et sorties d'air, ni désactiver la surpression.\n- **L'eau** : réservoirs pleins et renouvelés. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **Le calme et l'organisation** : tours de ventilation à la main, de repos, de veille. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Sans abri équipé**\n\n- **La pièce la plus au centre** et la plus basse du bâtiment, fenêtres calfeutrées, ventilation coupée pour un nuage toxique ; pour des retombées radioactives, voir [[SURV-CRI-015]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les vieux bunkers militaires** et ouvrages abandonnés : effondrements, eau, air vicié, munitions oubliées. On n'y entre pas. Voir [[SURV-ARM-007]] et [[SURV-MIL-013]].\n- **Le gaz carbonique** monte vite à plusieurs dans un espace fermé : maux de tête, souffle court, somnolence. On ventile.\n- **Un accident chimique** : se confiner, couper la ventilation, attendre la fin de l'alerte. Voir [[SURV-CRI-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-055","titre":"Récupérer les bâches et panneaux publicitaires","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["baches publicitaires","toit","abri","pvc","panneau lumineux","led","plexiglas","tubes fluorescents","mercure"],"sources":["HCR, spécifications des bâches plastiques pour les abris d'urgence","US Army Corps of Engineers, Operation Blue Roof","ADEME, tubes fluorescents et mercure (filière des déchets électriques)"],"corps":"::Les grandes bâches publicitaires tendues sur les façades et les panneaux sont en toile polyester enduite de PVC : imperméables, très résistantes, grandes comme un toit. Après les ouragans et les séismes, elles finissent souvent sur les maisons éventrées ou en murs d'abris. Un panneau lumineux, lui, contient des LED, des alimentations et des plaques transparentes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La bâche publicitaire** : plusieurs dizaines de mètres carrés d'une toile qui tient des années dehors, avec des œillets sur les bords.\n- **Les panneaux lumineux** : modules LED en 12 ou 24 V, alimentations, cadres en aluminium, plaques de plexiglas, parfois des tubes fluorescents.\n- **Les panneaux déroulants** : moteurs, rouleaux, engrenages.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Les bâches**\n\n- **Un toit d'urgence** : par-dessus le faîtage, les bords roulés autour de lattes vissées. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Un abri** pour un groupe, des murs de tente, un sol étanche.\n- **La récupération d'eau de pluie** sur de grandes surfaces. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Des fonds de bassin**, des protections de réserves, des bâches de chantier.\n- **Découpées**, elles font des sacs, des tabliers, des housses étanches.\n\n**Les panneaux lumineux**\n\n- **Les modules LED et leurs alimentations** : éclairage d'un abri, d'un atelier, sur batterie. Voir [[TEC-ELN-004]].\n- **Les plaques de plexiglas** : vitres de serre, de châssis, de fenêtres de fortune. Voir [[TEC-AGR-011]].\n- **Les cadres en aluminium** : structures légères.\n\n## ADAPTER\n\n- **En hauteur** : les panneaux sur mâts et les bâches de façade se démontent avec un harnais, jamais seul. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Le courant** : couper l'alimentation avant de toucher un panneau lumineux.\n- **Les tubes fluorescents** contiennent du mercure : ne pas les casser, les rapporter.\n- **Le PVC** ne se brûle jamais. Voir [[TEC-MAT-011]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-054","titre":"Récupérer sur un autocar ou un bus","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["autocar","bus","evacuation","katrina","batteries 24 v","gazole","marteau brise-vitre","sieges","abri collectif"],"sources":["Congrès des États-Unis, A Failure of Initiative : rapport sur la réponse à l'ouragan Katrina, 2006","Manuels des constructeurs d'autocars (circuit d'air, réseau 24 V)","INRS, gaz d'échappement en espace clos"],"corps":"::En 2005, pendant l'ouragan Katrina, des dizaines d'autobus scolaires de La Nouvelle-Orléans sont restés garés sur leur parking, puis ont été noyés, alors que des dizaines de milliers d'habitants sans voiture ne pouvaient pas partir. Un autocar, c'est cinquante places pour évacuer, et à l'arrêt, un abri collectif chauffé, éclairé, avec ses propres batteries et son carburant.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les autocars** portent des centaines de litres de gazole, un réseau électrique de **24 V**, un circuit d'**air comprimé** pour les freins et les portes, des soutes à bagages.\n- **À l'intérieur** : sièges, rideaux, éclairage, chauffage, trousse de secours, extincteurs, **marteaux brise-vitre**.\n- **Le plus précieux**, souvent, c'est de s'en servir pour ce à quoi il est fait : transporter beaucoup de gens.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Évacuer**\n\n- **Dans un plan d'évacuation**, les autocars et leurs chauffeurs sont la première ressource de ceux qui n'ont pas de voiture : personnes âgées, malades, familles. Voir [[SURV-CRI-004]].\n- **Un permis de transport en commun** est exigé pour les conduire ; en crise, on cherche d'abord les chauffeurs.\n\n**Abriter**\n\n- **Un abri collectif** temporaire : sièges, rideaux, lumière.\n- **Chauffer avec le moteur** seulement **par intermittence**, pot d'échappement dégagé, vitres entrouvertes : le monoxyde de carbone s'accumule. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Récupérer**\n\n- **Les batteries 24 V**, le gazole, l'éclairage. Voir [[SURV-REC-045]] et [[SURV-REC-041]].\n- **Les marteaux brise-vitre** : un outil à garder dans chaque voiture. Voir [[URG-VEH-001]].\n- **La trousse de secours et les extincteurs.** Voir [[SURV-REC-050]].\n- **Les sièges** : mousse et tissu pour des couchages.\n- **Les vitres** sont souvent en verre trempé : elles éclatent en morceaux et ne se découpent pas. Voir [[TEC-MAT-014]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les freins à air** : un car dont le circuit est vide a les roues bloquées ; un car qu'on débloque sans savoir peut se mettre à rouler. On cale les roues.\n- **Ne jamais dormir** dans un car moteur tournant.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-053","titre":"Récupérer sur une télévision","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["television","ecran plat","bandes led","alimentation","lentille de fresnel","retroprojecteur","tube cathodique","haut-parleurs"],"sources":["The Restart Project, démontage et réparation des téléviseurs","ADEME, déchets d'équipements électriques et électroniques (tubes cathodiques et plomb)","Hecht E., Optics, 5e édition, Pearson, 2016 (lentilles de Fresnel)"],"corps":"::Les vieilles télévisions à rétroprojection cachent derrière leur écran une grande lentille de Fresnel, fine comme une feuille. Posée face au soleil, elle concentre la lumière en un point qui fait fondre l'aluminium et enflamme le bois en une seconde. Une télévision jetée contient aussi des mètres de LED, une alimentation et des haut-parleurs.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les écrans plats LCD** sont éclairés par l'arrière par des **bandes de LED**, derrière des feuilles de diffusion et de réflexion.\n- **Leur alimentation** sort des tensions continues (souvent 12 V et 24 V) : une alimentation d'atelier si on sait lire ses indications.\n- **Les vieux téléviseurs à tube** gardent une très haute tension et contiennent du verre au plomb : **on ne les ouvre pas**.\n- **Les écrans plasma** ont aussi des tensions élevées : prudence.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Démonter un écran plat**\n\n1. **Débrancher** et attendre plusieurs heures : les condensateurs se déchargent.\n2. **Dévisser le dos**, photographier chaque étape.\n3. **Récupérer** : les bandes de LED (on vérifie leur tension avant de les brancher), l'alimentation, les haut-parleurs, le récepteur infrarouge, les câbles, la visserie, le cadre métallique.\n4. **La dalle** elle-même est fragile et peu utile ; ses feuilles de diffusion font de beaux panneaux lumineux avec les LED.\n\n**La lentille de Fresnel** (rétroprojecteurs)\n\n- **Un four solaire** qui cuit, fond, stérilise. Voir [[TEC-ALI-025]].\n- **Un allume-feu** instantané. Voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Dangereuse** : jamais regarder le point lumineux sans lunettes de soleil sombres, jamais la laisser au soleil sans surveillance (elle allume des incendies), la couvrir quand on ne s'en sert pas.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les condensateurs** de l'alimentation : voir [[TEC-ELN-014]].\n- **Le reste** part en déchetterie, dans la filière des appareils électriques.\n- **Une télévision qui marche** reste une bonne source d'information si l'antenne et l'émetteur fonctionnent encore. Voir [[SIG-COM-012]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-052","titre":"Récupérer sur un chantier et un engin de chantier","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chantier","engins","gazole","batteries 24 v","tranchee","ensevelissement","bungalow","fers a beton","amiante"],"sources":["INRS, engins de chantier : prévention des risques","OPPBTP, risques d'ensevelissement dans les tranchées","INRS, amiante : repérage et risques"],"corps":"::Un mètre cube de terre pèse environ une tonne et demie. Quand la paroi d'une tranchée s'effondre sur quelqu'un, il suffit qu'elle lui arrive à la poitrine pour qu'il ne puisse plus respirer. Un chantier abandonné est une caverne d'Ali Baba de matériaux, de carburant et d'outils, et un terrain plein de pièges.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les engins** (pelleteuses, chargeuses, bouteurs) portent des centaines de litres de gazole et d'huile hydraulique, deux grosses batteries de 24 V, des phares puissants.\n- **Le chantier** lui-même : bungalows, cuves d'eau et de carburant, groupes électrogènes, échafaudages, contreplaqué de coffrage, fers à béton, sacs de ciment, sable, gravier, outils à main.\n- **Les dangers** : tranchées et trous, charges suspendues, bras d'engin, matériaux instables, amiante dans les démolitions.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Ce qu'on récupère**\n\n- **Le carburant** et l'huile. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les batteries** et l'éclairage. Voir [[SURV-REC-045]].\n- **Les bungalows** : des abris isolés, parfois équipés de chauffage et de sanitaires.\n- **Le contreplaqué et les bastaings** : planchers, murs, abris, meubles.\n- **Les fers à béton** : piquets, grilles, tuteurs, armatures. Voir [[TEC-CHI-010]].\n- **Le ciment, le sable, le gravier** : réparer, construire. Le ciment prend l'humidité : on le stocke au sec.\n- **Les outils** : pelles, pioches, barres à mine, brouettes, niveaux.\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais descendre** dans une tranchée de plus d'un mètre trente dont les parois ne sont pas étayées. Voir [[TEC-CON-024]].\n- **Ne jamais passer** sous un godet levé ou une charge suspendue : l'hydraulique peut lâcher. Voir [[TEC-MEC-033]].\n- **Conduire un engin** sans formation, c'est risquer de le renverser ou d'écraser quelqu'un.\n- **Les chantiers de démolition** de bâtiments anciens peuvent contenir de l'**amiante** (plaques fibreuses grises, flocages, dalles) : on n'y touche pas, on ne casse rien.\n- **Les puits, regards et fosses** ouverts : on les couvre ou on les signale pour les autres.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-051","titre":"Récupérer un parachute et une voile","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["parachute","paracorde","suspentes","voile","nylon","tarp","abri","hamac","signal","couture"],"sources":["US Army, spécification MIL-C-5040, cordelette de parachute type III (550 livres)","US Army, FM 21-76 Survival, utilisations du parachute","Les Glénans, Le Cours des Glénans (entretien et réparation des voiles)"],"corps":"::La cordelette qu'on appelle paracorde vient des suspentes des parachutes américains de la Seconde Guerre mondiale : sept brins intérieurs dans une gaine, 550 livres de résistance, soit environ 250 kg. Les parachutistes découpaient leur voilure après le saut pour tout faire avec. Un parachute ou une vieille voile de bateau, c'est des dizaines de mètres carrés de tissu solide et des centaines de mètres de corde.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Une voilure de parachute** : 50 à 80 m² de nylon léger et solide, souvent coloré, et des dizaines de suspentes.\n- **Une voile de bateau** : un tissu plus épais et très résistant, des œillets, des ralingues (cordages cousus sur les bords), et tous les cordages du bateau.\n- **Le nylon** fond au contact des étincelles et s'use au soleil.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**La toile**\n\n- **Un abri** : tendue sur une corde entre deux arbres, en tente ou en auvent. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Un hamac** : le tissu plié en plusieurs épaisseurs, noué aux deux bouts.\n- **Un récupérateur d'eau de pluie** : tendue en entonnoir au-dessus d'un récipient. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Un signal** : étalée en plein soleil sur une clairière, en couleur vive. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Une couche isolante** dans le couchage, en plusieurs épaisseurs.\n- **Des sacs**, des bandes, des vêtements de fortune, cousus. Voir [[TEC-MAT-005]].\n\n**Les cordes**\n\n- **Les suspentes** : des dizaines de mètres de cordelette. Pour des usages légers, on peut séparer les brins intérieurs : fil de pêche, fil à coudre, lacets, collets. Voir [[SURV-RES-006]].\n- **Les cordages d'une voile** : haubans d'abri, charges lourdes. Voir [[SURV-NOE-001]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le feu** : jamais de toile synthétique près des flammes ; les braises la trouent. Voir [[SURV-FEU-001]].\n- **Les nœuds** glissent sur le nylon lisse : doubler les nœuds, ou en choisir qui tiennent.\n- **Coudre la voile** : une aiguille de voilier et une paumelle (une sorte de dé à coudre en cuir) pour traverser plusieurs épaisseurs.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-050","titre":"Récupérer et vérifier un extincteur","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["extincteur","classes de feu","poudre","co2","eau","mousse","manometre","couverture anti-feu","verification"],"sources":["INRS, les extincteurs : choix et utilisation","Norme NF EN 3, extincteurs d'incendie portatifs","Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, utiliser un extincteur"],"corps":"::Un extincteur à poudre de 6 kg se vide en une quinzaine de secondes. S'il est vide, périmé ou inadapté au feu, ces quinze secondes ne servent à rien. Dans les bâtiments abandonnés, il y en a dans chaque couloir : encore faut-il savoir lesquels valent la peine d'être emportés.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Le bon extincteur pour le bon feu**, écrit en lettres sur l'étiquette :\n\n- **A** (bois, papier, tissu) : eau, mousse, poudre ;\n- **B** (essence, huile, solvants) : mousse, poudre, CO2 ;\n- **C** (gaz) : d'abord fermer le robinet, puis la poudre ;\n- **F** (huile de friture) : extincteur spécial, ou couverture anti-feu ;\n- **appareils électriques** : CO2 ou poudre, jamais d'eau.\n\nLa **poudre ABC** couvre la plupart des feux d'une maison ou d'un véhicule.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Vérifier avant de le prendre**\n\n- **Le manomètre** dans le vert (pour les extincteurs qui en ont un).\n- **La goupille et le scellé** en place : jamais utilisé.\n- **Pas de rouille**, de coup, de tuyau fendu.\n- **Le poids** : un extincteur à CO2 n'a pas de manomètre, on le pèse ou on le soupèse par rapport à un autre.\n- **L'étiquette** de la dernière vérification.\n\n**Où les garder**\n\nUn près de la cuisine, un dans la voiture, un à l'atelier, un près du poêle, et une **couverture anti-feu** dans la cuisine. Voir [[TEC-CON-011]].\n\n**S'en servir** : [[URG-INC-002]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Une poêle d'huile en feu** : jamais d'eau. On coupe le feu, on pose un couvercle ou la couverture, et on attend. Voir [[URG-INC-001]].\n- **Un extincteur vide** reste une bouteille sous pression : on ne le remplit ni ne le repressurise soi-même.\n- **La poudre** irrite les yeux et les poumons : on aère et on nettoie après usage.\n- **Le CO2** refroidit très fort le diffuseur (brûlure par le froid) et chasse l'oxygène d'une petite pièce : on sort après avoir éteint.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-015","titre":"Tricoter","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tricot","laine","chaussettes","detricoter","aiguilles","point mousse","cotes","crochet","recuperation"],"sources":["Croix-Rouge américaine, campagnes de tricot pour les soldats, 1917-1918","Rutt R., A History of Hand Knitting, Batsford, 1987","Zimmermann E., Knitting Without Tears, 1971"],"corps":"::Pendant la Première Guerre mondiale, des millions de femmes, d'enfants et d'hommes ont tricoté des chaussettes, des bonnets et des cache-nez pour les soldats des tranchées : dans l'humidité, des chaussettes de laine sèches étaient une question de survie. Deux bâtons, un vieux pull détricoté, et on refait un bonnet ou des chaussettes.::\n\n## Le matériel\n\n- **Des aiguilles** : du commerce, ou deux baguettes de bois poncées, des crayons, des rayons de vélo pour les chaussettes.\n- **De la laine** : neuve, ou **récupérée** en détricotant un vieux pull. On l'enroule en écheveau, on la trempe, on la laisse sécher tendue : elle redevient droite.\n\n## Les gestes de base\n\n1. **Monter les mailles** : une rangée de boucles sur une aiguille.\n2. **La maille endroit** : piquer l'aiguille libre dans la boucle, par l'avant, enrouler le fil, tirer la nouvelle boucle, laisser tomber l'ancienne.\n3. **La maille envers** : la même chose, en piquant par l'arrière et le fil devant.\n4. **Rabattre** à la fin : passer chaque maille par-dessus la suivante pour fermer le bord.\n\n## Les points utiles\n\n- **Le point mousse** : que des mailles endroit. Épais, élastique, il ne roule pas. Parfait pour débuter : écharpe, couverture.\n- **Les côtes** : une maille endroit, une maille envers, en alternance. Très élastiques : poignets, bords de bonnet, haut de chaussette.\n- **Le jersey** : un rang endroit, un rang envers. Lisse, pour les pulls.\n\n## Ce qu'on fait en premier\n\n- **Une écharpe** ou un **bonnet** : droits, simples.\n- **Des chaussettes et des moufles** : plus de technique, mais les plus précieuses. La laine tient chaud même mouillée. Voir [[TEC-SAN-027]].\n- **Des moufles feutrées** : tricotées grandes, puis lavées à l'eau chaude en frottant, elles rétrécissent et deviennent denses et coupe-vent.\n\n## Le crochet\n\nUn seul crochet (un bout de bois taillé suffit) et le même fil : filets, sacs, couvertures, bonnets.\n\nLe vêtement : [[TEC-MAT-004]]. Filer la laine : [[TEC-AGR-033]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-027","titre":"Le gazogène","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["gazogene","gaz de bois","moteur","charbon de bois","monoxyde de carbone","penurie de carburant","seconde guerre mondiale"],"sources":["LaFontaine H., Zimmerman F.P., Construction of a Simplified Wood Gas Generator for Fueling Internal Combustion Engines in a Petroleum Emergency, FEMA et Oak Ridge National Laboratory, 1989","FAO, Wood gas as engine fuel, Forestry Paper 72, 1986","INRS, monoxyde de carbone"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, faute d'essence, des centaines de milliers de voitures, de camions et de tracteurs européens roulaient au bois, avec une grosse chaudière accrochée à l'arrière. En 1989, l'agence américaine des situations d'urgence a même publié des plans pour en construire un avec du matériel de quincaillerie. Le principe est simple ; son gaz est un poison mortel.::\n\n## Le principe\n\nOn brûle du bois ou du charbon de bois **avec trop peu d'air**. Au lieu de fumée, il sort un gaz combustible, surtout du **monoxyde de carbone** et de l'hydrogène, mêlés à beaucoup d'azote. Refroidi et filtré, ce « gaz pauvre » fait tourner un moteur à essence, qui perd une partie de sa puissance.\n\n## L'installation\n\n1. **Un foyer fermé** avec une trémie qu'on remplit de bois sec en morceaux, ou de charbon de bois. Voir [[SURV-FEU-006]].\n2. **Une zone de réduction**, très chaude, où le gaz se forme.\n3. **Un filtre et un refroidisseur** : ils retirent la poussière et les goudrons, qui encrassent le moteur.\n4. **Une vanne de mélange** avec l'air, à l'entrée du moteur.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Le combustible** : bois bien sec, en morceaux réguliers, ou mieux, charbon de bois, qui donne un gaz plus propre.\n- **La consommation** : il faut plusieurs kilos de bois pour remplacer un litre d'essence.\n- **Le démarrage** prend quelques minutes, le temps que le foyer chauffe.\n- **L'entretien** : vider les cendres, nettoyer les filtres et les goudrons régulièrement.\n\n## Le danger mortel\n\nLe gaz de gazogène est **en grande partie du monoxyde de carbone** : invisible, sans odeur, il tue en quelques minutes dans un espace fermé. Pendant la guerre, beaucoup de conducteurs et de mécaniciens en sont morts.\n\n- **Jamais** d'allumage, de réglage ou de moteur tournant dans un garage, une grange fermée, un atelier.\n- **Des joints étanches** partout, et on reste loin des fuites.\n- **Un détecteur de monoxyde** si on travaille à proximité. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Le feu** : le foyer est brûlant, loin de tout ce qui brûle.\n\nLa pénurie de carburant : [[SURV-CRI-014]]. Les carburants : [[TEC-ENE-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-014","titre":"Le cheval et l'âne de travail","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["cheval de trait","ane","attelage","collier","debardage","labour","marechal-ferrant","cheval-vapeur","transport"],"sources":["Lefebvre des Noëttes R., L'Attelage. Le cheval de selle à travers les âges, 1931","Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), fiches techniques sur la traction animale","Watt J., définition du cheval-vapeur, vers 1782"],"corps":"::Quand James Watt voulut vendre ses machines à vapeur, il en mesura la force par rapport à celle des chevaux qui tournaient les manèges des brasseries : c'est l'origine du cheval-vapeur. Le cheval n'a pas disparu des forêts françaises : dans les bois fragiles et en pente, on sort encore les troncs avec des chevaux de trait, qui ne tassent pas le sol.::\n\n## Ce qu'ils font\n\n- **Tirer** : charrue, herse, charrette, grumes en forêt.\n- **Porter** : l'âne porte en général jusqu'à un cinquième ou un quart de son poids, sur des chemins où rien d'autre ne passe.\n- **Faire tourner** un manège : pompe, meule, pressoir.\n\n## Le cheval et l'âne\n\n- **Le cheval de trait** : puissant, calme, mais il mange beaucoup et demande de bons soins.\n- **L'âne** : sobre, rustique, il se contente d'herbes pauvres, vit trente ans et plus. Il réfléchit avant d'obéir : ce qu'on prend pour de l'entêtement est souvent de la prudence.\n\n## Le harnais\n\n**Le collier d'épaule**, rigide et bien ajusté, permet à l'animal de pousser de tout son poids avec les épaules. Les attelages anciens qui serraient la gorge l'étouffaient dès qu'il tirait fort. Un collier mal ajusté blesse : on le fait adapter à chaque bête.\n\n## Les soins\n\n- **À manger** : surtout du foin et de l'herbe, en quantité, un peu de grain pour les jours de gros travail. **De l'eau** propre à volonté, plusieurs dizaines de litres par jour.\n- **Les pieds** : parés et, si l'animal travaille sur route ou sol dur, ferrés par un maréchal-ferrant toutes les six à huit semaines.\n- **Les dents**, les vermifuges, les vaccins.\n- **Un abri** contre la pluie et le vent, et de la compagnie : ce sont des animaux de troupeau.\n- **Le repos** : un cheval qui travaille a besoin de pauses, et d'une journée sans travail par semaine.\n\n## La sécurité\n\n- **Ne jamais passer derrière** un cheval sans lui parler et poser la main sur lui.\n- **Apprendre avec quelqu'un** qui sait mener un attelage : un cheval qui s'emballe avec une charrette est un accident grave.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. La charrette : [[SURV-REC-049]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-013","titre":"Traire et soigner une mamelle","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["traite","lait","vache","chevre","mammite","hygiene","filtrer","refroidir","trayons"],"sources":["FAO, Milking, milk production hygiene and udder health, Animal Production and Health Paper 78, 1989","Institut de l'élevage (Idele), hygiène de la traite","Jenner E., An Inquiry into the Causes and Effects of the Variolae Vaccinae, 1798"],"corps":"::Les trayeuses du XVIIIe siècle attrapaient la vaccine en trayant les vaches, et ne prenaient jamais la variole : c'est en les observant qu'Edward Jenner a inventé le vaccin. Traire, c'est un geste simple qu'on apprend en quelques jours, et une hygiène qui décide si le lait nourrit ou rend malade.::\n\n## Avant de traire\n\n- **Le calme** : toujours à la même heure, au même endroit, deux fois par jour à environ douze heures d'intervalle.\n- **Les mains propres**, ongles courts.\n- **Nettoyer les trayons** avec un linge propre humide, puis les sécher.\n- **Les premiers jets** de chaque trayon dans un bol sombre : on les jette, et on regarde. **Des grumeaux, des filaments, du sang, un lait aqueux** : un début de mammite.\n\n## Le geste\n\n1. **Fermer le haut du trayon** entre le pouce et l'index, pour que le lait ne remonte pas.\n2. **Serrer ensuite les autres doigts un à un**, du haut vers le bas : le lait jaillit.\n3. **Relâcher** pour que le trayon se remplisse, et recommencer. **On ne tire pas** sur le trayon.\n4. **Vider complètement** la mamelle, sans insister quand il ne vient plus rien.\n\n## Après\n\n- **Filtrer** le lait à travers un linge propre ou un filtre.\n- **Le refroidir vite**, au frais ou dans un seau d'eau froide. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Le chauffer** avant de le donner aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes fragiles. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Laver** tout le matériel à l'eau chaude.\n\n## La mammite\n\n**Un quartier chaud, gonflé, dur ou douloureux**, un lait anormal, parfois de la fièvre et une bête abattue.\n\n- **Traire ce quartier souvent**, pour le vider.\n- **Le vétérinaire** pour les antibiotiques, et **on jette le lait** pendant le traitement et le délai indiqué après.\n- **Prévenir** : litière propre et sèche, traite complète et régulière, trayons désinfectés après la traite.\n\nLa chèvre : [[TEC-ELE-011]]. Le vétérinaire : [[TEC-MET-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-016","titre":"Le tour à perche","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tour a perche","tournage","bois vert","gouges","pedale","bols","manches","pieds de chaise","sans electricite"],"sources":["Abbott M., Green Woodwork: Working with Wood the Natural Way, Guild of Master Craftsman, 1989","Langsner D., Country Woodcraft, Rodale Press, 1978"],"corps":"::Jusqu'au début du XXe siècle, dans les hêtraies des collines anglaises, des tourneurs vivaient dans les bois et fabriquaient sur place des milliers de pieds de chaise, sur des tours actionnés par une simple perche souple et une pédale. Pas d'électricité, pas de moteur : un jeune arbre qui fait ressort, une corde, et le pied du tourneur.::\n\n## Le principe\n\n1. **Une corde** part d'une perche souple fixée au-dessus du tour, fait un ou deux tours autour de la pièce de bois, et descend jusqu'à une **pédale**.\n2. **On appuie sur la pédale** : la corde tire, la pièce tourne vers soi. **On coupe** à ce moment-là.\n3. **On relâche** : la perche remonte, la pièce tourne dans l'autre sens. On retire l'outil.\n\nCe va-et-vient suffit à tourner des pièces rondes et régulières.\n\n## Construire le tour\n\n- **Un bâti** : deux poutres parallèles (le banc) sur des pieds solides, à hauteur de coude.\n- **Deux poupées** qui coulissent sur le banc et portent chacune **une pointe** (un boulon limé en pointe) entre lesquelles la pièce tourne.\n- **Un support d'outil** en travers, près de la pièce.\n- **La perche** : un jeune frêne ou un noisetier de 3 à 4 m, fixé à une extrémité, ou un gros élastique de chambre à air.\n- **La pédale** : une planche articulée au sol.\n\n## Tourner\n\n- **Du bois vert**, fraîchement coupé : il se coupe comme du fromage. On fend d'abord un quartier, qu'on dégrossit à la hache. Voir [[TEC-ATE-013]].\n- **Des gouges et des ciseaux** très affûtés. Voir [[TEC-ATE-004]].\n- **Laisser sécher** lentement les pièces tournées, à l'ombre.\n\n## Ce qu'on fait\n\nManches d'outils, pieds et barreaux de chaise, poignées, piquets, quilles, bols et assiettes (en bois vert, en creusant l'intérieur). Pendant des siècles, la vaisselle du peuple était en bois tourné.\n\nLes assemblages : [[TEC-ATE-012]]. Le bois : [[TEC-MAT-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-015","titre":"Travailler la tôle et riveter","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tole","cisaille","pliage","agrafure","rivets","rivets aveugles","tour eiffel","conduit","poele","gouttiere"],"sources":["Société d'exploitation de la tour Eiffel, chiffres clés de la construction","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press (rivetage)","Compagnons du Devoir, métiers de chaudronnier et de tôlier"],"corps":"::La tour Eiffel tient par environ deux millions et demi de rivets, posés à chaud : une équipe chauffait chaque rivet au rouge, un homme le tenait, un autre écrasait sa tête à la masse, et il se serrait en refroidissant. La tôle et le rivet, c'est la façon la plus simple d'assembler du métal sans soudure : un marteau, une perceuse et des cisailles.::\n\n## Couper la tôle\n\n- **Les cisailles à tôle** : droites pour les coupes droites, à gauche ou à droite pour les courbes.\n- **La scie à métaux** ou la meuleuse pour les tôles épaisses. Voir [[TEC-ATE-010]].\n- **Ébavurer** tous les bords à la lime : une tôle coupée tranche comme un rasoir. **Gants toujours.**\n\n## Plier\n\n- **Entre deux cornières** ou deux planches serrées dans un étau, et on rabat la tôle au maillet, petit à petit, sur toute la longueur.\n- **Tracer** avant, au crayon ou à la pointe à tracer. Voir [[TEC-ATE-002]].\n\n## Assembler sans soudure\n\n- **L'agrafure** : deux bords pliés en crochet qu'on emboîte et qu'on aplatit au marteau. Étanche, sans rien d'autre : c'est ainsi qu'on assemble les gouttières et les conduits.\n- **Les rivets aveugles** (rivets « pop ») : on perce, on enfile le rivet, et une pince à riveter le serre d'un seul côté. Idéal quand on n'a pas accès derrière.\n- **Les rivets pleins** : on perce, on enfile, et on écrase la tête au marteau sur une masse tenue de l'autre côté. Plus solides.\n- **Les vis à tôle** autoperceuses : rapides, démontables.\n\n## Ce qu'on fabrique\n\n- **Des conduits de fumée**, des pare-étincelles, des réchauds, des poêles de fortune. Voir [[SURV-REC-035]].\n- **Des gouttières**, des solins, des chapeaux de cheminée. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Des boîtes**, des bacs, des entonnoirs, des protections.\n- **Des réparations** de carrosserie, de remorque, de coque, avec une pièce rivetée.\n\n## La tôle de récupération\n\nVieilles armoires métalliques, bidons, fûts, bardages, carrosseries, tôles de toiture. **Attention à la tôle galvanisée** (zinguée) : on la coupe et on la rivette sans problème, mais on ne la soude pas et on ne la chauffe pas. Voir [[TEC-ATE-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-039","titre":"Les pesticides, risques et alternatives","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pesticides","herbicides","insecticides","chlordecone","parkinson","loi labbe","stockage","alternatives","auxiliaires"],"sources":["Inserm, Pesticides et effets sur la santé : nouvelles données, expertise collective, 2021","Loi n° 2014-110 dite loi Labbé, étendue aux particuliers en 2019","Santé publique France, chlordécone aux Antilles"],"corps":"::Aux Antilles, un insecticide utilisé dans les bananeraies jusqu'en 1993, le chlordécone, contamine encore les sols pour des siècles, et on en retrouve dans le sang de la plupart des habitants. En France, la maladie de Parkinson est reconnue depuis 2012 comme maladie professionnelle des agriculteurs exposés aux pesticides. Un poison pour les insectes reste rarement un poison seulement pour eux.::\n\n## Ce que c'est\n\n- **Insecticides** contre les insectes, **herbicides** contre les plantes, **fongicides** contre les champignons, et d'autres contre les limaces, les rongeurs.\n- **Les dangers** : intoxications aiguës (vertiges, vomissements, troubles respiratoires), et à long terme, plusieurs cancers et maladies neurologiques chez les plus exposés, selon l'expertise collective de l'Inserm.\n- **En France**, depuis 2019, les particuliers ne peuvent plus acheter ni utiliser la plupart des pesticides de synthèse au jardin.\n\n## Si on en a encore\n\n- **Lire l'étiquette** : dose, délai avant récolte, protections. Voir [[TEC-CHI-007]].\n- **Gants, lunettes, manches longues**, jamais par vent ni près d'un puits, d'une mare ou d'un ruisseau.\n- **Ne jamais transvaser** dans une bouteille alimentaire : chaque année, des gens boivent un pesticide rangé dans une bouteille de soda.\n- **Sous clé**, hors de portée des enfants.\n- **Les produits périmés ou inconnus** : en déchetterie, jamais dans l'évier ni la terre.\n\n## Les alternatives\n\n- **Prévenir** : rotation, variétés résistantes, espacement, arrosage au pied. Voir [[TEC-AGR-007]] et [[TEC-AGR-014]].\n- **Les barrières** : voiles, filets, colliers, pièges. Voir [[TEC-AGR-031]].\n- **Les auxiliaires** : coccinelles, syrphes, mésanges, hérissons, crapauds mangent les ravageurs. Des haies, des fleurs, un tas de bois et une mare les attirent.\n- **Le savon noir** dilué contre les pucerons, **le lait** contre l'oïdium.\n- **Ramasser à la main** : doryphores, chenilles, limaces.\n\n## En crise\n\nQuand les produits manquent, ceux qui cultivent sans eux depuis longtemps ont une longueur d'avance. Les ravageurs : [[TEC-AGR-010]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-016","titre":"Le Grand Nord et la banquise","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["arctique","banquise","froid extreme","glace de mer","chenaux","ours polaire","nansen","graisse","calories"],"sources":["Nansen F., Vers le pôle (Farthest North), 1897","US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual","Gouverneur du Svalbard, règles de sécurité face aux ours polaires"],"corps":"::En 1895, après avoir quitté son navire pour tenter d'atteindre le pôle Nord à ski, Fridtjof Nansen passe l'hiver arctique avec Hjalmar Johansen dans une hutte de pierres couverte de peaux de morse, à manger de l'ours et à brûler sa graisse pour la lumière. Au printemps, ils ressortent vivants. Là-haut, tout tient à la graisse, à la glace qu'on sait lire, et à la discipline.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le froid et le vent** : par -30 °C et du vent, la peau nue gèle en quelques minutes.\n- **La banquise bouge** : elle se fend en chenaux d'eau libre, se chevauche en crêtes de compression, dérive.\n- **Le corps brûle énormément** : les expéditions polaires mangent souvent 4 000 à 6 000 calories par jour, beaucoup de graisse. Voir [[TEC-ALI-027]].\n- **Les ours polaires** chassent l'homme quand ils ont faim.\n\n## AGIR\n\n**S'habiller**\n- **Des couches**, et surtout **pas de transpiration** : on enlève avant de suer. Voir [[SURV-MIL-011]].\n- **Des moufles** plutôt que des gants, le visage couvert, des lunettes contre la neige. Voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Se surveiller à deux** : taches blanches sur le nez, les joues, les oreilles. Voir [[TEC-SAN-027]].\n\n**Boire**\n- **La vieille glace de mer**, bleutée, qui a passé plusieurs étés, a perdu son sel : on peut la faire fondre et la boire. La glace de l'année est salée.\n- **Faire fondre** la glace plutôt que la neige : plus d'eau pour le même combustible.\n\n**Sur la glace**\n- **Sonder** avec un bâton, éviter les zones sombres ou grises, les crêtes, les bords de chenaux.\n- **Un compagnon**, une corde.\n\n**Les ours**\n- **Rester groupés**, garder un abri et de la lumière, ne pas laisser de nourriture ou de déchets près du camp.\n- Dans certaines régions arctiques, la loi impose d'emporter des moyens d'effarouchement et de défense hors des villages.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'abri** : maisons de neige, tentes avec poêle, toujours aérées. Voir [[SURV-ABRI-003]] et [[TEC-CON-010]].\n- **Le grand froid** en général : [[SURV-MIL-001]]. **Tomber dans l'eau glacée** : [[URG-GLACE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-034","titre":"Le vélo électrique et le scooter","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo electrique","vae","speed bike","batterie lithium","autonomie","incendie de batterie","scooter","recharge solaire"],"sources":["Règlement (UE) n° 168/2013, définition des cycles à pédalage assisté","Code de la route, article R311-1","Ministère de l'Intérieur, prévention des incendies de batteries au lithium"],"corps":"::Un vélo électrique ordinaire, en Europe, aide jusqu'à 25 km/h avec un moteur de 250 watts : pas de permis, pas d'immatriculation, et on va deux fois plus loin qu'à vélo sans transpirer. Sa batterie tient dans un sac et se recharge sur une prise ou un petit panneau solaire. Elle peut aussi prendre feu dans un couloir d'immeuble, et c'est de plus en plus souvent le cas.::\n\n## Ce que dit la loi\n\n- **Le vélo à assistance électrique** : l'assistance s'arrête à 25 km/h, moteur de 250 W au plus, il faut pédaler. C'est un vélo.\n- **Le speed bike** (jusqu'à 45 km/h) : c'est un cyclomoteur. Immatriculation, assurance, casque de moto, permis.\n- **Le scooter** : thermique (voir [[TEC-MEC-021]] et [[TEC-MEC-030]]) ou électrique, toujours immatriculé et assuré.\n\n## La batterie\n\n- **Souvent 36 V, 400 à 700 Wh** : de 40 à plus de 100 km selon le relief, le poids, le niveau d'assistance et le froid.\n- **Recharge** : quelques heures sur une prise. **Un panneau solaire** de la taille d'une porte donne à peu près une charge par jour d'été. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n- **Pour qu'elle dure** : ne pas la laisser vide, la stocker vers la moitié de charge, à l'abri du gel et de la chaleur, ne pas la charger en dessous de 0 °C.\n\n## Le feu\n\n- **Les batteries bon marché, modifiées, abîmées** (une chute, un choc, de l'eau) peuvent s'enflammer, violemment, et dégager des fumées toxiques.\n- **Charger sous surveillance**, avec le chargeur d'origine, loin des sorties et des matières inflammables. **Jamais la nuit dans le couloir** ou l'entrée d'un appartement, qui est le chemin pour sortir.\n- **Une batterie qui chauffe, gonfle, sent ou fume** : on la sort dehors si on peut le faire sans risque, et on appelle le 18.\n\n## L'entretien\n\nLe même qu'un vélo : pneus, freins (qui travaillent plus, à cause du poids et de la vitesse), chaîne. Voir [[TEC-MEC-004]] et [[TEC-MEC-024]].\n\n## En crise\n\nSans carburant, un vélo électrique et un petit panneau solaire restent un moyen de se déplacer, de transporter, de partir. Voir [[SURV-DEP-012]] et [[SURV-CRI-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-022","titre":"Le sans contact, badges et cartes","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sans contact","nfc","rfid","carte bancaire","badge","paiement mobile","antenne","securite","portefeuille"],"sources":["Norme ISO/IEC 14443, cartes à puce sans contact","Banque de France, Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rapport annuel","ANSSI, recommandations de sécurité pour les usages numériques"],"corps":"::Une carte sans contact n'a pas de pile : c'est le terminal qui l'alimente, par une petite antenne cachée dans le plastique, quand on l'approche à quelques centimètres. C'est ce qui la rend pratique, et c'est aussi pourquoi le « vol à distance » dont on parle tant est rare : il faut coller un lecteur à votre poche, et ce qu'il lit ne suffit presque jamais à payer ailleurs.::\n\n## Comment ça marche\n\n- **Une puce et une antenne** dans la carte, le badge, le téléphone.\n- **Le lecteur** crée un champ qui alimente la puce le temps d'un échange, à **quelques centimètres**.\n- **Le paiement** utilise des codes à usage unique : ce qu'on intercepte ne se rejoue pas.\n\n## Les limites de sécurité\n\n- **Les paiements sans code** sont plafonnés par transaction ; au bout de plusieurs paiements, le terminal redemande le code.\n- **Le vrai risque** est le vol de la carte ou du téléphone : quelques paiements rapides avant qu'on fasse opposition. On fait opposition **tout de suite**. Voir [[TEC-IDE-015]].\n- **Les étuis anti-ondes** protègent contre la lecture à distance, rare. Ils ne protègent pas du vol.\n- **Les vieux badges** d'immeuble ou de parking sont souvent faciles à copier. Pour ce qui compte vraiment, un badge récent ou une vraie clé.\n\n## Le téléphone\n\n- **Le paiement mobile** : protégé par l'empreinte ou le code du téléphone, souvent plus sûr que la carte.\n- **Le lecteur NFC** du téléphone lit certaines cartes de transport, étiquettes, passeports (avec leur clé).\n\n## En crise\n\nQuand le réseau tombe, beaucoup de terminaux ne peuvent plus valider les paiements. Voir [[SURV-CRI-013]]. Le liquide en petites coupures reste le moyen de paiement qui marche sans rien.\n\nLa puce des papiers d'identité : [[TEC-IDE-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-021","titre":"Carte d'identité et passeport, ce que la puce contient","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["carte d'identite","passeport","puce","bande mrz","empreintes","copie filigranee","perte","vol","papiers"],"sources":["OACI, Document 9303, documents de voyage lisibles à la machine","ANTS, la carte nationale d'identité électronique (2021)","Filigrane Facile, service public pour filigraner les copies de pièces d'identité"],"corps":"::La puce d'un passeport ou d'une carte d'identité récente ne se lit pas à distance par n'importe qui : pour l'ouvrir, le lecteur doit d'abord lire les deux lignes de chevrons imprimées en bas du document, qui servent de clé. Un voleur a bien plus intérêt à la photocopie de votre carte qu'à sa puce.::\n\n## Ce que contient le document\n\n- **La page imprimée** : nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, numéro, dates.\n- **La bande en bas** (deux ou trois lignes de lettres et de chevrons) : les mêmes informations, lisibles par machine, avec des chiffres de contrôle.\n- **La puce** : les mêmes données, **la photo**, et pour les documents européens récents, **deux empreintes digitales**, mieux protégées encore.\n\n## Les vrais risques\n\n- **La photocopie ou la photo** de la carte, envoyée à un loueur, un vendeur, un faux employeur : elle sert à ouvrir des comptes, souscrire des crédits, usurper une identité.\n- **Le vol ou la perte** du document lui-même.\n\n## Se protéger\n\n- **Filigraner** toute copie qu'on envoie : un service public gratuit permet d'écrire en travers « copie pour telle agence, telle date », ce qui la rend inutilisable ailleurs.\n- **Ne jamais envoyer** de copie à quelqu'un qu'on ne peut pas vérifier. Voir [[TEC-IDE-015]].\n- **Perte ou vol** : déclarer tout de suite (en ligne pour une perte, au commissariat ou à la gendarmerie pour un vol), et garder le récépissé.\n\n## En crise\n\n- **Les papiers ouvrent tout** : distribution d'aide, soins, passage d'une frontière, retrouver sa famille. Voir [[SURV-DEP-013]] et [[SURV-CRI-018]].\n- **Les garder sur soi**, dans une pochette étanche.\n- **Des copies** papier et photo, rangées ailleurs, envoyées à un proche de confiance. Voir [[TEC-ELN-007]].\n- **Les papiers des enfants** aussi.\n\nLes codes-barres et QR codes : [[TEC-IDE-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-021","titre":"Relancer un vieil ordinateur avec Linux","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["linux","vieil ordinateur","fin de windows 10","cle usb","linux mint","distribution legere","ssd","reemploi","obsolescence"],"sources":["Microsoft, fin du support de Windows 10 (14 octobre 2025)","Linux Mint, guide d'installation officiel","HOP, Halte à l'obsolescence programmée, campagne sur la fin de Windows 10"],"corps":"::Depuis le 14 octobre 2025, Windows 10 ne reçoit plus de mises à jour de sécurité, et des centaines de millions d'ordinateurs qui marchent parfaitement ne peuvent pas passer à la version suivante. Beaucoup finiront à la poubelle. Avec Linux, gratuit, ils repartent pour des années, souvent plus rapides qu'avant.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Une clé USB** de 8 Go ou plus.\n- **Une distribution Linux** : Linux Mint pour commencer (elle ressemble à Windows), ou une version plus légère (Xubuntu, Lubuntu) pour les ordinateurs très anciens.\n- **Un autre ordinateur** avec internet, le temps de préparer la clé.\n\n## Les étapes\n\n1. **Sauvegarder** tout ce qui compte sur l'ordinateur à relancer. Voir [[TEC-ELN-007]].\n2. **Télécharger** l'image de la distribution sur son site officiel.\n3. **Préparer la clé** avec un petit logiciel gratuit qui copie l'image et rend la clé démarrable.\n4. **Démarrer sur la clé** : allumer l'ordinateur en appuyant sur la touche du menu de démarrage (souvent F12, Échap, F2 ou F9 selon la marque) et choisir la clé.\n5. **Essayer sans installer** : Linux tourne depuis la clé, on vérifie que l'écran, le WiFi, le son fonctionnent.\n6. **Installer** en suivant l'assistant, en effaçant l'ancien système ou à côté de lui.\n\n## Pour aller plus vite\n\n- **Un SSD** à la place du vieux disque dur, et un peu plus de **mémoire vive** : le gain est énorme pour quelques dizaines d'euros. Voir [[TEC-ELN-016]].\n- **Nettoyer les ventilateurs.**\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **L'école, le courrier, les documents** : navigateur, suite bureautique libre, lecteur de fichiers.\n- **Une bibliothèque hors ligne** pour tout un groupe, sur le réseau local. Voir [[TEC-ELN-011]] et [[TEC-ELN-012]].\n- **Un poste pour les enfants**, un serveur de fichiers, une station de radio numérique.\n\n## Bon à savoir\n\nDes associations et des ateliers de réparation aident à installer Linux gratuitement. Voir [[TEC-ELN-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-016","titre":"Élever des insectes","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["insectes","vers de farine","grillons","mouche soldat noire","proteines","poules","poissons","dechets","elevage"],"sources":["FAO, Edible insects: future prospects for food and feed security, 2013","EFSA, avis sur la sécurité des larves de ténébrion meunier séchées, 2021","Dortmans B. et al., Black Soldier Fly Biowaste Processing, Eawag, 2017"],"corps":"::Pour produire un kilo de viande, un bœuf mange environ quatre fois plus qu'un grillon. Des insectes, il suffit d'une caisse, de restes de céréales et de légumes, et de quelques semaines. Ils nourrissent les poules, les poissons, et ceux qui ont surmonté leur dégoût.::\n\n## Les vers de farine\n\n- **Une caisse** en plastique lisse (ils ne grimpent pas), un couvercle aéré.\n- **Une litière** de son de blé ou de flocons d'avoine, quelques centimètres, qui sert aussi de nourriture.\n- **Des morceaux de légumes** (carotte, pomme de terre) pour l'eau, changés avant qu'ils moisissent.\n- **Le cycle** : larves, nymphes, petits coléoptères noirs qui pondent. Trois à quatre mois à température de maison.\n- **Récolter** les larves au tamis, garder les coléoptères pour la suite.\n\n## Les grillons\n\n- **Une caisse ventilée**, au chaud (vers 28 à 30 °C), des boîtes d'œufs en carton pour qu'ils se cachent.\n- **Un bac de terre humide** où ils pondent, déplacé dans une autre caisse pour l'éclosion.\n- **Nourriture** : céréales, légumes, verdure. **De l'eau** sur une éponge humide (ils se noient dans une coupelle).\n- **Six à huit semaines** de l'œuf à l'adulte. Et ils chantent la nuit.\n\n## La mouche soldat noire\n\nSes larves dévorent les déchets de cuisine, le fumier, les fruits abîmés, et en fin de croissance **sortent d'elles-mêmes** du bac par une rampe pour chercher un endroit sec : on les récupère dans un seau. Une excellente nourriture pour les poules et les poissons. Voir [[TEC-ELE-008]] et [[TEC-ELE-015]].\n\n## Les manger\n\n- **Toujours cuits**, grillés ou bouillis, ou séchés puis réduits en poudre. Voir [[SURV-RES-007]].\n- **Les allergiques aux crustacés** peuvent réagir. Voir [[URG-ANA-001]].\n- **Une mise à jeun** d'un jour avant la récolte vide leur intestin.\n\n## Les règles\n\nPropreté, pas de moisissures, pas d'humidité stagnante, et des bacs qui ferment : des grillons échappés dans la maison, on les entend longtemps.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-015","titre":"Élever des poissons en bassin","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pisciculture","carpe","tanche","etang","dombes","aquaponie","lentille d'eau","oxygene","heron"],"sources":["FAO, Somerville C. et al., Small-scale aquaponic food production, Fisheries and Aquaculture Technical Paper 589, 2014","Agromisa, Agrodok 15 : la pisciculture à petite échelle en eau douce","Institut technique de l'aviculture, pisciculture et étangs"],"corps":"::Dans la Dombes et la Brenne, on élève la carpe dans les étangs depuis le Moyen Âge : tous les quelques années, on vide l'étang, on pêche, et on cultive son fond, enrichi par les poissons, avant de le remettre en eau. Un bassin bien mené donne des protéines sans pâturage, et l'eau qu'on vide nourrit le jardin.::\n\n## Les poissons\n\n- **La carpe et la tanche** : rustiques, elles supportent l'eau calme et tiède et mangent de tout.\n- **La truite** : il lui faut de l'eau froide, claire, courante et très oxygénée.\n- **Les tilapias**, dans les pays chauds ou sous serre chauffée : croissance rapide.\n- **Ne jamais relâcher** dans une rivière des poissons d'une espèce qui n'y vit pas.\n\n## Le bassin\n\n- **Un étang ou un bassin** assez profond (au moins un mètre à un mètre et demi par endroits) pour que les poissons passent l'été et l'hiver.\n- **L'oxygène** : c'est ce qui tue les poissons, pas la faim. Plantes aquatiques, une chute d'eau, une petite pompe à air. Des poissons qui bâillent en surface au petit matin manquent d'air.\n- **Pas trop de poissons**, et on ne donne que ce qu'ils mangent en quelques minutes : la nourriture en trop pourrit et asphyxie l'eau.\n\n## Les nourrir\n\nGranulés s'il y en a, et sinon **vers, larves, insectes, restes de céréales** et **lentilles d'eau**, qui poussent très vite à la surface d'un bac et sont riches en protéines. Voir [[TEC-ELE-016]].\n\n## L'aquaponie\n\nUn bac à poissons (une cuve de 1 000 litres coupée suffit) dont l'eau passe dans un bac de gravier planté de légumes, puis revient : **les déjections des poissons nourrissent les plantes, et les plantes nettoient l'eau**. Salades, herbes, tomates poussent sans terre. Voir [[TEC-IDE-020]] pour la cuve.\n\n## Les ennemis\n\n- **Le héron** et les autres pêcheurs : un filet tendu au-dessus, ou des fils.\n- **Les maladies** : poissons isolés, eau renouvelée, pas de surpopulation.\n\n## La loi\n\nCréer un étang, puiser dans un cours d'eau, élever certaines espèces : en France, cela demande souvent une déclaration ou une autorisation. On se renseigne avant de creuser.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-008","titre":"Chanter à plusieurs","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chant","chants de travail","chants de marins","canon","chant a repondre","chant des marais","moral","cohesion","rythme"],"sources":["Vickhoff B. et al., Music structure determines heart rate variability of singers, Frontiers in Psychology, 2013","Langhoff W., Die Moorsoldaten, 1935 (l'histoire du Chant des marais)","Hugill S., Shanties from the Seven Seas, 1961"],"corps":"::En 1933, dans le camp de Börgermoor, des prisonniers allemands envoyés creuser les tourbières composent un chant, que les gardiens eux-mêmes finissent par écouter : le Chant des marais. Il a fait le tour des camps et des maquis. Les marins hissaient les voiles au rythme de leurs chants, les paysans moissonnaient en chantant. Chanter ensemble, c'est se donner du courage et accorder ses efforts.::\n\n## Pourquoi ça marche\n\n- **Le rythme** synchronise les gestes : tirer, pagayer, marcher, battre, tous en même temps. C'est la raison d'être des chants de marins et des chants de travail.\n- **Le souffle** : chanter ralentit et règle la respiration. Une étude suédoise a même montré que le cœur des choristes finit par battre au même rythme.\n- **Le groupe** : on ne peut pas chanter faux ensemble sans rire, et rire ensemble rapproche. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **La mémoire** : une chanson retient des listes, des recettes, des consignes, des histoires. Les enfants apprennent l'alphabet ainsi.\n\n## Les formes faciles\n\n- **Le chant à répondre** : un meneur chante une phrase, tous répondent par un refrain. Pas besoin de connaître les paroles.\n- **Le canon** : la même mélodie, chaque groupe partant en décalé. « Frère Jacques » marche partout.\n- **Les chants de marche** : couplets simples, rythme des pas. Voir [[SURV-DEP-011]].\n- **Les berceuses** : pour les petits, et pour ceux qui chantent.\n\n## Les règles\n\n- **Pas besoin de bien chanter.** Le meneur chante fort et simple.\n- **Apprendre par l'oreille**, une phrase à la fois.\n- **Garder** les chants du groupe : les écrire, les apprendre aux enfants. Voir [[TEC-CUL-005]].\n\n## En crise\n\nDans une cave pendant une alerte, dans une longue marche, autour d'un feu, un chant fait plus pour le moral qu'un long discours. Et le silence reste la règle quand il faut se faire discret. Voir [[SURV-DEP-009]].\n\nLes instruments de musique : [[TEC-CUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-007","titre":"Le théâtre et les ombres","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["theatre d'ombres","ombres chinoises","marionnettes","chat noir","karagoz","wayang","improvisation","enfants","veillee"],"sources":["UNESCO, théâtre d'ombres Karagöz (2009) et wayang (2008), patrimoine culturel immatériel","Musée de Montmartre, le théâtre d'ombres du cabaret du Chat Noir (1886-1897)","Boal A., Jeux pour acteurs et non-acteurs, La Découverte, 1978"],"corps":"::À la fin du XIXe siècle, le cabaret du Chat Noir, à Montmartre, faisait salle comble avec un théâtre d'ombres : des silhouettes de zinc découpées, une lampe, un écran. En Indonésie et en Turquie, le théâtre d'ombres est inscrit au patrimoine de l'humanité. Un drap, une lampe et du carton suffisent à tenir une salle d'enfants, ou d'adultes, toute une soirée.::\n\n## Les ombres\n\n**Le matériel**\n- **Un écran** : un drap blanc tendu, un papier calque, une toile de tente claire.\n- **Une lumière** derrière : lampe, bougie (prudence), lampe de téléphone. Plus elle est petite et loin, plus les ombres sont nettes.\n- **Des silhouettes** en carton découpé, tenues par des baguettes ; les bras et les jambes articulés par une attache parisienne ou un fil.\n\n**Les ombres avec les mains** : le lapin, le chien qui aboie, l'oiseau, le loup. Les enfants apprennent en quelques minutes et inventent le reste.\n\n**L'histoire** : un conte connu, avec un conteur devant l'écran et les montreurs derrière. Voir [[TEC-CUL-005]].\n\n## Le théâtre\n\n- **L'improvisation** : deux personnages, un lieu, un problème. On joue deux minutes, on change.\n- **Les costumes** avec ce qu'on a : un chapeau, une couverture, un bâton, une moustache au charbon.\n- **Rejouer une scène de la vie** du groupe (une dispute, une peur) en changeant la fin : c'est une façon ancienne et puissante de désamorcer et de réfléchir ensemble. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n## Pourquoi c'est utile\n\n- **Les enfants** expriment par le jeu ce qu'ils ne savent pas dire. Voir [[SURV-PSY-004]].\n- **Une soirée de spectacle** fait un événement, rassemble, fait rire. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Les jeunes** ont un rôle, préparent, répètent, se sentent utiles.\n\nLes jeux de groupe : [[TEC-CUL-004]]. Chanter : [[TEC-CUL-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-031","titre":"Creuser un puits et forer à la main","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["puits","forage manuel","tariere","nappe","cuvelage","gaz","margelle","protection du puits","declaration","sourcier"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, fiches techniques eau et assainissement : protéger les puits","Code minier, déclaration des forages de plus de 10 mètres","Rural Water Supply Network, manuels de forage manuel"],"corps":"::Chaque année, des gens meurent au fond de puits qu'ils creusaient ou curaient : pas d'un éboulement, mais d'un air sans oxygène ou chargé de gaz, qu'on ne sent pas. Et souvent, celui qui descend chercher le premier meurt aussi. Un puits donne de l'eau pendant des générations ; il se creuse avec la même prudence qu'une mine.::\n\n## Où creuser\n\n- **La géologie et les voisins** : les puits existants, leur profondeur, leur débit en été, sont les meilleurs indices. La mairie, les anciens et les cartes géologiques les connaissent.\n- **Les creux, le bas des pentes, la végétation** qui reste verte l'été. Voir [[SURV-EAU-005]].\n- **Loin des sources de pollution** : au moins 30 mètres des latrines, des fosses, du fumier, et en amont d'eux.\n- **Les sourciers** et leurs baguettes n'ont jamais fait mieux que le hasard dans les essais contrôlés.\n\n## Creuser à la main\n\n- **Un puits large** (un mètre et plus) se creuse à la pioche et au seau, avec un treuil. On pose au fur et à mesure des **buses en béton** ou un cuvelage en pierres, pour que les parois ne s'effondrent pas.\n- **Une tarière à main** perce un trou étroit jusqu'à une dizaine de mètres dans les terrains meubles. D'autres méthodes manuelles, utilisées dans de nombreux pays, descendent plus profond avec de l'eau et des tubes.\n\n## Les règles de vie\n\n- **Jamais seul**, quelqu'un en haut, avec une corde attachée à celui qui descend.\n- **Tester l'air** avant de descendre : une bougie qui s'éteint ou baisse descendue au bout d'une corde, c'est un air mortel. Un détecteur est mieux. **Jamais de moteur thermique** dans un puits ou près de son ouverture.\n- **Personne ne descend** chercher quelqu'un qui s'est effondré au fond sans appareil respiratoire : on appelle les secours et on ventile. Voir [[TEC-ENE-026]].\n- **Un casque** : une pierre qui tombe de dix mètres tue.\n\n## Protéger le puits\n\n- **Une margelle** surélevée, **un couvercle**, une dalle en pente autour pour que les eaux sales s'écoulent loin.\n- **Un seau réservé**, ou mieux, une pompe. Voir [[TEC-CON-018]].\n- **Faire analyser l'eau**, et la traiter en cas de doute. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## La loi\n\nEn France, un puits ou un forage domestique se **déclare en mairie**, et tout forage de plus de 10 mètres se déclare aussi au titre du Code minier.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-030","titre":"L'éclairage naturel","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lumiere naturelle","fenetres","puits de lumiere","murs clairs","miroirs","lampe bouteille","profondeur des pieces","sommeil"],"sources":["Réglementation thermique 2012, surface minimale des baies (un sixième de la surface habitable)","Reinhart C., Daylighting Handbook, 2014","Liter of Light, éclairage solaire par bouteilles"],"corps":"::Une pièce profonde reçoit presque toute sa lumière du jour dans les premiers mètres près de la fenêtre : au-delà d'environ deux fois la hauteur de la fenêtre, il fait sombre même à midi. Sans électricité, la lumière du jour redevient une ressource qu'on organise, comme l'eau ou le bois.::\n\n## Les règles simples\n\n- **La surface vitrée** : en France, un logement neuf doit avoir des fenêtres d'au moins un sixième de sa surface habitable.\n- **La hauteur compte** : une fenêtre haute éclaire plus loin dans la pièce qu'une fenêtre basse et large.\n- **La profondeur** : on vit et on travaille près des fenêtres, et on range au fond.\n- **Le sud** donne la lumière la plus longue en hiver, le nord une lumière égale et sans éblouissement, bonne pour un atelier.\n\n## Faire entrer plus de lumière\n\n- **Des murs et des plafonds clairs** : un mur blanc renvoie plusieurs fois plus de lumière qu'un mur sombre. Un badigeon de chaux suffit. Voir [[TEC-CHI-014]].\n- **Des miroirs** et des surfaces brillantes face aux fenêtres.\n- **Des vitres propres** : la saleté en coupe une bonne partie.\n- **Un puits de lumière** ou un conduit réfléchissant qui descend du toit.\n- **La lampe bouteille** enfoncée dans un toit de tôle. Voir [[SURV-REC-048]].\n- **Des portes vitrées** ou des impostes (fenêtres au-dessus des portes) entre les pièces.\n\n## Sans se faire chauffer\n\nL'été, la lumière vient avec la chaleur : **un auvent** ou un débord de toit au-dessus des fenêtres au sud arrête le soleil haut de l'été et laisse entrer le soleil bas de l'hiver. Voir [[TEC-CON-013]].\n\n## Pour le corps\n\nLa lumière du jour le matin règle l'horloge interne et aide à dormir la nuit. Voir [[TEC-SAN-023]]. Sans elle, en cave ou en abri, on sort à la lumière dès qu'on le peut.\n\nFabriquer une lampe : [[SURV-LUM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-015","titre":"Les engrais, azote, phosphore, potassium","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["engrais","npk","azote","phosphore","potassium","haber-bosch","purin d'ortie","consoude","nitrates","algues vertes"],"sources":["Smil V., Enriching the Earth: Fritz Haber, Carl Bosch, and the Transformation of World Food Production, MIT Press, 2001","COMIFER, guide de la fertilisation raisonnée","INERIS, nitrate d'ammonium : risques et conditions de stockage"],"corps":"::Au début du XXe siècle, deux chimistes allemands, Fritz Haber et Carl Bosch, trouvent comment fabriquer de l'engrais azoté à partir de l'air. Selon le géographe Vaclav Smil, près de la moitié des humains mangent aujourd'hui grâce à cet azote. Quand les usines s'arrêtent, il faut revenir aux vieilles sources : le fumier, l'urine, les légumineuses, la cendre et les orties.::\n\n## Les trois lettres\n\nSur un sac d'engrais, trois chiffres : **N-P-K**.\n\n- **N, l'azote** : les feuilles et la croissance. En manque, les vieilles feuilles jaunissent.\n- **P, le phosphore** : les racines, les fleurs, les graines.\n- **K, le potassium** : la santé de la plante, la qualité des fruits, la résistance à la sécheresse et aux maladies.\n\n## Les sources sans usine\n\n- **L'azote** : le fumier, le compost, **l'urine diluée**, les engrais verts de légumineuses. Voir [[TEC-AGR-017]] et [[TEC-AGR-028]].\n- **Le phosphore** : les os broyés ou calcinés, le fumier de volaille, la cendre.\n- **Le potassium** : **la cendre de bois**, la consoude. Voir [[TEC-CHI-012]].\n\n## Les purins\n\n- **Le purin d'ortie** : environ un kilo d'orties fraîches dans dix litres d'eau de pluie, on remue chaque jour, une à deux semaines, jusqu'à ce que ça ne mousse plus. Filtrer, diluer **dix à vingt fois** : riche en azote. Il sent très fort.\n- **Le purin de consoude** : même méthode, riche en potassium, pour les tomates et les fruits.\n\n## Les excès\n\n- **Trop d'engrais** brûle les racines et fait des plantes molles qui attirent les pucerons.\n- **Les nitrates en trop** partent dans les nappes et les rivières : eau des puits impropre pour les bébés, algues vertes sur les côtes. Voir [[SURV-EAU-009]].\n\n## Le stockage\n\nCertains engrais du commerce, comme le **nitrate d'ammonium**, sont dangereux en grande quantité : l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, en 2001, en était un stock. Au sec, au frais, loin des carburants et de toute source de chaleur, jamais mélangés à autre chose.\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]]. Le sol : [[TEC-AGR-029]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-040","titre":"Cultiver sous lumière artificielle","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["culture en interieur","led","lampes horticoles","hydroponie","methode kratky","jeunes pousses","semis","iss","energie"],"sources":["NASA, Veggie plant growth system, première récolte consommée à bord de la Station spatiale internationale, 2015","Kratky B.A., A suspended pot, non-circulating hydroponic method, Acta Horticulturae, 2004","Morrow R.C., LED lighting in horticulture, HortScience, 2008"],"corps":"::En 2015, des astronautes de la Station spatiale internationale ont mangé pour la première fois une salade poussée à bord, sous des LED rouges et bleues. Sur Terre, sous une lampe, on fait pousser des herbes, des salades et des jeunes pousses toute l'année, dans une cave ou un appartement. Mais pas des calories : pour cela, il faut le soleil.::\n\n## Ce qui marche\n\n- **Les jeunes pousses** et les graines germées. Voir [[TEC-AGR-026]].\n- **Les salades à couper**, les épinards, les blettes jeunes.\n- **Les herbes** : basilic, persil, ciboulette, menthe.\n- **Les plants** à démarrer avant la saison. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Les tomates cerises et les piments** : possible, mais demande beaucoup de lumière et de temps.\n\n## La lumière\n\n- **Des LED** : les lampes horticoles, ou de simples LED blanches puissantes, marchent très bien.\n- **À 20 à 40 cm** au-dessus des plantes : trop loin, elles s'étirent ; trop près, elles brûlent.\n- **14 à 16 heures par jour**, avec une prise programmable, et une vraie nuit.\n\n## Sans terre : la méthode Kratky\n\nUne méthode d'hydroponie sans pompe ni électricité, mise au point à l'université d'Hawaï :\n\n1. **Un bocal ou un bac opaque** rempli d'eau et d'engrais pour hydroponie.\n2. **Un couvercle percé**, un petit pot ajouré rempli de billes d'argile ou de laine de roche, avec la plante.\n3. **Les racines trempent** au début ; à mesure que l'eau baisse, elles poussent dans l'air humide au-dessus et respirent.\n4. **On ne rajoute rien** jusqu'à la récolte pour une salade.\n\n## L'énergie\n\nUne lampe de 30 W allumée 16 heures consomme environ un demi-kilowattheure par jour. C'est raisonnable pour des semis et des feuilles vertes en hiver, pas pour nourrir une famille. Voir [[TEC-AGR-016]].\n\n## L'hygiène\n\nAérer (moisissures), ne pas laisser l'eau stagner, surveiller les pucerons et les petites mouches du terreau.\n\nCultiver sur un balcon : [[TEC-AGR-025]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AER-003","titre":"Le planeur et le parapente","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["planeur","parapente","vol libre","thermiques","ascendances","finesse","cumulus","orage","cigognes"],"sources":["Fédération française de vol libre, formation et sécurité","FAI, records de distance en planeur (Klaus Ohlmann, 2003)","Reichmann H., Cross-Country Soaring, Soaring Society of America, 1978"],"corps":"::En 2003, dans les Andes, un pilote allemand a parcouru plus de 3 000 kilomètres en planeur, sans moteur, en une seule journée de vol. Il n'a fait que ce que font les cigognes et les buses qui tournent en rond au-dessus des champs sans battre des ailes : monter dans l'air chaud qui s'élève, puis glisser jusqu'à la colonne suivante.::\n\n## Comment on vole sans moteur\n\n- **On descend toujours** par rapport à l'air qui nous entoure. Tout l'art est de trouver de l'air qui monte plus vite qu'on ne descend.\n- **La finesse** : la distance parcourue pour un mètre perdu. Un planeur moderne fait 40 à 60 mètres ; un parapente, 8 à 12.\n\n## Les ascendances\n\n- **Les thermiques** : le soleil chauffe inégalement le sol (un champ labouré, un parking, une falaise au soleil) ; des bulles d'air chaud montent. **Un cumulus** marque souvent le sommet d'un thermique. Les oiseaux planeurs qui tournent en rond les signalent aussi.\n- **Le vent de pente** : le vent qui frappe une crête est dévié vers le haut. On vole le long de la pente.\n- **L'onde** : derrière certaines montagnes, par vent fort, l'air ondule très haut, jusqu'à plusieurs milliers de mètres.\n\n## La sécurité\n\n- **Une école** : le parapente et le planeur s'apprennent avec des moniteurs, pas seul avec une vidéo. Les accidents viennent presque toujours d'une erreur de débutant ou d'une météo mal lue.\n- **Le vent** : trop fort, trop turbulent, on ne décolle pas.\n- **Les orages** : un gros cumulus qui grandit vite aspire tout ce qui vole dessous. Des pilotes de parapente ont été emportés à des altitudes mortelles. On se pose bien avant.\n- **Les lignes électriques**, les arbres, les zones interdites de vol.\n\n## Pourquoi c'est utile de comprendre\n\nLire les thermiques, c'est aussi lire la météo du jour : cumulus qui grandissent l'après-midi, orage probable. Voir [[TEC-TER-011]] et [[SURV-MET-001]].\n\nComment vole un avion : [[TEC-AER-001]]. L'hélicoptère : [[TEC-AER-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-047","titre":"L'infection urinaire","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["infection urinaire","cystite","pyelonephrite","bandelette urinaire","antibiotique","canneberge","personne agee","grossesse"],"sources":["SPILF, recommandations sur les infections urinaires communautaires de l'adulte","Williams G. et al., Cranberries for preventing urinary tract infections, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2023","Ministère de la Santé, délivrance d'antibiotiques par le pharmacien après test pour la cystite, 2024"],"corps":"::Environ une femme sur deux aura au moins une infection urinaire dans sa vie. Le plus souvent, c'est une cystite, désagréable mais simple à soigner. Mais une fièvre avec une douleur dans le dos, c'est l'infection qui monte au rein, et ça ne se traite plus avec de l'eau et de la patience.::\n\n## Reconnaître\n\n**La cystite** (la vessie)\n- Brûlures en urinant, envies fréquentes et pressantes, urines troubles ou qui sentent fort, parfois du sang.\n- Pas de fièvre.\n\n**La pyélonéphrite** (le rein)\n- **Fièvre**, frissons, **douleur dans le bas du dos ou sur le côté**, parfois vomissements.\n- **Consulter le jour même** : il faut des antibiotiques adaptés.\n\n**Chez la personne âgée**, une infection urinaire peut ne se montrer que par une **confusion** soudaine ou des chutes. Voir [[TEC-SAN-025]].\n\n## Soigner\n\n- **Une bandelette urinaire** (en pharmacie) détecte l'infection en deux minutes.\n- **La cystite simple de la femme** se soigne souvent avec une seule prise d'antibiotique. En France, le pharmacien peut désormais faire le test et délivrer ce traitement sans ordonnance.\n- **Boire beaucoup** d'eau.\n- **Toujours consulter** pour un homme, un enfant, une femme enceinte, une personne diabétique, une fièvre, ou des infections qui reviennent.\n\n## Prévenir\n\n- **Boire** suffisamment.\n- **Ne pas se retenir** d'uriner, et uriner après les rapports.\n- **S'essuyer d'avant en arrière.**\n- **La canneberge** (cranberry) réduit un peu les récidives chez les femmes qui en font souvent, d'après les études récentes.\n\n## En crise\n\nLe manque d'eau, de toilettes et d'hygiène fait exploser les infections urinaires. Boire, avoir accès à des toilettes propres, se laver avec peu d'eau. Voir [[SURV-HYG-001]] et [[SURV-HYG-003]].\n\nLes antibiotiques : [[TEC-SAN-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-046","titre":"Les vers intestinaux","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["vers intestinaux","oxyures","ascaris","ankylostomes","tenia","vermifuge","hygiene des mains","chaussures","latrines"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, géohelminthiases, principaux repères","Haute Autorité de santé, traitement de l'oxyurose","CDC, Parasites : ankylostomes et transmission par la peau"],"corps":"::Environ un humain sur quatre porte des vers intestinaux, selon l'OMS : surtout des enfants, surtout là où les toilettes manquent. Certains entrent par la bouche avec des mains sales, d'autres directement par la peau des pieds nus. Ils volent la nourriture, le fer et la croissance des enfants, et se soignent avec un comprimé.::\n\n## Les plus courants\n\n- **Les oxyures** : de petits vers blancs, très fréquents chez les enfants même en France. **Démangeaisons des fesses la nuit**, sommeil agité. Ils se transmettent par les mains et les ongles.\n- **Les ascaris** : de gros vers ronds, attrapés en avalant des œufs présents dans la terre souillée, les légumes mal lavés.\n- **Les ankylostomes** : leurs larves **traversent la peau** des pieds nus dans la terre humide souillée, puis sucent le sang dans l'intestin. Anémie, fatigue.\n- **Le ténia** : un ver plat, attrapé en mangeant de la viande de bœuf ou de porc crue ou mal cuite.\n\n## Soigner\n\n- **Des vermifuges** simples existent en pharmacie ; certains en une seule prise.\n- **Les oxyures** : **toute la famille** en même temps, et une deuxième prise deux à trois semaines après, pour les vers sortis des œufs.\n- **Changer et laver** draps, pyjamas, serviettes le jour du traitement.\n\n## Prévenir\n\n- **Se laver les mains** au savon après les toilettes et avant de manger. Voir [[TEC-SAN-004]].\n- **Les ongles courts**, surtout chez les enfants.\n- **Des chaussures** dans la terre, là où l'assainissement manque.\n- **Des latrines** loin des points d'eau et des cultures. Voir [[SURV-HYG-002]].\n- **Laver ou cuire** les légumes, surtout ceux fertilisés avec des excréments. Voir [[TEC-AGR-017]].\n- **Cuire la viande à cœur.** Voir [[TEC-MET-012]].\n\n## En crise\n\nDans les camps et les abris surpeuplés, les vers se répandent vite : un vermifuge pour tous les enfants deux fois par an est une mesure de santé publique recommandée dans les régions touchées. Voir [[SURV-CRI-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-045","titre":"Toux, rhume, grippe, pneumonie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["toux","rhume","grippe","pneumonie","respiration rapide","enfants","antibiotiques","miel","contagion"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Pneumonia in children, principaux repères","OMS et UNICEF, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (comptage de la fréquence respiratoire)","ANSM, contre-indication des mucolytiques chez le nourrisson de moins de deux ans, 2010"],"corps":"::La pneumonie est la première cause infectieuse de mort des enfants de moins de cinq ans dans le monde. Pourtant, pour la repérer, les agents de santé des villages n'ont souvent qu'une montre : ils comptent les respirations de l'enfant pendant une minute. Un rhume passe tout seul ; une pneumonie, non.::\n\n## Faire la différence\n\n- **Le rhume** : nez qui coule, gorge qui gratte, un peu de fièvre. Une semaine à dix jours. Aucun antibiotique ne sert.\n- **La grippe** : fièvre brutale et forte, courbatures, épuisement. Une à deux semaines. Un vaccin chaque automne pour les fragiles.\n- **La bronchite** : une toux qui traîne des semaines, en général virale.\n- **La pneumonie** : fièvre, toux, **respiration rapide**, douleur dans la poitrine en respirant, essoufflement, grande fatigue. Il faut des antibiotiques. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\n## Compter les respirations d'un enfant\n\nL'enfant calme, on compte les mouvements du ventre pendant **une minute entière**. C'est trop rapide :\n\n- **50 ou plus** entre 2 mois et 1 an ;\n- **40 ou plus** entre 1 et 5 ans.\n\n**La peau qui se creuse sous les côtes** à chaque inspiration, des lèvres bleues, un enfant qui ne boit plus : urgence.\n\n## Soigner à la maison\n\n- **Repos, boisson, air humide.**\n- **Le miel** calme la toux, **mais jamais avant un an**. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Le paracétamol** contre la fièvre et les douleurs. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **Pas de sirops** contre la toux chez les petits enfants sans avis médical.\n- **Se laver le nez** à l'eau salée.\n\n## Ne pas le passer aux autres\n\n- **Tousser dans son coude**, se laver les mains, aérer.\n- **Un masque** pour le malade près des personnes fragiles.\n- **Dormir à part** si on peut, dans un abri partagé.\n\n## Consulter\n\nEssoufflement, douleur dans la poitrine, fièvre qui dure plus de trois jours ou revient, crachats sanglants, toux de plus de trois semaines (voir [[TEC-SAN-040]]), personne âgée ou fragile. La fièvre : [[TEC-SAN-044]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-044","titre":"La fièvre","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fievre","temperature","enfant","nourrisson","convulsion febrile","purpura","test du verre","meningite","hydratation"],"sources":["Haute Autorité de santé, prise en charge de la fièvre chez l'enfant, 2016","Santé publique France, purpura fulminans et test du verre","Organisation mondiale de la santé, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant"],"corps":"::La fièvre n'est pas une maladie : c'est le corps qui se défend. Ce qu'on soigne, c'est l'inconfort, pas le chiffre du thermomètre. Mais une petite tache violette qui ne s'efface pas quand on appuie dessus un verre, chez un enfant fiévreux, c'est une course contre la montre de quelques heures.::\n\n## Ce qui est normal\n\n- **La fièvre** commence à 38 °C.\n- **Elle aide** le corps à combattre les microbes.\n- **Un enfant fiévreux** qui joue entre deux pics, boit et reste réactif va en général bien.\n\n## Soulager\n\n- **Boire** souvent, par petites quantités : la fièvre déshydrate.\n- **Découvrir** : vêtements légers, pièce pas trop chaude.\n- **Le paracétamol** si l'inconfort est net, aux bonnes doses. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **Jamais de bain froid**, de glace, ni de frictions à l'alcool : dangereux, et inutile.\n\n## Mesurer\n\nAu thermomètre, dans les fesses pour les bébés, sous la langue ou sous le bras pour les plus grands (ajouter un demi-degré sous le bras).\n\n## Les signes qui n'attendent pas : le 15\n\n- **Une tache violette ou rouge foncé** sur la peau **qui ne s'efface pas** quand on appuie dessus avec un verre transparent : c'est peut-être un purpura fulminans, une infection foudroyante. Chaque minute compte.\n- **Un bébé de moins de 3 mois** avec 38 °C ou plus.\n- **Une raideur de la nuque**, des maux de tête violents, une somnolence inhabituelle, une confusion.\n- **Une respiration difficile**, des lèvres bleues.\n- **Un enfant qui ne boit plus**, geint, ne réagit plus normalement.\n\n## Consulter vite\n\n- **Une fièvre de plus de trois jours.**\n- **Au retour d'un pays à paludisme** : le jour même. Voir [[TEC-SAN-036]].\n- **Une personne âgée**, fragile ou sous chimiothérapie.\n\n## La convulsion fébrile\n\nEntre 6 mois et 5 ans, une forte fièvre peut provoquer une convulsion : impressionnante, en général sans gravité. Allonger sur le côté, protéger la tête, regarder l'heure. Plus de cinq minutes, ou une première fois : le 15. Voir [[URG-EPI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-043","titre":"La vue et les lunettes","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vue","lunettes","presbytie","lunettes de lecture","lunettes a trous","lentilles","decollement de retine","glaucome","urgence"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Rapport mondial sur la vision, 2019","Holden B.A. et al., Global prevalence of presbyopia and vision impairment from uncorrected presbyopia, Ophthalmology, 2008","Société française d'ophtalmologie, urgences oculaires"],"corps":"::Selon l'OMS, au moins un milliard de personnes dans le monde voient mal alors qu'une paire de lunettes ou une opération simple suffirait. Après 45 ans, presque tout le monde a besoin de lunettes pour lire, et une paire de lunettes de lecture coûte quelques euros. Dans une crise, c'est l'objet qu'on oublie, puis qu'on ne trouve plus.::\n\n## La presbytie\n\n- **Vers 40 à 45 ans**, on commence à tendre le bras pour lire : l'œil n'accommode plus de près.\n- **Les lunettes de lecture** toutes faites, de +1 à +3,5, se trouvent partout. On essaie celles qui font lire nettement à 30-40 cm.\n- **Une réserve de plusieurs paires** de puissances différentes : pour soi, pour les autres, pour échanger. Voir [[SURV-TROC-002]].\n\n## Sans lunettes\n\n**Les lunettes à trous** : un carton ou un morceau de plastique opaque percé de petits trous d'épingle, tenu devant les yeux. Ils redonnent une vision nette à presque tous les défauts de vue, au prix d'un champ réduit et d'une image sombre. Pour lire une étiquette, un plan, une ordonnance.\n\n## Protéger ses yeux\n\n- **Du soleil et de la neige** : [[TEC-SAN-022]].\n- **Des éclats et des produits** : lunettes de protection pour meuler, couper, bricoler. Voir [[URG-SEC-016]].\n- **Les lentilles de contact** en crise : sans eau propre ni produit, elles transmettent des infections graves de la cornée. On passe aux lunettes.\n\n## Les urgences\n\n**Consulter dans la journée** :\n\n- **Une baisse brutale** de la vue, d'un œil ou des deux.\n- **Des éclairs lumineux** et une pluie de points noirs, un voile qui monte : la rétine se décolle.\n- **Un œil rouge et très douloureux** avec vision floue, halos, maux de tête, nausées : une crise de glaucome.\n- **Une vision double** soudaine, un côté du visage qui tombe : un AVC. Voir [[URG-AVC-001]].\n\n## Avant une crise\n\nUne paire de lunettes de rechange et une copie de l'ordonnance, dans le sac d'évacuation. Voir [[SURV-CRI-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-042","titre":"L'asthme au quotidien","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["asthme","inhalateur","chambre d'inhalation","bouteille","traitement de fond","declencheurs","fumee","enfants","reserve"],"sources":["GINA, Global Strategy for Asthma Management and Prevention, 2024","Zar H.J. et al., Home-made spacers for bronchodilator therapy in children with acute asthma: a randomised trial, The Lancet, 1999","Haute Autorité de santé, prise en charge de l'asthme"],"corps":"::En 1999, des médecins sud-africains ont comparé, chez des enfants en crise d'asthme, une chambre d'inhalation du commerce et une simple bouteille en plastique de 500 ml percée pour l'inhalateur. Résultat : aussi efficace. La moitié des asthmatiques se servent mal de leur inhalateur ; une bouteille et un bon geste changent tout.::\n\n## Les deux sortes d'inhalateurs\n\n- **Le traitement de crise** (souvent bleu) : il ouvre les bronches en quelques minutes.\n- **Le traitement de fond** : il calme l'inflammation, pris **tous les jours même sans symptômes**. C'est lui qui évite les crises.\n- **Si on a besoin du traitement de crise plus de deux fois par semaine**, l'asthme est mal contrôlé : consulter.\n\n## Le bon geste\n\n1. **Secouer**, retirer le capuchon.\n2. **Souffler** doucement tout son air.\n3. **Serrer les lèvres** autour de l'embout.\n4. **Appuyer une fois** en inspirant lentement et profondément.\n5. **Retenir son souffle** une dizaine de secondes.\n6. Attendre une minute avant une deuxième bouffée.\n\n## La chambre d'inhalation\n\nIndispensable pour les enfants, utile pour tous : le produit arrive dans les poumons au lieu de rester dans la gorge.\n\n**La faire soi-même** : une bouteille en plastique de 500 ml, un trou au fond à la forme de l'embout de l'inhalateur, bien ajusté. On appuie une fois, on respire quatre à six fois par le goulot.\n\n## Les déclencheurs\n\n- **La fumée** : tabac, feux, poêles qui refoulent. Voir [[TEC-CON-011]].\n- **Les moisissures, la poussière, les acariens.** Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Le froid, l'effort, les infections, les pollens.** Voir [[TEC-SAN-038]].\n\n## Se préparer\n\n- **Une réserve** d'inhalateurs de crise et de fond, et un plan écrit de ce qu'il faut faire.\n- **Les proches** savent reconnaître une crise et où est l'inhalateur.\n\n**Une crise qui ne cède pas** : [[URG-ASTH-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-041","titre":"Faire une injection","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["injection","sous-cutanee","intramusculaire","insuline","anticoagulant","stylo d'adrenaline","aiguilles","hygiene","collecteur"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, WHO best practices for injections and related procedures toolkit, 2010","ANSM, bon usage des stylos auto-injecteurs d'adrénaline","Fédération française des diabétiques, techniques d'injection de l'insuline"],"corps":"::Des millions de personnes se piquent elles-mêmes chaque jour : insuline, anticoagulant, traitement de fond. Et le stylo d'adrénaline qui sauve un allergique se plante dans la cuisse à travers le pantalon, par n'importe qui. Une injection faite proprement est un geste simple ; une aiguille partagée transmet le VIH et les hépatites.::\n\n## Les règles pour toutes les injections\n\n- **Se laver les mains**, nettoyer la peau et laisser sécher.\n- **Une aiguille neuve à chaque fois**, jamais partagée, jamais remise dans son capuchon à deux mains.\n- **Les aiguilles usagées** dans un collecteur, ou à défaut une bouteille en plastique épais bien fermée et marquée.\n- **Le bon produit, la bonne dose, le bon moment** : on vérifie l'étiquette et la date.\n- **Jamais dans une veine** sans formation : c'est un geste de soignant.\n\n## Sous la peau (sous-cutanée)\n\nPour l'insuline, les anticoagulants, certains traitements.\n\n1. **Pincer** un pli de peau : le ventre (à distance du nombril), le haut de la cuisse, l'arrière du bras.\n2. **Piquer** d'un geste franc, bien droit ou un peu incliné selon la longueur de l'aiguille.\n3. **Injecter lentement**, compter quelques secondes, retirer.\n4. **Changer d'endroit** à chaque fois, sinon la peau se durcit et le produit passe mal.\n\n## Le stylo d'adrénaline (dans le muscle)\n\nPour une allergie grave. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n1. **Retirer le bouchon de sécurité.**\n2. **Planter franchement** sur la face extérieure de la cuisse, **à travers les vêtements**.\n3. **Tenir** le temps indiqué sur le stylo (quelques secondes), puis masser.\n4. **Appeler le 15**, allonger la personne (assise si elle respire mal).\n5. **Un deuxième stylo** au bout de 5 à 15 minutes si ça ne s'améliore pas.\n\n## Le glucagon\n\nPour un diabétique sous insuline inconscient d'une hypoglycémie : injection ou poudre nasale selon le produit. Voir [[URG-HYPOG-001]] et [[TEC-SAN-017]].\n\n## Les signes d'alerte\n\nRougeur qui s'étend, chaleur, douleur qui augmente au point d'injection : infection. Voir [[TEC-SAN-028]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-008","titre":"Partager équitablement","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["partage","rationnement","equite","un coupe l'autre choisit","tirage au sort","transparence","besoins","conflits","shackleton"],"sources":["Shackleton E., South, 1919","Brams S.J., Taylor A.D., Fair Division: From Cake-Cutting to Dispute Resolution, Cambridge University Press, 1996","Zweiniger-Bargielowska I., Austerity in Britain: Rationing, Controls, and Consumption, 1939-1955, Oxford University Press, 2000"],"corps":"::Pendant l'expédition de Shackleton, pour partager la nourriture sans jalousie, un homme tournait le dos pendant qu'un autre montrait une part : « À qui ? » L'homme de dos donnait un nom, sans voir la part. Personne ne pouvait accuser personne. Dans une crise, un partage qui paraît injuste fait plus de dégâts que la faim elle-même.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les gens acceptent de manquer** si tout le monde manque de la même façon. Ils n'acceptent pas qu'un autre soit servi en cachette.\n- **Pendant la Seconde Guerre mondiale**, le rationnement britannique, sévère mais visible et égal, a été largement accepté, et la santé des plus pauvres s'est même améliorée.\n- **L'égalité n'est pas toujours la justice** : un enfant, une femme enceinte, un malade, quelqu'un qui porte des charges toute la journée n'ont pas les mêmes besoins.\n\n## AGIR\n\n**Les méthodes qui marchent**\n\n- **L'un coupe, l'autre choisit** : celui qui partage prend la dernière part. Il coupe juste.\n- **« À qui ? »** : celui qui attribue ne voit pas les parts.\n- **Le tirage au sort** pour ce qui ne se divise pas : une place, une tâche pénible, un objet.\n- **La pesée devant tous**, avec une balance ou des mesures identiques (même bol, même louche).\n\n**Les règles du partage**\n\n- **Des rations écrites**, affichées, les mêmes pour tous, avec des suppléments connus pour les besoins particuliers (enfants, malades, femmes enceintes et qui allaitent, travaux durs). Voir [[TEC-ALI-016]].\n- **Un registre** des stocks et des distributions, que chacun peut lire. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Deux personnes** pour ouvrir la réserve, et on change régulièrement ceux qui distribuent.\n- **Le chef mange en dernier.**\n\n## ADAPTER\n\n- **Une plainte** se traite tout de suite, en public, calmement. Voir [[SURV-SOC-003]].\n- **Les biens communs** (puits, champ, bois) : [[SURV-SOC-005]].\n- **Les nouveaux venus** : les mêmes règles dès l'arrivée. Voir [[SURV-SOC-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-009","titre":"Naviguer en mer sans instruments","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["navigation","polynesiens","etoiles","houle","oiseaux","nuages","etoile polaire","latitude","estime"],"sources":["Lewis D., We, the Navigators: The Ancient Art of Landfinding in the Pacific, 1972","Finney B., Hokule'a: The Way to Tahiti, 1979","Polynesian Voyaging Society, voyage de Hōkūleʻa entre Hawaï et Tahiti, 1976"],"corps":"::En 1976, un navigateur micronésien, Mau Piailug, a mené une grande pirogue double d'Hawaï à Tahiti, plus de 4 000 kilomètres, sans boussole, sans carte ni instrument : avec les étoiles, la houle, les oiseaux et les nuages. Il prouvait que les ancêtres des Polynésiens avaient bien peuplé le Pacifique volontairement, en naviguant, pas en dérivant.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes navigateurs traditionnels ne cherchent pas un point sur une carte : ils lisent en permanence le ciel et la mer, et gardent en tête leur direction et le temps écoulé.\n\n## AGIR\n\n**Les étoiles**\n\n- **Une étoile se lève et se couche toujours au même point de l'horizon.** En retenant quelles étoiles se lèvent dans quelle direction, on tient un cap toute la nuit, en passant d'une étoile à la suivante.\n- **L'étoile Polaire** (hémisphère Nord) : sa hauteur au-dessus de l'horizon est égale à la latitude. Mesurée avec la main (un poing tendu fait environ 10 degrés), elle dit si l'on est plus au nord ou plus au sud. Voir [[SURV-ORI-004]].\n- **La Croix du Sud** dans l'hémisphère Sud. Voir [[SURV-ORI-001]].\n\n**La houle**\n\nLes grandes houles viennent de loin et gardent leur direction des jours durant. On sent leur rythme dans le bateau : tant qu'on les prend sous le même angle, on garde le cap, même sans étoiles.\n\n**Les signes de la terre**\n\n- **Les oiseaux de mer** qui nichent à terre (sternes, noddis) partent pêcher le matin et **rentrent vers la terre au crépuscule** : on suit leur vol du soir.\n- **Un nuage immobile** sur l'horizon quand les autres défilent se forme souvent au-dessus d'une île ; un reflet verdâtre sous un nuage trahit un lagon.\n- **Les débris végétaux**, l'odeur de terre, le changement de couleur de l'eau près des côtes.\n\n**L'estime**\n\nDirection suivie, vitesse estimée, temps écoulé : on reporte sa position, même grossièrement, plusieurs fois par jour.\n\n## ADAPTER\n\n- **Visez large** : il est plus facile de trouver un archipel qu'une île, une côte qu'un port. Voir la visée décalée dans [[SURV-DEP-007]].\n- **Le radeau de survie** : [[SURV-MIL-003]]. **Les marées** : [[TEC-TER-010]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-008","titre":"S'orienter en ville sans téléphone","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ville","orientation","paraboles","eglises","numerotation","plans","reperes","soleil","carte mentale"],"sources":["Décret du 4 février 1805 sur le numérotage des maisons de Paris","Lynch K., L'image de la cité, 1960","Principe de l'orientation des paraboles vers les satellites géostationnaires"],"corps":"::En France, les antennes paraboliques des balcons regardent toutes à peu près vers le sud, vers les satellites fixés au-dessus de l'équateur : une boussole géante sur chaque façade. Le mot « s'orienter » vient d'ailleurs des églises, longtemps construites le chœur tourné vers l'Orient. La ville est pleine de repères pour qui n'a plus d'écran.::\n\n## COMPRENDRE\n\nSans téléphone, on se perd d'abord parce qu'on ne regardait plus rien. Les urbanistes l'ont montré : on se repère grâce aux **chemins** qu'on suit, aux **limites** (fleuve, voie ferrée, boulevard), aux **quartiers**, aux **carrefours** et aux **repères** (tour, clocher, château d'eau).\n\n## AGIR\n\n**Trouver le nord**\n\n- **Les paraboles** pointent grossièrement vers le sud.\n- **Le soleil** : à l'est le matin, au sud vers 13-14 h en été, à l'ouest le soir. Voir [[SURV-ORI-001]].\n- **Les vieilles églises** ont souvent leur chœur (le fond, derrière l'autel) tourné vers l'est.\n\n**Lire la ville**\n\n- **Les plans** des arrêts de bus, des gares, des stations de métro, des offices de tourisme, des panneaux de quartier : on les photographie ou on les recopie.\n- **La numérotation des rues** : à Paris, depuis 1805, les numéros partent de la Seine pour les rues perpendiculaires au fleuve, et suivent le courant pour les rues parallèles. Beaucoup de villes ont une règle à elles : il suffit de la comprendre une fois.\n- **Les grands repères** visibles de loin : on les note au départ et on les retrouve en levant la tête.\n\n**Garder le fil**\n\n- **Dessiner une carte** au fur et à mesure : rues prises, carrefours, repères.\n- **Compter** les rues traversées, noter les noms.\n- **Demander** aux commerçants, aux facteurs, aux chauffeurs : ils connaissent le quartier.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une vraie carte papier** de sa ville et de sa région, dans le sac d'évacuation. Voir [[SURV-ORI-002]].\n- **Traverser une ville en crise** : [[SURV-DEP-008]]. **Quitter une ville** : [[SURV-DEP-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-051","titre":"L'intoxication alimentaire","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["intoxication alimentaire","gastro","salmonelle","staphylocoque","norovirus","hygiene","cinq clefs","cuisinier","typhoid mary"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Cinq clefs pour des aliments plus sûrs, 2006","Santé publique France, toxi-infections alimentaires collectives","Leavitt J.W., Typhoid Mary: Captive to the Public's Health, Beacon Press, 1996"],"corps":"::Au début du XXe siècle, à New York, une cuisinière en parfaite santé, Mary Mallon, contamine à la typhoïde des dizaines de personnes dans les familles où elle travaille. Elle portait la bactérie sans être malade. Dans un abri ou un camp, un seul cuisinier qui a la diarrhée peut rendre malade tout le monde en un repas.::\n\n## Reconnaître\n\n- **Quelques heures après le repas** : vomissements brutaux, souvent une toxine (plats préparés restés tièdes, crèmes, riz cuit).\n- **Un à trois jours après** : diarrhée, fièvre, crampes (salmonelles, autres bactéries), souvent volailles, œufs, viande mal cuite.\n- **Plusieurs personnes malades** en même temps après le même repas : on garde les restes pour savoir.\n\n## Soigner\n\n- **Boire**, par petites gorgées, une solution de réhydratation. Voir [[TEC-SAN-011]].\n- **Manger léger** dès que ça va mieux.\n- **Pas de médicament qui bloque la diarrhée** s'il y a de la fièvre ou du sang.\n- **Consulter** : sang dans les selles, forte fièvre, signes de déshydratation, plus de trois jours, bébé, personne âgée, femme enceinte.\n- **Vision double, paupières qui tombent, difficulté à avaler** après une conserve : botulisme, urgence. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## Les cinq clefs de l'OMS\n\n1. **La propreté** : mains lavées avant de cuisiner et après les toilettes, plan de travail et ustensiles propres.\n2. **Séparer** le cru et le cuit : planches et couteaux différents.\n3. **Bien cuire**, surtout volaille, viande hachée, œufs, porc et gibier.\n4. **Garder à bonne température** : pas plus de deux heures à température ambiante, au froid ou très chaud.\n5. **Eau et produits sûrs.** Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## Dans un groupe\n\n- **Un cuisinier qui a la diarrhée, vomit ou a une plaie infectée aux mains ne cuisine pas.**\n- **Des toilettes loin de la cuisine**, du savon près des deux. Voir [[SURV-HYG-002]].\n- **Les restes** : refroidis vite, gardés au frais, réchauffés jusqu'à bouillir. Voir [[TEC-ALI-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-050","titre":"Entorses et foulures","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["entorse","foulure","cheville","genou","poignet","regles d'ottawa","glace","bandage","reeducation"],"sources":["Stiell I.G. et al., Decision rules for the use of radiography in acute ankle injuries, JAMA, 1993","Dubois B., Esculier J.-F., Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE, British Journal of Sports Medicine, 2020","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours"],"corps":"::Des urgentistes canadiens ont mis au point, en 1992, des règles simples pour savoir si une cheville tordue est cassée ou seulement foulée : ont-elles mal quand on appuie sur le bord arrière des os de la cheville ? peut-on faire quatre pas ? Ces règles ont évité des millions de radios inutiles, et elles marchent aussi loin de tout hôpital.::\n\n## Entorse ou fracture ?\n\n**Pour une cheville**, on soupçonne une fracture (et on immobilise comme telle) si :\n\n- on a mal en **appuyant sur le bord arrière ou la pointe** de l'un des deux os saillants de la cheville ;\n- ou on a mal en appuyant à la base de l'os sur le bord extérieur du pied ;\n- ou on **ne peut pas faire quatre pas**, même en boitant, juste après et au moment de l'examen.\n\nSinon, c'est très probablement une entorse. Voir [[URG-FRAC-001]] pour une fracture.\n\n## Les premiers jours\n\n- **Ménager** l'articulation : moins d'appui, une canne ou un bâton.\n- **Le froid** : de la glace dans un linge, 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour, jamais directement sur la peau.\n- **Un bandage** en huit, ferme mais pas serré. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **Surélever** la jambe dès qu'on s'assoit.\n\n## Ensuite, bouger\n\n- **Remettre en charge** progressivement dès que la douleur le permet : l'articulation guérit mieux en travaillant doucement qu'immobilisée longtemps.\n- **Des exercices d'équilibre** : tenir sur un pied, les yeux ouverts puis fermés, quelques minutes par jour. C'est ce qui évite la rechute.\n- **Une entorse grave** (craquement, gros gonflement immédiat, articulation qui se dérobe) demande un avis médical.\n\n## Sur le terrain\n\n- **Garder la chaussure** si on doit marcher : elle soutient et limite le gonflement.\n- **Un strapping** avec du ruban adhésif large, ou une attelle de fortune.\n- **Réduire la charge** du sac, raccourcir l'étape. Voir [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-049","titre":"Le mal de dos","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mal de dos","lombalgie","lumbago","mouvement","repos au lit","sciatique","signes d'alerte","porter"],"sources":["Haute Autorité de santé, prise en charge du patient présentant une lombalgie commune, 2019","Assurance Maladie, campagne « Mal de dos ? Le bon traitement, c'est le mouvement », 2017","Organisation mondiale de la santé, lombalgie, principaux repères, 2023"],"corps":"::Quatre personnes sur cinq auront mal au dos au moins une fois dans leur vie. Pendant des décennies, on prescrivait le repos au lit. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse : le dos guérit plus vite en bougeant. La plupart des lumbagos passent en quelques jours à quelques semaines.::\n\n## Le lumbago ordinaire\n\n- **Une douleur** dans le bas du dos, souvent après un effort, un faux mouvement, ou sans raison.\n- **Elle fait peur**, mais elle n'est presque jamais grave.\n\n## Ce qui aide\n\n- **Rester actif** : marcher, faire ses tâches en douceur, éviter seulement ce qui fait vraiment mal. **Le repos au lit prolongé** aggrave et fait durer.\n- **La chaleur** : bouillotte, bain chaud.\n- **Un antidouleur** quelques jours, aux bonnes doses. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **Reprendre** progressivement les efforts.\n\n## Les signes d'alerte : consulter vite\n\n- **Perte de contrôle** des urines ou des selles, **engourdissement entre les cuisses** : urgence, le 15.\n- **Faiblesse d'une jambe** qui s'installe, pied qui tombe.\n- **Fièvre** avec le mal de dos. Voir [[TEC-SAN-047]].\n- **Après une chute** ou un choc violent. Voir [[URG-SEC-011]].\n- **Un premier mal de dos** après 50 ans, un amaigrissement inexpliqué, une douleur qui ne se calme jamais, même la nuit.\n\n## La sciatique\n\nUne douleur qui descend dans la fesse et la jambe, parfois jusqu'au pied. Le plus souvent, elle passe aussi en quelques semaines avec le même traitement : bouger, soulager.\n\n## Prévenir\n\n- **Porter** les charges près du corps, jambes fléchies, dos droit, sans tourner. Voir [[TEC-MEC-018]].\n- **Renforcer** le ventre et le dos. Voir [[TEC-CUL-006]].\n- **Changer de position** souvent : ni assis ni penché des heures durant.\n- **Le sac** : bien réglé, les charges lourdes contre le dos. Voir [[SURV-DEP-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-048","titre":"Les infections de la peau","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["peau","impetigo","abces","furoncle","erysipele","mycoses","pied d'athlete","rougeur qui s'etend","stylo"],"sources":["Haute Autorité de santé et SPILF, prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes, 2019","Société française de dermatologie, fiches patients","Organisation mondiale de la santé, maladies tropicales négligées de la peau"],"corps":"::Un vieux truc de médecin de campagne : quand une rougeur apparaît autour d'une plaie, on en trace le bord au stylo. Si le lendemain elle a dépassé le trait, l'infection gagne et il faut un antibiotique. Dans les camps, les abris et les longues marches, la peau est la première à lâcher.::\n\n## Les plus courantes\n\n- **L'impétigo** : surtout chez les enfants, des croûtes couleur de miel autour du nez et de la bouche. Très contagieux. Laver à l'eau et au savon, couper les ongles, et souvent une pommade antibiotique.\n- **Le furoncle et l'abcès** : une boule rouge, chaude, douloureuse, qui fait du pus. Des compresses chaudes plusieurs fois par jour aident à le mûrir. **Un gros abcès** doit être incisé par un soignant.\n- **L'érysipèle** : une grande plaque rouge, chaude, gonflée, souvent sur une jambe, **avec fièvre**. Urgence d'antibiotiques.\n- **Les mycoses** : entre les orteils (le pied d'athlète), dans les plis, en ronds sur la peau. Garder sec, crème antifongique.\n- **La gale** : [[TEC-SAN-021]].\n\n## Les règles\n\n- **Ne jamais presser un bouton** ou un furoncle sur le visage entre le nez et la lèvre : l'infection peut remonter vers le cerveau.\n- **Tracer au stylo** le bord d'une rougeur, et regarder chaque jour.\n- **Fièvre, traînée rouge qui remonte**, rougeur qui s'étend vite : consulter. Voir [[TEC-SAN-028]].\n\n## Prévenir\n\n- **Se laver**, même avec peu d'eau. Voir [[SURV-HYG-001]].\n- **Des pieds secs** : chaussettes changées, chaussures qui sèchent. Voir [[SURV-DEP-003]].\n- **Chaque petite plaie** lavée et couverte, surtout dans la chaleur humide. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Pas de serviettes partagées.**\n\n## Chez les diabétiques\n\nUne plaie du pied, même petite et indolore, se regarde chaque jour : elle peut s'infecter sans faire mal. Voir [[TEC-SAN-017]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-009","titre":"Tenir les comptes et les stocks d'un groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["inventaire","stocks","registre","autonomie","premier entre premier sorti","peremption","comptes","dettes","ecriture"],"sources":["Schmandt-Besserat D., How Writing Came About, University of Texas Press, 1996","HCR, Emergency Handbook, gestion des stocks et des distributions","Organisation mondiale de la santé, bonnes pratiques de gestion des stocks de médicaments"],"corps":"::L'écriture a d'abord été inventée, en Mésopotamie il y a plus de cinq mille ans, pour compter des sacs d'orge, des jarres d'huile et des moutons. Un groupe qui ne sait pas ce qu'il a, combien il en consomme et combien de jours il peut tenir se dispute d'abord, et manque ensuite.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Le chiffre qui compte** : les **jours d'autonomie**, pour chaque ressource.\n\n**Stock ÷ consommation par jour = jours d'autonomie.**\n\nSoixante litres d'eau pour cinq personnes qui en boivent trois litres chacune par jour : quatre jours. On sait alors quand chercher, quand rationner, quand partir. Voir [[SURV-EAU-006]].\n\n## AGIR\n\n**L'inventaire**\n\n- **Tout noter** : eau, nourriture, médicaments, carburant, bois, piles, outils. Quantité, **date de péremption**, emplacement.\n- **Un cahier**, une feuille affichée ou un tableau, et une copie ailleurs.\n- **Vérifier** chaque semaine en comptant pour de vrai.\n\n**Les règles de stock**\n\n- **Premier entré, premier sorti** : on consomme d'abord ce qui est arrivé en premier.\n- **Ce qui périme d'abord sort d'abord** : les médicaments et les produits frais. Voir [[TEC-ALI-020]].\n- **Deux personnes** pour ouvrir la réserve. Voir [[SURV-SOC-008]].\n\n**Les autres registres**\n\n- **Les personnes** : noms, âges, santé (allergies, traitements, grossesse), savoir-faire.\n- **Les tâches** : qui fait quoi, quand.\n- **Les décisions** prises en réunion, datées. Voir [[SURV-SOC-002]].\n- **Les prêts et les dettes** : qui a prêté quoi à qui, les échanges promis. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Afficher** les chiffres qui concernent tout le monde (jours d'eau, de nourriture) : les rumeurs meurent devant un tableau clair. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Les médicaments** : un registre à part, avec les doses et à qui ils ont été donnés. Voir [[TEC-SAN-008]].\n- **Écrire pour durer** : [[SIG-COM-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-019","titre":"Les moutons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moutons","brebis","laine","tonte","agnelage","onglons","myiase","loup","patou","identification"],"sources":["Institut de l'élevage (Idele), fiches techniques ovines","Office français de la biodiversité, bilan des dommages du loup aux troupeaux","FAO, élevage ovin chez les petits producteurs"],"corps":"::Un mouton transforme l'herbe, qu'aucun humain ne peut manger, en viande, en lait et en laine, sur des terres trop pentues ou trop pauvres pour être labourées. Mais il a deux ennemis que les bergers connaissent depuis toujours : les mouches de l'été et les prédateurs. En France, le loup tue chaque année des milliers de brebis, et les chiens de protection sont revenus dans les montagnes.::\n\n## Ce qu'il donne\n\n- **De la laine** : une tonte par an, au printemps, quelques kilos par bête. Voir [[TEC-MAT-015]] et [[TEC-AGR-033]].\n- **De la viande**, et pour certaines races, **du lait** et du fromage. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Un entretien** des prés, des vergers, des terrains en pente.\n\n## Les soins\n\n- **Tondre** chaque année : une laine trop longue et sale attire les mouches, qui pondent dedans. Les asticots mangent la bête vivante : on surveille l'arrière-train tout l'été.\n- **Parer les onglons** et surveiller les boiteries.\n- **Les parasites** : vermifuger selon l'état des bêtes, faire tourner les prés.\n- **L'agnelage**, souvent au printemps : la plupart des brebis agnellent seules ; on surveille, on aide un agneau mal placé, on vérifie qu'il tète dans l'heure.\n\n## La nourriture\n\n- **De l'herbe**, et **du foin** l'hiver. Quelques brebis par hectare selon la pousse.\n- **Une pierre à sel** et de l'eau propre.\n- **Attention** aux plantes toxiques (if, rhododendron, laurier-rose) et à l'herbe mouillée de trèfle en grande quantité, qui fait gonfler la panse. Voir [[TEC-BOT-003]].\n\n## Les protéger\n\n- **Une clôture** électrique à plusieurs fils, un parc de nuit.\n- **Un chien de protection** élevé avec le troupeau (le patou des Pyrénées), qui vit avec les brebis et repousse les prédateurs.\n- **Les chiens errants** font aussi beaucoup de dégâts. Voir [[SURV-DEF-006]].\n\n## La loi\n\nChaque bête est identifiée (boucles d'oreille) et déclarée, même pour quelques moutons.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. Choisir une espèce : [[TEC-ELE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-018","titre":"Le cochon","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cochon","porc","elevage familial","eaux grasses interdites","peste porcine africaine","bauge","labour","tue-cochon","identification"],"sources":["Règlement (CE) n° 1069/2009, interdiction de nourrir les porcs avec des déchets de cuisine et de table","Ministère de l'Agriculture, peste porcine africaine : biosécurité pour les détenteurs de porcs","IFIP, Institut du porc, fiches techniques"],"corps":"::Pendant des siècles, chaque ferme engraissait son cochon avec les restes, et le tuait en hiver en une grande journée de travail et de fête, où tout le village mettait la main aux boudins. « Tout est bon dans le cochon. » Aujourd'hui, une règle a changé et elle compte : en Europe, on n'a plus le droit de lui donner les restes de cuisine, à cause des épidémies.::\n\n## Ce qu'il donne\n\n- **De la viande et du lard**, qui se salent, se fument et se gardent l'hiver. Voir [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]].\n- **De la graisse** : saindoux, confits. Voir [[TEC-ALI-027]].\n- **Un labour** : laissé dans un enclos, il retourne la terre, mange les racines et les larves, et fume le sol. On déplace l'enclos, on sème derrière.\n\n## Le nourrir\n\n- **Céréales, légumes du jardin, pommes de terre cuites, fruits tombés, petit-lait**, glands et châtaignes à l'automne.\n- **Interdit** : les restes de repas et de cuisine contenant de la viande ou venant d'une cuisine. C'est ainsi que se propagent la fièvre aphteuse et la **peste porcine africaine**, qui tue les porcs et ruine des régions entières.\n- **De l'eau** propre à volonté.\n\n## Le loger\n\n- **Un abri** sec et paillé, et **une bauge** de boue : le cochon ne transpire presque pas ; la boue le rafraîchit et le protège du soleil.\n- **Une clôture solide**, doublée d'un fil électrique bas : il soulève et creuse.\n- **Loin des sangliers** : le contact avec eux transmet les maladies.\n\n## La loi\n\n- **Tout porc** doit être identifié et déclaré, même un seul.\n- **L'abattage familial** pour sa propre consommation est permis en France sous conditions ; on se renseigne auprès des services vétérinaires. Voir [[TEC-ELE-007]] et [[TEC-MET-012]].\n- **La trichine** : viande cuite à cœur, toujours.\n\n## À savoir\n\nLe cochon est intelligent, curieux, et s'ennuie : de la paille, des branches, de la terre à fouiller le rendent calme. Un cochon bien traité est un cochon facile.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-017","titre":"Les canards et les oies","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["canards","oies","coureurs indiens","limaces","oeufs","duvet","gardiennage","renard","grippe aviaire","declaration"],"sources":["ITAVI, Institut technique de l'aviculture, fiches palmipèdes","Ministère de l'Agriculture, déclaration des détenteurs de volailles et mesures contre l'influenza aviaire","Ashton C., Domestic Duck, Crowood Press, 2001"],"corps":"::Le canard coureur indien marche debout comme une bouteille, ne vole pas, et passe ses journées à chasser les limaces dans les rangs du potager sans toucher aux salades. Certaines races de canards pondent presque autant que les meilleures poules. Et une oie donne l'alerte plus fort qu'un chien.::\n\n## Les canards\n\n- **Les coureurs indiens** : chasseurs de limaces et d'insectes, bons pondeurs.\n- **Les canards pondeurs** (comme le Khaki Campbell) : jusqu'à plus de deux cents œufs par an.\n- **Le canard de Barbarie** : silencieux, bonne viande, bonne couveuse.\n- **Plus rustiques** que les poules, ils attrapent moins de maladies.\n\n## Les oies\n\n- **Elles broutent** : l'herbe devient viande, et elles tondent un verger.\n- **Elles gardent** : elles crient au moindre inconnu. Voir [[SURV-DEF-008]].\n- **Leur duvet** fait les meilleures couettes et vestes. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n\n## Les besoins\n\n- **De l'eau** : pas forcément une mare, mais au moins un bac assez profond pour y plonger la tête et se nettoyer les yeux et les narines. Changé souvent, il devient vite boueux.\n- **Un abri fermé la nuit** : le renard ne pardonne pas un soir d'oubli.\n- **À manger** : de l'herbe, des restes de légumes, du grain, et du petit gravier pour digérer. **Pas de pain** en quantité : il les nourrit mal.\n- **De la place** : ils salissent vite un petit enclos.\n\n## Les œufs\n\nPlus gros et plus riches que ceux des poules. On les cuit bien, et on les ramasse chaque jour, propres.\n\n## La loi et les épidémies\n\n- **En France**, tout détenteur de volailles, même quelques-unes, doit se déclarer en mairie.\n- **Pendant les épisodes de grippe aviaire**, on doit enfermer ou protéger ses volailles sous filet pour éviter tout contact avec les oiseaux sauvages. Voir [[TEC-SAN-035]].\n\nLes poules : [[TEC-ELE-008]]. Protéger les cultures : [[TEC-AGR-031]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-033","titre":"Monter un mur en briques ou en parpaings","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["maconnerie","parpaings","briques","mortier","fondation","cordeau","niveau","fil a plomb","joints croises","chainage"],"sources":["DTU 20.1, ouvrages en maçonnerie de petits éléments","Compagnons du Devoir, métier de maçon","INRS, ciment et dermatoses"],"corps":"::Un mur tient ou tombe à sa première rangée : si elle est de travers, tout ce qui monte dessus l'est aussi, et de plus en plus. Les maçons passent plus de temps à tendre leur cordeau et à poser leur niveau qu'à étaler le mortier. Le reste, c'est de la régularité.::\n\n## Les fondations\n\n- **Une tranchée** jusqu'au sol ferme et **au-dessous de la profondeur du gel** de la région (souvent 50 à 80 cm en France).\n- **Une semelle** en béton armé, bien de niveau. Voir [[TEC-CHI-010]].\n\n## Le matériel\n\nTruelle, auge, niveau à bulle, **fil à plomb**, **cordeau** et piquets, mètre, maillet, gants, lunettes.\n\n## Le mortier\n\n- **Ciment et sable**, environ une part de ciment pour trois à quatre de sable, et de l'eau jusqu'à une pâte qui tient sur la truelle.\n- **La chaux** pour les murs anciens et les murs qui doivent respirer. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **Gâcher** seulement ce qu'on pose en une heure.\n\n## Monter\n\n1. **Les angles d'abord** : on monte les coins de quelques rangées, parfaitement d'aplomb.\n2. **Le cordeau** tendu d'un coin à l'autre, au ras du haut de la rangée à poser.\n3. **Une couche de mortier**, les blocs posés contre le cordeau, tapés au maillet, **vérifiés au niveau** dans les deux sens.\n4. **Joints croisés** : chaque bloc chevauche le joint de la rangée du dessous, jamais deux joints verticaux alignés. Voir [[TEC-CON-023]].\n5. **Des joints** d'environ un centimètre, bien remplis.\n6. **Pas trop haut en un jour** : le mortier frais s'écrase sous le poids.\n\n## Tenir le mur\n\n- **Le chaînage** : une ceinture de béton armé en haut du mur et dans les angles, pour les murs qui portent et **en zone sismique**. Voir [[TEC-TER-003]].\n- **Au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre**, un linteau.\n- **Protéger** le mortier frais du gel, du soleil et de la pluie, et l'humidifier quelques jours.\n\n## Sécurité\n\nLe ciment frais **brûle la peau** et les yeux : gants, manches longues, lunettes. Les parpaings pèsent une vingtaine de kilos : on les soulève avec les jambes. Voir [[TEC-MEC-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-032","titre":"Isoler une maison","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["isolation","combles","toiture","courants d'air","fenetres","rideaux","laine","paille","humidite","deperditions"],"sources":["ADEME, isoler sa maison, guide pratique","CSTB, déperditions thermiques de l'habitat existant"],"corps":"::Dans une maison ancienne sans isolation, environ un quart à un tiers de la chaleur s'échappe par le toit, autant ou presque par les courants d'air. Poser trente centimètres d'isolant sur le plancher du grenier est souvent le travail le plus rentable qui soit, et se fait en un week-end. Le froid entre par le haut et par les fentes avant de passer par les murs.::\n\n## Où part la chaleur\n\nDans une maison non isolée, grossièrement :\n\n- **le toit** : un quart à un tiers ;\n- **les murs** : un quart ;\n- **les courants d'air** : un cinquième ou plus ;\n- **les fenêtres** : un dixième à un septième ;\n- **le sol** : moins d'un dixième.\n\n## Les priorités\n\n1. **Les combles** : un isolant épais (laine minérale, ouate de cellulose, laine de bois, laine de mouton, paille) posé sur le plancher du grenier.\n2. **Les courants d'air** : joints autour des fenêtres et des portes, boudins en bas des portes, trous de passage de tuyaux bouchés.\n3. **Les fenêtres** : **de lourds rideaux** tirés la nuit, volets fermés ; en dépannage, du **film à bulles** collé à l'eau sur les vitres.\n4. **Les murs et le sol**, plus coûteux, plus tard.\n\n## En crise, avec ce qu'on a\n\n- **Des couvertures, des tapis, des cartons** contre les murs froids de la pièce où l'on vit.\n- **Des bottes de paille** ou de la terre contre les murs extérieurs au nord, comme le faisaient les paysans. Voir [[TEC-CON-029]].\n- **Une seule pièce chauffée**, les autres fermées. Voir [[TEC-CON-012]].\n\n## Les pièges\n\n- **L'humidité** : un isolant qui mouille ne sert plus à rien et fait moisir. Du côté chaud, on bloque la vapeur ; on garde la maison ventilée. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Ne jamais boucher** les grilles d'aération, surtout avec un poêle ou une chaudière : il leur faut de l'air. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Les laines minérales** grattent et irritent : gants, manches longues, masque, lunettes.\n\nÉconomiser l'énergie : [[TEC-ENE-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-032","titre":"Cuisiner pour beaucoup de monde","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cuisine collective","grandes quantites","soupe populaire","rumford","portions","refroidir vite","clostridium","hygiene","menus"],"sources":["Thompson B., comte Rumford, Of Food; and particularly of feeding the poor, 1795","Sphere Handbook, 2018 (2 100 kcal par personne et par jour)","ANSES, Clostridium perfringens, fiche de description de danger"],"corps":"::À la fin du XVIIIe siècle, à Munich, un physicien américain devenu ministre, le comte Rumford, met au point une soupe d'orge, de pois et de pommes de terre qui nourrit les pauvres de la ville pour presque rien : la première soupe populaire moderne. Nourrir cent personnes n'est pas cuisiner pour quatre fois vingt-cinq : les quantités, le feu, le temps et surtout l'hygiène changent de nature.::\n\n## Les quantités\n\nPar adulte et par repas, à peu près :\n\n| Aliment | Quantité |\n|---|---|\n| Riz, pâtes, semoule (sec) | 80 à 100 g |\n| Légumineuses (sec) | 60 à 80 g |\n| Pain | 100 à 150 g |\n| Légumes | 200 à 300 g |\n| Viande ou poisson | 100 à 150 g |\n\nSur une journée, les organisations humanitaires visent au moins **2 100 kilocalories** par personne. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\n## Organiser\n\n- **Des plats uniques** : soupes épaisses, ragoûts, riz et lentilles, polenta. Un seul grand feu, une seule marmite.\n- **Une équipe** : épluchage, feu, cuisson, distribution, vaisselle, avec des horaires fixes.\n- **Le feu** : les grandes marmites mettent longtemps à bouillir. Couvercle, feu abrité du vent, et la caisse isolante pour finir la cuisson. Voir [[TEC-ALI-017]].\n- **Remuer le fond** : une grande marmite attache vite.\n\n## L'hygiène, en grand\n\n- **Les grandes marmites refroidissent très lentement** : une bactérie des ragoûts, qui adore ce tiède, a rendu malades des cantines entières. On **refroidit vite** en répartissant dans des récipients plats, au frais, ou on sert tout chaud et on ne garde rien.\n- **Réchauffer** jusqu'à bouillir, une seule fois.\n- **Les cuisiniers** : mains lavées, pas de malade aux fourneaux. Voir [[TEC-SAN-051]].\n- **L'eau** de cuisson et de vaisselle, sûre. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## La distribution\n\nMême louche, même bol pour tous, les parts servies devant tout le monde, les besoins particuliers annoncés. Voir [[SURV-SOC-008]].\n\nLa soupe de rien : [[SURV-RES-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-023","titre":"Le métier de dentiste","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["dentiste","dents","caries","abces","extraction","pansement provisoire","clou de girofle","paul revere","metier"],"sources":["Forbes E., Paul Revere and the World He Lived In, 1942","Ordre national des chirurgiens-dentistes, missions","Organisation mondiale de la santé, santé bucco-dentaire, principaux repères"],"corps":"::En 1776, à Boston, un orfèvre qui fabriquait aussi des dentiers, Paul Revere, reconnaît le corps d'un général tué au combat grâce au bridge qu'il lui avait posé : l'une des premières identifications par les dents. Une rage de dents peut rendre un homme incapable de marcher, de dormir ou de penser, et un abcès dentaire mal soigné peut tuer.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Soigner les caries** avant qu'elles n'atteignent le nerf.\n- **Endormir** une dent (anesthésie locale).\n- **Dévitaliser** une dent, drainer un abcès, **extraire** proprement.\n- **Poser** des couronnes, des prothèses, des dentiers.\n- **Reconnaître** une infection qui s'étend au visage et au cou, qui est une urgence.\n\n## Ce qu'un non-dentiste peut apprendre\n\n- **Prévenir** : brossage, fil, moins de sucre grignoté. Voir [[TEC-SAN-031]].\n- **Soulager** : antidouleurs, bain de bouche à l'eau salée tiède, **clou de girofle** ou son essence posé contre la dent. Voir [[TEC-SAN-014]].\n- **Le pansement provisoire** : les pâtes d'obturation temporaire vendues en pharmacie bouchent un trou ou remplacent un plombage perdu pendant quelques semaines.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nArracher une dent adulte, ouvrir un abcès, dévitaliser. **Un gonflement du visage ou du cou avec fièvre, une difficulté à ouvrir la bouche ou à avaler** : urgence, il faut des antibiotiques et souvent un drainage. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\n## Ses outils\n\nFauteuil, lampe, miroir, sondes, fraises, seringues d'anesthésie, daviers, matériaux d'obturation, et une grande habileté des mains.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nQuand les soins s'arrêtent, les caries avancent et les abcès se multiplient. Un dentiste, ou même un soignant formé aux extractions simples, soulage une population entière.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-022","titre":"Le métier de cordonnier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["cordonnier","chaussures","ressemelage","cuir","couture","talons","clefs","bottier","metier"],"sources":["Garsault F.-A. de, L'Art du cordonnier, Descriptions des arts et métiers, 1767","Compagnons du Devoir, métier de cordonnier-bottier","Chambres de métiers et de l'artisanat, cordonnerie multiservice"],"corps":"::« Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés », dit le proverbe : ils passent leur vie sur les chaussures des autres. Une bonne paire de chaussures cousues, ressemelée par un cordonnier, dure dix ans ou plus. Dans une crise, les pieds font tout le travail, et une semelle qui lâche arrête un marcheur plus sûrement qu'une blessure.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Ressemeler** : décoller, préparer, poser et coudre ou coller une semelle neuve de cuir ou de caoutchouc.\n- **Coudre le cuir** à la main et à la machine, remettre une trépointe.\n- **Refaire les talons**, recoller, rapiécer, changer une fermeture.\n- **Travailler le cuir** : sacs, ceintures, sangles, étuis, harnais.\n- **Élargir** une chaussure, adapter une semelle.\n- Et en France, souvent aussi : **refaire des clefs**, affûter, graver.\n\n## Ce qu'un non-cordonnier peut apprendre\n\nRecoller une semelle, coudre au point sellier, remettre un talon en caoutchouc, graisser et entretenir le cuir, fabriquer des sandales. Voir [[TEC-MAT-012]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nUn ressemelage cousu durable, une chaussure sur mesure, la réparation de chaussures de sécurité ou de montagne dont la vie dépend.\n\n## Ses outils\n\nUne forme (pied de fer ou de bois), alènes, aiguilles, fil poissé, tranchet, marteau de cordonnier, pinces, colles, meule, machine à coudre le cuir.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nPlus de chaussures neuves en magasin, beaucoup de marche, des pieds abîmés : le cordonnier garde tout le monde debout. Voir [[SURV-DEP-003]]. Le cuir se tanne sur place : [[TEC-MAT-010]].\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-021","titre":"Le métier de meunier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["meunier","moulin","meules","farine","blutage","barbegal","types de farine","stockage","ergot","metier"],"sources":["Leveau P., The Barbegal water mill in its environment, Journal of Roman Archaeology, 1996","Fédération des moulins de France, patrimoine et fonctionnement des moulins","Classification française des farines selon leur taux de cendres (types 45 à 150)"],"corps":"::Près d'Arles, au IIe siècle, les Romains ont bâti à Barbegal seize roues hydrauliques en cascade à flanc de colline : une véritable usine à farine, capable de nourrir une ville. Sans meunier, un sac de blé n'est qu'un sac de graines dures. Dans une crise, le moulin redevient ce qu'il a été pendant des siècles : un lieu stratégique.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Nettoyer le grain** : trier pierres, graines étrangères, grains malades, et surtout l'**ergot**, poison du seigle. Voir [[TEC-AGR-034]].\n- **Régler les meules** : l'écartement fait une farine plus ou moins fine.\n- **Rhabiller les meules** : retailler les rainures usées de la pierre au marteau, un travail d'orfèvre.\n- **Bluter** : tamiser la mouture pour séparer la farine, le son et les gruaux.\n- **Faire tourner le moulin** : l'eau, le vent, les engrenages, l'entretien. Voir [[TEC-ENE-024]].\n- **Stocker** le grain et la farine à l'abri de l'humidité, des rongeurs et des insectes. Voir [[TEC-ALI-015]].\n\n## Les farines\n\nEn France, le type d'une farine indique ce qui reste de l'enveloppe du grain : de la **T45**, très blanche, pour la pâtisserie, à la **T150**, intégrale, plus nourrissante. Plus la farine est complète, plus elle apporte de fibres et de vitamines, et moins elle se garde.\n\n## Ce qu'un non-meunier peut apprendre\n\nMoudre au moulin à main ou entre deux pierres, tamiser, stocker. Voir [[TEC-AGR-009]]. **Le grain entier se garde des années ; la farine complète rancit en quelques semaines** : on moud au fur et à mesure.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nFaire tourner un grand moulin à eau ou à vent, rhabiller une meule, moudre pour tout un village chaque jour.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nSans moulin, pas de pain, et le grain reste immangeable en quantité. Les vieux moulins restaurés par des passionnés dans toute la France sont des lieux à connaître. Voir [[TEC-MET-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-020","titre":"Le métier de médecin","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["medecin","generaliste","diagnostic","prescription","triage","epidemie","john snow","soins primaires","metier"],"sources":["Snow J., On the Mode of Communication of Cholera, 2e édition, 1855","Organisation mondiale de la santé, Déclaration d'Alma-Ata sur les soins de santé primaires, 1978","Collège de la médecine générale, missions du médecin généraliste"],"corps":"::En 1854, à Londres, un médecin nommé John Snow note sur une carte les maisons des morts du choléra : elles se groupent autour d'une pompe publique de Broad Street. Il fait retirer le levier de la pompe, et l'épidémie décline. Le médecin ne soigne pas seulement des malades un par un : il comprend d'où vient le mal.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Poser un diagnostic** : écouter, examiner, relier les signes, éliminer les causes graves.\n- **Prescrire** le bon traitement, à la bonne dose, en tenant compte du reste.\n- **Reconnaître l'urgence** au milieu des maux courants.\n- **Suivre les maladies chroniques** : diabète, tension, asthme, cœur.\n- **Prévenir** : vaccins, dépistages, conseils.\n- **Soigner les petites urgences** : plaies, sutures, fractures simples, infections.\n- **Repérer une épidémie** avant qu'elle ne s'étende, et organiser l'isolement.\n\n## Ce qu'un non-médecin peut apprendre\n\n- **Les premiers secours** et les signes d'alerte. Voir [[URG-SEC-001]].\n- **Prendre les constantes** et les noter. Voir [[TEC-SAN-016]].\n- **Les médicaments courants**, leurs doses, leurs dangers. Voir [[TEC-SAN-029]] et [[TEC-MET-008]].\n- **Tenir un registre** des malades et des traitements dans un groupe. Voir [[SURV-SOC-009]].\n- **L'hygiène** qui évite la plupart des épidémies. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nPoser un diagnostic difficile, prescrire des antibiotiques et des traitements lourds, opérer, décider d'une évacuation vitale, certifier un décès.\n\n## Ses outils\n\nStéthoscope, tensiomètre, thermomètre, otoscope, lampe, trousse de petite chirurgie, et surtout des années d'expérience clinique.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nLes soins de santé primaires, ceux du quotidien, sauvent plus de vies que les grands hôpitaux : c'est ce que les pays du monde ont reconnu à Alma-Ata en 1978. Dans une crise, un médecin et une équipe formée aux gestes de base tiennent un groupe en bonne santé.\n\nL'infirmier : [[TEC-MET-002]]. Les métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-019","titre":"Le métier de couturière et de tailleur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["couture","couturiere","tailleur","machine a pedale","patrons","raccommoder","retouches","masques","vetements","metier"],"sources":["Singer I.M., brevet de la machine à coudre, 1851","AFNOR, Spec S76-001 : masques barrières, guide d'exigences et de confection, 2020","Compagnons et chambres des métiers, métiers de la couture et de la retouche"],"corps":"::Au printemps 2020, quand les masques manquaient partout, des milliers de couturières et de couturiers bénévoles en France en ont cousu des millions, sur des patrons publiés en quelques jours. Une machine à coudre à pédale, comme celles du XIXe siècle, marche sans une goutte d'électricité. Les vêtements s'usent vite en temps de crise ; ceux qui savent les réparer et en refaire valent de l'or.::\n\n## Ce qu'elle sait\n\n- **Prendre des mesures**, tracer et couper un **patron**.\n- **Coudre** à la main et à la machine, entretenir et régler une machine.\n- **Retoucher** : ajuster, raccourcir, élargir, transformer un vêtement en un autre.\n- **Raccommoder** : repriser, rapiécer, changer une fermeture.\n- **Coudre le lourd** : toile de tente, bâche, sac, harnais, avec les bons fils et aiguilles.\n\n## Ce qu'un non-spécialiste peut apprendre\n\nLes points de base, un bouton, une pièce, un ourlet, une reprise de chaussette, un sac simple. Voir [[TEC-MAT-005]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans elle\n\nUn vêtement ajusté à partir de rien, un manteau, un travail sur une machine industrielle, des tissus techniques.\n\n## Ses outils\n\nMachine à coudre (à pédale ou électrique), ciseaux de coupe réservés au tissu, mètre ruban, craie, épingles, aiguilles, dés, fils de plusieurs grosseurs, papier à patron.\n\n## Pourquoi elle compte en crise\n\n- **Les vêtements chauds** pour l'hiver, refaits à partir de couvertures, de vieux manteaux, de laine. Voir [[TEC-MAT-004]].\n- **Les chaussettes et sous-vêtements** qui s'usent vite. Voir [[TEC-MAT-015]].\n- **Les tentes, bâches, sacs, sangles** à réparer. Voir [[SURV-REC-051]].\n- **Les masques, les blouses, les draps** en cas d'épidémie.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-018","titre":"Le métier de maçon","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["macon","maconnerie","beton","mortier","chaux","fondations","murs","enduits","pantheon","metier"],"sources":["Jackson M.D. et al., Mechanical resilience and cementitious processes in Imperial Roman architectural mortar, PNAS, 2014","Compagnons du Devoir, métier de maçon","DTU 20.1, ouvrages en maçonnerie de petits éléments"],"corps":"::Le dôme du Panthéon de Rome, coulé il y a près de deux mille ans, reste la plus grande coupole de béton non armé du monde. Les maçons romains mêlaient de la chaux et de la cendre volcanique ; des chercheurs étudient encore pourquoi leur béton dure mieux que le nôtre. Le maçon, c'est celui qui fait tenir les choses debout, et au sec.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Les fondations** : sur quoi on bâtit, à quelle profondeur, contre le gel et l'eau.\n- **Les murs** : pierre, brique, bloc, terre, avec le bon mortier. Voir [[TEC-CON-033]].\n- **Les liants** : ciment, chaux, plâtre, terre, et où chacun convient. Voir [[TEC-CHI-003]] et [[TEC-CHI-010]].\n- **Le béton armé** : dosage, coffrage, ferraillage, vibration, cure.\n- **Les enduits**, l'étanchéité, l'humidité des murs. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Lire un plan** et reporter les cotes sur le terrain. Voir [[TEC-IDE-018]].\n\n## Ce qu'un non-maçon peut apprendre\n\nMonter un petit mur, un muret de pierre sèche, faire un mortier, reboucher, enduire, poser une dalle de jardin, cimenter un poteau. Voir [[TEC-CON-023]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nOuvrir un mur porteur, reprendre des fondations, couler une dalle d'étage, construire en zone sismique, réparer une structure fissurée. Voir [[TEC-CON-024]].\n\n## Ses outils\n\nTruelles, auge, niveau, fil à plomb, cordeau, règle, massette et burin, bétonnière, et un œil exercé à voir ce qui n'est pas droit.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nRéparer les murs, bâtir des abris solides, des fours, des poêles de masse, des citernes, des puits, des latrines : presque tout ce qui protège durablement passe par ses mains. Voir [[TEC-CON-016]] et [[TEC-CON-031]].\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-017","titre":"Le métier de charpentier et de menuisier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["charpentier","menuisier","bois","charpente","assemblages","compagnonnage","toit","portes","fenetres","metier"],"sources":["UNESCO, le compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier, 2010","Compagnons du Devoir, métiers de charpentier et de menuisier","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook"],"corps":"::Depuis des siècles, les compagnons charpentiers et menuisiers font leur tour de France de ville en ville pour apprendre leur métier auprès de maîtres différents ; ce compagnonnage est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2010. Le charpentier met un toit sur les murs, le menuisier fait les portes, les fenêtres, les escaliers et les meubles : ensemble, ils rendent une maison habitable.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Le bois** : choisir l'essence, lire le fil, connaître le séchage et le retrait. Voir [[TEC-MAT-001]].\n- **Les assemblages** qui tiennent sans clou. Voir [[TEC-ATE-012]].\n- **La charpente** : les pentes, les charges de neige et de vent, les portées des poutres.\n- **Tracer en vraie grandeur**, calculer un escalier, poser une fenêtre étanche.\n- **Entretenir ses outils** : scies, rabots, ciseaux affûtés. Voir [[TEC-ATE-004]].\n\n## Ce qu'un non-spécialiste peut apprendre\n\nDes assemblages simples, une étagère, un établi, réparer une porte ou une fenêtre qui ferme mal, un abri de jardin, une bâche tendue sur une charpente légère. Voir [[TEC-CON-019]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nUne charpente qui porte un toit, une poutre qui soutient un plancher, un escalier, la reprise d'une structure après un incendie ou une tempête.\n\n## Ses outils\n\nScies, rabots, ciseaux à bois, maillet, équerre, trusquin, niveau, et pour la charpente : bisaiguë, hache, cordeau. Voir [[TEC-ATE-001]].\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nAprès une tempête, un bombardement ou un séisme, il faut d'abord remettre des toits, fermer des fenêtres, étayer. Et il faut des abris, des lits, des tables, des charrettes, des manches d'outils, des cercueils. Le bois pousse partout ; il faut quelqu'un pour le transformer.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]]. La maison à ossature bois : [[TEC-CON-027]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-021","titre":"Brûlure par produit chimique","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["brulure chimique","acide","base","ciment","chaux","soude","rincage","acide fluorhydrique","antipoison"],"sources":["European Resuscitation Council Guidelines 2021: First aid (brûlures chimiques)","Centres antipoison de France","INRS, acide fluorhydrique : risques et premiers secours"],"corps":"::Un ouvrier qui reste agenouillé des heures dans du béton frais peut se réveiller le lendemain avec des brûlures profondes aux genoux : le ciment mouillé est une base qui ronge lentement, sans douleur au début. Les produits chimiques continuent de brûler tant qu'ils sont sur la peau. Le geste qui sauve est le même presque toujours : de l'eau, beaucoup, longtemps.::\n\n## AGIR\n\n1. **Se protéger** : gants, et on ne touche pas le produit à mains nues.\n2. **Les poudres sèches** (chaux, ciment en poudre, soude en paillettes) : **les brosser d'abord**, à sec, avant de rincer.\n3. **Retirer les vêtements, bijoux, chaussures** touchés, en les coupant si besoin.\n4. **Rincer à l'eau** tiède ou fraîche, en abondance, **au moins 20 minutes**, plus longtemps pour les bases (soude, chaux, ciment, déboucheurs). Sous la douche, au tuyau d'arrosage.\n5. **Appeler** le 15 ou le centre antipoison, avec **l'étiquette ou le flacon**.\n6. **Couvrir** ensuite d'un pansement propre, sans pommade.\n\n**Dans l'œil** : [[URG-SEC-016]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais neutraliser** (vinaigre sur une base, bicarbonate sur un acide) : la réaction chauffe et aggrave la brûlure.\n- **L'acide fluorhydrique** (certains antirouilles, nettoyants pour jantes, produits de gravure du verre) : la douleur peut n'apparaître que des heures plus tard, et il attaque en profondeur. **Urgences tout de suite**, en le disant : il existe un traitement spécifique.\n- **Une grande surface brûlée**, un enfant, une brûlure du visage, des mains ou des parties génitales : le 15.\n- **Un produit avalé** : ne pas faire vomir, le 15. Voir [[URG-SEC-003]].\n- **Des vapeurs respirées** : à l'air libre, le 15 si la gêne persiste. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn acide ou une base détruit les tissus tant qu'il est présent : l'eau le dilue et l'emporte. Les bases (soude, chaux, ciment) pénètrent plus profondément et plus longtemps que la plupart des acides, d'où un rinçage plus long. Les produits du quotidien qui brûlent : [[TEC-CHI-006]].\n\nLes brûlures par la chaleur : [[URG-BRUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-010","titre":"Les personnes handicapées et dépendantes dans une crise","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["handicap","dependance","evacuation","appareils electriques","oxygene","patients a haut risque vital","114","sourds","registre des personnes vulnerables"],"sources":["Nations unies, Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030","Enedis, patients à haut risque vital","Ministère de l'Intérieur, le 114, numéro d'urgence pour les personnes sourdes et malentendantes"],"corps":"::Lors du tsunami de 2011 au Japon, les personnes handicapées sont mortes environ deux fois plus que le reste de la population. Pas à cause de leur handicap : parce que personne n'avait prévu qui les aiderait à partir, et comment. Dans un groupe, penser d'abord aux plus fragiles n'est pas de la charité, c'est de l'organisation.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un fauteuil roulant ne descend pas les escaliers** quand l'ascenseur s'arrête.\n- **Un appareil qui respire ou dialyse pour quelqu'un** s'arrête avec le courant.\n- **Une personne sourde n'entend pas la sirène**, une personne aveugle ne voit pas la fumée, une personne avec des troubles de la mémoire ne comprend pas l'évacuation.\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **Un plan personnel** : qui vient aider, par où on sort, ce qu'on emporte.\n- **Deux voisins** qui savent, avec leurs numéros, et un double des clés.\n- **Le registre de la mairie** : en France, les personnes âgées ou handicapées isolées peuvent s'y inscrire pour être contactées pendant les canicules et les crises.\n- **Les appareils électriques vitaux** (concentrateur d'oxygène, ventilation, dialyse à domicile) : batteries de secours, bouteilles d'oxygène, et **inscription comme patient à haut risque vital** auprès du fournisseur d'électricité, par le médecin.\n- **Une réserve** de médicaments, de matériel (sondes, poches, piles d'appareils auditifs) pour au moins deux semaines.\n\n**Pendant**\n\n- **Les personnes sourdes ou qui ne peuvent pas parler** : en France, le **114** reçoit les appels d'urgence par SMS, application ou visio.\n- **Parler simplement**, face à la personne, montrer, écrire, guider par le bras en expliquant.\n- **L'évacuation dans les escaliers** : chaise d'évacuation, ou à plusieurs, en portant correctement. Voir [[URG-SEC-006]].\n- **Emporter** le fauteuil, les aides, les médicaments, et l'animal d'assistance.\n\n## ADAPTER\n\n- **Dans un abri ou un camp**, une place accessible, près des toilettes, et quelqu'un de référence. Voir [[SURV-CRI-018]].\n- **Les personnes âgées** : [[TEC-SAN-025]].\n- **Le kit de 72 heures** adapté à chacun : [[SURV-CRI-022]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-007","titre":"Allumer un feu sous la pluie","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","pluie","bois humide","bois gras","ecorce de bouleau","copeaux","vaseline","plate-forme","abri"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur le feu","Kephart H., Camping and Woodcraft, 1917","Canterbury D., Bushcraft 101, Adams Media, 2014"],"corps":"::Sous la pluie, le bois sec n'a pas disparu : il est à l'intérieur. Une branche morte trempée dehors est sèche à cœur, et une souche de pin morte depuis des années cache un bois gorgé de résine qui brûle même mouillé. Le feu sous la pluie, c'est un travail de couteau, pas de chance.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **L'eau reste en surface** : fendre une branche morte donne un bois sec à l'intérieur.\n- **Le bois mort encore sur l'arbre** est bien plus sec que celui qui traîne au sol.\n- **Certaines matières brûlent mouillées** : l'écorce de bouleau (riche en huiles), la résine, le bois gras des vieilles souches de pin.\n\n## AGIR\n\n1. **Un abri pour le feu** : une bâche tendue assez haut au-dessus, ou le couvert d'un conifère épais. Un écran contre le vent.\n2. **Une plate-forme** de branches posées côte à côte : le feu ne naît pas sur la terre mouillée.\n3. **L'amadou sec**, qu'on a gardé sur soi : coton imbibé de vaseline (il brûle plusieurs minutes), allume-feu, bout de bougie, bandes de chambre à air, écorce de bouleau.\n4. **Le petit bois** : fendre des branches mortes pour atteindre le cœur sec, et en tailler des **copeaux fins** qui restent attachés au bâton, en bouquet. Beaucoup plus qu'on ne croit.\n5. **Allumer** à l'abri de son corps, nourrir très progressivement : copeaux, brindilles fendues, puis bois de la taille d'un doigt, puis d'un poignet.\n6. **Faire sécher** la suite près du feu, sans l'étouffer.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le bois gras** : dans les souches de pin mortes, le cœur orangé, qui sent la térébenthine. Une poignée d'éclats allume n'importe quel feu. On en garde une réserve au sec.\n- **Le briquet** au chaud contre le corps : froid et mouillé, il ne donne plus rien.\n- **La fumée** d'un bois humide est épaisse : pour se cacher, voir [[SURV-FEU-004]] ; pour se faire voir, c'est un atout. Voir [[SIG-COM-001]].\n\nAllumer sans briquet : [[SURV-FEU-002]]. Produire et tenir un feu : [[SURV-FEU-001]]. Garder la braise : [[SURV-FEU-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-010","titre":"Quand l'eau du robinet s'arrête","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["coupure d'eau","eau non potable","chauffe-eau","baignoire","chasse d'eau","toilettes","restriction","reserves cachees"],"sources":["Ministère de la Santé, conduite à tenir en cas d'eau non potable ou de coupure","FEMA et Ready.gov, réserves d'eau d'urgence dans la maison","Agences régionales de santé, restrictions de consommation de l'eau du robinet"],"corps":"::Un ballon d'eau chaude contient cent à trois cents litres d'eau propre : c'est la plus grosse réserve de la maison, et presque personne n'y pense quand le robinet s'arrête. Les premières minutes comptent : tant que l'eau coule encore, chaque récipient rempli est un jour de gagné.::\n\n## AGIR\n\n**Dès l'annonce d'une coupure**, tant que l'eau coule :\n\n1. **Remplir** la baignoire, les casseroles, les bouteilles, les seaux, les bidons propres.\n2. **Remplir** en priorité ce qui se ferme, pour la boisson.\n\n**Si l'eau est déclarée non potable** : on ne la boit pas, on ne l'utilise pas pour les biberons ni pour se brosser les dents sans l'avoir fait bouillir. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**Les réserves cachées**\n\n- **Le chauffe-eau** : couper d'abord l'électricité ou le gaz, fermer l'arrivée d'eau froide, ouvrir un robinet d'eau chaude en haut de la maison pour laisser entrer l'air, puis ouvrir le robinet de vidange en bas du ballon.\n- **Le réservoir des toilettes** (pas la cuvette), s'il n'y a pas de produit dedans.\n- **Les tuyaux** : ouvrir le robinet le plus haut, puis recueillir l'eau au robinet le plus bas.\n- **Les glaçons**, le jus des conserves.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les toilettes** : un seau d'eau (même sale) versé d'un coup dans la cuvette fait la chasse. Sans eau du tout : toilettes sèches. Voir [[SURV-HYG-002]].\n- **Se laver** avec un litre : [[SURV-HYG-001]].\n- **Combien il en faut** : [[SURV-EAU-006]].\n- **Quand l'eau revient** : laisser couler l'eau froide plusieurs minutes avant de la boire, et suivre les consignes du distributeur ; fermer les robinets avant le retour, sinon on inonde la maison.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'eau du robinet dépend de pompes électriques, de stations de traitement et de canalisations. Une panne de courant de quelques jours, une pollution, un gel, une crue ou une sécheresse peuvent l'arrêter. Une réserve d'eau stockée fait gagner les jours qui manquent. Voir [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-022","titre":"Le kit de 72 heures et le plan de famille","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["kit 72 heures","preparation","eau","nourriture","radio","lampe","pharmacie","papiers","plan familial","suede"],"sources":["Commission européenne, stratégie de l'Union de la préparation, 2025","MSB, Agence suédoise des contingences civiles, brochure « En cas de crise ou de guerre », 2024","Ministère de l'Intérieur, se préparer aux risques majeurs : le kit d'urgence"],"corps":"::La Suède envoie à chaque foyer une petite brochure qui explique quoi faire en cas de crise ou de guerre, et comment tenir seul quelques jours. L'Union européenne recommande désormais à tous de pouvoir tenir 72 heures sans aide. Trois jours, c'est le temps qu'il faut souvent aux secours pour arriver partout. Le kit tient dans un placard.::\n\n## COMPRENDRE\n\nDans une grande crise, les secours s'occupent d'abord des blessés et des plus menacés. Pendant ce temps, chaque foyer qui tient seul libère des secours pour les autres.\n\n## AGIR\n\n**L'eau** : au moins **3 litres par personne et par jour**, soit une dizaine de litres par personne, plus pour les animaux. Voir [[SURV-EAU-007]].\n\n**La nourriture** : trois jours de repas qui se gardent et se mangent sans cuisson ou avec très peu : conserves, pain grillé, biscuits, fruits secs, beurre de cacahuète, barres. **Un ouvre-boîte manuel.** Voir [[TEC-ALI-008]].\n\n**La lumière et l'information**\n- Lampes de poche ou frontales, **piles de rechange**, bougies avec un support sûr.\n- **Une radio à piles ou à manivelle.**\n- Une batterie externe chargée, les câbles.\n\n**La santé**\n- **La trousse de secours.** Voir [[TEC-SAN-008]].\n- **Les traitements personnels** pour au moins une semaine, les ordonnances.\n- Lunettes de rechange. Voir [[TEC-SAN-043]].\n\n**L'hygiène** : savon, gel, papier toilette, sacs poubelle, protections périodiques, couches, eau de Javel.\n\n**Le reste**\n- **Du liquide** en petites coupures. Voir [[SURV-CRI-013]].\n- **Copies des papiers** d'identité, d'assurance, de santé. Voir [[TEC-IDE-021]].\n- **Vêtements chauds, couvertures**, couvertures de survie.\n- **Un sifflet**, un couteau multifonction, du ruban adhésif, une carte papier de la région.\n- **Pour les enfants** : lait infantile, petits pots, un jeu, un doudou. **Pour les animaux** : nourriture, laisse.\n\n**Le plan de famille**\n- **Deux points de rendez-vous** et **un contact loin** que chacun appelle. Voir [[SIG-COM-014]].\n- **Qui va chercher les enfants**, qui s'occupe de la grand-mère.\n- **La liste des numéros** sur papier.\n\n## ADAPTER\n\n- **Vérifier deux fois par an**, au changement d'heure : dates, piles, traitements.\n- **Le sac pour partir vite** : [[SURV-CRI-004]].\n- **Vivre une coupure de courant** : [[SURV-CRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-021","titre":"Après la catastrophe, rentrer chez soi","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["retour","apres inondation","apres seisme","catastrophe naturelle","assurance","arrete catnat","aliments","faux artisans","aide"],"sources":["Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l'indemnisation des catastrophes naturelles","France Assureurs, catastrophes naturelles : les démarches","USDA, Food safety during power outages and floods"],"corps":"::Beaucoup de blessés d'une catastrophe le sont après : en rentrant trop tôt dans une maison fragilisée, en rallumant la lumière dans une odeur de gaz, en nettoyant une cave inondée à mains nues. Et chaque grande catastrophe amène sa vague de faux artisans qui encaissent un acompte et disparaissent.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On attend l'autorisation** des autorités pour rentrer dans une zone évacuée.\n- **La maison a pu changer** : structure, gaz, électricité, eau, animaux entrés avec la crue.\n- **En France**, les dégâts d'une catastrophe naturelle (inondation, coulée de boue, séisme, sécheresse) sont indemnisés après la publication d'un **arrêté de catastrophe naturelle** au Journal officiel, que la mairie demande.\n\n## AGIR\n\n**En entrant**\n\n- **De jour**, avec une lampe torche, jamais une flamme.\n- **Odeur de gaz** : ne rien allumer, ne toucher à aucun interrupteur, ressortir et appeler. Voir [[URG-GAZ-001]].\n- **L'électricité** coupée si l'eau a touché l'installation, et vérifiée avant de la remettre.\n- **Bottes, gants, manches longues** : l'eau de crue contient égouts, carburants, bêtes mortes. Voir [[TEC-CON-020]].\n- **Les murs fissurés, plafonds bombés** : on ressort. Voir [[TEC-CON-024]].\n\n**Les aliments**\n\n- **Tout ce qui a touché l'eau de crue** se jette, sauf les conserves en métal intactes, lavées et désinfectées.\n- **Le frigo** resté plus de quatre heures sans courant : on jette viande, poisson, laitages, restes.\n\n**Les démarches**\n\n1. **Déclarer le sinistre** à son assureur au plus vite, et en cas de catastrophe naturelle **dans les trente jours** suivant la publication de l'arrêté.\n2. **Photos, liste des biens abîmés**, factures si on les a. Garder les objets pour l'expert. Voir [[SURV-ABRI-005]].\n3. **La mairie** : aides d'urgence, relogement, services sociaux.\n4. **Les associations** (Croix-Rouge, Secours populaire, Secours catholique) et les cellules de soutien psychologique.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les faux artisans** : pas d'acompte en liquide à un démarcheur, un devis écrit, une entreprise qu'on peut vérifier.\n- **Le choc arrive souvent après** : fatigue, colère, insomnie. C'est normal, et ça se dit. Voir [[TEC-SAN-019]].\n- **Les voisins** : les plus âgés et isolés ont souvent besoin d'aide pour tout cela. Voir [[SURV-SOC-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-005","titre":"Fermer une maison endommagée","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["maison endommagee","fenetres cassees","contreplaque","polyane","photos","assurance","moisissures","tempete","explosion"],"sources":["FEMA et Ready.gov, après une catastrophe : sécuriser son logement","US EPA, A Brief Guide to Mold, Moisture, and Your Home (moisissures en 24 à 48 heures)","National Hurricane Center, idées reçues sur le ruban adhésif sur les vitres"],"corps":"::Après une tempête ou une explosion, une maison aux fenêtres soufflées se remplit d'eau et de froid en une nuit, et les moisissures s'installent en un ou deux jours dans ce qui est resté mouillé. Le ruban adhésif en croix sur les vitres, lui, n'a jamais empêché une fenêtre de casser. Fermer vite et bien, c'est sauver la maison.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La sécurité d'abord** : odeur de gaz, câbles, murs fissurés, plafonds gorgés d'eau. Voir [[URG-GAZ-001]] et [[TEC-CON-024]].\n- **Les preuves** : l'assurance demandera des photos **avant** les réparations.\n- **L'eau** fait plus de dégâts que le vent, si on la laisse.\n\n## AGIR\n\n1. **Photographier** chaque pièce, chaque dégât, sous plusieurs angles, avant de toucher à quoi que ce soit.\n2. **Couper** le gaz et l'électricité si l'eau a atteint les prises ou le tableau. Voir [[URG-RES-001]].\n3. **Les vitres cassées** : gants épais, lunettes, retirer les éclats du cadre.\n4. **Boucher les ouvertures** :\n   - **du contreplaqué** ou des planches vissés sur le cadre ;\n   - ou **un film plastique épais** (polyane) tendu et fixé par des lattes clouées ou vissées sur les bords, jamais simplement agrafé ;\n   - **des couvertures** en dernier recours, pour la nuit.\n5. **Le toit** : une bâche fixée dans les règles. Voir [[TEC-CON-019]].\n6. **Les portes** : les caler, les fermer, les renforcer. Voir [[SURV-DEF-005]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Sécher** dans les deux jours : ouvrir quand il fait sec, chauffer, ventiler, sortir les tapis, les matelas, les cartons mouillés. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Garder** les objets abîmés jusqu'au passage de l'expert, ou les photographier avant de les jeter.\n- **Les pillards** : une maison ouverte attire. Une porte fermée, une lumière, un voisin prévenu. Voir [[SURV-DEF-008]].\n\nAprès la catastrophe, les démarches : [[SURV-CRI-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-012","titre":"La Lune et ses phases","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["lune","phases","pleine lune","lune menteuse","lune rousse","marees","nuit","calendrier lunaire","clair de lune"],"sources":["NASA, Moon phases et mesure laser de la distance Terre-Lune","IMCCE, Observatoire de Paris, éphémérides","Météo-France, idées reçues sur la lune rousse"],"corps":"::La lune rousse d'avril ne gèle rien : ce sont les nuits claires qui gèlent, et si on voit la lune, c'est justement que le ciel est dégagé. La Lune, elle, ment un peu dans nos pays : quand elle dessine un C, elle ne croît pas, elle décroît. Connaître ses phases, c'est savoir quand la nuit sera claire, quand la marée sera forte, et quel jour on est à peu près.::\n\n## Le cycle\n\nUn cycle complet dure **29 jours et demi**.\n\n- **Nouvelle lune** : invisible, elle est du côté du Soleil. Nuits noires.\n- **Premier quartier** : moitié droite éclairée (dans l'hémisphère Nord), visible **l'après-midi et le soir**, se couche vers minuit.\n- **Pleine lune** : **se lève au coucher du soleil**, brille toute la nuit, se couche à l'aube.\n- **Dernier quartier** : moitié gauche éclairée, se lève vers minuit, visible **la nuit et le matin**.\n\n## La Lune menteuse\n\nDans l'hémisphère Nord :\n\n- **Elle forme un C** : elle **décroît** (bientôt nouvelle lune).\n- **Elle forme un D** (en ajoutant une barre) : elle **croît** (bientôt pleine lune).\n\nDans l'hémisphère Sud, c'est l'inverse.\n\n## À quoi ça sert\n\n- **Se déplacer la nuit** : autour de la pleine lune, on voit assez pour marcher sans lampe, et on est vu aussi. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n- **Les marées** : fortes à la pleine et à la nouvelle lune, faibles aux quartiers. Voir [[TEC-TER-010]].\n- **Compter le temps** : une lune, c'est à peu près un mois. Le calendrier musulman suit encore la Lune, et ses fêtes avancent d'environ onze jours chaque année.\n- **Au jardin** : aucune étude sérieuse n'a montré d'effet des phases sur les cultures. Voir [[TEC-AGR-015]].\n\n## Bon à savoir\n\nLes astronautes d'Apollo ont laissé des miroirs sur la Lune. En y envoyant des lasers, on mesure qu'elle s'éloigne de la Terre d'environ 3,8 cm par an.\n\nSavoir l'heure sans montre : [[SURV-ORI-005]]. S'orienter avec le ciel : [[SURV-ORI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-024","titre":"Donner sa position aux secours","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["position","coordonnees","latitude","longitude","degres decimaux","points repere","autoroute","112","reperes","balisage"],"sources":["IGN, systèmes de coordonnées et carroyages des cartes","Commission européenne, localisation avancée des appels au 112","Réseau autoroutier français, bornes d'appel d'urgence et points repères"],"corps":"::Une erreur de format dans des coordonnées, et l'hélicoptère cherche à plusieurs kilomètres. Sur l'autoroute, les petits panneaux numérotés au bord de la voie disent aux secours exactement où vous êtes, à cent mètres près. Savoir dire où l'on est, c'est la moitié du secours.::\n\n## Les coordonnées\n\n- **La latitude** (nord ou sud) puis **la longitude** (est ou ouest).\n- **Deux écritures** qu'on confond souvent :\n  - en **degrés décimaux** : 48,8584 N et 2,2945 E ;\n  - en **degrés, minutes, secondes** : 48° 51' 30\" N et 2° 17' 40\" E.\n- **On lit les chiffres tels qu'ils s'affichent**, avec l'unité, et on les fait répéter.\n- **La précision** : un degré de latitude fait environ 111 km ; la troisième décimale, une centaine de mètres ; la cinquième, un mètre.\n\n**Le téléphone** affiche ses coordonnées même sans réseau, dans l'application boussole ou de cartes. Voir [[TEC-ELN-010]]. Et beaucoup de téléphones envoient automatiquement leur position quand on appelle le 112.\n\n## Sans coordonnées\n\n- **Sur route** : nom de la route, sens de circulation, dernier village ou sortie, **point repère** (les petits panneaux numérotés au bord des routes et autoroutes).\n- **En montagne et en forêt** : nom du sentier, dernier poteau indicateur, altitude, ce qu'on voit (lac, sommet, refuge).\n- **En ville** : rue et numéro, étage, code de la porte, un repère visible.\n- **Décrire** ce qui entoure : pylône, antenne, rivière, couleur d'un bâtiment.\n\n## Se faire trouver\n\n- **Rester où l'on a dit être.**\n- **Se rendre visible** : couleur vive, lumière, miroir, feu. Voir [[SIG-COM-001]] et [[SIG-COM-013]].\n- **Le téléphone** : économiser la batterie après l'appel, le garder allumé. Voir [[TEC-ELN-017]].\n\nLire une carte : [[SURV-ORI-002]]. Perdu : [[URG-PERDU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-023","titre":"Le calendrier et le jour de la semaine","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calendrier","jour de la semaine","annees bissextiles","calendrier gregorien","calcul de tete","conway","compter les jours"],"sources":["Conway J.H., Tomorrow is the day after doomsday, Eureka, 1973","Grégoire XIII, bulle Inter gravissimas, 1582","IMCCE, Observatoire de Paris, calendriers et éphémérides"],"corps":"::En France, le 9 décembre 1582 a été suivi directement du 20 décembre : il fallait rattraper dix jours de retard accumulés par l'ancien calendrier. Sans téléphone, perdre la date arrive vite, dans une cave, un camp, une longue maladie. Un mathématicien anglais a trouvé une astuce pour retrouver de tête le jour de la semaine de n'importe quelle date.::\n\n## Les années bissextiles\n\nUne année a 366 jours si elle est **divisible par 4**, sauf les années de siècle qui ne sont pas divisibles par 400. 2000 était bissextile, 1900 ne l'était pas, 2100 ne le sera pas.\n\n## L'astuce des jours pivots\n\nChaque année, certaines dates tombent **toutes le même jour de la semaine** :\n\n- **4 avril, 6 juin, 8 août, 10 octobre, 12 décembre** (4/4, 6/6, 8/8, 10/10, 12/12) ;\n- **9 mai et 5 septembre**, **11 juillet et 7 novembre** ;\n- **le dernier jour de février** ;\n- **le 14 mars** (« 3/14 ») et le **4 juillet**.\n\n**En 2026, ce jour pivot est un samedi.** Donc le 5 septembre 2026 est un samedi, et le 28 septembre, 23 jours plus tard (trois semaines et deux jours), est un lundi.\n\n**Pour une date** : on part du jour pivot le plus proche dans le même mois, et on compte les semaines et les jours d'écart.\n\n**D'une année à la suivante**, le jour pivot avance d'un jour, de deux après une année bissextile : 2027 sera un dimanche, 2028 (bissextile) un mardi.\n\n## Garder la date\n\n- **Un calendrier papier**, et une croix chaque soir.\n- **Des encoches** sur un bâton, une par jour, une plus longue le dimanche, comme Robinson Crusoé sur son poteau.\n- **La Lune** pour vérifier grossièrement les semaines. Voir [[TEC-TER-012]].\n- **Les dates qui comptent** : traitements, règles, grossesse, rations, semis. Voir [[SURV-SOC-009]].\n\nCalculer de tête : [[TEC-IDE-013]]. L'heure sans montre : [[SURV-ORI-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-022","titre":"Les satellites","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["satellites","orbites","geostationnaire","orbite basse","arthur c clarke","copernicus","meteo","station spatiale","debris"],"sources":["Clarke A.C., Extra-Terrestrial Relays, Wireless World, 1945","Agence spatiale européenne, programme Copernicus et service de gestion des urgences","CNES, les orbites des satellites"],"corps":"::En 1945, un jeune ingénieur britannique, Arthur C. Clarke, qui deviendra un grand auteur de science-fiction, propose de placer des relais radio à 36 000 km au-dessus de l'équateur, là où ils tourneraient exactement à la vitesse de la Terre et sembleraient immobiles dans le ciel. Vingt ans plus tard, c'était fait. Aujourd'hui, des milliers de satellites transmettent la télévision, guident les avions, prévoient la pluie et photographient les inondations.::\n\n## Trois altitudes\n\n- **L'orbite basse** (quelques centaines à 2 000 km) : la Station spatiale internationale, les satellites d'observation, les constellations d'internet. Ils font le tour de la Terre en une heure et demie environ et passent vite au-dessus de nous.\n- **L'orbite moyenne** (autour de 20 000 km) : les satellites de navigation, GPS et Galileo. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- **L'orbite géostationnaire** (36 000 km) : fixes au-dessus de l'équateur. Télévision, météo, communications. C'est vers eux que pointent les paraboles. Voir [[SURV-ORI-008]].\n\n## À quoi ils servent\n\n- **Communiquer** : télévision, internet par satellite, téléphones satellites. Voir [[SIG-COM-018]].\n- **Se repérer** : GPS, Galileo.\n- **Prévoir le temps** : les images des nuages que montrent les bulletins météo.\n- **Surveiller la Terre** : incendies, inondations, séismes. Le programme européen Copernicus produit gratuitement des cartes des zones sinistrées pour les secours.\n\n## Les voir\n\n- **La Station spatiale** se voit à l'œil nu : un point très lumineux qui traverse le ciel en quelques minutes, sans clignoter, peu après le coucher ou avant le lever du soleil.\n- **Les trains de satellites** : des chapelets de points alignés, juste après leur lancement.\n\n## Leurs faiblesses\n\n- **Les tempêtes solaires**. Voir [[SURV-CRI-019]].\n- **Le brouillage** près des zones de conflit.\n- **Les débris** : des centaines de milliers de fragments tournent autour de la Terre ; une collision peut en créer des milliers d'autres.\n\nComment marche internet : [[TEC-ELN-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-009","titre":"Dessiner pour expliquer","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["dessin","croquis","schema","plan","notice","etapes","fleches","langue","transmettre"],"sources":["Mijksenaar P., Westendorp P., Open Here: The Art of Instructional Design, Thames & Hudson, 1999","Tufte E., Envisioning Information, Graphics Press, 1990","Ware C., Information Visualization: Perception for Design, 3e édition, 2012"],"corps":"::Les notices de montage des meubles suédois n'ont presque pas un mot : des dessins, des flèches, des étapes numérotées, et elles se lisent dans le monde entier. Un croquis explique un nœud, une plaie, un chemin ou un branchement plus vite qu'une page de texte, à quelqu'un dont on ne parle pas la langue, ou à un enfant.::\n\n## Les règles d'un bon croquis\n\n- **Simple** : des traits, des formes de base, pas d'ombres ni de détails inutiles.\n- **Un seul point de vue** : de dessus (plan) ou de côté (coupe), et on le garde.\n- **Une échelle** : une main, une personne, une mesure écrite, pour qu'on comprenne la taille.\n- **Peu de mots**, des flèches, et des chiffres pour les dimensions. Voir [[TEC-IDE-018]].\n\n## Montrer un geste\n\n- **Des étapes numérotées**, une case par étape, comme une bande dessinée.\n- **Des flèches** pour le mouvement : tourner, tirer, pousser, verser.\n- **Le mauvais geste barré** à côté du bon : on comprend tout de suite ce qu'il ne faut pas faire.\n- **Le détail agrandi** dans un cercle : un nœud, un réglage, un point de couture.\n\n## Dessiner un chemin\n\nLes grandes lignes (routes, rivières, crêtes), les repères qu'on verra vraiment (pont, arbre isolé, pylône), la direction du nord, les distances en temps de marche. Voir [[SURV-ORI-003]].\n\n## Avec quoi\n\nCrayon, charbon de bois, craie, un bâton dans le sable, un marqueur sur un carton. On photographie le dessin pour le garder.\n\n## Pourquoi c'est utile\n\n- **Se faire comprendre** sans parler la même langue. Voir [[TEC-IDE-014]].\n- **Enseigner** un savoir-faire. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Écrire une fiche** : les meilleures fiches sont souvent un dessin et trois phrases. Voir [[TEC-IDE-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-033","titre":"Le pain sans four","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pain","galettes","chapati","pain sous la cendre","soda bread","cocotte","poele","bannock","pain sur baton"],"sources":["David E., English Bread and Yeast Cookery, 1977","Alford J., Duguid N., Flatbreads and Flavors: A Baker's Atlas, 1995","FAO, les céréales dans l'alimentation humaine"],"corps":"::La moitié de l'humanité mange un pain qui n'a jamais vu de four : chapatis indiens, tortillas mexicaines, galettes de sarrasin bretonnes, pains cuits dans la cendre par les nomades du désert. Les trappeurs du Grand Nord cuisaient le leur dans une poêle, les Irlandais faisaient lever le leur au bicarbonate et au babeurre. Un feu, une poêle, de la farine et de l'eau.::\n\n## Les galettes, sans levain\n\n**Le chapati**\n1. **Deux mesures de farine** (complète de préférence), **une mesure d'eau** environ, une pincée de sel.\n2. **Pétrir** dix minutes, laisser reposer vingt minutes sous un linge.\n3. **Faire des boules**, les étaler très finement.\n4. **Cuire à sec** dans une poêle très chaude, une minute par face, puis les poser un instant au-dessus de la flamme : elles gonflent.\n\n**Les tortillas** : avec la pâte de maïs nixtamalisé. Voir [[TEC-AGR-027]].\n**Les galettes de sarrasin** : une pâte liquide de farine de sarrasin, d'eau et de sel, étalée sur une plaque chaude. Voir [[TEC-AGR-034]].\n\n## Le pain levé, sans four\n\n- **Le pain au bicarbonate** (soda bread) : farine, sel, une cuillère de bicarbonate, et du **babeurre** ou du lait tourné (l'acide fait lever). On mélange vite, on forme une boule, on cuit tout de suite. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **En cocotte** : une cocotte en fonte avec couvercle, posée sur les braises, et des braises aussi sur le couvercle. Un pain au levain y cuit comme au four. Voir [[TEC-ALI-012]].\n- **À la poêle** : une pâte épaisse cuite doucement à couvert, retournée à mi-cuisson.\n\n## Sous la cendre\n\nSur un feu de bois qui a bien brûlé, on écarte les braises, on pose la galette épaisse sur la cendre chaude, on la recouvre de cendre et de braises. On la retourne, puis on la sort et on la tape pour faire tomber la cendre.\n\n## Le pain sur bâton\n\nUne pâte enroulée en spirale autour d'un bâton vert écorcé, tournée au-dessus des braises. Les enfants adorent, et ça les occupe au coin du feu.\n\nDu blé au pain : [[TEC-AGR-009]]. Le four : [[TEC-ALI-025]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-023","titre":"Météorite et bolide","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["meteorite","bolide","asteroide","tcheliabinsk","onde de choc","vitres","toungouska","defense planetaire"],"sources":["Popova O.P. et al., Chelyabinsk airburst, damage assessment, meteorite recovery, and characterization, Science, 2013","NASA, mission DART de défense planétaire, 2022","Agence spatiale européenne, bureau de défense planétaire"],"corps":"::Le 15 février 2013, au-dessus de Tcheliabinsk, en Russie, un astéroïde d'une vingtaine de mètres explose dans le ciel, plus lumineux que le Soleil. Des milliers d'habitants se précipitent aux fenêtres pour regarder. Une à deux minutes plus tard, l'onde de choc arrive et fait voler les vitres en éclats : environ 1 500 blessés, presque tous par le verre. La bonne réaction tenait en un mot : s'éloigner des fenêtres.::\n\n## AGIR\n\n**Un éclair aveuglant dans le ciel**, une boule de feu plus brillante que le Soleil, une traînée énorme :\n\n1. **Ne pas aller à la fenêtre.** S'en éloigner, se mettre derrière un mur.\n2. **Se baisser**, se protéger la tête et la nuque, **bouche entrouverte**.\n3. **Attendre** plusieurs minutes : l'onde de choc voyage à la vitesse du son, elle peut arriver une à deux minutes après l'éclair si l'explosion est loin.\n4. **Dehors** : s'allonger derrière un obstacle solide, loin des vitrines et des façades vitrées.\n\n## ADAPTER\n\n- **Après** : attention au verre brisé, aux tuiles tombées, aux blessés. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Les fragments** qui tombent au sol ne sont pas radioactifs ; ils sont en général froids à l'arrivée. On les signale aux scientifiques.\n- **Les rumeurs** d'attaque ou d'explosion nucléaire circulent vite : écouter les sources officielles. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **La même règle** vaut pour toute explosion lointaine : l'éclair d'abord, le souffle ensuite. Voir [[SURV-CRI-015]].\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Des météores** entrent dans l'atmosphère chaque jour ; presque tous brûlent sans danger.\n- **Les objets de quelques dizaines de mètres** explosent en l'air : en 1908, à Toungouska, en Sibérie, une explosion de ce genre a couché les arbres sur plus de 2 000 km², dans une région presque vide d'habitants.\n- **La défense planétaire** existe : les agences spatiales surveillent les gros astéroïdes, et en 2022, la NASA a réussi à dévier un petit astéroïde en le percutant avec une sonde.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-052","titre":"La réhydratation par la bouche","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rehydratation orale","sro","diarrhee","deshydratation","recette","zinc","enfants","perfusion","vomissements"],"sources":["Organisation mondiale de la santé et UNICEF, sels de réhydratation orale et zinc, déclaration conjointe, 2004","Organisation mondiale de la santé, The treatment of diarrhoea: a manual for physicians and other senior health workers, 2005","Water with sugar and salt, éditorial, The Lancet, 1978"],"corps":"::En 1978, la revue médicale The Lancet a qualifié un simple mélange d'eau, de sucre et de sel de progrès médical peut-être le plus important du siècle. La solution de réhydratation orale a sauvé des dizaines de millions de vies, surtout d'enfants, pendant les épidémies de choléra et de diarrhée. La plupart du temps, pas besoin de perfusion : il faut juste savoir boire comme il faut.::\n\n## La recette\n\n**Les sachets** de solution de réhydratation (en pharmacie, dans les trousses) sont les meilleurs : ils contiennent aussi du potassium. On en garde toujours.\n\n**Sinon, la recette de l'OMS** :\n\n- **1 litre** d'eau propre (bouillie puis refroidie) ;\n- **6 cuillères à café rases** de sucre ;\n- **une demi-cuillère à café rase** de sel.\n\nBien mélanger. **Pas plus de sel** : trop salée, elle aggrave la déshydratation. Elle se garde une journée.\n\n## Comment boire\n\n- **Par petites gorgées, souvent.** Un enfant qui vomit : **une cuillère à café toutes les une à deux minutes**. Le vomissement ne vide pas tout ; la plupart de ce qui est bu passe.\n- **Après chaque selle liquide** : un demi-verre pour un enfant de moins de 2 ans, un verre pour un enfant plus grand, autant qu'il veut pour un adulte.\n- **Continuer d'allaiter** et de manger dès que possible.\n- **Le zinc**, en comprimés, pendant 10 à 14 jours pour les enfants : la diarrhée dure moins longtemps.\n\n## Les signes de déshydratation\n\n- **Légère** : soif, bouche sèche, urines foncées et rares.\n- **Grave** : grande fatigue, yeux creux, pas de larmes, pli de la peau du ventre qui s'efface lentement, pas d'urine depuis des heures, bébé mou ou difficile à réveiller.\n\n## Quand il faut plus\n\n**La perfusion** est nécessaire quand la personne est en état de choc, inconsciente, ne peut pas boire, ou perd plus qu'elle ne boit. C'est un geste de soignant : on cherche une évacuation. Voir [[URG-SEC-010]].\n\n## Les erreurs\n\nLes sodas et les jus (trop de sucre, pas assez de sel), l'eau seule en grande quantité pour un enfant qui a une grosse diarrhée, et les médicaments qui bloquent la diarrhée chez l'enfant.\n\nLes diarrhées et le choléra : [[TEC-SAN-011]]. L'intoxication alimentaire : [[TEC-SAN-051]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-035","titre":"Diesel et essence, ce qui change","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["diesel","essence","bougies de prechauffage","gazole grand froid","figeage","adblue","filtre a particules","compression"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (moteurs à allumage commandé et diesel)","Norme EN 590, gazole et classes de tenue au froid","Normes Euro 6, systèmes de réduction catalytique et AdBlue"],"corps":"::Par grand froid, le gazole fige : des cristaux de paraffine bouchent le filtre, et le moteur cale ou ne démarre pas. Et sur la plupart des diesels récents, si le réservoir d'AdBlue est vide, la voiture refuse de redémarrer, même avec le plein de gazole. Diesel et essence ne se soignent pas de la même façon.::\n\n## Deux façons d'allumer\n\n- **L'essence** : un mélange d'air et d'essence est comprimé puis **allumé par une étincelle** de la bougie. Voir [[TEC-MEC-011]].\n- **Le diesel** : l'air seul est comprimé si fort qu'il devient brûlant ; le gazole injecté dedans **s'enflamme tout seul**. Pas de bougie d'allumage, mais des **bougies de préchauffage** pour démarrer à froid.\n\nLe diesel tire mieux à bas régime et consomme moins ; l'essence est plus simple et démarre mieux par grand froid. Voir [[TEC-MOTH-001]].\n\n## Le froid\n\n- **Le gazole** commence à se troubler et à figer entre -5 et -15 °C selon sa qualité. **Le gazole « grand froid »** vendu l'hiver en montagne tient plus bas.\n- **Prévenir** : faire le plein avec du gazole d'hiver, ajouter un additif antifigeant **avant** le froid, garer à l'abri, garder le réservoir plein.\n- **Figé** : ramener le véhicule au chaud (garage) et attendre. **Jamais de flamme** sous un réservoir ou un filtre.\n- **Diesel** : attendre que le voyant de préchauffage s'éteigne avant de lancer le démarreur.\n\n## Les diesels récents\n\n- **L'AdBlue** : un liquide à base d'urée qui dépollue. Réservoir vide, redémarrage refusé. On en garde un bidon.\n- **Le filtre à particules** s'encrasse en ne faisant que de petits trajets : un trajet sur route de temps en temps le régénère.\n\n## L'essence\n\n- **Elle vieillit** vite et **s'évapore** : un réservoir d'essence ancienne ou un carburateur encrassé font caler. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Par forte chaleur**, des bulles de vapeur peuvent désamorcer l'alimentation de vieux moteurs : on laisse refroidir.\n\n## L'erreur de pompe\n\nDe l'essence dans un diesel ou l'inverse : **ne pas démarrer**, ne pas mettre le contact, faire vidanger. Voir [[TEC-ENE-020]].\n\nL'entretien : [[TEC-MEC-020]]. Conduire sur la neige : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-025","titre":"Le droit utile au quotidien","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["droits","controle d'identite","garde a vue","avocat","treve hivernale","retractation","garantie","droit de retrait","point-justice"],"sources":["Code de procédure pénale, articles 63-1 et 78-3","Code des procédures civiles d'exécution, article L412-6 (trêve hivernale)","Code de la consommation, articles L221-18 et L217-3","Ministère de la Justice, Point-justice (30 39)"],"corps":"::En France, aucune loi n'oblige à avoir sa carte d'identité sur soi : on peut prouver son identité par tout moyen, un permis, une carte de transport, un témoin. Connaître quelques droits simples évite de se faire marcher dessus, par un vendeur, un bailleur ou lors d'un contrôle. Ce qui suit vaut pour la France.::\n\n## Face à la police\n\n- **Le contrôle d'identité** : on justifie de son identité par tout document ou moyen. Sans rien, on peut être retenu pour vérification, **quatre heures au plus**.\n- **La garde à vue** : en principe 24 heures, renouvelable une fois, plus pour certains crimes. On a le droit :\n  - d'être informé de ce qu'on nous reproche ;\n  - de **se taire** ;\n  - d'être assisté d'un **avocat dès le début** (commis d'office et gratuit si besoin) ;\n  - de voir un **médecin** ;\n  - de **faire prévenir un proche** et son employeur ;\n  - d'avoir un **interprète**.\n- **Rester calme et poli**, ne rien signer qu'on n'a pas lu.\n\n## Le logement\n\n- **La trêve hivernale** : du 1er novembre au 31 mars, un locataire ne peut pas être expulsé de son logement, sauf exceptions.\n- **Un bail**, des quittances, un état des lieux : on garde tout. Voir [[TEC-IDE-021]] pour les copies de papiers.\n\n## Les achats\n\n- **Achat à distance** (internet, téléphone, démarchage à domicile) : **14 jours** pour changer d'avis, sans justification.\n- **Garantie légale de conformité** : **deux ans** sur un produit neuf, gratuite, obligatoire, quel que soit le magasin.\n\n## Le travail\n\n- **Le droit de retrait** : un salarié peut quitter une situation de travail présentant un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, en prévenant son employeur.\n\n## Se faire aider\n\n- **Les Points-justice** donnent des consultations gratuites avec des juristes et des avocats (numéro national 30 39).\n- **L'aide juridictionnelle** paie tout ou partie de l'avocat pour les revenus modestes.\n- **Après une catastrophe** : [[SURV-CRI-021]]. **En état d'urgence** : [[SURV-CRI-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-028","titre":"L'électricité statique et le paratonnerre","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["electricite statique","paratonnerre","franklin","poussieres","silo","carburant","electronique","foudre","decharge"],"sources":["Franklin B., lettre sur l'expérience du cerf-volant, 1752","Ministère de l'Environnement, rapport sur l'explosion du silo de Blaye, 1997","Petroleum Equipment Institute, études sur les incendies d'électricité statique pendant le plein"],"corps":"::En 1752, Benjamin Franklin fait voler un cerf-volant sous l'orage pour prouver que l'éclair est de l'électricité, et invente le paratonnerre. Une étincelle de quelques millimètres, celle qui vous pique en touchant une poignée de porte, suffit pourtant à faire exploser des vapeurs d'essence ou un nuage de poussière de farine. En 1997, l'explosion d'un silo à grains à Blaye, en Gironde, a tué onze personnes.::\n\n## L'électricité statique\n\n- **En frottant** (marcher sur une moquette, retirer un pull, glisser sur un siège), le corps se charge de milliers de volts. La décharge ne blesse pas, mais elle peut **enflammer** et **abîmer**.\n\n**Les vapeurs de carburant**\n- **Pendant le plein**, ne pas remonter dans la voiture. Si on le fait, **toucher le métal de la carrosserie** avant de reprendre le pistolet.\n- **Remplir un jerrican posé au sol**, jamais dans le coffre. Voir [[TEC-ENE-020]].\n\n**Les poussières**\n- La farine, le sucre, la sciure, le grain, en nuage dans un espace fermé, **explosent** au contact d'une étincelle ou d'une flamme. Aérer, ne jamais fumer ni allumer de flamme dans un silo, un grenier à grain, un atelier plein de poussière de bois.\n\n**L'électronique**\n- Une décharge qu'on ne sent même pas grille une puce. Toucher un métal relié à la terre avant de manipuler une carte, ou porter un bracelet antistatique. Voir [[TEC-ELN-014]].\n\n## Le paratonnerre\n\n- **Il n'attire pas la foudre** vers la maison : il lui offre un chemin facile et sûr jusqu'à la terre, par un gros câble et une prise de terre.\n- **Mal installé** (câble coupé, mauvaise terre), il peut être dangereux : c'est un travail de spécialiste.\n\n## La foudre\n\n- **Compter** entre l'éclair et le tonnerre : moins de 30 secondes, on s'abrite ; on attend **30 minutes** après le dernier tonnerre pour ressortir.\n- **Un bâtiment en dur** ou une voiture fermée (cage métallique) protègent. Voir [[URG-FOU-001]].\n- **Débrancher** les appareils sensibles et l'antenne avant un gros orage. Voir [[SIG-COM-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-018","titre":"Le tour à métaux et la fraiseuse","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tour","fraiseuse","machine-outil","filetage","maudslay","mandrin","copeaux","securite","fablab"],"sources":["Science Museum de Londres, le tour à fileter de Henry Maudslay (vers 1800)","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press","INRS, machines-outils : prévention des risques"],"corps":"::Vers 1800, à Londres, Henry Maudslay construit un tour capable de tailler des vis parfaitement régulières : pour la première fois, une vis et un écrou fabriqués séparément s'assemblent à coup sûr. On dit du tour que c'est la seule machine capable de fabriquer les pièces d'une autre machine semblable à elle. Avec un tour et une fraiseuse, un atelier refait presque n'importe quelle pièce cassée.::\n\n## Le tour\n\nLa **pièce tourne**, tenue dans un **mandrin**, et un **outil** fixe vient enlever la matière.\n\n- **Dresser** une face, **charioter** (réduire un diamètre), **aléser** (agrandir un trou), **percer** au centre.\n- **Fileter** : tailler une vis ou un écrou à n'importe quel pas.\n- **Ce qu'on fait** : axes, bagues, entretoises, poulies, écrous, pièces de moteur, manches.\n\n## La fraiseuse\n\nC'est l'**outil qui tourne** (la fraise), et la **pièce qui se déplace** sous elle.\n\n- **Surfacer** une face plane, **rainurer**, faire des poches, des lumières, des engrenages avec un plateau diviseur.\n- **Ce qu'on fait** : supports, platines, clavettes, pièces plates et carrées.\n\n## Les règles qui gardent les mains\n\n- **Jamais de gants, de manches larges, de bracelets ni de cheveux libres** : un tour happe et enroule en une fraction de seconde.\n- **Jamais la clé dans le mandrin** : au démarrage, elle devient un projectile. Réflexe : la clé ne quitte la main que pour retourner à sa place.\n- **Lunettes, toujours** : les copeaux volent, brûlants et tranchants.\n- **On arrête la machine** pour mesurer, nettoyer, changer de pièce.\n- **Les copeaux** se retirent avec un crochet ou une brosse, jamais avec les doigts.\n\n## Les réglages\n\n- **Vitesse** : plus le diamètre est grand et le métal dur, plus on tourne lentement.\n- **Lubrifier** la coupe dans l'acier.\n- **Un outil bien affûté**, bien centré. Voir [[TEC-ATE-004]].\n\n## Où en trouver\n\nAteliers de lycées professionnels, fablabs, vieux garages, ateliers d'entretien d'usines et de fermes. Voir [[SURV-REC-040]].\n\nLe tour à perche, pour le bois : [[TEC-ATE-016]]. Visser et fileter : [[TEC-ATE-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-017","titre":"Monter un établi","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["etabli","atelier","roubo","valet d'etabli","etau","hauteur","stabilite","vieille porte","rangement"],"sources":["Roubo A.-J., L'Art du menuisier, 1769-1775","Schwarz C., Workbenches: From Design and Theory to Construction and Use, Popular Woodworking Books, 2007"],"corps":"::En 1769, le menuisier parisien André-Jacob Roubo publie un immense traité illustré de son métier. L'établi qu'il y décrit, massif, simple, avec un valet qu'on enfonce d'un coup de maillet dans un trou du plateau, est encore copié par les artisans du monde entier. Un bon établi ne bouge pas quand on tape dessus : c'est tout son secret.::\n\n## Ce qu'il doit être\n\n- **Lourd et rigide** : un plateau épais, des pieds solides, des traverses et des écharpes en diagonale. S'il danse quand on rabote, il ne sert à rien.\n- **À la bonne hauteur** : environ celle de la paume, bras tendus le long du corps, pour le travail du bois (souvent entre 85 et 95 cm). Plus haut pour le travail fin, l'électronique.\n- **Plat** : un plateau dressé, vérifié à la règle.\n\n## Avec ce qu'on a\n\n- **Le plateau** : des madriers vissés côte à côte, une vieille porte pleine doublée, un plan de travail de cuisine épais.\n- **Les pieds** : bastaings, poutres de récupération, palettes démontées. Voir [[SURV-REC-034]].\n- **Le lester** ou le fixer au mur s'il est trop léger.\n\n## Tenir la pièce\n\n- **Un étau** vissé sur le devant, à mâchoires en bois pour ne pas marquer. Pour le métal, un étau d'ajusteur sur un coin.\n- **Le valet** : une tige en crochet qu'on enfonce dans un trou du plateau d'un coup de maillet, et qui plaque la pièce ; un coup sur l'arrière la libère.\n- **Des butées** et des trous alignés pour caler les pièces à raboter.\n- **Des serre-joints**, toujours à portée.\n\n## Autour\n\n- **Une lumière** forte, sans ombre sur le plan de travail.\n- **Une prise protégée** par un différentiel. Voir [[TEC-ATE-010]].\n- **Sous le plateau**, une étagère pour les outils lourds ; **au mur**, un panneau où chaque outil a sa place dessinée : on voit tout de suite ce qui manque.\n\nLes outils à main : [[TEC-ATE-001]]. Les assemblages : [[TEC-ATE-012]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-059","titre":"Les sites qu'on ne fouille pas","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["sites dangereux","goiania","source radioactive","hopital abandonne","usine chimique","seveso","espace confine","gaz sans odeur","trefle radioactif"],"sources":["AIEA, The Radiological Accident in Goiânia, 1988","Géorisques, établissements Seveso et risques industriels","INRS, espaces confinés : asphyxie et intoxication"],"corps":"::En 1987, à Goiânia, au Brésil, deux hommes récupèrent un appareil de radiothérapie dans une clinique abandonnée et le revendent à un ferrailleur. Dedans, une poudre qui brille d'un bleu magnifique dans le noir : du césium radioactif. Elle passe de main en main, on s'en frotte la peau, une petite fille en mange. Quatre morts, des centaines de contaminés, des maisons rasées. Certains endroits ne se fouillent jamais.::\n\n## AGIR\n\n**On n'entre pas, on ne touche à rien, on prévient** :\n\n- **Les hôpitaux, cliniques et laboratoires abandonnés** : sources radioactives de radiothérapie et d'analyse, produits chimiques, déchets infectieux.\n- **Les usines chimiques** et les grands sites industriels classés dangereux : cuves, gaz sous pression, produits qui réagissent entre eux.\n- **Les dépôts de carburant et de gaz** : vapeurs explosives.\n- **Les stations de traitement des eaux** : bouteilles de chlore.\n- **Les coopératives agricoles** : pesticides, engrais qui explosent dans certaines conditions. Voir [[TEC-CHI-015]].\n- **Les sites militaires** : munitions et engins. Voir [[SURV-ARM-007]].\n- **Les centrales nucléaires** et tout ce qui porte le trèfle radioactif.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes qui doivent arrêter net**\n\n- **Le trèfle** noir sur fond jaune (radioactivité), les pictogrammes de danger, les plaques orange. Voir [[TEC-CHI-007]].\n- **Un objet lourd et petit** en métal, un conteneur de plomb, un cylindre sans étiquette : on ne l'ouvre pas, on ne l'emporte pas.\n- **Des animaux morts**, une végétation brûlée autour d'une flaque ou d'un bâtiment.\n- **Un malaise** en entrant : maux de tête, vertiges, souffle court.\n\n**Les espaces fermés** (cuves, fosses, caves, citernes, puits) : les gaz les plus mortels n'ont **aucune odeur**. On n'y descend pas. Celui qui va chercher un camarade effondré y reste souvent aussi. Voir [[TEC-CON-031]].\n\n## COMPRENDRE\n\nCes lieux ne sont pas dangereux parce qu'ils sont gardés, mais parce que ce qu'ils contiennent tue en silence, parfois des semaines plus tard. Aucun trésor de récupération ne vaut ce risque. Ce qu'on peut récupérer ailleurs : [[SURV-REC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-058","titre":"Récupérer sur un train","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["train","locomotive","wagons","gazole","batteries","air comprime","catenaire","marchandises dangereuses","rid"],"sources":["RID, règlement concernant le transport international ferroviaire des marchandises dangereuses","SNCF, sécurité aux abords des voies et des caténaires","Manuels techniques de locomotives diesel (réservoirs, batteries, circuit d'air)"],"corps":"::Une locomotive diesel emporte plusieurs milliers de litres de gazole, des batteries lourdes, un compresseur et des réservoirs d'air. Un train arrêté est une réserve énorme, et un piège : le fil au-dessus peut porter 25 000 volts, et l'arc électrique frappe sans qu'on le touche.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La caténaire** tue à distance. **On ne monte jamais** sur un wagon, un toit de voiture ou un pylône sous une ligne électrifiée, même si le train semble mort. Voir [[TEC-MEC-032]].\n- **Les voies** peuvent toujours servir : un train, même lent, arrive sans bruit.\n- **Les wagons de marchandises** portent des plaques orange quand la cargaison est dangereuse, comme les camions. Voir [[SURV-REC-041]].\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Sur la locomotive diesel**\n- **Le gazole** : plusieurs milliers de litres. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les batteries** : souvent en 72 ou 110 V, lourdes, à manier comme des batteries de camion.\n- **L'air comprimé** des réservoirs.\n- **Les outils**, les lampes, les extincteurs, la trousse de secours de la cabine.\n\n**Dans les voitures de voyageurs**\n- **Sièges, rideaux, couvertures**, trousses de secours, extincteurs, marteaux brise-vitre.\n- **L'eau** des réservoirs des toilettes et des lavabos (à traiter). Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Le wagon-bar** : réserves de nourriture et de boissons.\n\n**Dans les wagons de marchandises**\n- **Lire les plaques et les papiers** avant d'ouvrir quoi que ce soit.\n- **Céréales, bois, matériaux** : précieux et sans danger.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les freins** d'un wagon se desserrent quand l'air s'échappe de certains systèmes : un wagon sur une pente peut se mettre à rouler. On cale les roues avant toute intervention.\n- **Les voitures de voyageurs** font un abri collectif temporaire, loin des lignes électriques et des voies encore utilisées.\n- **Les dépôts ferroviaires** contiennent ateliers, outillage lourd, carburant : les mêmes règles s'appliquent.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-057","titre":"Récupérer sur une moto","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["moto","batterie 12 v","alternateur","chaine","cables","retroviseur","reservoir","trousse a outils","mobilite"],"sources":["Revue Moto Technique (ETAI), manuels d'atelier","Code de la route, catégories de permis moto"],"corps":"::Une moto consomme deux à trois fois moins qu'une voiture et passe par des chemins où aucune voiture ne va. Quand elle ne roule plus, elle cache une batterie, un petit alternateur, une chaîne, des câbles de commande, un miroir qui fait un parfait signal de détresse, et souvent une trousse à outils sous la selle.::\n\n## La garder en état de rouler\n\nUne moto qui démarre est d'abord un moyen de transport : léger, économe, agile. Voir [[TEC-MEC-030]]. Avec des sacoches et un porte-bagages, elle porte plus qu'on ne croit ; une moto tout-terrain passe les pistes, les sentiers larges, les gués peu profonds.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## Ce qu'on récupère\n\n- **La batterie 12 V**, petite : une lampe, une radio, un chargeur USB. Voir [[SURV-REC-045]].\n- **L'essence** du réservoir, souvent 10 à 20 litres. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **La trousse à outils** sous la selle : clés, tournevis, parfois une clé à bougie.\n- **Les câbles** de frein, d'embrayage, d'accélérateur : des commandes à distance, des haubans légers, des liens. Voir [[SURV-REC-046]].\n- **La chaîne et les pignons** : une transmission pour un vélo générateur, une pompe, un treuil de fortune. Voir [[TEC-MEC-028]].\n- **Les rétroviseurs** : miroirs de signalisation. Voir [[SIG-COM-013]].\n- **Le phare** à LED, les clignotants, les fils.\n- **Les pneus et chambres à air** : sandales, élastiques, joints. Voir [[SURV-REC-047]].\n- **La bougie**, le carburateur, les durites.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une moto remisée longtemps** : essence vieille, carburateur encrassé, batterie à plat. Souvent, un nettoyage et une batterie la font repartir. Voir [[TEC-MEC-021]].\n- **Le casque**, même en crise : la tête ne se répare pas.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-036","titre":"Le camion et le permis poids lourd","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camion","poids lourd","permis c","angles morts","freins a air","ralentisseur","hauteur","cyclistes","logistique"],"sources":["Code de la route, catégories de permis de conduire (article R221-4)","Sécurité routière, signalisation obligatoire des angles morts des véhicules lourds (2021)","INRS, conduite des poids lourds : risques professionnels"],"corps":"::Depuis 2021, en France, les camions portent à l'arrière et sur les côtés un autocollant « angles morts » : le chauffeur ne voit pas les cyclistes et les piétons collés à sa cabine ou à sa droite. Les supermarchés n'ont que quelques jours de stock : ce sont les camions, et ceux qui savent les conduire, qui remplissent les rayons chaque nuit.::\n\n## Les permis\n\n- **Le permis B** : véhicules jusqu'à 3,5 tonnes au total (poids de la voiture chargée), et une petite remorque.\n- **Le permis C1** : de 3,5 à 7,5 tonnes.\n- **Le permis C** : tous les camions ; **CE** avec une grosse remorque ou une semi-remorque.\n- Un permis poids lourd se prépare en quelques semaines de formation, souvent financées pour un métier qui recrute toujours.\n\n## Ce qui change au volant\n\n- **Les angles morts** : immenses, devant, à droite, derrière. On règle tous les rétroviseurs, on regarde avant de tourner.\n- **Les virages** : l'arrière coupe à l'intérieur du virage. On prend large, et on surveille le côté intérieur.\n- **Le freinage** : plusieurs fois plus long qu'une voiture ; freins à air. Voir [[SURV-REC-041]].\n- **Les descentes** : le ralentisseur ou le frein moteur, pas les freins seuls, qui chauffent et lâchent. Voir [[TEC-MEC-024]].\n- **La hauteur** : on connaît celle de son camion et on lit les panneaux des ponts et des tunnels.\n- **Le poids** : charge bien répartie et arrimée ; une charge qui glisse renverse un camion.\n\n## Pour les autres usagers\n\n- **Ne jamais se placer à droite d'un camion** qui s'apprête à tourner à droite, à vélo comme à pied.\n- **Si on ne voit pas le chauffeur dans son rétroviseur, il ne vous voit pas.**\n\n## En crise\n\nUn chauffeur poids lourd sait déplacer de la nourriture, de l'eau, du carburant, des blessés, une communauté entière. C'est l'un des savoir-faire les plus précieux d'une évacuation. Voir [[SURV-CRI-004]] et [[SURV-REC-054]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-016","titre":"Tisser","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tissage","metier a tisser","chaine","trame","cadre","tissage aux cartes","lirette","sangles","jacquard"],"sources":["Musée des Tissus de Lyon, le métier Jacquard (1804)","Barber E.W., Women's Work: The First 20,000 Years, Norton, 1994","Collingwood P., The Techniques of Tablet Weaving, 1982"],"corps":"::En 1804, à Lyon, Joseph-Marie Jacquard invente un métier à tisser commandé par des cartes perforées : les trous décident quels fils se lèvent. C'est l'ancêtre direct de la programmation des ordinateurs. Mais pour tisser une sangle, un sac ou un tapis, il suffit d'un cadre en bois, de clous et de patience, comme depuis des milliers d'années.::\n\n## Le principe\n\n- **La chaîne** : des fils tendus parallèlement sur un cadre.\n- **La trame** : un fil qu'on fait passer **dessus, dessous, dessus, dessous** à travers la chaîne, puis dans l'autre sens au rang suivant.\n- **Tasser** chaque rang contre le précédent avec un peigne ou les doigts.\n\n## Le métier le plus simple\n\n1. **Un cadre** en bois (un vieux cadre de tableau, quatre tasseaux vissés), avec une rangée de clous en haut et en bas.\n2. **Tendre la chaîne** en zigzag entre les clous, bien serrée, fils régulièrement espacés.\n3. **Une navette** : un bâton plat où l'on enroule la trame.\n4. **Une baguette** glissée dans un rang sur deux de la chaîne et mise de chant ouvre le passage d'un coup : on gagne beaucoup de temps.\n\n## Les techniques utiles\n\n- **Le tissage aux cartes** : des cartes carrées percées aux quatre coins, que l'on fait tourner pour tordre les fils. Il donne des galons et des **sangles** très solides, pratiqué depuis l'âge du fer.\n- **Le métier à sangle** : la chaîne tendue entre un poteau et une ceinture autour de la taille du tisserand. Utilisé des Andes à l'Asie.\n- **La lirette** : des chutes de tissu découpées en bandes servent de trame. On en fait des tapis épais et des couvertures à partir de vieux vêtements. Les sacs plastique découpés en bandes marchent aussi.\n\n## Ce qu'on fait\n\nSangles, ceintures, bretelles, sacs, tapis, couvertures (en assemblant des bandes), toiles pour réparer. Le fil : [[TEC-AGR-033]]. La laine : [[TEC-MAT-015]]. La couture : [[TEC-MAT-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-026","titre":"Les radars et la lecture des plaques","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["radars","controle automatise","lecture de plaques","lapi","vitesse","marge","videosurveillance","cnil","vie privee"],"sources":["Sécurité routière, le contrôle automatisé depuis 2003","Code de la sécurité intérieure, article L233-1 (lecture automatisée des plaques d'immatriculation)","CNIL, dispositifs de lecture automatisée des plaques d'immatriculation"],"corps":"::Le premier radar automatique français a été mis en service le 27 octobre 2003, sur une route de l'Essonne. Aujourd'hui, des caméras lisent aussi les plaques des voitures qui passent, sans rien flasher, et les comparent à des fichiers. Savoir comment ça marche, c'est savoir ce que la route enregistre de vous.::\n\n## Les radars de vitesse\n\n- **Fixes** : dans des cabines, sur des tourelles, à des endroits connus.\n- **Mobiles** : dans des voitures banalisées qui roulent dans la circulation, ou posés au bord de la route.\n- **Le radar tronçon** : il mesure la **vitesse moyenne** entre deux points éloignés de plusieurs kilomètres. Freiner devant la cabine ne sert à rien.\n- **Les radars de feu rouge** et de passage à niveau.\n- **La marge technique** : 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-dessus. Elle est retirée de la vitesse mesurée.\n\n## La lecture automatique des plaques\n\n- **Des caméras** lisent les plaques et les comparent à des fichiers : véhicules volés, recherchés, sans assurance, parfois pour les péages et les parkings.\n- **La loi encadre** leur usage et la durée de conservation des données. La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) contrôle et reçoit les plaintes.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Un avis de contravention** arrive par courrier officiel. Les SMS et e-mails qui réclament le paiement d'une amende par un lien sont des arnaques : on passe par le site officiel de l'administration. Voir [[TEC-IDE-015]].\n- **Contester** se fait par écrit, dans les délais indiqués sur l'avis.\n- **Les caméras de surveillance** en général : [[TEC-IDE-004]] et [[TEC-IDE-005]].\n\nTraverser une ville sans se faire remarquer : [[SURV-DEP-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-021","titre":"Les races rustiques","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["races rustiques","races locales","autonomie","bovins","ovins","chevres","volailles","couveuses","consanguinite","conservatoire"],"sources":["Wikipédia, article « Race locale »","FAO, The State of the World's Animal Genetic Resources for Food and Agriculture, 2007"],"corps":"::Une vache Holstein peut donner près de dix mille litres de lait par an, à condition de recevoir des aliments achetés, des soins constants et un bâtiment. Une vache rustique en donne bien moins, mais elle vit dehors, vêle seule et se nourrit de ce que le pré lui offre. Quand les aliments achetés et le vétérinaire deviennent rares, c'est elle qui tient.::\n\n## Ce que « rustique » veut dire\n\n- **Adaptée au climat et aux fourrages** de sa région depuis des générations.\n- **Bonne mère** : mises bas faciles, petits qu'elle élève seule.\n- **Résistante** aux parasites et aux maladies locales, et longue vie.\n- **Elle produit moins, mais dépend de moins** : c'est elle qui rapporte dans une ferme qui achète peu. Voir [[TEC-ELE-002]].\n\n## Des exemples en France\n\n- **Vaches** : Salers et Aubrac en montagne, Bretonne pie noir (petite laitière des sols pauvres), Ferrandaise, Vosgienne, Maraîchine des marais, Highland écossaise qui vit dehors toute l'année.\n- **Moutons** : Solognote, Mérinos d'Arles pour la transhumance, Ouessant, minuscule et très sobre.\n- **Chèvres** : Poitevine, chèvre des Pyrénées, chèvre du Rove qui vit dans la garrigue.\n- **Porcs** : porc Gascon, porc Basque, Blanc de l'Ouest, élevés en plein air.\n- **Poules** : Gauloise, Marans, Coucou de Rennes, Faverolles, Sussex.\n\n## Choisir\n\n- **Prendre ce qui est élevé dans sa région** depuis longtemps : la sélection a déjà été faite par le climat.\n- **Les associations et conservatoires de races** vendent des animaux et donnent des conseils.\n- **Pour faire naître sans couveuse**, il faut des poules qui couvent encore : les pondeuses hybrides du commerce ont presque perdu cet instinct. Voir [[TEC-ELE-008]].\n- **Les poulets de chair industriels** grossissent si vite qu'ils ont du mal à marcher au bout de quelques semaines, et ne se reproduisent pas bien : inutiles pour un élevage autonome.\n\n## Garder une lignée saine\n\n- **Varier les reproducteurs** : changer de mâle tous les deux ou trois ans, ou en échanger avec un voisin.\n- **Noter qui descend de qui** pour éviter les accouplements entre proches. Voir [[TEC-ELE-005]].\n\nSanté du troupeau : [[TEC-ELE-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-020","titre":"Élever des escargots","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["escargots","heliciculture","petit-gris","gros-gris","helix aspersa","escargot de bourgogne","parc","calcium","jeune","cuisson"],"sources":["Wikipédia, article « Héliciculture »"],"corps":"::Les escargots transforment des feuilles en protéines sans bruit, sans odeur, sur quelques mètres carrés d'herbe humide. Seul le petit-gris s'élève vraiment bien. Et qu'ils viennent d'un parc ou d'un talus, une règle ne souffre aucune exception : on les fait jeûner avant de les manger.::\n\n## Quel escargot\n\n- **Le petit-gris et le gros-gris** (Helix aspersa) : ce sont eux qu'on élève, et presque tous les élevages français ne font que ceux-là.\n- **L'escargot de Bourgogne** (Helix pomatia) : il grandit lentement, en deux ou trois ans, et s'élève mal. Son ramassage dans la nature est réglementé en France, et interdit dans certains départements.\n\n## Le parc\n\n- **Un carré d'herbe** entouré d'un filet ou d'une bâche dont le haut est replié vers l'intérieur en forme de L, pour qu'ils ne puissent pas sortir.\n- **Des plantes qui nourrissent et font de l'ombre** : trèfle, radis fourrager, colza, blettes. Des planches posées au sol leur servent d'abri le jour.\n- **L'humidité** : ils sortent la nuit et par temps humide. En été, on arrose le parc le soir.\n- **Le calcium** : de la craie, des coquilles d'huîtres ou d'œufs broyées. Sans calcaire, pas de coquille.\n- **Un complément** : farine de céréales ou aliment pour escargots, en petite quantité.\n- **Les ennemis** : rats, hérissons, oiseaux, carabes. Un parc bien fermé et surveillé.\n\n## Le cycle\n\n- **Au printemps**, les adultes s'accouplent et pondent en terre des œufs par dizaines. Ils éclosent en quelques semaines.\n- **Dans un parc**, on met les jeunes au printemps et on ramasse les adultes à l'automne.\n- **Un escargot adulte** a le bord de sa coquille épaissi et retourné : il est bordé. On ne ramasse pas les autres.\n\n## Avant de les manger\n\n1. **Le jeûne** : une semaine dans une caisse aérée, sans nourriture, pour vider leur intestin. Un escargot sauvage a pu manger des plantes toxiques pour l'homme, qui ne lui font rien.\n2. **Rincer**, puis les plonger 5 minutes dans l'eau bouillante.\n3. **Les sortir de la coquille**, puis les cuire longuement dans un bouillon, au moins une heure et demie.\n4. **Jamais crus ni à peine cuits.**\n\nLes autres petits élevages de protéines : [[TEC-ELE-016]]. Les protéines sans viande : [[TEC-ALI-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-038","titre":"Lait de soja et tofu","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["soja","lait de soja","tofu","nigari","chlorure de magnesium","sulfate de calcium","okara","proteines","trempage","cuisson"],"sources":["Wikipédia, article « Tofu »","Wikipédia, article « Lait de soja »","Shurtleff W., Aoyagi A., The Book of Tofu, 1975"],"corps":"::Le tofu est au soja ce que le fromage est au lait : on fait un lait avec les graines, puis on le caille. Un kilo de soja sec donne environ sept litres de lait et un kilo et demi à deux kilos de tofu, et la pulpe qui reste nourrit encore. Seule règle impérative : le lait de soja se boit cuit.::\n\n## Le lait\n\n1. **Tremper 250 g de graines** 10 à 12 heures : elles doublent de volume.\n2. **Les mixer avec environ 2 litres d'eau**, en plusieurs fois.\n3. **Filtrer dans un linge** et presser fort. La pulpe qui reste s'appelle l'okara.\n4. **Cuire** : porter à ébullition en remuant sans arrêt (ça mousse et ça attache au fond), puis laisser frémir 10 à 20 minutes. Le soja cru contient des substances qui bloquent la digestion des protéines ; la cuisson les détruit.\n\nIl se garde trois ou quatre jours au frais. On le sucre ou on l'aromatise à son goût.\n\n## Le tofu\n\n1. **Le coagulant** : du nigari (chlorure de magnésium, vendu en pharmacie ou en magasin bio), environ une cuillère à café dissoute dans un peu d'eau pour 1,5 litre de lait. Le sulfate de calcium donne un tofu plus tendre ; le jus de citron ou le vinaigre, deux à trois cuillères à soupe par litre, marchent aussi, avec un goût un peu acide.\n2. **Laisser le lait redescendre** vers 70 à 80 °C, verser le coagulant en deux fois en remuant doucement, puis ne plus toucher.\n3. **Attendre 10 à 15 minutes** : le caillé blanc se sépare d'un liquide jaune clair.\n4. **Verser dans un moule percé** tapissé d'un linge (une boîte percée fait l'affaire), replier, poser un poids, presser 15 à 30 minutes.\n5. **Plonger le bloc dans l'eau froide.** Il se garde trois à cinq jours au frais, dans une eau changée chaque jour.\n\n## L'okara\n\nLa pulpe est riche en fibres et en protéines : dans les galettes, le pain, les soupes, ou pour les poules et les cochons. Elle se gâte en un ou deux jours : on la cuit ou on la sèche tout de suite.\n\n## Pourquoi c'est précieux\n\n- **La graine de soja contient plus d'un tiers de protéines**, bien plus que les haricots secs, autour d'un cinquième.\n- **Le soja pousse en France** dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône, semé comme le haricot. Voir [[TEC-AGR-006]].\n\nLes autres protéines sans viande : [[TEC-ALI-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-037","titre":"Préparer les olives","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["olives","desamerisation","oleuropeine","olives cassees","saumure","olives noires","sel sec","soude","lacto-fermentation","botulisme"],"sources":["Wikipédia, article « Olive de table »","Wikipédia, article « Olive »","University of California, Olives: Safe Methods for Home Pickling, publication 8267"],"corps":"::Une olive cueillie sur l'arbre est immangeable : une molécule amère, l'oleuropéine, la rend âcre au point de faire grimacer. Toutes les olives qu'on mange ont été désamérisées, à l'eau, au sel ou à la soude. Chacune de ces méthodes se fait à la maison, avec de la patience.::\n\n## À l'eau, la plus simple\n\n1. **Olives vertes ou qui commencent à tourner**, entaillées de deux ou trois coups de couteau, ou écrasées d'un coup de maillet : ce sont les olives cassées de Provence.\n2. **Les couvrir d'eau froide** et changer l'eau chaque jour.\n3. **Goûter** : au bout d'une à trois semaines, elles ne sont plus que légèrement amères. Les olives cassées vont plus vite, une dizaine de jours.\n4. **Les mettre en saumure** à environ 100 g de sel par litre d'eau, avec fenouil, laurier, écorce d'orange. Prêtes en quelques jours, elles se gardent quelques mois au frais.\n\n## En saumure, par fermentation\n\nLes olives entières dans une saumure à 8 ou 10 % de sel, pendant plusieurs mois. Elles fermentent lentement, comme une choucroute, et perdent leur amertume. C'est la méthode des olives grecques. Voir [[TEC-ALI-002]].\n\n## Au sel sec, pour les noires\n\nDes olives bien noires et mûres, mêlées à beaucoup de gros sel dans un panier ou un sac de toile qui laisse couler le jus. On brasse chaque jour pendant quatre à six semaines : elles se rident et s'adoucissent. On rince, on sèche, on enrobe d'un peu d'huile.\n\n## À la soude, la plus rapide\n\n- **Une lessive de soude** (hydroxyde de sodium) à environ 20 g par litre d'eau pénètre la chair en quelques heures. On vérifie en coupant une olive : quand la chair a changé de couleur presque jusqu'au noyau, c'est fini.\n- **Puis des rinçages** à l'eau claire plusieurs fois par jour pendant plusieurs jours, pour éliminer toute la soude, avant la saumure.\n- **La soude brûle la peau et les yeux** : gants, lunettes, récipient en verre ou en plastique, jamais en aluminium. Voir [[TEC-CHI-012]] et, en cas d'accident, [[URG-SEC-021]].\n\n## Sécurité\n\n- **Une fois le bocal ouvert**, on le garde au frais.\n- **Jamais d'olives maison conservées dans l'huile** sans sel ni acidité : c'est un terrain idéal pour le botulisme. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Une olive molle, gluante, à l'odeur de pourri** part à la poubelle, tout le bocal avec.\n\nLes plantes à huile : [[TEC-AGR-032]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-036","titre":"Conserver les œufs","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["oeufs","conservation","cuticule","silicate de sodium","eau de chaux","test de fraicheur","salmonelle","oeufs non laves","congelation","reserves"],"sources":["Wikipédia, article « Œuf (aliment) »","Anses, fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments : Salmonella spp."],"corps":"::Jusque dans les années 1950, les fermes françaises gardaient les œufs du printemps pour l'hiver, dans des pots en grès remplis de silicate de sodium. Un œuf frais non lavé est protégé par une fine pellicule, la cuticule : c'est elle qui permet de le garder des semaines sans frigo.::\n\n## La règle : ne pas laver\n\n- **La cuticule bouche les pores** de la coquille. La laver l'enlève et ouvre la porte aux bactéries.\n- **Aux États-Unis, les œufs sont lavés** : c'est pour cela qu'ils doivent y être gardés au frigo, alors qu'en Europe on les vend à température ambiante.\n- **Un œuf sale** s'essuie à sec, ou se mange vite.\n\n## Sans frigo\n\n- **Au frais, vers 10 à 15 °C**, pointe en bas, loin des odeurs fortes : un œuf frais non lavé se garde trois à quatre semaines, souvent plus. En Europe, la date limite est fixée à 28 jours après la ponte.\n- **Éviter les allers-retours** entre le froid et le chaud : l'eau qui se condense sur la coquille aide les bactéries à entrer.\n\n## Pour des mois\n\nToujours avec des œufs très frais, propres, non lavés et sans la moindre fêlure :\n- **Le silicate de sodium**, ou verre soluble : environ un volume pour dix volumes d'eau bouillie refroidie. Les œufs y sont immergés, pot couvert, au frais. Ils se gardent plusieurs mois.\n- **L'eau de chaux** : environ 30 g de chaux éteinte par litre d'eau, même méthode. Plusieurs mois aussi.\n- **L'huile ou la graisse** : chaque œuf enduit d'une fine couche qui bouche les pores, puis rangé au frais. Quelques mois.\n- **La congélation** : cassés, battus avec une pincée de sel ou de sucre (sinon le jaune devient caoutchouteux), congelés en portions.\n\n## Vérifier avant de casser\n\n- **Le test de l'eau** : un œuf frais coule et reste couché. En vieillissant, il se redresse. **Un œuf qui flotte** est vieux : on le casse à part et on le sent.\n- **Toujours casser dans un bol à part** avant de l'ajouter au reste : un œuf gâté se sent immédiatement. Voir [[TEC-ALI-010]].\n- **Un œuf conservé ou fêlé se mange cuit à cœur.** Les personnes fragiles, les femmes enceintes et les jeunes enfants ne mangent jamais d'œuf cru.\n\nLes poules : [[TEC-ELE-008]]. Les réserves : [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-035","titre":"Le petit-lait, ne rien jeter","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["petit-lait","lactoserum","recuite","ricotta","brunost","lacto-fermentation","pain","cochons","oidium","fromage"],"sources":["Wikipédia, article « Lactosérum »","Bettiol W., Effectiveness of cow's milk against zucchini squash powdery mildew, Crop Protection, 1999"],"corps":"::Dix litres de lait donnent environ un kilo de caillé et neuf litres de petit-lait. Le jeter, c'est jeter du sucre de lait, des protéines et des vitamines. Les fermes d'autrefois ne le jetaient jamais : il nourrissait les cochons, faisait un second fromage, remplaçait l'eau du pain.::\n\n## Ce qu'il contient\n\n- **Surtout de l'eau et du lactose**, le sucre du lait, des protéines dites solubles, des minéraux, des vitamines du groupe B, et presque pas de gras.\n- **Le petit-lait doux** vient d'un caillé fait à la présure ; **le petit-lait acide** vient d'un yaourt égoutté ou d'un fromage caillé lentement. Ils ne servent pas aux mêmes choses.\n\n## Un second fromage\n\n- **La recuite, ou ricotta** : du petit-lait doux, chauffé à 85 ou 90 °C avec un peu de vinaigre ou de jus de citron. Des flocons blancs remontent ; on les écume et on les égoutte. Le rendement est faible, quelques dizaines de grammes par litre, mais c'est gratuit.\n- **Le fromage brun norvégien** : du petit-lait réduit pendant des heures, jusqu'à obtenir une pâte caramélisée et sucrée.\n\nFaire le premier fromage : [[TEC-ALI-018]].\n\n## En cuisine\n\n- **Dans le pain** à la place de l'eau : la pâte est plus souple, la mie plus tendre. Voir [[TEC-ALI-012]].\n- **Dans les soupes, les galettes, la cuisson des céréales.**\n- **Pour démarrer une lacto-fermentation** de légumes, quelques cuillères de petit-lait acide. Voir [[TEC-ALI-002]].\n- **En boisson** : frais, un peu acide, désaltérant.\n\n## Pour les bêtes et le jardin\n\n- **Les cochons** l'adorent : c'est l'usage le plus ancien. Les poules aussi, en quantité modérée. Voir [[TEC-ELE-018]].\n- **Contre l'oïdium** : le lait dilué à un volume pour neuf d'eau a montré en essais une vraie efficacité sur les courgettes. Voir [[TEC-AGR-048]].\n- **Jamais en grande quantité dans un ruisseau ou une mare** : en se décomposant, il consomme l'oxygène de l'eau et tue les poissons.\n\n## Le garder\n\nDeux ou trois jours au frais. Il se congèle très bien.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-034","titre":"Le sirop d'érable et l'eau de bouleau","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["erable","sirop","seve","eau de bouleau","entaille","chalumeau","temps des sucres","evaporation","sucre","printemps"],"sources":["Wikipédia, article « Sirop d'érable »","Wikipédia, article « Sève de bouleau »","Centre ACER, centre de recherche et de transfert en acériculture (Québec)"],"corps":"::Le Québec produit environ les trois quarts du sirop d'érable du monde. Le principe tient en une phrase : quand des nuits de gel alternent avec des jours de dégel, la sève monte, on la recueille, et on la fait bouillir longtemps. Environ quarante litres de sève pour un litre de sirop.::\n\n## Quels arbres\n\n- **L'érable à sucre** donne la sève la plus sucrée, 2 à 3 %. L'érable rouge et l'érable noir marchent aussi.\n- **En Europe**, l'érable plane et le sycomore donnent une sève moins sucrée, mais utilisable : il faut simplement en faire bouillir davantage.\n- **Le bouleau** donne une sève à peine sucrée, autour de 1 %. Il en faut plus de cent litres pour un litre de sirop : on la boit surtout telle quelle.\n- **Un arbre d'au moins 25 cm de diamètre**, en bonne santé.\n\n## Entailler\n\n- **La période** : la fin de l'hiver, quand les nuits sont sous zéro et les journées au-dessus. Quatre à six semaines, le « temps des sucres », en mars et avril au Québec.\n- **Percer un trou** de 8 à 11 mm de diamètre sur 4 à 5 cm de profondeur, légèrement vers le haut, côté ensoleillé, dans du bois sain, loin des anciennes entailles.\n- **Enfoncer un chalumeau**, un petit tube, et suspendre un seau couvert.\n- **Une entaille par arbre**, deux sur un très gros. Chaque saison, une entaille donne souvent de quoi faire environ un litre de sirop.\n- **Ramasser la sève chaque jour** et la garder au froid : elle tourne vite.\n\n## Faire bouillir\n\n- **Dehors**, sur un feu, dans un bac large et peu profond. Quarante litres d'eau à évaporer dans une cuisine décollent le papier peint.\n- **Ajouter la sève au fur et à mesure** que le niveau baisse.\n- **Finir sur un petit feu**, en surveillant de près : le sirop est prêt quand il bout à environ 4 °C au-dessus de l'eau, soit vers 104 °C au niveau de la mer. Plus loin, il cristallise ou brûle.\n- **Filtrer chaud** dans un linge épais pour enlever le dépôt sableux, puis mettre en bocaux stérilisés remplis à ras bord, encore chauds. Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n## L'eau de bouleau\n\n- **À la fin de mars ou en avril**, avant que les feuilles sortent, pendant deux à trois semaines.\n- **Elle se boit fraîche**, légèrement sucrée. Au frais, elle se garde deux ou trois jours, puis fermente : on en fait une boisson pétillante ou un vin de bouleau. Voir [[TEC-ALI-031]].\n- **À la fin, reboucher le trou** avec une cheville de bois pour protéger l'arbre.\n\nLe sucre et les confitures : [[TEC-ALI-028]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-054","titre":"Partager le matériel, la CUMA","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cuma","cooperative","materiel agricole","partage","mutualisation","planning","entretien","reglement","entraide","groupe"],"sources":["Wikipédia, article « Coopérative d'utilisation de matériel agricole »","FNCUMA, Fédération nationale des coopératives d'utilisation de matériel agricole"],"corps":"::Le 12 octobre 1945, la France vote la loi qui crée les coopératives d'utilisation de matériel agricole. En 2018, il en existait 11 740, regroupant 202 000 agriculteurs. Le principe est vieux comme le monde paysan : une machine chère qui ne sert que quelques jours par an s'achète à plusieurs. Ce qui le fait durer, ce sont des règles écrites avant la première dispute.::\n\n## L'idée\n\n- **Une presse à balles, un broyeur, une fendeuse à bois, un pressoir, une scie à ruban, un groupe électrogène** ne tournent que quelques jours par an. À dix, chacun en paie un dixième, et tout le monde y a accès.\n- **Les Cuma ont permis la mécanisation** des régions de petites fermes, où personne n'aurait pu acheter seul.\n- **Elles peuvent aussi embaucher** un salarié qui conduit et entretient les machines pour tous.\n\n## Les règles qui évitent les brouilles\n\n- **Chacun paie ce qu'il utilise** : à l'heure, à l'hectare, à la balle, au stère. Jamais en parts égales si les usages sont inégaux.\n- **Un responsable par machine** : il tient le planning, les clés et l'entretien.\n- **Un carnet de bord** : qui l'a prise, combien d'heures, dans quel état. Toute casse est signalée le jour même, même petite.\n- **On rend la machine propre, graissée, le plein fait.**\n- **Les jours de pointe** (foins, moisson, vendanges) se répartissent d'avance : tour de rôle ou tirage au sort, pas le premier arrivé.\n- **Une caisse** alimentée à chaque utilisation pour les réparations et le remplacement.\n- **Un engagement écrit** sur plusieurs années, le temps de rembourser l'achat.\n\n## En crise\n\nLe modèle vaut pour tout ce qui coûte cher et sert peu : un four à pain collectif, un atelier commun, un pressoir, un moulin, un séchoir. Il vaut aussi pour les savoir-faire : celui qui sait réparer le moteur est aussi précieux que le moteur.\n\nS'organiser à plusieurs : [[SURV-SOC-001]]. Tenir les comptes du groupe : [[SURV-SOC-009]]. Désamorcer un conflit : [[SURV-SOC-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-053","titre":"Le motoculteur","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["motoculteur","motobineuse","fraise","labour","semelle","chiendent","entretien","securite","homme mort","potager"],"sources":["Wikipédia, article « Motoculteur »","MSA (Mutualité sociale agricole), fiches de prévention des risques liés aux machines agricoles"],"corps":"::Un motoculteur ameublit en une heure ce qu'on mettrait des heures à bêcher. Mais une fraise qui tourne ne pardonne pas : elle happe un pied, une manche, un lacet. Et passée trop souvent, elle transforme un bon sol en poudre qui se tasse à la première pluie.::\n\n## Motobineuse ou motoculteur\n\n- **La motobineuse** : les fraises servent à la fois d'outil et de roues. Légère, pour un potager déjà travaillé.\n- **Le motoculteur** : un vrai petit tracteur à deux roues, avec une prise de force. On y attelle une charrue, une fraise arrière, une barre de coupe, une remorque. Plus lourd, bien plus polyvalent.\n\n## Bien l'utiliser\n\n- **Sur un sol ressuyé**, ni collant ni en croûte sèche.\n- **Une ou deux passes, pas plus.** Trop fraiser détruit la structure du sol et crée juste sous les fraises, vers 15 à 20 cm, une couche tassée où les racines et l'eau ne passent plus. Alterner avec la grelinette. Voir [[TEC-AGR-043]].\n- **Jamais sur le chiendent ou le liseron** : la fraise coupe leurs racines en mille morceaux, et chaque morceau repart. On les arrache d'abord.\n- **Enfouir le compost et les engrais verts** en surface, sans descendre profond. Voir [[TEC-AGR-028]].\n\n## Sécurité\n\n- **Chaussures de sécurité, pantalon ajusté**, ni écharpe ni cordon qui pend.\n- **Jamais de marche arrière vers soi** dans un coin ou contre un mur : on recule, on trébuche, et les pieds passent sous les fraises.\n- **Le levier d'homme mort**, qui arrête les fraises quand on lâche les mancherons, ne se bloque jamais avec une ficelle.\n- **Moteur arrêté et fil de bougie débranché** avant de dégager une fraise bourrée d'herbe ou de ficelle.\n- **Les enfants et les animaux** restent loin : les fraises projettent des cailloux.\n\n## Entretien\n\n- **L'huile moteur** vérifiée avant chaque utilisation, vidangée selon le manuel, souvent toutes les 25 à 50 heures.\n- **Le filtre à air** nettoyé souvent : le travail du sol fait beaucoup de poussière, qui use le moteur.\n- **L'huile de boîte**, la graisse des axes, la bougie.\n- **Pour l'hiver** : vider le carburateur ou faire tourner le moteur jusqu'à ce qu'il cale, avec une essence fraîche ou stabilisée. Une vieille essence qui tourne est la cause numéro un des moteurs qui ne démarrent plus au printemps. Voir [[SURV-REC-019]].\n\nLe moteur à essence : [[TEC-MOTH-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-052","titre":"Le pâturage tournant","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["paturage tournant","rotation","paddocks","cloture electrique","herbe","repos","surpaturage","andre voisin","parasites","abreuvement"],"sources":["Wikipédia, article « Pâturage »","Voisin A., Productivité de l'herbe, Flammarion, 1957"],"corps":"::Un troupeau lâché toute l'année sur la même parcelle mange l'herbe qu'il préfère jusqu'à la racine et laisse le reste monter en graines. Découpez le pré en petites parcelles, déplacez les bêtes tous les quelques jours, laissez l'herbe se reposer : la même surface nourrit nettement plus d'animaux.::\n\n## Le principe\n\n- **Des petites parcelles**, les paddocks, séparées par une clôture électrique mobile. Les animaux restent de un à quelques jours sur chacune, puis passent à la suivante.\n- **L'herbe se repose trois à six semaines** entre deux passages : moins au printemps, quand elle pousse vite, plus en été. André Voisin, agronome français, en a fait la règle en 1957 : laisser à l'herbe le temps de refaire ses réserves.\n- **On entre quand l'herbe atteint 15 à 20 cm** et on sort quand il en reste environ 5 cm. Rasée, elle repart lentement.\n\n## Pourquoi ça marche\n\n- **Une herbe broutée trop souvent s'épuise** ; reposée, elle repousse plus vite et plus dense.\n- **Les bêtes mangent tout** au lieu de trier : moins de refus, moins de ronces.\n- **Le fumier est réparti** sur toute la surface, au lieu de s'accumuler près de l'abri.\n- **Un long repos casse le cycle** d'une partie des vers intestinaux, sans les supprimer. Voir [[TEC-ELE-006]].\n\n## Mettre en place\n\n- **Le nombre de parcelles** : durée de repos visée divisée par la durée de présence, plus une. Pour 30 jours de repos et 3 jours de présence : 11 parcelles.\n- **L'eau** accessible depuis chaque parcelle : un bac mobile et un tuyau, ou des parcelles disposées autour d'un point d'eau.\n- **La clôture** : un électrificateur sur batterie avec un petit panneau solaire, un fil à environ 80 cm pour les bovins, des filets électrifiés pour les moutons et les chèvres. Voir [[TEC-ELE-004]].\n\n## Quand l'herbe manque\n\n- **En sécheresse**, on allonge le repos et on complète au foin plutôt que de raser les parcelles. Voir [[TEC-AGR-042]].\n- **Une parcelle sacrifiée**, près de l'abri, reçoit les bêtes les jours de grosse pluie et l'hiver : le sol piétiné et boueux reste limité à elle.\n\nNourrir un animal : [[TEC-ELE-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-051","titre":"Taupes et campagnols","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["taupe","campagnol terrestre","rat taupier","taupinieres","galeries","racines rongees","piegeage","predateurs","rapaces","prairie"],"sources":["Wikipédia, article « Taupe d'Europe »","Wikipédia, article « Campagnol terrestre »"],"corps":"::La taupe ne mange pas vos légumes. Elle mange des vers de terre, plus de la moitié de son poids chaque jour. Le vrai ravageur est souvent son sosie, le campagnol terrestre, qui ronge les racines par en dessous. Avant d'agir, il faut savoir qui est là.::\n\n## Qui est là\n\n- **La taupe** : des taupinières rondes, régulières, en cratère, la terre sortant au centre. Les plantes ne sont pas mangées, seulement soulevées.\n- **Le campagnol terrestre**, dit rat taupier : des monticules plus plats et allongés, la terre sortant sur le côté. Carottes et betteraves rongées par-dessous, bulbes disparus, jeunes arbres qui se couchent d'un coup, racines coupées net.\n- **Le test** : ouvrir une galerie sur 20 cm à la bêche. Le campagnol la rebouche en quelques heures ; la taupe la laisse souvent ouverte bien plus longtemps.\n\n## La taupe\n\n- **Elle est utile** : elle aère le sol et mange des larves nuisibles (vers blancs, taupins). Elle gêne surtout sur une pelouse et dans les prés de fauche, où la terre des taupinières salit le foin.\n- **Les répulsifs** (bouteilles, moulinets, ultrasons, plantes) n'ont jamais prouvé leur efficacité.\n- **Si elle doit partir** : le piège à pince posé dans une galerie active, là où elle passe tous les jours. Sinon, on étale simplement les taupinières au râteau.\n\n## Le campagnol\n\n- **Il pullule par cycles** de quelques années, surtout dans les prairies de moyenne montagne, où il peut ruiner les herbages.\n- **Ses prédateurs font le gros du travail** : renard, buse, chouettes, hermine, belette. On les aide avec des perchoirs de 2 m plantés dans les prés, des nichoirs à chouettes, des haies et des tas de pierres pour les belettes. Voir [[TEC-AGR-045]].\n- **Au jardin** : planter bulbes et jeunes arbres dans des paniers en grillage fin, et poser des pièges dans les galeries actives.\n- **Pas de poison** : les appâts empoisonnés tuent aussi les renards, les rapaces et les chiens qui mangent les campagnols morts. En France, des milans royaux en sont morts par dizaines.\n\nProtéger ses cultures des autres animaux : [[TEC-AGR-031]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-050","titre":"Sorgho et millets, les céréales de la sécheresse","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sorgho","mil","millet","panic","secheresse","cereale","sans gluten","bouillie","dhurrine","cyanure","fourrage"],"sources":["Wikipédia, article « Sorgho commun »","Wikipédia, article « Millet »","FAO, Sorghum and millets in human nutrition, 1995"],"corps":"::Le sorgho est la sixième source de calories de l'humanité, et la céréale qui souffre le moins de la sécheresse : il demande environ 475 mm d'eau pour une culture, contre 550 pour le blé et 770 pour le riz. Avec les millets, c'est ce qu'on sème quand la pluie devient incertaine.::\n\n## Pourquoi eux\n\n- **Des racines profondes**, des feuilles cireuses qui perdent peu d'eau, et une plante capable de se mettre en pause pendant la sécheresse puis de repartir à la pluie.\n- **Ils tolèrent la chaleur et les sols pauvres**, là où le maïs et le blé échouent.\n- **Mais ils craignent le froid** : on les sème en même temps que le maïs, dans un sol bien réchauffé, vers 15 °C.\n\n## Les espèces\n\n- **Le sorgho grain** : farine, bouillies, galettes, couscous, bière. **Le sorgho sucrier** a des tiges juteuses dont on tire un sirop. **Le sorgho fourrager** nourrit le bétail.\n- **Le mil à chandelle** : l'espèce du Sahel, la plus résistante à la sécheresse.\n- **Le millet commun**, ou panic : un cycle très court, deux à trois mois du semis à la récolte, utile pour une deuxième culture ou après un semis raté.\n- **La sétaire et l'éleusine** : d'autres petits mils, en Asie et en Afrique.\n\n## Cultiver\n\n- **Semer en lignes** espacées de 50 à 75 cm, à 3 à 5 cm de profondeur, puis éclaircir.\n- **Désherber les premières semaines** ; ensuite la plante couvre le sol.\n- **Les oiseaux sont le premier ennemi** à la maturité : on enferme les épis dans des sacs en papier ou sous un filet.\n- **Récolter** quand le grain est dur, couper les épis, sécher, battre et vanner comme le blé. Voir [[TEC-AGR-009]].\n\n## Manger\n\n- **Sans gluten** : pas de pain qui lève avec eux seuls. Bouillies, galettes, couscous, bières de mil et de sorgho. Pour le pain, on les mélange à du blé.\n- **Les sorghos rouges ou bruns** contiennent des tanins, amers et moins digestes. Tremper, décortiquer ou faire fermenter la farine améliore beaucoup. Voir [[TEC-ALI-002]].\n\n## Le danger pour les animaux\n\n**Les jeunes pousses de sorgho**, et les repousses après une sécheresse ou un gel, contiennent une molécule qui libère du cyanure dans l'estomac des ruminants. On ne fait pas pâturer du sorgho avant qu'il atteigne environ 60 cm, ni juste après un stress. Bien séché en foin ou en ensilage, le risque baisse fortement.\n\nLes autres céréales rustiques : [[TEC-AGR-034]]. Semer sans eau : [[TEC-AGR-047]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-049","titre":"Les trognes, des arbres qui repoussent","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["trogne","arbre tetard","emondage","bois de chauffage","fourrage","feuillard","saule","osier","haie bocagere","taillis"],"sources":["Wikipédia, article « Arbre têtard »","Mansion D., Les trognes, l'arbre paysan aux mille usages, Éditions Ouest-France, 2010"],"corps":"::On les appelle trognes, têtards, ragosses ou truisses : plus de 250 noms en France pour un même arbre, coupé à hauteur d'homme tous les dix ans environ et qui repart de plus belle. Il donne du bois de chauffage sans jamais être abattu, et du fourrage vert quand l'été grille les prés.::\n\n## Le principe\n\n- **On coupe le tronc d'un jeune arbre** à 1,5 à 3 m de haut. Des bourgeons endormis sous l'écorce se réveillent et forment une couronne de nouvelles branches.\n- **Tous les 5 à 15 ans** selon l'essence, on recoupe toutes ces branches au ras de la tête. Le tronc grossit, se creuse avec l'âge et devient un abri pour les chouettes, les chauves-souris et des insectes rares.\n- **Pourquoi si haut** : les repousses sont hors de portée du bétail. Un taillis coupé au ras du sol serait brouté ; la trogne peut rester au milieu d'un pré.\n\n## Quels arbres\n\n- **Le saule**, le plus facile : il repart toujours, et ses jeunes rameaux donnent l'osier pour la vannerie.\n- **Le charme, le chêne, l'érable champêtre, le tilleul, le mûrier, le peuplier noir.**\n- **Le frêne** est le grand arbre à fourrage d'autrefois, mais une maladie venue d'Asie, la chalarose, le décime aujourd'hui.\n\n## Former une trogne\n\n1. Choisir un jeune arbre de 8 à 15 cm de diamètre.\n2. **En hiver**, le couper net à la hauteur voulue.\n3. Laisser pousser les rejets. Première récolte au bout de 5 à 10 ans.\n\n## Récolter\n\n- **Le bois** : en hiver, hors sève, on coupe toutes les perches d'un coup, au ras de la tête, sans arracher l'écorce du bourrelet. Voir [[TEC-ENE-019]].\n- **Le fourrage, le feuillard** : en été, on coupe des branches feuillues qu'on fait sécher en fagots à l'ombre, pour les chèvres et les moutons en hiver. Frênes et ormes étaient les prés suspendus des fermes de montagne.\n- **Ne jamais oublier une trogne** plus de 20 ou 30 ans : ses branches devenues énormes finissent par faire éclater la tête, et l'arbre meurt.\n\n## Sécurité\n\nTravail en hauteur, avec des branches sous tension : une échelle attachée à l'arbre ou une plateforme stable, jamais seul, et la tronçonneuse tenue à deux mains, jamais au-dessus des épaules.\n\nDans une haie : [[TEC-AGR-045]]. Gérer un bois : [[TEC-AGR-035]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-048","titre":"Purins et décoctions de plantes","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["purin d'ortie","consoude","prele","decoction","maceration","infusion","engrais liquide","preparations naturelles","oidium","mildiou"],"sources":["Bertrand B., Collaert J.-P., Petiot É., Purin d'ortie et compagnie, Éditions de Terran","Ministère de l'Agriculture, préparations naturelles peu préoccupantes et substances naturelles à usage biostimulant"],"corps":"::Un kilo d'orties, dix litres d'eau de pluie, deux semaines d'attente, et l'on obtient un engrais liquide qui fait verdir un potager. Ça sent très fort et ça ne coûte rien. Mais ce n'est ni un insecticide miracle ni un remède à tout : chaque préparation fait une chose, et la fait bien.::\n\n## Quatre façons de préparer\n\n- **Le purin** : plantes hachées dans l'eau, qui fermentent une à deux semaines. On remue chaque jour.\n- **La macération** : un à deux jours dans l'eau froide, sans laisser fermenter.\n- **La décoction** : on laisse tremper un jour, puis on fait bouillir 20 à 30 minutes à couvert. Pour les plantes dures, comme la prêle.\n- **L'infusion** : de l'eau bouillante versée sur les plantes, comme une tisane.\n\nToujours de l'eau de pluie si possible, et un récipient en plastique, en bois ou en grès, jamais en métal.\n\n## Le purin d'ortie\n\n1. **1 kg d'orties fraîches**, cueillies avant les graines, hachées grossièrement, pour 10 litres d'eau.\n2. **Couvrir sans fermer** et remuer chaque jour. Ça mousse, puis ça sent très fort.\n3. **Prêt quand les bulles cessent**, en une à deux semaines selon la chaleur. Filtrer.\n4. **Stocker** en bidons remplis à ras bord, bouchés, au frais et dans le noir.\n\n**L'utiliser** : dilué à 10 % (1 litre pour 10 litres d'eau) au pied des plantes, comme engrais azoté et coup de fouet au printemps. En pulvérisation sur les feuilles, seulement à 5 %, sinon il les brûle. Pas trop sur les tomates en fruits : trop d'azote donne des feuilles plutôt que des fruits.\n\n## La consoude\n\nMême recette que l'ortie. Riche en potassium, elle va aux plantes qui fleurissent et font des fruits : tomates, courges, fruitiers. Diluée à 10 ou 20 %. Ses feuilles fraîches, posées au pied des plantes comme paillis, font aussi un bon engrais lent.\n\n## La prêle\n\n- **En décoction** : environ 100 à 150 g de prêle séchée (ou dix fois plus en fraîche) pour 10 litres d'eau.\n- **Diluée à 20 %** en pulvérisation, par temps couvert.\n- **Riche en silice**, elle est utilisée en prévention contre les maladies à champignons (mildiou, oïdium, rouille). Elle renforce une plante saine ; elle ne guérit pas une plante malade. Voir [[TEC-AGR-014]].\n\n## Ce qui est prouvé, et ce qui l'est moins\n\n- **L'effet engrais** du purin d'ortie et de consoude est réel.\n- **L'effet répulsif ou insecticide** est faible et mal démontré. Contre les pucerons, un jet d'eau et les auxiliaires font mieux. Voir [[TEC-AGR-044]].\n- **Le lait dilué** (1 volume pour 9 d'eau) a montré en essais une vraie efficacité contre l'oïdium des courgettes.\n\n## À savoir\n\nEn France, les préparations à base de plantes courantes comme l'ortie et la prêle sont autorisées au jardin. Les pesticides et leurs alternatives : [[TEC-AGR-039]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-047","titre":"Cultiver quand l'eau manque","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["zai","demi-lune","cordons pierreux","dry farming","culture seche","secheresse","sahel","ruissellement","paillage","sorgho"],"sources":["Wikipédia, article « Zaï (agriculture) »","Wikipédia, article « Demi-lune (agriculture) »","Wikipédia, article « Dry farming »","Reij C., Tappan G., Smale M., Agroenvironmental Transformation in the Sahel: Another Kind of Green Revolution, IFPRI, 2009"],"corps":"::Au Burkina Faso, le paysan Yacouba Sawadogo a fait renaître une vieille technique, le zaï : des trous de la taille d'une assiette, une poignée de fumier dedans. Sur des terres encroûtées où presque rien ne poussait, on récolte de nouveau 400 à 1 000 kg de grain par hectare selon les pluies. Quand l'eau manque, le secret est de ne pas en perdre une goutte.::\n\n## Le zaï\n\n- **Pendant la saison sèche**, creuser à la houe des trous de 30 à 40 cm de diamètre et de 10 à 15 cm de profondeur, en quinconce, tous les 80 cm environ.\n- **Mettre au fond une ou deux poignées** de fumier ou de compost, soit 1 à 3 tonnes par hectare, bien moins que sur tout le champ.\n- **Les trous piègent l'eau qui ruisselait** et les débris portés par le vent. Les termites viennent manger la matière organique et creusent des galeries qui laissent entrer l'eau.\n- **Semer dans le trou** aux premières pluies : sorgho ou mil ([[TEC-AGR-050]]), ou un arbre.\n\n## La demi-lune\n\n- **Un demi-cercle d'environ 2 m de rayon**, ouvert vers le haut de la pente, avec un bourrelet de terre tassée d'environ 25 cm côté aval. La cuvette, creusée de 15 à 30 cm, retient l'eau de ruissellement.\n- **On y plante des céréales, des légumes ou un arbre**, et on y met du compost comme dans le zaï.\n\n## Les cordons de pierres\n\nDes lignes de pierres posées le long des courbes de niveau freinent l'eau, la font infiltrer et retiennent la terre. Voir [[TEC-AGR-038]].\n\n## La culture sèche, sans arrosage\n\nLà où il pleut l'hiver et presque pas l'été :\n- **Semer tôt** pour profiter de l'eau stockée dans le sol.\n- **Espacer beaucoup plus les plants** que d'habitude : chacun explore un grand volume de terre avec ses racines. Pas d'arrosage du tout, même au début, pour que les racines descendent.\n- **Couvrir le sol** d'un paillis épais ([[TEC-AGR-023]]). La vieille méthode américaine du « mulch de poussière », une terre émiettée en surface, a contribué au Dust Bowl des années 1930 : le vent a emporté ces terres pulvérisées.\n- **Choisir ce qui tient** : vigne, olivier, pois chiche, lentille, fève, sorgho, mil, courges à racines profondes, tomates plantées en terre profonde.\n\n## Partout\n\n- **Arroser moins souvent, plus longtemps, au pied**, tôt le matin. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Un voile d'ombrage léger** en plein été sauve les salades et les semis.\n- **Garder ses semences** des plantes qui ont le mieux résisté : en quelques années, on a des variétés adaptées au lieu. Voir [[TEC-AGR-002]].\n\nSécheresses et canicules : [[TEC-TER-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-046","titre":"La permaculture, ce qui marche vraiment","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["permaculture","conception","zones","observation","vivaces","buttes","foret comestible","baissieres","mollison","holmgren"],"sources":["Wikipédia, article « Permaculture »","Mollison B., Holmgren D., Permaculture One, 1978","INRA et AgroParisTech, étude de la performance économique du maraîchage biologique permaculturel à la ferme du Bec Hellouin, 2011-2015"],"corps":"::Le mot vient de l'anglais « permanent agriculture », forgé dans les années 1970 par deux Australiens, Bill Mollison et David Holmgren. Derrière la mode, il reste une méthode solide : observer avant de planter, et placer chaque chose là où elle travaille le plus pour le moins d'effort.::\n\n## Ce qui marche vraiment\n\n- **Observer une année entière** avant de tout planter : où court l'eau quand il pleut, où le gel reste, d'où vient le vent, où tombe le soleil en hiver.\n- **Les zones** : ce qu'on visite chaque jour près de la maison (herbes, salades, poules), ce qu'on visite rarement plus loin (verger, pâture, bois). On économise des kilomètres de pas.\n- **Couvrir le sol en permanence** : paillis ([[TEC-AGR-023]]) et engrais verts ([[TEC-AGR-028]]). Un sol nu se lessive, se tasse et se couvre de mauvaises herbes.\n- **Chaque élément a plusieurs fonctions** : la poule mange les restes et les limaces, gratte, fume, et pond. La haie coupe le vent, nourrit, loge les auxiliaires. Voir [[TEC-AGR-045]].\n- **Capter l'eau** au lieu de la chasser : fossés le long des courbes de niveau, mares, cuves de récupération. Voir [[TEC-AGR-038]].\n- **Planter des vivaces** : arbres fruitiers, petits fruits, asperges, rhubarbe, artichauts. On plante une fois et on récolte pendant des années. Voir [[TEC-AGR-030]].\n\n## Ce qui tient surtout de la mode\n\n- **Les buttes géantes en lasagnes** demandent des mètres cubes de matière organique. Utiles sur un sol impossible, pas indispensables ailleurs.\n- **La forêt comestible nourrit peu en calories.** Fruits et noix complètent un repas ; les calories viennent des pommes de terre, des céréales et des légumineuses. Voir [[TEC-AGR-016]].\n- **« Zéro travail »** : faux. Les premières années demandent beaucoup d'efforts, qui diminuent ensuite.\n- **Les associations de plantes miracles** : certaines marchent (voir [[TEC-AGR-007]]), beaucoup de tableaux qui circulent n'ont jamais été vérifiés.\n\n## Ce que dit une étude\n\nÀ la ferme du Bec Hellouin, en Normandie, l'INRA et AgroParisTech ont suivi pendant plusieurs années une petite surface cultivée à la main de façon très intensive. Conclusion : une surface réduite, très soignée, peut faire vivre un maraîcher, au prix de beaucoup d'heures de travail et d'un vrai savoir-faire.\n\n## Pour commencer\n\n1. Un plan du terrain, avec le soleil, l'eau, le vent et les accès.\n2. Un petit potager près de la porte, bien paillé. Voir [[TEC-AGR-004]].\n3. Quelques arbres fruitiers et une haie dès le premier hiver : ce sont eux qui mettent le plus de temps.\n4. Agrandir seulement ce qui marche.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-045","titre":"Planter une haie","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["haie","bocage","brise-vent","haie champetre","haie nourriciere","plantation","racines nues","pralinage","paillage","essences locales"],"sources":["Wikipédia, article « Haie »","Wikipédia, article « Bocage »","Afac-Agroforesteries, guides de plantation de haies champêtres et label Végétal local"],"corps":"::Une haie brise-vent protège les cultures sur une distance d'une dizaine de fois sa hauteur. Elle abrite le bétail, loge les auxiliaires, retient la terre et l'eau, et donne du bois, des fruits et du fourrage. Elle se plante en un week-end d'hiver et sert un siècle.::\n\n## Quand\n\nDe novembre à mars, par temps sec et hors gel. Le dicton dit : « À la Sainte-Catherine (25 novembre), tout bois prend racine. »\n\n## Quelles essences\n\n- **Des espèces locales et variées**, au moins cinq ou six mélangées : noisetier, charme, érable champêtre, cornouiller, prunellier, aubépine, sureau, églantier, viorne, fusain, et quelques arbres de haut jet (chêne, merisier, tilleul).\n- **Pour une haie nourricière** : noisetier, sureau, cornouiller mâle, néflier, prunellier, pommier et poirier sauvages, mûrier, cassis et groseillier au pied.\n- **À éviter** : les haies d'une seule espèce (thuyas, lauriers-cerises). Une maladie les emporte toutes, et elles ne nourrissent presque rien.\n\n## Planter\n\n1. **Préparer une bande de 1 à 2 m** de large : décompacter, désherber, ou couvrir d'une bâche ou d'un paillage dès l'automne.\n2. **Prendre de jeunes plants de 1 ou 2 ans** (40 à 80 cm), à racines nues : moins chers, ils reprennent mieux que les gros sujets.\n3. **Rafraîchir les racines** abîmées au sécateur, puis les tremper dans une boue d'eau et de terre (le pralinage) juste avant de planter.\n4. **Deux rangs en quinconce**, espacés de 50 cm, un plant tous les mètres sur chaque rang.\n5. **Tasser au pied, arroser**, et poser des manchons de protection contre les lapins et les chevreuils.\n6. **Pailler épais** (paille, bois broyé, carton, toile biodégradable) pour trois ans. L'herbe qui étouffe les jeunes plants est la première cause d'échec.\n\n## Les premières années\n\n- **Arroser le premier été** s'il est sec, en grande quantité et rarement.\n- **Recéper** une partie des arbustes au bout d'un an, c'est-à-dire les couper à 10 ou 20 cm du sol : ils repartent en plusieurs tiges et la haie devient dense dès la base.\n- **Remplacer les morts** l'hiver suivant.\n\n## La faire travailler\n\n- **Le bois** : conduite en trognes ou en taillis, une haie donne du bois de chauffage à chaque coupe, tous les 7 à 15 ans selon les essences. Voir [[TEC-AGR-049]] et [[TEC-AGR-035]].\n- **Pas de taille pendant la nidification**, du printemps à la fin de l'été. Pour les agriculteurs, elle est interdite du 16 mars au 15 août.\n- **Contre l'érosion**, une haie plantée le long des courbes de niveau freine l'eau qui ravine. Voir [[TEC-AGR-038]].\n\nCe qu'elle abrite : [[TEC-AGR-044]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-044","titre":"Les auxiliaires du jardin","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["auxiliaires","lutte biologique","coccinelle","syrphe","chrysope","carabe","mesange","herisson","trichogramme","pucerons","limaces"],"sources":["Wikipédia, article « Lutte biologique »","INRAE, Encyclop'Aphid, encyclopédie des pucerons et de leurs ennemis naturels"],"corps":"::En 1888, en Californie, une coccinelle venue d'Australie a sauvé les vergers d'agrumes d'une cochenille que rien n'arrêtait. C'est la naissance de la lutte biologique. Au jardin, le principe est le même : nourrir et loger les prédateurs des ravageurs, et ils font le travail gratuitement.::\n\n## Qui mange qui\n\n- **Les coccinelles** : la larve, qui ressemble à un petit crocodile gris et orange, dévore plusieurs centaines de pucerons avant de devenir adulte.\n- **Les syrphes** : des mouches déguisées en petites guêpes, qui volent sur place. Leurs larves mangent les pucerons.\n- **Les chrysopes** : fines, vertes, ailes de dentelle. Leurs larves sont surnommées les lions des pucerons.\n- **Les carabes** : gros scarabées noirs ou métalliques qui chassent la nuit les limaces et leurs œufs.\n- **Les mésanges** : un couple qui nourrit sa nichée emporte des milliers de chenilles.\n- **Le hérisson, l'orvet, le crapaud** : les limaces et les escargots.\n- **Les minuscules guêpes parasitoïdes** : elles pondent dans les pucerons, les chenilles ou leurs œufs. Un puceron gonflé et doré, momifié, a été parasité.\n\n## Les attirer\n\n- **Des fleurs toute la saison**, surtout de petites fleurs au nectar facile d'accès : fenouil, aneth, carottes laissées en fleur, phacélie, souci. Les syrphes et les petites guêpes adultes se nourrissent de nectar.\n- **Des abris** : une haie ([[TEC-AGR-045]]), un tas de bois ou de pierres, un coin d'herbes hautes jamais tondu, un point d'eau peu profond.\n- **Des nichoirs à mésanges** : un trou de 28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la charbonnière, posés à 2 ou 3 m de haut, à l'abri du soleil de midi.\n- **Tolérer quelques pucerons** : sans proies, pas de prédateurs. Un carré d'orties couvert de pucerons au printemps nourrit les premières coccinelles de l'année.\n\n## Ce qui les tue\n\n- **Les insecticides à large spectre tuent d'abord les auxiliaires**, qui se reproduisent moins vite que les ravageurs. Après un traitement, les pucerons reviennent plus vite, et seuls. Même le savon noir tue les larves qu'il touche. Voir [[TEC-AGR-039]].\n- **Les granulés anti-limaces au métaldéhyde** empoisonnent aussi les hérissons, les oiseaux et les chiens. Ceux au phosphate ferrique sont bien moins dangereux.\n- **Le jardin trop propre** : sol nu, tout tondu, feuilles mortes ramassées. Les auxiliaires n'ont nulle part où passer l'hiver.\n\n## Les acheter\n\n- **Des larves de coccinelles ou de chrysopes** se commandent et se lâchent sur les foyers de pucerons.\n- **En serre**, une petite guêpe, Encarsia formosa, vient à bout des aleurodes, ces mouches blanches des tomates.\n- **Des nématodes microscopiques**, arrosés sur le sol, parasitent les limaces ou les larves d'otiorhynques.\n- **En grande culture**, on lâche environ 300 000 trichogrammes par hectare contre la pyrale du maïs.\n\nLes ravageurs eux-mêmes : [[TEC-AGR-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-043","titre":"Travailler la terre sans tracteur","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["beche","grelinette","fourche-beche","houe","araire","charrue","labour","planches permanentes","occultation","traction animale"],"sources":["Wikipédia, article « Grelinette »","Wikipédia, article « Araire »","Wikipédia, article « Charrue »"],"corps":"::Le tracteur ne fait rien qu'une bêche ne sache faire, il le fait seulement plus vite. À la main, on ne retourne pas la terre, on l'ameublit. La grelinette, brevetée en 1964 par André Grelin, décompacte un potager sans casser le dos ni enterrer la vie du sol.::\n\n## Les outils\n\n- **La bêche** : elle retourne une motte. Pour un sol lourd, ou pour la première mise en culture d'un pré.\n- **La fourche-bêche** : dans les sols caillouteux ou argileux, ses dents s'enfoncent mieux qu'une lame.\n- **La grelinette** : trois à cinq dents et deux manches. On l'enfonce devant soi, on tire les manches vers soi : la terre se soulève et se fissure sans être retournée. On recule de 15 à 20 cm et on recommence.\n- **La houe**, la pioche, la daba en Afrique : pour ouvrir un sol dur, désherber, butter. C'est l'outil principal de l'agriculture à la main dans le monde.\n- **La binette et le croc** : sarcler et aérer la surface.\n\n## Ameublir, pas retourner\n\n- **Retourner la terre enterre la couche vivante** et remonte à la surface des graines d'herbes qui dormaient. Ameublir sans retourner garde la structure du sol.\n- **Des planches permanentes** d'environ 1,20 m de large, qu'on atteint depuis les deux côtés sans jamais marcher dessus : le sol ne se tasse plus, et un passage de grelinette suffit chaque année.\n- **Paillis et compost en surface** font le reste du travail. Voir [[TEC-AGR-023]] et [[TEC-AGR-003]].\n\n## Ouvrir un pré\n\nC'est le plus dur. Trois façons :\n- **Bêcher** en retournant les mottes, herbe en dessous, à l'automne ; le gel les émiette pendant l'hiver.\n- **Couvrir** d'une bâche opaque ou de cartons pendant deux ou trois mois : l'herbe meurt, les vers de terre travaillent, on plante au travers.\n- **Faire travailler des animaux** : des cochons ou des poules dans un parc retournent et fument le terrain. Voir [[TEC-ELE-018]].\n\n## Avec un animal\n\n- **L'araire** n'a pas de versoir : il griffe et fend le sol sans le retourner. C'est l'outil des sols légers et secs, du Néolithique à aujourd'hui.\n- **La charrue** retourne la bande de terre grâce à son versoir. Elle convient aux sols lourds, mais demande une traction bien plus forte.\n- **Un âne** tire une petite houe ou un araire léger, **un cheval ou une paire de bœufs** une charrue. Voir [[TEC-ELE-014]].\n\n## Le bon moment et le bon geste\n\n- **Le sol doit être ressuyé** : une poignée pressée s'émiette au lieu de faire une pâte, la terre ne colle pas à l'outil. Travailler un sol mouillé le compacte pour des mois.\n- **Le dos reste droit** : on enfonce avec le pied, on lève avec les jambes, des mottes petites, et on change de côté régulièrement.\n- **Compter une à deux journées** pour bêcher 100 m² la première fois. Les années suivantes, avec paillis et grelinette, quelques heures suffisent.\n\nLa version à moteur : [[TEC-AGR-053]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-042","titre":"Faire les foins","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["foin","fenaison","fourrage","faner","andain","sechage","echauffement","incendie","ensilage","reserves d'hiver"],"sources":["Wikipédia, article « Foin »","Wikipédia, article « Fenaison »","Wikipédia, article « Ensilage »"],"corps":"::Un foin rentré trop humide chauffe dans la grange, jusqu'à prendre feu tout seul des semaines plus tard. Un foin trop sec perd ses feuilles, c'est-à-dire l'essentiel de ce qu'il vaut. Faire les foins, c'est viser juste entre les deux, avec la météo pour patron.::\n\n## Pourquoi\n\nLe foin, c'est l'herbe de l'été mise de côté pour l'hiver. Sans lui, pas de lait ni de viande quand l'herbe ne pousse plus. Compter environ 12 à 15 kg par jour pour une vache, 1,5 à 3 kg pour une chèvre ou une brebis, pendant tous les mois sans herbe. Voir [[TEC-ELE-003]].\n\n## Le bon moment\n\n- **Faucher au début de la floraison des graminées** : c'est le meilleur compromis entre quantité et qualité. Plus tard, il y a plus de volume, mais des tiges dures, pauvres comme de la paille.\n- **Attendre trois ou quatre jours de beau temps annoncés.** Une pluie sur un foin à moitié sec le lessive et le fait moisir.\n- Faucher à la faux : [[TEC-AGR-041]].\n\n## Sécher\n\n1. **Jour 1** : faucher le matin, puis étaler l'herbe en couche régulière dès que la rosée est partie.\n2. **Faner** : retourner et secouer l'herbe à la fourche ou au râteau une ou deux fois par jour, pour que tout sèche pareil.\n3. **Le soir**, rassembler en andains ou en petits tas : la rosée mouille moins. Les étaler de nouveau le lendemain.\n4. **Au bout de deux à quatre jours**, selon le soleil et le vent, le foin est prêt.\n\nEn montagne ou sous un climat humide, on le fait sécher sur des perches ou des chevalets en bois, à l'air, hors du sol.\n\n## Le test\n\n- **Une poignée tordue** : le foin sec craque et se casse, les tiges ne sont plus fraîches au toucher, aucune humidité ne perle.\n- **Il doit être rentré à 15 % d'humidité ou moins.** En balles, on tolère 15 à 25 % selon leur densité, à condition de ne pas les serrer : elles continuent à sécher.\n- **Une bonne odeur de foin**, vert-gris. Poussiéreux, blanc ou noir : moisi, dangereux pour les chevaux et pour les poumons de celui qui le manipule.\n\n## Le danger : l'échauffement\n\n- **Un foin humide fermente et chauffe.** Dans les semaines qui suivent la rentrée, il peut atteindre la température d'inflammation et brûler une grange entière.\n- **Les signes** : odeur de caramel ou de tabac, vapeur, chaleur au toucher, affaissement du tas.\n- **Surveiller** avec une sonde ou une barre de fer enfoncée au cœur du tas et laissée quelques minutes : si on ne peut pas la tenir en main, c'est grave.\n- **Au-delà de 60 °C environ, on appelle les pompiers avant de toucher au tas** : l'air qui entre quand on l'ouvre peut l'embraser.\n\n## Quand il pleut trop : l'ensilage\n\n- **L'herbe fauchée et un peu fanée** est tassée à fond dans un silo ou en balles enrubannées, sans air.\n- **Les bactéries lactiques l'acidifient** et la conservent, comme une choucroute. Voir [[TEC-ALI-002]].\n- **Tout le secret est l'absence d'air** : une bâche percée, et ça moisit. Un ensilage mal fait peut transmettre la listériose ou le botulisme aux animaux. Ce qui sent le rance, le moisi ou l'ammoniac ne se donne pas.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-041","titre":"Faucher à la faux","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["faux","faucher","battre la faux","enclumette","pierre a faux","coffin","rosee","foin","debroussailler"],"sources":["Wikipédia, article « Faux (outil) »","Wikipédia, article « Fenaison »"],"corps":"::Pendant des siècles, toute l'herbe d'Europe a été coupée à la faux. Bien réglée, battue et affûtée, elle fauche en silence, sans carburant, et une bonne lame dure une vie. Mal préparée, elle arrache l'herbe et casse le dos. Toute la différence tient dans trois gestes : régler, affûter, battre.::\n\n## La choisir et la régler\n\n- **La lame forgée** (type autrichien), fine et souple, se bat et s'affûte pendant des décennies. La lame emboutie bon marché ne se bat pas : on ne peut que l'affûter.\n- **La longueur** : 60 à 70 cm pour l'herbe d'un pré, 40 à 50 cm pour les bords, les talus et les broussailles.\n- **La poignée du bas** se règle à hauteur de hanche, bras tendu le long du corps.\n- **L'angle de la lame** : la pointe et le talon doivent être à la même distance de la poignée du bas. Une pointe trop ouverte arrache, trop fermée elle bourre.\n\n## Faucher\n\n- **Pieds écartés**, on avance à tout petits pas. Le mouvement vient de la rotation du buste, pas des bras.\n- **La lame reste posée au sol**, talon appuyé : on ne la soulève jamais, on la fait glisser en arc de droite à gauche. L'herbe coupée se dépose en ligne à gauche, l'andain.\n- **Chaque passe avance de quelques centimètres**, jamais plus de 10 : de petites bouchées, coupées net.\n- **À la rosée**, tôt le matin, l'herbe raide et humide se coupe bien mieux qu'en plein soleil.\n\n## Affûter à la pierre\n\n- **Toutes les 15 à 30 minutes**, selon l'herbe, avec une pierre à faux mouillée. Elle se porte à la ceinture dans un étui rempli d'eau, le coffin.\n- **Le geste** : faux debout, manche au sol, lame en l'air. La pierre à plat, presque couchée sur la lame, alternativement dessus et dessous, du talon vers la pointe. La main reste derrière le tranchant.\n- **Quand la pierre ne suffit plus** à rendre le fil, il faut battre. Voir [[TEC-ATE-004]].\n\n## Battre la faux\n\n- **Battre**, c'est amincir le tranchant au marteau pour qu'il redevienne fin comme une feuille. Le métal martelé devient aussi plus dur.\n- **On démonte la lame**, on pose le tranchant sur une petite enclume plantée dans un billot, l'enclumette, et on frappe à petits coups réguliers, serrés, sur une bande de 2 à 3 mm le long du fil, du talon à la pointe.\n- **Pour débuter**, une enclumette à guide (deux capuchons qu'on frappe l'un après l'autre) donne un battage régulier sans savoir-faire.\n- **Une fois battue**, on repasse la pierre. Une faux se bat en général après quelques heures de fauche.\n\n## Sécurité\n\n- **On porte la faux lame en bas et en arrière**, le tranchant protégé par un fourreau ou un bout de tuyau fendu.\n- **Personne derrière ni à côté** du faucheur. À plusieurs, on fauche décalés, en escalier.\n- **Les cailloux et les piquets** ébrèchent la lame : on repère le terrain avant, et on laisse une marge autour des obstacles.\n\nL'herbe coupée devient du foin : [[TEC-AGR-042]]. Pour le grain : [[TEC-AGR-009]].","langue":"fr"},{"id":"URG-VEH-001","titre":"Sortir d'une voiture qui coule","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","voiture","eau","noyade"],"sources":["Gordon Giesbrecht, Université du Manitoba — recherches sur les véhicules immergés, méthode SWOC","Lifesaving Society Canada — Vehicle submersion","National Weather Service — Turn Around Don't Drown"],"corps":"::Une voiture qui tombe à l'eau flotte environ une minute. C'est la seule minute où l'on sort facilement : par la fenêtre, pas par la porte, et sans appeler personne avant.::\n\n## AGIR\n\nRetenez quatre mots, dans l'ordre : **ceinture, fenêtre, enfants, dehors.**\n\n1. **Ceinture.** Détachez la vôtre tout de suite. Pas de téléphone : l'appel attendra d'être dehors.\n2. **Fenêtre.** Ouvrez la vitre latérale **immédiatement**, pendant que la voiture flotte : les vitres électriques marchent souvent encore. Si elle ne s'ouvre pas, cassez-la, jamais le pare-brise (voir ADAPTER).\n3. **Enfants.** Détachez-les, **le plus grand d'abord** : il pourra aider et sortir seul. Faites-les passer par la fenêtre, devant vous.\n4. **Dehors.** Sortez par la fenêtre, montez sur le toit si le courant l'impose, puis rejoignez la rive. Appelez les secours une fois hors de l'eau.\n\n**N'essayez pas la porte.** Dès que l'eau touche le bas des vitres, la pression la plaque fermée. On y perd les secondes qui comptent.\n\n## ADAPTER\n\n**La vitre ne s'ouvre pas.** Frappez un coin de la vitre latérale, pas le centre, avec un brise-vitre : marteau à pointe ou poinçon à ressort, rangé à portée de main du conducteur, pas au fond de la boîte à gants. Le verre trempé éclate d'un coup en petits morceaux.\n\n**Vos vitres latérales sont en verre feuilleté.** De plus en plus de voitures en ont : elles ne se brisent pas, même au brise-vitre. Regardez aujourd'hui l'inscription gravée dans le coin de chaque vitre. Si elles sont feuilletées, la seule issue est d'ouvrir la vitre tant qu'elle marche : pas une seconde à perdre.\n\n**La voiture est déjà sous l'eau, vitres fermées.** Dernier recours. Attendez que l'eau monte presque au plafond : la pression s'égalise. Prenez une grande inspiration, ouvrez la porte ou la vitre, et sortez en vous tirant vers le haut. Chacun garde une main sur quelqu'un.\n\n**Vous êtes témoin.** N'entrez pas dans l'eau si vous ne pouvez pas atteindre la voiture sans risque. Appelez les secours, donnez l'endroit exact, et guidez les gens vers la rive à la voix. Voir [[URG-INO-001]] pour l'eau courante.\n\n**La personne sortie de l'eau ne respire pas.** Commencez la réanimation tout de suite, voir [[URG-CARD-001]]. Une personne noyée en eau froide peut être réanimée bien plus longtemps qu'on ne le croit. Ensuite, réchauffez-la : [[URG-HYPO-001]].\n\n**La route est inondée.** Le meilleur moyen de ne pas couler, c'est de ne pas y entrer. Trente centimètres d'eau qui coule suffisent à emporter une voiture : faites demi-tour.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi la porte ne s'ouvre pas.** L'eau pousse sur toute la surface de la portière, et d'autant plus fort qu'elle est profonde. Quand elle arrive au bas des vitres, elle pèse déjà deux à trois cents kilos sur la porte, alors que l'intérieur est encore plein d'air. Une fois la voiture sous l'eau, c'est plus d'une tonne. La vitre, elle, n'a qu'à descendre ou céder.\n\n**Pourquoi une minute.** Une voiture est une boîte remplie d'air : elle flotte, le temps que l'eau entre par les joints, les grilles et le plancher. Selon le véhicule, cette phase dure de trente secondes à deux minutes environ. Pendant ce temps, les vitres sont encore hors de l'eau. C'est la fenêtre de sortie, au sens propre.\n\n**Pourquoi pas le téléphone.** Composer, attendre, expliquer : c'est une minute entière. Lors des essais en conditions réelles, ceux qui appellent d'abord ratent la phase de flottaison. Dehors, on appelle ; dedans, on sort.\n\n**Pourquoi pas le pare-brise.** Il est toujours en verre feuilleté : deux couches de verre collées sur un film plastique, faites pour ne pas s'ouvrir lors d'un choc. Il se fissure, il ne cède pas.\n\n**Pourquoi le plus grand des enfants d'abord.** Un enfant plus âgé peut se tenir à la fenêtre ou au toit pendant qu'on détache le suivant. Un bébé détaché en premier doit être tenu, et on perd une main.","langue":"fr"},{"id":"URG-TEM-001","titre":"Tempête et vent violent","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","vent","tempete","abri"],"sources":["Météo-France — vigilance et comportements en cas de tempête","National Weather Service — tornado and severe wind safety","OMS — Health impacts of storms"],"corps":"::Le vent ne blesse presque personne directement. Ce sont les objets qu'il transporte et les structures qu'il arrache.::\n\n## AGIR\n\n**Avant, si vous avez le temps :**\n\n1. **Rentrez ou arrimez tout ce qui peut voler.** Mobilier de jardin, poubelles, panneaux, matériaux, outils. C'est le geste le plus efficace, et il protège aussi les voisins.\n2. **Fermez et verrouillez volets et fenêtres.** Un volet fermé empêche le vent d'entrer et de mettre le bâtiment en pression.\n3. **Remplissez de l'eau et chargez ce qui se charge** — les coupures suivent presque toujours. Voir [[URG-EFF-001]].\n\n**Pendant :**\n\n4. **Restez à l'intérieur, éloigné des fenêtres.** Le verre est le principal pourvoyeur de blessures.\n5. **Placez-vous dans une pièce sans ouverture sur l'extérieur**, au niveau le plus bas : couloir, salle d'eau, dessous d'escalier.\n6. **N'ouvrez rien pour équilibrer la pression.** Cette idée est fausse et dangereuse : ouvrir laisse entrer le vent, qui soulève la toiture de l'intérieur.\n7. **Ne sortez pas pendant une accalmie.** Le passage d'un centre de dépression donne un calme trompeur, suivi d'un vent qui reprend dans l'autre sens.\n\n**Après :**\n\n8. **Attendez avant de sortir**, et méfiez-vous des câbles à terre, des arbres en équilibre et des tuiles instables. **Tout câble tombé est considéré sous tension.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes dehors sans abri.** Éloignez-vous des arbres, des lignes électriques, des murs isolés et des structures légères. Cherchez un creux de terrain, un fossé, un talus côté sous le vent, et couchez-vous. **Le sol est l'endroit le plus sûr en terrain ouvert**, parce que la vitesse du vent y est nettement plus faible et que les projectiles passent au-dessus.\n\n**Vous êtes en véhicule.** Arrêtez-vous à l'écart des arbres et des lignes, restez à l'intérieur, ceinture bouclée, tête sous le niveau des vitres. Ne vous abritez pas sous un pont : le passage étroit accélère le vent au lieu de le freiner.\n\n**C'est un phénomène tourbillonnaire.** Le délai est très court. La règle est la même, en plus urgent : niveau le plus bas, pièce centrale sans fenêtre, se protéger la tête et le cou, se couvrir de ce qui est disponible — matelas, couverture, table. En terrain ouvert, se coucher dans un creux et se couvrir la tête.\n\n**Vous êtes en montagne ou sur l'eau.** Le vent y est plus fort et plus tourbillonnant. En mer, une tempête se décide à terre : le demi-tour se prend toujours plus tôt qu'on ne le voudrait — voir [[TEC-NAV-001]].\n\n**Il y a des blessés.** La très grande majorité des blessures de tempête sont des plaies par projection de verre ou de débris, et des traumatismes par chute d'objet. Voir [[URG-HEMO-001]], [[TEC-SAN-001]] et [[URG-FRAC-001]].\n\n**Vous êtes en camp ou sous toile.** Une tente ne résiste pas à un vent fort. Démontez avant plutôt que de la voir se déchirer, mettez-vous à l'abri d'un relief, et rappelez-vous que le danger principal reste les arbres — voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce que fait le vent sur une structure\n\nLa pression exercée par le vent augmente **avec le carré de sa vitesse**. Un vent deux fois plus rapide pousse quatre fois plus fort. C'est pourquoi le passage d'un vent fort à un vent très fort change tout, alors que l'écart de vitesse paraît modeste.\n\nLe mécanisme qui détruit un bâtiment n'est pas la poussée frontale mais **la dépression**. L'air qui accélère au-dessus d'une toiture crée une aspiration vers le haut — le même effet qui porte une aile d'avion, décrit dans [[TEC-AER-001]]. Une toiture est arrachée par le haut, pas poussée par le côté.\n\nSi le vent entre par une ouverture, il met l'intérieur en surpression pendant que l'extérieur du toit est en dépression. Les deux s'additionnent. **C'est exactement pour cela qu'on ferme tout et qu'on n'ouvre rien.**\n\n### Ce qui blesse réellement\n\nLes analyses des victimes de tempête donnent toujours le même classement : projectiles et débris d'abord, chutes d'arbres et de structures ensuite, verre en très grande quantité, et enfin les accidents survenant pendant le nettoyage — souvent plusieurs jours après.\n\nLe vent lui-même ne renverse un adulte qu'à des vitesses très élevées. Un objet de quelques centaines de grammes emporté à cette vitesse, lui, blesse gravement.\n\n### Les arbres\n\nIls tombent principalement pour trois raisons : un sol détrempé qui ne retient plus les racines, un enracinement déjà affaibli, et une prise au vent importante quand ils sont en feuilles. **Une tempête sur sol gorgé d'eau abat bien plus d'arbres qu'une tempête plus violente sur sol sec.**\n\nUn arbre resté debout mais penché après le coup de vent est instable et peut tomber sans nouveau vent, parfois des jours plus tard.","langue":"fr"},{"id":"URG-SURD-001","titre":"Surdose","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["surdose","overdose","opioides","naloxone","coma ethylique","paracetamol","antipoison","position laterale"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Community management of opioid overdose, 2014","ANSM, naloxone, antidote des surdosages aux opioïdes","Centres antipoison de France"],"corps":"::Une personne qui ronfle bruyamment après avoir pris des médicaments, de l'héroïne ou beaucoup d'alcool n'est pas forcément en train de dormir : elle est peut-être en train d'arrêter de respirer. La naloxone, en spray nasal, ramène à la vie une surdose d'opioïdes en quelques minutes. Elle se trouve en pharmacie.::\n\n## AGIR\n\n1. **Appeler, crier son nom, pincer l'épaule.** Pas de réponse : **le 15**.\n2. **Regarder la respiration** :\n   - **elle respire** : **sur le côté** (position latérale de sécurité), pour qu'elle ne s'étouffe pas si elle vomit. Voir [[URG-SEC-001]] ;\n   - **elle ne respire pas ou très mal** (lèvres bleues, gargouillis, moins de huit respirations par minute) : **massage cardiaque**. Voir [[URG-CARD-001]].\n3. **La naloxone**, si on en a et qu'on suspecte un opioïde (héroïne, morphine, méthadone, fentanyl, tramadol, codéine) : une pulvérisation dans une narine, une seconde au bout de 2 à 3 minutes si rien ne change.\n4. **Rester avec elle** jusqu'aux secours, **même si elle se réveille** : la naloxone agit moins longtemps que beaucoup d'opioïdes, la personne peut replonger.\n5. **Garder les boîtes, les emballages**, ce qui reste : les secours en ont besoin.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'alcool** : sur le côté, au chaud, jamais seul. Pas de café, pas de douche froide, pas « laisser cuver » dans un coin : on meurt de ses vomissements ou de froid.\n- **Le paracétamol** : une surdose ne donne **aucun symptôme les premières heures**, puis détruit le foie en deux ou trois jours. Un antidote existe, efficace s'il est donné tôt : **hôpital tout de suite**, même si la personne se sent bien.\n- **Les stimulants** (cocaïne, amphétamines) : douleur dans la poitrine, agitation, corps brûlant, convulsions. Le 15, rafraîchir, calmer, rien dans la bouche.\n- **Un doute sur ce qui a été avalé** : le **centre antipoison** répond jour et nuit et dit quoi faire.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes opioïdes, l'alcool, les somnifères et les anxiolytiques ralentissent tous la respiration. **Mélangés, leurs effets s'additionnent** : la plupart des surdoses mortelles viennent d'un mélange.\n\nAppeler est toujours la bonne décision : les secours sont là pour soigner. La honte a tué plus de gens que les produits.","langue":"fr"},{"id":"URG-SERP-001","titre":"Morsure de serpent","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["serpent","vipere","morsure","venin","immobilisation","antivenin","urgence"],"sources":["Centres antipoison de France, envenimations par les vipères","Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the management of snakebites, 2e édition, 2016","de Haro L., Vipères de France : envenimations et prise en charge, Presse médicale"],"corps":"::On ne coupe pas, on n'aspire pas, on ne pose pas de garrot. Tout ce qu'on voit dans les films aggrave une morsure. On immobilise, on calme, on transporte.::\n\n## AGIR\n\n1. **Éloignez-vous du serpent**, ne cherchez pas à l'attraper. Une photo de loin si c'est sans risque.\n2. **Allongez la victime et calmez-la** : l'agitation accélère la diffusion du venin.\n3. **Retirez bagues, bracelets, montre et chaussure** du membre mordu avant qu'il gonfle.\n4. **Immobilisez le membre** avec une attelle ou une écharpe, comme pour une fracture ([[URG-FRAC-001]]), à hauteur du cœur.\n5. **Appelez le 15.** Notez l'heure de la morsure.\n6. **Transportez-la** sans la faire marcher si possible.\n\n**À ne pas faire** : inciser, aspirer (à la bouche ou avec un appareil), garrot, glace, alcool, produits sur la plaie.\n\n## ADAPTER\n\n**En Europe (vipères)** : la moitié des morsures sont « sèches », sans venin. Une envenimation se reconnaît en une à deux heures : douleur forte, gonflement qui s'étend, ecchymoses, puis parfois malaise, vomissements, chute de tension. Le sérum antivenimeux existe dans les hôpitaux et fonctionne très bien : les décès sont rarissimes.\n\n**En Australie et pour certains serpents tropicaux** (cobras, mambas, serpents de mer) : un **bandage compressif** de tout le membre, des doigts vers le haut, avec une attelle, est recommandé. Pas pour les vipères, dont le venin abîme les tissus sur place.\n\n**Un enfant** ou une personne âgée : le venin est plus dangereux pour un petit poids ; appel immédiat, même si la morsure paraît banale.\n\n**Loin de tout secours** : immobilisation stricte, repos, eau en petites quantités, et surveillance du gonflement (marquez-en le bord au stylo toutes les heures). Évacuez si les signes progressent.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes vipères d'Europe n'attaquent pas : elles mordent quand on marche dessus ou qu'on met la main là où elles se cachent (tas de bois, pierres, hautes herbes). **Chaussures montantes, pantalon long, un bâton qui tape le sol devant soi, et regarder où l'on pose les mains** évitent l'essentiel des morsures.\n\nAspirer ou inciser ne retire pas le venin, qui se diffuse en quelques secondes, et ajoute une infection. Le garrot concentre le venin dans le membre et peut le faire perdre. Le seul traitement réel est le sérum, à l'hôpital.\n\nLes autres animaux dangereux : [[SURV-ANI-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-021","titre":"Brûlure par produit chimique","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["brulure chimique","acide","base","ciment","chaux","soude","rincage","acide fluorhydrique","antipoison"],"sources":["European Resuscitation Council Guidelines 2021: First aid (brûlures chimiques)","Centres antipoison de France","INRS, acide fluorhydrique : risques et premiers secours"],"corps":"::Un ouvrier qui reste agenouillé des heures dans du béton frais peut se réveiller le lendemain avec des brûlures profondes aux genoux : le ciment mouillé est une base qui ronge lentement, sans douleur au début. Les produits chimiques continuent de brûler tant qu'ils sont sur la peau. Le geste qui sauve est le même presque toujours : de l'eau, beaucoup, longtemps.::\n\n## AGIR\n\n1. **Se protéger** : gants, et on ne touche pas le produit à mains nues.\n2. **Les poudres sèches** (chaux, ciment en poudre, soude en paillettes) : **les brosser d'abord**, à sec, avant de rincer.\n3. **Retirer les vêtements, bijoux, chaussures** touchés, en les coupant si besoin.\n4. **Rincer à l'eau** tiède ou fraîche, en abondance, **au moins 20 minutes**, plus longtemps pour les bases (soude, chaux, ciment, déboucheurs). Sous la douche, au tuyau d'arrosage.\n5. **Appeler** le 15 ou le centre antipoison, avec **l'étiquette ou le flacon**.\n6. **Couvrir** ensuite d'un pansement propre, sans pommade.\n\n**Dans l'œil** : [[URG-SEC-016]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais neutraliser** (vinaigre sur une base, bicarbonate sur un acide) : la réaction chauffe et aggrave la brûlure.\n- **L'acide fluorhydrique** (certains antirouilles, nettoyants pour jantes, produits de gravure du verre) : la douleur peut n'apparaître que des heures plus tard, et il attaque en profondeur. **Urgences tout de suite**, en le disant : il existe un traitement spécifique.\n- **Une grande surface brûlée**, un enfant, une brûlure du visage, des mains ou des parties génitales : le 15.\n- **Un produit avalé** : ne pas faire vomir, le 15. Voir [[URG-SEC-003]].\n- **Des vapeurs respirées** : à l'air libre, le 15 si la gêne persiste. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn acide ou une base détruit les tissus tant qu'il est présent : l'eau le dilue et l'emporte. Les bases (soude, chaux, ciment) pénètrent plus profondément et plus longtemps que la plupart des acides, d'où un rinçage plus long. Les produits du quotidien qui brûlent : [[TEC-CHI-006]].\n\nLes brûlures par la chaleur : [[URG-BRUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-020","titre":"Veiller un blessé pendant des jours","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["surveillance","blesse","constantes","fiche de surveillance","urines","escarres","infection","evacuation impossible"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, CICR, Basic Emergency Care: approach to the acutely ill and injured, 2018","Giannou C., Baldan M., La chirurgie de guerre, volume 1, CICR, 2010","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe"],"corps":"::Quand l'hôpital est à trois jours, ou qu'il n'y en a plus, le secouriste devient infirmier. Ce qui sauve alors n'est pas un geste héroïque : c'est une feuille de papier où l'on note, toutes les quelques heures, le pouls, la respiration et les urines. Un blessé qui s'aggrave le dit toujours d'abord par les chiffres.::\n\n## AGIR\n\n**La feuille de surveillance**\n\nUne feuille par blessé, avec l'heure, et toutes les deux à quatre heures (plus souvent au début) :\n\n- **La conscience** : éveillé, répond à la voix, répond à la douleur, ne répond pas.\n- **La respiration** par minute.\n- **Le pouls** par minute. Voir [[TEC-SAN-016]].\n- **La température**, la couleur et la chaleur de la peau.\n- **Les urines** : combien de fois, quelle couleur.\n- **La douleur**, de 0 à 10.\n- **Ce qu'il a bu, mangé**, et les médicaments donnés.\n\n**Les signes qui doivent alarmer**\n\n- respiration ou pouls **qui accélèrent** d'une fois sur l'autre ;\n- **confusion** nouvelle, somnolence ;\n- mains et pieds **froids**, peau marbrée ;\n- **urines rares et foncées** ;\n- **fièvre**, plaie qui rougit, sent mauvais ou coule ;\n- douleur qui **augmente** au lieu de diminuer.\n\nOn cherche alors par tous les moyens une évacuation.\n\n## ADAPTER\n\n- **Boire** : par petites gorgées régulières, s'il est conscient et n'a pas de plaie au ventre. Une solution de réhydratation si on en a. Voir [[TEC-SAN-011]].\n- **Bouger** : le tourner toutes les deux ou trois heures, bouger ses jambes, le faire asseoir dès que possible. Voir [[TEC-SAN-025]] pour les escarres.\n- **Les plaies** : regardées et nettoyées chaque jour. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **L'hygiène** : bassin, toilette, bouche nettoyée, mains lavées avant et après chaque soin.\n- **La douleur** : soulagée à heures fixes plutôt qu'à la demande. Voir [[TEC-SAN-029]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLes blessés meurent rarement de ce qu'on voit. Ils meurent d'un saignement qui continue lentement, d'une infection qui s'installe, d'une déshydratation, d'un caillot. Tout cela se lit dans les tendances des chiffres avant de se voir sur le visage. **Le moral compte aussi** : parler au blessé, lui expliquer, ne pas le laisser seul.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-019","titre":"Blessures par balle et par éclat","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["balle","eclat","explosion","garrot","compression","packing","march","hypothermie","gestes qui sauvent"],"sources":["Committee on Tactical Combat Casualty Care, TCCC Guidelines","American College of Surgeons, Stop the Bleed","Ministère de l'Intérieur, formation Gestes qui sauvent"],"corps":"::Dans les attentats et les guerres, la première cause de mort évitable est simple : le saignement d'un membre, qu'un garrot aurait arrêté. Après les attentats de 2015, la France a créé une formation gratuite de deux heures, les Gestes qui sauvent. Ce qui suit en est l'essentiel.::\n\n## AGIR\n\n**La sécurité avant tout** : on ne soigne pas sous le feu. S'abriter, fuir, alerter. Voir [[URG-ATT-001]].\n\nPuis, dans l'ordre que suivent les secouristes militaires :\n\n1. **Le saignement massif** : c'est lui qui tue en quelques minutes.\n   - **Bras ou jambe** : garrot haut et serré, ou compression très forte. Voir [[URG-HEMO-001]].\n   - **Aine, aisselle, cou**, où le garrot ne tient pas : **bourrer la plaie** de tissu ou de compresses, tout au fond, puis **appuyer de tout son poids** au moins trois minutes, sans relâcher pour regarder.\n2. **Les voies aériennes** : une personne inconsciente qui respire, sur le côté.\n3. **La respiration** : une plaie de la poitrine, voir [[URG-SEC-015]].\n4. **Le choc** : allongé, jambes surélevées si possible. Voir [[URG-SEC-010]].\n5. **Le froid** : couvrir, isoler du sol, même en été. Un blessé qui se refroidit saigne davantage.\n\n**Chercher toutes les plaies** : une balle peut ressortir loin de son entrée. On retourne le blessé avec précaution pour regarder le dos, les aisselles, l'entrejambe.\n\n## ADAPTER\n\n**Après une explosion**\n\n- **Les oreilles** : surdité, sifflements. Il faut parler fort et face au blessé.\n- **Les poumons** : le souffle peut les abîmer sans plaie visible. Un essoufflement qui apparaît **des heures plus tard** est une urgence.\n- **Les éclats** : nombreux, petits, parfois profonds. On ne les extrait pas.\n- **Les brûlures** : voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Beaucoup de blessés** : trier. Voir [[URG-SEC-008]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUne balle ne fait pas un trou propre : elle déchire, tourne, casse les os qui deviennent à leur tour des projectiles. Une petite entrée peut cacher de gros dégâts. Tout blessé par balle doit être opéré ou au moins vu par un chirurgien, même s'il marche.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-018","titre":"Un membre ou un doigt arraché","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["amputation","doigt coupe","garrot","reimplantation","glace","sac","sos mains"],"sources":["Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe, section de membre","FESUM, Fédération européenne des services d'urgence de la main, conduite à tenir devant une amputation digitale","American College of Surgeons, Stop the Bleed"],"corps":"::Un doigt coupé, bien conservé au froid, peut souvent être recousu des heures plus tard par un chirurgien de la main. Ce qui compte, c'est de sauver d'abord la personne, puis le morceau : dans cet ordre, et avec un sac, de l'eau et de la glace.::\n\n## AGIR\n\n**Sauver la personne**\n\n1. **Le 15.**\n2. **Arrêter le saignement** : appuyer fort sur la plaie. Si ça ne suffit pas pour un bras ou une jambe, **garrot** quelques centimètres au-dessus, serré jusqu'à l'arrêt du saignement, **heure notée**. Voir [[URG-HEMO-001]].\n3. **Couvrir le moignon** d'un pansement propre.\n4. **Allonger**, couvrir, surveiller le choc. Voir [[URG-SEC-010]].\n\n**Sauver le morceau**\n\n1. Le ramasser, **sans le laver ni le frotter**.\n2. L'envelopper dans une **compresse ou un tissu propre légèrement humide**.\n3. Le mettre dans un **sac plastique fermé**.\n4. Poser ce sac dans **un deuxième sac ou un récipient avec de l'eau et de la glace**.\n5. **Jamais** directement sur la glace, ni dans l'eau : le gel et l'eau abîment les tissus.\n6. Écrire le nom et l'heure, et le faire partir **avec le blessé**.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une partie encore attachée** par un lambeau : ne pas couper, remettre en position, pansement, et froid autour sans contact direct.\n- **Doigt ou main** : les centres spécialisés (SOS Mains) prennent en charge nuit et jour. Les secours savent où aller.\n- **Sans évacuation possible** : arrêter le saignement, nettoyer, panser, surveiller l'infection. Le morceau est perdu, la personne ne l'est pas. Voir [[URG-SEC-020]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn doigt refroidi peut souvent être réimplanté jusqu'à douze heures après, parfois plus ; un membre entier, beaucoup moins longtemps, car les muscles meurent vite. Sans froid, les délais fondent. Le froid est donc le meilleur allié, à condition de ne pas geler.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-017","titre":"Les écrasements","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["ecrasement","crush syndrome","decombres","seisme","membre coince","reins","potassium","urines foncees"],"sources":["Bywaters E.G.L., Beall D., Crush injuries with impairment of renal function, British Medical Journal, 1941","Sever M.S., Vanholder R. et al., Recommendations for the management of crush victims in mass disasters, Nephrology Dialysis Transplantation, 2012","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe"],"corps":"::Pendant le Blitz de Londres, en 1941, des médecins remarquent que des gens sortis vivants des décombres, apparemment en bon état, meurent quelques heures ou quelques jours plus tard. Le muscle écrasé longtemps libère ses poisons d'un coup quand on le dégage. On appelle ça le syndrome d'écrasement.::\n\n## AGIR\n\n1. **La sécurité d'abord** : un bâtiment effondré peut s'effondrer encore. Voir [[SURV-CRI-002]].\n2. **Le 15** ou le 112, en précisant qu'une personne est coincée et depuis combien de temps.\n3. **Coincée depuis moins d'un quart d'heure** : dégager tout de suite.\n4. **Coincée depuis plus longtemps** :\n   - **si les secours arrivent**, les attendre pour dégager ensemble : ils préparent une perfusion et surveillent le cœur au moment où la pression se libère ;\n   - **si personne ne viendra**, dégager quand même. Faire boire beaucoup, par petites gorgées, si la personne est consciente et avale bien.\n5. **Arrêter les saignements**, couvrir, garder au chaud. Voir [[URG-HEMO-001]].\n6. **Noter l'heure** de l'écrasement et de la libération.\n\n## ADAPTER\n\n**Après la libération, surveiller** :\n\n- **Les urines** : peu abondantes, **foncées comme du coca**, c'est le muscle détruit qui passe dans les reins. Il faut un hôpital, souvent une dialyse.\n- **Le cœur** : malaise, pouls irrégulier, perte de connaissance. Voir [[URG-CARD-001]].\n- **Le membre** : douleur énorme, membre dur, tendu, froid ou insensible. Les muscles gonflent dans leur gaine et s'étouffent : ça s'opère.\n\n**Dans une catastrophe**, les écrasés font partie des blessés qu'on trie en priorité pour l'évacuation vers un hôpital équipé. Voir [[URG-SEC-008]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn muscle écrasé meurt et accumule du potassium et des débris de muscle. Tant que la pression dure, ils restent sur place. **Dès qu'on la relâche**, ils partent dans le sang : le potassium peut arrêter le cœur, les débris bouchent les reins. Boire beaucoup, ou mieux une perfusion, dilue le poison et protège les reins.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-016","titre":"Les yeux blessés","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["oeil","brulure chimique","rincage","chaux","ciment","coup","objet plante","vision"],"sources":["European Resuscitation Council Guidelines 2021: First aid (brûlures chimiques de l'œil)","Société française d'ophtalmologie, urgences oculaires","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours"],"corps":"::Une giclée de ciment ou de chaux dans l'œil est plus grave qu'une giclée d'acide : les produits basiques continuent de ronger longtemps après le contact. Dans les deux cas, les premières secondes comptent plus que tout ce qui suivra. On rince, on rince, et on rince encore.::\n\n## AGIR\n\n**Un produit chimique** (ciment, chaux, soude, eau de Javel, acide, produit ménager)\n\n1. **Rincer tout de suite**, à l'eau du robinet, d'une bouteille, d'un tuyau, **au moins 15 à 20 minutes**, en maintenant les paupières ouvertes.\n2. Tête penchée **du côté de l'œil touché**, pour que l'eau ne coule pas dans l'autre.\n3. **Retirer les lentilles** si possible.\n4. **Urgences ou ophtalmologiste** ensuite, avec le nom du produit.\n\n**Un coup** (poing, balle, branche)\n\n- Une compresse **froide**, posée sans appuyer.\n- **Consulter vite** si : vue qui baisse, vision double, sang visible dans l'œil, douleur forte, œil qui ne bouge plus normalement.\n\n**Un objet planté dans l'œil**\n\n1. **Ne rien retirer**, ne pas appuyer.\n2. Poser un **gobelet** ou le fond d'une bouteille coupée autour de l'œil, sans toucher l'objet, fixé avec du ruban adhésif.\n3. **Couvrir aussi l'autre œil** : les deux yeux bougent ensemble, fermer l'œil sain empêche l'œil blessé de bouger.\n4. Urgence, allongé.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une poussière, un moucheron** : voir [[URG-SEC-013]].\n- **Les brûlures par la lumière** (soudure, neige) : voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Ne jamais frotter**, ni mettre de collyre au hasard.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa cornée, la vitre transparente de l'œil, n'a pas de vaisseaux : elle cicatrise vite quand elle est égratignée, mais une brûlure chimique ou une plaie profonde peuvent la rendre opaque pour toujours. Protéger ses yeux coûte deux euros : **des lunettes de protection** pour meuler, bricoler, manier la chaux et les produits ménagers.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-015","titre":"Blessures au ventre et à la poitrine","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["thorax","abdomen","plaie soufflante","objet plante","eviscération","cotes cassees","hemorragie interne"],"sources":["European Resuscitation Council Guidelines 2021: First aid","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours en équipe","Committee on Tactical Combat Casualty Care, TCCC Guidelines (plaies thoraciques)"],"corps":"::Un couteau planté dans le ventre ne se retire pas : il bouche peut-être le vaisseau qu'il a coupé. Et un pansement parfaitement étanche sur une plaie de poitrine peut tuer, en piégeant l'air autour du poumon. Les bons gestes sont souvent contre-intuitifs.::\n\n## AGIR\n\n**Toujours d'abord** : le 15, arrêter les saignements visibles, surveiller l'état de choc. Voir [[URG-HEMO-001]] et [[URG-SEC-010]].\n\n**Un objet planté** (couteau, morceau de verre, branche)\n- **Ne jamais le retirer.**\n- Le **caler** avec des tissus roulés tout autour, pour qu'il ne bouge plus, et bander par-dessus.\n\n**Une plaie de la poitrine**\n- **Laisser la plaie à l'air**, ou la couvrir d'une compresse **non collée sur tous les bords** : l'air doit pouvoir ressortir.\n- Personne consciente : **demi-assise**, c'est là qu'elle respire le mieux.\n- **Essoufflement qui s'aggrave**, lèvres bleues, veines du cou gonflées : l'air s'accumule autour du poumon. Si un pansement a été posé, le décoller d'un côté.\n\n**Une plaie du ventre**\n- **Allongé sur le dos, jambes pliées** (un sac ou une couverture sous les genoux) : le ventre se détend.\n- **Des organes sortent** : **ne pas les rentrer**. Les couvrir d'un linge propre **humide**, puis d'un plastique, et garder au chaud.\n- **Rien à manger ni à boire** : il faudra peut-être opérer.\n\n## ADAPTER\n\n**Côtes cassées** : douleur vive à la respiration, à la toux. On ne serre pas la poitrine avec un bandage (le poumon doit se déplier), on soulage la douleur, on fait respirer profondément de temps en temps. Voir [[TEC-SAN-029]].\n\n**Le choc sans plaie visible** (chute, accident, coup violent) : pâleur, sueurs froides, pouls rapide, soif, ventre dur ou qui gonfle, **douleur dans l'épaule gauche** (la rate) : on saigne à l'intérieur. Urgence absolue, allongé, jambes surélevées, au chaud.\n\n## COMPRENDRE\n\nCe qui tue dans ces blessures, c'est **le saignement caché** et **l'air qui comprime le poumon**. Ni l'un ni l'autre ne se soignent sur place : le rôle du secouriste est de ne rien aggraver, de garder la personne au chaud, et de la faire évacuer vite.\n\nExaminer une victime : [[URG-SEC-001]]. Les blessures par balle : [[URG-SEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-014","titre":"Soigner sans matériel","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["improvisation","attelle","echarpe","brancard","garrot","compresse","serum physiologique","secourisme"],"sources":["Référentiel PSC1 et PSE1, matériels de fortune","Wilderness Medical Society, Practice Guidelines for Improvised Equipment","Tactical Combat Casualty Care (TCCC), garrots improvisés"],"corps":"::Les secouristes de montagne, les médecins de guerre et les soignants des catastrophes font tous la même chose : ils regardent autour d'eux et transforment ce qu'ils voient. Un tee-shirt, deux bâtons et un magazine valent une trousse.::\n\n## AGIR\n\n| Il faut | On improvise avec |\n|---|---|\n| **Une compresse** | Un linge propre, une serviette hygiénique (stérile et très absorbante), un tissu repassé au fer chaud (la chaleur désinfecte la surface) |\n| **Une bande** | Des bandes découpées dans un tee-shirt, un drap, un collant |\n| **Une attelle** | Un magazine roulé, un carton plié, deux bâtons, un oreiller, une planche ; on immobilise l'articulation au-dessus et au-dessous de la fracture. Voir [[URG-FRAC-001]] |\n| **Une écharpe** | Le pan d'une chemise relevé et épinglé, une veste boutonnée, un foulard triangulaire |\n| **Un brancard** | Deux perches glissées dans deux ou trois vestes fermées, ou une couverture roulée autour de deux perches. Voir [[URG-SEC-006]] |\n| **Du froid** | Un sachet de légumes surgelés, un linge mouillé au vent, de l'eau froide ; jamais la glace directement sur la peau |\n| **Du sérum physiologique** | Une cuillère à café rase de sel dans un demi-litre d'eau bouillie refroidie |\n| **Une solution de réhydratation** | Un litre d'eau, six cuillères à café de sucre, une demi de sel. Voir [[TEC-SAN-011]] |\n| **Un film pour une brûlure** | Du film alimentaire, posé en couches sans serrer, après refroidissement. Voir [[URG-BRUL-001]] |\n\n### Le garrot improvisé\n\n**Seulement pour un saignement massif d'un bras ou d'une jambe** que la compression ne peut pas arrêter. Voir [[URG-HEMO-001]].\n\n1. **Une bande de tissu large**, au moins 4 à 5 cm (cravate, ceinture de tissu, écharpe pliée), jamais un fil ou une ficelle qui coupe.\n2. **Quelques centimètres au-dessus de la plaie**, entre la plaie et le cœur, jamais sur une articulation.\n3. **Un nœud**, un bâton glissé dans le nœud, qu'on tourne jusqu'à ce que **le saignement s'arrête**.\n4. **On bloque le bâton**, et on **note l'heure** sur la peau ou le front du blessé.\n5. **On ne le desserre plus**, et on évacue.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas d'eau propre pour rincer une plaie** : de l'eau du robinet ou de l'eau bouillie refroidie ; l'eau d'une bouteille neuve ; en dernier recours, une eau claire, mieux que rien pour chasser la terre. Voir [[URG-SEC-009]].\n\n**Pas de thermomètre** : le dos de la main sur la nuque ou le ventre, et surtout les autres signes. Voir [[TEC-SAN-016]].\n\n**Pas de gants** : des sacs plastiques propres sur les mains.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe matériel de secours ne fait que remplacer quelques fonctions simples : absorber, comprimer, immobiliser, protéger, transporter. Quand on pense en fonctions plutôt qu'en objets, on trouve toujours quelque chose autour de soi. La trousse de référence : [[TEC-SAN-008]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-013","titre":"Un corps étranger dans l'œil","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["oeil","poussiere","projection","produit chimique","rincage","meulage","secourisme"],"sources":["Référentiel PSC1, atteintes de l'œil","American Academy of Ophthalmology, Eye injuries : first aid","INRS, accidents oculaires au travail (projections et meulage)"],"corps":"::On ne frotte jamais un œil qui a quelque chose dedans : on transforme une poussière en rayure. On rince, longtemps, et on sait quand il faut arrêter de bricoler.::\n\n## AGIR\n\n**Une poussière, un moucheron, un grain de sable**\n\n1. **Ne frottez pas.** Retirez les lentilles de contact s'il y en a.\n2. **Clignez** plusieurs fois : les larmes font souvent le travail.\n3. **Rincez** à l'eau propre ou au sérum physiologique : la tête penchée sur le côté de l'œil touché, un filet d'eau du coin intérieur vers l'extérieur, plusieurs minutes.\n4. **Sous la paupière supérieure** : tirez-la doucement vers le bas par-dessus la paupière inférieure, puis relâchez : les cils du bas balaient le dessous.\n5. **Visible sur le blanc de l'œil** : le coin d'un linge propre humide ou un coton-tige mouillé l'enlève en effleurant, sans jamais toucher la partie colorée.\n\n**Un produit chimique**\n\n**Rincez immédiatement, à grande eau, pendant 15 à 20 minutes**, paupières bien écartées, même si ça fait mal. Chaque seconde compte, surtout pour les produits basiques (soude, ciment, chaux, déboucheurs) qui continuent de ronger. Puis le 15. Voir [[TEC-CHI-006]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un objet planté dans l'œil** : **ne le retirez pas.** Couvrez l'œil avec un gobelet ou un cône en carton sans appuyer, **et couvrez aussi l'autre œil** : les deux yeux bougent ensemble, et fermer l'œil sain empêche l'œil blessé de bouger. Hôpital tout de suite.\n\n**Un éclat de métal de meulage** : il s'incruste et fait une tache de rouille en quelques heures. Consultation le jour même.\n\n**Le coup d'arc** (soudure sans masque) : la douleur arrive quelques heures après, comme du sable dans les yeux. Compresses froides, obscurité, et consultation.\n\n**Ça fait toujours mal après avoir tout enlevé**, la vue baisse, l'œil rougit de plus en plus : il y a peut-être une rayure ou un corps étranger resté. Consultez.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa surface de l'œil (la cornée) est très sensible et cicatrise vite quand elle est simplement éraflée, mais un frottement sur un grain dur la raye en profondeur, et une infection peut s'y installer. Le rinçage est le seul geste sans risque ; tout le reste se fait doucement, et on s'arrête dès que ce n'est pas simple.\n\n**La prévention** : des lunettes de protection pour meuler, tronçonner, débroussailler, manipuler des produits ménagers forts. Elles coûtent moins qu'un œil.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-012","titre":"Réanimer un enfant ou un bébé","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["reanimation","enfant","bebe","nourrisson","massage cardiaque","insufflations","arret cardiaque"],"sources":["European Resuscitation Council, Paediatric Life Support Guidelines 2021","Référentiel PSC1, arrêt cardiaque chez l'enfant et le nourrisson","American Heart Association, Pediatric Basic Life Support 2020"],"corps":"::Chez l'enfant, le cœur s'arrête presque toujours parce que la respiration s'est arrêtée d'abord. C'est pourquoi on commence par souffler, avant de masser.::\n\n## AGIR\n\n**L'enfant ne réagit pas et ne respire pas (ou respire mal, par à-coups)**\n\n1. **Appelez à l'aide.** Téléphone en haut-parleur posé à côté de vous, **15 ou 112**. Seul et sans téléphone : faites une minute de réanimation, puis allez appeler.\n2. **Basculez la tête en arrière** doucement, menton relevé. Chez le **bébé**, la tête reste en position neutre, à plat.\n3. **Cinq insufflations** :\n   - **enfant** : bouche à bouche, nez pincé ;\n   - **bébé** : votre bouche couvre **sa bouche et son nez** en même temps.\n   Soufflez juste assez pour voir la poitrine se soulever, une seconde par souffle.\n4. **Massage cardiaque**, au milieu de la poitrine, sur la moitié inférieure du sternum :\n   - **bébé** (moins d'un an) : **deux doigts**, ou les deux pouces en encerclant le thorax, **4 cm** de profondeur ;\n   - **enfant** : **une main**, ou deux pour un grand enfant, **5 cm** de profondeur, un tiers de l'épaisseur du thorax.\n   Rythme : **100 à 120 par minute**.\n5. **30 compressions, 2 insufflations**, sans vous arrêter, jusqu'à l'arrivée des secours ou la reprise d'une respiration normale.\n6. **Un défibrillateur** : utilisez-le dès qu'il arrive. Il fonctionne chez l'enfant, avec des électrodes pédiatriques si elles existent, sinon adultes, l'une devant et l'autre dans le dos pour un petit.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne voulez ou ne pouvez pas faire le bouche-à-bouche** : massez quand même, sans vous arrêter. C'est toujours mieux que rien.\n\n**Il a avalé quelque chose et s'étouffe** : c'est une autre conduite, voir [[URG-ETOU-001]].\n\n**Noyade** : les insufflations sont encore plus importantes, commencez par elles. Voir [[URG-SEC-002]].\n\n**Il reprend une respiration normale** : position latérale de sécurité (un bébé se tient dans les bras, sur le côté, tête plus basse que le corps), et surveillance continue.\n\n## COMPRENDRE\n\nChez l'adulte, l'arrêt cardiaque vient souvent du cœur lui-même, et le sang contient encore de l'oxygène : on masse d'abord. Chez l'enfant, il vient le plus souvent d'un manque d'oxygène (noyade, étouffement, infection respiratoire) : **le sang est déjà vide d'oxygène**, et masser sans souffler ne fait circuler que du sang inutile. D'où les cinq insufflations du départ.\n\nLa réanimation d'un adulte : [[URG-CARD-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-011","titre":"Blessure à la colonne vertébrale","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["colonne","nuque","dos","moelle epiniere","paralysie","maintien tete","chute"],"sources":["Référentiel PSC1 et PSE1, traumatisme du dos et du cou","European Resuscitation Council, First Aid Guidelines 2021 (restriction des mouvements du rachis)","Wilderness Medical Society, Spinal Cord Protection in the Austere Environment, 2014"],"corps":"::Une colonne cassée se soigne. Une moelle écrasée ne se répare pas. Entre les deux, il y a la façon dont on bouge le blessé dans les premières minutes.::\n\n## AGIR\n\n**Y penser** après toute chute de plus que sa hauteur, un plongeon en eau peu profonde, un accident de voiture ou de moto, un choc violent à la tête, un écrasement, ou quand la victime se plaint du cou ou du dos, de fourmillements, de faiblesse ou de perte de sensibilité dans les bras ou les jambes.\n\n1. **Dites-lui de ne pas bouger**, surtout pas la tête.\n2. **Tenez sa tête** à deux mains, de chaque côté, dans l'axe du corps, sans tirer, dans la position où vous la trouvez. Mettez-vous à genoux, bien calé : vous tiendrez peut-être longtemps.\n3. **Appelez le 15** et gardez la tête jusqu'à l'arrivée des secours.\n4. **Couvrez-la** contre le froid sans la bouger.\n\n## ADAPTER\n\n**Elle ne respire pas** : la réanimation passe avant la colonne. Mettez-la sur le dos en la tournant d'un bloc, puis massage cardiaque, voir [[URG-CARD-001]].\n\n**Elle est inconsciente, respire, et vous devez la laisser ou elle vomit** : tournez-la sur le côté **d'un seul bloc**, tête, épaules et bassin ensemble, à plusieurs si possible (une personne tient la tête et donne le signal). Voir [[URG-INCO-001]].\n\n**Danger immédiat** (feu, eau, route) : dégagez-la en la tirant **dans l'axe du corps**, par les vêtements des épaules, la tête calée entre vos avant-bras. Voir [[URG-SEC-006]].\n\n**Dans l'eau après un plongeon** : maintenez-la face vers le haut, la tête dans l'axe, et sortez-la sur une planche ou en flottant, sans plier la nuque.\n\n**Loin de tout secours**, s'il faut transporter : immobilisez sur une surface rigide (porte, planche, brancard improvisé), la tête calée de chaque côté (vêtements roulés, sacs), attachée au niveau du front, des épaules, du bassin et des jambes. Des fourmillements ou une faiblesse qui apparaissent pendant le transport imposent de s'arrêter et de réaligner.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa moelle épinière passe dans un canal à l'intérieur des vertèbres. Une vertèbre fracturée peut rester stable, sans dégât, tant qu'on ne la déplace pas. Un mouvement de flexion ou de rotation mal placé peut pincer ou sectionner la moelle et laisser la personne paralysée pour toujours.\n\nC'est pourquoi on garde **la tête, le cou et le tronc alignés**, comme une seule pièce. Un blessé conscient qui bouge ses bras et ses jambes normalement et n'a mal nulle part est rassurant, mais l'alcool, la douleur ailleurs et la peur masquent souvent les signes.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-010","titre":"L'état de choc","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["choc","hemorragie","paleur","pouls","jambes surelevees","couverture","urgence"],"sources":["Référentiel PSC1 et PSE1, détresse circulatoire","European Resuscitation Council, First Aid Guidelines 2021 (position des victimes en état de choc)","American Red Cross, First Aid : shock"],"corps":"::Le blessé qui dit qu'il va bien, pâle, en sueur, qui a soif et parle un peu trop vite, est peut-être en train de se vider. Le choc se voit avant de devenir grave, si on sait regarder.::\n\n## AGIR\n\n**Reconnaître**\n\n- Peau **pâle, froide, moite** ; lèvres grisâtres.\n- **Pouls rapide et faible**, respiration rapide.\n- **Soif**, angoisse, agitation, puis somnolence, confusion.\n- Malaise quand on le redresse.\n\n**Faire**\n\n1. **Traitez la cause** : arrêtez le saignement, voir [[URG-HEMO-001]].\n2. **Allongez la victime** à plat, et **surélevez ses jambes** d'environ 30 cm si elle n'a ni fracture des jambes ni douleur du dos ou du bassin.\n3. **Couvrez-la**, dessous et dessus : elle perd sa chaleur vite, et le froid aggrave le choc. Isolez-la du sol.\n4. **Appelez le 15.**\n5. **Rien à boire ni à manger**, même si elle a soif : elle pourrait devoir être opérée. Mouillez-lui les lèvres.\n6. **Parlez-lui, rassurez-la**, restez avec elle, surveillez la respiration.\n\n## ADAPTER\n\n**Elle a du mal à respirer** : laissez-la dans la position où elle respire le mieux, souvent assise.\n\n**Elle perd connaissance et respire** : position latérale de sécurité, voir [[URG-INCO-001]]. **Elle ne respire plus** : [[URG-CARD-001]].\n\n**Allergie grave** (gonflement, plaques, difficulté à respirer) : c'est un choc anaphylactique, l'adrénaline passe avant tout, voir [[URG-ANA-001]].\n\n**Loin de tout secours pendant des heures** : si la personne est consciente, avale bien et qu'aucune opération n'est envisageable rapidement, de petites gorgées d'une solution de réhydratation valent mieux que rien. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe choc, c'est un corps qui ne reçoit plus assez de sang oxygéné : parce qu'il en a perdu (hémorragie, brûlures étendues, déshydratation), parce que les vaisseaux se sont dilatés d'un coup (allergie, infection grave) ou parce que le cœur pompe mal.\n\nLe corps se défend d'abord en serrant les vaisseaux de la peau (d'où la pâleur et le froid) et en accélérant le cœur. Ces signes apparaissent **avant** la chute de tension. C'est le moment où l'on peut encore agir. Surélever les jambes renvoie un peu de sang vers le cœur et le cerveau ; couvrir évite que le corps épuise ses dernières réserves à se réchauffer.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-009","titre":"Les plaies, nettoyer, fermer, surveiller","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["plaie","coupure","nettoyage","suture","strips","infection","pansement"],"sources":["Référentiel PSC1, les plaies","Fernandez R., Griffiths R., Water for wound cleansing, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2012","Wilderness Medical Society, Practice Guidelines for Wound Management in Austere Environments, 2014"],"corps":"::Une plaie mal nettoyée s'infecte, même bien fermée. Une plaie bien nettoyée guérit, même mal fermée. Le nettoyage fait les trois quarts du travail.::\n\n## AGIR\n\n1. **Arrêtez le saignement** : compresse ou tissu propre, pression ferme et continue pendant 10 minutes, sans regarder toutes les 30 secondes. Saignement abondant : [[URG-HEMO-001]].\n2. **Lavez-vous les mains**, ou mettez des gants.\n3. **Rincez la plaie à grande eau**, longtemps. L'eau du robinet potable convient aussi bien que le sérum. **C'est le volume et la pression qui nettoient** : une bouteille d'eau percée d'un petit trou dans le bouchon fait un jet parfait.\n4. **Retirez** la terre, les graviers, les échardes visibles, à la pince propre.\n5. **Savonnez autour** de la plaie, pas dedans, puis rincez.\n6. **Désinfectez** avec un antiseptique incolore (chlorhexidine). L'alcool et l'eau oxygénée abîment les tissus : pas dans une plaie ouverte.\n7. **Couvrez** : compresse propre, maintenue par un pansement ou une bande.\n\n## ADAPTER\n\n**Fermer ou laisser ouvert ?**\n\n- **On rapproche** une plaie **propre, nette, récente** (moins de 6 à 8 heures), dont les bords s'écartent : avec des **bandelettes adhésives** (Steri-Strip), posées en travers, sans tension, à quelques millimètres les unes des autres. À défaut, du ruban adhésif découpé en papillon.\n- **On ne ferme jamais** une plaie sale, une morsure, une plaie par écrasement, une plaie vieille de plus d'une journée ou une perforation profonde : couvrez-la, changez le pansement chaque jour, elle se refermera d'elle-même par le fond, plus lentement mais sans abcès.\n\n**Voir un soignant** : plaie profonde qui laisse voir la graisse, un muscle ou un os ; plaie au visage, à la main, sur une articulation ; saignement qui ne s'arrête pas ; corps étranger enfoncé (ne le retirez pas) ; morsure ([[TEC-SAN-013]]) ; tétanos pas à jour ([[TEC-SAN-012]]).\n\n**Surveiller les jours suivants** : rougeur qui s'étend, chaleur, gonflement, douleur qui augmente au lieu de diminuer, pus, traînée rouge qui remonte le membre, fièvre. C'est une infection : voir [[TEC-SAN-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLes bactéries d'une plaie viennent surtout de ce qui l'a faite et de la saleté qui y est restée. Diluer et chasser cette charge par un rinçage abondant réduit le risque d'infection plus que n'importe quel produit.\n\nUne plaie guérit en gardant un peu d'humidité sous un pansement : la croûte n'est pas obligatoire. Changer le pansement quand il est mouillé ou sale, et à chaque fois regarder l'aspect de la plaie : c'est ce suivi qui repère l'infection à temps.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-008","titre":"Trier plusieurs blessés","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["triage","urgence","hemorragie","priorite","secours","catastrophe"],"sources":["Méthode START — Simple Triage and Rapid Treatment, Newport Beach Fire Department","OTAN / doctrine MARCH pour la prise en charge de multiples blessés","Recommandations sur le triage préhospitalier en situation de victimes multiples","Sécurité civile — organisation des secours en nombre"],"corps":"::Quand il y a plus de blessés que de mains, sauver le plus de monde impose d'abandonner temporairement certains. C'est le geste le plus dur du secourisme, et ne pas le faire tue davantage.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le renversement\n\nFace à un seul blessé, on donne tout à cette personne. Face à dix blessés et deux sauveteurs, ce réflexe **tue les neuf autres** pendant qu'on s'acharne sur le premier trouvé — qui est rarement le plus urgent.\n\nLe triage inverse la logique : **on ne soigne pas encore, on classe.** Un premier passage rapide sur tout le monde, deux gestes vitaux seulement, une étiquette mentale par blessé. Le soin vient après, dans l'ordre qu'on a établi.\n\n### Pourquoi ça marche\n\nDeux faits sauvent le plus de vies en situation de masse, et ils sont contre-intuitifs.\n\n**Celui qui crie n'est pas le plus grave.** Pour crier, il faut respirer et avoir de la tension. Le blessé silencieux est souvent le prioritaire.\n\n**Deux causes de mort sont réversibles en quelques secondes** : une hémorragie qu'on comprime, et des voies aériennes qu'on ouvre. Ce sont les deux seuls gestes qu'on fait pendant le tri. Tout le reste attend.\n\n### Les quatre catégories\n\n- **Urgence absolue** — vit encore, mais mourra sans geste rapide. Hémorragie, détresse respiratoire, inconscience. C'est là qu'on met les moyens.\n- **Urgence relative** — blessé mais stable. Peut attendre sans mourir : fracture fermée, plaie sans saignement massif.\n- **Léger** — se déplace seul. On l'écarte, il peut même aider.\n- **Dépassé** — ne respire plus malgré une ouverture des voies aériennes. En masse et sans moyens, on passe. C'est la décision insupportable, et c'est celle qui libère les mains pour ceux qu'on peut sauver.\n\n## AGIR\n\n### 1. Sécuriser et compter\n\nUn coup d'œil sur la scène : y a-t-il encore un danger — feu, effondrement, fumée, électricité, tir ? **On n'entre pas dans une zone qui va faire de vous le blessé suivant.** Puis on estime le nombre de victimes et on appelle en le donnant : le nombre change tout ce qu'on enverra.\n\n### 2. Faire lever ceux qui peuvent\n\nUne phrase forte : « Tous ceux qui m'entendent et peuvent marcher, venez vers moi. » Ceux qui se lèvent sont les **légers** : d'un mot, vous venez de les trier et de les regrouper. Il en reste moins à examiner.\n\n### 3. Passer sur chaque blessé restant, dans l'ordre où on les atteint\n\nDix secondes par personne, pas plus. Trois questions, dans cet ordre :\n\n**Respire-t-il ?**\n- Non : on bascule la tête, menton soulevé. Toujours pas ? **Dépassé**, on passe.\n- Oui, mais très vite — au-delà d'une trentaine par minute — ou très lentement : **urgence absolue**.\n\n**A-t-il une circulation ?** Peau pâle et froide, sueurs, une hémorragie qui coule : **urgence absolue**, et là on s'arrête juste le temps de **comprimer le saignement** — c'est le seul soin du tri.\n\n**Répond-il à une question simple ?**\n- Non, confus ou inconscient : **urgence absolue**.\n- Oui, cohérent : **urgence relative**, on passe.\n\n### 4. Ne faire que deux gestes pendant le passage\n\n**Ouvrir les voies aériennes** d'un inconscient qui ne respire pas. **Comprimer une hémorragie** — la main du blessé lui-même, un témoin léger à qui on confie la pression, un garrot si l'on en a. Voir [[URG-HEMO-001]].\n\nRien d'autre. Pas de pansement soigné, pas d'attelle, pas de réconfort prolongé. **Chaque minute passée sur un blessé stable est une minute volée à un mourant.**\n\n### 5. Ensuite seulement, soigner dans l'ordre\n\nAbsolus d'abord, relatifs ensuite, et on **réévalue** régulièrement : un relatif peut basculer en absolu, un dépassé n'est jamais rouvert tant qu'il reste des vivants à traiter. Quand les secours arrivent, on transmet le compte par catégorie — c'est ce qui leur fait gagner le plus de temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul face à plusieurs blessés.** Le tri devient encore plus vital, pas moins. Faites lever les valides, passez sur les autres, comprimez et ouvrez, et acceptez que vous ne pourrez pas tout tenir. Confier une compression à un léger multiplie vos mains.\n\n**Il y a des enfants.** Ils comptent parmi les absolus plus vite — ils se dégradent brutalement et compensent longtemps avant de s'effondrer d'un coup. Un enfant silencieux et amorphe est un signal grave. Mais la règle de tri ne change pas : on ne sacrifie pas trois adultes sauvables pour un enfant dépassé.\n\n**Un blessé hurle et en cache un autre.** Le silencieux passe avant le bruyant. Répétez-vous-le, parce que l'instinct fait l'inverse.\n\n**La scène est un attentat, un tir, un carnage.** Le danger n'est pas fini et peut viser les secours. On ne trie que ce qu'on peut atteindre à couvert, on tire les blessés vers l'abri avant de soigner. Voir [[SURV-DEF-002]] et [[URG-SEC-006]].\n\n**Vous connaissez une des victimes.** C'est le piège émotionnel du tri : on s'acharne sur un proche dépassé pendant que des inconnus sauvables meurent. La règle existe précisément pour vous décharger de ce choix — suivez-la, elle a été écrite à froid pour ça.\n\n**Le tableau change.** Réévaluez tout le monde à chaque tour. Un tri n'est pas une photo, c'est un film : l'urgence relative qui saigne lentement finit par basculer, et il faut le voir avant.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**On classe avant de soigner.** Le premier passage ne sauve personne directement, et c'est lui qui sauve le plus de monde.\n\n**Deux gestes, pas plus, pendant le tri** : ouvrir, comprimer. Ce sont les deux morts réversibles.\n\n**Le plus dur est autorisé.** Passer un dépassé pour sauver trois absolus n'est pas un abandon, c'est l'arithmétique qui fait qu'il y a des survivants. C'est la même logique, poussée à l'extrême, que [[SURV-PSY-002]] : décider vite et juste sous une charge qui pousse à faire l'inverse.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-007","titre":"Accoucher sans médecin","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["accouchement","naissance","nouveau-ne","hemorragie","cordon","urgence"],"sources":["OMS — Prise en charge des complications de la grossesse et de l'accouchement, guide pour sages-femmes et médecins","OMS — Recommandations sur les soins intrapartum pour une expérience positive de l'accouchement","WHO Essential Newborn Care, séchage, contact peau à peau et clampage du cordon","Recommandations sur la prévention de l'hémorragie du post-partum"],"corps":"::Un accouchement n'est pas une opération, c'est un processus qui se déroule seul dans la très grande majorité des cas. Votre rôle est d'accompagner, de réchauffer l'enfant, et de ne pas nuire.::\n\n## AGIR\n\n### Avant\n\n**Appelez, même si la naissance est imminente** : on peut vous guider par téléphone, et les suites peuvent nécessiter des secours.\n\n**Lavez-vous les mains**, longuement. Gants s'il y en a. Rassemblez : linges propres et secs, une couverture, deux liens propres — lacets, bandes de tissu bouilli —, des ciseaux ou une lame passés à la flamme ou à l'eau bouillante, un récipient.\n\n**Laissez-la choisir sa position.** Sur le côté, à quatre pattes, semi-assise, accroupie : celle où elle est le mieux est la bonne. Ne l'allongez pas à plat sur le dos par principe.\n\n**Ne la faites pas pousser tant qu'elle n'en a pas l'envie irrépressible.** Cette envie arrive d'elle-même quand le moment est venu.\n\n### La naissance\n\n**1. Laissez la tête sortir lentement.** Vous posez une main à plat dessus pour freiner, sans serrer, sans tirer. Une sortie trop rapide déchire. Demandez-lui de haleter plutôt que de pousser à ce moment précis.\n\n**2. Une fois la tête dehors, passez un doigt autour du cou.** S'il y a le cordon, faites-le glisser doucement par-dessus la tête. S'il est trop serré, laissez : le corps sortira quand même dans la seconde qui suit.\n\n**3. Le corps vient seul.** L'enfant est extrêmement glissant. Soutenez, **ne tirez jamais.** Une épaule bloquée se débloque en faisant changer la mère de position — à quatre pattes, ou cuisses ramenées fort contre le ventre —, jamais en tirant sur l'enfant.\n\n**4. Posez-le immédiatement sur le ventre de sa mère, peau contre peau, et séchez-le vigoureusement** avec un linge sec. Changez de linge dès qu'il est mouillé, couvrez-le, et **couvrez-lui la tête** — c'est par là qu'il perd le plus.\n\n**Le séchage est aussi le geste qui le fait crier.** Un nouveau-né qui crie respire.\n\n**5. Le cordon attend.** Ne le coupez pas tout de suite : laissez passer une à trois minutes, ou attendez qu'il cesse de battre. Ensuite, deux liens serrés — un à environ dix centimètres du nombril, l'autre cinq centimètres plus loin — et coupez entre les deux. **Il n'y a aucune urgence à couper**, et rien de grave ne se produit si vous ne coupez pas du tout avant l'arrivée des secours.\n\n**6. Ne tirez jamais sur le cordon** pour faire venir le placenta.\n\n### Après — et c'est là que se joue le danger\n\n**Le placenta sort seul**, généralement dans les trente minutes. Gardez-le, il sera examiné.\n\n**Puis massez le ventre.** Une main à plat juste sous le nombril, vous cherchez une masse dure comme un pamplemousse : c'est l'utérus contracté. S'il est mou, **massez fermement en rond jusqu'à ce qu'il durcisse**, et recommencez toutes les quinze minutes pendant deux heures.\n\n**Mettez le bébé au sein.** La succion déclenche les contractions qui ferment les vaisseaux.\n\n**Ces deux gestes sont ce qui empêche l'hémorragie du post-partum, première cause mondiale de mort maternelle.** Ils sont gratuits, ils prennent deux minutes, et ils sauvent.\n\n**Surveillez le saignement.** Un saignement modéré est normal. Un saignement qui imbibe un linge en quelques minutes, une pâleur, un malaise : urgence absolue, jambes surélevées, massage utérin continu, secours immédiats. Voir [[URG-HEMO-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**L'enfant ne crie pas et reste mou.** Séchez plus fort, frottez le dos et la plante des pieds, dégagez la bouche et le nez. S'il ne respire toujours pas au bout d'une minute : **cinq insufflations douces** — juste le volume de vos joues, jamais celui de vos poumons — puis le protocole de [[URG-CARD-001]], version nourrisson. La quasi-totalité des nouveau-nés repartent avec le séchage et la stimulation.\n\n**Ce n'est pas la tête qui se présente.** Un pied, un siège, une main, ou un bout de cordon qui sort. **N'essayez rien.** Mettez-la à genoux, tête contre le sol, fesses en l'air — cette position réduit la pression. Secours en urgence absolue. Si c'est le cordon qui sort, ne le touchez pas et ne le repoussez pas.\n\n**Le travail dure et rien ne progresse.** Hydratez, laissez-la bouger et changer de position, ne faites pas pousser. Un travail long est fréquent ; ce qui inquiète, c'est le saignement, la fièvre, ou une douleur violente et permanente entre les contractions.\n\n**Il y a des saignements avant la naissance.** Ce n'est pas normal. Allongée sur le côté gauche, rien dans le vagin, secours immédiats.\n\n**Elle a des convulsions, des maux de tête violents, des troubles de la vue, un gonflement brutal du visage.** Ce sont les signes d'une complication grave de la grossesse. Protégez-la pendant la crise, couchez-la sur le côté, pénombre et calme, secours en urgence absolue.\n\n**Il fait froid.** C'est le premier danger pour l'enfant, et il est sous-estimé : un nouveau-né mouillé se refroidit en quelques minutes et n'a aucun moyen de se réchauffer. Peau à peau, linge sec, bonnet, couverture par-dessus les deux. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Ils sont deux.** Le second arrive généralement dans la demi-heure. Même conduite, et surveillance renforcée du saignement, qui est plus fréquent.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi si peu de gestes\n\nParce que l'essentiel est fait par le corps. Les interventions improvisées — tirer, appuyer sur le ventre, couper vite, aspirer systématiquement — **sont responsables de la plupart des dégâts évitables.** Ne rien faire de trop est une compétence ici.\n\nCe qui reste à votre charge tient en quatre choses : **du chaud et du sec pour l'enfant, un utérus qui se contracte, des mains propres, et une surveillance du saignement.**\n\n### Les trois causes de mort, et ce qui les prévient\n\n**L'hémorragie de la mère**, de loin la première : prévenue par le massage utérin et la mise au sein.\n\n**L'hypothermie du nouveau-né** : prévenue par le séchage immédiat, le peau à peau et le bonnet.\n\n**L'infection**, qui vient plus tard : prévenue par les mains lavées, le matériel propre, et le fait de ne rien introduire.\n\nTrois mécanismes, trois gestes simples, et aucun n'exige de matériel. C'est la même logique que dans [[MEM-ACC-004]] : **ce qui a fait chuter la mortalité n'est presque jamais la technique savante.**","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-006","titre":"Transporter un blessé","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["secourisme","brancard","portage","rachis","degagement","evacuation"],"sources":["Recommandations Premiers Secours — dégagements d'urgence et relevage","Prehospital Trauma Life Support, chapitres sur la mobilisation et l'immobilisation rachidienne","Manuels de secours en montagne, techniques de portage improvisé","INRS — Manutention manuelle, limites de charge"],"corps":"::La première question n'est pas comment transporter. C'est s'il faut le faire. Presque toujours, on fait venir les secours au blessé — et déplacer quelqu'un aggrave plus souvent que ça ne sauve.::\n\n## AGIR\n\n### D'abord, décidez\n\n**On ne déplace pas un blessé**, sauf pour trois raisons :\n\n- **Un danger immédiat sur place** : feu, fumée, eau qui monte, effondrement, circulation, électricité.\n- **Un geste vital impossible là où il est** : on ne masse pas quelqu'un coincé dans un fauteuil ou couché sur un lit mou.\n- **Aucun secours ne viendra**, et il faut l'amener vers de l'aide.\n\nDans tous les autres cas, on stabilise sur place, on couvre, on surveille. Voir [[URG-SEC-001]].\n\n### L'ordre des gestes, avant de bouger quoi que ce soit\n\n1. **L'hémorragie.** Une compression qui tient. Voir [[URG-HEMO-001]].\n2. **Les voies aériennes.** Voir [[URG-INCO-001]].\n3. **L'immobilisation** de ce qui est cassé. Voir [[URG-FRAC-001]].\n4. **Le froid.** Isolez du sol avant le transport, pas après.\n5. **Et seulement ensuite**, le déplacement.\n\n### Le dégagement d'urgence, quand il faut faire vite et seul\n\n**Par les vêtements.** On saisit le col ou les vêtements aux épaules, avant-bras de chaque côté de la tête pour la caler, et on traîne en reculant, dans l'axe du corps. C'est rustique, c'est rapide, et **ça maintient à peu près l'alignement tête-cou-tronc**, ce qui est l'essentiel.\n\n**Par les chevilles**, si le sol est lisse et qu'il faut sortir de quelques mètres. La tête n'est pas tenue : à réserver au danger immédiat.\n\n**On traîne, on ne porte pas**, et on traîne **dans l'axe du corps**, jamais en travers.\n\n### Porter, quand on est plusieurs\n\n**À deux, en chaise.** Chacun saisit son propre poignet et celui de l'autre pour former un siège. Le blessé doit être conscient et pouvoir se tenir. Pour des distances courtes.\n\n**À deux, avant-arrière.** L'un passe les bras sous les aisselles et croise sur le thorax, l'autre prend sous les genoux. Celui de la tête commande le mouvement, toujours.\n\n**Le brancard improvisé.** Deux perches solides de deux mètres, et deux ou trois vestes : on ferme les vestes, on rentre les manches à l'intérieur, on passe les perches dans les manches. C'est solide, ça se monte en deux minutes, et ça supporte un adulte. À défaut : une bâche, une couverture roulée sur ses bords, une porte, une échelle garnie.\n\n**Le travois**, pour un terrain long et meuble : deux perches en V, traverse, le blessé au milieu, les pointes traînant au sol. Voir [[SURV-REC-011]].\n\n### Les règles qui valent pour tout portage\n\n- **Quatre porteurs valent mieux que deux**, et deux relais valent mieux qu'un effort continu.\n- **Celui qui tient la tête dirige.** Il annonce, les autres exécutent. On se met d'accord sur le mot avant de soulever : « prêts, soulevez ».\n- **En pente, la tête reste en haut** — on monte tête la première, on descend pieds les premiers.\n- **Jamais en travers de l'épaule** quand on soupçonne une atteinte du dos ou du cou.\n- **On porte avec les jambes**, dos droit, charge près du corps. Un sauveteur qui se bloque le dos devient un deuxième blessé.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous soupçonnez une atteinte du rachis.** Chute de hauteur, accident violent, douleur à la nuque ou au dos, fourmillements, faiblesse dans un membre. **On ne déplace pas**, sauf danger immédiat. Si on n'a pas le choix : une main de chaque côté de la tête pour la maintenir dans l'axe, une traction très douce, et on fait tourner le corps **d'un seul bloc**, à trois ou quatre, au commandement de celui qui tient la tête. Voir [[URG-SEC-004]].\n\n**La personne est inconsciente mais respire.** Position sur le côté pendant tout le transport, pour que la langue et les vomissements ne ferment pas les voies aériennes.\n\n**Il y a une fracture ouverte ou un membre déformé.** Immobilisez avant de bouger, en englobant l'articulation au-dessus et celle en dessous. Ne réalignez pas, ne rentrez pas ce qui sort.\n\n**Il fait froid.** Le sol vide un corps immobile très vite. Isolez **dessous** avant tout, puis couvrez dessus. Un blessé refroidi saigne davantage et récupère moins bien. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Le trajet est long.** Faites des pauses avant l'épuisement, pas après. Surveillez la conscience et la respiration à chaque pause, parlez-lui en continu. Notez l'heure des gestes et l'évolution : ce qui sera transmis vaut autant que le transport.\n\n**Vous êtes seul avec quelqu'un de lourd.** N'essayez pas de porter. Traînez, ou installez-le au sec, au chaud, en position stable, et allez chercher de l'aide en notant précisément l'endroit. **Un sauveteur épuisé ou blessé transforme un problème en deux.**\n\n**C'est un enfant.** Il se porte, mais il se refroidit très vite et il paniquera moins si quelqu'un reste à hauteur de son visage et lui parle sans arrêt.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi l'immobilité est le choix par défaut\n\nUn corps blessé se stabilise. Le caillot qui s'est formé, l'os qui a trouvé une position, la colonne qui n'a pas bougé : chaque déplacement rouvre ces équilibres. Le transport est un geste qui coûte, et il ne se justifie que quand rester coûte davantage.\n\nC'est la même logique que dans [[URG-AIR-001]] et [[SURV-REC-004]] : **l'action par défaut est celle qui ne crée pas un deuxième problème.**\n\n### Ce qui fait vraiment la différence\n\nPas la technique de portage — elles se valent à peu près. **Ce qui change le résultat, c'est ce qui a été fait avant de soulever** : l'hémorragie arrêtée, les voies aériennes libres, le corps isolé du sol, et quelqu'un qui commande.\n\nUn brancard parfait derrière une hémorragie non comprimée n'apporte rien.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-005","titre":"Malaise et douleur thoracique","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","coeur","malaise","secourisme"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025","European Society of Cardiology — acute coronary syndromes guidelines","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France"],"corps":"::Une douleur dans la poitrine qui dure plus de quelques minutes et ne cède pas au repos se traite comme un problème cardiaque jusqu'à preuve du contraire.::\n\n## AGIR\n\n1. **Faites asseoir ou allonger**, dans la position où la personne respire le mieux. Souvent assise, dos calé, jambes fléchies. **Ne la faites pas marcher** et ne la laissez pas conduire.\n2. **Faites alerter les secours immédiatement.** C'est la seule action qui change réellement l'issue : le temps est du muscle cardiaque.\n3. **Desserrez ce qui serre** : col, ceinture, cravate.\n4. **Demandez si la personne suit un traitement pour le cœur** et si elle a un médicament prescrit pour ce type de crise. Aidez-la à le prendre si elle en a un, ne proposez jamais un médicament qui n'est pas le sien.\n5. **Restez auprès d'elle et parlez calmement.** L'angoisse aggrave la demande en oxygène du cœur.\n6. **Surveillez la conscience et la respiration sans interruption.** Si elles disparaissent, commencez immédiatement les compressions : voir [[URG-INCO-001]].\n7. **Repérez un défibrillateur** s'il y en a un à proximité et faites-le apporter.\n\n**Ne donnez rien à boire ni à manger.** Ne massez pas la poitrine d'une personne consciente.\n\n## ADAPTER\n\n**La douleur est typique** : serrement ou pesanteur au milieu de la poitrine, comme un étau, qui peut s'étendre au bras gauche, aux deux bras, à la mâchoire, au dos ou à l'estomac. Elle dure, elle ne change pas avec la respiration ni avec la position. Sueurs, pâleur, nausée, angoisse l'accompagnent souvent.\n\n**La douleur est atypique**, et c'est fréquent. Chez la femme, chez la personne âgée et chez la personne diabétique, l'infarctus se manifeste souvent sans douleur caractéristique : essoufflement inhabituel, fatigue brutale, malaise, douleur au creux de l'estomac, nausées. **Ces présentations sont sous-diagnostiquées précisément parce qu'elles ne ressemblent pas à l'image attendue.**\n\n**C'est un simple malaise.** Pâleur, sueurs, vue qui se trouble, sensation de partir. Allongez la personne et surélevez les jambes ; le retour à la normale est rapide. Si elle ne revient pas en quelques minutes, traitez-la comme un cas grave.\n\n**La douleur augmente à l'inspiration profonde ou change avec la position.** Cela oriente plutôt vers une cause respiratoire ou pariétale, souvent moins grave — mais un essoufflement soudain et intense, surtout après une immobilisation prolongée, est également une urgence.\n\n**Il fait très chaud ou très froid.** Un coup de chaleur et une hypothermie donnent aussi des malaises, avec des conduites opposées : voir [[URG-CHAL-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n\n**La personne refuse d'appeler les secours.** C'est extrêmement fréquent, par gêne ou par déni. Appelez quand même. Une alerte inutile ne coûte rien ; une alerte tardive coûte du muscle cardiaque irrécupérable.\n\n**Vous êtes très loin de tout.** Repos strict, aucune marche, position confortable, réchauffement modéré, surveillance permanente et préparation à une réanimation. Voir [[URG-SEC-001]] pour la surveillance et [[SIG-COM-001]] pour l'alerte.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe cœur est un muscle, et comme tout muscle il a besoin d'être irrigué. Ses propres artères, les coronaires, l'alimentent en sang. Lorsqu'une de ces artères se bouche, la partie du muscle qu'elle alimente cesse de recevoir de l'oxygène et commence à mourir.\n\n**C'est un processus qui se compte en minutes.** Chaque minute sans irrigation détruit du muscle qui ne se régénérera pas. Toute la logique de la prise en charge tient là : plus le vaisseau est rouvert tôt, plus il reste de cœur.\n\nDeux conséquences pratiques en découlent.\n\n**L'effort aggrave.** Un muscle qui travaille demande plus d'oxygène. Faire marcher quelqu'un jusqu'à une voiture, lui faire monter un escalier, le laisser conduire augmente directement l'étendue des dégâts. C'est pourquoi on l'immobilise.\n\n**L'arrêt cardiaque peut survenir sans prévenir.** La zone lésée perturbe l'activité électrique du cœur, et une fibrillation peut apparaître à tout moment, y compris chez quelqu'un qui parle encore. C'est la raison de la surveillance continue et de la recherche d'un défibrillateur avant même qu'il ne serve.\n\nSur le diagnostic, une chose doit être claire : **vous ne pouvez pas distinguer sur le terrain un infarctus d'une douleur bénigne.** Beaucoup de douleurs thoraciques ne sont pas cardiaques, et beaucoup d'infarctus ne ressemblent pas à un infarctus. La bonne règle est asymétrique : le coût d'une alerte pour rien est nul, celui d'une alerte tardive est définitif.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-004","titre":"Traumatisme crânien","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","tete","secourisme","surveillance"],"sources":["NICE — Head injury: assessment and early management","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, head injury"],"corps":"::Ce qui tue dans un traumatisme crânien n'arrive presque jamais au moment du choc. Cela arrive dans les heures qui suivent, pendant qu'on croit que c'est passé.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne bougez pas la personne** tant que vous n'avez pas écarté une atteinte du cou. Tout choc capable de blesser la tête peut avoir blessé le rachis : maintenez la tête dans l'axe du corps.\n2. **Vérifiez conscience et respiration.** Inconsciente : [[URG-INCO-001]], en gardant l'axe tête-cou-tronc pendant la mise sur le côté.\n3. **Arrêtez un saignement du cuir chevelu** par compression. Il saigne beaucoup et impressionne, mais c'est rarement le problème principal — voir [[URG-HEMO-001]].\n4. **Notez l'heure du choc et ce qui s'est passé.** Hauteur de chute, vitesse, présence d'un casque, perte de connaissance et sa durée.\n5. **Posez trois questions simples** : où sommes-nous, quel jour, que s'est-il passé. Recommencez toutes les demi-heures. **C'est la comparaison entre deux examens qui renseigne, pas un examen isolé.**\n6. **Gardez la personne au repos, allongée, tête légèrement surélevée**, sans la laisser seule.\n7. **Ne donnez rien à boire ni à manger**, en cas d'intervention nécessaire.\n\n**Cherchez du secours sans attendre si l'un de ces signes apparaît :**\n\n- perte de connaissance, même brève\n- vomissements répétés\n- somnolence croissante, difficulté à réveiller la personne\n- confusion, propos incohérents, comportement inhabituel\n- maux de tête qui augmentent au lieu de diminuer\n- une pupille plus grande que l'autre\n- faiblesse ou fourmillements dans un membre\n- convulsion\n- écoulement de sang ou de liquide clair par l'oreille ou le nez\n- vision double, troubles de l'équilibre ou de la parole\n\n## ADAPTER\n\n**Il n'y a aucun signe et la personne semble bien.** C'est le cas le plus fréquent et il ne dispense pas de surveiller. **Vingt-quatre heures de surveillance rapprochée** avec quelqu'un à proximité, y compris la nuit. Il n'est pas nécessaire d'empêcher de dormir, mais il faut pouvoir réveiller la personne et vérifier qu'elle répond normalement.\n\n**C'est un enfant.** Les seuils d'inquiétude sont plus bas. Un enfant qui pleure, réclame et joue rassure. Un enfant inhabituellement calme, difficile à réveiller, ou qui vomit à répétition est une urgence.\n\n**C'est une personne âgée, ou sous traitement anticoagulant.** Le risque de saignement intracrânien est nettement supérieur, et il peut se manifester plusieurs jours après un choc en apparence bénin. Tout traumatisme crânien dans ce contexte justifie un avis médical, même sans symptôme.\n\n**La personne a repris connaissance et veut reprendre son activité.** C'est fréquent et c'est à refuser. Un second choc survenant avant récupération complète est nettement plus grave que le premier. **Au moindre doute, on arrête pour la journée.**\n\n**Vous êtes loin de tout secours.** Vous ne pouvez rien traiter, seulement observer et transporter. Ce qui change la décision : l'apparition d'un des signes de la liste impose de déclencher l'évacuation, y compris de nuit — voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Il y a une plaie ouverte du crâne ou un enfoncement palpable.** Ne comprimez pas directement dessus, ne retirez rien, couvrez sans appuyer et cherchez du secours.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi l'aggravation est différée\n\nLe cerveau est enfermé dans une boîte rigide et sans place libre. Un choc peut rompre un vaisseau ; le sang s'accumule alors lentement entre le crâne et le cerveau, et **il n'y a nulle part où aller**. La pression monte progressivement et comprime le cerveau.\n\nCe processus prend du temps — parfois quelques heures, parfois beaucoup plus chez une personne âgée ou sous anticoagulant. C'est ce qui produit le tableau caractéristique : un choc, une période où tout semble normal, puis une dégradation.\n\n**C'est exactement la raison d'être de la surveillance.** Sans elle, l'aggravation est découverte trop tard.\n\n### Ce que signalent les pupilles\n\nUne pupille qui se dilate d'un seul côté indique une compression du nerf de ce côté, donc une pression qui monte. C'est un signe tardif et grave. Son absence ne prouve rien, sa présence impose une évacuation immédiate.\n\n### La commotion\n\nUn choc peut altérer le fonctionnement du cerveau sans lésion visible : confusion brève, perte de mémoire des instants précédant le choc, maux de tête, sensibilité à la lumière, lenteur. La récupération demande du repos, physique et mental, et elle est progressive.\n\nLe point important est le suivant : **la vulnérabilité persiste pendant la récupération**. Un second traumatisme survenant dans cette période produit des conséquences sans commune mesure avec sa violence propre. C'est la raison pour laquelle on ne reprend pas une activité à risque tant que tout signe n'a pas disparu.\n\n### Le casque\n\nIl ne supprime pas le traumatisme, il réduit l'énergie transmise et évite la fracture. C'est déjà considérable. Un casque ayant subi un choc a absorbé de l'énergie en se déformant, parfois de façon invisible : il ne protège plus et se remplace.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-003","titre":"Intoxications","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","intoxication","poison","secourisme"],"sources":["Centres antipoison et de toxicovigilance — conduite à tenir, France","European Association of Poisons Centres and Clinical Toxicologists — position papers on gastric decontamination","OMS — Guidelines for poison control"],"corps":"::Le premier réflexe de tout le monde est de faire vomir. C'est presque toujours la mauvaise décision, et parfois la fatale.::\n\n## AGIR\n\n1. **Écartez la personne de la source** si elle est encore exposée. Vapeurs, gaz, produit renversé. Protégez-vous d'abord : un sauveteur intoxiqué fait deux victimes.\n2. **Vérifiez conscience et respiration.** Si l'une des deux manque, tout le reste attend : voir [[URG-INCO-001]].\n3. **Ne faites pas vomir.** Ni en provoquant le réflexe, ni avec du sel, ni avec quoi que ce soit d'autre.\n4. **Ne faites rien boire** — ni eau, ni lait, ni huile — sans avis d'un centre antipoison.\n5. **Ne donnez pas de charbon** de votre propre initiative.\n6. **Identifiez le toxique et gardez l'emballage.** Nom exact du produit, quantité estimée, heure de l'exposition, poids approximatif de la personne. Ces quatre éléments valent plus que tout ce que vous pouvez faire d'autre.\n7. **Appelez un centre antipoison ou les secours.** C'est le geste utile. Ils disposent de la conduite précise pour chaque substance, et elle varie complètement de l'une à l'autre.\n8. **Surveillez sans interruption**, en position latérale si la conscience se trouble.\n\n**En cas de projection sur la peau ou dans l'œil :** rincez à l'eau courante, très longuement, en retirant les vêtements imprégnés sans les faire passer par la tête. **Ne neutralisez pas** — voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**En cas d'inhalation :** sortez à l'air libre, desserrez ce qui gêne, position assise si la respiration est difficile.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un produit corrosif** — déboucheur, détartrant, soude, acide fort. **Faire vomir est ici catastrophique** : le produit brûle une deuxième fois l'œsophage en remontant, et peut être inhalé. On ne fait rien avaler et on appelle.\n\n**C'est un produit moussant** — lessive, liquide vaisselle, shampooing. La mousse remontée peut passer dans les poumons. Même règle : ne pas faire vomir.\n\n**C'est un hydrocarbure** — essence, pétrole, white-spirit, huile de lampe. Ce sont les plus dangereux à l'inhalation : quelques gouttes dans les poumons provoquent une atteinte grave. Ne jamais faire vomir, ne jamais siphonner à la bouche.\n\n**C'est un médicament.** La gravité dépend entièrement de la molécule et de la dose. Certains comprimés très banals sont mortels chez l'enfant à faible quantité, et plusieurs ne donnent aucun symptôme pendant de longues heures avant une atteinte grave du foie. **L'absence de symptôme ne rassure pas.** Gardez la boîte, comptez ce qui manque, appelez.\n\n**C'est du monoxyde de carbone** — plusieurs personnes avec les mêmes maux de tête au même endroit, qui vont mieux dehors. Sortez tout le monde immédiatement, ventilez, n'allumez rien. Voir [[TEC-CON-007]].\n\n**C'est un champignon ou une plante.** Conservez un exemplaire, y compris les restes de cuisine. Le délai d'apparition des symptômes est une information capitale : au-delà de six heures, on s'oriente vers les intoxications les plus graves. Voir [[SURV-COM-001]] et [[TEC-BOT-003]].\n\n**Vous êtes très loin de tout secours et sans téléphone.** Vous ne disposez d'aucun antidote et d'aucun geste sûr. Ce qui reste : ne rien ajouter, surveiller la conscience et la respiration, maintenir au chaud, et noter par écrit l'heure et l'évolution. Puis chercher de l'aide : voir [[SIG-COM-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi ne plus faire vomir\n\nC'était la conduite enseignée pendant des décennies. Les sociétés de toxicologie l'ont abandonnée, pour des raisons établies.\n\n**Le rendement est faible.** Le vomissement provoqué n'évacue qu'une fraction de ce qui a été avalé, et cette fraction diminue très vite avec le temps écoulé. Au-delà de quelques dizaines de minutes, l'essentiel est déjà absorbé.\n\n**Le risque est réel.** Le contenu remonté peut passer dans les voies respiratoires, ce qui produit une atteinte pulmonaire souvent plus grave que l'intoxication elle-même. Sur un produit corrosif, il inflige une seconde brûlure. Sur un moussant ou un hydrocarbure, il provoque directement l'inhalation.\n\n**Il retarde ce qui compte.** Le temps passé à faire vomir est du temps qui n'est pas passé à appeler et à surveiller.\n\nLa même logique vaut pour le **lait**, longtemps recommandé : il ne neutralise rien, accélère l'absorption de certaines substances, et remplit un estomac qu'il faudra peut-être vider en milieu médical.\n\n### Ce qui compte réellement\n\nLe pronostic dépend de la substance, de la dose et du délai. Ces trois informations orientent toute la prise en charge, et **vous êtes le seul à pouvoir les fournir**. Chercher l'emballage vaut mieux que n'importe quel geste.\n\nCertaines intoxications disposent d'antidotes spécifiques, administrés en milieu hospitalier. D'autres non. Dans tous les cas, la décision appartient à un service qui dispose de la documentation à jour pour chaque produit — et c'est précisément ce qu'un centre antipoison fournit en quelques minutes au téléphone.\n\n### Le piège du délai\n\nBeaucoup d'intoxications graves sont silencieuses au début. Certaines molécules très courantes n'entraînent aucun signe pendant des heures, alors que les lésions sont déjà en cours. **Une personne qui va bien deux heures après n'est pas hors de danger**, et c'est la raison pour laquelle on appelle même en l'absence de symptôme.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-002","titre":"Noyade","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","noyade","eau","secourisme"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, drowning","International Life Saving Federation — rescue and resuscitation statements","SNSM — conduite à tenir face à une noyade"],"corps":"::Une personne qui se noie ne crie pas et ne bat pas des bras. Elle est verticale, silencieuse, et elle disparaît en moins d'une minute.::\n\n## AGIR\n\n**N'entrez pas dans l'eau si vous pouvez faire autrement.** Le sauveteur improvisé qui se noie est un scénario documenté et fréquent.\n\n1. **Parlez.** Beaucoup de personnes en difficulté peuvent encore agir si on leur indique quoi faire.\n2. **Tendez** une perche, une branche, un vêtement, en restant ancré au sol.\n3. **Lancez** ce qui flotte : bidon vide et fermé, glacière, planche, bouée, sac étanche gonflé d'air.\n4. **Allez en bateau** si vous en avez un.\n5. **Nagez en dernier recours seulement**, avec quelque chose de flottant devant vous pour ne jamais être saisi.\n\n**Une fois la personne sortie :**\n\n6. **Ne perdez pas de temps à évacuer l'eau des poumons.** Il n'y en a presque jamais assez pour gêner, et ce geste retarde ce qui compte.\n7. **Vérifiez la respiration.** Tête basculée en arrière, menton relevé, dix secondes.\n8. **Elle respire :** position latérale, couverte, surveillée sans interruption.\n9. **Elle ne respire pas ou respire anormalement :** commencez la réanimation. **Dans la noyade, on donne d'abord cinq insufflations**, avant les compressions, contrairement à l'arrêt cardiaque habituel. Puis on alterne compressions et insufflations. La séquence générale est dans [[URG-INCO-001]].\n10. **Faites alerter les secours** pendant que vous agissez.\n11. **Traitez le froid dès que la respiration est assurée.** Retirer le mouillé, isoler du sol, envelopper, manipuler avec douceur — voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Toute personne sortie de l'eau après une immersion doit être vue par un médecin**, même si elle semble parfaitement bien.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est en eau vive.** Ne descendez jamais dans le courant. Le danger n'est pas la profondeur mais la force, et les obstacles immergés — un arbre couché retient un corps et le maintient sous la surface. La conduite complète est dans [[SURV-GUE-001]].\n\n**C'est sous la glace.** Approchez à plat ventre pour répartir votre poids, tendez un objet, ne vous approchez pas debout du bord de la cassure. Une personne dans l'eau glacée perd la force de ses mains en quelques minutes : elle ne pourra bientôt plus s'agripper.\n\n**Vous êtes vous-même en train de couler.** Cessez de lutter, basculez sur le dos, remplissez vos poumons d'air et laissez-vous flotter. La flottaison dorsale demande très peu d'énergie et vous fait gagner un temps considérable. Puis appelez, ou nagez lentement vers le bord le plus proche.\n\n**Il fait froid et la personne est restée longtemps immergée.** Ne concluez jamais au décès. Une immersion en eau froide ralentit le métabolisme, et des réanimations très prolongées ont ramené des personnes après de longues immersions, particulièrement des enfants. On réanime, et on continue.\n\n**Il y a plusieurs victimes.** Sortez d'abord celles qui ne bougent plus et flottent face contre l'eau, pas celles qui s'agitent. Celui qui s'agite respire encore.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi on ne la voit pas\n\nL'image de la personne qui crie et bat des bras est fausse. Le réflexe de détresse aquatique est involontaire et silencieux : la bouche affleure la surface juste assez pour inspirer, jamais assez pour parler ; les bras s'écartent latéralement et poussent sur l'eau pour maintenir la tête hors de l'eau, ce qui les empêche de faire signe. Le corps reste vertical et n'avance pas.\n\nCette phase dure très peu de temps chez un adulte, moins encore chez un enfant. **Un enfant qui se noie fait moins de bruit qu'un enfant qui joue** — le silence soudain est le signal.\n\n### Ce qui tue\n\nCe n'est pas l'eau dans les poumons, ou très peu. C'est le **manque d'oxygène**. Le larynx se ferme par réflexe au contact de l'eau, ce qui empêche à la fois l'eau d'entrer et l'air de passer. La perte de connaissance survient, puis l'arrêt.\n\nC'est la raison pour laquelle la séquence de réanimation est inversée dans la noyade : le problème est respiratoire à l'origine, donc on redonne de l'air en premier, alors que dans un arrêt cardiaque d'origine cardiaque on privilégie la circulation.\n\n### Le choc thermique\n\nL'immersion soudaine en eau froide déclenche une inspiration réflexe incontrôlable — dangereuse si la tête est sous l'eau — puis une hyperventilation, puis une perte progressive de la force de préhension. On peut être parfaitement conscient et incapable de s'agripper à quoi que ce soit. **C'est ce qui explique les noyades de bons nageurs**, et c'est pourquoi la première minute est la plus dangereuse.\n\n### La noyade différée\n\nUne atteinte pulmonaire peut se manifester plusieurs heures après une immersion, chez quelqu'un qui semblait aller bien. Toux persistante, essoufflement, fatigue inhabituelle, confusion : ce sont des motifs de recherche de secours, même tardifs.","langue":"fr"},{"id":"URG-SEC-001","titre":"Examiner une victime","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","bilan","methode"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Basic Life Support","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, patient assessment"],"corps":"::On ne soigne bien que ce qu'on a vu. Et on ne voit que ce qu'on cherche dans l'ordre.::\n\n## AGIR\n\n**Avant de toucher : regardez la scène.** Ce qui a blessé une personne peut vous blesser aussi. Chute de pierres, câble à terre, fumée, véhicule instable, animal. Un secouriste blessé fait deux victimes et plus aucun sauveteur.\n\n**Puis, dans cet ordre. Ne sautez jamais une étape pour aller voir la blessure la plus spectaculaire.**\n\n1. **Conscience.** Parlez fort, secouez doucement les épaules. Pas de réponse : voir [[URG-INCO-001]] immédiatement.\n2. **Respiration.** Tête basculée en arrière, menton relevé. Regardez la poitrine, écoutez, sentez, dix secondes. Absente ou anormale : compressions thoraciques sans délai.\n3. **Hémorragie.** Passez les mains sur tout le corps, y compris sous le dos et sous les vêtements sombres. Le sang ne se voit pas sur du tissu foncé, il se sent. Une hémorragie trouvée se comprime avant de continuer : voir [[URG-HEMO-001]].\n4. **Température.** Peau brûlante et conscience troublée : [[URG-CHAL-001]]. Peau froide, frissons ou absence de frissons : [[URG-HYPO-001]]. Dans les deux cas, c'est déjà une urgence.\n\n**Ensuite seulement, l'examen complet**, de la tête aux pieds, sur une personne stable. Les repères anatomiques utiles sont dans [[TEC-SAN-003]].\n\n5. **La tête.** Palpez le crâne, cherchez du sang dans les cheveux, regardez les pupilles, demandez si la vue est normale. Écoulement par l'oreille ou le nez : traumatisme grave.\n6. **Le cou et le dos.** Demandez s'il y a une douleur avant de mobiliser. Fourmillements, faiblesse ou perte de sensibilité dans un membre : ne bougez plus rien.\n7. **Le thorax.** Les deux côtés se soulèvent-ils ensemble ? Douleur à la respiration, difficulté à parler d'une traite.\n8. **L'abdomen.** Palpez les quatre quadrants. Un ventre dur comme une planche est un signe grave.\n**Selon ce que vous trouvez**, reportez-vous à [[URG-SEC-003]] pour une intoxication, [[URG-SEC-004]] pour un choc à la tête, [[URG-SEC-005]] pour une douleur thoracique.\n\n9. **Le bassin et les membres.** Déformation, gonflement, douleur à un point précis. Voir [[URG-FRAC-001]].\n10. **Les extrémités.** À chaque membre blessé : la peau est-elle chaude et colorée, la personne sent-elle vos doigts, peut-elle bouger les orteils ? **Notez la réponse, elle servira de comparaison plus tard.**\n\n**Interrogez, si la personne parle.** Que s'est-il passé, où avez-vous mal, depuis quand, avez-vous une maladie connue, prenez-vous un traitement, avez-vous mangé récemment, êtes-vous allergique à quelque chose.\n\n**Notez par écrit.** L'heure, ce que vous avez trouvé, ce que vous avez fait. Sur plusieurs heures, c'est l'évolution qui renseigne, et la mémoire déforme la chronologie.\n\n## ADAPTER\n\n**Il y a plusieurs blessés.** Faites un premier passage très rapide sur tout le monde avant de soigner qui que ce soit : conscience, respiration, hémorragie. Celui qui crie respire et n'est pas le plus urgent. **Le silencieux passe avant le bruyant.**\n\n**Vous êtes seul avec un blessé grave.** Les gestes qui tiennent sans vous — compression maintenue par un bandage, position stable, couverture — vous libèrent pour aller chercher de l'aide ou signaler. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n**La personne refuse d'être examinée.** Une personne consciente a le droit de refuser. Restez, observez, proposez à nouveau. Un refus qui devient une confusion est un signe médical en soi.\n\n**C'est un enfant.** L'examen est le même. Le comportement renseigne davantage que les mots : un enfant qui joue et réagit rassure ; un enfant inhabituellement calme, difficile à réveiller ou qui refuse de boire est une urgence.\n\n**Vous ne trouvez rien d'anormal.** Refaites le bilan vingt minutes plus tard. Beaucoup de lésions internes ne se manifestent qu'après un délai, et c'est la comparaison entre deux examens qui les révèle.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'ordre n'est pas une convention pédagogique : il suit la vitesse à laquelle chaque défaillance tue.\n\nSans **air**, le cerveau souffre en quelques minutes. Sans **circulation**, dans le même délai. Une **hémorragie** massive vide un corps en quelques minutes également. Une **hypothermie** ou un **coup de chaleur** tuent en dizaines de minutes. Une **fracture** attend des heures sans dommage supplémentaire.\n\nTraiter dans un autre ordre revient à soigner ce qui pouvait attendre pendant que le reste s'effondre. C'est l'erreur la plus fréquente des sauveteurs non formés, et elle est parfaitement compréhensible : une plaie ouverte attire l'œil, une respiration absente ne fait aucun bruit.\n\nDeuxième principe : **un bilan est une photographie, une surveillance est un film.** Un seul examen ne dit pas si la personne s'améliore ou se dégrade. C'est la répétition qui a une valeur diagnostique, et c'est pourquoi on note l'heure.\n\nTroisième principe, contre-intuitif : **le blessé qui parle beaucoup vous rassure à tort.** La parole prouve que l'air passe et que le cerveau est irrigué, ce qui est excellent — mais elle ne dit rien d'une hémorragie interne en cours. Une personne peut discuter normalement puis s'effondrer d'un coup lorsque les mécanismes de compensation lâchent. Chez les jeunes adultes en bonne santé, cette compensation est très efficace et masque longtemps la gravité.","langue":"fr"},{"id":"URG-ROUT-001","titre":"Accident de la route, les premières minutes","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["accident","route","voiture","moto","casque","balisage","alerte","secours"],"sources":["Référentiel PSC1, protection et alerte sur un accident de la route","Code de la route, article R416-19 (signalisation d'un véhicule immobilisé)","Sécurité routière, conduite à tenir sur autoroute"],"corps":"::Sur une autoroute, une bonne partie des morts après un accident sont des gens qui étaient sortis indemnes de leur voiture et sont restés à côté. Avant de secourir, on se protège, sinon on fait une victime de plus.::\n\n## AGIR\n\n**1. Protéger**\n\n- Garez-vous **après** l'accident, feux de détresse allumés.\n- **Gilet jaune enfilé avant de sortir.**\n- Faites passer tout le monde **derrière la glissière de sécurité**, jamais à côté des voitures.\n- Balisez : triangle **à au moins 30 mètres en amont**, s'il peut être posé sans danger. Sur autoroute, n'allez pas le poser si c'est risqué.\n- Coupez le contact des véhicules accidentés. Personne ne fume.\n\n**2. Alerter**\n\n- **15, 18 ou 112**, ou une borne d'appel orange sur autoroute (tous les deux kilomètres, elle localise automatiquement).\n- Dites : où (route, sens, point kilométrique, repère), combien de véhicules, combien de victimes, leur état apparent, les dangers (feu, fuite, véhicule instable).\n\n**3. Secourir**\n\n- **Ne déplacez pas un blessé**, sauf danger immédiat (feu, noyade, second accident imminent).\n- **Parlez-lui**, demandez-lui de ne pas bouger la tête.\n- Il saigne abondamment : appuyez fort sur la plaie, voir [[URG-HEMO-001]].\n- Il ne respire pas : massage cardiaque, voir [[URG-CARD-001]].\n- Il est inconscient et respire : laissez-le tel quel si vous pouvez surveiller sa respiration ; sinon, position latérale en maintenant la tête dans l'axe, voir [[URG-INCO-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Motard** : **on ne retire pas le casque**, sauf s'il ne respire pas et qu'il faut le réanimer, et alors à deux, en tenant la tête dans l'axe.\n\n**Véhicule électrique ou hybride** : ne touchez à aucun câble orange (haute tension). Les batteries peuvent prendre feu des heures plus tard.\n\n**Feu dans le moteur** : si les occupants peuvent sortir, faites-les sortir et éloignez tout le monde. Un extincteur n'attaque qu'un début de feu, voir [[URG-INC-002]].\n\n**Voiture dans l'eau** : voir [[URG-VEH-001]].\n\n**Beaucoup de blessés** : voir [[URG-SEC-008]] pour trier.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes gestes sont toujours dans le même ordre, **Protéger, Alerter, Secourir**, parce qu'un sauveteur renversé ne sauve personne et qu'un appel passé tôt fait arriver les pompiers plus vite que n'importe quel geste.\n\nNe pas bouger un blessé protège sa colonne vertébrale : une lésion de la moelle aggravée par une mauvaise manipulation laisse paralysé. Les exceptions (feu, eau, danger de suraccident) sont celles où rester tue plus sûrement que bouger. Pour transporter un blessé quand il le faut vraiment : [[URG-SEC-006]].","langue":"fr"},{"id":"URG-RES-001","titre":"Couper l'eau, le gaz et l'électricité","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","maison","gaz","eau","electricite","fuite"],"sources":["FEMA, Ready.gov — Utility shut-off and safety","GRDF — Que faire en cas d'odeur de gaz","Protection civile — Se préparer aux inondations et aux séismes"],"corps":"::Trois gestes arrêtent la plupart des catastrophes domestiques : fermer une vanne, basculer un levier, tourner un robinet. Encore faut-il savoir où ils sont avant d'en avoir besoin.::\n\n## AGIR\n\n**Ça sent le gaz.**\n\n1. **Ne touchez à aucun interrupteur**, ni pour allumer ni pour éteindre. Pas de flamme, pas de sonnette, pas d'appel à l'intérieur.\n2. **Ouvrez les fenêtres** en passant, sans vous attarder.\n3. **Fermez la vanne de gaz** si elle est sur votre chemin : près du compteur, un quart de tour. **Poignée en travers du tuyau : fermé.**\n4. **Sortez tout le monde**, laissez la porte ouverte.\n5. **Appelez depuis dehors**, loin de la maison : le numéro d'urgence gaz, ou les pompiers.\n\n**L'eau coule et ne s'arrête pas.** Fermez le robinet d'arrêt général, souvent près du compteur : cave, sous l'évier, placard technique, ou regard au sol dehors. Tournez **dans le sens des aiguilles d'une montre**. Puis coupez l'électricité si l'eau approche des prises ou du tableau.\n\n**Il faut couper le courant.** Au tableau, basculez l'interrupteur général ou le disjoncteur de branchement, souvent près du compteur. **Mains sèches, pieds au sec.** Si le tableau est déjà dans l'eau : n'y allez pas, sortez et appelez.\n\n**Avant tout, aujourd'hui :** trouvez les trois. Étiquetez-les, laissez une clé à molette près de la vanne de gaz si elle en demande une, et notez l'emplacement dans une fiche à vous, avec une photo.\n\n## ADAPTER\n\n**Après avoir coupé le gaz**, ne le rouvrez pas vous-même. Chaque appareil doit être vérifié et rallumé : c'est le travail d'un professionnel, et la règle dans beaucoup de pays.\n\n**Séisme.** Ne coupez le gaz que si vous le sentez ou l'entendez siffler. Une coupure « par précaution » vous laisse sans chauffage jusqu'au passage d'un technicien, qui aura mille autres maisons à voir.\n\n**Inondation qui arrive.** Coupez l'électricité **avant** que l'eau n'entre, tant que le tableau est au sec. Ensuite, ne rétablissez rien tant qu'un électricien n'a pas vu l'installation.\n\n**Incendie.** Coupez le courant si c'est sur votre chemin de sortie, jamais en remontant. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**Le robinet d'eau est grippé.** Un robinet jamais manœuvré se bloque avec le calcaire. Forcez doucement, par petits allers-retours, sans rallonge sur la clé : un vieux robinet qui casse, c'est une fuite qu'on ne peut plus arrêter. En dernier recours, le robinet du compteur côté rue, ou le service des eaux.\n\n**Vous videz les tuyaux ou le ballon d'eau chaude.** Coupez d'abord l'alimentation du chauffe-eau : une résistance électrique à sec grille en quelques minutes.\n\n**Vous êtes en appartement.** Le compteur et la vanne de gaz sont souvent sur le palier ou dans une gaine technique, parfois communs à l'immeuble. Repérez aussi ceux de l'immeuble, et qui en a la clé.\n\n**Remettre le courant.** Rallumez l'interrupteur général, puis les disjoncteurs un par un. Si l'un d'eux saute aussitôt, laissez-le coupé : le défaut est sur ce circuit.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi aucun interrupteur.** Un interrupteur fait une petite étincelle à chaque fois que ses contacts s'ouvrent ou se ferment, même pour éteindre. Le gaz naturel s'enflamme quand il fait entre 5 et 15 % de l'air environ : une pièce qui sent fort peut être en plein dans cette zone. Une sonnette, un téléphone, un moteur de frigo qui démarre font la même étincelle.\n\n**Pourquoi ça sent.** Le gaz naturel n'a aucune odeur. On y ajoute un produit soufré, à l'odeur d'œuf pourri, exprès pour qu'une fuite se remarque à des doses bien plus faibles que celles qui explosent.\n\n**Pourquoi un quart de tour.** La vanne de gaz est une boule percée d'un trou. La poignée est toujours alignée sur le trou : dans l'axe du tuyau, le gaz passe ; en travers, il est bloqué. Pas besoin de lire une étiquette, ni de lumière.\n\n**Pourquoi l'eau et le courant ensemble.** L'eau conduit l'électricité. Un tableau ou une multiprise qui baigne peut mettre toute l'eau de la pièce sous tension, sans rien qui se voie. C'est pour ça qu'on coupe le courant avant d'entrer dans une cave inondée, et jamais en marchant dans l'eau.\n\n**Pourquoi les repérer maintenant.** Une fuite d'eau d'un gros tuyau lâche des dizaines de litres par minute. Le temps de chercher la vanne à la lampe de poche, le plafond du dessous est tombé. Les trois emplacements tiennent en trois lignes : c'est la fiche la plus courte et la plus rentable que vous écrirez.","langue":"fr"},{"id":"URG-PIQ-001","titre":"Piqûres d'insectes et de méduses","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["piqures","guepe","abeille","frelon","meduse","chenille processionnaire","moustique tigre","allergie","eau chaude"],"sources":["Centres antipoison de France, piqûres d'hyménoptères et envenimations marines","Santé publique France, moustique tigre et maladies transmises","Wilcox C.L., Yanagihara A.A., Heated debates: hot-water immersion or ice packs as first aid for cnidarian envenomations?, Toxins, 2016"],"corps":"::Une piqûre de guêpe fait mal et passe. Une seule piqûre peut pourtant tuer, si elle est dans la gorge ou chez un allergique. Tout l'art est de reconnaître les rares cas graves au milieu des centaines de piqûres banales d'un été.::\n\n## AGIR\n\n**Guêpe, abeille, frelon**\n\n1. **Retirer le dard** de l'abeille en grattant avec un ongle ou une carte.\n2. **Froid** sur la piqûre, un antihistaminique si on en a.\n3. **Le 15 tout de suite** si :\n   - **gêne pour respirer ou avaler**, gonflement du visage, des lèvres, de la langue ;\n   - **plaques qui apparaissent sur tout le corps**, malaise, vomissements ;\n   - piqûre **dans la bouche ou la gorge** (sucer de la glace en attendant) ;\n   - **des dizaines de piqûres** d'un coup.\n\nAllergie grave : [[URG-ANA-001]].\n\n**Méduse**\n\n1. **Sortir de l'eau**, ne pas frotter.\n2. **Rincer à l'eau de mer**, jamais à l'eau douce qui fait éclater les filaments restés collés.\n3. **Retirer les filaments** avec une pince ou le bord d'une carte.\n4. **Eau chaude**, aussi chaude que supportable sans brûler, une vingtaine de minutes : elle soulage souvent mieux que la glace.\n\nLe vinaigre est réservé à certaines méduses tropicales, selon les consignes locales.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les chenilles processionnaires** (en file sur le sol, nids blancs dans les pins et les chênes) : leurs poils provoquent des brûlures de la peau et des yeux. Ne pas toucher, rincer à l'eau, changer de vêtements, consulter pour les yeux. Les chiens qui en lèchent : vétérinaire en urgence.\n- **Le moustique tigre** vit maintenant dans la plus grande partie de la France. Il pique le jour et peut transmettre la dengue : vider toutes les eaux stagnantes (soucoupes, pneus, gouttières).\n- **Araignées et scorpions** de France : douloureux, rarement dangereux. Surveiller une plaie qui noircit.\n- **La vive**, poisson du sable : eau très chaude. Voir [[SURV-RES-008]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe venin de guêpe fait mal à tout le monde, mais tue par l'**allergie** : chez l'allergique, le corps entier réagit en quelques minutes. Les personnes qui ont déjà fait une réaction sérieuse doivent avoir **un stylo d'adrénaline** sur elles, et ceux qui les entourent savoir s'en servir.\n\nLes tiques : [[TEC-SAN-020]].","langue":"fr"},{"id":"URG-PERDU-001","titre":"Perdu en forêt ou en montagne","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["perdu","foret","montagne","randonnee","signal de detresse","112","nuit","abri"],"sources":["Pelotons de gendarmerie de haute montagne, conseils de sécurité en montagne","Koester R., Lost Person Behavior, dbS Productions, 2008","Club alpin, signal de détresse alpin (six signaux par minute)"],"corps":"::La plupart des gens se perdent vraiment en cherchant à se retrouver. Celui qui s'arrête, réfléchit et reste visible est retrouvé. Celui qui marche au hasard jusqu'à la nuit s'éloigne des secours.::\n\n## AGIR\n\n**S.T.O.P.**\n\n- **S'arrêter.** Tout de suite, dès le doute. Asseyez-vous, buvez, mangez quelque chose.\n- **Réfléchir.** Où étais-je sûr de ma position pour la dernière fois ? Combien de temps depuis ?\n- **Observer.** Le relief, le soleil, les bruits (route, rivière, cloches), les traces.\n- **Planifier.** Soit revenir par où vous êtes venu, soit rester.\n\n**Appelez le 112** : il fonctionne avec n'importe quel opérateur qui capte, même sans votre réseau. Donnez ce que vous voyez. Dans les réglages, le téléphone peut afficher vos coordonnées GPS : lisez-les. **Pas de réseau pour appeler : un SMS passe parfois.**\n\n**Économisez la batterie** : mode avion entre deux tentatives, luminosité au minimum.\n\n## ADAPTER\n\n**Quelqu'un sait où vous êtes et que vous devez rentrer** : **restez sur place**, dans un endroit dégagé et visible. Les secours cherchent d'abord autour du dernier point connu.\n\n**Personne ne sait** : revenez sur vos pas vers le dernier endroit connu, ou rejoignez une **main courante** (chemin, piste, ligne électrique, clôture). Voir [[SURV-ORI-001]].\n\n**Suivre un cours d'eau** : en plaine, il mène vers des habitations ; **en montagne, il mène aussi à des gorges et des cascades**. Ne le suivez pas dans un terrain qui devient raide.\n\n**La nuit tombe** : arrêtez-vous une heure avant, et préparez l'abri tant que vous voyez clair. Isolez-vous du sol, coupez le vent. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Se signaler** :\n\n- **Signal de détresse alpin : six coups de sifflet (ou éclats de lampe) par minute**, une minute de pause, et on recommence. La réponse : trois signaux par minute.\n- Trois feux, trois tas de pierres, trois de n'importe quoi : le signal universel.\n- Vêtements de couleur étalés, couverture de survie côté brillant vers le ciel. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn randonneur égaré a tendance à descendre, à suivre la facilité du terrain et à accélérer en s'inquiétant : il s'éloigne de la zone où on le cherche. Les secours travaillent à partir du dernier point connu : **plus vous restez près de lui, plus vite on vous trouve.**\n\n**Avant de partir** : dire à quelqu'un où l'on va et quand on rentre, une lampe frontale, une couche chaude, de l'eau, un sifflet et une batterie chargée. Ces cinq choses transforment une nuit dehors en mauvais souvenir au lieu d'un drame.","langue":"fr"},{"id":"URG-MER-001","titre":"Pris dans un courant d'arrachement","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["mer","plage","baignade","courant","noyade","baïne","vagues"],"sources":["NOAA, National Weather Service : Rip Currents, conseils de sécurité","RNLI (Royal National Lifeboat Institution) : Float to Live","SNSM et Météo-France : les baïnes et les courants de retour"],"corps":"::Le courant ne vous tire pas vers le fond. Il vous emmène au large. Ce qui noie, c'est de lutter contre lui.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne nagez pas contre le courant.** Même un nageur de compétition ne le remonte pas : il peut dépasser deux mètres par seconde. Vous vous épuiseriez en quelques minutes, pour rien.\n2. **Flottez d'abord.** Sur le dos, bras et jambes écartés, tête en arrière, oreilles dans l'eau. Respirez lentement. Le choc du froid et la panique passent en une à deux minutes, et ce courant ne vous emporte pas sous l'eau.\n3. **Levez un bras et criez.** C'est le signal que reconnaissent les sauveteurs. Faites-le en flottant.\n4. **Nagez parallèlement à la plage.** Un courant de retour est un couloir étroit, de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de large. Une trentaine de mètres de nage le long du rivage suffisent souvent à en sortir.\n5. **Revenez en biais,** en vous aidant des vagues qui déferlent : ce sont elles qui poussent vers la plage.\n6. **Si vous n'en sortez pas, laissez-vous porter.** Beaucoup de ces courants tournent et relâchent le nageur un peu au-delà de la barre des vagues, parfois en le ramenant vers le bord. Flottez, gardez vos forces, faites signe.\n\n## ADAPTER\n\n**Quelqu'un d'autre est pris.** N'y allez pas à la nage : beaucoup de noyés dans ces courants étaient partis secourir quelqu'un. Prévenez les secours (112, ou le poste de secours), gardez la personne en vue sans la quitter des yeux, criez-lui de nager le long de la plage, lancez-lui tout ce qui flotte : une planche, une glacière vide, un ballon, un bidon fermé.\n\n**Vous avez une planche ou un bodyboard.** Gardez-le. Il vous porte, vous rend visible, et vous permet de pagayer en travers du courant.\n\n**Vous êtes avec un enfant.** Tenez-le contre vous, sur le dos, sa tête hors de l'eau. Ne nagez pas avec lui contre le courant : flottez, criez, et dérivez ensemble jusqu'à ce que le courant faiblisse.\n\n**L'eau est froide.** Le choc thermique fait haleter pendant la première minute. Ne nagez pas pendant ce temps : calmez votre respiration en flottant, puis agissez. Une fois sorti, voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Avant d'entrer dans l'eau : repérez-les.** Un courant de retour se voit souvent depuis la plage, surtout d'un point en hauteur :\n- une zone où **les vagues ne déferlent pas**, alors qu'elles déferlent de chaque côté ;\n- une eau **plus sombre**, plus profonde, ou au contraire **brunie par le sable** en suspension ;\n- une surface **agitée et clapoteuse** dans un couloir ;\n- de l'écume, des algues ou des débris **qui partent vers le large**.\nBaignez-vous entre les drapeaux des plages surveillées. Sur la côte atlantique française, ces courants s'appellent des baïnes, et ils sont souvent les plus violents quand la mer descend.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes vagues apportent sans cesse de l'eau sur la plage. Cette eau doit repartir, et elle prend les chemins les plus faciles : un creux dans le sable, une passe entre deux bancs, le long d'une jetée ou de rochers. Le reflux se concentre dans ces couloirs et forme un courant étroit et rapide, dirigé vers le large. Il reste en surface et s'épuise au-delà de la zone où les vagues se brisent.\n\nC'est pour ça que la solution est sur le côté. Le courant est fort mais étroit : on ne le bat pas en longueur, on le quitte par le travers. Et c'est pour ça que flotter marche : un corps qui flotte ne coule pas, et le courant finit toujours par ralentir.\n\nLa noyade, elle, vient de l'épuisement et de l'eau avalée dans la panique. Pour aider quelqu'un qui a bu la tasse, voir [[URG-SEC-002]].","langue":"fr"},{"id":"URG-INO-001","titre":"Inondation","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","eau","inondation","evacuation"],"sources":["Ministère de la Transition écologique — comportements en cas d'inondation","National Weather Service — flood safety, Turn Around Don't Drown","OMS — Flooding and communicable diseases"],"corps":"::Trente centimètres d'eau courante emportent une voiture. Quinze centimètres suffisent à faire tomber un adulte. Ce n'est pas la hauteur qui décide, c'est le courant.::\n\n## AGIR\n\n1. **Montez.** À l'étage, jamais dans une cave ni un sous-sol, où l'eau arrive vite et où l'on se retrouve piégé.\n2. **Coupez l'électricité et le gaz** avant que l'eau n'atteigne les installations — voir [[TEC-ENE-001]].\n3. **Remplissez vos contenants d'eau potable** pendant que le réseau fonctionne encore. Une inondation coupe l'eau potable et la contamine, ce qui est le vrai problème des jours suivants — voir [[URG-EFF-001]].\n4. **Montez ce qui compte** : papiers, traitements, lampe, radio, couverture, chaussures, eau, nourriture.\n5. **Ne traversez jamais une eau courante**, ni à pied, ni en véhicule. C'est de très loin la première cause de décès en inondation, et presque toujours par choix délibéré.\n6. **Ne restez pas dans un véhicule** immobilisé par l'eau qui monte. Sortez immédiatement et rejoignez un point haut.\n7. **Écoutez** les consignes locales. Selon la situation, il peut être demandé de rester ou d'évacuer, et les deux sont justes selon le cas.\n8. **Signalez-vous** si vous êtes bloqué : à une fenêtre, avec un tissu, une lumière. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Ne remontez pas chercher quelque chose. Ne descendez pas voir.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en voiture et l'eau monte sur la route.** Faites demi-tour. Une chaussée inondée cache des trous, des regards ouverts et une chaussée parfois emportée. Un véhicule flotte et se déporte dans très peu d'eau, puis il est entraîné et le courant bloque les portières.\n\n**Vous êtes surpris à pied.** Ne tentez pas de traverser. Si vous devez absolument franchir un écoulement peu profond, sondez chaque appui avec un bâton, face à l'amont, de biais — les principes sont dans [[SURV-GUE-001]].\n\n**C'est une crue soudaine en terrain sec** — orage sur un relief, oued, ravine. Elle arrive sans pluie sur place, en quelques minutes, avec un front chargé de débris. Ne campez jamais dans un lit à sec, même large et confortable. Au moindre grondement ou changement de couleur de l'eau, montez immédiatement.\n\n**L'eau se retire.** Le danger n'est pas terminé. Les structures sont fragilisées, les sols creusés sous les revêtements, l'électricité mouillée. Et surtout, **toute eau ayant traversé une zone inondée est contaminée** : boues, égouts, hydrocarbures, produits agricoles. Aucune eau du réseau n'est potable tant que ce n'est pas annoncé — voir [[URG-EAU-001]] et [[TEC-SAN-004]].\n\n**Vous avez été en contact avec l'eau.** Lavez-vous soigneusement, désinfectez la moindre plaie et surveillez son évolution : le risque infectieux est élevé — voir [[TEC-SAN-001]].\n\n**Il fait froid.** Une immersion même brève, même partielle, engage rapidement une hypothermie : retirez le mouillé, isolez du sol, voir [[URG-HYPO-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi si peu d'eau suffit\n\nLa force exercée par un courant augmente **avec le carré de la vitesse**. Doubler la vitesse quadruple la poussée. C'est pourquoi une eau qui semble anodine à mi-mollet renverse un adulte dès qu'elle est rapide.\n\nSur un véhicule s'ajoute la flottaison. Une voiture déplace un volume d'eau qui devient rapidement comparable à son poids : elle perd son adhérence bien avant d'être submergée, se met en travers et part avec le courant.\n\n### Ce qu'on ne voit pas sous l'eau\n\nUne eau boueuse cache tout : plaques d'égout emportées, fossés, affaissements, barbelés, débris. La surface peut être calme au-dessus d'un trou de plusieurs mètres. **Une route inondée n'est plus une route, c'est un fond inconnu.**\n\n### La contamination, le vrai problème du lendemain\n\nL'inondation elle-même dure des heures. Ses conséquences sanitaires durent des semaines. L'eau mêle égouts, cuves, dépôts industriels et déjections animales, puis stagne.\n\nC'est pourquoi la phase la plus meurtrière d'une inondation, dans de nombreuses régions du monde, n'est pas la montée des eaux mais l'épidémie qui suit — mécanisme féco-oral décrit dans [[TEC-SAN-004]]. Les priorités du retour sont donc l'eau potable, la séparation des excreta et le lavage des mains, avant la remise en état.\n\n### Pourquoi les gens traversent quand même\n\nLes analyses de décès en inondation montrent une constante : la majorité des victimes ont pris la décision de s'engager dans l'eau, souvent en connaissant le risque. L'explication n'est pas l'imprudence mais l'habitude — on connaît la route, on l'a déjà prise, elle paraît familière.\n\n**Une route connue inondée est une route inconnue.** C'est le seul raisonnement qui protège.\n\nSi les égouts refoulent, on ne tire plus la chasse et on passe au seau : [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"URG-INCO-001","titre":"Personne inconsciente","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","inconscience","respiration"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Basic Life Support","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Croix-Rouge française — la perte de connaissance"],"corps":"::Une personne inconsciente meurt de sa propre langue et de son propre vomi bien avant de mourir de ce qui l'a fait tomber.::\n\n## AGIR\n\n**Trois questions, dans cet ordre. Ne sautez aucune étape.**\n\n1. **Est-ce qu'elle répond ?** Parlez fort, secouez doucement les épaules. Pas de réponse : elle est inconsciente.\n2. **Faites alerter les secours.** Désignez quelqu'un précisément — « vous, appelez le 112 » — et non le groupe en général.\n3. **Est-ce qu'elle respire ?** Basculez délicatement la tête en arrière, menton relevé : ce seul geste dégage la langue qui obstrue le fond de la gorge. Penchez-vous, oreille près de la bouche, regard vers la poitrine. **Regardez, écoutez, sentez pendant dix secondes.**\n\n**Elle respire normalement.** Mettez-la sur le côté, en position stable : la tête légèrement en arrière et basculée vers le sol, la bouche ouverte vers le bas. Cette position sert à une seule chose et elle est vitale : **permettre à un vomissement de s'écouler au lieu d'être inhalé.** Couvrez-la, ne la laissez pas seule, vérifiez la respiration régulièrement.\n\n**Elle ne respire pas, ou respire de façon anormale** — quelques gasps lents, bruyants, irréguliers. Ce n'est pas une respiration : c'est un signe d'arrêt cardiaque. Commencez immédiatement les compressions thoraciques : au centre de la poitrine, bras tendus, cinq à six centimètres d'enfoncement, environ deux par seconde, en laissant la poitrine remonter complètement entre chaque. **Ne vous arrêtez pas.**\n\n**Si un défibrillateur automatique est disponible**, faites-le apporter et allumez-le : il parle et guide pas à pas. Il n'envoie un choc que s'il est nécessaire.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous suspectez un traumatisme de la colonne** — chute de hauteur, accident. La respiration passe avant tout. Une personne qui ne respire pas mourra, une personne mal mobilisée risque une lésion. Retournez-la quand même, mais en maintenant la tête dans l'axe du corps, et à plusieurs si possible.\n\n**C'est un enfant.** La séquence est la même. Les compressions se font avec une seule main pour un enfant, deux doigts pour un nourrisson, avec un enfoncement adapté à sa taille — environ un tiers de l'épaisseur du thorax.\n\n**Vous êtes seul et sans téléphone.** Une seule exception à la règle « alertez d'abord » : chez l'adulte, l'arrêt est le plus souvent d'origine cardiaque et le défibrillateur est décisif, donc l'alerte prime. Chez l'enfant et en cas de noyade, la cause est presque toujours respiratoire : commencez par une minute de réanimation, puis allez chercher de l'aide.\n\n**Vous êtes épuisé.** Relayez-vous toutes les deux minutes si quelqu'un est présent. La qualité des compressions chute vite et le sauveteur ne s'en rend pas compte lui-même.\n\n**La personne se réveille.** Laissez-la allongée, ne la faites pas se lever, gardez-la au chaud et surveillez : une nouvelle perte de connaissance est possible. Cherchez ce qui l'a fait tomber — chaleur, saignement, froid — et reportez-vous aux fiches correspondantes : [[URG-CHAL-001]], [[URG-HEMO-001]], [[URG-HYPO-001]].\n\n**Elle est inconsciente dans le froid.** Manipulez avec une douceur extrême : un cœur refroidi est électriquement instable et un mouvement brusque peut l'arrêter. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nL'inconscience supprime deux protections en même temps.\n\n**Le tonus musculaire disparaît.** Sur le dos, la langue retombe vers l'arrière et obstrue le pharynx. C'est la cause d'asphyxie la plus fréquente chez une personne inconsciente, et le simple fait de basculer la tête en arrière la lève.\n\n**Les réflexes de protection disparaissent.** Une personne consciente qui vomit tousse et se penche. Inconsciente, elle inhale — ce qui provoque une atteinte pulmonaire souvent fatale, parfois plusieurs heures après. **La position latérale ne soigne rien : elle utilise simplement la gravité pour que ce qui remonte sorte.**\n\nSur la respiration anormale, il faut insister car c'est l'erreur la plus fréquente et la plus grave. Dans les premières minutes d'un arrêt cardiaque, beaucoup de victimes présentent des mouvements respiratoires lents, profonds, bruyants, espacés. Cela ressemble à une respiration et beaucoup de témoins concluent que la personne respire. **Ce n'en est pas une.** Dans le doute, commencez les compressions : les entreprendre sur quelqu'un qui respire cause peu de dommages, ne pas les entreprendre sur quelqu'un en arrêt est fatal à coup sûr.\n\nEnfin, sur les compressions elles-mêmes. Sans circulation, le cerveau subit des lésions irréversibles en quelques minutes. Les compressions ne redémarrent presque jamais le cœur : elles font circuler un sang encore oxygéné et **gagnent du temps** jusqu'au défibrillateur ou aux secours. Chaque interruption fait chuter la pression obtenue, et il faut plusieurs compressions pour la rétablir. C'est pourquoi la règle est de comprimer fort, vite, et de ne s'arrêter sous aucun prétexte.\n\nCette fiche décrit une conduite à tenir. Elle ne remplace pas une formation aux gestes de premiers secours, qui dure quelques heures et qui, elle, vous fait pratiquer.","langue":"fr"},{"id":"URG-INC-002","titre":"Se servir d'un extincteur","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"flash","tags":["urgence","feu","extincteur","recuperation"],"sources":["NFPA 10 — Standard for Portable Fire Extinguishers","Normes EN 2 et EN 3 — classes de feux et extincteurs portatifs","OSHA — Portable fire extinguishers, méthode PASS","INRS — Prévention des incendies sur le lieu de travail"],"corps":"::Un extincteur se vide en une dizaine de secondes. Il éteint un départ de feu, pas un incendie : tout se joue dans les premières minutes, et sur le bon geste du premier coup.::\n\n## AGIR\n\n1. **Décidez en deux secondes.** Vous n'attaquez que si le feu est plus petit que vous, que la fumée reste au-dessus de votre tête et que la sortie est **dans votre dos**. Sinon, sortez et fermez la porte : voir [[URG-INC-001]]. Dans tous les cas, faites appeler les secours.\n2. **Lisez la lettre.** Sur l'étiquette : **A** solides (bois, papier, tissu), **B** liquides (essence, solvants), **C** gaz, **F** huiles de cuisson. L'extincteur à poudre **ABC**, le plus courant, couvre presque tout sauf la friteuse.\n3. **Dégoupillez.** Tirez la goupille, en la tournant si un plomb la retient. **Si l'extincteur a une tête ronde sur le dessus** (modèle à cartouche), frappez-la d'un coup sec du plat de la main et attendez deux secondes qu'il se mette en pression. Sans ce geste, la gâchette ne donne rien.\n4. **Faites un essai d'une demi-seconde** vers le sol, avant d'approcher. Vous saurez qu'il marche et jusqu'où il porte.\n5. **Visez la base des flammes**, pas les flammes. À deux ou trois mètres pour la poudre et l'eau, à un mètre pour le CO₂.\n6. **Balayez** de gauche à droite, par petites pressions, en avançant à mesure que le feu recule. En extérieur, le vent dans le dos.\n7. **Reculez sans tourner le dos** une fois le feu éteint, et surveillez : ça peut repartir. S'il est vide et que le feu brûle encore, **sortez et fermez la porte**.\n\n**CO₂ : tenez la poignée, jamais le diffuseur.** Le gaz sort à −78 °C et gèle la peau au contact.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une friteuse ou une poêle.** Jamais d'eau, jamais d'extincteur à eau sans la lettre F. Coupez le feu, couvrez avec un couvercle ou une couverture anti-feu, et laissez couvert une demi-heure : l'huile se rallume si on regarde trop tôt.\n\n**C'est électrique.** Coupez le courant d'abord ([[URG-RES-001]]). Ensuite CO₂ ou poudre. Le CO₂ ne laisse rien ; la poudre sauve le bâtiment mais ronge les circuits.\n\n**C'est du gaz.** On ferme la vanne ([[URG-RES-001]]), on n'éteint pas la flamme. Une flamme de gaz éteinte avec la fuite ouverte remplit la pièce, et la moindre étincelle fait tout exploser. Si la vanne est hors d'atteinte : sortez.\n\n**C'est une voiture.** N'ouvrez pas le capot en grand : l'air frais relance le feu. Visez par l'entrebâillement, la calandre ou les passages de roue, puis éloignez-vous. Voiture électrique ou batterie lithium : un extincteur ne l'arrête pas, reculez loin.\n\n**Une personne brûle.** Faites-la se coucher et rouler, étouffez avec une couverture ou un manteau. Jamais de CO₂ sur quelqu'un. Puis refroidissez les brûlures, voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Petite pièce, poudre.** Le nuage aveugle et irrite en quelques secondes. Gardez la sortie en vue, et aérez avant d'y revenir.\n\n**Vous n'avez pas d'extincteur.** Un couvercle, une couverture, un manteau en laine mouillé et essoré pour étouffer. Du bicarbonate de soude ou du sel sur un petit feu de graisse. **Jamais de farine** : en nuage, elle s'enflamme. Du sable ou de la terre sur un liquide renversé dehors. Le seau d'eau, seulement sur du bois, du papier ou du tissu.\n\n**Vous trouvez un extincteur** dans une épave ou un bâtiment abandonné. L'aiguille du manomètre doit être dans le vert. Sans manomètre, comparez son poids à celui marqué sur l'étiquette. Goupille et plomb en place, tuyau souple et non fendu, pas de rouille au fond : un corps rouillé sous pression peut céder. **Retournez-le et secouez-le** : la poudre doit bouger ; tassée, elle ne sortira pas. Un extincteur qui a déjà servi, même une seconde, perd lentement sa pression : considérez-le vide.\n\n**C'est un vieux modèle en laiton à pompe, ou une boule de verre.** Ne l'utilisez pas en intérieur. Beaucoup contiennent du tétrachlorure de carbone, toxique, qui forme du phosgène au contact d'une surface chaude.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu tient sur quatre choses : un combustible, de la chaleur, de l'oxygène, et une réaction en chaîne qui s'entretient dans les flammes. Chaque extincteur en retire une, et c'est ce qui décide où l'utiliser.\n\n**L'eau refroidit.** Elle pénètre le bois et le tissu, et fait passer le combustible sous sa température d'inflammation. Sur de l'huile chaude, elle se vaporise d'un coup, prend environ 1 700 fois plus de place, et projette l'huile en feu dans la pièce.\n\n**Le CO₂ chasse l'oxygène** autour des flammes. Il ne laisse aucune trace, ce qui en fait l'ami de l'électronique, mais il se disperse vite : ce qui était brûlant peut se rallumer dès qu'il est parti. Il porte à un mètre, pas plus.\n\n**La poudre casse la réaction en chaîne.** C'est pour ça qu'elle éteint presque tout, et vite. La poudre ABC fond en plus sur les braises et forme une croûte qui empêche l'air de revenir. Le prix : un nuage qui aveugle, et un résidu qui devient acide avec l'humidité. Nettoyez vite l'électronique.\n\n**L'agent F**, pour les huiles, réagit avec l'huile chaude et forme une couche savonneuse qui l'isole de l'air.\n\n**Pourquoi la base.** Ce qui brûle, ce sont les gaz qui s'échappent du combustible chauffé. Les flammes n'en sont que la partie visible ; les viser, c'est arroser l'air. À la base, on frappe la surface qui fabrique ces gaz.\n\n**Pourquoi si peu de temps.** Un extincteur de 6 kg de poudre se vide en une dizaine de secondes, un 2 kg de CO₂ encore plus vite. Il est fait pour la corbeille qui s'enflamme, la friteuse, le moteur qui se met à fumer : un départ de feu. Après quelques minutes, un feu de pièce dépasse ce qu'un extincteur peut absorber, et la seule réponse est celle de [[URG-INC-001]].\n\n**Les lettres changent selon le pays.** En Europe, C veut dire gaz. Aux États-Unis, C veut dire électrique, et les huiles de cuisson sont K au lieu de F.","langue":"fr"},{"id":"URG-INC-001","titre":"Incendie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","feu","fumee","evacuation"],"sources":["National Fire Protection Association — fire safety data","Sapeurs-pompiers de France — conduite à tenir en cas d'incendie","UK Fire Service — smoke inhalation and evacuation guidance"],"corps":"::Les flammes ne sont pas ce qui tue. La fumée arrive avant, monte, et fait perdre connaissance en quelques respirations.::\n\n## AGIR\n\n1. **Sortez. Immédiatement.** Ne rassemblez rien, ne cherchez pas d'objet. Le temps disponible dans un local en feu se compte en secondes, pas en minutes.\n2. **Baissez-vous.** L'air respirable et la visibilité se trouvent près du sol. Progressez à quatre pattes, une main au mur pour garder la direction.\n3. **Fermez chaque porte derrière vous.** Une porte fermée retarde la propagation de plusieurs minutes et bloque une grande partie de la fumée. C'est le geste le plus rentable de toute cette fiche.\n4. **Alertez** une fois dehors, jamais avant de sortir.\n5. **Ne remontez sous aucun prétexte.**\n\n**Si vous ne pouvez pas sortir :**\n\n- **Fermez-vous dans une pièce**, de préférence avec une fenêtre et un point d'eau.\n- **Bouchez le bas de la porte** avec des textiles, mouillés si possible.\n- **Signalez-vous à la fenêtre**, sans sauter. Un tissu agité se voit de loin.\n- **Ne cassez la fenêtre que si la fumée entre par la pièce** : une fenêtre ouverte crée un appel d'air qui peut accélérer le feu.\n\n**Si vos vêtements prennent feu :** arrêtez-vous, jetez-vous au sol, roulez. Courir alimente les flammes.\n\n**Ne combattez un départ de feu que s'il est plus petit que vous**, que vous avez une issue derrière vous, et que vous savez ce qui brûle. Dans le doute, sortez. Le bon geste avec un extincteur : [[URG-INC-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un feu de friture ou d'huile.** N'y jetez jamais d'eau : elle se vaporise instantanément et projette l'huile enflammée. Coupez la source de chaleur et étouffez avec un couvercle ou un linge épais mouillé essoré.\n\n**C'est un feu électrique.** Coupez le courant avant tout. L'eau conduit l'électricité, voir [[URG-RES-001]] pour la coupure.\n\n**C'est un feu de cheminée ou de conduit.** Ne l'alimentez plus, fermez les arrivées d'air, et éloignez ce qui touche le conduit dans les autres pièces. La chaleur traverse les murs et met le feu à l'étage.\n\n**Vous êtes en extérieur, végétation en feu.** Le feu remonte les pentes beaucoup plus vite qu'il ne descend, et suit le vent. Fuyez perpendiculairement au vent et vers le bas, pas devant le front. Une zone déjà brûlée est le refuge le plus sûr disponible.\n\n**Vous avez respiré de la fumée.** Sortez à l'air libre et restez sous surveillance plusieurs heures : une atteinte respiratoire peut se manifester avec retard. Suie autour des narines, voix rauque, toux persistante sont des signes. Voir [[URG-INCO-001]] si la conscience se trouble.\n\n**Il y a des brûlures.** Refroidissez à l'eau tempérée vingt minutes, puis voir [[URG-BRUL-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn incendie en espace clos suit une progression brutale. Après une phase de démarrage lente, la chaleur accumulée porte l'ensemble des matériaux de la pièce à leur température d'inflammation, et **tout s'enflamme d'un coup**, en quelques secondes. Ce basculement survient souvent en quelques minutes seulement après le début du feu. Après lui, la pièce n'est plus survivable.\n\nC'est pour cela que la seule stratégie valable est l'évacuation immédiate, et pourquoi le temps qu'on croit avoir n'existe pas.\n\n**Ce qui tue, dans l'ordre.** La fumée d'abord, et de très loin : elle contient du monoxyde de carbone, qui se fixe sur l'hémoglobine bien plus fortement que l'oxygène et prive les organes en quelques respirations, sans odeur ni signal. Elle contient aussi des composés irritants qui provoquent un gonflement des voies respiratoires. La chaleur ensuite, qui brûle les voies aériennes bien avant de brûler la peau. Les flammes en dernier.\n\nCela explique la position basse : les fumées chaudes montent et forment une couche sous le plafond qui descend progressivement. Les trente à cinquante centimètres au ras du sol restent respirables bien plus longtemps.\n\nCela explique aussi la porte fermée. Un feu a besoin d'air ; une porte fermée limite l'apport d'oxygène, ralentit la combustion et retient les fumées. Une porte pleine résiste plusieurs minutes, ce qui est exactement l'ordre de grandeur d'une évacuation.\n\nDernier point, souvent décisif. **Un détecteur de fumée vous réveille.** La majorité des décès par incendie domestique survient la nuit, chez des personnes qui dormaient : le sommeil supprime l'odorat, et la fumée endort avant de réveiller. C'est l'équipement au meilleur rapport coût-vies de tout l'habitat.","langue":"fr"},{"id":"URG-HYPOG-001","titre":"Hypoglycémie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["hypoglycemie","diabete","sucre","insuline","malaise","glucagon","urgence"],"sources":["Fédération française des diabétiques, conduite à tenir en cas d'hypoglycémie","American Diabetes Association, Standards of Care : hypoglycemia (règle des 15 g)","Référentiel PSC1, malaise et aggravation d'une maladie"],"corps":"::Un diabétique en hypoglycémie peut ressembler à un homme ivre : il transpire, tremble, dit n'importe quoi, s'énerve. Quinze grammes de sucre le ramènent en quinze minutes. L'erreur, c'est de le laisser dormir.::\n\n## AGIR\n\n**La personne est consciente et peut avaler** : donnez **15 grammes de sucre rapide**, tout de suite :\n\n- 3 morceaux de sucre, ou\n- 150 ml de jus de fruit ou de soda **non light**, ou\n- une cuillère à soupe de miel ou de confiture.\n\n1. **Attendez 15 minutes**, au repos.\n2. **Pas mieux** : redonnez 15 g.\n3. **Mieux** : donnez un sucre lent (pain, biscuits, fruit, un repas) pour éviter la rechute.\n\n**Elle est inconsciente ou ne peut pas avaler** : **rien par la bouche**. Position latérale de sécurité ([[URG-INCO-001]]), **appelez le 15**. Si elle a du **glucagon** (stylo injectable ou spray nasal, souvent dans son sac), un proche formé peut l'administrer selon la notice.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne savez pas si c'est une hypoglycémie ou une hyperglycémie** : chez un diabétique conscient, donnez du sucre quand même. Il corrige vite une hypoglycémie, et ne change presque rien à une hyperglycémie.\n\n**Elle a un lecteur de glycémie** : moins de 0,70 g/l (3,9 mmol/l), c'est une hypoglycémie ; moins de 0,54 g/l (3 mmol/l), elle est sérieuse.\n\n**La nuit** : cauchemars, sueurs, réveil en nage, maux de tête le matin peuvent signaler des hypoglycémies nocturnes. À signaler au médecin.\n\n**Après un effort, de l'alcool ou un repas sauté**, le risque monte chez tous ceux qui prennent de l'insuline ou certains comprimés.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe cerveau ne fonctionne qu'au sucre. Quand la glycémie chute, il le signale d'abord par des signes d'alerte (sueurs, tremblements, faim, palpitations, pâleur), puis il fonctionne mal (confusion, troubles du comportement, de la vision, de la parole), et finit par s'éteindre (convulsions, coma).\n\nLes hypoglycémies touchent surtout les personnes traitées par **insuline** ou par certains comprimés contre le diabète. Chez elles, **tout comportement bizarre est une hypoglycémie jusqu'à preuve du contraire**. Le diabète sans traitement disponible est une autre histoire, traitée dans sa propre fiche.","langue":"fr"},{"id":"URG-HYPO-001","titre":"Hypothermie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","froid","secourisme","sante"],"sources":["Classification suisse de l'hypothermie — ICAR-MEDCOM (Durrer, Brugger, Syme)","Pasquier M., Blancher M., Hypothermie accidentelle, Ann. Fr. Med. Urgence, 2019","SNSM — Conduite à tenir face à une hypothermie","Recommandations Premiers Secours, édition 2018"],"corps":"::Rien ne brûle comme le froid. Appliquez ces instructions et vous survivrez.::\n\n## AGIR\n\n**Coupez le froid. Maintenant.**\n\n1. **Sortez du vent.** Le vent annule toute isolation. Un creux, un tronc, un mur : n'importe quoi qui fasse écran vaut mieux qu'un [[SURV-ABRI-001]] parfait à dix minutes de marche.\n2. **Retirez tout ce qui est mouillé.** Un vêtement humide vous vide de votre chaleur plus vite que l'air libre. Coupez-le si la personne est raide.\n3. **Isolez du sol.** Branchages, cartons, sacs, mousse, végétation morte. Le sol vous pompe autant que l'air, et personne n'y pense.\n4. **Enveloppez.** Tête et cou compris. Couverture de survie face argentée vers l'intérieur, avec une couche isolante entre le film et le corps.\n5. **Réchauffez le tronc. Jamais les membres.** Torse, aisselles, aine. Les bras et les jambes attendront.\n6. **Sucre et boisson chaude** si et seulement si la personne est pleinement consciente et avale sans difficulté. Pour chauffer la boisson, voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Manipulez avec une douceur extrême.** Pas de geste brusque, pas de mise debout, pas de secousse. Un cœur refroidi s'arrête sur un mouvement mal placé. Tout se fait à l'horizontale et lentement.\n\n**Ne donnez jamais d'alcool.** Il donne chaud et vous tue plus vite.\n\nS'il y a une plaie qui saigne, elle passe avant le froid : voir [[URG-HEMO-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul.** Vous ne pouvez compter que sur votre propre frisson. Bougez pour le nourrir, mangez ce que vous avez, abritez-vous avant l'épuisement et non après. Un homme seul au stade II ne se sauve plus lui-même : c'est la limite à ne pas franchir.\n\n**Vous êtes deux.** Le contact corporel direct, torse contre torse sous une isolation commune, fonctionne. Celui qui est valide reste habillé et sec : deux hypothermes ne se réchauffent pas mutuellement, ils se refroidissent ensemble.\n\n**En groupe.** Un seul décide et donne les ordres. Le reste exécute — sur la manière de tenir un groupe, voir [[SURV-TROC-001]]. Une hypothermie gérée par comité perd les minutes qui comptent.\n\n**En milieu urbain.** Cages d'escalier, parkings souterrains, locaux techniques : hors vent et au-dessus du gel. Les mêmes lieux servent aussi de réserve d'eau, voir [[URG-EAU-001]]. Le sol y est en béton, il faut toujours s'en isoler.\n\n**Sans matériel.** Le carton est un excellent isolant. Les sacs plastiques remplis de feuilles mortes ou de papier froissé, enfilés autour du torse et des jambes, font le travail. Ce qui compte n'est jamais la beauté du montage, c'est l'air immobile emprisonné.\n\n**En prévention, trois leviers dans l'ordre : restez sec, coupez le vent, mangez.** Une coupe-vent fine par-dessus vaut mieux qu'une grosse épaisseur seule. Et sachez ceci : le coton mouillé est le pire matériau que l'humanité ait produit contre le froid.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe froid ne demande ni neige ni gel. De l'eau, du vent et quelques heures suffisent. L'eau conduit la chaleur environ vingt-cinq fois plus vite que l'air : une immersion change complètement l'échelle de temps.\n\nLe corps lutte tant qu'il peut. Il ferme la périphérie pour protéger le centre, il accélère le cœur, il frissonne. Le frisson est le meilleur chauffage dont il dispose : c'est du muscle qui travaille sans produire de mouvement, donc de la chaleur pure.\n\n**Quand le frisson s'arrête, ce n'est pas que ça va mieux. C'est que la réserve est vide.**\n\nC'est le seul signe qui compte vraiment, et il vaut tous les thermomètres :\n\n| Stade | Ce que vous voyez | Température |\n|---|---|---|\n| I — légère | Conscient, frissons intenses, peau froide | 32–35 °C |\n| II — modérée | Somnolent, **frissons arrêtés**, parole confuse | 28–32 °C |\n| III — sévère | Inconscient, pouls à peine perceptible | 24–28 °C |\n| IV — profonde | Aucun signe de vie apparent | sous 24 °C |\n\nPourquoi ne jamais réchauffer les membres d'abord : le sang stagnant dans les bras et les jambes est plus froid que le sang central. Le renvoyer d'un coup vers le cœur fait chuter la température du centre au moment précis où l'on croyait sauver la personne. C'est un piège qui a tué des gens qui faisaient bien.\n\nPourquoi la douceur extrême : un myocarde refroidi devient électriquement instable. Une secousse, une mise debout, un choc peuvent déclencher une fibrillation. Le geste qui sauve ressemble à de la lenteur inutile. Il ne l'est pas.\n\nIl y a un piège de plus. Aux stades avancés, la personne peut ressentir une bouffée de chaleur et se déshabiller : c'est la {{vasodilatation|Ouverture des vaisseaux sanguins de la peau, qui donne une sensation de chaleur tout en accélérant la perte thermique.}} terminale, le corps qui lâche le contrôle de ses vaisseaux. **Une personne dévêtue dans le froid est une urgence absolue, pas quelqu'un qui a chaud.**\n\nEt il y a une règle que les secouristes de montagne répètent parce qu'elle sauve : on n'est pas mort de froid tant qu'on n'est pas réchauffé et toujours mort. Un corps profondément refroidi imite la mort — rigide, pupilles fixes, sans pouls trouvable — parce que le froid a mis le métabolisme en veille au lieu de l'éteindre. Des réanimations longues ont ramené des gens de là. **Ne concluez jamais au décès sur le terrain.**","langue":"fr"},{"id":"URG-HEMO-001","titre":"Hémorragie externe","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","sang","sante"],"sources":["Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Comité international de la Croix-Rouge — premiers secours en milieu isolé","Stop the Bleed — American College of Surgeons"],"corps":"::Un adulte a cinq litres de sang. Il peut en perdre deux avant de ne plus revenir. Vous avez le temps d'agir, mais pas celui d'hésiter.::\n\n## AGIR\n\n**Appuyez. Fort. Sans lâcher.**\n\n1. **Compression directe sur la plaie.** Paume, poing, deux mains si nécessaire. La force compte plus que la propreté du tissu. Un vêtement sale qui comprime vaut mieux qu'une compresse stérile qui attend.\n2. **N'enlevez pas ce qui est imbibé.** Ajoutez par-dessus. Retirer le premier pansement arrache le caillot qui commençait à se former.\n3. **Allongez la personne.** Debout, elle perdra connaissance et tombera. Au sol, elle est déjà en sécurité et son cerveau reçoit mieux.\n4. **Ne lâchez pas pour aller chercher du matériel.** Envoyez quelqu'un, ou attendez. Dix minutes de compression continue valent mieux que trois compressions interrompues.\n5. **Si un objet est planté dans la plaie, laissez-le.** Il bouche peut-être ce qu'il a percé. Comprimez autour, calez-le pour qu'il ne bouge pas.\n6. **Si la compression ne suffit pas sur un membre**, et seulement dans ce cas, posez un garrot en amont de la plaie, entre la plaie et le cœur. Serrez jusqu'à ce que le saignement s'arrête, pas moins. **Notez l'heure de pose.** Ne le desserrez jamais vous-même.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul et c'est vous qui saignez.** Comprimez d'une main, installez-vous au sol contre un appui. Un garrot improvisé se serre avec un bâton passé dans le lien et tourné : c'est le tourniquet, et il fonctionne à une main. Un lien large tient mieux qu'un lien fin, qui coupe sans comprimer.\n\n**La personne est agitée, pâle, grelottante, assoiffée.** Ce sont les signes de l'état de choc et ils apparaissent avant la perte de connaissance. Couvrez-la, isolez-la du sol, parlez-lui. Le froid aggrave l'hémorragie en empêchant le sang de coaguler : le blessé qui saigne et qui a froid est dans une spirale, et l'[[URG-HYPO-001]] devient alors le second problème à traiter.\n\n**Vous n'avez rien.** Une ceinture, une sangle de sac, une bande de tissu déchirée dans une manche. Le pansement compressif se fabrique avec n'importe quel textile roulé serré et maintenu par un lien.\n\n**Ce n'est pas artériel.** Le sang sombre qui suinte plutôt que de jaillir demande la même chose, avec moins d'urgence. Comprimez, surélevez le membre, laissez le temps faire.\n\n**Vous êtes très loin de tout secours.** Cela ne change pas les gestes. Cela change seulement ce que vous ferez ensuite : maintenir au chaud, hydrater avec une eau sûre — voir [[URG-EAU-001]] — si la personne est consciente et n'a pas de plaie abdominale, surveiller la conscience, et décider si vous appelez à l'aide en suivant [[SIG-COM-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLa coagulation est une réaction en chaîne qui a besoin de deux choses : du temps et de l'immobilité. Chaque fois qu'on décomprime pour regarder, on remet le compteur à zéro. C'est pour cela que la règle est de ne jamais regarder avant plusieurs minutes.\n\nElle a besoin aussi de chaleur. Sous 35 °C, les enzymes de la cascade de coagulation perdent leur efficacité. C'est pourquoi couvrir un blessé n'est pas du confort, c'est un geste hémostatique.\n\nLe garrot a longtemps été enseigné comme un dernier recours à éviter, par crainte de perdre le membre. La médecine de guerre des vingt dernières années a inversé ce jugement : posé correctement et laissé en place, il sauve des vies pour un risque tissulaire bien plus faible qu'on ne le croyait. Ce qui reste vrai, c'est qu'un garrot mal serré est pire que rien : il bloque le retour veineux sans bloquer l'arrivée artérielle, et il augmente le saignement.\n\nEnfin, un chiffre qui sert de repère mental. La perte devient critique autour du tiers du volume sanguin. Sur une artère de membre non comprimée, ce tiers part en quelques minutes. Sur un saignement veineux, en beaucoup plus longtemps. **La différence entre les deux ne se juge pas à la couleur, elle se juge au débit.**","langue":"fr"},{"id":"URG-GLACE-001","titre":"Chute dans l'eau glacée","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["eau froide","glace","choc thermique","noyade","hypothermie","sauvetage","lac gele"],"sources":["Giesbrecht G., Cold Water Boot Camp et principe 1-10-1, Université du Manitoba","RNLI (Royal National Lifeboat Institution), Float to Live","Tipton M., Cold water immersion: sudden death and prolonged survival, The Lancet, 2003"],"corps":"::Dans l'eau glacée, on ne meurt presque jamais de froid dans la première minute. On meurt noyé, parce qu'on a paniqué et avalé l'eau. La règle 1-10-1 dit exactement ce qu'on a comme temps.::\n\n## AGIR\n\n**La règle 1-10-1**\n\n- **1 minute** pour reprendre sa respiration. Le choc du froid fait haleter : on avale de l'eau si on s'agite. **Ne nagez pas, ne criez pas. Flottez, la tête hors de l'eau, et respirez.**\n- **10 minutes** de mouvements utiles avant que les muscles des bras et des jambes ne refusent de répondre. C'est maintenant qu'il faut sortir.\n- **1 heure** environ avant de perdre connaissance par hypothermie. Si vous ne pouvez pas sortir, gardez cette heure pour être secouru.\n\n**Sortir d'un trou dans la glace**\n\n1. Retournez-vous **vers le côté d'où vous venez** : cette glace-là vous a porté.\n2. Posez les bras à plat sur la glace, **battez des jambes pour mettre le corps à l'horizontale**, et glissez-vous dessus comme un phoque, en vous tirant avec les bras.\n3. **Ne vous relevez pas.** Roulez sur vous-même pour vous éloigner du trou, et rampez jusqu'au bord.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne pouvez pas sortir** : les bras sur la glace, sans bouger, pour qu'ils y gèlent et vous retiennent si vous perdez connaissance. Économisez la chaleur : les jambes serrées, pas de nage.\n\n**Quelqu'un d'autre est tombé** : **ne courez pas vers lui.** Tendez depuis la berge une perche, une branche, une corde, une écharpe, une échelle posée à plat. Si vous devez avancer sur la glace, allongez-vous pour répartir votre poids. Appelez le 112.\n\n**Après la sortie** : à l'abri du vent, retirez les vêtements mouillés, séchez, couvrez (couverture, vêtements secs, couverture de survie), boisson chaude et sucrée si la personne est bien consciente. Réchauffez doucement le tronc, pas en frottant les membres. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**En eau libre froide** (mer, rivière) sans glace : même règle. Flottez sur le dos, bras et jambes écartés, le temps de calmer la respiration, puis décidez.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe **choc thermique** de l'eau en dessous de 15 °C provoque un halètement réflexe et une accélération du cœur pendant une à trois minutes. C'est lui qui noie, pas l'hypothermie, qui arrive bien plus tard.\n\n**Une glace sûre** se juge à l'épaisseur et à la couleur : une glace bleue ou transparente est la plus solide, une glace blanche, grise ou poreuse l'est beaucoup moins. Moins de 10 cm de glace bleue, on ne marche pas dessus. Les bords, les courants, les arrivées d'eau et les roseaux affaiblissent la glace. Voir aussi [[URG-SEC-002]] pour la noyade.","langue":"fr"},{"id":"URG-GAZ-001","titre":"Fuite de gaz","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["gaz","fuite","odeur","explosion","butane","propane","gaz naturel","urgence"],"sources":["GRDF, consignes en cas d'odeur de gaz et numéro Urgence Sécurité Gaz","Ministère de la Transition écologique, sécurité des installations de gaz domestique","INRS, fiches sur le propane, le butane et le méthane"],"corps":"::Une odeur de gaz dans une maison ne tue presque jamais par elle-même. C'est l'étincelle d'un interrupteur qui tue. Tout le protocole tient en une idée : ne rien allumer, ne rien éteindre, sortir.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne touchez à aucun interrupteur**, ni pour allumer ni pour éteindre. Pas de sonnette, pas d'interphone, pas de volet électrique, pas de briquet, pas de cigarette.\n2. **Ouvrez les fenêtres et les portes** en grand, en passant.\n3. **Fermez le robinet de gaz** : au compteur pour le gaz de ville, sur la bouteille ou la citerne pour le butane et le propane.\n4. **Sortez**, faites sortir tout le monde, et ne prenez pas l'ascenseur.\n5. **Appelez une fois dehors**, à distance : les secours (18 ou 112) et, en France, le numéro Urgence Sécurité Gaz de GRDF, **0 800 47 33 33**, gratuit, jour et nuit.\n6. **N'y retournez pas** avant le feu vert des secours.\n\n## ADAPTER\n\n**L'odeur est faible, près de la cuisinière** : un bouton de brûleur mal fermé, une flamme soufflée par un courant d'air ou une casserole qui a débordé. Fermez le bouton, aérez largement, attendez que l'odeur disparaisse avant de rallumer quoi que ce soit.\n\n**Butane et propane (bouteilles, citernes)** : ils sont **plus lourds que l'air**. Ils coulent au sol et s'accumulent dans les caves, les sous-sols, les fosses de garage. Aérez par le bas, et ne descendez pas dans une cave qui sent le gaz.\n\n**Gaz de ville (méthane)** : plus léger que l'air, il monte. Aérez par le haut.\n\n**Dans un immeuble** : prévenez les voisins en frappant aux portes, pas en sonnant.\n\n**Chercher une petite fuite sur un raccord** : de l'eau savonneuse au pinceau, robinet ouvert. Des bulles, c'est là. **Jamais une flamme pour chercher une fuite.**\n\n**Quelqu'un est inconscient dans la pièce** : aérez d'abord, sortez-le vite en retenant votre respiration, puis voir [[URG-INCO-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe gaz naturel et le propane n'ont presque pas d'odeur. On leur ajoute un produit soufré qui sent fort pour qu'une fuite se remarque bien avant d'être dangereuse. **Si ça sent, il est encore temps.**\n\nLe gaz n'explose que mélangé à l'air dans une proportion précise, entre environ 5 et 15 % pour le méthane, 2 et 10 % pour le propane. Il faut ensuite une étincelle : un interrupteur, le relais d'un frigo, la sonnette. D'où la règle de ne toucher à rien d'électrique.\n\n**Le tuyau souple en caoutchouc** qui relie une bouteille à une cuisinière porte une date de péremption imprimée : passé cette date, il se fendille et fuit. Changez-le.\n\nÀ ne pas confondre avec le **monoxyde de carbone**, qui n'a aucune odeur et vient d'un appareil qui brûle mal, pas d'une fuite : voir [[TEC-CON-010]]. Pour couper le gaz, l'eau et l'électricité : [[URG-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-FRAC-001","titre":"Fractures, entorses et immobilisation","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","os","immobilisation"],"sources":["Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines for Basic Wilderness First Aid","Croix-Rouge française — traumatismes des membres"],"corps":"::On n'immobilise pas pour soigner. On immobilise pour que rien n'empire pendant le transport.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne bougez pas le membre.** Immobilisez-le dans la position où vous le trouvez. Ne cherchez jamais à remettre un os en place ni à redresser une déformation : vous risquez de léser un vaisseau ou un nerf.\n2. **Cherchez une plaie.** Un os visible ou une plaie en regard du foyer change tout : le risque d'infection devient majeur. Couvrez d'un tissu propre sans comprimer, sans repousser l'os, et cherchez du secours. Voir [[TEC-SAN-001]].\n3. **Arrêtez un saignement actif** avant toute immobilisation. Voir [[URG-HEMO-001]].\n4. **Vérifiez ce qui se passe en aval**, c'est-à-dire au-delà de la blessure : la peau est-elle chaude et de couleur normale, la personne sent-elle vos doigts, peut-elle bouger les orteils ou les doigts ? **Notez la réponse et refaites ce contrôle après l'immobilisation.** Une extrémité froide, pâle, bleue ou insensible est une urgence : la circulation est compromise.\n5. **Immobilisez l'articulation au-dessus et celle en dessous** du foyer. C'est la règle qui rend une attelle efficace : bloquer seulement le point douloureux ne bloque rien.\n6. **Rembourrez** entre l'attelle et le membre, surtout aux reliefs osseux. Attachez de part et d'autre de la blessure, jamais dessus.\n7. **Serrez juste assez** pour que ça tienne. Vous devez pouvoir glisser un doigt. Un membre gonfle après un traumatisme : ce qui était correct au départ devient un garrot une heure plus tard. **Recontrôlez régulièrement.**\n8. **Surélevez** si possible, et appliquez du froid enveloppé dans un tissu, jamais directement sur la peau.\n\n**Ne faites pas boire ni manger** une personne susceptible d'être opérée.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de matériel.** Le corps sert d'attelle. Un bras se solidarise au thorax par une écharpe et une sangle. Une jambe se solidarise à l'autre jambe avec un rembourrage entre les deux. C'est efficace, immédiat, et cela ne demande rien.\n\n**Vous devez fabriquer une attelle.** Bâtons, planchettes, tiges rigides, carton plié, magazine roulé, sac de couchage enroulé. La rigidité compte moins que la longueur : une attelle trop courte ne bloque pas l'articulation d'à côté et ne sert à rien.\n\n**C'est le poignet, la cheville ou le genou, sans déformation.** Vous ne pourrez pas distinguer une entorse grave d'une fracture sans radiographie, et **c'est sans importance sur le terrain** : la conduite à tenir est la même. Immobilisez, surélevez, refroidissez, ne faites pas appuyer.\n\n**La personne doit absolument marcher pour rejoindre un abri.** Un membre inférieur immobilisé et soutenu peut parfois permettre quelques pas avec appui sur deux personnes ou une béquille improvisée. Mais faire marcher sur une fracture aggrave la lésion : ce choix ne se fait que si rester sur place est plus dangereux — le froid, par exemple, voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous suspectez la colonne, le bassin ou le crâne** — chute de hauteur, choc violent, douleur au dos avec fourmillements ou faiblesse dans les membres. **Ne mobilisez pas.** Laissez sur place, maintenez la tête dans l'axe, couvrez, et cherchez du secours : voir [[SIG-COM-001]]. Le déplacement ne s'envisage que si l'endroit lui-même est dangereux.\n\n**Vous êtes très loin de tout.** Une fracture correctement immobilisée peut attendre plusieurs heures sans dommage supplémentaire. Ce qui n'attend pas : une extrémité froide et insensible, une plaie ouverte sur l'os, une hémorragie. Ce sont ces trois signes qui transforment une situation gérable en urgence.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne fracture n'est pas dangereuse par elle-même. Elle l'est par ce qui l'entoure.\n\n**Les fragments osseux sont coupants.** Un mouvement peut leur faire léser une artère, une veine ou un nerf qui étaient intacts. C'est toute la raison de l'immobilisation : non pas soulager, mais empêcher que la situation ne se dégrade pendant le déplacement.\n\n**Un os saigne, et beaucoup.** Une fracture fermée de la cuisse ou du bassin peut faire perdre un volume de sang considérable à l'intérieur du corps, sans qu'une goutte ne soit visible. C'est pourquoi une personne avec une grosse fracture peut présenter des signes de choc — pâleur, agitation, soif, peau froide — sans saignement apparent.\n\n**Le gonflement est le vrai piège différé.** Les tissus s'infiltrent progressivement dans les heures qui suivent. Un bandage bien posé peut devenir compressif sans que personne ne s'en aperçoive, jusqu'à couper la circulation. D'où le contrôle répété des extrémités, qui est le geste de surveillance le plus important de cette fiche.\n\nSur la distinction entorse-fracture, il faut être clair : aucun signe n'est fiable sur le terrain. Un craquement entendu, une déformation, une impossibilité totale d'appuyer ou une douleur exquise sur un point osseux orientent vers la fracture, mais l'absence de tous ces signes ne l'écarte pas. **En l'absence d'imagerie, on traite comme une fracture.** C'est l'option qui ne coûte rien si l'on se trompe, alors que l'inverse coûte cher.","langue":"fr"},{"id":"URG-FOULE-001","titre":"Mouvement de foule","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["foule","bousculade","ecrasement","concert","stade","evacuation","panique"],"sources":["Still G. K., Introduction to Crowd Science, CRC Press, 2014","Fruin J., The causes and prevention of crowd disasters, 1993","Retours d'expérience des drames de Hillsborough (1989), Love Parade (2010) et Itaewon (2022)"],"corps":"::Dans une foule, on ne meurt presque jamais piétiné. On meurt debout, écrasé, parce qu'on ne peut plus gonfler ses poumons. Tout ce qu'il faut faire, c'est garder de l'air et rester sur ses pieds.::\n\n## AGIR\n\n1. **Les bras devant la poitrine**, coudes pliés et poings serrés, comme un boxeur : ils gardent un espace pour respirer.\n2. **Restez debout, coûte que coûte.** Pieds écartés, genoux souples, on suit le mouvement.\n3. **Ne luttez pas contre la poussée.** Entre deux vagues, avancez **en diagonale** vers les bords de la foule, là où la pression baisse.\n4. **Éloignez-vous des murs, des barrières, des grilles et des portes** : c'est contre eux que les gens sont écrasés.\n5. **Gardez votre souffle** : on ne crie pas, on respire.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous tombez** : relevez-vous immédiatement, en vous aidant des gens autour. Impossible : **roulez sur le côté en boule**, les bras protégeant la tête et la nuque, pas sur le dos ni sur le ventre, pour garder la poitrine libre.\n\n**Quelqu'un tombe à côté de vous** : aidez-le à se relever tout de suite, et prévenez les autres en criant « quelqu'un est tombé » pour qu'ils poussent vers l'arrière.\n\n**Avec un enfant** : portez-le sur les épaules ou contre vous, au-dessus du niveau des poitrines.\n\n**Vous sentez la foule se densifier** (on ne voit plus ses pieds, on est touché de tous côtés, on est déplacé sans le vouloir) : **partez maintenant**, pas dans dix minutes.\n\n## COMPRENDRE\n\nAu-delà d'environ **cinq personnes par mètre carré**, une foule se comporte comme un fluide : des ondes de poussée la traversent, et chacun est déplacé sans pouvoir résister. Les forces qui s'additionnent dans une masse compacte peuvent tordre des barrières métalliques et empêcher toute respiration. C'est l'**asphyxie par compression** qui tue.\n\nCe n'est pas de la « panique » : la plupart des victimes des grands drames étaient calmes, bloquées dans une foule trop dense, sans savoir ce qui se passait à dix mètres devant.\n\n**La prévention tient en trois gestes** : repérer les sorties en arrivant (y compris celles derrière vous), se tenir au bord plutôt qu'au centre, et partir dès que la densité monte, avant la fin du concert ou du match.","langue":"fr"},{"id":"URG-FOU-001","titre":"Foudre et orage","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["foudre","orage","eclair","montagne","randonnee","voiture","arret cardiaque"],"sources":["Météo-France, conseils de comportement en cas d'orage","National Weather Service (États-Unis), Lightning Safety","Cooper M. A., Holle R., Reducing Lightning Injuries Worldwide, Springer, 2019"],"corps":"::Si vous entendez le tonnerre, vous êtes à portée de la foudre. Pas besoin qu'il pleuve sur vous : un éclair peut frapper à plus de dix kilomètres de l'orage.::\n\n## AGIR\n\n1. **Mettez-vous à l'abri dans un bâtiment en dur ou dans une voiture fermée**, dès le premier coup de tonnerre.\n2. **Restez-y 30 minutes après le dernier tonnerre.** Beaucoup de foudroyés sont frappés à la fin de l'orage, en ressortant trop tôt.\n3. **À l'intérieur** : éloignez-vous des fenêtres, n'utilisez pas le téléphone fixe, évitez douche et bain pendant l'orage (la foudre voyage par les tuyaux et les fils).\n\n### Personne foudroyée\n\n- **On peut la toucher tout de suite** : un corps foudroyé ne garde aucune charge électrique.\n- **Elle ne respire pas : massage cardiaque immédiat**, défibrillateur. Voir [[URG-CARD-001]]. La foudre arrête souvent le cœur et la respiration, et les réanimations réussissent plus souvent qu'ailleurs, même quand la victime paraît morte.\n- **Plusieurs victimes** : occupez-vous d'abord de celles qui ne bougent pas et ne respirent pas. Celles qui crient respirent.\n\n## ADAPTER\n\n**Pris dehors, sans abri** :\n\n- quittez les sommets, les crêtes, les arêtes, les pylônes, les arbres isolés ;\n- éloignez-vous de l'eau, des clôtures métalliques, des remontées mécaniques ;\n- dans un groupe, **écartez-vous de plusieurs mètres les uns des autres** : un seul éclair ne touchera pas tout le monde ;\n- dans une forêt, restez sous des arbres bas au milieu d'arbres de même hauteur, jamais sous le plus grand ;\n- **accroupissez-vous pieds joints**, sur un sac ou une corde enroulée, en dernier recours. Ne vous allongez pas : le courant se propage dans le sol.\n\n**En montagne**, les orages d'été éclatent souvent l'après-midi : partez tôt, soyez redescendu des crêtes avant midi. Des cheveux qui se dressent, un bourdonnement sur les bâtons ou les pierres : la foudre est imminente, quittez l'endroit immédiatement.\n\n**En bateau** : descendez dans la cabine, éloignez-vous du mât et des parties métalliques.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Compter les secondes** entre l'éclair et le tonnerre, puis diviser par trois, donne la distance de l'orage en kilomètres. Moins de 30 secondes, soit 10 km : vous êtes en danger.\n\n**La voiture protège** grâce à sa carrosserie métallique, qui conduit le courant autour de l'habitacle jusqu'au sol, et non grâce aux pneus. Une voiture décapotable ou à carrosserie plastique ne protège pas.\n\n**La foudre ne tombe pas qu'une fois au même endroit** : elle frappe de préférence ce qui dépasse, et un point haut peut être touché plusieurs fois dans le même orage.\n\nLa plupart des personnes foudroyées survivent, souvent avec des brûlures, des troubles de l'audition ou de la mémoire qui demandent un suivi médical. Pour l'électricité du réseau, voir [[URG-ELEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-FEU-001","titre":"Feu de forêt, se défendre et s'en sortir","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["feu de foret","incendie","urgence","maison","voiture","fumee","evacuation","debroussaillement"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, Sécurité civile : consignes en cas de feu de forêt (gouvernement.fr, risques)","Prométhée et Entente pour la forêt méditerranéenne, guides de prévention pour les habitants","Country Fire Authority (Victoria, Australie), Your guide to survive bushfires","National Wildfire Coordinating Group, principes de sécurité des équipes au sol"],"corps":"::Face à un feu de forêt, on ne gagne pas en courant. On gagne en décidant tôt, en se mettant derrière quelque chose de solide pendant les quelques minutes où le front passe, puis en éteignant les braises qu'il laisse derrière lui.::\n\n## AGIR\n\n### 1. Donner l'alerte, tout de suite\n\n**18 ou 112**, même pour un départ de feu qui paraît minuscule. Donnez le lieu le plus précis possible : route, lieu-dit, repère visible, direction de la fumée. Un feu signalé dans les premières minutes est presque toujours arrêté.\n\n### 2. Un départ de feu, petit, à vos pieds\n\nVous pouvez l'attaquer **si les flammes restent plus basses que vos genoux et si vous avez une sortie derrière vous** :\n\n- attaquez-le **par l'arrière ou par les flancs**, jamais par devant ;\n- **gardez un pied dans le noir** : restez du côté déjà brûlé, qui ne peut plus reprendre ;\n- étouffez les flammes avec une branche verte feuillue, une pelle, une couverture, un sac mouillé, ou jetez de la terre à la pelle ;\n- **si les flammes dépassent vos genoux, ou si le feu avance plus vite que vous ne marchez, vous n'éteignez plus : vous partez.**\n\n### 3. Le feu approche de votre maison\n\n**En France, la consigne officielle est claire : une maison solide et débroussaillée est le meilleur abri. Ne partez pas au dernier moment sur la route.** Si vous devez partir, partez tôt, avant que la fumée ne soit sur vous, ou quand les autorités le demandent.\n\nSi vous restez :\n\n1. **Ouvrez le portail** pour les pompiers. Rentrez les voitures, ou garez-les dans une zone dégagée.\n2. **Rentrez ce qui brûle** : salon de jardin, coussins, parasols, bois, bidons. Éloignez les bouteilles de gaz de la maison.\n3. **Fermez tout** : volets, fenêtres, portes, trappes. **Bouchez les aérations et le bas des portes avec des linges mouillés.**\n4. **Remplissez** baignoires, seaux, poubelles : de l'eau pour après. Le réseau peut couper.\n5. **Habillez-vous en coton ou en laine**, manches longues, chaussures fermées. Pas de synthétique, qui fond sur la peau.\n6. **Quand le front passe, restez à l'intérieur**, loin des fenêtres, dans une pièce qui donne de l'autre côté. Il fait très chaud, c'est bruyant, ça dure quelques minutes. **Les murs arrêtent la chaleur rayonnante qui tue dehors.**\n7. **Dès qu'il est passé, sortez et faites le tour** : braises sur le toit, dans les gouttières, sous la terrasse, dans les haies. **La plupart des maisons brûlent après le passage du front, à cause des braises.** C'est le moment où votre eau et votre pelle sauvent la maison.\n\n### 4. Vous êtes en voiture\n\n- **N'entrez pas dans la fumée.** Faites demi-tour tant que vous voyez.\n- Si le feu vous rattrape : garez-vous **sur une zone sans végétation** (parking, champ labouré, large bas-côté), **feux allumés**, fenêtres et aérations fermées.\n- **Restez dans la voiture**, allongé sous les vitres, sous une couverture en laine ou en coton. La voiture ne va pas exploser. Il fera très chaud pendant quelques minutes.\n- Sortez quand le front est passé, et rejoignez la zone brûlée.\n\n### 5. Vous êtes à pied\n\n- **Ne fuyez jamais vers le haut d'une pente** : le feu monte plus vite que vous.\n- Partez **sur le côté** de la direction du feu, vers une **zone déjà brûlée**, une route large, un champ labouré, un plan d'eau, un éboulis rocheux.\n- **Évitez les ravins, les goulets et les cols** : le feu y accélère comme dans une cheminée.\n- Pris au piège : **allongez-vous dans un creux ou derrière un rocher**, face au sol, recouvrez-vous de terre ou d'une couverture en laine, protégez le nez et la bouche avec un tissu en coton, humide si vous avez de l'eau.\n\n## ADAPTER\n\n**Le vent tourne.** Un flanc calme devient une tête de feu en quelques minutes. Réévaluez votre sortie en permanence, surtout en début d'après-midi.\n\n**Il y a de la fumée mais pas de flamme visible.** La fumée voyage loin et vite. Fermez tout, mettez un masque filtrant si vous en avez, et écoutez la radio locale pour savoir où est le feu. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n**Des animaux.** Ouvrez les enclos et les portes des prés : un animal libre fuit mieux qu'un animal enfermé. Rentrez les chiens et les chats dans la maison avec vous.\n\n**Des enfants, des personnes âgées.** Partez tôt avec eux, dès la première alerte. On n'évacue pas une personne fragile dans la fumée.\n\n**Des brûlures.** Refroidissez à l'eau tiède pendant vingt minutes, voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Après.** Ne rentrez pas dans une zone brûlée sans y être autorisé : arbres qui tombent, souches qui couvent, sols qui s'effondrent sur des racines consumées. Et surveillez chez vous les points chauds pendant 48 heures.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Ce qui tue dans un feu de forêt, c'est d'abord la chaleur rayonnante.** Elle brûle à des dizaines de mètres des flammes, à travers l'air. Tout ce qui fait écran, un mur, une carrosserie, un rocher, un talus de terre, réduit ce rayonnement de façon spectaculaire. D'où la règle : **s'abriter derrière quelque chose de solide plutôt que courir à découvert.**\n\n**Le front passe vite.** Dans un endroit donné, les grandes flammes ne durent que quelques minutes, un peu plus en forêt dense. Tenir pendant ce temps derrière un abri suffit à survivre dans la grande majorité des cas.\n\n**La plupart des victimes meurent sur la route**, en fuyant trop tard, dans une fumée où elles ne voient plus rien. D'où l'autre règle : **partir tôt, ou ne pas partir.**\n\n**Une maison débroussaillée résiste** : sans végétation continue jusqu'aux murs, le feu passe à côté et ne laisse que des braises à éteindre. C'est pourquoi le débroussaillement autour des maisons est obligatoire dans les zones à risque. Le phénomène complet est décrit dans [[TEC-TER-001]], et le travail des pompiers dans [[TEC-TER-002]].","langue":"fr"},{"id":"URG-ETOU-001","titre":"Étouffement","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","respiration","sante"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Basic Life Support","Croix-Rouge française — l'étouffement","Sapeurs-pompiers de France — obstruction des voies aériennes","Manuel MSD — compressions abdominales et claques dans le dos"],"corps":"::Une personne qui tousse s'en sortira seule. Une personne qui ne fait aucun bruit a quelques minutes.::\n\n## AGIR\n\n**Posez d'abord la seule question qui compte : est-ce qu'elle tousse ?**\n\n**Elle tousse, elle parle, elle respire bruyamment.** L'obstruction est partielle et l'air passe encore. **N'intervenez pas.** La toux est la manœuvre la plus efficace qui existe, bien plus qu'une claque. Encouragez-la, restez à côté, ne tapez pas dans le dos — un geste mal placé peut déplacer le corps étranger et fermer complètement le passage.\n\n**Elle ne fait aucun bruit, ne peut ni parler ni tousser, s'agrippe la gorge, panique.** L'obstruction est totale. Agissez immédiatement.\n\n1. **Faites alerter les secours** par quelqu'un d'autre pendant que vous agissez. Si vous êtes seul, agissez d'abord.\n2. **Cinq claques dans le dos.** Placez-vous sur le côté et légèrement en arrière. Penchez la personne franchement vers l'avant en soutenant sa poitrine d'une main — c'est ce qui évite que l'objet ne s'enfonce davantage. De l'autre main, donnez jusqu'à cinq claques vigoureuses entre les omoplates, avec le talon de la main ouverte. **Vérifiez après chaque claque** : si l'objet sort ou si la toux reprend, arrêtez.\n3. **Cinq compressions abdominales**, si les claques n'ont rien donné. Placez-vous derrière, passez vos bras sous les siens, penchez-la vers l'avant. Poing fermé au creux de l'estomac, au-dessus du nombril et sous le sternum, l'autre main par-dessus. Tirez franchement vers vous et vers le haut. Relâchez entre chaque. Jusqu'à cinq.\n4. **Alternez cinq claques et cinq compressions**, sans interruption, jusqu'à ce que l'objet sorte ou que la respiration reprenne.\n5. **Si elle perd connaissance :** accompagnez-la au sol sans la laisser tomber, faites alerter les secours si ce n'est pas fait, et commencez une réanimation cardio-pulmonaire en débutant par les compressions thoraciques — la séquence complète est dans [[URG-INCO-001]]. Regardez dans la bouche à la fin de chaque cycle et retirez le corps étranger seulement s'il est visible et accessible.\n\n**Ne mettez jamais vos doigts à l'aveugle dans la bouche.** Vous enfoncerez l'objet.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une femme enceinte avancée, ou une personne obèse.** Les compressions abdominales sont impossibles ou contre-indiquées. La séquence reste la même — cinq claques, puis cinq compressions — mais les compressions se font **au niveau du thorax**, sur le sternum, et non sur l'abdomen.\n\n**C'est un nourrisson de moins d'un an.** La technique est différente et ne s'improvise pas à partir de celle de l'adulte : compressions thoraciques et non abdominales, sur un enfant maintenu tête en bas le long de l'avant-bras. C'est un geste qui s'apprend en formation, et cette fiche ne le remplace pas.\n\n**Vous êtes seul et c'est vous qui vous étouffez.** Vous pouvez pratiquer les compressions sur vous-même en vous penchant fermement sur le dossier d'une chaise, le bord d'une table ou un angle de mur, le creux de l'estomac au point de contact, en vous laissant tomber de tout votre poids. Répétez. C'est efficace et c'est documenté.\n\n**L'objet est sorti et tout semble normal.** Ce n'est pas terminé. Une personne ayant subi des compressions abdominales doit être examinée : ce geste peut léser des organes internes. Et une gêne persistante, une douleur, une difficulté à avaler ou à respirer après coup imposent un avis médical, même si tout paraît rentré dans l'ordre.\n\n**La personne a cessé de respirer après coup.** Vous passez sur [[URG-INCO-001]], sans délai.\n\n**Vous êtes très loin de tout secours.** Cela ne change rien aux gestes, qui restent les seuls disponibles. Cela renforce en revanche la prévention : manger lentement, couper petit, ne pas parler ni rire la bouche pleine, surveiller les personnes âgées et les jeunes enfants pendant les repas.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'air ne passe plus, et le corps dispose de quelques minutes de réserve d'oxygène avant que le cerveau ne souffre. C'est la raison pour laquelle l'étouffement est l'une des rares urgences où l'on agit avant d'appeler : personne n'arrivera dans ce délai.\n\nChaque geste a une logique mécanique précise.\n\n**La claque dans le dos** provoque une secousse et une expiration réflexe qui décollent l'objet. Le buste penché en avant est indispensable : sur une personne droite, la même claque pousse l'objet vers le bas au lieu de le chasser vers le haut.\n\n**La compression abdominale** refoule le diaphragme vers le haut. Le diaphragme comprime les poumons, et l'air chassé d'un coup se comporte comme une toux artificielle. C'est pour cela que le point d'appui est au creux de l'estomac et non sur les côtes : appuyer sur les côtes les casse sans rien chasser.\n\n**On alterne les deux** parce qu'ils agissent différemment et que l'un fonctionne parfois là où l'autre échoue. Aucune séquence n'a démontré une supériorité telle qu'il faudrait abandonner l'autre.\n\nUn dernier point, qui explique la règle d'abstention. Une obstruction partielle produit du bruit : c'est le signe que l'air circule autour de l'objet. Intervenir à ce moment risque de transformer une situation qui se résout seule en obstruction complète. **Le bruit est rassurant, le silence est l'urgence.** C'est exactement l'inverse de ce que l'intuition suggère, et c'est ce qui rend cette fiche utile.","langue":"fr"},{"id":"URG-EPI-001","titre":"Crise d'épilepsie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["epilepsie","convulsions","crise","secourisme","position laterale","urgence"],"sources":["Fondation française pour la recherche sur l'épilepsie, que faire face à une crise","Epilepsy Foundation (États-Unis), Seizure First Aid","Référentiel PSC1, convulsions"],"corps":"::On ne retient pas une personne qui convulse, et on ne lui met rien dans la bouche. Elle ne peut pas avaler sa langue. On protège, on chronomètre, on attend.::\n\n## AGIR\n\n1. **Regardez l'heure.**\n2. **Écartez ce qui peut blesser** : meubles, objets durs, et éloignez-la d'un escalier, d'une route, de l'eau.\n3. **Protégez sa tête** avec quelque chose de souple (veste pliée, coussin, vos mains).\n4. **Ne la retenez pas**, ne la maintenez pas au sol, **ne mettez rien dans sa bouche**.\n5. **Desserrez** col, cravate, ceinture ; retirez ses lunettes.\n6. **Quand les secousses s'arrêtent** : mettez-la sur le côté, en position latérale de sécurité, voir [[URG-INCO-001]]. Restez jusqu'à ce qu'elle soit bien réveillée.\n\n**Appelez le 15 si** : la crise dure plus de **5 minutes**, une deuxième crise suit, la personne ne se réveille pas, respire mal, s'est blessée, est enceinte, diabétique, a convulsé dans l'eau, ou si c'est **sa première crise**.\n\n## ADAPTER\n\n**Au réveil**, elle est souvent confuse, épuisée, parfois agressive sans le vouloir : parlez calmement, ne la brusquez pas, laissez-la dormir sur le côté.\n\n**Dans l'eau** : tenez-lui la tête hors de l'eau, sortez-la dès que les secousses s'arrêtent, et appelez les secours même si elle semble aller bien.\n\n**Chez un enfant qui a de la fièvre** : une convulsion fébrile est impressionnante et le plus souvent sans gravité. Mêmes gestes, découvrez l'enfant, et appelez le 15.\n\n**Elle a un traitement d'urgence prescrit** (comme un médicament à mettre dans la joue) : son entourage sait souvent où il est ; suivez l'ordonnance.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne crise d'épilepsie est un orage électrique dans le cerveau. La plupart s'arrêtent seules en une à trois minutes. La langue ne peut pas être avalée ; les objets glissés entre les dents cassent des dents et blessent des doigts. La position sur le côté, après la crise, sert à laisser s'écouler la salive et à garder les voies respiratoires libres.\n\nUne crise peut aussi venir d'autre chose que l'épilepsie : hypoglycémie ([[URG-HYPOG-001]]), traumatisme crânien ([[URG-SEC-004]]), sevrage d'alcool, intoxication.","langue":"fr"},{"id":"URG-ENF-001","titre":"Un enfant perdu","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["enfant perdu","disparition","foule","plage","magasin","alerte","recherche"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, conduite à tenir en cas de disparition d'enfant","National Center for Missing and Exploited Children, If your child is missing","Recommandations des postes de secours de plage (SNSM, CRS maîtres-nageurs)"],"corps":"::Un enfant perdu est presque toujours retrouvé en quelques minutes. Ces minutes se gagnent en alertant tout de suite, pas après avoir cherché seul pendant une demi-heure.::\n\n## AGIR\n\n1. **Laissez quelqu'un à l'endroit exact** où l'enfant a été vu pour la dernière fois : il y revient souvent.\n2. **Cherchez vite autour** : quelques minutes, dans un rayon proche, en appelant son prénom fort.\n3. **Alertez immédiatement** le personnel (magasin, parc, plage, gare, stade) : ils savent fermer les sorties et diffuser un message. Sur une plage, le **poste de secours**.\n4. **Appelez le 17 ou le 112** sans tarder si l'enfant n'est pas retrouvé en quelques minutes, ou tout de suite s'il est très jeune, près de l'eau, ou s'il y a le moindre doute d'enlèvement.\n5. **Donnez une description précise** : âge, taille, vêtements (couleurs), coiffure, signe particulier, et une **photo récente**.\n6. **Quelqu'un reste à la maison** ou près du téléphone, au cas où l'enfant y retourne ou quelqu'un appelle.\n\n## ADAPTER\n\n**Près de l'eau** (plage, lac, piscine, rivière) : l'eau d'abord. Prévenez les sauveteurs immédiatement.\n\n**En forêt ou à la campagne** : un jeune enfant se cache souvent quand il a peur ou quand il fait nuit, et ne répond pas aux appels. Les secours ont l'habitude : alertez-les tôt, ne laissez pas la nuit tomber.\n\n**L'enfant est retrouvé** : ne le grondez pas. Il retiendra qu'on peut se faire gronder en se montrant, et se cachera la prochaine fois.\n\n## Préparer, avant\n\n- **Une photo de l'enfant le matin même**, avant un lieu très fréquenté : elle montre ses vêtements du jour.\n- **Votre numéro de téléphone écrit au feutre** sur son bras, ou sur un bracelet, pour les petits.\n- **Apprenez-lui trois règles** : si tu es perdu, tu restes où tu es ; tu demandes à une maman avec des enfants ou à quelqu'un qui travaille là ; tu ne suis jamais personne hors du lieu, même gentil.\n- **Un point de rendez-vous** convenu en arrivant, visible et facile (l'entrée, le poste de secours, une grande enseigne).\n- **Des vêtements voyants** dans la foule : un enfant en jaune se retrouve plus vite qu'un enfant en gris.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes jeunes enfants ne se perdent pas comme les adultes : ils suivent quelque chose qui les attire, ou se cachent quand ils ont peur. Ils vont rarement loin, mais ils ne répondent pas toujours. Le temps joue surtout à cause de l'eau, du froid, de la nuit et, rarement, de la malveillance. D'où la règle : **alerter tôt ne coûte rien, alerter tard peut tout coûter.**","langue":"fr"},{"id":"URG-ELEC-001","titre":"Électrocution","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["electrocution","electrisation","courant","ligne electrique","secourisme","arret cardiaque","brulure"],"sources":["Croix-Rouge française et Protection civile, référentiel PSC1 (électrisation)","European Resuscitation Council Guidelines 2021, special circumstances : électrisation","Enedis, consignes de sécurité à proximité des lignes électriques tombées"],"corps":"::Le premier réflexe tue le sauveteur : attraper la victime. Avant de la toucher, on coupe le courant. Toujours.::\n\n## AGIR\n\n1. **Ne touchez pas la victime tant qu'elle est en contact avec le courant.**\n2. **Coupez le courant** : disjoncteur général, prise débranchée, interrupteur de l'appareil.\n3. **Impossible de couper ?** Mettez-vous sur quelque chose de sec et isolant (planche, tapis en caoutchouc, pile de journaux), puis **écartez la victime ou le fil avec un objet sec et non métallique** : manche à balai en bois, chaise en bois, bâton sec. Jamais les mains, jamais un objet mouillé.\n4. **Appelez le 15 ou le 112.**\n5. **Elle ne respire pas** : massage cardiaque tout de suite, défibrillateur dès qu'il arrive. Voir [[URG-CARD-001]].\n6. **Elle respire** : mettez-la en position latérale de sécurité si elle est inconsciente, voir [[URG-INCO-001]]. Refroidissez les brûlures à l'eau, voir [[URG-BRUL-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Une ligne électrique est tombée au sol** : restez à **au moins dix mètres**, et empêchez les autres d'approcher. Le sol autour du câble est sous tension : deux pieds écartés peuvent suffire à faire passer le courant par les jambes. Pour vous éloigner, **marchez à tout petits pas, les pieds joints**, sans les écarter. Aucune tentative de sauvetage sur une ligne haute tension : seuls les techniciens du réseau peuvent la couper.\n\n**Vous êtes dans une voiture et un câble est tombé dessus** : restez à l'intérieur, appelez, attendez. Si la voiture brûle, **sautez dehors pieds joints** sans jamais toucher en même temps la voiture et le sol, puis éloignez-vous à petits pas.\n\n**Dans l'eau** (piscine, baignoire, inondation avec du courant) : coupez d'abord, entrez ensuite.\n\n**La victime dit que ça va** après une électrisation : elle doit quand même voir un médecin si elle a perdu connaissance, si elle a une brûlure, si le courant a traversé le thorax (d'une main à l'autre, ou d'une main aux pieds), si elle est enceinte, ou si c'était de la haute tension. Un trouble du rythme cardiaque peut apparaître dans les heures qui suivent.\n\n## COMPRENDRE\n\nCe n'est pas la tension qui tue, c'est le courant qui traverse le corps et le chemin qu'il prend. Quelques dizaines de milliampères qui passent par le cœur suffisent à le faire fibriller. C'est pourquoi le **différentiel 30 mA** du tableau électrique sauve des vies : il coupe avant ce seuil. Voir [[TEC-ENE-011]].\n\nLe courant alternatif du secteur contracte les muscles : la victime qui tient un fil **ne peut souvent pas le lâcher**. Elle a besoin qu'on coupe pour elle.\n\nLes brûlures électriques sont trompeuses : un petit point noir à l'entrée et à la sortie, et des dégâts profonds entre les deux, dans les muscles.\n\nLa foudre est un cas à part : voir [[URG-FOU-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-EFF-002","titre":"Les premières semaines","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rupture","duree","eau","assainissement","organisation","ration","moral"],"sources":["Sphere Association — Manuel Sphère, standards humanitaires minimums","HCR/UNHCR — Handbook for Emergencies","OMS — Minimum water quantity needed for domestic use in emergencies","MSF — Public health engineering in precarious situations"],"corps":"::Les premières heures se jouent sur les réflexes. Les premières semaines se jouent sur les latrines, le calendrier et la manière dont on se parle.::\n\n[[URG-EFF-001]] couvre le premier jour : remplir, écouter, compter, décider. Cette fiche commence là où l'autre s'arrête, au moment précis où il devient clair que ça ne redémarre pas demain. **C'est le moment le plus mal géré de toutes les crises longues**, parce qu'on continue à attendre alors qu'il faut commencer à produire.\n\n## AGIR\n\n**1. Fixez une date, à voix haute.** Le basculement ne se fait pas tout seul : il se décide. Réunissez qui est là et dites-le franchement — à partir d'aujourd'hui, on ne gère plus une panne, on organise une durée. Tant que ce mot n'est pas prononcé, chacun économise mollement en attendant le retour, et on perd deux semaines à ne rien construire.\n\n**2. Passez du stock au flux.** Un stock se vide, toujours, et la seule question est la date. Ce qui vous fait tenir n'est pas ce que vous avez : c'est ce qui entre chaque jour. Pour chaque besoin, posez la même question — **d'où viendra le prochain ?** Eau, chaleur, nourriture, lumière, soins. Tout ce à quoi vous ne savez pas répondre est votre prochain problème, dans l'ordre.\n\n**3. Creusez les latrines avant d'en avoir besoin.** C'est le geste le plus rentable de toute la fiche, et le moins spontané. Une fosse étroite et profonde, **à trente mètres au moins de tout point d'eau et en contrebas de lui**, jamais en amont. Un couvercle, de la terre ou de la cendre après chaque usage, un point de lavage des mains à côté, et personne qui ne s'y rende sans savoir où c'est. Séparez l'urine des matières si vous pouvez : ça réduit l'odeur, les mouches et le volume. Voir [[TEC-CON-006]] et [[TEC-SAN-004]].\n\n**4. Séparez l'eau propre de l'eau sale, physiquement.** Deux jeux de contenants, marqués, qui ne se croisent jamais. Un pour le transport et la réserve brute, un pour l'eau traitée et prête à boire. La contamination ne vient presque jamais de la source : elle vient du seau, de la louche et des mains. Traitez au moment de boire, pas au moment de puiser. Voir [[URG-EAU-001]] et [[SURV-EAU-004]].\n\n**5. Calculez la ration au lieu de l'estimer.** Pesez ou comptez ce qui reste, divisez par le nombre de personnes, puis par le nombre de jours que vous décidez de couvrir. **Le chiffre obtenu est votre ration, et il tombe toujours plus bas qu'on ne l'espérait.** Rationner tôt et largement vaut mieux que rationner tard et brutalement : un rationnement décidé d'avance se supporte, un rationnement subi casse le groupe. Voir [[TEC-ALI-001]].\n\n**6. Semez, même si c'est absurde.** Le premier jour où vous avez le temps. Même hors saison, même sur trois mètres carrés, même sans y croire. Une récolte demande des mois : si vous attendez d'en avoir besoin pour commencer, vous avez déjà perdu la saison. Voir [[TEC-AGR-001]] et [[TEC-SOL-001]].\n\n**7. Vérifiez les traitements en cours.** Faites le tour, personne par personne, de ce que chacun prend. Insuline, anticoagulant, antiépileptique, traitement du cœur ou de la tension, corticoïdes : **l'arrêt brutal de certains traitements tue plus sûrement, et plus vite, que la pénurie alimentaire.** Comptez les jours restants, cherchez des équivalents, réduisez si un médecin l'a dit — jamais de vous-même. C'est l'urgence la plus silencieuse de toutes les crises longues.\n\n**8. Donnez un rôle à chacun, et un registre au groupe.** Qui va à l'eau, qui cuisine, qui garde, qui soigne, qui répare, qui écrit. Une réunion courte chaque jour, à heure fixe, dix minutes debout : ce qui a été fait, ce qui manque, ce qui se décide. Un cahier tenu par une seule personne où l'on note les stocks, les décisions et les malades. **Ce qui n'est pas écrit se discute deux fois.** Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**9. Reliez-vous au voisinage avant d'en avoir besoin.** Trois maisons qui se parlent valent mieux qu'une maison fortifiée. C'est vrai pour la garde, pour les outils, pour les compétences, pour les soins, et c'est ce qui se met en place spontanément dans toutes les catastrophes réelles. Voir [[SURV-DEF-001]] et [[SURV-TROC-001]].\n\n**10. Tenez le calendrier.** Une date affichée, des repas à heure fixe, un jour de repos par semaine, une toilette quotidienne même sommaire. Ça paraît secondaire et c'est structurel : le temps qui se désorganise désorganise les gens. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en ville.** L'eau et l'assainissement deviennent le problème central en quelques jours, parce que la densité est forte et la surface nulle. Repérez immédiatement les points d'eau ouverts — fontaines, ballons d'eau chaude des immeubles, chasses d'eau, bâches de toiture, piscines pour le lavage. Le chauffage et la cuisson se font en dehors des logements ou avec un conduit vers l'extérieur, jamais un brasero en intérieur. Voir [[TEC-CON-007]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous êtes à la campagne.** L'eau est plus facile, l'isolement est le risque. Votre avantage réel n'est pas l'espace : c'est la présence d'outils, de bois, d'animaux, de semences et de gens qui savent s'en servir. Allez les voir tôt, pendant que les échanges sont encore faciles.\n\n**C'est l'hiver.** Tout change d'ordre. Une seule pièce chauffée, calfeutrée, où tout le monde dort. La consommation de bois est très supérieure à ce qu'on imagine — comptez large, ramassez tous les jours, et faites sécher d'avance pour la saison suivante. Le monoxyde de carbone tue plus que le froid pendant les coupures longues. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Il y a des enfants.** Ils déshydratent vite, ils supportent mal le rationnement, et ce sont eux qui propagent les maladies digestives dans un groupe. Ils ont besoin d'une routine et de tâches réelles, pas d'être protégés de l'information : un enfant à qui on n'explique rien invente pire que la réalité.\n\n**Vous êtes seul.** Votre problème n'est pas le stock, c'est qu'il n'y a personne pour prendre le relais le jour où vous serez malade. La priorité absolue est de vous relier à deux ou trois personnes fiables, même à distance, même imparfaites. L'autonomie individuelle complète n'existe pas et n'a jamais existé.\n\n**Quelqu'un tombe malade.** Isolez précocement, lavez plus, séparez la vaisselle, et ne laissez pas la personne s'occuper de l'eau ou de la cuisine. Une gastro-entérite dans un groupe de dix sans eau courante devient une affaire grave en trois jours. Voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-SAN-005]].\n\n**Ça redémarre partiellement.** C'est le cas le plus fréquent et le plus déroutant : le courant revient quatre heures par jour, l'eau une fois sur deux. **Ne démontez pas votre organisation au premier signe de retour.** Utilisez les fenêtres de fonctionnement pour recharger, pomper, laver, cuire en grande quantité — et gardez le reste en place jusqu'à ce que ce soit stable depuis longtemps.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui tue dans la durée n'est pas ce qui fait peur\n\nDans toutes les crises longues documentées, guerres, camps, catastrophes, sièges, l'ordre est remarquablement stable :\n\n1. **L'eau souillée et l'absence de latrines.** Les maladies digestives font plus de morts que tout le reste réuni, et elles frappent en quelques jours, pas en quelques mois.\n2. **L'arrêt des traitements chroniques.** Invisible, silencieux, massif.\n3. **Les infections banales** à partir de plaies ordinaires.\n4. **Les accidents domestiques** : incendies, intoxications au monoxyde, chutes, outils mal utilisés par des gens fatigués.\n5. **Le froid**, qui tue les plus fragiles sans jamais être la cause déclarée.\n6. **La faim**, bien plus tard qu'on ne le croit.\n\nLa violence figure dans la liste, mais bien plus bas que dans l'imaginaire, et elle monte surtout quand l'organisation a déjà échoué.\n\n### Pourquoi le stock est une illusion utile\n\nUn stock ne sert pas à tenir : il sert à **acheter le temps de mettre en place un flux**. Un mois de vivres n'est pas un mois de sécurité, c'est un mois pour trouver l'eau pérenne, creuser les latrines, semer, se relier aux voisins et apprendre ce qu'on ne sait pas faire.\n\nLes gens qui échouent ne sont pas ceux qui avaient peu de stock : ce sont ceux qui ont consommé leur stock en attendant, et qui se retrouvent à devoir tout organiser au moment où ils n'ont plus de marge. **La ressource qu'on dépense vraiment pendant ces semaines, c'est du temps disponible.**\n\n### Le creux du dixième jour\n\nIl est prévisible et il est documenté. Les premiers jours sont portés par l'adrénaline et l'entraide spontanée. Puis l'événement cesse d'être exceptionnel sans avoir cessé d'être pénible : la fatigue s'installe, les secours annoncés n'arrivent pas, les premières disputes portent sur des riens, et quelqu'un propose de partir.\n\nIl n'y a rien d'anormal là-dedans, et savoir que ça vient suffit à en désamorcer la moitié. Ce qui aide : des tâches concrètes et visibles, des résultats quotidiens même petits, un repas pris ensemble, et le fait d'avoir écrit les règles avant. Voir [[SURV-PSY-001]] et [[SURV-PSY-002]].\n\n### La compétence vaut plus que le matériel\n\nPassé deux semaines, ce qui distingue les groupes qui tiennent n'est presque jamais leur équipement de départ. C'est de savoir traiter une eau, poser un pansement propre, réparer un vélo, souder deux fils, faire lever des graines, tuer et vider un animal, calculer une ration, et trancher un désaccord sans casser le groupe.\n\nTout cela s'apprend avant, et ne s'improvise pas après. **C'est exactement la raison d'être de cette bibliothèque.**","langue":"fr"},{"id":"URG-EFF-001","titre":"Quand le système s'arrête","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","rupture","eau","methode","organisation"],"sources":["Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge — Public awareness and public education for disaster risk reduction","Sécurité civile — Se préparer aux situations d'urgence","OMS — Minimum water quantity needed for domestic use in emergencies"],"corps":"::Aucun protocole ne couvre toutes les ruptures. Mais les premières heures se ressemblent presque toujours, et elles décident du reste.::\n\nUne coupure longue, une eau qui s'arrête, une tempête, un accident industriel, un réseau qui tombe : les causes diffèrent, les premiers gestes non. Ce qui suit est cette part commune. Le reste dépend de ce qui se passe réellement et se décide ensuite.\n\n**Rien de ce qui suit ne demande de courir.** Ce sont des gestes ordinaires, faits tôt.\n\n## AGIR\n\n**1. Remplissez tout ce qui contient de l'eau.** C'est le seul geste qui devient impossible si vous attendez. Un réseau garde de la pression un moment après une coupure, puis n'en a plus. Baignoire, seaux, bouteilles, casseroles, bidons, sacs plastiques doublés. Ne triez pas, remplissez : vous trierez après. Fermez ensuite l'arrivée générale pour conserver ce qui reste dans les canalisations et le ballon. Le traitement se fera au moment de boire, pas maintenant : voir [[URG-EAU-001]].\n\n**2. Écoutez.** Radio à piles, autoradio, poste d'un voisin. Cherchez la nature de l'événement, son étendue, sa durée annoncée. Trois minutes d'information changent toutes les décisions qui suivent : on ne se prépare pas de la même façon à six heures et à six semaines. Sans récepteur, voir [[TEC-RAD-001]].\n\n**3. Faites l'inventaire par écrit.** Eau, nourriture, énergie, soins, moyens de chauffe, argent liquide. En quantités réelles, sur papier. Un inventaire écrit remplace une inquiétude par un chiffre, et un chiffre se raisonne.\n\n**4. Tenez le froid et le chaud.** N'ouvrez plus réfrigérateur ni congélateur : fermés, ils tiennent bien plus longtemps qu'on ne le croit. Mangez d'abord ce qui périt le plus vite. En saison froide, réduisez le volume à chauffer à une seule pièce et calfeutrez le reste — voir [[SURV-ABRI-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n\n**5. Comptez les gens.** Qui est là, qui manque, qui suit un traitement, qui est seul à proximité. Passez voir les voisins âgés ou isolés. C'est utile pour eux, et c'est ce qui vous donne un réseau plutôt qu'un voisinage.\n\n**6. Chargez ce qui se charge**, tant que le courant est là ou tant que la batterie d'un véhicule le permet. Lampes, téléphones, radios.\n\n**7. Décidez : rester ou partir.** Rester est le bon choix par défaut, sauf danger direct sur le lieu — feu, montée d'eau, effondrement, air irrespirable. Partir sans destination, sans itinéraire et sans eau transforme un problème gérable en errance.\n\n**Ce qu'il ne faut pas faire.** Vider un magasin dans la précipitation. Prendre la route sans savoir où. Appeler les secours pour s'informer plutôt que pour signaler une urgence vitale. Et surtout : faire fonctionner un moteur thermique, un groupe électrogène ou un brasero à l'intérieur, dans un garage ou sous un auvent fermé — c'est la première cause de décès évitable lors des coupures longues, et elle tue sans odeur ni signal. Voir [[URG-INC-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une coupure d'électricité seule.** L'eau reste disponible un temps, mais les stations de pompage fonctionnent à l'électricité : remplissez quand même.\n\n**C'est l'eau qui s'arrête ou devient douteuse.** Ce que vous avez rempli devient votre réserve. Rationnez tout de suite plutôt qu'après. L'OMS retient comme minimum vital de l'ordre de quelques litres par personne et par jour pour la boisson et la cuisine, davantage par forte chaleur — davantage encore pour l'hygiène, qui n'est pas un confort mais une protection, voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-SAN-005]].\n\n**C'est bref et localisé.** La plupart le sont. La bonne réponse est modeste : sécuriser, attendre, aider les voisins. Surdimensionner sa réaction à un incident de deux jours coûte des ressources et de la crédibilité.\n\n**Ça dure au-delà de quelques jours.** Trois choses passent au premier plan : l'hygiène, parce que c'est elle qui produit les épidémies dans les regroupements ; l'organisation, parce qu'un groupe sans règles se défait en une semaine, voir [[SURV-SOC-001]] ; et le moral, qui tient à la routine bien plus qu'aux réserves.\n\n**Vous êtes seul.** L'isolement est le facteur aggravant principal. Faites-vous connaître d'au moins une personne à proximité et convenez d'un signe montrant que tout va bien. Cela ne coûte rien et cela sauve des gens tous les hivers.\n\n**Vous devez évacuer.** Dans l'ordre : eau, papiers, traitements, lampe, couverture, argent liquide, chaussures. Laissez un mot indiquant où vous allez, quand, avec qui, et signalez-vous si nécessaire — voir [[SIG-COM-001]]. À pied, voir [[SURV-DEP-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi les premières heures comptent autant\n\nUn réseau technique ne s'arrête pas net : il se dégrade. L'eau garde une pression résiduelle, le réseau téléphonique tient sur batteries de secours, les commerces ont un stock, les routes restent praticables. **Cette fenêtre est courte et elle se referme progressivement.** Les gestes qui coûtent dix minutes maintenant deviennent impossibles ensuite.\n\nC'est la seule raison pour laquelle cette fiche est classée en urgence : non parce que le danger est immédiat, mais parce que l'occasion l'est.\n\n### Pourquoi le protocole est presque toujours le même\n\nQuelle que soit la cause, les besoins humains ne changent pas et s'ordonnent toujours pareil : **respirer, boire, ne pas geler ni cuire, se soigner, manger, s'organiser**. Les délais diffèrent, l'ordre non.\n\nIl est donc inutile de mémoriser un protocole par type d'événement. Un seul suffit, et l'adaptation se fait ensuite sur la fiche propre à l'événement : [[URG-INC-001]], [[URG-INO-001]], [[URG-TEM-001]].\n\n### La panique n'est pas ce qu'on croit\n\nLes travaux sur les comportements collectifs en catastrophe montrent l'inverse de l'image populaire. La panique généralisée est rare. Le comportement dominant est **l'attentisme** : on cherche une explication rassurante, on attend de voir, on regarde ce que font les autres. Le temps perdu avant de réagir dépasse souvent le temps de la réaction elle-même — c'est le mécanisme décrit dans [[SURV-PSY-002]]. L'entraide entre voisins est également la règle plutôt que l'exception, et elle apparaît bien avant les secours organisés.\n\nCe qu'il faut en retenir est plutôt rassurant, et opérationnel. **Le risque n'est pas que les autres deviennent dangereux : c'est que tout le monde, vous compris, attende trop longtemps avant d'admettre que la situation a changé.** Agir tôt et calmement n'est pas de l'alarmisme, c'est ce qui évite d'avoir à agir tard et mal.\n\n### Ce que cette fiche ne fait pas\n\nElle ne couvre pas tous les cas. Un séisme, une fuite chimique et une épidémie appellent des premiers gestes différents, parfois opposés — se confiner ou évacuer, par exemple. Ce qu'elle donne est le socle commun : ce que vous ferez de toute façon, et que vous pouvez commencer avant même de comprendre ce qui se passe.","langue":"fr"},{"id":"URG-EAU-001","titre":"Rendre une eau potable","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["eau","urgence","base","sante"],"sources":["OMS — Directives sur la qualité de l'eau de boisson, 4e édition","Institut Pasteur — FAQ Santé, eau de boisson","CDC — Backcountry Water Treatment","Santé Canada — Avis d'ébullition"],"corps":"::Une eau claire n'est pas une eau sûre. La soif tue en trois jours, l'eau mauvaise en un.::\n\n## AGIR\n\n1. **Choisissez avant de traiter.** Eau courante plutôt que stagnante. En amont des habitations et des troupeaux. Une source qui sort de terre plutôt qu'une rivière.\n2. **Clarifiez.** Filtrez à travers un tissu serré replié plusieurs fois, puis laissez décanter. Transvasez le clair, jetez le fond. Le montage d'un filtre plus complet est dans [[SURV-EAU-004]].\n3. **Faites bouillir à gros bouillons pendant une minute.** Trois minutes au-dessus de 2 000 mètres. C'est le seul geste qui ne rate jamais — encore faut-il tenir un feu, voir [[SURV-FEU-001]].\n\nSi vous n'avez pas de feu : filtre en milieu naturel peu fréquenté, filtre **plus** désinfectant en zone habitée.\n\nSi vous n'avez rien : bouteille transparente, eau claire, plein soleil, six heures, posée sur une surface qui réfléchit.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez du feu.** Faites bouillir, sans discussion. Mais comptez le combustible : un litre porté à ébullition demande du bois, trois fois par jour et par personne. Ce calcul décide de l'emplacement de votre camp autant que l'accès à l'eau, et il pèse sur le choix décrit dans [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Vous n'avez pas de feu.** Le filtre devient votre outil principal. Doublez-le d'un désinfectant dès que vous êtes près des hommes.\n\n**Vous êtes en ville.** Les ballons d'eau chaude contiennent plusieurs dizaines de litres d'eau propre, protégée, souvent oubliée : la vidange se fait par le robinet en bas de cuve. Les réservoirs de chasse d'eau aussi, à condition qu'aucun bloc désinfectant n'y ait été placé. Les canalisations d'un immeuble conservent de l'eau dans leurs parties basses, récupérable en ouvrant un robinet à l'étage haut pour casser le vide et un autre en bas pour collecter.\n\n**Il pleut.** Collectez : c'est la seule ressource qui vient à vous sans vous exposer. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n\n**Vous êtes en montagne.** Au-dessus de 2 000 mètres, trois minutes d'ébullition. La neige fondue est pauvre en minéraux et coûte énormément de combustible : fondez-la dans un fond d'eau liquide, jamais à sec, sinon la casserole brûle avant que la neige ne fonde.\n\n**Vous êtes plusieurs au même endroit.** Le traitement de l'eau ne suffit plus seul : la séparation des excreta et le lavage des mains pèsent davantage encore. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\n**Vous doutez.** Une eau que vous n'avez pas traitée n'est pas une réserve. C'est une décision reportée.\n\n## COMPRENDRE\n\nLa transparence ne dit rien de ce qui vit dedans. Presque toutes les eaux de surface de la planète portent de quoi vous mettre à terre en vingt-quatre heures. Et une diarrhée n'est pas un désagrément : c'est une déshydratation accélérée dans un contexte où vous ne pouvez plus vous réhydrater. **C'est le premier tueur, avant le froid, avant la faim.**\n\nL'ébullition inactive tout ce qui est vivant, sans exception : bactéries, virus, protozoaires, vers. Aucun consommable, aucune date de péremption, aucun dosage à connaître. Ce n'est pas la durée qui tue les germes, c'est la température : à 100 °C l'inactivation est quasi immédiate, et la minute recommandée n'est qu'une marge de sécurité pour couvrir les erreurs d'appréciation. L'Institut Pasteur pousse à cinq minutes pour couvrir le virus de l'hépatite A, plus résistant à la chaleur que les autres germes hydriques.\n\nCe qu'elle ne fait pas : elle ne retire ni métaux lourds, ni nitrates, ni pesticides, ni hydrocarbures. Elle les concentre même très légèrement, puisqu'une part de l'eau part en vapeur et que les polluants restent. **Une eau chimiquement suspecte reste suspecte après ébullition.** Face à un doute chimique, on ne traite pas : on change de source.\n\nLa filtration a une limite que peu de gens connaissent. La grande majorité des filtres portatifs retient les bactéries et les protozoaires, mais **pas les virus** : ils sont dix à cent fois plus petits que le seuil de filtration. En pleine nature, le risque dominant est bactérien et parasitaire, un bon filtre suffit. En zone habitée, le risque viral d'origine fécale prend le dessus, et le filtre seul ne suffit plus.\n\nUn filtre s'encrasse, se rétro-lave, et surtout **il gèle**. Une cartouche prise en gel se fissure de l'intérieur sans que rien ne se voie : l'eau contenue dans les pores augmente de volume et écarte les parois. Elle continue de filtrer visuellement et ne retient plus rien. En saison froide, elle dort contre votre corps.\n\nPour le traitement chimique, une seule règle : **le dosage inscrit sur l'emballage fait foi, jamais une règle mémorisée.** Les concentrations varient d'un produit à l'autre et l'erreur va dans les deux sens. Retenez seulement que le temps de contact compte autant que la dose et qu'il double en eau froide, que l'eau trouble annule tout parce que les particules protègent physiquement les germes, et que l'argent seul conserve une eau déjà potable sans jamais la rendre potable.","langue":"fr"},{"id":"URG-CHAL-001","titre":"Coup de chaleur","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"flash","tags":["urgence","chaleur","sante","secourisme","eau"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2025, Special Circumstances in Resuscitation","Santé publique France — Bulletin épidémiologique hebdomadaire, chaleur et performance sportive, avril 2025","Korey Stringer Institute — exertional heat stroke, cold water immersion","Secourisme.net — conduite à tenir face à la chaleur"],"corps":"::Refroidissez d'abord. Transportez ensuite. Dans cet ordre, et pas dans l'autre.::\n\n## AGIR\n\n**Le signe qui décide de tout : la conscience est altérée.** Confusion, propos incohérents, comportement bizarre, agressivité inhabituelle, démarche titubante, somnolence. Associé à une peau brûlante, c'est un coup de chaleur, et c'est une urgence vitale.\n\n1. **Sortez la personne de la chaleur.** Ombre, intérieur frais, courant d'air. Immédiatement.\n2. **Déshabillez-la.** Chaque couche retirée est de la chaleur qui peut enfin partir.\n3. **Refroidissez massivement, tout de suite, sur place.** L'immersion du corps entier dans l'eau la plus froide disponible, **tête maintenue hors de l'eau**, est la méthode de référence. Rivière, baignoire, bassine, abreuvoir, conteneur. **Remuez activement l'eau autour du corps** : l'eau qui stagne au contact de la peau se réchauffe et cesse de refroidir.\n4. **Si l'immersion est impossible**, combinez tout ce que vous avez : arrosage continu, linges mouillés changés sans arrêt, ventilation forte, poches froides sur le cou, les aisselles et l'aine. C'est nettement moins efficace, donc il faut en faire beaucoup plus.\n5. **Faites alerter les secours** pendant que vous refroidissez, jamais à la place.\n6. **Arrêtez le refroidissement actif** quand la personne redevient claire et que la peau est franchement rafraîchie, ou après une quinzaine de minutes si vous ne pouvez rien mesurer. L'objectif est de repasser sous 39 °C.\n7. **Faites boire uniquement si la conscience est parfaitement normale** et qu'il n'y a pas de vomissement. Sinon, rien par la bouche.\n\n**Ne transportez pas avant d'avoir refroidi**, sauf si le transport lui-même permet de continuer à refroidir. C'est le renversement majeur des recommandations récentes : le temps passé à se déplacer sans refroidir est du temps perdu, et c'est la durée passée au-dessus du seuil critique qui détermine les séquelles.\n\n**Deux exceptions à l'immersion :** un arrêt cardiaque, où la réanimation prime, et des convulsions, où l'immersion devient dangereuse.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un coup de chaleur d'effort.** Il touche des personnes jeunes et en bonne santé, à l'entraînement ou au travail, **y compris par temps modéré ou frais**. C'est la forme où l'immersion en eau froide a le meilleur niveau de preuve, et où la rapidité change tout : les données montrent des taux de survie excellents quand la température repasse sous le seuil critique dans la première demi-heure.\n\n**C'est une personne âgée pendant une canicule.** La forme la plus meurtrière, et la plus silencieuse. Elle transpire moins, ressent moins la soif, et peut basculer sans plainte préalable. Une confusion nouvelle est parfois le seul signe. La prévention passe par des visites régulières, pas par l'attente d'un appel.\n\n**Ce n'est pas encore un coup de chaleur.** Crampes, maux de tête, nausées, fatigue intense, transpiration abondante mais conscience normale : c'est un épuisement dû à la chaleur, sérieux mais pas encore critique. Repos à l'ombre, déshabillage, rafraîchissement, et boisson par petites gorgées régulières. **C'est le stade où l'on peut encore tout arrêter.** L'eau doit être sûre : voir [[URG-EAU-001]].\n\n**La personne perd connaissance.** Vous passez immédiatement sur [[URG-INCO-001]] : la respiration prime sur le refroidissement.\n\n**Vous n'avez presque pas d'eau.** Mouiller un vêtement et l'exposer au vent refroidit par évaporation avec très peu d'eau. Le rendement est faible mais non nul, et c'est ce qui est disponible.\n\n**Vous devez continuer à vous déplacer par forte chaleur.** Déplacez-vous à l'aube et au crépuscule, reposez-vous aux heures chaudes à l'ombre et surélevé du sol qui a chauffé, couvrez-vous de vêtements amples et clairs plutôt que de vous découvrir, buvez avant d'avoir soif. Ces choix relèvent de la même logique que [[SURV-NUIT-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps évacue sa chaleur essentiellement par l'évaporation de la sueur. Ce mécanisme a deux limites, et les deux se rencontrent vite.\n\n**L'humidité de l'air.** Quand l'air est déjà saturé, la sueur ne s'évapore plus : elle coule. Elle ne refroidit alors plus du tout, tout en continuant à vider l'organisme de son eau. C'est pourquoi une chaleur humide est bien plus dangereuse qu'une chaleur sèche à température égale.\n\n**L'eau disponible.** Sans réhydratation, la transpiration se réduit puis s'arrête. Une **peau devenue sèche et brûlante** au milieu d'une forte chaleur signale que le système de refroidissement a cessé de fonctionner. C'est un signe de gravité majeur.\n\nAu-delà d'un certain seuil, les protéines de l'organisme commencent à se dénaturer. Le cerveau est touché le premier, d'où les troubles de conscience — qui précèdent souvent la mesure de la température et constituent le meilleur signal d'alerte disponible sans thermomètre.\n\n**Ce qui détermine les séquelles n'est pas le pic atteint, mais le temps passé au-dessus du seuil.** Cela explique toute la fiche : ce n'est pas la puissance du refroidissement qui compte, c'est sa précocité. L'immersion domine largement les autres méthodes parce qu'elle refroidit plusieurs fois plus vite qu'un linge humide ou une poche de glace — l'eau conduit la chaleur environ vingt-cinq fois mieux que l'air, la même propriété physique qui rend l'immersion si dangereuse dans [[URG-HYPO-001]], utilisée cette fois dans le bon sens.","langue":"fr"},{"id":"URG-CARD-001","titre":"Arrêt cardiaque","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","coeur","reanimation","massage","defibrillateur","secourisme"],"sources":["European Resuscitation Council — Guidelines 2021, Basic Life Support","American Heart Association — Guidelines for CPR and ECC","Registres nationaux d'arrêt cardiaque extrahospitalier, taux de survie selon le délai","Recommandations Premiers Secours, édition en vigueur"],"corps":"::Le cœur s'arrête, le cerveau tient quelques minutes. Chaque minute sans massage retire environ dix pour cent de chances. C'est le geste le plus rentable qu'un humain puisse apprendre.::\n\n## AGIR\n\n**1. Vérifiez en dix secondes.** Secouez les épaules, parlez fort. Pas de réponse ? Basculez la tête en arrière, menton soulevé, et regardez le thorax pendant dix secondes.\n\n**Le piège qui tue : les gasps.** Dans les premières minutes d'un arrêt, beaucoup de gens émettent des respirations bruyantes, irrégulières, spasmodiques — on dirait qu'ils respirent. **Ce n'est pas une respiration, c'est un signe d'arrêt cardiaque.** Un dormeur respire calmement et régulièrement ; ça, non.\n\nInconscient et respiration absente ou anormale : c'est un arrêt. Ne cherchez pas le pouls, même les professionnels s'y trompent.\n\n**2. Faites appeler et faites chercher un défibrillateur.** Désignez quelqu'un du doigt et donnez-lui un ordre précis. Seul, appelez en haut-parleur et commencez.\n\n**3. Massez, et ne vous arrêtez plus.**\n\n- Talon de la main au **centre du thorax**, deuxième main par-dessus, doigts croisés.\n- **Bras tendus, épaules à l'aplomb**, vous poussez avec le poids du buste, pas avec les bras.\n- **Cinq à six centimètres** de profondeur chez l'adulte. C'est beaucoup plus fort qu'on ne croit.\n- **Cent à cent vingt par minute.**\n- **Relâchez complètement entre chaque compression** sans décoller les mains. Le cœur doit se remplir. C'est l'erreur la plus fréquente et elle annule la moitié du bénéfice.\n\n**4. Ventilez seulement si vous savez le faire.** Trente compressions, deux insufflations d'une seconde chacune, tête basculée, nez pincé. **Si vous ne savez pas, si vous hésitez, si le cœur vous manque : massez sans interruption.** Le massage seul est très supérieur à un massage haché par des insufflations ratées.\n\n**5. Le défibrillateur dès qu'il arrive.** Allumez-le et **faites ce qu'il dit**. Il parle, il est conçu pour quelqu'un qui n'a jamais vu l'objet, et **il ne choquera jamais un cœur qui bat.** On ne peut pas se tromper avec. Électrodes sur peau nue et sèche, l'une sous la clavicule droite, l'autre sous l'aisselle gauche. Pendant l'analyse, personne ne touche. Après le choc, **on reprend le massage immédiatement.**\n\n**6. Relayez-vous toutes les deux minutes.** La qualité du massage chute après deux minutes, bien avant que vous vous sentiez fatigué. Le changement se fait en moins de cinq secondes.\n\n**7. On s'arrête quand les secours prennent le relais, quand la personne respire normalement, ou quand vous êtes physiquement incapable de continuer.** Pas avant.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un enfant ou un nourrisson.** L'arrêt est presque toujours dû à un manque d'oxygène, pas au cœur. **Commencez par cinq insufflations**, puis massez. Profondeur : un tiers de l'épaisseur du thorax. Un enfant : le talon d'une main. Un nourrisson : deux doigts, ou les deux pouces mains enveloppantes. Rythme identique. Un défibrillateur s'utilise aussi, avec les électrodes pédiatriques si elles existent, sinon celles d'adulte en les plaçant devant et derrière.\n\n**C'est une noyade.** Même logique : **cinq insufflations d'abord**, parce que la cause est l'asphyxie. Voir [[URG-SEC-002]].\n\n**C'est une électrisation.** Coupez le courant avant de toucher, sans exception. Ensuite protocole normal.\n\n**C'est une hypothermie profonde.** Massez, et **ne concluez pas trop vite.** Un corps très froid peut paraître mort et repartir. La formule des secouristes de montagne est littérale : personne n'est mort tant qu'il n'est pas réchauffé et mort. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous êtes seul, sans secours joignables.** Massez quand même. Sans défibrillateur ni renfort, les chances sont faibles, et elles ne sont pas nulles — certains rythmes repartent. Continuez tant que vous tenez.\n\n**La personne repart.** Mettez-la sur le côté, couvrez-la, surveillez la respiration en continu. **Un arrêt peut se reproduire dans les minutes qui suivent.** Voir [[URG-INCO-001]].\n\n**Vous craignez de casser des côtes.** Vous allez probablement en casser, surtout chez une personne âgée. Ce n'est pas une complication, c'est le signe que vous appuyez assez. Des côtes se réparent, un cerveau non.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi les minutes comptent autant\n\nLe cerveau ne stocke ni oxygène ni sucre. Dès l'arrêt de la circulation, ses réserves durent quelques secondes ; les lésions commencent vers quatre à cinq minutes et deviennent irréversibles rapidement.\n\nLes registres nationaux donnent tous le même ordre de grandeur : **chaque minute perdue coûte environ dix pour cent de chances de survie.** Sans témoin qui masse, la survie est de quelques pour cent. Avec un massage immédiat et un défibrillateur en quelques minutes, elle dépasse quarante pour cent dans les meilleures configurations.\n\nCe qui fait la différence n'est donc pas la médecine : **c'est ce que fait la personne qui est là.**\n\n### Ce que fait le massage\n\nIl ne redémarre pas le cœur. **Il remplace la pompe** : il maintient une circulation faible mais suffisante pour garder le cerveau et le cœur viables jusqu'à ce qu'un choc électrique puisse remettre un rythme.\n\nD'où l'importance du relâchement complet : pendant la remontée, le cœur se remplit. Un massage qui reste appuyé pompe du vide.\n\n### Ce que fait le défibrillateur\n\nLa plupart des arrêts commencent par une **fibrillation** : le muscle cardiaque se contracte de façon anarchique et n'éjecte rien. Le choc ne relance pas le cœur, il **l'arrête complètement pendant un instant**, pour que le rythme normal puisse reprendre.\n\nCette fibrillation se dégrade avec le temps en un tracé plat, que plus aucun choc ne corrige. **Le massage ralentit cette dégradation** : c'est pour cela qu'il faut masser même en attendant l'appareil.\n\n### La seule vraie erreur\n\nNe rien faire, par peur de mal faire. Un massage imparfait vaut infiniment mieux que pas de massage, et **une personne en arrêt cardiaque ne peut pas être aggravée.** Voir [[URG-SEC-001]] pour l'examen général et [[SURV-PSY-002]] pour ce qui bloque au moment d'agir.","langue":"fr"},{"id":"URG-BRUL-001","titre":"Brûlures","axe":3,"categorie":"Secourisme","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","secourisme","feu","sante"],"sources":["Organisation mondiale de la santé — Burns, fiche d'information","Recommandations Premiers Secours — Ministère de l'Intérieur, France","British Burn Association — first aid guidance"],"corps":"::L'eau froide pendant vingt minutes fait plus pour une brûlure que tout ce que vous pourriez appliquer dessus.::\n\n## AGIR\n\n1. **Supprimez la cause.** Éloignez de la source, éteignez les flammes en couchant la personne et en étouffant le feu. Une personne qui court alimente ses propres flammes.\n2. **Refroidissez à l'eau tempérée, entre quinze et vingt-cinq degrés, pendant vingt minutes.** Ni glace, ni eau glacée : le froid extrême aggrave la lésion et fait chuter la température du corps. Vingt minutes est une durée, pas une estimation — comptez-la.\n3. **Retirez bagues, montres, bracelets et ceintures** avant que le gonflement ne les bloque. C'est urgent et c'est toujours oublié.\n4. **Ne retirez pas les vêtements collés à la peau.** Découpez autour.\n5. **Couvrez sans serrer** avec un tissu propre, non pelucheux. Un film alimentaire posé à plat, non enroulé, protège bien et n'adhère pas.\n6. **Réchauffez le reste du corps** pendant que vous refroidissez la zone. Une grande brûlure refroidie sur une personne nue en plein air produit une [[URG-HYPO-001]] en une demi-heure.\n\n**N'appliquez rien d'autre.** Ni beurre, ni huile, ni dentifrice, ni miel, ni plante. Tout corps gras emprisonne la chaleur dans le tissu et transforme une brûlure superficielle en brûlure profonde.\n\n**Ne percez jamais une cloque.** Elle est un pansement biologique stérile. Ouverte, elle devient une porte d'entrée.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas vingt minutes d'eau.** Refroidissez ce que vous pouvez, le plus tôt possible. Le bénéfice est maximal dans les trois premières minutes et reste réel jusqu'à trois heures après. Un linge humide changé en continu vaut mieux qu'un linge humide laissé en place, qui se réchauffe et ne refroidit plus rien.\n\n**C'est une noyade.** Voir [[URG-SEC-002]] : la séquence de réanimation y est différente.\n\n**Le produit a été avalé ou inhalé.** Voir [[URG-SEC-003]] : ne faites pas vomir.\n\n**C'est une brûlure chimique.** Rincez abondamment et longuement, bien plus longtemps que pour une brûlure thermique. Retirez les vêtements imprégnés en évitant de les faire passer par la tête. Ne cherchez pas à neutraliser un acide par une base ou l'inverse : la réaction produit de la chaleur et aggrave tout.\n\n**C'est une brûlure électrique.** Coupez le courant avant de toucher la personne. Ce que vous voyez à la peau ne dit rien de l'étendue réelle : le courant a brûlé sur tout son trajet interne. Une entrée et une sortie discrètes peuvent cacher des dégâts majeurs. Voir [[TEC-ENE-001]] pour les règles de coupure.\n\n**La brûlure est étendue, profonde, ou touche le visage, les mains, les articulations ou les parties génitales.** Ce sont les cas où l'évacuation prime sur tout le reste. Refroidissez, couvrez, et cherchez du secours : voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Vous êtes loin de tout.** Ce que vous pouvez faire se limite à trois choses : garder la plaie couverte et propre, faire boire par petites gorgées régulières si la personne est consciente — une eau sûre uniquement, voir [[URG-EAU-001]] — et surveiller les signes d'infection dans les jours suivants, c'est-à-dire l'odeur, la chaleur, le gonflement et la fièvre.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne brûlure ne s'arrête pas quand la source disparaît. La chaleur emmagasinée continue de détruire les tissus en profondeur pendant plusieurs minutes : c'est ce qu'on appelle l'approfondissement. **Refroidir, ce n'est pas soulager la douleur, c'est arrêter la brûlure qui continue.** Voilà pourquoi la durée compte plus que l'intensité du froid.\n\nLa gravité se juge sur deux axes, et le second est le plus important.\n\n**La profondeur.** Une rougeur douloureuse qui blanchit à la pression est superficielle et guérit seule. Une cloque avec une douleur vive touche le derme. Une peau blanche, brune ou cartonnée, et surtout **indolore**, est une brûlure profonde : les terminaisons nerveuses ont été détruites. L'absence de douleur est un signe de gravité, jamais de bonne nouvelle.\n\n**L'étendue.** C'est elle qui tue, pas la profondeur. La peau retient l'eau du corps ; détruite sur une grande surface, elle laisse fuir un volume de liquide considérable, et la personne meurt de déshydratation et de choc bien avant de mourir de la plaie. Pour estimer vite, la paume de la victime, doigts compris, représente environ un pour cent de sa surface corporelle.\n\nC'est aussi pourquoi la brûlure d'un enfant est plus grave que la même brûlure chez un adulte : à surface égale, la proportion du corps atteinte est bien supérieure.\n\nDernier point, souvent fatal et invisible. **Une personne brûlée dans un espace fermé a peut-être brûlé ses voies respiratoires.** Suie autour des narines, voix rauque, toux, poils du nez roussis : ce sont les signes d'une atteinte interne qui gonflera dans les heures suivantes. Il n'y a rien à faire sur le terrain, mais il faut le savoir pour ne pas se rassurer sur une peau intacte.","langue":"fr"},{"id":"URG-AVC-001","titre":"AVC","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["avc","accident vasculaire cerebral","paralysie","parole","visage","urgence","15"],"sources":["Haute Autorité de santé et Société française neurovasculaire, reconnaître l'AVC (campagne VITE)","American Stroke Association, BE FAST","Saver J., Time is brain, quantified, Stroke, 2006"],"corps":"::Pendant un AVC, le cerveau perd environ deux millions de neurones par minute. Il n'y a rien à attendre, rien à vérifier deux fois : on appelle.::\n\n## AGIR\n\n**Reconnaître : VITE**\n\n- **V**isage paralysé : la bouche tombe d'un côté quand la personne sourit.\n- **I**nertie d'un membre : un bras ou une jambe qui ne se lève pas, ou retombe.\n- **T**rouble de la parole : mots mal articulés, incompréhensibles, ou incapacité à parler.\n- **E**n urgence : **appelez le 15** (ou le 112), même si les signes disparaissent.\n\nAutres signes brutaux : perte de la vue d'un œil, vertige avec perte d'équilibre, mal de tête violent et inhabituel.\n\n1. **Notez l'heure exacte** du début des signes, ou l'heure où la personne a été vue normale pour la dernière fois. C'est l'information qui décide du traitement.\n2. **Allongez-la**, la tête légèrement relevée. Inconsciente mais respirant : position latérale de sécurité, voir [[URG-INCO-001]].\n3. **Rien à boire, rien à manger, aucun médicament**, pas même de l'aspirine : si l'AVC est une hémorragie, l'aspirine l'aggrave, et la déglutition est souvent atteinte.\n4. **Restez avec elle**, rassurez-la, surveillez sa respiration.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes disparaissent en quelques minutes** : c'est souvent un accident ischémique transitoire, un avertissement. Le risque d'un vrai AVC dans les jours qui suivent est élevé : appelez quand même le 15.\n\n**Sans secours disponible** : faites-la allonger au calme, surveillez la respiration, ne lui donnez rien par la bouche, et notez tout (heure, signes, évolution) pour qui prendra le relais.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn AVC, c'est une partie du cerveau privée de sang : par un caillot qui bouche une artère (huit fois sur dix), ou par une artère qui se rompt. Les neurones privés d'oxygène meurent en quelques minutes.\n\nÀ l'hôpital, un caillot peut être dissous par un médicament dans les premières heures, ou retiré par un cathéter passé dans l'artère. **Plus c'est tôt, plus la personne récupère** : c'est pourquoi l'heure de début compte autant que l'appel lui-même.","langue":"fr"},{"id":"URG-ATT-001","titre":"Attaque armée, s'échapper, se cacher, alerter","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["attentat","attaque","tireur","fuite","cachette","alerte","police"],"sources":["Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Réagir en cas d'attaque terroriste (consignes « s'échapper, se cacher, alerter »)","UK National Counter Terrorism Security Office, Run Hide Tell","FBI, Active Shooter Event Quick Reference Guide"],"corps":"::Les consignes officielles tiennent en trois verbes, dans l'ordre : s'échapper, se cacher, alerter. La seconde qui compte est celle où l'on décide de partir au lieu de regarder.::\n\n## AGIR\n\n**1. S'échapper, si c'est possible sans danger**\n\n- **Partez tout de suite** dans la direction opposée au bruit ou au danger. Ne filmez pas, ne regardez pas.\n- **Laissez vos affaires.**\n- Aidez les autres à partir si vous le pouvez, sans vous exposer, et empêchez les gens d'entrer dans la zone.\n- Une fois dehors, **éloignez-vous** le plus loin possible, à couvert.\n\n**2. Se cacher, si l'on ne peut pas fuir**\n\n- **Enfermez-vous**, verrouillez, **barricadez** la porte avec des meubles lourds.\n- **Éteignez la lumière, coupez la sonnerie et le vibreur** du téléphone.\n- **Éloignez-vous des portes et des fenêtres**, allongez-vous derrière quelque chose d'épais (mur porteur, meuble plein, voiture pour le moteur).\n- **Silence.** Restez caché jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre.\n\n**3. Alerter, dès que vous êtes en sécurité**\n\n- **17 ou 112.** Donnez : le lieu exact, le nombre d'assaillants, leur description, leurs armes, la direction qu'ils prennent, le nombre de victimes.\n- **Vous ne pouvez pas parler** : en France, le **114** reçoit les **SMS** d'urgence.\n\n## ADAPTER\n\n**Quand la police arrive** : **les mains vides et visibles**, pas de geste brusque, pas de course vers eux, obéissez à leurs ordres. Ils ne savent pas encore qui est qui.\n\n**Une personne blessée près de vous, en sécurité** : appuyez fort sur les plaies qui saignent, voir [[URG-HEMO-001]]. Les blessures par balle se traitent dans [[SURV-DEF-002]].\n\n**Plusieurs sorties** : prenez celle qui s'éloigne le plus du danger, même si ce n'est pas la plus proche, et jamais une sortie qui vous fait passer devant l'assaillant.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'ordre des consignes vient de l'analyse des attaques passées : ceux qui partent tôt survivent le plus souvent, ceux qui attendent de comprendre ce qui se passe perdent les secondes qui comptent. Se cacher ne vient qu'ensuite, parce qu'un assaillant fouille. Alerter vient après parce qu'un appel passé au milieu du danger vous expose.\n\n**Repérer les sorties en entrant** dans un lieu (salle de concert, restaurant, gare) prend deux secondes et c'est ce qui permet de partir sans réfléchir. Pour les tirs et la protection selon le terrain : [[SURV-DEF-003]].","langue":"fr"},{"id":"URG-ASTH-001","titre":"Crise d'asthme","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["asthme","crise","inhalateur","ventoline","respiration","chambre d'inhalation","urgence"],"sources":["Global Initiative for Asthma (GINA), rapport 2024 : prise en charge des exacerbations","Asthma + Lung UK, what to do in an asthma attack","Rodriguez C. et al., Comparison of a home-made spacer with a commercial spacer, Pediatric Pulmonology, 2008"],"corps":"::Une crise d'asthme se joue sur la position, le calme et le bon inhalateur utilisé correctement. Un inhalateur mal pris, c'est la moitié du produit sur la langue.::\n\n## AGIR\n\n1. **Asseyez la personne**, penchée légèrement en avant, les bras appuyés. Jamais allongée.\n2. **Son inhalateur de secours** (le bleu, un bronchodilatateur comme le salbutamol) : **une bouffée toutes les 30 à 60 secondes, jusqu'à 10 bouffées**, de préférence avec une chambre d'inhalation.\n3. **Calmez-la**, faites-la respirer lentement. La panique serre les bronches autant que l'asthme.\n4. **Appelez le 15** si elle ne va pas mieux après 10 bouffées, si elle ne peut pas finir une phrase, si ses lèvres bleuissent, si elle s'épuise ou devient somnolente. Continuez les bouffées en attendant.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas de chambre d'inhalation** : une bouteille en plastique de 500 ml, fond découpé en rond à la taille de l'embout de l'inhalateur, goulot en bouche. On appuie une fois, puis 4 à 6 respirations lentes dans la bouteille. Des études ont montré qu'elle fonctionne presque aussi bien qu'une chambre du commerce.\n\n**Pas d'inhalateur du tout** : assise, penchée en avant, respiration lente lèvres pincées (on souffle doucement comme dans une paille), air frais, loin de la fumée et de la poussière, et le 15.\n\n**Un enfant** : même inhalateur, même règle, avec une chambre et un masque s'il en a un.\n\n**« Poitrine silencieuse »** : quand une personne en crise sévère ne siffle plus, ce n'est pas qu'elle va mieux. C'est que l'air ne passe presque plus. Urgence absolue.\n\n## COMPRENDRE\n\nPendant une crise, les bronches se contractent, gonflent et se remplissent de mucus : l'air entre encore, mais sort mal. Le bronchodilatateur relâche les muscles des bronches en quelques minutes.\n\nLe bon geste : expirer à fond, embout en bouche, appuyer **au début d'une inspiration lente et profonde**, retenir sa respiration dix secondes. Avec une chambre, on appuie une fois dans la chambre, puis on respire dedans calmement.\n\nCe qui déclenche les crises : fumée (feu de bois, incendie, tabac), froid, effort, poussière, pollens, infections. En situation de crise, l'asthme de quelqu'un du groupe se gère d'abord en l'éloignant de la fumée. Pour la réaction allergique grave, voir [[URG-ANA-001]].","langue":"fr"},{"id":"URG-ASC-001","titre":"Coincé dans un ascenseur","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["ascenseur","bloque","panne","claustrophobie","alarme","pompiers","frein de securite","otis"],"sources":["Loi n° 2003-590 du 2 juillet 2003 et décret de 2004 sur la sécurité des ascenseurs existants","Fédération des ascenseurs, conduite à tenir en cas de blocage","Otis Elevator Company, histoire du frein de sécurité (1853)"],"corps":"::En 1854, à New York, Elisha Otis monte sur une plate-forme d'ascenseur devant la foule et fait couper le câble. La cabine tombe de quelques centimètres et s'arrête : « Tout va bien, messieurs. » Depuis, les ascenseurs ont plusieurs câbles et un frein qui bloque la cabine. On n'y tombe pas, et on n'y manque pas d'air.::\n\n## AGIR\n\n1. **Appuyer sur le bouton d'alarme** et le garder enfoncé quelques secondes. En France, il relie à un centre d'assistance qui répond jour et nuit.\n2. **Parler** dans l'interphone : adresse, étage approximatif, nombre de personnes, quelqu'un de malade ou non.\n3. **Téléphoner au 112** si l'alarme ne répond pas et qu'il y a du réseau.\n4. **Attendre**. Le technicien ou les pompiers arrivent, souvent en moins d'une heure.\n\n**Ne jamais** forcer les portes, ni sortir par la trappe du plafond, ni sauter d'une cabine arrêtée entre deux étages. La plupart des accidents graves arrivent à des gens qui ont voulu sortir seuls.\n\n## ADAPTER\n\n- **La peur** : s'asseoir, respirer lentement (inspirer sur quatre temps, expirer sur six), parler aux autres. L'air se renouvelle : une cabine n'est pas étanche.\n- **Un malade** (diabétique, cardiaque, femme enceinte) : le dire à l'interphone, les secours se pressent.\n- **Une coupure de courant** : l'éclairage de secours s'allume ; certains ascenseurs descendent seuls au palier le plus proche et ouvrent.\n- **En cas d'incendie**, on ne prend jamais l'ascenseur : l'escalier. Voir [[URG-INC-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUn ascenseur tient à plusieurs câbles d'acier, chacun capable de porter la cabine pleine. Si la vitesse devient anormale, un **parachute** mécanique pince les rails et bloque la cabine. Les pannes arrêtent l'ascenseur, elles ne le font pas tomber.","langue":"fr"},{"id":"URG-ANA-001","titre":"Anaphylaxie","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"flash","tags":["urgence","allergie","adrenaline","piqure","aliment","choc"],"sources":["European Academy of Allergy and Clinical Immunology — Anaphylaxis Guidelines 2021","World Allergy Organization — Anaphylaxis Guidance","Resuscitation Council UK — Emergency treatment of anaphylactic reactions","Études sur les réactions biphasiques et la durée de surveillance"],"corps":"::Une allergie grave tue en minutes, et il n'existe qu'un seul traitement. Tout le reste — antihistaminiques, cortisone, attendre de voir — fait partie des causes de décès.::\n\n## AGIR\n\n**1. Reconnaissez.** Après un contact — aliment, piqûre d'insecte, médicament —, **deux choses en même temps** et qui s'installent vite :\n\n- **La peau** : urticaire, plaques, gonflement du visage, des lèvres, des paupières, démangeaison des paumes et du cuir chevelu.\n- **et** l'un des deux suivants :\n  - **La respiration** : gorge serrée, voix rauque, difficulté à avaler, sifflement, toux, essoufflement.\n  - **ou la circulation** : pâleur, sueurs froides, malaise, vertige, perte de connaissance.\n\nUn gonflement de la gorge ou une chute de tension **sans** boutons reste une anaphylaxie. La peau peut manquer.\n\n**2. Injectez l'adrénaline immédiatement.** S'il y a un auto-injecteur — le sien, celui de quelqu'un d'autre, celui d'une trousse —, on l'utilise **sans attendre de voir si ça s'aggrave.**\n\n**Face externe de la cuisse, à mi-hauteur**, à travers les vêtements si besoin. On maintient quelques secondes selon le modèle, puis on masse brièvement. C'est sans danger : injecter de l'adrénaline à quelqu'un qui n'en avait pas besoin ne tue personne, ne pas l'injecter à quelqu'un qui en avait besoin, si.\n\n**3. Allongez la personne, jambes surélevées.** Et c'est un geste vital, pas un confort.\n\n**Ne la faites jamais s'asseoir ni se lever**, même si elle le demande, même si elle respire mieux assise. Des décès sont documentés chez des gens qui se sont redressés ou levés pour aller aux toilettes après amélioration : le cœur se vide d'un coup. Si elle ne supporte pas d'être à plat à cause de la respiration, position demi-assise, mais **les jambes restent hautes et on ne se met pas debout.**\n\nInconsciente et respirant : sur le côté.\n\n**4. Appelez les secours.** Toujours, même si ça va mieux.\n\n**5. Deuxième dose à cinq minutes** si rien ne s'améliore, dans l'autre cuisse. La plupart des trousses en contiennent deux pour cette raison.\n\n**6. Surveillez pendant des heures.** Une réaction sur cinq environ est **biphasique** : elle repart une à douze heures après, parfois sans nouveau contact, et parfois plus violemment. Ne laissez pas la personne seule et gardez l'adrénaline à portée.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas d'adrénaline.** Allongez jambes hautes, appelez, retirez la cause si c'est possible — un dard de guêpe se racle avec un ongle ou une carte, on ne le pince pas —, et refroidissez la zone. **Les antihistaminiques et la cortisone ne traitent pas une anaphylaxie** : ils agissent en dizaines de minutes sur les boutons et rien sur la gorge ni sur la tension. Donnez-les si vous en avez, mais ne comptez pas dessus et ne les considérez jamais comme une réponse.\n\n**C'est une piqûre dans la bouche ou la gorge.** Même sans allergie, le gonflement local peut fermer les voies aériennes. Glace à sucer, position assise, secours immédiats.\n\n**C'est un enfant.** Mêmes gestes, auto-injecteur dosé pour l'enfant si disponible. Dans le doute entre deux dosages, celui de l'adulte reste préférable à rien.\n\n**La personne est asthmatique.** Risque nettement plus élevé de forme grave et mortelle. L'adrénaline passe avant l'inhalateur ; l'inhalateur vient après, pas à la place.\n\n**C'est une allergie connue.** Alors le vrai travail est fait avant : deux auto-injecteurs, toujours, à jour de date, et des proches qui savent où ils sont **et comment s'en servir**. Un auto-injecteur dans un tiroir que personne ne sait utiliser ne sert à rien. Faites une démonstration à froid avec le dispositif d'entraînement.\n\n**Vous doutez que ce soit une anaphylaxie.** Injectez. Le rapport bénéfice-risque n'est pas ambigu : l'hésitation est le principal facteur de décès dans toutes les séries publiées.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui se passe\n\nLe système immunitaire reconnaît une substance qu'il a décidé de considérer comme un ennemi et déclenche une libération massive de médiateurs, l'histamine en tête, dans tout l'organisme.\n\nTrois effets simultanés, et chacun peut tuer :\n\n- **Les vaisseaux se dilatent et deviennent poreux.** Le plasma fuit dans les tissus, le volume circulant s'effondre : c'est le choc.\n- **Les tissus gonflent**, y compris la langue, le larynx et les bronches : c'est l'asphyxie.\n- **Les bronches se resserrent.**\n\n### Pourquoi l'adrénaline et rien d'autre\n\nElle agit sur les trois mécanismes en même temps et en quelques minutes : elle **resserre les vaisseaux** (remonte la tension, réduit le gonflement), **dilate les bronches**, et **freine la libération des médiateurs**.\n\nAucun autre produit accessible ne fait cela. Les antihistaminiques bloquent un seul médiateur, sur un seul effet, avec un délai long. La cortisone agit en plusieurs heures et sert à limiter la rechute, pas la crise.\n\nEt le point qui décide : **injectée dans le muscle de la cuisse**, elle est absorbée beaucoup plus vite que dans le bras ou sous la peau. Ce n'est pas un détail de protocole, c'est la différence entre agir en cinq minutes et agir en vingt.\n\n### Pourquoi la position\n\nEn anaphylaxie, le sang stagne en périphérie et le cœur se remplit mal. Debout ou assis, la gravité aggrave ce déficit de remplissage ; allongé jambes hautes, on lui rend du volume.\n\nC'est un mécanisme simple, il est gratuit, et il figure dans toutes les recommandations pour une raison : **des gens meurent d'avoir changé de position au mauvais moment.**\n\nPour l'examen général d'une victime, voir [[URG-SEC-001]] ; pour les intoxications qui ressemblent parfois à une allergie, [[URG-SEC-003]].","langue":"fr"},{"id":"URG-AIR-001","titre":"Air contaminé","axe":3,"categorie":"Protocoles d'urgence","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","air","toxique","fumee","confinement","masque","monoxyde"],"sources":["INRS ED 6106 — Les appareils de protection respiratoire","NIOSH — Respirator Selection Logic","HHS CHEMM — Patient Decontamination Recommendations","Sécurité civile — Consignes de mise à l'abri lors d'un accident chimique"],"corps":"::Un filtre ne fabrique pas d'oxygène. C'est la phrase qui tue le plus de monde dans les caves, les silos et les cuves.::\n\n## AGIR\n\n**1. Sortez du nuage avant de faire quoi que ce soit d'autre.** Perpendiculairement au vent, jamais dans son axe. Un nuage suit le vent : en courant devant lui, vous restez dedans.\n\n**2. Montez.** Presque tous les gaz industriels dangereux sont plus lourds que l'air : chlore, dioxyde de soufre, gaz de fermentation, butane, sulfure d'hydrogène. Ils coulent et remplissent les points bas. Une cave, un fossé, un silo, le fond d'une cuve : c'est là qu'on meurt. L'ammoniac fait exception et monte.\n\n**3. Ne descendez jamais chercher quelqu'un.** C'est le point où cette fiche compte vraiment. **Dans les accidents en espace confiné, les sauveteurs improvisés représentent la majorité des morts.** Celui qui est tombé est tombé en quelques secondes ; vous tomberez à côté de lui pour la même raison. On appelle, on ventile, on tire de l'extérieur avec une corde, on n'entre pas.\n\n**4. Si vous ne pouvez pas sortir, confinez-vous.** Une seule pièce, plutôt en hauteur, peu d'ouvertures. Coupez la ventilation mécanique, la climatisation, la hotte. Fermez portes et fenêtres, bouchez les bas de porte avec du textile mouillé, scotchez ce qui se scotche. **N'allumez rien** : ni flamme, ni briquet, ni interrupteur si vous soupçonnez du gaz combustible.\n\n**5. Écoutez.** Radio, téléphone, haut-parleurs. Une consigne officielle en cas d'accident chimique dit presque toujours de se confiner et d'attendre, et elle a raison : un nuage passe, une évacuation à pied le traverse. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**6. Déshabillez-vous avant de toucher quoi que ce soit de propre.** Retirer les vêtements élimine l'essentiel du produit déposé sur vous. Coupez-les plutôt que de les passer par la tête. Ensuite : eau tiède et savon, longuement, cheveux compris. Ne frottez pas une poudre à sec, vous la faites pénétrer.\n\n**7. Surveillez les gens pendant plusieurs heures.** Certains produits — phosgène, oxydes d'azote, chlore en faible dose — laissent un intervalle libre de quelques heures avant un œdème pulmonaire. Une personne qui va bien puis se met à tousser, à s'essouffler ou à cracher mousseux relève de l'urgence absolue. Voir [[URG-SEC-003]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une fumée d'incendie.** Le plus fréquent et le plus meurtrier. La fumée n'est pas un gaz unique : c'est du monoxyde de carbone, du cyanure d'hydrogène, des suies brûlantes, et surtout un air dont l'oxygène a déjà été consommé. **Aucun masque à cartouche ne protège là-dedans**, parce qu'il n'y a plus assez d'oxygène à filtrer. On sort au ras du sol, on ferme les portes derrière soi, on ne remonte pas chercher un objet. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**C'est du monoxyde de carbone.** Groupe électrogène, brasero, poêle, moteur, chauffe-eau mal tiré. Inodore, incolore, il ne prévient pas. Maux de tête, nausées, confusion, plusieurs personnes malades en même temps dans la même pièce : sortez tout le monde, ouvrez tout, n'allumez rien, ne rentrez pas. Un filtre ordinaire ne l'arrête pas — il faut une cartouche spéciale. Voir [[TEC-CON-007]].\n\n**C'est une cave, un puits, une fosse, une cuve, un silo.** Le danger n'est presque jamais celui qu'on imagine : c'est l'absence d'oxygène, consommé par la fermentation ou la rouille, ou du sulfure d'hydrogène. **Le sulfure d'hydrogène sent l'œuf pourri à faible dose et ne sent plus rien à forte dose**, parce qu'il paralyse l'odorat. Une odeur qui disparaît n'est pas une bonne nouvelle. On ventile longuement avant, on descend encordé, avec quelqu'un dehors qui ne descend pas. Voir [[SURV-TUN-001]].\n\n**Ce sont des poussières après un effondrement ou une démolition.** Amiante, silice, plâtre, fibres. Le risque n'est pas immédiat, il est différé de vingt ans, et c'est précisément pourquoi on l'ignore. Un masque à particules correct suffit ici, contrairement aux gaz. Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-EFF-001]].\n\n**Vous n'avez aucun masque.** Un textile mouillé plaqué sur le nez et la bouche retient une partie des poussières et des suies. **Contre un gaz, il ne fait rien du tout.** Ne lui accordez aucune confiance : il sert à traverser trois mètres de fumée froide, pas à rester.\n\n**Vous devez traverser une zone contaminée.** Une seule fois, vite, en connaissant le point de sortie, vent dans le dos, en respirant peu et sans courir si vous pouvez l'éviter — l'effort multiplie la dose inhalée. Ce qui compte n'est pas la concentration seule mais la concentration multipliée par le temps.\n\n**Il y a des animaux morts, des oiseaux au sol, des insectes immobiles.** Prenez-les au sérieux immédiatement. Ils sont plus petits, ils respirent plus vite, ils tombent avant vous.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Quatre dangers différents, et un seul mot pour les dire\n\nOn parle d'« air irrespirable » comme si c'était une seule chose. Il y en a quatre, et elles n'appellent pas la même réponse :\n\n| Le danger | Ce qui se passe | Ce qui protège |\n|---|---|---|\n| Manque d'oxygène | L'air a été consommé ou chassé par un autre gaz | **Rien de filtrant.** Sortir, ventiler, ou appareil isolant |\n| Gaz ou vapeur toxique | Le poison est dans l'air qu'on respire | Cartouche adaptée **à ce gaz-là** |\n| Particules, fumées, aérosols | Des solides ou des gouttelettes en suspension | Filtre à particules |\n| Atmosphère explosive | Le gaz n'est pas toxique, il est inflammable | Ne rien allumer, ventiler, s'éloigner |\n\nUn même événement en combine souvent plusieurs. Un incendie, c'est les quatre à la fois.\n\n### Ce qu'un filtre fait, et ce qu'il ne fera jamais\n\nUn appareil filtrant nettoie l'air qui l'entoure. Il ne le remplace pas. **S'il n'y a pas assez d'oxygène autour de vous, le meilleur masque du monde vous laissera mourir avec le visage propre.** En dessous d'environ 17 % d'oxygène, les règles européennes interdisent tout appareil filtrant : il faut un appareil isolant, qui apporte son propre air.\n\nDeuxième limite : un filtre est spécifique. Le charbon actif retient les vapeurs organiques, pas le monoxyde de carbone, qui passe au travers sans s'arrêter. Une cartouche « toutes situations » n'existe pas.\n\nTroisième limite : un filtre se sature. Il ne prévient pas, il ne change pas de couleur, il ne siffle pas. Le détail de tout cela — lettres, couleurs, classes, durées, ajustement — est dans [[TEC-SAN-006]].\n\n### Pourquoi l'odorat ne sert à rien\n\nL'odorat est un mauvais détecteur et un très mauvais dosimètre. Le monoxyde de carbone n'a aucune odeur. Le sulfure d'hydrogène anesthésie le nerf olfactif à forte concentration. Certains solvants sentent fort bien en dessous du seuil dangereux, d'autres ne sentent qu'au-delà. **Ne jamais raisonner en « ça ne sent plus rien, c'est bon ».**\n\n### Pourquoi les sauveteurs meurent\n\nC'est le mécanisme le plus régulier de tous les accidents en atmosphère confinée, et il se répète depuis toujours. Quelqu'un tombe. Un deuxième descend le chercher et tombe. Un troisième descend et tombe. Le cerveau refuse d'admettre qu'un endroit où l'on voit clair, où il n'y a ni feu ni eau, puisse tuer en dix secondes.\n\nIl n'existe qu'une parade, et elle est mentale : **décider à l'avance, à froid, qu'on n'entrera pas.** C'est le même mécanisme que celui décrit dans [[SURV-PSY-002]], et c'est la seule décision de cette fiche qu'il faut avoir prise avant d'en avoir besoin.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ZOM-001","titre":"Invasion zombie — exercice de pensée","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["exercice","epidemie","quarantaine","siege","mobilite","abri","groupe"],"sources":["OMS — Managing epidemics, key facts about major deadly diseases","Quarantelli E.L. — Sociology of panic, Disaster Research Center","CDC — Preparedness 101: Zombie Pandemic (support pédagogique)","HCR/UNHCR — Handbook for Emergencies, standards d'eau et d'assainissement en regroupement"],"corps":"::Il n'y a pas de zombies. Il y a des épidémies, des foules, des quarantaines et des sièges — et cet exercice sert à les raisonner ensemble, une bonne fois.::\n\nCette fiche est un exercice, et elle le dit. On pose une hypothèse fausse pour raisonner proprement sur des mécanismes vrais : une maladie qui se transmet au contact, une population qui se déplace, des secours qui saturent, un groupe qui doit tenir dans un lieu fermé. Les services de santé publique utilisent ce procédé depuis longtemps pour la même raison : **on retient mieux une doctrine quand on l'a appliquée une fois dans un décor qui ne fait peur à personne.**\n\nL'hypothèse retenue ici est la plus intéressante : des infectés **lents**, contagieux par morsure et par fluides, individuellement faibles, dangereux par le nombre et par la durée. Tout ce qui suit découle de ces quatre mots.\n\n## AGIR\n\n**1. Tant qu'il y a des consignes officielles, suivez-les.** C'est contre-intuitif et c'est pourtant ce que montre chaque catastrophe réelle : la doctrine publique — se confiner, se signaler, ne pas prendre la route — est presque toujours meilleure que l'improvisation individuelle, parce qu'elle voit l'ensemble du terrain. Voir [[URG-EFF-001]] et [[SIG-COM-006]].\n\n**2. Partez tôt ou ne partez pas.** Le mauvais moment pour prendre la route est celui où tout le monde la prend. Soit vous avez décidé avant que l'information soit publique, soit vous restez et vous tenez. L'entre-deux — partir en même temps que la foule, sans destination — est la manière la plus régulière de mourir dans toutes les catastrophes réelles.\n\n**3. Ne touchez pas le contaminé, ne touchez pas ses fluides.** Une transmission par contact se coupe par des gestes ennuyeux et efficaces : peau couverte, gants, mains lavées, une plaie protégée tout de suite. **Toute blessure devient une urgence**, pas parce qu'elle fait mal, mais parce qu'elle est une porte. Voir [[TEC-SAN-001]] et [[TEC-SAN-004]].\n\n**4. Habillez-vous contre la morsure, pas contre le froid.** Vêtements épais et lisses, manches longues, col montant, gants solides, chaussures montantes. Rien de flottant, rien de saisissable, pas de cheveux longs libres, pas de bretelles de sac qui traînent. **Ce qui pend sur vous est une poignée.**\n\n**5. Choisissez la distance plutôt que la force.** Contre une menace lente, l'allonge décide de tout : un outil long tient à distance ce qu'un outil court oblige à laisser approcher. Le bruit, lui, se paie — il appelle, il rassemble, et le rassemblement est le seul vrai danger de cette hypothèse. **Tout ce qui est bruyant vous coûte plus qu'il ne vous rapporte**, et tout ce qui dépend d'une munition finit par s'arrêter.\n\n**6. Bougez avant de vous installer.** La première phase se gagne par la mobilité : on observe, on évite, on collecte, on ne s'engage jamais dans un couloir sans savoir par où on en sort. **Deux issues ou on n'entre pas.** Déplacements de nuit, aux heures creuses, hors des axes : voir [[SURV-NUIT-001]] et [[SURV-REC-001]].\n\n**7. Ne vous installez qu'ensuite, et sur des critères.** Le lieu se choisit sur l'eau, l'assainissement, le nombre d'entrées, la vue, l'issue de secours, la réserve alimentaire, et la capacité à ne pas attirer l'attention. Dans cet ordre. Un endroit magnifique sans eau est un endroit qu'on quittera à pied, au pire moment.\n\n**8. Organisez le groupe le premier jour, pas le dixième.** Qui décide de quoi, qui garde, qui soigne, qui cuisine, qui tient le registre, comment on tranche un désaccord. Un groupe sans règles se défait en une semaine, et il se défait toujours plus vite qu'il ne se reconstitue. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**9. Tenez une quarantaine interne.** Tout nouvel arrivant, toute personne exposée : à l'écart, surveillée, soignée, nourrie, pendant la durée d'incubation que vous aurez fixée. C'est la mesure la plus efficace de toute la fiche et la plus difficile à appliquer, parce qu'elle s'applique à des gens qu'on aime. **Décidez la règle avant d'avoir un cas, jamais pendant.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous envisagez de vous enfermer dans une université.** L'intuition est bonne et mérite d'être examinée, parce qu'elle est fausse pour une raison instructive. Sur le papier, tout y est : laboratoires, gymnase, cantines, réserves, locaux techniques, groupes électrogènes, couloirs étroits faciles à tenir, eau chaude, infirmerie. Dans les faits, un campus est **un lieu de rassemblement connu de toute la ville**, largement vitré, très étendu, impossible à tenir à peu, et ses stocks de nourriture sont ceux d'une cantine : trois jours, pas trois mois.\n\nRetenez le raisonnement plutôt que la réponse. Les mêmes avantages se retrouvent, sans les inconvénients, dans des bâtiments que personne ne vise : **un lycée technique ou agricole de périphérie, un centre de secours, une station d'épuration, une exploitation agricole, un entrepôt logistique en zone d'activité.** Peu d'ouvertures, un point d'eau, un atelier, un stock, et surtout aucune raison pour les autres d'y penser.\n\n**Vous pensez qu'une forteresse règle le problème.** Un siège ne se perd pas sur les murs, il se perd sur l'eau, les déchets et le moral. Historiquement, les places assiégées tombent bien plus souvent par la maladie et la soif que par l'assaut. Si vous vous enfermez, la première question n'est pas « comment tenir la porte », c'est **« où part ce qui sort de nous »** — les latrines décident de la durée. Voir [[TEC-CON-006]] et [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous êtes en hauteur.** Excellent contre une menace lente et mauvais pour tout le reste. Un étage se tient avec très peu de monde, mais il faut monter l'eau, descendre les déchets, et il n'y a qu'un escalier. La hauteur est une bonne position temporaire et un mauvais domicile.\n\n**Vous êtes seul.** L'exercice devient beaucoup plus dur, et c'est fidèle à la réalité : l'isolement est le facteur aggravant principal de toutes les situations longues. Seul, vous ne pouvez pas dormir en sécurité, ni monter la garde, ni vous soigner, ni porter. La priorité n'est pas de vous fortifier, elle est de **trouver deux ou trois personnes fiables**. Voir [[SURV-PSY-001]] et [[SURV-TROC-001]].\n\n**Quelqu'un du groupe a été mordu.** C'est le cœur de l'exercice, et c'est pour cette question qu'il existe. La réponse humaine est l'isolement et les soins, pas autre chose. La règle doit être écrite à l'avance, connue de tous, appliquée à tous sans exception de rang ni d'affection, et discutée à froid. **Une règle qu'on invente devant le cas n'est pas une règle, c'est une panique qui a l'air d'en être une.** Ce que l'exercice enseigne vraiment, c'est qu'un groupe se casse sur la première exception, pas sur la première perte.\n\n**Vous croisez d'autres vivants.** C'est le vrai sujet, et toute la fiction du genre le dit à sa façon. Annoncez-vous de loin, restez à distance, ne montrez ni vos réserves ni votre itinéraire, ne suivez personne dans un endroit fermé. La méfiance n'est pas de l'hostilité et elle s'explique calmement : proposez l'échange plutôt que le contact. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Ça dure des mois.** L'exercice bascule alors dans un autre problème, plus ordinaire et plus exigeant : produire. Semer, conserver, réparer, soigner, tenir un calendrier. C'est là que la bibliothèque entière devient utile, et c'est là que la plupart des scénarios de fiction s'arrêtent — parce que la partie difficile commence exactement au moment où la partie spectaculaire finit.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi « lent » est plus dangereux que « rapide »\n\nUne menace rapide se règle par un événement : on fuit, on affronte, c'est fini. Une menace lente ne se règle jamais. Elle n'a ni fatigue, ni sommeil, ni moral, ni besoin de manger. Elle occupe, elle use, elle revient. **Vous, vous dormez.**\n\nC'est exactement le profil d'un risque épidémique réel, et c'est pour cela que l'hypothèse est pédagogiquement bonne. On ne gagne pas contre une attrition : on s'organise pour vivre avec, en réduisant le contact et en tenant la durée.\n\n### Le nombre, et pourquoi le bruit est l'ennemi\n\nUn individu lent n'est presque rien. Trente sont un mur. La seule variable que vous contrôlez est **l'agrégation** : tout ce qui rassemble travaille contre vous. Le bruit, la lumière, la fumée, l'odeur, les allées et venues répétées au même endroit.\n\nC'est la même logique que la discrétion en milieu hostile, et la même que la gestion d'une foule : on ne combat pas une masse, on évite de la créer. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n### Ce qui tue réellement dans ce scénario\n\nRangés par fréquence, en s'appuyant sur ce que l'on observe dans les crises réelles :\n\n1. **L'eau et l'assainissement.** Les regroupements humains sans latrines produisent des épidémies digestives en quelques jours. C'est le premier tueur de tous les camps, de toutes les guerres, de toutes les catastrophes.\n2. **Les blessures banales infectées**, faute de soins et d'hygiène.\n3. **Les accidents** : chutes, outils, incendies domestiques, intoxication au monoxyde des chauffages improvisés. Voir [[URG-AIR-001]].\n4. **Le froid et la faim**, qui ne tuent pas vite mais qui décident de tout le reste.\n5. **Les autres vivants**, très loin derrière ce que la fiction laisse croire, et presque toujours par peur réciproque plutôt que par prédation.\n6. **La menace elle-même**, en dernier.\n\nC'est la leçon centrale de l'exercice, et elle est vérifiable sans zombies : **le monstre n'est jamais la première cause de décès.** Les gens meurent de plomberie.\n\n### Ce que l'exercice vaut réellement\n\nRetirez les infectés et relisez : il reste une doctrine complète et utilisable. Décider tôt. Éviter la foule. Couvrir la peau et se laver les mains. Choisir un lieu sur l'eau et les issues plutôt que sur l'allure. Écrire les règles avant d'en avoir besoin. Isoler plutôt qu'exclure. Préférer la discrétion à la force. Tenir la durée plutôt que gagner une journée.\n\nC'est exactement la doctrine d'une épidémie, d'un effondrement de réseau, d'une inondation longue ou d'un déplacement de population. **L'hypothèse est fausse, la méthode ne l'est pas** — et c'est tout ce qu'on lui demande.","langue":"fr"},{"id":"SURV-URB-001","titre":"Lire une friche","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["friche","batiment","amiante","plomb","structure","datation","industrie"],"sources":["INRS — Amiante, repérage avant travaux et matériaux concernés","ANSES — Expositions au plomb dans l'habitat ancien","Guides de diagnostic de pathologie du bâtiment, carbonatation et corrosion des armatures","Code pénal et code civil français, dispositions sur la propriété privée et la violation de domicile"],"corps":"::Un bâtiment abandonné raconte tout : ce qu'il était, quand il a été bâti, comment il meurt, et ce qui vous tuera dedans. Il suffit de savoir où regarder.::\n\nLa méthode de fouille est dans [[SURV-REC-001]], la dépose dans [[SURV-REC-011]]. Cette fiche apprend à **lire** le lieu — ce qui rend tout le reste plus sûr et beaucoup plus rentable.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Dater le bâtiment en trente secondes\n\nL'époque détermine les matériaux, donc les dangers, donc ce qu'il y a à prendre.\n\n**La structure.** Murs porteurs en pierre ou brique pleine jusqu'aux années 1920. Béton armé à partir de l'entre-deux-guerres, massivement après 1945. Parpaing creux et ossature métallique à partir des années 1950-60. Panneaux préfabriqués et voiles béton dans les années 1960-70.\n\n**Les menuiseries.** Bois jusqu'aux années 1950. Acier dans l'industrie de 1930 à 1970. Aluminium à partir des années 1970. PVC à partir des années 1980.\n\n**L'électricité.** Fils sous tissu et porcelaine jusqu'aux années 1950 ; gaine plomb dans l'industrie ancienne ; PVC ensuite. Prises sans terre avant les années 1970. **Un tableau à fusibles à broche porcelaine date l'installation d'avant 1965.**\n\n**Le sol.** Carreaux de ciment et tomettes jusqu'aux années 1940, dalles vinyle-amiante des années 1950 aux années 1980, moquette et stratifié ensuite.\n\n### Les trois poisons, par époque\n\n**L'amiante.** C'est le danger majeur et il est invisible. En France, usage massif de 1950 à son interdiction en **1997** ; tout bâtiment antérieur est suspect. On le trouve en flocage sur structures métalliques, en calorifugeage autour des tuyauteries et des chaudières, en plaques de fibrociment pour toitures et conduits, en dalles de sol et dans leur colle noire, en joints et tresses de portes de four.\n\n**Ce qui est dangereux, c'est ce qui est friable et remué.** Une plaque de fibrociment intacte ne relâche presque rien ; la même cassée à coups de pied, ou un flocage dégradé qu'on frôle, libère des fibres invisibles qui restent en suspension des heures. **On ne casse rien, on ne balaie rien à sec, on ne perce rien.** Masque à particules P3 et vêtements qu'on laisse dehors — voir [[TEC-SAN-006]].\n\n**Le plomb.** Peintures d'avant 1949 dans l'habitat, canalisations d'eau anciennes, plomb de toiture. Le danger vient des écailles et de la poussière, pas du contact. Ne mangez pas, ne fumez pas, ne portez pas les mains à la bouche, lavez-vous après.\n\n**La silice.** Poussière de béton, de brique, de plâtre, remuée par le passage ou la découpe. Effet différé, exactement comme l'amiante, et pour la même raison on l'ignore.\n\n### Comment un bâtiment meurt\n\nSavoir ça, c'est savoir où poser le pied.\n\n**Le bois pourrit aux appuis** — là où la poutre entre dans le mur, là où l'humidité stagne, c'est-à-dire précisément là où on ne voit pas. Un plancher d'aspect sain cède à un mètre du mur.\n\n**Le béton armé se carbonate.** Le dioxyde de carbone de l'air pénètre lentement et fait perdre au béton sa capacité à protéger l'acier. L'acier rouille, et **la rouille occupe plusieurs fois le volume du métal d'origine** : elle fait éclater le béton de l'intérieur. Les traces rousses avec éclatement, les aciers apparents, le béton qui sonne creux sous le manche : la pièce a perdu une part inconnue de sa résistance.\n\n**L'acier rouille au pied des poteaux** et aux jonctions, là où l'eau s'accumule.\n\n**L'eau décide de tout.** Un toit percé condamne un bâtiment en quelques hivers ; un bâtiment clos et sec tient des décennies. **La première chose à regarder depuis l'extérieur est la toiture** : elle prédit l'état de tout le reste.\n\n### Lire ce que le lieu était\n\nC'est la partie satisfaisante, et elle rend directement : savoir ce qu'était un site dit où chercher.\n\n- **Les scellements au sol.** Des boulons d'ancrage en rectangle disent la taille et le type de machine qui était là. Les traces d'huile disent qu'elle tournait.\n- **Le pont roulant et son chemin de roulement** : on manipulait lourd, donc il y a des palans, des élingues, des crochets.\n- **Les réseaux aériens.** Le diamètre et la couleur des conduites disent la fonction : air comprimé, vapeur, eau, gaz. Les conduites d'air comprimé mènent à un compresseur, qui est une belle pièce.\n- **Le local électrique.** C'est l'endroit le plus informatif du bâtiment : schémas affichés, étiquettes de départs, noms des ateliers, dates d'intervention. **Commencez par là quand vous cherchez à comprendre.**\n- **Les bureaux.** Plans, inventaires, registres, annuaires internes. L'information vaut souvent plus que le métal.\n- **Les quais et la cour.** Ils disent ce qui entrait et ce qui sortait.\n\n## AGIR\n\n**1. Faites le tour complet avant d'entrer.** Toiture, façades, traces de passage, végétation écrasée, véhicules. Un lieu vraiment abandonné a une immobilité particulière.\n\n**2. Entrez par où c'est déjà ouvert**, sans rien forcer. Repérez deux issues avant de vous engager.\n\n**3. Testez le sol devant vous et marchez près des murs.** Les appuis y sont meilleurs. Le sol est le premier danger, loin devant tout le reste.\n\n**4. Cherchez les trous que les gravats cachent.** Trémies, gaines techniques, fosses, cuves, regards ouverts, verrières au sol. C'est l'accident classique des friches : un plancher intact avec un trou d'un mètre sous trente centimètres de débris.\n\n**5. Ne descendez pas sans ventiler.** Sous-sols, fosses, cuves, vides sanitaires : atmosphère appauvrie ou chargée. On ventile longuement, on descend encordé, quelqu'un reste dehors. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n**6. Masque P3 dès qu'il y a de la poussière**, et dans tout bâtiment d'avant 1997 dont les matériaux sont dégradés.\n\n**7. Fixez une durée avant d'entrer et tenez-la.** Le temps passé est le facteur de risque principal.\n\n**8. Ne laissez pas de traces d'effraction visibles de la rue.** Un lieu qui a l'air fermé reste tranquille ; un lieu manifestement ouvert attire tout le monde, et finit muré.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un site industriel.** Le meilleur rendement du genre : atelier, local électrique, compresseur, stock de matière, outillage. Mais aussi les cuves de produits, les bacs de rétention, les transformateurs anciens — certains contenaient des huiles au pyralène, à ne pas manipuler. Voir [[SURV-REC-005]] pour la méthode de fouille par zones.\n\n**C'est un hôpital ou un laboratoire.** Beaucoup de matériel et deux risques particuliers : les déchets biologiques, et les sources radioactives de faible activité dans certains appareils anciens. Tout ce qui porte un trèfle jaune et noir se laisse en place et se signale.\n\n**C'est un bâtiment agricole.** Fibrociment partout en toiture, fosses à lisier — atmosphère mortelle —, et un outillage souvent excellent.\n\n**C'est une carrière ou un souterrain.** Autre sujet, autres règles : voir [[SURV-TUN-001]]. Le plafond, la ventilation et le fait de prévenir quelqu'un priment sur tout.\n\n**C'est l'hiver, ou il pleut.** Tout devient glissant, la visibilité baisse, et les sols gorgés d'eau cèdent plus. Les friches se lisent mieux en fin d'été.\n\n**Vous êtes seul.** C'est le facteur aggravant principal : une jambe cassée au troisième étage d'un bâtiment que personne ne sait que vous visitez, c'est une nuit dehors au mieux. Prévenez quelqu'un du lieu et de l'heure de retour, systématiquement.\n\n**Le cadre légal.** Une friche appartient à quelqu'un. Y entrer sans autorisation est une intrusion, et les dommages, les accidents et les vols engagent votre responsabilité. Cela ne disparaît pas parce que le lieu est à l'abandon. L'autorisation du propriétaire change tout, y compris votre capacité à revenir et à y travailler tranquillement — et elle s'obtient plus souvent qu'on ne le croit en demandant.","langue":"fr"},{"id":"SURV-TUN-001","titre":"Creuser un tunnel","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["souterrain","discretion","habitat","chantier","bois","beton","securite"],"sources":["OSHA — 29 CFR 1926 Subpart P, Excavations","INRS — documentation sur le blindage des tranchées","NIOSH — Working in Confined Spaces, criteria document"],"corps":"::La terre ne prévient pas. Elle tient, elle tient, puis elle tombe d'un coup.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn tunnel n'est pas un trou allongé. **C'est un plafond qu'on retient.** Tant que vous retenez le plafond, vous travaillez tranquillement. Dès que vous ne le retenez plus, vous avez une seconde.\n\n### Les mots, une fois pour toutes\n\n- **Galerie** — le couloir creusé.\n- **Ciel** — le plafond de la galerie. C'est lui qui tombe.\n- **Front de taille** — le bout de la galerie, l'endroit où vous creusez.\n- **Couverture** — l'épaisseur de terre entre le ciel et la surface.\n- **Soutènement** — tout ce qui retient le terrain : bois, acier, béton, pierre.\n- **Cadre** — un assemblage de bois en forme de porte, planté tous les mètres.\n- **Blindage** — les planches plaquées contre la terre, entre les cadres.\n- **Portée libre** — la longueur de galerie qui n'est retenue par rien. C'est le seul chiffre qui compte vraiment.\n- **Déblais** — la terre que vous sortez.\n\n### Ce qui tue\n\n**Un mètre cube de terre humide pèse entre 1,5 et 2 tonnes.** Une tranche de cinquante centimètres qui se décroche au-dessus de vous, c'est le poids d'une petite voiture, et ça arrive sans bruit.\n\nOn ne meurt pas écrasé. **On meurt asphyxié.** Enterré jusqu'à la poitrine, votre cage thoracique ne peut plus se soulever contre la charge. Vous êtes conscient, vous parlez, et vous suffoquez en quelques minutes. Dégager quelqu'un à la pelle sans faire tomber le reste demande beaucoup plus de temps que ça.\n\n**Ce n'est pas la profondeur qui tue, c'est la portée libre.** Une galerie étroite sans soutènement est plus dangereuse qu'une galerie large correctement cadrée.\n\n### Lire son terrain\n\n| Terrain | Ce qu'il fait | Verdict |\n|---|---|---|\n| Roche saine | Tient tout seul | Le meilleur, le plus lent à creuser |\n| Argile compacte, marne | Colle, tient un moment, prévient parfois | Praticable avec soutènement |\n| Limon, terre de jardin | Tient à sec, s'effondre à l'humidité | Soutènement partout |\n| Sable, gravier | Coule comme un liquide | À refuser |\n| Remblai, ancien terrassement | Vides, poches, gravats, imprévisible | À refuser |\n\n**Le test du boudin.** Prenez une poignée de terre humide, roulez-la entre vos paumes. Si vous obtenez un boudin qui tient sans se casser, la terre est *collante* : elle a de la cohésion, elle tiendra un peu toute seule. Si elle s'effrite, elle ne tiendra rien du tout.\n\n### L'eau est l'ennemi numéro un\n\nElle alourdit la terre, elle la fait glisser, elle détruit ce qui la faisait coller. **Un terrain parfaitement stable en août s'effondre en novembre.** Une arrivée d'eau dans une galerie n'est pas un désagrément, c'est un ordre d'évacuation.\n\nLa **nappe phréatique** — le niveau sous lequel le sol est saturé d'eau — est une limite absolue. En dessous, il n'y a plus de creusement possible sans pompage permanent, c'est-à-dire sans chantier professionnel.\n\n### L'air est l'ennemi numéro deux\n\nUne galerie fermée au bout n'a aucune circulation d'air. Vous consommez l'oxygène, vous produisez du gaz carbonique, qui est plus lourd que l'air et qui s'accumule au point bas. **Sous terre, on perd le jugement avant de comprendre qu'on est en train de le perdre.** Les victimes sont presque toujours retrouvées à quelques mètres de la sortie.\n\nTrois chiffres : l'air normal contient 21 % d'oxygène ; en dessous de **19,5 %**, l'atmosphère est officiellement dangereuse ; en dessous de 16 %, une bougie s'éteint. Le gaz carbonique devient gravement toxique vers **5 %**.\n\n**La bougie est un indicateur, pas un détecteur.** Elle vous dit que l'oxygène baisse. Elle ne dit rien du monoxyde de carbone, qui n'a ni odeur ni goût, qui tue avant tout symptôme, et qu'un moteur thermique posé près de l'entrée envoie directement au fond.\n\n### La forme compte\n\nUne **voûte** — un plafond courbe — pousse la charge vers les côtés. La terre, la pierre et le béton encaissent très bien d'être écrasés, et très mal d'être pliés. Un plafond plat, lui, plie. **Chaque fois que vous avez le choix, courbez.**\n\n### Les déblais vous trahiront avant le tunnel\n\nUn mètre de galerie de 0,90 m sur 1,60 m, c'est environ 1,5 m³ de terre à sortir. Et la terre remuée **foisonne** : elle occupe 20 à 30 % de volume en plus qu'en place, jusqu'à 50 % pour une argile. Vous ne pourrez jamais tout remettre dans le trou.\n\nDix mètres de galerie, c'est vingt mètres cubes de terre fraîche à faire disparaître. Personne n'a jamais repéré un tunnel. **On repère toujours le tas.**\n\n## AGIR\n\n### 1. Sondez avant de creuser\n\nUne barre à mine ou une tarière, tous les deux mètres sur tout le tracé, jusqu'à la profondeur visée. Vous cherchez trois choses : du sable, du remblai, de l'eau. **Une seule des trois sur le tracé, et vous changez de tracé.** Sonder coûte une journée. Se tromper coûte le reste.\n\n### 2. Choisissez la bonne méthode\n\n![P2 — Trois façons d'ouvrir le sol : tranchée couverte, galerie, entrée par talus](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 692" width="900" height="692"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="692" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="692" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">TROIS FAÇONS D'OUVRIR LE SOL</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 02 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="666" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="683" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">MÉTHODES DE CREUSEMENT · COMPARATIF · VALIDITÉ : CONFIRMÉ</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#4A7A4A"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">A</text>
<rect x="52" y="78" width="196" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">TRANCHÉE COUVERTE</text><rect x="22" y="78" width="256" height="452" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="34" y="130" width="232" height="200" fill="url(#terre)"/><rect x="34" y="130" width="232" height="200" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><path d="M92 130 L122 230 L182 230 L212 130 z" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.3" stroke-dasharray="4 3"/><rect x="122" y="230" width="60" height="60" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="120" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="135" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="150" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="165" y="216" width="13" height="14" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><path d="M92 130 L122 216 L182 216 L212 130 z" fill="url(#remblai)" opacity=".8"/><text x="152" y="178" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">on rebouche</text><rect x="149" y="219" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M152 222 L52 330" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="59" y="333.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">COUVERTURE</text><path d="M122 306 L182 306" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="152.0" y="300.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">0,90 m</text><text x="152" y="358" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">on ne travaille jamais sous une masse</text><rect x="32" y="392" width="236" height="24" fill="#4A7A4A"/><text x="150" y="408" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.4">MÉTHODE RECOMMANDÉE</text><text x="32" y="440" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">On creuse à ciel ouvert, on pose un</text><text x="32" y="457" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">couvercle (poutres, rails, dalles),</text><text x="32" y="474" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">on remblaie par-dessus.</text><text x="32" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Air naturel pendant tout le chantier.</text><text x="32" y="508" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Limite : il faut pouvoir ouvrir le dessus.</text><rect x="320" y="78" width="30" height="21" fill="#A33A30"/>
<text x="335" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">B</text>
<rect x="350" y="78" width="196" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="359" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">GALERIE EN TAUPE</text><rect x="320" y="78" width="256" height="452" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="332" y="130" width="232" height="200" fill="url(#terre)"/><rect x="332" y="130" width="232" height="200" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><rect x="350" y="240" width="190" height="52" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="356" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="388" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="420" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="452" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="484" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="516" y="236" width="10" height="60" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="526" y="240" width="14" height="52" fill="url(#remblai)"/><path d="M332 240 L350 240 L350 292 L332 292" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><path d="M440 226 L440 132" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="434.0" y="179.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">couverture 1 m mini</text><rect x="532" y="263" width="6.5" height="6.5" fill="#141210"/>
<path d="M535 266 L416 330" stroke="#141210" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="423" y="333.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">FRONT</text><text x="450" y="358" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">tout le poids repose sur vos cadres</text><rect x="330" y="392" width="236" height="24" fill="#8C2B2B"/><text x="448" y="408" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.4">RÉSERVÉ AUX CAS FORCÉS</text><text x="330" y="440" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">On creuse horizontalement sans jamais</text><text x="330" y="457" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">ouvrir le dessus.</text><text x="330" y="474" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Discret, mais c'est vous qui portez</text><text x="330" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">la montagne.</text><text x="330" y="508" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Air à forcer dès le 3e mètre.</text><rect x="618" y="78" width="30" height="21" fill="#3F6E9E"/>
<text x="633" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">C</text>
<rect x="648" y="78" width="196" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="657" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">ENTRÉE PAR UN TALUS</text><rect x="618" y="78" width="256" height="452" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><path d="M630 330 L630 190 L738 150 L862 144 L862 330 z" fill="url(#terre)"/><path d="M630 330 L630 190 L738 150 L862 144 L862 330 z" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.3"/><rect x="630" y="250" width="200" height="50" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="636" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="669" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="702" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="735" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="768" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="801" y="246" width="10" height="58" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.1"/><rect x="626" y="242" width="16" height="66" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="631" y="272" width="6.5" height="6.5" fill="#D9B35C"/>
<path d="M634 275 L678 340" stroke="#D9B35C" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="685" y="343.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">L'ENTRÉE EST LE POINT FAIBLE</text><path d="M768 242 L768 164" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="762.0" y="203.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">couverture qui augmente</text><rect x="628" y="392" width="236" height="24" fill="#4A7A4A"/><text x="746" y="408" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.4">LE MEILLEUR DÉPART</text><text x="628" y="440" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">On attaque à flanc de pente ou depuis</text><text x="628" y="457" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">une cave existante.</text><text x="628" y="474" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Accès de plain-pied, couverture qui</text><text x="628" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">grandit toute seule, déblais évacués</text><text x="628" y="508" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">en descendant. Renforcer l'entrée.</text><rect x="22" y="552" width="856" height="74" fill="#00000008" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="31" y="568" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.3">COMMENT CHOISIR</text><text x="31" y="586" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Vous pouvez ouvrir le dessus (jardin, bois, friche) : faites une TRANCHÉE COUVERTE, toujours. Aucune raison de faire autrement.</text><text x="31" y="604" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Vous avez une pente, un talus, une cave : entrez par LÀ. C'est la configuration la plus sûre et la plus discrète.</text><text x="31" y="622" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Vous ne pouvez ni ouvrir le dessus ni partir d'un flanc : la GALERIE est le seul choix, et c'est celui qui tue.</text></svg>)\n\nLe réflexe est de creuser en taupe. C'est presque toujours le mauvais choix. **Si vous pouvez ouvrir le dessus, ouvrez le dessus.**\n\n### 3. Posez le cadre\n\n![P1 — Le cadre : chapeau, montants, semelle, blindage](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 700" width="900" height="700"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="700" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="700" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">LE CADRE</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 01 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="674" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="691" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">SOUTÈNEMENT PROVISOIRE · FICHE MAÎTRESSE · VALIDITÉ : CONFIRMÉ</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P1</text>
<rect x="52" y="78" width="344.8" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">VUE DE FACE — CE QU'ON VOIT EN ENTRANT</text><rect x="500" y="78" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="515" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P2</text>
<rect x="530" y="78" width="293.2" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="539" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">VUE DE CÔTÉ — ON AVANCE, ON POSE</text><rect x="30" y="128" width="380" height="380" fill="url(#terre)"/><rect x="30" y="128" width="380" height="380" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.4"/><text x="38" y="144" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="1.4">TERRAIN EN PLACE</text><rect x="130" y="200" width="180" height="250" fill="#E9E4D9"/><rect x="116" y="208" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="208" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="242" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="242" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="276" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="276" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="310" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="310" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="344" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="344" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="378" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="378" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="116" y="412" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="310" y="412" width="14" height="28" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="132" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="168" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="204" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="240" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="276" y="186" width="32" height="14" fill="#3F6E9E" opacity=".85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="106" y="200" width="228" height="22" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><rect x="106" y="222" width="24" height="228" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><rect x="310" y="222" width="24" height="228" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><rect x="90" y="450" width="260" height="20" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><path d="M106 222 l24 0 l-24 15 z" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><path d="M334 222 l-24 0 l24 15 z" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><g stroke="#141210" stroke-width="2.2" fill="none" stroke-linecap="round"><circle cx="220.0" cy="310" r="11" fill="#E9E4D9"/><path d="M220.0 321 L220.0 376 M201.0 340 L239.0 338 M220.0 376 L203.0 450 M220.0 376 L237.0 450"/></g><rect x="157" y="208" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M160 211 L418 162" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="165.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">CHAPEAU</text><rect x="319" y="327" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M322 330 L418 296" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="299.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">MONTANT</text><rect x="314" y="239" width="6.5" height="6.5" fill="#3F6E9E"/>
<path d="M317 242 L418 230" stroke="#3F6E9E" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="233.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">BLINDAGE</text><rect x="321" y="227" width="6.5" height="6.5" fill="#D9B35C"/>
<path d="M324 230 L418 360" stroke="#D9B35C" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="363.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">COIN</text><rect x="257.0" y="457" width="6.5" height="6.5" fill="#D9B35C"/>
<path d="M260.0 460 L418 468" stroke="#D9B35C" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="425" y="471.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">SEMELLE</text><path d="M130 512 L310 512" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="220.0" y="506.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">0,90 m mini</text><path d="M60 200 L60 450" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="54.0" y="325.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">1,60 m</text><rect x="22" y="528" width="452" height="92" fill="#00000008" stroke="#A33A30" stroke-width="1.2"/><text x="31" y="544" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#A33A30" letter-spacing="1.3">LE CHEMIN DE LA CHARGE</text><text x="31" y="562" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Le CHAPEAU reçoit tout le poids du ciel.</text><text x="31" y="580" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Les MONTANTS le descendent jusqu'au sol.</text><text x="31" y="598" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">La SEMELLE empêche les montants de s'enfoncer.</text><text x="31" y="616" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Sans semelle, le cadre descend — et le ciel suit.</text><rect x="500" y="142" width="378" height="58" fill="url(#terre)"/><rect x="500" y="142" width="378" height="58" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><rect x="500" y="200" width="378" height="150" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="500" y="350" width="378" height="46" fill="url(#terre)"/><rect x="500" y="350" width="378" height="46" fill="none" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.2"/><rect x="520" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="580" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="640" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="700" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="760" y="196" width="13" height="158" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/><rect x="830" y="200" width="48" height="150" fill="url(#remblai)" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><path d="M520 418 L580 418" stroke="#141210" stroke-width="1" marker-start="url(#arb)" marker-end="url(#ar)"/><text x="550.0" y="412.0" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">0,80 à 1,20 m</text><rect x="523" y="237" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M526 240 L620 114" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="627" y="117.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">UN CADRE TOUS LES MÈTRES</text><rect x="849" y="267" width="6.5" height="6.5" fill="#141210"/>
<path d="M852 270 L750 462" stroke="#141210" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="757" y="465.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">FRONT DE TAILLE</text><text x="757" y="478" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85">on creuse un cadre,</text><text x="757" y="491" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85">on pose, puis on recreuse</text><rect x="500" y="508" width="378" height="56" fill="#00000008" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.2"/><text x="509" y="524" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.3">RÈGLE UNIQUE</text><text x="509" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Jamais un mètre de galerie sans cadre.</text><text x="509" y="560" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Même cinq minutes. Même « le temps de voir ».</text><rect x="500" y="578" width="196" height="78" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="509" y="594" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.6">LÉGENDE COULEURS</text><rect x="509" y="601" width="16" height="8" fill="#A33A30"/><text x="531" y="608" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">STRUCTURE PORTEUSE</text><rect x="509" y="613" width="16" height="8" fill="#3F6E9E"/><text x="531" y="620" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">BLINDAGE / PAROI</text><rect x="509" y="625" width="16" height="8" fill="#D9B35C"/><text x="531" y="632" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">POINT CRITIQUE</text><rect x="509" y="637" width="16" height="8" fill="#4A7A4A"/><text x="531" y="644" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#141210">ACCESSOIRE</text><text x="712" y="600" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#141210">Bois rond Ø 12–15 cm</text><text x="712" y="616" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">ou madrier 8 x 15 cm</text><text x="712" y="634" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">jamais de palette en montant</text></svg>)\n\nLe cadre, c'est quatre pièces de bois :\n\n- le **chapeau**, à plat au-dessus, qui reçoit le poids du ciel ;\n- deux **montants**, verticaux, qui descendent ce poids jusqu'au sol ;\n- la **semelle**, à plat en bas, qui empêche les montants de s'enfoncer dans la terre molle.\n\n**La semelle est la pièce qu'on oublie et c'est celle qui tue.** Un montant posé directement sur une terre humide s'enfonce de dix centimètres, le cadre descend, et le ciel descend avec lui.\n\nEntre les cadres, vous plaquez des planches contre la terre : c'est le **blindage**. Vous les coincez avec des **coins** en bois tapés au maillet. **Tout vide laissé derrière une planche deviendra un effondrement**, tôt ou tard.\n\nLes chiffres :\n\n- section utile **0,90 m de large sur 1,60 m de haut**. Plus étroit, vous ne pourrez pas sortir un blessé.\n- cadres tous les **0,80 à 1,20 m** en terrain correct. **Jusqu'au contact** en terrain douteux.\n- bois rond de **12 à 15 cm de diamètre** écorcé, ou madrier de 8 x 15 cm.\n- couverture d'au moins **1 mètre** au-dessus du ciel.\n\nEt une seule règle absolue : **on avance d'un cadre, on pose le cadre, et seulement ensuite on recreuse.** Jamais un mètre de galerie sans soutènement, même cinq minutes, même « le temps de voir ».\n\n### 4. Bois, acier, maçonnerie ou béton\n\n![P3 — Avec quoi on soutient : bois, acier, maçonnerie, béton](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 640" width="900" height="640"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="640" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="640" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">AVEC QUOI ON SOUTIENT</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 03 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="614" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="631" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">MATÉRIAUX DE SOUTÈNEMENT · BOIS · ACIER · MAÇONNERIE · BÉTON</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P1</text>
<rect x="52" y="78" width="396.4" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">L'ORDRE DES CHOSES — ON NE SAUTE PAS D'ÉTAPE</text><rect x="22" y="116" width="856" height="74" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><circle cx="58" cy="146" r="14" fill="#8E8D85"/><text x="58" y="151" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">1</text><text x="82" y="144" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="17" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.4">CREUSER</text><text x="82" y="162" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">un cadre d'avance,</text><text x="82" y="176" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">pas plus</text><path d="M284 146 L312 146" stroke="#141210" stroke-width="1.6" marker-end="url(#ar)"/><circle cx="342" cy="146" r="14" fill="#A33A30"/><text x="342" y="151" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">2</text><text x="366" y="144" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="17" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.4">SOUTENIR</text><text x="366" y="162" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">BOIS ou ACIER</text><text x="366" y="176" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">immédiatement</text><path d="M568 146 L596 146" stroke="#141210" stroke-width="1.6" marker-end="url(#ar)"/><circle cx="626" cy="146" r="14" fill="#3F6E9E"/><text x="626" y="151" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">3</text><text x="650" y="144" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="17" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.4">REVÊTIR</text><text x="650" y="162" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">MAÇONNERIE ou BÉTON</text><text x="650" y="176" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#8E8D85">plus tard, si ça doit durer</text><text x="450" y="210" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle">LE BÉTON NE SOUTIENT RIEN PENDANT QU'IL DURCIT — IL NE REMPLACE JAMAIS L'ÉTAPE 2</text><rect x="22" y="226" width="30" height="21" fill="#141210"/>
<text x="37" y="241" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P2</text>
<rect x="52" y="226" width="190.0" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="241" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">LES QUATRE MATÉRIAUX</text><rect x="22" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="22" y="264" width="206" height="26" fill="#A33A30"/><text x="125" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">BOIS</text><g stroke="#141210" stroke-width="1.4">
<rect x="70" y="304" width="84" height="12" fill="#A33A30"/>
<rect x="70" y="316" width="12" height="54" fill="#A33A30"/>
<rect x="142" y="316" width="12" height="54" fill="#A33A30"/>
<rect x="60" y="370" width="104" height="10" fill="#D9B35C"/></g><rect x="34" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.6"/><text x="125" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">PROVISOIRE</text><text x="34" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="34" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Il prévient : il craque,</text><text x="34" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">il fend, il ploie avant</text><text x="34" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">de rompre.</text><text x="34" y="479" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Se coupe sur place.</text><text x="34" y="499" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="34" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Pourrit dans l'humide.</text><text x="34" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Se refend si le bois</text><text x="34" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">est trop tendre.</text><text x="34" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : 2 à 8 ans</text><rect x="238" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="238" y="264" width="206" height="26" fill="#3F6E9E"/><text x="341" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">ACIER</text><g stroke="#141210" stroke-width="1.4" fill="#8E8D85">
<path d="M310 372 L310 334 A44 44 0 0 1 398 334 L398 372"
 fill="none" stroke="#3F6E9E" stroke-width="9"/>
<rect x="302" y="370" width="20" height="10" fill="#D9B35C"/>
<rect x="386" y="370" width="20" height="10" fill="#D9B35C"/></g><rect x="250" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.6"/><text x="341" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">PROVISOIRE</text><text x="250" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="250" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Très résistant pour</text><text x="250" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">un faible encombrement.</text><text x="250" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Le cintre courbe reprend</text><text x="250" y="479" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">la charge en voûte.</text><text x="250" y="499" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="250" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Lourd, introuvable.</text><text x="250" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Cède sans prévenir.</text><text x="250" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Rouille en eau salée.</text><text x="250" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : 20 ans et plus</text><rect x="454" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="454" y="264" width="206" height="26" fill="#8E8D85"/><text x="557" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">MAÇONNERIE</text><rect x="472" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="501" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="530" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="559" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="588" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="617" y="308" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="486" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="515" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="544" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="573" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="602" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="631" y="325" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="472" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="501" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="530" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="559" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="588" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="617" y="342" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="486" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="515" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="544" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="573" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="602" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="631" y="359" width="26" height="14" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1"/><path d="M472 304 Q544 282 624 304" fill="none" stroke="#D9B35C" stroke-width="4" stroke-dasharray="5 4"/><text x="557" y="280" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#D9B35C" text-anchor="middle">cintre provisoire</text><rect x="466" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#3F6E9E" stroke-width="1.6"/><text x="557" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#3F6E9E" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">DÉFINITIF</text><text x="466" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="466" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Dure des siècles.</text><text x="466" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Pierre, brique ou agglo.</text><text x="466" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Se monte à la main,</text><text x="466" y="479" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">sans machine.</text><text x="466" y="499" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="466" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Très lent.</text><text x="466" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Exige un cintre en bois</text><text x="466" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">pendant tout le montage.</text><text x="466" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : un siècle</text><rect x="670" y="264" width="206" height="330" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="670" y="264" width="206" height="26" fill="#141210"/><text x="773" y="282" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle" letter-spacing="1.6">BÉTON</text><rect x="688" y="304" width="170" height="14" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/>
<rect x="688" y="318" width="18" height="56" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/>
<rect x="840" y="318" width="18" height="56" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.3"/>
<g stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.6" fill="none">
<path d="M696 311 L850 311 M697 322 L697 370 M849 322 L849 370"/></g>
<text x="773" y="344" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle">armature obligatoire</text><rect x="682" y="382" width="182" height="20" fill="none" stroke="#3F6E9E" stroke-width="1.6"/><text x="773" y="396" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#3F6E9E" text-anchor="middle" letter-spacing="1.2">DÉFINITIF</text><text x="682" y="422" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#4A7A4A">POUR</text><text x="682" y="437" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Étanche, imputrescible.</text><text x="682" y="451" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Excellent en compression.</text><text x="682" y="465" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Épouse toutes les formes.</text><text x="682" y="485" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">CONTRE</text><text x="682" y="500" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Ne porte rien avant 24 h,</text><text x="682" y="514" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">sa vraie force à 28 jours.</text><text x="682" y="528" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">Sans fer, il casse net</text><text x="682" y="542" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" fill="#141210">en flexion.</text><text x="682" y="578" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8E8D85">TIENT : un siècle</text><text x="450" y="608" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">Un IPN d'acier posé en chapeau sur deux montants bois : le meilleur compromis quand on en trouve un.</text></svg>)\n\nC'est la question qu'on pose toujours, et la réponse tient en une phrase : **le béton ne soutient rien pendant qu'il durcit.** Il faut 24 à 48 heures avant de pouvoir enlever le coffrage, et 28 jours pour qu'il atteigne sa vraie résistance. Pendant tout ce temps, c'est autre chose qui tient le ciel.\n\nIl y a donc deux rôles différents, et il ne faut jamais les confondre :\n\n- **Le soutènement provisoire** — bois ou acier — se pose *immédiatement*, au fur et à mesure du creusement. C'est lui qui vous garde en vie.\n- **Le revêtement définitif** — maçonnerie ou béton — se monte *après*, une fois la galerie percée, si l'ouvrage doit durer des années.\n\nLe **bois** a un avantage qu'aucun autre matériau n'a : **il prévient**. Il craque, il fend, il ploie visiblement avant de rompre. L'acier et le béton cèdent d'un coup et en silence. C'est la raison pour laquelle le bois reste le soutènement de référence en creusement artisanal, même quand on a mieux sous la main.\n\nSi vous coulez du béton, **il faut du fer dedans**. Le béton résiste très bien à l'écrasement et très mal à la flexion. Une dalle plate non armée au-dessus de votre tête est une plaque de verre. En voûte, avec de la compression pure, il peut s'en passer — mais il faut savoir faire une voûte.\n\n### 5. Ventilez dès le premier mètre\n\nDeux ouvertures à des hauteurs différentes créent un courant d'air naturel, par simple différence de température. **C'est la solution à chercher en priorité :** un puits d'aération au bout vaut mieux que n'importe quel ventilateur.\n\nSi vous n'avez qu'une entrée, il faut une ventilation forcée : une gaine souple poussée jusqu'au front de taille, alimentée par un ventilateur à l'entrée. Sans deuxième ouverture et sans gaine, **ne dépassez pas quelques mètres**.\n\nAucun moteur thermique à moins de dix mètres d'une entrée, et jamais du côté d'où vient le vent.\n\n### 6. Donnez de la pente\n\nUn à deux centimètres par mètre, vers la sortie. Prévoyez un point bas près de l'entrée, où l'eau se rassemble et d'où on peut la sortir. **Une galerie plate devient une baignoire.**\n\n### 7. Jamais moins de trois\n\nUn au front, un à l'évacuation des déblais, **un dehors qui ne creuse pas et qui surveille**. Une corde entre le front et l'extérieur, un code de signaux convenu à l'avance, des relais courts. Celui qui reste dehors a autorité pour ordonner la sortie, et personne ne discute son ordre.\n\n### 8. Écoutez le terrain\n\nCraquements, petites chutes de terre fine, planches qui gémissent, cadre qui travaille : ce sont des avertissements, et ils sont rares. **Un soutènement qui parle est un soutènement qui va céder.** On sort, on renforce depuis l'arrière, et on ne retourne jamais au front « juste pour voir ».\n\n## ADAPTER\n\n![P4 — Ce qu'il y a au-dessus de vous : milieu urbain et forêt](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 900 680" width="900" height="680"><defs>
<filter id="grain" x="0" y="0" width="100%" height="100%">
<feTurbulence type="fractalNoise" baseFrequency="0.9" numOctaves="3" result="n"/>
<feColorMatrix in="n" type="saturate" values="0"/>
<feComponentTransfer><feFuncA type="linear" slope="0.10"/></feComponentTransfer>
</filter>
<pattern id="terre" width="9" height="9" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="9" stroke="#8E8D85" stroke-width="1.1" opacity=".55"/></pattern>
<pattern id="interdit" width="8" height="8" patternUnits="userSpaceOnUse" patternTransform="rotate(45)">
<line x1="0" y1="0" x2="0" y2="8" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2.4" opacity=".5"/></pattern>
<pattern id="remblai" width="14" height="14" patternUnits="userSpaceOnUse">
<circle cx="3" cy="4" r="1.6" fill="#8E8D85" opacity=".6"/><circle cx="10" cy="9" r="2.1" fill="#8E8D85" opacity=".45"/>
<circle cx="7" cy="12" r="1.2" fill="#8E8D85" opacity=".5"/></pattern>
<marker id="ar" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="8" refY="3" orient="auto">
<path d="M0 0 L8 3 L0 6 z" fill="#141210"/></marker>
<marker id="arb" markerWidth="9" markerHeight="9" refX="1" refY="3" orient="auto">
<path d="M8 0 L0 3 L8 6 z" fill="#141210"/></marker>
</defs>
<rect width="900" height="680" fill="#E9E4D9"/>
<rect width="900" height="680" filter="url(#grain)" opacity=".5"/><rect x="0" y="0" width="900" height="62" fill="#141210"/>
<text x="22" y="32" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="26" font-weight="700" fill="#E9E4D9" letter-spacing="2.5">CE QU'IL Y A AU-DESSUS DE VOUS</text>
<text x="22" y="50" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.2">AXE 3 / 04 — MOUVEMENT ET DISCRÉTION</text>
<rect x="782" y="18" width="96" height="26" fill="none" stroke="#8C2B2B" stroke-width="2"/>
<text x="830" y="35" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.6" text-anchor="middle">SURV-TUN-001</text><rect x="0" y="654" width="900" height="26" fill="#141210"/>
<text x="450.0" y="671" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#8E8D85" letter-spacing="2.4" text-anchor="middle">MILIEUX · VILLE ET FORÊT · ZONES INTERDITES</text><rect x="22" y="78" width="30" height="21" fill="#8C2B2B"/>
<text x="37" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P1</text>
<rect x="52" y="78" width="200" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="61" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">EN VILLE, SOUS LE BÂTI</text><rect x="470" y="78" width="30" height="21" fill="#4A7A4A"/>
<text x="485" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#E9E4D9" text-anchor="middle">P2</text>
<rect x="500" y="78" width="200" height="21" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/>
<text x="509" y="93" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#141210" letter-spacing="1.1">EN FORÊT</text><rect x="22" y="116" width="418" height="376" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="23" y="208" width="416" height="283" fill="url(#terre)"/><path d="M82 208 L82 156 L146 124 L210 156 L210 208 z" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.8"/><rect x="132" y="174" width="28" height="34" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="72" y="208" width="148" height="26" fill="#CFC9BC" stroke="#141210" stroke-width="1.6"/><text x="146" y="226" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">FONDATION</text><path d="M72 234 L-46 352 L338 352 L220 234 z" fill="url(#interdit)" opacity=".75" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.6" stroke-dasharray="6 4"/><text x="146" y="304" font-family="Georgia,'Times New Roman',serif" font-size="16" font-weight="700" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle" letter-spacing="1.8">ZONE INTERDITE</text><text x="146" y="322" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8C2B2B" text-anchor="middle">le sol qui porte la maison</text><path d="M72 234 L-46 352" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.4"/><text x="-10" y="270" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10" font-weight="700" fill="#8C2B2B">45°</text><circle cx="374" cy="234" r="7" fill="#D9B35C" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="238" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">GAZ</text><circle cx="374" cy="250" r="7" fill="#3F6E9E" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="254" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">EAU</text><circle cx="374" cy="266" r="7" fill="#8C2B2B" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="270" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">ÉLEC</text><circle cx="374" cy="288" r="7" fill="#8E8D85" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><text x="388" y="292" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210">ÉGOUT</text><text x="352" y="312" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">0,50 à 1,20 m</text><text x="352" y="324" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" fill="#8E8D85" text-anchor="middle">sous la voirie</text><rect x="23" y="208" width="416" height="22" fill="url(#remblai)" opacity=".9"/><text x="32" y="246" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#8E8D85">REMBLAI : caves comblées, gravats, puits</text><rect x="32" y="504" width="398" height="92" fill="#00000008" stroke="#8C2B2B" stroke-width="1.2"/><text x="41" y="520" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#8C2B2B" letter-spacing="1.3">TROIS RÈGLES ET UNE MORT</text><text x="41" y="538" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Restez à une distance de la fondation au moins</text><text x="41" y="556" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">égale à votre profondeur sous elle.</text><text x="41" y="574" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Sous une ville, le sol n'est jamais naturel.</text><text x="41" y="592" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Une conduite de gaz percée en sous-sol : explosion.</text><rect x="470" y="116" width="408" height="376" fill="none" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="471" y="224" width="406" height="267" fill="url(#terre)"/><path d="M580 224 L580 162" stroke="#141210" stroke-width="11" stroke-linecap="butt"/><path d="M580 128 m-52 26 q52 -62 104 0 q-22 16 -52 16 q-30 0 -52 -16 z" fill="#4A7A4A" opacity=".8" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><path d="M534 128 q46 -56 92 0" fill="#4A7A4A" opacity=".55" stroke="#141210" stroke-width="1.2"/><rect x="471" y="224" width="406" height="14" fill="#4A7A4A" opacity=".45"/><text x="478" y="235" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9" font-weight="700" fill="#141210">HUMUS</text><path d="M580 230 Q548.8 241.0 528 258" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q529.6 252.0 496 280" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q562.0 255.0 550 286" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q611.2 241.0 632 258" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q630.4 252.0 664 280" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M580 230 Q598.0 255.0 610 286" fill="none" stroke="#4A7A4A" stroke-width="3" opacity=".9"/><path d="M471 294 L877 294" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.6" stroke-dasharray="7 5"/><text x="868" y="288" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#4A7A4A" text-anchor="end">MATELAS DE RACINES — 0,50 à 0,80 m</text><text x="868" y="310" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" fill="#8E8D85" text-anchor="end">il tient le sol : ne le percez pas, passez dessous</text><rect x="680" y="334" width="150" height="40" fill="#E9E4D9" stroke="#141210" stroke-width="1.4"/><rect x="686" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="718" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="750" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="782" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="814" y="330" width="9" height="48" fill="#A33A30" stroke="#141210" stroke-width="1"/><rect x="679" y="351" width="6.5" height="6.5" fill="#A33A30"/>
<path d="M682 354 L566 388" stroke="#A33A30" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="573" y="391.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="start">galerie</text><path d="M471 410 L877 410" stroke="#3F6E9E" stroke-width="2.4"/><rect x="471" y="410" width="406" height="81" fill="#3F6E9E" opacity=".18"/><text x="480" y="426" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#3F6E9E">NAPPE — LIMITE ABSOLUE, ON NE DESCEND PAS DESSOUS</text><rect x="577" y="181" width="6.5" height="6.5" fill="#4A7A4A"/>
<path d="M580 184 L652 142" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.1" fill="none"/>
<text x="868" y="145.5" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="9.5" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="end">un gros arbre au vent fait travailler ses racines</text><rect x="480" y="504" width="388" height="92" fill="#00000008" stroke="#4A7A4A" stroke-width="1.2"/><text x="489" y="520" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" font-weight="700" fill="#4A7A4A" letter-spacing="1.3">CE QUI CHANGE</text><text x="489" y="538" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Pas de réseaux, déblais faciles à cacher</text><text x="489" y="556" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">sous la litière : c'est le terrain le plus simple.</text><text x="489" y="574" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">Mais l'eau y circule, et le sol change tous</text><text x="489" y="592" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="10.5" fill="#141210">les dix mètres. Sondez sur tout le tracé.</text><text x="450" y="622" font-family="Arial,Helvetica,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" fill="#141210" text-anchor="middle">DANS LES DEUX CAS : LE MEILLEUR DÉPART RESTE UN TALUS OU UNE CAVE — ON ENTRE À PLAT, LA COUVERTURE VIENT TOUTE SEULE</text></svg>)\n\n**Vous êtes en ville, sous du bâti.** Une maison ne repose pas sur ses fondations : elle repose sur le sol *sous* ses fondations, qui répartit la charge en s'élargissant vers le bas, grossièrement à 45°. Creusez dans ce cône et vous retirez le sol qui porte le bâtiment : tassement, fissures, et effondrement dans les cas graves. **Règle simple : restez à une distance horizontale de la fondation au moins égale à votre profondeur sous elle.**\n\nDeuxième problème urbain : **les réseaux**. Gaz, eau, électricité, égouts, télécom. L'ordre de grandeur est de 0,50 à 1,20 m sous la voirie, mais il varie énormément d'une commune et d'une époque à l'autre — ne comptez jamais dessus. **Une conduite de gaz percée en sous-sol, c'est une explosion, pas une fuite.**\n\nTroisième problème : sous une ville, **le sol n'est presque jamais naturel**. Anciennes caves comblées, puits oubliés, gravats de démolition. C'est exactement le terrain qu'il fallait refuser.\n\n**Vous êtes en forêt.** C'est le terrain le plus simple : pas de réseaux, pas de bâti, et des déblais qu'on cache sous la litière ou dans un dénivelé. Deux particularités :\n\n- **Le matelas de racines** occupe les cinquante à quatre-vingts premiers centimètres et tient le sol remarquablement bien. Passez **dessous**, ne le traversez pas. Et évitez de creuser sous un gros arbre isolé : au vent, ses racines travaillent et font bouger tout ce qui est autour.\n- **L'eau circule.** Les forêts poussent rarement sur des terrains secs, et le sol change tous les dix mètres. Sondez sur tout le tracé, pas seulement au départ.\n\n**Vous avez un talus, un coteau ou une cave.** Prenez-le. C'est la meilleure configuration amateur qui existe : vous entrez de plain-pied, la couverture augmente toute seule à mesure que vous avancez, les déblais sortent en descendant. **Renforcez l'entrée plus que le reste** : c'est le point où la voûte naturelle du terrain s'interrompt, donc le point le plus fragile de tout l'ouvrage.\n\n**Le terrain est sableux.** Abandonnez la galerie. Le sable ne s'effondre pas, il *coule* : il remplit instantanément tout espace disponible et aucun blindage improvisé ne le retient. Seule reste la tranchée couverte à talus très ouverts — autant de largeur en pente que de profondeur, de chaque côté.\n\n**Vous n'avez pas de bois d'œuvre.** Une palette démontée donne des planches de blindage correctes, mais **jamais de montants** : ses bastaings sont trop courts et trop tendres pour porter une charge verticale. Cherchez des rondins de 12 à 15 cm, écorcés. Et ne faites jamais l'impasse sur la semelle, même si c'est une simple planche épaisse posée à plat.\n\n**Vous devez faire disparaître les déblais.** Étalez, n'entassez jamais : quelques centimètres sur une grande surface ne se voient pas, un tas de deux mètres se voit d'un kilomètre. Donnez-leur un usage qui justifie leur présence — butte, remblai, couche de culture. Et rappelez-vous que **la terre fraîche est plus sombre et plus grumeleuse** que la terre en place : elle se repère à la couleur bien avant de se repérer au volume.\n\n**Vous restez longtemps sous terre.** La température souterraine est stable, généralement entre 10 et 14 °C sous nos latitudes, avec une humidité proche de la saturation. On s'y refroidit sans s'en apercevoir, surtout à l'arrêt après un effort. Isolez-vous du sol, changez les vêtements mouillés. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous voulez du feu ou une lampe à flamme.** Toute combustion consomme l'oxygène que vous respirez et produit du monoxyde. Dans une galerie correctement ventilée, une bougie reste acceptable comme indicateur. Dans un cul-de-sac, aucune flamme. Voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Un effondrement vient de se produire.** Ne creusez pas dans la masse qui vient de tomber : le terrain au-dessus n'est plus retenu par rien et le second effondrement tue les sauveteurs. On travaille depuis l'arrière, en reposant le soutènement mètre par mètre avant d'avancer. Si quelqu'un est localisé, **dégagez d'abord la tête et la poitrine**, avant toute autre chose : c'est la compression du thorax qui tue, pas la position des jambes.\n\n**Vous hésitez encore.** Un tunnel est l'ouvrage le plus meurtrier qu'on puisse entreprendre avec des moyens artisanaux, et le seul dont l'échec ne laisse pas de deuxième essai. La vraie question n'est pas de savoir si vous en êtes capable. C'est de savoir si le problème que vous cherchez à résoudre n'a pas, en surface, une solution que vous n'avez pas encore regardée.","langue":"fr"},{"id":"SURV-TROC-003","titre":"Les savoir-faire qui se monnaient","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["savoir-faire","troc","services","cigarettes","camp de prisonniers","sel","banque de temps","reputation"],"sources":["Radford R.A., The economic organisation of a P.O.W. camp, Economica, 1945","SEL'idaire, réseau des systèmes d'échange local en France","Cahn E., No More Throw-Away People: The Co-Production Imperative, 2000"],"corps":"::En 1945, un économiste britannique qui sortait d'un camp de prisonniers a décrit comment les cigarettes y étaient devenues la monnaie, avec des prix, des marchés et même de l'inflation. Mais ceux qui s'en sortaient le mieux n'étaient pas ceux qui avaient des cigarettes : c'étaient ceux qui savaient faire quelque chose que les autres ne savaient pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn objet s'échange une fois. **Un savoir-faire s'échange tous les jours**, ne se vole pas, et ne pèse rien dans le sac. Quand l'argent perd sa valeur, c'est le capital le plus sûr. Voir [[SURV-TROC-002]].\n\n## Les plus demandés\n\n- **Soigner** : infirmière, sage-femme, dentiste, pharmacien. Voir [[TEC-MET-001]].\n- **Réparer** : vélos, moteurs, appareils électriques, chaussures, vêtements.\n- **Nourrir** : faire le pain, conserver, abattre et découper, cultiver.\n- **L'eau et l'énergie** : puits, pompes, panneaux solaires, installations électriques.\n- **Construire** : toits, poêles, murs.\n- **Communiquer** : radio, traduction, écriture.\n- **Les services du quotidien** : couper les cheveux, garder les enfants, enseigner, affûter.\n\n## AGIR\n\n- **Choisir un ou deux savoir-faire** et les apprendre vraiment, aujourd'hui, pendant que les cours, les livres et les maîtres existent.\n- **Les outils** qui vont avec sont un capital : une trousse de couture, une caisse à outils, un fer à souder.\n- **Fixer un prix clair** avant de commencer : une heure contre une heure, un service contre un bien, une part de récolte.\n- **La réputation** est tout : un travail bien fait, une parole tenue, et le bouche-à-oreille fait le reste. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Échanger du temps** : en France, les **systèmes d'échange local** (SEL) existent depuis les années 1990 : chacun offre des services, comptés en temps ou en unités locales, sans argent. Les **banques de temps** fonctionnent pareil. Ce sont des monnaies de crise déjà rodées.\n\n**Former un apprenti** : c'est ce qui fait durer un savoir-faire, et c'est une aide en plus. Voir [[SURV-SOC-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-TROC-002","titre":"Ce qui vaut quelque chose quand l'argent ne vaut plus rien","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["troc","monnaie","hyperinflation","valeur","echange","cafe","piles","medicaments","savoir-faire"],"sources":["Retours d'expérience du siège de Sarajevo (1992-1996) : économie de siège et monnaies de fait","Hanke S., Krus N., World Hyperinflations, Cato Institute, 2012","Radford R. A., The Economic Organisation of a P.O.W. Camp, Economica, 1945"],"corps":"::Dans les camps de prisonniers de la Seconde Guerre mondiale, la monnaie, c'était la cigarette. Pendant le siège de Sarajevo, c'étaient les cigarettes, le café et les bougies. Quand l'argent s'effondre, ce qui vaut, c'est ce qui se consomme, se divise et se reconnaît au premier coup d'œil.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne bonne monnaie de troc a quatre qualités :\n\n- **tout le monde en veut**, même ceux qui ne l'utilisent pas eux-mêmes (ils pourront l'échanger) ;\n- **elle se divise** en petites quantités ;\n- **elle se garde** sans s'abîmer ;\n- **elle se reconnaît** sans expertise : on voit tout de suite si c'est du vrai.\n\n**L'or et les bijoux** ont de la valeur, mais valent trop pour acheter du pain, et il faut quelqu'un pour les peser et les vérifier. Ils servent aux grosses transactions, pas au quotidien.\n\n## AGIR\n\n**Ce qui s'échange le mieux, selon les crises passées**\n\n- **Café, thé, sucre, sel, épices**\n- **Alcool et tabac**, même pour les non-fumeurs\n- **Briquets, allumettes, bougies**\n- **Piles**, surtout AA et AAA\n- **Médicaments** courants : antidouleurs, antibiotiques, antidiarrhéiques\n- **Hygiène** : savon, dentifrice, papier toilette, protections périodiques\n- **Carburant** et bouteilles de gaz\n- **Semences** et graines à germer\n- **Petit matériel** : ruban adhésif, fil de fer, ficelle, clous, aiguilles et fil\n\n**Ce qui vaut le plus : les savoir-faire.** Soigner, réparer un moteur, souder, couper des cheveux, coudre, arracher une dent, faire du pain. **Une compétence ne se vole pas**, ne s'épuise pas, et se revend chaque jour. Voir [[TEC-MET-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Échanger sans se mettre en danger**\n\n- **Ne montrez jamais tout votre stock**, ni où il est. Amenez seulement ce que vous voulez échanger.\n- **Échangez dans un lieu public**, de jour, jamais seul, et convenez d'avance du « prix ».\n- **La réputation est tout** : tenez parole, vous serez servi en premier la fois suivante. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Ce qu'on n'échange pas avec des inconnus** : les armes et les munitions (elles peuvent revenir contre vous), ce dont votre groupe a un besoin vital, et l'information sur votre groupe.\n\n**Gardez de la monnaie** : dans les premières semaines d'une crise, l'argent liquide en petites coupures fonctionne encore quand les cartes ne passent plus. Ce n'est qu'avec l'inflation qu'il perd sa valeur, et on passe alors aux objets. Voir [[TEC-IDE-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-TROC-001","titre":"Échanger, négocier, tenir parole","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["social","troc","negociation","groupe"],"sources":[],"corps":"::Dans une situation dégradée, votre réputation circule plus vite que vous. Elle vaut plus que ce que vous portez.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn échange n'a lieu que si chacun valorise différemment la même chose. C'est la seule règle, et tout en découle : **la valeur n'est pas dans l'objet, elle est dans le besoin de celui d'en face.** Un briquet vaut une journée de travail auprès de quelqu'un qui n'a pas de feu, et rien auprès de quelqu'un qui en a trois.\n\nTrois propriétés font qu'un bien s'échange bien. Il doit être **divisible**, pour ajuster la valeur ; **durable**, pour ne pas perdre sa valeur en attendant ; et **désiré largement**, pour ne pas dépendre d'un seul acheteur. Le sel, les médicaments, les munitions, les piles, les lames, le carburant et l'alcool cochent les trois cases dans presque toutes les situations connues. Le sel doit une partie de sa valeur à ce qu'il permet : voir [[TEC-CONS-001]].\n\nMais le bien le plus échangeable n'est pas un objet : **c'est une compétence.** Elle ne s'épuise pas, ne se vole pas, ne se transporte pas, et elle vous rend précieux plutôt que riche. Quelqu'un qui sait soigner — voir [[URG-HEMO-001]] —, réparer ou cultiver n'a pas besoin d'être défendu par la force : il est protégé par son utilité.\n\nSur la négociation elle-même, deux mécanismes fonctionnent partout.\n\n**Celui qui a le moins besoin de conclure obtient le meilleur prix.** C'est mécanique et c'est indépendant de l'habileté. La conséquence pratique est déplaisante mais claire : ne laissez jamais votre besoin devenir visible, et ne négociez jamais votre eau le jour où vous n'en avez plus. Anticiper est un acte de négociation.\n\n**Le premier chiffre ancre toute la suite.** Une fois qu'un ordre de grandeur est posé, la discussion tourne autour, même si ce chiffre était absurde. Cela signifie qu'il faut réfléchir à ce que vous annoncez avant de l'annoncer, et se méfier de sa propre réaction quand l'autre annonce le premier.\n\nEt il y a un mécanisme plus profond que les deux précédents. Dans un groupe qui se croise plusieurs fois, **la coopération l'emporte sur la prédation**, parce que le prédateur perd tous ses échanges futurs. C'est la raison pour laquelle tenir parole n'est pas de la morale décorative : c'est la stratégie qui rapporte le plus dès qu'on est susceptible de se revoir. C'est aussi pourquoi un inconnu de passage est structurellement plus dangereux qu'un voisin — il n'a rien à perdre.\n\n## AGIR\n\n1. **Rencontrez en terrain ouvert, de jour, à distance de vos réserves.** On ne négocie jamais chez soi. Ce que l'autre voit, il s'en souviendra.\n2. **Montrez un objet, jamais un stock.** La quantité change la nature de la relation : elle transforme un partenaire en cible.\n3. **Écoutez avant de proposer.** Ce que l'autre cherche vous dit ce dont il manque, et ce dont il manque fixe le prix bien mieux que votre estimation.\n4. **Proposez un échange partiel d'abord.** Une transaction réussie en petit crée la confiance nécessaire à une grande. Une transaction ratée en petit coûte peu.\n5. **Concluez clairement et à voix haute.** Ce qui est échangé, contre quoi, et quand. Le malentendu est la première cause de conflit, avant la mauvaise foi.\n6. **Tenez ce que vous avez promis, même quand c'est devenu défavorable.** C'est le seul investissement dont le rendement augmente avec le temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul face à un groupe.** C'est la situation que décrit [[MEM-EFF-001]] à l'échelle des sociétés : sans marge, le moindre choc devient décisif. Le rapport de force est défavorable et tout le monde le sait. Ne cherchez pas à le masquer : réduisez l'enjeu. Un petit échange rapide, poli, sans exposer ce que vous transportez. Et convenez d'un prochain rendez-vous — une relation qui continue vous protège mieux qu'une négociation gagnée.\n\n**On vous propose beaucoup trop pour ce que vous donnez.** C'est le signal le plus fiable qu'il existe. Soit l'autre sait quelque chose que vous ignorez sur la valeur réelle, soit le paiement n'aura pas lieu.\n\n**Vous négociez pour un groupe.** Une seule personne parle, décidée à l'avance, avec une limite fixée à l'avance. Un groupe qui négocie à plusieurs voix montre ses désaccords, et un désaccord visible est une prise.\n\n**La confiance est rompue.** Passez à l'échange simultané : chacun pose, chacun prend, en même temps, à découvert. C'est plus lent, c'est moins agréable, et cela permet de commercer avec quelqu'un en qui on n'a pas confiance — ce qui est très souvent le seul choix.\n\n**Vous avez une compétence rare.** Ne la vendez pas à l'acte, échangez-la contre une place. Soigner une fois rapporte un repas ; être celui qui soigne rapporte un toit, une protection et une raison pour le groupe de vous garder.","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-010","titre":"Les personnes handicapées et dépendantes dans une crise","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["handicap","dependance","evacuation","appareils electriques","oxygene","patients a haut risque vital","114","sourds","registre des personnes vulnerables"],"sources":["Nations unies, Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030","Enedis, patients à haut risque vital","Ministère de l'Intérieur, le 114, numéro d'urgence pour les personnes sourdes et malentendantes"],"corps":"::Lors du tsunami de 2011 au Japon, les personnes handicapées sont mortes environ deux fois plus que le reste de la population. Pas à cause de leur handicap : parce que personne n'avait prévu qui les aiderait à partir, et comment. Dans un groupe, penser d'abord aux plus fragiles n'est pas de la charité, c'est de l'organisation.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un fauteuil roulant ne descend pas les escaliers** quand l'ascenseur s'arrête.\n- **Un appareil qui respire ou dialyse pour quelqu'un** s'arrête avec le courant.\n- **Une personne sourde n'entend pas la sirène**, une personne aveugle ne voit pas la fumée, une personne avec des troubles de la mémoire ne comprend pas l'évacuation.\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **Un plan personnel** : qui vient aider, par où on sort, ce qu'on emporte.\n- **Deux voisins** qui savent, avec leurs numéros, et un double des clés.\n- **Le registre de la mairie** : en France, les personnes âgées ou handicapées isolées peuvent s'y inscrire pour être contactées pendant les canicules et les crises.\n- **Les appareils électriques vitaux** (concentrateur d'oxygène, ventilation, dialyse à domicile) : batteries de secours, bouteilles d'oxygène, et **inscription comme patient à haut risque vital** auprès du fournisseur d'électricité, par le médecin.\n- **Une réserve** de médicaments, de matériel (sondes, poches, piles d'appareils auditifs) pour au moins deux semaines.\n\n**Pendant**\n\n- **Les personnes sourdes ou qui ne peuvent pas parler** : en France, le **114** reçoit les appels d'urgence par SMS, application ou visio.\n- **Parler simplement**, face à la personne, montrer, écrire, guider par le bras en expliquant.\n- **L'évacuation dans les escaliers** : chaise d'évacuation, ou à plusieurs, en portant correctement. Voir [[URG-SEC-006]].\n- **Emporter** le fauteuil, les aides, les médicaments, et l'animal d'assistance.\n\n## ADAPTER\n\n- **Dans un abri ou un camp**, une place accessible, près des toilettes, et quelqu'un de référence. Voir [[SURV-CRI-018]].\n- **Les personnes âgées** : [[TEC-SAN-025]].\n- **Le kit de 72 heures** adapté à chacun : [[SURV-CRI-022]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-009","titre":"Tenir les comptes et les stocks d'un groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["inventaire","stocks","registre","autonomie","premier entre premier sorti","peremption","comptes","dettes","ecriture"],"sources":["Schmandt-Besserat D., How Writing Came About, University of Texas Press, 1996","HCR, Emergency Handbook, gestion des stocks et des distributions","Organisation mondiale de la santé, bonnes pratiques de gestion des stocks de médicaments"],"corps":"::L'écriture a d'abord été inventée, en Mésopotamie il y a plus de cinq mille ans, pour compter des sacs d'orge, des jarres d'huile et des moutons. Un groupe qui ne sait pas ce qu'il a, combien il en consomme et combien de jours il peut tenir se dispute d'abord, et manque ensuite.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Le chiffre qui compte** : les **jours d'autonomie**, pour chaque ressource.\n\n**Stock ÷ consommation par jour = jours d'autonomie.**\n\nSoixante litres d'eau pour cinq personnes qui en boivent trois litres chacune par jour : quatre jours. On sait alors quand chercher, quand rationner, quand partir. Voir [[SURV-EAU-006]].\n\n## AGIR\n\n**L'inventaire**\n\n- **Tout noter** : eau, nourriture, médicaments, carburant, bois, piles, outils. Quantité, **date de péremption**, emplacement.\n- **Un cahier**, une feuille affichée ou un tableau, et une copie ailleurs.\n- **Vérifier** chaque semaine en comptant pour de vrai.\n\n**Les règles de stock**\n\n- **Premier entré, premier sorti** : on consomme d'abord ce qui est arrivé en premier.\n- **Ce qui périme d'abord sort d'abord** : les médicaments et les produits frais. Voir [[TEC-ALI-020]].\n- **Deux personnes** pour ouvrir la réserve. Voir [[SURV-SOC-008]].\n\n**Les autres registres**\n\n- **Les personnes** : noms, âges, santé (allergies, traitements, grossesse), savoir-faire.\n- **Les tâches** : qui fait quoi, quand.\n- **Les décisions** prises en réunion, datées. Voir [[SURV-SOC-002]].\n- **Les prêts et les dettes** : qui a prêté quoi à qui, les échanges promis. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Afficher** les chiffres qui concernent tout le monde (jours d'eau, de nourriture) : les rumeurs meurent devant un tableau clair. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Les médicaments** : un registre à part, avec les doses et à qui ils ont été donnés. Voir [[TEC-SAN-008]].\n- **Écrire pour durer** : [[SIG-COM-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-008","titre":"Partager équitablement","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["partage","rationnement","equite","un coupe l'autre choisit","tirage au sort","transparence","besoins","conflits","shackleton"],"sources":["Shackleton E., South, 1919","Brams S.J., Taylor A.D., Fair Division: From Cake-Cutting to Dispute Resolution, Cambridge University Press, 1996","Zweiniger-Bargielowska I., Austerity in Britain: Rationing, Controls, and Consumption, 1939-1955, Oxford University Press, 2000"],"corps":"::Pendant l'expédition de Shackleton, pour partager la nourriture sans jalousie, un homme tournait le dos pendant qu'un autre montrait une part : « À qui ? » L'homme de dos donnait un nom, sans voir la part. Personne ne pouvait accuser personne. Dans une crise, un partage qui paraît injuste fait plus de dégâts que la faim elle-même.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les gens acceptent de manquer** si tout le monde manque de la même façon. Ils n'acceptent pas qu'un autre soit servi en cachette.\n- **Pendant la Seconde Guerre mondiale**, le rationnement britannique, sévère mais visible et égal, a été largement accepté, et la santé des plus pauvres s'est même améliorée.\n- **L'égalité n'est pas toujours la justice** : un enfant, une femme enceinte, un malade, quelqu'un qui porte des charges toute la journée n'ont pas les mêmes besoins.\n\n## AGIR\n\n**Les méthodes qui marchent**\n\n- **L'un coupe, l'autre choisit** : celui qui partage prend la dernière part. Il coupe juste.\n- **« À qui ? »** : celui qui attribue ne voit pas les parts.\n- **Le tirage au sort** pour ce qui ne se divise pas : une place, une tâche pénible, un objet.\n- **La pesée devant tous**, avec une balance ou des mesures identiques (même bol, même louche).\n\n**Les règles du partage**\n\n- **Des rations écrites**, affichées, les mêmes pour tous, avec des suppléments connus pour les besoins particuliers (enfants, malades, femmes enceintes et qui allaitent, travaux durs). Voir [[TEC-ALI-016]].\n- **Un registre** des stocks et des distributions, que chacun peut lire. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Deux personnes** pour ouvrir la réserve, et on change régulièrement ceux qui distribuent.\n- **Le chef mange en dernier.**\n\n## ADAPTER\n\n- **Une plainte** se traite tout de suite, en public, calmement. Voir [[SURV-SOC-003]].\n- **Les biens communs** (puits, champ, bois) : [[SURV-SOC-005]].\n- **Les nouveaux venus** : les mêmes règles dès l'arrivée. Voir [[SURV-SOC-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-007","titre":"Accueillir quelqu'un qu'on ne connaît pas","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["accueil","hospitalite","inconnu","refugies","quarantaine","confiance","parrain","securite"],"sources":["HCR, Emergency Handbook, accueil et protection des personnes déplacées","Sphere Handbook, 2018","Mauss M., Essai sur le don, 1925"],"corps":"::Dans la tradition bédouine, l'étranger qui se présente sous la tente est nourri et protégé pendant trois jours, sans qu'on lui demande qui il est. Ensuite, on lui demande. Accueillir sans être naïf, c'est un vieux savoir : ouvrir la porte, et garder les yeux ouverts.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un nouveau venu** peut être une bouche de plus, un danger, ou exactement la personne qui manquait : une infirmière, un mécanicien, des bras.\n- **Refuser tout le monde** isole un groupe ; **accueillir sans règles** l'expose.\n- **Le don appelle le retour** : celui qu'on a bien accueilli se sent en dette, et le rend.\n\n## AGIR\n\n1. **Recevoir à l'entrée**, à deux, dans un endroit visible, sans le faire entrer tout de suite au cœur du camp.\n2. **Donner d'abord de l'eau et à manger** : ça calme, et ça montre les intentions.\n3. **Poser des questions simples** : d'où il vient, ce qu'il a vu en chemin, ce dont il a besoin, **ce qu'il sait faire**.\n4. **Observer** : ses mains, son équipement, sa santé, sa cohérence d'un jour à l'autre.\n5. **Les armes restent à l'entrée**, comme partout et de tout temps chez celui qui reçoit.\n6. **Sa santé** : fièvre, toux, diarrhée, poux, plaies. En période d'épidémie, quelques jours à part, avec de quoi vivre. Voir [[SURV-CRI-009]].\n7. **Un parrain** : quelqu'un du groupe qui l'accompagne, lui explique les règles, répond de lui.\n8. **Une période d'essai** annoncée clairement.\n\n## ADAPTER\n\n**Refuser** : dire non clairement, sans humilier, avec de l'eau, un peu de nourriture et des indications si possible. Un homme humilié revient parfois, et pas seul.\n\n**Une famille, des enfants** : on les accueille plus vite, mais les mêmes règles s'appliquent aux adultes.\n\n**Ce qu'il sait faire** compte plus que ce qu'il possède. Voir [[SURV-TROC-003]].\n\nReconstruire une communauté : [[SURV-SOC-005]]. Éviter la confrontation : [[SURV-DEF-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-006","titre":"Enseigner à d'autres","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["enseigner","transmettre","apprendre","demonstration","pratique","tutorat","memoire","ecole mutuelle"],"sources":["Training Within Industry Service, Job Instruction, US War Manpower Commission, 1944","Roediger H.L., Karpicke J.D., Test-enhanced learning, Psychological Science, 2006","Dunlosky J. et al., Improving students' learning with effective learning techniques, Psychological Science in the Public Interest, 2013"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines américaines ont dû former en quelques semaines des millions d'ouvriers qui n'avaient jamais touché une machine. La méthode tenait sur une carte de poche : préparer, montrer, faire faire, suivre. Elle marche toujours, pour une greffe, un garrot ou une soudure.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On retient ce qu'on fait**, bien plus que ce qu'on entend.\n- **Se tester** (essayer de se rappeler, refaire sans aide) fixe mieux que relire.\n- **Répéter en espaçant** (aujourd'hui, demain, dans une semaine) vaut mieux que tout en une fois.\n- **Enseigner fait apprendre** : celui qui explique comprend mieux que celui qui écoute.\n\n## AGIR\n\n**La méthode en quatre temps**\n\n1. **Préparer** : mettre l'élève à l'aise, voir ce qu'il sait déjà, dire à quoi ça sert.\n2. **Montrer** : faire le geste lentement, une étape à la fois, en disant **ce qu'on fait et pourquoi**, en insistant sur les points clés.\n3. **Faire faire** : l'élève fait, en expliquant à voix haute. On corrige tout de suite, sans humilier. Il recommence jusqu'à ce que ce soit juste.\n4. **Suivre** : on le laisse travailler seul, on repasse, on vérifie les jours suivants.\n\n**Les astuces**\n\n- **Une seule chose à la fois**, des séances courtes.\n- **Demander de réexpliquer** avec ses mots : on voit tout de suite ce qui n'est pas compris.\n- **Laisser se tromper** là où l'erreur ne coûte rien, jamais là où elle blesse.\n- **Écrire une fiche** de ce qu'on a appris : c'est exactement ce que fait Phenix. Voir [[TEC-IDE-003]].\n\n## ADAPTER\n\n**Beaucoup d'élèves, peu de maîtres** : au XIXe siècle, les écoles mutuelles faisaient enseigner les plus avancés aux plus jeunes, sous la direction d'un seul maître. Ça marche pour tout savoir-faire : chaque élève formé en forme un autre.\n\n**Les enfants** : voir [[TEC-CUL-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-005","titre":"Reconstruire une communauté","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["communaute","reconstruction","entraide","capital social","communs","ostrom","recensement","reunion"],"sources":["Aldrich D.P., Building Resilience: Social Capital in Post-Disaster Recovery, University of Chicago Press, 2012","Ostrom E., Governing the Commons, Cambridge University Press, 1990","Solnit R., A Paradise Built in Hell, 2009"],"corps":"::Après le séisme de Kobé ou le tsunami de 2004, ce ne sont pas les quartiers les plus riches ni les moins touchés qui se sont relevés le plus vite : ce sont ceux où les gens se connaissaient. Les liens entre voisins valent plus que l'argent et les murs. Ils se construisent, pas à pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Après une catastrophe**, il y a presque toujours un élan d'entraide. Il retombe en quelques semaines si rien ne l'organise.\n- **Les biens communs** (puits, forêt, champ, stock) peuvent être très bien gérés par un groupe, à condition de règles claires. Elinor Ostrom a reçu le prix Nobel d'économie en 2009 pour l'avoir montré.\n\n## AGIR\n\n1. **Recenser** : qui est là, qui manque, qui est blessé, malade, âgé, seul, enfant sans parents. **Qui sait faire quoi.** Voir [[TEC-MET-001]].\n2. **Un lieu et une heure** de réunion chaque jour, courts, ouverts à tous.\n3. **Un tableau** : besoins, offres, informations, décisions. Voir [[SURV-SOC-004]].\n4. **Les urgences d'abord** : eau, abri, soins, nourriture, sécurité.\n5. **Des tâches partagées**, en rotation : corvée d'eau, cuisine, veille, soins, enfants.\n6. **Des règles simples**, écrites, décidées ensemble, avec ce qui se passe si on ne les respecte pas. Voir [[SURV-SOC-002]].\n7. **L'école** pour les enfants, même quelques heures. Voir [[TEC-CUL-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les règles qui font durer un bien commun**, selon Ostrom :\n\n- on sait **qui** y a droit et **combien** ;\n- ceux qui l'utilisent **décident** des règles ;\n- quelqu'un **surveille**, et c'est connu ;\n- les sanctions sont **progressives**, d'abord légères ;\n- il existe un moyen **simple et rapide** de régler les disputes. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n**Ne laisser personne dehors** : les personnes âgées, handicapées, étrangères, nouvelles venues sont les premières oubliées, et souvent celles qui ont des savoirs précieux. Voir [[SURV-SOC-007]].\n\n**Fêter** : une naissance, une récolte, un toit refait. Les communautés tiennent aussi par la joie.\n\nOrganiser un petit groupe : [[SURV-SOC-001]].\n\nLes latrines et l'eau propre passent avant tout le reste : c'est là que naissent les épidémies. Voir [[SURV-HYG-002]] et [[TEC-CON-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-004","titre":"Les rumeurs et la panique","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rumeurs","panique","information","crise","confiance","achats de panique","tableau d'affichage"],"sources":["Quarantelli E.L., The nature and conditions of panic, American Journal of Sociology, 1954","Allport G.W., Postman L., The Psychology of Rumor, 1947","Clarke L., Chess C., Elites and panic: more to fear than fear itself, Social Forces, 2008"],"corps":"::La panique collective est rare. Dans les catastrophes, la plupart des gens restent calmes et s'entraident : les sociologues l'observent depuis soixante-dix ans. Ce qui se répand vraiment, ce sont les rumeurs, et elles poussent là où l'information manque.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Une rumeur grossit** quand le sujet est **important** et que l'information est **floue**. Supprimez l'un des deux, elle s'éteint.\n- **Les gens ne paniquent pas au hasard** : ils fuient quand ils croient qu'une sortie va se fermer, ils achètent tout quand ils croient que les rayons seront vides demain. C'est souvent logique de leur point de vue.\n- **Le vrai danger dans une foule** n'est pas la panique mais la **densité** : trop de monde dans un espace qui se resserre. Voir [[URG-FOULE-001]].\n- **Les responsables** ont souvent plus peur de la panique que la population, et cachent l'information pour l'éviter, ce qui nourrit les rumeurs.\n\n## AGIR\n\n**Pour ceux qui organisent un groupe**\n\n1. **Informer tôt**, même quand on ne sait pas tout : « Voilà ce qu'on sait, voilà ce qu'on ne sait pas, prochaine information à 18 h. »\n2. **Tenir l'heure promise**, même pour dire qu'il n'y a rien de nouveau.\n3. **Une seule source** reconnue, un seul **tableau d'affichage**, écrit, daté.\n4. **Donner quelque chose à faire** : les gens occupés paniquent moins.\n\n**Pour chacun**\n\n- **Avant de relayer** : qui l'a dit ? l'a-t-il vu lui-même ? quand ? Voir [[TEC-IDE-010]].\n- Dire « je ne sais pas » plutôt que combler le vide.\n- **Ne pas acheter en panique** : les pénuries de papier toilette de 2020 venaient des achats, pas des usines.\n\n## ADAPTER\n\n**Une rumeur dangereuse** (un puits empoisonné, un groupe accusé) : la vérifier vite, sur place, avec des témoins, et annoncer publiquement le résultat. Les rumeurs contre des boucs émissaires ont souvent fini en violences.\n\n**Désamorcer un conflit** né d'une rumeur : [[SURV-SOC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-003","titre":"Désamorcer un conflit dans le groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["conflit","groupe","mediation","negociation","colere","regles","partage"],"sources":["Fisher R., Ury W., Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In, Penguin","Palinkas L., Suedfeld P., Psychological effects of polar expeditions, The Lancet, 2008","Kanas N., Manzey D., Space Psychology and Psychiatry, Springer"],"corps":"::Dans les expéditions polaires comme dans les caves des villes assiégées, les groupes ne se déchirent pas d'abord pour de grandes raisons. Ils se déchirent pour une cuillère de sucre, un tour de garde, un bruit la nuit. Un conflit se désamorce petit, ou il ne se désamorce plus.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn groupe sous pression est fatigué, affamé, inquiet, entassé. Chacun a moins de patience. Les tensions viennent presque toujours de trois sources :\n\n- **le partage** (nourriture, eau, place, confort) ;\n- **le travail** (qui fait quoi, qui en fait moins) ;\n- **les décisions** (qui décide, et comment).\n\n## AGIR\n\n1. **Réglez avant la crise ce qui fâchera pendant** : les règles de partage, les tours de corvée, la façon de décider, écrites et affichées. Voir [[SURV-SOC-002]].\n2. **Au premier accrochage, séparez** les deux personnes quelques minutes. On ne discute pas en colère.\n3. **Nourrissez et faites dormir** : une grande partie des disputes disparaît après un repas chaud et une nuit de sommeil.\n4. **Écoutez chaque côté séparément, puis ensemble**, avec un tiers calme qui ne prend pas parti. Chacun redit ce qu'il a compris de l'autre avant de répondre.\n5. **Cherchez le besoin derrière la position** : « Je veux la place près du poêle » cache souvent « j'ai froid la nuit » ; un autre arrangement peut satisfaire ce besoin.\n6. **Décidez, et tenez la décision**, de façon visible et égale pour tous.\n\n## ADAPTER\n\n**La même personne est toujours au centre** : parlez-lui seul à seul, calmement, de ce qui se passe et de ce qu'on attend d'elle. Donnez-lui un rôle où elle excelle.\n\n**Une menace ou un geste violent** : ce n'est plus un conflit, c'est un danger. Voir [[SURV-PSY-003]].\n\n**Le partage est vraiment injuste** (par manque, pas par triche) : le dire franchement et expliquer la règle vaut mieux que de le cacher. **La transparence apaise, le soupçon empoisonne.**\n\n**Les petites choses** : des moments seul pour chacun, un coin à soi même minuscule, des activités ensemble qui ne sont pas du travail (un jeu, une chanson, un repas un peu différent le dimanche). Voir [[TEC-CUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-002","titre":"Décider à plusieurs","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["decision","groupe","consensus","vote","urgence","biais","organisation"],"sources":["Janis I., Groupthink — Psychological Studies of Policy Decisions","Ostrom E., Governing the Commons, règles de décision collective durables","Surowiecki J., The Wisdom of Crowds, conditions de la décision collective","Retours d'expérience des expéditions et équipages sur la conduite en situation critique"],"corps":"::Un groupe ne décide pas mieux qu'un individu par magie. Il décide mieux à trois conditions précises — et sans elles, il décide bien plus mal, avec l'assurance tranquille du nombre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le nombre n'améliore rien tout seul\n\nL'idée qu'un groupe est « plus sage » est fausse par défaut. Une réunion produit régulièrement des décisions qu'aucun de ses membres n'aurait prises seul, parce que trois mécanismes tirent vers le bas.\n\n**Le conformisme.** Dès que deux ou trois personnes ont exprimé un avis, les suivants s'y rangent — non par conviction, mais parce que contredire coûte. L'avis majoritaire se renforce sans être meilleur.\n\n**La pensée de groupe.** Un groupe soudé, sous pression, cherche l'accord plus que la justesse. Les doutes se taisent, les objections passent pour de la déloyauté, et l'illusion d'unanimité se prend pour une preuve.\n\n**La dilution de la responsabilité.** Quand tout le monde décide, personne ne décide. La mauvaise option passe parce que chacun suppose qu'un autre a vérifié.\n\n### Les trois conditions qui inversent la tendance\n\nUn groupe décide réellement mieux qu'un individu **quand, et seulement quand** :\n\n1. **Les avis sont indépendants** — chacun se forge le sien avant d'entendre les autres.\n2. **Les points de vue sont divers** — des gens qui savent des choses différentes.\n3. **Il existe un moyen d'agréger** — une règle décidée d'avance pour trancher.\n\nRetenir ces trois-là, c'est savoir quand faire confiance au groupe et quand se méfier de lui.\n\n## AGIR\n\n### Avant toute décision importante\n\n**1. Poser la question clairement, une seule.** La moitié des désaccords viennent de ce que les gens répondent à des questions différentes sans le savoir.\n\n**2. Recueillir les avis avant la discussion, pas pendant.** Chacun écrit ou dit son avis initial **avant** d'entendre les autres. C'est le geste le plus rentable : il casse le conformisme à la racine. Un tour de table où le plus timide parle en premier et le chef en dernier vaut mieux que l'inverse.\n\n**3. Faire parler le désaccord.** Désigner quelqu'un dont le rôle explicite est de défendre l'option contraire — même s'il n'y croit pas. Un groupe sans objection formalisée n'a pas examiné sa décision, il l'a subie.\n\n**4. Distinguer les faits des préférences.** « L'eau baisse » est un fait, ça se vérifie. « Il faut partir » est une préférence, ça se débat. Trancher d'abord ce qui se vérifie.\n\n### Choisir la bonne règle de décision\n\nIl n'y en a pas une bonne : il y en a une par type de situation, et **on la choisit avant, pas pendant.**\n\n- **Le consensus** — tout le monde peut vivre avec la décision, même sans l'adorer. Le plus solide pour ce qui engage la durée : règles de vie, accueil, exclusion. Lent, donc réservé à ce qui n'est pas urgent.\n- **Le vote majoritaire** — rapide, clair, mais il crée une minorité perdante qui n'appliquera qu'à contrecœur. Bon pour les choix réversibles et de faible enjeu.\n- **La décision déléguée** — une personne compétente tranche seule, et le groupe l'a mandatée pour ça. **C'est la seule qui marche dans l'urgence.**\n\n### Dans l'urgence, on ne délibère pas\n\nQuand il faut décider en secondes — un danger, un blessé, un départ immédiat —, la discussion tue. **Une personne décide, les autres exécutent, on débriefe après.** C'est pour ça que le chef d'urgence se désigne à froid, comme la garde dans [[SURV-DEF-001]] : on ne choisit pas qui commande pendant que le feu monte.\n\nLa règle qui tient les deux mondes : **délibérer sur ce qui peut attendre, obéir sur ce qui ne peut pas, et avoir décidé d'avance dans quel monde on est.**\n\n## ADAPTER\n\n**Le groupe est bloqué, chacun campe.** Cherchez ce sur quoi tout le monde est d'accord et partez de là — souvent, le désaccord porte sur les moyens, pas sur le but. Sinon, appliquez la règle prévue : un vote, ou la personne déléguée tranche. Un blocage qui dure coûte plus qu'une décision imparfaite.\n\n**Une personne domine tout.** Le recueil d'avis à l'écrit ou le tour de table du plus faible au plus fort neutralise sa capacité à imposer le ton. Si elle décide toujours, ce n'est plus un groupe, c'est un chef non déclaré — mieux vaut le déclarer et pouvoir le contester.\n\n**Vous décidez à deux.** Pas de majorité possible : soit on trouve un accord, soit on répartit les domaines — « tu décides pour ça, je décide pour ça ». Les couples et binômes qui durent en situation dure sont ceux qui ont partagé les territoires de décision au lieu de tout arbitrer ensemble.\n\n**La décision engage la vie de gens.** Alors le consensus prime sur la vitesse, et on écrit ce qu'on a décidé et pourquoi. C'est ce qui distingue une décision d'un mouvement d'humeur, et ça protège le groupe du remords qui divise. Voir [[SURV-PSY-003]].\n\n**Il y a des enfants ou des vulnérables.** Ils ne votent pas, mais leur intérêt doit avoir une voix explicite — quelqu'un chargé de le porter dans la discussion, sinon il disparaît des arbitrages.\n\n**Après coup, la décision s'avère mauvaise.** On la corrige sans chercher un coupable. Un groupe qui punit les décisions ratées apprend à ne plus décider, ce qui est pire. On juge le processus — a-t-on recueilli les avis, écouté l'objection, choisi la bonne règle —, pas le résultat seul.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le nombre ne rend pas sage** : il le devient sous trois conditions — indépendance, diversité, règle d'agrégation.\n\n**Recueillir les avis avant la discussion** est le geste unique qui améliore le plus les décisions de groupe.\n\n**Une règle par situation, choisie d'avance** : consensus pour ce qui engage, vote pour le réversible, délégation pour l'urgence. Et le fil commun avec tout l'axe social : ce qui se décide à froid tient, ce qui s'improvise à chaud casse.","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-001","titre":"Organiser un petit groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["groupe","organisation","social","decision"],"sources":["Ostrom E., Governing the Commons","Travaux sur les expéditions polaires et l'isolement prolongé, Antarctic research programmes","Leach J., Survival Psychology"],"corps":"::Un groupe ne se défait pas sur les grandes questions. Il se défait sur la vaisselle, les tours de garde et le sentiment que quelqu'un en fait moins.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui casse réellement un groupe\n\nLes études sur les équipages isolés — bases polaires, expéditions longues, équipages confinés — donnent un résultat constant : les conflits graves naissent rarement du danger. Ils naissent de **l'inégalité perçue dans l'effort quotidien**, du bruit, du sommeil et de l'absence de règles claires sur les petites choses.\n\nLe danger, lui, soude. C'est l'attente qui use.\n\n### Les trois choses à décider à froid\n\n**Qui décide quoi.** Un groupe sans autorité désignée improvise une hiérarchie au pire moment, et elle sera fondée sur le volume de la voix. Il ne s'agit pas d'un chef unique et permanent, mais de savoir à l'avance qui tranche sur quoi : les déplacements, les soins, la nourriture, l'accueil d'un inconnu.\n\n**Comment on répartit l'effort.** Un tour de rôle écrit est le seul dispositif qui résiste. La mémoire est systématiquement biaisée en faveur de son propre travail : chacun surestime honnêtement sa contribution, et la somme des estimations dépasse toujours cent pour cent. **Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est un biais de disponibilité** — on se souvient mieux de ce qu'on a fait que de ce qu'on n'a pas vu faire. D'où la trace écrite, qui n'accuse personne et supprime le débat.\n\n**Ce qui appartient à qui.** Les ressources communes non régulées se dégradent : chacun a intérêt à prélever un peu plus que sa part, et la somme des petits excès épuise le stock. Les travaux sur la gestion des biens communs montrent que les groupes qui réussissent partagent des traits précis : des règles définies par ceux qui les appliquent, des limites claires sur qui a droit à quoi, une surveillance mutuelle acceptée, et des sanctions graduelles plutôt qu'une exclusion immédiate.\n\n### Le rôle de la routine\n\nUne journée structurée est le meilleur outil de santé mentale connu en situation prolongée. Elle donne des repères temporels, des accomplissements visibles et une prévisibilité qui réduit l'anxiété.\n\nTrois éléments suffisent : un horaire de lever, des repas à heure fixe, et un moment quotidien où tout le monde est ensemble. Ce dernier point est le plus important et le plus souvent négligé — c'est le rôle qu'a joué le feu pendant des centaines de milliers d'années, comme le décrit [[MEM-EVE-001]].\n\n## AGIR\n\n1. **Écrivez les règles**, même sommairement, même pour trois personnes. Ce qui est écrit ne se rediscute pas chaque jour.\n2. **Distribuez les rôles selon les compétences réelles**, pas selon l'ancienneté ni le rapport de force. Celui qui sait soigner soigne, même s'il est le plus jeune.\n3. **Faites un tour de rôle écrit** pour les tâches ingrates. C'est le dispositif le plus rentable de toute cette fiche.\n4. **Tenez un point quotidien court.** Ce qui a été fait, ce qui reste, ce qui inquiète. Dix minutes, à heure fixe.\n5. **Réglez les désaccords tôt et en privé.** Un ressentiment qui macère devient un conflit public en quelques jours.\n6. **Protégez le sommeil.** Un groupe qui dort mal décide mal, et [[SURV-PSY-002]] explique pourquoi.\n7. **Prévoyez à l'avance la décision d'accueillir ou de refuser quelqu'un.** C'est la question la plus lourde et la plus urgente quand elle se pose ; l'improviser divise le groupe en deux camps.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes deux.** Il n'y a pas de majorité possible, donc pas d'arbitrage. Convenez à l'avance de qui tranche selon le domaine, et acceptez explicitement de suivre sans rediscuter une fois la décision prise.\n\n**Il y a un enfant ou une personne dépendante.** Sa charge doit être répartie et comptée comme un travail à part entière, sinon elle repose entièrement sur une personne qui s'épuisera en silence.\n\n**Quelqu'un ne tient plus.** Réduisez ses responsabilités sans le dire publiquement, donnez-lui des tâches simples et visibles, et surveillez le sommeil et l'alimentation avant de chercher une explication psychologique. La plupart des effondrements ont une cause physiologique.\n\n**Un conflit éclate.** Séparez, laissez passer une nuit, reprenez à froid avec un tiers présent. Cherchez le déséquilibre concret derrière le grief : il y en a presque toujours un, et il est presque toujours réparable.\n\n**Le groupe grandit.** Au-delà d'une poignée de personnes, la surveillance mutuelle informelle cesse de fonctionner et il faut des rôles explicites. Ce seuil arrive plus tôt qu'on ne le croit.\n\n**Vous négociez avec un autre groupe.** Une seule voix parle, avec une limite fixée à l'avance. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Les toilettes se décident le premier jour** : un endroit fixe, à l'écart de l'eau et de la cuisine, et tout le monde se lave les mains en sortant. Voir [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-011","titre":"Suivre une piste","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pistage","traces","empreintes","animaux","personne perdue","lumiere rasante","sentiers d'animaux","eau"],"sources":["Liebenberg L., The Art of Tracking: The Origin of Science, 1990","Brown T., Tom Brown's Field Guide to Nature Observation and Tracking, 1983"],"corps":"::Les pisteurs san du Kalahari suivent une antilope sur un sol dur pendant des heures, et savent dire si elle est blessée, fatiguée, depuis combien de temps elle est passée. Pour un chercheur sud-africain, c'est peut-être la plus vieille forme de raisonnement scientifique : observer, supposer, vérifier. Suivre une piste sert à retrouver un enfant perdu, une bête, ou de l'eau.::\n\n## COMPRENDRE\n\nTout ce qui passe laisse une trace : une empreinte, une herbe couchée, une brindille cassée, une pierre retournée, de la boue déposée sur un rocher sec. Le pisteur ne cherche pas une trace parfaite, mais **une suite de petits signes**.\n\n## AGIR\n\n**Voir**\n\n- **La lumière rasante**, tôt le matin et en fin d'après-midi, fait ressortir les creux. En plein midi, on s'accroupit et on regarde à contre-jour.\n- **Regarder devant**, à quelques mètres, pas seulement à ses pieds : la ligne de passage se voit mieux de loin.\n- **Marquer la dernière trace sûre** avec un bâton, pour y revenir si on perd la piste.\n\n**Lire**\n\n- **Une brindille cassée** : claire à la cassure si c'est frais, grisâtre si c'est ancien.\n- **Une pierre retournée** : la face humide et sombre en dessus, c'est récent.\n- **L'herbe couchée** se relève en quelques heures.\n- **L'âge d'une empreinte** : faire sa propre empreinte à côté et comparer. Bords nets et humides, c'est frais ; bords effrités, feuilles ou toiles d'araignée dedans, c'est ancien.\n- **La direction** : la pointe du pied, la terre projetée vers l'arrière, les herbes couchées dans le sens de la marche.\n\n**Chercher une personne perdue**\n\n- **Partir du dernier endroit où elle a été vue**, et ne pas piétiner autour.\n- **Un enfant** se cache souvent et ne répond pas ; il descend plutôt qu'il ne monte. Voir [[URG-ENF-001]] et [[URG-PERDU-001]].\n- **Prévenir les secours** tôt : leurs chiens suivent une piste bien mieux que nous, si on ne l'a pas brouillée.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les sentiers d'animaux** qui convergent en descendant mènent souvent à **l'eau**. Voir [[SURV-EAU-005]].\n- **Les traces d'animaux** renseignent sur ce qui vit autour : gibier, sangliers, chiens errants. Voir [[SURV-DEF-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-010","titre":"Les animaux qu'on ne mange pas, et pourquoi","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["animaux","toxiques","foie d'ours polaire","crapaud","trichine","cervelle","prions","especes protegees","animaux morts"],"sources":["Rodahl K., Moore T., The vitamin A content and toxicity of bear and seal liver, Biochemical Journal, 1943","Organisation mondiale de la santé, zoonoses et viande de brousse","Code de l'environnement, protection des espèces"],"corps":"::En 1913, en Antarctique, l'explorateur Xavier Mertz meurt pendant le retour de l'expédition, après des semaines à manger ses chiens de traîneau ; on soupçonne leur foie, si riche en vitamine A qu'il en devient un poison. Le foie d'ours polaire a rendu malades bien des explorateurs avant lui. Tout ce qui bouge ne se mange pas, et pas en entier.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn animal peut être dangereux à manger parce qu'il est **toxique**, **malade**, **porteur de parasites**, ou parce que **certains organes** concentrent un poison.\n\n## AGIR\n\n**On ne mange pas**\n\n- **Un animal trouvé mort**, dont on ignore la cause : maladie, poison, décomposition.\n- **Un animal qui avait l'air malade** : maigre, qui titube, qui ne fuit pas.\n- **Les crapauds** : leur peau contient des toxines qui peuvent tuer. Les salamandres et les tritons aussi sont à éviter.\n- **Le foie** des grands carnivores et de certains phoques, ours, chiens de traîneau : trop de vitamine A.\n- **La cervelle et la moelle épinière** des grands animaux : elles peuvent porter des maladies à prions, incurables.\n- **Les poissons-globes** et les poissons tropicaux inconnus, **les coquillages** des eaux douteuses. Voir [[SURV-RES-008]].\n\n**On mange avec précaution**\n\n- **Les carnivores et omnivores** (sanglier, ours, renard, blaireau, rat) : ils portent la **trichine** et d'autres parasites. **Cuire à cœur**, toujours. Voir [[TEC-MET-012]].\n- **Les grenouilles** : les cuisses, bien cuites.\n- **Le petit gibier** : gants pour le dépecer, à cause de la tularémie. Voir [[SURV-RES-005]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les espèces protégées** (hérisson, la plupart des oiseaux, certains reptiles et amphibiens) : les tuer est un délit, sauf péril réel. Et beaucoup rendent service au jardin.\n- **La viande de brousse** des pays tropicaux (singes, chauves-souris) a transmis Ebola et d'autres virus à l'homme en la manipulant crue. Voir [[TEC-SAN-035]].\n- **Décider si quelque chose se mange** : [[SURV-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-009","titre":"Manger ce que les autres jettent","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["glanage","gaspillage","invendus","marches","anti-gaspillage","arbres fruitiers publics","loi garot","poubelles"],"sources":["FAO, Global food losses and food waste, 2011","Loi n° 2016-138 du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire","Varda A., Les Glaneurs et la Glaneuse, 2000 (sur le droit de glanage issu d'un édit de 1554)"],"corps":"::Environ un tiers de la nourriture produite dans le monde est perdu ou jeté. En France, glaner dans les champs après la récolte est une vieille tolérance, qu'on fait remonter à un édit d'Henri II en 1554. Avant de chercher des racines dans les bois, il y a des tonnes de nourriture parfaitement bonne qui attendent au bout des rangs et à la fin des marchés.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le glanage** : ramasser ce qui reste au champ **après la récolte** (pommes de terre, légumes, fruits tombés), de jour, sans outils mécaniques. Il reste souvent beaucoup, parce que les machines et les normes de calibre laissent tout ce qui n'est pas parfait.\n- **La loi française** interdit depuis 2016 aux grandes surfaces de détruire les invendus encore mangeables : elles doivent les proposer à des associations.\n- **La plupart des dates dépassées** ne rendent pas un aliment dangereux. Voir [[TEC-ALI-020]].\n\n## AGIR\n\n- **Les fins de marché** : les maraîchers donnent ou bradent ce qu'ils ne rapporteront pas.\n- **Les boulangeries** le soir, les **restaurants** et les **cantines** : beaucoup donnent leurs invendus si on demande poliment et qu'on revient régulièrement.\n- **Les applications anti-gaspillage** et les associations d'aide alimentaire.\n- **Le glanage** : demander l'accord de l'agriculteur, c'est souvent oui, et souvent avec un conseil sur la parcelle.\n- **Les arbres fruitiers** des parcs, des bords de route, des jardins abandonnés : pommes, noix, châtaignes, figues, prunes, mûres. Des cartes collaboratives en recensent des milliers.\n\n## ADAPTER\n\n**Les poubelles** : une pratique répandue, sur un terrain juridique flou (le conteneur est souvent sur une propriété privée). Si on le fait :\n\n- **pas de viande, de poisson ni de produits laitiers** trouvés dans une poubelle, sauf froid garanti ;\n- des **emballages intacts**, des fruits et légumes qu'on lave et qu'on épluche ou qu'on cuit ;\n- sentir, regarder, et **dans le doute, jeter**. Voir [[TEC-ALI-010]].\n\n**Transformer vite** ce qu'on récupère en grande quantité : confitures, conserves, séchage. Voir [[TEC-ALI-003]] et [[TEC-ALI-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-008","titre":"Coquillages et algues du bord de mer","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["coquillages","moules","algues","peche a pied","maree","toxines","bord de mer"],"sources":["IFREMER, surveillance de la qualité des coquillages (REPHY) et zones de pêche à pied","Agences régionales de santé, recommandations pour la pêche à pied de loisir","Mouritsen O., Seaweeds: Edible, Available and Sustainable, University of Chicago Press"],"corps":"::À marée basse, le bord de mer est un garde-manger : moules, bigorneaux, palourdes, algues. Mais les coquillages filtrent l'eau et gardent tout ce qu'elle contient, y compris des toxines invisibles qui paralysent.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes coquillages filtrent des litres d'eau par heure. Ils concentrent :\n\n- **les microalgues toxiques** qui fleurissent parfois (les « eaux colorées ») : certaines donnent des diarrhées violentes, d'autres des **paralysies** qui peuvent tuer. **La cuisson ne détruit pas ces toxines.**\n- **les bactéries et virus** des eaux usées (gastro, hépatite A), près des ports, des égouts, des embouchures ;\n- **les métaux lourds** près des zones industrielles.\n\n## AGIR\n\n**Avant de ramasser**\n\n- **Les zones et les interdictions** : en France, les mairies et les agences de santé affichent l'état sanitaire des sites de pêche à pied. Un panneau d'interdiction a une raison.\n- **Loin des ports, des sorties d'égouts, des embouchures** et des eaux stagnantes.\n- **Les marées** : on part à marée descendante, on remonte avant la marée montante, en connaissant l'heure. La mer remonte plus vite qu'on ne marche sur certaines plages. Voir [[SURV-MAR-001]].\n\n**Ce qu'on ramasse**\n\n- **Moules, huîtres, palourdes, coques** : vivantes, fermées ou qui se ferment quand on les touche. Une coquille ouverte qui ne se ferme pas : animal mort, on jette.\n- **Bigorneaux, patelles** : sur les rochers.\n- **Crabes** : sous les pierres ; on remet la pierre en place.\n- **Les algues** : en Europe, **aucune algue marine n'est connue pour tuer** ; seule la desmarestie, fine et très ramifiée, contient de l'acide et donne mal au ventre. La laitue de mer, les dulses, la nori (porphyre), le wakame, les fucus se mangent en petite quantité, crues ou cuites. Ramassez-les **vivantes, fixées au rocher**, jamais celles qui pourrissent sur la plage.\n\n**Préparer** : laisser dégorger les coquillages quelques heures dans de l'eau de mer propre, les cuire jusqu'à ce qu'ils s'ouvrent, jeter ceux qui restent fermés.\n\n## ADAPTER\n\n**Des picotements dans la bouche, les lèvres, les doigts**, des engourdissements après un repas de coquillages : urgence, le 15. C'est le signe des toxines paralysantes.\n\n**Les algues** sont très riches en iode : surtout les laminaires (kombu) ; en manger beaucoup, tous les jours, dérègle la thyroïde. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\n**Les oursins, les poissons de roche** se mangent aussi ; la vive, un petit poisson enfoui dans le sable, pique douloureusement : l'eau très chaude (sans brûler) calme la douleur.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-007","titre":"Manger des insectes et des vers","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["insectes","vers de terre","sauterelles","grillons","larves","proteines","cuisson","entomophagie"],"sources":["FAO, Edible insects: future prospects for food and feed security, 2013","EFSA, avis sur les nouveaux aliments à base d'insectes (ver de farine, criquet migrateur, grillon)","US Army, FM 21-76 Survival, insectes comestibles"],"corps":"::Deux milliards de personnes mangent des insectes chaque jour, par choix. Un kilo de grillons contient autant de protéines qu'un kilo de bœuf. Le dégoût est culturel ; la faim, non.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes insectes sont riches en **protéines** (souvent 40 à 60 % de leur poids sec), en graisses et en minéraux. Ils se trouvent partout, se ramassent sans outil, et se multiplient vite.\n\n## AGIR\n\n**Les plus sûrs**\n\n- **Sauterelles, criquets, grillons** : retirez les pattes arrière (épineuses) et les ailes, cuisez.\n- **Larves de coléoptères** (vers blancs dans le bois mort et les souches, vers de farine) : les plus grasses et les plus nourrissantes.\n- **Fourmis** (surtout les œufs et larves) : acidulées, en grande quantité dans les fourmilières.\n- **Vers de terre** : laissez-les **dégorger** quelques heures dans de l'eau propre ou de l'herbe humide pour vider la terre, puis cuisez.\n- **Termites** dans les pays où il y en a.\n\n**Toujours cuits** : grillés, bouillis, frits. La cuisson tue les parasites et les bactéries. **Grillés puis broyés en poudre**, ils s'ajoutent à une soupe ou une galette sans qu'on les voie : c'est la meilleure façon de les faire accepter.\n\n## ADAPTER\n\n**À éviter**\n\n- les insectes **aux couleurs vives** (rouge, orange, jaune et noir) : souvent toxiques ;\n- ceux qui **sentent fort** ou **piquent** ;\n- les **chenilles poilues** : leurs poils irritent la bouche et la gorge ;\n- les **mouches, moustiques, tiques** : porteurs de maladies ;\n- **les insectes trouvés morts**.\n\n**Les allergiques aux crustacés** (crevettes, crabes) peuvent aussi réagir aux insectes, qui leur sont apparentés. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n**Élever** : les vers de farine se multiplient dans un bac de son et de flocons d'avoine avec quelques morceaux de pomme de terre ; les grillons dans une caisse chaude et aérée. Une petite production de protéines sans pâturage.\n\nDécider si quelque chose se mange : [[SURV-COM-001]]. Se nourrir en milieu naturel : [[SURV-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-006","titre":"Pêcher sans canne","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["peche","ligne","hamecon","nasse","bouteille","piege a poissons","lignes de fond"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur la pêche","FAO, Fishing gear types, fiches techniques (lignes de fond, nasses)","Fédération nationale de la pêche en France, réglementation de la pêche de loisir"],"corps":"::Une ligne qu'on tient à la main pêche pendant qu'on la tient. Dix lignes posées le soir pêchent toute la nuit pendant qu'on dort. En survie, on ne pêche pas : on pose des pièges à poissons.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes poissons se trouvent là où il y a **de l'abri et de la nourriture** : sous les berges creusées, derrière les rochers, les souches, à l'entrée des herbiers, dans les remous calmes à côté du courant, aux confluents. **Tôt le matin et au crépuscule**, ils mangent le plus.\n\n## AGIR\n\n**La ligne à main**\n\n- **Du fil** : fil de pêche, fil dentaire, brins intérieurs de paracorde, fil de couture épais.\n- **Un hameçon** : une épingle de sûreté pliée, un clou fin limé, une épine de ronce, un os taillé, un bout de canette découpé en crochet.\n- **Un appât** : vers de terre, insectes, larves sous les pierres, morceaux de poisson, de viande.\n- **Un plomb** : un petit caillou attaché, un écrou.\n\n**Les lignes de fond (lignes dormantes)**\n\nPlusieurs hameçons appâtés attachés à une ligne tendue entre la berge et un piquet ou un arbre, posés le soir, relevés le matin. **C'est le meilleur rendement pour le moins d'effort.**\n\n**La nasse en bouteille**\n\n1. Coupez une grande bouteille en plastique au premier tiers, côté goulot.\n2. Retournez le goulot et enfoncez-le dans la bouteille, bouchon retiré : un entonnoir.\n3. Percez des petits trous pour que l'eau passe, mettez un appât, lestez avec une pierre.\n4. Posez-la au fond, goulot vers l'aval, attachée à la berge.\n\nLes petits poissons entrent et ne trouvent plus la sortie.\n\n**Le barrage à poissons** : dans un petit ruisseau peu profond, deux murets de pierres en V pointé vers l'aval, qui mènent dans un enclos. En remontant le ruisseau en frappant l'eau, on rabat les poissons dedans.\n\n## ADAPTER\n\n**Vider le poisson** tout de suite et le cuire à cœur. Voir [[SURV-RES-005]].\n\n**Loin de tout, sans hameçon ni fil** : les mains, dans les petits ruisseaux sous les berges, en remontant doucement vers le poisson par l'arrière ; ou une lance fourchue taillée dans une branche, en visant plus bas qu'on ne voit (la réfraction trompe).\n\n**En temps normal**, la pêche est encadrée : permis, tailles minimales, périodes, et les lignes de fond et les nasses sont souvent interdites aux amateurs. Ces techniques sont pour les situations où il faut manger.\n\nPièges et pêche en général : [[SURV-RES-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-005","titre":"Vider et dépecer un animal","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["gibier","lapin","vider","depecer","viande","tularemie","poisson","volaille"],"sources":["Office français de la biodiversité, hygiène de la venaison et examen initial du gibier","Centers for Disease Control and Prevention, Tularemia : prevention for hunters","FAO, Manual on meat inspection and slaughter hygiene"],"corps":"::Un animal mal vidé gâte sa viande en quelques heures. Un intestin percé, et tout le travail est bon pour les mouches. La règle : vite, proprement, sans rien percer.::\n\n## COMPRENDRE\n\nDès la mort, la chaleur du corps et les bactéries de l'intestin commencent à abîmer la viande. Trois gestes la sauvent : **retirer les viscères vite**, **ne pas percer l'intestin ni la vessie**, **refroidir la carcasse**.\n\n**Ne mangez jamais un animal trouvé mort** sans savoir de quoi il est mort.\n\n## AGIR\n\n### Un lapin ou un lièvre\n\n1. **Gants** si possible : les lapins et surtout les lièvres peuvent transmettre la **tularémie** par le sang et les organes.\n2. **Pincez la peau du dos**, entaillez-la en travers, glissez deux doigts de chaque côté et tirez en sens opposé : la peau vient comme un gant, vers la tête et vers les pattes. Coupez tête et pattes.\n3. **Ouvrez le ventre** en soulevant la peau et la paroi entre deux doigts, la lame tournée vers l'extérieur, du bassin jusqu'aux côtes, sans enfoncer.\n4. **Videz** d'un geste : retournez l'animal et faites sortir intestins et estomac ensemble. Gardez le **cœur**, les **rognons** et le **foie**.\n5. **Regardez le foie** : lisse et d'un rouge uniforme, il se mange. **Couvert de petits points blancs ou jaunes**, jetez tout l'animal et lavez-vous les mains : maladie ou parasites.\n6. **Rincez** à l'eau propre, **séchez**, suspendez à l'ombre et à l'air, à l'abri des mouches.\n\n### Un grand animal (chevreuil, sanglier, mouton)\n\n1. Couchez-le sur le dos, calé, pattes écartées.\n2. Ouvrez la peau du bassin au sternum, **deux doigts sous la lame** pour écarter la paroi des intestins.\n3. **Dégagez l'anus** en coupant tout autour, et ligaturez-le avec une ficelle pour qu'il ne se vide pas.\n4. Coupez le diaphragme, puis la trachée le plus haut possible, et **sortez tout le paquet** vers le bas.\n5. **Refroidissez vite** : ventre ouvert, calé avec un bâton, suspendu à l'ombre. Par temps chaud, découpez et mettez au frais dans les heures qui suivent.\n\n### Poisson et volaille\n\n- **Poisson** : entaille du trou d'évacuation aux ouïes, on retire les viscères et les branchies, on rince. Vidé tout de suite, il se garde bien mieux.\n- **Volaille** : on plume à chaud (un bain d'eau à 60-70 °C décolle les plumes) ou on écorche, on vide par une ouverture sous le bréchet.\n\n## ADAPTER\n\n**Un intestin percé** : coupez la viande souillée largement, rincez, et cuisez le reste à cœur.\n\n**Pas de couteau** : un éclat de verre, une boîte de conserve ouverte, une pierre taillée. Voir [[SURV-OUT-001]].\n\n**La peau** se garde : salée ou séchée à plat, elle se tanne ensuite. Les boyaux nettoyés servent de ficelle, le gras se fond.\n\n**Conserver** : séchage, salage et fumage, voir [[TEC-ALI-003]], [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]]. Le gros abattage et la découpe : [[TEC-ELE-007]]. Cuisson : toujours **à cœur** pour le gibier, le sanglier en particulier (trichine).","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-004","titre":"La soupe au caillou et la soupe de chaussure","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["soupe","famine","siege","cuir","conte","partage","nutrition","mythe"],"sources":["Conte populaire européen de la soupe au caillou, recueilli sous de nombreuses variantes (France, Portugal, Scandinavie)","Stewart G., Ordeal by Hunger: The Story of the Donner Party","Salisbury H., Les 900 jours, le siège de Leningrad","Chaplin C., La Ruée vers l'or, 1925"],"corps":"::Un caillou ne nourrit personne. Une chaussure presque pas. Mais les deux soupes racontent quelque chose de vrai : l'une sur la faim, l'autre sur ce que les gens se donnent quand on leur en donne l'occasion.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le conte\n\nUn voyageur affamé arrive dans un village. Personne ne veut rien lui donner. Il pose une marmite d'eau sur le feu, y jette un caillou bien lavé, et annonce qu'il prépare une soupe délicieuse. Les villageois, curieux, s'approchent. « Elle serait meilleure avec un oignon », dit-il. Quelqu'un en apporte un. Puis une carotte, un bout de lard, du sel, des pommes de terre. À la fin, tout le village mange une vraie soupe. Le caillou, lui, n'a rien donné.\n\nLe conte existe dans toute l'Europe, avec un clou, un bouton ou une hache à la place du caillou.\n\n### Ce qui est vrai dedans\n\n**Le caillou ne nourrit pas.** Il n'apporte aucune calorie. Tout au plus une pierre calcaire libère-t-elle un peu de minéraux dans un bouillon acide.\n\n**Mais le mécanisme est réel.** Chacun a un peu, personne n'a assez, et personne ne veut être le premier à donner. Il suffit que quelqu'un pose la marmite et rende le partage facile, visible et joyeux. Les cuisines collectives des crises, les soupes populaires, les repas de quartier après une catastrophe fonctionnent exactement comme ça. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n### La soupe de chaussure\n\nL'image vient du cinéma : dans *La Ruée vers l'or* (1925), Charlot, affamé et coincé dans une cabane pendant une tempête de neige, fait bouillir sa chaussure et la mange comme un rôti, lacets compris en guise de spaghettis.\n\nLa réalité a précédé le film :\n\n- **L'expédition Donner**, bloquée par la neige dans la Sierra Nevada en 1846, a fait bouillir des peaux de bœuf pour en tirer une gelée.\n- **Pendant le siège de Leningrad** (1941 à 1944), les habitants ont fait bouillir des ceintures, des sacs et des reliures de livres en cuir, et gratté la colle de papier peint, faite de farine.\n- Des marins, des soldats encerclés et des explorateurs polaires ont mangé leurs harnais et leurs bottes.\n\n### Ce que vaut vraiment le cuir\n\nLe cuir est de la peau, donc surtout du **collagène** : une protéine. Bouillie longtemps, la peau brute donne une gelée, comme la gélatine d'un pied de porc. Il y a donc un peu de nourriture dedans.\n\n**Mais :**\n\n- le collagène est une protéine incomplète : il manque des acides aminés essentiels, il ne suffit pas seul ;\n- **le cuir moderne est tanné au chrome** dans la grande majorité des cas. Le chrome, les colles, les teintures et les semelles synthétiques n'ont rien à faire dans un estomac ;\n- une chaussure d'aujourd'hui contient souvent plus de plastique que de cuir.\n\n**Verdict** : une peau fraîche ou séchée, ou un cuir tanné aux végétaux (brut, beige, sans teinture), bouillis longtemps, donnent un peu de protéines. Une basket, rien du tout.\n\n## AGIR\n\n### Faire une vraie soupe avec presque rien\n\nLa soupe est la meilleure façon de nourrir beaucoup de monde avec peu : rien ne se perd, tout le gras et les minéraux restent dans l'eau, et un liquide chaud remonte le moral autant que le corps.\n\n1. **Le gras d'abord.** Un morceau de lard, de l'huile, une couenne. C'est ce qui manque le plus en disette. Voir [[TEC-ALI-001]].\n2. **Un féculent** pour les calories : pommes de terre, pain rassis, riz, pâtes, farine délayée, flocons d'avoine.\n3. **Tout ce qui est vert et comestible** : fanes de carottes et de radis, orties, pissenlits, feuilles de chou. Voir [[SURV-RES-001]].\n4. **Les os**, même déjà rongés, cassés et bouillis longtemps : moelle, gras, calcium.\n5. **Le sel**, qui rend tout mangeable.\n\n### Faire la soupe au caillou pour de vrai\n\nDans un groupe, un camp, une rue après une catastrophe : **mettez la marmite au milieu, bien en vue**, et annoncez qu'on fait une soupe pour tout le monde. Demandez à chacun une seule chose, petite. Ça marche mieux que de demander à une personne beaucoup.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez vraiment que du cuir.** Choisissez une peau brute ou un cuir non teint. Grattez, coupez en lanières, faites bouillir des heures, jetez la première eau. Mangez la gelée, pas les lanières.\n\n**La faim dure depuis longtemps.** Recommencez à manger très doucement, en petites quantités, sinon le corps peut s'effondrer : c'est le syndrome de renutrition.\n\n**Il y a des enfants.** Ils passent en premier dans la marmite, et ce sont eux qu'on peut envoyer demander un oignon : personne ne refuse.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-003","titre":"Connaître les lieux stratégiques","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["lieux","réserve","semences","datacentre","silo","carburant","hôpital","stratégique"],"sources":["FAO — Reserves mondiales de semences et banques de gènes","Documentation sur les réserves stratégiques de pétrole et de céréales","Retours d'expérience sur les sites critiques en situation de crise prolongée"],"corps":"::Certains lieux fixes, répartis dans le monde, concentrent des ressources qui n'existent nulle part ailleurs en telle quantité. Les connaître avant la crise, c'est savoir où aller quand la chaîne d'approvisionnement s'arrête.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi ces lieux comptent\n\nLa civilisation moderne fonctionne par flux — le blé circule, l'énergie circule, les médicaments circulent. Quand les flux s'arrêtent, ce qui reste, ce sont les stocks fixes. Certains de ces stocks sont immenses, protégés, et conçus pour durer. Les connaître à l'avance est un avantage stratégique.\n\n## AGIR\n\n### Les réserves de semences\n\n**Le Svalbard (Norvège, 78° Nord).** La Réserve mondiale de semences. Plus d'un million d'échantillons de semences du monde entier, dans une mine reconvertie creusée dans le permafrost. Conçue pour survivre à tout, y compris à une panne d'électricité (le permafrost maintient le froid). C'est la sauvegarde ultime de l'agriculture mondiale.\n\n**Les banques de semences nationales.** Chaque pays en a au moins une. En France : l'INRAE conserve des collections de semences à Clermont-Ferrand et ailleurs. Plus accessibles que le Svalbard, moins protégées. Chaque banque contient des variétés adaptées au climat local — plus utiles que des semences exotiques. Voir [[TEC-AGR-002]].\n\n**Les coopératives agricoles.** En zone rurale, les coopératives stockent les semences de la saison suivante. Moins protégées, plus proches, et souvent les premières à être pertinentes en crise locale.\n\n### Les silos à grains\n\nLes ports céréaliers et les silos de coopératives stockent des milliers à des centaines de milliers de tonnes de blé, maïs, orge, colza. En France : Rouen, La Rochelle, Dunkerque pour les ports ; chaque zone agricole a ses silos coopératifs. Un seul silo de campagne contient assez de grain pour nourrir une ville pendant des semaines. Le grain sec se conserve des mois en conditions sèches. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\n### Les data centers\n\nUn data center est un bâtiment anodin qui contient : des générateurs diesel avec du carburant pour vingt-quatre à soixante-douze heures de fonctionnement autonome, des batteries lithium-ion massives (onduleurs), des centaines de kilomètres de câblage cuivre, des systèmes de climatisation industrielle (eau, compresseurs), et parfois un raccordement à un réseau d'eau de refroidissement. Le carburant diesel est la ressource immédiate. Les batteries et le cuivre sont la ressource de récupération.\n\n### Les réserves stratégiques de pétrole\n\nChaque pays membre de l'AIE maintient un stock stratégique de pétrole — en France, quatre-vingt-dix jours de consommation, répartis dans des cavités salines souterraines (Manosque, Viriat) et des cuves de surface (Donges, Fos-sur-Mer). Ce sont des sites sécurisés mais pas militaires. En crise prolongée, ce sont les plus grands stocks de carburant accessibles.\n\n### Les centrales nucléaires\n\nUne centrale nucléaire contient : des générateurs diesel de secours avec du carburant pour des jours à des semaines, des ateliers de maintenance complets, de l'eau du circuit de refroidissement, et des compétences techniques concentrées. **DANGER** : si la centrale est endommagée ou non contrôlée, la radioactivité rend le site et ses environs inhabitables. Ne s'approcher d'une centrale que si le risque radiologique est exclu — un compteur Geiger est le minimum.\n\n### Les hôpitaux\n\nPharmacie (médicaments, désinfectants, matériel chirurgical, anesthésiants), groupes électrogènes (diesel), oxygène médical en bouteilles, eau osmosée, blocs opératoires équipés. Un hôpital est un site médical complet — et en crise, une des premières cibles de pillage. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\n### Les bases militaires\n\nMunitions, véhicules, carburant, rations, matériel de communication, médicaments, outillage lourd. Les bases militaires sont les sites les mieux protégés et les premiers à être sécurisés par les forces restantes. Ce sont aussi les derniers à être abandonnés.\n\n### Les mines de sel\n\nEnvironnement naturellement sec, stable en température, utilisé depuis des siècles pour stocker des archives, des oeuvres d'art, et des denrées. Le sel lui-même est un conservateur alimentaire essentiel et un produit d'échange. Voir [[TEC-ALI-004]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en zone urbaine.** Les data centers, les hôpitaux et les dépôts de carburant sont les sites urbains les plus riches en ressources. Les data centers sont souvent identifiables à leurs groupes de climatisation extérieurs massifs.\n\n**Vous êtes en zone rurale.** Les silos à grains et les coopératives agricoles sont les premiers lieux. Chaque village a son silo visible de loin.\n\n**Vous devez choisir une direction.** Aller vers les ressources, pas vers les villes. Une zone agricole avec des silos nourrit ; une ville sans approvisionnement affame. La carte des silos est plus utile que la carte des villes.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Les stocks fixes survivent à l'arrêt des flux.** Quand plus rien ne circule, ce qui reste, c'est ce qui est stocké — et certains stocks durent des mois ou des années.\n\n**Les semences sont le long terme**, le grain est le moyen terme, le carburant est le court terme. Les trois comptent, dans cet ordre de priorité pour la survie d'un groupe.\n\n**Connaître ces lieux avant la crise est gratuit.** Les repérer, noter leurs coordonnées, estimer leur accessibilité — c'est un exercice de cartographie qui ne coûte rien et qui peut tout changer. Voir [[SURV-ORI-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-002","titre":"Pièges et pêche","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["peche","pieges","alimentation","rendement"],"sources":["FAO — Fishing gear and methods, technical documentation","Études ethnographiques sur les techniques de piégeage traditionnelles","Kelly R., The Lifeways of Hunter-Gatherers"],"corps":"::Un dispositif qui travaille pendant que vous dormez rend plus que n'importe quelle poursuite. C'est toute la logique.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa chasse active dépense beaucoup pour un résultat incertain. Un dispositif passif ne dépense rien après sa pose, et il travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre.\n\nD'où le principe qui gouverne tout : **beaucoup de dispositifs simples valent mieux qu'un dispositif élaboré**. La probabilité de succès de chacun est faible, mais elle s'additionne. Vingt lignes ou vingt pièges relevés chaque matin donnent un rendement régulier ; un seul dispositif parfait ne donne rien la plupart des nuits.\n\nDeuxième principe : **l'emplacement compte plus que le dispositif**. Un piège médiocre sur un passage fréquenté rend davantage qu'un piège excellent au mauvais endroit. On lit d'abord le terrain, on pose ensuite.\n\nTroisième principe : **ce qui est petit et nombreux bat ce qui est gros et rare**. Poissons, invertébrés, petits animaux se prennent régulièrement ; le gros gibier est un pari.\n\n## AGIR\n\n### Lire le terrain avant de poser\n\n1. **Cherchez les passages obligés.** Une coulée entre deux zones de végétation, un passage sous une clôture, un rétrécissement entre deux obstacles, un pont naturel sur un cours d'eau.\n2. **Cherchez les concentrations.** Les points d'eau, les zones de nourriture, les abris. Les animaux se déplacent entre ces trois choses selon des trajets réguliers.\n3. **Cherchez les traces récentes.** Empreintes, crottes, poils, végétation couchée, terriers actifs. Un passage sans trace fraîche ne sert à rien.\n4. **Posez à l'aube ou au crépuscule**, quand vous dérangez le moins.\n\n### La pêche, meilleur rendement dans la plupart des milieux\n\n**La ligne dormante** est le dispositif le plus rentable : une ligne appâtée, fixée à une branche souple ou à un piquet, laissée en place et relevée le matin. Multipliez-en le nombre plutôt que la sophistication.\n\n**Le filet ou la nasse** capturent en continu. Une nasse est un entonnoir qui laisse entrer et empêche de ressortir : c'est un principe universel, réalisable en osier, en branchages ou avec un contenant plastique dont on retourne le goulot vers l'intérieur.\n\n**Le barrage à poissons** exploite le rétrécissement d'un cours d'eau pour guider le poisson vers un piège. C'est un ouvrage, pas un geste, mais il rend pendant des semaines.\n\n**Les meilleurs moments** sont l'aube et le crépuscule, la montée des eaux après une pluie, et les zones de transition — confluents, fosses, sous-berges, obstacles immergés.\n\n**Les invertébrés aquatiques** — écrevisses, moules, larves sous les pierres — se collectent sans matériel et rendent bien. Ils se cuisent systématiquement.\n\n### Les pièges terrestres, principes communs\n\nTous reposent sur trois idées. **Un déclencheur** que l'animal actionne. **Une énergie stockée**, par un ressort de bois plié, un contrepoids ou la gravité. **Un guidage** qui l'oblige à passer là où il faut — quelques branches plantées suffisent à canaliser un animal sur un chemin choisi.\n\nLe guidage est la partie qu'on néglige et celle qui fait la différence.\n\n**Neutralisez l'odeur.** Manipulez le moins possible, frottez de terre ou passez à la fumée, et posez sans piétiner tout autour.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en déplacement.** Les pièges terrestres n'ont pas de sens : ils demandent d'être relevés. Les lignes dormantes posées le soir et relevées au matin restent compatibles avec une progression.\n\n**Vous êtes fixé.** Tout devient rentable. Un réseau de dispositifs relevés chaque matin donne un apport régulier pour une heure de travail quotidien. C'est le basculement expliqué dans [[SURV-RES-001]].\n\n**Vous n'avez ni fil ni hameçon.** Le fil se fabrique — voir [[TEC-MAT-003]]. Un hameçon se taille dans une épine, un os, du bois dur ou une languette de métal. La **gorge**, un bâtonnet effilé aux deux bouts pris dans l'appât et qui se met en travers quand le poisson tire, est plus ancienne que l'hameçon et fonctionne parfaitement.\n\n**Vous avez pris un animal.** Traitez-le immédiatement : le sang et les viscères se dégradent vite et attirent. Éloignez les déchets du campement — voir [[SURV-ANI-001]]. Cuisez à cœur systématiquement.\n\n**Vous voulez conserver.** Le séchage et le fumage transforment une prise ponctuelle en réserve : voir [[TEC-CONS-001]].\n\n**Attention à ce que vous laissez.** Un dispositif abandonné continue de capturer sans profit pour personne. On relève et on démonte ce qu'on ne relèvera plus. C'est aussi ce qui évite de signaler votre présence à distance.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-001","titre":"Se nourrir en milieu naturel","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alimentation","rendement","cueillette","calories"],"sources":["FAO/OMS/UNU — Human energy requirements","Études ethnographiques sur les rendements de subsistance des chasseurs-cueilleurs","Kelly R., The Lifeways of Hunter-Gatherers"],"corps":"::La question n'est pas de trouver à manger. C'est de trouver plus de calories que vous n'en dépensez à les chercher.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le calcul que personne ne fait\n\nToute recherche de nourriture est un investissement énergétique. On dépense pour marcher, chercher, prélever, transporter et préparer. Le rendement net est ce qui reste.\n\nUne journée de marche et de cueillette coûte facilement un millier de kilocalories. Beaucoup de ressources sauvages n'en rendent pas la moitié. **Il est parfaitement possible de s'affamer en cherchant à manger**, et c'est ce qui arrive quand on choisit les mauvaises cibles.\n\nLes besoins réels sont chiffrés dans [[TEC-ALI-001]] : de l'ordre de deux mille kilocalories par jour, davantage en effort ou par temps froid.\n\n### Le classement par densité énergétique\n\nCe classement est stable et il devrait gouverner toutes les décisions.\n\n**Les graisses** dominent tout, avec plus du double d'énergie par gramme que le reste. C'est pourquoi, dans un contexte de gibier maigre, la graisse devient la ressource critique — et pourquoi une alimentation de viande très maigre seule provoque un trouble grave, expliqué dans [[TEC-ALI-001]].\n\n**Les glucides concentrés** viennent ensuite : graines, céréales, tubercules, fruits secs, noix. Denses, transportables, conservables.\n\n**Les protéines animales** rendent bien mais coûtent cher à obtenir.\n\n**Les feuilles, pousses et végétaux verts** rendent presque rien. Ils apportent des vitamines et des minéraux, qui comptent sur la durée, mais **ils ne nourrissent pas**. C'est l'erreur la plus répandue : on ramasse ce qui est facile à identifier et abondant, et c'est précisément ce qui rend le moins.\n\n### Ce que rendent les grandes catégories\n\n**Les noix et fruits à coque** sont la meilleure cible en saison : très denses, faciles à récolter en quantité, conservables plusieurs mois. Quelques heures de récolte peuvent couvrir plusieurs jours.\n\n**Les tubercules et racines** rendent bien mais demandent de creuser, donc de l'énergie, et souvent une préparation.\n\n**Le poisson et les invertébrés aquatiques** offrent le meilleur rapport rendement sur effort dans la plupart des milieux, parce que les techniques passives fonctionnent pendant que vous faites autre chose — voir [[SURV-RES-002]].\n\n**Les insectes** sont riches en protéines et en graisses, abondants et faciles à collecter en masse dans certains milieux. C'est une ressource sérieuse, largement consommée dans le monde, et largement ignorée par réticence culturelle.\n\n**Le grand gibier** offre un rendement énorme en cas de succès et un rendement nul le reste du temps. C'est un pari coûteux, et c'est pourquoi les sociétés de chasse-cueillette tirent en réalité l'essentiel de leurs calories de la collecte, pas de la chasse.\n\n### Le facteur saison\n\nC'est le paramètre dominant, et il écrase tous les autres. Un milieu généreux en fin d'été est un milieu vide en fin d'hiver. **La disponibilité varie d'un facteur considérable au cours de l'année**, et l'écart entre ce qu'un lieu peut nourrir en août et en mars est ce qui a rendu le stockage indispensable — mécanisme décrit dans [[MEM-AGR-001]].\n\n## AGIR\n\n1. **Traitez l'eau et la chaleur d'abord.** La faim n'est pas l'urgence : voir [[URG-EAU-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n2. **Cherchez d'abord ce qui est déjà concentré.** Cultures abandonnées, jardins, vergers, silos, habitations. En milieu habité, cela rend cent fois plus que la cueillette sauvage — voir [[SURV-REC-001]].\n3. **Choisissez les cibles denses.** Noix, graines, tubercules, poisson, insectes. Ignorez les feuilles tant que l'énergie manque.\n4. **Privilégiez les techniques passives.** Un dispositif qui travaille pendant que vous dormez rend infiniment mieux qu'une recherche active.\n5. **Ne mangez que ce que vous identifiez formellement** — voir [[SURV-COM-001]].\n6. **Cuisez.** La cuisson augmente l'énergie réellement extraite, rend comestible ce qui ne l'est pas cru et tue les parasites : voir [[MEM-EVE-001]] et [[SURV-FEU-001]].\n7. **Conservez le surplus immédiatement.** Une ressource abondante un jour ne l'est plus le lendemain — voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en déplacement.** Ne cherchez pas activement. Prélevez ce qui se trouve sur votre trajet et concentrez l'énergie sur la marche et l'abri. La recherche de nourriture en mouvement a un rendement négatif.\n\n**Vous êtes fixé quelque part.** Tout change : les pièges, les lignes dormantes et un début de culture deviennent rentables parce qu'ils travaillent en votre absence. C'est le basculement décrit dans [[MEM-AGR-001]].\n\n**C'est l'hiver.** La cueillette ne donne presque rien. Les ressources restantes sont les réserves constituées, ce qui est stocké par d'autres — y compris les animaux —, les racines et l'écorce interne de quelques arbres, et la pêche. **La bonne stratégie hivernale est de réduire la dépense**, pas d'augmenter la recherche.\n\n**Vous avez plusieurs jours sans manger.** Le corps s'adapte : il puise dans ses réserves et la sensation de faim diminue après quelques jours. Les capacités physiques et le jugement se dégradent bien avant la survie — voir [[SURV-PSY-002]]. La priorité reste l'eau, la chaleur et le repos.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-059","titre":"Les sites qu'on ne fouille pas","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["sites dangereux","goiania","source radioactive","hopital abandonne","usine chimique","seveso","espace confine","gaz sans odeur","trefle radioactif"],"sources":["AIEA, The Radiological Accident in Goiânia, 1988","Géorisques, établissements Seveso et risques industriels","INRS, espaces confinés : asphyxie et intoxication"],"corps":"::En 1987, à Goiânia, au Brésil, deux hommes récupèrent un appareil de radiothérapie dans une clinique abandonnée et le revendent à un ferrailleur. Dedans, une poudre qui brille d'un bleu magnifique dans le noir : du césium radioactif. Elle passe de main en main, on s'en frotte la peau, une petite fille en mange. Quatre morts, des centaines de contaminés, des maisons rasées. Certains endroits ne se fouillent jamais.::\n\n## AGIR\n\n**On n'entre pas, on ne touche à rien, on prévient** :\n\n- **Les hôpitaux, cliniques et laboratoires abandonnés** : sources radioactives de radiothérapie et d'analyse, produits chimiques, déchets infectieux.\n- **Les usines chimiques** et les grands sites industriels classés dangereux : cuves, gaz sous pression, produits qui réagissent entre eux.\n- **Les dépôts de carburant et de gaz** : vapeurs explosives.\n- **Les stations de traitement des eaux** : bouteilles de chlore.\n- **Les coopératives agricoles** : pesticides, engrais qui explosent dans certaines conditions. Voir [[TEC-CHI-015]].\n- **Les sites militaires** : munitions et engins. Voir [[SURV-ARM-007]].\n- **Les centrales nucléaires** et tout ce qui porte le trèfle radioactif.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes qui doivent arrêter net**\n\n- **Le trèfle** noir sur fond jaune (radioactivité), les pictogrammes de danger, les plaques orange. Voir [[TEC-CHI-007]].\n- **Un objet lourd et petit** en métal, un conteneur de plomb, un cylindre sans étiquette : on ne l'ouvre pas, on ne l'emporte pas.\n- **Des animaux morts**, une végétation brûlée autour d'une flaque ou d'un bâtiment.\n- **Un malaise** en entrant : maux de tête, vertiges, souffle court.\n\n**Les espaces fermés** (cuves, fosses, caves, citernes, puits) : les gaz les plus mortels n'ont **aucune odeur**. On n'y descend pas. Celui qui va chercher un camarade effondré y reste souvent aussi. Voir [[TEC-CON-031]].\n\n## COMPRENDRE\n\nCes lieux ne sont pas dangereux parce qu'ils sont gardés, mais parce que ce qu'ils contiennent tue en silence, parfois des semaines plus tard. Aucun trésor de récupération ne vaut ce risque. Ce qu'on peut récupérer ailleurs : [[SURV-REC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-058","titre":"Récupérer sur un train","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["train","locomotive","wagons","gazole","batteries","air comprime","catenaire","marchandises dangereuses","rid"],"sources":["RID, règlement concernant le transport international ferroviaire des marchandises dangereuses","SNCF, sécurité aux abords des voies et des caténaires","Manuels techniques de locomotives diesel (réservoirs, batteries, circuit d'air)"],"corps":"::Une locomotive diesel emporte plusieurs milliers de litres de gazole, des batteries lourdes, un compresseur et des réservoirs d'air. Un train arrêté est une réserve énorme, et un piège : le fil au-dessus peut porter 25 000 volts, et l'arc électrique frappe sans qu'on le touche.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La caténaire** tue à distance. **On ne monte jamais** sur un wagon, un toit de voiture ou un pylône sous une ligne électrifiée, même si le train semble mort. Voir [[TEC-MEC-032]].\n- **Les voies** peuvent toujours servir : un train, même lent, arrive sans bruit.\n- **Les wagons de marchandises** portent des plaques orange quand la cargaison est dangereuse, comme les camions. Voir [[SURV-REC-041]].\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Sur la locomotive diesel**\n- **Le gazole** : plusieurs milliers de litres. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les batteries** : souvent en 72 ou 110 V, lourdes, à manier comme des batteries de camion.\n- **L'air comprimé** des réservoirs.\n- **Les outils**, les lampes, les extincteurs, la trousse de secours de la cabine.\n\n**Dans les voitures de voyageurs**\n- **Sièges, rideaux, couvertures**, trousses de secours, extincteurs, marteaux brise-vitre.\n- **L'eau** des réservoirs des toilettes et des lavabos (à traiter). Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Le wagon-bar** : réserves de nourriture et de boissons.\n\n**Dans les wagons de marchandises**\n- **Lire les plaques et les papiers** avant d'ouvrir quoi que ce soit.\n- **Céréales, bois, matériaux** : précieux et sans danger.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les freins** d'un wagon se desserrent quand l'air s'échappe de certains systèmes : un wagon sur une pente peut se mettre à rouler. On cale les roues avant toute intervention.\n- **Les voitures de voyageurs** font un abri collectif temporaire, loin des lignes électriques et des voies encore utilisées.\n- **Les dépôts ferroviaires** contiennent ateliers, outillage lourd, carburant : les mêmes règles s'appliquent.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-057","titre":"Récupérer sur une moto","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["moto","batterie 12 v","alternateur","chaine","cables","retroviseur","reservoir","trousse a outils","mobilite"],"sources":["Revue Moto Technique (ETAI), manuels d'atelier","Code de la route, catégories de permis moto"],"corps":"::Une moto consomme deux à trois fois moins qu'une voiture et passe par des chemins où aucune voiture ne va. Quand elle ne roule plus, elle cache une batterie, un petit alternateur, une chaîne, des câbles de commande, un miroir qui fait un parfait signal de détresse, et souvent une trousse à outils sous la selle.::\n\n## La garder en état de rouler\n\nUne moto qui démarre est d'abord un moyen de transport : léger, économe, agile. Voir [[TEC-MEC-030]]. Avec des sacoches et un porte-bagages, elle porte plus qu'on ne croit ; une moto tout-terrain passe les pistes, les sentiers larges, les gués peu profonds.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## Ce qu'on récupère\n\n- **La batterie 12 V**, petite : une lampe, une radio, un chargeur USB. Voir [[SURV-REC-045]].\n- **L'essence** du réservoir, souvent 10 à 20 litres. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **La trousse à outils** sous la selle : clés, tournevis, parfois une clé à bougie.\n- **Les câbles** de frein, d'embrayage, d'accélérateur : des commandes à distance, des haubans légers, des liens. Voir [[SURV-REC-046]].\n- **La chaîne et les pignons** : une transmission pour un vélo générateur, une pompe, un treuil de fortune. Voir [[TEC-MEC-028]].\n- **Les rétroviseurs** : miroirs de signalisation. Voir [[SIG-COM-013]].\n- **Le phare** à LED, les clignotants, les fils.\n- **Les pneus et chambres à air** : sandales, élastiques, joints. Voir [[SURV-REC-047]].\n- **La bougie**, le carburateur, les durites.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une moto remisée longtemps** : essence vieille, carburateur encrassé, batterie à plat. Souvent, un nettoyage et une batterie la font repartir. Voir [[TEC-MEC-021]].\n- **Le casque**, même en crise : la tête ne se répare pas.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-056","titre":"Un abri de protection, filtres et ventilation","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["abri","bunker","filtres","ventilation manuelle","surpression","protection civile","suisse","charbon actif","bunkers militaires"],"sources":["Office fédéral de la protection de la population (Suisse), abris de protection civile","Kearny C.H., Nuclear War Survival Skills, Oak Ridge National Laboratory, 1987","Direction générale de la sécurité civile, confinement et mise à l'abri"],"corps":"::La Suisse oblige depuis les années 1960 à prévoir une place d'abri protégé pour chaque habitant, dans les caves des immeubles et des maisons. Un abri ne tient pas grâce à ses murs épais seulement, mais grâce à son air : des filtres, un ventilateur qu'on peut tourner à la main, une légère surpression qui empêche les poussières d'entrer.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La ventilation** : un ventilateur, électrique et à manivelle, fait entrer l'air par des **filtres** : un filtre à particules pour les poussières (radioactives ou autres), puis du **charbon actif** pour certains gaz.\n- **La surpression** : l'abri est légèrement gonflé d'air filtré, l'air sort par des clapets, et l'air sale ne rentre pas par les fissures.\n- **Les réserves** : eau, nourriture, toilettes sèches, lumière, radio, couchettes.\n\nVoir [[TEC-CON-009]] pour l'abri lui-même.\n\n## AGIR\n\n**Utiliser un abri existant**\n\n- **Vérifier la ventilation** avant d'en avoir besoin : elle tourne, les filtres sont en place, les clapets bougent.\n- **Les filtres ont une durée** : dates notées, stockés fermés. Un filtre à charbon exposé à un gaz toxique doit être remplacé.\n- **Ne jamais boucher** les entrées et sorties d'air, ni désactiver la surpression.\n- **L'eau** : réservoirs pleins et renouvelés. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **Le calme et l'organisation** : tours de ventilation à la main, de repos, de veille. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Sans abri équipé**\n\n- **La pièce la plus au centre** et la plus basse du bâtiment, fenêtres calfeutrées, ventilation coupée pour un nuage toxique ; pour des retombées radioactives, voir [[SURV-CRI-015]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les vieux bunkers militaires** et ouvrages abandonnés : effondrements, eau, air vicié, munitions oubliées. On n'y entre pas. Voir [[SURV-ARM-007]] et [[SURV-MIL-013]].\n- **Le gaz carbonique** monte vite à plusieurs dans un espace fermé : maux de tête, souffle court, somnolence. On ventile.\n- **Un accident chimique** : se confiner, couper la ventilation, attendre la fin de l'alerte. Voir [[SURV-CRI-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-055","titre":"Récupérer les bâches et panneaux publicitaires","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["baches publicitaires","toit","abri","pvc","panneau lumineux","led","plexiglas","tubes fluorescents","mercure"],"sources":["HCR, spécifications des bâches plastiques pour les abris d'urgence","US Army Corps of Engineers, Operation Blue Roof","ADEME, tubes fluorescents et mercure (filière des déchets électriques)"],"corps":"::Les grandes bâches publicitaires tendues sur les façades et les panneaux sont en toile polyester enduite de PVC : imperméables, très résistantes, grandes comme un toit. Après les ouragans et les séismes, elles finissent souvent sur les maisons éventrées ou en murs d'abris. Un panneau lumineux, lui, contient des LED, des alimentations et des plaques transparentes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La bâche publicitaire** : plusieurs dizaines de mètres carrés d'une toile qui tient des années dehors, avec des œillets sur les bords.\n- **Les panneaux lumineux** : modules LED en 12 ou 24 V, alimentations, cadres en aluminium, plaques de plexiglas, parfois des tubes fluorescents.\n- **Les panneaux déroulants** : moteurs, rouleaux, engrenages.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Les bâches**\n\n- **Un toit d'urgence** : par-dessus le faîtage, les bords roulés autour de lattes vissées. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Un abri** pour un groupe, des murs de tente, un sol étanche.\n- **La récupération d'eau de pluie** sur de grandes surfaces. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Des fonds de bassin**, des protections de réserves, des bâches de chantier.\n- **Découpées**, elles font des sacs, des tabliers, des housses étanches.\n\n**Les panneaux lumineux**\n\n- **Les modules LED et leurs alimentations** : éclairage d'un abri, d'un atelier, sur batterie. Voir [[TEC-ELN-004]].\n- **Les plaques de plexiglas** : vitres de serre, de châssis, de fenêtres de fortune. Voir [[TEC-AGR-011]].\n- **Les cadres en aluminium** : structures légères.\n\n## ADAPTER\n\n- **En hauteur** : les panneaux sur mâts et les bâches de façade se démontent avec un harnais, jamais seul. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Le courant** : couper l'alimentation avant de toucher un panneau lumineux.\n- **Les tubes fluorescents** contiennent du mercure : ne pas les casser, les rapporter.\n- **Le PVC** ne se brûle jamais. Voir [[TEC-MAT-011]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-054","titre":"Récupérer sur un autocar ou un bus","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["autocar","bus","evacuation","katrina","batteries 24 v","gazole","marteau brise-vitre","sieges","abri collectif"],"sources":["Congrès des États-Unis, A Failure of Initiative : rapport sur la réponse à l'ouragan Katrina, 2006","Manuels des constructeurs d'autocars (circuit d'air, réseau 24 V)","INRS, gaz d'échappement en espace clos"],"corps":"::En 2005, pendant l'ouragan Katrina, des dizaines d'autobus scolaires de La Nouvelle-Orléans sont restés garés sur leur parking, puis ont été noyés, alors que des dizaines de milliers d'habitants sans voiture ne pouvaient pas partir. Un autocar, c'est cinquante places pour évacuer, et à l'arrêt, un abri collectif chauffé, éclairé, avec ses propres batteries et son carburant.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les autocars** portent des centaines de litres de gazole, un réseau électrique de **24 V**, un circuit d'**air comprimé** pour les freins et les portes, des soutes à bagages.\n- **À l'intérieur** : sièges, rideaux, éclairage, chauffage, trousse de secours, extincteurs, **marteaux brise-vitre**.\n- **Le plus précieux**, souvent, c'est de s'en servir pour ce à quoi il est fait : transporter beaucoup de gens.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Évacuer**\n\n- **Dans un plan d'évacuation**, les autocars et leurs chauffeurs sont la première ressource de ceux qui n'ont pas de voiture : personnes âgées, malades, familles. Voir [[SURV-CRI-004]].\n- **Un permis de transport en commun** est exigé pour les conduire ; en crise, on cherche d'abord les chauffeurs.\n\n**Abriter**\n\n- **Un abri collectif** temporaire : sièges, rideaux, lumière.\n- **Chauffer avec le moteur** seulement **par intermittence**, pot d'échappement dégagé, vitres entrouvertes : le monoxyde de carbone s'accumule. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Récupérer**\n\n- **Les batteries 24 V**, le gazole, l'éclairage. Voir [[SURV-REC-045]] et [[SURV-REC-041]].\n- **Les marteaux brise-vitre** : un outil à garder dans chaque voiture. Voir [[URG-VEH-001]].\n- **La trousse de secours et les extincteurs.** Voir [[SURV-REC-050]].\n- **Les sièges** : mousse et tissu pour des couchages.\n- **Les vitres** sont souvent en verre trempé : elles éclatent en morceaux et ne se découpent pas. Voir [[TEC-MAT-014]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les freins à air** : un car dont le circuit est vide a les roues bloquées ; un car qu'on débloque sans savoir peut se mettre à rouler. On cale les roues.\n- **Ne jamais dormir** dans un car moteur tournant.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-053","titre":"Récupérer sur une télévision","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["television","ecran plat","bandes led","alimentation","lentille de fresnel","retroprojecteur","tube cathodique","haut-parleurs"],"sources":["The Restart Project, démontage et réparation des téléviseurs","ADEME, déchets d'équipements électriques et électroniques (tubes cathodiques et plomb)","Hecht E., Optics, 5e édition, Pearson, 2016 (lentilles de Fresnel)"],"corps":"::Les vieilles télévisions à rétroprojection cachent derrière leur écran une grande lentille de Fresnel, fine comme une feuille. Posée face au soleil, elle concentre la lumière en un point qui fait fondre l'aluminium et enflamme le bois en une seconde. Une télévision jetée contient aussi des mètres de LED, une alimentation et des haut-parleurs.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les écrans plats LCD** sont éclairés par l'arrière par des **bandes de LED**, derrière des feuilles de diffusion et de réflexion.\n- **Leur alimentation** sort des tensions continues (souvent 12 V et 24 V) : une alimentation d'atelier si on sait lire ses indications.\n- **Les vieux téléviseurs à tube** gardent une très haute tension et contiennent du verre au plomb : **on ne les ouvre pas**.\n- **Les écrans plasma** ont aussi des tensions élevées : prudence.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Démonter un écran plat**\n\n1. **Débrancher** et attendre plusieurs heures : les condensateurs se déchargent.\n2. **Dévisser le dos**, photographier chaque étape.\n3. **Récupérer** : les bandes de LED (on vérifie leur tension avant de les brancher), l'alimentation, les haut-parleurs, le récepteur infrarouge, les câbles, la visserie, le cadre métallique.\n4. **La dalle** elle-même est fragile et peu utile ; ses feuilles de diffusion font de beaux panneaux lumineux avec les LED.\n\n**La lentille de Fresnel** (rétroprojecteurs)\n\n- **Un four solaire** qui cuit, fond, stérilise. Voir [[TEC-ALI-025]].\n- **Un allume-feu** instantané. Voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Dangereuse** : jamais regarder le point lumineux sans lunettes de soleil sombres, jamais la laisser au soleil sans surveillance (elle allume des incendies), la couvrir quand on ne s'en sert pas.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les condensateurs** de l'alimentation : voir [[TEC-ELN-014]].\n- **Le reste** part en déchetterie, dans la filière des appareils électriques.\n- **Une télévision qui marche** reste une bonne source d'information si l'antenne et l'émetteur fonctionnent encore. Voir [[SIG-COM-012]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-052","titre":"Récupérer sur un chantier et un engin de chantier","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chantier","engins","gazole","batteries 24 v","tranchee","ensevelissement","bungalow","fers a beton","amiante"],"sources":["INRS, engins de chantier : prévention des risques","OPPBTP, risques d'ensevelissement dans les tranchées","INRS, amiante : repérage et risques"],"corps":"::Un mètre cube de terre pèse environ une tonne et demie. Quand la paroi d'une tranchée s'effondre sur quelqu'un, il suffit qu'elle lui arrive à la poitrine pour qu'il ne puisse plus respirer. Un chantier abandonné est une caverne d'Ali Baba de matériaux, de carburant et d'outils, et un terrain plein de pièges.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les engins** (pelleteuses, chargeuses, bouteurs) portent des centaines de litres de gazole et d'huile hydraulique, deux grosses batteries de 24 V, des phares puissants.\n- **Le chantier** lui-même : bungalows, cuves d'eau et de carburant, groupes électrogènes, échafaudages, contreplaqué de coffrage, fers à béton, sacs de ciment, sable, gravier, outils à main.\n- **Les dangers** : tranchées et trous, charges suspendues, bras d'engin, matériaux instables, amiante dans les démolitions.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Ce qu'on récupère**\n\n- **Le carburant** et l'huile. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les batteries** et l'éclairage. Voir [[SURV-REC-045]].\n- **Les bungalows** : des abris isolés, parfois équipés de chauffage et de sanitaires.\n- **Le contreplaqué et les bastaings** : planchers, murs, abris, meubles.\n- **Les fers à béton** : piquets, grilles, tuteurs, armatures. Voir [[TEC-CHI-010]].\n- **Le ciment, le sable, le gravier** : réparer, construire. Le ciment prend l'humidité : on le stocke au sec.\n- **Les outils** : pelles, pioches, barres à mine, brouettes, niveaux.\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais descendre** dans une tranchée de plus d'un mètre trente dont les parois ne sont pas étayées. Voir [[TEC-CON-024]].\n- **Ne jamais passer** sous un godet levé ou une charge suspendue : l'hydraulique peut lâcher. Voir [[TEC-MEC-033]].\n- **Conduire un engin** sans formation, c'est risquer de le renverser ou d'écraser quelqu'un.\n- **Les chantiers de démolition** de bâtiments anciens peuvent contenir de l'**amiante** (plaques fibreuses grises, flocages, dalles) : on n'y touche pas, on ne casse rien.\n- **Les puits, regards et fosses** ouverts : on les couvre ou on les signale pour les autres.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-051","titre":"Récupérer un parachute et une voile","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["parachute","paracorde","suspentes","voile","nylon","tarp","abri","hamac","signal","couture"],"sources":["US Army, spécification MIL-C-5040, cordelette de parachute type III (550 livres)","US Army, FM 21-76 Survival, utilisations du parachute","Les Glénans, Le Cours des Glénans (entretien et réparation des voiles)"],"corps":"::La cordelette qu'on appelle paracorde vient des suspentes des parachutes américains de la Seconde Guerre mondiale : sept brins intérieurs dans une gaine, 550 livres de résistance, soit environ 250 kg. Les parachutistes découpaient leur voilure après le saut pour tout faire avec. Un parachute ou une vieille voile de bateau, c'est des dizaines de mètres carrés de tissu solide et des centaines de mètres de corde.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Une voilure de parachute** : 50 à 80 m² de nylon léger et solide, souvent coloré, et des dizaines de suspentes.\n- **Une voile de bateau** : un tissu plus épais et très résistant, des œillets, des ralingues (cordages cousus sur les bords), et tous les cordages du bateau.\n- **Le nylon** fond au contact des étincelles et s'use au soleil.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**La toile**\n\n- **Un abri** : tendue sur une corde entre deux arbres, en tente ou en auvent. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Un hamac** : le tissu plié en plusieurs épaisseurs, noué aux deux bouts.\n- **Un récupérateur d'eau de pluie** : tendue en entonnoir au-dessus d'un récipient. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Un signal** : étalée en plein soleil sur une clairière, en couleur vive. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Une couche isolante** dans le couchage, en plusieurs épaisseurs.\n- **Des sacs**, des bandes, des vêtements de fortune, cousus. Voir [[TEC-MAT-005]].\n\n**Les cordes**\n\n- **Les suspentes** : des dizaines de mètres de cordelette. Pour des usages légers, on peut séparer les brins intérieurs : fil de pêche, fil à coudre, lacets, collets. Voir [[SURV-RES-006]].\n- **Les cordages d'une voile** : haubans d'abri, charges lourdes. Voir [[SURV-NOE-001]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le feu** : jamais de toile synthétique près des flammes ; les braises la trouent. Voir [[SURV-FEU-001]].\n- **Les nœuds** glissent sur le nylon lisse : doubler les nœuds, ou en choisir qui tiennent.\n- **Coudre la voile** : une aiguille de voilier et une paumelle (une sorte de dé à coudre en cuir) pour traverser plusieurs épaisseurs.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-050","titre":"Récupérer et vérifier un extincteur","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["extincteur","classes de feu","poudre","co2","eau","mousse","manometre","couverture anti-feu","verification"],"sources":["INRS, les extincteurs : choix et utilisation","Norme NF EN 3, extincteurs d'incendie portatifs","Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, utiliser un extincteur"],"corps":"::Un extincteur à poudre de 6 kg se vide en une quinzaine de secondes. S'il est vide, périmé ou inadapté au feu, ces quinze secondes ne servent à rien. Dans les bâtiments abandonnés, il y en a dans chaque couloir : encore faut-il savoir lesquels valent la peine d'être emportés.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Le bon extincteur pour le bon feu**, écrit en lettres sur l'étiquette :\n\n- **A** (bois, papier, tissu) : eau, mousse, poudre ;\n- **B** (essence, huile, solvants) : mousse, poudre, CO2 ;\n- **C** (gaz) : d'abord fermer le robinet, puis la poudre ;\n- **F** (huile de friture) : extincteur spécial, ou couverture anti-feu ;\n- **appareils électriques** : CO2 ou poudre, jamais d'eau.\n\nLa **poudre ABC** couvre la plupart des feux d'une maison ou d'un véhicule.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Vérifier avant de le prendre**\n\n- **Le manomètre** dans le vert (pour les extincteurs qui en ont un).\n- **La goupille et le scellé** en place : jamais utilisé.\n- **Pas de rouille**, de coup, de tuyau fendu.\n- **Le poids** : un extincteur à CO2 n'a pas de manomètre, on le pèse ou on le soupèse par rapport à un autre.\n- **L'étiquette** de la dernière vérification.\n\n**Où les garder**\n\nUn près de la cuisine, un dans la voiture, un à l'atelier, un près du poêle, et une **couverture anti-feu** dans la cuisine. Voir [[TEC-CON-011]].\n\n**S'en servir** : [[URG-INC-002]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Une poêle d'huile en feu** : jamais d'eau. On coupe le feu, on pose un couvercle ou la couverture, et on attend. Voir [[URG-INC-001]].\n- **Un extincteur vide** reste une bouteille sous pression : on ne le remplit ni ne le repressurise soi-même.\n- **La poudre** irrite les yeux et les poumons : on aère et on nettoie après usage.\n- **Le CO2** refroidit très fort le diffuseur (brûlure par le froid) et chasse l'oxygène d'une petite pièce : on sort après avoir éteint.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-049","titre":"Fabriquer une charrette ou une remorque","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["charrette","brouette","remorque velo","roues de velo","essieu","charge","transport","brouette chinoise"],"sources":["Needham J., Science and Civilisation in China, volume 4, partie 2 (la brouette chinoise)","Practical Action, moyens de transport intermédiaires"],"corps":"::En Chine, il y a près de deux mille ans, on a inventé une brouette dont la grande roue est au milieu, sous la charge : l'homme ne porte presque rien, il se contente de tenir l'équilibre et de pousser. Une charrette, c'est la même idée : faire porter la charge par les roues, pas par le dos. Avec deux roues de vélo et quelques planches, on déplace cinq fois plus que sur son dos.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La charge doit reposer sur l'essieu**, un peu en avant pour une charrette à bras : les mains ne font que guider et tirer. Une charge trop en avant écrase les bras, trop en arrière soulève le timon.\n- **Les roues de vélo** portent bien le poids vers le bas, mais **supportent mal les efforts de côté** : pas de virages serrés chargé, et une charge raisonnable, de l'ordre de 50 à 100 kg par roue.\n- **Les roues gonflées** roulent bien mieux sur les chemins que les roues pleines, mais crèvent.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**La charrette à bras**\n\n1. **Deux roues de vélo** (les roues avant, plus simples, avec leur axe), ou deux roues de poussette, de brouette, de tondeuse.\n2. **Un cadre** en bois (palettes, chevrons) ou en tubes, assez large pour la stabilité.\n3. **Les axes** des roues fixés sous le cadre avec des pattes percées, serrés par leurs écrous.\n4. **Un timon** ou deux bras pour tirer, à hauteur de hanche.\n5. **Des ridelles** (petits côtés) et des points d'attache pour les sangles.\n\n**La remorque de vélo**\n\nMême principe, avec un timon qui s'attache sous la selle ou à l'axe de la roue arrière par une articulation souple (un morceau de pneu, une rotule). Pour les enfants, un siège et une ceinture ; pour le matériel, une caisse fermée. Voir [[SURV-DEP-012]].\n\n**La brouette** : une roue devant, deux bras, deux pieds. Pour le jardin et les chantiers.\n\n## ADAPTER\n\n- **Graisser** les axes et vérifier les écrous à chaque étape. Voir [[TEC-MEC-027]].\n- **Une chambre à air de rechange** et des rustines.\n- **En descente**, retenir la charrette par l'arrière, ou y attacher une corde.\n- **Transporter un blessé** : [[URG-SEC-006]].\n\nLes palettes : [[SURV-REC-034]]. Fabriquer un vélo : [[SURV-REC-022]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-048","titre":"Bouteilles et bidons en plastique","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["bouteilles plastique","bidons","sodis","desinfection solaire","lampe bouteille","goutte a goutte","entonnoir","corde","jerrican"],"sources":["EAWAG, SODIS : désinfection solaire de l'eau, guide","Organisation mondiale de la santé, traitement de l'eau à domicile","Liter of Light, éclairage solaire par bouteilles"],"corps":"::Au Brésil, en 2002, un mécanicien a eu l'idée d'enfoncer dans son toit de tôle une bouteille pleine d'eau, avec un peu d'eau de Javel : en plein jour, elle diffuse la lumière du soleil dans la pièce comme une ampoule. Des centaines de milliers de maisons sans électricité en sont aujourd'hui équipées. Une bouteille vide est rarement un déchet.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les bouteilles d'eau en PET** (code 1) sont transparentes, légères et assez solides ; elles supportent mal la chaleur.\n- **Les bidons en PEHD** (code 2) sont épais, opaques, résistants : les meilleurs pour stocker. Voir [[TEC-MAT-011]].\n- **Un bidon qui a contenu un produit chimique ou du carburant** ne contiendra plus jamais d'eau à boire.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Désinfecter l'eau au soleil (méthode SODIS)**\n\n1. Une bouteille **transparente** en PET, propre, de 2 litres au plus, sans étiquette.\n2. La remplir d'une eau **claire** (filtrer d'abord si elle est trouble).\n3. La poser couchée **au plein soleil**, sur une tôle ou un toit, **six heures**, ou deux jours s'il fait nuageux.\n\nLes ultraviolets et la chaleur tuent la plupart des microbes. Ça ne retire ni la boue ni les produits chimiques. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**La lampe bouteille**\n\nUne bouteille pleine d'eau et d'un bouchon d'eau de Javel, enfoncée à mi-hauteur dans un trou du toit et étanchéifiée : de jour, elle éclaire la pièce.\n\n**Au jardin**\n\n- **Une cloche** sur un jeune plant : la bouteille coupée en deux. Voir [[TEC-AGR-011]].\n- **Le goutte-à-goutte** : une bouteille percée de petits trous, enterrée près d'une plante et remplie d'eau. Voir [[TEC-AGR-008]].\n\n**Autres usages**\n\n- **Un entonnoir**, une **pelle**, une **écope** : le haut d'un bidon découpé.\n- **Une nasse à poissons** : [[SURV-RES-006]].\n- **Un flotteur** : plusieurs bouteilles fermées, attachées ensemble. Voir [[SURV-DEP-010]].\n- **De la corde** : une bouteille découpée en spirale donne une bande de plastique solide, qui se resserre en chauffant.\n\n## ADAPTER\n\n- **Stocker de l'eau** : bidons alimentaires propres, à l'ombre, étiquetés. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **Les bidons de carburant** : couleur à part et étiquette, pour ne jamais les confondre. Voir [[TEC-ENE-020]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-047","titre":"Récupérer sur des pneus","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pneus","caoutchouc","sandales","murs en pneus","earthship","moustique tigre","incendie de pneus","jardinieres"],"sources":["Reynolds M., Earthship, volume 1: How to Build Your Own, 1990","Ministère de l'Environnement de l'Ontario, incendie de pneus de Hagersville, 1990","Santé publique France, moustique tigre et gîtes larvaires"],"corps":"::Au Nouveau-Mexique, depuis les années 1970, des maisons entières sont bâties avec des murs de vieux pneus remplis de terre damée : épais, lourds, ils gardent la chaleur du jour pour la nuit. Un pneu met des siècles à disparaître. Autant qu'il serve.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un pneu** : du caoutchouc très résistant à l'usure, des nappes de fils d'acier et de textile. Une voiture en porte cinq, un camion une dizaine et plus.\n- **Il ne se décompose pas**, et **brûle très mal** : fumée noire, toxique, impossible à éteindre. En 1990, au Canada, un dépôt de pneus a brûlé dix-sept jours.\n- **Il retient l'eau de pluie**, où les moustiques pondent : le commerce mondial des pneus usagés a répandu le moustique tigre sur plusieurs continents.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Découper** : un couteau très affûté, mouillé à l'eau savonneuse, et de la patience. Une scie à métaux pour les parties avec fils d'acier.\n\n**Ce qu'on en fait**\n\n- **Des semelles et des sandales** inusables, découpées dans la bande de roulement. Voir [[TEC-MAT-012]].\n- **Des bandes de caoutchouc** : charnières de portillon, joints, patins anti-vibrations, butées, protections de quai.\n- **Des murs et des soutènements** : pneus posés en quinconce, remplis de terre tassée à la masse. Solides, mais il faut les couvrir pour les protéger du soleil.\n- **Des bacs** pour les fleurs, le compost, l'eau des animaux.\n- **Des poids** et des contrepoids, lestés de terre ou de béton.\n- **Les chambres à air** : [[TEC-MAT-011]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Percer** les pneus stockés dehors pour que l'eau s'écoule : pas d'eau, pas de moustiques. Voir [[URG-PIQ-001]].\n- **Les cultures qu'on mange** : un pneu peut relâcher du zinc et d'autres polluants dans la terre. On préfère un vrai bac pour les légumes.\n- **Jamais de pneu dans le feu**, même pour l'allumer.\n- **Réparer un pneu** en service : [[SURV-REC-024]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-046","titre":"Récupérer sur des câbles","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cables","cuivre","fil electrique","cable d'acier","coaxial","ethernet","ligature","antenne","vol de cables","electrocution"],"sources":["NF C 15-100, sections des conducteurs","SNCF Réseau, vols de câbles et risques d'électrocution","ADEME, brûlage des déchets et émissions de dioxines"],"corps":"::Chaque année, des voleurs de cuivre meurent électrocutés en coupant un câble qu'ils croyaient mort, le long d'une voie ferrée ou d'une ligne électrique. Un câble tombé ou abandonné peut toujours être sous tension. Mais un câble sûr, récupéré dans une maison démolie ou un appareil jeté, sert à cent choses.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le fil électrique en cuivre** : rigide (un seul brin) pour les installations, souple (plein de brins fins) pour les rallonges et les appareils. En maison, 1,5 mm² pour l'éclairage, 2,5 mm² pour les prises. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Le câble d'acier** (haubans, câbles de frein de vélo, élingues) : très résistant à la traction.\n- **Le câble coaxial** (antenne de télévision) : pour les antennes radio.\n- **Le câble réseau** : huit petits fils de cuivre, parfaits pour les petites réparations.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Ne couper que ce qui est sûr**\n\n- Uniquement des câbles **débranchés de leurs deux côtés**, et qu'on a vérifiés au testeur.\n- **Jamais** une ligne aérienne, un câble enterré, un câble de voie ferrée, un câble dans un bâtiment dont on ne connaît pas le tableau électrique.\n\n**Ce qu'on en fait**\n\n- **Du fil de ligature** : attacher, réparer, fixer, tendre une clôture, ligaturer un manche.\n- **Des antennes** radio : un long fil de cuivre tendu en hauteur. Voir [[SIG-COM-015]].\n- **Des électroaimants**, des bobines, une petite génératrice.\n- **Des câbles de frein de vélo** : poulies, commandes à distance, haubans légers.\n- **Des câbles d'acier** : haubans de mât, tyroliennes de charge (jamais pour des personnes sans matériel certifié).\n\n**Dénuder** au couteau ou à la pince à dénuder. Pour de grosses quantités de cuivre, on retire la gaine à la lame.\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais brûler** les gaines pour récupérer le cuivre : c'est interdit, et la fumée du PVC est toxique. Voir [[TEC-MAT-011]].\n- **Un câble électrique récupéré** pour une installation doit être en bon état, de la bonne section, sans entaille dans l'isolant.\n- **Réparer un câble, une prise** : [[SURV-REC-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-045","titre":"Récupérer sur un onduleur et une batterie de secours","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["onduleur","batterie plomb","agm","batterie externe","booster","eclairage de securite","baes","tension","recharge"],"sources":["Battery University, batteries au plomb et au lithium","Norme NF C 71-800, blocs autonomes d'éclairage de sécurité","INRS, charge des batteries au plomb : risques"],"corps":"::Derrière presque chaque ordinateur de bureau et chaque caisse de magasin se cache un onduleur avec une ou plusieurs batteries au plomb de 12 V. Et au-dessus de chaque porte de sortie d'un bâtiment public, un petit boîtier vert contient des accus et des LED : l'éclairage de secours. Des centaines de petites batteries attendent qu'on les recharge.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les onduleurs de bureau** contiennent des batteries au plomb étanches (souvent 12 V, 7 à 9 Ah), faciles à recharger avec un chargeur de voiture ou un régulateur solaire.\n- **L'onduleur lui-même** est un petit convertisseur fait pour tenir quelques minutes : il chauffe s'il travaille longtemps. Voir [[TEC-ENE-025]].\n- **Les batteries externes** de téléphone contiennent des cellules lithium et un circuit qui sort du 5 V : on s'en sert telles quelles.\n- **Les boosters de démarrage** au lithium sortent du 12 V : lampes, pompe, radio.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Tester une batterie au plomb de 12 V** au multimètre, au repos :\n\n| Tension | État |\n|---|---|\n| 12,6 V et plus | pleine |\n| 12,2 V | à moitié |\n| 11,8 V | vide |\n| moins de 10,5 V | probablement morte |\n\nUne batterie à plat depuis longtemps se **sulfate** ; une charge lente sur plusieurs jours la ramène parfois.\n\n**Les assembler**\n\n- **En parallèle** (plus avec plus, moins avec moins), des batteries **de même type et même âge** : plus d'autonomie, toujours 12 V.\n- **Un fusible** sur chaque batterie, près de la borne. Voir [[TEC-ENE-016]].\n\n**L'éclairage de secours** des bâtiments : accus et LED, à récupérer pour de petites lampes rechargeables.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le plomb** : acide, lourd, et de l'hydrogène en charge. Charger dehors ou dans un lieu aéré, sans flamme.\n- **Le lithium** gonflé, percé ou chaud : on ne l'utilise plus. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **Les batteries mortes** se rapportent en déchetterie : le plomb et le lithium empoisonnent les sols.\n\nLes batteries en général : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-044","titre":"Récupérer sur un vieux téléphone","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vieux telephone","smartphone","hors ligne","gps","bibliotheque","batterie","module de charge","macro","chargeurs"],"sources":["The Restart Project, guides de réparation et de réemploi","iFixit, guides de démontage","Sénat, rapport d'information sur l'inventaire et le devenir des téléphones usagés"],"corps":"::Des dizaines de millions de vieux téléphones dorment dans les tiroirs, en France seulement. Sans carte SIM, un smartphone reste une lampe, un appareil photo, un GPS, une bibliothèque, un dictaphone et une radio. Avant de le démonter, on le rallume.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le GPS** fonctionne sans carte SIM ni forfait. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- **Le WiFi** fonctionne sans carte SIM : le téléphone peut lire une bibliothèque sur un réseau local. Voir [[TEC-ELN-011]].\n- **Une batterie fatiguée** tient encore des heures si l'appareil reste en mode avion.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Le garder entier**\n\n- **Une bibliothèque de poche** : encyclopédie, fiches, livres, cartes hors ligne. Voir [[TEC-ELN-012]].\n- **Un GPS de secours** dans le sac, chargé, éteint.\n- **Un appareil photo** pour documenter : papiers, blessures, dégâts, stocks.\n- **Un dictaphone**, un réveil, une calculatrice, une lampe, une loupe.\n- **Une caméra de surveillance** : des applications transforment un vieux téléphone en caméra sur le WiFi.\n\n**Le démonter**\n\n- **La batterie** : 10 à 15 Wh. Avec un petit module de charge et de protection à quelques euros, elle alimente une lampe LED ou un petit montage. Jamais utilisée nue, jamais percée. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **L'objectif de l'appareil photo** : posé devant l'objectif d'un autre téléphone, il fait une loupe très puissante, presque un microscope.\n- **Le vibreur**, le haut-parleur, le micro, les aimants, les petites vis.\n\n**Les vrais trésors** : **les chargeurs et les câbles**. Le jour où l'on n'en trouve plus, ce sont eux qui manquent.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les données** : récupérer ses photos, puis effacer le téléphone avant de le donner.\n- **Les métaux précieux** qu'il contient sont en quantités infimes : les extraire demande des acides dangereux. Ça ne vaut pas le coup.\n- **Réparer** plutôt que jeter : [[TEC-ELN-018]]. Comment il marche : [[TEC-ELN-017]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-043","titre":"Récupérer sur une machine à laver","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["machine a laver","lave-linge","tambour inox","moteur","pompe de vidange","electrovanne","contrepoids","brasero","generatrice"],"sources":["Piggott H., A Wind Turbine Recipe Book, 2014 (génératrices à aimants permanents)","The Restart Project, démontage et réparation de l'électroménager","ADEME, filière des déchets d'équipements électriques et électroniques"],"corps":"::Le tambour en inox d'une machine à laver, percé de centaines de trous, fait un brasero qui tire parfaitement. Son moteur, sur les modèles à entraînement direct, fait une génératrice d'éolienne que des bricoleurs du monde entier utilisent. Une machine morte au bord du trottoir, c'est une journée de démontage et un coffre de pièces.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne machine à laver contient **un moteur**, **une pompe**, **des électrovannes**, **un tambour en inox**, **des blocs de béton** comme contrepoids, des ressorts, des amortisseurs, des courroies, des tuyaux et une carte électronique.\n\n## AGIR\n\n1. **Débrancher**, fermer l'arrivée d'eau, vider l'eau restante par le petit filtre en bas.\n2. **Ôter le dessus** (deux vis à l'arrière), puis la façade.\n3. Photographier chaque étape, ranger les vis par pièce.\n\n**Ce qu'on garde**\n\n- **Le tambour inox** : brasero, fumoir, composteur rotatif, bac, grille. Voir [[SURV-REC-035]].\n- **Le moteur** : un moteur universel à balais sur les modèles anciens ; un **moteur à aimants** sur les modèles à entraînement direct, excellent en génératrice lente. Voir [[TEC-ENE-017]] et [[TEC-ELN-015]].\n- **La pompe de vidange** : une petite pompe 230 V pour vider, transvaser, arroser.\n- **Les électrovannes** : des robinets commandés électriquement, pour un arrosage automatique.\n- **Les blocs de béton** : lests, ancrages, contrepoids.\n- **Les courroies, poulies, ressorts, amortisseurs, tuyaux et colliers.** Voir [[TEC-MEC-028]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le condensateur** du moteur peut garder une charge : ne pas toucher ses bornes. Voir [[TEC-ELN-014]].\n- **Le poids** : une machine pèse 60 à 80 kg, un bloc de béton une vingtaine. Soulever avec les jambes, à deux. Voir [[TEC-MEC-018]].\n- **Le lave-vaisselle** donne une cuve inox, des pompes, une résistance chauffante et des paniers.\n- **Le reste** part en déchetterie, dans la filière des appareils électriques.\n\nLe frigo : [[SURV-REC-036]]. Le micro-ondes : [[SURV-REC-031]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-042","titre":"Récupérer sur un camping-car","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camping-car","caravane","batterie cellule","panneau solaire","frigo trimixte","gaz","reservoir d'eau","chauffage","abri"],"sources":["Norme EN 1646, véhicules habitables de loisirs : camping-cars","Norme EN 1949, installations de gaz de pétrole liquéfié dans les véhicules habitables","Fédération française de camping et de caravaning, guides techniques"],"corps":"::Un camping-car est une petite maison autonome : batterie et panneau solaire, réserve d'eau, gaz, chauffage, cuisine, lits. Et son frigo fonctionne souvent au gaz : il garde les aliments au froid sans une goutte d'électricité. En crise, c'est un abri tout équipé, ou une mine de pièces.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La batterie cellule** (souvent 100 à 200 Ah en 12 V), séparée de celle du moteur, rechargée par le **panneau solaire** du toit, par l'alternateur en roulant ou par le secteur.\n- **Le frigo à absorption** « trimixte » : il marche au 12 V, au 230 V **ou au gaz**.\n- **Le réservoir d'eau propre** de 100 à 150 litres, et les réservoirs d'eaux usées.\n- **Le chauffage** au gaz ou au gazole, avec sa propre évacuation.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**L'utiliser comme abri**\n\n- **Garé à plat**, à l'abri du vent, pas dans une zone inondable.\n- **Le chauffage et le frigo au gaz** : la cheminée d'évacuation doit rester dégagée (neige, feuilles), sinon monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Aérer** : les aérations ne se bouchent jamais, même par grand froid.\n- **L'eau** : désinfecter le réservoir s'il a stagné. Voir [[SURV-EAU-007]].\n\n**Le démonter pour ses pièces**\n\n- **Panneau solaire, régulateur, batterie, convertisseur** : une petite installation électrique complète. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Le frigo au gaz**, le réchaud, les bouteilles, le chauffage.\n- **La pompe à eau 12 V**, les réservoirs, les robinets.\n- **Les matelas**, la toile du store, les porte-vélos.\n- **Les toilettes chimiques** : à vider loin des points d'eau, et à remplacer par des toilettes sèches. Voir [[TEC-CON-014]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les bouteilles de gaz** : robinets fermés pour rouler et pendant la nuit si on n'en a pas besoin, jamais à l'intérieur de l'habitacle. Voir [[TEC-ENE-015]].\n- **Une caravane** contient presque tout cela, sans le moteur.\n- **Vivre dans une voiture**, en plus rustique : [[SURV-DEP-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-041","titre":"Récupérer sur un camion et un semi-remorque","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camion","semi-remorque","gazole","batteries 24 v","air comprime","bache","sangles","camion frigorifique","plaque orange"],"sources":["Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR)","Manuels des constructeurs de poids lourds (circuit d'air, freins à ressort)"],"corps":"::Un camion porte souvent plusieurs centaines de litres de gazole dans ses réservoirs, deux grosses batteries, un compresseur d'air, des dizaines de mètres de sangles et une bâche immense. Et la remorque frigorifique a son propre moteur : c'est une chambre froide mobile, avec son carburant.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les réservoirs** de gazole d'un tracteur routier contiennent couramment 400 à 800 litres.\n- **Le circuit électrique** est en **24 V** : deux batteries de 12 V en série, très puissantes.\n- **Les freins** fonctionnent à l'air comprimé. Sans air, des ressorts **bloquent** les roues ; un camion dont on relâche les freins par erreur peut se mettre à rouler.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Lire la plaque orange** à l'avant et à l'arrière :\n- **en haut**, le code du danger (33 : très inflammable, 60 : toxique, 80 : corrosif, et ainsi de suite) ;\n- **en bas**, le numéro de la matière.\nUne plaque orange, c'est une cargaison dangereuse : on s'éloigne et on ne touche à rien. Voir [[TEC-CHI-007]].\n\n**Ce qu'on récupère**\n\n- **Le gazole** : pour un groupe électrogène, un tracteur, un poêle. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les batteries 24 V** : avec un convertisseur adapté, elles alimentent lumière, radio et petits appareils des jours durant. Voir [[TEC-ENE-025]].\n- **L'air comprimé** des réservoirs : gonfler des pneus, souffler la poussière.\n- **La bâche** de la remorque : un toit, un récupérateur d'eau de pluie, un abri pour tout un groupe.\n- **Les sangles à cliquet**, les chaînes, les cales, le cric, les outils, la roue de secours.\n- **La radio CB**, que beaucoup de routiers écoutent encore. Voir [[SIG-COM-010]].\n\n**La remorque frigorifique**\n\nSon groupe froid tourne au gazole, indépendamment du camion : de quoi garder nourriture et médicaments au frais pour une communauté.\n\n## ADAPTER\n\n- **Caler les roues** avant toute intervention, ne jamais passer sous un camion ni sous une cabine basculée non verrouillée.\n- **Les batteries** dégagent de l'hydrogène en charge : pas de flamme, pas d'étincelle.\n- **La cargaison** peut être n'importe quoi : lire les papiers de transport dans la cabine.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-040","titre":"Récupérer dans une école","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ecole","cantine","infirmerie","laboratoire","bibliotheque","gymnase","defibrillateur","atelier","lycee professionnel"],"sources":["Ministère de l'Éducation nationale, plan particulier de mise en sûreté (PPMS)","Décret n° 2018-1186 relatif aux défibrillateurs dans les établissements recevant du public","INRS, stockage des produits chimiques de laboratoire"],"corps":"::Dans une école, la cantine nourrit pour une semaine, l'infirmerie soigne, le gymnase abrite, le laboratoire fournit des produits et du verre. Mais sur la durée, la pièce la plus précieuse est celle qu'on pille en dernier : la bibliothèque.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne école appartient à la communauté : ce qu'elle contient doit d'abord **servir à tous**, et d'abord aux enfants, qui auront besoin d'une école dans la crise. Les gymnases sont d'ailleurs souvent prévus comme centres d'hébergement d'urgence.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**La cantine**\n- **De grandes marmites**, des fourneaux souvent au gaz, des chambres froides.\n- **Des stocks** : farine, pâtes, riz, conserves, huile, sucre, pour des centaines de repas.\n\n**L'infirmerie**\n- La trousse de soins, les **trousses individuelles des élèves** malades (inhalateurs pour l'asthme, stylos d'adrénaline), une civière.\n- **Le défibrillateur**, obligatoire dans la plupart des établissements recevant du public.\n\n**Le laboratoire de sciences** (collège, lycée)\n- Verrerie, balances, thermomètres, microscopes, loupes.\n- **Des produits chimiques** : acides, bases, alcool, eau oxygénée. **Lire chaque étiquette**, ne rien mélanger, ne rien sentir de près. Voir [[TEC-CHI-007]].\n\n**La bibliothèque**\n- Manuels, atlas, cartes, encyclopédies, livres de sciences, de médecine, d'histoire : **le savoir de toute une scolarité**. Voir [[TEC-CUL-002]].\n\n**Le gymnase**\n- **Les tapis** : isolants pour dormir. Cordes, filets, poteaux.\n- **Un grand espace couvert** pour un dortoir ou une salle commune.\n\n**L'atelier des lycées professionnels**\n- Outillage, postes à souder, machines-outils, matériel électrique : le meilleur atelier de la ville.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le papier, les crayons, les craies, les tableaux** : pour tenir l'école, noter les stocks, afficher les informations. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Les produits du laboratoire** mal conservés peuvent être dangereux : on les laisse fermés s'ils sont inconnus.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-039","titre":"Récupérer dans une caserne de pompiers","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["caserne","pompiers","motopompe","lances","desincarceration","defibrillateur","oxygene","ari","volontaires"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, statistiques des services d'incendie et de secours","Direction générale de la sécurité civile, guides de techniques opérationnelles","INRS, bouteilles de gaz comprimé et oxygène"],"corps":"::En France, près de quatre pompiers sur cinq sont des volontaires : des voisins, des boulangers, des infirmières, formés et équipés. Une caserne, c'est d'abord des gens. Dans une crise, c'est le dernier endroit qu'on abandonne et le premier où l'on devrait aller proposer ses bras, pas se servir.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne caserne est pensée pour faire face à tout : feu, inondation, accident, effondrement, secours aux personnes. **Si elle est encore active, on ne récupère rien : on l'aide.** Si elle est abandonnée, son matériel sert toute une communauté.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**L'eau et le feu**\n\n- **Les motopompes** : elles déplacent de grandes quantités d'eau, pour vider une cave inondée, remplir une citerne, arroser.\n- **Les tuyaux**, les **lances**, les raccords, les échelles.\n\n**Le secours**\n\n- **Le défibrillateur**, les **bouteilles d'oxygène**, les attelles, les colliers cervicaux, les civières, les couvertures, les sacs de secours complets. Voir [[TEC-SAN-008]].\n- **L'outillage de désincarcération** (écarteurs, cisailles), les tronçonneuses, les groupes électrogènes, les projecteurs.\n- **Les cordes**, harnais, poulies du sauvetage en hauteur. Voir [[TEC-MEC-029]].\n\n**La protection**\n\n- Casques, vestes et pantalons résistants au feu, bottes, gants, lunettes.\n- **Les appareils respiratoires** à bouteille d'air comprimé : ils donnent une demi-heure d'air dans la fumée, **uniquement** pour qui a été formé à s'en servir.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'oxygène** fait flamber tout ce qu'il touche : jamais de graisse, d'huile ou de flamme près d'une bouteille ou d'un détendeur.\n- **Les bouteilles sous pression** se transportent calées, robinet protégé.\n- **Les radios** de la caserne fonctionnent sur des fréquences réservées : on écoute, on n'émet pas sans y être autorisé.\n- **Devenir pompier volontaire**, avant toute crise, est la meilleure façon d'apprendre tout cela.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-038","titre":"Récupérer dans un port","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["port","conteneurs","cordages","bateaux","dessalinisateur","fusees de detresse","shipchandler","vhf","chaines"],"sources":["Organisation maritime internationale, convention SOLAS (engins de sauvetage et signaux)","SNSM, sécurité à bord et au port","Norme ISO 668, conteneurs de la série 1"],"corps":"::Beaucoup de voiliers de croisière embarquent un dessalinisateur qui transforme l'eau de mer en eau douce, des panneaux solaires, des batteries, une radio longue portée et des mois de vivres. Un port de plaisance, c'est une flotte de petites maisons autonomes. Un port de commerce, c'est des kilomètres de cordage, d'acier et de conteneurs.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn port concentre ce qu'il faut pour vivre sur l'eau : de l'énergie autonome, de l'eau, des cordages, du matériel de sécurité. **Les dangers** aussi : tomber entre un bateau et le quai, glisser sur les pontons, les grues, les cargaisons dangereuses.\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Sur les bateaux**\n\n- **Les dessalinisateurs** des grands voiliers et des bateaux à moteur.\n- **Batteries, panneaux solaires, éoliennes** de bord, régulateurs, convertisseurs.\n- **Les réservoirs** d'eau douce et de carburant.\n- **Les radeaux et gilets de sauvetage**, les **balises de détresse**, les **radios VHF** (le canal 16 est celui de la détresse). Voir [[SIG-COM-009]].\n- **Les fusées de détresse** : signaux visibles de loin. **Elles brûlent très chaud** : ne jamais les allumer à la main sans la poignée, ni les pointer vers quelqu'un.\n\n**Sur les quais**\n\n- **Les cordages** et amarres de toutes tailles, les chaînes, les manilles, les défenses en caoutchouc.\n- **Les filets** de pêche : pêche, camouflage, protection des cultures.\n- **Les conteneurs** : des boîtes d'acier de 6 ou 12 m, étanches. Abri, entrepôt, atelier. Voir [[TEC-CON-009]].\n- **La glace** des criées, **les chambres froides**.\n\n**Chez le shipchandler** (le magasin des marins)\n\nVisserie en inox qui ne rouille pas, résine époxy, toile, outils, cartes marines, lampes étanches, bidons, pompes à main.\n\n## ADAPTER\n\n- **Ne jamais sauter** entre un bateau et un quai : on tombe, et la coque écrase. Voir [[SURV-DEP-010]].\n- **Un bateau** est aussi un moyen de partir. Voir [[TEC-NAV-001]].\n- **Les produits dangereux** des conteneurs portent des étiquettes : les lire avant d'ouvrir. Voir [[TEC-CHI-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-037","titre":"Récupérer dans un supermarché et un entrepôt","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["supermarche","entrepot","reserve","flux tendu","nourriture","rayons","groupe electrogene","cartons","film etirable"],"sources":["Les Greniers d'Abondance, Vers la résilience alimentaire, 2020","FEMA, Food and water in an emergency"],"corps":"::Un supermarché ne garde que quelques jours de stock : tout arrive en flux tendu, chaque nuit, par camion. En cas de panique, les rayons se vident en quelques heures. Mais le magasin ne s'arrête pas aux rayons : la réserve, le quai de livraison et le local technique contiennent souvent plus que ce qui était en vente.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les premiers produits à partir** : eau, pâtes, riz, conserves, papier toilette, piles. Les derniers : ce qui demande à cuisiner longtemps, les produits d'hygiène, les graines du rayon jardin.\n- **Le frais et le surgelé** se perdent en un ou deux jours sans courant : à manger en premier ou à laisser.\n- **La foule** est le vrai danger : bousculades, disputes, pillages violents. Voir [[URG-FOULE-001]].\n\nAvant tout : les règles de la récupération. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Les priorités**\n\n- **Eau** en bouteilles, **calories qui se gardent** : riz, pâtes, farine, huile, sucre, légumes secs, conserves.\n- **Sel**, levure, épices qui rendent mangeable le reste. Voir [[TEC-ALI-019]].\n- **Lait infantile** et petits pots s'il y a des bébés. Voir [[TEC-ALI-021]].\n- **Hygiène** : savon, eau de Javel, protections périodiques, couches.\n- **Le rayon pharmacie**, **les piles**, briquets, bougies, lampes.\n- **Le rayon jardin** : graines, outils, tuyaux, bâches.\n\n**Ce que personne ne prend**\n\n- **Les caddies** : le meilleur moyen de transport à pied en ville.\n- **Le film étirable** des palettes : bâcher, isoler, réparer une fenêtre.\n- **Les cartons** : isolant sous le couchage. Voir [[SURV-ABRI-004]].\n- **Les palettes**. Voir [[SURV-REC-034]].\n- **Le groupe électrogène** et sa cuve de gazole, dans le local technique des grandes surfaces.\n- **Les camions frigorifiques** au quai, avec leur propre moteur. Voir [[SURV-REC-041]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Dans une crise organisée**, les magasins sont souvent réquisitionnés ou distribuent eux-mêmes. On se range dans l'organisation plutôt que de la contourner.\n- **Prendre ce qu'il faut**, noter ce qu'on a pris, et rembourser ou rendre quand la situation revient. Voir [[SURV-TROC-001]].\n- **Les produits d'entretien** mal rangés peuvent réagir ensemble. Voir [[TEC-CHI-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-036","titre":"Récupérer sur un réfrigérateur et un congélateur","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["refrigerateur","congelateur","isolation","glaciere","recuperation","joint","grilles","cellier"],"sources":["ADEME et éco-organismes, filière de recyclage des équipements frigorifiques (gaz et mousses)","Practical Action, techniques de conservation au frais sans électricité","Guides de récupération et de réemploi des équipements ménagers"],"corps":"::Un frigo mort, c'est une boîte parfaitement isolée, étanche, qui ferme bien et que les souris ne traversent pas. Sans électricité, elle ne refroidit plus rien, mais elle garde très bien le froid ou le chaud qu'on y met.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn réfrigérateur est une **caisse isolée** (plusieurs centimètres de mousse entre deux parois) avec une **machine** qui pompe la chaleur de l'intérieur vers l'extérieur (compresseur, grille noire à l'arrière, gaz frigorigène). Sans courant, la machine ne sert plus ; la caisse, si.\n\n## AGIR\n\n**La caisse**\n\n- **Une glacière géante** : posée à l'ombre, remplie de bouteilles d'eau congelées la nuit en hiver, de glace ou de neige, elle garde le frais plusieurs jours. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Un coffre de rangement** étanche aux rongeurs et à l'humidité pour le grain, la farine, les semences. Voir [[TEC-ALI-015]].\n- **Couché et enterré à moitié** dans le sol à l'ombre, porte vers le haut : un cellier qui profite de la fraîcheur de la terre.\n- **Une caisse de marmite norvégienne** : une marmite portée à ébullition, enfermée dedans avec des couvertures, finit de cuire seule.\n\n**Les pièces**\n\n- **Les grilles** : grilles de barbecue, de fumoir, de séchoir.\n- **Les bacs en plastique** : semis, rangement.\n- **Le joint aimanté** de la porte : de petits aimants souples.\n- **Le ventilateur** et la lampe (sur les modèles récents).\n- **Le thermostat** : un interrupteur réglable par la température.\n\n## ADAPTER\n\n**Le circuit de gaz** (tuyaux, compresseur, grille arrière) contient un gaz frigorigène et de l'huile : on ne le coupe pas, on ne le perce pas. Les anciens appareils contiennent des gaz qui abîment la couche d'ozone ; les récents, parfois de l'isobutane, un gaz inflammable.\n\n**Un enfant peut s'enfermer** dans un vieux frigo et y mourir étouffé, car la porte ne s'ouvre pas de l'intérieur. **Retirez la porte ou le joint**, ou couchez-le porte contre le sol, s'il reste dehors.\n\n**Un frigo qui marche encore** : sur un groupe électrogène ou un petit système solaire, il suffit de quelques heures de courant par jour, porte fermée. Voir [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-035","titre":"Fabriquer un réchaud avec des canettes ou un bidon","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["rechaud","canette","alcool","bidon","poele","fut","cuisine","combustible","rocket stove"],"sources":["Aprovecho Research Center, conception des foyers améliorés (rocket stove)","US Chemical Safety Board, accidents lors de la découpe de fûts ayant contenu des liquides inflammables","Guides de randonnée légère sur les réchauds à alcool de fabrication maison"],"corps":"::Deux canettes et un cutter font un réchaud qui fait bouillir un demi-litre d'eau en quelques minutes. Un fût de 200 litres fait un poêle, un four ou un fumoir. Il faut juste savoir qu'un fût vide d'essence explose plus facilement qu'un fût plein.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le réchaud à alcool** brûle de l'alcool à brûler (éthanol dénaturé) ou de l'alcool à 90 degrés : sans pression, sans pièce mobile, sans bruit. Peu puissant, très léger.\n- **Le poêle en fût** brûle du bois dans un grand volume d'acier : chauffage et cuisson.\n- **Le foyer fusée** (rocket stove) brûle des brindilles dans un conduit en L isolé : flamme très chaude, très peu de bois, très peu de fumée.\n\n## AGIR\n\n**Le réchaud en canettes**\n\n1. Coupez **le fond de deux canettes** vides, à 3 cm de hauteur environ.\n2. Percez **une couronne de petits trous** (une punaise ou une aiguille) sur le pourtour du fond d'une des deux, près du bord.\n3. Emboîtez l'une dans l'autre (celle percée dessus).\n4. Versez un peu d'alcool (deux à trois cuillères à soupe), allumez : au bout d'une minute, l'alcool chauffe et sort en jets de flammes par les trous.\n5. Posez la casserole sur trois pierres ou un petit support grillagé au-dessus.\n\n**Le foyer fusée en boîtes de conserve** : une grande boîte, une boîte plus petite percée sur le côté pour former un L avec une troisième, et le vide entre les deux rempli de cendre, de sable ou de terre pour isoler. On alimente par le bas du L, la flamme monte dans le conduit.\n\n**Le poêle en fût**\n\n1. **Un fût qui a contenu un liquide inflammable (essence, huile, solvant) peut exploser à la découpe**, même vide depuis longtemps : ce sont les vapeurs qui explosent, pas le liquide. **On le remplit d'eau à ras bord avant de le découper**, ou on le lave abondamment et on le laisse aérer longtemps.\n2. Découpez une porte, fixez un conduit de sortie de fumée (tuyau de poêle) en haut, calez-le sur des briques.\n3. **Brûlez d'abord la peinture et les résidus dehors**, longtemps, avant de le faire entrer dans un abri : les fumées de peinture sont toxiques.\n\n## ADAPTER\n\n**Le réchaud à alcool** : sa flamme est presque invisible en plein jour. On ne remplit jamais un réchaud encore chaud ou allumé : une coulée d'alcool enflammé sur la main ou le sol. Voir [[TEC-CHI-008]].\n\n**À l'intérieur**, aucun de ces foyers sans conduit de fumée : monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Les fûts** qui ont contenu des produits toxiques (pesticides, produits chimiques) ne servent jamais pour la cuisine ni pour l'eau.\n\nCuisiner sur le feu : [[SURV-FEU-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-034","titre":"Récupérer des palettes","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["palettes","bois","ippc","traitement thermique","bromure de methyle","construction","compost","chauffage"],"sources":["FAO, NIMP 15 (Norme internationale pour les mesures phytosanitaires) : réglementation des matériaux d'emballage en bois","European Pallet Association (EPAL), marquages des palettes","ADEME, bois de palette et combustion"],"corps":"::Une palette, c'est une dizaine de planches et trois traverses gratuites, qu'on trouve derrière chaque magasin. Mais avant d'en faire un lit, un potager ou du bois de chauffage, on lit le tampon : certaines ont été traitées avec un poison.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes palettes qui voyagent entre pays sont traitées contre les insectes du bois, et portent un **tampon** avec le logo de l'épi de blé et un code :\n\n- **HT** (heat treatment) : **traitement par la chaleur**. Sans produit chimique : utilisable pour presque tout.\n- **KD** (kiln dried) : séché au four, sans produit.\n- **MB** (methyl bromide) : traité au **bromure de méthyle**, un pesticide toxique. **Ni pour cuisiner, ni pour le potager, ni pour se chauffer.** Ce traitement est interdit dans l'Union européenne, mais des palettes anciennes ou importées circulent encore.\n- **Pas de tampon** : palette d'usage local, souvent non traitée, mais on ne sait pas ce qu'elle a transporté.\n\n**Les palettes de couleur** (bleues, rouges, marron) sont des palettes de location, souvent traitées ou peintes, qui appartiennent à une entreprise.\n\n## AGIR\n\n**Démonter sans tout casser**\n\n- **Un pied-de-biche** et un marteau, en soulevant chaque planche petit à petit près des clous, de chaque côté.\n- **Plus rapide** : scier les planches au ras des traverses, si l'on n'a pas besoin de toute la longueur.\n- **Les clous** se chassent au chasse-clou et se récupèrent.\n\n**Ce qu'on en fait**\n\n- **Des bacs de potager** et des composteurs (palettes HT ou non traitées seulement). Voir [[TEC-AGR-003]].\n- **Des étagères, des établis, des caisses** de rangement.\n- **Un plancher** surélevé, une cabane, un abri. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Du petit bois d'allumage** : le bois de palette, sec et tendre, part très vite.\n\n## ADAPTER\n\n**Une palette qui a transporté des produits chimiques**, tachée, grasse, qui sent : on la laisse.\n\n**Pour se chauffer**, le bois de palette HT brûle vite et chaud : bon pour démarrer, mauvais pour tenir la nuit. Les clous restent dans les cendres. Voir [[TEC-CON-011]].\n\n**Pour la nourriture** (planche à découper, fumoir), on n'utilise pas de bois de palette : on ne sait jamais tout ce qui a coulé dessus.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-033","titre":"Faire une batterie avec des cellules récupérées","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["batterie","18650","lithium","cellules","bms","recuperation","portable","powerbank","securite"],"sources":["Battery University, BU-302 et BU-808 (assemblage en série et parallèle, vieillissement)","Fiches techniques des cellules lithium-ion 18650 (Samsung, LG, Panasonic)","INERIS, emballement thermique des batteries lithium-ion"],"corps":"::Un vieil ordinateur portable contient six à neuf cellules lithium qui marchent souvent encore. Assemblées avec soin, elles font une batterie de secours. Assemblées n'importe comment, elles font un incendie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**La cellule 18650** : un cylindre de 18 mm sur 65 mm, **3,6 à 3,7 V** nominal, **4,2 V** chargée, à ne pas descendre sous **2,5 à 3 V**. Capacité : 1 500 à 3 500 mAh selon le modèle et l'usure.\n\nOn les trouve dans les batteries d'ordinateurs portables, de trottinettes, d'outils sans fil, de lampes puissantes et de batteries externes.\n\n**En parallèle**, on additionne les capacités (même tension). **En série**, on additionne les tensions : 3 cellules en série font environ 11 à 12,6 V, **4 en série** font environ 13 à 16,8 V.\n\n## AGIR\n\n**Trier les cellules**\n\n1. **Écartez sans discuter** toute cellule cabossée, percée, gonflée, rouillée, qui a fui, ou dont l'enveloppe plastique est déchirée.\n2. **Mesurez la tension** au multimètre : moins de 2 V, elle a trop souffert ; on la jette (au recyclage).\n3. **Chargez-les une par une** avec un chargeur de cellules lithium, puis laissez-les reposer quelques jours : **une cellule qui perd sa tension toute seule** est défaillante. **Une cellule qui chauffe en charge** aussi.\n4. **Mesurez la capacité** si le chargeur le permet, et **regroupez les cellules de capacités proches**.\n\n**Assembler**\n\n- **Une carte de protection (BMS)** adaptée au nombre de cellules en série est **obligatoire** : elle coupe en cas de surcharge, de décharge profonde et de court-circuit.\n- **Un fusible** sur la sortie positive.\n- **Des cellules de même état** dans un même pack.\n- **Les liaisons** se font par soudure par points (idéal) ou avec des supports de piles du commerce. **Souder directement sur une cellule** la chauffe et l'abîme : si on n'a pas le choix, on le fait très vite, avec un gros fer très chaud et beaucoup de flux, pour chauffer le moins longtemps possible.\n- **Isolez tout** : papier isolant, gaine thermorétractable. Un court-circuit libère une énergie énorme.\n\n## ADAPTER\n\n**Le plus simple et le plus sûr** : des **boîtiers de batterie externe** vendus vides, avec leur électronique de charge et leur protection, dans lesquels on insère des cellules triées. Aucune soudure.\n\n**Pour du 12 V**, quatre cellules en série de lithium fer phosphate (LiFePO4, 3,2 V chacune) donnent une tension très proche d'une batterie de voiture et sont bien plus sûres ; les cellules d'ordinateur portable (lithium-ion) font environ 11 à 16 V en 4 séries, et demandent un régulateur.\n\n**Stockez et chargez** sur une surface non inflammable, jamais la nuit sans surveillance, jamais au soleil. Une cellule qui gonfle sort de la maison. Voir [[SURV-REC-032]].\n\nRécupérer les cellules d'un ordinateur : [[SURV-REC-021]]. Les batteries en général : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-032","titre":"Récupérer sur une trottinette ou un vélo électrique","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["trottinette","velo electrique","batterie lithium","18650","moteur","chargeur","incendie","energie"],"sources":["INERIS, risques d'incendie des batteries lithium-ion des engins de déplacement personnel","Battery University, BU-808 et BU-304 (vieillissement et sécurité des cellules lithium-ion)","Pompiers de Paris et de Londres, statistiques et consignes sur les incendies de trottinettes"],"corps":"::Une trottinette électrique abandonnée, c'est une batterie de 300 à 600 wattheures, un moteur, un chargeur et un contrôleur. De quoi éclairer une maison des jours. C'est aussi l'objet qui provoque le plus d'incendies de logement dans les grandes villes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La batterie** : des dizaines de cellules lithium-ion (souvent au format 18650 ou 21700) assemblées en un pack de **36 ou 48 volts**, avec une carte de gestion (BMS) qui la protège de la surcharge et de la décharge profonde.\n- **Le moteur** : dans le moyeu de la roue, sans balais, avec aimants.\n- **Le contrôleur** : l'électronique qui commande le moteur.\n- **Le chargeur** : il fournit la bonne tension au pack.\n\n## AGIR\n\n**La batterie entière, c'est le trésor**\n\n- **Gardez le pack entier avec sa carte de gestion** et son chargeur : c'est la façon la plus sûre de l'utiliser.\n- **Branchée sur un convertisseur** 36/48 V vers USB ou vers 12 V (qui se trouvent dans le commerce), elle recharge téléphones, radios et lampes pendant des jours. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Rechargée au soleil** avec un panneau et un régulateur adaptés à sa tension.\n\n**Le reste**\n\n- **Le moteur** tourné à la main produit du courant : un générateur de fortune, pas très efficace sans électronique.\n- **Les phares LED**, les câbles épais, les connecteurs, la visserie, le cadre en aluminium.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes d'une batterie dangereuse** : gonflée, déformée, chaude sans raison, qui sent le solvant ou le plastique, qui a pris l'eau ou un choc. **Elle sort de la maison** et se pose sur du sable ou de la terre, loin de tout.\n\n**Un feu de batterie lithium** ne s'éteint presque pas : il se ralimente seul en oxygène. On sort, on laisse brûler loin de tout, on refroidit à grande eau les environs, et on appelle les pompiers.\n\n**Démonter le pack en cellules** pour en faire autre chose est possible, mais c'est là que les incendies et les brûlures arrivent : court-circuit d'un tournevis, cellule percée, soudure qui surchauffe. Voir [[SURV-REC-033]].\n\n**Ne rechargez jamais** une batterie la nuit, sans surveillance, ou avec un chargeur qui n'est pas le sien.\n\nLes batteries en général : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-031","titre":"Récupérer sur un micro-ondes","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["micro-ondes","condensateur","haute tension","transformateur","magnetron","recuperation","danger"],"sources":["INRS, risques électriques des équipements contenant des condensateurs haute tension","Fiches de service des fabricants de fours à micro-ondes (décharge du condensateur haute tension)","Agence américaine de protection de l'environnement, oxyde de béryllium dans les isolants de magnétrons"],"corps":"::Un micro-ondes débranché depuis une semaine peut encore tuer. Son condensateur garde plus de 2 000 volts. C'est l'appareil ménager le plus dangereux à démonter, et l'un des plus intéressants une fois qu'on sait le faire.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn four à micro-ondes fabrique une très haute tension pour alimenter son **magnétron**, le tube qui produit les ondes. Pour ça il contient :\n\n- **un transformateur haute tension**, lourd, avec de gros enroulements de cuivre ;\n- **un condensateur haute tension** (un cylindre ou un boîtier ovale), qui **reste chargé** après débranchement ;\n- **une diode haute tension**.\n\nLe courant de ce circuit, avec cette tension, est mortel. Beaucoup de bricoleurs sont morts en le touchant « juste pour voir ».\n\n## AGIR\n\n**Avant de toucher quoi que ce soit à l'intérieur**\n\n1. **Débranchez**, et attendez au moins quelques minutes.\n2. **Déchargez le condensateur** : avec un tournevis à manche bien isolé (ou deux, un par main), **reliez les deux bornes du condensateur entre elles, puis chaque borne au châssis métallique**. Une étincelle et un claquement peuvent se produire : c'est la charge qui part. Recommencez.\n3. **Une seule main** dans l'appareil, l'autre derrière le dos, tant que vous n'êtes pas sûr.\n\n**Ce qui vaut la peine**\n\n- **Le moteur du plateau tournant** : un petit moteur lent, parfait pour un tournebroche, un mobile, un mécanisme lent.\n- **Le ventilateur** et son moteur.\n- **La lampe**, les **micro-interrupteurs**, les fils, les cosses.\n- **Le plateau en verre** : un plateau de four solaire ou de cuisson.\n- **La tôle et le boîtier** : de l'acier en feuille, et une boîte métallique fermée.\n- **Le cuivre** du transformateur.\n\n## ADAPTER\n\n**Le magnétron** : ne le cassez pas. Certains contiennent des isolants en **céramique à l'oxyde de béryllium** (souvent rose ou blanche), dont la poussière est très toxique. On le laisse entier, ou on le jette entier.\n\n**Le transformateur** : on voit sur internet des soudeurs et des « jouets » haute tension faits avec. C'est une des façons les plus sûres de se tuer en bricolant : sa tension de sortie, à courant élevé, ne pardonne pas le moindre contact. On récupère son cuivre ou sa tôle, pas sa fonction.\n\n**Un micro-ondes qui marche encore** : gardez-le entier. Branché sur un groupe électrogène, il réchauffe un repas avec très peu d'énergie, et **sa cage métallique fermée, appareil débranché, arrête une partie des ondes radio** : un rangement pour un téléphone qu'on veut couper du monde, pas un abri contre tout.\n\nLes autres appareils à démonter : [[TEC-ELN-006]]. Récupérer sur un ordinateur portable : [[SURV-REC-021]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-030","titre":"Réparer sans pièce détachée","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["reparation","fil de fer","ruban adhesif","collier","colle","epoxy","bricolage","depannage"],"sources":["Retours de terrain des mécaniciens de brousse et des équipages de rallye-raid","Fiches techniques des adhésifs cyanoacrylates et des pâtes époxy bicomposant","Lipson H., Kurman M., Fabricated (réparation et fabrication locales)"],"corps":"::Les réparations de fortune qui tiennent ont trois ingrédients : du fil de fer, du ruban adhésif et des colliers. Le reste, c'est comprendre pourquoi la pièce a cassé, pour que la réparation ne casse pas au même endroit.::\n\n## COMPRENDRE\n\nAvant de réparer, **trouvez la cause** : une durite qui fuit parce qu'un collier s'est desserré, un fil coupé parce qu'il frottait, une pièce cassée parce qu'elle vibrait. Réparer sans supprimer la cause, c'est réparer deux fois.\n\n## AGIR\n\n**Le kit qui répare presque tout**\n\n- **Fil de fer** recuit, souple, en rouleau : ligaturer, attacher, suspendre, fixer un pot d'échappement.\n- **Ruban adhésif renforcé** (le gris toilé) : boucher, maintenir, protéger, isoler. Il tient mal au froid et sur une surface grasse : nettoyez et chauffez un peu avant de le poser.\n- **Colliers de serrage** en plastique (serre-câbles) et **colliers métalliques à vis** : ils serrent plus fort qu'aucune main.\n- **Pâte époxy bicomposant** : on malaxe, on bouche un trou dans un réservoir, un carter, un tuyau ; elle durcit en une heure comme du métal.\n- **Colle cyanoacrylate** (colle forte) **et bicarbonate de soude** : une goutte de colle, une pincée de bicarbonate, encore une goutte : ça durcit en quelques secondes en un plastique dur qu'on peut limer. On reconstruit un bout de plastique cassé, un clip, une dent d'engrenage.\n- **Chambre à air découpée** : des élastiques géants, un joint, un manchon.\n\n**Quelques réparations classiques**\n\n- **Durite qui fuit** : ruban adhésif serré en spirale, bien au-delà du trou, puis deux colliers par-dessus. Laissez le bouchon du circuit légèrement desserré pour faire baisser la pression, et roulez doucement.\n- **Fil électrique coupé** : dénuder, torsader, isoler au ruban. Mieux : souder. Voir [[SURV-REC-007]].\n- **Pièce métallique fendue** : une attelle, un bout de tôle ou de fer plat de chaque côté, serré avec du fil de fer ou des colliers.\n- **Boulon arraché** : un boulon plus long avec un écrou derrière, ou du fil de fer à travers le trou.\n- **Filetage abîmé** : du ruban de plombier (téflon) ou un fil de cuivre enroulé dans le filetage redonne de la prise pour quelque temps.\n- **Cale** : une tôle de canette découpée rattrape un jeu dans un collier, un palier, un axe.\n\n## ADAPTER\n\n**Une courroie cassée** : un collant noué serré, sur un moteur simple, fait parfois quelques kilomètres pour rejoindre un abri. C'est un dépannage de légende qui marche mal sur les voitures modernes, et jamais pour une courroie de distribution.\n\n**Plus de ruban adhésif** : du tissu enroulé et imprégné de colle, de la résine de pin chauffée, de la chambre à air tendue et ligaturée.\n\n**Réparation qui chauffe** (échappement, moteur) : pas de plastique, pas de ruban : fil de fer, colliers métalliques, tôle, pâte réfractaire.\n\n**Faire durer la réparation** : notez-la, surveillez-la chaque jour, et remplacez par une vraie pièce dès que possible. Le fil de fer de brousse finit toujours par casser au pire moment.\n\nAssembler proprement : [[TEC-MEC-001]]. Démonter ce qui est grippé : [[SURV-REC-011]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-029","titre":"Récupérer dans une casse ou un garage","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["casse","garage","pieces auto","batterie","fusibles","durites","airbag","ceinture"],"sources":["INRS, démontage des véhicules hors d'usage et risques associés","Manuels de désincarcération des sapeurs-pompiers (airbags, véhicules hybrides et électriques)","Guides de mécanique automobile (standards de fusibles, filetages de bougies, courroies)"],"corps":"::Une casse, c'est un magasin de pièces détachées dont personne ne tient la caisse. Certaines pièces se montent sur presque tout ce qui roule ; d'autres ne vont que sur un seul modèle. Savoir lesquelles, c'est gagner des heures.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes pièces d'une voiture se classent en deux familles :\n\n- **Les pièces universelles**, standardisées entre marques : fusibles, ampoules, batteries, durites et colliers, visserie, pneus d'une même taille, bougies d'un même filetage, huile, liquides.\n- **Les pièces spécifiques** : alternateurs, démarreurs, pompes, calculateurs, courroies de distribution. Elles ne vont que sur le même moteur ou la même famille de moteurs.\n\n## AGIR\n\n**Ce qui se monte sur presque tout**\n\n- **Les batteries de 12 volts** (vérifiez la taille et le sens des bornes). Voir [[TEC-MEC-014]].\n- **Les fusibles à lame** et les ampoules, identiques d'une marque à l'autre.\n- **Les durites, les colliers de serrage, le fil électrique, les cosses.**\n- **Les pneus** de même dimension. Voir [[TEC-MEC-010]].\n- **Les liquides** : huile, liquide de refroidissement, lave-glace, liquide de frein.\n\n**Ce qui sert ailleurs qu'en voiture**\n\n- **Les ceintures de sécurité** : une sangle qui tient plus d'une tonne, pour tirer, lever, attacher.\n- **Les sièges** : mousse pour s'isoler du sol ou rembourrer.\n- **Les rétroviseurs** : pour signaler. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Les ventilateurs, pompes et lampes en 12 V**, les autoradios, les prises allume-cigare : tout un réseau électrique à remonter sur une batterie. Voir [[SURV-ENE-001]].\n- **Le câblage** : du cuivre, des connecteurs, des relais.\n- **Les vitres** : une serre, un distillateur solaire.\n\n**Les outils à emporter** : clés plates et à douilles de 8 à 19 mm, tournevis, pince, cutter, dégrippant, lampe frontale, gants.\n\n## ADAPTER\n\n**Les airbags non déclenchés** peuvent se déclencher pendant un démontage. Débranchez la batterie et **attendez plusieurs minutes** avant de toucher au volant, au tableau de bord, aux sièges ou aux montants : ne coupez jamais près d'un module d'airbag (volant, montants marqués « airbag » ou « SRS »).\n\n**Les véhicules hybrides et électriques** : **jamais toucher aux câbles orange**, en haute tension, ni ouvrir une batterie de traction.\n\n**Les réservoirs** : vidangez avant de découper quoi que ce soit, jamais de meuleuse ou de chalumeau près d'un réservoir, même vide : les vapeurs explosent.\n\n**Les voitures empilées** : on ne monte pas dessus, on ne travaille pas sous une voiture qui n'est pas calée. Voir [[TEC-MEC-018]].\n\n**Commencez par les épaves les plus récentes** : pièces moins usées, liquides encore bons.\n\nCe qu'on démonte sur un véhicule entier : [[SURV-REC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-028","titre":"Récupérer dans une ferme","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ferme","atelier","gazole non routier","semences","medicaments veterinaires","silo","fosse a lisier","animaux"],"sources":["MSA (Mutualité sociale agricole), prévention des risques en exploitation agricole : silos, fosses, gaz","INRS, espaces confinés et risques d'asphyxie","Guides de bonnes pratiques vétérinaires en élevage"],"corps":"::Une ferme est une petite ville autonome : du carburant, un atelier, du grain, des semences, des médicaments, de l'eau, des animaux. Elle a aussi deux pièges qui tuent chaque année des agriculteurs : le silo et la fosse à lisier.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne exploitation agricole garde des stocks pour des mois : c'est sa façon de fonctionner. Elle est aussi pleine de machines lourdes, de produits chimiques et d'animaux qu'on ne connaît pas.\n\n## AGIR\n\n**Ce qu'on y trouve**\n\n- **Le carburant** : une cuve de gazole non routier (souvent teinté en rouge), parfois des milliers de litres. Il fait tourner les diesels et les groupes. Voir [[SURV-REC-026]].\n- **L'atelier** : poste à souder, meuleuse, perceuse à colonne, étau, clés de toutes tailles, graisse, huile, fil de fer, boulonnerie. Souvent le meilleur atelier à des kilomètres. Voir [[TEC-MEC-001]].\n- **Le grain** : blé, orge, avoine, maïs pour les bêtes, c'est aussi de la farine pour les humains, une fois trié, lavé et moulu.\n- **Les semences** de la prochaine saison, en sacs : l'avenir en graines. Voir [[TEC-AGR-002]].\n- **Les médicaments vétérinaires** : antibiotiques, antiparasitaires, désinfectants, seringues, aiguilles, fils de suture, bandes, en grands conditionnements.\n- **L'eau** : puits, forage, citernes, abreuvoirs, pompes.\n- **Le foin et la paille** : isolant, litière, couchage, combustible d'allumage.\n- **Le matériel de clôture** : piquets, fil barbelé, grillage, électrificateurs de clôture à batterie ou solaires.\n\n## ADAPTER\n\n**Ne descendez jamais dans une fosse à lisier**, ni dans une cuve, un puits ou une cave à fumier : les gaz qui s'en dégagent (dont le sulfure d'hydrogène) tuent en quelques respirations, et tuent aussi celui qui descend chercher le premier. Chaque année, des sauveteurs improvisés meurent ainsi.\n\n**N'entrez jamais dans un silo à grain** qui contient du grain : le grain se dérobe comme du sable mouvant et ensevelit en quelques secondes. Et un silo fermé peut manquer d'oxygène.\n\n**Les produits phytosanitaires** (pesticides, herbicides) : fermés dans leur local, on n'y touche pas sans savoir. Les engrais se stockent au sec, loin de tout carburant et de toute source de chaleur.\n\n**Les animaux abandonnés** : les vaches à traire souffrent terriblement si personne ne les trait, les bêtes enfermées meurent de soif. Ouvrir les barrières vers un pré avec de l'eau, ou s'en occuper, c'est aussi garder une ressource vivante. Voir [[TEC-ELE-001]].\n\n**Le taureau, le verrat, la vache qui vient de mettre bas** : dangereux. On n'entre pas dans leur enclos.\n\n**Une ferme encore exploitée** : l'agriculteur est la ressource. Son savoir, ses machines et ses terres nourriront plus de monde qu'un pillage. Voir [[TEC-MET-001]] et [[SURV-TROC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-027","titre":"Récupérer dans une maison","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["maison","fouille","grenier","garage","reserves cachees","piles","eau","livres"],"sources":["FEMA, Urban Search and Rescue : méthodes de recherche systématique","Retours d'expérience des sinistres et des zones évacuées (après séismes et inondations)"],"corps":"::Une maison contient bien plus que ce qu'on voit en ouvrant les placards de la cuisine. Les vraies ressources sont dans le chauffe-eau, dans les jouets des enfants, au fond du garage et sur l'étagère des livres.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes gens rangent les choses selon leur usage quotidien, pas selon leur valeur en crise. Ce qui vaut le plus en situation difficile (eau, énergie, outillage, savoir) est souvent **rangé loin**, oublié, ou caché dans des objets.\n\nAvant tout : la sécurité du bâtiment, le gaz, les occupants éventuels. Voir [[SURV-REC-001]].\n\n## AGIR\n\n**Méthode** : une pièce après l'autre, de haut en bas, de gauche à droite, en marquant les pièces faites (une croix à la craie sur la porte).\n\n**Là où personne ne regarde**\n\n- **Le chauffe-eau** : 100 à 300 litres d'eau. Le **réservoir des toilettes** aussi. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **Le tiroir à bazar** de la cuisine ou de l'entrée : piles, bougies, briquets, ficelle, ruban adhésif, lampe de poche, élastiques.\n- **Les chambres d'enfants** : piles dans les jouets, **talkies-walkies**, lampes, petites batteries, jeux de société pour tenir le moral.\n- **Les détecteurs de fumée** : une pile 9 V chacun.\n- **Le grenier** : matériel de camping (tente, duvets, réchaud), vieux vêtements chauds, couvertures, valises, outils anciens.\n- **Le garage et l'abri de jardin** : outils, bâches, cordes, jerricans, essence de la tondeuse, huile, pompe à vélo, chambres à air, brouette, semences, engrais, batterie de voiture.\n- **Sous l'évier** : seaux, gants, eau de Javel (désinfection de l'eau), sacs poubelle.\n- **L'armoire de toilette** : médicaments, pansements, thermomètre. Voir [[TEC-SAN-009]].\n- **Le fond du cellier et du congélateur coffre** : conserves oubliées, sucre, sel, farine.\n- **Les vieux téléphones et ordinateurs** dans les tiroirs : chargeurs, câbles, batteries. Voir [[SURV-REC-021]].\n\n**La bibliothèque**\n\n**Les livres pratiques** (bricolage, jardinage, cuisine, secourisme, guides de plantes et de champignons, cartes routières, atlas) sont une ressource de premier ordre quand plus rien n'est en ligne. Prenez-les avant les objets lourds.\n\n## ADAPTER\n\n**Transporter** : un sac de sport, une valise à roulettes, une brouette, un caddie. Voir [[SURV-REC-011]].\n\n**Ce qui ne se prend pas** : ce qui n'a pas d'usage ni de valeur d'échange, et tout ce qui est trop lourd pour ce que ça rapporte.\n\n**Une maison encore habitée ou dont les propriétaires reviendront** : ce n'est pas une ressource, c'est une maison. On frappe, on demande, on échange.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-026","titre":"Récupérer dans une station-service","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["station-service","carburant","cuve enterree","pompe manuelle","essence","gazole","electricite statique"],"sources":["INRS, stockage et manipulation des liquides inflammables (ED 6135)","Arrêté du 18 avril 2008 relatif aux réservoirs enterrés de liquides inflammables","API RP 2003, Protection Against Ignitions Arising Out of Static, Lightning, and Stray Currents"],"corps":"::Sans électricité, les pompes d'une station ne donnent plus une goutte. Mais sous le béton, il reste souvent des dizaines de milliers de litres, dans des cuves qu'on peut atteindre par une trappe et vider à la main.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe carburant d'une station est stocké dans des **cuves enterrées** de plusieurs dizaines de mètres cubes, sous la piste. Chaque cuve a :\n\n- **une trappe de remplissage** (dépotage), sous une plaque métallique au sol, où le camion-citerne se branche ;\n- **un tube d'évent** qui monte en hauteur ;\n- **une trappe de visite** au-dessus de la cuve.\n\nLe carburant est à 2 à 4 mètres sous la surface. **Une pompe manuelle à main**, à piston ou rotative, peut le remonter : l'aspiration à la main fonctionne jusqu'à environ 7 mètres.\n\n## AGIR\n\n1. **Aucune flamme, aucune cigarette, pas de téléphone près des trappes.** Les vapeurs d'essence s'enflamment avec une étincelle.\n2. **Repérez les trappes** : plaques rondes ou carrées sur la piste, souvent de couleur ou marquées du nom du carburant.\n3. **Mesurez** : une perche ou un tube propre descendu jusqu'au fond montre la hauteur de carburant. Le fond de la cuve contient souvent **de l'eau et des dépôts** : pompez au-dessus, pas au fond.\n4. **Pompez** dans des jerricans métalliques ou homologués, **posés au sol**, jamais dans un coffre ou sur un plateau en plastique : le frottement du carburant crée de l'électricité statique.\n5. **Refermez** les trappes : l'eau de pluie ruine le reste de la cuve.\n\n## ADAPTER\n\n**Essence ou gazole ?** L'essence sent fort et s'évapore vite ; le gazole est plus gras, plus lourd, sent moins. **Une essence dans un diesel, ou l'inverse, casse le moteur.** Au moindre doute, une goutte sur un papier : l'essence s'évapore en quelques secondes, le gazole laisse une tache grasse.\n\n**Le carburant vieillit** : l'essence sans stabilisant perd ses qualités en 3 à 6 mois, le gazole en 6 à 12 mois (eau, bactéries, dépôts). Un carburant récupéré se filtre à travers un tissu fin avant de passer dans un réservoir.\n\n**Le reste de la station** vaut aussi le détour :\n\n- **Bouteilles de gaz** dans les cages grillagées : butane, propane, pour cuisiner et chauffer. Voir [[URG-GAZ-001]].\n- **Huiles moteur**, liquide de refroidissement, lave-glace, ampoules, fusibles, **cartes routières**.\n- **Le compresseur à air** et ses tuyaux, la réserve d'eau de la station de lavage.\n- **La boutique** : eau, nourriture, piles, lampes.\n\n**Station encore tenue ou quartier habité** : le carburant est la ressource la plus convoitée d'une crise. Là où il y a des gens, on négocie, on ne se sert pas. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\nFaire tourner un moteur ou un groupe avec : [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-025","titre":"Récupérer dans une pharmacie","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pharmacie","medicaments","dci","generiques","perimes","stock","reserve","frigo"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 23e édition","ANSM, répertoire des médicaments génériques et dénominations communes internationales","Lyon R. et al., programme SLEP (stabilité des médicaments périmés), Journal of Pharmaceutical Sciences, 2006"],"corps":"::Dans une pharmacie abandonnée, tout le monde vide les rayons de devant : crèmes, vitamines, shampoings. Ce qui soigne vraiment est derrière le comptoir, dans les tiroirs, rangé par ordre alphabétique de molécule. Il faut savoir lire ce qu'on prend.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne pharmacie a trois zones :\n\n- **Devant, en libre accès** (parapharmacie) : cosmétiques, compléments, un peu de matériel. Peu de valeur, sauf les pansements, les sels de réhydratation, les thermomètres et les antiseptiques.\n- **Derrière le comptoir** : les médicaments, dans des tiroirs coulissants, souvent classés par **nom de molécule** (la DCI) ou de marque.\n- **La réserve et le frigo** : les stocks en vrac, les commandes du jour, les produits froids (insulines, vaccins, certains collyres).\n\nLes stupéfiants sont dans un coffre à part : ce ne sont pas eux qui vous sauveront.\n\n## AGIR\n\n**Ce qui vaut le plus, dans l'ordre**\n\n1. **Les traitements des gens de votre groupe** : ceux qu'on ne remplace pas (épilepsie, cœur, diabète, thyroïde, asthme). Notez leurs noms de molécule avant d'y aller.\n2. **Antibiotiques** courants, en comprimés : ils se gardent bien. Voir [[TEC-SAN-010]].\n3. **Antidouleurs et antifièvre** : paracétamol, ibuprofène. Voir [[TEC-SAN-009]].\n4. **Sels de réhydratation orale**, antidiarrhéiques.\n5. **Pansements, compresses, bandes, antiseptiques, gants, sérum physiologique, fils et strips de suture.**\n6. **Un livre de référence** : le dictionnaire des médicaments ou tout ouvrage de posologie du comptoir. Il vaut plus que la moitié des boîtes.\n\n**Lire une boîte** : le **nom de la molécule** (écrit en plus petit sous le nom commercial) et le **dosage** comptent, pas la marque. Le même paracétamol se vend sous dix noms. Prenez la notice avec la boîte.\n\n## ADAPTER\n\n**Le frigo est coupé depuis longtemps** : l'insuline tient environ un mois à température ambiante (pas au-dessus de 30 °C), les vaccins beaucoup moins. Prenez l'insuline si quelqu'un en a besoin, et gardez-la au plus frais possible. Voir [[TEC-ALI-011]].\n\n**Les confusions dangereuses**\n\n- **Plusieurs boîtes contiennent la même molécule** : attention aux surdosages de paracétamol en particulier.\n- **Même nom, dosage différent** : un comprimé de 1 g n'est pas un comprimé de 500 mg.\n- **Les formes pour enfants** (sirops, suppositoires dosés au poids) : utiles, mais fragiles et vite périmées une fois ouvertes.\n- **Les médicaments vétérinaires** contiennent souvent les mêmes molécules, à d'autres dosages : on ne les utilise qu'en sachant convertir.\n\n**D'autres ont besoin de ce stock** : dans un quartier, la pharmacie est souvent le seul endroit où se trouvent les traitements vitaux de dizaines de personnes. Prendre ce qu'il faut et laisser le reste, ou organiser un partage, sauve plus de monde que tout vider.\n\n**Une pharmacie encore tenue** par un pharmacien : c'est lui, la ressource. Il sait ce qui remplace quoi. Voir [[TEC-MET-001]].\n\nLe même raisonnement, à l'échelle d'un hôpital : [[SURV-REC-023]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-024","titre":"Réparer un pneu","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pneu","crevaison","meche","rustine","roue de secours","velo","voiture","reparation"],"sources":["Michelin et Continental, guides d'entretien et de réparation des pneumatiques","Norme NF T 47-006 et recommandations des professionnels sur les zones réparables d'un pneu","Park Tool, Big Blue Book of Bicycle Repair (réparation des chambres à air)"],"corps":"::Un pneu crevé n'est presque jamais un pneu perdu. Un clou dans la bande de roulement se répare en dix minutes au bord de la route. Rouler dessus à plat, en revanche, le tue en quelques centaines de mètres.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Ce qui se répare** : un trou dans la **bande de roulement**, la partie qui touche le sol, d'au plus 6 mm environ. Un clou, une vis, un éclat.\n\n**Ce qui ne se répare pas** : le **flanc** (le côté), l'épaule (l'arrondi entre flanc et bande), une coupure longue, un pneu qui a roulé à plat. Le flanc travaille à chaque tour : une réparation n'y tient pas.\n\n**Rouler à plat** écrase le flanc entre la jante et le sol : il chauffe, se déchire à l'intérieur, et le pneu est bon à jeter, même s'il a l'air intact dehors. **Arrêtez-vous dès que vous sentez que ça tire ou que ça tape.** La construction du pneu est expliquée dans [[TEC-MEC-010]].\n\n## AGIR\n\n### Trouver la fuite\n\n- **Regardez** la bande de roulement en faisant rouler la voiture de quelques centimètres : un clou, une tête de vis, un éclat brillant.\n- **Écoutez** : un sifflement.\n- **De l'eau savonneuse** passée au pinceau ou versée : des bulles là où ça fuit. Vérifiez aussi la valve et le bord de la jante.\n\n### Réparer un pneu de voiture sans chambre (tubeless) : la mèche\n\nLe kit à mèches, quelques euros en magasin, fait la réparation la plus solide qu'on puisse faire soi-même.\n\n1. **Laissez le clou en place** tant que vous n'êtes pas prêt : il bouche le trou.\n2. Arrachez-le à la pince.\n3. **Alésez le trou** avec la râpe du kit, en l'enfonçant et en la tournant plusieurs fois : ça nettoie le trou et le calibre.\n4. Enfilez une mèche gommée dans le chas de l'aiguille, à moitié.\n5. Enfoncez l'aiguille jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un à deux centimètres de mèche dehors.\n6. **Retirez l'aiguille d'un coup sec**, sans la tourner : la mèche reste dans le trou.\n7. Coupez ce qui dépasse au ras, regonflez, vérifiez à l'eau savonneuse.\n\nC'est une réparation de dépannage : faites contrôler le pneu dès que possible par un professionnel, qui posera une pièce par l'intérieur.\n\n### La bombe anti-crevaison\n\nElle regonfle et bouche les petits trous en quelques minutes. Elle dépanne, mais elle encrasse la valve et le capteur de pression, et beaucoup de garages refusent ensuite de réparer le pneu. Roulez doucement jusqu'au garage.\n\n### Changer la roue\n\n1. Voiture sur du plat, frein à main serré, une vitesse enclenchée, les autres occupants à l'écart de la route.\n2. **Desserrez les écrous d'un quart de tour roue au sol**, avant de lever : sinon la roue tourne dans le vide.\n3. Placez le cric sur le point prévu (une encoche sous le bas de caisse, indiquée dans le manuel), levez jusqu'à ce que la roue décolle.\n4. Dévissez, changez la roue, revissez à la main, **puis serrez en étoile** (un écrou, celui d'en face, et ainsi de suite).\n5. Reposez la voiture, serrez à fond. **Resserrez après 50 km.**\n\nUne roue de secours étroite (une « galette ») se limite à 80 km/h et à un usage de dépannage.\n\n### Réparer une chambre à air (vélo, brouette, vieux deux-roues)\n\n1. Sortez la chambre, gonflez-la un peu, trouvez le trou (dans l'eau, des bulles ; sinon, à l'oreille et contre la joue).\n2. Poncez autour du trou avec le papier de verre du kit.\n3. Étalez la colle, un peu plus large que la rustine, et **attendez qu'elle soit sèche au toucher**, trois à cinq minutes. C'est l'erreur de tout le monde : une rustine posée sur de la colle humide ne tient pas.\n4. Posez la rustine, appuyez fort une minute.\n5. **Avant de remonter, cherchez la cause** : passez les doigts doucement à l'intérieur du pneu. Une épine oubliée recrève la chambre neuve dans le kilomètre.\n\n## ADAPTER\n\n**Le pneu est sorti de la jante (déjanté).** Pour le regonfler, il faut que les talons touchent la jante. Serrez une **sangle à cliquet** autour de la bande de roulement : elle écrase le pneu et pousse les talons vers l'extérieur. Mouillez les bords à l'eau savonneuse, gonflez, puis desserrez la sangle dès que les talons claquent en place. Le truc de l'essence ou du spray enflammé dans le pneu existe : il brûle des mains et fait éclater des pneus, n'y touchez pas.\n\n**Une entaille dans le flanc d'un pneu de vélo.** Glissez à l'intérieur, entre le pneu et la chambre, un morceau de vieux pneu, un emballage de barre de céréales plié ou un billet de banque : ça empêche la chambre de hernier par la fente, le temps de rentrer.\n\n**Plus de rustine.** Pour un vélo : coupez la chambre au niveau du trou et **faites un nœud** avec les deux bouts. La chambre, plus courte, se remonte et tient. Pour tout le reste : du ruban adhésif très serré, plusieurs tours, pour quelques kilomètres.\n\n**Plus de chambre, plus rien.** Bourrez le pneu de corde, d'herbe sèche tassée, de mousse, de vieux vêtements : lourd et dur, mais ça roule, doucement, pour sortir d'une mauvaise passe. Voir [[SURV-REC-022]].\n\n**Pas de compresseur.** Une pompe de vélo à pied gonfle un pneu de voiture, avec quelques centaines de coups. Un petit compresseur 12 V se branche sur l'allume-cigare. Une cartouche de CO2 regonfle un pneu de vélo en deux secondes.\n\n**Un pneu d'occasion trouvé sur une épave** : lisez sa date (quatre chiffres après DOT, semaine et année) et cherchez les craquelures sur les flancs. Voir [[SURV-REC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-023","titre":"Récupérer dans un hôpital","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["hopital","medicaments","oxygene","chariot d'urgence","sterilisation","groupe electrogene","dasri"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 23e édition","Lyon R. et al., Stability profiles of drug products extended beyond labeled expiration dates, Journal of Pharmaceutical Sciences, 2006 (programme SLEP)","AIEA, The Radiological Accident in Goiânia, 1988","Ministère de la Santé, guide des déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI)"],"corps":"::Tout le monde court à la pharmacie de l'hôpital. Elle est fermée à clé, au sous-sol, et vidée la première. Ce qui a de la valeur est ailleurs, dans les étages, et personne n'y pense.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn hôpital est une ville verticale, organisée pour ne jamais s'arrêter. Tout y est doublé et stocké près de l'endroit où il sert : un soignant ne descend pas au sous-sol chercher une seringue. C'est pour cela que **la vraie réserve est répartie dans les services**, et que la pharmacie centrale n'est qu'une partie du stock.\n\nC'est aussi un lieu où l'on trouve des malades, des morts et des gens qui ont besoin d'aide. Si des soignants y sont encore, ce qu'ils savent vaut plus que tout ce qu'il y a dans les armoires.\n\n## AGIR\n\n### Où chercher, dans l'ordre\n\n**1. Les chariots d'urgence.** Un par service, rouge ou jaune, dans le couloir ou près du poste de soins, souvent fermé par un simple scellé en plastique. Chacun contient la même chose partout : adrénaline, atropine, amiodarone, solutés, seringues, cathéters, matériel d'intubation, ballon d'insufflation, parfois un défibrillateur posé dessus. **C'est la réanimation complète, en kit, rangée dans le même ordre d'un hôpital à l'autre.**\n\n**2. Les armoires de service.** Dans chaque service, une pièce de stock (la « réserve » ou « pharmacie de service ») : pansements, antiseptiques, gants, compresses, perfusions, antalgiques courants, antibiotiques d'usage fréquent. Les stupéfiants sont dans un coffre à part, les autres médicaments en libre accès pour les soignants.\n\n**3. La stérilisation centrale.** Souvent au sous-sol ou près du bloc opératoire. Des boîtes métalliques scellées, étiquetées par intervention : pinces, ciseaux, porte-aiguilles, écarteurs, **déjà stériles et datés**. Un kit de suture complet pèse quelques centaines de grammes. Voir [[TEC-SAN-001]].\n\n**4. Le bloc opératoire.** Fils de suture, champs stériles, lampes frontales, aspirateurs de mucosités manuels, blouses.\n\n**5. La maternité.** Lait infantile en poudre et prêt à boire, biberons, tétines, couches, matériel d'accouchement. C'est ce qui manque le plus vite dans une ville en crise. Voir [[URG-SEC-007]].\n\n**6. La cuisine et la lingerie.** Réserves alimentaires pour des centaines de repas, grands contenants, draps, couvertures, blouses propres.\n\n**7. Les locaux techniques.** Le groupe électrogène et sa cuve de fioul (les hôpitaux gardent plusieurs jours d'autonomie), les batteries des onduleurs, l'outillage des services techniques, les pompes.\n\n### L'oxygène\n\nLes grands hôpitaux ont une **cuve d'oxygène liquide** à l'extérieur, et des **bouteilles** dans les services et dans un local de stockage. En Europe, une bouteille d'oxygène médical a **l'ogive blanche**.\n\n- Une bouteille de 5 litres pleine à 200 bars donne environ 1 000 litres d'oxygène, soit **plus de 8 heures à 2 litres par minute**.\n- Les bouteilles modernes ont un détendeur intégré avec un manomètre : on lit ce qui reste.\n- **Jamais de graisse ni d'huile** sur un robinet d'oxygène, jamais de flamme à côté : l'oxygène pur fait brûler violemment ce qui est gras.\n\n## ADAPTER\n\n### Ce qu'il ne faut pas toucher\n\n- **Les conteneurs jaunes** (en France, les DASRI) : aiguilles usagées, pansements souillés, déchets infectieux. Ce ne sont pas des réserves.\n- **Les produits de chimiothérapie**, souvent marqués d'une étiquette violette ou d'un symbole spécifique : toxiques au contact.\n- **Tout ce qui porte le trèfle radioactif**, en médecine nucléaire et en radiothérapie. En 1987, à Goiânia au Brésil, des récupérateurs ont ouvert une vieille source de césium d'un appareil de radiothérapie abandonné. La poudre brillait en bleu dans le noir ; ils l'ont montrée à leurs proches. Quatre personnes sont mortes, des centaines ont été contaminées. **Un conteneur en plomb très lourd, avec ce symbole, ne s'ouvre jamais.**\n- **Les réfrigérateurs à vaccins et à insuline** sans courant depuis longtemps : l'insuline tient environ un mois à température ambiante, les vaccins beaucoup moins.\n\n### Les médicaments périmés\n\nL'armée américaine a fait tester ses stocks périmés pendant des années (programme SLEP) : **la grande majorité des médicaments solides (comprimés, gélules) gardaient leur efficacité des années après leur date**, s'ils avaient été stockés au frais et au sec. Les exceptions à connaître : les liquides, l'insuline, l'adrénaline, les collyres et certains antibiotiques en suspension perdent vite leur efficacité. Voir [[TEC-SAN-001]].\n\n### Les astuces qu'on ne trouve dans aucun manuel\n\n- **Les étages de consultation** (dermatologie, ophtalmologie, ORL, dentaire) sont ignorés par tout le monde et pleins de matériel : lampes, loupes, instruments fins, anesthésiques locaux.\n- **Les cliniques vétérinaires** ont les mêmes antibiotiques, antiparasitaires et fils de suture, en plus gros conditionnements, et personne n'y va.\n- **Le service de dialyse** a un système de traitement d'eau : filtres, osmoseur, réserves d'eau purifiée.\n- **Les tabliers de plomb** de la radiologie pèsent lourd mais arrêtent les rayons X et une partie des rayons gamma faibles.\n- **Les chariots, fauteuils roulants et brancards** sont les meilleurs outils pour transporter ce que vous trouvez. Voir [[SURV-REC-011]].\n- **Les bouteilles de solution hydroalcoolique**, par palettes, sont un désinfectant, un combustible pour réchaud et un allume-feu.\n- **Allez-y à deux, de jour, en connaissant la sortie.** Un hôpital est un labyrinthe de couloirs identiques, et sans électricité, beaucoup de portes coupe-feu se ferment seules. Voir [[SURV-REC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-022","titre":"Fabriquer un vélo","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["velo","recuperation","mecanique","transport","pieces","reparation"],"sources":["Brown S., Sheldon Brown's Bicycle Technical Info, tableaux de compatibilité des pièces","Norme ISO 5775, désignation des pneus et jantes de cycles","Park Tool, Big Blue Book of Bicycle Repair"],"corps":"::On ne fabrique presque jamais un vélo. On en fait un bon avec trois mauvais. Toute la compétence, c'est de savoir quelles pièces vont ensemble.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn vélo, c'est un cadre et une fourche, deux roues, une transmission, des freins, une selle et un guidon. Le cadre est la seule pièce difficile à fabriquer ; tout le reste se récupère et se remplace.\n\nIl y a des vélos abandonnés partout : caves, déchetteries, cours d'immeubles, garages. Un vélo rouillé dont une roue est voilée a souvent un cadre parfait. **Récupérez-en plusieurs** et montez le meilleur de chacun.\n\nLe vrai piège, ce sont **les standards** : des pièces qui ont l'air pareilles et ne se montent pas. Ce sont eux qu'il faut connaître avant de démonter.\n\nLe fonctionnement et l'entretien sont dans [[TEC-MEC-004]].\n\n## AGIR\n\n### 1. Les outils\n\nLe strict nécessaire : clés plates de 8 à 17 mm, clés Allen de 4, 5 et 6 mm, un tournevis, deux démonte-pneus (ou deux manches de cuillère), une pompe, un dérive-chaîne. Utiles ensuite : un extracteur de manivelles, une clé à rayons, de la graisse.\n\n### 2. Choisir le cadre\n\nC'est la pièce qui décide. Vérifiez :\n\n- **Les soudures et la direction** : pas de fissure, surtout autour du tube de direction et du boîtier de pédalier. Une fissure fine sous la peinture qui s'écaille en ligne est une fissure de métal.\n- **L'alignement** : regardez le vélo de dos, les deux roues doivent être dans le même plan. Un cadre tordu ne se redresse pas proprement.\n- **La rouille** : en surface, elle se brosse. Si elle a percé ou gonflé le tube, abandonnez.\n- **La taille** : debout au-dessus du tube horizontal, il faut quelques centimètres entre lui et vous.\n\nUn cadre en acier se répare, se soude, pardonne. L'aluminium et le carbone fissurés se jettent.\n\n### 3. Les compatibilités à vérifier\n\n| Pièce | Ce qui doit correspondre | Où lire |\n|---|---|---|\n| Roue et pneu | Le diamètre de jante en mm : 622 (700C ou 29 pouces), 584 (650B ou 27,5), 559 (26 pouces), 406 (20 pouces) | Sur le flanc du pneu, par exemple 37-622 |\n| Roue et cadre | L'écartement des pattes : 100 mm à l'avant, 130 ou 135 mm à l'arrière | Mesurez entre les pattes |\n| Tige de selle | Le diamètre, au dixième de millimètre près (27,2 est le plus courant) | Gravé sur la tige |\n| Jeu de direction | 1 pouce (vieux vélos) ou 1 1/8 pouce | Mesurez le pivot de fourche |\n| Boîtier de pédalier | Le filetage, anglais sur l'immense majorité | Marqué sur les cuvettes |\n| Chaîne | La largeur selon le nombre de pignons | Une chaîne large ne rentre pas sur une cassette fine |\n| Freins | Leur type et leur portée : étriers, cantilevers, V-brakes, disques | Regardez les tétons ou les pattes sur le cadre |\n\n**Règle simple** : prenez de préférence les roues, la fourche et les freins sur le même vélo donneur. Ils vont ensemble d'origine.\n\n### 4. Monter dans l'ordre\n\n1. **Fourche et direction.** Graissez les roulements, serrez jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de jeu mais que la fourche tourne librement.\n2. **Pédalier.** Graisse sur les filets, sens de serrage : le côté droit se visse souvent à l'envers.\n3. **Roues.** Faites-les tourner : un voile léger se corrige en retendant les rayons du côté opposé au voile, un quart de tour à la fois. Changez tout pneu craquelé.\n4. **Freins d'abord, avant la transmission.** Un vélo sans vitesses roule ; un vélo sans freins tue. Les patins doivent toucher la jante bien à plat, jamais le pneu.\n5. **Transmission.** Chaîne à la bonne longueur, dérailleurs réglés, ou montage à une seule vitesse.\n6. **Selle et guidon.** Hauteur de selle : jambe presque tendue, talon sur la pédale en bas.\n\n### 5. Le plus simple : une seule vitesse\n\nSi les dérailleurs sont fichus, supprimez-les. Gardez un plateau devant, un pignon derrière, alignés, et une chaîne tendue. Sur un cadre à pattes verticales, un tendeur ou un vieux dérailleur bloqué tient la chaîne. **Un vélo à une vitesse ne se dérègle jamais.** Choisissez un petit rapport : on monte les côtes, on accepte d'aller moins vite à plat.\n\n### 6. Essayer\n\nFreinez fort à l'arrêt, puis à basse vitesse. Secouez le guidon, la selle, les roues : rien ne doit bouger. Roulez cent mètres, puis resserrez tout. Refaites un tour de contrôle après la première journée.\n\n## ADAPTER\n\n**Plus de chambre à air.** Bourrez le pneu de corde, de mousse, de tuyau d'arrosage enroulé. C'est lourd et dur, mais ça roule pour dépanner.\n\n**Crevaisons à répétition.** Il reste une épine ou un éclat dans le pneu : passez les doigts à l'intérieur, doucement, sur tout le tour.\n\n**Pas de cadre du tout.** Un cadre en bambou se construit : tubes de bambou secs de 3 à 5 cm, raccords en fibres (chanvre, lin) imprégnées de résine, récupérant la direction, le boîtier et les pattes d'un vieux cadre scié. C'est un projet de plusieurs semaines, pas un dépannage.\n\n**Transporter.** Une remorque à deux roues faite avec deux roues avant et un cadre de bois ou de tube porte 30 à 50 kg. Accrochez-la à la tige de selle ou à l'axe arrière, jamais au porte-bagages seul. Voir [[SURV-REC-011]].\n\n**Vous montez un vélo pour un autre.** Prenez sa taille avant, pas après : un vélo trop grand est dangereux, un vélo trop petit use les genoux.\n\n**Rien ne se démonte.** Dégrippant, attente, puis chaleur. Voir [[SURV-REC-003]] pour tirer le meilleur d'un véhicule entier.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-021","titre":"Récupérer sur un ordinateur portable","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","electronique","batterie","lithium","signal"],"sources":["Battery University — cellules lithium-ion : décharge profonde, stockage, sécurité","INRS — Batteries au lithium : risques d'incendie","iFixit — guides de démontage d'ordinateurs portables"],"corps":"::Un ordinateur portable mort contient une batterie, des aimants parmi les plus puissants qui existent, un miroir parfait et un écran. À condition de savoir quoi garder, et quoi ne jamais percer.::\n\n## AGIR\n\n1. **Essayez-le d'abord.** Un portable qui démarre, avec son chargeur, vaut bien plus entier : il lit des cartes hors ligne, des documents, une bibliothèque comme Phenix. Ne démontez que ce qui est vraiment mort.\n2. **Débranchez la batterie avant tout.** Elle se trouve sous le clavier ou sous la coque du dessous. Déclipsez son connecteur **avant** de toucher quoi que ce soit d'autre.\n3. **Regardez-la.** Gonflée, percée, chaude, ou qui sent le solvant : ne l'ouvrez pas, ne la pliez pas. Posez-la dehors, loin de tout ce qui brûle, sur de la terre ou du sable.\n4. **Gardez, dans l'ordre :**\n   - **la batterie** saine : des cellules lithium pour une lampe ou une batterie de secours (voir ADAPTER) ;\n   - **le chargeur** : une alimentation propre de 19 à 20 volts ;\n   - **le disque dur**, s'il en a un : deux aimants au néodyme et des plateaux qui font des miroirs ;\n   - **les ventilateurs, haut-parleurs, la webcam, la petite pile ronde** de la carte mère ;\n   - **les vis, les fils fins, la coque** en aluminium s'il y en a.\n5. **Rangez les cellules isolées**, bornes recouvertes de ruban, jamais en vrac dans une poche avec des pièces ou des clés.\n\n## ADAPTER\n\n**Faire un miroir de signalisation.** Ouvrez le disque dur (vis Torx, souvent une cachée sous l'étiquette). Le plateau est un miroir presque parfait. Dans les portables, il est souvent en verre : ne le percez pas, visez avec la main tendue, voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Les aimants.** Ils se collent l'un à l'autre avec assez de force pour pincer la peau jusqu'au sang. Tenez-les loin d'un stimulateur cardiaque, des cartes bancaires et des boussoles. Collés sur une aiguille aimantée ou un tournevis, ils servent toute une vie.\n\n**Faire une batterie de secours.** Les vieux portables ont des cellules cylindriques, les récents des poches plates. Une cellule seule se recharge avec un petit module de charge USB prévu pour le lithium, jamais branchée directement sur une alimentation. Associées à un module élévateur USB, elles rechargent un téléphone.\n\n**La cellule est presque vide.** Mesurez sa tension au multimètre : en dessous de 2,5 volts environ, elle a été trop déchargée. Ne la rechargez pas, elle peut chauffer et prendre feu pendant la charge.\n\n**L'écran.** Il ne marche pas seul, mais avec une petite carte contrôleur adaptée à sa référence (étiquette au dos), il devient un moniteur. Même cassé, sa dalle arrière diffuse la lumière : derrière elle, une bande de LED fait un éclairage doux et uniforme.\n\n**Un feu de batterie.** Ne vous penchez pas au-dessus. Éloignez tout ce qui brûle, et noyez-le sous beaucoup d'eau ou recouvrez-le de sable s'il est dehors : un extincteur à poudre éteint les flammes mais la cellule repart souvent. Voir [[URG-INC-002]].\n\n**Les données.** Le disque contient la vie de quelqu'un. Ce qui est utile à tous, cartes, livres, notices, peut se garder. Le reste ne vous regarde pas.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi le lithium est si dangereux abîmé.** Une cellule lithium est un sandwich très fin de deux électrodes séparées par une membrane de quelques millièmes de millimètre. Percée, écrasée ou trop chauffée, la membrane cède : les électrodes se touchent, la cellule chauffe, décompose son propre électrolyte et libère de quoi entretenir le feu. C'est l'emballement thermique, et il se propage d'une cellule à la voisine.\n\n**Pourquoi 2,5 volts.** Une cellule « vide » s'arrête normalement vers 3 volts : son circuit de protection la coupe avant. Restée des mois sans ce circuit, elle peut descendre bien plus bas. Le cuivre d'une électrode commence alors à se dissoudre, puis se redépose en aiguilles pendant la recharge suivante. Ces aiguilles peuvent traverser la membrane : court-circuit interne, sans prévenir. Le seuil de 2,5 volts garde une marge.\n\n**Pourquoi un plateau de disque dur est un si bon miroir.** Les têtes de lecture volent à quelques nanomètres de sa surface : elle doit être polie presque à l'atome près, bien au-delà d'un miroir de salle de bains.\n\n**Pourquoi des aimants si forts dans si peu de place.** Le bras qui déplace les têtes doit sauter d'une piste à l'autre en quelques millisecondes. Les aimants au néodyme donnent cette force dans quelques grammes, et c'est pour ça qu'on les récupère.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-020","titre":"Ouvrir une conserve sans ouvre-boîte","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["conserve","alimentation","recuperation","outil"],"sources":["USDA Food Safety and Inspection Service — Shelf-stable food safety, dented and swollen cans","OMS — Botulisme, fiche d'information","Brevet britannique de Peter Durand (1810) et brevet américain d'Ezra Warner (1858)"],"corps":"::Une boîte de conserve a un point faible : son serti, la bordure repliée du couvercle. Usez-le, et le couvercle se soulève tout seul, sans couteau et sans éclat de métal dans la nourriture.::\n\n## AGIR\n\n**Regardez d'abord la boîte** : bombée, fuyante ou rouillée en profondeur, elle ne s'ouvre pas, elle se jette. Voir ADAPTER.\n\n**La méthode du béton, la plus sûre.**\n\n1. **Trouvez une surface plate et rugueuse** : dalle de béton, trottoir, pierre, parpaing, brique.\n2. **Retournez la boîte**, couvercle contre la pierre.\n3. **Frottez en rond ou en huit** en appuyant fermement, trente secondes à une minute. Vous usez le bourrelet du serti, pas le couvercle.\n4. **Regardez souvent** : dès qu'un peu de liquide apparaît sur la pierre, arrêtez. Le serti est traversé.\n5. **Pressez les flancs de la boîte** : le couvercle se décolle. Soulevez-le avec la pointe d'un couteau ou d'une cuillère, jamais avec les doigts : le bord coupe.\n6. **Essuyez le haut de la boîte** avant de servir : il reste de la poussière de pierre.\n\n**Avec une cuillère en métal.** Tenez-la par le manche, la pointe du cuilleron contre le couvercle, juste à l'intérieur du rebord. Frottez vite, en va-et-vient, toujours au même endroit : le métal s'amincit puis cède. Agrandissez le trou en suivant le bord, puis soulevez.\n\n**Avec un couteau, en dernier recours.** C'est la méthode qui blesse le plus. Lame courte et solide, jamais un couteau fin. Posez la pointe à l'intérieur du rebord et enfoncez-la en tapant le manche avec une pierre ou un objet dur, **jamais avec la paume** : la main glisse sur la lame. Puis avancez par petits leviers autour du couvercle, l'autre main loin de la trajectoire.\n\n## ADAPTER\n\n**La boîte est bombée, ou gicle à l'ouverture.** Ne goûtez pas, même pour vérifier. Une boîte gonflée peut contenir la toxine du botulisme, mortelle à dose infime, sans goût ni odeur. Jetez-la fermée, hors de portée des animaux. Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n**Elle est cabossée.** Une petite bosse sur le corps, ça passe. Une bosse sur le serti du haut ou du bas, ou un pli net, non : l'étanchéité a pu céder.\n\n**Elle est rouillée.** Une rouille de surface qui s'essuie, ça passe. Une rouille qui creuse ou qui a percé, non.\n\n**Elle est vieille.** Une boîte intacte, stockée au sec et à l'abri du gel et de la chaleur, reste sûre bien après sa date : c'est surtout le goût et les vitamines qui baissent. Les aliments acides (tomates, fruits) s'abîment plus vite que les légumes et la viande. C'est l'état de la boîte qui décide, pas la date.\n\n**La languette a cassé.** Repartez du trou qu'elle a amorcé et continuez à la cuillère, le long du bord.\n\n**Vous voulez chauffer dans la boîte.** Ouvrez-la d'abord, ou au moins percez le couvercle : une boîte fermée posée sur le feu peut éclater et projeter son contenu brûlant. Retirez l'étiquette en papier et chauffez au bord des braises, pas dans la flamme.\n\n**La boîte vide sert encore.** Un bord bien écrasé contre la pierre ne coupe plus : elle devient gobelet, casserole ou lanterne. Voir [[SURV-FEU-001]] pour le feu.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Pourquoi le béton marche.** Un couvercle de conserve n'est pas soudé : il est serti. Le bord du couvercle et celui du corps sont repliés l'un dans l'autre, puis écrasés, avec un joint à l'intérieur. Ce bourrelet dépasse du couvercle de quelques millimètres. En frottant la boîte retournée sur une surface abrasive, vous usez ce bourrelet et lui seul, jusqu'à ouvrir le repli. Le couvercle ne tient alors plus à rien.\n\n**Pourquoi c'est plus sûr qu'un couteau.** La lame dérape sur un métal lisse et courbe, et la main qui tient la boîte est exactement sur son chemin. Le frottement ne pousse rien vers la main, et ne laisse ni éclats ni bords en dents de scie.\n\n**Une histoire à l'envers.** La boîte en fer a été brevetée en 1810, en Angleterre. Le premier ouvre-boîte, en 1858, aux États-Unis. Pendant près de cinquante ans, soldats et marins ont ouvert leurs rations au marteau et au burin, à la baïonnette ou à la pierre ; certaines boîtes portaient même la consigne de s'y prendre ainsi. Il a fallu que le métal s'amincisse pour qu'un outil de poche devienne possible.\n\n**Ce que dit une boîte bombée.** Une conserve est stérilisée et fermée sans air. Si des bactéries ont survécu, ou sont entrées par un défaut du serti, elles se multiplient et produisent du gaz : c'est lui qui pousse le couvercle. Le danger n'est pas le gaz, c'est ce qui l'a fabriqué. Le botulisme est rare parce que la stérilisation industrielle est très sûre ; quand il survient, il reste grave.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-019","titre":"Un moteur qui ne démarre pas","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteur","mecanique","panne","vehicule","reparation"],"sources":["Robert Bosch GmbH — Automotive Handbook","US Army TM 9-8000 — Principles of Automotive Vehicles"],"corps":"::Un moteur à essence ne démarre que s'il réunit quatre choses : du carburant, de l'air, une étincelle et de la compression. Quand il refuse, il en manque une. Cherchez laquelle, dans l'ordre.::\n\n## AGIR\n\n**Écoutez d'abord ce qui se passe quand vous lancez le moteur.** C'est le tri le plus rapide, et il ne demande aucun outil.\n\n1. **Rien, ou un seul clic sec.** Le démarreur ne tourne pas : le problème est électrique. Voyants très faibles ou qui s'éteignent : batterie vide. Voyants normaux mais un clic : cosse desserrée ou oxydée, relais ou démarreur. **Nettoyez et resserrez les deux cosses de la batterie avant toute autre chose**, c'est la panne la plus fréquente — voir [[SURV-REC-007]].\n2. **Le moteur tourne, mais de plus en plus lentement.** Batterie faible, souvent à cause du froid. Laissez-la reposer une minute entre deux essais, ou démarrez avec des câbles (voir ADAPTER).\n3. **Le moteur tourne à vitesse normale mais ne part pas.** La batterie et le démarreur vont bien. Il manque du carburant, une étincelle ou de l'air : continuez.\n4. **Le moteur tourne plus vite et plus facilement que d'habitude, avec un bruit régulier.** Arrêtez tout de suite. C'est le signe classique d'une courroie de distribution cassée : sur beaucoup de moteurs, chaque nouvel essai peut tordre les soupapes.\n\n**Carburant.**\n\n5. **Vérifiez le niveau réel, pas la jauge.** Une jauge peut mentir, surtout après une longue immobilisation.\n6. **Écoutez la pompe.** Sur la plupart des moteurs à injection, une pompe électrique bourdonne une ou deux secondes quand on met le contact. Silence complet : fusible, relais ou pompe.\n7. **Regardez une bougie.** Après quelques tentatives, dévissez-en une. **Humide et qui sent l'essence** : le carburant arrive, cherchez du côté de l'étincelle, ou le moteur est noyé. **Sèche** : le carburant n'arrive pas.\n\n**Étincelle.**\n\n8. **Testez l'allumage avec un testeur d'étincelle** branché entre le fil et la bougie, s'il y en a un sous la main : il doit clignoter franchement pendant que le moteur tourne. Pas d'éclair : bobine, fil, capteur ou alimentation de l'allumage. Sans testeur, une bougie noire, grasse ou dont les électrodes sont rongées se change avant de chercher plus loin.\n\n**Air.**\n\n9. **Suivez le chemin de l'air**, de l'entrée du filtre jusqu'au pot d'échappement. Un filtre gorgé d'eau, une durite d'admission débranchée ou un pot bouché par de la boue, de la neige ou un chiffon suffisent à empêcher un démarrage.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn moteur thermique brûle un mélange d'air et de carburant dans un cylindre fermé, et transforme cette poussée en rotation — le fonctionnement complet est dans [[TEC-MOTH-001]]. Pour que ça démarre, les quatre conditions doivent être réunies **en même temps** : le bon mélange, comprimé, et enflammé au bon moment.\n\nLe démarreur ne fait que lancer ce cycle. Tant qu'il tourne normalement, la batterie et le démarreur sont hors de cause, et le problème se trouve dans l'une des quatre conditions. C'est pour cela que l'ordre compte : on élimine d'abord ce qui est simple et fréquent, et on garde pour la fin ce qui demande de démonter.\n\n**Le diesel est différent.** Il n'a pas de bougies d'allumage : c'est la chaleur de l'air fortement comprimé qui enflamme le gazole. Ses pannes de démarrage viennent donc du froid (préchauffage), d'air entré dans le circuit de carburant, ou d'un gazole figé par le gel qui bouche le filtre.\n\n## ADAPTER\n\n**Le moteur est noyé.** Forte odeur d'essence, bougies mouillées. Attendez dix à quinze minutes que l'excès s'évapore. Sur beaucoup de voitures à injection, relancer le moteur **accélérateur enfoncé à fond** coupe l'injection pendant le démarrage et aide à le dénoyer.\n\n**C'est un diesel.** Attendez que le voyant de préchauffage s'éteigne avant de lancer le moteur, et recommencez deux ou trois fois par temps froid. Après une panne sèche, il faut chasser l'air du circuit : beaucoup de filtres ont une petite pompe d'amorçage manuelle à actionner jusqu'à ce qu'elle devienne dure.\n\n**Il fait très froid.** Une batterie perd une grande partie de sa puissance par grand froid et l'huile épaissit. Ramener la batterie au chaud pour la nuit suffit souvent pour le démarrage du matin.\n\n**C'est un petit moteur** (tondeuse, groupe électrogène, tronçonneuse). Les mêmes quatre conditions s'appliquent. Le coupable le plus courant est une **essence restée plusieurs mois** dans le réservoir : elle perd ses composants les plus volatils et encrasse le carburateur. Vidangez-la et remplacez-la par de l'essence fraîche.\n\n**Vous avez une batterie de secours.** Branchez les câbles dans cet ordre : rouge sur le + de la batterie à plat, rouge sur le + de la batterie saine, noir sur le − de la batterie saine, et enfin noir sur une **partie métallique nue du moteur en panne**, loin de sa batterie. Démarrez le véhicule qui fonctionne, puis l'autre. Débranchez dans l'ordre inverse.\n\n**Vous n'avez rien de tout ça, et une boîte manuelle.** Démarrez en poussant : contact mis, deuxième vitesse engagée, embrayage enfoncé. À la vitesse d'un pas de course, relâchez l'embrayage d'un coup, puis débrayez dès que le moteur prend. Cela ne marche pas avec une boîte automatique.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-018","titre":"Choisir un véhicule","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["véhicule","diesel","toyota","pickup","mécanique","carburant","autonomie"],"sources":["Documentation sur la fiabilité comparée des véhicules diesel mécaniques","Retours d'expérience sur l'utilisation de véhicules civils en zone de conflit","Manuels d'entretien des Toyota Hilux, Land Cruiser et Land Rover Defender"],"corps":"::Le meilleur véhicule de crise n'est pas le plus récent ni le plus puissant. C'est celui qui roule avec n'importe quoi, se répare avec peu, et porte ce qu'on lui met dessus. Ce véhicule existe, et il a un profil précis.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi diesel et pourquoi ancien\n\n**Le diesel accepte presque tout.** Un moteur diesel à injection mécanique (sans électronique) fonctionne au diesel, au fioul domestique, au kérosène, et à l'huile végétale filtrée et préchauffée. Un moteur essence exige de l'essence — et l'essence se dégrade plus vite, s'évapore plus facilement et s'enflamme à la moindre étincelle.\n\n**L'ancien se répare.** Un diesel à injection mécanique (avant les années 2000 pour la plupart des marques) n'a pas de calculateur moteur, pas d'immobiliseur électronique complexe, pas de capteurs dont la panne immobilise. Le démarreur tourne, le gasoil coule, la pompe injecte, le moteur tourne. Pas d'ordinateur entre le conducteur et la mécanique. Voir [[TEC-MOT-001]].\n\n**Le couple du diesel.** Plus de force à bas régime, ce qui tire mieux en tout-terrain et en charge. Consommation plus faible à puissance égale.\n\n### Le profil du véhicule de crise\n\n- Diesel à injection mécanique.\n- Châssis séparé (échelle) — pas monocoque. Le châssis se redresse, le monocoque se froisse et ne se répare pas.\n- Pont arrière rigide — plus solide que la suspension indépendante en tout-terrain dur.\n- Plateau arrière ouvert (pickup) ou benne — polyvalence maximale : transport, montage d'équipement, couchage, travail.\n- Pièces répandues — un véhicule dont les pièces existent partout dans le monde se répare partout dans le monde.\n\n## AGIR\n\n### Les véhicules de référence\n\n**Toyota Hilux (pré-2005).** Le véhicule des zones de conflit dans le monde entier. Diesel 2.4 L ou 3.0 L, injection mécanique, châssis échelle, pont rigide arrière. Quasiment indestructible — la BBC a tenté de détruire un Hilux (submersion, incendie, chute d'immeuble, collision) et il a redémarré à chaque fois. Pièces disponibles sur tous les continents. C'est le standard.\n\n**Toyota Land Cruiser série 70.** Le Hilux en plus gros. Encore produit dans certains pays. Même philosophie : diesel atmosphérique, mécanique simple, tout se démonte à la clé.\n\n**Land Rover Defender (pré-Td5, avant 1998).** Tout-terrain exceptionnel, mécanique simple, pièces universelles dans le monde anglophone. Défauts : rouille, fuites d'huile, confort spartiate. Mais il passe partout et se répare avec du fil de fer.\n\n**Mercedes G-Class (W460/461).** Diesel OM602 ou OM603, conception militaire à la base. Construit pour durer, solide, lourd. Moins répandu que le Toyota mais plus robuste structurellement.\n\n**Unimog.** Le véhicule de l'impossible. Garde au sol démesurée, portails inversés (les essieux sont au-dessus du centre des roues), prise de force avant et arrière, diesel increvable. Lent, encombrant, cher, mais il passe là où rien d'autre ne passe et il tire tout.\n\n### Ce qu'il faut monter dessus\n\n**Galerie de toit.** Stockage, point d'observation, support d'antenne ou de panneau solaire. En tube d'acier soudé ou boulonné.\n\n**Treuil avant.** Se sortir seul d'un trou, d'une boue, d'un obstacle. Electrique (batterie du véhicule) ou mécanique (manivelle). Un véhicule sans treuil en tout-terrain est un véhicule qui attend de l'aide.\n\n**Snorkel.** Prise d'air haute qui permet de traverser un gué sans noyer le moteur. Indispensable si le terrain comprend des rivières ou des inondations.\n\n**Réservoir agrandi ou jerricans fixés.** L'autonomie est la liberté. Un réservoir de cent litres donne mille kilomètres en diesel économique.\n\n**Pneus tout-terrain.** Pas de pneus route, pas de profil bas. Des pneus à crampons, taille standard et disponibles. Le pneu est le consommable critique — en emporter un de rechange monté, pas seulement la roue de secours d'origine.\n\n### Entretien minimum en crise\n\nTout ce qu'un diesel mécanique ancien demande :\n\n- **Vidange huile moteur et filtre.** Tous les dix mille kilomètres ou une fois par an. L'huile usagée se filtre et se réutilise en dépannage.\n- **Filtre à carburant.** Le diesel sale bouche les injecteurs. Filtrer le carburant avant de le mettre dans le réservoir — un chiffon propre en entonnoir suffit en urgence.\n- **Courroie de distribution.** Si c'est une courroie (pas une chaîne), elle casse sans prévenir et détruit le moteur. La vérifier, en avoir une de rechange.\n- **Liquide de refroidissement.** Vérifier le niveau, les durites, le radiateur. Une surchauffe détruit un moteur en minutes.\n- **Freins.** Plaquettes et liquide. Un véhicule qui ne freine pas est plus dangereux qu'un véhicule qui ne démarre pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez que des véhicules modernes.** Un diesel moderne (common rail, électronique) roule très bien tant que rien ne casse. Mais quand le calculateur, un capteur ou la pompe haute pression lâche, c'est l'arrêt total sans atelier. Garder le véhicule moderne tant qu'il marche, chercher un ancien en parallèle.\n\n**Le diesel gèle.** En dessous de moins dix à moins vingt degrés, le gazole fige (les paraffines cristallisent et bouchent les filtres). Le fioul domestique contient un additif antigel. Le kérosène ne gèle pas à ces températures.\n\n**Vous roulez à l'huile végétale.** L'huile doit être filtrée (pas de particules alimentaires) et préchauffée (elle est trop visqueuse à froid). Le montage classique : un réservoir secondaire avec un échangeur de chaleur sur le circuit de refroidissement. Démarrer au diesel, basculer sur l'huile une fois le moteur chaud, repasser au diesel avant de couper pour purger les injecteurs.\n\n**Le plateau arrière est un espace de travail.** Montage d'antenne de communication, plateforme d'observation, support pour panneau solaire, poste de tir défensif, atelier mobile. C'est la polyvalence du pickup — et la raison pour laquelle les forces armées et les groupes du monde entier l'utilisent.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Diesel mécanique ancien = autonomie maximale.** Il roule avec ce qu'il trouve, se répare avec ce qu'on a, et ne dépend d'aucun ordinateur.\n\n**Le Toyota Hilux est le standard mondial** — pas par marketing, mais parce que chaque zone de conflit depuis quarante ans l'a prouvé. Il tourne, il tire, il dure.\n\n**L'entretien en crise tient en cinq gestes** : huile, filtre carburant, courroie, refroidissement, freins. Un véhicule entretenu dure des centaines de milliers de kilomètres. Un véhicule négligé meurt en quelques mois.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-017","titre":"Récupérer sur un satellite","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["satellite","panneau solaire","néodyme","hydrazine","espace","MLI","récupération"],"sources":["ESA — Composition et architecture des satellites en orbite basse","NASA — Guide de sécurité pour la récupération de débris spatiaux","Documentation sur les matériaux et systèmes embarqués des satellites de communication et d'observation"],"corps":"::Un satellite tombé est un objet d'exception : panneaux solaires de qualité aérospatiale, aimants de précision, métaux rares — et parfois un réservoir d'hydrazine qui tue au contact. La valeur est immense, le danger aussi.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi un satellite est au sol\n\nLes satellites en orbite basse (moins de mille kilomètres d'altitude) redescendent quand leur orbite se dégrade — freinage atmosphérique résiduel, fin de carburant, dysfonctionnement. La rentrée atmosphérique détruit la majorité de la structure, mais les pièces les plus denses et les plus résistantes survivent et touchent le sol. Les grands satellites (plusieurs tonnes) laissent un champ de débris de plusieurs kilomètres.\n\n### Ce qui survit à la rentrée\n\nLes pièces en titane, en acier inoxydable, les réservoirs sous pression, les roues de réaction, les optiques protégées et les batteries résistantes. L'aluminium fond souvent, le carbone brûle, l'électronique légère se désintègre. Ce qui arrive au sol est déformé mais pas détruit.\n\n## AGIR\n\n### DANGER PREMIER : l'hydrazine\n\nBeaucoup de satellites utilisent l'hydrazine comme propergol. C'est un liquide incolore à l'odeur forte d'ammoniac, **extrêmement toxique** — mortel par inhalation, par contact cutané et par ingestion. Cancérigène avéré. Il corrode les métaux et les tissus biologiques.\n\n**Tout réservoir de satellite est suspect.** Les réservoirs de propulsion sont des sphères ou cylindres en titane, souvent enveloppés de MLI dorée. **Ne jamais ouvrir, percer ou chauffer un réservoir de satellite.** S'il fuit (odeur d'ammoniac intense), s'éloigner immédiatement et rester au vent. Marquer la zone.\n\n### Composants récupérables (hors zone de propulsion)\n\n**Panneaux solaires.** Cellules photovoltaïques en arséniure de gallium — rendement supérieur aux panneaux terrestres en silicium (environ trente pour cent contre vingt). Si les panneaux ont survécu à la rentrée (ce qui est rare — ils sont légers et brûlent), ils fonctionnent sous le soleil. Plus probablement, on récupère les cellules individuelles, fragiles mais fonctionnelles si intactes. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n**Roues de réaction.** Des gyroscopes motorisés qui orientent le satellite. Chaque roue contient un moteur brushless de haute précision, des roulements à billes parfaits et des aimants en néodyme de qualité supérieure. C'est le composant mécanique le plus précieux — les roulements spatiaux sont les meilleurs qu'on puisse trouver.\n\n**MLI (isolation multi-couche).** Les « couvertures dorées » des satellites : des dizaines de feuilles alternées d'aluminium, de mylar et de Dacron. L'aluminium réfléchit le rayonnement thermique (utilisable comme réflecteur solaire, couverture de survie, écran thermique). Le mylar est étanche, léger et résistant.\n\n**Antennes.** Paraboles en aluminium ou en composite, guides d'ondes en cuivre ou en aluminium, connecteurs plaqués or. La parabole elle-même est une surface réfléchissante et un contenant.\n\n**Structure.** Les cadres en aluminium aérospatial (alliage 7075) ou en titane sont des métaux de qualité supérieure — plus légers et plus résistants que tout ce qu'on trouve dans l'industrie courante.\n\n**Câblage.** Cuivre de haute pureté, isolé en PTFE (résistant à la chaleur et aux produits chimiques). Les connecteurs sont plaqués or — le placage se récupère chimiquement si on dispose d'acide nitrique, mais la quantité est infime.\n\n**Optiques.** Les satellites d'observation portent des miroirs et des lentilles de précision extrême. Si l'optique a survécu, c'est un outil de valeur — télescope, loupe de haute qualité, concentration lumineuse.\n\n### Et l'ISS ?\n\nLa Station spatiale internationale pèse quatre cent vingt tonnes. Un retour non contrôlé laisserait un champ de débris considérable. Les mêmes composants s'y trouvent, en bien plus grand : panneaux solaires géants, dizaines de batteries lithium-ion, modules pressurisés en aluminium épais (habitat réutilisable), scaphandres (combinaison étanche, casque en polycarbonate, système de survie autonome), réservoirs d'eau, oxygène stocké. Les propergols (MMH et NTO, aussi toxiques que l'hydrazine) rendent les modules de propulsion tout aussi dangereux.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous trouvez un débris que vous ne pouvez pas identifier.** Tout objet métallique tombé du ciel qui porte des traces de brûlure de rentrée (surface noircie, métal déformé par la chaleur) est potentiellement spatial. Photographier, marquer, ne pas toucher les parties tubulaires ou sphériques (réservoirs).\n\n**Le débris est radioactif.** Certains vieux satellites (surtout soviétiques, séries Cosmos) utilisaient des générateurs thermoélectriques à radio-isotopes (RTG). Un boîtier dense, anormalement chaud, ou qui déclenche un compteur Geiger est un RTG — extrêmement dangereux. S'éloigner immédiatement.\n\n**Vous voulez les panneaux solaires mais ils sont brisés.** Les cellules GaAs individuelles sont petites (quelques centimètres carrés) et fragiles. Même brisées, certaines produisent encore du courant sous le soleil. Tester avec un multimètre. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**L'hydrazine tue.** Tout réservoir de satellite est suspect. Ne jamais ouvrir, percer ou chauffer. Si une odeur d'ammoniac se dégage, fuir.\n\n**Les roues de réaction contiennent les meilleurs roulements et aimants au monde.** Ce sont des composants de précision introuvables ailleurs.\n\n**Le MLI est une couverture de survie spatiale** — légère, réfléchissante, étanche — et il y en a des mètres carrés sur chaque satellite.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-016","titre":"Récupérer sur n'importe quelle épave","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["épave","verre","caoutchouc","roulement","ressort","cuivre","aluminium","récupération"],"sources":["Documentation sur la composition matérielle des véhicules et machines","Manuels de démontage et de récupération de pièces automobiles","Guides de recyclage des métaux et matériaux courants"],"corps":"::Chaque épave — voiture, camion, machine agricole, bateau, avion — contient les mêmes familles de matériaux. Connaître ces familles, c'est savoir quoi chercher sur n'importe quelle carcasse sans avoir besoin de connaître le modèle.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les matériaux communs à toutes les épaves\n\nChaque véhicule ou machine combine les mêmes composants de base, dans des proportions et des qualités différentes. Les fiches spécifiques ([[SURV-REC-004]] à [[SURV-REC-011]]) couvrent les épaves par type. Celle-ci couvre ce qu'on trouve partout.\n\n## AGIR\n\n### Les métaux\n\n**L'acier.** Le matériau principal de toute épave. Châssis, carrosserie, boulonnerie, ressorts, arbres de transmission. Pas tout l'acier ne se vaut : l'acier de carrosserie est doux et facile à travailler ; l'acier de ressort est dur, élastique et résistant — c'est un des meilleurs aciers récupérables pour fabriquer des outils et des lames. Voir [[TEC-MEC-005]].\n\n**Le cuivre.** Dans tout le câblage électrique, les moteurs, les alternateurs, les radiateurs anciens. Le cuivre se fond à environ 1 085 degrés et se recycle indéfiniment sans perdre ses propriétés. Un alternateur de voiture contient plusieurs centaines de grammes de cuivre dans ses bobines. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**L'aluminium.** Jantes, carters moteur, radiateurs modernes, carrosseries récentes, pièces aéronautiques. Fond à environ 660 degrés — moulable dans un feu de forge. Léger, résistant à la corrosion, facile à travailler. Voir [[TEC-COR-001]].\n\n**Le plomb.** Batteries au plomb (chaque batterie de voiture en contient cinq à dix kilos), contrepoids, vieilles soudures. Toxique — ne pas fondre en espace fermé, se laver les mains après manipulation. Fond à 327 degrés, facile à mouler pour des projectiles, des plombs de pêche, des lests.\n\n### Les roulements à billes\n\nPrésents dans toute pièce tournante : roues, moteurs, alternateurs, pompes, arbres de transmission. Billes en acier trempé, cage en acier ou en laiton. Les roulements sont des objets de précision, difficiles à fabriquer et faciles à récupérer. Usages : remplacer un roulement usé, billes comme projectiles de fronde, billes comme acier de haute qualité pour des outils.\n\n### Les ressorts\n\nRessorts de suspension (gros, acier à haute résistance), ressorts de soupapes (petits, très durs), ressorts de retour (partout dans les mécanismes). Le métal de ressort est un acier à haute teneur en carbone, trempé et revenu — c'est le meilleur matériau pour fabriquer des lames, des poinçons, des aiguilles. Il se travaille à la forge. Voir [[TEC-MEC-005]].\n\n### Le verre\n\n**Pare-brise.** Verre feuilleté (deux couches de verre avec un film plastique entre les deux). Ne se brise pas en éclats tranchants — il se fissure et reste en place. Le verre feuilleté se découpe et se réutilise comme vitre de serre, panneau de protection, surface plane.\n\n**Vitres latérales.** Verre trempé. Se brise en milliers de petits cubes non coupants. Inutilisable comme vitre mais les cubes servent d'abrasif.\n\n**Miroirs.** Surface réfléchissante : signalisation (voir [[SIG-COM-001]]), concentration de lumière solaire, rétroviseur récupérable tel quel.\n\n### Le caoutchouc\n\nPneus, joints, durites, silent-blocs, courroies. Le caoutchouc ne se recycle pas facilement à la main. Les pneus se découpent au couteau ou à la scie et servent de semelles, de rondelles, de joints, de protection, de combustible de dernier recours (fumée noire toxique — en extérieur uniquement). Les durites sont des tuyaux souples utilisables pour transférer des liquides.\n\n### Les fluides\n\n**Huile moteur.** Lubrification, imperméabilisation du bois et du cuir, lampe à huile (mèche de tissu, récipient, flamme — voir [[SURV-LUM-001]]).\n\n**Liquide de refroidissement.** Eau + antigel (éthylène glycol, toxique). L'antigel est un solvant, un dégivreur et un poison violent — ne jamais boire, ne jamais confondre avec de l'eau.\n\n**Carburant résiduel.** Essence, diesel, kérosène. Un réservoir « vide » contient souvent plusieurs litres. Le diesel se conserve mieux que l'essence et sert de combustible, de solvant, de dégraissant.\n\n**Liquide de frein.** Hygroscopique, inflammable, corrosif pour la peinture. Utilisable comme accélérant de feu en quantité contrôlée.\n\n### L'électronique et l'électrique\n\n**Alternateur / génératrice.** Produit du courant quand on le fait tourner. C'est un générateur récupérable tel quel avec une courroie et un moteur thermique. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Démarreur.** Moteur électrique puissant, alimenté par la batterie. Réutilisable comme moteur (treuil, tour, pompe) avec une alimentation adéquate.\n\n**Faisceau électrique.** Des dizaines de mètres de fil de cuivre isolé, calibré par section. Récupérable pour tout câblage.\n\n## ADAPTER\n\n**L'épave est en mer ou en eau.** Le sel corrode rapidement l'acier mais l'aluminium et le cuivre résistent mieux. Rincer les composants récupérés à l'eau douce. L'huile et le carburant flottent et se récupèrent en surface.\n\n**L'épave a brûlé.** Les métaux survivent (déformés mais récupérables), le verre fond ou éclate, le caoutchouc et le plastique disparaissent. Les roulements à billes et les ressorts perdent leur trempe (la chaleur détruit le traitement thermique) — ils deviennent de l'acier ordinaire.\n\n**Vous ne savez pas ce que contient un fluide.** L'étiquette, l'emplacement dans le véhicule et la couleur informent. Huile moteur : noire ou ambrée, au carter inférieur. Liquide de refroidissement : vert, rose ou orange, dans le circuit fermé du radiateur. Liquide de frein : clair, dans un petit réservoir sur le maître-cylindre. En cas de doute, ne pas goûter et ne pas inhaler.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Ressorts et roulements sont les trésors cachés** de toute épave : acier de qualité supérieure, précision mécanique, introuvables autrement.\n\n**Le cuivre est partout** — câblage, moteurs, alternateurs — et se recycle sans perte. Le chercher systématiquement.\n\n**Les fluides sont des ressources et des dangers.** L'huile lubrifie et éclaire, l'antigel tue, le carburant brûle. Les identifier avant de les manipuler.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-015","titre":"Récupérer sur un drone militaire","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["drone","militaire","caméra","thermique","batterie","composite","récupération"],"sources":["Documentation technique sur les systèmes de drones militaires de reconnaissance et de frappe","Retours d'expérience sur la récupération de composants sur des drones abattus ou crashés"],"corps":"::Un drone militaire au sol peut contenir une caméra thermique, des batteries de qualité industrielle, des matériaux composites avancés — ou de l'explosif non détonné. La première question n'est pas ce qu'on récupère, mais si l'objet est sûr.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les catégories de drones militaires\n\n**Les petits (moins de dix kilos).** Multiroteurs de reconnaissance ou drones FPV modifiés. Caméra visible ou thermique, batterie LiPo, électronique grand public modifiée. Ce sont les plus fréquents et les moins dangereux — mais certains portent une charge explosive (grenades, roquettes modifiées). Voir [[SURV-MUN-001]].\n\n**Les moyens (dix à cinquante kilos).** Aile fixe de reconnaissance (type Orbiter, RQ-11 Raven) ou munitions rôdeuses (Switchblade, Lancet, Shahed). Les munitions rôdeuses **sont des bombes volantes** — si elles n'ont pas détoné, elles contiennent leur charge. Ne pas manipuler.\n\n**Les grands (centaines de kilos à tonnes).** Bayraktar TB2, MQ-9 Reaper, Global Hawk. Motorisés (essence, diesel, turbine), armés de missiles ou bombes guidées. Un crash de grand drone laisse un champ de débris comparable à un accident d'avion léger. Les réservoirs de carburant, les munitions non tirées et les systèmes pyrotechniques rendent le site dangereux.\n\n## AGIR\n\n### Avant tout : vérifier la sécurité\n\n**1. Identifier le type.** Un multiroteur est reconnaissable. Une aile fixe aussi. Si l'objet porte une ogive, une charge cylindrique fixée sous le fuselage, ou un compartiment non identifié à l'avant — c'est une munition rôdeuse ou un drone armé. **Ne pas toucher.** Marquer la zone et s'éloigner.\n\n**2. Attendre.** Certaines charges ont un retardateur ou un système d'autodestruction. Un drone crashé depuis moins de vingt-quatre heures est suspect. Un drone qui dégage une odeur chimique forte est suspect.\n\n**3. Si le drone est identifié comme sûr** — multiroteur de reconnaissance sans charge, aile fixe sans armement — procéder au démontage.\n\n### Composants récupérables\n\n**Caméra thermique (FLIR).** C'est le composant le plus précieux d'un drone militaire de reconnaissance. Une caméra thermique voit la chaleur, pas la lumière — elle fonctionne de nuit, dans le brouillard, et détecte les êtres vivants à travers la végétation. L'optique est en germanium (transparent aux infrarouges, opaque à la lumière visible). Si la caméra est intacte et qu'on dispose de l'alimentation correcte, elle fonctionne.\n\n**Batteries.** Les drones militaires utilisent des batteries lithium-ion de qualité industrielle ou des piles à combustible (hydrogène) pour les gros modèles. Les batteries Li-ion sont récupérables avec les mêmes précautions que les LiPo civiles. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Moteurs et hélices.** Les moteurs brushless militaires sont plus puissants que les civils mais fonctionnent sur le même principe. Les hélices repliables en carbone sont des pièces de qualité.\n\n**Antennes et systèmes de communication.** Antennes directionnelles, antennes omnidirectionnelles, récepteurs GPS de qualité militaire (plus précis et plus résistants au brouillage). Les câbles coaxiaux et les connecteurs sont de qualité supérieure.\n\n**Matériaux composites.** Fibre de carbone, kevlar, parfois fibre de verre. Les panneaux de fuselage en carbone-kevlar sont des plaques légères, rigides et résistantes aux impacts — utilisables comme bouclier, panneau de protection, support de construction.\n\n**Systèmes de navigation.** IMU (centrale inertielle) de qualité militaire, GPS, compas. Plus précis et plus robustes que les versions civiles.\n\n**Moteur à combustion (grands drones).** Les drones aile fixe de taille moyenne à grande ont un moteur à essence deux temps ou un petit turbopropulseur. Le moteur à essence est récupérable et réparable — c'est un moteur de modélisme ou de tronçonneuse surdimensionné.\n\n## ADAPTER\n\n**Le drone est d'origine inconnue.** Ne pas présumer qu'il est inoffensif. Un drone de reconnaissance peut avoir été modifié pour porter une charge. Chercher des signes de modification artisanale : sangles, fils électriques ajoutés, compartiment scotché ou attaché par des colliers.\n\n**La caméra thermique ne s'allume pas.** Vérifier la tension d'alimentation (souvent 12 ou 24 volts). Les connecteurs militaires ne sont pas standard — il faudra peut-être souder directement sur les fils d'alimentation.\n\n**Le drone porte des marques de brouillage.** Un drone dont le GPS a été brouillé peut avoir crashé à cause d'une perte de signal — il est probablement intact mécaniquement. Un drone abattu par un projectile peut avoir des composants endommagés par l'impact.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Vérifier la sécurité d'abord.** Un drone de frappe non détoné est une bombe. Si le moindre doute existe sur la présence d'une charge, marquer et s'éloigner.\n\n**La caméra thermique est l'objet le plus précieux** — elle voit ce que l'oeil ne voit pas, de nuit comme de jour, et aucun autre équipement récupérable ne fait cela.\n\n**Les matériaux composites militaires** — carbone-kevlar — sont les plaques les plus légères et les plus résistantes qu'on puisse trouver. Un panneau de fuselage de drone est un bouclier, un plateau, une armature.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-014","titre":"Récupérer sur un drone civil","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["drone","batterie","lipo","moteur","brushless","caméra","récupération","aimant"],"sources":["Documentation technique sur les composants des multiroteurs civils DJI, Parrot et assimilés","Manuels de démontage et de réparation de drones grand public"],"corps":"::Un drone civil au sol est une batterie, quatre moteurs, une caméra et un ordinateur — le tout dans un kilo ou deux. Chaque composant a une seconde vie, et certains n'existent nulle part ailleurs aussi concentrés.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qu'il y a dans un drone civil\n\nUn multiroteur grand public (DJI, Parrot, FPV) est un assemblage de composants de haute qualité, légers et compacts. Voir [[TEC-MEC-006]] pour le fonctionnement.\n\n## AGIR\n\n### Inventaire par composant\n\n**Batterie LiPo.** C'est le composant le plus précieux. Lithium polymère, haute densité d'énergie, rechargeable. Tension de 11,1 a 22,2 volts selon le modèle. Utilisable pour alimenter des appareils basse tension (lampes LED, radios, chargeurs de téléphone via un convertisseur). **Danger** : une LiPo percée, gonflée ou déformée peut s'enflammer spontanément. Ne pas percer, écraser ou court-circuiter. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Moteurs brushless.** Quatre à huit par drone. Bobines de cuivre, aimants permanents en néodyme. Les aimants de néodyme sont les aimants les plus puissants disponibles — récupérables pour fabriquer des générateurs, des capteurs, des fermetures magnétiques, ou simplement pour accrocher du métal. Le cuivre des bobines se récupère en démontant le stator. En faisant tourner un moteur brushless (à la main, par le vent, par l'eau), il produit du courant : c'est un générateur. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Hélices.** Carbone ou plastique renforcé. Les pales en carbone sont des lames rigides et légères — utilisables comme spatule, racloir, attelle de doigt. Les pales en plastique sont plus souples mais tranchantes au bout.\n\n**Caméra et nacelle.** La caméra contient une lentille de verre de qualité (loupe, concentration de lumière — voir [[TEC-SAN-007]]), un capteur CMOS (inutile sans circuit), et un moteur de nacelle (petit brushless de précision, récupérable). Le câble de la caméra contient du cuivre fin.\n\n**ESC (variateurs).** Circuits imprimés contenant des MOSFET de puissance, des condensateurs et des régulateurs de tension. Les composants individuels se dessoudent pour d'autres projets electroniques.\n\n**Contrôleur de vol.** Circuit imprimé miniature. Contient un accéléromètre, un gyroscope et un baromètre MEMS — composants trop petits pour être récupérés individuellement, mais le circuit entier peut servir de plateforme de capteurs si on sait le reprogrammer. Le module GPS, lui, est récupérable si compatible avec d'autres systèmes.\n\n**Châssis.** Les bras en carbone sont des tiges rigides et légères, utilisables comme attelle, structure, renfort. Le carbone ne se plie pas — il casse net, et les éclats coupent.\n\n**Câblage et connecteurs.** Connecteurs XT60 ou XT30 soudés sur fil de cuivre de fort calibre — réutilisables tels quels pour tout circuit de puissance.\n\n### Réparer un drone trouvé\n\n**Hélice cassée.** Remplacer par une hélice de même diamètre et même pas. Le sens de rotation (CW ou CCW) est marqué — l'inverser fait chuter le drone.\n\n**Moteur bloqué.** Roulement grippé ou débris coincé. Démonter la cloche (les aimants sont collés dedans), nettoyer, remonter.\n\n**Batterie morte.** Mesurer la tension de chaque cellule. En dessous de 3,0 V par cellule, la LiPo est souvent irrécupérable — les cellules au lithium se dégradent irréversiblement quand elles se vident complètement.\n\n**Pas de radiocommande.** Sans la radiocommande appairée, le drone est inopérable. Certains contrôleurs de vol open source (Betaflight, ArduPilot) acceptent n'importe quel récepteur compatible — mais il faut le savoir et le matériel pour rebinder.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez plusieurs drones endommagés.** Cannibaliser : prendre les pièces fonctionnelles de chacun pour en assembler un qui vole. C'est la logique de [[SURV-REC-001]] appliquée à l'électronique.\n\n**Vous voulez juste l'énergie.** La batterie LiPo + un petit convertisseur DC-DC (récupérable dans un chargeur USB de voiture) donne une alimentation portable pour téléphone, lampe, radio.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La batterie est le trésor.** Rechargeable, dense en énergie, compatible avec beaucoup d'usages via un convertisseur.\n\n**Les moteurs sont des générateurs.** Faites-les tourner et ils produisent du courant. Plus les aimants sont gros, plus le courant est fort.\n\n**Les aimants en néodyme ne se trouvent pas ailleurs aussi facilement.** Quatre moteurs, huit aimants au minimum — c'est un stock d'aimants puissants dans un objet d'un kilo.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-013","titre":"Récupérer dans un commissariat","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["commissariat","police","gilet","arme","radio","munitions","récupération"],"sources":["Ministère de l'Intérieur — Dotation des services de police nationale","Documentation sur les équipements des forces de sécurité intérieure","Retours d'expérience sur l'organisation matérielle des commissariats et brigades"],"corps":"::Un commissariat est un arsenal, un poste de communication et une infirmerie dans le même bâtiment. En temps normal, c'est un lieu interdit. Quand l'ordre s'effondre, c'est un des premiers sites à connaître — et un des premiers à être vidé.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce que contient un commissariat\n\nUn commissariat concentre des moyens qu'aucun autre bâtiment civil ne rassemble : des armes et des protections, un système de communication autonome, des véhicules entretenus, et un accès à l'énergie de secours. La quantité varie : un commissariat de quartier est modeste, un hôtel de police départemental est un site majeur, et une caserne de gendarmerie combine logement, stockage et moyens lourds.\n\n## AGIR\n\n### Armement et munitions\n\n**Armes de poing.** Le Sig Sauer SP2022 en 9x19 mm est l'arme de dotation standard en France. Les armureries contiennent les armes de réserve, les armes saisies en attente de destruction, et les lots d'entraînement. Voir [[SURV-ARM-001]] pour l'identification et les règles de manipulation.\n\n**Armes longues.** Les services d'intervention (BAC, RAID, BRI) disposent de fusils d'assaut (HK G36 ou HK416 en 5,56 mm), de fusils à pompe (Remington 870 en calibre 12), parfois de fusils de précision. Stockés dans un coffre-fort ou une armoire forte, souvent au sous-sol ou dans un local dédié et verrouillé.\n\n**Lanceurs de balles de défense.** Le LBD 40, ses munitions en caoutchouc, et les anciennes cartouches Flash-Ball. Munitions spécifiques et non interchangeables.\n\n**Munitions.** Stockées séparément des armes dans la plupart des cas. Cartouches 9 mm en majorité, calibre 12 pour les pompes, 5,56 mm pour les HK, grenades lacrymogènes et assourdissantes pour les unités d'intervention. Une cartouche corrodée est un danger, pas une ressource — vérifier l'état. Voir [[SURV-MUN-001]].\n\n### Protection corporelle\n\n**Gilets pare-balles.** Niveau IIIA (norme NIJ) : arrête les calibres de poing (9 mm, .44 Magnum) mais **pas** les calibres de fusil. Chaque fonctionnaire en a un, plus des réserves. Durée de vie : cinq ans en utilisation, au-delà les fibres aramides (Kevlar) se dégradent. Un gilet périmé protège encore partiellement mais ne garantit plus rien. Voir [[SURV-ARM-004]].\n\n**Casques balistiques.** Protection contre les éclats et certains calibres de poing. Plus lourds qu'un casque de chantier, bien plus protecteurs. Visières en polycarbonate transparentes.\n\n**Boucliers.** Polycarbonate transparent, résistant aux impacts et aux flammes. Utilisable comme protection, brancard rigide, ou panneau de cloisonnement.\n\n**Tonfas et bâtons de défense.** Polycarbonate ou aluminium, robustes. Les menottes sont en acier avec une clé standard — utiles comme attache, pas seulement comme contrainte.\n\n### Communication\n\n**Talkies-walkies.** Réseau TETRAPOL ou TETRA, chiffré, nécessitant l'infrastructure réseau pour fonctionner à longue distance. En mode direct (sans relais), portée de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres selon le terrain.\n\n**Chargeurs et batteries.** Les râteliers de charge contiennent les alimentations et les batteries de rechange. Accumulateurs lithium-ion de qualité — la cellule lithium-ion se récupère même si le format est propriétaire. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Antenne-relais.** Souvent sur le toit : antenne, câble coaxial, alimentation. Un relais local peut maintenir un réseau radio de proximité si on dispose de l'énergie.\n\n### Véhicules\n\nVéhicules de patrouille (Peugeot, Renault — diesel en majorité), véhicules banalisés, parfois fourgons blindés légers. Chacun contient : trousse de secours, triangle, gilet haute visibilité, extincteur, lampe torche, clé de menottes. Les véhicules de police sont entretenus régulièrement, batteries récentes, pneus en bon état. Voir [[TEC-VOI-001]].\n\n### Premiers secours et infrastructure\n\n**Trousses de secours.** A l'accueil, dans chaque véhicule, parfois un défibrillateur (DAE). Pansements, compresses, ciseaux, couvertures de survie.\n\n**Groupe électrogène.** Les commissariats importants en ont un — diesel, démarrage automatique, avec du carburant stocké à proximité.\n\n**Mobilier métallique.** Coffres, armoires fortes — les meubles d'un commissariat sont en acier, pas en aggloméré. Matériel informatique : onduleurs (batteries), câbles, alimentations.\n\n**Bombes lacrymogènes.** CS ou OC, en aérosol individuel et parfois en grenades. Le CS est un irritant puissant qui se dégrade avec le temps — une bombe périmée est moins efficace, pas plus dangereuse.\n\n## ADAPTER\n\n**Le commissariat a déjà été pillé.** C'est probable : c'est un des premiers lieux visés. Ce qui reste, c'est ce que les pillards n'ont pas cherché — l'antenne sur le toit, les batteries dans le sous-sol, l'outillage, les extincteurs. Et les armes dans le coffre-fort, si personne n'a pu l'ouvrir.\n\n**C'est une gendarmerie.** Les casernes de gendarmerie sont plus grandes, souvent en zone rurale, avec des logements (cuisines, réserves alimentaires), des garages, et parfois un stand de tir. Plus de stock, mais aussi plus de surface à sécuriser.\n\n**Vous ne connaissez pas les armes trouvées.** Ne manipuler aucune arme sans avoir lu [[SURV-ARM-001]]. La première règle avant toute manipulation : vérifier chambre et chargeur. Une arme trouvée chargée est un accident en attente.\n\n**Le coffre-fort est fermé.** Les coffres de commissariat sont des armoires fortes classe IV ou V. Sans la clé ou le code, il faut un outil de découpe thermique (chalumeau, disqueuse) et du temps. Le bruit attire l'attention.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un commissariat est un concentré de moyens** : armes, protection, communication, véhicules, énergie. C'est ce qui en fait une cible précoce et un site rarement intact.\n\n**Les gilets pare-balles arrêtent les calibres de poing, pas de fusil.** Et ils périment : un gilet de dix ans est un gilet incertain.\n\n**Les radios sans le réseau portent peu** — quelques kilomètres en mode direct. Ce qui vaut souvent plus que la radio elle-même, c'est la batterie qu'elle contient et le chargeur qui l'accompagne.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-012","titre":"Récupérer dans une gare","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["gare","rail","caténaire","isolateur","cuivre","céramique","infrastructure","récupération"],"sources":["SNCF Réseau — Architecture et composants de l'infrastructure ferroviaire","Documentation sur l'alimentation électrique des lignes ferroviaires, caténaire et sous-stations","Retours d'expérience sur la maintenance et les composants des gares"],"corps":"::Une gare est un entrepôt qui s'ignore. Des kilomètres de cuivre au-dessus des voies, des tonnes d'acier dans les rails, de l'énergie stockée dans les armoires techniques, et des isolateurs en céramique que personne ne regarde — jusqu'au jour où chaque composant compte.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi une gare est un site majeur\n\nUne gare concentre quatre systèmes qu'on ne retrouve nulle part ailleurs en un seul lieu : une infrastructure électrique haute tension, un réseau de communication autonome, des kilomètres de métal de qualité, et des locaux techniques équipés. Tout cela dans un bâtiment ouvert, conçu pour être accessible.\n\nLa gare de triage est encore plus riche : ateliers de maintenance, outillage lourd, réserves de lubrifiants et de pièces. Une gare rurale est plus modeste en stock commercial mais riche en infrastructure.\n\n## AGIR\n\n### Les voies et la caténaire — le gros lot\n\n**Les rails.** Acier de haute qualité, profilé en I. Difficile à couper sans outillage, mais les éclisses — plaques de jonction boulonnées entre deux rails — se démontent à la clé. Chaque éclisse est une plaque d'acier percée, réutilisable comme enclume, plaque de cuisson, renfort de structure.\n\n**Tire-fonds et boulonnerie.** Des centaines par kilomètre. Acier traité, filetage solide. Récupérables avec un arrache-tire-fond ou une clé à douille. Les traverses en bois (chêne créosoté) brûlent longtemps mais la créosote est toxique à la combustion.\n\n**Le fil de contact.** C'est le câble que le pantographe touche : cuivre pur ou alliage cuivre-argent, section d'environ cent cinquante millimètres carrés. Un kilomètre de voie, c'est un kilomètre de fil et des dizaines de kilos de cuivre. Le câble porteur au-dessus est en bronze. **Sous tension — 25 000 volts en alternatif, 1 500 en continu selon les lignes — c'est la mort immédiate.** Vérifier l'absence de tension est un préalable absolu, et le doute vaut refus.\n\n**Les isolateurs en céramique.** Les disques ou cloches en porcelaine — souvent blanc-gris, parfois bleu ou brun — qui séparent le fil de contact des pylônes. Ils résistent à des températures extrêmes, ne conduisent pas l'électricité, ne pourrissent pas. Leur surface dure sert d'abrasif fin, de support de cuisson réfractaire, ou de matériau de construction inerte. Les chaînes d'isolateurs des postes de sectionnement sont en céramique haute densité, parfois cinq ou six éléments empilés — chacun est un objet quasi indestructible. On les trouve aussi sur les poteaux électriques le long des voies.\n\n**Le ballast.** Gravier concassé calibré — pas du sable. Utile en drainage, en remblai, en fondation de construction. Voir [[TEC-CON-002]].\n\n### Les locaux techniques\n\n**Armoires électriques.** Disjoncteurs, relais, contacteurs, câblage cuivre calibré et isolé, barres de cuivre. Les batteries de secours — plomb-acide ou nickel-cadmium — alimentent la signalisation en cas de coupure : elles se reconditionnent, et leur acide est un réactif chimique. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Postes de signalisation.** Outillage de maintenance (clés, pinces, tournevis calibrés), huiles, graisses, lampes, fusibles. Les vieux postes mécaniques contiennent des leviers, des câbles de traction, des contrepoids en fonte — du métal de qualité en grande quantité.\n\n**Locaux de maintenance.** Compresseurs, vérins, chalumeaux, établis, étaux. Les gares de triage en ont de véritables ateliers avec tours, perceuses à colonne, postes de soudure.\n\n### Le bâtiment voyageurs\n\n**Sanitaires.** Tuyauterie cuivre ou PVC, robinetterie, réservoirs. L'eau peut être coupée mais les ballons et chasses d'eau contiennent des litres utilisables.\n\n**Commerces et distributeurs.** Les distributeurs automatiques contiennent un compresseur, un circuit frigorifique, un monnayeur en métal, et de l'électronique récupérable. Les stocks alimentaires ne durent pas, mais les emballages et contenants restent.\n\n**Vitrage.** Le verre des abris de quai est trempé — il se brise en cubes non coupants. Le verre feuilleté du bâtiment principal est plus intéressant : grandes plaques utilisables comme panneau de serre, protection, surface plane. Voir [[TEC-CON-005]].\n\n**Toiture et gouttières.** Zinc, cuivre ou aluminium selon l'époque. Les gouttières en zinc se découpent, se plient, se soudent à basse température.\n\n**Sécurité.** Extincteurs (poudre, CO2, eau — voir [[URG-INC-001]]), bornes incendie (eau sous pression si le réseau tient), haches dans les coffrets rouges, plans d'évacuation plastifiés.\n\n### Communications\n\n**Haut-parleurs.** Aimants permanents à l'intérieur — en néodyme pour les récents, en ferrite pour les anciens. Le câblage de sonorisation parcourt la gare entière et c'est du cuivre utilisable.\n\n**Caméras de surveillance.** Petites caméras étanches avec optique de qualité, câble coaxial ou Ethernet, alimentation PoE. L'optique seule vaut la récupération : lentilles de verre poli, utilisables comme loupe ou pour concentrer la lumière. Voir [[TEC-SAN-007]].\n\n## ADAPTER\n\n**La gare est encore sous tension.** On n'y touche pas. L'électrification ferroviaire est mortelle et les automatismes de réenclenchement peuvent remettre le courant sans prévenir. Si le réseau est durablement mort — et seulement alors —, l'absence de tension se vérifie avec un détecteur, pas à l'oeil. Voir [[TEC-ENE-003]].\n\n**C'est une gare de triage ou un dépôt.** Le vrai trésor : ateliers complets, pièces de rechange, wagons-citernes (fioul, produits chimiques — lire l'étiquetage avant de toucher), grues, ponts roulants.\n\n**C'est un petit arrêt rural.** Moins de stock, mais un abri de quai, un local technique même petit, et la voie elle-même avec tout ce qu'elle porte.\n\n**Vous ne savez pas si quelque chose est dangereux.** L'infrastructure ferroviaire contient de l'amiante (anciennes isolations), des PCB (vieux transformateurs), du plomb (peintures). La règle : ce qu'on ne sait pas identifier, on ne le manipule pas. Les étiquettes et pictogrammes existent pour une raison. Voir [[TEC-CHI-001]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La caténaire est le gros lot** — des kilomètres de cuivre pur, mais mortelle sous tension. Vérifier d'abord, récupérer ensuite.\n\n**Les isolateurs en céramique** ne valent rien pour qui ne sait pas quoi en faire — et tout pour qui le sait : réfractaire, isolant, indestructible, gratuit.\n\n**Les locaux techniques** contiennent l'outillage et les batteries que le bâtiment voyageurs ne montre pas. Chercher les portes marquées « interdit au public » — c'est derrière qu'on trouve l'utile.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-011","titre":"Démonter, déplacer, rapporter","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["outillage","demontage","levier","palan","portage","charge","methode"],"sources":["Manuels d'atelier et de dépannage, procédures de dépose et de manutention","INRS — Manutention manuelle, limites de charge et lésions dorsales","Traités de mécanique appliquée, levier, plan incliné et mouflage","Documentation ethnographique sur le travois et les moyens de portage sans roue"],"corps":"::Détacher une pièce, c'est le problème facile. La sortir du bâtiment, c'est le deuxième. La ramener chez soi, c'est celui qui fait échouer la moitié des récupérations.::\n\nToutes les fiches de récupération renvoient ici pour la méthode. Ce qu'il y a à prendre est dans [[SURV-REC-001]], [[SURV-REC-003]], [[SURV-REC-005]], [[SURV-REC-006]], [[SURV-REC-008]] et [[SURV-REC-009]]. Ce qui suit, c'est comment on l'enlève et comment on le rapporte.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Trois problèmes qu'on confond\n\n**Détacher.** Défaire ce qui tient la pièce. C'est une affaire d'outils et de patience.\n\n**Déplacer.** La sortir de là où elle est : par une trappe, un escalier, une fenêtre, un terrain meuble. C'est une affaire de leviers et de cordes, pas de force.\n\n**Rapporter.** Lui faire franchir les kilomètres qui vous séparent de chez vous. C'est une affaire de poids, et c'est là que tout se joue.\n\n**Le facteur qui décide n'est presque jamais l'outil, c'est ce que vous pouvez porter.** Un dos entraîné porte vingt à vingt-cinq kilos sur plusieurs kilomètres, une quarantaine sur deux cents mètres. Au-delà, ce n'est pas une question de volonté : c'est le dos qui lâche, et un dos bloqué vous coûte trois semaines.\n\n### Le calcul qu'on ne fait jamais\n\nAvant de desserrer quoi que ce soit : **combien ça pèse, et combien de trajets ça représente ?**\n\nUne pièce de trente kilos à trois kilomètres, c'est une journée entière, un dos douloureux, et une exposition longue à répétition. La même pièce à trois cents mètres, c'est vingt minutes. **La distance compte plus que la valeur de l'objet**, et c'est le calcul que l'enthousiasme fait oublier.\n\n## AGIR — l'outillage, et ce que c'est\n\nSi vous savez déjà ce que sont ces outils, sautez. Sinon, c'est la partie qui manque à tout le monde.\n\n**La clé plate.** Une barre avec une fourche à chaque extrémité, de deux tailles différentes, gravées dessus en millimètres — 10, 13, 17, 19 sont les plus courantes. On l'enfile sur l'écrou par le côté et on tire. Elle ne prend que sur **deux faces** de l'écrou : sur une tête abîmée ou grippée, elle ripe et arrondit ce qui restait. C'est l'outil le plus répandu et le moins efficace.\n\n**La clé à œil, ou clé polygonale.** Même barre, mais l'extrémité est une bague fermée qui entoure l'écrou sur ses **six faces**. Elle ne ripe pratiquement pas. Il faut pouvoir l'enfiler par le bout du boulon, ce qui n'est pas toujours possible. Quand vous avez le choix, c'est elle.\n\n**La douille et le cliquet.** Une bague sur six faces, montée sur une poignée à rochet qui permet de tourner sans reprendre à chaque fois. C'est la meilleure solution pour un travail long, mais il faut la bonne taille dans le jeu.\n\n**La clé à molette.** Une mâchoire réglable par une vis sans fin. Elle remplace tout le jeu de clés dans un sac et c'est son seul avantage : elle prend sur deux faces, elle a du jeu, et elle ripe. **Serrez la molette à fond avant chaque effort, et tirez toujours du côté de la mâchoire mobile** — dans l'autre sens elle s'ouvre toute seule.\n\n**La pince-étau.** Une pince qui se verrouille sur la pièce et y reste seule, avec une force considérable. C'est l'outil qui sauve les situations : écrou arrondi, axe lisse, tube, tige cassée, tôle à maintenir. Si vous n'en avez qu'une, prenez celle-là.\n\n**Le tournevis.** Plat ou cruciforme. La règle unique : **la lame doit remplir l'empreinte**. Un tournevis trop petit détruit la vis en trois secondes et vous n'aurez plus rien à prendre.\n\n**La clé six pans, dite Allen.** Une tige hexagonale coudée, pour les vis à trou hexagonal. Courante sur tout ce qui est récent.\n\n**Le burin et la massette.** Un coin d'acier trempé qu'on frappe. Il coupe une tête de boulon, ouvre un collier, chasse un axe, fend une tôle. Brutal, lent, et il marche quand plus rien ne marche.\n\n**La scie à métaux.** Un cadre en U et une lame fine tendue dedans. **La lame coupe en poussant**, alors montez-la dents vers l'avant. Ce qui compte, ce n'est pas la scie, ce sont les **lames de rechange** : prenez-en dix.\n\n**La cisaille et la pince coupante.** Tôle mince, fil, petit câble. Une cisaille à tôle fait des découpes propres qu'aucune scie ne rattrape en vitesse.\n\n**La barre à mine ou le pied-de-biche.** Une barre d'acier, plate ou pointue. **C'est l'outil le plus puissant de la liste**, et le raisonnement est dans [[TEC-MAC-001]] : la force que vous appliquez est multipliée par le rapport entre la longueur de la barre et la distance au point d'appui. Un mètre de barre sur une cale placée à dix centimètres de la charge multiplie votre effort par dix.\n\n**Le dégrippant.** Gazole, pétrole, huile fine, mélange huile-solvant. Il n'y a pas de produit magique : ce qui pénètre, c'est un liquide fluide **et du temps**. Mettez-en, allez faire autre chose, revenez.\n\n**Les sangles, cordes, poulies et manilles.** Pour tout ce qui pèse plus que vous.\n\n## AGIR — la dépose\n\n**1. Regardez avant de toucher.** Comptez les fixations, et surtout trouvez **celles qui tiennent réellement** : il y a souvent quatre vis visibles et deux boulons cachés qui font tout le travail. Cherchez les traces d'usure, les rondelles, les surfaces propres.\n\n**2. Photographiez ou dessinez.** Un assemblage se remonte avec l'image, jamais avec la mémoire.\n\n**3. Marquez par paires.** Ruban ou marqueur sur les deux moitiés de chaque connecteur, de chaque tuyau, de chaque faisceau, **avant** de les séparer. Deux minutes ici, trois heures économisées plus tard.\n\n**4. Dégrippez et attendez.** Le liquide dans le filetage, et on laisse agir. Recommencez une fois. La patience remplace la force et casse moins de boulons.\n\n**5. Desserrez dans le bon sens.** Antihoraire pour ouvrir, dans l'immense majorité des cas. Les filetages à gauche existent — écrous de roue de certains côtés, arbres tournants — et se repèrent à un marquage ou à un « L ». Si ça résiste anormalement, envisagez-le avant de forcer.\n\n**6. Frappez, ne poussez pas.** Des **coups secs et répétés** sur la clé ou sur la tête du boulon valent mieux qu'un effort continu : la vibration casse la liaison de rouille, la force continue casse le boulon. Une rallonge sur la clé multiplie le bras de levier, mais elle multiplie aussi le risque de tout arracher.\n\n**7. Un boulon cassé n'est pas un échec, c'est un détour.** Sciez-le, burinez la tête, ou coupez la tôle à côté. **La pièce vaut plus que la fixation.**\n\n**8. Soutenez avant de défaire le dernier point.** Sangle, cale, cric, ou quelqu'un qui tient. Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle heurte, ce qui la tenait, et parfois ce qui est dessous.\n\n**9. Gardez la visserie avec sa pièce.** Dans un sachet ou un chiffon noué, scotché dessus. Une pièce sans ses boulons est une pièce à moitié perdue.\n\n## AGIR — déplacer ce qui est lourd\n\nC'est la partie que les gens improvisent et où ils se blessent. Tout ce qui suit est vieux de cinq mille ans et fonctionne toujours.\n\n**Le levier.** Une barre, une cale, et vous soulevez ce que vous ne pouvez pas porter. Rapprochez la cale de la charge pour plus de force, éloignez-la pour plus de course. **On lève par petits coups en glissant une cale à chaque fois**, jamais d'un seul geste.\n\n**Les rouleaux.** Trois tubes ou trois rondins sous la charge. On pousse ; le rouleau qui sort à l'arrière revient devant. Sur sol dur, une personne déplace ainsi plusieurs centaines de kilos. C'est la méthode qui a bâti l'Antiquité et elle n'a jamais été améliorée pour ce cas.\n\n**Le plan incliné.** Deux planches en rampe, et on tire au lieu de lever. Une pente à un sur quatre divise l'effort par quatre — vous tirez plus longtemps, mais vous y arrivez.\n\n**Le palan, ou mouflage.** Chaque brin de corde qui porte la charge divise l'effort d'autant : trois brins, trois fois moins de force, trois fois plus de corde à tirer. Avec deux poulies et une corde, un homme lève ce que quatre ne portent pas.\n\n**L'ancrage.** Ce qui casse, dans un mouflage, ce n'est presque jamais la corde : **c'est le point sur lequel on s'est amarré.** Un arbre vivant de bon diamètre, un pilier, un essieu. Pas une gouttière, pas un poteau de clôture, pas une rambarde.\n\n**La glisse.** Une tôle, une bâche, une planche savonnée ou graissée sous la charge, et ce qui refusait de bouger glisse. Sur herbe mouillée, sur neige, sur boue, ça vaut mieux que des roues.\n\n**Et la règle de sécurité qui compte :** ne vous mettez jamais dans l'axe d'une corde sous tension, ni sous une charge levée, ni entre la charge et un mur.\n\n## AGIR — rapporter\n\n**Les chiffres réels.** Vingt à vingt-cinq kilos sur plusieurs kilomètres. Quarante sur deux cents mètres. Un sac à dos bien réglé porte mieux que n'importe quoi tenu à la main, parce que **les mains doivent rester libres pour se rattraper.**\n\n**La charge se place haut et près du dos.** Une masse basse et éloignée triple la contrainte sur les lombaires à poids égal.\n\n**À deux, sur une barre.** Une perche entre deux épaules, la charge suspendue au milieu avec une sangle. C'est simple, c'est efficace, et ça répartit vraiment.\n\n**Le travois.** Deux perches en V, pointes traînant au sol, une traverse et un filet au milieu, les extrémités sur vos épaules ou sur un harnais. **Pas besoin de roue, pas besoin de chemin.** Sur terrain meuble ou en forêt, il bat la brouette. C'est le moyen de transport le plus rentable qu'on puisse fabriquer en une heure.\n\n**Le vélo poussé.** Pas monté : poussé, chargé sur le cadre et le porte-bagages. Un vélo poussé transporte quatre-vingts kilos sur une piste. C'est un des meilleurs usages du vélo en récupération, et c'est documenté par toutes les logistiques improvisées du vingtième siècle. Voir [[TEC-MEC-004]].\n\n**Le traîneau**, sur neige, sur herbe mouillée, sur sable humide.\n\n**Le diable, le caddie, la brouette**, quand le terrain est dur et que vous en trouvez un — et vous en trouverez : voir [[SURV-REC-005]].\n\n**Et la solution qui n'est pas un transport : le dépôt.** Sortez tout, cachez-le à cent mètres du bâtiment dans un endroit que vous savez retrouver, et revenez avec le bon moyen. Notez l'emplacement sur un calque de repères. **Un dépôt bien caché vaut mieux qu'un chargement porté d'un coup**, qui vous épuise et vous rend visible.\n\n## ADAPTER\n\n**La pièce est trop lourde pour vous.** Démontez-la sur place. Un moteur devient un bloc, un alternateur, un démarreur, une culasse, un faisceau. Trois voyages de vingt kilos battent un voyage de soixante qu'on ne fera pas.\n\n**Vous êtes seul.** Leviers, rouleaux, plan incliné et mouflage sont exactement faits pour ça. Rien de ce qui précède ne demande d'être deux, sauf le portage sur barre. Mais prévenez quelqu'un de l'endroit et de l'heure : seul sous une charge, un accident bénin devient grave.\n\n**L'objet est fragile.** Optique, électronique, instruments : emballez dans du textile, portez à part, ne les mettez jamais sous quelque chose. Une optique déposée entière et rangée dans un chiffon arrive ; la même en vrac dans un sac arrive en morceaux.\n\n**Il pleut, ou c'est la nuit.** Tout devient glissant, les cordes se raidissent, les mains gèlent, et la charge que vous teniez vous échappe. Reportez le lourd, prenez le léger, revenez.\n\n**Vous devez passer inaperçu.** Le bruit d'une scie à métaux porte loin dans un bâtiment vide, et un chargement visible se raconte. Travaillez court, sortez le matériel par l'arrière, et ne repassez pas deux fois au même moment de la journée. Voir [[SURV-REC-001]] et [[SURV-DEF-003]].\n\n**Vous reviendrez.** Alors laissez le lieu praticable : ne bloquez pas l'accès, ne cassez pas ce que vous ne prenez pas, refermez. Et notez ce que vous avez vu et laissé — c'est la moitié de la valeur d'une sortie.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-010","titre":"Munitions et engins non explosés","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["munition","explosif","danger","marquage","laiton","caisse","terrain"],"sources":["UNMAS / IMAS 12.10 — Explosive Ordnance Risk Education, normes internationales","CICR — Restes explosifs de guerre, études sur les victimes civiles","Handicap International — Sous-munitions, rapports d'observatoire","US Army TM 60A-1-1-31, familles de munitions et distances d'évacuation"],"corps":"::Une munition qui n'a pas explosé n'est pas une munition ratée. C'est une munition armée qui attend, et c'est pour ça qu'elle est plus dangereuse que celle qui a fonctionné.::\n\nCette fiche complète [[SURV-REC-004]], [[SURV-REC-006]], [[SURV-REC-008]] et [[SURV-REC-009]], qui disent tous la même chose en une ligne : on ne touche pas. Voici pourquoi, ce qu'il faut savoir reconnaître, comment vivre à côté — et ce qui se récupère réellement, parce qu'il y a beaucoup à prendre.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment c'est fait\n\nToute munition explosive se ramène à quatre parties. Savoir les nommer permet de raisonner au lieu de deviner.\n\n- **Le corps**, en acier ou en alliage, qui donne les éclats.\n- **La charge**, l'explosif proprement dit, chimiquement stable tant qu'on ne l'initie pas.\n- **La fusée**, le détonateur et sa mécanique. **C'est la seule partie réellement sensible, et c'est elle qui décide de tout.**\n- **Le propulseur**, poudre ou moteur-fusée, qui a servi à l'envoyer.\n\nLa charge d'un obus est difficile à faire partir : on peut la brûler, la frapper, la percer sans qu'elle détone. La fusée, elle, est conçue pour être sensible, et elle **s'arme pendant le trajet** — par l'accélération du départ et la rotation.\n\nD'où le fait central : **un engin tiré qui n'a pas explosé a une fusée armée dont le fonctionnement s'est interrompu quelque part.** Il ne manque rien pour qu'elle reprenne, et personne ne peut savoir de l'extérieur à quel point elle en est. C'est exactement l'inverse de l'intuition : le projectile tombé au sol sans bruit est plus dangereux que celui resté dans sa caisse.\n\n### Ce qui aggrave avec le temps\n\nLes explosifs vieillissent, et ils vieillissent mal.\n\n**Le TNT sue.** En vieillissant et sous la chaleur, il exsude des composés qui migrent et cristallisent.\n\n**L'acide picrique, utilisé dans les munitions anciennes, attaque le métal** et forme des picrates, bien plus sensibles au choc et à la friction que l'explosif d'origine. Une munition de la Grande Guerre est plus dangereuse aujourd'hui qu'à sa fabrication. C'est pour cela qu'on en ramasse encore des tonnes chaque année dans certaines régions et qu'on n'y touche jamais.\n\n**Les poudres perdent leur stabilisant.** La nitrocellulose se décompose lentement, et cette décomposition s'accélère elle-même. Une poudre trop vieille peut s'enflammer seule. C'est pourquoi les stocks douteux sont stockés sous eau.\n\n**Le phosphore blanc se rallume en séchant.** Un fragment enterré, humide, inerte en apparence, reprend feu dès qu'il sèche à l'air, et il brûle à travers la chair sans s'éteindre.\n\n### Ce qui tue les civils, en pratique\n\nLes statistiques des organismes de déminage sont constantes d'un conflit à l'autre, et elles ne ressemblent pas à ce qu'on imagine.\n\n**Les sous-munitions sont le premier tueur.** Petites, de la taille d'une boîte de conserve ou d'une balle, parfois de couleur vive, dispersées par centaines, avec un fort taux de non-fonctionnement. Elles ressemblent à un objet, pas à une arme. **Les enfants les ramassent.**\n\n**Les victimes sont majoritairement des gens du lieu**, adultes au travail ou enfants qui jouent, et elles tombent **longtemps après la fin des combats** — des décennies. Le champ, la source, le bois de chauffage : les accidents ont lieu là où les gens doivent aller, pas là où on s'est battu.\n\n**La deuxième cause est la manipulation volontaire** : ramasser pour déplacer, pour vendre le métal, pour récupérer l'explosif. C'est le geste que cette fiche vous demande de ne pas faire.\n\n## AGIR\n\n**1. Reconnaître, à distance.** Tout objet métallique usiné, cylindrique ou ovoïde, avec un nez pointu, un culot, des ceintures de cuivre, des ailettes, un filetage en bout, une couleur militaire ou des bandes peintes. **Dans le doute, c'en est un.**\n\n**2. Ne pas toucher, ne pas déplacer, ne pas retourner, ne pas gratter, ne pas nettoyer, ne pas jeter à l'eau, ne pas mettre au feu.** Un engin dans un feu part en cookoff et envoie des fragments à plusieurs centaines de mètres.\n\n**3. S'éloigner en revenant sur ses propres pas**, exactement, sans élargir.\n\n**4. Marquer sans s'approcher.** Un repère visible de loin, posé du côté sûr : pierres peintes, branche, tissu, bidon. La convention humanitaire est simple et bonne à reprendre — **rouge du côté du danger, blanc du côté sûr.** Un marquage qu'on ne comprend pas ne protège personne.\n\n**5. Noter et transmettre.** Position précise sur un calque de repères, description, photo de loin. C'est ce qui permettra un jour le déminage, et en attendant ça protège le suivant. Voir [[SIG-COM-006]] et [[SURV-ORI-002]].\n\n**6. Prévenir les gens, et d'abord les enfants.** Expliquer, montrer des images, répéter. C'est la seule mesure qui réduit réellement les accidents en zone contaminée, et elle ne coûte rien.\n\n### Distances, en ordres de grandeur\n\nCe ne sont pas des seuils de sécurité, ce sont des rappels d'échelle. Les services spécialisés évacuent, pour un obus d'artillerie ordinaire, **plusieurs centaines de mètres**, et bien davantage pour une bombe d'aviation. Une grenade projette des éclats largement au-delà de ce qu'un mur de jardin arrête.\n\n**Retenez le principe plutôt que le chiffre : la distance de sécurité est toujours plus grande que ce dont vous avez envie.**\n\n## Ce qui se récupère vraiment\n\nC'est le point que l'on saute d'habitude, et il n'est pas vide. Autour des munitions, il y a beaucoup de matériel inerte, et il compte parmi le meilleur du terrain.\n\n**Les caisses métalliques à munitions.** Acier, joint caoutchouc, fermeture à levier, poignée. **Étanches à l'eau et à l'air, empilables, quasi indestructibles.** C'est le meilleur contenant que vous trouverez, tous terrains confondus : réserve de graines, papiers, outils, allumettes, électronique, cache enterrée. Prenez-en autant que vous pouvez en porter — voir [[TEC-AGR-002]] et [[SURV-REC-002]].\n\n**Les caisses en bois.** Bois épais, propre, cloué ou vissé, avec poignées de corde. Charpente, mobilier, coffrage, bois d'allumage.\n\n**Les douilles vides déjà tirées.** Le laiton de douille est un alliage de cuivre et de zinc remarquable : il se plie, se martèle, s'emboutit à froid, et ne rouille pas. Gobelet, entonnoir, douille de protection, rondelle, bague, brasure. Une douille d'artillerie vide est un contenant étanche de belle taille. **Vide veut dire vide : pas d'amorce intacte au culot, rien dedans.**\n\n**Le cuivre des ceintures**, sur les corps d'obus déjà éclatés et inertes — à ne jamais prélever sur un engin entier.\n\n**Les sangles, bretelles, housses, filets, bouchons de transport, bandes de tissu.**\n\n**Les sachets déshydratants** présents dans presque tous les emballages militaires : silice réutilisable indéfiniment après passage au four, pour garder des semences, des papiers ou une radio au sec.\n\n**Les clips, maillons et bandes de chargement**, en acier ressort : attaches, ressorts, agrafes, fil.\n\n**Et l'information.** Les marquages sur les caisses et les corps disent la nature, le calibre et l'année. Notez-les avant de partir : ils renseignent ceux qui viendront dépolluer, et ils vous disent ce qu'il y a autour de vous.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous vivez dans une zone contaminée.** N'improvisez pas de sentiers. Restez sur les surfaces dures, les routes goudronnées et les chemins déjà utilisés par d'autres, tous les jours. Ne coupez jamais à travers champ, ne suivez pas une berge, n'entrez pas dans une friche pour du bois. Le risque est saisonnier : le labour, la crue, le gel et l'érosion font remonter des engins enfouis depuis des années.\n\n**Vous devez cultiver là.** Faites-le à la main sur une parcelle déjà travaillée sans incident, jamais au motoculteur sur une terre neuve, et jamais en brûlant les chaumes.\n\n**Il y a eu un incendie sur un dépôt ou une épave.** Le périmètre est à considérer comme bien plus large que la zone brûlée, et les engins présents sont devenus imprévisibles. On n'y retourne pas pour récupérer quoi que ce soit.\n\n**Quelqu'un a été blessé par un engin.** Le second engin est la règle, pas l'exception. On n'accourt pas en ligne droite : on approche par le chemin exact d'où la personne est venue, on traite l'hémorragie en priorité absolue, puis on évacue par le même chemin. Voir [[URG-HEMO-001]] et [[URG-SEC-001]].\n\n**Vous voulez ouvrir une munition, en extraire l'explosif ou la poudre, ou vous en servir.** C'est la seule chose de tout le corpus que je n'écrirai pas, et l'argument n'est pas moral, il est statistique : **dans toutes les zones où ça se pratique, ce geste tue et mutile plus de récupérateurs que les engins laissés en place n'en tuent de passants.** Un explosif vieilli est plus sensible que neuf, une fusée partiellement fonctionnée n'a pas d'état lisible, et l'accident se produit dans les mains, à distance nulle, sans seconde chance. Ceux qui font ce travail portent une tenue lourde, travaillent à distance et détruisent sur place sans jamais démonter.\n\n**Vous trouvez un engin chez vous, dans un jardin, un grenier, un mur.** C'est fréquent et c'est exactement le même sujet. On ne le sort pas, on ne le met pas dans la voiture, on ne le pose pas sur le rebord. On laisse où c'est, on éloigne les gens, on signale.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-009","titre":"Récupérer sur un hélicoptère","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","helicoptere","inventaire","rotor","huile","treuil","radio","balise"],"sources":["NFPA 422 — Aircraft Accident Response Guide, chapitre voilures tournantes","US Army TM 1-1500-204, maintenance des aéronefs à voilure tournante","Manuels constructeurs, sécurisation au sol des portes et trappes largables","Documentation technique sur les réservoirs souples auto-obturants et les balises 406 MHz"],"corps":"::C'est l'épave aéronautique la plus rentable et la moins piégée. Pas de siège éjectable, pas de verrière explosive, une cabine qui s'ouvre, et des composants lourds à hauteur d'homme.::\n\nLes dangers généraux sont dans [[SURV-REC-004]] et [[SURV-REC-010]]. Ce qui suit est l'inventaire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les quatre dangers, et ils sont peu nombreux\n\n**Les pales.** Longues, tranchantes au bord d'attaque, et surtout **sous contrainte** : une pale coincée, pliée ou appuyée emmagasine une énergie considérable et fouette dès qu'on la libère. Le rotor peut aussi tourner seul au vent si le frein a lâché, et une pale à hauteur de tête tourne sans bruit. **Bloquez le rotor avant toute chose.**\n\n**La pyrotechnie.** Moins abondante que sur un chasseur mais présente : cartouches de largage des portes et issues de secours, extincteurs à cartouche du compartiment moteur, bouteilles de gonflage des flotteurs de secours, lance-leurres sur les appareils militaires. Poignée rouge ou pictogramme jaune et noir : on ne touche pas.\n\n**Le carburant.** Beaucoup, et bas, sous le plancher cabine. Les réservoirs souples auto-obturants sont conçus pour ne pas fuir même percés : un réservoir d'apparence intacte peut être plein.\n\n**La turbine.** Brûlante très longtemps après l'arrêt, et son échappement davantage.\n\n**Sur l'armement**, quand il y en a : affûts, tourelles de sabord, goulottes, caisses et circuits de mise à feu sont dans l'inventaire ci-dessous. La dépose et la remise en service des armes elles-mêmes n'y sont pas. Limite énoncée une fois, le reste est complet.\n\n## AGIR — l'inventaire, du plus utile au moins utile\n\n### 1. Le trio de tête\n\n- **L'huile de boîte de transmission principale.** Vingt à soixante litres d'huile de très haute qualité, dans un carter conçu pour être vidangé, avec un bouchon et parfois un robinet. Lubrification, protection contre la corrosion, étanchéité, graissage de tout ce que vous construirez ensuite. Voir [[TEC-COR-001]].\n- **Le treuil de sauvetage et son câble.** Plusieurs dizaines de mètres de câble acier fin et très résistant, un tambour, un moteur, un réducteur, un crochet, un mousqueton à sécurité. Tirer, lever, haubaner, descendre dans un puits. Voir [[SURV-NOE-001]] et [[TEC-MAC-001]].\n- **Les réservoirs souples.** Toile caoutchoutée épaisse, souple, parfaitement étanche, en grande surface. Citerne à eau, bâche, toiture, bassin, contenant. Vidangés et rincés, ils valent des semaines de travail. **C'est la matière la plus rare de toute l'épave.**\n\n### 2. Communication, signalisation et énergie\n\n- **Les postes radio.** Un hélicoptère en porte deux à quatre : VHF, UHF, souvent HF longue portée. Boîtiers modulaires, extractibles avec leurs berceaux. Voir [[SIG-COM-002]] et [[TEC-RAD-001]].\n- **La balise de détresse.** Boîtier autonome avec sa propre batterie et son antenne, conçu pour émettre pendant des jours et être entendu depuis l'espace. **C'est l'un des objets de survie les plus précieux qui existent.** Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Le transpondeur**, l'intercom, les boîtiers de commande audio.\n- **Les casques de vol.** Coque, antibruit, écouteurs, micro à tige, visière escamotable. Un des meilleurs objets récupérables tous véhicules confondus.\n- **Les antennes** de fuselage et les câbles coaxiaux.\n- **Le radar météo et son radôme de nez** : coque composite légère et étanche, antenne orientable avec ses moteurs et ses réducteurs, guides d'ondes en aluminium.\n- **Les projecteurs orientables**, très puissants, avec leur mécanisme et leur commande.\n\n- **Le démarreur-générateur.** Sur turbine, c'est une seule machine qui démarre le moteur puis produit le courant. Déposée, **c'est un moteur électrique puissant et un générateur en un seul objet**, avec ses roulements. Voir [[TEC-ENE-001]].\n- **Les batteries**, souvent au nickel-cadmium : forte capacité, tolérantes au froid et à la décharge profonde, increvables comparées au plomb. Voir [[TEC-ENE-004]].\n- **Les convertisseurs, régulateurs, boîtes de relais et disjoncteurs.**\n- **Le kérosène.** Grand volume. Il brûle en lampe à mèche avec beaucoup de suie, il dégraisse, il alimente un diesel en dépannage. Contenant fermé, à l'écart, jamais siphonné à la bouche.\n\n### 3. Mécanique noble et pales\n\n- **La tête de rotor.** Roulements de très grande taille, pièces forgées, biellettes, rotules élastomères, plateau cyclique avec ses paliers et ses tringles. De la mécanique de précision en grande dimension, introuvable autrement.\n- **La boîte de transmission elle-même** : engrenages en acier cémenté, arbres, roulements, cannelures.\n- **Les arbres de transmission** vers le rotor arrière : tubes longs, équilibrés, avec accouplements souples.\n- **Les servocommandes hydrauliques** : vérins de précision, tiges chromées, corps usinés, joints.\n- **Le rotor arrière** et son renvoi d'angle.\n\nEt les pales, qui ne sont pas un déchet contrairement à ce qu'on croit :\n\n- **Le longeron**, tube métallique ou composite de très grande longueur, droit et rigide : poutre, mât, tuyau, axe.\n- **La peau en alliage léger**, en grandes feuilles minces déjà galbées.\n- **Le nid d'abeille**, remplissage alvéolaire extrêmement léger : isolant, panneau, flottaison.\n- **Les masselottes d'équilibrage en plomb** logées en bout de pale. **Du plomb pur, en morceaux, prêt à fondre** — voir [[TEC-MAT-001]] pour les usages, et rappelez-vous que ses vapeurs sont toxiques.\n\n### 4. Commandes, instruments et respiration\n\n- **Le cyclique et le collectif.** Poignées usinées couvertes de contacteurs et de gâchettes de bonne facture, leviers, tringlerie, rotules, paliers, ressorts de rappel.\n- **Le palonnier**, ses pédales et ses câbles.\n- **Les instruments** : altimètres et anémomètres utilisables comme baromètres, variomètres, compas magnétique — un vrai compas, dans son bain de liquide, avec compensation. Voir [[SURV-ORI-001]].\n- **Les gyroscopes**, pour leurs roulements de très haute précision.\n\n- **Les masques à oxygène**, leurs détendeurs à la demande et leurs bouteilles, sur les appareils militaires et haute altitude.\n- **Les plaques de blindage de siège**, sur les appareils militaires : panneaux céramique et aramide, très durs et relativement légers. Plan de travail, enclume de fortune, protection d'abri.\n- **Les extincteurs portatifs à main** de cabine — pas ceux à cartouche du compartiment moteur.\n\n### 5. Habitat, structure, mission et petit matériel\n\n- **Les portes coulissantes et les panneaux**, plaques d'alliage planes ou galbées, avec charnières, rails, galets et verrous.\n- **Les vitrages en acrylique épais**, découpables, transparents, imputrescibles : châssis, serre, abri.\n- **Les sièges et leur mousse**, les harnais à cinq points, les sangles d'arrimage à cliquet, les filets de soute.\n- **Le train.** Patins : deux tubes d'acier ou d'alliage de plusieurs mètres, droits, solides, immédiatement utilisables en charpente. Roues : pneus, jantes, amortisseurs.\n- **Les flotteurs de secours** non gonflés : tissu caoutchouté en grande surface. Attention aux bouteilles de gonflage.\n- **Le crochet de charge externe et ses élingues.**\n\nSelon l'appareil, et c'est souvent le meilleur : **brancards et civières, trousses médicales, bouteilles d'oxygène médical, réchauds, jerricans, cordes de descente, harnais, gilets de sauvetage, radeau, couvertures de survie, rations.** Un appareil sanitaire ou de secours en montagne est un entrepôt volant. Voir [[URG-SEC-001]].\n\nCâblage en grande longueur, connecteurs étanches, colliers, boulonnerie aviation, joints toriques, durites souples, filtres neufs, ampoules, fusibles, trappes, charnières, verrous quart de tour, silentblocs, plaques de mousse, ruban aluminium.\n\n## Comment déposer\n\n### L'outillage minimal\n\nClés plates et à pipe en jeu métrique et en pouces, clé à molette, pince-étau, pinces coupantes, tournevis plat et cruciforme, clé à six pans, marteau, burin, barre à mine, scie à métaux avec lames de rechange, cisaille, cutter, et un bidon de gazole ou d'huile comme dégrippant. Une sangle, une poulie et une corde pour tout ce qui pèse.\n\n### Les six règles qui évitent de tout gâcher\n\n**Photographiez ou dessinez avant de toucher.** Un assemblage se remonte avec l'image, pas avec la mémoire.\n\n**Marquez les connecteurs et les tuyaux par paires** au marqueur ou au ruban avant de les séparer. C'est deux minutes qui en économisent trois heures.\n\n**Gardez la visserie avec sa pièce**, dans un sachet scotché dessus.\n\n**Dégrippez au lieu de forcer.** Gazole ou huile fine dans le filetage, on laisse agir, et on frappe des **coups secs répétés** sur la tête du boulon plutôt que d'appuyer en continu : la vibration casse la rouille, la force casse le boulon. Pas de chauffe au chalumeau sur une épave.\n\n**Un boulon récalcitrant se contourne.** Scie, burin, ou coupez la tôle à côté. La pièce vaut mieux que le boulon.\n\n**Soutenez avant de desserrer le dernier point de fixation.** Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle touche et ce qui la tenait.\n\n### Sur un hélicoptère\n\n**Bloquez le rotor avant tout le reste**, avec une sangle ou une corde entre une pale et le train. Tant que ce n'est pas fait, on ne travaille pas dessous.\n\n**L'huile de transmission** se prend par le bouchon de vidange, en bas du carter. Prévoyez le contenant **avant** d'ouvrir — il en sort plusieurs dizaines de litres d'un coup. Filtrez au tissu en transvasant, et refermez le bidon : cette huile absorbe l'humidité.\n\n**Le câble du treuil** se déroule entièrement à la main avant de couper ou de déposer le tambour. Portez des gants : un câble acier ébarbé lacère. Lovez-le en couronne large, jamais en huit serré, sinon il vrille.\n\n**Les réservoirs souples** se libèrent en coupant les colliers et les sangles, **jamais le tissu**. Videz d'abord, complètement, puis sortez par la trappe de plancher. Rincez à l'eau et faites sécher à plat, pas plié.\n\n**Le démarreur-générateur** est en bout de boîte d'accessoires : un collier de serrage circulaire, un faisceau, et il vient. C'est la dépose la plus rapide et la plus rentable de l'épave.\n\n**Les radios et la balise** sortent de leurs berceaux par verrous quart de tour. Déconnectez avant de tirer. La balise a sa propre batterie : ne la déclenchez pas par manipulation si vous ne voulez pas être localisé, et sachez que vous le pouvez si vous le voulez.\n\n**Les portes coulissantes** se déposent en butée arrière : il y a une goupille ou un arrêt de rail à retirer, et elles sortent de leurs galets.\n\n**Les pales** ne se découpent pas sous contrainte. Soutenez, sanglez, puis sciez. Les masselottes de plomb sont en bout, sous un capuchon vissé.\n\n**La boîte de transmission** pèse plusieurs centaines de kilos. Ne tentez pas de la sortir entière sans palan : vidangez sur place, et prenez ce qui se démonte dessus.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un appareil civil ou sanitaire.** Le meilleur cas de toute la famille : peu ou pas de pyrotechnie, beaucoup de volume, et souvent tout le matériel de mission ci-dessus. Commencez par celui-là si vous avez le choix.\n\n**C'est un appareil militaire.** Ajoutez les lance-leurres, les affûts, les emports et les blindages. Pour les leurres, la réponse utile est dans [[SURV-REC-008]] : ce n'est pas la cartouche qu'on veut, c'est le magnésium des carters et les paillettes inertes.\n\n**L'appareil est sur le flanc.** Calez-le avant d'y entrer. Une cabine sur le côté se referme mal et la structure travaille dès qu'on y monte.\n\n**L'appareil est dans l'eau ou en marécage.** Abstenez-vous. Instable, tôles qui retiennent, visibilité nulle, carburant en surface.\n\n**L'appareil a brûlé.** La boîte de transmission, le train, les patins et les pièces d'acier restent exploitables. Les composites, les réservoirs, les textiles et la cabine sont perdus, et les fibres de carbone brûlées ne se remuent pas sans masque. Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous n'avez qu'un seul voyage.** Dans l'ordre : la balise, une radio et son casque, l'huile de transmission dans un bidon, le câble du treuil, un réservoir souple vidé, le démarreur-générateur. Le reste attendra, et il attendra bien.\n\n**Il y a des restes humains.** On arrête à cet endroit. Un hélicoptère accidenté est souvent un appareil de secours, avec à bord des gens qui venaient aider et qu'on cherche. Notez le lieu, laissez ce qui est personnel, signalez. Voir [[SIG-COM-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-008","titre":"Récupérer sur un avion de chasse","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","avion","inventaire","radar","oxygene","titane","eolienne","siege ejectable"],"sources":["US Air Force Technical Order 00-105E-9 — Aerospace Emergency Rescue and Mishap Response","NFPA 422 — Aircraft Accident Response Guide","Documentation technique sur les turbines à air dynamique de secours","Fiches de sécurité hydrazine et oxygène liquide, INRS"],"corps":"::Un chasseur, c'est un cockpit piégé par conception, entouré de ce qu'une civilisation industrielle sait faire de mieux en alliages, en optique et en électronique.::\n\nLes dangers généraux sont dans [[SURV-REC-004]] et [[SURV-REC-010]]. Ce qui suit est l'inventaire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les trois zones interdites\n\n**Le cockpit.** Le siège éjectable est une fusée assise dans l'habitacle : cartouches propulsives, percuteur mécanique, séquenceur, parfois moteur-fusée sous l'assise. Il part sur une traction de poignée, un choc, un connecteur manipulé, et il reste armé des années. **Le cordon de découpe de verrière** est un explosif souple noyé dans le plexiglas de la bulle. Casser une verrière à coups d'outil est le premier réflexe de tout le monde. On ne monte pas, on ne s'accoude pas, on ne passe pas le bras.\n\n**Les emports.** Tout ce qui pend sous la voilure, quelle que soit son apparence, y compris les rails et les pylônes, qui gardent leurs cartouches d'éjection. Les bidons largables aussi.\n\n**Les lanceurs de leurres**, à l'arrière du fuselage.\n\n### Les leurres : la bonne réponse n'est pas celle qu'on croit\n\nL'idée revient toujours, et elle mérite une réponse précise plutôt qu'un refus.\n\n**La cartouche de leurre infrarouge est un mauvais objet de signalisation.** Composition au magnésium et au téflon, elle brûle trois à cinq secondes à plus de deux mille degrés **en rayonnant surtout hors du spectre visible** : peu visible à l'œil, très visible pour une caméra thermique. Elle ne se tient pas, ne s'oriente pas, met le feu à tout dans un large rayon et ne s'éteint pas. L'éjection se fait par cartouche explosive et le lanceur reste armé. Ce n'est pas une fusée de détresse, c'est une torche incontrôlable.\n\nMais l'intuition derrière la question est bonne, et **ce qu'elle cherche existe à bord, ailleurs et sans danger** :\n\n- **Le magnésium.** C'est lui qu'on veut, et il n'est pas dans la cartouche : il est dans les **jantes de train et certains carters**, coulés en alliage de magnésium. Un bloc limé donne un tas de copeaux qui s'enflamment sous étincelle et brûlent à très haute température. C'est l'allume-feu par temps humide le plus fiable qui existe, et il se prépare sans rien ouvrir. Voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Les paillettes.** Les cartouches de brouillage — à distinguer des leurres thermiques — contiennent des fibres de verre métallisées, **inertes**. Un paquet de paillettes est un réflecteur radar : suspendu dans un arbre ou à un mât, il fait apparaître votre position sur un radar de navigation ou de recherche. C'est exactement l'objet de signalisation que vous cherchiez, et il ne brûle rien. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Le lanceur lui-même**, vidé : bloc d'aluminium usiné percé de tubes, plaques de culasse, séquenceur, relais, faisceau. Bonne mécanique et bonne électronique.\n\nEt pour la signalisation vraie, l'appareil emporte mieux : voir le kit de survie ci-dessous.\n\n### Ce que vous cherchez vraiment : le kit de survie\n\nUn avion de combat emporte un équipement de survie prévu pour un humain isolé : **fusées de détresse conçues pour être tenues en main, miroir de signalisation, balise radio de détresse avec sa propre batterie, poche à eau, filin, allume-feu, couverture, trousse de secours, boussole.**\n\nUne partie est dans le siège, donc inaccessible. Une partie est en gilet et en soute, donc accessible. **C'est le premier objectif de la fouille**, avant le métal. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n### Ce qui est toxique\n\nHydrazine sur certains monomoteurs, très toxique, odeur d'ammoniac, réservoir non identifiable sans documentation. Oxygène concentré, qui s'enflamme violemment au contact d'une graisse. Hydraulique à deux ou trois cents bars, dont le jet invisible traverse la peau. Composites brûlés, qui libèrent des fibres irritantes et conductrices. Masque à particules dès qu'on remue du noirci — voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n\n## AGIR — l'inventaire, du plus utile au moins utile\n\n### 1. La turbine de secours, et le reste de l’énergie\n\nBeaucoup de chasseurs portent une **turbine à air dynamique** : une petite hélice qui se déploie dans le flux pour entraîner un générateur et une pompe quand tout le reste est mort.\n\nDéposée, c'est **une éolienne complète avec son générateur, son réducteur et sa régulation**, dans un volume qu'un homme porte. Sur toute la liste, c'est l'objet qui change le plus une situation longue. Voir [[TEC-ENE-001]] et [[TEC-SOLR-001]].\n\n### 2. Communication, radar et électronique\n\n- **Les postes radio** VHF et UHF, en boîtiers modulaires extractibles, avec leurs berceaux et leurs connecteurs.\n- **Le transpondeur**, les balises, l'électronique de navigation.\n- **Le câble coaxial**, en bonne longueur et de qualité, avec connecteurs — difficile à improviser. Voir [[TEC-RAD-001]].\n- **Les antennes** et leurs embases.\n- **Le casque de vol**, s'il est accessible hors cockpit : coque, antibruit, écouteurs, micro, visière. Objet remarquable.\n\n- **Le radôme**, coque composite légère, étanche, transparente aux ondes. Telle quelle : coque de bateau, abri, cuve, réflecteur.\n- **Les guides d'ondes**, tubes rectangulaires en aluminium de très belle qualité, aux parois précises.\n- **L'antenne plate et son mécanisme**, moteurs, réducteurs, paliers, servocommandes.\n\n### 3. Oxygène, textiles et matière\n\n- **Les bouteilles**, haute pression, à manipuler vides de préférence.\n- **Les détendeurs et les masques.** Un masque à oxygène à la demande avec son détendeur est un objet précis et robuste.\n- **Le convertisseur d'oxygène liquide**, quand il y en a : dangereux plein, excellent vase isolant vide.\n\n- **Les tôles d'alliage léger.** Les panneaux d'inspection donnent des plaques planes, fines, rigides, imputrescibles. Gouttière, bardeau, réflecteur, plaque de cuisson, porte.\n- **Les panneaux en nid d'abeille**, sandwich collé extrêmement léger et rigide, isolant thermique et acoustique. Cloison, table, plancher.\n- **La tubulure d'aluminium et de titane.** Le titane est léger, très résistant et **totalement inoxydable** : c'est la meilleure matière première de l'épave pour un outil qui restera dehors.\n- **Les longerons et cadres**, profilés usinés.\n\n### 4. Commandes, instruments et optique\n\n- **Le manche et le palonnier** : leviers en alliage usiné, tringlerie, rotules, paliers, ressorts, et une poignée couverte de contacteurs de qualité.\n- **Les vérins et servocommandes**, une fois certains qu'ils sont détendus : tiges d'acier rectifié, corps, joints, ressorts.\n- **Les gyroscopes et centrales inertielles**, pour leurs roulements de très haute précision.\n- **Les instruments** : cadrans, verres, aiguilles, altimètres et anémomètres, qui sont des baromètres utilisables.\n- **Le collimateur de visée**, combineur en verre traité et optiques.\n\n### 5. Train, freins et petit matériel\n\n- **Les pneus** : caoutchouc très épais, plusieurs nappes, avec chambres. Semelle, joint, sandow, protection.\n- **Les jantes**, en alliage, légères et solides.\n- **Les amortisseurs oléopneumatiques**, tiges chromées et ressorts.\n- **Les disques de frein en carbone.** Réfractaires, ils supportent des températures extrêmes sans se déformer. Plaque de foyer, sole, support de creuset.\n\nBatterie, alternateurs, boîtiers de relais, accumulateurs hydrauliques une fois détendus, huiles et graisses pour la lubrification et la protection contre la corrosion — jamais pour brûler en intérieur. Voir [[TEC-COR-001]].\n\nParachute de freinage quand l'appareil en a un : toile solide et suspentes, parmi les meilleurs cordages disponibles. Harnais, sangles, housses. Voir [[TEC-MAT-003]] et [[SURV-NOE-001]].\n\nCâblage aéronautique en grande longueur — fin, souple, résistant à la chaleur et aux hydrocarbures, avec d'excellents connecteurs. Boulonnerie aviation, colliers, joints toriques, isolants, fusibles, ampoules, trappes, charnières, verrous quart de tour.\n\n## Comment déposer\n\n### L'outillage minimal\n\nClés plates et à pipe en jeu métrique et en pouces, clé à molette, pince-étau, pinces coupantes, tournevis plat et cruciforme, clé à six pans, marteau, burin, barre à mine, scie à métaux avec lames de rechange, cisaille, cutter, et un bidon de gazole ou d'huile comme dégrippant. Une sangle, une poulie et une corde pour tout ce qui pèse.\n\n### Les six règles qui évitent de tout gâcher\n\n**Photographiez ou dessinez avant de toucher.** Un assemblage se remonte avec l'image, pas avec la mémoire.\n\n**Marquez les connecteurs et les tuyaux par paires** au marqueur ou au ruban avant de les séparer. C'est deux minutes qui en économisent trois heures.\n\n**Gardez la visserie avec sa pièce**, dans un sachet scotché dessus.\n\n**Dégrippez au lieu de forcer.** Gazole ou huile fine dans le filetage, on laisse agir, et on frappe des **coups secs répétés** sur la tête du boulon plutôt que d'appuyer en continu : la vibration casse la rouille, la force casse le boulon. Pas de chauffe au chalumeau sur une épave.\n\n**Un boulon récalcitrant se contourne.** Scie, burin, ou coupez la tôle à côté. La pièce vaut mieux que le boulon.\n\n**Soutenez avant de desserrer le dernier point de fixation.** Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle touche et ce qui la tenait.\n\n### Sur un avion\n\n**Tout se fait depuis l'extérieur.** Rien de ce qui suit ne demande d'entrer dans le cockpit.\n\n**Les panneaux d'inspection** s'ouvrent par des verrous quart de tour qu'on tourne avec un tournevis plat ou une pièce de monnaie. C'est par là qu'on accède à presque tout.\n\n**La turbine de secours** est dans un logement à trappe, tenue par un bras articulé et quelques boulons, avec un faisceau et parfois une conduite hydraulique. Bloquez le bras déployé avant de desserrer : il est monté sur un vérin ou un ressort de déploiement.\n\n**Le câblage** ne se coupe pas court. **Coupez le plus loin possible des deux côtés de la section qui vous intéresse** : vous gagnez plusieurs mètres gratuitement, et les connecteurs restent utilisables.\n\n**Le radôme** est fixé par une couronne de vis sur le cadre de nez. Dévissez en étoile, pas en tournant, pour ne pas le voiler.\n\n**Les guides d'ondes** se déposent bride par bride ; gardez les joints.\n\n**Les pneus** : dégonflez complètement avant de déjanter, par le bouchon de valve, et attendez que ça siffle jusqu'au bout. Un pneu d'avion est à très haute pression et déjanté sous pression il tue.\n\n**Les disques de frein** sortent après dépose de la roue. Manipulez-les à plat, ils sont friables sur la tranche.\n\n**Les tôles** se découpent à la scie à métaux ou à la cisaille, jamais à la meule — étincelles, carburant, fibres. Ébavurez tout de suite : un bord de tôle d'avion coupe comme une lame.\n\n## ADAPTER\n\n**L'épave est fraîche.** Chaude, elle coule, elle fume, et elle sera cherchée. Le temps passé dessus est votre premier risque. Prenez le kit de survie, les radios et le câblage accessibles, et partez.\n\n**L'épave est ancienne.** Le temps n'a désarmé aucune charge, a vidé les fluides et les batteries, et a fragilisé la structure. Le danger change de nature, il ne diminue pas.\n\n**C'est un appareil d'entraînement, de transport ou un civil.** Beaucoup plus sûr et souvent plus rentable. Pas d'emports, parfois pas de siège éjectable — vérifiez quand même. Un transport apporte en plus des sièges, de l'eau, des toilettes, des trousses de secours, des toboggans d'évacuation en tissu caoutchouté et des gilets de sauvetage.\n\n**L'épave est immergée.** N'y touchez pas. Visibilité faible, structure instable, tôles qui retiennent.\n\n**Il y a des restes humains.** On s'arrête. Notez le lieu, laissez ce qui est personnel, signalez dès que possible. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**Vous n'êtes pas sûr d'un objet.** C'est la situation normale ici. **Une épave ne se sauve pas, elle attendra** — et il n'existe rien à bord dont la valeur justifie de tester une hypothèse.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-007","titre":"Réparer un câble, une prise, un contact","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","reparation","cable","recuperation"],"sources":[],"corps":"::La grande majorité des pannes électriques ne sont pas des composants morts. Ce sont des fils coupés et des contacts sales.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn circuit ne fonctionne que s'il est **fermé** : le courant part, traverse la charge, et revient. Une interruption n'importe où produit exactement le même symptôme — rien ne marche — que le défaut soit à l'aller ou au retour.\n\nLes points de rupture sont toujours les mêmes, et cette liste couvre presque tout : **là où le câble bouge**, c'est-à-dire à la sortie d'une prise ou d'un appareil ; **là où deux métaux se touchent**, c'est-à-dire aux connexions ; **là où l'humidité stagne**.\n\nUn contact dégradé n'est pas une coupure franche : c'est une résistance qui apparaît. Elle chauffe, s'oxyde davantage, chauffe plus. **Un contact tiède est un contact en train de mourir** — mécanisme détaillé dans [[TEC-ENE-003]].\n\n## AGIR\n\n**Trouver le défaut avant de réparer.**\n\n1. **Coupez et vérifiez l'absence de tension.** Toujours, et avec un appareil, jamais par déduction.\n2. **Regardez et pliez.** Un câble se casse près des embouts : pliez doucement sur toute la longueur, une gaine dure, craquelée, molle ou déformée localement signale l'endroit.\n3. **Testez la continuité** d'un bout à l'autre, conducteur par conducteur, câble débranché des deux côtés — voir [[TEC-ENE-008]]. Faites bouger le câble pendant la mesure : un défaut intermittent se révèle ainsi.\n4. **Vérifiez les deux conducteurs.** Le retour casse aussi souvent que l'aller.\n\n**Réparer une coupure.**\n\n5. **Coupez franchement de part et d'autre** de la zone douteuse. Ne réparez pas au ras du défaut : le câble est fatigué sur plusieurs centimètres.\n6. **Dénudez sans entailler le cuivre.** Une entaille crée un point faible qui cassera au premier mouvement. Faites tourner la lame autour de l'isolant plutôt que de trancher dedans.\n7. **Décalez les jonctions.** Ne raccordez jamais les deux conducteurs au même endroit : un décalage de quelques centimètres évite qu'ils ne se touchent si l'isolation cède.\n8. **Assemblez mécaniquement avant tout.** Torsadez serré dans le sens du toron, ou mieux, entourez un fil autour de l'autre en spires jointives. **La jonction doit tenir toute seule à la traction avant d'être isolée.**\n9. **Soudez si vous pouvez.** Une soudure descend la résistance de contact à presque rien. Sinon, un domino ou un connecteur serti fait l'affaire.\n10. **Isolez chaque conducteur séparément**, puis l'ensemble. Plusieurs tours croisés, en débordant largement de chaque côté.\n11. **Ajoutez une décharge de traction.** Une boucle, un nœud ou un collier qui reprend l'effort avant la jonction : sans cela, votre réparation cassera au même endroit.\n\n**Nettoyer un contact.**\n\n12. **Grattez l'oxydation** au papier abrasif fin, à la lame ou à la gomme. Un contact terne conduit mal.\n13. **Resserrez.** Le cuivre flue sous pression et une borne se desserre seule avec le temps.\n14. **Protégez** d'une trace de graisse une fois le contact propre et serré, si l'ambiance est humide — voir [[TEC-COR-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Le câble est intermittent.** C'est presque toujours un brin cassé sous l'isolant, à un point de flexion. Il faut couper généreusement de part et d'autre : réparer trop court laisse la partie fatiguée en place.\n\n**Vous n'avez pas de ruban isolant.** Une gaine thermorétractable est meilleure ; à défaut, du ruban adhésif épais, du caoutchouc de chambre à air découpé en bande et étiré en spires serrées, ou une immersion dans une matière plastique fondue.\n\n**Vous n'avez aucun outil.** Grattez avec ce que vous avez : une clé de maison, le bord d'une pièce, une pierre, du sable sur un chiffon. Une cosse de batterie desserrée s'enfonce sur une borne conique : poussez-la à fond, tapez-la avec une pierre, puis tournez-la pour la bloquer. En dernier recours, une bande d'aluminium (papier de chewing-gum, canette découpée) glissée entre la cosse et la borne rattrape le jeu, le temps de repartir. **Ne reliez jamais les deux bornes avec un objet en métal** : une batterie de voiture débite des centaines d'ampères et le métal devient brûlant.\n\n**Vous n'avez rien pour souder.** Une jonction mécanique bien faite fonctionne des années. Ce qui compte est le serrage, la surface de contact et la protection contre l'humidité, pas la soudure elle-même.\n\n**Les fils ne sont pas du même métal.** Cuivre et aluminium en contact direct se corrodent — voir [[TEC-COR-001]]. Utilisez un connecteur prévu, ou intercalez une pièce adaptée.\n\n**C'est un câble d'un appareil que vous voulez alimenter autrement.** Vérifiez tension, polarité et puissance avant tout branchement. Une inversion de polarité en courant continu détruit instantanément — voir [[TEC-ENE-001]] et [[TEC-ENE-002]].\n\n**C'est sur un véhicule.** Les câbles y sont abondants, souples et de sections variées : c'est le meilleur gisement de matière première — voir [[SURV-REC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-006","titre":"Récupérer sur un char","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","blinde","char","inventaire","optique","batterie","acier","filtre","munition"],"sources":["Manuels d'entretien de véhicules blindés, chapitres dépose et dépannage","UNMAS — Explosive Ordnance Risk Education, principes généraux","NATO STANAG, principes des systèmes de surpression et de filtration collective","Documentation technique sur les optiques infrarouges au germanium","Nations unies — IATG, Directives techniques internationales sur les munitions, divisions de risque"],"corps":"::Un char, c'est trente à soixante tonnes d'acier, d'optique, de cuivre et de mécanique lourde, garées pour toujours à l'endroit où elles sont tombées. Presque tout est récupérable. Une seule chose ne l'est pas.::\n\nLes dangers généraux sont dans [[SURV-REC-004]] et [[SURV-REC-010]], qui priment sur cette fiche. Ce qui suit est l'inventaire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### La seule chose qu'on ne prend pas\n\nTout ce qui explose : les obus en soute et en panier de tourelle, les grenades, les pots lance-fumigènes en grappes sur la tourelle, les extincteurs à cartouche du compartiment moteur, les cordons de coupure — tout ce qui porte une fusée ou une charge. On ne touche pas, on ne déplace pas, on marque, on s'éloigne — le détail est dans [[SURV-REC-010]]. **Et l'âge de l'épave n'y change rien, sinon en pire** : un explosif vieilli devient plus sensible, pas moins.\n\n**Les cartouches d'armes légères sont un autre sujet.** Les bandes de la mitrailleuse, et parfois des cartouches de 9 mm pour les armes de l'équipage, sont rangées dans des caisses métalliques étanches. Ce ne sont pas des engins explosifs : de la poudre et une amorce, qui hors d'une arme brûlent et claquent sans projeter d'éclats comme un obus. Elles se récupèrent, à quatre conditions : **le char n'a pas brûlé**, la caisse est restée fermée et sèche, les cartouches ne portent ni dépôt vert ou blanc ni bosse, et la balle ne bouge pas dans l'étui. Dans une caisse restée fermée, une cartouche militaire se conserve des décennies ; une caisse ouverte, rouillée ou noyée, on la laisse. Et **« 9 mm » n'est pas un calibre unique** : le 9 × 19 et le 9 × 18 se ressemblent et ne se mélangent jamais. Lisez le marquage de la caisse et du culot, rangez chaque calibre à part, au sec, loin de toute source de chaleur — voir [[SURV-ARM-001]].\n\n**Sur l'armement lui-même** : l'arme principale et la mitrailleuse coaxiale sont là. Cette fiche décrit tout ce qui les entoure — affût, berceau, tourillons, goulottes, caisses, sacs à douilles, commandes de tourelle, circuit de mise à feu. Elle ne décrit pas la dépose ni la remise en service de l'arme. C'est une limite assumée, énoncée une fois, et le reste de l'inventaire n'en souffre pas.\n\nUne remarque qui, elle, sert directement : **une épave portant encore son armement est un point de rendez-vous.** D'autres le savent, d'autres reviendront, et ils seront armés en arrivant. Cela ne change pas ce que vous prenez, cela change le temps que vous passez sur place — court, et pas deux fois au même moment de la journée. Voir [[SURV-DEF-001]].\n\nLe blindage, lui, n'est pas exploitable : trop dur à couper, trop lourd à déplacer, et sa poussière après incendie ne se respire pas. Ne poncez rien.\n\n### Ce qui rend un char unique comme gisement\n\nTrois choses qu'on ne trouve nulle part ailleurs au même endroit.\n\n**Du matériel de dépannage lourd, dehors et accessible**, parce que l'engin est conçu pour se sortir seul d'un fossé loin de tout atelier.\n\n**De l'optique de très haute qualité**, protégée dans des blocs blindés qui ont souvent survécu à ce qui a tué l'engin.\n\n**De l'acier ressort de dimensions industrielles**, dans la suspension, qu'aucun autre véhicule ne porte.\n\n## AGIR — l'inventaire, du plus utile au moins utile\n\n### 1. Énergie et motricité\n\n- **Le groupe auxiliaire.** Beaucoup de blindés modernes en portent un : petit moteur diesel couplé à un générateur, prévu pour tourner moteur principal éteint, monté sur silentblocs et conçu pour être déposé. **C'est la pièce la plus précieuse de tout l'engin.** Voir [[TEC-MOTH-001]].\n- **Les batteries.** Quatre à huit accumulateurs au plomb de très forte capacité, câblés en vingt-quatre volts. La plus grosse réserve d'énergie transportable à des kilomètres à la ronde. Voir [[TEC-ENE-004]] et [[SURV-LUM-001]].\n- **Le démarreur et l'alternateur**, de très forte puissance. Un alternateur entraîné par n'importe quoi devient une source de courant.\n- **Le gazole.** Souvent plus de mille litres. Contenant fermé, à l'écart, jamais de siphonnage à la bouche.\n- **Les filtres à air, à huile et à gazole**, neufs dans les caisses de rechange.\n\n### 2. Optique et communication\n\n- **Les périscopes et épiscopes.** Blocs de verre blindé et de prismes, quasi indestructibles. Ils permettent de regarder par-dessus un mur ou hors d'un abri **sans y mettre la tête**. Aucun équivalent récupérable ailleurs.\n- **Le télémètre laser et le viseur de tir.** Boîtiers pleins de lentilles, de prismes, de filtres et de miroirs de qualité optique.\n- **Le viseur thermique.** Ses lentilles sont en **germanium**, un matériau transparent à l'infrarouge et introuvable autrement. Le capteur lui-même est souvent inutilisable sans son électronique, l'optique non. Voir [[TEC-NUI-001]].\n- **Les blocs de vision du pilote**, les rétroviseurs, les caméras de recul.\n\n- **Les postes radio.** Sur un blindé, ils sont modulaires, montés sur berceaux, et se déposent à la main. VHF, parfois HF longue portée. Voir [[SIG-COM-002]] et [[TEC-RAD-001]].\n- **L'interphone de bord, les casques et les boîtiers de commande.** Un casque d'équipage, c'est une protection antibruit, des écouteurs et un micro, dans un seul objet robuste. **Pour parler à deux dans le vacarme ou à travers une cloison, c'est irremplaçable.**\n- **Les antennes.** Brins souples de plusieurs mètres, ressort de base, embase isolante, et les câbles coaxiaux qui vont avec.\n\n### 3. Air respirable, outillage et levage\n\n- **Les filtres du système de surpression.** Un blindé maintient son intérieur en légère surpression à travers un filtre à particules et un filtre à charbon actif de grande capacité. Prélevés intacts et non saturés, c'est du matériel de protection respiratoire de premier ordre. Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n- **Le groupe de ventilation et ses gaines**, en vingt-quatre volts.\n- **Les masques et tuyaux** du système individuel, quand il y en a.\n\n- **L'outillage de caisse** : masse, pioche, pelle, barre à mine, hache, scie, fixés sur les flancs. Robuste, immédiat, gratuit.\n- **Le câble de remorquage, les manilles et les cosses.** Plusieurs mètres de câble acier de très forte section. Tirer, lever, haubaner, traverser. Voir [[SURV-NOE-001]] et [[TEC-MAC-001]].\n- **Le cric, les vérins, les palans** embarqués.\n- **Les chaînes et les élingues.**\n\n### 4. Acier, mécanique et tourelle\n\n- **Les barres de torsion de suspension.** Des barres d'acier ressort de plusieurs mètres et de forte section, une par galet. **C'est probablement le meilleur acier brut disponible sur le terrain** : ressorts, leviers, pointes, outils forgés, armatures. Voir [[SURV-OUT-001]] et [[TEC-MEC-005]].\n- **Les galets, les poulies et les roulements.** Roulements à billes et à rouleaux de très grande taille, souvent intacts.\n- **Les maillons et axes de chenille.** Acier trempé, en centaines d'exemplaires.\n- **Les patins de chenille** : blocs de caoutchouc épais boulonnés. Semelle, isolant, amortisseur, joint, dalle.\n- **Les amortisseurs**, les ressorts, la boulonnerie de forte section.\n\nC'est l'un des plus beaux ensembles mécaniques de l'engin, et il n'intéresse personne, donc il est toujours là.\n\n- **Le mécanisme de pointage.** Couronne d'orientation de très grand diamètre à billes ou à rouleaux, vis sans fin, réducteurs, secteurs dentés, volants avec démultiplication fine. **De l'engrenage de qualité industrielle, en grande taille** : treuil, tour, meule, moulin, élévateur. Voir [[TEC-MAC-001]] et [[TEC-MEC-001]].\n- **Les moteurs et vérins électriques** de traverse et d'élévation, en vingt-quatre volts, avec leurs freins et leurs fins de course.\n- **Les berceaux, tourillons, paliers et contrepoids** : pièces forgées et usinées, axes rectifiés, bronze de palier.\n- **Les goulottes d'alimentation**, bandes métalliques souples articulées, et les **caisses à munitions** de l'arme — vidées, ce sont des contenants en acier étanches parmi les meilleurs. Voir [[SURV-REC-010]].\n- **Les sacs et bacs à douilles**, en toile épaisse et en tôle.\n- **Le circuit de mise à feu** : câblage blindé, relais, contacteurs, solénoïdes. Les solénoïdes sont des électroaimants puissants, réutilisables pour actionner n'importe quoi à distance.\n- **Le joint tournant électrique** entre caisse et tourelle : une pièce qui transmet le courant à un organe qui tourne sans fin. Rare, précieuse, irremplaçable pour une éolienne ou un treuil motorisé.\n\n### 5. Habitat, textile et petit matériel\n\n- **Les sièges et leur mousse**, excellente isolation thermique en gros volume. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Le chauffage de compartiment** et ses ventilateurs.\n- **Les filets de camouflage, bâches, housses, sangles d'arrimage.**\n- **Les caisses de rangement extérieures**, métalliques et étanches, et leur contenu : rations, couvertures, pièces, bidons.\n\nCâblage en très grande longueur et gainé haute température, connecteurs étanches, fusibles, relais, contacteurs, ampoules, phares et feux avec leurs verres, joints, durites, tôles, grilles de moteur, trousse de bord, extincteurs portatifs à main, jerricans, chiffons, graisse, peinture.\n\n## Comment déposer\n\n### L'outillage minimal\n\nClés plates et à pipe en jeu métrique et en pouces, clé à molette, pince-étau, pinces coupantes, tournevis plat et cruciforme, clé à six pans, marteau, burin, barre à mine, scie à métaux avec lames de rechange, cisaille, cutter, et un bidon de gazole ou d'huile comme dégrippant. Une sangle, une poulie et une corde pour tout ce qui pèse.\n\n### Les six règles qui évitent de tout gâcher\n\n**Photographiez ou dessinez avant de toucher.** Un assemblage se remonte avec l'image, pas avec la mémoire.\n\n**Marquez les connecteurs et les tuyaux par paires** au marqueur ou au ruban avant de les séparer. C'est deux minutes qui en économisent trois heures.\n\n**Gardez la visserie avec sa pièce**, dans un sachet scotché dessus.\n\n**Dégrippez au lieu de forcer.** Gazole ou huile fine dans le filetage, on laisse agir, et on frappe des **coups secs répétés** sur la tête du boulon plutôt que d'appuyer en continu : la vibration casse la rouille, la force casse le boulon. Pas de chauffe au chalumeau sur une épave.\n\n**Un boulon récalcitrant se contourne.** Scie, burin, ou coupez la tôle à côté. La pièce vaut mieux que le boulon.\n\n**Soutenez avant de desserrer le dernier point de fixation.** Une pièce lourde qui tombe casse ce qu'elle touche et ce qui la tenait.\n\n### Sur un blindé\n\n**Les batteries** se déposent en premier : coupez au négatif, isolez les deux bornes au ruban, et sortez-les à deux. Elles pèsent trente kilos pièce.\n\n**Le groupe auxiliaire** est monté sur silentblocs, avec quelques boulons, une arrivée de gazole, un échappement et un faisceau. Débranchez et bouchez le carburant, déconnectez le faisceau connecteur par connecteur, puis sanglez avant les derniers boulons. Il se sort par la trappe prévue, pas en force.\n\n**Les périscopes et blocs optiques** se déposent entiers, avec leur logement. **N'ouvrez jamais un bloc optique scellé** : vous y ferez entrer l'humidité et il s'embuera définitivement. Rangez-les dans du tissu, pas en vrac.\n\n**Les radios** sortent de leur berceau par des verrous quart de tour ou un levier d'extraction. Déconnectez avant de tirer : une prise arrachée rend le poste inutilisable.\n\n**Les filtres de surpression** sont dans un caisson avec couvercle boulonné et joint. Prenez le joint aussi. Rebouchez les deux orifices du filtre dès qu'il est sorti, sinon il travaille à vide et se sature d'humidité.\n\n**Les barres de torsion** sont sous contrainte tant que l'engin porte sur ses galets. **Levez la caisse ou déposez le galet d'abord**, sinon la barre part en se détendant. Elles s'extraient par le côté après dépose du levier de suspension.\n\n**Les patins de chenille** se dévissent deux boulons par patin, chenille détendue. Détendez par le tendeur avant, pas en coupant.\n\n**L'outillage extérieur** est sur colliers à oreilles ou sur crochets à ressort, souvent peints dans la masse. Un coup de burin sur le collier suffit.\n\n## ADAPTER\n\n**Le char a brûlé.** L'intérieur est perdu et dangereux : munitions instables, poussières, batteries éventrées, optique fissurée. L'extérieur reste entièrement exploitable — c'est-à-dire l'outillage, le câble, les patins, les barres de torsion et les bidons. Masque à particules et gants.\n\n**Le char est intact.** Faites tout l'extérieur d'abord. Le meilleur rendement est dehors et ne demande aucune prise de risque. L'intérieur ne se justifie que pour le groupe auxiliaire, les batteries, les radios, l'optique et les filtres — et seulement si rien ne dit qu'il y a eu feu.\n\n**Vous cherchez de quoi communiquer.** Radios, casques, interphone, antennes, coaxial. C'est le poste où un blindé bat n'importe quel autre véhicule, et de loin.\n\n**Vous cherchez à forger.** Les barres de torsion, les axes de chenille et les maillons sont de l'acier de qualité en quantité. Voir [[SURV-OUT-001]].\n\n**Vous pensez y dormir.** Une nuit, faute de mieux, et en isolant du métal. Une caisse d'acier non isolée est glaciale la nuit, un four le jour, elle condense, et elle est visible de très loin. Elle coupe le vent, c'est tout.\n\n**L'engin est en terrain militaire.** Il ne se trouve jamais seul ni en terrain propre. Restez sur les surfaces dures et les traces existantes, ne coupez pas à travers champ. Voir [[SURV-REC-010]].\n\n**Il y a des restes humains.** On arrête à cet endroit. Notez le lieu, laissez ce qui est personnel, signalez si c'est possible.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-005","titre":"Fouiller un commerce","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","commerce","stock","alimentation","priorite","hygiene"],"sources":["FDA / USDA — Food Safety During Power Outage, règle des quatre heures","ANSES — Conduite à tenir en cas de rupture de la chaîne du froid","OMS — Five keys to safer food","INRS — Risques liés au stockage en rayonnages et aux installations frigorifiques à l'ammoniac"],"corps":"::Tout le monde entre par le même rayon et repart avec la même chose. Ce qui compte est derrière la porte marquée « réserve », et personne n'y va.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Un magasin n'est pas un stock, c'est une vitrine\n\nUn point de vente présente en rayon une fraction de ce qu'il détient. Le reste est en réserve, sur les quais, dans les chambres froides, dans les bureaux et dans les locaux techniques. **La foule fouille la surface de vente, se sert d'abord en produits prêts à consommer, et laisse presque intact tout ce qui demande de la cuisson, du travail ou une clé.**\n\nLe corollaire est constant : un commerce déjà « vidé » ne l'est presque jamais. Il a été écrémé selon un ordre de priorité qui n'est pas le vôtre.\n\n### L'ordre de priorité réel\n\nPar valeur décroissante en situation de rupture, indépendamment de ce que vaut chaque chose en temps normal :\n\n1. **Les contenants et l'eau.** Bidons, jerricans, seaux, bonbonnes, bouteilles vides. Sans contenant, ni l'eau ni rien d'autre ne se transporte ni ne se stocke. Systématiquement sous-estimé.\n2. **Le sel, le sucre, l'huile, les féculents secs.** Riz, pâtes, légumineuses, farine. Densité énergétique élevée, conservation longue, poids raisonnable. Le sel mérite une place à part : il conserve, il assaisonne, il se troque, et il ne se fabrique pas. Voir [[TEC-CONS-001]].\n3. **L'hygiène et les soins.** Savon, eau de Javel, alcool, pansements, compresses, antiseptique, préservatifs, protections périodiques, dentifrice. C'est le rayon qui décide de la santé d'un groupe sur trois mois. Voir [[TEC-SAN-004]].\n4. **Le feu et la lumière.** Briquets, allumettes, bougies, piles, lampes, chargeurs. Les briquets sont en caisse, pas en rayon.\n5. **Les conserves et les bocaux**, dont les contenants resservent indéfiniment.\n6. **L'outillage et la quincaillerie.** Cordage, ruban adhésif, colle, fil de fer, visserie, bâches, gants, sacs-poubelle. Voir [[SURV-REC-002]].\n7. **Les semences et le rayon jardin.** Presque jamais pris, et c'est ce qui vaudra le plus dans six mois. Voir [[TEC-AGR-002]].\n8. **L'alimentation animale.** Croquettes, granulés, graines. Calories denses, très longue conservation, ignorées de tous.\n9. **Le textile et la chaussure**, dans cet ordre : chaussures solides, chaussettes, sous-vêtements, vêtements chauds.\n\n### Ce qui est déjà perdu\n\nSavoir ce qu'il ne faut pas emporter évite d'en mourir et de porter pour rien.\n\n**Le frais et le décongelé.** Sans froid, la viande, le poisson, les produits laitiers frais et les plats préparés sont hors d'usage après quelques heures au-dessus de dix degrés. La règle utilisée par les services sanitaires est simple : **au-delà de quatre heures sans froid, on jette.** Un congélateur resté fermé tient plus longtemps, et des aliments encore couverts de cristaux de glace sont récupérables ; mous et tièdes, non.\n\n**Les conserves douteuses.** Une boîte bombée, fuyante, rouillée sur la couture ou qui siffle à l'ouverture se jette sans discussion et sans y goûter — le botulisme ne se sent pas, ne se voit pas, et ne pardonne pas. Un bocal dont le couvercle ne fait plus le vide, idem. Une boîte cabossée mais saine et étanche est bonne. Voir [[TEC-ALI-005]] et [[SURV-COM-001]].\n\n**Les médicaments inconnus.** Ce qui vient d'une officine dévastée, sans boîte, sans notice, à moitié fondu, n'est pas une ressource. Voir [[URG-SEC-003]].\n\n### Les dangers du lieu\n\n**Les rayonnages.** Une travée métallique est stabilisée par sa charge et par son croisillonnage. **Vidée d'un seul côté, elle bascule**, et c'est un accident classique et mortel. Ne grimpez pas dessus, ne videz pas une travée par le bas, ne travaillez pas sous une charge en hauteur.\n\n**Le sol.** Verre, liquides, huile renversée, gerbes. Chaussures fermées obligatoires.\n\n**Les chambres froides.** Deux pièges : on s'y enferme, parce que beaucoup ne s'ouvrent pas de l'intérieur sans électricité ; et les grandes installations utilisent parfois **l'ammoniac** comme fluide frigorigène — une fuite dans un local fermé est mortelle et l'odeur, très piquante, est le seul avertissement. Voir [[URG-AIR-001]].\n\n**L'air.** Un local fermé depuis longtemps, une réserve en sous-sol, un bac de matières en décomposition : on ventile d'abord, on entre après.\n\n**Les autres.** Un commerce est le lieu le plus prévisible de toute la ville. Tout le monde sait où il est, tout le monde y pense, et tout le monde y arrive au même moment.\n\n### La question qu'il faut se poser franchement\n\nTant qu'il existe un propriétaire, un ordre public et des secours, se servir dans un magasin est un vol, quelle que soit la situation ressentie — et ça se paie, y compris longtemps après. Quand il n'y a plus ni propriétaire ni ordre, la même ressource se perd si personne ne la sauve.\n\nEntre les deux, une règle qui tient dans les deux mondes : **prenez ce dont vous avez besoin, laissez le reste utilisable, ne détruisez rien.** Ce qui est cassé, renversé ou souillé n'est récupéré par personne, ni par vous, ni par le suivant, ni par celui qui reviendra ouvrir. La destruction gratuite est ce qui distingue le pillage de la récupération, et c'est aussi ce qui décide de la façon dont on vous traitera ensuite. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## AGIR\n\n**1. Observez avant.** Parking, accès, traces, véhicules, présence. Un commerce occupé se repère de loin. La méthode générale est celle de [[SURV-REC-001]] et elle s'applique entièrement.\n\n**2. Entrez par l'arrière.** Quais de livraison, porte de réserve, local poubelles, accès personnel. C'est là que le stock se trouve, c'est là qu'il y a le moins de monde, et c'est le seul côté du bâtiment que personne ne surveille.\n\n**3. Fixez une durée avant d'entrer, et une liste.** Dix minutes, quinze, avec ce que vous cherchez, écrit. **La liste est ce qui vous empêche de repartir avec trois kilos d'inutile** parce que le rayon était intéressant.\n\n**4. Faites la réserve avant la surface de vente.** Puis, dans l'ordre : local d'entretien, bureaux, pharmacie et parapharmacie, rayon entretien, animalerie, bébé, jardin, caisses, et seulement ensuite l'alimentaire en rayon.\n\n**5. Remplissez d'abord les contenants.** Prenez les bidons et les sacs en premier, remplissez ensuite. L'inverse fait perdre la moitié de ce qu'on a trouvé.\n\n**6. Regardez en hauteur et derrière.** Les palettes du dessus, le fond des rayonnages, l'arrière des piles : c'est là que reste ce que les mains pressées n'ont pas atteint.\n\n**7. Ressortez par où vous êtes entré**, avant la fin du délai, et sans repasser par la surface de vente si vous pouvez l'éviter.\n\n## ADAPTER\n\n**C'est une pharmacie.** Le stock est derrière, classé, et le réfrigérateur contient ce qui compte le plus — vaccins, insuline —, hors d'usage sans froid depuis longtemps. Ce qui reste utile et durable : antiseptiques, pansements, compresses, sérum physiologique, attelles, thermomètres, paracétamol. Ne prenez pas ce que vous ne savez pas utiliser.\n\n**C'est une quincaillerie ou un magasin de bricolage.** Meilleur rendement durable de toute la ville, et l'un des moins convoités les premiers jours. Outils à main, cordage, bâches, visserie, gants, masques à particules, clous, scies, limes, ruban, tuyaux, bidons. Voir [[SURV-OUT-001]] et [[TEC-MEC-005]].\n\n**C'est un magasin de sport ou de pêche.** Vêtements techniques, sacs, réchauds, lampes, filins, hameçons, bidons, chaussures. Voir [[SURV-RES-002]].\n\n**C'est une animalerie ou une coopérative agricole.** Sous-estimé au point d'en être ridicule : granulés, graines, sel en bloc, cordage, seaux, clôture, produits vétérinaires, et parfois du grain en sacs de vingt-cinq kilos. Voir [[TEC-ELE-003]].\n\n**C'est un restaurant, une cantine, une boulangerie.** Grosses réserves de farine, de riz, d'huile, de sel et de conserves, en formats professionnels, dans des locaux que personne n'associe à de la nourriture stockée. Les gros contenants sont un avantage et un problème : prévoyez de quoi diviser et refermer.\n\n**Il y a du monde et de la tension.** Repartez. Un magasin est le pire endroit possible pour une confrontation : espace clos, issues encombrées, visibilité nulle, tout le monde pressé et tout le monde effrayé. Aucune ressource ne vaut ça, et il y a toujours un autre bâtiment. Voir [[SURV-DEF-001]].\n\n**Vous y retournerez.** Alors ne videz pas, et ne laissez pas de traces d'effraction visibles depuis la rue. Un lieu qui a l'air déjà fouillé attire moins que le même lieu à moitié ouvert, et un dépôt constitué dans un coin discret vaut mieux qu'un chargement porté d'un coup. Notez l'emplacement sur un calque de repères.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-004","titre":"Récupérer sur une épave militaire","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["recuperation","epave","danger","pyrotechnie","munition","aeronef","blindage"],"sources":["CIMIC / UNMAS — Explosive Ordnance Risk Education, principes généraux","US Air Force Technical Order 00-105E-9 — Aerospace Emergency Rescue and Mishap Response, dispositifs pyrotechniques de bord","NFPA 422 — Aircraft Accident Response Guide","AIEA — Sécurité des sources radioactives de faible activité"],"corps":"::Un véhicule civil transporte des gens. Un engin militaire transporte de l'énergie destructrice, et il est conçu pour qu'elle survive à l'accident. Tout le reste découle de ça.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn engin militaire détruit reste un gisement dense — métal, câblage, tissu, outillage, optiques. Mais il porte quatre familles de dangers qui n'existent pas sur une épave civile, et trois d'entre elles ne se voient pas. La méthode générale de [[SURV-REC-003]] s'applique ; ce qui suit s'y ajoute et prime sur elle.\n\n### Ce qui est armé le reste\n\nC'est le point central, et il est contre-intuitif : **beaucoup de dispositifs militaires restent armés des années après l'abandon de l'engin**, sans courant, sans entretien, sans personne aux commandes.\n\n**Les munitions.** Obus, roquettes, cartouches de gros calibre, grenades y compris fumigènes et éclairantes. On ne les touche pas, on ne les déplace pas, on ne les ouvre pas, on ne tape pas dessus, on ne les met pas au feu. Une munition ayant déjà subi un incendie ou un choc est bien plus instable qu'une munition neuve, et rien ne le montre extérieurement. On note l'emplacement, on s'éloigne, on prévient si quelqu'un peut être prévenu.\n\n**La pyrotechnie de sécurité, sur les aéronefs.** C'est la spécificité la plus meurtrière et la plus ignorée. Un avion de combat contient des charges explosives destinées à sauver le pilote, et elles ne savent pas que la guerre est finie :\n\n- **Le siège éjectable** est une fusée assise dans un cockpit. Cartouches propulsives, percuteur, séquenceur, et un système qui peut partir sur une simple traction de poignée, un choc, ou la manipulation d'un connecteur. Il tue celui qui est assis dessus comme celui qui est penché au-dessus.\n- **Le cordon de découpe de verrière** est un explosif souple noyé dans le plexiglas de la bulle, prévu pour la fragmenter au départ du siège. **Casser une verrière de chasseur à coups d'outil est une très mauvaise idée**, et c'est pourtant le premier réflexe de tout le monde.\n- **Les extincteurs et déclencheurs à cartouche**, les ouvertures de parachute, les largages de bidons, les systèmes de largage d'emport : tous fonctionnent sur le même principe.\n\n**Ce qui est sous pression.** Bouteilles d'oxygène, d'azote ou d'hélium à deux ou trois cents bars, accumulateurs hydrauliques, vérins. Une bouteille dont le robinet casse devient un projectile capable de traverser un mur. Les circuits hydrauliques restent sous pression longtemps : un jet invisible de fluide à haute pression traverse la peau et provoque une lésion grave sans douleur immédiate.\n\n### Ce qui est toxique\n\n**Les fluides.** Certains avions de combat embarquent de l'hydrazine comme source d'énergie de secours : très toxique, inflammable, odeur d'ammoniac, et son réservoir n'est pas identifiable par un non-spécialiste. Les fluides hydrauliques aéronautiques sont irritants et toxiques à l'inhalation quand ils ont chauffé. L'oxygène liquide s'enflamme violemment au contact d'une graisse ou d'un hydrocarbure.\n\n**Les composites brûlés.** Une cellule d'aéronef moderne, une pale d'hélicoptère, un carénage : après incendie, la fibre de carbone se libère en aiguilles microscopiques, irritantes pour la peau et les poumons, et suffisamment conductrices pour détruire un appareil électrique. **On ne remue pas des débris composites brûlés sans masque à particules et sans gants.** Voir [[TEC-SAN-006]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Les matières denses et les sources.** Certains blindages et certaines munitions perforantes contiennent de l'uranium appauvri : peu dangereux intact, problématique en poussière après incendie. Les instruments anciens portent des cadrans au radium ou au tritium, et quelques équipements embarquent des sources radioactives de faible activité. Rien de tout cela n'irradie le paysage ; tout cela se respire ou s'avale si on gratte, on ponce ou on découpe.\n\n### Le danger qui n'est pas technique\n\nUne épave récente est un point d'intérêt. Elle sera cherchée, par ceux qui l'ont perdue comme par d'autres. Elle est visible de loin, souvent en terrain dégagé, et elle attire précisément les gens qu'on préfère éviter. **Le temps passé dessus est le facteur de risque numéro un**, devant tout ce qui précède.\n\n## AGIR\n\n**1. Observez à distance et longtemps.** Fumée, chaleur résiduelle, écoulements, munitions dispersées, traces de passage, corps. Faites le tour large avant d'approcher, vent dans le dos.\n\n**2. Décidez du périmètre avant d'entrer dedans.** Si vous voyez des munitions, de l'explosif, ou que vous ne savez pas identifier quelque chose de cylindrique et peint : vous n'entrez pas, vous notez, vous repartez. Le rendement de la récupération ne justifie jamais ce pari.\n\n**3. Ne montez jamais dans un cockpit.** Aucune exception utile. Ce qui s'y trouve ne vaut pas le siège éjectable, et le siège ne se neutralise pas avec du bon sens.\n\n**4. Coupez ce qui peut l'être, par l'extérieur.** Batteries débranchées borne négative en premier, comme sur tout véhicule. Ne sectionnez jamais un faisceau sans savoir ce qu'il alimente.\n\n**5. Prenez ce qui est inerte, laissez ce qui est conçu pour fonctionner.** C'est la règle simple qui remplace toutes les autres : **le métal, le fil, le tissu, le verre et l'outil sont à vous ; tout ce qui a un percuteur, une cartouche, un robinet ou une étiquette de danger reste où il est.**\n\n**6. Travaillez couvert.** Gants épais, manches longues, chaussures montantes, masque à particules dès qu'il y a des débris brûlés. Les bords de tôle d'aéronef coupent comme des lames.\n\n**7. Ne découpez rien à chaud.** Pas de disqueuse, pas de chalumeau, pas de meule sur une épave dont vous ne connaissez pas le contenu. Scie, cisaille, clé.\n\n### Ce qui se prend sans drame\n\n- **Le câblage.** Qualité aéronautique : fin, très souple, gainé, résistant à la chaleur, avec des dizaines de mètres disponibles et des connecteurs de bonne facture. C'est le meilleur rendement de toute l'épave. Voir [[TEC-ENE-002]] et [[SURV-REC-007]].\n- **Les tubes et profilés d'aluminium**, légers, droits, faciles à travailler.\n- **Les tissus et sangles.** Toile de siège, harnais, filets, sangles d'arrimage, soie et suspentes de parachute : les suspentes sont l'un des meilleurs cordages disponibles. Voir [[TEC-MAT-003]] et [[SURV-NOE-001]].\n- **Les trousses de survie de bord**, quand elles existent et sont accessibles sans passer par le cockpit : miroir de signalisation, allume-feu, filin, poche à eau, pansements. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **L'outillage de bord** : clés, cric, pelle, masse, barre, chaînes, élingues. Sur un blindé, il est fixé à l'extérieur de la caisse et il est excellent.\n- **Les optiques.** Épiscopes, périscopes, blocs de verre et de prismes, lunettes : verre de qualité, quasi indestructible, et introuvable autrement.\n- **Le caoutchouc** : patins de chenille, durites, joints, pneumatiques de train.\n- **Les bidons, jerricans et contenants** fixés à l'extérieur. Toujours manquants, toujours utiles.\n- **Les huiles et graisses** pour le graissage et la protection contre la corrosion, jamais pour brûler à l'intérieur. Voir [[TEC-COR-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**C'est un blindé ou un char.** Le plus dangereux est à l'intérieur — le stockage de munitions — et le plus utile est à l'extérieur : outillage, chaînes, bidons, patins caoutchouc, périscopes, batteries de grande capacité, groupe auxiliaire. Le blindage lui-même n'est pas exploitable sans moyens industriels : il est trop dur pour être coupé et trop lourd pour être déplacé. N'espérez rien de ce côté.\n\n**C'est un hélicoptère.** Les pales composites sont longues, souples, tranchantes et fragiles une fois fissurées. La boîte de transmission principale contient plusieurs dizaines de litres d'huile de bonne qualité — c'est l'un des meilleurs prélèvements de l'appareil. Les réservoirs souples auto-obturants sont une matière imperméable remarquable. Attention aux dispositifs de largage de porte et aux cartouches d'extincteur.\n\n**C'est un avion de combat.** Considérez le cockpit comme définitivement interdit : siège, verrière et cordon de découpe font de ce volume un piège permanent. Tout le reste — voilure, câblage, tubulure, train, pneus, tôles, optiques — se récupère depuis l'extérieur. Les emports sous les ailes, quels qu'ils soient et même vides d'apparence, ne se touchent pas.\n\n**C'est un véhicule logistique, un camion, un ambulancier.** C'est le meilleur rapport rendement-risque de toute la famille, et de très loin. Peu ou pas de pyrotechnie, beaucoup de volume, souvent des vivres, de l'eau, des pièces, du carburant, du matériel médical et des textiles. Commencez par ceux-là, toujours.\n\n**L'épave est ancienne et végétalisée.** Le temps n'a désarmé aucune munition et a fragilisé toutes les structures. En revanche il a vidé les fluides et les batteries. Le danger change de nature, il ne diminue pas.\n\n**L'épave est immergée.** N'y touchez pas. La visibilité est faible, l'engin est instable, les tôles retiennent, et les munitions immergées sont réputées imprévisibles. Aucun prélèvement ne vaut ce risque-là.\n\n**Il y a des restes humains.** Arrêtez la récupération à cet endroit. Il y a une question de dignité, il y a une question sanitaire, et il y a le fait que quelqu'un cherchera peut-être ces gens. Notez le lieu avec précision sur un calque de repères, laissez ce qui est personnel et identifiant, signalez dès que c'est possible. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**Vous n'êtes pas sûr.** C'est la situation normale, et la bonne réponse est toujours la même : ce qui n'est pas identifié n'est pas touché. Une épave ne se sauve pas, elle attendra. **Il n'existe aucun objet sur un engin militaire dont la valeur justifie de tester une hypothèse.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-003","titre":"Récupérer sur un véhicule","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","vehicule","materiel","electricite"],"sources":[],"corps":"::Un véhicule immobilisé est le gisement le plus dense qui existe : de l'énergie, du métal, du tissu, du verre et des liquides, dans un volume qu'on fouille en vingt minutes.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn véhicule concentre en quelques mètres cubes ce qu'il faudrait chercher dans plusieurs bâtiments. Il présente aussi trois dangers qu'il faut connaître avant d'ouvrir quoi que ce soit.\n\n**Les carburants et vapeurs.** L'essence s'évapore et ses vapeurs sont plus lourdes que l'air : elles s'accumulent au sol et dans les fosses. Aucune flamme, aucune étincelle, aucune coupe au métal près d'un réservoir.\n\n**Les dispositifs pyrotechniques.** Les airbags et les prétensionneurs de ceinture contiennent une charge qui peut se déclencher lors d'une manipulation ou d'un court-circuit, même véhicule éteint et parfois longtemps après.\n\n**L'électricité.** Sur un véhicule électrique ou hybride, la batterie de traction délivre une tension dangereuse et ses câbles sont repérables à leur couleur vive. On n'y touche pas. La batterie de servitude, elle, est de basse tension mais délivre un courant énorme en court-circuit : elle fait fondre un outil et provoque un incendie en quelques secondes.\n\n## AGIR\n\n1. **Vérifiez la stabilité avant d'entrer.** Un véhicule sur le flanc, en équilibre ou sur un terrain meuble se cale d'abord.\n2. **Débranchez la batterie**, borne négative en premier. Ce geste supprime la plupart des risques électriques et pyrotechniques.\n3. **Ouvrez et ventilez** avant de fouiller un habitacle fermé depuis longtemps.\n4. **Prélevez dans l'ordre d'utilité.**\n\n**Ce qui rend le plus, par priorité :**\n\n- **La batterie.** Une source d'énergie transportable, rechargeable, immédiatement utilisable pour l'éclairage, la charge d'appareils et l'allumage — voir [[TEC-ENE-004]] et [[SURV-FEU-002]].\n- **Les câbles.** Plusieurs dizaines de mètres de fil de cuivre souple, de sections variées, avec cosses et connecteurs. Voir [[TEC-ENE-002]].\n- **Les miroirs.** Rétroviseurs intérieur et extérieurs : signalisation à très longue distance, voir [[SIG-COM-001]].\n- **Les liquides.** Lave-glace, liquide de refroidissement, huile. Aucun n'est potable. Le lave-glace contient de l'alcool et brûle ; l'huile sert de lubrifiant et de protection contre la corrosion.\n- **Les textiles.** Housses de siège, moquettes, tapis, ceintures. Isolation, rembourrage, sangles — et les ceintures sont des sangles extrêmement résistantes.\n- **La mousse des sièges.** Un excellent isolant thermique, en volume important. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Les vitres latérales.** En verre trempé, elles éclatent en petits fragments peu coupants ; le pare-brise, feuilleté, se découpe et donne une plaque rigide transparente.\n- **Les fusibles, ampoules, relais, interrupteurs.** Petits, légers, irremplaçables.\n- **Les outils du coffre.** Cric, clé, triangle, trousse de secours, roue de secours.\n- **Les durites et joints.** Caoutchouc souple, étanche, difficile à improviser.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous cherchez de l'énergie électrique.** La batterie est le premier objet à prendre. Une batterie déchargée depuis longtemps est souvent sulfatée et irrécupérable, mais elle contient du plomb. Une batterie encore chargée est un trésor.\n\n**Vous cherchez du carburant.** Les réservoirs modernes sont conçus pour empêcher le siphonnage par le tube de remplissage. L'accès se fait plutôt par la pompe, sous la banquette arrière sur beaucoup de modèles. **Ne siphonnez jamais à la bouche** : l'inhalation d'hydrocarbure provoque une atteinte pulmonaire grave. Le stockage impose un contenant prévu, fermé, ventilé et à l'écart de toute source de chaleur.\n\n**Vous cherchez un abri.** Un habitacle coupe le vent et la pluie, mais c'est une boîte métallique non isolée : elle se refroidit très vite la nuit et surchauffe au soleil. Isolez du siège et du plancher, et ventilez légèrement pour éviter la condensation. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Le véhicule est électrique.** N'ouvrez pas le bloc de traction. Le reste — câbles basse tension, textiles, vitres, miroirs, batterie de servitude — se récupère normalement.\n\n**Vous voulez démonter proprement.** Photographiez avant, marquez les connecteurs, gardez la visserie avec la pièce. Le tri de ce qui est encore utilisable est dans [[SURV-REC-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-002","titre":"Reconnaître ce qui est encore utilisable","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","outils","materiel","evaluation"],"sources":[],"corps":"::Le tri est la compétence, pas la collecte. Ce que vous emportez à tort, vous le portez pour rien.::\n\n## COMPRENDRE\n\nTrois questions décident de tout objet ramassé, et elles se posent dans cet ordre.\n\n**Est-ce que ça fonctionne encore, ou est-ce réparable avec ce que je sais faire ?** Un objet cassé qu'on ne sait pas réparer n'est pas une ressource, c'est du poids.\n\n**Combien ça pèse par rapport à ce que ça rend ?** C'est le vrai critère et le plus souvent négligé. Un objet lourd doit rendre beaucoup, tout le temps, sinon il sera abandonné en route.\n\n**Est-ce que ça remplace plusieurs choses ?** Un objet polyvalent bat trois objets spécialisés.\n\n### Ce qui vieillit bien, ce qui vieillit mal\n\n**Le métal simple ne meurt presque jamais.** Une lame, une lime, une clé, une pince, un marteau se nettoient et redeviennent neufs. Même très rouillés, ils sont récupérables tant que la section n'est pas traversée — la méthode d'évaluation est dans [[TEC-COR-001]].\n\n**Le verre et la céramique** sont inertes et durent indéfiniment. Un bocal avec un joint intact vaut beaucoup pour [[TEC-CONS-001]].\n\n**Les textiles naturels épais** résistent longtemps s'ils sont restés secs. Une bâche, une couverture de laine, une corde ne s'usent que par l'humidité et les rongeurs.\n\n**Le caoutchouc et les plastiques souples vieillissent mal.** Ils durcissent, craquellent et cassent sous l'effet des ultraviolets et du temps. Un joint, une durite, un élastique, une chambre à air stockés dehors sont généralement morts. Un pli qui blanchit ou craque au test est le signe.\n\n**L'électronique meurt par ses condensateurs et ses batteries**, pas par ses puces. Un appareil qui a stocké une batterie gonflée pendant des années est souvent perdu par corrosion interne. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Les piles et batteries** coulent et détruisent ce qui les entoure. Le premier réflexe sur tout appareil trouvé est d'ouvrir le compartiment.\n\n### Le classement par valeur réelle\n\nPar ordre décroissant, à peu près indépendamment du contexte :\n\n**Les outils à main.** Ils ne consomment rien, ne tombent pas en panne, permettent de fabriquer et de réparer le reste, et se troquent extrêmement bien — voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Ce qui contient.** Bidons, seaux, bocaux, sacs étanches. Toujours sous-estimé et toujours manquant. Sans contenant, on ne stocke ni eau ni nourriture.\n\n**Ce qui lie.** Corde, sangle, fil de fer, fil à coudre, ruban adhésif. Poids faible, usages innombrables, et indispensable à tout ce qui relève de [[TEC-MAC-001]].\n\n**Ce qui coupe.** Lames, limes, scies. La lime mérite une mention : elle permet de refaire un tranchant, donc de régénérer tous les autres outils coupants — la méthode est dans [[TEC-MEC-005]].\n\n**Ce qui protège.** Bâche, gants épais, chaussures solides, lunettes.\n\n**Ce qui allume.** Voir [[SURV-FEU-001]].\n\n## AGIR\n\n**Évaluer un objet, en moins d'une minute.**\n\n1. **Prenez en main et pesez.** Trop lourd pour ce que ça fait : reposez, sauf usage précis identifié.\n2. **Testez la partie mobile.** Charnière, filetage, mécanisme. C'est là que ça meurt.\n3. **Pliez ce qui doit être souple.** Ça craque ou ça blanchit : c'est fini.\n4. **Grattez la corrosion** sur une petite zone pour voir s'il reste du métal sain.\n5. **Ouvrez le compartiment à piles** de tout appareil et regardez la corrosion.\n6. **Cherchez les marquages** : dimensions, filetage, tension, référence. C'est ce qui permettra de trouver une pièce compatible plus tard.\n\n**Trier avant de porter.** Faites trois tas sur place : ce que j'emporte maintenant, ce que je laisse en dépôt ici pour revenir, ce que j'abandonne. Le deuxième tas est celui qu'on oublie de faire, et c'est souvent le plus rentable — noter l'emplacement sur un calque de repères permet d'y revenir.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes à pied et loin.** Le poids devient le seul critère. Cordes, lames, contenants pliables, textile. Tout ce qui est lourd reste sur place, marqué pour un retour.\n\n**Vous avez un point fixe.** Le calcul s'inverse : ce qui est lourd et durable prend de la valeur, parce que vous n'aurez pas à le porter. Outils lourds, contenants rigides, pièces de rechange.\n\n**Vous voulez échanger.** Ce qui se troque le mieux est ce qui est petit, désiré largement, et divisible. Le sel, les lames, les piles, les médicaments, le fil. Le raisonnement complet est dans [[SURV-TROC-001]].\n\n**Vous fouillez un bâtiment entier.** La méthode et les dangers sont dans [[SURV-REC-001]].\n\n**Vous ne savez pas si ça servira.** Alors ça ne sert pas. La tentation d'emporter parce que ça pourrait être utile est la manière la plus sûre de se retrouver chargé, lent et visible.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-001","titre":"Fouiller un bâtiment abandonné","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","batiment","securite","methode"],"sources":["INRS — risques liés aux espaces confinés","Agence qualité construction — pathologies du bâtiment et risques d'effondrement","Guides de sécurité des sapeurs-pompiers pour la reconnaissance en bâtiment"],"corps":"::La ressource la plus rare dans un bâtiment abandonné, ce n'est pas ce qu'on y trouve. C'est le temps qu'on y passe sans être vu ni blessé.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn bâtiment abandonné concentre trois choses en même temps : des ressources, des dangers physiques, et de l'exposition. La méthode consiste à maximiser la première en limitant les deux autres, et elle repose entièrement sur **l'ordre dans lequel on procède**.\n\n### Les dangers réels, par ordre de fréquence\n\n**Le sol.** Les planchers sont le premier danger, largement devant tout le reste. Un plancher bois pourrit aux appuis, là où l'humidité stagne — c'est-à-dire aux endroits qu'on ne voit pas. Un sol qui semble intact peut céder à un mètre du mur. L'analyse de [[TEC-CON-001]] s'applique directement ici.\n\n**L'air.** Une cave, un sous-sol, une cuve ou un local fermé depuis longtemps peut contenir un air appauvri en oxygène ou chargé de gaz plus lourds. On n'y descend pas sans ventiler d'abord et sans quelqu'un à l'extérieur.\n\n**L'électricité.** On considère toute installation comme sous tension tant qu'on n'a pas prouvé le contraire. Les condensateurs restent chargés longtemps après la coupure : voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Le verre et le métal.** Une coupure dans un environnement sale est une porte ouverte à l'infection, traitée dans [[TEC-SAN-001]].\n\n**Les autres personnes.** Un bâtiment intéressant pour vous l'est pour d'autres. Le risque n'est pas seulement la rencontre : c'est d'être surpris dans un lieu clos avec une seule issue.\n\n### Le principe de l'exposition\n\nCe qui vous trahit dans un bâtiment, dans l'ordre : le bruit d'abord, qui porte loin dans une structure vide et résonnante ; la lumière ensuite, visible de très loin la nuit à travers une ouverture ; les traces enfin, qui restent après votre départ et signalent votre passage.\n\nLe corollaire vaut la peine d'être retenu : **un bâtiment déjà visiblement fouillé est plus sûr qu'un bâtiment intact**, parce qu'il attire moins. Un bâtiment intact au milieu d'un quartier fouillé est un signal, dans un sens ou dans l'autre.\n\n## AGIR\n\n**Avant d'entrer.**\n\n1. **Observez à distance**, un moment. Traces récentes, fumée, bruits, animaux, chemins d'usure dans la végétation. Un lieu réellement abandonné a une immobilité particulière.\n2. **Faites le tour complet.** Repérez au moins deux issues, et l'état du toit et des façades.\n3. **Écoutez avant d'entrer**, à l'entrée, sans bouger, une minute entière. C'est le geste le plus rentable de toute la séquence.\n\n**À l'intérieur.**\n\n4. **Testez le sol devant vous** avant d'y porter votre poids, et **marchez près des murs** plutôt qu'au centre : les appuis y sont plus solides.\n5. **Ne montez pas d'emblée.** Le rez-de-chaussée et les annexes rendent souvent autant pour un risque bien moindre. Les escaliers et les planchers d'étage sont les points de rupture les plus fréquents.\n6. **Procédez par zones**, dans un ordre décidé à l'avance, sans revenir en arrière. Une fouille désordonnée fait perdre le double de temps et manquer la moitié.\n7. **Gardez toujours le chemin de sortie dégagé** et connu. Ne vous engagez pas dans une pièce sans savoir comment vous en sortez.\n8. **Fixez-vous une durée** avant d'entrer et respectez-la. Le temps passé est le principal facteur de risque, et l'envie de fouiller encore un peu est exactement ce qui fait dépasser.\n\n**Où chercher, par rendement décroissant.** Les locaux techniques et chaufferies, les garages et ateliers, les remises et abris de jardin, les caves — avec précaution —, les combles pour ce qui a été rangé et oublié. Les pièces de vie sont généralement les plus fouillées et les moins productives.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous cherchez de l'eau.** Ballon d'eau chaude, canalisations basses, réservoirs de chasse. Les emplacements et la méthode sont dans [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous cherchez de quoi vous chauffer ou vous abriter.** Le carton, les rideaux, les moquettes et les matériaux isolants sont partout et rarement pris. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Vous cherchez de l'électricité.** Batteries d'alarmes, d'onduleurs, d'éclairages de secours, panneaux d'éclairage extérieur. Voir [[TEC-ENE-001]] et [[TEC-SOLR-001]]. Pour remettre en état ce qui est coupé, voir [[SURV-REC-007]].\n\n**Vous cherchez des outils.** Ce sont les objets les plus utiles et les moins périssables. Voir [[SURV-REC-002]].\n\n**Il y a un véhicule.** C'est le gisement le plus dense qui existe : voir [[SURV-REC-003]].\n\n**Quelqu'un se blesse.** Une chute dans un bâtiment donne des fractures : voir [[URG-FRAC-001]].\n\n**Vous êtes seul.** Réduisez l'ambition : rez-de-chaussée uniquement, durée courte, aucun espace confiné, aucune descente. Le risque d'un accident sans témoin dépasse la valeur de presque tout ce que vous pourriez trouver en dessous.\n\n**Vous êtes à deux.** L'un fouille, l'autre surveille l'extérieur et l'accès. C'est le rapport le plus efficace entre sécurité et rendement, et il double la vitesse réelle.","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-007","titre":"La foi et le sens dans l'épreuve","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["foi","sens","spiritualite","croyances","rites","priere","meditation","respect","communaute","frankl"],"sources":["Frankl V., Découvrir un sens à sa vie, 1946","Pargament K.I., The Psychology of Religion and Coping, Guilford Press, 1997","Organisation mondiale de la santé, Premiers secours psychologiques, 2011 (respect des croyances)"],"corps":"::Viktor Frankl, psychiatre déporté à Auschwitz, a observé que ceux qui tenaient le mieux n'étaient pas toujours les plus forts, mais ceux qui avaient une raison de tenir : quelqu'un à retrouver, une œuvre à finir, une foi. Croyant ou non, chacun a besoin d'un sens quand tout s'écroule. Et dans un groupe, les croyances de chacun peuvent unir ou diviser.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Pour beaucoup de gens**, la foi est la première ressource dans l'épreuve : elle donne un sens, des gestes pour traverser (la prière, les rites), et une communauté qui soutient.\n- **Pour d'autres**, le sens vient d'ailleurs : les proches, la nature, la transmission, l'engagement pour les autres.\n- **Les études** sur les personnes qui traversent des drames montrent que trouver un sens aide à tenir et à se reconstruire, quelle que soit sa source.\n\n## AGIR\n\n**Pour soi**\n\n- **Garder ses gestes** : prière, méditation, lecture, silence, marche. Ils structurent le temps et apaisent. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Se relier** : à une communauté de foi, à des proches, à un groupe.\n- **Se donner une raison** concrète de tenir : une personne, une tâche, une promesse.\n\n**Pour le groupe**\n\n- **Respecter les croyances** de chacun, et l'absence de croyance. On ne convertit pas quelqu'un qui souffre.\n- **Faire de la place aux rites** : un coin calme pour prier, le respect des jours et des interdits alimentaires quand c'est possible, un moment pour les morts. Voir [[TEC-SAN-024]].\n- **Les responsables religieux** sont souvent des relais précieux : écoutés, présents, organisés.\n- **Ne pas laisser les différences** devenir un motif de conflit ou d'exclusion. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n## ADAPTER\n\n- **La foi ébranlée** : la colère, le doute, la question « pourquoi » sont fréquents après un drame, chez les croyants comme chez les autres. On peut en parler sans être jugé.\n- **Les promesses de salut** contre de l'argent, de l'obéissance ou l'isolement des proches, dans une crise : prudence, ce sont souvent des emprises.\n- **Le deuil** : [[SURV-PSY-005]]. **La santé mentale** : [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-006","titre":"S'occuper l'esprit","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["moral","routine","ennui","jeux","lecture","apprendre","shackleton","isolement","informations"],"sources":["Shackleton E., South, 1919","Palinkas L.A., Suedfeld P., Psychological effects of polar expeditions, The Lancet, 2008","Frankl V., Découvrir un sens à sa vie, 1946"],"corps":"::En 1915, l'Endurance de Shackleton est broyée par la glace de l'Antarctique. Vingt-huit hommes bloqués pendant des mois. Shackleton impose des horaires, des tâches, des matchs de football sur la banquise, des soirées de chansons. Tous rentreront vivants. Dans l'attente, le moral est une ressource qu'on gère comme l'eau.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **L'ennui et l'incertitude** usent plus que l'effort. Les expéditions polaires, les sous-marins, les prisonniers de guerre l'ont tous appris.\n- **Une routine** donne des repères quand tout le reste a disparu.\n- **Se sentir utile** protège. Avoir un rôle, même petit, change tout.\n- **Les mauvaises nouvelles en boucle** entretiennent l'angoisse sans rien changer à la situation.\n\n## AGIR\n\n**Tenir une journée**\n\n- **Se lever à heure fixe**, s'habiller, se laver, même sans raison apparente.\n- **Des tâches** chaque jour, réparties : eau, bois, cuisine, veille, soins.\n- **Bouger** : marche, exercices, travail physique. Voir [[TEC-SAN-023]] pour le sommeil.\n- **Les informations deux fois par jour**, pas en continu.\n\n**Occuper la tête**\n\n- **Apprendre** quelque chose : une langue, un savoir-faire, une fiche par jour. Dans le camp de prisonniers de Changi, à Singapour, les prisonniers avaient monté une véritable université.\n- **Enseigner** ce qu'on sait. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Jouer** : cartes, dés, échecs dessinés sur une planche, devinettes, jeux de groupe.\n- **Lire, raconter, chanter**, faire de la musique avec ce qu'on a. Voir [[TEC-CUL-001]].\n- **Écrire** un journal : il vide la tête et garde une mémoire.\n\n**Les rituels** : un repas commun, un jour différent des autres, une fête pour une naissance, un anniversaire. Ils marquent le temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Seul** : parler à voix haute, se fixer des objectifs chaque jour, écrire des lettres même sans pouvoir les envoyer.\n\n**Les enfants** ont besoin de jeu comme de nourriture. Voir [[SURV-PSY-004]].\n\n**Quand plus rien n'a de sens**, se raccrocher à ce qui compte pour soi : quelqu'un à retrouver, une tâche à finir. Viktor Frankl, rescapé des camps, en a tiré un livre. Voir aussi [[SURV-PSY-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-005","titre":"Le deuil","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["deuil","perte","chagrin","enfants","rituels","resilience","deuil prolonge","soutien"],"sources":["Bonanno G.A., Loss, trauma, and human resilience, American Psychologist, 2004","Stroebe M., Schut H., The dual process model of coping with bereavement, Death Studies, 1999","Organisation mondiale de la santé, CIM-11, trouble du deuil prolongé"],"corps":"::Les fameuses « cinq étapes du deuil » ont été décrites pour des mourants, pas pour ceux qui restent, et personne ne les traverse dans l'ordre. Ce que montrent les études, c'est plus rassurant : la plupart des gens endeuillés souffrent, puis continuent à vivre, en faisant des allers-retours entre le chagrin et la vie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le deuil n'est pas une ligne droite** : on passe d'un moment à l'autre du chagrin à la vie quotidienne, et c'est sain. Rire le jour de l'enterrement n'est pas trahir.\n- **La plupart des gens s'en sortent** sans aide spécialisée, avec du temps et des proches.\n- **Le corps aussi** : fatigue, perte d'appétit, insomnie, douleurs, les premières semaines.\n- **Le deuil prolongé** existe : au-delà de six mois à un an, une douleur qui empêche de vivre, de travailler, de s'occuper des siens, mérite de l'aide.\n\n## AGIR\n\n**Pour celui qui a perdu quelqu'un**\n\n- Laisser venir le chagrin **et** laisser venir le reste : manger, dormir, marcher.\n- Un **rite**, même simple : dire adieu, garder un objet, écrire. Voir [[TEC-SAN-024]].\n- **Les dates** (anniversaires, fêtes) sont difficiles : les prévoir, ne pas les passer seul.\n\n**Pour aider**\n\n- **Être là** vaut mieux que bien parler. Une présence, un repas apporté, les enfants gardés, les papiers remplis.\n- **Dire le nom** du mort, raconter des souvenirs : les endeuillés souffrent souvent du silence des autres.\n- **À éviter** : « je sais ce que tu ressens », « il est mieux là où il est », « il faut tourner la page ».\n- **Revenir** des semaines après, quand tout le monde est reparti.\n\n## ADAPTER\n\n**Les enfants**\n\n- **Dire la vérité** avec des mots simples : « il est mort », pas « il est parti » ni « il dort », qui font peur au coucher.\n- Répondre à leurs questions, même répétées.\n- Les laisser participer aux rites **s'ils le veulent**.\n- Leur chagrin vient par vagues, entre deux jeux. C'est normal.\n\n**En crise**, les deuils s'empilent et les rites manquent. Prendre quand même un moment pour chaque mort, même court, aide tout le groupe à tenir.\n\n**Idées de mort, envie de rejoindre le disparu** : on en parle, on ne reste pas seul. En France, le **3114**, jour et nuit. Voir [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-004","titre":"Les enfants dans une crise","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["enfants","crise","peur","routine","jeu","trauma","parents","regression"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, War Trauma Foundation et World Vision, Premiers secours psychologiques : guide pour les acteurs de terrain, 2011","UNICEF, soutien psychosocial des enfants en situation d'urgence","National Child Traumatic Stress Network, Psychological First Aid Field Operations Guide"],"corps":"::Un enfant lit la situation sur le visage des adultes. Il supporte beaucoup de choses difficiles si les grands autour de lui restent calmes, lui disent la vérité avec des mots simples, et que certaines choses de la journée ne changent pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes enfants réagissent à une crise selon leur âge, et souvent **pas comme on l'attend** :\n\n- **Les petits** : pleurs, colères, peur d'être séparés, retour de comportements qu'ils avaient dépassés (pipi au lit, sucer son pouce, parler bébé).\n- **Les enfants d'âge scolaire** : questions répétées, peurs précises, maux de ventre ou de tête, jeux qui rejouent la catastrophe.\n- **Les adolescents** : repli, irritabilité, prise de risques, ou au contraire envie d'aider comme un adulte.\n\nCes réactions sont **normales** et passent le plus souvent en quelques semaines, si l'enfant se sent en sécurité.\n\n## AGIR\n\n1. **Restez ensemble.** La séparation d'avec ses parents est ce qui marque le plus un enfant. Si on doit se séparer, il sait où, avec qui, et quand on se retrouve.\n2. **Dites la vérité, simplement**, adaptée à l'âge : « Il y a eu une grosse tempête, la maison est abîmée, on va dormir chez tata, on est tous ensemble. » Les silences font imaginer pire.\n3. **Gardez des routines** : heures des repas, du coucher, une histoire le soir, même dans un abri. La routine dit au corps que le monde tient encore.\n4. **Donnez-lui un rôle** : porter l'eau, s'occuper du petit frère, compter les bougies. Se sentir utile calme la peur.\n5. **Laissez-le jouer**, y compris à des jeux qui rejouent ce qui s'est passé : c'est sa façon de digérer.\n6. **Limitez les images** : pas d'écrans de catastrophe en boucle, pas de conversations d'adultes angoissées à portée d'oreille.\n\n## ADAPTER\n\n**Il pose sans arrêt la même question** : répondez chaque fois, calmement, la même chose. Il vérifie que la réponse tient.\n\n**Il ne parle pas, ne pleure pas** : ce n'est pas forcément qu'il va bien. Proposez-lui de dessiner, de jouer, restez disponible, sans forcer.\n\n**Signes qui demandent de l'aide** au-delà de quelques semaines : cauchemars toutes les nuits, refus de manger, repli total, agressivité qui ne passe pas, idées noires chez un adolescent.\n\n**Prenez soin de vous** : un adulte épuisé transmet son angoisse. Relayez-vous entre adultes. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\nUn enfant perdu dans la foule : [[URG-ENF-001]]. Tenir un groupe soudé : [[SURV-SOC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-003","titre":"La violence dans le groupe","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["groupe","conflit","regles","sanction","vol","exclusion","arbitrage"],"sources":["Ostrom E., Governing the Commons, règles d'usage et sanctions graduées","Études sur les bases polaires et les équipages isolés, conflits en confinement prolongé","HCR — Protection dans les sites de déplacés, violences intracommunautaires","Travaux de criminologie sur la médiation et la justice réparatrice"],"corps":"::Ce qui défait un groupe ne vient presque jamais de l'extérieur. Ça vient d'une ration mal partagée, d'un outil disparu, et d'une décision que personne n'avait prévu de devoir prendre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les trois sources, toujours les mêmes\n\nDans les groupes isolés observés sur longue durée — bases polaires, équipages, camps, expéditions —, les conflits graves se répartissent de façon remarquablement stable.\n\n**La ressource.** Qui mange combien, qui a la meilleure place, qui utilise l'outil, qui a pris la dernière part. **L'objet compte moins que le sentiment d'injustice** : un groupe supporte très bien de manquer, et très mal de manquer inégalement.\n\n**Le statut.** Qui décide, qui travaille le plus, qui en fait moins et le sait. Un déséquilibre d'effort non reconnu produit plus de rancune qu'une privation partagée.\n\n**Les liens.** Couples qui se font et se défont, jalousies, exclusions affectives. C'est la source dont personne ne veut parler et c'est l'une des plus explosives.\n\n### Le vol interne est un cas à part\n\nIl détruit hors de proportion avec ce qu'il retire, parce qu'il ne coûte pas un objet : **il coûte la confiance, qui est le vrai capital du groupe.**\n\nAprès un vol non résolu, tout le monde surveille tout le monde, chacun se constitue une réserve privée, et l'entraide s'arrête. Le groupe continue d'exister et cesse de fonctionner.\n\n### Pourquoi ça dégénère\n\nRarement parce que les gens sont mauvais. Presque toujours parce que **personne n'a décidé à l'avance qui tranche et comment**, si bien que le premier conflit sérieux se règle dans l'urgence, sous le coup de la colère, devant témoins, et crée un précédent que personne n'assume.\n\nLe deuxième facteur est l'épuisement : la fatigue, la faim et le manque de sommeil abaissent le seuil de déclenchement de tout le monde en même temps. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## AGIR\n\n### Avant qu'il ne se passe quoi que ce soit\n\n**1. Écrivez les règles.** Même pour quatre personnes, même sommairement. Ce qui appartient à qui, ce qui est commun, comment on répartit, qui décide de quoi, et **comment on tranche un désaccord**. Ce qui est écrit ne se rediscute pas chaque jour.\n\n**2. Décidez qui arbitre, et comment.** Une personne désignée, ou un petit comité, ou le groupe entier. Peu importe le système : ce qui compte est qu'il existe **avant** le premier cas.\n\n**3. Prévoyez l'échelle des réponses.** C'est le point que tout le monde saute, et c'est le plus important : entre « on ne fait rien » et « on l'exclut », il doit exister trois ou quatre marches. Réparer, restituer, prendre les corvées ingrates, perdre un avantage, être écarté temporairement d'une fonction.\n\n**Un groupe qui n'a que deux réponses possibles choisit toujours la mauvaise** : il laisse passer parce que l'exclusion est disproportionnée, jusqu'au jour où il exclut pour un motif qui ne le justifiait pas.\n\n**4. Rendez les comptes visibles.** Stocks, tours de corvée, tours de garde, affichés et tenus par écrit. **La transparence prévient plus de conflits que n'importe quelle sanction**, parce que l'essentiel des soupçons naît de l'ignorance.\n\n### Quand ça arrive\n\n**1. Séparez d'abord, parlez ensuite.** Physiquement, calmement, sans commentaire. On ne discute pas pendant que les gens sont debout face à face.\n\n**2. Écoutez chacun séparément et en entier.** Sans interruption, sans public. La moitié des conflits s'effondrent à ce stade parce qu'il s'agissait d'un malentendu que personne n'avait vérifié.\n\n**3. Décidez à plusieurs, jamais seul.** Même si quelqu'un a autorité, une décision prise à trois tient et une décision prise seul se conteste.\n\n**4. Annoncez la décision au groupe, avec le motif.** Pas la punition seule : le raisonnement. C'est ce qui en fait une règle plutôt qu'un acte de pouvoir.\n\n**5. Écrivez-la.** Date, faits, décision. Ce registre devient votre jurisprudence, et il évite que le cas suivant soit jugé à l'humeur du jour.\n\n**6. Et refermez.** Une fois la sanction exécutée, l'affaire est close et on ne la ressort plus. Un groupe qui ne referme jamais accumule jusqu'à la rupture.\n\n## ADAPTER\n\n**Quelqu'un vole.** Traitez-le comme un problème de groupe, pas comme un procès. Restitution, réparation par le travail, et remise à plat de ce qui est commun et de ce qui est privé — souvent, le flou sur ce point est la moitié de la cause. Et regardez la faim : **quelqu'un qui vole de la nourriture a peut-être surtout faim.**\n\n**Quelqu'un ne travaille pas.** Avant de sanctionner, cherchez pourquoi. Maladie, douleur, épuisement, dépression, tâche inadaptée. La réponse est très souvent une réaffectation, pas une punition. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Quelqu'un devient dangereux.** Violence physique, menaces, armes. Les règles ordinaires ne s'appliquent plus : **mettez les plus vulnérables à l'abri en premier**, ne laissez personne le gérer seul, retirez l'accès aux outils dangereux, et décidez à plusieurs. Ne le laissez pas non plus sans surveillance ni sans soins — une crise a souvent une cause médicale, un manque, ou un traitement interrompu, et ça se traite.\n\n**Il y a de l'alcool.** Il précède une très grande part des violences dans tous les contextes documentés. Décidez de son statut en même temps que le reste des règles, pas après le premier incident.\n\n**Quelqu'un doit partir.** En situation dégradée, l'exclusion est très lourde de conséquences et il faut le dire franchement : elle peut équivaloir à une condamnation. Elle ne se décide donc qu'à plusieurs, après les marches intermédiaires, et **on ne renvoie personne sans eau, sans vivres et sans de quoi passer la nuit.** Ce qu'on fait à cet instant est ce que le groupe apprend sur lui-même.\n\n**Vous êtes deux ou trois.** Vous n'avez pas de tiers pour arbitrer, donc la seule protection est la règle écrite d'avance et l'habitude de se parler tôt. Les petits groupes ne se cassent pas sur un incident : ils se cassent sur six mois de non-dits.\n\n**Il y a des enfants.** Ils entendent tout, comprennent plus qu'on ne croit, et se construisent sur ce qu'ils voient traiter. Les disputes d'adultes devant eux coûtent plus cher que les adultes ne l'imaginent.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La règle écrite avant le cas vaut mieux que la meilleure décision prise après.** C'est le même principe que dans [[SURV-DEF-001]] pour la garde et dans [[SURV-ZOM-001]] pour la quarantaine : ce qui se décide à chaud ne se décide pas, il s'improvise.\n\nEt le fait qui devrait rassurer : **la coopération est la règle et le conflit l'exception**, dans toutes les catastrophes étudiées. Les groupes qui se défont sont ceux qui n'avaient rien prévu, pas ceux qui étaient composés de mauvaises personnes.","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-002","titre":"Décider sous stress","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["psychologie","decision","stress","groupe"],"sources":["Leach J., Survival Psychology","Klein G., Sources of Power: How People Make Decisions","NASA — human performance under acute stress, technical reports"],"corps":"::Sous stress, ce n'est pas votre courage qui manque. C'est votre capacité à voir ce qui est devant vous.::\n\n## AGIR\n\n**Trois gestes, dans l'ordre, et ils prennent moins d'une minute.**\n\n1. **Arrêtez-vous.** Physiquement. Le premier mouvement sous stress est presque toujours mauvais, parce qu'il est produit avant l'évaluation. Une personne qui court a déjà choisi une direction sans l'avoir décidée.\n2. **Respirez lentement, quatre ou cinq cycles amples.** Ce n'est pas du confort : allonger l'expiration ralentit mesurablement le rythme cardiaque et restaure une partie du champ visuel et de la mémoire de travail.\n3. **Nommez à voix haute ce que vous voyez.** « Il fait nuit, il pleut, nous sommes trois, Marc saigne à la jambe, il nous reste une lampe. » Verbaliser force le passage par un circuit mental différent de la réaction, et fait apparaître des éléments que le regard avait sautés.\n\n**Puis décidez ainsi :**\n\n4. **Traitez d'abord ce qui tue le plus vite.** L'air, le sang, le froid ou la chaleur, dans cet ordre. C'est la logique complète de [[URG-SEC-001]], et elle remplace le jugement quand le jugement est indisponible.\n5. **Choisissez une action qui vous laisse le choix ensuite.** Sous incertitude, l'option réversible bat l'option optimale.\n6. **Fixez un point de contrôle.** « Dans vingt minutes, on refait le point. » Une décision avec une échéance de révision n'est pas un engagement irréversible, et cela suffit souvent à débloquer.\n7. **Faites quelque chose d'utile et de simple.** Monter un abri, faire du feu, préparer de l'eau. L'action structurée casse la sidération et redonne un sentiment de prise, y compris chez les autres.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en groupe.** Une seule personne décide et l'annonce clairement. Un groupe qui délibère sous stress produit des décisions tardives et personne ne se sent responsable de les exécuter. Les rôles se distribuent à froid, pas au moment de la crise — voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Quelqu'un panique.** Ne raisonnez pas, donnez une tâche précise, simple et immédiate. « Tiens cette lampe sur sa jambe. » L'ordre concret rétablit le fonctionnement bien mieux que le réconfort, et il rend la personne utile au lieu de la laisser subir.\n\n**Quelqu'un est sidéré, immobile, ne répond pas.** C'est fréquent et ce n'est pas de la lâcheté : c'est une réaction physiologique documentée qui touche une part importante des gens confrontés à un événement brutal. Parlez calmement, utilisez son prénom, donnez une consigne unique. Ne la laissez pas seule.\n\n**Vous êtes seul.** Vous n'avez personne pour corriger votre erreur, donc la verbalisation à voix haute devient plus importante, pas moins. Parlez seul, sans gêne : cela remplace en partie le regard extérieur qui vous manque.\n\n**La décision engage tout le monde et vous doutez.** Annoncez le doute et décidez quand même. Un groupe supporte une décision imparfaite assumée ; il ne supporte pas l'absence de décision.\n\n**Vous devez tenir plusieurs jours.** La décision se dégrade avec la fatigue et le manque de sommeil bien plus vite qu'avec l'émotion. Dormir devient une décision opérationnelle, pas un luxe — et la conduite sur la durée est dans [[SURV-PSY-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLe stress aigu produit une réaction physiologique qui a été sélectionnée pour un danger bref et physique. Elle est parfaitement adaptée à la fuite devant un prédateur, et mal adaptée à une situation qui demande de réfléchir.\n\nTrois effets sont documentés et vous concernent directement.\n\n**Le champ perceptif se rétrécit.** La vision périphérique se réduit, l'audition se dégrade, et l'attention se fixe sur un seul élément — souvent le plus spectaculaire, rarement le plus important. C'est ce qui fait qu'on comprime une plaie visible pendant que la personne cesse de respirer.\n\n**La mémoire de travail s'effondre.** Le nombre d'éléments qu'on peut manipuler simultanément chute. Une procédure à sept étapes devient inapplicable ; une procédure à trois étapes reste exécutable. **C'est la raison pour laquelle les protocoles d'urgence sont courts, et pourquoi les allonger les rend inutiles.**\n\n**La perception du temps se déforme.** Les minutes paraissent des secondes ou l'inverse. Toute estimation de durée devient non fiable, ce qui impose de regarder une montre plutôt que de se fier à l'impression — c'est vrai pour les vingt minutes de refroidissement d'une brûlure comme pour la durée d'une compression.\n\nÀ cela s'ajoute un mécanisme plus lent et plus insidieux. Face à un événement inhabituel, la réaction majoritaire n'est ni la fuite ni l'action, mais **la normalisation** : on cherche une explication ordinaire, on attend de voir, on regarde ce que font les autres. Les études sur les évacuations montrent que le temps perdu avant de commencer à bouger dépasse souvent le temps de l'évacuation elle-même.\n\nLa conséquence pratique est directe. **Le facteur décisif n'est pas la vitesse d'exécution, c'est la vitesse de reconnaissance.** Ce qui s'entraîne n'est pas le geste, c'est le fait d'admettre tôt que la situation a changé.","langue":"fr"},{"id":"SURV-PSY-001","titre":"Tenir dans la durée","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["psychologie","moral","duree","sommeil"],"sources":["Leach J., Survival Psychology","Programmes de recherche en bases antarctiques — isolated, confined and extreme environments","NASA — behavioral health and performance in long-duration missions"],"corps":"::Ce n'est pas le danger qui casse les gens. C'est l'attente, l'absence de repères, et le sentiment que rien de ce qu'on fait ne change quoi que ce soit.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes travaux menés sur les équipages isolés — bases polaires, missions longues, confinements prolongés — donnent des résultats convergents et souvent contre-intuitifs.\n\n**La phase difficile n'est pas la première.** Au début, l'urgence mobilise et la nouveauté occupe. La dégradation apparaît plus tard, quand la situation cesse d'être exceptionnelle sans redevenir normale. C'est la période où l'on cesse de compter les jours et où l'on ne voit pas de fin.\n\n**Le sommeil se dégrade en premier, et il entraîne tout le reste.** Un manque de sommeil prolongé altère le jugement, l'humeur et la tolérance aux autres avant d'altérer la vigilance. La personne concernée est la dernière à s'en apercevoir, parce que la capacité d'auto-évaluation est précisément ce qui se dégrade.\n\n**Le corps mène l'esprit plus souvent que l'inverse.** Avant de chercher une explication psychologique à un effondrement, il faut vérifier le sommeil, l'hydratation, l'alimentation et la température. Une grande partie de ce qu'on prend pour du découragement est un déficit physiologique — voir [[TEC-SAN-005]] et [[TEC-ALI-001]].\n\n**Ce qui protège le mieux est la structure du temps.** Une journée découpée, avec des repères fixes et des tâches qui aboutissent, produit un effet mesurable sur le moral. Ce n'est pas du confort : c'est le principal outil disponible.\n\n## AGIR\n\n1. **Fixez un horaire.** Lever, repas, coucher, à heure constante. Le contenu importe moins que la régularité.\n2. **Protégez le sommeil comme une ressource.** Obscurité, silence, chaleur, et une durée suffisante. Un tour de garde qui découpe la nuit de tout le monde est une mauvaise organisation : mieux vaut que certains dorment entièrement.\n3. **Terminez au moins une chose par jour.** Une tâche visible, achevée, constatable. L'accumulation de travaux en cours démoralise ; un ouvrage fini restaure.\n4. **Gardez une trace écrite.** Ce qui a été fait, la météo, les décisions, les ressources. Un journal donne une mesure du temps qui passe et une preuve que quelque chose avance.\n5. **Réservez un moment collectif quotidien.** Un repas, une veillée, un point de dix minutes. C'est le rôle historique du feu, décrit dans [[MEM-EVE-001]], et il n'a pas d'équivalent.\n6. **Bougez et sortez**, même sans raison utile. L'immobilité et l'enfermement dégradent plus vite que l'effort.\n7. **Ne laissez personne seul trop longtemps**, et repérez celui qui parle moins qu'avant.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes seul.** L'isolement est le facteur aggravant principal, et il faut le compenser activement. Parlez à voix haute, tenez un journal, imposez-vous des horaires plus stricts que si vous étiez accompagné. Fixez-vous chaque matin trois objectifs atteignables et cochez-les.\n\n**Quelqu'un se replie.** Silence inhabituel, retrait des repas, négligence de l'hygiène, irritabilité soudaine. Ne demandez pas ce qui ne va pas : proposez une tâche à faire à deux. L'action partagée rouvre la parole bien mieux que la question directe.\n\n**Quelqu'un s'agite et veut partir.** L'impatience est une réaction normale à l'attente. Donnez-lui une mission concrète et bornée dans le temps. Un projet à trois jours vaut mieux qu'un discours sur la patience.\n\n**Il y a des enfants.** La routine, l'école improvisée et le jeu ne sont pas secondaires : ce sont les seuls repères dont ils disposent et ils absorbent l'inquiétude des adultes bien plus qu'ils ne comprennent la situation.\n\n**Il y a un deuil ou une perte.** Le travail continue et il faut qu'il continue, mais la personne a besoin de moments où elle n'a rien à faire. Réduisez ses responsabilités sans le dire publiquement — voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**Vous devez décider dans l'urgence pendant cette période.** La fatigue accumulée dégrade la décision davantage que l'émotion du moment. Reportez-vous à [[SURV-PSY-002]], et considérez le sommeil comme une décision opérationnelle.","langue":"fr"},{"id":"SURV-PLUIE-001","titre":"Collecter et stocker l'eau de pluie","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau","habitat","base"],"sources":["OMS — Rainwater harvesting guidance","FAO — Water harvesting systems"],"corps":"::La pluie est la seule ressource qui vient à vous. Vous n'avez ni à marcher, ni à vous montrer.::\n\n## AGIR\n\n1. **Tendez la plus grande surface disponible**, inclinée vers un point bas.\n2. **Écartez la première eau.** Le début de l'averse lessive la surface et concentre l'essentiel de la saleté. Comptez un litre écarté par mètre carré de collecte. Ce volume sert au lavage, jamais à la boisson.\n3. **Stockez opaque, fermé, à l'ombre ou enterré.** La lumière fait pousser les algues. L'air libre attire les moustiques, qui pondent dans toute eau stagnante accessible en quelques jours.\n4. **Répartissez en plusieurs contenants.** Un stock unique est un point de rupture unique : une contamination, une casse ou une découverte vous coûte tout.\n5. **Traitez avant de boire.** L'eau de pluie n'est pas potable en l'état : elle passe par [[URG-EAU-001]] comme n'importe quelle autre.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en ville.** Les descentes de gouttière alimentent un volume considérable et ne demandent qu'un contenant sous la sortie. Mais la toiture est inconnue : c'est de l'eau de lavage et de traitement, pas de l'eau brute.\n\n**Vous êtes mobile.** Une bâche fait double emploi : [[SURV-ABRI-001]] la nuit, collecteur pendant l'averse. Un poncho tendu entre quatre points remplit une gourde en quelques minutes de pluie soutenue.\n\n**Il ne pleut pas.** Sur une nuit claire, un tissu propre étendu sur une végétation basse se charge de rosée et s'essore au matin. Le rendement est faible et il ne coûte que du sommeil. Les sacs de condensation sur branchage produisent des volumes réels mais modestes, et immobilisent la végétation utilisée. Ce sont des appoints, jamais une base.\n\n**Vous restez longtemps.** Enterrer un contenant à cinquante centimètres stabilise sa température mieux que n'importe quelle isolation de surface, et le soustrait au regard.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn millimètre de pluie sur un mètre carré donne un litre, moins les pertes. Comptez 0,8 litre en pratique : une partie mouille la surface et s'évapore.\n\nUne bâche de trois mètres sur quatre sous une averse de dix millimètres produit une centaine de litres. Plusieurs jours d'autonomie obtenus en une heure sans bouger. **La surface de collecte compte plus que l'intensité de la pluie** : doubler la surface double le rendement, alors qu'attendre une pluie deux fois plus forte relève du hasard.\n\nLa surface contamine l'eau, jamais l'inverse. Une bâche alimentaire propre est le meilleur support : neutre, lavable, pliable. Une toiture inconnue est un pari — plomb des couvertures anciennes, composés bitumineux des bardeaux, résidus de traitement des toitures agricoles. Et sur toute surface horizontale exposée, les fientes d'oiseaux sont la contamination microbienne dominante.\n\nL'eau de pluie elle-même est faiblement chargée à l'origine. C'est ce qui la rend intéressante : elle demande moins de traitement, donc moins de combustible, que n'importe quelle eau de surface. Tout le soin porte donc sur ce qu'elle touche entre le ciel et votre gorge.","langue":"fr"},{"id":"SURV-OUT-001","titre":"Fabriquer un outil tranchant","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["outils","tranchant","fabrication","base"],"sources":[],"corps":"::Le premier outil que fabrique un humain est toujours le même, et c'est celui qui permet de fabriquer tous les autres.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn tranchant est la rencontre de deux surfaces. Sa qualité ne tient pas à la finesse de la pointe mais à la **régularité de cette rencontre** et à l'angle qu'elles forment.\n\nAngle fermé : pénètre facilement, s'abîme au premier choc. Angle ouvert : encaisse, coupe moins bien. Tout choix d'outil est ce compromis, détaillé dans [[TEC-MEC-005]].\n\nTrois matériaux permettent d'obtenir un tranchant sans forge.\n\n**La pierre.** Certaines roches à cassure conchoïdale — silex, obsidienne, quartz, verre volcanique — se brisent en écailles à bord extrêmement fin. Un éclat frais de ces matières est plus tranchant que la plupart des lames d'acier, et il s'émousse en quelques coupes.\n\n**Le verre et la céramique.** Même principe, disponibles partout en milieu habité. Un tesson de bouteille épaisse, une lame de faïence cassée donnent un tranchant immédiat.\n\n**Le métal récupéré.** Lame de scie, ressort plat, tôle épaisse, morceau de lime. Il faut lui donner un profil par abrasion plutôt que par percussion. Le comportement de l'acier selon son traitement est expliqué dans [[TEC-MEC-005]].\n\n**Le bois durci au feu** ne coupe pas mais perce. Une pointe taillée puis passée près des braises jusqu'à ce que la surface brunisse — sans jamais carboniser — perd son humidité, durcit et résiste bien mieux. C'est un outil de pénétration, pas de coupe.\n\n## AGIR\n\n**Obtenir un tranchant en pierre ou en verre.**\n\n1. **Choisissez une matière homogène**, sans fissure ni inclusion visible. Un éclat sonne clair.\n2. **Protégez la main d'appui** avec un tissu épais ou du cuir. Les éclats sont coupants et projetés.\n3. **Frappez en biais**, près du bord, avec un percuteur plus dur — un galet dense. Le coup doit être sec et tangentiel, jamais perpendiculaire.\n4. **Travaillez le tranchant par petits enlèvements alternés** plutôt qu'en cherchant le grand éclat.\n5. **Protégez les yeux.** Les esquilles volent.\n\n**Donner un profil à du métal récupéré.**\n\n1. **Reformez la géométrie** à la lime ou sur une pierre grossière, en gardant un angle constant tout au long de la lame.\n2. **Affinez** sur un abrasif plus fin, en ne passant à l'étape suivante que lorsque la précédente a atteint le fil sur toute la longueur.\n3. **Cherchez le morfil** — le fil de bavure qui apparaît du côté opposé. Sa présence prouve que les deux plans se rencontrent enfin.\n4. **Retirez-le** par passes très légères alternées, puis polissez sur du cuir.\n\n**Emmancher.**\n\n1. **Fendez le manche** dans le fil du bois et insérez la lame, ou creusez une gorge.\n2. **Ligaturez serré** en croisant les tours et en terminant par plusieurs tours perpendiculaires qui bloquent l'ensemble — les modes d'assemblage sont comparés dans [[TEC-MEC-001]]. La fabrication du lien est dans [[TEC-MAT-003]].\n3. **Serrez avec un matériau qui se rétracte** — cuir humide, tendon, fibre végétale mouillée. En séchant, il resserre l'assemblage tout seul.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en ville.** Le verre épais, la céramique, les lames de scie et les ressorts sont partout. La méthode d'évaluation d'un métal récupéré est dans [[SURV-REC-002]].\n\n**Vous n'avez rien pour affûter.** Une pierre plate à grain fin trouvée dans un lit de rivière fait une pierre à aiguiser correcte. Le fond d'une tasse ou d'un pot en céramique non émaillé fonctionne également. Le cuir d'une ceinture redresse un fil sans enlever de matière.\n\n**Vous devez percer plutôt que couper.** Une pointe de bois durcie au feu, une esquille d'os affûtée ou un clou aplati suffisent. L'os frais est difficile à travailler ; sec, il devient cassant. L'intermédiaire est le bon moment.\n\n**Vous devez lier ou attacher.** Les cinq nœuds à connaître sont dans [[SURV-NOE-001]].\n\n**Vous voulez que ça dure.** Le métal l'emporte sur tout le reste, à condition de le protéger de la corrosion — voir [[TEC-COR-001]]. Un tranchant de pierre est excellent et éphémère : il s'utilise et se refait.\n\n**Vous manipulez sans protection.** La coupure est la blessure la plus banale de cette activité et la plus sous-estimée en milieu sale : voir [[TEC-SAN-001]]. On coupe toujours en s'éloignant du corps, et jamais en direction de la main qui tient.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-009","titre":"Naviguer en mer sans instruments","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["navigation","polynesiens","etoiles","houle","oiseaux","nuages","etoile polaire","latitude","estime"],"sources":["Lewis D., We, the Navigators: The Ancient Art of Landfinding in the Pacific, 1972","Finney B., Hokule'a: The Way to Tahiti, 1979","Polynesian Voyaging Society, voyage de Hōkūleʻa entre Hawaï et Tahiti, 1976"],"corps":"::En 1976, un navigateur micronésien, Mau Piailug, a mené une grande pirogue double d'Hawaï à Tahiti, plus de 4 000 kilomètres, sans boussole, sans carte ni instrument : avec les étoiles, la houle, les oiseaux et les nuages. Il prouvait que les ancêtres des Polynésiens avaient bien peuplé le Pacifique volontairement, en naviguant, pas en dérivant.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes navigateurs traditionnels ne cherchent pas un point sur une carte : ils lisent en permanence le ciel et la mer, et gardent en tête leur direction et le temps écoulé.\n\n## AGIR\n\n**Les étoiles**\n\n- **Une étoile se lève et se couche toujours au même point de l'horizon.** En retenant quelles étoiles se lèvent dans quelle direction, on tient un cap toute la nuit, en passant d'une étoile à la suivante.\n- **L'étoile Polaire** (hémisphère Nord) : sa hauteur au-dessus de l'horizon est égale à la latitude. Mesurée avec la main (un poing tendu fait environ 10 degrés), elle dit si l'on est plus au nord ou plus au sud. Voir [[SURV-ORI-004]].\n- **La Croix du Sud** dans l'hémisphère Sud. Voir [[SURV-ORI-001]].\n\n**La houle**\n\nLes grandes houles viennent de loin et gardent leur direction des jours durant. On sent leur rythme dans le bateau : tant qu'on les prend sous le même angle, on garde le cap, même sans étoiles.\n\n**Les signes de la terre**\n\n- **Les oiseaux de mer** qui nichent à terre (sternes, noddis) partent pêcher le matin et **rentrent vers la terre au crépuscule** : on suit leur vol du soir.\n- **Un nuage immobile** sur l'horizon quand les autres défilent se forme souvent au-dessus d'une île ; un reflet verdâtre sous un nuage trahit un lagon.\n- **Les débris végétaux**, l'odeur de terre, le changement de couleur de l'eau près des côtes.\n\n**L'estime**\n\nDirection suivie, vitesse estimée, temps écoulé : on reporte sa position, même grossièrement, plusieurs fois par jour.\n\n## ADAPTER\n\n- **Visez large** : il est plus facile de trouver un archipel qu'une île, une côte qu'un port. Voir la visée décalée dans [[SURV-DEP-007]].\n- **Le radeau de survie** : [[SURV-MIL-003]]. **Les marées** : [[TEC-TER-010]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-008","titre":"S'orienter en ville sans téléphone","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ville","orientation","paraboles","eglises","numerotation","plans","reperes","soleil","carte mentale"],"sources":["Décret du 4 février 1805 sur le numérotage des maisons de Paris","Lynch K., L'image de la cité, 1960","Principe de l'orientation des paraboles vers les satellites géostationnaires"],"corps":"::En France, les antennes paraboliques des balcons regardent toutes à peu près vers le sud, vers les satellites fixés au-dessus de l'équateur : une boussole géante sur chaque façade. Le mot « s'orienter » vient d'ailleurs des églises, longtemps construites le chœur tourné vers l'Orient. La ville est pleine de repères pour qui n'a plus d'écran.::\n\n## COMPRENDRE\n\nSans téléphone, on se perd d'abord parce qu'on ne regardait plus rien. Les urbanistes l'ont montré : on se repère grâce aux **chemins** qu'on suit, aux **limites** (fleuve, voie ferrée, boulevard), aux **quartiers**, aux **carrefours** et aux **repères** (tour, clocher, château d'eau).\n\n## AGIR\n\n**Trouver le nord**\n\n- **Les paraboles** pointent grossièrement vers le sud.\n- **Le soleil** : à l'est le matin, au sud vers 13-14 h en été, à l'ouest le soir. Voir [[SURV-ORI-001]].\n- **Les vieilles églises** ont souvent leur chœur (le fond, derrière l'autel) tourné vers l'est.\n\n**Lire la ville**\n\n- **Les plans** des arrêts de bus, des gares, des stations de métro, des offices de tourisme, des panneaux de quartier : on les photographie ou on les recopie.\n- **La numérotation des rues** : à Paris, depuis 1805, les numéros partent de la Seine pour les rues perpendiculaires au fleuve, et suivent le courant pour les rues parallèles. Beaucoup de villes ont une règle à elles : il suffit de la comprendre une fois.\n- **Les grands repères** visibles de loin : on les note au départ et on les retrouve en levant la tête.\n\n**Garder le fil**\n\n- **Dessiner une carte** au fur et à mesure : rues prises, carrefours, repères.\n- **Compter** les rues traversées, noter les noms.\n- **Demander** aux commerçants, aux facteurs, aux chauffeurs : ils connaissent le quartier.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une vraie carte papier** de sa ville et de sa région, dans le sac d'évacuation. Voir [[SURV-ORI-002]].\n- **Traverser une ville en crise** : [[SURV-DEP-008]]. **Quitter une ville** : [[SURV-DEP-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-007","titre":"Estimer une distance, une hauteur, une largeur","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["distance","pas","estimation","hauteur d'arbre","largeur de riviere","pouce","orage","temps de marche"],"sources":["US Army, FM 3-25.26 Map Reading and Land Navigation (compte des pas, estimation des distances)","Naismith W.W., règle de temps de marche en montagne, 1892","Fédération française de randonnée pédestre, calcul des temps de marche"],"corps":"::Un soldat entraîné sait à peu près à quelle distance se trouve une silhouette, rien qu'en regardant ce qu'il en distingue. Une rivière se mesure avec une casquette, un arbre avec un bâton, un orage avec une montre. Aucun instrument, juste des repères appris une fois.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'œil se trompe de façon prévisible :\n\n- **Tout paraît plus proche** par temps clair, en plein soleil, au-dessus de l'eau ou de la neige, en regardant vers le haut.\n- **Tout paraît plus loin** dans la brume, au crépuscule, sur un fond sombre, en regardant vers le bas.\n\n## AGIR\n\n**Compter ses pas**\nSur 100 m connus (un terrain de sport), comptez vos **doubles pas** (chaque fois que le pied droit touche le sol). La plupart des adultes en font 60 à 65 à plat. Recomptez en montée et en forêt : davantage. Un nœud sur une ficelle à chaque centaine de mètres évite de perdre le compte.\n\n**Le temps de marche**\nÀ plat, **4 km/h** avec un sac. On ajoute **une heure par 300 m de montée**, une heure par 500 m de descente.\n\n**Ce qu'on voit d'une personne**\n- **100 m** : visage net, tous les détails.\n- **200 m** : visage flou, couleur des vêtements et du matériel.\n- **300 m** : silhouette nette, visage indistinct.\n- **500 m** : la tête devient un point, le corps s'affine.\n\n**Le saut du pouce**\nBras tendu, pouce levé, un œil fermé : alignez le pouce sur l'objet, puis changez d'œil. Le pouce **saute** de côté. Estimez ce saut sur le terrain (une voiture fait 4 à 5 m), multipliez par 10 : c'est la distance.\n\n**L'orage**\nComptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre, **divisez par 3** : c'est la distance en kilomètres. Moins de 10 secondes, il est sur vous.\n\n**La hauteur d'un arbre**\nUn bâton tenu à bout de bras, de la même longueur que votre bras. Reculez jusqu'à ce que le bâton, tenu droit, couvre l'arbre du pied à la cime. **La distance jusqu'au pied de l'arbre est sa hauteur.**\n\n**La largeur d'une rivière**\nDebout sur la berge, baissez la visière de votre casquette jusqu'à ce qu'elle touche **l'autre rive**. Sans bouger la tête, tournez-vous vers votre rive et repérez le point que touche maintenant la visière. Mesurez ce point en pas : c'est la largeur. L'astuce est attribuée à un officier du génie de Napoléon.\n\n## ADAPTER\n\nMesurer avec sa main et ses doigts : [[SURV-ORI-004]]. Lire les distances sur une carte : [[SURV-ORI-002]]. Traverser la rivière qu'on vient de mesurer : [[SURV-DEP-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-006","titre":"La boussole","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["boussole","azimut","declinaison","carte","orientation","aiguille aimantee","cap"],"sources":["IGN, Lire une carte et utiliser une boussole","Kjellström B., Be Expert with Map and Compass, Wiley","NOAA, World Magnetic Model (déclinaison magnétique)"],"corps":"::Une boussole ne dit pas où vous êtes. Elle dit dans quelle direction vous regardez. Avec une carte, c'est suffisant pour aller n'importe où ; sans méthode, c'est un gadget.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'aiguille pointe vers le **nord magnétique**, qui n'est pas exactement le nord des cartes. L'écart s'appelle la **déclinaison** : **faible en France aujourd'hui** (quelques degrés au plus), mais importante dans d'autres régions du monde. Elle est indiquée dans la marge des cartes.\n\nUne **boussole à plaque** a :\n\n- une **flèche de direction** gravée sur la plaque, qui indique où marcher ;\n- un **cadran** tournant gradué de 0 à 360 degrés, avec une **flèche d'orientation** et des **lignes** parallèles au fond ;\n- une **aiguille** dont le bout rouge montre le nord.\n\n## AGIR\n\n**Prendre un cap sur la carte**\n\n1. Posez le **bord de la boussole** sur la carte, reliant votre position à votre destination, **flèche de direction vers la destination**.\n2. **Tournez le cadran** jusqu'à ce que ses lignes soient parallèles aux lignes nord-sud de la carte, flèche d'orientation vers le haut de la carte.\n3. **Relevez la boussole**, tenue à plat devant vous.\n4. **Tournez-vous sur vous-même** jusqu'à ce que l'aiguille rouge soit exactement dans la flèche d'orientation.\n5. **La flèche de direction montre votre chemin.** Visez un repère lointain dans cette direction, marchez jusqu'à lui, recommencez. Voir [[SURV-ORI-001]].\n\n**Prendre un cap sur le terrain**\n\nPointez la flèche de direction vers un objet (sommet, clocher), tournez le cadran pour mettre la flèche d'orientation sous l'aiguille rouge : le chiffre lu est l'azimut. Reporté sur la carte, il aide à se situer.\n\n**Revenir en arrière** : ajoutez ou retirez 180 degrés au cap.\n\n## ADAPTER\n\n**Le métal fausse tout** : téléphone, couteau, voiture, boucle de ceinture, pylône, ligne électrique. Éloignez-vous de quelques mètres, rangez le téléphone.\n\n**Boussole improvisée** : frottez une aiguille ou un trombone déplié plusieurs fois, **toujours dans le même sens**, avec un aimant (haut-parleur, aimant de frigo) ou un tissu de soie. Posez-la sur une feuille ou un morceau de bouchon flottant dans un bol d'eau, à l'abri du vent : elle s'aligne nord-sud. Le soleil ou les étoiles disent quel bout est le nord.\n\n**Viser à côté exprès** pour rejoindre un point sur une ligne (pont, route) : [[SURV-ORI-001]]. **Lire la carte** : [[SURV-ORI-002]].\n\n**Une boussole qui s'est inversée** (le rouge montre le sud, ça arrive après un séjour près d'un aimant fort) : vérifiez-la au soleil ou à l'étoile polaire avant de vous y fier.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-005","titre":"Savoir l'heure sans montre","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["heure","temps","soleil","ombre","étoiles","grande ourse","lune","nuit"],"sources":["Observatoire de Paris et Institut de mécanique céleste (IMCCE) : temps solaire, midi vrai, lever et coucher des astres","NASA : les phases de la Lune et leurs heures de lever et de coucher","US Army, FM 3-05.70 Survival : se repérer sans instrument"],"corps":"::Le ciel est une horloge qui ne s'arrête jamais. Le jour, on lit l'ombre ; la nuit, on lit les étoiles et la Lune.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa Terre tourne sur elle-même en vingt-quatre heures. Vu d'ici, tout le ciel tourne : le Soleil traverse le ciel à raison de quinze degrés par heure, et culmine au midi solaire, plein sud dans l'hémisphère nord. À cet instant, les ombres sont les plus courtes de la journée.\n\nLa nuit, les étoiles tournent autour de l'étoile polaire, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre quand on regarde vers le nord. Elles font un tour complet en un peu moins de vingt-quatre heures : un quart de tour toutes les six heures.\n\nLa Lune, elle, prend du retard : elle se lève environ cinquante minutes plus tard chaque jour. Son aspect dit donc où elle en est de son trajet par rapport au Soleil, et donc l'heure qu'il est.\n\n## AGIR\n\n### De jour : l'ombre d'un bâton\n\n1. Plantez un bâton bien droit sur un sol plat. Marquez le bout de l'ombre de temps en temps.\n2. **L'ombre la plus courte, c'est le midi solaire.** Dans l'hémisphère nord, elle pointe alors vers le nord.\n3. Ensuite, l'ombre tourne dans le sens des aiguilles d'une montre (hémisphère nord), d'environ quinze degrés par heure en moyenne : un peu plus vite autour de midi, un peu moins le matin et le soir. Une fois midi marqué, vous avez un cadran solaire approximatif : un quart de tour de l'ombre, à peu près six heures.\n\n### En fin de journée : la main\n\nBras tendu, comptez les doigts entre le bas du soleil et l'horizon : **chaque doigt vaut environ un quart d'heure** de jour aux latitudes de la France. Voir [[SURV-ORI-004]].\n\n### La nuit : la Grande Ourse fait l'aiguille\n\n1. Trouvez l'étoile polaire grâce à la Grande Ourse (méthode dans [[SURV-ORI-001]]).\n2. Au crépuscule, notez la position de la Grande Ourse autour de la polaire, comme une aiguille sur un cadran.\n3. Elle tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, **d'un quart de tour toutes les six heures**. Un huitième de tour : trois heures ont passé.\nVous ne lisez pas l'heure exacte, mais le temps écoulé : assez pour savoir s'il est minuit ou si l'aube approche.\n\n### La nuit : la Lune\n\n- **Pleine lune** : elle se lève au coucher du soleil, est au plus haut vers minuit (heure solaire), se couche à l'aube.\n- **Premier quartier** (la partie éclairée à droite, dans l'hémisphère nord) : au plus haut au coucher du soleil, elle se couche vers minuit.\n- **Dernier quartier** (éclairée à gauche) : elle se lève vers minuit, est au plus haut à l'aube.\n- **Un fin croissant le soir, près de l'horizon ouest** : la nuit commence. **Un fin croissant le matin à l'est** : l'aube est proche.\n\n## ADAPTER\n\n**Le midi de la montre n'est pas le midi du soleil.** En France, le midi solaire tombe vers 13 h 30 à 14 h 30 à l'heure d'été, vers 12 h 30 à 13 h 30 en hiver, plus tard à l'ouest du pays qu'à l'est.\n\n**Hémisphère sud.** À midi, l'ombre pointe vers le sud et tourne dans l'autre sens. La nuit, la Croix du Sud tourne autour du pôle sud céleste dans le sens des aiguilles d'une montre quand on regarde vers le sud.\n\n**Sous un ciel couvert.** Même derrière les nuages, le soleil éclaire un peu plus fort le côté du ciel où il se trouve : cherchez la zone la plus claire, et une ombre légère sous un bâton posé sur votre ongle.\n\n**Vous devez surtout savoir combien de temps il reste avant la nuit.** Les doigts suffisent. Pour la suite, se déplacer de nuit : [[SURV-NUIT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-004","titre":"Mesurer avec sa main","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mesure","distance","angle","hauteur","coucher du soleil","orage","terrain","main"],"sources":["NASA, Jet Propulsion Laboratory : mesurer le ciel avec la main (ressources d'astronomie pour l'enseignement)","Manuels de topographie et de scoutisme : méthode du bâton pour les hauteurs, visée à la visière pour les largeurs","Météo-France : estimer la distance d'un orage"],"corps":"::Votre main tendue est un rapporteur, votre bras une règle, vos yeux un télémètre. Personne ne vous les confisquera.::\n\n## COMPRENDRE\n\nTout repose sur deux idées. La première : un même angle couvre un objet d'autant plus grand qu'il est loin. Connaître l'angle, grâce à la main, et l'une des deux grandeurs, la taille ou la distance, donne l'autre. La seconde : les triangles semblables. Le bâton tenu à une longueur de bras forme avec votre bras un triangle à 45 degrés ; l'arbre et la distance jusqu'à son pied forment le même triangle, en grand. La visière fait la même chose : elle garde l'angle quand vous tournez la tête.\n\nLe saut du pouce est une parallaxe : vos deux yeux voient le pouce depuis deux points écartés d'environ six centimètres et demi, et votre bras est à peu près dix fois plus long que cet écart. Le saut observé au loin est donc dix fois plus petit que la distance.\n\nLe son parcourt environ 340 mètres par seconde, un kilomètre en trois secondes, alors que la lumière de l'éclair vous arrive instantanément. L'écart entre les deux est le temps de trajet du son.\n\nLe soleil tourne de quinze degrés par heure dans le ciel, mais il ne descend pas à la verticale : aux latitudes de la France, il perd huit à dix degrés de hauteur par heure en fin de journée, à peu près la largeur de quatre doigts. D'où la règle du quart d'heure par doigt, et d'où son erreur loin au nord, où il descend encore plus en biais.\n\n## AGIR\n\n### Les angles : la main à bout de bras\n\nTendez le bras complètement, la main face à vous. À cette distance, et quelle que soit votre taille (les grands ont des mains plus grandes, mais aussi des bras plus longs) :\n- **le petit doigt** couvre environ **1 degré** ;\n- **trois doigts serrés** (index, majeur, annulaire), environ **5 degrés** ;\n- **le poing fermé**, environ **10 degrés** ;\n- **la main grande ouverte**, du pouce au petit doigt, **20 à 25 degrés**.\nVérifiez une fois pour toutes : de l'horizon au point juste au-dessus de votre tête, il y a 90 degrés, soit neuf poings.\n\n### Combien de temps avant la nuit\n\nTendez le bras, posez le bas de la main sur l'horizon et comptez les doigts jusqu'au bas du soleil. **Chaque doigt vaut environ un quart d'heure** aux latitudes de la France. Quatre doigts : à peu près une heure de jour. Ajoutez une vingtaine de minutes de crépuscule encore utilisable. C'est une estimation : comptez large, surtout en montagne où l'horizon est plus haut.\n\n### La distance d'un objet : le saut du pouce\n\n1. Bras tendu, pouce levé, fermez l'œil gauche et posez le pouce sur l'objet.\n2. Sans bouger, fermez l'œil droit et ouvrez le gauche. Le pouce semble sauter de côté.\n3. Estimez la longueur de ce saut **dans le paysage**, à l'endroit de l'objet : la largeur d'une voiture, d'une maison, d'un arbre.\n4. **Multipliez par dix.** Le pouce saute de la largeur d'une voiture, environ quatre mètres : l'objet est à une quarantaine de mètres.\n\n### La hauteur d'un arbre, d'un mur, d'une antenne\n\n1. Prenez un bâton. Tenez-le verticalement, bras tendu, de façon que la partie qui dépasse au-dessus de votre poing soit aussi longue que la distance entre votre poing et votre œil.\n2. Avancez ou reculez jusqu'à ce que le bâton couvre exactement l'objet : votre poing sur son pied, le bout du bâton sur son sommet.\n3. **La distance qui vous sépare du pied de l'objet est égale à sa hauteur.** Comptez vos pas.\n\n### La largeur d'une rivière sans la traverser\n\n1. Debout sur la berge, abaissez la visière d'une casquette, ou le bord de votre main à plat sur le front, jusqu'à ce qu'elle touche exactement la berge d'en face.\n2. Sans bouger la tête ni la visière, tournez-vous d'un quart de tour vers un terrain plat de votre côté.\n3. Repérez le point du sol que touche maintenant le bord de la visière. **La distance jusqu'à ce point est la largeur de la rivière.** Allez-y en comptant vos pas.\n\n### La distance d'un orage\n\nComptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre et **divisez par trois : vous avez la distance en kilomètres.** Moins de dix secondes, l'orage est à moins de trois kilomètres : mettez-vous à l'abri, et attendez trente minutes après le dernier tonnerre avant de ressortir.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de bâton.** Pour une hauteur, utilisez les ombres : mesurez en pas votre ombre et celle de l'objet. Hauteur de l'objet = votre taille × (ombre de l'objet ÷ votre ombre).\n\n**Vous avez une carte.** Les distances mesurées au pas et les angles pris à la main suffisent pour vous placer dessus : voir [[SURV-ORI-002]].\n\n**Vous devez tenir un cap.** La main sert aussi à décaler une visée : un poing à droite du soleil, c'est dix degrés. Trouver et garder le nord : [[SURV-ORI-001]].\n\n**La nuit.** L'étoile polaire est à une hauteur au-dessus de l'horizon égale à votre latitude : à Paris, un peu moins de cinq poings. Le ciel qui annonce l'orage se lit dans [[SURV-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-003","titre":"Cartographier un lieu","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cartographie","observation","repérage","exercice","terrain","gare","calque","caméra"],"sources":["Manuels d'observation tactique et de reconnaissance de terrain","Documentation sur la cartographie de terrain à main levée","Retours d'expérience sur la préparation et la connaissance des environnements urbains"],"corps":"::Celui qui connaît le terrain a un avantage sur celui qui le découvre. Et connaître le terrain, ce n'est pas y être passé — c'est l'avoir regardé en se demandant : si je devais revenir ici en crise, qu'est-ce que je chercherais ?::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi cartographier\n\nLa mémoire ne suffit pas. On passe dans une gare cent fois sans savoir où sont les armoires électriques, les sorties de secours, les locaux techniques, les caméras. En situation normale, c'est sans importance. En crise — panne de courant, évacuation, recherche de ressources — cette connaissance fait la différence entre celui qui cherche et celui qui sait.\n\nUn calque est un plan simplifié, dessiné à la main, avec des repères que vous avez choisis pour les questions que vous pourriez vous poser un jour. Ce n'est pas un plan d'architecte — c'est une carte de ce qui compte.\n\n### Ce qu'on repère\n\nCinq catégories, chacune avec un repère visuel simple :\n\n- **Eau (bleu).** Points d'eau : fontaines, sanitaires, bornes incendie, rivière, puits. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Énergie (jaune).** Tableaux électriques, transformateurs, panneaux solaires, groupes électrogènes, armoires techniques. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Accès et sorties (vert).** Entrées principales, sorties de secours, issues de service, accès aux toits, escaliers de secours, passages entre bâtiments.\n- **Danger (rouge).** Caméras de surveillance, zones exposées (sans couvert), points hauts qui dominent, zones potentiellement toxiques ou électriques.\n- **Stock et ressources (orange).** Locaux techniques, réserves commerciales, pharmacies, distributeurs, locaux de maintenance, extincteurs.\n\n## AGIR\n\n### Exercice 1 — La gare\n\nVous êtes en gare et vous attendez un train. Vous avez vingt à quarante minutes.\n\n**1.** Prendre une feuille et un stylo. Dessiner le plan vu d'en haut : les quais, les voies, le bâtiment voyageurs, les accès.\n\n**2.** Marcher dans la gare en observant. Noter :\n- Où sont les portes marquées « interdit au public » ou « local technique » ? Ce sont les locaux qui contiennent l'outillage et les batteries. Voir [[SURV-REC-012]].\n- Où sont les extincteurs et les bornes incendie ?\n- Où sont les caméras ? (Regarder aux angles des murs, sous les auvents, au-dessus des portes.)\n- Où sont les sorties de secours, les escaliers de service ?\n- Où sont les sanitaires (eau) ?\n- Y a-t-il des distributeurs automatiques, des commerces, une pharmacie ?\n- Les isolateurs sur les poteaux caténaires — de quel côté de la voie, à quelle hauteur ?\n\n**3.** Reporter sur le calque avec les repères de couleur. Un point suffit — pas besoin de dessiner l'objet, juste sa position et sa catégorie.\n\n**4.** Se poser la question : « Si je reviens ici dans le noir, sans électricité, et que je dois trouver de l'eau, de l'énergie ou une sortie, est-ce que mon calque me guide ? » Si non, il manque quelque chose.\n\n### Exercice 2 — Le centre commercial\n\nMêmes principes, en ajoutant :\n- Les issues de secours (souvent les seules portes utilisables quand les rideaux de fer sont baissés).\n- Les réserves derrière les magasins (les portes de service donnent sur les couloirs de livraison).\n- Les locaux techniques (au sous-sol le plus souvent : transformateur, chaufferie, local poubelles).\n- Les parkings souterrains (accès aux niveaux inférieurs, véhicules, carburant).\n\n### Exercice 3 — Votre quartier\n\nLe plus utile de tous. Sur un plan imprimé ou dessiné à la main :\n- Chaque point d'eau accessible (fontaine publique, borne incendie, rivière, puits, château d'eau).\n- Chaque source d'énergie visible (transformateur EDF — le boîtier vert sur les trottoirs — panneau solaire, éolienne).\n- Les bâtiments solides (béton, pierre) qui pourraient servir d'abri.\n- Les axes de circulation principaux et secondaires.\n- Les commerces avec stock (supermarché, pharmacie, quincaillerie).\n- Les angles morts — les endroits non visibles depuis les axes principaux.\n\n### Comment conserver le calque\n\nLe calque sur papier est le format le plus durable. Le photographier avec un téléphone donne une copie numérique facile à partager. Voir [[SIG-COM-008]] sur la durée des supports. Un calque plié dans un portefeuille ne pèse rien et peut tout changer.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez ni papier ni stylo.** Observer quand même. Nommer mentalement ce que vous voyez : « trois extincteurs côté est, local technique porte bleue sous l'escalier B, deux caméras au-dessus de la sortie nord. » La mémoire structurée retient mieux que le regard passif.\n\n**Vous voulez aller plus loin.** Chronométrer les distances (combien de secondes entre la sortie A et le local technique ?), compter les étages, estimer les stocks visibles. Plus le calque est précis, plus il est utile.\n\n**Quelqu'un vous demande ce que vous faites.** Vous dessinez. Vous passez le temps. Vous attendez votre train. L'observation n'est pas un délit, et un calque n'est pas un plan d'attaque — c'est un exercice de connaissance de votre environnement. Les militaires, les pompiers et les secouristes le font professionnellement. Voir [[SURV-DEF-001]].\n\n**Vous voulez impliquer des enfants.** C'est un jeu d'observation parfait pour les enfants : « Trouve tous les extincteurs de la gare. » « Compte les sorties. » « Dessine le plan de la maison avec les fenêtres et les portes. » Ils apprennent à observer, et le calque qu'ils produisent est une vraie contribution.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Observer activement un lieu qu'on traverse passivement** : c'est gratuit, c'est un exercice, et ça transforme un passant en quelqu'un qui connaît le terrain.\n\n**Cinq catégories suffisent** : eau, énergie, accès, danger, stock. Un point de couleur sur un plan à la main vaut mieux qu'aucune information.\n\n**Le calque de votre quartier est le plus important.** C'est le lieu où vous serez en cas de crise, et c'est celui que personne ne cartographie — parce que tout le monde croit le connaître.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-002","titre":"Lire une carte","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["carte","orientation","navigation","terrain"],"sources":["Institut géographique national — lecture de carte et notions de topographie","Royal Institute of Navigation — land navigation","US Army Field Manual — map reading and land navigation"],"corps":"::Une carte ne sert à rien si vous ne savez pas où vous êtes dessus. Toute la lecture consiste à faire coïncider deux choses : le papier et le paysage.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### L'échelle\n\nElle dit combien de terrain représente une unité de carte. Une échelle au vingt-cinq millième signifie qu'un centimètre vaut deux cent cinquante mètres ; au cinquantième, cinq cents mètres.\n\nPlus le second chiffre est petit, plus la carte est détaillée et plus elle couvre une petite surface. Une carte au vingt-cinq millième montre les chemins, les bâtiments isolés et les points d'eau : c'est l'échelle de la marche.\n\n### Les courbes de niveau\n\nCe sont les lignes qui joignent les points de même altitude. Elles sont l'information la plus riche d'une carte et la plus longue à savoir lire.\n\n**Serrées, la pente est raide. Espacées, elle est douce.** Cette seule règle donne déjà l'essentiel.\n\nL'{{équidistance|Différence d'altitude entre deux courbes de niveau voisines, indiquée en marge de la carte.}} — la différence d'altitude entre deux courbes voisines — est indiquée en marge. En la multipliant par le nombre de courbes traversées, on obtient le dénivelé exact d'un trajet.\n\nTrois formes se reconnaissent au dessin. Des courbes fermées concentriques dessinent un **sommet**. Des courbes en V dont la pointe remonte vers l'amont dessinent un **{{{{thalweg|Ligne de fond d'un vallon, là où les eaux se rassemblent.}}|Ligne de fond d'un vallon, là où les eaux se rassemblent.}}**, c'est-à-dire un vallon où l'eau s'écoule. Des courbes en U ou en V dont la pointe descend vers l'aval dessinent une **crête**. Distinguer ces deux dernières est le point difficile, et le repère est simple : **l'eau coule dans le V pointu vers le haut.**\n\n### La {{déclinaison|Écart angulaire entre le nord géographique et le nord magnétique, variable selon le lieu et l'époque.}}\n\nLe nord de la carte, le nord géographique et le nord magnétique ne coïncident pas exactement. L'écart est indiqué en marge et varie selon le lieu et l'époque.\n\nAux latitudes moyennes il reste modeste, mais il devient significatif sur une longue distance. Sur un trajet court, on peut l'ignorer ; sur vingt kilomètres, non.\n\n## AGIR\n\n1. **Orientez la carte.** Faites coïncider le nord de la carte avec le nord réel, trouvé selon [[SURV-ORI-001]]. La carte tourne, pas vous. Une fois orientée, ce qui est à votre droite sur le terrain est à droite sur le papier.\n2. **Situez-vous par les formes**, pas par les noms. Cherchez trois éléments visibles et identifiables : une ligne de crête, un confluent, un bâtiment isolé, un virage caractéristique. Leur position relative vous place.\n3. **Recoupez.** Deux directions vers deux points connus se croisent sur votre position. C'est le seul moyen fiable de se situer précisément sans instrument.\n4. **Choisissez un itinéraire par les lignes du terrain**, pas par la ligne droite. Suivre une crête, une lisière, un cours d'eau demande moins d'attention et moins d'énergie qu'un cap tenu à travers tout.\n5. **Découpez le trajet en segments** entre deux points remarquables. Chaque segment se valide en arrivant, ce qui évite de découvrir une erreur trois heures plus tard.\n6. **Estimez le temps, pas la distance.** Comptez une vitesse de marche moyenne à plat et **ajoutez environ une heure par tranche de trois cents mètres de montée**. Le dénivelé pèse davantage que les kilomètres — voir [[SURV-DEP-001]].\n7. **Mesurez la distance parcourue** en comptant les doubles pas, un caillou par centaine. Une distance connue transforme une direction approximative en position.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de boussole.** Orientez la carte par le terrain : alignez deux éléments visibles avec leur représentation. C'est suffisant et souvent plus rapide.\n\n**Vous êtes en forêt sans visibilité.** La carte devient difficile à recouper. Naviguez à la main courante — chemin, ruisseau, lisière — et comptez vos pas. Un point d'attaque connu, atteint avec certitude, vaut mieux qu'une position estimée.\n\n**Vous cherchez un point sur une ligne** — un pont, une ferme sur une route. Visez volontairement à côté. En touchant la ligne, vous saurez de quel côté tourner ; viser juste et manquer vous laisse dans le doute.\n\n**Vous êtes en ville.** Les repères changent de nature : la verticalité, les axes et les points de blocage comptent plus que le relief. Une carte urbaine se lit par les axes structurants et les coupures — voies ferrées, cours d'eau, grands axes — qui délimitent les zones.\n\n**Vous n'avez pas de carte.** Fabriquez-en une. Un croquis tenu à jour, avec les distances estimées, les points d'eau et les dangers, vaut infiniment mieux que la mémoire. Reporté sur un calque de repères, il devient partageable — c'est exactement ce que permet la partie cartographique de Phenix.\n\n**Vous marchez de nuit.** La lecture de carte devient très difficile et la dérive s'aggrave : voir [[SURV-NUIT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ORI-001","titre":"S'orienter sans instrument","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["orientation","terrain","base","nord"],"sources":["Institut géographique national — notions de navigation terrestre","Royal Institute of Navigation — natural navigation methods","Tristan Gooley, The Natural Navigator (méthodes documentées et reproductibles)"],"corps":"::Trouver le nord prend cinq minutes. Le garder pendant trois heures, c'est ça le vrai travail.::\n\n## AGIR\n\n### Trouver les quatre directions, de jour\n\n**La méthode de l'ombre portée. Elle fonctionne partout sur Terre, en toute saison, dans les deux hémisphères. C'est la seule dont on peut dire ça.**\n\nPlantez un bâton bien vertical. Marquez précisément le bout de son ombre avec une pierre. Attendez quinze à vingt minutes. Marquez à nouveau. Tracez la droite entre les deux marques : **elle est orientée est-ouest.** La première marque est du côté ouest, la seconde du côté est. Tenez-vous les pieds sur la ligne, première marque à gauche : vous faites face au nord dans l'hémisphère nord, au sud dans l'hémisphère sud.\n\nPourquoi ça marche : l'ombre se déplace toujours dans le même sens, d'ouest en est, parce que le soleil va d'est en ouest. Cela ne dépend ni de la saison ni de votre latitude.\n\n![La méthode de l'ombre portée](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMjM1IiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjIzNSI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIyMzUiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjxsaW5lIHgxPSI0MCIgeTE9IjE1MCIgeDI9IjUyMCIgeTI9IjE1MCIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxsaW5lIHgxPSIyODAiIHkxPSIxNTAiIHgyPSIyODAiIHkyPSI2MiIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iNTIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5iw6J0b24gdmVydGljYWw8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjI4MCIgeTE9IjE1MCIgeDI9IjE3MCIgeTI9IjE1MCIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiIHN0cm9rZS1kYXNoYXJyYXk9IjQgMyIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjE3MCIgY3k9IjE1MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIvPjx0ZXh0IHg9IjE3MCIgeT0iMTcyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMiIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+MTwvdGV4dD48bGluZSB4MT0iMjgwIiB5MT0iMTUwIiB4Mj0iMzkwIiB5Mj0iMTUwIiBzdHJva2U9IiMyQzZFNDkiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIgc3Ryb2tlLWRhc2hhcnJheT0iNCAzIi8+PGNpcmNsZSBjeD0iMzkwIiBjeT0iMTUwIiByPSI1IiBmaWxsPSIjMkM2RTQ5Ii8+PHRleHQgeD0iMzkwIiB5PSIxNzIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEyIiBmaWxsPSIjMkM2RTQ5IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj4yPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjE3MCIgeT0iMTkwIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+MXJlIG1hcnF1ZSDCtyBvdWVzdDwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIzOTAiIHk9IjE5MCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPjJlIG1hcnF1ZSDCtyBlc3Q8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjE1MCIgeTE9IjE1MCIgeDI9IjQxMCIgeTI9IjE1MCIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjgiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5RdWluemUgw6AgdmluZ3QgbWludXRlcyBlbnRyZSBsZXMgZGV1eCBtYXJxdWVzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjE4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5MYSBkcm9pdGUgZW50cmUgbGVzIGRldXggbWFycXVlcyBkb25uZSBsJ2F4ZSBlc3Qtb3Vlc3QsIHBhcnRvdXQgc3VyIFRlcnJlPC90ZXh0Pjwvc3ZnPg==)\n\n\n**Le midi solaire.** Le moment où l'ombre est la plus courte de la journée. Elle pointe alors le nord si vous êtes dans l'hémisphère nord, le sud si vous êtes dans l'hémisphère sud. Attention : le midi solaire n'est pas midi à la montre. Heure d'été, fuseau horaire et position dans le fuseau peuvent le décaler d'une à deux heures.\n\n**Le lever et le coucher.** Le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest — mais seulement aux équinoxes. Le reste de l'année, l'écart est réel : jusqu'à quarante degrés aux latitudes moyennes, davantage plus au nord. En été, il se lève au nord-est et se couche au nord-ouest. En hiver, au sud-est et au sud-ouest. **C'est une indication de secteur, jamais un cap.**\n\n### Trouver les quatre directions, de nuit\n\n**Hémisphère nord — l'étoile polaire.** Elle donne le nord vrai à un degré près, et elle ne bouge pas de la nuit. Repérez la Grande Ourse, prenez les deux étoiles qui forment le bord de la casserole opposé au manche, et prolongez cette ligne d'environ cinq fois sa longueur. Vous tombez sur une étoile isolée d'éclat moyen : c'est elle. Descendez sa verticale jusqu'au sol : c'est le nord. Bonus : sa hauteur au-dessus de l'horizon, en degrés, est votre latitude.\n\n**Hémisphère sud — la Croix du Sud.** Il n'y a pas d'étoile polaire visible. Prenez le grand axe de la croix et prolongez-le d'environ quatre fois et demie sa longueur. Descendez la verticale de ce point : c'est le sud.\n\n**La lune.** Reliez les deux pointes du croissant par une droite et prolongez-la jusqu'à l'horizon. Le point obtenu indique approximativement le sud dans l'hémisphère nord, le nord dans l'hémisphère sud. C'est grossier — comptez plusieurs dizaines de degrés d'erreur — mais utilisable quand rien d'autre n'est visible.\n\n**N'importe quelle étoile.** Suivez-la pendant dix minutes en la visant entre deux repères fixes. Elle monte : vous regardez vers l'est. Elle descend : vers l'ouest. Elle glisse à droite : vers le sud. À gauche : vers le nord.\n\n### Tenir la direction\n\nC'est ici que tout se joue, et c'est l'étape que tout le monde saute.\n\n**Le problème, d'abord.** Sans repère visuel lointain, un marcheur tourne. Ce n'est pas une légende : l'asymétrie de la foulée, le portage sur une épaule, la pente latérale du terrain courbent la trajectoire de manière constante et invisible. En forêt dense, dans le brouillard, de nuit, la boucle se referme en quelques kilomètres et vous repassez sur vos propres traces sans le savoir.\n\n**Le remède : la visée par jalonnement.** Trouvez le nord. Repérez dans cette direction un objet remarquable et lointain — un arbre isolé, un rocher, une échancrure de crête. Oubliez le nord. Marchez jusqu'à cet objet en regardant où vous mettez les pieds. Arrivé dessus, retrouvez le nord, choisissez le suivant, recommencez.\n\nLa direction n'est plus dans votre tête, elle est dans le paysage. Vous ne pouvez plus dériver, parce que chaque erreur est corrigée à chaque nouvel objet.\n\n**À deux, la méthode est encore meilleure.** Le premier marche devant, le second reste en arrière et le guide à la voix : « deux pas à gauche », « stop », « tout droit ». Le second aligne l'homme de devant avec un repère derrière lui — un arbre, un piquet, l'endroit d'où ils viennent. Deux points alignés définissent une droite ; l'homme de devant devient le troisième point à maintenir dessus. C'est le principe du jalonnement d'arpenteur, et c'est la méthode la plus précise possible sans boussole.\n\n**Comptez vos pas.** Un double pas — le compte à chaque fois que le même pied touche le sol — fait environ un mètre cinquante pour un adulte en terrain plat. Comptez par centaines et notez chaque centaine avec un caillou dans une poche. Vous saurez la distance parcourue, et une distance connue transforme un cap en position.\n\n## ADAPTER\n\n**Ni soleil, ni étoiles, ni ciel.** Naviguez par le terrain plutôt que par le cap. Les vallées, les cours d'eau et les lignes de crête ont une continuité que vous pouvez suivre sans jamais connaître le nord. Un ruisseau suivi vers l'aval rejoint un cours d'eau plus important, qui rejoint presque toujours une présence humaine — les hommes se sont installés le long de l'eau depuis dix mille ans, pour les raisons qu'expose [[MEM-AGR-001]]. Au passage, vous longez votre approvisionnement : voir [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous devez rejoindre un point précis situé sur une ligne** — un pont sur une rivière, une ferme sur une route. Ne visez pas le point : **visez volontairement à côté**, franchement à gauche ou à droite. Quand vous atteignez la ligne, vous savez de quel côté tourner. Viser juste et manquer de cinquante mètres vous laisse dans le doute et vous fait chercher dans les deux sens ; viser faux exprès supprime le doute. C'est contre-intuitif et c'est la technique la plus rentable de toute la navigation.\n\n**Vous avez un vélo.** C'est le moyen de déplacement le plus efficace qui existe : voir [[TEC-MEC-004]].\n\n**Vous marchez plusieurs jours.** Le cap n'est alors plus le problème principal : voir [[SURV-DEP-001]].\n\n**Vous avez une carte.** Sa lecture et le calcul d un itinéraire sont dans [[SURV-ORI-002]].\n\n**Vous voulez surtout ne pas vous perdre.** Suivez une main courante : route, clôture, ligne électrique, lisière de forêt, berge. Aucun cap à tenir, aucune dérive possible, aucune attention à dépenser. C'est plus long et c'est souvent le bon choix.\n\n### Les indices du paysage\n\nIls ne remplacent jamais le soleil ou les étoiles. Ils confirment, ou ils orientent quand vous n'avez rien d'autre. **Aucun ne se lit sur un seul exemplaire : il faut voir la même chose se répéter sur plusieurs dizaines de mètres pour y croire.**\n\n- **Les arbres façonnés par le vent.** En zone exposée — crête, littoral, plateau — les arbres poussent penchés et leurs branches se développent du côté abrité. La forme se lit à distance et elle donne la direction du vent dominant, pas le nord. Il faut donc savoir d'où vient le vent dominant dans la région où vous êtes. En Europe de l'Ouest, il est majoritairement d'ouest.\n- **La neige et le gel.** Sur un versant, la neige fond d'abord au sud dans l'hémisphère nord, au nord dans l'hémisphère sud, parce que ce versant reçoit le rayonnement le plus direct. Sur terrain plat, les congères s'allongent dans l'axe du vent dominant.\n- **Les antennes paraboliques.** En milieu habité, dans l'hémisphère nord, elles pointent globalement vers le sud, parce que les satellites de télévision sont en orbite au-dessus de l'équateur. Dans l'hémisphère sud, vers le nord. Une rue entière de paraboles alignées est un des indices urbains les plus fiables qui existent.\n- **Les églises chrétiennes anciennes.** Le chœur est traditionnellement orienté vers l'est, l'entrée principale vers l'ouest. L'usage a été largement suivi en Europe, moins systématiquement à l'époque moderne.\n- **Les rapaces qui tournent en spirale sans battre des ailes.** Ils exploitent une ascendance thermique, qui se forme au-dessus des surfaces qui chauffent le plus : rocher nu, sol labouré, versant ensoleillé. Ils ne vous donnent pas le nord, ils vous donnent la position d'un relief chaud et l'heure de la journée où il chauffe.\n\n### Ce qui ne marche pas\n\n**La mousse ne pousse pas au nord.** Elle pousse là où l'humidité persiste, ce qui dépend du relief local, du vent, de la pente et de l'ombre du feuillage. Sur un même tronc, elle occupe souvent trois côtés. C'est l'erreur qu'on garde le plus longtemps parce qu'elle a l'air naturelle et que personne ne la vérifie.\n\n**La méthode de la montre à aiguilles** — orienter l'aiguille des heures vers le soleil et bissecter — fonctionne mal hors des latitudes moyennes. L'erreur explose près des tropiques, et l'heure d'été la fausse d'une heure entière si l'on oublie de corriger. Elle ne remplace pas l'ombre portée, qui demande le même temps et ne se trompe pas.\n\n**Les fourmilières adossées au sud, les branches plus fournies au sud** : mêmes défauts que la mousse. Trop de facteurs locaux, trop d'exceptions, aucune fiabilité individuelle.\n\n## COMPRENDRE\n\nIl faut distinguer deux choses que le mot « s'orienter » confond.\n\n**Trouver le nord** est un problème d'astronomie. Le soleil et les étoiles se déplacent selon des lois régulières, et n'importe laquelle de ces régularités donne une direction. C'est facile, c'est rapide, et une fois su, ça ne s'oublie pas.\n\n**Tenir une direction** est un problème mécanique. Le corps humain n'est pas symétrique et ne marche pas droit. Des expériences de marche en terrain sans repère — forêt épaisse, désert, brouillard — montrent que les sujets décrivent des cercles dont ils n'ont aucune conscience, et qu'ils sont convaincus d'aller tout droit. C'est cette illusion qui perd les gens, pas l'ignorance du nord.\n\nD'où la hiérarchie qui gouverne toute cette fiche : **un cap approximatif tenu droit vaut infiniment mieux qu'un cap exact perdu au bout de deux kilomètres.** Un homme qui marche cinq degrés à côté du nord pendant vingt kilomètres arrive à deux kilomètres de l'objectif. Un homme qui connaît le nord au degré près mais tourne en rond n'arrive nulle part.\n\nIl y a une conséquence pratique que les scouts et les militaires enseignent partout : ne cherchez pas la précision, cherchez la reproductibilité. Une méthode grossière que vous appliquez toutes les dix minutes bat une méthode parfaite que vous appliquez une fois au départ.\n\nDernier point, et c'est peut-être le plus important. **Décidez de votre direction avant d'être fatigué.** C'est la même logique que pour [[SURV-ABRI-001]] : la décision se prend pendant qu'on en est encore capable. Le choix du cap est une décision de tête reposée. Après six heures de marche, la fatigue vous fera suivre la pente descendante, le sentier le plus facile, la direction du vent dans le dos — et aucune de ces choses ne va là où vous voulez aller.","langue":"fr"},{"id":"SURV-NUIT-001","titre":"Se déplacer de nuit","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["nuit","deplacement","discretion","vision"],"sources":["US Army Field Manual — night operations and night vision","Travaux sur l'adaptation à l'obscurité, Hecht S. & Mandelbaum J.","Royal Institute of Navigation — night navigation"],"corps":"::La nuit ne se combat pas avec une lampe. Elle s'utilise, et il faut d'abord accepter de ne rien voir pendant une demi-heure.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Deux systèmes de vision, pas un\n\nL'œil dispose de deux types de capteurs, et ils ne font pas le même travail.\n\n**Les cônes**, concentrés au centre de la rétine, donnent la couleur et la finesse. Ils ont besoin de lumière et deviennent inutilisables dans l'obscurité.\n\n**Les bâtonnets**, répartis en périphérie, sont bien plus sensibles mais ne donnent ni couleur ni détail.\n\nCela produit un phénomène déroutant et parfaitement exploitable : **de nuit, le centre de votre champ visuel est aveugle.** Regarder directement un objet peu lumineux le fait disparaître. Il faut regarder légèrement à côté, environ dix à quinze degrés, pour le voir apparaître en vision périphérique. C'est la **vision décalée**, et c'est la technique la plus utile de cette fiche. Elle demande un effort constant, parce que l'instinct est de fixer ce qu'on veut examiner.\n\n### L'adaptation à l'obscurité\n\nElle est lente et fragile. L'essentiel se joue dans les vingt à trente premières minutes, et l'amélioration continue au-delà. **Une seule exposition à une lumière blanche vive détruit ce gain en une seconde**, et il faut tout recommencer.\n\nLa lumière rouge de faible intensité préserve en grande partie l'adaptation, parce que les bâtonnets y sont peu sensibles. C'est la raison de son usage universel dans les milieux où la vision nocturne compte.\n\nConséquence pratique majeure : **fermer un œil quand on doit allumer une lampe** conserve un œil adapté. C'est un vieux truc de marin et il fonctionne parfaitement.\n\n### Ce qui se voit et ce qui s'entend la nuit\n\nLe contraste remplace le détail. Une silhouette se détache sur le ciel, jamais sur un fond sombre : c'est pourquoi on ne franchit pas une crête debout, et pourquoi on se déplace au bas des pentes plutôt qu'en ligne de crête.\n\nLe son porte beaucoup plus loin la nuit, pour une raison physique précise : l'air proche du sol se refroidit plus vite que l'air en altitude, et cette inversion de température courbe les ondes sonores vers le sol au lieu de les laisser se disperser vers le haut. **Ce que vous entendez de nuit vient de bien plus loin que vous ne le croyez — et l'inverse est vrai aussi.**\n\n## AGIR\n\n1. **Laissez vos yeux s'adapter** vingt à trente minutes avant de partir, sans aucune lumière blanche.\n2. **Utilisez la vision décalée.** Balayez lentement, ne fixez rien directement, laissez le regard glisser.\n3. **Éteignez la lampe, ou passez au rouge et au minimum.** Une lampe vous rend aveugle au-delà de son faisceau et visible de très loin.\n4. **Ralentissez de moitié.** La nuit ne pardonne pas la vitesse : la quasi-totalité des accidents nocturnes sont des chutes et des torsions de cheville.\n5. **Sondez le sol** avec un bâton devant vous. Il détecte les trous, les racines et les changements de pente avant votre pied.\n6. **Marchez en posant le talon en dernier** : pied à plat ou pointe d'abord, poids transféré seulement quand l'appui est sûr. C'est plus lent, plus silencieux, et cela évite la cheville tordue.\n7. **Suivez une main courante** — chemin, lisière, cours d'eau, clôture. La navigation au cap est bien plus difficile de nuit, et la dérive décrite dans [[SURV-ORI-001]] s'aggrave nettement.\n8. **Restez groupé et en contact.** À deux, une distance fixe et un signal convenu valent mieux que la parole.\n\n## ADAPTER\n\n**Il y a de la lune.** Une pleine lune sur terrain découvert ou enneigé donne assez de lumière pour marcher confortablement. Elle vous rend aussi parfaitement visible. Elle donne également une direction approximative, méthode décrite dans [[SURV-ORI-001]].\n\n**Il fait totalement noir.** Sous couvert forestier par nuit couverte, la vision ne suffit plus. Le déplacement devient tactile : bâton, main libre devant le visage, progression très lente. Souvent, la bonne décision est de s'arrêter et d'attendre le jour — voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n**Vous croisez un animal.** Voir [[SURV-ANI-001]] : le bruit évite presque toutes les rencontres.\n\n**Vous devez rester discret.** La nuit est votre meilleur allié pour le déplacement et votre pire ennemi pour l'installation. On se déplace de nuit, on s'installe et on observe de jour. Un feu de nuit annule tout : voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous avez froid.** Le déplacement nocturne fatigue davantage et la température chute après minuit. Le risque d'[[URG-HYPO-001]] augmente précisément quand la vigilance baisse. Mangez avant, couvrez-vous à chaque arrêt, ne transpirez pas dans vos couches.\n\n**Vous devez franchir un cours d'eau.** Ne le faites pas de nuit : [[SURV-GUE-001]] explique pourquoi.\n\n**Vous voulez voir davantage.** Ce qui est réellement fabricable en matière de vision nocturne est décrit dans [[TEC-NUI-001]].\n\n**Vous cherchez à être vu.** Alors tout s'inverse : la nuit est le meilleur moment pour un signal lumineux, qui porte à des distances sans commune mesure avec le jour. Voir [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-NOE-001","titre":"Les nœuds qui servent","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["noeuds","corde","technique","base"],"sources":["Ashley C., The Ashley Book of Knots","Cordage Institute — knot efficiency data","International Guild of Knot Tyers — technical notes"],"corps":"::Cinq nœuds sus par cœur valent mieux que trente reconnus dans un livre. Le critère n'est pas la solidité : c'est de pouvoir le défaire après.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qu'un nœud fait à une corde\n\nTout nœud affaiblit la corde. Il la courbe et la comprime, ce qui concentre l'effort sur les fibres extérieures de la boucle. Selon le nœud, **la corde perd couramment entre le quart et la moitié de sa résistance**, et elle casse toujours à l'entrée du nœud, jamais ailleurs.\n\nUn nœud bien choisi limite cette perte en répartissant la courbure sur un plus grand rayon. Aucun ne l'annule. C'est pourquoi, sur une charge lourde, on préfère une boucle épissée ou un anneau à un nœud.\n\n### Les trois choses qui font tenir un nœud\n\n**Le frottement** entre les brins. **La compression** exercée par la charge, qui serre le nœud sur lui-même. **La géométrie**, qui empêche les brins de glisser les uns par rapport aux autres.\n\nC'est pourquoi un nœud correct **se serre sous la charge au lieu de se défaire**, et pourquoi un nœud mal orienté peut se retourner et lâcher d'un coup.\n\n### Le critère décisif\n\nBeaucoup de nœuds tiennent. Peu se défont après avoir été chargés.\n\nUn nœud qui se bloque définitivement vous fait perdre la corde, qu'il faudra couper. Sur une ressource aussi difficile à remplacer que le cordage — voir [[TEC-MAT-003]] — c'est une perte réelle. **Le bon nœud est celui qui tient sous charge et s'ouvre quand on veut.**\n\n## AGIR\n\n### Les cinq familles à connaître\n\n**Une boucle fixe qui ne se serre pas.** C'est le nœud le plus utile de tous. Il fait une boucle d'une taille choisie, qui ne se resserre pas sur ce qu'elle entoure — donc utilisable autour d'un poignet, d'un poteau, d'un point d'amarrage. Il se défait facilement après charge, ce qui est sa vraie qualité.\n\n**Un nœud pour joindre deux cordes.** Attention : **joindre deux diamètres différents demande un nœud différent** de celui qui joint deux cordes égales. C'est la cause d'accident la plus fréquente en jonction, parce que le brin fin glisse hors du gros.\n\n**Un nœud pour tendre.** Il permet de mettre en tension et de bloquer, avec un système de démultiplication par renvoi qui exploite le principe décrit dans [[TEC-MAC-001]]. Un tendeur bien fait remplace un palan pour les petites charges.\n\n**Un nœud d'amarrage rapide.** Pour fixer une corde à un poteau, une barre ou un anneau, tenir sous tension, et se dénouer instantanément une fois la tension relâchée.\n\n**Un arrêt en bout de corde.** Il empêche le brin de filer à travers un anneau, un mousqueton ou une poulie. Toujours le mettre : c'est ce qui évite de tout perdre au mauvais moment.\n\nÀ ces cinq s'ajoutent deux techniques qui ne sont pas des nœuds mais qui rendent davantage : la **ligature**, pour assembler deux pièces rigides — voir [[TEC-MEC-001]] — et le **surliage**, qui empêche un bout de corde de s'effilocher.\n\n### Les règles qui évitent les accidents\n\n1. **Laissez un brin libre long.** Un nœud se resserre en travaillant et consomme du brin. Un brin court sort du nœud et le nœud disparaît.\n2. **Serrez le nœud à la main avant de charger.** Un nœud lâche se déforme sous charge de manière imprévisible.\n3. **Regardez la forme, pas la mémoire du geste.** Un nœud correct a une géométrie reconnaissable ; un nœud presque correct ressemble beaucoup au bon et tient beaucoup moins.\n4. **Protégez les angles vifs.** Une corde tendue sur une arête casse là, quel que soit le nœud.\n5. **Ne chargez jamais au-dessus de quelqu'un**, ni ne restez dans l'axe d'une corde tendue.\n\n## ADAPTER\n\n**La corde est raide, gelée ou mouillée.** Les nœuds se serrent davantage et deviennent très difficiles à défaire. Prévoyez large sur le brin libre et privilégiez les nœuds réputés faciles à ouvrir.\n\n**La corde est synthétique et glissante.** Elle a tendance à faire filer les nœuds. Un tour supplémentaire, ou un nœud d'arrêt sur le brin libre, résout le problème.\n\n**Vous devez pouvoir libérer sous tension.** Certains nœuds se défont d'une traction sur le brin libre, même chargés. C'est très utile pour attacher un animal ou une embarcation, et à éviter partout où un dénouage accidentel serait grave.\n\n**Vous n'avez qu'un bout court.** Rallongez par une jonction plutôt que de forcer un nœud à la limite. Une jonction correcte est plus sûre qu'un nœud fait sans marge.\n\n**Vous devez retenir une chute ou hisser une personne.** Cela dépasse le cadre de cette fiche. Les cordes, les nœuds et les techniques employés dans ce cas relèvent d'une formation spécifique, et une improvisation y produit des accidents graves.\n\n**Vous apprenez.** Prenez un seul nœud, faites-le cinquante fois, les yeux fermés, avec des cordes différentes. Puis passez au suivant. **Un nœud qu'on hésite à faire est un nœud qu'on ne fera pas au moment utile**, et c'est exactement le raisonnement de [[SURV-PSY-002]] sur la dégradation du geste sous stress.","langue":"fr"},{"id":"SURV-MUN-001","titre":"Munitions — état, stockage, valeur","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["munition","stockage","corrosion","calibre","troc","incendie","humidite"],"sources":["Manuels de stockage des munitions, conditions de température et d'hygrométrie","Documentation sur les amorces corrosives et leur effet sur l'acier","Rapports de sapeurs-pompiers sur les incendies impliquant des stocks de munitions","Études sur le vieillissement des poudres à base de nitrocellulose"],"corps":"::Une munition bien rangée dure des décennies. La même, dans un grenier, est morte en cinq ans — et on ne le voit qu'au moment où on en a besoin.::\n\nCette fiche traite de l'objet en état, manufacturé et intact. **Les engins non explosés et tout ce qui a été tiré relèvent de [[SURV-REC-010]] et ne se manipulent pas.**\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce que c'est\n\nQuatre éléments : **l'étui**, généralement en laiton, parfois en acier ; **l'amorce** au culot ; **la poudre** ; **le projectile**. La poudre ne détone pas, elle brûle vite en produisant du gaz — c'est la pression qui fait tout.\n\nConséquence utile : **une cartouche hors d'une arme est peu dangereuse.** Chauffée ou frappée, elle peut partir, mais sans canon pour contenir la pression, c'est l'étui qui éclate et le projectile part faiblement. Ce n'est pas anodin, ce n'est pas une explosion.\n\n### Ce qui la tue\n\n**L'humidité**, de très loin. Elle corrode l'étui, migre vers l'amorce et la poudre, et produit des ratés. Une cartouche qui a pris l'eau ne se récupère pas.\n\n**Les cycles de température.** Pire que la chaleur seule : chaud le jour, froid la nuit, et l'air respire dans le contenant en y déposant de l'eau à chaque cycle. **Un coffre de voiture et un grenier sont les deux pires endroits possibles.**\n\n**Le temps, pour la poudre.** La nitrocellulose se décompose lentement et sa décomposition s'accélère elle-même. Bien stockée, elle tient des décennies ; mal stockée, beaucoup moins. Une odeur aigre ou piquante dans une caisse ouverte est un signal d'alarme.\n\n## AGIR — juger\n\nUne par une, à la lumière, en quelques secondes.\n\n**L'étui.** Cherchez le vert-de-gris — ces cristaux verdâtres du laiton corrodé. Une trace en surface se nettoie ; une zone rugueuse et piquée signifie un étui aminci, qui peut céder dans la chambre. **Une fissure, même capillaire, surtout au collet ou près du culot : mise de côté.**\n\n**La forme.** Un étui gonflé, ovalisé, cabossé au collet, ou dont le projectile bouge quand on le tourne : mise de côté.\n\n**L'amorce.** Elle doit être lisse, à ras ou très légèrement en retrait. Enfoncée, percutée, bombée, verdâtre ou absente : mise de côté.\n\n**Le projectile.** Corrosion verte ou blanche, déformation, plomb qui s'effrite : rendement médiocre, à réserver à l'entraînement s'il y en a.\n\n**Le marquage.** Calibre et année sont gravés au culot ou imprimés sur la boîte. **Notez-les.** C'est ce qui vous dira ce que vous avez et ce qui vous manque.\n\n**Le doute se tranche dans un sens.** Une munition douteuse ne vaut pas un canon éclaté ni une main perdue. On la met de côté, on ne la jette pas au feu, on ne la démonte pas.\n\n## AGIR — stocker\n\n**Sec, frais, stable, scellé.** Une caisse métallique à joint caoutchouc est l'idéal absolu, et c'est exactement ce qu'on récupère sur les épaves et autour des dépôts — voir [[SURV-REC-010]].\n\n**Un sachet déshydratant** dans chaque caisse, régénéré au four une heure quand il est saturé.\n\n**Sur une étagère, jamais au sol.** Le sol d'une cave ou d'un garage remonte l'humidité en permanence.\n\n**Séparées des armes.** Deux rangements distincts, et pas seulement deux compartiments. C'est la règle qui protège les enfants, et c'est aussi ce qui limite la perte si un endroit est découvert.\n\n**Étiquetez.** Calibre, quantité, date d'entrée, provenance. Un stock qu'on ne connaît pas n'est pas un stock.\n\n**Ne mélangez jamais deux calibres dans un même contenant.** C'est ainsi qu'on finit par chambrer ce qu'il ne fallait pas — le plus fréquent des accidents graves, et le plus évitable.\n\n## ADAPTER\n\n**Un incendie touche un stock.** Les cartouches partent une par une en projetant surtout des fragments d'étui, sans détoner en masse. C'est peu spectaculaire et ça blesse quand même, notamment aux yeux. **On ne s'approche pas, on ne tente pas de sauver la caisse**, et on prévient les secours de ce qu'il y a dedans : c'est l'information qui change leur façon d'intervenir. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**Vous choisissez quoi garder.** Le calibre disponible localement bat le calibre performant. Regardez ce que les gens autour de vous utilisent pour chasser : c'est cela qui se trouvera, s'échangera et se dépannera. Même argument que [[MEM-CIT-003]] et que [[SURV-ARM-002]].\n\n**Vous envisagez d'en faire une monnaie d'échange.** C'est une des monnaies classiques des périodes de rupture, pour de bonnes raisons : divisible, durable, compacte, universellement désirée — les critères de [[SURV-TROC-001]]. Avec deux revers qui ne se rattrapent pas. **Être connu pour en avoir fait de vous une cible**, sans exception. Et ce que vous échangez peut vous revenir. Si vous échangez, échangez peu, rarement, et pas avec quelqu'un dont vous ignorez où il dort.\n\n**Vous pensez en fabriquer.** Le rechargement demande des outils spécifiques, des composants qu'on ne trouve pas et une mesure précise ; improvisé, il fait éclater les armes et les mains. Ce corpus n'en traite pas. **La réponse au problème de la munition finie n'est pas d'en fabriquer, c'est [[SURV-ARM-002]]** — ce qui se ramasse après usage.\n\n**Vous n'avez rien à quoi elles correspondent.** Elles gardent une valeur d'échange, et leurs composants inertes une valeur de matière : le laiton d'étui se travaille remarquablement bien à froid. Mais cela suppose des étuis **déjà tirés et vides**, pas des cartouches qu'on démonte.\n\n**Le cadre légal existe et il survit aux crises.** La détention et la cession de munitions sont réglementées partout, indépendamment des circonstances, et les situations exceptionnelles se terminent toujours. Ce qui a été fait pendant se juge après.","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-016","titre":"Le Grand Nord et la banquise","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["arctique","banquise","froid extreme","glace de mer","chenaux","ours polaire","nansen","graisse","calories"],"sources":["Nansen F., Vers le pôle (Farthest North), 1897","US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual","Gouverneur du Svalbard, règles de sécurité face aux ours polaires"],"corps":"::En 1895, après avoir quitté son navire pour tenter d'atteindre le pôle Nord à ski, Fridtjof Nansen passe l'hiver arctique avec Hjalmar Johansen dans une hutte de pierres couverte de peaux de morse, à manger de l'ours et à brûler sa graisse pour la lumière. Au printemps, ils ressortent vivants. Là-haut, tout tient à la graisse, à la glace qu'on sait lire, et à la discipline.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le froid et le vent** : par -30 °C et du vent, la peau nue gèle en quelques minutes.\n- **La banquise bouge** : elle se fend en chenaux d'eau libre, se chevauche en crêtes de compression, dérive.\n- **Le corps brûle énormément** : les expéditions polaires mangent souvent 4 000 à 6 000 calories par jour, beaucoup de graisse. Voir [[TEC-ALI-027]].\n- **Les ours polaires** chassent l'homme quand ils ont faim.\n\n## AGIR\n\n**S'habiller**\n- **Des couches**, et surtout **pas de transpiration** : on enlève avant de suer. Voir [[SURV-MIL-011]].\n- **Des moufles** plutôt que des gants, le visage couvert, des lunettes contre la neige. Voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Se surveiller à deux** : taches blanches sur le nez, les joues, les oreilles. Voir [[TEC-SAN-027]].\n\n**Boire**\n- **La vieille glace de mer**, bleutée, qui a passé plusieurs étés, a perdu son sel : on peut la faire fondre et la boire. La glace de l'année est salée.\n- **Faire fondre** la glace plutôt que la neige : plus d'eau pour le même combustible.\n\n**Sur la glace**\n- **Sonder** avec un bâton, éviter les zones sombres ou grises, les crêtes, les bords de chenaux.\n- **Un compagnon**, une corde.\n\n**Les ours**\n- **Rester groupés**, garder un abri et de la lumière, ne pas laisser de nourriture ou de déchets près du camp.\n- Dans certaines régions arctiques, la loi impose d'emporter des moyens d'effarouchement et de défense hors des villages.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'abri** : maisons de neige, tentes avec poêle, toujours aérées. Voir [[SURV-ABRI-003]] et [[TEC-CON-010]].\n- **Le grand froid** en général : [[SURV-MIL-001]]. **Tomber dans l'eau glacée** : [[URG-GLACE-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-015","titre":"Le métro et les souterrains des villes","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["metro","rail electrifie","evacuation","tunnel","incendie","abri","egouts","gaz","catacombes","blitz"],"sources":["RATP, consignes de sécurité et d'évacuation","Fennell D., Investigation into the King's Cross Underground Fire, 1988","Imperial War Museums, le métro de Londres pendant le Blitz"],"corps":"::Pendant le Blitz, en 1940, jusqu'à cent soixante-dix mille Londoniens dormaient certaines nuits sur les quais du métro. En 2022, les habitants de Kiev ont fait de même. Le métro protège des bombes ; il peut aussi tuer par le feu, la fumée et le courant qui court le long des voies.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le rail d'alimentation** de beaucoup de métros porte plusieurs centaines de volts. Le toucher tue.\n- **Le feu et la fumée** sous terre sont les pires dangers : en 1987, à la station King's Cross de Londres, un incendie d'escalier mécanique a tué 31 personnes.\n- **Les égouts** : gaz toxiques sans odeur à forte dose, montée brutale des eaux quand il pleut, maladies. Voir [[TEC-CON-020]].\n\n## AGIR\n\n**Dans le métro**\n\n- **Ne jamais descendre sur les voies**, même pour récupérer un objet tombé : on prévient un agent.\n- **Train arrêté en tunnel** : on reste dans la rame, sauf ordre ou danger immédiat (feu, fumée). Les poignées d'urgence servent au danger, pas au retard.\n- **Évacuation** : on suit les agents, dans le calme, sans courir. On ne marche dans un tunnel que si on l'ordonne, le courant coupé.\n- **La fumée** : se baisser, se couvrir la bouche d'un tissu, se diriger vers l'air frais et la lumière, contre le sens de la fumée. Voir [[URG-INC-001]].\n\n**Comme abri**\n\n- En cas d'alerte aérienne, les stations profondes sont des abris désignés dans beaucoup de villes. Voir [[SURV-CRI-017]].\n- Prendre de l'eau, des vêtements chauds, une lampe, de quoi s'asseoir et s'occuper.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les égouts, les collecteurs, les réseaux techniques** : on n'y entre jamais sans formation, détecteur de gaz et équipe dehors.\n- **Les carrières et catacombes** : interdites au-delà des parties ouvertes. Voir [[SURV-MIL-013]].\n- **Une inondation** : l'eau entre par les bouches de métro ; on remonte, on ne descend pas s'abriter. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Coincé dans un ascenseur de station** : [[URG-ASC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-014","titre":"Survivre sur une île","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ile","naufrage","tromelin","selkirk","noix de coco","eau de pluie","signal","corail","ciguatera"],"sources":["Guérout M., Romon T., Tromelin, l'île aux esclaves oubliés, CNRS Éditions, 2010","Cooke E., A Voyage to the South Sea, 1712 (récit d'Alexander Selkirk)","Organisation mondiale de la santé, ciguatera"],"corps":"::En 1761, un navire français fait naufrage sur Tromelin, un îlot plat d'un kilomètre carré au milieu de l'océan Indien. L'équipage repart sur un radeau en promettant de revenir chercher les esclaves malgaches abandonnés sur place. Quinze ans plus tard, on retrouve sept femmes et un bébé : ils ont survécu en gardant un feu allumé pendant quinze ans, en mangeant tortues, oiseaux et coquillages, et en buvant l'eau d'un puits qu'ils avaient creusé.::\n\n## COMPRENDRE\n\nSur une île, l'eau douce décide de tout ; la nourriture vient de la mer ; et le salut vient de l'horizon, à condition d'être vu.\n\n## AGIR\n\n**L'eau d'abord**\n- **La pluie** : tout ce qui peut la recueillir (bâches, feuilles, coquillages, récipients). Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Creuser** : sur les îles basses, l'eau douce de pluie flotte sur l'eau salée dans le sable. Un puits peu profond, loin du rivage. Voir [[SURV-MIL-010]].\n- **Les noix de coco vertes** : leur eau se boit, sans excès (elle fait courir aux toilettes).\n- **Le distillateur solaire** : [[SURV-EAU-008]].\n\n**Un abri** au-dessus de la limite des plus hautes vagues, à l'ombre, à l'abri du vent dominant.\n\n**Le feu**, jour et nuit si on peut : pour cuire, purifier l'eau, se signaler, et pour le moral. Voir [[SURV-FEU-005]].\n\n**Se faire voir**\n- **De grands signaux** au sol sur la plage : SOS en pierres, en branches, en algues, contrastés avec le sable. Voir [[SIG-COM-011]].\n- **Un tas de bois prêt** à allumer avec des feuilles vertes pour la fumée blanche. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Le miroir** : [[SIG-COM-013]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Manger** : coquillages, poissons, crabes, œufs d'oiseaux, tortues, noix de coco. Voir [[SURV-RES-008]] et [[SURV-RES-006]].\n- **La ciguatera** : certains gros poissons des récifs tropicaux (barracuda, mérou) accumulent une toxine que la cuisson ne détruit pas. On préfère les petits poissons.\n- **Le corail** coupe et les plaies s'infectent vite : chaussures, et chaque coupure soignée. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **Le soleil** : [[TEC-SAN-022]].\n\nAlexander Selkirk, marin écossais abandonné quatre ans sur une île du Pacifique au début du XVIIIe siècle, a inspiré Robinson Crusoé. Comme les naufragés de Tromelin, il a tenu par la routine et le travail. Voir [[SURV-PSY-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-013","titre":"La grotte et le souterrain","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["grotte","speleologie","trois sources de lumiere","crue souterraine","air vicie","carrieres","mines","chauves-souris","tham luang"],"sources":["Fédération française de spéléologie, règles de sécurité","Spéléo Secours Français","Gouvernement thaïlandais, opération de sauvetage de la grotte de Tham Luang, 2018"],"corps":"::En juin 2018, en Thaïlande, douze jeunes footballeurs et leur entraîneur entrent dans la grotte de Tham Luang ; la pluie de mousson noie la sortie derrière eux. Il faudra dix-sept jours et des plongeurs venus du monde entier pour les sortir tous vivants ; un sauveteur y perdra la vie. Une grotte est un abri parfait, et un piège parfait.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La température** reste presque constante toute l'année, proche de la moyenne annuelle du lieu : fraîche l'été, douce l'hiver.\n- **Le noir est total** : sans lumière, on ne ressort pas.\n- **L'eau monte** : une pluie à l'extérieur, même loin, peut noyer des galeries en quelques heures.\n- **L'air peut manquer** dans les parties basses et les cavités fermées : le gaz carbonique s'y accumule.\n- **Les anciennes mines et carrières** s'effondrent, cachent des puits, retiennent des gaz.\n\n## AGIR\n\n**Avant d'entrer**\n\n- **Jamais seul**, et **quelqu'un dehors sait** où l'on va et à quelle heure on ressort.\n- **Trois sources de lumière** par personne, c'est la règle des spéléologues. Et un casque.\n- **La météo** : pas de sortie sous terre quand de fortes pluies sont annoncées.\n- **Marquer son chemin** aux croisements (flèches, cairns), et se retourner souvent pour voir le chemin du retour, qui paraît différent.\n\n**Dedans**\n\n- **Une flamme qui baisse**, une respiration qui s'accélère, un mal de tête : l'air est vicié. On remonte.\n- **Ne pas toucher les chauves-souris** (rage) ni soulever la poussière de leurs déjections.\n\n**Bloqué ou perdu**\n\n- **Rester sur place**, sur un point haut au-dessus du niveau des crues.\n- **Économiser la lumière** : une seule lampe à la fois, et le moins possible.\n- **Se tenir au chaud** : couverture de survie, serrés les uns contre les autres. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n- **Taper** régulièrement sur la roche, siffler : les sons portent loin sous terre.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les carrières et catacombes** des villes (comme sous Paris) sont interdites d'accès au-delà des parties ouvertes au public : effondrements, égarements, amendes.\n- **Comme abri** (chaleur, bombardements) : près de l'entrée, jamais au fond, avec de l'air et une sortie.\n- **Un secours souterrain** est long et difficile : en France, il est assuré par des spéléologues volontaires spécialisés, qu'on alerte par le 112.\n\nLe métro et les souterrains des villes : [[SURV-MIL-015]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-012","titre":"La forêt tropicale","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["foret tropicale","jungle","guyane","suivre l'eau","lianes a eau","humidite","infections","hamac","bambou"],"sources":["Koepcke J., Quand je suis tombée du ciel, 2011","US Army, FM 21-76 Survival, milieux tropicaux","Armée de terre, Centre d'entraînement en forêt équatoriale (CEFE), Guyane"],"corps":"::Le 24 décembre 1971, un avion se désintègre au-dessus de l'Amazonie péruvienne. Juliane Koepcke, 17 ans, tombe attachée à son siège et survit. Seule, blessée, elle se souvient d'un conseil de son père biologiste : suivre l'eau vers l'aval. Onze jours plus tard, elle atteint une cabane de bûcherons. En France, c'est en Guyane que l'armée apprend à vivre dans ce milieu.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Tout est mouillé**, tout le temps : vêtements, bois, pieds. Les petites plaies s'infectent en un ou deux jours.\n- **On ne voit rien** : la voûte des arbres cache le soleil et l'horizon, on se perd en quelques dizaines de mètres.\n- **L'eau est partout**, mais rarement propre.\n- **Les dangers** viennent surtout du petit : moustiques (paludisme, dengue), sangsues, fourmis, infections, champignons de la peau. Les grands animaux fuient l'homme.\n\n## AGIR\n\n**Se diriger** : **suivre les cours d'eau vers l'aval**. Les ruisseaux mènent aux rivières, les rivières aux villages, aux routes, aux pistes d'orpailleurs et de bûcherons. Attention aux crues soudaines après la pluie.\n\n**L'eau**\n- **La pluie**, recueillie sur de grandes feuilles ou une bâche : la plus sûre.\n- **Certaines lianes** donnent une eau claire quand on les coupe (d'abord en haut, puis en bas). Une sève laiteuse, amère ou colorée : on ne boit pas.\n- **Les ruisseaux** : toujours traiter. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**Dormir** : **au-dessus du sol**, dans un hamac avec moustiquaire, ou sur une plate-forme de branches. Au sol, l'eau, les fourmis et les serpents viennent à vous.\n\n**Le corps**\n- **Chaque égratignure** nettoyée et couverte. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **Les pieds** séchés et aérés chaque soir. Voir [[TEC-SAN-027]].\n- **Des vêtements secs** réservés à la nuit, les mouillés remis le matin.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le feu** : le bois mort encore debout, l'intérieur des branches mortes, les résines. **Le bambou** coupé en tronçons fermés **explose** dans le feu : on le fend avant.\n- **La nourriture** : fruits connus, cœur de palmier, poissons, insectes. Dans le doute : [[SURV-COM-001]].\n- **Les serpents** : [[URG-SERP-001]]. **Le paludisme** : [[TEC-SAN-036]]. **Se signaler** depuis une rivière ou une clairière : [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-011","titre":"Marcher et vivre dans la neige","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["neige","raquettes","faire la trace","glace","lac gele","corniche","transpiration","eau de neige","voile blanc"],"sources":["US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual","Minnesota Department of Natural Resources, épaisseur de glace et sécurité","ANENA, sécurité en montagne l'hiver"],"corps":"::Dans la neige profonde, sans raquettes, chaque pas enfonce jusqu'au genou : on dépense deux à trois fois plus d'énergie qu'en marchant sur un chemin, et on transpire, ce qui est le vrai piège. Les vieux trappeurs le disaient : partir en ayant un peu froid, jamais en ayant chaud.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La sueur** mouille les vêtements, et un vêtement mouillé ne tient plus chaud. Au premier arrêt, on gèle.\n- **La neige** isole, mais sa fonte coûte beaucoup d'énergie au corps : manger de la neige refroidit.\n- **Les pièges** : corniches de neige au bord des crêtes, lacs et rivières gelés, avalanches, voile blanc où l'on ne distingue plus le sol du ciel.\n\n## AGIR\n\n**Avancer**\n\n- **Des raquettes**, même improvisées : un cadre ovale de branches souples, un treillis de branches de sapin ou de cordelette, attaché sous la chaussure. On enfonce beaucoup moins.\n- **Faire la trace à tour de rôle** : celui de devant s'épuise, on change toutes les dix ou quinze minutes. Les autres marchent dans ses pas.\n- **Enlever une couche avant la montée**, la remettre à l'arrêt. Marcher juste en dessous de la transpiration.\n\n**Les dangers**\n\n- **La glace** : moins de 10 cm de glace claire, on ne marche pas dessus. Glace grise, fondante, près des arrivées d'eau et des roseaux : jamais. Voir [[URG-GLACE-001]].\n- **Les corniches** : on reste loin du bord d'une crête enneigée, côté où le vent a soufflé.\n- **Les pentes chargées** : voir [[SURV-MIL-007]].\n- **Le voile blanc** : on s'arrête, on s'abrite, on attend.\n- **Les yeux** : lunettes, ou fente de fortune. Voir [[TEC-SAN-022]].\n\n**Boire**\n\n- **Faire fondre** la neige plutôt que la manger : dans une casserole, on met d'abord **un fond d'eau**, puis la neige peu à peu, sinon elle brûle et prend un goût de brûlé.\n- **La glace** donne plus d'eau que la neige pour le même combustible.\n- **Un sac noir** au soleil fait fondre la neige sans feu.\n\n## ADAPTER\n\n- **S'abriter** : tranchée, grotte de neige. Voir [[SURV-ABRI-003]].\n- **Le froid** : [[SURV-MIL-001]]. **Les gelures** : [[TEC-SAN-027]].\n- **Conduire** sur la neige : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-010","titre":"La côte et la plage","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cote","plage","drapeaux","courant","falaise","vague","bois flotte","eau douce","dune"],"sources":["SNSM, conseils de sécurité à la plage et au bord de mer","Norme ISO 20712, signalisation de sécurité des plages","US Army, FM 21-76 Survival, eau douce sur la côte"],"corps":"::Au bord de la mer, l'eau salée est partout et l'eau douce nulle part, sauf pour ceux qui savent qu'elle flotte : derrière la première dune, en creusant, la pluie accumulée dans le sable forme une lentille d'eau douce posée sur l'eau de mer. La côte nourrit bien ; elle noie et écrase aussi ceux qui la regardent de trop près.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les courants** qui partent vers le large, entre les bancs de sable, emportent les baigneurs. Voir [[URG-MER-001]].\n- **La marée** remonte vite et coupe les retours au pied des falaises et sur les îlots. Voir [[TEC-TER-010]].\n- **Les vagues** sur les rochers : une série plus grosse arrive toujours sans prévenir.\n- **Les falaises** s'éboulent, surtout après la pluie et le gel.\n\n## AGIR\n\n**Se baigner**\n\n- **Les drapeaux** : vert, baignade surveillée sans danger particulier ; jaune ou orange, dangereuse mais surveillée ; rouge, interdite. Les drapeaux rouge et jaune délimitent la zone surveillée ; un drapeau violet signale une pollution ou des animaux dangereux.\n- **Pris dans un courant** : ne pas nager contre, se laisser porter, nager parallèlement à la plage, faire signe.\n\n**Marcher le long de la côte**\n\n- **Connaître l'heure de la marée** avant de partir sous les falaises.\n- **Ne pas s'asseoir au pied d'une falaise**, ni marcher au bord du haut.\n- **Tourner le dos à la mer** le moins possible sur les rochers.\n\n**Vivre de la côte**\n\n- **L'eau douce** : creuser derrière la première dune, au-dessus de la limite des hautes eaux, et recueillir **la première eau** qui suinte, la plus douce. Goûter : trop salée, on creuse plus loin de la mer. Puis la traiter. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Le bois flotté** : feu et abri. Il brûle bien une fois sec, mais le bois gorgé de sel crépite.\n- **Coquillages et algues** : [[SURV-RES-008]]. **La pêche** : [[SURV-RES-006]]. **Le sel** : [[TEC-ALI-019]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le soleil** tape double, renvoyé par l'eau et le sable. Voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Les méduses, la vive** : [[URG-PIQ-001]].\n- **Tempête et submersion** : on quitte les côtes basses. Voir [[TEC-TER-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-009","titre":"La forêt tempérée","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["foret","bois mort","chasse","orange","branches","se perdre","ressources","tiques","champignons"],"sources":["Office national des forêts, sécurité en forêt","Office français de la biodiversité, bilan annuel des accidents de chasse","IGN, inventaire forestier national"],"corps":"::La forêt couvre près d'un tiers de la France. C'est le milieu le plus généreux qui soit : bois, eau, abri, nourriture. Mais on s'y perd en cent mètres, une branche morte peut tomber sans un bruit, et de septembre à février, on y croise des chasseurs qui ne vous attendent pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On perd ses repères** très vite : pas d'horizon, tout se ressemble, on tourne en rond sans s'en rendre compte.\n- **Les branches mortes** et les arbres morts debout tombent par grand vent, et parfois sans vent du tout.\n- **La chasse** : les battues sont signalées par des panneaux sur les chemins, mais pas toujours.\n- **Les ressources** : bois sec (les branches mortes encore sur l'arbre), eau des ruisseaux, noix, châtaignes, baies, champignons, gibier.\n\n## AGIR\n\n**Se repérer**\n\n- **Une carte et une boussole**, et on vérifie sa direction souvent. Voir [[SURV-ORI-006]].\n- **Suivre les mains courantes** : chemins, ruisseaux, lisières, lignes électriques. Voir [[SURV-DEP-007]].\n- **Perdu** : on s'arrête. Voir [[URG-PERDU-001]].\n\n**Se protéger**\n\n- **Une couleur vive** (orange, jaune) en saison de chasse, et on parle fort en approchant d'une battue.\n- **Ne jamais camper ni s'arrêter sous un arbre mort** ou une grosse branche morte.\n- **Les tiques** : inspection le soir. Voir [[TEC-SAN-020]].\n- **Le feu** : seulement là où c'est permis, jamais en été sec. Voir [[TEC-TER-001]].\n\n**Se nourrir et s'abriter**\n\n- **Les plantes sûres** : [[TEC-BOT-004]]. **Les champignons**, jamais sans certitude : [[TEC-BOT-005]].\n- **La hutte de débris** : [[SURV-ABRI-003]].\n- **L'eau** des ruisseaux se traite toujours. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Descendre un ruisseau** mène souvent vers une vallée habitée, mais pas toujours : attention aux gorges et aux cascades.\n- **La nuit tombe plus tôt** sous les arbres : on s'arrête et on s'installe avant la pénombre.\n- **L'orage** : loin des arbres isolés et des lisières, au cœur d'un peuplement bas et régulier. Voir [[URG-FOU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-008","titre":"Marais, vase et sables mouvants","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sables mouvants","vase","marais","maree","baie du mont-saint-michel","sangsues","tourbiere"],"sources":["Khaldoun A., Eiser E., Wegdam G.H., Bonn D., Liquefaction of quicksand under stress, Nature, 2005","SHOM, Service hydrographique et océanographique de la Marine, prévisions de marée","Préfecture de la Manche, consignes de sécurité pour la traversée de la baie du Mont-Saint-Michel"],"corps":"::Les sables mouvants n'avalent personne : ils sont deux fois plus denses que le corps humain, on s'y enfonce au pire jusqu'à la taille. Ce qui tue, c'est d'y rester coincé pendant que la marée remonte, ou que le froid et l'épuisement font leur travail.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les sables mouvants** sont du sable gorgé d'eau qui se liquéfie quand on l'agite. Plus on se débat, plus il se liquéfie autour des jambes, puis il se tasse et serre comme du béton.\n- **La vase** des estuaires colle et aspire les bottes, épuise en quelques centaines de mètres.\n- **Dans les baies à grande marée**, comme celle du Mont-Saint-Michel, la mer remonte vite. Le dicton parle d'un cheval au galop ; en vérité, plutôt la vitesse d'un bon marcheur, ce qui suffit largement à piéger ceux qui sont loin ou enlisés.\n\n## AGIR\n\n**Enlisé**\n\n1. **Ne pas se débattre**, ne pas tirer d'un coup sur une jambe.\n2. **Retirer le sac**, se pencher en arrière pour répartir son poids, comme sur un matelas.\n3. **Remuer doucement les jambes** en petits cercles : l'eau s'infiltre autour et relâche la prise.\n4. **Sortir une jambe, puis l'autre**, lentement, et ramper à plat vers le sol ferme.\n5. Un bâton glissé sous les hanches ou un compagnon qui tend une branche, **sans venir dans la zone**.\n\n**Traverser une vasière ou un marais**\n\n- **Un bâton** pour sonder devant soi.\n- **Marcher sur les touffes d'herbe** et les racines, à grandes enjambées, sans s'arrêter.\n- **Les roseaux** signalent l'eau ; les aulnes et les saules, un sol gorgé.\n- **Les chenaux** qui paraissent vides se remplissent les premiers à la marée montante.\n\n**Les grandes baies à marée** : jamais sans guide, jamais sans connaître l'heure de la marée, demi-tour au premier doute.\n\n## ADAPTER\n\n**Les sangsues** : glisser un ongle sous la ventouse et la détacher. Ni sel, ni flamme, ni arrachage : la plaie saigne un moment, c'est normal. Désinfecter.\n\n**L'eau des marais** : à traiter comme la plus sale. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**Les moustiques** : manches longues, répulsif, moustiquaire la nuit.\n\nTraverser une rivière : [[SURV-DEP-006]]. Les courants de la mer : [[URG-MER-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-007","titre":"La neige et les avalanches","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["avalanche","neige","bera","pente","plaque a vent","dva","pelle","sonde","ensevelissement"],"sources":["ANENA, Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches","Météo-France, bulletin d'estimation du risque d'avalanche (BERA)","Falk M., Brugger H., Adler-Kastner L., Avalanche survival chances, Nature, 1994"],"corps":"::Neuf fois sur dix, l'avalanche qui tue a été déclenchée par la victime ou par quelqu'un de son groupe. Et près de la moitié des morts arrivent un jour de risque 3 sur 5, pas 5 : les jours de risque maximal, tout le monde reste en bas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La pente** : presque toutes les avalanches partent entre **30 et 45°**. En dessous de 30°, rarement ; mais une petite pente sous une grande pente reste exposée.\n- **Les plaques à vent** : la neige soufflée s'accumule en plaques compactes sur les versants à l'abri du vent. Elles cassent d'un bloc sous le poids d'un skieur.\n- **Les signaux d'alarme** : beaucoup de neige fraîche, vent fort, redoux rapide, fissures qui partent sous les pieds, **un bruit sourd** (la neige qui s'effondre), avalanches récentes à côté.\n\n## AGIR\n\n**Avant de partir**\n\n- **Le bulletin d'avalanche** du jour, sur 5 niveaux. À partir de 3, on choisit des pentes douces.\n- **Chacun son détecteur de victimes (DVA), sa pelle et sa sonde**, et on s'est entraîné à s'en servir.\n\n**Sur le terrain**\n\n- **Un par un** dans les pentes suspectes, les autres à l'abri.\n- **Pas d'arrêt** au milieu d'une pente ou au pied d'une pente raide.\n\n**Pris dans une avalanche**\n\n1. **Fuir sur le côté** si c'est encore possible.\n2. **Se débarrasser** des bâtons, **nager** pour rester en surface.\n3. Quand ça ralentit, **un bras devant le visage** pour garder une poche d'air, l'autre tendu vers le haut.\n\n**Un compagnon enseveli**\n\n**On ne part pas chercher des secours** : c'est vous, maintenant, sa meilleure chance. Plus de 9 personnes sur 10 survivent si elles sont dégagées **dans le quart d'heure** ; ensuite, les chances s'effondrent.\n\n1. Repérer le point où on l'a vu disparaître.\n2. Tous les DVA en recherche, fouiller en aval de ce point.\n3. Sonder, puis **pelleter en V** en commençant un peu en aval, pour dégager la tête d'abord.\n4. Appeler le 112 dès qu'une personne est libre pour le faire.\n\n## ADAPTER\n\n**Sans matériel**, la seule protection est de **ne pas y aller** : pentes douces, forêts denses, crêtes larges.\n\n**Bloqué dans la neige**, une tranchée ou une grotte de neige protège mieux du vent qu'une tente. Voir [[SURV-MIL-001]].\n\nLa montagne : [[SURV-MIL-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-006","titre":"Le mal des montagnes","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["altitude","mal aigu des montagnes","oedeme cerebral","oedeme pulmonaire","acclimatation","descendre","himalaya"],"sources":["Luks A.M. et al., Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Acute Altitude Illness, Wilderness & Environmental Medicine, 2019","Roach R.C. et al., The 2018 Lake Louise Acute Mountain Sickness Score, High Altitude Medicine & Biology, 2018"],"corps":"::Au sommet de l'Everest, chaque respiration apporte trois fois moins d'oxygène qu'au bord de la mer. Le corps s'adapte, mais lentement. Ceux qui meurent du mal des montagnes sont souvent des gens en forme, pressés, qui ont continué à monter avec un mal de tête.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe mal des montagnes peut commencer **dès 2 500 m**. Il ne dépend pas de la forme physique : un sportif peut être malade, un sédentaire non.\n\n**Le mal aigu** : mal de tête, avec nausées, fatigue, vertiges ou mauvais sommeil, quelques heures après être monté. Désagréable, sans danger s'il est pris au sérieux.\n\n**Les deux formes graves**, qui tuent en quelques heures :\n\n- **L'œdème cérébral** : confusion, comportement bizarre, **démarche d'ivrogne**. Test : marcher en ligne droite en posant le talon contre les orteils. S'il n'y arrive pas, c'est grave.\n- **L'œdème pulmonaire** : essoufflement **au repos**, toux, gargouillement dans la poitrine, parfois des crachats roses et mousseux.\n\n## AGIR\n\n**Monter lentement**\n\n- Au-dessus de 3 000 m, ne pas dormir **plus de 300 à 500 m plus haut** que la nuit précédente.\n- **Une journée de repos** tous les trois ou quatre jours.\n- **Monter haut, dormir bas** : on peut grimper plus haut dans la journée, et redescendre dormir.\n- Boire normalement, **pas d'alcool ni de somnifères**.\n\n**Les trois règles**\n\n1. **Malade en altitude, c'est le mal des montagnes** jusqu'à preuve du contraire.\n2. **On ne monte jamais plus haut avec des symptômes.**\n3. **Si ça empire, on descend.** Tout de suite, même de nuit. **Et jamais seul** : un malade laissé seul ne redescend pas toujours.\n\n**Le mal aigu** : repos à la même altitude, paracétamol ou ibuprofène. Mieux en un ou deux jours, on peut repartir doucement. Pas mieux, on descend.\n\n**Les formes graves** : **descendre immédiatement** d'au moins 300 à 1 000 m, oxygène si on en a, secours.\n\n## ADAPTER\n\n**Des médicaments existent** pour prévenir et traiter (sur ordonnance) ; ils ne remplacent jamais la descente.\n\n**Les enfants** ne savent pas toujours dire qu'ils ont mal à la tête : un enfant grognon, qui ne mange plus et ne joue plus en altitude est malade.\n\nLa montagne : [[SURV-MIL-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-005","titre":"La montagne","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["montagne","randonnee","meteo","orage","nevé","secours","signal de detresse","heure de demi-tour"],"sources":["Système national d'observation de la sécurité en montagne (SNOSM), bilans annuels","Commission internationale de sauvetage alpin (ICAR), signal de détresse alpin et signes à l'hélicoptère","Météo-France, bulletins montagne"],"corps":"::En France, ce ne sont pas les alpinistes qui déclenchent le plus de secours en montagne : ce sont les randonneurs. Une glissade sur un névé en baskets, un orage à 15 heures sur une crête, une nuit imprévue en tee-shirt. La montagne pardonne peu, mais elle prévient presque toujours.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La température baisse d'environ 6 °C tous les 1 000 m.** Il fait 25 °C au parking et 10 °C au col, plus le vent.\n- **Les orages d'été** se forment souvent l'après-midi. Le matin est calme, pas la journée.\n- **Les névés**, ces plaques de neige dure qui restent l'été, se dévalent comme un toboggan vers les rochers.\n- **Le brouillard** peut tomber en quelques minutes et effacer le sentier.\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **La météo montagne** de la veille et du matin. Un orage annoncé, on change de programme.\n- **Dire où l'on va** et quand on rentre.\n- **Une heure de demi-tour** fixée au départ : à cette heure, on fait demi-tour, sommet atteint ou pas.\n- Dans le sac : **veste imperméable, polaire, bonnet, gants**, eau, nourriture, lampe, couverture de survie, carte, téléphone chargé.\n\n**Pendant**\n\n- **Partir tôt**, être redescendu des crêtes en début d'après-midi.\n- **Jamais sur un névé raide** sans crampons ni piolet : on le contourne.\n- **Orage** : quitter les crêtes et les sommets, s'éloigner des arbres isolés, des pylônes et des câbles, s'accroupir pieds joints sur son sac, les membres du groupe écartés de quelques dizaines de mètres.\n\n**Appeler les secours**\n\n- **Le 112**. En France, le secours en montagne est **gratuit**, hors domaines skiables.\n- **Le signal de détresse alpin** : six coups de sifflet ou de lampe par minute, une minute de pause, et on recommence. La réponse : trois signaux par minute.\n- **À l'hélicoptère** : les deux bras levés en Y, « oui, besoin d'aide » ; un bras levé et un bras baissé, « non ». Voir [[SIG-COM-011]].\n\n## ADAPTER\n\n**Bloqué pour la nuit** : sous le vent, assis sur son sac, tous les vêtements, la couverture de survie, serrés les uns contre les autres. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n\nL'altitude : [[SURV-MIL-006]]. La neige et les avalanches : [[SURV-MIL-007]]. Le froid : [[SURV-MIL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-004","titre":"La ville en ruines","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ruines","decombres","poussiere","batiment instable","gaz","cables","deplacement","ville"],"sources":["INSARAG (Nations unies), Guidelines : évaluation des structures et marquage des bâtiments","FEMA, National Urban Search and Rescue Response System : structures endommagées","Retours d'expérience des séismes d'Haïti (2010), de Turquie (2023) et des villes détruites par la guerre"],"corps":"::Une ville détruite est un terrain où tout peut tomber, couper, brûler ou électrocuter. On s'y déplace comme en montagne : en regardant où l'on met les pieds, et plus encore au-dessus de sa tête.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes dangers d'une ville en ruines, du plus fréquent au plus grave :\n\n- **La poussière** : béton, plâtre, parfois amiante. Elle ronge les poumons en quelques jours.\n- **Les coupures** : verre, tôle, ferrailles, clous.\n- **Ce qui tombe** : morceaux de façade, balcons, vitres, cheminées, surtout après une réplique ou par vent fort.\n- **Les effondrements** : planchers et escaliers qui cèdent sous le poids.\n- **Le gaz et l'électricité** : fuites, câbles tombés.\n- **L'eau et les égouts** : caves inondées, eaux souillées, maladies.\n\n## AGIR\n\n**S'équiper** : masque filtrant (FFP2, ou tissu humide à défaut), lunettes, gants épais, chaussures à semelle dure, pantalon long, casque ou bonnet épais, lampe frontale, sifflet.\n\n**Se déplacer**\n\n- **Au milieu des rues larges**, loin des façades. Les débris tombent jusqu'à une distance égale à la moitié de la hauteur du bâtiment.\n- **Pas sous les balcons, les corniches, les murs penchés.**\n- **Testez chaque pas** sur les tas de gravats, avec un bâton.\n- **Jamais en marchant sur des câbles**, même tombés depuis longtemps : ils peuvent être remis sous tension.\n- **Une odeur de gaz** : on s'éloigne, sans allumer quoi que ce soit.\n\n**Juger un bâtiment avant d'y entrer**\n\n- **N'entrez pas** si : fissures en X ou en diagonale dans les murs porteurs, murs qui bombent ou penchent, étages décalés, poutres fendues, bruits de craquement, portes qui ne ferment plus.\n- **Regardez les marques** laissées par les secours : les équipes de sauvetage peignent sur les façades l'état du bâtiment et ce qu'elles y ont trouvé.\n\nVoir [[SURV-REC-001]] pour la fouille d'un bâtiment.\n\n## ADAPTER\n\n**Se repérer** : les repères habituels ont disparu. Suivez les grands axes, les voies ferrées, la rivière, et notez les repères qui restent (un clocher, une antenne).\n\n**La nuit** : on ne se déplace pas dans les décombres sans lumière, et une lumière vous signale à tout le monde. Mieux vaut s'arrêter avant la tombée du jour.\n\n**Les corps** : on ne les manipule pas sans gants. On les couvre, on note le lieu, on les signale : les secours et les familles en auront besoin.\n\n**Les chiens abandonnés** se regroupent et deviennent dangereux : bâton, sans courir.\n\n**L'eau** : jamais celle qui stagne dans les caves et les rues. Voir [[URG-EAU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-003","titre":"Naufrage et radeau de survie","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["naufrage","radeau","mer","gilet","balise","ancre flottante","eau douce","signaux"],"sources":["Organisation maritime internationale, Recueil LSA (engins de sauvetage) et IAMSAR volume III","Robertson D., Sea Survival, Paul Elek, 1973","Callahan S., Adrift: Seventy-Six Days Lost at Sea, 1986","SNSM, conseils de sécurité en mer"],"corps":"::On ne quitte pas un bateau pour monter dans un radeau : on monte dans le radeau quand le bateau quitte la surface. Beaucoup de naufragés sont morts dans des radeaux, alors que leur bateau abandonné flottait encore.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn bateau, même abîmé, se voit mieux, protège mieux et contient plus de ressources qu'un radeau. **On le garde tant qu'il flotte**. Ce qui tue ensuite, dans l'ordre : le froid et la noyade dans les premières heures, puis la soif en quelques jours, bien avant la faim.\n\n## AGIR\n\n**Avant d'abandonner le bord**\n\n1. **Gilets de sauvetage** sur tout le monde, capuche et vêtements chauds par-dessous.\n2. **Appel de détresse** : VHF canal 16 (« Mayday »), balise de détresse déclenchée. Voir [[SIG-COM-009]].\n3. **Le sac de survie** : eau, dessalinisateur manuel, fusées, miroir, lampe, trousse, médicaments contre le mal de mer, couteau.\n4. **Montez dans le radeau à sec** si possible, sans sauter dedans.\n\n**Dans le radeau**\n\n1. **Coupez l'amarre** seulement quand le bateau coule, puis éloignez-vous de lui.\n2. **Mettez l'ancre flottante** (un cône de toile tiré au bout d'une corde) : le radeau se stabilise, ne se retourne pas et dérive moins vite loin de la zone où l'on vous cherche.\n3. **Écopez, séchez**, gonflez le plancher : le froid vient de l'eau dans le fond.\n4. **Médicament contre le mal de mer tout de suite**, pour tout le monde : vomir, c'est perdre de l'eau.\n5. **Organisez** : quarts de veille, rationnement de l'eau, inventaire.\n\n**L'eau**\n\n- **Jamais d'eau de mer**, jamais d'urine. Voir [[TEC-CON-008]].\n- Les manuels de sauvetage conseillent de ne rien boire les premières 24 heures, sauf les blessés, puis environ un demi-litre par personne et par jour, en petites gorgées.\n- **Recueillez la pluie** par tous les moyens : bâche, toile du toit rincée, vêtements. Le dessalinisateur manuel donne quelques litres par jour à la force des bras.\n\n## ADAPTER\n\n**Des signaux** : les fusées et le miroir seulement quand un navire ou un avion est **en vue**. Voir [[SIG-COM-011]].\n\n**Le soleil** brûle et déshydrate : couvrez-vous, restez à l'ombre du toit du radeau, mouillez vos vêtements à l'eau de mer pour vous rafraîchir (sans en boire).\n\n**Pêcher** : poissons, oiseaux, algues. Le poisson apporte un peu d'eau et de nourriture, mais digérer des protéines demande de l'eau : on ne mange beaucoup que si l'eau le permet.\n\n**Le moral** : des naufragés ont tenu plus de deux mois en radeau. Ils avaient un but, une routine et des tâches.\n\nTomber à l'eau froide : [[URG-GLACE-001]]. Le courant qui entraîne vers le large : [[URG-MER-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-002","titre":"Le désert et la grosse chaleur","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["desert","chaleur","eau","ombre","nuit","crue eclair","vehicule","scorpion"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur le désert","Adolph E. F., Physiology of Man in the Desert, Interscience, 1947","Bureau of Land Management et National Park Service, Desert Safety"],"corps":"::Dans le désert, l'eau qu'on transporte compte moins que l'eau qu'on ne perd pas. On marche la nuit, on se tait le jour, on reste à l'ombre, et surtout on reste près de la voiture.::\n\n## COMPRENDRE\n\nEn plein soleil, par 40 °C, un homme qui marche perd **un litre de sueur par heure** ou plus. À l'ombre et au repos, beaucoup moins. **Le désert tue par déshydratation**, et beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine : un ou deux jours sans eau en plein été suffisent.\n\nLa nuit, à l'inverse, il peut faire très froid : le sable et l'air sec perdent leur chaleur vers le ciel.\n\n## AGIR\n\n1. **Restez près du véhicule** en panne : il se voit de loin, il fait de l'ombre, il contient de l'eau et du matériel. On retrouve les voitures ; on retrouve rarement les gens partis à pied.\n2. **À l'ombre aux heures chaudes**, de 10 h à 17 h environ : sous une bâche tendue à 30-40 cm au-dessus du sol, pas directement sur le sable brûlant.\n3. **Bougez la nuit, à l'aube et au crépuscule** si vous devez bouger.\n4. **Couvrez-vous** : vêtements amples, clairs, manches longues, chapeau à large bord, tissu sur la nuque. La peau nue au soleil perd plus d'eau qu'elle n'en garde.\n5. **Buvez ce qu'il faut**, sans attendre et sans « économiser » jusqu'à tomber. Voir [[SURV-EAU-006]].\n6. **Respirez par le nez, parlez peu, ne mangez que si vous avez de l'eau.**\n\n## ADAPTER\n\n**Les lits de rivière à sec (oueds)** : on n'y campe jamais. Un orage à des dizaines de kilomètres peut y envoyer une crue éclair en quelques minutes, sous un ciel bleu.\n\n**Les tempêtes de sable** : tissu humide sur le nez et la bouche, lunettes, dos au vent, et on ne bouge pas.\n\n**Scorpions et serpents** : secouez chaussures et vêtements le matin, ne mettez pas les mains sous les pierres. Voir [[URG-SERP-001]].\n\n**Trouver de l'eau** : au pied des falaises côté ombre, dans les creux de rochers après la pluie, là où pousse une végétation plus verte. Voir [[SURV-EAU-005]]. Le distillateur solaire donne peu, mais c'est toujours ça.\n\n**Se signaler** : un miroir, une fumée, des signaux au sol visibles de loin. Voir [[SIG-COM-011]].\n\n**Les signes du coup de chaleur** (confusion, arrêt de la sueur, peau brûlante) : [[URG-CHAL-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MIL-001","titre":"Le grand froid","axe":3,"categorie":"Milieux et Climats","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["froid","hiver","gelures","couches","neige","vent","abri","montagne"],"sources":["US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual et TC 21-3 Soldier's Handbook for Individual Operations in Cold Weather","Wilderness Medical Society, Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Frostbite, 2019","Giesbrecht G., Wilkerson J., Hypothermia, Frostbite and Other Cold Injuries, Mountaineers Books"],"corps":"::Dans le grand froid, on ne meurt pas d'avoir froid. On meurt d'avoir transpiré, puis de s'être arrêté mouillé. Toute la règle tient en un mot : sec.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps perd sa chaleur par le **vent**, par l'**humidité** (la sueur et la neige fondue sur les vêtements), par le **contact** avec le sol et le métal, et par la **respiration**. Un vêtement mouillé isole jusqu'à vingt fois moins qu'un vêtement sec.\n\n**Le vent** multiplie le froid ressenti : −10 °C avec un vent de 40 km/h donnent sur la peau l'effet de −20 °C.\n\n## AGIR\n\n**S'habiller en couches**\n\n1. **Contre la peau** : laine mérinos ou synthétique, qui évacue la sueur. **Jamais de coton**, qui la garde.\n2. **Au milieu** : polaire, laine épaisse, doudoune : l'isolation.\n3. **Dessus** : une veste coupe-vent et imperméable.\n4. **Les extrémités** : bonnet, cagoule ou tour de cou, moufles (plus chaudes que les gants), deux paires de chaussettes pas trop serrées.\n\n**Gérer la sueur** : **on enlève une couche avant d'avoir chaud**, pas après. On marche « un peu frais ». On ouvre les aérations dans l'effort, on referme à l'arrêt.\n\n**À l'arrêt** : on remet la couche chaude **tout de suite**, avant d'avoir froid.\n\n**Manger et boire** : le corps brûle ses réserves pour se chauffer. Du gras, du sucre, souvent. Boire chaud si possible ; faire fondre la neige plutôt que la manger.\n\n**Surveillez-vous à deux** : une tache blanche et cireuse sur le nez, les joues, les oreilles, c'est une gelure qui commence. Elle ne fait pas mal : c'est l'autre qui la voit.\n\n## ADAPTER\n\n**Une gelure** : ne frottez pas, surtout pas avec de la neige. Réchauffez contre la peau d'un autre (la main sous l'aisselle, le pied contre le ventre). Le réchauffement dans l'eau à 37-39 °C est le traitement, **seulement si l'on ne risque pas de regeler ensuite** : une gelure qui dégèle puis regèle est bien plus grave. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Le métal et l'essence** à très basse température brûlent la peau au contact : gants fins pour les manipuler.\n\n**Les yeux** : lunettes de soleil sur la neige, sinon l'ophtalmie des neiges aveugle douloureusement en quelques heures. En dépannage, une fente fine dans un carton ou un morceau d'écorce.\n\n**S'abriter** : la neige est un excellent isolant. Une tranchée creusée dans la neige, couverte de branches et d'une bâche, reste autour de 0 °C à l'intérieur quand il fait −20 °C dehors. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n\n**Dans une maison sans chauffage** : [[TEC-CON-012]]. **En voiture** : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MET-001","titre":"Prévoir le temps en lisant le ciel","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["météo","nuages","orage","vent","pluie","ciel","prévision","halo"],"sources":["Organisation météorologique mondiale : Atlas international des nuages","Met Office (Royaume-Uni) : identifier les nuages et les fronts","Météo-France : les orages et la sécurité en montagne"],"corps":"::Le mauvais temps s'annonce presque toujours dans le ciel des heures avant d'arriver. Il suffit de savoir quoi regarder, et dans quel ordre.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne perturbation, c'est de l'air chaud et humide qui glisse par-dessus l'air froid, sur une pente très douce. Il atteint d'abord les couches les plus hautes du ciel, à des centaines de kilomètres en avant de la pluie : c'est pour ça que les premiers signes sont des nuages de glace, très hauts. Le halo, c'est la lumière du soleil déviée par ces cristaux de glace, toujours sous le même angle, 22 degrés. Puis la pente amène la vapeur de plus en plus bas, et les nuages s'épaississent jusqu'à la pluie. Tout cela prend en général une journée : d'où le délai de douze à vingt-quatre heures.\n\nL'orage d'après-midi est une affaire de chaleur. Le sol chauffé réchauffe l'air, qui monte. Si l'air d'altitude est assez froid, la bulle d'air chaud continue de monter et le nuage grandit en hauteur. L'enclume se forme quand il touche le plafond de l'atmosphère où se font les nuages, et s'étale.\n\nDans l'hémisphère nord, le vent tourne autour des dépressions dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en entrant un peu vers leur centre. D'où la règle du dos au vent, énoncée au XIXe siècle par le météorologue néerlandais Buys-Ballot, et d'où le sens dans lequel le vent tourne quand une dépression passe.\n\nLa rosée se forme quand le sol se refroidit fort pendant la nuit. Il faut pour cela un ciel dégagé et pas de vent, les deux conditions d'un temps stable.\n\nAucun de ces signes n'est une certitude. Plusieurs signes qui vont dans le même sens, en revanche, se trompent rarement.\n\n## AGIR\n\n### Regardez d'où vient le temps\n\nEn France, le temps arrive le plus souvent de l'ouest. Regardez de ce côté, et regardez haut : les premiers signes sont les nuages les plus élevés.\n\n### La pluie qui arrive dans les douze à vingt-quatre heures\n\nLes nuages d'une perturbation arrivent toujours dans le même ordre. Quand vous le voyez se dérouler, la pluie approche :\n1. **des filaments blancs très hauts**, étirés en virgules, en « queues de chat » ;\n2. **un voile blanc laiteux** qui couvre le ciel, souvent avec **un halo** autour du soleil ou de la lune : un grand cercle lumineux ;\n3. **un voile gris plus épais** : le soleil n'est plus qu'une tache pâle, comme derrière un verre dépoli, et les objets ne font plus d'ombre ;\n4. **des nuages bas, gris sombre, uniformes** : la pluie, continue, pour des heures.\nPlus les nuages s'épaississent et descendent, plus la pluie est proche.\n\n### L'orage de l'après-midi\n\nLe matin, de petits nuages blancs et plats, les cumulus de beau temps : rien à craindre. S'ils **grossissent en hauteur avant midi** et prennent l'allure de choux-fleurs de plus en plus hauts, l'orage est probable dans l'après-midi. **Un sommet qui s'étale en enclume** : l'orage est là. En montagne, soyez redescendu des crêtes avant le début de l'après-midi. Pour savoir à quelle distance il est, comptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre et divisez par trois : vous avez des kilomètres (voir [[SURV-ORI-004]]).\n\n### Le vent qui tourne\n\n**Dos au vent, dans l'hémisphère nord, la dépression est sur votre gauche,** un peu en avant. Si le vent forcit en tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du sud-ouest vers le sud par exemple, une dépression approche. S'il tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, vers le nord-ouest puis le nord, elle s'éloigne : souvent un dernier passage d'averses, puis le ciel se dégage et l'air se rafraîchit.\n\n### Les petits signes du matin et du soir\n\n- **Rosée ou gelée blanche au lever** : la nuit a été claire et calme. La journée restera sèche, le plus souvent.\n- **Pas de rosée après une nuit claire** : le vent ou les nuages sont arrivés. Le temps change.\n- **Ciel rouge le soir** : le ciel est dégagé vers l'ouest, d'où vient le temps. Plutôt bon signe pour le lendemain.\n- **Ciel rouge le matin** : le ciel est dégagé à l'est, mais les nuages arrivent de l'ouest. Méfiance.\n- **Des traînées d'avion qui persistent et s'étalent** : l'air est humide en altitude, souvent en avant d'une perturbation. **Des traînées qui disparaissent vite** : air sec, temps stable.\n- **La fumée d'un feu qui monte droit** : air calme et stable.\n\n## ADAPTER\n\n**Hémisphère sud.** Les règles de rotation s'inversent : dos au vent, la dépression est sur votre droite, et le vent tourne dans l'autre sens.\n\n**En montagne.** Les orages y sont plus fréquents, se forment plus vite, et la foudre frappe les points hauts. Au premier grondement, quittez crêtes et sommets, éloignez-vous des objets métalliques, ne vous abritez pas sous un arbre isolé, et écartez-vous les uns des autres. Surpris à découvert, accroupissez-vous pieds joints, sur votre sac si vous pouvez : ce n'est qu'un moindre mal, le vrai remède est d'être redescendu avant.\n\n**Au bord de l'eau.** Une houle qui grossit sans vent et une visibilité qui baisse annoncent aussi un changement. Les astuces des marins sont dans [[SURV-MAR-001]].\n\n**Une tempête arrive vraiment.** Se préparer et se protéger du vent : [[URG-TEM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-MAR-001","titre":"Les astuces de marin","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mer","bateau","navigation","collision","horizon","marée","vitesse","terre","île"],"sources":["Règlement international pour prévenir les abordages en mer (COLREG), règle 7","SHOM (Service hydrographique et océanographique de la Marine) : marées, marnage et règle des douzièmes","David Lewis, We, the Navigators : la navigation traditionnelle du Pacifique"],"corps":"::Les marins ont appris à tout mesurer avec presque rien : un repère sur le bord, une montre, un bout de bois qui flotte. Ces astuces marchent aussi à terre.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe relèvement constant est de la géométrie pure. Deux mobiles qui vont se rencontrer se voient toujours sous le même angle, jusqu'au choc. Si l'angle change, ils n'arrivent pas au même point au même moment. Ce qui trompe, c'est que rien ne semble bouger : un navire sur une route de collision paraît immobile, il grossit seulement. Le règlement maritime international le dit en une phrase : si le relèvement d'un navire qui s'approche ne change pas de façon appréciable, le risque d'abordage existe.\n\nL'horizon est proche parce que la Terre est ronde : la ligne de votre regard frôle la surface à une distance qui ne grandit qu'avec la racine carrée de votre hauteur. Doubler la hauteur n'allonge l'horizon que de 40 %. L'air courbe un peu la lumière et repousse l'horizon de quelques pour cent de plus.\n\nLa marée suit à peu près une courbe en vague : lente près de la basse mer et de la pleine mer, rapide au milieu. La règle des douzièmes est l'approximation qu'on fait de tête. Elle devient fausse là où la côte déforme la marée (Méditerranée, estuaires, certains passages) : fiez-vous alors aux annuaires locaux.\n\nLes indices de terre reposent sur trois faits : une île chauffe plus vite que la mer, d'où le nuage qui s'y accroche ; les oiseaux côtiers ne dorment pas en mer ; une terre arrête ou renvoie la houle.\n\n## AGIR\n\n### Savoir si l'on va se percuter : le relèvement constant\n\nUn bateau, une voiture, un cycliste s'approchent en biais. Allez-vous vous croiser ou vous heurter ?\n1. Gardez votre cap et votre vitesse.\n2. Alignez l'autre avec un repère fixe de votre côté : un montant, un hauban, le coin du pare-brise, une branche si vous êtes à pied.\n3. Observez pendant une minute.\n- **Il glisse vers l'avant par rapport au repère** : il passera devant vous.\n- **Il glisse vers l'arrière** : il passera derrière.\n- **Il reste collé au repère et grossit : vous allez vous percuter.** Changez de cap ou de vitesse tôt et franchement, pour que l'autre comprenne votre manœuvre.\n\n### La distance jusqu'à l'horizon\n\nPrenez la racine carrée de la hauteur de vos yeux, en mètres, et **multipliez-la par 3,6** : vous avez la distance de l'horizon en kilomètres.\n- debout sur une plage, les yeux à 1,7 mètre : environ **4,7 km** ;\n- sur un toit ou un rocher à 10 mètres : environ **11 km** ;\n- en haut d'une falaise à 30 mètres : environ **20 km**.\nUn phare, une île, un navire se voient de plus loin, parce qu'ils ont leur propre hauteur : additionnez leur horizon au vôtre. Une colline de 100 mètres (36 km) vue depuis vos 1,7 mètre (4,7 km) peut apparaître à une quarantaine de kilomètres.\n\n### La vitesse avec un bout de bois\n\n1. Jetez à l'eau, à l'avant, quelque chose qui flotte et qui se voit bien.\n2. Comptez les secondes qu'il met à passer de l'avant à l'arrière du bateau.\n3. **Longueur du bateau en mètres ÷ secondes × 3,6 = vitesse en km/h.** Un bateau de 8 mètres parcouru en 4 secondes : 7,2 km/h, environ 4 nœuds.\nC'est le « loch hollandais » des anciens navigateurs. À terre, la même idée donne la vitesse d'une rivière : un bâton, deux repères sur la berge, un chronomètre.\n\n### La hauteur de l'eau heure par heure : la règle des douzièmes\n\nSur les côtes où la mer monte et descend deux fois par jour, comme l'Atlantique et la Manche, elle ne monte pas régulièrement. Coupez le marnage, l'écart entre la basse mer et la pleine mer, en douze parts :\n- 1re heure : **1/12** ;\n- 2e heure : **2/12** ;\n- 3e heure : **3/12** ;\n- 4e heure : **3/12** ;\n- 5e heure : **2/12** ;\n- 6e heure : **1/12**.\nAu milieu de la marée, la mer monte trois fois plus vite qu'au début. C'est là que les promeneurs se font piéger sur un banc de sable ou au pied d'une falaise.\nLes pleines mers reviennent environ **cinquante minutes plus tard chaque jour**. Les plus fortes marées, les vives-eaux, arrivent un à deux jours après la pleine lune et la nouvelle lune.\n\n### Savoir que la terre est proche\n\nSans instrument, les navigateurs du Pacifique trouvaient des îles qu'ils ne voyaient pas encore :\n- **un nuage immobile**, alors que les autres défilent : il se forme au-dessus d'une île que le soleil chauffe ;\n- **le dessous d'un nuage teinté de vert** : il reflète un lagon peu profond ;\n- **des oiseaux marins** qui partent vers le large le matin et, le soir, repartent tous dans la même direction : ils rentrent dormir à terre, suivez-les ;\n- **des débris végétaux frais**, des feuilles, des noix, et une houle qui se déforme : un obstacle la dévie.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes à pied au bord de la mer.** Avant de partir sur l'estran, notez l'heure de la basse mer, et sachez que l'eau remontera vite à partir de la deuxième heure. Gardez toujours un chemin de retour vers le haut de la plage. Si l'eau vous emporte : [[URG-MER-001]].\n\n**Vous êtes à terre.** Le relèvement constant marche pour traverser une route, croiser un cycliste, un animal qui charge, une voiture à un carrefour sans visibilité.\n\n**Vous conduisez un bateau.** Les bases de la conduite et des moteurs sont dans [[TEC-NAV-001]] et [[TEC-MOT-001]]. Garder un cap sans instrument, avec le soleil et les étoiles : [[SURV-ORI-001]].\n\n**Le ciel se charge.** Lire l'arrivée du mauvais temps avant qu'il soit là : [[SURV-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-LUM-001","titre":"Fabriquer une lampe","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lumiere","led","pile","batterie","fabrication","recuperation","nuit"],"sources":["Fiches techniques constructeurs de LED, caractéristiques directes courantes","INRS — Risques liés aux accumulateurs lithium-ion","Documentation Leroy Merlin et ADEME sur l'éclairage LED","Pratiques documentées d'éclairage de secours en milieu isolé"],"corps":"::Une lampe, c'est trois choses : quelque chose qui brille, quelque chose qui pousse le courant, et quelque chose qui coupe. Le reste est de la carrosserie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### La LED a changé la donne\n\nUne ampoule à filament transforme en lumière environ cinq pour cent de ce qu'elle consomme ; le reste part en chaleur. Une LED blanche fait dix à vingt fois mieux.\n\nEn pratique, cela veut dire qu'**une LED éclaire une nuit entière sur deux piles bâtons là où une ampoule les vide en une heure.** Quand l'énergie ne se recharge plus, c'est toute la différence.\n\nTrois choses à savoir avant de brancher quoi que ce soit.\n\n**Elle est polarisée.** Elle ne s'allume que dans un sens. La patte longue est le plus, le côté aplati du boîtier est le moins. Branchée à l'envers, elle ne fait rien — elle ne casse pas pour autant à basse tension.\n\n**Elle veut une tension précise.** Environ 1,8 à 2,2 volts pour une rouge, 3 à 3,4 volts pour une blanche ou une bleue.\n\n**Elle ne limite pas son courant toute seule.** C'est le point qui tue les LED des débutants : au-dessus de sa tension, une LED tire tout ce qu'on lui donne, chauffe et meurt en quelques secondes. **Il faut une résistance en série**, sauf dans un cas particulier expliqué plus bas.\n\n### Le calcul, une seule formule\n\nLa résistance vaut la tension en trop divisée par le courant voulu.\n\n**R = (tension de la pile − tension de la LED) ÷ courant**\n\nExemple concret. Trois piles bâtons font 4,5 volts, une LED blanche en consomme 3,2, il reste 1,3 volt à absorber. Pour vingt milliampères, soit 0,02 ampère : 1,3 ÷ 0,02 = **65 ohms**. On prend la valeur du dessus qu'on a sous la main, 68 ou 100 ohms. Plus la résistance est forte, moins ça éclaire, plus ça dure.\n\nEn dessous de dix milliampères une LED éclaire encore utilement pour lire ou se déplacer. **Pour une lampe qui doit tenir, visez bas.**\n\n### Le cas sans résistance\n\nUne pile bouton au lithium, du type de celles des montres et des cartes mères, a une résistance interne élevée : elle ne peut physiquement pas débiter assez pour détruire une LED. **Une LED blanche posée directement sur une pile bouton de trois volts fonctionne et tient plusieurs heures.** C'est la lampe la plus simple qui existe, et elle tient dans une poche de chemise.\n\n## AGIR\n\n**1. Trouvez la LED.** Guirlande électrique, lampe de vélo, éclairage de secours, plafonnier de voiture, feu arrière, lampe frontale morte, panneau publicitaire, rétroéclairage d'écran. Les télécommandes en contiennent aussi, mais elles émettent en infrarouge : invisibles à l'œil, inutiles ici.\n\n**2. Trouvez l'énergie.** Piles bâtons, piles boutons, batterie de téléphone, batterie d'outil électroportatif, batterie de voiture. Le tri de ce qui est encore vivant est dans [[TEC-ENE-004]].\n\n**3. Testez le sens.** Touchez brièvement les deux pattes sur une pile bouton. Ça s'allume ou pas. Notez le plus.\n\n**4. Assemblez.** LED, résistance en série sur l'une des deux pattes, interrupteur ou simple lame de métal qu'on plie, et les fils. À souder si vous avez de quoi, sinon torsadé serré et serré dans du ruban adhésif — la méthode propre est dans [[SURV-REC-007]].\n\n**5. Faites un porte-piles.** Deux vis dans une planchette, un ressort de stylo comme contact arrière, une bande de métal découpée dans une boîte de conserve. Le contact est ce qui lâche en premier : serrez-le et protégez-le de l'humidité.\n\n**6. Ajoutez un réflecteur et un diffuseur.** Une boîte de conserve polie ou doublée d'aluminium concentre le faisceau. À l'inverse, **une bouteille en plastique remplie d'eau, posée sur la lampe, transforme un point aveuglant en lumière douce qui éclaire toute une pièce.** C'est le meilleur rapport effort-résultat de la fiche.\n\n**7. Fermez le tout.** Un tube de PVC, une boîte de conserve, un bidon coupé. Prévoyez que ça tombe, que ça prenne l'eau, et que la pile devra se changer dans le noir.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de résistance.** Prenez-en une sur n'importe quelle carte électronique morte, ou remplacez-la par une deuxième LED en série, qui absorbera la tension en trop en éclairant elle aussi. Un bout de fil très fin et long fait office de résistance de fortune, mais c'est imprécis.\n\n**Vous n'avez que des ampoules à filament.** Elles tolèrent tout, ne demandent aucune résistance et se moquent du sens. Une ampoule de voiture sur une batterie de voiture éclaire fort et vide la batterie vite. Réservez-les aux besoins courts et intenses.\n\n**Vous avez une batterie de voiture.** C'est une réserve d'énergie énorme, et **un court-circuit y fait fondre un outil et démarre un incendie en quelques secondes.** Mettez un fusible dès la borne, isolez tout, et ne posez jamais un objet métallique en travers des deux bornes. Voir [[SURV-REC-003]] et [[TEC-ENE-003]].\n\n**Vous récupérez des cellules d'ordinateur portable.** Les cellules cylindriques qu'on y trouve font 3,7 volts et une belle capacité, mais le lithium-ion ne pardonne pas : **une cellule percée, écrasée, gonflée ou court-circuitée peut s'emballer thermiquement, cracher des gaz toxiques et prendre feu toute seule.** Une cellule gonflée se met dehors, à l'écart, et ne se récupère pas. Ne chargez jamais sans un circuit prévu pour.\n\n**Vous voulez préserver votre vision de nuit.** Utilisez une LED rouge, ou peignez la vôtre au marqueur rouge. L'œil adapté à l'obscurité met vingt à trente minutes à le redevenir après une lumière blanche, et quelques secondes après une rouge. Voir [[TEC-NUI-001]] et [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Vous devez rester discret.** Une lampe se voit de très loin la nuit, bien plus loin qu'on ne l'imagine. Baissez le courant, filtrez en rouge, éclairez vers le bas, et masquez tout sauf un trou de la taille d'une pièce.\n\n**Vous n'avez aucune électricité.** Une mèche de coton dans un bocal d'huile végétale, posée sur une rondelle de métal percée, brûle des heures avec une flamme stable. Toute combustion consomme l'oxygène de la pièce et produit du monoxyde : ventilez. Voir [[SURV-FEU-001]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous voulez recharger.** Un petit panneau solaire de jardin, une dynamo de vélo, un chargeur de voiture : le raccordement et les précautions sont dans [[TEC-SOLR-001]] et [[TEC-ENE-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-005","titre":"Laver le linge sans machine","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["linge","lessive","cendre","lierre","poux de corps","typhus","seau","sechage"],"sources":["Raoult D. et al., Evidence for louse-transmitted diseases in soldiers of Napoleon's Grand Army in Vilnius, Journal of Infectious Diseases, 2006","CDC, Body lice : traitement et lavage des vêtements","Sphere Handbook, 2018, standards d'hygiène (savon de lessive par personne et par mois)"],"corps":"::En 2001, on a ouvert à Vilnius une fosse commune de soldats de Napoléon, morts pendant la retraite de Russie. Dans leurs dents, l'ADN du typhus et de la fièvre des tranchées, deux maladies des poux de corps. Laver le linge, ce n'est pas du confort : c'est de la médecine.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn vêtement sale **tient moins chaud** (la sueur et le gras collent les fibres), irrite la peau, et abrite les **poux de corps**, qui vivent dans les coutures et non sur la peau. Eux transmettent le typhus.\n\nIl faut environ **200 g de savon de lessive par personne et par mois**, selon les standards humanitaires. Une réserve de pains de savon, c'est aussi un bon objet de troc.\n\n## AGIR\n\n1. **Trier** : chaussettes et sous-vêtements le plus souvent ; le reste peut attendre.\n2. **Tremper** une nuit dans l'eau savonneuse : le trempage fait la moitié du travail.\n3. **Frotter** les endroits sales (cols, poignets, aisselles) tissu contre tissu, ou sur une planche.\n4. **Le seau à piston** : un seau avec un couvercle percé, et une ventouse de débouchage neuve comme piston. Deux ou trois minutes de pompage valent un cycle de machine.\n5. **Rincer deux fois** : le savon qui reste irrite la peau.\n6. **Essorer** en tordant le linge autour d'un poteau ou d'une branche, ou roulé dans une serviette.\n7. **Sécher au soleil** : les ultraviolets tuent une partie des microbes et blanchissent le linge. Les couleurs à l'envers.\n\n## ADAPTER\n\n**Sans savon**\n\n- **L'eau de cendre** : un seau de cendre de bois dur, de l'eau, on laisse reposer, on utilise l'eau claire du dessus. Le mot « lessive » vient de là : pendant des siècles, on a lavé le linge à la cendre. **Elle est caustique** : gants si elle est forte, et jamais sur la laine ni la soie, qu'elle abîme.\n- **Le lierre** : une cinquantaine de feuilles bouillies un quart d'heure dans un litre d'eau donnent une lessive qui mousse un peu. **Toxique à avaler** : bidon étiqueté, hors de portée des enfants.\n- **La saponaire**, plante des bords de chemins, mousse aussi.\n\n**Les poux de corps** : lavage à 60 °C, ou coutures repassées au fer très chaud, ou vêtements enfermés deux semaines dans un sac fermé. Voir [[TEC-SAN-021]].\n\n**La laine** : eau froide ou tiède, pas de frottement (elle feutre), séchée à plat.\n\n**L'hiver** : par grand froid sec, le linge gèle sur le fil et sèche quand même, la glace s'évapore sans fondre. Plus lent, mais ça marche.\n\nSe laver avec peu d'eau : [[SURV-HYG-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-004","titre":"Les déchets quand plus personne ne les ramasse","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["dechets","ordures","rats","mouches","compost","brulage","tri","greve","hygiene"],"sources":["Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : gestion des déchets solides","Organisation mondiale de la santé, Rodents and vector control in emergencies","Retours d'expérience des grèves de ramassage (Naples 2008, Paris 2023)"],"corps":"::Deux semaines sans ramassage, et une rue se remplit de rats. Les déchets ne sont pas qu'une question d'odeur : c'est la cantine des bêtes qui transmettent les maladies. Il faut les trier, les fermer, les éloigner.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes ordures attirent **les rats, les mouches et les chiens errants**, qui transportent diarrhées, leptospirose et autres maladies. Ce sont les **restes de nourriture** qui attirent ; le reste encombre, mais ne nourrit personne.\n\n## AGIR\n\n**Trier tout de suite, en trois**\n\n1. **Ce qui se mange ou pourrit** (épluchures, restes, os) : c'est le plus dangereux, et le plus facile à faire disparaître.\n2. **Ce qui brûle proprement** : papier, carton, bois non traité.\n3. **Le reste** : plastiques, verre, métal, textiles, piles, produits chimiques.\n\n**Faire disparaître l'organique**\n\n- **Composter** épluchures et restes végétaux, en tas couvert ou en bac. Voir [[TEC-AGR-003]].\n- **Enterrer** les restes de viande, de poisson et les os, **à au moins 50 cm** de profondeur, loin de l'eau, et recouverts : sinon les chiens et les renards les déterrent.\n- **Donner** aux poules et aux cochons ce qu'ils mangent.\n\n**Fermer et éloigner le reste**\n\n- **Sacs fermés dans des poubelles à couvercle**, loin des pièces de vie et des points d'eau, à l'ombre.\n- Un point de collecte commun, **à distance** des maisons ou des tentes, sur un sol dur.\n- **Le carton et le papier** : brûlés en petite quantité dans un foyer extérieur, ou gardés secs, ils allument les feux.\n\n**Garder ce qui sert** : bouteilles, bocaux, boîtes de conserve, bidons, bâches, fils et cordes. Dans une crise longue, la poubelle d'hier est l'atelier de demain. Voir [[SURV-REC-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**Ne brûlez pas le plastique** à côté des habitations : sa fumée est toxique, surtout pour les enfants et les asthmatiques. Pneus, caoutchouc et objets peints, jamais.\n\n**Les piles, les batteries, les médicaments, les produits chimiques** : à part, dans un bac fermé, au sec, jusqu'à ce qu'une collecte reprenne.\n\n**Les déchets de soins** (aiguilles, pansements souillés) : aiguilles dans une bouteille en plastique rigide fermée, pansements dans un sac double.\n\n**Les rats sont déjà là** : supprimez la nourriture et les cachettes d'abord, les pièges ensuite. Un rat qui ne trouve plus rien à manger part.\n\nLes excréments ont leur propre règle : [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-003","titre":"Les règles sans protections du commerce","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["regles","menstruations","serviettes lavables","coupe menstruelle","hygiene","tissu"],"sources":["UNICEF, Guidance on Menstrual Health and Hygiene, 2019","Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : gestion de l'hygiène menstruelle","van Eijk A. et al., Menstrual cup use, leakage, acceptability, safety, and availability, The Lancet Public Health, 2019"],"corps":"::Dans chaque crise, les protections périodiques disparaissent des rayons parmi les premiers produits. La solution est vieille comme le monde et elle marche : du tissu propre, bien lavé, bien séché.::\n\n## COMPRENDRE\n\nIl faut deux choses : **absorber** et **rester propre**, pour éviter les irritations et les infections. Tout matériau propre, absorbant et doux fait l'affaire, à condition d'être changé assez souvent et lavé correctement.\n\n## AGIR\n\n**Des serviettes lavables en tissu**\n\n- **Du coton** : vieux t-shirts, draps, serviettes éponge, flanelle. Pas de synthétique contre la peau.\n- **Plusieurs épaisseurs** pliées en rectangle (une serviette éponge coupée au milieu, entourée de coton doux), ou cousues. Une couche extérieure imperméable (morceau de bâche fine, de nappe cirée) coupe les fuites.\n- **Tenues** par une culotte bien ajustée, ou par deux ailettes qu'on replie et fixe avec un bouton ou une épingle.\n\n**Changer** toutes les 4 à 6 heures, plus souvent si le flux est abondant.\n\n**Laver**\n\n1. **Rincer d'abord à l'eau froide** : l'eau chaude fixe le sang.\n2. Laver au savon, frotter, rincer.\n3. **Sécher au soleil** si possible : les ultraviolets désinfectent. À l'intérieur, en entier, jamais roulées humides.\n4. Ranger dans un sac propre.\n\n**Une coupe menstruelle**, si vous en avez une : elle se vide, se rince et se remet, jusqu'à 12 heures. On la stérilise entre deux cycles **en la faisant bouillir 5 minutes**. C'est la solution la plus durable sans magasin.\n\n## ADAPTER\n\n**Un tampon** se garde au plus 8 heures, jamais la nuit entière s'il y a mieux : au-delà, le risque de choc toxique augmente. Pas de tampon improvisé en tissu.\n\n**Pas d'eau pour laver** : des compresses, de la gaze pliée ou du papier absorbant en plusieurs couches dépannent, jetées dans un sac fermé.\n\n**Les douleurs** : ibuprofène au repas, une bouillotte sur le ventre. Voir [[TEC-SAN-009]].\n\n**L'intimité** : dans un abri collectif ou un camp, prévoir un endroit fermé pour se changer et faire sécher le linge sans être regardé compte autant que le matériel.\n\n**Des règles très abondantes** (une protection pleine en moins d'une heure pendant plusieurs heures), des vertiges, une grande fatigue : il faut un avis médical.","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-002","titre":"Les toilettes sans eau courante","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toilettes","latrines","excrements","seau","sciure","hygiene","maladies"],"sources":["Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : gestion des excréments","Leave No Trace Center for Outdoor Ethics, Dispose of Waste Properly","Organisation mondiale de la santé, Guidelines on Sanitation and Health, 2018"],"corps":"::Dans tous les camps, toutes les guerres, toutes les catastrophes, les excréments mal gérés ont tué plus que les armes. Des toilettes de fortune bien faites, c'est de la médecine.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes selles transportent les microbes des diarrhées, du choléra, de la typhoïde, de l'hépatite A. Ils reviennent vers la bouche par l'eau, les mains, les mouches et la nourriture. Trois barrières suffisent : **éloigner, couvrir, se laver les mains**.\n\n## AGIR\n\n**Seul, en nature : le trou de chat**\n\n- À au moins **60 mètres** (70 grands pas) de toute eau, de tout chemin, de tout campement.\n- Un trou de **15 à 20 cm** de profondeur, là où la terre est vivante.\n- On le rebouche, et on le marque d'un bâton planté pour que personne ne creuse au même endroit.\n\n**À plusieurs : la tranchée**\n\n- Une tranchée de 30 cm de large, 1 m de profondeur, **en aval** et loin des points d'eau, loin des tentes et de la cuisine.\n- **Après chaque passage, une pelletée de terre**, de cendre ou de sciure : ça coupe l'odeur et les mouches.\n- Rebouchée quand elle est remplie aux deux tiers, et on en creuse une autre.\n- **Un point de lavage des mains** juste à côté, avec du savon ou de la cendre. Voir [[SURV-HYG-001]].\n\n**En ville, sans eau (coupure, immeuble)**\n\n1. **Un seau** avec un couvercle, garni d'un **sac poubelle solide**, ou la cuvette des toilettes vidée et garnie d'un sac.\n2. **Après chaque usage** : une poignée de **sciure, de litière pour chat, de terre sèche ou de cendre**.\n3. **Les urines à part** si possible (un autre seau, une bouteille) : elles sont peu dangereuses, et sans elles le seau sent beaucoup moins et se remplit moins vite.\n4. Le sac se ferme serré, se double, et se stocke dehors, dans une poubelle fermée, jusqu'à ce qu'on puisse l'évacuer.\n\n## ADAPTER\n\n**Il reste un peu d'eau** : un seau d'eau versé d'un coup dans la cuvette suffit à chasser, même sans chasse d'eau. Utilisez l'eau de la baignoire ou de lavage, pas l'eau potable.\n\n**Les égouts refoulent** (inondation, coupure des pompes) : ne tirez plus la chasse, bouchez les évacuations en rez-de-chaussée, passez au seau.\n\n**Les mouches** sont le vecteur : un couvercle sur tout, et rien ne reste à l'air.\n\n**La chaux** vive ou éteinte jetée sur les excréments assainit et sèche, avec des gants et sans en respirer la poussière. Voir [[TEC-CHI-003]].\n\nPour une installation durable et un compost des excréments sans danger : [[TEC-CON-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-001","titre":"Se laver avec un litre d'eau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["hygiene","toilette","lavage des mains","savon","peau","infection","eau rare"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Hygiène des mains et prévention des infections","Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : promotion de l'hygiène","Centers for Disease Control and Prevention, Handwashing in emergencies"],"corps":"::Quand l'eau manque, on arrête la douche mais pas l'hygiène. Les mains, les aisselles, l'entrejambe et les pieds : se laver ces quatre endroits chaque jour évite l'essentiel des infections, et un litre suffit.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa saleté ne rend pas malade par elle-même. Ce qui rend malade, ce sont les microbes transmis par les **mains** (diarrhées, infections respiratoires) et ceux qui prolifèrent dans les zones **chaudes et humides** de la peau (mycoses, irritations, infections). C'est là qu'on met l'eau.\n\n## AGIR\n\n**Les mains, avant tout**\n\n- **Au savon**, 20 secondes, avant de manger ou de cuisiner, après les toilettes, après avoir soigné quelqu'un.\n- **Un robinet à pédale** fait de rien (un bidon percé d'un petit trou près du bouchon, suspendu à une branche, qu'on bascule avec une ficelle reliée à une pédale au sol) lave les mains avec quelques gouttes et sans toucher le bidon sale.\n- **La cendre de bois** frottée sur les mains mouillées remplace le savon quand il n'y en a plus.\n\n**La toilette au gant, dans l'ordre**\n\n1. Un gant ou un linge, une bassine d'environ un litre, un peu de savon.\n2. **Du plus propre au plus sale** : visage, cou, bras, aisselles, torse, puis entrejambe, puis pieds.\n3. Savonnez peu, rincez avec le linge trempé dans l'eau claire (un deuxième récipient si possible).\n4. **Séchez bien les plis** : entre les orteils, sous les seins, à l'aine. L'humidité qui reste fait les mycoses.\n\n**Les pieds** : lavés, séchés, chaussettes sèches chaque jour. Des pieds en mauvais état empêchent de marcher. Voir [[SURV-DEP-001]].\n\n**Les dents** : brosse humide, un peu de bicarbonate ou de sel si le dentifrice manque. Voir [[TEC-SAN-014]].\n\n**Les cheveux** : une fois par semaine suffit. Entre deux, un peu de fécule de maïs ou de talc démêlé à la brosse absorbe le gras.\n\n## ADAPTER\n\n**Presque pas d'eau** : lingettes, ou un linge humide et un peu d'alcool ou de gel hydroalcoolique pour les mains. L'eau réservée à la boisson n'est jamais sacrifiée à la toilette.\n\n**Eau de mer ou eau non potable** : bonnes pour se laver le corps, à rincer si possible à l'eau douce pour éviter les irritations. Pas pour les plaies ni les yeux.\n\n**Le linge** : sous-vêtements et chaussettes d'abord. Lavés à l'eau froide savonnée, rincés, séchés au soleil, qui désinfecte aussi.\n\nLes toilettes sans eau courante : [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-GUE-001","titre":"Franchir un cours d'eau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["eau","franchissement","deplacement","danger"],"sources":["Swiftwater rescue — principes de sécurité en eau vive","Wilderness Medical Society — cold water immersion","US Army Field Manual — river crossing operations"],"corps":"::Un cours d'eau qui vous arrive aux genoux peut vous emporter. Ce n'est pas la profondeur qui décide, c'est le produit de la profondeur par la vitesse.::\n\n## AGIR\n\n**Avant tout : est-ce que vous devez vraiment traverser ?** Un détour d'une heure vers un pont, un gué connu ou un rétrécissement coûte moins cher qu'un franchissement raté. Ce calcul est la première étape et il est presque toujours sauté.\n\n**Si vous traversez :**\n\n1. **Choisissez l'endroit.** Là où le lit est **large**, donc peu profond et lent. Jamais dans un rétrécissement, jamais dans un coude — l'extérieur d'un virage est creusé et rapide. Repérez ce qu'il y a **en aval** : un arbre couché, un barrage, une chute ou un rapide transforment une glissade en accident mortel.\n2. **Détachez la ceinture ventrale de votre sac.** Vous devez pouvoir vous en débarrasser en une seconde. Un sac attaché vous maintient sous l'eau.\n3. **Gardez vos chaussures.** Les pieds nus sur des galets glissants et coupants sont une garantie de chute. Retirez les chaussettes pour les garder sèches si vous voulez.\n4. **Face à l'amont, de biais.** Vous progressez en diagonale vers l'aval, en gardant le corps de profil pour offrir le moins de prise au courant.\n5. **Trois appuis en permanence.** Un bâton solide planté en amont fait le troisième pied. On déplace un seul appui à la fois, jamais deux.\n6. **Faites glisser les pieds** sur le fond au lieu de les lever. Lever un pied, c'est perdre un appui et se laisser déséquilibrer.\n7. **Ne regardez pas l'eau qui défile** : cela provoque un vertige immédiat. Regardez la berge d'en face.\n\n**À plusieurs**, traversez ensemble, bras verrouillés autour des épaules ou de la ceinture, le plus lourd en amont pour casser le courant. Un groupe soudé est bien plus stable qu'un individu.\n\n**Si vous êtes emporté : sur le dos, pieds en avant, à la surface, orientés vers l'aval.** Les pieds servent d'amortisseurs contre les rochers. Ne cherchez pas à vous mettre debout tant que l'eau est vive — c'est ainsi qu'un pied se coince entre deux pierres et que le courant vous couche sous la surface. Nagez en diagonale vers une berge quand le courant ralentit.\n\n## ADAPTER\n\n**L'eau est froide.** C'est le danger principal, plus que la noyade. L'immersion brutale provoque un choc qui coupe le souffle et fait perdre la maîtrise des mouvements en quelques minutes. Traversez vite, séchez-vous immédiatement de l'autre côté, changez de vêtements et bougez. Voir [[URG-HYPO-001]] : à ce stade, c'est elle qui devient l'urgence.\n\n**Vous voulez garder des affaires sèches.** Un sac plastique fermé à l'intérieur du sac protège efficacement. L'air emprisonné aide aussi à la flottaison. Un sac étanche bien fermé peut même servir de flotteur.\n\n**Le courant est fort mais vous avez une corde.** Le franchissement encordé demande une technique précise, et **une corde mal utilisée en eau vive tue** : une personne encordée en travers du courant est plaquée sous l'eau par la pression. Ne l'improvisez pas si vous n'avez pas été formé.\n\n**Quelqu'un avale de l'eau et s'étouffe.** Voir [[URG-ETOU-001]].\n\n**Vous cherchez juste de l'eau à boire.** Ne traversez pas. Prélevez depuis la berge, et traitez selon [[URG-EAU-001]].\n\n**Vous suivez un cours d'eau pour vous orienter.** C'est une excellente main courante, décrite dans [[SURV-ORI-001]], et elle ne demande aucune traversée. Suivre l'aval mène presque toujours à une présence humaine.\n\n**C'est la nuit.** Ne traversez pas. Vous ne pouvez évaluer ni le fond, ni la vitesse, ni ce qui vous attend en aval. Attendez le jour : voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n## COMPRENDRE\n\nLa force exercée par l'eau sur un corps augmente **avec le carré de la vitesse**. Doubler la vitesse du courant quadruple la poussée. C'est pourquoi un ruisseau rapide à mi-mollet emporte plus sûrement qu'une rivière lente à mi-cuisse, et pourquoi l'appréciation à l'œil se trompe systématiquement.\n\nUne règle de terrain circule dans les milieux de secours en eau vive : le produit de la profondeur en mètres par la vitesse en mètres par seconde ne devrait pas dépasser environ un. Un mètre de profondeur avec un courant d'un mètre par seconde est déjà à la limite. C'est un ordre de grandeur, pas une garantie.\n\nDeux mécanismes tuent, et ni l'un ni l'autre n'est la noyade au sens habituel.\n\n**Le piégeage de pied.** Un pied glissé entre deux rochers, et le courant fait basculer le corps vers l'avant. La tête passe sous l'eau et il devient impossible de se relever contre la pression. C'est la raison de la position pieds en avant à la surface.\n\n**Le siphon et l'arbre couché.** Un tronc en travers laisse passer l'eau et retient le corps. La pression plaque et maintient. **Un arbre couché en travers d'une rivière est l'obstacle le plus dangereux qui existe en eau vive**, bien plus qu'un rocher, précisément parce qu'il n'a pas l'air menaçant.\n\nEnfin, l'eau froide agit vite. L'immersion soudaine déclenche une inspiration réflexe — dangereuse si la tête est sous l'eau — puis une perte progressive de la force de préhension. Vous pouvez être parfaitement conscient et incapable de vous agripper à quoi que ce soit. La chaleur perdue dans l'eau est environ vingt-cinq fois plus rapide que dans l'air, comme le rappelle [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-007","titre":"Allumer un feu sous la pluie","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","pluie","bois humide","bois gras","ecorce de bouleau","copeaux","vaseline","plate-forme","abri"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur le feu","Kephart H., Camping and Woodcraft, 1917","Canterbury D., Bushcraft 101, Adams Media, 2014"],"corps":"::Sous la pluie, le bois sec n'a pas disparu : il est à l'intérieur. Une branche morte trempée dehors est sèche à cœur, et une souche de pin morte depuis des années cache un bois gorgé de résine qui brûle même mouillé. Le feu sous la pluie, c'est un travail de couteau, pas de chance.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **L'eau reste en surface** : fendre une branche morte donne un bois sec à l'intérieur.\n- **Le bois mort encore sur l'arbre** est bien plus sec que celui qui traîne au sol.\n- **Certaines matières brûlent mouillées** : l'écorce de bouleau (riche en huiles), la résine, le bois gras des vieilles souches de pin.\n\n## AGIR\n\n1. **Un abri pour le feu** : une bâche tendue assez haut au-dessus, ou le couvert d'un conifère épais. Un écran contre le vent.\n2. **Une plate-forme** de branches posées côte à côte : le feu ne naît pas sur la terre mouillée.\n3. **L'amadou sec**, qu'on a gardé sur soi : coton imbibé de vaseline (il brûle plusieurs minutes), allume-feu, bout de bougie, bandes de chambre à air, écorce de bouleau.\n4. **Le petit bois** : fendre des branches mortes pour atteindre le cœur sec, et en tailler des **copeaux fins** qui restent attachés au bâton, en bouquet. Beaucoup plus qu'on ne croit.\n5. **Allumer** à l'abri de son corps, nourrir très progressivement : copeaux, brindilles fendues, puis bois de la taille d'un doigt, puis d'un poignet.\n6. **Faire sécher** la suite près du feu, sans l'étouffer.\n\n## ADAPTER\n\n- **Le bois gras** : dans les souches de pin mortes, le cœur orangé, qui sent la térébenthine. Une poignée d'éclats allume n'importe quel feu. On en garde une réserve au sec.\n- **Le briquet** au chaud contre le corps : froid et mouillé, il ne donne plus rien.\n- **La fumée** d'un bois humide est épaisse : pour se cacher, voir [[SURV-FEU-004]] ; pour se faire voir, c'est un atout. Voir [[SIG-COM-001]].\n\nAllumer sans briquet : [[SURV-FEU-002]]. Produire et tenir un feu : [[SURV-FEU-001]]. Garder la braise : [[SURV-FEU-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-006","titre":"Faire du charbon de bois","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["charbon de bois","pyrolyse","fut","cornue","forge","filtre","combustible"],"sources":["FAO, Simple technologies for charcoal making (Forestry Paper 41), 1987","Antal M., Grønli M., The art, science, and technology of charcoal production, Industrial & Engineering Chemistry Research, 2003"],"corps":"::Le charbon de bois, c'est du bois qu'on a cuit sans le laisser brûler. Il chauffe plus fort, ne fume presque pas, et c'est lui qui fait tourner une forge, filtre l'eau et désodorise. Un fût et une journée suffisent.::\n\n## COMPRENDRE\n\nChauffé **sans assez d'air pour brûler**, le bois perd son eau puis ses gaz (qui s'échappent en fumée épaisse et inflammable). Il reste presque du carbone pur : le charbon. C'est la **pyrolyse**.\n\nIl pèse environ **un quart** du bois de départ, mais donne une chaleur **plus forte et plus régulière**, sans flamme ni fumée. C'était le combustible des forgerons, des fondeurs et des cuisines d'Europe pendant des siècles.\n\n## AGIR\n\n**La méthode du fût (cornue)**\n\n1. **Un fût métallique** avec un couvercle, percé d'un ou deux petits trous dans le fond. Nettoyé de tout ce qu'il a contenu (voir les précautions de [[SURV-REC-035]]).\n2. **Remplissez-le de morceaux de bois sec**, de la taille d'un poing ou d'un avant-bras, bien tassés.\n3. **Fermez le couvercle** et posez le fût **sur un grand feu**, ou faites un feu tout autour.\n4. **La fumée sort par les trous**, épaisse et blanche puis jaunâtre ; elle prend feu en longues flammes à la sortie : c'est le gaz du bois qui brûle.\n5. **Quand il ne sort plus de fumée ni de flamme** (après quelques heures), retirez le fût du feu, **bouchez les trous** avec de la terre.\n6. **Laissez refroidir complètement**, jusqu'au lendemain, **sans ouvrir** : ouvert chaud, le charbon s'enflamme au contact de l'air.\n\n**La méthode de la fosse** : une fosse remplie de bois, allumée par-dessus, puis recouverte de tôles et de terre quand le feu a bien pris, en laissant un petit évent. Plus rustique, moins de rendement.\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **La forge** : le charbon de bois monte le fer au rouge blanc, ce que le bois brut fait mal. Voir [[TEC-ATE-006]].\n- **La cuisine** sans fumée, sur un brasero ou un barbecue.\n- **Le filtre à eau** : broyé en grains, lavé, il retient les goûts, les odeurs et une partie des produits chimiques. Il ne tue pas les microbes. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **La pile aluminium-air** : [[SURV-ENE-002]].\n\n## ADAPTER\n\n**Le charbon de bois dégage du monoxyde de carbone** en brûlant, sans fumée pour prévenir : jamais un brasero ou un barbecue à l'intérieur. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Le charbon activé** des filtres est un charbon traité pour avoir encore plus de surface ; le charbon de bois ordinaire en fait une partie du travail.","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-005","titre":"Garder la braise et transporter le feu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["braise","feu","amadou","cendres","transporter le feu","economiser","allumage"],"sources":["Gowlett J., The discovery of fire by humans: a long and convoluted process, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2016","Musée archéologique du Haut-Adige (Bolzano), l'équipement d'Ötzi : récipient à braises en écorce de bouleau, amadou","US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur le feu"],"corps":"::Pendant des dizaines de milliers d'années, les humains n'ont pas allumé le feu chaque soir : ils l'ont gardé. Couvrir la braise le soir et la retrouver vivante le matin économise les allumettes, le bois et beaucoup d'énervement.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne braise sans air ne brûle presque plus, mais ne s'éteint pas tout de suite : elle **couve**. Couverte de cendre, elle peut rester vivante **toute une nuit**, parfois une journée. C'est ce que faisaient toutes les maisons avant les allumettes.\n\nÖtzi, l'homme retrouvé dans un glacier des Alpes après 5 300 ans, portait un étui en écorce de bouleau avec des braises de charbon enveloppées dans des feuilles d'érable, et un morceau d'amadou. Le briquet de l'âge du cuivre, c'était ça.\n\n## AGIR\n\n**Couvrir le feu pour la nuit**\n\n1. Le soir, rassemblez les **plus grosses braises** au centre, en tas.\n2. **Couvrez-les d'une couche épaisse de cendres**, quelques centimètres, sans trou.\n3. Le matin, **découvrez**, soufflez doucement, ajoutez du **petit bois très sec** : la flamme repart en quelques secondes.\n\nUne bûche de bois dur à moitié consumée, enterrée dans la cendre, garde des braises encore plus longtemps.\n\n**Transporter le feu**\n\n- **L'amadou** : la chair d'un champignon qui pousse sur les hêtres et les bouleaux (l'amadouvier), séchée, prend une étincelle et **couve des heures** sans flamme. Un morceau allumé dans une boîte en métal percée de trous suit la marche d'une journée.\n- **Une boîte de conserve** avec quelques trous d'aération, remplie de braises de bois dur et de cendre, garde le feu pendant un déplacement de quelques heures. On la tient par une anse en fil de fer, loin du corps.\n- **Une corde de chanvre ou de coton** tressée serrée, allumée au bout, couve lentement comme une mèche d'amadou.\n\n## ADAPTER\n\n**Un poêle** se garde pareil : les braises couvertes de cendre, l'arrivée d'air presque fermée, puis rouverte le matin. Voir [[TEC-CON-011]].\n\n**Sous la pluie**, gardez les braises sous un abri, et le petit bois de relance dans un sac étanche, près du corps.\n\n**Attention** : des braises couvertes restent brûlantes des heures après avoir semblé éteintes. On ne vide jamais des cendres « froides » dans un sac ou une poubelle en plastique.\n\nAllumer sans briquet : [[SURV-FEU-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-004","titre":"Le feu discret","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["feu","discretion","fumee","dakota","trou","nuit","lumiere","bois sec"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival (feux de campagne et feu dakota)","Kephart H., Camping and Woodcraft, 1916"],"corps":"::Un feu se voit de loin la nuit, se sent à des centaines de mètres par vent favorable, et sa fumée se lit en plein jour à des kilomètres. Un feu discret, c'est un feu petit, chaud, sec, et enterré.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu se trahit de trois façons :\n\n- **la fumée**, surtout le jour : elle vient du bois humide, vert ou mal brûlé, et d'un feu étouffé ;\n- **la lumière**, surtout la nuit : les flammes hautes et les reflets sur les arbres ;\n- **l'odeur**, portée par le vent bien plus loin qu'on ne croit.\n\nUn feu **chaud et vif** fait peu de fumée ; un feu qui couve en fait beaucoup. La grosse fumée blanche de bois vert, c'est pour se faire retrouver ([[SIG-COM-001]]), pas pour dormir tranquille.\n\n## AGIR\n\n**Le feu en trou (dit « dakota »)**\n\n1. Creusez un trou de 30 cm de profondeur et de large.\n2. À 30 cm de là, **du côté d'où vient le vent**, creusez un second trou plus étroit, en biais, qui rejoint le fond du premier : c'est l'arrivée d'air.\n3. Faites le feu au fond du premier trou.\n\nL'air arrive par le conduit, le feu tire fort, brûle chaud et presque sans fumée. Les flammes restent sous le niveau du sol, invisibles de côté. On pose la casserole en travers du trou sur deux bâtons verts.\n\n**Le bois**\n\n- **Sec, mort, sur pied** (branches mortes encore sur l'arbre), de feuillus : il fume le moins.\n- **Du petit diamètre**, pas plus gros que le poignet : il brûle complètement.\n- **Jamais de bois vert, de feuilles, d'aiguilles de résineux ni de plastique.**\n\n**Où et quand**\n\n- **Sous le couvert** d'un arbre au feuillage dense, qui disperse la fumée.\n- **Au creux d'un terrain**, derrière un talus, une roche.\n- **Au crépuscule ou à l'aube**, quand la fumée se confond avec la brume, plutôt qu'en pleine nuit (lumière) ou en plein midi (fumée visible).\n\n## ADAPTER\n\n**Éteindre sans laisser de trace** : noyez, remuez, noyez encore, **jusqu'à ce que tout soit froid au toucher**, puis rebouchez le trou et remettez la couche de surface (herbes, feuilles) par-dessus.\n\n**Un réchaud** fait moins de lumière, pas de fumée, et presque pas d'odeur. Voir [[SURV-REC-035]].\n\n**En forêt sèche**, le feu en trou est aussi le plus sûr contre les incendies. Mais en été, dans une région à risque, **aucun feu**. Voir [[TEC-TER-001]].\n\nAllumer et tenir un feu : [[SURV-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-003","titre":"Cuisiner sur un feu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","cuisine","braises","marmite","trepied","galets","papillote","combustible"],"sources":["Kephart H., Camping and Woodcraft, 1916 (cuisine au feu de bois)","Aprovecho Research Center, principes des foyers améliorés (rocket stove)","Scouts et Guides de France, techniques de cuisine au feu de bois"],"corps":"::On ne cuisine pas sur les flammes, on cuisine sur les braises. Les flammes noircissent la casserole et brûlent le dessus ; les braises cuisent régulièrement, et on peut s'en approcher.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu de cuisine sert trois usages, qui demandent trois feux différents :\n\n- **faire bouillir** : une flamme vive et concentrée sous le récipient ;\n- **mijoter et griller** : un lit de braises épais et régulier ;\n- **cuire au four** : des braises sous et sur un récipient fermé, ou de la chaleur piégée dans des pierres.\n\n## AGIR\n\n**Le feu en trou de serrure** : un cercle de pierres avec un couloir sur le côté. Le feu brûle dans le cercle ; on tire les braises dans le couloir pour cuisiner. On a en même temps un feu qui produit et un coin qui cuit.\n\n**Poser le récipient**\n\n- **Deux bûches parallèles** ou deux rangées de pierres, le feu entre les deux, la casserole posée dessus.\n- **Un trépied** de trois branches liées en haut, avec une chaîne ou un crochet (un cintre plié, voir [[TEC-MAT-008]]) pour suspendre la marmite et régler la hauteur.\n- **Une grille** de four ou de frigo récupérée, calée sur des pierres.\n\n**Économiser le combustible**\n\n- **Un couvercle, toujours** : l'eau bout beaucoup plus vite et on brûle moitié moins de bois.\n- **Un pare-vent** : trois pierres ou une tôle autour du feu.\n- **Un foyer fusée** (rocket stove), fait de boîtes de conserve ou de briques en L : il brûle des brindilles avec une flamme très chaude et très économe.\n- **La marmite norvégienne** : porter à ébullition, puis enfermer la marmite couverte dans une caisse remplie de couvertures ou de paille ; elle finit de cuire seule pendant des heures, sans feu.\n\n**Cuire sans ustensile**\n\n- **En papillote** dans du papier aluminium, ou dans des feuilles (vigne, chou, bananier) : directement dans les braises.\n- **Sur un bâton** : pain torsadé enroulé, viande et poisson embrochés au-dessus des braises.\n- **Dans la cendre chaude** : pommes de terre, oignons, galettes de pâte posées directement sur les braises tassées, puis brossées.\n- **Sur une pierre plate** chauffée au bord du feu.\n\n## ADAPTER\n\n**Les galets de rivière explosent** : ils contiennent de l'eau qui se vaporise. Choisissez des pierres sèches, prises loin de l'eau, et jamais de silex ni d'ardoise au cœur du feu.\n\n**Le bois résineux** (pin, sapin) donne une fumée noire et un goût de résine : pour la cuisine, du feuillu sec.\n\n**La viande et le poisson** se cuisent **à cœur**, surtout le gibier et le porc : les parasites ne meurent qu'à la chaleur. Voir [[SURV-RES-005]].\n\n**En intérieur** sans cheminée, jamais de feu ni de braises : le monoxyde de carbone tue. Voir [[TEC-CON-010]].\n\nFaire le feu lui-même : [[SURV-FEU-001]] et [[SURV-FEU-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-002","titre":"Allumer sans briquet","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","allumage","technique","base"],"sources":[],"corps":"::Toutes les méthodes d'allumage produisent la même chose : un point chaud minuscule. Ce qui décide du résultat, c'est ce qu'on lui donne à manger.::\n\n## COMPRENDRE\n\nIl existe trois familles, et elles ne demandent ni le même matériel ni la même compétence.\n\n### L'étincelle\n\nUne étincelle est un fragment de métal arraché et porté à incandescence par le frottement. Elle est brève et minuscule : **elle ne peut allumer qu'un amadou d'une finesse extrême**, capable de retenir une braise plutôt que de s'enflammer.\n\nLe **firesteel** — un barreau d'alliage ferreux gratté par un dos de lame — produit des gerbes très chaudes et fonctionne mouillé, ce qui en fait le moyen le plus fiable qui existe. Le silex frappé contre de l'acier produit des étincelles bien plus froides : il exige un amadou préparé, typiquement un tissu carbonisé, et c'est ce qui rend la méthode réputée difficile.\n\nUne **pile et de la laine d'acier** fonctionnent immédiatement : le courant traverse les fibres fines qui rougissent puis brûlent. Une pile de neuf volts posée directement sur la laine suffit ; une pile de 1,5 volt fonctionne avec un contact serré. C'est la méthode la plus rapide en milieu urbain, et l'une des rares utilisables d'une seule main.\n\n### La chaleur concentrée\n\nUne **lentille** — loupe, verre de lunettes, fond de bouteille rempli d'eau, glace claire taillée — concentre le rayonnement solaire en un point. Il faut un soleil franc et un support sombre : un point noir absorbe, un point clair réfléchit.\n\nLe résultat est une **braise**, pas une flamme. Elle se forme lentement, produit un mince filet de fumée, et se transporte dans un nid de fibres sèches qu'on fait ensuite flamber en soufflant.\n\n### La friction\n\nElle repose sur un principe unique : produire de la poussière de bois par abrasion, et faire monter cette poussière en température jusqu'à ce qu'elle s'agglomère en braise.\n\n**Ce n'est pas la vitesse qui compte, c'est la pression combinée à la vitesse.** Frotter vite et léger polit le bois sans rien produire. Frotter fort et régulièrement crée de la poudre noire qui s'accumule dans une encoche jusqu'à s'auto-entretenir.\n\nDeux essences de bois tendre et sec, une planchette et un foret, une encoche taillée en V pour recueillir la poudre, et une surface froide pour la recevoir : c'est le montage commun à toutes les variantes. La méthode à l'archet permet une vitesse et une pression bien supérieures à la friction des mains, et c'est la seule accessible à un débutant.\n\n**C'est la famille la plus exigeante.** Elle demande un bois parfaitement sec, une essence adaptée, une technique acquise, et de la force. Elle ne s'improvise pas le soir où l'on en a besoin.\n\n## AGIR\n\n1. **Préparez tout avant de produire la moindre étincelle.** Le nid d'amadou, le petit bois, le bois, en trois tas séparés à portée de main assis. Voir [[SURV-FEU-001]] pour la progression des trois étages, qui gouverne tout le reste.\n2. **Fabriquez le nid.** Fibres sèches froissées, effilochées, ébouriffées, en forme de nid d'oiseau avec un cœur plus fin que le reste. Écorce de bouleau, herbes mortes, filasse, charpie de coton, duvet végétal, fibres de corde détressées.\n3. **Abritez du vent et isolez du sol.** Une braise naissante meurt d'un souffle latéral ou d'un contact humide.\n4. **Dirigez l'étincelle ou la braise au cœur du nid.**\n5. **Refermez le nid** en boule lâche autour de la braise et **soufflez long et régulier**, jamais par à-coups. La fumée s'épaissit, puis le nid s'enflamme d'un coup. Tenez-le à bout de bras, incliné, la flamme monte.\n6. **Posez le nid enflammé sous le petit bois**, jamais l'inverse.\n\n## ADAPTER\n\n**Tout est humide.** L'amadou est le seul élément qui doit être absolument sec. Il se transporte sur soi, dans une poche intérieure, préparé à l'avance. Un tronc mort fendu donne du bois sec à cœur, et les résineux concentrent la résine dans les nœuds.\n\n**Vous êtes en ville.** La laine d'acier et une pile se trouvent partout. Un briquet vide produit encore des étincelles : la molette fonctionne sans gaz. Un chargeur de téléphone court-circuité, un fil de batterie de voiture sur de la paille de fer, un désinfectant alcoolisé comme accélérant.\n\n**Vous avez une batterie de véhicule.** Elle délivre un courant considérable : deux fils et un contact bref suffisent à enflammer n'importe quelle fibre. Attention, une batterie en charge dégage de l'hydrogène inflammable — ventilez avant d'approcher une étincelle. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Vous n'avez que du soleil.** La lentille demande de la patience et un support noir. Du charbon de bois écrasé, de la suie ou une cendre foncée déposée sur l'amadou améliorent nettement l'absorption.\n\n**Vous devez rester discret.** L'allumage est le moment le plus visible et le plus odorant. Il se fait de préférence de jour, à couvert, dans une fosse, et le feu se conduit ensuite selon [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous préparez à l'avance.** Le meilleur amadou se fabrique tranquillement : tissu de coton chauffé sans oxygène dans une boîte fermée jusqu'à cesser de fumer donne un tissu carbonisé qui prend la moindre étincelle et se conserve des années.","langue":"fr"},{"id":"SURV-FEU-001","titre":"Produire et tenir un feu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["feu","chaleur","base"],"sources":[],"corps":"::Un feu se prépare entièrement avant la première étincelle. Celui qui allume d'abord et cherche du bois ensuite n'aura pas de feu.::\n\n## AGIR\n\n1. **Rassemblez tout avant de craquer quoi que ce soit.** Trois tas séparés, du plus fin au plus gros, à portée de main assis. Sans briquet ni allumettes, voir [[SURV-FEU-002]]. Un feu naissant meurt en trente secondes ; c'est moins que le temps d'aller chercher une brassée.\n2. **Isolez du sol détrempé.** Une plateforme de branches vertes posées côte à côte, ou de pierres sèches. Un sol mouillé absorbe la chaleur par le bas et éteint les braises — c'est le même mécanisme de conduction qui vous refroidit vous-même, décrit dans [[SURV-ABRI-001]].\n3. **Montez la structure autour de l'amadou**, pas dessus. En tipi ou en pyramide, avec une ouverture face au vent. Le combustible doit entourer la flamme sans l'écraser.\n4. **Allumez du côté d'où vient le vent.** La flamme est poussée dans le combustible au lieu d'être couchée dans le vide.\n5. **Nourrissez petit et souvent.** Doublez la taille du combustible seulement quand le précédent brûle franchement. L'erreur universelle est d'étouffer un feu naissant sous une bûche trop tôt.\n6. **Placez un réflecteur derrière le feu** — rondins empilés, rocher, mur — et installez-vous entre le feu et le réflecteur. Vous doublez la chaleur reçue pour la même quantité de bois.\n\nAttention aux pierres ramassées en bord de rivière ou dans un sol gorgé d'eau : l'humidité piégée dans la roche se vaporise à la chauffe et peut la faire éclater.\n\n## ADAPTER\n\n**Il pleut depuis des jours et tout est trempé.** Le bois mort sur pied est plus sec que le bois mort au sol, qui pompe l'humidité de la terre. Les branches basses encore accrochées à un tronc sont votre meilleure source. Et surtout : un tronc mort fendu est sec à cœur. Refendez, prélevez le cœur, débitez-le en éclisses de plus en plus fines jusqu'à obtenir des copeaux. Chez les résineux, les nœuds et la base des branches mortes concentrent la résine ; ce bois gras s'enflamme même humide et brûle longtemps.\n\n**Vous n'avez que du bois vert.** Il ne prendra pas seul. Il peut en revanche sécher au-dessus d'un feu déjà établi : la première heure de feu sert alors à préparer la deuxième.\n\n**Le feu échappe au foyer.** Voir [[URG-INC-001]] : en espace clos comme en végétation, la fumée précède les flammes.\n\n**Vous devez rester discret.** Ce qui vous trahit, dans l'ordre de portée : l'odeur d'abord, la fumée de jour, la lueur de nuit. La fumée trahit une combustion incomplète — bois humide ou manque d'air — donc un feu bien conduit fume peu. Le feu enterré, une fosse avec un conduit d'aération latéral, supprime presque toute la lueur, brûle plus chaud, consomme moins et se comble en quelques secondes. Le placement compte plus que la taille : creux de terrain, écran végétal, contre-pente.\n\n**Le feu a brûlé quelqu'un.** Refroidissez à l'eau vingt minutes avant toute autre chose : voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Vous voulez au contraire être vu.** Alors le feu change de fonction et devient un signal : [[SIG-COM-001]] traite du choix de la fumée, de l'emplacement et du moment.\n\n**Vous vous installez pour longtemps.** Le bois devient votre poste de dépense principal en temps et en déplacement, et le déplacement répété creuse des sentes visibles depuis loin. Un camp se choisit sur trois critères simultanés : l'eau — voir [[URG-EAU-001]] —, le bois, et la capacité à ne pas être vu. Deux sur trois ne tiennent pas longtemps.\n\n**Vous devez faire durer.** Une bûche épaisse posée sur un lit de braises et à demi recouverte de cendres tient plusieurs heures. Les cendres limitent l'arrivée d'air et ralentissent la combustion sans l'éteindre. C'est ce qui permet de retrouver des braises au réveil.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn feu échoue presque toujours pour la même raison : **on saute un étage.** Il y en a trois, chacun n'allume que le suivant, et aucun ne peut allumer celui d'après.\n\n**L'amadou** prend une étincelle. Fibres sèches et extrêmement fines : écorce de bouleau effilochée, herbes mortes froissées, filasse, charpie de tissu, duvet de chardon, fibres d'écorce de tilleul. C'est l'étage qui décide de tout, et celui qu'on prépare toujours en excès parce qu'il brûle en quelques secondes.\n\n**Le petit bois** prend une flamme d'amadou. De l'épaisseur d'une allumette à celle d'un crayon. Test infaillible : une brindille qui plie au lieu de casser net contient de l'eau. Elle ne prendra pas.\n\n**Le bois** prend un lit de braises. On ne l'ajoute jamais avant que le petit bois soit franchement établi.\n\n![Les trois étages du feu](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMTc1IiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjE3NSI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIxNzUiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjxkZWZzPjxtYXJrZXIgaWQ9ImYiIG1hcmtlcldpZHRoPSI5IiBtYXJrZXJIZWlnaHQ9IjkiIHJlZlg9IjgiIHJlZlk9IjMiIG9yaWVudD0iYXV0byI+PHBhdGggZD0iTTAgMCBMOCAzIEwwIDYgeiIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIvPjwvbWFya2VyPjwvZGVmcz48cmVjdCB4PSIzMCIgeT0iNTIiIHdpZHRoPSIxMzAiIGhlaWdodD0iNzYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiNBMzJFMjIiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iOTUiIHk9Ijc4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxNCIgZmlsbD0iI0EzMkUyMiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+QW1hZG91PC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9Ijk1IiB5PSI5NyIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPnByZW5kIHVuZSDDqXRpbmNlbGxlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9Ijk1IiB5PSIxMTQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEwLjUiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmZpYnJlcyB0csOocyBmaW5lczwvdGV4dD48cGF0aCBkPSJNMTY2IDkwIEwyMDkgOTAiIHN0cm9rZT0iIzhBODM3OCIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiIG1hcmtlci1lbmQ9InVybCgjZikiLz48cmVjdCB4PSIyMTUiIHk9IjUyIiB3aWR0aD0iMTMwIiBoZWlnaHQ9Ijc2IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iNzgiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjE0IiBmaWxsPSIjQTk2NjBGIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5QZXRpdCBib2lzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iOTciIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5wcmVuZCB1bmUgZmxhbW1lPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTE0IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5hbGx1bWV0dGUgw6AgY3JheW9uPC90ZXh0PjxwYXRoIGQ9Ik0zNTEgOTAgTDM5NCA5MCIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIgbWFya2VyLWVuZD0idXJsKCNmKSIvPjxyZWN0IHg9IjQwMCIgeT0iNTIiIHdpZHRoPSIxMzAiIGhlaWdodD0iNzYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiMyQzZFNDkiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iNDY1IiB5PSI3OCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTQiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkJvaXM8L3RleHQ+PHRleHQgeD0iNDY1IiB5PSI5NyIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPnByZW5kIHVuIGxpdCBkZSBicmFpc2VzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQ2NSIgeT0iMTE0IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5iw7tjaGVzPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjgiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5DaGFxdWUgw6l0YWdlIG4nYWxsdW1lIHF1ZSBsZSBzdWl2YW50PC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTU4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5TYXV0ZXIgdW4gw6l0YWdlIGVzdCBsYSBjYXVzZSBkJ8OpY2hlYyBsYSBwbHVzIGZyw6lxdWVudGU8L3RleHQ+PC9zdmc+)\n\n\nCe qui gouverne cette progression, c'est une histoire de surface. Un matériau brûle par sa surface exposée à l'air, pas par sa masse. Une même quantité de bois divisée en copeaux offre des milliers de fois plus de surface qu'une bûche, donc s'enflamme à une température bien plus basse. Chaque étage sert à porter le suivant à sa propre température d'inflammation. Sauter un étage, c'est demander à une flamme de chauffer une masse qu'elle n'a pas l'énergie de chauffer.\n\nDeuxième principe, et il est contre-intuitif : **la grande flamme rassure et ne chauffe presque rien.** Elle est spectaculaire parce que le bois libère ses gaz d'un coup, mais l'essentiel de cette chaleur part vers le haut avec les fumées. C'est le lit de braises qui restitue la chaleur, par rayonnement, longtemps, sans consommation et sans lumière. Un feu utile est un feu bas.\n\nTroisième principe : il faut trois choses simultanément — du combustible, de la chaleur et de l'air. Un feu qui meurt manque toujours de l'une des trois, et dans la pratique c'est presque toujours l'air. Un tas trop serré étouffe. Un feu qui fume noir manque d'air. Écarter les bûches de deux centimètres suffit souvent à relancer un feu qu'on croyait perdu.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ENE-002","titre":"Fabriquer une pile","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pile","citron","volta","aluminium","sel","vinaigre","electricite","led","sans reseau"],"sources":["Volta A., On the Electricity excited by the mere Contact of conducting Substances of different kinds, Philosophical Transactions of the Royal Society, 1800","Linden D., Reddy T., Handbook of Batteries, McGraw-Hill (couples électrochimiques et potentiels standard)","Royal Society of Chemistry, Education : aluminium-air cell et piles à fruits (fiches expérimentales)"],"corps":"::Deux métaux différents et un peu de vinaigre font de l'électricité. Pas assez pour charger un téléphone, mais assez pour allumer une lumière dans le noir, et ça, avec rien, c'est déjà beaucoup.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne pile, c'est **deux métaux différents** qui ne se touchent pas, et **un électrolyte** entre eux : un liquide ou une pâte qui conduit les charges, eau salée, vinaigre, jus de citron. Le métal le plus « pressé » de se dissoudre (le zinc, l'aluminium, le magnésium) cède des électrons, qui passent par le fil pour rejoindre l'autre côté. Voir [[TEC-ENE-012]].\n\n**La tension dépend du couple de métaux**, pas de la taille :\n\n| Couple | Tension par cellule, environ |\n|---|---|\n| Zinc et cuivre | 0,8 à 1 V |\n| Aluminium et charbon de bois (pile aluminium-air) | 0,7 à 1,2 V |\n| Magnésium et cuivre | 1,5 à 2 V |\n| Fer et cuivre | 0,3 à 0,5 V |\n\n**Le courant dépend de la surface** des métaux et de la qualité de l'électrolyte. Plus c'est grand, plus ça débite.\n\n**Pour plus de tension**, on met plusieurs cellules en série : le cuivre de l'une relié au zinc de la suivante. C'est exactement ce qu'a fait Volta en 1800 avec sa « pile » de disques empilés, qui a donné son nom à toutes les autres.\n\n**La réalité, à connaître avant de commencer :** un citron donne environ 0,9 volt et **moins d'un milliampère**. Un téléphone demande 5 volts et environ un ampère pour se recharger. Il faudrait des milliers de citrons. Une pile de fortune sert à **une LED, une calculatrice, une horloge, un petit signal**, pas à recharger un appareil.\n\n## AGIR\n\n### La pile de pièces (la plus pratique)\n\nIl vous faut : des pièces de cuivre ou cuivrées (les pièces de 1, 2 et 5 centimes d'euro sont de l'acier recouvert de cuivre, ça marche), des rondelles **galvanisées** (grises, en zinc, au rayon visserie), du carton, du sel ou du vinaigre.\n\n1. Découpez des ronds de carton ou de papier absorbant un peu plus petits que les pièces.\n2. Trempez-les dans de l'eau très salée ou du vinaigre, et égouttez-les : **humides, pas dégoulinants**, sinon le liquide relie les cellules entre elles et tout s'arrête.\n3. Empilez : pièce, carton, rondelle, pièce, carton, rondelle… Chaque trio donne environ 0,5 à 0,8 V.\n4. Six à huit étages suffisent pour une LED rouge ; dix à douze pour une blanche.\n5. Le fil du bas touche la première pièce (le plus), celui du haut la dernière rondelle (le moins). La LED se branche **dans le bon sens** : patte longue vers le cuivre. Voir [[TEC-ELN-004]].\n6. Serrez la pile avec un élastique ou dans un morceau de tuyau.\n\n### La pile aluminium-air (celle qui débite le plus)\n\n1. Une feuille de **papier aluminium** à plat.\n2. Par-dessus, un papier absorbant trempé dans de l'eau **saturée de sel**.\n3. Par-dessus, une couche de **charbon de bois écrasé en poudre**, humidifiée de la même eau salée (le charbon actif d'un filtre est le meilleur).\n4. Appuyez un fil de cuivre, une mine de crayon ou une plaque de métal sur le charbon, sans toucher l'aluminium : c'est le plus. L'aluminium est le moins.\n\nUne seule cellule de la taille d'une main peut donner environ un volt et quelques dizaines de milliampères. Deux ou trois en série allument une LED plusieurs heures, jusqu'à ce que l'aluminium soit rongé.\n\n### La pile à fruits ou à légumes\n\nUn clou galvanisé et une pièce ou un fil de cuivre plantés dans un citron, une pomme de terre ou un pot de choucroute, à deux ou trois centimètres l'un de l'autre. Trois ou quatre en série font briller faiblement une LED rouge. Bouillir la pomme de terre avant améliore nettement le résultat.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de multimètre.** Testez chaque cellule sur la langue, comme les électriciens d'autrefois testaient une pile 9 V : un léger picotement dit qu'il y a de la tension. Seulement sur ces petites piles de fortune, jamais sur autre chose. Mieux : voir [[TEC-ENE-008]].\n\n**La LED ne s'allume pas.** Retournez-la. Puis vérifiez qu'aucun liquide ne coule d'une cellule à l'autre. Puis ajoutez des cellules.\n\n**Vous voulez vraiment de l'énergie.** Les piles de fortune ne sont pas la solution. Récupérez des cellules de batterie sur un ordinateur portable ([[SURV-REC-021]]), une trottinette ou un outil sans fil, et rechargez-les au soleil ou avec une dynamo : voir [[SURV-ENE-001]].\n\n**Vous voulez écouter la radio.** Un poste à galène n'a besoin d'aucune pile : l'énergie vient de l'onde elle-même. Voir [[TEC-RAD-001]].\n\n**Les piles de fortune s'épuisent** quand le zinc ou l'aluminium est rongé : remplacez la rondelle ou la feuille, et retrempez les cartons. Elles se reconstruisent à l'infini, tant qu'il y a du métal.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ENE-001","titre":"Alimenter un circuit sans le réseau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","groupe","batterie","inverseur","retroalimentation","terre","priorite"],"sources":["NF C 15-100 — Installations électriques à basse tension, dispositions sur les sources de remplacement","Enedis — Consignes de sécurité sur le raccordement de groupes électrogènes","Rapports de sécurité électrique sur les accidents de rétro-alimentation","Documentation constructeurs d'inverseurs de source et d'onduleurs"],"corps":"::Une seule règle tue dans ce domaine, et elle tue quelqu'un d'autre que vous : on isole avant d'injecter. Tout le reste n'est que dimensionnement.::\n\nLe fonctionnement du réseau est dans [[TEC-RES-001]], le raisonnement sur le courant dans [[TEC-ENE-002]] et [[TEC-ENE-003]].\n\n## COMPRENDRE\n\n### La rétro-alimentation, et pourquoi c'est la première chose\n\nSi vous injectez du courant dans une installation encore reliée au réseau, ce courant remonte : jusqu'au tableau, jusqu'au branchement, jusqu'au transformateur du quartier. **Et là il fait l'inverse de ce que fait un transformateur en temps normal : il monte la tension.** Quelques centaines de volts deviennent plusieurs milliers sur la ligne.\n\nDeux conséquences, et elles sont toutes les deux graves. **Un agent qui travaille sur une ligne qu'il a consignée comme hors tension se fait électrocuter par votre installation.** Et au retour du courant, votre source et le réseau se retrouvent en opposition : tout ce qui est branché est détruit, souvent avec un incendie.\n\n**C'est pour cela que l'isolement précède toujours l'alimentation.** Ce n'est pas une formalité administrative, c'est le point entier.\n\n### Comment on isole correctement\n\n**L'inverseur de source** est un organe mécanique à deux positions exclusives : réseau, ou source de secours. Il ne peut physiquement pas être dans les deux à la fois. C'est la seule solution propre, et elle existe en version manuelle, simple et peu coûteuse.\n\n**Le disjoncteur de branchement ouvert** est le minimum absolu si vous n'avez pas d'inverseur : on coupe l'arrivée générale, franchement, avant toute chose.\n\n**Et la solution qui évite tout le problème : ne rien injecter dans l'installation du tout.** Une rallonge depuis le groupe ou l'onduleur jusqu'à l'appareil, directement. C'est moins confortable, c'est totalement sûr, et c'est ce qu'il faut faire tant qu'on n'a pas d'inverseur.\n\n### La terre\n\nUne source autonome doit avoir une référence de terre, sinon les protections différentielles ne détectent rien et un défaut ne coupe pas. Beaucoup de groupes portables ont un régime particulier où les deux conducteurs sont isolés de la terre : c'est sûr pour un appareil branché directement, et ça ne l'est plus dès qu'on alimente une installation. **Lisez la plaque du groupe, elle le dit.**\n\n### Le dimensionnement, en deux chiffres\n\n**La puissance de régime**, celle que l'appareil consomme en fonctionnement.\n\n**La puissance de démarrage**, celle qu'il appelle pendant une seconde à l'allumage. Tout ce qui a un moteur — réfrigérateur, congélateur, pompe, compresseur — appelle **trois à huit fois sa puissance nominale** au démarrage. Un réfrigérateur de 150 W peut demander 900 W pendant une seconde.\n\nC'est la cause numéro un des pannes de groupes sous-dimensionnés, et elle ne se voit pas sur l'étiquette.\n\n## AGIR\n\n**1. Faites la liste de ce qui doit vraiment être alimenté**, et dans cet ordre : le froid alimentaire, l'eau si elle demande une pompe, la lumière, la communication, la recharge. Le chauffage électrique est hors de portée de toute source autonome raisonnable.\n\n**2. Additionnez les puissances de régime, et ajoutez la plus grosse puissance de démarrage du lot.** C'est votre besoin réel.\n\n**3. Choisissez où vous branchez.**\n- Un ou deux appareils : rallonge directe depuis la source. Rien d'autre à faire.\n- Toute l'installation : inverseur de source, et rien d'autre.\n- Jamais : une prise mâle-mâle branchée dans une prise murale. Ce montage est ce qui tue les agents et ce qui brûle les maisons, et il n'a aucune excuse.\n\n**4. Mettez le groupe dehors, toujours.** Un moteur thermique produit du monoxyde de carbone, inodore, et il tue dans un garage ouvert, sous un auvent, dans une cave ventilée. Dix mètres d'une ouverture, échappement au vent. Voir [[URG-AIR-001]] et [[TEC-CON-007]].\n\n**5. Soignez les rallonges.** Une section trop faible sur une grande longueur fait chuter la tension et chauffer le câble : l'appareil peine, la rallonge fond. Déroulez complètement un enrouleur avant de tirer dessus — enroulé, il chauffe comme une bobine de chauffage.\n\n**6. Protégez.** Un fusible ou un disjoncteur au départ de la source, toujours. Une batterie de voiture qui se court-circuite fait fondre un outil en quelques secondes et démarre un incendie.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez une batterie de voiture et rien d'autre.** C'est déjà beaucoup. Éclairage en 12 V direct — voir [[SURV-LUM-001]] —, recharge d'appareils, petit ventilateur, radio. Avec un convertisseur, du 230 V pour les petites puissances. Surveillez la décharge : une batterie de démarrage descendue trop bas ne remonte pas. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Vous avez un panneau solaire.** Panneau, régulateur, batterie, puis les usages. **Le régulateur n'est pas optionnel** : sans lui, le panneau détruit la batterie. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n**Vous voulez alimenter le réfrigérateur.** C'est le meilleur usage d'une source limitée, et il y a une astuce : un congélateur plein tient très longtemps fermé. Alimentez-le par périodes de quelques heures, deux fois par jour, plutôt qu'en continu — vous divisez la consommation par trois sans rien perdre.\n\n**Vous alimentez une pompe.** Regardez la puissance de démarrage avant tout : c'est l'appareil qui fait le plus souvent caler un groupe.\n\n**Vous n'avez qu'un vélo, une perceuse ou un moteur.** Un alternateur de voiture entraîné mécaniquement produit du courant. Le rendement humain est modeste — une centaine de watts soutenus, voir [[MEM-ANT-003]] — mais c'est suffisant pour recharger. Voir [[TEC-ENE-001]].\n\n**Vous êtes tenté de vous raccorder ailleurs qu'à votre propre installation.** Deux faits, sans commentaire moral. C'est un vol, qui se constate à distance par les compteurs du poste. Et c'est, dans tous les pays où c'est pratiqué, **la première cause d'électrocution et d'incendie du travail électrique informel** — les raccordements sauvages tuent surtout ceux qui les font et leurs voisins de palier. Ce corpus n'en traite pas.\n\n**Le courant revient.** Coupez votre source, basculez l'inverseur, et rebranchez progressivement. Tout rallumer d'un coup après une coupure longue fait redisjoncter, chez vous comme sur le quartier.","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-010","titre":"Quand l'eau du robinet s'arrête","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["coupure d'eau","eau non potable","chauffe-eau","baignoire","chasse d'eau","toilettes","restriction","reserves cachees"],"sources":["Ministère de la Santé, conduite à tenir en cas d'eau non potable ou de coupure","FEMA et Ready.gov, réserves d'eau d'urgence dans la maison","Agences régionales de santé, restrictions de consommation de l'eau du robinet"],"corps":"::Un ballon d'eau chaude contient cent à trois cents litres d'eau propre : c'est la plus grosse réserve de la maison, et presque personne n'y pense quand le robinet s'arrête. Les premières minutes comptent : tant que l'eau coule encore, chaque récipient rempli est un jour de gagné.::\n\n## AGIR\n\n**Dès l'annonce d'une coupure**, tant que l'eau coule :\n\n1. **Remplir** la baignoire, les casseroles, les bouteilles, les seaux, les bidons propres.\n2. **Remplir** en priorité ce qui se ferme, pour la boisson.\n\n**Si l'eau est déclarée non potable** : on ne la boit pas, on ne l'utilise pas pour les biberons ni pour se brosser les dents sans l'avoir fait bouillir. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n**Les réserves cachées**\n\n- **Le chauffe-eau** : couper d'abord l'électricité ou le gaz, fermer l'arrivée d'eau froide, ouvrir un robinet d'eau chaude en haut de la maison pour laisser entrer l'air, puis ouvrir le robinet de vidange en bas du ballon.\n- **Le réservoir des toilettes** (pas la cuvette), s'il n'y a pas de produit dedans.\n- **Les tuyaux** : ouvrir le robinet le plus haut, puis recueillir l'eau au robinet le plus bas.\n- **Les glaçons**, le jus des conserves.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les toilettes** : un seau d'eau (même sale) versé d'un coup dans la cuvette fait la chasse. Sans eau du tout : toilettes sèches. Voir [[SURV-HYG-002]].\n- **Se laver** avec un litre : [[SURV-HYG-001]].\n- **Combien il en faut** : [[SURV-EAU-006]].\n- **Quand l'eau revient** : laisser couler l'eau froide plusieurs minutes avant de la boire, et suivre les consignes du distributeur ; fermer les robinets avant le retour, sinon on inonde la maison.\n\n## COMPRENDRE\n\nL'eau du robinet dépend de pompes électriques, de stations de traitement et de canalisations. Une panne de courant de quelques jours, une pollution, un gel, une crue ou une sécheresse peuvent l'arrêter. Une réserve d'eau stockée fait gagner les jours qui manquent. Voir [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-009","titre":"Les eaux contaminées, chimique, agricole, radioactive","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau contaminee","nitrates","pesticides","metaux lourds","hydrocarbures","retombees","charbon actif","osmose inverse","puits profond"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Directives de qualité pour l'eau de boisson, 4e édition, 2017","Kearny C.H., Nuclear War Survival Skills, Oak Ridge National Laboratory, 1987","ANSES, nitrates et nitrites dans l'eau destinée à la consommation humaine"],"corps":"::Faire bouillir une eau polluée aux nitrates ou aux métaux ne la purifie pas : ça la concentre, puisque l'eau s'évapore et que le poison reste. L'ébullition et les filtres tuent les microbes. Contre la chimie, il faut d'abord choisir la bonne source.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les microbes** : ébullition, javel, filtres, soleil. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **La chimie** (nitrates, pesticides, métaux, carburants, solvants) : l'ébullition et la plupart des filtres de randonnée **ne la retirent pas**.\n- **La radioactivité** des retombées : ce sont des poussières. Elles se déposent sur l'eau à découvert.\n\n## AGIR\n\n**Reconnaître une eau suspecte**\n\n- **Irisations** grasses à la surface, **odeur** de carburant ou de produit chimique, **mousse**, couleur anormale (orange, laiteuse, verte).\n- **Poissons morts**, absence de toute vie dans l'eau.\n- **La proximité** : usine, décharge, mine, champs traités, station-service, eaux de crue qui ont tout mélangé.\n\n**Choisir la source** (de la meilleure à la pire)\n\n1. **L'eau déjà stockée** avant l'accident, en récipients fermés. Voir [[SURV-EAU-007]].\n2. **Les puits profonds et les sources** protégées : le sol filtre beaucoup.\n3. **L'eau du chauffe-eau** et des tuyaux de la maison.\n4. **Les eaux de surface** (rivière, étang) en dernier.\n\n**Réduire la chimie**\n\n- **Le charbon actif**, ou du charbon de bois broyé et lavé : il retient une partie des pesticides, des carburants, des goûts. Voir [[SURV-FEU-006]].\n- **L'osmose inverse**, sur les filtres de maison ou les dessalinisateurs : elle retire la plupart des sels, des nitrates et des métaux.\n- **La distillation** retire sels et métaux, mais laisse passer une partie des carburants et des solvants. Voir [[SURV-EAU-008]].\n\n**Après des retombées radioactives**\n\n- L'eau des puits profonds et des récipients fermés est sûre.\n- Une eau de surface peut être **filtrée à travers la terre** : de l'argile ou de la terre sous la surface retient la plus grande partie des poussières radioactives. On laisse ensuite décanter et on prend l'eau claire du dessus.\n- Voir [[SURV-CRI-015]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les nitrates** sont surtout dangereux pour les **nourrissons** : une eau de puits agricole ne sert jamais à préparer les biberons sans analyse.\n- **Dans le doute**, une eau suspecte sert à se laver ou à arroser, pas à boire.","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-008","titre":"Distiller l'eau au soleil","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["distillateur solaire","eau de mer","dessaler","sac de transpiration","condensation","bache"],"sources":["Jackson R.D., van Bavel C.H.M., Solar distillation of water from soil and plant materials: a simple desert survival technique, Science, 1965","US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur l'eau (distillateur et sac de transpiration)","Tiwari G.N., Solar Energy: Fundamentals, Design, Modelling and Applications (distillateurs à bac)"],"corps":"::Le distillateur en trou des manuels de survie donne un demi-litre par jour quand tout va bien, souvent moins que ce qu'on transpire en le creusant. Bien choisi, un distillateur fait pourtant ce qu'aucun filtre ne sait faire : rendre l'eau de mer buvable.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe soleil évapore l'eau. La vapeur se condense sur une surface plus froide et coule dans un récipient. **Le sel, les métaux et presque tous les microbes restent au fond.**\n\nNi le filtre ni l'ébullition ne retirent le sel. La distillation, si.\n\n## AGIR\n\n**Le sac de transpiration (le plus rentable)**\n\n1. Enfilez un sac plastique transparent sur une branche bien feuillue, en plein soleil.\n2. Fermez-le serré autour de la branche.\n3. Mettez un petit caillou dans un coin, qui pend plus bas : l'eau s'y rassemble.\n4. Le soir, récupérez l'eau ; le lendemain, changez de branche.\n\nLes feuilles transpirent l'eau que les racines puisent en profondeur. Un bon sac donne un verre ou deux par jour, sans creuser. **Jamais sur une plante toxique.**\n\n**Le bac (pour l'eau de mer ou l'eau sale)**\n\n1. Un récipient large et **sombre** (peint en noir, ou tapissé d'une bâche noire), avec quelques centimètres d'eau.\n2. Couvert d'une **vitre ou d'un plastique transparent incliné**, bien fermé sur les bords.\n3. En bas de la pente, une **gouttière** (demi-tuyau, bouteille coupée en long) qui mène les gouttes vers un récipient propre.\n4. Plein soleil toute la journée.\n\nBien construit, il donne **2 à 4 litres par mètre carré et par jour** en été ensoleillé. Plusieurs petits valent mieux qu'un grand.\n\n**Le trou (seulement si le sol est humide)**\n\nUn trou d'un mètre de large et 60 cm de profondeur, un récipient au centre, des plantes vertes écrasées ou de l'eau sale autour, une bâche tendue par-dessus et bordée de terre, un caillou au milieu pour qu'elle pointe au-dessus du récipient. Creusé à l'aube, pas en plein midi.\n\n## ADAPTER\n\n**L'urine et l'eau de mer** ne se boivent jamais telles quelles. Versées dans le bac ou le trou, elles donnent de l'eau propre.\n\n**L'essence et les solvants** passent en partie avec la vapeur : une eau polluée par des hydrocarbures reste dangereuse, même distillée.\n\n**L'eau distillée** manque de minéraux : sans danger si on mange, fade au goût. Une pincée de sel ou un peu d'eau de source corrige le goût.\n\nTrouver de l'eau : [[SURV-EAU-005]]. Filtrer : [[SURV-EAU-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-007","titre":"Stocker l'eau longtemps","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau","stockage","jerrican","chlore","javel","chauffe-eau","reserve","bouteilles"],"sources":["FEMA et Croix-Rouge américaine, Food and Water in an Emergency","Centers for Disease Control and Prevention, Making water safe in an emergency (désinfection au chlore)","Organisation mondiale de la santé, Guidelines for Drinking-water Quality, 4e édition"],"corps":"::De l'eau propre, dans un récipient propre et fermé, à l'abri de la lumière, se garde des mois. Ce qui la gâche, c'est un bidon sale, un bouchon ouvert, le soleil.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'eau elle-même ne « périme » pas. Ce qui se développe, ce sont les microbes et les algues qu'on y a laissés entrer, nourris par la lumière et la chaleur. Et le plastique laisse passer lentement les odeurs et les vapeurs de ce qui est stocké à côté.\n\n## AGIR\n\n**Combien** : au moins **6 litres par personne et par jour**, pour trois jours au minimum, idéalement deux semaines. Voir [[SURV-EAU-006]].\n\n**Dans quoi**\n\n- **Bouteilles du commerce** scellées : la solution la plus simple, qui se garde des années.\n- **Jerricans alimentaires** (souvent bleus), propres, avec bouchon étanche.\n- **Pas de bouteilles de lait** ni de jus : elles se nettoient mal et le plastique se dégrade.\n- **Jamais un bidon qui a contenu** un produit chimique, du carburant ou de la lessive.\n\n**Remplir**\n\n1. Lavez le récipient à l'eau savonneuse, rincez, puis désinfectez : une cuillère à café d'eau de Javel dans un litre d'eau, agitée partout, puis rincée.\n2. Remplissez à l'eau du robinet traitée (déjà chlorée).\n3. Pour une conservation longue, ajoutez de l'eau de Javel **sans parfum** : **4 à 5 gouttes par litre** pour la Javel française à 2,6 % de chlore actif, **2 gouttes** pour une Javel à 5 ou 6 %. Attendez 30 minutes : une légère odeur de chlore doit rester. Voir [[TEC-CHI-009]].\n4. Fermez, **étiquetez avec la date**.\n\n**Où** : au frais, dans le noir, loin des carburants, des produits ménagers et des pesticides. Pas en plein soleil.\n\n**Renouvelez** l'eau du robinet stockée tous les 6 mois ; les bouteilles scellées, selon la date.\n\n## ADAPTER\n\n**Les réserves cachées de la maison**, quand l'eau coupe :\n\n- **Le ballon d'eau chaude** : 100 à 300 litres. Coupez d'abord l'électricité ou le gaz de l'appareil, fermez l'arrivée d'eau froide, ouvrez un robinet d'eau chaude à l'étage pour faire entrer l'air, puis vidangez par le robinet du bas. Laissez tomber les premiers litres chargés de dépôts.\n- **Les canalisations** : ouvrez le robinet le plus haut de la maison, puis récupérez l'eau au robinet le plus bas.\n- **Le réservoir des toilettes**, pas la cuvette, s'il n'y a pas de produit dedans : pour se laver, ou à boire après traitement.\n- **Les glaçons** et le liquide des conserves de légumes.\n\n**Au premier signe de coupure**, remplissez la baignoire : pour les toilettes et la lessive.\n\n**Une eau stockée qui sent ou a un goût** : traitez-la (ébullition ou chlore) avant de la boire, voir [[URG-EAU-001]]. Une eau verte ou gluante ne sert qu'aux toilettes.","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-006","titre":"Combien d'eau il faut, et comment la gérer","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["eau","besoins","rationnement","deshydratation","chaleur","urine","reserve"],"sources":["Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : normes minimales en approvisionnement en eau","Institute of Medicine, Dietary Reference Intakes for Water, 2005","US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur l'eau"],"corps":"::On retrouve régulièrement dans les déserts des corps avec de l'eau dans leur gourde. Ils l'économisaient. On ne rationne pas l'eau qu'on boit : on rationne la sueur.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Ce qu'un adulte boit** : 2 à 3 litres par jour au repos par temps tempéré, **4 à 6 litres et plus** à l'effort ou à la chaleur. La nourriture en apporte une partie ; les aliments secs n'en apportent pas.\n\n**Ce qu'il faut en tout** : les organisations humanitaires comptent **15 litres par personne et par jour** pour boire, cuisiner et se laver dans un camp. 7 à 8 litres permettent de tenir quelques jours en réduisant la toilette au strict minimum.\n\n**Sans boire**, on tient environ trois jours dans des conditions normales, beaucoup moins en pleine chaleur. Les capacités baissent bien avant : à 2 % de perte d'eau, on réfléchit et on marche moins bien.\n\n## AGIR\n\n**Mesurer, pas deviner**\n\n- **La couleur des urines** : jaune clair, ça va ; foncé, il faut boire ; très foncé et rare, c'est urgent.\n- **La soif arrive tard**, surtout chez les personnes âgées et les enfants : proposez à boire régulièrement.\n\n**Réduire les pertes au lieu de réduire les gorgées**\n\n- **Restez à l'ombre** aux heures chaudes, travaillez et marchez tôt le matin, le soir ou la nuit.\n- **Couvrez-vous** : manches longues légères, chapeau. La peau nue au soleil perd plus d'eau.\n- **Respirez par le nez**, parlez peu à l'effort.\n- **Ne mangez pas beaucoup quand l'eau manque**, surtout de la viande et des aliments salés : les digérer demande de l'eau.\n- **Pas d'alcool, pas de café en quantité.**\n\n**Quand l'eau est comptée**\n\n- **Buvez quand vous avez soif**, par petites quantités régulières plutôt que tout d'un coup.\n- **Gardez une réserve** pour la fin, mais ne tombez pas d'épuisement avec une gourde pleine.\n- **Priorité** : les enfants, les malades, ceux qui travaillent dur.\n\n## ADAPTER\n\n**Diarrhée, vomissements, fièvre** : les besoins explosent. Réhydratation salée et sucrée, voir [[TEC-SAN-011]].\n\n**Grand froid** : on a moins soif, mais on se déshydrate quand même (air sec, effort). Faire fondre de la neige coûte beaucoup de combustible : ne la mangez pas telle quelle, elle refroidit le corps.\n\n**Jamais d'eau de mer, jamais d'urine** : leur sel déshydrate plus qu'il n'hydrate. Voir [[TEC-CON-008]].\n\n**Trouver et rendre potable** : [[SURV-EAU-005]] et [[URG-EAU-001]]. **Stocker** : [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-005","titre":"Trouver de l'eau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["eau","source","rivière","plage","rosée","oiseaux","puits","terrain"],"sources":["US Army, FM 3-05.70 Survival : se procurer de l'eau (lit de rivière à sec, puits de plage, rosée, sac de transpiration)","OMS : traitement et conservation de l'eau à domicile","Observations naturalistes sur l'abreuvement des oiseaux granivores (pigeons, tourterelles, gangas)"],"corps":"::L'eau descend, s'accumule en bas et se cache sous ce qui pousse. Cherchez-la avec les yeux de ceux qui en boivent tous les jours : les plantes et les bêtes.::\n\n## COMPRENDRE\n\nL'eau suit la pente. Elle se rassemble dans les creux, les vallons, le pied des falaises, l'extérieur des virages d'une rivière, et elle continue de couler sous le sol bien après que la surface s'est asséchée. Un lit de rivière à sec n'est souvent sec qu'en surface.\n\nLes plantes gourmandes en eau ne poussent que là où elle est proche : leur présence est un signal lisible de loin, souvent à des kilomètres. Et tous les animaux boivent. Beaucoup d'oiseaux granivores et d'insectes vont à l'eau chaque jour, aux mêmes heures, par les mêmes chemins.\n\nAu bord de la mer, l'eau de pluie infiltrée dans le sable flotte au-dessus de l'eau salée, parce qu'elle est plus légère. Une mince lentille d'eau douce se forme sous les dunes.\n\nEnfin, l'air contient de l'eau. La nuit, quand le sol se refroidit, elle se dépose en rosée sur tout ce qui est froid et découvert.\n\n## AGIR\n\n### Descendre et regarder ce qui pousse\n\n1. **Allez vers le bas** : vallons, ravines, pied des pentes, creux entre deux collines.\n2. **Cherchez les lignes plus vertes** dans un paysage sec. Saules, roseaux, joncs, massettes, peupliers, aulnes, platanes, fougères : ils ne poussent que les pieds dans l'eau ou juste au-dessus.\n3. **Suivez les sentiers d'animaux qui convergent** en descendant. Ils mènent presque toujours à un point d'eau.\n\n### Creuser un lit de rivière à sec\n\n1. Choisissez **l'extérieur d'un virage**, là où le courant creusait le plus, ou le point le plus bas du lit.\n2. Creusez un trou d'une quarantaine de centimètres. **Le sable devient humide** : continuez.\n3. Attendez. L'eau suinte dans le trou en quelques minutes à quelques heures. Laissez-la se décanter avant de la puiser.\n\n### À la plage : derrière la première dune\n\nCreusez **derrière la première dune**, dans un creux, jusqu'à ce que l'eau apparaisse. Ne creusez pas plus profond que nécessaire : plus bas, c'est l'eau salée. Goûtez une goutte. Salée, reculez vers l'intérieur des terres et recommencez.\n\n### Regarder les bêtes à l'aube et au crépuscule\n\n- **Les pigeons, les tourterelles, les petits oiseaux granivores** volent vers l'eau le matin et le soir, bas et en ligne droite. Au retour, alourdis, ils se posent plus souvent.\n- **Les abeilles** ne s'éloignent en général pas à plus de quelques kilomètres de l'eau. **Les moustiques** signalent une eau stagnante tout près.\n- **Des traces fraîches, des crottes, des sentiers bien marqués** qui descendent : l'eau est au bout.\n\n### Récolter ce qui ne coule pas\n\n- **La rosée** : à l'aube, passez un tissu propre sur l'herbe haute et essorez-le dans un récipient. Une nuit claire et calme peut en donner beaucoup.\n- **Les creux de rochers** gardent l'eau de pluie des jours, surtout à l'ombre.\n- **Le sac de transpiration** : un sac en plastique transparent fermé sur une branche feuillue, au soleil. En quelques heures, de l'eau se condense au fond. Jamais sur une plante toxique : voir [[TEC-BOT-003]].\n\n## ADAPTER\n\n**Toute eau trouvée se traite avant d'être bue**, même claire, même de source : [[URG-EAU-001]]. Sans rien pour la faire bouillir, filtrez d'abord : [[SURV-EAU-004]].\n\n**En ville.** Les réserves sont dans les bâtiments : le réservoir des chasses d'eau (le réservoir, pas la cuvette), le ballon d'eau chaude (le robinet de vidange est en bas), les canalisations, qu'on vide par le robinet le plus bas de l'immeuble. Les piscines et les fontaines servent à se laver et à la chasse d'eau, ou à boire après un vrai traitement.\n\n**En hiver.** Faites fondre la neige ou la glace avant de la boire : la manger refroidit le corps et coûte de l'énergie. La glace donne plus d'eau que la neige pour le même volume.\n\n**Vous restez plusieurs jours.** Récupérez l'eau de pluie plutôt que de la chercher : [[SURV-PLUIE-001]].\n\n**Vous êtes perdu.** Descendre vers l'eau vous rapproche aussi des humains, installés au bord de l'eau depuis toujours : [[SURV-ORI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-EAU-004","titre":"Filtrer avec ce qu'on a","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["eau","filtration","improvisation","sante"],"sources":["OMS — Household water treatment and safe storage","CDC — Making water safe in an emergency","OMS — Evaluating household water treatment options"],"corps":"::Un filtre improvisé rend l'eau claire. Il ne la rend pas potable, et confondre les deux est ce qui tue.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn filtre de fortune agit par trois mécanismes, et il faut savoir ce que chacun retire.\n\n**Le tamisage** retient ce qui est plus gros que les interstices : sable, débris, insectes, particules. C'est l'effet dominant d'un tissu ou d'un lit de gravier.\n\n**L'adsorption** retient certaines molécules à la surface d'un matériau poreux. C'est ce que fait le **charbon actif**, dont l'énorme surface interne fixe une partie des composés organiques, des goûts et des odeurs. Le charbon de bois ordinaire en fait un peu, beaucoup moins bien.\n\n**La filtration biologique** apparaît dans un filtre à sable lent laissé en fonctionnement plusieurs semaines : une couche biologique se développe en surface et retire une part importante des micro-organismes. Elle demande du temps, un débit très lent et une alimentation continue — **elle ne s'improvise pas en une heure**.\n\n**Ce qu'un filtre improvisé ne fait pas :** il ne retire pas les virus, qui sont bien trop petits ; il ne retire pas de façon fiable les bactéries ; il ne retire ni métaux lourds, ni nitrates, ni produits chimiques dissous. Un charbon peut fixer une partie de certains composés organiques, et il saturera sans le montrer.\n\n**Sa vraie fonction est préparatoire.** Une eau claire permet à la désinfection de fonctionner : les particules en suspension protègent physiquement les germes et absorbent le rayonnement. Filtrer d'abord multiplie l'efficacité de ce qui suit.\n\n## AGIR\n\n1. **Prélevez au meilleur endroit.** Eau courante plutôt que stagnante, en amont des habitations et des troupeaux. Le choix de la source fait plus que tout traitement — voir [[URG-EAU-001]].\n2. **Laissez décanter** plusieurs heures dans un récipient au repos, puis transvasez le clair sans remuer le fond.\n3. **Passez à travers un tissu serré**, replié plusieurs fois. Rincez le tissu entre les passages.\n4. **Montez un filtre en couches** si l'eau reste trouble. De haut en bas : tissu, sable fin, charbon écrasé, sable grossier, gravier, puis un tissu à la sortie. L'eau entre par le haut, lentement. Un contenant percé au fond fait l'affaire.\n5. **Faites passer lentement.** Un filtre rapide ne filtre presque rien. Si l'eau traverse en quelques secondes, ralentissez le débit.\n6. **Jetez les premiers volumes**, qui emportent les fines poussières du filtre.\n7. **Désinfectez ensuite. Toujours.** Ébullition à gros bouillons une minute, trois au-dessus de deux mille mètres. C'est cette étape qui rend l'eau potable, pas le filtre.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de feu.** Le filtre devient plus important, sans devenir suffisant. Complétez par la désinfection solaire : bouteille transparente, eau déjà clarifiée, plein soleil, plusieurs heures, posée sur une surface réfléchissante. Cela ne marche pas sur eau trouble, ce qui est précisément la raison de filtrer d'abord.\n\n**Vous avez du charbon de bois.** Prenez-le au cœur des braises éteintes, écrasez-le grossièrement, rincez-le. Il améliore le goût et retire une part des composés organiques. Il se sature en quelques jours d'usage sans que rien ne se voie : changez-le régulièrement plutôt qu'au signe.\n\n**L'eau sent mauvais ou a un aspect huileux, irisé, mousseux.** Ne filtrez pas, ne traitez pas : **changez de source.** Aucun filtre improvisé ne retire une pollution chimique, et l'ébullition la concentre légèrement.\n\n**L'eau est boueuse.** Une décantation prolongée fait presque tout le travail. Certaines cendres et certaines argiles fines aident à agglomérer les particules, mais la patience reste le meilleur clarifiant.\n\n**Vous êtes en zone habitée.** Le risque viral d'origine fécale domine, et aucun filtre improvisé ne l'écarte. La désinfection devient obligatoire, et l'hygiène autour du point d'eau compte autant que le traitement — voir [[TEC-SAN-004]].\n\n**Vous installez un point d'eau durable.** Un filtre à sable lent, alimenté en continu et jamais mis à sec, développe en quelques semaines une efficacité réelle. C'est un ouvrage, pas un geste d'urgence, et il demande de la place et de la régularité.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-013","titre":"Passer une frontière quand on fuit","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["frontiere","asile","refugie","protection temporaire","documents","passeurs","hcr","enfants","non-refoulement"],"sources":["Convention de Genève relative au statut des réfugiés, 1951","HCR, informations pratiques pour les demandeurs d'asile","Organisation internationale pour les migrations, projet Missing Migrants","Directive 2001/55/CE relative à la protection temporaire, activée en 2022"],"corps":"::En 2022, pour la première fois, l'Union européenne a activé une protection temporaire pour des millions d'Ukrainiens : ils ont passé les frontières à pied, en train, en voiture, avec leurs papiers, et ont été accueillis légalement. Ailleurs, en Méditerranée, des dizaines de milliers de personnes sont mortes depuis 2014 en payant des passeurs. La route légale est presque toujours la plus sûre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Demander l'asile est un droit** reconnu par la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Convention de Genève.\n- **Le non-refoulement** : un pays ne doit pas renvoyer une personne vers un endroit où elle risque la persécution ou la mort.\n- **Les passeurs** vendent des places sur des bateaux surchargés, des camions fermés, des chemins de montagne l'hiver. Beaucoup n'arrivent jamais.\n\n## AGIR\n\n**Avant de partir**\n\n- **Les papiers** : passeport, carte d'identité, actes de naissance, livret de famille, diplômes, dossiers médicaux, carnets de vaccination. **Photographiés**, envoyés à soi-même et à un proche, et une copie papier.\n- **Sur soi**, dans une poche intérieure étanche : papiers, argent en petites coupures (et un peu en devises), numéros de téléphone écrits.\n- **Les médicaments** avec leurs ordonnances.\n- **Les enfants** : nom, date de naissance, nom des parents et un numéro de téléphone écrits sur eux, dans un vêtement. Voir [[URG-ENF-001]].\n\n**À la frontière**\n\n- **Dire clairement** qu'on demande l'asile ou la protection, dans la langue qu'on peut. Voir [[TEC-IDE-014]].\n- **Se faire enregistrer** auprès des autorités et du HCR quand il est présent.\n- **Garder tous les papiers** qu'on vous remet.\n- **Rester en famille**, et si l'on est séparé, le signaler tout de suite. Voir [[SIG-COM-014]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Les mineurs seuls** ont droit à une protection particulière : le dire, et ne jamais suivre un adulte inconnu qui promet un travail ou un passage.\n- **Refuser** les offres qui demandent de l'argent pour un passage, des papiers « arrangés » ou une dette à rembourser en travaillant : c'est souvent la traite.\n- **Arrivé** : [[SURV-CRI-018]] pour les camps, [[SURV-SOC-007]] pour l'accueil.\n\nÉvacuer en dix minutes : [[SURV-CRI-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-012","titre":"Le vélo pour partir","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo","evacuation","sacoches","remorque","crevaison","charge","piste ho chi minh","autonomie"],"sources":["Wilson D.G., Bicycling Science, MIT Press, 3e édition, 2004","Prados J., The Blood Road: The Ho Chi Minh Trail and the Vietnam War, 1999"],"corps":"::Pendant la guerre du Vietnam, des porteurs poussaient sur la piste Hô Chi Minh des vélos chargés de plus de cent kilos de ravitaillement, à travers la jungle et les bombardements. Aucune armée n'a réussi à couper cette route. Un vélo, c'est trois fois la distance de la marche, et un porte-bagages pour ce qu'on ne pourrait pas porter.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **À pied** avec un sac : 20 à 30 km par jour. **À vélo** chargé : 50 à 100 km, pour la même fatigue.\n- Le vélo est **le moyen de transport le plus efficace** jamais inventé : moins d'énergie par kilomètre que la marche.\n- Quand les routes sont bloquées par les voitures, **le vélo passe** : entre les files, sur les trottoirs, les chemins, les pistes.\n- **Poussé à la main**, un vélo porte bien plus lourd qu'un dos.\n\n## AGIR\n\n**Le vélo prêt**\n\n- **Des pneus increvables** ou renforcés, bien gonflés.\n- **Une chambre à air de rechange**, des rustines, une pompe, des démonte-pneus, un multi-outil, de l'huile pour la chaîne.\n- **Des freins** qui freinent. Voir [[TEC-MEC-004]].\n- **Un antivol** solide.\n\n**La charge**\n\n- **Bas et sur le vélo**, pas dans le dos : des sacoches à l'arrière (et à l'avant pour les grosses charges), bien réparties à gauche et à droite.\n- **Une remorque** pour les enfants ou le matériel lourd.\n- **Pas plus que ce qu'on peut pousser en montée.**\n\n**Rouler**\n\n- **Des étapes courtes** les premiers jours, pauses toutes les heures, boire.\n- **Descendre et pousser** dans les montées raides : on va presque aussi vite et on ne s'épuise pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Avec des enfants** : siège, remorque, ou vélo à eux s'ils sont assez grands. Leur rythme décide.\n\n**Un vélo électrique** va plus loin et plus lourd, tant que la batterie tient. Voir [[TEC-ENE-014]] pour recharger.\n\n**Réparer en route** : une crevaison se répare en un quart d'heure. On s'entraîne avant, à la maison. Fabriquer un vélo : [[SURV-REC-022]].\n\nQuitter une ville : [[SURV-DEP-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-011","titre":"Se déplacer en groupe","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["groupe","marche","serre-file","point de ralliement","rythme","pauses","enfants","comptage"],"sources":["US Army, FM 21-18 Foot Marches (haltes horaires)","Fédération française de randonnée pédestre, encadrer un groupe"],"corps":"::Un groupe avance à la vitesse de son membre le plus lent. Le mettre devant évite qu'il s'épuise à rattraper les autres et que le groupe s'étire sur un kilomètre. Et à l'arrière, il y a toujours quelqu'un qui ne laisse personne derrière lui : le serre-file.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Un groupe qui s'étire** se perd : ceux de derrière ratent un croisement, ceux de devant ne s'en rendent pas compte.\n- **Le plus lent** donne le rythme de toute façon. Mieux vaut le décider que le subir.\n- **Les pauses régulières** évitent l'épuisement : les armées marchent environ cinquante minutes et s'arrêtent dix.\n\n## AGIR\n\n**Les rôles**\n\n- **Devant** : celui qui connaît la route, avec **le plus lent juste derrière** lui.\n- **Derrière** : **le serre-file**, qui ne dépasse jamais personne et prévient si quelqu'un ralentit.\n- **Les charges** : les plus forts portent plus, on tourne.\n\n**Compter**\n\n- **Compter les membres** à chaque départ, chaque pause, chaque passage délicat. Chacun a un numéro, on l'annonce dans l'ordre.\n\n**Se retrouver**\n\n- **Un point de ralliement** annoncé à chaque étape : si on se perd, on y retourne et on attend.\n- **La règle en cas de séparation** : on s'arrête, on siffle, on ne part pas chercher seul.\n- **Les signaux** : trois coups de sifflet, c'est l'appel à l'aide.\n\n**Les passages difficiles** (rivière, route, rochers) : un par un, avec quelqu'un qui aide de chaque côté. Voir [[SURV-DEP-006]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les enfants** : un vêtement voyant, **nom et numéro de téléphone** écrits sur eux, main tenue dans la foule, et la consigne apprise d'avance s'ils se perdent. Voir [[URG-ENF-001]].\n\n**Dans une foule** : se tenir par la main ou par le sac, se donner un point de rendez-vous visible. Voir [[URG-FOULE-001]].\n\n**En terrain dangereux**, espacer davantage : un seul accident, pas deux. Choisir un itinéraire : [[SURV-DEP-007]].\n\n**À chaque halte**, un coin toilettes à au moins 60 mètres de l'eau et du chemin, en aval du campement. Voir [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-010","titre":"Nager tout habillé","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["nager","vetements","flotter","choc thermique","eau froide","pantalon flotteur","noyade","sauvetage"],"sources":["RNLI (Royal National Lifeboat Institution), Float to Live","Giesbrecht G.G., Cold water immersion: the 1-10-1 principle","US Navy, techniques de survie en mer (flotteur avec le pantalon)"],"corps":"::Tomber à l'eau froide tout habillé, c'est d'abord un réflexe : on inspire d'un coup, puis on halète pendant une minute. C'est là qu'on se noie, en avalant l'eau. Les sauveteurs britanniques résument la survie en trois mots : flotter pour vivre.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**La règle 1-10-1** en eau froide :\n\n- **1 minute** pour reprendre son souffle après le choc. Ne pas nager, ne pas se débattre.\n- **10 minutes** de mouvements efficaces avant que les muscles des bras ne lâchent.\n- **1 heure** environ avant de perdre connaissance par le froid.\n\n**Les vêtements** gardent de l'air les premières minutes et aident à flotter. Ils gardent aussi un peu de chaleur.\n\n## AGIR\n\n1. **Flotter sur le dos**, tête en arrière, bras et jambes écartés, jusqu'à ce que le souffle se calme.\n2. **Garder ses vêtements**. N'enlever les bottes ou un manteau lourd que s'ils tirent vraiment vers le fond.\n3. **Se diriger** vers le bord le plus proche, sur le dos ou en brasse lente. Dans un courant, nager **parallèlement** à la rive. Voir [[URG-MER-001]].\n4. **Ne pas lâcher un objet qui flotte** : bidon, glacière, planche, sac étanche, ballon.\n\n**Le pantalon flotteur** (pour qui sait déjà nager)\n1. Enlever le pantalon en flottant, nouer les deux jambes ensemble au bout.\n2. Le lancer d'un coup au-dessus de la tête pour remplir les jambes d'air, fermer la taille sous l'eau.\n3. Passer la tête entre les jambes nouées : une bouée, à regonfler de temps en temps.\n\n## ADAPTER\n\n**Aider quelqu'un qui se noie** : **ne pas plonger**. D'abord **tendre** (une branche, un vêtement, en restant allongé au sol), puis **lancer** quelque chose qui flotte, puis appeler. Un nageur qui panique noie son sauveteur.\n\n**Hors de l'eau** : se sécher, se changer, bouger, manger. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Sous la glace** : voir [[URG-GLACE-001]]. Une voiture qui coule : [[URG-VEH-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-009","titre":"Le camouflage","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camouflage","se cacher","silhouette","mouvement","reflet","ombre","lumiere","odeur","observation"],"sources":["US Army, FM 20-3 Camouflage, Concealment, and Decoys, 1999","British Army, Why things are seen (forme, ombre, silhouette, surface, espacement, mouvement)","Stevens M., Merilaita S., Animal camouflage: current issues and new perspectives, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2009"],"corps":"::Un soldat parfaitement camouflé qui bouge se voit ; un randonneur en tee-shirt rouge qui ne bouge pas passe souvent inaperçu. Le mouvement trahit avant la couleur. Les armées l'apprennent avec une liste de choses qui font qu'on est vu, et les chasseurs comme les photographes animaliers l'utilisent tous les jours.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe qui fait qu'on est vu, dans l'ordre :\n\n1. **Le mouvement** : l'œil humain le repère avant tout.\n2. **La forme** : la silhouette humaine, la tête et les épaules, les lignes droites qui n'existent pas dans la nature.\n3. **La silhouette** sur le ciel : un homme debout sur une crête se voit à des kilomètres.\n4. **Le reflet** : visage, lunettes, montre, écran, gamelle.\n5. **L'ombre** : la sienne, qui dépasse d'un buisson.\n6. **La couleur et la surface** : un aplat uni au milieu d'un fouillis de feuilles.\n7. **Le son et l'odeur** : le savon, le parfum, la cigarette, le feu se sentent de loin.\n\n## AGIR\n\n- **S'immobiliser** dès qu'on se sent observé, plutôt que de courir se cacher.\n- **Bouger lentement**, par bonds courts, d'abri en abri, en regardant avant.\n- **Casser la forme** : des branches, des herbes du lieu accrochées au sac et aux épaules, un chapeau.\n- **Rester sous la crête**, jamais dessus ; passer derrière les haies, pas devant.\n- **Rester dans l'ombre**, et regarder de derrière un obstacle, par le côté, pas par-dessus.\n- **Éteindre les reflets** : boue sur le visage et les mains, montre retournée, écran éteint.\n- **Les couleurs** : brun, vert, gris mêlés. Le noir franc se voit en forêt, plus sombre que les ombres.\n\n## ADAPTER\n\n**La nuit** : la lumière est l'ennemi. Une cigarette, une lampe, un écran se voient de très loin. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Le feu** : voir [[SURV-FEU-004]].\n\n**Observer les animaux** : les mêmes règles, et le vent de face pour qu'ils ne vous sentent pas.\n\nTraverser une ville sans se faire remarquer : [[SURV-DEP-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-008","titre":"Traverser une ville sans se faire remarquer","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ville","discretion","homme gris","vigilance","code des couleurs","controle","foule","nuit"],"sources":["Cooper J., Principles of Personal Defense, 1972 (code des couleurs de la vigilance)","de Becker G., The Gift of Fear, 1997","Ministère de l'Intérieur, conseils de prévention des vols et des agressions"],"corps":"::Dans une ville en crise, celui qui porte un sac militaire, un couteau à la ceinture et une tenue de combat se fait remarquer par tout le monde, y compris par ceux qu'il voudrait éviter. Le vétéran, lui, ressemble à quelqu'un qui rentre du travail. On appelle ça être l'homme gris.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On attire les regards** par ce qui dépasse : tenue, matériel voyant, comportement pressé ou perdu, téléphone ou bijoux à la main.\n- **Les agresseurs choisissent** des proies qui ont l'air distraites, isolées, chargées, ou riches.\n- **Le code des couleurs** de la vigilance : **blanc**, dans la lune ; **jaune**, détendu mais attentif à ce qui se passe autour ; **orange**, quelque chose cloche, on se prépare ; **rouge**, on agit. En ville en crise, on vit en jaune.\n\n## AGIR\n\n**L'apparence**\n\n- **Des vêtements ordinaires**, de couleurs neutres, adaptés au quartier.\n- **Un sac banal** (sac à dos d'étudiant, sac de sport), pas de matériel accroché dehors.\n- **Rien de précieux visible** : montre, téléphone, argent rangés.\n\n**Le déplacement**\n\n- **Marcher d'un pas décidé**, comme quelqu'un qui sait où il va, même quand on vérifie son chemin (on le fait à l'arrêt, à l'abri, pas au milieu du trottoir).\n- **Le jour** : les rues passantes, avec des témoins.\n- **Éviter** les impasses, les passages souterrains, les groupes qui stationnent, les attroupements et les manifestations. Voir [[URG-FOULE-001]].\n- **Repérer les sorties** : rues transversales, magasins ouverts, lieux publics.\n- **Bouger aux heures où tout le monde bouge**, pas au milieu d'une rue déserte à minuit.\n\n## ADAPTER\n\n**Un contrôle** (police, armée, barrage) : papiers prêts, mains visibles, calme, réponses courtes et vraies. Pas de photos.\n\n**Quelqu'un vous suit** : changer de trottoir, s'arrêter devant une vitrine pour voir, entrer dans un lieu public, appeler.\n\n**Un couvre-feu** se respecte : dehors, on devient suspect pour tout le monde.\n\nÉviter la confrontation : [[SURV-DEF-004]]. La ville en ruines : [[SURV-MIL-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-007","titre":"Choisir un itinéraire","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["itineraire","carte","main courante","point d'arret","visee decalee","plan pace","goulots","etapes"],"sources":["Fédération française de course d'orientation, techniques de navigation (main courante, point d'arrêt, visée décalée)","US Army, FM 3-25.26 Map Reading and Land Navigation","Doctrine militaire de planification PACE (principal, alternatif, de secours, d'urgence)"],"corps":"::Le plus court n'est presque jamais le plus rapide : contourner une colline fait souvent gagner une heure sur la traverser. Et dans une crise, tout le monde prend la même route. Les militaires prévoient toujours quatre plans ; les coureurs d'orientation, eux, ne visent jamais pile leur cible.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le relief coûte** : une heure de plus par 300 m de montée. Voir [[SURV-ORI-007]].\n- **Les goulets** (ponts, tunnels, échangeurs, cols, gares) sont les premiers bloqués quand tout le monde part.\n- **Une ligne continue** (rivière, route, ligne électrique, crête, lisière) se suit sans boussole, même de nuit ou dans le brouillard.\n\n## AGIR\n\n**Tracer sur la carte**\n\n1. **Le point de départ, l'arrivée**, puis les **étapes** : un point d'eau, un abri, un endroit sûr, tous les 15 à 20 km à pied.\n2. **Suivre des mains courantes** : les lignes continues qu'on longe sans se perdre.\n3. **Prévoir des points d'arrêt** : un élément impossible à manquer juste **après** l'endroit visé (une route, une rivière). Si on l'atteint, on a dépassé.\n4. **La visée décalée** : pour rejoindre un pont sur une rivière, on vise volontairement **à gauche** du pont. En arrivant à la rivière, on sait qu'il faut tourner à droite.\n5. **Compter le temps**, pas seulement les kilomètres.\n\n**Les quatre plans**\n\n- **Principal** : la route prévue.\n- **Alternatif** : une autre route vers le même but.\n- **De secours** : un autre but plus proche (un ami, un village).\n- **D'urgence** : où l'on se replie si tout tombe.\n\n**Avant de partir** : laisser son itinéraire et son heure d'arrivée à quelqu'un, avec ce qu'il doit faire si on n'arrive pas.\n\n## ADAPTER\n\n**En crise** : éviter les grands axes et les heures où tout le monde part. Voir [[SURV-DEP-004]].\n\n**À pied avec un groupe** : se caler sur le plus lent. Voir [[SURV-DEP-011]].\n\nLire une carte : [[SURV-ORI-002]]. La boussole : [[SURV-ORI-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-006","titre":"Traverser une rivière","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["riviere","gue","courant","crue","traversee","baton","eau vive","emporte"],"sources":["US National Weather Service, Turn Around Don't Drown","The Mountaineers, Mountaineering: The Freedom of the Hills, 9e édition, traversée des cours d'eau","American Whitewater, code de sécurité en eau vive"],"corps":"::Quinze centimètres d'eau rapide suffisent à faire tomber un adulte, trente à faire flotter une voiture. Une rivière ne se traverse pas là où elle est étroite, mais là où elle est large, calme et peu profonde. Et souvent, la meilleure traversée est celle qu'on attend demain.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La force du courant** augmente très vite avec la vitesse : une eau deux fois plus rapide pousse quatre fois plus fort.\n- **Au-dessus du genou**, dans un courant vif, on ne tient plus debout longtemps.\n- **Une rivière en crue** charrie des branches et des pierres invisibles. Elle baisse souvent aussi vite qu'elle est montée.\n- **Les torrents de glacier et de fonte** sont au plus bas **tôt le matin** et grossissent tout l'après-midi.\n\n## AGIR\n\n**Choisir l'endroit**\n\n- **La partie large**, où l'eau s'étale et ralentit, souvent en plusieurs bras.\n- **Pas à l'extérieur d'un virage** (profond et rapide), **jamais juste au-dessus** d'une chute, d'un rapide ou d'un tronc en travers.\n- **Une sortie** facile sur l'autre rive, et une zone calme en aval au cas où.\n\n**Traverser seul**\n\n1. **Détacher la ceinture et la sangle de poitrine** du sac : si on tombe, on doit pouvoir s'en débarrasser.\n2. **Garder ses chaussures** : les pierres coupent et roulent.\n3. **Face au courant**, un bâton solide planté en amont comme troisième appui, pas chassés, un seul appui qui bouge à la fois.\n4. Avancer **en biais vers l'aval**, avec le courant plutôt que contre lui.\n\n**Traverser à plusieurs**\n\nCôte à côte, bras dessus bras dessous, face au courant, **le plus solide en amont** : il casse le courant pour les autres. On avance ensemble, au rythme du plus lent.\n\n**Emporté**\n\n- **Sur le dos, pieds devant**, en surface, pour repousser les rochers.\n- **Ne jamais essayer de se mettre debout** dans le courant : un pied coincé entre deux pierres, et l'eau vous plie en avant.\n- Nager en diagonale vers la rive, vers une zone calme.\n\n## ADAPTER\n\n**Après la traversée** : se sécher, se changer, manger. L'eau froide épuise en quelques minutes. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Une voiture** ne traverse jamais une route inondée. Voir [[TEC-TER-004]].\n\n**Dans le doute**, on remonte ou on descend la rivière pour chercher un pont, un gué, ou on attend que l'eau baisse. Mesurer la rivière : [[SURV-ORI-007]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-005","titre":"Vivre dans une voiture","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["voiture","dormir","sans domicile","monoxyde","condensation","froid","chaleur","discretion","domiciliation"],"sources":["Code de la route, article R417-12 (stationnement abusif au-delà de 7 jours)","Service-public.fr, domiciliation des personnes sans domicile stable (CCAS et associations agréées)","US National Weather Service, Winter Storm Safety : bloqué dans un véhicule","Santé publique France, intoxications au monoxyde de carbone"],"corps":"::Une voiture, c'est une tente en métal qui ferme à clé, avec un moteur pour partir si le quartier déplaît. Des milliers de gens y vivent des semaines ou des années. Ceux qui tiennent connaissent trois choses : l'air, la température et la discrétion.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne voiture fermée n'isole presque pas : la nuit, elle prend la température extérieure en une heure ou deux. L'été, au soleil, l'intérieur dépasse 50 °C.\n\nUne personne qui dort respire et transpire près d'un demi-litre d'eau par nuit : sans aération, **tout ruisselle** le matin, et les duvets mouillés ne tiennent plus chaud.\n\n## AGIR\n\n**L'air**\n\n- **Deux vitres entrouvertes d'un ou deux centimètres**, en diagonale, toute la nuit, même l'hiver.\n- **Jamais le moteur allumé pendant le sommeil.** Le monoxyde de carbone tue sans odeur ni réveil, surtout quand la neige bouche le pot d'échappement. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Jamais de réchaud ni de chauffage à flamme à l'intérieur.**\n\n**Le froid**\n\n- Un bon **sac de couchage** (ou deux emboîtés) vaut plus que tout le reste.\n- **Des couvertures ou des panneaux isolants** découpés aux formes des vitres.\n- Un bonnet la nuit, des bouteilles d'eau chaude dans le sac.\n- **Bloqué dans la neige** et obligé de chauffer : pot d'échappement dégagé, dix minutes de moteur par heure, une vitre entrouverte côté opposé au vent.\n\n**La chaleur** : garé à l'ombre, pare-soleil réfléchissant, vitres entrouvertes, jamais un enfant ou un animal laissé seul dedans. Voir [[URG-CHAL-001]].\n\n**La discrétion**\n\n- **Arriver tard, partir tôt**, et ne pas cuisiner, ni s'installer, là où on dort.\n- **Des rideaux sombres** derrière les vitres arrière et un pare-soleil devant : de l'extérieur, une voiture vide.\n- Se garer là où des voitures passent normalement la nuit ; **changer d'endroit** régulièrement.\n- Garé en marche avant pour sortir, siège conducteur libre, clés toujours au même endroit : on peut partir en dix secondes.\n\n## ADAPTER\n\n**Ce que la ville offre** : les bains-douches municipaux (gratuits dans plusieurs villes), les salles de sport, les laveries, les bibliothèques pour la chaleur, les prises et internet.\n\n**Une adresse** : en France, le CCAS de la commune ou une association agréée donne une **domiciliation** gratuite, pour recevoir son courrier et faire valoir ses droits.\n\n**La loi** : dormir dans sa voiture n'est pas interdit en soi, mais une voiture qui ne bouge pas pendant plus de sept jours peut être enlevée, et certaines communes interdisent le camping en ville.\n\n**La batterie** : lumière et chargeurs sur une batterie externe, pas sur celle de la voiture, qui ne supporte pas d'être vidée.\n\nSe laver : [[SURV-HYG-001]]. Laver ses vêtements : [[SURV-HYG-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-004","titre":"Quitter une ville","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["evacuation","ville","depart","itineraire","voiture","velo","marche","point de chute"],"sources":["FEMA, Evacuation planning guidance","Retours d'expérience des exodes (France 1940, ouragan Katrina 2005, Ukraine 2022)","Ministère de l'Intérieur, plans communaux de sauvegarde et évacuation"],"corps":"::En 1940, huit millions de personnes ont pris la route en même temps. Les routes sont devenues des pièges. Quitter une ville se décide tôt, se prépare avant, et vers un endroit précis, ou ne se fait pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Rester est souvent le meilleur choix** : chez soi, on a un toit, des réserves, des voisins. Sur la route, on n'a que ce qu'on porte, et on devient vulnérable.\n\n**Partir se justifie** quand :\n\n- les autorités ordonnent l'évacuation ;\n- un danger précis arrive (inondation, feu, nuage toxique, combats) ;\n- l'eau, la nourriture ou la sécurité ne sont plus tenables sur place, et ne le redeviendront pas vite.\n\n## AGIR\n\n**Décider tôt.** Les premiers partis roulent ; les derniers sont bloqués. Fixez-vous à l'avance des **seuils** : « si l'eau ne revient pas en trois jours, on part », « si la digue est menacée, on part ».\n\n**Savoir où aller.** Un **point de chute** précis, chez des proches, hors de la zone, qui savent que vous pouvez arriver. Partir « vers la campagne » sans adresse, c'est devenir un réfugié.\n\n**Préparer trois itinéraires**, sur une **carte papier** :\n\n- l'itinéraire principal ;\n- un itinéraire par de petites routes ;\n- un itinéraire à pied ou à vélo (chemins, voies vertes, berges, voies ferrées abandonnées).\n\n**Éviter les goulets** : ponts, tunnels, péages, sorties de ville uniques, où tout le monde se retrouve bloqué.\n\n**Le moyen de transport**\n\n- **Voiture** : réservoir plein, jerrican, sortie **très tôt le matin**. Les routes saturent en quelques heures.\n- **Vélo** : passe partout, 50 à 80 km par jour sur route, porte des charges. Voir [[TEC-MEC-004]].\n- **À pied** : 20 à 30 km par jour avec un sac, moins avec des enfants. Voir [[SURV-DEP-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un groupe** part ensemble, avec un point de ralliement en cas de séparation, et un rythme calé sur le plus lent.\n\n**Discrétion** : un sac de randonnée usé et une voiture ordinaire attirent moins l'attention que du matériel neuf. On ne dit pas où l'on va à des inconnus.\n\n**Les animaux et les personnes dépendantes** se prévoient avant : ce sont eux qui font rester les gens trop longtemps.\n\n**On laisse un message** sur place (où l'on va, quand on est parti) pour les proches qui passeraient.\n\nCe qu'on emporte : [[SURV-CRI-004]] et [[SURV-DEP-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-003","titre":"Les pieds","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pieds","ampoules","chaussettes","chaussures","marche","laçage","soins"],"sources":["US Army, FM 21-18 Foot Marches (soins des pieds)","Vonhof J., Fixing Your Feet, Wilderness Press, 7e édition","Worthing R. et al., Blister prevention in the military, Military Medicine"],"corps":"::Une armée marche sur ses pieds, et une ampoule négligée au premier jour immobilise un homme au troisième. Les pieds se soignent avant d'avoir mal.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne ampoule naît de trois choses : **le frottement, l'humidité et la chaleur**. La peau glisse contre la chaussette, la couche superficielle se décolle, la poche se remplit de liquide. Supprimez l'une des trois, et elle ne se forme pas.\n\n## AGIR\n\n**Avant de partir**\n\n- **Des chaussures déjà faites** : jamais une paire neuve pour une longue marche.\n- **Des chaussettes en laine ou en synthétique**, sans coutures épaisses. **Jamais de coton** : il garde l'eau et frotte.\n- **Ongles coupés droit**, pas trop courts.\n- **Le laçage** : serré sur le cou-de-pied pour tenir le talon, plus lâche sur l'avant. En descente, un **nœud de blocage** sur les derniers crochets empêche le pied de glisser vers l'avant et d'écraser les orteils.\n\n**Pendant la marche**\n\n- **Au premier point chaud, on s'arrête.** Pas à la pause suivante : maintenant. Un bout de **ruban adhésif** ou un pansement lisse posé sur une peau rougie évite l'ampoule.\n- **À chaque grande pause**, chaussures et chaussettes enlevées, pieds à l'air dix minutes, séchés.\n- **Chaussettes changées à mi-journée** si elles sont humides. Les mouillées sèchent accrochées au sac.\n\n**Soigner une ampoule**\n\n- **Petite et intacte** : on la protège (pansement spécial, ou compresse découpée en anneau autour), on ne la perce pas.\n- **Grosse, tendue, qui gêne** : aiguille désinfectée (à la flamme puis à l'antiseptique), on perce **sur le bord**, on vide en appuyant, **on garde la peau** qui protège, on couvre.\n- **Déchirée** : on nettoie, on couvre, on surveille l'infection. Voir [[URG-SEC-009]].\n\n## ADAPTER\n\n**Pieds toujours mouillés** (marais, pluie, tranchée) : après quelques jours, la peau blanchit, gonfle et s'abîme en profondeur : c'est le **pied de tranchée**. Séchez-les chaque soir, dormez pieds secs et au chaud, changez de chaussettes, et laissez-les à l'air dès que possible.\n\n**Pas de chaussures de marche** : des baskets souples et déjà faites valent mieux que des chaussures neuves rigides.\n\n**Une personne âgée ou diabétique** : ses pieds se blessent sans qu'elle le sente. Regardez-les chaque soir.\n\n**Talc, fécule de maïs, ou déodorant** sur les pieds le matin réduisent la transpiration. Marcher longtemps sans casse : [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-002","titre":"Le sac","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sac a dos","poids","reglage","evacuation","marche","charge","sac d'urgence"],"sources":["Fédération française de randonnée pédestre, préparer son sac","US Army, FM 21-18 Foot Marches (charges et portage)","Ministère de l'Intérieur, kit d'urgence familial"],"corps":"::Un sac trop lourd ne vous emmène nulle part. Au-delà d'un quart de votre poids, vous ne marchez plus : vous portez. Le bon sac est celui qu'on peut porter une journée entière.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Le poids.** Pour marcher longtemps, visez **au plus 20 à 25 % de votre poids** (15 à 20 kg pour un adulte de 75 kg), et moins pour une journée de marche rapide. Chaque kilo en trop se paie en ampoules, en genoux et en kilomètres perdus.\n\n**Les hanches portent, pas les épaules.** Un sac bien réglé met environ les trois quarts de sa charge sur les hanches, par la ceinture. Les bretelles ne font que le tenir contre le dos.\n\n## AGIR\n\n### Le remplir\n\n- **Le lourd au centre, contre le dos**, entre les omoplates : eau, nourriture, outils. Un sac qui tire en arrière épuise.\n- **Le léger et encombrant en bas** : sac de couchage, vêtements.\n- **Ce qui sert souvent en haut et dans les poches** : lampe, trousse de secours, carte, veste de pluie, en-cas.\n- **Tout en sacs étanches** : un sac à dos n'est jamais étanche, un sac poubelle à l'intérieur fait l'affaire.\n\n### Le régler\n\n1. Desserrez toutes les sangles, enfilez le sac.\n2. **La ceinture sur les os des hanches** (le haut du bassin), serrée franchement.\n3. **Les bretelles** ensuite, jusqu'à ce qu'elles épousent les épaules sans porter.\n4. **Les rappels de charge** (petites sangles en haut des bretelles) tirés à environ 45 degrés, pour plaquer le haut du sac.\n5. **La sangle de poitrine** à hauteur des aisselles, sans gêner la respiration.\n\n### Le contenu de base\n\n- **Eau** : deux litres, et de quoi en trouver et la rendre potable. Voir [[URG-EAU-001]].\n- **Manger** : de quoi tenir deux ou trois jours, dense et sans cuisson.\n- **Se protéger** : veste de pluie, couche chaude, bonnet, couverture de survie, change de chaussettes.\n- **Voir et être vu** : lampe frontale et piles, sifflet.\n- **Soigner** : trousse de secours, médicaments personnels.\n- **Faire** : couteau, briquet et allumettes, cordelette, ruban adhésif.\n- **S'orienter et communiquer** : carte papier, téléphone, batterie externe, un peu d'espèces, copie des papiers.\n\n## ADAPTER\n\n**Le sac est trop lourd** : sortez tout sur le sol et retirez tout ce qui n'a pas servi lors de votre dernière sortie, sauf la trousse de secours et la couche chaude. Les « au cas où » font la moitié du poids.\n\n**Pas de sac à dos** : un sac de sport porté en travers, une valise à roulettes sur route, un chariot ou une poussette pour le lourd. Les roues portent mieux que le dos sur un sol plat.\n\n**Avec des enfants** : chaque enfant qui marche porte son petit sac avec son eau, son doudou et un vêtement chaud. Un adulte ne peut pas tout porter.\n\n**Discrétion** : un sac militaire neuf et bourré attire l'œil ; un vieux sac de randonnée ou de sport passe partout. Voir [[SURV-DEP-001]] pour marcher longtemps avec.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-001","titre":"Marcher longtemps","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["deplacement","marche","pieds","endurance"],"sources":["US Army Research Institute of Environmental Medicine — load carriage studies","Wilderness Medical Society — practice guidelines, blister prevention","Institut national du sport — physiologie de la marche prolongée"],"corps":"::Ce qui arrête un marcheur n'est presque jamais la fatigue. C'est un pied, une articulation, ou une décision prise trop tard.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui use réellement\n\nUne marche longue échoue par trois causes, dans cet ordre de fréquence.\n\n**Les pieds.** Ampoules, échauffements, ongles noirs. Une ampoule bien placée immobilise un homme en parfaite condition physique. Elle naît d'un frottement répété entre la peau et une couche superficielle, amplifié par l'humidité qui ramollit la peau et augmente l'adhérence du tissu.\n\n**Les articulations.** Genoux et chevilles, surtout en descente, où l'impact est bien supérieur à la montée. La descente est la phase qui blesse, alors que la montée est celle qui fatigue.\n\n**La charge.** Elle ne se contente pas d'alourdir : elle modifie la posture, avance le centre de gravité, sollicite le dos et raccourcit la foulée. Les travaux sur le portage militaire montrent que le coût énergétique augmente plus vite que le poids ajouté, et qu'au-delà d'une fraction du poids de corps, l'efficacité s'effondre.\n\n### Le rythme\n\nUn marcheur régulier couvre bien plus de distance qu'un marcheur rapide qui s'arrête souvent. La raison est physiologique : les arrêts fréquents empêchent d'atteindre un régime stable, et le redémarrage coûte cher.\n\nLa règle utilisable est de marcher à une allure permettant de parler par phrases complètes. Au-dessus, on puise dans des réserves qui ne se reconstituent pas en marchant.\n\n**Le dénivelé compte plus que la distance.** Une estimation de terrain courante ajoute environ une heure par tranche de trois cents mètres de montée, en plus du temps de marche à plat. La descente ne fait pas gagner de temps proportionnellement, et elle abîme davantage.\n\n## AGIR\n\n1. **Traitez le pied avant qu'il ne soit blessé.** Une zone qui chauffe est une ampoule en formation. Arrêtez-vous, retirez la chaussure, séchez, protégez la zone. Cinq minutes maintenant valent trois jours d'immobilité plus tard.\n2. **Serrez le pied, pas la jambe.** Un laçage ferme à l'avant empêche le pied de glisser vers l'avant en descente — cause principale des ongles noirs et des ampoules aux orteils.\n3. **Séchez à chaque pause.** Retirez chaussures et chaussettes, exposez à l'air. L'humidité est le facteur qui multiplie tout le reste.\n4. **Faites une pause courte et régulière** plutôt que longue et rare. Cinq minutes par heure, sans s'asseoir lourdement ni se refroidir.\n5. **Mangez et buvez avant d'en ressentir le besoin.** La sensation arrive après le déficit, comme l'explique [[TEC-SAN-005]].\n6. **En descente, raccourcissez la foulée et pliez les genoux.** Une jambe tendue transmet l'impact directement à l'articulation.\n7. **Décidez de vous arrêter pendant que vous en êtes encore capable.** Le montage d'un abri demande de l'énergie et de la lumière : voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous portez une charge.** Placez le poids haut et près du dos, serrez la ceinture ventrale pour transférer la charge sur le bassin plutôt que sur les épaules, et arrimez tout pour que rien ne bouge. Une charge qui oscille coûte de l'énergie à chaque pas et déséquilibre.\n\n**Vous n'avez pas de bonnes chaussures.** Deux paires de chaussettes, la plus fine contre la peau, réduisent le frottement en le déplaçant entre les deux couches. Tout ce qui protège la plante — semelle improvisée, rembourrage — vaut mieux que rien.\n\n**Il fait froid.** Le risque n'est pas pendant la marche mais aux arrêts : on transpire en marchant, on se refroidit à l'arrêt dans des vêtements humides. Retirez une couche avant l'effort, remettez-la dès l'arrêt. C'est le mécanisme central de [[URG-HYPO-001]].\n\n**Il fait chaud.** Marchez tôt et tard, reposez-vous aux heures chaudes à l'ombre et surélevé du sol. Couvrez-vous plutôt que de vous découvrir. Voir [[URG-CHAL-001]].\n\n**Vous marchez de nuit.** Divisez l'allure par deux et sondez le sol. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Vous êtes blessé au pied.** Une ampoule ouverte se nettoie, se protège et se couvre. Une ampoule intacte de petite taille se laisse en place : la peau est le meilleur pansement disponible. Voir [[TEC-SAN-001]] pour éviter l'infection, qui est le vrai risque.\n\n**Vous devez estimer votre progression.** Comptez les doubles pas, un caillou par centaine. Une distance connue transforme une direction approximative en position, ce qui est le principe même de [[SURV-ORI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-011","titre":"Enlèvement et prise d'otage","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["otage","enlevement","kidnapping","syndrome de stockholm","assaut","captivite","fil d'ariane","voyage"],"sources":["Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Fil d'Ariane et conseils aux voyageurs","Nations unies, département de la sûreté et de la sécurité, conduite à tenir en cas de prise d'otage","Bejerot N., analyse de la prise d'otages de Norrmalmstorg, Stockholm, 1973"],"corps":"::En 1973, à Stockholm, des employés de banque retenus six jours par des braqueurs finissent par prendre leur défense face à la police : un psychiatre invente l'expression « syndrome de Stockholm ». Ce que tous les anciens otages racontent, c'est que les premières minutes sont les plus dangereuses, et que tenir ensuite est une affaire de routine, de calme et de dignité.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les premières minutes** : les ravisseurs sont nerveux, armés, sous adrénaline. C'est là que les gestes brusques tuent.\n- **Un otage vivant a de la valeur** pour ses ravisseurs : le but est de rester une personne, calme et utile, pas un problème.\n- **Les libérations** se négocient le plus souvent sur des semaines ou des mois.\n\n## AGIR\n\n**Au début**\n\n- **Obéir calmement**, sans geste brusque, mains visibles. Pas d'héroïsme, sauf fuite certaine.\n- **Ne pas les fixer**, ne pas les provoquer, ne pas mentir sur des choses vérifiables.\n- **Observer en silence** : voix, nombre, armes, trajet, bruits, durées. Ça servira plus tard, et ça occupe l'esprit.\n\n**En captivité**\n\n- **Se rendre humain** à leurs yeux : parler de sa famille, de son métier, simplement. Il est plus difficile de maltraiter quelqu'un qu'on connaît.\n- **Éviter** la politique, la religion, les promesses qu'on ne peut tenir.\n- **Tenir une routine** : se laver, bouger, faire des exercices, compter les jours, prier ou méditer, se réciter des textes. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Manger et boire** ce qu'on donne.\n- **Garder espoir** : la plupart des otages sont libérés.\n\n**Pendant un assaut**\n\n- **Se jeter au sol**, mains sur la tête et bien visibles, ne plus bouger.\n- **Ne pas courir** vers les forces d'intervention : elles ne savent pas encore qui est qui. On peut être menotté un moment, le temps d'être identifié.\n- **Suivre exactement** leurs ordres.\n\n## ADAPTER\n\n- **En voyage** dans un pays à risque, les Français peuvent s'inscrire sur le service **Fil d'Ariane** du ministère des Affaires étrangères, pour être contactés en cas de crise. On varie ses trajets et ses horaires, on reste discret. Voir [[SURV-DEP-008]].\n- **Après la libération** : les réactions (cauchemars, peur, colère, culpabilité) sont normales, et une aide existe. Voir [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-010","titre":"Les gaz lacrymogènes","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["gaz lacrymogene","lacrymogene","gaz poivre","yeux","rincer","manifestation","asthme","lentilles"],"sources":["Haar R.J. et al., Health impacts of chemical irritants used for crowd control: a systematic review, BMJ Open, 2017","Physicians for Human Rights, INCLO, Lethal in Disguise: the health consequences of crowd-control weapons, 2016"],"corps":"::Le gaz lacrymogène brûle les yeux, la gorge et la peau, fait pleurer et tousser, et donne l'impression d'étouffer. Presque toujours, les effets passent en une demi-heure une fois à l'air libre. Ce qui fait les vrais blessés, c'est la panique, la bousculade, et les remèdes de grand-mère dans les yeux.::\n\n## AGIR\n\n1. **S'éloigner** du nuage, **dos au vent**, vers un endroit dégagé et si possible plus haut. Ne pas courir dans la foule. Voir [[URG-FOULE-001]].\n2. **Ne pas se frotter les yeux.** Cligner, laisser couler les larmes : elles lavent.\n3. **Rincer les yeux à l'eau propre**, en abondance, tête penchée pour que l'eau coule vers l'extérieur.\n4. **Retirer les lentilles** de contact, et les jeter.\n5. **Respirer lentement**, par le nez si possible. La sensation d'étouffement est impressionnante mais passe.\n6. **Plus tard** : enlever les vêtements contaminés, les mettre dans un sac fermé, se doucher **à l'eau froide** d'abord, puis au savon.\n\n## ADAPTER\n\n- **Pas de citron, de vinaigre ou de lait dans les yeux** : l'eau propre fait aussi bien, sans risque d'infection.\n- **Le gaz poivre** (en bombe, à base de piment) : mêmes gestes, il colle davantage à la peau ; laver au savon.\n- **Les personnes fragiles** (asthmatiques, enfants, personnes âgées, cardiaques, femmes enceintes) : s'éloigner les premières, **appeler les secours** si la gêne respiratoire ne passe pas ou s'aggrave. Voir [[URG-ASTH-001]].\n- **En espace clos**, le gaz est bien plus dangereux : sortir à l'air libre au plus vite.\n- **Se protéger** : des lunettes étanches (de piscine) protègent les yeux ; un foulard aide à peine.\n\n## COMPRENDRE\n\nCes gaz ne sont pas des poisons au sens habituel : ils irritent les terminaisons nerveuses de la douleur. Mais à forte dose, en milieu fermé, ou tirés en grenade à bout portant, ils blessent et peuvent tuer. En France, les petites bombes lacrymogènes sont en vente libre aux adultes, mais leur **port** demande, comme pour un couteau, un motif légitime. Voir [[SURV-DEF-009]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-009","titre":"Le couteau, choisir, entretenir, porter","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["couteau","opinel","lame fixe","pliant","acier carbone","inox","affutage","port","motif legitime","securite"],"sources":["Code de la sécurité intérieure, armes de catégorie D et port d'arme sans motif légitime","Opinel, histoire de l'entreprise (1890)","Scouts et Guides de France, règles d'usage du couteau"],"corps":"::Depuis 1890, un petit couteau savoyard à manche de hêtre, l'Opinel, accompagne les paysans, les bergers et les randonneurs. Pas besoin d'une lame de commando : un bon couteau de dix centimètres, bien affûté et bien entretenu, fait presque tout ce qu'on lui demandera dans une vie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Lame fixe** : solide, facile à nettoyer, pour le bois, le feu, la cuisine de camp. **Pliant** : discret, dans la poche tous les jours. Un pliant doit avoir un **cran de sûreté** qui bloque la lame ouverte.\n- **Acier carbone** : s'affûte facilement et coupe très fin, mais rouille. **Inox** : ne rouille presque pas, s'affûte un peu moins bien.\n- **Une lame de 8 à 12 cm** couvre presque tous les usages.\n- **La loi** en France : un couteau est une arme de catégorie D. On peut l'acheter et l'avoir chez soi, mais **le porter sur soi demande un motif légitime** (travail, pique-nique, randonnée, pêche). Sans motif, c'est une infraction.\n\n## AGIR\n\n**Utiliser**\n\n- **Couper en éloignant la lame du corps**, jamais vers la main qui tient.\n- **Le cercle de sécurité** : le bras tendu avec le couteau, personne à l'intérieur de ce cercle.\n- **Passer un couteau** par le manche, lame fermée si c'est un pliant.\n- **Refermer** un pliant en tenant les doigts hors du chemin de la lame.\n- **Ne jamais rattraper** un couteau qui tombe.\n\n**Entretenir**\n\n- **Affûter souvent**, un peu : un couteau émoussé glisse et blesse plus qu'un couteau tranchant. Voir [[TEC-ATE-004]].\n- **Nettoyer, sécher, huiler** la lame en acier carbone.\n- **Le manche en bois** : le tremper une fois dans l'huile de lin pour qu'il ne gonfle pas à l'humidité et que la lame ne se bloque pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Les usages de survie** : tailler des copeaux pour allumer le feu, couper la corde, préparer le gibier, tailler un piquet, une cuillère, un manche. Voir [[SURV-FEU-001]] et [[SURV-RES-005]].\n\n**Fabriquer une lame** quand on n'en a plus : [[SURV-OUT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-008","titre":"L'alarme sans électricité","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["alarme","fil tendu","canettes","gravier","oies","chien","haie","tours de garde","voisins vigilants"],"sources":["Tite-Live, Histoire romaine, livre V (les oies du Capitole)","Crowe T., Crime Prevention Through Environmental Design, 3e édition, 2013","Ministère de l'Intérieur, dispositif Participation citoyenne"],"corps":"::En 390 avant notre ère, selon Tite-Live, les Gaulois escaladent de nuit le Capitole de Rome. Les chiens dorment ; ce sont les oies sacrées qui donnent l'alerte et réveillent les défenseurs. Des distilleries écossaises gardaient encore leurs stocks avec des oies au XXe siècle. Une alarme n'a pas besoin de courant : elle a besoin de faire du bruit au bon moment.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne alarme sert à **réveiller et prévenir** assez tôt pour réagir, et à **décourager** : un rôdeur qui déclenche un bruit préfère souvent partir. Elle doit être **impossible à rater pour vous** et **sans danger pour les autres**.\n\n## AGIR\n\n**Les bruits**\n\n- **Des canettes** avec quelques cailloux, suspendues à un fil tendu en travers d'un passage, à hauteur de cheville.\n- **Des clochettes** ou des casseroles accrochées à une porte, un portail, une fenêtre.\n- **Une bouteille en verre** posée en équilibre contre une porte qui s'ouvre vers l'intérieur.\n- **Du gravier** sous les fenêtres et dans les allées : on ne marche pas dessus en silence.\n- **Des feuilles sèches**, des branches cassantes sur le chemin d'accès.\n\n**Les vivants**\n\n- **Un chien** entend et sent bien avant vous. Voir [[SURV-DEF-006]].\n- **Des oies** crient au moindre inconnu, et donnent des œufs.\n\n**Le terrain**\n\n- **Des haies épineuses** (houx, aubépine, pyracantha) sous les fenêtres du rez-de-chaussée.\n- **Un espace dégagé** et éclairé si possible autour de la maison : on ne s'approche pas sans être vu.\n\n**Les gens**\n\n- **Des tours de garde** la nuit quand la situation l'exige. Voir [[SURV-SOC-001]].\n- **Les voisins** : un signal convenu (sifflet, casserole, lampe) pour s'alerter entre maisons.\n\n## ADAPTER\n\n**Aucun piège qui blesse** : pointes, lames, chutes, charges. C'est interdit, et ce sont souvent des enfants, des secouristes ou des voisins qui s'y prennent.\n\n**Tester** chaque dispositif : de l'intérieur, avec la porte fermée, l'entend-on vraiment ?\n\nSécuriser une porte et une fenêtre : [[SURV-DEF-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-007","titre":"Se défendre à mains nues, l'essentiel","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["self-defense","agression","legitime defense","fuir","garde","stress","adrenaline","cibles","se relever"],"sources":["Code pénal, article 122-5 (légitime défense)","Grossman D., Christensen L., On Combat, 2004","Thompson G., Dead or Alive: The Choice Is Yours, 1997"],"corps":"::Dans une vraie agression, le but n'est pas de gagner, c'est de partir. Tout ce que vous avez dans les poches se remplace ; vous, non. Les instructeurs sérieux le répètent : la meilleure technique de combat, c'est de ne pas être là, et la deuxième, c'est de courir.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La plupart des agressions** commencent par des mots, une approche, une demande. Il y a presque toujours un moment pour partir. Voir [[SURV-DEF-004]].\n- **Le stress** change le corps : vision en tunnel, mains qui tremblent, gestes fins impossibles, temps qui paraît ralentir. Seuls les gestes simples et répétés à l'entraînement restent.\n- **Le sol est dangereux** : d'autres peuvent arriver, les coups de pied au sol tuent.\n- **La loi** : en France, la légitime défense doit être **immédiate, nécessaire et proportionnée** à l'attaque, contre soi ou quelqu'un d'autre.\n\n## AGIR\n\n**Avant le contact**\n\n- **Donner** le portefeuille, le téléphone, les clés : les jeter à côté de l'agresseur, et partir de l'autre côté.\n- **Garder la distance**, les **mains ouvertes levées devant soi** à hauteur de poitrine, comme pour calmer : « Je ne veux pas de problème. » Cette posture protège le visage sans provoquer.\n- **Parler fort**, attirer l'attention des témoins.\n\n**S'il faut se dégager**\n\n- **Viser pour s'enfuir**, pas pour punir : les yeux, le nez, la gorge, l'entrejambe, les genoux. Un seul geste qui crée une ouverture, puis **fuir**.\n- **Crier** en frappant : ça donne de la force et alerte.\n- **Protéger sa tête** avec les avant-bras si les coups pleuvent.\n\n**Au sol**\n\n- Se protéger la tête, garder les pieds entre soi et l'agresseur, et **se relever le plus vite possible**, en appui sur une main, en reculant.\n\n## ADAPTER\n\n- **Plusieurs agresseurs, une arme** : on ne se bat pas, on donne, on fuit dès qu'on peut.\n- **Après** : se mettre en sécurité, appeler le 17 ou le 112, se faire soigner, porter plainte, noter tout ce dont on se souvient.\n- **S'entraîner** : quelques mois de boxe, de krav-maga ou un stage d'autodéfense valent plus que toutes les lectures.\n\nDésamorcer un conflit : [[SURV-SOC-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-006","titre":"Les chiens, éviter, calmer, se défendre","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chiens","morsure","meute","chiens errants","langage du chien","se proteger","enfants","rage"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Morsures animales, principaux repères","Doggone Safe, programme Be a Tree de prévention des morsures chez l'enfant","American Veterinary Medical Association, prévention des morsures de chien"],"corps":"::Face à un chien menaçant, le réflexe de courir est le pire : il déclenche la poursuite, et aucun humain ne distance un chien. Les programmes de prévention apprennent aux enfants à « faire l'arbre » : immobile, bras le long du corps, regard sur ses pieds. Ça marche aussi très bien pour les adultes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Un chien prévient presque toujours** avant de mordre :\n\n- **Menace** : corps raide, regard fixe, poils du dos hérissés, babines retroussées, grognement, queue haute et raide.\n- **Stress** : bâillements, léchage des babines, tête détournée, queue basse. Il veut qu'on le laisse.\n\nLa plupart des morsures viennent d'un chien **connu**, souvent chez lui, et touchent souvent des enfants.\n\n## AGIR\n\n**Un chien menaçant**\n\n1. **S'arrêter.** Ne pas courir, ne pas crier.\n2. **Ne pas le fixer dans les yeux**, se tourner de profil, bras près du corps.\n3. **Parler calmement**, d'une voix grave : « Non. Assis. Rentre. »\n4. **Reculer lentement** quand il se calme, sans lui tourner le dos.\n\n**Il attaque**\n\n- **Mettre quelque chose entre lui et soi** : un sac, une veste enroulée sur l'avant-bras, un bâton, un vélo.\n- **Protéger le visage, le cou, la gorge.**\n- **Au sol** : en boule, genoux repliés, mains croisées sur la nuque.\n- **Ne pas tirer brusquement** une partie mordue : ça déchire.\n\n## ADAPTER\n\n**Les meutes de chiens errants**, fréquentes après une catastrophe ou dans les pays en guerre : un bâton, des pierres qu'on fait mine de lancer, un dos contre un mur, et on ne se laisse pas encercler. Passer loin des décharges et des lieux où ils mangent.\n\n**Une morsure** : laver **15 minutes** à l'eau et au savon, désinfecter, consulter pour la rage et le tétanos. Voir [[TEC-SAN-013]].\n\n**Un chien à soi** reste le meilleur système d'alarme qui existe, et un compagnon pour le moral. Il faut pouvoir le nourrir.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-005","titre":"Sécuriser une porte et une fenêtre","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["porte","fenetre","serrure","gache","cambriolage","barricade","securite","maison"],"sources":["Centre national de prévention et de protection (CNPP), recommandations anti-effraction","Gendarmerie nationale, conseils de prévention des cambriolages","Retours d'expérience des serruriers et des forces de l'ordre sur les modes d'effraction"],"corps":"::Une porte blindée tenue par une gâche vissée avec des vis de deux centimètres cède au premier coup d'épaule. La faiblesse d'une porte, ce n'est presque jamais la serrure : c'est ce qui la tient au mur.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn cambrioleur passe **là où c'est rapide et discret** : une porte-fenêtre, une fenêtre de rez-de-chaussée, une porte de garage, une porte arrière. S'il faut plus de quelques minutes et du bruit, la plupart renoncent.\n\nUne porte fermée à clé cède presque toujours au même endroit : **la gâche** (la pièce du cadre où entre le pêne), arrachée avec le bois du chambranle.\n\n## AGIR\n\n**La porte**\n\n- **Revissez la gâche avec des vis longues**, 7 à 9 cm, qui traversent le chambranle et vont dans le mur ou le montant. C'est le renforcement le moins cher et le plus efficace qui existe.\n- **Faites de même avec les charnières.**\n- **Un verrou supplémentaire**, en haut ou en bas, aussi solidement vissé.\n- **Une barre de porte** (une barre métallique ou un madrier posé dans deux supports vissés de chaque côté) rend une porte presque impossible à enfoncer de l'extérieur.\n- **Une cale de porte** en caoutchouc glissée sous le battant, de l'intérieur, bloque une porte qui s'ouvre vers l'intérieur.\n\n**Les fenêtres et portes-fenêtres**\n\n- **Des volets fermés** la nuit et en absence.\n- **Un film de sécurité** sur les vitres : le verre se fend sans tomber.\n- **Une barre ou un tasseau** dans le rail d'une baie coulissante empêche de la faire glisser.\n- **Des barreaux** sur les fenêtres de cave et de rez-de-chaussée isolées.\n\n**Autour**\n\n- **La lumière** : un détecteur de mouvement à l'extérieur.\n- **Rien qui aide à grimper** : échelles rangées, poubelles loin des fenêtres.\n- **Une maison qui a l'air habitée** : les voisins qui passent, le courrier relevé.\n\n## ADAPTER\n\n**En période troublée, barricader** : meubles lourds contre les portes qu'on n'utilise pas, planches vissées sur les fenêtres de rez-de-chaussée. **Mais gardez toujours une sortie de secours** qui s'ouvre de l'intérieur en quelques secondes : une maison barricadée qui prend feu est un piège.\n\n**Une alarme de fortune** : des boîtes de conserve suspendues à un fil derrière une porte, une clochette, des graviers devant une entrée. Le bruit réveille et fait fuir.\n\n**Un chien** qui aboie dissuade plus qu'une serrure.\n\nTenir un lieu à plusieurs : [[SURV-DEF-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-004","titre":"Éviter la confrontation","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["confrontation","desescalade","agression","vigilance","distance","fuite","self-defense"],"sources":["Cooper J., Principles of Personal Defense (échelle de vigilance), 1989","Tueller D., How Close Is Too Close?, SWAT Magazine, 1983","Guides de désescalade des services de police et de santé (communication en situation de crise)"],"corps":"::Le meilleur combat est celui qui n'a pas lieu. Ceux qui savent se battre le disent tous : on gagne en voyant venir, en gardant ses distances, et en laissant à l'autre une sortie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Les niveaux de vigilance** (l'échelle de Cooper) :\n\n- **Blanc** : absent, dans son téléphone. C'est là qu'on se fait surprendre.\n- **Jaune** : détendu mais attentif à ce qui se passe autour. L'état normal dehors.\n- **Orange** : quelque chose cloche, on l'observe, on prépare une sortie.\n- **Rouge** : on agit, on part.\n\n**Les signes qui précèdent une agression**\n\n- quelqu'un qui **réduit la distance** sans raison, ou vous suit ;\n- des **regards vers les côtés** (il cherche des témoins) ou vers une cible (votre sac, votre poche) ;\n- les **mains cachées**, les poings serrés, le corps de profil ;\n- un changement brusque de ton, ou au contraire un calme soudain ;\n- un groupe qui se sépare pour vous entourer.\n\n## AGIR\n\n1. **Mettez de la distance.** Deux longueurs de bras au moins. Contre un couteau, beaucoup plus : un homme franchit sept mètres en moins de deux secondes.\n2. **Partez tôt**, vers du monde, de la lumière, une porte.\n3. **Si on vous parle agressivement** : voix calme et basse, phrases courtes, **mains ouvertes et visibles**, devant vous, à hauteur de poitrine (elles apaisent et protègent). Pas de sarcasme, pas de fixation du regard.\n4. **Laissez-lui une sortie**, et une façon de s'en aller sans perdre la face : « C'est bon, on en reste là ».\n5. **On veut vos affaires** : donnez-les. Rien de ce qu'il y a dans un portefeuille ne vaut une vie. Lancez-les à côté de lui et partez dans l'autre sens.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes plusieurs** : ne formez pas un mur face à lui, ne l'encerclez pas. Un seul parle.\n\n**Une personne ivre, droguée ou en crise** : la raison ne passe pas. Distance, calme, et on attend que ça passe ou que l'aide arrive.\n\n**Plus de fuite possible et une attaque réelle** : se défendre de toutes ses forces, frapper ce qui est vulnérable (yeux, gorge, genoux), et partir dès que l'ouverture existe. Le but est de s'échapper, pas de gagner.\n\n**Prévenir plutôt que guérir** : les itinéraires éclairés, les groupes, les horaires changeants, un téléphone chargé, et une réputation de quelqu'un qui n'a rien d'intéressant. Voir [[SURV-DEF-001]] et [[URG-ATT-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-003","titre":"Se protéger selon le terrain","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["terrain","couvert","deplacement","batiment","ville","foret","contenir"],"sources":["CICR — Conseils de sécurité aux civils en zone de conflit","Doctrine publique de protection des populations en zone urbaine","Études de pénétration des matériaux de construction","Retours d'expérience des organisations humanitaires sur les déplacements en zone contestée"],"corps":"::Le terrain décide avant vous. Il dit où passent les tirs, où la terre protège, et par où on sort. Le lire prend trente secondes et ça se lit de la même façon partout.::\n\nCe que fait un projectile est dans [[TEC-BAL-001]], la réaction immédiate dans [[SURV-DEF-002]]. Cette fiche est la lecture du lieu.\n\n## COMPRENDRE — les trois questions, partout\n\nElles se posent dans cet ordre, quel que soit l'endroit.\n\n**Où sont les lignes de tir ?** Ce sont les axes dégagés : une rue droite, un couloir en enfilade, une allée, une ligne de crête, une berge, une clairière, l'axe d'une porte. **Tout ce qui est droit et dégagé est une ligne de tir**, même si personne n'y est.\n\n**Où est la masse ?** Le sol qui monte, la maçonnerie pleine, le béton, la machine, le tas de matière. Pas ce qui est solide à l'œil : ce qui est lourd.\n\n**Par où je sors ?** Avant d'entrer, avant de s'installer, avant de traverser. Deux issues ou on n'entre pas — c'est la même règle que [[SURV-REC-001]] et [[SURV-DEF-001]].\n\n## AGIR — selon le lieu\n\n### En ville\n\nLa rue est une ligne de tir et le trottoir n'est pas un abri. Ce qui protège, ce sont **les angles de bâtiment, les piliers, les murs porteurs, les murets de pierre, les bacs à fleurs pleins de terre, les bordures de granit, les containers, les transformateurs**.\n\nTraversez aux endroits où la rue est interrompue — un décrochement, un porche, un véhicule en travers —, en une fois, sans hésiter au milieu. Longez en restant décalé du mur plutôt que collé, à cause du ricochet rasant.\n\n**Le danger vient aussi d'en haut.** Dans une rue étroite, les étages et les toits voient tout. Restez sous les avancées, les balcons, les arcades, les arbres.\n\n### En bâtiment\n\n**Les pièces intérieures**, sans fenêtre, avec de la maçonnerie entre vous et l'extérieur. Les cages d'escalier et les couloirs sont des lignes de tir et des pièges : longs, droits, sans issue latérale.\n\nNe vous tenez pas dans l'axe d'une porte, ni devant une fenêtre, même fermée, même de nuit — surtout de nuit si vous avez de la lumière derrière vous. **Les cloisons intérieures n'arrêtent rien** : ce qui traverse une pièce traverse la suivante.\n\nLes caves protègent du tir direct et des éclats, et elles piègent en cas d'incendie ou d'effondrement. Il faut une deuxième issue ou un soupirail utilisable.\n\n### En terrain ouvert\n\nLe sol n'est jamais plat. Fossés, sillons, ornières, dépressions, souches, tas de pierres, contre-pentes : **vingt centimètres de creux changent tout quand on est allongé.**\n\nNe franchissez pas une crête debout : on s'y découpe sur le ciel et on se voit à des kilomètres. On passe en contrebas, ou en rampant, ou ailleurs.\n\nLa distance protège : au-delà de quelques centaines de mètres, une cible humaine mobile devient très difficile à atteindre pour quelqu'un qui n'est pas entraîné.\n\n### En forêt\n\nElle **masque bien et protège mal.** Un tronc de gros diamètre arrête ; un taillis ne fait que cacher, et cacher a une vraie valeur — mais ne confondez pas.\n\nSuivez les plis du terrain plutôt que les layons, qui sont des lignes de tir rectilignes. Méfiez-vous du bruit : les branches sèches et les feuilles mortes trahissent bien plus que la silhouette. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n### En véhicule\n\nLa carrosserie n'arrête rien. Seuls le bloc moteur et l'ensemble roue-jante protègent. **Rouler vaut mieux que s'arrêter**, sortir vaut mieux que rester derrière une portière. Si vous devez abandonner le véhicule, sortez du côté opposé et éloignez-vous : un véhicule immobile est un point fixe que tout le monde regarde.\n\n### Au franchissement d'un cours d'eau ou d'un pont\n\nCe sont les points obligés du terrain, donc ceux que l'on surveille. Observez longuement avant, franchissez au moment le plus creux de la journée, un par un et non en groupe, et convenez d'un point de regroupement de l'autre côté. Voir [[SURV-GUE-001]].\n\n## Le bâtiment tenu par quelqu'un : contenir plutôt qu'entrer\n\nC'est la situation où l'intuition est la plus mauvaise, alors elle mérite d'être traitée pour elle-même.\n\n**Entrer dans une structure où quelqu'un attend est, dans tous les retours publiés, l'activité la plus coûteuse en vies du combat urbain** — et ce chiffre est établi pour des équipes entraînées, nombreuses, équipées et en liaison. Celui qui attend voit arriver, connaît les lieux, et tire en premier. Le rapport est structurellement défavorable à celui qui entre, quels que soient son matériel et sa détermination.\n\nLa réponse qui fonctionne ne consiste donc pas à mieux entrer. Elle consiste à ne pas avoir à le faire :\n\n- **Fermer les issues** et établir une distance de sécurité en dehors des lignes de tir.\n- **Faire sortir tout le monde** des locaux adjacents, des étages au-dessus et au-dessous — la surpénétration ne respecte pas les murs.\n- **Couper ce qui rend l'attente supportable** : eau, électricité, gaz si c'est faisable sans risque.\n- **Parler.** De loin, à couvert, calmement, en laissant toujours une sortie possible. La très grande majorité de ces situations se terminent par là, et c'est le sujet de [[SURV-DEF-001]].\n- **Laisser le temps travailler.** Celui qui attend dans un bâtiment se fatigue, a soif, doit dormir, et finit par vouloir en sortir. Vous, dehors, pouvez vous relayer.\n- **Et accepter de partir**, si l'enjeu ne vaut pas la probabilité. C'est souvent la décision juste et c'est la plus difficile.\n\nLe seul cas qui justifie d'entrer est celui où quelqu'un à l'intérieur va mourir si personne ne le fait — et alors le facteur qui décide n'est ni la technique ni l'arme, c'est **le nombre et le fait d'être vu en train d'arriver**.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous devez traverser une zone tenue.** Observez d'abord, longtemps. Repérez les axes dégagés, les points obligés, les abris intermédiaires. Passez aux heures creuses, espacés, jamais tout le groupe ensemble, avec un point de regroupement convenu au-delà.\n\n**Vous croisez un poste de contrôle.** Ralentissez tôt et de loin, mains visibles, rien en main, pas de mouvement vif, un seul qui parle. Annoncez avant de faire. Ne reculez pas, ne faites pas demi-tour brusquement : c'est le geste qui déclenche.\n\n**Il y a des tirs indirects.** La logique s'inverse : on cherche à être **sous** et **dans** le sol, pas derrière. Loin des fenêtres, des toits, des véhicules et des arbres. Voir [[SURV-DEF-002]].\n\n**Vous restez plusieurs jours au même endroit.** Alors c'est [[SURV-DEF-001]] qui s'applique : dissuader, détecter, retarder, répondre. Et le terrain se travaille — dégager les vues, rendre le sol bavard, canaliser les approches.\n\n**Vous êtes avec des gens qui ne savent pas.** Donnez une seule consigne, la même pour tous, répétée : où se regrouper, quel mot signifie quoi, et qu'on ne court jamais vers le bruit. Une consigne simple appliquée par tous bat trois bonnes idées appliquées par personne.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-002","titre":"Pris dans une fusillade","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["urgence","tir","couvert","ricochet","evacuation","secourisme","batiment"],"sources":["Doctrine publique de réaction à une tuerie de masse — échapper, se cacher, se défendre (ministères de l'Intérieur, DHS, Home Office)","CICR — Conseils de sécurité aux civils en zone de conflit","Études balistiques sur la pénétration des matériaux de construction courants","Retours d'expérience des services de secours sur la prise en charge en zone d'exclusion"],"corps":"::Personne ne choisit d'être là. Mais les dix premières secondes se jouent sur trois choses qu'on peut savoir à l'avance : d'où ça vient, ce qui arrête une balle, et par où on sort.::\n\n## AGIR\n\n**1. Baissez-vous immédiatement.** Avant de comprendre, avant de chercher, avant de regarder. Vous divisez par trois la surface que vous présentez, et vous sortez de la ligne de tir la plus probable, qui est à hauteur de poitrine.\n\n**2. Cherchez la direction, sans vous relever.** En ville, l'écho ment : le son rebondit entre les façades et semble venir de partout. Ne vous fiez pas à vos oreilles. Fiez-vous à ce que vous voyez — **dans quelle direction les gens fuient, où partent les impacts, la poussière de mur, les éclats de verre, la fumée.**\n\n**3. Mettez quelque chose de dense entre vous et ça.** Et là, la distinction qui décide de tout :\n\n- **Un masque vous cache. Un couvert vous protège.** Ce n'est pas la même chose et on confond les deux sous le stress.\n- **Ne protègent pas, quoi qu'on en pense** : une portière de voiture, une cloison de plâtre ou de placo, une porte intérieure, une haie, un buisson, un rideau, un comptoir en bois, une vitrine, une tôle.\n- **Protègent réellement** : un bloc moteur, une roue avec sa jante, un mur porteur en pierre ou en béton, un pilier, un talus de terre, une bordure de trottoir en granit, une machine, un transformateur, un arbre de gros diamètre, un tas de livres ou de papier compacté.\n\n**En cas de doute, la masse décide.** Ce qui est lourd et épais arrête, ce qui est léger ne fait que cacher. Se cacher vaut mieux que rien — mais sachez laquelle des deux choses vous faites.\n\n**4. Déplacez-vous par bonds courts, perpendiculairement.** D'un couvert au suivant, bas, rapide, en changeant de rythme. Jamais en ligne droite dans un espace ouvert, jamais en vous découpant dans une porte ou une fenêtre éclairée, jamais sur une crête ou un talus à contre-jour. Si vous devez traverser, traversez **une fois**, sans hésiter au milieu.\n\n**5. Sortez de la zone et continuez de sortir.** Les gens s'arrêtent trop tôt, au premier angle de rue. Éloignez-vous vraiment.\n\n**6. Ne retournez chercher personne tant que ça tire.** C'est le même mécanisme que dans [[URG-AIR-001]] : le deuxième à entrer est celui qui meurt le plus souvent.\n\n**7. À l'abri, comptez et examinez.** L'adrénaline masque les blessures : on ne sent pas un impact, on ne voit pas son propre sang. Passez les mains sur chacun, sous les vêtements, y compris sur vous. **L'hémorragie prime sur tout le reste** — voir [[URG-HEMO-001]] et [[URG-SEC-001]].\n\n**8. Quand les secours ou les forces de l'ordre arrivent.** Mains vides, ouvertes, visibles, bras écartés. Aucun objet en main, pas même un téléphone. Vous obéissez sans discuter et vous ne courez pas vers eux. **Pour quelqu'un qui arrive, vous êtes indiscernable de ce qu'il vient chercher.**\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes dans un bâtiment.** Éloignez-vous des ouvertures et des couloirs en enfilade, qui sont des lignes de tir toutes faites. Une pièce intérieure, sans fenêtre, avec un mur porteur entre vous et l'extérieur. Verrouillez, bloquez avec du lourd, éteignez la lumière, coupez les sonneries, silence. **Ne vous asseyez pas contre la porte ni dans son axe.** Si vous pouvez sortir par un autre côté sans traverser la zone, sortez : partir vaut mieux que se cacher, et se cacher vaut mieux que le reste.\n\n**Vous êtes dehors, en ville.** Le trottoir n'est pas un couvert. Cherchez l'angle de bâtiment, le pilier, le muret de pierre, le véhicule — **côté moteur, pas côté portières**. Mettez de la distance et de la maçonnerie, pas de la tôle.\n\n**Vous êtes en véhicule.** Une carrosserie n'arrête rien. Deux options et pas de troisième : **rouler**, même sur un trottoir, même en accrochant — un véhicule en mouvement est une cible difficile ; ou **sortir** du côté opposé et vous mettre derrière le bloc moteur. Rester immobile derrière une portière est la pire des trois.\n\n**Vous êtes en terrain ouvert.** Le sol a des plis : fossé, sillon, contre-pente, souche, dépression. Un creux de vingt centimètres change tout quand on est allongé. Ne franchissez jamais une crête debout.\n\n**C'est la nuit.** Toute lumière est une cible. Éteignez tout, y compris l'écran du téléphone, et rappelez-vous que vous voyez mieux en restant dans le noir qu'en éclairant — voir [[SURV-NUIT-001]] et [[TEC-NUI-001]].\n\n**Il y a des enfants.** Un adulte par enfant, physiquement, une main sur eux. Une consigne unique répétée d'avance — un mot, un endroit. N'expliquez pas pendant, expliquez après.\n\n**Vous êtes blessé.** Comprimez et continuez de bouger si vous le pouvez. Une compression tenue avec la main vaut mieux qu'un garrot mal posé, et un abri atteint vaut mieux qu'un pansement parfait en terrain découvert.\n\n**Ce n'est pas du tir direct.** Si ce sont des explosions — mortier, roquette, artillerie —, **la logique s'inverse** : les éclats viennent d'en haut et de partout, donc on cherche à être *sous* quelque chose et *dans* le sol, pas derrière. Cave, tranchée, pied de mur porteur côté opposé, loin des fenêtres, des toits et des véhicules. Entre deux salves, on se déplace ; pendant, on reste. Et on ne ressort pas tout de suite : **le deuxième coup vise souvent ceux qui sont sortis après le premier.**\n\n**Vous êtes armé et vous envisagez de tirer.** Trois faits avant la décision. **Ce qui est derrière la cible reçoit ce qui manque** — et la plupart des cloisons d'habitation ne retiennent rien, donc vous tirez à travers deux pièces. **Le tir pour blesser n'existe pas** : on manque sous stress, et une jambe touchée tue en quelques minutes par l'artère fémorale. Et **dès la première détonation, vous devenez pour tout le monde — voisins, témoins, secours, forces de l'ordre — quelqu'un qui tire.** L'arithmétique complète est dans [[SURV-DEF-001]] : la quasi-totalité des situations se terminent par la distance, la voix et une sortie laissée à l'autre.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui arrête un projectile\n\nPas la solidité apparente : **la masse traversée**. Une plaque d'acier de deux millimètres ne fait presque rien, trente centimètres de terre tassée font tout. Les matériaux d'un bâtiment ordinaire — plâtre, brique creuse, bois, isolant, verre — sont transparents pour une balle de fusil, et une cloison intérieure n'existe pas de son point de vue.\n\nD'où un principe qui ne trompe pas : **cherchez ce que vous ne pourriez pas soulever.**\n\n### La surpénétration et le ricochet\n\nUn projectile qui traverse continue. Les gens tués dans une fusillade ne sont pas tous ceux qu'on visait, et beaucoup étaient dans la pièce d'à côté.\n\nLe ricochet, lui, suit les surfaces dures : une balle qui frappe un mur ou un sol de béton à angle faible ne rebondit pas dans n'importe quelle direction, **elle file le long de la surface**, à quelques dizaines de centimètres. C'est pourquoi on ne se colle pas au pied d'un mur dur : on s'en écarte un peu, ou on se met derrière quelque chose qui a de l'épaisseur.\n\n### Ce que le corps vous fait\n\nVision en tunnel, perte de l'audition fine, perception du temps déformée, tremblement, et surtout **anesthésie** : les blessures ne se sentent pas sur le moment. C'est le même mécanisme que dans [[SURV-PSY-002]], et il a une conséquence pratique unique : **après, on se palpe, on ne se fie pas à ce qu'on ressent.**\n\n### Pourquoi cette fiche existe\n\nParce que la réaction spontanée est presque toujours la mauvaise : rester debout pour comprendre, courir en ligne droite, s'abriter derrière ce qui cache, s'arrêter trop tôt, repartir trop vite. Aucun de ces gestes ne demande du courage pour être corrigé — il suffit de les avoir lus une fois.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEF-001","titre":"Tenir un lieu","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["defense","surete","alerte","dissuasion","garde","groupe","confrontation"],"sources":["CPTED — Crime Prevention Through Environmental Design, principes de prévention situationnelle","Doctrine de sûreté physique — dissuader, détecter, retarder, répondre","Cromwell & Olson — Breaking and Entering, entretiens de cambrioleurs sur le choix des cibles","CICR / UNMAS — Victim-activated devices, données sur les victimes civiles des dispositifs laissés en place","Katko v. Briney (Iowa, 1971) — jurisprudence de référence sur les dispositifs de défense automatiques"],"corps":"::Un lieu ne se tient pas avec un mur. Il se tient avec quatre choses enchaînées : ne pas donner envie, s'apercevoir à temps, gagner des minutes, et avoir décidé d'avance de ce qu'on fait de ces minutes.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les quatre couches, et pourquoi aucune ne suffit seule\n\nC'est la structure de toute sûreté physique, du coffre de banque au campement, et elle se retient en quatre mots.\n\n**Dissuader** — faire que votre lieu ne vaille pas l'effort. C'est la couche la plus efficace et la moins coûteuse, et c'est celle qu'on néglige au profit des trois autres.\n\n**Détecter** — savoir que quelqu'un approche, avant qu'il soit dedans. Sans détection, tout le reste arrive trop tard.\n\n**Retarder** — gagner du temps. Un obstacle ne bloque jamais : il coûte des minutes. Ces minutes n'ont de valeur que si quelqu'un s'en sert.\n\n**Répondre** — faire quelque chose de ces minutes. C'est la couche qui demande d'avoir décidé à froid, parce que sur le moment on ne décide pas, on exécute ce qu'on a prévu ou on improvise mal.\n\n**Une porte blindée sans personne pour l'entendre céder ne sert à rien. Une alarme sans obstacle non plus.** La chaîne vaut son maillon le plus faible, et le maillon faible est presque toujours la détection.\n\n### Ce qui décide vraiment : l'intérêt\n\nLes entretiens menés avec des cambrioleurs disent tous la même chose, et ça vaut bien au-delà du cambriolage : **on choisit une cible facile, discrète et rentable, et on renonce dès qu'une des trois disparaît.** Presque personne ne cherche l'affrontement. L'immense majorité des intrusions sont opportunistes et s'arrêtent au premier signe que le lieu est occupé, réveillé et organisé.\n\nD'où le paradoxe le plus utile de cette fiche : **une maison visiblement fortifiée est une maison qui annonce qu'il y a quelque chose dedans.** Des barreaux neufs, une palissade montée à la hâte, un projecteur braqué sur une porte, un chien qu'on ne voit jamais mais qu'on entend tout le temps : tout cela dit « il y a un stock ici ». La discrétion protège mieux que l'apparat, et elle coûte moins cher.\n\n### Le temps est la seule monnaie\n\nUn obstacle se mesure en minutes, pas en oui ou non. Une porte tient deux minutes, une grille en tient cinq, une chaîne trente secondes. La question n'est jamais « est-ce que ça résiste », c'est **« combien de temps, et pour faire quoi pendant ce temps »**.\n\nEt une chose que tout le monde ignore : sur une porte de maison, ce n'est presque jamais la porte qui cède. C'est le chambranle, aux vis de gâche, longues de deux centimètres dans du bois tendre. Remplacer quatre vis par des vis de huit centimètres qui atteignent le mur multiplie la résistance d'une porte ordinaire pour le prix de rien.\n\n## AGIR\n\n### 1. Dissuader\n\n- **N'exposez rien.** Ni stock, ni matériel, ni routine visible depuis la rue ou le chemin. Ce qui se voit se raconte, et ce qui se raconte se transmet à des gens que vous ne verrez qu'une fois.\n- **Ayez l'air occupé, pas l'air riche.** Un lieu manifestement habité, entretenu, éclairé et bruyant aux heures normales est évité. Un lieu barricadé et silencieux est examiné.\n- **Variez vos horaires** de sortie, de corvée d'eau, de garde. Une routine se lit en deux jours et se planifie en trois.\n- **Soyez plusieurs, et que ça se sache.** Le nombre est la dissuasion la plus efficace qui existe, très loin devant le matériel.\n\n### 2. Détecter\n\nC'est la couche où l'ingéniosité rend le plus, et elle ne coûte presque rien.\n\n- **Dégagez les abords.** Tailler une haie, couper une branche, enlever un abri de jardin : vous n'ajoutez pas une défense, vous supprimez les endroits d'où l'on vous observe sans être vu. C'est le meilleur investissement en temps de toute la fiche.\n- **Rendez le sol bavard.** Gravier, gravats concassés, branchages secs, tôle, plaque de bois sur les chemins d'approche. On entend quelqu'un marcher sur du gravier bien avant de le voir.\n- **Tendez des fils déclencheurs sonores.** Un fil fin en travers d'un passage, à quinze ou vingt centimètres du sol, relié à un paquet de boîtes de conserve lestées de cailloux, à des clochettes, à un couvercle en équilibre. **C'est le dispositif le plus rentable de toute la défense d'un lieu :** il coûte trois francs, il ne blesse personne, il ne se retourne pas contre vous, et il fait exactement ce dont vous avez besoin — vous réveiller.\n- **Utilisez les animaux.** Un chien reste le meilleur détecteur connu, de jour comme de nuit, et il détecte bien avant d'aboyer. Des oies sont bruyantes et fiables. Voir [[TEC-ELE-002]].\n- **Organisez la garde.** Un tour de veille, court, à deux si possible, avec un point d'observation qui voit sans être vu, un signal convenu pour réveiller, et une relève écrite. Une garde de six heures ne veille pas ; une garde de deux heures, oui. Voir [[SURV-NUIT-001]] et [[SURV-SOC-001]].\n\n### 3. Retarder\n\n- **Réduisez le nombre d'ouvertures praticables** à une seule, et fermez solidement le reste de l'intérieur : vis longues, barres transversales, panneaux, grillage vissé, meubles lourds. Une ouverture qu'on ne peut plus utiliser n'est plus à surveiller.\n- **Gardez toujours deux issues pour vous.** C'est la règle qui ne se négocie jamais, et c'est celle qu'on sacrifie en premier quand on se barricade. Un lieu dont vous ne pouvez plus sortir n'est pas une défense, c'est un piège dont vous êtes l'occupant.\n- **Renforcez le cadre, pas le panneau.** Vis longues dans les gâches et les paumelles, barre en travers prenant appui sur les deux montants, deux points de fermeture plutôt qu'un.\n- **Canalisez.** Une clôture n'empêche pas de passer, elle décide de l'endroit où l'on passera. Rendez un chemin évident et les autres pénibles, et vous saurez où regarder.\n- **Éclairez ce que vous voulez voir, pas ce que vous voulez cacher.** Une lumière braquée vers l'extérieur vous aveugle et dessine votre silhouette. Une lumière rasante sur le sol d'approche montre les jambes sans montrer les vôtres.\n\n### 4. Répondre\n\n- **Décidez à froid, écrivez-le, répétez-le une fois.** Qui réveille qui, où l'on se regroupe, qui parle, qui reste en retrait, qui va aux enfants, ce qu'on emporte si on doit partir. **Un plan médiocre connu de tous bat un bon plan que personne n'a en tête.**\n- **Annoncez-vous tôt, de loin, et à l'abri.** La voix est l'outil le plus efficace et le plus sous-estimé. Une phrase courte, ferme, depuis une position couverte : on sait que vous êtes là, réveillé, nombreux, et que la surprise a échoué. Dans la grande majorité des cas, ça termine l'affaire.\n- **Laissez toujours une porte de sortie.** C'est une règle tactique, pas une règle morale. **Quelqu'un qui peut partir part ; quelqu'un d'acculé se bat.** Ne fermez jamais le seul chemin par lequel votre problème peut s'en aller tout seul.\n- **Ne poursuivez pas, ne sortez pas, ne récupérez rien dans l'instant.** La poursuite est le geste qui transforme un vol en drame, et elle vous fait quitter le seul terrain que vous connaissez mieux que l'autre.\n- **Gardez l'obstacle entre vous et l'autre**, restez à distance, ne vous laissez pas encercler, ne tournez pas le dos, et ne laissez personne entrer « pour discuter ».\n- **Après, réparez tout de suite et changez vos habitudes.** Un lieu attaqué une fois est réévalué par les autres. Ce qui a cédé est connu, et l'information circule vite.\n\n## ADAPTER\n\n**Sur la question des pièges.** Elle revient toujours, et elle mérite une réponse technique plutôt qu'un silence gêné.\n\nL'idée de base est juste : **le déclenchement automatique est un excellent principe**, parce qu'il travaille quand vous dormez. C'est exactement ce que fait un fil relié à des boîtes de conserve, et c'est pourquoi c'est le meilleur dispositif de cette fiche.\n\nCe qui ne marche pas, c'est d'y accrocher quelque chose qui blesse. Pas pour une raison de délicatesse, mais parce que **c'est militairement mauvais**, et pour quatre raisons qui tiennent toutes :\n\n- **Un dispositif à déclenchement ne distingue rien.** Il ne sait pas séparer un intrus d'un enfant, d'un voisin, d'un chien, d'un secouriste, ou de vous-même à trois heures du matin en allant pisser. Les données humanitaires sur les engins laissés en place sont sans ambiguïté : **les victimes sont massivement des gens du lieu, et longtemps après que le conflit est fini.** Un piège n'a pas de camp, il a un rayon.\n- **Il ne dissuade pas.** Un piège efficace est un piège invisible ; invisible, il n'empêche personne d'entrer. Vous payez le prix d'un dispositif dangereux sans obtenir le seul bénéfice qui compte, qui est que l'autre renonce avant.\n- **Il supprime la décision.** C'est le vrai défaut. La défense d'un lieu consiste à garder le choix le plus longtemps possible — parler, montrer, laisser partir, ou agir. Un dispositif automatique tranche tout seul, sans savoir, à un moment que vous n'avez pas choisi et pour une situation qu'il n'a pas vue.\n- **Il ne se désarme pas quand il faut.** Le jour où vous partez en courant, où vous revenez avec des blessés, où vous accueillez quelqu'un, il faudrait tout neutraliser dans le noir et sans erreur. Personne n'y arrive.\n\nEt il faut le dire franchement : partout, en tout temps, **un dispositif de défense automatique fait de celui qui l'a posé un agresseur et non un défenseur**, y compris quand la victime était bien un voleur. C'est une jurisprudence stable et ancienne, et elle a été écrite précisément parce que des gens ont essayé.\n\n**Ce qu'il faut garder de l'idée, donc :** tout ce qui déclenche, alerte, éclaire, bruit, marque ou ralentit — et rien de ce qui blesse. Un fil qui réveille vaut mieux qu'un fil qui coupe, parce qu'il vous rend la seule chose qui gagne réellement une confrontation : du temps, et un humain pour décider quoi en faire.\n\n**Vous êtes seul.** Vous ne pouvez pas tenir un lieu seul, et il ne faut pas essayer. Seul, on ne dort pas, on ne garde pas, on ne se soigne pas. La bonne réponse n'est pas de se durcir, c'est de se relier : deux maisons qui se veillent mutuellement valent mieux que deux maisons fortifiées séparément. Voir [[URG-EFF-002]].\n\n**Vous êtes en immeuble.** L'entrée commune est votre meilleur atout — un seul point à tenir, collectivement — et votre pire faiblesse si les voisins ne se parlent pas. Commencez par la cage d'escalier et par les gens, pas par votre porte.\n\n**Vous êtes isolé, loin de tout.** Votre défense est la distance et l'anonymat. Personne ne fait dix kilomètres pour un lieu dont il ne sait rien. Ne créez pas de traces d'usage visibles de loin : chemin battu, fumée aux mêmes heures, lumière régulière, déblais, déchets. Voir [[SURV-NUIT-001]] et [[SURV-TUN-001]].\n\n**Il y a des enfants.** Ils doivent connaître le signal, le point de regroupement et une consigne unique et simple, répétée jusqu'à être automatique. Ne leur donnez pas de rôle dans la réponse : donnez-leur un endroit et une tâche.\n\n**Ça devient répétitif.** Trois visites en deux semaines ne se règlent pas en renforçant une troisième fois la même porte. **C'est un signal, pas un incident :** votre lieu est devenu connu et considéré comme rentable. Les vraies options sont de vous relier à d'autres, de rendre le lieu manifestement moins intéressant, de déplacer ce qui attire, ou de partir. Se durcir seul face à une pression qui monte est la manière la plus régulière de perdre.\n\n**Quelqu'un demande de l'aide.** C'est la situation la plus fréquente, très loin devant l'intrusion, et c'est celle sur laquelle les groupes se déchirent. Décidez la règle avant : à quelle distance on parle, ce qu'on donne, qui décide, et ce qu'on ne fait jamais — comme laisser entrer avant d'avoir décidé collectivement. Une règle connue permet de refuser sans se haïr et d'accepter sans se diviser. Voir [[SURV-TROC-001]] et [[SURV-SOC-001]].\n\n**Vous devez quand même partir.** Alors partez tôt, de nuit, préparé, et sans l'annoncer. Un lieu n'est pas une valeur en soi : c'est de l'eau, un toit, du stock et des gens. Trois de ces quatre choses se déplacent. Voir [[SURV-DEP-001]].\n\n**Les excréments et les déchets** trahissent une présence et attirent les rats : latrines et fosse à déchets à l'écart, recouvertes chaque jour. Voir [[SURV-HYG-002]] et [[SURV-HYG-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-023","titre":"Météorite et bolide","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["meteorite","bolide","asteroide","tcheliabinsk","onde de choc","vitres","toungouska","defense planetaire"],"sources":["Popova O.P. et al., Chelyabinsk airburst, damage assessment, meteorite recovery, and characterization, Science, 2013","NASA, mission DART de défense planétaire, 2022","Agence spatiale européenne, bureau de défense planétaire"],"corps":"::Le 15 février 2013, au-dessus de Tcheliabinsk, en Russie, un astéroïde d'une vingtaine de mètres explose dans le ciel, plus lumineux que le Soleil. Des milliers d'habitants se précipitent aux fenêtres pour regarder. Une à deux minutes plus tard, l'onde de choc arrive et fait voler les vitres en éclats : environ 1 500 blessés, presque tous par le verre. La bonne réaction tenait en un mot : s'éloigner des fenêtres.::\n\n## AGIR\n\n**Un éclair aveuglant dans le ciel**, une boule de feu plus brillante que le Soleil, une traînée énorme :\n\n1. **Ne pas aller à la fenêtre.** S'en éloigner, se mettre derrière un mur.\n2. **Se baisser**, se protéger la tête et la nuque, **bouche entrouverte**.\n3. **Attendre** plusieurs minutes : l'onde de choc voyage à la vitesse du son, elle peut arriver une à deux minutes après l'éclair si l'explosion est loin.\n4. **Dehors** : s'allonger derrière un obstacle solide, loin des vitrines et des façades vitrées.\n\n## ADAPTER\n\n- **Après** : attention au verre brisé, aux tuiles tombées, aux blessés. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Les fragments** qui tombent au sol ne sont pas radioactifs ; ils sont en général froids à l'arrivée. On les signale aux scientifiques.\n- **Les rumeurs** d'attaque ou d'explosion nucléaire circulent vite : écouter les sources officielles. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **La même règle** vaut pour toute explosion lointaine : l'éclair d'abord, le souffle ensuite. Voir [[SURV-CRI-015]].\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Des météores** entrent dans l'atmosphère chaque jour ; presque tous brûlent sans danger.\n- **Les objets de quelques dizaines de mètres** explosent en l'air : en 1908, à Toungouska, en Sibérie, une explosion de ce genre a couché les arbres sur plus de 2 000 km², dans une région presque vide d'habitants.\n- **La défense planétaire** existe : les agences spatiales surveillent les gros astéroïdes, et en 2022, la NASA a réussi à dévier un petit astéroïde en le percutant avec une sonde.","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-022","titre":"Le kit de 72 heures et le plan de famille","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["kit 72 heures","preparation","eau","nourriture","radio","lampe","pharmacie","papiers","plan familial","suede"],"sources":["Commission européenne, stratégie de l'Union de la préparation, 2025","MSB, Agence suédoise des contingences civiles, brochure « En cas de crise ou de guerre », 2024","Ministère de l'Intérieur, se préparer aux risques majeurs : le kit d'urgence"],"corps":"::La Suède envoie à chaque foyer une petite brochure qui explique quoi faire en cas de crise ou de guerre, et comment tenir seul quelques jours. L'Union européenne recommande désormais à tous de pouvoir tenir 72 heures sans aide. Trois jours, c'est le temps qu'il faut souvent aux secours pour arriver partout. Le kit tient dans un placard.::\n\n## COMPRENDRE\n\nDans une grande crise, les secours s'occupent d'abord des blessés et des plus menacés. Pendant ce temps, chaque foyer qui tient seul libère des secours pour les autres.\n\n## AGIR\n\n**L'eau** : au moins **3 litres par personne et par jour**, soit une dizaine de litres par personne, plus pour les animaux. Voir [[SURV-EAU-007]].\n\n**La nourriture** : trois jours de repas qui se gardent et se mangent sans cuisson ou avec très peu : conserves, pain grillé, biscuits, fruits secs, beurre de cacahuète, barres. **Un ouvre-boîte manuel.** Voir [[TEC-ALI-008]].\n\n**La lumière et l'information**\n- Lampes de poche ou frontales, **piles de rechange**, bougies avec un support sûr.\n- **Une radio à piles ou à manivelle.**\n- Une batterie externe chargée, les câbles.\n\n**La santé**\n- **La trousse de secours.** Voir [[TEC-SAN-008]].\n- **Les traitements personnels** pour au moins une semaine, les ordonnances.\n- Lunettes de rechange. Voir [[TEC-SAN-043]].\n\n**L'hygiène** : savon, gel, papier toilette, sacs poubelle, protections périodiques, couches, eau de Javel. Un seau à couvercle et des sacs solides font des toilettes si l'eau est coupée : [[SURV-HYG-002]].\n\n**Le reste**\n- **Du liquide** en petites coupures. Voir [[SURV-CRI-013]].\n- **Copies des papiers** d'identité, d'assurance, de santé. Voir [[TEC-IDE-021]].\n- **Vêtements chauds, couvertures**, couvertures de survie.\n- **Un sifflet**, un couteau multifonction, du ruban adhésif, une carte papier de la région.\n- **Pour les enfants** : lait infantile, petits pots, un jeu, un doudou. **Pour les animaux** : nourriture, laisse.\n\n**Le plan de famille**\n- **Deux points de rendez-vous** et **un contact loin** que chacun appelle. Voir [[SIG-COM-014]].\n- **Qui va chercher les enfants**, qui s'occupe de la grand-mère.\n- **La liste des numéros** sur papier.\n\n## ADAPTER\n\n- **Vérifier deux fois par an**, au changement d'heure : dates, piles, traitements.\n- **Le sac pour partir vite** : [[SURV-CRI-004]].\n- **Vivre une coupure de courant** : [[SURV-CRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-021","titre":"Après la catastrophe, rentrer chez soi","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["retour","apres inondation","apres seisme","catastrophe naturelle","assurance","arrete catnat","aliments","faux artisans","aide"],"sources":["Loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l'indemnisation des catastrophes naturelles","France Assureurs, catastrophes naturelles : les démarches","USDA, Food safety during power outages and floods"],"corps":"::Beaucoup de blessés d'une catastrophe le sont après : en rentrant trop tôt dans une maison fragilisée, en rallumant la lumière dans une odeur de gaz, en nettoyant une cave inondée à mains nues. Et chaque grande catastrophe amène sa vague de faux artisans qui encaissent un acompte et disparaissent.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **On attend l'autorisation** des autorités pour rentrer dans une zone évacuée.\n- **La maison a pu changer** : structure, gaz, électricité, eau, animaux entrés avec la crue.\n- **En France**, les dégâts d'une catastrophe naturelle (inondation, coulée de boue, séisme, sécheresse) sont indemnisés après la publication d'un **arrêté de catastrophe naturelle** au Journal officiel, que la mairie demande.\n\n## AGIR\n\n**En entrant**\n\n- **De jour**, avec une lampe torche, jamais une flamme.\n- **Odeur de gaz** : ne rien allumer, ne toucher à aucun interrupteur, ressortir et appeler. Voir [[URG-GAZ-001]].\n- **L'électricité** coupée si l'eau a touché l'installation, et vérifiée avant de la remettre.\n- **Bottes, gants, manches longues** : l'eau de crue contient égouts, carburants, bêtes mortes. Voir [[TEC-CON-020]].\n- **Les murs fissurés, plafonds bombés** : on ressort. Voir [[TEC-CON-024]].\n\n**Les aliments**\n\n- **Tout ce qui a touché l'eau de crue** se jette, sauf les conserves en métal intactes, lavées et désinfectées.\n- **Le frigo** resté plus de quatre heures sans courant : on jette viande, poisson, laitages, restes.\n\n**Les démarches**\n\n1. **Déclarer le sinistre** à son assureur au plus vite, et en cas de catastrophe naturelle **dans les trente jours** suivant la publication de l'arrêté.\n2. **Photos, liste des biens abîmés**, factures si on les a. Garder les objets pour l'expert. Voir [[SURV-ABRI-005]].\n3. **La mairie** : aides d'urgence, relogement, services sociaux.\n4. **Les associations** (Croix-Rouge, Secours populaire, Secours catholique) et les cellules de soutien psychologique.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les faux artisans** : pas d'acompte en liquide à un démarcheur, un devis écrit, une entreprise qu'on peut vérifier.\n- **Le choc arrive souvent après** : fatigue, colère, insomnie. C'est normal, et ça se dit. Voir [[TEC-SAN-019]].\n- **Les voisins** : les plus âgés et isolés ont souvent besoin d'aide pour tout cela. Voir [[SURV-SOC-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-020","titre":"Couvre-feu, état d'urgence, état de siège","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["couvre-feu","etat d'urgence","etat de siege","confinement","attestation","controle","droits","juge"],"sources":["Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence","Constitution du 4 octobre 1958, articles 16 et 36","Loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19"],"corps":"::En France, l'état d'urgence a été déclaré après les attentats de novembre 2015 et prolongé près de deux ans. En 2020 et 2021, des millions de gens ont vécu sous couvre-feu et confinement, attestation en poche. Ces régimes d'exception ne sont pas de la fiction : ils changent ce qu'on a le droit de faire, du jour au lendemain. Mieux vaut savoir ce qu'ils permettent, et ce qu'ils ne permettent pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **L'état d'urgence** (loi de 1955) : décrété en cas de péril grave (attentats, troubles), il permet au gouvernement et aux préfets d'interdire des rassemblements, d'imposer des couvre-feux, d'assigner des personnes à résidence, de faire des perquisitions administratives.\n- **L'état d'urgence sanitaire** (2020) : confinements, couvre-feux, fermetures, attestations de déplacement.\n- **L'état de siège** (article 36 de la Constitution) : en cas de guerre ou d'insurrection armée, une partie des pouvoirs de police passe à l'autorité militaire.\n- **Les pleins pouvoirs** (article 16) : le président peut prendre toutes les mesures exigées par les circonstances.\n- **Ces régimes sont limités dans le temps** et contrôlés par le Parlement et les juges.\n\n## AGIR\n\n- **S'informer** des règles exactes : horaires, zones, motifs autorisés, documents exigés, sur les sites officiels, la préfecture, la radio publique. Voir [[SIG-COM-012]].\n- **Avoir sur soi** sa pièce d'identité et, si demandée, l'attestation ou le justificatif (travail, santé, famille).\n- **Aux contrôles** : calme, mains visibles, réponses courtes et vraies. On discute plus tard, pas au barrage. Voir [[SURV-DEP-008]].\n- **Les urgences** (santé, secours à une personne) restent toujours un motif pour sortir.\n- **S'organiser** : courses, médicaments, garde des enfants avant l'heure du couvre-feu.\n\n## ADAPTER\n\n- **Contester une mesure** : même sous état d'urgence, on peut saisir le juge administratif en urgence (référé-liberté) ou se faire aider par un avocat ou une association de défense des droits.\n- **Garder une trace** de ce qu'on subit (dates, lieux, témoins) si une mesure semble abusive.\n- **Rumeurs** sur des mesures imaginaires : on vérifie aux sources officielles. Voir [[SURV-SOC-004]].\n\nLa guerre au quotidien : [[SURV-CRI-017]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-019","titre":"Tempête solaire","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tempete solaire","eruption solaire","carrington","aurores","reseau electrique","satellites","gps","radio","quebec 1989"],"sources":["NOAA, Space Weather Prediction Center, échelles de météo spatiale","Hydro-Québec, panne générale du 13 mars 1989","Cliver E.W., Svalgaard L., The 1859 solar-terrestrial disturbance and the current limits of extreme space weather activity, Solar Physics, 2004"],"corps":"::En septembre 1859, après une éruption solaire géante, des aurores sont vues jusque dans les Caraïbes, et les lignes de télégraphe crépitent au point que des opérateurs reçoivent des décharges. En mars 1989, une tempête bien plus faible fait tomber en 90 secondes le réseau électrique du Québec. En mai 2024, des aurores boréales ont illuminé le ciel de toute la France.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le Soleil projette parfois** d'énormes nuages de particules chargées. Quand ils frappent le champ magnétique de la Terre, ils provoquent des **aurores** et des courants électriques dans le sol et les longues lignes.\n- **Ce qui souffre** : les grands transformateurs du réseau électrique (qui peuvent griller et mettre des mois à être remplacés), les satellites, le GPS (moins précis ou coupé), les radios à ondes courtes.\n- **Ce qui ne craint presque rien** : les gens, et les petits appareils de la maison. Le danger, c'est la panne, pas le rayonnement.\n- **Les agences de météo spatiale** surveillent le Soleil et préviennent en général **un à trois jours** avant l'arrivée d'un nuage.\n\n## AGIR\n\n**Si une forte tempête est annoncée**\n\n- **Se préparer comme pour une grande coupure de courant** : eau, lumière, radio à piles, nourriture, liquide. Voir [[SURV-CRI-001]] et [[SURV-CRI-013]].\n- **Charger** téléphones, batteries, lampes.\n- **Ne pas compter sur le GPS** : carte papier et boussole. Voir [[TEC-ELN-010]].\n\n**Pendant**\n\n- **Regarder le ciel** la nuit : les aurores peuvent être visibles très au sud.\n- **La radio** en ondes moyennes et FM locales marche en général mieux que les ondes courtes.\n\n## ADAPTER\n\n- **Une panne longue** du réseau électrique après une tempête extrême est le vrai scénario à préparer : semaines plutôt que jours, dans les pires hypothèses.\n- **Le solaire et les batteries** d'une maison continuent de fonctionner. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Les rumeurs** : une tempête solaire ne fait pas « exploser » les téléphones ni les voitures. Voir [[SURV-SOC-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-018","titre":"Vivre dans un camp de réfugiés","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camp de refugies","deplaces","enregistrement","hcr","normes sphere","latrines","eau","protection","enfants"],"sources":["Sphere Handbook, 2018 (normes minimales de l'action humanitaire)","HCR, Emergency Handbook","CICR, Rétablissement des liens familiaux"],"corps":"::Le camp de Dadaab, au Kenya, a ouvert en 1991 comme une solution temporaire. Plus de trente ans après, des centaines de milliers de personnes y vivent encore ; des enfants y sont nés et y ont eu à leur tour des enfants. Un camp n'est jamais prévu pour durer, et il dure presque toujours.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes organisations humanitaires se sont fixé des **normes minimales**, les normes Sphère, utiles pour savoir ce qu'on est en droit de demander :\n\n- **15 litres d'eau** par personne et par jour, au minimum, pour boire, cuisiner et se laver ;\n- **3,5 m² d'espace couvert** par personne ;\n- **une latrine pour 20 personnes** au plus, à au moins 30 m des points d'eau ;\n- une **distribution de nourriture** qui couvre environ 2 100 kilocalories par personne et par jour.\n\n## AGIR\n\n**En arrivant**\n\n- **Se faire enregistrer** auprès du HCR ou de l'organisation qui gère le camp : sans enregistrement, pas de distributions, pas de protection, pas de suivi des familles.\n- **Garder ses papiers**, et en faire photographier des copies.\n- **Signaler** les personnes disparues et les enfants séparés : les services de rétablissement des liens familiaux recherchent les proches. Voir [[SIG-COM-014]].\n\n**Vivre au quotidien**\n\n- **L'eau** : la traiter si on a un doute. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **Se laver les mains** au savon après les latrines et avant de manger : c'est ce qui évite les épidémies de diarrhée. Voir [[TEC-SAN-011]].\n- **Les vaccins** proposés, surtout la rougeole des enfants. Voir [[TEC-SAN-030]].\n- **Le feu** : les abris sont serrés et brûlent vite. On cuisine dehors, jamais de flamme sans surveillance.\n\n**Se protéger**\n\n- **La nuit**, aller aux latrines à plusieurs, avec une lampe. Creuser et tenir des latrines : [[SURV-HYG-002]].\n- **Les enfants** ne restent jamais seuls avec des inconnus ; on signale tout abus aux équipes de protection.\n\n## ADAPTER\n\n- **S'organiser** : comités de quartier, école, sport, cultes, marchés. Voir [[SURV-SOC-005]].\n- **Apprendre et enseigner** : un camp compte toujours des enseignants, des infirmiers, des artisans. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Le moral** : [[SURV-PSY-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-017","titre":"La guerre, ce qui change au quotidien","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["guerre","siege","sarajevo","ukraine","alertes","abri","regle des deux murs","couvre-feu","propagande"],"sources":["FAMA, Sarajevo Survival Guide, 1993","Comité international de la Croix-Rouge, droit international humanitaire et protection des civils","HCR, protection des civils en zone de conflit"],"corps":"::Le siège de Sarajevo a duré 1 425 jours, le plus long siège d'une capitale de l'histoire moderne. Les habitants ont appris à cultiver sur les balcons, à cuisiner avec des meubles, à traverser les carrefours en courant sous les tirs, et en ont même tiré un guide de survie ironique. La guerre, pour les civils, c'est d'abord une vie quotidienne à réinventer.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les réseaux tombent** par intermittence : électricité, eau, chauffage, téléphone, paiements. Voir [[SURV-CRI-001]] et [[SURV-CRI-013]].\n- **Les alertes** rythment les jours et les nuits : sirènes, applications, radio.\n- **La propagande** vient de tous les côtés, les rumeurs aussi. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Les civils sont protégés** par le droit international humanitaire, mais il faut souvent se protéger soi-même.\n\n## AGIR\n\n**Se mettre à l'abri**\n\n- **Au signal d'alerte** : l'abri, la cave, le métro, ou à défaut le couloir intérieur.\n- **La règle des deux murs** : au moins deux murs entre soi et la rue. Loin des fenêtres, que les éclats de verre transforment en lames.\n- **Un sac prêt** près de la porte : papiers, argent, médicaments, eau, lampe, chargeur, vêtements chauds. Voir [[SURV-CRI-004]].\n\n**Vivre avec**\n\n- **L'eau** : remplir tous les récipients dès qu'elle coule. Voir [[SURV-EAU-007]].\n- **La lumière** : rideaux épais le soir si l'occultation est demandée.\n- **Chauffer une seule pièce**. Voir [[TEC-CON-012]].\n- **Les papiers** et leurs copies sur soi, pour les contrôles et les évacuations.\n- **Ne jamais filmer ni publier** les positions militaires, les impacts, les défenses : ces images servent à viser.\n\n**Les enfants** : routines, école même improvisée, parler de ce qui arrive avec des mots simples. Voir [[SURV-PSY-004]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Partir ou rester** : les couloirs d'évacuation sont annoncés par les autorités et les organisations humanitaires ; on part tôt plutôt que tard, avec un itinéraire et un point de chute. Voir [[SURV-DEP-004]].\n- **Les engins non explosés** restent des années après : [[SURV-ARM-007]].\n- **Tenir moralement** : [[SURV-PSY-006]]. Vivre dans un camp : [[SURV-CRI-018]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-016","titre":"Effondrement de la monnaie et hyperinflation","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["hyperinflation","monnaie","devises","troc","argentine","corralito","venezuela","prix","epargne"],"sources":["Fergusson A., When Money Dies: the nightmare of the Weimar hyperinflation, 1975","Hanke S.H., Krus N., World Hyperinflations, Cato Institute, 2012","North P., Money and Liberation: The Micropolitics of Alternative Currency Movements, University of Minnesota Press, 2007"],"corps":"::En 2001, l'Argentine a gelé les comptes bancaires de tout le pays. En quelques mois, des millions d'Argentins se sont mis à échanger dans des clubs de troc, avec leurs propres billets. Quand la monnaie s'effondre, la vie continue : ce sont les règles du jeu qui changent, et ceux qui les comprennent vite s'en sortent le mieux.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Les signes** : les prix changent chaque semaine puis chaque jour, les commerçants préfèrent être payés en devises ou en nature, un marché noir de l'euro ou du dollar apparaît, les retraits sont limités, les salaires perdent leur valeur avant d'être dépensés.\n\n**Ce qui se passe** : garder de l'argent devient une perte. Les dettes en monnaie locale fondent, l'épargne aussi. Les produits importés deviennent hors de prix. Voir [[TEC-IDE-012]].\n\n## AGIR\n\n- **Dépenser vite** le salaire le jour où on le touche, en biens utiles.\n- **Transformer l'épargne en choses qui gardent leur valeur** : nourriture qui se conserve, outils, pièces détachées, médicaments courants, semences. Voir [[SURV-TROC-002]].\n- **Les devises stables**, en petites coupures, si c'est légal et possible.\n- **Ne pas s'endetter en devises étrangères** : la dette grossit à mesure que la monnaie locale s'effondre.\n- **Les savoir-faire** deviennent le vrai revenu : réparer, soigner, produire. Voir [[SURV-TROC-003]].\n- **Produire soi-même** une partie de sa nourriture. Voir [[TEC-AGR-016]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Le troc et les monnaies locales** reviennent : clubs d'échange, systèmes d'échange local, crédit chez le commerçant du quartier. Voir [[SURV-TROC-001]].\n- **Les familles et les réseaux** qui s'entraident tiennent mieux que les individus seuls.\n- **L'argent envoyé par la famille à l'étranger** a fait vivre une grande partie du Venezuela ou du Liban dans leurs pires années.\n- **Méfiance** envers ceux qui promettent de protéger votre épargne avec des placements miracles : les crises sont la saison des escrocs.\n\nLa panne des paiements : [[SURV-CRI-013]]. Les banques : [[TEC-IDE-015]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-015","titre":"Explosion nucléaire, les premières heures","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["bombe nucleaire","eclair","souffle","retombees","abri","regle 7-10","decontamination","iode","rester a l'abri"],"sources":["FEMA et Ready.gov, Nuclear explosion : Get inside, stay inside, stay tuned","CDC, Radiation emergencies : se décontaminer","Glasstone S., Dolan P.J., The Effects of Nuclear Weapons, 3e édition, US Department of Defense, 1977"],"corps":"::Sept heures après une explosion nucléaire, la radioactivité des retombées a déjà été divisée par dix ; deux jours après, par cent. C'est pour ça que la consigne tient en trois mots : rentrer, rester, écouter. Dans les premières heures, un bon abri sauve plus de vies que n'importe quelle fuite en voiture.::\n\n## AGIR\n\n**L'éclair**\n\n- **Ne pas regarder** vers la lumière. Se jeter à plat ventre derrière quelque chose de solide, **mains sous le corps**, tête protégée, bouche entrouverte.\n- **Le souffle** arrive quelques secondes plus tard, parfois plus d'une minute si c'est loin : rester au sol jusqu'à ce qu'il soit passé, loin des fenêtres.\n\n**Rentrer**\n\n- Dans les **dix à vingt minutes**, avant que les retombées (une poussière, parfois une pluie noire) n'arrivent : **dans le bâtiment solide le plus proche**.\n- **Au sous-sol**, ou **au centre** du bâtiment, loin du toit et des murs extérieurs. Plus il y a de béton, de terre et de murs entre vous et l'extérieur, mieux c'est. Une voiture ne protège presque pas.\n\n**Se décontaminer**\n\n- **Enlever la couche de vêtements extérieure** : elle emporte la plus grande partie de la poussière. La mettre dans un sac fermé, loin des gens.\n- **Se laver** à l'eau et au savon, les cheveux au shampoing **sans après-shampoing** (il fixe les poussières). Sinon, essuyer la peau avec un linge humide.\n- Se moucher, nettoyer les oreilles, les paupières.\n\n**Rester**\n\n- **Au moins 24 heures**, sauf ordre contraire des autorités. Plus longtemps si on le demande.\n- **Écouter** une radio à piles : les autorités indiquent quand et par où partir.\n\n## ADAPTER\n\n- **L'eau et la nourriture** en bouteilles, en boîtes, dans des emballages fermés restent consommables : on essuie l'emballage.\n- **Les comprimés d'iode** ne protègent que la thyroïde, et seulement pris au bon moment : **uniquement sur consigne**. Voir [[SURV-CRI-005]].\n- **Les blessés** : les soigner à l'intérieur ; les brûlures et les plaies passent avant la contamination. Voir [[URG-BRUL-001]].\n- **Les animaux** rentrent aussi.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne explosion nucléaire tue par **la chaleur de l'éclair**, **le souffle**, **les rayonnements immédiats** et, plus loin et plus tard, **les retombées** : des poussières radioactives soulevées par l'explosion, qui retombent sur des dizaines ou des centaines de kilomètres sous le vent. Leur danger décroît très vite. C'est là, loin du centre, que les bons gestes sauvent le plus de monde.\n\nL'abri : [[TEC-CON-009]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-014","titre":"Pénurie de carburant","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["penurie","carburant","essence","gazole","station","eco-conduite","velo","covoiturage","choc petrolier"],"sources":["Ministère de l'Économie, prix-carburants.gouv.fr (prix et disponibilité en station)","ADEME, l'éco-conduite","Agence internationale de l'énergie, histoire des chocs pétroliers de 1973 et 1979"],"corps":"::En 1973, pendant le choc pétrolier, les Pays-Bas et l'Allemagne ont interdit la voiture le dimanche ; on a vu des gens patiner et pique-niquer sur les autoroutes vides. En octobre 2022, un tiers des stations françaises ont manqué de carburant en quelques jours. La pénurie arrive vite, surtout parce que tout le monde fait le plein en même temps.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne station ne garde que quelques jours de ventes. Une grève dans les raffineries, un blocage des dépôts, une crise internationale, et **la panique fait le reste** : chacun remplit son réservoir et des bidons, les cuves se vident en une journée. L'État peut alors réserver certaines stations aux véhicules prioritaires (secours, santé, alimentation).\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **Le réservoir au-dessus de la moitié**, en permanence : une habitude qui ne coûte rien.\n- **Un vélo en état de marche**, une remorque ou des sacoches. Voir [[TEC-MEC-004]].\n- **Connaître les alternatives** : transports en commun, covoiturage, voisins qui vont au même endroit.\n\n**Pendant**\n\n- **Les sites officiels** de prix des carburants indiquent aussi les stations en rupture : on évite de tourner pour rien.\n- **Rouler moins et plus doucement** : à 110 au lieu de 130 sur autoroute, on consomme environ un cinquième de moins. Accélérations douces, pas de clim inutile, pneus bien gonflés.\n- **Grouper les trajets**, partager les voitures.\n- **Pas de stockage improvisé** en bouteilles ou en jerricans dans la maison. Voir [[TEC-ENE-020]].\n\n## ADAPTER\n\n**Si ça dure des semaines** : la vie se relocalise. Les commerces de proximité, le télétravail, le vélo, la marche redeviennent la norme. Les tracteurs, les ambulances et les camions de nourriture passent en premier.\n\n**Un groupe électrogène** consomme aussi : on le réserve à l'essentiel (frigo, pompe, recharge). Voir [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-013","titre":"Panne d'internet et des paiements","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["panne","paiement","carte bancaire","especes","internet","radio","blackout","espagne 2025","cyberattaque"],"sources":["ENTSO-E, rapport sur la panne électrique du 28 avril 2025 en Espagne et au Portugal","Commission européenne, stratégie de l'Union de la préparation, 2025","Radio France, réseau ici (ex-France Bleu), information en situation de crise"],"corps":"::Le 28 avril 2025, l'Espagne et le Portugal ont perdu presque toute leur électricité pendant une dizaine d'heures. Plus de cartes, plus de distributeurs, des réseaux saturés. Ceux qui avaient du liquide pouvaient acheter, ceux qui avaient une radio à piles savaient ce qui se passait. Les autres attendaient.::\n\n## COMPRENDRE\n\nPresque tout paiement passe aujourd'hui par un réseau : carte, téléphone, virement, et même les caisses des magasins. **Une panne d'électricité, une cyberattaque, une mise à jour ratée** suffisent à tout arrêter, parfois pour des heures, parfois pour des jours. En juillet 2024, une seule mise à jour informatique défectueuse a cloué des avions au sol et bloqué des hôpitaux dans le monde entier.\n\n## AGIR\n\n**Avant**\n\n- **Du liquide à la maison**, en **petites coupures** : de quoi tenir une semaine (nourriture, carburant, pharmacie). Personne ne rend la monnaie sur un billet de 50 quand les caisses sont en panne.\n- **Une radio à piles ou à dynamo**, et des piles de rechange.\n- **Sur papier** : numéros de téléphone importants, ordonnances, copies des papiers d'identité, coordonnées de la banque et de l'assurance.\n- **Le réservoir** jamais en dessous de la moitié.\n- **Des cartes et des fiches hors ligne**. Voir [[TEC-ELN-012]].\n\n**Pendant**\n\n- **Écouter la radio** : les stations publiques (France Inter, le réseau ici) sont prévues pour diffuser les consignes.\n- **Envoyer des SMS** plutôt qu'appeler. Voir [[TEC-ELN-009]].\n- **Ne pas se ruer** sur les magasins ni vider son compte : la plupart des pannes durent des heures, pas des semaines.\n- **S'entraider** entre voisins : celui qui a du liquide, celui qui a un réchaud, celui qui a une radio.\n\n## ADAPTER\n\n**Si ça dure** : les commerçants de quartier font souvent crédit à ceux qu'ils connaissent, on note sur un carnet. Le troc revient vite. Voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**L'Union européenne** recommande désormais à chaque foyer de pouvoir tenir **72 heures** seul : eau, nourriture, lumière, radio, liquide, médicaments.\n\nL'argent et ses crises : [[TEC-IDE-012]]. La coupure d'électricité : [[SURV-CRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-012","titre":"Glissement de terrain et coulée de boue","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["glissement de terrain","coulee de boue","lave torrentielle","eboulement","fissures","vajont","georisques"],"sources":["Géorisques, mouvements de terrain","BRGM, base de données nationale des mouvements de terrain","USGS, Landslide Hazards Program"],"corps":"::En 1963, dans les Alpes italiennes, un pan de montagne a glissé dans le lac du barrage du Vajont. Le barrage a tenu ; la vague qui l'a franchi a tué près de 2 000 personnes dans la vallée. Les signes étaient là depuis des mois. Un terrain qui bouge prévient presque toujours.::\n\n## AGIR\n\n**Le terrain part**\n\n1. **Fuir sur le côté**, perpendiculairement à la pente, jamais dans le sens de la coulée : on ne la distance pas en courant vers le bas.\n2. **Gagner un point haut et stable**, un rocher, un sol qui n'a pas bougé.\n3. **Pris dans un bâtiment** : l'étage le plus haut, du côté opposé à la pente.\n\n**Pendant de très fortes pluies en montagne**\n\n- **Loin des torrents** et des ravines : une **lave torrentielle** (boue, pierres, troncs) descend en quelques minutes, avec un grondement.\n- **Ne pas traverser** un torrent qui charrie de la boue, ni une route barrée.\n\n## ADAPTER\n\n**Après** : ne pas retourner dans la zone, un second glissement suit souvent. Attention aux conduites de gaz et d'eau rompues, aux lignes tombées.\n\n**Chez soi**, les signes qui doivent alerter :\n\n- **des fissures nouvelles** dans les murs, le sol, la route ;\n- **des portes et fenêtres qui coincent** d'un coup ;\n- **des arbres, poteaux, clôtures qui penchent** ;\n- **des sources qui apparaissent ou disparaissent**, une eau qui devient boueuse ;\n- des craquements, des pierres qui tombent.\n\nOn prévient la mairie, et on part si ça s'accélère.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn versant tient par le frottement. **L'eau** (pluies longues, fonte des neiges) l'alourdit et le rend glissant ; **un séisme**, **une route taillée au pied**, **une forêt rasée** peuvent le déstabiliser. En France, des milliers de communes sont exposées ; Géorisques indique le risque adresse par adresse. Voir [[TEC-CON-021]].\n\nLes séismes : [[SURV-CRI-002]]. Les inondations : [[TEC-TER-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-011","titre":"Tornade","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["tornade","trombe","orage","abri","piece interieure","fosse","montville","grele"],"sources":["NOAA, National Weather Service, Tornado Safety","Keraunos, Observatoire français des tornades et orages violents","European Severe Storms Laboratory, base de données européenne des phénomènes violents"],"corps":"::Les tornades ne sont pas qu'américaines. En août 1845, une tornade a rasé les filatures de Montville, en Normandie, et tué des dizaines d'ouvriers. La France en connaît plusieurs dizaines par an, la plupart faibles. Face à une tornade, on a souvent moins d'une minute : il faut savoir d'avance où aller.::\n\n## AGIR\n\n**Dans un bâtiment**\n\n1. **Descendre au niveau le plus bas** : cave, sous-sol, rez-de-chaussée.\n2. **Une pièce intérieure sans fenêtre** : salle de bains, couloir, placard, au centre du bâtiment.\n3. **Se protéger la tête et la nuque** : sous une table solide, sous un matelas, avec un casque (vélo, moto) si on en a.\n4. **Loin des fenêtres**, qu'on n'ouvre pas.\n\n**En voiture ou en mobil-home**\n\nCe sont les pires abris : **les quitter** pour un bâtiment solide si on a le temps. Sinon, sortir et s'allonger dans un fossé.\n\n**Dehors**\n\n**S'allonger à plat** dans un creux, un fossé, les mains sur la nuque, loin des arbres et des voitures. **Jamais sous un pont** : le vent s'y engouffre et accélère, avec les débris.\n\n## ADAPTER\n\n**Après** : fils électriques tombés, odeur de gaz, bâtiments fragilisés. On ne rentre pas dans une maison abîmée. Voir [[TEC-CON-010]] et [[URG-GAZ-001]].\n\n**Les idées fausses** : ouvrir les fenêtres pour « équilibrer la pression » ne sert à rien et fait perdre de précieuses secondes.\n\n## COMPRENDRE\n\nUne tornade naît sous un gros orage : un tourbillon d'air descend du nuage jusqu'au sol. Elle peut dépasser 300 km/h sur une bande de quelques dizaines à quelques centaines de mètres.\n\n**Les signes** : un ciel très sombre, parfois verdâtre, une **grosse grêle**, puis un **grondement continu comme un train de marchandises**, un nuage qui tourne et descend, des débris qui tourbillonnent au sol. Les vigilances orages de Météo-France préviennent des situations favorables, pas de la tornade elle-même.\n\nLes tempêtes et cyclones : [[TEC-TER-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-010","titre":"Pénurie de nourriture","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["penurie","nourriture","rationnement","potager","cueillette","conservation","famine","entraide"],"sources":["FAO, rapports sur la sécurité alimentaire en situation de crise","Retours d'expérience de l'hiver de la faim aux Pays-Bas (1944-1945) et du siège de Leningrad","Projet Sphère, Manuel Sphère 2018 : sécurité alimentaire et nutrition"],"corps":"::Quand les rayons se vident, ceux qui s'en sortent ne sont pas ceux qui ont rempli trois caddies de pâtes le premier jour. Ce sont ceux qui produisent, conservent, partagent, et ne gaspillent plus rien.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne pénurie arrive rarement d'un coup. Elle commence par des ruptures sur quelques produits, des prix qui montent, des rationnements. Les semaines qui suivent décident de tout : ce qu'on plante, ce qu'on garde, comment on s'organise avec les autres.\n\n## AGIR\n\n**Tout de suite**\n\n- **Ne gaspillez plus rien** : épluchures dans la soupe, restes réutilisés, pain rassis en chapelure ou en soupe.\n- **Achetez des bases, pas du superflu** : farine, riz, légumineuses, huile, sucre, sel. Voir [[TEC-ALI-008]].\n- **Faites l'inventaire** de ce que vous avez, et comptez combien de jours ça tient. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\n**Les semaines suivantes**\n\n- **Plantez** tout ce qui peut l'être, même sur un balcon : pommes de terre, courges, haricots, salades, radis (prêts en un mois).\n- **Faites germer des graines** pour les vitamines. Voir [[TEC-ALI-013]].\n- **Conservez les surplus** : séchage, salage, lacto-fermentation, bocaux. Voir [[TEC-CONS-001]].\n- **Élevez de petits animaux** si possible : poules, lapins. Voir [[TEC-ELE-001]].\n- **Cueillez** ce que vous connaissez avec certitude. Voir [[SURV-RES-001]].\n\n**Ensemble**\n\n- **Mettez en commun** : jardins partagés, cuisines collectives, achats groupés. Une marmite pour vingt coûte bien moins que vingt repas. Voir [[SURV-RES-004]].\n- **Priorité** aux enfants, aux femmes enceintes, aux malades et aux personnes âgées.\n\n## ADAPTER\n\n**Les aliments de disette** que l'histoire a connus : bulbes de tulipes aux Pays-Bas en 1944, orties, glands (à dessaler longuement dans l'eau pour retirer leurs tanins), pain allongé de son ou de sciure. Certains sauvent, d'autres rendent malade : ne mangez que ce qui est identifié et préparé correctement.\n\n**La faim change les comportements** : irritabilité, méfiance, obsession de la nourriture. Partagez de façon visible et juste. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n**Après une longue privation**, on renourrit lentement : [[TEC-ALI-014]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-009","titre":"Épidémie","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["epidemie","pandemie","contagion","masque","lavage des mains","isolement","malade","aeration"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Non-pharmaceutical public health measures for mitigating the risk and impact of epidemic and pandemic influenza, 2019","Santé publique France, gestes barrières","Centers for Disease Control and Prevention, Caring for someone sick at home"],"corps":"::Face à une épidémie, les gestes qui marchent sont ennuyeux : se laver les mains, aérer, isoler le malade, porter un masque. Ils ont arrêté des épidémies bien avant les vaccins.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes maladies contagieuses passent d'une personne à l'autre par trois chemins :\n\n- **l'air** : gouttelettes et fines particules émises en parlant, toussant, respirant, surtout dans les pièces fermées ;\n- **les mains** : on touche une surface ou une personne, puis sa bouche, son nez, ses yeux ;\n- **l'eau et la nourriture** souillées. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\nChaque geste qui coupe un chemin réduit la contagion. Ensemble, ils la réduisent beaucoup.\n\n## AGIR\n\n**Pour tous**\n\n1. **Lavage des mains** au savon, souvent, 20 secondes. Voir [[SURV-HYG-001]].\n2. **Aérer** : ouvrir grand les fenêtres plusieurs fois par jour. Dehors, on se contamine beaucoup moins qu'enfermé.\n3. **Masque** dans les lieux fermés et bondés, et près des malades. Un masque filtrant (FFP2) bien ajusté protège mieux qu'un masque en tissu. Voir [[TEC-SAN-006]].\n4. **Tousser dans son coude**, mouchoir jeté tout de suite.\n5. **Moins de contacts** : pas de réunions inutiles en intérieur, un seul membre de la famille pour les courses.\n\n**Un malade à la maison**\n\n1. **Une pièce pour lui seul**, aérée, porte fermée, et si possible des toilettes à part.\n2. **Une seule personne s'en occupe**, masquée, et se lave les mains en sortant.\n3. **Sa vaisselle, son linge** lavés à part, à chaud. Les surfaces qu'il touche, nettoyées à l'eau de Javel diluée.\n4. **Le soigner** : boire beaucoup, faire baisser la fièvre, surveiller. Voir [[TEC-SAN-002]] et [[TEC-SAN-009]].\n\n**Les signes qui imposent un soignant** : difficulté à respirer, lèvres bleues, confusion, fièvre qui ne baisse pas, déshydratation, et chez les plus fragiles (bébés, personnes âgées, malades chroniques), dès le début.\n\n## ADAPTER\n\n**Les antibiotiques ne soignent pas les virus** (grippe, Covid, rhume). Les garder pour les infections bactériennes qui en ont besoin.\n\n**Informez-vous aux sources officielles**, pas aux rumeurs : les fausses nouvelles se répandent plus vite que les virus. Voir [[SIG-COM-006]].\n\n**Les vaccins**, quand ils existent, restent la meilleure protection. Voir le chapitre sur l'hygiène et la transmission : [[TEC-SAN-004]].\n\n**Le moral** : l'isolement pèse. Appels réguliers aux proches isolés, routines, activités. Voir [[SURV-PSY-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-008","titre":"Cyclone et ouragan","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cyclone","ouragan","typhon","vent","submersion","confinement","oeil du cyclone","vigilance"],"sources":["Météo-France, dispositif de vigilance cyclonique en outre-mer","National Hurricane Center (NOAA), Hurricane Preparedness et échelle de Saffir-Simpson","Ministère des Outre-mer, consignes en cas de cyclone"],"corps":"::Dans un cyclone, ce n'est presque jamais le vent qui tue le plus. C'est l'eau : la mer qui monte sur la côte, et les pluies qui transforment les ravines en torrents.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUn cyclone (ouragan dans l'Atlantique, typhon dans le Pacifique) est une énorme dépression tropicale. Il apporte trois dangers :\n\n- **La marée de tempête (submersion)** : la mer monte de plusieurs mètres sur la côte, poussée par le vent. C'est elle qui fait le plus de morts.\n- **Les pluies** : des centaines de millimètres en quelques heures, inondations et glissements de terrain.\n- **Le vent** : jusqu'à plus de 250 km/h, qui arrache les toits et transforme tout objet en projectile.\n\n## AGIR\n\n**Avant (dès la vigilance orange)**\n\n- **Si vous habitez en zone de submersion** (bord de mer bas) : **partez** vers un abri désigné ou en hauteur quand les autorités le demandent.\n- **Rentrez ou attachez tout ce qui peut s'envoler** : mobilier de jardin, poubelles, tôles.\n- **Volets fermés**, fenêtres protégées par des panneaux de bois.\n- **Réserves** : eau (au moins 3 jours), nourriture, piles, radio, médicaments, lampes, batteries chargées, espèces, réservoir plein.\n\n**Pendant (vigilance rouge et violette)**\n\n1. **Restez à l'intérieur**, dans la pièce la plus solide, **sans fenêtre**, au centre de la maison (salle de bain, couloir, placard sous escalier).\n2. **Loin des fenêtres et des baies vitrées.**\n3. **Écoutez la radio.**\n4. **Si le toit s'arrache** : réfugiez-vous sous un meuble solide, un matelas sur vous.\n\n**L'œil du cyclone** : le vent tombe d'un coup, parfois le ciel se dégage. **Ce n'est pas la fin.** L'autre moitié du cyclone arrive, avec des vents aussi forts dans l'autre sens. Ne sortez pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Après**\n\n- **Attendez la fin d'alerte** avant de sortir.\n- **Câbles tombés, arbres, poteaux** : on ne s'en approche pas. Voir [[URG-ELEC-001]].\n- **Groupe électrogène dehors**, jamais dedans. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **L'eau du robinet** : bouillie ou traitée jusqu'à avis contraire. Voir [[URG-EAU-001]].\n- **Les moustiques** prolifèrent dans l'eau stagnante : dengue, chikungunya. Videz tout ce qui retient l'eau autour de la maison.\n\n**En mer ou au bord de l'eau** : on ne va pas regarder les vagues. Chaque cyclone emporte des curieux.\n\nL'inondation et ses gestes : [[URG-INO-001]]. Une tempête en métropole : [[URG-TEM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-007","titre":"Tsunami","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["tsunami","raz-de-maree","seisme","cote","vague","evacuation","hauteur"],"sources":["UNESCO, Commission océanographique intergouvernementale, Tsunami Glossary et consignes au public","CENALT (Centre national d'alerte aux tsunamis, France)","Retours d'expérience des tsunamis de 2004 (océan Indien) et 2011 (Tōhoku)"],"corps":"::En 2004, une petite fille de dix ans a sauvé une plage entière en Thaïlande parce qu'elle avait appris à l'école que la mer qui se retire d'un coup annonce la vague. Le savoir, ici, c'est littéralement des minutes de vie.::\n\n## AGIR\n\n**Trois signaux suffisent. Un seul, et vous partez tout de suite, sans attendre d'alerte :**\n\n- **un séisme fort ou long** ressenti sur la côte (difficile de tenir debout, ou plus de 20 secondes) ;\n- **la mer qui se retire** anormalement, découvrant les fonds ;\n- **un grondement** venant de la mer, comme un train ou un avion.\n\n1. **Montez.** Le plus haut possible, le plus vite possible : colline, falaise, étages d'un immeuble solide en béton (troisième étage au moins).\n2. **À pied**, sauf si la route vers la hauteur est dégagée. Les voitures bouchent les routes et les gens meurent dedans.\n3. **Ne descendez pas voir.** La première vague n'est souvent pas la plus haute.\n4. **Restez en hauteur** plusieurs heures, jusqu'à la fin d'alerte officielle. Les vagues arrivent en séries, espacées de 10 minutes à plus d'une heure.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas de hauteur à portée** : partez **à l'intérieur des terres**, le plus loin possible de la côte et des embouchures, perpendiculairement au rivage.\n\n**Emporté par l'eau** : accrochez-vous à ce qui flotte (arbre, porte, planche), protégez votre tête. L'eau charrie des voitures, du bois, des débris : c'est eux qui blessent.\n\n**En bateau au port** : si le temps le permet, sortir vers le large, où la vague est basse ; au port, elle déferle. Sinon, abandonnez le bateau et montez.\n\n**Une alerte officielle** (sirène, message sur le téléphone, radio) : partez même si la mer paraît calme.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn tsunami n'est pas une grosse vague de tempête. C'est **toute la colonne d'eau** de l'océan soulevée par un séisme sous-marin, un glissement de terrain ou une éruption. Au large, la vague fait à peine un mètre et file à la vitesse d'un avion ; près des côtes, elle ralentit et monte, et l'eau continue d'arriver pendant de longues minutes, comme une marée qui ne s'arrête pas.\n\n**La mer qui se retire** avant la vague est le creux de l'onde qui arrive en premier. Les gens qui vont ramasser les poissons sur le sable découvert sont ceux qui meurent.\n\n**En France**, les côtes méditerranéennes, les Antilles et la Polynésie sont exposées. Le séisme d'origine peut être lointain : on ne le sent alors pas, et seule l'alerte ou le retrait de la mer préviennent.\n\nLa fiche sur les séismes : [[SURV-CRI-002]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-006","titre":"Accident chimique industriel","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["chimique","seveso","nuage toxique","confinement","sirene","usine","gaz","decontamination"],"sources":["Ministère de la Transition écologique, georisques.gouv.fr : consignes en cas d'accident industriel","INERIS, dossiers sur les accidents industriels majeurs et les nuages toxiques","Plans particuliers d'intervention (PPI) des sites Seveso seuil haut"],"corps":"::Un nuage toxique passe en quelques dizaines de minutes. Ceux qui s'en sortent le mieux sont ceux qui se sont enfermés vite et bien. Ceux qui prennent la voiture pour fuir roulent souvent dedans.::\n\n## AGIR\n\n1. **À la sirène** (son montant et descendant, trois fois une minute) ou au message FR-Alert : **entrez dans le bâtiment le plus proche**.\n2. **Fermez et calfeutrez** : portes, fenêtres, aérations. Bas de porte et bouches d'aération bouchés avec des serviettes mouillées ou du ruban adhésif.\n3. **Arrêtez la ventilation**, la climatisation, la hotte, le chauffage à air pulsé.\n4. **Ni flamme ni cigarette** : certains gaz brûlent ou explosent.\n5. **Ne téléphonez pas** sauf urgence, n'allez pas chercher les enfants à l'école, écoutez la radio.\n6. **À la fin de l'alerte** (son continu de 30 secondes) : aérez largement.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes dehors, face au nuage** : éloignez-vous **perpendiculairement au vent**, jamais dans son sens ni à contre-sens. Couvrez nez et bouche avec un tissu, humide si possible. Entrez dans le premier bâtiment.\n\n**Quelle pièce choisir** : une pièce sans fenêtre ou avec peu d'ouvertures, avec un point d'eau si possible. Pour le chlore et la plupart des gaz toxiques, plus lourds que l'air, **montez aux étages**. Pour l'ammoniac, plus léger, restez plutôt bas. Sans information, une pièce intérieure au premier étage est un bon compromis.\n\n**Vous avez été touché par le produit** (peau qui brûle, yeux qui piquent, vêtements imprégnés) : retirez les vêtements en les coupant plutôt qu'en les passant par la tête, **rincez la peau et les yeux à l'eau pendant 15 minutes**, et appelez le 15.\n\n**Vous êtes en voiture** : fermez les vitres, coupez la ventilation, sortez de la zone si la route est dégagée **perpendiculairement au vent**, sinon entrez dans un bâtiment.\n\n## COMPRENDRE\n\n**L'odeur ne dit rien de fiable.** Certains gaz dangereux ne sentent rien, d'autres sentent fort à des doses inoffensives, et le sulfure d'hydrogène anesthésie l'odorat à forte dose : quand l'odeur d'œuf pourri disparaît, ce n'est pas bon signe.\n\n**Le confinement fonctionne parce que le nuage passe.** Une maison fermée laisse entrer l'air extérieur lentement : pendant le temps où le nuage traverse le quartier, l'air intérieur reste bien moins concentré. Après son passage, on aère pour évacuer ce qui est entré.\n\n**Autour de chaque site Seveso seuil haut**, les habitants reçoivent une plaquette avec les consignes et le type de produits en cause. Si vous habitez près d'une usine, d'un dépôt ou d'un port, lisez-la : elle vous dit dans quelle direction partir et quoi faire.\n\nL'air contaminé en général et les masques : [[URG-AIR-001]], [[TEC-SAN-006]]. Les explosifs et le nitrate d'ammonium : [[TEC-CHI-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-005","titre":"Accident nucléaire","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["nucleaire","centrale","iode","confinement","evacuation","radioactivite","sirene"],"sources":["Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), consignes en cas d'accident nucléaire","Campagnes nationales de distribution de comprimés d'iode stable, posologie officielle","Organisation mondiale de la santé, Iodine thyroid blocking: guidelines for use in planning and responding to radiological and nuclear emergencies, 2017"],"corps":"::En cas d'accident de centrale, le premier geste qui protège n'est ni l'iode ni la fuite. C'est rentrer dans un bâtiment et fermer. Tout le reste attend les consignes.::\n\n## AGIR\n\n1. **À l'alerte** (sirène au son montant et descendant, message FR-Alert sur le téléphone, radio) : **rentrez dans le bâtiment en dur le plus proche.** Pas de voiture, qui ne protège presque pas.\n2. **Fermez** portes et fenêtres, **arrêtez la ventilation** et la climatisation.\n3. **N'allez pas chercher vos enfants à l'école** : l'école les met à l'abri, et vous vous exposeriez dehors.\n4. **Écoutez la radio**, et ne téléphonez que pour une urgence : les lignes servent aux secours.\n5. **Prenez l'iode seulement quand le préfet le demande**, à la dose de votre âge (tableau ci-dessous).\n6. **Évacuez si l'ordre est donné**, par les itinéraires indiqués.\n\n## L'iode stable\n\nLes comprimés d'iodure de potassium dosés à 65 mg sont distribués autour des centrales et disponibles en pharmacie.\n\n| Âge | Dose |\n|---|---|\n| Adultes et plus de 12 ans, femmes enceintes | 2 comprimés (130 mg) |\n| 3 à 12 ans | 1 comprimé (65 mg) |\n| 1 mois à 3 ans | ½ comprimé (32,5 mg) |\n| Moins d'un mois | ¼ de comprimé (16,25 mg) |\n\nDissous dans un peu d'eau, de lait ou de jus. **Une seule prise**, sauf consigne contraire. Les femmes enceintes, les enfants et les jeunes sont prioritaires.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous étiez dehors pendant le passage du nuage** : en rentrant, retirez les vêtements extérieurs, mettez-les dans un sac fermé, douchez-vous, cheveux compris. Cela enlève l'essentiel de la contamination.\n\n**Les aliments** : ne mangez pas les légumes du jardin, les fruits cueillis, le lait des bêtes du coin tant que les autorités ne l'ont pas autorisé. Les conserves et ce qui était à l'intérieur ne craignent rien.\n\n**Vous êtes loin de la centrale** : restez chez vous. Les routes bouchées par ceux qui fuient sans consigne sont un danger en soi.\n\n## COMPRENDRE\n\n**L'iode ne protège que la thyroïde**, et seulement contre l'iode radioactif, l'un des produits rejetés par un réacteur accidenté. La thyroïde saturée d'iode stable n'absorbe plus l'iode radioactif. Ce n'est pas un « comprimé anti-radiation » : il ne protège d'aucune autre substance, et pris sans raison il peut dérégler la thyroïde. Il est le plus efficace pris juste avant l'exposition ou dans les premières heures.\n\n**Le confinement réduit fortement la dose** reçue : les murs arrêtent une grande partie du rayonnement, et les fenêtres fermées empêchent la poussière d'entrer. C'est la raison pour laquelle c'est le premier réflexe.\n\n**Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011)** ont montré que l'essentiel des cancers de la thyroïde chez les enfants venait du lait contaminé bu dans les semaines suivantes. D'où la consigne sur les aliments, aussi importante que l'iode.\n\nLes retombées d'une arme nucléaire et les abris sont traités dans [[TEC-CON-009]]. L'air contaminé en général : [[URG-AIR-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-004","titre":"Évacuer en dix minutes","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["evacuation","sac d'urgence","papiers","medicaments","depart","famille","animaux"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, Je me protège en famille : le kit d'urgence","FEMA, Ready.gov : Make a Plan et Build a Kit","Croix-Rouge française, préparer son sac d'évacuation"],"corps":"::Quand les pompiers frappent à la porte, on n'a jamais le temps qu'on croyait. Ce qui part avec vous est ce qui était prêt, ou ce qui est sur cette liste.::\n\n## AGIR\n\n**Dans l'ordre, et on arrête là où le temps s'arrête**\n\n1. **Les personnes et les animaux.** Qui est là, qui manque, qui doit être aidé.\n2. **Les médicaments** : le traitement de chacun pour une semaine au moins, et les ordonnances.\n3. **Les lunettes, les appareils** (auditifs, respiratoires), le lait et les couches pour un bébé.\n4. **Le téléphone, son chargeur, une batterie externe.**\n5. **Les papiers** : pièces d'identité, carte vitale, assurance, et l'argent liquide.\n6. **Les clés** de la maison et de la voiture.\n7. **De l'eau** (au moins deux litres par personne) et de quoi grignoter.\n8. **Des vêtements chauds et de pluie**, de bonnes chaussures, même en été.\n9. **Une lampe, une radio**, si elles sont à portée de main.\n10. **Le doudou de l'enfant.** Ça paraît futile, ça ne l'est pas : un enfant calme est un enfant qu'on peut évacuer.\n\n**Avant de fermer la porte** : coupez le gaz, l'eau et l'électricité si les secours le demandent ou si vous avez le temps ([[URG-RES-001]]). Fermez à clé.\n\n## ADAPTER\n\n**Préparer un sac à l'avance** évite tout le reste. Un sac à dos par personne, près de la porte, avec : copie des papiers, une semaine de médicaments, eau, barres énergétiques, lampe frontale, piles, radio, batterie externe chargée, vêtements de rechange, couverture de survie, trousse de secours, un peu d'espèces. Vérifiez-le à chaque changement d'heure.\n\n**Photographiez tous vos papiers** et gardez les photos dans le téléphone et sur un stockage en ligne. Un passeport brûlé se refait bien plus vite quand on en a une copie.\n\n**Convenez d'un point de rendez-vous** et d'un contact hors de la région que tout le monde appelle en cas de séparation. Les réseaux locaux saturent, les appels vers loin passent souvent mieux.\n\n**Animaux** : cage de transport, laisse, croquettes pour trois jours. Beaucoup de gens refusent de partir sans leur animal et restent en danger : prévoyez-le.\n\n**Vous partez en voiture** : réservoir jamais sous la moitié en période de risque, et suivez les itinéraires indiqués, pas le GPS, qui peut vous envoyer vers le danger.\n\nLe détail de ce qu'un sac doit contenir et comment le porter : [[SURV-DEP-002]].\n\n## COMPRENDRE\n\nUne évacuation se décide en quelques minutes : inondation, feu de forêt, fuite industrielle, digue qui menace. Dans la panique, les gens prennent n'importe quoi et oublient l'essentiel : les médicaments, les lunettes, le chargeur, les papiers. **L'ordre compte plus que la quantité.**","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-003","titre":"Canicule","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["canicule","chaleur","deshydratation","personnes agees","ventilateur","nuit","coup de chaleur"],"sources":["Santé publique France, Plan national canicule et recommandations au grand public","Organisation mondiale de la santé, Heat and health, fiche d'information","Morris N. et al., Electric fan use for cooling during hot weather, The Lancet Planetary Health, 2021"],"corps":"::En août 2003, la canicule a tué environ 15 000 personnes en France, presque toutes âgées, seules, dans des appartements fermés. La chaleur ne tue pas d'un coup : elle use pendant des jours ceux qu'on oublie.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps se refroidit en transpirant : la sueur qui s'évapore emporte la chaleur. Quand l'air est trop chaud et trop humide, ou que le corps manque d'eau, ce système sature. La température interne monte, jour après jour, surtout si les nuits ne rafraîchissent plus.\n\n**Les plus exposés** : les personnes âgées (elles ont moins soif et transpirent moins), les bébés, les malades du cœur ou des reins, ceux qui prennent certains médicaments (diurétiques, certains traitements de la tension ou psychiatriques), ceux qui travaillent dehors, et tous ceux qui vivent seuls.\n\n## AGIR\n\n**La maison**\n\n- **Fermez tout le jour** : fenêtres, volets, rideaux, côté soleil surtout. **Ouvrez tout la nuit** et au petit matin, pour faire des courants d'air.\n- **Un drap mouillé** tendu devant une fenêtre ouverte ou devant un ventilateur rafraîchit l'air qui passe.\n- **Vivez dans la pièce la plus fraîche**, souvent en bas et au nord. Dormez-y aussi.\n\n**Le corps**\n\n- **Buvez régulièrement sans attendre la soif**, et mangez normalement (le sel de la nourriture compte). Pas d'alcool, qui déshydrate.\n- **Mouillez-vous la peau** (brumisateur, gant humide, douche fraîche) et mettez-vous devant un ventilateur. C'est l'évaporation qui refroidit.\n- **Les pieds dans une bassine d'eau fraîche**, un linge humide sur la nuque : simple et efficace.\n- **Évitez de sortir et de faire des efforts** aux heures les plus chaudes, en général de 11 h à 21 h.\n\n**Les autres**\n\n- **Appelez ou passez voir chaque jour** les personnes âgées ou isolées que vous connaissez. En 2003, beaucoup de victimes sont mortes chez elles sans que personne ne passe.\n- Les mairies tiennent un registre des personnes vulnérables : signalez-y quelqu'un qui vit seul.\n\n## ADAPTER\n\n**Au-delà de 35 °C environ**, un ventilateur qui souffle de l'air brûlant sur une peau sèche peut réchauffer au lieu de rafraîchir. Mouillez toujours la peau avant.\n\n**Une voiture au soleil** : sa température intérieure gagne une vingtaine de degrés en une heure. **Jamais un enfant ni un animal dedans**, même « cinq minutes ».\n\n**Signes d'alerte** : confusion, propos bizarres, peau brûlante, maux de tête violents, vomissements, arrêt de la transpiration. C'est un coup de chaleur, une urgence vitale : voir [[URG-CHAL-001]] et appelez le 15.\n\n**Une canicule avec une coupure de courant** : plus de ventilateur ni de frigo. Les linges humides, l'ombre et l'eau deviennent tout. Voir [[SURV-CRI-001]].\n\n**Un bébé** : le déshabiller, lui proposer à boire souvent, le rafraîchir avec un linge humide, jamais de couverture sur la poussette (elle devient une étuve).","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-002","titre":"Séisme","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["seisme","tremblement de terre","repliques","decombres","tsunami","gaz","urgence"],"sources":["Ministère de l'Intérieur et BRGM, consignes en cas de séisme (georisques.gouv.fr)","Earthquake Country Alliance et US Geological Survey, Drop, Cover and Hold On","Croix-Rouge américaine, recommandations sur le « triangle de vie » et les encadrements de porte"],"corps":"::Pendant la secousse, on ne court pas. On se baisse, on s'abrite, on s'accroche. Ce qui tue dans un séisme, c'est surtout ce qui tombe.::\n\n## AGIR\n\n### Pendant la secousse\n\n1. **Baissez-vous** tout de suite, avant d'être jeté au sol.\n2. **Abritez-vous** sous une table ou un bureau solide. Rien de solide à proximité : accroupi contre un mur intérieur, les bras sur la tête et la nuque.\n3. **Accrochez-vous** au pied de la table et bougez avec elle jusqu'à la fin de la secousse.\n4. **Restez à l'intérieur.** On se fait tuer en sortant sous les chutes de tuiles, de vitres et de façades. Loin des fenêtres, des étagères, des lustres.\n\n### Juste après\n\n1. **Mettez des chaussures** : le sol est couvert de verre.\n2. **Sentez le gaz.** Une odeur : fermez le robinet, ouvrez, sortez, rien d'électrique. Voir [[URG-GAZ-001]].\n3. **Sortez par l'escalier, jamais par l'ascenseur**, et éloignez-vous des bâtiments, des murs, des lignes électriques.\n4. **Attendez-vous aux répliques**, parfois presque aussi fortes que le choc principal. Ne rentrez pas dans un bâtiment fissuré.\n5. **Envoyez des SMS plutôt que d'appeler** : les réseaux saturent, un SMS passe là où un appel échoue.\n\n## ADAPTER\n\n**Au lit** : restez-y, couvrez-vous la tête avec l'oreiller, sauf si un lustre ou une étagère lourde est juste au-dessus.\n\n**Dehors** : allez au milieu d'un espace dégagé, loin des façades, des murs, des arbres et des câbles.\n\n**En voiture** : arrêtez-vous loin des ponts, des tunnels, des immeubles et des lignes électriques, et restez dans la voiture pendant la secousse.\n\n**Près de la mer** : une secousse forte ou longue (plus de 20 secondes), ou la mer qui se retire d'un coup, et vous montez immédiatement en hauteur ou à l'intérieur des terres, **sans attendre d'alerte**. Voir [[SURV-CRI-007]].\n\n**Coincé sous des décombres** : protégez votre bouche et votre nez de la poussière avec un tissu, ne criez pas en continu (vous avalez la poussière et vous vous épuisez), **tapez sur un tuyau ou un mur** par séries régulières, ou sifflez. Les sauveteurs écoutent les bruits répétés.\n\n## COMPRENDRE\n\n**Les encadrements de porte ne protègent pas** dans une maison moderne : ils ne sont pas plus solides que le reste, et la porte vous bat dessus. C'est un souvenir des maisons en adobe d'autrefois.\n\n**Le « triangle de vie »**, qui conseille de s'allonger à côté d'un meuble plutôt que dessous, a été démenti par les organismes de secours : sous une table solide, on est protégé de ce qui tombe, qui est la vraie cause des blessures.\n\n**La magnitude** mesure l'énergie libérée à la source. **L'intensité** mesure ce qu'on ressent à un endroit donné : elle dépend de la distance, du sol et des bâtiments. Un séisme modéré sous un sol meuble peut faire plus de dégâts qu'un fort séisme sous du rocher.\n\n**Préparer en dix minutes** : fixer au mur les meubles hauts et le chauffe-eau, ranger le lourd en bas, une paire de chaussures et une lampe au pied du lit, savoir couper le gaz et l'eau ([[URG-RES-001]]).","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-001","titre":"Coupure d'électricité de plusieurs jours","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["coupure","electricite","black-out","frigo","eau","chauffage","eclairage","telephone"],"sources":["USDA Food Safety and Inspection Service, Keeping Food Safe During an Emergency","Ministère de l'Intérieur, Je me protège en famille (guide de préparation aux situations d'urgence)","Retours d'expérience de la panne ibérique du 28 avril 2025 et de la tempête de 1999 en France"],"corps":"::Les deux premières heures, tout le monde attend que ça revienne. Ceux qui s'en sortent bien sont ceux qui ont agi pendant ces deux heures-là.::\n\n## COMPRENDRE\n\nSans électricité, tout ce qui en dépend s'arrête en cascade, pas en même temps :\n\n- **Tout de suite** : lumière, frigo, box internet, pompes de chaudière, plaques, portails, ascenseurs, terminaux de paiement.\n- **En quelques heures** : les antennes de téléphone, qui tiennent sur batterie de une à quelques heures. Puis les stations-service, dont les pompes sont électriques.\n- **En un à deux jours** : l'eau au robinet dans beaucoup de communes, quand les réservoirs se vident sans pompes pour les remplir. Les étages élevés perdent la pression en premier. Les stations de relevage des eaux usées s'arrêtent aussi.\n\n## AGIR\n\n**Dans la première heure**\n\n1. **Remplissez tout ce qui tient l'eau** tant qu'il y a de la pression : baignoire (pour les toilettes et le lavage), casseroles, bouteilles (pour boire).\n2. **Ne rouvrez plus le frigo ni le congélateur.** Fermé, un frigo garde le froid environ 4 heures ; un congélateur plein, environ 48 heures, 24 s'il est à moitié vide.\n3. **Débranchez** les appareils fragiles (ordinateur, télé, box) pour les protéger du retour du courant.\n4. **Faites le plein de ce qui s'épuise** : retrait d'espèces si un distributeur marche encore, carburant, piles.\n5. **Mettez les téléphones en économie d'énergie**, un seul allumé par foyer à la fois.\n\n**Les jours suivants**\n\n- **Mangez dans l'ordre** : le frigo d'abord, le congélateur ensuite, les conserves en dernier.\n- **Chauffez une seule pièce**, la plus petite et la mieux isolée, et vivez-y. Voir [[TEC-CON-012]].\n- **Éclairez à la lampe frontale ou LED**. Une bougie par pièce au maximum, jamais sans surveillance.\n- **Informez-vous par la radio** à piles ou à manivelle : la radio locale du service public donne les consignes.\n- **Rechargez sur la voiture**, moteur tournant dehors, jamais dans un garage fermé. Voir [[TEC-ENE-014]].\n\n## ADAPTER\n\n**Groupe électrogène, barbecue, réchaud** : toujours dehors, loin des fenêtres. Le monoxyde de carbone tue chaque hiver des familles entières pendant les coupures. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**Quelqu'un dépend d'un appareil** (concentrateur d'oxygène, pompe, dialyse) : c'est la priorité absolue. Prévenez tout de suite les secours ou le fournisseur de l'appareil, avant que sa batterie ne soit vide.\n\n**L'eau du robinet revient trouble ou marron** : laissez couler, puis faites-la bouillir tant que la mairie n'a pas levé l'alerte. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n**Les toilettes ne se vident plus** : un seau d'eau versé d'un coup dans la cuvette suffit à chasser. En rez-de-chaussée ou en sous-sol, si les eaux usées remontent, fermez les couvercles et bouchez les siphons de sol. Voir [[SURV-HYG-002]].\n\n**Le courant revient** : ne rebranchez pas tout d'un coup. Pour le congélateur : un aliment qui contient encore des cristaux de glace se recongèle ; ce qui est resté plus de deux heures au-dessus de 4 °C (viande, poisson, laitages, plats cuisinés) se jette.\n\n**Astuces de ceux qui ont déjà vécu une panne longue**\n\n- Des bouteilles d'eau congelées dans le congélateur avant l'hiver : du froid en réserve, puis de l'eau potable.\n- Un réservoir de voiture jamais sous la moitié.\n- Un peu d'espèces en petites coupures à la maison : le 28 avril 2025, en Espagne et au Portugal, seuls ceux qui en avaient ont pu acheter quelque chose.\n- Une lampe frontale par personne, rangée au même endroit. Chercher une lampe dans le noir avec la lampe du téléphone vide la batterie qu'on voudrait garder.","langue":"fr"},{"id":"SURV-COM-001","titre":"Décider si quelque chose est comestible","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alimentation","plantes","toxique","decision"],"sources":["Centres antipoison français — rapports annuels d'intoxications par plantes","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, plant and mushroom poisoning","US Army Survival Manual FM 21-76 — et les critiques documentées du test de comestibilité universel","European Association of Poisons Centres — amatoxin poisoning"],"corps":"::Il n'existe aucun test qui rende un aliment inconnu sûr. Celui qu'on vous a appris ne fonctionne pas, et il tue précisément dans les cas où l'on comptait sur lui.::\n\n## AGIR\n\n**La seule méthode qui fonctionne : l'identification positive.**\n\n1. **Identifiez l'espèce**, pas une ressemblance. Nom précis, caractères vérifiés un par un, sosies toxiques écartés. La méthode est dans [[TEC-BOT-001]].\n2. **Vérifiez quelle partie est comestible et à quelle saison.** Beaucoup de plantes ont une partie sûre et une partie dangereuse, ou changent selon le stade. La feuille jeune d'une espèce peut être consommable et sa graine mûre toxique.\n3. **Vérifiez la préparation nécessaire.** Certaines plantes très courantes ne sont comestibles qu'après cuisson, trempage prolongé ou changements d'eau. Crues, elles rendent malade.\n4. **Si l'un de ces trois points reste incertain, vous ne mangez pas.**\n\n**Ce que vous mangez sans identification :** rien. Il n'y a pas d'exception raisonnable, pour la raison développée plus bas — le gain calorique est négligeable et le risque est absolu.\n\n**Ce qui est identifiable sans erreur possible**, et qui constitue votre vrai terrain de chasse : les plantes que vous connaissez déjà, les cultures abandonnées et les jardins, les arbres fruitiers, et les quelques espèces sauvages sans sosie dangereux dans votre région, apprises à l'avance et vérifiées en saison.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez faim depuis plusieurs jours.** C'est exactement la situation où l'on prend le risque, et exactement celle où il est le moins rationnel. Un être humain en bonne santé supporte une privation alimentaire prolongée bien mieux qu'une privation d'eau ou qu'une exposition au froid : la faim vous affaiblit, elle ne vous tue pas à l'échelle de quelques jours. Une intoxication, elle, vous met à terre en quelques heures et provoque des vomissements et une diarrhée qui vous déshydratent — voir [[TEC-SAN-005]]. **Vous transformez un problème lent en problème rapide.**\n\n**Vous cherchez des calories.** Regardez le rendement réel avant de dépenser du temps. La cueillette de feuilles et de pousses sauvages apporte des vitamines et des minéraux pour un apport énergétique très faible au regard des heures de marche. Les postes qui rendent vraiment sont les glucides et les graisses : tubercules, graines, fruits secs, noix, et tout ce qui reste dans les habitations et les cultures. Les besoins réels sont chiffrés dans [[TEC-ALI-001]].\n\n**C'est un champignon.** N'appliquez aucun raisonnement analogique. Certaines espèces mortelles sont d'aspect banal, de goût agréable, et **leurs premiers symptômes n'apparaissent souvent qu'après six à vingt-quatre heures**, quand les lésions du foie sont déjà installées. Il n'existe aucun test de terrain, aucune règle sur la couleur, l'anneau, le lait, l'argenterie ou les limaces qui distingue les espèces dangereuses. Sans identification certaine par quelqu'un de compétent, un champignon ne se mange pas.\n\n**C'est un animal.** Le muscle de la plupart des animaux terrestres est comestible une fois bien cuit. Les dangers viennent d'ailleurs : certains organes concentrent des toxines ou des vitamines à dose dangereuse, les parasites imposent une cuisson à cœur, et un animal trouvé mort sans savoir de quoi ne se mange pas. La cuisson complète est ici la règle absolue, comme le rappelle [[MEM-EVE-001]].\n\n**Vous voulez vous préparer sérieusement.** Apprenez cinq espèces de votre région, à fond, sur une année complète, sosies compris. Cinq espèces sues parfaitement valent mieux que cinquante reconnues approximativement — et c'est du travail à faire maintenant, pas le jour où vous aurez faim.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Pourquoi le test de comestibilité universel ne marche pas\n\nVous connaissez probablement la méthode : frotter la plante sur la peau, attendre, la porter au poignet, puis à la lèvre, puis sur la langue, puis en avaler un fragment et attendre plusieurs heures. Elle figure dans d'anciens manuels militaires et circule partout.\n\n**Elle repose sur une hypothèse fausse : qu'une substance toxique se signale par une réaction locale ou par son goût.** Ce n'est pas le cas, et trois mécanismes le démontrent.\n\n**Beaucoup de poisons n'irritent pas.** Les alcaloïdes de la ciguë, l'aconitine, la ricine, les amatoxines des amanites mortelles ne provoquent ni rougeur au contact, ni brûlure sur la lèvre. Le test les déclare sûrs.\n\n**Certains tuent à dose infime.** Le protocole prévoit d'ingérer un fragment pour tester. Pour plusieurs espèces mortelles, un fragment suffit déjà à provoquer une atteinte irréversible. Le test lui-même est la dose létale.\n\n**Le délai d'attente est trop court.** Les intoxications les plus graves sont précisément celles à effet retardé : les amatoxines ne donnent des symptômes qu'après de nombreuses heures, parfois plus d'une journée. Une attente de huit heures ne prouve rien et donne une fausse assurance qui pousse à manger davantage.\n\nÀ cela s'ajoute un défaut pratique décisif : le protocole complet immobilise plus d'une journée et interdit de manger autre chose pendant ce temps. **Vous dépensez une journée d'énergie pour valider une plante qui, si elle est comestible, vous rendra bien moins que ce que vous avez dépensé.**\n\n### Ce que la statistique dit\n\nLes registres des centres antipoison montrent que les intoxications végétales graves ne viennent presque jamais d'espèces exotiques ou rares. Elles viennent d'un petit nombre de confusions récurrentes entre une plante comestible et une plante toxique d'aspect voisin, poussant au même endroit, à la même saison.\n\nCela signifie deux choses. Que le danger est concentré et donc apprenable : connaître les couples de confusion de sa région couvre l'essentiel du risque, ce que détaille [[TEC-BOT-003]]. Et que **la bonne question n'est jamais « est-ce comestible » mais « avec quoi cela peut-il être confondu »**.\n\n### La règle qui remplace tout le reste\n\nUn aliment est sûr quand vous savez ce que c'est. Il ne l'est jamais parce qu'un test l'a autorisé. C'est moins rassurant qu'une procédure, et c'est la seule chose qui soit vraie.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-007","titre":"Mines et engins non explosés, les reconnaître","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"flash","tags":["mines","engins non explosés","obus","sous-munitions","deminage","zone rouge","ne pas toucher","signaler"],"sources":["UNMAS, Service de l'action antimines des Nations unies, éducation au risque des mines","Sécurité civile, service du déminage (France)","GICHD, Normes internationales de l'action contre les mines"],"corps":"::Plus d'un siècle après la Grande Guerre, les démineurs de la Sécurité civile ramassent encore chaque année des centaines de tonnes d'obus dans les champs du nord et de l'est de la France. Depuis 1945, plus de six cents démineurs français sont morts en service. Un engin rouillé de cent ans peut toujours exploser.::\n\n## AGIR\n\n**Un objet suspect** (obus, grenade, cylindre métallique, objet militaire inconnu)\n\n1. **Ne pas toucher**, ne pas déplacer, ne pas donner de coup de pied, ne pas photographier en s'approchant.\n2. **S'éloigner** calmement, **par le chemin par lequel on est venu**.\n3. **Marquer l'endroit** de loin, sans toucher l'objet : un bâton planté, un tissu noué à une branche, un tas de pierres au bord du chemin.\n4. **Signaler** : le 17 ou le 112, avec l'endroit précis.\n\n**Dans une zone minée**\n\n- **S'arrêter immédiatement.** Ne plus bouger.\n- **Appeler** à l'aide et attendre.\n- **S'il faut absolument bouger** : revenir en arrière **exactement dans ses propres traces**, en regardant chaque pas.\n- **Ne jamais aller chercher** un blessé dans un champ de mines : on attend les démineurs.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes d'une zone dangereuse**\n\n- **Les panneaux** : triangles ou pancartes rouges, tête de mort, « Mines » ; des pierres peintes en rouge.\n- **Des champs abandonnés** alors que la terre est bonne, des chemins que les habitants évitent.\n- **Des carcasses d'animaux**, des cratères, des fils tendus au ras du sol.\n- **Demander aux gens du coin** : ils savent où l'on ne va pas.\n\n**Les sous-munitions** : de petits objets de la taille d'une canette ou d'une balle, souvent colorés, parfois accrochés aux arbres. Les enfants les ramassent pour jouer : leur apprendre à ne jamais toucher un objet inconnu.\n\n## COMPRENDRE\n\nLes mines et les munitions non explosées ne font pas la différence entre un soldat et un enfant, ni entre la guerre et la paix : elles tuent des décennies après la fin des combats. Autour de Verdun, des zones entières restent interdites depuis 1918.\n\nUne arme trouvée : [[SURV-ARM-001]]. Grenades et engins : [[SURV-ARM-003]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-006","titre":"Les armes à feu, familles et fonctionnement","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["armes a feu","cartouche","pistolet","revolver","carabine","fusil de chasse","securite","portee","categories"],"sources":["Code de la sécurité intérieure, classification des armes en catégories A, B, C et D","Fédération française de tir, règles de sécurité","Cooper J., les quatre règles de sécurité du maniement des armes"],"corps":"::Une balle de carabine reste mortelle à plusieurs kilomètres, et traverse les cloisons d'une maison comme du carton. La plupart des accidents viennent d'armes « déchargées ». Connaître les armes à feu, c'est d'abord savoir pourquoi on les respecte.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**La cartouche** : une douille qui contient la poudre, fermée par le projectile, avec une amorce au culot. Le percuteur frappe l'amorce, la poudre brûle d'un coup, les gaz poussent le projectile dans le canon. **Chaque arme n'accepte que son calibre** ; une mauvaise cartouche peut faire exploser l'arme. Voir [[SURV-MUN-001]].\n\n**Les grandes familles**\n\n- **Le pistolet** : arme de poing, le plus souvent semi-automatique (un tir à chaque pression, l'arme se recharge seule avec un chargeur).\n- **Le revolver** : arme de poing à barillet, qui tourne à chaque coup.\n- **La carabine** (arme d'épaule à canon rayé) : à verrou (on réarme à la main), à levier, ou semi-automatique. Précise et à longue portée.\n- **Le fusil de chasse** (canon lisse) : tire des plombs ou une balle unique, à un ou deux canons, ou à pompe.\n- **Les armes automatiques** (qui tirent en rafale tant qu'on appuie) : militaires, interdites aux particuliers.\n\n**Les portées dangereuses**\n\n- **Plombs de chasse** : quelques centaines de mètres.\n- **Petit calibre (22 Long Rifle)** : plus d'un kilomètre.\n- **Balles de carabine** : plusieurs kilomètres.\n\n**Ce qui arrête une balle** : le bloc moteur d'une voiture, un mur épais en pierre, en béton ou en terre, un gros tronc. **Ce qui ne l'arrête pas** : une portière, une cloison, une porte, un buisson. Se cacher n'est pas s'abriter.\n\n## AGIR\n\n**Les quatre règles**, appliquées dans les armées, les stands et les chasses du monde entier :\n\n1. **Toute arme est considérée comme chargée**, toujours.\n2. **Ne jamais pointer** l'arme vers ce qu'on n'accepte pas de détruire.\n3. **L'index hors de la détente** tant qu'on n'est pas prêt à tirer.\n4. **Connaître sa cible et ce qu'il y a derrière.**\n\n**Une arme trouvée** : on ne la ramasse pas, on la signale. Voir [[SURV-ARM-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**En France**, les armes sont classées en quatre catégories : A (interdites), B (soumises à autorisation), C (à déclarer, la plupart des armes de chasse et de tir), D. La détention demande un permis de chasser ou une licence de tir, et un rangement sous clé.\n\n**À la maison** : arme déchargée, **dans un coffre fermé**, munitions rangées à part. Les accidents d'enfants arrivent presque tous avec une arme laissée accessible.\n\n**L'oreille** : un coup de feu dépasse 140 décibels, assez pour abîmer l'audition en une fois. Protections auditives au stand et à la chasse.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-005","titre":"Construire un arc","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arc","fleche","bois","tillage","corde","chasse","fabrication"],"sources":["Hamm J. et al., The Traditional Bowyer's Bible, volumes 1 à 4","Comstock P., The Bent Stick: making and using wooden hunting bows","Hickman C., Nagler F., Klopsteg P., Archery: The Technical Side"],"corps":"::Un arc, c'est un bâton qu'on apprend à plier sans le casser. Tout le métier tient dans cette phrase, et dans la patience qu'elle demande.::\n\n## COMPRENDRE\n\nQuand on tire la corde, le dos de l'arc (la face tournée vers la cible) **s'étire** et le ventre (la face tournée vers vous) **s'écrase**. Un arc casse presque toujours pour l'une de deux raisons : une fibre du dos coupée qui cède en traction, ou un endroit du ventre trop mince qui s'écrase et se plisse.\n\nD'où les deux règles qui gouvernent tout le reste :\n\n**Le dos ne se touche pas.** Il doit suivre une seule fibre, d'une extrémité à l'autre. On retire l'écorce, rien de plus.\n\n**Tout le travail se fait sur le ventre**, par petites passes, en vérifiant sans cesse que les deux branches plient pareil. C'est ce qu'on appelle le **tillage**.\n\nUn arc correct demande quelques jours de travail et du bois sec. Si vous n'avez ni l'un ni l'autre, commencez par la fronde et l'épieu de [[SURV-ARM-002]].\n\n## AGIR\n\n### 1. Trouver le bois\n\n**Les meilleurs** : if, orme, frêne, érable, robinier (faux acacia), noisetier, cornouiller, chêne blanc, hickory. Ce qui compte n'est pas l'essence mais le **fil droit**.\n\n**Un tronc ou une branche** de 10 à 15 cm de diamètre, droit sur 1,80 m, sans nœud ni torsion. Fendez-le en deux ou en quatre avec des coins : la fente suit les fibres et vous donne un dos intact.\n\n**En ville**, une planche de magasin de bricolage fait un très bon arc si les fibres courent d'un bout à l'autre sans sortir sur les côtés. Regardez les chants : les lignes doivent être parallèles sur toute la longueur. C'est l'arc « planche », le plus rapide à faire.\n\n### 2. Le sécher\n\nUn bois vert se plie mais ne revient pas. Écorcez, peignez les extrémités (colle, cire, peinture) pour éviter les fentes, puis stockez à l'abri, au sec, **jamais près d'un feu**.\n\nPour gagner du temps : dégrossissez l'arc aux trois quarts **tant qu'il est vert**, puis laissez sécher cette forme mince. Deux à quatre semaines suffisent alors, au lieu de mois pour un quartier entier.\n\n### 3. Tracer\n\nPour un arc droit et plat, facile et pardonnant :\n\n- **Longueur** : 1,70 à 1,80 m, soit à peu près votre taille.\n- **Poignée** au centre, 10 cm, non travaillée.\n- **Largeur** : 4 à 5 cm au départ des branches, rétrécissant en ligne droite jusqu'à 1,2 cm aux pointes.\n- **Épaisseur** : autour de 2 cm près de la poignée, 1 cm aux pointes, en retirant du ventre uniquement.\n\nTracez au crayon sur le dos, taillez à la hache ou au couteau, finissez à la râpe ou à la plane. Arrêtez-vous avant d'atteindre les cotes : le tillage fera le reste.\n\n### 4. Le tillage\n\nC'est l'étape qui fait ou casse l'arc.\n\n1. Taillez deux **encoches** peu profondes à chaque pointe, sur les côtés, sans entamer le dos.\n2. Posez une **corde longue**, plus longue que l'arc, qui ne le plie presque pas.\n3. Fixez un **bâton de tillage** au mur : une planche avec des crans tous les 5 cm. Posez la poignée en haut, tirez la corde jusqu'au premier cran.\n4. Reculez et **regardez**. Les deux branches doivent former deux arcs réguliers, symétriques. Un endroit qui reste droit est trop épais : grattez-le, au ventre. Un endroit qui plie plus que le reste est trop mince : ne le touchez plus, travaillez autour.\n5. Montez d'un cran. Recommencez. **Des dizaines de fois.**\n\nNe tirez jamais plus loin que la longueur à laquelle vous tirerez vraiment, et ne tenez jamais l'arc tendu longtemps : chaque seconde de trop le fatigue.\n\nQuand l'arc plie joliment à mi-course, posez la vraie corde : la distance entre la corde et la poignée (le **band**) doit faire environ **15 cm**, un poing et le pouce levé. Continuez le tillage jusqu'à votre allonge complète.\n\n### 5. La corde\n\nUne bonne corde doit être plus solide que l'arc ne le demande, et ne pas s'étirer.\n\n- **Synthétique récupérée** : ficelle de paracorde (les brins intérieurs), fil de nylon tressé, ligne de pêche tressée, en plusieurs brins.\n- **Naturelle** : lin, chanvre, ortie, tendon, en torsion flamande à deux faisceaux. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\nUne boucle à une extrémité, un nœud de bowyer (nœud d'arc) à l'autre, qui permet de régler la longueur.\n\n### 6. Les flèches\n\n**Elles comptent plus que l'arc.** Un bon arc et de mauvaises flèches ne touchent rien.\n\n- **Fût** : pousses droites de noisetier, cornouiller, viorne, roseau, ou tourillon de bricolage. Diamètre 8 à 9 mm. Redressez-les en chauffant doucement au-dessus des braises et en pliant à la main.\n- **Longueur** : votre allonge plus 3 à 5 cm. L'allonge se mesure bras tendu, du creux de la gorge au bout des doigts.\n- **Encoche** à l'arrière, sciée ou taillée, alignée avec le fil du bois.\n- **Empennage** : trois demi-plumes de la même aile, collées et ligaturées, à 120 degrés.\n- **Pointe** : clou aplati, tôle, os, pierre taillée, ou simplement le bois durci au feu pour le petit gibier.\n\nFaites-les **toutes pareilles** : même longueur, même masse, même rigidité. Pesez-les, triez-les.\n\n### 7. Finir\n\nPoncez, arrondissez les angles du dos (un angle vif concentre les efforts), graissez le bois ou cirez-le contre l'humidité. **Détendez l'arc après chaque séance** : laissé tendu, il prend une courbure définitive et perd sa force.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez qu'un tube PVC.** Un tube de 2 cm chauffé et aplati aux extrémités fait un arc d'entraînement en une heure. Il est faible et vieillit mal, mais il apprend le geste.\n\n**Votre arc casse.** Dos entamé, bois pas assez sec, ou une zone qui pliait trop et qu'on n'a pas vue au tillage. Recommencez avec un bois plus large et moins épais : un arc large et plat pardonne presque tout.\n\n**Votre arc est trop dur.** Grattez uniformément le ventre des deux branches, puis refaites un tillage complet. **Trop faible** : raccourcir de quelques centimètres aux deux pointes le durcit.\n\n**Vous voulez chasser.** Il faut au moins 18 à 20 kg de tension à votre allonge, des flèches lourdes et une pointe tranchante. Tirez à moins de 20 m, sur un animal immobile, et apprenez d'abord à grouper sur une cible. Voir [[TEC-MEC-008]] et [[SURV-RES-002]].\n\n**L'arc est-il légal ?** En France, l'arc est en vente libre mais sa chasse suppose un permis et une formation spécifique. Tirer se fait sur un terrain où la flèche ne peut pas sortir.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-004","titre":"Le gilet pare-balles et la protection du corps","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["protection","gilet","plaque","entretien","stockage","ceramique","aramide"],"sources":["NIJ Standard 0101.06 — Ballistic Resistance of Body Armor, niveaux et protocoles","Notices constructeurs, inspection et durée de vie des panneaux souples et des plaques","Études sur le traumatisme contondant derrière blindage","Retours d'expérience sur le vieillissement de l'aramide à l'humidité et aux ultraviolets"],"corps":"::Oui, ça s'entretient — et mal entretenu, ça ne protège plus sans que rien ne le montre. C'est toute la traîtrise de l'objet.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Deux familles, et elles ne font pas le même travail\n\n**Le panneau souple.** Un empilement de dizaines de couches de fibre tissée — aramide ou polyéthylène. Il arrête des projectiles d'arme de poing en les attrapant dans le tissage et en répartissant l'énergie. **Il n'arrête aucune balle de fusil**, et c'est le malentendu le plus répandu et le plus coûteux.\n\n**La plaque rigide.** Céramique, acier ou polyéthylène compressé, glissée dans une poche du porte-plaques. La céramique casse le projectile et se détruit en le faisant. C'est ce qui arrête un tir de fusil — mais seulement sur la surface qu'elle couvre.\n\n### La couverture, qui est le vrai sujet\n\nUne plaque standard fait environ 25 sur 30 centimètres. Elle couvre le cœur, les gros vaisseaux et une partie des poumons. **Elle ne couvre pas** : le cou, les épaules, les aisselles, l'abdomen bas, le bassin, les cuisses — où passe l'artère fémorale —, ni le dos si vous n'avez qu'une plaque avant.\n\nUn gilet ne rend pas invulnérable. **Il déplace la probabilité, il ne la supprime pas**, et il la déplace sur une fraction de la silhouette.\n\n### Le traumatisme derrière la plaque\n\nUne plaque qui arrête un projectile ne fait pas disparaître l'énergie : elle la répartit. Le choc transmis casse des côtes, contusionne le poumon et le cœur, et peut assommer. **Arrêté ne veut pas dire indemne** : on examine toujours quelqu'un dont le gilet a pris un impact, même s'il se relève et marche.\n\n### Ce que ça coûte\n\nTrois à dix kilos, portés haut sur le torse. Chaleur, transpiration, fatigue, mobilité réduite, et un coup de chaleur qui devient le premier risque par temps doux — voir [[URG-CHAL-001]]. Sur une longue marche ou un travail physique, le gilet coûte plus souvent qu'il ne rapporte.\n\n## AGIR — entretenir et vérifier\n\n### Les panneaux souples\n\n**Ne les lavez jamais en machine et ne les trempez pas.** L'aramide perd ses propriétés à l'humidité prolongée, et le tissage se déforme. On lave la **housse** séparément ; le panneau lui-même s'essuie à l'éponge humide et sèche à plat, à l'ombre.\n\n**Tenez-les à l'abri des ultraviolets.** Le soleil dégrade la fibre, de façon invisible et irréversible.\n\n**Rangez à plat, jamais plié, jamais roulé, jamais sous une charge.** Une pliure permanente crée une ligne faible qu'aucune inspection ne révèle.\n\n**Pas de chaleur.** Coffre de voiture en été, grenier, près d'un poêle : c'est ce qui tue le plus de panneaux, et personne n'y pense.\n\n**Les dates de péremption sont réelles**, généralement cinq ans. Elles ne signifient pas que le panneau devient inutile du jour au lendemain, mais qu'au-delà le fabricant ne garantit plus rien et que la dégradation s'accélère.\n\n### Les plaques\n\n**La céramique casse en tombant.** Une plaque lâchée sur un sol dur peut être fissurée à l'intérieur en gardant un aspect parfait. Elle ne protégera plus, et rien ne le dira.\n\n**Inspectez au toucher et à l'oreille.** Palpez toute la surface à travers la housse, à la recherche d'un creux, d'un craquement, d'une zone qui bouge ou qui sonne différemment. Une plaque saine est uniforme et muette.\n\n**Cherchez le décollement.** La céramique est collée sur un support composite. Un bord qui se sépare, une housse qui gonfle, une entrée d'eau : la plaque est finie.\n\n**Une plaque ayant reçu un impact est à remplacer**, même si elle a l'air intacte et même si elle a fait son travail. Elle ne le fera pas deux fois.\n\n### Le porte-plaques\n\nC'est lui qui lâche en premier, et c'est le plus facile à réparer. Vérifiez les sangles, les boucles, le velcro — qui s'encrasse de poussière et de fibres et perd sa tenue —, les coutures aux points d'ancrage et les poches. Le velcro se nettoie en le peignant avec une pointe ou une brosse dure.\n\n**Un gilet mal ajusté protège mal.** Trop bas, il ne couvre plus le cœur et empêche de s'asseoir ; trop haut, il gêne la respiration et monte sur le cou. Le haut de la plaque avant se place à peu près au niveau du creux entre les clavicules.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous en trouvez un sur une épave ou dans un local.** Regardez l'étiquette : niveau de protection, date de fabrication, numéro de lot. Sans étiquette, vous ne savez pas ce que vous avez. Inspectez comme ci-dessus, et méfiez-vous surtout d'un panneau souple qui a passé des années dans un véhicule ou un sous-sol humide. Sur les blindés et hélicoptères, les **plaques de blindage de siège** en céramique et aramide se récupèrent aussi — voir [[SURV-REC-006]] et [[SURV-REC-009]].\n\n**Vous n'avez rien et vous voulez improviser.** Les chiffres de [[TEC-BAL-001]] s'appliquent, et ils sont décourageants : il faut de la masse. Des livres serrés, du sable dans des sacs, de la terre, de l'acier épais. **Ça se construit, ça ne se porte pas.** Une plaque de tôle ou un livre dans une veste ne fait rien contre un projectile et ajoute du poids — l'idée revient sans cesse et elle est fausse.\n\n**Ce que vous voulez vraiment protéger, la plupart du temps.** Dans la vie réelle d'une crise, les blessures viennent des outils, des chutes, du verre, du feu et des gravats — pas des balles. **Des gants épais, des chaussures montantes, des lunettes, un casque de chantier et des vêtements solides** vous sauveront cent fois plus souvent qu'un gilet, pour un dixième du poids. Voir [[SURV-REC-005]] et [[TEC-SAN-006]].\n\n**Vous le portez en permanence.** N'essayez pas. Chaleur, usure, fatigue et dos en souffrance : le gilet se porte pour un déplacement identifié comme risqué, et se retire le reste du temps. Un équipement qui épuise celui qui le porte finit par le mettre en danger.\n\n**Quelqu'un a pris un impact dans son gilet.** Il est arrêté, pas indemne. Allongez, découvrez, cherchez la déformation de la cage thoracique, la douleur à la respiration, le crachat sanglant, le malaise différé. Voir [[URG-SEC-001]] et [[URG-SEC-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-003","titre":"Grenades et engins à main","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["grenade","fumigene","incendiaire","reconnaissance","danger","marquage"],"sources":["UNMAS / IMAS 12.10 — Explosive Ordnance Risk Education","CICR — Restes explosifs de guerre, reconnaissance et conduite à tenir","Manuels techniques de familles de munitions, marquages et codes couleur","Fiches de sécurité phosphore blanc et compositions incendiaires"],"corps":"::La goupille n'est pas la sécurité. C'est la cuiller. Tant qu'elle est maintenue, rien ne se passe ; dès qu'elle part, le compte a commencé et il ne s'arrête plus.::\n\nCette fiche sert à **reconnaître** ce qu'on a sous les yeux et à savoir quoi en faire quand on en trouve. L'emploi n'y est pas traité.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment c'est fait\n\nQuatre pièces, toujours les mêmes.\n\n- **Le corps**, qui contient la charge et qui, selon le modèle, fournit ou non les éclats.\n- **La composition**, explosive, fumigène ou incendiaire.\n- **La cuiller**, ce levier métallique plaqué le long du corps et tenu par la main.\n- **La goupille et son anneau**, qui empêchent la cuiller de se lever.\n\nLe fonctionnement se retient en une phrase : **goupille retirée mais cuiller tenue, il ne se passe rien ; cuiller relâchée, un percuteur frappe l'amorce et un retard de quelques secondes s'écoule.** Ce retard ne se rattrape pas, ne s'annule pas, et ne se remet pas.\n\nD'où la règle de reconnaissance la plus importante : **un engin dont la cuiller manque, ou qui gît avec sa goupille arrachée, est dans un état inconnu et potentiellement en cours de fonctionnement.** On s'en éloigne sans rien tenter.\n\n### Les familles, et à quoi on les reconnaît\n\n**Fragmentation, dite défensive.** Corps lourd, en acier, souvent quadrillé ou à rainures internes. Elle projette des éclats sur un large rayon : **la zone létale se compte en mètres, la zone dangereuse en centaines de mètres.** C'est l'engin dont le rayon dépasse de très loin la distance à laquelle un humain peut lancer.\n\n**Souffle, dite offensive.** Corps léger, plastique ou tôle mince. Elle agit par pression, avec un rayon bien plus court et peu d'éclats.\n\n**Fumigène.** Corps cylindrique plus gros, souvent avec des orifices ou des bouchons sur le dessus, et une couleur de bande indiquant la teinte de la fumée. Elle ne détone pas : elle brûle en dégageant beaucoup de fumée, **et elle brûle très chaud.** Elle met le feu à ce qu'elle touche, elle consomme l'oxygène, et **elle ne s'utilise jamais dans un local fermé** — voir [[URG-AIR-001]].\n\n**Incendiaire.** Thermite ou phosphore. La thermite brûle à plusieurs milliers de degrés et **l'eau l'aggrave**. Le phosphore blanc s'enflamme à l'air, traverse la chair sans s'éteindre, et **se rallume en séchant** : un fragment enterré et humide reprend feu des jours plus tard.\n\n**Lacrymogène.** Irritant respiratoire et oculaire, corps souvent gris ou bleu, orifices de diffusion. Dangereuse en local fermé et pour les asthmatiques.\n\n**Assourdissante.** Effet de lumière et de pression, sans éclats, mais elle brûle et elle blesse à contact.\n\n**À charge creuse.** Corps conique ou en forme de bouteille, parfois avec une traîne en tissu. Destinée au blindage.\n\n### Ce que les marquages disent\n\nLes bandes de couleur et les inscriptions indiquent la nature et l'année, selon des conventions qui varient d'un pays et d'une époque à l'autre. Une règle générale utile : **un engin entièrement peint en bleu, en blanc ou en vert clair est souvent un modèle d'instruction, inerte** — souvent, pas toujours. On ne parie pas là-dessus, mais on note l'information et on la transmet.\n\n## AGIR — quand on en trouve un\n\n**1. On ne touche pas, on ne ramasse pas, on ne retourne pas.** Y compris ce qui a l'air rouillé, cassé, vieux ou factice. Un engin ancien est plus dangereux qu'un engin neuf, pour les raisons de [[SURV-REC-010]].\n\n**2. On regarde de loin l'état de la cuiller et de la goupille**, sans s'approcher pour mieux voir.\n\n**3. On s'éloigne en revenant sur ses propres pas**, exactement, sans élargir.\n\n**4. On marque**, du côté sûr, visible de loin : rouge du côté du danger, blanc du côté sûr.\n\n**5. On note et on transmet** : position précise sur un calque de repères, photo de loin, description, marquages lisibles. Voir [[SIG-COM-006]] et [[SURV-ORI-002]].\n\n**6. On prévient les gens, et d'abord les enfants.** C'est la mesure qui réduit réellement les accidents, et elle ne coûte rien.\n\n## ADAPTER\n\n**Il y en a plusieurs, ou une caisse entière.** Ne comptez pas, ne triez pas, ne déplacez pas. Marquez la zone entière, pas chaque objet.\n\n**Il y a eu un incendie.** Tout ce qui se trouvait là est devenu imprévisible, et le périmètre à considérer est bien plus large que la zone brûlée.\n\n**Un engin incendiaire a brûlé quelqu'un.** Thermite et phosphore ne s'éteignent pas comme un feu ordinaire. On **immerge** ou on couvre de terre humide pour priver d'air, on retire les vêtements contaminés, et on garde la zone mouillée — le phosphore se rallume en séchant. Voir [[URG-BRUL-001]].\n\n**Un fumigène brûle près de vous.** Éloignez-vous perpendiculairement au vent, comme pour tout nuage — voir [[URG-AIR-001]]. En local fermé, sortez immédiatement : le risque n'est pas la fumée seule, c'est l'oxygène consommé.\n\n**Ce qui se récupère autour.** Comme pour toute munition : **les caisses métalliques à joint, les caisses bois, les sachets déshydratants, les emballages et les clips**. Ce sont d'excellents contenants et ils sont inertes. Le détail est dans [[SURV-REC-010]].\n\n**Vous vivez dans une zone où il y en a.** Restez sur les chemins durs et déjà fréquentés, ne coupez jamais à travers friche ou champ, méfiez-vous après un labour, une crue ou un gel — ils font remonter ce qui était enfoui.\n\n**Un enfant vous en rapporte un.** Ne criez pas et ne tirez pas dessus. Faites-le poser lentement, au sol, à l'endroit où il est, puis éloignez tout le monde. Ensuite seulement, marquez et signalez.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-002","titre":"Les armes qui se renouvellent","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arc","fronde","epieu","allonge","tranchant","chasse","fabrication","silence"],"sources":["Comstock P., Ancient European Bowstaves, Traditional Bowyer's Bible","Études archéologiques sur les arcs de Holmegaard et de Mary Rose","Travaux expérimentaux sur les frondes et leur portée effective","Documentation ethnographique sur les épieux et armes d'hast"],"corps":"::Une cartouche se tire une fois. Une flèche se ramasse. C'est toute la différence, et elle décide de ce qui compte à un an.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### L'argument central\n\nPour presque tout le monde, la munition d'arme à feu est **une ressource strictement finie**. Elle ne se fabrique pas sans industrie : il faut de l'étui, de l'amorce, de la poudre et un projectile, plus l'outillage et le savoir-faire. Chaque coup tiré est définitivement perdu.\n\nUne flèche, un carreau, un projectile de fronde, un épieu : **ça se fabrique avec ce qui pousse et ce qui traîne, ça se répare, et ça se récupère après usage.**\n\nC'est exactement le raisonnement du fer contre le bronze dans [[MEM-CIT-003]], appliqué à un autre siècle : **une solution médiocre et renouvelable bat une solution excellente qui s'épuise.** Sur un horizon long, la question n'est pas de trouver des armes, c'est d'en produire.\n\nDeuxième avantage, aussi important : **le silence.** Un coup de feu s'entend à des kilomètres et attire exactement ce qu'on voulait éviter. Une corde d'arc s'entend à vingt mètres.\n\nTroisième : **ce sont des outils.** Un épieu est un bâton, une hache est une hache, un couteau coupe du pain. Rien de tout cela ne vous désigne, ne se réglemente de la même façon, ni ne vous transforme en menace aux yeux d'un inconnu.\n\n### Ce que ça ne remplace pas\n\nSoyons exacts : en énergie, ce n'est pas comparable. Une flèche d'arc porte cinquante à cent joules, une balle de fusil trois à quatre mille — voir [[TEC-BAL-001]]. Ces outils servent à **chasser, à tenir à distance et à travailler**, pas à faire ce que fait une arme à feu.\n\n## AGIR\n\n### L'allonge, d'abord\n\nC'est le principe le plus simple et le plus efficace de toute la fiche : **la distance décide, pas la force.** Un objet long tient à l'écart ce qu'un objet court oblige à laisser approcher, et il le fait sans contact.\n\n**L'épieu** est l'arme la plus facile à fabriquer correctement et la plus sous-estimée. Une perche droite de deux mètres, en frêne, noisetier ou châtaignier, séchée quelques semaines, pointe durcie au feu ou ferrée avec une lame, un clou forgé, une pointe de tôle. Une traverse en arrière de la pointe évite qu'elle pénètre trop loin — c'est ce qui distingue un épieu de chasse d'un simple pieu, et ça vaut pour le gros gibier.\n\nMême logique pour **la perche, le croc et la gaffe**, qui écartent, accrochent et maintiennent sans qu'on ait à approcher.\n\n### La fronde\n\nL'arme la plus rentable au monde en rapport effort-résultat, et elle tient dans une poche.\n\nDeux cordelettes de soixante à quatre-vingts centimètres, une poche de cuir ou de tissu épais au milieu, une boucle pour le majeur d'un côté, un nœud à lâcher de l'autre. Projectiles : galets ronds et réguliers, ou boules d'argile séchée que l'on fabrique par dizaines.\n\nElle demande **beaucoup d'entraînement** — c'est son seul défaut, et il est réel. Comptez des semaines avant de toucher quelque chose volontairement. En échange, ses munitions sont littéralement par terre. Voir [[SURV-RES-002]].\n\n### L'arc\n\nLe meilleur compromis entre puissance, silence et renouvelabilité, et il se fabrique.\n\n**Le bois.** If, orme, frêne, érable, noisetier, robinier. Une branche ou un quartier de tronc fendu, de un mètre cinquante à un mètre quatre-vingts, sans nœud ni torsion, **séché lentement plusieurs mois** — c'est l'étape qu'on saute et qui fait casser les arcs.\n\n**La forme.** On travaille la face ventrale, jamais le dos : le dos doit suivre une seule fibre continue d'un bout à l'autre, sinon l'arc rompt. On amincit progressivement vers les extrémités, en vérifiant sans cesse que les deux branches plient également — c'est le cœur du travail, et il se fait en dizaines de petites passes, jamais en une.\n\n**La corde.** Lin, chanvre, ortie, tendon, ou une cordelette synthétique récupérée. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\n**Les flèches comptent autant que l'arc.** Elles doivent être droites, de même longueur, de même masse, et empennées de trois plumes. Une flèche mal droite part n'importe où, quel que soit l'arc. Fût en noisetier, cornouiller, roseau ; pointe en silex, en os, en tôle, en clou aplati. **Prévoyez d'en perdre**, donc d'en faire beaucoup.\n\n**L'arbalète** est plus lente mais elle se tient armée, vise plus facilement et demande beaucoup moins d'entraînement. Le mécanisme — noix, détente, étrier — est à la portée d'un atelier sommaire.\n\n### Le tranchant\n\nUne hache, une serpe, une machette et un bon couteau font quatre-vingt-dix pour cent du travail réel, et se défendent seuls par leur seule présence. Leur entretien décide de tout : voir [[TEC-MEC-005]], [[SURV-OUT-001]] et [[SURV-REC-002]].\n\n**La lime est l'outil-clé** : elle régénère le tranchant de tous les autres, donc elle vaut plus que n'importe lequel d'entre eux.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez manger.** C'est l'usage principal et il domine tout le reste. Arc et fronde servent au petit gibier et aux oiseaux ; pour le rendement réel, les pièges et la pêche battent la chasse dans presque tous les cas — voir [[SURV-RES-002]]. Un piège travaille pendant que vous dormez.\n\n**Vous n'avez ni bois sec ni temps.** Commencez par l'épieu et la fronde : jours contre mois. L'arc est un projet, pas une solution d'urgence.\n\n**Votre bois casse.** C'est presque toujours l'une de trois causes : séché trop vite, dos entamé, ou branches qui ne plient pas également. Reprenez au tillage, pas à l'essence de bois.\n\n**Vous êtes en ville.** L'allonge s'improvise partout : barre, manche d'outil, tube, pied-de-biche. Un tube d'acier de deux mètres est plus dissuasif que n'importe quoi de dramatique, et personne ne vous regarde le porter.\n\n**Vous pensez à la dissuasion.** Relisez [[SURV-DEF-001]] : dans l'immense majorité des cas, ce qui fait partir quelqu'un n'est pas ce que vous tenez, c'est le fait d'être vu, nombreux, éveillé, et de laisser une sortie.\n\n**Vous avez aussi une arme à feu.** Alors traitez-la comme la réserve stratégique qu'elle est : finie, bruyante, et qui vous désigne. Ce que vous utilisez tous les jours doit être ce qui se remplace. Voir [[SURV-ARM-001]] et [[SURV-MUN-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ARM-001","titre":"Une arme à feu trouvée","axe":3,"categorie":"Armement et Défense","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arme","securite","entretien","munition","calibre","stockage","accident"],"sources":["Règles de sécurité des quatre points, doctrine commune aux fédérations de tir et de chasse","Manuels d'armurerie, procédures de mise en sécurité et de vérification de chambre","Documentation sur les amorces corrosives et le nettoyage à l'eau des armes anciennes","Rapports d'accidents domestiques par arme à feu, services de santé publique"],"corps":"::Personne ne décide de trouver une arme. Mais tout le monde en ramasse une, en temps de crise, et c'est de ne pas savoir s'en servir qui tue — presque toujours quelqu'un du même côté.::\n\nCette fiche ne traite pas de l'emploi d'une arme contre quelqu'un. Elle traite de ce qui se passe avant : reconnaître ce qu'on a en main, le rendre inerte, juger s'il est dangereux, l'entretenir et le ranger. **C'est là que se produisent les accidents, et ils sont évitables.**\n\n## AGIR — la mise en sécurité, dans l'ordre\n\nCes gestes se font sur toute arme trouvée, toujours, y compris si quelqu'un vous jure qu'elle est vide.\n\n**1. Tenez-la comme si elle était chargée.** Sans exception, sans « je viens de vérifier ». La quasi-totalité des accidents commence par cette phrase.\n\n**2. Ne dirigez jamais la bouche vers ce que vous n'êtes pas prêt à détruire.** Pas vers un mur mitoyen, pas vers le sol entre vos pieds, pas vers le ciel non plus — une balle qui monte redescend.\n\n**3. Doigt en dehors du pontet**, posé le long de la carcasse, tant que vous ne tirez pas.\n\n**4. Retirez la source d'alimentation avant d'ouvrir.** Chargeur, bande, barillet. Dans cet ordre : si vous ouvrez d'abord, vous chambrez une cartouche neuve en refermant.\n\n**5. Ouvrez et regardez la chambre.** Puis **passez le doigt ou un bout de bois dedans**. Dans le noir, ou avec une cartouche coincée, l'œil se trompe et le doigt non.\n\n**6. Laissez ouvert.** Une arme dont la culasse est en arrière est visiblement inerte, pour vous et pour les autres. C'est la seule manière de poser une arme dans une pièce où il y a du monde.\n\n**7. Ne démontez pas ce que vous ne savez pas remonter.** Retirer le chargeur, ouvrir la culasse, sortir le verrou : oui. Chasser des goupilles pour ouvrir un mécanisme : seulement si vous savez ce qui va sauter et où, car il y a des ressorts sous contrainte dedans.\n\n## Reconnaître ce qu'on a\n\n### Canon lisse ou canon rayé\n\nC'est la première chose à regarder, et elle décide de tout le reste. Regardez dans le canon, du côté de la culasse, vers la lumière.\n\n**Lisse** : l'intérieur est poli, uniforme. C'est un fusil de chasse. Il tire une gerbe de plombs, ou une balle unique. Sa portée utile est courte — quelques dizaines de mètres —, sa munition est volumineuse, et il est extrêmement polyvalent.\n\n**Rayé** : l'intérieur porte des rainures en spirale, qui font tourner la balle et la stabilisent. C'est une carabine ou un fusil. Portée bien plus longue, précision supérieure, munition plus petite et plus chère.\n\n### Comment elle se recharge\n\n- **Basculante** : le canon casse en deux pour charger. Deux coups au plus. Simple, robuste, presque indestructible.\n- **À verrou** : on manœuvre un levier à la main entre chaque coup. Lent, précis, très fiable.\n- **À pompe** : on fait coulisser l'avant-bois d'avant en arrière. Un coup par mouvement, mécanisme simple, tolérant à la saleté.\n- **Semi-automatique** : un coup par pression sur la détente, le rechargement se fait seul. Plus rapide, plus sensible à l'entretien et à la qualité de la munition.\n- **Automatique** : tire en rafale tant que la détente est enfoncée. Reconnaissable à un sélecteur portant plusieurs positions.\n- **Alimentée par bande** : une bande métallique ou souple de cartouches entre par le côté. C'est une arme d'équipage, lourde, prévue pour un bipied ou un affût.\n\n### Arme de poing\n\n**Revolver** : un barillet tournant, visible, qu'on bascule ou qu'on ouvre par une portière. Très simple, pas de chargeur. **Pistolet** : le chargeur se loge dans la crosse, une culasse coulisse sur le dessus.\n\n### Ce qui décide de l'utilité réelle\n\nPas l'arme. **La munition.**\n\nUne arme dont vous n'avez pas le calibre est un bâton. Une arme rustique dans un calibre répandu localement vaut infiniment mieux qu'une arme performante dans un calibre introuvable. C'est exactement le raisonnement du fer contre le bronze dans [[MEM-CIT-003]] : **une solution médiocre et réapprovisionnable bat une solution excellente qui dépend d'une chaîne longue.**\n\nLe calibre est marqué sur le canon ou sur la carcasse. Notez-le, et ne chambrez jamais autre chose.\n\n## Juger si elle est dangereuse à utiliser\n\nQuatre vérifications, dans cet ordre. Arme vide et ouverte.\n\n**Le canon est-il obstrué ?** Regardez au travers, vers la lumière. Terre, neige, graisse figée, un plomb resté coincé, un nid d'insecte. **C'est le premier tueur : un canon obstrué éclate au premier coup, dans les mains.** Un canon propre laisse voir un cercle de lumière net.\n\n**Y a-t-il de la corrosion dans le canon ?** Une piqûre isolée n'empêche rien. Un canon spongieux, écaillé, ou dont on ne distingue plus les rayures, ne se tire pas.\n\n**La fermeture est-elle franche ?** Refermez à vide. Si la culasse ne verrouille pas complètement, si le canon bouge dans sa fermeture, si quelque chose a du jeu, c'est fini.\n\n**Y a-t-il des fissures ?** Sur la carcasse, autour de la chambre, sur la crosse.\n\n**Dans le doute, on ne tire pas.** Une arme qui éclate détruit une main et un visage. Contrairement à presque tout le reste dans ce corpus, il n'existe pas de version dégradée acceptable.\n\n## Entretenir\n\nC'est simple et ça change tout, parce qu'une arme abandonnée se dégrade d'abord par l'humidité.\n\n**Nettoyer le canon.** Un chiffon serré sur une baguette, une cordelette lestée passée d'un bout à l'autre, une brosse improvisée. On pousse toujours **de la chambre vers la bouche**, jamais l'inverse, pour ne pas ramener les saletés dans le mécanisme.\n\n**Les munitions anciennes laissent des résidus corrosifs.** Les amorces d'avant les années cinquante, et beaucoup de munitions militaires de surplus, déposent des sels qui attirent l'eau et rongent l'acier en quelques jours. Ces résidus ne partent pas à l'huile : **ils partent à l'eau chaude savonneuse.** On rince, on sèche complètement, on huile ensuite. C'est contre-intuitif et c'est ce qui sauve un canon.\n\n**Huiler légèrement.** Un film mince partout sur l'acier extérieur, très peu dans le mécanisme, presque rien dans le canon — et on l'essuie avant de tirer. L'excès d'huile fige au froid et colle la poussière. Toute huile mécanique fait l'affaire ; voir [[TEC-COR-001]].\n\n**La crosse en bois** se protège à l'huile de lin ou à n'importe quel corps gras.\n\n**Ranger sec, déchargé, séparé des munitions.** Jamais dans un étui fermé en cuir ou en tissu, qui retient l'humidité contre l'acier. Une caisse métallique avec un sachet déshydratant est idéale — voir [[SURV-REC-010]].\n\n## ADAPTER\n\n**Elle a été enterrée, immergée, ou elle sort d'un incendie.** Considérez-la comme inutilisable jusqu'à preuve du contraire, et la preuve demande un démontage complet. L'acier chauffé a perdu sa trempe sans que rien ne le montre.\n\n**Vous n'avez pas la bonne munition.** N'improvisez pas. Beaucoup de calibres se ressemblent et certains entrent dans la mauvaise chambre : c'est un des accidents les plus fréquents et il est toujours grave. **Si ça entre difficilement, ce n'est pas le bon.**\n\n**Le coup ne part pas.** Gardez l'arme pointée dans une direction sûre et **attendez une minute avant d'ouvrir.** Un départ retardé existe, et il se produit au moment exact où l'on ouvre la culasse devant son visage.\n\n**Il y a des enfants.** Déchargée, ouverte, hors de portée, et séparée des munitions — les deux séparations, pas une seule. Et expliquez plutôt que d'interdire : un objet interdit et caché est un objet qu'on va chercher.\n\n**C'est une arme d'équipage sur une épave.** Mise en sécurité identique : retirer la bande, ouvrir, vérifier la chambre, laisser ouvert. Pour tout ce qui est autour — affût, goulottes, caisses, circuits —, voir [[SURV-REC-006]] et [[SURV-REC-009]]. La remise en service de ce type d'arme hors de son affût n'est pas traitée dans ce corpus.\n\n**Vous pensez que ça règle un problème.** Deux choses, factuelles. **Le bruit voyage** : un coup tiré s'entend à des kilomètres et attire exactement ce que vous vouliez éviter — c'est tout le raisonnement de [[SURV-DEF-001]] et de [[SURV-NUIT-001]]. Et **la munition ne se fabrique pas** : pour presque tout le monde, c'est une ressource strictement finie, qui s'épuise sans se remplacer. Une arme est un outil de dernier recours, pas un plan.\n\n**Il y a un cadre légal, et il ne disparaît pas.** Détenir, transporter et utiliser une arme est réglementé partout, y compris pendant les crises, et les situations exceptionnelles se terminent. Ce qui a été fait pendant se juge après.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ANI-001","titre":"Animaux dangereux","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["animaux","danger","prevention","terrain"],"sources":["Office français de la biodiversité — conduite à tenir face à la faune sauvage","Interagency Grizzly Bear Committee — bear safety guidelines","Institut Pasteur — morsures et envenimations","Centres antipoison — envenimations par serpents en France"],"corps":"::La quasi-totalité des attaques est un accident de rencontre. Se faire entendre évite plus d'ennuis que n'importe quelle arme.::\n\n## AGIR\n\n**Le principe unique : ne surprenez rien.**\n\n1. **Faites du bruit** en progressant, surtout en terrain fermé, à l'aube, au crépuscule, ou avec du vent qui porte votre odeur ailleurs. Presque tous les animaux s'éloignent s'ils vous entendent venir.\n2. **Ne vous mettez jamais entre une femelle et ses petits.** C'est la circonstance de très loin la plus dangereuse, toutes espèces confondues.\n3. **Laissez une issue.** Un animal coincé attaque. Ne bouchez jamais le seul passage.\n4. **Face à un grand animal : ne courez pas.** La fuite déclenche la poursuite chez presque tous les prédateurs. Reculez lentement, en lui faisant face, sans le fixer dans les yeux — un regard soutenu est perçu comme une menace.\n5. **Paraissez grand et parlez d'une voix grave et calme.** Bras levés, veste ouverte, groupe rassemblé plutôt que dispersé.\n6. **Ne ramassez rien, ne touchez à rien**, et surtout pas à un jeune animal apparemment abandonné.\n\n**Le stockage de la nourriture décide de tout.** C'est ce qui attire, ce qui habitue, et ce qui transforme un animal indifférent en animal insistant. Nourriture et déchets se stockent fermés, à distance du couchage, et de préférence suspendus ou enterrés. Cuisiner et dormir au même endroit est l'erreur classique — voir [[SURV-ABRI-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un sanglier.** Il charge droit et bifurque rarement. Il suffit de s'écarter de son axe : montez sur un talus, mettez un arbre entre vous et lui. Une laie suitée est la seule qui charge délibérément.\n\n**Un chien.** Ne courez pas, ne criez pas dans les aigus, ne le fixez pas. Tournez-vous de trois quarts, restez immobile, laissez-le sentir. Mettez un objet entre vous — sac, veste enroulée sur l'avant-bras. S'il mord, offrez l'avant-bras protégé plutôt que le visage ou la gorge, et poussez vers l'intérieur de sa gueule au lieu de tirer.\n\n**Un serpent.** Presque toutes les morsures surviennent quand on tente de le tuer, de l'attraper ou de le déplacer. Écartez-vous, il partira. En cas de morsure : immobilisez le membre en position basse, retirez bagues et montre avant le gonflement, gardez la personne calme et allongée, et cherchez du secours. **N'incisez pas, n'aspirez pas, ne posez pas de garrot, ne refroidissez pas.** Tous ces gestes aggravent. Voir [[URG-SEC-001]] pour le bilan.\n\n**Un grand prédateur.** Les recommandations diffèrent selon l'espèce et la région, et il faut connaître celles de son territoire avant d'y aller. Ce qui vaut partout : ne pas courir, ne pas grimper, se regrouper, faire du bruit, et n'utiliser un moyen de dissuasion que si l'animal continue d'avancer.\n\n**Des insectes.** Ils causent bien plus de morts que tous les grands animaux réunis, par les maladies qu'ils transmettent — voir [[TEC-SAN-004]]. La protection mécanique, moustiquaire et vêtements couvrants, rend davantage que tout le reste. Une réaction allergique sévère après une piqûre est une urgence vitale immédiate.\n\n**Vous êtes en groupe.** Restez groupés et parlez. Un groupe bruyant ne rencontre presque jamais rien, ce qui est le résultat recherché.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn animal sauvage ne cherche pas le conflit : il y perd. Une blessure, même mineure, le condamne à terme. **Son comportement par défaut est l'évitement**, et il dispose de sens qui vous détectent bien avant que vous ne le voyiez.\n\nLes circonstances d'attaque se comptent sur les doigts d'une main : la surprise à courte distance, la défense des petits, la défense d'une carcasse ou d'une réserve, l'animal blessé ou malade, et l'animal habitué à la présence humaine par la nourriture.\n\nCette dernière mérite d'être soulignée. **Un animal nourri, même indirectement par des déchets, perd sa crainte et devient dangereux.** Ce n'est pas de l'agressivité : c'est un apprentissage. C'est pourquoi la gestion des déchets est le premier geste de sécurité en zone de faune, bien avant tout moyen de défense.\n\nDeux idées fausses valent d'être écartées. **Faire le mort ne fonctionne pas de façon générale** : c'est une réponse spécifique à certaines situations et à certaines espèces, et elle est contre-productive dans les autres. **Le feu ne repousse pas les animaux** de façon fiable ; il rassure les humains bien plus qu'il n'effraie la faune, et l'odeur de nourriture qui l'accompagne attire davantage qu'elle n'éloigne.\n\nEnfin, la hiérarchie réelle du risque n'est pas celle qu'on imagine. Les grands animaux sont impressionnants et rares. Les blessures les plus fréquentes viennent des **animaux domestiques et des insectes**, et la mortalité est très largement dominée par les maladies transmises. C'est là que porte l'effort utile.","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-005","titre":"Fermer une maison endommagée","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["maison endommagee","fenetres cassees","contreplaque","polyane","photos","assurance","moisissures","tempete","explosion"],"sources":["FEMA et Ready.gov, après une catastrophe : sécuriser son logement","US EPA, A Brief Guide to Mold, Moisture, and Your Home (moisissures en 24 à 48 heures)","National Hurricane Center, idées reçues sur le ruban adhésif sur les vitres"],"corps":"::Après une tempête ou une explosion, une maison aux fenêtres soufflées se remplit d'eau et de froid en une nuit, et les moisissures s'installent en un ou deux jours dans ce qui est resté mouillé. Le ruban adhésif en croix sur les vitres, lui, n'a jamais empêché une fenêtre de casser. Fermer vite et bien, c'est sauver la maison.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La sécurité d'abord** : odeur de gaz, câbles, murs fissurés, plafonds gorgés d'eau. Voir [[URG-GAZ-001]] et [[TEC-CON-024]].\n- **Les preuves** : l'assurance demandera des photos **avant** les réparations.\n- **L'eau** fait plus de dégâts que le vent, si on la laisse.\n\n## AGIR\n\n1. **Photographier** chaque pièce, chaque dégât, sous plusieurs angles, avant de toucher à quoi que ce soit.\n2. **Couper** le gaz et l'électricité si l'eau a atteint les prises ou le tableau. Voir [[URG-RES-001]].\n3. **Les vitres cassées** : gants épais, lunettes, retirer les éclats du cadre.\n4. **Boucher les ouvertures** :\n   - **du contreplaqué** ou des planches vissés sur le cadre ;\n   - ou **un film plastique épais** (polyane) tendu et fixé par des lattes clouées ou vissées sur les bords, jamais simplement agrafé ;\n   - **des couvertures** en dernier recours, pour la nuit.\n5. **Le toit** : une bâche fixée dans les règles. Voir [[TEC-CON-019]].\n6. **Les portes** : les caler, les fermer, les renforcer. Voir [[SURV-DEF-005]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Sécher** dans les deux jours : ouvrir quand il fait sec, chauffer, ventiler, sortir les tapis, les matelas, les cartons mouillés. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Garder** les objets abîmés jusqu'au passage de l'expert, ou les photographier avant de les jeter.\n- **Les pillards** : une maison ouverte attire. Une porte fermée, une lumière, un voisin prévenu. Voir [[SURV-DEF-008]].\n\nAprès la catastrophe, les démarches : [[SURV-CRI-021]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-004","titre":"L'abri en ville","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["abri","ville","rue","115","carton","hebergement d'urgence","securite","sans-abri","seisme"],"sources":["Samu social, 115 : hébergement d'urgence","Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre), rapport annuel sur l'état du mal-logement","Croix-Rouge française, maraudes et conseils par grand froid"],"corps":"::Dormir dehors en ville, ce n'est pas le froid qui fait le plus peur à ceux qui l'ont vécu : c'est d'être seul, visible et endormi. Les gens de la rue qui tiennent des années le disent tous : on choisit son coin pour la sécurité d'abord, pour le confort ensuite.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le froid** en ville vient surtout du sol (béton, pavés) et du vent qui s'engouffre dans les rues.\n- **Les dangers** sont humains : vols, agressions, surtout la nuit et pour ceux qui dorment seuls.\n- **Après une catastrophe** (séisme, explosion), le danger vient aussi des bâtiments abîmés.\n\n## AGIR\n\n**Trouver une place**\n\n- **Le 115**, gratuit, jour et nuit, cherche une place d'hébergement d'urgence. Souvent saturé l'hiver : appeler tôt, rappeler.\n- **Le jour** : bibliothèques, gares, accueils de jour, lieux de culte, centres commerciaux pour la chaleur, les toilettes, les prises.\n- **La nuit** : un recoin abrité du vent et de la pluie, où l'on n'est pas seul (près d'autres personnes, d'un lieu éclairé ou filmé), avec une sortie.\n\n**Se tenir chaud**\n\n- **Le carton** est un excellent isolant : plusieurs couches **sous** soi, c'est là que part la chaleur.\n- **Le papier journal** froissé sous les vêtements ou dans le duvet.\n- **Une couverture de survie** entre deux couches, un bonnet, des chaussettes sèches pour la nuit.\n\n**Protéger ses affaires**\n\n- Le sac **sous la tête** ou attaché au poignet, les chaussures dans le duvet ou attachées.\n- Les papiers et l'argent **sur soi**, dans une poche intérieure.\n\n## ADAPTER\n\n**Après un séisme** : jamais retourner dormir dans un bâtiment fissuré. On dort dehors, dans les parcs et les espaces dégagés, loin des façades. Voir [[SURV-CRI-002]].\n\n**Occuper un logement vide** qui appartient à quelqu'un est un délit en France. Les squats font partie de la réalité, mais on connaît le risque.\n\n**Une voiture** fait un meilleur abri qu'un trottoir. Voir [[SURV-DEP-005]]. La ville en ruines : [[SURV-MIL-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-003","titre":"L'abri pour l'hiver","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["abri","hiver","hutte de debris","grotte de neige","quinzee","isolation du sol","tente dans une piece","piege a froid"],"sources":["US Army, FM 21-76 Survival, chapitre sur les abris","Brown T., Tom Brown's Field Guide to Wilderness Survival, 1983"],"corps":"::Dans un igloo, l'entrée est plus basse que la plate-forme où l'on dort : l'air froid, plus lourd, reste coincé dans le tunnel. Par -30 °C dehors, il fait autour de 0 °C dedans, chauffé par les corps et une lampe. Un bon abri d'hiver, c'est trois idées : petit, isolé du sol, protégé du vent.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le sol vole la chaleur** bien plus vite que l'air. Dormir directement sur la terre gelée, c'est se vider de sa chaleur toute la nuit.\n- **Le volume** : chaque mètre cube en trop est de l'air à réchauffer. L'abri est à peine plus grand que ceux qui dorment dedans.\n- **Le vent** emporte la chaleur et transperce tout. L'entrée tourne le dos au vent.\n- **L'air chaud monte, le froid descend** : on dort en hauteur, l'entrée en bas.\n\n## AGIR\n\n**La hutte de débris** (forêt, sans matériel)\n1. Une longue perche posée sur une souche ou une fourche, à hauteur de hanche, l'autre bout au sol.\n2. Des branches en travers le long des deux côtés, comme des côtes.\n3. **Une épaisse couche de feuilles, d'aiguilles, d'herbes sèches** par-dessus : **au moins l'épaisseur d'un avant-bras tendu**, plus s'il gèle fort.\n4. Dedans, un matelas de feuilles de 30 cm tassées, **plus épais que ce qui paraît raisonnable**.\n5. Un tas de feuilles à tirer devant l'entrée une fois à l'intérieur.\n\nDeux heures de travail, et on dort au chaud sans feu.\n\n**Dans la neige**\n- **La tranchée** : une tranchée de la taille du corps, couverte de branches ou d'une bâche, puis de neige.\n- **La grotte de neige ou le quinzee** (un gros tas de neige tassé, laissé durcir une à deux heures, puis évidé) : parois d'au moins 30 cm, voûte lisse pour que les gouttes glissent, **un trou d'aération** au sommet, entrée plus basse que le couchage.\n- **Une bougie** suffit à gagner plusieurs degrés dans un petit abri de neige.\n\n**Dans un bâtiment sans chauffage**\n- La **plus petite pièce**, au centre du bâtiment, loin des murs extérieurs.\n- **Une tente montée dans la pièce** : elle gagne plusieurs degrés avec la seule chaleur des corps.\n- Fenêtres couvertes de couvertures, de cartons, de bâches.\n\n## ADAPTER\n\n**Toujours aérer** un abri où brûle une flamme : monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n**L'humidité** : le souffle mouille l'abri et le duvet. Une aération en haut, et on sèche ses affaires dès qu'il y a du soleil.\n\nDormir au chaud avec peu : [[SURV-ABRI-002]]. L'abri d'urgence : [[SURV-ABRI-001]]. Le grand froid : [[SURV-MIL-001]].\n\nPour tenir un hiver entier, des toilettes sèches à l'écart de l'abri : [[TEC-CON-014]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-002","titre":"Dormir au chaud avec peu","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["couchage","froid","isolation","sol","sac de couchage","nuit","abri"],"sources":["Norme EN ISO 23537 (températures de confort et limite des sacs de couchage)","Forgey W., Wilderness Medicine, chapitre sur le froid et la perte de chaleur","US Army, FM 31-70 Basic Cold Weather Manual"],"corps":"::La nuit, on perd sa chaleur par le sol bien plus que par l'air. Un bon sac de couchage posé à même la terre gèle son occupant. Dix centimètres de feuilles sèches dessous changent tout.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps perd sa chaleur de quatre façons : **par contact** avec le sol froid (le plus important quand on est allongé), par le **vent**, par le **rayonnement** vers le ciel dégagé, et par l'**humidité** (vêtements mouillés, sueur, condensation).\n\nUn duvet écrasé sous le poids du corps n'isole plus rien : **c'est ce qu'il y a sous vous qui compte le plus**.\n\n## AGIR\n\n**Sous soi, d'abord**\n\n- **Un matelas en mousse** ou gonflable isolant.\n- **À défaut** : 20 à 30 cm de **feuilles mortes, d'aiguilles, de branches de sapin, de paille ou de fougères sèches**, qui se tasseront à une dizaine de centimètres. Des cartons empilés, des journaux, un sac à dos vide, des vêtements.\n- **Jamais directement** sur la pierre, le béton ou la terre gelée.\n\n**Autour de soi**\n\n- **Coupez le vent** : dormez derrière un mur, un rocher, une bâche tendue, dans une tente ou un abri. Voir [[SURV-ABRI-001]].\n- **Un toit bas**, même une bâche, arrête le rayonnement vers le ciel : les nuits claires sont les plus froides.\n- **Un petit volume** se réchauffe : un abri juste assez grand pour s'allonger.\n\n**Sur soi**\n\n- **Des vêtements secs pour dormir**, toujours. Gardez un change sec au fond du sac pour la nuit.\n- **Un bonnet** et des chaussettes sèches.\n- **Ne vous couvrez pas le visage** dans le sac : l'humidité de la respiration mouille l'isolant.\n\n**Avant de dormir**\n\n- **Mangez**, surtout du gras et du sucre : le corps a besoin de carburant pour chauffer la nuit.\n- **Bougez** quelques minutes pour être chaud en entrant dans le sac. On ne réchauffe pas un sac en y entrant froid.\n- **Une gourde d'eau chaude**, bien fermée, dans le sac, contre le ventre ou entre les cuisses.\n- **Allez aux toilettes** : se réveiller pour sortir dans le froid coûte cher.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas de sac de couchage** : empilez tout ce qui est sec et gonflant (couvertures, vêtements, feuilles sèches dans un grand sac poubelle), et dormez à plusieurs, serrés : c'est la plus vieille technique du monde.\n\n**La couverture de survie** coupe le vent et renvoie une partie de la chaleur, mais elle retient l'humidité : placez-la au-dessus d'une couche isolante, pas collée à la peau toute la nuit.\n\n**Réveil glacé à 4 heures** : mangez quelque chose, faites quelques flexions dans le sac, rajoutez une couche sous vous plutôt que dessus.\n\n**Les températures des sacs** : la température de confort est celle où l'on dort bien ; la limite est celle où l'on tient en boule sans dormir. Choisissez sur le confort.\n\nChauffer une pièce entière : [[TEC-CON-012]]. Le froid qui devient dangereux : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-001","titre":"Construire un abri d'urgence","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["abri","froid","habitat","base"],"sources":[],"corps":"::Un abri ne vous réchauffe pas. Il empêche seulement le monde de vous refroidir. Toute sa conception tient dans cette nuance.::\n\n## AGIR\n\n1. **Choisissez l'emplacement avant la technique.** Hors du vent, hors du fond de vallée où l'air froid s'accumule la nuit, hors du lit d'un torrent même à sec, à l'écart des arbres morts ou des branches suspendues.\n2. **Faites petit.** Un abri à la taille du corps, où l'on entre en rampant. Chaque litre de volume en trop est un litre à réchauffer.\n3. **Isolez le sol en premier.** Trente centimètres de matière sèche compressée sous vous — feuilles, fougères, herbe, aiguilles. C'est la moitié du travail thermique, c'est toujours la partie bâclée, et c'est ce qui fait la différence entre une nuit inconfortable et une [[URG-HYPO-001]].\n4. **Montez la structure.** Une perche maîtresse appuyée d'un bout sur un support, des branches en côtes de part et d'autre, puis un empilement épais de feuillage.\n5. **Épaississez la couverture.** Une épaisseur de main pour la pluie, une épaisseur de bras pour le froid.\n6. **Bouchez l'entrée** avec un sac de feuilles ou un fagot une fois à l'intérieur.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous êtes en forêt.** L'abri le plus rapide reste une perche appuyée sur une souche, des branches en épi, du feuillage par-dessus, et une litière épaisse dedans. Comptez une à deux heures. Ne le construisez pas plus grand pour être à l'aise : vous seriez à l'aise et vous auriez froid.\n\n**Il y a de la neige.** La neige est un excellent isolant parce qu'elle emprisonne de l'air. Un trou creusé sous un sapin dont les branches basses touchent le sol offre un espace protégé, presque prêt. Un abri creusé dans une congère fonctionne à condition de ménager un trou d'aération et de placer l'entrée en contrebas de la couche de couchage : l'air froid, plus lourd, descend et reste sous vous.\n\n**Vous êtes en zone urbaine.** Un abri existe déjà dans presque chaque bâtiment. Ce que vous cherchez, ce sont les mêmes propriétés : hors vent, au-dessus du gel, isolé du béton, petit et fermable. Une cage d'escalier, un local technique, un garage. Le carton est le meilleur matériau disponible : léger, isolant, gratuit, partout.\n\n**Vous n'avez qu'une bâche.** Tendue en appentis face au vent avec un feu et un réflecteur en face — le montage est décrit dans [[SURV-FEU-001]] —, elle vaut mieux qu'une construction fermée sans feu. La même bâche collecte l'eau pendant l'averse : voir [[SURV-PLUIE-001]]. En tente fermée, elle vous protège de la pluie mais condense énormément.\n\n**Vous êtes en zone chaude et sèche.** Le problème s'inverse : il s'agit de créer de l'ombre et de la ventilation, pas de la retenue. Un abri surélevé, à double toit espacé, dont l'air circule entre les deux couches, réduit fortement la température ressentie. Ne vous couchez pas directement sur un sol qui a chauffé toute la journée.\n\n**Vous êtes plusieurs.** Un abri commun est thermiquement bien plus efficace qu'un abri par personne : les corps se chauffent mutuellement et le volume par tête diminue. C'est un des rares cas où le groupe est un avantage physique direct.\n\n## COMPRENDRE\n\nLe corps perd sa chaleur par quatre voies, et un abri agit sur chacune de manière différente.\n\n**La conduction** — le contact direct avec une matière plus froide. C'est le sol, et c'est la perte la plus sous-estimée. Un homme couché à même la terre perd sa chaleur bien plus vite qu'un homme debout dans le même froid. D'où la règle : la litière avant le toit.\n\n**La convection** — l'air en mouvement qui emporte la chaleur. C'est le vent. Un abri qui coupe simplement le vent, sans rien isoler, change déjà complètement la donne.\n\n**Le rayonnement** — la chaleur émise vers tout ce qui est plus froid, y compris le ciel nocturne dégagé. C'est pour cela qu'on a plus froid sous un ciel clair que sous les nuages, et qu'un toit, même mince, améliore les choses au-delà de sa valeur isolante.\n\n**L'évaporation** — la transpiration et l'humidité qui s'évaporent en prenant de la chaleur. C'est pour cela qu'on ne construit jamais un abri en transpirant sous ses couches : on retire une épaisseur pendant l'effort, on la remet à l'arrêt.\n\n![Les quatre voies de perte de chaleur](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMTgyIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjE4MiI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIxODIiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5VbiBhYnJpIG4nYWpvdXRlIHBhcyBkZSBjaGFsZXVyIDogaWwgZmVybWUgZGVzIHZvaWVzIGRlIGZ1aXRlPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjI2IiB5PSI0NiIgd2lkdGg9IjExOCIgaGVpZ2h0PSI5NiIgcng9IjgiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iI0EzMkUyMiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48dGV4dCB4PSI4NSIgeT0iNzAiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEyLjUiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkNvbmR1Y3Rpb248L3RleHQ+PHRleHQgeD0iODUiIHk9IjkyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGUgc29sPC90ZXh0PjxsaW5lIHgxPSI1NiIgeTE9IjEwNCIgeDI9IjExNCIgeTI9IjEwNCIgc3Ryb2tlPSIjQTMyRTIyIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEiIG9wYWNpdHk9Ii40Ii8+PHRleHQgeD0iODUiIHk9IjEyNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiMxRjFEMUEiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmlzb2xlciBkZXNzb3VzPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjE1OSIgeT0iNDYiIHdpZHRoPSIxMTgiIGhlaWdodD0iOTYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiMyODYwN0YiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iMjE4IiB5PSI3MCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIuNSIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+Q29udmVjdGlvbjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIyMTgiIHk9IjkyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGUgdmVudDwvdGV4dD48bGluZSB4MT0iMTg5IiB5MT0iMTA0IiB4Mj0iMjQ3IiB5Mj0iMTA0IiBzdHJva2U9IiMyODYwN0YiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMSIgb3BhY2l0eT0iLjQiLz48dGV4dCB4PSIyMTgiIHk9IjEyNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiMxRjFEMUEiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmNvdXBlciBsZSB2ZW50PC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjI5MiIgeT0iNDYiIHdpZHRoPSIxMTgiIGhlaWdodD0iOTYiIHJ4PSI4IiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiNBOTY2MEYiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMS41Ii8+PHRleHQgeD0iMzUxIiB5PSI3MCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIuNSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+UmF5b25uZW1lbnQ8L3RleHQ+PHRleHQgeD0iMzUxIiB5PSI5MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmxlIGNpZWwgY2xhaXI8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjMyMiIgeTE9IjEwNCIgeDI9IjM4MCIgeTI9IjEwNCIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEiIG9wYWNpdHk9Ii40Ii8+PHRleHQgeD0iMzUxIiB5PSIxMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj51biB0b2l0LCBtw6ptZSBtaW5jZTwvdGV4dD48cmVjdCB4PSI0MjUiIHk9IjQ2IiB3aWR0aD0iMTE4IiBoZWlnaHQ9Ijk2IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjMkM2RTQ5IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjx0ZXh0IHg9IjQ4NCIgeT0iNzAiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEyLjUiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPsOJdmFwb3JhdGlvbjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI0ODQiIHk9IjkyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGEgc3VldXI8L3RleHQ+PGxpbmUgeDE9IjQ1NSIgeTE9IjEwNCIgeDI9IjUxMyIgeTI9IjEwNCIgc3Ryb2tlPSIjMkM2RTQ5IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEiIG9wYWNpdHk9Ii40Ii8+PHRleHQgeD0iNDg0IiB5PSIxMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjExIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5uZSBwYXMgdHJhbnNwaXJlcjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjE2OCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+Q2UgcXVpIGlzb2xlIG4nZXN0IHBhcyBsYSBtYXRpw6hyZSwgYydlc3QgbCdhaXIgaW1tb2JpbGUgcXUnZWxsZSBlbXByaXNvbm5lPC90ZXh0Pjwvc3ZnPg==)\n\n\nDe là découle le principe unique de tout abri : **ce qui isole, ce n'est pas la matière, c'est l'air immobile qu'elle emprisonne.** Le duvet, la laine, les feuilles mortes, la neige, le carton ondulé, les vêtements superposés fonctionnent tous exactement de la même façon. Comprimez-les et ils ne valent plus rien — c'est pourquoi le duvet écrasé sous votre corps n'isole plus et pourquoi la litière doit être épaisse avant d'être tassée par votre poids.\n\nUne dernière chose, et elle décide souvent de la nuit. **Un abri se construit avant d'en avoir besoin.** La construction demande une à deux heures de jour et d'énergie. Commencer à la tombée du soir, épuisé et transi, donne un abri raté que l'on quitte au milieu de la nuit. La décision de s'arrêter et de construire est presque toujours à prendre plus tôt qu'on ne le souhaite.\n\n**Les toilettes** : à au moins 60 mètres de l'abri et de toute eau, sous le vent. Voir [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-018","titre":"Le téléphone satellite et le SOS par satellite","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["telephone satellite","iridium","inmarsat","sos satellite","balise","messager satellite","ciel degage","pays interdits"],"sources":["Iridium Communications, architecture du réseau de satellites","Apple, SOS d'urgence par satellite, disponibilité par pays","Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, conseils aux voyageurs"],"corps":"::Au sommet d'une montagne, en pleine mer ou au milieu d'un désert, un téléphone satellite appelle n'importe où dans le monde. Depuis quelques années, certains smartphones ordinaires envoient même un message de secours par satellite quand il n'y a plus aucun réseau. Mais dans certains pays, entrer avec un téléphone satellite peut mener en prison.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les téléphones satellites** parlent directement aux satellites, sans antenne relais. Certains réseaux couvrent **toute la Terre**, pôles compris ; d'autres, en orbite fixe au-dessus de l'équateur, couvrent le monde sauf les régions polaires.\n- **Les messagers satellites** : de petits boîtiers qui envoient des textos et un **SOS** relayé vers un centre de secours, avec la position GPS.\n- **Les smartphones récents** proposent, dans certains pays dont la France, un **SOS par satellite** : on suit les indications de l'écran pour viser le satellite, et un message court part vers les secours.\n- **Il faut voir le ciel** : pas dans une maison, pas sous des arbres denses, pas au fond d'une gorge étroite.\n\n## AGIR\n\n- **Tester avant** de partir : allumer, faire un appel ou un message d'essai, en plein air.\n- **Charger** et emporter une batterie de secours.\n- **Garder les numéros** des secours du pays et d'un contact à prévenir.\n- **En cas de détresse** : sortir à découvert, envoyer le SOS, **rester sur place** et garder l'appareil allumé si possible pour qu'on suive la position.\n- **Les messages** partent parfois après un délai : patience, et on ne répète pas en boucle.\n\n## ADAPTER\n\n- **Les balises de détresse** (en mer, en montagne, en avion) ne servent qu'à appeler au secours, mais partout et longtemps. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **Certains pays interdisent** ou encadrent strictement les téléphones satellites : se renseigner auprès des conseils aux voyageurs avant de partir. Des voyageurs ont été arrêtés pour en avoir un dans leurs bagages.\n- **Le prix** : l'appareil et les minutes coûtent cher. Un messager avec abonnement mensuel suffit à la plupart des usages.\n\nLa montagne : [[SURV-MIL-005]]. Le GPS : [[TEC-ELN-010]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-017","titre":"La CB, la radio des routiers","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["cb","citizen band","27 mhz","canal 9","routiers","sans licence","antenne","portee","radio"],"sources":["ANFR, conditions d'utilisation des postes CB (27 MHz)","Décision ECC/DEC/(11)03 sur l'harmonisation de la CB en Europe","FCC, histoire du Citizens Band Radio Service"],"corps":"::Dans les années 1970, la CB a été une folie aux États-Unis : des millions de camionneurs et d'automobilistes se parlaient en code (« 10-4 », bien reçu), et une chanson sur un convoi de routiers en a fait un phénomène mondial. Elle n'a jamais disparu : sans licence, sans abonnement, sans antenne relais, c'est toujours la radio qui marche quand le reste est tombé.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **La CB** (citizen band) utilise **40 canaux** autour de **27 MHz**, libres d'utilisation en France et dans la plupart des pays d'Europe, **sans licence**, avec un poste homologué.\n- **La portée** : de quelques kilomètres en ville à une vingtaine en terrain dégagé, avec une bonne antenne. Certains jours, la propagation porte les signaux à des centaines de kilomètres.\n- **Le canal 9** est celui des **appels d'urgence**. Les routiers ont leurs canaux d'habitude, selon les pays.\n\n## AGIR\n\n**S'équiper**\n\n- **Un poste CB** fixe (voiture, maison) ou portable, homologué.\n- **Une antenne** : c'est elle qui fait la portée. Sur une voiture, la plus longue possible, au milieu du toit. À la maison, en hauteur, dégagée. Voir [[SIG-COM-015]].\n- **Le régler** : un réglage d'antenne mal fait réduit la portée et peut abîmer le poste. Les revendeurs le font.\n\n**Parler**\n\n- **Écouter d'abord** : on ne coupe pas une conversation.\n- **Des messages courts**, et on lâche le bouton pour laisser répondre.\n- **S'annoncer** par un pseudo, dire à qui on parle, et « à toi » pour passer la parole.\n- **En cas d'urgence** : canal 9, dire où l'on est, ce qui se passe, ce dont on a besoin.\n\n## ADAPTER\n\n- **Dans une crise**, un réseau de voisins, de fermes, de véhicules équipés de CB se parle sans rien d'autre. Convenir à l'avance d'un canal et d'heures d'écoute.\n- **Plus loin** : la radio amateur, avec licence. Voir [[TEC-MET-013]].\n- **Plus près** : les talkies-walkies. Voir [[SIG-COM-010]].\n- Les fréquences à connaître : [[SIG-COM-009]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-016","titre":"Les codes et le chiffrement simple","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chiffrement","code cesar","analyse de frequences","masque jetable","mot de passe familial","arnaque","voix clonee","cryptologie"],"sources":["Singh S., Histoire des codes secrets, Lattès, 1999","Shannon C.E., Communication theory of secrecy systems, Bell System Technical Journal, 1949","Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (liberté de la cryptologie)"],"corps":"::Jules César décalait chaque lettre de trois rangs dans l'alphabet pour écrire à ses généraux. Au IXe siècle, le savant arabe Al-Kindi a montré comment casser ce genre de code en comptant les lettres les plus fréquentes. Mais il existe un code que personne ne peut casser, prouvé mathématiquement en 1949 : le masque jetable. Et le code le plus utile aujourd'hui tient en un seul mot, connu de votre famille.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Le code de César** et tous les codes où une lettre est toujours remplacée par la même se cassent en quelques minutes : en français, le **E** est de loin la lettre la plus fréquente, on le repère, puis le reste suit.\n- **Le masque jetable** : une clé faite de lettres **tirées au hasard**, **aussi longue que le message**, utilisée **une seule fois** et connue seulement des deux correspondants. Bien utilisé, il est incassable : les espions et la ligne directe entre Moscou et Washington s'en sont servis.\n- **En France**, utiliser le chiffrement est libre.\n\n## AGIR\n\n**Le mot de passe familial**\n\nDes escrocs imitent désormais la voix d'un proche avec quelques secondes d'enregistrement : « Maman, j'ai eu un accident, envoie de l'argent. »\n\n- **Choisir un mot secret** connu seulement de la famille, jamais écrit en ligne.\n- **Au moindre appel urgent** qui demande de l'argent ou une information : « Quel est notre mot ? » Pas de mot, on raccroche et on rappelle le proche sur son numéro habituel.\n\n**Les mots convenus**\n\nPour les messages visibles de tous : des phrases anodines dont le sens est convenu à l'avance (« la tante va bien » = on part au point de rendez-vous B). Voir [[SIG-COM-014]].\n\n**Le masque jetable, à la main**\n1. Numéroter les lettres de A = 0 à Z = 25.\n2. Pour chaque lettre du message, **ajouter** la lettre correspondante de la clé, et retrancher 26 si on dépasse 25.\n3. Le destinataire **soustrait** la même clé.\n4. **Détruire** la clé après usage.\n\n## ADAPTER\n\n- **Sur les réseaux**, les messageries chiffrées de bout en bout protègent mieux que tous les codes faits main. Voir [[TEC-ELN-008]].\n- **Le morse** n'est pas un code secret : tout le monde peut le lire. Voir [[SIG-COM-003]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-015","titre":"L'antenne, fabriquer et placer","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["antenne","portee","hauteur","horizon radio","longueur d'onde","dipole","fil long","polarisation","lignes electriques"],"sources":["ARRL, The ARRL Antenna Book, 24e édition","ANFR, réglementation des fréquences et des émissions","REF, Réseau des émetteurs français, fiches techniques"],"corps":"::Deux talkies-walkies tenus à hauteur d'homme se parlent sur quelques kilomètres. Montez l'un d'eux au sommet d'une colline de cent mètres, et la portée théorique passe à une quarantaine de kilomètres. En radio, la hauteur vaut plus que la puissance.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les ondes des talkies-walkies** (VHF, UHF) vont en ligne droite, comme la lumière. Ce qui arrête la vue arrête la radio : collines, immeubles, et la courbure de la Terre.\n- **L'horizon radio**, en kilomètres : environ **4 × (√hauteur de l'un + √hauteur de l'autre)**, hauteurs en mètres. Deux personnes à 2 m : une douzaine de kilomètres au mieux. L'une à 100 m : plus de quarante.\n- **Les ondes courtes** rebondissent sur la haute atmosphère et font le tour du monde : là, c'est la longueur de l'antenne qui compte. Voir [[TEC-MET-013]].\n- **La longueur d'onde** en mètres : **300 divisé par la fréquence en mégahertz**. Une bonne antenne mesure souvent le quart ou la moitié de cette longueur.\n\n## AGIR\n\n**Monter**\n- Parler depuis un point haut, un étage élevé, un toit, une colline, un arbre dégagé.\n- Sortir du véhicule, s'éloigner des murs de béton.\n\n**Tenir l'antenne droite**\nLes antennes des talkies sont **verticales** : les deux doivent l'être. Une radio tenue à plat perd beaucoup.\n\n**Pour mieux écouter** (radio AM, ondes courtes)\nUn **fil long** de 10 à 30 m, tendu le plus haut possible et relié à la prise d'antenne du récepteur : la réception change du tout au tout.\n\n**Fabriquer**\n- **Le dipôle** : deux fils égaux, alimentés au centre par un câble, d'une longueur totale d'environ **143 divisé par la fréquence en MHz**.\n- **Le plan de sol** pour un talkie ou un poste fixe : un brin vertical d'un quart d'onde, et trois ou quatre brins inclinés vers le bas.\n- **Une antenne directive** (à éléments en peigne, ou une boîte de conserve pour le WiFi) concentre le signal dans une direction. Voir [[TEC-ELN-011]].\n\n## ADAPTER\n\n- **Jamais près d'une ligne électrique** : chaque année, des gens meurent en dressant un mât ou une antenne qui touche un câble.\n- **L'orage** : débrancher l'antenne du poste et la relier à la terre.\n- **Émettre** n'est permis que sur les fréquences autorisées ; écouter est libre. Voir [[SIG-COM-009]].\n\nLe talkie-walkie : [[SIG-COM-010]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-014","titre":"Laisser un message que les bons trouveront","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["message","famille","evacuation","point de rendez-vous","cache","balisage","cairn","croix-rouge","liens familiaux"],"sources":["CICR, Rétablissement des liens familiaux","INSARAG et FEMA, marquage des bâtiments par les équipes de recherche","US Army, FM 21-76 Survival, balisage d'itinéraire"],"corps":"::Après chaque grande catastrophe, les murs se couvrent de messages : « Tous vivants, partis chez Marie, 14 h. » Ceux qui s'en sortent le mieux sont les familles qui avaient convenu d'avance où laisser ce message, et où se retrouver si tout tombe. Un message n'est utile que si la bonne personne sait où le chercher.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Les réseaux tombent**, les familles sont dispersées : au travail, à l'école, en route.\n- **Un message visible de tous** renseigne aussi les voleurs sur une maison vide.\n- **Le Comité international de la Croix-Rouge** et les sociétés nationales aident à retrouver des proches après une guerre ou une catastrophe : c'est le rétablissement des liens familiaux.\n\n## AGIR\n\n**Avant : le plan de famille**\n\n- **Deux points de rendez-vous** : un près de la maison, un hors du quartier.\n- **Une cachette à message** connue de la famille seulement : sous une pierre précise, derrière un volet, dans la boîte aux lettres d'un voisin.\n- **Un contact loin** (un parent dans une autre région) à qui chacun donne des nouvelles : les appels longue distance passent parfois mieux que les locaux.\n\n**Le message**\n\n- **Date et heure**, **qui**, **état** (tous vivants, un blessé), **où l'on va**, **par où**.\n- Au crayon à papier, au marqueur, gravé : l'encre de stylo coule sous la pluie.\n- Dans une bouteille en plastique ou un sac fermé si c'est dehors.\n\n**Dans la nature**\n\n- **Des flèches** de pierres ou de branches au sol, des cairns (petits tas de pierres) aux croisements.\n- **Des branches cassées** dans le sens de la marche, un morceau de tissu voyant attaché.\n- **Au point d'arrivée ou de départ** : un message complet, protégé.\n\n## ADAPTER\n\n**Les marques des secours** : après un séisme ou une inondation, les équipes peignent des signes sur les façades (date, équipe, dangers, victimes). On ne les efface pas, on ne les imite pas.\n\n**Un message codé** pour la famille : des mots convenus d'avance (« chez la tante » veut dire tel endroit) protègent des curieux.\n\nSe signaler et être retrouvé : [[SIG-COM-001]]. Un enfant perdu : [[URG-ENF-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-013","titre":"Le miroir de signalisation","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["miroir","signal","eclat","soleil","cd","viser","avion","helicoptere","secours"],"sources":["US Air Force, AFH 10-644, Survival Evasion Resistance Escape Operations (miroir de signalisation)","US Army, FM 21-76 Survival, techniques de signalisation"],"corps":"::L'éclat d'un miroir au soleil se voit à des dizaines de kilomètres par temps clair : c'est souvent le premier signal qu'un pilote repère, bien avant un feu ou un vêtement. Un CD, un téléphone ou un couvercle de boîte font l'affaire. Encore faut-il savoir viser.::\n\n## COMPRENDRE\n\n- **Il faut du soleil.** Par temps couvert, le miroir ne sert presque à rien : on passe à la fumée, aux couleurs, au sifflet. Voir [[SIG-COM-001]].\n- **L'éclat voyage en ligne droite** : il faut l'envoyer exactement vers l'avion, le bateau ou le sauveteur.\n- **Un éclat intermittent** attire l'œil bien mieux qu'une lumière fixe.\n\n## AGIR\n\n**Avec un miroir à trou de visée (ou un CD)**\n\n1. Regarder la cible à travers le trou.\n2. Un point lumineux apparaît sur son visage ou sa main : orienter le miroir pour **amener ce point sur la cible**, vue à travers le trou.\n3. Balancer légèrement le miroir pour faire clignoter l'éclat.\n\n**Avec un miroir sans trou : la méthode du V**\n\n1. Tendre un bras, **deux doigts en V** encadrant la cible.\n2. Tenir le miroir près de l'œil avec l'autre main et envoyer la tache de lumière **sur les doigts**.\n3. Quand la tache éclaire le V, elle atteint la cible au-delà. Faire clignoter en passant du V à la cible.\n\n## ADAPTER\n\n- **Balayer l'horizon** régulièrement, même sans rien voir : un pilote peut voir l'éclat avant que vous l'entendiez.\n- **Une fois repéré**, arrêter d'éblouir le cockpit : quelques éclats de temps en temps suffisent.\n- **Miroirs de fortune** : CD ou DVD (le trou central sert de visée), écran de téléphone éteint, rétroviseur, couvercle de conserve poli, lame de couteau, vitre.\n- **La nuit** : une lampe, en clignotant, joue le même rôle. Trois éclats, c'est l'appel à l'aide. Voir [[SIG-COM-003]].\n\nSe faire comprendre d'un avion ou d'un hélicoptère : [[SIG-COM-011]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-012","titre":"Les alertes officielles","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Flash","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alerte","sirene","fr-alert","radio","confinement","consignes","prefecture"],"sources":["Ministère de l'Intérieur, Système d'alerte et d'information des populations (SAIP)","Ministère de l'Intérieur, dispositif FR-Alert (diffusion cellulaire depuis 2022)","Arrêté du 23 mars 2007 relatif aux caractéristiques techniques du signal national d'alerte"],"corps":"::La sirène du premier mercredi du mois à midi, tout le monde la connaît. Le jour où elle sonne un autre jour, beaucoup sortent pour voir ce qui se passe. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire.::\n\n## COMPRENDRE\n\nEn France, l'alerte passe par trois canaux :\n\n- **Les sirènes** du réseau national.\n- **FR-Alert** : une notification sur tous les téléphones présents dans la zone, avec un son particulier, **même en mode silencieux**, sans inscription.\n- **La radio et la télévision**, qui relaient les consignes des préfectures, ainsi que les messages de la mairie (haut-parleurs, porte-à-porte).\n\n## AGIR\n\n**Le signal national d'alerte**\n\n- **Un son montant et descendant**, trois fois **1 minute 41 secondes**, séparées de 5 secondes.\n- **Le test** : une seule séquence de 1 minute 41 secondes, **le premier mercredi du mois à midi**.\n- **La fin d'alerte** : un **son continu de 30 secondes**.\n\n**À la sirène, sauf consigne contraire**\n\n1. **Mettez-vous à l'abri** dans le bâtiment le plus proche, fermez portes et fenêtres.\n2. **Écoutez la radio** ou regardez votre téléphone pour savoir quel danger et quelle consigne.\n3. **N'allez pas chercher vos enfants à l'école** : l'école les met à l'abri.\n4. **Ne téléphonez pas**, sauf urgence : les lignes servent aux secours.\n5. **Ne sortez qu'à la fin de l'alerte** ou sur consigne.\n\n## ADAPTER\n\n**Selon le danger**, la consigne change : confinement pour un nuage toxique ou radioactif ([[SURV-CRI-006]], [[SURV-CRI-005]]), évacuation pour une inondation ou un feu ([[SURV-CRI-004]]), mise en hauteur pour un tsunami ([[SURV-CRI-007]]). C'est pourquoi on écoute avant d'agir.\n\n**Pas de sirène près de chez vous** : beaucoup de communes n'en ont pas. FR-Alert et la radio restent les canaux fiables : gardez une radio à piles.\n\n**Ailleurs** : la plupart des pays européens ont un système de notification sur téléphone équivalent, et leurs propres signaux de sirène. Renseignez-vous en arrivant quelque part.\n\n**Une rumeur sur les réseaux sociaux** n'est pas une alerte. Voir [[SIG-COM-006]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-011","titre":"Se faire comprendre d'un avion ou d'un hélicoptère","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["signaux sol-air","helicoptere","avion","recherche","sauvetage","zone d'atterrissage","signaux corporels"],"sources":["OACI, Annexe 12 : Recherches et sauvetage, signaux visuels sol-air","International Aeronautical and Maritime Search and Rescue Manual (IAMSAR), volume III","US Air Force, AFH 10-644 Survival, Evasion, Resistance, Escape (signaux corporels)"],"corps":"::Vu d'un avion, un homme qui fait des grands gestes ressemble à un homme qui dit bonjour. Une lettre de trois mètres en pierres, une ligne droite dans la nature, deux bras levés en Y : ça, un pilote le comprend.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLa nature ne fait pas de lignes droites ni d'angles nets. **Tout ce qui est géométrique, grand et contrasté** attire l'œil d'un pilote. Et les secours du monde entier connaissent le même code de signaux au sol.\n\n## AGIR\n\n**Le code sol-air**\n\n| Signe | Sens |\n|---|---|\n| **V** | Nous avons besoin d'aide |\n| **X** | Nous avons besoin d'une aide médicale |\n| **N** | Non |\n| **Y** | Oui |\n| **→** (flèche) | Nous partons dans cette direction |\n\n- **Grand** : au moins **3 mètres** par lettre, idéalement plus, avec des traits d'au moins 50 cm de large.\n- **Contrasté** : pierres sombres sur l'herbe, branches vertes sur la neige, vêtements de couleur, tranchée creusée dans la neige (l'ombre fait le trait), bâche.\n- **Dans un endroit dégagé**, visible de plusieurs côtés.\n\n**Les signaux du corps**\n\n- **Les deux bras levés en Y** : « **oui, nous avons besoin d'aide** ».\n- **Un bras levé, l'autre le long du corps** : « **non, tout va bien** ». Ne le faites pas par politesse.\n\n**Le pilote a compris** s'il **balance les ailes** de jour, ou fait clignoter ses feux de nuit.\n\n**Attirer l'œil** : un miroir renvoyant le soleil, visible à des kilomètres ; trois feux en triangle ; une fumée épaisse (feuillage vert jeté sur un feu vif) de jour, une flamme vive de nuit. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Un hélicoptère va se poser**\n\n- **Une zone plate et dégagée** d'au moins 30 × 30 mètres, sans câbles, arbres ni objets qui s'envolent (bâches, vêtements, tentes).\n- **Placez-vous en bordure, dos au vent, les bras tendus vers la zone** : le pilote se pose face au vent.\n- **Protégez vos yeux** du souffle, tenez vos affaires.\n- **N'approchez qu'à son signal**, **par l'avant**, dans le champ de vision du pilote, penché. **Jamais par l'arrière** : le rotor de queue est invisible quand il tourne et tue. En pente, jamais par le côté amont.\n\n**Pas d'avion en vue** : préparez les signaux quand même, tant que vous en avez la force. Les recherches aériennes passent souvent sans qu'on les entende, et un signal déjà en place travaille pour vous.\n\nÊtre perdu et le rester le moins longtemps possible : [[URG-PERDU-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-010","titre":"Le talkie-walkie","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["talkie-walkie","pmr446","portee","antenne","canal","sous-code","procedure radio","batteries"],"sources":["ETSI EN 303 405, équipements PMR446","ANFR, conditions d'utilisation des PMR446","Guides de procédure radio des secours et des clubs de radioamateurs"],"corps":"::La boîte dit 10 kilomètres. En ville, entre les immeubles, ce sera 500 mètres. Du haut d'une colline, en face d'une autre colline, ce sera 20 kilomètres. Un talkie-walkie ne porte pas loin : il porte haut.::\n\n## COMPRENDRE\n\nLes talkies-walkies grand public (PMR446) émettent à **0,5 watt**, sans licence, sur 16 canaux. Leurs ondes vont **en ligne droite** : tout ce qui est entre les deux postes (bâtiments, colline, forêt dense, carrosserie) les arrête.\n\n**Portée réelle**\n\n| Situation | Portée |\n|---|---|\n| En ville, entre immeubles | Quelques centaines de mètres à 1 km |\n| En campagne dégagée | 1 à 3 km |\n| En forêt, en vallée | Moins d'un kilomètre |\n| D'un point haut à un autre, à vue | 10 à 20 km, parfois plus |\n\n**Les sous-codes** (CTCSS, DCS) ne rendent pas la conversation privée : ils filtrent seulement ce que **votre** poste fait entendre. N'importe qui sur le même canal vous entend.\n\n## AGIR\n\n**Parler à la radio**\n\n1. **Écoutez** avant de parler : le canal est-il libre ?\n2. **Appuyez, attendez une seconde**, puis parlez : sinon le début du message est coupé.\n3. **Qui appelle qui** : « Paul de Marie ».\n4. **Court et clair**, puis « **à toi** » pour passer la parole.\n5. **Relâchez** : tant que vous appuyez, vous n'entendez rien.\n\n**Porter plus loin**\n\n- **Montez** : un étage, une butte, un toit. C'est le réglage le plus puissant.\n- **Tenez le poste antenne verticale**, loin du corps et du métal.\n- **Sortez de la voiture** pour émettre.\n- **Un relais humain** : quelqu'un placé sur un point haut entre les deux groupes répète les messages.\n\n**Économiser les batteries**\n\n- **Des vacations** : on n'allume qu'à heures fixes, par exemple **cinq minutes à chaque heure pile**. Tout le monde écoute en même temps, et les batteries durent des jours.\n- **Des postes qui prennent des piles AA** : on les recharge ou on les remplace partout. Voir [[TEC-ENE-012]].\n\n## ADAPTER\n\n**Convenez à l'avance** d'un canal principal, d'un canal de repli, et des horaires d'écoute. Écrivez-les.\n\n**Discrétion** : tout le monde peut écouter. Pas de noms complets, pas d'adresses, pas de liste de ce que vous avez. Un code simple convenu à l'avance pour les lieux (« chez la tante » pour la maison).\n\n**Les autres radios** : la CB porte plus loin (4 W, antenne plus grande) ; les radios amateur encore plus, avec une licence. Voir [[SIG-COM-002]] et [[SIG-COM-009]].\n\n**Les postes « LPD » ou numériques** ne parlent pas avec les PMR analogiques ordinaires : même marque et même type pour tout le groupe.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-009","titre":"Les fréquences et numéros à connaître","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["frequences","radio","pmr446","cb","vhf marine","121.5","radioamateur","numeros d'urgence"],"sources":["ANFR, tableau national de répartition des bandes de fréquences et conditions d'utilisation des PMR446 et de la CB","IARU Région 1, plans de bandes et fréquences de trafic d'urgence","Règlement des radiocommunications de l'UIT, fréquences de détresse maritimes et aéronautiques"],"corps":"::Le jour où le téléphone ne passe plus, savoir sur quelle fréquence écouter vaut plus qu'une radio puissante. Cette fiche tient sur une carte à garder dans le portefeuille.::\n\n## COMPRENDRE\n\n**Écouter est libre partout.** **Émettre** demande, selon la bande, soit rien (PMR446, CB), soit une licence (radioamateur), soit un équipement agréé (marine, aviation). En cas de détresse réelle, tous les moyens sont permis pour appeler à l'aide.\n\n## AGIR\n\n**Les numéros d'urgence (France)**\n\n| Numéro | Pour |\n|---|---|\n| **112** | Urgence, partout en Europe, depuis n'importe quel réseau qui capte |\n| 15 | SAMU, urgence médicale |\n| 17 | Police, gendarmerie |\n| 18 | Pompiers |\n| **114** | Urgences **par SMS** (quand on ne peut pas parler) |\n| 196 | Secours en mer |\n\n**Les fréquences**\n\n| Fréquence | Usage |\n|---|---|\n| **PMR446**, 446,000 à 446,200 MHz, 16 canaux | Talkies-walkies grand public, sans licence, 0,5 W. Voir [[SIG-COM-010]] |\n| **CB, 27 MHz, canal 9** | Appel d'urgence sur la citizen band |\n| CB, canal 19 | Les routiers, informations routières |\n| **VHF marine, canal 16** (156,800 MHz) | Détresse et appel en mer, écouté par les sauveteurs et les navires |\n| **121,5 MHz** | Détresse aéronautique, écoutée par les avions et les secours |\n| **145,500 MHz** (FM) | Appel des radioamateurs en bande 2 mètres, en Europe |\n| 433,500 MHz (FM) | Appel des radioamateurs en bande 70 cm |\n| 3,760 · 7,110 · 14,300 MHz | Fréquences de trafic d'urgence des radioamateurs en ondes courtes |\n| **406 MHz** | Balises de détresse satellitaires (bateaux, avions, balises personnelles) |\n\n**Pour s'informer**\n\n- **La radio FM locale du service public** et les radios locales, qui relaient les consignes des préfectures.\n- **Les ondes courtes** captent des radios internationales à des milliers de kilomètres, sans aucun réseau local.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez qu'un récepteur FM** : c'est déjà l'essentiel pour les consignes. Voir [[SIG-COM-002]].\n\n**Un scanner ou une radio multibande** (quelques dizaines d'euros) écoute la CB, la marine, l'aviation, les radioamateurs et les PMR : c'est la meilleure oreille en crise, sans rien émettre.\n\n**Pas de réseau pour un appel, mais un peu de signal** : un SMS passe souvent quand un appel échoue. Voir [[URG-PERDU-001]].\n\n**Écrivez cette liste** sur une carte plastifiée, dans le portefeuille et la trousse de secours. Le téléphone qui la contient est souvent déchargé le jour où on en a besoin.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-008","titre":"Écrire pour durer","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["archive","support","papier","gravure","redondance","transmission","memoire"],"sources":["Bibliothèque nationale de France — conservation des supports, normes de permanence du papier","ISO 9706 — Papier permanent, exigences","National Archives — Preservation of records, supports et environnements","Études sur la longévité comparée des supports numériques et analogiques"],"corps":"::Le savoir ne se perd pas quand personne ne le sait. Il se perd quand personne ne peut plus le lire. Le support décide de ce qui traverse le temps, pas le contenu.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le paradoxe des supports modernes\n\nPlus un support stocke, moins il dure. C'est contre-intuitif et c'est la clé de tout.\n\n| Support | Durée réaliste | Lisible sans machine ? |\n|---|---|---|\n| Pierre gravée, terre cuite | millénaires | oui |\n| Papier permanent, encre stable | plusieurs siècles | oui |\n| Papier ordinaire, acide | quelques décennies | oui |\n| Photo argentique | un à deux siècles | à l'œil |\n| Disque dur, clé USB | 5 à 20 ans, souvent moins | **non** |\n| Disque optique gravé | 10 à 50 ans selon qualité | **non** |\n\n**Le numérique meurt deux fois.** Le support se dégrade — une clé USB oubliée cinq ans peut être illisible —, et surtout **la machine pour le lire disparaît.** Une disquette intacte aujourd'hui est un objet muet : plus de lecteur, plus de logiciel, plus de format. Le papier n'a jamais ce problème : l'œil est le seul lecteur, et il ne change pas.\n\n### Les trois ennemis de tout support\n\n**L'eau et l'humidité** — pourriture, moisissure, encre qui bave, métal qui rouille, colle qui lâche.\n\n**La lumière** — le soleil efface les encres et jaunit le papier. Ce qui est exposé s'efface, ce qui est rangé dure.\n\n**Les variations** — chaud-froid, sec-humide qui alternent. Un grenier qui gèle l'hiver et cuit l'été détruit plus vite qu'une cave stable et fraîche, même un peu humide.\n\nUn support tient longtemps quand il est **au sec, au noir, au frais et au stable.** C'est la même logique que la conservation des aliments : on retire aux agents de destruction ce dont ils ont besoin.\n\n## AGIR\n\n### Choisir le support selon l'horizon\n\n**Pour transmettre à la génération suivante** — quelques décennies : du papier de qualité, une encre stable, rangé à l'abri. Suffisant, simple, et déjà mieux que n'importe quel disque dur.\n\n**Pour transmettre au-delà d'une vie** — un siècle et plus : papier permanent (sans acide), encre pigmentaire ou de Chine, reliure cousue et non collée. Ou la gravure : métal, pierre, terre cuite.\n\n**Pour l'essentiel qui ne doit jamais se perdre** : on grave. Un message poinçonné sur une plaque de métal, gravé dans la pierre, ou imprimé en creux dans l'argile cuite traverse les millénaires — c'est par là que nous connaissons les civilisations anciennes, pas par leurs supports fragiles.\n\n### Fabriquer une encre qui tient\n\nL'encre de Chine — noir de fumée mélangé à une colle — est la plus durable qu'on puisse faire à la main et elle **ne s'efface pas à la lumière.** On récupère la suie sous un récipient tenu au-dessus d'une flamme, on la mélange à un liant (gomme, colle animale, voir [[TEC-MAT-003]]). Fluide, elle s'écrit ; épaisse, elle s'imprime.\n\nÉviter les encres ferrogalliques trop concentrées, qui rongent le papier avec le temps, et tout ce qui est feutre ou stylo à bille bon marché : ça pâlit en une décennie.\n\n### La règle qui bat toutes les autres : la redondance\n\nUn support unique, même parfait, se perd — feu, eau, vol, oubli. **Le savoir qui a traversé les âges est celui qui existait en plusieurs exemplaires, en plusieurs lieux.**\n\n- **Copier.** Plusieurs exemplaires valent mieux qu'un exemplaire parfait. C'est ce qui a sauvé les textes anciens : la copie, pas la conservation de l'original.\n- **Disperser.** Trois copies dans le même bâtiment brûlent ensemble. Trois copies en trois lieux traversent presque tout.\n- **Mélanger les supports.** Un exemplaire papier pour la consultation courante, un exemplaire gravé pour la survie longue.\n\nC'est exactement le principe des dépôts multiples de [[SURV-DEF-001]] : un point unique est un point de défaillance.\n\n### Écrire pour être compris plus tard\n\nUn support lisible ne suffit pas s'il est **incompréhensible.** Ce qui traverse le temps doit être écrit pour quelqu'un qui n'a pas votre contexte.\n\n- **Dater et situer.** Une note sans date ni lieu perd la moitié de sa valeur.\n- **Écrire les évidences.** Ce qui va de soi aujourd'hui sera perdu demain. Les unités, les abréviations, les noms de lieux courants.\n- **Faire des schémas.** Un dessin franchit les langues et les siècles mieux qu'un texte. C'est le principe même des planches de Phenix.\n- **Nommer les sources.** Une affirmation sans source ne peut pas être vérifiée par celui qui la relira, et perd sa valeur — c'est la règle du corpus.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez sauvegarder Phenix lui-même.** C'est précisément le principe du projet : les fiches sont des fichiers texte lisibles par n'importe quoi, et le logiciel n'est qu'un lecteur. **Imprimez les fiches qui comptent le plus pour vous** — le papier survit à la disparition de tout appareil. Une fiche imprimée et rangée au sec est plus pérenne que la meilleure sauvegarde numérique.\n\n**Vous n'avez que du numérique.** Alors appliquez la seule règle qui le sauve : **copier régulièrement d'un support vers un neuf**, tous les quelques années, avant que l'ancien meure. Le numérique ne se conserve pas, il se recopie en boucle. Un fichier qu'on ne recopie jamais est un fichier condamné. Et gardez les formats les plus simples et les plus répandus — un texte brut se relira toujours, un format propriétaire non.\n\n**Vous devez laisser un message sur place.** Gravé vaut mieux qu'écrit, en hauteur vaut mieux qu'au sol, à l'abri de la pluie vaut mieux qu'exposé. Un message peint sur un mur intérieur dure des décennies ; le même à l'extérieur, quelques saisons.\n\n**Le papier que vous avez jaunit et casse.** Il est acide. Le photographier ou le recopier sur un meilleur support est le seul moyen de sauver le contenu — le support d'origine est perdu, on sauve ce qu'il porte.\n\n**Vous transmettez un savoir-faire, pas un texte.** L'écrit ne suffit pas pour un geste. Doublez-le d'un schéma, et surtout **transmettez-le à quelqu'un** : un savoir vivant dans une tête et écrit sur un support résiste mieux que l'un ou l'autre seul. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le support décide.** Ce qui dure n'est pas ce qui est important, c'est ce qui est écrit sur ce qui tient.\n\n**Le numérique meurt deux fois** — le support et le lecteur — et ne se conserve que par recopie perpétuelle. Le papier et la gravure se lisent à l'œil, pour toujours.\n\n**La redondance bat la perfection.** Plusieurs copies ordinaires, en plusieurs lieux, traversent le temps mieux qu'un exemplaire parfait et unique. C'est le principe qui a sauvé tout le savoir ancien que nous possédons — et c'est la raison d'être de la forme même de Phenix.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-007","titre":"Se retirer du système","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["vie privee","donnees","compartimentation","disparition","effacement","telephone"],"sources":["de Montjoye Y.-A. et al., Unique in the Crowd, Scientific Reports, 2013","Greenwood F., Missing persons investigations — retours des services de recherche sur les modes de localisation","CNIL — Droit à l'effacement, droit d'accès et opposition","Affaire Darwin (Royaume-Uni, 2002-2007), dossier public de fraude par mise en scène de décès"],"corps":"::Se retirer marche, et ce n'est pas une affaire de technique. Ceux qui échouent échouent presque tous pour la même raison, et elle est humaine.::\n\nLe mécanisme de l'identification est dans [[TEC-IDE-001]]. Cette fiche traite de ce qu'on peut en faire.\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qui décide n'est pas ce qu'on croit\n\nLa question n'est pas « quelles techniques utiliser ». C'est **qui vous cherche, avec quels moyens, et pendant combien de temps.**\n\nLes mêmes précautions suffisent largement face à un démarcheur, à un profilage publicitaire, à un ex-conjoint ou à un curieux — c'est-à-dire face à la quasi-totalité de ce que rencontre une personne réelle. Elles ne tiennent pas face à un appareil d'État qui a décidé de chercher, parce que celui-là dispose de réquisitions, de bases croisées et de temps. **Entre les deux, il y a tout un espace où ça marche**, et beaucoup de gens y vivent très bien.\n\nRefuser de le dire est malhonnête. Le prétendre absolu l'est tout autant.\n\n### Pourquoi les tentatives échouent, dans l'ordre\n\nC'est la partie utile, et elle est remarquablement stable d'un cas à l'autre.\n\n**Le lien humain, très loin devant.** La grande majorité des gens qui se retirent sont retrouvés parce qu'ils ont repris contact — un anniversaire, un décès, une mère malade, une rupture de solitude au bout de dix-huit mois. Ce n'est pas une défaillance technique, c'est que **personne n'a prévu à quel point ce serait insupportable.**\n\n**L'argent.** Un compte, une carte, une prestation, une pension, un salaire déclaré, un virement à quelqu'un. Le flux financier est la piste la plus complète qui existe, et il est conservé des années.\n\n**L'habitude.** On refait ailleurs exactement ce qu'on faisait : le même sport, les mêmes forums, le même métier, le même pseudonyme légèrement modifié, le même horaire. Le comportement voyage avec la personne.\n\n**Le frottement administratif.** Se soigner, travailler, louer, conduire, scolariser un enfant : chacun demande une identité. La reconstruire légalement est possible et lent ; la contrefaire est un délit qui crée un risque permanent bien plus grand que celui qu'on fuyait.\n\n**Et l'erreur unique.** Une seule photo identifiée, un seul appel, une seule connexion depuis le mauvais endroit. **Une compartimentation tenue à quatre-vingt-quinze pour cent ne vaut rien** : c'est le reste qui fait la jonction.\n\n### Le cas de la mise en scène de décès\n\nElle revient toujours dans la conversation, alors autant dire ce qu'elle est.\n\nTechniquement, elle échoue presque toujours, pour des raisons structurelles : **sans corps, la plupart des États ne délivrent pas d'acte de décès** mais une déclaration d'absence, qui demande des années et déclenche une enquête. L'assurance, quand il y en a une, enquête aussi — c'est son métier. Et l'échec final est presque toujours relationnel : le cas britannique le plus documenté, resté cinq ans, s'est terminé par l'intéressé se présentant de lui-même à un commissariat, après qu'une photo de lui vivant a été retrouvée.\n\nJuridiquement, c'est une fraude : faux, usage de faux, et escroquerie quand il y a une assurance. **Ce corpus ne décrit pas comment la conduire.** Ce qui précède est l'analyse de pourquoi ça casse, et elle suffit largement à comprendre pourquoi ce n'est pas la bonne porte.\n\n## AGIR\n\n### La compartimentation, qui est la vraie compétence\n\n**Une identité par usage, et elles ne se croisent jamais.** Administratif, professionnel, marchand, public, personnel. Chacune avec sa propre adresse de courrier, idéalement son propre appareil, au minimum son propre navigateur.\n\n**Jamais deux identités depuis la même connexion au même moment.** C'est là que la jonction se fait, presque jamais ailleurs.\n\n### Réduire à la source\n\nCe qui n'a pas été collecté ne fuite pas, ne se revend pas et n'a pas à être effacé. C'est le levier le plus rentable et il est ennuyeux : donner moins, refuser les champs facultatifs, décliner les cartes de fidélité, refuser les traceurs, ne pas remplir ce qui n'est pas obligatoire.\n\n### Utiliser le droit, qui marche mieux qu'on ne croit\n\nEn Europe, vous pouvez exiger de tout organisme qu'il vous dise **ce qu'il détient** sur vous, et qu'il l'**efface**. C'est gratuit, ça se fait par courrier, le délai est d'un mois. C'est particulièrement efficace contre les courtiers en données — ces sociétés qui agrègent et revendent des profils sans que vous ayez jamais eu affaire à elles. La démarche est fastidieuse et elle aboutit.\n\n### Traiter le téléphone comme ce qu'il est\n\nL'objet le plus bavard que vous possédez. Coupez les permissions de position, de micro et de contacts à tout ce qui n'en a pas besoin. Désactivez la recherche de réseaux : un appareil qui cherche annonce les lieux où il est allé. Et acceptez que **le carnet d'adresses vous expose sans vous** — ce sont vos proches qui le donnent.\n\n### Casser la régularité\n\nChanger d'horaires, de tournures, d'appareil, de connexion. **Écrire différemment.** C'est le point le plus difficile parce qu'aucun logiciel ne le fait à votre place, et c'est celui qui fait la différence entre une séparation réelle et une séparation décorative.\n\n### L'argent\n\nL'espèce est le seul moyen de paiement qui ne produit pas de métadonnée. C'est sa seule propriété remarquable, et c'est une propriété considérable.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez juste réduire le bruit.** Trois gestes font l'essentiel : une adresse de courrier par service, un bloqueur de traceurs, les permissions de position coupées. Une heure de travail.\n\n**Vous voulez repartir ailleurs pour de bon.** C'est faisable, c'est légal, et ça se prépare : déménager loin, couper les liens qui vous relient à l'ancienne vie, changer de métier ou de cercle, éventuellement changer de nom par la voie légale — qui existe, qui est longue, et qui donne un état civil réel plutôt qu'une bombe à retardement. **Ce qui rate, ce n'est jamais la logistique. C'est la solitude au dix-huitième mois.** Prévoyez-la, ou ne partez pas.\n\n**Vous fuyez quelqu'un de dangereux.** Cas différent et traité différemment : il existe des dispositifs légaux de protection, d'adresse de domiciliation et de confidentialité, et ils sont bien plus efficaces qu'une disparition improvisée — parce qu'ils vous laissent travailler, vous soigner et scolariser vos enfants. Cherchez-les d'abord.\n\n**Vous avez des dettes ou des obligations.** Se retirer ne les efface pas et aggrave presque toujours la situation : les délais courent, les décisions tombent par défaut, et la régularisation ultérieure devient bien plus coûteuse que la négociation initiale.\n\n**Vous êtes exposé par d'autres.** Photos, identifications, carnets d'adresses. La seule action possible est de demander, personne par personne. C'est partiel et c'est comme ça.\n\n**Et le prolongement hors ligne.** Un lieu, un trajet, un horaire fixe sont des données qui s'agrègent exactement comme les autres. C'est le fond commun avec [[SURV-DEF-001]] et [[SURV-NUIT-001]] : **la régularité rend prévisible, et la prévisibilité expose** — dans les deux mondes, avec les mêmes conséquences.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-006","titre":"Recueillir de l'information","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["information","rumeur","methode","decision"],"sources":["Allport G., Postman L., The Psychology of Rumor","Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge — information management in emergencies","OMS — infodemic management"],"corps":"::Dans une crise, l'information manquante est remplacée instantanément. Pas par du silence : par une histoire cohérente et fausse.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment une rumeur se forme\n\nLes travaux classiques sur la transmission de l'information montrent trois transformations systématiques, et elles se produisent sans mauvaise foi.\n\n**La réduction.** Le message se raccourcit à chaque transmission. Les nuances, les conditions et les incertitudes disparaissent en premier.\n\n**L'accentuation.** Quelques éléments frappants sont retenus et amplifiés. Un chiffre devient rond, un délai devient certain, une possibilité devient un fait.\n\n**L'assimilation.** Le récit se déforme pour coller à ce que les gens attendent ou craignent déjà. C'est ce qui le rend crédible, et c'est ce qui le rend faux.\n\nCes trois mécanismes expliquent pourquoi une rumeur est toujours **plus simple, plus nette et plus alarmante** que la réalité. La netteté du récit n'est pas un signe de fiabilité : c'est un signe de transmission.\n\n### Ce qui alimente la rumeur\n\nUne formule répandue en gestion de crise dit qu'une rumeur croît avec l'importance du sujet multipliée par l'ambiguïté de la situation. Si l'un des deux tombe à zéro, il n'y a pas de rumeur.\n\nOn ne peut pas réduire l'importance. **On peut réduire l'ambiguïté**, et c'est tout le travail : dire ce qu'on sait, dire ce qu'on ne sait pas, et dire quand on en saura plus.\n\n## AGIR\n\n1. **Notez la source, l'heure et le contenu exact**, séparément. La plupart des erreurs viennent de la fusion des trois : on retient l'information et on oublie d'où elle vient.\n2. **Distinguez trois niveaux.** Ce que vous avez constaté vous-même. Ce que quelqu'un a constaté et vous rapporte. Ce que quelqu'un a entendu dire. **Le troisième niveau ne fonde aucune décision.**\n3. **Recoupez.** Deux sources indépendantes valent bien plus que dix reprises de la même. Cherchez toujours d'où l'information vient à l'origine, pas combien de fois vous l'avez entendue.\n4. **Écoutez aux heures fixes** plutôt qu'en continu, et privilégiez les sources qui diffusent largement — voir [[SIG-COM-002]].\n5. **Tenez un journal daté.** Ce que vous avez appris, quand, par qui. Sur plusieurs jours, il révèle les contradictions que la mémoire efface.\n6. **Cherchez ce qui manque.** Une information qui répond trop bien à ce que vous espériez mérite une vérification supplémentaire, pas moins.\n7. **Rediffusez peu et prudemment.** Répétez ce que vous savez, précisez toujours d'où vous le tenez, et dites clairement quand vous ne savez pas.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous décidez pour un groupe.** Partagez ce que vous savez et ce que vous ignorez. Un groupe informé de l'incertitude la supporte ; un groupe qui découvre qu'on lui a caché quelque chose cesse de croire tout le reste, y compris ce qui était vrai. Voir [[SURV-SOC-001]].\n\n**L'information est contradictoire.** C'est normal au début d'un événement, et cela ne signifie pas qu'on vous ment. Retenez ce qui est stable d'une source à l'autre, et attendez sur le reste.\n\n**Vous n'avez aucune source extérieure.** L'observation directe reprend toute sa valeur : l'état des routes, la présence de fumée, le comportement des gens, la circulation, ce qui est ouvert ou fermé. Ce sont des faits, et ils se recoupent aussi.\n\n**Quelqu'un rapporte une information alarmante.** Demandez trois choses : l'a-t-il vu lui-même, quand, et où exactement. Ces trois questions suffisent le plus souvent à situer le niveau réel, sans mettre personne en cause.\n\n**Vous devez agir sans information suffisante.** Choisissez une option réversible et fixez-vous un point de contrôle. C'est le raisonnement de [[SURV-PSY-002]] : sous incertitude, l'option qui laisse le choix ensuite bat l'option optimale.\n\n**Vous devez transmettre à quelqu'un qui n'est pas là.** Écrivez, datez, signez, et laissez le message là où il sera vu — voir [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-003","titre":"Le morse","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["morse","signal","communication","code","lumiere","radio","sos"],"sources":["UIT-R M.1677-1 — Code Morse international","Code international des signaux — signalisation lumineuse","COLREG, annexe IV — signaux de détresse","ARRL — apprentissage du morse, méthodes Koch et Farnsworth"],"corps":"::Le morse tient sur une page et s'apprend en une soirée. Il passe par tout ce qui s'allume, s'éteint, sonne ou se tape : une lampe, un miroir, un sifflet, un tuyau, un talkie-walkie.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Deux signes, et des silences\n\nTout le code repose sur deux signes : le **point**, bref, et le **trait**, long. Le reste est une affaire de rythme, qui se compte en unités :\n\n- un point dure **une** unité, un trait **trois** ;\n- entre deux signes d'une même lettre : **une** unité de silence ;\n- entre deux lettres : **trois** unités ;\n- entre deux mots : **sept** unités.\n\n**Les silences portent autant de sens que les signaux.** Un message aux silences irréguliers devient illisible même quand chaque signe est juste. C'est la première chose à soigner, avant la vitesse.\n\nLe code a été pensé pour aller vite : les lettres les plus fréquentes ont reçu les codes les plus courts. E est un seul point, T un seul trait ; les lettres rares comme Q ou Y en demandent quatre.\n\n### Le code complet\n\n| Lettre | Code | Lettre | Code |\n|---|---|---|---|\n| A | • — | N | — • |\n| B | — • • • | O | — — — |\n| C | — • — • | P | • — — • |\n| D | — • • | Q | — — • — |\n| E | • | R | • — • |\n| F | • • — • | S | • • • |\n| G | — — • | T | — |\n| H | • • • • | U | • • — |\n| I | • • | V | • • • — |\n| J | • — — — | W | • — — |\n| K | — • — | X | — • • — |\n| L | • — • • | Y | — • — — |\n| M | — — | Z | — — • • |\n\n| Chiffre | Code | Chiffre | Code |\n|---|---|---|---|\n| 1 | • — — — — | 6 | — • • • • |\n| 2 | • • — — — | 7 | — — • • • |\n| 3 | • • • — — | 8 | — — — • • |\n| 4 | • • • • — | 9 | — — — — • |\n| 5 | • • • • • | 0 | — — — — — |\n\n### Décoder avec l'arbre\n\nPartez du haut. Chaque point vous envoie à gauche, chaque trait à droite. Là où le signal s'arrête, vous tenez votre lettre. C'est plus rapide que de chercher dans un tableau, et c'est ce que les débutants retiennent le plus vite.\n\n![L'arbre de décodage du morse](data:image/svg+xml;base64,<svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 560 318" width="560" height="318">
<rect width="560" height="318" rx="10" fill="#F4F2EC"/>
<rect x="242" y="14" width="76" height="26" rx="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/>
<text x="280" y="31.5" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11" font-weight="700" letter-spacing="1.2" fill="#1F1D1A">DÉPART</text>
<line x1="280.0" y1="40" x2="140.0" y2="69" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="280.0" y1="40" x2="420.0" y2="69" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="140.0" y1="99" x2="70.0" y2="128" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="140.0" y1="99" x2="210.0" y2="128" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="420.0" y1="99" x2="350.0" y2="128" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="420.0" y1="99" x2="490.0" y2="128" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="70.0" y1="156" x2="35.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="70.0" y1="156" x2="105.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="210.0" y1="156" x2="175.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="210.0" y1="156" x2="245.0" y2="187" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="350.0" y1="156" x2="315.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="350.0" y1="156" x2="385.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="490.0" y1="156" x2="455.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="490.0" y1="156" x2="525.0" y2="187" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="35.0" y1="213" x2="17.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="35.0" y1="213" x2="52.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="105.0" y1="213" x2="87.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="175.0" y1="213" x2="157.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="245.0" y1="213" x2="227.5" y2="247" stroke="#A9660F" stroke-width="3" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="245.0" y1="213" x2="262.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="315.0" y1="213" x2="297.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="315.0" y1="213" x2="332.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="385.0" y1="213" x2="367.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="385.0" y1="213" x2="402.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><line x1="455.0" y1="213" x2="437.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/><line x1="455.0" y1="213" x2="472.5" y2="247" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/><circle cx="140.0" cy="84" r="15" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="140.0" y="89.4" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="16" font-weight="700" fill="#FFFFFF">E</text><circle cx="420.0" cy="84" r="15" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="420.0" y="89.4" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="16" font-weight="700" fill="#1F1D1A">T</text><circle cx="70.0" cy="142" r="14" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="70.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#1F1D1A">I</text><circle cx="210.0" cy="142" r="14" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="210.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#FFFFFF">A</text><circle cx="350.0" cy="142" r="14" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="350.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#1F1D1A">N</text><circle cx="490.0" cy="142" r="14" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="490.0" y="147.04" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="15" font-weight="700" fill="#1F1D1A">M</text><circle cx="35.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="35.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">S</text><circle cx="105.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="105.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">U</text><circle cx="175.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="175.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">R</text><circle cx="245.0" cy="200" r="13" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="245.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#FFFFFF">W</text><circle cx="315.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="315.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">D</text><circle cx="385.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="385.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">K</text><circle cx="455.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="455.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">G</text><circle cx="525.0" cy="200" r="13" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="525.0" y="204.68" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="14" font-weight="700" fill="#1F1D1A">O</text><circle cx="17.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="17.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">H</text><circle cx="52.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="52.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">V</text><circle cx="87.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="87.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">F</text><circle cx="157.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="157.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">L</text><circle cx="227.5" cy="258" r="11" fill="#A9660F" stroke="#A9660F" stroke-width="1.5"/><text x="227.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#FFFFFF">P</text><circle cx="262.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="262.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">J</text><circle cx="297.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="297.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">B</text><circle cx="332.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="332.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">X</text><circle cx="367.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="367.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">C</text><circle cx="402.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="402.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">Y</text><circle cx="437.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="437.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">Z</text><circle cx="472.5" cy="258" r="11" fill="#FFFFFF" stroke="#1F1D1A" stroke-width="1.5"/><text x="472.5" y="261.96" text-anchor="middle" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="12" font-weight="700" fill="#1F1D1A">Q</text>
<line x1="22" y1="294" x2="52" y2="294" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="0 6"/>
<text x="60" y="298" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11.5" fill="#1F1D1A">point = à gauche</text>
<line x1="180" y1="294" x2="210" y2="294" stroke="#8A8378" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-dasharray="10 5"/>
<text x="218" y="298" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11.5" fill="#1F1D1A">trait = à droite</text>
<text x="538" y="298" text-anchor="end" font-family="ui-sans-serif,system-ui,-apple-system,Segoe UI,Helvetica,Arial,sans-serif" font-size="11.5" font-weight="700" fill="#A9660F">exemple : • — — • = P</text>
</svg>)\n\n### Les signaux qui servent vraiment\n\n- **SOS** : • • • — — — • • •, envoyé **d'un bloc, sans silence entre les lettres**, puis répété. C'est le signal de détresse international, par radio comme par tout autre moyen.\n- **R** (• — •) : reçu, compris.\n- **K** (— • —) : à vous, j'attends votre réponse.\n- **AR** (• — • — •, d'un bloc) : fin du message.\n- **Le point d'interrogation** (• • — — • •) : répétez, je n'ai pas compris.\n- **Huit points** (• • • • • • • •) : erreur, je reprends le mot.\n\n## AGIR\n\n### Envoyer\n\n1. **Écrivez le message d'abord**, le plus court possible. Chaque lettre coûte du temps et de l'attention, des deux côtés.\n2. **Appelez** : une suite de A (• —) jusqu'à ce que l'autre réponde par des T (—). C'est la procédure des signaux lumineux en mer, et elle se comprend partout.\n3. **Allez lentement.** Cinq mots par minute suffisent. Un signe net vaut mieux que dix signes brouillés.\n4. **Tenez le rythme** : un, trois, un, trois, sept. Comptez dans votre tête au début.\n5. **Terminez par AR**, et attendez **R**. Sans réponse, recommencez le message entier.\n\n### Recevoir\n\n1. **Notez tout, tout de suite**, en points et en traits, sans essayer de décoder pendant l'écoute. Un espace entre les lettres, une barre entre les mots.\n2. **Décodez ensuite**, au calme, avec l'arbre ou le tableau.\n3. **Une lettre illisible ne bloque pas le mot.** Laissez un blanc : le sens se reconstruit souvent tout seul.\n4. **Répondez R** si tout est clair, **le point d'interrogation** pour faire répéter.\n\n### Apprendre en une soirée\n\n- **Apprenez par l'oreille, pas par les yeux.** A se dit « ti-taa », B « taa-ti-ti-ti ». Une lettre se reconnaît à son air, d'un bloc ; compter les points ne marche plus dès que ça va un peu vite.\n- **Commencez par les lettres courtes** : E et T, puis I A N M, puis S U R W D K G O. En une heure, vous tenez la moitié de l'alphabet.\n- **Des lettres rapides, de longs silences.** Chaque lettre à sa vitesse normale, mais beaucoup d'espace entre elles au début : c'est la méthode Farnsworth, et elle évite de prendre un mauvais rythme qu'il faudrait désapprendre.\n- **Dix minutes par jour valent mieux qu'une heure par semaine.**\n\n## ADAPTER\n\n**Avec une lampe.** Lampe de poche, phares, bougie masquée par la main. De nuit, une lampe se voit à plusieurs kilomètres. Visez l'autre et gardez la lampe immobile. **Émettre de la lumière, c'est se montrer** : la décision se prend comme dans [[SIG-COM-001]].\n\n**Avec le soleil.** Un miroir envoie des éclats visibles de très loin par temps clair. Masquez et démasquez avec la main plutôt que de bouger le miroir : la visée reste en place. La technique de visée est dans [[SIG-COM-001]].\n\n**Avec un son.** Sifflet, klaxon, cloche. Un son porte moins loin qu'une lumière de nuit, mais il contourne les obstacles et ne demande pas de se voir.\n\n**En tapant.** Sur un tuyau, une cloison, une coque de bateau : le métal porte le son très loin dans un bâtiment. Un trait est difficile à taper ; remplacez-le par deux coups rapprochés ou par un grattement, **à condition d'en convenir avant**.\n\n**Avec un talkie-walkie.** Appuyez sur l'alternat bref et long sans parler : l'autre entend le canal s'ouvrir et se fermer. Cela passe parfois quand la voix ne passe plus, dans le bruit ou en limite de portée — voir [[SIG-COM-002]].\n\n**Vous voulez rester discret.** Une lumière vue par celui à qui elle est destinée l'est aussi par tous ceux qui se trouvent dans l'axe. Masquez la lampe par l'arrière et les côtés, émettez court, changez d'emplacement — voir [[SURV-NUIT-001]].\n\n**Vous êtes plusieurs à l'apprendre.** Convenez d'abréviations pour ce qui revient souvent : lieux, heures, prénoms. Un code privé raccourcit le morse, il ne le remplace pas.\n\n**Vous avez tout oublié.** Il reste SOS, que tout le monde connaît : trois brèves, trois longues, trois brèves, d'un bloc, et on recommence.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-002","titre":"La radio, sans jargon","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["radio","communication","information","signal"],"sources":["Union internationale des télécommunications — Règlement des radiocommunications","ARRL — The Radio Amateur's Handbook, propagation","Documentation technique sur la propagation ionosphérique"],"corps":"::Ce qui décide de la portée n'est pas la puissance de l'émetteur. C'est la fréquence, et c'est ce que presque personne ne sait.::\n\n## COMPRENDRE\n\nUne onde radio se comporte différemment selon sa fréquence, et cette différence est plus déterminante que tout le reste.\n\n**Les fréquences basses** suivent le sol et contournent les obstacles. Elles portent loin, franchissent les reliefs, traversent les bâtiments. C'est le domaine des grandes ondes et des ondes moyennes : quelques émetteurs couvrent un pays entier. C'est aussi pourquoi c'est le support retenu pour la diffusion d'information de sécurité, et ce que capte le récepteur décrit dans [[TEC-RAD-001]].\n\n**Les fréquences intermédiaires**, dites ondes courtes, ont une propriété unique : elles se réfléchissent sur les couches ionisées de la haute atmosphère et redescendent très loin. Une puissance modeste peut ainsi être entendue à des milliers de kilomètres, en sautant par-dessus le relief. La contrepartie est l'instabilité : la propagation change avec l'heure, la saison et l'activité solaire. **La nuit, elles portent bien plus loin que le jour.**\n\n**Les fréquences élevées** se propagent en ligne droite et ne contournent presque rien. Un relief, un bâtiment, la courbure de la Terre les arrêtent. C'est le domaine des talkies-walkies et des radios de véhicule : la portée réelle se compte en kilomètres, parfois en centaines de mètres en ville, quelle que soit la puissance annoncée.\n\n**La règle qui résume tout : plus la fréquence est basse, plus ça porte loin et plus ça contourne ; plus elle est élevée, plus il faut se voir.**\n\n## AGIR\n\n1. **Pour recevoir de l'information générale**, cherchez d'abord les ondes moyennes et grandes ondes. Elles fonctionnent quand tout le reste est coupé, et elles couvrent d'immenses territoires.\n2. **Écoutez à heures régulières** plutôt qu'en continu. Cela économise les piles et structure la journée.\n3. **Améliorez la réception avant d'augmenter la puissance.** Un long fil relié à l'antenne, une bonne terre, et de la hauteur rendent bien davantage qu'un appareil plus cher.\n4. **Éloignez-vous des masses métalliques et des appareils électroniques**, qui produisent un bruit électrique important.\n5. **Pour communiquer à courte distance**, montez : gagner de la hauteur augmente la portée bien plus que gagner de la puissance, puisque l'obstacle est l'horizon.\n6. **Notez ce que vous entendez**, avec l'heure et la fréquence. Une information isolée ne vaut rien ; recoupée sur plusieurs jours, elle dessine une situation — voir [[SIG-COM-006]].\n7. **Économisez les piles.** Volume au minimum, écoute par créneaux, et une réserve gardée pour un usage décidé.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez qu'un autoradio.** C'est un excellent récepteur, avec une antenne correcte et une alimentation confortable. Il consomme peu si le moteur est coupé, mais surveillez la batterie — voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Vous voulez écouter loin.** Les ondes courtes, la nuit, avec un long fil et une bonne terre. C'est le seul moyen simple d'entendre ce qui se dit à très grande distance.\n\n**Vous devez coordonner un petit groupe.** Les appareils de faible puissance suffisent si vous restez en vue ou à faible distance. Convenez à l'avance d'un canal, d'un canal de repli, d'horaires d'écoute et de messages courts. **Le protocole compte plus que le matériel.**\n\n**Vous voulez rester discret.** Recevoir est totalement passif et ne se détecte pas. Émettre vous localise. Cette asymétrie doit gouverner l'usage : on écoute beaucoup, on émet peu, court, et à heure convenue.\n\n**Vous n'avez aucun appareil.** Un récepteur se construit, et il ne demande aucune énergie : voir [[TEC-RAD-001]].\n\n**Les fréquences d'urgence.** Il existe des fréquences internationales réservées à la détresse, surveillées en permanence en mer et en aéronautique. Elles ne s'occupent pas pour autre chose : émettre dessus sans nécessité empêche quelqu'un d'autre d'être entendu. C'est la seule règle qui compte vraiment dans l'usage de la radio.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-001","titre":"Se signaler et être retrouvé","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"flash","tags":["urgence","signal","secours"],"sources":["Signal de détresse alpin — commissions internationales de secours en montagne","Codes de détresse sol-air internationaux"],"corps":"::Vous signaler, c'est renoncer à la discrétion. Prenez la décision une fois, et tenez-la.::\n\n## AGIR\n\n1. **Montez.** Point haut, clairière, crête, banc de sable, surface d'eau dégagée. Un signal émis d'un fond de vallée est perdu.\n2. **Sifflez plutôt que crier.** Trois coups, pause, recommencez. La voix s'éteint en quelques minutes et porte peu ; un sifflet porte bien plus loin, indéfiniment, sans effort.\n3. **Tracez au sol.** Grand — plusieurs mètres par branche. **V** pour besoin d'assistance, **X** pour blessé incapable de se déplacer, **une flèche** pour la direction prise si vous partez. Ces trois symboles sont internationaux.\n4. **Le jour, faites de la fumée. La nuit, faites de la flamme.** La conduite du feu et le choix du combustible sont dans [[SURV-FEU-001]].\n5. **Restez sur place** si vous avez laissé un signal fixe. Un signal abandonné sans direction envoie les secours exactement là où vous n'êtes plus. Si vous partez malgré tout, tenez un cap : [[SURV-ORI-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Vous avez du soleil.** Le miroir porte à des dizaines de kilomètres et se voit d'un avion. Formez un V avec deux doigts tendus, encadrez la cible dedans, promenez la tache lumineuse à travers le V. Sans miroir : écran de téléphone, couvercle métallique, éclat de verre argenté.\n\n**Vous êtes sur neige ou sur sable.** Creusez plutôt que d'ajouter. Une tranchée peu profonde se lit parfaitement d'en haut, parce que c'est l'ombre portée en lumière rasante qui la révèle.\n\n**Vous voulez de la fumée blanche** : végétation verte et humide. **Noire** : caoutchouc, plastique, huile. Choisissez selon le fond — blanc sur forêt sombre, noir sur ciel clair ou sur neige.\n\n**Vous n'êtes pas sûr de vouloir être vu.** Alors ne le faites pas. Un signal ne se rappelle pas. Préparez-le complètement, gardez-le prêt, et déclenchez seulement quand vous avez tranché.\n\n**Vous êtes en groupe.** Répartissez les rôles avant d'émettre : un seul décide du déclenchement, un autre entretient le signal, un troisième surveille l'horizon pour ne pas rater une réponse. Un groupe qui signale à plusieurs voix produit des séquences irrégulières, et l'irrégularité est exactement ce qui fait passer un signal pour du bruit naturel.\n\n**Vous devez quitter les lieux.** Laissez une flèche au sol dans la direction prise, et laissez-la grande. Ajoutez, si vous pouvez écrire, la date et l'heure de départ : cela permet aux secours de calculer un rayon de recherche au lieu de fouiller au hasard. Marquez ensuite votre itinéraire à intervalles réguliers — pierres empilées, branches cassées à hauteur d'homme, entailles. Le repère régulier vaut mieux que le repère spectaculaire.\n\n**Vous entendez ou voyez quelque chose.** Répondez immédiatement, avec ce que vous avez, et continuez sans vous arrêter. Beaucoup de recherches échouent parce que la victime, croyant avoir été vue, cesse d'émettre au moment précis où les secours cherchent à confirmer sa position.\n\n**C'est la nuit.** C'est le meilleur moment pour un signal lumineux : une flamme, un éclat, une lampe portent des distances sans commune mesure avec le jour. Le déplacement, lui, devient dangereux — voir [[SURV-NUIT-001]]. Signalez de nuit, déplacez-vous de jour.\n\n## COMPRENDRE\n\nUn signal efficace tient sur trois qualités, et il en faut trois sur trois.\n\nLe **contraste** : sombre sur clair ou clair sur sombre. La **répétition** régulière, parce qu'un observateur distrait rate toujours le premier. La **géométrie**, parce que la nature ne produit ni lignes droites, ni symétries, ni motifs réguliers — c'est ce qui fait lire un signal comme volontaire.\n\nLes codes reconnus sont peu nombreux. **Trois de n'importe quoi** — trois feux en triangle, trois coups, trois éclats — est le signal de détresse conventionnel en montagne et en milieu isolé. **SOS** en morse : trois brèves, trois longues, trois brèves — le code complet est dans [[SIG-COM-003]]. **Le signal alpin** : six signaux répartis sur une minute, une minute de pause, puis on recommence. La réponse est trois signaux par minute. Si vous la recevez, vous avez été vu : continuez d'émettre.\n\nUn signal au sol travaille pendant que vous dormez. C'est son avantage décisif sur tout le reste.","langue":"fr"},{"id":"TEC-VOI-001","titre":"Conduire une voiture","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["conduite","vehicule","mecanique","transport"],"sources":["Sécurité routière — référentiel de formation à la conduite","Bosch Automotive Handbook","IAM RoadSmart — advanced driving techniques"],"corps":"::Une voiture ne se conduit pas avec les mains. Elle se conduit avec le regard, et tout le reste suit.::\n\n## Les commandes\n\nTrois pédales sur une boîte manuelle, deux sur une automatique. De gauche à droite : embrayage, frein, accélérateur. Le pied gauche ne sert qu'à l'embrayage ; sur une automatique, il ne sert à rien.\n\n**L'embrayage** relie ou sépare le moteur des roues. Enfoncé, ils sont séparés. Relâché, ils sont solidaires. Entre les deux existe une zone où le disque frotte sans être complètement engagé : c'est le **point de patinage**, et c'est tout le secret du démarrage.\n\n**La boîte de vitesses** adapte le couple à la vitesse. Un rapport court démultiplie la force pour démarrer ou monter ; un rapport long permet la vitesse en économisant le régime. C'est exactement le compromis décrit dans [[TEC-MAC-001]] : on échange de la force contre de la distance.\n\n## Démarrer, sur une manuelle\n\nPoint mort, frein de stationnement serré, embrayage enfoncé, contact. Première engagée. Puis, et c'est la seule chose à comprendre :\n\n**Relâchez l'embrayage lentement jusqu'à sentir la voiture vouloir avancer.** Le régime moteur baisse légèrement, l'avant se soulève un peu. **Immobilisez le pied gauche à cet instant précis**, desserrez le frein, et accélérez doucement pendant que vous continuez de relâcher.\n\nL'erreur universelle est de relâcher l'embrayage trop vite : le moteur cale parce qu'on lui demande de déplacer la voiture sans lui donner assez de régime. L'erreur inverse — rester longtemps au point de patinage — use le disque et le fait chauffer.\n\n## Changer de rapport\n\nLâcher l'accélérateur, enfoncer l'embrayage à fond, passer le rapport, relâcher l'embrayage en réaccélérant progressivement. Le geste doit être coulé, jamais brutal.\n\nLe repère utile n'est pas un chiffre mais un son : on monte de rapport quand le moteur devient bruyant et tendu, on descend quand il devient sourd et peine. **Un moteur qui vibre à bas régime en prise longue est en souffrance** ; c'est un des rares abus qui l'abîme réellement.\n\n## Le regard, qui gouverne tout\n\nUn conducteur va où il regarde. C'est un réflexe involontaire et c'est la base de toute la conduite.\n\n**Regardez loin**, à la sortie du virage plutôt que devant le capot. Le tracé se corrige tout seul.\n\n**Regardez là où vous voulez passer**, jamais l'obstacle. Fixer un obstacle en situation d'urgence conduit droit dessus : c'est l'erreur qui transforme un évitement possible en collision.\n\n**Élargissez le champ.** Rétroviseurs toutes les quelques secondes, angles morts avant chaque changement de trajectoire.\n\n## Freiner et tenir la route\n\nUn pneu ne dispose que d'une quantité limitée d'adhérence, à répartir entre freiner, accélérer et tourner. **Utilisée pour l'un, elle n'est plus disponible pour l'autre.** Freiner fort dans un virage déjà à la limite fait perdre le train avant.\n\nD'où la règle : freiner en ligne droite, relâcher progressivement en entrant dans le virage, réaccélérer doucement à la sortie. Ce n'est pas de la conduite sportive, c'est ce qui garde la voiture stable.\n\nSur sol glissant, tout se dilate : distances doublées ou davantage, gestes deux fois plus lents, aucun mouvement brusque.\n\n## L'automatique\n\nLe levier propose une position de stationnement qui bloque la transmission, une marche arrière, un point mort et une position de conduite. La position de stationnement ne s'engage qu'à l'arrêt complet.\n\nDeux différences pratiques. La voiture avance seule au relâcher du frein, ce qui simplifie les manœuvres. Et l'appui franc sur l'accélérateur provoque un rétrogradage automatique pour reprendre — utile pour un dépassement.\n\nEn descente longue, sélectionnez un rapport plus court plutôt que de freiner en continu : **des freins sollicités longtemps chauffent et perdent leur efficacité**, ce qui arrive plus vite qu'on ne le croit.\n\n## Entretien minimal\n\nCinq vérifications couvrent l'essentiel des pannes évitables : pression des pneus, niveau d'huile, niveau de liquide de refroidissement, état des essuie-glaces, fonctionnement des feux.\n\nTrois signaux imposent l'arrêt immédiat : un voyant rouge, une température qui monte, une odeur de brûlé. Le fonctionnement du moteur lui-même est décrit dans [[TEC-MOTH-001]], et la coupure électrique dans [[TEC-ENE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-012","titre":"La Lune et ses phases","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["lune","phases","pleine lune","lune menteuse","lune rousse","marees","nuit","calendrier lunaire","clair de lune"],"sources":["NASA, Moon phases et mesure laser de la distance Terre-Lune","IMCCE, Observatoire de Paris, éphémérides","Météo-France, idées reçues sur la lune rousse"],"corps":"::La lune rousse d'avril ne gèle rien : ce sont les nuits claires qui gèlent, et si on voit la lune, c'est justement que le ciel est dégagé. La Lune, elle, ment un peu dans nos pays : quand elle dessine un C, elle ne croît pas, elle décroît. Connaître ses phases, c'est savoir quand la nuit sera claire, quand la marée sera forte, et quel jour on est à peu près.::\n\n## Le cycle\n\nUn cycle complet dure **29 jours et demi**.\n\n- **Nouvelle lune** : invisible, elle est du côté du Soleil. Nuits noires.\n- **Premier quartier** : moitié droite éclairée (dans l'hémisphère Nord), visible **l'après-midi et le soir**, se couche vers minuit.\n- **Pleine lune** : **se lève au coucher du soleil**, brille toute la nuit, se couche à l'aube.\n- **Dernier quartier** : moitié gauche éclairée, se lève vers minuit, visible **la nuit et le matin**.\n\n## La Lune menteuse\n\nDans l'hémisphère Nord :\n\n- **Elle forme un C** : elle **décroît** (bientôt nouvelle lune).\n- **Elle forme un D** (en ajoutant une barre) : elle **croît** (bientôt pleine lune).\n\nDans l'hémisphère Sud, c'est l'inverse.\n\n## À quoi ça sert\n\n- **Se déplacer la nuit** : autour de la pleine lune, on voit assez pour marcher sans lampe, et on est vu aussi. Voir [[SURV-NUIT-001]].\n- **Les marées** : fortes à la pleine et à la nouvelle lune, faibles aux quartiers. Voir [[TEC-TER-010]].\n- **Compter le temps** : une lune, c'est à peu près un mois. Le calendrier musulman suit encore la Lune, et ses fêtes avancent d'environ onze jours chaque année.\n- **Au jardin** : aucune étude sérieuse n'a montré d'effet des phases sur les cultures. Voir [[TEC-AGR-015]].\n\n## Bon à savoir\n\nLes astronautes d'Apollo ont laissé des miroirs sur la Lune. En y envoyant des lasers, on mesure qu'elle s'éloigne de la Terre d'environ 3,8 cm par an.\n\nSavoir l'heure sans montre : [[SURV-ORI-005]]. S'orienter avec le ciel : [[SURV-ORI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-011","titre":"La météo, pourquoi il pleut, pourquoi il vente","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["meteo","pression","barometre","vent","fronts","nuages","pluie","brise","fitzroy","buys-ballot"],"sources":["Météo-France, comprendre la météo","FitzRoy R., The Weather Book: A Manual of Practical Meteorology, 1863","Buys Ballot C.H.D., loi sur la relation entre vent et pression, 1857"],"corps":"::En 1859, une tempête coule le Royal Charter au large du pays de Galles, avec environ 450 personnes à bord. L'amiral FitzRoy, l'ancien capitaine du Beagle de Darwin, en tire le premier service d'avis de tempête et invente un mot : forecast, la prévision. La météo n'est pas de la magie : de l'air qui chauffe, monte, refroidit, et va des hautes pressions vers les basses.::\n\n## Le vent\n\n- Le soleil chauffe la Terre **inégalement**. L'air chaud monte, la pression baisse ; l'air froid descend, elle monte.\n- **L'air va des hautes pressions vers les basses**, et la rotation de la Terre le fait tourner : dans l'hémisphère Nord, il tourne dans le sens des aiguilles d'une montre autour des anticyclones, et dans l'autre sens autour des dépressions.\n- **La règle du dos au vent** : dans l'hémisphère Nord, dos au vent, la dépression (le mauvais temps) est **à gauche**, un peu en avant.\n\n**Les vents locaux**\n\n- **La brise de mer** souffle de la mer vers la terre l'après-midi, **la brise de terre** dans l'autre sens la nuit.\n- **En montagne**, l'air monte les vallées le jour et les descend la nuit.\n\n## La pluie\n\n1. **L'air humide monte** : chauffé par le sol, poussé contre une montagne, ou soulevé par de l'air froid.\n2. **En montant, il refroidit.** Quand il atteint sa température de rosée, la vapeur se condense : un nuage.\n3. **Les gouttelettes grossissent** en se rencontrant, jusqu'à tomber.\n\n## Les fronts\n\n- **Front chaud** : l'air chaud glisse lentement sur l'air froid. Des nuages en filaments très hauts, puis un voile gris qui s'épaissit, puis une pluie fine et longue.\n- **Front froid** : l'air froid pousse l'air chaud vers le haut d'un coup. Averses violentes, orages, rafales, puis ciel dégagé et air plus frais.\n\n## Le baromètre\n\n- La pression moyenne au niveau de la mer est d'environ **1 013 hPa**.\n- **Elle baisse** : le temps se dégrade. **Elle baisse vite** (plus de 3 hPa en trois heures) : coup de vent ou tempête en approche.\n- **Elle monte** : le temps s'améliore.\n\nCe qui compte, c'est **la tendance**, pas le chiffre.\n\nLire le ciel : [[SURV-MET-001]]. L'orage : [[URG-FOU-001]]. Les tempêtes : [[TEC-TER-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-010","titre":"Les marées","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["marees","lune","coefficient","vives-eaux","mortes-eaux","regle des douziemes","peche a pied","gois"],"sources":["SHOM, Service hydrographique et océanographique de la Marine, annuaire et prédictions de marée","NOAA, Tides and Water Levels, ressources pédagogiques"],"corps":"::Deux fois par jour, sur la route du Gois vers l'île de Noirmoutier, la mer recouvre la chaussée. Chaque année, des voitures s'y font prendre, et les conducteurs finissent sur les balises refuges. La marée ne prévient pas, mais elle se calcule.::\n\n## Pourquoi la mer monte\n\nLa **Lune** attire l'eau des océans, et le **Soleil** un peu aussi. La Terre tourne sous deux bourrelets d'eau : d'où **deux marées hautes par jour**, environ toutes les 12 h 25. Chaque jour, la marée arrive **à peu près 50 minutes plus tard** que la veille.\n\n## Vives-eaux et mortes-eaux\n\n- **Pleine lune et nouvelle lune** : Lune et Soleil tirent ensemble, les marées sont fortes (**vives-eaux**).\n- **Premier et dernier quartier** : ils tirent en travers, les marées sont faibles (**mortes-eaux**).\n\nEn France, le **coefficient** mesure la force de la marée, de 20 à 120. Au-dessus de 100, c'est une grande marée : la mer descend très loin, et remonte très vite.\n\n## La règle des douzièmes\n\nEntre la basse mer et la pleine mer, il y a environ six heures. La mer monte de :\n\n- **1 douzième** la première heure,\n- **2** la deuxième,\n- **3** la troisième,\n- **3** la quatrième,\n- **2** la cinquième,\n- **1** la sixième.\n\n**Au milieu de la marée, la mer monte trois fois plus vite qu'au début.** C'est là qu'on se fait piéger.\n\n## Selon les côtes\n\n- **La Manche et l'Atlantique** : fortes marées. Dans la baie du Mont-Saint-Michel, jusqu'à 14 mètres entre basse et pleine mer, parmi les plus fortes d'Europe.\n- **La Méditerranée** : quelques dizaines de centimètres. On ne la remarque presque pas.\n\n## En pratique\n\n- **Les horaires de marée** du lieu exact (le SHOM, les capitaineries, les offices de tourisme), et on compte à partir de la basse mer.\n- **La pêche à pied** : partir deux heures avant la basse mer, revenir au plus tard à son heure. Voir [[SURV-RES-008]].\n- **Les baies et les vasières** : jamais sans connaître l'heure. Voir [[SURV-MIL-008]].\n\nLes astuces de marin : [[SURV-MAR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-009","titre":"Canicules et sécheresses","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["canicule","secheresse","chaleur","ilot de chaleur","nuits tropicales","restrictions d'eau","paillage","vigieau"],"sources":["Ballester J. et al., Heat-related mortality in Europe during the summer of 2022, Nature Medicine, 2023","Santé publique France et Météo-France, système d'alerte canicule et santé","VigiEau, restrictions d'eau en vigueur (ministère de la Transition écologique)"],"corps":"::L'été 2022 a tué plus de 60 000 personnes en Europe par la chaleur. Ce ne sont pas les après-midi à 40 °C qui tuent le plus, ce sont les nuits qui ne descendent plus sous 20 °C : le corps n'a plus le temps de récupérer.::\n\n## La canicule\n\nEn France, on parle de canicule quand il fait très chaud **le jour et la nuit pendant au moins trois jours**, selon des seuils propres à chaque département (à Paris, 31 °C le jour et 21 °C la nuit).\n\n- **Les villes** sont plusieurs degrés plus chaudes que la campagne la nuit, parfois près de dix : le béton et le bitume rendent la chaleur accumulée.\n- **Les plus fragiles** : personnes âgées, bébés, malades, travailleurs dehors, gens seuls. Voir [[TEC-SAN-025]].\n\n**Tenir** : volets fermés le jour, fenêtres ouvertes la nuit, boire, se mouiller la peau, une visite ou un appel par jour aux personnes seules. Voir [[TEC-CON-013]] et [[URG-CHAL-001]].\n\n## Les trois sécheresses\n\n1. **Météorologique** : il ne pleut pas assez.\n2. **Des sols** : la terre s'assèche, les cultures souffrent.\n3. **Des rivières et des nappes** : les sources baissent, les puits aussi. Elle arrive plus tard et dure plus longtemps. Voir [[TEC-TER-007]].\n\n**Les restrictions d'eau** sont décidées par la préfecture et consultables en ligne (VigiEau) : arrosage, lavage des voitures, remplissage des piscines.\n\n## Faire avec moins d'eau\n\n- **Pailler** le potager : la paille ou les feuilles réduisent énormément l'évaporation. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Arroser le soir ou tôt le matin**, au pied, moins souvent mais en profondeur.\n- **Récupérer l'eau de pluie** en hiver pour l'été. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Réutiliser** l'eau de cuisson des légumes et de rinçage pour les plantes.\n\n## Le feu\n\nSécheresse et canicule ensemble, avec du vent : c'est la météo des grands feux. Voir [[TEC-TER-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-008","titre":"Les cyclones et les tempêtes","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cyclone","ouragan","typhon","tempete","oeil","maree de tempete","saffir-simpson","xynthia","lothar"],"sources":["NOAA, National Hurricane Center, échelle de Saffir-Simpson et marée de tempête","NOAA, Hurricane Research Division, questions fréquentes","Météo-France, tempêtes Lothar et Martin (1999) et Xynthia (2010)"],"corps":"::Un cyclone tropical libère chaque jour environ deux cents fois l'électricité produite par toute l'humanité. Pourtant, ce n'est pas le vent qui tue le plus : c'est la mer qui monte avec lui.::\n\n## Ouragan, typhon, cyclone\n\nLe même phénomène, trois noms selon l'océan : **ouragan** dans l'Atlantique, **typhon** dans le Pacifique Ouest, **cyclone** dans l'océan Indien et le Pacifique Sud.\n\n## Comment il naît\n\n- **Une mer très chaude**, au moins 26 °C sur une bonne épaisseur, fournit l'énergie : l'eau évaporée libère sa chaleur en se condensant dans les nuages.\n- **La rotation de la Terre** fait tourner le tout, en sens inverse des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Nord. C'est pour ça qu'il n'y en a jamais sur l'équateur.\n- Sur terre, privé d'eau chaude, il s'affaiblit, mais peut encore déverser des pluies énormes.\n\n## L'œil\n\nAu centre, un cercle de **calme** et parfois de ciel bleu. Autour, le **mur de l'œil**, où les vents sont les plus forts. **Le piège** : quand l'œil passe, on croit que c'est fini. Une demi-heure plus tard, le vent revient aussi fort, **dans l'autre sens**. On ne sort pas.\n\n## L'échelle\n\nL'échelle de **Saffir-Simpson** classe les ouragans de 1 (vents de 119 km/h) à 5 (plus de 250 km/h). Mais la catégorie ne dit rien de la pluie ni de la mer.\n\n## Ce qui tue\n\n- **La marée de tempête** : le vent et la basse pression soulèvent la mer de plusieurs mètres, qui envahit les côtes basses. C'est historiquement la première cause de mort.\n- **Les inondations** de l'intérieur, par les pluies. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Les objets projetés**, les chutes d'arbres, les lignes électriques.\n\n## En France\n\nLes Antilles, La Réunion, Mayotte et la Polynésie vivent avec les cyclones. En métropole, ce sont les **tempêtes d'hiver** : **Lothar et Martin**, en décembre 1999, ont couché des forêts entières et privé des millions de foyers d'électricité ; **Xynthia**, en 2010, a noyé des maisons construites en zone basse derrière des digues, en Vendée.\n\nSe protéger pendant la tempête : [[URG-TEM-001]]. La toiture après : [[TEC-CON-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-007","titre":"Le cycle de l'eau","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cycle de l'eau","evaporation","pluie","nappes","sources","transpiration","eau douce","empreinte eau"],"sources":["USGS, The Water Cycle et répartition de l'eau sur Terre","Gleick P.H., Water in Crisis: A Guide to the World's Fresh Water Resources, Oxford University Press, 1993","Mekonnen M.M., Hoekstra A.Y., A global assessment of the water footprint of farm animal products, Ecosystems, 2012"],"corps":"::La quantité d'eau sur Terre ne change presque pas : elle tourne, depuis des milliards d'années. Celle de votre verre est peut-être passée par un nuage la semaine dernière, et par une nappe souterraine pendant mille ans avant ça.::\n\n## Où est l'eau\n\n- **97,5 %** de l'eau de la Terre est salée.\n- Des 2,5 % d'eau douce, plus des deux tiers sont **gelés** dans les glaciers et les calottes, presque un tiers est **sous terre**.\n- **Les lacs et les rivières** en représentent moins de 1 %. Toute l'eau qu'on voit n'est qu'une goutte.\n\n## Le cycle\n\n1. **Le soleil évapore** l'eau des océans surtout, des lacs, des sols.\n2. **Les plantes transpirent** : un grand arbre rend à l'air plusieurs centaines de litres par jour en été.\n3. **La vapeur monte, refroidit, se condense** en nuages. Elle y reste en moyenne une dizaine de jours.\n4. **Elle retombe** en pluie ou en neige.\n5. **Une partie ruisselle** vers les rivières, **une partie s'infiltre** et remplit les nappes, qu'elle traverse pendant des années, des siècles, parfois des millénaires.\n\n## Ce qu'on en tire en pratique\n\n- **La pluie** est de l'eau évaporée puis condensée : presque pure en tombant. C'est le toit et le récipient qui la salissent. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Les sources coulent en été** parce qu'elles vidangent lentement les nappes remplies en hiver.\n- **Pour trouver de l'eau** : le bas des pentes, les creux, la végétation plus verte qu'ailleurs. Voir [[SURV-EAU-005]].\n- **Un sol couvert** (paillage, herbe, forêt) garde l'eau et la laisse s'infiltrer ; **un sol nu** la laisse ruisseler et s'évaporer. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Le béton et le bitume** envoient la pluie directement aux égouts : les villes inondent vite et s'assèchent vite.\n\n## L'eau cachée\n\nIl faut environ **15 000 litres d'eau** (pluie comprise) pour produire un kilo de bœuf, quelques centaines pour un kilo de céréales. L'eau qu'on consomme le plus ne sort pas du robinet : elle est dans l'assiette.\n\nDistiller l'eau comme le fait le soleil : [[SURV-EAU-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-006","titre":"Le climat et son changement","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["climat","rechauffement","effet de serre","co2","giec","canicule","niveau de la mer","adaptation"],"sources":["GIEC, Sixième rapport d'évaluation, 2021-2023","Organisation météorologique mondiale, État du climat mondial 2024","Météo-France, le changement climatique en France"],"corps":"::L'effet de serre a été décrit par Fourier en 1824, mesuré par Tyndall en 1859, et Arrhenius a calculé en 1896 ce que doublerait le gaz carbonique. Ce n'est pas une idée neuve : c'est de la physique vieille de deux siècles, qu'on voit maintenant sur les thermomètres.::\n\n## Météo et climat\n\n- **La météo**, c'est le temps qu'il fait aujourd'hui.\n- **Le climat**, c'est la moyenne sur trente ans. Un hiver froid ne dit rien du climat ; trente étés chauds, si.\n\n## L'effet de serre\n\nCertains gaz de l'air (vapeur d'eau, gaz carbonique, méthane) laissent entrer la lumière du soleil mais retiennent une partie de la chaleur que la Terre renvoie. **Sans eux, la Terre serait à -18 °C en moyenne** au lieu de 15 °C. En ajoutant du gaz carbonique, on épaissit la couverture.\n\n## Ce qui a changé\n\n- **Le gaz carbonique** est passé d'environ 280 parties par million avant l'industrie à **plus de 420** aujourd'hui, en brûlant charbon, pétrole et gaz.\n- **La Terre s'est réchauffée** d'environ 1,2 °C en moyenne ; 2024 a été la première année au-dessus de 1,5 °C. **La France**, comme tous les continents, se réchauffe plus vite que la moyenne : environ 1,7 °C depuis 1900.\n- **La mer** est montée d'environ 20 cm depuis 1900, et monte plus vite.\n- **Chaque degré** permet à l'air de contenir environ 7 % d'eau en plus : des pluies plus violentes quand il pleut, des sécheresses plus sévères entre deux.\n\n## Ce que ça change en pratique\n\n- **Plus de canicules** et de nuits chaudes. Voir [[TEC-TER-009]] et [[TEC-CON-013]].\n- **Plus de sécheresses** et de feux de forêt. Voir [[TEC-TER-001]].\n- **Des pluies plus violentes** et des crues. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Au jardin** : semer plus tôt, pailler, garder l'eau, choisir des variétés qui supportent la chaleur. Voir [[TEC-AGR-008]].\n\n## Ce qui est sûr et ce qui ne l'est pas\n\n**Sûr** : le réchauffement est réel, il vient des activités humaines, il continuera tant que les émissions continuent. **Incertain** : sa vitesse exacte, et ce que chaque région vivra précisément. Le climat a toujours changé, mais jamais aussi vite depuis que les humains cultivent la terre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-005","titre":"Les volcans","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["volcans","eruption","nuee ardente","lahar","cendres","montagne pelee","piton de la fournaise","chaine des puys"],"sources":["USGS, Volcano Hazards Program","Institut de physique du globe de Paris, observatoires volcanologiques de Martinique, de Guadeloupe et de La Réunion","Brown S.K. et al., Global volcanic hazard and risk, Cambridge University Press, 2015"],"corps":"::Le 8 mai 1902, la montagne Pelée a tué presque toute la ville de Saint-Pierre, en Martinique, environ 28 000 personnes, en quelques minutes. L'un des rares survivants était un prisonnier, protégé par les murs épais de son cachot. Environ 800 millions de personnes vivent aujourd'hui à moins de 100 km d'un volcan actif.::\n\n## Deux familles\n\n- **Les volcans effusifs** laissent couler la lave : spectaculaires, lents, rarement meurtriers. Le Piton de la Fournaise, à La Réunion, est l'un des plus actifs du monde.\n- **Les volcans explosifs** accumulent la pression puis explosent : Vésuve, montagne Pelée, Pinatubo. Ce sont eux qui tuent.\n\n## Ce qui tue\n\n- **Les nuées ardentes** : un nuage de gaz et de cendres à plusieurs centaines de degrés qui dévale les pentes à plus de 100 km/h. On ne les fuit pas, on part avant.\n- **Les lahars** : des coulées de boue de cendres et d'eau qui suivent les vallées, parfois des heures après l'éruption. En 1985, en Colombie, un lahar a enseveli la ville d'Armero : plus de 20 000 morts.\n- **Les cendres** : du verre broyé. Elles abîment les poumons, les yeux, les moteurs, et **effondrent les toits** quand elles s'accumulent mouillées.\n- **Les gaz** : le gaz carbonique, plus lourd que l'air, s'accumule dans les creux et étouffe sans odeur.\n\n## Si ça arrive\n\n- **Suivre les ordres d'évacuation** sans discuter : les observatoires surveillent les volcans et préviennent souvent des jours à l'avance.\n- **Sous les cendres** : rester à l'intérieur, fenêtres fermées, masque FFP2 ou linge humide, lunettes. Dégager les toits plats avant que la couche ne s'épaississe, avec prudence.\n- **Pas de voiture** : les cendres glissent comme du verglas et bouchent les filtres.\n- **Loin des vallées** et des lits de rivière, à cause des lahars.\n\n## En France\n\nLes volcans d'Auvergne dorment : le dernier réveil, celui du lac Pavin, date d'il y a près de 7 000 ans. Les volcans actifs sont outre-mer : Piton de la Fournaise, montagne Pelée, Soufrière de Guadeloupe, tous surveillés en permanence.\n\n## Le paradoxe\n\nLes cendres donnent parmi les sols les plus fertiles du monde. C'est pour ça qu'on vit au pied des volcans. Voir [[TEC-SOL-001]].\n\nLes séismes, qui les accompagnent souvent : [[TEC-TER-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-004","titre":"Les inondations et les crues","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["inondation","crue","crue eclair","submersion","vigicrues","ruissellement","nappe","eau"],"sources":["Ministère de la Transition écologique, Vigicrues et georisques.gouv.fr : le risque inondation","Météo-France, épisodes méditerranéens (cévenols)","National Weather Service (États-Unis), Turn Around Don't Drown"],"corps":"::L'inondation est la catastrophe naturelle la plus fréquente en France, et la plupart de ses victimes meurent dans leur voiture. Trente centimètres d'eau qui coule suffisent à emporter un véhicule.::\n\n## Les types d'inondations\n\n- **La crue lente de plaine** : un grand fleuve qui monte sur des jours, comme la Seine en 1910. On la voit venir ; elle dure longtemps et abîme tout.\n- **La crue éclair** (torrentielle) : un orage violent sur des pentes, et une petite rivière devient un torrent en une heure, parfois sous un ciel redevenu bleu. C'est la plus meurtrière. Les épisodes méditerranéens (cévenols) d'automne en sont la forme française : **Vaison-la-Romaine en 1992**, des dizaines de morts.\n- **La submersion marine** : une tempête et une grande marée poussent la mer sur les côtes basses. **Xynthia, en 2010**, a noyé des gens dans leur maison la nuit en Vendée.\n- **Le ruissellement urbain** : sur le béton, la pluie ne s'infiltre pas ; elle dévale les rues et remplit les sous-sols et les parkings en quelques minutes.\n- **La remontée de nappe** : l'eau monte par le sol, lentement, dans les caves.\n\n## Ce que fait l'eau\n\n- **15 cm d'eau qui coule** peuvent faire tomber un adulte.\n- **30 cm** peuvent soulever et emporter une voiture.\n- **L'eau de crue est sale** : égouts, carburant, produits chimiques, débris.\n- **L'eau trouble cache** les regards ouverts, les trous, la route effondrée.\n\n## Suivre et anticiper\n\n- **Vigicrues** (le service de vigilance des crues) et la vigilance de Météo-France donnent le niveau de risque par secteur : vert, jaune, orange, rouge.\n- **Les repères de crues** sur les murs et les ponts montent les hauteurs atteintes autrefois : l'eau est déjà venue là, elle reviendra.\n- **Savoir si l'on est en zone inondable** : les plans de prévention des risques en mairie, et georisques.gouv.fr.\n\n## Les leçons de chaque inondation\n\n- **Ne jamais s'engager en voiture sur une route inondée**, même peu profonde, même connue.\n- **Ne pas descendre au sous-sol** ni au parking chercher sa voiture quand l'eau monte.\n- **Monter à l'étage**, pas partir en pleine nuit sous l'orage.\n- **Après**, l'eau laisse la boue, la moisissure et les installations électriques noyées : on ne remet pas le courant avant vérification.\n\nQue faire face à l'inondation : [[URG-INO-001]]. Évacuer : [[SURV-CRI-004]].\n\nQuand les égouts refoulent : [[SURV-HYG-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-003","titre":"Les séismes","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["seisme","plaques tectoniques","faille","magnitude","ondes","repliques","construction parasismique"],"sources":["US Geological Survey, Earthquake Hazards Program : notions de base","BRGM et Plan séisme, zonage sismique de la France","Bolt B., Earthquakes, W. H. Freeman, 5e édition"],"corps":"::La Terre bouge de quelques centimètres par an, à peu près à la vitesse où poussent les ongles. Le long des failles, ce mouvement se bloque pendant des siècles, puis se rattrape en quelques secondes : c'est un séisme.::\n\n## D'où ils viennent\n\nLa surface de la Terre est découpée en **plaques** qui glissent lentement les unes contre les autres. Là où elles se touchent, les roches accrochent, accumulent de l'énergie comme un ressort qu'on tend, puis **cèdent d'un coup** le long d'une **faille**. L'énergie part en ondes dans toutes les directions.\n\n## Les ondes\n\n- **Les ondes P** arrivent en premier : elles compriment et étirent le sol, comme un choc sourd.\n- **Les ondes S** arrivent ensuite : elles secouent de côté, plus fort.\n- **Les ondes de surface** arrivent en dernier et font le plus de dégâts.\n\n**Le temps entre les deux premières secousses** donne la distance : environ **8 km par seconde d'écart**. Trois secondes entre le premier choc et la grosse secousse : le foyer est à environ 25 km.\n\n## Magnitude et intensité\n\n- **La magnitude** mesure l'énergie libérée à la source. **Chaque degré de plus libère environ 32 fois plus d'énergie** : un séisme de magnitude 7 libère environ mille fois plus qu'un séisme de magnitude 5.\n- **L'intensité** décrit ce qu'on ressent et les dégâts à un endroit donné (de I, imperceptible, à XII, destruction totale). Elle dépend de la distance, de la profondeur, du sol et des bâtiments.\n\n**Un sol meuble** (remblais, alluvions, anciens marais) **amplifie** les secousses ; gorgé d'eau, il peut se **liquéfier** et les immeubles s'y enfoncent.\n\n## Ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas\n\n- **On sait où** les séismes arriveront : le long des failles actives connues.\n- **On ne sait pas quand.** Aucune méthode ne prédit un séisme à la date près.\n- **Les répliques** suivent presque toujours un gros séisme, pendant des jours à des mois, de moins en moins fréquentes.\n- **L'alerte précoce** existe dans certains pays : des capteurs détectent les premières ondes et préviennent quelques secondes avant l'arrivée des plus fortes. Quelques secondes suffisent pour se mettre à l'abri ou arrêter un train.\n\n## En France\n\nLe risque est **fort aux Antilles**, **modéré** dans les Alpes, les Pyrénées, le fossé rhénan et la Provence, faible ailleurs. Le séisme de Lambesc, en Provence, a tué 46 personnes en 1909.\n\n## Ce qui sauve\n\n**Les bâtiments construits selon les règles parasismiques** : ils peuvent être abîmés, mais ne s'effondrent pas sur leurs occupants. Dans les grands séismes, ce ne sont pas les secousses qui tuent, ce sont les bâtiments qui tombent.\n\nQue faire pendant et après : [[SURV-CRI-002]]. Le tsunami qui peut suivre : [[SURV-CRI-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-002","titre":"La lutte contre les feux de forêt","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["feu de foret","pompiers","canadair","contre-feu","pare-feu","attaque","lisiere","secours"],"sources":["Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises, guide de doctrine opérationnelle « Feux de forêts et d'espaces naturels »","National Wildfire Coordinating Group (États-Unis), Incident Response Pocket Guide et principes LACES","Sécurité civile, présentation publique des moyens aériens (Canadair CL-415, Dash 8)","Entente pour la forêt méditerranéenne, Valabre, documentation de formation"],"corps":"::Un Canadair n'éteint pas un incendie. Il ralentit une tête de feu pour que les équipes au sol puissent la tenir. Un feu de forêt se gagne au sol, à la lance, à la pelle et au bulldozer, souvent la nuit.::\n\n## La doctrine française : frapper vite\n\nLa stratégie française repose sur **l'attaque massive des feux naissants** : pendant la saison à risque, des moyens sont prépositionnés et des avions patrouillent chargés d'eau, pour frapper chaque départ de feu dans les minutes qui suivent. **La grande majorité des feux est ainsi arrêtée avant d'avoir parcouru un hectare.** Un feu qui échappe à cette première attaque peut en revanche durer des jours.\n\n## Qui intervient\n\n- **Les sapeurs-pompiers** des services départementaux, en camions-citernes feux de forêt (CCF), groupés en colonnes.\n- **Les formations militaires de la Sécurité civile**, spécialisées dans les grands feux et les renforts.\n- **Les forestiers** (ONF, forestiers-sapeurs), qui connaissent le terrain, les pistes et les points d'eau.\n- **Les moyens aériens** : les **Canadair**, qui écopent environ 6 tonnes d'eau en une douzaine de secondes en rasant la mer ou un lac, les avions **Dash 8**, qui larguent un retardant rouge, et des hélicoptères bombardiers d'eau.\n\n## L'attaque directe\n\nQuand le feu est encore petit ou calme, on l'attaque **sur sa lisière**, là où les flammes touchent la végétation : eau des lances, battes à feu, pelles, terre jetée. **Toujours en partant d'un point sûr**, une route, un rocher, une zone déjà brûlée, qu'on appelle **le point d'ancrage**, et en remontant les **flancs** vers la tête. On n'attaque jamais une tête de feu violente de face.\n\n## L'attaque indirecte\n\nQuand le feu est trop fort, on travaille **devant lui**, à distance :\n\n- **La ligne d'appui** : une bande où l'on retire tout le combustible jusqu'au sol, au bulldozer ou à l'outil à main, en s'appuyant sur une route ou une piste.\n- **Le retardant** largué par avion : un produit à base de sels d'ammonium qui imprègne la végétation et ralentit la combustion, même après que l'eau s'est évaporée.\n- **Le feu tactique**, ou contre-feu : allumer volontairement, depuis une ligne d'appui, un feu qui brûle la végétation **vers** l'incendie. Quand le front arrive, il ne trouve plus rien à brûler. C'est une technique puissante et dangereuse, réservée à des personnels formés et à des conditions précises de vent.\n\n## La nuit et le « noyage »\n\n- **La nuit, le feu se calme** : l'air se rafraîchit et s'humidifie, le vent tombe souvent. C'est là que les équipes au sol gagnent le plus de terrain, pendant que les avions ne volent pas.\n- **Un feu fixé n'est pas éteint.** Il faut **noyer la lisière** : creuser, retourner, arroser chaque souche et chaque racine qui fume, sur des dizaines de mètres à l'intérieur de la zone brûlée. Un feu mal noyé repart le lendemain, avec le vent de l'après-midi.\n\n## La sécurité des équipes\n\nLes pompiers forestiers du monde entier appliquent la même règle, résumée aux États-Unis par l'acronyme **LACES** :\n\n- **Lookouts** : des guetteurs qui voient le feu évoluer ;\n- **Anchor points** : un point d'ancrage sûr ;\n- **Communications** : une radio qui marche ;\n- **Escape routes** : des itinéraires de fuite repérés ;\n- **Safety zones** : des zones de sécurité où se réfugier, souvent une zone déjà brûlée.\n\nLa consigne la plus ancienne des équipes au sol tient en une image : **garder un pied dans le noir**, c'est-à-dire rester au bord de la zone déjà brûlée, où le feu ne peut plus revenir.\n\n## Ce que savent les anciens\n\n- **Le feu change en début d'après-midi** : c'est l'heure la plus chaude, la plus sèche, souvent la plus venteuse. Beaucoup de drames arrivent entre 14 h et 17 h.\n- **Une accalmie soudaine est suspecte** : le vent peut tourner et transformer un flanc tranquille en tête de feu.\n- **Les goulets, les ravins étroits et les cols** agissent comme des cheminées : le feu y accélère brutalement. On ne s'y engage pas au-dessus d'un feu.\n- **Les avions ne volent ni la nuit ni dans une fumée trop dense**, et un vent trop fort les cloue au sol : les jours les plus dangereux sont souvent ceux où ils aident le moins.\n\nPour le phénomène lui-même : [[TEC-TER-001]]. Pour ce que peut faire un particulier : [[URG-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-TER-001","titre":"Les feux de forêt","axe":2,"categorie":"Terre et Climat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["feu de foret","incendie","vent","pente","secheresse","debroussaillement","climat","fumee"],"sources":["European Forest Fire Information System (EFFIS), rapports annuels","Ministère de l'Agriculture, base de données Prométhée et BDIFF sur les incendies de forêt en France","Pyne S., Fire: A Brief History, University of Washington Press","Rothermel R., How to Predict the Spread and Intensity of Forest and Range Fires, US Forest Service, 1983","Code forestier, articles L131-10 et L134-6 (obligations légales de débroussaillement)"],"corps":"::Un feu de forêt n'est pas un grand feu de camp. C'est un phénomène météorologique qui marche au rythme du vent, monte les pentes en courant, et lance ses braises des centaines de mètres devant lui.::\n\n## Les trois ingrédients, puis les trois accélérateurs\n\nTout feu a besoin de **combustible, de chaleur et d'oxygène**. Un feu de forêt ajoute trois facteurs qui décident de sa vitesse et de sa violence :\n\n- **Le combustible** : sa quantité, sa sécheresse, sa continuité. Herbes sèches, aiguilles de pin, broussailles, écorces, et les pins résineux qui brûlent comme des torches.\n- **La météo** : le vent pousse les flammes et apporte l'oxygène ; la chaleur et la sécheresse de l'air assèchent tout. Dans le sud de la France, les pompiers parlent de la **règle des trois 30** : plus de 30 °C, moins de 30 % d'humidité, plus de 30 km/h de vent, et le risque devient extrême.\n- **Le relief** : **un feu monte une pente beaucoup plus vite qu'il ne la descend**, parce que les flammes préchauffent la végétation au-dessus d'elles. On retient souvent que sa vitesse double à chaque dizaine de degrés de pente.\n\n## Les trois étages du feu\n\n- **Le feu de sol** couve dans l'humus et la tourbe, sans flamme visible, parfois pendant des semaines, et ressort plus loin.\n- **Le feu de surface** court dans les herbes, les aiguilles et les broussailles. C'est le plus fréquent.\n- **Le feu de cimes** saute d'arbre en arbre par le haut. C'est le plus rapide et le plus violent, et on ne l'arrête plus par le sol.\n\n## L'anatomie d'un incendie\n\n- **La tête**, qui avance dans le sens du vent : la partie la plus dangereuse.\n- **Les flancs**, sur les côtés, plus calmes.\n- **L'arrière**, qui progresse lentement contre le vent.\n- **Les sautes de feu** : des braises et des écorces enflammées, portées par le vent et les colonnes de fumée, allument de nouveaux foyers loin devant. Par grand vent, des centaines de mètres, parfois plusieurs kilomètres.\n\nUn feu d'herbes poussé par un vent fort peut avancer à plus de 10 km/h, plus vite qu'un homme qui court sur un terrain accidenté. Un très gros incendie peut créer **son propre nuage d'orage**, un pyrocumulonimbus, qui lance des éclairs et des vents imprévisibles.\n\n## D'où ils viennent\n\nEn France, **environ neuf feux sur dix sont d'origine humaine** : imprudences (mégots, barbecues, travaux, brûlages de jardin), accidents (lignes électriques, étincelles de machines, de trains), et malveillance. La foudre en allume une petite part, souvent dans les zones de montagne.\n\n## Ce qu'ils représentent\n\n- La France brûle en moyenne quelques dizaines de milliers d'hectares par an ; **plus de 70 000 hectares en 2022**, dont environ 30 000 en Gironde, loin des zones méditerranéennes où on les attendait.\n- L'Australie a perdu environ **20 millions d'hectares** pendant l'été 2019-2020.\n- Le Canada a battu son record en 2023, avec **plus de 15 millions d'hectares** brûlés.\n\nLe climat plus chaud allonge la saison des feux, et les feux montent vers le nord et en altitude.\n\n## La forêt et le feu\n\nCertaines forêts ont besoin du feu : des pins ne libèrent leurs graines que dans la chaleur d'un incendie, et le feu naturel nettoie les sous-bois. Le problème vient de la combinaison moderne : **forêts denses et non entretenues, maisons construites au milieu, sécheresses plus longues**.\n\n## Ce qui protège vraiment\n\n- **Le débroussaillement** : en France, dans les zones à risque, la loi oblige les propriétaires à débroussailler **50 mètres autour des constructions**, et 10 mètres de part et d'autre des chemins d'accès. Une maison entourée d'un espace débroussaillé est défendable ; une maison noyée dans les pins ne l'est pas.\n- **Les coupures de combustible** : pare-feu, vignes, champs, pistes, qui cassent la continuité de la végétation.\n- **Les pistes d'accès** pour les secours, avec des points d'eau.\n\n## La fumée\n\nLa fumée des incendies contient des particules fines qui descendent profondément dans les poumons. Elle voyage sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Les jours de fumée, un masque filtrant de type FFP2 protège bien mieux qu'un masque chirurgical, voir [[TEC-SAN-006]].\n\nQue font les pompiers : [[TEC-TER-002]]. Que faire soi-même face au feu : [[URG-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SOLR-001","titre":"Le solaire photovoltaïque, du panneau à la prise","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","solaire","energie","autonomie"],"sources":["IEA Photovoltaic Power Systems Programme — technical reports","Sandia National Laboratories — Photovoltaic Systems Handbook","IEC 61215 — qualification des modules photovoltaïques"],"corps":"::Un panneau solaire ne produit pas de l'électricité quand il fait chaud. Il en produit quand il reçoit de la lumière, et il en produit moins quand il chauffe.::\n\n## La chaîne complète\n\nQuatre éléments, et chacun peut être le maillon qui limite tout.\n\n**Le panneau** transforme la lumière en courant continu. Sa puissance affichée en watts-crête correspond à des conditions de laboratoire qu'on n'atteint presque jamais en conditions réelles.\n\n**Le régulateur** est indispensable dès qu'il y a une batterie. Un panneau branché directement sur une batterie la détruit, soit par surcharge, soit par décharge nocturne dans le panneau. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse.\n\n**La batterie** stocke, parce que la production a lieu quand le soleil est là et la consommation quand il n'y est plus. C'est presque toujours l'élément le plus cher et le plus fragile de l'installation.\n\n**L'onduleur** convertit le continu en alternatif, uniquement si vous devez alimenter des appareils qui l'exigent. Chaque conversion coûte de l'énergie : un appareil qui fonctionne directement en continu doit y rester.\n\n## Ce qui détermine la production réelle\n\n**L'orientation et l'inclinaison.** Face à l'équateur, incliné approximativement de la valeur de votre latitude. Un écart modéré coûte peu ; une orientation franchement mauvaise coûte beaucoup.\n\n**L'ombre, et c'est ici que se trouve le piège majeur.** Dans un panneau classique, les cellules sont en série. Une seule cellule ombrée limite le courant de toute la chaîne, comme un tuyau pincé. **Une ombre portée sur un dixième de la surface peut faire chuter la production de bien plus qu'un dixième.** Une branche, un mât, un fil électrique, une cheminée suffisent. C'est le premier point à vérifier avant tout calcul.\n\n**La saleté.** Poussière, sable, fientes, pollen. Un nettoyage à l'eau claire restitue une part appréciable de la production perdue.\n\n**La température, à contre-courant de l'intuition.** Le rendement d'une cellule silicium **diminue quand elle chauffe**. Un panneau ventilé par l'arrière produit davantage qu'un panneau plaqué sur une surface qui accumule la chaleur. Une journée froide et lumineuse est meilleure qu'une journée caniculaire.\n\n**La saison.** Sous nos latitudes, l'écart entre production estivale et hivernale est considérable. Dimensionner sur la moyenne annuelle garantit de manquer d'énergie l'hiver, précisément quand les besoins d'éclairage et de chauffage augmentent. **On dimensionne sur le mois le plus défavorable.**\n\n## Le calcul qui décide de tout\n\nLe même que dans [[TEC-ENE-001]] : additionnez ce que vous consommez par jour en wattheures, comparez à ce que vous pouvez produire et stocker.\n\nDeux corrections indispensables. Les pertes de la chaîne complète — câbles, régulateur, rendement de charge et de décharge, conversion — sont loin d'être négligeables et se cumulent. Et une batterie ne se vide jamais entièrement : sa capacité réellement utilisable est nettement inférieure à sa capacité affichée, sauf à la détruire prématurément.\n\n## Dimensionner et installer\n\n1. **Mesurez avant d'acheter.** Listez vos usages réels, leur puissance et leur durée quotidienne. Presque toutes les installations décevantes viennent d'un besoin sous-estimé.\n2. **Réduisez le besoin avant d'augmenter la production.** Diviser une consommation par deux coûte toujours moins cher que doubler une production.\n3. **Vérifiez les ombres sur une journée entière**, pas à un seul moment. L'ombre de midi en juin n'a rien à voir avec celle de dix heures en décembre.\n4. **Installez le régulateur entre le panneau et la batterie**, jamais l'inverse, et respectez la polarité — une inversion détruit l'électronique instantanément.\n5. **Protégez chaque branche par un fusible adapté**, au plus près de la batterie. Une batterie court-circuitée délivre un courant énorme et provoque un incendie en quelques secondes.\n6. **Ventilez l'arrière des panneaux** et le local des batteries.\n\n**Sécurité.** Un panneau exposé à la lumière est sous tension en permanence : il n'y a pas d'interrupteur naturel. On le couvre d'un tissu opaque avant d'intervenir. Une batterie au plomb en charge dégage de l'hydrogène, inflammable et explosif en espace confiné : ventilation obligatoire, aucune flamme ni étincelle à proximité.\n\n## Selon le matériel disponible\n\n**Vous récupérez du matériel.** Les panneaux de signalisation routière, d'éclairage urbain et de mobilier de jardin sont partout et fonctionnent immédiatement. Vérifiez l'absence de fissure dans le verre : un panneau fissuré laisse entrer l'humidité et perd sa puissance progressivement, sans que rien ne se voie au premier essai.\n\n**Vous n'avez pas de régulateur.** Une charge très petite au regard de la capacité de la batterie peut être tolérée un temps sous surveillance, mais c'est un pis-aller. Le régulateur est la pièce à trouver en priorité, avant même un panneau supplémentaire.\n\n**Vous choisissez une batterie.** Le plomb pardonne l'absence d'électronique de gestion et se recharge avec des moyens rudimentaires. Le lithium stocke bien plus pour le même poids mais exige une gestion précise sous peine d'incendie. Ce compromis est détaillé dans [[TEC-ENE-001]].\n\n**Vous voulez le maximum avec le minimum.** Alimentez directement en courant continu, à la tension de votre batterie, des appareils prévus pour. Vous supprimez l'onduleur, ses pertes et sa panne possible.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SOL-001","titre":"Lire un sol","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sol","agriculture","botanique","eau"],"sources":["FAO — Guidelines for soil description, 4e édition","INRAE — Référentiel pédologique","USDA — Soil texture by feel analysis"],"corps":"::Un sol se lit avec les mains en trois minutes. Cette lecture décide de ce qui poussera, de ce qui tiendra debout, et de l'endroit où l'eau se trouve.::\n\nUn sol est un mélange de trois tailles de particules, et tout découle de leurs proportions.\n\n**Le sable** est grossier. L'eau le traverse vite, l'air y circule, il ne retient presque rien. Un sol sableux est sec, pauvre, se réchauffe tôt au printemps, et se travaille facilement.\n\n**L'argile** est extrêmement fine. Ses particules retiennent l'eau et les éléments nutritifs par attraction de surface. Un sol argileux est riche mais lourd : gorgé d'eau il devient collant et asphyxiant pour les racines, sec il durcit et se fend.\n\n**Le limon** est intermédiaire. Il donne du moelleux et une bonne rétention d'eau, mais forme facilement une croûte en surface sous l'effet de la pluie.\n\nLe bon sol agricole n'est aucun des trois à l'état pur : c'est un équilibre des trois, structuré par la matière organique.\n\n![Les trois tailles de particules](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMTkyIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjE5MiI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIxOTIiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5Ucm9pcyB0YWlsbGVzIGRlIHBhcnRpY3VsZXMsIGV0IHRvdXQgZW4gZMOpY291bGU8L3RleHQ+PHJlY3QgeD0iNDAiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iMTUwIiBoZWlnaHQ9Ijg4IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjQTk2NjBGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjU4IiBjeT0iNzAiIHI9IjkiIGZpbGw9IiNBOTY2MEYiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iODEiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIxMDUiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIxMjgiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIxNTIiIGN5PSI3MCIgcj0iOSIgZmlsbD0iI0E5NjYwRiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48dGV4dCB4PSIxMTUiIHk9IjEwNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTMiIGZpbGw9IiNBOTY2MEYiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPlNhYmxlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjExNSIgeT0iMTIyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5ncm9zc2llcjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIxMTUiIHk9IjE1MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmwnZWF1IHRyYXZlcnNlLCBuZSByZXRpZW50IHJpZW48L3RleHQ+PHJlY3QgeD0iMjA1IiB5PSI0NCIgd2lkdGg9IjE1MCIgaGVpZ2h0PSI4OCIgcng9IjgiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iIzJDNkU0OSIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyMjMiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyMzYiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyNDkiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyNjIiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyNzUiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIyODgiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzMDEiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzMTQiIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzMjciIGN5PSI3MCIgcj0iNSIgZmlsbD0iIzJDNkU0OSIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjEwNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTMiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkxpbW9uPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTIyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5pbnRlcm3DqWRpYWlyZTwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjE1MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPnJldGllbnQgbCdlYXUsIGZhaXQgY3Jvw7t0ZTwvdGV4dD48cmVjdCB4PSIzNzAiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iMTUwIiBoZWlnaHQ9Ijg4IiByeD0iOCIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjMjg2MDdGIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjM4OCIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iMzk0IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSIzOTkiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQwNSIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDExIiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0MTciIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQyMiIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDI4IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0MzQiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQzOSIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDQ1IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0NTEiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQ1NyIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDYyIiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0NjgiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQ3NCIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDgwIiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0ODUiIGN5PSI3MCIgcj0iMi4yIiBmaWxsPSIjMjg2MDdGIiBvcGFjaXR5PSIuNSIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjQ5MSIgY3k9IjcwIiByPSIyLjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii41Ii8+PGNpcmNsZSBjeD0iNDk3IiBjeT0iNzAiIHI9IjIuMiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgb3BhY2l0eT0iLjUiLz48dGV4dCB4PSI0NDUiIHk9IjEwNCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTMiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkFyZ2lsZTwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI0NDUiIHk9IjEyMiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTAuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+dHLDqHMgZmluPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQ0NSIgeT0iMTUyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+cmV0aWVudCB0b3V0LCBhc3BoeXhpZSBldCBmZW5kPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMTc4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+VW4gYm9uIHNvbCBuJ2VzdCBhdWN1biBkZXMgdHJvaXMgOiBjJ2VzdCBsZXVyIMOpcXVpbGlicmUsIHN0cnVjdHVyw6kgcGFyIGxhIG1hdGnDqHJlIG9yZ2FuaXF1ZTwvdGV4dD48L3N2Zz4=)\n\n\n## Le rôle décisif de la matière organique\n\nElle ne se contente pas de nourrir. Elle **colle les particules en petits agrégats**, ce qui crée simultanément des pores fins qui retiennent l'eau et des pores larges qui laissent passer l'air et les racines. C'est la même contradiction résolue que dans l'isolation thermique décrite dans [[SURV-ABRI-001]] : ce qui compte n'est pas la matière, mais la structure qu'elle crée.\n\nUn sol riche en matière organique se reconnaît à sa couleur foncée, son odeur de sous-bois et sa capacité à s'émietter au lieu de se briser en blocs.\n\n## Ce que le sol dit de l'eau\n\nC'est l'usage le plus immédiat et le moins connu.\n\nUn sol argileux retient l'eau en surface : les mares, les sources de versant et les zones humides s'y forment. Un sol sableux ou caillouteux la laisse filer en profondeur : la surface est sèche même après la pluie.\n\nEn pratique, cela signifie qu'**on ne cherche pas l'eau au même endroit selon le sol**, et que le point où un sol perméable repose sur une couche imperméable est très exactement l'endroit où sortent les sources. La règle complète le repérage décrit dans [[URG-EAU-001]] et le choix d'emplacement d'un stockage enterré dans [[SURV-PLUIE-001]].\n\n## Ce que les plantes disent du sol\n\nCertaines plantes ne poussent que dans des conditions précises et signalent donc le sol sans qu'on le touche : un sol acide, calcaire, tassé, gorgé d'eau ou riche en azote portent des cortèges végétaux différents. C'est une lecture rapide et fiable **à condition de raisonner sur un peuplement, jamais sur un individu isolé** — même précaution que pour l'identification décrite dans [[TEC-BOT-001]].\n\n## Les tests de terrain\n\n**Le test au toucher, trois minutes, sans matériel.**\n\n1. **Prélevez** une poignée à vingt centimètres de profondeur, pas en surface.\n2. **Retirez** cailloux et racines, humidifiez progressivement jusqu'à une consistance de pâte, sans excès d'eau.\n3. **Pressez dans la main.** La boule ne tient pas : sable dominant. Elle tient et se salit peu : équilibré. Elle tient et colle aux doigts : argile dominante.\n4. **Roulez un boudin** sur la paume. Impossible : sable. Court et cassant : équilibré. Long, fin et souple, pliable en anneau sans se rompre : argile dominante.\n5. **Frottez entre les doigts.** Ça crisse : sable. C'est doux comme de la farine : limon. C'est lisse et savonneux : argile.\n6. **Regardez la couleur et sentez.** Foncé et odorant : matière organique présente. Gris bleuté ou taches rouille : le sol est régulièrement gorgé d'eau et manque d'air.\n\n**La fosse, vingt minutes, décisive avant toute installation.** Creusez cinquante centimètres et regardez la coupe : l'épaisseur de la couche sombre de surface, la profondeur à laquelle la couleur change, la présence de cailloux ou d'une couche compacte. Cette coupe vous dit la profondeur exploitable par les racines et la profondeur de travail possible.\n\n## Selon l'usage prévu\n\n**Vous identifiez ce qui pousse là.** Le cortège végétal se lit avec la méthode de [[TEC-BOT-001]].\n\n**Vous semez.** Profondeur, température du sol et régularité de l'humidité décident de la levée : voir [[TEC-AGR-001]].\n\n**Vous élevez des animaux.** Le fumier restitue au sol ce que la récolte lui prend : voir [[TEC-ELE-001]].\n\n**Vous voulez cultiver.** Un sol trop sableux se corrige par apport de matière organique, qui lui donne de la rétention. Un sol trop argileux se corrige par la même chose, qui lui donne de la structure. C'est le seul amendement qui améliore les deux extrêmes, et sa fabrication relève de [[TEC-CONS-001]] par la même logique de fermentation.\n\n**Vous cherchez de l'eau.** Suivez les changements de végétation et de pente : une rupture nette dans le tapis végétal signale souvent un changement de sol, donc une possible venue d'eau.\n\n**Vous voulez construire.** Un sol argileux gonfle et se rétracte selon son humidité, ce qui fissure les fondations. Un sol sableux se tasse. Cette contrainte gouverne les choix décrits dans [[TEC-CON-001]].\n\n**Vous voulez enterrer quelque chose.** Un sol drainant préserve, un sol argileux gorgé d'eau détruit. Un contenant enterré dans une argile humide subit une pression et une corrosion bien supérieures à ce qu'on imagine.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-052","titre":"La réhydratation par la bouche","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rehydratation orale","sro","diarrhee","deshydratation","recette","zinc","enfants","perfusion","vomissements"],"sources":["Organisation mondiale de la santé et UNICEF, sels de réhydratation orale et zinc, déclaration conjointe, 2004","Organisation mondiale de la santé, The treatment of diarrhoea: a manual for physicians and other senior health workers, 2005","Water with sugar and salt, éditorial, The Lancet, 1978"],"corps":"::En 1978, la revue médicale The Lancet a qualifié un simple mélange d'eau, de sucre et de sel de progrès médical peut-être le plus important du siècle. La solution de réhydratation orale a sauvé des dizaines de millions de vies, surtout d'enfants, pendant les épidémies de choléra et de diarrhée. La plupart du temps, pas besoin de perfusion : il faut juste savoir boire comme il faut.::\n\n## La recette\n\n**Les sachets** de solution de réhydratation (en pharmacie, dans les trousses) sont les meilleurs : ils contiennent aussi du potassium. On en garde toujours.\n\n**Sinon, la recette de l'OMS** :\n\n- **1 litre** d'eau propre (bouillie puis refroidie) ;\n- **6 cuillères à café rases** de sucre ;\n- **une demi-cuillère à café rase** de sel.\n\nBien mélanger. **Pas plus de sel** : trop salée, elle aggrave la déshydratation. Elle se garde une journée.\n\n## Comment boire\n\n- **Par petites gorgées, souvent.** Un enfant qui vomit : **une cuillère à café toutes les une à deux minutes**. Le vomissement ne vide pas tout ; la plupart de ce qui est bu passe.\n- **Après chaque selle liquide** : un demi-verre pour un enfant de moins de 2 ans, un verre pour un enfant plus grand, autant qu'il veut pour un adulte.\n- **Continuer d'allaiter** et de manger dès que possible.\n- **Le zinc**, en comprimés, pendant 10 à 14 jours pour les enfants : la diarrhée dure moins longtemps.\n\n## Les signes de déshydratation\n\n- **Légère** : soif, bouche sèche, urines foncées et rares.\n- **Grave** : grande fatigue, yeux creux, pas de larmes, pli de la peau du ventre qui s'efface lentement, pas d'urine depuis des heures, bébé mou ou difficile à réveiller.\n\n## Quand il faut plus\n\n**La perfusion** est nécessaire quand la personne est en état de choc, inconsciente, ne peut pas boire, ou perd plus qu'elle ne boit. C'est un geste de soignant : on cherche une évacuation. Voir [[URG-SEC-010]].\n\n## Les erreurs\n\nLes sodas et les jus (trop de sucre, pas assez de sel), l'eau seule en grande quantité pour un enfant qui a une grosse diarrhée, et les médicaments qui bloquent la diarrhée chez l'enfant.\n\nLes diarrhées et le choléra : [[TEC-SAN-011]]. L'intoxication alimentaire : [[TEC-SAN-051]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-051","titre":"L'intoxication alimentaire","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["intoxication alimentaire","gastro","salmonelle","staphylocoque","norovirus","hygiene","cinq clefs","cuisinier","typhoid mary"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Cinq clefs pour des aliments plus sûrs, 2006","Santé publique France, toxi-infections alimentaires collectives","Leavitt J.W., Typhoid Mary: Captive to the Public's Health, Beacon Press, 1996"],"corps":"::Au début du XXe siècle, à New York, une cuisinière en parfaite santé, Mary Mallon, contamine à la typhoïde des dizaines de personnes dans les familles où elle travaille. Elle portait la bactérie sans être malade. Dans un abri ou un camp, un seul cuisinier qui a la diarrhée peut rendre malade tout le monde en un repas.::\n\n## Reconnaître\n\n- **Quelques heures après le repas** : vomissements brutaux, souvent une toxine (plats préparés restés tièdes, crèmes, riz cuit).\n- **Un à trois jours après** : diarrhée, fièvre, crampes (salmonelles, autres bactéries), souvent volailles, œufs, viande mal cuite.\n- **Plusieurs personnes malades** en même temps après le même repas : on garde les restes pour savoir.\n\n## Soigner\n\n- **Boire**, par petites gorgées, une solution de réhydratation. Voir [[TEC-SAN-011]].\n- **Manger léger** dès que ça va mieux.\n- **Pas de médicament qui bloque la diarrhée** s'il y a de la fièvre ou du sang.\n- **Consulter** : sang dans les selles, forte fièvre, signes de déshydratation, plus de trois jours, bébé, personne âgée, femme enceinte.\n- **Vision double, paupières qui tombent, difficulté à avaler** après une conserve : botulisme, urgence. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## Les cinq clefs de l'OMS\n\n1. **La propreté** : mains lavées avant de cuisiner et après les toilettes, plan de travail et ustensiles propres.\n2. **Séparer** le cru et le cuit : planches et couteaux différents.\n3. **Bien cuire**, surtout volaille, viande hachée, œufs, porc et gibier.\n4. **Garder à bonne température** : pas plus de deux heures à température ambiante, au froid ou très chaud.\n5. **Eau et produits sûrs.** Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## Dans un groupe\n\n- **Un cuisinier qui a la diarrhée, vomit ou a une plaie infectée aux mains ne cuisine pas.**\n- **Des toilettes loin de la cuisine**, du savon près des deux. Voir [[SURV-HYG-002]].\n- **Les restes** : refroidis vite, gardés au frais, réchauffés jusqu'à bouillir. Voir [[TEC-ALI-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-050","titre":"Entorses et foulures","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["entorse","foulure","cheville","genou","poignet","regles d'ottawa","glace","bandage","reeducation"],"sources":["Stiell I.G. et al., Decision rules for the use of radiography in acute ankle injuries, JAMA, 1993","Dubois B., Esculier J.-F., Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE, British Journal of Sports Medicine, 2020","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours"],"corps":"::Des urgentistes canadiens ont mis au point, en 1992, des règles simples pour savoir si une cheville tordue est cassée ou seulement foulée : ont-elles mal quand on appuie sur le bord arrière des os de la cheville ? peut-on faire quatre pas ? Ces règles ont évité des millions de radios inutiles, et elles marchent aussi loin de tout hôpital.::\n\n## Entorse ou fracture ?\n\n**Pour une cheville**, on soupçonne une fracture (et on immobilise comme telle) si :\n\n- on a mal en **appuyant sur le bord arrière ou la pointe** de l'un des deux os saillants de la cheville ;\n- ou on a mal en appuyant à la base de l'os sur le bord extérieur du pied ;\n- ou on **ne peut pas faire quatre pas**, même en boitant, juste après et au moment de l'examen.\n\nSinon, c'est très probablement une entorse. Voir [[URG-FRAC-001]] pour une fracture.\n\n## Les premiers jours\n\n- **Ménager** l'articulation : moins d'appui, une canne ou un bâton.\n- **Le froid** : de la glace dans un linge, 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour, jamais directement sur la peau.\n- **Un bandage** en huit, ferme mais pas serré. Voir [[TEC-SAN-028]].\n- **Surélever** la jambe dès qu'on s'assoit.\n\n## Ensuite, bouger\n\n- **Remettre en charge** progressivement dès que la douleur le permet : l'articulation guérit mieux en travaillant doucement qu'immobilisée longtemps.\n- **Des exercices d'équilibre** : tenir sur un pied, les yeux ouverts puis fermés, quelques minutes par jour. C'est ce qui évite la rechute.\n- **Une entorse grave** (craquement, gros gonflement immédiat, articulation qui se dérobe) demande un avis médical.\n\n## Sur le terrain\n\n- **Garder la chaussure** si on doit marcher : elle soutient et limite le gonflement.\n- **Un strapping** avec du ruban adhésif large, ou une attelle de fortune.\n- **Réduire la charge** du sac, raccourcir l'étape. Voir [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-049","titre":"Le mal de dos","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mal de dos","lombalgie","lumbago","mouvement","repos au lit","sciatique","signes d'alerte","porter"],"sources":["Haute Autorité de santé, prise en charge du patient présentant une lombalgie commune, 2019","Assurance Maladie, campagne « Mal de dos ? Le bon traitement, c'est le mouvement », 2017","Organisation mondiale de la santé, lombalgie, principaux repères, 2023"],"corps":"::Quatre personnes sur cinq auront mal au dos au moins une fois dans leur vie. Pendant des décennies, on prescrivait le repos au lit. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse : le dos guérit plus vite en bougeant. La plupart des lumbagos passent en quelques jours à quelques semaines.::\n\n## Le lumbago ordinaire\n\n- **Une douleur** dans le bas du dos, souvent après un effort, un faux mouvement, ou sans raison.\n- **Elle fait peur**, mais elle n'est presque jamais grave.\n\n## Ce qui aide\n\n- **Rester actif** : marcher, faire ses tâches en douceur, éviter seulement ce qui fait vraiment mal. **Le repos au lit prolongé** aggrave et fait durer.\n- **La chaleur** : bouillotte, bain chaud.\n- **Un antidouleur** quelques jours, aux bonnes doses. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **Reprendre** progressivement les efforts.\n\n## Les signes d'alerte : consulter vite\n\n- **Perte de contrôle** des urines ou des selles, **engourdissement entre les cuisses** : urgence, le 15.\n- **Faiblesse d'une jambe** qui s'installe, pied qui tombe.\n- **Fièvre** avec le mal de dos. Voir [[TEC-SAN-047]].\n- **Après une chute** ou un choc violent. Voir [[URG-SEC-011]].\n- **Un premier mal de dos** après 50 ans, un amaigrissement inexpliqué, une douleur qui ne se calme jamais, même la nuit.\n\n## La sciatique\n\nUne douleur qui descend dans la fesse et la jambe, parfois jusqu'au pied. Le plus souvent, elle passe aussi en quelques semaines avec le même traitement : bouger, soulager.\n\n## Prévenir\n\n- **Porter** les charges près du corps, jambes fléchies, dos droit, sans tourner. Voir [[TEC-MEC-018]].\n- **Renforcer** le ventre et le dos. Voir [[TEC-CUL-006]].\n- **Changer de position** souvent : ni assis ni penché des heures durant.\n- **Le sac** : bien réglé, les charges lourdes contre le dos. Voir [[SURV-DEP-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-048","titre":"Les infections de la peau","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["peau","impetigo","abces","furoncle","erysipele","mycoses","pied d'athlete","rougeur qui s'etend","stylo"],"sources":["Haute Autorité de santé et SPILF, prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes, 2019","Société française de dermatologie, fiches patients","Organisation mondiale de la santé, maladies tropicales négligées de la peau"],"corps":"::Un vieux truc de médecin de campagne : quand une rougeur apparaît autour d'une plaie, on en trace le bord au stylo. Si le lendemain elle a dépassé le trait, l'infection gagne et il faut un antibiotique. Dans les camps, les abris et les longues marches, la peau est la première à lâcher.::\n\n## Les plus courantes\n\n- **L'impétigo** : surtout chez les enfants, des croûtes couleur de miel autour du nez et de la bouche. Très contagieux. Laver à l'eau et au savon, couper les ongles, et souvent une pommade antibiotique.\n- **Le furoncle et l'abcès** : une boule rouge, chaude, douloureuse, qui fait du pus. Des compresses chaudes plusieurs fois par jour aident à le mûrir. **Un gros abcès** doit être incisé par un soignant.\n- **L'érysipèle** : une grande plaque rouge, chaude, gonflée, souvent sur une jambe, **avec fièvre**. Urgence d'antibiotiques.\n- **Les mycoses** : entre les orteils (le pied d'athlète), dans les plis, en ronds sur la peau. Garder sec, crème antifongique.\n- **La gale** : [[TEC-SAN-021]].\n\n## Les règles\n\n- **Ne jamais presser un bouton** ou un furoncle sur le visage entre le nez et la lèvre : l'infection peut remonter vers le cerveau.\n- **Tracer au stylo** le bord d'une rougeur, et regarder chaque jour.\n- **Fièvre, traînée rouge qui remonte**, rougeur qui s'étend vite : consulter. Voir [[TEC-SAN-028]].\n\n## Prévenir\n\n- **Se laver**, même avec peu d'eau. Voir [[SURV-HYG-001]].\n- **Des pieds secs** : chaussettes changées, chaussures qui sèchent. Voir [[SURV-DEP-003]].\n- **Chaque petite plaie** lavée et couverte, surtout dans la chaleur humide. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Pas de serviettes partagées.**\n\n## Chez les diabétiques\n\nUne plaie du pied, même petite et indolore, se regarde chaque jour : elle peut s'infecter sans faire mal. Voir [[TEC-SAN-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-047","titre":"L'infection urinaire","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["infection urinaire","cystite","pyelonephrite","bandelette urinaire","antibiotique","canneberge","personne agee","grossesse"],"sources":["SPILF, recommandations sur les infections urinaires communautaires de l'adulte","Williams G. et al., Cranberries for preventing urinary tract infections, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2023","Ministère de la Santé, délivrance d'antibiotiques par le pharmacien après test pour la cystite, 2024"],"corps":"::Environ une femme sur deux aura au moins une infection urinaire dans sa vie. Le plus souvent, c'est une cystite, désagréable mais simple à soigner. Mais une fièvre avec une douleur dans le dos, c'est l'infection qui monte au rein, et ça ne se traite plus avec de l'eau et de la patience.::\n\n## Reconnaître\n\n**La cystite** (la vessie)\n- Brûlures en urinant, envies fréquentes et pressantes, urines troubles ou qui sentent fort, parfois du sang.\n- Pas de fièvre.\n\n**La pyélonéphrite** (le rein)\n- **Fièvre**, frissons, **douleur dans le bas du dos ou sur le côté**, parfois vomissements.\n- **Consulter le jour même** : il faut des antibiotiques adaptés.\n\n**Chez la personne âgée**, une infection urinaire peut ne se montrer que par une **confusion** soudaine ou des chutes. Voir [[TEC-SAN-025]].\n\n## Soigner\n\n- **Une bandelette urinaire** (en pharmacie) détecte l'infection en deux minutes.\n- **La cystite simple de la femme** se soigne souvent avec une seule prise d'antibiotique. En France, le pharmacien peut désormais faire le test et délivrer ce traitement sans ordonnance.\n- **Boire beaucoup** d'eau.\n- **Toujours consulter** pour un homme, un enfant, une femme enceinte, une personne diabétique, une fièvre, ou des infections qui reviennent.\n\n## Prévenir\n\n- **Boire** suffisamment.\n- **Ne pas se retenir** d'uriner, et uriner après les rapports.\n- **S'essuyer d'avant en arrière.**\n- **La canneberge** (cranberry) réduit un peu les récidives chez les femmes qui en font souvent, d'après les études récentes.\n\n## En crise\n\nLe manque d'eau, de toilettes et d'hygiène fait exploser les infections urinaires. Boire, avoir accès à des toilettes propres, se laver avec peu d'eau. Voir [[SURV-HYG-001]] et [[SURV-HYG-003]].\n\nLes antibiotiques : [[TEC-SAN-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-046","titre":"Les vers intestinaux","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["vers intestinaux","oxyures","ascaris","ankylostomes","tenia","vermifuge","hygiene des mains","chaussures","latrines"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, géohelminthiases, principaux repères","Haute Autorité de santé, traitement de l'oxyurose","CDC, Parasites : ankylostomes et transmission par la peau"],"corps":"::Environ un humain sur quatre porte des vers intestinaux, selon l'OMS : surtout des enfants, surtout là où les toilettes manquent. Certains entrent par la bouche avec des mains sales, d'autres directement par la peau des pieds nus. Ils volent la nourriture, le fer et la croissance des enfants, et se soignent avec un comprimé.::\n\n## Les plus courants\n\n- **Les oxyures** : de petits vers blancs, très fréquents chez les enfants même en France. **Démangeaisons des fesses la nuit**, sommeil agité. Ils se transmettent par les mains et les ongles.\n- **Les ascaris** : de gros vers ronds, attrapés en avalant des œufs présents dans la terre souillée, les légumes mal lavés.\n- **Les ankylostomes** : leurs larves **traversent la peau** des pieds nus dans la terre humide souillée, puis sucent le sang dans l'intestin. Anémie, fatigue.\n- **Le ténia** : un ver plat, attrapé en mangeant de la viande de bœuf ou de porc crue ou mal cuite.\n\n## Soigner\n\n- **Des vermifuges** simples existent en pharmacie ; certains en une seule prise.\n- **Les oxyures** : **toute la famille** en même temps, et une deuxième prise deux à trois semaines après, pour les vers sortis des œufs.\n- **Changer et laver** draps, pyjamas, serviettes le jour du traitement.\n\n## Prévenir\n\n- **Se laver les mains** au savon après les toilettes et avant de manger. Voir [[TEC-SAN-004]].\n- **Les ongles courts**, surtout chez les enfants.\n- **Des chaussures** dans la terre, là où l'assainissement manque.\n- **Des latrines** loin des points d'eau et des cultures. Voir [[SURV-HYG-002]].\n- **Laver ou cuire** les légumes, surtout ceux fertilisés avec des excréments. Voir [[TEC-AGR-017]].\n- **Cuire la viande à cœur.** Voir [[TEC-MET-012]].\n\n## En crise\n\nDans les camps et les abris surpeuplés, les vers se répandent vite : un vermifuge pour tous les enfants deux fois par an est une mesure de santé publique recommandée dans les régions touchées. Voir [[SURV-CRI-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-045","titre":"Toux, rhume, grippe, pneumonie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["toux","rhume","grippe","pneumonie","respiration rapide","enfants","antibiotiques","miel","contagion"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Pneumonia in children, principaux repères","OMS et UNICEF, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (comptage de la fréquence respiratoire)","ANSM, contre-indication des mucolytiques chez le nourrisson de moins de deux ans, 2010"],"corps":"::La pneumonie est la première cause infectieuse de mort des enfants de moins de cinq ans dans le monde. Pourtant, pour la repérer, les agents de santé des villages n'ont souvent qu'une montre : ils comptent les respirations de l'enfant pendant une minute. Un rhume passe tout seul ; une pneumonie, non.::\n\n## Faire la différence\n\n- **Le rhume** : nez qui coule, gorge qui gratte, un peu de fièvre. Une semaine à dix jours. Aucun antibiotique ne sert.\n- **La grippe** : fièvre brutale et forte, courbatures, épuisement. Une à deux semaines. Un vaccin chaque automne pour les fragiles.\n- **La bronchite** : une toux qui traîne des semaines, en général virale.\n- **La pneumonie** : fièvre, toux, **respiration rapide**, douleur dans la poitrine en respirant, essoufflement, grande fatigue. Il faut des antibiotiques. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\n## Compter les respirations d'un enfant\n\nL'enfant calme, on compte les mouvements du ventre pendant **une minute entière**. C'est trop rapide :\n\n- **50 ou plus** entre 2 mois et 1 an ;\n- **40 ou plus** entre 1 et 5 ans.\n\n**La peau qui se creuse sous les côtes** à chaque inspiration, des lèvres bleues, un enfant qui ne boit plus : urgence.\n\n## Soigner à la maison\n\n- **Repos, boisson, air humide.**\n- **Le miel** calme la toux, **mais jamais avant un an**. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Le paracétamol** contre la fièvre et les douleurs. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **Pas de sirops** contre la toux chez les petits enfants sans avis médical.\n- **Se laver le nez** à l'eau salée.\n\n## Ne pas le passer aux autres\n\n- **Tousser dans son coude**, se laver les mains, aérer.\n- **Un masque** pour le malade près des personnes fragiles.\n- **Dormir à part** si on peut, dans un abri partagé.\n\n## Consulter\n\nEssoufflement, douleur dans la poitrine, fièvre qui dure plus de trois jours ou revient, crachats sanglants, toux de plus de trois semaines (voir [[TEC-SAN-040]]), personne âgée ou fragile. La fièvre : [[TEC-SAN-044]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-044","titre":"La fièvre","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fievre","temperature","enfant","nourrisson","convulsion febrile","purpura","test du verre","meningite","hydratation"],"sources":["Haute Autorité de santé, prise en charge de la fièvre chez l'enfant, 2016","Santé publique France, purpura fulminans et test du verre","Organisation mondiale de la santé, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant"],"corps":"::La fièvre n'est pas une maladie : c'est le corps qui se défend. Ce qu'on soigne, c'est l'inconfort, pas le chiffre du thermomètre. Mais une petite tache violette qui ne s'efface pas quand on appuie dessus un verre, chez un enfant fiévreux, c'est une course contre la montre de quelques heures.::\n\n## Ce qui est normal\n\n- **La fièvre** commence à 38 °C.\n- **Elle aide** le corps à combattre les microbes.\n- **Un enfant fiévreux** qui joue entre deux pics, boit et reste réactif va en général bien.\n\n## Soulager\n\n- **Boire** souvent, par petites quantités : la fièvre déshydrate.\n- **Découvrir** : vêtements légers, pièce pas trop chaude.\n- **Le paracétamol** si l'inconfort est net, aux bonnes doses. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **Jamais de bain froid**, de glace, ni de frictions à l'alcool : dangereux, et inutile.\n\n## Mesurer\n\nAu thermomètre, dans les fesses pour les bébés, sous la langue ou sous le bras pour les plus grands (ajouter un demi-degré sous le bras).\n\n## Les signes qui n'attendent pas : le 15\n\n- **Une tache violette ou rouge foncé** sur la peau **qui ne s'efface pas** quand on appuie dessus avec un verre transparent : c'est peut-être un purpura fulminans, une infection foudroyante. Chaque minute compte.\n- **Un bébé de moins de 3 mois** avec 38 °C ou plus.\n- **Une raideur de la nuque**, des maux de tête violents, une somnolence inhabituelle, une confusion.\n- **Une respiration difficile**, des lèvres bleues.\n- **Un enfant qui ne boit plus**, geint, ne réagit plus normalement.\n\n## Consulter vite\n\n- **Une fièvre de plus de trois jours.**\n- **Au retour d'un pays à paludisme** : le jour même. Voir [[TEC-SAN-036]].\n- **Une personne âgée**, fragile ou sous chimiothérapie.\n\n## La convulsion fébrile\n\nEntre 6 mois et 5 ans, une forte fièvre peut provoquer une convulsion : impressionnante, en général sans gravité. Allonger sur le côté, protéger la tête, regarder l'heure. Plus de cinq minutes, ou une première fois : le 15. Voir [[URG-EPI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-043","titre":"La vue et les lunettes","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vue","lunettes","presbytie","lunettes de lecture","lunettes a trous","lentilles","decollement de retine","glaucome","urgence"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Rapport mondial sur la vision, 2019","Holden B.A. et al., Global prevalence of presbyopia and vision impairment from uncorrected presbyopia, Ophthalmology, 2008","Société française d'ophtalmologie, urgences oculaires"],"corps":"::Selon l'OMS, au moins un milliard de personnes dans le monde voient mal alors qu'une paire de lunettes ou une opération simple suffirait. Après 45 ans, presque tout le monde a besoin de lunettes pour lire, et une paire de lunettes de lecture coûte quelques euros. Dans une crise, c'est l'objet qu'on oublie, puis qu'on ne trouve plus.::\n\n## La presbytie\n\n- **Vers 40 à 45 ans**, on commence à tendre le bras pour lire : l'œil n'accommode plus de près.\n- **Les lunettes de lecture** toutes faites, de +1 à +3,5, se trouvent partout. On essaie celles qui font lire nettement à 30-40 cm.\n- **Une réserve de plusieurs paires** de puissances différentes : pour soi, pour les autres, pour échanger. Voir [[SURV-TROC-002]].\n\n## Sans lunettes\n\n**Les lunettes à trous** : un carton ou un morceau de plastique opaque percé de petits trous d'épingle, tenu devant les yeux. Ils redonnent une vision nette à presque tous les défauts de vue, au prix d'un champ réduit et d'une image sombre. Pour lire une étiquette, un plan, une ordonnance.\n\n## Protéger ses yeux\n\n- **Du soleil et de la neige** : [[TEC-SAN-022]].\n- **Des éclats et des produits** : lunettes de protection pour meuler, couper, bricoler. Voir [[URG-SEC-016]].\n- **Les lentilles de contact** en crise : sans eau propre ni produit, elles transmettent des infections graves de la cornée. On passe aux lunettes.\n\n## Les urgences\n\n**Consulter dans la journée** :\n\n- **Une baisse brutale** de la vue, d'un œil ou des deux.\n- **Des éclairs lumineux** et une pluie de points noirs, un voile qui monte : la rétine se décolle.\n- **Un œil rouge et très douloureux** avec vision floue, halos, maux de tête, nausées : une crise de glaucome.\n- **Une vision double** soudaine, un côté du visage qui tombe : un AVC. Voir [[URG-AVC-001]].\n\n## Avant une crise\n\nUne paire de lunettes de rechange et une copie de l'ordonnance, dans le sac d'évacuation. Voir [[SURV-CRI-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-042","titre":"L'asthme au quotidien","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["asthme","inhalateur","chambre d'inhalation","bouteille","traitement de fond","declencheurs","fumee","enfants","reserve"],"sources":["GINA, Global Strategy for Asthma Management and Prevention, 2024","Zar H.J. et al., Home-made spacers for bronchodilator therapy in children with acute asthma: a randomised trial, The Lancet, 1999","Haute Autorité de santé, prise en charge de l'asthme"],"corps":"::En 1999, des médecins sud-africains ont comparé, chez des enfants en crise d'asthme, une chambre d'inhalation du commerce et une simple bouteille en plastique de 500 ml percée pour l'inhalateur. Résultat : aussi efficace. La moitié des asthmatiques se servent mal de leur inhalateur ; une bouteille et un bon geste changent tout.::\n\n## Les deux sortes d'inhalateurs\n\n- **Le traitement de crise** (souvent bleu) : il ouvre les bronches en quelques minutes.\n- **Le traitement de fond** : il calme l'inflammation, pris **tous les jours même sans symptômes**. C'est lui qui évite les crises.\n- **Si on a besoin du traitement de crise plus de deux fois par semaine**, l'asthme est mal contrôlé : consulter.\n\n## Le bon geste\n\n1. **Secouer**, retirer le capuchon.\n2. **Souffler** doucement tout son air.\n3. **Serrer les lèvres** autour de l'embout.\n4. **Appuyer une fois** en inspirant lentement et profondément.\n5. **Retenir son souffle** une dizaine de secondes.\n6. Attendre une minute avant une deuxième bouffée.\n\n## La chambre d'inhalation\n\nIndispensable pour les enfants, utile pour tous : le produit arrive dans les poumons au lieu de rester dans la gorge.\n\n**La faire soi-même** : une bouteille en plastique de 500 ml, un trou au fond à la forme de l'embout de l'inhalateur, bien ajusté. On appuie une fois, on respire quatre à six fois par le goulot.\n\n## Les déclencheurs\n\n- **La fumée** : tabac, feux, poêles qui refoulent. Voir [[TEC-CON-011]].\n- **Les moisissures, la poussière, les acariens.** Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Le froid, l'effort, les infections, les pollens.** Voir [[TEC-SAN-038]].\n\n## Se préparer\n\n- **Une réserve** d'inhalateurs de crise et de fond, et un plan écrit de ce qu'il faut faire.\n- **Les proches** savent reconnaître une crise et où est l'inhalateur.\n\n**Une crise qui ne cède pas** : [[URG-ASTH-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-041","titre":"Faire une injection","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["injection","sous-cutanee","intramusculaire","insuline","anticoagulant","stylo d'adrenaline","aiguilles","hygiene","collecteur"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, WHO best practices for injections and related procedures toolkit, 2010","ANSM, bon usage des stylos auto-injecteurs d'adrénaline","Fédération française des diabétiques, techniques d'injection de l'insuline"],"corps":"::Des millions de personnes se piquent elles-mêmes chaque jour : insuline, anticoagulant, traitement de fond. Et le stylo d'adrénaline qui sauve un allergique se plante dans la cuisse à travers le pantalon, par n'importe qui. Une injection faite proprement est un geste simple ; une aiguille partagée transmet le VIH et les hépatites.::\n\n## Les règles pour toutes les injections\n\n- **Se laver les mains**, nettoyer la peau et laisser sécher.\n- **Une aiguille neuve à chaque fois**, jamais partagée, jamais remise dans son capuchon à deux mains.\n- **Les aiguilles usagées** dans un collecteur, ou à défaut une bouteille en plastique épais bien fermée et marquée.\n- **Le bon produit, la bonne dose, le bon moment** : on vérifie l'étiquette et la date.\n- **Jamais dans une veine** sans formation : c'est un geste de soignant.\n\n## Sous la peau (sous-cutanée)\n\nPour l'insuline, les anticoagulants, certains traitements.\n\n1. **Pincer** un pli de peau : le ventre (à distance du nombril), le haut de la cuisse, l'arrière du bras.\n2. **Piquer** d'un geste franc, bien droit ou un peu incliné selon la longueur de l'aiguille.\n3. **Injecter lentement**, compter quelques secondes, retirer.\n4. **Changer d'endroit** à chaque fois, sinon la peau se durcit et le produit passe mal.\n\n## Le stylo d'adrénaline (dans le muscle)\n\nPour une allergie grave. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n1. **Retirer le bouchon de sécurité.**\n2. **Planter franchement** sur la face extérieure de la cuisse, **à travers les vêtements**.\n3. **Tenir** le temps indiqué sur le stylo (quelques secondes), puis masser.\n4. **Appeler le 15**, allonger la personne (assise si elle respire mal).\n5. **Un deuxième stylo** au bout de 5 à 15 minutes si ça ne s'améliore pas.\n\n## Le glucagon\n\nPour un diabétique sous insuline inconscient d'une hypoglycémie : injection ou poudre nasale selon le produit. Voir [[URG-HYPOG-001]] et [[TEC-SAN-017]].\n\n## Les signes d'alerte\n\nRougeur qui s'étend, chaleur, douleur qui augmente au point d'injection : infection. Voir [[TEC-SAN-028]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-040","titre":"La tuberculose","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tuberculose","toux","bacille de koch","aeration","bcg","traitement de six mois","resistance","camps","prisons"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Global Tuberculosis Report 2024","Koch R., Die Aetiologie der Tuberculose, 1882","Santé publique France, la tuberculose en France"],"corps":"::Le 24 mars 1882, Robert Koch annonce qu'il a trouvé le microbe de la tuberculose ; c'est depuis la journée mondiale de la maladie. Pourtant, elle est redevenue la maladie infectieuse la plus meurtrière du monde : plus d'un million de morts par an. Elle aime les endroits bondés et mal aérés, exactement ceux que crée une crise.::\n\n## Comment elle se transmet\n\n- **Par l'air** : un malade qui tousse, parle, chante projette des gouttelettes que d'autres respirent.\n- **Surtout dans les lieux fermés, bondés, mal aérés** : dortoirs, prisons, camps, abris, logements surpeuplés.\n- Environ **un quart de l'humanité** porte le microbe en sommeil, sans être malade ni contagieux. Il se réveille quand les défenses baissent : faim, VIH, diabète, vieillesse, alcool.\n\n## Les signes\n\n- **Une toux qui dure plus de deux à trois semaines**, parfois avec du sang.\n- **De la fièvre le soir, des sueurs la nuit.**\n- **Un amaigrissement**, une grande fatigue.\n\nCes signes méritent un dépistage : une radio des poumons et une analyse des crachats.\n\n## Le traitement\n\n- **Six mois d'antibiotiques** au minimum, plusieurs à la fois, **tous les jours, jusqu'au bout**.\n- **Arrêter trop tôt** parce qu'on se sent mieux, c'est fabriquer une tuberculose résistante, bien plus longue et plus difficile à soigner, qu'on transmet ensuite aux autres.\n- Après deux semaines de traitement bien suivi, le malade devient en général beaucoup moins contagieux.\n\n## Se protéger\n\n- **Aérer**, ouvrir les fenêtres, laisser entrer le soleil : les anciens sanatoriums misaient sur l'air et la lumière, et ils n'avaient pas tort.\n- **Le malade qui tousse** porte un masque et tousse dans son coude, dort à part si possible.\n- **Le vaccin BCG** protège surtout les jeunes enfants des formes graves.\n- **Manger à sa faim** : la dénutrition réveille la maladie. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\nLes antibiotiques : [[TEC-SAN-015]]. Vivre dans un camp : [[SURV-CRI-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-039","titre":"Accompagner une fin de vie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fin de vie","soins palliatifs","confort","douleur","soins de bouche","respiration","presence","directives anticipees"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Soins palliatifs, principaux repères","Saunders C., fondation du St Christopher's Hospice, Londres, 1967","Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie"],"corps":"::En 1967, à Londres, une infirmière devenue médecin, Cicely Saunders, ouvre le premier établissement moderne de soins palliatifs, avec une idée simple : quand on ne peut plus guérir, on peut encore soulager, presque toujours. Accompagner quelqu'un qui meurt, à la maison ou loin d'un hôpital, s'apprend.::\n\n## Les signes que la fin approche\n\n- **Il dort de plus en plus**, se réveille moins, parle moins.\n- **Il mange et boit de moins en moins.** C'est normal : le corps n'en a plus besoin. Forcer à manger ou à boire peut gêner ou faire tousser.\n- **La respiration change** : des pauses, puis des respirations profondes, parfois un bruit de gorge (les sécrétions). Ce bruit impressionne l'entourage bien plus qu'il ne gêne le malade.\n- **Les mains et les pieds refroidissent**, la peau se marbre.\n- **Une confusion**, une agitation, ou au contraire un grand calme.\n\n## Soulager\n\n- **La douleur** : à heures fixes, sans attendre qu'elle revienne. Voir [[TEC-SAN-029]].\n- **La bouche** : humidifier les lèvres et la bouche avec un linge ou une compresse mouillée, un peu de corps gras sur les lèvres. C'est souvent ce qui soulage le plus.\n- **La position** : changer de côté toutes les quelques heures, un oreiller entre les genoux ; tourné sur le côté, le bruit des sécrétions diminue.\n- **Le calme** : une lumière douce, peu de monde à la fois.\n\n## Être là\n\n- **Parler au malade**, même s'il ne répond plus : l'ouïe semble persister très tard.\n- **Tenir la main**, lire, mettre sa musique, dire ce qu'on a à dire.\n- **Se relayer** : les proches épuisés ont besoin de dormir. Voir [[TEC-SAN-023]].\n\n## Avant, si c'est possible\n\nEn France, chacun peut écrire des **directives anticipées** (ce qu'il veut ou refuse comme soins) et désigner une **personne de confiance**. Les équipes de soins palliatifs et l'hospitalisation à domicile aident les familles qui veulent garder leur proche chez elles.\n\n## Après\n\nVoir [[TEC-SAN-024]] pour le corps, et [[SURV-PSY-005]] pour le deuil.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-038","titre":"Les allergies du quotidien","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["allergies","pollen","rhume des foins","urticaire","antihistaminiques","allergies alimentaires","penicilline","eczema","ferme"],"sources":["Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA)","Stein M.M. et al., Innate immunity and asthma risk in Amish and Hutterite farm children, New England Journal of Medicine, 2016","CDC, Is it really a penicillin allergy?"],"corps":"::Les enfants amish, qui grandissent dans les étables au milieu des animaux, font beaucoup moins d'asthme et d'allergies que des enfants de fermes voisines plus modernes : la poussière de la ferme entraîne leur système immunitaire. Et neuf personnes sur dix qui se croient allergiques à la pénicilline ne le sont pas.::\n\n## Les plus courantes\n\n- **Le rhume des foins** : éternuements, nez qui coule, yeux qui piquent au printemps et en été, à cause des pollens.\n- **Les acariens et les animaux** : les mêmes signes toute l'année, pires la nuit ou au contact.\n- **L'urticaire** : des plaques rouges en relief qui démangent et se déplacent.\n- **L'eczéma de contact** : nickel des bijoux et des boucles de ceinture, latex, ciment, certains parfums.\n- **Les aliments** : arachide, fruits à coque, lait, œuf, poisson, crustacés, blé, soja, sésame. En Europe, quatorze allergènes doivent être signalés sur les étiquettes.\n\n## Soulager\n\n- **Éviter ce qui déclenche** : c'est le traitement le plus efficace.\n- **Les antihistaminiques** modernes (cétirizine, loratadine) : un comprimé par jour, peu d'effet sur la vigilance.\n- **Le lavage du nez** à l'eau salée pour les pollens et les poussières.\n- **En saison des pollens** : fenêtres fermées aux heures chaudes, douche et changement de vêtements le soir, linge séché à l'intérieur. Les bulletins polliniques annoncent les pics.\n\n## Les signes de gravité\n\n**Gonflement du visage, des lèvres, de la langue, gêne pour respirer ou avaler, malaise, vomissements, plaques sur tout le corps après un aliment, une piqûre ou un médicament** : c'est une anaphylaxie. Adrénaline si on en a, le 15. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n## Les fausses allergies\n\n- **La pénicilline** : beaucoup d'étiquettes « allergique » datent d'une éruption d'enfance due au virus, pas au médicament. Un test en allergologie permet souvent de retrouver ces antibiotiques précieux. Voir [[TEC-SAN-015]].\n- **L'intolérance** (lactose par exemple) n'est pas une allergie : inconfortable, jamais mortelle.\n\n## En crise\n\nNoter ses allergies graves **sur soi** et dans la fiche médicale du téléphone. Voir [[TEC-ELN-017]]. Les piqûres : [[URG-PIQ-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-037","titre":"Les infections sexuellement transmissibles","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ist","chlamydia","syphilis","gonorrhee","vih","hpv","hepatite b","preservatif","depistage","traitement d'urgence"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Infections sexuellement transmissibles, principaux repères","ECDC, rapports épidémiologiques annuels sur la syphilis et la gonococcie","Rodger A.J. et al., Risk of HIV transmission through condomless sex in serodifferent gay couples (étude PARTNER), The Lancet, 2019"],"corps":"::L'infection sexuelle la plus fréquente, la chlamydia, ne donne le plus souvent aucun symptôme, et peut rendre stérile sans prévenir. La syphilis, qu'on croyait d'un autre siècle, a plus que doublé en Europe en dix ans. Ce qui protège tient en trois mots : préservatif, vaccins, dépistage.::\n\n## Les principales\n\n- **Chlamydia, gonocoque** : écoulement, brûlure en urinant, douleurs du bas-ventre, ou rien du tout. Des antibiotiques les guérissent. Non soignées, elles bouchent les trompes.\n- **Syphilis** : d'abord une petite plaie indolore, puis des plaques sur la peau, puis des années de silence avant d'attaquer le cœur, le cerveau. Un traitement simple la guérit à tous les stades précoces.\n- **Papillomavirus** : très répandu, responsable du cancer du col de l'utérus et d'autres cancers. **Un vaccin** existe, pour les filles et les garçons.\n- **Hépatite B** : attaque le foie. **Un vaccin** existe.\n- **Herpès** : des poussées de petites cloques douloureuses. Il ne se guérit pas, mais se soigne.\n- **VIH** : sans traitement, il détruit l'immunité. Avec un traitement bien suivi, on vit normalement, et une personne dont le virus est indétectable **ne le transmet pas**.\n\n## Se protéger\n\n- **Le préservatif**, masculin ou féminin, est la seule contraception qui protège aussi des infections. Voir [[TEC-SAN-033]].\n- **Les vaccins** contre le papillomavirus et l'hépatite B. Voir [[TEC-SAN-030]].\n- **Le traitement préventif** du VIH, pour les personnes très exposées.\n- **Le dépistage** régulier en cas de nouveaux partenaires : en France, il est gratuit dans les centres de dépistage, et possible sans ordonnance en laboratoire pour plusieurs infections.\n\n## L'urgence : les 48 heures\n\nAprès un rapport à risque, un préservatif qui a craqué, une agression : **aux urgences dans les 48 heures** (72 au plus) pour un traitement qui empêche le VIH de s'installer, la contraception d'urgence, et un dépistage. Voir [[TEC-SAN-033]].\n\n## Les règles\n\n- **Des symptômes** : consulter, et ne pas avoir de rapports en attendant.\n- **Traiter aussi le ou les partenaires**, sinon l'infection revient.\n- **En crise**, les violences sexuelles augmentent : les centres de santé et les équipes humanitaires ont des kits de soins pour les victimes, gratuits et confidentiels.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-036","titre":"Le paludisme","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["paludisme","malaria","moustique","anophele","moustiquaire","fievre","voyage","artemisinine","quinine"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, World Malaria Report 2024","Centre national de référence du paludisme (France), rapports annuels","Pryce J., Richardson M., Lengeler C., Insecticide-treated nets for preventing malaria, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018"],"corps":"::Le paludisme tue encore environ 600 000 personnes par an, surtout des enfants africains de moins de cinq ans. En France, environ 5 000 voyageurs le rapportent chaque année. La règle qui sauve : toute fièvre dans les trois mois qui suivent un séjour en zone à risque, c'est le paludisme jusqu'à preuve du contraire.::\n\n## Comment on l'attrape\n\nUn parasite transmis par la piqûre d'un moustique, **l'anophèle**, qui pique **du coucher au lever du soleil**. Il vit en Afrique surtout, en Asie, en Amérique du Sud, en Guyane et à Mayotte pour les territoires français.\n\n## Les signes\n\n- **Fièvre**, frissons, sueurs, maux de tête, douleurs, parfois nausées ou diarrhée : ça ressemble à une grippe.\n- Ils apparaissent **une semaine à plusieurs mois** après la piqûre.\n- **Signes graves** : confusion, somnolence, convulsions, respiration difficile, urines foncées, jaunisse. **Urgence absolue** : le paludisme grave tue en un ou deux jours.\n\n**Une fièvre au retour d'un pays à risque** : consulter **le jour même** en le disant. Un test rapide ou une prise de sang donnent la réponse en une heure.\n\n## Se protéger\n\n1. **La moustiquaire imprégnée** d'insecticide, bien bordée sous le matelas : dans les pays touchés, elle réduit d'environ un sixième la mortalité des enfants.\n2. **Les répulsifs** sur la peau, les **manches longues** le soir.\n3. **Les médicaments préventifs** pour les voyageurs, prescrits avant le départ selon la destination, et pris **jusqu'au bout**, même après le retour.\n4. **Les vaccins** recommandés depuis peu pour les jeunes enfants des zones les plus touchées.\n\n## Soigner\n\nLes traitements actuels combinent plusieurs médicaments autour de l'**artémisinine**, tirée d'une armoise chinoise. Voir [[TEC-BOT-006]].\n\n**La quinine**, tirée de l'écorce du quinquina, a été pendant trois siècles le seul remède. Les Britanniques des colonies la buvaient dans l'eau tonique, et y ont ajouté du gin : le gin tonic serait né ainsi. Le tonic d'aujourd'hui en contient bien trop peu pour protéger de quoi que ce soit.\n\nLe moustique tigre et les autres piqûres : [[URG-PIQ-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-035","titre":"Les maladies transmises par les animaux","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["zoonoses","toxoplasmose","echinococcose","leptospirose","salmonelle","grippe aviaire","rage","brucellose","hygiene"],"sources":["Taylor L.H., Latham S.M., Woolhouse M.E., Risk factors for human disease emergence, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2001","Organisation mondiale de la santé animale, One Health et zoonoses","Santé publique France, échinococcose alvéolaire, leptospirose, toxoplasmose"],"corps":"::Plus de la moitié des maladies infectieuses connues de l'homme viennent des animaux, et près des trois quarts des maladies nouvelles. Vivre plus près des bêtes, pour les élever, les chasser ou les manger, c'est aussi vivre plus près de leurs microbes. Quelques règles simples font presque toute la différence.::\n\n## Les principales, et d'où elles viennent\n\n- **La rage** : morsure ou griffure d'un mammifère, surtout chien, chauve-souris, renard. Mortelle une fois déclarée, évitable par un vaccin après la morsure. Voir [[TEC-SAN-013]].\n- **La leptospirose** : urine de rat dans l'eau et la boue. Voir [[TEC-CON-020]].\n- **La toxoplasmose** : crottes de chat, viande peu cuite. Grave pour le bébé si la mère l'attrape enceinte.\n- **L'échinococcose** : un minuscule ver du renard et du chien, dont les œufs collent aux baies et aux plantes cueillies près du sol. Rare mais grave pour le foie. **La cuisson tue les œufs** ; la congélation ordinaire, non.\n- **Les salmonelles** : œufs, volailles, et aussi reptiles et poussins qu'on manipule.\n- **La brucellose, la fièvre Q** : lait cru, placentas et mises bas des chèvres et des moutons.\n- **La grippe aviaire** : oiseaux malades ou morts.\n- **Les maladies des tiques** : voir [[TEC-SAN-020]].\n- **La teigne** : plaques rondes sur la peau, attrapées en caressant chats, chiens, veaux.\n\n## Les règles\n\n1. **Se laver les mains** après avoir touché des animaux, leur litière, leur fumier, et avant de manger.\n2. **Des gants** pour les carcasses, les mises bas, le nettoyage des cages et des poulaillers.\n3. **Cuire** la viande à cœur, surtout le gibier et le porc. Voir [[TEC-MET-012]].\n4. **Laver** les baies et les plantes sauvages, ou les cuire.\n5. **Ne pas toucher** un animal sauvage malade, blessé ou mort, ni un oiseau mort.\n6. **Vermifuger et vacciner** les animaux de la maison.\n7. **Enceinte** : pas de litière de chat, pas de mise bas d'agneaux ou de chevreaux.\n\n## Quand consulter\n\nFièvre, fatigue, douleurs après une morsure, un contact avec du bétail, du gibier, de l'eau de crue ou des rongeurs : consulter **en disant ce contact**, ça oriente tout de suite le diagnostic.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-034","titre":"Les addictions et le sevrage","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["addiction","sevrage","alcool","delirium tremens","benzodiazepines","opioides","tabac","tolerance","rechute"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Clinical guidelines for withdrawal management and treatment of drug dependence in closed settings, 2009","Société française d'alcoologie, Mésusage de l'alcool : dépistage, diagnostic et traitement, recommandations, 2015","Santé publique France, Drogues Info Service, Alcool Info Service, Tabac Info Service"],"corps":"::Le sevrage le plus dangereux n'est pas celui de l'héroïne, c'est celui de l'alcool : un gros buveur qui arrête d'un coup peut convulser et mourir en quelques jours. Et le moment le plus dangereux pour un ancien héroïnomane, c'est la rechute, avec la dose d'avant.::\n\n## Les sevrages qui peuvent tuer\n\n**L'alcool** (et les somnifères ou anxiolytiques de la famille des benzodiazépines)\n- De quelques heures à deux jours après l'arrêt : tremblements, sueurs, angoisse, nausées.\n- Puis parfois **convulsions**, **hallucinations**, **confusion** : le délire, une urgence qui peut tuer sans soins.\n- **Un gros buveur ne s'arrête pas seul d'un coup**. Avec un médecin, le sevrage se fait sans danger, avec des médicaments. Sans médecin, on **diminue progressivement** sur plusieurs jours, et on surveille.\n- Tremblements forts, hallucinations, fièvre, confusion, convulsion : **le 15**.\n\n## Les sevrages durs mais rarement mortels\n\n**Les opioïdes** (héroïne, morphine, méthadone)\n- Douleurs, diarrhée, vomissements, frissons, insomnie, angoisse, pendant une semaine environ. Très pénible, rarement mortel ; boire beaucoup contre la déshydratation.\n- **Le vrai danger vient après** : en quelques jours d'arrêt, le corps perd sa tolérance. **La dose habituelle peut alors tuer.** Voir [[URG-SURD-001]].\n- Un traitement de substitution (méthadone, buprénorphine) ne s'arrête jamais brutalement : on garde une réserve.\n\n**Le tabac** : irritabilité, faim, nervosité, pire les premiers jours, qui s'estompent en quelques semaines. Les substituts nicotiniques doublent les chances de réussir.\n\n## En crise\n\n- **Quand l'approvisionnement s'arrête** (pharmacies fermées, guerre, prison), les sevrages forcés arrivent en masse. Repérer les gros buveurs et les personnes sous traitement dans le groupe, pour les surveiller.\n- **Le stress** fait replonger : routine, sommeil, soutien. Voir [[TEC-SAN-019]].\n\n## Se faire aider\n\nEn France, gratuits et anonymes : **Drogues Info Service** (0 800 23 13 13), **Alcool Info Service** (0 980 980 930), **Tabac Info Service** (39 89).","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-033","titre":"La contraception","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["contraception","preservatif","pilule","sterilet","implant","contraception d'urgence","allaitement","efficacite"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Planification familiale : un manuel à l'intention des prestataires de services du monde entier, 2022","Trussell J., Contraceptive failure in the United States, Contraception, 2011","Ministère de la Santé, contraception d'urgence gratuite en pharmacie, 2023"],"corps":"::Sur cent femmes qui prennent la pilule pendant un an, environ sept tombent enceintes : pas parce que la pilule ne marche pas, mais parce qu'on l'oublie. Un implant ou un stérilet, on ne l'oublie jamais. En temps de crise, quand les pharmacies ferment, c'est ce qui compte.::\n\n## Combien ça marche vraiment\n\nGrossesses sur cent femmes pendant un an, **en usage réel** :\n\n| Méthode | Grossesses |\n|---|---|\n| Implant | moins de 1 |\n| Stérilet hormonal ou au cuivre | moins de 1 |\n| Pilule, patch, anneau | environ 7 |\n| Préservatif masculin | environ 13 |\n| Retrait | environ 20 |\n| Méthodes des jours « sûrs » | 2 à 23 selon la rigueur |\n| Rien | environ 85 |\n\n## Les points forts de chacun\n\n- **L'implant** dure trois ans, **le stérilet au cuivre** jusqu'à cinq ou dix ans, sans rien avoir à racheter. Il faut un soignant pour les poser et les retirer.\n- **La pilule** : efficace si elle est prise chaque jour. Garder une réserve de plusieurs mois.\n- **Le préservatif** est **le seul** qui protège aussi des infections sexuelles. Il se garde des années dans un endroit frais, pas dans un portefeuille.\n- **L'allaitement** protège s'il est **exclusif** (jour et nuit, rien d'autre), que **les règles ne sont pas revenues**, et **pendant les six premiers mois** seulement.\n\n## La contraception d'urgence\n\nAprès un rapport non protégé, un préservatif qui a craqué, un oubli de pilule :\n\n- **Le comprimé** : jusqu'à 3 ou 5 jours selon le produit, **d'autant plus efficace qu'il est pris tôt**. En France, gratuit en pharmacie, sans ordonnance, pour toutes.\n- **Le stérilet au cuivre**, posé dans les 5 jours : la méthode d'urgence la plus efficace.\n\n## Bon à savoir\n\n- **Un oubli de pilule** : la prendre dès qu'on s'en rend compte, préservatif pendant sept jours, et contraception d'urgence s'il y a eu un rapport les jours d'avant. La notice précise les délais selon la pilule.\n- **Vomissements ou diarrhée forte** dans les heures après la pilule : comme un oubli.\n\nLa grossesse : [[TEC-SAN-032]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-032","titre":"La grossesse, mois par mois","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["grossesse","trimestres","acide folique","toxoplasmose","listeria","alcool","pre-eclampsie","signes d'alerte"],"sources":["Haute Autorité de santé, Suivi et orientation des femmes enceintes, 2016","Organisation mondiale de la santé, recommandations sur les soins prénatals pour une expérience positive de la grossesse, 2016","Santé publique France, alcool et grossesse"],"corps":"::Une grossesse dure environ 40 semaines, comptées à partir des dernières règles. La plupart se passent bien, même loin d'un hôpital. Ce qu'il faut savoir tient en peu de choses : ce qu'on évite, ce qu'on mange, et les signes qui ne doivent jamais attendre.::\n\n## Les trois trimestres\n\n**Jusqu'à 3 mois**\n- Nausées, fatigue, seins sensibles. Manger peu et souvent aide.\n- **L'acide folique**, idéalement dès le projet de grossesse : il évite de graves malformations de la colonne du bébé.\n- Environ **une grossesse sur huit** s'arrête d'elle-même à ce stade. Ce n'est presque jamais la faute de la mère.\n\n**De 3 à 6 mois**\n- Souvent la période la plus facile.\n- Le bébé bouge : on le sent vers le cinquième mois, parfois plus tôt.\n\n**De 6 à 9 mois**\n- Ventre lourd, essoufflement, mal de dos, sommeil difficile.\n- **Dormir sur le côté**, surtout le gauche : sur le dos, l'utérus comprime une grosse veine.\n- Le bébé bouge moins fort, mais **il bouge tous les jours**.\n\n## Ce qu'on évite\n\n- **L'alcool, totalement** : il n'y a pas de dose sûre. C'est la première cause non génétique de handicap mental de l'enfant en France.\n- **Le tabac.**\n- **La viande crue ou peu cuite**, les légumes mal lavés, la litière du chat, si on n'est pas immunisée contre la **toxoplasmose**.\n- **Le lait cru**, les fromages au lait cru, la charcuterie à la coupe, le poisson fumé : la **listeria**. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Certains médicaments**, dont l'ibuprofène à partir du sixième mois. Voir [[TEC-SAN-029]].\n\n## Manger\n\nUn peu plus au deuxième et au troisième trimestre, pas « pour deux ». Du fer (viande, lentilles), de l'iode (sel iodé, poisson), du calcium.\n\n## Les signes qui n'attendent pas\n\nÀ tout moment, **consulter en urgence** :\n\n- **saignement** ;\n- **perte de liquide** par le vagin ;\n- **fièvre** ;\n- **maux de tête violents**, troubles de la vue, gonflement brutal du visage et des mains : la pré-éclampsie. Voir [[TEC-SAN-026]] ;\n- **bébé qui bouge moins ou plus du tout** ;\n- **contractions régulières avant 8 mois et demi**, douleur forte au ventre.\n\nL'accouchement : [[URG-SEC-007]]. La sage-femme : [[TEC-MET-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-031","titre":"Les dents sans dentifrice","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["dents","hygiene dentaire","caries","miswak","brosse","bicarbonate","fil dentaire","sucre","gencives"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Santé bucco-dentaire, principaux repères","Gustafsson B.E. et al., The Vipeholm dental caries study, Acta Odontologica Scandinavica, 1954","Haque M.M., Alsareii S.A., A review of the therapeutic effects of using miswak (Salvadora persica) on oral health, Saudi Medical Journal, 2015"],"corps":"::Ce qui protège les dents, c'est surtout la brosse, pas la pâte : c'est le frottement qui décolle la plaque. Des centaines de millions de personnes se brossent encore les dents avec une simple brindille mâchée, le miswak, et l'OMS en reconnaît l'efficacité.::\n\n## Ce qui fait les caries\n\nLes bactéries de la plaque mangent le sucre et fabriquent de l'acide, qui ronge l'émail. **Ce qui compte, c'est la fréquence** plus que la quantité : dans les années 1940, une étude suédoise (contestable sur le plan éthique) a montré que les sucreries grignotées entre les repas donnaient bien plus de caries que la même quantité de sucre prise pendant les repas.\n\n## Se brosser sans rien\n\n- **La brindille** : un bout de bois tendre et frais (noisetier, saule, réglisse), écorcé, mâché au bout jusqu'à ce qu'il s'effiloche en brosse. On frotte, puis on recoupe le bout le lendemain.\n- **Un tissu propre** enroulé sur le doigt.\n- **Deux fois par jour, deux minutes**, sans oublier le bord des gencives.\n\n## Sans dentifrice\n\n- **Rien du tout** : le brossage seul fait déjà l'essentiel.\n- **Le bicarbonate de soude** : un peu sur la brosse mouillée, de temps en temps.\n- **L'eau salée** en bain de bouche pour les gencives qui saignent.\n- **Pas de charbon** tous les jours : trop abrasif.\n\n## Le reste\n\n- **Le fil** : un fil fin (dentaire, de couture en coton) passé entre les dents, là où aucune brosse n'entre.\n- **Le fluor** des dentifrices renforce l'émail : quand on en retrouve, on le reprend, en petite quantité pour les enfants.\n- **Les enfants** : brossés dès la première dent, jamais de biberon de jus ou de lait sucré pour s'endormir.\n- **Du fromage ou un chewing-gum sans sucre** après un repas aident la salive à neutraliser l'acide.\n\n## Quand ça ne suffit plus\n\nGencive gonflée, douleur qui lance, joue qui gonfle, fièvre : un abcès. Voir [[TEC-SAN-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-030","titre":"Les vaccins, comment ils marchent","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["vaccins","immunite","variole","jenner","rougeole","tetanos","chaine du froid","calendrier vaccinal"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Vaccins et vaccination, principaux repères","Shattock A.J. et al., Contribution of vaccination to improved survival and health: modelling 50 years of the Expanded Programme on Immunization, The Lancet, 2024","Ministère de la Santé, calendrier des vaccinations"],"corps":"::La variole a tué environ 300 millions de personnes au seul XXe siècle. En 1796, Edward Jenner remarque que les vachères qui ont attrapé la vaccine, une maladie bénigne des vaches, ne l'attrapent pas ; le mot vaccin vient de là. En 1980, la variole était éradiquée. En cinquante ans, les vaccins ont sauvé environ 150 millions de vies.::\n\n## Comment ça marche\n\nLe corps apprend à reconnaître un microbe en le rencontrant. Le vaccin lui présente **une version inoffensive** : microbe affaibli, microbe tué, un morceau de microbe, ou la notice pour en fabriquer un morceau. Le système immunitaire fabrique ses défenses et **garde la mémoire**. Au vrai contact, il réagit en quelques heures au lieu de quelques jours.\n\n## Les familles\n\n- **Vivants atténués** : rougeole-oreillons-rubéole, fièvre jaune, BCG. Très efficaces, déconseillés aux femmes enceintes et aux personnes très immunodéprimées.\n- **Inactivés ou en morceaux** : tétanos, diphtérie, coqueluche, polio injectable, hépatites. Souvent plusieurs doses et des rappels.\n- **À ARN messager** : ils donnent aux cellules la recette d'un morceau du virus, puis cette recette se dégrade.\n\n## L'immunité de groupe\n\nQuand assez de gens sont protégés, le microbe ne circule plus, et protège ceux qui ne peuvent pas être vaccinés (nourrissons, malades). Pour la rougeole, très contagieuse, il faut environ **95 %** de vaccinés ; en dessous, les épidémies reviennent.\n\n## Les effets indésirables\n\nBras douloureux, fièvre, fatigue un ou deux jours : c'est le signe que le corps travaille. Les réactions graves existent mais sont rares, bien plus rares que les complications des maladies qu'ils évitent.\n\n## En pratique\n\n- **Le tétanos** : un rappel à 25, 45 et 65 ans, puis tous les dix ans. Une plaie souillée sans rappel à jour, c'est un vaccin tout de suite. Voir [[TEC-SAN-012]].\n- **Le carnet de vaccination** photographié et gardé avec les papiers.\n- **La chaîne du froid** : la plupart des vaccins se gardent entre 2 et 8 °C. Congelés ou chauffés, ils ne protègent plus.\n- **En France**, onze vaccins sont obligatoires pour les enfants nés depuis 2018.\n\nL'hygiène et les maladies : [[TEC-SAN-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-029","titre":"La douleur et les antalgiques","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["douleur","antalgiques","paracetamol","ibuprofene","aspirine","doses","enfant","grossesse","froid","attelle"],"sources":["ANSM, bon usage du paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens","Haute Autorité de santé, prise en charge médicamenteuse de la douleur aiguë chez l'enfant, 2016","Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 2023"],"corps":"::Une attelle bien posée sur une jambe cassée soulage plus que n'importe quel comprimé. Contre la douleur, les médicaments ne sont qu'une partie de la réponse, et le plus banal d'entre eux, le paracétamol, est aussi, en France, la première cause de greffe du foie due à un médicament, quand on dépasse la dose.::\n\n## Sans médicament\n\n- **Immobiliser** ce qui est cassé ou foulé. Voir [[URG-FRAC-001]].\n- **Le froid** sur un coup, une entorse, une brûlure récente (les deux premiers jours), jamais la glace directement sur la peau.\n- **Le chaud** sur une contracture, un mal de dos, des règles douloureuses.\n- **Surélever** un membre qui gonfle.\n- **Rassurer, expliquer, respirer lentement** : la peur augmente la douleur, c'est mesuré.\n\n## Le paracétamol\n\n- **Adulte** : 500 mg à 1 g par prise, **au moins 4 heures entre deux prises**, **3 g par jour** en usage courant (4 g au maximum, sur avis).\n- **Enfant** : 15 mg par kilo par prise, toutes les 6 heures. Pour 20 kg : 300 mg.\n- **Moins** chez les personnes de moins de 50 kg, dénutries, qui boivent de l'alcool, ou malades du foie.\n- **Le piège** : il se cache dans beaucoup de médicaments contre le rhume. On lit les boîtes.\n\n## L'ibuprofène\n\n- **Adulte** : 200 à 400 mg par prise, 1 200 mg par jour au maximum sans avis médical, **pendant le repas**.\n- **Enfant** (à partir de 3 mois) : 20 à 30 mg par kilo et par jour, en 3 ou 4 prises.\n- **Interdit** : à partir du 6e mois de grossesse, en cas d'ulcère, d'insuffisance rénale, de déshydratation, avec un anticoagulant, pendant la varicelle.\n- Il peut masquer et aggraver une infection : en cas de fièvre avec infection, le paracétamol d'abord.\n\n## L'aspirine\n\nEfficace, mais **jamais chez l'enfant**, jamais avec un anticoagulant, jamais avant une opération ou avec un saignement.\n\n## Les antidouleurs forts\n\nCodéine, tramadol, morphine : sur ordonnance. Ils endorment, constipent, et à forte dose **arrêtent la respiration**, surtout avec l'alcool ou des somnifères. La codéine est interdite avant 12 ans.\n\n## La douleur qui prévient\n\n**Une douleur brutale et violente** dans la poitrine, le ventre, la tête (la pire de sa vie) : on ne la cache pas sous un comprimé, on appelle le 15. Voir [[URG-SEC-005]].\n\nMesurer la douleur d'un enfant ou d'un étranger : l'échelle des visages, [[TEC-IDE-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-028","titre":"Pansements et bandages","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pansement","bandage","plaie","cicatrisation humide","echarpe","entorse","infection","film alimentaire"],"sources":["Winter G.D., Formation of the scab and the rate of epithelization of superficial wounds in the skin of the young domestic pig, Nature, 1962","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours","NHS, Burns and scalds (film alimentaire après refroidissement)"],"corps":"::En 1962, un chercheur a montré qu'une plaie gardée humide sous un pansement cicatrise environ deux fois plus vite qu'une plaie laissée sécher à l'air. La croûte n'est pas un signe de bonne guérison : c'est un obstacle.::\n\n## Le principe\n\n1. **Laver** la plaie à l'eau propre en abondance, savon autour. Voir [[URG-SEC-009]].\n2. **Couvrir** : le pansement protège des microbes et garde l'humidité.\n3. **Surveiller et changer** : quand il est traversé, sale, ou tous les un à trois jours.\n\n## Avec ce qu'on a\n\n- **Un tissu en coton propre**, bouilli ou repassé au fer très chaud, fait une compresse.\n- **Les serviettes hygiéniques** : très absorbantes, emballées propres, parfaites sur une plaie qui saigne.\n- **Le film alimentaire** sur une brûlure, **après** l'avoir refroidie à l'eau : il protège sans coller. Voir [[URG-BRUL-001]].\n- **Un peu de vaseline ou de miel** sous la compresse empêche qu'elle colle. Voir [[TEC-BOT-006]].\n- **Du ruban adhésif** découpé en papillons rapproche les bords d'une petite coupure.\n\n**À éviter** : le coton hydrophile directement sur la plaie (ses fibres s'y collent), l'alcool dans la plaie (il abîme la chair), un bandage serré en rond autour d'un membre qui gonfle.\n\n## Les bandages\n\n- **L'entorse** : bande en huit autour de la cheville ou du poignet, ferme sans serrer.\n- **Le test** : les doigts ou les orteils doivent rester roses et chauds ; en appuyant sur un ongle, la couleur revient en moins de deux secondes. Sinon, on desserre.\n- **L'écharpe** : un grand triangle de tissu noué derrière le cou soutient un bras blessé.\n- **Le pansement compressif** pour arrêter un saignement : voir [[URG-HEMO-001]].\n\n## L'infection\n\n**Rougeur qui s'étend, chaleur, gonflement, pus, douleur qui augmente au lieu de diminuer, traînée rouge qui remonte le long du membre, fièvre** : la plaie s'infecte. Il faut un avis médical, souvent des antibiotiques. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\nLa trousse de soins : [[TEC-SAN-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-027","titre":"Gelures, engelures et pied de tranchée","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["gelures","engelures","pied de tranchee","froid","rechauffer","chaussettes","pieds","1914-1918"],"sources":["McIntosh S.E. et al., Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Frostbite, 2019","Atenstaedt R.L., Trench foot: the medical response in the early trench warfare period, 1914-15, Wilderness & Environmental Medicine, 2006"],"corps":"::Pendant la Grande Guerre, des dizaines de milliers de soldats ont perdu l'usage de leurs pieds sans qu'il gèle : juste de l'eau froide dans les bottes, pendant des jours. Les officiers britanniques ont fini par inspecter les pieds de leurs hommes chaque jour. Les pieds, c'est ce qui vous ramène à la maison.::\n\n## Trois choses différentes\n\n- **Les engelures** : des plaques rouges ou violacées, gonflées, qui démangent et brûlent, sur les orteils, les doigts, les oreilles, après du froid humide. Bénignes, elles guérissent en une à trois semaines.\n- **Le pied de tranchée** : des pieds **mouillés et froids** pendant des heures ou des jours, même à 10 °C. Ils deviennent pâles, gonflés, engourdis, puis rouges et très douloureux, parfois avec des cloques et des plaies.\n- **Les gelures** : la peau et la chair **gèlent**. D'abord blanches, dures, insensibles ; au réchauffement, rouges, violacées, avec des cloques, parfois noires les jours suivants.\n\n## Prévenir\n\n- **Pieds secs** : changer de chaussettes chaque jour, en garder une paire en train de sécher contre le corps.\n- **Aérer et masser** ses pieds le soir, les sécher, un peu de talc si on en a.\n- **Jamais dormir** chaussures mouillées aux pieds.\n- **Rien de serré** : chaussures, chaussettes, gants trop justes coupent la circulation.\n- **Se surveiller à deux** : les joues, le nez, les oreilles qui blanchissent se voient mieux chez l'autre.\n\n## Soigner une gelure\n\n1. **À l'abri d'abord.** **Ne jamais réchauffer s'il y a un risque de regeler** : un membre qui regèle s'abîme bien plus que s'il était resté gelé.\n2. **Réchauffer dans l'eau à 37-39 °C**, pas plus (tester avec le coude), 15 à 30 minutes, jusqu'à ce que la peau redevienne souple et rouge.\n3. **Ça fait très mal** : ibuprofène si possible.\n4. **Ne jamais frotter**, ni avec de la neige, ni avec les mains. Ne pas percer les cloques.\n5. Pansements secs et lâches, une compresse entre les orteils, le membre surélevé.\n6. **Consulter**. Les parties noires se délimitent en semaines : les chirurgiens disent « gelé en janvier, amputé en juillet ». On ne coupe jamais trop tôt.\n\n## Soigner le pied de tranchée\n\nSécher, réchauffer **doucement** à l'air, surélever, ne plus marcher dessus si possible. Il reste souvent des douleurs et une sensibilité au froid pendant des mois.\n\nLe froid en général : [[SURV-MIL-001]] et [[URG-HYPO-001]]. Les pieds en marche : [[SURV-DEP-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-026","titre":"L'hypertension","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["hypertension","tension arterielle","tensiometre","sel","avc","infarctus","automesure","grossesse"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Hypertension, principaux repères, 2023","Santé publique France, étude Esteban : l'hypertension artérielle en France, 2018","Haute Autorité de santé, Prise en charge de l'hypertension artérielle de l'adulte, 2016"],"corps":"::Un adulte sur trois en France a trop de tension, et la moitié l'ignore : elle ne fait pas mal. Elle abîme en silence les artères, le cœur, les reins et le cerveau, jusqu'au jour de l'AVC. Un tensiomètre à 30 euros et moins de sel changent la fin de l'histoire.::\n\n## Mesurer\n\nUn **tensiomètre électronique au bras** (ceux du poignet sont moins fiables).\n\n**La règle des trois** : 3 mesures le matin, 3 le soir, pendant 3 jours, assis, au calme depuis cinq minutes, le bras posé à hauteur du cœur, sans avoir fumé ni bu de café juste avant.\n\nÀ la maison, la tension est **trop haute au-delà de 135/85** en moyenne. Le premier chiffre est la pression quand le cœur pousse, le second quand il se relâche.\n\n## Baisser sans médicament\n\nChaque mesure fait gagner quelques points ; ensemble, autant qu'un médicament.\n\n- **Le sel** : moins de 5 g par jour. Le sel caché est dans le pain, la charcuterie, le fromage, les plats préparés, les bouillons cubes.\n- **Marcher** 30 minutes par jour.\n- **Perdre du poids** si on en a trop.\n- **Moins d'alcool.**\n- **Des fruits et des légumes** à chaque repas : leur potassium fait baisser la tension.\n\n## Les médicaments\n\n- **Ne jamais les arrêter d'un coup** : certains provoquent un rebond dangereux.\n- Pour une crise qui s'annonce, demander au médecin une **ordonnance de trois mois** et garder une réserve.\n- Un médicament qui manque : voir avec un pharmacien ce qui peut le remplacer, plutôt que de ne rien prendre.\n\n## Les signes d'urgence\n\n**Mal de tête violent**, douleur dans la poitrine, essoufflement, troubles de la vue, confusion, faiblesse d'un côté du corps : le 15. Voir [[URG-AVC-001]].\n\n**Enceinte** : une tension haute avec maux de tête, gonflement brutal du visage et des mains, taches devant les yeux, c'est une **pré-éclampsie**, une urgence pour la mère et l'enfant.\n\nPrendre les autres constantes : [[TEC-SAN-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-025","titre":"S'occuper d'une personne âgée","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["personne agee","chute","deshydratation","canicule","confusion","escarres","medicaments","memoire"],"sources":["INSERM, Surmortalité liée à la canicule d'août 2003, rapport, 2004","Haute Autorité de santé, Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées, 2009","Santé publique France, canicule et personnes âgées"],"corps":"::En août 2003, la canicule a tué près de 15 000 personnes en France, surtout des personnes âgées, souvent seules, souvent sans avoir eu soif. Ce qui les aurait sauvées tenait en trois gestes : un verre d'eau, un linge mouillé, une visite par jour.::\n\n## Les quatre dangers\n\n**La soif qui disparaît** : avec l'âge, on ne sent plus qu'on a besoin de boire. Un verre plein **toujours visible**, environ un litre et demi par jour sauf avis médical contraire, des soupes, des fruits. Une urine foncée, une bouche sèche, une confusion : il manque de l'eau.\n\n**La chute** : la première cause d'accident grave. Retirer les tapis, éclairer la nuit le chemin des toilettes, des chaussures qui tiennent le pied, une chaise dans la douche.\n\n**La confusion brutale** : une personne qui perd la tête en quelques heures ou quelques jours n'est pas « devenue sénile ». C'est souvent une **infection urinaire**, un manque d'eau, un médicament : ça se soigne, il faut consulter vite.\n\n**Les médicaments** : une liste écrite de tout ce qu'elle prend, un pilulier rempli pour la semaine, et **jamais d'arrêt brutal** sans avis.\n\n## Après une chute\n\n1. **Ne pas la relever tout de suite** : demander où elle a mal, regarder si une jambe est raccourcie ou tournée (fracture du col du fémur).\n2. Si rien de grave : la faire rouler sur le côté, puis à quatre pattes, puis se hisser sur une chaise placée devant elle.\n3. **Rester au sol plus d'une heure** est dangereux (froid, muscles abîmés) : couvrir, appeler.\n\n## Alitée\n\nChanger sa position **toutes les deux à trois heures**, surveiller les talons, les fesses et le bas du dos : une rougeur qui ne disparaît pas quand on appuie, c'est le début d'une escarre. Un coussin sous les mollets pour que les talons ne touchent pas.\n\n## Chaleur et froid\n\n- **Canicule** : volets fermés le jour, linge mouillé sur la peau, ventilateur, une visite ou un appel chaque jour. Voir [[URG-CHAL-001]].\n- **Froid** : une pièce chauffée plutôt qu'une maison tiède, des couches de vêtements, une boisson chaude. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n## Ce qu'elle sait\n\nUne personne âgée est souvent la dernière à savoir faire certaines choses : le pain sans levure, la lessive à la cendre, réparer une chaise, soigner une bête. **Faites-la parler, notez tout.** C'est bon pour elle, et c'est exactement ce que Phenix essaie de ne pas perdre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-024","titre":"Prendre soin d'un mort","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Moyen","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["deces","mort","corps","rigidite","identification","inhumation","catastrophe","deuil"],"sources":["OPS, OMS, CICR, FICR, La gestion des dépouilles mortelles lors de catastrophes : manuel pratique pour les premiers intervenants, 2e édition, 2016","Code général des collectivités territoriales, article R2213-33 (délais d'inhumation)","Service-public.fr, démarches après un décès"],"corps":"::Après une catastrophe, la peur des épidémies pousse à enterrer vite, en masse, sans noter qui est qui. C'est une erreur : les morts d'un séisme ou d'une inondation ne donnent pas d'épidémie. Les familles qui ne savent jamais où est leur mort, elles, en souffrent toute leur vie.::\n\n## Constater\n\nPas de respiration, pas de pouls, pas de réaction, les pupilles larges et fixes. En cas de doute, **on commence la réanimation** : voir [[URG-CARD-001]].\n\nLes signes qui ne trompent pas arrivent ensuite : la **rigidité** (qui commence par la mâchoire en deux à six heures et disparaît après un ou deux jours), les **taches violacées** du côté posé au sol.\n\n## En temps normal\n\n- Un **médecin** constate le décès et signe le certificat.\n- La **déclaration** se fait à la mairie dans les 24 heures, souvent par les pompes funèbres.\n- En France, l'inhumation ou la crémation a lieu **entre 24 heures et 6 jours** après le décès.\n\n## Quand personne ne viendra\n\n**Préparer le corps**, avec des gants, avant que la rigidité ne s'installe :\n\n1. Fermer les yeux, fermer la bouche avec une bande nouée autour de la tête.\n2. Allonger le corps sur le dos, bras le long du corps, jambes droites.\n3. Le laver si on le souhaite, l'habiller, le couvrir d'un drap.\n4. Le garder **au frais**, à l'écart du soleil.\n\n**Identifier**, toujours : nom, date, lieu, circonstances, notés sur une étiquette attachée au corps **et** sur un registre. Une photo du visage, les objets personnels gardés dans un sac étiqueté.\n\n**Inhumer**\n\n- Une tombe par personne, repérée par une marque durable et reportée sur un plan.\n- Au moins **un mètre et demi de profondeur**, loin des puits, des sources et des cours d'eau.\n- **Jamais de crémation de masse** improvisée : elle empêche toute identification.\n\n## Les exceptions\n\nLes personnes mortes du **choléra**, d'**Ebola** ou d'une autre maladie contagieuse : pas de lavage, pas de contact, gants, eau de Javel, et enterrement rapide. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## Ceux qui restent\n\nLaisser la famille voir le corps, dire au revoir, faire un rite, même simple. Ce moment compte des années plus tard. Voir [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-023","titre":"Le sommeil","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sommeil","fatigue","sieste","cafeine","insomnie","tours de garde","privation de sommeil"],"sources":["Williamson A., Feyer A.M., Moderate sleep deprivation produces impairments equivalent to legally prescribed levels of alcohol intoxication, Occupational and Environmental Medicine, 2000","Rupp T.L. et al., Banking sleep: realization of benefits during subsequent sleep restriction and recovery, Sleep, 2009","Reyner L.A., Horne J.A., Suppression of sleepiness in drivers: combination of caffeine with a short nap, Psychophysiology, 1997"],"corps":"::Après 17 à 19 heures sans dormir, on conduit et on décide comme avec 0,5 g d'alcool par litre de sang. Personne ne s'y habitue : on s'habitue seulement à ne plus s'en rendre compte. Dans une crise, le sommeil n'est pas une faiblesse, c'est du matériel.::\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- Un adulte a besoin de **7 à 9 heures**. En dessous pendant des jours, les erreurs, les accidents et les disputes grimpent.\n- **Le manque de sommeil ne se voit pas de l'intérieur** : les gens privés de sommeil se jugent en forme.\n- Les **micro-sommeils**, quelques secondes les yeux ouverts, arrivent sans prévenir. Au volant, ça tue.\n\n## Les techniques qui marchent\n\n**La sieste courte** : 10 à 20 minutes. Plus long, on se réveille dans le brouillard.\n\n**La sieste café** : boire un café, puis dormir tout de suite 20 minutes. La caféine agit au réveil. Testé sur des conducteurs : plus efficace que l'un ou l'autre seul.\n\n**Faire des réserves** : dormir plus longtemps les nuits d'avant une période difficile connue aide vraiment à tenir pendant, et à récupérer après.\n\n**Les tours de garde** : à deux, quatre heures chacun ; à trois, on dort deux tiers de la nuit. Toujours les mêmes créneaux pour les mêmes personnes : le corps s'y cale.\n\n## Dormir quand c'est dur\n\n- **Le bruit et la lumière** : bouchons d'oreilles, bandeau (un bonnet rabattu fait l'affaire).\n- **Le froid** : manger avant de dormir, vêtements secs réservés à la nuit, vider sa vessie avant de se glisser dans le duvet, pour ne pas avoir à en sortir.\n- **L'esprit qui tourne** : noter ce qui inquiète sur un papier, pour le poser. Puis relâcher un à un le visage, la mâchoire, les épaules, les bras, les jambes, en respirant lentement.\n\n## L'insomnie qui dure\n\n- **Se lever à la même heure chaque jour**, même après une mauvaise nuit : c'est le réglage le plus puissant.\n- Pas endormi au bout de 20 minutes : se lever, faire quelque chose de calme sous une lumière faible, se recoucher quand le sommeil vient.\n- **Pas de café après 14 h** : la moitié de la caféine est encore dans le sang cinq heures plus tard.\n- La lumière du jour le matin, pas d'écran au lit.\n\nQuand le stress empêche de dormir des semaines : [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-022","titre":"Le soleil, les coups de soleil et les yeux","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["soleil","coup de soleil","uv","creme solaire","ophtalmie des neiges","lunettes a fente","altitude"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Global Solar UV Index: a practical guide, 2002","Institut national du cancer, prévention des risques solaires","Organisation mondiale de la santé, Ultraviolet radiation, principaux repères"],"corps":"::Les nuages laissent passer jusqu'à 80 % des ultraviolets, la neige en renvoie autant, et chaque millier de mètres d'altitude en ajoute environ 10 %. Le soleil brûle surtout ceux qui pensent qu'il ne tape pas aujourd'hui.::\n\n## Se protéger\n\n- **Entre 12 h et 16 h**, l'ombre. L'ombre de son propre corps plus courte que soi : le soleil est dangereux.\n- **Les vêtements** protègent mieux que n'importe quelle crème : manches longues, tissu serré, **chapeau à large bord**.\n- **La crème** : il en faut beaucoup, environ six cuillères à café pour un corps adulte, **renouvelée toutes les deux heures** et après la baignade. Une crème étalée fine ne protège qu'à moitié.\n\n## Soigner un coup de soleil\n\n1. De l'eau fraîche, pas glacée, en douche ou en linge mouillé.\n2. **Boire** : un coup de soleil déshydrate.\n3. Une crème hydratante ou du gel d'aloe vera ; du paracétamol contre la douleur.\n4. **Ne pas percer les cloques**.\n5. Rester à l'ombre les jours suivants.\n\n**Des cloques sur une grande surface**, de la fièvre, des frissons, des maux de tête, des nausées : c'est une brûlure grave ou un coup de chaleur. Voir [[URG-BRUL-001]] et [[URG-CHAL-001]].\n\n## Les yeux et la neige\n\nSur la neige, l'eau ou le sable, les ultraviolets brûlent **la cornée** : c'est l'ophtalmie des neiges. La douleur arrive **six à douze heures plus tard**, comme du sable dans les yeux, avec larmes et impossibilité d'ouvrir.\n\n- **Soigner** : obscurité, compresses froides, ne pas frotter. Ça guérit en un à trois jours.\n- **Sans lunettes de soleil** : un morceau de carton, d'écorce ou de cuir **percé de deux fentes fines**, attaché derrière la tête. Les Inuits taillaient ces lunettes dans l'os et le bois il y a des siècles ; elles marchent encore.\n\n## Bon à savoir\n\n- Les coups de soleil de l'enfance comptent dans le risque de cancer de la peau des décennies plus tard.\n- **Un grain de beauté qui change** (taille, couleur, bords irréguliers, saignement) se montre à un médecin.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-021","titre":"Poux, gale, puces et punaises de lit","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["poux","gale","puces","punaises de lit","demangeaisons","parasites","typhus","soufre","lavage 60"],"sources":["CDC, Head lice, Body lice, Scabies : pages cliniques","Haute Autorité de santé, Société française de dermatologie, prise en charge de la gale","ANSES, punaises de lit : avis et recommandations, 2023"],"corps":"::Dans un camp, un squat ou un dortoir, les parasites arrivent avant la faim. Aucun n'est une honte, tous se soignent, et presque tous meurent à 60 °C. La règle d'or : on traite tout le monde en même temps, sinon ça tourne en rond.::\n\n## Les poux de tête\n\n- **Ils ne sautent pas** : ils passent de tête à tête, par contact.\n- **Le peigne fin** sur cheveux mouillés et démêlés à l'après-shampoing, mèche par mèche, tous les deux ou trois jours pendant deux semaines : ça marche, sans produit.\n- Les lotions à la **diméticone** les étouffent ; on refait une application **7 à 10 jours** après, pour les poux sortis des lentes entre-temps.\n- La tondeuse règle la question en cinq minutes : les armées l'ont compris depuis longtemps.\n\n## Les poux de corps\n\nIls vivent **dans les coutures des vêtements**, pas sur la peau, et transmettent le **typhus**. On les traite en traitant le linge : lavage à 60 °C, coutures repassées au fer très chaud, ou vêtements enfermés deux semaines dans un sac. Voir [[SURV-HYG-005]].\n\n## La gale\n\n**Ce que c'est** : un acarien minuscule qui creuse des galeries sous la peau.\n\n**Les signes** : des démangeaisons féroces, **pires la nuit**, entre les doigts, aux poignets, aux coudes, à la ceinture, aux parties génitales. D'autres gens autour qui se grattent.\n\n**Le traitement** : une crème à la **perméthrine** sur tout le corps sauf le visage, laissée une nuit, **refaite une semaine après**, ou des comprimés d'**ivermectine**, sur ordonnance. **Toute la maisonnée le même jour**, même ceux qui ne se grattent pas.\n\n**Le linge et la literie** : lavés à 60 °C, ou enfermés **trois jours** dans un sac fermé.\n\n**Sans pharmacie** : la pommade au **soufre**, vieux remède, marche aussi (plusieurs jours de suite), même chez les bébés.\n\nÇa gratte encore **deux à quatre semaines** après un traitement réussi : ce n'est pas un échec.\n\n## Les puces\n\nElles viennent des chats, des chiens, des rats. **Traiter les animaux**, passer l'aspirateur chaque jour (les œufs sont dans les tapis), laver les couchages. **Piège** : une assiette d'eau savonneuse sous une lampe allumée la nuit, les puces sautent vers la chaleur et se noient.\n\nLes puces de rat ont porté la peste pendant des siècles : des rats morts près des maisons, c'est un signal.\n\n## Les punaises de lit\n\n- Elles piquent la nuit, souvent **en ligne de trois** : petit-déjeuner, déjeuner, dîner.\n- Elles vivent dans les coutures du matelas, les fentes du lit, derrière les plinthes. Elles ne transmettent pas de maladie.\n- **Lavage à 60 °C**, sèche-linge chaud, ou congélateur à **-20 °C pendant trois jours** pour les objets.\n- On ne récupère **jamais un matelas** dans la rue.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-020","titre":"Les tiques et la maladie de Lyme","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tiques","lyme","erytheme migrant","tire-tique","encephalite","prevention","foret"],"sources":["Haute Autorité de santé, Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques, recommandations, 2018","Santé publique France, prévention des piqûres de tiques","Réseau Sentinelles, surveillance de la maladie de Lyme en France"],"corps":"::La tique qui transmet le plus souvent Lyme n'est pas celle qu'on voit : c'est la nymphe, grosse comme une graine de pavot. Environ 50 000 personnes par an l'attrapent en France. Une inspection de deux minutes chaque soir en évite presque toutes.::\n\n## Comment ça marche\n\nLa tique attend au bout des herbes hautes et des fougères, et s'accroche au passage. Elle cherche ensuite un endroit chaud et fin : **derrière les genoux, l'aine, les aisselles, la ceinture, le cuir chevelu et derrière les oreilles** chez les enfants.\n\nElle transmet la bactérie de Lyme en se nourrissant, et **plus elle reste accrochée, plus le risque monte**. Retirée dans les premières heures, elle transmet rarement.\n\n## Éviter les piqûres\n\n- Pantalon long **rentré dans les chaussettes**, vêtements clairs pour les voir.\n- Un répulsif sur la peau (DEET, IR3535, icaridine), et sur les vêtements pour les longues sorties.\n- **Chaque soir**, inspection complète du corps, enfants compris, avec un miroir ou l'aide d'un autre.\n\n## Retirer une tique\n\n1. **Un tire-tique** (vendu en pharmacie, quelques euros) ou une pince fine, au plus près de la peau.\n2. Avec le tire-tique, **tourner doucement** sans tirer ; avec une pince, tirer droit, lentement, sans écraser.\n3. Désinfecter, se laver les mains, **noter la date et l'endroit**.\n\n**Rien avant** : ni éther, ni alcool, ni huile, ni flamme. La tique agressée régurgite dans la plaie.\n\n## Surveiller un mois\n\n**Une plaque rouge qui s'étend** autour de la piqûre, de 3 à 30 jours après, souvent de plus de 5 cm, parfois plus claire au centre : c'est **l'érythème migrant**, le début de Lyme. Il faut consulter : deux semaines d'antibiotiques la guérissent très bien à ce stade. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\n**Fièvre, fatigue, douleurs**, ou plus tard une paralysie d'un côté du visage, des douleurs articulaires : consulter aussi, en disant qu'on a été piqué.\n\n## Les autres risques\n\n- **L'encéphalite à tiques**, dans l'Est de la France et en Europe centrale : un vaccin existe, pour ceux qui vivent ou travaillent en forêt là-bas.\n- Une tique retirée **ne se rapporte pas à la maison vivante** : on la noie dans l'alcool ou on la scotche sur un papier daté, utile si des symptômes apparaissent.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-019","titre":"La santé mentale dans l'épreuve","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sante mentale","stress","depression","trauma","suicide","anxiete","crise de panique","soutien"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Premiers secours psychologiques : guide pour les acteurs de terrain, 2011","Organisation mondiale de la santé, mhGAP Intervention Guide 2.0","Ministère de la Santé, numéro national de prévention du suicide 3114"],"corps":"::Après une catastrophe, la plupart des gens vont mal pendant quelques semaines, et la plupart vont mieux ensuite. Ce qui aide n'est pas compliqué : sécurité, sommeil, liens, un peu d'utilité. Ce qu'il faut savoir repérer, c'est quand ça ne passe pas.::\n\n## Ce qui est normal\n\nAprès un choc, pendant des jours ou des semaines : sommeil difficile, cauchemars, pensées qui reviennent sans cesse, irritabilité, fatigue, sursauts au moindre bruit, pleurs, sentiment d'irréalité, culpabilité d'avoir survécu. **Ce sont des réactions normales à une situation anormale**, pas une maladie.\n\n## Ce qui aide, pour soi et pour les autres\n\n- **Sécurité d'abord** : un abri, de l'eau, de la nourriture, des nouvelles des proches.\n- **Le sommeil** : des heures régulières, un coin calme, pas d'écrans de catastrophe avant de dormir.\n- **Les liens** : parler à quelqu'un de confiance, ne pas rester seul.\n- **L'utilité** : avoir une tâche, aider les autres, redonne prise sur les choses.\n- **Le corps** : marcher, bouger, respirer lentement. **Moins d'alcool** : il endort mais abîme le sommeil et aggrave l'angoisse.\n\n**Aider quelqu'un qui va mal** : **regarder** (qui a besoin d'aide), **écouter** sans forcer à raconter, **orienter** vers ce dont il a besoin (proches, soins, aide concrète). On ne force jamais quelqu'un à « tout raconter » juste après un choc.\n\n## Une crise de panique\n\nCœur qui s'emballe, souffle court, impression de mourir ou de devenir fou, pendant quelques minutes. **Elle n'est pas dangereuse et passe toujours.**\n\n- **Respirer lentement** : inspirer par le nez sur 4 secondes, **expirer plus longtemps**, sur 6 à 8 secondes, lèvres pincées.\n- **Se ramener au présent** : nommer 5 choses qu'on voit, 4 qu'on touche, 3 qu'on entend, 2 qu'on sent, 1 qu'on goûte.\n\n## Quand il faut plus\n\n- **Dépression** : plus de deux semaines de tristesse ou de vide, perte d'intérêt pour tout, plus d'énergie, idées de mort.\n- **Stress post-traumatique** : au-delà d'un mois, des souvenirs qui s'imposent comme si on y était, l'évitement de tout ce qui rappelle l'événement, une vigilance permanente.\n- **Le risque suicidaire** : quelqu'un qui parle de mourir, se sent un fardeau, donne ses affaires, dit adieu. **Posez-lui la question directement** : « Est-ce que tu penses à te tuer ? ». La poser ne donne pas l'idée : elle soulage souvent. Restez avec lui, éloignez les moyens (armes, médicaments), et faites appel à l'aide. **En France, le 3114**, jour et nuit.\n\nTenir dans la durée : [[SURV-PSY-001]]. Les enfants : [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-018","titre":"Soigner un nouveau-né","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["nouveau-ne","bebe","allaitement","cordon","chaleur","signes de danger","sommeil","biberon"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Soins essentiels au nouveau-né et prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME)","Organisation mondiale de la santé et UNICEF, recommandations sur l'allaitement","Santé publique France, prévention de la mort inattendue du nourrisson"],"corps":"::Un nouveau-né a besoin de quatre choses : chaleur, lait, propreté, et des adultes qui savent reconnaître quand ça ne va pas. Presque tout le reste est secondaire.::\n\n## La chaleur\n\n- **Peau contre peau** avec sa mère ou son père, sur la poitrine, couverts ensemble : c'est la meilleure couveuse qui existe, surtout pour les petits poids.\n- **Un bonnet** : un nouveau-né perd beaucoup de chaleur par la tête.\n- **Ni trop chaud ni trop froid** : la nuque doit être tiède. Des mains et des pieds un peu frais sont normaux.\n\n## Le lait\n\n- **L'allaitement** dès la première heure, puis **à la demande**, 8 à 12 fois par 24 heures. Le premier lait (le colostrum), jaune et épais, est précieux.\n- **Pas d'eau, pas de tisane, pas de miel** avant 6 mois pour un bébé allaité : le lait suffit, même quand il fait chaud. Le miel peut donner le botulisme avant un an. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Au biberon** : eau bouillie puis refroidie vers 70 °C pour préparer, biberons et tétines bouillis, lait préparé juste avant. Une eau douteuse fait des diarrhées mortelles chez le nourrisson.\n- **Il mange assez** s'il mouille au moins **6 couches par jour** après la première semaine et reprend son poids de naissance vers deux semaines.\n\n## Le cordon et la propreté\n\n- **Gardez le cordon propre et sec**, à l'air, sans rien dessus. Il tombe entre 5 et 15 jours.\n- **Mains lavées** avant de s'occuper de lui.\n- **Le bain** n'est pas urgent : une toilette au linge tiède suffit.\n\n## Le sommeil\n\n**Sur le dos**, sur un matelas ferme, sans oreiller, couverture ni peluche, dans une gigoteuse. C'est ce qui prévient la mort inattendue du nourrisson.\n\n## Les signes de danger\n\n**Il faut un soignant tout de suite si le bébé** :\n\n- **ne tète plus** ou tète très mal ;\n- **convulse** ;\n- **respire vite** (60 fois par minute ou plus) ou en creusant la poitrine ;\n- a **plus de 37,5 °C ou moins de 35,5 °C** ;\n- **ne bouge que si on le stimule**, reste mou ;\n- devient **jaune dans les 24 premières heures**, ou jusqu'aux paumes et plantes des pieds ;\n- a un **cordon rouge, gonflé, qui sent mauvais** ;\n- a les yeux qui coulent de pus.\n\nAccoucher sans médecin : [[URG-SEC-007]]. Réanimer un bébé : [[URG-SEC-012]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-017","titre":"Le diabète sans pharmacie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["diabete","insuline","conservation","acidocetose","alimentation","glycemie","crise","pieds"],"sources":["Fédération internationale du diabète (IDF), Diabetes and disasters, guide de préparation","American Diabetes Association, Standards of Care in Diabetes (acidocétose, hypoglycémie)","Fabricants d'insuline, conditions de conservation hors réfrigérateur"],"corps":"::Pour un diabétique qui dépend de l'insuline, une crise qui coupe l'approvisionnement est une question de semaines. Tout se joue sur trois choses : la réserve, la conservation au frais, et l'alimentation.::\n\n## Les deux diabètes\n\n- **Type 1** : le pancréas ne fabrique plus d'insuline. **Sans insuline, la personne tombe en acidocétose en quelques jours**, et en meurt. Rien ne la remplace.\n- **Type 2** : l'insuline est fabriquée mais agit mal. L'alimentation, l'activité et le poids peuvent beaucoup ; certains se passent de médicaments s'ils changent de mode de vie.\n\n## Avant la crise\n\n- **Une réserve d'avance** : insuline, aiguilles, bandelettes, lecteur et piles, comprimés, glucagon, sucre. Au moins un mois, plus si possible.\n- **Une ordonnance papier** et la liste exacte des traitements et des doses.\n\n## Garder l'insuline sans frigo\n\n- **Un flacon ou un stylo entamé se garde environ un mois** à température ambiante, **en dessous de 25 à 30 °C**, à l'abri de la lumière.\n- **La chaleur et le gel la détruisent** : jamais au soleil, jamais dans une voiture en été, jamais congelée.\n- **Rafraîchir sans électricité** : un pot en terre cuite dans un pot plus grand avec du sable mouillé, un linge humide dans le courant d'air, une cave, l'eau d'une source. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Une insuline trouble** (quand elle devrait être claire), avec des grumeaux ou décolorée ne vaut plus rien.\n\n## Manger pour réduire les besoins\n\n- **Moins de sucres rapides et de féculents** : moins de glucides, c'est moins d'insuline nécessaire et une glycémie plus stable. Légumes, légumineuses, protéines, graisses.\n- **Des repas réguliers** : sauter un repas sous insuline ou sous certains comprimés provoque des hypoglycémies. Voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Marcher 15 à 20 minutes après les repas** fait baisser la glycémie.\n\n## Les signes de danger\n\n- **Hyperglycémie qui dérape vers l'acidocétose** (surtout type 1) : soif intense, urines abondantes, fatigue, nausées, vomissements, douleurs de ventre, **haleine qui sent la pomme ou l'acétone**, respiration profonde. **Urgence** : insuline, beaucoup d'eau, et un soignant.\n- **Hypoglycémie** : sueurs, tremblements, confusion. Sucre tout de suite. Voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Les pieds** : un diabétique sent mal ses pieds. Une petite plaie non vue s'infecte et peut mener à l'amputation. **Regardez-les chaque soir.** Voir [[SURV-DEP-003]].\n\n**Dans un groupe**, tout le monde doit savoir qui est diabétique, où est son sucre et son glucagon, et reconnaître une hypoglycémie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-016","titre":"Prendre les constantes","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["constantes","pouls","respiration","temperature","saturation","conscience","surveillance","malade"],"sources":["Référentiel PSE1 et PSE2, bilans et surveillance des victimes","Royal College of Physicians, National Early Warning Score 2 (NEWS2), 2017","Organisation mondiale de la santé, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (repères de fréquence respiratoire)"],"corps":"::Un malade qui se dégrade le montre souvent par ses chiffres avant de le montrer par ses mots. Compter un pouls et une respiration, noter l'heure, recommencer une heure plus tard : c'est ce que fait une infirmière, et ça ne demande presque aucun matériel.::\n\n## Ce qu'on mesure, et les valeurs normales (adulte au repos)\n\n| Constante | Comment | Normal | Inquiétant |\n|---|---|---|---|\n| **Pouls** | Deux doigts sur le poignet (côté pouce) ou le côté du cou ; compter 30 secondes, multiplier par 2 | 60 à 100 par minute | Plus de 120, moins de 50, irrégulier, faible |\n| **Respiration** | Regarder la poitrine se soulever, compter une minute, sans prévenir la personne | 12 à 20 par minute | Plus de 25, moins de 10, bruyante, pénible |\n| **Température** | Thermomètre ; à défaut, la main sur la nuque ou le tronc | 36,5 à 37,5 °C | 38 °C et plus, 35 °C et moins |\n| **Conscience** | Éveillé ? Répond à la voix ? Seulement à la douleur ? Ne répond pas ? | Éveillé et orienté | Confus, somnolent, agité |\n| **Recoloration** | Appuyer 5 secondes sur un ongle ou le front, relâcher | Revient en moins de 2 secondes | Plus de 2 secondes |\n| **Saturation** (oxymètre au doigt) | Lecture directe | 95 % et plus | Moins de 92 % |\n| **Tension** (tensiomètre) | Brassard au bras, au repos | Autour de 12/8 | Moins de 9 en haut, ou plus de 18 |\n\n**Chez l'enfant**, les normales sont plus élevées : un nourrisson respire 30 à 60 fois par minute, son cœur bat 100 à 160 fois.\n\n## Surveiller\n\n- **Notez tout, avec l'heure.** Une feuille, une colonne par heure. **C'est la tendance qui compte** : un pouls qui passe de 80 à 110 en trois heures dit plus qu'un chiffre isolé.\n- **Les urines** : une personne qui n'urine plus depuis 8 heures, ou très foncé, se déshydrate ou fait un choc.\n- **Les signes qui s'additionnent** (pouls rapide, respiration rapide, confusion, fièvre ou froid) signalent une aggravation sérieuse, souvent une infection grave. Voir [[URG-SEC-010]].\n\n## Les astuces de soignant\n\n- **Comptez la respiration pendant que vous faites semblant de prendre le pouls** : quelqu'un qui sait qu'on compte sa respiration la modifie.\n- **Un oxymètre de doigt** coûte le prix d'un repas, fonctionne sur piles et donne pouls et saturation : un des meilleurs achats pour une trousse. Il se trompe sur des doigts froids ou vernis.\n- **Transmettez** : quand vous passez le relais, donnez la feuille. Le soignant suivant sait tout de suite où en est le malade.\n\nLa fièvre en détail : [[TEC-SAN-002]]. Examiner une victime : [[URG-SEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-015","titre":"Les antibiotiques","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["antibiotiques","infection","bacterie","virus","resistance","amoxicilline","doses","allergie"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, WHO Model Formulary et The WHO AWaRe Antibiotic Book, 2022","Haute Autorité de santé, choix et durées d'antibiothérapie dans les infections courantes, 2021","Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), recommandations"],"corps":"::Un antibiotique tue des bactéries. Il ne fait rien contre un rhume, une grippe ou la plupart des maux de gorge, qui sont des virus. Bien choisi, il sauve une vie ; pris au hasard, il use une arme qu'on n'a pas en double.::\n\n## Quand ils servent\n\n**Les infections bactériennes** qui s'aggravent :\n\n- **plaie infectée** dont la rougeur s'étend, avec chaleur, pus, fièvre ;\n- **pneumonie** : fièvre, toux, essoufflement, douleur thoracique ;\n- **infection urinaire** : brûlures, envies fréquentes, parfois fièvre et douleur des reins ;\n- **abcès dentaire** qui gonfle ;\n- **angine bactérienne**, certaines otites et sinusites qui durent ;\n- **morsures** d'animal ;\n- **maladie de Lyme** après une morsure de tique (plaque rouge qui s'étend) ;\n- **septicémie** : fièvre, frissons, confusion, tension basse. **Urgence absolue.**\n\n**Quand ils ne servent à rien** : rhume, grippe, Covid, la plupart des bronchites et des maux de gorge, la plupart des diarrhées.\n\n## Les antibiotiques courants\n\nDoses habituelles chez l'adulte, à titre de repère : en temps normal, c'est au médecin de choisir, de doser et de fixer la durée.\n\n| Antibiotique | Usages principaux | Dose adulte habituelle |\n|---|---|---|\n| **Amoxicilline** | Angine, otite, sinusite, pneumonie, abcès dentaire | 1 g trois fois par jour |\n| **Amoxicilline + acide clavulanique** | Morsures, sinusites qui résistent, plaies infectées | 1 g trois fois par jour (souvent en association 1 g/125 mg) |\n| **Doxycycline** | Maladie de Lyme, certaines pneumonies, infections après morsure de tique | 100 mg deux fois par jour |\n| **Azithromycine** | Pneumonies atypiques, alternative en cas d'allergie à la pénicilline | 500 mg le premier jour, puis 250 mg quatre jours |\n| **Fosfomycine** | Cystite simple de la femme | 3 g en une seule prise |\n| **Métronidazole** | Infections dentaires, diarrhées à parasites (giardia, amibes) | 500 mg trois fois par jour, **sans alcool** |\n\n**Chez l'enfant**, tout se calcule au poids ; la doxycycline est évitée avant 8 ans ; beaucoup sont déconseillés pendant la grossesse.\n\n## Les règles\n\n- **L'allergie à la pénicilline** : demandez toujours avant. Une réaction allergique grave peut tuer, voir [[URG-ANA-001]].\n- **La durée prescrite, jusqu'au bout** : arrêter dès qu'on va mieux laisse survivre les bactéries les plus résistantes.\n- **Pas de partage, pas de reste** : un antibiotique qui n'est pas le bon, ou à la mauvaise dose, fabrique des résistances.\n- **Ils se gardent bien** en comprimés, au sec, même après la date. Voir [[TEC-SAN-010]].\n\n## La résistance\n\nChaque traitement inutile sélectionne des bactéries qui résistent. Des infections autrefois banales redeviennent mortelles faute d'antibiotique efficace. **C'est pourquoi on les garde pour les vraies infections bactériennes.**\n\nL'infection d'une plaie : [[TEC-SAN-001]]. La fièvre : [[TEC-SAN-002]]. Les morsures : [[TEC-SAN-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-014","titre":"Mal aux dents","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["dent","douleur","abces","clou de girofle","plombage","dent cassee","dentiste"],"sources":["Union française pour la santé bucco-dentaire, urgences dentaires","International Association of Dental Traumatology, guidelines 2020 : avulsion des dents permanentes","Moore P., Hersh E., Combining ibuprofen and acetaminophen for acute pain management, Journal of the American Dental Association, 2013"],"corps":"::Une rage de dents met un adulte hors service en deux jours. Loin d'un dentiste, on ne répare pas une dent : on calme la douleur, on empêche l'infection de s'étendre, et on protège ce qui reste.::\n\n## Calmer la douleur\n\n- **Ibuprofène et paracétamol ensemble** : pour une douleur dentaire, cette association fait souvent mieux que bien des antidouleurs forts. Doses : [[TEC-SAN-009]].\n- **L'huile essentielle de clou de girofle** (eugénol), une goutte sur un coton posé contre la dent, anesthésie localement. À défaut, un clou de girofle entier coincé contre la dent. Jamais sur la gencive en grande quantité : ça brûle.\n- **Bains de bouche à l'eau tiède salée** (une cuillère à café de sel dans un verre), plusieurs fois par jour.\n- **Tête surélevée pour dormir** : la douleur d'une dent infectée augmente allongé.\n- **Pas de chaud** sur la joue d'un abcès : ça l'aide à s'étendre. Du froid, par l'extérieur, soulage.\n\n## L'abcès : l'urgence\n\nUne joue qui gonfle, une gencive avec une bosse de pus, de la fièvre, un mauvais goût : l'infection est sortie de la dent.\n\n- Un **antibiotique** est souvent nécessaire (sur prescription), et le vrai traitement est de drainer l'abcès ou de soigner ou retirer la dent.\n- **Gonflement qui descend dans le cou, sous la langue, ou gêne pour avaler ou respirer : urgence vitale**, hôpital immédiatement.\n\n## Les accidents\n\n- **Plombage perdu** : nettoyez, et bouchez le trou avec un **pansement dentaire provisoire** de pharmacie, ou de la cire. En dépannage, un chewing-gum sans sucre évite que la nourriture s'y tasse.\n- **Dent cassée** : gardez le morceau, rincez à l'eau, protégez l'arête coupante avec de la cire.\n- **Dent définitive arrachée d'un coup** (chute, choc) : tenez-la **par la couronne**, jamais par la racine, rincez-la quelques secondes sans frotter, et **remettez-la dans son trou** tout de suite, en mordant doucement sur un linge. Impossible : conservez-la dans du **lait** ou dans la bouche, contre la joue, et allez chez un dentiste **dans l'heure**. Une dent de lait, on ne la remet pas.\n\n## Extraire, en tout dernier recours\n\nSeulement une dent **déjà très mobile**, qui bouge franchement au doigt : saisie au plus près de la gencive, doigts propres ou pince désinfectée, on la **fait basculer doucement** d'avant en arrière jusqu'à ce qu'elle cède. Puis mordre sur une compresse **30 minutes**, ne pas rincer ni fumer pendant 24 heures. **Jamais sur une dent solide** : on la casse, la racine reste et s'infecte.\n\n## Prévenir\n\nBrossage deux fois par jour, fil ou bâtonnet entre les dents, peu de sucre entre les repas. Sans dentifrice : brosse humide, un peu de bicarbonate ou de sel. Et **un contrôle chez le dentiste avant une période où il sera loin**.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-013","titre":"Les morsures et la rage","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["morsure","chien","chat","chauve-souris","rage","infection","vaccin","lavage"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Rabies vaccines: WHO position paper, 2018","Institut Pasteur, centres antirabiques et conduite à tenir après une morsure","Santé publique France, surveillance de la rage humaine et des lyssavirus des chauves-souris"],"corps":"::La rage déclarée tue presque à coup sûr. Mais entre la morsure et les premiers signes, il y a des semaines, et pendant ce temps un lavage et un vaccin la stoppent. Le geste qui sauve est le plus simple : laver longtemps.::\n\n## Toute morsure\n\n1. **Lavez tout de suite** à l'eau courante et au savon, **pendant 15 minutes**, en faisant couler l'eau dans la plaie. C'est le geste qui élimine le plus de virus et de bactéries.\n2. **Désinfectez** ensuite (chlorhexidine, povidone iodée).\n3. **Ne refermez pas** une morsure profonde : couvrez-la d'un pansement. Une plaie fermée sur des bactéries s'infecte.\n4. **Consultez** : les morsures s'infectent souvent, surtout celles de **chat** (dents fines qui injectent les bactéries en profondeur, notamment à la main), et demandent souvent un antibiotique. Vérifiez le **tétanos**, voir [[TEC-SAN-012]].\n\n## La rage\n\nUn virus présent dans la salive des mammifères infectés. Il remonte lentement les nerfs jusqu'au cerveau : **des semaines, parfois des mois**. Une fois les premiers signes apparus (fièvre, angoisse, peur de l'eau, agitation, paralysie), elle est mortelle dans la quasi-totalité des cas.\n\n**Le traitement après exposition**, fait à temps (vaccin, parfois des anticorps), la stoppe presque toujours.\n\n**Quand y penser :**\n\n- **Toute morsure ou griffure de chauve-souris**, partout, y compris en France : elles portent des virus proches de la rage. Une chauve-souris trouvée dans une chambre où quelqu'un dormait compte aussi.\n- **Toute morsure d'un mammifère à l'étranger**, surtout en Afrique, en Asie, en Amérique latine : chien errant, singe, chat, renard.\n- **Un animal au comportement anormal**, un animal importé illégalement.\n\nEn France métropolitaine, la rage des animaux terrestres a disparu depuis 2001, mais des cas arrivent chaque année par des animaux ramenés de l'étranger.\n\n## Le chien qui a mordu\n\nEn France, un chien ou un chat mordeur est placé sous **surveillance vétérinaire pendant 15 jours**. S'il reste en bonne santé, il n'avait pas la rage au moment de la morsure. Notez les coordonnées du propriétaire.\n\n## Les astuces de terrain\n\n- **Ne tuez pas l'animal** s'il n'est pas dangereux : vivant et surveillé, il répond à la question. S'il est mort, la tête sert à l'analyse : ne l'abîmez pas.\n- **En voyage dans une zone à risque**, un vaccin préventif avant le départ simplifie beaucoup le traitement après une morsure. À demander si l'on part longtemps ou loin de tout.\n- **Les enfants** se font mordre au visage et ne disent pas toujours qu'ils ont été griffés : interrogez-les après un contact avec un animal inconnu.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-012","titre":"Le tétanos","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tetanos","vaccin","rappel","plaie","clou","terre","contracture"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Tetanus vaccines: WHO position paper, 2017","Haute Autorité de santé et calendrier des vaccinations en France","Centers for Disease Control and Prevention, Tetanus : clinical overview"],"corps":"::Le tétanos ne vient pas de la rouille. Il vient de la terre. Et il ne se soigne presque pas : il se prévient, avec un vaccin qu'on oublie de faire rappeler.::\n\n## D'où il vient\n\nUne bactérie, *Clostridium tetani*, vit sous forme de spores **dans la terre, la poussière, le fumier et les excréments d'animaux**, partout dans le monde. Elle entre par une plaie, surtout **profonde et sale** : clou, écharde, épine, morsure, plaie souillée de terre, brûlure, blessure de jardinage. Le clou rouillé est célèbre parce qu'il traîne souvent dans la terre et fait des plaies profondes, pas à cause de la rouille.\n\n## Ce qu'il fait\n\nLa bactérie produit une toxine qui bloque les nerfs chargés de relâcher les muscles. En 3 à 21 jours apparaissent :\n\n- une **mâchoire bloquée**, impossible à ouvrir (le trismus) ;\n- une raideur de la nuque et du dos ;\n- des **contractures douloureuses**, déclenchées par un bruit ou un contact, qui peuvent bloquer la respiration.\n\nMême en réanimation, une partie des malades meurt. **Sans soins modernes, la majorité.**\n\n## La prévention\n\n- **La vaccination**, complète dans l'enfance, puis **des rappels**. En France : à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans. Ailleurs, un rappel tous les 10 ans est la règle la plus courante.\n- **Après une plaie à risque** chez quelqu'un dont le dernier rappel date de plus de 5 à 10 ans : consulter pour un rappel, et parfois des anticorps (immunoglobulines).\n- **Nettoyer toute plaie** longuement à l'eau et au savon, retirer la terre et les corps étrangers, ne pas refermer une plaie sale. Voir [[URG-SEC-009]].\n\n## Ce qu'il faut savoir en situation difficile\n\n- **Faites vos rappels maintenant.** Quand les pharmacies sont fermées et les hôpitaux débordés, il est trop tard.\n- **Notez la date de votre dernier rappel** avec vos papiers ; la plupart des gens l'ignorent.\n- **Les jardiniers, les agriculteurs, les éleveurs, les personnes âgées** (les rappels oubliés s'accumulent) sont les plus touchés.\n- **Le tétanos ne se transmet pas** d'une personne à l'autre : un malade n'est pas contagieux.\n- **Chez le nouveau-né**, il vient d'un cordon coupé avec un instrument sale ou recouvert de terre : un accouchement propre et une mère vaccinée le préviennent. Voir [[URG-SEC-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-011","titre":"Les diarrhées et le choléra","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["diarrhee","cholera","rehydratation","sro","sel","sucre","hygiene","eau"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, The treatment of diarrhoea: a manual for physicians and other senior health workers, 2005","OMS et UNICEF, sels de réhydratation orale et zinc","Organisation mondiale de la santé, aide-mémoire sur le choléra"],"corps":"::La diarrhée tue encore des centaines de milliers d'enfants chaque année dans le monde, presque tous par déshydratation. Le remède qui les sauve coûte quelques centimes : de l'eau, du sucre et du sel, dans les bonnes proportions.::\n\n## Ce qui tue : l'eau qu'on perd\n\nUne diarrhée fait perdre de l'eau et des sels. Chez un bébé, une personne âgée ou un malade, la déshydratation s'installe en quelques heures. **Le danger n'est pas le microbe, c'est le liquide qui part.** Voir [[TEC-SAN-005]].\n\n## La solution de réhydratation\n\n**Les sachets de sels de réhydratation orale** (SRO) du commerce sont les meilleurs : un sachet dans le volume d'eau indiqué.\n\n**Sans sachet, la recette de l'OMS :**\n\n- **1 litre d'eau potable**\n- **6 cuillères à café rases de sucre**\n- **½ cuillère à café rase de sel**\n\nBien mélanger. **Trop de sucre ou de sel aggrave la diarrhée** : mieux vaut une solution un peu trop diluée que trop concentrée. Elle doit avoir un goût à peine salé, comme des larmes.\n\n**Comment la donner** : par petites gorgées, souvent, à la cuillère pour un enfant. Après chaque selle liquide : un demi à un verre pour un enfant, un à deux verres pour un adulte. S'il vomit, attendre dix minutes et reprendre plus lentement.\n\n**Continuer à manger** : le riz, les pâtes, la banane, les carottes cuites, les compotes, et **l'allaitement sans l'interrompre**. Le zinc (10 à 20 mg par jour pendant 10 à 14 jours) raccourcit la diarrhée de l'enfant là où il est disponible.\n\n## Le choléra\n\nUne bactérie qui se transmet par l'eau et les aliments souillés par des selles, surtout quand l'eau potable et les égouts ont lâché : camps, inondations, guerres, séismes.\n\n- **Des selles abondantes comme de l'eau de riz**, sans douleur, parfois des vomissements.\n- **Un adulte peut perdre plusieurs litres par jour** et mourir en quelques heures sans réhydratation.\n- **Avec la réhydratation, presque tous survivent.** Les formes graves reçoivent des perfusions et un antibiotique.\n\n## Quand s'inquiéter\n\n- **Signes de déshydratation grave** : yeux creux, bouche sèche, plus d'urine depuis des heures, pli de la peau qui reste, somnolence, bébé sans larmes ou fontanelle creusée.\n- **Du sang dans les selles**, une fièvre forte, des douleurs violentes.\n- **Un nourrisson**, une personne âgée ou fragile.\n\nDans ces cas, soins médicaux en urgence.\n\n## Couper la transmission\n\n- **Se laver les mains au savon** après les toilettes et avant de cuisiner ou de manger. C'est le geste qui sauve le plus de vies au monde.\n- **Eau bouillie ou traitée**, voir [[URG-EAU-001]].\n- **Toilettes loin et en aval des points d'eau**, voir [[TEC-CON-006]].\n- **Désinfecter** le linge et les surfaces souillés avec de l'eau de Javel diluée.\n\nLes médicaments contre la diarrhée et leurs limites : [[TEC-SAN-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-010","titre":"Les médicaments périmés","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["medicaments","peremption","date","stockage","efficacite","stabilite","reserve"],"sources":["Lyon R. et al., Stability profiles of drug products extended beyond labeled expiration dates, Journal of Pharmaceutical Sciences, 2006 (programme SLEP de l'armée américaine)","Cantrell L. et al., Stability of active ingredients in long-expired prescription medications, Archives of Internal Medicine, 2012","FDA, Expiration Dating Extension (Shelf Life Extension Program)"],"corps":"::La date de péremption n'est pas le jour où un comprimé devient poison. C'est la date jusqu'à laquelle le fabricant garantit toute son efficacité. Après, tout dépend de la forme et du rangement.::\n\n## Ce que dit la science\n\nL'armée américaine a fait tester pendant des années ses stocks de médicaments arrivés à péremption, pour savoir si elle pouvait les garder. Résultat : **la grande majorité des lots de comprimés et de gélules restaient efficaces bien après leur date**, parfois de nombreuses années, à condition d'avoir été stockés correctement. Une étude sur des médicaments périmés depuis plus de vingt ans a retrouvé la plupart des principes actifs à des niveaux proches de l'étiquette.\n\n## Ce qui tient\n\n- **Les comprimés et gélules** secs, dans leur emballage d'origine fermé : paracétamol, ibuprofène, la plupart des antibiotiques en comprimés, des antihistaminiques, beaucoup de traitements chroniques.\n- **Les poudres** gardées au sec.\n\nIls perdent lentement un peu d'efficacité ; on les garde en dernier recours, plutôt que rien.\n\n## Ce qui ne tient pas\n\n- **Les liquides** : sirops, suspensions d'antibiotiques pour enfants (une fois reconstituées, quelques jours au frigo), gouttes.\n- **L'insuline** : environ un mois hors du frigo, et elle ne supporte ni le gel ni la chaleur.\n- **L'adrénaline** des stylos auto-injectables : elle s'oxyde. Un liquide bruni ou trouble ne vaut plus rien. Un stylo simplement périmé et limpide vaut mieux que rien en cas d'anaphylaxie.\n- **La trinitrine** sous la langue, les **collyres** ouverts (risque d'infection après un mois), les **vaccins**.\n- **Les anciennes tétracyclines** dégradées ont causé des atteintes des reins : on ne les utilise pas périmées.\n\n## Ce qui les tue\n\n- **La chaleur** : une voiture en été, une cuisine près du four.\n- **L'humidité** : **la salle de bain est le pire endroit** pour ranger des médicaments.\n- **La lumière** et l'air : un flacon ouvert, une plaquette découpée.\n\nRangez-les **au frais, au sec, à l'abri de la lumière**, dans leur boîte d'origine avec la notice.\n\n## Les règles pratiques\n\n- **Un comprimé qui a changé** de couleur, d'odeur (odeur de vinaigre pour l'aspirine), qui s'effrite ou colle : on le jette.\n- **Un traitement vital** (épilepsie, cœur, diabète, greffe) : on ne joue pas avec l'efficacité. On renouvelle son stock en priorité et on garde de l'avance.\n- **En crise, triez** : ce qui est encore dans sa date d'abord, les comprimés périmés bien conservés ensuite, les liquides périmés jamais.\n\nLes doses de base : [[TEC-SAN-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-009","titre":"Les médicaments de base et leurs doses","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["medicaments","paracetamol","ibuprofene","doses","antidouleur","fievre","diarrhee","allergie"],"sources":["ANSM, recommandations sur le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens en automédication","Organisation mondiale de la santé, WHO Model Formulary et liste des médicaments essentiels","Vidal, monographies (posologies de référence adulte et enfant)"],"corps":"::Cinq ou six molécules couvrent l'essentiel des besoins d'un foyer : douleur, fièvre, diarrhée, allergie. Il faut connaître leurs doses, et surtout ce qu'il ne faut pas faire avec.::\n\nDoses pour un adulte de poids normal, sans maladie du foie ou des reins, hors grossesse. Chez l'enfant, la dose se calcule **au poids**, jamais à l'âge. En cas de doute, la notice et le pharmacien font foi.\n\n## Le paracétamol (douleur, fièvre)\n\n- **Adulte** : 500 mg à 1 g par prise, **au moins 4 heures entre deux prises**, au plus **3 g par jour** sans avis médical.\n- **Enfant** : 15 mg par kilo et par prise, toutes les 6 heures, au plus 60 mg par kilo et par jour.\n- **Danger** : le surdosage détruit le foie, sans signe les premiers jours. Attention aux médicaments qui en contiennent déjà (contre le rhume, la grippe) : on les additionne sans le savoir. Alcool, dénutrition et petit poids abaissent la dose dangereuse.\n\n## L'ibuprofène (douleur, inflammation, fièvre)\n\n- **Adulte** : 200 à 400 mg par prise, toutes les 6 à 8 heures, au plus **1 200 mg par jour** sans avis médical, **au cours d'un repas**.\n- **Enfant** : 10 mg par kilo et par prise, toutes les 8 heures.\n- **Jamais** : pendant la grossesse (dangereux pour le bébé, surtout à partir du sixième mois), en cas d'ulcère, de maladie des reins, de déshydratation, de varicelle, ou si l'on prend un anticoagulant.\n- **Astuce** : paracétamol et ibuprofène se prennent en alternance ou ensemble contre une douleur forte (dents, entorse) : leurs effets s'ajoutent, leurs risques non.\n\n## L'aspirine\n\n- **Adulte** : 500 mg à 1 g par prise, au plus 3 g par jour.\n- **Pas chez l'enfant et l'adolescent** qui a une infection virale (risque de syndrome de Reye), pas avec un anticoagulant, pas avec un ulcère.\n- **Douleur dans la poitrine évocatrice d'infarctus** : ne la donnez que sur l'avis du 15, qui peut la demander.\n\n## Le lopéramide (diarrhée)\n\n- **Adulte** : 2 comprimés de 2 mg, puis 1 après chaque selle liquide, au plus 8 mg par jour sans avis médical.\n- **Jamais** en cas de fièvre, de sang dans les selles, ni chez le jeune enfant : il garde les germes à l'intérieur.\n- **Le vrai traitement** d'une diarrhée, c'est de boire une solution de réhydratation. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## Les antihistaminiques (allergie, démangeaisons, piqûres)\n\n- **Cétirizine ou loratadine** : 10 mg une fois par jour chez l'adulte.\n- Ils calment le nez qui coule, les yeux qui pleurent, l'urticaire. **Ils ne traitent pas une réaction allergique grave**, qui demande de l'adrénaline : voir [[URG-ANA-001]].\n\n## Les règles qui évitent les accidents\n\n- **Notez l'heure et la dose** de chaque prise, surtout la nuit et quand plusieurs personnes s'occupent d'un malade.\n- **Une seule molécule à la fois** : lisez les compositions, beaucoup de médicaments en contiennent plusieurs.\n- **Gardez les boîtes et les notices** : c'est là que sont les doses exactes quand la mémoire flanche.\n- **Les médicaments périmés** ne sont pas forcément inutilisables : voir [[TEC-SAN-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-008","titre":"La trousse de soins","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["trousse de secours","pharmacie","pansements","compresses","antiseptique","garrot","materiel"],"sources":["Croix-Rouge française, composition d'une trousse de secours","Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 23e édition","Tactical Combat Casualty Care (TCCC), recommandations sur le garrot et les pansements hémostatiques"],"corps":"::Une trousse sert à trois choses : arrêter un saignement, protéger une plaie, soulager. Tout ce qui ne sert pas à l'une des trois prend de la place pour rien.::\n\n## Les trois étages\n\n**Ce qui sauve dans les minutes** (en haut, accessible sans chercher)\n\n- **Garrot tourniquet** du commerce (un vrai, à tige de serrage). Voir [[URG-HEMO-001]].\n- **Pansement compressif** type « israélien », ou deux bandes et des compresses épaisses.\n- **Gants** jetables, plusieurs paires.\n- **Couverture de survie**.\n- **Ciseaux** à bouts ronds, capables de couper un vêtement.\n\n**Ce qui soigne dans les jours**\n\n- **Compresses stériles** de plusieurs tailles, en quantité.\n- **Bandes** élastiques et de crêpe, sparadrap, **bandelettes de suture adhésives** (type Steri-Strip).\n- **Pansements** de toutes tailles, dont des pansements pour ampoules.\n- **Antiseptique** incolore (chlorhexidine), et **sérum physiologique** en dosettes (yeux, plaies).\n- **Pince à écharde**, tire-tique, épingles de sûreté.\n- **Thermomètre**.\n\n**Ce qui soulage**\n\n- Antidouleur et antifièvre (paracétamol), anti-inflammatoire (ibuprofène), antidiarrhéique, antihistaminique, **sachets de réhydratation orale**. Doses et précautions : [[TEC-SAN-009]].\n- **Traitements personnels** de chacun, pour au moins deux semaines d'avance.\n- Crème pour les brûlures, gel ou crème pour les coups de soleil.\n\n## Selon le contexte\n\n- **Voiture** : ajouter un gilet, une lampe, une seconde couverture.\n- **Randonnée** : léger ; garrot, compresses, bande, strips, pansements ampoules, antidouleur, couverture de survie, sifflet.\n- **Maison en période difficile** : multiplier les consommables (compresses, bandes, gants) : ce sont eux qui manquent en premier, pas les médicaments.\n\n## Les astuces des soignants\n\n- **Rangez par usage**, pas par taille, dans des sachets transparents étiquetés : « saignement », « plaie », « douleur ». Dans le stress, on cherche une fonction, pas un objet.\n- **Vérifiez les dates** deux fois par an (au changement d'heure) : compresses stériles et médicaments. La plupart des médicaments solides gardent longtemps leur efficacité, voir [[TEC-SAN-010]].\n- **Une serviette hygiénique** est une compresse très absorbante, emballée individuellement. **Un tampon** ne s'utilise que pour un saignement de nez, jamais enfoncé dans une plaie.\n- **Le ruban adhésif américain** tient une attelle, un pansement sur une peau mouillée, une ampoule.\n- **Du sucre** (morceaux ou gel) dans la trousse : pour un diabétique en hypoglycémie, voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Savoir se servir** de ce qu'on emporte compte plus que ce qu'on emporte : une formation aux premiers secours de quelques heures vaut toutes les trousses. Voir [[URG-SEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-007","titre":"La vision et les verres correcteurs","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vision","lunettes","myopie","presbytie","lentille","pinhole","loupe","oeil"],"sources":["Cours d'optique physiologique — fonctionnement de l'oeil et amétropies","OMS — Déficiences visuelles non corrigées dans le monde","Documentation sur les lunettes sténopéiques et la correction par trou d'épingle"],"corps":"::La moitié de l'humanité voit mal sans correction. Quand les lunettes cassent et que l'opticien n'existe plus, comprendre pourquoi on voit flou est le premier pas pour y remédier — et un carton percé d'un trou remplace toutes les lentilles du monde.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Comment l'oeil voit\n\nL'oeil est un appareil photo biologique. La cornée et le cristallin (deux lentilles convergentes) projettent une image sur la rétine (le capteur). Le cristallin change de forme pour faire la mise au point — c'est l'accommodation. Quand l'image tombe pile sur la rétine, on voit net.\n\n### Les quatre défauts\n\n**La myopie.** L'oeil est trop long. L'image se forme avant la rétine. On voit net de près, flou de loin. Se corrige par un verre divergent (concave, plus mince au centre) qui recule l'image.\n\n**L'hypermétropie.** L'oeil est trop court. L'image se forme derrière la rétine. Fatigue visuelle, effort permanent pour compenser. Se corrige par un verre convergent (convexe, plus épais au centre).\n\n**L'astigmatisme.** La cornée est ovale au lieu d'être ronde. L'image est déformée dans un axe. Se corrige par un verre cylindrique orienté.\n\n**La presbytie.** Le cristallin durcit avec l'âge et perd sa capacité d'accommodation. Touche tout le monde après quarante-cinq ans environ. La vision de près se brouille. Se corrige par un verre convergent pour la lecture — c'est le principe des lunettes de lecture.\n\n### Le trou d'épingle — la correction universelle\n\nUn petit trou dans un matériau opaque ne laisse passer que les rayons lumineux centraux, qui n'ont pas besoin de lentille pour converger. Résultat : l'image est nette quelle que soit l'amétropie — myopie, hypermétropie, presbytie, astigmatisme léger. La contrepartie : le champ est réduit et la luminosité baisse. C'est le principe des lunettes sténopéiques.\n\n## AGIR\n\n### Fabriquer des lunettes sténopéiques (pinhole)\n\n**1.** Prendre un matériau opaque et léger : carton, plastique, aluminium de canette, cuir.\n\n**2.** Découper la forme de lunettes : deux rectangles reliés par un pont de nez, avec des branches (ficelle, fil de fer).\n\n**3.** Percer un trou de un à deux millimètres au centre de chaque oeil. Un clou, une aiguille, une épingle. Trop petit : trop sombre. Trop grand : flou.\n\n**4.** Tester. Si la vision est nette mais le champ trop étroit, percer plusieurs trous espacés de trois à quatre millimètres en grille.\n\nCes lunettes corrigent la vue de lecture et la vision de loin. Elles ne remplacent pas des lunettes de correction optique pour le confort, mais **elles permettent de lire, de coudre, de viser et de travailler** quand les vraies lunettes ont disparu.\n\n### Entretenir ses lunettes\n\n**La vis qui tombe.** C'est la panne la plus fréquente. Un fil de fer fin, un trombone, une épingle de sûreté. Enrouler pour bloquer.\n\n**Le verre qui sort.** Le cercle de la monture se resserre à la vis de charnière ou au point de fermeture du cercle. Chauffer légèrement une monture en plastique (eau chaude, pas de flamme) pour l'assouplir et remettre le verre.\n\n**La branche cassée.** Fil de fer, attelle de bois, ruban adhésif. Ou remplacer les deux branches par un tour de tête en élastique ou en ficelle.\n\n### Récupérer des lentilles\n\n**Loupes.** Toute lentille convergente (convexe) grossit et concentre la lumière : objectifs de caméra, de jumelles, de projecteur, de phare. La lentille d'un phare de voiture peut allumer un feu en concentrant le soleil.\n\n**Verres correcteurs.** Les verres de lunettes trouvés se testent en regardant un objet à travers à bout de bras : s'il paraît plus petit, c'est un verre de myope (divergent) ; plus gros, c'est un verre de presbyte (convergent). On peut les réutiliser en les montant dans une autre monture ou en les maintenant à la main.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous portez des lentilles de contact et n'en avez plus.** Les lentilles jetables ne se réutilisent pas longtemps — risque d'infection cornéenne. Passer aux lunettes sténopéiques dès que possible. Voir [[TEC-SAN-001]] pour les risques infectieux.\n\n**Un enfant voit mal.** La myopie de l'enfant évolue. Les lunettes sténopéiques permettent de compenser en attendant, mais la vision non corrigée chez l'enfant peut devenir permanente (amblyopie) — surveiller et corriger aussi tôt que possible.\n\n**Vous avez besoin d'un grossissement fort.** Empiler deux lentilles convergentes augmente le grossissement. Un microscope est deux lentilles convergentes alignées ; une loupe est une seule. Les lentilles d'appareil photo ont un grossissement fixe gravé dessus.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un trou d'épingle corrige presque toutes les vues.** Un carton, un trou, et on lit de nouveau. C'est la correction la plus rustique et la plus universelle qui existe.\n\n**La moitié de l'humanité a besoin de lunettes.** Quand la chaîne d'approvisionnement s'arrête, c'est un problème immédiat — et les lunettes sténopéiques sont la réponse d'urgence.\n\n**Chaque lentille convergente récupérée est un outil** : loupe, allume-feu solaire, correction de lecture. Les chercher dans chaque appareil optique trouvé.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-006","titre":"Masques, filtres et tenues de protection","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["masque","filtre","respiration","toxique","protection","decontamination","materiel"],"sources":["EN 14387 — Filtres anti-gaz et filtres combinés","EN 143 / EN 149 — Filtres à particules et demi-masques filtrants","INRS ED 6106 — Les appareils de protection respiratoire","NIOSH — Respirator Selection Logic","EN 943 / EN 14605 / EN ISO 13982 — Vêtements de protection chimique, types 1 à 6"],"corps":"::Un masque ne protège pas parce qu'il est sur votre visage. Il protège parce qu'il est étanche, adapté au produit, et pas encore saturé. Trois conditions, et il en manque presque toujours une.::\n\n### Deux familles, et elles ne se remplacent pas\n\n**Les appareils filtrants** nettoient l'air ambiant et le laissent passer. Ils sont légers, bon marché, réutilisables. Ils supposent qu'il y a de l'air respirable autour de vous.\n\n**Les appareils isolants** apportent leur propre air : bouteille sur le dos, ou tuyau depuis une zone saine. Ce sont les seuls utilisables quand l'oxygène manque, quand le produit est inconnu, ou quand la concentration est forte.\n\nLa frontière est nette et elle n'est pas négociable : **en dessous d'environ 17 % d'oxygène, tout appareil filtrant est interdit.** Les règles américaines placent le seuil à 19,5 %. Dans une cave, une cuve, un silo, une galerie mal ventilée, on est dans ce cas et on ne le sait pas.\n\n### Particules et gaz : deux problèmes sans rapport\n\nUn filtre à particules est un tamis très fin. Il arrête des solides et des gouttelettes : poussières, fibres, suies, aérosols, gouttelettes biologiques. Il ne retient aucun gaz.\n\nUn filtre anti-gaz est une cartouche de charbon actif, souvent imprégné d'un réactif chimique. Il fixe des molécules par adsorption. Il ne retient pas les poussières.\n\nD'où les **filtres combinés**, notés par exemple **A2-P3**, qui font les deux.\n\n### Lire une cartouche\n\nLes filtres à particules se classent par efficacité : **P1** faible, **P2** moyenne, **P3** haute. Les demi-masques jetables portent la notation équivalente FFP1, FFP2, FFP3 — un FFP2 correspond en gros au N95 américain.\n\nLes filtres anti-gaz portent une lettre et une couleur normalisées :\n\n| Lettre | Couleur | Contre quoi |\n|---|---|---|\n| **A** | Brun | Vapeurs organiques à point d'ébullition supérieur à 65 °C : solvants, essence, peintures, colles |\n| **AX** | Brun | Vapeurs organiques à bas point d'ébullition. **Usage unique**, jamais réutilisé |\n| **B** | Gris | Gaz inorganiques : chlore, sulfure d'hydrogène, cyanure d'hydrogène |\n| **E** | Jaune | Gaz acides : dioxyde de soufre, chlorure d'hydrogène |\n| **K** | Vert | Ammoniac et amines organiques |\n| **Hg** | Rouge | Vapeurs de mercure. **Cinquante heures maximum**, quoi qu'il arrive |\n| **CO** | Noir | Monoxyde de carbone. Cartouche particulière, rare, à durée courte |\n| **P** | Blanc | Particules — seul ou combiné aux précédents |\n\nUn **ABEK-P3** couvre les quatre familles de gaz et les particules. C'est le choix par défaut quand on ne peut pas savoir à l'avance. Ce n'est pas pour autant un filtre universel : il ne fait rien contre le monoxyde de carbone, et rien contre le manque d'oxygène.\n\nLe chiffre qui suit la lettre — A1, A2, A3 — n'est pas une qualité, c'est une **capacité** : combien de produit la cartouche peut absorber avant d'être pleine.\n\n### La fuite compte plus que le filtre\n\nUn filtre P3 laisse passer moins de 0,05 % des particules. Un masque mal ajusté laisse passer plusieurs pour cent par les bords. **L'étanchéité au visage détermine la protection réelle, pas la performance du filtre.**\n\nCe qui casse l'étanchéité : la barbe, y compris un jour de repousse ; les branches de lunettes qui passent sous le joint ; les cheveux pris dans le bord ; une sangle trop lâche ; un masque de la mauvaise taille. Une barbe rend le masque décoratif — c'est mesuré, constant, et sans solution autre que le rasage ou un appareil isolant à casque.\n\n### Un filtre vieillit, même sans servir\n\nScellé dans son emballage d'origine, un filtre anti-gaz se garde des années — cinq à dix selon les modèles. **Ouvert, il commence à mourir**, parce que le charbon actif fixe l'humidité de l'air en permanence. Quelques semaines à quelques mois d'usage intermittent, et il faut le changer.\n\nUn filtre à particules, lui, ne se sature pas chimiquement : il se colmate. Quand respirer devient pénible, il est fini. C'est le seul cas où l'appareil prévient.\n\nUn filtre anti-gaz, lui, **ne prévient pas**. Le jour où le produit traverse, vous le sentez ou vous ne le sentez pas — et s'il s'agit d'un gaz sans odeur, vous ne le saurez jamais.\n\n### Choisir un filtre\n\n**Le choix se fait d'après le produit, pas d'après l'inquiétude.** Poussières et fibres : P3. Solvants, peinture, carburant : A2 ou A2-P3. Produit inconnu en milieu ouvert : ABEK-P3. Produit inconnu en milieu fermé : rien de filtrant, on ne rentre pas.\n\n**Vérifiez avant de mettre.** Date sur la cartouche, emballage intact, joint souple et non craquelé, sangles élastiques et non détendues, soupapes propres et mobiles.\n\n**Ajustez, puis testez.** Sangles du bas d'abord, du haut ensuite, jamais serrées à fond. Test d'étanchéité : bouchez l'entrée du filtre avec la paume et inspirez doucement. Le masque doit se plaquer et rester plaqué. S'il revient, il fuit. **Ce test se refait à chaque port**, il prend cinq secondes.\n\n**Notez la date de première ouverture** directement sur la cartouche, au marqueur. Sans cette date, vous ne saurez plus, et vous lui ferez confiance à tort.\n\n**Sortez dès que quelque chose change.** Odeur, goût, irritation de la gorge, picotement des yeux, respiration devenue difficile, vertige. On ne « vérifie » pas en soulevant le masque.\n\n**Rangez à l'abri.** Cartouche dévissée, refermée dans un sac étanche ; masque dans une boîte fermée, à l'abri de la lumière, du chaud et des solvants. Un masque qui traîne dans un atelier respire les vapeurs de l'atelier toute l'année.\n\n### Les tenues\n\nLe classement européen va du plus étanche au moins étanche, et les numéros s'utilisent tels quels :\n\n- **Type 1** — étanche aux gaz, combinaison complète avec appareil isolant. Matériel de spécialiste.\n- **Type 3** — étanche aux liquides sous pression, tenue « jet ».\n- **Type 4** — étanche aux aérosols, tenue « pulvérisation ».\n- **Type 5** — étanche aux particules solides. C'est la combinaison blanche jetable la plus courante.\n- **Type 6** — projections légères, protection limitée.\n\nUne combinaison ne vaut que par ses jonctions : poignets et chevilles rubanés, capuche par-dessus le harnais du masque, gants sous la manche pour le liquide qui coule, par-dessus pour la poussière qui retombe. Prévoyez la chaleur : sous une combinaison étanche, on s'épuise en vingt minutes, et le coup de chaleur devient le risque principal. Voir [[URG-CHAL-001]].\n\n**Le déshabillage est le moment dangereux.** C'est là qu'on se contamine, en touchant l'extérieur de ce qu'on retire. On retire en roulant vers l'extérieur, de haut en bas, gants en dernier, masque en tout dernier. On se lave ensuite. **Le simple fait de retirer les vêtements élimine la grande majorité du produit déposé** — c'est le geste qui compte le plus, avant tout lavage.\n\n### Les cas particuliers\n\n**Vous n'avez rien et vous devez quand même faire quelque chose.** Un textile serré et mouillé retient une partie des poussières et des suies. Contre un gaz, il ne fait rien. Contre le manque d'oxygène, il ne fait rien. Un masque chirurgical protège les autres de vous, pas vous des poussières fines.\n\n**Vous travaillez dans des gravats, de la démolition, un bâtiment effondré.** P3 systématique, et lavage des cheveux le soir. Le danger est différé de vingt ans : amiante, silice. C'est exactement pour cela qu'on ne le prend pas au sérieux.\n\n**Vous peignez, décapez, collez, traitez du bois.** A2 au minimum, A2-P3 si vous pulvérisez — une peinture pulvérisée est à la fois vapeur et aérosol. Ventilez en plus : le masque est le dernier rempart, pas le premier.\n\n**Vous manipulez des produits phytosanitaires.** A2-P3, gants nitrile longs, combinaison type 4 ou 5, et lavage complet après. Le principal mode de contamination n'est pas la respiration, c'est la peau.\n\n**Il y a de la fumée d'incendie.** Aucun appareil filtrant ordinaire ne convient : l'oxygène manque et le monoxyde passe. Il existe des cagoules d'évacuation à filtre spécial, prévues pour une quinzaine de minutes et pour sortir — pas pour rester. Voir [[URG-INC-001]] et [[URG-AIR-001]].\n\n**Vous stockez du matériel pour longtemps.** Achetez les filtres scellés et ne les ouvrez pas. Notez les dates de péremption sur une liste, pas seulement sur les boîtes. Prévoyez deux tailles de masque si le groupe compte des morphologies différentes : un masque trop grand pour un visage fin ne s'étanche pas, quelle que soit la tension des sangles.\n\n**Vous soignez quelqu'un qui a été exposé.** Protégez-vous d'abord, déshabillez-le ensuite, lavez enfin. Un blessé contaminé contamine le sauveteur et le véhicule. Voir [[URG-SEC-003]] et [[TEC-SAN-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-005","titre":"Déshydratation","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sante","eau","physiologie","donnees"],"sources":["OMS — Oral rehydration salts, composition and use","OMS — The treatment of diarrhoea, a manual for physicians","European Food Safety Authority — Dietary reference values for water"],"corps":"::L'eau perdue ne se remplace pas par l'eau seule. C'est le sel qui décide de savoir si elle reste dans le corps.::\n\n## Les chiffres de base\n\nUn adulte contient environ soixante pour cent de son poids en eau. Un enfant davantage, une personne âgée moins, ce qui explique une partie de leur vulnérabilité respective.\n\nLes pertes quotidiennes au repos, en climat tempéré, se répartissent entre l'urine, la respiration, la transpiration insensible et les selles. Elles totalisent environ deux à deux litres et demi pour un adulte. L'alimentation en fournit une part non négligeable : un régime ordinaire apporte plusieurs centaines de millilitres par jour rien que par les aliments.\n\nCes valeurs explosent dans trois situations : l'effort, la chaleur, et la diarrhée. Un travail soutenu par forte chaleur peut faire perdre plus d'un litre de sueur par heure, et cette perte ne se ressent pas en proportion — la soif apparaît en retard sur le déficit réel.\n\n## Ce qui rend la déshydratation dangereuse\n\nCe n'est pas la sensation de soif, c'est la chute du volume sanguin circulant.\n\nQuand le volume baisse, le cœur accélère pour maintenir la pression, les vaisseaux périphériques se ferment, et le rein réduit drastiquement la production d'urine pour économiser. Ces compensations fonctionnent bien, longtemps, puis cèdent d'un coup. **La dégradation n'est pas linéaire : elle est stable puis brutale.**\n\nLes repères observables, par ordre d'apparition : soif, urines rares et foncées, bouche sèche, fatigue, maux de tête. Puis pouls rapide, peau qui garde le pli quand on la pince, extrémités froides, vertige au lever. Enfin confusion, somnolence, absence totale d'urine.\n\n**Deux indicateurs valent tous les autres et ne demandent aucun matériel : le volume des urines et l'état de conscience.** Une personne qui urine régulièrement et répond normalement va globalement bien, quel que soit ce qu'elle ressent.\n\n## Pourquoi le sel est indispensable\n\nC'est le point que presque tout le monde ignore, et il change le résultat.\n\nL'eau traverse les parois intestinales par osmose, en suivant les sels. De l'eau pure bue en grande quantité après des pertes importantes est en partie évacuée par le rein au lieu d'être retenue, et elle dilue les sels restants — ce qui peut provoquer une hyponatrémie, dangereuse en soi.\n\nLa découverte majeure de la médecine du vingtième siècle en la matière tient en une phrase : **le glucose et le sodium sont absorbés ensemble par un même transporteur intestinal, et l'eau suit.** C'est pourquoi une solution contenant à la fois du sucre et du sel est absorbée bien plus efficacement que de l'eau seule, et pourquoi cette découverte, très simple, a sauvé des millions de vies dans le traitement des diarrhées.\n\nLa composition de référence de l'OMS pour une solution de réhydratation orale associe du chlorure de sodium, du glucose, du chlorure de potassium et un citrate, dans des proportions précises et faiblement concentrées. Les sachets préparés sont peu coûteux, se conservent longtemps et pèsent presque rien : c'est l'un des meilleurs rapports poids-utilité d'une trousse.\n\n**Une règle vaut la peine d'être retenue : trop concentré est pire que rien.** Une solution trop salée ou trop sucrée tire l'eau du corps vers l'intestin au lieu de l'inverse, et aggrave la diarrhée. Dans le doute, on dilue.\n\n## Le rythme d'absorption\n\nL'estomac ne vide qu'une quantité limitée de liquide par unité de temps. Boire un litre d'un coup ne réhydrate pas plus vite : cela provoque une sensation de plénitude, parfois des vomissements, et une grande partie ressort.\n\n**Le fractionnement est la clé.** De petites quantités très rapprochées, y compris à la cuillère chez une personne qui vomit, font passer des volumes considérables sur une heure. C'est lent, c'est fastidieux, et c'est ce qui fonctionne.\n\n## Les cas particuliers\n\n**L'enfant en bas âge** se déshydrate beaucoup plus vite : sa surface corporelle est proportionnellement plus grande et ses réserves plus faibles. Quelques heures de diarrhée suffisent.\n\n**La personne âgée** ressent moins la soif et concentre moins bien ses urines. Elle peut se déshydrater sans jamais réclamer à boire, notamment pendant une canicule — c'est le mécanisme central décrit dans [[URG-CHAL-001]].\n\n**La fièvre** augmente les pertes de manière notable à chaque degré au-dessus de la normale, par la respiration et la transpiration. Voir [[TEC-SAN-002]].\n\n**L'eau disponible est douteuse.** Elle se traite avant d'être bue : une réhydratation faite avec une eau contaminée aggrave la diarrhée qu'elle prétend corriger. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n**L'alcool et les boissons très sucrées** augmentent les pertes, le premier en inhibant une hormone de rétention rénale, les secondes par appel osmotique intestinal.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-004","titre":"Hygiène et transmission des maladies","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sante","hygiene","epidemie","donnees"],"sources":["OMS — Water, sanitation and hygiene, evidence base","OMS — Guidelines on hand hygiene in health care","Centres for Disease Control — Global WASH fast facts"],"corps":"::Dans tout regroupement humain, ce n'est pas la faim qui tue en premier. C'est ce qui circule entre les mains et la bouche.::\n\n## Les quatre voies de transmission\n\nToute mesure d'hygiène coupe une voie précise. Savoir laquelle permet de choisir l'effort utile plutôt que de tout faire à moitié.\n\n**La voie féco-orale.** Un micro-organisme quitte un intestin et entre dans un autre. Le trajet passe par les mains, l'eau, la nourriture, les mouches ou les surfaces. C'est la voie des diarrhées, du choléra, de la typhoïde, de l'hépatite A. **En situation dégradée, c'est de très loin la première cause de maladie et de décès.**\n\n**La voie respiratoire.** Gouttelettes émises en parlant, toussant, éternuant, et particules plus fines qui restent en suspension. C'est la voie des infections respiratoires, de la tuberculose, de la grippe. La densité et le confinement la favorisent.\n\n**La voie cutanée.** Contact direct, plaie, morsure, piqûre. Voir [[TEC-SAN-001]].\n\n**La voie vectorielle.** Un insecte transporte l'agent d'un hôte à l'autre. Moustiques, poux, tiques, puces.\n\n## Ce qui a le plus d'effet, mesuré\n\nLes données issues des programmes internationaux d'eau et d'assainissement donnent une hiérarchie claire, et elle surprend souvent.\n\n**Séparer les excreta de l'eau et des mains vient en premier.** C'est l'intervention la plus efficace qui existe, avant même le traitement de l'eau. Un point d'aisance correctement placé et utilisé réduit la charge de maladie d'un ordre de grandeur.\n\n**Le lavage des mains au savon vient juste après**, et son effet sur les diarrhées et les infections respiratoires est considérable pour un coût presque nul. Les moments qui comptent sont peu nombreux : après le point d'aisance, après avoir changé un enfant, avant de préparer la nourriture, avant de manger, avant de soigner une plaie.\n\n**Le traitement de l'eau vient ensuite**, et son effet, bien réel, est amoindri si les deux premiers points ne sont pas tenus : une eau parfaitement traitée reversée dans un contenant sale ou bue avec des mains sales ne protège plus. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n## Pourquoi le savon fonctionne\n\nCe n'est pas un désinfectant. Une molécule de savon possède une extrémité qui aime l'eau et une extrémité qui aime les graisses. Elle s'insère dans les corps gras, les fragmente en fines gouttelettes que l'eau peut emporter — et de nombreux virus possèdent une enveloppe faite de lipides, que le savon désorganise directement.\n\nDeux conséquences pratiques. **La durée et le frottement comptent plus que la quantité de savon**, parce que l'essentiel du travail est mécanique. Et **le rinçage fait partie du geste** : le savon décroche, l'eau emporte. Se savonner sans rincer correctement ne sert presque à rien.\n\nSans savon, la cendre de bois fine ou l'argile utilisées comme abrasif avec beaucoup d'eau donnent des résultats nettement supérieurs à l'eau seule. Sa fabrication est décrite dans [[TEC-CHI-002]].\n\n## L'organisation d'un lieu de vie\n\nTrois règles suffisent à couvrir l'essentiel, et elles sont géographiques avant d'être comportementales.\n\n**Le point d'aisance se place en aval et à distance du point d'eau**, jamais au-dessus ni à proximité, et jamais dans une zone où le ruissellement le rejoint après la pluie. La distance et la pente comptent plus que la profondeur — les dispositifs sont détaillés dans [[TEC-CON-006]].\n\n**Les circuits ne se croisent pas.** L'eau propre, la nourriture, les déchets et les excreta suivent des chemins séparés, avec des contenants qui ne servent jamais aux deux.\n\n**Les déchets alimentaires s'éloignent ou s'enterrent.** Ils attirent les rongeurs et les insectes, qui referment la boucle vectorielle — et les grands animaux, ce qui relève d'un autre problème.\n\n## Les signaux d'une épidémie qui démarre\n\nPlusieurs personnes présentant les mêmes symptômes dans un intervalle court, une diarrhée qui touche successivement les occupants d'un même lieu, une fièvre qui circule. Voir [[TEC-SAN-002]].\n\nLa réaction utile est peu spectaculaire : isoler ce qui peut l'être, renforcer les points d'eau et de lavage, séparer les contenants, et **ne pas attendre d'identifier l'agent** — les mesures qui coupent les voies de transmission sont les mêmes pour la plupart des germes, et elles fonctionnent sans diagnostic.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-003","titre":"Anatomie fonctionnelle","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["anatomie","sante","corps","donnees"],"sources":["Gray's Anatomy for Students, Drake, Vogl, Mitchell","Netter F., Atlas d'anatomie humaine","Wilderness Medical Society — Practice Guidelines, patient assessment"],"corps":"::On ne soigne pas ce qu'on ne situe pas. Quelques repères osseux suffisent à savoir ce qui se trouve dessous.::\n\n## Les repères qui se palpent\n\nLe corps se lit par ses os, parce qu'ils sont les seuls éléments fixes et repérables au toucher à travers les vêtements.\n\nLa **clavicule** court de la base du cou à l'épaule ; elle casse souvent et se palpe sur toute sa longueur. Le **sternum** occupe le milieu du thorax ; sa moitié inférieure est le point d'appui des compressions thoraciques. Les **côtes** se comptent depuis le bas. La **crête iliaque**, en haut du bassin, se sent des deux côtés et sert de repère pour tout ce qui est abdominal.\n\nCes quatre repères permettent de décrire une douleur ou une blessure sans ambiguïté, ce qui est la moitié du travail d'un bilan — voir [[URG-SEC-001]].\n\n## Ce qu'il y a sous chaque zone\n\n**Le thorax** contient les poumons, qui occupent presque tout le volume, et le cœur, plutôt à gauche et en avant. Il est protégé par la cage costale, souple et déformable. Une plaie thoracique ouverte peut laisser entrer l'air entre le poumon et la paroi, ce qui l'empêche de se déployer : la respiration devient difficile et se dégrade progressivement.\n\n**L'abdomen supérieur** contient le foie à droite — volumineux, très vascularisé, saignant abondamment quand il est lésé — l'estomac et la rate à gauche. Ces organes dépassent en partie sous les dernières côtes, ce qui explique qu'un choc costal bas puisse produire un saignement interne sans plaie visible.\n\n**L'abdomen inférieur** contient l'intestin et, au fond, les gros vaisseaux qui descendent vers les jambes.\n\n**Le bassin** protège la vessie et les vaisseaux iliaques. Une fracture du bassin peut faire perdre un volume de sang considérable à l'intérieur du corps, sans qu'une goutte ne soit visible — c'est un des mécanismes évoqués dans [[URG-FRAC-001]].\n\n## La circulation, en trois idées\n\nLe cœur envoie le sang vers les organes par les **artères**, en pression et par à-coups, puis le récupère par les **veines**, à basse pression.\n\nCette différence explique l'aspect d'un saignement. Un sang rouge vif qui jaillit par saccades vient d'une artère ; un sang sombre qui s'écoule régulièrement vient d'une veine. **La distinction utile n'est pas la couleur mais le débit**, comme le rappelle [[URG-HEMO-001]].\n\nCertaines artères passent près de la surface et se compriment contre un os : au pli de l'aine, à la face interne du bras, au cou. Ce sont aussi les endroits où l'on perçoit un pouls.\n\nEnfin, le sang irrigue en priorité le cerveau. Quand le volume baisse, l'organisme ferme la périphérie pour préserver le centre : **c'est pourquoi une peau pâle, froide et moite est un signe de gravité**, avant même la chute de la tension.\n\n## La respiration\n\nL'air entre par le nez et la bouche, passe par le pharynx, puis la trachée, et se divise vers les deux poumons. Le **diaphragme**, muscle en dôme sous les poumons, fait l'essentiel du travail : il descend, le thorax s'agrandit, l'air entre.\n\nDeux conséquences pratiques. Une compression forte du creux de l'estomac refoule le diaphragme et chasse l'air des poumons, ce qui est exactement le mécanisme utilisé dans [[URG-ETOU-001]]. Et chez une personne inconsciente couchée sur le dos, la langue retombe et obstrue le pharynx : basculer la tête en arrière la dégage, geste central de [[URG-INCO-001]].\n\n## Le système nerveux\n\nLe cerveau commande, la moelle épinière transmet dans le canal vertébral, les nerfs distribuent.\n\nLa moelle est protégée par les vertèbres mais ne se répare pas. Une lésion interrompt commande et sensibilité en dessous du niveau atteint — d'où la prudence sur toute suspicion de traumatisme du rachis.\n\nLes signes qui doivent alerter sont simples et se testent sans matériel : **la personne sent-elle qu'on lui touche les pieds, peut-elle les bouger, a-t-elle des fourmillements**. Ce test, répété dans le temps, vaut mieux qu'un long examen unique.\n\n## Les os et les articulations\n\nUn os est vivant, irrigué, et il saigne quand il casse. Il se répare seul s'il est correctement immobilisé.\n\nUne articulation est maintenue par des ligaments. Ils s'étirent ou se déchirent — c'est l'entorse — sans que l'os soit atteint. Sur le terrain, la distinction avec une fracture est impossible sans imagerie, et c'est sans importance : la conduite à tenir est la même.\n\n## La peau, organe sous-estimé\n\nElle retient l'eau du corps, le protège des micro-organismes et régule la température. Détruite sur une grande surface, elle laisse fuir un volume de liquide considérable : c'est l'étendue, et non la profondeur, qui rend une brûlure mortelle, comme l'explique [[URG-BRUL-001]].\n\nElle sert aussi d'indicateur permanent : couleur, température, moiteur, retour du sang après pression d'un ongle. **C'est l'instrument de mesure toujours disponible.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-002","titre":"Ce que dit la fièvre","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sante","fievre","infection","surveillance"],"sources":["OMS — Integrated Management of Childhood Illness, signes de danger","Haute Autorité de Santé — fièvre de l'adulte","NICE — Fever in under 5s: assessment and initial management"],"corps":"::La fièvre n'est pas la maladie. C'est la réponse. La question utile n'est jamais « combien » mais « avec quoi ».::\n\nLa fièvre est une élévation volontaire du point de consigne thermique par l'organisme. Le corps ne subit pas la chaleur : il la produit délibérément, parce qu'elle gêne la multiplication de nombreux agents infectieux et accélère la réponse immunitaire.\n\nCela a une conséquence directe et contre-intuitive : **une personne fiévreuse a froid.** Son corps vise une température plus haute et se comporte comme s'il était en dessous — frissons, peau pâle, extrémités froides, recherche de couverture. Elle grelotte alors qu'elle est à 39 °C.\n\n## La différence fondamentale avec le coup de chaleur\n\nC'est la distinction la plus importante de cette fiche, parce qu'elle inverse la conduite à tenir.\n\n**Dans la fièvre**, le thermostat est réglé plus haut et le corps fonctionne normalement. La transpiration marche, la conscience est conservée.\n\n**Dans le coup de chaleur**, le thermostat est débordé et les mécanismes de refroidissement ont échoué. La peau devient sèche et brûlante, et la conscience se trouble.\n\nCe n'est pas une nuance : dans le premier cas on couvre et on hydrate, dans le second on refroidit d'urgence. Le protocole du coup de chaleur est dans [[URG-CHAL-001]], et **confondre les deux fait perdre les minutes décisives**.\n\n## Ce qui compte vraiment\n\nLe chiffre lui-même est un mauvais indicateur de gravité. Une fièvre à 40 °C chez une personne consciente, qui boit et répond normalement, est souvent moins inquiétante qu'une fièvre à 38 °C chez une personne confuse et prostrée.\n\n**Ce qui renseigne, ce sont les signes associés et l'évolution.**\n\nLes signes qui imposent de chercher du secours, quel que soit le chiffre : confusion ou somnolence anormale, raideur de la nuque, éruption cutanée qui ne s'efface pas à la pression, difficulté respiratoire, incapacité à boire ou vomissements répétés, absence d'urine depuis de nombreuses heures, douleur abdominale intense et localisée, ou traînée rouge remontant depuis une plaie — signe décrit dans [[TEC-SAN-001]].\n\nL'évolution renseigne autant : une fièvre qui dure au-delà de quelques jours, qui revient après être tombée, ou qui s'accompagne d'un état général qui se dégrade, change de nature.\n\n## La déshydratation, le vrai danger immédiat\n\nC'est le mécanisme par lequel une fièvre banale devient grave, surtout chez l'enfant et la personne âgée.\n\nChaque degré au-dessus de la normale augmente nettement les pertes en eau, par la respiration et la transpiration. Ajoutez des vomissements ou une diarrhée, et le déficit s'installe en quelques heures. **La plupart du temps, ce qui met en danger n'est pas l'infection mais le manque d'eau qu'elle provoque** — c'est le même mécanisme que celui exposé dans [[URG-EAU-001]].\n\n## Ce qui aide réellement\n\n1. **Faites boire, régulièrement et par petites quantités.** C'est le geste le plus utile. De grandes quantités d'un coup sont mal tolérées et ressortent.\n2. **Découvrez progressivement**, sans faire grelotter. Le frisson produit de la chaleur : couvrir quelqu'un qui frissonne puis découvrir quand le frisson cesse est plus efficace que de découvrir d'emblée.\n3. **Rafraîchissez l'air** plutôt que le corps. Ventilation, pièce fraîche, vêtements légers.\n4. **Ne plongez pas dans l'eau froide** une personne fiévreuse. Cela déclenche des frissons qui augmentent la production de chaleur — l'inverse du but recherché. La règle est opposée pour le coup de chaleur.\n5. **Surveillez la conscience et les urines.** Ce sont les deux indicateurs les plus fiables et les plus simples : une personne qui répond normalement et urine régulièrement va globalement bien.\n6. **Notez par écrit** l'heure, la température si vous pouvez la mesurer, ce qui a été bu, et les signes observés. Sur plusieurs jours, cette trace vaut mieux que n'importe quel souvenir.\n\n## Selon la personne\n\n**C'est un enfant en bas âge.** Les seuils d'inquiétude sont plus bas et la déshydratation plus rapide. Le comportement renseigne davantage que le thermomètre : un enfant qui joue, boit et réagit rassure ; un enfant inhabituellement calme, difficile à réveiller ou qui refuse de boire est une urgence.\n\n**C'est une personne âgée.** Elle peut avoir une infection sévère avec peu ou pas de fièvre. Une confusion inhabituelle, une chute, une perte d'appétit ou une aggravation soudaine de l'autonomie sont parfois les seuls signes.\n\n**Vous n'avez pas de thermomètre.** Comparez la peau du front et du tronc avec la vôtre, avec le dos de la main. Vous ne saurez pas le chiffre, mais vous suivrez l'évolution, et c'est elle qui compte.\n\n**Un aliment est en cause.** Une intoxication alimentaire ou une plante mal identifiée donnent le même tableau : voir [[TEC-BOT-001]].\n\n**Vous n'avez aucun médicament.** L'hydratation, le repos et la surveillance couvrent l'essentiel de ce qui est utile pour une infection bénigne. Ce que vous ne pouvez pas faire, c'est traiter une infection bactérienne sérieuse : cela relève d'une prise en charge médicale, et la reconnaître à temps pour chercher de l'aide est votre vraie mission.","langue":"fr"},{"id":"TEC-SAN-001","titre":"L’infection d’une plaie","axe":2,"categorie":"Santé et Chirurgie","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sante","plaie","infection","secourisme"],"sources":["OMS — Prevention and management of wound infection","Haute Autorité de Santé — prise en charge des plaies aiguës","NICE — Wound care guidance"],"corps":"::Une plaie ne s'infecte pas au moment où elle se produit. Elle s'infecte dans les heures et les jours qui suivent, et c'est là que tout se joue.::\n\nUne infection s'installe quand trois conditions se réunissent : des micro-organismes présents, un tissu abîmé où ils peuvent se multiplier, et le temps. Retirer l'un des trois change tout.\n\n## Le nettoyage est le geste principal\n\nContrairement à ce que l'on croit, **ce n'est pas l'antiseptique qui protège une plaie : c'est le lavage mécanique.** Un rinçage abondant emporte physiquement les germes, les débris et les tissus morts. Un antiseptique appliqué sur une plaie sale n'atteint pas grand-chose.\n\nL'eau propre en grande quantité et le savon font l'essentiel du travail. La quantité et la durée comptent bien plus que le produit utilisé. Si la seule eau disponible est douteuse, elle se traite avant selon [[URG-EAU-001]] — une plaie lavée à l'eau contaminée est un problème créé, pas résolu.\n\n## Ce qui favorise une infection\n\n**Les corps étrangers.** Terre, gravier, échardes, fragments de tissu. Ils entretiennent l'infection tant qu'ils sont là, et aucun soin ne compense leur présence.\n\n**Les tissus morts.** Ils ne sont plus irrigués, donc plus défendus par l'organisme, et constituent un milieu de culture.\n\n**La profondeur avec une ouverture étroite.** Une plaie punctiforme profonde est bien plus à risque qu'une coupure large et propre : elle emporte les germes en profondeur et se referme en surface, créant un milieu sans oxygène favorable aux germes les plus dangereux.\n\n**Le retard.** Le risque augmente nettement avec le temps écoulé avant le premier nettoyage.\n\n**La morsure.** Toute morsure, animale ou humaine, est une plaie contaminée par définition et se traite comme telle.\n\n## Reconnaître une infection qui démarre\n\nQuatre signes classiques, qui apparaissent généralement entre le premier et le troisième jour : **rougeur** qui s'étend au lieu de régresser, **chaleur** locale, **gonflement**, et **douleur qui augmente** au lieu de diminuer. S'y ajoutent un écoulement trouble et une odeur.\n\nDeux signes imposent de considérer la situation comme grave : une **traînée rouge qui remonte** le long du membre depuis la plaie, et une **fièvre**. Ils indiquent que l'infection dépasse la plaie — voir [[TEC-SAN-002]].\n\n## Le protocole de nettoyage\n\n1. **Lavez-vous les mains** avant de toucher la plaie, ou couvrez-les de ce que vous avez de plus propre.\n2. **Arrêtez d'abord le saignement** s'il est actif. La priorité est vitale avant d'être infectieuse : voir [[URG-HEMO-001]].\n3. **Rincez abondamment à l'eau propre**, sous un flux si possible, pendant plusieurs minutes. C'est le geste qui compte le plus.\n4. **Lavez au savon** autour et dans la plaie, puis rincez à nouveau abondamment.\n5. **Retirez ce qui est visible et accessible.** Gravier, échardes, débris. Ce qui est profondément fiché ou ce qui saigne à la mobilisation reste en place.\n6. **Séchez les bords**, appliquez un antiseptique si vous en avez, et couvrez d'un pansement propre.\n7. **Renouvelez le pansement** dès qu'il est sale ou mouillé, et regardez la plaie à chaque fois.\n8. **Surveillez pendant plusieurs jours.** L'évolution renseigne plus que l'aspect initial.\n\n**Ce qu'il ne faut pas faire.** Ne refermez pas une plaie sale, mordue ou vue tardivement : une plaie fermée sur une contamination est bien plus dangereuse qu'une plaie laissée ouverte et propre. N'appliquez ni corps gras, ni terre, ni cendre, ni plante non identifiée. N'utilisez pas d'alcool fort directement dans une plaie ouverte : il détruit les tissus qui doivent cicatriser.\n\n## Situations particulières\n\n**Vous êtes loin de tout secours.** Le nettoyage devient encore plus déterminant, puisqu'il n'y aura pas de rattrapage. Lavez plus longtemps que vous ne le pensez nécessaire, couvrez, et inspectez deux fois par jour. Notez par écrit la date de la blessure et l'évolution : la mémoire déforme la chronologie, et c'est la chronologie qui permet de juger.\n\n**Vous n'avez pas de pansement.** Tout tissu propre, de préférence bouilli et séché, convient. Le tissu sec et propre bat largement un pansement souillé.\n\n**La plaie est large ou béante.** Le rapprochement des bords aide la cicatrisation, mais uniquement sur une plaie propre, récente et non mordue. Des bandes adhésives posées perpendiculairement aux bords suffisent souvent et sont bien plus sûres qu'une suture improvisée.\n\n**Il y a un doute sur le tétanos.** Toute plaie souillée par de la terre expose à ce risque, et il ne se traite pas sur le terrain. C'est un motif de recherche de secours, pas un motif de surveillance. Voir [[SIG-COM-001]].\n\n**Il y a une fracture ouverte.** La plaie et l'os se traitent ensemble : voir [[URG-FRAC-001]].\n\n**La plaie est une brûlure.** Le protocole est différent et prioritaire : voir [[URG-BRUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-RES-001","titre":"Les réseaux, de la source à la prise","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["reseau","electricite","eau","telecom","gaz","egout","infrastructure"],"sources":["RTE — Bilans électriques et documentation sur l'équilibre offre-demande","Enedis — Architecture de la distribution publique HTA et BT","ARCEP — Rapports sur la résilience des réseaux de communication","Agences de l'eau — Schémas d'alimentation et de distribution"],"corps":"::Tout ce qui sort d'un robinet, d'une prise ou d'une antenne a voyagé le long d'une chaîne que personne ne regarde. Elle a une forme, des goulots, et des endroits précis où elle casse.::\n\nCette fiche décrit les mécanismes. Ce qu'on fait quand ça s'arrête est dans [[URG-EFF-001]] et [[URG-EFF-002]].\n\n## L'électricité\n\n### Le fait qui gouverne tout : elle ne se stocke pas\n\nÀ chaque instant, la production doit égaler la consommation. Il n'y a pas de réservoir dans le système. Cet équilibre se lit dans **la fréquence** du courant alternatif : cinquante hertz en Europe.\n\n**Si la consommation dépasse la production, les alternateurs ralentissent et la fréquence descend.** À 49,8 Hz les mécanismes de secours s'enclenchent ; vers 49 Hz on coupe automatiquement des portions de réseau pour sauver le reste. C'est un indicateur public, mesurable, et c'est **le véritable tableau de bord du réseau** — bien plus parlant que n'importe quelle annonce.\n\n### La chaîne\n\n**Production** — centrale, barrage, parc éolien ou solaire.\n\n**Transport** — lignes à très haute tension, de 225 000 à 400 000 volts. On monte la tension parce que les pertes dépendent du carré du courant : à puissance égale, plus de tension, c'est moins de courant, donc beaucoup moins de pertes. Voir [[MEM-ACC-005]].\n\n**Postes sources** — on redescend en HTA, autour de 20 000 volts.\n\n**Postes de distribution** — ces petits locaux en béton ou ces armoires au coin des rues, tous les quelques centaines de mètres. Ils redescendent à 400 volts entre phases, 230 entre phase et neutre. **C'est le dernier maillon partagé : un poste dessert un quartier.**\n\n**Le branchement** — du poste à votre compteur, puis au tableau.\n\n### Ce qu'il faut en retenir\n\n**Le délestage n'est pas aléatoire.** On coupe des départs entiers depuis les postes sources, par rotation. Un hôpital ou un central téléphonique se trouve souvent sur un départ qu'on ne coupe pas — et les habitations branchées sur le même départ sont épargnées par accident. C'est une géographie qui se connaît.\n\n**Le réseau se remonte par le haut.** Au retour, on réalimente le transport, puis les postes, puis les quartiers. C'est pourquoi le courant revient par zones et pas partout en même temps.\n\n**Une centrale a besoin de courant pour démarrer.** Le redémarrage complet d'un réseau effondré — le démarrage en autonomie — est une manœuvre longue et délicate, qui se compte en heures ou en jours, pas en minutes.\n\n## L'eau\n\n### La pression vient de la hauteur, pas d'une pompe\n\nC'est le point que presque personne ne sait, et il a des conséquences directes.\n\nUn château d'eau ou un réservoir de colline est rempli par pompage, puis **il distribue par gravité**. Chaque dix mètres de dénivelé donne environ un bar de pression.\n\nD'où trois conséquences :\n\n- **Après une coupure d'électricité, il reste de l'eau** — le contenu du réservoir, soit quelques heures à un jour de consommation. **C'est exactement la fenêtre dont parle [[URG-EFF-001]] quand il dit de remplir tout de suite.**\n- **Les étages hauts perdent la pression en premier**, parce qu'ils sont les plus proches du niveau du réservoir.\n- **Le réseau garde une pression résiduelle** dans les canalisations basses même après. Un robinet au point le plus bas d'un immeuble coule encore quand ceux du haut sont secs.\n\n### La chaîne\n\nCaptage — nappe, source ou rivière —, traitement, pompage vers le réservoir, distribution gravitaire, branchements. Les **postes de relevage** intermédiaires, dans les zones plates, sont les points faibles : ils sont électriques.\n\nL'assainissement fonctionne à l'inverse et par gravité aussi : tout descend vers la station, avec des postes de relevage pour remonter quand le terrain ne suit pas. **Une coupure longue fait déborder les relevages avant de faire quoi que ce soit d'autre** — voir [[TEC-CON-006]].\n\n## Les télécommunications\n\n**Le cœur du réseau tient quelques heures.** Les centraux et les nœuds ont des batteries, puis des groupes électrogènes avec une réserve de carburant, dimensionnée en heures ou en jours selon l'importance du site.\n\n**Les antennes mobiles tiennent beaucoup moins.** Une antenne ordinaire a une batterie de secours de l'ordre de la demi-heure à quelques heures. C'est la raison pour laquelle le téléphone mobile tombe bien avant le reste lors d'une coupure étendue.\n\n**Le réseau fixe cuivre historique était alimenté depuis le central**, donc un téléphone filaire simple fonctionnait sans électricité chez vous. Ce n'est plus vrai avec la fibre et les box, qui dépendent de votre propre prise.\n\n**Ce qui résiste le mieux est ce qui ne dépend de personne** : la radio en réception, puis la radio en émission. Voir [[SIG-COM-002]] et [[TEC-RAD-001]].\n\n## Le gaz\n\nLe réseau est sous pression et **ne dépend pas de l'électricité pour distribuer** — c'est le seul dans ce cas. Il continue souvent de fonctionner quand tout le reste s'arrête.\n\nDeux choses à savoir. **Le gaz naturel est inodore** : l'odeur caractéristique est un composé soufré ajouté exprès pour qu'une fuite se sente. Et la pression descend par paliers, de la conduite de transport aux détenteurs de quartier puis au branchement.\n\n## Ce que cette architecture apprend\n\n**Tout converge vers des points peu nombreux.** Un poste de distribution pour un quartier, un réservoir pour une commune, une antenne pour un secteur. La redondance existe en amont, presque jamais en aval. **Le dernier kilomètre est le maillon fragile de tous les réseaux à la fois.**\n\n**Les dépendances sont croisées.** L'eau dépend de l'électricité pour pomper. Les télécoms dépendent de l'électricité pour tenir. L'électricité dépend des télécoms pour se piloter et du carburant pour ses secours. Aucun de ces réseaux n'est autonome, et c'est ce qui rend les pannes longues plus larges qu'on ne l'imagine — le mécanisme est celui de [[MEM-EFF-001]] et de [[MEM-ANT-002]].\n\n**Et la conséquence pratique :** connaître la chaîne permet de savoir combien de temps il reste à chaque étage, et donc quoi faire en premier. C'est tout l'objet de [[URG-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-RAD-001","titre":"Construire un récepteur radio","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["radio","electricite","communication","recuperation"],"sources":["ARRL — The Radio Amateur's Handbook, récepteurs à détection","Terman F. E., Radio Engineers' Handbook","US Army Signal Corps — field expedient receivers, documentation historique"],"corps":"::Un récepteur qui ne demande aucune source d'énergie est possible. Il tire toute sa puissance de l'onde elle-même.::\n\n## Ce qu'une onde transporte\n\nUn émetteur fait osciller un courant dans une antenne, ce qui rayonne une onde. Cette onde fait osciller un courant, infiniment plus faible, dans toute autre antenne qu'elle rencontre.\n\nLe problème n'est donc jamais de capter : **toutes les stations arrivent en même temps sur votre fil**. Le problème est d'en isoler une et d'en extraire le son.\n\nUne onde seule ne porte rien. On lui fait porter un signal en faisant varier son amplitude au rythme du son : c'est la **modulation d'amplitude**, celle des ondes moyennes et des grandes ondes. C'est la seule que l'on puisse démoduler sans électronique active, et c'est ce qui rend ce montage possible.\n\nUn récepteur à détection comporte quatre parties, pas une de plus : une **antenne** qui capte, un **circuit accordé** qui sélectionne, un **détecteur** qui extrait le son, un **écouteur** qui le restitue.\n\n## Le circuit accordé\n\nUne bobine associée à un condensateur résonne à une fréquence précise, comme un diapason sur une note. À cette fréquence la réponse est maximale, ailleurs elle s'effondre. C'est ce qui sépare les stations.\n\nPlus la bobine ou le condensateur sont grands, plus la fréquence reçue est basse.\n\n**La bobine** s'obtient en enroulant du fil de cuivre isolé, jointif et régulier, sur un cylindre isolant : tube de carton, bouteille, manche de bois. De l'ordre de cent tours sur un diamètre de cinq à sept centimètres couvre les ondes moyennes. Le fil émaillé se récupère dans tout transformateur, moteur, relais ou haut-parleur.\n\n**L'accord** se règle de deux façons. Un condensateur variable pris sur un vieux poste est l'idéal. À défaut, on gratte l'émail sur une bande le long de la bobine et l'on fait glisser un contact le long des spires : on change le nombre de tours actifs, donc la fréquence. C'est plus grossier et cela fonctionne.\n\n**Un condensateur se fabrique** : deux surfaces conductrices séparées par un isolant. Deux feuilles d'aluminium enroulées avec du papier entre elles ; ou deux tubes recouverts d'aluminium et emboîtés coulissants, ce qui donne une valeur variable.\n\n## Le détecteur, la pièce décisive\n\nUn signal modulé en amplitude oscille symétriquement autour de zéro : sa moyenne est nulle, et un écouteur n'en tirerait rien. Il faut ne garder qu'une moitié de l'oscillation, ce qui fait apparaître l'enveloppe, c'est-à-dire le son. Il faut donc un composant qui laisse passer le courant dans un seul sens.\n\n**Une diode au germanium** est le meilleur choix : elle conduit dès une très faible tension, ce qui compte quand le signal est minuscule. Elle se récupère sur d'anciens appareils. Une diode au silicium fonctionne mais exige un signal plus fort, donc une meilleure antenne.\n\n**Sans diode, un contact ponctuel suffit.** C'est le principe historique du poste à galène : une pointe métallique posée sur un cristal semi-conducteur conduit mieux dans un sens que dans l'autre. Les montages de campagne utilisaient une lame d'acier bleui, oxydée, et une mine de crayon taillée en pointe appuyée dessus par un ressort souple. On déplace la pointe jusqu'à trouver le point sensible, et il faut le rechercher après chaque choc.\n\nLe contact doit rester **léger et exploratoire**. Trop appuyé, il conduit dans les deux sens et le son disparaît.\n\n## L'écouteur\n\nC'est le point qui fait échouer la plupart des tentatives. La puissance disponible est infime : un haut-parleur ordinaire, de basse impédance, ne produira rien.\n\nIl faut un **écouteur à haute impédance** — écouteur piézoélectrique, ou écouteur magnétique ancien. Ils se récupèrent sur d'anciens téléphones, appareils auditifs, appareils de mesure. À défaut, un écouteur ordinaire branché à travers un petit transformateur d'adaptation — bobine de relais, transformateur de récupération — améliore beaucoup les choses.\n\n## L'antenne et la terre\n\nC'est ici que la réception se gagne ou se perd, bien plus que dans le reste du montage.\n\n**L'antenne** doit être longue et haute : un fil isolé de dix à trente mètres, tendu le plus haut possible, à l'écart des murs et des masses métalliques. La longueur compte, la hauteur davantage.\n\n**La terre est indispensable et systématiquement négligée.** Le circuit doit se refermer. Un piquet métallique enfoncé dans un sol humide, une canalisation d'eau métallique, un radiateur relié à la terre. Sans terre correcte, un récepteur à détection ne fonctionne pratiquement pas.\n\nUne règle sans exception : **on n'installe jamais une antenne au-dessus, en travers ou près d'une ligne électrique**, et on ne la laisse pas en place par temps d'orage. Un long fil élevé capte aussi les décharges atmosphériques.\n\n## Le montage et le réglage\n\nL'antenne arrive à une extrémité de la bobine, l'autre extrémité va à la terre. Le condensateur d'accord se place aux bornes de la bobine. Le détecteur prélève le signal sur la bobine et l'envoie à l'écouteur, dont l'autre borne rejoint la terre. Un petit condensateur en parallèle sur l'écouteur lisse le résultat et améliore nettement le son.\n\nLe réglage se fait dans cet ordre : établir une bonne terre, tendre la plus longue antenne possible, chercher le point sensible du détecteur, puis seulement balayer l'accord lentement.\n\n## Ce que ce récepteur peut et ne peut pas\n\nIl reçoit les émissions en modulation d'amplitude, ondes moyennes et grandes ondes. Elles portent très loin, particulièrement la nuit, et couvrent d'immenses territoires depuis peu d'émetteurs. C'est le type de diffusion retenu pour l'information de sécurité, et c'est ce qui rend ce montage utile plutôt que pittoresque — voir [[URG-EFF-001]].\n\nIl ne reçoit pas la modulation de fréquence ni les émissions numériques : leur démodulation demande une électronique active, donc une alimentation.\n\nIl ne transmet rien. Recevoir est passif, silencieux et discret ; émettre demande de l'énergie, une antenne accordée, et occupe des fréquences dont d'autres ont besoin. Dans une situation dégradée, le rôle premier d'un poste est d'écouter — voir [[SIG-COM-001]].\n\n## Améliorer un poste existant\n\nSi vous avez un récepteur à piles, trois gestes valent mieux qu'un montage complet. Rallonger l'antenne, en reliant un long fil à l'antenne télescopique ou en l'enroulant autour. Relier le poste à une bonne terre. Et l'éloigner des structures métalliques et des appareils électroniques, qui produisent un bruit électrique important.\n\nUn poste consomme très peu et s'alimente depuis n'importe quelle source continue à la bonne tension : le calcul est dans [[TEC-ENE-001]], les branchements dans [[TEC-ENE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-NUI-001","titre":"Voir dans le noir","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["vision","nuit","optique","recuperation","donnees"],"sources":["Hecht S., Haig C., Chase A. — The influence of light adaptation on subsequent dark adaptation of the eye","Night Vision and Electronic Sensors Directorate — technical reports on image intensification","Documentation technique des capteurs CMOS et filtres infrarouges"],"corps":"::Trois choses différentes s'appellent « vision nocturne ». Une seule se fabrique avec de la récupération, et ce n'est pas celle qu'on imagine.::\n\n## Les trois familles, et ce qu'elles font\n\n**L'intensification de lumière** amplifie le peu de lumière disponible. Un photon frappe une photocathode, arrache un électron, qui est multiplié dans un tube sous très haute tension, puis reconverti en lumière sur un écran. C'est la technologie des jumelles vertes.\n\nElle **ne se fabrique pas**. Le tube exige un vide poussé, des matériaux photosensibles spécifiques et une alimentation de plusieurs milliers de volts. Aucune récupération courante ne permet de le reproduire, et il faut le dire clairement plutôt que de laisser espérer.\n\n**La thermographie** détecte le rayonnement infrarouge lointain émis par la chaleur des corps. Elle voit dans l'obscurité totale et à travers la fumée. Le capteur est un composant spécialisé qui ne s'improvise pas davantage.\n\n**L'imagerie proche infrarouge** utilise une lumière juste au-delà du visible, invisible à l'œil mais parfaitement captée par les capteurs photographiques ordinaires. **C'est la seule des trois qui soit à votre portée**, et elle demande deux choses : un capteur qui la voit, et une source qui l'éclaire.\n\n## Pourquoi un appareil photo voit l'infrarouge\n\nLes capteurs des appareils photo et des téléphones sont naturellement sensibles bien au-delà du rouge visible. Cette sensibilité fausserait les couleurs, donc les constructeurs placent devant le capteur un **filtre bloquant l'infrarouge**.\n\nRetirer ce filtre rend l'appareil sensible au proche infrarouge. C'est une opération de démontage délicate mais réelle, pratiquée couramment sur des webcams et de vieux appareils. Une fois le filtre ôté, on place à sa place un filtre inverse — qui bloque le visible et laisse passer l'infrarouge — et l'on obtient une caméra qui ne voit que l'infrarouge.\n\n**Un test immédiat**, sans rien démonter : pointez une télécommande vers l'objectif d'un téléphone et appuyez sur une touche. Si vous voyez la diode s'allumer en violet pâle à l'écran alors que vous ne voyez rien à l'œil nu, le capteur reçoit déjà de l'infrarouge. La plupart des caméras frontales, moins bien filtrées, réagissent mieux que les caméras arrière.\n\n## L'éclairage\n\nUne caméra infrarouge sans source infrarouge ne voit rien la nuit : elle a besoin d'être éclairée, exactement comme une caméra ordinaire.\n\nLes **diodes infrarouges** se récupèrent en quantité dans les télécommandes, les anciens systèmes de transmission et surtout les caméras de surveillance, qui en portent une couronne complète. Elles s'alimentent comme n'importe quelle diode, avec une résistance de limitation calculée selon [[TEC-ENE-002]].\n\nÀ défaut, une lampe ordinaire recouverte d'un **filtre qui bloque le visible** émet essentiellement dans l'infrarouge : plusieurs épaisseurs de film photographique développé et entièrement noirci font office de filtre passable. Le rendement est mauvais, cela chauffe, et cela fonctionne.\n\n**Une propriété décisive : cet éclairage est invisible à l'œil nu**, mais parfaitement visible pour quiconque possède un capteur non filtré. Un éclairage infrarouge n'est discret que face à des yeux, pas face à un appareil.\n\n## Ce qui améliore la vision sans électronique\n\nC'est la partie la plus rentable, et la moins connue.\n\n**L'adaptation à l'obscurité** est un gain considérable et gratuit. L'essentiel se joue dans les vingt à trente premières minutes et continue au-delà ; une seule exposition à une lumière blanche vive l'annule en une seconde. Une lumière rouge de faible intensité la préserve en grande partie. Ce mécanisme et la technique de vision décalée sont détaillés dans [[SURV-NUIT-001]].\n\n**L'ouverture optique** décide de la quantité de lumière recueillie. Ce qui compte dans une jumelle utilisée de nuit n'est pas le grossissement mais le **diamètre de la lentille rapporté au grossissement** : plus ce rapport est élevé, plus l'image est lumineuse. Une jumelle peu grossissante à grosses lentilles montre bien plus de choses la nuit qu'une forte grossissante compacte. Ce rapport ne sert à rien au-delà du diamètre de la pupille dilatée, qui plafonne autour de sept millimètres chez un jeune adulte et diminue avec l'âge.\n\n**Le contraste plutôt que l'intensité.** De nuit, on distingue des formes et des mouvements, pas des détails. Se placer bas pour détacher les silhouettes sur le ciel, éviter d'avoir une source lumineuse dans le champ, et laisser le regard balayer lentement rendent bien plus que n'importe quel appareil.\n\n## Ce qu'on peut réellement construire\n\nUn ensemble caméra infrarouge, éclairage infrarouge et petit écran donne une vision nocturne fonctionnelle sur quelques dizaines de mètres, à condition de disposer d'électricité — voir [[TEC-ENE-001]]. C'est encombrant, cela consomme, cela vous rend visible aux autres capteurs, et cela supprime votre adaptation naturelle dès que vous regardez l'écran.\n\nAutrement dit : c'est utile en poste fixe, pour surveiller un accès ou observer un animal. C'est un mauvais choix pour se déplacer, où l'œil adapté reste supérieur.","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-004","titre":"Construire un radeau","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["radeau","flottabilite","rondins","bidons","futs","brelage","pagaie","kon-tiki","riviere"],"sources":["Heyerdahl T., L'Expédition du Kon-Tiki, 1948","US Army, FM 21-76 Survival, radeaux et flotteurs","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook (masse volumique des bois)"],"corps":"::En 1947, Thor Heyerdahl et cinq compagnons traversent le Pacifique sur un radeau de rondins de balsa liés par des cordes, sans un clou : environ 7 000 km en 101 jours. Un radeau, c'est une question simple : combien de poids l'eau peut-elle porter ? La réponse se calcule avant de mettre à l'eau.::\n\n## La flottabilité\n\nUn objet flotte si l'eau qu'il déplace pèse plus lourd que lui.\n\n- **Un fût fermé de 200 litres** porte environ **180 kg** (200 kg d'eau déplacée, moins son propre poids).\n- **Un jerrican vide de 20 litres** bien fermé : près de 20 kg.\n- **Une bouteille d'un litre et demi** : un kilo et demi. Il en faut beaucoup.\n- **Le bois sec et léger** (peuplier, pin, sapin, bois mort bien sec) : chaque mètre cube porte plusieurs centaines de kilos en plus de son poids. **Le bois vert** et les bois durs (chêne) flottent à peine.\n\n**La règle** : prévoir au moins **deux fois** le poids total (personnes et chargement).\n\n## Construire\n\n1. **Les flotteurs** : rondins secs de même longueur, ou bidons et fûts fermés, bouchons collés ou scotchés.\n2. **Le cadre** : des traverses **dessus et dessous**, en sandwich, qui serrent les flotteurs entre elles.\n3. **Les liens** : brelages serrés à chaque croisement, avec de la corde, du fil de fer, des sangles. Voir [[SURV-NOE-001]].\n4. **Le pont** : planches ou palettes par-dessus, pour ne pas marcher sur les flotteurs. Voir [[SURV-REC-034]].\n5. **Pagayer** avec des planches taillées, ou **pousser à la perche** en eau peu profonde.\n\n**Essayer** au bord, en eau calme, avant de charger.\n\n## Les dangers\n\n- **Les rivières rapides**, les seuils et les arbres couchés : un radeau ne se dirige presque pas. Voir [[TEC-NAV-002]].\n- **L'eau froide** : gilet, vêtements de rechange au sec. Voir [[SURV-DEP-010]].\n- **La surcharge** : un radeau qui s'enfonce à ras de l'eau ne pardonne aucune vague.\n\n## En mer\n\nVoir [[SURV-MIL-003]] pour le radeau de survie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-003","titre":"Le bateau à voile","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["voile","voilier","allures","pres","virement de bord","empannage","bome","beaufort","homme a la mer"],"sources":["Les Glénans, Le Cours des Glénans, dernière édition","Fédération française de voile, programmes de formation","Met Office, échelle de Beaufort (1805)"],"corps":"::Un voilier remonte contre le vent. Pas droit dedans, mais en zigzag, à environ 45 degrés de chaque côté : la voile travaille comme une aile d'avion, et la quille empêche le bateau de glisser de côté. Aucun carburant, une autonomie limitée seulement par l'eau et les vivres : des compagnies françaises transportent à nouveau du café et du vin à la voile à travers l'Atlantique.::\n\n## Comment ça avance\n\n- **Vent arrière**, la voile pousse, tout simplement.\n- **Vent de travers ou de face**, la voile gonflée crée une force comme l'aile d'un avion. La **quille** ou la **dérive**, sous le bateau, empêche de dériver et transforme cette force en marche avant.\n- **Face au vent**, dans un angle d'environ 45° de chaque côté, on ne peut pas avancer : on **louvoie**, en zigzag.\n\n## Les allures\n\n- **Le près** : on remonte au plus près du vent, voiles bordées serré.\n- **Le travers** : vent sur le côté, souvent l'allure la plus rapide.\n- **Le largue** : vent de trois quarts arrière.\n- **Le vent arrière** : vent dans le dos.\n\n## Les manœuvres\n\n- **Le virement de bord** : on passe l'avant du bateau dans le vent pour changer de côté.\n- **L'empannage** : on passe l'arrière dans le vent. **La bôme** (la barre horizontale de la grand-voile) traverse le bateau d'un coup : **tout le monde baisse la tête**. Elle assomme chaque année des équipiers.\n\n## La sécurité\n\n- **Le gilet**, toujours, et un harnais attaché la nuit et par gros temps.\n- **La météo marine** avant de partir. **L'échelle de Beaufort** (de 0 à 12) mesure le vent : un débutant reste sous force 3 ou 4.\n- **Un homme à la mer** : crier, lancer la bouée, **quelqu'un ne le quitte jamais des yeux et le montre du doigt**, et on revient tout de suite vers lui.\n- **Réduire la voilure** (prendre un ris) avant que le vent forcisse, pas après.\n\n## Apprendre\n\nQuelques stages dans une école de voile suffisent pour mener un petit voilier par beau temps. La mer, elle, s'apprend toute une vie.\n\nConduire un bateau à moteur : [[TEC-NAV-001]]. Les marées : [[TEC-TER-010]]. Les astuces de marin : [[SURV-MAR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-002","titre":"Le kayak et le canoë","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["kayak","canoe","pagaie","riviere","gilet","dessalage","seuil","arbre couche","portage","voyageurs"],"sources":["Fédération française de canoë-kayak, sécurité en eau vive","American Whitewater, échelle de difficulté des rivières","Nute G.L., The Voyageur, 1931"],"corps":"::Au XVIIIe siècle, les voyageurs canadiens transportaient des tonnes de fourrures à travers le continent dans des canots d'écorce de bouleau d'une dizaine de mètres. Un canoë emmène deux personnes et leur matériel là où aucune route ne va. Mais sur une rivière, ce ne sont pas les grands rapides qui tuent le plus : ce sont les petits seuils et les arbres couchés.::\n\n## Kayak ou canoë\n\n- **Le kayak** : on est assis, on pagaie avec une pagaie double. Rapide, maniable.\n- **Le canoë** (canadien) : à genoux ou assis, une pagaie simple. Il porte beaucoup : deux personnes et plus de cent kilos de matériel.\n\n## Les dangers de la rivière\n\n- **Les seuils et petits barrages** : sous la chute, l'eau forme un rouleau qui tourne sur lui-même et retient tout ce qui y tombe, bateau et nageur. On ne passe jamais un seuil qu'on ne connaît pas : on débarque avant et on porte.\n- **Les arbres couchés** dans le courant : l'eau passe à travers les branches, pas le bateau ni le nageur. On les évite de loin.\n- **L'eau froide** : voir [[SURV-DEP-010]].\n- **Les crues** : une rivière calme devient violente en quelques heures.\n\nLes rivières sont classées de I (facile) à VI (infranchissable). Un débutant reste en classe I et II, accompagné.\n\n## Les règles\n\n- **Le gilet** toujours fermé, même en eau calme.\n- **Jamais seul** sur une rivière qu'on ne connaît pas.\n- **Repérer à pied** les passages douteux, et **porter** le bateau en les contournant.\n- **Le sac étanche** attaché au bateau : vêtements secs, téléphone, trousse de secours.\n\n## Dessaler (chavirer)\n\n1. **Rester du côté amont** du bateau, jamais entre le bateau et un obstacle.\n2. **Sur le dos, pieds devant**, en surface. Ne jamais se mettre debout dans le courant.\n3. Nager vers le bord, avec ou sans le bateau selon le courant.\n\n## Pagayer\n\n- **Le kayak** : on pousse avec tout le haut du corps en tournant le buste, pas seulement avec les bras.\n- **Le canoë** : celui de derrière dirige, en finissant chaque coup de pagaie par un petit crochet vers l'extérieur pour aller droit.\n\nTraverser une rivière à pied : [[SURV-DEP-006]]. Conduire un bateau : [[TEC-NAV-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-NAV-001","titre":"Conduire un bateau","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["bateau","navigation","mer","transport"],"sources":["Règlement international pour prévenir les abordages en mer, COLREG","Service hydrographique et océanographique de la marine — signalisation maritime","Royal Yachting Association — boat handling"],"corps":"::Un bateau n'a pas de freins et le sol bouge. Toute la conduite consiste à anticiper ce qui, sur terre, se corrigerait à la dernière seconde.::\n\n## Ce qui différe fondamentalement d'un véhicule terrestre\n\n**Il n'y a pas d'adhérence.** Un bateau ne s'arrête pas : il s'arrête de pousser et continue sur son erre, parfois sur plusieurs longueurs. Inverser la propulsion freine, lentement.\n\n**Il pivote autour d'un point situé vers l'avant.** L'arrière chasse largement vers l'extérieur du virage. Une manœuvre serrée le long d'un quai envoie la poupe frotter si l'on ne l'anticipe pas.\n\n**Il ne va pas où il est pointé.** Le vent et le courant le déplacent en permanence. La route réellement suivie est la somme du cap et de la dérive, et cette différence peut être considérable.\n\n**La barre n'agit que s'il y a du flux sur le safran.** Sans vitesse, un gouvernail ne fait rien. C'est pourquoi on donne une brève impulsion de propulsion pour faire tourner un bateau presque immobile.\n\n## Les manœuvres de base\n\n**Partir** : larguer les amarres sous le vent en dernier, écarter l'avant à la main, embrayer doucement. Tout se fait au ralenti.\n\n**Accoster** : approcher **face au vent ou au courant**, celui des deux qui domine. Ils vous freinent au lieu de vous pousser, et l'on garde ainsi le contrôle jusqu'au contact. Angle d'approche faible, vitesse minimale permettant encore de barrer, pare-battages en place avant d'arriver.\n\n**S'arrêter** : anticiper plusieurs longueurs à l'avance. Une marche arrière brève et franche freine mieux qu'une longue et molle.\n\n**Mouiller** : choisir un fond tenant et abrité, mouiller une longueur de chaîne de plusieurs fois la profondeur, reculer doucement pour ancrer, puis vérifier que l'on ne dérape pas en prenant des repères à terre.\n\n## Lire l'eau et le balisage\n\n**La couleur et le relief de la surface renseignent sur le fond.** Une eau qui change brusquement de teinte, une zone où les vagues déferlent sans raison, un remous permanent signalent un haut-fond ou un obstacle.\n\n**Le balisage latéral** encadre un chenal. En Europe, en entrant dans un port ou en remontant un chenal, on laisse les marques rouges à bâbord — à gauche — et les vertes à tribord. En sortant, l'inverse. Cette convention est inversée dans une autre partie du monde, ce qui impose de savoir dans quelle région on navigue.\n\n**Les marques cardinales** indiquent de quel côté passer par rapport à un danger : elles disent où se trouve l'eau saine, au nord, au sud, à l'est ou à l'ouest de la marque.\n\n## La priorité, en une idée\n\nLe principe qui gouverne tout le règlement de barre est simple : **celui qui voit l'autre venir sur sa droite s'écarte**, et l'on manœuvre tôt, franchement, de façon visible.\n\nS'y ajoute une hiérarchie de manœuvrabilité : ce qui manœuvre difficilement passe avant ce qui manœuvre facilement. Un navire contraint par son tirant d'eau dans un chenal ne peut pas s'écarter, quoi qu'en dise la règle générale. Un petit bateau à moteur s'écarte de tout ce qui est plus lourd que lui.\n\nEt une règle qui prime sur toutes les autres : **on fait ce qu'il faut pour éviter la collision**, même si le règlement disait qu'on avait la priorité.\n\n## La météo et l'état de la mer\n\nLe vent lève la mer proportionnellement à sa force, à sa durée et à la distance sur laquelle il souffle. C'est cette dernière qui surprend : un vent modéré établi depuis longtemps sur une grande étendue lève une mer bien plus forte qu'un vent violent et bref.\n\n**Vent contre courant est la configuration qui creuse le plus la mer.** Les vagues deviennent courtes, hautes et cassantes, dans des zones qui peuvent être calmes une heure plus tard.\n\nUn abri se choisit avant d'en avoir besoin, et le demi-tour se décide toujours plus tôt qu'on ne le voudrait.\n\n## L'entretien qui évite les pannes\n\n**La turbine de pompe à eau** est la pièce d'usure critique, détruite en quelques secondes si le moteur tourne hors de l'eau. C'est la première pièce de rechange à posséder — le détail est dans [[TEC-MOT-001]].\n\n**Le filet d'eau à l'échappement** se vérifie à chaque démarrage. Son absence impose de couper immédiatement.\n\n**Le rinçage à l'eau douce** après chaque sortie en mer conditionne la durée de vie de tout ce qui est métallique, pour les raisons exposées dans [[TEC-COR-001]].\n\n**Le circuit de carburant** craint l'eau et les impuretés, et le décanteur se purge régulièrement. Une eau dans le gazole arrête un moteur sans prévenir.\n\n**Les passages de coque, presse-étoupe et colliers** se contrôlent visuellement : ce sont les seuls défauts qui font couler un bateau intact.\n\nEnfin, le contrôle avant départ qui compte réellement : niveau de carburant avec une marge de retour, présence et état des équipements de flottaison, et une personne à terre informée de la destination et de l'heure de retour prévue.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MOTH-001","titre":"Le moteur thermique — fonctionnement complet","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteur","mecanique","transport","energie"],"sources":[],"corps":"::Un moteur thermique fait une seule chose : il transforme une explosion en rotation. Tout le reste n'est que le prix à payer pour que ça dure.::\n\n## Le principe, en une image\n\nUn gaz qui brûle prend de l'expansion. Enfermez cette expansion dans un tube fermé d'un côté et mobile de l'autre, et vous obtenez une poussée. Reliez ce mobile à une manivelle, et la poussée devient une rotation. C'est tout. Un moteur de voiture, de tronçonneuse ou de cargo ne fait rien d'autre.\n\nLe tube est le **cylindre**. Le mobile est le **piston**. La manivelle est le **vilebrequin**, et la tige qui les relie est la **bielle**.\n\n## Les quatre temps\n\nLe cycle qui équipe la quasi-totalité des moteurs de voiture se déroule en quatre courses du piston, soit deux tours de vilebrequin.\n\n1. **Admission.** Le piston descend, une soupape s'ouvre, le mélange d'air et de carburant est aspiré.\n2. **Compression.** Les soupapes se ferment, le piston remonte et comprime le mélange. Comprimer chauffe et rapproche les molécules : la combustion sera plus rapide et plus violente.\n3. **Combustion.** Le mélange s'enflamme. Le gaz repousse violemment le piston vers le bas. **C'est le seul temps qui produit du travail.** Les trois autres le consomment.\n4. **Échappement.** Le piston remonte, l'autre soupape s'ouvre, les gaz brûlés sont chassés.\n\nUn moteur à un seul cylindre ne produirait donc de la force qu'un quart du temps, et vibrerait de façon insupportable.\n\n![Le cycle à quatre temps](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMjIyIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjIyMiI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIyMjIiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjx0ZXh0IHg9IjI4MCIgeT0iMjQiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEzIiBmaWxsPSIjMUYxRDFBIiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIiBmb250LXdlaWdodD0iNjAwIj5VbiBzZXVsIHRlbXBzIHN1ciBxdWF0cmUgcHJvZHVpdCBkdSB0cmF2YWlsPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjMwIiB5PSI0NCIgd2lkdGg9Ijg2IiBoZWlnaHQ9IjEwNCIgcng9IjUiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48cmVjdCB4PSI0NiIgeT0iNzAiIHdpZHRoPSI1NCIgaGVpZ2h0PSIyMCIgcng9IjIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIG9wYWNpdHk9Ii44NSIvPjxsaW5lIHgxPSI3MyIgeTE9IjkwIiB4Mj0iNzMiIHkyPSIxNDIiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIi8+PHRleHQgeD0iNzMiIHk9IjE2NiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkFkbWlzc2lvbjwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI3MyIgeT0iMTgyIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMC41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5sZSBwaXN0b24gZGVzY2VuZDwvdGV4dD48cmVjdCB4PSIxNjUiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iODYiIGhlaWdodD0iMTA0IiByeD0iNSIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxyZWN0IHg9IjE4MSIgeT0iMTA4IiB3aWR0aD0iNTQiIGhlaWdodD0iMjAiIHJ4PSIyIiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiBvcGFjaXR5PSIuODUiLz48bGluZSB4MT0iMjA4IiB5MT0iMTI4IiB4Mj0iMjA4IiB5Mj0iMTQyIiBzdHJva2U9IiM4QTgzNzgiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjx0ZXh0IHg9IjIwOCIgeT0iMTY2IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMiIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+Q29tcHJlc3Npb248L3RleHQ+PHRleHQgeD0iMjA4IiB5PSIxODIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEwLjUiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmxlIHBpc3RvbiBtb250ZTwvdGV4dD48cmVjdCB4PSIzMDAiIHk9IjQ0IiB3aWR0aD0iODYiIGhlaWdodD0iMTA0IiByeD0iNSIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjQTMyRTIyIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuNSIvPjxyZWN0IHg9IjMxNiIgeT0iNzMiIHdpZHRoPSI1NCIgaGVpZ2h0PSIyMCIgcng9IjIiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIG9wYWNpdHk9Ii44NSIvPjxsaW5lIHgxPSIzNDMiIHkxPSI5MyIgeDI9IjM0MyIgeTI9IjE0MiIgc3Ryb2tlPSIjQTMyRTIyIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiLz48dGV4dCB4PSIzNDMiIHk9IjE2NiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPkNvbWJ1c3Rpb248L3RleHQ+PHRleHQgeD0iMzQzIiB5PSIxODIiIGZvbnQtZmFtaWx5PSJ1aS1zYW5zLXNlcmlmLHN5c3RlbS11aSwtYXBwbGUtc3lzdGVtLFNlZ29lIFVJLEhlbHZldGljYSxBcmlhbCxzYW5zLXNlcmlmIiBmb250LXNpemU9IjEwLjUiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmTDqXRlbnRlIG1vdHJpY2U8L3RleHQ+PHJlY3QgeD0iNDM1IiB5PSI0NCIgd2lkdGg9Ijg2IiBoZWlnaHQ9IjEwNCIgcng9IjUiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iIzhBODM3OCIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjUiLz48cmVjdCB4PSI0NTEiIHk9IjEwOCIgd2lkdGg9IjU0IiBoZWlnaHQ9IjIwIiByeD0iMiIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgb3BhY2l0eT0iLjg1Ii8+PGxpbmUgeDE9IjQ3OCIgeTE9IjEyOCIgeDI9IjQ3OCIgeTI9IjE0MiIgc3Ryb2tlPSIjOEE4Mzc4IiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiLz48dGV4dCB4PSI0NzgiIHk9IjE2NiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTIiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiIGZvbnQtd2VpZ2h0PSI2MDAiPsOJY2hhcHBlbWVudDwvdGV4dD48dGV4dCB4PSI0NzgiIHk9IjE4MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTAuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+bGUgcGlzdG9uIG1vbnRlPC90ZXh0PjxyZWN0IHg9IjMwMCIgeT0iNDQiIHdpZHRoPSI4NiIgaGVpZ2h0PSIxMDQiIHJ4PSI1IiBmaWxsPSIjQTMyRTIyIiBvcGFjaXR5PSIuMDciLz48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjIwOCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiM4QTgzNzgiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPkxlcyBtb3RldXJzIMOgIHBsdXNpZXVycyBjeWxpbmRyZXMgZMOpY2FsZW50IGxlcyBjeWNsZXMgcG91ciBxdSd1biBwaXN0b24gcG91c3NlIGVuIHBlcm1hbmVuY2U8L3RleHQ+PC9zdmc+)\n C'est la seule raison d'être des moteurs à plusieurs cylindres : décaler les cycles pour qu'il y ait toujours un piston en train de pousser. Un quatre cylindres a une combustion tous les demi-tours. Un six, tous les tiers de tour. Plus il y a de cylindres, plus la rotation est lisse — et plus il y a de pièces à entretenir.\n\n## Ce qui allume le mélange\n\nC'est la seule différence de fond entre les deux grandes familles.\n\n**L'essence** utilise une étincelle. Une bougie produit un arc électrique à l'instant précis choisi. Le mélange doit donc être précis et ne doit surtout pas s'enflammer tout seul sous la compression — d'où un taux de compression modéré, et d'où l'indice d'octane, qui mesure la résistance d'un carburant à l'auto-inflammation.\n\n**Le diesel** n'a pas de bougie d'allumage. Il comprime de l'air seul, beaucoup plus fort, jusqu'à ce que cet air atteigne plusieurs centaines de degrés par le seul effet de la compression. Puis il injecte le gazole dedans, qui s'enflamme au contact. Conséquences en cascade : pas de circuit d'allumage à entretenir, un rendement supérieur parce que la compression est plus élevée, un couple bien plus important à bas régime, une construction plus lourde parce que les pressions sont énormes, et une intolérance totale à l'eau et aux impuretés dans le carburant, parce que l'injection travaille à des pressions où la moindre particule raye tout.\n\n## Le deux temps\n\nIl fait la même chose en deux courses au lieu de quatre : admission et compression pendant la montée, combustion et échappement pendant la descente. Une explosion à chaque tour au lieu d'un tour sur deux.\n\nIl n'a ni soupapes, ni arbre à cames, ni circuit d'huile séparé — l'huile est mélangée au carburant et brûle avec lui. Résultat : très peu de pièces mobiles, un rapport puissance sur poids excellent, et une réparabilité exceptionnelle avec peu d'outillage. En contrepartie, il consomme davantage, il fume, et il rejette une part d'huile imbrûlée, ce qui l'a fait disparaître des voitures pour des raisons d'émissions. **Dans un contexte où l'on répare soi-même avec ce qu'on trouve, cette simplicité redevient un argument décisif.**\n\n## Les organes annexes, et pourquoi chacun existe\n\n**La distribution.** L'arbre à cames ouvre et ferme les soupapes au bon moment, entraîné par le vilebrequin via une courroie ou une chaîne. Si ce lien casse ou saute d'un cran, les soupapes ouvrent pendant que le piston monte : elles se rencontrent, et le moteur est détruit en une fraction de seconde. C'est la panne la plus destructrice qui existe sur un quatre temps.\n\n**Le circuit d'huile.** Une pompe envoie l'huile en pression dans des canaux jusqu'aux coussinets du vilebrequin. L'huile ne sert pas seulement à réduire les frottements : elle forme un film qui empêche le métal de toucher le métal, elle évacue une partie de la chaleur, et elle emporte les particules d'usure vers le filtre. **Un moteur sans pression d'huile se détruit en quelques dizaines de secondes.**\n\n**Le refroidissement.** Un tiers environ de l'énergie du carburant part en chaleur pure. Un circuit d'eau glycolée la transporte du bloc vers le radiateur, où l'air l'emporte. Le thermostat maintient la température dans une plage étroite, parce qu'un moteur froid s'use vite et consomme trop, tandis qu'un moteur surchauffé déforme sa culasse.\n\n**L'alimentation en air.** Le moteur est une pompe à air : sa puissance est directement liée à la quantité d'air qu'il avale. Sur l'eau, cette contrainte change complètement, voir [[TEC-MOT-001]]. C'est toute la raison d'être du turbocompresseur, qui utilise l'énergie des gaz d'échappement pour comprimer l'air d'admission et faire entrer plus de mélange dans le même cylindre.\n\n**Le volant moteur.** Un disque lourd sur le vilebrequin qui stocke l'énergie du temps moteur pour la restituer pendant les trois autres. Sans lui, le moteur s'arrêterait entre deux combustions.\n\n**Le démarreur et l'alternateur.** Un moteur ne peut pas se lancer seul : il faut le faire tourner de l'extérieur pour amorcer le premier cycle. L'alternateur, ensuite, recharge la batterie et alimente tout le reste — c'est le point d'entrée de toute récupération électrique, traité dans [[TEC-ENE-001]]. Quand le démarreur tourne mais que le moteur ne part pas, le diagnostic se fait dans l'ordre : voir [[SURV-REC-019]].\n\n## Identifier un moteur inconnu\n\nDevant un moteur inconnu, l'ordre d'identification est toujours le même.\n\n1. **Cherchez les bougies.** Présentes : essence. Absentes : diesel. C'est la première question parce qu'elle détermine tout le reste.\n2. **Cherchez la jauge d'huile.** Présente : quatre temps. Absente, avec un carburant mélangé à l'huile : deux temps.\n3. **Comptez les cylindres** en suivant les fils de bougie ou les injecteurs.\n4. **Repérez la courroie ou la chaîne de distribution** et son état. Une courroie craquelée ou huileuse est une bombe à retardement.\n5. **Vérifiez les niveaux avant de tenter quoi que ce soit.** Huile et liquide de refroidissement. Une huile laiteuse signale de l'eau dans l'huile, donc un joint de culasse percé.\n6. **Relevez la plaque ou les numéros gravés sur le bloc.** C'est ce qui vous permettra de retrouver une pièce compatible sur un autre moteur.\n\n## Comparer les motorisations\n\n**Vous cherchez ce qui durera.** Un diesel atmosphérique ancien, à injection mécanique et sans électronique, est ce qui se rapproche le plus d'un moteur éternel : peu de capteurs, peu de choses à comprendre, et une tolérance mécanique élevée.\n\n**Vous devez conduire le véhicule.** Les commandes, l'embrayage et la conduite sont dans [[TEC-VOI-001]] ; le vol dans [[TEC-AER-001]].\n\n**Vous cherchez ce qui se répare avec rien.** Un deux temps. Une bougie, un carburateur, un joint, et vous avez couvert la majorité des pannes possibles.\n\n**Vous n'avez plus de carburant raffiné.** Le diesel accepte des huiles végétales filtrées, dans certaines limites de viscosité et de température, avec des adaptations. L'essence n'accepte à peu près rien d'autre qu'elle-même. C'est un critère de choix décisif dans une logique de long terme.\n\n**Vous cannibalisez.** Les pièces qui se réutilisent le plus facilement d'un moteur à l'autre sont l'alternateur, le démarreur, la pompe à eau et les durites. Le bloc et la culasse, eux, ne s'échangent qu'entre modèles identiques.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MOT-001","titre":"Les moteurs de bateau — typologie complète","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteur","bateau","mecanique","transport"],"sources":[],"corps":"::Un moteur marin ne se distingue pas d'un moteur terrestre par sa mécanique, mais par ce qu'il subit.::\n\nTrois contraintes définissent toute motorisation marine, et elles expliquent chaque choix technique qui suit.\n\n**La charge est permanente.** Un moteur de voiture passe l'essentiel de sa vie en charge partielle. Un moteur de bateau pousse une masse d'eau en continu, sans temps mort, sans descente. Il travaille près de son régime de couple maximal pendant des heures. C'est pourquoi un moteur de voiture transplanté sur un bateau casse : il n'a jamais été dimensionné pour ça. Le fonctionnement commun aux deux est décrit dans [[TEC-MOTH-001]].\n\n**Le refroidissement se fait par l'eau où l'on navigue.** C'est gratuit, illimité, et corrosif. Toute la conception marine tourne autour de ce compromis.\n\n**Une panne n'est pas un arrêt sur le bas-côté.** La redondance et la réparabilité ne sont pas du luxe.\n\n## Le classement par implantation\n\n**Hors-bord.** Bloc complet — moteur, transmission, hélice — accroché au tableau arrière. Il bascule pour relever l'hélice, il se démonte entièrement, il se remplace en quelques minutes. C'est la motorisation la plus réparable et la plus interchangeable qui existe sur l'eau. Sa faiblesse est la position du poids, haut et en arrière.\n\n**In-bord.** Moteur à l'intérieur de la coque, arbre traversant la coque via un presse-étoupe, hélice sous la carène. Poids bas et centré, donc bien meilleure tenue de mer. En contrepartie : un passage de coque à étancher en permanence, un arbre à aligner au dixième de millimètre, un accès contraint, et une ligne d'arbre qui impose l'inclinaison de l'hélice.\n\n**Semi-hors-bord, dit embase Z.** Moteur dedans, transmission dehors sur une embase orientable. Compromis entre les deux : rendement d'hélice d'un hors-bord, poids interne d'un in-bord. Complexité mécanique nettement supérieure, et un soufflet en caoutchouc traversant la coque dont la rupture coule le bateau.\n\n**Propulsion par jet.** Une pompe aspire l'eau et l'éjecte. Aucun appendice sous la coque, donc navigation en eau très peu profonde et absence de risque de blessure par hélice. Rendement médiocre à basse vitesse, sensibilité aux corps flottants aspirés.\n\n**Pod électrique.** Moteur électrique immergé dans une nacelle orientable à 360 degrés. Manœuvrabilité totale sans propulseur d'étrave. Sur les grandes unités, un groupe diesel produit l'électricité et les pods propulsent : cela découple production et propulsion, et permet de couper des générateurs quand la demande baisse.\n\n## Le classement par cycle\n\n**Deux temps.** Une explosion par tour. Puissance élevée pour un poids faible, très peu de pièces mobiles, réparabilité exceptionnelle. Il consomme davantage, il fume, et il rejette une part d'huile imbrûlée. Les réglementations d'émissions l'ont fait reculer partout, mais dans un contexte de réparation autonome, sa simplicité redevient décisive. Sur les modèles à injection directe, une grande partie du défaut de consommation disparaît.\n\n**Quatre temps.** Sobre, propre, silencieux, coupleux à bas régime. Circuit d'huile séparé donc vidanges, plus de pièces, davantage de choses à comprendre avant d'intervenir.\n\n**Diesel.** Couple énorme à bas régime, exactement ce que demande une hélice. Pas de circuit d'allumage à corroder — un avantage considérable en atmosphère saline. Durée de vie très supérieure. En contrepartie : masse importante, injection haute pression intolérante à l'eau, démarrage difficile par grand froid.\n\n**Électrique.** Couple maximal dès l'arrêt, silence total, aucune vibration, aucun échappement. La limite est l'énergie embarquée, et son calcul est dans [[TEC-ENE-001]]. En usage lent et court — pêche, canaux, annexes — c'est déjà supérieur à tout le reste.\n\n**Vapeur.** Marginal aujourd'hui, mais mentionné pour une raison précise : c'est le seul type qui accepte **n'importe quel combustible solide**. Bois, charbon, déchets. Dans une logique de rupture d'approvisionnement en carburant raffiné, c'est la seule motorisation qui reste alimentable indéfiniment.\n\n## Le refroidissement, là où tout se joue\n\n**Circuit ouvert.** L'eau de navigation traverse directement le moteur. Simple, léger, peu de pièces. Elle dépose du sel, elle corrode, elle entartre. Un moteur à circuit ouvert en mer se rince à l'eau douce après chaque sortie, sinon il se détruit lentement de l'intérieur.\n\n**Circuit fermé.** Un circuit interne de liquide de refroidissement cède sa chaleur à l'eau de mer dans un échangeur. L'eau salée ne touche jamais le moteur. Plus lourd, plus cher, incomparablement plus durable.\n\nDans les deux cas, **la turbine de pompe à eau en caoutchouc est la pièce d'usure critique**. Elle est détruite en quelques secondes si le moteur tourne hors de l'eau, parce qu'elle est lubrifiée et refroidie par l'eau qu'elle pompe. C'est la première pièce de rechange à posséder, avant toutes les autres.\n\n## L'hélice\n\nDeux nombres la définissent : le **diamètre**, qui détermine la surface d'eau brassée, et le **pas**, la distance théorique parcourue en un tour. Grand pas et petit diamètre pour la vitesse, petit pas et grand diamètre pour la poussée.\n\nUne hélice surdimensionnée empêche le moteur d'atteindre son régime maximal et le fait travailler en surcharge permanente : c'est la cause la plus fréquente de destruction lente d'un moteur marin. Une hélice sous-dimensionnée laisse le moteur s'emballer sans produire de poussée.\n\nLa **{{cavitation|Formation de bulles de vapeur par chute de pression sur les pales, qui érode le métal et fait perdre la poussée.}}** — formation de bulles de vapeur par chute de pression sur le dos des pales — érode physiquement le métal et fait perdre la poussée. Elle signale toujours un problème de géométrie, de profondeur d'immersion ou de régime.\n\n## Identifier une motorisation marine\n\n1. **Regardez où il est.** Dehors, dedans, ou mi-chemin : vous savez déjà comment y accéder et ce qu'il faut démonter.\n2. **Cherchez la bougie.** Présente : essence. Absente : diesel.\n3. **Cherchez la jauge d'huile.** Présente : quatre temps. Absente et carburant mélangé : deux temps.\n4. **Suivez le circuit d'eau depuis la prise sous la coque.** Directement au bloc : circuit ouvert. Par un échangeur : circuit fermé.\n5. **Trouvez le témoin d'eau à l'échappement.** Pas de filet d'eau au démarrage : coupez immédiatement, la turbine est en train de mourir.\n6. **Relevez la plaque.** Puissance, régime maximal, année, numéro de série.\n\n## Critères de choix\n\n**Vous devez choisir une motorisation à construire ou à récupérer.** Diesel in-bord si vous cherchez la durée et le couple. Hors-bord deux temps si vous cherchez la réparabilité et l'interchangeabilité. Électrique si vos trajets sont courts et votre production électrique existe.\n\n**Vous n'avez plus de carburant raffiné.** Le diesel accepte des huiles végétales filtrées avec des adaptations. La vapeur accepte tout ce qui brûle. L'essence n'accepte à peu près rien d'autre qu'elle-même.\n\n**Vous devez manœuvrer vous-même.** Les gestes, le balisage et les règles de barre sont dans [[TEC-NAV-001]].\n\n**Vous cannibalisez.** Un hors-bord se transporte entier, se monte sur n'importe quelle coque munie d'un tableau arrière, et s'échange comme une pièce. C'est la motorisation la plus proche d'un standard universel sur l'eau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-023","titre":"Le métier de dentiste","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["dentiste","dents","caries","abces","extraction","pansement provisoire","clou de girofle","paul revere","metier"],"sources":["Forbes E., Paul Revere and the World He Lived In, 1942","Ordre national des chirurgiens-dentistes, missions","Organisation mondiale de la santé, santé bucco-dentaire, principaux repères"],"corps":"::En 1776, à Boston, un orfèvre qui fabriquait aussi des dentiers, Paul Revere, reconnaît le corps d'un général tué au combat grâce au bridge qu'il lui avait posé : l'une des premières identifications par les dents. Une rage de dents peut rendre un homme incapable de marcher, de dormir ou de penser, et un abcès dentaire mal soigné peut tuer.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Soigner les caries** avant qu'elles n'atteignent le nerf.\n- **Endormir** une dent (anesthésie locale).\n- **Dévitaliser** une dent, drainer un abcès, **extraire** proprement.\n- **Poser** des couronnes, des prothèses, des dentiers.\n- **Reconnaître** une infection qui s'étend au visage et au cou, qui est une urgence.\n\n## Ce qu'un non-dentiste peut apprendre\n\n- **Prévenir** : brossage, fil, moins de sucre grignoté. Voir [[TEC-SAN-031]].\n- **Soulager** : antidouleurs, bain de bouche à l'eau salée tiède, **clou de girofle** ou son essence posé contre la dent. Voir [[TEC-SAN-014]].\n- **Le pansement provisoire** : les pâtes d'obturation temporaire vendues en pharmacie bouchent un trou ou remplacent un plombage perdu pendant quelques semaines.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nArracher une dent adulte, ouvrir un abcès, dévitaliser. **Un gonflement du visage ou du cou avec fièvre, une difficulté à ouvrir la bouche ou à avaler** : urgence, il faut des antibiotiques et souvent un drainage. Voir [[TEC-SAN-015]].\n\n## Ses outils\n\nFauteuil, lampe, miroir, sondes, fraises, seringues d'anesthésie, daviers, matériaux d'obturation, et une grande habileté des mains.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nQuand les soins s'arrêtent, les caries avancent et les abcès se multiplient. Un dentiste, ou même un soignant formé aux extractions simples, soulage une population entière.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-022","titre":"Le métier de cordonnier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["cordonnier","chaussures","ressemelage","cuir","couture","talons","clefs","bottier","metier"],"sources":["Garsault F.-A. de, L'Art du cordonnier, Descriptions des arts et métiers, 1767","Compagnons du Devoir, métier de cordonnier-bottier","Chambres de métiers et de l'artisanat, cordonnerie multiservice"],"corps":"::« Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés », dit le proverbe : ils passent leur vie sur les chaussures des autres. Une bonne paire de chaussures cousues, ressemelée par un cordonnier, dure dix ans ou plus. Dans une crise, les pieds font tout le travail, et une semelle qui lâche arrête un marcheur plus sûrement qu'une blessure.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Ressemeler** : décoller, préparer, poser et coudre ou coller une semelle neuve de cuir ou de caoutchouc.\n- **Coudre le cuir** à la main et à la machine, remettre une trépointe.\n- **Refaire les talons**, recoller, rapiécer, changer une fermeture.\n- **Travailler le cuir** : sacs, ceintures, sangles, étuis, harnais.\n- **Élargir** une chaussure, adapter une semelle.\n- Et en France, souvent aussi : **refaire des clefs**, affûter, graver.\n\n## Ce qu'un non-cordonnier peut apprendre\n\nRecoller une semelle, coudre au point sellier, remettre un talon en caoutchouc, graisser et entretenir le cuir, fabriquer des sandales. Voir [[TEC-MAT-012]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nUn ressemelage cousu durable, une chaussure sur mesure, la réparation de chaussures de sécurité ou de montagne dont la vie dépend.\n\n## Ses outils\n\nUne forme (pied de fer ou de bois), alènes, aiguilles, fil poissé, tranchet, marteau de cordonnier, pinces, colles, meule, machine à coudre le cuir.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nPlus de chaussures neuves en magasin, beaucoup de marche, des pieds abîmés : le cordonnier garde tout le monde debout. Voir [[SURV-DEP-003]]. Le cuir se tanne sur place : [[TEC-MAT-010]].\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-021","titre":"Le métier de meunier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["meunier","moulin","meules","farine","blutage","barbegal","types de farine","stockage","ergot","metier"],"sources":["Leveau P., The Barbegal water mill in its environment, Journal of Roman Archaeology, 1996","Fédération des moulins de France, patrimoine et fonctionnement des moulins","Classification française des farines selon leur taux de cendres (types 45 à 150)"],"corps":"::Près d'Arles, au IIe siècle, les Romains ont bâti à Barbegal seize roues hydrauliques en cascade à flanc de colline : une véritable usine à farine, capable de nourrir une ville. Sans meunier, un sac de blé n'est qu'un sac de graines dures. Dans une crise, le moulin redevient ce qu'il a été pendant des siècles : un lieu stratégique.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Nettoyer le grain** : trier pierres, graines étrangères, grains malades, et surtout l'**ergot**, poison du seigle. Voir [[TEC-AGR-034]].\n- **Régler les meules** : l'écartement fait une farine plus ou moins fine.\n- **Rhabiller les meules** : retailler les rainures usées de la pierre au marteau, un travail d'orfèvre.\n- **Bluter** : tamiser la mouture pour séparer la farine, le son et les gruaux.\n- **Faire tourner le moulin** : l'eau, le vent, les engrenages, l'entretien. Voir [[TEC-ENE-024]].\n- **Stocker** le grain et la farine à l'abri de l'humidité, des rongeurs et des insectes. Voir [[TEC-ALI-015]].\n\n## Les farines\n\nEn France, le type d'une farine indique ce qui reste de l'enveloppe du grain : de la **T45**, très blanche, pour la pâtisserie, à la **T150**, intégrale, plus nourrissante. Plus la farine est complète, plus elle apporte de fibres et de vitamines, et moins elle se garde.\n\n## Ce qu'un non-meunier peut apprendre\n\nMoudre au moulin à main ou entre deux pierres, tamiser, stocker. Voir [[TEC-AGR-009]]. **Le grain entier se garde des années ; la farine complète rancit en quelques semaines** : on moud au fur et à mesure.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nFaire tourner un grand moulin à eau ou à vent, rhabiller une meule, moudre pour tout un village chaque jour.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nSans moulin, pas de pain, et le grain reste immangeable en quantité. Les vieux moulins restaurés par des passionnés dans toute la France sont des lieux à connaître. Voir [[TEC-MET-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-020","titre":"Le métier de médecin","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["medecin","generaliste","diagnostic","prescription","triage","epidemie","john snow","soins primaires","metier"],"sources":["Snow J., On the Mode of Communication of Cholera, 2e édition, 1855","Organisation mondiale de la santé, Déclaration d'Alma-Ata sur les soins de santé primaires, 1978","Collège de la médecine générale, missions du médecin généraliste"],"corps":"::En 1854, à Londres, un médecin nommé John Snow note sur une carte les maisons des morts du choléra : elles se groupent autour d'une pompe publique de Broad Street. Il fait retirer le levier de la pompe, et l'épidémie décline. Le médecin ne soigne pas seulement des malades un par un : il comprend d'où vient le mal.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Poser un diagnostic** : écouter, examiner, relier les signes, éliminer les causes graves.\n- **Prescrire** le bon traitement, à la bonne dose, en tenant compte du reste.\n- **Reconnaître l'urgence** au milieu des maux courants.\n- **Suivre les maladies chroniques** : diabète, tension, asthme, cœur.\n- **Prévenir** : vaccins, dépistages, conseils.\n- **Soigner les petites urgences** : plaies, sutures, fractures simples, infections.\n- **Repérer une épidémie** avant qu'elle ne s'étende, et organiser l'isolement.\n\n## Ce qu'un non-médecin peut apprendre\n\n- **Les premiers secours** et les signes d'alerte. Voir [[URG-SEC-001]].\n- **Prendre les constantes** et les noter. Voir [[TEC-SAN-016]].\n- **Les médicaments courants**, leurs doses, leurs dangers. Voir [[TEC-SAN-029]] et [[TEC-MET-008]].\n- **Tenir un registre** des malades et des traitements dans un groupe. Voir [[SURV-SOC-009]].\n- **L'hygiène** qui évite la plupart des épidémies. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nPoser un diagnostic difficile, prescrire des antibiotiques et des traitements lourds, opérer, décider d'une évacuation vitale, certifier un décès.\n\n## Ses outils\n\nStéthoscope, tensiomètre, thermomètre, otoscope, lampe, trousse de petite chirurgie, et surtout des années d'expérience clinique.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nLes soins de santé primaires, ceux du quotidien, sauvent plus de vies que les grands hôpitaux : c'est ce que les pays du monde ont reconnu à Alma-Ata en 1978. Dans une crise, un médecin et une équipe formée aux gestes de base tiennent un groupe en bonne santé.\n\nL'infirmier : [[TEC-MET-002]]. Les métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-019","titre":"Le métier de couturière et de tailleur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["couture","couturiere","tailleur","machine a pedale","patrons","raccommoder","retouches","masques","vetements","metier"],"sources":["Singer I.M., brevet de la machine à coudre, 1851","AFNOR, Spec S76-001 : masques barrières, guide d'exigences et de confection, 2020","Compagnons et chambres des métiers, métiers de la couture et de la retouche"],"corps":"::Au printemps 2020, quand les masques manquaient partout, des milliers de couturières et de couturiers bénévoles en France en ont cousu des millions, sur des patrons publiés en quelques jours. Une machine à coudre à pédale, comme celles du XIXe siècle, marche sans une goutte d'électricité. Les vêtements s'usent vite en temps de crise ; ceux qui savent les réparer et en refaire valent de l'or.::\n\n## Ce qu'elle sait\n\n- **Prendre des mesures**, tracer et couper un **patron**.\n- **Coudre** à la main et à la machine, entretenir et régler une machine.\n- **Retoucher** : ajuster, raccourcir, élargir, transformer un vêtement en un autre.\n- **Raccommoder** : repriser, rapiécer, changer une fermeture.\n- **Coudre le lourd** : toile de tente, bâche, sac, harnais, avec les bons fils et aiguilles.\n\n## Ce qu'un non-spécialiste peut apprendre\n\nLes points de base, un bouton, une pièce, un ourlet, une reprise de chaussette, un sac simple. Voir [[TEC-MAT-005]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans elle\n\nUn vêtement ajusté à partir de rien, un manteau, un travail sur une machine industrielle, des tissus techniques.\n\n## Ses outils\n\nMachine à coudre (à pédale ou électrique), ciseaux de coupe réservés au tissu, mètre ruban, craie, épingles, aiguilles, dés, fils de plusieurs grosseurs, papier à patron.\n\n## Pourquoi elle compte en crise\n\n- **Les vêtements chauds** pour l'hiver, refaits à partir de couvertures, de vieux manteaux, de laine. Voir [[TEC-MAT-004]].\n- **Les chaussettes et sous-vêtements** qui s'usent vite. Voir [[TEC-MAT-015]].\n- **Les tentes, bâches, sacs, sangles** à réparer. Voir [[SURV-REC-051]].\n- **Les masques, les blouses, les draps** en cas d'épidémie.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-018","titre":"Le métier de maçon","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["macon","maconnerie","beton","mortier","chaux","fondations","murs","enduits","pantheon","metier"],"sources":["Jackson M.D. et al., Mechanical resilience and cementitious processes in Imperial Roman architectural mortar, PNAS, 2014","Compagnons du Devoir, métier de maçon","DTU 20.1, ouvrages en maçonnerie de petits éléments"],"corps":"::Le dôme du Panthéon de Rome, coulé il y a près de deux mille ans, reste la plus grande coupole de béton non armé du monde. Les maçons romains mêlaient de la chaux et de la cendre volcanique ; des chercheurs étudient encore pourquoi leur béton dure mieux que le nôtre. Le maçon, c'est celui qui fait tenir les choses debout, et au sec.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Les fondations** : sur quoi on bâtit, à quelle profondeur, contre le gel et l'eau.\n- **Les murs** : pierre, brique, bloc, terre, avec le bon mortier. Voir [[TEC-CON-033]].\n- **Les liants** : ciment, chaux, plâtre, terre, et où chacun convient. Voir [[TEC-CHI-003]] et [[TEC-CHI-010]].\n- **Le béton armé** : dosage, coffrage, ferraillage, vibration, cure.\n- **Les enduits**, l'étanchéité, l'humidité des murs. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Lire un plan** et reporter les cotes sur le terrain. Voir [[TEC-IDE-018]].\n\n## Ce qu'un non-maçon peut apprendre\n\nMonter un petit mur, un muret de pierre sèche, faire un mortier, reboucher, enduire, poser une dalle de jardin, cimenter un poteau. Voir [[TEC-CON-023]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nOuvrir un mur porteur, reprendre des fondations, couler une dalle d'étage, construire en zone sismique, réparer une structure fissurée. Voir [[TEC-CON-024]].\n\n## Ses outils\n\nTruelles, auge, niveau, fil à plomb, cordeau, règle, massette et burin, bétonnière, et un œil exercé à voir ce qui n'est pas droit.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nRéparer les murs, bâtir des abris solides, des fours, des poêles de masse, des citernes, des puits, des latrines : presque tout ce qui protège durablement passe par ses mains. Voir [[TEC-CON-016]] et [[TEC-CON-031]].\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-017","titre":"Le métier de charpentier et de menuisier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["charpentier","menuisier","bois","charpente","assemblages","compagnonnage","toit","portes","fenetres","metier"],"sources":["UNESCO, le compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier, 2010","Compagnons du Devoir, métiers de charpentier et de menuisier","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook"],"corps":"::Depuis des siècles, les compagnons charpentiers et menuisiers font leur tour de France de ville en ville pour apprendre leur métier auprès de maîtres différents ; ce compagnonnage est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2010. Le charpentier met un toit sur les murs, le menuisier fait les portes, les fenêtres, les escaliers et les meubles : ensemble, ils rendent une maison habitable.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Le bois** : choisir l'essence, lire le fil, connaître le séchage et le retrait. Voir [[TEC-MAT-001]].\n- **Les assemblages** qui tiennent sans clou. Voir [[TEC-ATE-012]].\n- **La charpente** : les pentes, les charges de neige et de vent, les portées des poutres.\n- **Tracer en vraie grandeur**, calculer un escalier, poser une fenêtre étanche.\n- **Entretenir ses outils** : scies, rabots, ciseaux affûtés. Voir [[TEC-ATE-004]].\n\n## Ce qu'un non-spécialiste peut apprendre\n\nDes assemblages simples, une étagère, un établi, réparer une porte ou une fenêtre qui ferme mal, un abri de jardin, une bâche tendue sur une charpente légère. Voir [[TEC-CON-019]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nUne charpente qui porte un toit, une poutre qui soutient un plancher, un escalier, la reprise d'une structure après un incendie ou une tempête.\n\n## Ses outils\n\nScies, rabots, ciseaux à bois, maillet, équerre, trusquin, niveau, et pour la charpente : bisaiguë, hache, cordeau. Voir [[TEC-ATE-001]].\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nAprès une tempête, un bombardement ou un séisme, il faut d'abord remettre des toits, fermer des fenêtres, étayer. Et il faut des abris, des lits, des tables, des charrettes, des manches d'outils, des cercueils. Le bois pousse partout ; il faut quelqu'un pour le transformer.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]]. La maison à ossature bois : [[TEC-CON-027]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-016","titre":"Le métier d'enseignant","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["enseignant","ecole","lire","ecrire","compter","education en urgence","routine","enfants","metier"],"sources":["INEE, Normes minimales pour l'éducation : préparation, interventions, relèvement, 2010","UNICEF, l'éducation dans les situations d'urgence","Loi Guizot du 28 juin 1833 sur l'instruction primaire"],"corps":"::Pendant le siège de Sarajevo, des écoles ont continué dans les caves et les appartements, sous les obus. Les organisations humanitaires l'ont appris partout : dans une crise, l'école n'est pas un luxe qu'on reporte, c'est ce qui protège les enfants, leur rend une routine et un avenir. L'enseignant est souvent le premier à la rouvrir.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Comment on apprend** : par étapes, en pratiquant, en se trompant, en répétant.\n- **Apprendre à lire, écrire, compter** à des enfants de niveaux très différents en même temps.\n- **Tenir un groupe** : des règles claires, un rythme, de l'attention à chacun.\n- **Repérer** l'enfant qui ne voit pas bien, qui n'entend pas, qui a faim, qui est maltraité ou traumatisé.\n- **Adapter** : enseigner avec un tableau, un bâton dans le sable ou un livre pour trente.\n\n## Ce qu'un non-enseignant peut apprendre\n\n- **Faire la classe** à quelques enfants avec presque rien. Voir [[TEC-CUL-002]].\n- **Transmettre un savoir-faire** à un adulte. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Apprendre à lire** avec la méthode syllabique : les lettres, les sons, puis les syllabes, puis les mots.\n- **Le calcul** avec des cailloux, des bâtonnets, des objets du quotidien. Voir [[TEC-IDE-013]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nUn programme complet sur des années, l'accompagnement des enfants en grande difficulté ou handicapés, l'organisation d'une école entière et de ses examens.\n\n## Ses outils\n\nUn tableau et de la craie, des ardoises, des livres, du papier, et surtout de la patience et de la voix.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\n- **La routine** de l'école rassure les enfants et libère les parents pour les autres tâches.\n- **L'école protège** : un enfant scolarisé est moins exposé au travail forcé, aux violences, au recrutement.\n- **Le savoir** survit aux crises seulement s'il est transmis.\n\nLes enfants dans une crise : [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-015","titre":"Le métier de vétérinaire","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["veterinaire","betail","zoonoses","peste bovine","epidemies","velage","inspection des viandes","metier"],"sources":["FAO et OMSA, déclaration de l'éradication mondiale de la peste bovine, 2011","Ordre national des vétérinaires, missions de la profession","DEFRA, Origin of the UK Foot and Mouth Disease epidemic in 2001, 2002"],"corps":"::La peste bovine a tué des millions de bêtes et affamé des peuples entiers pendant des siècles. En 2011, elle a été déclarée éradiquée dans le monde : la deuxième maladie de l'histoire à disparaître, après la variole, et ce sont des vétérinaires qui l'ont vaincue. Soigner les bêtes, c'est protéger la nourriture et la santé des hommes.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Soigner** toutes les espèces : chiens, chats, bétail, volailles, chevaux.\n- **Opérer**, faire naître (vêlages, agnelages difficiles, césariennes).\n- **Reconnaître une épidémie** avant qu'elle ne ravage un élevage ou un pays : en 2001, la fièvre aphteuse a conduit le Royaume-Uni à abattre des millions d'animaux.\n- **Les maladies qui passent à l'homme** : rage, brucellose, tuberculose bovine, grippes aviaires. Voir [[TEC-SAN-035]].\n- **Inspecter les viandes** : en France, les vétérinaires contrôlent les abattoirs.\n- **Doser les médicaments** selon l'espèce et le poids.\n\n## Ce qu'un non-vétérinaire peut apprendre\n\n- **Reconnaître un animal malade** : il s'isole, ne mange plus, a de la fièvre, respire vite, a le poil terne.\n- **Prendre une température** au thermomètre rectal.\n- **Les soins courants** : plaies, parage des sabots et des onglons, vermifuges, aide à une mise bas simple. Voir [[TEC-ELE-006]].\n- **Les premiers secours** d'un chien ou d'un chat : [[TEC-ELE-012]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nLa chirurgie, la césarienne, le diagnostic d'une maladie contagieuse, les médicaments réglementés, et la décision d'abattre un troupeau malade.\n\n## Ses outils\n\nStéthoscope, thermomètre, seringues, chaînes de vêlage, instruments de chirurgie, et une connaissance fine de dizaines d'espèces différentes.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nQuand on dépend de ses poules, de ses chèvres et de ses lapins pour manger, une épidémie dans l'élevage, c'est une famine. Le vétérinaire protège le troupeau, et à travers lui, les gens.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. Les métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-014","titre":"Le métier de soudeur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["soudeur","soudure","mig","tig","arc","chanfrein","fonte","inox","aluminium","liberty ships","metier"],"sources":["American Welding Society, Welding Handbook","Référentiel du CAP Réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage","US Maritime Commission, programme des Liberty ships, 1941-1945"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, les chantiers américains ont soudé leurs cargos au lieu de les riveter : l'un d'eux, le Robert E. Peary, a été assemblé en moins de cinq jours. Quelques-uns se sont aussi cassés en deux dans l'eau glacée, parce qu'une soudure et un acier mal maîtrisés deviennent cassants comme du verre. Toute la différence entre un bricoleur et un soudeur est là.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Plusieurs procédés** : à l'arc avec électrodes, au fil (MIG et MAG), au tungstène (TIG, le plus précis), au chalumeau, et le brasage. Voir [[TEC-ATE-008]] et [[TEC-ATE-011]].\n- **Les métaux** : l'acier ordinaire, l'inox, l'aluminium, la fonte (qu'il faut préchauffer et souder avec des électrodes spéciales), chacun avec ses réglages.\n- **Préparer** : chanfreiner les bords épais, pointer, brider pour que la pièce ne se déforme pas en refroidissant.\n- **Souder dans toutes les positions** : à plat, à la verticale, au plafond.\n- **Contrôler** : repérer les manques, les soufflures, les fissures.\n\n## Ce qu'un non-soudeur peut apprendre\n\nSouder à l'arc de l'acier épais sur un travail sans danger, braser un tuyau de cuivre, reconnaître une soudure mal faite. Voir [[TEC-ATE-008]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nTout ce dont une vie dépend : un attelage de remorque, une pièce de levage, une réparation de châssis, un réservoir sous pression, une structure qui porte. Et les métaux difficiles : tôle fine, inox, aluminium, fonte.\n\n## Ses outils\n\nPostes à souder, meuleuse, serre-joints et aimants, marteau à piquer, brosse, masque automatique, gants, veste en cuir, aspiration des fumées.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nTout ce qui est en métal finit par casser : charrues, portails, poêles, remorques, cadres de vélo. Le soudeur répare, et fabrique à partir de la ferraille ce qu'on ne peut plus acheter. Avec un groupe électrogène ou des batteries, son atelier redémarre partout.\n\nLes métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]]. Le forgeron : [[TEC-MET-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-013","titre":"Le radioamateur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["radioamateur","radio","ondes courtes","antenne","dipole","morse","adrasec","licence","secours"],"sources":["ANFR, certificat d'opérateur du service d'amateur","FNRASEC, Fédération nationale des radioamateurs au service de la sécurité civile","ARRL, réponse des radioamateurs à l'ouragan Maria à Porto Rico, 2017"],"corps":"::En 2017, après l'ouragan Maria, Porto Rico n'avait plus de téléphone ni d'internet. Pendant des semaines, une partie des messages des hôpitaux et des familles est passée par des radioamateurs. Un fil tendu entre deux arbres, une batterie, un poste : et on parle à un autre continent.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **La propagation** : les ondes courtes rebondissent sur la haute atmosphère et font le tour de la Terre ; les ondes plus courtes restent locales. Il sait quelle bande utiliser selon l'heure et la distance.\n- **Les antennes** : les calculer, les construire, les régler.\n- **Le morse et les modes numériques**, qui passent là où la voix ne passe plus.\n- **Les procédures** : s'identifier, relayer un message sans le déformer.\n\n## Ce qu'un non-radioamateur peut apprendre\n\n- **Écouter** : un simple récepteur ondes courtes capte le monde entier. Voir [[TEC-RAD-001]].\n- **Les radios sans licence** (talkies-walkies PMR446, CB) pour parler localement. Voir [[SIG-COM-010]].\n- **L'antenne dipôle** : deux fils égaux alimentés au centre, d'une longueur totale d'environ **143 divisé par la fréquence en mégahertz**, en mètres. Pour 7,1 MHz, une vingtaine de mètres.\n- **Le morse**, qui se lit aussi avec une lampe. Voir [[SIG-COM-003]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nÉmettre sur les bandes amateurs sans licence est interdit. En France, un **examen** (technique et réglementation) donne un indicatif. On émet ensuite avec de la puissance, sur tout le globe.\n\n## Ses outils\n\nUn émetteur-récepteur, des antennes souvent faites maison, un appareil qui mesure si l'antenne est bien accordée, une batterie, un manipulateur morse, un carnet.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nIl ne dépend **d'aucune infrastructure** : ni antenne relais, ni câble, ni satellite. En France, les ADRASEC, associations de radioamateurs, appuient la sécurité civile et cherchent les balises de détresse des avions tombés.\n\nLes fréquences à connaître : [[SIG-COM-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-012","titre":"Le métier de boucher","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["boucher","viande","decoupe","carcasse","chaine du froid","trichine","sanglier","abats","metier"],"sources":["Règlement (CE) n° 853/2004, règles d'hygiène applicables aux denrées d'origine animale","ANSES, trichinellose et viande de sanglier","Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs, référentiels du métier"],"corps":"::Une vache de 600 kilos donne environ 250 kilos de viande. Le boucher sait en tirer chaque morceau, les nobles comme les autres, et ce qui reste fait les bouillons, les pâtés et les saucisses. « Dans le cochon, tout est bon » : à condition de savoir le découper.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **L'anatomie** : où passent les muscles, les os, les nerfs. Il découpe en suivant les séparations naturelles entre les muscles, sans les trancher au hasard.\n- **La chaîne du froid** : une carcasse doit descendre vite sous 7 °C, les abats sous 3 °C.\n- **La maturation** : laisser la viande rassir quelques jours au froid pour qu'elle devienne tendre.\n- **Désosser, parer, ficeler**, transformer (hachés, saucisses, salaisons).\n- **Repérer une viande suspecte** : couleur, odeur, lésions, parasites.\n\n## Ce qu'un non-boucher peut apprendre\n\n- Abattre proprement un petit animal, saigner, vider, découper les morceaux principaux. Voir [[TEC-ELE-007]] et [[SURV-RES-005]].\n- Refroidir vite, suspendre au frais, conserver par le sel ou la fumée. Voir [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]].\n- Utiliser les abats, les os et le gras : rien ne se jette.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nDécouper un gros animal (bœuf, cheval), juger l'état sanitaire d'une carcasse. **La viande de sanglier** et de porc élevé dehors peut porter la **trichine**, un ver invisible : en France, le gibier vendu est contrôlé, et en autoconsommation on cuit à cœur, sans exception.\n\n## Ses outils\n\nCouteaux à désosser, à trancher, feuille, scie, fusil pour l'affûtage, crochets, et un gant en cotte de mailles.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nUn animal abattu sans savoir-faire, c'est de la viande perdue en quelques jours. Le boucher tire le maximum d'une bête, la conserve, et évite les intoxications. Voir [[TEC-ATE-004]] pour garder les couteaux affûtés.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-011","titre":"Le métier de boulanger","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["boulanger","pain","levain","farine","four a bois","fermentation","mitron","metier"],"sources":["Loi n° 98-405 du 25 mai 1998 déterminant les conditions juridiques de l'exercice de la profession d'artisan boulanger","Calvel R., Le goût du pain, 1990","Denzer K., Build Your Own Earth Oven, 2007"],"corps":"::En octobre 1789, la foule ramène Louis XVI, la reine et leur fils de Versailles à Paris en criant qu'elle ramène « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Le pain était alors une affaire d'État. Il l'est redevenu chaque fois que la farine a manqué.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Les farines** : force, taux de cendres, ce que chacune supporte.\n- **La fermentation** : levain ou levure, température, durée. Tout le goût du pain se joue là.\n- **Pétrir, façonner, lamer**, cuire, et surtout le faire **en quantité**, chaque nuit, au même moment.\n- **Le four** : lire sa chaleur, enfourner au bon moment, gérer la vapeur.\n\nEn France, le titre de boulanger est protégé : il faut pétrir, façonner et cuire le pain sur place.\n\n## Ce qu'un non-boulanger peut apprendre\n\n- **Entretenir un levain** et faire un bon pain à la maison. Voir [[TEC-ALI-012]].\n- **Construire un four en terre** : de l'argile, du sable, de la paille, des briques, un week-end de travail.\n- **Moudre** son grain. Voir [[TEC-AGR-009]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nNourrir un village chaque jour. Passer d'un pain à des centaines demande une organisation, un four et un rythme qui s'apprennent en années.\n\n## Ses outils\n\nLe pétrin, les bannetons, la corne, la lame, la pelle à enfourner, le four, et une horloge intérieure réglée sur la pâte.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nLe pain est la calorie la moins chère : environ **1,3 kg de pain pour 1 kg de farine**. Une farine se stocke, un four se construit, mais celui qui sait faire lever cent pains dans une nuit est rare. Les émeutes de la faim, dans l'histoire, ont souvent commencé devant une boulangerie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-010","titre":"Le métier de forgeron","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["forgeron","forge","fer","outils","trempe","marechal-ferrant","ferronnier","metier"],"sources":["Bealer A.W., The Art of Blacksmithing, 1969","Dauzat A., Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France","Compagnons du Devoir, métiers de ferronnier et de forgeron"],"corps":"::Lefèvre, Lefebvre, Fabre, Faure, Favre : tous ces noms de famille viennent du latin faber, l'artisan qui travaille le fer. Smith en anglais, Schmidt en allemand, Kovač en slave. Pendant des siècles, il n'y avait pas de village sans forgeron, et tout le monde le connaissait.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Chauffer, frapper, plier, étirer, percer** le fer à chaud.\n- **Souder à la forge**, sans électricité.\n- **Tremper et revenir** pour donner à chaque outil sa dureté. Voir [[TEC-ATE-007]].\n- **Fabriquer et réparer** les outils du village : haches, socs, pioches, crochets, charnières, clous, chaînes.\n- **Reconnaître les aciers** à l'étincelle et au comportement. Voir [[TEC-ATE-005]].\n\n## Ce qu'un non-forgeron peut apprendre\n\nMonter une forge simple, lire la couleur du métal, faire un crochet, une pointe, redresser une pièce tordue, durcir un burin. Quelques week-ends suffisent pour les bases. Voir [[TEC-ATE-006]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nLes soudures à la forge solides, les grosses pièces, les outils qui doivent couper et durer, les pièces de sécurité (attelages, crochets de levage). Le ferrage des chevaux est un métier à part, le maréchal-ferrant, qui soigne aussi le pied.\n\n## Ses outils\n\nL'enclume, la forge et son soufflet, les marteaux, les pinces de toutes formes, l'étau à pied qui encaisse les coups, les tranches et les poinçons. Une bonne partie, il l'a forgée lui-même.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nTout outil finit par casser, et l'industrie qui les remplace peut s'arrêter. Le forgeron transforme de la ferraille de récupération en outils, et du charbon de bois en chaleur. Voir [[SURV-FEU-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-009","titre":"Le métier de couvreur","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["couvreur","zingueur","toiture","tuiles","ardoises","zinc","solins","travail en hauteur","metier"],"sources":["UNESCO, Savoir-faire des couvreurs-zingueurs parisiens et des ornemanistes, patrimoine culturel immatériel, 2024","DTU série 40, couvertures","INRS, travaux en hauteur"],"corps":"::Une maison sans toit est perdue en un hiver : l'eau pourrit la charpente, les planchers, les murs. Après une tempête, le couvreur est l'artisan que tout le monde appelle en même temps. Le savoir-faire des couvreurs-zingueurs de Paris est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2024.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Faire couler l'eau** : chaque matériau a sa pente minimale, chaque recouvrement sa longueur.\n- **Poser** tuiles, ardoises, zinc, tôles, bardeaux.\n- **Les points faibles** : autour des cheminées, des fenêtres de toit, dans les noues (les creux entre deux pentes). C'est là que presque toutes les fuites commencent.\n- **Souder le zinc** à l'étain, façonner les gouttières.\n- **Ventiler** la toiture pour que la charpente reste sèche.\n- **Travailler en hauteur** sans tomber.\n\n## Ce qu'un non-couvreur peut apprendre\n\n- Chercher une fuite depuis le grenier, poser une **bâche d'urgence**, remplacer une tuile, nettoyer une gouttière. Voir [[TEC-CON-019]].\n- Monter une échelle correctement et s'attacher.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nRefaire une toiture, reprendre des solins autour d'une cheminée, poser de l'ardoise, travailler sur une pente raide ou haute. Les chutes de toit sont parmi les accidents du travail les plus mortels.\n\n## Ses outils\n\nUn harnais, des échelles et un échafaudage, le marteau de couvreur avec sa pointe à ardoise, la tranche, les cisailles et la plieuse à zinc, le fer à souder, les crochets et les chevilles.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nUn toit qui tient, c'est une maison habitable, des réserves au sec et des gens en bonne santé. Après une tempête ou une guerre, les villes se reconstruisent d'abord par les toits.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-008","titre":"Le métier de pharmacien","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pharmacien","medicaments","dci","interactions","paracetamol","preparations","pharmacie","metier"],"sources":["Ordre national des pharmaciens, missions du pharmacien d'officine","Organisation mondiale de la santé, Liste modèle des médicaments essentiels, 2023","ANSM, surdosage en paracétamol et risque pour le foie"],"corps":"::Quand les rayons se vident, le pharmacien est celui qui sait par quoi remplacer ce qui manque. Et c'est lui qui repère que votre sirop contre le rhume contient déjà du paracétamol, alors que vous en prenez à côté : l'erreur qui fait le plus d'insuffisances du foie.::\n\n## Ce qu'il sait\n\nLes médicaments de A à Z : ce qu'ils font, à quelle dose, ce qui ne se mélange pas, qui ne doit pas les prendre, comment les conserver. Il prépare aussi des médicaments lui-même (pommades, gélules, sirops) et, en France, il vaccine.\n\n## Ce qu'un non-pharmacien peut apprendre\n\n- **Lire la DCI** : le nom de la molécule, écrit en petit sous la marque. Il est le même partout dans le monde, alors que les marques changent d'un pays à l'autre.\n- **Ne jamais doubler le paracétamol** : il se cache dans de nombreux médicaments contre le rhume et la douleur. Pas plus de 3 à 4 grammes par jour pour un adulte, moins en cas de fragilité du foie ou d'alcool.\n- **Les mélanges dangereux les plus courants** : anticoagulant avec aspirine ou ibuprofène, somnifères avec alcool.\n- **Les doses des enfants** se calculent selon le poids, pas l'âge.\n- **Garder une liste écrite** de ses traitements, avec les doses. Voir [[TEC-SAN-010]] pour les médicaments périmés.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nRemplacer un traitement vital (insuline, anticoagulant, antiépileptique) par un autre, préparer des injections stériles, manipuler les stupéfiants, calculer une dose délicate pour un nourrisson ou une personne âgée.\n\n## Ses outils\n\nUn dictionnaire des médicaments, une balance de précision, un mortier et un pilon, une gélulière, des flacons propres, et une mémoire des équivalences.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nIl est souvent le **premier professionnel de santé** qu'on trouve ouvert dans un village. En pénurie, il sait quels médicaments sont indispensables (l'OMS en tient la liste) et lesquels peuvent attendre. Il y a un siècle, il fabriquait presque tout lui-même dans son arrière-boutique.\n\nLes antibiotiques : [[TEC-SAN-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-007","titre":"Le métier de sage-femme","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["sage-femme","accouchement","grossesse","nouveau-ne","hemorragie","semmelweis","allaitement","metier"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Mortalité maternelle, principaux repères","UNFPA, OMS, ICM, The State of the World's Midwifery, 2021","Semmelweis I., Die Ätiologie, der Begriff und die Prophylaxis des Kindbettfiebers, 1861"],"corps":"::À Vienne, en 1847, les mères mouraient deux à trois fois plus dans le service des médecins que dans celui des sages-femmes. Les médecins venaient des autopsies sans se laver les mains. Aujourd'hui encore, selon l'ONU, des sages-femmes partout où il en manque éviteraient deux tiers des morts de mères et de nouveau-nés.::\n\n## Ce qu'elle sait\n\nSuivre une grossesse, repérer ce qui dévie de la normale, **mener un accouchement normal** de bout en bout, s'occuper du nouveau-né et de la mère après, accompagner l'allaitement, la contraception, le suivi gynécologique. En France, le métier est ouvert aux hommes depuis 1982, et ils portent le même nom.\n\n## Ce qu'un non-spécialiste peut apprendre\n\n- **Reconnaître le travail** et accompagner un accouchement qui se passe bien : ne pas tirer, protéger, attendre. Voir [[URG-SEC-007]].\n- **Les signes de danger** : saignement abondant, maux de tête avec vision trouble, fièvre, bébé qui ne respire pas.\n- **Le peau à peau** : le nouveau-né nu sur le ventre de sa mère, couvert, garde sa chaleur. Voir [[TEC-SAN-018]].\n- **Masser le ventre** après la délivrance pour que l'utérus se contracte et saigne moins.\n- **Aider à la mise au sein** dans la première heure.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans elle\n\nUn bébé qui se présente par le siège, des jumeaux, une hémorragie qui ne s'arrête pas, une naissance très prématurée, une mère qui convulse. Ces situations demandent des gestes appris sur des centaines de naissances.\n\n## Ses outils\n\nLe stéthoscope obstétrical de Pinard, un simple cornet de bois pour écouter le cœur du bébé, toujours utilisé dans le monde entier. Un tensiomètre, des gants, des clamps, des ciseaux stériles, et quelques médicaments qui arrêtent les hémorragies.\n\n## Pourquoi elle compte en crise\n\nLes naissances ne s'arrêtent pas : en France, environ **1 800 bébés** naissent chaque jour, guerre, panne ou épidémie. Dans le monde, une femme meurt de sa grossesse ou de son accouchement toutes les deux minutes, presque toujours de causes évitables.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-006","titre":"Le métier de maraîcher","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["maraicher","legumes","potager","calendrier","sol","semences","recolte","metier"],"sources":["Fortier J.-M., Le jardinier-maraîcher, Écosociété","Coleman E., The New Organic Grower, Chelsea Green","Chambres d'agriculture, fiches techniques du maraîchage diversifié"],"corps":"::Un jardinier fait pousser des légumes. Un maraîcher en fait pousser toute l'année, pour d'autres que lui, sur la même terre, sans l'épuiser. C'est la différence entre un loisir et un métier qui nourrit un village.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Le calendrier** : quoi semer, quand, pour récolter en continu et pas tout en même temps. Les semis échelonnés toutes les deux à trois semaines.\n- **Le sol** : le lire, le nourrir, ne pas le tasser, le couvrir. Voir [[TEC-SOL-001]] et [[TEC-AGR-003]].\n- **Les plants** : semis en godets, repiquage, protection du froid (tunnels, voiles).\n- **La rotation** des cultures sur des années. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **L'eau** : combien, quand, comment, avec le moins possible. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Les ravageurs et les maladies**, et comment les tenir sans tout empoisonner. Voir [[TEC-AGR-010]].\n- **La récolte et la conservation** : quand cueillir, comment garder. Voir [[TEC-ALI-011]].\n\n## Les chiffres du métier\n\n- Une **planche de culture** fait souvent 75 cm de large sur 10 à 30 m de long, séparée par des passe-pieds de 45 cm.\n- Des fermes maraîchères de moins d'un hectare, bien menées, nourrissent en légumes plusieurs centaines de familles.\n- Un potager familial de **100 à 200 m²** bien conduit couvre une grande partie des besoins en légumes d'une famille à la belle saison.\n\n## Ce qu'un non-maraîcher peut apprendre\n\nTout, avec du temps : c'est un métier de gestes et d'observation plus que de diplômes. Commencez petit, notez tout (dates, variétés, récoltes, échecs), et gardez vos semences. Voir [[TEC-AGR-004]] et [[TEC-AGR-002]].\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nParce qu'un légume frais ne se stocke pas des années et que les vitamines ne se conservent pas en boîte. Le maraîcher du coin, ses serres et ses semences valent plus que n'importe quelle réserve quand la crise dure. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-005","titre":"Le métier de mécanicien","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["mecanicien","moteur","diagnostic","reparation","vehicule","groupe","metier"],"sources":["Référentiels du CAP et du bac pro Maintenance des véhicules","Bosch, Automotive Handbook","Retours d'expérience des mécaniciens de brousse et des ateliers de réparation"],"corps":"::Un bon mécanicien ne connaît pas toutes les pièces par cœur. Il sait écouter un moteur, trouver pourquoi il tousse, et faire marcher ensemble des pièces qui n'étaient pas faites l'une pour l'autre.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Comment marche un moteur**, et donc ce qui l'empêche de marcher : il lui faut du carburant, de l'air, de la compression, et une étincelle (essence) ou de la chaleur (diesel). Voir [[TEC-MOTH-001]].\n- **Diagnostiquer** par élimination, en commençant par le plus simple. Voir [[SURV-REC-019]].\n- **L'entretien** qui évite les pannes. Voir [[TEC-MEC-020]].\n- **Les transmissions, les freins, les suspensions, l'électricité** d'un véhicule.\n- **Faire avec ce qu'il y a** : adapter une pièce, fabriquer un support, réparer au lieu de remplacer. Voir [[SURV-REC-030]].\n\n## Ce qu'un non-mécanicien peut apprendre\n\n- Vérifier les niveaux, la pression des pneus, les courroies.\n- Changer une roue, une batterie, une ampoule, une bougie. Voir [[TEC-MEC-011]].\n- Démarrer avec des câbles. Voir [[TEC-MEC-014]].\n- Réparer un pneu. Voir [[SURV-REC-024]].\n- Entretenir une tronçonneuse, une tondeuse, un groupe électrogène.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nOuvrir un moteur, toucher aux freins et à la direction sans savoir les remonter et les purger, intervenir sur les batteries haute tension d'une voiture électrique ou hybride.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nQuand rien ne se livre plus, tout ce qui roule, pompe, scie et produit de l'électricité repose sur quelqu'un qui sait le faire durer. Un mécanicien fait tourner le groupe du quartier, la pompe du puits, la tronçonneuse de l'hiver et le seul véhicule qui reste.\n\n## Ses outils\n\nJeu de clés et de douilles, tournevis, pinces, cric et chandelles, multimètre, jauge d'épaisseur, dégrippant, et surtout un endroit sec et éclairé pour travailler.\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-004","titre":"Le métier d'électricien","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricien","installation","securite","tableau electrique","solaire","groupe","metier"],"sources":["Norme NF C 15-100 et NF C 18-510 (habilitation électrique)","Référentiels du CAP et du bac pro Métiers de l'électricité","INRS, prévention du risque électrique"],"corps":"::Un électricien, c'est quelqu'un qui sait où va le courant et comment l'empêcher d'aller là où il tue. En crise, c'est lui qui branche les panneaux solaires et le groupe sans électrocuter personne ni mettre le feu à la maison.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Lire et câbler une installation** : tableaux, circuits, sections de câbles, protections. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Les protections** : disjoncteurs, différentiels, mise à la terre. Voir [[TEC-ENE-011]].\n- **Mesurer** : tension, continuité, isolement, et vérifier l'absence de tension avant de toucher. Voir [[TEC-ENE-008]].\n- **Diagnostiquer** une panne : pourquoi ça saute, pourquoi ça ne marche plus.\n- **Les installations autonomes** : batteries, panneaux solaires, régulateurs, onduleurs, groupes électrogènes. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## Ce qu'un non-électricien peut apprendre\n\n- Couper au tableau, réarmer un disjoncteur, comprendre pourquoi il a sauté.\n- Changer une prise, un interrupteur, une ampoule, une fiche, **courant coupé et vérifié**.\n- Câbler une petite installation en 12 volts. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- Utiliser un multimètre.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nTravailler sous tension, modifier un tableau, brancher un groupe électrogène sur l'installation d'une maison (il faut un inverseur de source), toucher à tout ce qui est en amont du compteur.\n\n## La règle d'or du métier\n\n**Couper, condamner, vérifier.** On coupe au tableau, on empêche que quelqu'un remette le courant (un mot, un cadenas, un morceau de ruban sur le disjoncteur), et **on vérifie avec un appareil** qu'il n'y a plus de tension. Seulement ensuite, on touche.\n\n## Ses outils\n\nTournevis isolés, pince à dénuder, pince coupante, multimètre ou vérificateur d'absence de tension, testeur de prises, gaine, dominos et bornes, fer à souder.\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-003","titre":"Le métier de plombier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["plombier","eau","canalisations","evacuations","soudure","fuite","assainissement","metier"],"sources":["DTU 60.1 et 60.11, plomberie sanitaire","Référentiels du CAP Monteur en installations sanitaires","Organisation mondiale de la santé, Water, sanitation and hygiene (liens entre assainissement et maladies)"],"corps":"::La plomberie a sauvé plus de vies que la médecine : l'eau propre qui arrive, l'eau sale qui repart. Le plombier est celui qui empêche les deux de se rencontrer.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Où passe l'eau** dans un bâtiment, et comment la couper partout. Voir [[TEC-CON-015]].\n- **Assembler les tuyaux** : cuivre soudé, raccords à visser, PER et multicouche sertis, PVC collé.\n- **Les pentes** : une évacuation qui ne descend pas d'au moins 1 à 3 cm par mètre se bouche.\n- **L'étanchéité** : joints, filasse, téflon, et ce qui tient à chaud, à froid, sous pression.\n- **Les appareils** : chauffe-eau, chasses d'eau, pompes, robinets, et leurs pièces d'usure.\n- **L'assainissement** : fosses, puisards, filtres, ventilation des évacuations. Voir [[TEC-CON-006]].\n\n## Ce qu'un non-plombier peut apprendre\n\n- Repérer et fermer la vanne générale et les robinets d'arrêt.\n- Changer un joint de robinet, un flexible, un mécanisme de chasse.\n- Démonter et nettoyer un siphon.\n- Dégeler un tuyau sans le faire éclater.\n- Réparer provisoirement une fuite. Voir [[SURV-REC-030]].\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans lui\n\nLe gaz (jamais sans professionnel habilité), la soudure au chalumeau dans une maison habitée, les modifications qui touchent les évacuations d'un immeuble.\n\n## Ses outils\n\nClés à molette et à griffe, pince multiprise, coupe-tube, cintreuse, chalumeau et brasure, pâte et filasse, ventouse et furet, niveau.\n\n## Pourquoi il compte en crise\n\nSans eau courante ni évacuation, les diarrhées et les épidémies arrivent en quelques jours. Quelqu'un qui sait installer une citerne, une pompe manuelle, des toilettes sèches, un point de lavage des mains, protège la santé de tout le groupe. Voir [[TEC-CON-014]] et [[SURV-HYG-002]].\n\nLes autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-002","titre":"Le métier d'infirmier","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["infirmier","soins","surveillance","pansements","injections","hygiene","metier"],"sources":["Code de la santé publique, articles R4311-1 et suivants (actes infirmiers)","Organisation mondiale de la santé, State of the World's Nursing 2020","Référentiels de formation en soins infirmiers (IFSI)"],"corps":"::Le médecin passe cinq minutes, l'infirmière reste huit heures. Dans un groupe coupé des hôpitaux, c'est son savoir qui fait la différence entre un blessé qui guérit et un blessé qui s'infecte.::\n\n## Ce qu'il sait\n\n- **Surveiller** : prendre les constantes, voir qu'un malade se dégrade avant que ça se voie, savoir quand appeler. Voir [[TEC-SAN-016]].\n- **Soigner les plaies** : nettoyer, panser, repérer l'infection, gérer une plaie qui ne guérit pas. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Les gestes techniques** : injections, prises de sang, perfusions, sondes.\n- **Les médicaments** : les préparer, les doser, les donner à heure fixe, repérer les effets indésirables. Voir [[TEC-SAN-009]].\n- **L'hygiène** : empêcher qu'une infection passe d'un malade à l'autre. Voir [[TEC-SAN-004]].\n- **Le confort** : installer, retourner, nourrir, laver un malade alité sans l'abîmer.\n\n## Ce qu'un non-soignant peut apprendre\n\n- Laver ses mains et mettre des gants correctement.\n- Prendre un pouls, une respiration, une température, les noter avec l'heure.\n- Nettoyer et panser une plaie simple.\n- Retourner un malade toutes les deux à trois heures pour éviter les escarres.\n- Faire boire, repérer la déshydratation.\n\n## Ce qu'on ne fait pas sans formation\n\nLes injections intraveineuses, les perfusions, les sondes, les calculs de doses pour enfants, les médicaments à marge étroite. Une erreur ici ne se rattrape pas.\n\n## Le carnet du soignant\n\n- **Une feuille par malade** : ses constantes, ses médicaments, ses soins, avec l'heure. C'est la mémoire du groupe quand les soignants se relaient.\n- **Le stock** : compresses, gants, antiseptique, médicaments, compté chaque jour.\n\n## Apprendre\n\nLes formations aux premiers secours (quelques heures), puis de secourisme en équipe, sont le premier pas. Accompagner un soignant, un proche malade à domicile, apprend plus que les livres. Les autres métiers qui comptent : [[TEC-MET-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MET-001","titre":"Les métiers qui comptent","axe":2,"categorie":"Métiers et Savoir-faire","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["metiers","competences","savoir-faire","groupe","artisan","apprentissage","organisation"],"sources":["Organisation internationale du travail, Classification internationale type des professions (CITP-08)","Dartnell L., The Knowledge: How to Rebuild Our World from Scratch, Bodley Head, 2014","Sennett R., Ce que sait la main : la culture de l'artisanat, Albin Michel"],"corps":"::Un outil se trouve, un livre se lit, mais un geste appris pendant vingt ans ne se remplace pas. Dans une crise, ce qui manque le plus vite, ce n'est pas le matériel. Ce sont les gens qui savent s'en servir.::\n\n## Pourquoi les métiers comptent\n\nUne société moderne répartit le savoir entre des milliers de métiers. Chacun ne sait faire qu'une petite partie de ce qui le fait vivre, et tout fonctionne parce que les autres savent le reste. Quand les échanges s'arrêtent, un groupe ne vaut que **ce que ses membres savent faire de leurs mains**.\n\nCe qui suit dit, métier par métier, **ce qu'ils savent que vous ne savez pas**. Chaque métier aura sa propre fiche au fil du temps.\n\n## Soigner\n\n- **Infirmier, infirmière** : injections, perfusions, pansements, surveillance d'un malade jour et nuit, repérer quand ça s'aggrave. **Le métier le plus utile au quotidien** dans un groupe, plus encore que le médecin, parce que la plupart des soins sont des soins qui durent.\n- **Médecin** : le diagnostic, le choix du traitement, les gestes techniques.\n- **Sage-femme** : grossesses, accouchements, nouveau-nés. Un savoir qui sauve deux vies à la fois. Voir [[TEC-MET-007]] et [[URG-SEC-007]].\n- **Pharmacien** : quel médicament remplace quel autre, les doses, les interactions, ce qui se garde et ce qui se périme. Voir [[TEC-MET-008]].\n- **Vétérinaire** : chirurgie, anesthésie, antibiotiques, sur des patients qui ne parlent pas. Il sait beaucoup de ce que sait un médecin, et il a l'habitude de faire avec peu.\n- **Dentiste** : une rage de dents rend un adulte inutile en deux jours.\n- **Kinésithérapeute** : immobiliser, rééduquer, soulager un dos.\n- **Pompier, secouriste, ambulancier** : les premières minutes, les blessés, le feu, le transport.\n\n## Construire et entretenir\n\n- **Plombier** : l'eau qui arrive et l'eau qui repart. Sans eux, les maladies arrivent vite. Voir [[TEC-CON-006]].\n- **Électricien** : câbler sans tuer personne, brancher un groupe ou des panneaux solaires correctement. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Chauffagiste** : poêles, conduits, gaz, et le monoxyde de carbone qui tue les gens qui se chauffent mal.\n- **Maçon, charpentier, couvreur** : un toit étanche avant l'hiver, un mur qui tient. Le couvreur est celui dont on se rend compte qu'il manque à la première pluie. Voir [[TEC-MET-009]].\n- **Mécanicien** : moteurs, pompes, groupes, véhicules. Il est aussi le plus débrouillard avec des pièces qui ne sont pas les bonnes.\n- **Soudeur, métallier, forgeron** : réparer ce qui a cassé, fabriquer ce qu'on ne trouve plus. Voir [[TEC-MET-010]].\n- **Électronicien, réparateur de téléphones et de radios** : faire revivre les appareils, communiquer. Voir [[SIG-COM-002]].\n\n## Nourrir\n\n- **Agriculteur, maraîcher, éleveur** : produire à manger saison après saison. Le savoir le plus long à acquérir, et celui qu'on regrette le plus de ne pas avoir. Voir [[TEC-AGR-001]] et [[TEC-ELE-001]].\n- **Boulanger** : le levain, le four à bois, du pain pour cent personnes. Voir [[TEC-MET-011]].\n- **Boucher, charcutier** : abattre, découper, saler, fumer, ne rien perdre d'un animal. Voir [[TEC-MET-012]] et [[TEC-ELE-007]].\n- **Meunier, apiculteur, pêcheur, chasseur, cueilleur** : chacun un pan entier de l'alimentation.\n- **Cuisinier de cantine ou d'armée** : nourrir beaucoup de monde, tous les jours, avec ce qu'il y a, sans intoxiquer personne.\n\n## Fabriquer\n\n- **Couturière, tailleur, cordonnier** : des vêtements et des chaussures qui durent. Voir [[TEC-MAT-005]].\n- **Menuisier, ébéniste** : meubles, outils, manches, charrettes.\n- **Potier, vannier, tanneur, savonnier, brasseur** : des métiers oubliés qui redeviennent précieux dès que les rayons se vident.\n\n## Organiser et transmettre\n\n- **Enseignant** : que les enfants continuent d'apprendre, et que les savoirs se transmettent.\n- **Gestionnaire de stock, logisticien, comptable** : savoir ce qu'on a, ce qu'on consomme, et combien de temps ça tiendra.\n- **Radioamateur** : parler loin sans réseau. Voir [[TEC-MET-013]].\n- **Militaire, gendarme, agent de sécurité** : la garde, la discipline, les situations tendues.\n- **Psychologue, travailleur social, médiateur** : tenir un groupe ensemble quand tout le monde est à bout. Voir [[SURV-PSY-003]].\n\n## Faire l'inventaire des savoir-faire d'un groupe\n\n1. **Ne demandez pas « quel est ton métier ? », demandez « qu'est-ce que tu sais faire de tes mains ? »** Un comptable peut être un jardinier passionné, une infirmière à la retraite peut être la meilleure couturière du quartier.\n2. **Comptez les loisirs** : chasse, pêche, jardinage, bricolage, couture, radio, randonnée, secourisme associatif.\n3. **Notez les outils** que chacun possède, et **ce qu'il accepte d'enseigner**.\n4. **Associez un apprenti à chaque personne qui sait** : un savoir porté par une seule personne disparaît avec elle.\n\n## Ce que savent ceux qui ont reconstruit\n\n- **Les retraités sont une mine.** Beaucoup ont appris leur métier sans ordinateur, avec des outils à main, et savent réparer ce que les jeunes remplacent.\n- **Les métiers de l'entretien manquent avant les métiers prestigieux.** Une ville tient plus longtemps sans banquier que sans plombier.\n- **Un savoir-faire vaut monnaie.** Dans un échange, une heure de couvreur ou de dentiste vaut plus que bien des objets. Voir [[SURV-TROC-001]].\n- **Le geste s'apprend en regardant faire, puis en faisant sous l'œil de quelqu'un**, pas dans un livre. Les fiches Phenix donnent la carte ; l'apprentissage, c'est le terrain. Voir [[SURV-SOC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-036","titre":"Le camion et le permis poids lourd","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["camion","poids lourd","permis c","angles morts","freins a air","ralentisseur","hauteur","cyclistes","logistique"],"sources":["Code de la route, catégories de permis de conduire (article R221-4)","Sécurité routière, signalisation obligatoire des angles morts des véhicules lourds (2021)","INRS, conduite des poids lourds : risques professionnels"],"corps":"::Depuis 2021, en France, les camions portent à l'arrière et sur les côtés un autocollant « angles morts » : le chauffeur ne voit pas les cyclistes et les piétons collés à sa cabine ou à sa droite. Les supermarchés n'ont que quelques jours de stock : ce sont les camions, et ceux qui savent les conduire, qui remplissent les rayons chaque nuit.::\n\n## Les permis\n\n- **Le permis B** : véhicules jusqu'à 3,5 tonnes au total (poids de la voiture chargée), et une petite remorque.\n- **Le permis C1** : de 3,5 à 7,5 tonnes.\n- **Le permis C** : tous les camions ; **CE** avec une grosse remorque ou une semi-remorque.\n- Un permis poids lourd se prépare en quelques semaines de formation, souvent financées pour un métier qui recrute toujours.\n\n## Ce qui change au volant\n\n- **Les angles morts** : immenses, devant, à droite, derrière. On règle tous les rétroviseurs, on regarde avant de tourner.\n- **Les virages** : l'arrière coupe à l'intérieur du virage. On prend large, et on surveille le côté intérieur.\n- **Le freinage** : plusieurs fois plus long qu'une voiture ; freins à air. Voir [[SURV-REC-041]].\n- **Les descentes** : le ralentisseur ou le frein moteur, pas les freins seuls, qui chauffent et lâchent. Voir [[TEC-MEC-024]].\n- **La hauteur** : on connaît celle de son camion et on lit les panneaux des ponts et des tunnels.\n- **Le poids** : charge bien répartie et arrimée ; une charge qui glisse renverse un camion.\n\n## Pour les autres usagers\n\n- **Ne jamais se placer à droite d'un camion** qui s'apprête à tourner à droite, à vélo comme à pied.\n- **Si on ne voit pas le chauffeur dans son rétroviseur, il ne vous voit pas.**\n\n## En crise\n\nUn chauffeur poids lourd sait déplacer de la nourriture, de l'eau, du carburant, des blessés, une communauté entière. C'est l'un des savoir-faire les plus précieux d'une évacuation. Voir [[SURV-CRI-004]] et [[SURV-REC-054]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-035","titre":"Diesel et essence, ce qui change","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["diesel","essence","bougies de prechauffage","gazole grand froid","figeage","adblue","filtre a particules","compression"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (moteurs à allumage commandé et diesel)","Norme EN 590, gazole et classes de tenue au froid","Normes Euro 6, systèmes de réduction catalytique et AdBlue"],"corps":"::Par grand froid, le gazole fige : des cristaux de paraffine bouchent le filtre, et le moteur cale ou ne démarre pas. Et sur la plupart des diesels récents, si le réservoir d'AdBlue est vide, la voiture refuse de redémarrer, même avec le plein de gazole. Diesel et essence ne se soignent pas de la même façon.::\n\n## Deux façons d'allumer\n\n- **L'essence** : un mélange d'air et d'essence est comprimé puis **allumé par une étincelle** de la bougie. Voir [[TEC-MEC-011]].\n- **Le diesel** : l'air seul est comprimé si fort qu'il devient brûlant ; le gazole injecté dedans **s'enflamme tout seul**. Pas de bougie d'allumage, mais des **bougies de préchauffage** pour démarrer à froid.\n\nLe diesel tire mieux à bas régime et consomme moins ; l'essence est plus simple et démarre mieux par grand froid. Voir [[TEC-MOTH-001]].\n\n## Le froid\n\n- **Le gazole** commence à se troubler et à figer entre -5 et -15 °C selon sa qualité. **Le gazole « grand froid »** vendu l'hiver en montagne tient plus bas.\n- **Prévenir** : faire le plein avec du gazole d'hiver, ajouter un additif antifigeant **avant** le froid, garer à l'abri, garder le réservoir plein.\n- **Figé** : ramener le véhicule au chaud (garage) et attendre. **Jamais de flamme** sous un réservoir ou un filtre.\n- **Diesel** : attendre que le voyant de préchauffage s'éteigne avant de lancer le démarreur.\n\n## Les diesels récents\n\n- **L'AdBlue** : un liquide à base d'urée qui dépollue. Réservoir vide, redémarrage refusé. On en garde un bidon.\n- **Le filtre à particules** s'encrasse en ne faisant que de petits trajets : un trajet sur route de temps en temps le régénère.\n\n## L'essence\n\n- **Elle vieillit** vite et **s'évapore** : un réservoir d'essence ancienne ou un carburateur encrassé font caler. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Par forte chaleur**, des bulles de vapeur peuvent désamorcer l'alimentation de vieux moteurs : on laisse refroidir.\n\n## L'erreur de pompe\n\nDe l'essence dans un diesel ou l'inverse : **ne pas démarrer**, ne pas mettre le contact, faire vidanger. Voir [[TEC-ENE-020]].\n\nL'entretien : [[TEC-MEC-020]]. Conduire sur la neige : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-034","titre":"Le vélo électrique et le scooter","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo electrique","vae","speed bike","batterie lithium","autonomie","incendie de batterie","scooter","recharge solaire"],"sources":["Règlement (UE) n° 168/2013, définition des cycles à pédalage assisté","Code de la route, article R311-1","Ministère de l'Intérieur, prévention des incendies de batteries au lithium"],"corps":"::Un vélo électrique ordinaire, en Europe, aide jusqu'à 25 km/h avec un moteur de 250 watts : pas de permis, pas d'immatriculation, et on va deux fois plus loin qu'à vélo sans transpirer. Sa batterie tient dans un sac et se recharge sur une prise ou un petit panneau solaire. Elle peut aussi prendre feu dans un couloir d'immeuble, et c'est de plus en plus souvent le cas.::\n\n## Ce que dit la loi\n\n- **Le vélo à assistance électrique** : l'assistance s'arrête à 25 km/h, moteur de 250 W au plus, il faut pédaler. C'est un vélo.\n- **Le speed bike** (jusqu'à 45 km/h) : c'est un cyclomoteur. Immatriculation, assurance, casque de moto, permis.\n- **Le scooter** : thermique (voir [[TEC-MEC-021]] et [[TEC-MEC-030]]) ou électrique, toujours immatriculé et assuré.\n\n## La batterie\n\n- **Souvent 36 V, 400 à 700 Wh** : de 40 à plus de 100 km selon le relief, le poids, le niveau d'assistance et le froid.\n- **Recharge** : quelques heures sur une prise. **Un panneau solaire** de la taille d'une porte donne à peu près une charge par jour d'été. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n- **Pour qu'elle dure** : ne pas la laisser vide, la stocker vers la moitié de charge, à l'abri du gel et de la chaleur, ne pas la charger en dessous de 0 °C.\n\n## Le feu\n\n- **Les batteries bon marché, modifiées, abîmées** (une chute, un choc, de l'eau) peuvent s'enflammer, violemment, et dégager des fumées toxiques.\n- **Charger sous surveillance**, avec le chargeur d'origine, loin des sorties et des matières inflammables. **Jamais la nuit dans le couloir** ou l'entrée d'un appartement, qui est le chemin pour sortir.\n- **Une batterie qui chauffe, gonfle, sent ou fume** : on la sort dehors si on peut le faire sans risque, et on appelle le 18.\n\n## L'entretien\n\nLe même qu'un vélo : pneus, freins (qui travaillent plus, à cause du poids et de la vitesse), chaîne. Voir [[TEC-MEC-004]] et [[TEC-MEC-024]].\n\n## En crise\n\nSans carburant, un vélo électrique et un petit panneau solaire restent un moyen de se déplacer, de transporter, de partir. Voir [[SURV-DEP-012]] et [[SURV-CRI-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-033","titre":"L'hydraulique et le pneumatique","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["hydraulique","pneumatique","pascal","verin","cric","compresseur","air comprime","injection sous la peau","flexibles"],"sources":["Pascal B., Traité de l'équilibre des liqueurs, 1663","Hogan C.J., Ruland R.T., High-pressure injection injuries to the upper extremity: a review, Journal of Orthopaedic Trauma, 2006","INRS, risques des installations hydrauliques et pneumatiques"],"corps":"::Une fuite d'huile hydraulique grosse comme une tête d'épingle peut injecter de l'huile sous la peau d'une main posée dessus pour « sentir d'où ça vient ». Sur le moment, une petite piqûre. Quelques heures plus tard, la main gonfle et il faut opérer en urgence pour la sauver. La force qui soulève une pelleteuse ne pardonne pas.::\n\n## Le principe\n\nAu XVIIe siècle, Blaise Pascal montre qu'un liquide enfermé transmet la pression partout également. **Un petit piston poussé doucement fait monter un gros piston avec une force énorme** : c'est le cric hydraulique, la presse, les freins, le bras de la pelleteuse, le relevage du tracteur.\n\n## L'hydraulique (avec de l'huile)\n\n- **L'huile ne se comprime pas** : les mouvements sont puissants et précis.\n- **Les pressions** montent à plusieurs centaines de bars.\n- **Un cric hydraulique** soulève une voiture avec une main. **Mais on ne travaille jamais sous une charge tenue seulement par un cric** : chandelles ou cales solides. Voir [[TEC-MEC-023]].\n\n**Entretien** : une huile propre, les filtres, des flexibles sans craquelure ni gonflement, pas d'air dans le circuit.\n\n## Le pneumatique (avec de l'air)\n\n- **L'air se comprime** : il fait ressort. Les outils à air (clés à chocs, cloueuses, soufflettes), les freins des camions, les pneus.\n- **Le compresseur** remplit une cuve à 6 à 10 bars.\n- **Purger la cuve** régulièrement : l'eau de condensation la rouille de l'intérieur, et une cuve rongée peut éclater.\n\n## Les dangers\n\n- **Jamais la main** pour chercher une fuite sous pression : un morceau de carton qu'on passe devant.\n- **Une injection sous la peau**, même minuscule : **urgences tout de suite**, en disant ce qui s'est passé.\n- **Jamais d'air comprimé** dirigé vers la peau, un orifice du corps ou le visage, même pour se dépoussiérer.\n- **Décompresser** un circuit avant de le démonter : un raccord sous pression devient un projectile.\n- **Les flexibles** qui fouettent en cassant : on les attache, on se tient à distance.\n\nLe treuil et le palan : [[TEC-MEC-029]]. Les freins : [[TEC-MEC-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-032","titre":"Le train, comment il marche","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["train","rail","roues coniques","freinage","catenaire","cantons","signalisation","voies","securite"],"sources":["Wickens A.H., Fundamentals of Rail Vehicle Dynamics, Swets & Zeitlinger, 2003","SNCF Réseau, principes de la signalisation ferroviaire","SNCF, sécurité aux abords des voies et des caténaires"],"corps":"::Une roue d'acier sur un rail d'acier roule presque sans frotter : au XVIIIe siècle déjà, un cheval tirait sur des rails de bois ou de fer bien plus de charbon que sur une route. C'est ce qui rend le train si économe. Et c'est aussi pourquoi il ne peut pas s'arrêter : un train lancé à pleine vitesse a besoin de plusieurs kilomètres.::\n\n## Pourquoi il roule si bien\n\n- **Acier sur acier** : très peu de résistance. À charge égale, un train dépense bien moins d'énergie qu'un camion.\n- **Les roues sont légèrement coniques** : dans une courbe, la roue extérieure roule sur un plus grand diamètre que l'intérieure, et l'essieu tourne sans patiner, sans différentiel. C'est aussi ce qui le recentre sur la voie. Voir [[TEC-MEC-012]].\n- **Les bogies** portent les roues et suivent les courbes. Voir [[TEC-MEC-013]] pour la voie.\n\n## Le courant\n\n- **La caténaire**, le fil au-dessus des voies, porte en France 25 000 volts sur les lignes à grande vitesse, 1 500 volts sur d'autres.\n- **L'arc électrique** peut sauter vers une personne **sans qu'elle touche le fil**. Chaque année, des jeunes meurent en montant sur des wagons à l'arrêt.\n\n## La signalisation\n\nLa voie est découpée en **cantons**. Un seul train à la fois par canton : des feux et des systèmes automatiques empêchent un train d'entrer dans un canton occupé. C'est ce qui permet aux trains de se suivre à grande vitesse sans se voir.\n\n## Les distances d'arrêt\n\n- **Un train de fret** à 100 km/h : environ un kilomètre, parfois plus.\n- **Un train à grande vitesse** à 300 km/h : plus de trois kilomètres.\n\nLe conducteur qui voit quelqu'un sur la voie ne peut que klaxonner.\n\n## Les règles\n\n- **On ne traverse les voies** qu'aux passages prévus, barrières levées. Un train peut en cacher un autre, et un train électrique arrive presque sans bruit.\n- **On ne marche jamais** le long des voies ni dans les tunnels.\n- **On ne monte jamais** sur un wagon ni sur un pylône près d'une caténaire.\n\nConduire un métro : [[TEC-MEC-009]]. Le métro et les souterrains : [[SURV-MIL-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-031","titre":"Le tracteur","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tracteur","prise de force","attelage trois points","retournement","arceau","generatrice","graissage","vieux tracteurs"],"sources":["MSA, prévention des risques liés aux tracteurs (retournement, prise de force)","Ferguson H., brevet du système d'attelage trois points, 1926","Norme ISO 500, prises de force des tracteurs agricoles"],"corps":"::Dans les années 1920, un mécanicien irlandais, Harry Ferguson, invente l'attelage trois points qui relie la charrue au tracteur et la soulève par hydraulique : tous les tracteurs du monde l'utilisent encore. Un vieux tracteur sans électronique, oublié vingt ans dans une grange, redémarre souvent avec du gazole propre, une batterie et de la patience. C'est aussi la machine qui tue le plus de paysans.::\n\n## Ce qu'il sait faire\n\n- **Tirer** : charrue, herse, remorque, grumes.\n- **Porter** à l'arrière grâce à l'**attelage trois points** et au relevage hydraulique : outils de travail du sol, broyeur, fendeuse.\n- **Entraîner** grâce à la **prise de force**, un arbre tournant à l'arrière (540 ou 1 000 tours par minute) : faucheuse, pompe, scie, et même une **génératrice électrique**, précieuse en crise. Voir [[TEC-ENE-013]].\n\n## L'entretien qui le fait durer\n\n- **Graisser** chaque jour de travail tous les graisseurs (articulations, attelage, direction).\n- **Le filtre à air** : le tracteur respire de la poussière. On le nettoie souvent.\n- **Les filtres à gazole** et un carburant propre, sans eau. Voir [[TEC-ENE-020]].\n- **Les niveaux** : huile moteur, huile hydraulique, liquide de refroidissement. Voir [[TEC-MEC-020]].\n\n## Ce qui tue\n\n- **Le retournement** : en pente, en bord de fossé, ou en tirant une charge accrochée trop haut, le tracteur se cabre et bascule en arrière en une seconde. **Un arceau de sécurité** et **la ceinture** sauvent la vie ; sans arceau, on ne travaille pas en pente.\n- **La prise de force** : un vêtement, une ficelle, une manche happés par l'arbre qui tourne, et c'est l'enroulement. **Toujours le protecteur**, jamais d'intervention moteur tournant.\n- **Les passagers** sur l'aile ou l'attelage, **les enfants** autour de la cour.\n- **Descendre tracteur en marche**, ou le démarrer depuis le sol : il avance et écrase.\n\n## Atteler sans se blesser\n\nOn recule doucement, frein prêt, **personne entre le tracteur et l'outil** pendant la manœuvre. On descend, on coupe le moteur, on serre le frein, puis on attelle.\n\nLever et déplacer une charge : [[TEC-MEC-018]]. Le métier de maraîcher : [[TEC-MET-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-030","titre":"La moto, entretien et dépannage","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moto","chaine","pneus","coupe-circuit","demarrage a la poussette","carburateur","equipement","entretien"],"sources":["Revue Moto Technique (ETAI) et manuels d'atelier des constructeurs","Sécurité routière, équipement obligatoire du motard (casque et gants)"],"corps":"::La panne la plus fréquente d'une moto qui refuse de démarrer, c'est le bouton rouge sur le guidon, le coupe-circuit, resté sur arrêt. Tout motard s'est fait avoir au moins une fois, souvent devant du monde. Juste après viennent la béquille latérale dépliée et la batterie à plat.::\n\n## Avant de démonter quoi que ce soit\n\n- **Le coupe-circuit** sur marche.\n- **La béquille latérale** repliée, **le point mort** engagé (ou l'embrayage tiré).\n- **Le robinet d'essence** ouvert, sur réserve si besoin, sur les motos anciennes.\n- **De l'essence** dans le réservoir. On a vu des mécaniciens chercher une heure.\n\n## Démarrer à la poussette\n\nBatterie faible, mais pas complètement vide :\n\n1. Contact mis, **deuxième vitesse**, embrayage tiré.\n2. Pousser la moto (ou descendre une pente) jusqu'à une allure de course.\n3. **Lâcher l'embrayage d'un coup** en se laissant tomber sur la selle : le moteur tourne et démarre.\n4. Tirer l'embrayage aussitôt, et rouler un moment pour recharger.\n\n## L'entretien qui compte\n\n- **La chaîne** : graissée tous les 500 km environ et après la pluie, tendue selon le manuel (souvent 2 à 3 cm de débattement au milieu). Une chaîne usée use les pignons. Voir [[TEC-MEC-027]].\n- **Les pneus** : pression vérifiée chaque semaine, usure et coupures. Ce sont les deux seuls contacts avec la route.\n- **Les freins** : plaquettes et liquide. Voir [[TEC-MEC-024]].\n- **L'huile** : niveau au hublot, vidange selon le manuel.\n- **Le remisage** : réservoir plein ou carburateur vidé, batterie sur un chargeur d'entretien. Voir [[TEC-MEC-021]].\n\n## Les pannes classiques\n\n- **Bougie encrassée** : voir [[TEC-MEC-011]].\n- **Carburateur bouché** après un hiver : essence vieille, gicleurs à nettoyer.\n- **Batterie** : les petites batteries de moto se vident vite si la moto ne roule pas.\n\n## L'équipement\n\nEn France, **casque et gants homologués sont obligatoires**. Blouson, pantalon et bottes renforcés font la différence entre une glissade et un séjour à l'hôpital.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-029","titre":"Le treuil et le palan","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["treuil","palan","poulies","mouflage","tire-fort","sangle d'arbre","cable","securite","archimede"],"sources":["Plutarque, Vie de Marcellus (Archimède et les poulies)","Tractel, histoire du Tirfor (1941)","Manuels de sauvetage technique, mouflages de traction"],"corps":"::Plutarque raconte qu'Archimède, assis sur la plage, a tiré seul un navire chargé grâce à un jeu de poulies. Deux mille ans plus tard, en 1941, un Français invente un treuil à main qui tire trois tonnes avec un bras : le tire-fort. Multiplier sa force, c'est le métier de la corde et de la poulie.::\n\n## Le principe du palan\n\n- **Une poulie fixe** change seulement la direction de la traction.\n- **Une poulie mobile**, accrochée à la charge, **divise la force par deux** : on tire deux fois plus de corde, deux fois moins fort.\n- **Plusieurs poulies mobiles** multiplient l'effet. Un palan à quatre brins soulève 100 kg avec un peu plus de 25 kg de traction.\n- **Le frottement** mange une partie du gain : une corde passée dans un simple mousqueton perd près de la moitié de l'effort.\n\n## Le mouflage des sauveteurs\n\nAvec une corde, deux poulies (ou deux mousquetons) et un nœud autobloquant, on monte un **mouflage en Z** qui multiplie la force par trois. Les secouristes en montagne et en rivière l'utilisent pour sortir une personne ou une barque.\n\n## Le treuil\n\n- **Le tire-fort** : un câble qui passe dans un boîtier à mâchoires, actionné par un levier. Il tire, retient, et fonctionne dans n'importe quelle position.\n- **Le treuil électrique** de 4x4, branché sur la batterie.\n- **Le treuil de fortune** : une roue de voiture attachée à un moyeu, une corde enroulée autour, et on tourne.\n\n## La sécurité\n\n- **Ancrer sur un arbre solide** avec une **sangle large**, jamais avec le câble directement (il scie l'écorce et l'arbre).\n- **Personne dans l'axe** du câble ou de la corde, ni derrière la charge.\n- **Une couverture ou une veste** posée sur le milieu du câble tendu : s'il casse, elle l'amortit.\n- **Des gants**, et jamais le câble qui glisse dans les mains.\n- **Une corde ne travaille qu'à une fraction de sa résistance** : environ le cinquième de sa charge de rupture.\n\nLever et déplacer une charge : [[TEC-MEC-018]]. Sortir d'un enlisement : [[TEC-MEC-016]]. Les nœuds : [[SURV-NOE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-028","titre":"Engrenages, poulies et courroies","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["engrenages","poulies","courroies","chaine","rapport","couple","vitesse","anticythere","transmission"],"sources":["Freeth T. et al., Decoding the ancient Greek astronomical calculator known as the Antikythera Mechanism, Nature, 2006","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press","Wilson D.G., Bicycling Science, MIT Press, 2004"],"corps":"::En 1901, des pêcheurs d'éponges remontent d'une épave grecque un bloc de bronze corrodé. On y découvrira une trentaine de roues dentées qui calculaient la position du Soleil, de la Lune et les éclipses, il y a plus de deux mille ans. Les engrenages sont une très vieille idée, et elle tient en une phrase.::\n\n## La règle d'or\n\n**Ce qu'on gagne en force, on le perd en vitesse**, et inversement.\n\n- **Une petite roue qui entraîne une grande** : la grande tourne plus lentement, mais avec plus de force. C'est ce qu'on veut pour soulever, broyer, grimper.\n- **Une grande roue qui entraîne une petite** : la petite tourne vite, avec moins de force. C'est ce qu'on veut pour une génératrice, une meule, un ventilateur.\n- **Le rapport** se calcule en comptant les dents (ou en mesurant les diamètres des poulies) : 40 dents contre 10, c'est quatre fois plus de force, quatre fois moins de vitesse.\n\n## Le vélo, pour comprendre\n\nPetit plateau devant et grand pignon derrière : on monte les côtes en pédalant vite sans forcer. Grand plateau et petit pignon : on file sur le plat en appuyant fort.\n\n## Les courroies\n\n- **Plates ou trapézoïdales** : elles transmettent en glissant un peu, ce qui protège la machine en cas de blocage.\n- **La tension** : sous un appui du pouce, elle doit s'enfoncer d'un ou deux centimètres, pas plus.\n- **Usée** : craquelée, lisse et brillante, effilochée, ou qui siffle. On la change avant qu'elle casse.\n\n## Les chaînes\n\n- Elles ne glissent pas, et s'allongent en s'usant.\n- **Chaîne de vélo** : mesurée sur 24 maillons, elle doit faire 30,5 cm ; au-delà d'un ou deux millimètres de plus, elle abîme les pignons. On la change.\n\n## Récupérer\n\nLes vieux vélos, les machines à laver, les imprimantes, les perceuses et les boîtes de vitesses regorgent de roues dentées, de poulies, de courroies et de roulements. Avec eux, on construit des moulins, des pompes, des génératrices. Voir [[TEC-ENE-018]].\n\nGraisser : [[TEC-MEC-027]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-027","titre":"Graisser et lubrifier","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lubrifier","graisse","huile","degrippant","roulements","chaine","serrure","graphite","wd-40","suif"],"sources":["SKF, manuel de lubrification des roulements","WD-40 Company, histoire du produit (1953)","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press"],"corps":"::WD-40 veut dire « Water Displacement, 40e essai » : c'est un chasse-eau et un dégrippant léger, inventé en 1953, pas un vrai lubrifiant. Sur une chaîne ou une serrure, il ne dure pas. Graisser, c'est choisir le bon produit au bon endroit, et souvent en mettre moins.::\n\n## Pourquoi\n\nDeux pièces qui frottent s'usent, chauffent et grippent. Un film d'huile ou de graisse les sépare. La plupart des pannes mécaniques commencent par un graissage oublié.\n\n## Quel produit où\n\n- **L'huile** coule et pénètre : moteurs, boîtes de vitesses, mécanismes fermés, machines à coudre, outils.\n- **La graisse** reste en place : roulements, rotules, axes, charnières exposées, filetages.\n- **Le lubrifiant pour chaîne** : sur une chaîne propre, une goutte par maillon, puis on essuie l'excès, qui colle la poussière.\n- **La poudre de graphite** pour les serrures et les cadenas : l'huile y colle la poussière et finit par tout bloquer.\n- **Le silicone** en spray pour le caoutchouc, le plastique, les joints de portières.\n- **Le savon ou la cire de bougie** pour les tiroirs en bois, les fermetures éclair, et les vis à bois qu'on enfonce plus facilement.\n\n## Débloquer ce qui est grippé\n\n1. **Nettoyer** la rouille à la brosse métallique.\n2. **Imbiber** de dégrippant, et **attendre**, plusieurs heures s'il le faut, en recommençant.\n3. **Taper** quelques coups secs sur la tête du boulon pour casser la rouille.\n4. **Chauffer** l'écrou (pas le boulon) si on peut, loin de tout ce qui brûle.\n5. Une clé bien ajustée, un bras de levier, un effort progressif : un boulon arrondi est bien plus dur à sortir.\n\n## Sans produit du commerce\n\n- **L'huile végétale** dépanne, mais elle rancit et devient collante avec le temps.\n- **Le suif** (graisse animale) a graissé les essieux des charrettes pendant des siècles.\n- **L'huile de vidange usagée** filtrée sert pour les outils de jardin et les chaînes de tronçonneuse de fortune, jamais sur la peau.\n\n## Les roulements\n\nUn roulement qui **grince, gronde, chauffe ou a du jeu** est en fin de vie. Graisser ne le sauvera pas ; on le change avant qu'il ne casse l'axe.\n\nLe vélo : [[TEC-MEC-004]]. L'entretien de la voiture : [[TEC-MEC-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-026","titre":"La voiture électrique","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["voiture electrique","batterie","autonomie","recharge","prise domestique","v2l","freinage regeneratif","incendie","inondation"],"sources":["Agence internationale de l'énergie, Global EV Outlook","ADEME, la voiture électrique, guide et avis","NTSB, Safety risks to emergency responders from lithium-ion battery fires in electric vehicles, 2020"],"corps":"::Un moteur à essence transforme environ un quart de l'énergie de son carburant en mouvement ; le reste part en chaleur. Un moteur électrique en transforme plus de 90 %. Et certaines voitures électriques ont une prise 230 V sur le côté : pendant une coupure de courant, elles font tourner un frigo pendant des jours.::\n\n## Comment elle marche\n\n- **Une grosse batterie** au lithium sous le plancher, de 40 à 100 kWh.\n- **Un ou deux moteurs électriques**, presque sans entretien.\n- **Le freinage régénératif** : en ralentissant, le moteur devient générateur et recharge la batterie.\n- **Une petite batterie de 12 V**, comme sur toutes les voitures : si elle est vide, la voiture ne s'allume pas, même avec la grosse batterie pleine.\n\n## L'autonomie\n\nUne voiture électrique consomme environ **15 à 20 kWh aux 100 km**. L'autonomie baisse avec :\n\n- **le froid** : 20 à 30 % en moins en hiver ;\n- **la vitesse** : sur autoroute, elle fond ;\n- **le chauffage**, la charge, le relief.\n\n## Recharger\n\n- **Une prise domestique** : 10 à 15 km gagnés par heure. Lent, mais une nuit suffit pour un usage quotidien.\n- **Une borne murale** à la maison : trois à cinq fois plus vite.\n- **Les bornes rapides** : de quoi faire plusieurs centaines de kilomètres en une demi-heure.\n\n## En crise\n\n- **La prise 230 V** (fonction appelée V2L) de certains modèles alimente frigo, lampes, ordinateurs, outils : une batterie de voiture pleine, c'est plusieurs jours de besoins essentiels d'une maison.\n- **Avec des panneaux solaires** à la maison, elle se recharge sans réseau. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n- **Sans électricité** et sans soleil, elle s'arrête.\n\n## Les précautions\n\n- **Remorquer** : sur un plateau. Voir [[TEC-MEC-022]].\n- **Après une inondation**, surtout d'eau de mer : la batterie peut prendre feu des jours plus tard. On la gare loin des maisons et on prévient.\n- **Un feu de batterie** est très difficile à éteindre et se rallume : on s'éloigne et on appelle les pompiers en précisant que c'est une électrique.\n\nLe 12 volts à la maison : [[TEC-ENE-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-025","titre":"Le moteur qui chauffe","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["surchauffe","liquide de refroidissement","radiateur","durite","ventilateur","joint de culasse","vase d'expansion"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (circuit de refroidissement)","Manuels des constructeurs automobiles (liquide de refroidissement, vase d'expansion)"],"corps":"::Un bouchon de radiateur ouvert sur un moteur chaud projette du liquide bouillant au visage : c'est l'accident classique du bord de route. Et continuer à rouler avec l'aiguille dans le rouge, c'est souvent transformer une durite à vingt euros en moteur à changer.::\n\n## Les signes\n\n- **L'aiguille de température** qui monte, le voyant rouge.\n- **De la vapeur** sous le capot, une odeur sucrée (le liquide de refroidissement).\n- Le moteur qui perd de la puissance, qui cogne.\n\n## Que faire\n\n1. **S'arrêter** dès que possible, **couper le moteur**.\n2. **Dans un bouchon**, avant de pouvoir s'arrêter : **chauffage à fond**, ventilation au maximum, fenêtres ouvertes. Le chauffage est un petit radiateur : il évacue une partie de la chaleur du moteur.\n3. **Ouvrir le capot** et attendre **au moins une demi-heure**.\n4. **Ne jamais ouvrir le bouchon** du radiateur ou du vase d'expansion moteur chaud : le circuit est sous pression.\n\n## Chercher la cause\n\n- **Le niveau** dans le vase d'expansion, moteur froid.\n- **Une fuite** : flaque sous la voiture, traces sur les durites, le radiateur, la pompe.\n- **Le ventilateur** : il doit se mettre en route quand le moteur est chaud à l'arrêt.\n- **La courroie** qui entraîne la pompe à eau.\n- **Le joint de culasse** : fumée blanche abondante à l'échappement, dépôt crémeux sous le bouchon d'huile, bulles dans le vase d'expansion. Réparation lourde.\n\n## Dépanner\n\n- **Refaire le niveau** moteur froid, avec du liquide de refroidissement, ou **de l'eau** en dépannage (à remplacer ensuite : l'eau gèle l'hiver et laisse rouiller).\n- **Une durite qui fuit** : ruban adhésif en silicone ou chambre à air découpée, serrée avec des colliers, en attendant le garage.\n- **Une petite fuite du radiateur** : les produits colmatants du commerce. Les anciens y versaient du poivre moulu ou un blanc d'œuf : ça dépanne parfois jusqu'au garage, au risque de boucher aussi le radiateur.\n\nLes voyants : [[TEC-MEC-015]]. L'entretien : [[TEC-MEC-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-024","titre":"Les freins","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["freins","plaquettes","disques","liquide de frein","frein moteur","descente","panne de freins","velo"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (freinage hydraulique)","Sécurité routière, conduire en montagne (frein moteur)","Normes DOT 3 et DOT 4, liquide de frein : points d'ébullition sec et humide"],"corps":"::Le liquide de frein boit l'humidité de l'air. Au bout de quelques années, il contient assez d'eau pour bouillir dans une longue descente : des bulles de vapeur se forment, et la pédale s'enfonce jusqu'au plancher. C'est pour ça qu'on le change, et qu'on descend une montagne en utilisant le moteur.::\n\n## Comment ça marche\n\nLe pied pousse un petit piston ; le liquide, qui ne se comprime pas, transmet la pression à de plus gros pistons près des roues, qui serrent les **plaquettes** contre les **disques** (ou les **garnitures** contre des **tambours**). Le freinage transforme la vitesse en chaleur.\n\n## Les signes d'usure\n\n- **Un sifflement** en freinant : le témoin d'usure des plaquettes. On change bientôt.\n- **Un grincement métallique** : les plaquettes sont finies, le métal frotte le disque. **On change tout de suite.**\n- **La voiture tire d'un côté**, des vibrations dans la pédale ou le volant.\n- **Une pédale molle**, spongieuse, ou qui descend plus bas qu'avant : de l'air ou une fuite. **On ne roule plus.**\n- **Le voyant rouge** des freins : niveau de liquide bas. Voir [[TEC-MEC-015]].\n\n## Descendre une montagne\n\n- **Le frein moteur** : on descend dans la vitesse qu'on utiliserait pour monter.\n- **Freiner fort et brièvement**, puis relâcher, plutôt que de laisser le pied appuyé en continu.\n- Des freins qui sentent le brûlé et faiblissent : on s'arrête et on les laisse refroidir.\n\n## Si les freins lâchent\n\n1. **Pomper** sur la pédale, vite et fort : ça peut redonner de la pression.\n2. **Rétrograder** une vitesse après l'autre.\n3. **Le frein à main**, progressivement, sans l'arracher.\n4. **Feux de détresse, klaxon.**\n5. Chercher une sortie : une montée, un chemin de gravier, un **lit d'arrêt** en montagne. En dernier recours, frotter contre une glissière.\n\n## L'entretien\n\n- **Le liquide de frein** : tous les deux ans environ.\n- **Les plaquettes** : vérifiées à chaque révision.\n\n## Le vélo\n\nPatins ou plaquettes usés, câble détendu, jante grasse ou mouillée : un vélo qui ne freine pas bien se règle en cinq minutes avec une clé. Voir [[TEC-MEC-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-023","titre":"Changer une roue","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["roue","crevaison","cric","roue de secours","galette","ecrou antivol","kit anti-crevaison","securite routiere"],"sources":["Sécurité routière (France), conduite à tenir en cas de panne ou de crevaison","Manuels des constructeurs automobiles (points de levage, roue de secours temporaire, kit anti-crevaison)"],"corps":"::Le plus souvent, ce n'est pas la roue qui pose problème : c'est l'écrou antivol dont personne ne sait où est la clé, ou une roue de secours à plat depuis cinq ans. Changer une roue prend vingt minutes, à condition de l'avoir préparé le jour où il ne pleut pas.::\n\n## D'abord, la sécurité\n\n- Se garer **le plus loin possible de la circulation**, sur un sol plat et dur.\n- **Feux de détresse**, **gilet** enfilé avant de sortir, **triangle** à 30 m au moins derrière la voiture.\n- **Sur autoroute** : tout le monde derrière la glissière. Si poser le triangle est dangereux, on ne le pose pas, et on appelle la borne orange ou le 112.\n\n## Changer la roue\n\n1. **Frein à main serré**, une vitesse engagée (ou P), une cale (pierre, bois) contre la roue opposée.\n2. **Desserrer les écrous d'un quart de tour**, voiture encore au sol, sinon la roue tourne dans le vide. Appui du pied sur la clé si c'est dur.\n3. **Placer le cric au point de levage** : une encoche ou un repère sous le bas de caisse, près de la roue. Ailleurs, on plie la tôle ou la voiture tombe.\n4. **Lever** juste assez pour que la roue décolle, puis un peu plus (la roue gonflée est plus haute que la crevée).\n5. **Retirer les écrous et la roue.** Jamais une main ou une jambe sous la voiture.\n6. **Poser la roue de secours**, visser les écrous **à la main**, en étoile.\n7. **Redescendre**, puis serrer fort, **en étoile**.\n8. **Resserrer** au bout d'une cinquantaine de kilomètres.\n\n## La galette et le kit\n\n- **La roue galette** (roue de secours étroite) : **80 km/h au maximum**, le temps d'aller au garage.\n- **Le kit anti-crevaison** (mousse et compresseur) : injecter, gonfler, rouler doucement quelques kilomètres pour répartir la mousse, puis garage. Il ne répare pas un flanc coupé.\n\n## À faire aujourd'hui\n\n- **Trouver la clé de l'écrou antivol** et la ranger avec le cric.\n- **Vérifier la pression de la roue de secours** tous les quelques mois.\n- **Essayer une fois**, à la maison, sans stress.\n\nLe pneu : [[TEC-MEC-010]]. Réparer un pneu : [[SURV-REC-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-022","titre":"Remorquer une voiture","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["remorquage","sangle","barre de remorquage","anneau","panne","boite automatique","voiture electrique"],"sources":["Sécurité routière (France), conduite à tenir en cas de panne","Manuels des constructeurs automobiles (anneau de remorquage, boîtes automatiques, véhicules électriques)"],"corps":"::La voiture tirée n'a plus de direction assistée ni de freinage assisté : le volant devient lourd et il faut appuyer trois fois plus fort sur la pédale. Celui qui ne le sait pas le découvre en arrivant sur le pare-chocs de devant.::\n\n## Avant de partir\n\n- **Attacher aux anneaux de remorquage** : un anneau se visse dans le pare-chocs, il est rangé avec la roue de secours ou le cric. **Jamais** au pare-chocs, à la suspension ou à un essieu.\n- **Une barre rigide** est ce qu'il y a de plus sûr. Sinon une sangle de 4 à 5 mètres, avec un chiffon voyant au milieu.\n- **Dans la voiture tirée** : un conducteur, le contact mis (direction débloquée, feux stop qui marchent), point mort, feux de détresse.\n- **Se mettre d'accord sur les signaux** : un appel de phares pour ralentir, le klaxon pour s'arrêter.\n\n## Rouler\n\n- **Lentement**, 20 à 30 km/h, sur un itinéraire simple.\n- Celui qui tire **démarre en douceur** pour tendre la sangle, freine tôt et progressivement.\n- Celui qui est tiré **garde la sangle tendue** en freinant légèrement, pour éviter les à-coups, et suit la trajectoire de celui de devant.\n\n## Ceux qu'on ne tire pas les roues au sol\n\n- **Les boîtes automatiques** : beaucoup ne supportent que quelques kilomètres, lentement, voire rien du tout. Voir le manuel.\n- **Les voitures électriques** et beaucoup de 4x4 : sur un plateau, roues motrices soulevées.\n\n## La loi\n\nEn France, **sur autoroute**, seul un dépanneur agréé peut remorquer. Sur route, on remorque sur une courte distance, jusqu'à un lieu sûr ou un garage.\n\n## Le danger\n\nUne sangle qui casse, surtout avec un crochet ou une manille en métal au bout, devient un **projectile**. Personne à côté ou dans l'axe pendant la traction ; une veste ou une couverture posée sur le milieu de la sangle amortit le fouet.\n\nSortir une voiture embourbée : [[TEC-MEC-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-021","titre":"Le moteur deux-temps","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["deux-temps","melange","huile 2t","carburateur","starter","tronconneuse","debroussailleuse","noye","essence alkylate"],"sources":["Blair G.P., Design and Simulation of Two-Stroke Engines, SAE International, 1996","Heywood J.B., Internal Combustion Engine Fundamentals, McGraw-Hill","Manuels d'utilisation des fabricants de matériel à moteur (mélange, démarrage, remisage)"],"corps":"::Trois pièces mobiles principales : un piston, une bielle, un vilebrequin. Pas de soupapes, pas de carter d'huile. C'est pour ça que tronçonneuses, débroussailleuses et vieux scooters se réparent au bord d'un champ avec un tournevis et une clé à bougie.::\n\n## Comment il marche\n\nLe piston fait tout le travail : en montant, il comprime le mélange au-dessus et aspire le suivant en dessous ; en descendant, il découvre des **lumières** (des trous dans le cylindre) qui laissent sortir les gaz brûlés et entrer le mélange frais. **Une explosion à chaque tour**, contre un tour sur deux pour un moteur de voiture. Voir [[TEC-MOTH-001]].\n\nIl n'a pas d'huile à lui : **l'huile est mélangée à l'essence** et graisse le moteur en passant.\n\n## Le mélange\n\n- **À 2 % (50 pour 1)** : 20 ml d'huile deux-temps par litre d'essence. Le plus courant aujourd'hui.\n- **À 4 % (25 pour 1)** : 40 ml par litre, pour les moteurs anciens. Le taux est écrit sur le bouchon ou dans le manuel.\n- **De l'huile spéciale deux-temps**, pas de l'huile de voiture.\n- **Jamais d'essence pure** : sans huile, le moteur serre en quelques minutes.\n\n## Démarrer\n\n1. À froid : **starter fermé**, quelques pressions sur la poire d'amorçage.\n2. Tirer la corde doucement jusqu'à sentir la résistance, puis **un coup sec**.\n3. Quand il tousse, starter à moitié ou ouvert, et on retire.\n\n## Il ne démarre pas\n\n- **Le carburant est vieux** : c'est la cause numéro un. Le mélange se dégrade en un ou deux mois et encrasse le carburateur. On vide, on remet du frais.\n- **Il est noyé** (odeur d'essence, bougie mouillée) : starter ouvert, accélérateur à fond, on tire plusieurs fois ; ou on sort la bougie, on la sèche, on tire pour aérer.\n- **La bougie** : voir [[TEC-MEC-011]].\n- **Le filtre à air** bouché : on le nettoie.\n\n## Le remisage\n\nAvant l'hiver, **vider le réservoir** puis laisser tourner le moteur jusqu'à ce qu'il cale : le carburateur reste sec. L'**essence alkylate**, vendue prête à mélanger, se garde plusieurs années et pollue moins.\n\nLa tronçonneuse : [[TEC-MEC-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-020","titre":"L'entretien d'une voiture qui compte","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["entretien","voiture","huile","liquide de refroidissement","courroie de distribution","pneus","freins"],"sources":["Carnets d'entretien constructeurs (intervalles de vidange et de distribution)","Bosch, Automotive Handbook","Automobile Club, fiches de contrôle avant départ"],"corps":"::Une voiture ne tombe presque jamais en panne sans prévenir. Cinq minutes de contrôle par mois voient venir la plupart des pannes, et une seule pièce, la courroie de distribution, peut détruire un moteur si on l'oublie.::\n\n## Chaque mois, cinq minutes\n\n1. **Le niveau d'huile**, moteur froid, voiture à plat : la jauge sortie, essuyée, replongée, ressortie. Le niveau entre les deux repères. Un moteur qui boit de l'huile s'use ou fuit.\n2. **Le liquide de refroidissement**, dans le vase d'expansion, **moteur froid uniquement**, entre mini et maxi.\n3. **Le liquide de frein** : un niveau qui baisse signale une fuite ou des plaquettes très usées.\n4. **La pression des pneus**, à froid, et un coup d'œil à l'usure et aux flancs. Voir [[TEC-MEC-010]].\n5. **L'éclairage et les essuie-glaces.**\n\n## Ce qui a un intervalle\n\n| Élément | Intervalle courant |\n|---|---|\n| Vidange de l'huile et filtre | 10 000 à 30 000 km ou 1 à 2 ans, selon le carnet |\n| Filtre à air | À chaque vidange ou deux |\n| Plaquettes de frein | 30 000 à 60 000 km, selon la conduite |\n| Liquide de frein | Tous les 2 ans (il absorbe l'humidité) |\n| Courroie de distribution | 60 000 à 240 000 km, ou un nombre d'années, **selon le moteur** |\n| Batterie | 4 à 6 ans |\n\n## La courroie de distribution\n\nElle synchronise les pistons et les soupapes. Sur beaucoup de moteurs, **si elle casse, les pistons frappent les soupapes et le moteur est détruit**. Elle ne prévient pas. Son remplacement se fait au kilométrage ou à l'âge indiqué dans le carnet, **le premier atteint**. Sur une voiture d'occasion sans facture de distribution, on la change.\n\nCertains moteurs ont une **chaîne** à la place, prévue pour durer beaucoup plus longtemps : le carnet le dit.\n\n## Les signes qui préviennent\n\n- **Freins qui grincent ou sifflent** : témoins d'usure des plaquettes. **Bruit de métal contre métal** : il n'y a plus de garniture.\n- **La voiture tire d'un côté** : pression des pneus, géométrie, ou frein qui colle.\n- **Fumée bleue** : le moteur brûle de l'huile. **Blanche et épaisse, sucrée** : il brûle du liquide de refroidissement, joint de culasse probable. **Noire** : trop de carburant.\n- **Sifflement au démarrage** : courroie d'accessoires qui patine.\n\n## Les astuces de garagiste\n\n- **Notez tout** dans un carnet (date, kilométrage, ce qui a été fait). C'est ce qui permet de savoir où on en est quand plus aucun garage n'est ouvert.\n- **Gardez de quoi faire l'appoint** : un litre de la bonne huile, du liquide de refroidissement, du liquide lave-glace.\n- **Une voiture qui dort longtemps** : réservoir plein (moins de condensation), batterie débranchée ou sur mainteneur de charge, pneus un peu surgonflés.\n- **Les voyants et leur sens** : [[TEC-MEC-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-019","titre":"Conduire sur la neige et le verglas","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["neige","verglas","conduite","hiver","freinage","derapage","chaines","pneus hiver"],"sources":["Sécurité routière, conduire en hiver","Code de la route et obligations d'équipement hivernal en zones de montagne (loi Montagne II)","Automobile Club, techniques de conduite sur routes glissantes"],"corps":"::Sur le verglas, une voiture freine sur une distance jusqu'à dix fois plus longue qu'au sec. Tout ce qu'on fait brusquement, on le paie. On conduit comme s'il y avait un œuf entre le pied et la pédale.::\n\n## Avant de partir\n\n- **Pneus hiver** ou toutes saisons marqués du flocon, dès que la température descend sous 7 °C : leur gomme reste souple. **Des chaînes** dans le coffre en montagne, montées une fois à la maison pour savoir faire.\n- **Déneigez tout** : toit, vitres, phares. La neige du toit glisse sur le pare-brise au premier freinage.\n- **Dans la voiture** : couverture, pelle, gants, lampe, eau, de quoi grignoter, téléphone chargé.\n\n## Rouler\n\n- **Doucement et en douceur** : démarrer, tourner, freiner, accélérer, tout avec progressivité.\n- **Démarrer en seconde** (boîte manuelle) : les roues patinent moins.\n- **Multiplier les distances** : au moins trois fois plus qu'au sec sur la neige, bien plus sur le verglas.\n- **Anticiper le freinage**, freiner en ligne droite avant le virage, jamais dedans.\n- **Les ponts et les zones à l'ombre** gèlent en premier, avant la route autour.\n- **Verglas noir** : une route qui paraît simplement mouillée par grand froid, sans bruit d'eau sous les pneus, est peut-être gelée.\n\n## Si ça glisse\n\n- **Avec ABS** : freinez fort et tenez la pédale, en regardant et en dirigeant là où vous voulez aller. La pédale vibre, c'est normal.\n- **Sans ABS** : freinez par petites pressions répétées pour que les roues ne se bloquent pas.\n- **L'arrière chasse** : regardez là où vous voulez aller et tournez le volant **dans ce sens**, sans excès, pied levé.\n- **L'avant glisse tout droit en virage** : relâchez l'accélérateur, réduisez un peu l'angle du volant pour que les roues retrouvent de l'adhérence.\n\n## Bloqué dans la neige\n\n- **Restez dans la voiture** : elle abrite et se voit. On se perd à quelques mètres dans une tempête de neige.\n- **Dégagez le pot d'échappement** avant de faire tourner le moteur, et faites-le tourner **environ dix minutes par heure**, une fenêtre entrouverte, pour vous chauffer. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Un tissu voyant** à l'antenne ou à la vitre, les feux la nuit quand le moteur tourne.\n- **Bougez** dans l'habitacle pour garder la chaleur, et buvez.\n\nSortir d'une ornière : [[TEC-MEC-016]]. Le froid qui devient dangereux : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-018","titre":"Lever et déplacer une charge lourde","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["levier","rouleaux","calage","palan","cric","charge","manutention","sauvetage"],"sources":["INRS, manutention manuelle de charges (ED 6161)","FEMA, Urban Search and Rescue : techniques de levage et de calage","Newton et Archimède, lois du levier (voir la fiche des machines simples)"],"corps":"::Les pyramides ont été montées sans moteur. Un levier, des rouleaux, un plan incliné et des cales permettent à deux personnes de déplacer ce qu'aucune ne soulèverait. La seule règle absolue : on ne met jamais une partie de son corps sous une charge qui n'est pas calée.::\n\n## Le levier\n\nUn levier multiplie la force par le rapport de ses longueurs : avec une barre de 2 m et un appui à 20 cm de la charge, la force est multipliée par environ 9. Une barre à mine, une poutre, un tube d'acier, sur un appui solide (pierre, bille de bois). Voir [[TEC-MAC-001]].\n\n## Lever et caler : la méthode des sauveteurs\n\nC'est ainsi qu'on soulève une dalle, une voiture ou une machine, même pour dégager quelqu'un :\n\n1. **Soulevez un peu**, avec un levier ou un cric.\n2. **Calez tout de suite** : glissez une cale (planche, morceau de bois dur) sous la charge.\n3. **Reposez sur la cale**, reprenez l'appui plus haut, soulevez encore, calez encore.\n4. **Les cales s'empilent en croisillons**, comme un feu de bois en cabane, deux par deux, jamais en pile instable.\n\n**Tout ce qui monte descend sur des cales**, jamais dans le vide. Un cric glisse, un levier dérape : la cale est là pour ça.\n\n## Déplacer\n\n- **Les rouleaux** : trois tubes ou rondins sous la charge, et on reprend celui qui sort à l'arrière pour le remettre devant. Une personne pousse, une autre replace les rouleaux.\n- **Le plan incliné** : une rampe de planches pour monter une charge dans un camion ou sur un mur. Plus elle est longue, moins il faut de force.\n- **Glisser** : une charge sur une plaque de métal, une porte, une bâche épaisse, tirée sur un sol lisse ou mouillé.\n- **Le palan** : chaque brin de corde supplémentaire qui porte la charge divise l'effort. Deux poulies bien montées font déjà un rapport de 2 à 4.\n\n## Porter sans se casser le dos\n\n- **La charge contre le corps**, jambes pliées, dos droit, on se relève avec les jambes.\n- **On ne tourne pas le dos en portant** : on déplace les pieds.\n- **À plusieurs, une seule personne compte** et donne le signal : « à trois, on lève ».\n- **Au-delà de 25 kg** par personne, on cherche un outil, un chariot, un autre porteur.\n\n## Les astuces de ceux qui manipulent du lourd\n\n- **Jamais sous une voiture tenue par un cric** : des chandelles, des cales de bois dur, ou des roues posées à plat sous le bas de caisse.\n- **Un sac de sable, une bouteille d'eau** ou une chambre à air gonflée peuvent servir de coussin de levage de fortune, pour les premiers centimètres.\n- **Une corde enroulée plusieurs fois autour d'un arbre** freine une charge qui descend : la friction retient bien plus que les bras.\n- **Sortir quelqu'un de sous une charge** : lever, caler, dégager, sans jamais retirer les cales avant qu'il soit sorti. Voir [[URG-SEC-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-017","titre":"La tronçonneuse","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tronconneuse","abattage","chaine","affutage","rebond","securite","bois","melange deux-temps"],"sources":["INRS, travaux d'abattage et utilisation de la tronçonneuse (ED 6231)","Stihl et Husqvarna, manuels d'utilisation et guides de l'affûtage","Office national des forêts, règles d'abattage directionnel"],"corps":"::La tronçonneuse est l'outil le plus utile après une tempête, et l'un des plus dangereux qui existent. Presque tous les accidents graves viennent d'un seul phénomène : le rebond. Qui le connaît évite l'essentiel.::\n\n## Le rebond\n\nQuand **le quart supérieur du bout du guide** touche le bois, la chaîne s'y accroche et projette la tronçonneuse **vers le haut et vers l'arrière**, vers le visage et le cou, plus vite qu'aucun réflexe.\n\n- **Ne coupez jamais avec le bout du guide.**\n- **Les deux mains** sur les poignées, pouces refermés, toujours.\n- **Jamais au-dessus des épaules.**\n- **Le frein de chaîne** (la garde devant la poignée) doit fonctionner : testez-le à chaque démarrage.\n\n## La tenue\n\nPantalon ou jambières **anti-coupure** (leurs fibres bloquent la chaîne), casque avec visière et protection auditive, gants, chaussures de sécurité. **Un pantalon ordinaire ne protège de rien.**\n\n## Faire marcher la machine\n\n- **Le mélange** d'un moteur deux-temps : essence et huile deux-temps, en général **2 %** (50 pour 1, soit 20 ml d'huile par litre). Sans huile, le moteur casse en minutes. Le mélange se garde quelques semaines ; le mélange alkylate du commerce, des années.\n- **L'huile de chaîne**, à chaque plein : une chaîne sèche chauffe, s'use et casse.\n- **Démarrer posée au sol**, frein de chaîne serré, le pied dans la poignée arrière. Jamais en la lançant en l'air.\n- **La tension de chaîne** : elle doit tourner à la main (gants) et revenir contre le guide, sans pendre sous le guide. Se retend moteur arrêté, à froid.\n\n## Affûter\n\nUne chaîne qui fait de la sciure fine au lieu de copeaux est émoussée. On affûte avec une **lime ronde du diamètre adapté à la chaîne** (4 à 5,5 mm selon les chaînes), à environ **30 degrés**, chaque dent le même nombre de passes, en poussant vers l'extérieur. Une chaîne bien affûtée tire toute seule dans le bois ; une chaîne émoussée oblige à forcer, et forcer provoque les accidents. Voir [[TEC-MEC-005]].\n\n## Abattre un arbre, le principe\n\n1. **Regardez** : penchant naturel, branches mortes au-dessus (elles tombent pendant la coupe), vent, obstacles.\n2. **Préparez deux chemins de fuite**, à 45 degrés en arrière de la direction de chute.\n3. **L'entaille de direction**, du côté où l'arbre doit tomber : environ un quart à un tiers du diamètre.\n4. **Le trait d'abattage**, de l'autre côté, un peu plus haut que la base de l'entaille, **en laissant une charnière** d'environ un dixième du diamètre. C'est elle qui guide l'arbre.\n5. Quand il part : **retirez-vous par le chemin de fuite**, sans lui tourner le dos.\n\n## Ce que savent les bûcherons\n\n- **Le bois sous tension** (arbre plié par la tempête, branche coincée sous un tronc) peut se détendre d'un coup et frapper à la vitesse d'un coup de batte. On le libère par petites entailles, du côté comprimé d'abord, en se tenant hors de sa trajectoire.\n- **Jamais seul**, et quelqu'un qui sait faire un garrot. Une coupure de tronçonneuse saigne énormément. Voir [[URG-HEMO-001]].\n- **Un arbre mort debout** lâche ses branches à la moindre vibration : on ne s'en approche pas avec une tronçonneuse sans expérience.\n- **La fatigue tue** : on s'arrête avant d'être épuisé, et on ne coupe pas quand on a froid aux mains.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-016","titre":"Sortir d'un enlisement","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["enlisement","boue","sable","neige","pneus","degonfler","tractage","4x4"],"sources":["Manuels de franchissement tout-terrain (Land Rover Experience, Toyota Land Cruiser Owner's Guide)","US Army, FM 21-305 Manual for the Wheeled Vehicle Driver","Retours d'expérience des guides sahariens et des clubs de franchissement"],"corps":"::La première chose qui enlise une voiture, c'est le conducteur qui accélère. Une roue qui patine creuse son propre trou. On lâche l'accélérateur, on sort, on regarde.::\n\n## D'abord : arrêter de creuser\n\n- **Dès que les roues patinent, lâchez l'accélérateur.** Chaque seconde de plus enfonce la voiture.\n- **Redressez les roues** : des roues braquées poussent la boue ou le sable au lieu de rouler dessus.\n- **Sortez regarder** : qu'est-ce qui bloque ? Une roue qui patine dans le vide, le bas de caisse posé, une ornière trop profonde ?\n\n## Les gestes qui sortent de presque tout\n\n1. **Dégagez devant les roues motrices**, sur la longueur d'une roue au moins, dans le sens où vous voulez partir, et sous le bas de caisse s'il touche.\n2. **Donnez de l'accroche** sous les roues : tapis de sol, branches, cartons, planches, pierres plates, sable ou gravier, et en hiver de la litière pour chat.\n3. **Dégonflez les pneus** dans le sable ou la boue molle : autour de **1 à 1,2 bar**, la surface de contact s'allonge et la voiture flotte. **Regonflez avant de reprendre la route**, et roulez doucement tant que ce n'est pas fait.\n4. **Repartez en douceur**, en seconde sur une boîte manuelle, pour que les roues tournent lentement.\n5. **Le balancement** : avant, arrière, avant, en douceur, pour profiter de l'élan et agrandir la trace. Pas de coups d'accélérateur.\n\n## Se faire tirer\n\n- **Accrochez aux anneaux de remorquage** prévus (souvent vissés, rangés avec la roue de secours), jamais au pare-chocs ni à la suspension.\n- **Une sangle** plutôt qu'une chaîne ; une sangle dynamique (qui s'étire) pour un vrai arrachage.\n- **Personne près de la sangle** : une sangle ou un crochet qui cède part comme une fronde. Posez un blouson ou un sac lesté sur le milieu de la sangle pour amortir si elle casse.\n- La voiture tirée **aide en roulant doucement**, au signal convenu.\n\n## Les astuces de piste\n\n- **Dans le sable**, on s'arrête toujours dans une descente ou sur le plat dur, jamais en montée : on repart plus facilement.\n- **Dans la neige**, les chaînes se montent **avant** d'être bloqué. Entraînez-vous une fois à la maison, au sec.\n- **Un cric et une planche** : on soulève la roue, on comble le trou dessous avec des pierres et des branches, on repose. Lent, mais ça sort de tout. Jamais le corps sous une voiture sur cric. Voir [[TEC-MEC-018]].\n- **Un tapis de désensablement** (plaques rigides) vaut tous les efforts : c'est l'équipement qui sort le plus de voitures au monde.\n- **Seul et bloqué loin de tout** : restez avec la voiture, qui se voit de loin et vous abrite. Voir [[URG-PERDU-001]].\n\nRouler sur la neige et le verglas sans se retrouver bloqué : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-015","titre":"Les voyants du tableau de bord","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["voyant","tableau de bord","huile","temperature","batterie","freins","moteur","panne"],"sources":["Norme ISO 2575, symboles des commandes et indicateurs des véhicules routiers","Manuels constructeurs, signification des témoins","Automobile Club, guides de dépannage"],"corps":"::Un voyant rouge veut dire : arrêtez-vous maintenant. Orange : faites vérifier bientôt. Vert ou bleu : c'est juste une information. Un voyant rouge ignoré dix minutes coûte parfois un moteur.::\n\n## Rouge : on s'arrête\n\n| Voyant | Ce que c'est | Que faire |\n|---|---|---|\n| **Burette d'huile** | Pression d'huile trop basse | **Coupez le moteur tout de suite.** Il peut serrer en quelques minutes. Vérifiez le niveau d'huile moteur froid. |\n| **Thermomètre dans l'eau** | Moteur en surchauffe | Arrêtez-vous, coupez le moteur. **N'ouvrez jamais le bouchon du radiateur chaud** : le liquide bouillant jaillit. |\n| **Batterie** | L'alternateur ne charge plus | Coupez tout ce qui consomme (clim, radio, chauffage de lunette), roulez jusqu'à un lieu sûr : il reste environ une demi-heure à une heure de batterie. |\n| **Point d'exclamation dans un cercle** | Frein à main serré, ou liquide de frein trop bas | Frein desserré et le voyant reste : n'utilisez plus la voiture avant vérification. |\n| **Volant** | Direction assistée en panne | Le volant devient très dur, surtout à l'arrêt. Roulez prudemment jusqu'à l'arrêt. |\n\n## Orange : on fait vérifier\n\n- **Moteur (contour de bloc)** : défaut du moteur ou de la dépollution. **S'il clignote**, ralentissez et évitez d'accélérer fort : un cylindre ne brûle plus, et l'essence non brûlée détruit le catalyseur.\n- **ABS** : les freins marchent, mais les roues peuvent se bloquer en freinage d'urgence.\n- **Airbag** : les coussins ne se déclencheront peut-être pas.\n- **Pression des pneus** : un pneu se dégonfle. Arrêtez-vous et regardez. Voir [[SURV-REC-024]].\n- **Spirale (diesel)** : préchauffage. Attendez qu'il s'éteigne avant de démarrer à froid ; s'il clignote en roulant, défaut à faire vérifier.\n\n## Les astuces de mécanicien\n\n- **Surchauffe en roulant, sans pouvoir s'arrêter tout de suite** : mettez **le chauffage au maximum**, ventilation à fond, fenêtres ouvertes. Le radiateur de chauffage évacue une partie de la chaleur du moteur. Ça gagne quelques kilomètres.\n- **Au démarrage, tous les voyants s'allument** une ou deux secondes : c'est un test. Un voyant qui ne s'allume jamais au démarrage peut avoir une ampoule grillée qui cache une panne.\n- **Une flaque sous la voiture** dit d'où vient la panne : vert, rose ou orange au goût sucré, c'est le liquide de refroidissement (toxique pour les animaux) ; brun ou noir, l'huile ; rouge, la boîte ou la direction ; **clair et un peu huileux près d'une roue, le liquide de frein : on ne roule plus**.\n- **Une odeur** aide aussi : brûlé sucré (liquide de refroidissement), huile chaude, caoutchouc (courroie qui patine), œuf pourri (catalyseur).\n\nLes niveaux à vérifier régulièrement : [[TEC-MEC-020]]. Une voiture qui ne démarre pas : [[TEC-MEC-014]] et [[SURV-REC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-014","titre":"La batterie de voiture et le démarrage","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["batterie","voiture","demarrage","cables","pinces","alternateur","poussette","12 volts"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook (batteries de démarrage)","Battery Council International, Battery Service Manual","Manuels constructeurs : démarrage avec une batterie auxiliaire"],"corps":"::Une voiture qui ne démarre pas le matin a presque toujours une batterie faible. Deux câbles, une autre voiture et le bon ordre des pinces règlent l'affaire en cinq minutes. Le mauvais ordre fait sauter une batterie au visage.::\n\n## Lire la batterie\n\nUne batterie au plomb de 12 volts se lit au multimètre, moteur arrêté depuis quelques heures :\n\n| Tension | État |\n|---|---|\n| 12,6 V et plus | Pleine |\n| 12,4 V | Environ 75 % |\n| 12,2 V | Environ la moitié |\n| Moins de 12 V | Déchargée |\n\n**Moteur tournant**, on doit lire **13,8 à 14,5 V** : c'est l'alternateur qui recharge. Moins de 13 V, il ne charge plus. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Ce que le démarreur vous dit\n\n- **Clic-clic-clic**, voyants qui faiblissent : batterie trop faible.\n- **Rien du tout**, pas même les voyants : cosse desserrée ou oxydée, ou batterie à plat complètement.\n- **Le démarreur tourne mais le moteur ne part pas** : ce n'est pas la batterie. Voir [[SURV-REC-019]].\n\n## Démarrer avec des câbles\n\n1. Les deux voitures moteur coupé, sans se toucher.\n2. **Rouge sur le + de la batterie à plat.**\n3. **Rouge sur le + de la batterie qui aide.**\n4. **Noir sur le − de la batterie qui aide.**\n5. **Noir sur une partie métallique nue du moteur en panne**, loin de la batterie (un support, un boulon) : une batterie peut dégager de l'hydrogène, et l'étincelle du dernier branchement ne doit pas se faire à côté.\n6. Démarrez la voiture qui aide, laissez-la tourner deux à trois minutes, puis démarrez l'autre.\n7. **Débranchez dans l'ordre inverse**, sans laisser les pinces se toucher, et laissez tourner la voiture réparée au moins vingt minutes.\n\n## Démarrer en poussant\n\nSeulement pour une **boîte manuelle** : contact mis, **deuxième vitesse**, embrayage enfoncé, on pousse jusqu'à 10 km/h environ, puis on **relâche l'embrayage d'un coup**. Le moteur part, on réembraye aussitôt. Impossible avec une boîte automatique et la plupart des hybrides.\n\n## Les astuces de dépanneur\n\n- **Des cosses blanches ou vertes** (oxydation) : un mélange d'eau et de bicarbonate de soude les nettoie en moussant, puis on rince, on sèche, on resserre. Beaucoup de « batteries mortes » n'étaient que des cosses sales.\n- **Le froid** fait perdre une grande partie de sa puissance à une batterie. Une batterie rentrée au chaud la nuit démarre mieux le matin, par grand froid.\n- **Une batterie dure 4 à 6 ans.** Au-delà, elle lâche sans prévenir au premier gel.\n- **Une batterie de voiture est une réserve d'énergie** : avec un convertisseur, elle alimente des lampes LED, recharge des téléphones et une radio. Ne la videz pas sous la moitié si vous voulez encore démarrer. Voir [[TEC-ENE-014]].\n- **L'électrolyte est de l'acide sulfurique** : gants et lunettes pour manipuler une batterie abîmée, et rinçage à grande eau en cas de projection.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-013","titre":"La voie ferrée","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["voie ferree","rail","ballast","traverse","ecartement","aiguillage","catenaire","chemin de fer"],"sources":["Esveld C., Modern Railway Track, MRT Productions, 2e édition","SNCF Réseau, Référentiel technique de la voie (documentation publique)","UIC, fiches sur les rails, les traverses et les longs rails soudés","Lichtberger B., Track Compendium, Eurailpress"],"corps":"::Une voie ferrée a l'air d'être deux barres de fer posées sur des cailloux. C'est en réalité une construction en couches, calculée pour porter des trains de plusieurs milliers de tonnes au millimètre près, sous la pluie, le gel et la canicule.::\n\n## Les couches, de bas en haut\n\n1. **La plateforme** : le terrain nivelé, compacté, drainé. Une voie commence par du terrassement : remblais, déblais, fossés.\n2. **La sous-couche** : une couche de grave compactée qui répartit les charges et empêche le sol de remonter.\n3. **Le ballast** : des pierres concassées, dures et anguleuses, de 25 à 50 mm environ, sur une trentaine de centimètres. Ses angles s'emboîtent et bloquent les traverses ; ses vides laissent passer l'eau. **Des galets ronds ne tiendraient rien.**\n4. **Les traverses** : en béton aujourd'hui, en bois traité à la créosote sur les lignes anciennes, parfois en acier. Environ **1 666 traverses par kilomètre**, espacées de 60 cm.\n5. **Les attaches** : des agrafes élastiques en acier qui plaquent le rail sur la traverse, avec une semelle en caoutchouc entre les deux. Sur le bois, de grosses vis appelées tire-fonds.\n6. **Les rails** : de l'acier très dur. Les grandes lignes utilisent des rails de **60 kg par mètre**.\n\n## L'écartement\n\nLa distance entre les faces intérieures des deux rails :\n\n| Écartement | Nom | Où |\n|---|---|---|\n| 1 435 mm | Voie normale | Europe de l'Ouest, Amérique du Nord, Chine, lignes à grande vitesse |\n| 1 520 mm | Voie large russe | Russie, Ukraine, pays baltes, Finlande (1 524) |\n| 1 668 mm | Voie ibérique | Espagne et Portugal (hors grande vitesse) |\n| 1 000 mm | Voie métrique | Lignes de montagne, Afrique, Asie du Sud-Est |\n\nAux frontières où l'écartement change, on change les bogies, on transborde, ou on utilise des essieux à écartement variable. Voir [[TEC-MEC-012]].\n\n## Le long rail soudé\n\nLes rails modernes ne sont plus posés par tronçons avec des joints : ils sont **soudés bout à bout sur des kilomètres**, par soudure électrique en usine et par **soudure aluminothermique** sur place (une réaction de poudre d'aluminium et d'oxyde de fer qui produit de l'acier liquide coulé dans un moule entre les deux rails).\n\nUn rail d'un kilomètre voudrait s'allonger de près de 50 cm entre l'hiver et l'été. **On l'en empêche** : il est posé tendu, à une température choisie, et le ballast et les attaches le retiennent. En canicule, si la voie est mal entretenue, il peut se déformer brutalement sur le côté : c'est le **flambage**, l'une des causes de ralentissement en été.\n\n## Ce qu'on trouve autour\n\n- **Le dévers** : dans les courbes, le rail extérieur est surélevé, jusqu'à 16 à 18 cm, pour incliner le train comme un virage relevé.\n- **Les aiguillages** : deux lames mobiles qui dirigent les roues, et un **cœur** où les rails se croisent. Des contre-rails tiennent l'essieu pendant qu'il franchit le trou du cœur. Les lames sont déplacées par un moteur et verrouillées.\n- **La signalisation** : la voie est découpée en cantons ; des circuits électriques dans les rails détectent la présence d'un train par ses essieux, qui court-circuitent les deux rails.\n- **L'électrification** : en France, **1 500 volts continus** sur une partie du réseau ancien, **25 000 volts alternatifs** sur les lignes plus récentes et à grande vitesse, par caténaire.\n\n## L'entretien\n\nLes **bourreuses** sont des machines qui soulèvent la voie, tassent le ballast sous chaque traverse à l'aide de pioches vibrantes, et remettent la voie à niveau au millimètre. Des trains de mesure parcourent le réseau pour détecter les défauts de géométrie et les fissures dans les rails.\n\n## Ce que savent les cheminots\n\n- **Un train ne s'arrête pas.** Un train de marchandises à 100 km/h a besoin d'environ un kilomètre pour s'arrêter ; un TGV à 300 km/h, de plus de trois kilomètres. Quand le conducteur vous voit, il est déjà trop tard.\n- **La caténaire tue sans contact.** À 25 000 volts, un arc électrique peut frapper sans contact, simplement parce qu'on s'en approche. Chaque année, des jeunes meurent en montant sur des wagons à l'arrêt. On ne monte jamais sur un wagon sous une caténaire, même si le train est arrêté depuis des jours.\n- **Un rail est glissant**, surtout mouillé ou gelé : on l'enjambe, on ne marche pas dessus.\n- **Un morceau de rail est la meilleure enclume de fortune** qui existe : un acier dur, lourd, avec une table plate. Les forgerons amateurs du monde entier commencent ainsi. Voir [[TEC-MEC-005]].\n- **Une voie abandonnée** reste un itinéraire : pente douce, ponts, tunnels, et une ligne droite qui mène toujours à une gare, donc à une ville. Mais **une voie qui semble abandonnée ne l'est pas toujours** : écoutez, regardez l'état des rails (brillants sur le dessus, ils servent encore).","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-012","titre":"Le bogie","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["bogie","train","essieu","roue","rail","suspension","ferroviaire","courbe"],"sources":["Iwnicki S. (dir.), Handbook of Railway Vehicle Dynamics, CRC Press, 2e édition","Esveld C., Modern Railway Track, MRT Productions","UIC, fiches techniques sur les essieux, les roues et le profil de roulement"],"corps":"::Un train n'a pas de volant. Il tourne parce que ses roues sont légèrement coniques, et il passe les courbes parce que ses roues sont montées sur des chariots qui pivotent sous la caisse : les bogies.::\n\n## Ce que c'est\n\nUn **bogie** est un chariot à deux essieux, parfois trois, placé sous chaque extrémité d'une voiture ou d'une locomotive. La caisse repose dessus par un pivot : **le bogie peut tourner sous elle**. C'est ce qui permet à un véhicule de vingt mètres de long de suivre une courbe, alors que ses roues, elles, restent parallèles aux rails.\n\nUn wagon de marchandises ou une voiture de voyageurs a deux bogies, donc quatre essieux et huit roues. Un bogie pèse plusieurs tonnes.\n\n## L'essieu : pourquoi un train tourne sans volant\n\n**Les deux roues d'un essieu sont soudées au même axe.** Elles tournent toujours ensemble, à la même vitesse. En courbe, la roue extérieure a plus de chemin à parcourir : comment fait-elle ?\n\n**La bande de roulement est conique.** Quand l'essieu se décale vers l'extérieur de la courbe, la roue extérieure roule sur un plus grand diamètre et la roue intérieure sur un plus petit. La roue extérieure parcourt alors plus de chemin à chaque tour, et l'essieu se recentre de lui-même. **C'est ce qui guide le train**, bien plus que les rebords.\n\n**Le boudin**, le rebord à l'intérieur de chaque roue, n'est qu'une sécurité : il ne devrait toucher le rail que dans les courbes serrées et les aiguillages. Quand il frotte, on entend le crissement aigu des trains en courbe.\n\n## Les suspensions\n\n- **La suspension primaire**, entre les boîtes d'essieu et le cadre du bogie : ressorts métalliques ou blocs de caoutchouc. Elle encaisse les défauts de la voie.\n- **La suspension secondaire**, entre le bogie et la caisse : souvent des coussins d'air, sur les trains de voyageurs. C'est elle qui fait le confort.\n\n## Ce qu'on met sur un bogie\n\n- **Les freins** : disques sur l'essieu, ou sabots qui frottent sur la bande de roulement.\n- **Les moteurs de traction**, sur les bogies moteurs des locomotives et des rames. Les autres sont dits porteurs.\n- **Les capteurs** de vitesse, de température des boîtes d'essieu, et les balises du contrôle de vitesse.\n\n## Les variantes\n\n- **Le bogie Jacobs** est partagé entre deux voitures, à leur jonction. C'est le principe des rames articulées comme le TGV : moins de bogies, une rame plus stable et plus légère.\n- **Les bogies à écartement variable** changent la distance entre leurs roues en roulant lentement dans une installation spéciale, pour passer d'un réseau à un autre, entre l'Espagne et la France par exemple.\n- **Le tramway et le métro** ont des bogies plus petits, pour des courbes beaucoup plus serrées.\n\n## Les astuces de ceux qui les entretiennent\n\n- **Le lacet** : au-delà d'une certaine vitesse, un essieu conique oscille de gauche à droite de plus en plus fort. Toute la conception d'un bogie rapide vise à l'amortir. Un bogie usé qui « lace » se sent dans la caisse comme un balancement régulier.\n- **Les roues se reprofilent** sans être démontées : le train passe au-dessus d'un tour en fosse qui rabote la bande de roulement pour lui rendre son profil conique.\n- **Un « plat » sur une roue**, créé par un freinage où la roue a glissé bloquée, fait un bruit de marteau régulier : le fameux « tac-tac-tac » d'un train qui arrive avec une roue abîmée.\n- **Les boîtes d'essieu** chauffent quand leur roulement meurt. Des détecteurs au bord des voies mesurent leur température au passage, et arrêtent le train avant que l'essieu ne casse.\n\nLa voie sur laquelle roule tout cela est décrite dans [[TEC-MEC-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-011","titre":"La bougie d'allumage","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["bougie","allumage","moteur","essence","etincelle","diagnostic","tondeuse","tronconneuse"],"sources":["Bosch, Automotive Handbook, 10e édition (chapitre allumage)","NGK Spark Plugs, Spark Plug Technical Information et guide de lecture des bougies","Heywood J., Internal Combustion Engine Fundamentals, McGraw-Hill"],"corps":"::Dans un moteur à essence, tout commence par une étincelle de quelques millièmes de seconde. La bougie qui la fait raconte aussi, par sa couleur, comment le moteur se porte.::\n\n## Son rôle\n\nUn moteur à essence aspire un mélange d'air et d'essence, le comprime, puis **l'enflamme au bon moment** : c'est la bougie qui le fait, des dizaines de fois par seconde. Le fonctionnement complet du moteur est dans [[TEC-MOTH-001]].\n\n**Un moteur diesel n'a pas de bougies d'allumage.** Le gazole s'enflamme seul sous l'effet de la compression. Ses « bougies de préchauffage » sont de petites résistances qui chauffent la chambre pour aider le démarrage à froid : un tout autre objet.\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\n- **La borne**, en haut, où arrive le fil ou la bobine.\n- **L'isolant**, en céramique blanche : il empêche le courant de s'échapper avant le bout.\n- **Le culot** métallique, avec son filetage et son hexagone : il se visse dans la culasse et fait la masse.\n- **L'électrode centrale** et **l'électrode de masse**, séparées par un petit espace, **l'écartement**, de 0,6 à 1,1 mm environ selon les moteurs.\n\nLa **bobine d'allumage** transforme les 12 volts de la batterie en **20 000 à 40 000 volts**. À cette tension, le courant saute l'écartement sous forme d'étincelle, et enflamme le mélange.\n\n**Les matériaux** décident de la durée : une bougie classique à électrode en nickel dure environ 20 000 à 30 000 km ; une bougie à pointe en platine ou en iridium, 60 000 à 100 000 km.\n\n**L'indice thermique** dit si la bougie évacue vite sa chaleur (bougie « froide », pour les moteurs poussés) ou lentement (bougie « chaude »). **On met toujours celle que prévoit le constructeur** : une bougie trop chaude peut faire fondre un piston.\n\n## Lire une bougie\n\nDévissée, une bougie montre comment brûle le moteur.\n\n| Aspect du bout | Ce que ça dit |\n|---|---|\n| Gris clair à beige | Tout va bien |\n| Noir, sec, poudreux (suie) | Mélange trop riche, filtre à air bouché, étincelle faible, trop de ralenti |\n| Noir, humide et gras | De l'huile passe dans la chambre : segments ou joints usés |\n| Mouillée d'essence | Moteur noyé : trop d'essence et pas d'étincelle au démarrage |\n| Blanche, cloquée, électrodes rongées | Surchauffe : mélange trop pauvre ou bougie trop chaude. À corriger vite |\n| Dépôts jaunes ou verts vitreux | Additifs ou carburant de mauvaise qualité |\n\n## Les astuces de mécanicien\n\n- **Vérifier l'étincelle** : dévissez la bougie, rebranchez-la sur son fil, posez son culot contre une partie métallique du moteur, et faites tourner le démarreur. Une étincelle **bleue et franche** : l'allumage est bon. Jaune et faible, ou rien : bobine, fil ou bougie. **Tenez le fil par sa gaine isolante**, jamais la bougie à main nue : la décharge est douloureuse.\n- **Moteur noyé** (odeur d'essence, il tousse sans partir) : sur une voiture récente, pied au plancher pendant le démarrage, l'injection coupe l'essence pour évacuer l'excès. Sur une tondeuse ou une tronçonneuse, dévissez la bougie, séchez-la, tirez plusieurs fois le lanceur bougie dévissée pour chasser l'essence, remontez.\n- **Serrer** : à la main jusqu'au contact, puis environ un demi-tour de clé pour une bougie neuve à joint. Trop serré, on arrache le filetage de la culasse en aluminium ; pas assez, elle chauffe et se desserre.\n- **Visser à la main d'abord**, sur plusieurs tours, pour ne pas fausser le filetage. Un bout de tuyau en caoutchouc enfilé sur la bougie aide à la présenter droite au fond d'un puits de bougie.\n- **Une bougie de rechange** et sa clé font partie de la trousse de toute tronçonneuse, débroussailleuse ou moto de brousse. Sur un moteur deux-temps, elles s'encrassent beaucoup plus vite.\n- **L'écartement se règle** en pliant doucement l'électrode de masse, et se mesure avec une cale d'épaisseur. En dépannage, l'épaisseur d'une carte bancaire fait environ 0,76 mm.\n\nUn moteur qui ne démarre pas se diagnostique pas à pas dans [[SURV-REC-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-010","titre":"Le pneu","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pneu","caoutchouc","vulcanisation","radial","flanc","pression","usure","voiture"],"sources":["Gent A., Walter J. (dir.), The Pneumatic Tire, US Department of Transportation (NHTSA), 2006","ETRTO, European Tyre and Rim Technical Organisation, Standards Manual","Michelin, Le pneu : l'adhérence, la mécanique du pneu (guides techniques)","Règlement ONU n° 30 et n° 54 sur l'homologation des pneumatiques"],"corps":"::Un pneu tient une voiture d'une tonne et demie sur quatre surfaces de la taille d'une carte postale. Tout ce qui le compose sert à garder ces quatre cartes postales collées à la route.::\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\nUn pneu n'est pas un bloc de caoutchouc. C'est un assemblage de couches, chacune avec son rôle.\n\n- **La bande de roulement** : la gomme qui touche le sol, avec ses sculptures qui évacuent l'eau.\n- **La ceinture** : deux nappes de fils d'acier croisés sous la bande de roulement. Elles la rigidifient et la tiennent à plat.\n- **La carcasse** : des fils textiles (polyester, rayonne) noyés dans le caoutchouc, qui vont d'un bord à l'autre. C'est la structure du pneu.\n- **Les flancs** : les côtés, souples, qui absorbent les chocs. Ils sont fins : c'est la partie fragile.\n- **Les talons** : deux anneaux de fils d'acier tressés qui plaquent le pneu sur la jante et l'empêchent de sauter.\n- **La gomme intérieure** : une couche de caoutchouc butyle, presque étanche à l'air. C'est elle qui remplace la chambre à air dans un pneu « tubeless ».\n\n## Radial ou diagonal\n\nDans un **pneu radial**, les fils de la carcasse vont droit d'un talon à l'autre, comme des rayons, et la ceinture d'acier tient la bande de roulement. Le flanc travaille, la bande reste à plat : meilleure adhérence, moins d'échauffement, plus de durée. Michelin l'a breveté en 1946 et commercialisé à la fin des années 1940 ; il équipe aujourd'hui presque toutes les voitures.\n\nDans un **pneu diagonal**, plus ancien, les fils se croisent en biais. Il reste utilisé sur certains engins agricoles, remorques et motos anciennes.\n\n## La gomme\n\n- **Le caoutchouc naturel**, récolté sur l'hévéa, et des caoutchoucs synthétiques issus du pétrole.\n- **Le noir de carbone** : c'est lui qui rend les pneus noirs. Il les renforce et les protège des ultraviolets.\n- **La silice**, dans les pneus récents, qui améliore l'adhérence sur le mouillé et réduit la résistance au roulement.\n- **Le soufre** : chauffé avec le caoutchouc, il relie ses molécules entre elles. C'est la **vulcanisation**, découverte par Charles Goodyear en 1839. Sans elle, le caoutchouc colle quand il fait chaud et casse quand il fait froid.\n\n## La fabrication\n\nLes couches sont assemblées à plat sur un tambour, formant un pneu « cru », mou. Il passe ensuite dans une presse chauffée, autour de 150 à 180 °C : un moule lui imprime ses sculptures et ses inscriptions pendant que le caoutchouc se vulcanise, en une dizaine de minutes pour un pneu de voiture.\n\n## Lire un flanc\n\nExemple : **205/55 R16 91V**\n\n| Inscription | Signification |\n|---|---|\n| 205 | Largeur, en millimètres |\n| 55 | Hauteur du flanc, en pourcentage de la largeur |\n| R | Radial |\n| 16 | Diamètre de la jante, en pouces |\n| 91 | Indice de charge : 615 kg par pneu |\n| V | Indice de vitesse : 240 km/h maximum |\n\n**La date de fabrication** : un code à quatre chiffres dans un ovale, après les lettres DOT. **2319** veut dire 23e semaine de 2019.\n\n**Les pneus hiver** portent le symbole d'une montagne à trois pics avec un flocon (3PMSF). Le marquage M+S seul dit « boue et neige », sans garantir de vraies performances sur la neige.\n\n## Ce qui l'use et ce qui le tue\n\n- **Le sous-gonflage** : le flanc se plie trop à chaque tour, chauffe, et finit par éclater. C'est la première cause de destruction des pneus. La pression recommandée est inscrite sur une étiquette dans la portière ou la trappe à carburant, et se mesure **à froid**.\n- **L'âge** : même peu roulé, le caoutchouc durcit et se fendille. Des craquelures sur les flancs, entre les sculptures : il est temps de le changer, quelle que soit sa profondeur. On compte en général 6 à 10 ans au plus.\n- **L'usure** : la loi européenne impose au moins **1,6 mm** de profondeur. Des témoins d'usure, de petites barrettes au fond des rainures, affleurent à ce niveau.\n- **Rouler à plat**, même sur quelques centaines de mètres, détruit l'intérieur du flanc. Voir [[SURV-REC-024]].\n\n## Les astuces de ceux qui en montent tous les jours\n\n- **Une pièce d'un euro** glissée dans une rainure : si son bord doré dépasse, il reste plus de 3 mm environ. Moins, le pneu est fatigué sur le mouillé.\n- **Un pneu qui perd un peu d'air chaque semaine** a souvent un clou dans la bande de roulement, ou une jante oxydée qui fuit au talon. De l'eau savonneuse fait des bulles là où ça fuit.\n- **Les pneus d'avion** sont gonflés à l'azote : pas d'humidité, pas d'oxygène, pas de feu en cas d'échauffement.\n- **Un vieux pneu est une ressource** : semelles de sandales (les soldats vietnamiens marchaient ainsi), murs de soutènement remplis de terre, protections, tampons de pare-chocs. **Brûlé, il dégage une fumée noire toxique** et des huiles qui polluent le sol : jamais comme combustible.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-009","titre":"Conduire un métro","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["metro","train","rail","troisieme rail","signalisation","conduite","tunnel","transport"],"sources":["RATP, dossiers de presse sur l'automatisation des lignes 1, 4 et 14","Pyrgidis C., Railway Transportation Systems: Design, Construction and Operation, CRC Press","Transport for London, documentation publique sur le réseau et l'alimentation électrique","UITP, Observatoire mondial des métros automatiques"],"corps":"::Un métro se conduit avec une seule manette. Tout le reste, l'électricité, les signaux, le poste de commande, se trouve autour de la rame, et c'est ce reste qui la fait rouler.::\n\n## Ce qui fait avancer une rame\n\n**L'électricité arrive par la voie.** Sur la plupart des métros, un **troisième rail** posé à côté des rails de roulement est sous tension continue, **750 volts** à Paris, 630 à Londres. Un frotteur métallique sous la rame glisse dessus. D'autres réseaux utilisent une caténaire au-dessus de la voie, en 1 500 volts.\n\n**Des sous-stations** réparties le long des lignes transforment le courant du réseau national en courant continu. **Si elles tombent, tout s'arrête** : une rame de métro n'a pas de moteur autonome, seulement des batteries pour l'éclairage de secours, les portes et la radio.\n\n**Les moteurs** électriques sont répartis sous plusieurs voitures. Au freinage, ils deviennent des génératrices et renvoient du courant dans le rail : c'est le freinage électrique. Les freins mécaniques prennent le relais à basse vitesse et à l'arrêt.\n\n## La cabine\n\nUn conducteur de métro a devant lui beaucoup moins de commandes qu'on ne l'imagine :\n\n- **Le manipulateur**, une seule manette : poussée, la rame accélère ; au neutre, elle roule sur son élan ; tirée, elle freine ; tout au bout, **freinage d'urgence**.\n- **Le dispositif de veille** : le conducteur doit garder un appui constant ou le relâcher et le reprendre à intervalles réguliers. S'il ne le fait pas, parce qu'il a fait un malaise, la rame freine seule. En France, c'est la **VACMA**.\n- **Les commandes des portes**, côté gauche et côté droit, et l'ouverture ne se fait qu'à l'arrêt, à quai.\n- **La clé ou le badge de cabine**, qui met la cabine en service. Une rame a une cabine à chaque bout ; une seule est active à la fois.\n- **La radio sol-train** avec le poste de commande.\n- **Les écrans** qui affichent la vitesse autorisée, les défauts, l'état des portes.\n\n## La signalisation : pourquoi on ne peut pas foncer\n\nDeux rames ne doivent jamais se trouver sur le même tronçon. La voie est découpée en **cantons**, et un canton occupé est protégé par des signaux et, surtout, par un **système de contrôle automatique** qui freine la rame si elle dépasse la vitesse autorisée ou un signal fermé.\n\nSur les lignes modernes, ce système est continu (**CBTC**) : la rame connaît en permanence la position de celle qui la précède et adapte sa vitesse au mètre près. C'est ce qui permet une rame toutes les 85 à 90 secondes aux heures de pointe.\n\nSur les **lignes automatiques** (1, 4 et 14 à Paris, Lille, Copenhague, Dubaï, Singapour), il n'y a plus de conducteur du tout. Le poste de commande centralisé pilote chaque rame, et des portes palières ferment le quai.\n\n## Le poste de commande\n\nUn métro se pilote d'abord depuis un **poste de commande centralisé** : une grande salle avec le tracé des lignes, la position de chaque rame, l'état des sous-stations, des aiguillages, de la ventilation des tunnels et des pompes. Les régulateurs y décident des départs, des coupures de courant pour les interventions, de l'évacuation d'une rame. Le conducteur exécute.\n\n## Les astuces de ceux qui connaissent les tunnels\n\n- **Le troisième rail est toujours sous tension, jusqu'à preuve du contraire.** Même quand les rames ne roulent plus. Il est souvent protégé par un capot en bois ou en plastique, mais pas partout. Un contact tue. On ne marche jamais dessus, ni sur ses supports.\n- **Les tunnels ont des issues de secours** à intervalles réguliers, reliées à la surface par des escaliers et des puits de ventilation. Elles sont signalées par des panneaux lumineux et des flèches peintes sur les parois, qui indiquent la direction et la distance de la station ou de l'issue la plus proche.\n- **Une rame évacuée en tunnel** s'évacue par l'avant ou l'arrière, sur ordre, une fois le courant coupé. Les portes latérales donnent souvent sur la paroi ou sur le rail électrifié.\n- **Les pompes** évacuent en permanence l'eau des tunnels. Sans électricité pendant des jours, les parties basses d'un réseau se noient, surtout près d'un fleuve.\n- **Les tunnels ont servi d'abris.** À Londres pendant le Blitz, jusqu'à 177 000 personnes y ont dormi certaines nuits de 1940. Ils protègent du souffle et des éclats, pas de l'eau ni de l'air vicié quand la ventilation s'arrête. Voir [[TEC-CON-009]].\n- **Une rame sans courant pèse plusieurs centaines de tonnes.** Sans le réseau, on ne la déplace pas. Les draisines de maintenance, petits véhicules autonomes au diesel ou sur batterie, et les chariots manuels circulent en revanche sur les rails.\n\nLa conduite d'une voiture et d'un bateau est dans [[TEC-VOI-001]] et [[TEC-NAV-001]]. Le fonctionnement d'une gare, et ce qu'on y trouve, est dans [[SURV-REC-012]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-008","titre":"Le tir à l'arc","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["arc","fleche","tir","energie","precision","sport"],"sources":["Klopsteg P., Physics of Bows and Arrows, American Journal of Physics","Kooi B. W., On the mechanics of the bow and arrow, Journal of Engineering Mathematics","World Archery, Coach's Manual, niveaux 1 et 2"],"corps":"::Un arc ne lance rien. Il stocke la force de vos bras pendant deux secondes, puis la rend en un centième de seconde. Tout le reste en découle.::\n\n## Ce qui se passe quand on tire\n\nEn tirant la corde, vous pliez les branches : elles emmagasinent votre effort comme un ressort. À l'ouverture des doigts, elles reviennent, la corde pousse la flèche, et l'énergie passe en mouvement.\n\nTout ne passe pas dans la flèche. Une partie reste dans les branches et la corde, qui continuent de bouger et vibrer : c'est le bruit et la secousse dans la main. **Un arc droit en bois rend environ 70 % de l'énergie stockée**, un arc moderne un peu plus.\n\nCe que cela donne en chiffres, pour un arc de chasse simple : une flèche de 25 g partant à 55 m/s porte environ **38 joules**. C'est mille fois moins qu'une balle de fusil, voir [[TEC-BAL-001]], mais bien assez pour traverser un gibier à courte distance quand la pointe coupe.\n\n**La masse de la flèche compte.** Une flèche légère part plus vite ; une lourde récupère une plus grande part de l'énergie, et elle frappe plus fort. Tirer à vide, sans flèche, est l'erreur qui casse les arcs : toute l'énergie reste dans le bois.\n\n## Les trois familles d'arcs\n\n**L'arc droit (longbow)** : une seule pièce, les branches plient régulièrement. Simple, silencieux, fabriquable, voir [[SURV-ARM-005]].\n\n**L'arc à double courbure (recurve)** : les pointes se recourbent vers l'avant. Elles se déroulent à l'ouverture, ce qui stocke plus d'énergie pour la même longueur et donne une flèche plus rapide. C'est l'arc olympique.\n\n**L'arc à poulies (compound)** : des cames aux extrémités changent le bras de levier pendant la traction. **Le plus dur est au milieu du tir, puis la force chute de 65 à 85 %** en position armée. On peut viser longtemps sans trembler. En échange, il est lourd, mécanique et difficile à réparer loin d'un atelier.\n\n## Le paradoxe de l'archer\n\nSur un arc simple, la flèche est posée à côté du bois, pas au centre. Pourtant elle vole droit. La raison : au départ, la flèche **ploie** en S sous la poussée de la corde, contourne la poignée, puis se redresse en vol.\n\nC'est pour cela que la rigidité de la flèche (le **spine**) doit correspondre à la puissance de l'arc. Trop souple, elle part à gauche (pour un droitier) ; trop raide, elle part à droite. **La moitié des tirs ratés viennent de flèches mal assorties**, pas de l'archer.\n\n## Tirer : le geste\n\nLe tir se construit toujours dans le même ordre. La régularité compte plus que la force.\n\n1. **Position** : de profil, pieds écartés de la largeur des épaules, perpendiculaires à la cible.\n2. **Encocher** : la flèche sur l'appui, l'encoche sur la corde, la plume de couleur vers l'extérieur.\n3. **Les doigts** : trois doigts sur la corde, index au-dessus de la flèche, les deux autres dessous, la corde dans le pli de la première phalange.\n4. **Lever et tirer** : bras d'arc tendu mais pas verrouillé, coude légèrement tourné vers l'extérieur. On tire avec **le dos**, en rapprochant les omoplates, pas avec le biceps.\n5. **L'ancrage** : la main de corde vient toujours au même endroit du visage, sous la mâchoire ou au coin de la bouche. C'est ce qui rend chaque tir identique.\n6. **Viser** : l'œil directeur au-dessus de la flèche. Pour trouver l'œil directeur, visez un point à travers un rond formé avec les deux mains, puis fermez un œil : celui qui voit encore le point est le bon.\n7. **Lâcher** : on détend les doigts, sans ouvrir la main. La main de corde recule d'elle-même le long du cou.\n8. **Tenir** : rester en position jusqu'à ce que la flèche touche. Bouger au lâcher dévie le tir.\n\n## Progresser\n\nCommencez à **5 mètres**, sur une grande cible, avec un arc léger. Le but n'est pas de toucher le centre mais de **grouper** : que les flèches tombent ensemble. Un groupe serré mal placé se corrige en visant ailleurs ; un tir dispersé ne se corrige pas.\n\nReculez quand vos flèches groupent. Un archer entraîné place ses flèches dans une main à 20 m avec un arc simple. Au-delà de 30 m, la trajectoire devient fortement courbe et l'estimation de la distance devient le vrai problème.\n\n## La sécurité\n\n- Personne devant la ligne de tir, jamais.\n- Derrière la cible : un talus, une butte, ou un filet. Une flèche qui rate peut voler plus de 100 m.\n- Vérifiez chaque flèche : une flèche fendue peut se briser au départ et traverser la main.\n- **Jamais de tir à vide.**\n- Une palette de cuir pour les doigts et un protège-bras évitent les ampoules et les bleus au poignet.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-007","titre":"L'impression 3D","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["impression3d","FDM","PLA","ABS","fabrication","couche","modèle","buse"],"sources":["Documentation technique sur l'impression FDM et SLA","RepRap Project — imprimantes auto-réplicables","Guides de paramétrage et de maintenance des imprimantes grand public"],"corps":"::Une imprimante 3D construit un objet en empilant des couches de matière fondue, une par une, du bas vers le haut. C'est lent, limité et révolutionnaire — parce que la seule machine qui fabrique n'importe quelle forme sans moule, sans outil de coupe et sans savoir-faire manuel.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le principe : la fabrication additive\n\nAu lieu de tailler dans un bloc (soustraire) ou de couler dans un moule (former), on ajoute de la matière couche par couche. Chaque couche est une tranche horizontale de l'objet. Empilées, elles donnent la forme complète. Pas de déchet, pas de moule, mais un objet dont la résistance dépend de l'adhérence entre les couches.\n\n### Les deux procédés courants\n\n**FDM (dépôt de fil fondu).** Un fil plastique (le filament) passe dans une buse chauffée qui le fond et le dépose sur un plateau, ligne par ligne, couche par couche. C'est le procédé le plus répandu, le moins cher, le plus réparable. Les imprimantes grand public (Creality, Prusa, Bambu) sont toutes FDM.\n\n**SLA (stéréolithographie).** Une résine liquide dans un bac est durcie point par point par un laser UV ou un écran. Plus précis que le FDM, meilleur état de surface, mais les pièces sont plus fragiles, la résine est toxique avant durcissement, et le post-traitement est obligatoire (lavage, cure UV). Plus adapté aux petites pièces de détail.\n\n### Les matériaux FDM\n\n**PLA.** Le plus facile. Biodégradable (issu de l'amidon de maïs), imprime à basse température (190 à 210 degrés), peu de retrait, bonne précision. Faiblesse : ramollit vers 60 degrés, fragile aux chocs, ne tient pas à l'extérieur longtemps.\n\n**ABS.** Plus résistant mécaniquement et thermiquement. Imprime plus chaud (230 à 250 degrés), dégage des fumées toxiques (ventiler), se rétracte en refroidissant (nécessite un plateau chauffant et un caisson fermé).\n\n**PETG.** Bon compromis entre PLA et ABS. Résistant, flexible, imprime sans fumées excessives, bonne tenue thermique. Le matériau par défaut pour les pièces fonctionnelles.\n\n**Nylon.** Très solide, flexible, résistant à l'usure. Absorbe l'humidité (il faut le sécher avant usage) et nécessite des températures élevées. Pour les pièces mécaniques sollicitées — engrenages, charnières, attaches.\n\n### Le flux de travail\n\n**1. Le modèle 3D.** Un fichier numérique (STL, 3MF) qui décrit la forme. On le dessine (logiciel de CAO : FreeCAD, Fusion 360, TinkerCAD), on le télécharge (Thingiverse, Printables), ou on scanne un objet existant (photogrammétrie, scanner 3D).\n\n**2. Le trancheur (slicer).** Un logiciel (Cura, PrusaSlicer, OrcaSlicer) découpe le modèle en couches et génère le G-code — les instructions de déplacement de la buse et du plateau, ligne par ligne.\n\n**3. L'impression.** Le G-code est envoyé à l'imprimante (carte SD, USB, réseau). L'impression d'une pièce simple prend de quelques minutes à plusieurs heures. Une pièce grande et détaillée peut prendre une journée.\n\n## AGIR\n\n### Paramètres essentiels\n\n**Hauteur de couche.** Plus fin (0,1 mm) = plus lisse mais plus lent. Plus épais (0,3 mm) = plus rapide mais plus rugueux. 0,2 mm est le compromis standard.\n\n**Remplissage.** L'intérieur de la pièce n'est pas plein — il est rempli d'une structure en grille ou en nid d'abeille. 15 a 20 pour cent suffisent pour la plupart des usages. 100 pour cent donne une pièce pleine et lourde — rarement nécessaire.\n\n**Support.** Les surplombs au-delà de 45 degrés ne tiennent pas en l'air sans support. Le slicer génère des structures de soutien temporaires qu'on casse après impression. L'orientation de la pièce sur le plateau peut éliminer ou réduire le besoin de support.\n\n**Température.** Buse trop froide : le filament colle mal. Trop chaude : filament trop fluide, bavures. Chaque matériau a sa plage.\n\n**Adhérence au plateau.** La première couche doit coller. Plateau chauffant, laque, bâton de colle ou ruban de peintre selon le matériau.\n\n### Maintenance\n\n**Calibrer le plateau.** La distance entre la buse et le plateau doit être constante partout — une feuille de papier doit glisser avec une légère résistance. Un plateau mal calibré donne une première couche ratée et tout le reste avec.\n\n**Nettoyer la buse.** Le filament résiduel carbonise et bouche. Un fil d'acupuncture ou une aiguille de nettoyage dégage le trou. Chauffer la buse d'abord.\n\n**Tendre les courroies.** Les axes X et Y sont entraînés par des courroies crantées. Une courroie détendue donne des décalages de couche — des couches qui glissent visiblement sur le côté.\n\n**Sécher le filament.** Le PETG et le nylon absorbent l'humidité de l'air. Un filament humide crépite à l'impression et donne des surfaces bulleuses. Un passage au four (50 degrés, quelques heures) ou un boîtier étanche avec dessiccant règle le problème.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous imprimez une pièce mécanique.** Orientez-la pour que les couches soient perpendiculaires à la force principale. Les couches sont le point faible : une pièce se casse entre les couches, pas à travers.\n\n**L'imprimante est dans un lieu sans électricité stable.** Une coupure en cours d'impression ruine la pièce. Certaines imprimantes reprennent après coupure (power recovery), mais le résultat est souvent fragile à la jonction. Un onduleur résout le problème.\n\n**Vous voulez dupliquer un objet cassé.** Mesurer les dimensions, modéliser en CAO, imprimer. C'est l'usage le plus concret de l'impression 3D : recréer une pièce de rechange qui n'existe plus nulle part.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**L'impression 3D est lente et limitée en résistance** — mais c'est la seule machine qui fabrique n'importe quelle forme à partir d'un fichier, sans moule et sans outil.\n\n**La résistance entre les couches est le point faible.** L'orientation de la pièce, le matériau et le remplissage décident de la solidité.\n\n**Une imprimante FDM se calibre, se nettoie et se répare** — c'est une machine mécanique simple, pas une boîte noire. Les pièces d'usure (buse, courroie, plateau) se remplacent pour quelques euros.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-006","titre":"Le drone","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["drone","multiroteur","moteur","brushless","batterie","lipo","GPS","caméra","militaire"],"sources":["Documentation technique sur l'architecture des multiroteurs civils","Études sur les drones militaires — catégories, systèmes et emploi","Manuels de pilotage et d'entretien des drones civils"],"corps":"::Un drone est un robot volant avec des yeux. Quatre hélices, une batterie, un ordinateur qui tient l'équilibre mille fois par seconde, et une caméra qui voit ce que le pilote ne peut pas voir. Comprendre ce qu'il y a dedans, c'est comprendre ce qu'il peut et ce qu'il ne peut pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Architecture d'un multiroteur\n\n**Le châssis.** Carbone ou aluminium, en X ou en H. Les bras portent les moteurs ; le centre porte l'électronique et la batterie.\n\n**Les moteurs brushless.** Sans balai, sans frottement mécanique, haute vitesse. Chaque moteur contient des bobines de cuivre (stator) et des aimants permanents en néodyme (rotor). C'est le même moteur qu'on retrouve dans les disques durs, les ventilateurs d'ordinateur et les véhicules électriques — en plus puissant.\n\n**Les ESC (variateurs).** Un par moteur. Ils convertissent le courant continu de la batterie en signal triphasé qui fait tourner le moteur à la vitesse commandée. Sans eux, le moteur ne tourne pas.\n\n**La batterie LiPo.** Lithium polymère — énergie dense, légère, dangereuse si percée ou surchargée (emballement thermique, feu chimique). Tension : 3,7 volts par cellule, assemblées en série (3S = 11,1 V, 4S = 14,8 V, 6S = 22,2 V). Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n**Le contrôleur de vol.** Le cerveau. Il contient un accéléromètre, un gyroscope, un magnétomètre (boussole), un baromètre, et souvent un GPS. Il lit les capteurs mille fois par seconde et ajuste la vitesse de chaque moteur pour maintenir la stabilité. Sans lui, un multiroteur est incontrôlable par un humain — le temps de réaction est trop court.\n\n**Le récepteur radio.** Reçoit les ordres du pilote. Portée : quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres selon la puissance et les antennes.\n\n**La caméra.** De la simple caméra HD au capteur thermique ou multispectral. Stabilisée sur une nacelle motorisée (gimbal) qui compense les vibrations.\n\n### Physique du vol\n\nQuatre hélices, dont deux tournent dans un sens et deux dans l'autre — cela annule le couple de rotation. Pour monter : toutes accélèrent. Pour avancer : les hélices arrière accélèrent, les avant ralentissent — le drone s'incline et la poussée le tire en avant. Pour tourner : on accélère les paires qui tournent dans le même sens. Tout cela est calculé par le contrôleur, pas par le pilote.\n\n### Les types de drones\n\n**Multiroteur (civil).** Quatre à huit hélices. Maniable, décollage vertical, vol stationnaire. Autonomie courte : vingt à quarante minutes. C'est le drone de loisir, de photo, d'inspection.\n\n**Aile fixe.** Comme un avion miniature. Longue endurance (une heure et plus), grande vitesse, couverture de surface. Ne peut pas faire de vol stationnaire. Nécessite un lancement (à la main, par catapulte) et un atterrissage (ventre, filet, parachute).\n\n**VTOL.** Hybride — décollage vertical comme un multiroteur, puis transition en vol d'avion. Combine les avantages mais la mécanique est complexe.\n\n**Drones militaires.** Les petits (quelques kilos) sont des multiroteurs de reconnaissance avec caméra thermique. Les moyens (Switchblade, Lancet) sont des munitions rôdeuses — ils volent, repèrent, et frappent une cible. Les grands (Reaper, Bayraktar TB2) sont des avions sans pilote de plusieurs tonnes, motorisés, armés, opérés depuis une station sol à des milliers de kilomètres. Voir [[SURV-REC-014]] et [[SURV-REC-015]].\n\n### Autonomie et automatismes\n\nUn drone civil moderne suit des waypoints GPS, revient au point de décollage si le signal est perdu (return-to-home), évite les obstacles par capteurs. Il n'est pas « autonome » au sens d'une intelligence — il suit un programme. La batterie est le facteur limitant : plus de charge utile = moins d'autonomie, et l'autonomie ne dépasse jamais la capacité de la batterie à fournir du courant.\n\n## AGIR\n\n### Principes de pilotage\n\nLe pilotage se fait à deux sticks. Le stick gauche contrôle l'altitude (monter/descendre) et la rotation (tourner sur place). Le stick droit contrôle l'inclinaison : avant/arrière et gauche/droite. Le contrôleur de vol fait le reste — le pilote indique une intention, l'ordinateur la traduit en commandes moteur.\n\nEn mode FPV (First Person View), le pilote porte un masque qui affiche l'image de la caméra embarquée. Il vole comme s'il était à bord. La latence du signal (quelques dizaines de millisecondes) et la portée radio sont les limites.\n\n### Entretien\n\n**Hélices.** Vérifier avant chaque vol. Une hélice ébréchée vibre et fatigue les moteurs. Remplacer par des hélices du même diamètre et pas (angle).\n\n**Moteurs.** Ecouter : un moteur qui gratte a un roulement usé ou un corps étranger. Vérifier que chaque moteur tourne librement et à la même vitesse.\n\n**Batterie.** Ne jamais stocker chargée à fond ou vide — stocker à demi-charge. Ne jamais charger sans surveillance. Une LiPo gonflée est dangereuse : ne plus l'utiliser.\n\n**Calibration.** L'IMU et le compas se dérivent. Recalibrer régulièrement (la procédure est dans le contrôleur de vol).\n\n## ADAPTER\n\n**Le signal GPS est brouillé ou absent.** Le drone perd la stabilisation de position et dérive au vent. Certains contrôleurs passent en mode altitude seule (baromètre) ou en mode manuel. Sans GPS, pas de return-to-home — le perdre de vue, c'est le perdre.\n\n**Vous voulez utiliser un drone trouvé.** Il faut la radiocommande appairée ou pouvoir en appairer une compatible. Sans radiocommande, le drone est inutilisable. En revanche, ses composants se récupèrent : voir [[SURV-REC-014]].\n\n**Le vent est fort.** Un multiroteur se bat contre le vent en s'inclinant — il perd de l'altitude et de l'autonomie. Au-delà de quarante à cinquante kilomètres par heure, la plupart des drones civils sont cloués au sol.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le contrôleur de vol est le coeur** : sans lui, un multiroteur est une toupie incontrôlable. C'est un ordinateur à capteurs multiples qui fait le travail qu'aucun réflexe humain ne pourrait faire.\n\n**La batterie est le facteur limitant.** Tout se ramène à elle : autonomie, charge utile, portée. Et une LiPo mal traitée prend feu.\n\n**Un drone militaire et un drone civil partagent les mêmes principes** — moteurs, batteries, contrôleur, GPS. Ce qui change, c'est la charge utile, la portée et le prix.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-005","titre":"Le tranchant","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["outils","affutage","acier","donnees"],"sources":["ASM International — Heat treating of steel","Verhoeven J., Metallurgy of Steel for Bladesmiths","US Forest Service — Axe and crosscut saw manual"],"corps":"::Un tranchant n'est pas une chose pointue. C'est la rencontre de deux surfaces planes, et sa qualité tient à la régularité de cette rencontre.::\n\n## Ce qu'est réellement un fil\n\nDeux plans qui se rejoignent forment une arête. Plus l'angle entre eux est fermé, plus l'arête pénètre facilement — et plus elle est fragile.\n\nTout l'art consiste à choisir cet angle en fonction de ce que l'outil doit couper.\n\nUn **rasoir** travaille à un angle très fermé, sur une matière molle, sans choc : il coupe admirablement et s'émousse au moindre contact dur. Un **couteau de cuisine** est légèrement plus ouvert. Un **couteau de travail** encore plus. Une **hache** est franchement ouverte, parce qu'elle percute du bois dur avec toute l'énergie d'un mouvement de bras : un fil trop fermé s'y écraserait ou s'y ébrécherait au premier coup.\n\n**Un outil mal affûté n'est pas un outil moins performant : c'est un outil dangereux.** Il exige davantage de force, glisse au lieu de mordre, et part dans une direction imprévue. La plupart des coupures graves se font avec des lames émoussées.\n\n## Ce qui se passe quand on affûte\n\nOn enlève de la matière des deux côtés jusqu'à ce que les deux plans se rejoignent réellement. Tant qu'ils ne se rejoignent pas, il reste une surface plate microscopique au sommet — c'est cette surface qui reflète la lumière et qui fait qu'un fil émoussé « brille ».\n\nQuand les deux plans finissent par se rencontrer, l'acier en excès ne disparaît pas : il se replie et forme un fil de bavure sur le côté opposé à celui qu'on travaille, le **{{morfil|Fine bavure de métal qui se replie du côté opposé quand l'affûtage atteint enfin le fil.}}**. Sa présence est le signal que l'affûtage a atteint le fil sur toute la longueur. Il se sent en passant la pulpe du doigt perpendiculairement à l'arête, jamais dans le sens de la coupe.\n\nLe morfil se retire ensuite en alternant des passes très légères de chaque côté, puis en polissant. **Un morfil laissé en place donne un tranchant qui semble excellent et qui s'effondre au premier usage** : il se replie et arrache l'arête avec lui.\n\n## La progression des abrasifs\n\nUn abrasif grossier enlève de la matière vite et laisse des rayures profondes. Un abrasif fin enlève peu et polit.\n\nLa règle est simple et souvent violée : **on ne passe à l'abrasif suivant que lorsque le précédent a fait tout son travail sur toute la longueur.** Commencer trop fin double le temps sans améliorer le résultat ; sauter des étapes laisse des rayures profondes qui affaiblissent l'arête.\n\nL'ordre habituel va de la lime ou de la pierre grossière pour reformer un profil abîmé, à la pierre moyenne pour établir le fil, puis à la pierre fine pour l'affiner, et enfin au cuir pour polir et redresser.\n\nLe **cuir** ne coupe pas : il aligne. Il redresse les micro-ondulations de l'arête, qui se replient à l'usage. C'est pourquoi passer une lame sur un cuir régulièrement restaure le tranchant sans jamais enlever de matière — et c'est le geste le plus rentable de tout l'entretien.\n\n## Le rôle de l'acier\n\nDeux propriétés s'opposent et tout choix est un compromis.\n\nLa **dureté** permet de tenir un fil fin longtemps. La **ténacité** permet d'encaisser un choc sans casser.\n\nUn acier très dur garde son tranchant et s'ébrèche. Un acier plus tendre s'émousse vite mais se rattrape en quelques passes et ne casse pas. C'est pourquoi une hache et un rasoir ne sont pas faits du même acier ni traités de la même façon.\n\nLe traitement thermique décide de tout : chauffer puis refroidir brutalement durcit l'acier mais le rend cassant ; le réchauffer ensuite modérément lui rend de la ténacité en lui retirant un peu de dureté. Un acier récupéré et affûté sans connaître son traitement donnera un résultat imprévisible — c'est la principale difficulté de la récupération, traitée dans [[SURV-REC-002]].\n\n## Reconnaître un outil récupérable\n\nUn fil émoussé se refait en quelques minutes. Un fil ébréché demande de reprendre le profil sur plusieurs millimètres. Un fil tordu se redresse. **Une lame fissurée ne se répare pas** : la fissure se propage sous la contrainte.\n\nLa corrosion superficielle disparaît au grattage ; une corrosion qui a mangé l'épaisseur au niveau du fil condamne la zone. Voir [[TEC-COR-001]].\n\n## Ce que l'affûtage change ailleurs\n\nUn outil coupant net produit une coupe franche qui cicatrise mieux sur un végétal, casse moins de fibres sur une corde, et demande moins d'effort — donc moins de fatigue et moins d'erreurs. La lime mérite une place particulière dans un équipement : **c'est le seul outil qui régénère tous les autres**, et elle ne dépend d'aucune énergie extérieure.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-004","titre":"Le vélo","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo","transport","mecanique","energie"],"sources":["Wilson D., Bicycling Science, MIT Press","Whitt F., Wilson D., Bicycling Science, chapitre sur le rendement énergétique","Documentation technique des fabricants de transmission"],"corps":"::Aucune machine construite par l'humanité ne convertit l'énergie en déplacement aussi efficacement. Rien ne s'en approche, et cela ne dépend d'aucun carburant.::\n\n## Pourquoi c'est si efficace\n\nUn être humain qui marche dépense une grande part de son énergie à se soulever à chaque pas et à absorber l'impact du suivant. Le mouvement est fait d'accélérations et de décélérations permanentes.\n\nUn vélo supprime les deux. Le corps reste à hauteur constante, assis, et le mouvement des jambes est continu. L'énergie sert presque exclusivement à avancer.\n\nRésultat mesuré : **un cycliste parcourt une distance donnée pour une fraction de l'énergie qu'exigerait la marche**, à vitesse bien supérieure, et en transportant une charge qui repose sur la machine plutôt que sur le dos. C'est cette combinaison qui n'a aucun équivalent.\n\n## Ce qui vous freine réellement\n\nTrois résistances s'opposent au mouvement, et leur importance relative change complètement avec la vitesse.\n\n**La résistance de l'air** croît avec le carré de la vitesse, et la puissance nécessaire pour la vaincre avec son cube. À faible allure elle est négligeable ; au-delà d'une vitesse modérée, elle devient la dépense dominante. **C'est pourquoi la position compte plus que le poids du vélo dès qu'on roule vite**, et pourquoi rouler derrière quelqu'un économise beaucoup.\n\n**La résistance au roulement** dépend surtout de la pression des pneus et de la nature du sol. Un pneu sous-gonflé se déforme à chaque tour et dissipe cette énergie en chaleur. **Gonfler correctement est le geste le plus rentable de tout l'entretien**, avant n'importe quelle amélioration.\n\n**La pente**, qui domine tout le reste dès qu'elle apparaît. Monter, c'est soulever la masse totale, et le poids redevient alors le paramètre principal.\n\n## La transmission\n\nLe pédalier entraîne la roue par une chaîne, avec un rapport entre le nombre de dents à l'avant et à l'arrière. Ce rapport échange, comme toujours, de la force contre de la distance — principe de [[TEC-MAC-001]].\n\nLe point important est physiologique : **un muscle a un régime de rendement optimal**. Trop lent et en force, il fatigue et abîme les genoux ; trop rapide, il gaspille. La bonne pratique est de garder une cadence de pédalage à peu près constante et de changer de rapport pour la maintenir, plutôt que de forcer.\n\n## L'entretien qui compte\n\nCinq points couvrent l'essentiel, et ils prennent quelques minutes.\n\n**La pression des pneus**, à vérifier régulièrement — c'est le premier poste de perte d'énergie et de crevaison.\n\n**La chaîne**, nettoyée et lubrifiée. Une chaîne sèche et sale use tout le reste et perd du rendement. Une chaîne trop lubrifiée retient la poussière et fait pire.\n\n**Les freins** : usure des patins ou plaquettes, tension du câble, et absence de contact permanent qui freine en continu.\n\n**Le jeu** dans les roues, la direction et le pédalier. Un roulement qui prend du jeu se détruit vite, et il use l'axe avec lui.\n\n**Le serrage** des roues, de la selle et du guidon avant chaque sortie.\n\n## Les réparations sur place\n\n**La crevaison** est de très loin la panne la plus fréquente. La réparer demande de démonter la roue, sortir la chambre, **trouver le corps étranger dans le pneu** — sinon la réparation crève à nouveau immédiatement —, poncer, coller, remonter. C'est la compétence de base.\n\n**La chaîne cassée** se répare avec un dérive-chaîne et un maillon. Sans outil, on peut rouler avec une chaîne raccourcie et un seul rapport.\n\n**Le rayon cassé** se retire et se remplace ; en attendant, on détend les rayons voisins pour limiter le voilage.\n\nUn vélo peut rouler avec beaucoup de choses cassées : sans dérailleur, sans un frein, avec une roue légèrement voilée. **C'est une machine qui dégrade progressivement au lieu de s'arrêter net** — qualité rare et précieuse.\n\n## En transport de charge\n\nC'est l'usage le plus sous-estimé. Un vélo poussé à la main, chargé de plusieurs dizaines de kilos, transporte bien plus qu'un porteur à dos, sur des chemins impraticables en véhicule, sans carburant et sans bruit.\n\nDeux règles : **charge basse et répartie de part et d'autre de l'axe des roues**, et **rien qui dépasse ni ne balance**. Une charge haute rend l'ensemble instable et fatigue plus qu'elle ne soulage — le même principe que le portage décrit dans [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MEC-001","titre":"Assembler","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["assemblage","mecanique","outils","donnees"],"sources":["Machinery's Handbook — fasteners and joining","American Welding Society — welding fundamentals","USDA Forest Products Laboratory — Wood Handbook, chapitre sur les assemblages"],"corps":"::Un assemblage se choisit sur une seule question : est-ce que je veux pouvoir le défaire ?::\n\n## Les deux familles\n\n**Démontable** — vis, boulon, goupille, ligature, emboîtement. On peut revenir en arrière, remplacer une pièce, ajuster. En contrepartie, l'assemblage garde du jeu et peut se desserrer.\n\n**Définitif** — rivet, soudure, collage, clou. Plus résistant, plus rigide, plus compact. Mais démonter détruit, et réparer demande de refaire.\n\nEn récupération, la question est décisive : **un assemblage démontable rend la pièce réutilisable ailleurs**, ce qui vaut souvent plus que la résistance gagnée.\n\n## La vis et le boulon\n\nUne vis est un plan incliné enroulé : elle transforme un couple de rotation en une force axiale considérable, selon le principe exposé dans [[TEC-MAC-001]].\n\n**Ce qui tient un assemblage boulonné n'est pas la vis, c'est le serrage.** La tension dans la vis presse les pièces l'une contre l'autre, et c'est le frottement entre elles qui reprend les efforts. Une vis correctement serrée ne travaille presque pas en cisaillement.\n\nD'où la conséquence pratique : **un boulon desserré ne tient plus grand-chose**, même s'il est en place. Le desserrage vient des vibrations, de la dilatation, et du fluage des matériaux tendres. On le combat par un contre-écrou, une rondelle élastique, un frein filet, ou un simple fil de freinage — et surtout par un resserrage périodique.\n\nUne vis pour le bois travaille autrement : elle s'ancre en déformant les fibres. Un avant-trou évite de fendre et augmente la tenue, contrairement à l'intuition.\n\n## Le rivet\n\nDeux pièces percées, une tige insérée, une extrémité écrasée. L'assemblage est définitif, résistant en cisaillement, insensible aux vibrations, et il ne se desserre jamais.\n\nC'est le mode d'assemblage des structures avant la soudure, et il reste excellent en récupération : un clou coupé à longueur et maté sur une rondelle fait un rivet parfaitement fonctionnel.\n\n## La soudure\n\nElle fond localement les deux pièces pour n'en faire qu'une. C'est l'assemblage le plus résistant et le plus étanche.\n\nTrois choses à savoir avant d'y compter.\n\n**Elle demande une source d'énergie importante**, ce qui la rend peu accessible sans réseau. Un poste à souder rudimentaire peut se faire à partir de batteries en série, avec toutes les précautions de [[TEC-ENE-004]].\n\n**Elle modifie le métal autour du cordon.** La zone chauffée puis refroidie change de dureté et peut devenir fragile — c'est le même mécanisme que le traitement thermique décrit dans [[TEC-MEC-005]].\n\n**Elle ne s'applique pas à tout.** Chaque métal demande un procédé adapté, et l'on ne soude pas ensemble n'importe quels métaux.\n\nLe **{{brasage|Assemblage où seul le métal d'apport fond, sans faire fondre les pièces.}}**, où seul l'apport fond, demande beaucoup moins d'énergie et convient bien aux petites pièces et à l'étanchéité.\n\n## La ligature\n\nSous-estimée, et pourtant l'un des assemblages les plus efficaces sans outillage.\n\nElle fonctionne par frottement et par serrage. Trois règles la rendent solide : **des tours nombreux et jointifs**, une **{{{{frette|Tours de lien passés perpendiculairement entre les pièces ligaturées, qui serrent l'ensemble.}}|Tours de lien passés perpendiculairement entre les pièces, qui serrent la ligature.}}** — des tours perpendiculaires passés entre les pièces qui viennent serrer l'ensemble — et un **matériau qui se rétracte** en séchant, comme le cuir humide, le tendon ou la fibre végétale mouillée.\n\nBien faite, une ligature reprend des efforts considérables et se répare sur place. La fabrication du lien est dans [[TEC-MAT-003]].\n\n## L'assemblage bois\n\nLe bois s'assemble mieux qu'il ne se cloue. Une entaille ajustée transmet l'effort par contact sur une grande surface, alors qu'un clou concentre tout sur un point et fend en travaillant.\n\nDeux principes gouvernent tout : **travailler dans le sens des fibres**, parce que le bois est faible en travers ; et **laisser le bois bouger**, parce qu'il gonfle et retreint avec l'humidité. Un assemblage bloqué de toutes parts se fend au premier changement de saison — mécanisme expliqué dans [[TEC-MAT-001]].\n\n## Choisir, en pratique\n\n**Effort important et permanent** : boulonné serré, ou soudé.\n**Effort avec vibrations** : rivet, ou boulon freiné.\n**Assemblage à démonter** : vis et écrou, goupille.\n**Sans outillage** : ligature, emboîtement, coin.\n**Étanchéité** : soudure, brasage, ou joint comprimé par serrage.\n\nEt une règle qui vaut partout : **un assemblage casse presque toujours à sa jonction avec le reste**, pas en son milieu. C'est la reprise d'effort aux extrémités qu'il faut soigner, jamais le centre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-016","titre":"Tisser","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tissage","metier a tisser","chaine","trame","cadre","tissage aux cartes","lirette","sangles","jacquard"],"sources":["Musée des Tissus de Lyon, le métier Jacquard (1804)","Barber E.W., Women's Work: The First 20,000 Years, Norton, 1994","Collingwood P., The Techniques of Tablet Weaving, 1982"],"corps":"::En 1804, à Lyon, Joseph-Marie Jacquard invente un métier à tisser commandé par des cartes perforées : les trous décident quels fils se lèvent. C'est l'ancêtre direct de la programmation des ordinateurs. Mais pour tisser une sangle, un sac ou un tapis, il suffit d'un cadre en bois, de clous et de patience, comme depuis des milliers d'années.::\n\n## Le principe\n\n- **La chaîne** : des fils tendus parallèlement sur un cadre.\n- **La trame** : un fil qu'on fait passer **dessus, dessous, dessus, dessous** à travers la chaîne, puis dans l'autre sens au rang suivant.\n- **Tasser** chaque rang contre le précédent avec un peigne ou les doigts.\n\n## Le métier le plus simple\n\n1. **Un cadre** en bois (un vieux cadre de tableau, quatre tasseaux vissés), avec une rangée de clous en haut et en bas.\n2. **Tendre la chaîne** en zigzag entre les clous, bien serrée, fils régulièrement espacés.\n3. **Une navette** : un bâton plat où l'on enroule la trame.\n4. **Une baguette** glissée dans un rang sur deux de la chaîne et mise de chant ouvre le passage d'un coup : on gagne beaucoup de temps.\n\n## Les techniques utiles\n\n- **Le tissage aux cartes** : des cartes carrées percées aux quatre coins, que l'on fait tourner pour tordre les fils. Il donne des galons et des **sangles** très solides, pratiqué depuis l'âge du fer.\n- **Le métier à sangle** : la chaîne tendue entre un poteau et une ceinture autour de la taille du tisserand. Utilisé des Andes à l'Asie.\n- **La lirette** : des chutes de tissu découpées en bandes servent de trame. On en fait des tapis épais et des couvertures à partir de vieux vêtements. Les sacs plastique découpés en bandes marchent aussi.\n\n## Ce qu'on fait\n\nSangles, ceintures, bretelles, sacs, tapis, couvertures (en assemblant des bandes), toiles pour réparer. Le fil : [[TEC-AGR-033]]. La laine : [[TEC-MAT-015]]. La couture : [[TEC-MAT-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-015","titre":"Tricoter","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tricot","laine","chaussettes","detricoter","aiguilles","point mousse","cotes","crochet","recuperation"],"sources":["Croix-Rouge américaine, campagnes de tricot pour les soldats, 1917-1918","Rutt R., A History of Hand Knitting, Batsford, 1987","Zimmermann E., Knitting Without Tears, 1971"],"corps":"::Pendant la Première Guerre mondiale, des millions de femmes, d'enfants et d'hommes ont tricoté des chaussettes, des bonnets et des cache-nez pour les soldats des tranchées : dans l'humidité, des chaussettes de laine sèches étaient une question de survie. Deux bâtons, un vieux pull détricoté, et on refait un bonnet ou des chaussettes.::\n\n## Le matériel\n\n- **Des aiguilles** : du commerce, ou deux baguettes de bois poncées, des crayons, des rayons de vélo pour les chaussettes.\n- **De la laine** : neuve, ou **récupérée** en détricotant un vieux pull. On l'enroule en écheveau, on la trempe, on la laisse sécher tendue : elle redevient droite.\n\n## Les gestes de base\n\n1. **Monter les mailles** : une rangée de boucles sur une aiguille.\n2. **La maille endroit** : piquer l'aiguille libre dans la boucle, par l'avant, enrouler le fil, tirer la nouvelle boucle, laisser tomber l'ancienne.\n3. **La maille envers** : la même chose, en piquant par l'arrière et le fil devant.\n4. **Rabattre** à la fin : passer chaque maille par-dessus la suivante pour fermer le bord.\n\n## Les points utiles\n\n- **Le point mousse** : que des mailles endroit. Épais, élastique, il ne roule pas. Parfait pour débuter : écharpe, couverture.\n- **Les côtes** : une maille endroit, une maille envers, en alternance. Très élastiques : poignets, bords de bonnet, haut de chaussette.\n- **Le jersey** : un rang endroit, un rang envers. Lisse, pour les pulls.\n\n## Ce qu'on fait en premier\n\n- **Une écharpe** ou un **bonnet** : droits, simples.\n- **Des chaussettes et des moufles** : plus de technique, mais les plus précieuses. La laine tient chaud même mouillée. Voir [[TEC-SAN-027]].\n- **Des moufles feutrées** : tricotées grandes, puis lavées à l'eau chaude en frottant, elles rétrécissent et deviennent denses et coupe-vent.\n\n## Le crochet\n\nUn seul crochet (un bout de bois taillé suffit) et le même fil : filets, sacs, couvertures, bonnets.\n\nLe vêtement : [[TEC-MAT-004]]. Filer la laine : [[TEC-AGR-033]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-014","titre":"Le verre","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["verre","obsidienne","couper une bouteille","verre trempe","vitre","mastic","loupe","recuperation"],"sources":["Macfarlane A., Martin G., Glass: A World History, University of Chicago Press, 2002","Buck B.A., Ancient technology in contemporary surgery, Western Journal of Medicine, 1982","Corning Museum of Glass, histoire et fabrication du verre"],"corps":"::L'obsidienne, un verre naturel né des volcans, se taille en lames plus fines que le meilleur scalpel d'acier : quelques chirurgiens s'en sont servis pour des incisions très précises. Le verre se fabrique avec du sable, de la soude et de la chaux fondus vers 1 500 °C, hors de portée d'un atelier ordinaire. Mais les bouteilles, les bocaux et les vitres récupérés ne manquent jamais.::\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Le verre ordinaire** (bouteilles, bocaux, vitres) se coupe, se ponce et se récupère.\n- **Le verre trempé** (vitres latérales des voitures, portes de four, certaines tables) éclate d'un coup en petits cubes : il ne se coupe pas.\n- **Le pare-brise** est feuilleté : deux verres collés sur un film, il se fend sans tomber.\n- **Le verre dure** : des verres romains ont traversé deux mille ans.\n\n## Couper une bouteille\n\n1. **Rayer** une ligne continue tout autour avec un coupe-verre (un gabarit aide à rester droit).\n2. **Chauffer** la rayure (eau bouillante versée dessus, ou flamme de bougie en tournant), puis **refroidir** d'un coup à l'eau froide. Recommencer : elle se sépare net.\n3. **Poncer** longuement le bord sur du papier de verre mouillé ou une pierre, jusqu'à ce qu'il ne coupe plus.\n\nOn en fait des verres, des pots, des lampes, des cloches pour le jardin. Voir [[TEC-AGR-011]].\n\n## Remplacer une vitre\n\n1. Retirer les morceaux, **avec des gants épais** et des lunettes.\n2. Gratter le vieux mastic, poser une nouvelle vitre coupée **2 à 3 mm plus petite** que la feuillure.\n3. La caler par de petites pointes, puis étaler le mastic en biseau au couteau.\n\n## Le verre utile\n\n- **Une loupe** ou le fond d'une bouteille pleine d'eau concentre le soleil et allume un feu. Voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Les bocaux** pour les conserves. Voir [[TEC-ALI-005]].\n- **Les murs en bouteilles** noyées dans la terre ou le mortier laissent passer la lumière.\n\n## La sécurité\n\n- **Gants et lunettes**, toujours.\n- **Le verre cassé** se ramasse avec un pain de mie ou du ruban adhésif pour les éclats fins, et part dans un carton fermé et marqué : les éboueurs se coupent sur les sacs.\n- **Une coupure profonde** : voir [[URG-HEMO-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-013","titre":"Fabriquer du papier","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["papier","pate a papier","recyclage","forme","tamis","fibres vegetales","ortie","papier mache","cai lun"],"sources":["Hunter D., Papermaking: The History and Technique of an Ancient Craft, Dover, 1978","Tsien T.H., Paper and Printing, Science and Civilisation in China, volume 5, partie 1, 1985"],"corps":"::Vers l'an 105, un fonctionnaire de la cour de Chine, Cai Lun, présente à l'empereur une feuille faite d'écorce, de chanvre et de vieux chiffons écrasés dans l'eau. Le procédé mettra plus de mille ans à atteindre l'Europe par le monde arabe. Il n'a presque pas changé : des fibres dans l'eau, un tamis, et du soleil pour sécher.::\n\n## Recycler du vieux papier\n\n1. **Déchirer** du papier (journaux, cartons fins, cahiers) en petits morceaux, **faire tremper** une nuit.\n2. **Réduire en pâte** : au mixeur, ou en pilant longuement au bâton dans un seau.\n3. **Diluer** la pâte dans un grand bac d'eau : une soupe claire.\n4. **La forme** : un cadre en bois tendu d'une moustiquaire ou d'un grillage fin, et un second cadre vide posé dessus pour délimiter la feuille.\n5. **Plonger la forme** au fond du bac, la remonter bien à plat en la secouant doucement : une couche de fibres reste sur le tamis.\n6. **Égoutter**, retirer le cadre du dessus, puis **retourner** la feuille sur un linge humide.\n7. **Presser** entre deux planches pour chasser l'eau, puis **sécher** à plat.\n\n## À partir de plantes\n\n**Les fibres** : ortie, roseaux, massettes, paille, feuilles de maïs, écorce intérieure de mûrier.\n1. **Couper** en morceaux, **cuire deux à trois heures** dans une eau de cendre, qui défait ce qui tient les fibres. Voir [[TEC-CHI-012]].\n2. **Rincer** abondamment, **battre** au maillet jusqu'à une bouillie de fibres.\n3. Puis comme pour le papier recyclé.\n\n## Pour écrire dessus\n\nUn papier fait main boit l'encre. Un bain dans de l'eau d'amidon (eau de cuisson du riz, colle de farine très diluée) une fois sec le rend moins buvard.\n\n## Le papier mâché\n\nDes bandes de papier trempées dans une colle de farine, superposées sur une forme : bols, boîtes, masques, attelles légères. Voir [[TEC-CHI-011]].\n\n## Ce qui dure\n\nUn papier de chiffons ou de fibres longues, sans acide, se garde des siècles ; le papier journal jaunit et casse en quelques décennies. Pour écrire ce qui doit durer : [[SIG-COM-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-012","titre":"Réparer ses chaussures","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chaussures","semelle","recoller","coudre","alene","point sellier","graisse pour cuir","sandales en pneu","secher"],"sources":["Garsault F.-A. de, L'Art du cordonnier, Descriptions des arts et métiers, 1767","Compagnons du Devoir, métier de cordonnier-bottier"],"corps":"::Une chaussure cousue à trépointe, la technique des bons artisans depuis le XIXe siècle, se ressemelle plusieurs fois et dure dix ans ou plus. Une chaussure collée bon marché dure une saison. Dans une crise, les pieds font tout le travail : des chaussures qui tiennent valent de l'or.::\n\n## Recoller une semelle\n\n1. **Nettoyer** et **poncer** les deux surfaces, dégraisser à l'alcool.\n2. **Colle contact** (néoprène) en couche fine **sur les deux faces**.\n3. **Attendre** 10 à 15 minutes, jusqu'à ce qu'elle ne colle plus au doigt.\n4. **Presser très fort** d'un coup : marteau, pierre, sur une forme ou le pied d'un tabouret.\n5. **Serrer** une nuit (ficelle, serre-joint, poids).\n\nVoir [[TEC-CHI-011]].\n\n## Coudre\n\n- **Une alène** (un poinçon à manche, ou un clou affûté) pour percer, **du fil ciré** solide (fil de lin, fil de pêche, dentaire).\n- **Le point sellier** : deux aiguilles, une à chaque bout du fil, qui passent dans chaque trou en sens opposé. Si un point casse, la couture ne se défait pas.\n- **Un trou dans le dessus** : une pièce de cuir à l'intérieur, collée puis cousue.\n\n## Talons et semelles usés\n\nDes morceaux de **pneu** ou de chambre à air, découpés, collés et cloués avec de petites pointes. Le caoutchouc de pneu s'use lentement.\n\n## Imperméabiliser et entretenir\n\n- **Une graisse pour cuir** : suif ou graisse, huile et cire d'abeille fondus ensemble, massés dans le cuir propre et sec.\n- **Deux paires qu'on alterne** : une chaussure a besoin d'un jour pour sécher de l'intérieur.\n- **Des lacets de rechange**, ou de la cordelette.\n\n## Sécher des chaussures mouillées\n\n**Du papier journal** froissé dedans, changé toutes les quelques heures, **loin du feu** : trop de chaleur fait craquer le cuir et lâcher la colle.\n\n## Fabriquer\n\n**Les sandales en pneu** : une semelle découpée dans la bande de roulement, des lanières en chambre à air ou en cuir passées dans des fentes. Portées par des millions de gens en Afrique et en Asie, elles durent des années.\n\nLes pieds : [[SURV-DEP-003]]. Tanner le cuir : [[TEC-MAT-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-011","titre":"Caoutchouc et plastiques","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["plastiques","caoutchouc","codes de recyclage","souder le plastique","chambre a air","vulcanisation","pvc","recuperation"],"sources":["Goodyear C., Gum-Elastic and its Varieties, 1853","ASTM D7611, codes d'identification des résines plastiques","Precious Plastic, machines libres de recyclage du plastique"],"corps":"::Avant 1839, le caoutchouc collait en été et cassait en hiver. Charles Goodyear, à force d'essais qui l'ont ruiné, a découvert qu'en le chauffant avec du soufre, il devenait stable : la vulcanisation. Sans elle, pas de pneus, pas de joints, pas de bottes. Et chaque plastique qu'on jette a un code qui dit comment le réparer.::\n\n## Lire le code\n\nDans le petit triangle sous les objets :\n\n| Code | Plastique | Exemples | Réparation |\n|---|---|---|---|\n| 1 | PET | bouteilles d'eau | se découpe bien, supporte mal la chaleur |\n| 2 | PEHD | bidons, cuves, jerricans | se soude à chaud, ne se colle pas |\n| 3 | PVC | tuyaux, gaines | se colle à la colle PVC ; **ne jamais le brûler** |\n| 4 | PEBD | sacs, films, bâches | se soude à chaud |\n| 5 | PP | bouchons, boîtes, seaux | se soude à chaud, ne se colle pas |\n| 6 | PS | pots de yaourt, polystyrène | se colle, cassant |\n| 7 | autres | mélanges, ABS, polycarbonate | selon le cas |\n\n## Souder un plastique\n\nUn fer à souder ou un décapeur thermique, et des baguettes **du même plastique** (découpées dans un objet de même code) : on chauffe les deux bords et la baguette, on fait fondre ensemble, on lisse. Ça répare un bidon fendu, une caisse, un seau.\n\n## Récupérer le caoutchouc\n\n- **Les chambres à air** : bandes élastiques, tendeurs, liens, joints, rustines, sangles, semelles. Voir [[SURV-REC-024]].\n- **Les pneus** : semelles de sandales inusables, protections, bacs de culture.\n- **Les gants et les bottes** percés : pièces, joints, élastiques.\n\nLe caoutchouc vieillit au **soleil**, à la **chaleur** et à l'**ozone** : on le range à l'ombre.\n\n## Recycler soi-même\n\nDes plans libres permettent de construire des broyeurs, des presses et des extrudeuses pour transformer les déchets plastiques en planches, en pièces et en objets. Des ateliers en construisent partout dans le monde.\n\n## Les dangers\n\n- **Ne jamais brûler de plastique**, surtout le PVC : ses fumées sont corrosives et toxiques. Voir [[TEC-ENE-019]].\n- Ne pas chauffer d'aliments dans un plastique qui n'est pas prévu pour ça.\n- Les réservoirs d'eau : en plastique de qualité alimentaire seulement. Voir [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-010","titre":"Tanner une peau","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tannage","cuir","peau","ecorce de chene","cervelle","fumage","alun","charbon","megisserie"],"sources":["Richards M., Deerskins into Buckskins: How to Tan with Brains, Soap or Eggs, 2e édition, 2004","Reed R., Ancient Skins, Parchments and Leathers, Seminar Press, 1972","Organisation mondiale de la santé, maladie du charbon : risques liés aux peaux et aux laines"],"corps":"::Les tanneurs du Moyen Âge travaillaient avec de la chaux, de l'urine et des excréments de chien ou de pigeon. On les installait donc hors des murs, en aval de la rivière. Une peau crue pourrit en quelques jours ; tannée, elle dure des siècles. Entre les deux, beaucoup de travail et un peu d'odeur.::\n\n## Avant le tannage\n\n1. **Écharner** : racler toute la graisse et la chair côté intérieur, avec une lame émoussée, la peau tendue sur un rondin.\n2. **Conserver** si on ne tanne pas tout de suite : saler abondamment côté chair, ou sécher la peau tendue à l'ombre.\n3. **Épiler** si on veut du cuir sans poils : tremper quelques jours dans de l'eau de cendre ou de chaux, jusqu'à ce que les poils s'arrachent facilement, puis racler et rincer. **Gants** : c'est caustique.\n\n## Trois façons de tanner\n\n**Aux écorces** (le vrai cuir)\n- Écorces de chêne, de châtaignier ou de sumac broyées, trempées dans l'eau : le jus brun est riche en **tanins**.\n- La peau passe dans des bains **de plus en plus forts**, pendant des semaines à des mois selon l'épaisseur.\n- Résultat : un cuir ferme, qui résiste à l'eau. Semelles, ceintures, harnais, étuis.\n\n**À la cervelle et à la fumée** (la peau souple des peuples chasseurs)\n- La cervelle de l'animal, écrasée dans l'eau chaude, fait une émulsion grasse. On dit que chaque animal a assez de cervelle pour tanner sa propre peau.\n- La peau y trempe, puis on la **tire et on l'assouplit sans arrêt pendant qu'elle sèche** : c'est ce travail qui la rend souple.\n- On la **fume** ensuite au-dessus d'un feu de bois pourri : elle restera souple même après avoir été mouillée.\n\n**À l'alun et au sel** (mégisserie)\n- Bains d'alun et de sel : une peau blanche et souple, idéale avec les poils (fourrures).\n- Ce n'est pas un vrai tannage : mouillée longtemps, elle se défait.\n\n## Finir\n\nGraisser le cuir avec un mélange de suif, d'huile et de cire : il reste souple et repousse l'eau. Voir [[TEC-MAT-012]].\n\n## Précautions\n\n- **Uniquement les peaux d'animaux sains** : le charbon (une maladie grave) se transmet par les peaux et les laines de bêtes mortes de maladie.\n- **Gants** pour la chaux et la cendre, **lavage des mains**.\n- Le tannage industriel au chrome est toxique : il ne se fait pas à la maison.\n\nVider et dépecer un animal : [[SURV-RES-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-009","titre":"L'argile et la céramique","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["argile","poterie","ceramique","cuisson","colombins","degraissant","terre cuite","filtre ceramique","plomb"],"sources":["Wu X. et al., Early pottery at 20,000 years ago in Xianrendong Cave, China, Science, 2012","Rice P.M., Pottery Analysis: A Sourcebook, University of Chicago Press, 2e édition, 2015","Potters for Peace, filtres céramiques pour l'eau"],"corps":"::Les plus vieux pots connus ont environ 20 000 ans, trouvés dans une grotte de Chine, bien avant l'agriculture. De la terre, de l'eau et un feu : c'est tout ce qu'il faut pour des marmites, des jarres, des briques, un four à pain et même un filtre à eau.::\n\n## Trouver l'argile\n\nOn la trouve dans les berges de rivière, sous la terre végétale, dans les talus coupés.\n\n**Le test du boudin** : rouler un boudin de la grosseur d'un crayon et le plier en anneau. S'il se ferme sans se fissurer beaucoup, l'argile est assez plastique pour le modelage.\n\n## La préparer\n\n1. **Sécher** et **écraser** la terre, retirer cailloux et racines.\n2. **Tremper** dans l'eau, remuer, **tamiser**, laisser décanter.\n3. **Égoutter** jusqu'à une pâte qui ne colle plus aux mains.\n4. **Ajouter un dégraissant** : du sable fin, de la terre cuite pilée, des coquilles broyées. Il limite les fissures au séchage et à la cuisson, et aide les marmites à supporter le feu.\n5. **Pétrir** longuement pour chasser les bulles d'air, qui font éclater les pièces.\n\n## Façonner\n\n- **Au pincement** : une boule creusée entre les doigts, pour les petits bols.\n- **Aux colombins** : des boudins empilés en spirale puis lissés. On fait ainsi de grandes jarres.\n- **À la plaque** : des galettes découpées et assemblées.\n\n## Sécher\n\n**Lentement, à l'ombre**, plusieurs jours à plusieurs semaines, retourné de temps en temps. Un séchage inégal fissure.\n\n## Cuire\n\n- **Chauffer doucement d'abord**, près du feu, pour chasser la dernière eau : une pièce humide explose.\n- **Au feu de bois ou en fosse** : on entoure les pièces de bois et de bouses sèches, on monte lentement. On atteint 600 à 900 °C : une **terre cuite** poreuse.\n- **Au four**, au-dessus de 1 200 °C : le **grès**, dur et étanche.\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **Marmites, jarres, gourdes** ; une jarre poreuse garde l'eau fraîche en transpirant. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Briques** crues ou cuites, **four à pain**. Voir [[TEC-MET-011]].\n- **Filtres à eau** : une argile mêlée de sciure, cuite, devient un pot poreux qui retient la plupart des bactéries. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## Attention au plomb\n\nLes vieilles poteries à **glaçure au plomb** (émail brillant, souvent jaune, vert ou brun, artisanal) relâchent du plomb dans les aliments acides. On ne s'en sert pas pour le vinaigre, les fruits, le vin.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-008","titre":"Les cintres","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cintre","fil de fer","voute","arc","maconnerie","cintrage","tube","theatre","recuperation"],"sources":["US Patent 822,981 (Albert J. Parkhouse, fil métallique pour vêtements, déposé en 1904) et brevet de O. A. North, 1869","Adam J.-P., La construction romaine : matériaux et techniques, Picard","Heyman J., The Stone Skeleton: Structural Engineering of Masonry Architecture, Cambridge University Press","Manuels de plomberie et de chaudronnerie (cintrage des tubes)"],"corps":"::Le même mot désigne le bout de fil de fer de votre penderie, la charpente en bois qui a porté toutes les voûtes du monde pendant leur construction, et le geste du plombier qui plie un tube sans l'écraser. Les trois sont utiles.::\n\n## Le cintre à vêtements\n\n**Son histoire.** Des supports en bois pour vêtements existent depuis longtemps ; un premier brevet américain de crochet en fil métallique date de 1869. La forme moderne, un triangle de fil de fer avec un crochet, est attribuée à **Albert Parkhouse**, un ouvrier du Michigan qui, selon l'histoire, tordit un fil pour y suspendre son manteau en 1903, faute de patère libre.\n\n**Ses matières**\n\n- **Le fil d'acier**, d'environ 2 à 3 mm, souvent galvanisé, peint ou plastifié : celui des pressings. Un cintre donne un peu plus d'un mètre de fil une fois déplié.\n- **Le bois**, pour les costumes et les manteaux, parce qu'il garde la forme des épaules.\n- **Le plastique**, léger et bon marché, qui casse au froid.\n\n## Le cintre en fil de fer : une ressource\n\nUn mètre de fil d'acier rigide, qui se plie à la main et garde sa forme. Ceux qui en ont dans les poches en font :\n\n- **un crochet** pour suspendre une gamelle au-dessus du feu, un sac hors de portée des rongeurs, une lampe au plafond d'une tente ;\n- **une pique à griller** : brûlez d'abord la peinture ou le plastique dans les flammes, jusqu'au métal nu, avant d'y mettre de la nourriture ;\n- **un furet** pour déboucher un siphon : un crochet au bout, et on tire les cheveux au lieu de les pousser ;\n- **une antenne de fortune** pour une radio FM ou une télévision, branchée sur l'entrée d'antenne : un fil déplié et dressé capte bien mieux que rien, voir [[TEC-RAD-001]] ;\n- **une attelle de renfort** pour un doigt ou un poignet, bien rembourrée, voir [[URG-FRAC-001]] ;\n- **une « troisième main »** pour tenir deux fils pendant une soudure à l'étain, ou une lampe braquée sur un moteur ;\n- **une ligature** pour serrer un manche fendu, un tuyau, un pot d'échappement qui pend.\n\n**Ce qu'il ne fait pas bien** : les hameçons (trop gros et trop mous pour tenir un poisson moyen) et les collets (trop raides pour se refermer). Pour ça, le fil fin de laiton ou d'acier recuit est bien meilleur.\n\n## Le cintre de maçon : comment on construit une voûte\n\nUne voûte ou un arc en pierre **ne tient que lorsqu'il est fini** : tant que la pierre du sommet, la **clé**, n'est pas posée, les pierres tombent vers l'intérieur. Pendant la construction, elles reposent donc sur un **cintre** : une charpente provisoire en bois, découpée exactement à la forme de la voûte.\n\n1. On dresse le cintre sur des étais, avec des **cales** ou des coins en dessous.\n2. On pose les pierres (les **voussoirs**) de chaque côté, en montant symétriquement.\n3. On pose la clé au sommet. Toutes les pierres se serrent les unes contre les autres.\n4. On **décintre** : on retire doucement les cales, le cintre descend de quelques centimètres, et la voûte se met à porter seule.\n\nPonts romains, cathédrales, caves voûtées : tous ont été montés sur des cintres. Une voûte bien faite ne travaille qu'en compression, et c'est pour cela que des ponts en pierre sans ciment tiennent depuis deux mille ans. Voir [[TEC-CON-001]].\n\n## Cintrer un tube : plier sans écraser\n\nPlier un tube de cuivre ou d'acier à la main l'aplatit au pli, et l'eau ne passe plus. Les plombiers le **cintrent** :\n\n- avec une **cintreuse**, une roue à gorge autour de laquelle on enroule le tube ;\n- avec un **ressort à cintrer**, glissé à l'intérieur ou autour du tube, qui l'empêche de s'écraser ;\n- et, sans rien, **avec du sable** : bouchez une extrémité, remplissez le tube de sable sec bien tassé, bouchez l'autre, puis pliez lentement autour d'un poteau ou d'une bûche ronde. Le sable soutient la paroi. Un cuivre recuit (chauffé au rouge sombre puis refroidi) se plie encore plus facilement.\n\n## Le cintre de théâtre\n\nAu-dessus d'une scène, les **cintres** sont la partie haute de la cage de scène, où l'on remonte les décors, les rideaux et les projecteurs, suspendus à des perches et des contrepoids. Les machinistes qui y travaillent, les cintriers, héritent directement des gréements de marine : ce sont souvent d'anciens marins qui ont inventé ce métier, et leurs nœuds sont ceux des voiliers. Voir [[SURV-NOE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-007","titre":"Le sac","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sac","dos","bretelle","couture","charge","transport","répartition"],"sources":["Documentation sur la conception des sacs à dos de randonnée et militaires","Manuels de maroquinerie et de sellerie","Principes ergonomiques de répartition des charges portées"],"corps":"::Un sac est un contenant souple qui transfère une charge du sol au corps. La différence entre un bon sac et un mauvais, c'est la répartition — pas le volume.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le problème de la charge portée\n\nUn humain porte confortablement un cinquième de son poids, péniblement un tiers, et se blesse au-delà. La clé n'est pas de porter moins mais de porter mieux : descendre la charge des épaules vers les hanches, plaquer le poids contre le dos, et empêcher le contenu de ballotter.\n\n### Les trois familles\n\n**Le sac à main / besace.** Un rectangle cousu avec une anse. Charge sur une épaule, déséquilibre le corps. Bon pour le léger et le court.\n\n**Le sac à dos.** Deux bretelles répartissent la charge sur les deux épaules. La ceinture de hanches transfère le poids des épaules aux hanches — c'est elle qui permet de porter lourd longtemps. Le dos rigide (armature ou plaque) plaque la charge et empêche les objets durs de s'enfoncer dans le dos.\n\n**Le sac de transport / barda.** Sans armature, en toile résistante, avec des points d'attache. Le duffle bag, le sac marin, la musette. Polyvalent, roulable, mais sans confort de portage.\n\n## AGIR\n\n### Construire un sac à dos simple\n\n**Matériaux.** Toile de coton épaisse (canvas), bâche, cordura récupéré, cuir épais. Le tissu doit résister à l'abrasion et au poids sans se déchirer aux coutures.\n\n**1. Le corps.** Un rectangle de tissu plié en deux et cousu sur les côtés. Le fond peut être renforcé d'une double épaisseur ou d'un rectangle de matériau rigide (carton fort, plastique, contreplaqué fin).\n\n**2. La fermeture.** Rabat supérieur (la méthode la plus simple : un volet qui se replie et se ferme par boucle, sangle ou bouton), ou cordon coulissant dans un ourlet.\n\n**3. Les bretelles.** Deux bandes de tissu épais ou de sangle, cousues au sommet du dos et à la base. Largeur minimale de cinq centimètres pour ne pas couper la circulation. Un rembourrage (tissu plié, mousse récupérée) augmente le confort. Voir [[TEC-MAT-005]] pour les coutures.\n\n**4. Les renforts.** Coudre double ou triple aux attaches des bretelles — c'est le point de rupture. Un rivet ou un boulon traversant complété d'une rondelle est plus solide qu'une couture seule. Le fond cousu en croix résiste mieux au poids.\n\n**5. La ceinture de hanches.** Une sangle large cousue à la base du sac, avec une boucle de fermeture. Elle transfère jusqu'à la moitié du poids sur les hanches — c'est ce qui transforme un sac inconfortable en sac portable.\n\n### Charger correctement\n\n**Le lourd au centre et contre le dos.** Le léger et le volumineux autour et au-dessus. Le poids loin du dos fait basculer en arrière et force le porteur à se pencher en avant.\n\n**Le fréquent en haut ou dans les poches.** Ce qu'on sort souvent ne doit pas obliger à vider le sac.\n\n**Comprimer.** Des sangles de compression plaquent le contenu et empêchent le ballottement qui fatigue et déséquilibre.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de tissu résistant.** Plusieurs couches de tissu léger cousues ensemble. Un jean découpé. Un rideau. Une bâche de chantier. La doublure augmente la résistance plus que l'épaisseur du fil.\n\n**Le sac doit être étanche.** Doubler l'intérieur d'un sac-poubelle. Enduire l'extérieur de cire fondue (paraffine, cire d'abeille). Utiliser une bâche plastique comme matériau de base.\n\n**Vous devez tout porter sur une longue distance.** La ceinture de hanches n'est pas optionnelle. Et le poids total ne doit pas dépasser un quart du poids du corps pour marcher longtemps. Au-delà, on tranche sur ce qu'on emporte.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La ceinture de hanches fait le sac à dos.** Sans elle, les épaules portent tout et lâchent vite. Avec, les hanches prennent la moitié et le porteur tient des heures.\n\n**Renforcez les attaches des bretelles** : c'est le point de rupture de tout sac artisanal, et la couture y subit une force continue.\n\n**Charger lourd contre le dos, léger autour** — cette règle seule divise par deux la fatigue du portage.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-006","titre":"Le fil","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["fil","filage","fuseau","rouet","torsion","fibre","laine","coton","lin"],"sources":["Barber E., Prehistoric Textiles — fibres et techniques de filage","Documentation sur le filage au fuseau et au rouet","Manuels de transformation des fibres textiles brutes"],"corps":"::Des fibres courtes et faibles, torsadées ensemble, deviennent un fil long et solide. C'est le principe du filage, et il n'a pas changé depuis dix mille ans. Ce qui a changé, c'est la vitesse — pas la physique.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### La torsion fait tout\n\nUne fibre de coton mesure deux à trois centimètres. Une fibre de laine, cinq à quinze. Aucune n'est assez longue pour coudre ou tisser quoi que ce soit. Mais si on les aligne et qu'on les tord ensemble, les frottements entre fibres les verrouillent : plus on tire, plus elles serrent. C'est une corde à l'échelle microscopique.\n\n### Sens de torsion\n\nOn tord dans un sens — S ou Z, selon que la spirale monte vers la gauche ou vers la droite. Deux fils S tordus ensemble en sens Z donnent un fil retors : plus solide, plus rond, moins enclin à se détordre. C'est le fil des machines à coudre et des cordages. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\n### Préparer la fibre\n\n**Le cardage.** On peigne la fibre brute (laine, coton) entre deux surfaces garnies de pointes pour la démêler et aligner grossièrement les fibres. Le résultat est un ruban léger et aéré.\n\n**Le peignage.** On tire le ruban cardé à travers des peignes fins qui retirent les fibres courtes et alignent les longues. Le fil peigné est plus fin, plus lisse, plus résistant.\n\n**Le teillage (lin).** On casse la tige sèche pour séparer l'écorce fibreuse du bois intérieur. Puis on peigne. Le lin non teillé donne de la filasse grossière ; le lin peigné donne un fil fin.\n\n## AGIR\n\n### Filer au fuseau\n\nLe fuseau est l'outil le plus ancien et le plus simple. C'est une tige lestée d'un poids (la fusaiole) qui tourne sur elle-même comme une toupie.\n\n**1.** Attacher un brin de fil existant (l'amorce) au fuseau.\n\n**2.** Accrocher quelques fibres du ruban cardé à l'amorce en les torsadant avec les doigts.\n\n**3.** Lancer le fuseau en rotation. La torsion remonte le long des fibres et les verrouille.\n\n**4.** Laisser filer des fibres du ruban au fur et à mesure que la torsion prend, en contrôlant l'épaisseur avec les doigts — c'est le geste clé, celui qui s'apprend par la pratique.\n\n**5.** Quand le fuseau touche le sol, enrouler le fil produit autour de la tige et recommencer.\n\nLe fuseau produit un fil lent mais de bonne qualité. Un fileur débutant fait quelques mètres par heure ; un fileur expérimenté, quelques centaines.\n\n### Filer au rouet\n\nLe rouet mécanise la rotation : une pédale entraîne une roue qui fait tourner la broche par une courroie. Les mains contrôlent le débit de fibre — la machine fournit la torsion.\n\nPlus rapide que le fuseau, mais nécessite un appareil construit. Les rouets anciens sont en bois, entièrement réparables. Les rouets modernes ajoutent des roulements à billes.\n\n### Obtenir un fil pour machine à coudre\n\nUn fil de machine doit être fin, régulier, bien tordu et lisse. C'est le fil le plus exigeant à produire à la main. Il faut :\n\n- Une fibre longue et fine (lin peigné, coton longue soie, laine mérinos peignée).\n- Un filage fin au fuseau léger ou au rouet à rapport élevé (beaucoup de torsion).\n- Un retordage : deux fils fins tordus ensemble en sens inverse.\n- Un passage à la cire pour lisser la surface et réduire le frottement dans le chas et la canette.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez que des fibres grossières.** Un fil grossier ne passe pas dans une machine mais se coud à la main et se tisse. Le fuseau accepte n'importe quelle fibre assez longue pour s'accrocher.\n\n**Vous n'avez pas de fuseau.** N'importe quelle tige lestée tourne : un bâton droit avec une rondelle de bois ou un caillou percé. Les premiers fuseaux étaient cela — rien de plus.\n\n**Les fibres synthétiques ne se filent pas.** Le polyester et le nylon sont des filaments continus fabriqués par extrusion industrielle. On ne peut pas les filer à la main. On peut en revanche retordre des fils synthétiques récupérés pour les renforcer.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La torsion transforme le faible en solide.** C'est le principe unique, des fibres brutes au cordage.\n\n**Le fuseau suffit pour tout.** Il est lent, mais il ne demande qu'un bâton, un poids et des mains. Dix mille ans de textile humain l'attestent.\n\n**Le fil de machine est le plus exigeant** : fin, retors, ciré. Sans industrie, on y arrive mais lentement — et le fil à la main se coud d'abord à la main.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-005","titre":"La couture","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["couture","aiguille","fil","machine","point","ourlet","poche","réparation","bouton"],"sources":["Documentation sur la couture à la main et les points de base","Manuels d'utilisation des machines à coudre mécaniques Singer et Pfaff","Guides de réparation textile et de retouche"],"corps":"::Coudre, c'est assembler. Deux morceaux de tissu, une aiguille et un fil — le reste n'est que variation. La machine accélère, mais la main fait tout ce que la machine fait, en plus lent et souvent en plus solide.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le principe unique\n\nUne aiguille perce le tissu et tire un fil à travers. Le fil, tendu et noué, maintient les pièces ensemble. Tout le reste — points, machines, techniques — n'est que des manières de rendre cette liaison plus solide, plus rapide ou plus propre.\n\n### Les points de base\n\n**Le point droit.** L'aiguille entre et sort à intervalles réguliers. Simple, rapide, mais chaque point est indépendant — si le fil casse, tout se défait.\n\n**Le point arrière.** L'aiguille revient en arrière d'un demi-point à chaque passage, créant une ligne continue où chaque point chevauche le précédent. **C'est le point le plus solide à la main** — celui qu'il faut connaître si on n'en connaît qu'un.\n\n**Le point de surjet.** Le fil passe par-dessus le bord du tissu en diagonale. Empêche l'effilochement. C'est la finition des bords coupés.\n\n**Le point invisible.** Petit point qui ne traverse qu'une fraction de l'épaisseur du tissu visible, puis plonge dans le repli de l'ourlet. Ne se voit pas à l'extérieur. C'est le point des ourlets propres.\n\n### La machine à coudre mécanique\n\nLa machine fait un point que la main ne peut pas faire : le **point noué**. Deux fils — un dessus (bobine), un dessous (canette) — se croisent dans l'épaisseur du tissu à chaque passage. Le résultat est solide, régulier, et rapide.\n\n**Anatomie.** Le volant entraîne l'aiguille et le mécanisme de canette. Le pied presseur maintient le tissu. Les griffes d'entraînement le font avancer. Le sélecteur de point choisit le motif. La molette de tension règle la force sur le fil supérieur.\n\n**Une machine mécanique fonctionne sans électricité.** Les anciennes machines à pédale ou à manivelle sont des technologies complètes et autonomes. Voir [[TEC-MEC-001]].\n\n## AGIR\n\n### Coudre à la main\n\n**1. Enfiler l'aiguille.** Couper le fil en biais pour une pointe nette. Passer à travers le chas. Si le chas est trop petit : mouiller la pointe du fil ou utiliser un enfile-aiguille.\n\n**2. Nouer.** Enrouler le bout du fil autour du doigt, rouler pour former une boucle, tirer. Le noeud empêche le fil de traverser le tissu.\n\n**3. Piquer.** Point arrière pour les assemblages solides. Points réguliers, espacés de deux à trois millimètres pour le fin, quatre à cinq pour le gros. Tirer fermement sans froncer.\n\n**4. Arrêter.** Trois petits points superposés au même endroit, puis couper. Ou passer l'aiguille sous les derniers points pour nouer.\n\n### Coudre à la machine\n\n**1. Installer la canette.** Bobiner le fil inférieur, insérer dans le boîtier sous la plaque à aiguille.\n\n**2. Enfiler le fil supérieur.** Suivre le chemin : porte-bobine, guide-fil, disques de tension, releveur de fil, guide d'aiguille, chas. Un enfilage incorrect donne des bourrages.\n\n**3. Régler la tension.** Trop serrée : le tissu fronce. Trop lâche : des boucles en dessous. On ajuste et on teste sur une chute.\n\n**4. Piquer.** Poser le tissu, abaisser le pied, guider sans tirer — la machine avance seule. Au début et à la fin, un aller-retour de quelques points verrouille la couture.\n\n### Opérations courantes\n\n**Ourler.** Replier le bord de cinq millimètres, puis encore de dix à quinze. Epingler. Coudre au point invisible (main) ou au point droit (machine), près du premier pli.\n\n**Poser un bouton.** Placer le bouton, passer le fil à travers les trous et le tissu — six passages par paire de trous. Enrouler le fil autour de la tige entre bouton et tissu pour laisser de l'aisance. Arrêter derrière.\n\n**Ajouter une poche.** Découper la poche (rectangle avec marges). Replier et coudre le bord supérieur (ouverture). Replier les trois autres bords, épingler sur le vêtement, coudre en U. **Renforcer les coins supérieurs** par un triangle de points ou un aller-retour — c'est là que la poche arrache.\n\n**Réparer un accroc.** Rapprocher les bords, coudre au point arrière serré. Si le trou est grand : poser une pièce de tissu en renfort, coudre tout autour.\n\n## ADAPTER\n\n**Pas d'aiguille.** Une épingle de sûreté, une épine d'acacia, un clou fin limé, un os taillé. Le chas se perce ou on attache le fil derrière la tête.\n\n**Pas de fil.** Fil de pêche, fil électrique fin dénudé, fibres végétales torsadées (lin, ortie — voir [[TEC-MAT-003]] et [[TEC-MAT-006]]), tendons animaux séchés.\n\n**La machine bourre ou casse le fil.** Nettoyer la canette et les griffes, réenfiler entièrement, vérifier que l'aiguille est droite et du bon calibre. Tissu épais = grosse aiguille. Tissu fin = aiguille fine.\n\n**Coudre du cuir.** L'aiguille ordinaire ne perce pas. Il faut une alène (pointe qui perce un trou) puis l'aiguille passe dans le trou. Ou une aiguille à cuir avec pointe triangulaire qui coupe au lieu de pousser.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le point arrière est le point universel.** Solide, continu, il suffit pour assembler n'importe quoi.\n\n**Une machine mécanique n'a pas besoin d'électricité** et se répare avec un tournevis. C'est une technologie complète qui dure des décennies.\n\n**Renforcer les points de tension** — coins de poches, entrejambe, aisselles, boutonnières — c'est la différence entre un vêtement qui tient et un vêtement qui s'ouvre.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-004","titre":"Le vêtement","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["textile","coton","laine","lin","tissu","tissage","jean","confection","patron"],"sources":["Barber E., Prehistoric Textiles — The Development of Cloth","Documentation sur les fibres textiles et les méthodes de tissage","Histoire du jean et de la confection industrielle"],"corps":"::Le vêtement est la première technologie. Avant l'outil en pierre polie, les peaux cousues ont permis aux humains de survivre là où leur corps nu ne le pouvait pas. Fabriquer un vêtement, c'est transformer une matière en protection — et chaque matière dicte ses règles.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Les matières et ce qu'elles font\n\nChaque fibre a un caractère, et le choisir mal ruine le vêtement.\n\n**Le coton.** Fibre végétale, douce, absorbante, facile à teindre et à coudre. Défaut majeur : il absorbe l'eau et sèche lentement — mouillé, il ne protège plus du froid et peut provoquer l'hypothermie. C'est le tissu du climat tempéré sec.\n\n**Le lin.** Fibre végétale, plus solide que le coton, sèche vite, frais au toucher. Froisse facilement, casse si on le plie toujours au même endroit. Le tissu d'été par excellence.\n\n**La laine.** Fibre animale. La seule qui isole encore mouillée — elle retient l'air entre ses fibres et repousse une partie de l'eau. Chaude, élastique, autonettoyante. Gratte si la fibre est épaisse. La fibre de survie par excellence.\n\n**La soie.** Fibre animale (ver à soie). Légère, résistante pour sa finesse, isolante. Historiquement utilisée sous les armures car elle ne se perce pas facilement — elle s'enfonce avec la pointe et facilite l'extraction.\n\n**Les synthétiques.** Le polyester résiste à l'eau, sèche vite, ne pourrit pas — mais fond au feu et colle à la peau. Le nylon est élastique et solide mais fond aussi. Le Gore-Tex bloque l'eau liquide mais laisse passer la vapeur. Aucun synthétique ne se fabrique sans industrie.\n\n### Du fil au tissu\n\n**Le tissage.** Deux séries de fils perpendiculaires — la chaîne (tendue sur le métier) et la trame (passée entre les fils de chaîne). Résultat : un tissu stable, peu élastique, qui ne se défait pas facilement. Le sergé (fils croisés en diagonale) donne le jean. Le satin (longs flottés de chaîne) donne la surface lisse. Voir [[TEC-MAT-006]] pour la fabrication du fil.\n\n**Le tricotage.** Un seul fil bouclé en mailles imbriquées. Tissu élastique, adaptable au corps. Se défait si une maille casse.\n\n**Le feutre.** Fibres compressées sans fil ni trame. Fonctionne avec la laine (les écailles des fibres s'accrochent sous chaleur et pression). Etanche, isolant, rigide. Voir [[TEC-MAT-003]] pour la fibre brute.\n\n### Le jean — un cas d'école\n\nLe jean réunit tout : du coton filé serré en sergé, teint à l'indigo, renforcé de rivets en cuivre aux points de tension — poches, entrejambe. Il a été conçu pour les mineurs de la ruée vers l'or. Un vêtement de travail devenu universel parce que sa construction est la bonne réponse à la contrainte mécanique.\n\n## AGIR\n\n### Construire un vêtement\n\n**1. Le patron.** Mesures du corps (tour de poitrine, tour de taille, longueur de bras), aisance ajoutée (quelques centimètres pour bouger), pièces dessinées à plat. Un T-shirt : deux rectangles et deux manches. Un pantalon : quatre pièces et une ceinture.\n\n**2. La coupe.** Tissu à plat, patron posé dessus, un centimètre de marge autour pour la couture. Couper net — un ciseau de couture coupe proprement, un ciseau ordinaire déchire. Sans ciseau : un cutter, une lame de rasoir, ou un tranchant bien affûté sur une surface dure.\n\n**3. L'assemblage.** Endroit contre endroit (les faces visibles ensemble), on coud le long de la marge, puis on retourne. Les coutures apparaissent à l'intérieur. Voir [[TEC-MAT-005]].\n\n**4. Les finitions.** Ourlets (bords repliés et cousus pour ne pas s'effilocher), boutons ou lacets de fermeture, renforts aux points de tension — genoux, coudes, entrejambe, aisselles.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez que de la récupération.** Défaire un vêtement trop abîmé pour récupérer le tissu. Les coutures se décousent, les morceaux se repatronent en pièces plus petites. Un manteau d'adulte donne un vêtement d'enfant.\n\n**Le tissu s'effiloche.** C'est un tissu chaîne-trame coupé à vif. Replier le bord et coudre (ourlet). Pour un synthétique, le bord se cautérise à la flamme — courte, sans faire fondre.\n\n**Laine contre coton pour le froid.** La laine, toujours. Le coton mouillé vole la chaleur corporelle. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous n'avez pas de fermeture éclair.** Boutons en bois, os, coquillage ou métal récupéré. Boutonnières : une fente renforcée de points serrés. Les fermetures éclair ne se fabriquent pas à la main — quand la dernière casse, on revient au bouton.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La matière décide.** Chaque fibre a ses propriétés : la laine isole mouillée, le coton non ; le synthétique fond au feu, le naturel brûle mais ne colle pas.\n\n**Du fil au tissu : tisser, tricoter ou feutrer.** Chacun produit un résultat différent, et le tissage demande un métier que le tricotage n'exige pas.\n\n**Le patron transforme un rectangle en vêtement.** Sans patron, on obtient une tunique — ce qui vaut mieux que rien.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-003","titre":"Fibres et cordages","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["corde","fibres","materiaux","donnees"],"sources":["Cordage Institute — fibre rope technical standards","USDA Forest Products Laboratory — natural fibres","Ashley C., The Ashley Book of Knots"],"corps":"::Sans lien, rien ne tient. La corde est l'objet le plus sous-estimé d'un équipement et le plus difficile à remplacer.::\n\n## Ce qui fait la résistance d'une corde\n\nUne fibre isolée casse facilement. Des milliers de fibres parallèles cassent aussi facilement, parce qu'elles glissent les unes sur les autres au lieu de partager l'effort.\n\n**La torsion résout ce problème.** En tordant les fibres, on les presse les unes contre les autres : le frottement les solidarise, et l'ensemble travaille comme un tout. Plus la traction augmente, plus la torsion serre — la corde se resserre sur elle-même.\n\nC'est pourquoi une corde traditionnelle est construite en torsions alternées : les fibres sont tordues dans un sens pour faire un fil, les fils tordus dans l'autre pour faire un toron, les torons retordus dans le premier sens. **Cette alternance empêche l'ensemble de se détordre**, et c'est la même idée à chaque étage.\n\n## Les fibres naturelles\n\nElles proviennent de trois origines : la tige de certaines plantes, les feuilles, ou les poils animaux.\n\nLes fibres de tige sont les plus longues et les plus résistantes. On les obtient par **{{rouissage|Décomposition contrôlée de la matière végétale dans l'eau ou sur sol humide, qui détruit les tissus tendres et libère les fibres.}}** — on laisse la matière végétale se décomposer partiellement dans l'eau ou sur le sol humide, ce qui détruit les tissus tendres et libère les fibres — puis par battage et peignage.\n\nLeurs limites communes : elles absorbent l'eau, perdent en résistance mouillées pour certaines, et surtout **elles pourrissent**. Une corde végétale stockée humide ne dure pas. Le tannage ou l'imprégnation de graisse ou de goudron prolonge nettement leur vie.\n\nLes fibres animales — crin, tendon, cuir découpé en lanières — sont très résistantes et se prêtent aux petits diamètres. Le tendon séché puis assoupli donne un lien extrêmement solide qui se resserre en séchant.\n\n## Les fibres synthétiques\n\nElles dominent partout et il faut connaître leurs différences, parce qu'elles ne sont pas interchangeables.\n\nCertaines sont **très élastiques** : elles encaissent les chocs en s'allongeant, ce qui est indispensable pour retenir une chute et inadapté quand on veut tendre quelque chose précisément.\n\nD'autres sont **très peu élastiques** : idéales pour hisser, tendre, remonter, mauvaises pour absorber un à-coup.\n\nD'autres encore **flottent** et résistent bien aux ultraviolets et à l'eau, mais glissent davantage et supportent mal l'abrasion.\n\nLe point commun de toutes : **elles fondent**. Un frottement rapide sur une corde synthétique la coupe par la chaleur, pas par l'usure. C'est un mode de rupture qui surprend, et c'est pourquoi une corde ne coulisse jamais rapidement sur une autre corde.\n\n## Ce qui affaiblit une corde\n\n**Le nœud**, toujours. Il réduit la résistance de façon notable, parfois de moitié, parce qu'il comprime et courbe les fibres à l'endroit du serrage. Un nœud bien choisi limite la perte, aucun ne l'annule.\n\n**L'angle vif.** Une corde tendue sur une arête concentre tout l'effort sur quelques fibres. On protège systématiquement le point de contact.\n\n**L'abrasion**, qui use l'extérieur et se voit.\n\n**Les ultraviolets**, qui dégradent l'intérieur et ne se voient pas. Une corde synthétique laissée des mois au soleil peut paraître neuve et avoir perdu l'essentiel de sa résistance.\n\n**Le choc**, qui abîme sans laisser de trace visible.\n\nD'où la règle : **une corde dont on ignore l'histoire ne se charge jamais au-dessus d'une personne.** C'est le critère de tri qu'applique aussi [[SURV-REC-002]].\n\n## Les nœuds qui suffisent\n\nQuelques nœuds couvrent la quasi-totalité des besoins, et il vaut mieux en maîtriser cinq que d'en connaître trente.\n\nUn nœud pour faire une **boucle fixe** qui ne se serre pas sous charge. Un nœud pour **joindre deux cordes**, en tenant compte du fait que joindre deux diamètres différents demande un nœud spécifique. Un nœud pour **tendre**, qui permet de bloquer sous tension. Un nœud pour **amarrer** rapidement à un point fixe. Et un **arrêt** en bout de corde.\n\nLe critère qui compte n'est pas la beauté : c'est qu'un nœud se défasse après avoir été chargé. Un nœud qui ne s'ouvre plus vous fait perdre la corde.\n\n## Fabriquer une corde\n\nLe procédé tient en une phrase : **tordre deux mèches dans le même sens, et les enrouler l'une autour de l'autre dans le sens inverse.** La tension résiduelle de chaque mèche les verrouille ensemble.\n\nOn allonge en incorporant de nouvelles fibres avant que les précédentes ne s'épuisent, en décalant les jonctions pour ne jamais avoir deux raccords au même endroit. Une corde bien faite n'a pas de point faible parce qu'aucune fibre ne la traverse entièrement.\n\nLes fibres utilisables sont plus nombreuses qu'on ne croit : écorce interne de certains arbres, tiges de plantes fibreuses, feuilles longues, racines fines, et tout textile récupéré détressé — voir [[TEC-MAT-001]] pour les essences.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAT-001","titre":"Le bois","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["bois","materiaux","construction","donnees"],"sources":["USDA Forest Products Laboratory — Wood Handbook","FCBA — Guide des essences de bois","FAO — Wood fuels handbook"],"corps":"::Le bois n'est pas une matière homogène. C'est un faisceau de tubes orientés, et tout son comportement découle de cette orientation.::\n\n## La structure\n\nUn tronc est fait de cellules allongées, orientées dans l'axe de l'arbre, qui conduisaient la sève. Cette organisation explique presque tout.\n\n**Le bois est très résistant dans le sens des fibres et faible en travers.** Il porte des charges considérables en compression axiale, se fend sans effort dans le fil, et casse net en flexion si le fil ne suit pas la pièce. C'est pourquoi une planche dont le fil sort du bord se rompt à cet endroit, et pourquoi un manche d'outil doit avoir son fil parallèle à sa longueur.\n\n**Le bois travaille avec l'humidité, et pas également dans toutes les directions.** Il ne bouge presque pas dans le sens de la longueur, un peu dans le sens des rayons, et notablement dans le sens des cernes. Ce retrait inégal est la cause de toutes les déformations : tuilage d'une planche, fentes d'un rondin qui sèche, jeu qui apparaît dans un assemblage.\n\n**Le cœur et l'{{aubier|Partie extérieure et claire du tronc, qui conduisait la sève ; tendre et peu durable.}} diffèrent.** La partie extérieure, l'aubier, contenait la sève : elle est claire, tendre et attaquée par les insectes et les champignons. Le cœur, le {{duramen|Bois de cœur, plus foncé et durable, imprégné de composés protecteurs.}}, est imprégné de composés qui le protègent : plus foncé, plus durable, c'est lui qu'on choisit pour ce qui doit durer.\n\n## Le séchage\n\nC'est l'opération qui décide de la qualité du résultat, et celle qu'on saute toujours.\n\nLe bois fraîchement coupé contient énormément d'eau. Cette eau part en deux temps : d'abord l'eau libre contenue dans les cavités, sans que le bois change de dimension ; puis l'eau liée aux parois, et **c'est à partir de ce moment que le bois retreint et se déforme**.\n\nUn séchage à l'air demande de longs mois, à raison d'un ordre de grandeur d'une année par centimètre d'épaisseur, sous abri ventilé et hors sol. Trop vite, la surface sèche et retreint pendant que le cœur est encore humide : la pièce se fend.\n\nLe bois n'atteint jamais un état sec définitif. Il s'équilibre avec l'humidité ambiante et continue de bouger avec les saisons. Toute construction en bois doit prévoir ce mouvement au lieu de le contrarier.\n\n## Tendres et durs\n\nLa distinction courante entre bois tendres et bois durs recoupe grossièrement celle entre résineux et feuillus, mais elle est trompeuse : certains feuillus sont très légers, certains résineux sont denses.\n\nCe qui compte réellement est la **densité**. Elle prédit la dureté, la résistance mécanique, le pouvoir calorifique et la difficulté de travail — presque tout, en somme.\n\nUn bois dense chauffe longtemps et donne de bonnes braises. Un bois léger prend vite et s'épuise vite : excellent pour démarrer, mauvais pour tenir. Les résineux contiennent de la résine, qui s'enflamme facilement mais encrasse les conduits et projette des escarbilles — ce qui pèse sur les choix de [[SURV-FEU-001]] et de conduit de fumée.\n\n**À masse égale, toutes les essences donnent à peu près la même énergie.** La différence tient à la densité : un stère de bois dense pèse plus lourd, donc chauffe plus longtemps, pour le même volume rangé. Ce qui change réellement l'énergie disponible, c'est l'humidité : un bois humide dépense une part importante de sa chaleur à évaporer sa propre eau.\n\n## La durabilité\n\nLe bois est attaqué par des champignons, qui ont besoin d'humidité et d'oxygène simultanément, et par des insectes.\n\nTrois conséquences directes. **Un bois maintenu sec ne pourrit pas**, et des charpentes traversent des siècles. **Un bois totalement immergé et privé d'oxygène ne pourrit pas non plus** — d'où les pilotis conservés sous l'eau. **La zone dangereuse est l'alternance**, à hauteur de sol, où l'humidité varie : c'est là que tout se dégrade, et c'est le point traité dans [[TEC-CON-001]].\n\nLes essences diffèrent fortement en durabilité naturelle, et cette résistance réside dans le duramen, jamais dans l'aubier.\n\n## Le travail\n\n**Fendre suit le fil** et demande peu d'énergie : c'est un coin, décrit dans [[TEC-MAC-001]]. **Scier coupe le fil** et demande beaucoup plus. Cette différence gouverne tout le débit manuel : on fend chaque fois qu'on peut, on scie quand on ne peut pas.\n\nLe bois vert se travaille bien plus facilement que le bois sec : il est plus tendre, se fend droit, se courbe. C'est la raison d'être des techniques traditionnelles de travail à l'état vert, où l'on façonne humide et où le séchage resserre l'assemblage.\n\nEnfin, **le bois s'assemble mieux qu'il ne se cloue**. Une entaille bien ajustée transmet les efforts par contact, sans concentrer les contraintes sur un point comme le fait un clou, qui fend en travaillant.","langue":"fr"},{"id":"TEC-MAC-001","titre":"Les machines simples","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["mecanique","levier","force","outils"],"sources":["Archimède, De l'équilibre des figures planes","Feynman R., The Feynman Lectures on Physics, chapitre sur le travail et l'énergie","US Army Field Manual — rigging and mechanical advantage"],"corps":"::Aucune machine ne crée de la force. Elles échangent toutes de la distance contre de la force, et rien d'autre.::\n\nC'est la seule idée à retenir, et elle explique les cinq machines simples d'un coup.\n\nLe **travail** est le produit d'une force par une distance. Une machine simple ne peut pas augmenter le travail fourni ; elle peut seulement le répartir autrement. Si vous multipliez la force par quatre, vous devez parcourir quatre fois plus de distance. **Il n'y a pas d'exception, et il n'y a pas de gain caché.**\n\nComprendre cela permet de calculer n'importe quel montage sans rien mémoriser.\n\n![Force contre distance : levier et palan](data:image/svg+xml;base64,PHN2ZyB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciIHZpZXdCb3g9IjAgMCA1NjAgMjIwIiB3aWR0aD0iNTYwIiBoZWlnaHQ9IjIyMCI+PHJlY3Qgd2lkdGg9IjU2MCIgaGVpZ2h0PSIyMjAiIHJ4PSIxMCIgZmlsbD0iI0Y0RjJFQyIvPjxkZWZzPjxtYXJrZXIgaWQ9ImciIG1hcmtlcldpZHRoPSI5IiBtYXJrZXJIZWlnaHQ9IjkiIHJlZlg9IjgiIHJlZlk9IjMiIG9yaWVudD0iYXV0byI+PHBhdGggZD0iTTAgMCBMOCAzIEwwIDYgeiIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIvPjwvbWFya2VyPjwvZGVmcz48dGV4dCB4PSIyODAiIHk9IjI2IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMyIgZmlsbD0iIzFGMUQxQSIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSIgZm9udC13ZWlnaHQ9IjYwMCI+QXVjdW5lIG1hY2hpbmUgbmUgY3LDqWUgZGUgZm9yY2UgOiBlbGxlIMOpY2hhbmdlIGRlIGxhIGRpc3RhbmNlPC90ZXh0PjxsaW5lIHgxPSI1NSIgeTE9IjEyOCIgeDI9IjI0NSIgeTI9Ijg4IiBzdHJva2U9IiMxRjFEMUEiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMyIvPjxwYXRoIGQ9Ik0xOTUgMTA4IEwxODIgMTMwIEwyMDggMTMwIHoiIGZpbGw9IiMyQzZFNDkiLz48cmVjdCB4PSI0NiIgeT0iMTE4IiB3aWR0aD0iMjIiIGhlaWdodD0iMjIiIGZpbGw9Im5vbmUiIHN0cm9rZT0iI0EzMkUyMiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIi8+PHRleHQgeD0iNTciIHk9IjE2MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiNBMzJFMjIiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmNoYXJnZTwvdGV4dD48cGF0aCBkPSJNMjQzIDc4IEwyNDMgNjIiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIiBtYXJrZXItZW5kPSJ1cmwoI2cpIi8+PHRleHQgeD0iMjQzIiB5PSI1NCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEiIGZpbGw9IiMyODYwN0YiIHRleHQtYW5jaG9yPSJtaWRkbGUiPmVmZm9ydDwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIxNTAiIHk9IjE4MiIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+TGV2aWVyIDogYXBwdWkgcHJvY2hlIGRlIGxhIGNoYXJnZTwvdGV4dD48dGV4dCB4PSIxNTAiIHk9IjE5OCIgZm9udC1mYW1pbHk9InVpLXNhbnMtc2VyaWYsc3lzdGVtLXVpLC1hcHBsZS1zeXN0ZW0sU2Vnb2UgVUksSGVsdmV0aWNhLEFyaWFsLHNhbnMtc2VyaWYiIGZvbnQtc2l6ZT0iMTEuNSIgZmlsbD0iIzhBODM3OCIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+PSBmb3JjZSBtdWx0aXBsacOpZSwgY291cnNlIHLDqWR1aXRlPC90ZXh0PjxsaW5lIHgxPSIzMzAiIHkxPSI2MCIgeDI9IjQ3MCIgeTI9IjYwIiBzdHJva2U9IiM4QTgzNzgiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjxjaXJjbGUgY3g9IjM2NSIgY3k9IjcyIiByPSIxMSIgZmlsbD0ibm9uZSIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjIiLz48Y2lyY2xlIGN4PSI0MjUiIGN5PSIxMTIiIHI9IjExIiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiMxRjFEMUEiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjxwYXRoIGQ9Ik0zNTQgNzIgTDM1NCAxMjgiIHN0cm9rZT0iIzI4NjA3RiIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIyIi8+PHBhdGggZD0iTTM3NiA3MiBMNDE0IDExMiIgc3Ryb2tlPSIjMUYxRDFBIiBzdHJva2Utd2lkdGg9IjEuOCIvPjxwYXRoIGQ9Ik00MzYgMTEyIEw0MzYgNjAiIHN0cm9rZT0iIzFGMUQxQSIgc3Ryb2tlLXdpZHRoPSIxLjgiLz48cmVjdCB4PSI0MTQiIHk9IjEzMCIgd2lkdGg9IjIyIiBoZWlnaHQ9IjIyIiBmaWxsPSJub25lIiBzdHJva2U9IiNBMzJFMjIiIHN0cm9rZS13aWR0aD0iMiIvPjx0ZXh0IHg9IjM1NCIgeT0iMTQ1IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iIzI4NjA3RiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+ZWZmb3J0PC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQyNSIgeT0iMTY4IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMSIgZmlsbD0iI0EzMkUyMiIgdGV4dC1hbmNob3I9Im1pZGRsZSI+Y2hhcmdlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQxMCIgeT0iMTkwIiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj5EZXV4IGJyaW5zIHBvcnRlbnQgbGEgY2hhcmdlPC90ZXh0Pjx0ZXh0IHg9IjQxMCIgeT0iMjA2IiBmb250LWZhbWlseT0idWktc2Fucy1zZXJpZixzeXN0ZW0tdWksLWFwcGxlLXN5c3RlbSxTZWdvZSBVSSxIZWx2ZXRpY2EsQXJpYWwsc2Fucy1zZXJpZiIgZm9udC1zaXplPSIxMS41IiBmaWxsPSIjOEE4Mzc4IiB0ZXh0LWFuY2hvcj0ibWlkZGxlIj49IGZvcmNlIGRpdmlzw6llIHBhciBkZXV4LCBjb3JkZSBkb3VibMOpZTwvdGV4dD48L3N2Zz4=)\n\n\n## Le levier\n\nUne barre et un point d'appui. Le rapport entre les deux distances au point d'appui donne le facteur de multiplication : appui à un dixième de la charge, force multipliée par neuf environ, course divisée d'autant.\n\nTrois configurations existent selon la position relative de l'appui, de la charge et de l'effort. Elles couvrent aussi bien la pince coupante que la brouette et la pince à épiler, mais **la règle du rapport des distances les explique toutes les trois** : inutile de retenir la classification.\n\nUn levier long est le multiplicateur de force le plus efficace, le plus improvisable et le plus sous-utilisé. Une barre solide et une pierre déplacent des charges qu'aucun effort direct ne bougerait.\n\n## Le plan incliné\n\nMonter une charge par une pente longue demande moins de force que de la lever verticalement, dans le rapport exact entre la longueur de la pente et sa hauteur. Le travail total est identique — au frottement près, qui est ici le vrai ennemi.\n\nLa **vis** est un plan incliné enroulé, et le **coin** est un plan incliné qu'on déplace au lieu de gravir. Un coin très effilé fend avec peu de force mais avance très lentement : c'est le même échange, encore une fois.\n\n## La poulie et le palan\n\nUne poulie fixe ne multiplie rien : elle change la direction de l'effort, ce qui est déjà considérable puisqu'on peut tirer vers le bas en utilisant son poids.\n\nUne poulie mobile divise la force par deux et double la longueur de corde à tirer. On combine ensuite les deux dans un palan.\n\n**La méthode de calcul infaillible : comptez les brins de corde qui soutiennent effectivement la charge mobile.** Trois brins, force divisée par trois environ, trois fois plus de corde à tirer. Le brin sur lequel vous tirez ne compte que s'il remonte depuis la charge.\n\nLe frottement dans les poulies est loin d'être négligeable : un palan réel rend sensiblement moins que le calcul théorique, et l'écart augmente avec le nombre de poulies.\n\n## La roue et l'essieu\n\nElle ne multiplie pas la force au sens strict : elle **supprime le frottement de glissement** en le remplaçant par du roulement. Le gain est considérable, et c'est pourquoi la roue est plus utile qu'un levier pour déplacer une charge sur distance. Sur un sol mou, en revanche, elle s'enfonce et perd son avantage — d'où le traîneau, qui reste supérieur sur la neige et le sable.\n\n## Application : déplacer une charge\n\n**Déplacer une charge lourde, dans l'ordre à essayer.**\n\n1. **Faites rouler plutôt que glisser.** Des rondins ou des tubes placés sous la charge et repris à l'avant au fur et à mesure : c'est la méthode la plus ancienne et l'une des plus efficaces.\n2. **Utilisez un levier long** pour décoller, caler, et faire pivoter par petits mouvements. Une charge se déplace souvent mieux par rotations successives que par translation.\n3. **Réduisez la pente.** Doubler la longueur d'une rampe divise la force par deux.\n4. **Montez un palan** si vous avez de la corde et des points de renvoi. Comptez les brins avant de tirer, pour savoir ce que vous pouvez espérer.\n5. **Vérifiez les ancrages avant d'appliquer la force.** C'est ici que se produisent les accidents graves : la charge tient, l'ancrage cède.\n\n**Sécurité, non négociable.** Ne restez jamais sous une charge ni dans l'axe d'une corde tendue — une rupture projette la corde et tout ce qui y est attaché. Calez la charge à chaque étape au lieu de la maintenir par la force. Une charge qui repose sur une cale ne tombe pas quand vous lâchez.\n\n## Selon les moyens\n\n**Vous êtes seul.** Privilégiez le levier et le calage progressif : soulever de trois centimètres, caler, recommencer. C'est lent, sûr, et cela permet de déplacer seul des masses considérables.\n\n**Vous n'avez pas de poulie.** Une corde renvoyée sur une branche ou une barre lisse fonctionne, avec un frottement important qui mange une grande partie du gain. Une poulie improvisée avec un mousqueton ou un anneau rend déjà nettement mieux.\n\n**Vous devez fendre du bois.** C'est un coin, donc un plan incliné : un coin large fend en force, un coin étroit pénètre facilement. La technique du bois sec à cœur pour le feu est décrite dans [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous devez évacuer quelqu'un.** Le brancardage improvisé repose sur les mêmes principes, et l'immobilisation préalable est dans [[URG-FRAC-001]].\n\n**Vous devez fabriquer l'outil qui vous manque.** Voir [[SURV-OUT-001]].\n\n**Vous cherchez à comprendre un mécanisme inconnu.** Cherchez où la distance parcourue change, et vous trouverez où la force est multipliée. C'est la clé de lecture de toute transmission mécanique, y compris celles décrites dans [[TEC-MOTH-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-026","titre":"Les radars et la lecture des plaques","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["radars","controle automatise","lecture de plaques","lapi","vitesse","marge","videosurveillance","cnil","vie privee"],"sources":["Sécurité routière, le contrôle automatisé depuis 2003","Code de la sécurité intérieure, article L233-1 (lecture automatisée des plaques d'immatriculation)","CNIL, dispositifs de lecture automatisée des plaques d'immatriculation"],"corps":"::Le premier radar automatique français a été mis en service le 27 octobre 2003, sur une route de l'Essonne. Aujourd'hui, des caméras lisent aussi les plaques des voitures qui passent, sans rien flasher, et les comparent à des fichiers. Savoir comment ça marche, c'est savoir ce que la route enregistre de vous.::\n\n## Les radars de vitesse\n\n- **Fixes** : dans des cabines, sur des tourelles, à des endroits connus.\n- **Mobiles** : dans des voitures banalisées qui roulent dans la circulation, ou posés au bord de la route.\n- **Le radar tronçon** : il mesure la **vitesse moyenne** entre deux points éloignés de plusieurs kilomètres. Freiner devant la cabine ne sert à rien.\n- **Les radars de feu rouge** et de passage à niveau.\n- **La marge technique** : 5 km/h en dessous de 100 km/h, 5 % au-dessus. Elle est retirée de la vitesse mesurée.\n\n## La lecture automatique des plaques\n\n- **Des caméras** lisent les plaques et les comparent à des fichiers : véhicules volés, recherchés, sans assurance, parfois pour les péages et les parkings.\n- **La loi encadre** leur usage et la durée de conservation des données. La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) contrôle et reçoit les plaintes.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Un avis de contravention** arrive par courrier officiel. Les SMS et e-mails qui réclament le paiement d'une amende par un lien sont des arnaques : on passe par le site officiel de l'administration. Voir [[TEC-IDE-015]].\n- **Contester** se fait par écrit, dans les délais indiqués sur l'avis.\n- **Les caméras de surveillance** en général : [[TEC-IDE-004]] et [[TEC-IDE-005]].\n\nTraverser une ville sans se faire remarquer : [[SURV-DEP-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-025","titre":"Le droit utile au quotidien","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["droits","controle d'identite","garde a vue","avocat","treve hivernale","retractation","garantie","droit de retrait","point-justice"],"sources":["Code de procédure pénale, articles 63-1 et 78-3","Code des procédures civiles d'exécution, article L412-6 (trêve hivernale)","Code de la consommation, articles L221-18 et L217-3","Ministère de la Justice, Point-justice (30 39)"],"corps":"::En France, aucune loi n'oblige à avoir sa carte d'identité sur soi : on peut prouver son identité par tout moyen, un permis, une carte de transport, un témoin. Connaître quelques droits simples évite de se faire marcher dessus, par un vendeur, un bailleur ou lors d'un contrôle. Ce qui suit vaut pour la France.::\n\n## Face à la police\n\n- **Le contrôle d'identité** : on justifie de son identité par tout document ou moyen. Sans rien, on peut être retenu pour vérification, **quatre heures au plus**.\n- **La garde à vue** : en principe 24 heures, renouvelable une fois, plus pour certains crimes. On a le droit :\n  - d'être informé de ce qu'on nous reproche ;\n  - de **se taire** ;\n  - d'être assisté d'un **avocat dès le début** (commis d'office et gratuit si besoin) ;\n  - de voir un **médecin** ;\n  - de **faire prévenir un proche** et son employeur ;\n  - d'avoir un **interprète**.\n- **Rester calme et poli**, ne rien signer qu'on n'a pas lu.\n\n## Le logement\n\n- **La trêve hivernale** : du 1er novembre au 31 mars, un locataire ne peut pas être expulsé de son logement, sauf exceptions.\n- **Un bail**, des quittances, un état des lieux : on garde tout. Voir [[TEC-IDE-021]] pour les copies de papiers.\n\n## Les achats\n\n- **Achat à distance** (internet, téléphone, démarchage à domicile) : **14 jours** pour changer d'avis, sans justification.\n- **Garantie légale de conformité** : **deux ans** sur un produit neuf, gratuite, obligatoire, quel que soit le magasin.\n\n## Le travail\n\n- **Le droit de retrait** : un salarié peut quitter une situation de travail présentant un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, en prévenant son employeur.\n\n## Se faire aider\n\n- **Les Points-justice** donnent des consultations gratuites avec des juristes et des avocats (numéro national 30 39).\n- **L'aide juridictionnelle** paie tout ou partie de l'avocat pour les revenus modestes.\n- **Après une catastrophe** : [[SURV-CRI-021]]. **En état d'urgence** : [[SURV-CRI-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-024","titre":"Donner sa position aux secours","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["position","coordonnees","latitude","longitude","degres decimaux","points repere","autoroute","112","reperes","balisage"],"sources":["IGN, systèmes de coordonnées et carroyages des cartes","Commission européenne, localisation avancée des appels au 112","Réseau autoroutier français, bornes d'appel d'urgence et points repères"],"corps":"::Une erreur de format dans des coordonnées, et l'hélicoptère cherche à plusieurs kilomètres. Sur l'autoroute, les petits panneaux numérotés au bord de la voie disent aux secours exactement où vous êtes, à cent mètres près. Savoir dire où l'on est, c'est la moitié du secours.::\n\n## Les coordonnées\n\n- **La latitude** (nord ou sud) puis **la longitude** (est ou ouest).\n- **Deux écritures** qu'on confond souvent :\n  - en **degrés décimaux** : 48,8584 N et 2,2945 E ;\n  - en **degrés, minutes, secondes** : 48° 51' 30\" N et 2° 17' 40\" E.\n- **On lit les chiffres tels qu'ils s'affichent**, avec l'unité, et on les fait répéter.\n- **La précision** : un degré de latitude fait environ 111 km ; la troisième décimale, une centaine de mètres ; la cinquième, un mètre.\n\n**Le téléphone** affiche ses coordonnées même sans réseau, dans l'application boussole ou de cartes. Voir [[TEC-ELN-010]]. Et beaucoup de téléphones envoient automatiquement leur position quand on appelle le 112.\n\n## Sans coordonnées\n\n- **Sur route** : nom de la route, sens de circulation, dernier village ou sortie, **point repère** (les petits panneaux numérotés au bord des routes et autoroutes).\n- **En montagne et en forêt** : nom du sentier, dernier poteau indicateur, altitude, ce qu'on voit (lac, sommet, refuge).\n- **En ville** : rue et numéro, étage, code de la porte, un repère visible.\n- **Décrire** ce qui entoure : pylône, antenne, rivière, couleur d'un bâtiment.\n\n## Se faire trouver\n\n- **Rester où l'on a dit être.**\n- **Se rendre visible** : couleur vive, lumière, miroir, feu. Voir [[SIG-COM-001]] et [[SIG-COM-013]].\n- **Le téléphone** : économiser la batterie après l'appel, le garder allumé. Voir [[TEC-ELN-017]].\n\nLire une carte : [[SURV-ORI-002]]. Perdu : [[URG-PERDU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-023","titre":"Le calendrier et le jour de la semaine","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calendrier","jour de la semaine","annees bissextiles","calendrier gregorien","calcul de tete","conway","compter les jours"],"sources":["Conway J.H., Tomorrow is the day after doomsday, Eureka, 1973","Grégoire XIII, bulle Inter gravissimas, 1582","IMCCE, Observatoire de Paris, calendriers et éphémérides"],"corps":"::En France, le 9 décembre 1582 a été suivi directement du 20 décembre : il fallait rattraper dix jours de retard accumulés par l'ancien calendrier. Sans téléphone, perdre la date arrive vite, dans une cave, un camp, une longue maladie. Un mathématicien anglais a trouvé une astuce pour retrouver de tête le jour de la semaine de n'importe quelle date.::\n\n## Les années bissextiles\n\nUne année a 366 jours si elle est **divisible par 4**, sauf les années de siècle qui ne sont pas divisibles par 400. 2000 était bissextile, 1900 ne l'était pas, 2100 ne le sera pas.\n\n## L'astuce des jours pivots\n\nChaque année, certaines dates tombent **toutes le même jour de la semaine** :\n\n- **4 avril, 6 juin, 8 août, 10 octobre, 12 décembre** (4/4, 6/6, 8/8, 10/10, 12/12) ;\n- **9 mai et 5 septembre**, **11 juillet et 7 novembre** ;\n- **le dernier jour de février** ;\n- **le 14 mars** (« 3/14 ») et le **4 juillet**.\n\n**En 2026, ce jour pivot est un samedi.** Donc le 5 septembre 2026 est un samedi, et le 28 septembre, 23 jours plus tard (trois semaines et deux jours), est un lundi.\n\n**Pour une date** : on part du jour pivot le plus proche dans le même mois, et on compte les semaines et les jours d'écart.\n\n**D'une année à la suivante**, le jour pivot avance d'un jour, de deux après une année bissextile : 2027 sera un dimanche, 2028 (bissextile) un mardi.\n\n## Garder la date\n\n- **Un calendrier papier**, et une croix chaque soir.\n- **Des encoches** sur un bâton, une par jour, une plus longue le dimanche, comme Robinson Crusoé sur son poteau.\n- **La Lune** pour vérifier grossièrement les semaines. Voir [[TEC-TER-012]].\n- **Les dates qui comptent** : traitements, règles, grossesse, rations, semis. Voir [[SURV-SOC-009]].\n\nCalculer de tête : [[TEC-IDE-013]]. L'heure sans montre : [[SURV-ORI-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-022","titre":"Le sans contact, badges et cartes","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sans contact","nfc","rfid","carte bancaire","badge","paiement mobile","antenne","securite","portefeuille"],"sources":["Norme ISO/IEC 14443, cartes à puce sans contact","Banque de France, Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rapport annuel","ANSSI, recommandations de sécurité pour les usages numériques"],"corps":"::Une carte sans contact n'a pas de pile : c'est le terminal qui l'alimente, par une petite antenne cachée dans le plastique, quand on l'approche à quelques centimètres. C'est ce qui la rend pratique, et c'est aussi pourquoi le « vol à distance » dont on parle tant est rare : il faut coller un lecteur à votre poche, et ce qu'il lit ne suffit presque jamais à payer ailleurs.::\n\n## Comment ça marche\n\n- **Une puce et une antenne** dans la carte, le badge, le téléphone.\n- **Le lecteur** crée un champ qui alimente la puce le temps d'un échange, à **quelques centimètres**.\n- **Le paiement** utilise des codes à usage unique : ce qu'on intercepte ne se rejoue pas.\n\n## Les limites de sécurité\n\n- **Les paiements sans code** sont plafonnés par transaction ; au bout de plusieurs paiements, le terminal redemande le code.\n- **Le vrai risque** est le vol de la carte ou du téléphone : quelques paiements rapides avant qu'on fasse opposition. On fait opposition **tout de suite**. Voir [[TEC-IDE-015]].\n- **Les étuis anti-ondes** protègent contre la lecture à distance, rare. Ils ne protègent pas du vol.\n- **Les vieux badges** d'immeuble ou de parking sont souvent faciles à copier. Pour ce qui compte vraiment, un badge récent ou une vraie clé.\n\n## Le téléphone\n\n- **Le paiement mobile** : protégé par l'empreinte ou le code du téléphone, souvent plus sûr que la carte.\n- **Le lecteur NFC** du téléphone lit certaines cartes de transport, étiquettes, passeports (avec leur clé).\n\n## En crise\n\nQuand le réseau tombe, beaucoup de terminaux ne peuvent plus valider les paiements. Voir [[SURV-CRI-013]]. Le liquide en petites coupures reste le moyen de paiement qui marche sans rien.\n\nLa puce des papiers d'identité : [[TEC-IDE-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-021","titre":"Carte d'identité et passeport, ce que la puce contient","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["carte d'identite","passeport","puce","bande mrz","empreintes","copie filigranee","perte","vol","papiers"],"sources":["OACI, Document 9303, documents de voyage lisibles à la machine","ANTS, la carte nationale d'identité électronique (2021)","Filigrane Facile, service public pour filigraner les copies de pièces d'identité"],"corps":"::La puce d'un passeport ou d'une carte d'identité récente ne se lit pas à distance par n'importe qui : pour l'ouvrir, le lecteur doit d'abord lire les deux lignes de chevrons imprimées en bas du document, qui servent de clé. Un voleur a bien plus intérêt à la photocopie de votre carte qu'à sa puce.::\n\n## Ce que contient le document\n\n- **La page imprimée** : nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, numéro, dates.\n- **La bande en bas** (deux ou trois lignes de lettres et de chevrons) : les mêmes informations, lisibles par machine, avec des chiffres de contrôle.\n- **La puce** : les mêmes données, **la photo**, et pour les documents européens récents, **deux empreintes digitales**, mieux protégées encore.\n\n## Les vrais risques\n\n- **La photocopie ou la photo** de la carte, envoyée à un loueur, un vendeur, un faux employeur : elle sert à ouvrir des comptes, souscrire des crédits, usurper une identité.\n- **Le vol ou la perte** du document lui-même.\n\n## Se protéger\n\n- **Filigraner** toute copie qu'on envoie : un service public gratuit permet d'écrire en travers « copie pour telle agence, telle date », ce qui la rend inutilisable ailleurs.\n- **Ne jamais envoyer** de copie à quelqu'un qu'on ne peut pas vérifier. Voir [[TEC-IDE-015]].\n- **Perte ou vol** : déclarer tout de suite (en ligne pour une perte, au commissariat ou à la gendarmerie pour un vol), et garder le récépissé.\n\n## En crise\n\n- **Les papiers ouvrent tout** : distribution d'aide, soins, passage d'une frontière, retrouver sa famille. Voir [[SURV-DEP-013]] et [[SURV-CRI-018]].\n- **Les garder sur soi**, dans une pochette étanche.\n- **Des copies** papier et photo, rangées ailleurs, envoyées à un proche de confiance. Voir [[TEC-ELN-007]].\n- **Les papiers des enfants** aussi.\n\nLes codes-barres et QR codes : [[TEC-IDE-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-020","titre":"Les formats normalisés","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["normes","palette europe","conteneur","fut 200 litres","cuve 1000 litres","format a4","piles","dimensions"],"sources":["Levinson M., The Box: How the Shipping Container Made the World Smaller and the World Economy Bigger, Princeton University Press, 2006","Norme ISO 216, formats de papier","EPAL, spécifications de la palette européenne","Norme ISO 668, conteneurs de la série 1"],"corps":"::En 1956, un transporteur américain, Malcom McLean, charge 58 caisses métalliques de même taille sur un vieux pétrolier : c'est le premier porte-conteneurs. Le coût du chargement s'effondre, et le commerce mondial change d'échelle. Connaître les formats standards, c'est savoir d'avance ce qui rentre, ce qui s'empile et ce qui se remplace.::\n\n## Les grands formats\n\n| Objet | Dimensions | À savoir |\n|---|---|---|\n| Palette europe | 120 × 80 cm | environ 25 kg, porte une tonne et plus |\n| Conteneur 20 pieds | 6,06 × 2,44 × 2,59 m | environ 33 m³ |\n| Conteneur 40 pieds | 12,19 × 2,44 × 2,59 m | environ 67 m³ |\n| Fût | 200 litres | acier ou plastique |\n| Cuve sur palette | 1 000 litres | cube en plastique dans une cage métallique |\n| Jerrican | 20 litres | environ 20 kg plein d'eau |\n\n## Pourquoi c'est utile\n\n- **Stocker** : une palette europe au sol, c'est un peu moins d'un mètre carré ; un conteneur de 20 pieds, un petit entrepôt ou un abri. Voir [[SURV-REC-034]] et [[SURV-REC-038]].\n- **L'eau de pluie** : une cuve de 1 000 litres, c'est un mois d'eau de boisson pour une famille. Seulement si elle a contenu un produit alimentaire. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n- **Transporter** : ce qui tient sur une palette tient dans un camion, sur un chariot, dans un conteneur.\n\n## Les petits formats\n\n- **Le papier A4** (21 × 29,7 cm) : plié en deux, il donne un A5 aux mêmes proportions. C'est la raison de ses dimensions un peu bizarres, calculées pour ça.\n- **Les piles** : AA et AAA, les plus courantes ; les accus rechargeables ont les mêmes formats. Voir [[TEC-ENE-012]].\n- **Les prises USB** : un câble et un chargeur communs alimentent presque tous les petits appareils.\n- **Les boulons métriques** et leurs clés. Voir [[TEC-ATE-009]].\n- **Les bouteilles de gaz** et leurs détendeurs. Voir [[TEC-ENE-015]].\n\n## En crise\n\nChoisir des objets aux formats les plus répandus, c'est pouvoir les réparer, les recharger et les échanger. Une lampe à piles AA vaut mieux qu'une lampe à batterie spéciale.\n\nLes unités : [[TEC-IDE-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-019","titre":"Le code-barres et le QR code","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["code-barres","ean-13","qr code","prefixe pays","faux qr code","arnaque","denso wave","stockage hors ligne"],"sources":["GS1, standard EAN-13 et préfixes des organisations nationales","Denso Wave, histoire du QR code (1994)","Cybermalveillance.gouv.fr, arnaques aux faux QR codes"],"corps":"::Le 26 juin 1974, dans un supermarché de l'Ohio, la première caisse scanne le premier code-barres : un paquet de chewing-gums. Vingt ans plus tard, au Japon, une filiale de Toyota invente le QR code pour suivre ses pièces détachées. Aujourd'hui, ces petits dessins disent beaucoup de choses, et certains mentent.::\n\n## Le code-barres\n\n- **Les 13 chiffres** écrits sous les barres disent tout : le lecteur ne fait que les lire plus vite.\n- **Les premiers chiffres** indiquent le pays **où l'entreprise a enregistré son code**, pas celui où le produit est fabriqué. Un code qui commence par 3 (France) peut très bien désigner un produit fabriqué ailleurs.\n- **Le dernier chiffre** est une clé de contrôle : une erreur de lecture est détectée.\n\n## Le QR code\n\n- Un carré de points noirs et blancs qui peut contenir **un lien, un texte, un numéro, des coordonnées GPS**, jusqu'à quelques milliers de caractères.\n- Il reste lisible même **abîmé ou en partie caché** (jusqu'à environ un tiers) : c'est pour ça qu'on peut mettre un logo au milieu.\n- **Il ne contient pas forcément un lien** : un QR code peut porter un texte entier, lisible sans internet. Pratique pour afficher une consigne, une fiche, un plan.\n\n## Les arnaques\n\n- **Les faux QR codes** collés par-dessus les vrais, sur les horodateurs, les bornes de recharge, les affiches, les avis de passage : ils envoient vers un faux site de paiement.\n- **Avant de payer** : regarder l'adresse du site qui s'ouvre, vérifier qu'aucun autocollant n'a été posé sur le code, et **payer plutôt par l'application officielle** ou le terminal.\n- **Un QR code reçu par courrier ou par message** qui demande de « régulariser » un paiement ou de « mettre à jour » un compte : arnaque presque à coup sûr. Voir [[TEC-IDE-015]].\n\n## En crise\n\nUne imprimante et un générateur de QR code hors ligne permettent d'afficher des textes, des coordonnées ou des contacts que chacun lit avec son téléphone, sans réseau. Voir [[TEC-ELN-017]].\n\nReconnaître une fausse information : [[TEC-IDE-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-018","titre":"Lire un plan technique","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["plan","dessin technique","vues","coupe","echelle","cotes","projection","geometrie descriptive","monge"],"sources":["Monge G., Géométrie descriptive, 1799","Norme ISO 128, dessins techniques : principes généraux de représentation","Norme ISO 5456-2, projections orthogonales"],"corps":"::À la fin du XVIIIe siècle, Gaspard Monge invente une méthode pour dessiner exactement un objet en trois dimensions sur une feuille plate, d'abord pour les fortifications. Elle est restée un temps un secret militaire. Tous les plans du monde, d'une vis à une cathédrale, s'écrivent encore dans cette langue.::\n\n## Les vues\n\nUn objet est dessiné comme si on le regardait **de face, de dessus et de côté**, chaque vue alignée avec les autres.\n\n- En Europe, la vue de dessus se place **sous** la vue de face. Aux États-Unis, **au-dessus**. Un petit symbole de cône dans le cartouche indique la convention utilisée.\n- **La coupe** : on imagine l'objet scié, et on dessine l'intérieur. Les parties coupées sont **hachurées**.\n\n## Les traits\n\n- **Trait continu épais** : les arêtes qu'on voit.\n- **Trait interrompu** (tirets) : les arêtes cachées derrière.\n- **Trait mixte** (trait-point) : les axes, les centres des trous.\n\n## Les cotes\n\n- Les dimensions, avec des flèches. **En mécanique, toujours en millimètres**, même quand l'unité n'est pas écrite.\n- **Les tolérances** (± 0,1) disent de combien on a le droit de s'écarter.\n- **On ne mesure pas un plan à la règle** quand la cote est écrite : c'est la cote qui fait foi.\n\n## L'échelle\n\n- **1:1** grandeur réelle ; **2:1** agrandi deux fois ; **1:50** : 1 cm sur le plan vaut 50 cm en vrai.\n- Les plans de bâtiment sont souvent au **1:100** ou au **1:50**.\n\n## Les plans de bâtiment\n\n- **La vue en plan** : le bâtiment coupé à environ un mètre de hauteur, vu de dessus.\n- **Les portes** : un arc qui montre le sens d'ouverture. **Les fenêtres** : des traits fins dans l'épaisseur des murs.\n- **La flèche du nord**, les symboles électriques (prises, interrupteurs, points lumineux) et de plomberie.\n\n## Le cartouche\n\nLe petit tableau en bas à droite : titre, échelle, unité, auteur, date, version. On le lit **en premier**.\n\nMesurer et tracer : [[TEC-ATE-002]]. Lire un circuit électrique : [[TEC-ENE-002]]. Lire une carte : [[SURV-ORI-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-017","titre":"Les statistiques qui trompent","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["statistiques","correlation","causalite","risque relatif","faux positifs","biais du survivant","moyenne","mediane","graphiques"],"sources":["Huff D., How to Lie with Statistics, 1954","Gigerenzer G., Reckoning with Risk, 2002","Wald A., A Method of Estimating Plane Vulnerability Based on Damage of Survivors, 1943, réédité par le Center for Naval Analyses, 1980"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, on voulait blinder les bombardiers là où ceux qui rentraient avaient le plus d'impacts. Le statisticien Abraham Wald a dit l'inverse : il faut blinder là où ils n'en ont pas, parce que les avions touchés à ces endroits-là ne sont jamais rentrés. Les chiffres disent vrai ; c'est la façon de les lire qui ment.::\n\n## Six pièges\n\n**1. Ce qui va ensemble n'est pas cause l'un de l'autre**\nLes ventes de glaces et les noyades montent ensemble. Les glaces ne noient personne : c'est l'été. Chercher toujours la troisième cause.\n\n**2. « Double le risque »**\nPasser de 1 sur 10 000 à 2 sur 10 000, c'est « doubler le risque », et c'est aussi « un cas de plus sur 10 000 ». On demande toujours **le risque de départ**, en nombre de personnes.\n\n**3. Le test fiable à 99 %**\nUne maladie touche 1 personne sur 1 000. On teste 1 000 personnes avec un test qui se trompe 1 fois sur 100 chez les bien portants. Il trouve le malade, et environ **10 faux positifs**. Sur 11 tests positifs, **un seul** est malade. Pour une maladie rare, un test positif doit être vérifié.\n\n**4. Le biais du survivant**\nOn ne voit que ceux qui ont réussi, survécu, sont rentrés. Les entreprises qui ont coulé ne donnent pas de conférences.\n\n**5. Moyenne ou médiane**\nDix personnes gagnent 2 000 euros ; un milliardaire entre dans la pièce, la moyenne explose. **La médiane** (la valeur du milieu) ne bouge pas : elle dit mieux ce que vit la personne ordinaire.\n\n**6. Les graphiques**\nUn axe qui ne commence pas à zéro transforme une petite hausse en falaise. Une période choisie avec soin fait monter ou descendre n'importe quelle courbe.\n\n## Les bonnes questions\n\n- **Sur combien** de personnes ou de cas ?\n- **Comparé à quoi**, à quelle période ?\n- **Qui a payé** l'étude, qui la cite, et pourquoi maintenant ?\n- **En nombres réels**, ça fait combien ?\n\nReconnaître une fausse information : [[TEC-IDE-010]]. Calculer de tête : [[TEC-IDE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-016","titre":"Les réseaux sociaux, comment ils choisissent ce qu'on voit","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["reseaux sociaux","algorithme","attention","fausses nouvelles","colere","bulle","notifications","publicite"],"sources":["Vosoughi S., Roy D., Aral S., The spread of true and false news online, Science, 2018","Brady W.J. et al., Emotion shapes the diffusion of moralized content in social networks, PNAS, 2017","Commission européenne, règlement sur les services numériques (DSA), 2022"],"corps":"::Une grande étude sur Twitter a montré que les fausses nouvelles se répandaient plus loin, plus vite et plus largement que les vraies. Pas à cause des robots : à cause de nous, parce qu'elles sont plus surprenantes. Un réseau social ne vous montre pas le monde ; il vous montre ce qui vous fera rester.::\n\n## Le principe\n\n- **Le produit, c'est votre attention.** Le réseau gagne de l'argent avec la publicité, donc avec le temps que vous passez.\n- **L'algorithme** choisit, parmi des milliers de messages, ceux qui ont le plus de chances de vous faire réagir : cliquer, commenter, partager, rester.\n- **Ce qui fait réagir le plus** : la surprise, la peur, et surtout **la colère**. Chaque mot d'indignation morale dans un message augmente ses partages.\n- **Il apprend de vous** : ce que vous regardez longtemps, vous en verrez plus. Peu à peu, chacun voit un monde différent.\n\n## Ce que ça change\n\n- Les **opinions extrêmes** paraissent plus répandues qu'elles ne le sont.\n- Les **rumeurs** vont plus vite que leurs démentis. Voir [[SURV-SOC-004]].\n- **Le temps** file : les applications sont conçues pour qu'on ne s'arrête pas.\n\n## Reprendre la main\n\n- **Couper les notifications**, sauf celles des vraies personnes.\n- **Un fil chronologique** quand l'application le propose, plutôt que les « recommandations ».\n- **Suivre des sources variées**, y compris celles avec lesquelles on n'est pas d'accord.\n- **Avant de partager**, vérifier. Voir [[TEC-IDE-010]].\n- **Des limites de temps**, et le téléphone hors de la chambre la nuit. Voir [[TEC-SAN-023]].\n- **Les réglages de confidentialité** : qui voit quoi, ce que le réseau garde.\n\n## En crise\n\nLes réseaux peuvent sauver : informations locales, entraide, « je suis en sécurité ». Ils propagent aussi la panique et les fausses alertes. **Les sources officielles** (préfecture, secours, radio publique) passent en premier. Voir [[SIG-COM-012]].\n\n## Les enfants\n\nLeur cerveau résiste encore moins bien à ces mécanismes : un âge minimum, des règles claires, et en parler avec eux plutôt que tout interdire en secret. Voir [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-015","titre":"Les banques et les distributeurs","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["banque","distributeur","panique bancaire","garantie des depots","controle des capitaux","carte bancaire","opposition","especes"],"sources":["Banque de France, les moyens de paiement et leur fonctionnement","Federal Reserve, Review of the Federal Reserve's Supervision and Regulation of Silicon Valley Bank, 2023","Fonds de garantie des dépôts et de résolution"],"corps":"::En mars 2023, les clients de la Silicon Valley Bank ont demandé à retirer 42 milliards de dollars en une seule journée, depuis leur téléphone. La banque a fermé le lendemain. Une banque n'a jamais dans ses coffres l'argent de tous ses clients : elle l'a prêté. Tant que tout le monde ne le réclame pas en même temps, ça marche.::\n\n## Comment une banque fonctionne\n\n- **Votre dépôt** est en réalité un prêt que vous faites à la banque.\n- **Elle en prête la plus grande partie** à d'autres (crédits, entreprises) et n'en garde qu'une petite part disponible.\n- **Si trop de clients retirent en même temps**, elle ne peut pas payer : c'est la **panique bancaire**. Voir [[TEC-IDE-012]].\n- **La garantie** : en France et dans l'Union européenne, **100 000 euros par personne et par banque** sont remboursés si la banque fait faillite.\n\n## Quand ça coince\n\n- **Les distributeurs** ont besoin de courant, de réseau et de camions de convoyage. Dans une crise, ils se vident en quelques heures.\n- **Le contrôle des capitaux** : en 2015, les Grecs ne pouvaient plus retirer que 60 euros par jour et par carte pendant des semaines.\n- **Les paiements par carte** s'arrêtent avec le réseau. Voir [[SURV-CRI-013]].\n\n## Se préparer\n\n- **Un peu de liquide** chez soi, en petites coupures.\n- **Deux comptes dans deux banques différentes**, et deux cartes.\n- **Sur papier** : son IBAN, le numéro de sa banque, le numéro pour faire opposition sur sa carte.\n- **Au-delà de 100 000 euros**, répartir entre plusieurs banques.\n\n## Les arnaques\n\n- **Le faux conseiller** : un appel qui affiche le vrai numéro de la banque, une voix qui connaît votre nom et vous demande de valider une opération « pour la bloquer ». C'est une arnaque. On raccroche et **on rappelle soi-même** le numéro écrit sur sa carte.\n- **Aucune banque** ne demande de codes, de mot de passe ou de validation de paiement par téléphone, SMS ou e-mail.\n\nCe qui vaut quelque chose quand l'argent ne vaut plus rien : [[SURV-TROC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-014","titre":"Se faire comprendre sans parler la langue","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["langue","gestes","dessin","traduction","pictogrammes","etranger","refugies","communication"],"sources":["Morris D. et al., Gestures: their origins and distribution, 1979","Axtell R., Gestures: The Do's and Taboos of Body Language Around the World, 1991","Wong-Baker FACES Foundation, échelle de la douleur par visages"],"corps":"::Parler plus fort n'a jamais appris une langue à personne. Un carnet, un crayon, les chiffres et une vingtaine de mots suffisent pour manger, se soigner, trouver un chemin et ne pas vexer tout le monde en trois gestes.::\n\n## Les outils qui marchent partout\n\n- **Le dessin** : un carnet et un crayon toujours sur soi. Une maison, un bus, une dent, une carte grossière : tout le monde comprend.\n- **Les chiffres** s'écrivent presque partout pareil. Prix, heures, dates : on les écrit, on ne les dit pas.\n- **Montrer** : l'objet, la photo, la plaque de la rue, l'adresse écrite par quelqu'un du pays.\n- **Les applications de traduction** fonctionnent **sans réseau** si on a téléchargé la langue avant. Certaines traduisent un panneau en le photographiant.\n\n## Parler\n\n- **Lentement**, des phrases courtes, des mots simples, sans expressions toutes faites.\n- **Un mot, un geste** : « eau » en mimant de boire.\n- **Les vingt premiers mots à apprendre** : bonjour, merci, pardon, oui, non, eau, manger, docteur, aide, combien, où, toilettes, et les chiffres de un à dix.\n\n## Les gestes qui piègent\n\n- **Le pouce levé** est une insulte dans une partie du Moyen-Orient et de l'Afrique de l'Ouest.\n- **Le cercle pouce-index** (« OK ») est grossier au Brésil.\n- **Hocher la tête** veut dire non en Bulgarie.\n- **La main gauche** est considérée comme impure dans une grande partie du monde arabe, de l'Inde et de l'Afrique : on donne et on mange de la main droite.\n- **Appeler quelqu'un** paume vers le haut en repliant le doigt est insultant dans une partie de l'Asie : on appelle paume vers le bas.\n- **Compter sur ses doigts** : en France, trois, c'est le pouce, l'index et le majeur ; dans le monde anglophone, l'index, le majeur et l'annulaire. Dans un film de Tarantino, un espion se trahit exactement comme ça.\n\n## Pour soigner\n\n- Un **dessin du corps** pour montrer où ça fait mal.\n- **L'échelle des visages**, du sourire aux larmes, pour dire combien ça fait mal : comprise par les enfants et par toutes les langues.\n\nSe signaler sans parler : [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-013","titre":"Calculer de tête","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calcul mental","pourcentages","regle de trois","multiplication","preuve par neuf","estimation"],"sources":["Benjamin A., Shermer M., Secrets of Mental Math, 2006","Dehaene S., La bosse des maths, Odile Jacob, 1997"],"corps":"::Sans calculatrice, la plupart des gens ne savent plus rendre la monnaie, doser un médicament ou partager une réserve. Ce n'est pas une question de don : c'est une douzaine d'astuces, que les commerçants et les artisans utilisaient tous les jours.::\n\n## Additionner et soustraire\n\n- **Arrondir puis corriger** : 47 + 38 = 47 + 40 - 2 = 85.\n- **Compter vers le haut**, comme un caissier qui rend la monnaie : 100 - 63 ? De 63 à 70, 7 ; de 70 à 100, 30. Réponse : 37.\n\n## Multiplier\n\n- **Par 5** : multiplier par 10, puis diviser par 2. 48 × 5 = 480 / 2 = 240.\n- **Par 25** : multiplier par 100, diviser par 4.\n- **Par 9** : multiplier par 10, enlever le nombre. 9 × 34 = 340 - 34 = 306.\n- **Par 11** (nombre à deux chiffres) : écarter les chiffres et mettre leur somme au milieu. 43 × 11 = 4 (4+3) 3 = 473.\n- **Doubler et diviser par deux** : 16 × 25 = 8 × 50 = 4 × 100 = 400.\n- **La table de 9 sur les doigts** : les dix doigts tendus, pour 9 × 4 on baisse le quatrième doigt ; à gauche 3 doigts, à droite 6 : 36.\n\n## Les pourcentages\n\n- **10 %** : on décale la virgule. **5 %** : la moitié de 10 %. **15 %** = 10 % + 5 %.\n- **L'astuce qui retourne tout** : 8 % de 50, c'est pareil que 50 % de 8, donc 4.\n\n## La règle de trois\n\nPour les recettes, les doses, le carburant : si 4 personnes mangent 1,2 kg, combien pour 7 ? On passe par l'unité : 1,2 / 4 = 0,3 kg par personne, fois 7 = 2,1 kg.\n\n## Vérifier\n\n- **Estimer d'abord** : 48 × 21, c'est à peu près 50 × 20 = 1 000. Un résultat de 10 080 est faux.\n- **Divisible par 3 ou par 9** quand la somme des chiffres l'est.\n- **La preuve par neuf**, qu'on apprenait à l'école avant les calculatrices : on réduit chaque nombre à la somme de ses chiffres jusqu'à un seul chiffre (en retirant les 9), on fait la même opération avec ces restes, et on compare avec le reste du résultat. Si ça ne colle pas, il y a une erreur.\n\nLes unités : [[TEC-IDE-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-012","titre":"L'argent, comment ça marche","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["argent","monnaie","banque","inflation","credit","epargne","especes","regle de 72","arnaques"],"sources":["McLeay M., Radia A., Thomas R., Money creation in the modern economy, Bank of England Quarterly Bulletin, 2014","Fonds de garantie des dépôts et de résolution, garantie des dépôts bancaires jusqu'à 100 000 euros","Fergusson A., When Money Dies: the nightmare of the Weimar hyperinflation, 1975"],"corps":"::En novembre 1923, à Berlin, un pain coûtait 200 milliards de marks. L'argent n'a de valeur que parce que tout le monde croit qu'il en a. Comprendre ça, c'est comprendre pourquoi il faut en avoir un peu, mais jamais seulement de l'argent.::\n\n## Ce que c'est\n\nL'argent sert à trois choses : **échanger** sans troquer, **compter** (donner un prix à tout), et **mettre de côté** pour plus tard.\n\nLes billets et les pièces n'en sont qu'une petite part. L'essentiel n'existe que sous forme de **chiffres sur des comptes**, et il est créé par les banques **quand elles prêtent** : un crédit accordé, c'est de l'argent nouveau qui apparaît.\n\n## L'inflation\n\nQuand les prix montent, chaque euro achète moins. À 3 % par an, un billet perd la moitié de sa valeur en 24 ans. Quand un État imprime pour payer ses dettes, les prix peuvent s'envoler : l'Allemagne en 1923, le Zimbabwe en 2008 (qui a fini par imprimer des billets de 100 000 milliards de dollars), le Venezuela plus récemment.\n\n## La règle de 72\n\nDivisez 72 par un taux annuel : vous obtenez le nombre d'années pour **doubler**.\n\n- Épargne à 4 % : double en 18 ans.\n- Dette à 18 % : double en 4 ans.\n- Inflation à 6 % : l'argent qui dort perd la moitié de sa valeur en 12 ans.\n\nC'est le calcul le plus utile de toute une vie financière.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Les dépôts** sont garantis jusqu'à **100 000 euros** par personne et par banque en France et dans l'Union européenne.\n- **Les crédits renouvelables et les découverts** sont parmi les plus chers qui existent : à rembourser en premier.\n- **Noter chaque dépense pendant un mois** : la plupart des gens découvrent où part leur argent.\n\n## Les arnaques\n\nPersonne de sérieux ne demande de payer en **cartes cadeaux**, en **cryptomonnaie** ou par **virement urgent**. Un rendement garanti très élevé est un mensonge. La banque ne demande jamais ses codes par téléphone : on raccroche et on rappelle le numéro écrit sur sa carte.\n\n## Dans une crise\n\n- **Quand le courant ou le réseau tombe**, les cartes ne marchent plus. Plusieurs pays européens recommandent désormais de garder un peu de liquide chez soi, **en petites coupures** : personne ne rend la monnaie sur 50 euros quand tout est en panne.\n- **Quand la monnaie s'effondre**, ce qui compte, ce sont les biens, les savoir-faire et la confiance. Voir [[SURV-TROC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-011","titre":"Les unités et les conversions","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["unites","conversions","pouce","livre","gallon","fahrenheit","psi","calories","mesures"],"sources":["Bureau international des poids et mesures, Le Système international d'unités (SI), 9e édition","NIST, Special Publication 811 : Guide for the Use of the International System of Units","NIST Handbook 44 (unités usuelles américaines)"],"corps":"::Un manuel américain, une notice de pompe, une carte marine, une recette anglaise : le monde n'utilise pas les mêmes unités. Une erreur de conversion a détruit une sonde spatiale en 1999. Voici les chiffres qui évitent les vôtres.::\n\n## Longueurs\n\n| Unité | Équivalent |\n|---|---|\n| 1 pouce (in, ″) | 2,54 cm |\n| 1 pied (ft, ′) | 30,48 cm (12 pouces) |\n| 1 yard | 91,44 cm |\n| 1 mile | 1,609 km |\n| 1 mille marin | 1,852 km |\n\n## Masses\n\n| Unité | Équivalent |\n|---|---|\n| 1 once (oz) | 28,35 g |\n| 1 livre (lb) | 453,6 g (16 onces) |\n| 1 tonne américaine (short ton) | 907 kg |\n\n## Volumes\n\n| Unité | Équivalent |\n|---|---|\n| 1 cuillère à café | 5 ml |\n| 1 cuillère à soupe | 15 ml |\n| 1 tasse (cup américaine) | 240 ml environ |\n| 1 once liquide américaine (fl oz) | 29,6 ml |\n| 1 gallon américain | 3,785 litres |\n| 1 gallon britannique | 4,546 litres |\n| 1 baril de pétrole | 159 litres |\n\n## Températures\n\n- **°F = °C × 1,8 + 32** ; **°C = (°F − 32) ÷ 1,8**.\n- Repères : 0 °C = 32 °F ; 37 °C = 98,6 °F ; 100 °C = 212 °F ; −40 °C = −40 °F.\n- De tête : doublez les °C et ajoutez 30 pour une approximation des °F.\n\n## Pressions\n\n- **1 bar = 100 kPa = 14,5 psi.** Un pneu à 2,5 bars est à 36 psi.\n- 1 atmosphère = 1,013 bar.\n\n## Énergie, puissance, vitesse\n\n- **1 kWh = 3,6 MJ.** 1 kcal (la « calorie » des étiquettes) = 4,184 kJ.\n- **1 cheval-vapeur** = 736 W (cheval métrique) ; 1 horsepower anglo-saxon = 746 W.\n- **1 nœud** = 1,852 km/h. **m/s × 3,6 = km/h.**\n- **1 Ah à 12 V = 12 Wh.** Voir [[TEC-ENE-016]].\n\n## Surfaces\n\n- 1 hectare = 10 000 m² = 2,47 acres ; 1 acre = 4 047 m².\n\n## Les astuces\n\n- **Vérifiez l'ordre de grandeur** après chaque conversion : une dose, une pression ou une distance qui paraît dix fois trop grande l'est sans doute.\n- **En médecine, jamais de conversion de tête** : écrivez le calcul, faites-le vérifier. Voir [[TEC-SAN-009]].\n- **Le corps mesure aussi** : empan, pas, pouce. Voir [[SURV-ORI-004]]. Tracer et mesurer à l'atelier : [[TEC-ATE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-010","titre":"Reconnaître une fausse information","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fausse information","rumeur","verification","source","image","reseaux sociaux","crise"],"sources":["Caulfield M., méthode SIFT (Stop, Investigate, Find, Trace), 2019","Vosoughi S., Roy D., Aral S., The spread of true and false news online, Science, 2018","AFP Factuel et Les Décodeurs (Le Monde), guides de vérification"],"corps":"::Une étude sur des millions de messages l'a mesuré : les fausses nouvelles se diffusent plus loin et plus vite que les vraies, parce qu'elles sont plus surprenantes et plus émouvantes. En crise, une rumeur peut faire plus de dégâts que l'événement lui-même.::\n\n## Quatre gestes (la méthode SIFT)\n\n1. **S'arrêter.** Le message vous met en colère, vous fait peur, confirme exactement ce que vous pensiez ? C'est précisément le moment de ne pas partager tout de suite.\n2. **Vérifier la source.** Qui dit ça ? Un média connu, une administration, un inconnu, un compte créé la semaine dernière ? Cherchez le nom de la source avec le mot « fiable » ou « fake ».\n3. **Chercher d'autres sources.** Une information importante est reprise par plusieurs médias sérieux. Si personne d'autre n'en parle, prudence.\n4. **Remonter à l'origine.** La citation, l'étude, la vidéo : d'où viennent-elles vraiment ? Souvent, l'original dit autre chose.\n\n## Les pièges classiques\n\n- **La vieille image** d'une autre catastrophe présentée comme d'aujourd'hui. Une **recherche d'image inversée** (dans les moteurs de recherche, en déposant l'image) retrouve sa première apparition.\n- **La capture d'écran** d'un faux article ou d'un faux tweet : on cherche l'original sur le site lui-même.\n- **Le « transférez à tous vos contacts »**, le « les médias vous le cachent », l'urgence sans source.\n- **La vraie information sortie de son contexte** : un chiffre juste, mais d'une autre année ou d'un autre pays.\n- **L'image ou la voix fabriquée** par intelligence artificielle : mains étranges, textes illisibles, voix sans respiration naturelle. En cas de doute, on attend une confirmation.\n\n## En crise\n\n- **Les consignes officielles** passent par les alertes, la radio publique et les comptes vérifiés des autorités. Voir [[SIG-COM-012]].\n- **Une rumeur de pénurie** crée la pénurie : chacun court acheter, et les rayons se vident vraiment.\n- **Avant de transmettre**, demandez-vous : est-ce que je sais d'où ça vient ? Si non, on ne transmet pas, ou on le dit clairement.\n\nRecueillir et recouper l'information sur le terrain : [[SIG-COM-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-009","titre":"Les appareils Phenix","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["phenix","appareil","esp32","borne","wifi","carte sd","prototype","documentation","fabrication"],"sources":["Dépôt du projet Phenix : materiel/phenix-001-v0/LISEZMOI.md, borne-sans-sd.ino, borne.ino, ecran.ino","Espressif Systems, ESP32-C3 Series Datasheet et documentation arduino-esp32","Andy Brown, Generic Nokia LCD hacking board (brochage des écrans de téléphones Nokia)"],"corps":"::Un appareil Phenix doit pouvoir se construire avec des pièces qu'on trouve partout, se réparer avec un fer à souder, et tenir la bibliothèque entière dans la poche. Tout est ouvert : les plans, le code, les erreurs.::\n\n**Tout ce qui suit est au stade de prototype.** Rien n'est vendu. Les rendus 3D des appareils sont des concepts ; seule la borne WiFi a déjà fonctionné sur un vrai téléphone.\n\n## Les deux appareils\n\n**Phenix 001, le petit.** Un lecteur de poche, pas plus gros qu'une petite télécommande, qui contient toute la bibliothèque sur une carte mémoire et l'affiche sur un petit écran économe. Pièces courantes, boîtier qu'on ouvre avec un tournevis, batterie remplaçable.\n\n**Phenix 002, le grand.** Un appareil plus grand, avec un écran couleur assez large pour lire des cartes. Deux fentes pour cartes mémoire sous une trappe en caoutchouc : il peut **lire la carte d'un Phenix 001, vérifier sa bibliothèque et réparer les fiches abîmées**. Des modules s'y branchent sur des broches : panneau solaire, dynamo, lampe. Et un Phenix cassé doit pouvoir repartir sur un écran de récupération, même celui d'un vieux terminal de paiement.\n\n## Ce qui existe déjà : la borne Phenix\n\nC'est le premier prototype qui marche. Une carte électronique de quelques euros ouvre un réseau WiFi nommé **Phenix**, sans mot de passe. **N'importe quel téléphone qui s'y connecte ouvre toute la bibliothèque**, sans internet, sans rien installer : la page s'affiche d'elle-même, comme le portail WiFi d'un hôtel.\n\n**Les pièces**\n\n| Pièce | Rôle | Prix indicatif |\n|---|---|---|\n| ESP32-C3 « Super Mini » | Le cerveau et le WiFi | 3 à 5 € |\n| Câble USB-C | Alimentation et programmation | déjà chez vous |\n| Batterie externe (powerbank) | Autonomie | déjà chez vous |\n| Module carte micro SD (facultatif) | Pour une bibliothèque plus grosse | 1 à 2 € |\n\n**Deux versions**\n\n- **Sans carte SD** : l'application complète, compressée (moins d'un mégaoctet), est écrite directement dans la mémoire de la carte. Rien à souder. C'est la version qui a fonctionné.\n- **Avec carte SD** : la bibliothèque est sur une carte micro SD en FAT32, préparée sur l'ordinateur. Branchements : CS sur GPIO7, MOSI sur GPIO6, SCK sur GPIO4, MISO sur GPIO5, plus 3,3 V et masse.\n\n**La fabriquer**\n\n1. Installer **Arduino IDE 2**, ajouter les cartes ESP32 d'Espressif, choisir la carte **ESP32C3 Dev Module**.\n2. Dans le menu Outils : **Partition Scheme : Huge APP**, et **USB CDC On Boot : Enabled**.\n3. Ouvrir le programme de la borne, dans le dossier **materiel/phenix-001-v0** du dépôt, et téléverser.\n4. Si le téléversement ne démarre pas : débrancher, **garder le bouton BOOT appuyé**, rebrancher, relâcher, recommencer.\n5. Sur le téléphone : réglages WiFi, réseau **Phenix**. Si la page ne s'ouvre pas seule, taper **192.168.4.1** dans le navigateur.\n\n## Ce qui a été essayé, et ce qu'on en a appris\n\n**L'écran d'un vieux téléphone Nokia** : l'idée était de réutiliser l'écran couleur d'un téléphone mort. Deux obstacles l'ont arrêtée : un connecteur de 24 broches espacées de 0,4 mm, presque impossible à souder sans matériel fin, et un rétroéclairage qui demande environ 13 volts. **Leçon** : pour un appareil que tout le monde doit pouvoir refaire, un module d'écran vendu pour les microcontrôleurs, déjà monté sur sa petite carte, vaut mieux qu'une pièce de récupération exotique. Voir [[TEC-ELN-001]].\n\n**La suite prévue** : un écran couleur de 2,8 pouces avec lecteur de carte SD intégré, ou un écran à **encre électronique** de 2,9 pouces, qui garde sa page sans courant et se lit en plein soleil, voir [[TEC-ELN-003]].\n\n## Les principes qui guident la conception\n\n- **Des pièces qu'on trouve partout**, en ligne comme dans les magasins d'électronique, et qu'on peut remplacer une par une.\n- **Tout est documenté** : schémas, code, liste des pièces, dans le dépôt public. Un appareil dont personne ne connaît l'intérieur ne se répare pas.\n- **La bibliothèque reste lisible sans l'appareil** : ce sont les mêmes fichiers texte que partout ailleurs. Une carte SD sortie d'un Phenix cassé se lit sur n'importe quel ordinateur.\n- **L'énergie d'abord** : un appareil qui doit tenir loin des prises choisit ses composants pour leur consommation avant leur puissance.\n\nLe projet dans son ensemble est présenté dans [[TEC-IDE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-008","titre":"Le projet Phenix","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["phenix","projet","bibliotheque","hors ligne","communaute","licence","contribuer"],"sources":["Dépôt du projet Phenix : README, LICENSE (MIT) et LICENSE-CORPUS (CC BY-SA 4.0)","Creative Commons, Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International","Site du projet : anthrophobicc.github.io/PhenixProject"],"corps":"::Phenix est une bibliothèque du savoir pratique qui marche sans internet, que tout le monde peut lire, corriger et agrandir. Elle ne parie pas sur la fin du monde. Elle parie sur le fait que le savoir doit être là le jour où on en a besoin.::\n\n## Ce que c'est\n\nPhenix rassemble des **fiches** : comment trouver de l'eau, réparer un pneu, soigner une brûlure, lire un disjoncteur, faire une soupe pour vingt avec presque rien. Chaque fiche est un simple **fichier texte**. Le logiciel les range, les relie et les filtre, mais **si Phenix disparaît, les fiches restent lisibles** avec n'importe quel éditeur de texte. C'est le principe qui gouverne tout le reste. Le format d'une fiche est décrit dans [[TEC-IDE-003]].\n\n## Les trois axes\n\n- **Axe 1, la Mémoire** : ce qui s'est passé, et ce que ça nous apprend.\n- **Axe 2, la Technique** : comment une chose fonctionne, avec les chiffres, les plans et les tableaux qui vont avec.\n- **Axe 3, la Survie** : quoi faire, maintenant, quand la situation se dégrade.\n\nQuand un sujet relève de deux axes, on écrit les deux fiches et on les relie. On n'écrit jamais deux fois la même chose.\n\n## Les trois briques\n\n- **Phenix Base**, l'application : sur téléphone, sur ordinateur, ou dans un simple navigateur. Elle fonctionne entièrement hors ligne : fiches, recherche, cartes enregistrées, repères, listes de lecture, inventaire, notes. Vos données restent chez vous.\n- **Phenix Lab**, quand il y a du réseau : proposer une idée ou une fiche entière, voter pour ce qui est utile, commenter, partager une carte ou un calque de repères.\n- **Phenix Hub** : toutes les versions de la bibliothèque. L'officielle, et celles que les communautés publient pour leur langue, leur région ou leur groupe. On choisit celle qu'on lit, on compose la sienne en cochant des axes, des catégories, des fiches, des cartes et des calques, et on la partage.\n\n## Ce qui le distingue\n\n- **Ouvert** : tout le monde peut écrire une fiche, sur n'importe quel sujet utile. Les limites viennent après, pas avant.\n- **Participatif** : on propose, on vote, on corrige, on discute. Sur les sujets pointus, ceux qui savent débattent jusqu'à un consensus.\n- **Pratique** : un savoir qui dit comment **faire** et comment **réparer**, pas seulement comment une chose fonctionne.\n- **Sans compte, sans serveur obligatoire, sans publicité.** La connexion ne sert qu'aux fonctions de partage.\n\n## Les licences\n\n- **Les fiches** sont sous licence **Creative Commons BY-SA 4.0** : vous pouvez les copier, les imprimer, les traduire, les modifier et les redistribuer, même pour vendre un livre, à condition de citer Phenix et de laisser vos modifications sous la même licence.\n- **Le code** de l'application est sous licence **MIT**.\n\n## Contribuer, concrètement\n\n1. **Écrire une fiche** : bouton « + Fiche » dans l'application, puis « Proposer au corpus ». Sans réseau, exportez-la en .md et déposez-la plus tard sur Phenix Lab.\n2. **Voter et commenter** les propositions des autres sur Phenix Lab : c'est ce qui fait remonter les meilleures.\n3. **Traduire** : une fiche traduite garde le même identifiant et devient lisible dans une autre langue.\n4. **Cartographier** : un calque de repères (sources, abris, points de passage) sur votre région, partagé sur Phenix Hub.\n5. **Construire un appareil** : les plans et le code des prototypes sont ouverts, voir [[TEC-IDE-009]].\n\n## Ce qui n'est pas encore là\n\nLe projet est jeune et le dit. Le corpus compte quelques centaines de fiches là où il en vise des milliers. Les fonctions en ligne sont récentes. Les fiches ne sont pas encore signées numériquement. Les appareils sont des prototypes. Tout cela avance fiche après fiche, et plus vite quand on est nombreux.\n\n## Où le trouver\n\n- Le site, l'application en ligne et les téléchargements : **anthrophobicc.github.io/PhenixProject**\n- Le code et les fiches : le dépôt GitHub **PhenixProject**\n- Les nouvelles fiches, au fil des semaines : **@phenixprjct** sur Instagram\n\nLe savoir ne s'éteint pas tant que quelqu'un le garde.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-007","titre":"Le fond vert","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["fond vert","incrustation","chroma key","video","cinema","eclairage","montage"],"sources":["Foster J., The Green Screen Handbook: Real-World Production Techniques, Sybex","Documentation OBS Studio et DaVinci Resolve, filtres d'incrustation","Brinkmann R., The Art and Science of Digital Compositing, Morgan Kaufmann"],"corps":"::Le fond vert ne remplace pas le décor. Il remplace une couleur. Tout le travail consiste à ce que cette couleur n'existe que derrière vous.::\n\n## Le principe\n\nLa caméra filme une personne devant un fond d'une seule couleur, uniforme. Le logiciel repère tous les pixels de cette couleur et les rend transparents. On glisse une autre image derrière. C'est l'**incrustation**, ou *chroma key*.\n\nC'est la même idée que la météo à la télévision, les effets spéciaux au cinéma, ou le fond de n'importe quel créateur de vidéo.\n\n## Pourquoi vert, et pourquoi parfois bleu\n\n**Le vert** est la couleur la plus éloignée de la peau humaine, quelle que soit sa teinte. Et les capteurs des caméras ont deux fois plus de pixels verts que de rouges ou de bleus : le vert est la couleur la plus détaillée, donc la plus facile à découper proprement.\n\n**Le bleu** sert quand le sujet porte du vert, pour les scènes de nuit, et donne moins de reflets colorés sur la peau. Mais il demande plus de lumière.\n\nRègle absolue : **pas de vêtement, d'accessoire ou d'objet de la couleur du fond.** Il deviendrait transparent. Attention aussi aux objets brillants, lunettes, montres, bijoux : ils reflètent le fond.\n\n## Les trois lois de l'éclairage\n\nC'est l'éclairage qui fait 80 % du résultat. Un logiciel ne rattrape pas un fond mal éclairé.\n\n1. **Le fond doit être uniforme.** Pas de zone plus sombre dans les coins, pas de pli, pas de reflet. Deux lampes diffuses, à 45 degrés de chaque côté du fond, au lieu d'une seule en face.\n2. **Le sujet s'éclaire à part**, avec ses propres lampes, comme pour n'importe quelle vidéo.\n3. **Éloignez le sujet du fond : 1,5 à 2 mètres au moins.** Trop près, le vert se reflète sur les épaules et les cheveux, c'est le *débordement*, et l'ombre du sujet tombe sur le fond.\n\n## Les réglages de la caméra\n\n- **Vitesse d'obturation élevée** (1/100 s ou plus) : le flou de mouvement mélange le sujet et le vert, et le détourage bave.\n- **Mise au point sur le sujet.** Un fond légèrement flou se découpe même mieux.\n- **Pas trop d'exposition** : un vert brûlé devient presque blanc.\n- **La meilleure définition possible**, et un format peu compressé si la caméra le propose.\n\n## Le logiciel\n\nLes logiciels gratuits suffisent : OBS pour le direct, DaVinci Resolve, CapCut ou Shotcut pour le montage. Le réglage suit toujours le même ordre :\n\n1. choisir la couleur à retirer avec la pipette, sur une zone moyenne du fond ;\n2. monter la tolérance jusqu'à ce que tout le fond disparaisse, pas plus ;\n3. adoucir un peu les bords ;\n4. activer la **suppression du débordement** (*spill suppression*), qui retire le reflet vert sur les contours.\n\n## Les astuces de ceux qui en font tous les jours\n\n- **Un tissu se repasse**, ou se tend sur un cadre. Chaque pli fait une ombre, et chaque ombre est une autre teinte de vert. Un mur peint en vert mat vaut mieux qu'un tissu froissé.\n- **Découpez large, recadrez après.** Si le sujet sort du fond, même d'un doigt, il est perdu. Faites le cadre, puis masquez tout ce qui dépasse du fond avec un masque grossier (*garbage matte*).\n- **Les cheveux fins** sont l'épreuve de vérité. Une lumière placée derrière le sujet, vers le haut de sa tête, sépare les cheveux du fond et rend le détourage beaucoup plus propre.\n- **Le décor d'arrivée décide de la lumière.** Si le fond final est un coucher de soleil, éclairez le sujet chaud et de côté. Un sujet éclairé comme dans un bureau posé sur une plage ne trompe personne.\n- **Pas de fond vert ?** Un drap bleu, un mur uni, un ciel dégagé derrière vous. Le logiciel accepte n'importe quelle couleur, pourvu qu'elle soit uniforme et absente du sujet.\n- **Les nouveaux outils d'intelligence artificielle** détourent sans fond vert. Ils se trompent sur les mains et les cheveux en mouvement : le fond vert reste plus fiable dès qu'on bouge.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-006","titre":"Le terminal de paiement","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tpe","carte bancaire","paiement","sans contact","puce","banque","coupure"],"sources":["EMVCo, EMV Integrated Circuit Card Specifications for Payment Systems, livres 1 à 4","Groupement des Cartes Bancaires CB, règles de fonctionnement du paiement sans contact","Banque de France, Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rapport annuel","ISO/IEC 14443, cartes sans contact de proximité"],"corps":"::Une carte bancaire ne contient pas d'argent. Elle contient une clé qui prouve que c'est bien elle. Le terminal ne paie rien : il pose une question à la banque, et attend la réponse.::\n\n## Ce qu'il y a dans la carte\n\nLa puce est un vrai petit ordinateur, avec une mémoire protégée. Elle garde une **clé secrète** qu'elle ne révèle jamais, même à celui qui la lit. À chaque paiement, elle s'en sert pour calculer un **cryptogramme** : un code unique, valable pour cette opération, ce montant, ce jour.\n\nC'est ce qui rend une carte à puce difficile à copier. On peut lire son numéro, pas sa clé ; et un cryptogramme volé ne sert qu'une fois.\n\n**La piste magnétique**, au dos, contient seulement le numéro et la date. Elle se copie facilement : c'est pour cela qu'elle ne sert presque plus en Europe.\n\n## Ce qui se passe en deux secondes\n\n1. **Lecture.** Le terminal parle à la puce, par contact ou par radio.\n2. **Le code.** Vous tapez votre code. En Europe, c'est le plus souvent **la puce elle-même qui le vérifie** : le code ne part pas vers la banque. Trois erreurs et elle se bloque.\n3. **La demande.** Le terminal envoie le montant et le cryptogramme à la banque du commerçant (**l'acquéreur**).\n4. **Le réseau.** L'acquéreur transmet par le réseau de la carte (CB, Visa, Mastercard) à **votre banque**, l'émetteur.\n5. **La décision.** Votre banque vérifie le cryptogramme, le solde ou le plafond, les signes de fraude, et répond oui ou non.\n6. **Le ticket.** La réponse revient par le même chemin. Tout cela dure une à trois secondes.\n\n**L'argent, lui, ne bouge pas encore.** Le soir, le terminal envoie toutes les opérations de la journée en un lot (la **télécollecte**). Les banques compensent entre elles, et le commerçant est crédité un ou deux jours plus tard, moins une commission.\n\n## Le sans contact\n\nLa carte contient une petite antenne. Le terminal émet un champ radio à **13,56 MHz** qui alimente la puce à quelques centimètres, sans pile. Les terminaux de paiement sont conçus pour lire à moins de 4 cm environ.\n\nPour aller vite, on saute le code sous un certain montant, **50 euros en France**. Pour limiter les risques en cas de vol, la carte compte les paiements sans code : passé un montant cumulé ou un nombre d'opérations, elle demande le code au paiement suivant.\n\n**Le téléphone** fonctionne de la même façon, mais le numéro de carte est remplacé par un numéro de substitution, et c'est votre empreinte ou votre visage qui remplace le code.\n\n## Pourquoi ça peut dire non\n\n- Plafond de paiement atteint (souvent sur 7 ou 30 jours glissants).\n- Carte bloquée, expirée, ou puce usée : essayez le sans contact, ou l'inverse.\n- Soupçon de fraude : achat inhabituel, pays inhabituel. Votre application bancaire le signale souvent.\n- **Pas de réseau.**\n\n## Quand le réseau tombe\n\nUn terminal a besoin de deux choses : **du courant et une liaison** (ligne fixe, internet, ou carte SIM pour les terminaux mobiles).\n\nCertains terminaux savent accepter un paiement **hors ligne** sous un petit montant fixé par la banque (le plafond de sol) : la puce vérifie le code et la carte seule, l'opération est stockée et envoyée plus tard. C'est un risque pour le commerçant, qui le limite ou le refuse.\n\nLors d'une coupure étendue, comme en Espagne et au Portugal le 28 avril 2025, les terminaux s'arrêtent avec le reste : les magasins encore ouverts n'acceptent plus que **les espèces**. Gardez-en un peu chez vous, en petites coupures. Voir [[TEC-RES-001]].\n\n## Se protéger\n\n- **Cachez le clavier** quand vous tapez le code : une caméra ou un regard suffit à le voler, et la carte se vole ensuite.\n- **Regardez le terminal** d'un distributeur ou d'une pompe à essence : une façade qui bouge, un lecteur épais, un clavier en relief peuvent cacher un copieur.\n- **Le montant affiché** est celui que vous acceptez : lisez-le avant de présenter la carte.\n- **Une carte perdue** se fait opposer tout de suite, par l'application ou par le numéro de votre banque. En France, le numéro interbancaire d'opposition est le 0 892 705 705.\n- Le sans contact volé est limité par le compteur de la carte ; le paiement en ligne avec vos numéros est le vrai risque. Surveillez vos relevés.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-005","titre":"La vidéosurveillance publique","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["camera","videoprotection","ville","droit","surveillance","vie privee"],"sources":["Code de la sécurité intérieure, articles L251-1 à L255-1","Cour des comptes, Les polices municipales, rapport public thématique, octobre 2020","Piza E., Welsh B., Farrington D., Thomas A., CCTV surveillance for crime prevention, Criminology & Public Policy, 2019","Loi n° 2023-380 du 19 mai 2023 relative aux Jeux olympiques et paralympiques, article 10","Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle, article 5"],"corps":"::Une caméra de rue n'est presque jamais regardée en direct. Elle sert surtout après coup, à condition que quelqu'un demande les images à temps.::\n\n## Comment fonctionne un réseau de ville\n\nLes caméras d'une commune sont reliées par fibre ou par radio à un **centre de supervision urbain** : une salle, un mur d'écrans, quelques opérateurs. En France, la loi parle de **vidéoprotection** pour la voie publique, et de vidéosurveillance pour les lieux privés.\n\nUn opérateur ne peut suivre vraiment que quelques écrans à la fois. Dans une ville qui a des centaines de caméras, **l'immense majorité des images n'est vue par personne**. Elle est enregistrée, puis effacée.\n\nTrois usages dominent :\n\n- **Le direct** : suivre une manifestation, un match, un incident signalé par radio.\n- **L'après-coup** : la police ou la justice demande les images d'un endroit et d'une heure précis. C'est de loin l'usage principal.\n- **La lecture de plaques** (LAPI) : des caméras dédiées lisent les immatriculations et les comparent à des fichiers de véhicules recherchés.\n\nLe fonctionnement technique d'une caméra est détaillé dans [[TEC-IDE-004]].\n\n## Ce que dit la loi en France\n\n- Chaque caméra de voie publique demande une **autorisation du préfet**, après avis d'une commission départementale.\n- Elle ne doit pas filmer l'intérieur des habitations, ni de façon précise leurs entrées.\n- **Des panneaux** doivent signaler la zone filmée et dire à qui s'adresser.\n- Les images se gardent **30 jours au plus**, souvent moins. Ensuite elles sont effacées, sauf si une enquête les a réclamées.\n- Toute personne peut demander à voir les images où elle figure, auprès du responsable indiqué sur le panneau. Le refus est possible pour des raisons de sécurité ou d'enquête ; il se conteste devant la commission départementale.\n\n**La reconnaissance faciale en temps réel dans la rue n'est pas autorisée en France.** À l'échelle européenne, le règlement sur l'intelligence artificielle de 2024 l'interdit aux forces de l'ordre, sauf exceptions étroites (recherche d'une victime, menace terroriste imminente) encadrées par un juge.\n\n**L'analyse automatique des images**, sans reconnaissance des visages, a été expérimentée pour les Jeux de 2024 : repérer un objet abandonné, un mouvement de foule, une personne au sol. Son avenir fait l'objet de débats et de lois successives : vérifiez l'état du droit au moment où vous lisez.\n\n## Est-ce que ça marche ?\n\nLa réponse la plus solide vient de l'analyse de 76 études menées sur quarante ans (Piza et collègues, 2019) :\n\n- une **baisse modeste** de la délinquance là où sont les caméras, de l'ordre de 13 % en moyenne ;\n- un effet net sur **les parkings** et les vols liés aux véhicules ;\n- **pas d'effet mesurable sur les violences** : on ne réfléchit pas à la caméra au moment d'une bagarre.\n\nEn France, la Cour des comptes a relevé en 2020 qu'aucune corrélation globale n'était établie entre l'équipement d'une ville en caméras et son niveau de délinquance. Une étude commandée par la gendarmerie en 2021 a trouvé que les images n'avaient contribué qu'à une petite fraction des enquêtes élucidées.\n\nCe que les caméras font bien : **retracer un trajet après coup**, confirmer un horaire, retrouver un véhicule. Ce qu'elles font mal : empêcher.\n\n## Ce qui vous sert concrètement\n\n**Vous êtes victime ou témoin.** Portez plainte **dans les jours qui suivent** en donnant le lieu exact et l'heure. C'est la plainte qui permet à la police de réquisitionner les images avant leur effacement. Passé un mois, elles n'existent plus. Notez aussi les commerces du coin : leurs caméras privées ont souvent une meilleure vue que celles de la ville.\n\n**Vous voulez savoir où sont les caméras.** Les panneaux, les délibérations du conseil municipal (l'installation se vote et se finance en public), les données ouvertes de certaines villes, et les cartes collaboratives comme OpenStreetMap, où les caméras sont recensées par des bénévoles.\n\n**Vous voulez voir vos images.** Écrivez au responsable indiqué sur le panneau, dans le délai de conservation, en précisant lieu, date, heure et une description de vous.\n\n**Vous tenez à votre vie privée.** Une caméra de rue est un maillon parmi d'autres ; le téléphone, les paiements et les badges en disent bien plus. Voir [[SIG-COM-007]].\n\n**Pendant une coupure longue.** Un réseau de caméras dépend du courant et des liaisons. Sans eux, il s'éteint comme le reste, voir [[TEC-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-004","titre":"Les caméras de surveillance","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["camera","surveillance","video","infrarouge","securite","reseau"],"sources":["Norme EN 62676-4, systèmes de vidéosurveillance, lignes directrices d'application","CNIL, fiches pratiques sur la vidéoprotection et la vidéosurveillance","Documentation technique des codecs H.264 et H.265 (ITU-T)"],"corps":"::Une caméra ne voit pas mieux que vous. Elle voit plus longtemps, sans cligner, et elle garde tout. C'est sa seule force, et ses faiblesses viennent de la même place.::\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\nUne caméra de surveillance est un appareil photo qui prend 15 à 30 images par seconde, sans arrêt.\n\n**L'objectif** concentre la lumière. Sa focale décide de tout : courte, elle voit large mais les détails sont petits ; longue, elle voit loin mais étroit. Une caméra ne peut pas tout voir en détail à la fois.\n\n**Le capteur** transforme la lumière en pixels. Plus il y en a, plus on peut agrandir l'image, mais seulement si l'objectif et la lumière suivent.\n\n**Le filtre infrarouge.** Le jour, un petit filtre bloque l'infrarouge pour garder des couleurs justes. La nuit, il s'escamote avec un petit clic, la caméra passe en noir et blanc et s'éclaire elle-même avec des **LED infrarouges**.\n\n**Le processeur** compresse l'image et l'envoie. Il fait souvent aussi la détection de mouvement, parfois la reconnaissance de personnes ou de véhicules.\n\n## La vision de nuit\n\nLes LED infrarouges à **850 nm** donnent une lueur rouge sombre, visible à l'œil quand on regarde la caméra dans le noir. Celles à **940 nm** sont invisibles, mais portent moins loin.\n\nCet éclairage a une portée limitée, souvent 20 à 30 m. Au-delà, l'image est noire. Voir [[TEC-NUI-001]] pour la vision nocturne en général.\n\n**Un appareil photo de téléphone voit l'infrarouge** : filmez la caméra dans le noir, ses LED apparaissent comme des points violets ou blancs.\n\n## Analogique ou IP\n\n**Les caméras analogiques** (et leurs versions modernes HD sur câble coaxial) envoient un signal vidéo brut à un enregistreur, le **DVR**. Tout reste dans le bâtiment.\n\n**Les caméras IP** sont de petits ordinateurs sur le réseau. Elles envoient un flux numérique vers un enregistreur réseau (**NVR**), un serveur ou un cloud. Beaucoup sont alimentées par le câble réseau lui-même (**PoE**, Power over Ethernet).\n\n**Les caméras WiFi grand public** envoient presque toujours leurs images vers les serveurs du fabricant. Sans internet, beaucoup ne font plus rien, ou seulement enregistrer sur leur carte mémoire.\n\n## Pourquoi la compression compte\n\nUne vidéo brute remplirait un disque en quelques heures. Les codecs **H.264** et **H.265** ne gardent que ce qui change d'une image à l'autre. Un parking vide ne coûte presque rien ; une rue sous la pluie ou un arbre au vent coûte beaucoup, parce que tout bouge.\n\nConséquence pratique : un enregistreur garde souvent **une à quatre semaines**, puis écrase les images les plus anciennes. **Si vous avez besoin d'une image, demandez-la vite.**\n\n## Détecter, reconnaître, identifier\n\nLa norme européenne EN 62676-4 fixe ce qu'on peut attendre d'une image selon le nombre de pixels qui couvrent un mètre de scène :\n\n| Objectif | Pixels par mètre | Ce qu'on peut dire |\n|---|---|---|\n| Détecter | 25 | Il y a quelqu'un |\n| Observer | 62 | Ce qu'il fait, ses vêtements |\n| Reconnaître | 125 | C'est une personne qu'on connaît |\n| Identifier | 250 | On peut établir qui c'est |\n\nUne caméra 4K qui filme un parking de 40 m de large donne environ 100 pixels par mètre : elle reconnaît peut-être, elle n'identifie pas. **C'est pour cela que les images de journaux télévisés sont si floues.**\n\n## Ce qui trompe une caméra\n\n- **Le contre-jour** : une silhouette devant une porte vitrée ou des phares devient noire. Les caméras dites WDR compensent en partie.\n- **Les reflets de vitre** : une caméra derrière une fenêtre, la nuit, ne voit que le reflet de ses propres LED.\n- **La pluie, la neige, les toiles d'araignée** devant l'objectif déclenchent la détection de mouvement sans fin, ou aveuglent l'image la nuit.\n- **L'angle** : une caméra placée trop haut ne voit que des sommets de crânes et des visières de casquettes.\n- **Le réseau** : une caméra IP mal protégée, avec son mot de passe d'usine, est accessible depuis internet. Des sites entiers recensent des caméras ouvertes.\n\n## Installer la sienne\n\n1. Décidez **ce que vous voulez voir** : l'entrée, une allée, une boîte aux lettres. Une caméra par besoin, pas une caméra pour tout.\n2. Placez-la entre **2,5 et 3 m de haut**, assez basse pour voir les visages, assez haute pour ne pas être arrachée.\n3. Évitez le contre-jour : pas face à l'est ou l'ouest, pas face à une lampe.\n4. **Changez le mot de passe** dès l'installation, mettez à jour, et si possible gardez-la sur un réseau séparé.\n5. Préférez un enregistrement **local** (carte, NVR) : il marche sans internet.\n\n**Le droit.** En France, un particulier ne peut filmer que chez lui. La voie publique, le jardin ou les fenêtres du voisin sont interdits. Un salarié doit être informé, et les images ne se gardent pas plus d'un mois. Les caméras de la ville suivent d'autres règles, voir [[TEC-IDE-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-003","titre":"La fiche Phenix","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["phenix","fiche","documentation","format","contribuer","écrire","méthode"],"sources":["Documentation interne du projet Phenix — format de fiche et règles de rédaction"],"corps":"::Phenix n'est pas un livre fermé. C'est un corpus ouvert, et chaque fiche est un fichier texte lisible par n'importe quoi. Si vous savez lire une fiche, vous savez en écrire une — et le corpus grandit.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Ce qu'est une fiche\n\nUne fiche Phenix est un fichier texte structuré qui traite **un seul sujet** — une action, un mécanisme, un événement. Pas un cours, pas un chapitre de livre. Un sujet, une fiche, autosuffisante.\n\nChaque fiche a trois parties : un en-tête (les métadonnées), une accroche (une phrase qui résume l'essentiel en une image), et le corps (le contenu structuré).\n\n### Les trois axes\n\n**Axe 1 — Mémoire.** Ce qui s'est passé. Le titre est un événement ou un fait historique. La fiche raconte un épisode et tire un enseignement.\n\n**Axe 2 — Technique.** Comment les choses fonctionnent. Le titre est un **nom** (mécanisme). La fiche explique un phénomène, un matériau, un processus. Pas de procédure d'urgence — c'est du savoir, pas de l'action.\n\n**Axe 3 — Survie.** Ce qu'il faut faire. Le titre est un **verbe** (action). La fiche donne des gestes, des protocoles, des procédures. La structure COMPRENDRE / AGIR / ADAPTER s'applique.\n\n### L'en-tête\n\nL'en-tête est en YAML entre deux lignes de trois tirets. Chaque champ est obligatoire sauf mention contraire.\n\n- **id** : identifiant unique (ex: TEC-MAT-004). Préfixe par catégorie (TEC, SURV, URG, SIG, MEM), suffixe par sous-domaine et numéro.\n- **titre** : le nom de la fiche. Nom pour l'Axe 2, verbe pour l'Axe 3.\n- **axe** : 1, 2 ou 3.\n- **categorie** : une des catégories existantes. En créer une nouvelle est exceptionnel.\n- **temps** : Flash (urgence immédiate), Court, Long.\n- **contexte** : 1 (seul), 2 (binôme), 2+ (groupe).\n- **risque** : Discret, Exposé.\n- **materiel** : Rien, Récupération, Technique.\n- **priorite** : flash, haute, normale.\n- **origine** : officielle (sources vérifiables), terrain (retour d'expérience).\n- **tags** : mots-clés entre crochets.\n- **sources** : liste de références entre crochets et guillemets.\n\n### L'accroche\n\nUne phrase entre doubles deux-points : celle qu'on retient quand on a oublié le reste. Assertive, visuelle, pas une définition de dictionnaire.\n\n### Le corps\n\n**Axe 3 :** trois sections obligatoires.\n- **COMPRENDRE** : pourquoi ce sujet compte, la mécanique sous-jacente.\n- **AGIR** : les gestes, numérotés, concrets, dans l'ordre.\n- **ADAPTER** : les variantes — quand les conditions changent, quand le matériel manque, quand ça ne se passe pas comme prévu.\n- **Ce qu'il faut retenir** : trois phrases maximum qui résument l'essentiel.\n\n**Axes 1 et 2 :** chapitres libres nommés selon le contenu. COMPRENDRE et AGIR sont fréquents mais pas obligatoires — c'est le sujet qui décide de la structure.\n\n### Les règles d'écriture\n\n- **Vouvoiement.** Toujours.\n- **Ton assertif.** Pas de « il est possible que » ni de « certains pensent que ». On affirme ou on ne dit pas.\n- **Pas de remplissage.** Chaque phrase apporte une information. Si une phrase ne dit rien de nouveau, elle n'a pas sa place.\n- **Cross-links.** Quand un sujet est traité dans une autre fiche, on y renvoie entre doubles crochets : un renvoi vers la fiche TEC-SAN-001 s'écrit en entourant son identifiant de doubles crochets. Le logiciel crée le lien automatiquement.\n- **Sources obligatoires.** Toute affirmation vérifiable doit être traçable.\n- **Pas de backticks ni de dollar-accolade dans le corps.** C'est une contrainte technique du format d'injection.\n\n## AGIR\n\n### Écrire votre première fiche\n\n**1.** Choisir un sujet que vous connaissez ou que vous pouvez documenter. Un sujet, pas un thème.\n\n**2.** Décider de l'axe. Si le sujet est « comment faire X » : Axe 3. Si c'est « comment X fonctionne » : Axe 2. Si c'est « ce qui s'est passé quand X » : Axe 1.\n\n**3.** Copier l'en-tête d'une fiche existante du même axe. Modifier les champs.\n\n**4.** Écrire l'accroche — la phrase qui reste.\n\n**5.** Rédiger le corps en suivant la structure de l'axe. Commencer par COMPRENDRE (pourquoi ce sujet compte), puis AGIR (quoi faire), puis ADAPTER (les variantes).\n\n**6.** Ajouter les sources. Au moins deux sources vérifiables.\n\n**7.** Relire en se demandant : « Si je n'avais que cette fiche et rien d'autre, pourrais-je agir ? » Si non, il manque quelque chose.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous ne trouvez pas de source.** Si le savoir vient de votre expérience directe, indiquer « origine: terrain » et décrire le contexte. Un retour d'expérience vaut une source quand il est honnête sur ses limites.\n\n**Le sujet est trop gros pour une fiche.** Le découper. La couture est une fiche, le vêtement en est une autre, le fil une troisième. Chacune se tient seule et renvoie aux autres.\n\n**Vous voulez proposer une fiche au projet.** Écrire le fichier au format décrit ci-dessus et le soumettre. Le corpus est ouvert aux contributions qui respectent le format et le ton.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Une fiche = un sujet, autosuffisant.** C'est la règle qui empêche le corpus de devenir un livre illisible.\n\n**L'axe décide de la structure, le sujet décide du contenu.** Axe 2 explique, Axe 3 fait agir, Axe 1 raconte pour transmettre.\n\n**Écrire une fiche, c'est contribuer au corpus.** Phenix est conçu pour grandir — chaque fiche ajoutée renforce le réseau des renvois et comble un trou.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-002","titre":"Le fait religieux","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["religion","croyance","rituel","cognition","sacré","groupe","transmission"],"sources":["Boyer P., Et l'homme créa les dieux — le mécanisme cognitif de la croyance","Durkheim E., Les formes élémentaires de la vie religieuse","Atran S., In Gods We Trust — bases évolutionnaires de la religion","Norenzayan A., Big Gods — rôle des religions dans la coopération à grande échelle"],"corps":"::Les religions ne sont pas un accident de l'histoire. Elles sont un produit de la cognition humaine — le résultat de la façon dont le cerveau détecte des agents, cherche des causes et construit des groupes. Comprendre le mécanisme, c'est comprendre pourquoi toutes les sociétés humaines en ont produit, indépendamment les unes des autres.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le cerveau fabrique la croyance\n\nTrois biais cognitifs, sélectionnés par l'évolution, suffisent à expliquer l'universalité des croyances.\n\n**La détection d'agents.** Le cerveau cherche des intentions partout. Un bruit dans la nuit, c'est « quelqu'un », pas « le vent ». La sélection naturelle favorise les faux positifs : mieux vaut fuir un fantôme que ne pas fuir un prédateur. Résultat : le cerveau attribue des intentions à des phénomènes naturels (la foudre punit, la pluie récompense) sans effort conscient.\n\n**Le dualisme intuitif.** La sensation que l'esprit et le corps sont séparés. On « sent » que la pensée n'est pas un organe. De là l'idée que l'esprit survit au corps — les ancêtres qui veillent, l'âme qui s'envole, la vie après la mort. Ce n'est pas une conclusion philosophique, c'est une intuition native que chaque enfant développe spontanément.\n\n**La pensée téléologique.** La tendance à voir un but dans chaque chose. « La rivière coule pour donner de l'eau. » « Les montagnes existent pour protéger la vallée. » L'enfant pense ainsi naturellement ; l'adulte aussi, sous pression. De là l'idée qu'un monde aussi organisé a un concepteur.\n\n### Ce que les religions font dans un groupe\n\nLes biais cognitifs produisent les croyances ; c'est la fonction sociale qui les organise en religions.\n\n**Cohésion.** Un rituel partagé crée un lien qui dépasse les liens de parenté. Chanter ensemble, prier ensemble, jeûner ensemble — ces actes synchronisés produisent un sentiment d'appartenance que les mots seuls ne produisent pas. Les groupes avec rituels coopèrent plus efficacement que ceux sans.\n\n**Cadre moral.** Un dieu qui voit tout est un régulateur invisible. Les sociétés dont le dieu surveille et punit les tricheurs coopèrent mieux à grande échelle — c'est la thèse de Norenzayan, et les données la soutiennent : les « grands dieux » moralisateurs apparaissent quand les sociétés dépassent la taille où tout le monde se connaît.\n\n**Autorité sacrée.** Le sacré est ce qu'on ne négocie pas. Rendre une règle sacrée la soustrait au débat : c'est une technologie de stabilisation. Les constitutions, les lois fondamentales et les droits de l'homme remplissent la même fonction dans les sociétés séculières.\n\n**Gestion de l'angoisse.** La mort, le hasard, l'injustice sont insupportables sans récit. Les religions fournissent un récit — un cadre qui donne du sens à ce qui n'en a pas. Le récit n'a pas besoin d'être vrai pour fonctionner : il suffit qu'il soit partagé.\n\n### Ce qui survit : la mémétique des croyances\n\nLes croyances qui traversent les siècles ne sont pas les plus vraies mais les plus transmissibles. Une croyance se transmet bien quand elle est :\n\n- **Contre-intuitive mais pas trop.** Un homme qui marche sur l'eau (violation d'une attente physique) se retient mieux qu'un homme qui marche normalement. Mais une croyance trop bizarre ne s'ancre pas — elle doit violer une intuition tout en respectant les autres.\n- **Emotionnellement chargée.** La peur et l'espoir fixent les souvenirs. Les récits religieux sont construits sur des émotions fortes — menace, salut, sacrifice, rédemption.\n- **Liée à un rituel.** Ce qui se répète se transmet. Un geste quotidien ancre une croyance mieux qu'un texte lu une fois.\n- **Sanctionnant la non-transmission.** Les religions qui punissent l'abandon ou récompensent le prosélytisme se reproduisent plus vite que celles qui ne le font pas.\n\n### Les patterns universels\n\nToutes les religions humaines, indépendamment de leur géographie, contiennent un ou plusieurs de ces éléments : un récit de création, un héros fondateur, une vie après la mort, des règles alimentaires, la sacralisation d'un lieu, et un clergé qui interprète les règles. Ce n'est pas une coïncidence — ce sont les mêmes mécanismes cognitifs et sociaux qui produisent les mêmes structures.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous voulez comprendre une religion que vous ne connaissez pas.** Cherchez les fonctions : quel groupe tient-elle ensemble ? quel comportement sanctionne-t-elle ? quel récit fondateur raconte-t-elle ? Les réponses varient, la grille ne change pas.\n\n**Vous vivez dans un groupe plurireligieux en crise.** Le rituel est le terrain commun le plus solide. Un repas partagé, un moment de silence collectif, une règle commune acceptée par tous — ces gestes remplissent la fonction de cohésion sans exiger l'accord sur le contenu. Voir [[SURV-SOC-002]].\n\n**Quelqu'un propose un « nouveau prophète ».** En situation de crise et de peur, les prophètes auto-déclarés apparaissent toujours — parce que les conditions cognitives sont réunies : angoisse, recherche de sens, besoin de cadre. C'est un pattern historique constant, pas un événement exceptionnel. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**La religion est un produit de la cognition humaine**, pas une invention culturelle arbitraire. Détection d'agents, dualisme intuitif et pensée téléologique sont les trois sources, et elles fonctionnent chez tout le monde.\n\n**La fonction sociale organise la croyance en religion** : cohésion, cadre moral, autorité sacrée, gestion de l'angoisse. C'est ce qui fait que les religions tiennent les groupes ensemble — et que les groupes sans équivalent fonctionnel sont plus fragiles.\n\n**Les croyances qui survivent sont celles qui se transmettent bien**, pas celles qui sont vraies. C'est une loi de sélection culturelle, et la comprendre protège contre les récits qui exploitent ces mêmes mécanismes.","langue":"fr"},{"id":"TEC-IDE-001","titre":"L'identification","axe":2,"categorie":"Information et Données","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["identite","donnees","biometrie","recoupement","empreinte","reseau","tracage"],"sources":["de Montjoye Y.-A. et al., Unique in the Crowd, Scientific Reports, 2013","Sweeney L., Simple Demographics Often Identify People Uniquely, Carnegie Mellon, 2000","Narayanan A., Shmatikov V., Robust De-anonymization of Large Sparse Datasets, IEEE S&P, 2008","Eckersley P., How Unique Is Your Web Browser?, EFF Panopticlick, 2010"],"corps":"::Une trace ne désigne personne. Deux traces qui se recoupent désignent quelqu'un. C'est tout le sujet, et l'écart entre les deux est beaucoup plus court qu'on ne l'imagine.::\n\nCette fiche explique le mécanisme. Ce qu'on en fait est dans [[SIG-COM-007]].\n\n## Les cinq familles d'identifiants\n\n**Ce qu'on vous a attribué.** Numéro national, état civil, immatriculation, numéro de compte, adresse de courrier. Stable, unique, universellement reconnu — et c'est ce qui en fait la clé de jointure entre toutes les bases qui vous concernent.\n\n**Ce que vous êtes.** Empreintes, visage, iris, voix, démarche, ADN. Non révocable : une donnée biométrique compromise l'est définitivement, contrairement à un mot de passe.\n\n**Ce que vous portez.** Téléphone, carte de transport, badge, clé de voiture, montre. Chacun émet et chacun se relie à un compte.\n\n**Ce que vous faites.** Horaires, trajets, achats, fréquentations, façon d'écrire. C'est la famille la plus sous-estimée et la plus révélatrice.\n\n**Ce que d'autres disent de vous.** Carnets d'adresses, photos identifiées, témoignages, registres, listes d'appels de vos correspondants. **Vous n'en avez aucun contrôle**, et c'est la porte par laquelle se reconstituent les profils de gens qui n'ont eux-mêmes rien publié.\n\n## Le mécanisme central : la ré-identification\n\nC'est le résultat qui a fondé toute la discipline, et il est contre-intuitif.\n\nUne base « anonymisée », dont on a retiré les noms, ne l'est presque jamais. Il suffit de la croiser avec une autre base qui partage quelques attributs pour retrouver les identités.\n\nLes ordres de grandeur, tirés de travaux devenus classiques :\n\n- **Code postal, date de naissance et sexe suffisent à identifier de manière unique environ 87 % de la population** des États-Unis. Trois champs qu'on donne partout sans y penser.\n- **Quatre points de position dans le temps** — quatre fois « vous étiez là, à peu près à cette heure » — ré-identifient plus de 90 % des individus dans une base de déplacements.\n- Des jeux de données de notations de films, publiés anonymisés, ont été ré-identifiés en les croisant avec des avis publics signés.\n\nLe principe général : **plus un comportement est riche, plus il est unique.** L'anonymat d'un individu dans une foule vient de la pauvreté de ce qu'on sait de lui, pas d'une propriété de la foule.\n\n## Ce qui identifie sans identifiant\n\n**L'empreinte de navigateur.** La combinaison de la résolution, des polices installées, du fuseau horaire, de la langue, des extensions et de la façon dont la carte graphique dessine un texte suffit à distinguer un navigateur parmi des millions — **sans aucun cookie et sans compte.**\n\n**Les réseaux sans fil connus.** Un appareil qui cherche ses réseaux favoris annonce en clair la liste des endroits où il est allé.\n\n**Le style.** L'analyse stylométrique identifie un auteur à partir de la fréquence des mots courants, de la ponctuation et des fautes récurrentes, sur des textes de quelques milliers de mots. Ce n'est pas du vocabulaire rare : ce sont les mots qu'on ne choisit pas.\n\n**Le rythme.** Heures de connexion, de sommeil, de déplacement. Un emploi du temps est une signature.\n\n## La métadonnée contre le contenu\n\nLe contenu d'un message est une phrase : il faut le lire et le comprendre. La métadonnée — qui, à qui, quand, d'où, combien de temps — est **structurée**, donc triable, croisable et analysable en masse.\n\nC'est pourquoi les systèmes d'analyse s'y intéressent d'abord. Savoir qu'un numéro a appelé un cabinet d'oncologie, puis un proche, puis un employeur, dans cette séquence, est plus informatif que la transcription des trois conversations. **Le chiffrement protège le contenu et laisse la métadonnée entièrement lisible.**\n\n## La rétention : qui garde quoi, et combien de temps\n\nC'est la partie qu'on ignore et qui décide de tout.\n\n- **L'opérateur** conserve les données de connexion — pas le contenu — pendant une durée fixée par la loi, de l'ordre de l'année dans l'Union européenne.\n- **La banque** conserve les mouvements pendant des années au titre des obligations comptables et de lutte contre le blanchiment.\n- **L'administration** conserve à peu près indéfiniment.\n- **Les services en ligne** conservent selon leur politique, c'est-à-dire souvent au-delà de ce qu'ils annoncent, et les sauvegardes survivent aux suppressions.\n- **Les courtiers en données** agrègent et revendent des profils constitués de sources publiques, de fuites et d'achats. Vous n'avez jamais eu de relation avec eux.\n\nD'où une asymétrie qui gouverne tout le sujet : **la collecte est instantanée, l'effacement est lent, partiel et révocable.** Une donnée qui n'a pas été produite est le seul cas propre.\n\n## Le facteur qui décide vraiment\n\nPas la technique. **L'intensité de la recherche.**\n\nRetrouver quelqu'un coûte du temps, de l'accès à des bases et des réquisitions. Personne ne dépense ça pour quelqu'un que personne ne cherche. Les mêmes traces, exactement les mêmes, sont invisibles dans un cas et décisives dans l'autre.\n\nC'est la variable que les discussions sur le sujet oublient systématiquement, et c'est celle qui explique pourquoi deux personnes aux pratiques identiques ont des résultats opposés.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un identifiant seul ne vaut rien ; c'est la jointure qui identifie.** Protéger une donnée isolée n'a donc pas beaucoup de sens : ce qu'on protège, ce sont les points de recoupement.\n\n**Le comportement identifie mieux que les papiers.** Un faux nom ne change ni vos horaires, ni votre façon d'écrire, ni les gens que vous appelez.\n\n**La biométrie ne se change pas.** C'est la seule catégorie d'identifiant qui n'a pas de version révocable, et elle se répand.\n\n**Et la dissymétrie fondamentale :** il est facile de produire une trace, très difficile de la retirer, et impossible de retirer ses copies. Voir [[SIG-COM-007]] pour les conséquences pratiques.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-028","titre":"L'électricité statique et le paratonnerre","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["electricite statique","paratonnerre","franklin","poussieres","silo","carburant","electronique","foudre","decharge"],"sources":["Franklin B., lettre sur l'expérience du cerf-volant, 1752","Ministère de l'Environnement, rapport sur l'explosion du silo de Blaye, 1997","Petroleum Equipment Institute, études sur les incendies d'électricité statique pendant le plein"],"corps":"::En 1752, Benjamin Franklin fait voler un cerf-volant sous l'orage pour prouver que l'éclair est de l'électricité, et invente le paratonnerre. Une étincelle de quelques millimètres, celle qui vous pique en touchant une poignée de porte, suffit pourtant à faire exploser des vapeurs d'essence ou un nuage de poussière de farine. En 1997, l'explosion d'un silo à grains à Blaye, en Gironde, a tué onze personnes.::\n\n## L'électricité statique\n\n- **En frottant** (marcher sur une moquette, retirer un pull, glisser sur un siège), le corps se charge de milliers de volts. La décharge ne blesse pas, mais elle peut **enflammer** et **abîmer**.\n\n**Les vapeurs de carburant**\n- **Pendant le plein**, ne pas remonter dans la voiture. Si on le fait, **toucher le métal de la carrosserie** avant de reprendre le pistolet.\n- **Remplir un jerrican posé au sol**, jamais dans le coffre. Voir [[TEC-ENE-020]].\n\n**Les poussières**\n- La farine, le sucre, la sciure, le grain, en nuage dans un espace fermé, **explosent** au contact d'une étincelle ou d'une flamme. Aérer, ne jamais fumer ni allumer de flamme dans un silo, un grenier à grain, un atelier plein de poussière de bois.\n\n**L'électronique**\n- Une décharge qu'on ne sent même pas grille une puce. Toucher un métal relié à la terre avant de manipuler une carte, ou porter un bracelet antistatique. Voir [[TEC-ELN-014]].\n\n## Le paratonnerre\n\n- **Il n'attire pas la foudre** vers la maison : il lui offre un chemin facile et sûr jusqu'à la terre, par un gros câble et une prise de terre.\n- **Mal installé** (câble coupé, mauvaise terre), il peut être dangereux : c'est un travail de spécialiste.\n\n## La foudre\n\n- **Compter** entre l'éclair et le tonnerre : moins de 30 secondes, on s'abrite ; on attend **30 minutes** après le dernier tonnerre pour ressortir.\n- **Un bâtiment en dur** ou une voiture fermée (cage métallique) protègent. Voir [[URG-FOU-001]].\n- **Débrancher** les appareils sensibles et l'antenne avant un gros orage. Voir [[SIG-COM-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-027","titre":"Le gazogène","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["gazogene","gaz de bois","moteur","charbon de bois","monoxyde de carbone","penurie de carburant","seconde guerre mondiale"],"sources":["LaFontaine H., Zimmerman F.P., Construction of a Simplified Wood Gas Generator for Fueling Internal Combustion Engines in a Petroleum Emergency, FEMA et Oak Ridge National Laboratory, 1989","FAO, Wood gas as engine fuel, Forestry Paper 72, 1986","INRS, monoxyde de carbone"],"corps":"::Pendant la Seconde Guerre mondiale, faute d'essence, des centaines de milliers de voitures, de camions et de tracteurs européens roulaient au bois, avec une grosse chaudière accrochée à l'arrière. En 1989, l'agence américaine des situations d'urgence a même publié des plans pour en construire un avec du matériel de quincaillerie. Le principe est simple ; son gaz est un poison mortel.::\n\n## Le principe\n\nOn brûle du bois ou du charbon de bois **avec trop peu d'air**. Au lieu de fumée, il sort un gaz combustible, surtout du **monoxyde de carbone** et de l'hydrogène, mêlés à beaucoup d'azote. Refroidi et filtré, ce « gaz pauvre » fait tourner un moteur à essence, qui perd une partie de sa puissance.\n\n## L'installation\n\n1. **Un foyer fermé** avec une trémie qu'on remplit de bois sec en morceaux, ou de charbon de bois. Voir [[SURV-FEU-006]].\n2. **Une zone de réduction**, très chaude, où le gaz se forme.\n3. **Un filtre et un refroidisseur** : ils retirent la poussière et les goudrons, qui encrassent le moteur.\n4. **Une vanne de mélange** avec l'air, à l'entrée du moteur.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Le combustible** : bois bien sec, en morceaux réguliers, ou mieux, charbon de bois, qui donne un gaz plus propre.\n- **La consommation** : il faut plusieurs kilos de bois pour remplacer un litre d'essence.\n- **Le démarrage** prend quelques minutes, le temps que le foyer chauffe.\n- **L'entretien** : vider les cendres, nettoyer les filtres et les goudrons régulièrement.\n\n## Le danger mortel\n\nLe gaz de gazogène est **en grande partie du monoxyde de carbone** : invisible, sans odeur, il tue en quelques minutes dans un espace fermé. Pendant la guerre, beaucoup de conducteurs et de mécaniciens en sont morts.\n\n- **Jamais** d'allumage, de réglage ou de moteur tournant dans un garage, une grange fermée, un atelier.\n- **Des joints étanches** partout, et on reste loin des fuites.\n- **Un détecteur de monoxyde** si on travaille à proximité. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Le feu** : le foyer est brûlant, loin de tout ce qui brûle.\n\nLa pénurie de carburant : [[SURV-CRI-014]]. Les carburants : [[TEC-ENE-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-026","titre":"Le biogaz","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["biogaz","methane","digesteur","fumier","digestat","cuisson","hydrogene sulfure","fosse","securite"],"sources":["FAO, Biogas technology: a training manual for extension, 1996","SNV, programmes de biogaz domestique en Asie et en Afrique","INRS, méthane et hydrogène sulfuré dans les fosses et espaces confinés"],"corps":"::En Chine et en Inde, des millions de familles cuisinent avec le gaz de leur propre fumier : une cuve enterrée, les bouses des vaches et les restes de cuisine dedans, un tuyau jusqu'au réchaud. Ce qui sort de la cuve, en plus du gaz, est un excellent engrais. Mais une fosse à fumier peut aussi tuer en quelques secondes ceux qui y descendent.::\n\n## Le principe\n\nSans air, des bactéries décomposent la matière organique et produisent un gaz : environ **deux tiers de méthane**, le reste surtout du gaz carbonique. Il brûle comme le gaz de ville, avec une flamme bleue.\n\n- **Ce qu'on met** : bouses, lisier, fumier de porc, restes de cuisine, herbe, mélangés à de l'eau.\n- **Ce qui sort** : le gaz, et le **digestat**, un liquide riche qui fertilise les champs. Voir [[TEC-AGR-017]].\n\n## Le digesteur familial\n\n- **Une cuve étanche** enterrée (pour garder la chaleur), une entrée pour la matière, une sortie pour le digestat, une sortie de gaz en haut.\n- **Une réserve de gaz** : un dôme fixe, ou une cloche qui monte et descend sur l'eau, ou un grand sac.\n- **Un tuyau** vers le réchaud, avec un piège à eau.\n\nUne cuve de quelques mètres cubes, nourrie chaque jour avec le fumier de deux ou trois vaches, donne de quoi cuisiner une bonne partie des repas d'une famille.\n\n## Ce qu'il lui faut\n\n- **La chaleur** : les bactéries travaillent le mieux entre 30 et 40 °C. **Sous 15 °C**, la production s'effondre : dans les régions froides, il faut isoler, enterrer ou chauffer.\n- **Une alimentation régulière**, tous les jours, sans produits chimiques ni antibiotiques qui tuent les bactéries.\n\n## Les dangers\n\n- **Ne jamais descendre** dans une fosse à fumier, une cuve ou un digesteur, même vide : le gaz carbonique et l'**hydrogène sulfuré** (odeur d'œuf pourri, qui disparaît à forte dose) y tuent en quelques respirations. Ceux qui descendent chercher un collègue tombé meurent souvent à leur tour.\n- **Le méthane explose** mélangé à l'air : pas de flamme près de la cuve, des tuyaux étanches, un endroit aéré pour le réchaud.\n\nLe gazogène au bois : [[TEC-ENE-020]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-025","titre":"Onduleurs et convertisseurs","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["onduleur","convertisseur","12 v","230 v","sinus pur","pic de demarrage","fusible","retour de tension","usb"],"sources":["Victron Energy, Wiring Unlimited (câbles, fusibles et convertisseurs)","NF C 15-100, installations électriques à basse tension","Enedis, danger du retour de tension sur le réseau"],"corps":"::Un convertisseur de 1 000 W branché sur une batterie de 12 V tire près de 90 ampères : de quoi faire fondre un câble trop fin et mettre le feu au coffre. La plupart des incendies d'installations de fortune viennent de là, pas de la batterie elle-même.::\n\n## À quoi ça sert\n\nLes batteries et les panneaux solaires donnent du **courant continu** (12, 24, 48 V). La maison fonctionne en **230 V alternatif**. Le **convertisseur** (souvent appelé onduleur) fait le passage. Voir [[TEC-ENE-016]].\n\n## Choisir\n\n- **Sinus pur** : un courant aussi propre que celui du réseau. Indispensable pour les moteurs (frigo, pompe), les appareils médicaux, certains chargeurs.\n- **Quasi-sinus** : moins cher, il fait chauffer ou grogner les moteurs et abîme certains appareils. Pour des lampes et des outils simples seulement.\n- **La puissance** : la somme de ce qu'on branchera en même temps, plus **le pic de démarrage** des moteurs (un frigo demande trois à sept fois sa puissance pendant une seconde).\n\n## Brancher sans danger\n\n- **Des câbles gros et courts** entre la batterie et le convertisseur : la section dépend de l'intensité, pas de la tension.\n- **Un fusible** au plus près de la batterie, sur le fil positif.\n- **Serrer fort** les cosses : un mauvais contact chauffe.\n- **Aérer** : le convertisseur chauffe.\n- **L'éteindre** quand il ne sert pas : à vide, il consomme quand même.\n\n## Mieux que le convertisseur\n\nChaque conversion perd de l'énergie. Tout ce qui peut fonctionner **directement en 12 V** (lampes, chargeurs USB, ventilateurs, frigos de camping-car) gaspille moins. Un chargeur USB branché sur 12 V vaut mieux qu'un chargeur 230 V branché sur un convertisseur.\n\n## Deux pièges\n\n- **L'onduleur d'ordinateur** tient quelques minutes, le temps d'éteindre proprement. Pas des heures.\n- **Ne jamais brancher un groupe ou un convertisseur sur une prise de la maison** avec un câble mâle-mâle pour « alimenter le tableau ». Le courant repart sur le réseau et peut électrocuter les techniciens qui réparent la ligne, ou vous. On passe par un inverseur de source posé par un électricien. Voir [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-024","titre":"La micro-hydraulique","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["micro-hydraulique","turbine","pelton","moulin","debit","chute","conduite forcee","droit d'eau","electricite"],"sources":["Harvey A., Micro-Hydro Design Manual: A Guide to Small-Scale Water Power Schemes, Practical Action, 1993","Holt R., The Mills of Medieval England, 1988","Code de l'environnement, loi sur l'eau et droits d'eau fondés en titre"],"corps":"::En 1086, le grand recensement de l'Angleterre comptait déjà environ 5 600 moulins à eau. Un ruisseau qui descend produit jour et nuit, qu'il y ait du soleil ou du vent. Là où il y a de l'eau et de la pente, c'est la meilleure source d'électricité qui soit pour une maison ou un hameau.::\n\n## Combien ça donne\n\n**La formule de terrain** : puissance en watts ≈ **5 × débit (litres par seconde) × chute (mètres)**.\n\n- 10 litres par seconde qui tombent de 10 mètres : environ **500 W**, en continu.\n- 500 W jour et nuit, c'est **12 kWh par jour** : plus que la consommation d'électricité d'un foyer économe.\n\nLa chute compte autant que le débit : un filet d'eau qui tombe de haut vaut une grosse rivière qui coule à plat.\n\n## Mesurer\n\n- **Le débit** d'un petit ruisseau : le temps pour remplir un seau de 10 litres sous une cascade ou un tuyau. Mesurer en été, à l'étiage, pas après la pluie.\n- **La chute** : avec un tuyau transparent plein d'eau (niveau à eau) de proche en proche, ou un altimètre.\n\n## Le montage\n\n1. **Une prise d'eau** avec une grille qui arrête feuilles et cailloux, et un petit bassin de décantation.\n2. **Une conduite forcée** : un tuyau qui descend vers la turbine. Plus il est gros, moins il perd d'énergie par frottement.\n3. **La turbine** : une **Pelton** (des augets frappés par un jet) pour une forte chute et peu d'eau ; une **turbine à flux traversant** pour une chute moyenne ; une hélice ou une roue à aubes pour une faible chute et beaucoup d'eau.\n4. **Une génératrice**, et un **régulateur de charge** qui envoie le surplus vers une résistance (un chauffe-eau par exemple). Voir [[TEC-ENE-017]].\n5. **L'eau retourne** à la rivière, intacte.\n\n## La loi et la rivière\n\nEn France, utiliser l'eau d'un cours d'eau demande une **autorisation**, sauf pour les anciens moulins qui ont un droit d'eau historique. La continuité pour les poissons et un débit minimal dans la rivière sont obligatoires. On se renseigne avant de creuser.\n\n## Les vieux moulins\n\nBeaucoup de moulins abandonnés ont encore leur bief, leur canal et leur chute. C'est souvent le meilleur point de départ.\n\nPomper l'eau avec la rivière elle-même : le bélier, voir [[TEC-CON-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-023","titre":"La petite éolienne","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["eolienne","petit eolien","vent","mat","turbulence","aimants permanents","piggott","tempete","regulateur"],"sources":["Piggott H., A Wind Turbine Recipe Book, 2014","Encraft, Warwick Wind Trials Project, rapport final, 2009","Code de l'urbanisme, éoliennes domestiques et hauteur du mât"],"corps":"::Un vent deux fois plus fort donne huit fois plus d'énergie. C'est toute la loi du petit éolien, et c'est pour ça que les éoliennes posées sur les toits des villes, dans un vent faible et tourbillonnant, ne produisent presque rien : une grande étude britannique l'a mesuré. Une éolienne, ça se met haut et loin des obstacles, ou ça ne se met pas.::\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **La puissance grimpe comme le cube de la vitesse du vent** : à 10 m/s, il y a huit fois plus d'énergie qu'à 5 m/s.\n- **Elle grimpe comme le carré du diamètre** : une hélice deux fois plus grande capte quatre fois plus.\n- **Aucune éolienne** ne peut récupérer plus de 59 % de l'énergie du vent qui la traverse ; les petites en récupèrent bien moins.\n- **Il faut un vent moyen** d'au moins 4 à 5 m/s sur le site pour que ça vaille la peine.\n\n## Le site décide de tout\n\n- **Au-dessus des obstacles** : le rotor au moins **dix mètres plus haut** que tout arbre ou bâtiment à cent mètres à la ronde.\n- **Loin de la turbulence** : un toit, une maison, une haie créent des tourbillons qui usent la machine et effondrent la production.\n- **Les bons endroits** : côtes, crêtes dégagées, plaines ouvertes.\n\nDans la plupart des jardins, **des panneaux solaires rapportent plus** pour le même prix. L'éolienne complète bien le solaire l'hiver et la nuit, quand le site est bon. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## La construire\n\nDes plans libres, répandus dans le monde entier, décrivent une éolienne de 1 à 4 m de diamètre à **aimants permanents** et pales taillées dans le bois, construite en atelier. Voir [[TEC-ENE-017]].\n\n## Les indispensables\n\n- **Un système de mise en drapeau** (la queue qui pivote et sort l'hélice du vent) ou un frein, pour les tempêtes.\n- **Un régulateur** avec une résistance de délestage : quand la batterie est pleine, le courant part en chaleur au lieu de laisser l'éolienne s'emballer.\n- **Un mât basculant** haubané, qu'on descend au sol pour l'entretien. **On ne grimpe jamais** à un mât d'éolienne par vent.\n\n## La loi\n\nEn France, un mât de moins de 12 m ne demande en général pas de permis de construire, sauf en secteur protégé. La mairie et les voisins, eux, ont leur mot à dire sur le bruit.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-022","titre":"Le chauffe-eau solaire","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chauffe-eau solaire","thermosiphon","douche solaire","capteur","eau chaude","gel","legionelle","israel","chypre"],"sources":["ADEME, le chauffe-eau solaire individuel, guide pratique","Agence internationale de l'énergie, Solar Heating and Cooling Programme, Solar Heat Worldwide","Loi israélienne de 1980 sur le chauffe-eau solaire dans les logements neufs"],"corps":"::En Israël, depuis 1980, la loi impose un chauffe-eau solaire sur les logements neufs ; à Chypre, presque chaque toit en porte un. Chauffer de l'eau au soleil est la façon la plus simple et la plus rentable d'utiliser son énergie : bien plus efficace, pour cet usage, qu'un panneau électrique. Un tuyau noir au soleil fait déjà l'essentiel.::\n\n## Le principe\n\nUne surface **noire** absorbe le soleil et chauffe l'eau qui circule dedans. Une **vitre** par-dessus garde la chaleur, un **ballon isolé** la stocke. En France, un chauffe-eau solaire couvre souvent **la moitié aux deux tiers** des besoins en eau chaude d'une famille sur l'année, davantage dans le Sud.\n\n## Du plus simple au plus complet\n\n- **La douche solaire** : un sac ou un bidon noir de 20 litres posé au soleil le matin donne une eau à 35-45 °C l'après-midi.\n- **Le serpentin** : un tuyau d'arrosage noir enroulé au soleil, qui se remplit d'eau chaude en quelques heures.\n- **Le ballon au soleil** : un réservoir peint en noir dans une caisse isolée fermée par une vitre. Il chauffe et garde l'eau dans le même objet.\n- **Le thermosiphon** : le capteur en bas, le ballon **plus haut** que lui. L'eau chauffée monte seule vers le ballon, la froide redescend : **aucune pompe, aucune électricité**. C'est le modèle des toits méditerranéens.\n- **La circulation forcée** : une petite pompe (qui peut marcher sur un panneau photovoltaïque) fait circuler le liquide ; le ballon peut être à la cave.\n\n## Les pièges\n\n- **Le gel** : l'eau gèle dans les capteurs et les fait éclater. On met un antigel dans le circuit, ou on vide les capteurs l'hiver. Voir [[TEC-CON-025]].\n- **La surchauffe** l'été : ballon trop petit, capteurs trop grands, l'eau bout. On couvre une partie des capteurs.\n- **Les brûlures** : l'eau peut dépasser 60 °C ; un mitigeur à la sortie.\n- **Les légionelles** : l'eau stockée doit monter de temps en temps au-dessus de 55-60 °C, avec un appoint si le soleil manque. Voir [[TEC-ENE-021]].\n\n## Orienter\n\nAu sud, incliné à peu près à la latitude du lieu (45° en France), sans ombre entre 10 h et 16 h.\n\nLe solaire électrique : [[TEC-SOLR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-021","titre":"Économiser l'énergie à la maison","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["economies d'energie","chauffage","eau chaude","veille","frigo","ecowatt","isolation","wattmetre"],"sources":["ADEME, guides pratiques Réduire sa facture d'électricité et Se chauffer mieux et moins cher","RTE, dispositif EcoWatt"],"corps":"::Un degré de moins sur le thermostat, c'est environ 7 % de chauffage en moins. On chauffe les gens, pas l'air : un pull, une bouillotte et une porte fermée font plus d'économies que la plupart des gadgets.::\n\n## Le chauffage, le plus gros poste\n\n- **19 °C** dans les pièces de vie, **16 à 17 °C** dans les chambres.\n- **Volets et rideaux fermés la nuit**, ouverts au soleil le jour.\n- **Les courants d'air** : un boudin sous la porte, du joint autour des fenêtres.\n- **En crise** : on chauffe **une seule pièce**, on y vit, on y dort. Voir [[TEC-CON-012]].\n\n## L'eau chaude\n\n- Le chauffe-eau réglé **entre 55 et 60 °C** : moins, les légionelles se développent ; plus, on gaspille.\n- **Une douche de cinq minutes** consomme deux à trois fois moins qu'un bain.\n\n## La cuisine\n\n- **Un couvercle** sur la casserole, toujours.\n- **Faire bouillir juste ce qu'il faut** d'eau.\n- **La cuisson à l'étouffée** : porter à ébullition, puis enfermer la marmite dans une caisse isolée, qui finit la cuisson toute seule.\n\n## Le reste\n\n- **Le frigo** à 4 ou 5 °C, le congélateur à -18 °C, dégivrés dès qu'il y a quelques millimètres de glace.\n- **Les veilles** : jusqu'à un dixième de la facture d'électricité hors chauffage. Une multiprise à interrupteur.\n- **Les LED** consomment environ huit fois moins qu'une ampoule à incandescence.\n- **Le lave-linge à 30 °C**, le sèche-linge remplacé par un fil.\n- **Un wattmètre** à brancher sur la prise (une quinzaine d'euros) montre ce que chaque appareil consomme vraiment. On a des surprises.\n\n## Quand le réseau est tendu\n\nEn France, le signal **EcoWatt** de RTE prévient à l'avance quand l'électricité risque de manquer. Réduire sa consommation le matin et en début de soirée ces jours-là aide à éviter les coupures pour tout le monde.\n\nVivre avec du 12 volts : [[TEC-ENE-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-020","titre":"Stocker et reconnaître les carburants","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["carburant","essence","gazole","stockage","jerrican","stabilisant","huile vegetale","gazogene","siphonner"],"sources":["INRS, fiches toxicologiques essence et gazole","NFPA 30, Flammable and Combustible Liquids Code (stockage et remplissage des bidons)","Knothe G., Historical perspectives on vegetable oil-based diesel fuels, INFORM, 2001"],"corps":"::En 1900, à l'Exposition universelle de Paris, un moteur Diesel tournait à l'huile d'arachide. Le carburant n'est pas qu'une affaire de station-service : encore faut-il savoir le garder, le reconnaître, et ne pas se brûler avec.::\n\n## Combien de temps ça se garde\n\n- **L'essence** : trois à six mois, moins pour le SP95-E10 qui attire l'humidité. Avec un stabilisant, un à deux ans. L'essence alkylate, plusieurs années.\n- **Le gazole** : six mois à un an. Le biodiesel qu'il contient favorise des bactéries qui forment une boue au fond du bidon ; un additif biocide la prévient.\n- **Le pétrole lampant**, le fioul : plus stables.\n\n**Le principe** : on stocke et **on tourne**. Le bidon le plus ancien va dans le réservoir, le neuf prend sa place.\n\n## Stocker sans danger\n\n- **Des bidons homologués**, pleins aux neuf dixièmes, bien fermés, étiquetés avec la date.\n- **Jamais dans la maison** ni dans un garage qui communique avec elle : dans un abri aéré, à l'ombre, loin de toute flamme et de la chaudière.\n- **Les vapeurs d'essence sont plus lourdes que l'air** : elles rampent au sol jusqu'à une veilleuse et s'enflamment à plusieurs mètres.\n- **Remplir un bidon posé au sol**, jamais dans un coffre ou sur un plateau en plastique : l'électricité statique suffit à tout enflammer.\n\n## Reconnaître\n\n- **Essence** : odeur piquante, s'évapore en quelques secondes sur la peau.\n- **Gazole** : odeur grasse, reste huileux sur les doigts.\n- **Mélange deux-temps** : souvent coloré. Voir [[TEC-MEC-021]].\n\n**De l'essence dans une voiture diesel** : ne pas démarrer, ne même pas mettre le contact. On fait vidanger le réservoir.\n\n## Siphonner\n\n**Jamais à la bouche** : quelques gorgées d'essence dans les poumons donnent une pneumonie grave. Une pompe à main à poire, ou un tuyau à clapet qu'on secoue, coûte quelques euros.\n\n## Quand il n'y en a plus\n\n- **Les vieux diesels** à injection indirecte tolèrent un mélange d'huile végétale filtrée ; les moteurs récents, beaucoup moins.\n- **Le gazogène** : pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de véhicules en Europe roulaient au bois ou au charbon de bois. Voir [[SURV-FEU-006]].\n\nLe groupe électrogène : [[TEC-ENE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-019","titre":"Le bois de chauffage","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["bois de chauffage","stere","sechage","humidite","creosote","ramonage","essences","palettes","fendre"],"sources":["ADEME, Se chauffer au bois, guide pratique","Règlement sanitaire départemental type, article 31 (ramonage)","Convention internationale pour la protection des végétaux, norme NIMP 15 (marquage des palettes)"],"corps":"::Un bois fraîchement coupé contient à moitié de l'eau. Brûlé vert, il chauffe à peine, fume, et tapisse le conduit d'un goudron qui finit en feu de cheminée. Le bon bois de chauffage se prépare deux ans à l'avance.::\n\n## Sec ou pas sec\n\n- **Sec** (moins de 20 % d'humidité) : environ **4 kWh par kilo**, flamme claire, peu de fumée.\n- **Humide** : une grande partie de l'énergie part à évaporer l'eau, la fumée est épaisse, le conduit s'encrasse.\n\n**Les signes du bois sec** : des fentes aux extrémités, l'écorce qui se détache, un poids léger, et deux bûches frappées l'une contre l'autre qui **sonnent clair** au lieu d'un bruit sourd. Un humidimètre coûte une vingtaine d'euros.\n\n## Faire sécher\n\n1. **Fendre** tôt : une bûche fendue sèche bien plus vite qu'un rondin entier.\n2. **Empiler** sous un toit, côtés ouverts au vent, **au-dessus du sol** (palettes, chevrons).\n3. **Attendre** : environ deux ans pour le chêne, un an et demi pour les autres feuillus durs, un an pour les bois tendres.\n\n## Les essences\n\n- **Chêne, hêtre, charme, frêne** : denses, longue braise. Les meilleurs.\n- **Bouleau, arbres fruitiers** : très bons, le bouleau s'allume facilement.\n- **Résineux** : ils brûlent vite et chaud, encrassent davantage. Bien pour allumer.\n- **Jamais** : bois peint, verni, traité, aggloméré, contreplaqué. Les **palettes** marquées « HT » (traitées à la chaleur) se brûlent ; marquées « MB » (traitées chimiquement), jamais. Voir [[SURV-REC-034]].\n\n## Le stère, ou comment se faire avoir\n\nUn stère, c'est un mètre cube de bûches **d'un mètre** empilées. Recoupées en 33 cm, elles se tassent et ne font plus que 0,7 m³ environ. On compare les prix à la même longueur. Une maison chauffée au bois brûle souvent **5 à 10 stères par an**.\n\n## La sécurité\n\n- **Ramonage** : en France, deux fois par an pour un conduit utilisé, dont une pendant la saison de chauffe, et c'est souvent exigé par l'assurance.\n- **Les cendres** gardent des braises des jours : seau métallique, dehors.\n\nLe poêle : [[TEC-CON-011]]. La tronçonneuse : [[TEC-MEC-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-018","titre":"Le vélo générateur et la force humaine","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["velo generateur","pedale","force humaine","watts","home trainer","moulin","pompe","bicimaquinas"],"sources":["Wilson D.G., Bicycling Science, MIT Press, 3e édition, 2004","Maya Pedal (Guatemala), machines à pédales","Low-tech Magazine, Pedal powered machines"],"corps":"::Une heure de pédalage bien soutenu produit à peine plus d'un centime d'électricité au prix du réseau. Ça recharge trois téléphones, ça n'alimente pas un radiateur. Le vélo générateur est utile, à condition de savoir ce qu'on lui demande.::\n\n## Ce que produit un humain\n\n- Un adulte en forme tient **50 à 100 W** pendant une heure ; un cycliste entraîné, 200 à 300 W.\n- Après les pertes de la génératrice et de la batterie, **une heure de pédalage donne environ 40 à 60 Wh**.\n\n**Ce que ça fait marcher** : un téléphone (une quinzaine de Wh la charge), des lampes LED pendant une soirée, une radio, un petit ordinateur un moment.\n\n**Ce que ça ne fait pas marcher** : un frigo (environ 1 000 Wh par jour), un chauffage, une bouilloire, un four.\n\n## Le montage\n\n1. **Le vélo** sur un home-trainer ou un support qui soulève la roue arrière.\n2. **La roue arrière entraîne une génératrice** : un moteur à aimants permanents de trottinette ou de vélo électrique, par un galet contre le pneu ou une courroie. Voir [[TEC-ENE-017]].\n3. **Une diode et un régulateur de charge**, puis une **batterie 12 V**. Voir [[TEC-ENE-016]].\n4. Les appareils se branchent sur la batterie, jamais directement sur la génératrice : la tension varie avec le coup de pédale.\n\n## Mieux que l'électricité\n\nTransformer l'effort en électricité puis l'électricité en travail fait perdre une bonne partie de l'énergie. **Brancher la pédale directement sur la machine** est bien plus efficace : moudre du grain, pomper de l'eau, battre le linge, affûter une lame. Au Guatemala, l'association Maya Pedal construit depuis des années des « bicimachines » à partir de vieux vélos pour ces travaux.\n\n## Pour tenir\n\nÀ plusieurs, par tours de 20 minutes. Boire, et compter : un pédaleur mange plus, et la nourriture coûte aussi.\n\nRecharger un téléphone sans réseau : [[TEC-ENE-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-017","titre":"La dynamo et l'alternateur","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["dynamo","alternateur","generatrice","aimant","bobine","faraday","moteur recupere","eolienne","diode"],"sources":["Faraday M., Experimental Researches in Electricity, 1831-1832","Piggott H., A Wind Turbine Recipe Book, 2014","Hughes E., Electrical and Electronic Technology, Pearson"],"corps":"::Un aimant qui tourne près d'une bobine de fil, et le courant apparaît. Faraday l'a montré en 1831 ; presque toute l'électricité du monde, nucléaire compris, sort encore de ce principe. Et presque tout moteur électrique récupéré, qu'on fait tourner à la main, devient une génératrice.::\n\n## Le principe\n\nQuand un aimant bouge près d'un fil enroulé, il y fait circuler du courant. **Plus il tourne vite, plus la tension monte.** Une centrale, une éolienne, un alternateur de voiture et une dynamo de vélo font la même chose, à des échelles différentes.\n\n- **La dynamo** donne du courant continu.\n- **L'alternateur** donne du courant alternatif, souvent redressé ensuite : celui d'une voiture charge la batterie en 12 à 14 V.\n\n## Les génératrices qu'on trouve partout\n\n- **La dynamo de moyeu** d'un vélo : 6 V, 3 W, faite pour tourner lentement. Avec un petit régulateur USB, elle recharge un téléphone en roulant.\n- **Les moteurs à aimants permanents** : moteurs de tapis de course, de trottinette, de visseuse, de lave-linge récents à entraînement direct. Tournés, ils produisent du courant. Ce sont eux qu'on utilise pour les petites éoliennes et les turbines bricolées.\n- **L'alternateur de voiture** : robuste, mais il doit tourner vite (plus de mille tours par minute) et a besoin de courant pour s'exciter. Bien sur un moteur, mauvais sur une éolienne lente.\n\n## Brancher sans casser\n\n1. **Une diode** entre la génératrice et la batterie : sans elle, quand on arrête de tourner, la batterie fait tourner la génératrice comme un moteur et se vide.\n2. **Un régulateur de charge** : sans lui, une rafale ou un coup de pédale surcharge la batterie.\n3. **Mesurer** la tension à vide et en charge avec un multimètre. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Bon à savoir\n\nUn ministre aurait demandé à Faraday à quoi servait sa découverte ; il aurait répondu qu'un jour, on pourrait la taxer. L'anecdote est sans doute inventée, mais elle s'est vérifiée.\n\nLe vélo générateur : [[TEC-ENE-018]]. Les batteries : [[TEC-ENE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-016","titre":"Le 12 volts à la maison","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["12 volts","batterie","solaire","fusible","section de cable","convertisseur","eclairage led","autonomie"],"sources":["Norme NF C 15-100, installations en très basse tension","Victron Energy, Wiring Unlimited (dimensionnement des câbles et fusibles en courant continu)","Guides d'installation électrique des camping-cars et des bateaux"],"corps":"::Le 12 volts, c'est l'électricité des voitures, des bateaux et des camping-cars. Sans danger pour le corps, simple, compatible avec les batteries et les panneaux solaires. Mais il a un piège : il met le feu aux fils trop fins.::\n\n## Pourquoi le 12 volts\n\n- **Il ne tue pas** au toucher : on peut câbler sans électricien.\n- **Il se stocke directement** dans une batterie, sans conversion.\n- **Tout ce qui sert en crise existe en 12 V** : lampes LED, chargeurs USB, radios, ventilateurs, pompes à eau, réfrigérateurs de camping.\n\n## Les éléments\n\n1. **Une batterie** : plomb (AGM, gel) ou lithium fer phosphate (LiFePO4), plus légère et qui supporte d'être vidée presque entièrement. Voir [[TEC-ENE-004]].\n2. **De quoi la charger** : panneau solaire avec régulateur, chargeur sur secteur, alternateur de voiture, groupe. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n3. **Un fusible au plus près de la batterie**, sur le fil positif.\n4. **Des câbles de bonne section.**\n5. **Un petit tableau** de fusibles pour chaque circuit : éclairage, prises USB, pompe.\n\n## Le piège : les fils\n\nÀ tension basse, pour la même puissance, **le courant est vingt fois plus fort** qu'en 230 V. Un fil trop fin chauffe et perd de la tension.\n\n| Courant | Longueur (aller et retour compris) | Section conseillée |\n|---|---|---|\n| 5 A (éclairage) | jusqu'à 10 m | 1,5 à 2,5 mm² |\n| 10 A (pompe, frigo) | jusqu'à 10 m | 4 mm² |\n| 20 A | jusqu'à 10 m | 6 à 10 mm² |\n| Convertisseur 1 000 W | moins de 2 m | 25 mm² et plus |\n\n**Dans le doute, plus gros.** Un fil de lampe de salon sur une batterie de voiture peut prendre feu en quelques secondes en cas de court-circuit.\n\n## Le fusible qui sauve\n\n**Une batterie en court-circuit** peut débiter des centaines d'ampères : les fils rougissent et l'isolant brûle. **Le fusible doit être à moins de 20 cm de la borne positive**, calibré pour protéger le fil. C'est la règle la plus importante de toute installation 12 V.\n\n## Le convertisseur (onduleur)\n\nIl fabrique du 230 V à partir du 12 V, pour les appareils qui n'existent pas en 12 V. Mais il **consomme même à vide**, perd 10 à 15 % de l'énergie, et un appareil de 1 000 W tire près de 100 A sur la batterie. **Tout ce qui peut rester en 12 V ou en USB y reste.**\n\n## Ce qu'on alimente avec quoi\n\nUne batterie de 100 Ah en 12 V stocke environ **1 200 Wh**, dont 600 utilisables en plomb, presque tout en lithium. Cela fait par exemple : cinq lampes LED de 5 W pendant 10 heures, quatre recharges de téléphone, une radio toute la journée, et il en reste. Voir [[TEC-ENE-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-015","titre":"Les bouteilles de gaz","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["gaz","butane","propane","bouteille","detendeur","flexible","fuite","camping"],"sources":["Comité français du butane et du propane (CFBP), règles d'utilisation des bouteilles","INRS, fiches toxicologiques du butane et du propane","Arrêté du 2 août 1977 relatif aux installations de gaz dans les bâtiments d'habitation"],"corps":"::Une bouteille de gaz fait la cuisine et le chauffage pendant des semaines sans réseau. Elle ne pose problème que mal choisie, mal raccordée, couchée, ou rangée à la cave.::\n\n## Butane ou propane\n\n| | Butane | Propane |\n|---|---|---|\n| Usage | **À l'intérieur** : cuisinière, chauffage d'appoint | **À l'extérieur** : citerne, barbecue, chauffage de la maison depuis dehors |\n| Froid | **Ne se vaporise plus vers 0 °C** : inutilisable dehors en hiver | Fonctionne jusqu'à −40 °C |\n| Stockage | Jamais au soleil ni près d'une source de chaleur | Toujours dehors, jamais dans un sous-sol |\n\n**Tous deux sont plus lourds que l'air** : une fuite coule au sol et remplit les caves, les vides sanitaires, les fosses. On ne stocke jamais une bouteille en sous-sol. Voir [[URG-GAZ-001]].\n\n## Raccorder\n\n- **Un détendeur adapté au gaz** : en France, environ 28-30 millibars pour le butane, 37 millibars pour le propane. Un détendeur de butane sur du propane donne des flammes trop fortes.\n- **Un tuyau ou flexible en bon état et dans sa date** : la date limite est imprimée dessus. Un tuyau caoutchouc périmé se fendille.\n- **Des colliers de serrage** sur les tuyaux souples.\n- **Vérifiez chaque raccordement** à l'eau savonneuse, robinet ouvert : pas de bulles, pas de fuite.\n\n## Utiliser\n\n- **Bouteille debout, toujours.** Couchée, le gaz liquide passe dans le détendeur et l'appareil : grandes flammes incontrôlées.\n- **Fermez le robinet de la bouteille** après usage, et avant de la changer.\n- **Une pièce aérée** : un chauffage d'appoint au gaz consomme l'oxygène et produit de la vapeur d'eau et parfois du monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Jamais chauffer une bouteille**, même pour « en tirer plus » par grand froid.\n\n## Les astuces\n\n- **Savoir ce qui reste** : versez un filet d'eau chaude le long de la bouteille, puis passez la main. **La partie froide** est celle qui contient encore du liquide. Ou pesez-la : la tare (poids à vide) est gravée sur le col.\n- **Une bouteille qui givre** en fonctionnement donne plus qu'elle ne peut vaporiser : baissez l'appareil, ou passez au propane par grand froid.\n- **Les cartouches de camping** (butane, ou mélange butane-propane pour le froid) font le même travail en petit. Une cartouche de 450 g fait environ une heure et demie de réchaud à pleine flamme.\n- **Réserve de crise** : deux bouteilles, une en service, une pleine. Une bouteille de 13 kg cuisine plusieurs semaines pour une famille.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-014","titre":"Recharger un téléphone sans réseau électrique","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["telephone","recharge","batterie externe","usb","voiture","solaire","dynamo","coupure"],"sources":["USB Implementers Forum, spécifications USB 2.0 et USB Power Delivery (tensions et courants)","Fiches techniques de batteries externes et de panneaux solaires USB","Retours d'expérience des coupures longues (tempêtes, séismes)"],"corps":"::Un téléphone plein tient des jours si on le traite bien, et quelques heures si on le laisse chercher un réseau mort. Avant de chercher une prise, on arrête de gaspiller.::\n\n## D'abord, faire durer\n\n- **Mode avion** dès que le réseau est coupé : un téléphone qui cherche une antenne vide sa batterie deux à trois fois plus vite.\n- **Mode économie d'énergie**, luminosité au minimum, localisation et Bluetooth coupés.\n- **Un seul téléphone allumé par foyer**, les autres éteints, rallumés à heures fixes.\n- **Éteint, un téléphone ne consomme presque rien** : c'est la meilleure réserve.\n\n## Les sources, de la meilleure à la pire\n\n**La batterie externe.** Une batterie de 10 000 mAh recharge un téléphone deux fois environ, une de 20 000 mAh quatre fois. Rechargez-les dès que le courant revient, même brièvement.\n\n**La voiture.** Un chargeur USB sur la prise allume-cigare charge aussi vite qu'une prise murale. **Moteur tournant et à l'extérieur** : moteur coupé, une recharge de téléphone pompe peu sur une batterie de voiture en bon état, mais plusieurs recharges d'affilée peuvent empêcher de redémarrer. Jamais moteur tournant dans un garage.\n\n**Le panneau solaire USB.** Un panneau pliant de 20 à 30 watts charge un téléphone en plein soleil en quelques heures. Par temps couvert, le courant chute fortement : chargez plutôt une batterie externe avec le panneau, et le téléphone avec la batterie. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n**La dynamo à manivelle** (lampes et radios de secours). Utile pour un appel d'urgence : quelques minutes de manivelle donnent quelques minutes de communication. Pas pour une recharge complète.\n\n**Les ordinateurs portables, les onduleurs, les trottinettes et vélos électriques, les outils sans fil.** Tous contiennent des batteries. Un portable allumé charge un téléphone par sa prise USB. Une batterie d'outil sans fil, avec un adaptateur USB vendu pour la marque, devient une batterie externe.\n\n**Les piles.** Un boîtier à piles AA avec sortie USB dépanne : quatre piles alcalines donnent environ une demi-recharge.\n\n## Ce qui ne marche pas\n\n- **Le citron, la pomme de terre, la pile maison** : quelques milliampères, là où un téléphone en demande mille. Voir [[SURV-ENE-002]].\n- **Brancher un fil USB coupé directement sur une batterie de 12 volts** : un téléphone attend 5 volts. Il faut un convertisseur 12 V vers USB.\n\n## Les astuces\n\n- **Un câble court et de bonne qualité** charge plus vite et chauffe moins.\n- **Charger jusqu'à 80 %** suffit en crise, et c'est deux fois plus rapide que les derniers 20 %.\n- **Le froid vide une batterie** : un téléphone gardé dans une poche intérieure tient plus longtemps qu'au fond d'un sac.\n- **Rechargez en premier ce qui sert à tout le monde** : la radio, la lampe, le téléphone qui a du réseau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-013","titre":"Le groupe électrogène","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["groupe electrogene","generateur","essence","inverter","puissance","carburant","monoxyde"],"sources":["INRS, utilisation des groupes électrogènes portables","Consumer Product Safety Commission (États-Unis), Portable Generator Safety","Notices techniques des fabricants de groupes à onduleur (inverter)"],"corps":"::Un groupe électrogène transforme de l'essence en électricité avec un rendement médiocre, beaucoup de bruit et un gaz mortel. Bien utilisé, il sauve un congélateur, une pompe ou une maison entière. Mal utilisé, il tue une famille dans son garage.::\n\n## Comment il marche\n\nUn petit moteur thermique fait tourner un **alternateur**, qui produit du courant alternatif en 230 volts. Deux familles :\n\n- **Le groupe classique** : moteur à régime fixe, courant de qualité moyenne. Bon pour les outils, les pompes, l'éclairage, les radiateurs.\n- **Le groupe à onduleur (inverter)** : le courant est redressé puis refabriqué proprement par une électronique. Plus silencieux, plus économe (le moteur ralentit quand on consomme peu), et sans danger pour les ordinateurs, les box, les chargeurs et les chaudières électroniques.\n\n## Choisir la puissance\n\nAdditionnez la puissance de ce que vous voulez faire tourner **en même temps**, et regardez les moteurs : un frigo, un congélateur, une pompe ou un compresseur demandent **deux à trois fois leur puissance** pendant une seconde au démarrage.\n\n| Appareil | Puissance typique |\n|---|---|\n| Frigo ou congélateur | 100 à 200 W (pointe 600 W au démarrage) |\n| Box internet et téléphone | 20 W |\n| Éclairage LED de la maison | 50 à 100 W |\n| Pompe de puits | 500 à 1 000 W |\n| Circulateur de chaudière | 50 à 100 W |\n| Radiateur électrique | 1 000 à 2 000 W |\n| Bouilloire, four, plaque | 2 000 W et plus |\n\nUn groupe de **2 à 3 kW** fait tourner frigo, congélateur, éclairage et petits appareils. Le chauffage électrique et la cuisine électrique demandent bien plus, et vident le réservoir en quelques heures.\n\n## Le carburant\n\n- Un groupe de 2 à 3 kW consomme environ **un litre d'essence par heure** à mi-charge.\n- **L'essence vieillit** : en quelques mois, elle s'oxyde et encrasse le carburateur. Ajoutez un stabilisant pour la stocker, et vidangez le carburateur (ou laissez tourner jusqu'à la panne sèche) avant de ranger le groupe.\n- **Stockez le carburant** dans des jerricans homologués, dehors ou dans un abri ventilé, loin de toute flamme.\n- **Faites le plein moteur arrêté et froid** : une goutte d'essence sur le pot d'échappement chaud suffit à enflammer le groupe.\n\n## Les règles qui sauvent\n\n- **Toujours dehors, à au moins cinq mètres des ouvertures**, échappement orienté loin de la maison. Jamais dans un garage, une cave, un abri de jardin, même porte ouverte. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Jamais branché sur une prise murale** avec un câble à deux fiches mâles : il renverrait du courant dans le réseau, tuerait un technicien sur la ligne et grillerait le groupe au retour du courant. Pour alimenter l'installation, il faut un **inverseur de source** posé par un électricien. Voir [[TEC-ENE-011]].\n- **Rallonges** adaptées à la puissance, entièrement déroulées (un enrouleur plein chauffe), protégées de la pluie.\n- **Mise à la terre** selon la notice, surtout si le groupe alimente plusieurs appareils.\n\n## Les astuces de ceux qui en vivent\n\n- **Faites-le tourner deux heures, arrêtez deux heures** : un congélateur fermé tient très bien, et vous divisez la consommation par deux.\n- **Démarrez-le une fois par mois** hors saison, quelques minutes en charge : un groupe qui dort deux ans ne démarre pas le jour J.\n- **Le bruit porte loin** : de nuit, un groupe signale une maison habitée et approvisionnée à des centaines de mètres. Pensez-y quand la situation se tend.\n- **Pour une coupure de quelques jours**, une batterie nomade (une grosse batterie lithium avec prises et panneau solaire) fait moins, mais en silence, sans carburant et à l'intérieur. Voir [[TEC-SOLR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-012","titre":"Les piles","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pile","alcaline","lithium","pile bouton","accumulateur","stockage","fuite","energie"],"sources":["Linden D., Reddy T., Handbook of Batteries, McGraw-Hill, 4e édition","Energizer et Duracell, fiches techniques des piles alcalines et lithium (capacité selon la décharge, température, durée de stockage)","Commission électrotechnique internationale, norme CEI 60086 (formats et désignations)","National Capital Poison Center, recommandations sur l'ingestion de piles bouton"],"corps":"::Une pile, c'est une réaction chimique qu'on a mise en pause dans une boîte. On la relance en fermant le circuit, et elle s'arrête quand un des deux ingrédients est épuisé.::\n\n## Pile ou batterie\n\n**Une pile** (on dit aussi pile primaire) se vide une fois. **Un accumulateur**, qu'on appelle couramment batterie, se recharge des centaines de fois. Les batteries ont leur fiche : [[TEC-ENE-004]].\n\nÀ l'intérieur d'une pile, deux matériaux différents et un électrolyte entre les deux. L'un cède des électrons, l'autre les accepte : les électrons font le tour par le circuit extérieur, et c'est ce courant qu'on utilise. Le principe est si simple qu'on peut en fabriquer une avec deux métaux et du vinaigre, voir [[SURV-ENE-002]].\n\n## Les familles\n\n| Type | Tension | Points forts | Points faibles |\n|---|---|---|---|\n| Saline (zinc-carbone) | 1,5 V | Très bon marché | Faible capacité, fuit facilement |\n| Alcaline | 1,5 V | Le standard, bonne capacité à faible consommation | Perd beaucoup sous forte consommation et au froid, peut fuir |\n| Lithium 1,5 V (format AA, AAA) | 1,5 V | Légère, fonctionne jusqu'à −40 °C, se garde 20 ans | Plus chère |\n| Lithium 3 V (CR2032, CR123A) | 3 V | Longue durée, montres, clés, lampes tactiques | Tension différente : ne remplace pas deux piles de 1,5 V n'importe où |\n| Oxyde d'argent (piles bouton) | 1,55 V | Tension très stable, montres | Petite capacité |\n| Zinc-air (appareils auditifs) | 1,4 V | Très grande capacité pour sa taille | S'active en retirant l'autocollant et s'épuise en quelques semaines ensuite |\n\n## Les formats\n\n| Nom courant | Désignation | Taille |\n|---|---|---|\n| AAA | LR03 | 10,5 × 44,5 mm |\n| AA | LR6 | 14,5 × 50,5 mm |\n| C | LR14 | 26,2 × 50 mm |\n| D | LR20 | 34,2 × 61,5 mm |\n| 9 V | 6LR61 | six petites cellules en série dans un boîtier |\n\n**La capacité n'est pas fixe.** Une pile alcaline AA donne environ 2 500 à 3 000 mAh dans une horloge ou une télécommande, mais moins de la moitié dans un appareil gourmand comme un flash photo ou un jouet à moteur. Pour ces usages, le lithium ou les accumulateurs font beaucoup mieux.\n\n## Garder des piles\n\n- **Durée** : 5 à 10 ans pour une alcaline, 10 à 20 ans pour une lithium, dans de bonnes conditions. La date de péremption est imprimée sur la pile.\n- **Où** : au frais, au sec, à température stable. Le réfrigérateur n'apporte presque rien aux alcalines modernes et la condensation à la sortie peut les abîmer.\n- **Comment** : dans leur emballage ou dans une boîte, les pôles protégés. Une pile 9 V en vrac dans un tiroir peut toucher un objet métallique, chauffer et mettre le feu.\n- **Pas dans les appareils rangés** : une alcaline oubliée dans une lampe finit par fuir et ronger les contacts.\n\n## Les astuces de ceux qui en consomment beaucoup\n\n- **La fuite blanche** sur une pile alcaline est de l'hydroxyde de potassium, une base corrosive. On la nettoie avec un coton-tige trempé dans du **vinaigre ou du jus de citron** (l'acide neutralise la base), puis on frotte les contacts avec une gomme ou une lime fine. Gants et lunettes si c'est beaucoup.\n- **Le test du rebond** : lâchée debout sur une table dure, d'une dizaine de centimètres, une alcaline neuve tombe avec un bruit sourd, une alcaline usée rebondit. C'est approximatif, mais réel : en se déchargeant, l'intérieur de la pile change de consistance.\n- **Ne mélangez jamais** piles neuves et usées, ni deux marques ou deux types dans le même appareil : la plus faible se fait « inverser » par les autres et fuit.\n- **Recharger une alcaline ordinaire** est déconseillé : elle chauffe, fuit ou gonfle. Pour recharger, prenez des accumulateurs NiMH (1,2 V) à faible autodécharge : ils gardent la majeure partie de leur charge pendant des années, et remplacent les alcalines presque partout.\n- **Le froid** vide une alcaline : gardez les piles de rechange dans une poche intérieure, et réchauffez une pile froide contre vous avant de conclure qu'elle est morte.\n- **Une pile bouton avalée par un enfant est une urgence absolue.** En quelques heures, elle brûle l'œsophage. Direction les urgences immédiatement, sans faire vomir. Gardez-les hors de portée, et faites de même avec les télécommandes dont le couvercle s'ouvre facilement.\n\nLes piles usagées se rapportent en magasin : elles contiennent des métaux qui se recyclent.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-011","titre":"Le disjoncteur","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["disjoncteur","differentiel","fusible","tableau electrique","court-circuit","surcharge","securite"],"sources":["Norme NF C 15-100, installations électriques à basse tension","Norme NF EN 60898-1, disjoncteurs pour installations domestiques","Norme NF EN 61008 et 61009, interrupteurs et disjoncteurs différentiels","Promotelec, guides de l'installation électrique"],"corps":"::Un disjoncteur ne protège pas vos appareils. Il protège vos fils contre le feu, et le différentiel protège votre corps. Quand il saute, il vous dit quelque chose : il faut comprendre quoi avant de le remonter.::\n\n## Ce qu'il surveille\n\nUn fil électrique chauffe quand le courant le traverse. Trop de courant, et il chauffe au point de faire fondre sa gaine et de mettre le feu dans le mur. **Le disjoncteur coupe avant.** Il surveille deux dangers différents, avec deux mécanismes :\n\n- **La surcharge** : trop d'appareils sur le même circuit. Le courant est un peu trop fort, longtemps. Une **lame bimétallique** (deux métaux collés qui ne se dilatent pas pareil) chauffe, se courbe et déclenche la coupure au bout de quelques secondes à quelques minutes.\n- **Le court-circuit** : deux fils qui se touchent. Le courant devient énorme d'un coup. Une **bobine** crée un champ magnétique qui ouvre le contact en quelques millisecondes.\n\n## Lire un disjoncteur\n\n**Le calibre**, en ampères, est inscrit dessus : c'est le courant qu'il laisse passer en permanence. En France, la norme lie le calibre à la section du fil qu'il protège :\n\n| Circuit | Fil | Calibre |\n|---|---|---|\n| Éclairage | 1,5 mm² | 10 A (16 A admis) |\n| Prises ordinaires | 1,5 mm² ou 2,5 mm² | 16 A ou 20 A |\n| Lave-linge, lave-vaisselle, four | 2,5 mm² | 20 A |\n| Plaque de cuisson | 6 mm² | 32 A |\n\n**Jamais un calibre plus fort que ce que le fil supporte.** Remplacer un disjoncteur de 16 A qui saute par un 32 A, c'est retirer la protection : le fil chauffera jusqu'à ce que quelque chose brûle.\n\n**La lettre** devant le calibre (B, C ou D) dit à partir de quand il coupe instantanément : C pour les usages domestiques courants, B pour les longues lignes, D pour les moteurs qui démarrent fort.\n\n## Le différentiel : celui qui sauve les vies\n\nLe courant qui part par la phase doit revenir par le neutre. S'il en manque, c'est qu'il s'échappe ailleurs : par un appareil mouillé, par un fil abîmé, **ou par quelqu'un**. Le **différentiel** compare les deux et coupe dès que la différence atteint son seuil : **30 milliampères** pour ceux qui protègent les personnes, en quelques dizaines de millisecondes. C'est assez rapide pour qu'une électrisation ne devienne pas une électrocution.\n\n- Il a un **bouton de test** : appuyez dessus une fois par mois, il doit couper net.\n- Il existe en **type AC** et **type A** : le type A est obligatoire pour les circuits de plaque de cuisson et de lave-linge, dont l'électronique produit des fuites que le type AC ne voit pas toujours.\n\n**Le disjoncteur de branchement**, près du compteur, coupe toute la maison. Il est souvent aussi différentiel, avec un seuil plus élevé et un léger retard, pour laisser les différentiels de 30 mA agir d'abord.\n\n## Il a sauté : lire le message\n\n- **Il ressaute immédiatement** quand on le remonte : un **court-circuit**. Débranchez tout sur ce circuit, remontez, puis rebranchez un appareil à la fois. Le coupable fait sauter au rebranchement.\n- **Il saute au bout de quelques minutes**, quand tout tourne en même temps : une **surcharge**. Répartissez les appareils sur d'autres circuits.\n- **C'est le différentiel qui saute** : une **fuite**. Cherchez l'eau : une prise extérieure, une salle de bain, un appareil qui a pris l'humidité, un chauffe-eau. Même méthode : tout débrancher, remonter, rebrancher un par un.\n- **Il saute par temps d'orage** : une surtension, ou de l'eau qui s'infiltre quelque part.\n\n## Les astuces d'électricien\n\n- **Ne tenez jamais le levier levé** pour empêcher un disjoncteur de sauter. Les modernes coupent quand même, les anciens non, et c'est comme ça que les incendies commencent.\n- **Un disjoncteur tiède ou qui sent le chaud** a presque toujours une vis de raccordement desserrée. Un mauvais contact chauffe, voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Étiquetez votre tableau** le jour où tout va bien. Le jour où il faut couper la cuisine dans le noir, vous n'aurez pas le temps de chercher.\n- **Les vieux fusibles** se remplacent par un fusible du même calibre, jamais par un fil de cuivre ou du papier d'aluminium.\n- **Avant le retour du courant après une longue coupure**, abaissez les circuits des appareils fragiles ou dangereux (radiateurs, four, pompes), et remontez-les un par un : le réseau revient souvent avec des à-coups.\n- **Un groupe électrogène ne se branche jamais sur une prise murale** avec un câble à deux fiches mâles. Il renverrait le courant dans le réseau et peut tuer un technicien qui travaille sur la ligne, à des centaines de mètres. Il faut un inverseur de source, installé par un électricien. Voir [[URG-RES-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-010","titre":"Les lampadaires","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["lampadaire","eclairage public","sodium","led","cellule photoelectrique","solaire","ville","nuit"],"sources":["Association française de l'éclairage (AFE), Recommandations relatives à l'éclairage des voies publiques","Règlement (CE) n° 245/2009 sur l'écoconception des lampes à décharge (fin des lampes à vapeur de mercure en 2015)","CEREMA, L'éclairage public : guide pour les collectivités","Arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses"],"corps":"::Un lampadaire ne décide rien. Une cellule lui dit qu'il fait nuit, une armoire au coin de la rue lui envoie le courant, et quelqu'un à la mairie a choisi l'heure où il s'éteint.::\n\n## Comment une rue s'allume\n\n**L'armoire de commande.** Les lampadaires ne sont pas branchés un par un sur le réseau. Ils forment des circuits de quelques dizaines de points lumineux, alimentés par une **armoire** métallique grise, souvent posée au pied d'un mur ou d'un transformateur. Elle contient les protections, le compteur et la commande d'allumage.\n\n**La commande** allume et éteint tout le circuit d'un coup :\n\n- soit par une **cellule photoélectrique**, un petit capteur de lumière sur l'armoire ou sur un candélabre, qui déclenche l'allumage quand la lumière du jour tombe sous un seuil ;\n- soit par une **horloge astronomique**, qui calcule chaque jour l'heure du coucher et du lever du soleil pour la commune ;\n- de plus en plus, par une **télégestion** : chaque lampadaire reçoit ses ordres à distance et peut baisser son intensité au milieu de la nuit.\n\n**L'extinction nocturne.** Des milliers de communes en France éteignent une partie de leur éclairage au cœur de la nuit, souvent entre minuit et 5 h, pour économiser l'énergie et limiter la pollution lumineuse. La loi encadre aussi l'orientation et la couleur de la lumière.\n\n## Le poteau\n\nUn candélabre mesure de **4 à 12 mètres** selon la voie : bas dans les rues piétonnes, haut sur les routes. Le mât est un tube d'acier galvanisé ou d'aluminium, creux. **Au pied, une petite trappe** donne accès au boîtier de raccordement et au fusible de ce point lumineux.\n\n## Les lampes, de la plus ancienne à la plus récente\n\n| Lampe | Lumière | Ce qu'il faut savoir |\n|---|---|---|\n| Gaz | Jaune doux | L'éclairage des villes au XIXe siècle. Un allumeur passait chaque soir avec sa perche. |\n| Vapeur de mercure | Blanc bleuté | Interdite à la vente dans l'Union européenne depuis 2015, encore en place dans des coins oubliés. |\n| Sodium basse pression | Orange pur | Très efficace, mais une seule couleur : sous sa lumière, on ne distingue plus le rouge du vert. |\n| Sodium haute pression | Orange doré | La lumière des routes et des villes pendant quarante ans. Met plusieurs minutes à atteindre sa pleine puissance. |\n| Iodures métalliques | Blanc | Places, stades, monuments. |\n| LED | Blanc, plus ou moins chaud | La norme aujourd'hui. Moitié moins d'énergie que le sodium, s'allume instantanément, se règle. |\n\n## Le lampadaire solaire\n\nSur les parkings, les pistes cyclables et les arrêts isolés, de plus en plus de lampadaires sont **autonomes** : un panneau solaire en haut du mât, une batterie (souvent au lithium fer phosphate) dans le mât ou sous le panneau, un régulateur, une tête LED et un détecteur de présence. Aucun câble ne les relie au réseau. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## Ce que savent ceux qui les entretiennent\n\n- **La lumière orange cache les couleurs.** Sous un éclairage au sodium, une carte, un câblage coloré ou une plaie se lisent mal. Une lampe frontale blanche change tout.\n- **Pendant une coupure générale, les lampadaires solaires restent allumés.** C'est souvent le seul point lumineux d'un quartier. Et c'est un ensemble complet et autonome : panneau, batterie, régulateur, lumière LED, qui peut éclairer une pièce ou recharger une petite batterie une fois démonté. Voir [[SURV-ENE-001]].\n- **La trappe au pied du mât est sous tension.** Le câble d'arrivée y est raccordé en 230 volts, parfois plus. Une trappe arrachée après un accident se signale, elle ne s'explore pas.\n- **Une cellule photoélectrique qu'on masque** croit qu'il fait nuit : c'est ainsi que les techniciens testent l'allumage en plein jour. Une cellule couverte de fientes ou mal orientée explique une rue éclairée à midi.\n- **Un lampadaire qui clignote** en fin de vie est presque toujours une lampe au sodium qui s'éteint en chauffant puis se rallume en refroidissant.\n- **L'éclairage attire les insectes**, surtout sous les lumières blanches et bleues. C'est l'une des raisons du passage à des LED plus chaudes, orangées, près des zones naturelles.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-009","titre":"L'éolienne industrielle","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["eolienne","vent","energie","rotor","nacelle","reseau","electricite","betz"],"sources":["Burton T. et al., Wind Energy Handbook, Wiley, 3e édition","Agence internationale de l'énergie (IEA Wind), rapports annuels","Manwell J., McGowan J., Rogers A., Wind Energy Explained, Wiley","RTE, Bilan électrique annuel"],"corps":"::Une éolienne n'est pas un moulin agrandi. C'est une centrale électrique de 150 mètres qui tourne lentement, qui se pilote seule, et qui a besoin du réseau pour exister.::\n\n## Les dimensions\n\nUne éolienne terrestre récente mesure **100 à 200 mètres** en bout de pale, avec un rotor de **100 à 170 mètres** de diamètre. Sa puissance : **2 à 6 mégawatts**. En mer, les plus grandes dépassent 15 MW, avec des pales de plus de 110 mètres.\n\nUne pale pèse plusieurs dizaines de tonnes, la nacelle plusieurs centaines. La fondation d'une éolienne terrestre est un massif de béton armé de plusieurs centaines de mètres cubes, enterré.\n\n## Comment elle marche\n\n**Les pales** ne sont pas poussées par le vent comme une voile. Elles ont un profil d'aile d'avion : l'air qui les contourne crée une portance qui les fait tourner. Voir [[TEC-AER-001]].\n\n**Le rotor** tourne lentement, 5 à 15 tours par minute. Le bout des pales, lui, file à plus de 250 km/h.\n\n**La nacelle**, en haut du mât, contient :\n\n- **un multiplicateur** (une boîte d'engrenages) qui fait passer de 10 à 1 500 tours par minute pour la génératrice ; ou, sur les modèles « à entraînement direct », une génératrice géante à aimants permanents, sans multiplicateur ;\n- **la génératrice** ;\n- **le système de freinage** ;\n- **l'électronique de puissance** qui adapte le courant à celui du réseau ;\n- **un anémomètre et une girouette** sur le toit.\n\n**Deux moteurs la pilotent en permanence** :\n\n- **l'orientation** (*yaw*) tourne toute la nacelle face au vent ;\n- **le calage des pales** (*pitch*) fait pivoter chaque pale sur elle-même pour prendre plus ou moins de vent, comme on règle une hélice.\n\n## La courbe de puissance\n\n- En dessous d'environ **3 m/s** (11 km/h), elle ne produit rien.\n- Entre 3 et **12 m/s** environ, la puissance augmente très vite : **elle varie comme le cube de la vitesse du vent**. Deux fois plus de vent, huit fois plus d'énergie.\n- Au-dessus de 12 m/s, elle plafonne à sa puissance nominale : les pales se mettent en drapeau pour ne pas dépasser.\n- Vers **25 m/s** (90 km/h), elle s'arrête et se met en sécurité.\n\n**La limite de Betz** dit qu'aucune éolienne ne peut capter plus de 59,3 % de l'énergie du vent qui la traverse : il faut bien que l'air continue de s'écouler derrière. Les meilleures machines atteignent environ 45 à 50 %.\n\nSur une année, une éolienne terrestre produit en moyenne **20 à 30 % de sa puissance maximale** (son facteur de charge), une éolienne en mer 35 à 50 %.\n\n## Ce qu'on ne dit pas souvent\n\n**Elle a besoin du réseau.** La plupart des éoliennes ne peuvent pas démarrer seules ni alimenter une maison isolée : leur électronique se cale sur la fréquence du réseau existant, et elles consomment un peu de courant pour tourner, orienter et chauffer. **Pendant un black-out, une éolienne s'arrête**, même en plein vent. Seules des installations spécialement conçues savent fonctionner en îlot.\n\n**Elle se pilote de loin.** Chaque éolienne est surveillée à distance par son constructeur, qui peut l'arrêter, la redémarrer et lire ses capteurs.\n\n**Elle vit 20 à 30 ans.** Les pales en fibre de verre et résine se recyclent mal ; le mât, le cuivre et l'acier se recyclent bien.\n\n## Les astuces de ceux qui y travaillent\n\n- **La glace se projette.** Par temps de givre, des blocs de glace peuvent se détacher des pales et tomber à des dizaines, voire des centaines de mètres. Des panneaux le signalent au pied des machines. Ne restez pas sous une éolienne givrée.\n- **On monte à pied.** Beaucoup d'éoliennes n'ont qu'une échelle intérieure avec un rail anti-chute, ou un petit monte-charge. Cent mètres d'échelle : les techniciens sont formés au sauvetage en hauteur et travaillent toujours à deux.\n- **La foudre adore les éoliennes.** Les pales ont des récepteurs métalliques et un câble qui descend jusqu'à la terre. Par orage, on s'éloigne.\n- **Le bruit** vient surtout des pales, un souffle régulier, et du multiplicateur. À 500 mètres, il se confond avec le vent.\n- **Une nacelle contient des centaines de litres d'huile** (multiplicateur, hydraulique), du cuivre en quantité et, sur les machines à entraînement direct, des aimants aux terres rares. C'est aussi une plate-forme d'observation à plus de 100 mètres. Voir [[SURV-REC-016]] pour ce qu'on tire d'une grosse machine immobile.\n\nLe petit éolien, pour une maison ou un bateau, fonctionne sur les mêmes principes mais sans réseau : voir [[TEC-SOLR-001]] pour le stockage sur batteries.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-008","titre":"Mesurer avec un multimètre","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["mesure","electricite","diagnostic","donnees"],"sources":["IEC 61010 — Safety requirements for electrical measuring equipment","Fluke Corporation — technical documentation on measurement categories","INRS — mesurage en électricité"],"corps":"::Un multimètre ne répare rien. Il remplace les hypothèses par des faits, ce qui est presque toujours l'étape manquante.::\n\n## Les trois mesures qui suffisent\n\n**La tension.** On mesure entre deux points, l'appareil branché **en parallèle**, circuit sous tension. C'est la mesure la plus courante et la plus sûre. Elle répond à : y a-t-il quelque chose ici, et combien.\n\n**La continuité et la résistance.** L'appareil envoie lui-même un petit courant et mesure ce qui revient. Elle se fait **impérativement hors tension**, et sur un élément isolé du reste du circuit — sinon on mesure tout le montage en même temps et le résultat n'a aucun sens. Elle répond à : le courant peut-il passer par là.\n\n**Le courant.** L'appareil se branche **en série**, donc il faut ouvrir le circuit et l'insérer dedans. C'est la mesure la plus délicate et celle qui détruit le plus de multimètres : brancher en parallèle alors qu'on est en position ampèremètre crée un court-circuit franc. Elle répond à : combien consomme réellement cet appareil.\n\n## Ce que chaque mesure révèle\n\n**Une tension présente mais qui s'effondre dès qu'on branche une charge** signale une source faible ou une résistance en série quelque part — batterie fatiguée, mauvais contact, câble sous-dimensionné.\n\n**Une continuité absente là où elle devrait être** : fil coupé, fusible fondu, interrupteur défaillant, connexion oxydée. C'est le test qui trouve la panne la plus fréquente.\n\n**Une continuité présente là où elle ne devrait pas être** : court-circuit, isolant percé, humidité, brin qui touche la carcasse.\n\n**Une résistance qui augmente en chauffant** signale une connexion en train de mourir.\n\n## La méthode de recherche de panne\n\nElle vaut plus que la connaissance des appareils : elle s'applique à n'importe quel circuit inconnu.\n\n1. **Vérifiez qu'il y a une source.** Mesurez la tension à la source elle-même, avant tout le reste. Une grande partie des pannes s'arrête là.\n2. **Suivez le chemin.** Mesurez la tension de proche en proche, en avançant vers la charge. **Le point où elle disparaît est le point du défaut.** C'est la méthode la plus rapide et elle ne demande aucune connaissance du montage.\n3. **Vérifiez le retour.** Un circuit ne fonctionne que s'il est fermé : un défaut sur le conducteur de retour donne exactement les mêmes symptômes qu'un défaut sur l'aller.\n4. **Isolez avant de conclure.** Débranchez l'élément suspect et mesurez-le seul.\n\nUn principe résume tout : **une panne est presque toujours une interruption ou un contact, jamais un composant mystérieux.** Fils, connexions, fusibles et interrupteurs représentent la grande majorité des défauts.\n\n## Utiliser l'appareil sans le détruire\n\n**Vérifiez la position du sélecteur avant chaque mesure**, et l'emplacement des pointes de touche. La borne des courants forts est séparée : y laisser une pointe pour mesurer une tension provoque un court-circuit.\n\n**Commencez sur le calibre le plus élevé** si l'appareil n'est pas automatique, puis descendez.\n\n**Vérifiez l'appareil sur une source connue** avant de conclure qu'un circuit est hors tension. Une pile usée dans le multimètre, un fusible interne fondu ou un cordon coupé donnent une lecture de zéro parfaitement rassurante et parfaitement fausse. **Tester le testeur est la seule habitude qui protège vraiment.**\n\n**Respectez la catégorie de mesure** indiquée sur l'appareil et les cordons. Elle indique le niveau de surtension qu'il peut encaisser sans danger. Un appareil bon marché utilisé sur une installation qu'il n'est pas prévu pour peut se rompre violemment.\n\n## Ce qu'un multimètre ne dit pas\n\nIl ne dit pas si une batterie a de la capacité : une batterie morte affiche souvent une tension correcte à vide et s'effondre en charge. Il faut mesurer sous charge — voir [[TEC-ENE-004]].\n\nIl ne dit pas si un câble est correctement dimensionné : il ne détecte pas un échauffement futur, seulement une chute de tension actuelle. Voir [[TEC-ENE-003]].\n\nIl ne remplace pas un vérificateur d'absence de tension pour la sécurité. C'est un instrument de diagnostic, pas un dispositif de protection.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-004","titre":"Les batteries","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["batterie","energie","stockage","donnees"],"sources":["IEC 62133 — Safety requirements for secondary cells","Battery University — technical documentation","Linden's Handbook of Batteries"],"corps":"::Une batterie ne contient pas de l'électricité. Elle contient une réaction chimique qu'on force à l'envers pour la recharger, et cette réaction s'use.::\n\n## Les grandeurs qui comptent\n\n**La tension nominale** dépend de la chimie et du nombre de cellules en série. Une cellule au plomb délivre environ deux volts, une cellule lithium-ion environ trois volts et demi à trois volts sept selon la variante.\n\n**La capacité**, en ampères-heures, indique combien de courant la batterie peut fournir pendant combien de temps. **Elle ne dit rien seule** : il faut la multiplier par la tension pour obtenir des wattheures, seule unité comparable. Deux batteries de même capacité affichée peuvent stocker des énergies très différentes — c'est le calcul central de [[TEC-ENE-001]].\n\n**Le courant maximal** que la batterie accepte de fournir ou de recevoir. Le dépasser la chauffe et l'abîme.\n\n**La {{profondeur de décharge|Fraction de la capacité d'une batterie réellement utilisée avant recharge ; plus elle est faible, plus la batterie dure.}}** est la fraction réellement utilisable. C'est le paramètre le plus souvent ignoré et celui qui décide de la durée de vie.\n\n## Les chimies, et leurs caractères\n\n**Le plomb-acide.** Lourd, encombrant, peu cher, très tolérant. Il accepte une charge rudimentaire et supporte une électronique de gestion approximative. En contrepartie, il n'aime pas être déchargé profondément : descendre régulièrement sous la moitié de sa capacité réduit fortement son espérance de vie. Laissé déchargé, il se sulfate et devient irrécupérable en quelques semaines. **C'est le meilleur choix quand on n'a pas d'électronique fiable**, et le pire quand le poids compte.\n\n**Le lithium-ion.** Bien plus dense en énergie pour le même poids, sans effet de mémoire, faible autodécharge. Mais il exige une gestion précise : une surcharge, une décharge trop profonde ou une charge par grand froid l'endommagent, parfois dangereusement. C'est le rôle du circuit de protection intégré aux blocs.\n\n**Le lithium-fer-phosphate**, une variante, stocke un peu moins mais tolère bien plus de cycles, se dégrade moins vite et présente un comportement thermique nettement plus sûr.\n\n**Le nickel-métal-hydrure**, celui des accumulateurs de format courant, est robuste, sans danger particulier, mais s'autodécharge notablement — sauf les versions dites à faible autodécharge.\n\n## Ce qui use une batterie\n\nTrois facteurs, et ils se cumulent.\n\n**Le nombre de cycles.** Chaque charge complète use un peu. Mais une décharge partielle use bien moins qu'une décharge profonde : **maintenir une batterie entre vingt et quatre-vingts pour cent multiplie considérablement sa durée de vie**, quelle que soit la chimie.\n\n**La température.** La chaleur accélère toutes les réactions de dégradation. Une batterie stockée au chaud vieillit vite même sans être utilisée. Le froid, lui, réduit temporairement la capacité disponible sans abîmer — sauf en charge, où charger une cellule lithium en dessous de zéro provoque des dépôts internes irréversibles.\n\n**Le repos à un état de charge extrême.** Stockée pleine ou vide pendant des mois, une batterie se dégrade davantage qu'à mi-charge. Pour un stockage long, la règle est de laisser environ la moitié.\n\n## Reconnaître une cellule dangereuse\n\n**Gonflée, percée, écrasée ou déformée : elle s'écarte.** Elle ne se répare pas et ne se teste pas. Une cellule lithium endommagée peut entrer en {{emballement thermique|Réaction en chaîne qui s'auto-entretient dans une cellule lithium endommagée, sans besoin d'oxygène extérieur.}}, réaction qui s'auto-entretient et qu'on n'éteint pas facilement.\n\nUne odeur douceâtre, une chaleur anormale en charge, une tension qui s'effondre sous charge légère sont autant de motifs de mise à l'écart.\n\nUn feu de batterie lithium n'a pas besoin d'oxygène extérieur pour se poursuivre : on refroidit massivement à l'eau et l'on éloigne le reste plutôt que de chercher à l'étouffer — voir [[URG-INC-001]].\n\n## En récupération\n\nLes cellules cylindriques standard équipent une grande partie des blocs d'outillage portatif et d'ordinateurs. **Un bloc mort l'est rarement en entier** : c'est presque toujours une ou deux cellules qui font chuter l'ensemble, parce qu'elles sont en série et que la plus faible limite tout le monde, comme l'explique [[TEC-ENE-002]].\n\nSéparer les cellules, mesurer chacune à vide puis sous charge, et écarter celles qui s'effondrent permet de reconstituer un ensemble utilisable. Cela demande de mesurer, jamais de deviner.\n\nLes batteries au plomb d'onduleurs, d'alarmes et d'éclairages de secours sont partout, gardent une charge résiduelle longtemps et se rechargent avec des moyens simples. Le tri d'un matériel trouvé relève de [[SURV-REC-002]].\n\n## Charger correctement\n\nUne charge se fait en deux temps : à courant constant tant que la tension monte, puis à tension constante pendant que le courant diminue. Couper trop tôt laisse la batterie partiellement chargée ; maintenir la tension trop longtemps la dégrade.\n\nUn régulateur est indispensable dès qu'une source variable est en jeu, comme un panneau solaire — voir [[TEC-SOLR-001]]. Sans lui, la batterie est détruite par surcharge le jour, ou déchargée dans le panneau la nuit.\n\nEnfin, une batterie au plomb en charge dégage de l'hydrogène, inflammable et explosif en espace confiné. **On ventile, et on n'approche aucune flamme ni étincelle.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-003","titre":"Câbler et protéger une installation","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","cable","protection","donnees"],"sources":["IEC 60364 — Installations électriques basse tension","NF C 15-100 — Installations électriques basse tension, France","INRS — prévention du risque électrique"],"corps":"::Un câble ne protège rien. C'est ce qu'on met devant lui qui décide si une surcharge coupe le courant ou met le feu.::\n\n## Pourquoi la section compte\n\nUn conducteur possède une résistance, faible mais réelle. Le courant qui le traverse y dissipe de la chaleur, et cette chaleur croît **avec le carré du courant**. Doubler le courant quadruple l'échauffement, comme le rappelle [[TEC-ENE-002]].\n\nUn câble trop fin pour ce qu'il transporte chauffe donc en permanence. L'isolant vieillit, durcit, se fissure, puis fond. C'est un processus lent : l'installation fonctionne des mois avant de céder, ce qui rend le défaut invisible jusqu'au bout.\n\nTrois facteurs déterminent la section nécessaire : le courant à transporter, la longueur du câble, et les conditions de pose. Un câble enfermé dans une gaine ou groupé avec d'autres évacue moins bien sa chaleur et doit être surdimensionné.\n\n**La longueur intervient par un autre effet : la chute de tension.** Sur un long câble, une partie de la tension est perdue en route. En courant continu basse tension, ce phénomène devient rapidement critique : un appareil placé au bout d'un long câble sous-dimensionné ne reçoit plus assez de tension pour fonctionner, alors que tout semble correct.\n\n## Le rôle des protections\n\n**Le fusible et le disjoncteur protègent le câble, pas l'appareil.** C'est le point que presque tout le monde inverse.\n\nLeur fonction est de couper avant que le câble n'atteigne une température dangereuse. On les dimensionne donc en fonction de la section du câble qu'ils protègent, jamais en fonction de la consommation de ce qui est branché au bout.\n\nIl en découle une règle absolue : **on ne remplace jamais une protection par une plus forte.** Un fusible qui fond répète une information — quelque chose consomme trop, ou il y a un défaut. Le remplacer par un calibre supérieur ne résout rien : cela supprime seulement l'avertissement, et transfère la limite au câble, qui n'a aucun moyen de prévenir.\n\nDeux types de protection existent, et ils ne font pas le même travail.\n\n**La protection contre les surintensités** — fusible, disjoncteur — coupe quand le courant dépasse un seuil, que ce soit par surcharge progressive ou par court-circuit.\n\n**La protection différentielle** compare ce qui part et ce qui revient. Si une fraction du courant s'échappe ailleurs — par une personne, par une carcasse mouillée — l'écart est détecté et le circuit est coupé en quelques millisecondes. **C'est le dispositif qui protège les personnes**, et il ne remplace pas le premier ni l'inverse.\n\n## La terre\n\nSa fonction est mal comprise. Elle ne sert pas à évacuer l'électricité en général : elle sert à **donner au courant de défaut un chemin de retour de très faible résistance**, autre que le corps humain.\n\nSi la carcasse métallique d'un appareil devient accidentellement sous tension, une terre correcte permet à un courant important de circuler, ce qui déclenche immédiatement la protection. Sans terre, la carcasse reste sous tension en attendant que quelqu'un la touche.\n\nUne terre inefficace — piquet trop court, sol sec, connexion corrodée — donne une fausse sécurité. Elle se contrôle, elle ne se suppose pas.\n\n## Les connexions\n\nC'est là que la plupart des défauts naissent.\n\n**Un mauvais contact est une résistance élevée traversée par tout le courant.** Une borne desserrée, une cosse oxydée, un fil mal serré concentrent une puissance importante sur quelques millimètres. Une connexion tiède est un avertissement ; une connexion chaude est une urgence.\n\nTrois règles limitent le problème. **Serrer franchement**, et resserrer après quelques semaines, car le cuivre flue sous pression. **Ne jamais mélanger cuivre et aluminium** en contact direct : le couple galvanique corrode la jonction et augmente la résistance, mécanisme décrit dans [[TEC-COR-001]]. **Ne jamais étamer un fil destiné à être serré** dans une borne à vis : la soudure flue et le contact se desserre seul.\n\n## L'ordre d'intervention\n\n1. **Couper** au disjoncteur général, pas seulement à l'interrupteur local.\n2. **Vérifier l'absence de tension** sur place, avec un appareil, et non par déduction. Un circuit peut être alimenté par deux sources.\n3. **Condamner** ce qui a été coupé, pour que personne ne le rétablisse.\n4. **Travailler**, en respectant les sections et les protections existantes.\n5. **Vérifier avant de remettre sous tension** : absence de brins qui dépassent, serrage, isolation, continuité de la terre.\n\nLe contrôle se fait au multimètre : voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## En installation autonome\n\nLes mêmes règles s'appliquent, avec deux différences aggravantes.\n\n**Les courants sont plus élevés.** À puissance égale, une installation basse tension fait circuler des courants bien supérieurs à ceux d'un réseau domestique. Les sections nécessaires sont donc nettement plus fortes, et c'est l'erreur la plus fréquente.\n\n**Les batteries délivrent un courant de court-circuit énorme.** Une batterie court-circuitée fait rougir une clé en quelques secondes. **Toute batterie doit être protégée par un fusible placé au plus près de sa borne**, avant tout le reste du câblage. C'est la protection la plus importante d'une installation autonome, et la plus souvent omise — voir [[TEC-ENE-004]] et [[TEC-SOLR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-002","titre":"Lire un circuit électrique","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","circuit","mesure","donnees"],"sources":["IEC 60050 — Vocabulaire électrotechnique international","IEC 60364 — Installations électriques basse tension","INRS — Effets du courant électrique sur le corps humain"],"corps":"::Trois grandeurs, une relation entre elles, deux façons de brancher. Tout le reste de l'électricité en découle.::\n\n## Les trois grandeurs\n\n**La tension**, en volts, est une différence de potentiel entre deux points. Elle n'existe jamais en un seul point : parler de la tension d'un fil n'a de sens que par rapport à un autre. C'est ce qui pousse.\n\n**Le courant**, en ampères, est le débit de charges qui traverse une section. C'est ce qui circule, et c'est ce qui chauffe, travaille et blesse.\n\n**La résistance**, en ohms, est ce qui s'oppose au passage. Elle transforme une partie de l'énergie en chaleur.\n\nElles sont liées par une seule relation : **la tension est le produit du courant par la résistance.** Connaissant deux valeurs, on obtient la troisième — et cela suffit à résoudre la quasi-totalité des problèmes rencontrés.\n\nLa **puissance**, en watts, est le produit de la tension par le courant. Multipliée par une durée en heures, elle donne une énergie en wattheures, seule unité qui permette de comparer un besoin à une réserve, comme l'explique [[TEC-ENE-001]].\n\n## Série et parallèle\n\n**En série**, les éléments se suivent sur un chemin unique. Le même courant traverse tout le monde, et les tensions s'additionnent. Une rupture en un point coupe tout — c'est le principe de la guirlande d'ampoules anciennes, où une lampe grillée éteignait l'ensemble.\n\nLes résistances s'additionnent, et les tensions se répartissent proportionnellement à chacune. C'est ce qui permet d'abaisser une tension, et c'est aussi ce qui explique pourquoi une seule cellule faible dans une batterie limite l'ensemble : le courant qui la traverse est le courant de toute la chaîne.\n\n**En parallèle**, les éléments sont branchés entre les deux mêmes points. Ils reçoivent tous la même tension, et les courants s'additionnent. Une branche qui casse laisse les autres fonctionner : c'est ainsi que sont câblées toutes les installations domestiques.\n\nUne conséquence à retenir : **plus on ajoute de branches en parallèle, plus le courant total augmente**, alors que la résistance de l'ensemble diminue. C'est la cause la plus fréquente de surcharge : brancher davantage sur une même ligne ne partage pas le courant, il l'ajoute.\n\n## Ce qui chauffe et pourquoi\n\nL'échauffement d'un conducteur croît **avec le carré du courant**. Doubler le courant quadruple la chaleur produite pour une même résistance.\n\nC'est pourquoi la section des câbles compte autant. Un câble trop fin pour le courant qu'il transporte chauffe, son isolant vieillit, se fissure, puis fond. La plupart des incendies d'origine électrique viennent de là ou d'un mauvais contact.\n\n**Un mauvais contact est une résistance locale élevée traversée par tout le courant.** Une borne desserrée, une cosse oxydée, un domino mal vissé concentrent une puissance importante sur quelques millimètres. Une connexion tiède est un avertissement ; une connexion chaude est une urgence.\n\n## Continu et alternatif\n\nLe **courant continu** circule toujours dans le même sens. Il a une polarité, et l'inverser détruit l'électronique instantanément. C'est celui des batteries et des panneaux solaires.\n\nLe **courant alternatif** change de sens périodiquement. Il n'a pas de polarité au sens précédent, et surtout il se transforme facilement en une tension différente au moyen d'un transformateur — ce qui est la raison pour laquelle les réseaux de distribution l'utilisent.\n\nUne même valeur en volts ne représente pas la même chose dans les deux cas : la valeur affichée pour l'alternatif est une valeur efficace, et la tension de crête réellement atteinte est nettement supérieure.\n\n## Ce qui blesse\n\nCe n'est pas la tension, c'est **le courant qui traverse le corps**, et le trajet qu'il emprunte.\n\nLa résistance du corps humain varie énormément selon l'état de la peau : une peau sèche résiste considérablement plus qu'une peau mouillée. C'est pourquoi une tension inoffensive dans une situation devient dangereuse dans une autre — mains humides, pieds nus, sol conducteur.\n\nLe trajet décide de la gravité. Un courant qui passe d'une main à l'autre traverse la cage thoracique et le cœur. Un courant qui passe d'une main au pied du même côté suit un trajet moins critique. **D'où l'habitude, chez ceux qui travaillent sous tension, de garder une main dans le dos.**\n\nLes effets vont de la contraction musculaire qui empêche de lâcher la prise, à la fibrillation, à la brûlure profonde sur tout le trajet interne — dont l'étendue réelle n'a aucun rapport avec ce qui se voit à la peau, comme le rappelle [[URG-BRUL-001]].\n\n## Mesurer plutôt que deviner\n\nUn multimètre répond à trois questions, et elles couvrent presque toutes les pannes.\n\n**Y a-t-il une tension**, et de quel type. Mesure en parallèle, aux bornes.\n\n**Le circuit est-il continu**, c'est-à-dire le courant peut-il passer. Mesure hors tension, sur un élément isolé du reste : c'est ainsi qu'on trouve un fil coupé ou un fusible fondu.\n\n**Quelle résistance**, pour identifier un composant ou détecter une fuite. Toujours hors tension, et sur un élément déconnecté — sinon on mesure tout le circuit à la fois et le résultat n'a aucun sens.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ENE-001","titre":"L’énergie électrique dans les objets","axe":2,"categorie":"Énergie et Électricité","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["electricite","recuperation","materiel"],"sources":[],"corps":"::Une installation électrique se lit avec quatre valeurs et un seul calcul. Tout le reste en découle.::\n\n## Lire une installation\n\nTout commence par une plaque signalétique. Quatre valeurs, et rien d'autre n'est nécessaire pour décider.\n\n- **La tension**, en volts. C'est la valeur qui détruit. Alimenter un appareil sous une tension inadaptée le tue immédiatement, parfois violemment.\n- **Le courant**, en ampères. Ce que l'appareil appelle.\n- **La puissance**, en watts. Souvent inscrite ; en courant continu, c'est le produit de la tension par le courant.\n- **Le type de courant.** Une ligne droite pour le continu, une ligne ondulée pour l'alternatif. Ce ne sont pas des variantes de la même chose.\n\nLes relations entre tension, courant et résistance, ainsi que les branchements en série et en parallèle, sont détaillés dans [[TEC-ENE-002]].\n\nUn seul calcul sert tous les jours. Une puissance en watts multipliée par une durée en heures donne une énergie en wattheures. C'est la seule unité qui permette de comparer un besoin à une réserve. Une capacité en ampères-heures ne dit rien seule : multipliez-la par la tension nominale. C'est pour cela que deux batteries annoncées à la même capacité peuvent contenir des énergies très différentes.\n\nUne fois ce calcul acquis, le dimensionnement devient trivial : additionnez vos wattheures par jour, comparez à ce que vous stockez, vous savez combien de jours vous tenez. C'est ce même calcul qui décide si une propulsion électrique est envisageable, voir [[TEC-MOT-001]].\n\n## Règles de manipulation\n\n1. **Coupez et vérifiez l'absence de tension avant toute intervention.** Un appareil débranché n'est pas un appareil sûr.\n2. **Lisez la plaque avant de brancher quoi que ce soit.** Toujours.\n3. **Respectez la polarité en courant continu.** Il a un sens. Une inversion détruit l'électronique instantanément et sans avertissement.\n4. **Écartez toute cellule lithium déformée.** Gonflée, percée, écrasée : elle ne se répare pas, elle ne se teste pas. Elle peut partir en {{emballement thermique|Réaction en chaîne qui s'auto-entretient dans une cellule lithium endommagée, sans besoin d'oxygène extérieur.}}.\n5. **Ne touchez jamais les gros condensateurs d'une alimentation à découpage, d'un micro-ondes ou d'un flash.** Ils conservent une charge capable de tuer plusieurs minutes après le débranchement, parfois beaucoup plus.\n\n## Où trouver quoi\n\n**Vous cherchez du stockage.** Les cellules lithium cylindriques standard équipent une grande partie des blocs d'outillage portatif et d'ordinateurs. Un bloc mort l'est rarement en entier : c'est presque toujours une ou deux cellules qui font chuter l'ensemble, les autres restant bonnes.\n\n**Vous n'avez pas d'électronique de gestion.** Alors préférez le plomb. Les batteries d'onduleurs et d'alarmes gardent une charge résiduelle longtemps et se rechargent avec des moyens rudimentaires. C'est leur avantage décisif sur le lithium, qui exige une gestion précise sous peine d'incendie.\n\n**Vous cherchez de la production.** Les panneaux solaires de signalisation routière, d'éclairage de jardin et de mobilier urbain sont partout, peu surveillés, et produisent immédiatement. Le dimensionnement complet d'une installation est dans [[TEC-SOLR-001]].\n\n**Vous récupérez sur place.** Le tri de ce qui est encore utilisable est dans [[SURV-REC-002]], et la méthode de fouille dans [[SURV-REC-001]].\n\n**Vous voulez aller plus loin.** Le raccordement, la protection contre les surintensités, la mise à la terre et l'intervention sous tension relèvent de fiches distinctes. Ce sont les sujets où l'erreur est mortelle et non coûteuse : ils se traitent seuls, jamais en fin de fiche.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-023","titre":"L'USB","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["usb","usb-c","cable","prise","5 volts","power delivery","charge","cle usb","otg","fat32","exfat","badusb","batterie externe"],"sources":["USB Implementers Forum (USB-IF), spécifications USB 2.0, USB 3.2, USB4 et USB Power Delivery","USB-IF, Battery Charging Specification, révision 1.2, 2010","Directive (UE) 2022/2380 du 23 novembre 2022 relative au chargeur universel","Wikipédia, article « Universal Serial Bus »"],"corps":"::Avant 1996, chaque appareil avait sa prise : clavier, souris, imprimante, modem. L'USB les a tous remplacées, et depuis fin 2024, dans l'Union européenne, tout téléphone neuf se charge en USB-C. Savoir ce qui passe dans ce câble, c'est pouvoir recharger, réparer et lire des données avec presque n'importe quoi.::\n\n## Ce qui passe dans le câble\n\n- **En USB 2.0, quatre fils** : rouge, le +5 V ; noir, la masse ; vert et blanc, les données (D+ et D−). Les câbles bon marché ne respectent pas toujours les couleurs : on vérifie au multimètre.\n- **L'USB 3 ajoute deux paires** pour le haut débit. Un port bleu à l'intérieur est presque toujours de l'USB 3.\n- **L'USB-C** a 24 broches, se branche dans les deux sens, et possède des broches qui servent à négocier la puissance.\n\n## Les versions\n\n| Nom | Année | Débit maximal |\n|---|---|---|\n| USB 1.1 | 1998 | 12 Mbit/s |\n| USB 2.0 | 2000 | 480 Mbit/s |\n| USB 3.0, devenu 3.2 Gen 1 | 2008 | 5 Gbit/s |\n| USB 3.1, devenu 3.2 Gen 2 | 2013 | 10 Gbit/s |\n| USB 3.2 Gen 2x2 | 2017 | 20 Gbit/s |\n| USB4 | 2019 | 40 Gbit/s |\n| USB4 version 2 | 2022 | 80 Gbit/s |\n\nEn pratique, une clé USB 2.0 copie autour de 30 Mo par seconde, bien moins que son maximum théorique.\n\n## Les prises\n\n- **Type A** : le rectangle plat des ordinateurs et des chargeurs.\n- **Type B** : le carré des imprimantes.\n- **Mini-B** : vieux appareils photo, GPS.\n- **Micro-B** : téléphones Android d'avant 2017 environ, liseuses, lampes. La version large, en USB 3, équipe les disques durs externes.\n- **Type C** : ovale et réversible, sur les téléphones et les ordinateurs récents.\n- **Lightning**, la prise des anciens iPhone, n'est pas de l'USB : Apple est passé à l'USB-C en 2023.\n\n## La puissance\n\n- **Un port USB 2.0 donne 5 V et 0,5 A**, soit 2,5 W ; un port USB 3, 0,9 A. Un chargeur dédié monte à 1,5 A.\n- **L'USB-C donne 5 V et 3 A** (15 W) sans négociation.\n- **Avec Power Delivery**, le chargeur et l'appareil négocient une tension plus haute : jusqu'à 20 V et 5 A (100 W), et 48 V (240 W) depuis 2021. Le chargeur ne monte que si l'appareil le demande : on peut brancher un téléphone sur le chargeur d'un ordinateur.\n- **Au-delà de 3 A**, il faut un câble 5 A qui contient une puce d'identification. Un câble ordinaire plafonne à 60 W.\n\n## Recharger avec presque rien\n\n- **Une batterie externe de 10 000 mAh** stocke environ 37 Wh : à peu près deux recharges de téléphone, une fois les pertes déduites. Voir [[TEC-ENE-004]].\n- **En voiture**, un adaptateur sur l'allume-cigare, moteur tournant pour ne pas vider la batterie. Voir [[TEC-MEC-014]].\n- **Au soleil**, un petit panneau USB pliant, ou un panneau 12 V avec un module qui abaisse à 5 V. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n- **Fabriquer une prise USB** : 5 V bien régulés (entre 4,75 et 5,25 V) sur le rouge et le noir. Pour qu'un téléphone Android accepte plus de 0,5 A, on relie entre eux le vert et le blanc côté chargeur : c'est le signal « chargeur dédié » de la norme. Les iPhone attendent d'autres tensions sur ces fils et chargeront lentement. Voir [[TEC-ELN-005]].\n\n## Les données\n\n- **Un téléphone lit une clé USB** : une clé USB-C, ou un petit adaptateur OTG pour les prises micro-USB. Photos, PDF, et fiches Phenix au format .md, que l'application importe hors ligne.\n- **Le format de la clé** : FAT32 est lu partout mais refuse les fichiers de plus de 4 Go ; exFAT accepte les gros fichiers et se lit sur presque tous les appareils récents ; NTFS pour Windows ; ext4 pour Linux. Pour échanger avec n'importe qui : exFAT. Pour un vieil autoradio : FAT32.\n- **Toujours éjecter avant de retirer** : sinon, les derniers fichiers peuvent être incomplets.\n- **Une clé n'est pas une archive** : sans courant pendant des années, surtout au chaud, la mémoire perd ses données. Deux copies sur deux supports différents. Voir [[TEC-ELN-007]].\n\n## Les pièges\n\n- **Une clé trouvée ne se branche jamais** : une clé piégée peut se faire passer pour un clavier et taper des commandes en une seconde. D'autres grillent le port.\n- **Les prises USB publiques** des gares et des aéroports peuvent être trafiquées pour lire un téléphone. On charge sur une prise électrique avec son propre chargeur, ou avec un câble « charge seule ».\n- **Reconnaître un câble « charge seule »** : branché à un ordinateur, le téléphone charge mais n'apparaît pas.\n- **Un téléphone qui charge mal**, neuf fois sur dix, a des peluches de poche tassées au fond de sa prise. On les retire doucement avec un cure-dent en bois, jamais en métal. Voir [[TEC-ELN-018]].\n\nComment marche un téléphone : [[TEC-ELN-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-022","titre":"Les satellites","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["satellites","orbites","geostationnaire","orbite basse","arthur c clarke","copernicus","meteo","station spatiale","debris"],"sources":["Clarke A.C., Extra-Terrestrial Relays, Wireless World, 1945","Agence spatiale européenne, programme Copernicus et service de gestion des urgences","CNES, les orbites des satellites"],"corps":"::En 1945, un jeune ingénieur britannique, Arthur C. Clarke, qui deviendra un grand auteur de science-fiction, propose de placer des relais radio à 36 000 km au-dessus de l'équateur, là où ils tourneraient exactement à la vitesse de la Terre et sembleraient immobiles dans le ciel. Vingt ans plus tard, c'était fait. Aujourd'hui, des milliers de satellites transmettent la télévision, guident les avions, prévoient la pluie et photographient les inondations.::\n\n## Trois altitudes\n\n- **L'orbite basse** (quelques centaines à 2 000 km) : la Station spatiale internationale, les satellites d'observation, les constellations d'internet. Ils font le tour de la Terre en une heure et demie environ et passent vite au-dessus de nous.\n- **L'orbite moyenne** (autour de 20 000 km) : les satellites de navigation, GPS et Galileo. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- **L'orbite géostationnaire** (36 000 km) : fixes au-dessus de l'équateur. Télévision, météo, communications. C'est vers eux que pointent les paraboles. Voir [[SURV-ORI-008]].\n\n## À quoi ils servent\n\n- **Communiquer** : télévision, internet par satellite, téléphones satellites. Voir [[SIG-COM-018]].\n- **Se repérer** : GPS, Galileo.\n- **Prévoir le temps** : les images des nuages que montrent les bulletins météo.\n- **Surveiller la Terre** : incendies, inondations, séismes. Le programme européen Copernicus produit gratuitement des cartes des zones sinistrées pour les secours.\n\n## Les voir\n\n- **La Station spatiale** se voit à l'œil nu : un point très lumineux qui traverse le ciel en quelques minutes, sans clignoter, peu après le coucher ou avant le lever du soleil.\n- **Les trains de satellites** : des chapelets de points alignés, juste après leur lancement.\n\n## Leurs faiblesses\n\n- **Les tempêtes solaires**. Voir [[SURV-CRI-019]].\n- **Le brouillage** près des zones de conflit.\n- **Les débris** : des centaines de milliers de fragments tournent autour de la Terre ; une collision peut en créer des milliers d'autres.\n\nComment marche internet : [[TEC-ELN-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-021","titre":"Relancer un vieil ordinateur avec Linux","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["linux","vieil ordinateur","fin de windows 10","cle usb","linux mint","distribution legere","ssd","reemploi","obsolescence"],"sources":["Microsoft, fin du support de Windows 10 (14 octobre 2025)","Linux Mint, guide d'installation officiel","HOP, Halte à l'obsolescence programmée, campagne sur la fin de Windows 10"],"corps":"::Depuis le 14 octobre 2025, Windows 10 ne reçoit plus de mises à jour de sécurité, et des centaines de millions d'ordinateurs qui marchent parfaitement ne peuvent pas passer à la version suivante. Beaucoup finiront à la poubelle. Avec Linux, gratuit, ils repartent pour des années, souvent plus rapides qu'avant.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Une clé USB** de 8 Go ou plus.\n- **Une distribution Linux** : Linux Mint pour commencer (elle ressemble à Windows), ou une version plus légère (Xubuntu, Lubuntu) pour les ordinateurs très anciens.\n- **Un autre ordinateur** avec internet, le temps de préparer la clé.\n\n## Les étapes\n\n1. **Sauvegarder** tout ce qui compte sur l'ordinateur à relancer. Voir [[TEC-ELN-007]].\n2. **Télécharger** l'image de la distribution sur son site officiel.\n3. **Préparer la clé** avec un petit logiciel gratuit qui copie l'image et rend la clé démarrable.\n4. **Démarrer sur la clé** : allumer l'ordinateur en appuyant sur la touche du menu de démarrage (souvent F12, Échap, F2 ou F9 selon la marque) et choisir la clé.\n5. **Essayer sans installer** : Linux tourne depuis la clé, on vérifie que l'écran, le WiFi, le son fonctionnent.\n6. **Installer** en suivant l'assistant, en effaçant l'ancien système ou à côté de lui.\n\n## Pour aller plus vite\n\n- **Un SSD** à la place du vieux disque dur, et un peu plus de **mémoire vive** : le gain est énorme pour quelques dizaines d'euros. Voir [[TEC-ELN-016]].\n- **Nettoyer les ventilateurs.**\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **L'école, le courrier, les documents** : navigateur, suite bureautique libre, lecteur de fichiers.\n- **Une bibliothèque hors ligne** pour tout un groupe, sur le réseau local. Voir [[TEC-ELN-011]] et [[TEC-ELN-012]].\n- **Un poste pour les enfants**, un serveur de fichiers, une station de radio numérique.\n\n## Bon à savoir\n\nDes associations et des ateliers de réparation aident à installer Linux gratuitement. Voir [[TEC-ELN-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-020","titre":"Les capteurs","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["capteurs","flotteur","thermostat","temperature","humidite","niveau d'eau","mouvement","detecteur de monoxyde","regulation"],"sources":["Vitruve, De l'architecture, livre IX (l'horloge à eau à flotteur de Ctésibios)","Fraden J., Handbook of Modern Sensors, 5e édition, Springer, 2016","Norme NF EN 50291, détecteurs de monoxyde de carbone à usage domestique"],"corps":"::Le flotteur de votre chasse d'eau est un capteur : il mesure le niveau et ferme le robinet tout seul. Le même principe réglait déjà les horloges à eau de l'ingénieur grec Ctésibios, il y a plus de deux mille ans. Mesurer, comparer, agir : c'est l'idée de tous les automatismes, du thermostat au pilote automatique.::\n\n## Le principe\n\n1. **Un capteur** transforme une grandeur (chaleur, humidité, niveau, mouvement) en un signal : un mouvement, une tension, un contact.\n2. **On compare** à ce qu'on veut.\n3. **On agit** : on ouvre, on ferme, on chauffe, on alerte.\n\n## Les capteurs sans électronique\n\n- **Le flotteur** : niveau d'une citerne, d'un abreuvoir, d'une chasse d'eau.\n- **Le bilame** des thermostats : deux métaux collés qui se courbent avec la chaleur et ouvrent un contact.\n- **La girouette et le manche à air** : direction du vent.\n- **Le pluviomètre** : une bouteille graduée.\n\n## Les capteurs électroniques courants\n\n- **Température** : sonde étanche, pour l'eau, le sol, la serre, le congélateur.\n- **Humidité de l'air**, **humidité du sol** : préférer les capteurs dits capacitifs, qui ne rouillent pas dans la terre.\n- **Niveau d'eau** : interrupteur à flotteur, ou capteur à ultrasons au-dessus de la citerne.\n- **Mouvement** : détecteur infrarouge, pour une lampe ou une alarme. Voir [[SURV-DEF-008]].\n- **Lumière**, **courant** consommé, **position** (GPS), **inclinaison**.\n\nOn les branche sur un microcontrôleur, qui lit et décide. Voir [[TEC-ELN-019]].\n\n## Ce qu'on ne bricole pas\n\nLes **détecteurs de fumée** et de **monoxyde de carbone** qui protègent des vies : on achète des appareils certifiés et on teste leurs piles. Les petits capteurs de gaz des kits électroniques ne sont pas fiables pour ça. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n## Bien mesurer\n\n- **Placer le capteur** au bon endroit : une sonde de température au soleil mesure le soleil, pas l'air.\n- **Vérifier** de temps en temps avec un thermomètre, un niveau à l'œil, une mesure à la main.\n\nLes composants : [[TEC-ELN-013]]. Mesurer avec un multimètre : [[TEC-ENE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-019","titre":"Les microcontrôleurs","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["microcontroleur","arduino","esp32","programmation","arrosage automatique","capteurs","relais","lora","basse consommation"],"sources":["Banzi M., Shiloh M., Getting Started with Arduino, 4e édition, Make Community, 2022","Espressif Systems, documentation de l'ESP32","Meshtastic, documentation"],"corps":"::En 2005, dans une école de design d'Ivrea, en Italie, des enseignants créent une petite carte électronique bon marché pour que leurs étudiants, qui n'étaient pas ingénieurs, puissent faire clignoter une lampe ou tourner un moteur : l'Arduino. Aujourd'hui, pour le prix d'un café, une carte avec WiFi mesure, décide et commande, en consommant presque rien.::\n\n## Ce que c'est\n\nUn **microcontrôleur** est un tout petit ordinateur sur une seule puce, qui fait **une seule chose, en boucle, pour toujours** :\n\n1. **Lire** des capteurs (température, humidité, niveau d'eau, lumière). Voir [[TEC-ELN-020]].\n2. **Décider** selon un petit programme.\n3. **Agir** : allumer une lampe, ouvrir une vanne, lancer une pompe, envoyer un message.\n\nIl consomme **quelques milliwatts** à un watt : une petite batterie et un panneau solaire suffisent.\n\n## Les cartes courantes\n\n- **Arduino** : la plus simple pour apprendre, des milliers d'exemples.\n- **ESP32** : quelques euros, avec **WiFi et Bluetooth**.\n- **Les cartes LoRa** : elles envoient de petits messages à plusieurs kilomètres. Voir [[TEC-ELN-011]].\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **L'arrosage automatique** : un capteur d'humidité du sol commande une électrovanne ou une pompe. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **La serre** : alarme de gel ou de surchauffe, ouverture d'un aérateur. Voir [[TEC-AGR-011]].\n- **La citerne** : niveau d'eau affiché ou envoyé au téléphone.\n- **La batterie** : surveillance de la tension, coupure avant qu'elle ne se vide trop. Voir [[TEC-ENE-016]].\n- **Le poulailler** : une porte qui s'ouvre au lever du jour et se ferme à la nuit.\n- **Une station météo** simple.\n\n## Apprendre\n\n- **Le logiciel** pour programmer est gratuit ; les exemples fournis montrent presque tout.\n- **Commencer en basse tension** (5 V, 12 V). Pour commander du 230 V, uniquement des modules relais sous boîtier, avec protection. Voir [[TEC-ENE-003]].\n- **Télécharger** la documentation et les exemples pendant qu'on a internet. Voir [[TEC-ELN-012]].\n\nLes composants : [[TEC-ELN-013]]. Souder : [[TEC-ELN-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-018","titre":"Réparer un écran, une batterie, un connecteur","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["reparation","telephone","batterie gonflee","ecran casse","port de charge","degat des eaux","riz","repair cafe","indice de reparabilite"],"sources":["iFixit, guides de réparation","Ministère de la Transition écologique, indice de réparabilité et indice de durabilité","Repair Café International Foundation"],"corps":"::Un téléphone qui ne charge plus a le plus souvent un port bourré de peluches de poche, tassées au fond par la prise. Un cure-dent en bois, téléphone éteint, et le voilà réparé. Et le riz pour sécher un téléphone mouillé ? Les fabricants eux-mêmes le déconseillent.::\n\n## Avant tout\n\n- **Éteindre** l'appareil.\n- **Débrancher la batterie** dès qu'on l'a ouvert, avant de toucher à quoi que ce soit.\n- **Chercher le guide** du modèle exact : des sites spécialisés les publient pas à pas, gratuitement. En France, l'**indice de réparabilité** affiché en magasin dit si l'appareil se répare facilement.\n\n## Les outils\n\nTournevis de précision (cruciforme, Torx, et les vis spéciales de certains téléphones), médiators et spatules en plastique, pince fine, ventouse, sèche-cheveux, alcool isopropylique.\n\n## Le port de charge\n\nÉteindre, éclairer, et gratter doucement le fond avec **un cure-dent en bois**, jamais une aiguille en métal. Souvent, c'est tout.\n\n## La batterie\n\n- **Gonflée** (écran qui se soulève, dos bombé) : **on ne s'en sert plus**, on ne la perce pas, on ne la charge pas. Risque d'incendie.\n- **La changer** : chauffer pour ramollir la colle, tirer lentement les languettes adhésives, ou quelques gouttes d'alcool isopropylique sous la batterie. **Jamais d'outil métallique** pour faire levier dessus.\n- Les batteries usées se rapportent en magasin : jamais à la poubelle.\n\n## L'écran\n\n- **La vitre fêlée** mais l'affichage intact : un film de protection limite les dégâts en attendant.\n- **Le remplacement** : on chauffe les bords, on décolle à la ventouse et au médiator, on débranche les **nappes** (des rubans très fragiles) avec délicatesse, en notant tout. On se photographie les étapes.\n\n## Tombé dans l'eau\n\n1. **Éteindre** tout de suite, **ne pas charger**.\n2. Retirer la coque, la carte SIM, essuyer, secouer doucement.\n3. **Laisser sécher** à l'air, ports vers le bas, un ou deux jours, dans un endroit sec et aéré. Pas de riz : il sèche mal et laisse des poussières.\n4. Eau de mer ou sucrée : ouvrir et nettoyer la carte à l'alcool isopropylique, sinon la corrosion finit le travail.\n\n## Se faire aider\n\nLes **Repair Cafés**, nés à Amsterdam en 2009, existent aujourd'hui dans des milliers de villes : des bénévoles réparent avec vous, gratuitement.\n\nUn appareil qui ne s'allume plus : [[TEC-ELN-006]]. Souder : [[TEC-ELN-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-017","titre":"Comment marche un téléphone portable","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["telephone portable","antenne relais","batterie","mode avion","boussole","fiche medicale","hors ligne","sms"],"sources":["Cooper M., Cutting the Cord: The Cell Phone Has Transformed Humanity, 2021","ANFR, fonctionnement des réseaux mobiles et des antennes relais","Battery University, charge et conservation des batteries lithium-ion"],"corps":"::En 1973, Martin Cooper passe le premier appel d'un téléphone portable dans une rue de New York. L'appareil pesait plus d'un kilo et tenait une demi-heure de conversation. Le vôtre est une radio, une lampe, une boussole, un GPS, un appareil photo et une bibliothèque : même sans réseau, il reste l'outil le plus complet de votre poche.::\n\n## Comment il marche\n\nLe téléphone est **une radio** qui parle à l'antenne relais la plus proche, à quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres. Quand on bouge, le réseau passe l'appel d'une antenne à l'autre. Les **SMS** voyagent dans un canal de service et passent souvent quand les appels saturent. Voir [[TEC-ELN-009]].\n\n## Tenir la batterie\n\n- **Sans réseau, mode avion** : un téléphone qui cherche une antenne vide sa batterie en quelques heures.\n- **Luminosité au minimum**, économie d'énergie activée, applications en arrière-plan coupées.\n- **Le froid** vide la batterie : le téléphone dans une poche intérieure, contre le corps.\n- **Pour qu'elle dure des années** : éviter de la laisser à 0 % ou à 100 % longtemps, et de la chauffer.\n- **La recharger sans prise** : [[TEC-ENE-014]].\n\n## Ce qui marche sans réseau\n\n- **La boussole** et **le GPS**, avec des cartes téléchargées. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- **La lampe**, l'**appareil photo** (photographier ses papiers, une carte, une ordonnance), la **loupe**.\n- **Les livres et encyclopédies** téléchargés. Voir [[TEC-ELN-012]].\n- **Le dictaphone**, les notes, les traductions hors ligne. Voir [[TEC-IDE-014]].\n\n## À régler aujourd'hui\n\n- **La fiche médicale d'urgence**, lisible sans déverrouiller : groupe sanguin, allergies, traitements, personne à prévenir. Les secours la cherchent.\n- **Les contacts importants** aussi sur papier : le jour où le téléphone meurt, on ne connaît plus aucun numéro.\n- **Le code PIN et le code de déverrouillage** notés en lieu sûr.\n\n## Ce qu'il dit de vous\n\nUn téléphone allumé est localisable par l'opérateur et par les applications autorisées. Le mode avion et la localisation coupée limitent ce qu'il révèle.\n\nRéparer un téléphone : [[TEC-ELN-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-016","titre":"Comment marche un ordinateur","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ordinateur","processeur","memoire","stockage","binaire","systeme d'exploitation","linux","ssd","apollo"],"sources":["Petzold C., Code: The Hidden Language of Computer Hardware and Software, 2e édition, 2022","NASA, Apollo Guidance Computer, caractéristiques techniques"],"corps":"::L'ordinateur qui a posé Apollo 11 sur la Lune avait environ 4 kilo-octets de mémoire vive. Un téléphone d'aujourd'hui en a des millions de fois plus. Pourtant, tous les deux font la même chose : suivre une liste d'instructions très simples, très vite, avec des interrupteurs qui ne connaissent que deux positions.::\n\n## Tout est 0 et 1\n\nUn ordinateur est fait de milliards de **transistors**, des interrupteurs qui laissent passer le courant (1) ou non (0). Un **bit** vaut 0 ou 1 ; huit bits font un **octet**, de quoi écrire une lettre. Une photo pèse quelques millions d'octets (Mo), un film quelques milliards (Go). Voir [[TEC-ELN-013]].\n\n## Les organes\n\n- **Le processeur** : il exécute les instructions, des milliards par seconde.\n- **La mémoire vive** : le plan de travail, rapide, **vidé à l'extinction**.\n- **Le stockage** (disque dur ou SSD) : l'armoire, qui garde tout quand c'est éteint.\n- **La carte mère** relie tout ; **l'alimentation** fournit le courant.\n- **Le système d'exploitation** (Windows, macOS, Linux) fait le lien entre l'appareil, les programmes et vous.\n\n## Les pannes courantes\n\n- **Il est devenu lent** : trop de programmes au démarrage, disque plein, ou vieux disque dur. **Remplacer le disque dur par un SSD** rend une seconde jeunesse à la plupart des vieux ordinateurs.\n- **Il chauffe et souffle fort** : poussière dans le ventilateur. Débrancher, ouvrir, souffler.\n- **Il ne démarre plus** : chargeur, batterie, barrettes de mémoire mal enfoncées. Voir [[TEC-ELN-006]].\n\n## Un vieil ordinateur a encore de la valeur\n\n- **Linux**, gratuit, avec une version légère, rend utilisable un ordinateur trop lent sous Windows.\n- Il peut servir de **bibliothèque hors ligne** pour tout un groupe. Voir [[TEC-ELN-011]] et [[TEC-ELN-012]].\n- **La consommation** : un portable consomme 15 à 60 W, une petite carte comme le Raspberry Pi moins de 10 W. Sur un panneau solaire, ça change tout.\n\n## Protéger ce qu'il contient\n\nSauvegarder : [[TEC-ELN-007]]. Les mots de passe : [[TEC-ELN-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-015","titre":"Les moteurs électriques","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moteurs electriques","courant continu","balais","sans balais","pas a pas","servomoteur","asynchrone","condensateur de demarrage"],"sources":["Hughes A., Drury B., Electric Motors and Drives, 5e édition, Newnes, 2019","Platt C., Make: Electronics, 3e édition, 2021"],"corps":"::Un moteur de pompe ou de ventilateur qui ronronne sans tourner a, une fois sur deux, un condensateur de démarrage mort : une pièce à quelques euros, deux fils à changer. Savoir quel moteur on a devant soi, c'est savoir comment le réparer, le commander ou le réutiliser.::\n\n## Les familles\n\n- **À courant continu, à balais** : jouets, essuie-glaces, perceuses sans fil, petits ventilateurs. On inverse les fils, il tourne dans l'autre sens ; on baisse la tension, il ralentit. Ses **balais** en carbone s'usent : étincelles et perte de puissance.\n- **Sans balais** : drones, vélos électriques, ventilateurs d'ordinateur. Plus durables, ils ont besoin d'une petite carte de commande.\n- **Pas à pas** : imprimantes, imprimantes 3D, scanners. Ils tournent par petits crans précis, commandés par une carte.\n- **Servomoteurs** de modélisme : ils vont à une position donnée et la tiennent. Pratiques pour ouvrir une trappe, une vanne.\n- **Asynchrones** (à induction), en 230 V : pompes, ventilateurs, compresseurs, vieux lave-linge. Increvables. En monophasé, ils démarrent grâce à un **condensateur**.\n- **Universels** : aspirateurs, mixeurs, perceuses filaires, meuleuses. Rapides et bruyants, à balais.\n\n## Diagnostiquer\n\n- **Il ronronne sans tourner** : condensateur de démarrage (moteur 230 V) ou roulement bloqué. On essaie de lancer l'axe à la main, **débranché**.\n- **Odeur de brûlé, fumée** : bobinage grillé. On change de moteur.\n- **Beaucoup d'étincelles, perte de puissance** : balais usés.\n- **Il chauffe vite** : surcharge, ventilation bouchée, roulement fatigué.\n\n## Réutiliser\n\n- **En génératrice** : un moteur à aimants qu'on fait tourner produit du courant. Voir [[TEC-ENE-017]].\n- **Moteurs de tapis de course, de lave-linge** : touret à meuler, petit tour, broyeur.\n- **Un moteur d'essuie-glace** : très lent, très fort, en 12 V. Parfait pour une porte de poulailler ou un tournebroche.\n\nRécupérer : [[TEC-ELN-014]]. Engrenages et courroies : [[TEC-MEC-028]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-014","titre":"Récupérer des composants électroniques","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["recuperation","composants","dessouder","alimentation atx","moteurs pas a pas","condensateurs","detecteur de fumee","laser"],"sources":["Platt C., Make: Electronics, 3e édition, 2021","The Restart Project, guides de réparation","INRS, risques électriques et condensateurs"],"corps":"::Une imprimante jetée contient des moteurs de précision, des rails, des courroies, des engrenages et une alimentation. Une vieille alimentation de PC devient une alimentation d'atelier 12 V et 5 V avec un bout de fil. Les poubelles électroniques sont les magasins de pièces de ceux qui savent démonter.::\n\n## Où trouver quoi\n\n- **Alimentation de PC** : 12 V et 5 V costauds. Pour la démarrer hors du PC, on relie le fil vert du gros connecteur à un fil noir.\n- **Imprimantes, scanners, lecteurs de disques** : moteurs pas à pas, rails, courroies, ressorts, engrenages.\n- **Chargeurs et blocs secteur** : de petites alimentations prêtes à l'emploi, étiquette lue.\n- **Ordinateurs portables** : cellules lithium, ventilateurs, écran. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **Haut-parleurs** : aimants puissants.\n- **Jouets, perceuses, brosses à dents** : petits moteurs, piles rechargeables, engrenages.\n- **Ampoules LED** : LED et petites alimentations.\n- **Téléphones** : vibreurs, micros, petits écrans.\n\n## Dessouder\n\n- **La pompe à dessouder** : on chauffe la soudure, on aspire.\n- **La tresse** : posée sur la soudure et chauffée, elle boit l'étain.\n- **La coupe** : pour un composant à pattes, couper au ras de la carte est souvent plus rapide.\n- **Le décapeur thermique** chauffe toute une zone : les composants tombent. Aérer, loin du plastique.\n\nTester chaque pièce au multimètre avant de la réutiliser. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Les dangers\n\n- **Les gros condensateurs** (alimentations, micro-ondes, flashs d'appareil photo, téléviseurs) restent chargés : les décharger avec une résistance tenue par des pinces isolées, jamais les doigts. Voir [[SURV-REC-031]].\n- **Les vieux téléviseurs à tube** gardent une très haute tension dans le tube : on ne les ouvre pas.\n- **Les lasers** des lecteurs de disques abîment les yeux : jamais regarder dedans.\n- **Les détecteurs de fumée ioniques** contiennent une petite source radioactive : on ne les démonte pas, on les rapporte.\n- **Les cellules lithium** percées prennent feu. Voir [[SURV-REC-033]].\n- **L'étain au plomb** des vieilles cartes : se laver les mains.\n\nLes composants : [[TEC-ELN-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-013","titre":"Les composants électroniques de base","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["composants","resistance","condensateur","diode","led","transistor","regulateur","loi d'ohm","circuit"],"sources":["Horowitz P., Hill W., The Art of Electronics, 3e édition, Cambridge University Press, 2015","Platt C., Make: Electronics, 3e édition, 2021"],"corps":"::Le premier transistor, en 1947, tenait dans une main. La puce d'un téléphone récent en contient une vingtaine de milliards. Mais une carte électronique de radio, de chargeur ou de lampe se lit avec une poignée de composants seulement, et une seule loi.::\n\n## La loi d'Ohm\n\n**Tension = résistance × intensité** (U = R × I). Tout le reste en découle.\n\n**Exemple** : une LED qui demande 2 V et 20 mA, sur une alimentation de 5 V. Il reste 3 V à « perdre » : 3 / 0,02 = **150 ohms**. Sans cette résistance, la LED grille. Voir [[TEC-ELN-004]].\n\n## Les composants\n\n- **La résistance** : freine le courant. Un petit cylindre à bandes de couleur, sans sens de branchement.\n- **Le condensateur** : stocke un peu d'électricité et la rend, lisse les tensions. Les gros **chimiques** (cylindres) ont un sens : la bande marquée « - » va au moins. Branchés à l'envers, ils gonflent ou éclatent. **Les gros condensateurs restent chargés** longtemps après débranchement. Voir [[SURV-REC-031]].\n- **La diode** : laisse passer le courant dans un seul sens (la bague marque la sortie). Quatre diodes en pont transforment l'alternatif en continu.\n- **La LED** : une diode qui éclaire.\n- **Le transistor** : un interrupteur commandé ; un petit courant en commande un gros. La base de toute l'électronique.\n- **Le régulateur de tension** : sort une tension fixe (5 V, 3,3 V) à partir d'une tension plus haute. Trois pattes, très utile pour alimenter un appareil USB.\n- **Le relais** : un interrupteur mécanique commandé par un électroaimant. On l'entend claquer.\n- **Le fusible** : un fil qui fond pour protéger le reste.\n- **Le transformateur** : change la tension de l'alternatif (230 V en 12 V par exemple).\n\n## Tester\n\nUn multimètre mesure tension, résistance et continuité, et teste les diodes. Voir [[TEC-ENE-008]].\n\n## Pour aller plus loin\n\nRécupérer des composants : [[TEC-ELN-014]]. Souder : [[TEC-ELN-005]]. Lire un circuit : [[TEC-ENE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-012","titre":"Wikipédia et les cartes hors ligne","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["hors ligne","wikipedia","kiwix","cartes","openstreetmap","organic maps","osmand","carte sd","telechargement"],"sources":["Kiwix, catalogue des contenus hors ligne (library.kiwix.org)","Fondation OpenStreetMap, wiki OpenStreetMap","Organic Maps et OsmAnd, documentation"],"corps":"::Toute la Wikipédia anglaise, texte seul, tient sur une carte mémoire de la taille d'un ongle. Le jour où le réseau tombe, il sera trop tard pour la télécharger. C'est une soirée de travail, aujourd'hui, pour une bibliothèque de poche à vie.::\n\n## L'encyclopédie\n\n**Kiwix**, application gratuite (téléphone, ordinateur), lit des fichiers qui contiennent des sites entiers :\n\n- **Wikipédia** en français ou en anglais : avec ou sans images, de quelques Go à une centaine.\n- **Une Wikipédia médicale** de quelques Go, idéale sur un vieux téléphone.\n- **Wikivoyage, le Wiktionnaire**, des milliers de livres du domaine public, des cours.\n\nOn choisit selon la place : la version sans images garde l'essentiel pour une fraction du poids.\n\n## Les cartes\n\n**Organic Maps** ou **OsmAnd**, gratuites, utilisent les cartes d'OpenStreetMap, faites par des bénévoles et souvent plus détaillées que les cartes commerciales hors des villes : sentiers, sources, abris.\n\n- On télécharge **région par région** : quelques centaines de Mo pour une région, quelques Go pour un pays.\n- Le GPS du téléphone marche sans réseau : la position s'affiche sur la carte. Voir [[TEC-ELN-010]].\n- On peut enregistrer des points (points d'eau, maisons amies) et calculer des itinéraires à pied.\n\n## Le faire bien\n\n1. **Télécharger maintenant**, sur le WiFi.\n2. Copier sur **une carte mémoire ou une clé USB**, en double. Voir [[TEC-ELN-007]].\n3. Un **vieux téléphone** dédié, en mode avion, chargé : une bibliothèque qui ne sert qu'à ça.\n4. **Mettre à jour** une ou deux fois par an.\n\n## Et le papier\n\nLes écrans meurent, les batteries se vident. Les cartes de la région et les fiches vitales **imprimées** restent la dernière sauvegarde. Voir [[SURV-ORI-002]].\n\nPartager tout ça à plusieurs sur un réseau local : [[TEC-ELN-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-011","titre":"Un réseau local sans internet","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["wifi","reseau local","routeur","kiwix","meshtastic","briar","antenne","raspberry pi","hors ligne"],"sources":["Kiwix, documentation de kiwix-serve","Internet-in-a-Box, documentation","Meshtastic, documentation","Briar Project, fonctionnement hors ligne"],"corps":"::Un routeur WiFi marche très bien sans internet. Il crée un réseau local : tout le monde dans un rayon d'une centaine de mètres peut lire la même encyclopédie, s'envoyer des messages et partager des fichiers. Pour un quartier, un camp ou une école, c'est l'internet qui reste.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Un routeur WiFi** ordinaire, ou un téléphone en point d'accès (sans données, il partage quand même le réseau local).\n- **Un serveur** : un vieil ordinateur portable ou une petite carte comme un Raspberry Pi.\n- **Du courant** : un routeur consomme 5 à 10 W, souvent en 12 V (voir l'étiquette). Une batterie et un petit panneau solaire suffisent.\n\n## Ce qu'on peut y mettre\n\n- **Wikipédia, des livres, des cours** avec Kiwix : le serveur les rend lisibles dans le navigateur de chaque téléphone connecté. Des projets comme Internet-in-a-Box ou RACHEL en font des bibliothèques clés en main pour les écoles sans connexion.\n- **Des cartes**, des vidéos de formation, des fiches Phenix.\n- **Un partage de fichiers** et une messagerie locale.\n\n## Sans routeur du tout\n\n- **Briar** : une messagerie qui passe par le Bluetooth et le WiFi de téléphone à téléphone, sans serveur ni internet.\n- **Meshtastic** : de petits modules radio LoRa, à quelques dizaines d'euros, qui relaient des messages texte de proche en proche sur plusieurs kilomètres, sans licence.\n\n## Aller plus loin\n\n- Un routeur **en hauteur**, au centre de la zone, couvre bien mieux.\n- **Une antenne directionnelle** (même bricolée dans une boîte de conserve) relie deux bâtiments à plusieurs kilomètres, en vue directe.\n- **Plusieurs routeurs en relais** couvrent un village.\n\n## Précautions\n\n- Un **mot de passe** sur le réseau, et pas d'informations sensibles sur le serveur partagé. Voir [[TEC-ELN-008]].\n- Les radios longue portée restent soumises à la réglementation : puissance et fréquences autorisées.\n\nTélécharger les contenus avant : [[TEC-ELN-012]]. Les talkies-walkies : [[SIG-COM-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-010","titre":"Le GPS","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["gps","galileo","satellites","coordonnees","relativite","brouillage","carte hors ligne","telephone"],"sources":["GPS.gov, US Space Force, fonctionnement et précision du GPS","Ashby N., Relativity in the Global Positioning System, Living Reviews in Relativity, 2003","EUSPA, Agence de l'Union européenne pour le programme spatial, Galileo"],"corps":"::Le GPS de votre téléphone marche sans réseau et sans forfait. Ce qui manque en pleine forêt, ce n'est pas le GPS : c'est la carte, qu'on n'a pas téléchargée.::\n\n## Comment ça marche\n\nUne trentaine de satellites tournent à 20 000 km d'altitude. Chacun porte des **horloges atomiques** et envoie en continu l'heure exacte et sa position.\n\nLe récepteur mesure **combien de temps chaque signal a mis** pour arriver. Avec quatre satellites, il calcule sa position en trois dimensions et corrige sa propre horloge.\n\n**La précision** : environ 5 mètres pour un téléphone, à ciel ouvert. Moins bonne en ville entre les immeubles, en forêt dense, en fond de vallée.\n\n## Einstein dans votre poche\n\nLà-haut, les horloges avancent d'environ **38 millionièmes de seconde par jour** par rapport au sol : la relativité, pour de vrai. Sans correction, la position dériverait d'une dizaine de kilomètres chaque jour.\n\n## Les autres systèmes\n\nGalileo (Europe), GLONASS (Russie), BeiDou (Chine). Les téléphones récents les écoutent tous à la fois : plus rapide, plus précis.\n\n## Bien s'en servir\n\n- **Télécharger la carte avant** de partir. Voir [[TEC-ELN-012]].\n- **Économiser la batterie** : mode avion, localisation activée. Le GPS reçoit sans émettre.\n- **Noter ses coordonnées** pour les secours : latitude (Nord ou Sud) puis longitude (Est ou Ouest). Paris est vers 48,86 N et 2,35 E.\n- **Le premier calcul** peut prendre quelques minutes sans réseau : à l'arrêt, à découvert, patience.\n\n## Ses limites\n\n- **Le brouillage et le leurrage** sont devenus courants près des zones de conflit : des avions de ligne perdent leur GPS chaque jour au-dessus de la Baltique et du Moyen-Orient.\n- **Une batterie vide** et il n'y a plus rien.\n\nToujours une carte papier et une boussole : [[SURV-ORI-002]], [[SURV-ORI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-009","titre":"Internet, comment ça marche","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["internet","cables sous-marins","paquets","adresse ip","dns","antennes","fibre","panne","sms"],"sources":["TeleGeography, Submarine Cable Map","International Cable Protection Committee, causes des dommages aux câbles sous-marins","Arcep, rapports sur l'état de l'internet en France"],"corps":"::Internet ne passe pas par les satellites : presque tout le trafic entre continents voyage dans quelques centaines de câbles posés au fond de la mer, pas plus épais qu'un tuyau d'arrosage. Ils sont coupés plus de cent fois par an, surtout par des ancres et des chaluts.::\n\n## Le principe\n\nInternet, c'est **un réseau de réseaux** : ceux des opérateurs, des entreprises, des universités, reliés entre eux.\n\n1. Un message, une photo, une page sont **découpés en petits paquets**.\n2. Chaque paquet porte une **adresse** (l'adresse IP) et part de routeur en routeur, parfois par des chemins différents.\n3. À l'arrivée, les paquets sont **remis dans l'ordre**. Si un chemin est coupé, les suivants en prennent un autre.\n\n**Le DNS**, c'est l'annuaire : il traduit « wikipedia.org » en adresse chiffrée.\n\n## Le chemin jusqu'à chez vous\n\nUn serveur dans un centre de données, des câbles terrestres et sous-marins, un nœud de l'opérateur près de chez vous, puis **la fibre, le cuivre ou une antenne 4G ou 5G**. Voir [[TEC-RES-001]].\n\n## Pourquoi ça tombe\n\n- **Le courant** : les antennes relais et les équipements de quartier ne tiennent que **quelques heures sur batterie**.\n- **La saturation** : après une catastrophe, tout le monde appelle en même temps.\n- **Les câbles** coupés par un chantier, une tempête, une ancre, ou volontairement.\n\n## Ce qui passe quand ça coince\n\n- **Les SMS** passent souvent quand les appels et les données ne passent plus : courts, envoyés quand le réseau a un trou.\n- **Le 112** passe par n'importe quel réseau mobile disponible, même celui d'un autre opérateur.\n- **Ce qui est déjà téléchargé** reste lisible : cartes, encyclopédie, fiches. Voir [[TEC-ELN-012]].\n\nLes numéros et fréquences utiles : [[SIG-COM-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-008","titre":"Mots de passe et sécurité de base","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["mot de passe","securite","double authentification","hameconnage","gestionnaire","mises a jour","piratage"],"sources":["ANSSI et Cybermalveillance.gouv.fr, recommandations sur les mots de passe","NIST, SP 800-63B Digital Identity Guidelines","Cybermalveillance.gouv.fr, reconnaître l'hameçonnage"],"corps":"::La plupart des comptes piratés ne le sont pas par un génie : ils le sont parce que le même mot de passe court servait partout, et qu'un site l'a laissé fuir. Trois habitudes suffisent à se mettre hors de portée de la grande majorité des attaques.::\n\n## Les trois habitudes\n\n**1. Un mot de passe long et unique par compte important**\n\n- **La longueur compte plus que la complexité** : quatre ou cinq mots au hasard (« cheval-lampe-orage-tulipe ») sont plus solides et plus faciles à retenir que « P@ssw0rd! ».\n- **Jamais le même** pour la messagerie, la banque et les autres sites : quand un site fuit, les pirates essaient le même mot de passe partout.\n- **Un gestionnaire de mots de passe** retient tout pour vous derrière un seul mot de passe maître très long.\n\n**2. La double authentification**\n\nUn deuxième code en plus du mot de passe, envoyé sur le téléphone ou généré par une application. **Activez-la sur la messagerie en premier** : c'est elle qui permet de réinitialiser tous les autres comptes. Une application de codes vaut mieux qu'un SMS.\n\n**3. Les mises à jour**\n\nTéléphone, ordinateur, navigateur, box : les mises à jour bouchent les failles connues. Un appareil jamais mis à jour est une porte ouverte.\n\n## Reconnaître l'hameçonnage\n\nUn message qui vous demande d'agir **vite**, de **cliquer**, de **payer** ou de **donner un code** :\n\n- un colis bloqué, une amende à régler, un compte « suspendu », un remboursement ;\n- un lien dont l'adresse ne correspond pas exactement au site officiel ;\n- un proche qui écrit d'un nouveau numéro et demande de l'argent en urgence.\n\n**La règle** : on ne clique pas, on va soi-même sur le site ou l'application officielle, ou on rappelle le proche sur son numéro habituel. **Aucun service sérieux ne demande un code reçu par SMS.**\n\n## Les astuces\n\n- **Les codes de récupération** des comptes principaux, imprimés et gardés avec vos papiers. Voir [[TEC-ELN-007]].\n- **Le verrouillage** du téléphone par code, pas seulement par dessin.\n- **Les réseaux WiFi publics** : pas d'opérations bancaires dessus sans précaution.\n- **En cas de piratage** : changez le mot de passe de la messagerie depuis un autre appareil, déconnectez toutes les sessions, prévenez vos contacts, et en France signalez sur cybermalveillance.gouv.fr.\n\nSe rendre moins visible en général : [[SIG-COM-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-007","titre":"Sauvegarder ses données","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["sauvegarde","donnees","3-2-1","cle usb","disque dur","cloud","papier","photos","documents"],"sources":["ANSSI, recommandations de sauvegarde pour les particuliers et les TPE","US-CERT (CISA), Data Backup Options","Backblaze, études de fiabilité des disques durs"],"corps":"::Une donnée qui n'existe qu'à un seul endroit n'existe pas vraiment : elle attend de disparaître. Un téléphone volé, un disque qui lâche, un incendie, et dix ans de photos et de papiers s'en vont.::\n\n## La règle du 3-2-1\n\n- **3 copies** de ce qui compte ;\n- sur **2 supports** différents (disque, clé, cloud, papier) ;\n- dont **1 ailleurs** que chez vous (chez un proche, au travail, en ligne).\n\n## Ce qui mérite d'être sauvegardé\n\n- **Les papiers** : pièces d'identité, permis, titres de propriété, contrats, diplômes, ordonnances, dossiers médicaux. Photographiés ou scannés.\n- **Les photos et vidéos** de famille.\n- **Les contacts** : numéros de téléphone et adresses.\n- **Les accès** : codes de récupération des comptes, liste des comptes importants.\n- **Ce qui fait votre travail**, et votre bibliothèque de connaissances hors ligne, comme celle de Phenix.\n\n## Les supports et leur durée\n\n| Support | Pour | Méfiance |\n|---|---|---|\n| Disque dur externe | Grosses sauvegardes à la maison | Mécanique fragile : une chute le tue |\n| Disque SSD, clé USB, carte SD | Transport, petites copies | Débranchés des années, ils peuvent perdre des données : on les rebranche une fois par an |\n| Stockage en ligne | La copie « ailleurs » | Dépend d'internet et d'une entreprise ; chiffrez ce qui est sensible |\n| **Papier** | L'essentiel vital | Le seul support lisible sans électricité ni appareil |\n\n## Le minimum papier\n\nUne enveloppe étanche, chez vous et une copie chez un proche :\n\n- **les numéros** de la famille, des proches, du médecin, de l'assurance ;\n- **les traitements** de chacun, leurs doses, les allergies, les groupes sanguins ;\n- **les photocopies** des pièces d'identité ;\n- **les codes de récupération** de vos comptes principaux (messagerie, banque) ;\n- **les adresses** des points de rendez-vous convenus en cas de crise. Voir [[SURV-CRI-004]].\n\n## Les astuces\n\n- **Programmez une sauvegarde automatique** : celles qu'on fait « quand on y pense » ne se font pas.\n- **Testez une restauration** une fois par an : une sauvegarde qu'on ne sait pas relire ne vaut rien.\n- **Une clé USB dans le sac d'évacuation**, chiffrée, avec les papiers scannés.\n- **Les mots de passe** de tout cela : [[TEC-ELN-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-006","titre":"Un appareil qui ne s'allume plus","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["panne","depannage","appareil","alimentation","fusible","condensateur","telephone mouille","reparation"],"sources":["iFixit, guides de réparation et méthode de diagnostic","Repair Café (fondation), fiches de diagnostic des petits appareils","INRS, risques électriques liés aux condensateurs des appareils secteur"],"corps":"::La moitié des appareils « morts » apportés dans les ateliers de réparation ont une panne bête : une prise, un câble, un fusible, une pile qui a coulé. On commence toujours par le plus simple, et on finit rarement par le plus compliqué.::\n\n## Dans l'ordre\n\n1. **L'alimentation** : la prise marche-t-elle (testez-la avec une lampe) ? Le câble est-il abîmé, le chargeur chaud et silencieux ou froid et mort ? Essayez un autre chargeur, un autre câble.\n2. **Les piles ou la batterie** : vides, mal posées, oxydées ? **Une coulure blanche** sur les contacts se nettoie au vinaigre ou au jus de citron, puis on frotte à la gomme. Voir [[TEC-ENE-012]].\n3. **La réinitialisation** : batterie retirée si possible, bouton marche appuyé 30 secondes, puis on remet tout. Beaucoup d'appareils bloqués repartent.\n4. **Le fusible** : dans la fiche, dans l'appareil, sur la carte. Un fusible grillé se voit (fil coupé, verre noirci) ou se teste au multimètre. Remplacez-le **par le même calibre**. S'il regrille aussitôt, il y a un court-circuit derrière. Voir [[TEC-ENE-011]].\n5. **Les yeux et le nez** : ouvrez (appareil débranché), regardez. **Un condensateur gonflé** (dessus bombé, fendu, ou qui a fui) est la panne la plus courante des alimentations et des écrans. Une odeur de brûlé, un composant noirci, une piste coupée.\n6. **Les connecteurs** : une nappe mal enfoncée, une prise de charge desserrée ou encrassée (une aiguille en bois pour retirer la poussière tassée).\n\n## L'appareil a pris l'eau\n\n- **Éteignez-le tout de suite**, ne le rallumez pas pour « voir s'il marche ».\n- **Retirez la batterie** si possible, la carte SIM, les cartes.\n- **Séchez à l'air**, dans un endroit sec et tiède, ouvert si possible, **48 heures au moins**.\n- **Le riz ne sert à rien** : il n'absorbe pas mieux que l'air, et ses poussières entrent dans les prises.\n- **L'eau de mer ou sucrée** corrode vite : un nettoyage des cartes à l'alcool isopropylique, au pinceau, sauve souvent l'appareil.\n\n## Le danger\n\n**Les appareils branchés sur le secteur** (alimentations, micro-ondes, vieux téléviseurs, écrans) contiennent des **condensateurs qui gardent une charge mortelle** longtemps après avoir été débranchés. Le micro-ondes en particulier : on ne l'ouvre pas sans savoir décharger son condensateur haute tension. Les petits appareils à piles, les téléphones et les ordinateurs portables sont sans danger électrique.\n\n## Les astuces des réparateurs\n\n- **Photographiez chaque étape** du démontage : c'est le mode d'emploi du remontage.\n- **Rangez les vis** dans l'ordre, dans une boîte à œufs ou sur un papier où l'on dessine leur emplacement.\n- **Un appareil sans panne visible** se répare souvent en remplaçant la pièce la plus sollicitée : batterie, prise de charge, alimentation.\n- **Récupérez** ce qui peut servir sur l'appareil irréparable : voir [[SURV-REC-021]].\n\nSouder un composant : [[TEC-ELN-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-005","titre":"Souder en électronique","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["soudure","fer a souder","etain","flux","electronique","reparation","dessoudage","cable"],"sources":["IPC-A-610, Acceptability of Electronic Assemblies (aspect des soudures)","Adafruit Learning System, Adafruit Guide to Excellent Soldering","INRS, fumées de soudage à l'étain et flux"],"corps":"::Une bonne soudure se fait en trois secondes : on chauffe les deux pièces, on apporte l'étain sur elles, pas sur le fer, et il coule tout seul. La plupart des soudures ratées l'ont été parce qu'on a fait fondre l'étain sur la panne.::\n\n## Le matériel\n\n- **Un fer à souder** de 25 à 60 watts, idéalement à température réglable (320 à 370 °C selon l'étain).\n- **De l'étain à âme décapante** (le flux est à l'intérieur du fil) : l'étain au plomb (60/40) fond plus bas et se travaille plus facilement ; l'étain sans plomb demande un peu plus de chaleur.\n- **Une éponge humide** ou de la laine de laiton pour nettoyer la panne.\n- **De la tresse à dessouder** ou une pompe à dessouder.\n- **De la gaine thermorétractable** pour isoler les raccords de fils.\n\n## Le geste\n\n1. **Nettoyez et étamez la panne** : une fine couche d'étain brillant dessus aide la chaleur à passer.\n2. **Posez la panne contre les deux pièces à la fois** (la patte du composant et la pastille du circuit, ou les deux fils).\n3. **Après une à deux secondes, apportez l'étain sur les pièces**, de l'autre côté de la panne : il fond au contact des pièces chaudes et coule autour.\n4. **Retirez l'étain, puis le fer**, sans bouger la pièce pendant que ça refroidit.\n\n**Une bonne soudure** est brillante, lisse, en forme de petit cône ou de volcan, qui épouse la patte. **Une mauvaise** est terne, granuleuse, en boule posée dessus : c'est une soudure froide, qui lâchera.\n\n## Relier deux fils\n\n1. Dénudez 1 cm, enfilez d'abord la gaine thermorétractable sur l'un des fils.\n2. **Étamez chaque fil** séparément.\n3. Torsadez-les ou mettez-les côte à côte, chauffez, ajoutez un peu d'étain.\n4. Faites glisser la gaine sur la soudure et chauffez-la pour qu'elle se resserre.\n\n## Dessouder\n\nLa tresse posée sur la soudure, la panne par-dessus : l'étain fondu remonte dans la tresse par capillarité. Coupez la partie pleine et recommencez.\n\n## Les astuces\n\n- **Aérez** : les fumées de flux irritent les poumons. Travaillez près d'une fenêtre ou avec un petit ventilateur qui les éloigne.\n- **Lavez-vous les mains** après avoir manipulé de l'étain au plomb.\n- **Posez toujours le fer sur son support** : il brûle la main, la table et les câbles.\n- **Sans fer électrique** : une grosse tige de cuivre ou un clou épais chauffé sur un réchaud permet quelques soudures de dépannage sur de gros fils.\n- **Récupérer des composants** sur une carte : chauffez chaque patte et tirez doucement, ou chauffez toute la zone à l'air chaud.\n\nRéparer un câble sans souder : [[SURV-REC-007]]. Le multimètre pour vérifier : [[TEC-ENE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-004","titre":"Les LED","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["led","diode","eclairage","resistance","oled","ampoule","electronique"],"sources":["Schubert E. F., Light-Emitting Diodes, Cambridge University Press, 2e édition","Fondation Nobel, Prix Nobel de physique 2014 : diodes électroluminescentes bleues efficaces (Akasaki, Amano, Nakamura)","US Department of Energy, LED Lighting Facts et rapports sur la durée de vie des lampes LED"],"corps":"::Une LED, c'est un morceau de cristal qui s'illumine quand le courant le traverse dans le bon sens. Elle a remplacé l'ampoule à filament en quinze ans, parce qu'elle fait la même lumière avec dix fois moins d'énergie.::\n\n## Ce qui se passe dedans\n\nUne LED (diode électroluminescente) est une **diode** : un composant qui ne laisse passer le courant que dans un sens. Au cœur, deux couches de semi-conducteur se touchent. Quand le courant passe, des électrons tombent d'un niveau d'énergie à un autre en libérant chacun un grain de lumière.\n\n**La couleur dépend du matériau**, pas d'un filtre : le rouge et l'infrarouge sont connus depuis les années 1960, le bleu efficace n'est arrivé que dans les années 1990, ce qui a valu le prix Nobel de physique 2014 à ses inventeurs. **La LED blanche** est une LED bleue recouverte d'une poudre jaune (un phosphore) : le mélange bleu et jaune donne du blanc.\n\n## Les chiffres utiles\n\n**Chaque couleur demande sa tension**, appelée tension de seuil :\n\n| Couleur | Tension de seuil typique |\n|---|---|\n| Infrarouge | 1,2 à 1,5 V |\n| Rouge, orange, jaune | 1,8 à 2,2 V |\n| Verte, bleue, blanche | 2,8 à 3,4 V |\n\n**Une petite LED témoin** de 3 ou 5 mm supporte environ **20 milliampères**. Au-delà, elle chauffe et meurt.\n\n**Le sens compte.** La patte la plus longue est le plus (l'anode). Le côté plat du bord de la LED est le moins (la cathode). Branchée à l'envers, elle ne s'allume pas, et au-delà de quelques volts à l'envers, elle peut griller.\n\n## La règle d'or : toujours limiter le courant\n\nUne LED branchée directement sur une pile trop forte grille en une fraction de seconde : dès qu'elle dépasse sa tension de seuil, elle laisse passer autant de courant qu'on lui en donne. On met donc **une résistance en série**, calculée ainsi :\n\n**R = (tension de la source − tension de la LED) ÷ courant voulu**\n\nExemple : une LED blanche (3 V) sur une alimentation USB de 5 V, à 20 mA : (5 − 3) ÷ 0,02 = **100 ohms**. En cas de doute, prenez la valeur au-dessus : la LED éclairera un peu moins, et vivra plus longtemps. Voir [[TEC-ENE-002]].\n\n## L'éclairage\n\n- **Rendement** : une ampoule LED produit environ 100 lumens par watt ou plus, contre 10 à 15 pour une ampoule à filament. Pour la même lumière, **dix fois moins d'énergie** : c'est ce qui rend l'éclairage possible sur une petite batterie ou un panneau solaire.\n- **Durée de vie** : les LED elles-mêmes durent des dizaines de milliers d'heures. Dans une ampoule, c'est presque toujours **l'électronique d'alimentation qui lâche d'abord**, à cause de la chaleur. Une ampoule LED enfermée dans un plafonnier étanche vit beaucoup moins longtemps.\n- **La chaleur** est l'ennemie : une LED de puissance doit être collée sur un radiateur métallique.\n\n## Les écrans\n\n- **LCD** : les LED servent de lampe arrière, voir [[TEC-ELN-002]].\n- **OLED** : chaque sous-pixel est une minuscule LED organique qui fait sa propre lumière. Noirs parfaits et contraste infini, mais les pixels s'usent à la longue et une image fixe laissée des mois peut rester marquée.\n- **Écrans géants** des stades et des façades : une mosaïque de LED classiques, visibles en plein soleil.\n\n## Les astuces de bricoleur\n\n- **Tester une LED** : un multimètre en position diode l'allume faiblement. Ou une pile bouton de 3 V, pattes pincées dessus : une LED rouge, verte ou blanche s'allume sans résistance, car la pile ne peut pas fournir assez de courant pour la griller.\n- **Voir l'infrarouge** : la LED d'une télécommande est invisible à l'œil, mais l'appareil photo d'un téléphone la voit clignoter en violet. C'est le test de télécommande le plus rapide qui existe.\n- **Une ampoule LED qui ne s'allume plus** n'a souvent qu'une seule LED morte sur une chaîne montée en série : un point noir brûlé à sa surface la trahit. Ponter cette LED avec un fil suffit parfois à faire repartir les autres. **Attention : ces ampoules fonctionnent directement sur le 230 volts, on n'y touche que débranchées et condensateurs déchargés.**\n- **Tirer la dernière goutte d'une pile usée** : un petit montage appelé « voleur de joules » (un transistor, une résistance, une bobine enroulée sur une petite ferrite) élève la tension d'une pile de 1,5 V à moitié morte pour allumer une LED blanche des heures durant.\n- **Les bandes de LED en 12 V** se coupent tous les trois LED environ, aux marques prévues. Elles se branchent directement sur une batterie de voiture ou de moto, sans résistance à ajouter : elle est déjà sur la bande.\n\nPour allumer une LED sans réseau, voir [[SURV-ENE-001]] et [[SURV-ENE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-003","titre":"L'écran à encre électronique","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["encre electronique","e-ink","liseuse","ecran","electrophorese","basse consommation"],"sources":["Comiskey B., Albert J., Yoshizawa H., Jacobson J., An electrophoretic ink for all-printed reflective electronic displays, Nature, 1998","E Ink Holdings, fiches techniques des afficheurs Carta, Kaleido et Spectra","Heikenfeld J. et al., Review Paper: A critical review of the present and future prospects for electronic paper, Journal of the SID, 2011"],"parent":"TEC-ELN-001","chapitre":2,"corps":"::Une liseuse dont la batterie est morte affiche encore sa dernière page. Un écran qui garde son image sans courant, c'est exactement ce qu'il faut à un appareil qui doit durer.::\n\n## Le principe\n\nL'écran est rempli de **microcapsules** plus fines qu'un cheveu. Chacune contient un liquide transparent et des milliers de **particules de pigment** : des blanches, chargées dans un sens, des noires, chargées dans l'autre.\n\nDes électrodes au-dessus et au-dessous de chaque point créent un champ électrique. Selon son sens, il attire les particules blanches ou les noires vers la surface. Le point devient blanc ou noir. C'est l'**électrophorèse**, le déplacement de particules chargées dans un liquide.\n\nL'invention vient du MIT, à la fin des années 1990 ; la société E Ink l'a industrialisée, et la première liseuse grand public l'a utilisée en 2004.\n\n## Ce qui la rend unique\n\n**Elle est bistable.** Une fois déplacées, les particules restent là où elles sont, sans courant. L'écran ne consomme de l'énergie **que pendant le changement d'image**. Une page affichée pendant une semaine ne coûte rien.\n\n**Elle est réfléchissante.** Comme le papier, elle renvoie la lumière ambiante. Elle se lit parfaitement en plein soleil, sous tous les angles, et fatigue moins les yeux qu'un écran éclairé. Dans le noir, il faut une lumière frontale : une rangée de LED sur le bord qui éclaire la surface par-dessus.\n\n## Ses limites\n\n- **Lente** : une image se change en quelques dixièmes de seconde. Pas de vidéo, des animations saccadées.\n- **Les fantômes** : l'image précédente laisse une trace légère. L'écran se « nettoie » régulièrement en clignotant tout noir puis tout blanc : ce flash est normal.\n- **Le froid** : en dessous de 0 °C environ, le liquide épaissit et les changements d'image deviennent lents ou incomplets. Beaucoup d'afficheurs sont prévus pour fonctionner entre 0 et 50 °C. **L'image déjà affichée, elle, reste.**\n- **La couleur** existe, en deux versions : avec des filtres colorés devant l'écran noir et blanc (couleurs pâles, rapide), ou avec des pigments de plusieurs couleurs dans chaque capsule (couleurs franches, mais un changement d'image prend plusieurs secondes).\n- **Le prix** : à taille égale, plus cher qu'un LCD.\n\n## Où on la trouve\n\n- Les liseuses et certaines tablettes d'écriture.\n- **Les étiquettes de prix électroniques** des supermarchés : chacune est un petit afficheur à encre électronique avec une pile bouton qui dure des années, mis à jour par radio.\n- Les panneaux d'horaires de certains arrêts de bus alimentés par panneau solaire.\n- Les montres et les badges à très longue autonomie.\n\n## Pourquoi c'est l'écran de la survie\n\nUn appareil de lecture qui doit fonctionner des semaines loin de toute prise a trois besoins : consommer presque rien, se lire en plein jour, et **montrer quelque chose même quand sa batterie est vide**. L'encre électronique est la seule technologie qui coche les trois. C'est pour cela qu'elle est envisagée pour les appareils de lecture hors ligne, voir [[TEC-IDE-009]].\n\n## Les astuces\n\n- **Une liseuse morte garde sa dernière page** : si vous y laissez une carte, une liste de fréquences ou une fiche d'urgence avant qu'elle s'éteigne, l'information reste lisible.\n- **Un écran figé à moitié** après un choc de froid se récupère souvent en le réchauffant contre soi, puis en forçant un rafraîchissement complet.\n- **Pour un montage**, les modules à encre électronique de 1,5 à 7,5 pouces pilotés en SPI se trouvent pour une dizaine à quelques dizaines d'euros. Ils demandent d'envoyer l'image entière, puis de laisser l'écran se rafraîchir, souvent 2 à 15 secondes selon le modèle.\n- **Ne laissez pas un écran à encre électronique en plein soleil derrière une vitre** : la chaleur et les ultraviolets finissent par jaunir et abîmer les capsules.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-002","titre":"L'écran à cristaux liquides (LCD)","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["lcd","cristaux liquides","ecran","polariseur","retroeclairage","tft","ips"],"sources":["Yang D.-K., Wu S.-T., Fundamentals of Liquid Crystal Devices, Wiley, 2e édition","Chen J., Cranton W., Fihn M. (dir.), Handbook of Visual Display Technology, Springer","Castellano J., Liquid Gold: The Story of Liquid Crystal Displays and the Creation of an Industry, World Scientific"],"parent":"TEC-ELN-001","chapitre":1,"corps":"::Un écran LCD ne fait pas de lumière. C'est une lampe, et devant elle, des millions de volets qui s'ouvrent et se ferment. Tout ce qu'on voit, on le voit à travers.::\n\n## Le principe en trois couches\n\n**La lumière d'une lampe** traverse d'abord un **polariseur** : un filtre qui ne laisse passer que la lumière qui vibre dans une seule direction.\n\n**Les cristaux liquides**, pris en sandwich entre deux plaques de verre, ont une propriété étrange : leurs molécules en bâtonnets s'alignent d'elles-mêmes, et en s'alignant en spirale, elles font **tourner** la direction de la lumière qui les traverse. Quand on applique une petite tension, les molécules se redressent et ne la font plus tourner.\n\n**Un second polariseur**, croisé par rapport au premier, ne laisse passer que la lumière qui a tourné.\n\nRésultat : sans tension, la lumière tourne et passe, le point est clair. Avec tension, elle ne tourne plus et bute sur le second filtre, le point est sombre. En réglant la tension, on obtient tous les gris.\n\n**La couleur** vient de minuscules filtres rouges, verts et bleus devant chaque sous-pixel. Un écran LCD couleur laisse passer, au mieux, environ un dixième de la lumière de sa lampe : le reste est absorbé par les filtres et les polariseurs.\n\n## Les familles\n\n- **LCD à segments** : les chiffres d'une calculatrice, d'une montre, d'un thermostat. Pas de lampe, un miroir derrière : ils sont réfléchissants et consomment quelques millionièmes de watt.\n- **Matrice passive** : les vieux écrans monochromes de téléphones et d'appareils. Simples, lents, peu contrastés.\n- **Matrice active (TFT)** : un transistor derrière chaque sous-pixel garde sa tension entre deux passages. C'est l'écran de presque tous les ordinateurs, télévisions et téléphones non OLED.\n- **TN, VA, IPS** : trois façons d'orienter les cristaux. Le TN est rapide et bon marché mais change de couleur dès qu'on le regarde de côté ; l'IPS garde ses couleurs sous tous les angles ; le VA donne les meilleurs noirs.\n\n## La lampe arrière\n\nLes écrans récents sont éclairés par des **LED**, souvent posées sur un bord : une plaque de plastique guide la lumière et la répartit sur toute la surface. Les écrans d'avant 2010 environ utilisaient des **tubes fluorescents** fins (CCFL), qui contiennent un peu de mercure et demandent une haute tension pour s'allumer.\n\n## Ce qui l'abîme\n\n- **La pression** : appuyer fort écrase les cristaux et fait des taches, parfois définitives.\n- **Le froid** : en dessous de −20 °C environ, les cristaux deviennent visqueux, l'image traîne. Ça revient en se réchauffant.\n- **La forte chaleur** : un écran de tableau de bord en plein soleil peut devenir noir. Au-delà d'une certaine température, les cristaux deviennent un liquide ordinaire et perdent leur effet. Ça revient aussi en refroidissant.\n- **Les pixels morts ou bloqués** : un transistor défaillant laisse un point toujours noir ou toujours allumé.\n\n## Les astuces de ceux qui en ont démonté\n\n- **Écran noir, appareil allumé ?** Éclairez l'écran de biais avec une torche, tout près. Si l'image apparaît, faiblement, seule la lampe arrière est morte : l'appareil reste utilisable pour récupérer des données ou lire un réglage.\n- **La lumière d'un LCD est polarisée.** Avec des lunettes de soleil polarisantes, un écran peut devenir noir quand on penche la tête de 90 degrés. Ce n'est pas une panne.\n- **La dalle arrière d'un écran de portable cassé** (le guide de lumière et ses LED) fait un panneau lumineux plat et régulier, idéal pour éclairer une pièce, un plan de travail, ou pour décalquer. Ses LED se branchent souvent en série : il faut leur donner la tension prévue, voir [[TEC-ELN-004]].\n- **Les feuilles de polariseur** se décollent d'un écran mort. Deux feuilles croisées montrent les tensions dans le plastique transparent sous forme d'arcs-en-ciel, et une seule sert de filtre polarisant pour la photo.\n- **Un vieil écran à tubes fluorescents cassé** : ne respirez pas la poussière des tubes brisés, aérez, ramassez sans aspirateur.\n- **Pour un montage**, les petits modules LCD couleur de 2 à 3 pouces pilotés en SPI (contrôleurs ILI9341, ST7789) coûtent quelques euros et sont documentés partout.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELN-001","titre":"Les écrans","axe":2,"categorie":"Électronique et Numérique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["ecran","pixel","affichage","resolution","lcd","oled","encre electronique","electronique"],"sources":["Chen J., Cranton W., Fihn M. (dir.), Handbook of Visual Display Technology, Springer, 2e édition","Society for Information Display, Display Technology Guide","E Ink Holdings, documentation technique des afficheurs électrophorétiques"],"sommaire":"oui","parcours":"Lisez d'abord cette fiche, qui explique ce qu'ont en commun tous les écrans. Le chapitre sur l'écran à cristaux liquides couvre presque tout ce que vous avez sous la main ; celui sur l'encre électronique explique pourquoi c'est l'écran des appareils qui doivent tenir des semaines sur une pile.","corps":"::Un écran ne montre pas une image. Il allume, éteint ou masque des millions de petits points assez vite pour que l'œil les prenne pour une image.::\n\nCe sujet se lit en trois temps : cette fiche, qui explique ce que tous les écrans ont en commun, puis deux chapitres, [[TEC-ELN-002]] sur les cristaux liquides et [[TEC-ELN-003]] sur l'encre électronique. Les LED, qui éclairent la plupart des écrans et en forment certains à elles seules, ont leur propre fiche : [[TEC-ELN-004]].\n\n## Le pixel\n\nTout écran est une grille de **pixels**. Sur un écran couleur, chaque pixel est fait de trois **sous-pixels**, rouge, vert et bleu. En réglant l'intensité de chacun, on obtient toutes les couleurs : les trois à fond donnent du blanc, les trois éteints du noir.\n\n**La définition** est le nombre de pixels : 1920 × 1080 pour la « Full HD », 3840 × 2160 pour la 4K. **La densité** est le nombre de pixels par pouce (ppp, ou ppi en anglais) : au-delà d'environ 300 ppp à la distance de lecture d'un téléphone, l'œil ne distingue plus les points.\n\nUn même nombre de pixels donne une image fine sur un téléphone et grossière sur un grand téléviseur : c'est la densité qui compte pour la netteté, pas la définition seule.\n\n## Trois façons de faire de la lumière\n\nTous les écrans se rangent dans l'une de ces familles.\n\n| Famille | Principe | Exemples | Au soleil | Dans le noir |\n|---|---|---|---|---|\n| Émissifs | Chaque point produit sa propre lumière | OLED, LED géantes, anciens tubes cathodiques, plasma | Moyen | Parfait |\n| Transmissifs | Une lampe derrière, des volets devant | Écran LCD d'ordinateur, de télévision, de téléphone | Moyen à mauvais | Bon |\n| Réfléchissants | Pas de lampe : ils renvoient la lumière ambiante, comme le papier | Encre électronique, LCD de calculatrice et de montre | Parfait | Illisible sans éclairage |\n\n**Ce tableau décide de la consommation.** Un écran émissif ou transmissif dépense de l'énergie à chaque seconde où il est allumé, et la lampe arrière est souvent le premier poste de consommation d'un téléphone ou d'un ordinateur. Un écran réfléchissant ne dépense presque rien : une calculatrice à cristaux liquides tourne des années sur une pile bouton, une liseuse des semaines.\n\n## Rafraîchir l'image\n\nUn écran d'ordinateur redessine son image 60 fois par seconde ou plus (60 Hz, 120 Hz). C'est ce qui rend le mouvement fluide. Un écran à encre électronique, lui, ne change l'image que quand on le lui demande, et met une fraction de seconde à le faire : parfait pour une page, inutilisable pour une vidéo.\n\n## Comment un écran reçoit l'image\n\n- **Les grands écrans** reçoivent l'image par un câble vidéo : HDMI, DisplayPort, et plus anciennement VGA (analogique, encore très répandu sur les vieux écrans et projecteurs).\n- **Les petits écrans** des appareils électroniques sont pilotés directement par un petit contrôleur, par une liaison série à quelques fils (SPI, I2C) ou par un bus parallèle. C'est ce qu'on utilise pour construire un appareil soi-même, avec un microcontrôleur, voir [[TEC-IDE-009]].\n- **Le contrôleur** est une puce collée derrière la dalle, qui garde l'image en mémoire et la redessine seule. Chaque modèle a ses commandes : sans sa documentation, un écran récupéré est très difficile à faire fonctionner.\n\n## Ce qu'on apprend en démontant\n\n- **Les écrans de vieux téléphones se réutilisent mal.** Leurs connecteurs ont des broches au pas de 0,4 mm ou moins, leur contrôleur est souvent sans documentation publique, et leur rétroéclairage demande parfois plus de 10 volts. Pour un montage, un module d'écran vendu pour les microcontrôleurs, déjà monté sur une petite carte, coûte quelques euros et fait gagner des jours.\n- **Un écran de portable cassé** contient une dalle lumineuse diffusante, derrière les cristaux liquides : un excellent panneau d'éclairage plat, une fois alimenté. Voir [[TEC-ELN-002]].\n- **Un écran qui reste noir** n'est pas forcément mort : souvent, c'est seulement la lampe arrière qui ne s'allume plus. Éclairez l'écran de biais avec une lampe torche, l'image apparaît.\n- **Les écrans tactiles** sont une couche de plus, collée devant la dalle : on peut casser la vitre tactile d'un téléphone sans toucher l'écran, et inversement.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-025","titre":"Les pigeons voyageurs","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pigeon voyageur","colombophilie","colombier","message","porte-depeche","siege de paris","cher ami","communication sans reseau","dressage","lachers"],"sources":["Wikipédia, article « Pigeon voyageur »","Wikipédia, article « Cher Ami »","Fédération colombophile française"],"corps":"::Pendant le siège de Paris, en 1870, des pigeons sortis de la ville en ballon y revenaient avec des milliers de messages photographiés en miniature sur une pellicule légère. En 1918, un pigeon nommé Cher Ami a traversé les tirs allemands pour sauver un bataillon américain encerclé. L'armée française entretient encore un colombier militaire au Mont-Valérien. Quand tout le reste tombe, un pigeon rentre toujours chez lui.::\n\n## Le principe, et sa limite\n\n- **Un pigeon voyageur ne va qu'à un seul endroit : son colombier.** On l'emporte loin de chez lui, on attache un message à sa patte, on le lâche : il rentre.\n- **Pour écrire de A vers B**, il faut donc avoir à A des pigeons élevés à B. Chaque sens demande ses propres oiseaux.\n- **Il vole autour de 60 à 70 km/h**, bien plus vite avec le vent dans le dos. Un pigeon entraîné couvre plusieurs centaines de kilomètres dans la journée.\n\n## Le colombier\n\n- **Sec, aéré, surélevé**, à l'abri des rats, des chats et des fouines, grillagé contre les rapaces.\n- **Une entrée à clapets** : le pigeon rentre, mais ne ressort pas tant qu'on n'ouvre pas.\n- **De l'eau propre, du grain** (mélange pour pigeons : maïs, pois, blé, orge), des graviers et du grit pour digérer.\n- **Des cases et des nids** en nombre suffisant, un couple par nid.\n\n## L'entraîner\n\n1. **Des jeunes de quatre à six semaines**, installés au colombier avant d'avoir volé ailleurs : c'est leur maison pour la vie.\n2. **Les laisser sortir autour du colombier** chaque jour, puis les rappeler avec le grain : ils apprennent à rentrer au son d'une boîte secouée. Voir [[TEC-ELE-022]].\n3. **Les lâchers d'entraînement** : 1 km, puis 5, 10, 20, 40, 80 km, toujours dans la même direction, par temps clair, le matin.\n4. **Augmenter la distance progressivement** sur plusieurs semaines. On perd toujours quelques oiseaux, surtout à cause des faucons.\n\n## Le message\n\n- **Un petit tube léger** fixé à la patte, un porte-dépêche, avec un papier fin roulé serré. Quelques grammes au plus.\n- **Écrire petit et court**, dater, et envoyer le même message par deux pigeons si c'est important.\n- **Un code simple** si le message ne doit pas être lu par celui qui trouverait l'oiseau. Voir [[SIG-COM-016]].\n\n## En France\n\nLa colombophilie est encadrée : on s'affilie à une association de la Fédération colombophile française, qui fournit les bagues numérotées, et la vaccination contre la paramyxovirose est obligatoire.\n\nCommuniquer sans réseau : [[SIG-COM-002]] et [[SIG-COM-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-024","titre":"Le chien de troupeau","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chien de berger","chien de conduite","border collie","chien de protection","patou","montagne des pyrenees","troupeau","moutons","vaches","loup","dressage","sifflet"],"sources":["Wikipédia, article « Chien de berger »","Wikipédia, article « Chien de protection des troupeaux »","Institut de l'Élevage (Idele), programme chiens de protection des troupeaux"],"corps":"::Un bon chien de conduite fait le travail de plusieurs personnes : il ramène un troupeau dispersé sur une montagne, le fait passer une porte, trie une bête. Un chien de protection, lui, ne conduit rien : il vit jour et nuit au milieu des moutons et fait face au loup. Ce sont deux métiers, deux types de chiens, et deux éducations opposées.::\n\n## Deux métiers\n\n- **Le chien de conduite** déplace le troupeau aux ordres du berger : border collie, berger des Pyrénées, berger australien, kelpie, beauceron. Pour les vaches, des chiens qui mordillent les talons en restant bas pour éviter les coups de pied.\n- **Le chien de protection** vit avec le troupeau et le défend : montagne des Pyrénées (le patou), berger d'Anatolie, berger de la Maremme, mâtin espagnol. Il travaille souvent à deux ou trois contre les loups.\n\n## Le chien de conduite\n\n**Le choisir** : un chiot de parents qui travaillent vraiment. L'instinct se voit tôt : vers 6 à 12 mois, le jeune chien tourne autour des moutons au lieu de foncer dedans. En France, un test d'aptitudes naturelles au troupeau permet de le vérifier.\n\n**Les ordres de base**, toujours les mêmes mots, puis les mêmes coups de sifflet pour le travail à distance :\n- **« Couché »** : l'arrêt, le plus important. Un chien qui ne s'arrête pas disperse et épuise le troupeau.\n- **Les deux côtés** : un mot pour tourner autour du troupeau dans le sens des aiguilles d'une montre, un autre pour l'autre sens.\n- **« Marche »** : avancer droit vers le troupeau, doucement.\n- **« Doucement »**, et **« ça suffit »** pour le rappeler au pied.\n\n**Apprendre** :\n1. **Un parc rond** de 15 à 20 m, quelques brebis calmes et habituées aux chiens.\n2. **Le chien cherche d'instinct le point d'équilibre** : de l'autre côté du troupeau par rapport au berger, pour le pousser vers lui. On s'appuie sur cet instinct.\n3. **Le berger se déplace**, le chien compense ; on pose les mots sur ce qu'il fait déjà. Voir [[TEC-ELE-022]].\n4. **Des séances de 10 à 15 minutes**, finies sur une réussite. On agrandit l'espace peu à peu.\n5. **Jamais seul avec le troupeau** avant d'être fiable : un jeune chien qui s'excite peut faire courir des brebis pleines jusqu'à l'avortement.\n\n## Le chien de protection\n\n- **Placé dans le troupeau vers deux mois**, pendant la période où il s'attache : il grandit avec les moutons et devient l'un des leurs.\n- **Manipulé chaque jour** pour pouvoir être soigné, mais pas transformé en chien de compagnie : trop de caresses et il reste à la ferme au lieu de garder le troupeau.\n- **Corriger tout de suite** le jeu avec les agneaux ou la poursuite des bêtes.\n- **Adulte et fiable vers deux ans.**\n\n## Les randonneurs\n\nUn chien de protection qui aboie et s'approche fait son travail. On s'arrête, on parle calmement, on ne le menace pas avec un bâton, on ne court pas, et on contourne largement le troupeau. Voir [[SURV-DEF-006]].\n\nSoigner un chien : [[TEC-ELE-012]]. Les moutons : [[TEC-ELE-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-023","titre":"Les corbeaux et les autres corvidés","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["corbeau","corneille","freux","choucas","pie","geai","corvides","intelligence","reconnaissance des visages","outils","apprivoiser","sentinelle"],"sources":["Marzluff J.M. et al., Lasting recognition of threatening people by wild American crows, Animal Behaviour, 2010","Hunt G.R., Manufacture and use of hook-tools by New Caledonian crows, Nature, 1996","Kabadayi C., Osvath M., Ravens parallel great apes in flexible planning for tool-use and bartering, Science, 2017","Wikipédia, article « Corvidae »"],"corps":"::À l'université de Washington, des chercheurs ont capturé quelques corneilles en portant un masque. Des années plus tard, des corneilles qui n'avaient jamais été capturées criaient encore en voyant ce masque : les autres leur avaient appris. Corbeaux, corneilles, pies et geais sont parmi les animaux les plus intelligents qui existent, au niveau des grands singes sur certaines épreuves.::\n\n## Ce qu'ils savent faire\n\n- **Reconnaître un visage humain** et s'en souvenir des années, et transmettre à leurs congénères qui est dangereux.\n- **Fabriquer des outils** : les corneilles de Nouvelle-Calédonie découpent des outils dans des feuilles de pandanus et recourbent des brindilles en crochet pour extraire des larves du bois.\n- **Prévoir** : des grands corbeaux gardent un outil ou un jeton d'échange pour s'en servir le lendemain.\n- **Imiter la voix** : grand corbeau, corneille, pie et geai reproduisent des mots et des bruits.\n- **Travailler contre récompense** : en 2018, au Puy du Fou, des corbeaux freux ont été dressés à ramasser les mégots et les petits déchets en échange de nourriture.\n\n## Ce que la loi dit\n\n- **En France, prendre un corvidé dans la nature pour le garder est interdit** pour les espèces protégées, comme le grand corbeau et le choucas, et soumis à autorisation pour les autres.\n- **Un jeune qui sautille au sol** n'est souvent pas perdu : les corvidés quittent le nid avant de savoir bien voler, et les parents continuent à les nourrir. On ne le ramasse que s'il est blessé, et on le confie à un centre de soins de la faune sauvage.\n- **Un oiseau élevé à la main** s'attache à l'homme et ne peut plus retourner à la vie sauvage : c'est un engagement pour quinze ans ou plus.\n\n## Se faire connaître des corneilles du quartier\n\n- **Nourrir au même endroit et à la même heure**, en petite quantité : cacahuètes non salées, œufs durs, croquettes pour chien. Jamais de pain, qui les nourrit mal.\n- **Se montrer calme et régulier** : en quelques semaines, elles vous reconnaissent, vous attendent, et viennent au sifflet.\n- **Elles apprennent vite les échanges** : un objet apporté contre une récompense. Des inventeurs ont construit des distributeurs qui donnent une cacahuète contre une pièce ramassée par terre.\n- **Ne jamais les menacer ni les attraper** : elles s'en souviendront, et tout le groupe avec elles.\n\n## Des sentinelles\n\nLeurs cris d'alarme, répétés et rauques, signalent un rapace, un renard, un chat, ou un humain qui approche. En lisière de bois ou autour d'un camp, un groupe de corneilles qui s'agite et crie en tournant au-dessus d'un point, c'est qu'il y a quelqu'un ou quelque chose. Voir [[SURV-ANI-001]].\n\nApprendre à un animal : [[TEC-ELE-022]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-022","titre":"Apprendre quelque chose à un animal","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["dressage","education","renforcement positif","clicker","marqueur","faconnage","rappel","chien","cheval","poules","chevres","cochon"],"sources":["Pryor K., Don't Shoot the Dog! The New Art of Teaching and Training, 1984","Skinner B.F., The Behavior of Organisms, 1938","Breland K., Breland M., The Misbehavior of Organisms, American Psychologist, 1961"],"corps":"::Keller et Marian Breland, deux élèves du psychologue Skinner, ont dressé des milliers d'animaux de plus d'une centaine d'espèces, des poules aux dauphins, avec une seule méthode : marquer l'instant exact où l'animal fait bien, et le récompenser. Une poule apprend ainsi à picorer une cible précise en quelques minutes. Ce qui marche sur une poule marche sur tout ce qui a faim.::\n\n## Le principe\n\n- **Un comportement récompensé revient.** Un comportement qui ne rapporte rien s'éteint peu à peu.\n- **Le moment compte plus que tout** : la récompense doit tomber dans la seconde. Deux secondes trop tard, on récompense ce que l'animal fait à ce moment-là, pas ce qu'on voulait.\n- **D'où le marqueur** : un son bref et toujours identique, un clic ou un « oui ! » sec, qui dit à l'animal « c'est ça » à l'instant précis. La friandise peut suivre quelques secondes après.\n\n## Charger le marqueur\n\nClic, friandise. Clic, friandise. Une vingtaine de fois, sans rien demander. Quand l'animal tourne la tête vers vous au clic, le marqueur est chargé : il annonce la récompense.\n\n## Construire un comportement\n\n1. **L'attraper** : l'animal le fait tout seul (se coucher, venir), on marque et on récompense.\n2. **Le façonner** : on récompense chaque petit pas dans la bonne direction. Pour apprendre à une chèvre à monter sur une caisse : regarder la caisse, clic ; s'en approcher, clic ; poser un sabot, clic. On monte l'exigence peu à peu.\n3. **Le signal** vient en dernier : quand le comportement est fiable, on ajoute le mot ou le geste juste avant.\n4. **Généraliser** : refaire dans d'autres lieux, avec du bruit, d'autres personnes. Un animal qui obéit à la maison n'obéit pas forcément au champ.\n\n## Les règles\n\n- **Des séances courtes** : cinq à dix minutes, plusieurs fois par jour, et on finit toujours sur une réussite.\n- **Une seule exigence à la fois.**\n- **Des récompenses minuscules** et vraiment désirées : pour un chien, un bout de fromage vaut mieux que ses croquettes.\n- **La punition coûte cher** : elle supprime un comportement sans en apprendre un autre, et elle apprend surtout à craindre celui qui punit. Mieux vaut empêcher l'erreur et récompenser l'alternative.\n- **L'instinct revient toujours** : les Breland ont vu des cochons dressés à déposer des pièces dans une tirelire se remettre à les fouiller du groin. On ne dresse pas contre la nature d'une espèce, on l'utilise.\n\n## Ce qui sert vraiment\n\n- **Le rappel** : toutes les bêtes de la ferme peuvent apprendre à venir à un son (un seau secoué, un sifflet). Déplacer un troupeau, rentrer les poules le soir, rattraper un animal échappé devient facile.\n- **Rester immobile pour les soins** : lever un pied, se laisser traire, entrer dans une remorque.\n- **Le cheval** apprend surtout par la pression et son relâchement : c'est le relâchement, à l'instant où il cède, qui le récompense. Voir [[TEC-ELE-014]].\n\nLe chien de troupeau : [[TEC-ELE-024]]. Les corbeaux : [[TEC-ELE-023]]. Les pigeons voyageurs : [[TEC-ELE-025]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-021","titre":"Les races rustiques","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["races rustiques","races locales","autonomie","bovins","ovins","chevres","volailles","couveuses","consanguinite","conservatoire"],"sources":["Wikipédia, article « Race locale »","FAO, The State of the World's Animal Genetic Resources for Food and Agriculture, 2007"],"corps":"::Une vache Holstein peut donner près de dix mille litres de lait par an, à condition de recevoir des aliments achetés, des soins constants et un bâtiment. Une vache rustique en donne bien moins, mais elle vit dehors, vêle seule et se nourrit de ce que le pré lui offre. Quand les aliments achetés et le vétérinaire deviennent rares, c'est elle qui tient.::\n\n## Ce que « rustique » veut dire\n\n- **Adaptée au climat et aux fourrages** de sa région depuis des générations.\n- **Bonne mère** : mises bas faciles, petits qu'elle élève seule.\n- **Résistante** aux parasites et aux maladies locales, et longue vie.\n- **Elle produit moins, mais dépend de moins** : c'est elle qui rapporte dans une ferme qui achète peu. Voir [[TEC-ELE-002]].\n\n## Des exemples en France\n\n- **Vaches** : Salers et Aubrac en montagne, Bretonne pie noir (petite laitière des sols pauvres), Ferrandaise, Vosgienne, Maraîchine des marais, Highland écossaise qui vit dehors toute l'année.\n- **Moutons** : Solognote, Mérinos d'Arles pour la transhumance, Ouessant, minuscule et très sobre.\n- **Chèvres** : Poitevine, chèvre des Pyrénées, chèvre du Rove qui vit dans la garrigue.\n- **Porcs** : porc Gascon, porc Basque, Blanc de l'Ouest, élevés en plein air.\n- **Poules** : Gauloise, Marans, Coucou de Rennes, Faverolles, Sussex.\n\n## Choisir\n\n- **Prendre ce qui est élevé dans sa région** depuis longtemps : la sélection a déjà été faite par le climat.\n- **Les associations et conservatoires de races** vendent des animaux et donnent des conseils.\n- **Pour faire naître sans couveuse**, il faut des poules qui couvent encore : les pondeuses hybrides du commerce ont presque perdu cet instinct. Voir [[TEC-ELE-008]].\n- **Les poulets de chair industriels** grossissent si vite qu'ils ont du mal à marcher au bout de quelques semaines, et ne se reproduisent pas bien : inutiles pour un élevage autonome.\n\n## Garder une lignée saine\n\n- **Varier les reproducteurs** : changer de mâle tous les deux ou trois ans, ou en échanger avec un voisin.\n- **Noter qui descend de qui** pour éviter les accouplements entre proches. Voir [[TEC-ELE-005]].\n\nSanté du troupeau : [[TEC-ELE-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-020","titre":"Élever des escargots","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["escargots","heliciculture","petit-gris","gros-gris","helix aspersa","escargot de bourgogne","parc","calcium","jeune","cuisson"],"sources":["Wikipédia, article « Héliciculture »"],"corps":"::Les escargots transforment des feuilles en protéines sans bruit, sans odeur, sur quelques mètres carrés d'herbe humide. Seul le petit-gris s'élève vraiment bien. Et qu'ils viennent d'un parc ou d'un talus, une règle ne souffre aucune exception : on les fait jeûner avant de les manger.::\n\n## Quel escargot\n\n- **Le petit-gris et le gros-gris** (Helix aspersa) : ce sont eux qu'on élève, et presque tous les élevages français ne font que ceux-là.\n- **L'escargot de Bourgogne** (Helix pomatia) : il grandit lentement, en deux ou trois ans, et s'élève mal. Son ramassage dans la nature est réglementé en France, et interdit dans certains départements.\n\n## Le parc\n\n- **Un carré d'herbe** entouré d'un filet ou d'une bâche dont le haut est replié vers l'intérieur en forme de L, pour qu'ils ne puissent pas sortir.\n- **Des plantes qui nourrissent et font de l'ombre** : trèfle, radis fourrager, colza, blettes. Des planches posées au sol leur servent d'abri le jour.\n- **L'humidité** : ils sortent la nuit et par temps humide. En été, on arrose le parc le soir.\n- **Le calcium** : de la craie, des coquilles d'huîtres ou d'œufs broyées. Sans calcaire, pas de coquille.\n- **Un complément** : farine de céréales ou aliment pour escargots, en petite quantité.\n- **Les ennemis** : rats, hérissons, oiseaux, carabes. Un parc bien fermé et surveillé.\n\n## Le cycle\n\n- **Au printemps**, les adultes s'accouplent et pondent en terre des œufs par dizaines. Ils éclosent en quelques semaines.\n- **Dans un parc**, on met les jeunes au printemps et on ramasse les adultes à l'automne.\n- **Un escargot adulte** a le bord de sa coquille épaissi et retourné : il est bordé. On ne ramasse pas les autres.\n\n## Avant de les manger\n\n1. **Le jeûne** : une semaine dans une caisse aérée, sans nourriture, pour vider leur intestin. Un escargot sauvage a pu manger des plantes toxiques pour l'homme, qui ne lui font rien.\n2. **Rincer**, puis les plonger 5 minutes dans l'eau bouillante.\n3. **Les sortir de la coquille**, puis les cuire longuement dans un bouillon, au moins une heure et demie.\n4. **Jamais crus ni à peine cuits.**\n\nLes autres petits élevages de protéines : [[TEC-ELE-016]]. Les protéines sans viande : [[TEC-ALI-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-019","titre":"Les moutons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["moutons","brebis","laine","tonte","agnelage","onglons","myiase","loup","patou","identification"],"sources":["Institut de l'élevage (Idele), fiches techniques ovines","Office français de la biodiversité, bilan des dommages du loup aux troupeaux","FAO, élevage ovin chez les petits producteurs"],"corps":"::Un mouton transforme l'herbe, qu'aucun humain ne peut manger, en viande, en lait et en laine, sur des terres trop pentues ou trop pauvres pour être labourées. Mais il a deux ennemis que les bergers connaissent depuis toujours : les mouches de l'été et les prédateurs. En France, le loup tue chaque année des milliers de brebis, et les chiens de protection sont revenus dans les montagnes.::\n\n## Ce qu'il donne\n\n- **De la laine** : une tonte par an, au printemps, quelques kilos par bête. Voir [[TEC-MAT-015]] et [[TEC-AGR-033]].\n- **De la viande**, et pour certaines races, **du lait** et du fromage. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Un entretien** des prés, des vergers, des terrains en pente.\n\n## Les soins\n\n- **Tondre** chaque année : une laine trop longue et sale attire les mouches, qui pondent dedans. Les asticots mangent la bête vivante : on surveille l'arrière-train tout l'été.\n- **Parer les onglons** et surveiller les boiteries.\n- **Les parasites** : vermifuger selon l'état des bêtes, faire tourner les prés.\n- **L'agnelage**, souvent au printemps : la plupart des brebis agnellent seules ; on surveille, on aide un agneau mal placé, on vérifie qu'il tète dans l'heure.\n\n## La nourriture\n\n- **De l'herbe**, et **du foin** l'hiver. Quelques brebis par hectare selon la pousse.\n- **Une pierre à sel** et de l'eau propre.\n- **Attention** aux plantes toxiques (if, rhododendron, laurier-rose) et à l'herbe mouillée de trèfle en grande quantité, qui fait gonfler la panse. Voir [[TEC-BOT-003]].\n\n## Les protéger\n\n- **Une clôture** électrique à plusieurs fils, un parc de nuit.\n- **Un chien de protection** élevé avec le troupeau (le patou des Pyrénées), qui vit avec les brebis et repousse les prédateurs.\n- **Les chiens errants** font aussi beaucoup de dégâts. Voir [[SURV-DEF-006]].\n\n## La loi\n\nChaque bête est identifiée (boucles d'oreille) et déclarée, même pour quelques moutons.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. Choisir une espèce : [[TEC-ELE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-018","titre":"Le cochon","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cochon","porc","elevage familial","eaux grasses interdites","peste porcine africaine","bauge","labour","tue-cochon","identification"],"sources":["Règlement (CE) n° 1069/2009, interdiction de nourrir les porcs avec des déchets de cuisine et de table","Ministère de l'Agriculture, peste porcine africaine : biosécurité pour les détenteurs de porcs","IFIP, Institut du porc, fiches techniques"],"corps":"::Pendant des siècles, chaque ferme engraissait son cochon avec les restes, et le tuait en hiver en une grande journée de travail et de fête, où tout le village mettait la main aux boudins. « Tout est bon dans le cochon. » Aujourd'hui, une règle a changé et elle compte : en Europe, on n'a plus le droit de lui donner les restes de cuisine, à cause des épidémies.::\n\n## Ce qu'il donne\n\n- **De la viande et du lard**, qui se salent, se fument et se gardent l'hiver. Voir [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]].\n- **De la graisse** : saindoux, confits. Voir [[TEC-ALI-027]].\n- **Un labour** : laissé dans un enclos, il retourne la terre, mange les racines et les larves, et fume le sol. On déplace l'enclos, on sème derrière.\n\n## Le nourrir\n\n- **Céréales, légumes du jardin, pommes de terre cuites, fruits tombés, petit-lait**, glands et châtaignes à l'automne.\n- **Interdit** : les restes de repas et de cuisine contenant de la viande ou venant d'une cuisine. C'est ainsi que se propagent la fièvre aphteuse et la **peste porcine africaine**, qui tue les porcs et ruine des régions entières.\n- **De l'eau** propre à volonté.\n\n## Le loger\n\n- **Un abri** sec et paillé, et **une bauge** de boue : le cochon ne transpire presque pas ; la boue le rafraîchit et le protège du soleil.\n- **Une clôture solide**, doublée d'un fil électrique bas : il soulève et creuse.\n- **Loin des sangliers** : le contact avec eux transmet les maladies.\n\n## La loi\n\n- **Tout porc** doit être identifié et déclaré, même un seul.\n- **L'abattage familial** pour sa propre consommation est permis en France sous conditions ; on se renseigne auprès des services vétérinaires. Voir [[TEC-ELE-007]] et [[TEC-MET-012]].\n- **La trichine** : viande cuite à cœur, toujours.\n\n## À savoir\n\nLe cochon est intelligent, curieux, et s'ennuie : de la paille, des branches, de la terre à fouiller le rendent calme. Un cochon bien traité est un cochon facile.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-017","titre":"Les canards et les oies","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["canards","oies","coureurs indiens","limaces","oeufs","duvet","gardiennage","renard","grippe aviaire","declaration"],"sources":["ITAVI, Institut technique de l'aviculture, fiches palmipèdes","Ministère de l'Agriculture, déclaration des détenteurs de volailles et mesures contre l'influenza aviaire","Ashton C., Domestic Duck, Crowood Press, 2001"],"corps":"::Le canard coureur indien marche debout comme une bouteille, ne vole pas, et passe ses journées à chasser les limaces dans les rangs du potager sans toucher aux salades. Certaines races de canards pondent presque autant que les meilleures poules. Et une oie donne l'alerte plus fort qu'un chien.::\n\n## Les canards\n\n- **Les coureurs indiens** : chasseurs de limaces et d'insectes, bons pondeurs.\n- **Les canards pondeurs** (comme le Khaki Campbell) : jusqu'à plus de deux cents œufs par an.\n- **Le canard de Barbarie** : silencieux, bonne viande, bonne couveuse.\n- **Plus rustiques** que les poules, ils attrapent moins de maladies.\n\n## Les oies\n\n- **Elles broutent** : l'herbe devient viande, et elles tondent un verger.\n- **Elles gardent** : elles crient au moindre inconnu. Voir [[SURV-DEF-008]].\n- **Leur duvet** fait les meilleures couettes et vestes. Voir [[SURV-ABRI-002]].\n\n## Les besoins\n\n- **De l'eau** : pas forcément une mare, mais au moins un bac assez profond pour y plonger la tête et se nettoyer les yeux et les narines. Changé souvent, il devient vite boueux.\n- **Un abri fermé la nuit** : le renard ne pardonne pas un soir d'oubli.\n- **À manger** : de l'herbe, des restes de légumes, du grain, et du petit gravier pour digérer. **Pas de pain** en quantité : il les nourrit mal.\n- **De la place** : ils salissent vite un petit enclos.\n\n## Les œufs\n\nPlus gros et plus riches que ceux des poules. On les cuit bien, et on les ramasse chaque jour, propres.\n\n## La loi et les épidémies\n\n- **En France**, tout détenteur de volailles, même quelques-unes, doit se déclarer en mairie.\n- **Pendant les épisodes de grippe aviaire**, on doit enfermer ou protéger ses volailles sous filet pour éviter tout contact avec les oiseaux sauvages. Voir [[TEC-SAN-035]].\n\nLes poules : [[TEC-ELE-008]]. Protéger les cultures : [[TEC-AGR-031]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-016","titre":"Élever des insectes","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["insectes","vers de farine","grillons","mouche soldat noire","proteines","poules","poissons","dechets","elevage"],"sources":["FAO, Edible insects: future prospects for food and feed security, 2013","EFSA, avis sur la sécurité des larves de ténébrion meunier séchées, 2021","Dortmans B. et al., Black Soldier Fly Biowaste Processing, Eawag, 2017"],"corps":"::Pour produire un kilo de viande, un bœuf mange environ quatre fois plus qu'un grillon. Des insectes, il suffit d'une caisse, de restes de céréales et de légumes, et de quelques semaines. Ils nourrissent les poules, les poissons, et ceux qui ont surmonté leur dégoût.::\n\n## Les vers de farine\n\n- **Une caisse** en plastique lisse (ils ne grimpent pas), un couvercle aéré.\n- **Une litière** de son de blé ou de flocons d'avoine, quelques centimètres, qui sert aussi de nourriture.\n- **Des morceaux de légumes** (carotte, pomme de terre) pour l'eau, changés avant qu'ils moisissent.\n- **Le cycle** : larves, nymphes, petits coléoptères noirs qui pondent. Trois à quatre mois à température de maison.\n- **Récolter** les larves au tamis, garder les coléoptères pour la suite.\n\n## Les grillons\n\n- **Une caisse ventilée**, au chaud (vers 28 à 30 °C), des boîtes d'œufs en carton pour qu'ils se cachent.\n- **Un bac de terre humide** où ils pondent, déplacé dans une autre caisse pour l'éclosion.\n- **Nourriture** : céréales, légumes, verdure. **De l'eau** sur une éponge humide (ils se noient dans une coupelle).\n- **Six à huit semaines** de l'œuf à l'adulte. Et ils chantent la nuit.\n\n## La mouche soldat noire\n\nSes larves dévorent les déchets de cuisine, le fumier, les fruits abîmés, et en fin de croissance **sortent d'elles-mêmes** du bac par une rampe pour chercher un endroit sec : on les récupère dans un seau. Une excellente nourriture pour les poules et les poissons. Voir [[TEC-ELE-008]] et [[TEC-ELE-015]].\n\n## Les manger\n\n- **Toujours cuits**, grillés ou bouillis, ou séchés puis réduits en poudre. Voir [[SURV-RES-007]].\n- **Les allergiques aux crustacés** peuvent réagir. Voir [[URG-ANA-001]].\n- **Une mise à jeun** d'un jour avant la récolte vide leur intestin.\n\n## Les règles\n\nPropreté, pas de moisissures, pas d'humidité stagnante, et des bacs qui ferment : des grillons échappés dans la maison, on les entend longtemps.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-015","titre":"Élever des poissons en bassin","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pisciculture","carpe","tanche","etang","dombes","aquaponie","lentille d'eau","oxygene","heron"],"sources":["FAO, Somerville C. et al., Small-scale aquaponic food production, Fisheries and Aquaculture Technical Paper 589, 2014","Agromisa, Agrodok 15 : la pisciculture à petite échelle en eau douce","Institut technique de l'aviculture, pisciculture et étangs"],"corps":"::Dans la Dombes et la Brenne, on élève la carpe dans les étangs depuis le Moyen Âge : tous les quelques années, on vide l'étang, on pêche, et on cultive son fond, enrichi par les poissons, avant de le remettre en eau. Un bassin bien mené donne des protéines sans pâturage, et l'eau qu'on vide nourrit le jardin.::\n\n## Les poissons\n\n- **La carpe et la tanche** : rustiques, elles supportent l'eau calme et tiède et mangent de tout.\n- **La truite** : il lui faut de l'eau froide, claire, courante et très oxygénée.\n- **Les tilapias**, dans les pays chauds ou sous serre chauffée : croissance rapide.\n- **Ne jamais relâcher** dans une rivière des poissons d'une espèce qui n'y vit pas.\n\n## Le bassin\n\n- **Un étang ou un bassin** assez profond (au moins un mètre à un mètre et demi par endroits) pour que les poissons passent l'été et l'hiver.\n- **L'oxygène** : c'est ce qui tue les poissons, pas la faim. Plantes aquatiques, une chute d'eau, une petite pompe à air. Des poissons qui bâillent en surface au petit matin manquent d'air.\n- **Pas trop de poissons**, et on ne donne que ce qu'ils mangent en quelques minutes : la nourriture en trop pourrit et asphyxie l'eau.\n\n## Les nourrir\n\nGranulés s'il y en a, et sinon **vers, larves, insectes, restes de céréales** et **lentilles d'eau**, qui poussent très vite à la surface d'un bac et sont riches en protéines. Voir [[TEC-ELE-016]].\n\n## L'aquaponie\n\nUn bac à poissons (une cuve de 1 000 litres coupée suffit) dont l'eau passe dans un bac de gravier planté de légumes, puis revient : **les déjections des poissons nourrissent les plantes, et les plantes nettoient l'eau**. Salades, herbes, tomates poussent sans terre. Voir [[TEC-IDE-020]] pour la cuve.\n\n## Les ennemis\n\n- **Le héron** et les autres pêcheurs : un filet tendu au-dessus, ou des fils.\n- **Les maladies** : poissons isolés, eau renouvelée, pas de surpopulation.\n\n## La loi\n\nCréer un étang, puiser dans un cours d'eau, élever certaines espèces : en France, cela demande souvent une déclaration ou une autorisation. On se renseigne avant de creuser.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-014","titre":"Le cheval et l'âne de travail","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["cheval de trait","ane","attelage","collier","debardage","labour","marechal-ferrant","cheval-vapeur","transport"],"sources":["Lefebvre des Noëttes R., L'Attelage. Le cheval de selle à travers les âges, 1931","Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), fiches techniques sur la traction animale","Watt J., définition du cheval-vapeur, vers 1782"],"corps":"::Quand James Watt voulut vendre ses machines à vapeur, il en mesura la force par rapport à celle des chevaux qui tournaient les manèges des brasseries : c'est l'origine du cheval-vapeur. Le cheval n'a pas disparu des forêts françaises : dans les bois fragiles et en pente, on sort encore les troncs avec des chevaux de trait, qui ne tassent pas le sol.::\n\n## Ce qu'ils font\n\n- **Tirer** : charrue, herse, charrette, grumes en forêt.\n- **Porter** : l'âne porte en général jusqu'à un cinquième ou un quart de son poids, sur des chemins où rien d'autre ne passe.\n- **Faire tourner** un manège : pompe, meule, pressoir.\n\n## Le cheval et l'âne\n\n- **Le cheval de trait** : puissant, calme, mais il mange beaucoup et demande de bons soins.\n- **L'âne** : sobre, rustique, il se contente d'herbes pauvres, vit trente ans et plus. Il réfléchit avant d'obéir : ce qu'on prend pour de l'entêtement est souvent de la prudence.\n\n## Le harnais\n\n**Le collier d'épaule**, rigide et bien ajusté, permet à l'animal de pousser de tout son poids avec les épaules. Les attelages anciens qui serraient la gorge l'étouffaient dès qu'il tirait fort. Un collier mal ajusté blesse : on le fait adapter à chaque bête.\n\n## Les soins\n\n- **À manger** : surtout du foin et de l'herbe, en quantité, un peu de grain pour les jours de gros travail. **De l'eau** propre à volonté, plusieurs dizaines de litres par jour.\n- **Les pieds** : parés et, si l'animal travaille sur route ou sol dur, ferrés par un maréchal-ferrant toutes les six à huit semaines.\n- **Les dents**, les vermifuges, les vaccins.\n- **Un abri** contre la pluie et le vent, et de la compagnie : ce sont des animaux de troupeau.\n- **Le repos** : un cheval qui travaille a besoin de pauses, et d'une journée sans travail par semaine.\n\n## La sécurité\n\n- **Ne jamais passer derrière** un cheval sans lui parler et poser la main sur lui.\n- **Apprendre avec quelqu'un** qui sait mener un attelage : un cheval qui s'emballe avec une charrette est un accident grave.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. La charrette : [[SURV-REC-049]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-013","titre":"Traire et soigner une mamelle","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["traite","lait","vache","chevre","mammite","hygiene","filtrer","refroidir","trayons"],"sources":["FAO, Milking, milk production hygiene and udder health, Animal Production and Health Paper 78, 1989","Institut de l'élevage (Idele), hygiène de la traite","Jenner E., An Inquiry into the Causes and Effects of the Variolae Vaccinae, 1798"],"corps":"::Les trayeuses du XVIIIe siècle attrapaient la vaccine en trayant les vaches, et ne prenaient jamais la variole : c'est en les observant qu'Edward Jenner a inventé le vaccin. Traire, c'est un geste simple qu'on apprend en quelques jours, et une hygiène qui décide si le lait nourrit ou rend malade.::\n\n## Avant de traire\n\n- **Le calme** : toujours à la même heure, au même endroit, deux fois par jour à environ douze heures d'intervalle.\n- **Les mains propres**, ongles courts.\n- **Nettoyer les trayons** avec un linge propre humide, puis les sécher.\n- **Les premiers jets** de chaque trayon dans un bol sombre : on les jette, et on regarde. **Des grumeaux, des filaments, du sang, un lait aqueux** : un début de mammite.\n\n## Le geste\n\n1. **Fermer le haut du trayon** entre le pouce et l'index, pour que le lait ne remonte pas.\n2. **Serrer ensuite les autres doigts un à un**, du haut vers le bas : le lait jaillit.\n3. **Relâcher** pour que le trayon se remplisse, et recommencer. **On ne tire pas** sur le trayon.\n4. **Vider complètement** la mamelle, sans insister quand il ne vient plus rien.\n\n## Après\n\n- **Filtrer** le lait à travers un linge propre ou un filtre.\n- **Le refroidir vite**, au frais ou dans un seau d'eau froide. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Le chauffer** avant de le donner aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes fragiles. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Laver** tout le matériel à l'eau chaude.\n\n## La mammite\n\n**Un quartier chaud, gonflé, dur ou douloureux**, un lait anormal, parfois de la fièvre et une bête abattue.\n\n- **Traire ce quartier souvent**, pour le vider.\n- **Le vétérinaire** pour les antibiotiques, et **on jette le lait** pendant le traitement et le délai indiqué après.\n- **Prévenir** : litière propre et sèche, traite complète et régulière, trayons désinfectés après la traite.\n\nLa chèvre : [[TEC-ELE-011]]. Le vétérinaire : [[TEC-MET-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-012","titre":"Soigner un chien ou un chat","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chien","chat","toxiques","chocolat","raisin","paracetamol","premiers secours","dilatation de l'estomac","museler","identification"],"sources":["CNITV, Centre national d'informations toxicologiques vétérinaires, toxiques courants","Ordre national des vétérinaires, conseils aux propriétaires","Ministère de l'Agriculture, identification obligatoire des chiens et des chats"],"corps":"::Un seul comprimé de paracétamol peut tuer un chat. Le chocolat, le raisin, l'oignon, l'édulcorant des chewing-gums empoisonnent les chiens. La plupart des urgences des animaux de maison viennent de ce qu'on leur donne en croyant bien faire. Et même le chien le plus doux mord quand il a très mal.::\n\n## Ce qu'on ne donne jamais\n\n- **Aucun médicament humain** sans avis vétérinaire : **paracétamol** (mortel pour le chat), ibuprofène, aspirine.\n- **Chocolat**, surtout noir.\n- **Raisin et raisins secs** : ils détruisent les reins de certains chiens.\n- **Oignon, ail, poireau.** Voir [[TEC-AGR-021]].\n- **Le xylitol** (édulcorant des chewing-gums et de certains bonbons) : chute du sucre dans le sang chez le chien.\n- **Les os cuits**, qui éclatent en échardes.\n- **L'alcool**, les produits ménagers, l'antigel (sucré, il attire les animaux et tue).\n\nUn doute : un **centre antipoison vétérinaire** répond, ou le vétérinaire de garde.\n\n## Les urgences\n\n- **Un gros chien au ventre gonflé et dur**, qui essaie de vomir sans y arriver : l'estomac s'est peut-être retourné. **Vétérinaire dans l'heure.**\n- **Un chat mâle qui pousse dans sa litière sans uriner** : urètre bouché, il peut mourir en un à deux jours.\n- **Un coup de chaleur** : jamais un animal dans une voiture au soleil. Le mouiller, le mettre à l'ombre, vétérinaire. Voir [[URG-CHAL-001]].\n- **Un empoisonnement, une convulsion, une respiration difficile, un saignement** qui ne s'arrête pas.\n\n## Manipuler un animal blessé\n\n- **Le museler** avant de le toucher : une bande de tissu nouée autour du museau puis derrière les oreilles (pas pour un chat ni un chien qui vomit ou respire mal).\n- **Le chat** : l'envelopper dans une serviette.\n- **Le porter** sur une planche ou une couverture tendue s'il ne peut pas marcher.\n\n## La base\n\n- **Vaccins, vermifuges**, traitement contre les puces et les tiques. Voir [[TEC-SAN-021]].\n- **L'identification** (puce ou tatouage) est obligatoire en France pour les chiens et les chats : elle permet de les retrouver.\n- **En cas d'évacuation**, on prend l'animal, sa laisse, sa nourriture et ses papiers. Voir [[SURV-CRI-004]].\n\nLe vétérinaire : [[TEC-MET-015]]. Les chiens menaçants : [[SURV-DEF-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-011","titre":"La chèvre","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chevre","lait","fromage","cloture","broussailles","parage des onglons","chevreau","identification","troupeau"],"sources":["Zeder M.A., Hesse B., The initial domestication of goats (Capra hircus) in the Zagros mountains 10,000 years ago, Science, 2000","Institut de l'élevage (Idele), fiches techniques caprines","FAO, élevage caprin et petits producteurs"],"corps":"::On l'a appelée la vache du pauvre : elle mange ce que la vache refuse, ronces, broussailles, feuillages, tient sur un terrain en pente et donne plusieurs litres de lait par jour. La chèvre a été domestiquée il y a environ 10 000 ans dans les montagnes du Zagros. Depuis, elle s'échappe de tous les enclos que l'homme a construits.::\n\n## Ce qu'elle donne\n\n- **Du lait** : deux à quatre litres par jour pour une bonne laitière, pendant une dizaine de mois après la mise bas. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **Des chevreaux**, pour la viande ou pour agrandir le troupeau.\n- **Un débroussaillage** gratuit.\n- **Du fumier.** Voir [[TEC-AGR-017]].\n\n## Les besoins\n\n- **Jamais une chèvre seule** : c'est un animal de troupeau. Au moins deux.\n- **Un abri** sec, sans courant d'air : elle déteste la pluie plus que le froid.\n- **À manger** : broussailles, feuillages, herbe, et du **foin** l'hiver. Une **pierre à sel** et de l'eau propre en permanence.\n- **Une clôture sérieuse** : 1,20 m au moins, grillage tendu ou fil électrique. Elle saute, grimpe, se faufile.\n\n## Les soins\n\n- **Parer les onglons** (les sabots) toutes les quelques semaines avec un sécateur : trop longs, ils la font boiter.\n- **Les parasites** : surveiller l'état, les crottes, les muqueuses de l'œil (pâles, c'est une anémie).\n- **La mise bas** : le plus souvent seule, au printemps. On surveille, on aide seulement si ça traîne.\n- **Pour avoir du lait**, il faut qu'elle mette bas : chaque année, une saillie à l'automne.\n\n## Les pièges\n\n- **Les plantes toxiques** : if, laurier-rose, rhododendron, feuilles de laurier-cerise. Voir [[TEC-BOT-003]].\n- **Les arbres fruitiers** : elle les écorce et les tue. On protège les troncs.\n- **Le lait cru** : attention à la brucellose et aux autres maladies transmises. Voir [[TEC-SAN-035]].\n\n## La loi\n\nEn France, chaque chèvre doit être **identifiée** et déclarée auprès de l'établissement de l'élevage du département, même pour une ou deux bêtes.\n\nL'élevage : [[TEC-ELE-001]]. Choisir une espèce : [[TEC-ELE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-010","titre":"Les abeilles","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["abeilles","ruche","miel","cire","essaim","varroa","frelon asiatique","pollinisation","piqure"],"sources":["IPBES, Assessment report on pollinators, pollination and food production, 2016","Ministère de l'Agriculture, déclaration annuelle des ruchers","ITSAP, Institut de l'abeille, fiches techniques"],"corps":"::Plus d'un tiers de ce que l'humanité mange dépend des pollinisateurs. Une ruche, c'est du miel, de la cire, et des récoltes doublées au verger d'à côté. Un essaim accroché à une branche au printemps n'est pas une menace : gavées de miel pour le voyage, les abeilles n'ont jamais été aussi calmes.::\n\n## Ce que donne une ruche\n\n- **Du miel** : de 10 à 30 kilos par an selon les fleurs et la météo, après avoir laissé aux abeilles de quoi passer l'hiver (15 à 20 kilos).\n- **De la cire** : bougies, cirage, imperméabilisant pour le bois et le tissu.\n- **La pollinisation** des arbres fruitiers, des courges, des fraises, des haricots.\n\n## Commencer\n\n- **Un rucher-école** ou une association locale : quelques séances de formation évitent la plupart des erreurs.\n- **Un essaim ou une colonie** achetée au printemps, une ruche (en France, surtout le modèle Dadant), une combinaison, un voile, un enfumoir, un lève-cadre.\n- **En France**, toute ruche se **déclare chaque année**, dès la première. Des distances avec les voisins sont fixées par arrêté dans chaque département.\n\n## Travailler avec elles\n\n- **Par beau temps**, en milieu de journée, quand les butineuses sont dehors.\n- **L'enfumoir** : quelques bouffées à l'entrée. La fumée masque l'odeur d'alarme et calme la colonie.\n- **Gestes lents**, pas de parfum, vêtements clairs.\n- **Récolter** seulement les cadres operculés (fermés de cire), en laissant les réserves d'hiver.\n\n## Les menaces\n\n- **Le varroa**, un acarien parasite, tue les colonies non traitées en deux ou trois ans. Le traitement est indispensable.\n- **Le frelon asiatique**, arrivé en France en 2004, chasse devant les ruches à la fin de l'été.\n- **Les pesticides** et le manque de fleurs.\n\n## Les piqûres\n\n**Retirer le dard vite**, en grattant avec un ongle. Gonflement et douleur sont normaux. **Gêne pour respirer, malaise, gonflement du visage ou urticaire sur tout le corps** : allergie grave, le 15. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n## Le miel\n\nBien fermé, il se garde des années. Il cristallise, c'est normal : on le réchauffe doucement au bain-marie. **Jamais aux enfants de moins d'un an.** Voir [[TEC-ALI-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-009","titre":"Le lapin","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lapin","clapier","elevage","foin","myxomatose","vhd","reproduction","viande","fumier"],"sources":["Lebas F. et al., The rabbit: husbandry, health and production, FAO, 1997","ITAVI, Institut technique de l'aviculture, fiches cunicoles"],"corps":"::Une lapine donne une trentaine de petits par an, nourris d'herbe, de foin et d'épluchures, dans un clapier de deux mètres carrés. Pendant les guerres et les pénuries, le lapin de clapier a nourri les villes et les banlieues. La FAO le conseille encore aux petits éleveurs du monde entier.::\n\n## Le logement\n\n- **Un clapier au sec, à l'ombre, aéré sans courant d'air.** Le lapin supporte le froid, **pas la chaleur** : au-dessus de 30 °C, il peut mourir.\n- Une case par adulte, un coin nid pour la lapine.\n- **Nettoyer souvent** : la saleté et l'humidité donnent la plupart des maladies.\n\n## La nourriture\n\n- **Du foin à volonté** : c'est la base, pour la digestion et les dents qui poussent sans arrêt.\n- **De l'herbe et des feuilles** variées, cueillies **sèches** : l'herbe mouillée ou tassée qui fermente fait gonfler le ventre et tue.\n- Des épluchures, du pain sec en petite quantité, des granulés si on en a.\n- **De l'eau propre** toujours.\n- **Jamais** : if, laurier-rose, rhododendron, feuilles de pomme de terre ou de tomate. Dans le doute, on ne donne pas.\n\n## La reproduction\n\n- **On amène la lapine chez le mâle**, jamais l'inverse : la femelle défend son territoire.\n- **Gestation de 31 jours.** Quelques jours avant, elle s'arrache des poils pour faire le nid.\n- On ne touche pas au nid les premiers jours ; sevrage vers 5 à 6 semaines.\n- Les jeunes sont prêts vers **10 à 12 semaines**, autour de 2,5 kg.\n\n## La santé\n\n- **La myxomatose** (transmise par les moustiques et les puces) et la **maladie hémorragique virale** tuent des élevages entiers. **Des vaccins existent** ; en crise, moustiquaire sur le clapier et aucun contact avec les lapins sauvages.\n- **Diarrhée, ventre gonflé, lapin qui ne mange plus** : urgence, isoler, foin et eau seulement.\n\n## Tout se garde\n\nLa viande, la peau (tannée, elle fait des doublures chaudes), et les crottes, un **fumier qui s'épand directement** au potager sans brûler les plantes.\n\nAbattre et transformer : [[TEC-ELE-007]]. Les poules : [[TEC-ELE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-008","titre":"Les poules, pour commencer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["poules","oeufs","poulailler","renard","alimentation","ponte","basse-cour","compost"],"sources":["ITAVI (Institut technique de l'aviculture), élevage de poules pondeuses en petits effectifs","FAO, Small-scale poultry production, technical guide","Ministère de l'Agriculture, déclaration et biosécurité des basses-cours de particuliers"],"corps":"::Trois poules dans un jardin, c'est des œufs presque tous les jours, les restes de cuisine qui disparaissent, les limaces mangées, et du fumier pour le potager. C'est l'animal le plus simple pour commencer un élevage.::\n\n## Commencer\n\n- **Trois à cinq poules** pour une famille. Pas besoin de coq pour avoir des œufs ; il en faut un seulement pour avoir des poussins.\n- **Des races rustiques** qui pondent bien et supportent le froid, ou des poules de réforme d'élevage, adoptées pour leur donner une seconde vie.\n- **En France, on déclare sa basse-cour à la mairie**, même pour quelques poules.\n\n## Le poulailler\n\n- **À l'intérieur** : environ un mètre carré pour trois poules, sec, aéré sans courant d'air.\n- **Des perchoirs** en bois, à 50 cm du sol : elles dorment perchées.\n- **Un pondoir** (une caisse avec de la paille) pour quatre ou cinq poules.\n- **Un parcours** extérieur, le plus grand possible : **plusieurs mètres carrés par poule**, avec de l'herbe, de l'ombre, un bac de sable ou de terre sèche pour leurs bains de poussière.\n\n## Le renard\n\n**C'est lui qui décide de tout.** Il tue souvent toutes les poules d'un coup, de nuit.\n\n- **On ferme le poulailler chaque soir**, sans exception.\n- **Grillage solide** (pas du grillage à poules fin), **enterré de 30 cm** ou replié vers l'extérieur au sol : il creuse.\n- **Un toit ou un filet** sur le parcours là où les rapaces chassent.\n\n## Nourrir\n\n- **Environ 120 à 150 g de grain ou d'aliment par poule et par jour**, plus les restes de cuisine (légumes, pain, riz) et ce qu'elles trouvent dehors.\n- **De l'eau propre** toujours, changée chaque jour ; elle gèle l'hiver.\n- **Des coquilles d'huîtres broyées** ou des coquilles d'œufs séchées et écrasées : le calcium des coquilles.\n- **Pas d'avocat, ni d'aliments moisis ou pourris.**\n\n## Ce qu'elles donnent\n\n- **Des œufs** : 200 à 300 par an pour une bonne pondeuse les premières années, moins ensuite. **Elles pondent peu l'hiver** : la ponte dépend de la durée du jour.\n- **Du fumier**, excellent pour le compost. Voir [[TEC-AGR-003]].\n- **Un désherbage et une chasse aux insectes** gratuits, dans les allées et après la récolte. Voir [[TEC-AGR-010]].\n\n## Les soins\n\n- **Le pou rouge** : de minuscules acariens qui se cachent dans les perchoirs et piquent la nuit. Inspectez les fentes des perchoirs, nettoyez, saupoudrez de terre de diatomée.\n- **Une poule qui se tient en boule, plumes ébouriffées, ne mange plus** : isolez-la.\n- **Grippe aviaire** : en période d'alerte, les poules doivent être protégées des oiseaux sauvages (filet, abri). Voir [[TEC-ELE-006]].\n\nPour aller plus loin dans l'élevage : [[TEC-ELE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-007","titre":"Abattre et transformer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["elevage","abattage","transformation","conservation"],"sources":["FAO — Manual on simple methods of meat preservation","FAO — Guidelines for humane handling and slaughter","USDA — Meat handling and cooling"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":6,"corps":"::Un animal abattu et non transformé dans la journée est en grande partie perdu. C'est pourquoi l'abattage se prépare avant de se faire.::\n\n## Se préparer\n\nTout doit être prêt avant, parce qu'après il n'y aura plus de temps.\n\n**De l'eau propre en quantité**, bien plus qu'on ne l'imagine. **Un couteau réellement affûté** — voir [[TEC-MEC-005]] : un couteau émoussé rallonge tout et provoque les accidents. **Une surface propre et surélevée.** **Un moyen de suspendre** la carcasse : la gravité fait la moitié du travail. **De quoi refroidir**, et **de quoi traiter les déchets** immédiatement.\n\nLe moment se choisit : **par temps froid**, et le matin, pour avoir la journée entière devant soi.\n\n## Les trois principes\n\n**La saignée doit être rapide et complète.** Le sang est ce qui se dégrade le plus vite et attire le plus. Une carcasse mal saignée se conserve mal, quelle que soit la suite.\n\n**Les viscères se retirent immédiatement.** Ils fermentent et contaminent la viande en quelques heures. C'est l'étape à ne jamais reporter, et il faut éviter de percer le tube digestif.\n\n**Le refroidissement rapide conditionne toute la conservation ultérieure.** Une carcasse laissée tiède se dégrade de l'intérieur. On l'ouvre, on la suspend, on la met à l'air frais et ventilé, à l'abri des insectes.\n\n## Tout se transforme\n\nC'est ici que la valeur réelle apparaît. Un animal ne se limite pas à sa viande.\n\n**La viande** se conserve par séchage, fumage ou salaison, procédés détaillés dans [[TEC-CONS-001]]. Le choix dépend du climat : le séchage à l'air demande un air sec, le fumage fonctionne partout.\n\n**La graisse** est la ressource la plus précieuse et la plus systématiquement gaspillée. Elle sert en cuisine, où elle apporte l'énergie dense qui manque le plus — voir [[TEC-ALI-001]] —, à l'éclairage, à la protection du métal contre la corrosion, et au savon décrit dans [[TEC-CHI-002]].\n\n**La peau** se tanne et devient cuir : lien, chaussure, contenant, courroie.\n\n**Les os** donnent des outils, des aiguilles, et par cuisson prolongée une colle. La moelle est un aliment très dense.\n\n**Les tendons** fournissent le lien le plus résistant disponible sans industrie, et il se resserre en séchant — voir [[TEC-MAT-003]].\n\n**Les abats** se consomment rapidement et sont riches en éléments qui manquent ailleurs, notamment le fer et plusieurs vitamines.\n\n## Ce qu'il faut éviter\n\nNe jamais consommer un animal trouvé mort sans savoir de quoi. Ne jamais laisser les déchets à proximité du campement ou de l'habitation — voir [[SURV-ANI-001]]. Ne jamais reporter le traitement au lendemain.\n\nEt cuire à cœur systématiquement, en particulier le porc et le gibier, pour les raisons exposées dans [[SURV-COM-001]].\n\n## L'organisation\n\nÀ plusieurs, c'est beaucoup plus rapide et plus propre : un qui abat, un qui suspend et ouvre, un qui traite les morceaux au fur et à mesure, un qui gère l'eau et les déchets.\n\nC'est aussi ce qui explique que l'abattage ait été traditionnellement un moment collectif, et souvent l'occasion d'un partage : **une bête abattue produit plus de viande fraîche qu'une famille ne peut en consommer avant qu'elle ne se dégrade.** Partager aujourd'hui, c'est recevoir plus tard — mécanisme décrit dans [[SURV-TROC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-006","titre":"Santé et pertes du troupeau","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["elevage","sante","parasites","prevention"],"sources":["FAO — Animal health, smallholder guidelines","OMS — Zoonoses and the human-animal interface","INRAE — parasitisme des ruminants au pâturage"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":5,"corps":"::L'essentiel des pertes ne vient pas de maladies spectaculaires. Elles viennent de trois causes ordinaires, et les trois se préviennent par les conditions.::\n\n## Les trois causes réelles\n\n**Les parasites**, internes et externes. Ce sont les premiers responsables des pertes en élevage extensif, et ils agissent lentement : l'animal maigrit, produit moins, résiste moins bien à tout le reste. La prévention passe presque entièrement par le pâturage tournant décrit dans [[TEC-ELE-004]].\n\n**Les troubles digestifs**, presque toujours liés à un changement d'alimentation trop rapide chez un ruminant, ou à une eau souillée — voir [[TEC-ELE-003]].\n\n**Les prédateurs**, y compris et surtout les chiens errants, qui causent bien plus de dégâts que la faune sauvage — voir [[SURV-ANI-001]].\n\nAucune des trois ne demande de médicament pour être évitée. **Toutes trois demandent des conditions correctes**, ce qui est une bonne nouvelle et une contrainte quotidienne.\n\n## Ce qu'il faut observer chaque jour\n\nUn éleveur voit ses animaux tous les jours, et c'est là que se fait l'essentiel du travail sanitaire. Quatre signes valent tous les examens.\n\n**L'animal mange-t-il ?** L'arrêt de l'alimentation est le premier signe, quelle que soit la cause.\n\n**Rumine-t-il ?** Chez un ruminant, l'arrêt de la rumination est un signal fort et précoce.\n\n**Reste-t-il avec le groupe ?** Un animal qui s'isole est malade. C'est un comportement instinctif, et il est très fiable.\n\n**Comment sont ses déjections ?** Consistance, couleur, présence de sang ou de parasites visibles.\n\n**Un animal qui présente l'un de ces signes se sépare avant qu'on ait compris pourquoi.** L'isolement coûte peu et évite une contamination du troupeau.\n\n## Les maladies transmissibles à l'humain\n\nC'est un point à connaître, sans dramatiser. La promiscuité avec les animaux domestiques est l'origine documentée d'une grande partie des maladies infectieuses humaines — mécanisme historique décrit dans [[MEM-AGR-001]].\n\nTrois précautions couvrent l'essentiel du risque. **Ne pas dormir avec les animaux.** **Se laver les mains** après les avoir manipulés, et avant de manger — voir [[TEC-SAN-004]]. **Traiter le lait** avant consommation, par chauffage ou par fermentation.\n\nS'y ajoute une règle qui vaut toujours : **un animal trouvé mort sans qu'on sache de quoi ne se mange pas**, et sa dépouille s'éloigne ou s'enterre profondément.\n\n## Sans médicament\n\nC'est la situation par défaut dans un élevage autonome, et elle est parfaitement tenable si la prévention est correcte.\n\nCe qui reste possible : isoler, réhydrater, réduire la charge parasitaire par la rotation, améliorer la litière et la ventilation, et soigner les plaies selon [[TEC-SAN-001]].\n\nCe qui ne l'est pas : traiter une infection installée. Il faut le savoir, parce que cela change les décisions. **Face à un animal gravement atteint et sans traitement disponible, la décision d'abattre tôt vaut mieux que d'attendre** : elle épargne la souffrance et permet de récupérer la carcasse pendant qu'elle est encore utilisable.\n\nL'abattage et la transformation sont traités dans [[TEC-ELE-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-005","titre":"Reproduire un troupeau","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["elevage","reproduction","selection"],"sources":["INRAE — bases de la reproduction des ruminants","FAO — Animal genetic resources and breeding"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":4,"corps":"::C'est ce qui distingue un élevage d'une réserve qui s'épuise. Sans reproduction maîtrisée, un troupeau n'est qu'un stock qui décroît.::\n\n## Les trois notions à connaître\n\n**Le cycle.** La femelle n'est réceptive qu'à certains moments. Chez plusieurs espèces, cette réceptivité est saisonnière et déclenchée par la durée du jour, ce qui fait naître les jeunes au moment où l'herbe repousse. Ce n'est pas un hasard : c'est ce qui a permis à ces espèces de survivre avant nous.\n\n**La gestation**, dont la durée est propre à chaque espèce et qu'il faut connaître pour anticiper. Elle détermine la date de mise bas, donc la disponibilité de fourrage à ce moment, donc la survie des jeunes.\n\n**Le sevrage**, passage du lait à l'alimentation solide. C'est la période la plus fragile de toute la vie de l'animal, et celle où les pertes sont les plus fréquentes. Il se fait progressivement — voir [[TEC-ELE-003]] pour la transition alimentaire, qui obéit à la même logique chez le jeune que chez l'adulte.\n\n## Garder la diversité\n\nUn troupeau issu d'un seul mâle sur plusieurs générations perd en vigueur, en fertilité et en résistance. Le phénomène est mesuré et il s'installe plus vite qu'on ne le croit sur un petit effectif.\n\nIl n'y a que deux remèdes. **Garder plusieurs lignées** si l'effectif le permet, ce qui est rarement le cas dans un petit élevage. Ou **échanger des reproducteurs** avec d'autres éleveurs.\n\nLa seconde solution est la plus réaliste, et elle a une conséquence : **un élevage durable est une activité sociale autant que technique.** On ne tient pas seul sur plusieurs générations. C'est un cas concret de ce que décrit [[SURV-TROC-001]] — et une raison de plus d'entretenir un réseau avant d'en avoir besoin.\n\n## Sélectionner sur ce qui compte\n\nLa tentation est de garder les plus productifs. C'est une erreur dans un contexte où l'on ne maîtrise pas l'alimentation.\n\nLes critères qui tiennent sur la durée sont la **santé**, la **docilité** — un animal difficile coûte du temps et provoque des accidents —, l'**aptitude maternelle**, c'est-à-dire la capacité à mener ses petits jusqu'au sevrage, et la **capacité à valoriser un aliment pauvre**.\n\nLe rendement pur vient après. **Un animal très productif et fragile ne survit pas à une mauvaise année**, et c'est la mauvaise année qui décide de tout.\n\n## Tenir un registre\n\nC'est ce qui sépare un élevage d'un troupeau subi.\n\nNotez les naissances avec leur date, la mère, le père, le nombre de petits, ceux qui ont survécu au sevrage. En deux ou trois saisons, ce registre vous dit quelles femelles élèvent bien, lesquelles perdent leurs jeunes, et quelles lignées se croisent déjà trop.\n\nSans écrit, la mémoire attribue les qualités au hasard des impressions — c'est exactement le mécanisme décrit dans [[MEM-CIT-001]] à propos de la naissance de l'écriture comptable, et il n'a pas changé.\n\nLe chapitre suivant traite de la santé et des pertes : voir [[TEC-ELE-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-004","titre":"Loger et clôturer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["elevage","abri","cloture","parasites"],"sources":["FAO — Housing for smallholder livestock","INRAE — gestion du pâturage et parasitisme"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":3,"corps":"::L'abri ne sert pas à réchauffer. Il sert à couper la pluie, le vent et les prédateurs, et il doit rester ventilé.::\n\n## Ce qu'un abri doit faire\n\n**Couper la pluie et le vent.** L'humidité est bien plus nuisible que le froid : un animal sec supporte des températures très basses, un animal mouillé non.\n\n**Rester ventilé.** C'est le point que tout le monde rate. Les déjections dégagent de l'ammoniac, qui attaque les voies respiratoires. Un bâtiment fermé pour « garder la chaleur » rend les animaux malades en quelques semaines. **Un abri doit toujours avoir une entrée et une sortie d'air.**\n\n**Rester sec au sol.** Une litière humide est la première cause de problèmes de pieds et de parasites. Elle se renouvelle régulièrement, et le fumier récupéré retourne au jardin — voir [[TEC-SOL-001]].\n\n**Protéger des prédateurs**, y compris par le dessous et par le dessus. Les pertes en volaille viennent presque toujours d'un point faible du bas ou du toit, pas de la porte — voir [[SURV-ANI-001]].\n\n## La clôture, par espèce\n\nElle se dimensionne sur le comportement, pas sur la taille.\n\n**Les volailles** volent et se font emporter par le haut. Il faut un couvert, et un enterrement du grillage pour empêcher de creuser.\n\n**Les chèvres** sautent, escaladent, passent la tête partout et testent chaque point faible quotidiennement. Aucune clôture improvisée ne les retient longtemps : c'est le facteur limitant de leur élevage.\n\n**Les porcs** poussent et creusent. La clôture doit être solide en bas, et non en haut.\n\n**Les moutons** suivent le groupe : une clôture modeste suffit tant qu'ils sont ensemble et qu'il n'y a rien de mieux ailleurs.\n\n**Les bovins** respectent une barrière visible tant qu'ils ne sont pas paniqués.\n\n## Le pâturage tournant\n\nC'est la technique qui change le plus de choses pour le moins d'effort.\n\nElle consiste à déplacer régulièrement les animaux d'une parcelle à l'autre au lieu de les laisser au même endroit. Trois effets se cumulent.\n\n**L'herbe repousse.** Une parcelle pâturée en continu s'épuise, parce que la plante n'a jamais le temps de reconstituer ses réserves.\n\n**Le fumier se répartit** au lieu de se concentrer.\n\n**Le cycle des parasites se casse.** C'est l'effet le plus important. Les larves de parasites internes sont déposées avec les excréments, se développent dans l'herbe, et sont réingérées quelques semaines plus tard. Déplacer les animaux avant la fin de ce cycle interrompt la contamination sans aucun traitement. **C'est de très loin le meilleur outil sanitaire d'un élevage extensif.**\n\n## Quand on n'a presque rien\n\nUn abri se fait avec ce qui coupe la pluie et laisse passer l'air : branchages, tôles récupérées, bâche tendue en appentis. Le principe est le même que pour un abri humain, décrit dans [[SURV-ABRI-001]], sauf qu'on ne cherche pas l'étanchéité à l'air.\n\nUne clôture s'improvise avec des piquets et n'importe quel lien tendu — voir [[TEC-MAT-003]] — ou par des obstacles naturels : haie, talus, cours d'eau. Une clôture imparfaite mais complétée par une surveillance vaut mieux qu'une clôture parfaite sur un seul côté.\n\nLa reproduction du troupeau est traitée dans [[TEC-ELE-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-003","titre":"Nourrir un animal","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["elevage","alimentation","fourrage"],"sources":["INRAE — bases de l'alimentation des ruminants","FAO — Feeding systems for smallholder livestock"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":2,"corps":"::L'eau est le premier facteur limitant, avant l'aliment. Une privation d'une seule journée fait chuter la production, et c'est l'erreur la plus fréquente.::\n\n## Les quatre besoins\n\n**L'eau**, en premier et sans exception. Les besoins varient énormément selon l'espèce, la température et la production : une femelle en lactation en consomme plusieurs fois plus qu'un animal au repos. Une eau sale suffit à propager une maladie à tout un troupeau — voir [[TEC-SAN-004]].\n\n**L'énergie**, fournie par les glucides et les graisses, qui couvre l'entretien puis la production.\n\n**Les protéines**, nécessaires à la croissance, à la gestation et à la production laitière.\n\n**Les minéraux**, souvent négligés. Le sel en particulier : les herbivores en manquent naturellement et le recherchent activement. Une pierre à sel ou un apport régulier change l'état d'un troupeau. Le sel est aussi une ressource d'échange, voir [[SURV-TROC-001]].\n\n## Ruminants et monogastriques\n\nC'est la distinction qui gouverne tout le reste.\n\nLes **ruminants** — bovins, ovins, caprins — possèdent un estomac à compartiments où des micro-organismes digèrent la cellulose à leur place. Ils vivent donc d'herbe, de feuilles et de paille, que l'humain ne peut pas utiliser. C'est ce qui en fait des convertisseurs si intéressants.\n\nMais cette flore est vivante et lente à s'adapter. **On ne change jamais brutalement la ration d'un ruminant.** Un passage soudain d'un fourrage pauvre à un aliment riche provoque une acidose, parfois mortelle. Toute transition se fait sur une à deux semaines, progressivement.\n\nLes **monogastriques** — volailles, porcs, lapins dans une certaine mesure — ne digèrent pas la cellulose. Ils ont besoin d'aliments concentrés, donc ils entrent en concurrence directe avec l'alimentation humaine. C'est leur principale limite en période difficile.\n\n## Le fourrage conservé\n\nC'est ce qui permet de passer l'hiver, et donc de garder les animaux d'une année sur l'autre.\n\nLe **foin** est de l'herbe fauchée, séchée puis stockée. La règle est absolue : **il doit être parfaitement sec avant d'être rentré**. Un foin humide moisit, devient toxique, et peut s'échauffer jusqu'à s'enflammer spontanément — c'est une cause documentée d'incendie de bâtiment agricole, voir [[URG-INC-001]].\n\nLa **paille** nourrit peu mais elle occupe le rumen et sert de litière. Les **feuillages séchés** ont longtemps constitué une ressource hivernale majeure, récoltés en été sur les arbres taillés.\n\nLe calcul à faire avant l'hiver est simple et rarement fait : combien d'animaux, combien de jours, quelle ration quotidienne. **Un élevage se dimensionne sur le fourrage disponible en février**, pas sur l'herbe de juin.\n\n## Quand il n'y a pas assez\n\nTrois leviers, dans cet ordre.\n\n**Réduire l'effectif** avant l'hiver plutôt que pendant. C'est ce que faisaient traditionnellement les éleveurs, et c'est pour cela que l'abattage était saisonnier.\n\n**Élargir la ressource** : déchets de cuisine pour les monogastriques, feuillages, racines, épluchures, drêches, tout ce qui n'est pas consommable par l'humain.\n\n**Accepter la baisse de production.** Un animal sous-alimenté cesse de produire avant de dépérir. Maintenir l'entretien sans chercher la production permet de passer une mauvaise saison.\n\nLe chapitre suivant traite du logement et de la clôture : voir [[TEC-ELE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-002","titre":"Choisir une espèce","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["elevage","animaux","choix"],"sources":["FAO — Livestock production systems, technical guidelines","FAO — Small-scale poultry production"],"parent":"TEC-ELE-001","chapitre":1,"corps":"::Le critère décisif n'est ni la taille ni le rendement. C'est ce que l'animal mange, et ce que vous avez à lui donner.::\n\n## Le critère qui décide\n\nUn animal qui mange ce que vous mangez entre en concurrence avec vous. Un animal qui mange ce que vous ne pouvez pas digérer vous enrichit.\n\nC'est la première question à poser, avant le rendement, avant la taille, avant le prix. En période de pénurie, elle devient la seule qui compte.\n\n## Les volailles\n\nLe meilleur point de départ. Elles se contentent de déchets, d'insectes et de graines, occupent peu de place, produisent des œufs presque quotidiennement, se reproduisent vite, et **une erreur ne coûte pas grand-chose** — ce qui est décisif quand on apprend.\n\nLeur faiblesse est la prédation : rapaces, renards, chiens errants, rongeurs sur les œufs. L'enclos, et surtout sa fermeture nocturne, décident de tout.\n\n## Les lapins\n\nIls convertissent l'herbe et les végétaux avec une efficacité remarquable et se reproduisent extrêmement vite. Peu de place, peu de bruit, peu d'attention.\n\nLeur limite est nutritionnelle : leur viande est très maigre. Une alimentation reposant uniquement dessus expose au trouble décrit dans [[TEC-ALI-001]], où manger davantage aggrave la situation. Il faut une autre source de graisse à côté.\n\n## Les chèvres\n\nElles valorisent des terrains que rien d'autre ne valorise : broussailles, pentes, végétation ligneuse. Elles donnent du lait, elles sont robustes, elles supportent la sécheresse.\n\n**Elles s'échappent de tout.** La clôture est le problème central, et il ne se résout pas par la hauteur seule : une chèvre passe dessous, escalade ce qui dépasse, et teste chaque point faible tous les jours.\n\n## Les moutons\n\nIls tondent l'herbe rase, se gardent facilement en groupe, produisent laine, lait et viande. Plus dociles que les chèvres.\n\nIls sont en revanche nettement plus sensibles aux parasites internes, ce qui rend la rotation des parcelles indispensable — voir [[TEC-ELE-004]].\n\n## Les porcs\n\nIls convertissent presque tout, y compris les déchets de cuisine, avec le meilleur rendement en graisse de tous les animaux domestiques. C'est un argument considérable là où la graisse manque.\n\nIls demandent de l'eau, de l'ombre — ils ne transpirent pas et supportent mal la chaleur — et une clôture solide. Ils retournent le sol, ce qui est un défaut ou un outil selon ce qu'on veut en faire.\n\n## Les grands ruminants\n\nLait, travail et fumier en quantité. Un seul animal transforme une exploitation.\n\nMais ils exigent beaucoup de fourrage, un abri, un savoir-faire qui ne s'improvise pas, et leur perte est une catastrophe économique. **C'est le dernier animal à acquérir, jamais le premier.**\n\n## Comment trancher\n\nPosez les questions dans cet ordre : qu'est-ce qui pousse chez moi et que je ne peux pas manger ; combien de temps puis-je consacrer chaque jour ; quelle clôture puis-je réellement tenir ; que se passe-t-il si l'animal meurt.\n\nLa dernière question est la plus utile. **Commencez par une espèce dont la perte ne vous met pas en difficulté**, et montez ensuite. Le reste du parcours suppose ce choix fait : voir [[TEC-ELE-003]] pour l'alimentation.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ELE-001","titre":"L'élevage","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["elevage","animaux","agriculture","autonomie"],"sources":["FAO — Livestock production systems, technical guidelines","FAO — Small-scale poultry production, technical guide","INRAE — bases de la reproduction et de l'alimentation des ruminants"],"sommaire":"oui","parcours":"Lisez cette introduction, puis le chapitre sur le choix de l'espèce : les deux décident de tout le reste. Nourrir et Loger se lisent avant de recevoir le premier animal. Reproduire, Santé et Abattre se consultent ensuite, au fil des saisons, dans l'ordre où les questions se posent.","corps":"::Un animal ne se garde pas, il s'entretient. Ce qu'on met dedans chaque jour décide de ce qu'on en tire, et cela ne se rattrape pas.::\n\nCe sujet est trop vaste pour une seule fiche et trop lié pour être éparpillé. Il est découpé en six chapitres qui se lisent dans l'ordre la première fois, et se consultent séparément ensuite. Le premier, [[TEC-ELE-002]], conditionne tous les autres.\n\n## Ce qu'un élevage apporte vraiment\n\nUn animal domestique n'est pas d'abord de la viande. C'est un **convertisseur** : il transforme ce que l'humain ne peut pas digérer — herbe, feuilles, déchets, insectes — en choses qu'il peut utiliser.\n\nCette conversion produit, par ordre de régularité :\n\n**Du travail.** Traction, portage, labour. C'est historiquement l'usage le plus précieux, et celui qu'on oublie aujourd'hui.\n\n**Des produits renouvelables** : lait, œufs, laine, fumier. Ils reviennent chaque jour ou chaque saison sans que l'animal disparaisse. **C'est ce qui rend un élevage soutenable**, là où l'abattage est un événement unique.\n\n**Du fumier**, dont la valeur agronomique est considérable : il restitue au sol ce que la récolte lui a pris, et c'est ce qui a permis à l'agriculture de durer sur les mêmes parcelles pendant des siècles — voir [[TEC-SOL-001]].\n\n**De la viande et de la graisse**, en fin de parcours. La graisse mérite d'être soulignée : c'est souvent la ressource la plus rare et la plus recherchée, comme l'explique [[TEC-ALI-001]].\n\n**Un stockage vivant.** Un animal se conserve sans installation. Il transporte sa propre réserve, se déplace seul, et se prélève au moment voulu.\n\n## Ce qu'il faut accepter avant de commencer\n\nUn élevage ne se met pas en pause. Il faut être là tous les jours, y compris le jour où l'on voudrait faire autre chose, et **l'eau ne peut jamais manquer une seule journée**.\n\nIl impose aussi une contrainte de lieu. Un troupeau attache à un endroit, comme un grenier — c'est le mécanisme que décrit [[MEM-AGR-001]] à propos de l'agriculture, et il s'applique à l'identique.\n\nEnfin, il expose à des maladies transmissibles. La promiscuité avec les animaux domestiques est l'origine documentée d'une grande partie des maladies infectieuses humaines, et les précautions relèvent de [[TEC-SAN-004]].\n\n## Par où commencer\n\nSi vous partez de rien : des volailles, un enclos correct, de l'eau propre en permanence, et une saison entière d'observation avant d'ajouter quoi que ce soit.\n\nL'erreur classique est de prendre trop d'animaux trop vite. **Un élevage se juge sur ce qu'on peut nourrir en février, pas sur ce que le pâturage porte en juin.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-009","titre":"Dessiner pour expliquer","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["dessin","croquis","schema","plan","notice","etapes","fleches","langue","transmettre"],"sources":["Mijksenaar P., Westendorp P., Open Here: The Art of Instructional Design, Thames & Hudson, 1999","Tufte E., Envisioning Information, Graphics Press, 1990","Ware C., Information Visualization: Perception for Design, 3e édition, 2012"],"corps":"::Les notices de montage des meubles suédois n'ont presque pas un mot : des dessins, des flèches, des étapes numérotées, et elles se lisent dans le monde entier. Un croquis explique un nœud, une plaie, un chemin ou un branchement plus vite qu'une page de texte, à quelqu'un dont on ne parle pas la langue, ou à un enfant.::\n\n## Les règles d'un bon croquis\n\n- **Simple** : des traits, des formes de base, pas d'ombres ni de détails inutiles.\n- **Un seul point de vue** : de dessus (plan) ou de côté (coupe), et on le garde.\n- **Une échelle** : une main, une personne, une mesure écrite, pour qu'on comprenne la taille.\n- **Peu de mots**, des flèches, et des chiffres pour les dimensions. Voir [[TEC-IDE-018]].\n\n## Montrer un geste\n\n- **Des étapes numérotées**, une case par étape, comme une bande dessinée.\n- **Des flèches** pour le mouvement : tourner, tirer, pousser, verser.\n- **Le mauvais geste barré** à côté du bon : on comprend tout de suite ce qu'il ne faut pas faire.\n- **Le détail agrandi** dans un cercle : un nœud, un réglage, un point de couture.\n\n## Dessiner un chemin\n\nLes grandes lignes (routes, rivières, crêtes), les repères qu'on verra vraiment (pont, arbre isolé, pylône), la direction du nord, les distances en temps de marche. Voir [[SURV-ORI-003]].\n\n## Avec quoi\n\nCrayon, charbon de bois, craie, un bâton dans le sable, un marqueur sur un carton. On photographie le dessin pour le garder.\n\n## Pourquoi c'est utile\n\n- **Se faire comprendre** sans parler la même langue. Voir [[TEC-IDE-014]].\n- **Enseigner** un savoir-faire. Voir [[SURV-SOC-006]].\n- **Écrire une fiche** : les meilleures fiches sont souvent un dessin et trois phrases. Voir [[TEC-IDE-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-008","titre":"Chanter à plusieurs","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chant","chants de travail","chants de marins","canon","chant a repondre","chant des marais","moral","cohesion","rythme"],"sources":["Vickhoff B. et al., Music structure determines heart rate variability of singers, Frontiers in Psychology, 2013","Langhoff W., Die Moorsoldaten, 1935 (l'histoire du Chant des marais)","Hugill S., Shanties from the Seven Seas, 1961"],"corps":"::En 1933, dans le camp de Börgermoor, des prisonniers allemands envoyés creuser les tourbières composent un chant, que les gardiens eux-mêmes finissent par écouter : le Chant des marais. Il a fait le tour des camps et des maquis. Les marins hissaient les voiles au rythme de leurs chants, les paysans moissonnaient en chantant. Chanter ensemble, c'est se donner du courage et accorder ses efforts.::\n\n## Pourquoi ça marche\n\n- **Le rythme** synchronise les gestes : tirer, pagayer, marcher, battre, tous en même temps. C'est la raison d'être des chants de marins et des chants de travail.\n- **Le souffle** : chanter ralentit et règle la respiration. Une étude suédoise a même montré que le cœur des choristes finit par battre au même rythme.\n- **Le groupe** : on ne peut pas chanter faux ensemble sans rire, et rire ensemble rapproche. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **La mémoire** : une chanson retient des listes, des recettes, des consignes, des histoires. Les enfants apprennent l'alphabet ainsi.\n\n## Les formes faciles\n\n- **Le chant à répondre** : un meneur chante une phrase, tous répondent par un refrain. Pas besoin de connaître les paroles.\n- **Le canon** : la même mélodie, chaque groupe partant en décalé. « Frère Jacques » marche partout.\n- **Les chants de marche** : couplets simples, rythme des pas. Voir [[SURV-DEP-011]].\n- **Les berceuses** : pour les petits, et pour ceux qui chantent.\n\n## Les règles\n\n- **Pas besoin de bien chanter.** Le meneur chante fort et simple.\n- **Apprendre par l'oreille**, une phrase à la fois.\n- **Garder** les chants du groupe : les écrire, les apprendre aux enfants. Voir [[TEC-CUL-005]].\n\n## En crise\n\nDans une cave pendant une alerte, dans une longue marche, autour d'un feu, un chant fait plus pour le moral qu'un long discours. Et le silence reste la règle quand il faut se faire discret. Voir [[SURV-DEP-009]].\n\nLes instruments de musique : [[TEC-CUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-007","titre":"Le théâtre et les ombres","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["theatre d'ombres","ombres chinoises","marionnettes","chat noir","karagoz","wayang","improvisation","enfants","veillee"],"sources":["UNESCO, théâtre d'ombres Karagöz (2009) et wayang (2008), patrimoine culturel immatériel","Musée de Montmartre, le théâtre d'ombres du cabaret du Chat Noir (1886-1897)","Boal A., Jeux pour acteurs et non-acteurs, La Découverte, 1978"],"corps":"::À la fin du XIXe siècle, le cabaret du Chat Noir, à Montmartre, faisait salle comble avec un théâtre d'ombres : des silhouettes de zinc découpées, une lampe, un écran. En Indonésie et en Turquie, le théâtre d'ombres est inscrit au patrimoine de l'humanité. Un drap, une lampe et du carton suffisent à tenir une salle d'enfants, ou d'adultes, toute une soirée.::\n\n## Les ombres\n\n**Le matériel**\n- **Un écran** : un drap blanc tendu, un papier calque, une toile de tente claire.\n- **Une lumière** derrière : lampe, bougie (prudence), lampe de téléphone. Plus elle est petite et loin, plus les ombres sont nettes.\n- **Des silhouettes** en carton découpé, tenues par des baguettes ; les bras et les jambes articulés par une attache parisienne ou un fil.\n\n**Les ombres avec les mains** : le lapin, le chien qui aboie, l'oiseau, le loup. Les enfants apprennent en quelques minutes et inventent le reste.\n\n**L'histoire** : un conte connu, avec un conteur devant l'écran et les montreurs derrière. Voir [[TEC-CUL-005]].\n\n## Le théâtre\n\n- **L'improvisation** : deux personnages, un lieu, un problème. On joue deux minutes, on change.\n- **Les costumes** avec ce qu'on a : un chapeau, une couverture, un bâton, une moustache au charbon.\n- **Rejouer une scène de la vie** du groupe (une dispute, une peur) en changeant la fin : c'est une façon ancienne et puissante de désamorcer et de réfléchir ensemble. Voir [[SURV-SOC-003]].\n\n## Pourquoi c'est utile\n\n- **Les enfants** expriment par le jeu ce qu'ils ne savent pas dire. Voir [[SURV-PSY-004]].\n- **Une soirée de spectacle** fait un événement, rassemble, fait rire. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Les jeunes** ont un rôle, préparent, répètent, se sentent utiles.\n\nLes jeux de groupe : [[TEC-CUL-004]]. Chanter : [[TEC-CUL-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-006","titre":"Rester en forme sans équipement","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sport","forme","exercices au poids du corps","methode naturelle","hebert","marche","souplesse","moral"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité, 2020","Hébert G., L'éducation physique ou l'entraînement complet par la méthode naturelle, 1912"],"corps":"::Au début du XXe siècle, un officier de marine français, Georges Hébert, observe que les peuples qui vivent dehors sont plus forts et plus agiles que les athlètes des stades. Il en tire une méthode sans aucun appareil : marcher, courir, sauter, grimper, se tenir en équilibre, lever, lancer, nager, se défendre. Elle a inspiré les parcours du combattant et le parkour.::\n\n## Combien\n\nL'OMS conseille aux adultes **au moins deux heures et demie par semaine** d'activité modérée (marche rapide, vélo, travail physique), plus deux séances de renforcement des muscles. Moins que ça, on perd de la force et du souffle ; en crise, on en a besoin plus que jamais.\n\n## Une séance sans rien\n\nDeux à trois tours, une minute de pause entre les exercices :\n\n- **Les squats** : descendre comme pour s'asseoir, dos droit, talons au sol. 10 à 20.\n- **Les pompes** : sur les genoux ou contre un mur pour commencer. 5 à 20.\n- **La planche** : sur les avant-bras, le corps gainé et droit. 20 à 60 secondes.\n- **Les fentes** : un grand pas en avant, genou arrière vers le sol. 10 par jambe.\n- **Les tractions** à une branche, ou le **tirage** allongé sous une table solide.\n- **Monter des marches**, une colline, en portant un sac.\n\n## La méthode naturelle\n\n- **Marcher** longtemps, **courir** un peu, **sauter** un fossé, **grimper** à un arbre ou un mur bas, **ramper**, **porter** un camarade, **se tenir en équilibre** sur un tronc.\n- Sur un parcours dans la nature, en variant, à plusieurs si possible.\n\n## Les règles\n\n- **Commencer doucement** et augmenter peu à peu : la blessure arrête tout.\n- **S'échauffer** quelques minutes avant, s'étirer doucement après.\n- **Économiser l'énergie** quand on mange trop peu : alors, on marche et on s'étire, on ne s'épuise pas. Voir [[TEC-ALI-023]].\n- **Porter lourd** : jambes fléchies, dos droit. Voir [[TEC-MEC-018]].\n\n## Pourquoi c'est vital\n\nLe corps entraîné porte, marche, résiste au froid et aux maladies. Et l'effort physique est l'un des meilleurs remèdes contre l'angoisse et l'insomnie. Voir [[TEC-SAN-019]] et [[TEC-SAN-023]].\n\nMarcher longtemps : [[SURV-DEP-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-005","titre":"Raconter une histoire","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["conte","raconter","tradition orale","griot","memoire","enfants","veillee","transmettre","hampate ba"],"sources":["Hampâté Bâ A., intervention à l'UNESCO, 1960","Propp V., Morphologie du conte, 1928","Lord A.B., The Singer of Tales, Harvard University Press, 1960"],"corps":"::« En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle. » L'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ l'a dit à l'UNESCO en 1960. Avant l'écriture, et longtemps après, tout ce que l'humanité savait se transmettait en histoires racontées le soir, à des gens qui les racontaient à leur tour. Phenix n'a pas d'autre ambition.::\n\n## Pourquoi raconter\n\n- **Transmettre** : un savoir raconté dans une histoire se retient bien mieux qu'une liste. Les peuples d'Australie encodent dans leurs chants les chemins et les points d'eau de leur territoire.\n- **Tenir** : une veillée d'histoires fait oublier le froid, la faim, la peur. Voir [[SURV-PSY-006]].\n- **Endormir les enfants**, les rassurer, leur apprendre ce qui est bien et ce qui est dangereux.\n\n## La forme d'un conte\n\nLes contes du monde entier suivent souvent le même chemin :\n\n1. **Un début** : « Il était une fois… », un héros ordinaire dans son monde ordinaire.\n2. **Un manque ou un danger** : on part, on est chassé, on cherche quelque chose.\n3. **Des épreuves**, souvent **trois**, de plus en plus difficiles, avec des aides inattendues.\n4. **La résolution**, et le retour transformé.\n\n## Les techniques des conteurs\n\n- **Les formules** qui reviennent (« et il marcha, marcha, marcha… ») : elles aident le conteur à se souvenir et les enfants à participer.\n- **La voix** : lente, avec des silences avant les moments forts. Chuchoter fait plus d'effet que crier.\n- **Les gestes et le regard** vers chacun.\n- **Faire participer** : une question à l'auditoire, un refrain à répéter.\n- **Adapter** à l'âge : plus court, plus drôle, moins effrayant pour les petits.\n\n## Garder les histoires\n\n- **Faire raconter les anciens** : leurs histoires de vie contiennent des savoir-faire qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Voir [[TEC-SAN-025]].\n- **Les écrire** ou les enregistrer. Voir [[SIG-COM-008]].\n- **Les raconter à nouveau** : une histoire qu'on ne raconte plus est perdue.\n\nLes jeux de groupe : [[TEC-CUL-004]]. Faire l'école : [[TEC-CUL-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-004","titre":"Les jeux de groupe sans matériel","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["jeux de groupe","loup-garou","devinettes","qui suis-je","jeu de kim","chansons","cache-cache","un deux trois soleil","moral"],"sources":["Opie I., Opie P., Children's Games in Street and Playground, 1969","Kipling R., Kim, 1901 (le jeu de Kim)","Davidoff D., jeu de la Mafia, Moscou, 1986"],"corps":"::Le jeu du Loup-garou, auquel on joue aujourd'hui dans le monde entier, vient d'un jeu inventé en 1986 par un étudiant en psychologie à Moscou. Il ne demande rien : des gens, un meneur, et des yeux qu'on ferme. Les meilleurs jeux de groupe se jouent avec ce qu'on a toujours sur soi : sa voix, sa mémoire et ses jambes.::\n\n## Assis, sans bruit\n\n- **Qui suis-je ?** Chacun pense à un personnage ; les autres ont vingt questions fermées (oui ou non) pour trouver.\n- **Le portrait chinois** : « Si c'était un animal, ce serait… »\n- **Ni oui ni non** : répondre à toutes les questions sans jamais dire oui ni non.\n- **L'histoire à plusieurs** : chacun ajoute une phrase à l'histoire du précédent.\n- **Les devinettes et charades.**\n- **Le Loup-garou** : le meneur désigne en secret des loups ; chaque nuit (yeux fermés), ils choisissent une victime ; chaque jour, le village discute et vote pour éliminer un suspect.\n- **Le roi du silence** : le premier qui parle ou rit a perdu. Utile quand il faut que les enfants se taisent.\n\n## Mémoire et observation\n\n- **Le jeu de Kim** : montrer une vingtaine d'objets une minute, les cacher, et chacun écrit ce dont il se souvient. Les scouts s'en servent depuis plus d'un siècle pour entraîner l'observation.\n- **« Je pars en voyage et j'emporte… »** : chacun répète la liste et ajoute un objet.\n\n## Dehors, pour bouger\n\n- **Le chat** (le loup), **cache-cache**, **l'épervier**.\n- **Un, deux, trois, soleil** : celui qui bouge quand on se retourne recule.\n- **Les courses de relais**, le tir à la corde, les jeux de ballon.\n\n## Chanter\n\n- **Les canons** (Frère Jacques), les chansons à répondre, les chants de marche : ils rassemblent, rythment l'effort, et chassent la peur dans le noir.\n\n## À quoi ça sert\n\nRire ensemble fait baisser la tension d'un groupe, fait oublier la faim une heure, et rend aux enfants ce que la crise leur a pris. Voir [[SURV-PSY-004]] et [[SURV-PSY-006]].\n\nLes jeux qu'on fabrique : [[TEC-CUL-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-003","titre":"Les jeux qu'on fabrique avec rien","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["jeux","osselets","des","cartes","awale","dames","echecs","jeu du moulin","go","cerf-volant","billes"],"sources":["Bell R.C., Board and Table Games from Many Civilizations, Dover, 1979","Parlett D., The Oxford History of Board Games, Oxford University Press, 1999"],"corps":"::Les enfants grecs et romains jouaient aux osselets avec de vrais os de mouton. On a trouvé des plateaux du jeu du moulin gravés sur les marches de bâtiments romains, et l'awalé se joue depuis des siècles dans toute l'Afrique avec des trous creusés dans la terre et des graines. Jouer n'a jamais eu besoin d'un magasin.::\n\n## Avec des cailloux, des graines, des capsules\n\n- **L'awalé** (ou mancala) : deux rangées de six trous dans le sable ou sur une planche, quatre graines par trou. On sème, on récolte, on calcule. Un jeu de stratégie redoutable.\n- **Le jeu du moulin** : trois carrés emboîtés tracés au sol, neuf pions chacun. Aligner trois pions pour prendre.\n- **Les dames et les échecs** : un damier dessiné sur une planche, des capsules de deux couleurs, des pions taillés dans le bois ou modelés dans l'argile.\n- **Le go** : une grille tracée, des cailloux blancs et noirs. Des règles simples, une profondeur infinie.\n- **Le morpion**, dans la poussière avec un bâton.\n\n## Avec du bois, de l'os, du carton\n\n- **Des dés** : de petits cubes de bois poncés, les points brûlés au clou chauffé.\n- **Des osselets** : cinq petits os ou cailloux ronds.\n- **Des cartes** : découpées dans du carton, dessinées au crayon. Avec un jeu de 52 cartes, des centaines de jeux.\n- **Des dominos** : des plaquettes de bois marquées.\n\n## Pour les enfants, dehors\n\n- **Les billes**, en argile cuite ou en glands.\n- **La toupie** : un gland ou un bouchon traversé d'une allumette.\n- **Le cerf-volant** : deux baguettes en croix, un sac plastique tendu, une ficelle, une queue de chiffons.\n- **La marelle** à la craie ou au bâton, la **corde à sauter**, le **ballon** de chiffons serrés.\n\n## Pourquoi c'est sérieux\n\nDans les caves, les camps, les hivers longs, les jeux tiennent le moral, occupent les enfants, apaisent les tensions et entraînent la tête. Voir [[SURV-PSY-006]].\n\nLes jeux sans matériel : [[TEC-CUL-004]]. La musique : [[TEC-CUL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-002","titre":"Faire l'école sans école","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ecole","enfants","education","lecture","calcul","apprentissage","crise","groupe"],"sources":["UNESCO et INEE, Normes minimales pour l'éducation : préparation, interventions, relèvement","UNICEF, l'éducation dans les situations d'urgence","Mitra S., expériences d'apprentissage autonome (Hole in the Wall), 1999-2010"],"corps":"::Une école qui ferme des mois, c'est une génération qui prend du retard pour des années. Il ne faut ni diplôme ni bâtiment pour que des enfants continuent d'apprendre : une heure par jour, un adulte, du papier, et la vie autour comme manuel.::\n\n## L'essentiel, chaque jour\n\n- **Lire, écrire, compter** : c'est ce qui se perd le plus vite et ce qui ouvre tout le reste.\n- **Une à deux heures par jour**, le matin, à heure fixe. La régularité compte plus que la durée.\n- **Un cahier par enfant**, qui garde la trace de ce qu'il a appris : il voit qu'il avance.\n\n## La vie comme manuel\n\n- **Les mathématiques** : doser la farine du pain, compter les réserves, mesurer un potager, calculer combien de jours tiendra l'eau, convertir des unités. Voir [[TEC-IDE-011]].\n- **Les sciences** : faire germer des graines, observer le ciel, fabriquer une pile, comprendre pourquoi l'eau bout. Voir [[SURV-ENE-002]].\n- **La géographie** : lire une carte, s'orienter au soleil et aux étoiles. Voir [[SURV-ORI-001]].\n- **L'écriture** : tenir le journal du groupe, écrire des lettres aux proches éloignés, recopier des fiches utiles.\n- **La lecture** : à voix haute, le soir, pour tous. Les livres de la maison, de la bibliothèque, les fiches Phenix.\n\n## Enseigner en groupe\n\n- **Les grands apprennent aux petits** : en expliquant, ils apprennent deux fois. C'était la règle des écoles de village à classe unique.\n- **Par niveau, pas par âge** : chacun avance à son rythme.\n- **Chaque adulte enseigne ce qu'il sait** : un mécanicien, une couturière, un ancien instituteur, un jardinier. Voir [[TEC-MET-001]].\n- **Des questions plutôt que des réponses** : « Pourquoi à ton avis ? » fait plus travailler que « c'est comme ça ».\n\n## Garder l'envie\n\n- **Des jeux** : jeux de calcul, de mots, d'observation, de mémoire. Voir [[TEC-CUL-001]].\n- **Des projets concrets** : construire un four, un cadran solaire, une carte du quartier.\n- **Du dehors** : une grande partie de ce qui s'apprend se fait en marchant.\n- **De la reconnaissance** : on montre, on félicite, on affiche le travail.\n\nApprendre, c'est aussi une façon pour un enfant de tenir dans une période dure : ça donne un but, une routine, et l'idée qu'il y a un après. Voir [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CUL-001","titre":"Les instruments de musique","axe":2,"categorie":"Culture et Loisirs","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["musique","instrument","son","corde","vent","percussion","accord","fabrication"],"sources":["Hornbostel E., Sachs C., Systematik der Musikinstrumente, 1914 (classification de référence)","Fletcher N., Rossing T., The Physics of Musical Instruments, Springer","Conard N. et al., New flutes document the earliest musical tradition in southwestern Germany, Nature, 2009","Musée de la musique, Philharmonie de Paris, collections en ligne"],"corps":"::On a trouvé des flûtes vieilles de 40 000 ans, taillées dans des os de vautour. Avant l'écriture, avant l'agriculture, les humains faisaient déjà de la musique. Ce n'est pas un luxe : c'est l'une des plus vieilles choses que nous faisons ensemble.::\n\n## D'où vient un son\n\nUn son, c'est une vibration qui fait bouger l'air. Un instrument a toujours deux parties : **quelque chose qui vibre** et **quelque chose qui amplifie** (une caisse, un tuyau, une peau).\n\nLa **hauteur** d'une note dépend de la vitesse de vibration, en vibrations par seconde (hertz). Le la du diapason vibre à 440 Hz. **Doubler la fréquence donne la même note, une octave plus haut.**\n\nPour une corde, trois choses font monter la note :\n\n- **la raccourcir** (c'est ce que fait le doigt sur le manche d'une guitare) ;\n- **la tendre** davantage ;\n- **l'alléger** (une corde fine sonne plus aigu qu'une grosse).\n\nPour un tuyau, c'est sa **longueur** qui fixe la note : plus il est court, plus c'est aigu. Les trous d'une flûte raccourcissent le tuyau.\n\n## Les cinq familles\n\nLes musées classent tous les instruments du monde en cinq familles, selon ce qui vibre.\n\n| Famille | Ce qui vibre | Exemples |\n|---|---|---|\n| Idiophones | L'instrument lui-même | Xylophone, balafon, cloche, triangle, steel drum, maracas |\n| Membranophones | Une peau tendue | Tambour, djembé, timbales, tabla |\n| Cordophones | Une corde | Guitare, violon, harpe, piano, sitar, kora, oud |\n| Aérophones | Une colonne d'air | Flûte, trompette, saxophone, cornemuse, orgue, harmonica, didgeridoo |\n| Électrophones | Un circuit électrique | Synthétiseur, orgue électronique, thérémine |\n\n## Les instruments qui ont marqué l'histoire\n\n- **La flûte en os**, 40 000 ans, Allemagne : le plus ancien instrument connu.\n- **La lyre et la harpe**, Mésopotamie, il y a environ 4 500 ans (les lyres d'Ur).\n- **Le tambour**, présent sur tous les continents, depuis des milliers d'années.\n- **L'orgue**, né en Grèce avec l'hydraulis au IIIe siècle avant notre ère, roi des églises d'Europe au Moyen Âge.\n- **Le oud**, Moyen-Orient, ancêtre du luth et donc de la guitare.\n- **Le sitar**, Inde, avec ses cordes qui résonnent seules par sympathie.\n- **La kora**, Afrique de l'Ouest, 21 cordes, instrument des griots.\n- **Le violon**, Italie, XVIe siècle ; les luthiers de Crémone (Stradivari, Guarneri) le fixent pour toujours.\n- **Le piano**, Bartolomeo Cristofori, Florence, vers 1700 : le premier clavier qui joue fort ou doux selon la force du doigt.\n- **L'accordéon et l'harmonica**, XIXe siècle : des anches métalliques, un instrument complet dans une poche.\n- **Le saxophone**, Adolphe Sax, Belgique, 1846.\n- **Le steel drum**, Trinidad, années 1930 et 1940 : fabriqué dans des bidons de pétrole abandonnés.\n- **La guitare électrique**, années 1930 à 1950 : un micro magnétique capte la corde, un amplificateur fait le reste.\n- **Le synthétiseur**, Robert Moog, 1964 : le son fabriqué entièrement par des circuits.\n\n## Fabriquer avec ce qu'on a\n\nLe steel drum est né de bidons, le blues de guitares à une corde clouée sur une planche. **Presque tout peut sonner.**\n\n- **Un sifflet** : un bout de roseau ou de sureau vidé, une encoche en biseau, un bouchon de bois qui laisse une fente. Chaque trou percé ajoute une note.\n- **Une basse à une corde** : une bassine retournée, un manche de balai appuyé sur son bord, une corde tendue du manche au centre de la bassine. On pousse le manche pour tendre la corde et changer la note.\n- **Une guitare boîte** : une boîte en bois ou un bidon pour la caisse, un manche en planche, des cordes de fil de pêche, de frein de vélo ou de fil de fer fin.\n- **Des percussions** : bidons, casseroles, bouteilles remplies d'eau à différents niveaux (plus il y a d'eau, plus c'est aigu quand on les tape).\n- **Un tambour** : une peau ou une chambre à air tendue sur un seau, serrée avec une corde.\n\n## Les astuces de musiciens\n\n- **Accorder sans accordeur** : une note de référence suffit (un sifflet, une bouteille, en France, la tonalité du téléphone fixe est un la à 440 Hz). Les autres cordes s'accordent entre elles à l'oreille, en comparant deux cordes qui doivent jouer la même note : quand le son « bat » (ondule), elles sont fausses ; quand il devient lisse, c'est juste.\n- **Les cordes s'usent et sonnent de plus en plus sourd.** Elles se nettoient avec un chiffon sec après chaque usage, et se ravivent un peu en les bouillant, un vieux truc de bassiste.\n- **Le bois bouge avec l'humidité.** Un instrument en bois se range loin d'un poêle et d'un mur humide. Une guitare qui se fend, c'est presque toujours un chauffage trop proche.\n- **Un seul instrument par groupe suffit** pour chanter ensemble. La musique fait passer le temps, calme les enfants, marque les fêtes et les deuils. Voir [[SURV-PSY-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-COR-001","titre":"La corrosion des métaux","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["metaux","corrosion","materiaux","entretien"],"sources":["NACE International — Corrosion Basics","ASM International — Handbook of Corrosion","Centre technique des industries mécaniques — corrosion galvanique"],"corps":"::Un métal ne rouille pas parce qu'il est vieux. Il rouille parce qu'il retourne à l'état où on l'a trouvé.::\n\nPresque tous les métaux existent dans la nature sous forme d'oxydes — c'est-à-dire déjà combinés à l'oxygène. Les extraire demande une énorme quantité d'énergie. La corrosion est simplement le chemin inverse : **le métal rend l'énergie qu'on lui a donnée et redevient du minerai.** C'est spontané, et rien ne l'arrête définitivement. On ne fait que le ralentir.\n\n## Ce qu'il faut pour que ça corrode\n\nTrois ingrédients, et il faut les trois : un métal, de l'oxygène, et de l'eau. Retirez-en un et la corrosion s'arrête.\n\nC'est pourquoi un objet en fer conservé au sec ne rouille pas, et pourquoi un objet immergé dans une eau privée d'oxygène se conserve remarquablement bien — des épaves entières ont traversé les siècles ainsi.\n\nDeux facteurs accélèrent tout massivement.\n\n**Le sel.** Il rend l'eau conductrice et multiplie la vitesse de corrosion. C'est toute la difficulté du milieu marin, et cela explique les choix de conception décrits dans [[TEC-MOT-001]].\n\n**L'humidité alternée.** Un objet mouillé en permanence corrode moins vite qu'un objet qui sèche et se remouille sans cesse. L'alternance renouvelle l'oxygène à chaque cycle.\n\n## Pourquoi certains métaux résistent\n\nIls corrodent aussi, mais leur couche d'oxyde les protège au lieu de les trahir.\n\n**L'aluminium** forme instantanément une couche d'oxyde extrêmement mince, dense et adhérente, qui bloque l'accès à l'oxygène. Cette couche se reforme seule si on la raye. L'aluminium est en réalité un métal très réactif : il ne survit que grâce à son propre oxyde.\n\n**L'acier inoxydable** doit sa résistance au chrome qu'il contient, qui forme le même type de couche protectrice. Il n'est pas inoxydable en toute circonstance : privé d'oxygène — sous un joint, dans un interstice, sous un dépôt — il ne peut plus reformer sa couche et se corrode alors localement, en profondeur.\n\n**Le fer**, lui, forme une rouille poreuse, volumineuse et non adhérente. Elle se détache et expose du métal neuf. C'est la différence entière : une couche d'oxyde qui protège contre une couche d'oxyde qui écaille.\n\n## Le piège du contact entre deux métaux\n\nC'est la cause de panne la plus fréquente et la moins comprise en récupération.\n\nDeux métaux différents en contact, en présence d'humidité, forment une pile. L'un des deux devient l'{{anode|Électrode qui se dégrade dans un couple électrochimique, protégeant l'autre métal.}} et se dégrade rapidement, l'autre est protégé. **Ce n'est pas un phénomène marginal : la corrosion peut être plusieurs dizaines de fois plus rapide qu'en isolé.**\n\nL'ordre est constant. Le zinc et l'aluminium se sacrifient face à l'acier. L'acier se sacrifie face au laiton, au cuivre et à l'inox. Plus les deux métaux sont éloignés dans cet ordre, plus l'attaque est violente.\n\nD'où deux conséquences pratiques opposées et également utiles. **À éviter :** une vis en inox dans une tôle d'aluminium détruit l'aluminium autour d'elle. **À exploiter :** c'est exactement le principe de la galvanisation, où une couche de zinc protège l'acier en se dégradant à sa place, et celui des anodes sacrificielles montées sur les coques et les chauffe-eau.\n\n## Évaluer et protéger une pièce\n\n**Évaluer une pièce récupérée, dans cet ordre.**\n\n1. **Grattez.** Une rouille superficielle laisse du métal sain dessous. Si le grattage traverse, la pièce est perdue mécaniquement, quelle que soit son apparence.\n2. **Regardez les zones cachées** : sous les têtes de vis, dans les interstices, aux points de contact entre deux pièces, aux endroits où l'eau stagne. La corrosion commence toujours là, jamais sur la surface exposée qui sèche.\n3. **Tapez légèrement.** Un son clair indique du métal sain, un son mat une structure attaquée en profondeur.\n4. **Cherchez le contact entre métaux différents** et la présence d'un dépôt poudreux blanc — signe d'aluminium en train d'être sacrifié.\n\n**Protéger, dans l'ordre d'efficacité.**\n\n1. **Sécher et ventiler.** Le geste le plus efficace et le moins coûteux. Un local sec conserve indéfiniment.\n2. **Nettoyer avant de protéger.** Une protection appliquée sur de la rouille l'enferme avec son humidité et accélère les choses au lieu de les ralentir.\n3. **Barrière physique** : graisse, huile, cire, peinture. Toute couche continue qui exclut l'eau et l'air.\n4. **Isoler les métaux différents** par une rondelle, un joint, une peinture ou un ruban, dès qu'ils sont en contact et exposés.\n\n## Selon le milieu\n\n**Vous stockez du métal longtemps.** Nettoyez, huilez généreusement, emballez avec un absorbeur d'humidité, et stockez au-dessus du sol et à température stable. La condensation nocturne sur une pièce froide fait plus de dégâts que la pluie.\n\n**Vous récupérez en milieu salin.** Rincez à l'eau douce immédiatement et abondamment — c'est la règle qui gouverne aussi l'entretien des motorisations décrites dans [[TEC-MOT-001]]. Le sel qui reste continue de travailler des mois après. C'est la règle absolue de tout ce qui a touché la mer.\n\n**Vous n'avez rien pour protéger.** N'importe quel corps gras disponible vaut mieux que rien : huile de cuisine, graisse animale, suif. Ils s'oxydent avec le temps et doivent être renouvelés, mais ils excluent l'eau, ce qui est l'essentiel.\n\n**Vous évaluez une pièce trouvée sur place.** Le tri complet, au-delà de la seule corrosion, est dans [[SURV-REC-002]].\n\n**Vous choisissez un matériau pour durer.** L'inox pour ce qui est exposé et ventilé, le galvanisé pour ce qui est exposé et bon marché, l'aluminium pour ce qui doit être léger et ne touchera pas d'autre métal, le fer pour ce qui restera au sec ou sera entretenu régulièrement.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CONS-001","titre":"La conservation des aliments","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["alimentation","conservation","autonomie"],"sources":["FAO — Manual on simple methods of meat preservation","USDA — Complete Guide to Home Canning","Institut national de la recherche agronomique — principes de la conservation des aliments"],"corps":"::Conserver, c'est retirer aux micro-organismes une des quatre choses dont ils ont besoin : l'eau, la chaleur, l'oxygène ou un milieu peu acide.::\n\nCe qui dégrade un aliment, ce sont des bactéries, des levures, des moisissures et les enzymes de l'aliment lui-même. Tous ont besoin de quatre conditions : **de l'eau, de la chaleur, de l'oxygène et un milieu peu acide.** Chaque méthode de conservation en supprime au moins une. Comprendre laquelle vous permet d'improviser au lieu de suivre des recettes.\n\n## Retirer l'eau\n\nLe séchage est la méthode la plus ancienne et la plus économe. En dessous d'environ 15 % d'humidité résiduelle, presque plus rien ne se développe.\n\nCe qui compte n'est pas la chaleur mais **le mouvement d'air et la finesse des tranches**. Un séchage trop lent laisse le temps à la moisissure de s'installer au cœur, un séchage trop chaud durcit la surface et emprisonne l'humidité dedans. Trois à six millimètres d'épaisseur, à l'ombre, dans un courant d'air, est le compromis universel.\n\nLe **salage** retire l'eau autrement : le sel attire l'eau hors des cellules par osmose, y compris hors des cellules bactériennes, qui se déshydratent. Le **sucre** en concentration élevée fait exactement la même chose, ce qui explique les confitures.\n\n## Retirer la chaleur\n\nLe froid ne tue rien, il ralentit tout. Chaque abaissement de dix degrés divise environ par deux ou trois la vitesse de dégradation.\n\nSans électricité, trois sources gratuites : **le sol**, stable autour de dix à douze degrés à un mètre de profondeur sous nos latitudes ; **l'eau courante**, notablement plus froide qu'un abri en été ; et **l'évaporation**, un linge humide sur un récipient poreux dans un courant d'air abaissant la température de plusieurs degrés. Aucune ne conserve longtemps, toutes gagnent des jours.\n\n## Retirer l'oxygène\n\nLa graisse figée sur un pot, l'huile qui recouvre un légume, l'immersion en {{saumure|Solution d'eau salée dans laquelle on immerge des aliments pour les conserver.}} : tous suppriment le contact avec l'air et bloquent les moisissures.\n\n**Attention, c'est ici que se trouve le seul vrai danger de cette fiche**, développé dans [[TEC-ALI-005]]. Un milieu sans oxygène, peu acide, peu salé et à température ambiante est exactement ce que recherche la bactérie responsable du botulisme. Elle ne change ni le goût, ni l'odeur, ni l'aspect, et sa toxine est l'une des plus puissantes connues. C'est pourquoi les conserves de légumes, de viandes et de poissons en bocal ne s'improvisent pas : elles demandent une stérilisation sous pression que l'ébullition simple n'atteint pas.\n\n## Acidifier\n\nEn dessous d'un certain seuil d'acidité, la quasi-totalité des bactéries dangereuses cesse de se développer, y compris celle du botulisme. C'est ce qui rend le **vinaigre** et la **{{fermentation lactique|Transformation des sucres en acide lactique par des bactéries naturelles, qui acidifie le milieu et le protège.}}** aussi sûrs.\n\nLa fermentation est la plus élégante des méthodes : on n'élimine pas les micro-organismes, on favorise ceux qui nous arrangent. Les bactéries lactiques, naturellement présentes sur les légumes, tolèrent le sel et l'absence d'air mieux que leurs concurrentes. On les laisse gagner, elles produisent l'acide, et l'acide protège le reste.\n\n## Les procédés en pratique\n\n**Séchage.** Trancher fin et régulier. Suspendre ou étaler sur une claie, à l'ombre, dans un courant d'air, à l'abri des insectes. L'aliment est sec quand il casse ou craque au lieu de plier. Stocker à l'obscurité dans un contenant fermé, et vérifier après une semaine : une trace d'humidité résiduelle se voit à la condensation.\n\n**Fermentation lactique des légumes**, détaillée dans [[TEC-ALI-002]]. Émincer, mettre en bocal, couvrir de saumure, maintenir tout immergé sous un poids, laisser dégazer à température ambiante quelques jours puis stocker au frais. Le repère est simple : **tout ce qui dépasse de la saumure moisira.**\n\n**Conservation dans la graisse.** Cuire longuement dans sa propre graisse, mettre en pot, couvrir d'une couche de graisse figée qui scelle la surface. Tenir au frais et à l'obscurité.\n\n**Enfouissement.** Racines et tubercules se conservent des mois en silo : une fosse, un lit de paille ou de sable sec, les légumes non lavés, une couverture isolante, et un drainage pour que l'eau ne stagne pas. Voir [[SURV-PLUIE-001]] pour le principe du contenant enterré.\n\n## Selon le climat et les moyens\n\nLe choix de ce qu'on conserve en priorité découle des besoins réels, détaillés dans [[TEC-ALI-001]].\n\n**Vous n'avez pas de sel.** Vous perdez le salage et vous compliquez la fermentation. Restent le séchage et le froid. Le sel devient dans ce cas une des ressources d'échange les plus recherchées qui soient — voir [[SURV-TROC-001]].\n\n**Vous êtes en climat humide.** Le séchage à l'air échoue. Passez au fumage, qui sèche et dépose en même temps des composés antimicrobiens, ou à la fermentation, qui ne craint pas l'humidité. Le fumage demande un feu maîtrisé et durable : voir [[SURV-FEU-001]].\n\n**Vous êtes en climat chaud.** Tout va plus vite, dans les deux sens : le séchage réussit en un jour, la putréfaction aussi. Traitez le jour même, jamais le lendemain.\n\n**Vous devez juger un aliment douteux.** Fiez-vous d'abord à l'odeur et à l'aspect, mais sachez que l'absence de signe ne prouve rien pour les conserves en bocal. Un couvercle bombé, un contenu qui mousse ou qui gicle à l'ouverture : jetez sans goûter. **En conservation, le doute ne se teste pas, il se tranche.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-033","titre":"Monter un mur en briques ou en parpaings","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["maconnerie","parpaings","briques","mortier","fondation","cordeau","niveau","fil a plomb","joints croises","chainage"],"sources":["DTU 20.1, ouvrages en maçonnerie de petits éléments","Compagnons du Devoir, métier de maçon","INRS, ciment et dermatoses"],"corps":"::Un mur tient ou tombe à sa première rangée : si elle est de travers, tout ce qui monte dessus l'est aussi, et de plus en plus. Les maçons passent plus de temps à tendre leur cordeau et à poser leur niveau qu'à étaler le mortier. Le reste, c'est de la régularité.::\n\n## Les fondations\n\n- **Une tranchée** jusqu'au sol ferme et **au-dessous de la profondeur du gel** de la région (souvent 50 à 80 cm en France).\n- **Une semelle** en béton armé, bien de niveau. Voir [[TEC-CHI-010]].\n\n## Le matériel\n\nTruelle, auge, niveau à bulle, **fil à plomb**, **cordeau** et piquets, mètre, maillet, gants, lunettes.\n\n## Le mortier\n\n- **Ciment et sable**, environ une part de ciment pour trois à quatre de sable, et de l'eau jusqu'à une pâte qui tient sur la truelle.\n- **La chaux** pour les murs anciens et les murs qui doivent respirer. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **Gâcher** seulement ce qu'on pose en une heure.\n\n## Monter\n\n1. **Les angles d'abord** : on monte les coins de quelques rangées, parfaitement d'aplomb.\n2. **Le cordeau** tendu d'un coin à l'autre, au ras du haut de la rangée à poser.\n3. **Une couche de mortier**, les blocs posés contre le cordeau, tapés au maillet, **vérifiés au niveau** dans les deux sens.\n4. **Joints croisés** : chaque bloc chevauche le joint de la rangée du dessous, jamais deux joints verticaux alignés. Voir [[TEC-CON-023]].\n5. **Des joints** d'environ un centimètre, bien remplis.\n6. **Pas trop haut en un jour** : le mortier frais s'écrase sous le poids.\n\n## Tenir le mur\n\n- **Le chaînage** : une ceinture de béton armé en haut du mur et dans les angles, pour les murs qui portent et **en zone sismique**. Voir [[TEC-TER-003]].\n- **Au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre**, un linteau.\n- **Protéger** le mortier frais du gel, du soleil et de la pluie, et l'humidifier quelques jours.\n\n## Sécurité\n\nLe ciment frais **brûle la peau** et les yeux : gants, manches longues, lunettes. Les parpaings pèsent une vingtaine de kilos : on les soulève avec les jambes. Voir [[TEC-MEC-018]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-032","titre":"Isoler une maison","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["isolation","combles","toiture","courants d'air","fenetres","rideaux","laine","paille","humidite","deperditions"],"sources":["ADEME, isoler sa maison, guide pratique","CSTB, déperditions thermiques de l'habitat existant"],"corps":"::Dans une maison ancienne sans isolation, environ un quart à un tiers de la chaleur s'échappe par le toit, autant ou presque par les courants d'air. Poser trente centimètres d'isolant sur le plancher du grenier est souvent le travail le plus rentable qui soit, et se fait en un week-end. Le froid entre par le haut et par les fentes avant de passer par les murs.::\n\n## Où part la chaleur\n\nDans une maison non isolée, grossièrement :\n\n- **le toit** : un quart à un tiers ;\n- **les murs** : un quart ;\n- **les courants d'air** : un cinquième ou plus ;\n- **les fenêtres** : un dixième à un septième ;\n- **le sol** : moins d'un dixième.\n\n## Les priorités\n\n1. **Les combles** : un isolant épais (laine minérale, ouate de cellulose, laine de bois, laine de mouton, paille) posé sur le plancher du grenier.\n2. **Les courants d'air** : joints autour des fenêtres et des portes, boudins en bas des portes, trous de passage de tuyaux bouchés.\n3. **Les fenêtres** : **de lourds rideaux** tirés la nuit, volets fermés ; en dépannage, du **film à bulles** collé à l'eau sur les vitres.\n4. **Les murs et le sol**, plus coûteux, plus tard.\n\n## En crise, avec ce qu'on a\n\n- **Des couvertures, des tapis, des cartons** contre les murs froids de la pièce où l'on vit.\n- **Des bottes de paille** ou de la terre contre les murs extérieurs au nord, comme le faisaient les paysans. Voir [[TEC-CON-029]].\n- **Une seule pièce chauffée**, les autres fermées. Voir [[TEC-CON-012]].\n\n## Les pièges\n\n- **L'humidité** : un isolant qui mouille ne sert plus à rien et fait moisir. Du côté chaud, on bloque la vapeur ; on garde la maison ventilée. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Ne jamais boucher** les grilles d'aération, surtout avec un poêle ou une chaudière : il leur faut de l'air. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Les laines minérales** grattent et irritent : gants, manches longues, masque, lunettes.\n\nÉconomiser l'énergie : [[TEC-ENE-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-031","titre":"Creuser un puits et forer à la main","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["puits","forage manuel","tariere","nappe","cuvelage","gaz","margelle","protection du puits","declaration","sourcier"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, fiches techniques eau et assainissement : protéger les puits","Code minier, déclaration des forages de plus de 10 mètres","Rural Water Supply Network, manuels de forage manuel"],"corps":"::Chaque année, des gens meurent au fond de puits qu'ils creusaient ou curaient : pas d'un éboulement, mais d'un air sans oxygène ou chargé de gaz, qu'on ne sent pas. Et souvent, celui qui descend chercher le premier meurt aussi. Un puits donne de l'eau pendant des générations ; il se creuse avec la même prudence qu'une mine.::\n\n## Où creuser\n\n- **La géologie et les voisins** : les puits existants, leur profondeur, leur débit en été, sont les meilleurs indices. La mairie, les anciens et les cartes géologiques les connaissent.\n- **Les creux, le bas des pentes, la végétation** qui reste verte l'été. Voir [[SURV-EAU-005]].\n- **Loin des sources de pollution** : au moins 30 mètres des latrines, des fosses, du fumier, et en amont d'eux. Où placer les latrines : [[SURV-HYG-002]].\n- **Les sourciers** et leurs baguettes n'ont jamais fait mieux que le hasard dans les essais contrôlés.\n\n## Creuser à la main\n\n- **Un puits large** (un mètre et plus) se creuse à la pioche et au seau, avec un treuil. On pose au fur et à mesure des **buses en béton** ou un cuvelage en pierres, pour que les parois ne s'effondrent pas.\n- **Une tarière à main** perce un trou étroit jusqu'à une dizaine de mètres dans les terrains meubles. D'autres méthodes manuelles, utilisées dans de nombreux pays, descendent plus profond avec de l'eau et des tubes.\n\n## Les règles de vie\n\n- **Jamais seul**, quelqu'un en haut, avec une corde attachée à celui qui descend.\n- **Tester l'air** avant de descendre : une bougie qui s'éteint ou baisse descendue au bout d'une corde, c'est un air mortel. Un détecteur est mieux. **Jamais de moteur thermique** dans un puits ou près de son ouverture.\n- **Personne ne descend** chercher quelqu'un qui s'est effondré au fond sans appareil respiratoire : on appelle les secours et on ventile. Voir [[TEC-ENE-026]].\n- **Un casque** : une pierre qui tombe de dix mètres tue.\n\n## Protéger le puits\n\n- **Une margelle** surélevée, **un couvercle**, une dalle en pente autour pour que les eaux sales s'écoulent loin.\n- **Un seau réservé**, ou mieux, une pompe. Voir [[TEC-CON-018]].\n- **Faire analyser l'eau**, et la traiter en cas de doute. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## La loi\n\nEn France, un puits ou un forage domestique se **déclare en mairie**, et tout forage de plus de 10 mètres se déclare aussi au titre du Code minier.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-030","titre":"L'éclairage naturel","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lumiere naturelle","fenetres","puits de lumiere","murs clairs","miroirs","lampe bouteille","profondeur des pieces","sommeil"],"sources":["Réglementation thermique 2012, surface minimale des baies (un sixième de la surface habitable)","Reinhart C., Daylighting Handbook, 2014","Liter of Light, éclairage solaire par bouteilles"],"corps":"::Une pièce profonde reçoit presque toute sa lumière du jour dans les premiers mètres près de la fenêtre : au-delà d'environ deux fois la hauteur de la fenêtre, il fait sombre même à midi. Sans électricité, la lumière du jour redevient une ressource qu'on organise, comme l'eau ou le bois.::\n\n## Les règles simples\n\n- **La surface vitrée** : en France, un logement neuf doit avoir des fenêtres d'au moins un sixième de sa surface habitable.\n- **La hauteur compte** : une fenêtre haute éclaire plus loin dans la pièce qu'une fenêtre basse et large.\n- **La profondeur** : on vit et on travaille près des fenêtres, et on range au fond.\n- **Le sud** donne la lumière la plus longue en hiver, le nord une lumière égale et sans éblouissement, bonne pour un atelier.\n\n## Faire entrer plus de lumière\n\n- **Des murs et des plafonds clairs** : un mur blanc renvoie plusieurs fois plus de lumière qu'un mur sombre. Un badigeon de chaux suffit. Voir [[TEC-CHI-014]].\n- **Des miroirs** et des surfaces brillantes face aux fenêtres.\n- **Des vitres propres** : la saleté en coupe une bonne partie.\n- **Un puits de lumière** ou un conduit réfléchissant qui descend du toit.\n- **La lampe bouteille** enfoncée dans un toit de tôle. Voir [[SURV-REC-048]].\n- **Des portes vitrées** ou des impostes (fenêtres au-dessus des portes) entre les pièces.\n\n## Sans se faire chauffer\n\nL'été, la lumière vient avec la chaleur : **un auvent** ou un débord de toit au-dessus des fenêtres au sud arrête le soleil haut de l'été et laisse entrer le soleil bas de l'hiver. Voir [[TEC-CON-013]].\n\n## Pour le corps\n\nLa lumière du jour le matin règle l'horloge interne et aide à dormir la nuit. Voir [[TEC-SAN-023]]. Sans elle, en cave ou en abri, on sort à la lumière dès qu'on le peut.\n\nFabriquer une lampe : [[SURV-LUM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-029","titre":"Construire en paille","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["paille","bottes de paille","maison feuillette","isolation","ossature bois","enduit terre","enduit chaux","nebraska"],"sources":["Réseau français de la construction en paille, Règles professionnelles de construction en paille CP 2012","Minke G., Mahlke F., Building with Straw, Birkhäuser, 2005","Maison Feuillette, Montargis (1920), première maison en paille connue d'Europe"],"corps":"::À Montargis, la maison Feuillette, construite en 1920 avec des bottes de paille dans une ossature de bois, est toujours habitée : c'est la plus ancienne maison en paille connue d'Europe. Dans les plaines du Nebraska, où il n'y avait pas d'arbres, les pionniers bâtissaient déjà avec des bottes à la fin du XIXe siècle. La paille est un déchet de la moisson, et l'un des meilleurs isolants qui soient.::\n\n## Pourquoi ça marche\n\n- **Une botte de paille** bien pressée isole très bien : un mur de 40 cm fait mieux que la plupart des murs modernes.\n- **Elle ne brûle presque pas** une fois enduite : trop dense pour que l'air circule, elle charbonne en surface. Les essais au feu le confirment.\n- **Elle est bon marché**, locale, et retourne à la terre à la fin.\n\n## Deux façons de construire\n\n- **En remplissage** : une ossature en bois porte le toit, et les bottes remplissent les murs. C'est la méthode la plus courante en France, encadrée par des règles professionnelles. Voir [[TEC-CON-027]].\n- **Porteuse** : les bottes empilées portent elles-mêmes le toit, à la manière du Nebraska. Pour de petits bâtiments.\n\n## Les règles d'or\n\n- **Des bottes sèches** et bien serrées, stockées à l'abri avant le chantier. Une botte humide pourrit.\n- **Au-dessus du sol** : un soubassement en pierre ou en béton, au moins 20 à 30 cm, pour que l'eau ne remonte pas. Voir [[TEC-CON-022]].\n- **Un grand toit** qui déborde largement.\n- **Des enduits qui respirent** : terre à l'intérieur, chaux à l'extérieur. **Jamais de ciment** : il enferme l'humidité. Voir [[TEC-CON-017]].\n- **Pas de trous** : chaque interstice bouché, sinon souris et courants d'air s'installent.\n\n## Pour qui\n\nC'est une construction très accessible aux chantiers participatifs : des bottes qu'on porte à deux, des outils simples, et beaucoup de mains le jour des enduits. On se forme avant, on respecte les règles de l'art, et on fait vérifier la structure.\n\nChoisir où construire : [[TEC-CON-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-028","titre":"La phytoépuration","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["phytoepuration","eaux grises","filtre plante","roseaux","assainissement","bac degraisseur","spanc","eaux usees"],"sources":["Irstea (ex-Cemagref), filtres plantés de roseaux pour le traitement des eaux usées, guides techniques","Ministère de la Transition écologique, assainissement non collectif et SPANC","Ludwig A., Create an Oasis with Greywater, 2006"],"corps":"::Des milliers de villages français traitent leurs eaux usées sans usine : l'eau traverse des bassins de graviers plantés de roseaux, et en ressort assez propre pour rejoindre la rivière. Ce ne sont pas les roseaux qui nettoient, mais les milliards de bactéries qui vivent autour de leurs racines. À l'échelle d'une maison, le même principe traite les eaux de la douche et de la vaisselle.::\n\n## Le principe\n\n1. L'eau sale arrive sur un **lit de sable et de graviers**.\n2. Des **bactéries** accrochées aux grains et aux racines mangent la pollution.\n3. **Les roseaux** empêchent le filtre de se colmater (leurs tiges bougent au vent et ouvrent le sable) et apportent de l'oxygène.\n4. L'eau ressort claire, en bas, et s'infiltre ou rejoint un fossé.\n\n## Les eaux grises d'une maison\n\nLes eaux de la douche, du lavabo, de la vaisselle et du linge, **sans les toilettes** :\n\n1. **Un bac dégraisseur** : un bidon où la graisse remonte et les particules tombent, à vider régulièrement.\n2. **Un filtre planté vertical** : l'eau est répartie en surface sur une couche de gravier, puis de sable, puis de gravier au fond, avec un drain. Planté de roseaux, d'iris des marais, de massettes.\n3. **Une zone d'infiltration** ou un petit bassin planté en sortie.\n\nCompter de l'ordre de **deux à trois mètres carrés de filtre par personne**.\n\n## Les règles\n\n- **Des savons doux** et peu de produits chimiques : ce qui tue les microbes du ménage tue aussi ceux du filtre.\n- **Pas d'eau des toilettes** dans un système bricolé : elle demande une installation agréée, ou des toilettes sèches. Voir [[TEC-CON-014]].\n- **Pas d'arrosage** avec ces eaux sur les légumes qui se mangent crus. Les arbres fruitiers, oui.\n- **En France**, tout assainissement individuel se déclare et se contrôle par le service de la commune (SPANC). Plusieurs systèmes de filtres plantés sont agréés.\n\n## Pourquoi c'est utile\n\nSans réseau d'égout, une eau usée qui stagne attire les moustiques et les maladies, et pollue les puits. La traiter sur place, c'est protéger l'eau qu'on boit. Voir [[SURV-HYG-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-027","titre":"La maison à ossature bois","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["ossature bois","montants","contreventement","pare-vapeur","pare-pluie","bardage","isolation","balloon frame","chicago"],"sources":["DTU 31.2, construction de maisons et bâtiments à ossature en bois","Cronon W., Nature's Metropolis: Chicago and the Great West, 1991","FCBA, Institut technologique forêt cellulose bois-construction ameublement, guides techniques"],"corps":"::Dans les années 1830, à Chicago, on invente une façon de bâtir avec de simples planches clouées plutôt qu'avec des poutres taillées par des charpentiers : c'est grâce à elle que les villes de l'Ouest américain ont poussé en quelques années. La maison à ossature bois descend directement de cette idée : légère, rapide, et très bien isolée si l'eau reste dehors.::\n\n## Le principe\n\n- **Des montants** en bois (souvent 45 × 145 mm), posés **tous les 60 cm** environ, entre une lisse basse et une lisse haute : les murs.\n- **Des panneaux** cloués ou vissés dessus (souvent de l'OSB) : ils empêchent le mur de se déformer, c'est le **contreventement**.\n- **L'isolant** entre les montants : laine de bois, de roche, de verre, ouate de cellulose, paille.\n- **Les murs** sont souvent montés à plat au sol, puis levés.\n\n## Le mur, de l'intérieur vers l'extérieur\n\n1. **Le parement** intérieur (plaque de plâtre, lambris).\n2. **Le pare-vapeur** : il empêche l'humidité de la maison d'entrer dans le mur et d'y condenser.\n3. **L'ossature et l'isolant.**\n4. **Le panneau** de contreventement.\n5. **Le pare-pluie** : il laisse sortir la vapeur mais arrête l'eau et le vent.\n6. **Une lame d'air ventilée**, puis **le bardage** (planches, tuiles de bois, enduit sur panneau).\n\n## Les ennemis\n\n- **L'eau** : le bois ne pourrit que s'il reste mouillé. Une lisse basse **au moins 20 cm au-dessus du sol**, posée sur un soubassement, de larges débords de toit, des détails soignés autour des fenêtres.\n- **Les termites** et les insectes dans certaines régions : bois traité ou naturellement durable en bas des murs, grilles, surveillance.\n- **Le feu** : une poutre bien dimensionnée brûle en surface et garde longtemps sa solidité, mais les isolants et les parements comptent. Un détecteur de fumée par étage.\n\n## Pour qui construit soi-même\n\nLa construction bois est l'une des plus accessibles aux autoconstructeurs : outils simples, pièces légères, chantier sec. Les normes existent pour une raison : on les lit, et on se fait accompagner pour la structure et le toit.\n\nLes assemblages : [[TEC-ATE-012]]. Choisir où construire : [[TEC-CON-021]]. L'humidité : [[TEC-CON-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-026","titre":"La yourte et la tente durable","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["yourte","ger","tente","toile de coton","feutre","poele","condensation","habitat leger","oulan-bator"],"sources":["Kemery B., Yurts: Living in the Round, Gibbs Smith, 2006","Loi n° 2014-366 (ALUR), résidences démontables constituant l'habitat permanent","Banque mondiale, études sur les quartiers de yourtes d'Oulan-Bator"],"corps":"::Les nomades de Mongolie vivent dans des yourtes depuis des millénaires, par -40 °C l'hiver. Une famille la monte en deux ou trois heures et la transporte sur quelques bêtes. Aujourd'hui encore, une grande partie des habitants de la capitale, Oulan-Bator, vit dans des quartiers de yourtes. Une habitation n'a pas besoin de fondations pour tenir.::\n\n## La yourte\n\n- **Des murs en treillis** de bois qui se déplient en accordéon, en cercle.\n- **Des perches de toit** qui montent vers une **couronne** centrale, ouverte pour la lumière et le tuyau du poêle.\n- **Du feutre de laine** en plusieurs couches, puis une toile imperméable par-dessus.\n- **Un poêle au centre**, qui chauffe tout l'espace de façon égale.\n\n**Pourquoi ronde** : le vent la contourne, la neige glisse, le volume est le plus grand pour le moins de surface de murs à chauffer.\n\n## La tente durable\n\nPour vivre des mois sous toile, pas pour une nuit :\n\n- **La toile de coton** épaisse : elle respire, limite la condensation, résiste aux étincelles mieux que le nylon, et se répare à l'aiguille.\n- **Un plancher surélevé** (palettes, planches) : sec, isolé du sol froid. Voir [[SURV-REC-034]].\n- **Un poêle à bois** avec une traversée de toit ignifugée et un pare-étincelles. Voir [[TEC-CON-011]].\n- **Des haubans** bien tendus et des piquets profonds contre le vent ; **dégager la neige** du toit.\n\n## L'entretien\n\n- **Sécher avant de plier** : une toile rangée humide moisit en quelques jours.\n- **Le soleil** use les toiles synthétiques : une toile de protection par-dessus, ou de l'ombre.\n- **Le feu** : jamais de flamme libre dedans, le poêle loin des parois, un seau d'eau ou de sable à côté, et une aération pour le monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n\n## En France\n\nLa loi reconnaît depuis 2014 l'habitat léger et démontable comme résidence possible, sous conditions. La mairie décide selon le plan d'urbanisme : on se renseigne avant de s'installer. Voir [[TEC-CON-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-025","titre":"Le gel des canalisations","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["gel","canalisations","tuyaux","degel","vidanger","hors-gel","fuite","maison inoccupee","robinet exterieur"],"sources":["France Assureurs, prévenir les dégâts des eaux dus au gel","DTU 60.1, plomberie sanitaire","Ministère de la Santé et Météo-France, conseils grand froid"],"corps":"::En gelant, l'eau prend environ 9 % de volume en plus, assez pour fendre un tuyau de cuivre. Et c'est souvent au dégel qu'on découvre la fuite : tant que c'est gelé, la glace bouche le trou. Une maison de campagne mal fermée pour l'hiver, c'est un plafond effondré au printemps.::\n\n## Prévenir\n\n- **Isoler** les tuyaux qui passent dans des endroits froids (garage, cave, vide sanitaire, combles) avec des manchons en mousse.\n- **Les robinets extérieurs** : fermer leur vanne à l'intérieur avant l'hiver, puis ouvrir le robinet dehors pour le vider.\n- **Garder un peu de chauffage** partout, même en position hors-gel.\n- **Par grand froid** : ouvrir les portes des placards sous les éviers contre les murs extérieurs, et laisser **couler un mince filet** d'eau la nuit sur le robinet le plus exposé.\n\n## Une maison qu'on quitte l'hiver\n\n1. **Fermer le robinet général.**\n2. **Ouvrir tous les robinets**, en bas de l'installation en dernier, pour vider les tuyaux.\n3. **Vider le chauffe-eau** et le circuit de chauffage si la maison ne sera pas chauffée, ou utiliser un antigel adapté.\n4. **Tirer la chasse** et mettre de l'antigel non toxique (celui des camping-cars) ou du sel dans les siphons et la cuvette.\n\n## Un tuyau gelé\n\n- **Plus d'eau** au robinet par grand froid : le tuyau est gelé quelque part.\n- **Ouvrir le robinet**, puis **réchauffer doucement** le tuyau en partant du robinet et en remontant : sèche-cheveux, serviettes chaudes, bouillotte, radiateur d'appoint.\n- **Jamais de flamme** : risque d'incendie, et la vapeur coincée peut faire éclater le tuyau.\n\n## Un tuyau éclaté\n\n1. **Couper l'eau** au robinet général (savoir où il est avant d'en avoir besoin). Voir [[URG-RES-001]].\n2. **Couper l'électricité** si l'eau coule près des prises ou du tableau.\n3. **Un collier de réparation**, ou un morceau de chambre à air serré par des colliers, en attendant la réparation. Voir [[TEC-CON-015]].\n\nLe grand froid : [[SURV-MIL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-024","titre":"Étayer et surveiller un mur fissuré","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fissures","etaiement","etais","temoin en platre","mur porteur","seisme","linteau","batiment endommage"],"sources":["Direction générale de la sécurité civile, guide national de référence sauvetage-déblaiement (étaiement d'urgence)","INSARAG, Guidelines (marquage des bâtiments après séisme)","US Army Corps of Engineers, Shoring Operations Guide (FEMA US&R)"],"corps":"::Les maçons d'autrefois collaient une galette de plâtre en travers d'une fissure et y écrivaient la date. Si le plâtre casse dans les semaines suivantes, la fissure bouge : le mur travaille. Si le témoin reste intact, elle dort. Le moyen le plus simple de savoir si un mur est dangereux.::\n\n## Les fissures qui inquiètent\n\n- **En diagonale**, partant des angles des portes et des fenêtres.\n- **Larges** de plus de quelques millimètres, ou qui laissent voir le jour.\n- **Qui s'agrandissent** : témoin en plâtre ou trait de crayon daté à chaque extrémité.\n- **Un mur qui penche ou qui gonfle**, un plancher qui s'affaisse, un linteau qui fléchit, des portes et fenêtres qui coincent d'un coup.\n\nLes fines fissures d'enduit, verticales et stables, sont en général sans gravité.\n\n## Étayer en urgence\n\n**Le but** : soulager et retenir, **pas soulever**.\n\n- **Sous un plancher ou une poutre qui fléchit** : des étais verticaux (étais métalliques ou bastaings), posés sur une **semelle** en planche épaisse qui répartit la charge, avec une autre planche en tête. On serre juste au contact, avec des cales, sans forcer vers le haut.\n- **Contre un mur qui gonfle** : des étais obliques appuyés au sol sur un sabot calé, qui poussent le mur à mi-hauteur.\n- **Une porte ou une fenêtre** dans un mur fissuré : un cadre de bois en croix, bien calé.\n\n## Le mur porteur\n\nUn mur est porteur quand un plancher, une charpente ou un autre mur reposent dessus. **Ouvrir une porte dans un mur porteur** demande de le soutenir d'abord, par des poutres qui le traversent posées sur des étais, puis de poser un linteau. C'est un travail de maçon, avec un calcul.\n\n## Après un séisme ou une explosion\n\n- **Ne pas entrer** dans un bâtiment qui penche, qui a perdu un mur, dont les escaliers sont fissurés.\n- **Les répliques** achèvent des bâtiments déjà blessés. Voir [[SURV-CRI-002]].\n- Les équipes de secours marquent les bâtiments inspectés de signes peints sur la façade : on les respecte.\n\nLes séismes : [[TEC-TER-003]]. La ville en ruines : [[SURV-MIL-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-023","titre":"La pierre sèche","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pierre seche","muret","terrasses","restanques","boutisses","fruit","bories","drainage","erosion"],"sources":["UNESCO, L'art de la construction en pierre sèche : savoir-faire et techniques, patrimoine culturel immatériel, 2018","Règles professionnelles de construction en pierre sèche (France)","Dry Stone Walling Association of Great Britain, Dry Stone Walling: A Practical Handbook"],"corps":"::Sans un gramme de mortier, des murs de pierres empilées tiennent depuis des siècles sur les pentes des Cévennes, de Provence et de Corse. Ils retiennent la terre des cultures en terrasses, laissent passer l'eau, abritent les lézards. Depuis 2018, leur savoir-faire est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO.::\n\n## Pourquoi ça tient\n\n- **Le poids et le frottement** : chaque pierre est posée pour être coincée par ses voisines, pas collée.\n- **L'eau passe** entre les pierres : pas de pression derrière le mur, qui ne se fait pas pousser comme un mur en béton sans drainage.\n- **Il bouge un peu** et se tasse sans casser.\n\n## Les règles du murailler\n\n1. **Une fondation** : une tranchée jusqu'au sol dur, les plus grosses pierres au fond.\n2. **Le fruit** : le mur s'amincit en montant, ses faces légèrement penchées vers l'intérieur. Il se tient tout seul.\n3. **Une sur deux, deux sur une** : chaque pierre chevauche le joint des deux pierres du dessous. Jamais de joint vertical continu.\n4. **La longueur dans le mur** : les pierres sont posées en profondeur, pas à plat le long de la face.\n5. **Les boutisses** : de longues pierres qui traversent le mur d'une face à l'autre, régulièrement, pour lier le tout.\n6. **Le remplissage** : les petites pierres calées à la main au cœur du mur, jamais jetées en vrac.\n7. **Le couronnement** : une rangée de pierres posées sur champ, qui ferme le haut.\n\n**Toujours manipuler** avec des gants et des chaussures de sécurité, soulever avec les jambes. Voir [[TEC-MEC-018]].\n\n## Ce qu'on en fait\n\n- **Les terrasses** (restanques, faïsses, bancels) : sur une pente, elles retiennent la terre, freinent l'eau et créent des champs plats. Contre l'érosion, rien de mieux.\n- **Les murets** de clôture et de soutènement.\n- **Les abris** : les bories et capitelles du Midi sont des cabanes entières en pierre sèche, voûtées sans cintre.\n- **Les drains et les puits.**\n\n## Commencer\n\nUn petit muret d'un mètre de haut est à la portée de tous, en quelques jours. Au-delà, ou pour soutenir une route ou une maison, on fait appel à un murailler.\n\nChoisir où s'installer : [[TEC-CON-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-022","titre":"Construire en terre crue","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["terre crue","adobe","pise","bauge","torchis","test du bocal","soubassement","chaux","shibam"],"sources":["Houben H., Guillaud H., CRAterre, Traité de construction en terre, 1989","Minke G., Building with Earth, Birkhäuser, 2006","UNESCO, ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte"],"corps":"::Au Yémen, la ville de Shibam dresse depuis le XVIe siècle des tours d'habitation en briques de terre crue de cinq à onze étages. Une grande partie de l'humanité vit encore dans des maisons en terre, et autour de Lyon, des fermes en pisé tiennent depuis des siècles. La terre est gratuite, sous nos pieds, et se remet en terre quand on démolit.::\n\n## Tester sa terre\n\n**Le test du bocal** : un bocal à moitié de terre, complété d'eau et d'une pincée de sel, bien secoué, puis laissé reposer un jour. Les couches se déposent : graviers, sable, limon, et l'argile en haut. Pour construire, il faut assez d'argile pour lier, mais pas trop, sinon la terre fissure en séchant. Le mieux est de faire quelques briques d'essai.\n\n## Quatre techniques\n\n- **L'adobe** : de la terre, de l'eau et de la paille, moulées en briques dans un cadre en bois, séchées au soleil deux à quatre semaines, puis maçonnées avec un mortier de terre.\n- **Le pisé** : de la terre à peine humide, **tassée** couche par couche dans un coffrage en bois qu'on déplace au fur et à mesure. Des murs épais et très durs.\n- **La bauge** : de la terre et beaucoup de paille, montées à la main en couches, puis taillées droites.\n- **Le torchis** : de la terre et de la paille plaquées sur un clayonnage de baguettes tressées entre les poteaux d'une ossature en bois. Les maisons à colombages.\n\n## La règle d'or : de bonnes bottes et un bon chapeau\n\n- **Les bottes** : un **soubassement** en pierre ou en brique cuite d'au moins 30 à 50 cm, pour que l'eau du sol et les éclaboussures de pluie ne touchent jamais la terre.\n- **Le chapeau** : un **toit large** qui déborde bien des murs.\n- **Les enduits** : à la terre ou à la chaux, **jamais au ciment**, qui enferme l'humidité et fait pourrir le mur. Voir [[TEC-CON-017]].\n\n## Points forts, points faibles\n\n- **Forts** : gratuit, bon régulateur de chaleur et d'humidité, recyclable, sain.\n- **Faibles** : craint l'eau, demande beaucoup de travail, et **résiste mal aux séismes** sans renforts (chaînages en bois ou en béton). En 2003, le séisme de Bam, en Iran, a effondré la ville en terre et tué plus de 26 000 personnes. Voir [[TEC-TER-003]].\n\nChoisir où construire : [[TEC-CON-021]]. La chaux : [[TEC-CHI-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-021","titre":"Choisir où s'installer","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["s'installer","terrain","inondation","georisques","adret","ubac","gel","debroussaillement","toponymie"],"sources":["Géorisques, ministère de la Transition écologique : les risques près de chez soi","Code forestier, obligations légales de débroussaillement","Dauzat A., Rostaing C., Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France"],"corps":"::Regardez où les anciens ont construit : les fermes de plus de cent ans sont rarement dans le lit de la rivière, rarement au fond du vallon, rarement sur la crête. Les lotissements récents, eux, le sont parfois. Les noms de lieux gardent la mémoire que les cartes ont oubliée.::\n\n## L'eau, ni trop ni trop peu\n\n- **Près d'une eau** sûre : source, puits, rivière, ou un toit pour la pluie.\n- **Pas dans une zone inondable** : en France, le site **Géorisques** montre pour chaque adresse les inondations, les mouvements de terrain, les sites industriels dangereux, le radon, les argiles qui gonflent. Voir [[TEC-TER-004]].\n- **Les noms qui parlent d'eau** : la Noue, les Mouilles, le Marais, la Palud, les Aulnes, les Saules. Ces mots signalent un sol humide ou inondable.\n\n## Le relief\n\n- **À mi-pente** : au-dessus des brouillards et des gelées du fond de vallée, où l'air froid s'accumule la nuit ; en dessous des crêtes battues par le vent et la foudre.\n- **Le versant au soleil** : dans les Alpes, on appelle **adret** le versant ensoleillé, où sont les villages, et **ubac** le versant à l'ombre, laissé à la forêt. En France, une pente tournée vers le sud.\n- **Pas sous une falaise** (chutes de pierres), **pas sur une pente instable** (sol qui glisse, arbres penchés en sabre).\n\n## Le vent et le feu\n\n- **Abrité des vents dominants** par une haie, un bois, un relief.\n- **En zone de forêt sèche** : une bande débroussaillée autour de la maison (en France, souvent 50 m obligatoires), pas d'arbres collés au toit. Voir [[TEC-TER-001]].\n\n## Le sol\n\n- **Un sol ferme et drainé** pour bâtir, une terre fertile à côté pour cultiver. Voir [[TEC-SOL-001]].\n- Les **argiles** gonflent l'hiver et se rétractent l'été : les murs fissurent.\n\n## Les autres\n\n- Des **voisins** : on ne survit pas seul longtemps. Voir [[SURV-SOC-001]].\n- Du **bois**, de la **pierre**, des matériaux à portée.\n- Une **route** praticable l'hiver, mais pas un axe de passage.\n\nConstruire un abri : [[SURV-ABRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-020","titre":"Rats, souris et nuisibles","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["rats","souris","nuisibles","leptospirose","hantavirus","tapette","paille de fer","rodenticide","blattes"],"sources":["Institut Pasteur, Centre national de référence de la leptospirose","CDC, Hantavirus : nettoyer les déjections de rongeurs en sécurité","ANSES, produits rodenticides : recommandations d'usage"],"corps":"::Une souris passe par un trou de six millimètres, un rat par un trou de la taille d'une pièce de monnaie. Là où il y a à manger, ils trouvent le trou. Contre eux, on gagne d'abord en fermant la cuisine, pas en empoisonnant la maison.::\n\n## Pourquoi c'est sérieux\n\n- **La leptospirose** : l'urine de rat contamine l'eau, la boue, les caves inondées. Elle entre par une plaie ou les muqueuses et peut atteindre le foie et les reins. Gants, bottes, plaies couvertes quand on nettoie après une inondation.\n- **Le hantavirus** : dans la poussière de crottes de rongeurs séchées, dans les cabanes et greniers fermés. **Ne jamais balayer à sec** : on aère, on vaporise de l'eau javellisée, on attend, on essuie avec des gants.\n- **Les réserves** : ils mangent, et ils souillent ce qu'ils ne mangent pas. Voir [[TEC-ALI-015]].\n\n## Fermer\n\n- **La nourriture** en boîtes de métal ou de verre, jamais en sac ni en carton.\n- **Les poubelles** fermées, le compost sans viande ni poisson.\n- **Les trous** bouchés avec de la **paille de fer** tassée, puis du mortier ou du mastic : ils rongent le plâtre et la mousse, pas l'acier.\n- **Les bas de portes** avec une plaque ou un balai-brosse.\n\n## Piéger\n\n- **La tapette** reste le meilleur outil. Appât : beurre de cacahuète, graisse, noisette.\n- **Contre les murs** : les rongeurs longent toujours les murs. Tapette perpendiculaire au mur, détente côté mur.\n- **Plusieurs pièges d'un coup** la première nuit : on attrape le plus possible avant qu'ils deviennent méfiants.\n- **Le seau piège** : un seau à moitié plein d'eau, une rampe, et une canette qui tourne sur un axe au-dessus, garnie d'appât.\n\n## Le poison\n\n- **Uniquement en boîte d'appât fermée**, hors de portée des enfants et des animaux, jamais près de la nourriture.\n- Les rongeurs empoisonnés sont mangés par les chats, les chouettes, les rapaces, qui meurent à leur tour. On ramasse les cadavres avec des gants.\n- **Un enfant ou un animal qui en a avalé** : centre antipoison ou vétérinaire, même sans symptômes. Il existe un antidote.\n\n## Les autres\n\n- **Les blattes** : propreté, joints bouchés, gels appâts du commerce.\n- **Les fourmis** : suivre la file, boucher l'entrée, enlever ce qui les attire.\n- **Le chat** : excellent contre les souris, moyen contre les gros rats.\n\nLes parasites sur le corps : [[TEC-SAN-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-019","titre":"La toiture et les fuites","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toiture","fuite","bache","tuiles","gouttieres","tole","echelle","tempete","travaux en hauteur"],"sources":["US Army Corps of Engineers, Operation Blue Roof, pose des bâches d'urgence","INRS, travaux en hauteur et utilisation des échelles","DTU série 40, couvertures"],"corps":"::L'eau qui goutte au plafond est rarement sous le trou : elle coule le long d'un chevron ou d'une latte avant de tomber, parfois un mètre plus loin. On cherche la fuite par en dessous, dans le grenier, avant de monter.::\n\n## Monter sans tomber\n\nLes chutes de hauteur sont l'une des premières causes d'accident mortel au travail. Sur un toit :\n\n- **Jamais** mouillé, gelé, par grand vent ou seul.\n- **L'échelle** : un pied d'écart au sol pour quatre de hauteur, dépassant d'un mètre au-dessus du bord, attachée en haut.\n- **Trois points d'appui** en permanence, un harnais attaché au faîtage ou à une cheminée solide.\n- **Marcher sur les tuiles au niveau des lattes**, là où elles sont soutenues, jamais au milieu.\n\n## Trouver la fuite\n\n1. Dans le grenier, **par temps de pluie**, avec une lampe : taches, bois noirci, lumière qui passe.\n2. **Remonter** la trace vers le haut de la pente.\n3. Planter un clou ou un fil de fer à travers, qui servira de repère dehors.\n\n## La bâche d'urgence\n\nAprès une tempête, la technique utilisée à grande échelle aux États-Unis :\n\n1. La bâche doit **passer par-dessus le faîtage** et descendre de l'autre côté, sinon l'eau coule dessous.\n2. **Les bords roulés autour de lattes de bois**, les lattes vissées ou clouées dans la toiture : jamais de clous plantés dans la bâche seule, le vent l'arrache.\n3. Le bas de la bâche dépasse la gouttière.\n\n## Réparer\n\n- **Une tuile cassée** : on soulève les tuiles du dessus, on glisse la nouvelle, on les rabat.\n- **La tôle ondulée** se visse **sur le sommet des ondes**, jamais au creux où l'eau coule.\n- **Le mastic bitumineux** bouche une fissure ou un solin en attendant mieux.\n\n## L'entretien qui évite tout\n\n- **Les gouttières** nettoyées deux fois par an : une gouttière qui déborde pourrit la charpente et mouille les murs.\n- **La mousse** se brosse et se traite ; pas de nettoyeur haute pression, qui abîme les tuiles.\n\nL'humidité dans la maison : [[TEC-CON-017]]. Les tempêtes et inondations : [[TEC-TER-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-018","titre":"Pomper l'eau d'un puits","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["pompe","puits","aspiration","amorcer","pompe a corde","belier hydraulique","pompe solaire","forage","montgolfier"],"sources":["Fraenkel P., Thake J., Water Lifting Devices, FAO et Practical Action, 2006","Middleton W.E.K., The History of the Barometer, 1964","Code général des collectivités territoriales, article L2224-9 (déclaration des puits et forages domestiques)"],"corps":"::Les fontainiers de Florence n'arrivaient pas à aspirer l'eau à plus de dix mètres. En cherchant pourquoi, Torricelli a découvert la pression de l'air en 1643. Cette limite tient toujours : c'est la première chose à savoir avant d'acheter une pompe.::\n\n## La règle des sept mètres\n\nUne pompe posée en surface **aspire** : c'est le poids de l'air qui pousse l'eau dans le tuyau. En théorie jusqu'à 10 m, en pratique **7 mètres au maximum**.\n\n- **Eau à moins de 7 m** : pompe de surface, à main ou électrique.\n- **Eau plus profonde** : il faut une pompe **dans le puits**, qui pousse l'eau vers le haut au lieu de l'aspirer.\n\n## Les pompes à main\n\n- **La pompe à balancier** de jardin : simple, pour les puits peu profonds. **L'amorcer** en versant de l'eau par le haut. Toujours garder une bouteille d'eau à côté pour la réamorcer.\n- **Les pompes de puits profond**, avec le piston au fond et une longue tige, remontent l'eau de plusieurs dizaines de mètres. C'est le modèle des villages du monde entier.\n- **La pompe à corde** : une corde sans fin munie de rondelles remonte l'eau dans un tuyau en plastique. Fabriquée avec des matériaux de quincaillerie, elle équipe des dizaines de milliers de puits au Nicaragua.\n- **Le seau et le treuil** : le plus simple. Un seau réservé au puits, un couvercle sur le puits.\n\n## Le bélier hydraulique\n\nInventé par Joseph de Montgolfier, celui des ballons, en 1796. Il utilise l'élan de l'eau d'un ruisseau qui descend pour en faire monter une partie beaucoup plus haut, **sans moteur ni électricité**, jour et nuit. Environ un dixième de l'eau monte à une hauteur jusqu'à dix fois plus grande que la chute.\n\n## La pompe solaire\n\nUne pompe immergée en 12 ou 24 V branchée directement sur un panneau solaire, sans batterie : elle pompe quand il y a du soleil et remplit un **réservoir en hauteur**. Le réservoir est la batterie, et il descend tout seul jusqu'au robinet. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n## L'eau elle-même\n\n- **Une eau de puits se fait analyser** : claire et fraîche ne veut pas dire potable. Voir [[SURV-EAU-004]].\n- **En France**, un puits ou un forage domestique se **déclare en mairie**.\n- Loin des fosses septiques, du fumier, des cuves de fioul.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-017","titre":"L'humidité et les moisissures","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["humidite","moisissures","condensation","aerer","vmc","remontees capillaires","chaux","test aluminium","hygrometre"],"sources":["ANSES, Moisissures dans le bâti : avis et rapport d'expertise, 2016","Organisation mondiale de la santé, WHO guidelines for indoor air quality: dampness and mould, 2009","Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI)"],"corps":"::Une famille qui cuisine, se douche, fait sécher son linge et respire met chaque jour une dizaine de litres d'eau dans l'air de la maison. Si elle ne ressort pas, elle se pose sur le mur le plus froid, et les moisissures suivent. Avant de traiter, il faut savoir d'où vient l'eau.::\n\n## Le test du papier aluminium\n\nScotchez un carré de papier aluminium bien fermé sur le mur humide, deux jours.\n\n- **L'eau est côté pièce** : c'est de la **condensation**, l'air intérieur est trop humide.\n- **L'eau est côté mur**, sous l'aluminium : elle vient **du mur**, par une infiltration ou des remontées du sol.\n\n## La condensation (le plus fréquent)\n\n- **Aérer** cinq à dix minutes, deux fois par jour, **même l'hiver**. L'air froid du dehors, une fois réchauffé, sèche la maison.\n- **Ne jamais boucher** les grilles d'aération ni la ventilation.\n- Un couvercle sur les casseroles, le linge séché dehors ou dans une pièce aérée.\n- **Chauffer un peu partout** plutôt que beaucoup une pièce : un mur froid condense.\n- Les meubles décollés des murs de quelques centimètres.\n- **Un hygromètre** à dix euros : entre 40 et 60 % d'humidité, tout va bien.\n\n## L'eau qui vient du mur\n\n- **Infiltration** : toiture, gouttière qui déborde, fissure, joint de fenêtre. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Remontées du sol** dans les vieux murs : le sol autour trop haut, une terrasse collée au mur, un drain bouché.\n- **Le piège des vieux murs** : un mur en pierre qui respirait, enduit au ciment ou peint avec une peinture étanche, garde l'eau à l'intérieur et se dégrade. Les vieux murs s'enduisent **à la chaux**.\n\n## Nettoyer les moisissures\n\n- **Petites taches** : gants, masque, eau et savon, puis sécher. L'eau de Javel sur les surfaces lisses seulement.\n- **Plaques de plâtre, moquettes, papiers peints moisis en profondeur** : on les retire, on ne les sauve pas.\n- **Au-delà d'un mètre carré environ**, ou après une inondation, c'est un chantier : masque FFP2 minimum, souvent un professionnel. Voir [[TEC-TER-004]].\n\n**Santé** : asthme, allergies, infections chez les fragiles. Les enfants et les asthmatiques ne dorment pas dans une chambre moisie.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-016","titre":"Le poêle de masse","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["poele de masse","poele de masse finlandais","rocket stove","accumulation","kachelofen","poele russe","kang","ondol"],"sources":["Lyle D., The Book of Masonry Stoves: Rediscovering an Old Way of Warming, 1984","Evans I., Jackson L., Rocket Mass Heaters, Cob Cottage Company, 2006"],"corps":"::Un poêle ordinaire chauffe tant qu'il brûle. Un poêle de masse brûle deux heures, très fort, puis rend sa chaleur pendant une journée entière grâce à une ou deux tonnes de briques. Les Russes, les Finlandais, les Autrichiens, les Chinois et les Coréens chauffent comme ça depuis des siècles, avec deux fois moins de bois.::\n\n## Le principe\n\n1. **Une flambée courte et très chaude** : le bois brûle complètement, sans fumée ni goudron.\n2. **Les fumées serpentent** dans des conduits à l'intérieur d'une masse de briques, de pierre ou de terre, et lui cèdent leur chaleur.\n3. **La masse rend la chaleur** doucement, par rayonnement, pendant 12 à 24 heures.\n\nUne ou deux flambées par jour suffisent, même en hiver.\n\n## Les grandes familles\n\n- **Le poêle finlandais**, le **kachelofen** autrichien en faïence, le **poêle russe** où l'on dormait dessus.\n- **Le kang** chinois et **l'ondol** coréen : la fumée de la cuisine passe sous le lit ou sous le sol avant de sortir.\n- **Le poêle rocket à accumulation**, version moderne et bricolable : un foyer en L très isolé qui brûle des petites branches, un fût métallique, puis un conduit noyé dans un banc en terre et paille qui reste tiède toute la nuit.\n\n## Ce qu'il faut savoir avant\n\n- **Le poids** : une à trois tonnes. Il faut un sol ou une dalle qui le supporte.\n- **La construction** : des briques réfractaires pour le foyer, un maçon qui connaît le métier, ou un stage pour le rocket.\n- **La lenteur** : il met des heures à chauffer une maison froide. C'est un chauffage de fond, pas d'appoint.\n- **Les règles** : les poêles rocket faits maison sont rarement certifiés. On se renseigne auprès de l'assurance, et le conduit de fumée doit respecter les normes.\n\n## Pourquoi c'est malin\n\nMoins de bois, moins de corvées, moins de fumée pour les voisins, et une chaleur douce qui ne dessèche pas l'air. Les brindilles et les branches d'élagage, inutiles dans un poêle ordinaire, font tourner un rocket.\n\nLe poêle à bois ordinaire : [[TEC-CON-011]]. Le bois : [[TEC-ENE-019]]. Le monoxyde : [[TEC-CON-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-015","titre":"La plomberie de base et les fuites","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["plomberie","fuite","robinet","joint","siphon","bouchon","canalisation","gel","vanne"],"sources":["DTU 60.1, plomberie sanitaire pour bâtiments","Guides pratiques de plomberie des enseignes de bricolage et des fabricants de robinetterie","Retours d'expérience des plombiers sur les dégâts des eaux les plus fréquents"],"corps":"::Neuf dégâts des eaux sur dix commencent par une petite fuite qu'on a laissée « pour plus tard ». Savoir où couper l'eau et changer un joint évite la moitié des factures et toutes les nuits à éponger.::\n\n## Couper l'eau\n\n- **La vanne générale**, près du compteur (souvent dans un regard dehors, au sous-sol ou sous l'évier). **Repérez-la aujourd'hui**, testez-la : une vanne qui n'a pas tourné depuis dix ans est parfois grippée.\n- **Les robinets d'arrêt** sous les lavabos, derrière les toilettes, sur l'arrivée du chauffe-eau et de la machine à laver : ils coupent un seul appareil.\n\nVoir aussi [[URG-RES-001]].\n\n## Les tuyaux\n\n- **Cuivre** : rigide, soudé ou raccordé par écrous.\n- **PER** (tubes souples de couleur, rouge pour le chaud, bleu pour le froid) et **multicouche** : raccords à sertir ou à visser.\n- **PVC gris** : les évacuations, collées.\n- **Les flexibles** qui relient les robinets aux tuyaux : ils vieillissent et éclatent. **Changez-les tous les dix ans environ.**\n\n## Les fuites courantes\n\n- **Un robinet qui goutte** : le joint ou la cartouche est usé. Coupez l'eau, démontez la tête, emportez l'ancienne pièce au magasin pour la même.\n- **Les toilettes qui coulent** en continu dans la cuvette : le joint du clapet de chasse est usé ou entartré. Un nettoyage au vinaigre ou un joint neuf.\n- **Un raccord qui suinte** : resserrez d'un quart de tour, pas plus. Si ça continue, refaites l'étanchéité : ruban de téflon sur un filetage, ou filasse et pâte.\n- **Un siphon qui fuit** : dévissez-le au-dessus d'une bassine, nettoyez, vérifiez le joint, revissez à la main.\n\n## Les dépannages de fortune\n\n- **Un trou d'épingle dans un tuyau** : un morceau de chambre à air serré par deux colliers de serrage, en attendant mieux. Une pâte époxy de réparation sur un tuyau sec. Voir [[SURV-REC-030]].\n- **Un tuyau gelé** : dégelez-le au sèche-cheveux ou avec des chiffons chauds, en partant du robinet ouvert vers le gel. **Jamais de flamme** : le tuyau éclate ou brûle ce qu'il y a derrière.\n- **Un évier bouché** : ventouse d'abord (en bouchant le trop-plein), puis démontage du siphon, puis furet. Les déboucheurs chimiques en dernier, jamais mélangés. Voir [[TEC-CHI-006]].\n\n## Les astuces de plombier\n\n- **Relevez le compteur le soir et le matin**, sans avoir tiré d'eau : s'il a tourné, il y a une fuite quelque part.\n- **Une tache qui s'agrandit au plafond** : coupez l'eau de l'étage au-dessus tout de suite, puis cherchez.\n- **Avant un départ long**, coupez la vanne générale.\n- **Dans une maison froide en hiver**, vidangez les tuyaux (vanne fermée, robinets ouverts, en bas) pour qu'ils ne gèlent pas. Voir [[TEC-CON-012]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-014","titre":"Les toilettes sèches","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toilettes seches","compost","sciure","urine","assainissement","eau","jardin"],"sources":["Jenkins J., The Humanure Handbook, 4e édition","Arrêté du 7 septembre 2009 relatif aux prescriptions techniques des installations d'assainissement non collectif (toilettes sèches)","Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the safe use of wastewater, excreta and greywater, volume 4, 2006"],"corps":"::Une chasse d'eau envoie chaque jour dix à trente litres d'eau potable dans les égouts pour emporter un demi-litre de déchets. Les toilettes sèches font la même chose avec une poignée de sciure, sans odeur, et rendent de la terre au bout de deux ans.::\n\n## Le principe\n\nAprès chaque passage, on recouvre les matières d'une **matière sèche riche en carbone** : sciure, copeaux de bois, feuilles broyées, paille hachée. Elle absorbe l'humidité, bloque les odeurs et les mouches, et prépare le compostage.\n\n## Le modèle le plus simple\n\n1. **Une caisse en bois** avec un abattant de toilettes, et un **seau** de 20 litres dessous.\n2. **Un bac de sciure** à côté, avec une louche ou un gobelet.\n3. **Après chaque passage**, une louche de sciure, sur les selles et sur le papier.\n4. **Le seau plein** (tous les quelques jours pour une famille) se vide sur un **tas de compost dédié**, se rince, et repart.\n\n**Séparer l'urine** (un urinoir, ou un séparateur à l'avant de la cuvette) rend le seau beaucoup moins lourd et presque sans odeur. L'urine diluée est un excellent engrais, et un activateur de compost.\n\n## Composter sans danger\n\n- **Un tas à part**, pas celui du potager, en bac fermé, sur la terre, loin des points d'eau.\n- **Couvert de paille** à chaque apport.\n- **Un tas bien fait chauffe** à 50 ou 60 °C, ce qui tue la plupart des germes.\n- **On laisse reposer au moins un an** après le dernier apport, deux ans pour plus de sûreté. Deux bacs : un qui se remplit, un qui mûrit.\n- **Le compost obtenu** va d'abord aux arbres fruitiers, aux haies, aux fleurs ; pour les légumes qui se mangent crus, seulement un compost bien mûr, et jamais directement sur les feuilles.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Pas d'odeur** si la sciure couvre bien : une odeur signale un manque de matière sèche.\n- **L'hiver**, le tas chauffe moins : on laisse simplement le temps faire.\n- **Les médicaments** passent en partie dans les selles : ce n'est pas un problème à l'échelle d'un jardin, si le compost a eu le temps de mûrir.\n- **En France, les toilettes sèches sont autorisées** dans une maison, à condition de ne pas créer de nuisance ni de pollution, et d'avoir de quoi traiter les eaux de la cuisine et de la salle de bain.\n\nVersion d'urgence avec un seau et des sacs : [[SURV-HYG-002]]. Le compost en général : [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-013","titre":"Rafraîchir une maison sans climatisation","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chaleur","rafraichir","volets","ventilation nocturne","ombre","canicule","maison","evaporation"],"sources":["ADEME, Garder son logement frais en été","CEREMA, confort d'été des bâtiments : protections solaires et ventilation nocturne","Givoni B., Passive and Low Energy Cooling of Buildings, Wiley"],"corps":"::Une maison se rafraîchit la nuit et se défend le jour. Un volet extérieur fermé arrête la chaleur avant qu'elle entre ; un rideau intérieur la laisse entrer, puis la garde.::\n\n## Le principe\n\nLa chaleur entre de trois façons : **le soleil par les vitres**, **l'air chaud par les ouvertures**, **la chaleur des murs et du toit** chauffés toute la journée. On bloque les trois le jour, et on évacue la nuit.\n\n## Le jour : se défendre\n\n- **Protections extérieures d'abord** : volets, stores extérieurs, toiles tendues devant les fenêtres. Elles arrêtent le soleil **avant** la vitre, et sont plusieurs fois plus efficaces qu'un rideau intérieur, qui chauffe derrière la vitre.\n- **Fenêtres fermées** tant que l'air dehors est plus chaud que dedans.\n- **Moins de chaleur à l'intérieur** : pas de four, peu de plaques, lampes LED, appareils débranchés (chargeurs, box, télé en veille chauffent aussi).\n- **Côté sud et ouest** en priorité : c'est là que le soleil tape le plus fort et le plus tard.\n\n## La nuit : évacuer\n\n- **Tout ouvrir dès que l'air dehors est plus frais**, souvent à partir de 22 h jusqu'au petit matin.\n- **Créer un courant d'air** : fenêtres ouvertes sur deux façades opposées, portes intérieures ouvertes. Un ventilateur posé dans une fenêtre, soufflant **vers l'extérieur** dans une pièce et une autre fenêtre ouverte ailleurs, aspire l'air frais à travers toute la maison.\n- **Les murs épais** (pierre, béton) stockent la fraîcheur de la nuit et la rendent le jour : c'est pourquoi les vieilles maisons restent fraîches.\n\n## Rafraîchir par l'eau\n\n- **Un linge humide** tendu devant une fenêtre ouverte ou devant un ventilateur rafraîchit l'air qui passe, surtout par temps sec.\n- **Des bassines d'eau** et des serpillières mouillées au sol, en climat sec.\n- **Le corps d'abord** : c'est souvent plus efficace de rafraîchir les gens que la pièce. Voir [[SURV-CRI-003]].\n\n## À plus long terme\n\n- **Planter** des arbres à feuilles caduques côté sud et ouest : ombre l'été, soleil l'hiver. Une vigne sur une pergola fait pareil en deux ou trois ans.\n- **Peindre le toit ou les murs en clair** renvoie une grande partie du soleil.\n- **Isoler le toit** : l'isolation qui garde la chaleur l'hiver garde la fraîcheur l'été. Voir [[TEC-CON-005]].\n\n**Le piège** : une pièce sous un toit non isolé devient invivable l'après-midi. On y dort la nuit seulement si on a pu l'aérer, et on vit en bas le jour.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-012","titre":"Chauffer une seule pièce","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chauffage","froid","piece","isolation","hiver","coupure","economie"],"sources":["ADEME, conseils pour réduire ses besoins de chauffage","Retours d'expérience des hivers sans chauffage (Ukraine 2022-2023, Texas février 2021)","Kearny C., Nuclear War Survival Skills, chapitre sur le maintien au chaud"],"corps":"::Chauffer une maison entière sans réseau est impossible. Chauffer une pièce bien choisie, avec tout le monde dedans, est facile. Tout l'art est de rétrécir l'espace à défendre.::\n\n## Choisir la pièce\n\n- **Petite**, au centre de la maison, avec peu de murs donnant dehors.\n- **Peu ou pas de fenêtres**, et pas de baie vitrée.\n- **Pas au dernier étage** sous un toit mal isolé, ni au sol d'une maison sans isolation par-dessous.\n- **Avec une source de chaleur possible** et sûre : un poêle, ou assez d'espace pour la chaleur des corps.\n\n## La fermer\n\n1. **Fermez les portes** des autres pièces, et calfeutrez le bas de celle de la pièce choisie avec un boudin, une couverture roulée, des vêtements.\n2. **Doublez les fenêtres** : rideaux épais, couvertures, cartons, papier bulle collé sur la vitre (le côté bulles contre le verre), film plastique tendu.\n3. **Isolez le sol** avec des tapis, des couvertures, des cartons.\n4. **Baissez le plafond** si la pièce est haute : une bâche ou des draps tendus au-dessus de l'espace de vie gardent la chaleur à hauteur des corps.\n\n## La chauffer\n\n- **Les corps humains** produisent chacun environ 100 watts, autant qu'une vieille ampoule. Quatre personnes dans une petite pièce bien fermée gagnent plusieurs degrés.\n- **Une tente dans la pièce** : monter une tente ou un abri de couvertures sur le lit, et y dormir à plusieurs. C'est la plus petite pièce possible.\n- **Des bouillottes** (ou des bouteilles en plastique épais remplies d'eau chaude, enveloppées), dans les lits une demi-heure avant de se coucher.\n- **Un poêle ou un chauffage à combustion** : seulement s'il a un conduit ou une aération prévue, avec un détecteur de monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]] et [[TEC-CON-011]].\n- **Des bougies** chauffent très peu et font brûler des maisons chaque hiver. Elles éclairent, elles ne chauffent pas.\n\n## Garder la chaleur sur soi\n\n- **Des couches** plutôt qu'un seul gros vêtement : laine ou synthétique près du corps, jamais de coton mouillé.\n- **Bonnet, chaussettes et gants** à l'intérieur : la tête, les mains et les pieds perdent beaucoup.\n- **Manger et boire chaud** : le corps a besoin de calories pour produire sa chaleur. Voir [[TEC-ALI-001]].\n- **Bouger un peu** plusieurs fois par jour.\n\n## Les pièges\n\n- **La condensation** : une pièce fermée où l'on vit et respire se remplit d'humidité. Aérez cinq minutes, deux fois par jour, en grand : on perd moins de chaleur qu'à laisser une fenêtre entrouverte en permanence, et l'air sec se réchauffe plus vite.\n- **Le groupe électrogène ou le barbecue à l'intérieur** pour chauffer : c'est la première cause de décès pendant les coupures d'hiver.\n- **Les tuyaux d'eau** des pièces non chauffées peuvent geler et éclater : fermez l'eau et vidangez si le gel dure. Voir [[URG-RES-001]].\n\nL'hypothermie et ses signes : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-011","titre":"Le poêle à bois","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["poele a bois","chauffage","bois","ramonage","conduit","allumage","rendement"],"sources":["ADEME, Se chauffer au bois (guide pratique)","DTU 24.1, travaux de fumisterie (conduits de fumée)","Flamme Verte, recommandations d'installation et d'utilisation des appareils de chauffage au bois"],"corps":"::Un poêle chauffe avec du bois sec, un bon tirage et un feu vif. Il encrasse, enfume et intoxique avec du bois humide et un feu qui couve la nuit. La différence, c'est la façon de le conduire.::\n\n## Comment il chauffe\n\nUn poêle brûle le bois dans une chambre fermée et renvoie la chaleur de deux façons : par **rayonnement** (la fonte ou l'acier chaud, la vitre) et par **convection** (l'air qui circule autour). Un poêle moderne rend 70 à 85 % de l'énergie du bois, contre 10 à 15 % pour une cheminée ouverte, qui aspire surtout l'air chaud de la maison vers le ciel.\n\n## Le bois\n\n- **Sec avant tout** : moins de 20 % d'humidité, soit **deux ans de séchage** à l'abri de la pluie, sous un toit, avec de l'air sur les côtés. Un bois humide dépense son énergie à évaporer son eau, chauffe mal et encrasse le conduit.\n- **Test de terrain** : deux bûches sèches cognées l'une contre l'autre sonnent clair ; les bouts sont fendillés et grisés.\n- **Feuillus durs** (chêne, hêtre, charme, frêne) pour durer ; **résineux** et bois tendres pour allumer et relancer.\n- **Jamais** de bois traité, peint, d'aggloméré, de palettes traitées, de plastique : fumées toxiques et conduit abîmé.\n\n## Allumer par le haut\n\nLa méthode qui fume le moins et prend le mieux :\n\n1. Les grosses bûches en bas, croisées.\n2. Des bûches moyennes au-dessus, puis du petit bois.\n3. Le papier ou l'allume-feu **tout en haut**.\n4. Toutes les arrivées d'air ouvertes, et on allume.\n\nLe feu descend de lui-même, le conduit chauffe vite et tire dès le début.\n\n## Conduire le feu\n\n- **Recharger sur des braises vives**, peu de bûches à la fois, et laisser l'air ouvert quelques minutes après chaque charge.\n- **Ne pas étouffer le feu la nuit** en fermant tout l'air : il couve, fait de la fumée froide, du goudron dans le conduit (le bistre) et du monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Une vitre qui noircit** dit que le bois est humide ou que l'air est trop fermé.\n\n## La sécurité\n\n- **Ramonage** du conduit deux fois par an, dont une pendant la saison de chauffe, par un professionnel. C'est obligatoire en France, et les assureurs le demandent après un incendie.\n- **Un feu de cheminée** (grondement, flammes ou étincelles en haut du conduit) : fermez les arrivées d'air, n'y jetez jamais d'eau, appelez le 18.\n- **Distances** : respectez celles de la notice entre le poêle, le conduit et tout ce qui brûle (murs en bois, meubles, rideaux). Une plaque de sol non combustible devant la porte.\n- **Un détecteur de fumée et un détecteur de monoxyde de carbone** dans la maison.\n- **Les cendres** gardent des braises plusieurs jours : dans un seau métallique avec couvercle, dehors, jamais dans un sac ou une poubelle en plastique.\n\n## Les astuces des anciens\n\n- **Une bûche de ramonage** ne remplace pas le ramoneur ; elle sert entre deux passages.\n- **Une bouilloire ou une casserole d'eau** posée sur le poêle humidifie l'air sec de l'hiver, et fournit de l'eau chaude gratuite.\n- **Le dessus d'un poêle** cuit, mijote et fait chauffer l'eau : en cas de coupure de courant, c'est la cuisine de la maison. Voir [[SURV-CRI-001]].\n- **Des briques ou des pierres** posées sur ou autour du poêle stockent la chaleur et la rendent des heures après l'extinction.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-010","titre":"Le monoxyde de carbone","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["monoxyde de carbone","intoxication","chauffage","groupe electrogene","detecteur","combustion"],"sources":["Santé publique France, surveillance des intoxications au monoxyde de carbone","INRS, fiche toxicologique n° 47 : monoxyde de carbone","Ministère de la Santé, campagnes de prévention des intoxications au CO"],"corps":"::Il n'a ni odeur, ni couleur, ni goût. Il donne mal à la tête, puis envie de dormir, et on s'endort. Chaque hiver, en France, il tue une centaine de personnes et en intoxique des milliers.::\n\n## D'où il vient\n\nLe monoxyde de carbone (CO) naît de toute **combustion qui manque d'air** : poêle, cheminée, chaudière, chauffe-eau, gazinière, brasero, barbecue, groupe électrogène, moteur. Une flamme bien alimentée produit surtout du gaz carbonique, inoffensif ; une flamme étouffée produit du monoxyde. Voir [[TEC-CON-007]].\n\n**Les situations qui tuent**\n\n- un groupe électrogène ou un barbecue utilisé dans une maison, un garage ou une cave, même porte ouverte ;\n- un chauffage d'appoint à combustion (pétrole, gaz) dans une pièce fermée ;\n- un conduit de cheminée bouché (nid d'oiseau, suie) ou une chaudière mal entretenue ;\n- une voiture qui tourne dans un garage, ou à l'arrêt dans la neige avec le pot d'échappement bouché ;\n- les aérations bouchées pour garder la chaleur.\n\n## Ce qu'il fait\n\nIl prend la place de l'oxygène dans le sang, en s'y fixant plus de deux cents fois plus fort. Les organes s'asphyxient lentement.\n\n**Les signes** : maux de tête, fatigue, nausées, vertiges, puis confusion, somnolence, perte de connaissance. **Signe qui trompe** : plusieurs personnes du même foyer malades en même temps, ou qui vont mieux quand elles sortent, et les animaux touchés aussi. Ce n'est pas une gastro.\n\n## Que faire\n\n1. **Aérez immédiatement** : portes et fenêtres grandes ouvertes.\n2. **Arrêtez l'appareil** si c'est possible sans rester dans la pièce.\n3. **Sortez tout le monde.**\n4. **Appelez le 15, le 18 ou le 112**, même si les symptômes passent : le traitement se fait à l'oxygène, parfois en caisson hyperbare, et des séquelles peuvent apparaître des semaines plus tard.\n5. **Ne rentrez pas** avant qu'un professionnel ait vérifié l'installation.\n\n## Se protéger\n\n- **Un détecteur de monoxyde de carbone** par étage où se trouve un appareil à combustion, surtout près des chambres. Il coûte le prix d'un repas.\n- **Ramonage** des conduits une ou deux fois par an, entretien annuel de la chaudière.\n- **Ne jamais boucher** une grille d'aération.\n- **Groupe électrogène à plus de cinq mètres de la maison**, échappement orienté loin des fenêtres. Voir [[TEC-ENE-013]].\n- **Voiture bloquée dans la neige** : dégagez le pot d'échappement avant de faire tourner le moteur pour chauffer, et entrouvrez une fenêtre.\n\n**Ce que savent les pompiers** : une flamme de gazinière bleue et nette brûle bien ; jaune, orange ou qui fait de la suie, elle manque d'air et produit du monoxyde. Des traces noires au-dessus d'un appareil, de la buée anormale sur les vitres, une odeur de brûlé : faites vérifier.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-009","titre":"L'abri antiatomique","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["abri","bunker","nucleaire","retombees","radiation","ventilation","suisse","beton"],"sources":["Kearny C., Nuclear War Survival Skills, Oak Ridge National Laboratory, 1987","Office fédéral suisse de la protection de la population (OFPP), Instructions techniques pour la construction d'abris","Glasstone S., Dolan P., The Effects of Nuclear Weapons, US Department of Defense, 1977","FEMA, Planning Guidance for Response to a Nuclear Detonation, 2022"],"corps":"::Un abri antiatomique ne protège pas d'une bombe qui tombe dessus. Il protège de ce qui tombe du ciel pendant les deux semaines d'après. C'est beaucoup moins spectaculaire, et beaucoup plus utile.::\n\n## Ce contre quoi on se protège\n\nUne explosion nucléaire agit en quatre temps, et un abri ne répond pas à tous de la même façon.\n\n1. **L'éclair et la chaleur**, en une seconde. N'importe quel mur arrête l'éclair ; c'est l'incendie qui suit qui tue.\n2. **Le souffle**, quelques secondes plus tard. Près du point d'impact, rien ne résiste. Plus loin, c'est un vent de plusieurs centaines de kilomètres par heure et une pluie de verre.\n3. **Le rayonnement initial**, dans la première minute, surtout près de l'explosion.\n4. **Les retombées**, pendant des jours : la poussière soulevée et rendue radioactive par une explosion au sol retombe sur des dizaines ou centaines de kilomètres sous le vent. **C'est là que la plupart des vies se sauvent ou se perdent**, et c'est pour ça qu'on construit des abris.\n\n## Ce qui arrête le rayonnement : la masse\n\nLes rayons gamma des retombées traversent la matière, mais chaque épaisseur en arrête une partie. On mesure cela en **épaisseur de demi-atténuation** : l'épaisseur qui divise le rayonnement par deux.\n\n| Matériau | Divise par 2 | Divise par 1 000 (10 épaisseurs) |\n|---|---|---|\n| Acier | 1,8 cm | 18 cm |\n| Béton | 5,6 cm | 56 cm |\n| Terre tassée | 8,4 cm | 84 cm |\n| Eau | 12 cm | 1,2 m |\n| Bois | 22 cm | 2,2 m |\n\nCe qui compte, c'est **la masse totale** entre vous et la poussière, dessus et sur les côtés. C'est pourquoi une cave au centre d'un immeuble, sous plusieurs étages, protège déjà beaucoup mieux qu'une maison de plain-pied.\n\n## Le temps joue pour vous : la règle de 7 et 10\n\nLa radioactivité des retombées décroît très vite. **Chaque fois que le temps écoulé est multiplié par 7, le rayonnement est divisé par 10.**\n\n- 7 heures après l'explosion : dix fois moins qu'au bout d'une heure ;\n- 2 jours (49 heures) : cent fois moins ;\n- 2 semaines : mille fois moins.\n\nD'où la consigne : **les premières 24 à 48 heures sont celles qui comptent le plus.** Et d'où la durée de séjour visée par les abris : environ deux semaines.\n\n## Comment est fait un vrai abri\n\nLes abris construits selon les normes, comme en Suisse, ont tous les mêmes éléments :\n\n- **une enveloppe en béton armé** épaisse, souvent enterrée, qui résiste au souffle à distance et arrête le rayonnement ;\n- **une porte blindée étanche** et un sas, avec des chicanes : le rayonnement se propage en ligne droite, un coude dans un couloir le coupe ;\n- **une ventilation filtrée** : un ventilateur, souvent à manivelle en secours, aspire l'air par un préfiltre à poussière puis un filtre à charbon actif, et **met l'abri en légère surpression**. La poussière ne rentre pas, même par les fentes ;\n- **des soupapes anti-souffle** sur les entrées et sorties d'air, qui se ferment d'un coup quand l'onde de pression arrive ;\n- **de l'eau** pour deux semaines, des toilettes sèches ([[TEC-CON-014]]), des couchettes superposées, de l'éclairage sur batterie, une radio ;\n- **une sortie de secours** qui ne passe pas par l'escalier principal, souvent un tunnel ou une trappe qui débouche plus loin, hors de la zone des gravats.\n\n**La Suisse** est le seul pays qui garantit par la loi, depuis 1963, une place d'abri à chaque habitant : il y en a plus que d'habitants. La Finlande, la Suède et Israël ont aussi de grands réseaux. En France, il n'existe pas de réseau d'abris pour la population.\n\n## Improviser un abri\n\nDes études de l'armée américaine l'ont montré : **un abri de fortune bien fait protège presque aussi bien** qu'un abri construit, pour les retombées.\n\n- **Une cave** : le coin le plus enterré, loin des soupiraux. Empilez tout ce qui est lourd contre les murs et sur le plafond au-dessus de vous : sacs de terre, livres, bidons d'eau, meubles pleins.\n- **Une tranchée couverte** : une tranchée d'un mètre de large, profonde comme vous, couverte de portes ou de planches puis de 60 à 90 cm de terre. C'est l'abri de Kearny, construit en 48 heures par des familles ordinaires lors des essais.\n- **Un immeuble** : le milieu du bâtiment, à mi-hauteur ou au sous-sol, loin du toit (où la poussière se dépose) et loin des murs extérieurs.\n\n## Les astuces de ceux qui ont étudié la question\n\n- **La poussière est la vraie ennemie.** En entrant, retirez les vêtements extérieurs, mettez-les dans un sac loin de vous, lavez-vous ou essuyez-vous, cheveux compris. Cela retire la plus grande partie de la contamination.\n- **La chaleur tue avant la radiation** dans un abri bondé sans ventilation. Kearny a conçu un éventail de fortune, la « pompe à air de Kearny », un simple cadre de bois avec des volets en plastique qu'on balance à la main.\n- **Un appareil de mesure change tout.** Sans dosimètre, on sort trop tôt ou trop tard. Kearny a publié les plans d'un électromètre fabriqué avec une boîte de conserve et une feuille d'aluminium.\n- **L'iode** ne protège que la thyroïde, et seulement contre l'iode radioactif. Ce n'est pas un antiradiation. On le prend quand les autorités le disent.\n- **L'eau des tuyaux et des chasses d'eau**, celle d'un chauffe-eau, est protégée des retombées : elle se boit.\n- **Écoutez la radio**, à piles ou à manivelle. Voir [[SIG-COM-002]].\n\nL'air contaminé et les filtres sont dans [[URG-AIR-001]] et [[TEC-SAN-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-008","titre":"Le dessalement","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["dessalement","eau de mer","osmose inverse","distillation","eau potable","saumure"],"sources":["International Desalination Association, IDA Water Security Handbook","Organisation mondiale de la santé, Safe drinking-water from desalination, 2011","Elimelech M., Phillip W., The Future of Seawater Desalination, Science, 2011","Jones E. et al., The state of desalination and brine production, Science of the Total Environment, 2019"],"corps":"::La mer contient 97 % de l'eau de la planète, et on ne peut pas en boire un verre. Le dessalement, c'est payer en énergie ce que la nature fait gratuitement avec le soleil et la pluie.::\n\n## Pourquoi on ne boit pas l'eau de mer\n\nL'eau de mer contient environ **35 grammes de sel par litre**. Une eau potable en contient moins de 0,5 à 1 gramme.\n\nLes reins ne savent pas fabriquer une urine aussi salée que la mer. Pour éliminer le sel d'un litre d'eau de mer, il leur faut plus d'un litre d'eau. **Boire de l'eau de mer déshydrate plus vite que ne rien boire.** C'est la raison pour laquelle les naufragés qui en boivent meurent avant les autres, et ce qui rend le dessalement indispensable en mer. Voir [[TEC-SAN-005]].\n\n## Les deux grandes méthodes\n\n### Chauffer : la distillation\n\nOn fait bouillir l'eau, la vapeur part sans le sel, on la condense. C'est ce que fait le soleil au-dessus des océans.\n\nLes usines modernes ne font pas bêtement bouillir : elles enchaînent des chambres à pression de plus en plus basse, où l'eau bout à des températures de plus en plus faibles, et récupèrent la chaleur de chaque étape pour chauffer la suivante. Ce sont les procédés **à détentes successives** (MSF) et **à multiples effets** (MED). Ils consomment beaucoup d'énergie, et on les trouve surtout dans le Golfe, souvent couplés à des centrales électriques dont ils récupèrent la chaleur perdue.\n\n### Filtrer : l'osmose inverse\n\nUne membrane très fine laisse passer les molécules d'eau et retient les sels. Naturellement, l'eau irait du côté le plus salé (c'est l'osmose). **En poussant l'eau de mer contre la membrane à 55 à 80 bars**, on force le passage dans l'autre sens.\n\nC'est aujourd'hui la méthode dominante : **près de 70 % des capacités du monde**. Une usine moderne dépense environ **3 à 4 kWh par mètre cube** d'eau douce, grâce à des récupérateurs qui réutilisent la pression de la saumure qui sort.\n\nLe procédé demande :\n\n- **un prétraitement** sérieux : filtration, parfois floculation, pour que le sable, les algues et les bactéries ne bouchent pas les membranes ;\n- **un post-traitement** : l'eau osmosée est trop pure, agressive pour les tuyaux et pauvre en minéraux. On lui rajoute du calcium et on corrige son pH.\n\n## Les chiffres\n\n- Le monde dessale **environ 95 millions de mètres cubes par jour** (fin des années 2010), dans plus de 15 000 usines.\n- Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord en produisent près de la moitié. L'Arabie saoudite, les Émirats et Israël en dépendent pour une grande part de leur eau potable.\n- La plus grande usine d'osmose inverse du monde, à Sorek en Israël, produit plus de 600 000 m³ par jour.\n- Sur 100 litres d'eau de mer, une usine d'osmose en rend **environ 40 à 50 d'eau douce**. Le reste repart en **saumure**, deux fois plus salée que la mer.\n\n## Ce qui coince\n\n**L'énergie.** Même efficace, une usine consomme dix fois plus qu'un pompage d'eau douce. Une coupure de courant l'arrête, et l'eau du robinet avec.\n\n**La saumure.** Rejetée à la mer, elle coule au fond et peut étouffer la vie locale si elle est mal diffusée. Elle contient aussi les produits du prétraitement.\n\n**Les membranes** s'encrassent et se remplacent tous les cinq à dix ans. Elles sont fabriquées par une poignée d'industriels.\n\n**La cible.** Une usine de dessalement est une infrastructure unique qui alimente une ville entière. Les pays du Golfe la protègent comme une centrale.\n\n## À petite échelle\n\n- **Le dessalinisateur manuel** des radeaux de survie : une petite pompe d'osmose inverse qu'on actionne à la main, qui produit quelques litres par heure. C'est le seul équipement qui change vraiment la survie en mer.\n- **Les dessalinisateurs de bateau** : électriques, de 20 à plusieurs centaines de litres par heure. Ils vivent sur les batteries et les panneaux solaires du bord.\n- **Le distillateur solaire** : une cuve noire sous une vitre inclinée. Il produit de l'ordre de **2 à 5 litres par mètre carré et par jour** en plein soleil. Lent, mais sans aucune pièce mobile.\n- **La glace de mer ancienne** est presque douce : en gelant, l'eau chasse le sel. Une glace bleutée, arrondie, âgée de plus d'un an, peut se boire fondue. La glace jeune, grise et opaque, reste salée.\n\n## Les astuces qu'on apprend en mer\n\n- **Ne jetez jamais la première eau** d'un dessalinisateur après un arrêt : elle est salée. Goûtez avant de remplir la réserve.\n- **Une membrane qui sèche meurt.** À l'arrêt, on la conserve humide avec une solution prévue pour, ou on la fait tourner régulièrement.\n- **Près d'un port ou d'une embouchure**, l'eau de mer est polluée par les hydrocarbures et les rejets : ils abîment les membranes et ne sont pas tous retenus. On dessale au large.\n- **La pluie reste la meilleure eau douce en mer.** Une bâche tendue en entonnoir rend plus qu'un distillateur. Voir [[SURV-PLUIE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-007","titre":"La combustion et l’évacuation des fumées","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["chauffage","fumee","monoxyde","habitat"],"sources":["Santé publique France — intoxications au monoxyde de carbone, bilans annuels","Centre scientifique et technique du bâtiment — conduits de fumée","NFPA 211 — Standard for Chimneys, Fireplaces, Vents"],"corps":"::Toute combustion consomme de l'oxygène et produit des gaz. L'un d'eux n'a ni odeur, ni couleur, ni goût, et il endort avant d'alerter.::\n\n## Ce qui produit le monoxyde\n\nToute combustion consomme de l'oxygène. Quand il y en a assez, le carbone du combustible s'oxyde complètement et donne du dioxyde de carbone, inoffensif à faible concentration.\n\nQuand l'oxygène manque, l'oxydation s'arrête à mi-chemin et produit du **monoxyde de carbone**. Cela se produit dans une pièce fermée, avec un appareil mal réglé, un conduit obstrué, ou simplement quand la combustion est trop importante pour le volume d'air disponible.\n\nLe danger tient à la chimie du sang : le monoxyde se fixe sur l'hémoglobine bien plus fortement que l'oxygène et prend sa place. Le sang circule normalement mais ne transporte plus rien. **La personne s'affaiblit, a mal à la tête, se sent nauséeuse, puis s'endort.** Les symptômes ressemblent à une grippe ou à une fatigue ordinaire, ce qui explique qu'on les attribue à autre chose jusqu'au moment où il est trop tard.\n\nUn signe collectif doit alerter immédiatement : **plusieurs personnes présentant les mêmes maux de tête au même endroit, qui disparaissent quand elles sortent.**\n\n## Les règles qui n'admettent aucune exception\n\n**Aucun appareil à combustion ne fonctionne à l'intérieur sans évacuation des fumées vers l'extérieur.** Cela vaut pour un groupe électrogène, un moteur, un brasero, un barbecue, un réchaud à gaz utilisé longuement, un chauffage d'appoint sans conduit.\n\n**Un garage, une véranda, une cave, une tente ou un auvent fermé comptent comme un intérieur.** L'intoxication survient aussi dans un local grand ouvert d'un côté quand l'appareil tourne assez longtemps.\n\n**Un conduit ne se bouche jamais**, même partiellement, même pour améliorer le tirage.\n\n**Un détecteur de monoxyde est la seule protection réelle**, parce que le gaz ne se perçoit pas. C'est un appareil peu coûteux, à piles, qui se pose là où l'on dort.\n\n## Le tirage, ou pourquoi la fumée monte\n\nUn conduit fonctionne par différence de densité : l'air chaud du foyer est plus léger que l'air extérieur, donc il monte et aspire de l'air neuf par le bas. C'est cette circulation qui évacue les fumées.\n\nQuatre facteurs la déterminent, et chacun peut la ruiner.\n\n**La hauteur.** Un conduit court tire mal. C'est le facteur principal.\n\n**La section.** Trop étroite, elle bride le débit. Trop large, les fumées refroidissent, ralentissent et se déposent.\n\n**La température.** Un conduit froid ne tire pas. C'est pourquoi un feu démarre mal dans une cheminée froide, et pourquoi un conduit isolé ou intérieur tire mieux qu'un conduit plaqué sur un mur extérieur.\n\n**L'arrivée d'air.** Un logement très étanche prive le foyer d'air neuf. Le conduit peut alors s'inverser et refouler dans la pièce. **Une amenée d'air dédiée n'est pas un détail, c'est ce qui rend l'installation sûre.**\n\n## Le feu de conduit\n\nUne combustion incomplète dépose sur les parois des résidus goudronneux, qui s'accumulent et finissent par s'enflammer. La température atteinte est très élevée et la chaleur traverse les murs : le feu se propage souvent dans une autre pièce, voire à l'étage.\n\nCe qui produit ces dépôts : le bois humide, le bois résineux, un feu conduit au ralenti trop longtemps, et un conduit trop froid. Ce qui les évite : du bois sec, un feu franc, et un ramonage régulier. La qualité du combustible est traitée dans [[TEC-MAT-001]].\n\nEn cas de feu de conduit : ne plus alimenter, fermer les arrivées d'air, éloigner ce qui touche le conduit dans toutes les pièces traversées, et évacuer si l'on n'est pas certain de maîtriser. Voir [[URG-INC-001]].\n\n## Les distances aux matériaux\n\nUn conduit chauffe fortement et transmet cette chaleur par rayonnement et par contact. Un bois maintenu longtemps à température modérée se dégrade et s'enflamme finalement à une température bien plus basse qu'un bois neuf. **C'est un mécanisme lent, qui produit des incendies plusieurs années après une installation qui semblait tenir.**\n\nToute traversée de paroi ou de plancher demande donc un écart et un isolant entre le conduit et la structure. C'est le point où les installations improvisées échouent le plus souvent.\n\n## Chauffer efficacement\n\nLe meilleur chauffage est celui qu'on n'a pas besoin de produire. Réduire le volume à chauffer à une seule pièce, calfeutrer les autres, isoler du sol et couper les courants d'air rend plus que n'importe quel appareil supplémentaire — c'est la logique de [[SURV-ABRI-001]] appliquée à un bâtiment.\n\nEt un rappel qui vaut pour tout foyer ouvert : une grande flamme rassure et chauffe peu, c'est la masse chaude qui restitue la chaleur, comme l'explique [[SURV-FEU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-006","titre":"Assainissement et eaux usées","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["assainissement","hygiene","eau","habitat"],"sources":["OMS — Guidelines on sanitation and health","Sphere Handbook — Water supply, sanitation and hygiene promotion","OMS/UNICEF — Joint Monitoring Programme, sanitation ladder"],"corps":"::Séparer les excreta de l'eau et des mains est l'intervention sanitaire la plus efficace jamais mesurée. Elle passe avant le traitement de l'eau.::\n\n## Pourquoi c'est prioritaire\n\nLa voie féco-orale est le principal vecteur de maladie dans tout regroupement humain, et le mécanisme est simple : un agent quitte un intestin et entre dans un autre, en passant par les mains, l'eau, la nourriture, les mouches ou les surfaces.\n\nCouper cette voie au plus près de la source — c'est-à-dire dès l'excrétion — est plus efficace que d'essayer de la rattraper plus loin. Une eau parfaitement traitée reversée dans un environnement contaminé ne protège plus, ce que rappelle [[TEC-SAN-004]].\n\n**Les volumes en jeu.** Un adulte produit chaque jour de l'ordre d'un litre à un litre et demi d'urine et quelques centaines de grammes de matières fécales. Sur un groupe et sur plusieurs semaines, cela devient une quantité qu'on ne peut pas gérer par improvisation quotidienne.\n\n## L'implantation, qui décide de tout\n\nTrois règles de placement couvrent l'essentiel.\n\n**En aval et à distance de tout point d'eau.** Les recommandations humanitaires retiennent un ordre de grandeur de plusieurs dizaines de mètres entre une latrine et un puits ou une source, davantage si le sol est perméable ou la nappe proche. **La pente compte autant que la distance** : jamais en amont, jamais dans une zone où le ruissellement rejoint l'eau après la pluie.\n\n**Au-dessus du niveau de la nappe.** Une fosse qui atteint la nappe la contamine directement. En terrain humide ou en zone inondable, on construit au-dessus du sol plutôt qu'en dessous.\n\n**Accessible et éclairée.** Une latrine que l'on n'ose pas utiliser la nuit, ou trop éloignée, n'est pas utilisée — et une installation non utilisée ne protège de rien. C'est la cause d'échec la plus fréquente des programmes d'assainissement, et elle est comportementale, pas technique.\n\n## Les dispositifs, du plus simple au plus durable\n\n**La tranchée peu profonde**, pour un usage de quelques jours. Une tranchée étroite, chaque usage recouvert de terre. Elle se comble et se signale avant l'abandon.\n\n**La fosse simple**, pour un usage de plusieurs mois. Un trou profond et étroit, une dalle percée, un abri, et surtout un **couvercle** : c'est lui qui bloque les mouches et l'odeur. Le maintien de l'obscurité et la fermeture de l'orifice font la différence entre une installation saine et un foyer à mouches.\n\n**La fosse à deux compartiments**, pour un usage durable. On utilise l'un pendant que l'autre repose. Après un temps de repos suffisant, le contenu du compartiment fermé est très largement assaini et peut être retiré.\n\n**La toilette à séparation**, qui sépare urine et matières. C'est le procédé le plus efficace sans eau : l'essentiel des odeurs et des difficultés vient du mélange des deux. Les matières, recouvertes d'un matériau sec et carboné — sciure, cendre, terre sèche, feuilles broyées — se compostent lentement et sans odeur.\n\n## Ce qu'il faut savoir sur le compostage des matières\n\nIl fonctionne, il est documenté, et il demande du temps. Les agents pathogènes sont détruits par la combinaison de la température, du temps et de la compétition biologique.\n\n**Le facteur limitant est la durée**, et elle se compte en mois, pas en semaines. Certains œufs de parasites sont particulièrement résistants et survivent longtemps. C'est pourquoi un compost issu de matières humaines ne s'utilise jamais sur des cultures consommées crues, et pourquoi la règle de sécurité est le temps de repos plutôt que l'aspect du produit — logique déjà rencontrée dans [[TEC-CONS-001]].\n\n## Les eaux grises\n\nEaux de vaisselle, de lavage, de toilette. Elles sont beaucoup moins dangereuses que les eaux noires, mais elles attirent les insectes et créent des zones stagnantes.\n\nElles s'évacuent vers un puits d'infiltration — une fosse remplie de gravier — après passage par un simple bac dégraisseur qui retient les matières grasses. **Les graisses sont ce qui colmate tout** : un dégraisseur, même rudimentaire, double la durée de vie d'un système d'infiltration.\n\n## Les déchets et les eaux de pluie\n\nLes déchets alimentaires attirent rongeurs et insectes, qui referment la boucle. Ils s'éloignent, se brûlent ou s'enterrent, jamais à proximité du couchage.\n\nLes eaux de pluie se gèrent séparément : mélangées aux eaux usées, elles saturent tout système d'infiltration lors d'un orage. Leur collecte, elle, relève de [[SURV-PLUIE-001]], et il faut évidemment que ses surfaces de collecte n'aient rien à voir avec les zones d'assainissement.\n\n## L'erreur qui revient toujours\n\nConstruire une installation correcte et négliger le point de lavage des mains à côté. **Sans eau et sans savon à la sortie, la chaîne n'est pas coupée**, seulement déplacée. Un point de lavage simple — un bidon percé, une cheville en guise de robinet, un savon suspendu — coûte quelques minutes et rend autant que toute la fosse.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-005","titre":"Isoler un bâtiment","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["isolation","chaleur","habitat","donnees"],"sources":["CSTB — réglementation thermique et pathologies de l'isolation","USDA Forest Products Laboratory — moisture control in buildings","Passive House Institute — principes de conception thermique"],"corps":"::Ce qui isole n'est pas la matière, c'est l'air immobile qu'elle emprisonne. Toute l'isolation découle de cette phrase.::\n\n## Le principe unique\n\nL'air est un mauvais conducteur de chaleur — donc un bon isolant — à condition qu'il ne circule pas. Dès qu'il bouge, il transporte la chaleur par convection et l'isolation disparaît.\n\nUn matériau isolant n'est donc qu'une structure qui **découpe l'air en cellules assez petites pour qu'il ne puisse pas circuler**. Laine, duvet, paille, liège, mousse, carton ondulé, feuilles mortes : tous fonctionnent exactement de la même manière, et c'est aussi le principe de [[SURV-ABRI-001]].\n\nDeux conséquences immédiates.\n\n**Comprimer un isolant le détruit.** Un matériau tassé perd son air et donc sa fonction. Un isolant doit être posé en épaisseur libre, non écrasé.\n\n**Mouiller un isolant le détruit.** L'eau remplace l'air dans les cellules, et l'eau conduit la chaleur bien mieux que l'air. Un isolant humide peut perdre l'essentiel de sa performance, et il ne la retrouve qu'en séchant complètement.\n\n## Les trois voies de perte, et où agir\n\n**La conduction** à travers les parois. C'est ce que traite l'isolant.\n\n**La convection** par les fuites d'air. C'est ce que traite l'étanchéité à l'air, et **c'est très souvent la perte dominante dans un bâtiment ancien**. Un courant d'air froid traversant une pièce annule l'effet d'une isolation coûteuse.\n\n**Le rayonnement** vers les surfaces froides et vers le ciel.\n\nD'où l'ordre d'intervention, qui n'est pas celui qu'on croit. **Coupez d'abord les fuites d'air** — bas de portes, jonctions de menuiseries, trappes, passages de gaines, cheminée inutilisée. C'est presque gratuit et l'effet est immédiat. **Isolez ensuite**, en commençant par le haut, puisque l'air chaud monte et que la toiture est la plus grande surface en contact avec l'extérieur.\n\n## Le {{pont thermique|Endroit où un matériau conducteur traverse l'isolation de part en part, créant une fuite de chaleur et une surface froide.}}\n\nUn endroit où un matériau conducteur traverse l'isolation de part en part : un élément de structure, un balcon, un encadrement métallique.\n\nLa chaleur y passe préférentiellement, comme l'eau par une fuite. Deux effets s'ensuivent : une perte disproportionnée par rapport à la surface concernée, et surtout **une surface intérieure froide où la vapeur d'eau se condense**. C'est là qu'apparaissent les moisissures, et c'est pourquoi elles se forment toujours aux mêmes endroits — angles, dessus de fenêtres, plinthes.\n\n## Le point qui détruit les bâtiments\n\nIsoler déplace le point froid. Avant isolation, un mur était tiède et sec ; après, sa partie extérieure est froide, et la vapeur venue de l'intérieur s'y condense.\n\nDeux règles évitent le désastre.\n\n**Une barrière côté chaud, une ventilation côté froid.** La vapeur ne doit pas entrer dans l'isolant, et ce qui entre malgré tout doit pouvoir ressortir vers l'extérieur.\n\n**On n'isole jamais un mur humide.** L'isolation enferme l'eau, empêche le séchage, et détruit le mur en quelques saisons. On traite d'abord la cause — infiltration, remontée, condensation — puis on isole. Le diagnostic est dans [[TEC-CON-001]] et la toiture dans [[TEC-CON-004]].\n\n## Ventiler et isoler ne s'opposent pas\n\nC'est l'erreur la plus répandue. Un logement occupé produit plusieurs litres de vapeur par jour. Rendre un bâtiment étanche sans prévoir de renouvellement d'air concentre cette humidité, qui se dépose sur tous les points froids.\n\n**Un bâtiment bien isolé doit être ventilé davantage, pas moins** — de façon contrôlée, par une entrée et une sortie choisies, plutôt que par des fuites subies.\n\n## Ce qui isole, en récupération\n\nPresque tout ce qui est sec, léger et fibreux ou alvéolaire.\n\n**Le carton ondulé** est excellent, gratuit et partout : ses cannelures sont exactement des cellules d'air immobile. **Les textiles** entassés sans être tassés. **La paille et les feuilles mortes sèches**, à condition de rester sèches et hors d'atteinte des rongeurs. **Les mousses de sièges**, en volume important — voir [[SURV-REC-003]]. Le **papier froissé**, très efficace, très inflammable.\n\nDeux avertissements. **La plupart des isolants improvisés brûlent bien**, et il faut les éloigner de toute source de chaleur, notamment des conduits — voir [[TEC-CON-007]]. Et **un isolant mouillé une fois est perdu** s'il ne peut pas sécher entièrement.\n\n## Réduire avant d'isoler\n\nLe calcul le plus rentable reste celui du volume. Chauffer une seule pièce fermée, isolée du sol, avec les autres condamnées, coûte une fraction de ce que coûte un logement entier — et cela ne demande aucun matériau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-004","titre":"Toitures et étanchéité","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["toiture","etancheite","habitat","construction"],"sources":["CSTB — règles professionnelles de couverture","USDA Forest Products Laboratory — roof design and moisture","Agence qualité construction — désordres liés aux infiltrations"],"corps":"::Une toiture n'est pas étanche. Elle est conçue pour que l'eau glisse plus vite qu'elle ne pénètre, ce qui n'est pas la même chose.::\n\n## Le principe du recouvrement\n\nLa plupart des couvertures traditionnelles ne sont pas étanches élément par élément. Tuiles, ardoises, bardeaux, planches : chacun laisse passer l'eau à ses joints.\n\nCe qui protège est **la superposition et la pente**. Chaque élément recouvre celui du dessous, et l'eau, guidée par la gravité, est renvoyée vers l'extérieur avant d'atteindre un joint.\n\nDe là découle la relation la plus importante de la couverture : **plus la pente est faible, plus le recouvrement doit être important.** Une pente forte évacue vite et tolère un recouvrement court. Une pente faible laisse l'eau stagner, remonter par {{capillarité|Montée spontanée d'un liquide dans les pores fins d'un matériau, contre la gravité.}} et s'infiltrer sous l'effet du vent, ce qui impose un recouvrement bien supérieur — ou un matériau réellement étanche.\n\nC'est pourquoi le même matériau est parfait sur un toit pentu et fuit sur un toit plat.\n\n## Les points qui fuient\n\nUne toiture ne fuit presque jamais au milieu d'une pente. Elle fuit aux **discontinuités**.\n\n**Les jonctions** entre deux pans, en creux, où l'eau se concentre et où le débit est le plus fort.\n\n**Les pénétrations** : conduits de fumée, ventilations, fixations. Chacune est un trou qu'il faut refermer avec une pièce qui glisse sous les éléments supérieurs et par-dessus les inférieurs. **L'ordre de recouvrement est tout** : une pièce posée par-dessus l'élément amont conduit l'eau à l'intérieur.\n\n**Les rives et les bas de pente**, où l'eau quitte le toit et où le vent la reprend.\n\n**Les évacuations obstruées.** Une gouttière bouchée fait déborder l'eau sous la couverture. C'est la première cause de dégât et la plus facile à éviter — vérifier les évacuations vaut mieux que n'importe quelle réparation.\n\n## Le rôle du vent\n\nIl fait deux choses, et les deux nuisent.\n\nIl **soulève**. L'air qui accélère au-dessus d'une toiture crée une aspiration — le mécanisme d'aile décrit dans [[TEC-AER-001]]. Les éléments non fixés partent, surtout en rive et en angle, où la dépression est la plus forte.\n\nIl **pousse l'eau vers le haut**. La pluie battante remonte sous les recouvrements, contre la gravité. C'est pourquoi une toiture qui ne fuit jamais peut fuir lors d'une tempête venant d'une direction inhabituelle — voir [[URG-TEM-001]].\n\n## La condensation, l'ennemi intérieur\n\nUne toiture parfaitement étanche à la pluie peut être détruite par l'eau venue de l'intérieur.\n\nL'air chaud d'un logement contient de la vapeur. En montant, il rencontre la sous-face froide de la couverture, et cette vapeur se condense. L'eau coule alors comme une fuite, sans qu'aucune fuite n'existe.\n\nDeux dispositifs le préviennent. Une **barrière** côté chaud, qui empêche la vapeur de monter. Une **ventilation** entre l'isolant et la couverture, qui évacue ce qui est passé quand même. **Isoler sans ventiler transforme une toiture saine en toiture pourrie en quelques saisons** — c'est l'erreur centrale décrite dans [[TEC-CON-001]].\n\n## Réparer et improviser\n\n**Réparer une couverture existante** commence par trouver l'entrée d'eau, qui est presque toujours **en amont de la trace visible** : l'eau circule sur la charpente avant de tomber. On cherche donc plus haut que la tache.\n\n**Une bâche** posée sur un toit percé doit couvrir largement, remonter au-dessus du faîtage si possible, et être lestée plutôt que percée. Toute fixation traversante crée un nouveau trou.\n\n**Une couverture improvisée** suit les mêmes lois : de la pente, du recouvrement généreux, et des éléments plus larges que le pas de la charpente. Végétation en couches épaisses, écorces, planchettes, tôles, tuiles récupérées — tout fonctionne à condition de superposer du bas vers le haut, chaque rang recouvrant le précédent.\n\n**Le bas de pente déborde toujours** : prévoir une avancée qui écarte l'eau du mur, sinon on protège le toit et on détruit la façade et les fondations — voir [[TEC-CON-006]] pour l'évacuation, et [[SURV-PLUIE-001]] si l'on veut au contraire collecter cette eau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-003","titre":"Le puits","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["puits","nappe","eau","cuvelage","effondrement","pompage","gaz"],"sources":["OMS — Guide de mise en œuvre des puits protégés en milieu rural","BRGM — Nappes phréatiques et niveaux piézométriques","Manuels d'hydraulique villageoise, creusement et cuvelage manuels","Documentation sur les accidents en espace confiné, atmosphères de fond de puits"],"corps":"::Creuser un puits, c'est aller chercher une nappe qui existe déjà. On ne crée pas l'eau, on descend jusqu'à elle et on empêche le trou de se refermer.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### D'où vient l'eau d'un puits\n\nLa pluie s'infiltre et descend jusqu'à rencontrer une couche imperméable — argile, roche. Au-dessus s'accumule l'eau qui remplit les vides du sol : c'est la **nappe**. Sa surface, le **niveau piézométrique**, monte l'hiver et descend l'été.\n\nUn puits est un trou qui descend **sous** ce niveau. L'eau y entre par le fond et les parois basses, et s'y stabilise à la hauteur de la nappe. On ne pompe pas l'eau *vers* le puits ; elle vient seule tant qu'on reste sous la surface de la nappe.\n\n### La conséquence qui décide de la profondeur\n\nIl faut creuser **assez bas sous le niveau d'étiage** — le niveau le plus bas de fin d'été. Un puits calé sur le niveau d'hiver est à sec en août, quand on en a le plus besoin. On vise plusieurs mètres sous l'étiage, jamais juste sous la surface trouvée le jour du creusement.\n\n### Les trois dangers du creusement\n\nIls tuent chaque année, et deux sur trois ne se voient pas.\n\n**L'effondrement des parois.** Un trou vertical dans un sol meuble se referme, et un mètre cube de terre humide pèse près de deux tonnes. C'est le même mécanisme qu'en galerie — voir [[SURV-TUN-001]] — et il impose un **cuvelage** qui progresse avec le creusement.\n\n**L'asphyxie de fond.** Un puits est un espace confiné. Du gaz carbonique, plus lourd que l'air, peut s'y accumuler et remplir le fond sans odeur ni signe. On y descend inconscient en quelques respirations. C'est le danger de [[URG-AIR-001]], et il est majeur ici.\n\n**La noyade et la chute.** Une paroi qui cède noie celui qui est au fond avant qu'on ait le temps de le remonter.\n\n## AGIR\n\n### 1. Trouver où creuser\n\n- **Suivre les indices du terrain.** Végétation qui reste verte en été, joncs, roseaux, saules, un creux de terrain, une remontée de brume au petit matin. Voir [[TEC-SOL-001]].\n- **Demander aux anciens puits voisins** leur profondeur : la nappe est souvent continue, ils donnent la cote à atteindre.\n- **Creuser en fin d'été.** On travaille alors au niveau le plus bas, donc on ne se fait pas piéger par une nappe haute et temporaire.\n- **Rester loin des sources de pollution** : au moins trente mètres et **en amont** d'une fosse, d'un enclos, d'un dépôt. Voir [[TEC-CON-006]].\n\n### 2. Creuser en cuvelant au fur et à mesure\n\nLa règle unique, et elle ne souffre aucune exception : **on ne descend jamais sous une paroi non soutenue.**\n\n- Creuser un diamètre d'au moins **un mètre**, sinon on ne peut ni travailler ni remonter quelqu'un.\n- **Descendre le cuvelage à mesure.** Deux méthodes éprouvées : monter un anneau de maçonnerie ou de béton au fond et creuser dessous pour le faire descendre par son propre poids (le puits « foncé »), ou poser des buses préfabriquées qui s'enfoncent l'une sous l'autre. Le cuvelage retient la terre et empêche l'effondrement.\n- **Laisser le fond et le bas des parois perméables** — c'est par là que l'eau entre. On étanche le haut, on ouvre le bas.\n\n### 3. Ventiler et sécuriser chaque descente\n\n- **Le test de la bougie ou de la lampe.** On descend une flamme au fond avant d'y aller. Si elle s'éteint ou faiblit, l'air ne porte pas la vie non plus : **on ne descend pas.** On ventile d'abord.\n- **Ventiler** en descendant un sac qu'on ouvre et ferme, ou en soufflant de l'air avec un soufflet et une gaine jusqu'au fond.\n- **Toujours un harnais et une corde**, tenus par deux personnes en haut, plus une troisième qui surveille. **Jamais seul.** C'est le trio de [[SURV-TUN-001]], et il n'est pas négociable.\n- **Un signal convenu** entre le fond et la surface. Celui d'en haut a autorité pour ordonner la remontée.\n\n### 4. Aménager la tête du puits\n\nC'est ce qui décide si l'eau reste potable.\n\n- **Une margelle surélevée** de trente à cinquante centimètres : elle empêche les eaux de surface, les plus sales, de couler dedans.\n- **Une dalle en pente autour**, qui évacue l'eau renversée loin du puits.\n- **Un couvercle**, contre les chutes — d'enfants, d'animaux — et contre les feuilles et la poussière.\n- **Un seul point de puisage** : une pompe scellée, ou un seau attitré qui ne touche jamais le sol. Le seau posé par terre entre deux usages est la première cause de contamination d'un puits sain.\n\n## ADAPTER\n\n**Le sol est rocheux.** Le creusement manuel devient très lent, mais la roche fissurée porte l'eau et tient les parois seule. On suit les fissures ; le cuvelage devient inutile en roche saine.\n\n**Le sol est sableux ou gorgé d'eau.** Le plus dangereux. Le sable coule et remplit tout — voir [[SURV-TUN-001]]. Le fonçage par buses lestées est alors la seule méthode raisonnable : on ne creuse pas un trou ouvert dans du sable.\n\n**Vous cherchez juste de l'eau, pas un ouvrage durable.** Un puits « pointe » — un tube métallique à pointe filtrante enfoncé jusqu'à la nappe, sur laquelle on pompe — donne de l'eau sans creuser, dans un sol meuble et une nappe peu profonde. Rapide, mais réservé aux petites profondeurs.\n\n**L'eau est trouble à la mise en service.** Normal les premiers jours : on pompe et on jette jusqu'à ce qu'elle s'éclaircisse, le temps que le fond se purge des fines du creusement.\n\n**Vous voulez la boire.** Un puits n'est pas une garantie de potabilité — il capte ce que le sol contient, y compris les nitrates et les bactéries d'un élevage en amont. Toute eau de puits nouvellement ouvert se traite avant consommation. Voir [[URG-EAU-001]] et [[SURV-EAU-004]].\n\n**Le puits baisse ou tarit.** La nappe descend en saison sèche, ou une pompe voisine la rabat. On approfondit, ou on espace les prélèvements pour laisser le niveau se rétablir.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**On descend jusqu'à une eau qui existe** ; le puits est un contenant, pas une source.\n\n**Le cuvelage progresse avec le trou**, jamais après. Une paroi non soutenue est un piège mortel.\n\n**Le fond d'un puits est un espace confiné** : la flamme d'abord, la corde toujours, seul jamais. Et la tête du puits décide de la potabilité autant que la nappe elle-même.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-002","titre":"Les fondations","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fondation","sol","tassement","gel","argile","drainage","charge"],"sources":["Eurocode 7 — Calcul géotechnique, principes de portance et de tassement","BRGM — Retrait-gonflement des sols argileux, cartographie de l'aléa","DTU 13.11 et 13.12 — Fondations superficielles","Agence Qualité Construction — Pathologies des fondations"],"corps":"::Un mur ne s'enfonce pas parce qu'il est lourd. Il s'enfonce parce que le sol sous une partie porte moins que sous l'autre — et c'est la différence, pas le tassement, qui fissure.::\n\n## À quoi ça sert\n\nUn mur concentre une charge sur une surface étroite. Le sol, lui, supporte une pression bien plus faible que la maçonnerie.\n\nUne fondation fait une seule chose : **elle élargit la surface d'appui** pour ramener la pression sous le seuil que le sol accepte. Tout le reste en découle.\n\nOrdres de grandeur de ce qu'un terrain supporte, en kilos par centimètre carré :\n\n| Terrain | Portance approximative |\n|---|---|\n| Roche saine | plusieurs dizaines |\n| Gravier compact | 3 à 6 |\n| Sable dense | 2 à 4 |\n| Argile ferme | 1 à 3 |\n| Argile molle, vase, remblai récent | **moins de 1, ou rien** |\n\nUn remblai non compacté ne porte pas, quel que soit son aspect. C'est le premier point à vérifier, et il est traité dans [[TEC-SOL-001]].\n\n## Le tassement différentiel, et pourquoi c'est lui qui casse\n\nTout bâtiment tasse. Un tassement **uniforme** de deux centimètres ne fait aucun dégât : la maison descend entière et rien ne travaille.\n\nCe qui fissure, c'est le tassement **différentiel** : un coin descend de trois centimètres, l'autre de un. La structure se déforme et se rompt là où elle est la plus raide.\n\nD'où une conséquence contre-intuitive : **mélanger deux systèmes de fondation sous un même bâtiment est pire que d'en choisir un mauvais.** Une extension sur semelle accolée à une maison sur pieux se fissurera à la jonction, toujours.\n\nLes fissures le disent : verticales et régulières, c'est du retrait de matériau ; **en escalier le long des joints, ou en diagonale partant d'un angle d'ouverture, c'est du mouvement de fondation.**\n\n## Le hors-gel\n\nL'eau contenue dans le sol gèle et gonfle, puis dégèle et se rétracte. Un appui posé au-dessus de la profondeur de gel monte et descend à chaque hiver, jusqu'à rompre.\n\nLa fondation doit donc descendre **sous la profondeur de gel de la région** : de l'ordre de 50 cm en plaine tempérée, 80 à 90 cm en zone froide ou en altitude, davantage en montagne. C'est une règle locale, elle se demande sur place.\n\nUne dalle de terrasse, un plot de cabane ou un pilier de portail posés à 20 cm subiront ce cycle. C'est la cause la plus fréquente des ouvrages secondaires qui se déchaussent.\n\n## L'argile, la pathologie dominante\n\nC'est le premier poste de sinistre sur les maisons individuelles en France, et le mécanisme est simple : **certaines argiles gonflent en absorbant l'eau et se rétractent en séchant.** Le sol lui-même change de volume au fil des saisons.\n\nTrois aggravants :\n\n- **Les épisodes secs prolongés**, qui rétractent le sol en profondeur.\n- **Les arbres proches.** Un arbre adulte extrait plusieurs centaines de litres d'eau par jour en été. Règle courante : **planter à une distance au moins égale à la hauteur adulte de l'arbre**, et se méfier d'un abattage près d'une maison — le sol se regorge et gonfle.\n- **Les fuites** de canalisation, qui humidifient un côté seulement.\n\nLa parade est la profondeur — descendre sous la zone qui varie, souvent 80 cm à 1,20 m — et **l'uniformité** : ce qu'on cherche, c'est que tout le bâtiment subisse la même chose.\n\n## Les quatre types, et quand on les emploie\n\n**La semelle filante.** Une bande de béton sous toute la longueur du mur porteur. C'est le cas ordinaire de l'habitat.\n\n**Le plot isolé.** Un massif sous chaque poteau. Pour les structures à ossature, les appentis, les passerelles. Attention : chaque plot tasse indépendamment, donc ils doivent reposer sur le même terrain.\n\n**Le radier.** Une dalle épaisse et armée sous tout le bâtiment, qui répartit la charge sur la totalité de l'emprise. C'est la solution pour les sols médiocres et homogènes — le bâtiment flotte sur sa semelle.\n\n**Les pieux.** On descend chercher une couche portante en profondeur, quand la couche de surface ne porte pas. Coûteux, et hors de portée sans moyens mécaniques.\n\n## Ce qui les détruit\n\n**L'eau, toujours.** Elle ramollit l'argile, emporte les fines du sable — l'affouillement —, gonfle en gelant, et fait rouiller les armatures. **Un drain périphérique et une évacuation correcte des eaux de toiture protègent plus efficacement qu'une fondation surdimensionnée.** Voir [[TEC-CON-004]] et [[TEC-CON-006]].\n\n**Les excavations voisines.** Creuser à côté et plus bas qu'une fondation existante retire le sol qui la soutenait latéralement. C'est exactement le cône de répartition à 45° décrit dans [[SURV-TUN-001]], et c'est la raison pour laquelle on ne creuse pas contre un mur sans reprendre son appui.\n\n**Les charges ajoutées.** Un étage de plus, une toiture plus lourde, un remblai contre un mur : la fondation avait été dimensionnée pour autre chose.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Le sol décide, pas le béton.** Une semelle énorme sur un remblai ne tient pas ; une semelle modeste sur un bon terrain tient un siècle.\n\n**L'uniformité vaut mieux que la performance.** Un bâtiment entier qui bouge pareil ne se fissure pas.\n\n**Et l'eau est l'ennemi principal**, ici comme dans tout le reste de la construction — c'est le même constat que dans [[TEC-CON-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CON-001","titre":"Charges, murs et humidité — comprendre un bâtiment","axe":2,"categorie":"Construction et Habitat","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["construction","habitat","structure","humidite"],"sources":["Eurocode 1 — Actions sur les structures","CSTB — Guide de la pathologie du bâtiment","Agence qualité construction — désordres liés à l'humidité"],"corps":"::Un bâtiment tient par le chemin que prennent les forces jusqu'au sol. Le comprendre, c'est savoir ce qu'on peut toucher et ce qu'on ne peut pas.::\n\n## Le chemin des charges\n\nToute charge — le poids du toit, celui de la neige, celui des étages, la poussée du vent — doit trouver un chemin continu jusqu'au sol. Ce chemin est la structure. Le reste est du remplissage.\n\nCe qui distingue les deux n'est ni l'épaisseur ni l'apparence. **Un mur porteur reçoit une charge venue d'en haut ; une cloison ne porte qu'elle-même.** Percer une cloison n'a aucune conséquence structurelle. Percer un mur porteur sans reprendre la charge par un linteau correctement appuyé de part et d'autre provoque une fissuration, puis un affaissement.\n\nComment reconnaître un mur porteur sans plan : il est généralement plus épais, il est continu d'un étage à l'autre et repose sur une fondation, il porte les extrémités des solives ou des poutres de plancher, et il sonne plein. Une cloison est mince, s'arrête au plafond, sonne creux et se trouve souvent décalée d'un étage à l'autre.\n\n## Les trois façons dont une matière travaille\n\n**La compression** — être écrasé. La pierre, la brique, le béton et la terre y résistent très bien.\n\n**La traction** — être tiré. Ces mêmes matériaux y résistent très mal. C'est toute la raison d'être de l'acier dans le béton armé : le béton encaisse la compression, l'acier encaisse la traction.\n\n**La flexion** — être plié, ce qui comprime une face et tire l'autre simultanément. C'est ce que subit toute poutre, et c'est pourquoi une poutre est toujours plus haute que large : la hauteur travaille bien plus que la largeur.\n\nDe là vient la logique des voûtes et des arcs. Ils transforment une charge verticale en compression le long de la courbe, ce qui permet de franchir une portée avec un matériau qui ne supporte pas la traction. En contrepartie, ils poussent latéralement à leur base — d'où les contreforts, qui ne sont pas décoratifs mais indispensables.\n\n## L'humidité, qui détruit plus que les charges\n\nLa plupart des bâtiments ruinés ne le sont pas par excès de charge. Ils le sont par l'eau, et elle arrive par quatre chemins.\n\n**Par le haut** — toiture percée, gouttière bouchée. C'est le plus rapide et le plus visible.\n\n**Par le bas** — remontée capillaire depuis le sol dans un mur poreux. L'eau monte dans les pores du matériau comme dans un buvard, parfois sur plus d'un mètre. Elle laisse une auréole horizontale et des dépôts de sel en surface.\n\n**Par les côtés** — infiltration à travers un mur exposé à la pluie battante, ou par un joint défaillant.\n\n**Par l'intérieur** — condensation. C'est le plus insidieux. L'air chaud contient plus d'eau que l'air froid ; en rencontrant une surface froide, il libère cette eau. Un logement occupé produit plusieurs litres de vapeur par jour, et sans ventilation, cette eau se dépose sur les points froids. C'est le même phénomène physique que la rosée décrite dans [[SURV-PLUIE-001]].\n\n**La conséquence à retenir : un mur humide n'isole plus.** L'eau remplit les pores qui contenaient de l'air immobile, et c'est l'air immobile qui isole — exactement le principe expliqué dans [[SURV-ABRI-001]]. Un mur trempé conduit la chaleur plusieurs fois mieux qu'un mur sec. Un bâtiment humide est donc froid, et le chauffer coûte davantage tout en aggravant la condensation.\n\n## Évaluer un bâtiment\n\n**Évaluer un bâtiment inconnu, du plus grave au moins grave.**\n\n1. **Regardez le toit depuis l'extérieur** et l'état des évacuations d'eau. Un toit percé rend tout le reste secondaire.\n2. **Repérez les fissures et lisez-les.** Une fissure fine, verticale, stable et localisée est généralement sans gravité. Une fissure en escalier suivant les joints, large en haut ou en bas, ou traversante, indique un mouvement de structure ou de fondation. Une fissure horizontale au milieu d'un mur est le signe le plus préoccupant.\n3. **Cherchez les traces d'eau** : auréoles, décollements, salpêtre blanc, moisissure noire dans les angles. La hauteur et la forme disent d'où vient l'eau.\n4. **Vérifiez les planchers** en marchant : élasticité, points mous, grincements localisés. Regardez les appuis des solives sur les murs, là où la pourriture commence — le mécanisme est expliqué dans [[TEC-MAT-001]].\n5. **Sentez.** Une odeur de moisi persistante signale une humidité structurelle qu'aucune ventilation ponctuelle ne réglera.\n\n**Rendre un bâtiment habitable, dans cet ordre.** Étancher le toit. Rétablir l'évacuation des eaux loin des fondations. Ventiler. Sécher. Isoler seulement en dernier — isoler un mur humide enferme l'eau et détruit le mur.\n\n## Cas fréquents\n\n**Vous vous abritez temporairement.** Choisissez l'étage plutôt que le rez-de-chaussée : moins d'humidité de sol, meilleure ventilation, et davantage de recul visuel. Évitez le dernier niveau sous un toit douteux.\n\n**Vous installez un moyen de chauffe.** Le tirage, les distances aux matériaux et le risque d'intoxication sont dans [[TEC-CON-007]].\n\n**Vous voulez isoler durablement.** L'ordre des interventions et les pièges sont dans [[TEC-CON-005]].\n\n**Vous n'avez pas de chauffage.** Réduisez le volume à chauffer plutôt que d'augmenter la puissance. Une seule pièce petite, fermée, isolée du sol, avec les autres ouvertures condamnées, est le seul calcul qui tienne — c'est la logique de [[SURV-ABRI-001]] appliquée à un bâtiment existant.\n\n**Vous ouvrez un mur.** Cherchez d'abord ce qui repose dessus à l'étage au-dessus. Si un plancher, une poutre ou un mur s'y appuie, il est porteur : l'ouverture demande un linteau dimensionné et des appuis solides de chaque côté. Dans le doute, on ne perce pas.\n\n**Le bâtiment est abandonné et vous le fouillez.** La méthode et l'ordre des risques sont dans [[SURV-REC-001]].\n\n**Vous constatez de la moisissure noire.** C'est un problème sanitaire autant que technique, et elle revient tant que la cause d'humidité n'est pas traitée. Nettoyer la surface sans ventiler ni supprimer la source ne fait que déplacer l'échéance de quelques semaines.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-015","titre":"Les engrais, azote, phosphore, potassium","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["engrais","npk","azote","phosphore","potassium","haber-bosch","purin d'ortie","consoude","nitrates","algues vertes"],"sources":["Smil V., Enriching the Earth: Fritz Haber, Carl Bosch, and the Transformation of World Food Production, MIT Press, 2001","COMIFER, guide de la fertilisation raisonnée","INERIS, nitrate d'ammonium : risques et conditions de stockage"],"corps":"::Au début du XXe siècle, deux chimistes allemands, Fritz Haber et Carl Bosch, trouvent comment fabriquer de l'engrais azoté à partir de l'air. Selon le géographe Vaclav Smil, près de la moitié des humains mangent aujourd'hui grâce à cet azote. Quand les usines s'arrêtent, il faut revenir aux vieilles sources : le fumier, l'urine, les légumineuses, la cendre et les orties.::\n\n## Les trois lettres\n\nSur un sac d'engrais, trois chiffres : **N-P-K**.\n\n- **N, l'azote** : les feuilles et la croissance. En manque, les vieilles feuilles jaunissent.\n- **P, le phosphore** : les racines, les fleurs, les graines.\n- **K, le potassium** : la santé de la plante, la qualité des fruits, la résistance à la sécheresse et aux maladies.\n\n## Les sources sans usine\n\n- **L'azote** : le fumier, le compost, **l'urine diluée**, les engrais verts de légumineuses. Voir [[TEC-AGR-017]] et [[TEC-AGR-028]].\n- **Le phosphore** : les os broyés ou calcinés, le fumier de volaille, la cendre.\n- **Le potassium** : **la cendre de bois**, la consoude. Voir [[TEC-CHI-012]].\n\n## Les purins\n\n- **Le purin d'ortie** : environ un kilo d'orties fraîches dans dix litres d'eau de pluie, on remue chaque jour, une à deux semaines, jusqu'à ce que ça ne mousse plus. Filtrer, diluer **dix à vingt fois** : riche en azote. Il sent très fort.\n- **Le purin de consoude** : même méthode, riche en potassium, pour les tomates et les fruits.\n\n## Les excès\n\n- **Trop d'engrais** brûle les racines et fait des plantes molles qui attirent les pucerons.\n- **Les nitrates en trop** partent dans les nappes et les rivières : eau des puits impropre pour les bébés, algues vertes sur les côtes. Voir [[SURV-EAU-009]].\n\n## Le stockage\n\nCertains engrais du commerce, comme le **nitrate d'ammonium**, sont dangereux en grande quantité : l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, en 2001, en était un stock. Au sec, au frais, loin des carburants et de toute source de chaleur, jamais mélangés à autre chose.\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]]. Le sol : [[TEC-AGR-029]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-014","titre":"Peintures et vernis naturels","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["peinture","badigeon de chaux","ocres","peinture de falun","huile de lin","cire","gomme-laque","plomb","ceruse"],"sources":["Falu Rödfärg, histoire et composition de la peinture de Falun","Loi du 20 juillet 1909 interdisant l'emploi de la céruse dans les travaux de peinture","Mayer R., The Artist's Handbook of Materials and Techniques, 5e édition, Viking, 1991"],"corps":"::Si tant de maisons de Scandinavie sont rouges, c'est grâce à une mine de cuivre : les résidus de la mine de Falun, en Suède, donnaient un pigment rouge qu'on cuisait avec de la farine de seigle et de l'huile de lin. Une peinture bon marché, qui protège le bois pendant des décennies. De la chaux, de la terre, du lait ou de l'huile : les peintures ont été faites maison pendant des millénaires.::\n\n## Les pigments\n\n- **Les ocres** : des terres jaunes, rouges, brunes, broyées fin. En France, celles du Roussillon, dans le Vaucluse, sont célèbres.\n- **Le blanc** : la chaux, la craie.\n- **Le noir** : le charbon de bois broyé, la suie.\n- **Jamais de pigments toxiques** de récupération inconnue.\n\n## Les peintures\n\n**Le badigeon de chaux**\nDe la chaux éteinte délayée dans l'eau, à la consistance d'un lait, plus un pigment si on veut. On l'applique en plusieurs couches fines sur un mur humidifié. Il laisse respirer les murs et désinfecte : c'est pour ça qu'on blanchissait les étables. Voir [[TEC-CHI-003]].\n\n**La peinture au lait (caséine)**\nDu lait écrémé tranché au vinaigre, le caillé lavé, mélangé à un peu de chaux et de pigment. Mate, solide à l'intérieur. Voir [[TEC-CHI-011]].\n\n**La peinture à l'huile de lin**\nHuile de lin cuite et pigments, pour le bois extérieur, les volets, les portes. Lente à sécher, très durable.\n\n**La peinture de Falun**\nEau, farine de seigle cuite en bouillie, pigment rouge ou ocre, un peu d'huile de lin et de sulfate de fer. Pour les bardages en bois brut.\n\n## Les vernis et les cires\n\n- **L'huile de lin** en couches fines : manches d'outils, plans de travail. Voir [[TEC-ATE-013]].\n- **La cire d'abeille** fondue avec un peu d'essence de térébenthine : une encaustique pour les meubles.\n- **La gomme-laque** dissoute dans l'alcool : un vernis qui sèche vite.\n\n## Attention\n\n- **Les chiffons à l'huile de lin** peuvent **s'enflammer seuls** en séchant en boule. Voir [[TEC-CHI-005]].\n- **Les vieilles peintures au plomb** (la céruse, interdite dans le bâtiment en France depuis 1909, mais présente dans les vieux logements) : ne jamais les poncer à sec ni les brûler. Leur poussière empoisonne, surtout les enfants.\n- **La chaux** brûle la peau et les yeux : gants et lunettes. Voir [[URG-SEC-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-013","titre":"Le plâtre","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["platre","gypse","platre de paris","moulage","platre medical","attelle","protection incendie","cuisson"],"sources":["Mathijsen A., Nieuwe wijze van aanwending van het gips-verband bij beenbreuken, 1852","BRGM, le gypse et les carrières d'Île-de-France","INRS, poussières de plâtre"],"corps":"::Paris est bâti au-dessus de carrières de gypse, la pierre dont on tire le plâtre : on l'appelle dans le monde entier le plâtre de Paris. En 1851, un chirurgien militaire néerlandais, Antonius Mathijsen, a l'idée d'imprégner des bandes de tissu de plâtre pour immobiliser les fractures. Le plâtre durcit en quelques minutes, avec de l'eau pour seul outil.::\n\n## Comment ça marche\n\n- **Le gypse** est une pierre qui contient de l'eau dans ses cristaux.\n- **Chauffé** vers 120 à 180 °C, il la perd et devient une poudre : le plâtre.\n- **Mélangé à l'eau**, il la reprend, chauffe un peu, et redevient une pierre en quelques minutes.\n\n## Faire son plâtre\n\nLà où il y a du gypse (pierre tendre, blanche ou grise, qui se raye à l'ongle) : le cuire quelques heures dans un four ou sur un feu doux, le broyer en poudre fine, et le garder **au sec** dans un récipient fermé, car il boit l'humidité de l'air.\n\n## Gâcher\n\n1. **L'eau d'abord**, dans un récipient souple.\n2. **Saupoudrer le plâtre** dessus jusqu'à ce qu'il affleure, sans remuer.\n3. **Attendre une minute**, puis mélanger.\n4. **Travailler vite** : on a une dizaine de minutes avant qu'il ne prenne.\n\n## À quoi il sert\n\n- **Immobiliser une fracture** : des bandes de coton trempées dans du plâtre délayé, posées **sur un rembourrage** épais (coton, tissu), jamais serrées, en laissant les doigts ou les orteils visibles. On vérifie ensuite leur couleur et leur chaleur plusieurs fois par jour : douleur qui augmente, doigts froids ou bleus, on ouvre le plâtre. Voir [[URG-FRAC-001]].\n- **Mouler** : un moule de pièce, un modèle, une empreinte.\n- **Boucher et lisser** les murs et plafonds intérieurs.\n- **Protéger du feu** : chauffé, le plâtre libère son eau et freine l'incendie. Les plaques de plâtre protègent les charpentes.\n\n## Ses limites\n\n- **À l'extérieur**, la pluie le dissout : dehors, on enduit à la chaux. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **La poussière** irrite les poumons et les yeux : masque et aération.\n- **Ne jamais noyer une main** entière dans du plâtre qui prend : il chauffe et peut brûler, et on ne peut plus la retirer.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-012","titre":"La potasse et la soude","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["potasse","soude","cendre","lessive de cendre","soude caustique","cristaux de soude","bicarbonate","savon","verre"],"sources":["Brevet américain n° 1, Samuel Hopkins, amélioration de la fabrication de la potasse, 1790","INRS, fiche toxicologique de l'hydroxyde de sodium","Aftalion F., A History of the International Chemical Industry, 1991"],"corps":"::Le tout premier brevet des États-Unis, signé en 1790 par George Washington, protégeait une meilleure façon de fabriquer de la potasse à partir de cendres. Son nom le dit : de la cendre bouillie dans des pots. Avec elle, on fait du savon, de la lessive, du verre et de l'engrais. Et on se brûle, si on la manipule sans respect.::\n\n## Ce que c'est\n\n- **La potasse** : tirée de la **cendre de bois**. Mise à tremper dans l'eau, la cendre donne une eau glissante et caustique, la lessive de cendre. Réduite à sec, elle laisse la potasse.\n- **La soude** : autrefois tirée de la cendre de plantes des marais salants, aujourd'hui fabriquée par l'industrie. On en trouve trois formes :\n  - **le bicarbonate de soude** : doux, cuisine, ménage, pâte à dents ;\n  - **les cristaux de soude** : lessive, dégraissage, plus agressifs ;\n  - **la soude caustique** : très corrosive, pour le savon et les canalisations bouchées.\n\n## Faire une lessive de cendre\n\n1. **De la cendre de bois dur**, bien blanche, tamisée. Jamais de cendre de bois peint, traité ou de plastique.\n2. **De l'eau de pluie** chaude par-dessus, on laisse reposer un jour ou deux en remuant.\n3. **Filtrer** à travers un tissu, ou verser l'eau lentement à travers la cendre dans un seau percé garni de paille.\n4. **La force** : un œuf frais ou une pomme de terre qui flotte en montrant une petite surface, c'est une lessive assez forte pour le savon.\n\n## À quoi ça sert\n\n- **Le savon** : [[TEC-CHI-002]].\n- **Laver le linge** : [[SURV-HYG-005]].\n- **La nixtamalisation du maïs** : [[TEC-AGR-027]].\n- **L'engrais** : la cendre apporte de la potasse au jardin et adoucit les sols acides. Voir [[TEC-AGR-029]].\n\n## La sécurité\n\n- **Gants et lunettes**, toujours. La soude caustique et la lessive forte brûlent la peau et **rendent aveugle** en quelques secondes.\n- **Verser la soude dans l'eau**, jamais l'eau sur la soude : le mélange chauffe violemment et gicle.\n- **Récipients en inox, en verre ou en plastique**, jamais en aluminium, qu'elle attaque en dégageant de l'hydrogène.\n- **Une projection** : rincer à l'eau, abondamment et longtemps. Dans l'œil : voir [[URG-SEC-016]].\n- **Étiqueter** et ranger hors de portée des enfants. Voir [[TEC-CHI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-011","titre":"Les colles","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["colle","epoxy","cyanoacrylate","colle contact","colle a bois","caseine","brai de bouleau","resine","preparation des surfaces"],"sources":["Mazza P.P.A. et al., A new Palaeolithic discovery: tar-hafted stone tools in a European Mid-Pleistocene bone-bearing bed, Journal of Archaeological Science, 2006","Pizzi A., Mittal K.L., Handbook of Adhesive Technology, CRC Press","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook, chapitre sur le collage"],"corps":"::Il y a environ 200 000 ans, en Italie, des Néandertaliens chauffaient de l'écorce de bouleau pour en tirer un goudron et coller leurs pointes de silex sur des manches. La colle est l'une des plus vieilles technologies humaines. Et aujourd'hui comme alors, une colle tient d'abord grâce à la surface qu'on a préparée.::\n\n## Préparer, c'est 90 % du travail\n\n1. **Nettoyer** : poussière, graisse, peinture qui s'écaille.\n2. **Dégraisser** à l'alcool ou à l'acétone.\n3. **Poncer** pour rendre la surface rugueuse.\n4. **Sec** avant de coller.\n5. **Serrer** pendant le séchage : serre-joints, pinces, poids, ficelle, ruban adhésif.\n\n## Quelle colle pour quoi\n\n- **Colle à bois blanche (vinylique)** : bois, papier, carton. Un assemblage bien collé et serré casse souvent à côté du joint.\n- **Époxy à deux composants** : métal, céramique, pierre, bois, plastiques durs. Elle comble les trous. Bien doser et bien mélanger.\n- **Cyanoacrylate** (superglue) : petites pièces parfaitement jointives, en quelques secondes. Cassante, mauvaise pour combler. Elle colle aussi les doigts : on les décolle à l'eau tiède savonneuse, sans tirer.\n- **Colle contact** (néoprène) : caoutchouc, cuir, semelles, stratifié. Sur les deux faces, on attend qu'elle ne colle plus au doigt, puis on presse fort. Pas de repositionnement possible.\n- **Mastic colle** de construction : gros travaux, matériaux différents, extérieur.\n- **Le silicone** étanche, mais colle mal.\n\n**Le polyéthylène et le polypropylène** (bidons, cuves, bouchons) ne se collent presque pas : ils se soudent à chaud. Voir [[TEC-MAT-011]].\n\n## Les colles qu'on fabrique\n\n- **La colle de farine** : farine et eau cuites en bouillie. Papier, carton, papier peint.\n- **La colle de caséine** : du lait écrémé tranché au vinaigre, les grumeaux lavés, mélangés à un peu de chaux ou de bicarbonate. La colle des menuisiers d'autrefois, et celle des premiers avions en bois.\n- **La colle de peau** : tirée des peaux et des os bouillis, utilisée à chaud. Les luthiers l'emploient encore, car on peut la redécoller à la vapeur pour réparer.\n- **La colle de résine** : résine de pin fondue avec un peu de charbon de bois en poudre et de cire. Elle emmanche une lame, étanchéifie une couture.\n\n## Sécurité\n\nAérer avec les colles à solvant. L'époxy peut provoquer des allergies de la peau : gants. De la superglue dans l'œil : rincer à l'eau, ne pas forcer l'ouverture, consulter.\n\nAssemblages en bois et en métal : [[TEC-MEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-010","titre":"Le béton et le mortier","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["beton","mortier","ciment","sable","gravier","dosage","cure","maconnerie"],"sources":["Norme NF EN 206, béton : spécification, performances, production et conformité","Cimbéton, guides pratiques du béton","Portland Cement Association, Design and Control of Concrete Mixtures, 17e édition"],"corps":"::Le béton ne sèche pas : il durcit en fixant l'eau dans une réaction chimique. Laissé à sécher au soleil, il devient poussiéreux et fragile. Gardé humide une semaine, il devient de la pierre.::\n\n## Les ingrédients\n\n- **Le ciment** : une poudre grise qui, avec l'eau, forme une colle minérale qui durcit en quelques heures et continue de durcir pendant des semaines.\n- **Le sable** et **le gravier** : le squelette. Le ciment colle les grains entre eux.\n- **L'eau** : juste ce qu'il faut. **Trop d'eau rend le béton plus facile à couler et beaucoup plus faible.**\n\n## Les dosages de chantier (en volumes, au seau)\n\n| Mélange | Ciment | Sable | Gravier | Usage |\n|---|---|---|---|---|\n| Mortier de montage | 1 | 3 à 4 | - | Monter des briques, des parpaings, des pierres |\n| Mortier d'enduit | 1 | 3 | - | Enduire un mur |\n| Béton courant | 1 | 2 | 3 | Dalles, fondations, poteaux |\n| Béton maigre | 1 | 3 | 5 | Remplissage, propreté, calage |\n\nUn sac de 35 kg de ciment donne environ 0,1 m³ de béton courant.\n\n## Gâcher à la main\n\n1. **Mélangez à sec** ciment, sable et gravier sur une planche ou dans une brouette, jusqu'à une couleur uniforme.\n2. **Faites un cratère** au milieu, versez une partie de l'eau.\n3. **Ramenez les bords** vers le centre avec la pelle, ajoutez l'eau petit à petit.\n4. **Le bon béton** tient en tas sans couler, et une trace de truelle y reste nette.\n\n## La cure : ce qui fait la différence\n\n- **Gardez le béton humide** au moins **7 jours** : arrosage, bâche plastique, toile de jute mouillée.\n- **Protégez-le du soleil et du vent** qui le sèchent trop vite, et du **gel** les premiers jours, qui le fait éclater.\n- **Il atteint sa résistance au bout de 28 jours.** On ne charge pas une dalle la première semaine.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Le béton résiste à l'écrasement, pas à la traction** : une dalle ou une poutre sans armatures d'acier (fers à béton, treillis) casse en travers. L'acier doit être noyé avec quelques centimètres de béton autour, sinon il rouille.\n- **Le ciment brûle la peau** : il est très alcalin. Gants, manches longues, lunettes. Une brûlure au ciment ne fait pas mal tout de suite.\n- **Les vieux murs en pierre** se montent et se réparent au **mortier de chaux**, qui laisse respirer le mur ; le ciment les fait pourrir d'humidité. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **Sans ciment** : la chaux, la terre crue (pisé, torchis), la pierre sèche, bien plus anciennes et encore debout. Voir [[TEC-CON-001]].\n\nLes fondations : [[TEC-CON-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-009","titre":"L'eau de Javel","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["eau de javel","hypochlorite","chlore","desinfection","dilution","eau potable","surfaces"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Guidelines for Drinking-water Quality, 4e édition (chloration)","Centers for Disease Control and Prevention, Making water safe in an emergency","Organisation mondiale de la santé, Infection prevention and control : solutions chlorées à 0,1 % et 0,5 %"],"corps":"::Une bouteille d'eau de Javel désinfecte l'eau de boisson d'une famille pendant des mois, nettoie une pièce de malade, et coûte un euro. Mal dosée ou mal mélangée, elle empoisonne.::\n\n## Ce que c'est\n\nUne solution d'**hypochlorite de sodium** dans l'eau. Son pouvoir se mesure en **pourcentage de chlore actif**, écrit sur l'étiquette :\n\n- **2,6 %** : l'eau de Javel française prête à l'emploi en bouteille ;\n- **9,6 %** : les berlingots concentrés, à diluer ;\n- **5 à 6 %** : la concentration courante aux États-Unis et dans beaucoup de pays.\n\n**Toujours sans parfum ni additif** pour l'eau de boisson.\n\n## Les dosages utiles\n\n| Usage | Dosage |\n|---|---|\n| Désinfecter l'eau de boisson (claire) | **4 à 5 gouttes de Javel 2,6 % par litre**, ou 2 gouttes de Javel à 5-6 %. Attendre 30 minutes. |\n| Eau trouble | Filtrer d'abord à travers un tissu, puis doubler la dose |\n| Surfaces, vaisselle, linge d'un malade (0,1 %) | **Un verre (250 ml) de Javel 2,6 % dans 6 litres d'eau** |\n| Sang, vomissements, selles (0,5 %) | **1 volume de Javel 2,6 % pour 4 volumes d'eau** |\n\n**Le bon dosage pour l'eau de boisson** laisse une **légère odeur de chlore** après 30 minutes. Pas d'odeur : recommencez la dose et attendez encore. Trop fort : laissez reposer à l'air libre, le chlore s'évapore. Voir [[URG-EAU-001]].\n\n## Les règles\n\n- **Jamais mélangée** avec un autre produit : avec un acide (vinaigre, détartrant, nettoyant WC), elle dégage du **chlore gazeux** ; avec de l'ammoniaque ou de l'urine concentrée, des **chloramines**. Les deux brûlent les poumons. Voir [[TEC-CHI-006]].\n- **Diluée dans de l'eau froide**, jamais chaude.\n- **Les solutions diluées se préparent chaque jour** : elles perdent leur force en quelques heures à quelques jours.\n- **La bouteille elle-même s'affaiblit** avec le temps, la chaleur et la lumière : au frais et dans le noir, elle garde l'essentiel de sa force quelques mois. Une vieille Javel se dose plus fort.\n- **Gants et aération** ; rincer à l'eau abondante en cas de projection dans les yeux.\n\n## En fabriquer sans magasin\n\nLe courant électrique qui traverse de l'**eau très salée** entre deux électrodes en graphite (mines de crayon, électrodes de piles usagées) produit de l'hypochlorite : c'est le principe des petits électrochlorateurs utilisés dans les villages sans approvisionnement. Avec une batterie de 12 volts, quelques heures, en plein air (il se dégage un peu de chlore gazeux), on obtient une solution faible, qu'on dose plus fort et qu'on utilise dans la journée. Sans moyen de mesure, l'odeur de chlore après 30 minutes reste le repère.\n\n## Ce qu'elle ne fait pas\n\nElle ne tue pas tout : certains parasites de l'eau (cryptosporidium) lui résistent, et elle ne retire aucun produit chimique. Pour une eau douteuse, l'ébullition reste la référence. Voir [[URG-EAU-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-008","titre":"L'alcool et les désinfectants","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alcool","desinfectant","gel hydroalcoolique","antiseptique","chlorhexidine","70 degres","methanol"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Guide to Local Production: WHO-recommended Handrub Formulations, 2010","Centers for Disease Control and Prevention, Guideline for Disinfection and Sterilization in Healthcare Facilities, 2008","ANSM, antiseptiques et désinfectants : bon usage"],"corps":"::L'alcool pur désinfecte moins bien que l'alcool à 70 %. L'eau aide l'alcool à pénétrer les microbes au lieu de les sécher en surface. Bien des idées reçues sur les désinfectants tombent ainsi à la lecture des faits.::\n\n## Antiseptique ou désinfectant\n\n- **Un antiseptique** s'applique sur la peau et les plaies : chlorhexidine, povidone iodée, alcool sur peau saine.\n- **Un désinfectant** s'applique sur les surfaces et les objets : eau de Javel, alcool, produits professionnels.\n\n## L'alcool\n\n- **Le plus efficace est à 70 %** (entre 60 et 80 %) d'éthanol ou d'isopropanol. Pur, il s'évapore trop vite et agit moins bien.\n- **Il tue** la plupart des bactéries et beaucoup de virus en quelques secondes.\n- **Il tue mal** certains virus des gastro-entérites (norovirus) et **pas du tout** les spores. Pour ceux-là : eau de Javel et lavage au savon.\n- **Il brûle** : pas de flamme, de cigarette ni de poêle à côté d'un gel frais sur les mains.\n\n**Le gel hydroalcoolique de l'OMS**, préparé partout dans le monde : environ 80 % d'éthanol (ou 75 % d'isopropanol), un peu de glycérol pour protéger la peau, un peu d'eau oxygénée contre les contaminations, et de l'eau.\n\n## Les autres\n\n- **Chlorhexidine** : l'antiseptique des plaies, incolore, peu irritant. Voir [[URG-SEC-009]].\n- **Povidone iodée** : antiseptique large, colore la peau en brun. Pas chez les nouveau-nés ni en cas de problème de thyroïde.\n- **Eau de Javel** : le désinfectant des surfaces, du linge et de l'eau. Voir [[TEC-CHI-009]].\n- **Eau oxygénée** : mousse beaucoup, mais abîme les tissus d'une plaie. À éviter dans les plaies ouvertes.\n- **Vinaigre** : nettoie et détartre, **mais ne désinfecte presque pas**.\n\n## Sans rien de tout ça\n\n- **Le savon et l'eau** retirent les microbes des mains aussi bien que le gel, et mieux quand les mains sont sales.\n- **L'ébullition** stérilise les instruments : 10 minutes dans l'eau bouillante.\n- **Le soleil** : le linge séché en plein soleil, et l'eau claire exposée six heures en bouteille transparente au soleil, sont en partie désinfectés par les ultraviolets.\n\n## Les pièges\n\n- **L'alcool à brûler, le lave-glace et l'alcool ménager** ne se boivent jamais : ils peuvent contenir du méthanol, qui rend aveugle et tue. Un alcool désinfectant non identifié ne va pas dans une boisson.\n- **Désinfecter une surface sale ne sert à rien** : on nettoie d'abord, on désinfecte ensuite.\n- **Le temps de contact compte** : un désinfectant essuyé tout de suite n'a pas agi.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-007","titre":"Lire une étiquette de danger","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pictogrammes","clp","fiche de securite","plaque orange","adr","numero onu","danger chimique"],"sources":["Règlement (CE) n° 1272/2008 (CLP) : classification, étiquetage et emballage","Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR)","INRS, ED 6150 : étiquetage des produits chimiques"],"corps":"::Un losange rouge sur un bidon, une plaque orange sur un camion : ce sont des phrases complètes pour qui sait les lire. Elles disent ce qui brûle, ce qui ronge, ce qui empoisonne, et ce qu'il ne faut pas faire.::\n\n## Les neuf pictogrammes\n\nUn losange à bord rouge, un symbole noir :\n\n| Symbole | Danger |\n|---|---|\n| Bombe qui explose | Explosif |\n| Flamme | Inflammable |\n| Flamme au-dessus d'un cercle | Comburant : fait brûler plus fort ce qui brûle |\n| Bouteille de gaz | Gaz sous pression |\n| Liquide qui ronge une main et une surface | Corrosif : brûle la peau, les yeux, le métal |\n| Tête de mort | Toxique : peut tuer à faible dose |\n| Point d'exclamation | Irritant, nocif, ou dangereux pour la couche d'ozone |\n| Silhouette avec une étoile sur la poitrine | Danger grave pour la santé : cancer, malformations, allergie respiratoire |\n| Arbre mort et poisson | Dangereux pour l'environnement |\n\n**Le mot d'avertissement** : **« Danger »** pour les produits les plus dangereux, **« Attention »** pour les autres.\n\n**Les phrases** : les **mentions H** décrivent le danger (H2 pour les dangers physiques, H3 pour la santé, H4 pour l'environnement) ; les **conseils P** disent comment se protéger et quoi faire en cas d'accident.\n\n## La fiche de données de sécurité\n\nTout produit professionnel a une fiche de 16 rubriques. Les plus utiles en urgence :\n\n- **Rubrique 2** : les dangers ;\n- **Rubrique 4** : les premiers secours ;\n- **Rubrique 5** : comment éteindre un feu de ce produit ;\n- **Rubrique 7** : comment le stocker ;\n- **Rubrique 8** : quelles protections porter.\n\n## La plaque orange des camions et des citernes\n\nDeux nombres, l'un au-dessus de l'autre :\n\n- **en haut, le code danger** : le premier chiffre dit le danger principal (2 gaz, 3 liquide inflammable, 4 solide inflammable, 5 comburant, 6 toxique, 8 corrosif). Un chiffre doublé renforce le danger (33 : très inflammable). **Un X devant : ne jamais mettre d'eau.**\n- **en bas, le numéro ONU** de la matière.\n\nQuelques numéros courants : **1203** essence, **1202** gazole, **1965** gaz de pétrole liquéfié, **1005** ammoniac, **1017** chlore.\n\n**Un accident de camion avec plaque orange** : on s'éloigne, contre le vent, et on donne les deux nombres aux pompiers au téléphone. Ils savent immédiatement ce qu'il y a dedans. Voir [[SURV-CRI-006]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n- **Pas de pictogramme ne veut pas dire sans danger** : l'eau de Javel, l'essence et les médicaments tuent aussi.\n- **Deux pictogrammes différents** sur deux produits : on ne les mélange pas. Voir [[TEC-CHI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-006","titre":"Les produits dangereux de la maison","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["produits menagers","intoxication","melanges","javel","ammoniaque","deboucheur","enfants","centre antipoison"],"sources":["Centres antipoison et de toxicovigilance de France, données sur les intoxications domestiques","ANSES, fiches sur les mélanges de produits ménagers","American Association of Poison Control Centers, Household chemical safety"],"corps":"::Sous l'évier d'une cuisine ordinaire, il y a de quoi fabriquer un gaz toxique en versant deux produits dans le même seau. Chaque année, des gens s'intoxiquent en voulant « nettoyer plus fort ».::\n\n## Les mélanges interdits\n\n| Mélange | Ce qui se forme | Effet |\n|---|---|---|\n| **Javel + acide** (vinaigre, détartrant, nettoyant WC, anticalcaire) | Chlore gazeux | Brûle les yeux et les poumons |\n| **Javel + ammoniaque** (certains nettoyants vitres) | Chloramines | Toux, œdème pulmonaire |\n| **Javel + alcool** | Chloroforme et dérivés | Malaise, toxicité |\n| **Eau oxygénée + vinaigre** | Acide peracétique | Corrosif |\n| **Deux déboucheurs différents** (un acide et un basique) | Réaction violente, projections bouillantes | Brûlures |\n\n**La règle** : **un produit à la fois**, rincer entre deux, aérer.\n\n## Les plus dangereux\n\n- **Déboucheurs de canalisations** : soude caustique ou acide sulfurique concentrés. Brûlures graves de la peau, des yeux, de la bouche.\n- **Pastilles de lave-vaisselle et capsules de lessive** : caustiques, et attirantes pour un enfant.\n- **Antigel** (éthylène glycol) : il a un goût sucré, et quelques gorgées tuent un enfant, et un chien.\n- **Lave-glace, alcool à brûler** : contiennent souvent du méthanol, qui rend aveugle et tue.\n- **Pétrole lampant, huile de lampe, white-spirit** : avalés, ils passent dans les poumons et provoquent une pneumonie grave.\n- **Piles bouton** : voir [[TEC-ENE-012]].\n- **Médicaments** : la première cause d'intoxication des enfants.\n\n## Ranger\n\n- **Dans le contenant d'origine**, jamais dans une bouteille d'eau ou de soda : c'est la cause classique des intoxications d'enfants et d'adultes distraits.\n- **En hauteur, fermé à clé** s'il y a des enfants.\n- **Loin de la nourriture.**\n\n## En cas d'accident\n\n- **Avalé** : **ne faites pas vomir**, ne donnez **ni lait ni eau**, gardez l'emballage. Appelez le **centre antipoison** de votre région ou le **15**.\n- **Dans les yeux** : rincez à l'eau courante **15 minutes**, paupières écartées.\n- **Sur la peau** : retirez les vêtements touchés, rincez 15 minutes.\n- **Respiré** : sortez à l'air frais, aérez, et appelez si ça ne passe pas.\n\nLire les étiquettes et les pictogrammes : [[TEC-CHI-007]]. Les intoxications en général : [[URG-SEC-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-005","titre":"La combustion spontanée","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["combustion spontanee","auto-inflammation","chiffon huile de lin","foin","incendie","combustion humaine","effet meche"],"sources":["Babrauskas V., Ignition Handbook, Fire Science Publishers, 2003","NFPA, Fire Protection Handbook (auto-échauffement des matériaux)","INRS, fiches sur les risques d'auto-inflammation des chiffons imprégnés et des stockages","DeHaan J., Campbell S., Nurbakhsh S., Combustion of animal fat and its implications for the consumption of human bodies in fires, Science & Justice, 1999"],"corps":"::Rien n'a pris feu, personne n'a fumé, pas une étincelle. Et pourtant, le tas de chiffons du garage brûle à trois heures du matin. La combustion spontanée n'a rien de magique : c'est une chaleur qui s'accumule plus vite qu'elle ne s'échappe.::\n\n## Le mécanisme\n\nCertaines matières **chauffent toutes seules**, lentement : elles s'oxydent au contact de l'air, ou des bactéries les font fermenter. Dans un petit volume bien aéré, cette chaleur s'échappe et rien ne se passe.\n\nMais dans **un tas**, un sac, une botte serrée, **la chaleur reste piégée au centre**. Plus il fait chaud, plus la réaction s'accélère, donc plus il fait chaud. Au bout de quelques heures ou de quelques semaines, le cœur atteint sa température d'**auto-inflammation**, et le feu démarre de l'intérieur, sans flamme extérieure.\n\nTrois conditions, toujours les mêmes : **une matière qui s'échauffe, un volume assez gros pour garder la chaleur, et juste assez d'air.**\n\n## Les cas réels, du plus fréquent au plus rare\n\n**Les chiffons imbibés d'huile siccative.** L'huile de lin, l'huile de teck, certaines lasures et vernis gras sèchent en absorbant l'oxygène de l'air, et cette réaction chauffe. Un chiffon roulé en boule dans une poubelle peut s'enflammer en quelques heures. C'est l'une des causes d'incendie les plus connues des pompiers dans les ateliers, les chantiers et les garages.\n\n**Le foin rentré trop humide.** Au-delà d'environ 20 % d'humidité, les bactéries du foin fermentent et chauffent la botte ou le fenil. La température monte pendant des jours, puis des réactions chimiques prennent le relais. Des granges brûlent ainsi une à six semaines après la fenaison.\n\n**Les tas de compost, de fumier, de sciure, de copeaux et de charbon.** Les grands tas industriels sont surveillés à la sonde de température.\n\n**Certaines poudres métalliques et certains résidus chimiques** s'enflamment à l'air dès qu'on les sort de leur emballage : on les dit **pyrophoriques**. C'est le cas des dépôts de sulfure de fer dans les vieilles cuves de pétrole, qu'on ouvre avec précaution.\n\n**Les batteries au lithium** abîmées : un court-circuit interne les fait chauffer jusqu'à l'emballement. Ce n'est pas une combustion spontanée au sens strict, mais le résultat est le même, sans aucune cause visible.\n\n## La combustion humaine spontanée : mythe et réalité\n\nL'histoire revient depuis le XVIIIe siècle : on retrouve une personne presque entièrement réduite en cendres dans une pièce à peine noircie, les pieds ou les mains intacts. On a longtemps parlé de combustion humaine spontanée.\n\n**L'explication retenue aujourd'hui est l'effet mèche.** Une source de chaleur ordinaire (une cigarette, un radiateur, une bougie) enflamme les vêtements d'une personne qui ne peut plus réagir : endormie, ivre, malade, déjà morte. La graisse du corps fond, imbibe les vêtements comme la mèche d'une bougie, et brûle lentement pendant des heures, avec une petite flamme qui ne se propage presque pas autour. Des expériences sur des carcasses de porc habillées l'ont reproduit. **Aucun cas n'a montré un corps qui prend feu sans source extérieure.**\n\n## Quelques températures à connaître\n\n| Matière | S'enflamme seule vers |\n|---|---|\n| Papier | 230 °C environ (le fameux 451 °F de Ray Bradbury) |\n| Bois | 250 à 300 °C selon l'essence et la durée |\n| Gazole | 210 à 250 °C |\n| Essence | 250 à 300 °C |\n\n**Le gazole s'enflamme à plus basse température que l'essence**, alors qu'il est bien moins volatil. C'est ce qui fait marcher le moteur diesel, qui l'enflamme par la seule chaleur de la compression.\n\n## Les astuces des pompiers\n\n- **Un chiffon gras** ne va jamais en boule dans une poubelle. Étendez-le à plat, dehors, jusqu'à ce qu'il soit sec et raide, ou plongez-le dans un bidon métallique fermé rempli d'eau.\n- **Un tas de foin qui fume ou sent le caramel, le tabac ou le brûlé** : ne l'ouvrez pas, ne le déplacez pas. L'air frais qui entrerait ferait exploser le feu qui couve au cœur. Enfoncez une barre métallique au centre, laissez-la quelques minutes : si elle est trop chaude pour la tenir, appelez les pompiers.\n- **Un compost qui fume l'hiver** est normal. Un compost qui noircit au centre et sent le brûlé est trop gros et trop sec : étalez-le.\n- **Le soleil à travers une bouteille d'eau, un bocal ou un miroir de maquillage** peut concentrer la lumière sur un rideau, un tas de papiers ou une haie sèche : ce n'est pas spontané, mais ça y ressemble, et ça surprend chaque été. C'est aussi une façon d'allumer un feu, voir [[SURV-FEU-002]].\n- **Une batterie de téléphone ou de trottinette gonflée** se sort du logement et se pose sur une surface non inflammable, dehors si possible.\n\nQue faire face à un feu déclaré : [[URG-INC-001]] et [[URG-INC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-004","titre":"Les explosifs","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["explosif","detonation","dynamite","tnt","anfo","mine","carriere","demolition","poudre noire"],"sources":["Meyer R., Köhler J., Homburg A., Explosives, Wiley-VCH, 7e édition","Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS), fiches sur les explosifs à usage civil","US National Counterterrorism Center, Bomb Threat Stand-Off Distances","Akhavan J., The Chemistry of Explosives, Royal Society of Chemistry"],"corps":"::Un explosif n'est pas une chose qui brûle fort. C'est une réaction qui va plus vite que le son dans la matière elle-même. Toute la différence entre une carrière et un accident tient dans cette phrase.::\n\n## Brûler, déflagrer, détoner\n\n**Une combustion** a besoin de l'oxygène de l'air. Elle avance aussi vite que l'air arrive : un feu de bois.\n\n**Une déflagration** emporte son propre oxygène. La réaction se propage de proche en proche, par la chaleur, à quelques mètres ou centaines de mètres par seconde. Enfermée, elle fait monter la pression jusqu'à rompre l'enveloppe. C'est la poudre noire, la poudre d'une cartouche.\n\n**Une détonation** se propage par une onde de choc à travers la matière, entre 2 000 et 9 000 mètres par seconde. Elle n'a pas besoin d'être enfermée : elle brise ce qu'elle touche. C'est la dynamite, le TNT, les explosifs militaires.\n\n## Les familles\n\n**Les explosifs primaires** détonent au moindre choc, frottement, étincelle ou chaleur. On les utilise en quantités minuscules, dans les détonateurs, pour amorcer. Ce sont aussi les plus dangereux à manipuler, et ceux qui tuent le plus souvent leurs fabricants amateurs.\n\n**Les explosifs secondaires** sont stables : on peut souvent les brûler sans qu'ils détonent. Il leur faut le choc d'un détonateur. Presque tout ce qui sert réellement en fait partie.\n\nD'où la **chaîne pyrotechnique**, la même partout : un détonateur (primaire, quelques dixièmes de gramme), parfois un relais, puis la charge principale (secondaire). Chaque étage réveille le suivant. Sans détonateur, un bloc d'explosif militaire est une matière inerte qu'on peut poser, couper, ou même brûler, ce qui ne veut pas dire qu'il faut le faire.\n\n## Les explosifs qui ont compté\n\n| Nom | Époque | Famille | Ce qu'il faut savoir |\n|---|---|---|---|\n| Poudre noire | Chine, IXe siècle | Déflagrant | Charbon, soufre, salpêtre. A fait les canons et les mines pendant 800 ans. |\n| Nitroglycérine | 1847 | Secondaire, très sensible | Liquide instable au choc. Inutilisable telle quelle. |\n| Dynamite | Nobel, 1867 | Secondaire | Nitroglycérine absorbée dans une terre poreuse. A permis les tunnels et les chemins de fer. |\n| TNT | 1863, militaire dès 1902 | Secondaire, très stable | Fond sans détoner, se coule dans les obus. Sert d'unité de mesure. |\n| ANFO | Années 1950 | Secondaire | Nitrate d'ammonium et fioul. L'explosif civil le plus consommé au monde, dans les mines et carrières. |\n| Émulsions | Années 1960 | Secondaire | Pâtes à base de nitrate, résistantes à l'eau. Ont remplacé la dynamite. |\n| RDX, PETN | Seconde Guerre mondiale | Secondaire, puissant | Bases des explosifs plastiques militaires (C-4, Semtex) et du cordeau détonant. |\n\n**Le nitrate d'ammonium** mérite une ligne à part : c'est d'abord un engrais, stocké par milliers de tonnes. Mal stocké, il a causé les catastrophes de Toulouse (usine AZF, 2001, 31 morts) et de Beyrouth (port, 2020, plus de 200 morts).\n\n## À quoi ils servent\n\n- **Mines et carrières** : de très loin le premier usage. Chaque jour, des milliers de tonnes d'explosif abattent la roche.\n- **Tunnels et routes de montagne.**\n- **Démolition** de bâtiments et d'ouvrages : on coupe les poteaux porteurs dans le bon ordre, et le bâtiment tombe sur lui-même.\n- **Déclenchement préventif des avalanches**, dans les stations de ski.\n- **Sismique** : de petites charges envoient des ondes dans le sol pour chercher du pétrole ou étudier le sous-sol.\n- **Airbags, sièges éjectables, boulons explosifs** des fusées : de minuscules charges qui agissent en millisecondes.\n- **La guerre**, évidemment.\n\nLes personnes qui les mettent en œuvre, les **boutefeux** ou artificiers, sont formées et habilitées. En France comme presque partout, fabriquer, détenir ou transporter un explosif sans autorisation est un délit grave.\n\n## Les effets\n\nUne explosion blesse de trois façons :\n\n- **L'onde de pression**, qui déchire les poumons, les tympans et les intestins. Elle décroît très vite avec la distance.\n- **Les éclats**, qui portent beaucoup plus loin que l'onde. C'est eux qui fixent les distances de sécurité.\n- **La chaleur et les chutes** : brûlures, projections, effondrements.\n\nLe centre antiterroriste américain publie des distances d'évacuation indicatives, qui donnent l'ordre de grandeur :\n\n| Charge | Quantité | Évacuer le bâtiment dans un rayon de | À l'extérieur, s'éloigner à |\n|---|---|---|---|\n| Engin tuyau | 2 kg | 21 m | 366 m |\n| Sac, valise | 23 kg | 46 m | 564 m |\n| Voiture | 230 kg | 98 m | 457 m |\n| Camionnette | 450 kg | 122 m | 732 m |\n\n**Ce que retiennent ceux qui ont vu :** ce ne sont pas les mètres qui protègent, c'est ce qu'il y a entre vous et la charge. Un mur épais, un talus, un coin de bâtiment. Et **les vitres** : la plupart des blessés d'une explosion urbaine le sont par du verre, parfois à des centaines de mètres. Loin des fenêtres.\n\n## Les astuces de terrain\n\n- **Un explosif ancien est plus dangereux qu'un neuf.** Une vieille dynamite « sue » : la nitroglycérine suinte et forme des cristaux ou des gouttes huileuses sur les bâtons ou le carton. À ce stade, un choc suffit. On ne touche plus, on appelle le déminage.\n- **Les panneaux « Coupez vos émetteurs radio »** près des chantiers de tir ne sont pas une blague. Certains détonateurs électriques peuvent être déclenchés par un émetteur puissant tout proche. Talkie-walkie et téléphone éteints à proximité d'un tir.\n- **Une odeur d'amande, de solvant ou un mal de tête** près d'un stock ancien : certains explosifs à base de nitrates s'absorbent par la peau et donnent de violentes migraines, le « mal de tête de la dynamite » bien connu des mineurs.\n- **Un fil qui dépasse, une boîte neuve dans un lieu abandonné, un objet qui n'a rien à faire là** : vous ne savez pas, donc vous ne touchez pas. Vous marquez l'endroit, vous vous éloignez par le chemin par lequel vous êtes venu.\n- **Les restes de guerre** tuent encore chaque année des agriculteurs et des promeneurs, en France comme ailleurs. Voir [[SURV-REC-010]].\n\n## Si vous en trouvez\n\n1. Ne touchez pas, ne déplacez pas, ne coupez rien.\n2. Éloignez-vous par où vous êtes venu, et éloignez les autres.\n3. Marquez l'endroit de loin, avec quelque chose de visible.\n4. Prévenez la police, la gendarmerie ou les pompiers (17, 18 ou 112). Les démineurs se déplacent gratuitement.\n5. Pas de radio ni de téléphone à côté de l'objet : appelez une fois à distance.\n\nLa balistique des armes à feu est dans [[TEC-BAL-001]] et [[TEC-BAL-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-003","titre":"La chaux","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["chaux","calcaire","mortier","desinfection","cycle","brulure","carbonatation"],"sources":["Boynton R., Chemistry and Technology of Lime and Limestone","OMS — Usage de la chaux pour l'assainissement et la désinfection","Documentation sur les fours à chaux traditionnels et la calcination","RILEM — Mortiers de chaux, prise et carbonatation"],"corps":"::La chaux est le produit chimique le plus utile qu'on puisse fabriquer avec une pierre et du feu. Elle lie, elle assainit, elle blanchit — et elle boucle un cycle qui la ramène à la pierre d'origine.::\n\n## COMPRENDRE\n\n### Le cycle, qui explique tout le reste\n\nTrois états, un aller-retour complet. Le comprendre, c'est comprendre tous les usages.\n\n**1. La pierre.** Le calcaire — carbonate de calcium — est le point de départ. Coquilles, craie, marbre, calcaire dur : tous conviennent.\n\n**2. La cuisson.** Chauffé au-delà d'environ **900 °C**, le calcaire perd son gaz carbonique et devient la **chaux vive** (oxyde de calcium). C'est un solide avide d'eau, chimiquement agressif.\n\n**3. L'extinction.** Mouillée, la chaux vive réagit violemment — elle chauffe, gonfle, fume — et devient la **chaux éteinte** (hydroxyde de calcium), une pâte ou une poudre douce à manipuler.\n\n**4. La prise.** Étalée et exposée à l'air, la chaux éteinte **réabsorbe lentement le gaz carbonique** de l'atmosphère et redevient du carbonate de calcium — c'est-à-dire de la pierre. La boucle est fermée.\n\n**Le point capital : la chaux aérienne durcit en captant le CO₂ de l'air, donc de l'extérieur vers l'intérieur, et lentement.** Un enduit de chaux épais reste tendre à cœur pendant des semaines. Ce n'est pas un ciment, qui prend par l'eau et en masse.\n\n### Les deux chaux\n\n**La chaux aérienne**, celle du cycle ci-dessus, prend uniquement à l'air. Souple, réversible, elle laisse respirer les murs — idéale sur la terre, la pierre, le bâti ancien.\n\n**La chaux hydraulique** contient des impuretés argileuses qui lui permettent de prendre aussi **sous l'eau et sans air**, plus vite et plus dur. Entre la chaux pure et le ciment. C'est celle des fondations humides et des ouvrages exposés.\n\n## AGIR\n\n### Fabriquer\n\n**1. Le four.** Une fosse ou une cheminée de pierre où l'on alterne couches de calcaire concassé et de combustible, ou un foyer séparé dont les gaz chauds traversent la charge. Il faut **tenir 900 °C et plus pendant de longues heures** — c'est le vrai défi, plus que la chimie.\n\n**2. Reconnaître la cuisson.** La pierre cuite est plus légère, sonne mat, et **crépite et fume au contact de l'eau.** Une pierre qui ne réagit pas à l'eau n'a pas atteint la température : elle est « incuite » et inutile.\n\n**3. Éteindre.** On ajoute la chaux vive à l'eau — jamais l'inverse — dans un bac, à distance, protégé. Ça bout, ça projette, ça dégage une vapeur caustique. On obtient une pâte qu'on laisse mûrir : **plus une chaux aérienne repose longtemps sous l'eau, meilleure elle est**, parfois des mois.\n\n### Les quatre usages\n\n**Lier — le mortier et l'enduit.** Une part de chaux éteinte pour deux à trois parts de sable. Monte les murs, enduit, rejointoie. Prend lentement, se reprend, se répare, et **laisse le mur évacuer son humidité** au lieu de la piéger comme le ciment. Voir [[TEC-CON-001]].\n\n**Assainir.** La chaux éteinte est fortement basique et **détruit la plupart des germes.** On en badigeonne les murs des étables, on en saupoudre les latrines et les fosses pour couper les odeurs et l'infection, on en met une couche sur un cadavre animal avant enfouissement. C'est l'un des désinfectants les plus accessibles sans industrie — voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-CON-006]].\n\n**Blanchir et protéger — le lait de chaux.** Chaux éteinte très diluée, passée au balai ou à la brosse. Elle blanchit, réfléchit la lumière, et son caractère basique **empêche les moisissures et les insectes.** On en badigeonne les troncs d'arbres fruitiers contre le gel et les parasites, les plafonds, les murs de cave.\n\n**Traiter un sol.** Mélangée à une terre argileuse, la chaux l'assèche, la stabilise et la rend portante — c'est ainsi qu'on durcit un chemin ou une aire de battage.\n\n## ADAPTER\n\n**Vous n'avez pas de calcaire.** Les coquilles — huîtres, moules, escargots — et les coquilles d'œufs sont du carbonate de calcium presque pur. Calcinées de la même façon, elles donnent une excellente chaux. C'est la source des régions sans pierre calcaire.\n\n**Vous voulez un mortier qui prend vite ou sous l'eau.** Chaux aérienne seule ne convient pas. On ajoute un matériau **pouzzolanique** — cendre volcanique, tuile ou brique pilée, cendre de balle de riz — qui lui donne une prise hydraulique. C'est le secret des mortiers romains qui tiennent sous la mer depuis deux mille ans.\n\n**Il fait gel.** Un enduit de chaux qui n'a pas encore fait sa prise gèle et se détruit. On n'enduit pas à la chaux en dessous de quelques degrés, et on protège les jours suivants.\n\n**L'enduit poudre ou ne durcit pas.** Il n'a pas capté assez de CO₂ : soit il est trop épais et l'air n'atteint pas le cœur — on applique en couches minces successives —, soit l'air est trop confiné. La chaux a besoin de respirer pour prendre.\n\n**Vous manipulez de la chaux vive.** C'est un produit dangereux, à traiter comme tel : il **brûle la peau et surtout les yeux** par réaction avec leur humidité, et la réaction s'aggrave si on rince mal. Gants, lunettes fermées, manches longues, et en cas de projection, rinçage prolongé et abondant. Voir [[TEC-CHI-001]] pour la logique des produits caustiques.\n\n## Ce qu'il faut retenir\n\n**Un cycle : pierre → feu → eau → air → pierre.** Chaque état a son usage, et la prise finale se fait à l'air, lentement.\n\n**Deux chaux** : l'aérienne qui respire et se répare, l'hydraulique qui prend dur et sous l'eau.\n\n**Quatre métiers dans un seul sac** : lier, assainir, protéger, stabiliser. Peu de matériaux fabricables à la main rendent autant — c'est pour ça qu'elle a bâti et désinfecté les villes bien avant la chimie moderne, comme le rappelle [[MEM-ACC-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-002","titre":"Fabriquer du savon","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["savon","chimie","hygiene","fabrication"],"sources":["Bailey's Industrial Oil and Fat Products, chapitre sur la {{saponification|Réaction entre un corps gras et une base forte, qui produit du savon et de la glycérine.}}","OMS — Guidelines on hand hygiene","INRS — fiche toxicologique de l'hydroxyde de sodium"],"corps":"::Le savon est la seule molécule qui parle aux deux mondes : une extrémité aime l'eau, l'autre aime la graisse. C'est tout son secret, et c'est ce qui l'a rendu irremplaçable.::\n\n## Comment ça fonctionne\n\nUne molécule de savon possède une longue chaîne carbonée qui se mêle aux corps gras, et une extrémité ionique qui se mêle à l'eau.\n\nPlacée sur une salissure grasse, la chaîne s'y enfonce pendant que l'extrémité reste tournée vers l'eau. Les molécules s'organisent en sphères autour des gouttelettes de graisse, qui se retrouvent enveloppées et deviennent transportables par l'eau. **Le savon ne détruit pas la saleté : il la rend soluble.**\n\nDeux conséquences pratiques en découlent. **Le rinçage fait partie du geste** : sans lui, la saleté enveloppée reste sur place. Et **la durée et le frottement comptent plus que la quantité** de savon, parce que l'essentiel du travail est mécanique.\n\nContre les micro-organismes, l'effet est double. Le détachement mécanique emporte l'essentiel, et la structure enveloppée de nombreux virus, faite de lipides, est directement désorganisée. C'est ce qui explique le résultat mesuré du lavage des mains, rappelé dans [[TEC-SAN-004]].\n\n## La réaction\n\nOn fabrique du savon en faisant réagir un **corps gras** avec une **base forte**. La réaction s'appelle la saponification et produit deux choses : du savon et de la glycérine.\n\nLe corps gras peut être une graisse animale ou une huile végétale. Chacun donne un savon de caractère différent : les graisses solides donnent un savon dur et peu moussant, les huiles liquides un savon plus doux et plus soluble.\n\nLa base est classiquement l'hydroxyde de sodium, qui donne un savon solide, ou l'hydroxyde de potassium, qui donne un savon mou ou liquide.\n\n**Historiquement, cette base se produisait à partir de cendres.** Les cendres de bois dur, lessivées à l'eau, libèrent des carbonates de potassium : on obtient une solution alcaline appelée lessive de cendres. Elle est bien plus faible et plus variable qu'une base commerciale, et elle donne un savon mou, irrégulier, dont il est difficile de garantir la neutralité.\n\n## Le point critique : le dosage\n\nC'est là que tout se joue, et c'est ce qui rend la fabrication exigeante.\n\nChaque corps gras demande une quantité de base précise pour être entièrement transformé. **Trop de base, et il en reste dans le savon fini : il devient caustique et brûle la peau.** Trop peu, et le savon reste gras, mou, et ne lave pas.\n\nLes fabricants travaillent avec un léger excès de corps gras, précisément pour garantir qu'il ne reste aucune base libre. C'est une marge de sécurité, pas un détail de recette.\n\nAvec une lessive de cendres, dont la concentration est inconnue et variable, ce dosage ne peut pas être calculé : il se cherche par essais, et le résultat doit être testé avant tout usage sur la peau.\n\n## Manipuler la base sans accident\n\nUne base forte est **plus dangereuse qu'un acide de force comparable**, pour la raison expliquée dans [[TEC-CHI-001]] : elle dissout les graisses des tissus et continue de pénétrer en profondeur, avec une douleur initiale trompeusement sourde.\n\nTrois règles. **Protection des yeux avant tout**, car c'est la lésion irréversible la plus rapide. **On verse toujours la base dans l'eau, jamais l'inverse** : la dissolution dégage beaucoup de chaleur et peut projeter le liquide. **En cas de projection, on rince à l'eau très longuement et on ne neutralise pas** — voir [[URG-BRUL-001]].\n\nTravailler dehors ou en local ventilé, avec les mains et les bras couverts.\n\n## Le procédé, dans les grandes lignes\n\nLe corps gras est fondu et amené à une température modérée. La solution de base, refroidie après dissolution, y est incorporée en remuant continuellement.\n\nLe mélange s'épaissit progressivement jusqu'à un point où le mouvement de l'ustensile laisse une trace visible à la surface : c'est le signe que la réaction est engagée. On coule alors dans un moule.\n\nVient ensuite la **cure**, la phase la plus négligée : plusieurs semaines pendant lesquelles la réaction s'achève et l'eau s'évapore. Un savon utilisé trop tôt est mou, se consomme vite, et peut encore contenir de la base libre. **Le temps de cure n'est pas une finition, c'est une étape de sécurité.**\n\n## À défaut de savon\n\nRien ne remplace vraiment le savon, mais tout vaut mieux que l'eau seule.\n\nLes **cendres fines** et l'**argile** agissent comme abrasifs et adsorbants, et améliorent nettement le lavage mécanique. Certaines plantes contiennent des saponines, molécules naturellement moussantes, qui produisent un effet lavant réel quoique modeste. Le **sable** frotté sur une plaie ou une peau abîmée est en revanche à éviter.\n\nEt dans tous les cas, ce qui compte est la même chose : de l'eau en quantité, du frottement, et du temps.","langue":"fr"},{"id":"TEC-CHI-001","titre":"Acides, bases et pH — ce qu'il faut vraiment en retenir","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chimie","materiaux","securite","sante"],"sources":["IUPAC — définitions de l'acidité et de la basicité","INRS — fiches toxicologiques des acides et bases usuels","Institut national de recherche et de sécurité — guide des incompatibilités chimiques"],"corps":"::La question n'est presque jamais « est-ce un acide ». C'est « qu'est-ce que ça attaque, et que se passe-t-il si je le mélange ».::\n\nLe pH mesure une seule chose : la concentration en ions hydrogène libres dans une solution aqueuse. Sept est neutre, en dessous c'est acide, au-dessus c'est basique.\n\nUn point que presque tout le monde ignore et qui change tout : **l'échelle est logarithmique**. Chaque unité correspond à un facteur dix. Un pH de 3 est cent fois plus acide qu'un pH de 5. Cela signifie que diluer un acide fort d'un facteur dix ne le rend pas dix fois moins dangereux d'un point de vue pratique : il faut des dilutions considérables pour changer d'ordre de grandeur.\n\n## Fort ne veut pas dire concentré\n\nDeux notions distinctes qu'on confond constamment.\n\n**Fort ou faible** décrit à quel point une substance libère ses ions. Un acide fort se dissocie totalement, un acide faible partiellement.\n\n**Concentré ou dilué** décrit la quantité présente dans un volume donné.\n\nUn acide faible très concentré peut faire davantage de dégâts qu'un acide fort très dilué. Les deux paramètres se combinent, et c'est pourquoi lire une étiquette n'a de sens que si l'on regarde les deux.\n\n## Ce que fait un acide, ce que fait une base\n\nLes deux sont corrosifs, mais pas de la même manière, et cette différence a une conséquence médicale directe.\n\n**Un acide coagule les protéines de surface.** Il forme une croûte qui, en partie, freine sa propre pénétration. La douleur est immédiate et vive, ce qui alerte.\n\n**Une base saponifie les graisses.** Elle dissout les tissus et **continue de pénétrer en profondeur**. La douleur initiale est souvent plus sourde, ce qui retarde la réaction. C'est pour cela que les brûlures par base sont fréquemment plus graves que les brûlures par acide à concentration comparable, et pourquoi le rinçage doit être bien plus long — le protocole complet est dans [[URG-BRUL-001]].\n\nSur les métaux, les acides attaquent la plupart des métaux courants en dégageant de l'hydrogène. Les bases fortes attaquent l'aluminium et le zinc, mais épargnent le fer. C'est un critère de choix de contenant, et cela rejoint directement [[TEC-COR-001]].\n\n## La règle qui évite les accidents graves\n\n**On ne mélange jamais deux produits d'entretien sans savoir ce qu'ils contiennent.**\n\nLes mélanges dangereux ne sont pas exotiques : ils se produisent avec des produits ménagers ordinaires, et ils dégagent des gaz toxiques en quelques secondes, dans un espace souvent fermé et mal ventilé. Un produit chloré mélangé à un produit acide en fait partie, et c'est une cause récurrente d'intoxications domestiques.\n\nLa deuxième règle concerne la dilution : **on verse toujours l'acide dans l'eau, jamais l'eau dans l'acide.** La dilution d'un acide concentré dégage beaucoup de chaleur ; versée dans un petit volume d'acide, l'eau peut se vaporiser instantanément et projeter le liquide.\n\nLa troisième : **neutraliser n'est pas un geste de premier secours.** Faire réagir un acide avec une base dégage de la chaleur et ajoute une brûlure thermique à la brûlure chimique. Sur la peau ou dans les yeux, on rince à l'eau, longuement, et rien d'autre.\n\n## Manipuler sans accident\n\n1. **Identifiez avant d'ouvrir.** Étiquette, pictogrammes, mention de la concentration. Un contenant non identifié se traite comme le pire cas et ne se sent jamais.\n2. **Ventilez** avant de manipuler quoi que ce soit qui dégage des vapeurs.\n3. **Protégez les yeux en priorité.** C'est la lésion irréversible la plus fréquente et la plus rapide.\n4. **Versez l'acide dans l'eau**, lentement, jamais l'inverse.\n5. **En cas de projection sur la peau ou dans l'œil : rincez immédiatement à l'eau courante, très longuement.** Bien plus longtemps que pour une brûlure thermique, et davantage encore pour une base. Ne neutralisez pas.\n6. **Stockez séparément** ce qui est acide et ce qui est basique ou chloré, dans des contenants d'origine et fermés.\n\n## Usages courants\n\n**Vous voulez tester une acidité sans matériel.** Le jus de chou rouge est un indicateur coloré fiable et gratuit : rouge en milieu acide, violet au neutre, vert puis jaune en milieu basique. C'est une mesure grossière mais reproductible, suffisante pour distinguer les grandes zones.\n\n**Vous conservez des aliments.** L'acidité est votre meilleur allié : en dessous d'un certain seuil, les bactéries dangereuses ne se développent plus. C'est le principe entier du vinaigre et de la fermentation lactique, détaillé dans [[TEC-CONS-001]].\n\n**Vous nettoyez ou détartrez.** Le tartre et le calcaire sont attaqués par les acides doux ; les graisses le sont par les bases. Choisir la mauvaise famille ne fait rien du tout, ce qui pousse à en ajouter — et c'est ainsi qu'on finit par mélanger.\n\n**Vous évaluez un métal attaqué.** L'acidité n'est qu'un des mécanismes : voir [[TEC-COR-001]].\n\n**Vous manipulez des batteries.** Une batterie au plomb contient un acide fort, et son électrolyte projeté brûle la peau et détruit les vêtements. Une cellule lithium endommagée relâche des composés irritants et inflammables. Les précautions figurent dans [[TEC-ENE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-008","titre":"Reconnaître les arbres en hiver","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["arbres","hiver","bourgeons","ecorce","rameaux opposes","resineux","if","bois de chauffage","identification"],"sources":["Rameau J.-C. et al., Flore forestière française, Institut pour le développement forestier","Johnson O., More D., Guide Delachaux des arbres d'Europe, Delachaux et Niestlé"],"corps":"::L'hiver, quand les feuilles sont tombées, un bûcheron reconnaît encore chaque arbre : à l'écorce, aux bourgeons, à la façon dont les rameaux se répartissent. C'est justement l'hiver qu'on coupe le bois, qu'on taille les manches, qu'on cherche les noisetiers. Savoir lire un arbre nu évite de brûler du résineux qui encrasse, ou de toucher à un if mortel.::\n\n## Première question : opposés ou alternés ?\n\nRegarder comment les bourgeons sont disposés le long d'un rameau.\n\n**Opposés** (deux bourgeons face à face) : il y en a peu, c'est déjà une grande partie de la réponse.\n- **Le frêne** : gros bourgeons **noirs** comme du velours.\n- **L'érable** : bourgeons verts ou rougeâtres, pointus.\n- **Le marronnier** : gros bourgeons **collants**, brillants.\n- **Le sureau** : rameaux à moelle blanche épaisse, écorce à petites verrues.\n- **Le cornouiller.**\n\n**Alternés** (un bourgeon, puis un autre plus loin de l'autre côté) : la plupart des arbres.\n- **Le chêne** : bourgeons **groupés en bouquet** au bout des rameaux.\n- **Le hêtre** : bourgeons **longs et pointus comme des cigares**, écorce grise et lisse.\n- **Le charme** : écorce grise lisse **comme un muscle tendu**, avec des cannelures.\n- **Le bouleau** : écorce **blanche** qui se détache en lanières (un allume-feu, même humide).\n- **Le châtaignier** : écorce creusée de sillons qui tournent en spirale.\n- **Le cerisier** : écorce lisse brillante barrée de traits horizontaux.\n- **Le platane** : écorce qui se détache en plaques, comme un puzzle.\n- **Le noisetier** : en buisson, avec ses chatons jaunes dès la fin de l'hiver.\n\n## Les résineux, qui gardent leurs aiguilles\n\n- **Le pin** : aiguilles longues, **groupées par deux**, trois ou cinq.\n- **Le sapin** : aiguilles plates avec **deux lignes blanches** dessous, cônes dressés vers le ciel.\n- **L'épicéa** : aiguilles piquantes tout autour du rameau, cônes pendants.\n- **L'if** : aiguilles plates vert sombre, sans lignes blanches nettes, petites baies rouges. **Toute la plante est mortelle**, sauf la chair rouge du fruit, et même les bêtes en meurent. Voir [[TEC-BOT-003]].\n\n## À quoi ça sert\n\nChoisir le bon bois de chauffage ([[TEC-ENE-019]]), le bois des manches ([[TEC-ATE-013]]), l'écorce qui allume le feu ([[SURV-FEU-001]]), et repérer les arbres nourriciers ([[TEC-AGR-030]]).","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-007","titre":"Les plantes tinctoriales","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["teinture","pastel","garance","gaude","brou de noix","alun","mordant","laine","indigo","pays de cocagne"],"sources":["Cardon D., Le monde des teintures naturelles, Belin, 2003","Balfour-Paul J., Indigo, British Museum Press, 1998"],"corps":"::Au XVe et au XVIe siècle, le pastel, une plante qui donne le bleu, a fait la fortune de Toulouse et du Lauragais : on le vendait en boules, les « cocagnes », et la région est restée dans la langue comme le pays de Cocagne. Le rouge garance, lui, a coloré le pantalon des soldats français jusqu'en 1915. Toutes les couleurs du monde ont longtemps poussé dans les champs.::\n\n## Les plantes\n\n- **Le bleu** : le **pastel** (ou guède) en Europe, l'**indigo** sous les tropiques. La teinture sort du bain **verte**, et devient bleue sous vos yeux au contact de l'air.\n- **Le rouge** : les racines de **garance**, séchées et broyées.\n- **Le jaune** : la **gaude** (réséda des teinturiers), les **pelures d'oignon** (jaune à orangé), les fleurs de genêt, de camomille.\n- **Le brun** : le **brou de noix** (l'écorce verte des noix), qui teint sans rien ajouter, et les mains aussi.\n- **Les verts** : un jaune teint par-dessus un bleu.\n\n## Le mordant\n\nLa plupart des teintures ne tiennent pas seules : il faut d'abord baigner la fibre dans un **mordant** qui accroche la couleur.\n\n- **L'alun** : le mordant de base, peu toxique, vendu en pharmacie et en droguerie, environ un dixième du poids de la laine.\n- **Le fer** (une pincée de sulfate de fer, ou des clous rouillés dans du vinaigre) : il assombrit et ternit les couleurs.\n- **La laine et la soie** prennent très bien les teintures ; **le coton et le lin** demandent un bain de tanin (écorce de chêne) avant l'alun.\n\n## Teindre de la laine\n\n1. **Laver** la laine à l'eau savonneuse tiède.\n2. **Mordancer** : une heure dans un bain d'alun chaud, sans bouillir.\n3. **Préparer le bain de teinture** : les plantes mises à tremper puis chauffées doucement une heure, filtrées.\n4. **Teindre** : la laine mouillée dans le bain, une heure à feu doux, sans bouillir (la laine feutre), puis refroidir dedans.\n5. **Rincer** jusqu'à ce que l'eau soit claire, sécher à l'ombre.\n\n## Précautions\n\n- **Des casseroles réservées** à la teinture, jamais pour la cuisine.\n- **Éviter** les mordants anciens au chrome, au cuivre ou à l'étain : toxiques.\n- **Aérer**, porter des gants.\n\nLes fibres : [[TEC-AGR-033]]. Le vêtement : [[TEC-MAT-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-006","titre":"Les plantes médicinales qui marchent","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["plantes medicinales","infusion","decoction","thym","saule","souci","gingembre","miel","millepertuis","artemisinine"],"sources":["Agence européenne des médicaments, comité HMPC, monographies des plantes médicinales","Organisation mondiale de la santé, WHO monographs on selected medicinal plants","Tu Y., The discovery of artemisinin and gifts from Chinese medicine, Nature Medicine, 2011"],"corps":"::Le mot aspirine vient de la reine-des-prés, dont on avait tiré l'acide salicylique ; la morphine vient du pavot, la quinine d'une écorce, et le meilleur remède du paludisme d'une armoise, prix Nobel 2015. Les plantes soignent vraiment. Certaines, et pas de tout.::\n\n## Celles qui ont fait leurs preuves\n\n- **Le thym** : toux et rhume, en infusion. Il désinfecte aussi en bain de bouche.\n- **L'écorce de saule** : douleurs et fièvre, comme l'aspirine, avec les **mêmes interdits** (enfants, ulcère, traitement anticoagulant, allergie à l'aspirine).\n- **Le gingembre** : nausées, mal des transports.\n- **La menthe poivrée** : digestion, ballonnements.\n- **Le souci** (calendula) : en pommade ou en huile, petites plaies et irritations de la peau.\n- **Le miel** : la toux des enfants, et en pansement sur une plaie propre. **Jamais avant un an** (botulisme). Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **La valériane, la camomille** : un sommeil un peu meilleur, sans miracle.\n- **Le millepertuis** : les déprimes légères à modérées, mais il **annule l'effet de la pilule** et de nombreux médicaments.\n\n## Préparer\n\n- **Infusion** (feuilles, fleurs) : eau bouillante versée dessus, **couvert**, 5 à 10 minutes.\n- **Décoction** (racines, écorces) : on fait bouillir 10 à 15 minutes.\n- **Macération dans l'huile** (souci) : fleurs sèches dans l'huile, trois semaines au soleil, filtrer.\n- **Cataplasme** : plante écrasée posée sur la peau, sous un linge.\n\n## Les règles\n\n- **Identifier à coup sûr** : la digitale, mortelle, a des feuilles qui ressemblent à celles de la consoude. Voir [[TEC-BOT-001]] et [[TEC-BOT-003]].\n- **Enceinte, allaitante, petit enfant, traitement en cours** : prudence, beaucoup de plantes sont déconseillées.\n- **Naturel ne veut pas dire sans danger** : les plantes contiennent des molécules actives, c'est bien pour ça qu'elles marchent.\n- **Aucune plante ne remplace un antibiotique** dans une infection grave. Voir [[TEC-SAN-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-005","titre":"Les champignons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["champignons","cueillette","amanite phalloide","intoxication","pharmacien","confusion","mythes"],"sources":["ANSES et centres antipoison, bilans annuels des intoxications par les champignons","Courtecuisse R., Duhem B., Guide des champignons de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé","Société mycologique de France, règles de cueillette"],"corps":"::Chaque automne, en France, plus d'un millier de personnes s'intoxiquent avec des champignons, et quelques-unes en meurent. Presque toutes pensaient connaître ce qu'elles avaient cueilli. La règle est brutale : on ne mange que ce qu'on connaît à coup sûr.::\n\n## La règle\n\n**Un champignon se mange seulement s'il est identifié avec certitude, par vous ou par un connaisseur.** « Je crois que c'est » veut dire « non ».\n\n**En France, les pharmaciens** et les sociétés mycologiques identifient gratuitement les cueillettes. Beaucoup d'intoxications ont été évitées au comptoir d'une pharmacie.\n\n## Le tueur : l'amanite phalloïde\n\n- Chapeau vert olive à jaunâtre, parfois presque blanc ; **lames blanches** ; un **anneau** sur le pied ; une **volve** (un sac blanc) à la base, souvent enterrée : **il faut arracher le pied entier pour la voir**.\n- **La moitié d'un chapeau peut tuer un adulte.**\n- **Le piège** : les premiers signes arrivent **6 à 24 heures après le repas** (vomissements, diarrhée violente), puis tout semble aller mieux, pendant que le foie se détruit. **Une intoxication qui commence tard est une intoxication grave.**\n\n**Les confusions classiques** : amanites blanches contre rosé des prés (dont les lames sont roses puis brunes, jamais blanches), amanite panthère contre golmotte, cortinaire contre girolle ou chanterelle (le cortinaire attaque les reins plusieurs jours après).\n\n## Les mythes qui tuent\n\nAucun de ces « tests » ne marche :\n\n- la cuillère en argent ou l'oignon qui noircit ;\n- le champignon mangé par les limaces ou les écureuils ;\n- le chapeau qui se pèle ;\n- la cuisson ou le séchage qui « enlèvent le poison » (les toxines de l'amanite résistent à la chaleur) ;\n- l'odeur agréable ou le goût doux.\n\n**Les applications de reconnaissance** sur téléphone se trompent régulièrement : elles ne remplacent pas un connaisseur.\n\n## Cueillir et manger\n\n- **Cueillez le champignon entier**, pied et base compris, un panier à part pour chaque espèce douteuse.\n- **Loin des routes et des sites pollués** : les champignons concentrent les métaux lourds.\n- **Mangez-les cuits**, frais, en quantité raisonnable ; **gardez un exemplaire cru** au frais jusqu'au lendemain.\n- **Au moindre trouble** après un repas de champignons : **centre antipoison ou 15**, avec l'exemplaire gardé et l'heure du repas.\n\nLes plantes sauvages sûres : [[TEC-BOT-004]]. Les champignons se cultivent aussi, sur de la paille ou du bois, sans aucun risque de confusion.","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-004","titre":"Les plantes sauvages comestibles les plus sûres","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["plantes sauvages","cueillette","ortie","pissenlit","ail des ours","mures","chataignes","confusion"],"sources":["Couplan F., Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé","Centres antipoison de France, confusions entre ail des ours, muguet et colchique","ANSES, intoxications liées aux plantes sauvages"],"corps":"::On apprend dix plantes impossibles à confondre avant d'en apprendre cent. La cueillette ne tue pas les débutants prudents : elle tue ceux qui mangent une plante « qui ressemble ».::\n\n## Les règles avant tout\n\n- **Identification à 100 %**, plante entière (feuilles, tiges, fleurs, odeur, lieu). Au moindre doute, on ne mange pas. Voir [[TEC-BOT-001]].\n- **Aucune ombellifère** (famille de la carotte, fleurs en parasol) pour un débutant : la ciguë y tue chaque année des gens qui croyaient cueillir du persil ou de la carotte sauvage.\n- **Loin des routes, des champs traités, des chemins à chiens** et des terrains pollués.\n- **Petite quantité la première fois**, une seule plante nouvelle à la fois.\n\nLes plantes toxiques à connaître : [[TEC-BOT-003]].\n\n## Dix plantes sûres et répandues en Europe\n\n| Plante | Où | Ce qu'on mange | Le piège |\n|---|---|---|---|\n| **Ortie** | Partout, près des habitations | Jeunes pousses cuites (soupe), très riches en protéines et en fer | Aucun sérieux : elle pique, c'est sa signature. Cueillez avec des gants |\n| **Pissenlit** | Prés, bords de chemins | Feuilles jeunes en salade, fleurs, racines | Peu de confusion dangereuse |\n| **Plantain** | Pelouses, chemins | Jeunes feuilles cuites | Aucun sérieux |\n| **Ronce (mûres)** | Haies, friches | Fruits, jeunes pousses | Aucun |\n| **Noisetier** | Haies, sous-bois | Noisettes à l'automne | Aucun |\n| **Châtaignier** | Forêts acides | Châtaignes cuites | **Le marronnier d'Inde** : son fruit est toxique. La châtaigne est dans une bogue couverte de piquants fins et serrés, souvent à deux ou trois fruits aplatis ; le marron d'Inde a une coque à quelques grosses pointes, et un seul fruit rond |\n| **Ail des ours** | Sous-bois humides, au printemps | Feuilles crues ou cuites | **Le muguet et le colchique**, mortels, poussent au même endroit. **Froissez chaque feuille** : elle doit sentir l'ail. Mais l'odeur reste sur les doigts : sentez-les une par une, pas le bouquet |\n| **Pourpier** | Jardins, sols nus en été | Feuilles et tiges crues | L'euphorbe, qui a un latex blanc : le pourpier n'en a pas |\n| **Églantier (cynorrhodons)** | Haies | Fruits en sirop, riches en vitamine C | Les poils des graines irritent : on les retire |\n| **Chénopode blanc** | Sols riches, jardins | Feuilles cuites comme des épinards | À cuire, comme les épinards |\n\n## Les astuces des cueilleurs\n\n- **Apprenez une plante par saison**, dans votre coin, avec quelqu'un qui la connaît. C'est ainsi qu'on apprenait autrefois.\n- **Les jeunes feuilles** sont les plus tendres et les moins amères, au printemps.\n- **Les glands** se mangent, une fois décortiqués, broyés et rincés à l'eau pendant des jours jusqu'à perdre leur amertume.\n- **Les champignons** obéissent à des règles encore plus strictes : [[TEC-BOT-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-003","titre":"Les plantes toxiques","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botanique","toxique","plantes","sante","donnees"],"sources":["Centres antipoison et de toxicovigilance — bilans annuels, France","Bruneton J., Plantes toxiques : végétaux dangereux pour l'homme et les animaux","Royal Botanic Gardens Kew — poisonous plants database","European Association of Poisons Centres and Clinical Toxicologists"],"corps":"::On ne retient pas des milliers d'espèces. On retient une dizaine de familles, une poignée de confusions, et trois signaux qui imposent l'arrêt.::\n\n## Ce qui rend une plante toxique\n\nUne plante ne produit pas de poison par accident : c'est une défense contre ce qui la mange. Les molécules concernées se regroupent en quelques familles chimiques, et connaître la famille prédit le comportement.\n\n**Les alcaloïdes** agissent sur le système nerveux, souvent à très faible dose. Ils sont amers, mais l'amertume n'est pas fiable comme signal — certains ne le sont pas.\n\n**Les glycosides cardiotoxiques** agissent sur le cœur. Leur marge entre dose active et dose mortelle est extrêmement étroite, ce qui explique que plusieurs d'entre eux soient à la fois des médicaments et des poisons.\n\n**Les glycosides cyanogènes** libèrent du cyanure lorsque le tissu végétal est écrasé ou mâché. On les trouve dans les amandes de nombreux fruits à noyau. C'est pourquoi certaines préparations traditionnelles imposent trempage, changements d'eau et cuisson : ces traitements les éliminent.\n\n**Les toxines protéiques** sont parmi les plus puissantes connues et se trouvent dans les graines de quelques espèces ornementales très répandues.\n\n**Les substances irritantes** — oxalates, latex, huiles — provoquent brûlures, œdèmes ou réactions cutanées, parfois activées par la lumière du soleil après contact.\n\n## Les familles à connaître\n\n**Les apiacées**, à fleurs blanches groupées en ombelles plates. Cette famille contient à la fois des plantes cultivées parmi les plus communes et certaines des plantes les plus toxiques de la flore tempérée, d'aspect très proche. **C'est la famille où le débutant se trompe, et où l'erreur ne pardonne pas.** Aucune ombellifère sauvage ne se consomme sans identification formelle.\n\n**Les solanacées** comprennent des plantes alimentaires majeures et des espèces très toxiques. Chez les espèces alimentaires elles-mêmes, les parties vertes et les tubercules verdis contiennent des alcaloïdes : c'est la raison pour laquelle on retire les parties germées ou verdies.\n\n**Les renonculacées** et les **euphorbiacées** contiennent de nombreuses espèces irritantes ou cardiotoxiques, souvent reconnaissables au latex laiteux pour les secondes.\n\n**Les colchicacées et liliacées** posent le problème inverse du précédent : leurs feuilles ressemblent à celles d'espèces alimentaires bien connues, et la confusion se fait au printemps, avant la floraison, quand le caractère distinctif n'est pas encore visible.\n\n## Les trois signaux qui imposent l'arrêt\n\nAucun n'est une preuve de toxicité, et aucune de leur absence n'est une preuve d'innocuité. Ils sont un motif de refus, pas un test.\n\n**Le latex laiteux ou coloré** qui s'écoule à la cassure.\n\n**L'amertume marquée ou l'odeur désagréable persistante**, en particulier une odeur âcre au froissement.\n\n**Les baies groupées en grappes brillantes**, surtout blanches ou d'un rouge très vif, sur une plante que vous ne connaissez pas.\n\n## Le principe des confusions\n\nLes intoxications graves ne viennent pas d'espèces rares : elles viennent de **couples**. Une plante comestible et une plante toxique de la même famille ou d'allure voisine, poussant au même endroit, à la même saison, cueillies ensemble.\n\nCe sont toujours les mêmes qui reviennent dans les bilans des centres antipoison, année après année : des feuilles ressemblant à une plante aromatique connue, des racines ressemblant à un légume, des baies ressemblant à un fruit familier.\n\nCela a une conséquence méthodologique directe : **on n'identifie pas une plante, on écarte son sosie.** Tant que vous n'avez pas nommé la confusion possible et vérifié le caractère qui les sépare, votre identification n'est pas faite. La méthode complète est dans [[TEC-BOT-001]].\n\n## Ce que la cuisson change, et ce qu'elle ne change pas\n\nElle détruit une partie des glycosides cyanogènes et de certaines toxines protéiques, ce qui rend consommables plusieurs plantes qui ne le sont pas crues — c'est le mécanisme historique décrit dans [[MEM-EVE-001]].\n\nElle ne détruit ni les alcaloïdes, ni les glycosides cardiotoxiques, ni les amatoxines. **Une plante mortelle cuite reste mortelle**, et le séchage ne fait pas mieux.\n\nLe trempage prolongé avec plusieurs changements d'eau élimine les composés solubles et constitue le traitement traditionnel de plusieurs végétaux amers. Il ne s'improvise pas : la durée et le nombre de changements sont propres à chaque espèce.\n\n## Le contact et l'inhalation\n\nToutes les intoxications ne passent pas par la bouche.\n\nCertaines sèves provoquent des brûlures sévères activées par le soleil, avec des lésions qui apparaissent plusieurs heures après le contact et laissent des marques durables. Le réflexe utile est de laver abondamment à l'eau et de protéger de la lumière la zone touchée pendant plusieurs jours — voir [[URG-BRUL-001]] si la réaction est importante.\n\n**Ne brûlez jamais un végétal inconnu dans un espace clos.** La combustion de certaines espèces libère des composés irritants ou toxiques, et c'est un accident classique autour d'un feu mal alimenté — voir [[SURV-FEU-001]].\n\n## Comment travailler ce sujet\n\nApprenez d'abord les toxiques de votre région, avant les comestibles. C'est contre-intuitif et c'est le bon ordre : la liste est plus courte, elle est stable, et elle constitue le filtre par lequel passe tout le reste. La décision de manger ou non relève ensuite de [[SURV-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-002","titre":"Les grandes familles botaniques","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botanique","familles","identification","donnees"],"sources":["Angiosperm Phylogeny Group — classification APG IV","Spichiger R. et al., Botanique systématique des plantes à fleurs","Royal Botanic Gardens Kew — plant families"],"corps":"::On ne retient pas des milliers d'espèces. On retient une dizaine de familles, et chacune vous dit d'avance ce que la plante risque d'être.::\n\n## Pourquoi raisonner par famille\n\nUne famille regroupe des plantes qui partagent une structure florale et, très souvent, une chimie. Reconnaître la famille réduit le champ de plusieurs milliers d'espèces à quelques dizaines, et **elle prédit le comportement** : comestibilité fréquente, toxicité fréquente, usage textile, capacité à fixer l'azote.\n\nLes caractères de famille sont aussi les plus stables : ils ne dépendent ni du sol, ni de la saison, ni de l'état de la plante, contrairement à la taille ou à la couleur. C'est ce qui en fait la première étape de la méthode décrite dans [[TEC-BOT-001]].\n\n## Les familles à connaître\n\n**Les poacées**, les graminées. Tiges creuses et cylindriques à nœuds pleins, feuilles étroites à nervures parallèles engainant la tige, fleurs discrètes en épis. **Aucune n'est toxique de façon notable, et cette famille nourrit l'humanité** : toutes les céréales en font partie. Les jeunes pousses et les graines sont la ressource énergétique la plus importante du monde végétal.\n\n**Les fabacées**, les légumineuses. Fleur en forme de papillon, fruit en gousse, feuilles souvent composées. Elles fixent l'azote de l'air grâce à des bactéries logées dans leurs racines, ce qui enrichit le sol — d'où leur rôle central dans les rotations de culture, et voir [[TEC-SOL-001]]. Beaucoup sont des aliments majeurs, riches en protéines et complémentaires des céréales, comme l'explique [[TEC-ALI-001]]. **Attention toutefois : plusieurs espèces sauvages de cette famille sont toxiques**, et beaucoup de graines exigent une cuisson.\n\n**Les apiacées**, les ombellifères. Fleurs blanches minuscules groupées en ombelles plates, tige souvent creuse et cannelée, feuilles très découpées, odeur marquée au froissement. Elle contient à la fois des plantes cultivées très communes et **certaines des plantes les plus toxiques de la flore tempérée, d'aspect proche**. C'est la famille où le débutant se trompe : voir [[TEC-BOT-003]].\n\n**Les brassicacées**, les crucifères. Quatre pétales en croix, six étamines dont deux plus courtes, fruit en silique allongée, saveur souvent piquante. **Aucune n'est mortellement toxique**, ce qui en fait l'une des familles les plus sûres à reconnaître, et elle contient un très grand nombre de plantes cultivées.\n\n**Les astéracées**, les composées. Ce qui ressemble à une fleur est en réalité un capitule, c'est-à-dire des centaines de fleurs minuscules serrées. C'est la plus grande famille de plantes à fleurs. Très variée, comprenant des comestibles, des médicinales et des amères.\n\n**Les lamiacées.** Tige à **section carrée**, feuilles opposées deux à deux, odeur aromatique forte au froissement. Ces trois caractères ensemble sont presque une signature. La quasi-totalité des aromatiques classiques en font partie, et la famille ne contient pas de plante gravement toxique dans nos régions.\n\n**Les solanacées.** Fleurs à cinq pétales soudés en étoile ou en clochette, baies ou capsules. Elle contient des plantes alimentaires majeures et des espèces très toxiques. **Chez les alimentaires elles-mêmes, les parties vertes contiennent des alcaloïdes** : d'où la règle de retirer ce qui est verdi ou germé.\n\n**Les rosacées.** Cinq pétales libres, nombreuses étamines. Presque tous les fruits charnus des régions tempérées en font partie. Les chairs sont comestibles ; **les amandes des noyaux contiennent des composés cyanogènes**, mécanisme expliqué dans [[TEC-BOT-003]].\n\n**Les cucurbitacées.** Plantes rampantes à vrilles, grosses fleurs jaunes, fruits charnus. Des cultures importantes, et une amertume prononcée qui signale la présence de composés toxiques : **un fruit de cette famille anormalement amer ne se mange pas**.\n\n**Les euphorbiacées.** Latex blanc qui s'écoule à la cassure. Ce latex est irritant, parfois sévèrement, et la famille est à considérer comme dangereuse par défaut.\n\n## Ce que la famille ne dit pas\n\nElle oriente, elle ne conclut jamais. Une famille globalement comestible contient des exceptions, et une famille dangereuse contient des plantes cultivées.\n\n**La famille réduit le champ ; l'espèce décide.** C'est la raison pour laquelle l'identification s'arrête toujours sur un caractère précis et sur l'écartement du sosie, jamais sur l'appartenance à un groupe — logique complète dans [[TEC-BOT-001]] et [[SURV-COM-001]].\n\n## Comment apprendre\n\nPrenez une famille, apprenez ses trois caractères, et cherchez-la partout pendant une semaine. Vous la verrez ensuite sans y penser. Trois ou quatre familles apprises ainsi couvrent la majorité de ce que vous croiserez, et elles s'apprennent en une saison.","langue":"fr"},{"id":"TEC-BOT-001","titre":"Identifier une plante avec méthode","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botanique","plantes","identification","nature"],"sources":["Flore de France, Coste H.","Royal Botanic Gardens Kew — plant identification guidance","Centres antipoison français — rapports annuels sur les intoxications par plantes"],"corps":"::Une plante ne s'identifie pas à la ressemblance. Elle s'identifie à des caractères précis, un par un, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une possibilité.::\n\nL'identification par ressemblance est la méthode la plus naturelle et la plus dangereuse. Le cerveau reconnaît une silhouette générale et conclut ; or les confusions mortelles reposent précisément sur des silhouettes proches.\n\nLa méthode fiable consiste à **lire des caractères, pas des allures**. Un caractère est une observation qui ne se discute pas : soit les feuilles sont opposées, soit elles sont alternes. Il n'y a pas d'entre-deux.\n\n## Les caractères qui portent\n\nSix suffisent à écarter la quasi-totalité des confusions.\n\n**La disposition des feuilles sur la tige.** Opposées deux à deux, alternées, ou en rosette. C'est le caractère le plus rapide à voir et l'un des plus discriminants.\n\n**La forme du bord de la feuille.** Entier, denté, lobé, découpé. Et la nervation : parallèle, ou ramifiée en réseau.\n\n**La section de la tige.** Ronde, carrée, creuse ou pleine. Une tige carrée oriente immédiatement vers un petit nombre de familles.\n\n**La structure de la fleur.** Comptez les pétales, ou les groupes de pétales. Le nombre est un caractère de famille très stable.\n\n**L'odeur au froissement.** Elle est souvent décisive et immédiate. Attention toutefois : sentir une plante inconnue en la froissant est acceptable, la goûter ne l'est pas.\n\n**Le milieu.** Une plante pousse où elle peut. Le sol, l'humidité, l'ombre et l'altitude éliminent des dizaines de candidats sans que vous ayez à regarder la plante — c'est pourquoi [[TEC-SOL-001]] fait partie de l'identification autant que la botanique.\n\n## Le principe des confusions\n\nLes intoxications graves ne viennent presque jamais d'une plante rare et exotique. Elles viennent d'un **couple** : une plante comestible et une plante toxique de la même famille ou d'allure voisine, qui poussent aux mêmes endroits. Les registres des centres antipoison montrent que les mêmes confusions reviennent année après année.\n\nD'où la seule règle qui compte vraiment : **ne cherchez pas à reconnaître ce que vous croyez avoir trouvé, cherchez ce avec quoi cela pourrait être confondu.** Tant que vous n'avez pas identifié le sosie toxique et vérifié le caractère qui les sépare, vous n'avez pas identifié la plante.\n\nUne famille mérite une mention particulière, celle des ombellifères, reconnaissable à ses fleurs blanches en ombelle plate. Elle contient à la fois des plantes cultivées très communes et certaines des plantes les plus toxiques de la flore tempérée, d'aspect proche. C'est la famille où le débutant se trompe, et où l'erreur ne pardonne pas.\n\n## La méthode d'identification\n\n1. **Photographiez ou notez avant de cueillir**, sous plusieurs angles : plante entière, feuille dessus et dessous, tige, fleur, base au sol. Une identification se fait sur l'ensemble, jamais sur un fragment.\n2. **Décrivez les six caractères** l'un après l'autre, par écrit, avant de consulter quoi que ce soit. Décrire d'abord vous empêche de plier votre observation à l'hypothèse.\n3. **Cherchez la famille**, pas l'espèce. La famille se détermine sur des caractères robustes et réduit le champ de plusieurs milliers à quelques dizaines.\n4. **Cherchez ensuite les sosies toxiques** de votre hypothèse, et le caractère précis qui les distingue.\n5. **Vérifiez ce caractère sur votre échantillon.** S'il est absent, ambigu ou impossible à observer, l'identification n'est pas faite.\n6. **Dans le doute, on ne consomme pas.** Ce n'est pas de la prudence, c'est le rapport entre ce que vous gagnez — quelques centaines de calories — et ce que vous risquez.\n\n## Cas particuliers\n\n**Vous voulez une méthode d'ensemble.** Les familles et leurs caractères sont dans [[TEC-BOT-002]].\n\n**Vous voulez apprendre sérieusement.** Commencez par cinq plantes très communes de votre région et apprenez-les à fond, sosies compris, sur une année entière. Cinq plantes connues parfaitement valent mieux que cinquante reconnues approximativement. Une plante change beaucoup d'aspect selon la saison : celle que vous identifiez en fleur est méconnaissable deux mois plus tard.\n\n**Vous cherchez de quoi manger.** Sachez que le rendement est faible. La cueillette de végétaux sauvages fournit peu de calories pour beaucoup de temps de marche, et c'est un appoint en vitamines et en minéraux plutôt qu'une base alimentaire. L'eau et la chaleur passent avant : voir [[URG-EAU-001]] et [[URG-HYPO-001]].\n\n**Vous voulez identifier une plante utile autrement.** Les fibres, les colorants, les bois de feu et les plantes tinctoriales se déterminent avec la même méthode et sans le risque de l'ingestion. C'est un bon terrain d'entraînement — l'écorce de bouleau évoquée dans [[SURV-FEU-001]] s'identifie de manière absolument sûre.\n\n**Vous manipulez des produits pour traiter ou nettoyer.** Les règles d'incompatibilité sont dans [[TEC-CHI-001]].\n\n**Vous conservez ce que vous récoltez.** Le séchage est le procédé qui convient à presque toutes les plantes, et [[TEC-CONS-001]] en donne les conditions.","langue":"fr"},{"id":"TEC-BAL-002","titre":"Les munitions et les calibres","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["munition","calibre","cartouche","9mm","22lr","762","556","balistique","chasse","douille"],"sources":["C.I.P., Commission internationale permanente pour l'épreuve des armes à feu portatives, tables des dimensions de cartouches","SAAMI, Voluntary Industry Performance Standards for Pistol, Revolver and Centerfire Rifle Ammunition","Hornady et Sierra, manuels de rechargement (données de vitesse et de masse)","Barnes F., Cartridges of the World, 16e édition"],"corps":"::Une cartouche, c'est quatre pièces et un nom. Le nom dit presque tout, à condition de savoir le lire, et c'est lui qui évite l'accident.::\n\n## Ce qu'il y a dans une cartouche\n\n**L'étui** (ou douille), en laiton le plus souvent, parfois en acier laqué ou en aluminium. Il tient l'ensemble, et au tir il se dilate contre la chambre pour faire joint.\n\n**L'amorce**, au culot. Une petite charge sensible au choc, frappée par le percuteur, qui envoie une flamme dans la poudre.\n\n**La poudre**, aujourd'hui sans fumée, à base de nitrocellulose. Elle ne détone pas : elle brûle très vite et produit des gaz qui poussent.\n\n**Le projectile**, la balle. Plomb nu, plomb chemisé de cuivre, cuivre massif, parfois avec un noyau d'acier.\n\nDeux grandes familles d'amorçage :\n\n- **Percussion annulaire** : l'amorce est dans le bourrelet du culot. Le percuteur écrase le bord. C'est le .22 LR. Ces cartouches ne se rechargent pas.\n- **Percussion centrale** : une amorce ronde au centre du culot. Presque toutes les autres. L'étui se recharge.\n\n## Lire un nom de calibre\n\n**Le système métrique** donne deux nombres : le diamètre de la balle puis la longueur de l'étui, en millimètres. 9 × 19 mm, 7,62 × 39 mm, 5,56 × 45 mm.\n\n**Le système anglo-saxon** donne le diamètre en centièmes ou millièmes de pouce, suivi d'un nom : .22 Long Rifle, .45 ACP, .308 Winchester.\n\n**Le même calibre porte souvent plusieurs noms.** Le 9 × 19 mm s'appelle aussi 9 mm Parabellum, 9 mm Luger ou 9 mm OTAN. Le .380 ACP est le 9 × 17 mm, aussi appelé 9 mm Court ou 9 mm Kurz.\n\n**Et deux calibres différents portent parfois le même chiffre.** Le 9 mm Makarov (9 × 18 mm) n'est pas un 9 × 19. Le 7,62 × 39 (Kalachnikov) n'a rien à voir avec le 7,62 × 51 (OTAN) ni avec le 7,62 × 54R (Mosin-Nagant, Dragounov). **Lisez toujours le marquage complet, jamais le seul chiffre.**\n\nLe marquage est frappé sur le culot de l'étui : fabricant, calibre, parfois année. Sur l'arme, le calibre est gravé sur le canon ou la culasse. **Les deux doivent correspondre exactement.**\n\n## Les calibres courants\n\nValeurs typiques, qui varient selon la charge et la longueur du canon.\n\n| Calibre | Autres noms | Usage | Balle | Vitesse | Énergie |\n|---|---|---|---|---|---|\n| .22 LR | 22 long rifle, 5,6 mm | Tir, petit gibier | 2,6 g | 330 m/s | 140 J |\n| .380 ACP | 9 × 17, 9 mm Court | Pistolet de poche | 6,2 g | 290 m/s | 260 J |\n| 9 × 18 Makarov | 9 mm PM | Pistolets de l'ex-bloc de l'Est | 6,1 g | 315 m/s | 300 J |\n| 9 × 19 | 9 mm Parabellum, Luger, OTAN | Pistolet et pistolet-mitrailleur, le plus répandu au monde | 8 g | 360 m/s | 500 J |\n| .38 Special | 38 Spl | Revolver | 10,2 g | 270 m/s | 370 J |\n| .357 Magnum | 357 Mag | Revolver, tire aussi le .38 Special | 10,2 g | 400 m/s | 800 J |\n| .40 S&W | 10 × 22 | Pistolet de police (États-Unis) | 11,7 g | 330 m/s | 640 J |\n| .45 ACP | 11,43 × 23 | Pistolet | 15 g | 255 m/s | 490 J |\n| 5,56 × 45 OTAN | .223 Remington (proche) | Fusil d'assaut occidental | 4 g | 940 m/s | 1 750 J |\n| 7,62 × 39 | 7,62 soviétique, M43 | Kalachnikov, SKS | 8 g | 715 m/s | 2 050 J |\n| 7,62 × 51 OTAN | .308 Winchester (proche) | Fusil de précision, mitrailleuse, chasse | 9,5 g | 850 m/s | 3 400 J |\n| 7,62 × 54R | 7,62 russe | Mosin-Nagant, Dragounov, PKM | 9,6 g | 830 m/s | 3 300 J |\n| .30-06 Springfield | 7,62 × 63 | Chasse, fusils anciens | 11,7 g | 820 m/s | 3 900 J |\n| 12,7 × 99 OTAN | .50 BMG | Mitrailleuse lourde, anti-matériel | 42 g | 900 m/s | 17 000 J |\n| Calibre 12, balle | 12 gauge slug | Fusil de chasse, grand gibier | 28 g | 450 m/s | 2 800 J |\n\nPour comparer ces énergies et comprendre ce qu'elles font sur une cible, voir [[TEC-BAL-001]].\n\n## Le fusil de chasse : le calibre à l'envers\n\nPour les fusils à canon lisse, le « calibre » est un nombre de boules de plomb : un calibre 12 est un canon dont le diamètre est celui d'une boule de plomb pesant un douzième de livre. **Plus le nombre est grand, plus le canon est petit.** Le 12 fait environ 18,5 mm, le 20 environ 15,6 mm. Le .410 fait exception : c'est un vrai diamètre en pouces.\n\nTrois grandes charges :\n\n- **La grenaille fine** (plomb n° 6 à 9) : oiseaux, petit gibier. Elle perd son énergie en quelques dizaines de mètres.\n- **La chevrotine** : une dizaine de grosses billes. Gros gibier à courte distance, défense.\n- **La balle unique** (slug) : un seul projectile lourd, pour le gros gibier.\n\nLa longueur de la cartouche compte aussi : 65, 70 ou 76 mm. Une cartouche trop longue pour la chambre fait monter la pression dangereusement.\n\n## Les types de balles\n\n- **Blindée (FMJ)** : noyau de plomb entièrement recouvert de cuivre. Elle traverse et se déforme peu. Munition militaire standard.\n- **Pointe creuse (JHP)** : une cavité à l'avant. Elle s'ouvre à l'impact, transmet son énergie, traverse moins. Munition de police et de défense.\n- **Pointe molle (SP)** : plomb apparent à l'avant, qui s'écrase de façon contrôlée. La munition de chasse classique.\n- **Traçante** : une composition au culot brûle en vol et montre la trajectoire. Elle peut allumer un feu dans l'herbe sèche.\n- **Perforante** : noyau d'acier dur ou de tungstène, pour traverser les protections.\n- **Subsonique** : moins de 340 m/s, donc pas de claquement supersonique. Utile avec un modérateur de son.\n\n## Ce qui ne se remplace pas\n\n**Une cartouche ne se tire que dans l'arme prévue pour elle.** Les exceptions sont connues et limitées :\n\n- un revolver .357 Magnum tire le .38 Special, pas l'inverse ;\n- une arme chambrée en 5,56 OTAN tire le .223 Remington ; l'inverse est déconseillé, la pression du 5,56 est plus élevée ;\n- une arme en 7,62 × 51 tire en général le .308 Winchester.\n\nTout le reste est un pari sur la solidité de l'arme et de vos mains. **Un 9 × 18 dans une arme en 9 × 19 peut partir mal ; un 7,62 × 39 ne rentre pas dans un 7,62 × 51 et inversement.**\n\n## Les astuces de ceux qui en ont manipulé\n\n- **Le culot ne ment pas.** Une amorce frappée mais non partie (un « long feu ») : gardez l'arme pointée dans une direction sûre au moins 30 secondes avant d'ouvrir. La cartouche peut encore partir.\n- **Une amorce verte ou un étui piqué de vert-de-gris** : ne la tirez pas, elle a pris l'humidité.\n- **Les cartouches militaires de l'Est** ont souvent une amorce corrosive (au chlorate de potassium) : après le tir, nettoyez le canon à l'eau chaude, sinon il rouille en quelques jours.\n- **Stocker** : frais, sec, à l'abri des variations de température. Une boîte de munitions militaire en métal avec joint, et un sachet déshydratant. Bien stockée, une munition moderne dure des décennies. Voir [[SURV-MUN-001]].\n- **Le poids** : un millier de cartouches de 9 mm pèse environ 12 kg ; de .22 LR, environ 3,5 kg. C'est pour cela que le .22 LR reste la monnaie d'échange la plus pratique du genre.\n- **Une cartouche jetée au feu** n'est pas une balle tirée : sans canon, l'étui éclate et projette des éclats, mais la balle part à faible vitesse. Dangereux pour les yeux, rarement plus.\n\n## Le droit\n\nEn France, les munitions suivent la catégorie de l'arme : leur achat demande en général le même titre que l'arme (licence de tir, permis de chasser, autorisation). Les règles changent beaucoup d'un pays à l'autre. Une arme ou des munitions trouvées se signalent à la police ou à la gendarmerie : voir [[SURV-ARM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-BAL-001","titre":"La balistique","axe":2,"categorie":"Chimie et Matériaux","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["balistique","energie","penetration","ricochet","materiaux","protection","physique"],"sources":["Normes NIJ 0101.06 et 0108.01 — essais de résistance balistique des matériaux et des blindages","Études de pénétration des matériaux de construction courants, laboratoires de police scientifique","Manuels de physique appliquée, trajectoire et traînée aérodynamique","Travaux sur le ricochet à angle faible sur surfaces dures"],"corps":"::Une balle n'est pas magique. C'est une masse lancée vite, et tout ce qu'elle fait s'explique avec trois grandeurs : sa masse, sa vitesse, et ce qu'elle rencontre.::\n\nCette fiche explique le phénomène. Son application pratique — où se mettre, quoi mettre entre soi et le tir — est dans [[SURV-DEF-002]].\n\n## L'énergie\n\nUn projectile porte une énergie cinétique qui vaut **la moitié de la masse multipliée par le carré de la vitesse**.\n\nLe carré change tout. **Doubler la masse double l'énergie ; doubler la vitesse la multiplie par quatre.** C'est pourquoi un petit projectile très rapide frappe beaucoup plus fort qu'un gros projectile lent, et pourquoi les armes se sont développées dans le sens de la vitesse.\n\nOrdres de grandeur utiles, en joules :\n\n| | Énergie approximative |\n|---|---|\n| Flèche d'arc | 50 à 100 J |\n| Balle d'arme de poing courante | 400 à 700 J |\n| Chevrotine de fusil de chasse | 2 000 à 3 000 J |\n| Balle de fusil | 3 000 à 4 000 J |\n\nUn coup de poing bien porté, à titre de comparaison, tourne autour de 100 à 200 J — mais réparti sur toute la surface du poing. **C'est la concentration qui fait la différence**, pas seulement l'énergie : la même énergie sur un centimètre carré ou sur cent ne fait pas le même effet. Voir [[TEC-MAC-001]] pour le même principe appliqué aux outils.\n\n## La trajectoire\n\nDeux choses agissent en permanence sur un projectile en vol.\n\n**La gravité**, qui le fait tomber. Elle agit dès la sortie, indépendamment de la vitesse : une balle tirée à l'horizontale et une balle lâchée de la main touchent le sol en même temps. La vitesse ne réduit pas la chute, elle réduit seulement le temps pendant lequel elle s'exerce — donc la distance parcourue avant de toucher.\n\n**La traînée de l'air**, qui le ralentit. Elle augmente avec le carré de la vitesse, donc elle est très forte au départ et faiblit ensuite. Un projectile lourd et allongé perd sa vitesse plus lentement qu'un projectile léger : c'est pour cela qu'un plomb de chasse est dangereux sur cent mètres et qu'une balle de fusil l'est sur plusieurs kilomètres.\n\n**Un tir en l'air retombe.** Le projectile perd sa vitesse en montant, s'arrête, puis redescend — et il redescend assez vite pour tuer. Les tirs de joie font des morts chaque année, souvent à plusieurs centaines de mètres de celui qui a tiré.\n\n## Ce qui arrête un projectile\n\nC'est la question la plus utile de la fiche, et la réponse est contre-intuitive.\n\n**Ce n'est pas la dureté, c'est la masse par unité de surface** — la quantité de matière que le projectile doit traverser sur son chemin. Une plaque d'acier fine se perce ; trente centimètres de terre tassée arrêtent presque tout.\n\nOrdres de grandeur, pour une balle de fusil :\n\n| Matériau | Ce qu'il faut, approximativement |\n|---|---|\n| Terre tassée ou sable | 30 à 50 cm |\n| Béton | 10 à 20 cm |\n| Brique pleine | 20 à 30 cm |\n| Bois plein | 40 à 60 cm |\n| Livres ou papier serré | 40 à 60 cm |\n| Acier | 1 à 2 cm |\n\nEt ce qui n'arrête rien du tout, quelle que soit l'épaisseur raisonnable : plâtre, brique creuse, parpaing creux, cloison sèche, verre, tôle de carrosserie, plastique, isolant.\n\n**Le sable et la terre sont les meilleurs matériaux disponibles partout**, parce qu'ils dissipent l'énergie par frottement et ne renvoient rien. C'est pourquoi tous les stands de tir du monde ont une butte de terre derrière les cibles et pas un mur.\n\n## La surpénétration\n\nUn projectile qui traverse continue avec l'énergie qui lui reste, et il en reste beaucoup.\n\nUne balle de fusil traverse plusieurs cloisons d'habitation d'affilée. Dans un immeuble, cela veut dire que **le danger ne s'arrête pas à la pièce concernée** — ni au-dessus, ni au-dessous. C'est vrai pour celui qui subit comme pour celui qui tire, et c'est une des raisons pour lesquelles l'arme à feu est un mauvais outil en milieu habité.\n\n## Le ricochet\n\nUn projectile qui frappe une surface dure à angle faible ne repart pas dans une direction aléatoire : **il est dévié et file le long de la surface**, à faible hauteur, en conservant une part importante de son énergie.\n\nTrois conséquences pratiques.\n\n- **On ne se couche pas collé au pied d'un mur dur ni au ras d'un sol dur** : c'est exactement la zone où circulent les projectiles déviés. On s'en écarte, ou on met de l'épaisseur devant soi.\n- **L'eau ricoche aussi**, et très bien. Une surface d'eau à angle faible renvoie les projectiles loin.\n- **Plus l'angle d'arrivée est rasant, plus le ricochet est probable.** Une surface frappée de face est traversée ou arrête ; frappée en biais, elle renvoie.\n\n## Le bruit\n\nLe son d'une détonation porte à des kilomètres, davantage la nuit, par temps froid et en terrain dégagé, et il se réfléchit sur les façades au point de rendre la localisation à l'oreille peu fiable en ville.\n\nUn projectile supersonique produit en plus un claquement le long de tout son trajet, indépendant de l'arme : c'est une onde de choc, et elle s'entend même quand la détonation est atténuée. **Il n'existe pas de tir silencieux.**\n\n## Ce qu'il faut en retenir\n\n**La masse traversée décide, pas l'apparence.** Le réflexe utile tient en une phrase : cherchez ce que vous ne pourriez pas soulever.\n\n**Ce qui est derrière compte autant que ce qui est devant.** Surpénétration et ricochet font que la zone dangereuse est bien plus large que la ligne de tir.\n\n**Rien de tout cela ne dépend de l'arme.** Ce sont des lois de la matière, et elles s'appliquent de la même façon à une flèche, à une pierre de fronde et à une balle. Voir [[SURV-DEF-002]] et [[SURV-ARM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-018","titre":"Le tour à métaux et la fraiseuse","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tour","fraiseuse","machine-outil","filetage","maudslay","mandrin","copeaux","securite","fablab"],"sources":["Science Museum de Londres, le tour à fileter de Henry Maudslay (vers 1800)","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press","INRS, machines-outils : prévention des risques"],"corps":"::Vers 1800, à Londres, Henry Maudslay construit un tour capable de tailler des vis parfaitement régulières : pour la première fois, une vis et un écrou fabriqués séparément s'assemblent à coup sûr. On dit du tour que c'est la seule machine capable de fabriquer les pièces d'une autre machine semblable à elle. Avec un tour et une fraiseuse, un atelier refait presque n'importe quelle pièce cassée.::\n\n## Le tour\n\nLa **pièce tourne**, tenue dans un **mandrin**, et un **outil** fixe vient enlever la matière.\n\n- **Dresser** une face, **charioter** (réduire un diamètre), **aléser** (agrandir un trou), **percer** au centre.\n- **Fileter** : tailler une vis ou un écrou à n'importe quel pas.\n- **Ce qu'on fait** : axes, bagues, entretoises, poulies, écrous, pièces de moteur, manches.\n\n## La fraiseuse\n\nC'est l'**outil qui tourne** (la fraise), et la **pièce qui se déplace** sous elle.\n\n- **Surfacer** une face plane, **rainurer**, faire des poches, des lumières, des engrenages avec un plateau diviseur.\n- **Ce qu'on fait** : supports, platines, clavettes, pièces plates et carrées.\n\n## Les règles qui gardent les mains\n\n- **Jamais de gants, de manches larges, de bracelets ni de cheveux libres** : un tour happe et enroule en une fraction de seconde.\n- **Jamais la clé dans le mandrin** : au démarrage, elle devient un projectile. Réflexe : la clé ne quitte la main que pour retourner à sa place.\n- **Lunettes, toujours** : les copeaux volent, brûlants et tranchants.\n- **On arrête la machine** pour mesurer, nettoyer, changer de pièce.\n- **Les copeaux** se retirent avec un crochet ou une brosse, jamais avec les doigts.\n\n## Les réglages\n\n- **Vitesse** : plus le diamètre est grand et le métal dur, plus on tourne lentement.\n- **Lubrifier** la coupe dans l'acier.\n- **Un outil bien affûté**, bien centré. Voir [[TEC-ATE-004]].\n\n## Où en trouver\n\nAteliers de lycées professionnels, fablabs, vieux garages, ateliers d'entretien d'usines et de fermes. Voir [[SURV-REC-040]].\n\nLe tour à perche, pour le bois : [[TEC-ATE-016]]. Visser et fileter : [[TEC-ATE-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-017","titre":"Monter un établi","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["etabli","atelier","roubo","valet d'etabli","etau","hauteur","stabilite","vieille porte","rangement"],"sources":["Roubo A.-J., L'Art du menuisier, 1769-1775","Schwarz C., Workbenches: From Design and Theory to Construction and Use, Popular Woodworking Books, 2007"],"corps":"::En 1769, le menuisier parisien André-Jacob Roubo publie un immense traité illustré de son métier. L'établi qu'il y décrit, massif, simple, avec un valet qu'on enfonce d'un coup de maillet dans un trou du plateau, est encore copié par les artisans du monde entier. Un bon établi ne bouge pas quand on tape dessus : c'est tout son secret.::\n\n## Ce qu'il doit être\n\n- **Lourd et rigide** : un plateau épais, des pieds solides, des traverses et des écharpes en diagonale. S'il danse quand on rabote, il ne sert à rien.\n- **À la bonne hauteur** : environ celle de la paume, bras tendus le long du corps, pour le travail du bois (souvent entre 85 et 95 cm). Plus haut pour le travail fin, l'électronique.\n- **Plat** : un plateau dressé, vérifié à la règle.\n\n## Avec ce qu'on a\n\n- **Le plateau** : des madriers vissés côte à côte, une vieille porte pleine doublée, un plan de travail de cuisine épais.\n- **Les pieds** : bastaings, poutres de récupération, palettes démontées. Voir [[SURV-REC-034]].\n- **Le lester** ou le fixer au mur s'il est trop léger.\n\n## Tenir la pièce\n\n- **Un étau** vissé sur le devant, à mâchoires en bois pour ne pas marquer. Pour le métal, un étau d'ajusteur sur un coin.\n- **Le valet** : une tige en crochet qu'on enfonce dans un trou du plateau d'un coup de maillet, et qui plaque la pièce ; un coup sur l'arrière la libère.\n- **Des butées** et des trous alignés pour caler les pièces à raboter.\n- **Des serre-joints**, toujours à portée.\n\n## Autour\n\n- **Une lumière** forte, sans ombre sur le plan de travail.\n- **Une prise protégée** par un différentiel. Voir [[TEC-ATE-010]].\n- **Sous le plateau**, une étagère pour les outils lourds ; **au mur**, un panneau où chaque outil a sa place dessinée : on voit tout de suite ce qui manque.\n\nLes outils à main : [[TEC-ATE-001]]. Les assemblages : [[TEC-ATE-012]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-016","titre":"Le tour à perche","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tour a perche","tournage","bois vert","gouges","pedale","bols","manches","pieds de chaise","sans electricite"],"sources":["Abbott M., Green Woodwork: Working with Wood the Natural Way, Guild of Master Craftsman, 1989","Langsner D., Country Woodcraft, Rodale Press, 1978"],"corps":"::Jusqu'au début du XXe siècle, dans les hêtraies des collines anglaises, des tourneurs vivaient dans les bois et fabriquaient sur place des milliers de pieds de chaise, sur des tours actionnés par une simple perche souple et une pédale. Pas d'électricité, pas de moteur : un jeune arbre qui fait ressort, une corde, et le pied du tourneur.::\n\n## Le principe\n\n1. **Une corde** part d'une perche souple fixée au-dessus du tour, fait un ou deux tours autour de la pièce de bois, et descend jusqu'à une **pédale**.\n2. **On appuie sur la pédale** : la corde tire, la pièce tourne vers soi. **On coupe** à ce moment-là.\n3. **On relâche** : la perche remonte, la pièce tourne dans l'autre sens. On retire l'outil.\n\nCe va-et-vient suffit à tourner des pièces rondes et régulières.\n\n## Construire le tour\n\n- **Un bâti** : deux poutres parallèles (le banc) sur des pieds solides, à hauteur de coude.\n- **Deux poupées** qui coulissent sur le banc et portent chacune **une pointe** (un boulon limé en pointe) entre lesquelles la pièce tourne.\n- **Un support d'outil** en travers, près de la pièce.\n- **La perche** : un jeune frêne ou un noisetier de 3 à 4 m, fixé à une extrémité, ou un gros élastique de chambre à air.\n- **La pédale** : une planche articulée au sol.\n\n## Tourner\n\n- **Du bois vert**, fraîchement coupé : il se coupe comme du fromage. On fend d'abord un quartier, qu'on dégrossit à la hache. Voir [[TEC-ATE-013]].\n- **Des gouges et des ciseaux** très affûtés. Voir [[TEC-ATE-004]].\n- **Laisser sécher** lentement les pièces tournées, à l'ombre.\n\n## Ce qu'on fait\n\nManches d'outils, pieds et barreaux de chaise, poignées, piquets, quilles, bols et assiettes (en bois vert, en creusant l'intérieur). Pendant des siècles, la vaisselle du peuple était en bois tourné.\n\nLes assemblages : [[TEC-ATE-012]]. Le bois : [[TEC-MAT-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-015","titre":"Travailler la tôle et riveter","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["tole","cisaille","pliage","agrafure","rivets","rivets aveugles","tour eiffel","conduit","poele","gouttiere"],"sources":["Société d'exploitation de la tour Eiffel, chiffres clés de la construction","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press (rivetage)","Compagnons du Devoir, métiers de chaudronnier et de tôlier"],"corps":"::La tour Eiffel tient par environ deux millions et demi de rivets, posés à chaud : une équipe chauffait chaque rivet au rouge, un homme le tenait, un autre écrasait sa tête à la masse, et il se serrait en refroidissant. La tôle et le rivet, c'est la façon la plus simple d'assembler du métal sans soudure : un marteau, une perceuse et des cisailles.::\n\n## Couper la tôle\n\n- **Les cisailles à tôle** : droites pour les coupes droites, à gauche ou à droite pour les courbes.\n- **La scie à métaux** ou la meuleuse pour les tôles épaisses. Voir [[TEC-ATE-010]].\n- **Ébavurer** tous les bords à la lime : une tôle coupée tranche comme un rasoir. **Gants toujours.**\n\n## Plier\n\n- **Entre deux cornières** ou deux planches serrées dans un étau, et on rabat la tôle au maillet, petit à petit, sur toute la longueur.\n- **Tracer** avant, au crayon ou à la pointe à tracer. Voir [[TEC-ATE-002]].\n\n## Assembler sans soudure\n\n- **L'agrafure** : deux bords pliés en crochet qu'on emboîte et qu'on aplatit au marteau. Étanche, sans rien d'autre : c'est ainsi qu'on assemble les gouttières et les conduits.\n- **Les rivets aveugles** (rivets « pop ») : on perce, on enfile le rivet, et une pince à riveter le serre d'un seul côté. Idéal quand on n'a pas accès derrière.\n- **Les rivets pleins** : on perce, on enfile, et on écrase la tête au marteau sur une masse tenue de l'autre côté. Plus solides.\n- **Les vis à tôle** autoperceuses : rapides, démontables.\n\n## Ce qu'on fabrique\n\n- **Des conduits de fumée**, des pare-étincelles, des réchauds, des poêles de fortune. Voir [[SURV-REC-035]].\n- **Des gouttières**, des solins, des chapeaux de cheminée. Voir [[TEC-CON-019]].\n- **Des boîtes**, des bacs, des entonnoirs, des protections.\n- **Des réparations** de carrosserie, de remorque, de coque, avec une pièce rivetée.\n\n## La tôle de récupération\n\nVieilles armoires métalliques, bidons, fûts, bardages, carrosseries, tôles de toiture. **Attention à la tôle galvanisée** (zinguée) : on la coupe et on la rivette sans problème, mais on ne la soude pas et on ne la chauffe pas. Voir [[TEC-ATE-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-014","titre":"Fondre et couler l'aluminium","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["fonderie","aluminium","creuset","four a charbon","moule en sable","lingot","vapeur","securite","heroult"],"sources":["Héroult P., brevet du procédé d'électrolyse de l'aluminium, 1886","Ammen C.W., Metalcasting, McGraw-Hill, 2000","American Foundry Society, sécurité en fonderie"],"corps":"::Au milieu du XIXe siècle, l'aluminium valait plus cher que l'or, et Napoléon III, raconte-t-on, en faisait servir les couverts à ses invités les plus prestigieux. En 1886, un jeune Français, Paul Héroult, et un Américain, Charles Hall, trouvent chacun de leur côté comment le produire par électricité : il devient le métal le plus banal du monde. Il fond à 660 °C, à la portée d'un four à charbon de bois.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Un four** : un seau métallique garni d'un réfractaire (ciment réfractaire du commerce, ou mélange de plâtre et de sable pour un four d'essai), avec un tuyau d'air sur le côté.\n- **Du charbon de bois** et **un souffleur** (sèche-cheveux, soufflet). Voir [[SURV-FEU-006]].\n- **Un creuset** : un pot en acier épais ou en graphite, et une **pince** qui le tient solidement.\n- **Des moules** : sable de fonderie (sable fin mêlé d'argile, à peine humide), plâtre **parfaitement sec et cuit**, ou moule en acier préchauffé.\n- **De la ferraille d'aluminium** : pièces moulées, profilés, vieux ustensiles. Les canettes donnent surtout des scories.\n\n## Couler\n\n1. **Tout doit être sec** : outils, ferraille, moules, creuset. On préchauffe tout ce qui touchera le métal.\n2. **Fondre** : le charbon rouge vif, le souffleur à fond, le métal fond en quelques dizaines de minutes.\n3. **Écumer** la crasse en surface avec un outil sec et chaud.\n4. **Couler d'un geste régulier**, sans s'arrêter, dans le moule posé sur du sable.\n5. **Laisser refroidir** longuement avant de démouler.\n\n## Le danger numéro un : l'eau\n\n**Une goutte d'eau sous du métal en fusion se transforme en vapeur d'un coup et projette le métal** : c'est l'accident des fondeurs. Pas de moule humide, pas de ferraille qui contient de l'eau (tubes fermés, canettes pas vides), jamais de coulée au-dessus du béton (il éclate) ni sous la pluie.\n\n## L'équipement\n\nChaussures montantes en cuir, **pantalon par-dessus** les chaussures, vêtements en coton ou en laine, gants épais, **visière**, et dehors, pour les fumées des peintures et vernis qui brûlent. Un seau de sable sec à côté, jamais d'eau.\n\n## Ce qu'on en fait\n\nDes **lingots** pour le troc ou pour plus tard, des pièces moulées simples (poignées, poulies, supports), des réparations. Voir [[TEC-MEC-028]].\n\nLa forge, pour le fer : [[TEC-ATE-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-013","titre":"Fendre, équarrir, emmancher","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fendre","coins","merlin","equarrir","doloire","manche","frene","plane","emmancher","fil du bois"],"sources":["Bealer A.W., Old Ways of Working Wood, 1972","Langsner D., Country Woodcraft, 1978"],"corps":"::Un manche fendu dans un tronc suit le fil du bois de bout en bout : il est bien plus solide qu'un manche scié, où la scie a coupé les fibres en biais. Tremper une hache dans l'eau pour resserrer le fer est un vieux réflexe, et une fausse bonne idée : le bois gonfle, s'écrase, et le fer ballotte encore plus une fois sec.::\n\n## Fendre\n\n- **Lire le bois** : on attaque dans les fentes qui existent déjà au bout de la bûche, en évitant les nœuds.\n- **Un billot** à hauteur de genou, pieds écartés, **jamais une main près du billot**.\n- **Le merlin** pour les bûches, **les coins** et la masse pour les gros troncs : on enfonce un premier coin, puis un second dans la fente qui s'ouvre.\n- **Le bois vert** de beaucoup d'espèces fend mieux que le sec ; le bois gelé, en plein hiver, éclate encore mieux.\n\n## Équarrir\n\nTransformer un tronc rond en poutre carrée, comme les charpentiers d'autrefois :\n\n1. Tracer au cordeau les lignes de la poutre sur le tronc calé.\n2. **Entailler** à la hache tous les quinze à vingt centimètres jusqu'au trait, sur toute la longueur.\n3. **Faire sauter** les morceaux entre les entailles.\n4. **Dresser** la face à la doloire (une hache large à un seul biseau).\n5. Retourner, recommencer sur les autres faces.\n\n## Faire un manche\n\n- **Le bois** : le **frêne**, souple et résistant aux chocs, est le bois des manches depuis toujours. Sinon acacia, charme, érable. Fil droit, sans nœud.\n- **Fendre** une section, la laisser sécher quelques mois, puis la **mettre en forme** à la plane (une lame à deux poignées qu'on tire vers soi), sur un chevalet à serrer au pied, et finir au racloir.\n- **L'huile de lin** en plusieurs couches : elle protège sans rendre glissant.\n\n## Emmancher un outil\n\n1. Le bout du manche ajusté pour entrer **à force** dans l'œil du fer.\n2. Une **fente** sciée dans le bout du manche.\n3. Un **coin de bois dur** encollé enfoncé dans la fente, puis un **petit coin d'acier** en travers.\n4. Couper ce qui dépasse.\n\nUn fer qui a du jeu est dangereux : il peut s'envoler au premier coup.\n\nLes assemblages : [[TEC-ATE-012]]. Affûter : [[TEC-ATE-004]]. Le bois de chauffage : [[TEC-ENE-019]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-012","titre":"Les assemblages en bois","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["assemblages","tenon","mortaise","mi-bois","queue d'aronde","cheville","charpente","fil du bois","notre-dame"],"sources":["Établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, restitution de la charpente médiévale","Compagnons du Devoir, charpente et menuiserie","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook"],"corps":"::Pour reconstruire la charpente de Notre-Dame de Paris après l'incendie de 2019, les charpentiers ont équarri des chênes à la hache, comme au XIIIe siècle, et les ont assemblés par tenons, mortaises et chevilles de bois. Sans une vis. Un bon assemblage tient des siècles parce que le bois porte le bois.::\n\n## Le bois bouge\n\n- **Il gonfle et se rétracte** avec l'humidité, surtout **en travers** du fil, presque pas en longueur. Un assemblage qui ignore ça se fend.\n- **La colle tient sur le fil**, les faces en longueur, très mal sur le bois de bout.\n- **Le fil** décide de la solidité : une pièce se fend le long du fil, casse en travers.\n\n## Les assemblages de base\n\n- **Bout à bout, vissé et collé** : le plus simple, le plus faible. Une équerre ou un tasseau le renforce.\n- **À mi-bois** : on retire la moitié de l'épaisseur de chaque pièce, elles s'emboîtent à fleur. Cadres, croisillons, étagères.\n- **Tenon et mortaise** : un tenon taillé au bout d'une pièce entre dans un trou rectangulaire de l'autre. **Chevillé** (une cheville de bois traversante), il tient sans colle. C'est l'assemblage des charpentes, des tables, des portes.\n- **Queue d'aronde** : des tenons en forme de queue d'hirondelle qui ne peuvent pas s'arracher. Tiroirs, coffres.\n- **Tourillons** : des chevilles collées dans des trous en face l'un de l'autre. Rapide avec un gabarit.\n\n## La cheville de bois\n\nTaillée dans un bois dur et **sec**, légèrement plus grosse que le trou, enfoncée au maillet. Dans une charpente, on **décale un peu** les trous du tenon et de la mortaise : la cheville tire les pièces l'une contre l'autre en entrant.\n\n## Les outils\n\nScie, ciseaux à bois, maillet, équerre, trusquin (pour tracer une ligne parallèle au bord), un crayon bien taillé. **On trace tout avant de couper**, et on coupe à côté du trait, du côté des chutes. Voir [[TEC-ATE-002]].\n\nLe bois : [[TEC-MAT-001]]. Scier et percer : [[TEC-ATE-003]]. Fendre et équarrir : [[TEC-ATE-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-011","titre":"Le brasage et l'étain","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["brasage","etain","soudure a l'etain","cuivre","chalumeau","flux","capillarite","retameur","plomb"],"sources":["American Welding Society, Brazing Handbook","DTU 60.1, plomberie sanitaire (assemblages brasés sur cuivre)","Directive européenne sur l'eau destinée à la consommation humaine (plomb dans les canalisations)"],"corps":"::Jusqu'au milieu du XXe siècle, des rétameurs passaient de village en village réparer les casseroles et regarnir d'étain l'intérieur des marmites en cuivre. Braser, c'est coller du métal avec un autre métal qui fond plus bas. Ça répare un tuyau, un bidon, une gouttière, avec un chalumeau et un bâton d'étain.::\n\n## Le principe\n\nContrairement à la soudure, **les pièces ne fondent pas**. On les chauffe, et un métal d'apport qui fond plus bas s'infiltre entre elles par **capillarité**, comme l'eau dans un sucre. Il faut donc un **jeu très fin** entre les pièces et des surfaces **parfaitement propres**.\n\n- **Le brasage tendre** (moins de 450 °C), à l'étain : électronique, tuyaux de cuivre, zinc, fer-blanc. Voir [[TEC-ELN-005]].\n- **Le brasage fort** (au-dessus de 450 °C), au laiton ou à l'argent : acier, cuivre sous pression, outils. Plus solide, il demande un chalumeau plus chaud.\n\n## Braser un tuyau de cuivre\n\n1. **Couper d'équerre**, ébavurer l'intérieur et l'extérieur.\n2. **Poncer** le tuyau et l'intérieur du raccord jusqu'à ce qu'ils brillent.\n3. **Le flux** (la pâte décapante) sur les deux.\n4. **Emboîter**, chauffer **le raccord**, pas l'étain.\n5. **Toucher le joint avec l'étain** : quand la température est bonne, il fond et **est aspiré** tout autour. On ne le fait pas fondre à la flamme.\n6. **Laisser refroidir** sans bouger, essuyer.\n\nUne fuite après : on vide, on dessoude, on nettoie, on recommence. On ne brase pas un tuyau qui contient encore de l'eau.\n\n## Réparer un bidon, une gouttière\n\nPoncer autour du trou, flux, une pièce du même métal, et l'étain au fer à souder chauffé ou au chalumeau. Le zinc des toitures se brase ainsi depuis deux siècles. Voir [[TEC-MET-009]].\n\n## Précautions\n\n- **Le plomb** : les vieilles soudures en contenaient. Sur l'eau potable, **étain sans plomb** uniquement.\n- **Le feu** : une plaque métallique ou un tissu ignifugé derrière la flamme, près du bois ou de l'isolant. Un seau d'eau à côté.\n- **Les fumées** de flux : aérer.\n- **Jamais** sur un réservoir qui a contenu du carburant.\n\nLa soudure à l'arc : [[TEC-ATE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-010","titre":"Les outils électriques et leurs dangers","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["meuleuse","disqueuse","scie circulaire","perceuse","rebond","protections","poussieres","silice","differentiel"],"sources":["INRS, meuleuses portatives et scies : prévention des risques","Centre international de recherche sur le cancer, poussières de bois : cancérogène avéré","INRS, silice cristalline"],"corps":"::La meuleuse d'angle est l'outil le plus dangereux de l'atelier de bricolage : un disque qui tourne à plus de 10 000 tours par minute, qui peut éclater ou faire bondir la machine. Ceux qui en retirent le carter de protection « pour mieux voir » finissent souvent aux urgences. Ceux qui y montent une lame de scie à bois, parfois à la morgue.::\n\n## La meuleuse\n\n- **Toujours le carter**, toujours **les deux mains**, la poignée latérale vissée.\n- **Un disque adapté** au matériau, dont la vitesse maximale est au moins celle de la machine, jamais fêlé, jamais tombé.\n- **Jamais de lame de scie à bois** ni de disque bricolé : c'est l'accident mortel classique.\n- **Se placer de côté** au démarrage, laisser tourner quelques secondes : un disque défectueux éclate là.\n- Les étincelles volent loin : rien d'inflammable autour.\n\n## La scie circulaire\n\n- **Le rebond** : la lame se pince dans le bois et la scie saute vers l'arrière. On garde le couteau diviseur, la lame dépasse à peine du bois, et **on ne se met jamais dans l'axe** de la lame.\n- La pièce **bien calée**, jamais tenue à la main près de la coupe.\n\n## La perceuse\n\n- **Brider la pièce** : une mèche qui accroche fait tourner la pièce ou tord le poignet. Poignée latérale sur les grosses perceuses.\n- **Pas de gants, de manches larges, de cheveux libres** près d'une perceuse à colonne ou d'un tour : ils s'enroulent.\n\n## Les protections\n\n- **Lunettes, toujours.**\n- **Protection auditive** : meuleuse, scie, perforateur abîment l'audition pour de bon.\n- **Masque filtrant** (FFP2 au minimum) : les poussières de bois dur sont cancérogènes ; couper du béton ou de la pierre dégage de la **silice**, qui détruit les poumons. On arrose ou on aspire.\n\n## L'électricité\n\n- **Débrancher** avant de changer une lame, un disque, un foret.\n- **Dérouler complètement** une rallonge enroulée : elle chauffe et peut fondre.\n- **Une prise protégée par un différentiel** 30 mA. Voir [[TEC-ENE-011]].\n- **Les batteries au lithium** se chargent loin de ce qui brûle, pas la nuit sans surveillance.\n\nSans électricité : [[TEC-ATE-003]]. La tronçonneuse : [[TEC-MEC-017]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-009","titre":"Visser, boulonner, fileter","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["vis","boulons","ecrous","cles","filetage","taraud","filiere","cheville","pozidriv","avant-trou"],"sources":["Normes ISO 272 et ISO 4032 (dimensions des écrous et des clés)","Oberg E. et al., Machinery's Handbook, Industrial Press (filetages)","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook (fixations)"],"corps":"::Une empreinte de vis abîmée vient presque toujours d'un tournevis cruciforme ordinaire enfoncé dans une vis Pozidriv, qui porte quatre petits traits en plus. Et la pédale gauche d'un vélo se dévisse dans le sens inverse des autres. En mécanique, la moitié des galères viennent de détails que personne n'a expliqués.::\n\n## Les vis\n\n- **Les empreintes** : fente, cruciforme (Phillips), **Pozidriv** (quatre petits traits en plus), Torx (étoile), six pans creux. Le bon embout, à la bonne taille, et **on appuie fort** en tournant.\n- **Dans le bois** : un **avant-trou** du diamètre du corps de la vis (sans le filet) évite de fendre le bois, surtout près des bords. Un peu de savon ou de cire sur le filet, et elle entre toute seule.\n- **La longueur** : environ deux fois et demie à trois fois l'épaisseur de la pièce qu'on fixe.\n- **Dans un mur** : une cheville adaptée au mur (plein, creux, plaque de plâtre).\n\n## Les boulons\n\n- **Une rondelle** sous l'écrou, un **contre-écrou** ou du frein-filet contre les vibrations.\n- **Serrer en étoile** les pièces à plusieurs boulons (roues, couvercles).\n- **Ne pas trop serrer** : un filetage arraché ne se serre plus jamais.\n\n**Les clés** pour les boulons métriques courants :\n\n| Boulon | Clé |\n|---|---|\n| M6 | 10 mm |\n| M8 | 13 mm |\n| M10 | 17 mm |\n| M12 | 19 mm |\n\n## Le sens\n\nOn visse dans le sens des aiguilles d'une montre. **Les exceptions** : la pédale gauche du vélo, certains raccords de gaz, certains écrous de meuleuse. Un écrou qui refuse de bouger : on vérifie le sens avant de forcer.\n\n## Faire un filetage\n\n- **Le taraud** creuse un filetage dans un trou ; **la filière** en fait un sur une tige.\n- **La règle** pour le trou à percer avant de tarauder : **diamètre moins le pas**. Pour du M8 (pas de 1,25 mm) : un foret de 6,8 mm.\n- Huiler, tourner d'un demi-tour, revenir d'un quart pour casser le copeau, et ainsi de suite.\n\n## Une vis cassée ou foirée\n\nUn extracteur, une fente sciée pour un tournevis plat, une goutte de colle pour que l'embout accroche, ou percer et retarauder plus gros. Débloquer ce qui est rouillé : [[TEC-MEC-027]].\n\nLes outils à main : [[TEC-ATE-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-008","titre":"La soudure à l'arc","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["soudure","arc","electrode","poste inverter","laitier","masque","coup d'arc","batteries","fumees"],"sources":["INRS, soudage et coupage à l'arc : prévention des risques","Lincoln Electric, The Procedure Handbook of Arc Welding, 14e édition","Norme EN 169, filtres de protection pour le soudage"],"corps":"::Un poste à souder inverter coûte aujourd'hui le prix d'une perceuse et se branche sur une prise ordinaire. Avec quelques paquets d'électrodes, on répare une remorque, un portail, une charrue. Une soudure moche qui tient vaut toujours mieux qu'une jolie qui casse.::\n\n## Le principe\n\nUn courant fort saute de l'électrode au métal en formant un **arc** à plusieurs milliers de degrés. Le métal fond, l'électrode aussi et remplit le joint. Son enrobage brûle et protège la soudure de l'air, puis forme une croûte, le **laitier**, qu'on casse ensuite.\n\n## Régler\n\n- **L'intensité** : environ **30 à 40 ampères par millimètre** d'électrode. Une électrode de 2,5 mm : 60 à 90 A. Une de 3,2 mm : 90 à 130 A.\n- **Des électrodes sèches** : humides, elles collent et font des trous.\n- **La pince de masse** sur du métal propre, près de la soudure.\n\n## Souder\n\n1. **Nettoyer** le métal : rouille, peinture et graisse à la brosse métallique ou à la meuleuse.\n2. **Amorcer** en grattant l'électrode comme une allumette.\n3. **Tenir l'arc court**, à peu près l'épaisseur de l'électrode, électrode inclinée vers l'avant.\n4. **Avancer régulièrement.** Le bon bruit, c'est celui d'une poêle de lardons qui grésille ; un sifflement ou des claquements, l'arc est trop long.\n5. **Casser le laitier** au marteau à piquer, brosser, contrôler.\n\nS'entraîner sur des chutes, cordon après cordon, avant de souder quelque chose qui porte une charge.\n\n## Se protéger\n\n- **Le masque** (teinte 10 à 12) : l'arc brûle les yeux en une seconde. Le coup d'arc fait mal quelques heures plus tard, comme du sable sous les paupières. Voir [[TEC-SAN-022]].\n- **Gants en cuir, manches longues en coton** : les ultraviolets brûlent la peau comme un coup de soleil.\n- **Les fumées** : dehors ou avec aspiration, jamais sur du galvanisé ou de la peinture.\n- **Le feu** : les étincelles volent à dix mètres. Rien d'inflammable autour, un extincteur.\n- **Jamais sur un réservoir ou un bidon** qui a contenu du carburant : les vapeurs restantes explosent.\n- **Au sec** : pas de soudure les pieds dans l'eau ni avec des gants mouillés.\n\n## Sans poste\n\nDeux ou trois **batteries de voiture en série** (24 à 36 V), des câbles de démarrage et une pince porte-électrode font un poste de fortune pour une réparation d'urgence. Les batteries chauffent et dégagent de l'hydrogène : par courtes séances, loin des étincelles de l'arc.\n\nLe groupe électrogène : [[TEC-ENE-013]]. Reconnaître les métaux : [[TEC-ATE-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-007","titre":"La trempe et le revenu","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["trempe","revenu","recuit","acier","lime","lame de ressort","aimant","couleurs de revenu","couteau"],"sources":["Verhoeven J.D., Steel Metallurgy for the Non-Metallurgist, ASM International, 2007","ASM Handbook, volume 4, Heat Treating","Andrews J., The New Edge of the Anvil, Skipjack Press, 1994"],"corps":"::Un couteau, un ciseau, un ressort : même acier, trois duretés différentes. Toute la différence tient à deux gestes, chauffer puis plonger, puis réchauffer doucement. Les forgerons le faisaient à l'œil ; un aimant et un four de cuisine suffisent aujourd'hui.::\n\n## Quel acier\n\nSeul un acier **assez chargé en carbone** durcit à la trempe. Les meilleures sources gratuites :\n\n- **les vieilles limes** et râpes ;\n- **les lames de ressort** de voiture ou de camion, les gros ressorts ;\n- **les disques de scie**, les bagues de roulement.\n\nL'acier doux (fer à béton, cornières, tôles) ne durcit presque pas. Voir [[TEC-ATE-005]].\n\n## Le recuit (pour travailler)\n\nChauffer au rouge, puis **refroidir très lentement** dans la cendre chaude, toute une nuit. L'acier devient tendre : on peut le limer, le percer, le mettre en forme.\n\n## La trempe (pour durcir)\n\n1. Chauffer jusqu'à ce que **l'aimant ne colle plus** (vers 770 °C), puis encore un peu, rouge cerise uniforme.\n2. **Plonger d'un coup** dans l'huile (huile de colza ou de tournesol tiédie), en remuant.\n3. **Test** : une lime glisse sur l'acier trempé sans mordre.\n\nL'eau refroidit plus vite mais fissure souvent les pièces fines ; l'huile est plus sûre. Un récipient métallique avec son couvercle à côté : l'huile peut s'enflammer.\n\n## Le revenu (pour qu'il ne casse pas)\n\nTrempé, l'acier est dur **et cassant comme du verre**. On le réchauffe doucement pour lui rendre de la souplesse.\n\n- **Au four de cuisine** : deux fois une heure à 200 °C pour une lame de couteau.\n- **À la couleur** : on polit une face, on chauffe lentement le dos de la pièce, et on regarde les couleurs qui défilent sur la partie polie. On plonge dans l'eau dès la bonne couleur.\n  - **Paille claire** (vers 220 °C) : rasoirs, outils de coupe très durs.\n  - **Paille foncée à brun** (240 à 260 °C) : couteaux, ciseaux à bois, forets.\n  - **Pourpre** (270 à 280 °C) : haches, burins.\n  - **Bleu** (290 à 300 °C) : ressorts, tournevis, lames de scie.\n\n## En résumé\n\nRecuit pour façonner, trempe pour durcir, revenu pour ne pas casser. Dans cet ordre, à chaque fois.\n\nLa forge : [[TEC-ATE-006]]. Affûter : [[TEC-ATE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-006","titre":"La forge","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["forge","enclume","charbon de bois","soufflet","couleurs du metal","etirer","souder a chaud","rail"],"sources":["Andrews J., The New Edge of the Anvil, Skipjack Press, 1994","Bealer A.W., The Art of Blacksmithing, 1969","INRS, fièvre des fondeurs et fumées d'oxyde de zinc"],"corps":"::Un morceau de rail posé debout sur un billot fait une enclume très honorable. Un tambour de frein, un sèche-cheveux et du charbon de bois font une forge. Avec ça, on redresse, on pointe, on forge des crochets, des charnières, des outils : le premier atelier de tout village.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Le foyer** : un tambour de frein de camion posé sur un pied, avec un tuyau d'air qui arrive par le fond. Ou un simple trou dans le sol, garni de terre argileuse.\n- **Le combustible** : charbon de bois ou charbon de forge. Le bois brut chauffe mal. Voir [[SURV-FEU-006]].\n- **L'air** : un soufflet, un ventilateur, un sèche-cheveux, un aspirateur branché en soufflerie. L'air fait monter la chaleur de plusieurs centaines de degrés.\n- **L'enclume** : un bloc d'acier lourd, un rail, une masse. Plus c'est lourd, moins ça rebondit.\n- **Un marteau** d'un kilo à un kilo et demi, **des pinces** pour tenir la pièce.\n\n## Lire la couleur\n\nDans la pénombre, la couleur donne la température :\n\n- **Rouge sombre** : 650 °C environ, trop froid pour frapper l'acier.\n- **Rouge cerise** : 750 à 800 °C.\n- **Orange** : 900 à 1 000 °C, la bonne chaleur pour forger.\n- **Jaune** : 1 100 °C, pour les gros travaux.\n- **Blanc**, avec des étincelles : 1 250 °C et plus, la chaleur de soudure.\n\n## Forger\n\n- **Frapper chaud**, arrêter quand la couleur retombe au rouge : frapper un acier trop froid le fissure.\n- **Étirer** : frapper sur la corne ou avec la panne du marteau pour allonger.\n- **Refouler** : frapper en bout pour épaissir.\n- **Plier** sur le bord de l'enclume, **pointer** en frappant sur quatre faces en tournant.\n- **Souder à chaud** : deux pièces chauffées au blanc, saupoudrées de borax, frappées ensemble à petits coups. C'est ainsi qu'on soudait avant l'électricité.\n\n## Sécurité\n\n- **Jamais d'acier galvanisé** (couvert de zinc, gris mat et tacheté) : ses fumées donnent la fièvre des fondeurs, une grippe violente qui peut être grave.\n- **Lunettes, vêtements en coton ou en laine** (le synthétique fond et colle), chaussures fermées.\n- **Dehors ou sous un abri très aéré** : le charbon dégage du monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]].\n- Un seau d'eau à portée de main.\n\nReconnaître les métaux : [[TEC-ATE-005]]. Durcir un outil : [[TEC-ATE-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-005","titre":"Reconnaître les métaux","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["metaux","acier","fer","aluminium","cuivre","laiton","inox","aimant","etincelles","recuperation"],"sources":["ASM International, Metals Handbook, Desk Edition","Guides des ferrailleurs et récupérateurs de métaux (identification des métaux)","Weygers A., The Complete Modern Blacksmith, Ten Speed Press"],"corps":"::Un aimant, une meuleuse et une lime suffisent à reconnaître la plupart des métaux de récupération. Et savoir que le vieux ressort de lame de camion est en acier à outil, c'est avoir la matière d'un bon couteau.::\n\n## Les tests\n\n**L'aimant**\n\n- **Il colle franchement** : fer, acier, fonte.\n- **Il ne colle pas ou à peine** : aluminium, cuivre, laiton, bronze, plomb, zinc, et la plupart des **inox** de cuisine.\n\n**La couleur et le poids**\n\n- **Cuivre** : rouge orangé, lourd, devient brun puis vert en vieillissant.\n- **Laiton** : jaune doré (robinets, raccords, douilles).\n- **Bronze** : brun doré, plus sombre.\n- **Aluminium** : gris clair, **très léger**, ne rouille pas (il blanchit).\n- **Plomb** : gris terne, **très lourd, mou**, se raye à l'ongle.\n- **Zinc et acier galvanisé** : gris mat, cristallin sur les surfaces neuves.\n\n**Les étincelles à la meuleuse** (sur l'acier)\n\n- **Acier doux** : longues étincelles jaunes, peu d'éclatements.\n- **Acier à forte teneur en carbone** (outils, ressorts) : étincelles courtes et **éclatant en petites étoiles**. Plus il y a d'étoiles, plus il y a de carbone.\n- **Fonte** : étincelles courtes, rouges, peu nombreuses.\n- **Inox** : étincelles orangées, courtes, peu d'éclats.\n\n**La lime**\n\nUne lime qui **glisse sans mordre** : acier trempé (outil, ressort, roulement). Une lime qui mord facilement : acier doux ou métal tendre.\n\n## Où trouver les bons aciers\n\n- **Lames de ressort** de voitures et de camions, **limes usées**, **lames de scie** : acier à outil, excellent pour faire des couteaux, des burins, des ciseaux. Voir [[SURV-OUT-001]].\n- **Barres d'armature, cornières, tubes** : acier doux, pour souder et construire.\n- **Rails** : acier dur, enclume de fortune. Voir [[TEC-MEC-013]].\n- **Roulements à billes** : acier très dur, cassant.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Ne chauffez ni ne soudez l'acier galvanisé** sans aération : les fumées de zinc donnent la « fièvre des fondeurs », des frissons et de la fièvre pendant une journée.\n- **Le plomb** est toxique : jamais pour la vaisselle, ni pour ce qui touche l'eau de boisson, et on se lave les mains après l'avoir manipulé.\n- **Le cuivre** est le métal qui a le plus de valeur en récupération : câbles électriques, tuyaux, bobinages de moteurs.\n- **L'aluminium fond vers 660 °C** : un feu de charbon de bois bien ventilé suffit pour le couler dans un moule en sable. Aucune humidité dans le moule ni dans la ferraille : l'eau piégée sous le métal liquide provoque des projections.\n\nLa corrosion des métaux : [[TEC-COR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-004","titre":"Affûter tous les outils","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["affutage","pierre a aiguiser","morfil","couteau","ciseau a bois","hache","scie","angle"],"sources":["Lee L., The Complete Guide to Sharpening, Taunton Press","Guides des couteliers de Thiers, affûtage des lames","Guides des bûcherons, affûtage des haches et des scies"],"corps":"::Un outil émoussé est plus dangereux qu'un outil tranchant : il glisse, on force, et c'est la main qui prend. Affûter, c'est trois règles : le bon angle, toujours le même, et du plus gros grain au plus fin.::\n\n## Le principe\n\nAffûter, c'est **user deux faces jusqu'à ce qu'elles se rejoignent en une arête fine**.\n\n1. **Tenez un angle constant** sur toute la longueur de la lame, à chaque passe.\n2. **Travaillez jusqu'au morfil** : une petite bavure de métal qui se forme de l'autre côté du tranchant, qu'on sent au doigt en glissant du dos vers le fil (jamais le long du fil). Tant qu'il n'y a pas de morfil, l'arête n'est pas formée.\n3. **Passez aux grains plus fins**, puis **retirez le morfil** par quelques passes légères alternées de chaque côté, et sur un cuir ou du papier journal.\n\n**Les pierres** : grosse (autour de 200 à 400) pour une lame abîmée, moyenne (1 000) pour l'affûtage courant, fine (3 000 à 6 000) pour le poli. Avec de l'eau ou de l'huile selon la pierre, jamais à sec.\n\n## Les angles\n\n| Outil | Angle par face (environ) |\n|---|---|\n| Couteau de cuisine | 15 à 20° |\n| Couteau de poche, de travail | 20 à 25° |\n| Ciseau à bois, rabot | 25 à 30° (un seul biseau) |\n| Hache, serpe | 25 à 30°, fil légèrement bombé |\n| Outils de jardin (bêche, binette) | 30 à 45°, à la lime |\n\n**Un repère simple** : deux pièces de monnaie empilées sous le dos d'un couteau posé à plat sur la pierre donnent à peu près 15°.\n\n## Chaque outil\n\n- **Couteau** : passes régulières de la base à la pointe, comme pour trancher une fine couche de la pierre.\n- **Ciseau à bois** : un seul biseau, le dos parfaitement plat et poli.\n- **Hache** : à la lime puis à la pierre ronde, en mouvements circulaires. Le fil reste un peu bombé pour ne pas s'ébrécher.\n- **Scie** : une lime triangulaire, dent par dent, puis **l'avoyage** (écarter légèrement les dents alternativement) pour que la lame ne coince pas.\n- **Tronçonneuse** : lime ronde du bon diamètre, voir [[TEC-MEC-017]].\n- **Ciseaux** : seulement le biseau extérieur de chaque lame, à la pierre fine.\n\n## Sans pierre\n\n- **Le cul d'une tasse en céramique** : l'anneau non émaillé dessous est une pierre fine parfaite.\n- **Le haut d'une vitre de voiture**, légèrement baissée.\n- **Un galet de rivière** à grain fin, une brique, le bord d'une marche en béton pour dégrossir.\n- **Une ceinture en cuir** pour finir.\n\n**Tester** : une lame bien affûtée tranche une feuille de papier tenue en l'air sans l'accrocher. La théorie du tranchant : [[TEC-MEC-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-003","titre":"Scier, percer, limer","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["scier","percer","limer","scie a metaux","foret","pointeau","lime","atelier"],"sources":["INRS, travail du bois et des métaux : risques et bonnes pratiques","Machinery's Handbook, Industrial Press (vitesses de perçage et lubrification)","Guides de l'artisan : ajustage et limage"],"corps":"::Scier, percer et limer sont les trois gestes de base de tout atelier. Aucun ne demande de force : ils demandent de laisser l'outil travailler.::\n\n## Scier\n\n**Le bois**\n\n- **Amorcez** par quelques petits coups tirés, la lame guidée par le pouce contre le trait (le pouce au-dessus des dents).\n- **De longs mouvements** sur toute la longueur de la lame, sans appuyer : c'est la lame qui coupe.\n- **La pièce bien tenue** et le trait **à côté** de la chute, pas dessus.\n- **En fin de coupe**, soutenez la chute pour qu'elle n'arrache pas un éclat.\n\n**Le métal (scie à métaux)**\n\n- **Les dents vers l'avant** : la scie coupe en poussant.\n- **Au moins trois dents dans l'épaisseur** : denture fine pour les tubes et tôles minces, grosse pour les pièces épaisses.\n- **Un rythme lent**, une cinquantaine d'allers-retours par minute, toute la longueur de la lame, en soulageant au retour.\n- **Une goutte d'huile** sur l'acier épais.\n\n## Percer\n\n- **Le métal** : marquez le centre au **pointeau** (un coup de marteau) pour que le foret ne glisse pas. Commencez par un petit foret, puis le bon diamètre.\n- **Vitesse lente pour les gros forets et le métal**, rapide pour les petits et le bois. Un foret qui fume ou bleuit tourne trop vite ou manque d'huile.\n- **Huile de coupe** sur l'acier : elle refroidit et fait durer le foret. Rien sur l'aluminium ou un peu d'alcool, rien sur le laiton.\n- **Une planche martyre dessous** : le bois ne s'éclate pas à la sortie.\n- **Jamais une petite pièce tenue à la main** : un foret qui accroche la fait tourner comme une lame. Étau ou serre-joint.\n- **Cheveux attachés, pas de gants** près d'une perceuse qui tourne : le gant s'enroule et la main suit.\n\n## Limer\n\n- **La lime coupe en poussant**, jamais en tirant : on soulage au retour.\n- **Tenue à deux mains**, bien à plat, en croisant les passes pour voir où l'on enlève de la matière.\n- **Une carde** (brosse métallique) nettoie les dents encrassées. Un peu de craie frottée sur la lime évite qu'elle s'encrasse sur l'aluminium.\n- **Une lime ne se jette jamais en vrac** avec d'autres outils : ses dents s'ébrèchent.\n\n## Les astuces d'atelier\n\n- **Une scie qui dévie** : elle est mal affûtée ou mal avoyée (ses dents ne sont plus écartées également). Voir [[TEC-ATE-004]].\n- **Un trou trop petit** s'agrandit à la lime ronde, pas en forçant un foret plus gros de travers.\n- **Couper un boulon rouillé** : dégrippant la veille, puis scie à métaux entre l'écrou et la pièce.\n\nLes outils de base : [[TEC-ATE-001]]. Tracer avant de couper : [[TEC-ATE-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-002","titre":"Mesurer et tracer","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["mesurer","tracer","equerre","niveau","3-4-5","fil a plomb","niveau a eau","cordeau"],"sources":["Guides des compagnons du devoir : traçage en menuiserie et en maçonnerie","Wood Magazine, Measuring and marking fundamentals","Pythagore et la corde à nœuds des bâtisseurs (principe du triangle 3-4-5)"],"corps":"::Mesurer deux fois, couper une fois. Le proverbe est vieux parce qu'il a raison : la plupart des pièces ratées l'ont été au crayon, pas à la scie.::\n\n## Mesurer juste\n\n- **Le crochet du mètre ruban bouge** exprès : il avance de son épaisseur pour une mesure extérieure (accroché au bout) et recule pour une mesure intérieure (poussé contre un mur). S'il est tordu, toutes vos mesures sont fausses.\n- **Mesurez depuis la même référence** pour toutes les pièces d'un même ouvrage.\n- **Pour une longue pièce**, marquez au crayon, puis vérifiez depuis l'autre bout.\n- **Un pied à coulisse** mesure au dixième de millimètre : diamètres de tuyaux, de vis, épaisseurs.\n\n## Tracer net\n\n- **Un crayon bien taillé** pour le bois, une **pointe à tracer** pour le métal (un clou affûté fait l'affaire).\n- **Un trait, puis un « V »** qui montre de quel côté du trait on coupe : la lame enlève quelques millimètres.\n- **Le cordeau à tracer** (une ficelle passée dans de la craie, tendue et pincée) trace une ligne droite de plusieurs mètres en une seconde.\n\n## L'angle droit sans équerre : le 3-4-5\n\nUn triangle dont les côtés mesurent **3, 4 et 5** (mètres, pieds, ou n'importe quelle unité) a **toujours un angle droit** entre les côtés de 3 et de 4.\n\n1. Mesurez 3 m sur un côté depuis le coin, 4 m sur l'autre.\n2. Ajustez l'angle jusqu'à ce que la diagonale entre les deux marques fasse exactement 5 m.\n\nC'est ainsi qu'on implante une maison, une terrasse, un potager bien carré. Doublez (6-8-10) pour plus de précision.\n\n**Vérifier un rectangle** : ses deux diagonales doivent être égales.\n\n## Horizontal et vertical\n\n- **Le niveau à bulle** : la bulle entre les deux traits. Retournez-le bout pour bout sur la même surface : s'il ne donne pas la même lecture, c'est lui qui est faux.\n- **Le fil à plomb** : un poids au bout d'une ficelle donne la verticale parfaite.\n- **Le niveau à eau** : un long tuyau transparent rempli d'eau, sans bulle. L'eau est au même niveau aux deux bouts, même à vingt mètres de distance ou autour d'un obstacle. C'est l'outil des maçons pour reporter une hauteur d'un bout à l'autre d'un terrain.\n\n## Sans instrument\n\nLa main, le pas et le pouce mesurent aussi : [[SURV-ORI-004]]. Les conversions entre unités : [[TEC-IDE-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ATE-001","titre":"Les outils à main indispensables","axe":2,"categorie":"Métal et Atelier","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["outils","atelier","marteau","tournevis","pince","cles","scie","trousse"],"sources":["Jackson A., Day D., Collins Complete DIY Manual, HarperCollins","Guides des compagnons du devoir sur l'outillage de base","Normes ISO des empreintes de vis (Phillips, Pozidriv, Torx)"],"corps":"::Une vingtaine d'outils à main réparent presque tout ce qu'il y a dans une maison, une voiture ou un jardin. Ils ne tombent jamais en panne de batterie, et un bon outil acheté une fois dure une vie.::\n\n## La base, dans l'ordre d'utilité\n\n| Outil | À quoi il sert | Ce qu'il faut savoir |\n|---|---|---|\n| **Tournevis** plats et cruciformes | Visser, faire levier léger | Cruciforme Phillips et Pozidriv sont différents : le mauvais abîme la vis |\n| **Pince universelle** | Tenir, tordre, couper du fil | La plus polyvalente |\n| **Pince-étau** (type grip) | Bloquer, tenir comme un étau, dévisser une tête abîmée | Remplace à elle seule plusieurs outils |\n| **Pince coupante** | Couper fils et câbles | Pas sur l'acier trempé |\n| **Clés plates ou mixtes**, 8 à 19 mm | Boulons de voiture, de vélo, de machines | Le jeu 8-10-13-17-19 couvre l'essentiel |\n| **Clé à molette** | Dépanner toutes les tailles | Abîme les écrous serrés : en dernier recours |\n| **Clés Allen** (hexagonales) | Vélos, meubles, machines | En jeu, 2 à 10 mm |\n| **Marteau** à arrache-clou | Clouer, déclouer, frapper | 300 à 500 g pour commencer |\n| **Mètre ruban** et crayon | Mesurer, marquer | Voir [[TEC-ATE-002]] |\n| **Cutter** | Couper carton, plastique, isolant | Lames de rechange |\n| **Scie égoïne** et **scie à métaux** | Bois et métal | Voir [[TEC-ATE-003]] |\n| **Lime** et **pierre à affûter** | Ébavurer, ajuster, affûter | Voir [[TEC-ATE-004]] |\n| **Pied-de-biche** | Démonter, faire levier, ouvrir | L'outil des récupérateurs. Voir [[SURV-REC-011]] |\n| **Serre-joints** et petit **étau** | Tenir la pièce pour avoir les deux mains libres | La moitié de la sécurité en atelier |\n| **Perceuse à main** (chignole) | Percer sans électricité | Lente mais inusable |\n\n**À ajouter** : niveau à bulle, équerre, burin, chasse-goupille, pistolet à colle ou colle forte, ruban adhésif, fil de fer, dégrippant.\n\n## Les règles de ceux qui en vivent\n\n- **Le bon outil, à la bonne taille** : un tournevis trop petit ou une clé qui a du jeu arrondit la tête, et on ne dévisse plus jamais la pièce.\n- **Tirer plutôt que pousser** une clé : si elle glisse, on ne se fracasse pas la main contre le métal.\n- **La pièce tenue**, pas la main : un étau ou un serre-joint, surtout pour percer ou scier.\n- **Ranger au sec**, un chiffon huilé dessus de temps en temps : un outil rouillé coupe mal et glisse.\n- **Acheter moins mais mieux** : un bon outil d'occasion vaut mieux qu'un neuf bas de gamme qui plie au premier effort. Les vide-greniers en regorgent.\n\nAssembler proprement : [[TEC-MEC-001]]. Réparer quand on n'a pas la pièce : [[SURV-REC-030]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-038","titre":"Lait de soja et tofu","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["soja","lait de soja","tofu","nigari","chlorure de magnesium","sulfate de calcium","okara","proteines","trempage","cuisson"],"sources":["Wikipédia, article « Tofu »","Wikipédia, article « Lait de soja »","Shurtleff W., Aoyagi A., The Book of Tofu, 1975"],"corps":"::Le tofu est au soja ce que le fromage est au lait : on fait un lait avec les graines, puis on le caille. Un kilo de soja sec donne environ sept litres de lait et un kilo et demi à deux kilos de tofu, et la pulpe qui reste nourrit encore. Seule règle impérative : le lait de soja se boit cuit.::\n\n## Le lait\n\n1. **Tremper 250 g de graines** 10 à 12 heures : elles doublent de volume.\n2. **Les mixer avec environ 2 litres d'eau**, en plusieurs fois.\n3. **Filtrer dans un linge** et presser fort. La pulpe qui reste s'appelle l'okara.\n4. **Cuire** : porter à ébullition en remuant sans arrêt (ça mousse et ça attache au fond), puis laisser frémir 10 à 20 minutes. Le soja cru contient des substances qui bloquent la digestion des protéines ; la cuisson les détruit.\n\nIl se garde trois ou quatre jours au frais. On le sucre ou on l'aromatise à son goût.\n\n## Le tofu\n\n1. **Le coagulant** : du nigari (chlorure de magnésium, vendu en pharmacie ou en magasin bio), environ une cuillère à café dissoute dans un peu d'eau pour 1,5 litre de lait. Le sulfate de calcium donne un tofu plus tendre ; le jus de citron ou le vinaigre, deux à trois cuillères à soupe par litre, marchent aussi, avec un goût un peu acide.\n2. **Laisser le lait redescendre** vers 70 à 80 °C, verser le coagulant en deux fois en remuant doucement, puis ne plus toucher.\n3. **Attendre 10 à 15 minutes** : le caillé blanc se sépare d'un liquide jaune clair.\n4. **Verser dans un moule percé** tapissé d'un linge (une boîte percée fait l'affaire), replier, poser un poids, presser 15 à 30 minutes.\n5. **Plonger le bloc dans l'eau froide.** Il se garde trois à cinq jours au frais, dans une eau changée chaque jour.\n\n## L'okara\n\nLa pulpe est riche en fibres et en protéines : dans les galettes, le pain, les soupes, ou pour les poules et les cochons. Elle se gâte en un ou deux jours : on la cuit ou on la sèche tout de suite.\n\n## Pourquoi c'est précieux\n\n- **La graine de soja contient plus d'un tiers de protéines**, bien plus que les haricots secs, autour d'un cinquième.\n- **Le soja pousse en France** dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône, semé comme le haricot. Voir [[TEC-AGR-006]].\n\nLes autres protéines sans viande : [[TEC-ALI-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-037","titre":"Préparer les olives","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["olives","desamerisation","oleuropeine","olives cassees","saumure","olives noires","sel sec","soude","lacto-fermentation","botulisme"],"sources":["Wikipédia, article « Olive de table »","Wikipédia, article « Olive »","University of California, Olives: Safe Methods for Home Pickling, publication 8267"],"corps":"::Une olive cueillie sur l'arbre est immangeable : une molécule amère, l'oleuropéine, la rend âcre au point de faire grimacer. Toutes les olives qu'on mange ont été désamérisées, à l'eau, au sel ou à la soude. Chacune de ces méthodes se fait à la maison, avec de la patience.::\n\n## À l'eau, la plus simple\n\n1. **Olives vertes ou qui commencent à tourner**, entaillées de deux ou trois coups de couteau, ou écrasées d'un coup de maillet : ce sont les olives cassées de Provence.\n2. **Les couvrir d'eau froide** et changer l'eau chaque jour.\n3. **Goûter** : au bout d'une à trois semaines, elles ne sont plus que légèrement amères. Les olives cassées vont plus vite, une dizaine de jours.\n4. **Les mettre en saumure** à environ 100 g de sel par litre d'eau, avec fenouil, laurier, écorce d'orange. Prêtes en quelques jours, elles se gardent quelques mois au frais.\n\n## En saumure, par fermentation\n\nLes olives entières dans une saumure à 8 ou 10 % de sel, pendant plusieurs mois. Elles fermentent lentement, comme une choucroute, et perdent leur amertume. C'est la méthode des olives grecques. Voir [[TEC-ALI-002]].\n\n## Au sel sec, pour les noires\n\nDes olives bien noires et mûres, mêlées à beaucoup de gros sel dans un panier ou un sac de toile qui laisse couler le jus. On brasse chaque jour pendant quatre à six semaines : elles se rident et s'adoucissent. On rince, on sèche, on enrobe d'un peu d'huile.\n\n## À la soude, la plus rapide\n\n- **Une lessive de soude** (hydroxyde de sodium) à environ 20 g par litre d'eau pénètre la chair en quelques heures. On vérifie en coupant une olive : quand la chair a changé de couleur presque jusqu'au noyau, c'est fini.\n- **Puis des rinçages** à l'eau claire plusieurs fois par jour pendant plusieurs jours, pour éliminer toute la soude, avant la saumure.\n- **La soude brûle la peau et les yeux** : gants, lunettes, récipient en verre ou en plastique, jamais en aluminium. Voir [[TEC-CHI-012]] et, en cas d'accident, [[URG-SEC-021]].\n\n## Sécurité\n\n- **Une fois le bocal ouvert**, on le garde au frais.\n- **Jamais d'olives maison conservées dans l'huile** sans sel ni acidité : c'est un terrain idéal pour le botulisme. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Une olive molle, gluante, à l'odeur de pourri** part à la poubelle, tout le bocal avec.\n\nLes plantes à huile : [[TEC-AGR-032]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-036","titre":"Conserver les œufs","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["oeufs","conservation","cuticule","silicate de sodium","eau de chaux","test de fraicheur","salmonelle","oeufs non laves","congelation","reserves"],"sources":["Wikipédia, article « Œuf (aliment) »","Anses, fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments : Salmonella spp."],"corps":"::Jusque dans les années 1950, les fermes françaises gardaient les œufs du printemps pour l'hiver, dans des pots en grès remplis de silicate de sodium. Un œuf frais non lavé est protégé par une fine pellicule, la cuticule : c'est elle qui permet de le garder des semaines sans frigo.::\n\n## La règle : ne pas laver\n\n- **La cuticule bouche les pores** de la coquille. La laver l'enlève et ouvre la porte aux bactéries.\n- **Aux États-Unis, les œufs sont lavés** : c'est pour cela qu'ils doivent y être gardés au frigo, alors qu'en Europe on les vend à température ambiante.\n- **Un œuf sale** s'essuie à sec, ou se mange vite.\n\n## Sans frigo\n\n- **Au frais, vers 10 à 15 °C**, pointe en bas, loin des odeurs fortes : un œuf frais non lavé se garde trois à quatre semaines, souvent plus. En Europe, la date limite est fixée à 28 jours après la ponte.\n- **Éviter les allers-retours** entre le froid et le chaud : l'eau qui se condense sur la coquille aide les bactéries à entrer.\n\n## Pour des mois\n\nToujours avec des œufs très frais, propres, non lavés et sans la moindre fêlure :\n- **Le silicate de sodium**, ou verre soluble : environ un volume pour dix volumes d'eau bouillie refroidie. Les œufs y sont immergés, pot couvert, au frais. Ils se gardent plusieurs mois.\n- **L'eau de chaux** : environ 30 g de chaux éteinte par litre d'eau, même méthode. Plusieurs mois aussi.\n- **L'huile ou la graisse** : chaque œuf enduit d'une fine couche qui bouche les pores, puis rangé au frais. Quelques mois.\n- **La congélation** : cassés, battus avec une pincée de sel ou de sucre (sinon le jaune devient caoutchouteux), congelés en portions.\n\n## Vérifier avant de casser\n\n- **Le test de l'eau** : un œuf frais coule et reste couché. En vieillissant, il se redresse. **Un œuf qui flotte** est vieux : on le casse à part et on le sent.\n- **Toujours casser dans un bol à part** avant de l'ajouter au reste : un œuf gâté se sent immédiatement. Voir [[TEC-ALI-010]].\n- **Un œuf conservé ou fêlé se mange cuit à cœur.** Les personnes fragiles, les femmes enceintes et les jeunes enfants ne mangent jamais d'œuf cru.\n\nLes poules : [[TEC-ELE-008]]. Les réserves : [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-035","titre":"Le petit-lait, ne rien jeter","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["petit-lait","lactoserum","recuite","ricotta","brunost","lacto-fermentation","pain","cochons","oidium","fromage"],"sources":["Wikipédia, article « Lactosérum »","Bettiol W., Effectiveness of cow's milk against zucchini squash powdery mildew, Crop Protection, 1999"],"corps":"::Dix litres de lait donnent environ un kilo de caillé et neuf litres de petit-lait. Le jeter, c'est jeter du sucre de lait, des protéines et des vitamines. Les fermes d'autrefois ne le jetaient jamais : il nourrissait les cochons, faisait un second fromage, remplaçait l'eau du pain.::\n\n## Ce qu'il contient\n\n- **Surtout de l'eau et du lactose**, le sucre du lait, des protéines dites solubles, des minéraux, des vitamines du groupe B, et presque pas de gras.\n- **Le petit-lait doux** vient d'un caillé fait à la présure ; **le petit-lait acide** vient d'un yaourt égoutté ou d'un fromage caillé lentement. Ils ne servent pas aux mêmes choses.\n\n## Un second fromage\n\n- **La recuite, ou ricotta** : du petit-lait doux, chauffé à 85 ou 90 °C avec un peu de vinaigre ou de jus de citron. Des flocons blancs remontent ; on les écume et on les égoutte. Le rendement est faible, quelques dizaines de grammes par litre, mais c'est gratuit.\n- **Le fromage brun norvégien** : du petit-lait réduit pendant des heures, jusqu'à obtenir une pâte caramélisée et sucrée.\n\nFaire le premier fromage : [[TEC-ALI-018]].\n\n## En cuisine\n\n- **Dans le pain** à la place de l'eau : la pâte est plus souple, la mie plus tendre. Voir [[TEC-ALI-012]].\n- **Dans les soupes, les galettes, la cuisson des céréales.**\n- **Pour démarrer une lacto-fermentation** de légumes, quelques cuillères de petit-lait acide. Voir [[TEC-ALI-002]].\n- **En boisson** : frais, un peu acide, désaltérant.\n\n## Pour les bêtes et le jardin\n\n- **Les cochons** l'adorent : c'est l'usage le plus ancien. Les poules aussi, en quantité modérée. Voir [[TEC-ELE-018]].\n- **Contre l'oïdium** : le lait dilué à un volume pour neuf d'eau a montré en essais une vraie efficacité sur les courgettes. Voir [[TEC-AGR-048]].\n- **Jamais en grande quantité dans un ruisseau ou une mare** : en se décomposant, il consomme l'oxygène de l'eau et tue les poissons.\n\n## Le garder\n\nDeux ou trois jours au frais. Il se congèle très bien.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-034","titre":"Le sirop d'érable et l'eau de bouleau","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["erable","sirop","seve","eau de bouleau","entaille","chalumeau","temps des sucres","evaporation","sucre","printemps"],"sources":["Wikipédia, article « Sirop d'érable »","Wikipédia, article « Sève de bouleau »","Centre ACER, centre de recherche et de transfert en acériculture (Québec)"],"corps":"::Le Québec produit environ les trois quarts du sirop d'érable du monde. Le principe tient en une phrase : quand des nuits de gel alternent avec des jours de dégel, la sève monte, on la recueille, et on la fait bouillir longtemps. Environ quarante litres de sève pour un litre de sirop.::\n\n## Quels arbres\n\n- **L'érable à sucre** donne la sève la plus sucrée, 2 à 3 %. L'érable rouge et l'érable noir marchent aussi.\n- **En Europe**, l'érable plane et le sycomore donnent une sève moins sucrée, mais utilisable : il faut simplement en faire bouillir davantage.\n- **Le bouleau** donne une sève à peine sucrée, autour de 1 %. Il en faut plus de cent litres pour un litre de sirop : on la boit surtout telle quelle.\n- **Un arbre d'au moins 25 cm de diamètre**, en bonne santé.\n\n## Entailler\n\n- **La période** : la fin de l'hiver, quand les nuits sont sous zéro et les journées au-dessus. Quatre à six semaines, le « temps des sucres », en mars et avril au Québec.\n- **Percer un trou** de 8 à 11 mm de diamètre sur 4 à 5 cm de profondeur, légèrement vers le haut, côté ensoleillé, dans du bois sain, loin des anciennes entailles.\n- **Enfoncer un chalumeau**, un petit tube, et suspendre un seau couvert.\n- **Une entaille par arbre**, deux sur un très gros. Chaque saison, une entaille donne souvent de quoi faire environ un litre de sirop.\n- **Ramasser la sève chaque jour** et la garder au froid : elle tourne vite.\n\n## Faire bouillir\n\n- **Dehors**, sur un feu, dans un bac large et peu profond. Quarante litres d'eau à évaporer dans une cuisine décollent le papier peint.\n- **Ajouter la sève au fur et à mesure** que le niveau baisse.\n- **Finir sur un petit feu**, en surveillant de près : le sirop est prêt quand il bout à environ 4 °C au-dessus de l'eau, soit vers 104 °C au niveau de la mer. Plus loin, il cristallise ou brûle.\n- **Filtrer chaud** dans un linge épais pour enlever le dépôt sableux, puis mettre en bocaux stérilisés remplis à ras bord, encore chauds. Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n## L'eau de bouleau\n\n- **À la fin de mars ou en avril**, avant que les feuilles sortent, pendant deux à trois semaines.\n- **Elle se boit fraîche**, légèrement sucrée. Au frais, elle se garde deux ou trois jours, puis fermente : on en fait une boisson pétillante ou un vin de bouleau. Voir [[TEC-ALI-031]].\n- **À la fin, reboucher le trou** avec une cheville de bois pour protéger l'arbre.\n\nLe sucre et les confitures : [[TEC-ALI-028]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-033","titre":"Le pain sans four","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pain","galettes","chapati","pain sous la cendre","soda bread","cocotte","poele","bannock","pain sur baton"],"sources":["David E., English Bread and Yeast Cookery, 1977","Alford J., Duguid N., Flatbreads and Flavors: A Baker's Atlas, 1995","FAO, les céréales dans l'alimentation humaine"],"corps":"::La moitié de l'humanité mange un pain qui n'a jamais vu de four : chapatis indiens, tortillas mexicaines, galettes de sarrasin bretonnes, pains cuits dans la cendre par les nomades du désert. Les trappeurs du Grand Nord cuisaient le leur dans une poêle, les Irlandais faisaient lever le leur au bicarbonate et au babeurre. Un feu, une poêle, de la farine et de l'eau.::\n\n## Les galettes, sans levain\n\n**Le chapati**\n1. **Deux mesures de farine** (complète de préférence), **une mesure d'eau** environ, une pincée de sel.\n2. **Pétrir** dix minutes, laisser reposer vingt minutes sous un linge.\n3. **Faire des boules**, les étaler très finement.\n4. **Cuire à sec** dans une poêle très chaude, une minute par face, puis les poser un instant au-dessus de la flamme : elles gonflent.\n\n**Les tortillas** : avec la pâte de maïs nixtamalisé. Voir [[TEC-AGR-027]].\n**Les galettes de sarrasin** : une pâte liquide de farine de sarrasin, d'eau et de sel, étalée sur une plaque chaude. Voir [[TEC-AGR-034]].\n\n## Le pain levé, sans four\n\n- **Le pain au bicarbonate** (soda bread) : farine, sel, une cuillère de bicarbonate, et du **babeurre** ou du lait tourné (l'acide fait lever). On mélange vite, on forme une boule, on cuit tout de suite. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **En cocotte** : une cocotte en fonte avec couvercle, posée sur les braises, et des braises aussi sur le couvercle. Un pain au levain y cuit comme au four. Voir [[TEC-ALI-012]].\n- **À la poêle** : une pâte épaisse cuite doucement à couvert, retournée à mi-cuisson.\n\n## Sous la cendre\n\nSur un feu de bois qui a bien brûlé, on écarte les braises, on pose la galette épaisse sur la cendre chaude, on la recouvre de cendre et de braises. On la retourne, puis on la sort et on la tape pour faire tomber la cendre.\n\n## Le pain sur bâton\n\nUne pâte enroulée en spirale autour d'un bâton vert écorcé, tournée au-dessus des braises. Les enfants adorent, et ça les occupe au coin du feu.\n\nDu blé au pain : [[TEC-AGR-009]]. Le four : [[TEC-ALI-025]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-032","titre":"Cuisiner pour beaucoup de monde","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cuisine collective","grandes quantites","soupe populaire","rumford","portions","refroidir vite","clostridium","hygiene","menus"],"sources":["Thompson B., comte Rumford, Of Food; and particularly of feeding the poor, 1795","Sphere Handbook, 2018 (2 100 kcal par personne et par jour)","ANSES, Clostridium perfringens, fiche de description de danger"],"corps":"::À la fin du XVIIIe siècle, à Munich, un physicien américain devenu ministre, le comte Rumford, met au point une soupe d'orge, de pois et de pommes de terre qui nourrit les pauvres de la ville pour presque rien : la première soupe populaire moderne. Nourrir cent personnes n'est pas cuisiner pour quatre fois vingt-cinq : les quantités, le feu, le temps et surtout l'hygiène changent de nature.::\n\n## Les quantités\n\nPar adulte et par repas, à peu près :\n\n| Aliment | Quantité |\n|---|---|\n| Riz, pâtes, semoule (sec) | 80 à 100 g |\n| Légumineuses (sec) | 60 à 80 g |\n| Pain | 100 à 150 g |\n| Légumes | 200 à 300 g |\n| Viande ou poisson | 100 à 150 g |\n\nSur une journée, les organisations humanitaires visent au moins **2 100 kilocalories** par personne. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\n## Organiser\n\n- **Des plats uniques** : soupes épaisses, ragoûts, riz et lentilles, polenta. Un seul grand feu, une seule marmite.\n- **Une équipe** : épluchage, feu, cuisson, distribution, vaisselle, avec des horaires fixes.\n- **Le feu** : les grandes marmites mettent longtemps à bouillir. Couvercle, feu abrité du vent, et la caisse isolante pour finir la cuisson. Voir [[TEC-ALI-017]].\n- **Remuer le fond** : une grande marmite attache vite.\n\n## L'hygiène, en grand\n\n- **Les grandes marmites refroidissent très lentement** : une bactérie des ragoûts, qui adore ce tiède, a rendu malades des cantines entières. On **refroidit vite** en répartissant dans des récipients plats, au frais, ou on sert tout chaud et on ne garde rien.\n- **Réchauffer** jusqu'à bouillir, une seule fois.\n- **Les cuisiniers** : mains lavées, pas de malade aux fourneaux. Voir [[TEC-SAN-051]].\n- **L'eau** de cuisson et de vaisselle, sûre. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## La distribution\n\nMême louche, même bol pour tous, les parts servies devant tout le monde, les besoins particuliers annoncés. Voir [[SURV-SOC-008]].\n\nLa soupe de rien : [[SURV-RES-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-031","titre":"Le cidre, la bière et le vin","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cidre","biere","vin","fermentation","levures","malt","houblon","barboteur","distillation interdite","methanol"],"sources":["Douanes françaises, statut de bouilleur de cru et interdiction de distiller sans autorisation","Palmer J., How to Brew, 4e édition, Brewers Publications, 2017","Nelson M., The Barbarian's Beverage: A History of Beer in Ancient Europe, Routledge, 2005"],"corps":"::On répète qu'au Moyen Âge, on buvait de la bière parce que l'eau était dangereuse. C'est surtout une légende : on buvait de l'eau, et la bière était une nourriture, des calories liquides tirées du grain. Faire son cidre ou sa bière est permis en France pour sa consommation ; distiller, non, sauf autorisation.::\n\n## Le principe\n\n**Des levures** mangent le sucre et produisent de l'alcool et du gaz carbonique. Elles sont partout : sur la peau des fruits, dans l'air, dans un sachet de levure. Tout le reste, c'est de la propreté et de la patience.\n\n## Le cidre, le plus simple\n\n1. **Broyer des pommes** (un mélange de douces et d'acides), **presser** le jus.\n2. **Le mettre dans une bonbonne** propre, fermée par un **barboteur** (un petit bouchon à eau qui laisse sortir le gaz sans laisser entrer l'air).\n3. **Laisser fermenter** au frais, deux à quatre semaines, jusqu'à ce que ça ne bulle plus.\n4. **Mettre en bouteilles** : sans ajout, il reste plat. Pour qu'il pétille, une cuillère à café de sucre par litre, dans des **bouteilles faites pour la pression** : une bouteille ordinaire peut exploser.\n\n## La bière, en bref\n\n1. **Le malt** : de l'orge qu'on a fait germer puis sécher. Broyé, trempé une heure vers 65 °C, il transforme son amidon en sucre.\n2. **Filtrer**, faire **bouillir** le jus avec du **houblon** (amertume et conservation).\n3. **Refroidir vite**, ajouter la levure, fermenter une à deux semaines, mettre en bouteilles.\n\n## Le vin\n\nDes raisins écrasés qui fermentent avec leurs levures, sur leurs peaux pour le rouge, sans peaux pour le blanc, puis pressés et gardés à l'abri de l'air.\n\n## Les règles\n\n- **La propreté** de tout le matériel : une contamination donne du vinaigre ou pire. Voir [[TEC-ALI-030]].\n- **La distillation est interdite** sans autorisation. Elle concentre aussi le méthanol, qui rend aveugle et tue : c'est la cause des empoisonnements par l'alcool frelaté.\n- **Ni la bière ni le vin ne désinfectent** : il faut un alcool à 60-70 % au moins. Voir [[TEC-CHI-008]].\n- **Avec modération** : l'alcool ne réchauffe pas (il fait perdre la chaleur), aggrave la déshydratation et les décisions. Voir [[URG-HYPO-001]].\n\nLe troc : un bon cidre est une excellente monnaie d'échange. Voir [[SURV-TROC-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-030","titre":"Le vinaigre","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["vinaigre","mere de vinaigre","acetification","orleans","pickles","acidite","nettoyage","javel","conservation"],"sources":["USDA National Center for Home Food Preservation, conserves au vinaigre","Solieri L., Giudici P., Vinegars of the World, Springer, 2009","Corporation des vinaigriers d'Orléans (1394), histoire du procédé orléanais"],"corps":"::À Orléans, les vinaigriers se sont organisés en corporation dès 1394 : les tonneaux de vin arrivés par la Loire et tournés en route devenaient leur matière première. Le vinaigre, c'est du vin, du cidre ou de la bière qu'on laisse respirer. Il conserve, il assaisonne, il détartre, et il ne coûte que du temps.::\n\n## Comment ça marche\n\n1. D'abord, **des levures** transforment le sucre en alcool (le vin, le cidre).\n2. Ensuite, **des bactéries** qui ont besoin d'air transforment l'alcool en acide acétique : le vinaigre.\n3. Elles forment à la surface une pellicule gélatineuse, **la mère de vinaigre**, qui sert à lancer la fournée suivante.\n\n## Faire son vinaigre\n\n1. **Un vin, un cidre, une bière** entamés, ou des épluchures et trognons de pommes dans de l'eau sucrée qu'on laisse d'abord fermenter.\n2. **Un bocal ou un pot large**, rempli aux trois quarts, **couvert d'un tissu** (l'air doit entrer, les mouches du vinaigre non).\n3. **Au chaud** (20 à 30 °C), à l'abri de la lumière, **quelques semaines**.\n4. **Goûter** : quand l'alcool a disparu et que c'est bien acide, on filtre et on met en bouteille. On garde la mère et un peu de vinaigre pour la suite.\n\n## À quoi il sert\n\n- **Les conserves au vinaigre** (cornichons, oignons, légumes) : l'acidité empêche les microbes de se développer.\n- **La cuisine** : sauces, marinades, et il attendrit la viande.\n- **Le ménage** : il dissout le calcaire des bouilloires, des robinets, des pommeaux de douche.\n\n## Les limites\n\n- **Un vinaigre fait maison** n'a pas une acidité connue. Pour les conserves qui doivent se garder longtemps hors du frigo, on utilise un vinaigre du commerce à au moins 5 % d'acidité, sinon le risque de botulisme existe. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Ce n'est pas un vrai désinfectant** : pour l'eau et les plaies, voir [[TEC-CHI-008]] et [[TEC-CHI-009]].\n- **Jamais de vinaigre avec de l'eau de Javel** : le mélange dégage un gaz toxique. Voir [[TEC-CHI-006]].\n\nLe cidre et la bière : [[TEC-ALI-031]]. La lactofermentation : [[TEC-ALI-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-029","titre":"Le yaourt","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["yaourt","fermentation","ferments","lait","labneh","kefir","metchnikoff","conservation","sans yaourtiere"],"sources":["Metchnikoff E., Essais optimistes, 1907","Tamime A.Y., Robinson R.K., Yoghurt: Science and Technology, 3e édition, 2007","FAO, The technology of traditional milk products in developing countries, 1990"],"corps":"::Au début du XXe siècle, le biologiste Élie Metchnikoff, prix Nobel et chercheur à l'Institut Pasteur, attribue la longévité des paysans bulgares à leur lait fermenté : le yaourt part à la conquête de l'Europe. Il suffit d'une cuillère de yaourt de la veille, de lait et de chaleur pour en refaire à l'infini, sans yaourtière ni électricité.::\n\n## Le principe\n\nDeux bactéries transforment le sucre du lait en acide : le lait épaissit, devient acidulé, et se garde bien plus longtemps. Elles travaillent entre **40 et 45 °C**.\n\n## Faire du yaourt\n\n1. **Chauffer le lait** presque jusqu'à frémir (vers 85-90 °C), quelques minutes : le yaourt sera plus ferme.\n2. **Laisser refroidir** jusqu'à ce qu'il soit **chaud au doigt sans brûler** (environ 45 °C).\n3. **Ajouter une à deux cuillères de yaourt** nature (du commerce ou de la fournée précédente) par litre, bien mélanger.\n4. **Garder au chaud** 6 à 8 heures, sans bouger :\n   - dans une bouteille isotherme ;\n   - dans une casserole enveloppée de couvertures ;\n   - dans une caisse isolée comme la marmite norvégienne ; voir [[TEC-ALI-017]] ;\n   - près d'un poêle tiède.\n5. **Mettre au frais** : il se garde une à deux semaines.\n\n**Garder une cuillère** du nouveau yaourt pour le suivant. Au bout de nombreuses fournées, le ferment faiblit : on repart d'un yaourt du commerce ou d'un voisin.\n\n## Le labneh, pour garder des semaines\n\nUn yaourt **salé**, égoutté une nuit dans un linge : une pâte épaisse. Roulée en boulettes et **recouverte d'huile d'olive** dans un bocal, elle se garde des semaines au frais. C'est la conserve du Proche-Orient.\n\n## Et le kéfir\n\nDes « grains » vivants (des bactéries et des levures en grappes) qu'on met dans le lait à température ambiante un jour, puis qu'on filtre et remet dans du lait frais. Pas besoin de chaleur.\n\n## Les règles\n\n- **Des récipients propres**, ébouillantés.\n- **Un yaourt qui sent mauvais, change de couleur ou moisit** : on jette, et on repart d'un ferment neuf.\n- **Le lait cru** : voir [[TEC-ALI-018]].\n\nLa lactofermentation des légumes : [[TEC-ALI-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-028","titre":"Le sucre et les confitures","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["confiture","sucre","pectine","gelee","betterave","sirop d'erable","pates de fruits","moisissure","bocaux"],"sources":["USDA National Center for Home Food Preservation, confitures et gelées","Mintz S., Sweetness and Power: The Place of Sugar in Modern History, 1985","Delessert B., fabrication industrielle du sucre de betterave, 1812"],"corps":"::En 1806, le blocus continental prive la France du sucre de canne des colonies. Napoléon encourage alors le sucre de betterave, et en 1812 Benjamin Delessert en produit à l'échelle industrielle près de Paris. Le sucre n'est pas qu'un plaisir : à forte dose, c'est un conservateur, qui garde les fruits de l'été jusqu'au printemps.::\n\n## Pourquoi ça conserve\n\nÀ forte concentration, le sucre **retient l'eau** : les microbes n'en trouvent plus assez pour se multiplier. Une confiture classique contient environ **autant de sucre que de fruit**.\n\n## La confiture\n\n1. **Des fruits** mûrs et sains, coupés.\n2. **Le sucre** : en général, le même poids que les fruits. Moins de sucre, c'est moins de conservation : on la garde alors au frais une fois ouverte.\n3. **Macérer** quelques heures, puis **cuire à gros bouillons** en remuant.\n4. **La prise** : une goutte sur une assiette froide doit se figer et se rider quand on pousse du doigt (vers 105 °C).\n5. **En pots** bien propres, ébouillantés, remplis à ras bord, fermés tout de suite.\n\n**La pectine** fait prendre : les pommes, les coings et la peau des agrumes en sont riches. Un sachet de peaux et de trognons de pommes dans la marmite fait prendre les fraises ou les cerises.\n\n**Une moisissure** sur une confiture : on jette le pot, on ne se contente pas de gratter.\n\n## Sans confiture\n\n- **Les gelées** : le jus seul, filtré, cuit avec le sucre.\n- **Les pâtes de fruits** : une purée très réduite, séchée en plaques.\n- **Les fruits séchés** : sans sucre du tout. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\n## Faire son sucre\n\n- **Le miel** : [[TEC-ELE-010]].\n- **La betterave sucrière** : râpée, cuite dans un peu d'eau, pressée ; le jus réduit longuement donne un sirop brun.\n- **La sève d'érable** (ou de bouleau) au printemps : environ 40 litres de sève réduite pour un litre de sirop.\n\n## Le sucre dans le corps\n\nDes calories rapides, sans vitamines ni protéines : utile pour l'effort et le moral, pas pour nourrir. Et les dents : [[TEC-SAN-031]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-027","titre":"Le confit et la graisse","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["confit","graisse","saindoux","suif","pemmican","rillettes","famine du lapin","conservation","botulisme"],"sources":["Stefansson V., Not by Bread Alone, 1946 (la famine du lapin)","Toussaint-Samat M., Histoire naturelle et morale de la nourriture, 1987","ANSES, botulisme et conserves de viande"],"corps":"::Les trappeurs du Grand Nord qui ne mangeaient que du lapin maigre dépérissaient, le ventre plein : on l'appelait la famine du lapin. Le corps ne sait pas vivre de protéines seules, il lui faut de la graisse. Les Amérindiens des plaines en mêlaient à la viande séchée pour faire le pemmican, qui se gardait des années. En Gascogne, on garde le canard dans sa propre graisse.::\n\n## Pourquoi la graisse compte\n\n- **9 calories par gramme**, plus du double des sucres et des protéines : l'énergie la plus concentrée qui soit.\n- **Indispensable par grand froid** et dans les régimes pauvres.\n- **Elle conserve** : couverte de graisse, la viande est à l'abri de l'air.\n\n## Fondre la graisse\n\n1. **Couper** la graisse crue (porc, canard, oie, bœuf, mouton) en petits morceaux.\n2. **La faire fondre à feu très doux** avec un fond d'eau, en remuant, une à deux heures.\n3. **Filtrer** dans un linge, verser dans des pots propres.\n4. **Garder au frais et à l'abri de la lumière** : le saindoux se conserve des mois. Les **grattons** qui restent se mangent.\n\n**Le suif** (bœuf, mouton) est plus dur : bougies, savon, graisse pour le cuir et les outils. Voir [[TEC-MAT-010]].\n\n## Le confit\n\n1. **Saler** les morceaux de viande une nuit, puis les rincer et les sécher.\n2. **Les cuire très doucement** deux à trois heures dans la graisse, sans bouillir, jusqu'à ce qu'ils soient tendres.\n3. **Les ranger** dans un pot propre et les **recouvrir entièrement** de graisse chaude.\n4. **Garder au froid.** Pour une longue conservation, mettre en bocaux et stériliser. Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n**Attention** : sous la graisse, sans air, le botulisme peut se développer si la conservation est tiède. Froid ou stérilisation, sans exception. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## Le pemmican\n\nViande maigre **séchée** jusqu'à casser, **pilée** en poudre, mélangée à autant de graisse fondue, avec des baies séchées si on en a. Moulé en pains, il se garde très longtemps au sec et au frais, et nourrit une journée de marche avec quelques poignées. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\nLes rillettes, les pâtés et le jambon : [[TEC-ALI-004]] et [[TEC-ALI-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-026","titre":"Préparer les légumineuses","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["legumineuses","trempage","cuisson","haricots","lentilles","pois chiches","feves","favisme","gesse","eau calcaire"],"sources":["FAO, Légumineuses : des graines nutritives pour un avenir durable, 2016","Organisation mondiale de la santé, déficit en G6PD et favisme","Goya F., Les Désastres de la guerre, planche « Gracias a la almorta », vers 1812"],"corps":"::Pendant la famine de Madrid de 1811-1812, Goya grave des gens affamés qui se partagent une bouillie de gesse, une légumineuse bon marché. Mangée seule pendant des semaines, elle paralyse les jambes : c'est le lathyrisme. Les légumineuses sont la meilleure réserve de protéines qui soit, à condition de savoir les préparer, et de ne jamais n'en manger qu'une seule.::\n\n## Tremper\n\n- **Haricots, pois chiches, fèves** : 8 à 12 heures dans beaucoup d'eau froide, puis **jeter l'eau de trempage**. Elles cuisent plus vite et se digèrent mieux.\n- **Lentilles, pois cassés** : pas besoin.\n\n## Cuire\n\n| Légumineuse | Cuisson à l'eau | Autocuiseur |\n|---|---|---|\n| Lentilles | 20 à 30 min | 5 à 10 min |\n| Pois cassés | 30 à 45 min | 10 min |\n| Haricots secs trempés | 1 à 2 h | 15 à 25 min |\n| Pois chiches trempés | 1 h 30 à 2 h | 20 à 30 min |\n\n- **Les haricots rouges** : 10 minutes à gros bouillons au début, obligatoirement. Voir [[TEC-ALI-017]].\n- **Le sel ne les durcit pas**, contrairement à la légende. Ce qui les empêche de cuire, c'est **l'âge** (des haricots de plusieurs années ne ramollissent parfois jamais) et **l'eau très calcaire**. Une pincée de bicarbonate dans l'eau de cuisson aide.\n- **Économiser le combustible** : la marmite norvégienne fait des merveilles. Voir [[TEC-ALI-017]].\n\n## Les digérer\n\n- **Commencer par de petites quantités** si on n'en mange pas d'habitude : l'intestin s'habitue en quelques semaines.\n- **Bien cuire**, jeter l'eau de trempage.\n- Les cuisines du monde y ajoutent **cumin, fenouil, laurier** ou un morceau d'algue.\n\n## Les précautions\n\n- **Les fèves** peuvent provoquer une grave destruction des globules rouges chez les personnes atteintes d'un déficit héréditaire fréquent autour de la Méditerranée et en Afrique : **le favisme**. Urines foncées, jaunisse, fatigue brutale après un plat de fèves : urgence.\n- **La gesse** ne doit jamais être l'aliment principal pendant des semaines.\n- **Associer aux céréales** : [[TEC-ALI-024]].\n\nLes cultiver : [[TEC-AGR-006]]. Les germer : [[TEC-AGR-026]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-025","titre":"Le four à bois et le four solaire","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["four a bois","four en terre","four banal","cuisson en cascade","four solaire","cuiseur solaire","pasteuriser l'eau"],"sources":["Denzer K., Build Your Own Earth Oven, Hand Print Press, 2007","Solar Cookers International, guides et retours d'expérience","Toussaint-Samat M., Histoire naturelle et morale de la nourriture, 1987"],"corps":"::Au Moyen Âge, chaque village avait son four banal, où l'on cuisait le pain de tous et payait une redevance au seigneur. Un four en terre se construit en un week-end avec de l'argile, du sable et de la paille. Un four solaire se fabrique avec un carton et du papier d'aluminium. Tous deux font la même chose : garder la chaleur autour des aliments.::\n\n## Le four en terre\n\n**Construire**\n1. **Un socle** solide à hauteur de travail (pierres, briques, parpaings), une couche isolante dessus (bouteilles en verre noyées dans l'argile, ou mélange argile et sciure), puis une sole en briques.\n2. **Un moule** en sable humide en forme de dôme, recouvert de papier journal mouillé.\n3. **Une première couche** d'argile et de sable, épaisse d'une main, bien tassée ; une porte en arche.\n4. **Une couche isolante** d'argile mêlée de paille, puis un enduit.\n5. **Sécher** plusieurs jours, vider le sable par la porte, faire de petits feux de séchage. **Un toit** au-dessus, sinon la pluie le détruit.\n\n**Cuire en cascade**\n1. **Un grand feu dedans** pendant une à deux heures, jusqu'à ce que la voûte noircie redevienne claire.\n2. **Retirer les braises**, passer un chiffon humide sur la sole.\n3. **Le pain d'abord** (le four est au plus chaud), puis les plats mijotés et les gratins, puis les gâteaux, et **toute la nuit**, le séchage des fruits. Une seule flambée pour une journée de cuisine.\n\n**Le test de la main** : on tient la main à l'entrée du four ; si on ne tient que quelques secondes, c'est la chaleur du pain. Voir [[TEC-ALI-012]].\n\n## Le four solaire\n\n- **Le four boîte** : une caisse isolée, noire à l'intérieur, un couvercle vitré, des réflecteurs en aluminium. Il monte à 100-150 °C par beau temps.\n- **Le cuiseur en panneaux** : un carton plié et couvert d'aluminium, une casserole noire dans un sac plastique résistant à la chaleur. Utilisé dans des camps de réfugiés d'Afrique.\n- **Le cuiseur parabolique** : concentre le soleil sur un point, et peut frire. Dangereux pour les yeux.\n\n**Ce qu'il fait** : riz, légumineuses, ragoûts, pain, en cuisant lentement, sans surveiller ni brûler. Il **pasteurise l'eau** : maintenue quelques minutes au-dessus de 65 °C, la plupart des microbes meurent. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\nÉconomiser le bois : [[TEC-ALI-017]] et [[TEC-ENE-021]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-024","titre":"Les protéines sans viande","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["proteines","legumineuses","cereales","complementarite","tofu","seitan","oeufs","vitamine b12","besoins"],"sources":["OMS, FAO, UNU, Protein and amino acid requirements in human nutrition, WHO Technical Report Series 935, 2007","Lappé F.M., Diet for a Small Planet, 1971","ANSES, références nutritionnelles pour la population (protéines, vitamine B12)"],"corps":"::Riz et haricots rouges, lentilles et pain, pois chiches et galette, maïs et haricots : partout dans le monde, les cuisines pauvres ont trouvé seules le même accord. Les céréales et les légumineuses se complètent, et ensemble valent presque une viande. Pas besoin d'un élevage pour manger assez de protéines.::\n\n## Combien il en faut\n\nEnviron **0,8 g de protéines par kilo de poids et par jour** pour un adulte, soit une soixantaine de grammes pour 70 kg. Un peu plus pour les enfants qui grandissent, les femmes enceintes, les personnes âgées, les blessés qui cicatrisent.\n\n## Où les trouver\n\n| Aliment | Protéines |\n|---|---|\n| 100 g de lentilles sèches | environ 25 g |\n| 100 g de cacahuètes | environ 25 g |\n| 100 g de pois chiches secs | environ 20 g |\n| 100 g de farine de blé | environ 10 g |\n| 1 œuf | environ 6 g |\n| 1 verre de lait | environ 8 g |\n\n## La complémentarité\n\n- **Les légumineuses** manquent un peu d'un acide aminé que les **céréales** ont, et inversement. **Ensemble**, dans la même journée, elles fournissent tout ce qu'il faut.\n- **Les œufs et le lait** sont complets à eux seuls, et complètent tout.\n- **Les graines** (tournesol, courge, sésame) et **les noix** ajoutent protéines et graisses.\n- **Les insectes** : [[SURV-RES-007]].\n\n## Les fabriquer\n\n- **Le tofu** : faire tremper puis mixer des graines de soja avec de l'eau, filtrer, faire bouillir ce « lait », puis le faire cailler avec un peu de chlorure de magnésium, de vinaigre ou de jus de citron. Égoutter et presser dans un linge.\n- **Le seitan** : pétrir une pâte de farine de blé et d'eau, puis la laver sous l'eau jusqu'à ne garder que le gluten, élastique et riche en protéines. Cuire dans un bouillon.\n\n## Les points d'attention\n\n- **La vitamine B12** ne se trouve que dans les produits animaux : sans œufs, lait ni viande pendant des mois, il faut un complément.\n- **Le fer** des végétaux s'absorbe mieux avec un peu de vitamine C (un fruit, un légume cru dans le repas).\n\nPréparer les légumineuses : [[TEC-ALI-026]]. Les cultiver : [[TEC-AGR-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-023","titre":"Le jeûne et la famine, ce qui se passe dans le corps","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["famine","jeune","faim","reserves","cetose","minnesota","oedeme","economiser l'energie","enfants"],"sources":["Keys A. et al., The Biology of Human Starvation, University of Minnesota Press, 1950","Cahill G.F., Fuel metabolism in starvation, Annual Review of Nutrition, 2006","Organisation mondiale de la santé, Management of severe malnutrition: a manual for physicians, 1999"],"corps":"::En 1944, trente-six volontaires américains acceptent de manger la moitié de ce qu'il leur faut pendant six mois, pour aider à préparer la fin de la guerre en Europe. Ils perdent un quart de leur poids, deviennent obsédés par la nourriture, irritables, déprimés, incapables de se concentrer. Le corps humain tient étonnamment longtemps sans manger ; l'esprit, beaucoup moins bien.::\n\n## Ce qui se passe\n\n1. **Le premier jour** : le corps vide ses petites réserves de sucre, dans le foie et les muscles.\n2. **Les jours suivants** : il fabrique du sucre à partir des muscles, et commence à brûler les graisses.\n3. **Après trois jours environ** : le cerveau s'adapte et tire une grande partie de son énergie de substances fabriquées à partir des graisses. Les muscles sont un peu épargnés.\n4. **Les semaines suivantes** : les graisses fondent, puis les muscles, y compris le cœur. Un adulte en bonne santé, qui boit, peut survivre plusieurs semaines sans rien manger ; les enfants, les malades, les personnes âgées, beaucoup moins.\n\n**Sans eau**, en revanche, on meurt en quelques jours. Voir [[SURV-EAU-006]].\n\n## Les signes\n\n- **Faiblesse, froid permanent**, pouls lent, vertiges en se levant.\n- **L'humeur** : apathie, irritabilité, obsession de la nourriture, disputes.\n- **Des gonflements** des jambes et du visage malgré la maigreur : l'œdème de la faim, signe grave.\n- **Les infections** qui s'installent, les plaies qui ne guérissent plus.\n- **Chez l'enfant** : il cesse de grandir, puis de jouer. Voir [[TEC-ALI-021]] pour le tour de bras.\n\n## Tenir quand on mange trop peu\n\n- **Économiser l'énergie** : se reposer aux heures chaudes, se tenir au chaud, ne pas se dépenser pour rien.\n- **Manger un peu, régulièrement**, plutôt que tout d'un coup.\n- **Boire**, et saler un peu.\n- **Les priorités** : les enfants, les femmes enceintes et qui allaitent, les malades.\n- **Les vitamines** : un peu de vert, de fruit, de germé fait beaucoup. Voir [[TEC-ALI-013]] et [[TEC-AGR-026]].\n- **Pas d'alcool** : il affame le foie et refroidit.\n\n## Le piège de la fin\n\nAprès une longue privation, **on ne remange pas d'un coup** : le corps peut ne pas le supporter et le cœur lâcher. Voir [[TEC-ALI-014]].\n\nManger assez avec peu : [[TEC-ALI-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-022","titre":"Garder les récoltes en cave, en silo et en terre","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cave","silo","stockage","pommes de terre","racines","courges","grain","sac hermetique","ethylene"],"sources":["Bubel M., Bubel N., Root Cellaring, Storey Publishing, 1991","Purdue University, programme PICS de stockage hermétique des grains","FAO, pertes après récolte et stockage à la ferme"],"corps":"::Une pomme pourrie dans un cageot, et c'est tout le cageot en deux semaines : le proverbe est exact. Les pommes dégagent aussi un gaz qui fait germer les pommes de terre et rend les carottes amères. Garder une récolte tout l'hiver, c'est une affaire de froid, d'humidité, et de voisinage.::\n\n## Qui aime quoi\n\n| Récolte | Température | Air |\n|---|---|---|\n| Carottes, betteraves, navets, panais | 0 à 4 °C | très humide |\n| Pommes de terre | 4 à 8 °C, dans le noir | humide |\n| Pommes, poires | 0 à 4 °C, à part | humide |\n| Choux | 0 à 4 °C | humide |\n| Courges | 10 à 15 °C | sec |\n| Oignons, ail, échalotes | frais | sec, aéré |\n| Grain, haricots secs | frais | très sec, fermé |\n\n## La cave\n\n- **Sous terre, la température bouge peu** : à un ou deux mètres, elle reste proche de la moyenne de l'année.\n- **Les racines dans du sable humide**, en caisses, sans se toucher.\n- **Les pommes de terre dans le noir** : à la lumière, elles verdissent et deviennent toxiques. On retire le vert.\n- **Les fruits dans une autre pièce** ou au moins loin des légumes.\n- **Une visite par semaine** : on retire tout ce qui s'abîme.\n\n## Le silo en terre\n\nSans cave, la vieille méthode :\n\n1. Un lit de paille sur un sol bien drainé.\n2. Les pommes de terre ou les racines en tas conique.\n3. **20 à 30 cm de paille** par-dessus, puis **15 à 20 cm de terre**.\n4. Une **cheminée de paille** au sommet pour laisser sortir l'humidité, protégée de la pluie.\n\nIl tient par des gelées sérieuses. On l'ouvre par un côté, on prend ce qu'il faut, on referme.\n\n## Laisser en terre\n\nPoireaux, carottes, panais, topinambours, choux passent l'hiver dans le potager sous un paillis épais. On récolte au fur et à mesure.\n\n## Le grain\n\n- **Sec** (il casse sous la dent sans s'écraser), dans des récipients **fermés hermétiquement**.\n- **Les sacs hermétiques à triple épaisseur**, utilisés en Afrique pour le niébé et le maïs : privés d'oxygène, les charançons meurent sans produit chimique.\n- Rongeurs et insectes : voir [[TEC-ALI-015]].\n\nLe froid sans frigo : [[TEC-ALI-011]]. Les réserves : [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-021","titre":"Nourrir un bébé et un jeune enfant","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["bebe","allaitement","lait infantile","diversification","relactation","denutrition","perimetre brachial","fausse route"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Alimentation du nourrisson et du jeune enfant, principaux repères","OMS, FAO, Préparation, conservation et manipulation des préparations en poudre pour nourrissons, 2007","OMS, Relactation: review of experience and recommendations for practice, 1998"],"corps":"::Dans une crise, le lait maternel est l'aliment le plus sûr qui existe : toujours à la bonne température, stérile, gratuit, sans eau à faire bouillir. Et une mère qui a arrêté d'allaiter peut souvent recommencer : ça s'appelle la relactation, et l'OMS a écrit un guide dessus.::\n\n## Jusqu'à 6 mois\n\n- **L'allaitement seul** : ni eau, ni tisane, ni autre chose. À la demande, jour et nuit.\n- **La relactation** : en remettant le bébé au sein très souvent, beaucoup de femmes retrouvent du lait en quelques jours ou semaines. Une autre femme qui allaite peut aussi nourrir le bébé.\n- **Le lait infantile**, si pas d'autre choix :\n  - **eau bouillie**, puis refroidie mais encore au-dessus de 70 °C au moment du mélange (la poudre n'est pas stérile) ;\n  - **la dose exacte** indiquée : trop concentré, il déshydrate ; trop dilué, le bébé maigrit ;\n  - biberon lavé et bouilli, lait bu dans les deux heures, le reste jeté.\n- **Jamais de lait de vache** comme boisson principale avant un an, **jamais de miel** avant un an. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## De 6 mois à 2 ans\n\n- **L'allaitement continue**, et on ajoute des aliments.\n- **Du fer** dès le début : viande, foie, jaune d'œuf, lentilles écrasées. C'est ce qui manque le plus.\n- **Épais plutôt que liquide** : une purée nourrit, une soupe claire remplit l'estomac d'eau. Un peu d'huile ou de beurre ajoute l'énergie qui manque.\n- **Deux à trois repas** par jour vers 6-8 mois, **trois à quatre** ensuite, plus des collations.\n\n## Les dangers\n\n- **La fausse route** : raisins entiers, noix, cacahuètes, pop-corn, rondelles de saucisse avant 4 ou 5 ans. Les raisins se coupent en quatre dans la longueur. Voir [[URG-ETOU-001]].\n- **La déshydratation** : moins de couches mouillées, fontanelle creuse, pas de larmes, bébé mou. Solution de réhydratation, et consulter. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n## Repérer la dénutrition\n\n**Le tour du bras** : à mi-hauteur entre l'épaule et le coude, entre 6 mois et 5 ans. **Moins de 11,5 cm, c'est une dénutrition grave** ; entre 11,5 et 12,5 cm, modérée. Une bande de papier marquée à 11,5 et 12,5 cm suffit pour dépister tout un groupe d'enfants.\n\nSoigner un nouveau-né : [[TEC-SAN-018]]. Renourrir après une famine : [[TEC-ALI-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-020","titre":"Les dates sur les emballages","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["date de peremption","dlc","ddm","gaspillage","conserves","congelation","riz cuit","bacillus cereus"],"sources":["Règlement (UE) n° 1169/2011, information des consommateurs sur les denrées alimentaires","Commission européenne, Market study on date marking and other information provided on food labels and food waste prevention, 2018","ANSES, Bacillus cereus, fiche de description de danger biologique"],"corps":"::Jusqu'à un dixième du gaspillage alimentaire en Europe vient d'une mauvaise lecture des dates. Il y a deux dates, et elles ne disent pas du tout la même chose : l'une parle de sécurité, l'autre de goût.::\n\n## Les deux dates\n\n**« À consommer jusqu'au »** (date limite de consommation)\n- Sur les produits qui se gâtent vite : **viande, poisson, charcuterie à la coupe, plats préparés, laitages frais**.\n- C'est une **limite de sécurité**. Passé la date, des bactéries dangereuses ont pu se développer **sans odeur ni changement visible**.\n- On la respecte, surtout pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou malades.\n\n**« À consommer de préférence avant »** (date de durabilité minimale)\n- Sur les produits secs et les conserves : pâtes, riz, farine, biscuits, café, conserves, bocaux.\n- C'est une **date de qualité**. Après, le goût ou le croquant peuvent baisser, mais l'aliment reste sûr si l'emballage est intact.\n\n## Ce qui se garde bien après la date\n\n- **Presque pour toujours** : sel, sucre, miel, vinaigre, riz blanc, alcools forts.\n- **Des années** : pâtes, légumes secs (ils cuisent plus lentement en vieillissant), conserves en bon état.\n- **Des mois** : biscuits, céréales, chocolat (le voile blanc est du beurre de cacao, sans danger), café.\n\n**Une conserve bombée, qui fuit, rouillée en profondeur ou qui gicle à l'ouverture** : on jette sans goûter. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## La congélation\n\nElle **arrête l'horloge** : congelé avant la date limite, un aliment reste sûr. La qualité baisse avec les mois. On décongèle au frigo, et on ne recongèle pas un aliment cru décongelé.\n\n## Le piège du riz\n\n**Le riz cuit** laissé à température ambiante peut héberger une bactérie dont la toxine **résiste à la cuisson**. On le refroidit vite, on le garde au frigo, on le mange dans la journée ou le lendemain.\n\nReconnaître un aliment gâté : [[TEC-ALI-010]]. Les médicaments périmés : [[TEC-SAN-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-019","titre":"Le sel","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["sel","eau de mer","evaporation","saline","marais salants","iode","gabelle","conservation","troc"],"sources":["Kurlansky M., Salt: A World History, 2002","Organisation mondiale de la santé, réduction de la consommation de sel, principaux repères","UNESCO, De la grande saline de Salins-les-Bains à la saline royale d'Arc-et-Senans"],"corps":"::Pendant des siècles, le sel a valu de l'or : il conservait la viande et le poisson, sans lui pas d'hiver. La gabelle, l'impôt sur le sel, faisait partie des colères de 1789. Aujourd'hui il coûte moins d'un euro le kilo, ce qui en fait la meilleure réserve à constituer.::\n\n## À quoi il sert\n\n- **Au corps** : quelques grammes par jour suffisent, un peu plus quand on transpire beaucoup.\n- **À conserver** : salaisons, saumures, lactofermentation. Là, il en faut des kilos. Voir [[TEC-ALI-004]].\n- **Aux bêtes** : les animaux d'élevage ont besoin d'une pierre à sel.\n\nIl ne se périme jamais, s'il reste au sec. Une réserve de sel est aussi une monnaie d'échange. Voir [[SURV-TROC-002]].\n\n## Le tirer de la mer\n\nL'eau de mer contient environ **35 grammes de sels par litre**, dont la plus grande partie est du sel de cuisine. Dix litres donnent environ 300 grammes.\n\n1. **Une eau propre**, loin des ports, des égouts et des embouchures. Voir [[SURV-RES-008]].\n2. **Filtrer** à travers un tissu pour retirer sable et débris.\n3. **Évaporer** :\n   - **au soleil**, dans des bacs larges et peu profonds, sombres de préférence : c'est le principe des marais salants, gratuit mais lent ;\n   - **au feu**, dans une grande casserole large : rapide mais très gourmand en bois.\n4. **S'arrêter avant la fin** : quand il reste un fond de liquide épais, on retire les cristaux de sel. Le dernier liquide contient des sels amers (magnésium) qui donnent mauvais goût et dérangent l'estomac.\n5. **Sécher** le sel au soleil ou près du feu.\n\n## Les sources salées\n\nDans l'intérieur des terres, certaines sources sortent chargées de sel. En Franche-Comté, on a fait bouillir cette eau pendant des siècles : la saline royale d'Arc-et-Senans, aujourd'hui classée par l'UNESCO, en est née.\n\n## L'iode\n\nLe sel de mer contient très peu d'iode. Sans iode, la thyroïde gonfle (le goitre) et les enfants se développent mal. **Le sel iodé du commerce** est donc la meilleure réserve ; les algues et les poissons de mer en apportent aussi. Voir [[TEC-ALI-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-018","titre":"Beurre, crème et fromage frais","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["beurre","creme","fromage frais","lait cru","presure","cardon","petit-lait","pasteuriser","babeurre"],"sources":["Kindstedt P., American Farmstead Cheese, Chelsea Green, 2005","FAO, The technology of traditional milk products in developing countries, Animal Production and Health Paper 85, 1990","ANSES, lait cru et populations sensibles"],"corps":"::Du lait, un bocal et dix minutes à secouer : c'est du beurre. Du lait, un citron et un torchon : c'est du fromage. Au Portugal, on fait cailler certains des meilleurs fromages du pays avec des fleurs de chardon. Le lait se garde deux jours ; transformé, des semaines.::\n\n## La crème\n\nUn lait **cru, non homogénéisé**, laissé 12 à 24 heures au frais : la crème monte. On l'écrème à la louche. Le lait du commerce homogénéisé ne remonte pas.\n\n## Le beurre\n\n1. **La crème** un peu fraîche, pas glacée, dans un bocal rempli à moitié.\n2. **Secouer** 10 à 20 minutes (ou fouetter). Elle devient chantilly, puis d'un coup **se sépare** : grains jaunes de beurre et liquide blanc, le **babeurre**.\n3. Égoutter, puis **laver le beurre à l'eau froide** en le pétrissant, jusqu'à ce que l'eau reste claire : le babeurre oublié le fait rancir.\n4. **Saler** à 1 ou 2 % pour le garder plus longtemps.\n\nLe babeurre se boit, ou fait lever des galettes et des pains.\n\n## Le fromage frais\n\n**Au citron ou au vinaigre** (le plus simple)\n1. Chauffer le lait presque jusqu'à frémir.\n2. Ajouter le jus d'un citron ou deux cuillères de vinaigre par litre, remuer doucement : **le lait tranche**.\n3. Verser dans un torchon propre, suspendre, égoutter une heure ou plus. Saler, herbes.\n\n**À la présure** (plus doux, plus proche des vrais fromages)\n1. Lait tiède, vers 30 à 35 °C, quelques gouttes de présure par litre.\n2. Laisser prendre au calme une à deux heures : un caillé qui se tient.\n3. Découper, égoutter dans un torchon ou des faisselles.\n\nLa présure vient traditionnellement de l'estomac du veau ; **les fleurs de cardon** ou de chardon font le même travail.\n\n## Le petit-lait\n\nLe liquide qui s'égoutte : pour le pain, les soupes, les cochons et les poules, ou pour lancer une lactofermentation. Voir [[TEC-ALI-002]].\n\n## Le lait cru\n\nIl peut porter la listeria, la brucellose, des E. coli dangereux. **Femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées ou fragiles** : on chauffe le lait avant, à 72 °C quelques secondes ou 63 °C une demi-heure, ou on le fait bouillir.\n\nLe fromage à pâte dure demande en plus du pressage et une cave : environ **10 litres de lait pour 1 kilo** de fromage.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-017","titre":"La marmite norvégienne","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["marmite norvegienne","cuisson a l'etouffee","chaleur retenue","economie de combustible","caisse isolante","haricots rouges"],"sources":["Low-tech Lab, tutoriel de la marmite norvégienne","US FDA, Bad Bug Book, phytohémagglutinine (lectine du haricot rouge)","Food Standards Agency (Royaume-Uni), cuisson des haricots rouges secs"],"corps":"::Dix minutes de feu au lieu de trois heures. On porte la marmite à ébullition, on l'enferme dans une caisse bien isolée, et elle finit de cuire toute seule. Présentée à l'Exposition universelle de Paris en 1867, utilisée pendant les deux guerres, elle économise la moitié du combustible, souvent bien plus.::\n\n## Fabriquer la caisse\n\n- **Une caisse, un carton épais, une glacière**, ou un grand panier.\n- **Un isolant épais** tout autour : couvertures, coussins, polystyrène, foin, paille, vieux duvet. Au moins 5 à 10 cm de chaque côté, dessus compris.\n- **Un creux à la taille de la marmite**, pour qu'il reste le moins d'air possible.\n\n## Cuire\n\n1. **Faire bouillir** le plat quelques minutes, couvercle fermé.\n2. **Mettre la marmite dans la caisse tout de suite**, sans ouvrir, couvrir d'isolant.\n3. **Attendre**, sans ouvrir.\n\nUne marmite **bien pleine** garde mieux la chaleur qu'une marmite à moitié vide.\n\n## Les temps\n\n| Aliment | Ébullition | Dans la caisse |\n|---|---|---|\n| Riz | 5 min | 1 h |\n| Pommes de terre | 5 min | 1 h 30 |\n| Lentilles | 10 min | 2 h |\n| Pois chiches et haricots trempés | 10 à 15 min | 3 à 4 h |\n| Ragoût, pot-au-feu | 15 à 20 min | 4 à 6 h |\n\n## Les règles de sécurité\n\n- **Les haricots rouges secs** : trempés, puis **au moins 10 minutes à gros bouillons** avant la caisse. Mal cuits à basse température, leur lectine donne de violents vomissements, pire que crus.\n- **Le plat doit rester chaud** : au-delà de 6 à 8 heures, il tiédit et les bactéries se réveillent. On le refait bouillir avant de servir.\n- **Le riz cuit** ne se laisse pas tiédir des heures : il héberge une bactérie dont la toxine résiste à la cuisson.\n\n## Aller plus loin\n\n- **La bouteille isotherme** : flocons d'avoine et eau bouillante le soir, porridge le matin.\n- **Le même principe** que la couche de cendres sur les braises : garder la chaleur plutôt que la refaire. Voir [[SURV-FEU-005]].\n\nÉconomiser l'énergie : [[TEC-ENE-021]]. Les réchauds de fortune : [[SURV-REC-035]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-016","titre":"Manger assez avec peu","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ration","calories","proteines","gras","rationnement","pauvrete","cereales","legumineuses"],"sources":["PAM, HCR et OMS, Food and Nutrition Needs in Emergencies, 2002 (2 100 kcal par personne et par jour)","FAO, Human energy requirements, 2004","FAO et OMS, Protein and amino acid requirements in human nutrition, 2007"],"corps":"::Nourrir un groupe avec peu, c'est un problème de calories d'abord, de protéines ensuite, et de vitamines toujours. Le reste, c'est du goût, et le goût compte aussi.::\n\n## Ce qu'il faut\n\n- **Environ 2 100 kcal par personne et par jour** : c'est le chiffre qu'utilisent les organisations humanitaires pour planifier une ration de survie. Plus pour un travail physique dur ou par grand froid (3 000 et plus), moins pour un enfant.\n- **Des protéines** : environ 10 à 12 % de l'énergie, soit 50 à 70 g par jour pour un adulte.\n- **Du gras** : au moins 15 à 20 % de l'énergie. Il apporte 9 kcal par gramme, deux fois plus que le sucre et l'amidon, et les vitamines A, D, E, K ne passent qu'avec lui.\n\n## Les calories les moins chères\n\n| Aliment | Énergie pour 100 g |\n|---|---|\n| Huile | 900 kcal |\n| Beurre, saindoux | 720 à 900 kcal |\n| Arachides, noix | 550 à 650 kcal |\n| Sucre | 400 kcal |\n| Farine, riz, pâtes, flocons d'avoine (secs) | 350 à 380 kcal |\n| Lentilles, pois, haricots (secs) | 330 à 350 kcal |\n| Pommes de terre | 80 kcal |\n\nRiz, farine, huile et sucre sont presque partout les calories les moins chères au monde. Les légumineuses sont **la protéine la moins chère**.\n\n## Les combinaisons qui marchent\n\n- **Céréale et légumineuse** ensemble : riz et lentilles, maïs et haricots, pain et pois chiches. Elles se complètent et donnent des protéines presque aussi bonnes que la viande.\n- **Un peu de gras dans chaque plat** : il rend la ration rassasiante et nourrissante.\n- **Des légumes ou des fruits, même peu**, pour les vitamines. Voir [[TEC-ALI-013]].\n- **Les abats et les os** : foie, cœur, bouillon d'os. Nutritifs et souvent dédaignés.\n\n## Répartir quand il n'y a pas assez\n\n- **Les enfants, les femmes enceintes ou qui allaitent, les malades** d'abord : ils sont les premiers touchés et les plus fragiles.\n- **Ceux qui travaillent dur** ont besoin de plus : c'est aussi l'intérêt du groupe.\n- **Moins d'effort, moins de froid** : chaque degré de chaleur conservé et chaque effort évité économise de la nourriture.\n- **Partager de façon visible et juste**, à heures fixes : la faim ronge d'abord la confiance. Voir [[SURV-SOC-002]].\n\n## Ce que le corps encaisse\n\nUn adulte en bonne santé a des réserves pour plusieurs semaines : un kilo de graisse corporelle, c'est environ 7 700 kcal. Manger moins pendant quelque temps affaiblit mais ne tue pas ; **manquer d'eau**, en revanche, tue en quelques jours. Voir [[SURV-EAU-006]]. Après une longue période de privation, on ne reprend pas n'importe comment : [[TEC-ALI-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-015","titre":"Protéger ses réserves des rongeurs et des insectes","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["reserves","rongeurs","souris","rats","charancons","mites alimentaires","stockage","congelation"],"sources":["FAO, Manuel de manutention et de stockage des grains dans les petites exploitations","Kansas State University, Stored Product Insects : control in the home","Organisation mondiale de la santé, Rodent control in emergencies"],"corps":"::Une souris passe par un trou de la taille d'un crayon. Un sac de riz en papier dans un placard, c'est un restaurant ouvert. Les réserves se protègent par le contenant, pas par l'espoir.::\n\n## Les rongeurs\n\n- **Une souris passe par un trou de 6 à 7 mm**, un jeune rat par 12 mm. S'ils y passent la tête, ils y passent le corps.\n- **Ils rongent** le carton, le plastique fin, le bois, les sacs. Ils ne rongent pas le **verre**, le **métal**, le plastique épais et dur.\n- **Contenants** : bocaux en verre, boîtes métalliques, fûts et seaux alimentaires épais à couvercle serré.\n- **Rangement** : sur des étagères, **pas contre le sol ni contre les murs**, avec un espace pour voir les crottes et passer le balai.\n- **Propreté** : pas de miettes ni de grains renversés, pas de nourriture pour animaux ouverte à côté.\n- **Pièges** le long des murs, là où ils circulent : ils longent toujours les parois.\n\n## Les insectes\n\n**Charançons, mites alimentaires (petits papillons, toiles dans la farine), vers de farine** : ils arrivent souvent déjà dans le sac, sous forme d'œufs.\n\n- **Congelez les nouveaux achats** de farine, riz, semoule, légumineuses : **4 jours à −18 °C** tuent les œufs. Sans congélateur, un passage au four doux (60 °C pendant une demi-heure) pour de petites quantités.\n- **Bocaux et boîtes hermétiques** : un insecte qui éclot dans un bocal fermé ne contamine pas le reste.\n- **Inspectez** : toiles, grains collés, petits trous dans les grains, poudre au fond du sac.\n- **Un stock infesté** se trie : au tamis, on retire les insectes et les grains attaqués, et on congèle le reste. Quelques charançons ne rendent pas le riz dangereux ; le goût change, pas la sécurité.\n\n## Le stockage long\n\n- **Sacs aluminisés et absorbeurs d'oxygène** dans des seaux : sans oxygène, les insectes meurent et les graisses rancissent moins. Riz et pâtes se gardent ainsi des décennies.\n- **La terre de diatomée alimentaire**, mélangée au grain, abîme la carapace des insectes. Elle se retire au rinçage.\n- **Au sec** : au-dessus de 60 à 70 % d'humidité, les moisissures et les insectes prospèrent. Un bon grenier est sec et aéré.\n\n## Les astuces de meunier\n\n- **Les feuilles de laurier** dans la farine sont surtout une tradition : elles gênent un peu les insectes, sans les empêcher.\n- **Un chat** reste le meilleur piège à souris autonome de l'histoire.\n- **Tournez les stocks** : premier entré, premier sorti. Un stock qui bouge se surveille. Voir [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-014","titre":"Renourrir après une famine","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["famine","renutrition","syndrome de renutrition","jeune","denutrition","thiamine"],"sources":["NICE, Nutrition support for adults, clinical guideline CG32 (syndrome de renutrition)","Organisation mondiale de la santé, Management of severe malnutrition: a manual for physicians, 1999","Keys A. et al., The Biology of Human Starvation (expérience du Minnesota), 1950"],"corps":"::En 1945, dans les camps libérés, des soldats ont donné toute leur nourriture aux survivants affamés. Beaucoup en sont morts dans les jours qui ont suivi. Un corps qui a eu faim longtemps doit être renourri lentement, sinon c'est la nourriture qui le tue.::\n\n## Le danger : le syndrome de renutrition\n\nAprès une longue période sans manger ou presque (plus de cinq jours, et surtout des semaines), le corps a vidé ses réserves de certains minéraux (phosphore, potassium, magnésium) et de vitamine B1. Quand on lui redonne brusquement beaucoup de nourriture, surtout du sucre, il les consomme d'un coup pour relancer sa machine. Leur taux dans le sang s'effondre : **le cœur peut lâcher, les muscles, la respiration, le cerveau aussi**, dans les jours qui suivent.\n\n**Les plus à risque** : ceux qui n'ont presque rien mangé depuis plus de 10 jours, ceux qui ont perdu beaucoup de poids, les personnes très maigres, les alcooliques, les personnes âgées.\n\n## Renourrir lentement\n\n- **Commencer petit** : environ **un quart à la moitié** des besoins normaux les premiers jours (de l'ordre de 500 à 1 000 kcal par jour pour un adulte), puis augmenter progressivement sur **une semaine**.\n- **Des petits repas fréquents**, cinq ou six par jour, plutôt que deux gros.\n- **Pas trop de sucre au début** : des bouillons, des soupes de légumes et de légumineuses, des céréales, un peu de lait, d'œufs, de viande.\n- **De la vitamine B1** (thiamine) avant et pendant la reprise si elle est disponible, et des aliments riches en minéraux : légumes, légumineuses, lait, viande.\n- **Boire**, mais sans excès soudain.\n\n## Les signes d'alerte\n\nGonflement des jambes, essoufflement, cœur qui s'emballe, grande faiblesse, confusion, convulsions dans les jours qui suivent la reprise : **arrêter d'augmenter, revenir à de petites quantités, et chercher un soignant**.\n\n## Ce que la faim fait à la tête\n\nUne expérience menée en 1944 sur des volontaires affamés pendant six mois l'a montré : la faim rend obsédé par la nourriture, irritable, apathique, méfiant. Les capacités de décision baissent. **Ces effets durent des semaines après la reprise**. En groupe, il faut en tenir compte : on ne prend pas de décision importante le ventre vide, et on partage de façon visible et juste. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## Les enfants\n\nChez un enfant très amaigri, la renutrition se fait avec des laits thérapeutiques spéciaux et un suivi médical : c'est l'un des traitements les plus délicats de la médecine humanitaire. En attendant, petites quantités, souvent, et l'allaitement continué.\n\nCe que le corps consomme : [[TEC-ALI-001]]. Les carences qui accompagnent la faim : [[TEC-ALI-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-013","titre":"Les carences","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["carences","scorbut","beriberi","pellagre","vitamine c","vitamine a","iode","nutrition"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Scurvy and its prevention and control in major emergencies, 1999","Organisation mondiale de la santé, Pellagra and its prevention and control in major emergencies, 2000","Organisation mondiale de la santé, Thiamine deficiency and its prevention and control in major emergencies, 1999"],"corps":"::On peut manger à sa faim et tomber malade quand même. Les marins du XVIIIe siècle mouraient du scorbut avec des cales pleines de biscuits. Une ration qui tient au ventre n'est pas forcément une ration qui tient en vie.::\n\n## Pourquoi ça arrive\n\nQuand on mange des mois durant les mêmes aliments secs (céréales blanches, farine, riz, maïs, conserves), il manque ce que seuls apportent les aliments frais et variés. Les carences arrivent en quelques semaines ou mois, lentement, et se confondent au début avec la fatigue.\n\n## Les grandes carences\n\n| Carence | Qui | Signes | Ce qui la prévient |\n|---|---|---|---|\n| **Vitamine C : le scorbut** | Régimes sans produits frais, 1 à 3 mois | Fatigue, gencives qui saignent, bleus, plaies qui ne guérissent pas, douleurs | Fruits, légumes frais, pommes de terre, graines germées, aiguilles de pin en infusion |\n| **Vitamine B1 : le béribéri** | Riz blanc presque seul, alcoolisme | Fourmillements, faiblesse des jambes, œdèmes, cœur qui lâche | Céréales complètes, légumineuses, porc |\n| **Vitamine B3 : la pellagre** | Maïs presque seul | Les « 4 D » : dermatite au soleil, diarrhée, démence, décès | Légumineuses, arachides, viande, poisson, et maïs nixtamalisé |\n| **Vitamine A** | Enfants, régimes sans légumes colorés | Mal à voir la nuit, yeux secs, infections | Carottes, courges, feuilles vertes, foie, lait |\n| **Iode** | Loin de la mer, sans sel iodé | Goitre, fatigue, retards chez l'enfant | Sel iodé, poisson, algues |\n| **Fer** | Femmes, enfants, végétariens stricts | Pâleur, essoufflement, fatigue | Viande, foie, légumineuses, feuilles vertes |\n| **Vitamine D** | Enfants sans soleil | Rachitisme, os mous | Soleil sur la peau, poisson gras, foie de morue |\n\n## Les astuces qui sauvent\n\n- **Faire germer des graines** : lentilles, pois, blé, luzerne, radis. Trempées une nuit, rincées deux fois par jour, elles donnent en trois à cinq jours des pousses **riches en vitamine C**, là où il n'y en avait pas. C'est le potager de l'hiver et des caves.\n- **Les aiguilles d'épicéa ou de pin** en infusion (pas celles de l'if, toxique) apportent de la vitamine C : les bûcherons et les marins canadiens buvaient de la bière d'épinette contre le scorbut.\n- **Le cynorrhodon**, fruit de l'églantier, en contient énormément. Voir [[TEC-ALI-007]].\n- **Nixtamaliser le maïs** : le cuire avec de la chaux ou de la cendre de bois, comme les peuples d'Amérique centrale, libère la vitamine B3 qu'il contient. C'est ce qui a manqué aux paysans européens qui ont adopté le maïs sans la recette, et qui ont souffert de pellagre pendant deux siècles.\n- **Manger tout l'animal** : le foie apporte vitamines A, B, fer ; les os mijotés du calcium.\n- **Mélanger céréales et légumineuses** : riz et lentilles, maïs et haricots. Les deux se complètent pour les protéines.\n\n## Soigner une carence\n\nLe traitement, c'est l'aliment ou la vitamine qui manque. Le scorbut se corrige en quelques jours de vitamine C ; les carences nerveuses (B1, B3) plus lentement, et laissent parfois des séquelles. C'est pourquoi on les prévient, au lieu de les soigner.\n\nCe que le corps consomme en général : [[TEC-ALI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-012","titre":"Le pain au levain, sans levure du commerce","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pain","levain","farine","fermentation","four","cocotte","galette"],"sources":["Calvel R., Le goût du pain, Éditions Jérôme Villette","Gänzle M., Enzymatic and bacterial conversions during sourdough fermentation, Food Microbiology, 2014","Hamelman J., Bread: A Baker's Book of Techniques and Recipes, Wiley"],"corps":"::Le levain, c'est de la farine et de l'eau qu'on laisse vivre. Les levures sauvages qui sont déjà dans la farine et dans l'air font le reste. Avec lui, on fait du pain pour toujours sans jamais acheter de levure.::\n\n## Faire naître un levain (5 à 7 jours)\n\n1. **Jour 1** : 50 g de farine (complète ou de seigle, c'est plus rapide) et 50 g d'eau tiède non chlorée, dans un bocal. Mélangez, couvrez d'un linge, laissez à 20-25 °C.\n2. **Jours 2 à 7** : chaque jour, **jetez la moitié** et ajoutez 50 g de farine et 50 g d'eau.\n3. Au bout de quelques jours, il **double de volume** en 4 à 8 heures après le repas, fait des bulles et sent **l'acidulé, la pomme ou le yaourt**. Il est prêt.\n\nAu début, il peut sentir fort (acétone, fromage) : continuez, les bonnes levures prennent le dessus.\n\n## Le pain de base\n\n- **500 g de farine**\n- **330 à 350 g d'eau**\n- **100 à 150 g de levain actif** (au moment où il a doublé)\n- **10 g de sel**\n\n1. Mélangez farine et eau, laissez reposer 30 minutes (la pâte devient plus souple toute seule).\n2. Ajoutez le levain et le sel, pétrissez 10 minutes, ou faites 4 séries de rabats (étirer la pâte et la replier sur elle-même) espacées de 30 minutes.\n3. **Laissez pousser** : 4 à 6 heures à 24 °C, 8 à 12 heures au frais. La pâte gonfle d'environ la moitié.\n4. **Façonnez** une boule serrée, posez-la dans un saladier fariné, laissez encore 1 à 3 heures.\n5. **Cuisez** à four très chaud, 240 °C, 40 à 45 minutes, avec de la vapeur au début (un bol d'eau dans le four). Il est cuit quand le dessous sonne creux.\n\n## Sans four\n\n- **Une cocotte en fonte** avec couvercle, posée dans les braises, avec des braises sur le couvercle : le meilleur four de fortune. Voir [[SURV-FEU-003]].\n- **Des galettes** de la même pâte, étalées fines, cuites à la poêle ou sur une pierre chaude.\n\n## Garder son levain\n\n- **À température ambiante**, on le nourrit chaque jour. **Au frais**, une fois par semaine.\n- **Le chef** : gardez toujours un morceau de la pâte ou du levain pour la fournée suivante.\n- **Séché** : étalé en couche fine sur un papier, séché à l'air, puis émietté, il se garde des mois dans un bocal. Réhydraté avec un peu d'eau et de farine, il repart en quelques jours. C'est la meilleure assurance, et ça se donne aux voisins.\n\n## Les astuces de boulanger\n\n- **Le pain au levain se garde** une semaine et plus, bien plus longtemps qu'un pain à la levure : l'acidité ralentit les moisissures.\n- **Il se digère mieux** : la longue fermentation prédigère une partie de l'amidon et du gluten.\n- **Pas de farine de blé** : le seigle, l'épeautre, le sarrasin (en mélange) et même le maïs donnent des pains plus denses mais nourrissants.\n- **L'eau chlorée** du robinet ralentit le démarrage : laissez-la reposer une nuit à l'air libre, ou faites-la bouillir.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-011","titre":"Le froid sans frigo","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["froid","frigo","evaporation","cave","silo","conservation","zeer","oeufs"],"sources":["Practical Action, Evaporative cooling : zeer pot et chambres de refroidissement","Kader A. (dir.), Postharvest Technology of Horticultural Crops, University of California","USDA, stockage des légumes racines en cave et en silo"],"corps":"::Pendant des millénaires, on a gardé la nourriture au frais sans électricité : la terre, l'eau qui s'évapore, la nuit et l'hiver. Ces techniques marchent encore, et certaines font baisser la température de dix degrés avec un pot en terre et du sable.::\n\n## Ce qui n'a pas besoin de froid\n\nOn range d'abord au frais seulement ce qui en a vraiment besoin.\n\n- **Œufs non lavés** (ceux d'Europe ne sont pas lavés) : plusieurs semaines à température fraîche.\n- **Beurre** : quelques jours à couvert, plus s'il est salé ou clarifié.\n- **Fromages à pâte dure**, saucissons secs, légumes racines, pommes de terre, oignons, courges, pommes, agrumes.\n- **Tout ce qui est en conserve, séché, salé ou fumé.** Voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## L'évaporation : le frigo du désert\n\nQuand de l'eau s'évapore, elle emporte de la chaleur.\n\n**Le pot dans le pot (zeer)**\n\n1. Un grand pot en terre cuite non vernie, un plus petit à l'intérieur.\n2. Du **sable mouillé** entre les deux.\n3. Les aliments dans le petit pot, **un linge mouillé** par-dessus.\n4. À l'ombre, dans un courant d'air. On remouille le sable une ou deux fois par jour.\n\nPar temps sec, l'intérieur descend de **10 °C ou plus** sous la température de l'air. Des légumes qui tiennent deux jours au soleil tiennent deux semaines. En climat humide, l'effet est bien plus faible.\n\n**Plus simple** : une bouteille enveloppée d'un linge mouillé, suspendue au vent, refroidit son contenu de plusieurs degrés.\n\n## La terre : le frigo qui ne coupe jamais\n\nÀ un ou deux mètres sous terre, la température reste à peu près celle de la moyenne annuelle du lieu : **10 à 13 °C en France**, été comme hiver.\n\n- **La cave** : légumes racines dans du sable humide, pommes sur des claies, à l'obscurité.\n- **Le silo de jardin** : un trou garni de paille, les légumes racines en tas, recouverts de paille puis de terre, avec une cheminée de paille pour l'aération. Ils passent l'hiver.\n- **Un seau enterré** jusqu'au couvercle, à l'ombre, garde au frais le beurre ou les boissons.\n\n## L'eau courante\n\nUne source ou un ruisseau reste frais toute l'année. Les anciennes maisons de source gardaient le lait dans des bacs traversés par l'eau froide. Un sac étanche lesté dans un ruisseau à l'ombre fait pareil pour quelques bouteilles.\n\n## L'hiver et la nuit\n\n- **Dehors en hiver**, une caisse fermée, à l'abri des animaux, à l'ombre, sur le rebord nord d'une fenêtre, fait un réfrigérateur.\n- **La neige et la glace** stockées dans un trou isolé de paille ou de sciure tenaient jusqu'à l'été dans les glacières d'autrefois.\n- **L'air de la nuit** : une caisse sortie le soir et rentrée à l'aube, bien isolée, garde une partie de la fraîcheur.\n\nUne coupure de courant avec un frigo plein : [[SURV-CRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-010","titre":"Reconnaître un aliment gâté","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["aliment gate","moisissure","viande","poisson","oeufs","conserves","intoxication","regle des deux heures"],"sources":["USDA Food Safety and Inspection Service, Leftovers and Food Safety et The Danger Zone","ANSES, fiches sur les dangers microbiologiques des aliments","Agence européenne de sécurité des aliments, Bacillus cereus et intoxications liées au riz"],"corps":"::Le nez détecte les aliments pourris, pas les aliments dangereux. La salmonelle, la listeria et le staphylocoque ne sentent rien. Il faut juger sur le temps et la température, pas seulement sur l'odeur.::\n\n## La règle qui compte le plus : le temps chaud\n\nLes bactéries dangereuses se multiplient vite **entre 4 et 60 °C**. Un aliment périssable (viande, poisson, lait, œufs, plats cuisinés, riz et pâtes cuits) resté **plus de deux heures** à température ambiante, **une heure** au-dessus de 32 °C, **se jette**, même s'il a l'air parfait.\n\n## Aliment par aliment\n\n- **Viande** : odeur aigre ou soufrée, surface gluante, couleur grise ou verdâtre. La viande hachée s'abîme bien plus vite qu'un morceau entier.\n- **Poisson** : odeur d'ammoniac, chair molle qui garde l'empreinte du doigt, yeux ternes et creux, ouïes brunes. Frais, il sent la mer, pas le poisson.\n- **Œufs** : cassez-les un par un dans un bol avant de les mélanger ; une odeur de soufre ne trompe pas. Un œuf qui flotte dans l'eau est vieux (sa poche d'air a grandi), pas forcément mauvais : on le casse et on le sent.\n- **Lait et laitages** : caillé aigre, gonflement du pot, goût amer.\n- **Pain, fruits, fromages frais, confitures** : **une moisissure visible, on jette tout** ; ses filaments ont déjà envahi l'intérieur. Sur un **fromage à pâte dure** ou un salami sec, on peut couper largement, 2 à 3 cm autour.\n- **Riz et pâtes cuits** : une bactérie du riz survit à la cuisson et fabrique une toxine que le réchauffage ne détruit pas. **Refroidissez vite et mangez dans la journée**, ou jetez.\n- **Conserves** : boîte bombée, fuyante, rouillée au niveau des soudures, cabossée sur le joint, ou qui gicle à l'ouverture : on jette sans goûter. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## Ce qui ne marche pas\n\n- **Goûter pour voir** : quelques bouchées suffisent pour certaines intoxications.\n- **Cuire plus fort un plat douteux** : certaines toxines résistent à la chaleur.\n- **Se fier à la date seule** : une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au ») sur la viande ou le poisson se respecte ; une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant ») sur les pâtes, le riz ou les conserves, beaucoup moins.\n\n## Les astuces de cuisine collective\n\n- **Les restes** vont au frais dans les deux heures, en petites boîtes peu profondes qui refroidissent vite, et se mangent dans les trois jours.\n- **Réchauffer à cœur**, jusqu'à ce que ça fume, une seule fois.\n- **Des planches et des couteaux séparés** pour la viande crue et ce qui se mange cru.\n- **Quand plusieurs personnes tombent malades en même temps**, pensez au dernier repas commun, et gardez-en un échantillon au froid si possible.\n\nUne diarrhée qui suit : [[TEC-SAN-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-009","titre":"Le botulisme","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["botulisme","conserves","toxine","bocaux","paralysie","miel","sterilisation"],"sources":["Santé publique France, botulisme : données et recommandations","Centers for Disease Control and Prevention, Botulism : home-canned foods","USDA, Complete Guide to Home Canning, 2015"],"corps":"::Le botulisme est rare, mais c'est l'intoxication alimentaire qui tue le plus sûrement. Sa toxine n'a souvent ni odeur, ni goût, ni aspect. Le seul moyen de s'en protéger, c'est de faire les conserves correctement.::\n\n## Ce que c'est\n\nUne bactérie du sol, *Clostridium botulinum*, forme des **spores** très résistantes, présentes sur les légumes, la terre, la poussière. Placées dans un milieu **sans oxygène, peu acide, humide, à température ambiante**, elles germent et fabriquent une **toxine** qui paralyse les nerfs. C'est le poison le plus puissant connu.\n\n**Les situations à risque**\n\n- **Les conserves maison de légumes peu acides** (haricots verts, asperges, petits pois, champignons), de viande, de poisson, stérilisées à la casserole au lieu d'une vraie stérilisation.\n- **L'ail, les herbes ou les légumes dans l'huile**, gardés à température ambiante.\n- **Le jambon et les salaisons** artisanales mal salés.\n- **Le poisson fermenté, séché ou fumé** de façon artisanale.\n- **Le miel chez les bébés de moins d'un an** : jamais de miel avant un an, les spores peuvent germer dans leur intestin.\n\n## Les signes\n\nEntre 12 et 72 heures après le repas, sans fièvre : **vision double ou floue**, **paupières qui tombent**, **bouche sèche**, difficulté à **avaler et à parler**, puis une paralysie qui descend vers les bras, le thorax et la respiration. **C'est une urgence absolue : le 15.** Un antidote existe à l'hôpital, et une assistance respiratoire.\n\n## Se protéger\n\n- **Les aliments acides** (fruits, tomates avec du citron, confitures, cornichons au vinaigre) se stérilisent sans risque au bain-marie : l'acidité empêche les spores de germer.\n- **Les aliments peu acides** demandent **une stérilisation sous pression** (autoclave), à 115-121 °C : l'eau bouillante ne tue pas les spores. Voir [[TEC-ALI-005]].\n- **La toxine, elle, est détruite par la chaleur** : faire bouillir 10 minutes un contenu douteux avant de le goûter la neutralise. C'est la règle de sécurité des conserves maison de légumes.\n\n## Jeter sans goûter\n\n- **Couvercle bombé**, bocal qui a perdu son vide, boîte gonflée.\n- Contenu qui **gicle** ou mousse à l'ouverture.\n- Odeur anormale, liquide trouble, moisissure.\n\nJetez **sans goûter**, sans faire goûter aux animaux, dans un sac fermé, et lavez à l'eau de Javel ce qui a touché le contenu. **Mais un bocal normal peut aussi contenir la toxine** : d'où la stérilisation correcte et l'ébullition avant consommation des conserves maison peu acides.\n\nLes autres signes d'aliments gâtés : [[TEC-ALI-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-008","titre":"Les réserves alimentaires","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["reserves","stock","riz","legumineuses","conserves","huile","rotation","duree de conservation"],"sources":["FEMA et Croix-Rouge américaine, Food and Water in an Emergency","Utah State University Extension, Food Storage : shelf life of long-term storage foods","USDA Food Safety and Inspection Service, Shelf-Stable Food Safety"],"corps":"::Une réserve qui sert, c'est une réserve qu'on mange et qu'on remplace. Des sacs oubliés dix ans au fond d'une cave, c'est une réserve de charançons.::\n\n## Combien\n\nUn adulte a besoin d'environ **2 000 à 2 500 kcal par jour**, soit à peu près **un demi-kilo d'aliments secs** (céréales, légumineuses, sucre, huile). Visez d'abord **deux semaines** pour tout le foyer, puis un mois, puis plus si vous en avez les moyens et la place.\n\n**Deux semaines pour un adulte**, par exemple :\n\n| Aliment | Quantité |\n|---|---|\n| Riz, pâtes, semoule | 5 kg |\n| Lentilles, pois chiches, haricots secs | 2 kg |\n| Flocons d'avoine | 1 kg |\n| Huile | 1 litre |\n| Sucre, miel | 1 kg |\n| Conserves de légumes, de poisson, de viande | 14 boîtes |\n| Lait en poudre, fruits secs, noix, chocolat | 1 à 2 kg |\n| Sel, épices, café ou thé | selon habitudes |\n\n## Ce qui se garde, et combien de temps\n\n| Aliment | Conservation au sec, au frais |\n|---|---|\n| Sel, sucre, miel | Presque sans limite |\n| Riz blanc, pâtes | Plusieurs années ; des décennies en sac scellé sans oxygène |\n| Légumineuses sèches | Plusieurs années (vieilles, elles cuisent de plus en plus mal) |\n| Flocons d'avoine | 1 à 2 ans, plus sous vide |\n| Farine blanche | Environ un an ; complète, quelques mois (elle rancit) |\n| Conserves | Des années au-delà de la date, si la boîte est intacte |\n| Huile | 1 à 2 ans, fermée, à l'abri de la lumière |\n| Noix, graines, riz complet | Quelques mois : leurs graisses rancissent |\n\n## Les règles\n\n- **Stockez ce que vous mangez déjà.** Un changement brutal de nourriture en pleine crise fatigue le ventre et le moral.\n- **Premier entré, premier sorti** : les nouveaux achats derrière, on consomme devant. Une étiquette avec la date d'achat.\n- **Au frais, au sec, dans le noir.** Chaleur et humidité divisent les durées.\n- **Des contenants fermés** contre les rongeurs et les insectes. Voir [[TEC-ALI-015]].\n- **De quoi cuire** : un réchaud et son combustible, un ouvre-boîte manuel. Des lentilles sans feu ne nourrissent personne. Voir [[SURV-REC-020]].\n\n## Les astuces de ceux qui stockent depuis longtemps\n\n- **Les légumineuses** cuisent deux fois plus vite après une nuit de trempage : c'est aussi deux fois moins de combustible.\n- **Les graines à germer** (lentilles, luzerne, radis) donnent en trois jours des pousses fraîches riches en vitamine C, là où il n'y a plus de légumes. Voir [[TEC-ALI-013]].\n- **Le gras est la ressource la plus rare** en crise longue : huile, beurre clarifié, conserves de poisson gras. Voir [[TEC-ALI-001]].\n- **Un peu de réconfort** (chocolat, café, bonbons pour les enfants) pèse peu et vaut beaucoup les jours difficiles.\n- **L'eau d'abord** : une réserve de nourriture sans eau ne sert à rien. Voir [[SURV-EAU-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-007","titre":"Ce que contiennent les fruits","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fruit","vitamine c","sucre","fibre","pectine","noyau","murissement","ethylene","nutrition"],"sources":["USDA, FoodData Central (compositions nutritionnelles de référence)","ANSES, table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual","EFSA, avis scientifique sur les glycosides cyanogènes des noyaux d'abricot, 2016","Kader A. (dir.), Postharvest Technology of Horticultural Crops, University of California"],"corps":"::Un fruit, c'est de l'eau sucrée dans une peau, avec juste assez de vitamines pour qu'un animal ait envie de le manger et d'en semer les graines plus loin. Nous sommes cet animal.::\n\n## Ce qu'il y a dedans\n\n**De l'eau, surtout** : 80 à 90 % du poids d'un fruit frais. La pastèque et la fraise dépassent 90 %, la pomme en contient environ 86 %, la banane 75 %.\n\n**Des sucres** : fructose, glucose et saccharose, selon les fruits. C'est l'essentiel de leur énergie.\n\n**Des fibres**, dont la **pectine**, qui fait prendre les confitures.\n\n**Des acides** : citrique (agrumes), malique (pomme), tartrique (raisin). C'est ce qui les rend acides, et ce qui permet de les mettre en bocal sans risque de botulisme, voir [[TEC-ALI-005]].\n\n**Des vitamines et minéraux** : vitamine C surtout, potassium, et, dans les fruits orange, des pigments que le corps transforme en vitamine A.\n\n**Très peu de protéines et presque pas de gras**, sauf exceptions : l'avocat, l'olive, la noix de coco.\n\n## Les chiffres utiles (pour 100 g de fruit frais)\n\n| Fruit | Énergie | Vitamine C | Ce qui le distingue |\n|---|---|---|---|\n| Pomme | 52 kcal | 5 mg | Se garde des mois au frais |\n| Banane | 89 kcal | 9 mg | Riche en potassium (358 mg) |\n| Orange | 47 kcal | 53 mg | Se transporte bien |\n| Kiwi | 61 kcal | 93 mg | Une des meilleures sources de vitamine C |\n| Fraise | 32 kcal | 59 mg | Très peu de pectine |\n| Cassis | 63 kcal | 181 mg | Champion des fruits d'Europe |\n| Goyave | 68 kcal | 228 mg | Champion des tropiques |\n| Raisin | 69 kcal | 3 mg | Beaucoup de sucre, peu de vitamines |\n| Avocat | 160 kcal | 10 mg | 15 g de gras : le plus nourrissant |\n| Datte séchée | 282 kcal | 0 mg | Énergie concentrée, se garde des années |\n| Abricot sec | 241 kcal | 1 mg | Fer et potassium concentrés |\n\n**La vitamine C** est la raison d'être des fruits en période difficile. Environ **10 mg par jour** suffisent à éviter le scorbut ; les recommandations pour une bonne santé tournent autour de 100 mg. Elle est **détruite par la chaleur, l'air et le temps** : un fruit cuit ou séché en perd une grande partie.\n\n## Ce qui est toxique\n\n- **Les amandes des noyaux** d'abricot, de pêche, de prune, de cerise, et les pépins de pomme contiennent de l'**amygdaline**, qui libère du cyanure quand on les écrase ou les mâche. Avalés entiers par accident, ils passent. **Les amandes d'abricot amères**, vendues parfois comme « remède », empoisonnent à quelques unités chez un enfant.\n- **Le sureau noir** : les baies crues, les feuilles et les tiges donnent des nausées. Les baies bien mûres se mangent **cuites** (confiture, sirop).\n- **Les feuilles de rhubarbe** sont riches en acide oxalique. Seules les tiges se mangent.\n- **Le pamplemousse** perturbe l'élimination de nombreux médicaments (certains contre le cholestérol, l'hypertension, l'anxiété) et peut en faire monter la dose dans le sang. Si vous prenez un traitement, vérifiez la notice.\n- **Un fruit sauvage inconnu** ne se goûte pas : voir [[SURV-COM-001]].\n\n## Le mûrissement\n\nCertains fruits continuent de mûrir après la cueillette, parce qu'ils produisent un gaz, l'**éthylène**, qui accélère leur propre mûrissement et celui de leurs voisins : **banane, pomme, poire, avocat, tomate, mangue, kiwi**. D'autres ne mûrissent plus une fois cueillis : **agrumes, raisin, fraise, cerise, ananas**.\n\n## Les astuces de ceux qui en stockent\n\n- **Pour faire mûrir un avocat ou un kiwi dur**, enfermez-le dans un sac en papier avec une banane ou une pomme mûre : l'éthylène fait le travail en un ou deux jours.\n- **Pour garder des pommes des mois**, choisissez-les saines, sans choc, cueillies à la main. Rangez-les une par une, sans qu'elles se touchent, au frais (1 à 5 °C), dans une cave humide. **Retirez chaque semaine celle qui commence à pourrir** : une seule pomme gâtée accélère toutes les autres. Et gardez-les loin des pommes de terre et des carottes, que l'éthylène fait germer ou rend amères.\n- **Le cynorrhodon**, le fruit rouge de l'églantier, reste sur les haies tout l'hiver et contient plusieurs centaines de milligrammes de vitamine C pour 100 g. C'était la réserve de vitamine C de l'Angleterre pendant la guerre. Il se mange en sirop ou en confiture, sans les poils des graines, très irritants.\n- **Sécher un fruit** concentre son sucre et son énergie : il faut environ 5 à 7 kg d'abricots frais pour 1 kg d'abricots secs. Voir [[TEC-ALI-003]].\n- **Les fruits riches en pectine** (pomme, coing, groseille, zeste d'agrume) font prendre les confitures de ceux qui en manquent (fraise, cerise) : quelques pommes coupées dans la marmite suffisent.\n\n## Un peu de botanique\n\nPour le botaniste, un fruit est ce qui contient les graines. La tomate, le poivron, le concombre et l'aubergine sont donc des fruits ; la banane et l'avocat sont des baies. Et la fraise n'en est pas vraiment un : sa chair est le réceptacle de la fleur, et ses vrais fruits sont les petits grains à sa surface.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-006","titre":"Le fumage","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fumage","conservation","phenols","bois","viande","poisson","hydrocarbures"],"sources":["FAO — Fish smoking, principes et technologies","Études sur les composés phénoliques de la fumée de bois et leur effet antimicrobien","ANSES — Hydrocarbures aromatiques polycycliques dans les produits fumés","USDA — Meat Smoking Guidelines"],"corps":"::La fumée n'est pas un parfum, c'est un dépôt chimique. Elle apporte des conservateurs, une barrière de surface, et un groupe de molécules qu'on préfère éviter.::\n\n## Ce que la fumée dépose\n\nLe bois qui se consume lentement et incomplètement libère plusieurs centaines de composés. Trois familles comptent.\n\n**Les phénols.** Ce sont eux qui donnent le goût et l'essentiel de l'effet conservateur : ils sont **antimicrobiens et antioxydants**, ce dernier point empêchant la graisse de rancir — une cause de perte au moins aussi fréquente que la putréfaction.\n\n**Les acides organiques**, qui abaissent le pH de la surface et contribuent à durcir la pellicule extérieure.\n\n**Les carbonyles**, responsables de la couleur brune et du brillant.\n\nCes composés se déposent **en surface et pénètrent peu**. Le fumage protège donc une croûte, pas un cœur — d'où le fait qu'il ne se pratique jamais seul.\n\n## Pourquoi jamais seul\n\nLe fumage agit sur un seul levier, et faiblement. Il se combine avec deux autres qui font le gros du travail :\n\n- **Le sel**, qui a déjà abaissé l'activité de l'eau et raffermi la chair. Voir [[TEC-ALI-004]].\n- **Le séchage**, que le fumage accompagne puisqu'un courant d'air tiède et sec circule de toute façon. Voir [[TEC-ALI-003]].\n\nL'ordre est presque toujours le même : **saler, ressuyer, fumer.** Le ressuyage — laisser sécher la surface quelques heures avant d'exposer à la fumée — n'est pas facultatif : la fumée adhère mal à une surface mouillée et le résultat est terne et amer.\n\n## Fumage à froid et à chaud\n\n**À froid, en dessous d'environ 30 °C.** L'aliment ne cuit pas. La fumée conserve et parfume, le séchage continue. C'est ce qui produit les produits qui se gardent longtemps, et **c'est aussi le plus exigeant** : rien n'est cuit, donc rien n'est assaini par la chaleur. Le sel doit avoir fait son travail avant, et le produit de départ doit être irréprochable.\n\n**À chaud, entre 60 et 90 °C.** L'aliment cuit en même temps qu'il fume. C'est plus sûr, parce que la chaleur détruit les germes et les parasites, mais le produit obtenu est **cuit et non conservé** : il se garde quelques jours, pas des mois.\n\nEntre les deux, une zone tiède où l'aliment n'est ni assaini ni sec : c'est la plage à éviter, car elle correspond exactement à la température de croissance optimale des bactéries.\n\n## Le bois, et ce qu'on n'y met pas\n\n**Bois durs et fruitiers** : hêtre, chêne, aulne, pommier, cerisier, noyer. Combustion lente, fumée douce.\n\n**Jamais de résineux** — pin, sapin, épicéa. Leur résine dépose une suie amère et beaucoup plus de composés indésirables.\n\n**Jamais de bois traité, peint, verni, collé, ni de panneaux de particules.** Les produits de traitement se retrouvent intégralement dans l'aliment. C'est l'erreur la plus grave du domaine, et elle est commise chaque année par des gens qui récupèrent des chutes de chantier.\n\nOn cherche une **combustion lente et étouffée**, qui fume sans flamber : sciure, copeaux humides, braises couvertes. Une flamme vive produit peu de fumée utile et beaucoup de chaleur.\n\n## Le revers : les hydrocarbures\n\nLa combustion incomplète produit aussi des **hydrocarbures aromatiques polycycliques**, dont certains sont cancérogènes. Ils se déposent avec le reste, et leur quantité dépend de trois choses :\n\n- **La température de combustion** : plus elle est haute, plus il s'en forme.\n- **Le contact direct entre flamme, graisse et aliment** : la graisse qui tombe sur la braise et remonte en fumée est la principale source.\n- **La durée d'exposition.**\n\nD'où les trois parades, qui sont techniques et non morales : **éloigner le foyer de l'aliment** — un conduit d'un ou deux mètres refroidit la fumée et laisse déposer les plus lourds en route —, **éviter que la graisse tombe sur la source**, et **ne pas prolonger inutilement.** Un fumoir avec générateur déporté produit un aliment très différent d'un aliment suspendu au-dessus des braises.\n\n## Le fumoir, en une phrase\n\nUn foyer qui couve, un conduit qui refroidit, une chambre où l'aliment est suspendu, une sortie réglable en haut. Un tonneau, une armoire, une cabane de planches, une carcasse de réfrigérateur : la forme importe peu, **c'est le tirage qui fait la qualité** — la fumée doit circuler lentement et sortir, pas stagner.\n\nLe principe du tirage est le même que celui de [[TEC-CON-007]], et il se règle de la même façon : par la section de l'entrée d'air et celle de la sortie.\n\n## Ce que le fumage ne fait pas\n\n**Il ne rattrape rien.** Un produit douteux fumé reste un produit douteux, avec un goût qui masque les signaux d'alerte — c'est ce qui le rend plus dangereux que le séchage seul.\n\n**Il ne détruit ni les parasites ni les spores** à froid. Contre eux, seule la cuisson à cœur ou la congélation prolongée fonctionnent.\n\n**Et il ne remplace pas le contenant.** Une fois fumé, le produit continue de repomper l'humidité de l'air ambiant. Voir [[TEC-CONS-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-005","titre":"Les conserves en bocal","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["conservation","botulisme","alimentation","securite"],"sources":["USDA — Complete Guide to Home Canning","National Center for Home Food Preservation — research-based recommendations","OMS — Botulism, fiche d'information","ANSES — avis sur les conserves familiales"],"corps":"::C'est la seule technique de conservation dont l'échec ne se voit pas, ne se sent pas et ne se goûte pas.::\n\n## Le problème, posé clairement\n\nUn bocal correctement fermé est un milieu **sans oxygène**. C'est ce qui empêche les moisissures et la plupart des bactéries de se développer, et c'est ce qui fait l'intérêt du procédé.\n\nMais c'est aussi exactement ce que recherche la bactérie responsable du botulisme. Ses spores sont extrêmement répandues dans le sol et sur les végétaux, elles résistent à l'ébullition, et elles germent dans un milieu **sans oxygène, peu acide, peu salé et à température ambiante**. En germant, elles produisent une toxine parmi les plus puissantes connues.\n\n**Cette toxine ne modifie ni le goût, ni l'odeur, ni l'aspect.** Un bocal contaminé peut être parfaitement appétissant. C'est ce qui rend cette technique différente de toutes les autres : ailleurs, ce qui a mal tourné se voit.\n\n## La ligne de partage : l'acidité\n\nTout tient à un seuil d'acidité. En dessous, la bactérie ne se développe pas ; au-dessus, elle le peut.\n\n**Les aliments naturellement acides** — la plupart des fruits, les préparations vinaigrées, les légumes lacto-fermentés — sont en dessous du seuil. Une stérilisation à l'eau bouillante suffit à les conserver, parce que l'acidité fait le reste du travail.\n\n**Les aliments peu acides** — la quasi-totalité des légumes, les viandes, les poissons, les champignons, les préparations mixtes — sont au-dessus du seuil. **L'ébullition simple ne suffit pas** : à cent degrés, les spores survivent indéfiniment. Il faut atteindre des températures nettement supérieures, ce qui n'est possible que sous pression.\n\nC'est la seule information réellement importante de cette fiche, et elle explique pourquoi les recommandations officielles sont si insistantes : **on ne met pas en conserve des légumes ou de la viande avec une simple casserole d'eau bouillante.**\n\n## Les procédés qui fonctionnent\n\n**Le bain d'eau bouillante**, réservé aux préparations acides. Bocaux immergés, eau maintenue en ébullition franche pendant une durée qui dépend du contenu et du volume.\n\n**L'autoclave**, indispensable pour tout ce qui est peu acide. La pression permet de dépasser la température d'ébullition ordinaire, ce qui détruit les spores. C'est un équipement, pas une improvisation.\n\n**L'acidification volontaire.** Ajouter suffisamment de vinaigre ou de jus acide pour faire passer une préparation sous le seuil la rend traitable au bain d'eau. C'est ce qui permet de conserver des légumes en bocal sans autoclave — à condition que l'acidification soit réelle et non symbolique.\n\n**La fermentation lactique** produit elle-même l'acide qui protège. C'est le procédé le plus sûr sans matériel, et il ne demande que du sel et de la patience : voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## Les erreurs qui reviennent\n\n**Ajouter des ingrédients peu acides à une préparation acide.** De l'ail, de l'oignon ou des herbes ajoutés à une conserve de fruits ou à un vinaigre peuvent faire remonter l'acidité au-dessus du seuil. Une recette éprouvée se suit sans ajout.\n\n**L'huile comme unique protection.** Recouvrir d'huile crée précisément un milieu sans oxygène. Sur un ingrédient peu acide non traité, c'est le contexte le plus favorable qui soit à la bactérie. Les préparations à l'huile se conservent au froid et se consomment vite, sauf si l'ingrédient a été acidifié ou séché au préalable.\n\n**Réduire le sel ou l'acidité pour le goût.** Dans ces recettes, ce ne sont pas des assaisonnements, ce sont les agents de conservation.\n\n**Se fier à l'aspect.** Un couvercle qui reste creux et ne bouge pas indique que le vide s'est fait, ce qui est nécessaire mais pas suffisant : le vide n'a jamais détruit une spore.\n\n## Ce qui impose de jeter\n\nUn couvercle bombé ou qui a perdu son vide. Un contenu qui mousse, gicle à l'ouverture, présente des bulles ou un liquide trouble. Une odeur anormale. Un joint suintant.\n\n**Et l'on ne goûte pas pour vérifier.** On jette sans ouvrir davantage, en évitant tout contact avec les mains blessées.\n\n## Faire simple et sûr\n\nSi vous n'avez pas d'autoclave, trois voies restent parfaitement fiables et couvrent l'essentiel des besoins : **le séchage**, **la fermentation lactique** et **la conservation au froid ou en cave**. Elles sont décrites dans [[TEC-CONS-001]], elles ne demandent presque rien, et aucune ne présente ce risque particulier.\n\nLa mise en bocal des aliments peu acides est le seul domaine de la conservation où l'improvisation ne se rattrape pas, et où l'erreur ne prévient pas.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-004","titre":"Le salage et la saumure","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sel","saumure","osmose","conservation","viande","nitrite","botulisme"],"sources":["FAO — Salting and drying of fish, principes et concentrations","Beuchat L., Water activity and microbial stability, Journal of Food Protection","ANSES — Avis sur les nitrites et nitrates dans les produits carnés","USDA — Principles of Meat Curing"],"corps":"::Le sel ne tue presque rien. Il déshydrate, et il choisit qui survit. Toute la conservation par le sel tient dans cette distinction.::\n\n## Le mécanisme : l'osmose\n\nUne membrane vivante laisse passer l'eau mais pas le sel. Quand la concentration en sel est plus forte dehors que dedans, **l'eau sort de la cellule pour rétablir l'équilibre.**\n\nUne bactérie plongée dans le sel se vide, se rétracte et cesse de se multiplier. Elle ne meurt pas forcément — elle est mise en sommeil, exactement comme dans [[TEC-ALI-003]].\n\nLe sel agit donc sur le même levier que le séchage : il **abaisse l'activité de l'eau**, cette mesure de l'eau réellement disponible. Un aliment salé est un aliment sec de l'intérieur.\n\n## Les concentrations qui comptent\n\nEn pourcentage de sel dans la phase aqueuse de l'aliment :\n\n- **Environ 3 %** : ralentit, ne conserve pas. C'est l'assaisonnement.\n- **Environ 6 à 10 %** : arrête la plupart des bactéries de putréfaction. C'est le domaine des salaisons douces, qui demandent du froid en complément.\n- **Environ 15 à 20 %** : arrête presque tout, y compris les germes pathogènes courants.\n- **Saturation**, soit environ **36 grammes de sel pour 100 ml d'eau à 20 °C** : plus rien ne pousse, sauf quelques micro-organismes spécialisés qui ne rendent pas malade.\n\n**Il existe une bactérie qui tolère bien le sel et qui est dangereuse** : le staphylocoque supporte jusqu'à environ 10 %. C'est la raison pour laquelle les salaisons traditionnelles vont franchement au-delà, au lieu de s'arrêter au seuil qui suffirait pour le reste.\n\n## Les deux méthodes\n\n**Le salage à sec.** On frotte et on couvre de sel, l'eau tirée s'écoule. On obtient une concentration très élevée en surface, une pénétration lente, et un produit qui perd beaucoup de masse. C'est ce qui convient aux pièces épaisses destinées à sécher ensuite — jambon, morue, poisson plat.\n\n**La saumure.** On immerge dans de l'eau salée. La pénétration est plus régulière et plus rapide, le produit reste moelleux, mais **la saumure se dilue au fur et à mesure** qu'elle tire l'eau de l'aliment : sa concentration baisse, donc sa protection aussi. Il faut la contrôler, la renforcer ou la changer.\n\nUn moyen ancien et fiable de juger une saumure sans instrument : **un œuf frais y flotte** en montrant une surface de la taille d'une pièce quand elle approche de la saturation. Il coule dans une saumure faible.\n\n## La vitesse de pénétration\n\nOrdre de grandeur utile : le sel progresse d'environ **un centimètre par jour** dans une chair immergée en saumure forte, moitié moins en salage à sec.\n\nD'où la règle qui évite l'accident : **c'est l'épaisseur qui commande le temps, pas le poids.** Une pièce de deux kilos aplatie sale plus vite qu'une pièce d'un kilo en boule. Et une pièce épaisse dont le cœur n'a pas été atteint pourrit de l'intérieur pendant que l'extérieur paraît parfait — le même piège que le croûtage au séchage.\n\n## Les nitrites, en une section\n\nLes salaisons traditionnelles utilisent du sel additionné de **nitrite**, souvent vendu coloré en rose pour éviter les confusions.\n\n**Ce qu'il fait** : il bloque spécifiquement *Clostridium botulinum*, que le sel seul ne maîtrise pas de façon fiable en milieu peu acide et privé d'air — c'est-à-dire exactement les conditions d'une charcuterie. Il donne accessoirement la couleur rouge et le goût caractéristiques.\n\n**Ce qu'il coûte** : à haute température, les nitrites forment des composés dont la consommation régulière est associée à un risque accru de cancer colorectal. Les agences sanitaires recommandent d'en réduire l'usage, pas de l'abandonner.\n\n**Ce qu'il faut en retenir** : sans nitrite, on reste sur des procédés où l'air circule et où le produit sèche — jambon sec, poisson salé séché —, et on évite les produits fermés, humides et peu acides. **Le botulisme ne se sent pas, ne se voit pas, ne se goûte pas** ; c'est le même avertissement que dans [[TEC-ALI-005]].\n\n## Ce que le sel ne fait pas\n\n**Il ne détruit pas les toxines déjà produites.** Un aliment déjà altéré ne se rattrape pas au sel.\n\n**Il ne tue pas les parasites** de façon fiable : seule la congélation prolongée ou la cuisson le font.\n\n**Il ne dispense pas du reste.** Comme partout en conservation, on empile des barrières imparfaites : sel, séchage, fumée, acidité, froid, absence d'air. Aucune ne suffit seule, et leur combinaison est ce qui a nourri les populations avant l'électricité — voir [[TEC-CONS-001]].\n\n## Où trouver le sel\n\nC'est la ressource limitante de toute cette famille de techniques, et elle ne se fabrique pas : elle se récolte. Évaporation d'eau de mer, sources salées, dépôts, ou roche. Historiquement, sa rareté a structuré des routes commerciales entières — voir [[MEM-ECH-002]] — et c'est pour cette raison qu'il figure en tête des priorités de [[SURV-REC-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-003","titre":"Le séchage","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sechage","conservation","eau","moisissure","viande","fruit","air"],"sources":["FAO — Manual for the preparation and sale of dried fruits and vegetables","Beuchat L., Water activity and microbial stability, Journal of Food Protection","Institut Pasteur / ANSES — Seuils d'activité de l'eau et croissance microbienne","USDA — Complete Guide to Home Canning and Drying"],"corps":"::Ce qui conserve, ce n'est pas l'absence d'eau. C'est l'absence d'eau *disponible* — et la nuance explique pourquoi le miel ne moisit jamais alors qu'il en contient.::\n\n## L'activité de l'eau\n\nUn aliment contient de l'eau sous deux formes. L'eau **liée**, retenue par le sucre, le sel ou les protéines, et l'eau **libre**, que les micro-organismes peuvent utiliser.\n\nOn mesure la seconde par un nombre entre 0 et 1 : **l'activité de l'eau**. L'eau pure vaut 1. C'est ce nombre, et non la teneur en eau, qui décide si quelque chose se conserve.\n\nD'où le paradoxe du miel : il contient près de vingt pour cent d'eau, et son activité tourne autour de 0,6 — toute cette eau est accaparée par le sucre. Il ne moisit pas.\n\n## Les seuils, et ils sont nets\n\n| Ce qui pousse | S'arrête en dessous de |\n|---|---|\n| La plupart des bactéries | environ **0,91** |\n| Les bactéries du sel, dont le staphylocoque | environ **0,86** |\n| La plupart des levures | environ **0,88** |\n| **Les moisissures** | environ **0,80** |\n| Les moisissures et levures les plus résistantes | environ **0,60** |\n\n**Viser 0,91 ne suffit donc pas.** C'est l'erreur classique : un aliment « sec au toucher » a stoppé les bactéries et laisse tout l'espace aux moisissures, qui sont précisément ce qu'on voit apparaître sur un fruit mal séché.\n\nPour une conservation longue et sûre à température ambiante, la cible est **en dessous de 0,70**, ce qui correspond à un produit franchement cassant ou coriace, pas simplement ressuyé.\n\n## Les trois facteurs du séchage\n\nL'eau part d'un aliment quand trois conditions sont réunies, et il suffit qu'une manque pour que rien ne se passe.\n\n**La chaleur**, qui donne à l'eau l'énergie de s'évaporer.\n\n**L'air sec**, qui a de la place pour la recevoir. C'est le facteur oublié : par temps humide, on peut chauffer autant qu'on veut, l'air est déjà plein.\n\n**Le mouvement de l'air**, qui emporte l'air saturé au contact de l'aliment et le remplace. Sans circulation, une couche humide stagne à la surface et le séchage s'arrête.\n\nC'est pourquoi un séchoir est d'abord une affaire de **ventilation**, et pourquoi un vent sec et frais sèche mieux qu'un air chaud et immobile.\n\n## Le croûtage, l'échec le plus fréquent\n\nChauffer trop fort au début durcit la surface avant que le cœur n'ait eu le temps de se vider. **L'eau reste enfermée à l'intérieur derrière une croûte imperméable.**\n\nLe produit paraît sec, se stocke, et pourrit de l'intérieur — ou développe des moisissures invisibles pendant des semaines.\n\nLa parade est simple : **commencer doux, finir plus chaud.** Basse température et forte ventilation tant que l'aliment est gorgé d'eau, puis on peut monter quand la majeure partie est partie.\n\n## Juger que c'est fini\n\nSans instrument, deux méthodes.\n\n**La perte de masse.** On pèse avant, on pèse pendant. La plupart des fruits et légumes perdent **quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent** de leur poids, la viande maigre **soixante à soixante-dix**. Quand la masse ne bouge plus sur plusieurs heures, c'est terminé.\n\n**Le comportement mécanique.** Un fruit fini est souple mais ne rend rien quand on le presse, et ne colle pas. Une viande finie est dure et casse ou se plie sans exsuder. Une herbe finie s'effrite entre les doigts. **Si ça marque l'ongle ou laisse un doigt humide, ce n'est pas fini.**\n\n## Ce que le séchage ne fait pas\n\n**Il ne stérilise pas.** Il met en sommeil. Spores, œufs de parasites et toxines déjà formées survivent au séchage, et la réhydratation les réveille.\n\nD'où deux conséquences pratiques. **On sèche un produit sain**, jamais un produit douteux qu'on espère rattraper. Et **la première étape de la réhydratation est une cuisson**, pas un simple trempage à l'eau froide, surtout pour la viande et le poisson.\n\n**Il ne protège pas indéfiniment.** Un produit sec repompe l'humidité de l'air. La conservation dépend autant du **contenant fermé** que du séchage lui-même — voir [[TEC-CONS-001]]. Un déshydratant dans le bocal double la durée.\n\n## Ce qui se combine\n\nLe séchage s'associe très bien aux autres procédés, parce qu'ils agissent sur des leviers différents : le sel abaisse l'activité de l'eau avant même le séchage, ce qui accélère tout et protège pendant la phase la plus risquée — voir [[TEC-ALI-004]] ; la fumée ajoute des composés qui freinent les moisissures en surface — voir [[TEC-ALI-006]] ; l'acidité complète le tableau, comme dans [[TEC-ALI-002]].\n\nC'est la logique générale de la conservation : **on ne cherche pas une barrière parfaite, on en empile plusieurs imparfaites.**","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-002","titre":"La fermentation lactique","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fermentation","conservation","alimentation","donnees"],"sources":["FAO — Fermented fruits and vegetables, a global perspective","Katz S., The Art of Fermentation","USDA — Complete Guide to Home Canning, chapitre sur les fermentations"],"corps":"::On n'élimine pas les micro-organismes : on choisit lesquels gagnent. C'est le procédé de conservation le plus sûr sans matériel.::\n\n## Le mécanisme\n\nLes bactéries lactiques sont naturellement présentes sur les végétaux. Elles ont deux propriétés qui font tout : elles **tolèrent le sel** mieux que leurs concurrentes, et elles **se développent sans oxygène**.\n\nPlacez des légumes dans une saumure, à l'abri de l'air : les bactéries lactiques prennent l'avantage. Elles consomment les sucres et produisent de l'acide lactique. L'acidité monte, et **en dessous d'un certain seuil, plus aucune bactérie dangereuse ne peut se développer** — y compris celle du botulisme, ce qui distingue radicalement ce procédé de la mise en bocal décrite dans [[TEC-ALI-005]].\n\nC'est un système qui se protège lui-même : plus il avance, plus il est sûr.\n\n## Ce qu'il faut, et rien d'autre\n\n**Du sel**, qui donne l'avantage initial aux bonnes bactéries et tire l'eau des végétaux. La proportion habituelle se situe autour de deux à trois pour cent du poids total. Trop peu, la fermentation part de travers ; trop, elle s'arrête.\n\n**L'absence d'air.** Tout ce qui dépasse de la saumure moisit. C'est la règle la plus importante et la plus simple à vérifier.\n\n**Une température modérée.** Trop froid, rien ne démarre ; trop chaud, le résultat est mou et les mauvaises bactéries prennent le dessus.\n\n**Du temps.** Quelques jours pour démarrer, quelques semaines pour aboutir.\n\nAucun matériel spécifique n'est nécessaire : un contenant, un poids pour maintenir immergé, et de quoi laisser sortir les gaz.\n\n## Le déroulement\n\nLes premiers jours, plusieurs populations coexistent et produisent du gaz — le mélange bouillonne, la saumure se trouble. C'est normal.\n\nPuis l'acidité monte et sélectionne. Le bouillonnement cesse, le liquide s'éclaircit, l'odeur devient franchement acide et agréable.\n\n**Les repères de réussite** : odeur acide et fraîche, saumure trouble puis claire, légumes fermes, goût franchement acide.\n\n**Les repères d'échec** : odeur putride ou de moisi, texture visqueuse ou gluante, légumes mous et délités, moisissure duveteuse installée dans la masse.\n\nUn voile blanc en surface, plat, est fréquent : c'est une levure de surface, sans danger, qui s'enlève. Une moisissure colorée et duveteuse, en revanche, impose de jeter.\n\n## Les erreurs habituelles\n\n**Ne pas maintenir immergé.** C'est de loin la première cause d'échec. Un poids, une feuille pliée par-dessus, un sac d'eau : n'importe quoi qui garde tout sous la saumure.\n\n**Fermer hermétiquement.** La fermentation produit du gaz. Un contenant totalement étanche monte en pression et peut éclater. Il faut laisser échapper les gaz sans laisser entrer l'air.\n\n**Utiliser une eau chlorée.** Le chlore inhibe précisément les bactéries dont on a besoin. Une eau de réseau se laisse reposer quelques heures à l'air, ou se traite selon [[URG-EAU-001]] si sa qualité est douteuse.\n\n**Doser le sel au jugé.** C'est le seul paramètre à mesurer sérieusement, parce qu'il décide de qui l'emporte.\n\n## Ce que la fermentation apporte en plus\n\nElle ne fait pas que conserver.\n\nElle **prédigère** : les bactéries dégradent une partie des composés difficiles, ce qui améliore la disponibilité de certains nutriments.\n\nElle **augmente la teneur en certaines vitamines**, notamment du groupe B et la vitamine C selon les préparations — ce qui a une importance historique considérable, puisque c'est ainsi que des populations entières ont traversé des hivers sans végétaux frais, évitant les carences décrites dans [[TEC-ALI-001]].\n\nElle **réduit certains composés antinutritionnels** présents dans les céréales et les légumineuses.\n\n## Au-delà des légumes\n\nLe même principe s'applique au lait, où les bactéries lactiques acidifient et font cailler, et aux céréales, où une fermentation acide précède la cuisson dans de très nombreuses traditions — c'est le principe du levain.\n\nDans tous les cas, la logique reste identique : **créer les conditions où les micro-organismes utiles l'emportent, et les laisser produire eux-mêmes la protection.** C'est le seul procédé de conservation qui devienne plus sûr avec le temps, et le seul qui ne demande ni énergie, ni équipement, ni consommable — voir [[TEC-CONS-001]] pour sa place parmi les autres méthodes.","langue":"fr"},{"id":"TEC-ALI-001","titre":"Ce que le corps consomme","axe":2,"categorie":"Alimentation et Conservation","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["alimentation","energie","nutrition","donnees"],"sources":["FAO/OMS/UNU — Human energy requirements, rapport technique","European Food Safety Authority — Dietary reference values","FAO — Protein and amino acid requirements in human nutrition"],"corps":"::Une ration se calcule, elle ne s'estime pas. L'erreur ne se voit qu'au bout de trois semaines, et elle ne se rattrape pas.::\n\n## L'énergie\n\nLe besoin énergétique se décompose en deux parties.\n\n**Le métabolisme de base** est ce que consomme un corps immobile pour se maintenir : respiration, circulation, température, renouvellement cellulaire. Il dépend surtout de la masse corporelle et représente, chez un adulte, l'essentiel de la dépense — de l'ordre de mille cinq cents à mille huit cents kilocalories par jour.\n\n**L'activité** s'ajoute par-dessus, et son effet est considérable. Une vie sédentaire ajoute peu. Un travail physique soutenu peut doubler la dépense totale. La marche avec charge, le portage, le travail du bois et le froid pèsent lourd — **le froid en particulier, parce que maintenir la température devient un poste de dépense à part entière**, ce qui explique l'insistance sur l'alimentation dans [[URG-HYPO-001]].\n\nLes valeurs de référence pour un adulte tournent autour de deux mille à deux mille cinq cents kilocalories par jour en activité modérée, et bien au-delà en effort prolongé. Ce sont des ordres de grandeur : la variation individuelle est réelle.\n\n## Les trois apports, et ce qu'ils font\n\n**Les glucides** fournissent l'énergie la plus rapidement mobilisable. Le corps en stocke une réserve limitée, épuisable en un ou deux jours d'effort. Ils apportent quatre kilocalories par gramme.\n\n**Les lipides** fournissent plus du double par gramme — environ neuf kilocalories — ce qui en fait le poste le plus dense en énergie et le plus intéressant quand le poids transporté compte. Ils sont aussi indispensables à l'absorption de plusieurs vitamines.\n\n**Les protéines** ne servent pas d'abord d'énergie : elles fournissent les acides aminés qui construisent et réparent. Le corps ne les stocke pas comme il stocke la graisse. **Un apport insuffisant prolongé fait fondre le muscle**, y compris le muscle cardiaque et respiratoire.\n\nNeuf acides aminés ne peuvent pas être fabriqués par l'organisme et doivent venir de l'alimentation. Les sources animales les contiennent tous en bonnes proportions. Les sources végétales sont individuellement déséquilibrées, mais **les céréales et les légumineuses se complètent précisément** : les manquants de l'une sont les abondants de l'autre. C'est la raison profonde pour laquelle presque toutes les cuisines traditionnelles du monde associent une céréale et une légumineuse.\n\n## Le piège des protéines seules\n\nUn apport composé presque exclusivement de viande très maigre, sans graisse ni glucides, provoque un trouble grave. L'organisme ne peut pas transformer les protéines en énergie au-delà d'un certain débit, limité par la capacité du foie à éliminer l'azote.\n\nLes symptômes — diarrhée, faiblesse, malaise — apparaissent en quelques jours, et la situation empire à mesure qu'on mange davantage de cette même viande. **C'est le seul cas documenté où manger plus aggrave la dénutrition.** Le remède est l'apport de graisse ou de glucides, en quantité même modeste.\n\nCela signifie que dans un contexte où l'on dépend du gibier maigre ou du poisson maigre, **la graisse devient la ressource critique**, avant la quantité totale.\n\n## Les carences qui arrivent en premier\n\nElles n'apparaissent pas toutes au même rythme, et connaître l'ordre permet de savoir ce qu'on peut négliger un temps.\n\n**L'eau**, en jours. Voir [[TEC-SAN-005]].\n\n**L'énergie**, en semaines. La perte de masse devient visible et la performance chute bien avant que la vie soit menacée.\n\n**La vitamine C**, en quelques semaines à quelques mois d'absence totale. Elle est nécessaire à la fabrication du collagène : sa carence produit le scorbut, qui rouvre les anciennes plaies, déchausse les dents et provoque des saignements. Elle est fragile à la chaleur, ce qui la détruit en partie à la cuisson, et elle se trouve dans les végétaux frais, y compris certaines aiguilles de conifères en infusion tiède.\n\n**Le fer et l'iode**, en mois. Fatigue, essoufflement, troubles thyroïdiens.\n\n**Les vitamines du groupe B**, en semaines à mois selon lesquelles. Une alimentation reposant sur une céréale unique, décortiquée et pauvre, expose à des carences neurologiques documentées.\n\n## Les cas particuliers\n\n**Une personne blessée ou infectée consomme davantage.** La réparation tissulaire et la fièvre augmentent nettement le besoin, au moment précis où l'appétit disparaît.\n\n**Le stockage de longue durée privilégie la densité.** Une denrée se juge en kilocalories par kilogramme et par jour de conservation, pas en volume. Les graisses, les céréales et les légumineuses sèches dominent tout le reste sur ce critère. Leur conservation relève de [[TEC-CONS-001]].\n\n**La cueillette sauvage est un appoint, pas une base.** Les végétaux sauvages apportent surtout des vitamines et des minéraux pour un rendement énergétique très faible au regard du temps de marche. Voir [[TEC-BOT-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-054","titre":"Partager le matériel, la CUMA","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["cuma","cooperative","materiel agricole","partage","mutualisation","planning","entretien","reglement","entraide","groupe"],"sources":["Wikipédia, article « Coopérative d'utilisation de matériel agricole »","FNCUMA, Fédération nationale des coopératives d'utilisation de matériel agricole"],"corps":"::Le 12 octobre 1945, la France vote la loi qui crée les coopératives d'utilisation de matériel agricole. En 2018, il en existait 11 740, regroupant 202 000 agriculteurs. Le principe est vieux comme le monde paysan : une machine chère qui ne sert que quelques jours par an s'achète à plusieurs. Ce qui le fait durer, ce sont des règles écrites avant la première dispute.::\n\n## L'idée\n\n- **Une presse à balles, un broyeur, une fendeuse à bois, un pressoir, une scie à ruban, un groupe électrogène** ne tournent que quelques jours par an. À dix, chacun en paie un dixième, et tout le monde y a accès.\n- **Les Cuma ont permis la mécanisation** des régions de petites fermes, où personne n'aurait pu acheter seul.\n- **Elles peuvent aussi embaucher** un salarié qui conduit et entretient les machines pour tous.\n\n## Les règles qui évitent les brouilles\n\n- **Chacun paie ce qu'il utilise** : à l'heure, à l'hectare, à la balle, au stère. Jamais en parts égales si les usages sont inégaux.\n- **Un responsable par machine** : il tient le planning, les clés et l'entretien.\n- **Un carnet de bord** : qui l'a prise, combien d'heures, dans quel état. Toute casse est signalée le jour même, même petite.\n- **On rend la machine propre, graissée, le plein fait.**\n- **Les jours de pointe** (foins, moisson, vendanges) se répartissent d'avance : tour de rôle ou tirage au sort, pas le premier arrivé.\n- **Une caisse** alimentée à chaque utilisation pour les réparations et le remplacement.\n- **Un engagement écrit** sur plusieurs années, le temps de rembourser l'achat.\n\n## En crise\n\nLe modèle vaut pour tout ce qui coûte cher et sert peu : un four à pain collectif, un atelier commun, un pressoir, un moulin, un séchoir. Il vaut aussi pour les savoir-faire : celui qui sait réparer le moteur est aussi précieux que le moteur.\n\nS'organiser à plusieurs : [[SURV-SOC-001]]. Tenir les comptes du groupe : [[SURV-SOC-009]]. Désamorcer un conflit : [[SURV-SOC-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-053","titre":"Le motoculteur","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["motoculteur","motobineuse","fraise","labour","semelle","chiendent","entretien","securite","homme mort","potager"],"sources":["Wikipédia, article « Motoculteur »","MSA (Mutualité sociale agricole), fiches de prévention des risques liés aux machines agricoles"],"corps":"::Un motoculteur ameublit en une heure ce qu'on mettrait des heures à bêcher. Mais une fraise qui tourne ne pardonne pas : elle happe un pied, une manche, un lacet. Et passée trop souvent, elle transforme un bon sol en poudre qui se tasse à la première pluie.::\n\n## Motobineuse ou motoculteur\n\n- **La motobineuse** : les fraises servent à la fois d'outil et de roues. Légère, pour un potager déjà travaillé.\n- **Le motoculteur** : un vrai petit tracteur à deux roues, avec une prise de force. On y attelle une charrue, une fraise arrière, une barre de coupe, une remorque. Plus lourd, bien plus polyvalent.\n\n## Bien l'utiliser\n\n- **Sur un sol ressuyé**, ni collant ni en croûte sèche.\n- **Une ou deux passes, pas plus.** Trop fraiser détruit la structure du sol et crée juste sous les fraises, vers 15 à 20 cm, une couche tassée où les racines et l'eau ne passent plus. Alterner avec la grelinette. Voir [[TEC-AGR-043]].\n- **Jamais sur le chiendent ou le liseron** : la fraise coupe leurs racines en mille morceaux, et chaque morceau repart. On les arrache d'abord.\n- **Enfouir le compost et les engrais verts** en surface, sans descendre profond. Voir [[TEC-AGR-028]].\n\n## Sécurité\n\n- **Chaussures de sécurité, pantalon ajusté**, ni écharpe ni cordon qui pend.\n- **Jamais de marche arrière vers soi** dans un coin ou contre un mur : on recule, on trébuche, et les pieds passent sous les fraises.\n- **Le levier d'homme mort**, qui arrête les fraises quand on lâche les mancherons, ne se bloque jamais avec une ficelle.\n- **Moteur arrêté et fil de bougie débranché** avant de dégager une fraise bourrée d'herbe ou de ficelle.\n- **Les enfants et les animaux** restent loin : les fraises projettent des cailloux.\n\n## Entretien\n\n- **L'huile moteur** vérifiée avant chaque utilisation, vidangée selon le manuel, souvent toutes les 25 à 50 heures.\n- **Le filtre à air** nettoyé souvent : le travail du sol fait beaucoup de poussière, qui use le moteur.\n- **L'huile de boîte**, la graisse des axes, la bougie.\n- **Pour l'hiver** : vider le carburateur ou faire tourner le moteur jusqu'à ce qu'il cale, avec une essence fraîche ou stabilisée. Une vieille essence qui tourne est la cause numéro un des moteurs qui ne démarrent plus au printemps. Voir [[SURV-REC-019]].\n\nLe moteur à essence : [[TEC-MOTH-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-052","titre":"Le pâturage tournant","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["paturage tournant","rotation","paddocks","cloture electrique","herbe","repos","surpaturage","andre voisin","parasites","abreuvement"],"sources":["Wikipédia, article « Pâturage »","Voisin A., Productivité de l'herbe, Flammarion, 1957"],"corps":"::Un troupeau lâché toute l'année sur la même parcelle mange l'herbe qu'il préfère jusqu'à la racine et laisse le reste monter en graines. Découpez le pré en petites parcelles, déplacez les bêtes tous les quelques jours, laissez l'herbe se reposer : la même surface nourrit nettement plus d'animaux.::\n\n## Le principe\n\n- **Des petites parcelles**, les paddocks, séparées par une clôture électrique mobile. Les animaux restent de un à quelques jours sur chacune, puis passent à la suivante.\n- **L'herbe se repose trois à six semaines** entre deux passages : moins au printemps, quand elle pousse vite, plus en été. André Voisin, agronome français, en a fait la règle en 1957 : laisser à l'herbe le temps de refaire ses réserves.\n- **On entre quand l'herbe atteint 15 à 20 cm** et on sort quand il en reste environ 5 cm. Rasée, elle repart lentement.\n\n## Pourquoi ça marche\n\n- **Une herbe broutée trop souvent s'épuise** ; reposée, elle repousse plus vite et plus dense.\n- **Les bêtes mangent tout** au lieu de trier : moins de refus, moins de ronces.\n- **Le fumier est réparti** sur toute la surface, au lieu de s'accumuler près de l'abri.\n- **Un long repos casse le cycle** d'une partie des vers intestinaux, sans les supprimer. Voir [[TEC-ELE-006]].\n\n## Mettre en place\n\n- **Le nombre de parcelles** : durée de repos visée divisée par la durée de présence, plus une. Pour 30 jours de repos et 3 jours de présence : 11 parcelles.\n- **L'eau** accessible depuis chaque parcelle : un bac mobile et un tuyau, ou des parcelles disposées autour d'un point d'eau.\n- **La clôture** : un électrificateur sur batterie avec un petit panneau solaire, un fil à environ 80 cm pour les bovins, des filets électrifiés pour les moutons et les chèvres. Voir [[TEC-ELE-004]].\n\n## Quand l'herbe manque\n\n- **En sécheresse**, on allonge le repos et on complète au foin plutôt que de raser les parcelles. Voir [[TEC-AGR-042]].\n- **Une parcelle sacrifiée**, près de l'abri, reçoit les bêtes les jours de grosse pluie et l'hiver : le sol piétiné et boueux reste limité à elle.\n\nNourrir un animal : [[TEC-ELE-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-051","titre":"Taupes et campagnols","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["taupe","campagnol terrestre","rat taupier","taupinieres","galeries","racines rongees","piegeage","predateurs","rapaces","prairie"],"sources":["Wikipédia, article « Taupe d'Europe »","Wikipédia, article « Campagnol terrestre »"],"corps":"::La taupe ne mange pas vos légumes. Elle mange des vers de terre, plus de la moitié de son poids chaque jour. Le vrai ravageur est souvent son sosie, le campagnol terrestre, qui ronge les racines par en dessous. Avant d'agir, il faut savoir qui est là.::\n\n## Qui est là\n\n- **La taupe** : des taupinières rondes, régulières, en cratère, la terre sortant au centre. Les plantes ne sont pas mangées, seulement soulevées.\n- **Le campagnol terrestre**, dit rat taupier : des monticules plus plats et allongés, la terre sortant sur le côté. Carottes et betteraves rongées par-dessous, bulbes disparus, jeunes arbres qui se couchent d'un coup, racines coupées net.\n- **Le test** : ouvrir une galerie sur 20 cm à la bêche. Le campagnol la rebouche en quelques heures ; la taupe la laisse souvent ouverte bien plus longtemps.\n\n## La taupe\n\n- **Elle est utile** : elle aère le sol et mange des larves nuisibles (vers blancs, taupins). Elle gêne surtout sur une pelouse et dans les prés de fauche, où la terre des taupinières salit le foin.\n- **Les répulsifs** (bouteilles, moulinets, ultrasons, plantes) n'ont jamais prouvé leur efficacité.\n- **Si elle doit partir** : le piège à pince posé dans une galerie active, là où elle passe tous les jours. Sinon, on étale simplement les taupinières au râteau.\n\n## Le campagnol\n\n- **Il pullule par cycles** de quelques années, surtout dans les prairies de moyenne montagne, où il peut ruiner les herbages.\n- **Ses prédateurs font le gros du travail** : renard, buse, chouettes, hermine, belette. On les aide avec des perchoirs de 2 m plantés dans les prés, des nichoirs à chouettes, des haies et des tas de pierres pour les belettes. Voir [[TEC-AGR-045]].\n- **Au jardin** : planter bulbes et jeunes arbres dans des paniers en grillage fin, et poser des pièges dans les galeries actives.\n- **Pas de poison** : les appâts empoisonnés tuent aussi les renards, les rapaces et les chiens qui mangent les campagnols morts. En France, des milans royaux en sont morts par dizaines.\n\nProtéger ses cultures des autres animaux : [[TEC-AGR-031]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-050","titre":"Sorgho et millets, les céréales de la sécheresse","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["sorgho","mil","millet","panic","secheresse","cereale","sans gluten","bouillie","dhurrine","cyanure","fourrage"],"sources":["Wikipédia, article « Sorgho commun »","Wikipédia, article « Millet »","FAO, Sorghum and millets in human nutrition, 1995"],"corps":"::Le sorgho est la sixième source de calories de l'humanité, et la céréale qui souffre le moins de la sécheresse : il demande environ 475 mm d'eau pour une culture, contre 550 pour le blé et 770 pour le riz. Avec les millets, c'est ce qu'on sème quand la pluie devient incertaine.::\n\n## Pourquoi eux\n\n- **Des racines profondes**, des feuilles cireuses qui perdent peu d'eau, et une plante capable de se mettre en pause pendant la sécheresse puis de repartir à la pluie.\n- **Ils tolèrent la chaleur et les sols pauvres**, là où le maïs et le blé échouent.\n- **Mais ils craignent le froid** : on les sème en même temps que le maïs, dans un sol bien réchauffé, vers 15 °C.\n\n## Les espèces\n\n- **Le sorgho grain** : farine, bouillies, galettes, couscous, bière. **Le sorgho sucrier** a des tiges juteuses dont on tire un sirop. **Le sorgho fourrager** nourrit le bétail.\n- **Le mil à chandelle** : l'espèce du Sahel, la plus résistante à la sécheresse.\n- **Le millet commun**, ou panic : un cycle très court, deux à trois mois du semis à la récolte, utile pour une deuxième culture ou après un semis raté.\n- **La sétaire et l'éleusine** : d'autres petits mils, en Asie et en Afrique.\n\n## Cultiver\n\n- **Semer en lignes** espacées de 50 à 75 cm, à 3 à 5 cm de profondeur, puis éclaircir.\n- **Désherber les premières semaines** ; ensuite la plante couvre le sol.\n- **Les oiseaux sont le premier ennemi** à la maturité : on enferme les épis dans des sacs en papier ou sous un filet.\n- **Récolter** quand le grain est dur, couper les épis, sécher, battre et vanner comme le blé. Voir [[TEC-AGR-009]].\n\n## Manger\n\n- **Sans gluten** : pas de pain qui lève avec eux seuls. Bouillies, galettes, couscous, bières de mil et de sorgho. Pour le pain, on les mélange à du blé.\n- **Les sorghos rouges ou bruns** contiennent des tanins, amers et moins digestes. Tremper, décortiquer ou faire fermenter la farine améliore beaucoup. Voir [[TEC-ALI-002]].\n\n## Le danger pour les animaux\n\n**Les jeunes pousses de sorgho**, et les repousses après une sécheresse ou un gel, contiennent une molécule qui libère du cyanure dans l'estomac des ruminants. On ne fait pas pâturer du sorgho avant qu'il atteigne environ 60 cm, ni juste après un stress. Bien séché en foin ou en ensilage, le risque baisse fortement.\n\nLes autres céréales rustiques : [[TEC-AGR-034]]. Semer sans eau : [[TEC-AGR-047]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-049","titre":"Les trognes, des arbres qui repoussent","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["trogne","arbre tetard","emondage","bois de chauffage","fourrage","feuillard","saule","osier","haie bocagere","taillis"],"sources":["Wikipédia, article « Arbre têtard »","Mansion D., Les trognes, l'arbre paysan aux mille usages, Éditions Ouest-France, 2010"],"corps":"::On les appelle trognes, têtards, ragosses ou truisses : plus de 250 noms en France pour un même arbre, coupé à hauteur d'homme tous les dix ans environ et qui repart de plus belle. Il donne du bois de chauffage sans jamais être abattu, et du fourrage vert quand l'été grille les prés.::\n\n## Le principe\n\n- **On coupe le tronc d'un jeune arbre** à 1,5 à 3 m de haut. Des bourgeons endormis sous l'écorce se réveillent et forment une couronne de nouvelles branches.\n- **Tous les 5 à 15 ans** selon l'essence, on recoupe toutes ces branches au ras de la tête. Le tronc grossit, se creuse avec l'âge et devient un abri pour les chouettes, les chauves-souris et des insectes rares.\n- **Pourquoi si haut** : les repousses sont hors de portée du bétail. Un taillis coupé au ras du sol serait brouté ; la trogne peut rester au milieu d'un pré.\n\n## Quels arbres\n\n- **Le saule**, le plus facile : il repart toujours, et ses jeunes rameaux donnent l'osier pour la vannerie.\n- **Le charme, le chêne, l'érable champêtre, le tilleul, le mûrier, le peuplier noir.**\n- **Le frêne** est le grand arbre à fourrage d'autrefois, mais une maladie venue d'Asie, la chalarose, le décime aujourd'hui.\n\n## Former une trogne\n\n1. Choisir un jeune arbre de 8 à 15 cm de diamètre.\n2. **En hiver**, le couper net à la hauteur voulue.\n3. Laisser pousser les rejets. Première récolte au bout de 5 à 10 ans.\n\n## Récolter\n\n- **Le bois** : en hiver, hors sève, on coupe toutes les perches d'un coup, au ras de la tête, sans arracher l'écorce du bourrelet. Voir [[TEC-ENE-019]].\n- **Le fourrage, le feuillard** : en été, on coupe des branches feuillues qu'on fait sécher en fagots à l'ombre, pour les chèvres et les moutons en hiver. Frênes et ormes étaient les prés suspendus des fermes de montagne.\n- **Ne jamais oublier une trogne** plus de 20 ou 30 ans : ses branches devenues énormes finissent par faire éclater la tête, et l'arbre meurt.\n\n## Sécurité\n\nTravail en hauteur, avec des branches sous tension : une échelle attachée à l'arbre ou une plateforme stable, jamais seul, et la tronçonneuse tenue à deux mains, jamais au-dessus des épaules.\n\nDans une haie : [[TEC-AGR-045]]. Gérer un bois : [[TEC-AGR-035]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-048","titre":"Purins et décoctions de plantes","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["purin d'ortie","consoude","prele","decoction","maceration","infusion","engrais liquide","preparations naturelles","oidium","mildiou"],"sources":["Bertrand B., Collaert J.-P., Petiot É., Purin d'ortie et compagnie, Éditions de Terran","Ministère de l'Agriculture, préparations naturelles peu préoccupantes et substances naturelles à usage biostimulant"],"corps":"::Un kilo d'orties, dix litres d'eau de pluie, deux semaines d'attente, et l'on obtient un engrais liquide qui fait verdir un potager. Ça sent très fort et ça ne coûte rien. Mais ce n'est ni un insecticide miracle ni un remède à tout : chaque préparation fait une chose, et la fait bien.::\n\n## Quatre façons de préparer\n\n- **Le purin** : plantes hachées dans l'eau, qui fermentent une à deux semaines. On remue chaque jour.\n- **La macération** : un à deux jours dans l'eau froide, sans laisser fermenter.\n- **La décoction** : on laisse tremper un jour, puis on fait bouillir 20 à 30 minutes à couvert. Pour les plantes dures, comme la prêle.\n- **L'infusion** : de l'eau bouillante versée sur les plantes, comme une tisane.\n\nToujours de l'eau de pluie si possible, et un récipient en plastique, en bois ou en grès, jamais en métal.\n\n## Le purin d'ortie\n\n1. **1 kg d'orties fraîches**, cueillies avant les graines, hachées grossièrement, pour 10 litres d'eau.\n2. **Couvrir sans fermer** et remuer chaque jour. Ça mousse, puis ça sent très fort.\n3. **Prêt quand les bulles cessent**, en une à deux semaines selon la chaleur. Filtrer.\n4. **Stocker** en bidons remplis à ras bord, bouchés, au frais et dans le noir.\n\n**L'utiliser** : dilué à 10 % (1 litre pour 10 litres d'eau) au pied des plantes, comme engrais azoté et coup de fouet au printemps. En pulvérisation sur les feuilles, seulement à 5 %, sinon il les brûle. Pas trop sur les tomates en fruits : trop d'azote donne des feuilles plutôt que des fruits.\n\n## La consoude\n\nMême recette que l'ortie. Riche en potassium, elle va aux plantes qui fleurissent et font des fruits : tomates, courges, fruitiers. Diluée à 10 ou 20 %. Ses feuilles fraîches, posées au pied des plantes comme paillis, font aussi un bon engrais lent.\n\n## La prêle\n\n- **En décoction** : environ 100 à 150 g de prêle séchée (ou dix fois plus en fraîche) pour 10 litres d'eau.\n- **Diluée à 20 %** en pulvérisation, par temps couvert.\n- **Riche en silice**, elle est utilisée en prévention contre les maladies à champignons (mildiou, oïdium, rouille). Elle renforce une plante saine ; elle ne guérit pas une plante malade. Voir [[TEC-AGR-014]].\n\n## Ce qui est prouvé, et ce qui l'est moins\n\n- **L'effet engrais** du purin d'ortie et de consoude est réel.\n- **L'effet répulsif ou insecticide** est faible et mal démontré. Contre les pucerons, un jet d'eau et les auxiliaires font mieux. Voir [[TEC-AGR-044]].\n- **Le lait dilué** (1 volume pour 9 d'eau) a montré en essais une vraie efficacité contre l'oïdium des courgettes.\n\n## À savoir\n\nEn France, les préparations à base de plantes courantes comme l'ortie et la prêle sont autorisées au jardin. Les pesticides et leurs alternatives : [[TEC-AGR-039]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-047","titre":"Cultiver quand l'eau manque","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["zai","demi-lune","cordons pierreux","dry farming","culture seche","secheresse","sahel","ruissellement","paillage","sorgho"],"sources":["Wikipédia, article « Zaï (agriculture) »","Wikipédia, article « Demi-lune (agriculture) »","Wikipédia, article « Dry farming »","Reij C., Tappan G., Smale M., Agroenvironmental Transformation in the Sahel: Another Kind of Green Revolution, IFPRI, 2009"],"corps":"::Au Burkina Faso, le paysan Yacouba Sawadogo a fait renaître une vieille technique, le zaï : des trous de la taille d'une assiette, une poignée de fumier dedans. Sur des terres encroûtées où presque rien ne poussait, on récolte de nouveau 400 à 1 000 kg de grain par hectare selon les pluies. Quand l'eau manque, le secret est de ne pas en perdre une goutte.::\n\n## Le zaï\n\n- **Pendant la saison sèche**, creuser à la houe des trous de 30 à 40 cm de diamètre et de 10 à 15 cm de profondeur, en quinconce, tous les 80 cm environ.\n- **Mettre au fond une ou deux poignées** de fumier ou de compost, soit 1 à 3 tonnes par hectare, bien moins que sur tout le champ.\n- **Les trous piègent l'eau qui ruisselait** et les débris portés par le vent. Les termites viennent manger la matière organique et creusent des galeries qui laissent entrer l'eau.\n- **Semer dans le trou** aux premières pluies : sorgho ou mil ([[TEC-AGR-050]]), ou un arbre.\n\n## La demi-lune\n\n- **Un demi-cercle d'environ 2 m de rayon**, ouvert vers le haut de la pente, avec un bourrelet de terre tassée d'environ 25 cm côté aval. La cuvette, creusée de 15 à 30 cm, retient l'eau de ruissellement.\n- **On y plante des céréales, des légumes ou un arbre**, et on y met du compost comme dans le zaï.\n\n## Les cordons de pierres\n\nDes lignes de pierres posées le long des courbes de niveau freinent l'eau, la font infiltrer et retiennent la terre. Voir [[TEC-AGR-038]].\n\n## La culture sèche, sans arrosage\n\nLà où il pleut l'hiver et presque pas l'été :\n- **Semer tôt** pour profiter de l'eau stockée dans le sol.\n- **Espacer beaucoup plus les plants** que d'habitude : chacun explore un grand volume de terre avec ses racines. Pas d'arrosage du tout, même au début, pour que les racines descendent.\n- **Couvrir le sol** d'un paillis épais ([[TEC-AGR-023]]). La vieille méthode américaine du « mulch de poussière », une terre émiettée en surface, a contribué au Dust Bowl des années 1930 : le vent a emporté ces terres pulvérisées.\n- **Choisir ce qui tient** : vigne, olivier, pois chiche, lentille, fève, sorgho, mil, courges à racines profondes, tomates plantées en terre profonde.\n\n## Partout\n\n- **Arroser moins souvent, plus longtemps, au pied**, tôt le matin. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Un voile d'ombrage léger** en plein été sauve les salades et les semis.\n- **Garder ses semences** des plantes qui ont le mieux résisté : en quelques années, on a des variétés adaptées au lieu. Voir [[TEC-AGR-002]].\n\nSécheresses et canicules : [[TEC-TER-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-046","titre":"La permaculture, ce qui marche vraiment","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["permaculture","conception","zones","observation","vivaces","buttes","foret comestible","baissieres","mollison","holmgren"],"sources":["Wikipédia, article « Permaculture »","Mollison B., Holmgren D., Permaculture One, 1978","INRA et AgroParisTech, étude de la performance économique du maraîchage biologique permaculturel à la ferme du Bec Hellouin, 2011-2015"],"corps":"::Le mot vient de l'anglais « permanent agriculture », forgé dans les années 1970 par deux Australiens, Bill Mollison et David Holmgren. Derrière la mode, il reste une méthode solide : observer avant de planter, et placer chaque chose là où elle travaille le plus pour le moins d'effort.::\n\n## Ce qui marche vraiment\n\n- **Observer une année entière** avant de tout planter : où court l'eau quand il pleut, où le gel reste, d'où vient le vent, où tombe le soleil en hiver.\n- **Les zones** : ce qu'on visite chaque jour près de la maison (herbes, salades, poules), ce qu'on visite rarement plus loin (verger, pâture, bois). On économise des kilomètres de pas.\n- **Couvrir le sol en permanence** : paillis ([[TEC-AGR-023]]) et engrais verts ([[TEC-AGR-028]]). Un sol nu se lessive, se tasse et se couvre de mauvaises herbes.\n- **Chaque élément a plusieurs fonctions** : la poule mange les restes et les limaces, gratte, fume, et pond. La haie coupe le vent, nourrit, loge les auxiliaires. Voir [[TEC-AGR-045]].\n- **Capter l'eau** au lieu de la chasser : fossés le long des courbes de niveau, mares, cuves de récupération. Voir [[TEC-AGR-038]].\n- **Planter des vivaces** : arbres fruitiers, petits fruits, asperges, rhubarbe, artichauts. On plante une fois et on récolte pendant des années. Voir [[TEC-AGR-030]].\n\n## Ce qui tient surtout de la mode\n\n- **Les buttes géantes en lasagnes** demandent des mètres cubes de matière organique. Utiles sur un sol impossible, pas indispensables ailleurs.\n- **La forêt comestible nourrit peu en calories.** Fruits et noix complètent un repas ; les calories viennent des pommes de terre, des céréales et des légumineuses. Voir [[TEC-AGR-016]].\n- **« Zéro travail »** : faux. Les premières années demandent beaucoup d'efforts, qui diminuent ensuite.\n- **Les associations de plantes miracles** : certaines marchent (voir [[TEC-AGR-007]]), beaucoup de tableaux qui circulent n'ont jamais été vérifiés.\n\n## Ce que dit une étude\n\nÀ la ferme du Bec Hellouin, en Normandie, l'INRA et AgroParisTech ont suivi pendant plusieurs années une petite surface cultivée à la main de façon très intensive. Conclusion : une surface réduite, très soignée, peut faire vivre un maraîcher, au prix de beaucoup d'heures de travail et d'un vrai savoir-faire.\n\n## Pour commencer\n\n1. Un plan du terrain, avec le soleil, l'eau, le vent et les accès.\n2. Un petit potager près de la porte, bien paillé. Voir [[TEC-AGR-004]].\n3. Quelques arbres fruitiers et une haie dès le premier hiver : ce sont eux qui mettent le plus de temps.\n4. Agrandir seulement ce qui marche.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-045","titre":"Planter une haie","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["haie","bocage","brise-vent","haie champetre","haie nourriciere","plantation","racines nues","pralinage","paillage","essences locales"],"sources":["Wikipédia, article « Haie »","Wikipédia, article « Bocage »","Afac-Agroforesteries, guides de plantation de haies champêtres et label Végétal local"],"corps":"::Une haie brise-vent protège les cultures sur une distance d'une dizaine de fois sa hauteur. Elle abrite le bétail, loge les auxiliaires, retient la terre et l'eau, et donne du bois, des fruits et du fourrage. Elle se plante en un week-end d'hiver et sert un siècle.::\n\n## Quand\n\nDe novembre à mars, par temps sec et hors gel. Le dicton dit : « À la Sainte-Catherine (25 novembre), tout bois prend racine. »\n\n## Quelles essences\n\n- **Des espèces locales et variées**, au moins cinq ou six mélangées : noisetier, charme, érable champêtre, cornouiller, prunellier, aubépine, sureau, églantier, viorne, fusain, et quelques arbres de haut jet (chêne, merisier, tilleul).\n- **Pour une haie nourricière** : noisetier, sureau, cornouiller mâle, néflier, prunellier, pommier et poirier sauvages, mûrier, cassis et groseillier au pied.\n- **À éviter** : les haies d'une seule espèce (thuyas, lauriers-cerises). Une maladie les emporte toutes, et elles ne nourrissent presque rien.\n\n## Planter\n\n1. **Préparer une bande de 1 à 2 m** de large : décompacter, désherber, ou couvrir d'une bâche ou d'un paillage dès l'automne.\n2. **Prendre de jeunes plants de 1 ou 2 ans** (40 à 80 cm), à racines nues : moins chers, ils reprennent mieux que les gros sujets.\n3. **Rafraîchir les racines** abîmées au sécateur, puis les tremper dans une boue d'eau et de terre (le pralinage) juste avant de planter.\n4. **Deux rangs en quinconce**, espacés de 50 cm, un plant tous les mètres sur chaque rang.\n5. **Tasser au pied, arroser**, et poser des manchons de protection contre les lapins et les chevreuils.\n6. **Pailler épais** (paille, bois broyé, carton, toile biodégradable) pour trois ans. L'herbe qui étouffe les jeunes plants est la première cause d'échec.\n\n## Les premières années\n\n- **Arroser le premier été** s'il est sec, en grande quantité et rarement.\n- **Recéper** une partie des arbustes au bout d'un an, c'est-à-dire les couper à 10 ou 20 cm du sol : ils repartent en plusieurs tiges et la haie devient dense dès la base.\n- **Remplacer les morts** l'hiver suivant.\n\n## La faire travailler\n\n- **Le bois** : conduite en trognes ou en taillis, une haie donne du bois de chauffage à chaque coupe, tous les 7 à 15 ans selon les essences. Voir [[TEC-AGR-049]] et [[TEC-AGR-035]].\n- **Pas de taille pendant la nidification**, du printemps à la fin de l'été. Pour les agriculteurs, elle est interdite du 16 mars au 15 août.\n- **Contre l'érosion**, une haie plantée le long des courbes de niveau freine l'eau qui ravine. Voir [[TEC-AGR-038]].\n\nCe qu'elle abrite : [[TEC-AGR-044]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-044","titre":"Les auxiliaires du jardin","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["auxiliaires","lutte biologique","coccinelle","syrphe","chrysope","carabe","mesange","herisson","trichogramme","pucerons","limaces"],"sources":["Wikipédia, article « Lutte biologique »","INRAE, Encyclop'Aphid, encyclopédie des pucerons et de leurs ennemis naturels"],"corps":"::En 1888, en Californie, une coccinelle venue d'Australie a sauvé les vergers d'agrumes d'une cochenille que rien n'arrêtait. C'est la naissance de la lutte biologique. Au jardin, le principe est le même : nourrir et loger les prédateurs des ravageurs, et ils font le travail gratuitement.::\n\n## Qui mange qui\n\n- **Les coccinelles** : la larve, qui ressemble à un petit crocodile gris et orange, dévore plusieurs centaines de pucerons avant de devenir adulte.\n- **Les syrphes** : des mouches déguisées en petites guêpes, qui volent sur place. Leurs larves mangent les pucerons.\n- **Les chrysopes** : fines, vertes, ailes de dentelle. Leurs larves sont surnommées les lions des pucerons.\n- **Les carabes** : gros scarabées noirs ou métalliques qui chassent la nuit les limaces et leurs œufs.\n- **Les mésanges** : un couple qui nourrit sa nichée emporte des milliers de chenilles.\n- **Le hérisson, l'orvet, le crapaud** : les limaces et les escargots.\n- **Les minuscules guêpes parasitoïdes** : elles pondent dans les pucerons, les chenilles ou leurs œufs. Un puceron gonflé et doré, momifié, a été parasité.\n\n## Les attirer\n\n- **Des fleurs toute la saison**, surtout de petites fleurs au nectar facile d'accès : fenouil, aneth, carottes laissées en fleur, phacélie, souci. Les syrphes et les petites guêpes adultes se nourrissent de nectar.\n- **Des abris** : une haie ([[TEC-AGR-045]]), un tas de bois ou de pierres, un coin d'herbes hautes jamais tondu, un point d'eau peu profond.\n- **Des nichoirs à mésanges** : un trou de 28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la charbonnière, posés à 2 ou 3 m de haut, à l'abri du soleil de midi.\n- **Tolérer quelques pucerons** : sans proies, pas de prédateurs. Un carré d'orties couvert de pucerons au printemps nourrit les premières coccinelles de l'année.\n\n## Ce qui les tue\n\n- **Les insecticides à large spectre tuent d'abord les auxiliaires**, qui se reproduisent moins vite que les ravageurs. Après un traitement, les pucerons reviennent plus vite, et seuls. Même le savon noir tue les larves qu'il touche. Voir [[TEC-AGR-039]].\n- **Les granulés anti-limaces au métaldéhyde** empoisonnent aussi les hérissons, les oiseaux et les chiens. Ceux au phosphate ferrique sont bien moins dangereux.\n- **Le jardin trop propre** : sol nu, tout tondu, feuilles mortes ramassées. Les auxiliaires n'ont nulle part où passer l'hiver.\n\n## Les acheter\n\n- **Des larves de coccinelles ou de chrysopes** se commandent et se lâchent sur les foyers de pucerons.\n- **En serre**, une petite guêpe, Encarsia formosa, vient à bout des aleurodes, ces mouches blanches des tomates.\n- **Des nématodes microscopiques**, arrosés sur le sol, parasitent les limaces ou les larves d'otiorhynques.\n- **En grande culture**, on lâche environ 300 000 trichogrammes par hectare contre la pyrale du maïs.\n\nLes ravageurs eux-mêmes : [[TEC-AGR-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-043","titre":"Travailler la terre sans tracteur","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["beche","grelinette","fourche-beche","houe","araire","charrue","labour","planches permanentes","occultation","traction animale"],"sources":["Wikipédia, article « Grelinette »","Wikipédia, article « Araire »","Wikipédia, article « Charrue »"],"corps":"::Le tracteur ne fait rien qu'une bêche ne sache faire, il le fait seulement plus vite. À la main, on ne retourne pas la terre, on l'ameublit. La grelinette, brevetée en 1964 par André Grelin, décompacte un potager sans casser le dos ni enterrer la vie du sol.::\n\n## Les outils\n\n- **La bêche** : elle retourne une motte. Pour un sol lourd, ou pour la première mise en culture d'un pré.\n- **La fourche-bêche** : dans les sols caillouteux ou argileux, ses dents s'enfoncent mieux qu'une lame.\n- **La grelinette** : trois à cinq dents et deux manches. On l'enfonce devant soi, on tire les manches vers soi : la terre se soulève et se fissure sans être retournée. On recule de 15 à 20 cm et on recommence.\n- **La houe**, la pioche, la daba en Afrique : pour ouvrir un sol dur, désherber, butter. C'est l'outil principal de l'agriculture à la main dans le monde.\n- **La binette et le croc** : sarcler et aérer la surface.\n\n## Ameublir, pas retourner\n\n- **Retourner la terre enterre la couche vivante** et remonte à la surface des graines d'herbes qui dormaient. Ameublir sans retourner garde la structure du sol.\n- **Des planches permanentes** d'environ 1,20 m de large, qu'on atteint depuis les deux côtés sans jamais marcher dessus : le sol ne se tasse plus, et un passage de grelinette suffit chaque année.\n- **Paillis et compost en surface** font le reste du travail. Voir [[TEC-AGR-023]] et [[TEC-AGR-003]].\n\n## Ouvrir un pré\n\nC'est le plus dur. Trois façons :\n- **Bêcher** en retournant les mottes, herbe en dessous, à l'automne ; le gel les émiette pendant l'hiver.\n- **Couvrir** d'une bâche opaque ou de cartons pendant deux ou trois mois : l'herbe meurt, les vers de terre travaillent, on plante au travers.\n- **Faire travailler des animaux** : des cochons ou des poules dans un parc retournent et fument le terrain. Voir [[TEC-ELE-018]].\n\n## Avec un animal\n\n- **L'araire** n'a pas de versoir : il griffe et fend le sol sans le retourner. C'est l'outil des sols légers et secs, du Néolithique à aujourd'hui.\n- **La charrue** retourne la bande de terre grâce à son versoir. Elle convient aux sols lourds, mais demande une traction bien plus forte.\n- **Un âne** tire une petite houe ou un araire léger, **un cheval ou une paire de bœufs** une charrue. Voir [[TEC-ELE-014]].\n\n## Le bon moment et le bon geste\n\n- **Le sol doit être ressuyé** : une poignée pressée s'émiette au lieu de faire une pâte, la terre ne colle pas à l'outil. Travailler un sol mouillé le compacte pour des mois.\n- **Le dos reste droit** : on enfonce avec le pied, on lève avec les jambes, des mottes petites, et on change de côté régulièrement.\n- **Compter une à deux journées** pour bêcher 100 m² la première fois. Les années suivantes, avec paillis et grelinette, quelques heures suffisent.\n\nLa version à moteur : [[TEC-AGR-053]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-042","titre":"Faire les foins","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["foin","fenaison","fourrage","faner","andain","sechage","echauffement","incendie","ensilage","reserves d'hiver"],"sources":["Wikipédia, article « Foin »","Wikipédia, article « Fenaison »","Wikipédia, article « Ensilage »"],"corps":"::Un foin rentré trop humide chauffe dans la grange, jusqu'à prendre feu tout seul des semaines plus tard. Un foin trop sec perd ses feuilles, c'est-à-dire l'essentiel de ce qu'il vaut. Faire les foins, c'est viser juste entre les deux, avec la météo pour patron.::\n\n## Pourquoi\n\nLe foin, c'est l'herbe de l'été mise de côté pour l'hiver. Sans lui, pas de lait ni de viande quand l'herbe ne pousse plus. Compter environ 12 à 15 kg par jour pour une vache, 1,5 à 3 kg pour une chèvre ou une brebis, pendant tous les mois sans herbe. Voir [[TEC-ELE-003]].\n\n## Le bon moment\n\n- **Faucher au début de la floraison des graminées** : c'est le meilleur compromis entre quantité et qualité. Plus tard, il y a plus de volume, mais des tiges dures, pauvres comme de la paille.\n- **Attendre trois ou quatre jours de beau temps annoncés.** Une pluie sur un foin à moitié sec le lessive et le fait moisir.\n- Faucher à la faux : [[TEC-AGR-041]].\n\n## Sécher\n\n1. **Jour 1** : faucher le matin, puis étaler l'herbe en couche régulière dès que la rosée est partie.\n2. **Faner** : retourner et secouer l'herbe à la fourche ou au râteau une ou deux fois par jour, pour que tout sèche pareil.\n3. **Le soir**, rassembler en andains ou en petits tas : la rosée mouille moins. Les étaler de nouveau le lendemain.\n4. **Au bout de deux à quatre jours**, selon le soleil et le vent, le foin est prêt.\n\nEn montagne ou sous un climat humide, on le fait sécher sur des perches ou des chevalets en bois, à l'air, hors du sol.\n\n## Le test\n\n- **Une poignée tordue** : le foin sec craque et se casse, les tiges ne sont plus fraîches au toucher, aucune humidité ne perle.\n- **Il doit être rentré à 15 % d'humidité ou moins.** En balles, on tolère 15 à 25 % selon leur densité, à condition de ne pas les serrer : elles continuent à sécher.\n- **Une bonne odeur de foin**, vert-gris. Poussiéreux, blanc ou noir : moisi, dangereux pour les chevaux et pour les poumons de celui qui le manipule.\n\n## Le danger : l'échauffement\n\n- **Un foin humide fermente et chauffe.** Dans les semaines qui suivent la rentrée, il peut atteindre la température d'inflammation et brûler une grange entière.\n- **Les signes** : odeur de caramel ou de tabac, vapeur, chaleur au toucher, affaissement du tas.\n- **Surveiller** avec une sonde ou une barre de fer enfoncée au cœur du tas et laissée quelques minutes : si on ne peut pas la tenir en main, c'est grave.\n- **Au-delà de 60 °C environ, on appelle les pompiers avant de toucher au tas** : l'air qui entre quand on l'ouvre peut l'embraser.\n\n## Quand il pleut trop : l'ensilage\n\n- **L'herbe fauchée et un peu fanée** est tassée à fond dans un silo ou en balles enrubannées, sans air.\n- **Les bactéries lactiques l'acidifient** et la conservent, comme une choucroute. Voir [[TEC-ALI-002]].\n- **Tout le secret est l'absence d'air** : une bâche percée, et ça moisit. Un ensilage mal fait peut transmettre la listériose ou le botulisme aux animaux. Ce qui sent le rance, le moisi ou l'ammoniac ne se donne pas.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-041","titre":"Faucher à la faux","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["faux","faucher","battre la faux","enclumette","pierre a faux","coffin","rosee","foin","debroussailler"],"sources":["Wikipédia, article « Faux (outil) »","Wikipédia, article « Fenaison »"],"corps":"::Pendant des siècles, toute l'herbe d'Europe a été coupée à la faux. Bien réglée, battue et affûtée, elle fauche en silence, sans carburant, et une bonne lame dure une vie. Mal préparée, elle arrache l'herbe et casse le dos. Toute la différence tient dans trois gestes : régler, affûter, battre.::\n\n## La choisir et la régler\n\n- **La lame forgée** (type autrichien), fine et souple, se bat et s'affûte pendant des décennies. La lame emboutie bon marché ne se bat pas : on ne peut que l'affûter.\n- **La longueur** : 60 à 70 cm pour l'herbe d'un pré, 40 à 50 cm pour les bords, les talus et les broussailles.\n- **La poignée du bas** se règle à hauteur de hanche, bras tendu le long du corps.\n- **L'angle de la lame** : la pointe et le talon doivent être à la même distance de la poignée du bas. Une pointe trop ouverte arrache, trop fermée elle bourre.\n\n## Faucher\n\n- **Pieds écartés**, on avance à tout petits pas. Le mouvement vient de la rotation du buste, pas des bras.\n- **La lame reste posée au sol**, talon appuyé : on ne la soulève jamais, on la fait glisser en arc de droite à gauche. L'herbe coupée se dépose en ligne à gauche, l'andain.\n- **Chaque passe avance de quelques centimètres**, jamais plus de 10 : de petites bouchées, coupées net.\n- **À la rosée**, tôt le matin, l'herbe raide et humide se coupe bien mieux qu'en plein soleil.\n\n## Affûter à la pierre\n\n- **Toutes les 15 à 30 minutes**, selon l'herbe, avec une pierre à faux mouillée. Elle se porte à la ceinture dans un étui rempli d'eau, le coffin.\n- **Le geste** : faux debout, manche au sol, lame en l'air. La pierre à plat, presque couchée sur la lame, alternativement dessus et dessous, du talon vers la pointe. La main reste derrière le tranchant.\n- **Quand la pierre ne suffit plus** à rendre le fil, il faut battre. Voir [[TEC-ATE-004]].\n\n## Battre la faux\n\n- **Battre**, c'est amincir le tranchant au marteau pour qu'il redevienne fin comme une feuille. Le métal martelé devient aussi plus dur.\n- **On démonte la lame**, on pose le tranchant sur une petite enclume plantée dans un billot, l'enclumette, et on frappe à petits coups réguliers, serrés, sur une bande de 2 à 3 mm le long du fil, du talon à la pointe.\n- **Pour débuter**, une enclumette à guide (deux capuchons qu'on frappe l'un après l'autre) donne un battage régulier sans savoir-faire.\n- **Une fois battue**, on repasse la pierre. Une faux se bat en général après quelques heures de fauche.\n\n## Sécurité\n\n- **On porte la faux lame en bas et en arrière**, le tranchant protégé par un fourreau ou un bout de tuyau fendu.\n- **Personne derrière ni à côté** du faucheur. À plusieurs, on fauche décalés, en escalier.\n- **Les cailloux et les piquets** ébrèchent la lame : on repère le terrain avant, et on laisse une marge autour des obstacles.\n\nL'herbe coupée devient du foin : [[TEC-AGR-042]]. Pour le grain : [[TEC-AGR-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-040","titre":"Cultiver sous lumière artificielle","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["culture en interieur","led","lampes horticoles","hydroponie","methode kratky","jeunes pousses","semis","iss","energie"],"sources":["NASA, Veggie plant growth system, première récolte consommée à bord de la Station spatiale internationale, 2015","Kratky B.A., A suspended pot, non-circulating hydroponic method, Acta Horticulturae, 2004","Morrow R.C., LED lighting in horticulture, HortScience, 2008"],"corps":"::En 2015, des astronautes de la Station spatiale internationale ont mangé pour la première fois une salade poussée à bord, sous des LED rouges et bleues. Sur Terre, sous une lampe, on fait pousser des herbes, des salades et des jeunes pousses toute l'année, dans une cave ou un appartement. Mais pas des calories : pour cela, il faut le soleil.::\n\n## Ce qui marche\n\n- **Les jeunes pousses** et les graines germées. Voir [[TEC-AGR-026]].\n- **Les salades à couper**, les épinards, les blettes jeunes.\n- **Les herbes** : basilic, persil, ciboulette, menthe.\n- **Les plants** à démarrer avant la saison. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Les tomates cerises et les piments** : possible, mais demande beaucoup de lumière et de temps.\n\n## La lumière\n\n- **Des LED** : les lampes horticoles, ou de simples LED blanches puissantes, marchent très bien.\n- **À 20 à 40 cm** au-dessus des plantes : trop loin, elles s'étirent ; trop près, elles brûlent.\n- **14 à 16 heures par jour**, avec une prise programmable, et une vraie nuit.\n\n## Sans terre : la méthode Kratky\n\nUne méthode d'hydroponie sans pompe ni électricité, mise au point à l'université d'Hawaï :\n\n1. **Un bocal ou un bac opaque** rempli d'eau et d'engrais pour hydroponie.\n2. **Un couvercle percé**, un petit pot ajouré rempli de billes d'argile ou de laine de roche, avec la plante.\n3. **Les racines trempent** au début ; à mesure que l'eau baisse, elles poussent dans l'air humide au-dessus et respirent.\n4. **On ne rajoute rien** jusqu'à la récolte pour une salade.\n\n## L'énergie\n\nUne lampe de 30 W allumée 16 heures consomme environ un demi-kilowattheure par jour. C'est raisonnable pour des semis et des feuilles vertes en hiver, pas pour nourrir une famille. Voir [[TEC-AGR-016]].\n\n## L'hygiène\n\nAérer (moisissures), ne pas laisser l'eau stagner, surveiller les pucerons et les petites mouches du terreau.\n\nCultiver sur un balcon : [[TEC-AGR-025]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-039","titre":"Les pesticides, risques et alternatives","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pesticides","herbicides","insecticides","chlordecone","parkinson","loi labbe","stockage","alternatives","auxiliaires"],"sources":["Inserm, Pesticides et effets sur la santé : nouvelles données, expertise collective, 2021","Loi n° 2014-110 dite loi Labbé, étendue aux particuliers en 2019","Santé publique France, chlordécone aux Antilles"],"corps":"::Aux Antilles, un insecticide utilisé dans les bananeraies jusqu'en 1993, le chlordécone, contamine encore les sols pour des siècles, et on en retrouve dans le sang de la plupart des habitants. En France, la maladie de Parkinson est reconnue depuis 2012 comme maladie professionnelle des agriculteurs exposés aux pesticides. Un poison pour les insectes reste rarement un poison seulement pour eux.::\n\n## Ce que c'est\n\n- **Insecticides** contre les insectes, **herbicides** contre les plantes, **fongicides** contre les champignons, et d'autres contre les limaces, les rongeurs.\n- **Les dangers** : intoxications aiguës (vertiges, vomissements, troubles respiratoires), et à long terme, plusieurs cancers et maladies neurologiques chez les plus exposés, selon l'expertise collective de l'Inserm.\n- **En France**, depuis 2019, les particuliers ne peuvent plus acheter ni utiliser la plupart des pesticides de synthèse au jardin.\n\n## Si on en a encore\n\n- **Lire l'étiquette** : dose, délai avant récolte, protections. Voir [[TEC-CHI-007]].\n- **Gants, lunettes, manches longues**, jamais par vent ni près d'un puits, d'une mare ou d'un ruisseau.\n- **Ne jamais transvaser** dans une bouteille alimentaire : chaque année, des gens boivent un pesticide rangé dans une bouteille de soda.\n- **Sous clé**, hors de portée des enfants.\n- **Les produits périmés ou inconnus** : en déchetterie, jamais dans l'évier ni la terre.\n\n## Les alternatives\n\n- **Prévenir** : rotation, variétés résistantes, espacement, arrosage au pied. Voir [[TEC-AGR-007]] et [[TEC-AGR-014]].\n- **Les barrières** : voiles, filets, colliers, pièges. Voir [[TEC-AGR-031]].\n- **Les auxiliaires** : coccinelles, syrphes, mésanges, hérissons, crapauds mangent les ravageurs. Des haies, des fleurs, un tas de bois et une mare les attirent.\n- **Le savon noir** dilué contre les pucerons, **le lait** contre l'oïdium.\n- **Ramasser à la main** : doryphores, chenilles, limaces.\n\n## En crise\n\nQuand les produits manquent, ceux qui cultivent sans eux depuis longtemps ont une longueur d'avance. Les ravageurs : [[TEC-AGR-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-038","titre":"L'érosion et comment l'arrêter","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["erosion","sol","dust bowl","courbes de niveau","niveau en a","haies","baissieres","terrasses","couverture du sol"],"sources":["FAO, Soil erosion: the greatest challenge for sustainable soil management, 2019","Département de l'Agriculture des États-Unis, le Dust Bowl et la création du Soil Conservation Service, 1935","Mollison B., Permaculture: A Designers' Manual, 1988"],"corps":"::Il faut parfois mille ans pour former un centimètre de terre fertile, et un seul orage pour l'emporter. Dans les années 1930, les grandes plaines américaines labourées à nu ont séché, et le vent a soulevé des tempêtes de poussière qui obscurcissaient le ciel jusqu'à Washington : le Dust Bowl. Protéger son sol, c'est protéger ce qui nourrit pour des siècles.::\n\n## Ce qui emporte la terre\n\n- **Un sol nu** sous la pluie ou le vent.\n- **Les pentes labourées dans le sens de la pente** : chaque sillon devient un ruisseau.\n- **Le surpâturage**, les forêts rasées, les haies arrachées.\n\n**Les signes** : eau boueuse qui ruisselle, rigoles puis ravines, cailloux qui apparaissent, terre accumulée en bas des champs, racines déchaussées.\n\n## Les remèdes\n\n- **Couvrir le sol** en permanence : paillis, engrais verts, prairie. Voir [[TEC-AGR-023]] et [[TEC-AGR-028]].\n- **Travailler en suivant les courbes de niveau**, jamais dans le sens de la pente : chaque rang retient l'eau au lieu de la conduire.\n- **Des haies et des bandes d'herbe** en travers de la pente : elles freinent l'eau et le vent, et retiennent la terre.\n- **Des baissières** : des fossés peu profonds creusés à niveau, avec un bourrelet de terre en aval. L'eau s'y arrête et s'infiltre au lieu de ruisseler.\n- **Des terrasses** sur les fortes pentes. Voir [[TEC-CON-023]].\n- **Dans les ravines** : des petits barrages de pierres ou de branchages qui ralentissent l'eau et se remplissent de terre.\n\n## Trouver les courbes de niveau sans instrument\n\n**Le niveau en A** : trois perches attachées en forme de A, un fil à plomb pendu au sommet. On marque sur la traverse l'endroit où tombe le fil quand les deux pieds sont au même niveau (on le vérifie en retournant le A). On avance ensuite pied après pied sur la pente, en plantant un piquet chaque fois que le fil tombe sur la marque : la ligne de piquets suit la courbe de niveau.\n\n## Le vent\n\nDes haies brise-vent perpendiculaires au vent dominant protègent sur une distance d'environ dix fois leur hauteur.\n\nLire un sol : [[TEC-SOL-001]]. Le cycle de l'eau : [[TEC-TER-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-037","titre":"Le lombricompost","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lombricompost","vers","eisenia","epluchures","appartement","compost","engrais liquide","darwin"],"sources":["Darwin C., The Formation of Vegetable Mould through the Action of Worms, 1881","ADEME, le lombricompostage, guide pratique","Edwards C.A., Arancon N.Q., Sherman R., Vermiculture Technology, CRC Press, 2011"],"corps":"::Le dernier livre de Charles Darwin, publié en 1881, ne parle ni d'évolution ni de singes, mais des vers de terre : il y calcule qu'ils retournent toute la couche fertile du sol en quelques décennies. Il s'est d'abord vendu plus vite que L'Origine des espèces. Dans un appartement, une caisse de vers transforme les épluchures en l'un des meilleurs engrais qui soient.::\n\n## Les bons vers\n\nPas les vers de terre du jardin, qui vivent en profondeur, mais **des vers de fumier** (les Eisenia, rouges, petits, très actifs), qui vivent en surface dans la matière qui pourrit. On les trouve dans un vieux tas de fumier ou de compost, ou chez un voisin qui en a.\n\n## Le lombricomposteur\n\n1. **Des bacs empilés**, percés au fond, pour que les vers montent vers la nourriture fraîche. Ou une simple caisse avec un couvercle aéré.\n2. **Une litière** : carton brun et papier journal déchirés, humides comme une éponge essorée.\n3. **Les vers**, quelques centaines au départ.\n4. **Un robinet** ou un bac en bas pour récupérer le liquide.\n\nIl se garde **à l'intérieur ou à l'abri**, entre 15 et 25 °C : les vers n'aiment ni le gel ni la canicule.\n\n## Les nourrir\n\n- **Oui** : épluchures de légumes et de fruits, marc de café, sachets de thé, coquilles d'œufs broyées, carton.\n- **Peu** : agrumes, ail, oignon.\n- **Non** : viande, poisson, laitages, huile, restes cuisinés gras.\n- **En petits morceaux**, en petites quantités au début, enfouis sous la litière.\n\nBien tenu, **il ne sent pas mauvais**. Une odeur, c'est trop de nourriture ou trop d'humidité : on ajoute du carton sec et on attend.\n\n## Ce qu'il donne\n\n- **Le lombricompost** : une terre fine, noire, très riche, à mélanger au terreau des semis et des bacs. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Le liquide** qui s'écoule : dilué dans dix fois son volume d'eau, un engrais pour les plantes.\n\nLe compost classique, au jardin : [[TEC-AGR-003]]. Cultiver sur un balcon : [[TEC-AGR-025]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-036","titre":"Faire pousser des champignons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["champignons","pleurotes","shiitake","mycelium","marc de cafe","paille","buches","champignonniere","carrieres"],"sources":["Stamets P., Growing Gourmet and Medicinal Mushrooms, 3e édition, Ten Speed Press, 2000","Chang S.T., Miles P.G., Mushrooms: Cultivation, Nutritional Value, Medicinal Effect, CRC Press, 2004"],"corps":"::Au XIXe siècle, le champignon de Paris poussait vraiment sous Paris, dans les anciennes carrières d'où l'on avait tiré la pierre de la ville : noir, frais, humide, parfait. Pas besoin de soleil pour cultiver des champignons. Une cave, du marc de café ou de la paille, et quelques semaines suffisent pour des pleurotes.::\n\n## Le principe\n\nLe champignon qu'on mange n'est que le fruit. La plante elle-même, **le mycélium**, est un réseau de filaments blancs qui mange du bois, de la paille ou d'autres restes végétaux. On achète ce mycélium (le « blanc ») et on lui donne à manger.\n\n## Les pleurotes, les plus faciles\n\n**Sur marc de café**\n1. **Du marc frais**, de la veille au plus (le passage à l'eau chaude l'a presque stérilisé).\n2. **Mélanger avec le blanc** de pleurote, dans un sac plastique propre percé de quelques trous, ou un seau.\n3. **Au noir**, à température ambiante, **deux à quatre semaines** : le mélange devient tout blanc.\n4. **À la lumière** (pas le soleil direct) et **à l'humidité** : on ouvre des fentes, on vaporise de l'eau deux fois par jour. Les pleurotes sortent en une à deux semaines.\n\n**Sur paille**\n- **Pasteuriser** la paille hachée : une heure dans de l'eau à 70 °C, ou une journée dans un bain d'eau de chaux. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- Égoutter, mélanger au blanc, ensacher, puis même méthode.\n\n## Le shiitake, sur bûches\n\nDes bûches de chêne ou de hêtre fraîchement coupées, percées de trous où l'on enfonce des chevilles de mycélium, bouchés à la cire. Posées à l'ombre dans un sous-bois, elles produisent **six mois à un an plus tard**, puis pendant plusieurs années.\n\n## Les règles\n\n- **La propreté** : une moisissure verte ou noire, et le sac est perdu. On le jette loin des autres.\n- **L'humidité sans eau stagnante.**\n- **Ne jamais mélanger** culture et cueillette sauvage : on ne mange que ce qu'on a semé ou identifié à coup sûr. Voir [[TEC-BOT-005]].\n\n## Pourquoi c'est malin\n\nLes champignons transforment des déchets (paille, marc, bois) en nourriture riche en protéines, dans une cave, en quelques semaines, et le substrat épuisé part au compost. Voir [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-035","titre":"Gérer un bois pour le chauffage","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["taillis","bois de chauffage","cepee","rotation","abattage","chataignier","charme","biodiversite","arbres morts"],"sources":["Centre national de la propriété forestière, gestion des taillis","Rackham O., Woodlands, Collins New Naturalist, 2006","INRS, abattage et travaux forestiers"],"corps":"::Un châtaignier ou un charme qu'on coupe au ras du sol ne meurt pas : il repart de sa souche en plusieurs tiges, et vingt ans plus tard, on peut recouper. Des bois gérés ainsi en taillis ont chauffé les villages d'Europe pendant plus de mille ans, sans jamais disparaître. Un bois bien géré est une réserve de chaleur qui se renouvelle.::\n\n## Le taillis\n\n- **On coupe les feuillus au pied** tous les quinze à trente ans selon l'espèce et l'usage.\n- **La souche rejette** en plusieurs tiges : la cépée.\n- **On divise le bois en parcelles** et on en coupe une chaque année : le bois ne se vide jamais, il vieillit par morceaux.\n- **Les résineux** ne repoussent pas de leur souche : on les replante.\n\n## Combien il en faut\n\nUne maison chauffée au bois brûle souvent 5 à 10 stères par an. Selon la terre et les essences, il faut compter **un à plusieurs hectares** de taillis pour produire ce bois durablement. Voir [[TEC-ENE-019]].\n\n## Les bonnes essences\n\nChâtaignier, charme, chêne, frêne, noisetier, aulne, érable rejettent bien de souche. Le châtaignier donne aussi des piquets imputrescibles, le noisetier des perches.\n\n## Abattre sans mourir\n\nL'abattage est **le travail le plus dangereux** de la forêt.\n\n- **Une formation** avant de couper de gros arbres, et **tout l'équipement** de la tronçonneuse. Voir [[TEC-MEC-017]].\n- **Jamais seul.**\n- **Une entaille de direction** du côté où l'arbre doit tomber, puis le trait d'abattage de l'autre côté, un peu plus haut, en laissant une charnière.\n- **Un chemin de fuite** dégagé, en biais vers l'arrière, choisi avant de couper.\n- **Les arbres morts, penchés, pris dans d'autres** sont un travail de professionnel.\n\n## Garder la vie du bois\n\n- **Laisser quelques arbres morts** et de vieux arbres : ils abritent les oiseaux, les chauves-souris et les insectes qui mangent les ravageurs.\n- **Ne pas couper au printemps**, quand les oiseaux nichent.\n- **Laisser les petites branches** au sol ou en tas : elles nourrissent la terre.\n\n## En France\n\nCouper du bois chez soi est libre en général, mais certains bois sont protégés et les grandes forêts privées doivent avoir un plan de gestion. On se renseigne auprès du centre régional de la propriété forestière.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-034","titre":"Orge, seigle, avoine, sarrasin, riz","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["orge","seigle","avoine","sarrasin","millet","riz","ergot du seigle","mal des ardents","cereales rustiques"],"sources":["FAO, fiches et statistiques des cultures céréalières","Autorité européenne de sécurité des aliments, alcaloïdes de l'ergot dans l'alimentation","Arvalis, fiches orge, seigle, avoine et sarrasin"],"corps":"::Au Moyen Âge, des villages entiers sont frappés d'un mal terrible : convulsions, hallucinations, membres qui noircissent et tombent. On l'appelle le mal des ardents. La cause était un champignon du seigle, l'ergot, qu'on moulait avec le grain. Le blé n'est pas la seule céréale ; les autres poussent là où il échoue, à condition de les connaître.::\n\n## Les céréales rustiques\n\n- **L'orge** : la plus rapide et la plus rustique, elle mûrit là où le blé n'a pas le temps. Galettes, soupes, bouillies, bière. Certaines variétés « nues » se décortiquent au battage.\n- **Le seigle** : pousse sur des terres pauvres, acides et froides, résiste à l'hiver. Pain noir et dense, qui se garde longtemps.\n- **L'avoine** : aime les climats frais et humides. Flocons, bouillies. Sa balle colle au grain : on préfère les variétés nues.\n- **Le sarrasin** : ce n'est pas une céréale mais il s'utilise comme telle. Dix à douze semaines de la graine au grain, sur les sols les plus pauvres, et il étouffe les mauvaises herbes. La galette bretonne, et un régal pour les abeilles.\n- **Le millet** : supporte la sécheresse et pousse vite.\n- **Le riz** : il lui faut chaleur et eau. En France, on le cultive en Camargue.\n\n## Le danger de l'ergot\n\n- **Il se voit** : des grains noirs, allongés, en forme d'ergot de coq, qui dépassent de l'épi, surtout sur le seigle et après un printemps humide.\n- **On trie** le grain avant de moudre et on jette tous les ergots. Il en suffit de peu pour empoisonner une famille.\n- **Le tamisage et la rotation** des cultures en réduisent le risque.\n\n## Du champ au grain\n\nBattre, vanner, stocker et moudre : les mêmes gestes que pour le blé. Voir [[TEC-AGR-009]]. Garder le grain : [[TEC-ALI-022]].\n\n## Pourquoi en cultiver plusieurs\n\nUne seule céréale, c'est tout perdre en une mauvaise année. Plusieurs céréales, semées à des moments différents, sur des sols différents, c'est l'assurance paysanne depuis toujours.\n\nLe maïs : [[TEC-AGR-027]]. Les cultures qui nourrissent le plus : [[TEC-AGR-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-033","titre":"Les plantes à fibre","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["lin","chanvre","ortie","fibres","rouissage","teillage","filer","fuseau","corde","textile"],"sources":["Confédération européenne du lin et du chanvre, production mondiale de lin textile","Règlement (UE) 2021/2115, teneur en THC du chanvre cultivé","Vogl C.R., Hartl A., Production and processing of organically grown fiber nettle: a review, American Journal of Alternative Agriculture, 2003"],"corps":"::La France, surtout la Normandie, produit l'essentiel du lin textile du monde. Pendant la Première Guerre mondiale, privée de coton, l'Allemagne a fait tisser des uniformes en fibre d'ortie. Les cordes, les draps, les voiles et les vêtements ont été tirés des plantes pendant des millénaires, avec des gestes simples et beaucoup de patience.::\n\n## Les plantes\n\n- **Le lin** : semé au printemps, arraché (pas fauché) en juillet, pour garder toute la longueur des fibres. Il donne la toile de lin et l'huile de ses graines.\n- **Le chanvre** : pousse vite, haut, sans traitement. Des fibres longues et très solides : cordages, toiles, sacs. En Europe, seules les variétés autorisées, pauvres en substance psychoactive, peuvent être cultivées.\n- **L'ortie** : partout, gratuite. Ses fibres sont fines et solides.\n- **La laine** des moutons et le **coton** des pays chauds, pour mémoire.\n\n## Des tiges aux fibres\n\n1. **Le rouissage** : on laisse les tiges au sol, sous la rosée, trois à six semaines, en les retournant. Des microbes décomposent la colle qui tient les fibres. On peut aussi les faire tremper dans une mare ou un bac.\n2. **Le séchage.**\n3. **Le broyage** : on casse la partie ligneuse de la tige avec une broie (deux planches à mâchoires) ou un maillet.\n4. **Le teillage** : on fait tomber les morceaux de bois en frappant les poignées de fibres avec une lame de bois.\n5. **Le peignage** : on passe les fibres dans un peigne à pointes pour les démêler et séparer les longues des courtes.\n\n## Filer et tordre\n\n- **Le fuseau** : un bâton lesté d'un disque, qu'on fait tourner en tirant les fibres. Il suffit à filer tout le fil d'une famille.\n- **La corde** : deux brins tordus chacun dans un sens, puis tordus ensemble dans l'autre. Voir [[TEC-MAT-003]].\n\n## L'ortie, tout de suite\n\nDes tiges d'ortie séchées, fendues, dont on détache l'écorce fibreuse : roulées sur la cuisse, elles donnent en quelques minutes une ficelle très solide.\n\nLe vêtement : [[TEC-MAT-004]]. Le fil : [[TEC-MAT-006]]. La couture : [[TEC-MAT-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-032","titre":"Les plantes à huile","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["huile","tournesol","colza","olive","noix","lin","cameline","presse a vis","rancissement","chiffons huiles"],"sources":["Terres Inovia, fiches techniques tournesol et colza","Conseil oléicole international, rendements en huile","Toussaint-Samat M., Histoire naturelle et morale de la nourriture, 1987"],"corps":"::Dix mètres carrés de tournesols donnent, avec une petite presse à main, de l'ordre d'un litre d'huile. Ce n'est pas beaucoup, et c'est justement ce qui dit la valeur de l'huile : la matière grasse est la chose la plus difficile à produire soi-même. Il faut cinq à six kilos d'olives pour un litre d'huile d'olive.::\n\n## Les plantes\n\n- **Le tournesol** : facile partout en France, graines riches en huile, et les abeilles adorent. Semé en avril-mai, récolté quand le dos de la fleur jaunit et que les oiseaux commencent à picorer : on protège les têtes d'un filet.\n- **Le colza** : semé à la fin de l'été, récolté en juillet. Il demande une vraie culture.\n- **L'olivier** : dans le Midi. Un arbre peut vivre des siècles.\n- **Le noyer et le noisetier** : une huile précieuse, à partir des fruits secs. Voir [[TEC-AGR-030]].\n- **La cameline**, vieille plante oléagineuse européenne, rustique et rapide.\n- **Le lin** et **le pavot** (l'œillette, huile traditionnelle du nord de la France).\n- **Les pépins de courge.** Voir [[TEC-AGR-019]].\n\n## Extraire\n\n- **La presse à vis** manuelle : on la charge de graines sèches et propres, on tourne, l'huile coule, le tourteau sort. C'est de l'huile vierge, pressée à froid.\n- **Laisser reposer** quelques jours pour que le dépôt tombe au fond, puis transvaser.\n- **Le tourteau** (ce qui reste) nourrit les poules et les lapins.\n- **La méthode ancienne** pour les olives et les noix : broyer en pâte, malaxer, presser dans des scourtins (des disques tressés).\n\n## Conserver\n\n- **À l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'air** : bouteilles sombres, bien pleines, au frais.\n- **Les huiles riches en oméga-3** (lin, noix, cameline) rancissent vite : quelques semaines à quelques mois.\n- **Une huile rance** (odeur de peinture, goût âcre) ne se mange plus.\n\n## Attention aux chiffons\n\n**Les chiffons imbibés d'huile de lin** (celle qui sert à protéger le bois) peuvent **prendre feu tout seuls** en séchant en boule. On les étale à plat dehors ou on les noie dans l'eau. Voir [[TEC-CHI-005]].\n\nLes graisses animales : [[TEC-ALI-027]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-031","titre":"Protéger ses cultures des animaux","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["oiseaux","filets","chevreuils","lapins","sangliers","cloture electrique","campagnols","limaces","canards coureurs"],"sources":["Office français de la biodiversité, dégâts de gibier et protection des cultures","Chambres d'agriculture, clôtures électriques contre les sangliers","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Un épouvantail marche quelques jours : les oiseaux comprennent vite qu'il ne bouge jamais. Les chevreuils sautent plus d'un mètre et demi, les lapins creusent sous les grillages, les sangliers retournent un champ de pommes de terre en une nuit. Contre les animaux, il faut une barrière adaptée à chacun, pas un gadget.::\n\n## Les oiseaux\n\n- **Des filets** sur les fraisiers, les cerisiers, les semis de pois et de haricots.\n- **Les effaroucheurs** (épouvantails, CD, rubans brillants) : à **déplacer souvent**, sinon ils ne servent plus à rien.\n- **Des tunnels de grillage** sur les semis.\n\n## Les chevreuils et les cerfs\n\n- **Une clôture haute**, 1,80 m à 2 m.\n- **Des protections individuelles** autour des jeunes arbres : ils mangent les pousses et frottent leurs bois sur les troncs.\n\n## Les lapins et les lièvres\n\nUn grillage à petites mailles d'un mètre de haut, **enterré de 20 à 30 cm** et replié vers l'extérieur, sinon ils passent dessous.\n\n## Les sangliers\n\n**Une clôture électrique** à deux ou trois fils bas (vers 20, 40 et 60 cm), bien entretenue sous le fil. Aucune autre barrière ne les arrête vraiment.\n\n## Sous terre\n\n- **Les campagnols** mangent racines, bulbes et jeunes arbres : plantation dans des paniers de grillage, pièges, et un chat.\n- **Les taupes** abîment plus qu'elles ne mangent : elles mangent des vers et des larves.\n\n## Les limaces et les escargots\n\n- **Les ramasser le soir**, à la lampe, après la pluie.\n- **Des pièges** : une planche posée au sol, retournée le matin ; un pot de bière enterré.\n- **Des canards coureurs** : ils en raffolent et épargnent la plupart des légumes.\n- **La cendre ou le sable** autour des plants, efficaces tant qu'ils restent secs.\n\n## Les autres\n\n- **Les poules** du voisin ou les siennes : grillage autour des planches fraîchement semées. Voir [[TEC-ELE-008]].\n- **Les vols** en période difficile : haie épineuse, chien, voisinage attentif. Voir [[SURV-DEF-008]].\n\nLes insectes et les maladies : [[TEC-AGR-010]] et [[TEC-AGR-014]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-030","titre":"Les arbres qui nourrissent","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["chataignier","noyer","noisetier","chene","glands","arbre a pain","farine de chataigne","fruitiers","foret nourriciere"],"sources":["Pitte J.-R., Terres de Castanide : hommes et paysages du châtaignier de l'Antiquité à nos jours, Fayard, 1986","Crawford M., Creating a Forest Garden, Green Books, 2010","Bainbridge D.A., The use of acorns for food in California: past, present, future, 1986"],"corps":"::Dans les Cévennes, en Ardèche, en Corse, le châtaignier a nourri des vallées entières pendant des siècles : on l'appelait l'arbre à pain. Une fois planté, un arbre nourricier donne pendant des décennies sans labour, sans semis, presque sans travail. On plante pour soi, et surtout pour ceux qui viendront après.::\n\n## Les grands arbres\n\n- **Le châtaignier** : des dizaines de kilos de châtaignes par arbre adulte, farineuses, riches en amidon. Séchées, elles se gardent et se moulent en farine. Il veut une **terre acide**. Voir [[TEC-AGR-029]].\n- **Le noyer** : des noix riches en graisses et en protéines, de l'huile. Lent à produire. Ses feuilles et ses racines gênent les plantes qui poussent dessous.\n- **Le chêne** : les glands se mangent une fois **débarrassés de leurs tanins**. On les casse, on les broie, et on les fait tremper dans de l'eau changée chaque jour jusqu'à ce qu'ils ne soient plus amers. Les peuples de Californie en faisaient leur aliment de base.\n\n## Les arbustes rapides\n\n- **Le noisetier** : produit en trois ou quatre ans, fait une haie, des noisettes grasses et des perches souples.\n- **Le sureau** : fleurs en beignets et en sirop, baies **cuites** en confiture (crues, elles rendent malade).\n- **Le figuier**, **le mûrier**, **l'amandier** dans le Sud.\n\n## Les fruitiers\n\nPommiers, poiriers, pruniers, cerisiers : voir [[TEC-AGR-012]] pour planter et tailler, [[TEC-AGR-013]] pour greffer.\n\n## Planter\n\n- **À l'automne ou en hiver**, hors gel.\n- **Des variétés adaptées** au climat et au sol, de préférence locales.\n- **Des plants greffés** produisent plus tôt ; **des arbres de semis** (une noix, une châtaigne mise en terre) sont plus rustiques et vivent plus longtemps.\n- **Protéger** les jeunes arbres des chevreuils et des lapins avec un grillage.\n\n## La forêt nourricière\n\nGrands arbres, arbustes, plantes grimpantes, vivaces et légumes, étagés comme dans une lisière : une fois installée, elle produit beaucoup pour peu de travail.\n\nLes calories au jardin : [[TEC-AGR-016]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-029","titre":"Corriger un sol acide ou calcaire","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ph","sol acide","sol calcaire","chaulage","cendre","plantes indicatrices","chlorose","matiere organique","vinaigre"],"sources":["GIS Sol, Réseau de mesures de la qualité des sols","COMIFER, guide du chaulage","Rameau J.-C. et al., Flore forestière française (plantes indicatrices)"],"corps":"::Là où poussent spontanément la bruyère, la fougère aigle, le genêt et le châtaignier, la terre est acide. Là où poussent le buis et la clématite sauvage, elle est calcaire. Les plantes sauvages disent la nature du sol avant tout laboratoire. La plupart des légumes aiment une terre au milieu : ni trop acide, ni trop calcaire.::\n\n## Savoir ce qu'on a\n\n- **Un test de pH** de jardinerie, quelques euros : entre 6 et 7, la plupart des légumes sont contents.\n- **Le test du vinaigre** : une poignée de terre sèche, quelques gouttes de vinaigre. **Elle mousse** : la terre est calcaire.\n- **Les plantes du coin**, sauvages ou dans les jardins voisins.\n\n## Une terre trop acide\n\n- **Les signes** : mousses, prêles, mauvaise croissance des choux, des haricots, des betteraves.\n- **Le chaulage** : de la chaux agricole ou du calcaire broyé, épandu à l'automne ou en hiver, en surface. Les doses sont indiquées sur le sac ; on corrige sur plusieurs années plutôt qu'en une fois. Voir [[TEC-CHI-003]].\n- **La cendre de bois** : elle adoucit aussi l'acidité et apporte de la potasse. Avec modération.\n- **Jamais chaux et fumier en même temps** : l'azote s'envole en ammoniac. Quelques semaines d'écart.\n\n## Une terre trop calcaire\n\n- **Les signes** : feuilles jaunes aux nervures vertes (la chlorose) sur les fraisiers, les framboisiers, les arbres fruitiers ; les rhododendrons et les myrtilles meurent.\n- **La matière organique** : compost, terreau de feuilles, paillis, année après année. C'est le seul remède durable.\n- **Choisir des plantes** qui aiment le calcaire, et cultiver en bacs ce qui ne le supporte pas.\n\n## Le plus important\n\n**Le compost** améliore toutes les terres : il rend les terres lourdes plus légères, les terres sableuses plus fraîches, et tamponne les excès d'acidité. Voir [[TEC-AGR-003]]. Lire un sol : [[TEC-SOL-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-028","titre":"Les engrais verts","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["engrais verts","couverts vegetaux","legumineuses","azote","nodosites","phacelie","moutarde","seigle","feverole"],"sources":["Columelle, De re rustica, livre II (les lupins comme engrais)","SARE, Managing Cover Crops Profitably, 3e édition, 2007","Arvalis et Terres Inovia, fiches sur les couverts végétaux"],"corps":"::Il y a deux mille ans, l'agronome romain Columelle conseillait déjà de semer des lupins et de les enfouir pour engraisser les champs. Arrachez aujourd'hui un pied de trèfle ou de fève : les petites boules roses sur ses racines sont des usines qui tirent l'azote de l'air. Un engrais vert, c'est de l'engrais qui pousse tout seul.::\n\n## À quoi ça sert\n\n- **Couvrir le sol** entre deux cultures, au lieu de le laisser nu à la pluie et aux herbes.\n- **Nourrir la terre** : une fois coupées, les plantes deviennent de l'humus.\n- **Fixer l'azote** de l'air, pour les légumineuses (trèfle, vesce, fèves, pois, lupin).\n- **Ameublir** la terre avec leurs racines.\n- **Nourrir les abeilles** en fleurs.\n\n## Lesquels\n\n- **Phacélie** : pousse très vite, fleurs bleues adorées des abeilles, gèle l'hiver.\n- **Moutarde** : très rapide, couvre en un mois. De la famille des choux : on évite avant des choux, radis, navets. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **Trèfle, vesce, féverole** : fixent l'azote, avant des cultures gourmandes (tomates, courges, choux).\n- **Seigle** : semé à l'automne, tient tout l'hiver, étouffe les herbes.\n- **Sarrasin** : en été, pousse vite et étouffe les herbes.\n\n## Comment\n\n1. **Semer à la volée**, dès qu'une planche se libère (fin d'été et automne surtout), et ratisser.\n2. **Couper avant les graines**, au début de la floraison, sinon il se ressème partout.\n3. **Laisser en surface** comme paillis, ou **incorporer** légèrement dans les premiers centimètres.\n4. **Attendre deux à trois semaines** avant de planter : la décomposition gêne les jeunes semis.\n\n## En pratique\n\nUne planche vide en septembre qu'on sème de phacélie ou de féverole, c'est une planche plus riche et moins envahie d'herbes au printemps, pour quelques grammes de graines. Voir [[TEC-AGR-023]].\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-027","titre":"Le maïs","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["mais","teosinte","nixtamalisation","chaux","pellagre","farine","polenta","pollinisation","trois soeurs"],"sources":["Matsuoka Y. et al., A single domestication for maize shown by multilocus microsatellite genotyping, PNAS, 2002","Organisation mondiale de la santé, Pellagra and its prevention and control in major emergencies, 2000","FAO, Le maïs dans la nutrition humaine, 1993"],"corps":"::Le maïs a été tiré, il y a environ 9 000 ans au Mexique, d'une herbe sauvage aux épis minuscules. Les peuples d'Amérique le cuisaient avec de la chaux ou de la cendre. Quand l'Europe l'a adopté sans cette recette, les paysans qui ne mangeaient presque que de la polenta ont été ravagés par la pellagre. Le secret était dans la marmite, pas dans le champ.::\n\n## Cultiver\n\n- **Semer en mai**, dans une terre **réchauffée** (au moins 12 °C), à 3-4 cm de profondeur.\n- **En carré, pas en ligne** : le pollen tombe des panaches du haut sur les soies des épis voisins, portée par le vent. Un seul long rang donne des épis à moitié vides.\n- **Une terre riche** et de l'eau au moment de la floraison.\n- **Butter** le pied quand il fait 30 cm, pour le tenir contre le vent.\n- **Avec des haricots et des courges** : les trois sœurs. Voir [[TEC-AGR-019]].\n\n## Les sortes\n\n- **Le maïs doux** : se mange frais, en été, grillé ou bouilli.\n- **Le maïs à farine ou à polenta** (grain dur ou denté) : il sèche sur pied, se garde des années, se moud.\n- **Le maïs à éclater** (pop-corn).\n\n## Récolter le grain\n\n1. **Laisser sécher sur pied** jusqu'à ce que les feuilles de l'épi soient sèches et les grains durs.\n2. **Finir de sécher** suspendu en tresses, à l'abri.\n3. **Égrener** et stocker très sec, fermé. Voir [[TEC-ALI-022]].\n\n## La nixtamalisation\n\nLa méthode des peuples d'Amérique, qui rend disponible la vitamine du maïs (la niacine) et le rend plus digeste :\n\n1. Environ **1 kg de grains secs**, **2 à 3 litres d'eau**, et **une cuillère à soupe de chaux éteinte alimentaire** (environ 10 g), ou de la cendre de bois tamisée à défaut.\n2. **Mijoter** 30 à 45 minutes, puis **laisser tremper** une nuit.\n3. **Rincer** en frottant pour enlever les peaux.\n4. **Moudre** humide : c'est la pâte des tortillas et des tamales.\n\n**Sans elle**, un régime presque entièrement fait de maïs mène à la **pellagre** : peau abîmée au soleil, diarrhée, troubles de l'esprit, et parfois la mort. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\n## Les graines\n\nLes variétés différentes se croisent à des centaines de mètres : pour garder une variété pure, on la sème seule ou à un autre moment. Voir [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-026","titre":"Les graines germées et les jeunes pousses","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["graines germees","germination","lentilles","haricot mungo","vitamine c","scorbut","bocal","jeunes pousses","hygiene"],"sources":["Chick H., Hume E.M., The distribution among foodstuffs of the substances required for the prevention of beri-beri and scurvy, Journal of the Royal Army Medical Corps, 1917","Institut Robert Koch, rapport sur l'épidémie d'E. coli O104:H4 en Allemagne, 2011","ANSES, graines germées : recommandations d'hygiène"],"corps":"::Une lentille sèche ne contient presque pas de vitamine C. Mise à germer trois jours dans un bocal, elle en fabrique. Pendant la Première Guerre mondiale, des médecins britanniques ont recommandé les légumineuses germées contre le scorbut des troupes qui manquaient de légumes frais. Un bocal, de l'eau, et on a des légumes frais en plein hiver, sans jardin.::\n\n## Faire germer\n\n1. **Un bocal** propre, un morceau de moustiquaire ou de tissu fin tenu par un élastique.\n2. **Tremper** une à deux cuillères de graines 8 à 12 heures dans l'eau.\n3. **Égoutter**, et poser le bocal **incliné, ouverture vers le bas**, à l'abri du soleil direct.\n4. **Rincer deux à trois fois par jour** à l'eau potable.\n5. **Prêt en 2 à 5 jours** selon la graine, quand le germe fait la longueur de la graine ou un peu plus.\n\n## Quelles graines\n\n- **Lentilles, haricots mungo, pois chiches** : faciles, nourrissants, à cuire rapidement ou à manger crus selon le cas.\n- **Luzerne, radis, fenugrec, brocoli** : petites, au goût marqué.\n- **Blé, sarrasin, tournesol** décortiqué.\n- **Des graines vendues pour germer**, ou des graines alimentaires non traitées. **Jamais des semences de jardin**, souvent enrobées de produits.\n- **Jamais de graines de haricot rouge** crues germées : toxiques sans cuisson longue. Voir [[TEC-ALI-017]].\n\n## Les jeunes pousses\n\nSemées serrées sur une fine couche de terreau dans un plateau, près d'une fenêtre : **pois, tournesol, radis, roquette**, coupées au ciseau au bout d'une à trois semaines. Plus de goût et de volume que les graines germées.\n\n## L'hygiène, sans compromis\n\nLa chaleur et l'humidité qui font germer font aussi pousser les bactéries. En 2011, en Allemagne, des graines germées contaminées ont causé une épidémie qui a tué plus de cinquante personnes.\n\n- **Rincer souvent**, à l'eau potable, bocal propre à chaque fois.\n- **Jeter** ce qui sent mauvais ou devient visqueux.\n- **Pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou malades** : les graines germées se mangent **cuites**.\n\nLes carences : [[TEC-ALI-013]]. Les légumineuses : [[TEC-AGR-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-025","titre":"Cultiver sur un balcon ou un toit","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["balcon","toit","bacs","pots","poids","charge","reserve d'eau","agriculture urbaine","herbes aromatiques"],"sources":["Norme NF P06-001, charges d'exploitation des bâtiments","FAO, Growing greener cities (agriculture urbaine)","Nature Urbaine, ferme urbaine du parc des expositions de Paris, 2020"],"corps":"::À Paris, sur le toit du parc des expositions, une ferme urbaine de plus d'un hectare produit fruits et légumes au milieu des immeubles. Un balcon ne nourrira pas une famille, mais il fournit herbes, salades, tomates cerises et haricots tout l'été. La première question n'est pourtant pas « quoi planter », c'est « combien ça pèse ».::\n\n## Le poids d'abord\n\n- **La terre mouillée** pèse lourd : **un bac de 20 cm de profondeur sur un mètre carré dépasse souvent 300 kg** une fois arrosé.\n- Un balcon d'habitation est prévu, en général, pour environ 350 kg par mètre carré, **personnes comprises**.\n- **Les gros bacs contre le mur** et près des appuis, jamais tous au bout du balcon. Un **terreau léger**, pas de la terre de jardin. Dans le doute, demander au syndic ou à un professionnel, surtout pour un toit.\n\n## La lumière et le vent\n\n- **Six heures de soleil** pour les tomates, poivrons, fraises, haricots.\n- **Balcon à l'ombre** : salades, blettes, épinards, persil, menthe, ciboulette.\n- **Le vent** dessèche et casse : un filet ou un canisse comme brise-vent, des tuteurs solides.\n\n## Les contenants\n\n- **Grands** : au moins 20 à 30 litres pour une tomate. Plus il y a de terre, moins on arrose.\n- **Percés** au fond, avec une couche drainante.\n- **Le bac à réserve d'eau** : deux seaux emboîtés, le terreau dans celui du haut, l'eau dans celui du bas, une mèche ou un pot de terreau qui plonge dans la réserve. Arrosage divisé par trois.\n- **Des sacs** pour les pommes de terre, qu'on remplit au fur et à mesure que les tiges montent.\n\n## Ce qui marche le mieux\n\nHerbes aromatiques, salades à couper, radis, blettes, tomates cerises, piments, haricots à rames sur un treillis, fraisiers, petits pois.\n\n## L'eau\n\n- **Arroser le matin**, pailler la surface des bacs. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **Récupérer la pluie** si c'est permis, et l'eau de rinçage des légumes.\n\nUn potager sur une petite surface : [[TEC-AGR-004]]. Faire ses plants : [[TEC-AGR-024]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-024","titre":"Faire ses plants et les repiquer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["plants","semis en godets","repiquage","endurcissement","mottes pressees","lumiere","fonte des semis","pepiniere"],"sources":["Coleman E., The New Organic Grower, Chelsea Green, édition révisée 2018","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Un plant de tomate acheté en jardinerie coûte le prix d'un sachet de cent graines. Faire ses plants, c'est choisir ses variétés, garder ses graines, et ne plus dépendre de personne pour démarrer la saison. Il faut de la lumière, un peu de chaleur, et apprendre à endurcir ses plants avant de les sortir.::\n\n## Ce qu'on sème en godets, ce qu'on sème en place\n\n- **En godets ou en caissette, puis repiqués** : tomates, poivrons, aubergines, choux, poireaux, salades, céleri, courges et concombres (en godets individuels, sans abîmer les racines).\n- **En place directement** : carottes, radis, navets, betteraves, panais, haricots, pois, épinards. Voir [[TEC-AGR-022]].\n\n## Semer\n\n1. **Des contenants** : pots de yaourt percés, rouleaux de papier toilette, briques de lait coupées, caissettes. Ou des **mottes pressées** de terreau, sans pot du tout.\n2. **Un terreau fin**, léger, propre (pas de terre de jardin pleine de graines d'herbes).\n3. **Semer peu profond** : environ deux fois l'épaisseur de la graine.\n4. **Humide, jamais trempé.**\n5. **La lumière** : derrière une fenêtre au sud, ou sous une lampe. Sans assez de lumière, les plants s'allongent et se couchent.\n6. **La chaleur** selon l'espèce : 20 °C pour les tomates, moins pour les choux et les salades.\n\n## Repiquer\n\n- **Quand les premières vraies feuilles** apparaissent (après les deux feuilles rondes du début), on sépare les plants et on les met chacun dans un godet plus grand, en les tenant par une feuille, jamais par la tige.\n\n## Endurcir\n\n**Une à deux semaines avant la plantation**, on sort les plants dehors quelques heures par jour, à l'abri du vent et du plein soleil, puis de plus en plus longtemps. Sortis d'un coup, ils brûlent et stagnent.\n\n## Planter\n\nPar temps couvert ou le soir, dans une terre humide, bien arrosés, et un peu d'ombre les premiers jours s'il fait chaud.\n\n## Les ennuis\n\n**La fonte des semis** : les plantules se couchent d'un coup, la tige pincée. Trop d'eau, pas assez d'air, un terreau sale. On aère, on arrose moins, on recommence dans du propre. Voir [[TEC-AGR-014]].\n\nSemer : [[TEC-AGR-001]]. La serre et le châssis : [[TEC-AGR-011]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-023","titre":"Pailler","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["paillage","paille","feuilles mortes","tonte","bois rameal fragmente","carton","humidite","vie du sol","limaces"],"sources":["Stout R., How to Have a Green Thumb Without an Aching Back, 1955","Lemieux G., travaux sur le bois raméal fragmenté, Université Laval","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Dans une forêt, personne ne bêche, ne désherbe ni n'arrose, et le sol est toujours couvert de feuilles. Dans les années 1950, une jardinière américaine, Ruth Stout, a cessé de bêcher et couvert son potager d'une épaisse couche de foin toute l'année : moins de travail, moins d'arrosage, plus de récoltes. Un sol nu, c'est un sol qui s'assèche, s'érode et se couvre d'herbes.::\n\n## Ce que fait le paillis\n\n- **Il garde l'humidité** : beaucoup moins d'évaporation, beaucoup moins d'arrosage. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Il étouffe les herbes** indésirables.\n- **Il nourrit la vie du sol** : les vers de terre le tirent sous terre et le transforment en humus.\n- **Il protège** la terre de la pluie battante, du soleil brûlant et du gel.\n\n## Avec quoi\n\n- **La paille** et **le foin** : les classiques.\n- **Les feuilles mortes** : gratuites à l'automne, parfaites pour l'hiver.\n- **La tonte de gazon** : en couches fines, séchée un jour avant, sinon elle pourrit en croûte.\n- **Le carton brun**, sans encre ni plastique, recouvert d'une autre matière : il étouffe une prairie pour en faire un potager.\n- **Le compost** mi-mûr.\n- **Le bois raméal fragmenté** (petites branches broyées) et les copeaux : très bien pour les allées, les arbres et les arbustes.\n\n## Comment\n\n- **Sur une terre humide** et déjà réchauffée : un paillis posé trop tôt au printemps garde la terre froide.\n- **5 à 10 cm** d'épaisseur pour les matières fines, plus pour la paille.\n- **Ne pas coller** le paillis contre les tiges.\n- **Rajouter** au fil de la saison, à mesure qu'il se décompose.\n\n## Les inconvénients\n\n- **Les limaces** adorent s'y cacher : les ramasser le soir, pas de paillis au pied des semis fragiles.\n- **Les copeaux frais** mélangés à la terre lui volent de l'azote : on les laisse en surface.\n- **Les graines de foin** : un foin plein de graines resème des herbes.\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]]. Les sécheresses : [[TEC-TER-009]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-022","titre":"Carottes, betteraves et autres racines","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["carottes","betteraves","navets","radis","panais","eclaircir","mouche de la carotte","semis direct","conservation"],"sources":["Banga O., Origin of the European cultivated carrot, Euphytica, 1957","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Pendant des siècles, les carottes cultivées étaient surtout violettes ou jaunes. La carotte orange s'est imposée aux Pays-Bas au XVIIe siècle. La mouche de la carotte, elle, vole au ras du sol : une simple barrière de voile de soixante centimètres de haut autour du rang suffit souvent à la tenir dehors.::\n\n## Les règles des racines\n\n- **Semer en place** : la plupart des racines ne supportent pas le repiquage (la racine se tord et fourche).\n- **Une terre fine, profonde, sans cailloux**, ni fumier frais (qui fait fourcher les carottes).\n- **Éclaircir** : quand les plantules ont quelques feuilles, on en retire pour laisser de la place aux autres. Sans ça, rien ne grossit.\n- **Garder humide** pendant la levée, qui peut être longue.\n\n## Racine par racine\n\n- **La carotte** : semée de mars à juillet, éclaircie à 3 à 5 cm. Levée lente (deux à trois semaines). Contre la mouche : barrière de voile, semis après mai, rotation.\n- **La betterave** : semée d'avril à juin, éclaircie à 10 cm. Chaque « graine » en contient plusieurs. Ses feuilles se mangent comme des blettes.\n- **Le navet** : prêt en six à huit semaines, semé au printemps ou en fin d'été.\n- **Le radis** : trois à quatre semaines. Les radis d'hiver (noirs, roses) se sèment en juillet-août et se gardent.\n- **Le panais** : levée très lente, récolte d'automne et d'hiver ; il devient plus sucré après les gelées.\n- **Le topinambour** : se plante une fois, revient chaque année, envahissant. Voir [[TEC-AGR-016]].\n\n## Garder\n\n- **En terre**, sous un paillis épais, pour les carottes, les panais, les topinambours. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **En cave** dans du sable légèrement humide, ou en silo. Voir [[TEC-ALI-022]].\n- **Couper les fanes** à un centimètre avant de stocker : elles vident la racine de son eau.\n\n## Pourquoi elles comptent\n\nLes racines apportent des calories, du sucre, de la vitamine A (carottes) et se gardent tout l'hiver sans rien d'autre que de la terre et du froid.\n\nLe calendrier : [[TEC-AGR-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-021","titre":"Oignons, ail, poireaux","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["oignons","ail","poireaux","echalotes","bulbilles","habillage","sechage","tresses","conservation"],"sources":["Hérodote, Histoires, livre II, 125","Brewster J.L., Onions and Other Vegetable Alliums, 2e édition, CABI, 2008"],"corps":"::Hérodote raconte qu'une inscription sur la grande pyramide indiquait la somme dépensée en radis, en oignons et en ail pour nourrir les ouvriers. Oignons et ail donnent du goût à tout, se gardent des mois dans un grenier, et presque aucun animal ne vient les manger au jardin.::\n\n## L'ail\n\n- **Planter les gousses** en octobre-novembre (ou en février), pointe en haut, à 2 ou 3 cm de profondeur, tous les 10 cm.\n- **Récolter** en juin-juillet quand les feuilles jaunissent aux deux tiers.\n- **Sécher** quelques jours au soleil puis à l'ombre, en bottes ou en tresses. Il se garde six mois à un an.\n- **Replanter les plus belles gousses** de sa récolte : l'ail se reproduit ainsi indéfiniment.\n\n## L'oignon et l'échalote\n\n- **Les bulbilles** (petits oignons) se plantent en mars, à peine enterrés. **Les graines** se sèment en février-mars.\n- **Récolter** quand les tiges se couchent d'elles-mêmes, par temps sec.\n- **Sécher** au soleil, puis garder au sec et au frais, en tresses ou en cagettes. Les oignons de garde tiennent tout l'hiver.\n\n## Le poireau\n\n- **Semer** en mars-avril en pépinière.\n- **Repiquer** en juin quand ils ont la grosseur d'un crayon : on raccourcit racines et feuilles (l'habillage), et on les descend dans des trous profonds faits au plantoir, qu'on remplit simplement d'eau.\n- **Butter** ou planter profond pour allonger le blanc.\n- **Récolter** de l'automne à la fin de l'hiver : il supporte le gel et se garde en terre.\n\n## Les ennuis\n\n- **La mouche de l'oignon** et **la teigne du poireau** : un voile anti-insectes, la rotation. Voir [[TEC-AGR-010]].\n- **La rouille** (taches orange) : espacer, ne pas mouiller le feuillage.\n- **La pourriture** : terre trop lourde et humide. Butter ou planter sur des buttes.\n\n## Bon à savoir\n\nOignons, ail et poireaux sont **toxiques pour les chiens et les chats**. Et leurs rangs alternés avec les carottes gêneraient les mouches de l'une et de l'autre, selon un vieux conseil de jardinier. Voir [[TEC-AGR-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-020","titre":"Choux et légumes-feuilles","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["choux","chou kale","brocoli","blettes","epinards","salades","mache","pieride","semis echelonnes","vitamine c"],"sources":["Maggioni L. et al., Origin and domestication of cole crops (Brassica oleracea L.), Economic Botany, 2010","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Chou pommé, chou kale, chou-fleur, brocoli, chou de Bruxelles, chou-rave : ce sont tous la même espèce, tirée d'un chou sauvage des falaises de l'Atlantique et sélectionnée pendant des siècles. Le chou kale supporte des gelées sévères et se récolte tout l'hiver, feuille après feuille : de la vitamine C fraîche quand plus rien d'autre ne pousse.::\n\n## Les choux\n\n- **Semer** en pépinière au printemps (choux d'été et d'automne) ou en juin-juillet (choux d'hiver), repiquer quand les plants ont quatre à six feuilles. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Une terre riche et ferme**, bien tassée autour du pied.\n- **Les chenilles** de la piéride (le papillon blanc) : un voile anti-insectes, ou retirer les œufs jaunes sous les feuilles.\n- **Les altises** (petits insectes sauteurs qui criblent les jeunes feuilles de trous) : arroser souvent, elles détestent l'humidité.\n- **La hernie** (racines déformées en boules) : terre trop acide, on chaule, et on ne remet pas de choux au même endroit pendant des années. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **Le chou kale et le chou frisé** : les plus rustiques, on cueille les feuilles du bas au fur et à mesure.\n\n## Les légumes-feuilles\n\n- **Les blettes** : productives, faciles, elles repoussent après la coupe pendant des mois.\n- **Les épinards** : au printemps et à l'automne ; ils montent en graines quand les jours s'allongent.\n- **Les salades** : semées toutes les deux ou trois semaines pour en avoir tout le temps. En été, les variétés qui supportent la chaleur, à mi-ombre.\n- **La mâche** : semée en août-septembre, récoltée tout l'hiver.\n- **La roquette**, le pourpier (été), le cresson.\n\n## Le principe des semis échelonnés\n\nUn petit rang **toutes les deux ou trois semaines** plutôt qu'un grand rang une fois : sinon, tout arrive en même temps et monte en graines ensemble.\n\n## Pourquoi ils comptent\n\nLa vitamine C et les folates des légumes-feuilles et des choux évitent les carences l'hiver. Lactofermentés en choucroute, les choux se gardent des mois : les navires de James Cook en embarquaient contre le scorbut. Voir [[TEC-ALI-002]] et [[TEC-ALI-013]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-019","titre":"Courges et potirons","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["courges","potirons","courgettes","butternut","trois soeurs","pollinisation","oidium","conservation","graines"],"sources":["Smith B.D., The initial domestication of Cucurbita pepo in the Americas 10,000 years ago, Science, 1997","Mt. Pleasant J., The science behind the Three Sisters mound system, 2006","Ashworth S., Seed to Seed, Seed Savers Exchange, 2002"],"corps":"::La courge est l'une des toutes premières plantes cultivées d'Amérique, il y a environ 10 000 ans. Les peuples d'Amérique du Nord la plantaient avec le maïs et le haricot : les trois sœurs. Le maïs sert de tuteur au haricot, le haricot enrichit la terre, et les grandes feuilles de la courge couvrent le sol. Une courge d'hiver bien mûre se garde six mois dans une chambre.::\n\n## Semer et planter\n\n- **En mai**, quand la terre est **bien chaude** (au moins 15 °C), en poquets de deux ou trois graines, ou en godets trois semaines avant au chaud.\n- **Une terre très riche** : un trou rempli de compost ou de fumier bien décomposé. Les courges poussent même sur le tas de compost.\n- **De la place** : un à deux mètres carrés par plante pour les coureuses.\n\n## La pollinisation\n\nChaque plante porte des **fleurs mâles** et des **fleurs femelles** (celles-ci ont un petit fruit à leur base). Les insectes font le travail. S'ils manquent, **on cueille une fleur mâle** le matin et on frotte son pollen sur le cœur de la fleur femelle.\n\n## Soigner\n\n- **Arroser au pied**, pailler. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **L'oïdium** (feutrage blanc sur les feuilles) arrive en fin d'été : du lait dilué, et on ne s'inquiète pas trop s'il vient tard. Voir [[TEC-AGR-014]].\n- **Les courgettes** se cueillent petites, tous les deux jours : oubliées, elles deviennent des massues.\n\n## Récolter et garder\n\n- **Les courges d'hiver** (potiron, butternut, potimarron) : avant les gelées, quand la tige sèche et que la peau ne se raye plus à l'ongle. On garde un bout de tige.\n- **Les laisser durcir** au soleil ou au chaud une dizaine de jours.\n- **Les stocker** au sec, entre 10 et 15 °C : plusieurs mois, parfois toute l'année pour les butternuts. Voir [[TEC-ALI-022]].\n\n## Tout se mange\n\nLes fleurs (en beignets), les graines grillées, la chair, et les jeunes pousses de certaines variétés.\n\n## Les graines\n\nLes courges d'une même espèce se croisent entre elles : pour garder une variété pure, on isole les fleurs femelles dans un sac après une pollinisation à la main. Voir [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-018","titre":"Tomates, poivrons, aubergines","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["tomates","poivrons","aubergines","solanacees","semis au chaud","gourmands","tuteur","mildiou","graines"],"sources":["Smith A.F., The Tomato in America: Early History, Culture, and Cookery, 1994","Ashworth S., Seed to Seed, Seed Savers Exchange, 2002","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Arrivée d'Amérique au XVIe siècle, la tomate est longtemps restée une plante d'ornement dans le nord de l'Europe : cousine de la belladone, on la croyait vénéneuse. Ses feuilles le sont un peu, ses fruits non. Aujourd'hui, c'est le légume le plus cultivé des potagers, et celui dont on garde le plus facilement les graines.::\n\n## Semer au chaud\n\n- **Fin février à mars**, à l'intérieur, **au chaud** (20 à 25 °C) et **à la lumière** : sinon les plants filent, longs et fragiles.\n- **Repiquer** en godets quand apparaissent les premières vraies feuilles. Voir [[TEC-AGR-024]].\n- **Poivrons et aubergines** : un mois plus tôt, et encore plus de chaleur.\n\n## Planter\n\n- **Après les dernières gelées**, à la mi-mai en général. Voir [[TEC-AGR-015]].\n- **Enterrer la tomate profondément**, jusqu'aux premières feuilles : la tige enterrée fait des racines.\n- **Un tuteur** solide ou une cage, planté en même temps.\n- **Au soleil**, à l'abri du vent, dans une terre riche en compost. Voir [[TEC-AGR-003]].\n\n## Conduire\n\n- **Les gourmands** : les pousses qui naissent entre la tige et une feuille. On les pince sur les tomates à grande croissance pour garder une ou deux tiges.\n- **Arroser au pied**, régulièrement, jamais sur les feuilles ; **pailler**. Voir [[TEC-AGR-023]].\n- **Le mildiou** : un abri contre la pluie, les feuilles du bas retirées. Voir [[TEC-AGR-014]].\n\n## Récolter et garder\n\n- **Fin de saison** : les tomates vertes mûrissent à l'intérieur, dans un carton avec une pomme ou une banane.\n- **Sécher, faire des coulis, des conserves.** Voir [[TEC-ALI-005]].\n\n## Garder ses graines\n\n- Des **variétés anciennes** (pas des hybrides marqués F1, dont les graines donnent des plantes différentes).\n- **Tomate** : la pulpe et les graines dans un verre d'eau, deux ou trois jours à fermenter, puis rincer et sécher. **Poivron** : les graines sèches directement. Voir [[TEC-AGR-002]].\n\n## Attention\n\nLes **feuilles et tiges** ne se mangent pas, ni les parties vertes des pommes de terre, de la même famille.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-017","titre":"Le fumier et les excréments humains, sans danger","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fumier","engrais","urine","excrements","compost","toilettes seches","parasites","humanure","azote"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the safe use of wastewater, excreta and greywater, volume 4, 2006","Jenkins J., The Humanure Handbook, 4e édition, 2019","Hanley S., Urban sanitation in preindustrial Japan, Journal of Interdisciplinary History, 1987"],"corps":"::À Edo, l'ancienne Tokyo, au XVIIIe siècle, les excréments se vendaient aux paysans, et ceux des quartiers riches valaient plus cher, parce que leurs habitants mangeaient mieux. Ce que nous tirons à la chasse d'eau, c'est de l'engrais. Mal traité, c'est aussi des vers et le choléra.::\n\n## Le fumier des animaux\n\n- **Frais, il brûle** les plantes et sent l'ammoniac : on le **composte** quelques mois avant de l'étaler, ou on l'épand à l'automne pour le printemps.\n- **Vache, cheval, mouton, chèvre** : les classiques, riches et équilibrés.\n- **Poules** : très riche, à composter ou à mettre en petite quantité.\n- **Lapin** : s'épand presque directement. Voir [[TEC-ELE-009]].\n- **Chien, chat, cochon** : leurs parasites peuvent passer à l'homme. Jamais sur les légumes, sauf après un long compostage très chaud.\n\n## L'urine\n\nL'urine d'une personne en bonne santé contient peu de microbes, et presque tout l'**azote** qu'elle rejette : chaque année, de quoi fertiliser une bonne partie d'un potager.\n\n- **Diluée** dans 5 à 10 fois son volume d'eau, versée **au pied** des plantes, jamais sur les feuilles.\n- **Pour sa propre famille**, on peut l'utiliser directement ; on arrête un mois avant de récolter ce qui se mange cru.\n- Stockée, elle sent fort : on l'utilise vite ou on la garde fermée.\n\n## Les matières fécales\n\nElles portent les vrais dangers : vers (leurs œufs survivent des mois dans le sol), bactéries des diarrhées, hépatite A. Deux façons de les rendre sûres :\n\n1. **Le compost chaud** : mêlées à beaucoup de matière sèche (sciure, paille, feuilles), elles chauffent **au-dessus de 55 °C** plusieurs jours ; puis on laisse mûrir au moins un an.\n2. **Le temps** : stockées **un an et demi à deux ans**, la plupart des microbes meurent.\n\n**Ensuite**, on les met de préférence au pied des arbres fruitiers et des cultures qui ne se mangent pas crues, plutôt que sur les salades et les carottes.\n\n## Les règles\n\n- **Des toilettes sèches bien faites** : un seau, de la sciure après chaque passage, un composteur dédié. Voir [[TEC-CON-014]] et [[SURV-HYG-002]].\n- **Loin des puits et des sources**, à l'abri des chiens et des rats.\n- **Gants et lavage des mains** à chaque manipulation.\n\nLe compost : [[TEC-AGR-003]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-016","titre":"Les cultures qui nourrissent le plus","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calories","rendement","pomme de terre","topinambour","courges","cereales","surface par personne","autonomie alimentaire"],"sources":["Jeavons J., How to Grow More Vegetables, Ten Speed Press, 9e édition, 2017","USDA, FoodData Central (valeurs nutritionnelles)","Imperial War Museums, Dig for Victory"],"corps":"::Un potager plein de salades et de radis est joli, mais il ne nourrit personne : une salade, c'est presque de l'eau. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques ont retourné pelouses et parcs pour cultiver ; le secret des jardins qui nourrissent, c'est de viser les calories.::\n\n## Les champions des calories\n\nPar mètre carré, sous un climat tempéré, dans un sol correct :\n\n- **La pomme de terre** : 2 à 4 kg, soit 1 500 à 3 000 kcal. La reine incontestée. Voir [[TEC-AGR-005]].\n- **Le topinambour** : très productif, pousse presque seul, repousse chaque année. Il nourrit bien, et prévient tout le monde qu'il a été mangé.\n- **La patate douce**, dans les régions chaudes.\n- **Les courges d'hiver** : lourdes, se gardent des mois.\n- **Le panais, la betterave, l'oignon, l'ail, le poireau.**\n- **Les céréales** (blé, maïs, seigle) : moins de kilos par mètre carré, mais secs, denses, stockables des années. Il leur faut de la surface. Voir [[TEC-AGR-009]].\n\n## Les protéines\n\n**Haricots secs, pois, lentilles, fèves** : ils rapportent peu en poids, mais ce sont des protéines, et ils enrichissent le sol. Voir [[TEC-AGR-006]].\n\n## Les vitamines\n\nIl en faut peu de place : **choux et chou kale** (vitamine C, tout l'hiver), **épinards, blettes**, **carottes** (vitamine A), **tomates, poivrons**. Quelques mètres carrés suffisent pour une famille. Voir [[TEC-ALI-013]].\n\n## Combien de surface par personne\n\n- Les méthodes les plus intensives, bien maîtrisées, annoncent **environ 400 m²** pour nourrir une personne, avec un régime surtout végétal.\n- En pratique, pour un débutant, un sol moyen et une année ordinaire, il faut **beaucoup plus**, souvent plusieurs fois ça.\n- **Un petit jardin de 50 m²** ne nourrit pas une personne, mais il fournit les légumes frais, et quelques centaines de kilos de pommes de terre changent déjà une année.\n\n## Planifier\n\n1. **D'abord les calories** : pommes de terre, courges, et ce qui se stocke.\n2. **Ensuite les protéines** : légumineuses.\n3. **Enfin les vitamines** : légumes-feuilles, en petites planches successives.\n4. **Des arbres** : noyers, châtaigniers, pommiers nourrissent pendant des décennies avec presque aucun travail.\n\nUn potager sur une petite surface : [[TEC-AGR-004]]. Le calendrier : [[TEC-AGR-015]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-015","titre":"Le calendrier du potager","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["calendrier","semis","recoltes","saints de glace","gel","temperature du sol","potager","saisons"],"sources":["Société nationale d'horticulture de France, calendrier du jardin potager","Terre vivante, Le guide Terre vivante du potager bio"],"corps":"::Les vieux jardiniers testaient la terre en s'y asseyant fesses nues : si on ne frissonnait pas, on pouvait semer les haricots. Le calendrier qui compte, ce n'est pas celui de la lune, c'est la température du sol et la date des dernières gelées.::\n\n## Les deux dates à connaître\n\n- **Les dernières gelées** : en France, on attend traditionnellement **les saints de glace** (11 au 13 mai) pour mettre dehors tomates, courgettes, haricots. Plus tôt dans le Sud et près de la mer, plus tard en montagne.\n- **Les premières gelées** d'automne, qui arrêtent tout ce qui craint le froid.\n\nEntre les deux, la saison. Avant et après, on sème sous abri ou des légumes qui aiment le froid. Voir [[TEC-AGR-011]].\n\n## Mois par mois (France, climat tempéré)\n\n**Janvier, février**\nSous abri et au chaud : tomates, poivrons, aubergines (fin février). Dehors : fèves, ail, échalotes, et on prépare le sol.\n\n**Mars**\nPois, radis, épinards, salades, oignons, carottes précoces. Fin mars, les premières pommes de terre si le sol se réchauffe.\n\n**Avril**\nPommes de terre, carottes, betteraves, poireaux et choux en pépinière, persil.\n\n**Mai** (après les gelées)\nPlantation des tomates, courgettes, courges, concombres. Semis de haricots, maïs, dès que la terre est tiède.\n\n**Juin**\nRepiquage des poireaux et des choux d'hiver, haricots encore, carottes de garde.\n\n**Juillet, août**\nCarottes et navets d'automne, radis d'hiver, salades et chicorées d'automne, mâche et épinards en fin d'été.\n\n**Septembre, octobre**\nMâche, épinards, oignons blancs, engrais verts sur les planches libres. Ail et fèves en octobre-novembre dans les régions douces.\n\n**Novembre, décembre**\nOn récolte ce qui reste en terre (poireaux, choux, carottes, panais, topinambours), on paille, on plante les arbres. Voir [[TEC-AGR-012]].\n\n## Les températures du sol\n\n- **Pois, fèves, épinards, radis** : germent dans un sol froid, dès 5 °C.\n- **Carottes, betteraves, salades** : vers 8 à 10 °C.\n- **Haricots, maïs** : au moins 12 °C, sinon les graines pourrissent.\n- **Courges, concombres, melons** : 15 °C et plus.\n\n## La lune\n\nAucune étude sérieuse n'a montré d'effet des phases de la lune sur les cultures. Si ça aide à s'organiser, pourquoi pas ; mais un sol froid reste un sol froid, même en lune montante.\n\nSemer : [[TEC-AGR-001]]. Ailleurs dans le monde, on cale le calendrier sur la saison des pluies, pas sur les mois.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-014","titre":"Les maladies des plantes","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["maladies","mildiou","oidium","rouille","pourriture grise","cloque","bouillie bordelaise","lait","prevention"],"sources":["INRAE, Ephytia : identification des maladies des plantes cultivées","Bettiol W., Effectiveness of cow's milk against zucchini squash powdery mildew in greenhouse conditions, Crop Protection, 1999","Agrios G.N., Plant Pathology, 5e édition, Elsevier, 2005"],"corps":"::En 1845, un champignon venu d'Amérique, le mildiou, a pourri les pommes de terre d'Irlande. Un million de morts, un million d'exilés. Au potager, on ne soigne presque jamais une plante malade : on empêche la maladie d'arriver.::\n\n## Prévenir, c'est 90 % du travail\n\n- **Arroser au pied, le matin**, jamais sur les feuilles le soir.\n- **Espacer** les plantes : l'air qui circule sèche les feuilles.\n- **La rotation** : pas la même famille au même endroit deux ans de suite. Voir [[TEC-AGR-007]].\n- **Des variétés résistantes**, souvent indiquées sur les sachets.\n- **Enlever tout de suite** les feuilles et les plantes malades ; pas au compost, sauf un compost très chaud.\n- **Nettoyer les outils** entre deux plantes malades.\n\n## Les plus courantes\n\n**Le mildiou** (tomates, pommes de terre, vigne)\n- Taches brunes qui s'étendent, duvet blanc sous les feuilles, par temps chaud et humide.\n- Un abri contre la pluie pour les tomates, les feuilles du bas retirées.\n- **La bouillie bordelaise** (cuivre et chaux), inventée vers 1885 près de Bordeaux : en prévention, avec modération, car le cuivre s'accumule dans le sol.\n\n**L'oïdium** (courgettes, concombres, rosiers, pommiers)\n- Une poudre blanche sur les feuilles.\n- **Du lait** dilué, une part pour neuf d'eau, pulvérisé chaque semaine : testé et efficace sur les courgettes. Ou le soufre.\n\n**La pourriture grise** (fraises, tomates, salades) : un feutrage gris. Aérer, enlever les parties touchées.\n\n**La rouille** : des pustules orange sous les feuilles. Enlever les feuilles, espacer.\n\n**La cloque du pêcher** : feuilles boursouflées et rouges au printemps. Se traite **avant**, quand les bourgeons gonflent en fin d'hiver.\n\n**La fonte des semis** : les jeunes plants se couchent, la tige pincée au ras du sol. Terreau propre, moins d'eau, plus d'air.\n\n**Les virus** (feuilles marbrées, déformées) : rien ne les soigne. On arrache la plante.\n\nLes ravageurs : [[TEC-AGR-010]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-013","titre":"La greffe","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Moyen","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["greffe","greffon","porte-greffe","cambium","fente","ecusson","anglaise","varietes anciennes","clonage"],"sources":["Garner R.J., The Grafter's Handbook, rééditions depuis 1947","Les Croqueurs de pommes, fiches techniques de greffage"],"corps":"::Toutes les pommes Golden du monde viennent d'un seul arbre, né par hasard dans une ferme de Virginie-Occidentale il y a plus d'un siècle. Chaque pommier Golden en est une greffe, de greffe en greffe. La greffe, c'est cloner un arbre avec un couteau et un bout de raphia.::\n\n## Le principe\n\nOn pose un morceau de la variété qu'on veut (le **greffon**) sur un jeune arbre qui donnera les racines (le **porte-greffe**). S'ils se soudent, l'arbre donnera exactement les fruits du greffon.\n\n**Le secret** : sous l'écorce, une fine couche verte, le **cambium**, fabrique le bois et l'écorce. Les cambiums des deux morceaux doivent **se toucher**. Tout le reste est du détail.\n\n**Ce qui se greffe ensemble** : pommier sur pommier, poirier sur poirier ou sur cognassier, prunier, abricotier et pêcher entre eux. Des espèces trop éloignées ne se soudent pas.\n\n## La greffe en fente (fin d'hiver)\n\n1. **En janvier**, couper des rameaux d'un an sur l'arbre à reproduire ; les garder au frigo ou dans du sable humide.\n2. **En mars**, quand la sève du porte-greffe remonte : scier sa tête net, fendre au couteau sur quelques centimètres.\n3. Tailler le bas du greffon **en biseau**, sur deux faces, avec deux ou trois bourgeons au-dessus.\n4. L'enfoncer dans la fente **sur le côté**, écorce contre écorce.\n5. **Ligaturer** serré, couvrir de mastic toutes les plaies et le haut du greffon.\n\n## La greffe en écusson (été)\n\nEn juillet-août, on prélève **un seul bourgeon** avec un lambeau d'écorce, on le glisse sous l'écorce du porte-greffe fendue en T, on ligature. Rapide, économe en greffons.\n\n## Savoir si ça a pris\n\n- **Fente** : les bourgeons gonflent et s'ouvrent au bout de quelques semaines.\n- **Écusson** : le bout de pétiole laissé à côté du bourgeon **tombe tout seul quand on le touche**. S'il reste collé et sèche, c'est raté.\n\n## Les outils\n\nUn couteau à greffer **très affûté** (une coupe écrasée ne soude pas), du raphia ou de la bande à greffer, du mastic. Des mains propres, et on ne touche pas les coupes.\n\nPlanter l'arbre : [[TEC-AGR-012]]. Les associations locales de sauvegarde des variétés anciennes échangent des greffons chaque hiver.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-012","titre":"Planter et tailler un arbre fruitier","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["arbre fruitier","plantation","taille","pommier","poirier","cerisier","porte-greffe","pollinisation","eclaircissage"],"sources":["Brickell C., Joyce D., RHS Pruning and Training, Dorling Kindersley","Société nationale d'horticulture de France, fiches d'arboriculture fruitière"],"corps":"::« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. » Le 25 novembre, les jardiniers plantaient. Un pommier planté cet hiver donne ses premiers fruits dans trois à cinq ans, puis pendant cinquante. C'est l'investissement le plus rentable d'un jardin.::\n\n## Choisir\n\n- **Le porte-greffe** décide de la taille de l'arbre : nain (deux mètres, fruits rapides), ou vigoureux (grand arbre, longue vie, fruits plus tardifs).\n- **La pollinisation** : beaucoup de pommiers, de poiriers et de cerisiers ont besoin d'**une autre variété** qui fleurit en même temps à proximité. Pruniers et pêchers se débrouillent souvent seuls.\n- **Des variétés locales**, adaptées au climat et résistantes aux maladies.\n\n**Un pépin de pomme** donne un pommier, mais presque jamais la même pomme. C'est pour ça qu'on greffe. Voir [[TEC-AGR-013]].\n\n## Planter\n\n1. **De novembre à mars**, hors gel. Les arbres **à racines nues** sont moins chers et reprennent très bien.\n2. Un trou **large**, pas trop profond. La terre ameublie autour.\n3. **Le bourrelet de greffe** (la bosse en bas du tronc) reste **au-dessus du sol** : enterré, le greffon fait ses propres racines et l'arbre change de nature.\n4. Un tuteur côté vent dominant, un lien souple.\n5. **Arroser copieusement**, même s'il pleut, pour plaquer la terre contre les racines.\n\n## Tailler\n\n- **Pommiers et poiriers** : en hiver, hors gel.\n- **Cerisiers, pruniers, abricotiers** : en été ou juste après la récolte. Taillés en hiver, ils attrapent des maladies par les plaies.\n- **Toujours enlever** : le bois mort, le bois malade, les branches qui se croisent ou partent vers le centre.\n- **Le but** : un arbre ouvert, où la lumière et l'air entrent partout.\n- **Couper net**, juste au-dessus d'un bourgeon tourné vers l'extérieur, avec un outil bien affûté.\n\n## Éclaircir\n\nQuand un arbre porte trop, on enlève une partie des jeunes fruits en juin : les autres grossissent mieux, et l'arbre ne s'épuise pas au point de ne rien donner l'année suivante.\n\nLes maladies : [[TEC-AGR-014]]. Affûter le sécateur : [[TEC-ATE-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-011","titre":"Serre, châssis et couche chaude","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["serre","chassis","voile d'hivernage","couche chaude","fumier de cheval","saison","tunnel","gel"],"sources":["Moreau J.-G., Daverne J.-J., Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris, 1845","Coleman E., The Winter Harvest Handbook, Chelsea Green, 2009","Kropotkine P., Champs, usines et ateliers, 1899"],"corps":"::Au XIXe siècle, les maraîchers de Paris récoltaient salades et melons en plein hiver, sous des cloches de verre posées sur du fumier de cheval, et en vendaient jusqu'à Londres. Pas d'électricité, pas de chauffage : du verre, du fumier et du savoir-faire.::\n\n## Ce qu'on gagne\n\nUne serre ou un châssis sans chauffage gagne **un à deux mois** au printemps et autant à l'automne. Des salades, des épinards, de la mâche se récoltent tout l'hiver sous abri dans une grande partie de la France.\n\n## Les abris, du plus simple au plus grand\n\n- **Le voile d'hivernage** posé sur les cultures : quelques degrés de gagnés, et les petites gelées passent.\n- **La cloche** : une bouteille d'eau de 5 litres coupée, posée sur un jeune plant.\n- **Le châssis** : **une vieille fenêtre** posée en pente sur un cadre en planches, orienté au sud. Le meilleur rapport effort-résultat.\n- **Le tunnel** en plastique sur des arceaux : le plastique traité anti-UV dure quatre à cinq ans.\n- **La serre** vitrée ou en polycarbonate.\n\n## La couche chaude\n\n1. Un tas de **fumier de cheval frais**, pailleux, de 50 cm, arrosé et tassé.\n2. Par-dessus, 15 à 20 cm de **terreau**.\n3. Le châssis sur le tout.\n\nLe fumier fermente et chauffe le sol **pendant plusieurs semaines**. On attend que la première grosse chaleur retombe avant de semer. Au bout de la saison, il est devenu un excellent terreau.\n\n## Les pièges\n\n- **La surchauffe** : un jour de soleil de mars, une serre fermée monte à 40 ou 50 °C et cuit les plants. On ouvre dès que ça dépasse 25 °C.\n- **L'humidité** : mildiou et pourriture adorent l'air confiné. On aère, on arrose le matin, au pied. Voir [[TEC-AGR-014]].\n- **Le froid de la nuit** : des bidons d'eau peints en noir stockent la chaleur du jour et la rendent la nuit.\n\nSemer : [[TEC-AGR-001]]. Un potager sur une petite surface : [[TEC-AGR-004]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-010","titre":"Les ravageurs du potager","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ravageurs","limaces","pucerons","chenilles","doryphores","auxiliaires","savon noir","filets"],"sources":["INRAE, Ephytia : identification des ravageurs et des maladies des plantes","Institut technique de l'agriculture biologique (ITAB), protection des cultures","Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), insectes auxiliaires du jardin"],"corps":"::Au potager, on ne gagne pas une guerre contre les insectes : on penche la balance. Des oiseaux, des coccinelles et des hérissons font l'essentiel du travail, à condition de ne pas les empoisonner avec le reste.::\n\n## Les principaux, et ce qui marche\n\n| Ravageur | Dégâts | Parades |\n|---|---|---|\n| **Limaces et escargots** | Semis et salades dévorés en une nuit | Ramassage à la lampe le soir après la pluie ; pièges à bière enterrés ; planches posées au sol (on relève dessous le matin) ; canards, hérissons, crapauds |\n| **Pucerons** | Pousses tordues et collantes | Jet d'eau ; solution de **savon noir** (une cuillère à soupe par litre) pulvérisée ; les coccinelles et leurs larves en mangent des dizaines par jour |\n| **Chenilles de la piéride** (papillon blanc) | Choux troués jusqu'aux côtes | **Filet anti-insectes** sur les choux ; ramassage des œufs jaunes sous les feuilles |\n| **Doryphore** | Feuilles de pommes de terre rasées | Ramassage quotidien des adultes rayés et des larves rouges, dans un seau d'eau savonneuse |\n| **Mouche de la carotte** | Galeries dans les racines | Voile anti-insectes, semis clair, carottes associées aux poireaux ou oignons |\n| **Oiseaux** | Semis et fruits mangés | Filets, épouvantails qu'on déplace souvent (ils s'habituent) |\n| **Rongeurs** (mulots, campagnols) | Racines, tubercules, bulbes | Chat, pièges, grillage enterré sous les planches de culture |\n\n## Faire travailler les alliés\n\n- **Des fleurs** au milieu du potager (phacélie, bourrache, souci, capucine, fenouil en fleurs) : elles nourrissent les syrphes et les guêpes minuscules qui pondent dans les pucerons.\n- **Un tas de bois, de pierres ou de feuilles** dans un coin : un abri pour les hérissons, les carabes et les crapauds, grands mangeurs de limaces.\n- **Des nichoirs** : une famille de mésanges mange des milliers de chenilles au printemps.\n- **Une mare**, même petite : grenouilles et crapauds.\n\n## Les règles de fond\n\n- **Observez chaque jour** : dix pucerons se gèrent à la main, dix mille non.\n- **Des plantes vigoureuses** résistent mieux : bon sol, bon arrosage, bonne rotation. Voir [[TEC-AGR-007]] et [[TEC-AGR-008]].\n- **Des variétés locales et résistantes**, et plusieurs variétés de chaque légume.\n- **Les insecticides tuent aussi les alliés** : après un traitement, les ravageurs reviennent plus vite que leurs prédateurs. Même les produits « naturels » (pyrèthre, roténone) sont toxiques pour les abeilles et les poissons.\n\nLes poules sont d'excellentes chasseuses de limaces et d'insectes, dans les allées et après la récolte : [[TEC-ELE-008]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-009","titre":"Du blé au pain","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["ble","cereales","moisson","battage","vannage","stockage","mouture","meule","farine"],"sources":["Arvalis Institut du végétal, fiches techniques du blé tendre","FAO, Manuel de manutention et de stockage des grains dans les petites exploitations","Logsdon G., Small-Scale Grain Raising, Chelsea Green, 2e édition"],"corps":"::Entre un champ de blé et une miche de pain, il y a sept gestes : semer, moissonner, sécher, battre, vanner, stocker, moudre. Tous se font à la main, et l'humanité les a faits ainsi pendant dix mille ans.::\n\n## Semer\n\n- **Le blé d'hiver** se sème en octobre-novembre : il germe, passe l'hiver en herbe, et se récolte en juillet. C'est le plus productif.\n- **Le blé de printemps** se sème en mars et se récolte un peu plus tard.\n- **Au jardin**, environ **15 à 20 g de grains par mètre carré**, en lignes espacées de 15 à 20 cm, sur un sol travaillé et désherbé.\n- **Rendement** : de l'ordre de **300 à 500 g de grain par mètre carré** en bonne culture ; moins sans engrais. Cent mètres carrés donnent donc 30 à 50 kg de grain, soit une bonne centaine de pains.\n\n## Moissonner\n\n- **Le bon moment** : les épis sont dorés et penchés, le grain est dur et **ne se raye plus à l'ongle**.\n- **Coupez** à la faucille ou à la faux, par temps sec, liez en **gerbes** et dressez-les en tas, épis en haut, pour finir de sécher une à deux semaines.\n\n## Battre et vanner\n\n- **Battre** : séparer le grain de l'épi. On frappe les gerbes avec un **fléau** (deux bâtons reliés par une courroie), ou on les bat contre un tonneau, ou on les piétine sur une bâche. En petite quantité, les épis dans un sac, frappés au bâton.\n- **Vanner** : séparer le grain de la paille et de la balle (les enveloppes légères). Par un jour de vent, on laisse tomber le mélange d'une certaine hauteur au-dessus d'une bâche : **le vent emporte la balle, le grain lourd tombe**. Un ventilateur fait le vent quand il n'y en a pas.\n\n## Stocker\n\n- **Sec, sec, sec** : le grain se garde bien en dessous de 13 à 14 % d'humidité. Il doit craquer sous la dent, pas s'écraser.\n- **En fûts ou seaux fermés**, à l'abri des rongeurs et des insectes, au frais. Voir [[TEC-ALI-015]].\n- **Le grain entier se garde des années**, bien plus que la farine, qui rancit en quelques mois : on moud au fur et à mesure.\n\n## Moudre sans moulin électrique\n\n- **La meule à main** (deux pierres, celle du dessus tourne) : la plus ancienne machine agricole du monde. Un moulin à céréales manuel à meules ou à disques d'acier se trouve encore dans le commerce.\n- **Un moulin à café manuel**, un mortier et son pilon, par petites quantités.\n- **Tamisez** : la farine grossière pour les bouillies et les galettes, la fine pour le pain.\n\nFaire le pain : [[TEC-ALI-012]]. Garder ses propres semences : [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-008","titre":"Arroser peu et bien","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["arrosage","eau","paillage","binage","oyas","goutte a goutte","secheresse","potager"],"sources":["FAO, Crop water requirements (Irrigation and Drainage Paper 24)","Bainbridge D., Buried clay pot irrigation: a little known but very efficient traditional method, Agricultural Water Management, 2001","Société nationale d'horticulture de France, économiser l'eau au jardin"],"corps":"::Arroser un peu tous les soirs fait des racines paresseuses qui restent en surface et meurent à la première canicule. Arroser beaucoup, rarement, au pied, force les racines à descendre chercher l'eau.::\n\n## Les règles\n\n- **Rarement mais en profondeur** : une ou deux fois par semaine, **10 à 20 litres par mètre carré**, plutôt qu'un peu chaque jour. L'eau doit descendre à 20 ou 30 cm.\n- **Au pied, pas sur les feuilles** : l'eau sur les feuilles s'évapore et favorise les maladies (mildiou, oïdium).\n- **Le matin tôt ou le soir** : moins d'évaporation. Le soir attire les limaces ; le matin est le meilleur compromis.\n- **Vérifiez avec le doigt** : si la terre est humide à deux phalanges de profondeur, on n'arrose pas.\n- **Les semis et les jeunes plants** font exception : arrosages légers et fréquents, en pluie fine, tant que les racines sont courtes.\n\n## Garder l'eau dans le sol\n\n- **Pailler** : 5 à 10 cm de paille, tontes sèches, feuilles, carton, entre les plants. Le paillage garde l'humidité, empêche les mauvaises herbes, et nourrit le sol en se décomposant.\n- **Biner** : casser la croûte qui se forme en surface après la pluie ou l'arrosage. Le vieux dicton des jardiniers le résume : **un binage vaut deux arrosages**.\n- **Enrichir en compost** : un sol riche en humus retient l'eau comme une éponge. Voir [[TEC-AGR-003]].\n\n## Arroser sans y passer ses journées\n\n- **Les oyas** : des pots en terre cuite non vernis, enterrés jusqu'au col près des plantes et remplis d'eau. L'eau suinte lentement à travers la terre cuite, exactement là où sont les racines. Une méthode vieille de deux mille ans, parmi les plus économes qui existent. Un pot de fleurs en terre, trou bouché, fait l'affaire.\n- **La bouteille percée** : une bouteille en plastique percée de petits trous, enterrée à côté d'un plant, goulot vers le haut.\n- **Le goutte-à-goutte** : un tuyau percé posé sous le paillage, alimenté par un bidon surélevé ou une récupération d'eau de pluie. Voir [[SURV-PLUIE-001]].\n\n## En sécheresse\n\n- **Priorité** aux légumes en fruits et aux jeunes plants ; les plantes installées et les arbres tiennent plus longtemps.\n- **L'eau de vaisselle** sans produit, l'eau de cuisson refroidie, l'eau de rinçage des légumes : pour les plantes.\n- **L'ombre** : un voile ou une vieille toile tendue au-dessus des salades aux heures chaudes.\n- **Récoltez tôt le matin**, quand les légumes sont pleins d'eau.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-007","titre":"Rotation et associations de cultures","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["rotation","associations","familles de plantes","trois soeurs","maladies","sol","potager"],"sources":["Coleman E., The New Organic Grower, Chelsea Green","Institut technique de l'agriculture biologique (ITAB), guides de rotation en maraîchage","Mt. Pleasant J., The science behind the Three Sisters mound system, dans Histories of Maize, Academic Press, 2006"],"corps":"::Planter la même chose au même endroit chaque année, c'est offrir aux maladies et aux parasites un buffet qui revient tous les ans. Tourner les cultures, c'est la plus vieille technique de protection des plantes, et elle ne coûte rien.::\n\n## Pourquoi tourner\n\n- **Chaque famille de plantes a ses maladies et ses parasites**, qui restent dans le sol d'une année sur l'autre.\n- **Chaque famille puise dans le sol à sa façon** : certaines sont gourmandes, d'autres enrichissent la terre.\n\nOn change donc chaque année de famille sur une même parcelle, et on ne revient à la même famille qu'après **trois ou quatre ans**.\n\n## Les grandes familles du potager\n\n| Famille | Légumes |\n|---|---|\n| Légumineuses | Haricots, pois, fèves, lentilles |\n| Crucifères | Choux, radis, navets, roquette |\n| Solanacées | Tomates, pommes de terre, poivrons, aubergines |\n| Cucurbitacées | Courges, courgettes, concombres, melons |\n| Alliacées | Oignons, ail, poireaux, échalotes |\n| Ombellifères | Carottes, céleri, persil, panais |\n| Chénopodiacées | Betteraves, blettes, épinards |\n\n## Une rotation simple sur quatre parcelles\n\n1. **Légumineuses** : elles enrichissent le sol en azote.\n2. **Légumes-feuilles gourmands** (choux, salades) : ils profitent de cet azote.\n3. **Légumes-fruits** (tomates, courges) : on y ajoute du compost.\n4. **Légumes-racines et bulbes** (carottes, oignons, betteraves) : ils se contentent d'un sol moins riche.\n\nChaque année, tout décale d'une parcelle.\n\n## Les associations qui ont fait leurs preuves\n\n- **Les trois sœurs** des peuples d'Amérique : **maïs, haricot grimpant et courge** dans la même butte. Le maïs sert de tuteur, le haricot enrichit le sol, la courge couvre le sol et garde l'humidité.\n- **Carottes et poireaux ou oignons** en rangs alternés : leurs odeurs gênent la mouche de l'une et de l'autre.\n- **Œillets d'Inde** (tagètes) au potager : ils limitent certains vers du sol et attirent les insectes utiles.\n- **Des fleurs au milieu des légumes** (bourrache, capucines, phacélie) : elles attirent les pollinisateurs et les prédateurs des pucerons. Voir [[TEC-AGR-010]].\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Notez chaque année** ce qui a poussé où, sur un plan du jardin. On ne s'en souvient jamais trois ans après.\n- **Les engrais verts** (moutarde, phacélie, trèfle) semés entre deux cultures protègent et nourrissent le sol l'hiver.\n- **La pomme de terre et la tomate** sont de la même famille et partagent le mildiou : jamais l'une après l'autre. Voir [[TEC-AGR-005]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-006","titre":"Haricots, pois et lentilles","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["legumineuses","haricots","pois","lentilles","azote","proteines","graines seches","trempage"],"sources":["FAO, Les légumineuses : des graines nutritives pour un avenir durable, 2016","Terres Inovia, fiches techniques des légumineuses à graines","Food Standards Agency (Royaume-Uni), phytohémagglutinine des haricots rouges crus"],"corps":"::Les légumineuses sont les seules plantes qui fertilisent la terre au lieu de l'épuiser, et leurs graines sèches sont la protéine la moins chère du monde. Un rang de haricots, c'est de la viande pour l'hiver.::\n\n## Pourquoi elles sont à part\n\nSur leurs racines vivent des bactéries dans de petites **nodosités** : elles captent l'azote de l'air et le rendent à la plante. Après une culture de légumineuses, le sol est plus riche en azote. C'est pourquoi elles ouvrent les rotations. Voir [[TEC-AGR-007]].\n\nLeurs graines sèches contiennent **20 à 25 % de protéines**, se gardent des années, et associées à une céréale donnent des protéines presque complètes. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\n## Les cultiver\n\n| Plante | Semis | Particularité |\n|---|---|---|\n| **Pois** | Tôt au printemps (février à avril), supportent le froid | Grimpants : un grillage ou des branchages |\n| **Haricots** | Quand la terre dépasse 12 °C (mai) | Craignent le gel. Nains ou à rames (grimpants, plus productifs) |\n| **Fèves** | Automne ou fin d'hiver | Très rustiques, aiment le frais |\n| **Lentilles, pois chiches** | Printemps | Aiment les climats secs et chauds, sols pauvres |\n\n- **Pas d'engrais azoté** : elles le fabriquent.\n- **Semis en poquets** (quelques graines dans un même trou) tous les 30 à 40 cm pour les haricots.\n- **Arrosez au pied** pendant la floraison.\n\n## Récolter en grains secs\n\n1. **Laissez les gousses sécher sur pied** jusqu'à ce qu'elles soient brunes, cassantes, et que les graines **fassent du bruit** quand on les secoue.\n2. **Arrachez les pieds** par temps sec, finissez de les sécher à l'abri.\n3. **Écossez** à la main, ou battez les pieds dans un sac avec un bâton, puis vannez au vent. Voir [[TEC-AGR-009]].\n4. **Séchez encore** quelques jours, puis **mettez au congélateur 4 jours** contre les bruches (petits insectes dans les graines), et stockez en bocaux. Voir [[TEC-ALI-015]].\n\n## Les cuisiner sans danger\n\n- **Les haricots crus sont toxiques** : les haricots rouges surtout contiennent une substance qui provoque de violents vomissements. **Faites-les bouillir franchement au moins 10 minutes** ; une cuisson douce à la mijoteuse ne suffit pas.\n- **Le trempage** d'une nuit divise le temps de cuisson par deux : autant de combustible économisé. Jetez l'eau de trempage.\n- **Les lentilles** n'ont pas besoin de trempage et cuisent en 20 à 30 minutes : les plus pratiques quand le combustible manque.\n\n**Gardez les meilleures graines** pour les ressemer : les légumineuses se reproduisent facilement à l'identique. Voir [[TEC-AGR-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-005","titre":"La pomme de terre","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pomme de terre","plantation","buttage","mildiou","stockage","solanine","rendement","famine"],"sources":["Arvalis Institut du végétal, fiches culturales de la pomme de terre","Centre international de la pomme de terre (CIP), guides de production","Ó Gráda C., Black '47 and Beyond: The Great Irish Famine, Princeton University Press"],"corps":"::La pomme de terre a nourri l'Europe pendant deux siècles : elle donne plus de calories par mètre carré que le blé, pousse presque partout, et se garde tout l'hiver. Sa seule leçon cruelle : ne jamais tout miser sur une seule variété.::\n\n## Pourquoi elle compte\n\n- **Rendement** : un kilo de plants en donne souvent **5 à 10 kilos**, parfois plus.\n- **Énergie** : environ 80 kcal pour 100 g, de la vitamine C, du potassium. Une surface de pommes de terre nourrit plus de gens qu'une même surface de céréales.\n- **Simple** : elle se plante, se butte, se récolte à la main, et se conserve sans transformation.\n\n## Planter\n\n1. **Les plants** : des pommes de terre de semence, ou de consommation saines, pas traitées contre la germination.\n2. **Les faire germer** (prégermer) trois à quatre semaines avant, à la lumière et au frais : de petits germes verts et trapus. Elles lèvent plus vite.\n3. **Planter après les gelées**, quand la terre atteint 8 à 10 °C : en avril ou mai en France.\n4. **À 10 cm de profondeur, tous les 30 à 40 cm**, en rangs espacés de 60 à 70 cm.\n\n## Cultiver\n\n- **Butter** : quand les tiges font 20 cm, ramener la terre au pied en formant une butte. Les tubercules se forment dans la butte, et ceux qui voient la lumière verdissent.\n- **Arroser** pendant la floraison si c'est sec : c'est là que les tubercules grossissent.\n- **Le doryphore** (un scarabée rayé jaune et noir) et ses larves rouges mangent les feuilles : on les ramasse à la main chaque jour. Voir [[TEC-AGR-010]].\n- **Le mildiou** : taches brunes sur les feuilles, qui noircissent en quelques jours par temps chaud et humide. On coupe et on sort les fanes atteintes du jardin, on ne les composte pas.\n\n## Récolter et garder\n\n- **Récoltez quand les fanes sont sèches**, par temps sec, à la fourche-bêche en commençant loin des pieds.\n- **Laissez-les ressuyer** quelques heures au sol, puis une à deux semaines à l'ombre : la peau durcit.\n- **Stockez dans le noir, au frais (4 à 8 °C), un peu humide** : une cave, une caisse de bois couverte, un silo de jardin. Voir [[TEC-ALI-011]]. Elles tiennent jusqu'au printemps.\n- **Loin des pommes**, dont le gaz les fait germer.\n\n## Ce qu'il faut savoir\n\n- **Les parties vertes et les germes sont toxiques** (solanine) : on les coupe largement. Une pomme de terre très verte, amère, se jette.\n- **La famine irlandaise de 1845** a tué environ un million de personnes quand le mildiou a détruit une récolte faite presque d'une seule variété. **Plantez plusieurs variétés**, précoces et tardives, et gardez des plants de chacune.\n- **Pas plus d'une année sur quatre au même endroit** : les maladies s'accumulent dans le sol. Voir [[TEC-AGR-007]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-004","titre":"Un potager sur une petite surface","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["potager","carre potager","balcon","bac","semis","salades","radis","rendement"],"sources":["Bartholomew M., All New Square Foot Gardening, Cool Springs Press","Jeavons J., How to Grow More Vegetables, Ten Speed Press","Société nationale d'horticulture de France, fiches pratiques du potager"],"corps":"::Un carré de 1,20 mètre de côté bien cultivé donne des salades tout l'été. Six carrés nourrissent une famille en légumes frais une bonne partie de l'année. On ne commence pas grand : on commence bien.::\n\n## Où\n\n- **Du soleil** : au moins **6 heures par jour** pour les légumes-fruits (tomates, courgettes, haricots), 4 heures suffisent aux salades et aux légumes-feuilles.\n- **Près du point d'eau** : on arrose ce qui est à portée de main.\n- **Près de la maison** : un potager qu'on voit tous les jours est un potager qu'on soigne.\n\n## Le carré potager\n\n1. **Un cadre de 1,20 m sur 1,20 m** (en planches, briques, palettes), qu'on atteint partout sans marcher dedans.\n2. **Rempli de terre mélangée à du compost** sur 20 à 30 cm. Voir [[TEC-AGR-003]].\n3. **Divisé en 9 ou 16 cases** : une culture par case, semée à mesure qu'une autre est récoltée.\n4. **Paillé** entre les plants (paille, tontes sèches, feuilles) : moins d'arrosage, moins de désherbage.\n\n## Que planter pour commencer\n\n| Culture | Récolte après le semis | Pourquoi |\n|---|---|---|\n| Radis | 25 à 30 jours | Le plus rapide ; on voit tout de suite le résultat |\n| Salades, roquette, épinards | 6 à 8 semaines | On coupe les feuilles, elles repoussent |\n| Blettes | 8 à 10 semaines | Récoltes de l'été jusqu'aux gelées |\n| Haricots à rames | 10 semaines | Poussent en hauteur, beaucoup sur peu de place |\n| Courgette | 8 à 10 semaines | Un pied nourrit une famille, mais prend 1 m² |\n| Tomates (en tuteur) | 3 mois | Productives au soleil, en bac ou au pied d'un mur |\n| Aromatiques | Toute l'année | Persil, ciboulette, thym : peu de place, beaucoup d'usage |\n\n## En bac ou sur un balcon\n\n- **Des bacs de 20 à 30 litres au moins** pour une tomate ou une courgette ; les salades et les radis se contentent de 15 cm de profondeur.\n- **Des trous au fond** et une couche de graviers : les racines pourrissent dans l'eau stagnante.\n- **Le poids** : un bac de terre mouillée pèse lourd. Sur un balcon, les bacs contre le mur, pas au milieu.\n- **Les pommes de terre en sac** : un grand sac de toile ou un pneu empilé, qu'on remplit de terre au fur et à mesure que les tiges montent. Voir [[TEC-AGR-005]].\n\n## Les astuces des jardiniers\n\n- **Semez peu mais souvent** : quelques salades toutes les deux semaines plutôt que trente d'un coup, qui montent toutes en même temps.\n- **Cultivez en hauteur** : haricots, pois, concombres sur un grillage ou des ficelles.\n- **Un binage vaut deux arrosages** : casser la croûte de terre en surface garde l'humidité. Voir [[TEC-AGR-008]].\n- **Gardez les graines** de vos meilleurs légumes pour l'an prochain : [[TEC-AGR-002]].\n- **Commencez par ce que vous mangez** : un potager de légumes qu'on n'aime pas est vite abandonné.","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-003","titre":"Le compost","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["compost","dechets","sol","fertilite","jardin","carbone","azote","humus"],"sources":["ADEME, Le compostage domestique (guide pratique)","Cornell Waste Management Institute, Composting Fact Sheets","Jenkins J., The Humanure Handbook, 4e édition"],"corps":"::Un tas de compost, c'est une usine qui transforme les déchets en terre fertile, gratuitement, avec des milliards d'ouvriers invisibles. Il ne demande que deux choses : le bon mélange, et de l'air.::\n\n## Le principe\n\nDes bactéries, des champignons, des vers et des insectes mangent la matière organique et la transforment en **humus**, une terre sombre qui nourrit les plantes et retient l'eau. Ils ont besoin de trois choses :\n\n- **un mélange de « brun » et de « vert »** ;\n- **de l'humidité**, comme une éponge essorée ;\n- **de l'air**, sinon tout pourrit et sent mauvais.\n\n## Le mélange\n\n| Les « verts », riches en azote | Les « bruns », riches en carbone |\n|---|---|\n| Épluchures, restes de légumes et de fruits | Feuilles mortes, paille, foin sec |\n| Tontes de gazon fraîches | Carton brun et papier journal déchirés |\n| Marc de café, sachets de thé | Petites branches broyées, copeaux, sciure non traitée |\n| Fumier, fientes de poules | Tiges sèches, coquilles de noix |\n\n**La règle simple : à peu près autant de bruns que de verts en volume**, et toujours une couche de bruns par-dessus les restes de cuisine.\n\n**Pas dans le compost** : viande, poisson, os, produits laitiers (ils attirent les rats), plantes malades, mauvaises herbes montées en graines, cendres de charbon, litières de chats et de chiens, bois traité.\n\n## Le faire\n\n1. **Un tas d'au moins un mètre cube**, ou un bac en palettes : assez gros pour chauffer.\n2. **Des couches alternées**, bruns et verts, en commençant par des branches au sol pour l'aération.\n3. **Arrosez** si c'est sec, **ajoutez des bruns** si c'est mouillé et que ça sent.\n4. **Retournez** le tas toutes les quelques semaines : l'air relance le travail.\n5. **Couvrez** d'une bâche ou d'un carton contre la pluie battante.\n\nUn tas bien fait chauffe à 50 ou 60 °C au cœur en quelques jours, ce qui tue beaucoup de graines et de germes. Le compost est **mûr en 6 à 12 mois** : sombre, grumeleux, il sent la terre de forêt, et on n'y reconnaît plus rien.\n\n## Diagnostiquer\n\n- **Ça sent l'œuf pourri ou l'ammoniac** : trop de verts, trop d'eau, pas assez d'air. Ajoutez des bruns, retournez.\n- **Rien ne se passe** : trop sec ou trop de bruns. Arrosez, ajoutez des verts.\n- **Des rats** : il y a de la viande ou du pain, ou les restes ne sont pas couverts.\n- **Des mouches** : couvrez chaque apport de cuisine d'une couche de bruns.\n\n## Les astuces des jardiniers\n\n- **Un tas qui fume en hiver** est un tas qui marche.\n- **Les vers de compost** (petits vers rouges) arrivent seuls dans un tas posé sur la terre : ne le posez pas sur du béton.\n- **Le compost se met en surface**, au pied des plantes, en quelques centimètres : il n'a pas besoin d'être enfoui. Voir [[TEC-SOL-001]].\n- **L'urine** diluée (un volume pour dix d'eau) est un excellent activateur, riche en azote, et parfaitement sûre sur un tas.\n- **Les excréments humains** se compostent aussi, mais à part, pendant au moins un an, et le compost qui en sort va aux arbres, pas aux légumes. Voir [[TEC-CON-006]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-002","titre":"Conserver ses semences","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["semences","agriculture","autonomie","donnees"],"sources":["FAO — Seeds toolkit, seed quality and storage","Svalbard Global Seed Vault — protocoles de conservation","Kew Millennium Seed Bank — seed storage behaviour"],"corps":"::Une récolte nourrit une saison. Une semence conservée nourrit toutes les suivantes. C'est la seule différence entre dépendre et durer.::\n\n## Une graine est vivante\n\nElle respire lentement, consomme ses réserves et vieillit. Toute la conservation consiste à **ralentir ce métabolisme sans le tuer**.\n\nTrois facteurs le gouvernent, et deux dominent largement.\n\n**L'humidité** est le premier. Une graine trop humide respire fort, chauffe, moisit ou germe. Une graine correctement sèche entre en dormance profonde.\n\n**La température** est le second. Le froid ralentit tout. Les banques de semences combinent les deux : séchage poussé puis congélation, ce qui permet des durées de conservation exceptionnelles.\n\n**La lumière et l'oxygène** viennent après, et se traitent avec un contenant opaque et fermé.\n\nUne règle empirique circule chez les conservateurs et résume l'essentiel : **chaque réduction notable de l'humidité, et chaque baisse notable de la température, double approximativement la durée de vie.** Les deux se cumulent.\n\n## Sécher correctement\n\nC'est l'étape décisive et la plus bâclée.\n\nLe séchage se fait **à l'air, à l'ombre, dans un courant d'air**, jamais au soleil direct ni près d'une source de chaleur. Au-delà d'une température modérée, l'embryon est endommagé sans que rien ne se voie : les graines paraissent parfaites et ne lèvent pas.\n\nLe repère pratique : une graine bien sèche **casse net** au lieu de se plier ou de s'écraser. Une grosse graine se fend, un haricot claque.\n\nUn {{dessiccant|Matière qui absorbe l'humidité de l'air ambiant : riz sec, cendre sèche, silice.}} améliore beaucoup le résultat : riz sec, cendre parfaitement sèche, silice récupérée, placés dans le contenant fermé mais sans contact direct prolongé.\n\n## Sélectionner\n\nC'est ce qui distingue une réserve d'une collection.\n\n**Prenez la semence sur les meilleurs plants**, pas sur les fruits restants. Vigueur, santé, précocité, résistance : ce sont ces caractères que vous transmettez.\n\n**Prenez sur plusieurs plants**, jamais sur un seul. Une population issue d'un individu unique perd sa diversité et sa résistance en quelques générations.\n\n**Laissez mûrir complètement.** Une graine récoltée avant maturité n'a pas achevé sa constitution : elle lève mal ou pas du tout. Cela impose souvent de sacrifier le produit — un légume mangé au bon stade gustatif n'a pas encore de graine mûre.\n\n## Le piège des hybrides\n\nBeaucoup de semences commerciales sont des hybrides de première génération. Elles sont vigoureuses et homogènes, et **leur descendance ne l'est pas** : la génération suivante est irrégulière et souvent décevante.\n\nLes variétés dites de population ou anciennes, elles, se reproduisent fidèlement. **Ce sont les seules qui permettent une autonomie réelle**, et c'est un critère de choix bien plus important que le rendement affiché.\n\n## Éviter les croisements\n\nUne plante pollinisée par une variété voisine donne une descendance mélangée.\n\nDeux solutions. **La distance** : séparer les variétés d'une même espèce. **L'isolement** : ensacher les fleurs, ou décaler les floraisons dans le temps.\n\nLes espèces qui s'autofécondent posent peu de problème ; celles qui dépendent du vent ou des insectes en posent beaucoup, et demandent des distances importantes.\n\n## Stocker\n\nSec, froid, obscur, fermé, et **stable**. Les variations d'humidité et de température usent davantage qu'un niveau moyen défavorable constant.\n\n**Étiquetez systématiquement** : espèce, variété, année, provenance. Une réserve non étiquetée devient inutilisable en deux saisons, et c'est l'erreur la plus fréquente.\n\n**Répartissez en plusieurs lots, en plusieurs endroits.** Un stock unique est un point de rupture unique — même raisonnement que pour l'eau dans [[SURV-PLUIE-001]] et pour les réserves dans [[MEM-AGR-001]].\n\n## Vérifier avant de compter dessus\n\nLe pouvoir germinatif décline avec les années, et il décline différemment selon les espèces : certaines perdent l'essentiel en un ou deux ans, d'autres restent viables une décennie.\n\n**Testez avant chaque saison.** Une dizaine de graines entre deux papiers humides, au chaud, pendant quelques jours. La proportion qui germe vous dit s'il faut semer plus dense ou renouveler le lot. Cela prend une semaine et évite de perdre une année entière — voir [[TEC-AGR-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AGR-001","titre":"Semer","axe":2,"categorie":"Agriculture et Botanique","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["agriculture","semis","graines","donnees"],"sources":["FAO — Seeds toolkit, quality seed production","INRAE — germination et levée, bases physiologiques","Royal Horticultural Society — sowing guidance"],"corps":"::Une graine ne pousse pas parce qu'on l'a mise en terre. Elle pousse parce que trois conditions sont réunies, et il suffit qu'une manque.::\n\n## Ce qu'il faut à une graine\n\n**De l'eau.** La première étape de la germination est l'absorption : la graine gonfle, ses enzymes se réactivent, ses réserves deviennent utilisables. Un sol qui sèche pendant cette phase tue l'embryon, et il ne redémarrera pas si on l'arrose ensuite. **La régularité de l'humidité compte plus que la quantité d'eau.**\n\n**De la chaleur.** Chaque espèce possède une plage de température de germination, avec un minimum en dessous duquel rien ne se passe et un optimum où c'est le plus rapide. Semer trop tôt ne fait pas gagner de temps : la graine attend, s'épuise, et pourrit souvent avant de lever. **C'est la température du sol qui compte, pas celle de l'air**, et elle est en retard de plusieurs semaines sur le printemps.\n\n**De l'oxygène.** La germination est un travail qui consomme. Un sol gorgé d'eau ou tassé prive la graine d'air et l'asphyxie. C'est pourquoi la structure du sol pèse autant que sa richesse — voir [[TEC-SOL-001]].\n\nLa lumière n'intervient qu'après, sauf pour quelques espèces à très petites graines qui ne germent qu'en surface, et quelques autres qui exigent l'obscurité.\n\n## La profondeur, la règle qui évite l'échec\n\nUne graine ne dispose que de ses propres réserves pour atteindre la lumière. Trop profonde, elle épuise ses réserves avant de sortir et meurt sans qu'on sache pourquoi. Trop en surface, elle sèche.\n\nLa règle générale : **on enterre une graine à environ deux à trois fois son épaisseur.** Une grosse graine se sème profond, une petite se sème presque en surface, une très fine se dépose et se plombe sans être recouverte.\n\nLe contact entre la graine et la terre est aussi important que la profondeur. Une graine posée dans une poche d'air ne s'humidifie pas. **On tasse légèrement après avoir semé**, c'est ce qui assure la reprise d'humidité.\n\n## Les dormances\n\nBeaucoup de graines sauvages ne germent pas immédiatement, même en conditions parfaites. C'est un mécanisme de protection qui évite de lever au mauvais moment.\n\n**La {{dormance|État de vie ralentie d'une graine, qui l'empêche de germer tant qu'un signal attendu n'est pas venu.}} par le froid** exige une période de basses températures avant de lever. On la lève en simulant l'hiver : plusieurs semaines au froid et à l'humidité. Cela concerne beaucoup d'arbres et de vivaces des régions tempérées.\n\n**La dormance par le tégument** vient d'une enveloppe imperméable qui empêche l'eau d'entrer. On la lève en abîmant légèrement cette enveloppe — frottement sur un abrasif, trempage prolongé — sans blesser l'embryon.\n\nLes plantes cultivées, elles, ont été sélectionnées depuis des millénaires pour germer sans dormance et de façon groupée. C'est un des effets de la domestication décrits dans [[MEM-AGR-001]].\n\n## Semer en place ou repiquer\n\n**En place** convient à ce qui supporte mal d'être déplacé, notamment tout ce qui produit une racine pivotante. On sème plus dense et on éclaircit ensuite — l'éclaircissage est douloureux et indispensable : des plants trop serrés se concurrencent et ne donnent rien. On appelle {{éclaircissage|Suppression volontaire d'une partie des jeunes plants pour laisser aux autres assez de place, de lumière et d'eau.}} cette opération.\n\n**{{Repiquer|Arracher un jeune plant semé en pépinière pour le replanter à son emplacement définitif.}}** permet de démarrer à l'abri, de gagner des semaines et de choisir les plants les plus vigoureux. Le repiquage coupe des racines et provoque un arrêt de croissance de quelques jours : on le fait par temps couvert, en arrosant, et on protège du soleil les premiers jours.\n\n## Pourquoi un semis rate\n\nPar ordre de fréquence : le sol a séché pendant la germination ; la graine était trop profonde ; le sol était trop froid ; le sol était tassé ou détrempé ; la graine était trop vieille ou mal conservée ; les plants n'ont pas été éclaircis.\n\n**Aucune de ces causes ne se voit après coup**, ce qui explique qu'on accuse presque toujours la graine. Tenir une trace écrite — date, profondeur, météo, résultat — vaut plus que n'importe quel conseil général, parce qu'elle est propre à votre terrain.\n\n## La conservation des semences\n\nUne graine est vivante et respire lentement. Trois ennemis la vieillissent : l'humidité, la chaleur et la lumière.\n\nBien séchée, conservée au frais, à l'obscurité et dans un contenant fermé, elle garde son {{pouvoir germinatif|Proportion de graines d'un lot encore capables de lever.}} plusieurs années — la durée varie fortement selon les espèces, de un ou deux ans pour certaines à une décennie pour d'autres.\n\nLa sélection, le séchage et le stockage sont détaillés dans [[TEC-AGR-002]].\n\n**Un test simple avant de semer une réserve ancienne :** faites germer une dizaine de graines entre deux papiers humides. La proportion qui lève vous dit s'il faut semer plus dense ou renoncer. Cela prend quelques jours et évite de perdre une saison. Les conditions de stockage rejoignent celles décrites dans [[TEC-CONS-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AER-003","titre":"Le planeur et le parapente","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["planeur","parapente","vol libre","thermiques","ascendances","finesse","cumulus","orage","cigognes"],"sources":["Fédération française de vol libre, formation et sécurité","FAI, records de distance en planeur (Klaus Ohlmann, 2003)","Reichmann H., Cross-Country Soaring, Soaring Society of America, 1978"],"corps":"::En 2003, dans les Andes, un pilote allemand a parcouru plus de 3 000 kilomètres en planeur, sans moteur, en une seule journée de vol. Il n'a fait que ce que font les cigognes et les buses qui tournent en rond au-dessus des champs sans battre des ailes : monter dans l'air chaud qui s'élève, puis glisser jusqu'à la colonne suivante.::\n\n## Comment on vole sans moteur\n\n- **On descend toujours** par rapport à l'air qui nous entoure. Tout l'art est de trouver de l'air qui monte plus vite qu'on ne descend.\n- **La finesse** : la distance parcourue pour un mètre perdu. Un planeur moderne fait 40 à 60 mètres ; un parapente, 8 à 12.\n\n## Les ascendances\n\n- **Les thermiques** : le soleil chauffe inégalement le sol (un champ labouré, un parking, une falaise au soleil) ; des bulles d'air chaud montent. **Un cumulus** marque souvent le sommet d'un thermique. Les oiseaux planeurs qui tournent en rond les signalent aussi.\n- **Le vent de pente** : le vent qui frappe une crête est dévié vers le haut. On vole le long de la pente.\n- **L'onde** : derrière certaines montagnes, par vent fort, l'air ondule très haut, jusqu'à plusieurs milliers de mètres.\n\n## La sécurité\n\n- **Une école** : le parapente et le planeur s'apprennent avec des moniteurs, pas seul avec une vidéo. Les accidents viennent presque toujours d'une erreur de débutant ou d'une météo mal lue.\n- **Le vent** : trop fort, trop turbulent, on ne décolle pas.\n- **Les orages** : un gros cumulus qui grandit vite aspire tout ce qui vole dessous. Des pilotes de parapente ont été emportés à des altitudes mortelles. On se pose bien avant.\n- **Les lignes électriques**, les arbres, les zones interdites de vol.\n\n## Pourquoi c'est utile de comprendre\n\nLire les thermiques, c'est aussi lire la météo du jour : cumulus qui grandissent l'après-midi, orage probable. Voir [[TEC-TER-011]] et [[SURV-MET-001]].\n\nComment vole un avion : [[TEC-AER-001]]. L'hélicoptère : [[TEC-AER-002]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AER-002","titre":"L'hélicoptère, comment il vole","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["helicoptere","rotor","autorotation","rotor de queue","sikorsky","approcher un helicoptere","zone de poser","treuil","electricite statique"],"sources":["Federal Aviation Administration, Helicopter Flying Handbook, 2019","Sikorsky I., premier vol du VS-300, 1939","Sécurité civile, consignes d'approche des hélicoptères de secours"],"corps":"::Léonard de Vinci a dessiné une vis aérienne vers 1480 ; il a fallu attendre 1939 et Igor Sikorsky pour qu'un hélicoptère à un seul rotor vole vraiment. Contrairement à une idée reçue, un hélicoptère dont le moteur lâche ne tombe pas comme une pierre : ses pales continuent de tourner dans l'air et le pilote peut se poser. Mais au sol, c'est son rotor de queue qui tue.::\n\n## Comment il vole\n\n- **Les pales du rotor** sont des ailes qui tournent. En changeant leur angle toutes ensemble, le pilote monte ou descend ; en inclinant le rotor, il avance, recule, part de côté.\n- **Le rotor de queue** empêche la carlingue de tourner sur elle-même dans l'autre sens.\n- **L'autorotation** : moteur coupé, l'air qui remonte à travers le rotor le fait tourner, comme une graine d'érable qui tombe. Juste avant le sol, le pilote utilise cette énergie pour freiner et se poser.\n\n## Approcher un hélicoptère\n\n- **Attendre le signe** du pilote ou de l'équipage.\n- **Par l'avant**, dans le champ de vision du pilote, **jamais par l'arrière** : le rotor de queue tourne si vite qu'on ne le voit pas.\n- **Se baisser**, tenir son chapeau et ses objets : le souffle du rotor arrache tout.\n- **En pente**, arriver et repartir **par le côté bas** : côté haut, les pales passent plus près du sol.\n- **Ne jamais lever** les bras, un bâton, une antenne.\n\n## Préparer une zone de poser\n\n- **Un terrain plat**, dégagé d'environ 30 m sur 30, sans câbles ni arbres autour.\n- **Rien qui s'envole** : bâches, tôles, vêtements.\n- **Une personne** dos au vent, bras levés en Y, pour indiquer le lieu. Voir [[SIG-COM-011]].\n\n## Le treuil\n\n**Laisser le crochet toucher le sol ou l'eau** avant de le saisir : il est chargé d'électricité statique et peut donner une décharge violente. Puis suivre exactement les consignes du sauveteur.\n\nL'avion : [[TEC-AER-001]]. Se signaler : [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"TEC-AER-001","titre":"Comment vole un avion","axe":2,"categorie":"Mécanique et Transport","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["avion","vol","mecanique","transport"],"sources":["FAA — Pilot's Handbook of Aeronautical Knowledge","FAA — Airplane Flying Handbook","Direction générale de l'aviation civile — bases théoriques du pilotage"],"corps":"::Un avion ne tient pas en l'air par la puissance de son moteur. Il tient par sa vitesse, et c'est une distinction qui sauve.::\n\n## Les quatre forces\n\n**La portance** soutient l'avion. Elle est produite par l'aile qui dévie l'air vers le bas ; en réaction, l'air pousse l'aile vers le haut. Elle croît avec le carré de la vitesse et avec l'angle que fait l'aile avec le flux d'air.\n\n**Le poids** s'y oppose.\n\n**La traction** propulse, fournie par l'hélice ou le réacteur.\n\n**La traînée** freine, et elle augmente elle aussi avec la vitesse.\n\nEn vol stable, ces forces s'équilibrent deux à deux. **La conséquence contre-intuitive à retenir : le moteur ne fait pas monter l'avion, il l'accélère. C'est l'aile qui le soutient.**\n\n## Les trois axes et les commandes\n\nUn avion pivote autour de trois axes, chacun commandé séparément.\n\n**Le tangage** — le nez monte ou descend. Commandé par le manche d'avant en arrière, qui agit sur la profondeur, à l'arrière.\n\n**Le roulis** — une aile monte, l'autre descend. Commandé par le manche à gauche ou à droite, qui agit sur les ailerons.\n\n**Le lacet** — le nez pivote horizontalement. Commandé par les palonniers, au pied, qui agissent sur la dérive.\n\n**La manette des gaz** contrôle la puissance.\n\nLe point que tout élève met du temps à intégrer : **le manche ne contrôle pas l'altitude, il contrôle la vitesse ; la puissance ne contrôle pas la vitesse, elle contrôle l'altitude.** Tirer sur le manche cabre l'avion, ce qui le ralentit ; il monte brièvement puis décroche si la puissance ne suit pas.\n\n## Le décrochage, ce qu'il faut absolument comprendre\n\nAu-delà d'un certain angle entre l'aile et le flux d'air, l'écoulement se détache et **la portance s'effondre brutalement**. L'avion cesse de voler et tombe, le nez haut.\n\nDeux idées fausses tuent régulièrement. La première est de croire que le décrochage dépend de la vitesse seule : il dépend de l'angle, et il peut donc se produire à n'importe quelle vitesse. La seconde est de réagir en tirant sur le manche parce que l'avion descend — ce qui augmente encore l'angle et aggrave tout.\n\n**La sortie de décrochage consiste à pousser le manche pour réduire l'angle, puis à ajouter de la puissance.** Rendre de l'altitude pour retrouver du vol. C'est contraire à l'instinct, et c'est la manœuvre la plus importante de tout le pilotage.\n\n## Le vol plané, si le moteur s'arrête\n\nUn avion sans moteur ne tombe pas : il plane. Chaque type possède une finesse, c'est-à-dire une distance parcourue horizontalement par unité d'altitude perdue, et un avion léger parcourt typiquement plusieurs kilomètres depuis mille mètres.\n\nLa règle est de **maintenir immédiatement la vitesse de meilleur plané en piquant légèrement**, puis de chercher un terrain devant soi, jamais derrière — un demi-tour à basse altitude consomme énormément de hauteur et provoque les accidents les plus fréquents de cette catégorie.\n\n## Les instruments essentiels\n\n**L'anémomètre** donne la vitesse relative à l'air, la seule qui compte pour voler. **L'altimètre** donne l'altitude, à partir de la pression, et doit être calé sur une référence connue. **L'horizon artificiel** donne l'assiette et l'inclinaison, indispensable dès qu'on perd la vue du sol. **Le compas** donne le cap.\n\nSans visibilité extérieure, l'oreille interne induit en erreur en quelques dizaines de secondes : la sensation d'être à plat alors qu'on est en virage engagé est une illusion documentée et mortelle. **Dans ce cas, on croit les instruments et non ses sensations.**\n\n## Si vous êtes passager et devez agir\n\nCette fiche ne remplace pas une formation, et il faut le dire nettement. Mais une situation existe où quelques principes valent mieux que rien : un passager seul aux commandes.\n\nL'ordre est toujours le même. **Voler d'abord** : garder les ailes à plat et le nez à l'horizon, sans gestes brusques. **Naviguer ensuite** : maintenir un cap stable. **Communiquer enfin** : chercher la radio, appeler à l'aide, décrire ce qu'on voit.\n\nNe touchez à rien tant que l'avion vole correctement. La quasi-totalité des aggravations vient de corrections excessives : les commandes d'un avion demandent des mouvements très faibles, et l'appareil est naturellement stable si on le laisse tranquille.\n\nLes principes moteurs communs à tous les engins sont dans [[TEC-MOTH-001]], et l'usage de la radio dans [[TEC-RAD-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-EVE-003","titre":"La dernière glaciation et le peuplement du monde","axe":1,"categorie":"L'Éveil","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","prehistoire","climat","glaciation","migration","mer"],"sources":["Clark P.U. et al., The Last Glacial Maximum, Science, 2009","Dillehay T., Monte Verde: A Late Pleistocene Settlement in Chile","Bennett M. et al., Evidence of humans in North America during the Last Glacial Maximum, Science, 2021","Gaffney V. et al., Europe's Lost World: The Rediscovery of Doggerland"],"corps":"::Au plus fort de la dernière glaciation, la mer était cent vingt mètres plus bas qu'aujourd'hui. Des continents se touchaient, et des pays entiers étaient à sec là où il y a aujourd'hui de l'eau.::\n\n## Les chiffres de base\n\nLe **dernier maximum glaciaire** se situe entre environ **26 500 et 19 000 ans avant le présent**. Les calottes couvrent le Canada, la Scandinavie, le nord des îles britanniques et une grande partie du nord de la Russie, sur des épaisseurs atteignant trois kilomètres.\n\nToute cette eau vient de la mer. **Le niveau marin est inférieur d'environ 120 à 130 mètres au niveau actuel.** C'est la conséquence la plus lourde et la moins intuitive : elle redessine la carte du monde.\n\nLa glaciation s'achève vite à l'échelle géologique. Vers 11 700 ans avant le présent, après un dernier sursaut froid de plus de mille ans — le Dryas récent —, le climat bascule dans l'Holocène, la période chaude et stable dans laquelle nous vivons encore.\n\n## Les terres qui ont disparu\n\n**La Béringie.** L'Alaska et la Sibérie ne sont pas séparés : ils forment une plaine continue, large de plus de mille kilomètres, froide, sèche et habitable. Ce n'est pas un pont qu'on traverse, c'est un pays où l'on vit.\n\n**Le Sahul.** L'Australie, la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie forment un seul continent.\n\n**Le Sunda.** La péninsule malaise, Sumatra, Java et Bornéo sont reliés à l'Asie.\n\n**Le Doggerland.** Entre l'Angleterre et le Danemark, la mer du Nord actuelle est une plaine giboyeuse, avec des rivières et des zones humides. Les chaluts y remontent encore des outils, des ossements et de la tourbe. Elle est submergée entre 8 000 et 6 000 avant notre ère.\n\nLa conséquence générale tient en une phrase : **une très grande partie des sites côtiers habités pendant la glaciation est aujourd'hui sous l'eau.** Ce que nous connaissons de cette période est donc structurellement biaisé vers l'intérieur des terres.\n\n## Le peuplement des Amériques\n\nC'est le dossier le plus discuté de la préhistoire récente, et il a beaucoup bougé.\n\nLe schéma classique faisait entrer les premiers Américains par la Béringie vers 13 000 ans, associés aux pointes de Clovis. Il ne tient plus tel quel.\n\n- **Monte Verde**, au Chili, est daté d'environ 14 500 ans — bien avant Clovis, et à l'autre bout du continent.\n- Des sites plus anciens sont proposés, et les **empreintes de pas de White Sands**, au Nouveau-Mexique, ont été datées entre 23 000 et 21 000 ans. La datation est contestée, le débat n'est pas clos.\n- Une **route côtière** par le Pacifique, longeant la lisière des glaces en embarcation, est aujourd'hui jugée au moins aussi probable que le corridor intérieur entre les deux calottes, lequel n'a sans doute été praticable que tardivement.\n\nCe qu'il faut retenir : **l'arrivée est plus ancienne et plus maritime que ne le disait le modèle du vingtième siècle.**\n\n## La mégafaune\n\nEntre 50 000 et 10 000 ans, la plupart des très grands mammifères disparaissent : mammouths, rhinocéros laineux, paresseux géants, marsupiaux géants d'Australie, chevaux et chameaux d'Amérique du Nord.\n\nDeux causes sont invoquées et elles ne s'excluent pas : le changement climatique rapide de la fin de la glaciation, et la chasse humaine. Un argument revient dans le débat : **les extinctions suivent souvent l'arrivée des humains plus fidèlement qu'elles ne suivent le climat**, et elles épargnent largement l'Afrique, où la faune avait évolué en présence d'hominidés depuis des millions d'années.\n\n## Pourquoi cela compte encore\n\nDeux choses.\n\nD'abord, **l'Holocène est une anomalie de stabilité.** Les onze mille dernières années sont climatiquement bien plus calmes que les cent mille qui précèdent. Toute l'agriculture, toutes les villes et toute l'histoire écrite tiennent dans cette fenêtre. Voir [[MEM-AGR-001]].\n\nEnsuite, l'ordre de grandeur : **cent vingt mètres de niveau marin séparent un monde glaciaire d'un monde chaud.** C'est la mesure de ce qu'un climat fait à une géographie, et c'est le genre de chiffre qu'on a intérêt à avoir en tête. Voir [[MEM-ANT-003]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-EVE-002","titre":"Sortir d'Afrique","axe":1,"categorie":"L'Éveil","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","prehistoire","migration","genetique","sapiens"],"sources":["Hublin J.-J. et al., New fossils from Jebel Irhoud, Nature, 2017","Green R., Pääbo S. et al., A Draft Sequence of the Neandertal Genome, Science, 2010","Clarkson C. et al., Human occupation of northern Australia by 65,000 years ago, Nature, 2017","Reich D., Who We Are and How We Got Here"],"corps":"::Notre espèce a près de trois cent mille ans. L'essentiel de son histoire s'est déroulé en Afrique, et tous les humains vivant hors d'Afrique descendent d'un seul départ réussi.::\n\n## Les dates établies\n\n**Environ 315 000 ans** — Jebel Irhoud, au Maroc. Les plus anciens restes actuellement attribués à notre espèce. Le visage est déjà le nôtre, la boîte crânienne pas encore tout à fait.\n\n**Environ 230 000 ans** — Omo Kibish, en Éthiopie. Anatomie pleinement moderne.\n\n**Entre 200 000 et 100 000 ans** — plusieurs sorties hors d'Afrique sont attestées : Misliya en Israël vers 185 000 ans, Skhul et Qafzeh vers 120 000 à 90 000 ans. **Aucune n'a laissé de descendance chez les humains actuels.** Ce sont des rameaux qui se sont éteints.\n\n**Environ 60 000 à 50 000 ans** — la sortie qui a tenu. Tous les humains vivant aujourd'hui hors d'Afrique en descendent.\n\n**Environ 65 000 à 50 000 ans** — Australie. Le site de Madjedbebe donne les dates les plus hautes, et elles restent discutées. L'arrivée suppose une traversée maritime de plusieurs dizaines de kilomètres, jamais franchissable à pied même au plus bas niveau des mers.\n\n**Environ 45 000 ans** — Europe, avec le site de Bacho Kiro en Bulgarie, puis l'ouest du continent en quelques millénaires.\n\n**Environ 40 000 ans** — disparition des derniers Néandertaliens.\n\n## Ce que dit la génétique\n\nLe séquençage de l'ADN ancien, à partir de 2010, a tranché des débats qui duraient depuis un siècle.\n\n**Il y a eu métissage.** Les génomes des humains non africains actuels contiennent **1 à 2 % d'ADN néandertalien**. Ceux des populations de Papouasie et d'Australie contiennent en plus **4 à 6 % d'ADN dénisovien**, venu d'un groupe qu'on ne connaissait au moment de sa découverte que par une phalange et deux dents.\n\n**Il y a eu un goulot d'étranglement.** La diversité génétique de l'ensemble des humains non africains est plus faible que celle d'une seule région d'Afrique. Autrement dit : les milliards d'humains d'Europe, d'Asie, d'Océanie et des Amériques descendent d'un groupe fondateur très réduit.\n\n**Les mouvements n'ont pas été à sens unique.** Des retours vers l'Afrique sont documentés, et les populations africaines actuelles restent les plus diverses du monde — ce qui est attendu pour la région où l'espèce a passé les deux tiers de son existence.\n\n## Ce qui a été emporté\n\nLe départ n'est pas celui d'une espèce nue. Vers 60 000 ans, le bagage technique est déjà considérable : le feu maîtrisé depuis très longtemps — voir [[MEM-EVE-001]] —, l'outil composite emmanché, la couture, la corde, le vêtement ajusté, la navigation sur des distances qui supposent une embarcation, et la capacité de vivre du froid extrême au désert.\n\n**C'est cette adaptabilité qui distingue le mieux notre espèce dans le registre fossile**, bien plus que la force ou l'endurance. Aucun autre grand mammifère n'occupe simultanément la toundra, la forêt équatoriale, le désert et la haute montagne.\n\n## Ce qui reste discuté\n\nLes dates les plus anciennes sont régulièrement révisées, presque toujours vers le haut, et plusieurs sites font l'objet de désaccords méthodologiques sérieux, notamment sur la datation des couches et sur l'attribution des outils.\n\nLe schéma général, lui, est stable depuis une quinzaine d'années : **origine africaine ancienne, plusieurs tentatives de sortie, une seule expansion tardive qui a peuplé le reste du monde, avec des métissages locaux.** Voir [[MEM-EVE-003]] pour ce que la glaciation a rendu possible.","langue":"fr"},{"id":"MEM-EVE-001","titre":"Le feu, la cuisson et ce qu'ils ont fait de nous","axe":1,"categorie":"L'Éveil","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","feu","alimentation","evolution"],"sources":["Wrangham R., Catching Fire: How Cooking Made Us Human","Travaux archéologiques sur les foyers de Wonderwerk et Gesher Benot Ya'aqov","Aiello L., Wheeler P., The Expensive-Tissue Hypothesis, Current Anthropology"],"corps":"::Aucune autre espèce ne cuit sa nourriture. Les premiers foyers maîtrisés attestés remontent à plusieurs centaines de milliers d'années.::\n\nLe feu n'est pas une commodité dans l'histoire humaine. C'est une bifurcation.\n\n## Ce que la cuisson change dans un aliment\n\nTrois effets se produisent en même temps, et chacun compte.\n\n**La cuisson pré-digère.** La chaleur casse les longues chaînes d'amidon et déplie les protéines. L'organisme dépense alors beaucoup moins d'énergie pour extraire la même quantité de calories. Un aliment cuit rend davantage que le même aliment cru, pour un travail intérieur bien moindre.\n\n**Elle rend comestible ce qui ne l'était pas.** Beaucoup de tubercules, de graines et de légumineuses contiennent des composés qui les rendent indigestes ou toxiques crus, et que la chaleur détruit. Cuire, c'est élargir d'un coup la liste de ce qu'on peut manger — et cette logique reste exactement la même aujourd'hui, comme le rappelle [[TEC-CONS-001]].\n\n**Elle tue ce qui vit dedans.** Parasites et bactéries. La même raison qui fait qu'on porte une eau douteuse à ébullition dans [[URG-EAU-001]].\n\n## La conséquence sur le corps\n\nMâcher et digérer coûtent cher. Les grands singes y consacrent plusieurs heures par jour et portent un appareil digestif volumineux. Chez l'humain, l'intestin est proportionnellement plus court, les mâchoires plus faibles, les dents plus petites — et le cerveau, lui, est démesuré et vorace en énergie.\n\nL'hypothèse dite du tissu coûteux relie les deux : un organisme ne peut pas entretenir simultanément un très gros système digestif et un très gros cerveau. En transférant une partie du travail digestif au feu, la cuisson a libéré le budget énergétique qui a permis l'autre. **Le feu a fait une partie de la digestion à notre place, et l'économie réalisée est allée au cerveau.**\n\nC'est une hypothèse, discutée, et les datations des premiers foyers maîtrisés le sont aussi. Ce qui n'est pas discuté, c'est le résultat : aucune population humaine connue ne vit d'une alimentation entièrement crue sans y perdre en masse et en fertilité.\n\n## La conséquence sociale, plus profonde encore\n\nLe feu impose des choses qu'aucune autre technique n'impose.\n\nIl faut **le garder**. Un foyer demande une surveillance continue, donc quelqu'un qui reste, donc un lieu où l'on revient. Le feu crée le camp avant que l'agriculture ne crée le village.\n\nIl faut **le partager**. On ne cuit pas une portion individuelle sur un grand feu : on cuit pour le groupe. Le repas cuit est le premier moment où la nourriture cesse d'être consommée là où elle est trouvée, pour être rapportée, transformée et répartie. C'est le début du partage différé, donc de l'obligation réciproque — le mécanisme même que décrit [[SURV-TROC-001]].\n\nEt il crée **la soirée**. Avant le feu, l'activité s'arrête avec le jour. Après, il existe plusieurs heures quotidiennes où l'on est ensemble, éveillés, sans pouvoir travailler ni chasser. Les observations menées chez des groupes de chasseurs-cueilleurs contemporains montrent que la conversation autour du feu de nuit change de nature par rapport à celle du jour : elle porte moins sur l'organisation immédiate et davantage sur les récits, les absents, les règles. **Le feu n'a pas seulement cuit la nourriture. Il a fabriqué le temps disponible pour raconter.**","langue":"fr"},{"id":"MEM-EFF-001","titre":"Comment les sociétés s'effondrent","axe":1,"categorie":"Ce qui se répète","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","societe","effondrement","organisation"],"sources":["Joseph Tainter, The Collapse of Complex Societies","Travaux archéologiques sur l'effondrement de l'âge du bronze récent","Recherches sur la chute des systèmes d'irrigation mésopotamiens"],"corps":"::Les effondrements documentés se ressemblent : une complexité qui coûte plus qu'elle ne rapporte, puis un choc ordinaire qui devient fatal.::\n\nL'image d'une civilisation détruite par un événement unique — une invasion, un séisme, une sécheresse — est presque toujours fausse. Les mêmes chocs frappent régulièrement des sociétés qui les absorbent sans difficulté. Ce qui distingue celles qui tombent, ce n'est pas la violence du choc : c'est ce qu'elles avaient encore comme marge.\n\n## Le mécanisme central\n\nUne société résout ses problèmes en ajoutant de la complexité : des administrations, des spécialistes, des infrastructures, des règles. Chaque ajout fonctionne, et chaque ajout coûte.\n\nLe problème est que **le rendement de la complexité diminue**. Le premier canal d'irrigation transforme une région. Le vingtième gagne quelques pourcents. Le premier échelon administratif rend la décision possible ; le cinquième la ralentit. Arrive un point où maintenir le système consomme davantage que ce qu'il rapporte, et où la société entière travaille à financer sa propre structure.\n\nÀ ce stade, elle n'est pas encore en danger. Elle est simplement **sans marge**. Un choc ordinaire — une mauvaise récolte, une épidémie, une révolte de frontière — devient alors un choc fatal, non pas parce qu'il est plus fort, mais parce qu'il n'y a plus rien pour l'absorber.\n\nC'est pourquoi l'effondrement, vu de l'intérieur, ressemble rarement à une catastrophe. Il ressemble à une succession de renoncements raisonnables : un service qu'on ne rétablit pas, une route qu'on ne répare plus, une garnison qu'on ne remplace pas.\n\n## Ce qui revient dans tous les cas documentés\n\n**L'interdépendance transmet le choc.** Le système commercial de la fin de l'âge du bronze reliait une dizaine de puissances par des flux de métaux, de céréales et d'artisans. Chacune était plus riche grâce aux autres, et chacune était devenue incapable de vivre sans elles. Quand quelques nœuds ont cédé, l'ensemble s'est défait en quelques décennies. Une chaîne d'approvisionnement est un gain d'efficacité en temps normal et un vecteur de propagation en temps de crise.\n\n**Le savoir disparaît plus vite que les bâtiments.** Il ne tient pas dans les pierres mais dans des gens qui le pratiquent et le transmettent. Rompez une génération de transmission, et une technique maîtrisée depuis des siècles est perdue, alors même que ses produits sont encore visibles partout. Des sociétés ont vécu au milieu de ruines qu'elles ne savaient plus construire.\n\n**L'écriture s'éteint la première.** Elle appartient à un petit groupe de spécialistes que seule une administration peut entretenir. Quand cette administration cesse de payer, l'écriture cesse — et c'est précisément pour cela que les périodes d'effondrement nous sont si peu connues : elles n'ont laissé personne pour les décrire.\n\n**Le local reprend la main.** L'échelle s'effondre avant que la vie ne s'arrête. Les grands ensembles se fragmentent en unités qui se nourrissent elles-mêmes. Ce n'est pas la fin de tout : c'est un changement d'échelle brutal, dans lequel la survie se joue à la portée d'une journée de marche.\n\n**Le déclin est plus lent qu'on ne le croit et plus rapide qu'on ne s'y prépare.** Il se compte en décennies, pas en jours. Assez lent pour que chaque génération croie que c'est normal ; assez rapide pour qu'aucune n'ait le temps de reconstruire ce que la précédente a perdu.\n\n## Trois cas documentés\n\n**L'effondrement de la fin de l'âge du bronze**, autour de 1200 avant notre ère en Méditerranée orientale. En quelques décennies, plusieurs puissances disparaissent ou se réduisent fortement, les palais brûlent, les réseaux d'échange cessent, l'écriture linéaire B disparaît de Grèce. Les causes avancées se combinent : sécheresse prolongée attestée par les carottages, mouvements de populations, rupture des circuits d'approvisionnement en étain — indispensable au bronze — et effondrement en chaîne d'économies palatiales interdépendantes.\n\n**Les cités mayas des basses terres**, entre le huitième et le dixième siècle. Abandon progressif des grands centres du sud, arrêt des constructions monumentales et des inscriptions datées. Les données paléoclimatiques indiquent plusieurs épisodes de sécheresse sévère, sur une région dépendant de réservoirs et d'une agriculture intensive.\n\n**L'Empire romain d'Occident**, du troisième au cinquième siècle. Il ne disparaît pas d'un coup : le monnayage se déprécie, les circuits commerciaux se rétractent, les villes se réduisent, les grandes constructions cessent, l'administration se retire province par province. Les analyses de carottes de glace montrent une chute nette de la pollution au plomb, indicateur de l'activité minière et métallurgique, bien avant la fin politique.\n\n## Ce que l'archéologie observe systématiquement\n\n**La complexité diminue avant la population.** Moins de niveaux administratifs, moins de spécialisation artisanale, moins d'échanges à longue distance, retour à des céramiques locales et plus simples.\n\n**L'écriture s'éteint tôt.** Elle dépend d'une administration qui entretient des scribes ; quand celle-ci cesse de payer, l'écriture cesse. C'est pourquoi ces périodes sont mal connues, comme le montre [[MEM-CIT-001]].\n\n**Les bâtiments survivent aux savoir-faire.** Des populations ont vécu au milieu de ruines qu'elles ne savaient plus construire, ni entretenir.\n\n**L'échelle se réduit avant que la vie ne s'arrête.** Les grands ensembles se fragmentent en unités locales autosuffisantes. Le même enchaînement, observé sur des réseaux techniques contemporains, est documenté dans [[MEM-ANT-002]].\n\n**Le déclin se compte en décennies**, parfois en siècles, jamais en jours. C'est ce que les récits contemporains ne perçoivent pas : chaque génération constate une situation qui lui paraît normale.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-004","titre":"L'échange colombien","axe":1,"categorie":"Ère des échanges et grands pôles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","ameriques","plantes","maladie","demographie","alimentation"],"sources":["Crosby A., The Columbian Exchange: Biological and Cultural Consequences of 1492","Koch A. et al., Earth system impacts of the European arrival and Great Dying in the Americas, Quaternary Science Reviews, 2019","Mann C., 1493: Uncovering the New World Columbus Created","Trans-Atlantic Slave Trade Database, Université Emory"],"corps":"::Après 1492, deux mondes vivants séparés depuis des millions d'années entrent en contact. L'échange de plantes a nourri des milliards de gens. L'échange de microbes en a tué des dizaines de millions.::\n\n## Ce qui part d'Amérique\n\nLa liste est courte et elle a changé l'alimentation du reste du monde.\n\n**Le maïs et la pomme de terre** d'abord, qui rendent beaucoup de calories à l'hectare et poussent là où les céréales de l'Ancien Monde peinent — la pomme de terre en sol froid et pauvre, le maïs en climat chaud. Ils deviennent des aliments de base en Europe, en Chine et en Afrique.\n\n**Le manioc**, qui supporte des sols très pauvres et devient central en Afrique de l'Ouest et centrale.\n\nPuis la tomate, le haricot, la courge, le piment, le cacao, l'arachide, l'ananas, la vanille, le tabac, et le quinquina, dont on tire la quinine, premier traitement du paludisme.\n\n**L'effet démographique est considérable et rarement attribué.** Une partie importante de la croissance de la population européenne et chinoise aux dix-huitième et dix-neuvième siècles repose sur des plantes américaines.\n\n## Ce qui part d'Europe et d'Afrique\n\n**Les céréales et les plantes de rente** : blé, orge, riz, canne à sucre, café, banane, agrumes, oignon.\n\n**Les animaux**, et c'est là que l'effet est le plus spectaculaire. Les Amériques n'avaient ni bovin, ni cheval, ni porc, ni mouton, ni poule, ni chèvre. Leur introduction transforme des continents entiers en quelques générations : **le cheval fait apparaître, dans les grandes plaines d'Amérique du Nord, des sociétés équestres entières qui n'existaient pas un siècle plus tôt.**\n\n**Et les maladies.** Variole, rougeole, typhus, grippe, coqueluche, paludisme, fièvre jaune — toutes issues, directement ou non, de la longue cohabitation de l'Ancien Monde avec ses animaux domestiques, décrite dans [[MEM-AGR-003]].\n\n## L'effondrement démographique\n\nC'est le fait le plus lourd de la période, et il est chiffrable.\n\nLa population des Amériques en 1492 est estimée, selon les travaux, entre quarante et soixante millions de personnes. Un siècle plus tard, elle est réduite à quelques millions. **Les estimations de perte tournent autour de quatre-vingt-dix pour cent sur un à deux siècles**, avec des variations régionales fortes.\n\nLa violence, la guerre, le travail forcé et les famines y contribuent, mais **la part principale revient aux maladies**, souvent arrivées avant les colons eux-mêmes, portées de proche en proche par les réseaux d'échange amérindiens.\n\nLe mécanisme est celui d'une population sans immunité acquise rencontrant plusieurs agents en même temps, avec des épidémies qui frappent simultanément toutes les classes d'âge, y compris les adultes qui nourrissent et soignent. Une épidémie où plus personne n'est en état de puiser l'eau tue bien au-delà de sa létalité propre.\n\nUn travail de 2019 a même proposé que l'abandon massif des terres cultivées qui s'ensuit ait entraîné une reprise de la végétation assez vaste pour contribuer à la baisse de dioxyde de carbone observée dans les carottes de glace au début du dix-septième siècle. L'hypothèse est discutée, mais elle donne l'ordre de grandeur.\n\n## Le sucre et la traite\n\nL'échange a un troisième volet, économique et humain.\n\nLa canne à sucre, plantée aux Caraïbes et au Brésil, demande une main-d'œuvre nombreuse dans des conditions meurtrières, sur des terres dont la population a été décimée. **La traite atlantique déporte environ douze millions et demi de personnes depuis l'Afrique entre le seizième et le dix-neuvième siècle**, selon les bases de données de navires les plus complètes ; environ dix millions et demi arrivent vivantes.\n\nLe sucre, le café, le cacao et le tabac — tous des produits de cet échange — financent ce système et structurent une économie atlantique entière.\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Le contact entre deux systèmes vivants isolés est toujours asymétrique.** Ce n'est pas une question de valeur des cultures en présence : c'est une question d'histoire biologique. Les sociétés qui avaient vécu quatre mille ans avec des porcs et des bovins portaient des maladies que les autres n'avaient jamais rencontrées, et l'inverse n'était pas vrai.\n\n**Les plantes voyagent mieux que les gens qui les cultivent.** La pomme de terre nourrit l'Irlande, le maïs nourrit le nord de la Chine, le manioc nourrit l'Afrique — sans que personne, à aucun moment, ait planifié cela. Voir [[TEC-AGR-001]] et [[MEM-ECH-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-003","titre":"La peste noire","axe":1,"categorie":"Ère des échanges et grands pôles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","epidemie","peste","demographie","quarantaine","salaire"],"sources":["Bos K. et al., A draft genome of Yersinia pestis from victims of the Black Death, Nature, 2011","Benedictow O., The Black Death 1346-1353: The Complete History","Herlihy D., The Black Death and the Transformation of the West","Statutes of Dubrovnik, 1377, première quarantaine documentée"],"corps":"::Entre 1347 et 1352, l'Europe perd entre un tiers et la moitié de sa population. Aucun autre événement documenté n'a fait cela aussi vite.::\n\n## Les faits\n\n**L'agent** est identifié avec certitude depuis 2011 : l'ADN de *Yersinia pestis* a été extrait de dents de victimes du cimetière d'East Smithfield, à Londres, ouvert spécialement pour l'épidémie. Le débat qui durait depuis un siècle sur la nature de la maladie est clos.\n\n**La chronologie** est serrée. La maladie circule en Asie centrale dans les années 1330 et 1340. Elle atteint le port de Caffa, en Crimée, en 1346. Elle entre en Europe par Messine en octobre 1347, avec des navires génois. Elle couvre l'Italie et la France en 1348, l'Angleterre et l'Allemagne en 1349, la Scandinavie et la Russie en 1350 et 1351.\n\n**La mortalité** est estimée entre trente et soixante pour cent selon les régions, avec une valeur souvent retenue autour de la moitié. La population européenne passe d'environ quatre-vingts millions à environ cinquante millions. Certaines villes perdent les deux tiers de leurs habitants ; des villages disparaissent définitivement.\n\n**Ce n'est pas un événement unique.** La peste revient par vagues pendant quatre siècles : Londres en 1665, Marseille en 1720. La population européenne ne retrouve son niveau de 1340 qu'au seizième siècle.\n\n## Ce que les contemporains ont compris et fait\n\nIls n'avaient aucune théorie correcte de la maladie. Ils ont pourtant tiré la bonne conclusion opérationnelle, par observation : **ce qui arrive par les navires et par les voyageurs se propage, donc il faut l'arrêter.**\n\n**Raguse, l'actuelle Dubrovnik, impose en 1377 un isolement de trente jours aux arrivants**, porté ensuite à quarante. Le mot quarantaine vient de là. Venise et Marseille suivent, avec des lazarets où les navires et les équipages attendent avant d'entrer.\n\nC'est l'un des rares cas où une mesure de santé publique efficace précède de cinq siècles la compréhension du mécanisme qu'elle interrompt. Voir [[TEC-SAN-004]].\n\nÀ côté de cela, la réponse comporte tout ce qu'on attend d'une société qui ne comprend pas : processions, fuites qui dispersent la maladie, et massacres de communautés juives accusées d'empoisonner les puits, particulièrement en Rhénanie en 1349.\n\n## Les conséquences économiques\n\nElles sont massives et bien documentées, parce qu'elles laissent des traces dans les comptes.\n\n**La main-d'œuvre devient rare.** Les salaires réels des journaliers et des artisans montent fortement dans les décennies qui suivent, et le rapport de force entre paysans et propriétaires se déplace.\n\n**Les autorités tentent de bloquer le mouvement.** L'Angleterre promulgue l'Ordonnance puis le Statut des travailleurs, en 1349 et 1351, qui interdit de payer au-dessus des tarifs d'avant l'épidémie. La mesure échoue largement.\n\n**Les révoltes suivent.** La Jacquerie en France en 1358, la révolte des travailleurs anglais en 1381, les Ciompi à Florence en 1378. Le servage recule à l'ouest de l'Europe.\n\n**Les terres marginales sont abandonnées** et les meilleures conservées, ce qui augmente mécaniquement le rendement moyen.\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Une épidémie n'est pas seulement un événement sanitaire, c'est un choc économique et politique de longue durée.** Les effets démographiques durent deux siècles, les effets sociaux davantage.\n\n**La mesure qui a marché est la plus simple de toutes** : séparer les gens dans le temps et dans l'espace, sans rien savoir de la cause. C'est exactement ce que fait une quarantaine aujourd'hui, et c'est ce qui rend l'exercice de [[SURV-ZOM-001]] moins absurde qu'il n'en a l'air.\n\n**Une voie commerciale est aussi une voie de transmission.** La peste a voyagé sur les mêmes routes que la soie et le papier, à la même vitesse. Voir [[MEM-ECH-002]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-002","titre":"Les routes de la soie","axe":1,"categorie":"Ère des échanges et grands pôles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","commerce","asie","technique","transmission","papier"],"sources":["Hansen V., The Silk Road: A New History","Frankopan P., The Silk Roads: A New History of the World","Liu X., The Silk Road in World History","Han shu, récit de la mission de Zhang Qian"],"corps":"::Il n'y a jamais eu de route de la soie. Il y a eu un réseau de relais courts, et le nom lui-même a été inventé en 1877 par un géographe allemand.::\n\n## Ce que le nom cache\n\nLe terme est de Ferdinand von Richthofen, qui l'emploie en 1877. Aucun marchand d'aucune époque ne s'est jamais dit qu'il prenait la route de la soie.\n\nCe qui existait est différent et plus intéressant : **un chapelet d'itinéraires reliant des oasis, où les marchandises changeaient de main un grand nombre de fois.** Un marchand sogdien couvrait un segment, revendait, repartait. Presque personne ne faisait le trajet complet, et la marchandise, elle, le faisait sans que quiconque l'accompagne d'un bout à l'autre.\n\nLa conséquence compte : **les extrémités du réseau ne se connaissaient pas.** Rome avait une idée très vague de la Chine, et réciproquement.\n\n## Les dates\n\nL'ouverture documentée date de la mission de **Zhang Qian**, envoyé par l'empereur Han vers l'ouest entre environ 138 et 126 avant notre ère. Il partait chercher une alliance militaire ; il revient avec la description de royaumes, de marchés et de chevaux.\n\nLe réseau fonctionne ensuite par périodes, au gré de ce qui le rend possible : la stabilité des empires aux deux bouts, et la sécurité des traversées. Il est particulièrement actif sous les Han, sous les Tang, puis sous l'empire mongol au treizième siècle, qui unifie politiquement presque tout le trajet.\n\n**Il faut ajouter une correction d'échelle** : les routes maritimes, par l'océan Indien et la mer de Chine, ont transporté bien plus de volume que les pistes terrestres. Un navire porte ce que porteraient des centaines de chameaux.\n\n## Ce qui circulait vraiment\n\nLa soie, oui, et elle valait très cher. Mais l'inventaire réel est plus large et moins glorieux : chevaux de Ferghana, laque, céramique, verre romain et syrien, ambre, pierres semi-précieuses, épices, papier, métaux, tissus de laine et de coton, esclaves, et beaucoup d'argent métal.\n\n**Ce qui a compté davantage que les marchandises, ce sont les choses qui voyagent gratuitement avec elles.**\n\n**Les techniques.** La fabrication du papier, secret chinois, se diffuse vers l'ouest à partir du huitième siècle ; la tradition en situe la transmission après la bataille de Talas, en 751, où des artisans chinois passent à Samarcande. De là, Bagdad, puis l'Espagne, puis l'Europe — quatre siècles pour traverser le continent. Sans papier, pas d'imprimerie : voir [[MEM-ACC-001]].\n\n**Les religions.** Le bouddhisme entre en Chine par ces routes. Le manichéisme, le christianisme nestorien et plus tard l'islam suivent les mêmes pistes. Les grandes bibliothèques de manuscrits du désert, comme celle de Dunhuang, sont les archives de ce transit.\n\n**Les plantes.** Vigne, luzerne, noyer, pêcher, agrumes, coton : les espèces cultivées se déplacent avec les caravanes, et transforment durablement les agricultures locales.\n\n**Les maladies.** Le même réseau transporte des agents infectieux à des vitesses inédites. La peste noire du quatorzième siècle emprunte ces routes — voir [[MEM-ECH-003]].\n\n## Ce que ça démontre\n\nDeux choses, qui dépassent largement la période.\n\n**Un réseau d'échange transporte toujours plus que sa marchandise.** Techniques, idées, langues, maladies : tout circule par le même canal, sans qu'aucun marchand l'ait voulu ni même su.\n\n**Les relais l'emportent sur les routes directes.** Ce réseau n'a jamais eu de maître d'ouvrage, pas de tracé unique, pas de propriétaire. Il fonctionnait parce qu'il était fait de segments courts, redondants et remplaçables. **Il a duré quinze siècles pour cette raison précise** — c'est l'exact inverse des réseaux longs et rigides de l'âge du bronze, qui se sont effondrés d'un coup. Voir [[MEM-CIT-004]] et [[MEM-ECH-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ECH-001","titre":"Ce que les routes transportent vraiment","axe":1,"categorie":"Ce qui se répète","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","commerce","maladies","savoir"],"sources":["McNeill W., Plagues and Peoples","Frankopan P., The Silk Roads","Travaux sur la diffusion de la peste noire par les routes commerciales, Benedictow O."],"corps":"::Les grandes routes d'échange ont transporté trois choses simultanément : des marchandises, des techniques, et des maladies.::\n\nOn enseigne les grandes routes d'échange par leurs marchandises : la soie, les épices, le sel, l'argent. C'est la partie visible, et la moins déterminante.\n\n## Le premier chargement : les marchandises\n\nElles circulent parce que la valeur d'un bien dépend de sa rareté locale. Le poivre ne vaut rien là où il pousse et vaut une fortune à six mille kilomètres. C'est le mécanisme décrit dans [[SURV-TROC-001]] : la valeur n'est pas dans l'objet, elle est dans le besoin de celui d'en face.\n\nCe qui voyage loin doit être **dense en valeur et peu périssable** — c'est pourquoi les routes lointaines portent des épices, des métaux précieux, de la soie, et jamais des céréales. Les céréales circulent, mais par voie d'eau, parce que le transport terrestre de masse coûte davantage que la marchandise.\n\n## Le deuxième chargement : les techniques et les idées\n\nC'est celui qui change les sociétés durablement.\n\nLe papier, la boussole, la poudre, la numération décimale, les techniques de fonte, les plantes cultivées, les religions, les alphabets : tout cela s'est déplacé le long des mêmes routes que les marchandises, transporté par les mêmes personnes. La plus ancienne de ces techniques transmises, le feu, est décrite dans [[MEM-EVE-001]].\n\nEt ce transport-là a une propriété que les marchandises n'ont pas. **Une technique donnée n'est pas perdue par celui qui la transmet.** Un sac d'épices vendu ne vous appartient plus ; une méthode enseignée reste chez vous. C'est ce qui rend la circulation des savoirs cumulative, alors que la circulation des biens est un simple transfert.\n\nUn point à retenir, contre-intuitif : les techniques voyagent rarement complètes. Ce qui traverse d'abord, c'est **l'idée qu'une chose est possible**. Savoir qu'un peuple lointain fabrique un acier supérieur suffit à déclencher des décennies de tentatives locales. L'information « c'est faisable » est presque aussi précieuse que la méthode elle-même.\n\n## Le troisième chargement : les maladies\n\nC'est celui qu'on oublie, et il a tué plus que toutes les guerres de ces périodes.\n\nUne population isolée développe un équilibre avec ses propres agents infectieux. Ouvrez une route durable entre deux populations longtemps séparées, et chacune reçoit d'un coup des maladies contre lesquelles elle n'a aucune expérience collective. Les grandes pandémies documentées suivent les routes commerciales avec une précision qui ne laisse aucun doute : elles progressent à la vitesse des caravanes et des navires, s'arrêtent où le commerce s'arrête, et frappent d'abord les villes portuaires.\n\n**Ce n'est pas un accident du commerce, c'est sa conséquence mécanique.** Toute mise en relation crée simultanément de la richesse et de la vulnérabilité, et par les mêmes canaux.\n\n## La règle générale\n\nUn réseau d'échanges augmente la prospérité de chaque nœud et diminue son autonomie. Chaque participant produit ce qu'il fait le mieux et achète le reste : tout le monde y gagne, et plus personne ne sait tout faire.\n\nTant que le réseau tient, c'est un gain net évident. Quand il se rompt, chaque nœud découvre en même temps ce qu'il ne sait plus produire. C'est le mécanisme central de [[MEM-EFF-001]], et c'est ce qui a fait de l'effondrement de la fin de l'âge du bronze un événement en cascade plutôt qu'une série de crises locales.","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-005","titre":"La monnaie frappée","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","monnaie","echange","confiance","etat","inflation"],"sources":["Schaps D., The Invention of Coinage and the Monetization of Ancient Greece","Graeber D., Debt: The First 5000 Years","Von Reden S., Money in Classical Antiquity","Butcher K., Ponting M., The Metallurgy of Roman Silver Coinage"],"corps":"::Frapper une monnaie, ce n'est pas inventer l'échange. C'est déplacer la confiance : au lieu de vérifier le métal, on vérifie qui l'a marqué.::\n\n## Avant la pièce\n\nL'échange marchand est bien plus ancien que la monnaie, et il fonctionne sans elle.\n\n**On paie au poids.** Des anneaux, des lingots et des fragments d'argent circulent en Mésopotamie depuis le troisième millénaire avant notre ère, pesés à chaque transaction. L'orge sert d'unité de compte pour les salaires et les loyers.\n\n**On paie par écriture.** Une grande partie de l'économie des palais et des temples fonctionne par créances inscrites sur tablette, compensées entre parties. **La comptabilité précède la monnaie de plusieurs millénaires** — voir [[MEM-CIT-001]].\n\nLe problème n'est donc pas l'absence de moyen de paiement. Le problème est que peser et titrer du métal à chaque transaction est lent, et suppose de faire confiance à une balance.\n\n## L'invention\n\n**Lydie, Asie Mineure, vers 610 à 560 avant notre ère.** Les premières pièces frappées connues sont en électrum, un alliage naturel d'or et d'argent. Elles portent une empreinte : le poids et le titre sont désormais garantis par l'autorité qui frappe.\n\nVers 560 avant notre ère, sous Crésus, on sépare les émissions d'or et d'argent, ce qui rend la valeur beaucoup plus lisible.\n\nL'invention se diffuse vite dans le monde grec, où chaque cité frappe bientôt la sienne.\n\nDeux autres foyers apparaissent presque en même temps, indépendamment :\n\n- **La Chine**, aux sixième et cinquième siècles avant notre ère, avec des monnaies de bronze en forme de bêche et de couteau, puis la pièce ronde percée d'un trou carré. L'unification monétaire par Qin, vers 221 avant notre ère, en fait un instrument d'État.\n- **L'Inde**, au sixième siècle avant notre ère, avec des monnaies d'argent poinçonnées.\n\n## Ce que cela change réellement\n\n**On compte au lieu de peser.** Un paiement devient une opération de quelques secondes, faisable par n'importe qui, sans balance et sans expertise.\n\n**Le petit échange devient possible.** Les pièces divisionnaires permettent la transaction quotidienne, celle d'un artisan ou d'un soldat. C'est la vraie rupture : la monnaie descend jusqu'au marché.\n\n**L'État se dote d'un levier.** Frapper permet de payer une armée, de lever un impôt dans la même unité, et d'exiger que l'impôt soit payé dans sa propre monnaie — ce qui oblige toute la population à s'en procurer, donc à vendre. Beaucoup de premières monnayages sont d'abord des monnaies de solde.\n\n## Le revers, immédiat et permanent\n\nDès lors que la valeur repose sur une garantie et non sur le métal, **celui qui garantit peut tricher.**\n\nLe cas romain est le mieux mesuré. Le denier contient environ quatre-vingt-dix-sept pour cent d'argent sous Auguste. Il tombe à environ cinquante pour cent au début du troisième siècle, puis à quelques pour cent d'argent en surface sur un cœur de bronze dans les décennies suivantes. Les prix, eux, montent.\n\nC'est le premier mécanisme d'inflation documenté, et il ne demande aucune théorie économique : **il suffit d'avoir besoin de payer plus de gens qu'on ne lève d'impôt.**\n\n## Ce qu'il en reste d'utile\n\n**Une monnaie n'a de valeur que tant qu'on croit à son émetteur.** Une pièce d'argent garde une valeur de métal ; un billet, une écriture ou un solde n'en ont aucune si la confiance tombe. C'est la seule raison pour laquelle les périodes de rupture voient réapparaître le troc, le métal pesé et les monnaies de fait — sel, munitions, cigarettes, carburant.\n\n**Ce qui fait monnaie dans ces périodes obéit toujours aux mêmes critères** : divisible, durable, transportable, reconnaissable sans expertise, et désiré par quelqu'un d'autre que vous. Le reste du raisonnement est dans [[SURV-TROC-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-004","titre":"L'effondrement de l'âge du bronze","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","effondrement","bronze","secheresse","reseau","ecriture"],"sources":["Cline E., 1177 B.C.: The Year Civilization Collapsed","Kaniewski D. et al., Environmental Roots of the Late Bronze Age Crisis, PLOS ONE, 2013","Drews R., The End of the Bronze Age","Archives d'Ougarit et correspondance d'Amarna, corpus épigraphique"],"corps":"::En moins d'un siècle, autour de 1 200 avant notre ère, presque toutes les grandes puissances de la Méditerranée orientale disparaissent en même temps. C'est le mieux documenté des effondrements anciens.::\n\n## Ce qui est établi\n\nEntre environ 1 200 et 1 150 avant notre ère, les destructions et les abandons se succèdent sur une aire immense.\n\n- **L'empire hittite** disparaît. Sa capitale, Hattusa, est abandonnée et en partie brûlée.\n- **Les palais mycéniens** — Mycènes, Pylos, Tirynthe — sont détruits ou désertés.\n- **Ougarit**, port syrien majeur, est détruite et n'est jamais réoccupée. Ses archives s'arrêtent net, et les dernières tablettes, retrouvées dans un four de cuisson, parlent de navires ennemis et de demandes de secours restées sans réponse.\n- **Les cités cananéennes** et chypriotes subissent des destructions comparables.\n- **L'Égypte** survit, mais affaiblie et rétrécie. Les inscriptions de Ramsès III à Médinet Habou décrivent, vers 1 177 avant notre ère, la bataille livrée à une coalition venue de la mer.\n- **L'Assyrie** survit également, à l'intérieur des terres.\n\nAprès : la Grèce perd l'usage de l'écriture linéaire B, et n'écrit plus pendant environ quatre siècles. Les échanges à longue distance se contractent. Les populations urbaines chutent.\n\n## Ce qui est débattu\n\nLes causes. Elles sont nombreuses, elles se recoupent, et aucune ne suffit seule.\n\n**La sécheresse.** Les analyses de pollens et d'isotopes, notamment dans des carottes prélevées à Chypre et sur la côte levantine, indiquent une période sèche prolongée à partir de la fin du treizième siècle avant notre ère. Des correspondances de l'époque mentionnent des envois de grain en urgence entre royaumes.\n\n**Les mouvements de populations.** Les textes égyptiens désignent des groupes venus par mer et par terre. Ce que ces groupes étaient — envahisseurs organisés, migrants poussés par la famine, populations locales révoltées, ou un peu de tout cela — reste une question ouverte.\n\n**Les séismes.** Une série de tremblements de terre est attestée dans la région sur cette période. Elle explique certaines destructions, pas leur simultanéité générale.\n\n**La rupture des réseaux.** C'est l'explication la plus moderne et la plus convaincante. Tout le système reposait sur la circulation à longue distance de l'étain, indispensable au bronze — voir [[MEM-CIT-003]]. Chaque palais dépendait des autres pour le métal, le grain et le luxe. **Une économie de ce type est très performante tant qu'elle fonctionne, et très mauvaise pour amortir un choc**, parce que la défaillance d'un nœud se propage à tous les autres.\n\n## Le mécanisme, plutôt que la cause\n\nC'est ce que ce cas apporte au reste du corpus, et il le montre mieux que n'importe quel autre.\n\nAucun des chocs pris isolément — une sécheresse, un séisme, une razzia — n'était inédit. Ces sociétés en avaient traversé d'autres. **Ce qui change, c'est qu'ils surviennent ensemble sur un système devenu étroitement couplé**, où chaque acteur avait optimisé sa dépendance aux autres.\n\nLa reprise est lente, mais elle emporte une nouveauté décisive : **le fer, qui ne dépend d'aucune route commerciale, s'impose dans les siècles qui suivent.** L'effondrement d'un système fondé sur un métal rare accouche d'un monde fondé sur un métal banal.\n\n## Ce qu'il faut en garder\n\nTrois observations, transposables.\n\n**Un système optimisé est un système fragile.** L'efficacité s'obtient en supprimant les marges, et les marges sont exactement ce qui absorbe les chocs.\n\n**Les effondrements ne se voient pas venir de l'intérieur.** Les archives d'Ougarit montrent une administration qui fonctionne normalement jusqu'aux dernières semaines.\n\n**Ce qui repart n'est jamais ce qui est tombé.** La reconstruction se fait sur d'autres bases techniques, avec d'autres matériaux et d'autres acteurs.\n\nCes mécanismes sont repris et généralisés dans [[MEM-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-003","titre":"Cuivre, bronze, fer","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","metallurgie","bronze","fer","etain","commerce","outil"],"sources":["Roberts B., Thornton C., Archaeometallurgy in Global Perspective","Radivojević M. et al., On the origins of extractive metallurgy, Journal of Archaeological Science","Pigott V., The Archaeometallurgy of the Asian Old World","Tylecote R.F., A History of Metallurgy"],"corps":"::Le bronze fait de meilleurs outils que le fer. C'est pourtant le fer qui a tout changé, parce que son minerai est partout et que celui du bronze ne l'était nulle part.::\n\n## Le cuivre\n\nLe cuivre existe à l'état natif, en pépites métalliques qu'on peut marteler à froid. C'est le premier métal travaillé, dès le neuvième millénaire avant notre ère en Anatolie.\n\nLe saut n'est pas là. Il est dans la **réduction** : chauffer un minerai vert ou bleu, qui ne ressemble pas du tout à du métal, en présence de charbon de bois, et en faire sortir du cuivre liquide. Cela suppose une température de l'ordre de mille degrés, un four capable de la tenir, et une atmosphère pauvre en oxygène. C'est attesté vers le cinquième millénaire avant notre ère, dans les Balkans et au Proche-Orient.\n\nLe cuivre pur a un défaut : il est mou. Une lame en cuivre plie.\n\n## Le bronze\n\nLe bronze est un alliage de cuivre et d'environ un dixième d'étain. Il apparaît vers 3 300 à 3 000 avant notre ère et il est très supérieur au cuivre : plus dur, il coule mieux, et il se coule en moule, donc il se reproduit à l'identique.\n\nIl a un défaut, et ce défaut fait l'histoire de deux millénaires. **L'étain est rare et il n'est presque jamais là où se trouve le cuivre.** Les gisements exploités à l'âge du bronze sont lointains : Afghanistan, Anatolie, plus tard Cornouailles et Bretagne.\n\nFabriquer une épée de bronze à Mycènes suppose donc un réseau commercial continu de plusieurs milliers de kilomètres, des intermédiaires, des palais qui financent, des scribes qui comptent, des routes protégées. **L'âge du bronze est structurellement un âge de réseaux longs**, et un métal qui ne tolère pas leur rupture. Voir [[MEM-CIT-004]].\n\nConséquence sociale directe : le bronze est cher. L'armement de bronze équipe des élites, pas des populations.\n\n## Le fer\n\nLe minerai de fer, lui, est banal. Presque toutes les régions en ont, jusqu'aux oxydes qu'on ramasse dans les marais.\n\nLe problème est thermique. Le fer pur fond à 1 538 degrés, température hors de portée des fours anciens. La solution trouvée contourne l'obstacle : on ne fond pas le fer, on le **réduit à l'état pâteux** vers 1 100 à 1 200 degrés, ce qui donne une masse spongieuse mêlée de scories, la loupe, qu'il faut ensuite marteler longuement, à chaud, pour en chasser les impuretés.\n\nC'est un procédé long, exigeant, et qui demande un savoir-faire réel. Le fer météoritique est travaillé bien avant, et des objets en fer existent dès le troisième millénaire, mais **l'usage courant ne s'installe qu'entre 1 200 et 1 000 avant notre ère**, c'est-à-dire juste après l'effondrement des réseaux de l'étain.\n\n## Ce que le fer change\n\n**Il démocratise l'outil.** Une hache, une faux, un soc, une pointe : avec du minerai local, du charbon de bois et un forgeron, un village produit son propre métal. Il ne dépend plus d'un palais ni d'une route commerciale.\n\n**Il transforme l'agriculture** avant de transformer la guerre. Un soc capable de retourner une terre lourde ouvre des sols que le bois et le bronze ne pouvaient pas travailler.\n\n**Il déplace la rareté**, du métal vers la compétence. Ce qui devient précieux, ce n'est plus le lingot, c'est le forgeron.\n\n## L'acier, en une phrase\n\nL'acier est du fer contenant une faible proportion de carbone, de l'ordre de quelques dixièmes à deux pour cent. En dessous, c'est du fer doux, ductile et peu dur. Au-dessus, c'est de la fonte, dure et cassante.\n\nToute la métallurgie du tranchant consiste à placer et à traiter ce carbone au bon endroit : un cœur tenace, un fil dur. Les procédés anciens y parviennent empiriquement, par cémentation et par forgeage répété, longtemps avant qu'on en comprenne la chimie. Voir [[TEC-MEC-005]] et [[SURV-OUT-001]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Ce n'est pas la performance d'un matériau qui décide, c'est sa disponibilité.** Le bronze est meilleur que le premier fer sur presque tous les critères, et c'est le fer qui l'emporte parce qu'il ne dépend de personne.\n\nC'est un principe qui s'applique encore, et qui vaut pour tout le corpus : **une solution médiocre et locale bat une solution excellente qui dépend d'une chaîne longue.** Voir [[SURV-REC-002]] et [[TEC-COR-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-002","titre":"Les premières villes et l'irrigation","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","ville","irrigation","mesopotamie","indus","sel","administration"],"sources":["Jacobsen T., Adams R., Salt and Silt in Ancient Mesopotamian Agriculture, Science, 1958","Algaze G., Ancient Mesopotamia at the Dawn of Civilization","Kenoyer J.M., Ancient Cities of the Indus Valley Civilization","Hodder I., The Leopard's Tale: Revealing the Mysteries of Çatalhöyük"],"corps":"::Une ville n'est pas un gros village. C'est une population qui ne produit pas sa nourriture, et qui doit donc organiser le fait que d'autres la produisent pour elle.::\n\n## Les dates et les lieux\n\n**Çatal Höyük**, en Anatolie, entre environ 7 100 et 5 700 avant notre ère. Plusieurs milliers d'habitants, des maisons accolées sans rues, où l'on entre par le toit. Pas de temple central, pas de palais, pas de bâtiment administratif : c'est une très grande agglomération, pas encore une ville au sens politique.\n\n**Uruk**, en basse Mésopotamie, à partir d'environ 4 000 avant notre ère. Vers 3 000 avant notre ère, la population est estimée entre quarante et quatre-vingt mille habitants. On y trouve tout ce qui manquait à Çatal Höyük : un centre monumental, des greniers, une administration, et l'écriture — voir [[MEM-CIT-001]].\n\n**Mohenjo-daro et Harappa**, dans la vallée de l'Indus, entre environ 2 600 et 1 900 avant notre ère. Plan en damier, briques cuites aux dimensions standardisées sur des centaines de kilomètres, puits, salles d'eau, et un réseau d'évacuation couvert dans les rues. **Un niveau d'assainissement urbain que l'Europe ne retrouvera qu'au dix-neuvième siècle.**\n\n## L'eau, et le prix qu'elle coûte\n\nLa basse Mésopotamie reçoit trop peu de pluie pour l'agriculture sèche. Tout y dépend du Tigre et de l'Euphrate, donc de canaux.\n\nUn réseau de canaux a trois propriétés qui déterminent la suite.\n\n**Il produit énormément.** Une terre irriguée en climat chaud donne des rendements sans commune mesure avec ceux de l'agriculture pluviale, et permet parfois deux récoltes.\n\n**Il s'envase.** Un canal se comble en permanence, et son curage est un travail collectif obligatoire, répété, qui ne peut pas être décidé par une famille isolée. **C'est là que naît une bonne partie de l'administration** : il faut compter les journées de travail, répartir l'eau, arbitrer entre l'amont et l'aval.\n\n**Il concentre le pouvoir.** Celui qui contrôle une vanne contrôle des récoltes en aval. L'irrigation ne crée pas mécaniquement l'État, mais elle en facilite beaucoup l'apparition.\n\n## Le sel\n\nC'est le cas documenté le plus instructif de toute la période.\n\nIrriguer en climat chaud fait remonter l'eau par capillarité, et l'évaporation laisse en surface les sels qu'elle contenait. Sans drainage suffisant et sans jachère, **le sol se sale, lentement, irréversiblement à l'échelle humaine.**\n\nLes archives cunéiformes permettent de le mesurer, parce que le blé supporte mal le sel et l'orge nettement mieux. En basse Mésopotamie, la part du blé dans les récoltes passe d'environ un sixième vers 2 400 avant notre ère à quelques pour cent vers 2 100, puis à presque rien vers 1 700. Les rendements déclarés chutent dans le même temps.\n\nLes causes de l'effacement des cités sumériennes sont multiples et débattues, mais **le déplacement du centre de gravité politique vers le nord, à Babylone, suit la dégradation des terres du sud.** On voit rarement aussi bien, et sur des sources écrites, une société consommer la ressource qui la porte.\n\n## Ce qu'une ville exige\n\nTrois conditions permanentes, valables d'Uruk à aujourd'hui :\n\n- **Un surplus agricole régulier**, produit par d'autres, et acheminé.\n- **Un moyen de le compter**, donc l'écriture, la mesure et le stockage.\n- **Une solution pour les déchets et l'eau usée**, faute de quoi la densité se paie en épidémies.\n\nLa troisième est celle qu'on oublie, et c'est celle qui tue. La vallée de l'Indus l'avait résolue avant tout le monde ; beaucoup de villes postérieures, non.\n\n## Ce qui en reste\n\nDeux idées qui traversent tout le corpus.\n\n**La ville est une machine à dépendances.** Elle est le lieu le plus productif et le plus vulnérable, parce que rien de ce qu'elle consomme n'y est produit. Voir [[MEM-ANT-002]].\n\n**L'assainissement précède la médecine.** Ce qui a permis les fortes densités, ce sont des rigoles et des puits, pas des soins. Voir [[MEM-ACC-004]] et [[TEC-CON-006]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-CIT-001","titre":"L'écriture est née des comptes, pas des poèmes","axe":1,"categorie":"Cités états et premiers empires","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","ecriture","societe","organisation"],"sources":["Schmandt-Besserat D., Before Writing: From Counting to Cuneiform","Nissen H., Damerow P., Englund R., Archaic Bookkeeping","Corpus des tablettes proto-cunéiformes d'Uruk"],"corps":"::Les tablettes les plus anciennes d'Uruk, à la fin du quatrième millénaire avant notre ère, ne racontent rien. Elles comptent des sacs d'orge et des têtes de bétail.::\n\nIl y a une image tenace : l'écriture serait née du besoin de dire, de transmettre, de fixer des récits. Les documents disent l'inverse, et c'est beaucoup plus intéressant.\n\n## D'où viennent les premiers signes\n\nAvant l'écriture existaient de petits jetons d'argile de formes variées, utilisés au Proche-Orient pendant des millénaires. Chaque forme représentait une quantité d'une marchandise donnée. On les enfermait dans des enveloppes d'argile scellées pour garantir une livraison : le destinataire brisait l'enveloppe et comptait.\n\nPuis quelqu'un a eu l'idée d'imprimer la forme des jetons sur l'extérieur de l'enveloppe, pour savoir ce qu'elle contenait sans la casser. L'étape suivante était inévitable : si le dessin extérieur suffit, les jetons à l'intérieur ne servent plus à rien. **L'enveloppe pleine est devenue une tablette plate, et le dessin est devenu le signe.**\n\nLes tablettes les plus anciennes d'Uruk, autour de la fin du quatrième millénaire avant notre ère, sont massivement des documents de gestion : quantités de céréales, rations distribuées, cheptel, surfaces, listes de personnes. Pas de récit, pas de loi, pas de prière. De la comptabilité.\n\n## Pourquoi c'est la comptabilité qui déclenche tout\n\nParce que c'est le seul besoin qui dépasse absolument la mémoire d'un homme.\n\nUn récit se transmet oralement, et il se transmet même très bien : les traditions orales conservent des textes considérables avec une fidélité remarquable, parce que le rythme, la rime et la formule sont des outils de mémoire. Ce qui ne se transmet pas oralement, c'est **une liste arbitraire de nombres sans structure interne**. Personne ne retient de tête que le grenier trois a reçu quatre-vingt-sept mesures il y a deux mois, et que le sixième foyer du quartier nord en doit encore douze.\n\nOr c'est exactement ce que produit une société à surplus. Le mécanisme est décrit dans [[MEM-AGR-001]] : à partir du moment où l'on stocke, il faut compter, et à partir du moment où il faut compter, il faut écrire.\n\n## Ce qui suit, dans l'ordre\n\nL'écriture apparaît pour compter. Elle sert ensuite à **enregistrer les obligations** — qui doit quoi à qui, ce qui est déjà du droit. Puis à **fixer les règles** de ces obligations, ce qui donne les codes de lois. Puis, tardivement, à consigner des récits, des hymnes et des mythes qui existaient déjà oralement depuis longtemps.\n\nIl faut mesurer ce que cela implique. Pendant des siècles, l'écriture est une technique administrative maîtrisée par un très petit nombre de spécialistes formés, entretenus par le pouvoir qui a besoin d'eux. Elle n'est pas un bien commun. Elle est un instrument de gestion — et elle voyagera plus tard le long des routes décrites dans [[MEM-ECH-001]], comme n'importe quelle autre technique.\n\n**Cela explique pourquoi elle disparaît si facilement.** Quand l'administration qui paye les scribes s'effondre, l'écriture s'arrête — et c'est précisément ce que décrit [[MEM-EFF-001]]. Plusieurs systèmes d'écriture se sont éteints ainsi, non pas détruits, mais devenus sans emploi.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ANT-003","titre":"Les ordres de grandeur du monde actuel","axe":1,"categorie":"L'anthropocène","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","chiffres","population","energie","reference","anthropocene"],"sources":["Our World in Data, séries historiques de population, énergie et santé","Bar-On Y. et al., The biomass distribution on Earth, PNAS, 2018","Smil V., Energy Transitions: Global and National Perspectives","NOAA Global Monitoring Laboratory, série de concentration de dioxyde de carbone"],"corps":"::Presque tout ce qui définit une vie ordinaire aujourd'hui a moins de deux siècles. Voici les chiffres qui le montrent, et qu'il vaut mieux avoir en tête qu'à portée de réseau.::\n\nCette fiche n'explique rien. Elle sert de règle graduée : quand on lit le reste de l'axe, ce sont ces ordres de grandeur qui donnent leur poids aux événements.\n\n## La population\n\n| Année | Population mondiale |\n|---|---|\n| 10 000 av. J.-C. | quelques millions |\n| An 1 | environ 200 à 300 millions |\n| 1500 | environ 450 à 500 millions |\n| 1800 | environ 1 milliard |\n| 1900 | environ 1,6 milliard |\n| 1950 | environ 2,5 milliards |\n| 2000 | environ 6,1 milliards |\n| Aujourd'hui | environ 8,1 milliards |\n\n**Il a fallu toute l'histoire humaine pour atteindre le premier milliard, et un peu plus d'un siècle pour en ajouter sept.** La croissance ralentit depuis les années 1960 : le pic de croissance relative est derrière nous.\n\n## L'espérance de vie et l'enfance\n\n- Espérance de vie à la naissance vers 1800 : **environ 30 ans en moyenne mondiale**, 35 à 40 dans les pays les plus favorisés.\n- Aujourd'hui : **environ 73 ans en moyenne mondiale.**\n- Mortalité avant cinq ans vers 1800 : **de l'ordre de 40 %** des enfants nés.\n- Aujourd'hui : **environ 4 %** en moyenne mondiale.\n\nL'essentiel de ce gain vient de l'eau propre et de l'assainissement, pas des médicaments. Voir [[MEM-ACC-004]].\n\n## L'énergie\n\n- Consommation d'énergie primaire mondiale : **multipliée par environ 25 depuis 1800.**\n- Puissance mécanique d'un humain au travail : **75 à 100 watts.** D'un cheval : **environ 700 watts.**\n- Une petite voiture développe l'équivalent d'une **centaine de chevaux**, soit près de mille personnes qui poussent.\n- Énergie contenue dans un litre d'essence : environ **32 mégajoules**, soit à peu près ce qu'un humain fournit en **plusieurs journées de travail physique.**\n\nC'est le rapport qu'il faut garder : **un plein de carburant représente des mois de travail humain.** Voir [[MEM-ACC-002]].\n\n## La nourriture et le sol\n\n- Part de la population active employée dans l'agriculture vers 1800 : **de l'ordre de 80 %.**\n- Aujourd'hui, dans un pays industrialisé : **quelques pour cent.**\n- Environ **la moitié de l'azote** qui compose un corps humain vivant aujourd'hui provient d'une usine d'ammoniac. Voir [[MEM-ANT-001]].\n- Environ **la moitié des terres habitables** du globe est consacrée à l'agriculture.\n\n## Les villes\n\n- Population urbaine mondiale vers 1800 : **environ 7 %.**\n- En 1950 : **environ 30 %.**\n- Franchissement des 50 % : **autour de 2007.**\n- Aujourd'hui : **environ 57 %.**\n\n**La majorité des humains vit en ville depuis moins de vingt ans.** C'est une nouveauté absolue à l'échelle de l'espèce, et c'est ce qui rend [[MEM-CIT-002]] et [[MEM-ANT-002]] directement actuels.\n\n## Le vivant\n\nLe chiffre le plus frappant de toute la fiche, issu d'un inventaire de la biomasse publié en 2018 :\n\n- **Les humains et leurs animaux d'élevage représentent environ 96 % de la masse de tous les mammifères terrestres.** Les mammifères sauvages, tous confondus, en représentent environ 4 %.\n- Chez les oiseaux, la volaille domestique pèse environ **70 %** de la masse totale.\n\n## L'atmosphère\n\n- Concentration de dioxyde de carbone avant l'industrialisation : **environ 280 parties par million.**\n- Aujourd'hui : **autour de 420 parties par million**, en hausse continue.\n- Réchauffement moyen constaté depuis la période préindustrielle : **de l'ordre de 1,2 à 1,3 degré.**\n\nPour donner l'échelle de ce que le climat peut faire à une géographie, rappelons le chiffre de [[MEM-EVE-003]] : entre un monde glaciaire et un monde chaud, il y a **120 mètres de niveau marin** et environ **5 degrés de moyenne globale.** Quelques degrés ne sont pas une petite quantité.\n\n## Ce que cette liste dit\n\nTrois choses, et elles ne demandent aucune interprétation.\n\n**L'exception est le présent, pas le passé.** L'abondance d'énergie, la ville, la longévité et la sécurité alimentaire sont des états très récents et historiquement inhabituels.\n\n**Ces états reposent sur des chaînes longues.** Le carburant, l'engrais, l'électricité et l'eau potable viennent tous de systèmes continus que personne ne voit fonctionner.\n\n**Les ordres de grandeur se retiennent mieux que les dates.** Un humain fait cent watts, un litre d'essence vaut des journées de travail, la moitié de notre azote sort d'une usine. Ces trois phrases suffisent à raisonner juste dans beaucoup de situations où l'on n'aura ni réseau, ni calculatrice, ni temps.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ANT-002","titre":"Les réseaux, la puissance et la fragilité","axe":1,"categorie":"L'anthropocène","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","reseaux","dependance","organisation"],"sources":["Perrow C., Normal Accidents: Living with High-Risk Technologies","Tainter J., The Collapse of Complex Societies","Rapports d'analyse sur les grandes pannes de réseaux électriques et logistiques"],"corps":"::Les grandes pannes de réseau documentées suivent le même déroulement : un incident local, un report de charge, une cascade en quelques minutes.::\n\n## Ce qu'un réseau fait gagner\n\nRelier des points permet à chacun de se spécialiser. Une région produit ce qu'elle produit le mieux, une autre autre chose, et l'échange rend tout le monde plus riche que l'autarcie. C'est le mécanisme décrit dans [[MEM-ECH-001]], et il fonctionne réellement.\n\nLe gain est double. Il y a le gain de spécialisation, et il y a le **gain de mutualisation** : un réseau électrique permet à une région excédentaire de couvrir une région déficitaire, ce qui réduit les capacités à installer partout. Un réseau logistique permet de tenir avec moins de stock, puisqu'on peut être réapprovisionné.\n\n**Le stock est remplacé par le flux.** C'est ce qui rend un système efficace, et c'est aussi ce qui le rend fragile : un stock absorbe une interruption, un flux non.\n\n## Comment une panne se propage\n\nUn réseau ne tombe presque jamais d'un coup. Il tombe par cascade, et le schéma se répète dans des domaines très différents.\n\nUn élément lâche. Sa charge se reporte sur les éléments voisins, qui n'avaient pas de marge, et qui lâchent à leur tour. **La défaillance se propage plus vite que la capacité à réagir.** Les analyses des grandes pannes de réseaux électriques montrent régulièrement ce déroulement : un incident local, un report de charge, une cascade en quelques minutes, et une remise en service qui prend des jours.\n\nDeux propriétés aggravent le phénomène.\n\n**Le couplage serré.** Quand les éléments dépendent les uns des autres sans délai ni tampon, il n'y a aucun temps pour intervenir. Plus un système est optimisé, plus il est couplé serré.\n\n**L'interdépendance croisée.** Les réseaux dépendent les uns des autres : le transport a besoin de carburant, le carburant a besoin d'électricité pour être pompé, l'électricité a besoin de télécommunications pour être pilotée, les télécommunications ont besoin d'électricité. **Une panne dans un réseau se manifeste comme une panne dans un autre**, ce qui rend le diagnostic difficile au moment où il compte.\n\n## Ce que l'histoire ajoute\n\nCette configuration n'est pas nouvelle. Le système d'échanges de la fin de l'âge du bronze reliait une dizaine de puissances par des flux de métaux, de céréales et d'artisans, chacune plus riche grâce aux autres et incapable de vivre sans elles. Quand quelques nœuds ont cédé, l'ensemble s'est défait en quelques décennies.\n\nCe qui a changé depuis n'est pas la nature du mécanisme mais **la vitesse et la profondeur du couplage**. Une caravane mettait des mois ; un ordre de paiement met une seconde. Le gain est immense et le délai de réaction a disparu avec lui.\n\nC'est le même arbitrage que celui décrit dans [[MEM-EFF-001]] : chaque gain d'efficacité consomme une marge, et la marge est précisément ce qui absorbe les chocs.\n\n## Les grandes pannes documentées\n\n**Le nord-est américain, 2003.** Une ligne à haute tension entre en contact avec un arbre en Ohio. Un défaut logiciel empêche l'alarme de se déclencher. La charge se reporte sur les lignes voisines, qui déclenchent à leur tour. En quelques minutes, plusieurs dizaines de millions de personnes sont privées d'électricité sur deux pays. Le rétablissement complet prend plusieurs jours.\n\n**L'Italie, la même année.** Un incident sur une ligne d'interconnexion en Suisse isole progressivement le pays du réseau européen. La quasi-totalité du territoire est privée d'électricité en moins d'une demi-heure.\n\n**L'Inde, 2012.** Deux effondrements successifs du réseau en deux jours privent de courant un nombre de personnes estimé à plusieurs centaines de millions.\n\nDans les trois cas, le rapport d'analyse retient le même enchaînement : un événement initial banal, une marge insuffisante, un report de charge, et une propagation plus rapide que la capacité humaine à intervenir.\n\n## L'interdépendance entre réseaux\n\nLes analyses de ces événements documentent des couplages qui n'apparaissent qu'en situation de panne.\n\nLes **stations de pompage** d'eau potable s'arrêtent sans électricité. Les **stations-service** ne peuvent plus pomper le carburant. Les **télécommunications** tiennent sur batteries pendant une durée limitée, puis s'arrêtent — ce qui empêche le pilotage des autres réseaux. Les **feux de circulation** éteints paralysent les axes, ce qui empêche l'acheminement des équipes de réparation.\n\nChaque réseau suppose le fonctionnement d'un autre, et le diagnostic devient difficile au moment précis où il compte le plus.\n\n## Le précédent ancien\n\nLe système d'échanges de la Méditerranée orientale à la fin de l'âge du bronze présentait la même structure : des puissances spécialisées, reliées par des flux de métaux, de céréales et d'artisans, chacune plus riche grâce aux autres et incapable de produire seule ce qu'elle consommait. Sa rupture est décrite dans [[MEM-EFF-001]].\n\nCe qui distingue les deux périodes n'est pas la nature du couplage mais sa vitesse : une caravane mettait des mois, une transaction met une seconde.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ANT-001","titre":"L'azote de synthèse","axe":1,"categorie":"L'anthropocène","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","azote","engrais","agriculture","population","chimie"],"sources":["Smil V., Enriching the Earth: Fritz Haber, Carl Bosch and the Transformation of World Food Production","Erisman J.W. et al., How a century of ammonia synthesis changed the world, Nature Geoscience, 2008","Crookes W., Address to the British Association, 1898","Brevet BASF, procédé Haber-Bosch, mise en service d'Oppau, 1913"],"corps":"::Près de quatre cinquièmes de l'air que vous respirez sont de l'azote, et presque aucune plante ne sait s'en servir. Résoudre ce paradoxe a été l'acte technique le plus lourd de conséquences du vingtième siècle.::\n\n## Le problème\n\nL'azote est indispensable à toute vie : il entre dans les protéines et dans l'ADN. Il est aussi extrêmement abondant, puisqu'il constitue environ **78 % de l'atmosphère**.\n\nMais il s'y trouve sous forme de diazote, deux atomes liés par une triple liaison d'une solidité exceptionnelle. **Pratiquement aucun organisme ne sait la casser.** Seules certaines bactéries y parviennent, notamment celles qui vivent en symbiose dans les nodosités des légumineuses, et accessoirement la foudre.\n\nPour une agriculture, l'azote est donc la ressource limitante. On en a longtemps disposé de trois façons, toutes plafonnées :\n\n- **Le fumier**, qui ne fait que recycler l'azote déjà présent dans le système.\n- **La rotation avec des légumineuses** — trèfle, luzerne, pois, fève —, qui en ajoute réellement, mais lentement et au prix d'une année sans récolte vendable.\n- **Les gisements** : guano du Pérou, puis nitrate du Chili, exploités intensivement au dix-neuvième siècle, et transportés dans le monde entier.\n\nEn 1898, William Crookes déclare devant l'association britannique pour l'avancement des sciences que les gisements s'épuiseront et que **le monde manquera de pain**, à moins de savoir fixer l'azote de l'air. Ce n'est pas une prophétie : c'est un calcul de rendement contre population.\n\n## La solution\n\n**1909** — Fritz Haber réalise la synthèse de l'ammoniac en laboratoire, sur un appareil de la taille d'une table.\n\n**1913** — Carl Bosch en fait un procédé industriel, à l'usine d'Oppau. Le passage de la paillasse à l'usine est le véritable exploit : il faut tenir des pressions et des températures qu'aucune industrie ne pratiquait.\n\nLe procédé combine l'azote de l'air avec de l'hydrogène, vers **400 à 500 degrés et 150 à 300 bars**, sur un catalyseur au fer. L'hydrogène, lui, vient du gaz naturel ou du charbon.\n\nC'est brutal, c'est simple, et c'est resté fondamentalement le même depuis un siècle.\n\n## Ce que ça pèse\n\nLes ordres de grandeur sont difficiles à croire et ils sont bien établis.\n\n**Le procédé consomme environ 1 à 2 % de l'énergie primaire mondiale**, à lui seul.\n\n**Il permet de nourrir environ la moitié de l'humanité.** Les travaux de référence estiment qu'environ **la moitié de l'azote contenu dans le corps d'un être humain vivant aujourd'hui est passée par une usine d'ammoniac.** Sans engrais de synthèse, la population que la Terre peut nourrir avec les surfaces actuelles est de l'ordre de la moitié de la population actuelle.\n\n**Il a aussi fait la guerre.** Le même procédé fournit les nitrates nécessaires aux explosifs. L'Allemagne, coupée du nitrate chilien par le blocus dès 1914, a pu poursuivre la guerre grâce à lui. C'est le même homme, Haber, qui dirige ensuite les premiers emplois de gaz de combat.\n\n## Le revers\n\n**L'azote appliqué ne reste pas où on le met.** Une partie importante est lessivée vers les nappes et les rivières sous forme de nitrates, où elle provoque des proliférations d'algues, puis des zones privées d'oxygène — l'eutrophisation, visible à l'embouchure de tous les grands fleuves agricoles du monde.\n\nUne autre partie repart en **protoxyde d'azote**, un gaz à effet de serre bien plus puissant que le dioxyde de carbone à masse égale.\n\n**Le cycle de l'azote est aujourd'hui plus modifié par l'activité humaine que le cycle du carbone**, en proportion. C'est simplement moins connu.\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Une ressource limitante, une fois levée, ne disparaît pas : elle se déplace.** L'azote n'est plus la limite de l'agriculture ; l'énergie nécessaire à le produire, et les conséquences de son excès, le sont devenues.\n\nEt une dépendance qu'il faut avoir en tête : **la production alimentaire mondiale repose sur quelques centaines d'usines, alimentées au gaz naturel.** Les manières de fertiliser sans elles — légumineuses, rotation, fumier, compost — n'ont pas changé depuis deux mille ans et sont décrites dans [[TEC-AGR-001]] et [[TEC-SOL-001]]. Elles fonctionnent. Elles ne nourrissent simplement pas autant de monde.","langue":"fr"},{"id":"MEM-AGR-003","titre":"Ce que l'agriculture a fait aux corps","axe":1,"categorie":"Les révolutions agricoles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","agriculture","sante","demographie","paleopathologie","maladie"],"sources":["Cohen M.N., Armelagos G., Paleopathology at the Origins of Agriculture","Larsen C.S., Bioarchaeology: Interpreting Behavior from the Human Skeleton","Mummert A. et al., Stature and robusticity during the agricultural transition, Economics and Human Biology, 2011","Wolfe N. et al., Origins of major human infectious diseases, Nature, 2007"],"corps":"::Les squelettes sont formels et le résultat est contre-intuitif : l'agriculture a produit beaucoup plus d'humains, en moins bonne santé que ceux qui l'ont précédée.::\n\nCe n'est pas une opinion sur le progrès. C'est ce que montrent, région après région, les séries de squelettes qui encadrent le passage à l'agriculture.\n\n## Ce que les os enregistrent\n\n**La taille diminue.** Le phénomène est observé sur la majorité des séries étudiées dans le monde, avec une perte de plusieurs centimètres en moyenne au moment de la transition, et une récupération qui prendra parfois des millénaires. La taille adulte est un bon indicateur de l'alimentation reçue pendant la croissance.\n\n**Les caries explosent.** Une alimentation riche en glucides fermentescibles — céréales, bouillies — nourrit les bactéries de la bouche. Les populations de chasseurs-cueilleurs présentent des taux de caries très bas ; les populations agricoles, des taux élevés, et cela dès les premières générations.\n\n**Les carences deviennent visibles.** Deux marqueurs reviennent partout : la **cribra orbitalia**, porosité du toit de l'orbite associée aux anémies, et l'**hypoplasie de l'émail**, sillons horizontaux sur les dents qui enregistrent un arrêt de croissance pendant l'enfance — une maladie, une disette. Sur les dents d'un adulte, on lit les famines de ses six ans.\n\n**Les articulations s'usent autrement.** Les insertions musculaires et les arthroses se déplacent vers le bas du dos, les genoux et les épaules : des gestes répétitifs, longs, avec des charges. Moudre du grain à la main laisse des traces reconnaissables chez les femmes de nombreuses populations néolithiques.\n\n## Pourquoi le régime s'appauvrit\n\nUn chasseur-cueilleur mange un grand nombre d'espèces différentes au fil de l'année. Un agriculteur mange essentiellement sa récolte.\n\n**La diversité alimentaire chute et la dépendance monte.** Trois ou quatre espèces fournissent l'essentiel des calories. Quand l'une échoue, il n'y a pas de substitut, et il n'y a plus le savoir ni le territoire pour aller chercher ailleurs. **La famine, au sens strict, est une invention agricole** : elle suppose qu'on dépende d'une récolte. Voir [[SURV-RES-001]].\n\n## Les maladies qui apparaissent\n\nLa plupart des grandes maladies infectieuses humaines sont d'origine animale, et leur installation demande deux conditions que seule l'agriculture réunit.\n\n**La proximité durable avec des animaux.** La rougeole est apparentée à la peste bovine, la variole à des poxvirus animaux, la grippe circule entre oiseaux, porcs et humains, la tuberculose et la brucellose viennent du bétail.\n\n**Une population assez dense pour entretenir la chaîne.** Un virus qui immunise ses survivants a besoin d'un flux permanent de nouveaux hôtes. En dessous d'un certain nombre d'habitants en contact, il s'éteint. La rougeole, par exemple, demande une population importante pour se maintenir durablement.\n\nS'y ajoute ce qui vient de la sédentarité elle-même : l'eau souillée par les déjections, les rongeurs attirés par les greniers, les parasites intestinaux, et le fait de vivre toute l'année au même endroit que ses propres déchets. Voir [[TEC-SAN-004]] et [[TEC-CON-006]].\n\n## Et pourtant, elle gagne\n\nC'est le point qui rend le dossier intéressant. Si l'agriculture rend la vie plus dure, pourquoi s'impose-t-elle partout ?\n\nParce que **la sélection ne porte pas sur le confort, elle porte sur le nombre.** Une femme sédentaire peut avoir des enfants plus rapprochés qu'une femme qui se déplace à pied avec eux, et les bouillies de céréales permettent un sevrage plus précoce. La mortalité infantile augmente, mais la natalité augmente davantage.\n\nLe résultat est une croissance démographique lente et irrésistible. **Un groupe agricole en moins bonne santé qu'un groupe de chasseurs finit par occuper son territoire, simplement parce qu'il est dix fois plus nombreux.** Voir [[MEM-AGR-001]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\nDeux choses, qui valent encore.\n\n**La densité et l'hygiène décident de la santé d'un groupe**, davantage que l'abondance alimentaire. C'est vrai au Néolithique, c'est vrai dans un camp, c'est vrai dans un immeuble sans eau courante. Voir [[URG-EFF-002]].\n\n**La spécialisation nourrit plus et protège moins.** Plus un système alimentaire repose sur peu d'espèces, plus il produit — et plus il tombe entièrement quand il tombe. Voir [[MEM-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-AGR-002","titre":"Les foyers de domestication","axe":1,"categorie":"Les révolutions agricoles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","agriculture","domestication","plantes","elevage","neolithique"],"sources":["Zeder M., Core questions in domestication research, PNAS, 2015","Fuller D. et al., Convergent evolution and parallelism in plant domestication, Annals of Botany","Larson G. et al., Current perspectives and the future of domestication studies, PNAS, 2014","Librado P. et al., The origins and spread of domestic horses, Nature, 2021"],"corps":"::L'agriculture n'a pas été inventée une fois puis diffusée. Elle a été inventée au moins une dizaine de fois, séparément, sur quatre continents, en quelques milliers d'années.::\n\nC'est le fait le plus important de la période et le moins connu. Des populations qui ne se sont jamais rencontrées ont résolu le même problème à peu près au même moment de l'Holocène, avec des espèces entièrement différentes.\n\n## Les foyers indépendants\n\n**Le Croissant fertile** — à partir d'environ 11 500 ans avant le présent. Engrain et amidonnier, orge, lentille, pois, pois chiche, fève, lin. Côté animal : la chèvre et le mouton vers 10 500 ans, puis le porc et le bovin issu de l'aurochs. C'est le foyer le mieux documenté, ce qui explique qu'on l'ait longtemps cru unique.\n\n**La Chine** — deux foyers distincts. Le riz dans la vallée du Yangzi vers 9 000 ans, les millets dans le bassin du fleuve Jaune vers 8 000 ans. Puis le soja et le porc.\n\n**La Mésoamérique** — la courge vers 10 000 ans, le maïs à partir d'une graminée sauvage, la téosinte, dans la vallée du Balsas vers 9 000 ans, le haricot ensuite. **Aucun animal de trait**, et cette absence explique une grande partie de ce qui suivra.\n\n**Les Andes** — la pomme de terre vers 8 000 ans, le quinoa, puis le lama, l'alpaga et le cochon d'Inde.\n\n**La Nouvelle-Guinée** — taro et banane vers 7 000 ans, avec des systèmes de drainage attestés sur le site de Kuk.\n\n**L'Afrique sahélienne** — sorgho et mil vers 5 000 à 4 000 ans, dans un Sahara qui s'assèche.\n\n**L'est de l'Amérique du Nord** — courge, tournesol et plusieurs plantes aujourd'hui oubliées, vers 5 000 à 4 000 ans.\n\n**La steppe pontique** — le cheval domestique dont descendent tous les chevaux actuels apparaît vers 4 200 ans avant le présent, beaucoup plus tard qu'on ne le croyait.\n\n## Ce qu'une plante domestiquée a perdu\n\nUne espèce cultivée n'est pas une espèce sauvage qu'on récolte. Elle a été modifiée, et toujours dans le même sens, parce que la récolte sélectionne toujours les mêmes caractères.\n\n**Le rachis ne se casse plus.** Une céréale sauvage disperse ses graines dès qu'elles sont mûres : c'est sa manière de se reproduire. Les plantes qu'on récolte à la faucille sont préférentiellement celles dont l'épi tient. En quelques siècles, la plante ne sait plus se semer seule. **Le blé dépend de nous exactement autant que nous dépendons de lui.**\n\n**Les graines grossissent** et germent toutes en même temps, au lieu d'étaler leur germination sur plusieurs années comme le fait une plante sauvage prudente.\n\n**L'amertume et la toxicité reculent**, parce qu'on resème ce qu'on a aimé manger.\n\nChez les animaux, le schéma est comparable : réduction de la taille, du cerveau et de l'agressivité, avancée de la maturité sexuelle, tolérance à la promiscuité.\n\n## Ce que cela a demandé de temps\n\n**La domestication n'est pas un événement, c'est un processus de plusieurs millénaires.** Les sites du Croissant fertile montrent des populations qui récoltent du blé encore sauvage pendant plus de mille ans avant que les caractères domestiques se fixent. Personne, à aucun moment, n'a décidé d'inventer l'agriculture.\n\nCe qui rend cette période intelligible, c'est plutôt une conjonction : un climat devenu stable, des populations déjà sédentaires par endroits, et des plantes localement abondantes qu'on a commencé par simplement protéger.\n\n## Ce qui en reste d'utilisable\n\nDeux choses, directement.\n\n**La diversité des foyers est une leçon de fond** : il n'existe pas une agriculture, mais des agricultures adaptées à un sol, un climat et une main-d'œuvre. Voir [[TEC-SOL-001]].\n\n**La dépendance est réciproque et elle est totale.** Les plantes qui nous nourrissent ne survivent pas sans nous, et c'est pourquoi la conservation des semences est une compétence et non un détail. Voir [[TEC-AGR-002]] et [[MEM-AGR-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-AGR-001","titre":"Le surplus, la hiérarchie et la première dépendance","axe":1,"categorie":"Les révolutions agricoles","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","societe","agriculture","organisation"],"sources":[],"corps":"::Le premier surplus stockable apparaît au Néolithique. Tout ce qui suit — l'écriture, la hiérarchie, la guerre pour la réserve — en découle.::\n\n## Le surplus et ce qu'il déclenche\n\nL'agriculture n'a pas seulement changé ce que les gens mangeaient. Elle a produit quelque chose de nouveau dans l'histoire humaine : **le surplus stockable**.\n\nUn groupe qui conserve sa nourriture peut nourrir des gens qui n'en produisent pas. C'est la condition matérielle de toute spécialisation. Le potier, le forgeron, le prêtre et le soldat n'existent que parce qu'un grenier existe.\n\nDe cette même condition découle tout le reste. Il faut compter les stocks, donc écrire. Il faut décider qui y accède, donc hiérarchiser. Il faut défendre un point fixe qu'on ne peut plus abandonner, donc s'organiser militairement. Et il devient rentable, pour la première fois, de prendre le stock d'un autre plutôt que de produire le sien.\n\nLes études paléopathologiques sur les premières populations agricoles montrent un tableau constant et contre-intuitif : taille en baisse, carences plus fréquentes, dentition dégradée, charge parasitaire supérieure à celle des chasseurs-cueilleurs qu'elles remplacent. Régime concentré sur quelques espèces au lieu de plusieurs dizaines. Dépendance totale à une récolte, donc à une saison. Promiscuité permanente avec des animaux domestiques, d'où viennent la plupart des grandes maladies infectieuses humaines.\n\n**L'agriculture n'a pas gagné parce qu'elle rendait la vie meilleure. Elle a gagné parce qu'elle nourrissait plus de monde sur la même surface.** Un groupe plus nombreux, même en moins bonne santé, l'emporte démographiquement et militairement sur un groupe plus sain mais moins nombreux. C'est une logique de volume, pas de qualité.\n\nLe prix réel est ailleurs. Le chasseur-cueilleur répond à une mauvaise année en se déplaçant. L'agriculteur ne le peut plus : son investissement est dans le sol, ses réserves dans un lieu, sa survie dans une infrastructure qu'il ne peut pas emporter. **Une société agricole ne peut pas fuir. Elle doit tenir, stocker davantage, ou s'effondrer sur place.**\n\n## Où et quand\n\nLa domestication n'a pas eu lieu une fois. Elle est apparue indépendamment dans au moins une dizaine de foyers, à des millénaires d'écart et sur des espèces différentes.\n\nAu **Proche-Orient**, à partir d'environ dix mille ans avant notre ère, sur le blé, l'orge, les pois, les lentilles, puis la chèvre, le mouton, le porc et le bœuf. En **Chine**, sur le millet au nord et le riz au sud. En **Mésoamérique**, sur le maïs, la courge et le haricot. Dans les **Andes**, sur la pomme de terre, le quinoa, le lama et l'alpaga. En **Nouvelle-Guinée**, sur la banane et le taro. En **Afrique de l'Ouest**, sur le sorgho, le mil et l'igname.\n\nChaque foyer a domestiqué ce qui poussait chez lui. Les espèces disponibles localement ont ainsi déterminé ce que chaque région pouvait devenir : peu de céréales à haut rendement et peu de grands animaux domesticables en certains endroits, beaucoup dans d'autres.\n\n## Ce que montrent les squelettes\n\nLes études paléopathologiques sur les premières populations agricoles donnent un tableau constant : taille moyenne en baisse par rapport aux chasseurs-cueilleurs de la même région, marqueurs de carence plus fréquents sur les os et les dents, caries en forte augmentation avec la consommation de céréales, charge parasitaire supérieure.\n\nLes causes identifiées sont un régime concentré sur quelques espèces au lieu de plusieurs dizaines, une dépendance à une récolte unique, une promiscuité permanente avec les animaux domestiques, et une densité de population qui rend contagieux ce qui ne l'était pas.\n\nLes populations agricoles ont pourtant remplacé les autres, parce qu'elles nourrissaient davantage de monde sur la même surface.\n\n## Ce qui apparaît ensuite\n\nLes traces archéologiques associent régulièrement l'agriculture à une série d'éléments qui n'existaient pas avant : le **grenier** et le silo, l'**écriture** comptable — voir [[MEM-CIT-001]] —, les **inégalités de sépulture**, qui signalent une différenciation sociale, les **fortifications**, et les premières **épidémies** liées à la densité, mécanisme décrit dans [[TEC-SAN-004]].\n\nL'ordre d'apparition est le même dans des foyers sans contact entre eux.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-005","titre":"L'électricité et le réseau","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","electricite","reseau","courant","norme","dependance"],"sources":["Hughes T.P., Networks of Power: Electrification in Western Society 1880-1930","Nye D., Electrifying America: Social Meanings of a New Technology","Smil V., Creating the Twentieth Century","Rapports de la Commission de régulation de l'énergie sur la structure des réseaux"],"corps":"::L'électricité n'est pas une source d'énergie. C'est un moyen de la transporter, et c'est en cela qu'elle a tout changé.::\n\n## Les dates\n\n**1800** — Volta construit la première pile, qui donne un courant continu durable.\n\n**1831** — Faraday établit l'induction électromagnétique : un aimant en mouvement dans une bobine produit du courant. C'est le principe de toutes les centrales, encore aujourd'hui.\n\n**1879 à 1882** — Edison met au point une lampe à incandescence durable et, surtout, ouvre en 1882 la centrale de Pearl Street à New York : un système complet, avec production, distribution, compteurs et facturation. **L'invention n'est pas l'ampoule, c'est le système.**\n\n**Années 1880 et 1890** — le courant alternatif l'emporte, sur les travaux de Tesla, Westinghouse et Ferranti. La raison est simple et décisive : **seul l'alternatif se transforme facilement en haute tension.**\n\n**1891** — la démonstration de Lauffen à Francfort transporte du courant sur environ 175 kilomètres, prouvant qu'on peut produire loin de l'endroit où l'on consomme.\n\n**Vingtième siècle** — interconnexion progressive des réseaux régionaux, puis nationaux, puis continentaux.\n\n## Pourquoi la haute tension décide de tout\n\nC'est le point technique qui explique la forme du monde moderne.\n\nDans un câble, la perte est proportionnelle au carré du courant. Pour transporter une même puissance, on peut jouer sur deux termes : beaucoup de courant sous faible tension, ou peu de courant sous forte tension. **Multiplier la tension par dix divise les pertes par cent.**\n\nLe transformateur ne fonctionne qu'en alternatif. C'est pourquoi l'alternatif gagne, malgré le fait que la plupart des usages modernes consomment en réalité du continu, reconstitué localement.\n\nLa conséquence est géographique : la production peut être très loin de la consommation. Un barrage en montagne, une centrale au bord d'un fleuve, un champ d'éoliennes en mer alimentent des villes à des centaines de kilomètres. **L'énergie cesse d'être locale.** Voir [[MEM-ACC-002]].\n\n## Ce que l'électricité a apporté d'unique\n\n**Elle se divise.** Un moulin fournit une seule puissance à un seul endroit. Un réseau alimente simultanément une lampe de quelques watts et un four de plusieurs kilowatts, chacun selon son besoin.\n\n**Elle se transforme dans les deux sens.** Mouvement, chaleur, lumière, son, information, réaction chimique : tout se convertit en électricité et inversement, avec de bons rendements.\n\n**Elle est immédiate.** Pas de stock à charrier, pas de préparation, pas de délai.\n\nEt un défaut unique, qui n'a jamais été résolu : **elle ne se stocke pas.** Ce qui est produit doit être consommé dans l'instant. Tout le réseau mondial est construit autour de cette contrainte — l'équilibre permanent entre production et consommation, ajusté à la seconde. Voir [[TEC-ENE-004]].\n\n## La normalisation\n\nCe qui n'apparaît dans aucun récit d'invention et qui pèse pourtant autant : la mise en commun des normes.\n\nFréquence, tension, filetage des douilles, section des câbles, calibre des protections, couleur des fils. Sans cette uniformisation, aucun appareil ne serait interchangeable et aucun réseau ne pourrait être interconnecté.\n\n**L'interconnexion est ce qui a rendu le service fiable** — une centrale en panne est compensée par les autres — **et c'est aussi ce qui permet aux grandes pannes de se propager.** Un incident local mal amorti bascule de proche en proche, comme l'ont montré plusieurs grands effacements régionaux. C'est le même mécanisme de couplage que celui décrit dans [[MEM-CIT-004]] et [[MEM-EFF-001]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Une prise murale est l'extrémité visible d'une chaîne de plusieurs centaines de kilomètres**, qui suppose un combustible ou une rivière, une centrale, des transformateurs, des lignes, un équilibrage permanent et des gens de garde.\n\nC'est pour cette raison que l'électricité est à la fois la dépendance la plus commode et la plus fragile de la vie ordinaire. La manière de s'en passer, de la produire localement et de la stocker est traitée dans [[TEC-ENE-001]], [[TEC-SOLR-001]] et [[URG-EFF-001]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-004","titre":"L'eau propre, l'antisepsie et les vaccins","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","sante","hygiene","vaccin","eau","mortalite","assainissement"],"sources":["Snow J., On the Mode of Communication of Cholera, 1855","Semmelweis I., Die Ätiologie, der Begriff und die Prophylaxis des Kindbettfiebers, 1861","Cutler D., Miller G., The Role of Public Health Improvements in Health Advances, Demography, 2005","Jenner E., An Inquiry into the Causes and Effects of the Variolae Vaccinae, 1798"],"corps":"::L'espérance de vie a doublé en deux siècles. L'essentiel de ce gain vient de canalisations et de savon, pas de médicaments.::\n\nC'est le résultat le plus contre-intuitif de l'histoire de la santé, et il est solidement établi. Les grandes molécules arrivent tard, bien après que la mortalité a commencé à s'effondrer.\n\n## La chronologie\n\n**1796** — Edward Jenner inocule le virus de la vaccine et démontre la protection contre la variole. Le principe était connu ailleurs sous une forme plus risquée : la variolisation se pratiquait depuis longtemps en Chine, en Inde et dans l'Empire ottoman, d'où elle est rapportée en Angleterre dès 1721. La variole sera déclarée éradiquée en 1980 — **la seule maladie humaine éliminée à ce jour.**\n\n**1847** — Ignace Semmelweis, à Vienne, observe que la mortalité par fièvre puerpérale est plusieurs fois plus élevée dans le service où les médecins passent des autopsies aux accouchements que dans celui des sages-femmes. Il impose le lavage des mains à l'eau chlorée. La mortalité du service s'effondre. **Il est raillé, écarté, et meurt interné.** Personne n'a de théorie pour expliquer son résultat, et un résultat sans explication ne convainc pas.\n\n**1854** — John Snow cartographie les cas de choléra du quartier de Soho à Londres et les rattache à une pompe à eau de Broad Street. Il fait retirer le bras de la pompe. La même année, Filippo Pacini observe le bacille, sans être entendu ; Robert Koch l'identifiera formellement en 1883.\n\n**Années 1860** — Louis Pasteur établit le rôle des micro-organismes. La théorie manquante arrive enfin.\n\n**1867** — Joseph Lister applique le phénol aux plaies et aux instruments chirurgicaux. La mortalité opératoire chute. L'antisepsie devient une pratique.\n\n**1908** — première chloration systématique d'une eau de distribution municipale, à Jersey City. La filtration sur sable était déjà pratiquée à Londres depuis 1829.\n\n**1928 et 1942** — découverte de la pénicilline, puis premier usage clinique à grande échelle. **Les antibiotiques arrivent donc un siècle après le début de la baisse de la mortalité.**\n\n## Ce qui a fait le gros du travail\n\nLes travaux de démographie historique convergent : **l'essentiel de la chute de la mortalité entre 1850 et 1950 s'explique par l'eau potable, l'évacuation des eaux usées, le lavage, la pasteurisation du lait et le logement — pas par la médecine curative.**\n\nLa raison est arithmétique. Jusqu'au vingtième siècle, la mortalité est dominée par les infections, et les infections sont dominées par les enfants. Une population où un enfant sur quatre ou cinq meurt avant cinq ans a une espérance de vie à la naissance effondrée, même si les adultes vivent longtemps. **Supprimer la diarrhée infantile change l'espérance de vie moyenne plus que n'importe quel traitement pour adultes.**\n\nLes ordres de grandeur, en Europe occidentale : espérance de vie à la naissance d'environ trente-cinq à quarante ans vers 1800, autour de cinquante en 1900, environ quatre-vingts aujourd'hui. Mortalité infantile de l'ordre de deux cents pour mille au début du dix-neuvième siècle, contre quelques unités pour mille aujourd'hui.\n\n## Le cas Semmelweis, et ce qu'il enseigne\n\nSemmelweis avait raison, il avait des chiffres, et il n'a convaincu personne de son vivant. Trois raisons, toutes instructives.\n\n**Il n'avait pas de mécanisme.** Un fait sans explication est reçu comme une coïncidence.\n\n**Sa conclusion accusait ses pairs.** Elle revenait à dire que les médecins tuaient leurs patientes. C'est une chose qu'un groupe professionnel n'entend pas facilement.\n\n**Il l'a mal défendue**, avec véhémence et sans publier clairement pendant quatorze ans.\n\nLe mécanisme complet de ce type d'aveuglement est décrit dans [[MEM-ACC-003]].\n\n## Ce qu'on en retient\n\n**Les gestes les plus efficaces de toute l'histoire de la santé sont les moins spectaculaires** : séparer l'eau propre de l'eau sale, se laver les mains, évacuer les excréments loin des puits, faire bouillir. Ils ne demandent ni industrie, ni diagnostic, ni ordonnance.\n\n**C'est exactement ce qui reste disponible quand le reste s'arrête.** C'est pourquoi ces gestes occupent une place centrale dans [[TEC-SAN-004]], [[URG-EAU-001]] et [[URG-EFF-002]] — et pourquoi l'absence de latrines est le premier tueur de toutes les crises longues.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-003","titre":"Apprendre à se corriger","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","science","methode","savoir"],"sources":["Shapin S., The Scientific Revolution","Wootton D., The Invention of Science","Travaux historiques sur l'expérience de Semmelweis et l'acceptation des découvertes médicales"],"corps":"::Entre le seizième et le dix-neuvième siècle se met en place un ensemble de procédés destinés à détecter l'erreur : observation notée, comparaison, reproductibilité, publication.::\n\n## Le problème que rien ne résolvait\n\nPendant l'essentiel de l'histoire, une affirmation se validait par l'autorité de celui qui l'énonçait, par son ancienneté, ou par sa cohérence avec ce qu'on croyait déjà.\n\nAucun de ces critères ne permet de détecter une erreur. Un savoir faux transmis avec autorité se transmet aussi bien qu'un savoir vrai — parfois mieux, s'il est plus simple ou plus rassurant.\n\nIl manquait un mécanisme capable de **trancher entre deux affirmations concurrentes autrement que par le prestige**. C'est ce mécanisme qui apparaît progressivement, et il tient en quelques éléments dont aucun n'est spectaculaire.\n\n## Les éléments du mécanisme\n\n**L'observation systématique**, notée, datée, quantifiée. Cela paraît banal ; c'est la condition de tout le reste. Un souvenir se déforme, une note ne bouge pas.\n\n**La comparaison.** On ne juge pas un traitement en observant ceux qui l'ont reçu, mais en les comparant à ceux qui ne l'ont pas reçu. Sans groupe de comparaison, on attribue à l'intervention ce qui serait arrivé de toute façon. **C'est probablement l'idée la plus puissante de toute la méthode**, et l'une des plus tardives.\n\n**La reproductibilité.** Un résultat que personne d'autre n'obtient n'est pas un résultat. C'est ce qui rend nécessaire la description exacte du protocole, et ce qui suppose une transmission fidèle — donc l'imprimerie, comme le montre [[MEM-ACC-001]].\n\n**La publication de la méthode et pas seulement de la conclusion.** C'est ce qui permet à un autre de refaire, donc de contredire.\n\n**La réfutabilité.** Une affirmation qui ne peut être contredite par aucune observation ne dit rien sur le monde. Elle peut être belle, cohérente et parfaitement inutile.\n\n## Pourquoi c'est difficile\n\nLe mécanisme est simple à énoncer et pénible à appliquer, pour des raisons qui tiennent au fonctionnement de l'esprit.\n\n**On voit ce qu'on cherche.** Confronté à une hypothèse, on remarque les cas qui la confirment et on oublie les autres. C'est involontaire et systématique.\n\n**On confond succession et cause.** Deux choses qui se suivent paraissent liées. C'est l'origine de la plupart des remèdes inefficaces : la maladie guérit seule, et le remède reçoit le crédit.\n\n**On juge sur les survivants.** On étudie ceux qui ont réussi, jamais ceux qui ont disparu — et l'on tire des conclusions à partir d'un échantillon qui exclut précisément les échecs.\n\n**Une correction est socialement coûteuse.** L'histoire des sciences abonde en découvertes justes rejetées pendant des décennies parce qu'elles mettaient en cause une pratique établie et ceux qui l'exerçaient. La démonstration que le lavage des mains réduisait massivement la mortalité en maternité a été refusée longtemps, malgré des chiffres clairs — mécanisme sanitaire décrit dans [[TEC-SAN-004]].\n\n## Quelques jalons\n\n**Les expériences sur le vide et la pression atmosphérique**, au milieu du dix-septième siècle, établissent un modèle : une hypothèse, un dispositif reproductible, une mesure, une publication détaillée du montage permettant à d'autres de refaire.\n\n**Les premières sociétés savantes et leurs revues**, à partir des années 1660, instituent la publication comme lieu de la validation. Un résultat non publié, donc non soumis à contradiction, cesse progressivement de compter.\n\n**L'essai comparatif sur le scorbut**, mené en 1747 par un chirurgien de la marine britannique, est l'un des premiers essais cliniques comparatifs documentés : douze marins atteints, répartis en groupes recevant des traitements différents, et un résultat net en faveur des agrumes. Son adoption officielle prendra plusieurs décennies.\n\n**Les statistiques de mortalité en maternité**, dans les années 1840 à Vienne, montrent qu'un service où les médecins pratiquent des autopsies avant les accouchements présente une mortalité plusieurs fois supérieure à un service voisin. L'imposition du lavage des mains fait chuter les chiffres immédiatement. La démonstration est rejetée pendant des années par la communauté médicale — sujet traité dans [[TEC-SAN-004]].\n\n**La théorie microbienne**, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, s'impose par une série d'expériences décisives sur la fermentation, la génération spontanée et l'atténuation des agents infectieux.\n\n## Ce que les biais documentés font au raisonnement\n\n**Le biais de confirmation** : on remarque les cas conformes à l'hypothèse et on oublie les autres. Il est mesuré et involontaire.\n\n**La confusion entre succession et cause** : deux événements qui se suivent paraissent liés. C'est l'origine de la plupart des remèdes inefficaces, la maladie guérissant seule.\n\n**Le biais du survivant** : on étudie ce qui a réussi, jamais ce qui a disparu, et l'échantillon exclut donc précisément les échecs.\n\n**La régression vers la moyenne** : un état extrême tend naturellement à revenir vers l'ordinaire, ce qui crédite toute intervention appliquée au pire moment.\n\nC'est contre ces mécanismes que le groupe de comparaison a été introduit, puis le tirage au sort, puis la procédure en aveugle — chacun répondant à un biais identifié.","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-002","titre":"Le charbon et la machine à vapeur","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","energie","vapeur","charbon","industrie","rendement"],"sources":["Smil V., Energy and Civilization: A History","Wrigley E.A., Energy and the English Industrial Revolution","Hills R.L., Power from Steam: A History of the Stationary Steam Engine","Brevet de James Watt, 1769, condenseur séparé"],"corps":"::Pendant toute l'histoire humaine, la puissance disponible était celle des muscles, du vent et de l'eau qui tombe. En un siècle, elle cesse de l'être.::\n\n## Le verrou que rien ne levait\n\nAvant le dix-huitième siècle, toute l'énergie mécanique disponible a une limite physique et géographique.\n\n**Le muscle.** Un humain soutient environ 75 à 100 watts sur une journée de travail. Un cheval, autour de 700 watts. Ces chiffres n'ont jamais bougé.\n\n**L'eau et le vent.** Un moulin donne davantage, mais il est là où est la chute d'eau, il s'arrête quand la rivière gèle ou baisse, et on ne le déplace pas.\n\n**Le bois.** C'est le combustible universel, et il entre en concurrence directe avec l'agriculture : une forêt occupe un sol qui pourrait nourrir. Une économie qui se chauffe et fond son métal au bois se heurte à la surface de son territoire. L'Angleterre du dix-septième siècle est déjà largement déboisée.\n\n**La contrainte est donc foncière avant d'être technique** : l'énergie pousse sur un sol, et le sol est fini.\n\n## Les dates\n\n**1698** — Thomas Savery brevette une pompe à vapeur sans piston, peu efficace et dangereuse.\n\n**1712** — Thomas Newcomen met en service la première machine réellement utilisable, dite atmosphérique, pour pomper l'eau des mines. Elle fonctionne, elle est énorme, et son rendement est inférieur à un pour cent. Elle est pourtant installée par centaines, pour une raison décisive : **elle brûle du charbon au bord d'une mine de charbon**, là où le combustible ne coûte presque rien.\n\n**1769** — James Watt brevette le condenseur séparé. Au lieu de refroidir le cylindre à chaque cycle, on condense la vapeur ailleurs. Le rendement est multiplié par plusieurs fois.\n\n**1781 et après** — Watt et ses associés produisent le mouvement rotatif, ce qui fait sortir la machine de la mine pour entrer dans les filatures, puis dans les navires et sur les rails.\n\n**Dix-neuvième siècle** — la haute pression, les machines compound et la turbine portent les rendements de quelques pour cent à dix ou vingt pour cent.\n\n## Pourquoi le charbon\n\nDeux raisons, et la seconde compte plus que la première.\n\n**La densité.** Le charbon rend autour de 30 mégajoules par kilo, le bois sec autour de 15, et le charbon de bois coûte du bois. À masse égale, on transporte deux fois plus d'énergie.\n\n**Le sol.** Le charbon ne pousse pas. Il ne prend aucune surface agricole, ne se replante pas, ne demande pas de saison. **C'est la première source d'énergie de l'histoire qui ne soit pas en compétition avec la nourriture.** C'est cela, et non le rendement, qui lève le verrou.\n\n## La boucle\n\nCe qui rend cette séquence remarquable, c'est qu'elle se referme sur elle-même.\n\nOn extrait du charbon. Les mines s'enfoncent et se noient. Il faut pomper. On invente une machine qui pompe, alimentée par le charbon qu'elle permet d'extraire. Plus on extrait, plus on peut pomper, plus on peut extraire.\n\n**Une source d'énergie qui finance sa propre extraction n'avait jamais existé.** Toutes les précédentes — bois, eau, muscle — avaient un plafond fixé par la surface disponible.\n\n## Ce que cela déplace\n\n**L'usine quitte la rivière.** Elle s'installe près du charbon, près du port, près de la main-d'œuvre. La géographie industrielle se redessine entièrement, et les populations avec elle.\n\n**Le transport change d'échelle.** Locomotive, navire à vapeur : les marchandises lourdes circulent à l'intérieur des terres pour la première fois à bas coût.\n\n**Le travail humain cesse d'être la mesure.** On dispose de plus de puissance qu'il n'y a de bras, et c'est un fait entièrement nouveau dans l'histoire de l'espèce.\n\n## Ce qu'il en reste\n\n**Toute la question de l'énergie tient dans deux nombres : combien un combustible rend, et ce qu'il faut dépenser pour l'obtenir.** Un combustible qui rend moins que ce qu'il coûte à produire n'est pas une source, c'est un stockage.\n\nLe fonctionnement interne de ces machines, du piston au cycle thermodynamique, est décrit dans [[TEC-MOTH-001]]. L'usage moderne de la même logique est dans [[TEC-ENE-001]] et [[MEM-ANT-002]].","langue":"fr"},{"id":"MEM-ACC-001","titre":"L'imprimerie, ou la copie qui cesse de se dégrader","axe":1,"categorie":"Accélération technique","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["histoire","savoir","transmission","technique"],"sources":["Eisenstein E., The Printing Press as an Agent of Change","Febvre L., Martin H.-J., L'apparition du livre","Travaux sur la production manuscrite européenne avant 1450, Buringh & van Zanden"],"corps":"::Avant l'imprimerie, chaque copie manuscrite ajoutait ses propres erreurs à celles de la précédente. C'est cette dérive qui cesse au milieu du quinzième siècle.::\n\nOn retient de l'imprimerie qu'elle a rendu les livres nombreux et bon marché. C'est vrai, et c'est secondaire. L'effet décisif est ailleurs.\n\n## Le problème de la copie manuscrite\n\nUn manuscrit se recopie à la main. Chaque copiste introduit des erreurs : mots sautés, chiffres confondus, lignes répétées, abréviations mal résolues. Le copiste suivant recopie la copie, erreurs comprises, et en ajoute.\n\nCela produit une **dérive cumulative**. Au bout de plusieurs générations de copies, deux exemplaires du même texte ne disent plus la même chose, et personne ne peut savoir lequel est le plus proche de l'original.\n\nPour un poème, c'est ennuyeux. Pour un traité de médecine, une table astronomique ou une description de plante médicinale, c'est destructeur : **une erreur de copie dans un chiffre ou dans un dessin de plante rend le savoir non seulement inutile mais dangereux.** C'est une des raisons pour lesquelles les sciences d'observation ont stagné si longtemps : on ne pouvait pas faire confiance à ce qu'on lisait, donc on ne pouvait pas construire dessus.\n\n## Ce que change l'impression\n\nUne fois la forme composée, toutes les feuilles tirées sont identiques. L'erreur ne se propage plus en s'aggravant : elle est présente dans tout le {{tirage|Circulation d'air ascendante dans un conduit, créée par la différence de densité entre l'air chaud et l'air extérieur.}}, donc **repérable et corrigeable dans l'édition suivante**.\n\nTrois conséquences en découlent, dans cet ordre.\n\n**La référence commune devient possible.** Deux personnes éloignées peuvent discuter d'un texte en étant sûres de lire la même chose. La pagination, l'index, la note en bas de page, la citation précise — tous ces outils naissent là, et ils sont la condition matérielle du débat savant.\n\n**Le savoir devient cumulatif.** On peut corriger une édition, publier l'erreur trouvée, l'intégrer à la suivante. Le texte s'améliore avec le temps au lieu de se dégrader. C'est un renversement complet du sens de la flèche.\n\n**L'illustration technique devient fiable.** Une gravure se reproduit à l'identique, ce qu'un dessin recopié à la main ne fait pas. La botanique, l'anatomie et la mécanique reposent sur des images exactes : elles décollent au moment où l'image cesse de dériver.\n\n## Le prix payé\n\nL'imprimerie a aussi figé. Un texte imprimé en grand nombre devient difficile à corriger dans les esprits même quand l'erreur est établie, parce que les exemplaires fautifs continuent de circuler. Elle a diffusé des erreurs à une échelle et avec une autorité que le manuscrit n'atteignait pas.\n\nEt elle a créé une dépendance nouvelle : un atelier, des caractères, du papier, de l'encre, un réseau de distribution. Un savoir imprimé dépend d'une infrastructure industrielle que le manuscrit ne demandait pas. Copier un livre à la main est lent, mais peut se faire n'importe où, avec presque rien.\n\n## Les chiffres de la production\n\nLes estimations de production manuscrite en Europe occidentale portent sur quelques millions de volumes pour l'ensemble du Moyen Âge, avec une accélération à partir du treizième siècle liée à la diffusion du papier et à la demande universitaire.\n\nAprès l'apparition de la typographie à caractères mobiles au milieu du quinzième siècle, les ordres de grandeur changent complètement : les estimations situent la production européenne du seul seizième siècle à plusieurs centaines de millions d'exemplaires.\n\nLe coût suit la même courbe. Un manuscrit représentait des mois de travail d'un copiste et une quantité importante de parchemin, soit de nombreuses peaux pour un seul ouvrage. Le papier, puis l'impression, ramènent le livre dans une gamme de prix accessible à des catégories sociales qui n'en possédaient aucun.\n\n## Ce que la technique combine\n\nL'imprimerie de Gutenberg n'est pas une invention unique mais l'assemblage de plusieurs éléments préexistants : les **caractères mobiles** en alliage de plomb, d'étain et d'antimoine, coulés en série dans un moule à matrice ; une **presse** dérivée des pressoirs à vis ; une **encre grasse** adaptée au métal, tirée des techniques de peinture à l'huile ; et le **papier**, importé de Chine par le monde islamique et fabriqué en Europe depuis le douzième siècle.\n\nChacun existait avant. C'est leur combinaison qui produit l'effet — mécanisme de diffusion technique décrit dans [[MEM-ECH-001]].\n\n## Les effets observés\n\n**La stabilisation des textes.** Les éditions permettent la référence commune, la pagination, l'index et la citation précise. Les catalogues d'errata publiés d'une édition à l'autre attestent d'un processus de correction cumulative.\n\n**L'essor des sciences d'observation.** La botanique, l'anatomie et l'astronomie décollent au moment où l'image gravée cesse de dériver à la copie. Les grands atlas illustrés du seizième siècle sont contemporains de cette possibilité — et ils fournissent la base matérielle de ce que décrit [[MEM-ACC-003]].\n\n**La diffusion des langues vernaculaires.** L'impression en langue locale plutôt qu'en latin élargit le lectorat et fixe des normes orthographiques.\n\n**Une dépendance nouvelle.** Un atelier, des caractères, du papier, de l'encre, un réseau de distribution. Copier un livre à la main est lent et se fait n'importe où ; imprimer suppose une infrastructure.","langue":"fr"},{"id":"SURV-SOC-011","titre":"Faire l'école sans école","axe":3,"categorie":"Psychologie Sociale et Troc","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["ecole","enfants","education","lecture","calcul","apprentissage","crise","groupe"],"sources":["UNESCO et INEE, Normes minimales pour l'éducation : préparation, interventions, relèvement","UNICEF, l'éducation dans les situations d'urgence","Mitra S., expériences d'apprentissage autonome (Hole in the Wall), 1999-2010"],"corps":"::Une école qui ferme des mois, c'est une génération qui prend du retard pour des années. Il ne faut ni diplôme ni bâtiment pour que des enfants continuent d'apprendre : une heure par jour, un adulte, du papier, et la vie autour comme manuel.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CUL-002]].\n\n## AGIR\n\n**L'essentiel, chaque jour**\n\n- **Lire, écrire, compter** : c'est ce qui se perd le plus vite et ce qui ouvre tout le reste.\n- **Une à deux heures par jour**, le matin, à heure fixe. La régularité compte plus que la durée.\n- **Un cahier par enfant**, qui garde la trace de ce qu'il a appris : il voit qu'il avance.\n\n**La vie comme manuel**\n\n- **Les mathématiques** : doser la farine du pain, compter les réserves, mesurer un potager, calculer combien de jours tiendra l'eau, convertir des unités. Voir [[TEC-IDE-011]].\n- **Les sciences** : faire germer des graines, observer le ciel, fabriquer une pile, comprendre pourquoi l'eau bout. Voir [[SURV-ENE-002]].\n- **La géographie** : lire une carte, s'orienter au soleil et aux étoiles. Voir [[SURV-ORI-001]].\n- **L'écriture** : tenir le journal du groupe, écrire des lettres aux proches éloignés, recopier des fiches utiles.\n- **La lecture** : à voix haute, le soir, pour tous. Les livres de la maison, de la bibliothèque, les fiches Phenix.\n\n**Enseigner en groupe**\n\n- **Les grands apprennent aux petits** : en expliquant, ils apprennent deux fois. C'était la règle des écoles de village à classe unique.\n- **Par niveau, pas par âge** : chacun avance à son rythme.\n- **Chaque adulte enseigne ce qu'il sait** : un mécanicien, une couturière, un ancien instituteur, un jardinier. Voir [[TEC-MET-001]].\n- **Des questions plutôt que des réponses** : « Pourquoi à ton avis ? » fait plus travailler que « c'est comme ça ».\n\n## ADAPTER\n\n**Garder l'envie**\n\n- **Des jeux** : jeux de calcul, de mots, d'observation, de mémoire. Voir [[TEC-CUL-001]].\n- **Des projets concrets** : construire un four, un cadran solaire, une carte du quartier.\n- **Du dehors** : une grande partie de ce qui s'apprend se fait en marchant.\n- **De la reconnaissance** : on montre, on félicite, on affiche le travail.\n\nApprendre, c'est aussi une façon pour un enfant de tenir dans une période dure : ça donne un but, une routine, et l'idée qu'il y a un après. Voir [[SURV-PSY-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-026","titre":"Lever et déplacer une charge lourde","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["levier","rouleaux","calage","palan","cric","charge","manutention","sauvetage"],"sources":["INRS, manutention manuelle de charges (ED 6161)","FEMA, Urban Search and Rescue : techniques de levage et de calage","Newton et Archimède, lois du levier (voir la fiche des machines simples)"],"corps":"::Les pyramides ont été montées sans moteur. Un levier, des rouleaux, un plan incliné et des cales permettent à deux personnes de déplacer ce qu'aucune ne soulèverait. La seule règle absolue : on ne met jamais une partie de son corps sous une charge qui n'est pas calée.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-MEC-018]].\n\n## AGIR\n\n**Le levier**\n\nUn levier multiplie la force par le rapport de ses longueurs : avec une barre de 2 m et un appui à 20 cm de la charge, la force est multipliée par environ 9. Une barre à mine, une poutre, un tube d'acier, sur un appui solide (pierre, bille de bois). Voir [[TEC-MAC-001]].\n\n**Lever et caler : la méthode des sauveteurs**\n\nC'est ainsi qu'on soulève une dalle, une voiture ou une machine, même pour dégager quelqu'un :\n\n1. **Soulevez un peu**, avec un levier ou un cric.\n2. **Calez tout de suite** : glissez une cale (planche, morceau de bois dur) sous la charge.\n3. **Reposez sur la cale**, reprenez l'appui plus haut, soulevez encore, calez encore.\n4. **Les cales s'empilent en croisillons**, comme un feu de bois en cabane, deux par deux, jamais en pile instable.\n\n**Tout ce qui monte descend sur des cales**, jamais dans le vide. Un cric glisse, un levier dérape : la cale est là pour ça.\n\n**Déplacer**\n\n- **Les rouleaux** : trois tubes ou rondins sous la charge, et on reprend celui qui sort à l'arrière pour le remettre devant. Une personne pousse, une autre replace les rouleaux.\n- **Le plan incliné** : une rampe de planches pour monter une charge dans un camion ou sur un mur. Plus elle est longue, moins il faut de force.\n- **Glisser** : une charge sur une plaque de métal, une porte, une bâche épaisse, tirée sur un sol lisse ou mouillé.\n- **Le palan** : chaque brin de corde supplémentaire qui porte la charge divise l'effort. Deux poulies bien montées font déjà un rapport de 2 à 4.\n\n## ADAPTER\n\n**Porter sans se casser le dos**\n\n- **La charge contre le corps**, jambes pliées, dos droit, on se relève avec les jambes.\n- **On ne tourne pas le dos en portant** : on déplace les pieds.\n- **À plusieurs, une seule personne compte** et donne le signal : « à trois, on lève ».\n- **Au-delà de 25 kg** par personne, on cherche un outil, un chariot, un autre porteur.\n\n**Les astuces de ceux qui manipulent du lourd**\n\n- **Jamais sous une voiture tenue par un cric** : des chandelles, des cales de bois dur, ou des roues posées à plat sous le bas de caisse.\n- **Un sac de sable, une bouteille d'eau** ou une chambre à air gonflée peuvent servir de coussin de levage de fortune, pour les premiers centimètres.\n- **Une corde enroulée plusieurs fois autour d'un arbre** freine une charge qui descend : la friction retient bien plus que les bras.\n- **Sortir quelqu'un de sous une charge** : lever, caler, dégager, sans jamais retirer les cales avant qu'il soit sorti. Voir [[URG-SEC-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-025","titre":"Creuser un puits et forer à la main","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["puits","forage manuel","tariere","nappe","cuvelage","gaz","margelle","protection du puits","declaration","sourcier"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, fiches techniques eau et assainissement : protéger les puits","Code minier, déclaration des forages de plus de 10 mètres","Rural Water Supply Network, manuels de forage manuel"],"corps":"::Chaque année, des gens meurent au fond de puits qu'ils creusaient ou curaient : pas d'un éboulement, mais d'un air sans oxygène ou chargé de gaz, qu'on ne sent pas. Et souvent, celui qui descend chercher le premier meurt aussi. Un puits donne de l'eau pendant des générations ; il se creuse avec la même prudence qu'une mine.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CON-031]].\n\n## AGIR\n\n**Où creuser**\n\n- **La géologie et les voisins** : les puits existants, leur profondeur, leur débit en été, sont les meilleurs indices. La mairie, les anciens et les cartes géologiques les connaissent.\n- **Les creux, le bas des pentes, la végétation** qui reste verte l'été. Voir [[SURV-EAU-005]].\n- **Loin des sources de pollution** : au moins 30 mètres des latrines, des fosses, du fumier, et en amont d'eux. Où placer les latrines : [[SURV-HYG-002]].\n- **Les sourciers** et leurs baguettes n'ont jamais fait mieux que le hasard dans les essais contrôlés.\n\n**Creuser à la main**\n\n- **Un puits large** (un mètre et plus) se creuse à la pioche et au seau, avec un treuil. On pose au fur et à mesure des **buses en béton** ou un cuvelage en pierres, pour que les parois ne s'effondrent pas.\n- **Une tarière à main** perce un trou étroit jusqu'à une dizaine de mètres dans les terrains meubles. D'autres méthodes manuelles, utilisées dans de nombreux pays, descendent plus profond avec de l'eau et des tubes.\n\n**Les règles de vie**\n\n- **Jamais seul**, quelqu'un en haut, avec une corde attachée à celui qui descend.\n- **Tester l'air** avant de descendre : une bougie qui s'éteint ou baisse descendue au bout d'une corde, c'est un air mortel. Un détecteur est mieux. **Jamais de moteur thermique** dans un puits ou près de son ouverture.\n- **Personne ne descend** chercher quelqu'un qui s'est effondré au fond sans appareil respiratoire : on appelle les secours et on ventile. Voir [[TEC-ENE-026]].\n- **Un casque** : une pierre qui tombe de dix mètres tue.\n\n**Protéger le puits**\n\n- **Une margelle** surélevée, **un couvercle**, une dalle en pente autour pour que les eaux sales s'écoulent loin.\n- **Un seau réservé**, ou mieux, une pompe. Voir [[TEC-CON-018]].\n- **Faire analyser l'eau**, et la traiter en cas de doute. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## ADAPTER\n\n**La loi**\n\nEn France, un puits ou un forage domestique se **déclare en mairie**, et tout forage de plus de 10 mètres se déclare aussi au titre du Code minier.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-024","titre":"Renourrir après une famine","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["famine","renutrition","syndrome de renutrition","jeune","denutrition","thiamine"],"sources":["NICE, Nutrition support for adults, clinical guideline CG32 (syndrome de renutrition)","Organisation mondiale de la santé, Management of severe malnutrition: a manual for physicians, 1999","Keys A. et al., The Biology of Human Starvation (expérience du Minnesota), 1950"],"corps":"::En 1945, dans les camps libérés, des soldats ont donné toute leur nourriture aux survivants affamés. Beaucoup en sont morts dans les jours qui ont suivi. Un corps qui a eu faim longtemps doit être renourri lentement, sinon c'est la nourriture qui le tue.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-014]].\n\n**Le danger : le syndrome de renutrition**\n\nAprès une longue période sans manger ou presque (plus de cinq jours, et surtout des semaines), le corps a vidé ses réserves de certains minéraux (phosphore, potassium, magnésium) et de vitamine B1. Quand on lui redonne brusquement beaucoup de nourriture, surtout du sucre, il les consomme d'un coup pour relancer sa machine. Leur taux dans le sang s'effondre : **le cœur peut lâcher, les muscles, la respiration, le cerveau aussi**, dans les jours qui suivent.\n\n**Les plus à risque** : ceux qui n'ont presque rien mangé depuis plus de 10 jours, ceux qui ont perdu beaucoup de poids, les personnes très maigres, les alcooliques, les personnes âgées.\n\n## AGIR\n\n**Renourrir lentement**\n\n- **Commencer petit** : environ **un quart à la moitié** des besoins normaux les premiers jours (de l'ordre de 500 à 1 000 kcal par jour pour un adulte), puis augmenter progressivement sur **une semaine**.\n- **Des petits repas fréquents**, cinq ou six par jour, plutôt que deux gros.\n- **Pas trop de sucre au début** : des bouillons, des soupes de légumes et de légumineuses, des céréales, un peu de lait, d'œufs, de viande.\n- **De la vitamine B1** (thiamine) avant et pendant la reprise si elle est disponible, et des aliments riches en minéraux : légumes, légumineuses, lait, viande.\n- **Boire**, mais sans excès soudain.\n\n**Ce que la faim fait à la tête**\n\nUne expérience menée en 1944 sur des volontaires affamés pendant six mois l'a montré : la faim rend obsédé par la nourriture, irritable, apathique, méfiant. Les capacités de décision baissent. **Ces effets durent des semaines après la reprise**. En groupe, il faut en tenir compte : on ne prend pas de décision importante le ventre vide, et on partage de façon visible et juste. Voir [[SURV-PSY-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes d'alerte**\n\nGonflement des jambes, essoufflement, cœur qui s'emballe, grande faiblesse, confusion, convulsions dans les jours qui suivent la reprise : **arrêter d'augmenter, revenir à de petites quantités, et chercher un soignant**.\n\n**Les enfants**\n\nChez un enfant très amaigri, la renutrition se fait avec des laits thérapeutiques spéciaux et un suivi médical : c'est l'un des traitements les plus délicats de la médecine humanitaire. En attendant, petites quantités, souvent, et l'allaitement continué.\n\nCe que le corps consomme : [[TEC-ALI-001]]. Les carences qui accompagnent la faim : [[TEC-ALI-013]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-023","titre":"Reconnaître un aliment gâté","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["aliment gate","moisissure","viande","poisson","oeufs","conserves","intoxication","regle des deux heures"],"sources":["USDA Food Safety and Inspection Service, Leftovers and Food Safety et The Danger Zone","ANSES, fiches sur les dangers microbiologiques des aliments","Agence européenne de sécurité des aliments, Bacillus cereus et intoxications liées au riz"],"corps":"::Le nez détecte les aliments pourris, pas les aliments dangereux. La salmonelle, la listeria et le staphylocoque ne sentent rien. Il faut juger sur le temps et la température, pas seulement sur l'odeur.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-010]].\n\n**La règle qui compte le plus : le temps chaud**\n\nLes bactéries dangereuses se multiplient vite **entre 4 et 60 °C**. Un aliment périssable (viande, poisson, lait, œufs, plats cuisinés, riz et pâtes cuits) resté **plus de deux heures** à température ambiante, **une heure** au-dessus de 32 °C, **se jette**, même s'il a l'air parfait.\n\n## AGIR\n\n**Aliment par aliment**\n\n- **Viande** : odeur aigre ou soufrée, surface gluante, couleur grise ou verdâtre. La viande hachée s'abîme bien plus vite qu'un morceau entier.\n- **Poisson** : odeur d'ammoniac, chair molle qui garde l'empreinte du doigt, yeux ternes et creux, ouïes brunes. Frais, il sent la mer, pas le poisson.\n- **Œufs** : cassez-les un par un dans un bol avant de les mélanger ; une odeur de soufre ne trompe pas. Un œuf qui flotte dans l'eau est vieux (sa poche d'air a grandi), pas forcément mauvais : on le casse et on le sent.\n- **Lait et laitages** : caillé aigre, gonflement du pot, goût amer.\n- **Pain, fruits, fromages frais, confitures** : **une moisissure visible, on jette tout** ; ses filaments ont déjà envahi l'intérieur. Sur un **fromage à pâte dure** ou un salami sec, on peut couper largement, 2 à 3 cm autour.\n- **Riz et pâtes cuits** : une bactérie du riz survit à la cuisson et fabrique une toxine que le réchauffage ne détruit pas. **Refroidissez vite et mangez dans la journée**, ou jetez.\n- **Conserves** : boîte bombée, fuyante, rouillée au niveau des soudures, cabossée sur le joint, ou qui gicle à l'ouverture : on jette sans goûter. Voir [[TEC-ALI-009]].\n\n## ADAPTER\n\n**Ce qui ne marche pas**\n\n- **Goûter pour voir** : quelques bouchées suffisent pour certaines intoxications.\n- **Cuire plus fort un plat douteux** : certaines toxines résistent à la chaleur.\n- **Se fier à la date seule** : une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au ») sur la viande ou le poisson se respecte ; une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant ») sur les pâtes, le riz ou les conserves, beaucoup moins.\n\n**Les astuces de cuisine collective**\n\n- **Les restes** vont au frais dans les deux heures, en petites boîtes peu profondes qui refroidissent vite, et se mangent dans les trois jours.\n- **Réchauffer à cœur**, jusqu'à ce que ça fume, une seule fois.\n- **Des planches et des couteaux séparés** pour la viande crue et ce qui se mange cru.\n- **Quand plusieurs personnes tombent malades en même temps**, pensez au dernier repas commun, et gardez-en un échantillon au froid si possible.\n\nUne diarrhée qui suit : [[TEC-SAN-011]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-022","titre":"Cuisiner pour beaucoup de monde","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cuisine collective","grandes quantites","soupe populaire","rumford","portions","refroidir vite","clostridium","hygiene","menus"],"sources":["Thompson B., comte Rumford, Of Food; and particularly of feeding the poor, 1795","Sphere Handbook, 2018 (2 100 kcal par personne et par jour)","ANSES, Clostridium perfringens, fiche de description de danger"],"corps":"::À la fin du XVIIIe siècle, à Munich, un physicien américain devenu ministre, le comte Rumford, met au point une soupe d'orge, de pois et de pommes de terre qui nourrit les pauvres de la ville pour presque rien : la première soupe populaire moderne. Nourrir cent personnes n'est pas cuisiner pour quatre fois vingt-cinq : les quantités, le feu, le temps et surtout l'hygiène changent de nature.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-032]].\n\n## AGIR\n\n**Les quantités**\n\nPar adulte et par repas, à peu près :\n\n| Aliment | Quantité |\n|---|---|\n| Riz, pâtes, semoule (sec) | 80 à 100 g |\n| Légumineuses (sec) | 60 à 80 g |\n| Pain | 100 à 150 g |\n| Légumes | 200 à 300 g |\n| Viande ou poisson | 100 à 150 g |\n\nSur une journée, les organisations humanitaires visent au moins **2 100 kilocalories** par personne. Voir [[TEC-ALI-016]].\n\n**Organiser**\n\n- **Des plats uniques** : soupes épaisses, ragoûts, riz et lentilles, polenta. Un seul grand feu, une seule marmite.\n- **Une équipe** : épluchage, feu, cuisson, distribution, vaisselle, avec des horaires fixes.\n- **Le feu** : les grandes marmites mettent longtemps à bouillir. Couvercle, feu abrité du vent, et la caisse isolante pour finir la cuisson. Voir [[TEC-ALI-017]].\n- **Remuer le fond** : une grande marmite attache vite.\n\n**L'hygiène, en grand**\n\n- **Les grandes marmites refroidissent très lentement** : une bactérie des ragoûts, qui adore ce tiède, a rendu malades des cantines entières. On **refroidit vite** en répartissant dans des récipients plats, au frais, ou on sert tout chaud et on ne garde rien.\n- **Réchauffer** jusqu'à bouillir, une seule fois.\n- **Les cuisiniers** : mains lavées, pas de malade aux fourneaux. Voir [[TEC-SAN-051]].\n- **L'eau** de cuisson et de vaisselle, sûre. Voir [[SURV-EAU-004]].\n\n## ADAPTER\n\n**La distribution**\n\nMême louche, même bol pour tous, les parts servies devant tout le monde, les besoins particuliers annoncés. Voir [[SURV-SOC-008]].\n\nLa soupe de rien : [[SURV-RES-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-021","titre":"Conserver les œufs","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["oeufs","conservation","cuticule","silicate de sodium","eau de chaux","test de fraicheur","salmonelle","oeufs non laves","congelation","reserves"],"sources":["Wikipédia, article « Œuf (aliment) »","Anses, fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments : Salmonella spp."],"corps":"::Jusque dans les années 1950, les fermes françaises gardaient les œufs du printemps pour l'hiver, dans des pots en grès remplis de silicate de sodium. Un œuf frais non lavé est protégé par une fine pellicule, la cuticule : c'est elle qui permet de le garder des semaines sans frigo.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-036]].\n\n## AGIR\n\n**La règle : ne pas laver**\n\n- **La cuticule bouche les pores** de la coquille. La laver l'enlève et ouvre la porte aux bactéries.\n- **Aux États-Unis, les œufs sont lavés** : c'est pour cela qu'ils doivent y être gardés au frigo, alors qu'en Europe on les vend à température ambiante.\n- **Un œuf sale** s'essuie à sec, ou se mange vite.\n\n**Pour des mois**\n\nToujours avec des œufs très frais, propres, non lavés et sans la moindre fêlure :\n- **Le silicate de sodium**, ou verre soluble : environ un volume pour dix volumes d'eau bouillie refroidie. Les œufs y sont immergés, pot couvert, au frais. Ils se gardent plusieurs mois.\n- **L'eau de chaux** : environ 30 g de chaux éteinte par litre d'eau, même méthode. Plusieurs mois aussi.\n- **L'huile ou la graisse** : chaque œuf enduit d'une fine couche qui bouche les pores, puis rangé au frais. Quelques mois.\n- **La congélation** : cassés, battus avec une pincée de sel ou de sucre (sinon le jaune devient caoutchouteux), congelés en portions.\n\n**Vérifier avant de casser**\n\n- **Le test de l'eau** : un œuf frais coule et reste couché. En vieillissant, il se redresse. **Un œuf qui flotte** est vieux : on le casse à part et on le sent.\n- **Toujours casser dans un bol à part** avant de l'ajouter au reste : un œuf gâté se sent immédiatement. Voir [[TEC-ALI-010]].\n- **Un œuf conservé ou fêlé se mange cuit à cœur.** Les personnes fragiles, les femmes enceintes et les jeunes enfants ne mangent jamais d'œuf cru.\n\nLes poules : [[TEC-ELE-008]]. Les réserves : [[TEC-ALI-008]].\n\n## ADAPTER\n\n**Sans frigo**\n\n- **Au frais, vers 10 à 15 °C**, pointe en bas, loin des odeurs fortes : un œuf frais non lavé se garde trois à quatre semaines, souvent plus. En Europe, la date limite est fixée à 28 jours après la ponte.\n- **Éviter les allers-retours** entre le froid et le chaud : l'eau qui se condense sur la coquille aide les bactéries à entrer.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-020","titre":"Garder les récoltes en cave, en silo et en terre","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["cave","silo","stockage","pommes de terre","racines","courges","grain","sac hermetique","ethylene"],"sources":["Bubel M., Bubel N., Root Cellaring, Storey Publishing, 1991","Purdue University, programme PICS de stockage hermétique des grains","FAO, pertes après récolte et stockage à la ferme"],"corps":"::Une pomme pourrie dans un cageot, et c'est tout le cageot en deux semaines : le proverbe est exact. Les pommes dégagent aussi un gaz qui fait germer les pommes de terre et rend les carottes amères. Garder une récolte tout l'hiver, c'est une affaire de froid, d'humidité, et de voisinage.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-022]].\n\n**Qui aime quoi**\n\n| Récolte | Température | Air |\n|---|---|---|\n| Carottes, betteraves, navets, panais | 0 à 4 °C | très humide |\n| Pommes de terre | 4 à 8 °C, dans le noir | humide |\n| Pommes, poires | 0 à 4 °C, à part | humide |\n| Choux | 0 à 4 °C | humide |\n| Courges | 10 à 15 °C | sec |\n| Oignons, ail, échalotes | frais | sec, aéré |\n| Grain, haricots secs | frais | très sec, fermé |\n\n## AGIR\n\n**La cave**\n\n- **Sous terre, la température bouge peu** : à un ou deux mètres, elle reste proche de la moyenne de l'année.\n- **Les racines dans du sable humide**, en caisses, sans se toucher.\n- **Les pommes de terre dans le noir** : à la lumière, elles verdissent et deviennent toxiques. On retire le vert.\n- **Les fruits dans une autre pièce** ou au moins loin des légumes.\n- **Une visite par semaine** : on retire tout ce qui s'abîme.\n\n**Le silo en terre**\n\nSans cave, la vieille méthode :\n\n1. Un lit de paille sur un sol bien drainé.\n2. Les pommes de terre ou les racines en tas conique.\n3. **20 à 30 cm de paille** par-dessus, puis **15 à 20 cm de terre**.\n4. Une **cheminée de paille** au sommet pour laisser sortir l'humidité, protégée de la pluie.\n\nIl tient par des gelées sérieuses. On l'ouvre par un côté, on prend ce qu'il faut, on referme.\n\n**Laisser en terre**\n\nPoireaux, carottes, panais, topinambours, choux passent l'hiver dans le potager sous un paillis épais. On récolte au fur et à mesure.\n\n## ADAPTER\n\n**Le grain**\n\n- **Sec** (il casse sous la dent sans s'écraser), dans des récipients **fermés hermétiquement**.\n- **Les sacs hermétiques à triple épaisseur**, utilisés en Afrique pour le niébé et le maïs : privés d'oxygène, les charançons meurent sans produit chimique.\n- Rongeurs et insectes : voir [[TEC-ALI-015]].\n\nLe froid sans frigo : [[TEC-ALI-011]]. Les réserves : [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-019","titre":"Protéger ses réserves des rongeurs et des insectes","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["reserves","rongeurs","souris","rats","charancons","mites alimentaires","stockage","congelation"],"sources":["FAO, Manuel de manutention et de stockage des grains dans les petites exploitations","Kansas State University, Stored Product Insects : control in the home","Organisation mondiale de la santé, Rodent control in emergencies"],"corps":"::Une souris passe par un trou de la taille d'un crayon. Un sac de riz en papier dans un placard, c'est un restaurant ouvert. Les réserves se protègent par le contenant, pas par l'espoir.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-015]].\n\n## AGIR\n\n**Les rongeurs**\n\n- **Une souris passe par un trou de 6 à 7 mm**, un jeune rat par 12 mm. S'ils y passent la tête, ils y passent le corps.\n- **Ils rongent** le carton, le plastique fin, le bois, les sacs. Ils ne rongent pas le **verre**, le **métal**, le plastique épais et dur.\n- **Contenants** : bocaux en verre, boîtes métalliques, fûts et seaux alimentaires épais à couvercle serré.\n- **Rangement** : sur des étagères, **pas contre le sol ni contre les murs**, avec un espace pour voir les crottes et passer le balai.\n- **Propreté** : pas de miettes ni de grains renversés, pas de nourriture pour animaux ouverte à côté.\n- **Pièges** le long des murs, là où ils circulent : ils longent toujours les parois.\n\n**Les insectes**\n\n**Charançons, mites alimentaires (petits papillons, toiles dans la farine), vers de farine** : ils arrivent souvent déjà dans le sac, sous forme d'œufs.\n\n- **Congelez les nouveaux achats** de farine, riz, semoule, légumineuses : **4 jours à −18 °C** tuent les œufs. Sans congélateur, un passage au four doux (60 °C pendant une demi-heure) pour de petites quantités.\n- **Bocaux et boîtes hermétiques** : un insecte qui éclot dans un bocal fermé ne contamine pas le reste.\n- **Inspectez** : toiles, grains collés, petits trous dans les grains, poudre au fond du sac.\n- **Un stock infesté** se trie : au tamis, on retire les insectes et les grains attaqués, et on congèle le reste. Quelques charançons ne rendent pas le riz dangereux ; le goût change, pas la sécurité.\n\n**Le stockage long**\n\n- **Sacs aluminisés et absorbeurs d'oxygène** dans des seaux : sans oxygène, les insectes meurent et les graisses rancissent moins. Riz et pâtes se gardent ainsi des décennies.\n- **La terre de diatomée alimentaire**, mélangée au grain, abîme la carapace des insectes. Elle se retire au rinçage.\n- **Au sec** : au-dessus de 60 à 70 % d'humidité, les moisissures et les insectes prospèrent. Un bon grenier est sec et aéré.\n\n## ADAPTER\n\n**Les astuces de meunier**\n\n- **Les feuilles de laurier** dans la farine sont surtout une tradition : elles gênent un peu les insectes, sans les empêcher.\n- **Un chat** reste le meilleur piège à souris autonome de l'histoire.\n- **Tournez les stocks** : premier entré, premier sorti. Un stock qui bouge se surveille. Voir [[TEC-ALI-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-018","titre":"Le froid sans frigo","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["froid","frigo","evaporation","cave","silo","conservation","zeer","oeufs"],"sources":["Practical Action, Evaporative cooling : zeer pot et chambres de refroidissement","Kader A. (dir.), Postharvest Technology of Horticultural Crops, University of California","USDA, stockage des légumes racines en cave et en silo"],"corps":"::Pendant des millénaires, on a gardé la nourriture au frais sans électricité : la terre, l'eau qui s'évapore, la nuit et l'hiver. Ces techniques marchent encore, et certaines font baisser la température de dix degrés avec un pot en terre et du sable.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-011]].\n\n## AGIR\n\n**Ce qui n'a pas besoin de froid**\n\nOn range d'abord au frais seulement ce qui en a vraiment besoin.\n\n- **Œufs non lavés** (ceux d'Europe ne sont pas lavés) : plusieurs semaines à température fraîche.\n- **Beurre** : quelques jours à couvert, plus s'il est salé ou clarifié.\n- **Fromages à pâte dure**, saucissons secs, légumes racines, pommes de terre, oignons, courges, pommes, agrumes.\n- **Tout ce qui est en conserve, séché, salé ou fumé.** Voir [[TEC-CONS-001]].\n\n**L'évaporation : le frigo du désert**\n\nQuand de l'eau s'évapore, elle emporte de la chaleur.\n\n**Le pot dans le pot (zeer)**\n\n1. Un grand pot en terre cuite non vernie, un plus petit à l'intérieur.\n2. Du **sable mouillé** entre les deux.\n3. Les aliments dans le petit pot, **un linge mouillé** par-dessus.\n4. À l'ombre, dans un courant d'air. On remouille le sable une ou deux fois par jour.\n\nPar temps sec, l'intérieur descend de **10 °C ou plus** sous la température de l'air. Des légumes qui tiennent deux jours au soleil tiennent deux semaines. En climat humide, l'effet est bien plus faible.\n\n**Plus simple** : une bouteille enveloppée d'un linge mouillé, suspendue au vent, refroidit son contenu de plusieurs degrés.\n\n**La terre : le frigo qui ne coupe jamais**\n\nÀ un ou deux mètres sous terre, la température reste à peu près celle de la moyenne annuelle du lieu : **10 à 13 °C en France**, été comme hiver.\n\n- **La cave** : légumes racines dans du sable humide, pommes sur des claies, à l'obscurité.\n- **Le silo de jardin** : un trou garni de paille, les légumes racines en tas, recouverts de paille puis de terre, avec une cheminée de paille pour l'aération. Ils passent l'hiver.\n- **Un seau enterré** jusqu'au couvercle, à l'ombre, garde au frais le beurre ou les boissons.\n\n**L'eau courante**\n\nUne source ou un ruisseau reste frais toute l'année. Les anciennes maisons de source gardaient le lait dans des bacs traversés par l'eau froide. Un sac étanche lesté dans un ruisseau à l'ombre fait pareil pour quelques bouteilles.\n\n## ADAPTER\n\n**L'hiver et la nuit**\n\n- **Dehors en hiver**, une caisse fermée, à l'abri des animaux, à l'ombre, sur le rebord nord d'une fenêtre, fait un réfrigérateur.\n- **La neige et la glace** stockées dans un trou isolé de paille ou de sciure tenaient jusqu'à l'été dans les glacières d'autrefois.\n- **L'air de la nuit** : une caisse sortie le soir et rentrée à l'aube, bien isolée, garde une partie de la fraîcheur.\n\nUne coupure de courant avec un frigo plein : [[SURV-CRI-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-017","titre":"Le pain sans four","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pain","galettes","chapati","pain sous la cendre","soda bread","cocotte","poele","bannock","pain sur baton"],"sources":["David E., English Bread and Yeast Cookery, 1977","Alford J., Duguid N., Flatbreads and Flavors: A Baker's Atlas, 1995","FAO, les céréales dans l'alimentation humaine"],"corps":"::La moitié de l'humanité mange un pain qui n'a jamais vu de four : chapatis indiens, tortillas mexicaines, galettes de sarrasin bretonnes, pains cuits dans la cendre par les nomades du désert. Les trappeurs du Grand Nord cuisaient le leur dans une poêle, les Irlandais faisaient lever le leur au bicarbonate et au babeurre. Un feu, une poêle, de la farine et de l'eau.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-033]].\n\n## AGIR\n\n**Sous la cendre**\n\nSur un feu de bois qui a bien brûlé, on écarte les braises, on pose la galette épaisse sur la cendre chaude, on la recouvre de cendre et de braises. On la retourne, puis on la sort et on la tape pour faire tomber la cendre.\n\n**Le pain sur bâton**\n\nUne pâte enroulée en spirale autour d'un bâton vert écorcé, tournée au-dessus des braises. Les enfants adorent, et ça les occupe au coin du feu.\n\nDu blé au pain : [[TEC-AGR-009]]. Le four : [[TEC-ALI-025]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les galettes, sans levain**\n\n**Le chapati**\n1. **Deux mesures de farine** (complète de préférence), **une mesure d'eau** environ, une pincée de sel.\n2. **Pétrir** dix minutes, laisser reposer vingt minutes sous un linge.\n3. **Faire des boules**, les étaler très finement.\n4. **Cuire à sec** dans une poêle très chaude, une minute par face, puis les poser un instant au-dessus de la flamme : elles gonflent.\n\n**Les tortillas** : avec la pâte de maïs nixtamalisé. Voir [[TEC-AGR-027]].\n**Les galettes de sarrasin** : une pâte liquide de farine de sarrasin, d'eau et de sel, étalée sur une plaque chaude. Voir [[TEC-AGR-034]].\n\n**Le pain levé, sans four**\n\n- **Le pain au bicarbonate** (soda bread) : farine, sel, une cuillère de bicarbonate, et du **babeurre** ou du lait tourné (l'acide fait lever). On mélange vite, on forme une boule, on cuit tout de suite. Voir [[TEC-ALI-018]].\n- **En cocotte** : une cocotte en fonte avec couvercle, posée sur les braises, et des braises aussi sur le couvercle. Un pain au levain y cuit comme au four. Voir [[TEC-ALI-012]].\n- **À la poêle** : une pâte épaisse cuite doucement à couvert, retournée à mi-cuisson.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-016","titre":"Le pain au levain, sans levure du commerce","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["pain","levain","farine","fermentation","four","cocotte","galette"],"sources":["Calvel R., Le goût du pain, Éditions Jérôme Villette","Gänzle M., Enzymatic and bacterial conversions during sourdough fermentation, Food Microbiology, 2014","Hamelman J., Bread: A Baker's Book of Techniques and Recipes, Wiley"],"corps":"::Le levain, c'est de la farine et de l'eau qu'on laisse vivre. Les levures sauvages qui sont déjà dans la farine et dans l'air font le reste. Avec lui, on fait du pain pour toujours sans jamais acheter de levure.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ALI-012]].\n\n## AGIR\n\n**Faire naître un levain (5 à 7 jours)**\n\n1. **Jour 1** : 50 g de farine (complète ou de seigle, c'est plus rapide) et 50 g d'eau tiède non chlorée, dans un bocal. Mélangez, couvrez d'un linge, laissez à 20-25 °C.\n2. **Jours 2 à 7** : chaque jour, **jetez la moitié** et ajoutez 50 g de farine et 50 g d'eau.\n3. Au bout de quelques jours, il **double de volume** en 4 à 8 heures après le repas, fait des bulles et sent **l'acidulé, la pomme ou le yaourt**. Il est prêt.\n\nAu début, il peut sentir fort (acétone, fromage) : continuez, les bonnes levures prennent le dessus.\n\n**Le pain de base**\n\n- **500 g de farine**\n- **330 à 350 g d'eau**\n- **100 à 150 g de levain actif** (au moment où il a doublé)\n- **10 g de sel**\n\n1. Mélangez farine et eau, laissez reposer 30 minutes (la pâte devient plus souple toute seule).\n2. Ajoutez le levain et le sel, pétrissez 10 minutes, ou faites 4 séries de rabats (étirer la pâte et la replier sur elle-même) espacées de 30 minutes.\n3. **Laissez pousser** : 4 à 6 heures à 24 °C, 8 à 12 heures au frais. La pâte gonfle d'environ la moitié.\n4. **Façonnez** une boule serrée, posez-la dans un saladier fariné, laissez encore 1 à 3 heures.\n5. **Cuisez** à four très chaud, 240 °C, 40 à 45 minutes, avec de la vapeur au début (un bol d'eau dans le four). Il est cuit quand le dessous sonne creux.\n\n**Garder son levain**\n\n- **À température ambiante**, on le nourrit chaque jour. **Au frais**, une fois par semaine.\n- **Le chef** : gardez toujours un morceau de la pâte ou du levain pour la fournée suivante.\n- **Séché** : étalé en couche fine sur un papier, séché à l'air, puis émietté, il se garde des mois dans un bocal. Réhydraté avec un peu d'eau et de farine, il repart en quelques jours. C'est la meilleure assurance, et ça se donne aux voisins.\n\n## ADAPTER\n\n**Sans four**\n\n- **Une cocotte en fonte** avec couvercle, posée dans les braises, avec des braises sur le couvercle : le meilleur four de fortune. Voir [[SURV-FEU-003]].\n- **Des galettes** de la même pâte, étalées fines, cuites à la poêle ou sur une pierre chaude.\n\n**Les astuces de boulanger**\n\n- **Le pain au levain se garde** une semaine et plus, bien plus longtemps qu'un pain à la levure : l'acidité ralentit les moisissures.\n- **Il se digère mieux** : la longue fermentation prédigère une partie de l'amidon et du gluten.\n- **Pas de farine de blé** : le seigle, l'épeautre, le sarrasin (en mélange) et même le maïs donnent des pains plus denses mais nourrissants.\n- **L'eau chlorée** du robinet ralentit le démarrage : laissez-la reposer une nuit à l'air libre, ou faites-la bouillir.","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-015","titre":"Fendre, équarrir, emmancher","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["fendre","coins","merlin","equarrir","doloire","manche","frene","plane","emmancher","fil du bois"],"sources":["Bealer A.W., Old Ways of Working Wood, 1972","Langsner D., Country Woodcraft, 1978"],"corps":"::Un manche fendu dans un tronc suit le fil du bois de bout en bout : il est bien plus solide qu'un manche scié, où la scie a coupé les fibres en biais. Tremper une hache dans l'eau pour resserrer le fer est un vieux réflexe, et une fausse bonne idée : le bois gonfle, s'écrase, et le fer ballotte encore plus une fois sec.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ATE-013]].\n\n## AGIR\n\n**Fendre**\n\n- **Lire le bois** : on attaque dans les fentes qui existent déjà au bout de la bûche, en évitant les nœuds.\n- **Un billot** à hauteur de genou, pieds écartés, **jamais une main près du billot**.\n- **Le merlin** pour les bûches, **les coins** et la masse pour les gros troncs : on enfonce un premier coin, puis un second dans la fente qui s'ouvre.\n- **Le bois vert** de beaucoup d'espèces fend mieux que le sec ; le bois gelé, en plein hiver, éclate encore mieux.\n\n**Équarrir**\n\nTransformer un tronc rond en poutre carrée, comme les charpentiers d'autrefois :\n\n1. Tracer au cordeau les lignes de la poutre sur le tronc calé.\n2. **Entailler** à la hache tous les quinze à vingt centimètres jusqu'au trait, sur toute la longueur.\n3. **Faire sauter** les morceaux entre les entailles.\n4. **Dresser** la face à la doloire (une hache large à un seul biseau).\n5. Retourner, recommencer sur les autres faces.\n\n**Faire un manche**\n\n- **Le bois** : le **frêne**, souple et résistant aux chocs, est le bois des manches depuis toujours. Sinon acacia, charme, érable. Fil droit, sans nœud.\n- **Fendre** une section, la laisser sécher quelques mois, puis la **mettre en forme** à la plane (une lame à deux poignées qu'on tire vers soi), sur un chevalet à serrer au pied, et finir au racloir.\n- **L'huile de lin** en plusieurs couches : elle protège sans rendre glissant.\n\n## ADAPTER\n\n**Emmancher un outil**\n\n1. Le bout du manche ajusté pour entrer **à force** dans l'œil du fer.\n2. Une **fente** sciée dans le bout du manche.\n3. Un **coin de bois dur** encollé enfoncé dans la fente, puis un **petit coin d'acier** en travers.\n4. Couper ce qui dépasse.\n\nUn fer qui a du jeu est dangereux : il peut s'envoler au premier coup.\n\nLes assemblages : [[TEC-ATE-012]]. Affûter : [[TEC-ATE-004]]. Le bois de chauffage : [[TEC-ENE-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-014","titre":"Réparer ses chaussures","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chaussures","semelle","recoller","coudre","alene","point sellier","graisse pour cuir","sandales en pneu","secher"],"sources":["Garsault F.-A. de, L'Art du cordonnier, Descriptions des arts et métiers, 1767","Compagnons du Devoir, métier de cordonnier-bottier"],"corps":"::Une chaussure cousue à trépointe, la technique des bons artisans depuis le XIXe siècle, se ressemelle plusieurs fois et dure dix ans ou plus. Une chaussure collée bon marché dure une saison. Dans une crise, les pieds font tout le travail : des chaussures qui tiennent valent de l'or.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-MAT-012]].\n\n## AGIR\n\n**Recoller une semelle**\n\n1. **Nettoyer** et **poncer** les deux surfaces, dégraisser à l'alcool.\n2. **Colle contact** (néoprène) en couche fine **sur les deux faces**.\n3. **Attendre** 10 à 15 minutes, jusqu'à ce qu'elle ne colle plus au doigt.\n4. **Presser très fort** d'un coup : marteau, pierre, sur une forme ou le pied d'un tabouret.\n5. **Serrer** une nuit (ficelle, serre-joint, poids).\n\nVoir [[TEC-CHI-011]].\n\n**Coudre**\n\n- **Une alène** (un poinçon à manche, ou un clou affûté) pour percer, **du fil ciré** solide (fil de lin, fil de pêche, dentaire).\n- **Le point sellier** : deux aiguilles, une à chaque bout du fil, qui passent dans chaque trou en sens opposé. Si un point casse, la couture ne se défait pas.\n- **Un trou dans le dessus** : une pièce de cuir à l'intérieur, collée puis cousue.\n\n**Talons et semelles usés**\n\nDes morceaux de **pneu** ou de chambre à air, découpés, collés et cloués avec de petites pointes. Le caoutchouc de pneu s'use lentement.\n\n**Imperméabiliser et entretenir**\n\n- **Une graisse pour cuir** : suif ou graisse, huile et cire d'abeille fondus ensemble, massés dans le cuir propre et sec.\n- **Deux paires qu'on alterne** : une chaussure a besoin d'un jour pour sécher de l'intérieur.\n- **Des lacets de rechange**, ou de la cordelette.\n\n**Sécher des chaussures mouillées**\n\n**Du papier journal** froissé dedans, changé toutes les quelques heures, **loin du feu** : trop de chaleur fait craquer le cuir et lâcher la colle.\n\n## ADAPTER\n\n**Fabriquer**\n\n**Les sandales en pneu** : une semelle découpée dans la bande de roulement, des lanières en chambre à air ou en cuir passées dans des fentes. Portées par des millions de gens en Afrique et en Asie, elles durent des années.\n\nLes pieds : [[SURV-DEP-003]]. Tanner le cuir : [[TEC-MAT-010]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-013","titre":"Tanner une peau","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["tannage","cuir","peau","ecorce de chene","cervelle","fumage","alun","charbon","megisserie"],"sources":["Richards M., Deerskins into Buckskins: How to Tan with Brains, Soap or Eggs, 2e édition, 2004","Reed R., Ancient Skins, Parchments and Leathers, Seminar Press, 1972","Organisation mondiale de la santé, maladie du charbon : risques liés aux peaux et aux laines"],"corps":"::Les tanneurs du Moyen Âge travaillaient avec de la chaux, de l'urine et des excréments de chien ou de pigeon. On les installait donc hors des murs, en aval de la rivière. Une peau crue pourrit en quelques jours ; tannée, elle dure des siècles. Entre les deux, beaucoup de travail et un peu d'odeur.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-MAT-010]].\n\n## AGIR\n\n**Avant le tannage**\n\n1. **Écharner** : racler toute la graisse et la chair côté intérieur, avec une lame émoussée, la peau tendue sur un rondin.\n2. **Conserver** si on ne tanne pas tout de suite : saler abondamment côté chair, ou sécher la peau tendue à l'ombre.\n3. **Épiler** si on veut du cuir sans poils : tremper quelques jours dans de l'eau de cendre ou de chaux, jusqu'à ce que les poils s'arrachent facilement, puis racler et rincer. **Gants** : c'est caustique.\n\n**Trois façons de tanner**\n\n**Aux écorces** (le vrai cuir)\n- Écorces de chêne, de châtaignier ou de sumac broyées, trempées dans l'eau : le jus brun est riche en **tanins**.\n- La peau passe dans des bains **de plus en plus forts**, pendant des semaines à des mois selon l'épaisseur.\n- Résultat : un cuir ferme, qui résiste à l'eau. Semelles, ceintures, harnais, étuis.\n\n**À la cervelle et à la fumée** (la peau souple des peuples chasseurs)\n- La cervelle de l'animal, écrasée dans l'eau chaude, fait une émulsion grasse. On dit que chaque animal a assez de cervelle pour tanner sa propre peau.\n- La peau y trempe, puis on la **tire et on l'assouplit sans arrêt pendant qu'elle sèche** : c'est ce travail qui la rend souple.\n- On la **fume** ensuite au-dessus d'un feu de bois pourri : elle restera souple même après avoir été mouillée.\n\n**À l'alun et au sel** (mégisserie)\n- Bains d'alun et de sel : une peau blanche et souple, idéale avec les poils (fourrures).\n- Ce n'est pas un vrai tannage : mouillée longtemps, elle se défait.\n\n**Finir**\n\nGraisser le cuir avec un mélange de suif, d'huile et de cire : il reste souple et repousse l'eau. Voir [[TEC-MAT-012]].\n\n## ADAPTER\n\n**Précautions**\n\n- **Uniquement les peaux d'animaux sains** : le charbon (une maladie grave) se transmet par les peaux et les laines de bêtes mortes de maladie.\n- **Gants** pour la chaux et la cendre, **lavage des mains**.\n- Le tannage industriel au chrome est toxique : il ne se fait pas à la maison.\n\nVider et dépecer un animal : [[SURV-RES-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-RES-012","titre":"Fabriquer du savon","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["savon","chimie","hygiene","fabrication"],"sources":["Bailey's Industrial Oil and Fat Products, chapitre sur la saponification","OMS — Guidelines on hand hygiene","INRS — fiche toxicologique de l'hydroxyde de sodium"],"corps":"::Le savon est la seule molécule qui parle aux deux mondes : une extrémité aime l'eau, l'autre aime la graisse. C'est tout son secret, et c'est ce qui l'a rendu irremplaçable.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CHI-002]].\n\n**Comment ça fonctionne**\n\nUne molécule de savon possède une longue chaîne carbonée qui se mêle aux corps gras, et une extrémité ionique qui se mêle à l'eau.\n\nPlacée sur une salissure grasse, la chaîne s'y enfonce pendant que l'extrémité reste tournée vers l'eau. Les molécules s'organisent en sphères autour des gouttelettes de graisse, qui se retrouvent enveloppées et deviennent transportables par l'eau. **Le savon ne détruit pas la saleté : il la rend soluble.**\n\nDeux conséquences pratiques en découlent. **Le rinçage fait partie du geste** : sans lui, la saleté enveloppée reste sur place. Et **la durée et le frottement comptent plus que la quantité** de savon, parce que l'essentiel du travail est mécanique.\n\nContre les micro-organismes, l'effet est double. Le détachement mécanique emporte l'essentiel, et la structure enveloppée de nombreux virus, faite de lipides, est directement désorganisée. C'est ce qui explique le résultat mesuré du lavage des mains, rappelé dans [[TEC-SAN-004]].\n\n## AGIR\n\n**La réaction**\n\nOn fabrique du savon en faisant réagir un **corps gras** avec une **base forte**. La réaction s'appelle la saponification et produit deux choses : du savon et de la glycérine.\n\nLe corps gras peut être une graisse animale ou une huile végétale. Chacun donne un savon de caractère différent : les graisses solides donnent un savon dur et peu moussant, les huiles liquides un savon plus doux et plus soluble.\n\nLa base est classiquement l'hydroxyde de sodium, qui donne un savon solide, ou l'hydroxyde de potassium, qui donne un savon mou ou liquide.\n\n**Historiquement, cette base se produisait à partir de cendres.** Les cendres de bois dur, lessivées à l'eau, libèrent des carbonates de potassium : on obtient une solution alcaline appelée lessive de cendres. Elle est bien plus faible et plus variable qu'une base commerciale, et elle donne un savon mou, irrégulier, dont il est difficile de garantir la neutralité.\n\n**Le point critique : le dosage**\n\nC'est là que tout se joue, et c'est ce qui rend la fabrication exigeante.\n\nChaque corps gras demande une quantité de base précise pour être entièrement transformé. **Trop de base, et il en reste dans le savon fini : il devient caustique et brûle la peau.** Trop peu, et le savon reste gras, mou, et ne lave pas.\n\nLes fabricants travaillent avec un léger excès de corps gras, précisément pour garantir qu'il ne reste aucune base libre. C'est une marge de sécurité, pas un détail de recette.\n\nAvec une lessive de cendres, dont la concentration est inconnue et variable, ce dosage ne peut pas être calculé : il se cherche par essais, et le résultat doit être testé avant tout usage sur la peau.\n\n**Le procédé, dans les grandes lignes**\n\nLe corps gras est fondu et amené à une température modérée. La solution de base, refroidie après dissolution, y est incorporée en remuant continuellement.\n\nLe mélange s'épaissit progressivement jusqu'à un point où le mouvement de l'ustensile laisse une trace visible à la surface : c'est le signe que la réaction est engagée. On coule alors dans un moule.\n\nVient ensuite la **cure**, la phase la plus négligée : plusieurs semaines pendant lesquelles la réaction s'achève et l'eau s'évapore. Un savon utilisé trop tôt est mou, se consomme vite, et peut encore contenir de la base libre. **Le temps de cure n'est pas une finition, c'est une étape de sécurité.**\n\n## ADAPTER\n\n**Manipuler la base sans accident**\n\nUne base forte est **plus dangereuse qu'un acide de force comparable**, pour la raison expliquée dans [[TEC-CHI-001]] : elle dissout les graisses des tissus et continue de pénétrer en profondeur, avec une douleur initiale trompeusement sourde.\n\nTrois règles. **Protection des yeux avant tout**, car c'est la lésion irréversible la plus rapide. **On verse toujours la base dans l'eau, jamais l'inverse** : la dissolution dégage beaucoup de chaleur et peut projeter le liquide. **En cas de projection, on rince à l'eau très longuement et on ne neutralise pas**, voir [[URG-BRUL-001]].\n\nTravailler dehors ou en local ventilé, avec les mains et les bras couverts.\n\n**À défaut de savon**\n\nRien ne remplace vraiment le savon, mais tout vaut mieux que l'eau seule.\n\nLes **cendres fines** et l'**argile** agissent comme abrasifs et adsorbants, et améliorent nettement le lavage mécanique. Certaines plantes contiennent des saponines, molécules naturellement moussantes, qui produisent un effet lavant réel quoique modeste. Le **sable** frotté sur une plaie ou une peau abîmée est en revanche à éviter.\n\nEt dans tous les cas, ce qui compte est la même chose : de l'eau en quantité, du frottement, et du temps.","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-062","titre":"Couper une bouteille en verre","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["bouteille","verre","coupe-verre","choc thermique","poncer","recuperation","verres","cloches"],"sources":["Macfarlane A., Martin G., Glass: A World History, University of Chicago Press, 2002","Buck B.A., Ancient technology in contemporary surgery, Western Journal of Medicine, 1982","Corning Museum of Glass, histoire et fabrication du verre"],"corps":"::Une bouteille rayée puis chauffée et refroidie d'un coup se sépare net le long du trait. Le fond devient un verre, un pot ou une cloche à semis.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-MAT-014]].\n\n## AGIR\n\n1. **Rayer** une ligne continue tout autour avec un coupe-verre (un gabarit aide à rester droit).\n2. **Chauffer** la rayure (eau bouillante versée dessus, ou flamme de bougie en tournant), puis **refroidir** d'un coup à l'eau froide. Recommencer : elle se sépare net.\n3. **Poncer** longuement le bord sur du papier de verre mouillé ou une pierre, jusqu'à ce qu'il ne coupe plus.\n\nOn en fait des verres, des pots, des lampes, des cloches pour le jardin. Voir [[TEC-AGR-011]].\n\n## ADAPTER\n\nLunettes et gants : le verre peut éclater au choc thermique, et un bord non poncé coupe. Les bouteilles en plastique : [[SURV-REC-048]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-061","titre":"Fabriquer des instruments de musique","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["instruments","sifflet","basse a une corde","guitare boite","percussions","tambour","recuperation","moral"],"sources":["Hornbostel E., Sachs C., Systematik der Musikinstrumente, 1914 (classification de référence)","Fletcher N., Rossing T., The Physics of Musical Instruments, Springer","Conard N. et al., New flutes document the earliest musical tradition in southwestern Germany, Nature, 2009","Musée de la musique, Philharmonie de Paris, collections en ligne"],"corps":"::Le steel drum est né de bidons de pétrole, le blues de guitares à une corde clouée sur une planche. Dans un groupe qui tient depuis des semaines, un instrument vaut une ration.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CUL-001]].\n\n## AGIR\n\nLe steel drum est né de bidons, le blues de guitares à une corde clouée sur une planche. **Presque tout peut sonner.**\n\n- **Un sifflet** : un bout de roseau ou de sureau vidé, une encoche en biseau, un bouchon de bois qui laisse une fente. Chaque trou percé ajoute une note.\n- **Une basse à une corde** : une bassine retournée, un manche de balai appuyé sur son bord, une corde tendue du manche au centre de la bassine. On pousse le manche pour tendre la corde et changer la note.\n- **Une guitare boîte** : une boîte en bois ou un bidon pour la caisse, un manche en planche, des cordes de fil de pêche, de frein de vélo ou de fil de fer fin.\n- **Des percussions** : bidons, casseroles, bouteilles remplies d'eau à différents niveaux (plus il y a d'eau, plus c'est aigu quand on les tape).\n- **Un tambour** : une peau ou une chambre à air tendue sur un seau, serrée avec une corde.\n\n## ADAPTER\n\nChanter ensemble ne demande rien du tout : voir [[TEC-CUL-008]]. Le moral : [[SURV-PSY-006]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-REC-060","titre":"Plomberie, les dépannages de fortune","axe":3,"categorie":"Récupération","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["plomberie","fuite","chambre a air","collier de serrage","tuyau gele","evier bouche","ventouse","siphon"],"sources":["DTU 60.1, plomberie sanitaire pour bâtiments","Guides pratiques de plomberie des enseignes de bricolage et des fabricants de robinetterie","Retours d'expérience des plombiers sur les dégâts des eaux les plus fréquents"],"corps":"::Un morceau de chambre à air et deux colliers de serrage arrêtent une fuite pendant des semaines. La première chose à savoir reste où se coupe l'eau.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CON-015]].\n\n## AGIR\n\n- **Un trou d'épingle dans un tuyau** : un morceau de chambre à air serré par deux colliers de serrage, en attendant mieux. Une pâte époxy de réparation sur un tuyau sec. Voir [[SURV-REC-030]].\n- **Un tuyau gelé** : dégelez-le au sèche-cheveux ou avec des chiffons chauds, en partant du robinet ouvert vers le gel. **Jamais de flamme** : le tuyau éclate ou brûle ce qu'il y a derrière.\n- **Un évier bouché** : ventouse d'abord (en bouchant le trop-plein), puis démontage du siphon, puis furet. Les déboucheurs chimiques en dernier, jamais mélangés. Voir [[TEC-CHI-006]].\n\n## ADAPTER\n\nAvant tout, couper l'eau au robinet général. Si le gel dure, vidanger : voir [[TEC-CON-025]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-OUT-002","titre":"Affûter sans pierre, souder sans poste","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["affuter","tasse en ceramique","vitre","galet","cuir","soudure","batteries de voiture","electrode","improviser"],"sources":["Lee L., The Complete Guide to Sharpening, Taunton Press","Guides des couteliers de Thiers, affûtage des lames","Guides des bûcherons, affûtage des haches et des scies"],"corps":"::Le dessous d'une tasse en céramique affûte un couteau aussi bien qu'une pierre fine, et deux batteries de voiture en série soudent une pièce d'acier. Ce sont des dépannages, pas des outils.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ATE-004]].\n\n## AGIR\n\n**Sans pierre**\n\n- **Le cul d'une tasse en céramique** : l'anneau non émaillé dessous est une pierre fine parfaite.\n- **Le haut d'une vitre de voiture**, légèrement baissée.\n- **Un galet de rivière** à grain fin, une brique, le bord d'une marche en béton pour dégrossir.\n- **Une ceinture en cuir** pour finir.\n\n**Tester** : une lame bien affûtée tranche une feuille de papier tenue en l'air sans l'accrocher. La théorie du tranchant : [[TEC-MEC-005]].\n\n**Sans poste**\n\nDeux ou trois **batteries de voiture en série** (24 à 36 V), des câbles de démarrage et une pince porte-électrode font un poste de fortune pour une réparation d'urgence. Les batteries chauffent et dégagent de l'hydrogène : par courtes séances, loin des étincelles de l'arc.\n\nLe groupe électrogène : [[TEC-ENE-013]]. Reconnaître les métaux : [[TEC-ATE-005]].\n\n## ADAPTER\n\nL'arc d'une soudure brûle les yeux en quelques secondes : jamais sans masque de soudeur. Voir [[TEC-ATE-008]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-012","titre":"Retirer une dent qui bouge","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["dent","extraction","dent mobile","compresse","abces","dentiste","dernier recours"],"sources":["Union française pour la santé bucco-dentaire, urgences dentaires","International Association of Dental Traumatology, guidelines 2020 : avulsion des dents permanentes","Moore P., Hersh E., Combining ibuprofen and acetaminophen for acute pain management, Journal of the American Dental Association, 2013"],"corps":"::Arracher une dent solide sans dentiste, c'est la casser et laisser une racine qui s'infecte. Seule une dent déjà très mobile se retire sans dégât, et seulement quand aucun soignant n'est joignable.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-SAN-014]].\n\n## AGIR\n\nSeulement une dent **déjà très mobile**, qui bouge franchement au doigt : saisie au plus près de la gencive, doigts propres ou pince désinfectée, on la **fait basculer doucement** d'avant en arrière jusqu'à ce qu'elle cède. Puis mordre sur une compresse **30 minutes**, ne pas rincer ni fumer pendant 24 heures. **Jamais sur une dent solide** : on la casse, la racine reste et s'infecte.\n\n## ADAPTER\n\nFièvre, joue gonflée, difficulté à ouvrir la bouche ou à avaler : c'est un abcès qui s'étend, une urgence. Voir [[TEC-SAN-014]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-011","titre":"Panser avec ce qu'on a","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["pansement","compresse","serviette hygienique","film alimentaire","miel","ruban adhesif","plaie","improviser"],"sources":["Winter G.D., Formation of the scab and the rate of epithelization of superficial wounds in the skin of the young domestic pig, Nature, 1962","Croix-Rouge française, référentiel des premiers secours","NHS, Burns and scalds (film alimentaire après refroidissement)"],"corps":"::Une serviette hygiénique emballée est plus propre que la plupart des pansements gardés au fond d'un sac. Quand la trousse est vide, presque toutes les maisons contiennent de quoi protéger une plaie correctement.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-SAN-028]].\n\n## AGIR\n\n- **Un tissu en coton propre**, bouilli ou repassé au fer très chaud, fait une compresse.\n- **Les serviettes hygiéniques** : très absorbantes, emballées propres, parfaites sur une plaie qui saigne.\n- **Le film alimentaire** sur une brûlure, **après** l'avoir refroidie à l'eau : il protège sans coller. Voir [[URG-BRUL-001]].\n- **Un peu de vaseline ou de miel** sous la compresse empêche qu'elle colle. Voir [[TEC-BOT-006]].\n- **Du ruban adhésif** découpé en papillons rapproche les bords d'une petite coupure.\n\n**À éviter** : le coton hydrophile directement sur la plaie (ses fibres s'y collent), l'alcool dans la plaie (il abîme la chair), un bandage serré en rond autour d'un membre qui gonfle.\n\n## ADAPTER\n\nUne plaie qui rougit, chauffe, gonfle ou sent mauvais s'infecte : voir [[TEC-SAN-001]]. Une plaie qui saigne fort : [[URG-HEMO-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-010","titre":"Faire une injection","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["injection","sous-cutanee","intramusculaire","insuline","anticoagulant","stylo d'adrenaline","aiguilles","hygiene","collecteur"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, WHO best practices for injections and related procedures toolkit, 2010","ANSM, bon usage des stylos auto-injecteurs d'adrénaline","Fédération française des diabétiques, techniques d'injection de l'insuline"],"corps":"::Des millions de personnes se piquent elles-mêmes chaque jour : insuline, anticoagulant, traitement de fond. Et le stylo d'adrénaline qui sauve un allergique se plante dans la cuisse à travers le pantalon, par n'importe qui. Une injection faite proprement est un geste simple ; une aiguille partagée transmet le VIH et les hépatites.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-SAN-041]].\n\n## AGIR\n\n**Les règles pour toutes les injections**\n\n- **Se laver les mains**, nettoyer la peau et laisser sécher.\n- **Une aiguille neuve à chaque fois**, jamais partagée, jamais remise dans son capuchon à deux mains.\n- **Les aiguilles usagées** dans un collecteur, ou à défaut une bouteille en plastique épais bien fermée et marquée.\n- **Le bon produit, la bonne dose, le bon moment** : on vérifie l'étiquette et la date.\n- **Jamais dans une veine** sans formation : c'est un geste de soignant.\n\n**Sous la peau (sous-cutanée)**\n\nPour l'insuline, les anticoagulants, certains traitements.\n\n1. **Pincer** un pli de peau : le ventre (à distance du nombril), le haut de la cuisse, l'arrière du bras.\n2. **Piquer** d'un geste franc, bien droit ou un peu incliné selon la longueur de l'aiguille.\n3. **Injecter lentement**, compter quelques secondes, retirer.\n4. **Changer d'endroit** à chaque fois, sinon la peau se durcit et le produit passe mal.\n\n**Le stylo d'adrénaline (dans le muscle)**\n\nPour une allergie grave. Voir [[URG-ANA-001]].\n\n1. **Retirer le bouchon de sécurité.**\n2. **Planter franchement** sur la face extérieure de la cuisse, **à travers les vêtements**.\n3. **Tenir** le temps indiqué sur le stylo (quelques secondes), puis masser.\n4. **Appeler le 15**, allonger la personne (assise si elle respire mal).\n5. **Un deuxième stylo** au bout de 5 à 15 minutes si ça ne s'améliore pas.\n\n**Le glucagon**\n\nPour un diabétique sous insuline inconscient d'une hypoglycémie : injection ou poudre nasale selon le produit. Voir [[URG-HYPOG-001]] et [[TEC-SAN-017]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes d'alerte**\n\nRougeur qui s'étend, chaleur, douleur qui augmente au point d'injection : infection. Voir [[TEC-SAN-028]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-009","titre":"Prendre les constantes","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["constantes","pouls","respiration","temperature","saturation","conscience","surveillance","malade"],"sources":["Référentiel PSE1 et PSE2, bilans et surveillance des victimes","Royal College of Physicians, National Early Warning Score 2 (NEWS2), 2017","Organisation mondiale de la santé, prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (repères de fréquence respiratoire)"],"corps":"::Un malade qui se dégrade le montre souvent par ses chiffres avant de le montrer par ses mots. Compter un pouls et une respiration, noter l'heure, recommencer une heure plus tard : c'est ce que fait une infirmière, et ça ne demande presque aucun matériel.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-SAN-016]].\n\n## AGIR\n\n**Ce qu'on mesure, et les valeurs normales (adulte au repos)**\n\n| Constante | Comment | Normal | Inquiétant |\n|---|---|---|---|\n| **Pouls** | Deux doigts sur le poignet (côté pouce) ou le côté du cou ; compter 30 secondes, multiplier par 2 | 60 à 100 par minute | Plus de 120, moins de 50, irrégulier, faible |\n| **Respiration** | Regarder la poitrine se soulever, compter une minute, sans prévenir la personne | 12 à 20 par minute | Plus de 25, moins de 10, bruyante, pénible |\n| **Température** | Thermomètre ; à défaut, la main sur la nuque ou le tronc | 36,5 à 37,5 °C | 38 °C et plus, 35 °C et moins |\n| **Conscience** | Éveillé ? Répond à la voix ? Seulement à la douleur ? Ne répond pas ? | Éveillé et orienté | Confus, somnolent, agité |\n| **Recoloration** | Appuyer 5 secondes sur un ongle ou le front, relâcher | Revient en moins de 2 secondes | Plus de 2 secondes |\n| **Saturation** (oxymètre au doigt) | Lecture directe | 95 % et plus | Moins de 92 % |\n| **Tension** (tensiomètre) | Brassard au bras, au repos | Autour de 12/8 | Moins de 9 en haut, ou plus de 18 |\n\n**Chez l'enfant**, les normales sont plus élevées : un nourrisson respire 30 à 60 fois par minute, son cœur bat 100 à 160 fois.\n\n**Surveiller**\n\n- **Notez tout, avec l'heure.** Une feuille, une colonne par heure. **C'est la tendance qui compte** : un pouls qui passe de 80 à 110 en trois heures dit plus qu'un chiffre isolé.\n- **Les urines** : une personne qui n'urine plus depuis 8 heures, ou très foncé, se déshydrate ou fait un choc.\n- **Les signes qui s'additionnent** (pouls rapide, respiration rapide, confusion, fièvre ou froid) signalent une aggravation sérieuse, souvent une infection grave. Voir [[URG-SEC-010]].\n\n## ADAPTER\n\n**Les astuces de soignant**\n\n- **Comptez la respiration pendant que vous faites semblant de prendre le pouls** : quelqu'un qui sait qu'on compte sa respiration la modifie.\n- **Un oxymètre de doigt** coûte le prix d'un repas, fonctionne sur piles et donne pouls et saturation : un des meilleurs achats pour une trousse. Il se trompe sur des doigts froids ou vernis.\n- **Transmettez** : quand vous passez le relais, donnez la feuille. Le soignant suivant sait tout de suite où en est le malade.\n\nLa fièvre en détail : [[TEC-SAN-002]]. Examiner une victime : [[URG-SEC-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-008","titre":"Soigner un nouveau-né","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["nouveau-ne","bebe","allaitement","cordon","chaleur","signes de danger","sommeil","biberon"],"sources":["Organisation mondiale de la santé, Soins essentiels au nouveau-né et prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME)","Organisation mondiale de la santé et UNICEF, recommandations sur l'allaitement","Santé publique France, prévention de la mort inattendue du nourrisson"],"corps":"::Un nouveau-né a besoin de quatre choses : chaleur, lait, propreté, et des adultes qui savent reconnaître quand ça ne va pas. Presque tout le reste est secondaire.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-SAN-018]].\n\n## AGIR\n\n**La chaleur**\n\n- **Peau contre peau** avec sa mère ou son père, sur la poitrine, couverts ensemble : c'est la meilleure couveuse qui existe, surtout pour les petits poids.\n- **Un bonnet** : un nouveau-né perd beaucoup de chaleur par la tête.\n- **Ni trop chaud ni trop froid** : la nuque doit être tiède. Des mains et des pieds un peu frais sont normaux.\n\n**Le lait**\n\n- **L'allaitement** dès la première heure, puis **à la demande**, 8 à 12 fois par 24 heures. Le premier lait (le colostrum), jaune et épais, est précieux.\n- **Pas d'eau, pas de tisane, pas de miel** avant 6 mois pour un bébé allaité : le lait suffit, même quand il fait chaud. Le miel peut donner le botulisme avant un an. Voir [[TEC-ALI-009]].\n- **Au biberon** : eau bouillie puis refroidie vers 70 °C pour préparer, biberons et tétines bouillis, lait préparé juste avant. Une eau douteuse fait des diarrhées mortelles chez le nourrisson.\n- **Il mange assez** s'il mouille au moins **6 couches par jour** après la première semaine et reprend son poids de naissance vers deux semaines.\n\n**Le cordon et la propreté**\n\n- **Gardez le cordon propre et sec**, à l'air, sans rien dessus. Il tombe entre 5 et 15 jours.\n- **Mains lavées** avant de s'occuper de lui.\n- **Le bain** n'est pas urgent : une toilette au linge tiède suffit.\n\n**Le sommeil**\n\n**Sur le dos**, sur un matelas ferme, sans oreiller, couverture ni peluche, dans une gigoteuse. C'est ce qui prévient la mort inattendue du nourrisson.\n\n## ADAPTER\n\n**Les signes de danger**\n\n**Il faut un soignant tout de suite si le bébé** :\n\n- **ne tète plus** ou tète très mal ;\n- **convulse** ;\n- **respire vite** (60 fois par minute ou plus) ou en creusant la poitrine ;\n- a **plus de 37,5 °C ou moins de 35,5 °C** ;\n- **ne bouge que si on le stimule**, reste mou ;\n- devient **jaune dans les 24 premières heures**, ou jusqu'aux paumes et plantes des pieds ;\n- a un **cordon rouge, gonflé, qui sent mauvais** ;\n- a les yeux qui coulent de pus.\n\nAccoucher sans médecin : [[URG-SEC-007]]. Réanimer un bébé : [[URG-SEC-012]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-007","titre":"Le diabète sans pharmacie","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Technique","priorite":"normale","tags":["diabete","insuline","conservation","acidocetose","alimentation","glycemie","crise","pieds"],"sources":["Fédération internationale du diabète (IDF), Diabetes and disasters, guide de préparation","American Diabetes Association, Standards of Care in Diabetes (acidocétose, hypoglycémie)","Fabricants d'insuline, conditions de conservation hors réfrigérateur"],"corps":"::Pour un diabétique qui dépend de l'insuline, une crise qui coupe l'approvisionnement est une question de semaines. Tout se joue sur trois choses : la réserve, la conservation au frais, et l'alimentation.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-SAN-017]].\n\n**Les deux diabètes**\n\n- **Type 1** : le pancréas ne fabrique plus d'insuline. **Sans insuline, la personne tombe en acidocétose en quelques jours**, et en meurt. Rien ne la remplace.\n- **Type 2** : l'insuline est fabriquée mais agit mal. L'alimentation, l'activité et le poids peuvent beaucoup ; certains se passent de médicaments s'ils changent de mode de vie.\n\n## AGIR\n\n**Avant la crise**\n\n- **Une réserve d'avance** : insuline, aiguilles, bandelettes, lecteur et piles, comprimés, glucagon, sucre. Au moins un mois, plus si possible.\n- **Une ordonnance papier** et la liste exacte des traitements et des doses.\n\n**Manger pour réduire les besoins**\n\n- **Moins de sucres rapides et de féculents** : moins de glucides, c'est moins d'insuline nécessaire et une glycémie plus stable. Légumes, légumineuses, protéines, graisses.\n- **Des repas réguliers** : sauter un repas sous insuline ou sous certains comprimés provoque des hypoglycémies. Voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Marcher 15 à 20 minutes après les repas** fait baisser la glycémie.\n\n## ADAPTER\n\n**Garder l'insuline sans frigo**\n\n- **Un flacon ou un stylo entamé se garde environ un mois** à température ambiante, **en dessous de 25 à 30 °C**, à l'abri de la lumière.\n- **La chaleur et le gel la détruisent** : jamais au soleil, jamais dans une voiture en été, jamais congelée.\n- **Rafraîchir sans électricité** : un pot en terre cuite dans un pot plus grand avec du sable mouillé, un linge humide dans le courant d'air, une cave, l'eau d'une source. Voir [[TEC-ALI-011]].\n- **Une insuline trouble** (quand elle devrait être claire), avec des grumeaux ou décolorée ne vaut plus rien.\n\n**Les signes de danger**\n\n- **Hyperglycémie qui dérape vers l'acidocétose** (surtout type 1) : soif intense, urines abondantes, fatigue, nausées, vomissements, douleurs de ventre, **haleine qui sent la pomme ou l'acétone**, respiration profonde. **Urgence** : insuline, beaucoup d'eau, et un soignant.\n- **Hypoglycémie** : sueurs, tremblements, confusion. Sucre tout de suite. Voir [[URG-HYPOG-001]].\n- **Les pieds** : un diabétique sent mal ses pieds. Une petite plaie non vue s'infecte et peut mener à l'amputation. **Regardez-les chaque soir.** Voir [[SURV-DEP-003]].\n\n**Dans un groupe**, tout le monde doit savoir qui est diabétique, où est son sucre et son glucagon, et reconnaître une hypoglycémie.","langue":"fr"},{"id":"SURV-HYG-006","titre":"Prendre soin d'un mort","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Moyen","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["deces","mort","corps","rigidite","identification","inhumation","catastrophe","deuil"],"sources":["OPS, OMS, CICR, FICR, La gestion des dépouilles mortelles lors de catastrophes : manuel pratique pour les premiers intervenants, 2e édition, 2016","Code général des collectivités territoriales, article R2213-33 (délais d'inhumation)","Service-public.fr, démarches après un décès"],"corps":"::Après une catastrophe, la peur des épidémies pousse à enterrer vite, en masse, sans noter qui est qui. C'est une erreur : les morts d'un séisme ou d'une inondation ne donnent pas d'épidémie. Les familles qui ne savent jamais où est leur mort, elles, en souffrent toute leur vie.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-SAN-024]].\n\n## AGIR\n\n**Constater**\n\nPas de respiration, pas de pouls, pas de réaction, les pupilles larges et fixes. En cas de doute, **on commence la réanimation** : voir [[URG-CARD-001]].\n\nLes signes qui ne trompent pas arrivent ensuite : la **rigidité** (qui commence par la mâchoire en deux à six heures et disparaît après un ou deux jours), les **taches violacées** du côté posé au sol.\n\n**En temps normal**\n\n- Un **médecin** constate le décès et signe le certificat.\n- La **déclaration** se fait à la mairie dans les 24 heures, souvent par les pompes funèbres.\n- En France, l'inhumation ou la crémation a lieu **entre 24 heures et 6 jours** après le décès.\n\n**Quand personne ne viendra**\n\n**Préparer le corps**, avec des gants, avant que la rigidité ne s'installe :\n\n1. Fermer les yeux, fermer la bouche avec une bande nouée autour de la tête.\n2. Allonger le corps sur le dos, bras le long du corps, jambes droites.\n3. Le laver si on le souhaite, l'habiller, le couvrir d'un drap.\n4. Le garder **au frais**, à l'écart du soleil.\n\n**Identifier**, toujours : nom, date, lieu, circonstances, notés sur une étiquette attachée au corps **et** sur un registre. Une photo du visage, les objets personnels gardés dans un sac étiqueté.\n\n**Inhumer**\n\n- Une tombe par personne, repérée par une marque durable et reportée sur un plan.\n- Au moins **un mètre et demi de profondeur**, loin des puits, des sources et des cours d'eau.\n- **Jamais de crémation de masse** improvisée : elle empêche toute identification.\n\n## ADAPTER\n\n**Les exceptions**\n\nLes personnes mortes du **choléra**, d'**Ebola** ou d'une autre maladie contagieuse : pas de lavage, pas de contact, gants, eau de Javel, et enterrement rapide. Voir [[TEC-SAN-011]].\n\n**Ceux qui restent**\n\nLaisser la famille voir le corps, dire au revoir, faire un rite, même simple. Ce moment compte des années plus tard. Voir [[TEC-SAN-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ENE-003","titre":"Recharger un téléphone sans réseau électrique","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["telephone","recharge","batterie externe","usb","voiture","solaire","dynamo","coupure"],"sources":["USB Implementers Forum, spécifications USB 2.0 et USB Power Delivery (tensions et courants)","Fiches techniques de batteries externes et de panneaux solaires USB","Retours d'expérience des coupures longues (tempêtes, séismes)"],"corps":"::Un téléphone plein tient des jours si on le traite bien, et quelques heures si on le laisse chercher un réseau mort. Avant de chercher une prise, on arrête de gaspiller.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-ENE-014]].\n\n## AGIR\n\n**D'abord, faire durer**\n\n- **Mode avion** dès que le réseau est coupé : un téléphone qui cherche une antenne vide sa batterie deux à trois fois plus vite.\n- **Mode économie d'énergie**, luminosité au minimum, localisation et Bluetooth coupés.\n- **Un seul téléphone allumé par foyer**, les autres éteints, rallumés à heures fixes.\n- **Éteint, un téléphone ne consomme presque rien** : c'est la meilleure réserve.\n\n**Les sources, de la meilleure à la pire**\n\n**La batterie externe.** Une batterie de 10 000 mAh recharge un téléphone deux fois environ, une de 20 000 mAh quatre fois. Rechargez-les dès que le courant revient, même brièvement.\n\n**La voiture.** Un chargeur USB sur la prise allume-cigare charge aussi vite qu'une prise murale. **Moteur tournant et à l'extérieur** : moteur coupé, une recharge de téléphone pompe peu sur une batterie de voiture en bon état, mais plusieurs recharges d'affilée peuvent empêcher de redémarrer. Jamais moteur tournant dans un garage.\n\n**Le panneau solaire USB.** Un panneau pliant de 20 à 30 watts charge un téléphone en plein soleil en quelques heures. Par temps couvert, le courant chute fortement : chargez plutôt une batterie externe avec le panneau, et le téléphone avec la batterie. Voir [[TEC-SOLR-001]].\n\n**La dynamo à manivelle** (lampes et radios de secours). Utile pour un appel d'urgence : quelques minutes de manivelle donnent quelques minutes de communication. Pas pour une recharge complète.\n\n**Les ordinateurs portables, les onduleurs, les trottinettes et vélos électriques, les outils sans fil.** Tous contiennent des batteries. Un portable allumé charge un téléphone par sa prise USB. Une batterie d'outil sans fil, avec un adaptateur USB vendu pour la marque, devient une batterie externe.\n\n**Les piles.** Un boîtier à piles AA avec sortie USB dépanne : quatre piles alcalines donnent environ une demi-recharge.\n\n## ADAPTER\n\n**Ce qui ne marche pas**\n\n- **Le citron, la pomme de terre, la pile maison** : quelques milliampères, là où un téléphone en demande mille. Voir [[SURV-ENE-002]].\n- **Brancher un fil USB coupé directement sur une batterie de 12 volts** : un téléphone attend 5 volts. Il faut un convertisseur 12 V vers USB.\n\n**Les astuces**\n\n- **Un câble court et de bonne qualité** charge plus vite et chauffe moins.\n- **Charger jusqu'à 80 %** suffit en crise, et c'est deux fois plus rapide que les derniers 20 %.\n- **Le froid vide une batterie** : un téléphone gardé dans une poche intérieure tient plus longtemps qu'au fond d'un sac.\n- **Rechargez en premier ce qui sert à tout le monde** : la radio, la lampe, le téléphone qui a du réseau.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-017","titre":"Construire un radeau","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["radeau","flottabilite","rondins","bidons","futs","brelage","pagaie","kon-tiki","riviere"],"sources":["Heyerdahl T., L'Expédition du Kon-Tiki, 1948","US Army, FM 21-76 Survival, radeaux et flotteurs","USDA Forest Products Laboratory, Wood Handbook (masse volumique des bois)"],"corps":"::En 1947, Thor Heyerdahl et cinq compagnons traversent le Pacifique sur un radeau de rondins de balsa liés par des cordes, sans un clou : environ 7 000 km en 101 jours. Un radeau, c'est une question simple : combien de poids l'eau peut-elle porter ? La réponse se calcule avant de mettre à l'eau.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-NAV-004]].\n\n**La flottabilité**\n\nUn objet flotte si l'eau qu'il déplace pèse plus lourd que lui.\n\n- **Un fût fermé de 200 litres** porte environ **180 kg** (200 kg d'eau déplacée, moins son propre poids).\n- **Un jerrican vide de 20 litres** bien fermé : près de 20 kg.\n- **Une bouteille d'un litre et demi** : un kilo et demi. Il en faut beaucoup.\n- **Le bois sec et léger** (peuplier, pin, sapin, bois mort bien sec) : chaque mètre cube porte plusieurs centaines de kilos en plus de son poids. **Le bois vert** et les bois durs (chêne) flottent à peine.\n\n**La règle** : prévoir au moins **deux fois** le poids total (personnes et chargement).\n\n## AGIR\n\n**Construire**\n\n1. **Les flotteurs** : rondins secs de même longueur, ou bidons et fûts fermés, bouchons collés ou scotchés.\n2. **Le cadre** : des traverses **dessus et dessous**, en sandwich, qui serrent les flotteurs entre elles.\n3. **Les liens** : brelages serrés à chaque croisement, avec de la corde, du fil de fer, des sangles. Voir [[SURV-NOE-001]].\n4. **Le pont** : planches ou palettes par-dessus, pour ne pas marcher sur les flotteurs. Voir [[SURV-REC-034]].\n5. **Pagayer** avec des planches taillées, ou **pousser à la perche** en eau peu profonde.\n\n**Essayer** au bord, en eau calme, avant de charger.\n\n## ADAPTER\n\n**Les dangers**\n\n- **Les rivières rapides**, les seuils et les arbres couchés : un radeau ne se dirige presque pas. Voir [[TEC-NAV-002]].\n- **L'eau froide** : gilet, vêtements de rechange au sec. Voir [[SURV-DEP-010]].\n- **La surcharge** : un radeau qui s'enfonce à ras de l'eau ne pardonne aucune vague.\n\n**En mer**\n\nVoir [[SURV-MIL-003]] pour le radeau de survie.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-016","titre":"Changer une roue","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["roue","crevaison","cric","roue de secours","galette","ecrou antivol","kit anti-crevaison","securite routiere"],"sources":["Sécurité routière (France), conduite à tenir en cas de panne ou de crevaison","Manuels des constructeurs automobiles (points de levage, roue de secours temporaire, kit anti-crevaison)"],"corps":"::Le plus souvent, ce n'est pas la roue qui pose problème : c'est l'écrou antivol dont personne ne sait où est la clé, ou une roue de secours à plat depuis cinq ans. Changer une roue prend vingt minutes, à condition de l'avoir préparé le jour où il ne pleut pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-MEC-023]].\n\n## AGIR\n\n**Changer la roue**\n\n1. **Frein à main serré**, une vitesse engagée (ou P), une cale (pierre, bois) contre la roue opposée.\n2. **Desserrer les écrous d'un quart de tour**, voiture encore au sol, sinon la roue tourne dans le vide. Appui du pied sur la clé si c'est dur.\n3. **Placer le cric au point de levage** : une encoche ou un repère sous le bas de caisse, près de la roue. Ailleurs, on plie la tôle ou la voiture tombe.\n4. **Lever** juste assez pour que la roue décolle, puis un peu plus (la roue gonflée est plus haute que la crevée).\n5. **Retirer les écrous et la roue.** Jamais une main ou une jambe sous la voiture.\n6. **Poser la roue de secours**, visser les écrous **à la main**, en étoile.\n7. **Redescendre**, puis serrer fort, **en étoile**.\n8. **Resserrer** au bout d'une cinquantaine de kilomètres.\n\n**La galette et le kit**\n\n- **La roue galette** (roue de secours étroite) : **80 km/h au maximum**, le temps d'aller au garage.\n- **Le kit anti-crevaison** (mousse et compresseur) : injecter, gonfler, rouler doucement quelques kilomètres pour répartir la mousse, puis garage. Il ne répare pas un flanc coupé.\n\n**À faire aujourd'hui**\n\n- **Trouver la clé de l'écrou antivol** et la ranger avec le cric.\n- **Vérifier la pression de la roue de secours** tous les quelques mois.\n- **Essayer une fois**, à la maison, sans stress.\n\nLe pneu : [[TEC-MEC-010]]. Réparer un pneu : [[SURV-REC-024]].\n\n## ADAPTER\n\n**D'abord, la sécurité**\n\n- Se garer **le plus loin possible de la circulation**, sur un sol plat et dur.\n- **Feux de détresse**, **gilet** enfilé avant de sortir, **triangle** à 30 m au moins derrière la voiture.\n- **Sur autoroute** : tout le monde derrière la glissière. Si poser le triangle est dangereux, on ne le pose pas, et on appelle la borne orange ou le 112.","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-015","titre":"Conduire sur la neige et le verglas","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["neige","verglas","conduite","hiver","freinage","derapage","chaines","pneus hiver"],"sources":["Sécurité routière, conduire en hiver","Code de la route et obligations d'équipement hivernal en zones de montagne (loi Montagne II)","Automobile Club, techniques de conduite sur routes glissantes"],"corps":"::Sur le verglas, une voiture freine sur une distance jusqu'à dix fois plus longue qu'au sec. Tout ce qu'on fait brusquement, on le paie. On conduit comme s'il y avait un œuf entre le pied et la pédale.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-MEC-019]].\n\n## AGIR\n\n**Avant de partir**\n\n- **Pneus hiver** ou toutes saisons marqués du flocon, dès que la température descend sous 7 °C : leur gomme reste souple. **Des chaînes** dans le coffre en montagne, montées une fois à la maison pour savoir faire.\n- **Déneigez tout** : toit, vitres, phares. La neige du toit glisse sur le pare-brise au premier freinage.\n- **Dans la voiture** : couverture, pelle, gants, lampe, eau, de quoi grignoter, téléphone chargé.\n\n**Rouler**\n\n- **Doucement et en douceur** : démarrer, tourner, freiner, accélérer, tout avec progressivité.\n- **Démarrer en seconde** (boîte manuelle) : les roues patinent moins.\n- **Multiplier les distances** : au moins trois fois plus qu'au sec sur la neige, bien plus sur le verglas.\n- **Anticiper le freinage**, freiner en ligne droite avant le virage, jamais dedans.\n- **Les ponts et les zones à l'ombre** gèlent en premier, avant la route autour.\n- **Verglas noir** : une route qui paraît simplement mouillée par grand froid, sans bruit d'eau sous les pneus, est peut-être gelée.\n\n**Si ça glisse**\n\n- **Avec ABS** : freinez fort et tenez la pédale, en regardant et en dirigeant là où vous voulez aller. La pédale vibre, c'est normal.\n- **Sans ABS** : freinez par petites pressions répétées pour que les roues ne se bloquent pas.\n- **L'arrière chasse** : regardez là où vous voulez aller et tournez le volant **dans ce sens**, sans excès, pied levé.\n- **L'avant glisse tout droit en virage** : relâchez l'accélérateur, réduisez un peu l'angle du volant pour que les roues retrouvent de l'adhérence.\n\n## ADAPTER\n\n**Bloqué dans la neige**\n\n- **Restez dans la voiture** : elle abrite et se voit. On se perd à quelques mètres dans une tempête de neige.\n- **Dégagez le pot d'échappement** avant de faire tourner le moteur, et faites-le tourner **environ dix minutes par heure**, une fenêtre entrouverte, pour vous chauffer. Voir [[TEC-CON-010]].\n- **Un tissu voyant** à l'antenne ou à la vitre, les feux la nuit quand le moteur tourne.\n- **Bougez** dans l'habitacle pour garder la chaleur, et buvez.\n\nSortir d'une ornière : [[TEC-MEC-016]]. Le froid qui devient dangereux : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-DEP-014","titre":"Sortir d'un enlisement","axe":3,"categorie":"Mouvement et Discrétion","temps":"Court","contexte":"2","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["enlisement","boue","sable","neige","pneus","degonfler","tractage","4x4"],"sources":["Manuels de franchissement tout-terrain (Land Rover Experience, Toyota Land Cruiser Owner's Guide)","US Army, FM 21-305 Manual for the Wheeled Vehicle Driver","Retours d'expérience des guides sahariens et des clubs de franchissement"],"corps":"::La première chose qui enlise une voiture, c'est le conducteur qui accélère. Une roue qui patine creuse son propre trou. On lâche l'accélérateur, on sort, on regarde.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-MEC-016]].\n\n## AGIR\n\n**D'abord : arrêter de creuser**\n\n- **Dès que les roues patinent, lâchez l'accélérateur.** Chaque seconde de plus enfonce la voiture.\n- **Redressez les roues** : des roues braquées poussent la boue ou le sable au lieu de rouler dessus.\n- **Sortez regarder** : qu'est-ce qui bloque ? Une roue qui patine dans le vide, le bas de caisse posé, une ornière trop profonde ?\n\n**Les gestes qui sortent de presque tout**\n\n1. **Dégagez devant les roues motrices**, sur la longueur d'une roue au moins, dans le sens où vous voulez partir, et sous le bas de caisse s'il touche.\n2. **Donnez de l'accroche** sous les roues : tapis de sol, branches, cartons, planches, pierres plates, sable ou gravier, et en hiver de la litière pour chat.\n3. **Dégonflez les pneus** dans le sable ou la boue molle : autour de **1 à 1,2 bar**, la surface de contact s'allonge et la voiture flotte. **Regonflez avant de reprendre la route**, et roulez doucement tant que ce n'est pas fait.\n4. **Repartez en douceur**, en seconde sur une boîte manuelle, pour que les roues tournent lentement.\n5. **Le balancement** : avant, arrière, avant, en douceur, pour profiter de l'élan et agrandir la trace. Pas de coups d'accélérateur.\n\n**Se faire tirer**\n\n- **Accrochez aux anneaux de remorquage** prévus (souvent vissés, rangés avec la roue de secours), jamais au pare-chocs ni à la suspension.\n- **Une sangle** plutôt qu'une chaîne ; une sangle dynamique (qui s'étire) pour un vrai arrachage.\n- **Personne près de la sangle** : une sangle ou un crochet qui cède part comme une fronde. Posez un blouson ou un sac lesté sur le milieu de la sangle pour amortir si elle casse.\n- La voiture tirée **aide en roulant doucement**, au signal convenu.\n\n## ADAPTER\n\n**Les astuces de piste**\n\n- **Dans le sable**, on s'arrête toujours dans une descente ou sur le plat dur, jamais en montée : on repart plus facilement.\n- **Dans la neige**, les chaînes se montent **avant** d'être bloqué. Entraînez-vous une fois à la maison, au sec.\n- **Un cric et une planche** : on soulève la roue, on comble le trou dessous avec des pierres et des branches, on repose. Lent, mais ça sort de tout. Jamais le corps sous une voiture sur cric. Voir [[TEC-MEC-018]].\n- **Un tapis de désensablement** (plaques rigides) vaut tous les efforts : c'est l'équipement qui sort le plus de voitures au monde.\n- **Seul et bloqué loin de tout** : restez avec la voiture, qui se voit de loin et vous abrite. Voir [[URG-PERDU-001]].\n\nRouler sur la neige et le verglas sans se retrouver bloqué : [[TEC-MEC-019]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-CRI-024","titre":"Passager seul aux commandes d'un avion","axe":3,"categorie":"Crises et Catastrophes","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Exposé","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["avion","passager","pilote inconscient","voler naviguer communiquer","radio","commandes"],"sources":["FAA, Pilot's Handbook of Aeronautical Knowledge","FAA, Airplane Flying Handbook","Direction générale de l'aviation civile, bases théoriques du pilotage"],"corps":"::Des passagers sans aucune formation ont déjà posé un petit avion, guidés par radio depuis le sol. Un avion léger est stable : il vole tout seul tant qu'on ne le brutalise pas.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-AER-001]].\n\n## AGIR\n\nCette fiche ne remplace pas une formation, et il faut le dire nettement. Mais une situation existe où quelques principes valent mieux que rien : un passager seul aux commandes.\n\nL'ordre est toujours le même. **Voler d'abord** : garder les ailes à plat et le nez à l'horizon, sans gestes brusques. **Naviguer ensuite** : maintenir un cap stable. **Communiquer enfin** : chercher la radio, appeler à l'aide, décrire ce qu'on voit.\n\nNe touchez à rien tant que l'avion vole correctement. La quasi-totalité des aggravations vient de corrections excessives : les commandes d'un avion demandent des mouvements très faibles, et l'appareil est naturellement stable si on le laisse tranquille.\n\nLes principes moteurs communs à tous les engins sont dans [[TEC-MOTH-001]], et l'usage de la radio dans [[TEC-RAD-001]].\n\n## ADAPTER\n\nLa fréquence de détresse aéronautique est 121,5 MHz. Se signaler à un avion ou un hélicoptère depuis le sol : [[SIG-COM-011]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-008","titre":"Improviser un abri contre les retombées","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Long","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["retombees","abri","cave","tranchee couverte","kearny","masse","nucleaire","protection"],"sources":["Kearny C., Nuclear War Survival Skills, Oak Ridge National Laboratory, 1987","Office fédéral suisse de la protection de la population (OFPP), Instructions techniques pour la construction d'abris","Glasstone S., Dolan P., The Effects of Nuclear Weapons, US Department of Defense, 1977","FEMA, Planning Guidance for Response to a Nuclear Detonation, 2022"],"corps":"::Des essais américains l'ont montré : des familles ordinaires ont construit en 48 heures une tranchée couverte de terre qui protège presque aussi bien qu'un abri en béton. Contre les retombées, ce qui compte, c'est la masse entre soi et la poussière.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CON-009]].\n\n## AGIR\n\nDes études de l'armée américaine l'ont montré : **un abri de fortune bien fait protège presque aussi bien** qu'un abri construit, pour les retombées.\n\n- **Une cave** : le coin le plus enterré, loin des soupiraux. Empilez tout ce qui est lourd contre les murs et sur le plafond au-dessus de vous : sacs de terre, livres, bidons d'eau, meubles pleins.\n- **Une tranchée couverte** : une tranchée d'un mètre de large, profonde comme vous, couverte de portes ou de planches puis de 60 à 90 cm de terre. C'est l'abri de Kearny, construit en 48 heures par des familles ordinaires lors des essais.\n- **Un immeuble** : le milieu du bâtiment, à mi-hauteur ou au sous-sol, loin du toit (où la poussière se dépose) et loin des murs extérieurs.\n\n## ADAPTER\n\nLe rayonnement des retombées diminue vite : les premiers jours comptent le plus. Accident nucléaire : voir [[SURV-CRI-005]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-007","titre":"Étayer et surveiller un mur fissuré","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Exposé","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["fissures","etaiement","etais","temoin en platre","mur porteur","seisme","linteau","batiment endommage"],"sources":["Direction générale de la sécurité civile, guide national de référence sauvetage-déblaiement (étaiement d'urgence)","INSARAG, Guidelines (marquage des bâtiments après séisme)","US Army Corps of Engineers, Shoring Operations Guide (FEMA US&R)"],"corps":"::Les maçons d'autrefois collaient une galette de plâtre en travers d'une fissure et y écrivaient la date. Si le plâtre casse dans les semaines suivantes, la fissure bouge : le mur travaille. Si le témoin reste intact, elle dort. Le moyen le plus simple de savoir si un mur est dangereux.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CON-024]].\n\n## AGIR\n\n**Les fissures qui inquiètent**\n\n- **En diagonale**, partant des angles des portes et des fenêtres.\n- **Larges** de plus de quelques millimètres, ou qui laissent voir le jour.\n- **Qui s'agrandissent** : témoin en plâtre ou trait de crayon daté à chaque extrémité.\n- **Un mur qui penche ou qui gonfle**, un plancher qui s'affaisse, un linteau qui fléchit, des portes et fenêtres qui coincent d'un coup.\n\nLes fines fissures d'enduit, verticales et stables, sont en général sans gravité.\n\n**Étayer en urgence**\n\n**Le but** : soulager et retenir, **pas soulever**.\n\n- **Sous un plancher ou une poutre qui fléchit** : des étais verticaux (étais métalliques ou bastaings), posés sur une **semelle** en planche épaisse qui répartit la charge, avec une autre planche en tête. On serre juste au contact, avec des cales, sans forcer vers le haut.\n- **Contre un mur qui gonfle** : des étais obliques appuyés au sol sur un sabot calé, qui poussent le mur à mi-hauteur.\n- **Une porte ou une fenêtre** dans un mur fissuré : un cadre de bois en croix, bien calé.\n\n**Le mur porteur**\n\nUn mur est porteur quand un plancher, une charpente ou un autre mur reposent dessus. **Ouvrir une porte dans un mur porteur** demande de le soutenir d'abord, par des poutres qui le traversent posées sur des étais, puis de poser un linteau. C'est un travail de maçon, avec un calcul.\n\n## ADAPTER\n\n**Après un séisme ou une explosion**\n\n- **Ne pas entrer** dans un bâtiment qui penche, qui a perdu un mur, dont les escaliers sont fissurés.\n- **Les répliques** achèvent des bâtiments déjà blessés. Voir [[SURV-CRI-002]].\n- Les équipes de secours marquent les bâtiments inspectés de signes peints sur la façade : on les respecte.\n\nLes séismes : [[TEC-TER-003]]. La ville en ruines : [[SURV-MIL-004]].","langue":"fr"},{"id":"SURV-ABRI-006","titre":"Chauffer une seule pièce","axe":3,"categorie":"Feu, Eau et Ressources","temps":"Court","contexte":"2+","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["chauffage","froid","piece","isolation","hiver","coupure","economie"],"sources":["ADEME, conseils pour réduire ses besoins de chauffage","Retours d'expérience des hivers sans chauffage (Ukraine 2022-2023, Texas février 2021)","Kearny C., Nuclear War Survival Skills, chapitre sur le maintien au chaud"],"corps":"::Chauffer une maison entière sans réseau est impossible. Chauffer une pièce bien choisie, avec tout le monde dedans, est facile. Tout l'art est de rétrécir l'espace à défendre.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-CON-012]].\n\n## AGIR\n\n**Choisir la pièce**\n\n- **Petite**, au centre de la maison, avec peu de murs donnant dehors.\n- **Peu ou pas de fenêtres**, et pas de baie vitrée.\n- **Pas au dernier étage** sous un toit mal isolé, ni au sol d'une maison sans isolation par-dessous.\n- **Avec une source de chaleur possible** et sûre : un poêle, ou assez d'espace pour la chaleur des corps.\n\n**La fermer**\n\n1. **Fermez les portes** des autres pièces, et calfeutrez le bas de celle de la pièce choisie avec un boudin, une couverture roulée, des vêtements.\n2. **Doublez les fenêtres** : rideaux épais, couvertures, cartons, papier bulle collé sur la vitre (le côté bulles contre le verre), film plastique tendu.\n3. **Isolez le sol** avec des tapis, des couvertures, des cartons.\n4. **Baissez le plafond** si la pièce est haute : une bâche ou des draps tendus au-dessus de l'espace de vie gardent la chaleur à hauteur des corps.\n\n**La chauffer**\n\n- **Les corps humains** produisent chacun environ 100 watts, autant qu'une vieille ampoule. Quatre personnes dans une petite pièce bien fermée gagnent plusieurs degrés.\n- **Une tente dans la pièce** : monter une tente ou un abri de couvertures sur le lit, et y dormir à plusieurs. C'est la plus petite pièce possible.\n- **Des bouillottes** (ou des bouteilles en plastique épais remplies d'eau chaude, enveloppées), dans les lits une demi-heure avant de se coucher.\n- **Un poêle ou un chauffage à combustion** : seulement s'il a un conduit ou une aération prévue, avec un détecteur de monoxyde de carbone. Voir [[TEC-CON-010]] et [[TEC-CON-011]].\n- **Des bougies** chauffent très peu et font brûler des maisons chaque hiver. Elles éclairent, elles ne chauffent pas.\n\n**Garder la chaleur sur soi**\n\n- **Des couches** plutôt qu'un seul gros vêtement : laine ou synthétique près du corps, jamais de coton mouillé.\n- **Bonnet, chaussettes et gants** à l'intérieur : la tête, les mains et les pieds perdent beaucoup.\n- **Manger et boire chaud** : le corps a besoin de calories pour produire sa chaleur. Voir [[TEC-ALI-001]].\n- **Bouger un peu** plusieurs fois par jour.\n\n## ADAPTER\n\n**Les pièges**\n\n- **La condensation** : une pièce fermée où l'on vit et respire se remplit d'humidité. Aérez cinq minutes, deux fois par jour, en grand : on perd moins de chaleur qu'à laisser une fenêtre entrouverte en permanence, et l'air sec se réchauffe plus vite.\n- **Le groupe électrogène ou le barbecue à l'intérieur** pour chauffer : c'est la première cause de décès pendant les coupures d'hiver.\n- **Les tuyaux d'eau** des pièces non chauffées peuvent geler et éclater : fermez l'eau et vidangez si le gel dure. Voir [[URG-RES-001]].\n\nL'hypothermie et ses signes : [[URG-HYPO-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-021","titre":"Se faire comprendre sans parler la langue","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Court","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["langue","gestes","dessin","traduction","pictogrammes","etranger","refugies","communication"],"sources":["Morris D. et al., Gestures: their origins and distribution, 1979","Axtell R., Gestures: The Do's and Taboos of Body Language Around the World, 1991","Wong-Baker FACES Foundation, échelle de la douleur par visages"],"corps":"::Parler plus fort n'a jamais appris une langue à personne. Un carnet, un crayon, les chiffres et une vingtaine de mots suffisent pour manger, se soigner, trouver un chemin et ne pas vexer tout le monde en trois gestes.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-IDE-014]].\n\n## AGIR\n\n**Les outils qui marchent partout**\n\n- **Le dessin** : un carnet et un crayon toujours sur soi. Une maison, un bus, une dent, une carte grossière : tout le monde comprend.\n- **Les chiffres** s'écrivent presque partout pareil. Prix, heures, dates : on les écrit, on ne les dit pas.\n- **Montrer** : l'objet, la photo, la plaque de la rue, l'adresse écrite par quelqu'un du pays.\n- **Les applications de traduction** fonctionnent **sans réseau** si on a téléchargé la langue avant. Certaines traduisent un panneau en le photographiant.\n\n**Parler**\n\n- **Lentement**, des phrases courtes, des mots simples, sans expressions toutes faites.\n- **Un mot, un geste** : « eau » en mimant de boire.\n- **Les vingt premiers mots à apprendre** : bonjour, merci, pardon, oui, non, eau, manger, docteur, aide, combien, où, toilettes, et les chiffres de un à dix.\n\n**Les gestes qui piègent**\n\n- **Le pouce levé** est une insulte dans une partie du Moyen-Orient et de l'Afrique de l'Ouest.\n- **Le cercle pouce-index** (« OK ») est grossier au Brésil.\n- **Hocher la tête** veut dire non en Bulgarie.\n- **La main gauche** est considérée comme impure dans une grande partie du monde arabe, de l'Inde et de l'Afrique : on donne et on mange de la main droite.\n- **Appeler quelqu'un** paume vers le haut en repliant le doigt est insultant dans une partie de l'Asie : on appelle paume vers le bas.\n- **Compter sur ses doigts** : en France, trois, c'est le pouce, l'index et le majeur ; dans le monde anglophone, l'index, le majeur et l'annulaire. Dans un film de Tarantino, un espion se trahit exactement comme ça.\n\n## ADAPTER\n\n**Pour soigner**\n\n- Un **dessin du corps** pour montrer où ça fait mal.\n- **L'échelle des visages**, du sourire aux larmes, pour dire combien ça fait mal : comprise par les enfants et par toutes les langues.\n\nSe signaler sans parler : [[SIG-COM-001]].","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-020","titre":"Donner sa position aux secours","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Flash","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Rien","priorite":"normale","tags":["position","coordonnees","latitude","longitude","degres decimaux","points repere","autoroute","112","reperes","balisage"],"sources":["IGN, systèmes de coordonnées et carroyages des cartes","Commission européenne, localisation avancée des appels au 112","Réseau autoroutier français, bornes d'appel d'urgence et points repères"],"corps":"::Une erreur de format dans des coordonnées, et l'hélicoptère cherche à plusieurs kilomètres. Sur l'autoroute, les petits panneaux numérotés au bord de la voie disent aux secours exactement où vous êtes, à cent mètres près. Savoir dire où l'on est, c'est la moitié du secours.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-IDE-024]].\n\n**Les coordonnées**\n\n- **La latitude** (nord ou sud) puis **la longitude** (est ou ouest).\n- **Deux écritures** qu'on confond souvent :\n  - en **degrés décimaux** : 48,8584 N et 2,2945 E ;\n  - en **degrés, minutes, secondes** : 48° 51' 30\" N et 2° 17' 40\" E.\n- **On lit les chiffres tels qu'ils s'affichent**, avec l'unité, et on les fait répéter.\n- **La précision** : un degré de latitude fait environ 111 km ; la troisième décimale, une centaine de mètres ; la cinquième, un mètre.\n\n**Le téléphone** affiche ses coordonnées même sans réseau, dans l'application boussole ou de cartes. Voir [[TEC-ELN-010]]. Et beaucoup de téléphones envoient automatiquement leur position quand on appelle le 112.\n\n## AGIR\n\n**Se faire trouver**\n\n- **Rester où l'on a dit être.**\n- **Se rendre visible** : couleur vive, lumière, miroir, feu. Voir [[SIG-COM-001]] et [[SIG-COM-013]].\n- **Le téléphone** : économiser la batterie après l'appel, le garder allumé. Voir [[TEC-ELN-017]].\n\nLire une carte : [[SURV-ORI-002]]. Perdu : [[URG-PERDU-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Sans coordonnées**\n\n- **Sur route** : nom de la route, sens de circulation, dernier village ou sortie, **point repère** (les petits panneaux numérotés au bord des routes et autoroutes).\n- **En montagne et en forêt** : nom du sentier, dernier poteau indicateur, altitude, ce qu'on voit (lac, sommet, refuge).\n- **En ville** : rue et numéro, étage, code de la porte, un repère visible.\n- **Décrire** ce qui entoure : pylône, antenne, rivière, couleur d'un bâtiment.","langue":"fr"},{"id":"SIG-COM-019","titre":"Construire un récepteur radio","axe":3,"categorie":"Signaux et Communications","temps":"Long","contexte":"1","risque":"Discret","materiel":"Récupération","priorite":"normale","tags":["radio","electricite","communication","recuperation"],"sources":["ARRL — The Radio Amateur's Handbook, récepteurs à détection","Terman F. E., Radio Engineers' Handbook","US Army Signal Corps — field expedient receivers, documentation historique"],"corps":"::Un récepteur qui ne demande aucune source d'énergie est possible. Il tire toute sa puissance de l'onde elle-même.::\n\n## COMPRENDRE\n\nCe que c'est et comment ça marche : [[TEC-RAD-001]].\n\n**Ce qu'une onde transporte**\n\nUn émetteur fait osciller un courant dans une antenne, ce qui rayonne une onde. Cette onde fait osciller un courant, infiniment plus faible, dans toute autre antenne qu'elle rencontre.\n\nLe problème n'est donc jamais de capter : **toutes les stations arrivent en même temps sur votre fil**. Le problème est d'en isoler une et d'en extraire le son.\n\nUne onde seule ne porte rien. On lui fait porter un signal en faisant varier son amplitude au rythme du son : c'est la **modulation d'amplitude**, celle des ondes moyennes et des grandes ondes. C'est la seule que l'on puisse démoduler sans électronique active, et c'est ce qui rend ce montage possible.\n\nUn récepteur à détection comporte quatre parties, pas une de plus : une **antenne** qui capte, un **circuit accordé** qui sélectionne, un **détecteur** qui extrait le son, un **écouteur** qui le restitue.\n\n## AGIR\n\n**Le circuit accordé**\n\nUne bobine associée à un condensateur résonne à une fréquence précise, comme un diapason sur une note. À cette fréquence la réponse est maximale, ailleurs elle s'effondre. C'est ce qui sépare les stations.\n\nPlus la bobine ou le condensateur sont grands, plus la fréquence reçue est basse.\n\n**La bobine** s'obtient en enroulant du fil de cuivre isolé, jointif et régulier, sur un cylindre isolant : tube de carton, bouteille, manche de bois. De l'ordre de cent tours sur un diamètre de cinq à sept centimètres couvre les ondes moyennes. Le fil émaillé se récupère dans tout transformateur, moteur, relais ou haut-parleur.\n\n**L'accord** se règle de deux façons. Un condensateur variable pris sur un vieux poste est l'idéal. À défaut, on gratte l'émail sur une bande le long de la bobine et l'on fait glisser un contact le long des spires : on change le nombre de tours actifs, donc la fréquence. C'est plus grossier et cela fonctionne.\n\n**Un condensateur se fabrique** : deux surfaces conductrices séparées par un isolant. Deux feuilles d'aluminium enroulées avec du papier entre elles ; ou deux tubes recouverts d'aluminium et emboîtés coulissants, ce qui donne une valeur variable.\n\n**Le détecteur, la pièce décisive**\n\nUn signal modulé en amplitude oscille symétriquement autour de zéro : sa moyenne est nulle, et un écouteur n'en tirerait rien. Il faut ne garder qu'une moitié de l'oscillation, ce qui fait apparaître l'enveloppe, c'est-à-dire le son. Il faut donc un composant qui laisse passer le courant dans un seul sens.\n\n**Une diode au germanium** est le meilleur choix : elle conduit dès une très faible tension, ce qui compte quand le signal est minuscule. Elle se récupère sur d'anciens appareils. Une diode au silicium fonctionne mais exige un signal plus fort, donc une meilleure antenne.\n\n**Sans diode, un contact ponctuel suffit.** C'est le principe historique du poste à galène : une pointe métallique posée sur un cristal semi-conducteur conduit mieux dans un sens que dans l'autre. Les montages de campagne utilisaient une lame d'acier bleui, oxydée, et une mine de crayon taillée en pointe appuyée dessus par un ressort souple. On déplace la pointe jusqu'à trouver le point sensible, et il faut le rechercher après chaque choc.\n\nLe contact doit rester **léger et exploratoire**. Trop appuyé, il conduit dans les deux sens et le son disparaît.\n\n**L'écouteur**\n\nC'est le point qui fait échouer la plupart des tentatives. La puissance disponible est infime : un haut-parleur ordinaire, de basse impédance, ne produira rien.\n\nIl faut un **écouteur à haute impédance**, écouteur piézoélectrique, ou écouteur magnétique ancien. Ils se récupèrent sur d'anciens téléphones, appareils auditifs, appareils de mesure. À défaut, un écouteur ordinaire branché à travers un petit transformateur d'adaptation, bobine de relais, transformateur de récupération, améliore beaucoup les choses.\n\n**L'antenne et la terre**\n\nC'est ici que la réception se gagne ou se perd, bien plus que dans le reste du montage.\n\n**L'antenne** doit être longue et haute : un fil isolé de dix à trente mètres, tendu le plus haut possible, à l'écart des murs et des masses métalliques. La longueur compte, la hauteur davantage.\n\n**La terre est indispensable et systématiquement négligée.** Le circuit doit se refermer. Un piquet métallique enfoncé dans un sol humide, une canalisation d'eau métallique, un radiateur relié à la terre. Sans terre correcte, un récepteur à détection ne fonctionne pratiquement pas.\n\nUne règle sans exception : **on n'installe jamais une antenne au-dessus, en travers ou près d'une ligne électrique**, et on ne la laisse pas en place par temps d'orage. Un long fil élevé capte aussi les décharges atmosphériques.\n\n**Le montage et le réglage**\n\nL'antenne arrive à une extrémité de la bobine, l'autre extrémité va à la terre. Le condensateur d'accord se place aux bornes de la bobine. Le détecteur prélève le signal sur la bobine et l'envoie à l'écouteur, dont l'autre borne rejoint la terre. Un petit condensateur en parallèle sur l'écouteur lisse le résultat et améliore nettement le son.\n\nLe réglage se fait dans cet ordre : établir une bonne terre, tendre la plus longue antenne possible, chercher le point sensible du détecteur, puis seulement balayer l'accord lentement.\n\n**Ce que ce récepteur peut et ne peut pas**\n\nIl reçoit les émissions en modulation d'amplitude, ondes moyennes et grandes ondes. Elles portent très loin, particulièrement la nuit, et couvrent d'immenses territoires depuis peu d'émetteurs. C'est le type de diffusion retenu pour l'information de sécurité, et c'est ce qui rend ce montage utile plutôt que pittoresque, voir [[URG-EFF-001]].\n\nIl ne reçoit pas la modulation de fréquence ni les émissions numériques : leur démodulation demande une électronique active, donc une alimentation.\n\nIl ne transmet rien. Recevoir est passif, silencieux et discret ; émettre demande de l'énergie, une antenne accordée, et occupe des fréquences dont d'autres ont besoin. Dans une situation dégradée, le rôle premier d'un poste est d'écouter, voir [[SIG-COM-001]].\n\n## ADAPTER\n\n**Améliorer un poste existant**\n\nSi vous avez un récepteur à piles, trois gestes valent mieux qu'un montage complet. Rallonger l'antenne, en reliant un long fil à l'antenne télescopique ou en l'enroulant autour. Relier le poste à une bonne terre. Et l'éloigner des structures métalliques et des appareils électroniques, qui produisent un bruit électrique important.\n\nUn poste consomme très peu et s'alimente depuis n'importe quelle source continue à la bonne tension : le calcul est dans [[TEC-ENE-001]], les branchements dans [[TEC-ENE-002]].","langue":"fr"}]}